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Full text of "Bulletin des Sciences Naturelles et de Geologie"

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/.     /7s.  ^>r^.^3/-       U^.  c&^i^.^. 


BULLETI 


IDES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


TOME   1. 


LISTE 

DE  MM.  LES  COLLABORATEURS 
DE  LA  ir.  SECTION 

DU  BULLETIN  UNIVERSEL  DES  SCIENCES 

ET  Dli  L'lKDUSTRlE  (i). 


HiSTOIRE  NATURELLE   GENERALE. 

Geologieet  MiNERALociE. —  Collaborateurs :  MM.  Andre  (L.  A.), 
Berthier(R.)  ,  Beudant,  de  Bonnard  ( B.  d.  ),  Boue  (  A.  B.), 
Brochant  de  VilliersiBiv/i,  B"°.  Coquebertde  Montbret  (CM.), 
B"".  Cuvier  ,  Dufresnoy  ,  de  Ferussac  (F.  )  ,  V".  Hericail  de 
Thury,  Heron  dc  Villefosse,  Lucas,  Menard  de  la  Groie  (M. 
G.  \C.  Prevost(C.  P.).  Redacleur  principal :  W.  TifA.K-eos%^ 
(G.  Del.) 

BOTANIQUE,       PhYSIOLOGIE      ET      PALyEONTOGRAPHIE       VECETALES. 

—  Collaborateurs  :  MM.  Dupetit-Thouars,  Duvau  (  D.-u. )  , 
Gay,  Guillemin  ( J.-A.  Gn.  ,  ou  Gn.),  A.  de  Jussieii(A.  de 
Juss.),  Kunth,  Lamouroux ,  Richard,  A.  de  Saint-Hilaire 
(Aug.  de  St-Hil.).  R^dacteur principal :  M.  Ad.  Broncni-ari 
(Ad.  B.). 
ZooLOGiE,  Anatomie  et  PhYSIOLOGIE  generalos  ct  speciales  des 
anlinauXjPALXONTOGRAPHiE  animale. — Collab. :  MM.  Audinet- 
Serville  (  Aud.  S.  ),  Audouin  (V.  Aud.),  Bory-de-Saint-Vincent 
(B.  deSt.-V.),  Bosc,  B"".  Cuvier,  Fred.  Cuvier,  Defrance  , 
C'^.Dejean  (D*.),  Dcsliaycs,DesmouUn  (D.  M.),  Ducios,  Dumcril, 
Ferussac,  Gaymard  (  P.  Gai.)  ,  Geoffroy-Saint-Hllaire  (  Geof. 
St.-Hil.),  Guerin,  C"^ .  deLacopede,  Lamouroux,  Latreille  , 
Lepelletier  de  Saint- Fargeau  (  L.  S.  F.  1,  Payraudeau  ,  Quoy 
f  Q.  Y.)  ,  de  Roissy,  Straus  (S.  s.),  Vatencierines.  Redactetir 
principal :  M.  Desmarets  (Desm...st). 

(i)    Cc    Rccucil  ,    compose    de    imit  sections  ,  aux((uelli;s    on, pen  I 
s'abonner  scpar<fnicnt ,  fait  suite  au  Hid/cCiii  [ifcne'ral  ct  unwersel  dc<. 
annoncts  el  des  noui'clles  scicnli/irjues  ,  qui  forme  la  premiere  annc.-   ' 
de  ce  journal.   Le  prix  de  cettc  premiere  annc'e  est  de  3o  fr.  pour  i  >. 
numeros  de  lo  fcuilles  d'impression  clia^xin. 


PARIS.' IMPRIMEIUE    DE    FAIN,     RUE     RACINE,     n".     /|  ,     PLACE    DE 

l'odeon. 


BULLETIN 


~srs3''7r?:r'''^''i 


PES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


DEUXIEME  SECTION 

DU 

BULLETIN  UNIVERSEL  DES  SCIENCES 

ET  DE  L'INDUSTRIE, 

PUBLIE 

SOUS  LA  DIRECTION  DE  M.  LE  B°».  DE  FERUSSAC, 

OFFICIER    SUPERIEUR    AD    CORPS    ROYAL    d'eTAT-MAJOR, 

CHEVALIER    DE    SAINT-LOCIS    ET    DE    LA    LEGION-d'hONNEDR  , 

MEMRRE    DE    PLDSIEURS    SOCIETES    SAVANTES    NATIONALES    ET    ETRANGERES. 


TOME  PREMIER. 

A  PARIS, 

/\u  BDREAU  DU  Bdlletin  ,  Tuc  dc  1' Abbayc ,  n".  3; 

Chez  MM.  Treuttel  et  Wurtz,  rue  de  Bourbon,  n".    i  7  ;  et 

m6me  maison  de  commerce :  a  Strasbourg,  rue  des  Serruriers ; 

a  Londres,  3o,  Soho-Square  ; 
Chez  MM.  DuFOUR  et  u'Ocagne,  quai  Voltaire, n°.  i3;etm^me 

maison  dc  commerce,  a  Amsterdam; 
Et  chez  M.  Levrault,  rue  des  Fosses-M.-le- Prince  ,n".  3i. 
1824. 


BULLETIN   UNIVERSEL 


SCIENCES  ET  DE  L'INDUSTRIE, 


EXPOSE  DU  NOUVEAU  PLAN  DU  BULLETIN , 

DIVISE    EN    HUIT    SECTIONS    Qu'oN    VEUT    SE    PROCURER 
SEPAR^MENT. 

_Le  but  de  ce  Recueil  est  de  presenter  aux  malliemati- 
ciens  ,  aux  physiciens  ,  aux  cliimistes ,  aux  geologues , 
aux  naturalistes ,  aux  medecins  ,  aux  agriculteurs  ,  aux 
manufacturiers ,  aux  ingenieurs,  aux  historiens ,  aux  phi- 
lologues ,  aux  niililaires  ,  a  tous  les  savaus  en  un  mot ,  Fa- 
nalyse  sul^stanlielle  de  tous  les  ouvrages ,  le  depouille- 
meut  complet  de  tous  les  memoires  academiques ,  de 
tous  les  recuells  periodiques  qui  se  publient  dans  le 
monde  civilise  •,  de  foi^mer  un  Repertoire  methodique  de 
tous  les  faits  qui  concernent  les  parties  dont  ils  s'occu- 
pent,  et  un  tableau  mensuel  des  efforts  successifs  de  Tes- 
prit  liumain  cliez  tous  les  peuples. 

On  a  cru  pouvoir  ainsi  etahlir  nntre  tous  les  hommes 
qui  cullivent  les  sciences  ou  les  arts  utiles  une  correspon- 
dance  active  et  reguliere  ,  leur  creer  un  moyen  prompt 
et  peu  dispendieux  de  faire  connaitre  leurs  travaux ,  ou- 
vrira  leurs  decouvertes,  quelles  quesoient  leurs  ojjinions, 
uu  enregistrement  irrecusable  5  on  a  voulu  repandre  par- 
tout  et  rapidement  la  connaissance  des  faits  ,  des  precedes , 
des  machines  qui  interessent  les  savans  et  le  plus  grand 
nombre  des  professions  sociales ,  et  contribuer  par-la  aux 
progres  des  sciences  ,  en  facilitant  en  mcaie  temp-s  leurs 
nombreuses  et  importantcs  applications.  Tcls  out  ele  les 


( ^ ) 

niolifs  qui  ont  portelM.de  Ferussac  a  crecr  et  a  publier 
dppuis  un  anle  Bulletin  general  el  wm-ersel  des  annonces 
etdesnoiivelhs  scientifiques ,  qui  dcja  promet  par  ses  suc- 
ces  d'oflrir  les  archives  les  plus  completes  el  les  plus  in- 
structives  pour  Thistoire  dc  Fcsprit  humain. 

Ce  recueil  a  ete  recu  par  les  plus  celebres  societes  et 
paries  savans  les  plus  illustrcs,  commc  unc  entreprise 
qui  doit  satisfairc  a  une  necessite  du  siecle ;  car,  s'il  est  vrai 
que  ,  dans  les  recherclies  ,  Tignorance  des  faits  est  le  plus 
grand  obstacle  aux  decom>e?tes ,  lorsqu'on  est  arrive  a  une 
epoque  oii  les  sciences  sont  cultivecs  d'une  maniere  re- 
marquable,  depuis  la  Nouvelle-Hollande  jusqu'aux  rives 
de  rOliio     un  moyen  commun  de  relations  liabituclles 
est  devcnu  un  veritable  besoin,  et  le  plan  du   Bulletin 
olTre  seul ,  dans  son  execution,  la  possibilite  d'elablir  ces 
relations. On  doit  done  justement  s'etonner  qu'cn  Europe 
m^me  nous  ayons  atleint  I'epoque  actuelle  sans  qu'un 
semblablc  lien  de  ccrrespondance  ait  ete  essaye  ;  et  Ton 
sera  plus  surpris  encore  lorsqu'on  saura  plus  generale- 
raent  qu'il  n'arrive  a  Paris  presqu'aucun  recueil  pcriodi- 
que,   on  pent  dire  meme   presqu'aucun  ouvrage   de   la 
Suede  ,  du  Danemarck  et  de  la  Russie ,  patries  des  Linne , 
des  Fabricius ,  des  Pallas ,  de  ces  contrees  ou  les  sciences 
sont  cultivees   avec  eclat  par  les  OErsled,  les  Berzelius, 
les  Krusenstern  ^  lorsque  Ton   apprendra   que  pres  des 
trois  c[uarls  des  recueils  qui  se  publient  dans  le  reste  de 
I'Europe   et  en  Amcriquc  y  sont  egalement  inconnus ; 
que  la  litterature  du  Nord   est  presque  ignoree,  et  celle 
de  rAllemagnc  tres-peu  cultivee  en  Angklerre  ,  etc. 

Toutcs  les  personnes  qui  ont  quelques  notions  surl'e- 
tat  actuel  de  la  culture  des  sciences  et  des  arts  utiles  dans 
les  diverses  conlrccs  du  globe  ;  celles  qui  counaissent  I'i- 
solement  on  les  savans,  les  agronomes ,  les  manufaclu- 
riers  sonlcnlrc'  cux-,  toutes  celles  enfni  qui  pen  vent  appre- 
cier  Tutillte  d'un  lien  qui  les  puissc  rapprocher,  ctles  fassc 
mutucllement  profiler  des  succesqu'ils  obtieuiicnt ,  com- 


■    (3) 

prendront  la   vaste    et  genereuse  pensee   qui    a   porttr 
M.  de  Ferussac  a  creer  et  a  dii'iger  une  enticprise  si  la- 
borieuse ,    et  dont  I'execution  pent  influer   dc  tant  de 
manieres   sur  les  progres  dcs  sciences  et  la  prospeinte 
des  diverses  branches  d'industrie  cliez  toutes  les  nations. 
Cetle  sorte  de  telegrapliie  universelle  ,  que  M.  de  Fe- 
russac veut  employer,  doit  produire  en  effet  des  i^esultats 
certains.  Elle  obligcra  a  lire,  par  le  seul  fait  qu'cllc  si- 
gnalera  ,  an  moment  meme  de  leur  naissance,  les  produc- 
tions diverses  publiees  dans  tous  les  pays  et  dont  a  son 
defaut  il  etait  permis  d'ignorer  I'existence  •,  elle   evitera 
par-la  des  travaux  inuliles  ou  incomplets  :  le  temps,  les 
depenses  perdues  en  essais  ,  en  tatonnemens  pour  arriver 
k  desrcsultats  deja  trouves  par  d'autres,  seront  employes 
a  faire  faire  aux  sciences,  aux  arts  utiles  ,  de  nouveaux 
pas  ,  de  nouveaux  progres.  Elle  stimulera  les  savans  ,  les 
bommes   occupes  d'industrie,  par  le  tableau  periodique 
des  efforts  de  leurs  contemporains ;  tableau  pressant ,  qui 
cbaque  mois  viendra  exciter  le  zele  ou  Famour-propre 
des  nations  et  des  individus. 

La  librairie  doit  retirer  aussi  les  plus  grands  avan- 
tages  de  cette  entreprise  :  elle  n'avait  aucun  moyen  pour 
faire  annoncer  rapidemcnt  etpartout,  les  ouvrages  qu'elle 
public,  aucun  lien  pour  les  interets  communs  de  ses 
menibres  ,  point  de  correspondance  habituelle.  La  crea- 
tion du  Bulletin  lui  assure  toutes  ces  facilites ,  et  Ton  doit 
esperer  que  les  libraires  de  tous  les  pays  ,  s'empresseront 
de  soutenir  et  de  faire  prosperer  un  recueilausucces  du- 
quel  tous  ont  un  egal  interet ;  car,  en  repandant  plus  ge- 
neralement  la  connaissance  des  ecrits  publies,  etla  portant 
precisemcnlaceux  qu'elle  interesse,  onmultiplie  necessai- 
rementlesbesoins,  et  par  consequent  les  chances  dedebit. 

La  premiere  annee  du  Bulletin  n'a  pu  etre  consideree 
que  comme  un  cssai  qui  devait  procurer  les  moyens  d'a- 
meliorer  son  execution ,  et  donner,  par  une  plus  juste 
appreciation  des  productions  diverses  qui  sc  publicnt  dans 


(  4  ; 

toules  lesVontrees,  la  veritable  limitcde  son  ctcndue.  Mais 
lo  plan  general  clc  ce  recucil  a  oLtcnudes  sufl'ragcssi  uni- 
versels  ct  si  prononces ,  qu'on  pent  le  considerer  comme 
ayant  recu  la  sanotion  dc  Topinion  du  monde  savant. 
Aussi  ce  plan  scra-t-il  Cdelemeiit  suivi,  et  son  execution 
continuera  d'ollrir,  nous  osons  Ic  promettre  ,  la  progres- 
sion d'amelioration  qu'on  a  apprecice  d'un  numero  a  I'au- 
ire,  pendant  Tannee  iSi3. 

Lc  ton  qui  regne  dans  le  Bulletin  n'a  pas  ete  moins  rc- 
marque  5  il  est  lei  cpi'on  devait  Tallendre  du  createur  el 
du  directeiu'  do  cette  entreprise  ,  des  savans  qui  y  coope- 
rent  el  a  une  epoque  ou  Ton  sail  que  la  civilisation  n  esl 
pas  toule  dans  riustruction,  etqu'un  ^crivain  ne  peul  etre 
eslime  qu'autant  qu'll  conserve  le  respect  le  plus  absolu 
pour  loules  les  convenances  sociales.  Ce  Rccueil  esl  etran- 
<^era  la  policique,alapolemique,  eta  tout  esprit  dc  coterie: 
les  fails ,  de  quelque  part  qu'ils  viennenl ,  y  seronl  ac- 
cucillls  avec  emprcssemenl  et  rapportes  avec  exactitude. 
Destine  a  servir  d'amiales  scienlifiques  a  tons  lespeuples, 
de  correspondance  generale  entre  les  savans  et  la  librairie 
de  lous  les  pays  ,  ce  recueil  appartient  ainsi  a  riiumanile 
toule  entiere.  La  France  n'y  jouira  que  du  beau  privilege 
de  rassembler,  daus  une  langue  commuue  a  tous  les  liom- 
mes  eclaires,  les  resultats  des  travaux  du  monde  cntier, 
et  de  repaudre  autour  d'cllc  les  faisceaux  d\in(!  luniiere 
bienfaioantc  qui ,  loin  d'etre  redoulee ,  est  appelee  par 
toulcs  les  nations  el  par  lous  les  souverains. 

Mais  si  le  jHan  el  Fexecution  du  Bulletin  sonl,  en  quel- 
que sorte ,  consacres  par  une  premiere  annee  d'expc- 
rience,  M.  de  Ferussac  a  acquis  la  prcuvc  que  pour  at- 
teindre  sou  but ,  celui  d'indiquer  toutes  les  sources  el  de 
lenir  ses  aunales  a  jour,  il  dcvenait  indispensable  de  por- 
ter a  irentc-six  leuilles  d'impression ,  par  mois,  I'e- 
tendue  de  son  recueil.  11  lui  a  ete  aussi  demoulre  que  la 
specialite  de  gouts  et  d'occupations  de  plusieurs  classes  de 
la  socicte  ,  necessitait  une  division  qui  permit  a  ces  di- 


(5) 

verses  classes  de  s'abouner  aux  seules  parlies  qu'elles  cul- 
tivent,  lie  portanl  pas  a  toutes  les  aiitres  uii  egal  interel. 
Cette  division  etait  d'ailleurs  imperieusemeiit  comman- 
dee ,  en  triplant  Ic  Bulletin ,  doirt  le  prix  total  dcvenait 
alors  trop  eleve  pour  etre  accessible  a  toutes  les  fortunes. 

Les  changemens ,  que  nous  annoncons ,  consisteront 
a  modifier  le  litre  de  ce  recuell,  a  Taugmenler  d'une  sec- 
tion pour  les  Sciences  historiques,  afin  de  completer  le  ta- 
bleau des  sciences  de  faits  ,  et  a  donner  la  facilite  de  s'a- 
bonner  isolement  a  une  ou  plusieurs  des  sections  deja 
existantes  dans  le  Bulletin  ,  mais  augmentees  d'etendue  et 
groupees  entre  ellescomme  on  va  le  voir  ci-apres. 

Dans  le  nombre  des  savans  collaborateurs  dont  le  zele 
etla  genereuse  cooperation  ont  pu  seuls  assurer  les  succes 
et  meme  I'execution  du  Bulletin,  quelques-uns  ont 
bien  voulu  se  charger  de  la  direction  plus  speciale 
de  diverses  sections ,  ou  de  celles  de  leurs  parties  qui 
demandaient  des  connaissances  plus  particulieres.  Cette 
cooperation  plug  active,  cette  centralisation  de  soins  et 
d'attention,  seront  un  puissant  element  d'amelioration 
pour  ces  diverses  parties ,  et  pourront  seules  permettre 
d'ofFrir  le  tableau  complet  des  travaux  qui  les  concernent. 

M.  de  Ferussac  ne  se  diesimulant  point  les  difficul- 
tes  nombreuses  qu'il  a  a  vaincre,  les  obstacles  que  la  rou- 
tine, Tapatlii'^  et  I'eloignement  opposent  a  la  creation  des 
relations  habituellcs  qu'il  veut  etablir  entre  les  savans 
et  I'industrie  des  diverses  contrees  civilisces,  croit  de- 
voir placer  son  entreprise  sous  la  protection  speciale  des 
diverses  societes  savantes  de  tousles  pays,  et  sous  celle 
des  hommes  d'etat  et  des  savans  qui  se  sont  illustres 
par  les  services  qu'ils  ont  rendus  aux  sciences.  Les 
effo4?ts  d'un  seul  homme  seraient  en  eflet  impuissans 
pour  obtenir  ce  grand  resultat,  lorsqu'il  faut  agir,  a  de 
grandcs  distances,  sur  des  nations  diftercntes  ;  car  on 
doit  uon-seulcment  repaudrc  dans  chaque  pays  rannonce 
de    rexistcnce     du     Bulletin  ,    favoriser    son     adoption 


(6) 

dans  Ics  otablissenicns  publics,  dans  les  alelicrs ,  et  cliex 
Ics  savans^  mais  il  faut  encore  stimulcr  le  zele  des  auteurs 
et  des  editeurs ,  pour  que  ceux-ci  portent  la  connaissance 
de  leurs  travaux  au  foyer  de  cette  eutreprise ,  d'ou  cette 
connaissance  se  propagera  dans  les  autres  contrees.  Get 
ecliangc  de  communicalions  doit  ctre  general  ^  nulle  na- 
tion ne  pcut  restcr  en  arriere,  et  ceux-la  plus  particu- 
lierement  sur  qui  le  raonde  savant  porte  ses  regards ,  sont 
naturellement  appeles  a  faire  entrer  leur  patrie  dans  la 
balance  de  ces  communications. 

On  verra  pap  la  liste  des  collaborateurs  aux  diverses 
sections  du  Bulletin  le  haut  interet  qua  inspire  ce  rc- 
cueil  aux  savans  les  plus  celebres  dont  la  France  s'ho- 
nore.  Jamais  peut-etre  ,  et  dans  aucun  pays  ,  une  reunion 
aussi  considerable  des  noms  les  plus  connus  dans  les 
sciences,  Tindustrie  et  Fart  militaire,  ne  s'elait  formee 
pour  travailler  dans  un  mcme  esprit ,  a  une  entreprisc  de 
celte  nature.  C'est  ce  meme  interet  qui  a  porte  M.  le 
M'*  de  Laplace,  M.  le  B™  de  Humboldt  et  M.  le  B°"  Cuvier, 
a  faire  esperer  a  M.  de  Ferussac  quils  enricbiront  le 
Bulletin  des  faits  nouveaux  qu'ils  voudrout  faire  connaitre. 

Unis  d'intention  et  de  zele  a  rassociation  que  M.  de  Ferus- 
sac  a  bien  voulu  former  avec  nous  pour  une  entrcprise  aussi 
honorable  qu'ulile  ,  ]MM.  Firmin  Didot ,  Levrault ,  Mequlgnon- 
Marvis,  M"". Huzard, ftBI.  Rcy  el  Gravler,  Arlhus-Bertrand,  Bos- 
sange  pcre ,  Anselin  et  Pochard ,  en  se  chargeant  de  concou- 
rir  a  la  distribution  des  diverses  sectlous,  et  en  reunissant  tons 
leurs  moyens  a  ceux  que  peuvent  nous  fournir  nos  maisons  de 
Paris,  Londres  ,  Amsterdam  et  Strasbourg  ,  nous  font  esperer  de 
pouvoir  donncr  toute  rimpnlsion  desirable  au  EuUetiu ,  et  de 
vaincre  enlin  tousles  obstacles  qui  s'opposent  a  des  relations  plus 
directes  et  plus  suivics  entre  Ics  savans  ,  I'industrie  et  la  hbrairie 
des  diverses  contrees  de  I'Europe,  do  I'Ameriquc   et  des  Indes. 

DuFOCR  et  d'Ocagnk,  et  TRturxEL  et  Wi  rtz,  co-cditcun. 

Paris  ,  ce  i5  doccmbie  iS^j. 


TABLEAU 

DES  SECTIONS  DU  BULLETIN. 


PREMIERE  SECTION. 

MATHEMATIQUES,  ASTRONOMIE ,  PHYSIQUE  ET  CHIMIE. 

M;VTHl'i3I\TIQUES    ELE3IF,NT\IRES    ET    TRANSCEND A.HTES  ;    MeTROLOGIE. 

CoUaboj ateiirs  :  MM.   Ampere,   Berthevin,  Billy,  Brisson,  Coriolis, 
Ch.  Dupin,    B"n    Fourier,    Hachette,    Lacroix ,  Navier,  Poinsot, 
Poisson,  de  Prony,  Roche,  Terquem. 
Redacteurs  princijiaux  :  MM.  Ucflers  et  Benoit. 

AsTRONOMIE    ET   SES   APPLICATIONS    A    l'aRT     NAUTIQUE.  CoUaborat. 

MM.  Francoeiir,  de  Freycinet ,  Mathieu,  Nicollet,  Roche,  de  Rossel. 
Physique  ET  Meteorologie. —  CoUab.  MM.  Ampere,  Becquerel,  Du- 

long,  Dumas,  Fourier,  Fresnel ,  Lehot,  Poisson,  Pouillet,  Roche. 
Redacteur principal :  M.  Babinet. 
CuisiiE.  —  Collab.  MM.  Becquerel ,  Cagniard  de  Latour,  O-'^  Chaptal^ 

Chevreul ,  Darcet ,  Despretz,  Dulong,  Duiiias,  Gauthier  de  Clau- 

Lry  ,  Guillemin,  Lassaigne,  Laugier,  Payen,  Thenard. 
Redacteur  principal :  M.  Bulos. 

Cette  section  se compose,  comme  onlevoit ,  des  sciences  fondamen- 
tales ,  c'est-a-dire  des  connaissances  qui  sont  aujourd'hui  les  bases 
de^  toutes  les  autres  sciences  proprement  dites,  et  dont  lesnombreuses 
applications  forment  les  elcmens  de  tous  les  arts  utiles.  Les  savans 
qui  s'en  occupent  d'une  maniere  speciale,  pourront  au  moyen  de 
cetle  seule  section  se  tenir  au  courant  de  tous  les  faits  qui  les  interes- 
sent.  Les  homraes  voues  aux  diverses  branches  de  Tindustrie ,  et  qui 
sont  jaloux  de  connaitre  les  progres  des  sciences  dont  ils  cultivent  les 
applications,  auront,  en  joignant  cette  section  a  celle  des  arts  indus- 
triels ,  rensemble  des  faits  qu'ils  recherchent. 

II  n'existe  aucun  recueil  destine  a  faire  connaitre  les  divers  tra- 
vaux  sur  les  sciences  mathematiques  qui  chaque  jour  se  publient  iso- 
lement  ou  dans  des  journaux  periodiques  plus  ou  moins  etrangers  a 
ces  sciences.  Ces  travaux  seront  signales  et  analyses  dans  cette  sec- 
tion. Les  mcthodes  de  demonstration  oud'analysey  seront  indiquees, 
et  lorsqu'elles  seront  nouvelles  on  les  exposera  d'une  maniere  som- 
maire.  li  en  sera  de  nx^ine  a  I'egard  de  i'astronoraie  qui,  comrae  les 
mathematiques,  offre  tres-pcuderecueils  speciaux.  Les  observations, 
les  faits  qui  les  ccncernent,  publics  dans  des  dissertations  fugitives 
ou  dissemines  dans  quelques  ouvr.iges  periodiques  chez  les  diverses 
nations  de  I'Europe,  en  Anierique  ou  dans  les  Indes  ,  ne  parviennent 
pas  ou  parviennent  fort  tard  a  la  connaissance  des  savans  des  autres 


(8) 

pays.  II  n'cn  est  point  de  meme  pour  Ja  physique  et  la  chimie  qui 
sont  g^neralementbeaucouppluscultivees.  L'iiiimensequantitede  faits 
successivement  publics  sur  ces  sciences  ,  est  un  autre  genre  d'obstacle 
qui  s'oppose  a  re  que  ces  faits  soicnt  universellement  et  proraptement 
connus,  parce  qu'ils  sont  repaudus  dans  un  trop  grand  nombre  d'ou- 
vrages  ou  de  recuoils  periodiques  ecrits  en  toute  sorte  de  langues.  On 
presentera  le  d^poulllenient  de  tous  ces  faits  dans  cette  section,  et 
les  indications  qu'on  y  donnera  seront  suffisantespour  faire  connaitre 
ces  faits  et  les  ecrits  qui  les  aurout  signales. 

On  s'abonne  aussi  pour  cette  section  ,  chezMM.  Firmin  Didotp^re 
et  Cls ,  rue  Jacob ,  n".  24- 

DEUXIEME    SECTION. 

SCIENCES  NATURELLES  ET  GliOLOGIE. 

HiSTOIRE  KATURELLE  GENERALE. 

Geologief.tMineralogie.  —  CoUahorateurs  :  MM.  Andre,  Bertliier, 
Beudant,  de  Bonnard  ,  Poue,  Brochant  de  Villiers,  B"°  Coquebert 
de  Montbret,  B""  Cuvier,  de  Ferussac,  Vte  Herlcart  de  Thury  , 
Heron  de  Villefosse,  Lacas,  Menard   de  la  Groie,   C.   Prevost. 

Redacteur  principal :  M.  Delafosse. 

BoTATflQUE  ,     PhYSIOLOGIE   ET   PaL.EONTOGRAPHIE  VEGETALES.  Col- 

lahorateurs:  MM.  Dupetit-Thouars,  Duveau,  Gay,  Guillemin,  A.  de 
Jussieu  ,  Kuntli ,  Lamouroux ,  Richard  ,  A.  de  Saint-Hilaire. 
Redacteur  principal :  M.  Ad.  Brongniart. 

ZooLOGiE,  Anatomte  ct  Physiologie  g^ncralcs  et  speciales  des  anl- 
maux,  Pal^ontographie  asvimale.  —  CoUab.W^l.  Bory-de-Saint- 
Vincent,  Bosc  ,    G.  Cuvier,  Fred.   Cuvier,  Defi-ance,  Bon  Dejean, 
Deshayes  ,  Desmoulins  ,  Duclos  ,   Dumeril ,  Ferussac  ,    Gaymard  , 
Geoffroy-Saint-IIilaire,   Guerin,    C*  de  Lacepede  ^  Lamouroux, 
Latreille,  Payraudeau,  Quoy,  de  Roissy,  Strauss,  Valenciennes. 
Redacteurs  principaux  :   Animaux  vertebres ,  M.    Desmarest ; 
Animaux  invertehres  ,  MM.  Audouin  et  de  Ferussac. 
Les  sciences  naturelles  et  la  geologic  sont  aujourd'hui  si  gcnerale- 
ment  cultivees,  Ic  champ  de  leurs  travauxest  si  immense,  I'observa- 
tion  des  faits  qu'clles  embrassent  est  si  fort  a  la  porti'e  de  tout  le 
monde,  et  ces  sciences  ont  tant  d'attraits  que  les  ecrits  qui  les  con- 
cement  se  sont  multiplies   a  I'infini   dans  tous  les  pays,  et  que  les 
faits  journellement  annonccs  qui  les  interessent ,  sont  trop  nombreux 
et  trop  dissrmines  pour  que  les  naturalistes  et  les  geologues  puissent 
ne  pas  en  ignorer  le  plus  grand  nombre.  II  serait  desormais  impos- 
sible d'ecrire  d'unc  maniere  complete  et  satisfaisante  sur  luie  partie 
quelconque  de  ces  sciences,  si  un  Rtipcrtoiie  analrtiqu<^  ne  veuait  si- 
gnaler aux  savans   les    t-ravaux  entrepris ,  les  faits  nouveaux    qui  se 
piiblient  dans  tons  les  jiays  et  dans  toutes  les  langues  sur  I'objetdont 


(9) 

ils  s'occupent  :  tel  est  le  but  de  cette  section.  Les  observations  geo- 
logiques  y  seront  mentionnees  de  maniere  a  fixer  Ics  fails ;  les  ca- 
racteres  des  nouveaux  genres  y  seront  textuellement  rapportes  ,  oil 
bien  Ton  signalera  les  especes  connues  qui  les  coniposent ;  enfin  , 
on  s'efforcera  de  concilier  la  brievete  necessaire  des  indications  avec 
les  developpemens  indispensables  a  leur  utilite. 

On  s'abonne  aussi   pour  cette  section,  chez  M.  Levrault ,  rue  des 
Fosses-M.-le-Prince,  n".  3r. 

TROISIEME  SECTION. 

SCIENCES  MEDICALES. 

Anatomie  et  Physiologie  humaineset  comparees.  —  CoUabnrateurs  : 
MM.  Andral  fils,  E.  M.  Bailly  ,  Beclard  ,  Breschet ,  J.  Cloquet ,  B"- 
Ciivier,  Desmoulins,  Dumas,  Dumeril ,  Edwards  aine,  H.  Edvards  , 
Flourens  ,  Geoffroy-Saint-Hilaire ,  Gerdy ,  Magendie,  Pinel  fils, 
Spurzbeim  ,  Vavasseur. 

Medecine.  —  CollahorateuTS  :  MM.  Andral  ,  Cayol  ,  Desgenettes  , 
Dumeril,  A.  Dupan  ,  Edwards  aine,  Friedlsender  ,  de  Kergaradec  , 
Laennec,  de  Lens,  Magendie  ,  Martini ,  Mciat ,  Orfila  ,  Pinel  fils  , 
Ratier,  E.  de  Salle,  Spurzheim,  Thillaye,  Villerme. 

Chitiurgie.  —  CoUaborateurs  :  MM.  Bc'clard  ,  Boiigon  ,  Bouvier, 
Breschet,  J.  Cloquet,  Deneux ,  Dubois  fils,  Gasc  ,  Gerdy,  Hollard, 
I^aurent,  Lisfranc,  Marjolin,  Mainganlt,  Percy,  Sanson. 

Matiere  medicale  et  Pharmacie. —  CoUaborateurs  :  MM.  Cadet  de 
Gassicourt ,  Desmarest ,  Guibourt ,  Guillemin  ,  Julia-Fontenelle  , 
Lassaigne,  de  Lens,  Merat,  Orfila,  Robinet,  Robiquet. 

Art  veterinaire.  —  CoUaborateurs  :  MM.  Bouley  jeune  ,  Diipuy  , 
Glrard  pere ,  GirarJ  fils,  Huzardpere,  Huzard  fils. 

Re dacteur  principal :  M.  le  D"".  Deferment. 

Cette  importante  section  offrira  le  tableau  periodique  des  travaux 
relatife  a  I'anatomie  liumaine  et  comparee  et  a  la  pliysiologie ;  celui 
des  observations  patbologiques  recueillies  dans  tons  les  pays;  la 
description  des  procedds ,  des  operations,  des  instrumens  nouveaux 
mentionnes  dans  tous  les  recueils  publies  chez  les  diverses  nations  ; 
I'indication  de  tous  les  medicamens  introduits  dans  la  pratique;  en  im 
mot,  I'analyse  de  toutes  les  productions  ,  de  tous  les  faits  qui  se 
rapportent  aux  sciences  medicales. 

Elle  deviendra  ainsi  un  depot  complet  des  renseignemens  qui 
interessent  a  un  si  haut  degre  I'art  de  guerir,  Portant  rapidement  a 
la  connaissance  des  medecins  et  des  cbirurglens  les  nouveaux  proce- 
des  curatifs ,  la  description  des  nouvelles  manifrres  d'operer,  que  I'ex- 
perience  ou  le  hasard  font  journellement  decouvrir,  et  dont  I'igno- 
rance   peut   dtre   si  fiuieste   a    fant  d'individus,  cette   section  sera, 


(    'o   ) 

par  la  force  ui^ me  des  choses ,  indispensable  a  tous  ceux  qui  culli- 
Tejit  ou  professent  les  sciences  medicales.  EUe  rendra  ,  nous  osons 
I'esperer,  des  services  signalts  a  I'liumauile ,  par  le  seul  fait  qu'elle  of- 
friia,  pour  un  prix  niodique,  a  tous  les  praticiens,  les  resultats  de 
1  'exj)erience  de  tous  leurs  confreres ,  et  ce  d'autant  plus  necessairement 
que  la  considej  alion  des  interets  si  graves  remis  entre  leurs  mains  par 
la  societe  ne  leur  permettra  pas  de  negliger  un  semblable  nioyen 
d'instruction,  qui  ne  ])eut  s'obtenir,  en  Tabsence  du  Bulletin,  qu'en 
s'abonnaut  a  rimuiense  quantite  de  recueils  qui  se  piiblicnt  dans  le 
nionde  sur  les  sciences  dont  il  s'agit. 

On  s'abouue  aussi  pour  cette  section,  a  Paris,  chez  M.  Mcquignon- 
Marvis,  rue  Cliristine,  n".  i. 

QUATRIEME  SECTION. 

AGRICULTURE,  ECONOMIE  RURALE,  DOMESTIQUE  ET 
FORESTIERE;  HORTICULTURE,  PECHE ,  CHASSE. 

CoUaborateurs  :  MM.Bosc,  Bouley  jeune,  Cavoleau,  Challan,  C-'  Cliap- 
tal,  Dupetit-Tbouars,  Dupont,  Dupuy,  Girard  p^re  ,  Girard  fils  , 
Hacbette  ,  Hericart  de  Tliury,  Huzard  pere  ,Huzard  fils,  Lache- 
vardiere  ,  C"'  de  Lasterie  ,  Micbaud  ,  Sylvestre ,  Tessier  ,  Ville- 
uiorin,  Vincent  Saint-Lanrent ,  Yvart. 
Redacteur  principal :  M. 

Cette  section  est  destinee  a  repandre  chez  les  agrononies ,  les  fer- 
miers,  les  simples  agriculteurs  ;  cbez  les  proprietaires  qui  font  valoir 
leurs  doniaines;  chez  les  bonnes  menageres  qui  mettent  au  nombre  de 
leurs  devoirs  celui  de  soignerl'economie  domestique  de  leurs  maisons, 
les  connaissances  pratiques  qui  peuvent  leur  etre  utiles.  On  y  fera 
connaitre  tous  les  faits  contenus  dans  les  recueils  periodiques  ou  dans 
les  ouvrages  publics  journellement  aux  Elats-Unis,  en  Angleterre , 
en  AUemagne  et  en  Suisse  ,  c'est-a-dire  dans  les  pays  ou  I'agriculture, 
reconomie  rurale  et  domestique ,  out  le  plus  contribue  a  la  prospe- 
rite  publique,  oil  ces  connaissances  sont  le  plus  bonorees,  et  ou  elles 
font  jonrnellcnient  de  nouveaux  progrf-s.  Cette  section  fournira  ainsi 
a  ceux  qui  protegent,  dirigent  ou  cultivent  cos  brandies  importantes 
de  I'economie  publitpie,  le  tableau  periodique  des  observations  ou 
des  faits  dont  I'application  journalicre  peut  leur  etre  si  avantageuse 
et  en  nn'me  temps  si  jirofitnble  aux  pays  qu'ils  babitent. 

Elle  fera  connaitre  les  nouveaux  precedes  de  culture,  les  nouveaux 
instruincns  aratoires,  tout  ce  qui  regarde  I'education,  la  conduite  des 
nniinaux  domestiques ,  des  tronpeaux  ,  des  basses-  cours ;  I'cxploitation 
des  formes,  I'entretien  des  prairies  ,  des  for^ts  ,  les  coiislructions  ru- 
rales  ,  les  irrigations,  la  culturedes  potagers,  des  jardiiis  ;  les  soinsdes 
pepiui^res,  des  vergers;  enfin  lout  ce  qui  louche  a  reconomie  domes- 


(  "  ) 

tique  des  diverses  positions  sociales.  Les  pr^ceptes  ,  les  precedes  j 
seront  rapportes  de  maniire  a  ponvoir  6tre  facilement  compris  et 
executes  par  toutes  les  classes  de  lecteurs.  On  suivra,  acetegard, 
I'exemple  des  journaux  americains  et  anglais,  des  feuilles  provin- 
ciales  allemandes,  etc.,  qui  ont  tant  contribuc  a  ameliorer  I'existence 
des  liabitans  de  la  campagne.  Tout  ce  qui  inleresse  la  culture  des 
fleurs ,  la  p(5che  ,  la  cliasse,  aniusemens  ou  exercices  ordinaires  des 
personnes  qui  habitent  leurs  terres ,  sera  Tobjet  d'aulant  de  divisions 
ou  Ton  prc'sentei-a  egalement  tout  ce  que  I'experience  fait  journelle- 
ment  decouvrir  a  leur  sujet. 

Ons'abonne  aussi  pour  cette  section  ,cliez  madame  Huzard,  rue  de 
I'Eperon ,  n".  7. 

CINQUIEME  SECTION. 

TECHNOLOGIE. 
Akts  chimiqdes.   Dans  cette  classe  seront  comprises  toutes  les  ap- 
plications des  sciences  cliimiques  a  I'industrie  ;  la  metallurgie,  elc. 
—  CoUaborateiirs  :  MM.  Bertliier  ,  de  Bonnard  ,  Breant,  Bulos  ,  le 
C^'Chaptal,  Cbevalier,  Darcet  ,Decrolzilles,  Ch.  Derosne  ,Deyeux, 
Gauthier  de  Claubry ,  Heron  de  Villefosse  ,  Julia-Fontenelle  ,  Labar- 
raque,  Lachevardiere,  Millien,  Payen,  Pajot  Decliarmes,  Puymaurin 
fils,  Riffaut,  Board,  Robinet,  Tbenard  ,  Welter. 
Arts  mecaniques.  Celle-ci  offrira  toutes  les  applications  dues  a  la  me- 
canique,  les  descriptions  de  toutes  les  nouvelles  machines,  appa- 
reils,  etc.  —    CoUaborateurs  :  MM.   Benoit ,    Cagniard  de  Latour, 
Christian  ,  Deflers ,  Duleau  ,  Dupin,  Francoeur,  Fresnel,  Hachette, 
Hanus  ,  Mallet  ,  Molard,  Molard  jeune,  Navier,  de  Prony. 
Constructions.   Ici  on  placera  tout  ce  qui  regarde  les  constructions 
publiques  ou  particulieres,  telles  que  routes,  canaux,  ponts  ,  usi- 
nes,  constructions  navales,  etc. — CoUaborateurs  :  MM.  Benoit,  Bris- 
son  ,  Cagniard  de  Latour,  Coriolis  ,  Duleau  ,  Dupin,  Fresnel,  He- 
ricart  deTliury  ,  Mallet  ,  Navier,  de  Prony. 
Ar>TS  EcoNoiMiQUES.  Tout  cc  qui  regarde  I'emploi  et  I'usage  sera  place 
dans  la  section  ou  se  trouve  I'economie  domestique ;  mais  la  fabri- 
cation de  tous  les  produits  qui  deniandent  le  secoursde  professions 
distinctes  sera  place  dans  cette  classe. —  Collr.borateurs  :  MM.  Bulos, 
Darcet,  C'"  Chaptal ,  Cadet  de  Yaux,  Deyeux  ,  Molard  ,  Molard 
jeune,  Millien  ,  Payen. 
Redacteurs  principaux  :  MM.  Bulos  et  Benoit. 

Tant  que  les  ateliers  sont  sans  rapports,  sans  communications  entre 
eux,  les  branches  d'iudustrie  qu'ils  exploitent  restent  sfationnaires, 
ou  ne  font  que  des  progres  insensibles.  Le  temps,  la  depense  ,  les  td- 
tonnemens  qu'ils  exigent,  tout  concourt  a  bannir  les  essais.  Chaque 
fabricant  est  reduit  a  ses  proiires  forces  et  reteuu  dans  le  m(}me  cercle 
d'ideesjles  apercus  de  ses  confreres,  les   tcntatives  qu'ils  ont  faites, 


( '^ ) 

I'experience  qu'ils  ont  acquise  ,  sont  ^galement  pertlns  pom-  liii.  II  up 
simplifie  rien  ,  il  ne  perfectionne  rien.  Cet  isolement ,  qui  a  long-lemps 
pese  sur  les  manufactures  francaises,  u'cxiste  plus  aujourd'lnii ;  nos 
etablissemens  sont  presque  tons  diriges  par  des  liommes  qui  appr^^- 
cient  la  science  et  recherchent  ses  lumieres.  Malheureusemcnt  les  oc- 
cupations dont  ils  sont  charges ,  le  prix  ,  la  nmltipHcite  des  recueils 
lie  leur  perinettent  pas  de  se  livrer  a  uu  goiit  qui  poiirrait  avoir  des 
r^sultats  si  utiles.  C'est  pour  parer  a  cet  inconvenient  et  pour  contri- 
Luer  aux  progri-s  de  Tindustrie  que  Ton  consacrera  une  section  spe- 
ciale  du  Bulletin  a  recueillir  les  ameliorations  ,  les  perfectionnemens  , 
les  precedes  nouveanx  ,  les  divers  genres  de  machines  et  de  construc- 
tions que  chaque  jour  voit  eclore  ,  les  details  mctallurgiques  dont  les 
journaux  allemands  sont  specialement  remplis,  les  methodes  adoptees 
par  les  ateliers  que  le  besoin  a  crees  en  Italic  depuis  qu'elle  ne  s'ap- 
provisionne  plus  dans  nos  marches. Cette  section  rassemblera  les  resul- 
tatsconsignes  dans  cette  foide  de  recueils  qui  se  puhlient  en  Angleterre 
et  aux  Etats-Unis  ,  pour  former  un  resume  succinct  et  suffisant  de 
toutesles  ameliorations  operees  dans  le  mois,  et  un  tableau  analytique 
du  inouvement  que  I'industrie  a  recu  dans  cet  intervalle.  L'impor- 
tance  de  ce  tableau  est  evidente;  il  n'est  pas  un  manufacturier  ,  pas 
un  chef  d'atelier ,  pas  un  artiste  ,  pas  un  constructeur  qui  ne  sente  de 
quel  interet  il  pent  ^tre  pour  lui  de  connaitre  tout  ce  qui  se  public 
ou  se  decouvre  chaque  jour  dans  I'art  dont  il  s'occupe.  Les  precedes , 
les  machines ,  seront  decrits  d'une  maniere  complete  et  precise  ;  on  a 
surtout  pour  but  de  se  mettre  a  la  portee  du  simple  ouvrier,  et  de 
faire  en  sorte  que  chaque  raaitre,  chaque  chef  d'atelier  puisse  les 
faireexecutersans  autre  sccours,etprofiter  des  ameliorations  qui  auront 
et6  signalees.  On  veutcrcerentreles  fabricans,les  constructeurs  de  tous 
genres  une  correspondancehabituelle  et  reguliere  qui  les  mette  en  rap- 
port. Des  planches  lilhographiees  representeront  les  nouveaux  instru- 
mens  ,  les  nouvelles  machines,  une  figure  faisant  ton  jours  plus  facile- 
ment  connaitre  ces  sortes  de  choses  que  la  plus  longue  description. 

On  s'abonne  aussi  pour    cette  section,  chez  MM.  Rey  et  Gravier  , 
quai  des  Augustins  ,  n".  55. 

SIXIEME  SECTION. 

GEOGRAPHIE,  STATISTIQUE ,  ECONOMIE  PUCLIQUE 
ET  VOYAGES. 

Gkographie  pwysique  et  politique. —  CoUcborateurs  :  ]Mi\T.  Coque- 
bert  de  Montbret,  Denaix,  Dureau  de  Lanialle,  Eyries,  de  Forussac, 
1j.  de  Freycinet,  Jolivot,  Klaproth,  de  Il()ssel,Koux,Sueur-Merlin. 

Geogramiie  akcirnne  et  coMPAHEi',.  MM.  Barbie  du  Boccage  , 
Champollion-Figeac  ,  Dureau  de  Lamallc  ,  Jomard  ,  Klaproth,  C" 
de  Laborde,  Langles,  Lctroune  ,  Abel  Rcmusat,  Walkenacr. 


(  '3) 

TopoeR\i'HiE,GEODi;siEj  Plans,  Cartes  de  toute  natui-p.  MM. Barbie 
dii  Boccage  ,  Benoit,  Brue,  Denaix  ,  de  Ferussac,  Louis  de  Frey- 
cinet,  Jomard  ,  Lapie  ,  Sueur-Merlin  ,  Walkenaer. 
Statistique,    Akithmetique  ,    Politique,   Economie   publique  , 
ET  commerce,  mm.  Bertheviii ,  Chdteauueuf  ,  Coqiiebcrt  de  Mont- 
bret,  E.  Edwards,  B""  Fourier  ,  C"^  de  Laborde,  Sueur-Merlin,  Syl- 
vestre  ,  Villot  ,  Warden. 
Voyages.  MM.  Coquebert  de  Montbret ,  Dezos  de  la  Roquette  ,  Ey- 
ries ,  de  Ferussac,   L.   de  Freycinet,   Langles  ,  de  Rossel,Roux, 
Walkenaer ,  Warden. 
Ri'dacteur principal  :  M.  Aubert  de  Vitry. 

L'une  des  sciences  les  plus  importantes  au  bonheur  du  genre  hu- 
main  est  sans  contredit  celle  qui  indique  les  moyens  de  creer ,  de 
conserver  et  d'accroitre  la  prosperite  de  chacune  des  families  qui  le 
composent.  Tel  est  le  but  de  I'economie  publique ,  a  laquelle  se  lient 
naturellement,  comme  depots  de  fails  et  comma  sources  de  rensei- 
gnemens  destines  a  servir  de  base  aux  calculs  dont  elle  s'occupe  et 
aux  resultats  quelle  presente,  la  geographic ,  la  statistique  et  les 
voyages.  La  jre.  fait  counaitre  la  situation  physique  et  politique 
des  pays  dont  I'economie  publique  signale  la  situation  economique; 
la  21;.,  la  statistique,  recueille  jjour  les  soumettre  a  I'examen  de  I'sco- 
uomiste,  le  tableau  exact  des  produits  et  des  ressources  de  chaque 
pays  en  tons  genres ,  comme  materiaux  de  cet  examen.  Les  fails  ras- 
sembles  par  les  voyageuis  servent  a  former  les  elemens  de  la  geogra- 
phic et  de  la  statistique.  L'indication  analytique  de  tous  les  ouvrages 
qui  peuvent  concourir  aux  progres  de  ces  etudes  diverses ,  le  tableau 
periodique  de  tous  les  fails  successivement  decouverts  qui  s'y  rap- 
portent  ,  n'ont  done  pas  moins  d'inleret  et  d'utilite  pour  rhomme 
d'etat  et  I'administrateur  que  pour  le  geographe,  le  statisticien,  I'eco- 
nomiste,  oupour  le  professeur  charge  de  renseignement  de  ces  sciences. 
L«  connaissance  des  fails  geographiques  et  statistlques  inieresse 
d'ailleurs  presque  loutes  les  classes  de  la  societe ;  c'est  en  les  recueil- 
lant  dans  les  nombreux  ouvrages  oil  ils  sonl  dissemines,  qu'on  par- 
viendra  a  rassembler  les  materiaux  d'une  bonne  et  fidele  description 
du  globe,  a  connaitre  les  elemens  de  la  richesse,  de  la  force  et  de  la 
puissance  des  nations ,  renseignemens  indispensables  dans  les  rela- 
tions commerciales  et  politiques  des  peuples  entre  eux. 

Jusqu'a  present  il  n'existe  aucun  recueil  qui  fasse  connaitre  par 
une  analyse  bien  faile,  le  merite  des  cartes  qui  se  publient  dans  tous 
les  pays;  le  commerce  etendu  de  ces  productions  n'avait  mcme  aucun 
moyen  d'en  faire  signaler  rexistence.  II  tronvera  dans  le  Bulletin  un 
moyen  certain  de  les  faire  annoncer  et  de  les  faire  apprecier  au  public. 
On  s'abonne  aussi  pour cette section,  chez  ]\L  Arthus Bertraud,  rue 
Hautefeuille ,  n.  37. 


(  i4) 

SEPTIEME  SECTION. 
HISTOIRE,  ANTIQUITES  ET  PHILOLOGIE. 

Phii.ologie  comparative  (  f'ergleichende  Sprachhttnde  ou  Linguistih  des 

Alleiiiands),  et  Etmnoi.ogie  (  r'olherkunde  ,  des  Allemands).  Collab. 

MM.  Agoub,  Barbie duBoccage,  Berr,deChezy,Cirbied,Coquel)ert 

de  Montbret ,  Fresnel  ,  Hase,  A.   Jaiibert ,  Klaproth  ,    Langles , 

Letronne,  Abel  Remusat  ,  Saint-Martin. 
HisTOiRE,  Mythologie.  Collah.  MJI.  Btrtheviii ,  Depping,  Bureau  de 

Lanialle,  Joniard  ,  Klaprotb  ,  Langles  ,  Letronne  ,  Aime  Martin, 

Metral ,  Abel  Remusat,  Saint-Martin. 
Archeologie  ,    NuMisMATiQUE.    Collab.    MM.  Barbie  du   Boccage, 

Bureau  de  Lamalle,  Jomard,  0'=  de  Laborde,  Langles,  Letronne, 

Mionnet,  Mongez  ,  Reinaud,  Saint-Martin. 
Rcdactcurs principaux  :  MM.  Cliainpollion-Figeac  et  Cliampol- 

Jion  jeune. 

Cette  section  complete  le  tableau  general  de  la  marcbe  et  du  de- 
ycloppenient  progressif  des  sciences  de  fails ,  que  le  Bidletin  a  pour 
hut  d'offrir  dans  un  cadre  tres-substantiel.  Elle  renfermera  une  ana- 
lyse rapide  de  tons  les  ouvrages  essentiellement  relatifs  a  la  science 
de  Vhistoire  et  a  ses  principales  branches.  M.  de  Ferussac  a  ciu  rendre 
un  nouveau  service  aux  sciences  en  lui  consacrant  une  place  dans 
son  recueil.  II  y  a  ete  sollicite  par  des  savans  de  tons  les  pays,  et  les 
nouveuux  collaborateurs  qui  out  bien  vouhi  se  charger  de  cette  section 
son  I  un  garant  irrecusable  del'interdt  qu'elle  offrira.  Elle  comprendra: 

I".  La  Philologie  comparative ,  que  les  Allemands  nomnient  aussi 
Linguistique,  et  qu'ils  appliquent  a  Y Ethnologic.  La  linguistique  a 
pour  hut  de  reconiiaitre  et  de  comparer  les  principes  fondamentaux 
des  langues  en  elles-memes  ,  leurs  origines  ,  leurs  progres  ,  leurs  va- 
riations et  leur  decadence.  L'ethnologie  ajiplique  les  donnees  de  la 
philologie  comparative  a  la  distinction  et  a  la  classiGcation  des  peu- 
ples  en  grandcs  families  ,  d'apres  les  rapports  reels  et  les  differences 
qui  existent  entre  les  langues  parlees,  soit  anciennes  ,  soit  modernes. 
Cette  etude,  intimement  liee  a  celle  des  sciences  metaphysiques, 
prend  aujourd'hui  et  surtout  a  Paris  un  essor  tout  nouveau.  Elle  tend 
a  former  la  base,  non-sculement  de  la  geographic  et  de  I'histoire, 
mais  encore   de  la    plupart  des   connaissances  humaines. 

2°.  UlJisCoire  et  la  Mjthologie.  U Histoire  proprenient  dite,ou  le  recit 
et  I'etude  critique  des  grands  evcnemens  qui  out  tour  a  tour  niodifie 
I'etat  social  des  nations.  La  jVyt/iologie  qui  donne  I'lilstoire  des  croyan- 
ces  et  des  fables  religicuses  des  auciens  peuples. 


(  i5  ) 

S".  Enfin  V  Jrcheologie  et  la  Numisinadque ,  considerant  les  produits 
des  artsdes  peuples  de  I'antiquite,  sous  les  rapports  purement  histo- 
rlques,  decrivent  el  coinparenl  les  monuraens  de  tout  genre,  et  par 
leurs  lemoignages  etendent,  conCnnent  ou  rectifierit  les  traditions  de 
I'histoire  ecrite  sur  I'ctat  politique ,  civil  et  reiigieux  des  anciennes 
societes  hun)aines. 

On  s'abonne  aussi  pour  cette  section  ,  chez  M.  Bossange  pere,  rue 
de  Richelieu  ,  n".  60. 

HUITIEME  SECTION. 

ART  MILITAIRE. 

Legislation  ,  Organisation  et  Administration.   Dispositions,  re- 

glemens  en  vigueur  dans  tous  les  etats  ;  forces  militaires  de  terre  et 

de  mer  des  divers  gouvernemens;  en  uninot,  tout  cequi  tend  a  faire 

connaitre  les  basesde  leur constitution  et  de  leur  sjsteme  militaire. 

Art  militaire,  Strategie.    L'analyse  de  tous  les  traites  generaux 

qui  paraitront  sur  I'art  de  la  guerre. 

Tactique  des  differentes  armes.  L'analyse   de  tous  les  ouvrages 

qui  traiteront  de  la  tactique  de  I'infanterie,  de  la  cavalerie  et  de 

I'artillerie,  consideree  comme  accessoire  des  deux  premieres. 

Artillerie.   Personnel  et  materiel ,    fabrication    des   armes  a   feu , 

poudre    et   artifices,   des  armes  blanches;   service  de  campagne, 

dans  les  places  et  aux  sieges  ;  constructions  des  pouts ,  pontons  ,  etc. 

Genie.  Fortifications  de  campagne  et  permanentes ;  mines;   attaque 

et  defense  des  places. 
Marine.  L'on  ne  placera  ici  que  ce  qui  concerne  la  tactique  navale, 
HiSToiRE.  Analyse  de  tous  les   ecrits  historiques   sur  les  guerres  an- 
ciennes et  modernes  ;  fragmens  inedits  des  dernieres  campagnes. 
Melangf-S.   Applications   des    autres   sciences  a  I'art  de  la  guerre; 

plans,  cartes  militaires;  nccrologle  ,  hiographie. 
CoUaborateurs  :  MM.  [es  Lieiicenatis-geiieraiix  C-"  Malhieii-Dumas ,  C'« 

de   la  Roche-Aymon  ';  Cie  Vedel;  les  Marechaux  de  camp, 

les  ColonehMdivion,  (\eT[io\oze;\es  Chefs  de  bataillon 

Augoya  ,   F^russac,   Lallemant,  Poumet ;  les    Capitaines  A'' Ax\o\s  , 
_ ;    les   inlendaiis  mili- 
taires Le  Noble,  Odier.  —  Marine.  MM.  Jolivot,  Parizot. 
Rcdacteur  principal :  M.  Koch,  chef  de  bataillon,  professcur  d'art 
militaire  a  I'ecole  d'application  du  corps  royal  d'etat-major. 

L'art  militaire  ,  qui  jusqu'ici  avail  etc  tres-brievement  traite  dans 
le  Bulletin ,  recevra  de  plus  grands  developpemens.  Get  art  terrible 
qui  foride  les  empires  ,  recule  leurs  homes  ou  les  detruit ,  est  au- 
jourd'hiii  I'objet   des  in\pstigations  des  militaires  de  loute  I'Europe, 


( 'M 

ct  fournit  la  niaticre  d'line  infinite  d'obscivations  qui  ajoutent  aux 
principes  poses  par  les  grands  niaitres.  L'Alleniagne  possede  un  assez 
grand  nombre  de  journaux  militaires,  oil  les  officiers  qui  ont  fait  les 
dernieres  canipagues  vienneut  deposer  a  I'envi  le  resultat  de  leurs  ob- 
servations, le  fruit  de  leurs  meditations,  ou  le  recit  de  ces  fameuses 
batailles  ou  ils  ont  ete  acteurs.  Ce  besoin  pressant  de  se  communi- 
quer  ses  idees,  de  les  discuter,  siiuplifie  de  jour  en  jour  la  tbeorie  de 
la  guerre ,  en  epure  les  principes  ,  la  degage  de  ses  anomalies,  met 
les  pratiques  de  I'art  a  la  portoe  de  chacun ,  et  I'nistoire,  qui  re- 
cueille  les  fails  des  contcmporains,  les  transmet  par-la  a  la  posteritc 
depoiiilles  de  tout  esprit  de  parti  et  de  nationalite. 

Sous  ces  divers  rapports  ,rextension  que  Ton  se  propose  de  donner 
a  la  section  d'art  militaire  doit  etre  tavorablenient  accueillie ,  sur- 
tout  en  France,  ou  ,  avec  tons  les  elemens  necessaires  pour  rediger  un 
Lon  journal  militaire,  il  n'en  existe  aucun.  Dans  le  moment  oil 
notre  armee  triompliante  rentre  dans  ses  foyers,  oil  nos  jeunes  ofU- 
ciers  sentiront  davantage  la  necessite  de  consulter  les  ecrits  qui  sepu- 
blieut  journelltnient  sur  un  art  auquel  leurs  succes  les  attacbeut  de 
plus  en  plus ;  dans  I'instant  oil  des  faifs  brillans  offrirout  aux  mili- 
taires exerces  de  nouvelles  lecons  a  retracer  et  de  uouveaux  mate- 
riaux  a  I'histoire,  cette  section  doit  presenter  a  cliacun  d'eux  unplus 
grand  degre  d'iuter^t. 

EUe  donnera  le  tableau  coniplet  des  faits  relatifs  a  I'art  de  la 
guerre  ,  I'analyse  de  tons  les  ecrits  qui  se  publient  sur  cet  art  dans 
tons  les  pays ;  elle  signalera  toutes  les  anplications  nouvelles  des  di- 
verses  sciences  que  I'esprit  de  recherches  fait  journellement  admettre 
pour  le  perfectionnement  des  fabrications  de  poudre,  d'arines,  et  les 
constructions  militaires  de  toute  nature.  Cette  section  pojtera  dans 
les  corps  des  connaissances  utiles;  elle  offrira  nn  aliment  aux  loisirs 
des  jeunes  officiers  ,  et  aux  chefs  qui  dirigent  Tarinee  de  terre  et  de 
mer  et  qui  s'occiipent  de  son  bien-etre  le  tableau  de  toutes  les  ame- 
liorations adoptees  cbez  nos  voisins,  soit  dans  I'administration  des 
troujjcs ,  dans  leur  discipline  ou  leur  instruction,  soit  enfin  dans  I'art 
d'attaquer  ou  de  se  defcndre. 

On  s'abonneaussi  pour  cette  section,  a  Paris,  cbez  MM.  Anseliii  et 
Pochard,  rue  Dauphine,  u'\  y  ;  et  a  Strasbourg  ,  chez  M.  Levrauh. 


Nota.  Les  travaux  des  Societes  savantes ,  les  annonces  divcrses  ,  la 
biogi  aphie  ,  la  necrologie  ,  lesvoyagcs  speciaux,  etc.,  seroiil  disscmii)cs 
dans  les  divcrses  sections  ,  de  manicre  a  reunir  aux  scclions  ou  sous- 
divisions  I'ensemble  des  fails  ([ui  en  dependent.  Cliaqiic  section  sera 
terniinee  par  uue  coupure,  qui,  sons  le  litre  do  Mklanges,  indiqucra 
les  ouvrages  encyclope'dicjucs  et  bibliograplii([ues  ;  les  nouvelles  r  u 
annonces   (pii  interessent  toutes  les  sciences  el  lous  les  savans,  etc. 

IMPRIMERIE   DE    FAIN,    PLACE   DE   L'ODEON. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 

GEOLOGIK. 

1.  Dissertation  sur  le  deluge  tjniversel,  ou  introduction 
a  la  geognosie  de  notre  planete,  par  F.  Chabrier.  In-8".  de 
i3a  pag.  Montpellier;  i823;imprim.  de  X.  Julien. 

M.  Chabrier,  que  la  nature  de  ses  occupations  oblige  a  voya- 
ger beaucoup ,  et  surtout  dans  le  nord  de  rAllemagne ,  frappe 
a  la  vue  de  ces  blocs  de  granit,  souvent  enormes,  et  rcpandus 
avec  profusion  de  chaque  cote  de  I'Elbe  dans  le  Hanovre  ,  les 
pays  de  Bremen  et  de  Hambourg,le  Mecklembourg,  la  Pome- 
ranie,  etc.,  c'est-a-dire  dans  des  pays  eloigiies  des  montagnes  gra- 
nitiques,  et  peu  satisfait  des  explications  fournies  sur  ce  phenonie- 
nepar  leshabitans  de  ces  contrees ,  et  par  les  ouvrages  des  geolo- 
gues,  en  a  cherclie  une  solution  qui  put  en  nieme  temps  rcndre  rai- 
sondece  desordreapparentqu'offrela  surface  du  globe, dudeluge 
universe], etc.;  c'est  le  resultat  de  ses  longues  meditations,  sur  ces 
inatieres  epineuses ,  qail  offre  an  public  :  et  son  ouvi'age  a  cer- 
tainement  le  merite  ,  tres-remarquable,  de  presenter  un  systeme 
de  plus  parmi  les  innombrables  hypotheses  qui  ont  ete  imagi- 
nees  jusqu'a  ce  jour  en  geologic.  Nous  remarquerons  en  passant 
que  tous  les  systemes  geologiques  inventes  jusqu'a  present,  ont 
ete  le  resultat,  comnie  chez  M.  Chabrier,  de  I'envie  d'ex- 
pliquer  un  phcnomene  particulicr,  qui  avait  frappe  plus  vive- 
ment  certains  observateurs,  et  dans  la  dependance  duquel  ils 
groupaient  I'explication  de  tous  les  autres  phenoinenes  geolo- 
giques. C'est  dans  ces  derniers  temps  seulement  qu'on  s'est  ef- 
force  d'observer  les  faits ,  et  qu'on  a  cherche  a  en  tirer  des  in- 
ductions generales,  seule  marche  raisonnable  et  sure.  Les  au- 
teurs  de  ces  systemes  ont  d'ailieurs  admis,  comme  un  phenom  — 
ne  certain,  des  hypotheses  hasardees ;  ainsi  quelques-uns  ont 
B.  To. Mi  I.  I 


2  Geologic. 

adoptd,  comme  etant  incontestable  ,  le  deplacemcnt  du  lit  des 
mers;  de  la,  cctte  quantite  de  thejties  ou  la  niL-caniqiie  celeste 
a  ctd  torturee  de  tant  de  manieres ;  il  cut  d'abord  fallu  prouver 
ce  deplacement,  etc.  M.  Chabrier,  convaincu  que  les  blocs  de 
granit  dont  nous  venons  de  parler,  ne  pouvaient  venir  ni  du 
Hiirtz  ni  de  la  Suede,  en  fail  des  aerolithes.  Ayant  ensuite  re- 
connu,  apres  un  examen  scrupuleux  des  montagnes,  que  celles- 
ci  ne  sont  qu'un  amas  de  decombies ,  il  commenca  a  douter  que 
le  granit  lepandu  sur  la  surface  du  globe,  se  soil  forme  et  cristal- 
lise  dans  une  iner  primitive  que  personne  iia  vue,  dit-il.  Aussi, 
d'aprcs  la  certitude  qu'il  a  acquise  du  contraire,  il  nie  formelle- 
ment  ce  fait,  et  il  n'hesite  pas  a  avancer  que  le  granit  est  venu 
tel  qu'il  est  de  ratraosphere ,  avec  les  autres  materiaux  auxquels 
il  est  parfois  adosse,  et  dont  il  est  tout  aussi  souvent  entoure. 
Cette  terrible  pluie  de  montagnes  due  aux  debris  d'un  corps 
planetairevlolemment  heurte  parunecomete,  ou  causee  par  I'ex- 
plosion  du  volcan  central  de  cette  planete,  anrait  a  la  fols  verse 
sur  le  I'.oyau  de  la  notre,  dont  M.  Chabiler  ne  s'occupe  pas,  les 
Alpcs,  les  Pyrenees,  les  Andes,  etc.,  et  toutes  ces  couches  an- 
tipodes de  roches  primitives.  Ces  materiaux  einbrases  tombant 
sur  les  forets  tou'ffues  de  la  lerre,  les  rediiisirent  en  cliarboii 
fossile. 

Ce  corps  planetaire  fut  sans  doute  celui  auquel  appartenaient, 
comme  etant  ses  satellites  ,  les  quatre  petites  lunes  Ceres ,  Pal- 
las, Vesta  et  Junon,  qui  lemoignent  en  lettres  de  feu,  I'an- 
cienne  existence  de  cette  planete  infortunee.  Mais,  selon  M.  Cha- 
brier, cette  epouvantable  pluie  de  montagnes  fut  accompagnee 
de  toules  les  eaux  de  cclte  planete  ,  lesquelles  tombant  en  cata- 
ractes,  submergerent  la  terre  et  firent  perir  tous  ses  liabitans; 
mais  la  pluie  d'eau  preceda  celle  de  montagnes  (  en  vertu  de  la 
difference  des  pesanteurs,  sans  doute),  et  cellc-ci  arriva  fort 
a  propos  pour  refoulcr  en  partie  les  eaux,  et  former  nos 
continens  et  nos  montagnes  actuelles,  sans  quoi  Noe  n'eut 
trouve  nulle  part  a  mettre  pied  a  terre.  II  faut  d'ailleurs  voir 
dans  I'ouvrage  m^nie,  la  serle  des  preuves  et  des  ralsonneinens 
de  son  auteur,  lesquels  feront  passer  chez  les  lecteurs  I'intime 
conviction  que  parait  avoir  M.  Chabrier,  que  son  sysfeme  est 
le  plus  probable,  et  qu'il  presente  meme  tous  les  caracteres  de 
la  nnllte  par  I'explication  simple  et  facile  de  tous  les  fails.  Ainsi , 
par  exemple,  les  arbres,  lespoissons  fossiles,  le  squelelte  limnain 


Geologic.  5 

petrifie  de  la  Guadeloupe,  sont  des  restes  de  la  v^g^tation  et 
de  1  ammahsation  de  la  raalheureuse  planete  dont  nous  foulons 
les  debris.  Mais  une  idee  certaineraent  nouvelle  et  qui  merite  la 
plus  serieuse  reflexion,  c'est  qu'il  se  pourrait,  selon  M.  Cha- 
brier,  que  des  creatures  humaines  de  celte  planete,  quoique 
bien  maltraitee  ,  aient  survecu  a  cette  chute  :  et  c'est  ainsi 
qu'll  explique  la  difference  des  races,  caracterisee  par  Blumen- 
bach,  Cuvier,  etc.;  ainsi  vraisemblablementles  Negres,  les  Ame- 
ricains  ou  les  Malais,  sont  des  descendans  de  ces  habitans  d'ua 
autre  raonde  qui,  pour  punir  nos  premiers  parens,  aurait  lui- 
merne  ete  aneanti.  -p 

2.    ObSEKVATIONS  SUR   la  TEMPERAT0BE  MOYENNE  DU  GLOBE  ;  par 

le  Dr.  Brewster.  (  Trans,  of  the  Roy.  Soc.  of  EcUnb.  p.   i 

p.    20I.    )  ' 

L'auteur,  apres  avoir  rappele  que  M.  Mayer  de  Gcettingue  est 
le  premier  qui  ait  essaye  de  representer  par  une  formule^la  va- 
riation de  la  temperature,  fait  observer  que  les  resultats  obte- 
nus  par  ce  savant,  ont  ete  demontres  ^tre  inexacts  par  les  obser- 
vations de  M.  de  Humboldt ,  surtout  dans  son  raemoire  sur  les 
l.gnes  isothermales.M.  leD''.  Brewster  donne  la  formulesuivante: 
T=8i'>^Cos.  lat.; 

Pour  exprimer  en  degres  de  Fahrenheit  la  temperature  en 
fonction  de  la  latitude  dans  I'ancien  conlinent ,  il  fait  voirpar  di- 
vers tableaux  I'accord  des  resultats  de  cette  formulc  avec  les  ob- 
servations de  M.  de  Humboldt  et  du  capit.-.ine  Scoresby ,  dont 
elles  no  different  que  de-i  de  degre  ,  tcrme  moyen. 

Quant  aux  temperatures  du  nouveau  monde  ,"  l'auteur  fait  voir 
que  la  variation  de  temperature  suit  une  loi  differente  qu'il  re- 
presente  par  la  formule 

T  =  8i  I  Cos.  lat.  X  i,i3. 
II  estime  d'aprescette  formule  la  temperature  dupole  nord  qui , 
d'apres  les  vents  du  nord  qui  soufflent  des  cotes  du  Groenland 
et  de  la  Slberic  ,  doit  etre  rabai-see  de  4°  a  o°  dc  Fahrenheit ; 
il  fait  observer  que  les  observations  faites  par  le  capiialne  Parry 
dans  le  detroit  de  Lancastre  confirment  ses  formules  d'une  raa- 
niere  rcmarquablc. 

II  fait  voir  ensuite  que  I'intensite  extraordinaire  du  froid,  ob- 


J^  Geologie. 

serTce  par  les  74*  de  latitude  dans  ce  detroit ,  eomparie  k  «elle 
des  780  de  latitude  dans  les  mers  du  Spitzberg  ,  forcent  a  con- 
clure  que  le  pole  du  globe  n'est  pasle  point  leplus  froid  de  I'he- 
misphere  boreal  ;  et  qu'il  y  a  deux  points  du  plus  grand  froid 
on  Poles  isothermals  quiparaissent  situes  presdu  8o'".  de  lat.nord, 
par  les  gS*'.  et  loo*^.  dcgres  de  longitude  ouest ;  le  pole  trans-at- 
lantique  etant  situe  environ  a  5"  au  nord  de  la  baie  de  Graham- 
Moore  et  le  pole  asiatique  au  nord  de  la  baie  de  Taimura  pres 
le  cap  nordest. 

Cette  distribution  de  la  temperature  necessite,  selon  lui,  une 
nouvelle  loi  sur  la  progression  des  climats;  d'apres  I'analogie 
qu'il  a  remarquee  entre  les  lignes  isothermales  du  globe  et  les 
coitrbes  isocJiroinatiques  ,  il  represente  la  temperature  moyenne 
par  la  formule 

Temp.  moy.  =  8  2°  8  sin.  D  ou 
Temp,  moy,  =  8  6°  3  sin.  D  —  3i>  | ; 

D  representant  la  distance  du  lieu  au  pole  isothermal  le  plus 
proche;  la  premiere  relative  a  la  supposition  que  le  plus  grand 
froid  soit  a  o"  de  Fahrenheit  et  la  seconde  en  le  supposant  a  3"  ^. 

II  applique  sa  formule  aux  resultats  obtenus  par  M.  de  Hum- 
boldt, et  aux  observations  du  capitaine  Scoresby  et  du  capitaine 
Parry,  et  il  trouve  constaniment  des  differences  tres  -  peu  con- 
siderables entre  les  resultats  observes  et  ccux  qu'il  a  ralcules. 

II  fait  remartjuer  ensuite  I'analogie  qui  exisle  entre  les  cen- 
tres isothermal!!  et  les  centres  magnetiques  du  globe  ,  et  cherche 
a  expliquer  d'apres  la  revolution  des  deux  foyers  magnetiques 
de  la  terre ,  les  revolutions  les  plus  remarquables  arrivces  sur  la 
surface  du  globe  relativemenl  a  sa  temperature.  Ro. 

3.  SoR  T,Es  TRKMBLEMENs  DE  TERRE.  [Aorsbcroettelser  0111  vetensh. 
yrrt///.«<»g'.  Stockholm.  1822,  p.  i5i. 

Le  r^dacteur  de  I'article  geologic ,  dans  ces  Comptes  rendus, 
('met  I'opinion  que  certains  tremblemens  de  terre  ,  independans 
des  eruptions  volcaniques,  pourraient  resulter  de  la  solidifica- 
tion graduellede  la  crout  u  globe,  a  partir  de  la  surface,  a  me- 
sure  que  sa  chaleur  interieure  se  dissipe.  Le  changemenl  de  vo- 
lume qui  doit  avoir  lieu  par  Taction  de  cotte  cause,  tend  ,  dit-il  , 
aproduire  des  fissures  peu  larges,  inais  d'une  longueur  prodi- 


Geologic.  5 

gieuse.  II  troure  ,  d'apres  les  experiences  connues ,  sur  Ics  corps 
qui  eprouventuneretraite  en  se  refroidissant,  quelesprincipales 
fissures  doiveiit  avoir  lieu  sur  le  globe  dans  la  direction  dcs  me- 
ridiens  ;  et  en  effet  c'est  a  peu  pres  dans  ce  sens  que  s'etendent 
les  tremblemens  de  terre  considerables.  II  cite  les  plus  reinarqua- 
blesde  ceux  dont  il  a  ele  fait  mention,  dcpuis  celui  du  29  decem- 
bre  1820  a  Zante,  jusqu'a  une  faible  secousse  qu'on  eprouva  k 
Mayence  le  aS  decembrc  1821.  C.  M. 

4.  Tremblement  de  terre  RESSENTI  A  Belley.  Dans  la  nuit  du 
12  au  i3  de  ce  mois,a  troisheures  du  matin  ,  une  secousse  da 
tremblement  de  terre  s'est  fait  sentir  a  Belley  ;  elle  a  dure  quel- 
ques  secondes,  et  a  ete  assez  forte  pour  donner  I'alarme  a  toule 
la  ville,  dont  la  majeure  partie  des  liabitans  a  veille  jusqu'au 
jour.  On  pretend  qu'une  premiere  secousse  s'ctait  fait  sentir  a 
une  heure  de  la  meme  nuil.  Les  effets  les  plus  connus  de  ccs  se- 
cousses  ont  ete  des  tintemens  de  cloches,  vibrations  de  cristaux 
rapproches ,  craquemens  et  deplacemens  de  meubles.  La  com- 
motion parait  avoir  suivi  la  direction  de  Test  a  I'ouest;  elle  a  ete 
ressentie  dans  plusieurs  communes  environnantes.Celte  commo- 
tion a  ete  precedce  parlout  d'une  detonation  semblable  a  celle 
de  plusieurs  pieces  d'artillerie  de  gros  calibre. 

Une  particularite  remarquable,  racontee  dans  la  matinee  m6- 
rae  du  samedi  i3  ,  par  le  sieur  Terrier,  de  Benonces,  est  que  , 
parti  de  cette  derniere  commune  de  tres-grand  matin  ,  et  se 
trouvant  vers  les  trois  heures  sur  la  sommite  de  la  montagne,  il 
avail  apercu  le  ciel  en  feu,  sans  qti'aucun  meteore  lumineux  lui 
eiit  apparu,  et  que  cette  vive  lumiere  s'etait  terminee  par  une 
forte  detonation,  de  la  meme  nature  que  celle  qui  a  ete  enten- 
due  a  Belley  immediatement  avant  la  secousse  ressentie  a  trois 
\ie\xrts  Anmn\.\D.[Constitutionnel,  21  decembrc  1823.) 

5.  Sur  l'abaissement  presume  du  niveau  oe  la  mer  Baltique. 

[  ^orsbercettelser  om   vetensh.  framsteg.    Stockhoim  ,    1822, 

p.  i47-) 

L'incertitude  qui  semble  regner  encore  relativement  a  co  phe- 
nomene  sera  entierement  dissipee  d'icia  peu  d'annees,  au  raoyen 
des  soins  que  quelques  savans  de  Suede  et  de  Russie  ont  pris  , 
dans  ces  derniers  temps  ,  pour  verifier  les  lignes  tracees  sur  dif- 
ferens  points  des  cotes  de  cette  mer,  et  pour  etablir  de  nouvcaux 
indieateurs  ou  thalassometres  dans  les  situations let>  plut  ronve-^ 


6  Geologic. 

nables.  I.e  colonel  Bruncrona  s'est  charge  de  ce  soin,  en  ce  qui 
concerne_, les  cotes  de  Suede,  dans  le  cours  de  I'annee  1821,  et 
le  ministre  de  la  marine  de  S.  M.  I'einpereur  de  Russie  a  diija 
transmis  quelques  observations  faitcs  pour  le  raeme  objet  sur  les 
cotes  de  Finlande,  et  il  a  ordonne  de  les  continuer.       C.  M. 

6.  Ex  1804,  une  maison  a  et^  construite  a  remboucliure  de 
la  Delaware,  pres  du  cap  Mai,  a  la  distance  de  334  pieds  de  la 
mer.  En  1820,  d'apres  les  empietemens  de  la  mer,  la  distance 
n'etait  plus  que  de  108  pieds.  L'avancement  des  eaux  varie  tons 
les  ans;  mais  il  est  progrossif.  La  meme  observation  peut  s'appli- 
quer  aux  cotes  du  Rresil,  quoiqu'on  n'y  ait  fait  auciiiies  mesnres, 
et  dans  une  proportion  encore  pins  rapide  qu'aux  Etats-Unis. 

■7.   SCR    .UN    CRAKIT    SECONDAIRE.    {^Edillb.  pJlHos.    J O II ffi .,  aw'A 

1823,  p.  4o3.) 

M.  Marzari  a  observe  aux  environs  de  Recaro ,  en  Italic ,  les 
dispositions  suivantes,  de  bas  en  haul :  i".  scliiste  micace;  2°.  do- 
lerlte;  3".  gres  rouge  avec  houille  et  niarne  blturaineuse;  4"-  cal- 
caire  alpin.  Puis,  dans  la  vallce  de  Lavis  (Aviso)  ,  une  autre  dis- 
position, toujours  dcbas  en  liaut :  10.  gramvacke;  2°.  porpliyre  ; 
3°.  gres  rouge;  4°.  calcaire  alpin;  5".  calcaire  du  Jura;  6\  gra- 
nlt  avec  pyroxene-augite,  sans  peridot;  olivine.  M.  Breislack,dans 
un  nicmoire  dernierement  public,  pretend  que  le  granit  secon- 
daire,  superpose  au  calcaire  alpin,  appartient  a  la  meme  forma- 
tion que  1:^  beau  granit  egyptien  ,  et  conticnt  de  grandes  masses 
de  quartz  blanc  avec  des  cristaux  de  tourmaline.         L.  Andrk. 

8.  Sur  les  veixes    pe  granit,  par    M.  P.    Motle.  [Jnn.  of 
philos.,  aoat  1823  ,  p.  90  ) 

M.  Moylc  y  donne  quelques  details  sur  les  fdons  granito'ides 
qui  se  trouvent  dans  les  schistes  intcrmediaires  du  promontoire 
deFrewavashead,  dans  la  paroisse  de  Breage,  en  Cornouaillcs, 
et  il  fait  surtout  remarquer  les  parties  que  M.  Sedgwicli  n'a  pas 
comprises  dans  sa  description  de  cctlc  contree.  A.  B. 

q,  De  Apenninorum   constitutione  ceocnostica  commenta- 

Tio. Memoire  sur  la  constitution  geognostique  des  Apen- 

nin-,,  par  M.  Hausmann.  Gcettingue,  1823.  In-4°.         pag. 

Ce  memoire,  qui  a  ete  lu  par  I'auteur  dans  I'assemblee  solen- 
uelle  de  la  Societe  royale  de  Gcettingue  ,  du  iG  novembre  1822  , 
est  divise  en  deux  parties.  La  premiere  a  rapport  a  la  gcographi* 


Geologic.  J 

physique,  et  traite  successivement ,  lo,  de  la  direction  et  de  la 
ramification  de   la  cliaine  des  Apennins;  u,,.  de  son  extension; 
3°.  de  ses  relations  avee  la  mer;  4°.  de  sa  hauteur;  5°.  de  ses  sec- 
tions transversales;  6".  de  ses  vallees;  7".  de  son  aspect  exterieur. 
La  seconds  partie  traite  de  la  structure  iiiterieure  dcs  Apennins. 
L'anteur  examine  successivement,  8°.  cette  structure  interieure 
en  general,  uniformement  calcaire dans  toute la  partie  raoyenne de 
la  chaine,  variee  sculement  pres  des  Alpes  et  dans  la  Calabre ;  9".  et 
lo".  les  terrains  primordiaux,  indiques  dans  les  Apennins,  qui, 
presque  tons,  paraissent  a  M.  Hausinann  devoir  etre   rapportes 
a  la  classe  intermediaire;  ii".  les  terrains  intermediaires  en  gene- 
ral ,  qui  se  prest^ntent,  dans  la  Ligurie,aux  environs  de  Florence, 
de  Lucqiies  et  de   Modene,  dans  les  Abbruzes   et  en  Calabre; 
1 2°.  la  grauwacke,  a  laquelle  IM.  Hausmann  rapporte  le  macigno 
et  la  pietra  serena  des  Florentins;    i'^".  les  schistcs  argileux  ; 
ili°.le  Aeeselsc/tie/er;  i5°.  le  steaschiste;  16".  I9  saxum  forna- 
cum;     170.  le  gneiss   de   transition;  18".  le  calcaire  compacfe  ; 
19°.  la  breche  calcaire;  20°.  le  marbre  salin  ou  calcaire  grenu ; 
21°.  le  gahbro  (  euphotide  et  serpentine  des  mineralogistes  fran- 
cais),  que  M.  Hausmann  regarde  conime  contemporains  aux  au- 
tres  terrains  intermediaires;  22°.  tous  les  terrains  de  cette  classe 
lui  paraissent  appartenir  a  une  meme  formation,  et  ne  presenter, 
dans  leur  stratification,  aucune  relation  constante  avec  la  direc- 
tion de  la  chaine.  Le  §  23  traite  du  calcaire  dit  des  Jpennins , 
qui  constitue  seul   la   chaine  entiere  depuis  Florence  jusqu'aux 
Abbruzes,  et  depuis  les  Abbruzes  jusqu'en  Calabre.  Ce  calcaire, 
rcmarquable  par  son  uniformite,  est  difficile  a  classer  geognos- 
tiquement.  L'auteur  regarde  comme  probable  qu'il  appartient  a 
la  formation  jurassique.  Dans  le  §  2/,,  M.  Hausmann  emet  I'idee 
qu'on  peut  regarder  la  mcr  Adriatique  comme  une  grande  vallee 
longitudinale  creusee  dans  le  calcaire  des  Apennins.  Le  §  25  con- 
ceriie  les  terrains  tertiaircs  qui  constituent  les  collincs  subapeu- 
nmes,  et  que  l'auteur  distingue  en  marnes,  argiles  schisteuses  ou 
|.lasliques,  graviers,  sables  et  conglomerats.  Les  formations  ter- 
tiaues,  moins  generalcs,gypses,  tufs  calcaires  et  tufs  volcaniques, 
font  I'objet  du  §  26.  Enfin  ,  dans  le  §  27,  l'auteur  mentionne  seu- 
lement  (en  renvoyant  pour  !es  details  a  un  travail  particuller)  les 
formations  volcaniques  qui  manquent  entierement  dans  la  par- 
tie  centrale  des  Apennins,  et  qui  se  trouvent  toutes,  une  seiile 
montagne  exceptee,  sur  le  versant'snd-ouest  de  la  cliaine.  B.  D. 


S  Geologic. 

10.  OEuTRES  DK  RiPEL  KT  DK  Pristanowski.  (Phil./ourrt. ;  juillet 

182S ;  p.  209.) 
Ces  auteurs  vont  faire  paraitre ,  savoir  :  M.  Ripel ,  un  ou- 
vrage  accompagne  de  coupes  et  de  cartes  sur  la  structure  g6- 
nerale  des  Alpes;  et  M.  Pristanovvsky,  un  autre  sur  la  Toscane. 
Ce  dernier,  dans  un  petit  traite  qui  a  paru  dernierement ,  de- 
montre  que  les  Apennins  contiennent,  dans  leurs  formatious 
recentes,  des  lits  de  soufre,  qui  sont  plus  abondans  vers  le  midi , 
et  auxquels  il  croit  pouvoir  attribuer  la  formation  des  volcans 
d'llalie.  L.  Anure. 

11.  Sur  les  Alpes  apdeennes  et  les  marbrieres  de  Carrare. 

{Mag.  der  Pharm,  de  Hanle ;  mai  iSi?;  p.  121.) 
M.  Emmanuel  Rapetti  a  public,  I'an  passe,  un  ouvrage  sur  les 
Alpes  apueennes  et  les  carrieres  de  marbre  de  Carrare.  Les 
Alpes  dont  il  s'occupe  comprennent  la  partle  des  Apennins  qui 
borde  a  I'ouest  I'Etrurie.  Sa  description  est  geologlque,  topo- 
graphique,  chimique  et  historique.  Ce  groupe  de  montagnes  a 
troisvallees  principales;  sa  longueur,  de  I'ouest  a  Test,  est  de 
3o  milles,  sa  largeur  12,  et  sa  plus  grande  hauteur  i,5oo  pieds. 
LacimeduMonte-Sacropartage  I'espace  occupe  par  les  couches 
de  calcaire  grenu;  plus  Ton  s'en  eloigne,  plus  Ton  apercoit 
d'autres  rocbes,  telles  que  des  schistes  micaces,  talqueux  et  argi- 
leux,  des  calcaires,  des  grauwackes  et  enfin  des  houilles. 

Le  marbre  de  Carrare  neserait,  suivant  I'auteur ,  subordonne 
a  aucune  formation.  La  contree  presente  des  depots  locaux  de 
fer  oxide  rouge  ,  de  fer  spathique ,  de  soufre  et  de  quartz  hyalin. 
L'auteur  cherche  a  appliquer  a  I'origine  de  ce  melange  de  diffe- 
rens  mineraux  et  de  differentes  roches,  les  decouvertes  recentes 
magnetiques.  Ily  a  ete  conduit  surtout  paries  druses  de  quartz 
hyalin, distribuees  dans  le  calcaire  de  Carrare,  dans  trois  endroits 
de  la  vallee  del  Pianello ,  au  pied  du  Monte-Sacro ,  et  par  une 
liqueur  legerement  sapide  qui  remplit  quelqucs-unes  de  ces 
cavites.  A.  B. 

12.  Note  sur  legisemeut  du  gypsedans  les  Alpes,  par  M.  Jac- 

quemont.  {Bull,  de  la  Soc.phil.;  juillet  iSaS  ;  p.  io5.) 

L'auteur  a  reconnu  d'abord  ,  avec  M.  Brochant,  que  le  gypse 

occupait  le  fondduval  Canaria,  dont  les  deux  pentes  offrent  des 

couches  de  mica-schistes  inclineesau  nord  ouest ;  mais  ensuite  il  .1 

au»si  observe,  a  I'entree  du  vallon  ,  des  couches  de  calcaire  gre" 


Geologie.  (j 

nn ,  allernant  avec  iles  couches  de  gypse ,  et  se  prolongeant  plus 
loin  sur  les  pentes  de  la  vallee  du  Tesin  entre  des  couches  de 
mica-schiste. 

Cette  association  se  voit  sur  une  longueur  de  200  metres ,  et 
la  couche  calcaire  a  deux  metres  d'epaisseur.  L'auteur  en  con- 
clut  que  le  gypse  estsubordonne  au  mica-schiste,  comme  le  cal- 
caire, et  qu'il  n'y  forme  que  des  amas  lenticulaires,  ce  qui  ex- 
pliquerait  sa  position  dans  le  fond  de  plusieurs  cavites  schisteuses. 
Enfin  on  a  meme  observe  une  couche  de  gypse  a  mica  dore 
intercalee  dans  le  mica-schiste  dans  le  haut  Vaiais,  entre  Vis- 
pach  et  Glitz,  en  face  de  Gamsen.  A.  B. 

l3.SuR  LES  COUCHES  DE  SEL  DU  GRAND- DUCHE   DE  BaDE.    {Mag.  clcr 

Pharni.de  Hanle;  mars  iSaS;  p.  23 1.) 
M.  Selb  a  public  dernierement  une  brochure  sur  la  geologie 
des  environs  de  Diirrheim ,  intitulee  :  Geognodsche  Ferhaltnisse 
der  Gegend  um  Diirrheim.  Nous  en  rendrons  compte  plus  tard , 
et  nous  nous  contentons  d'annoncer  seulement  ici,  d'apres  I'ar- 
ticle  du  journal  cite,  que  la  source  salee  ,  decouverte  le  8  mars 
1822,  par  le  sondage,  a  ete  analysee  par  le  docteur  Kohlreuter, 
et  que  les  couches  de  sel  sont  couvertes  par  des  alternats  de 
calcaire  compacte  ou  fetide,  d'argile  et  de  gypse.  Le  detail  des 
couches  iraversees  par  la  sonde  se  trouve  dans  le  meraoire  cite, 
et  il  est  fort  important;  car  c'est  sur  ces  observations  que  s'ap- 
puient  egalement  les  deux  manieres  fort  differentes  de  classer 
ces  depots.  Les  uns  y  voient  des  preuves  evidentes  que  le  gile 
du  sel  est  dans  le  zechstein,  tandis  que  d'autres  ne  voient  cette 
substance  que  dans  les  assises  superieures  du  gres  bigarre, 
qui  sont  liecs  au  muschelkalk ,  ou  second  calcaire  secondaire,  par 
des  alternances.  A.  B. 

ll\.  Sur    LES   FossiLEs   de  Osterweddigen,    pres  de  Mague- 
bourg;  par  le  Prof.  Germ^r.  {Neues  jonrn.  fiir  Chemie  und 
Physik^fAT  lesD".  Schweigger  etMeineche.  Vol.  7,  p.  176, 
etla  frad.de  ce  mem.  dans  le  Philos.  Mag.  nov.  1823,  p.  367.) 
M.  Germar  docril  un  depot  de  sable  coquiliier  tertiaire  qui 
se  trouve  a  Osterw^eddingen,  a  i  |  mille  au  sud-ouest  de  Mag- 
debourg.  Celte  couche  de  sable  repose  sur  le  gres  bigarre,  et  . 
est  recouverte  d'une  marne  argileuse  ,    qui   forme  a  I'ordinaire 
dans    lepays,  le  toit   des  depots  de  lignite.  Les  coquilles  de 
«e  sable  se  rapportent  au  moins  a  22  genres,  et  cclles  qui  sem- 


lo  Gc'ologie. 

blent  le  canicteriser,  sont  des  bulles,  des  nafices,  des  fascio- 
laires,  des  huitres,  des  venus  et  des  venericardes.  M,  Germar  n'a 
pas  pu  reconnaitre  ces  fossiles  parmi  ceux  des  environs  de  Paris  , 
et  il  penclie  a  croiro  qu'on  devrait  plutot  ranger  ce  depot  avec  la 
seconde  formation  marine  tertiaire  qu'avec  la  premiere.      A.  B. 

i5.  ExTRAiT  d'un  coupd'oeil  oeologiqde  comparatif  entre  lk 
S.-O.  ET  LE  N.  DE  LA  France,  ET  LK  S.  DE  l'Allemagne  ;  par 
A.  BouE.  i^Journ. pkilos.tfEdin,  ]m\\e\.  iSaS,  p.  128.) 

N'ayant  qu'annonce  ce  memoire,  nous  en  signalerons  ici  les 
fails  principaux  :  L'auteury  donne  d'abord  nnapercu  des  forma- 
tions des  Pyrenees,  dans  lequel  ii  s'efforce  surtout  de  montrer 
la  position  veritable  des  granits  de  celte  chaine,  et  les  effets 
singuliers  que  leur  elevation  a  produits  dans  les  roches  schis- 
teuses.  II  decrit  ensulte  les  calcaires  jurassiques,  le  sable  ferrugl- 
neux  et  vert,  et  la  craie  qui  borde  au  nord  le  bassin  tertiaire 
du  pied  des  Pyrenees.  Ce  dernier  bassin  est  compose  suivant  lui 
deniollasse,  de  calcaire  grossier,  de  calcaire  d'eau  douce,  de 
marnes  a  gypse  et  a  huilres,  et  cnfin  de  sables  repondant  aux 
sables  marins  superieurs  de  Paris.  Apres  cela  il  fait  ressortir  les 
caracleres  qui  distinguent  ce  bassin  de  celul  de  Paris,  et  passe  a 
Test  de  la  France  ou  il  retrouve  la  craie  ,le  sable  vert  et  ferrugi- 
neux,  le  calcaire  jurassique  avec  le  calcaire  agryphites,  le  qua- 
dersandstein  ,  le  muschelkalk  et  le  gres  bigarre  salifere.  Le  gres 
grossier  des  Vosges  est  pour  lui  le  nouveau  gres  rouge ,  ou  le 
todtliegende  des  Allemands.  Apres  avoir  dit  quelques  mots  des 
depots  tertiaires,  jurassiques  et  basaltiquesde  la  vallee  du  Rhln, 
il  passe  a  la  foret  Noire  el  surtout  auWiirtcniberg,  oil  il  s'efibrce 
de  montrer  que  le  muschelkalk  recouvre  le  gres  bigarre  salifere 
nuquel  il  est  lie  par  des  allernances  frequentes,  tandis  que  le  gres 
bigarre  repose  lui-raeme  sur  le  todtliegende  sans  I'lntermediaire 
du  zeclistciii. 

La  chaine  jurassique  d'AUemagne  sedivise  suivant  lui  en  lias, 
en  calcaire  magncsien ,  en  calcaire  compacte  et  oollthique,  en 
calcaire  lithographique  a  poissons  et  en  marnes  ferrugineuses. 
II  donne  une  idee  des  depots  de  calcaire  d'eau  douce  renfermes 
dans  ces  monlagnes  secondaires ,  il  dit  quelques  mots  du  Boh- 
rnerualdgebirge,  et  terniine  son  mcmoire  par  ua  coup  d'ojil 
sur  le  revcrs  nord  de^  Alpcs  allemandes.  II  croil  pouvoir  y  dis- 
tiugiier  le  lechstein  ou  premier  calcaire  secondaire    qui  est  une 


Geologie.  1 1 

dolomie,  le  gres  bigarr^  ct  salifere,  le  muschelkalk,  le  gres  fer- 
rugineiix  et  vert,  et  une  craie  grossicre. 

Le  bassin  tertiaire  de  la  Baviere  a  paru  offrir  an  m^rne  geo- 
logiie  des  mollasses  et  des  nagelflulis  avec  des  depots  de  lignite 
a  coquilles  d'eau  douce,  des  calcaires  grossiers  et  des  lufs  cal- 
caires.  Enfiiiil  compare  ce  bassin  a  celui  de  rAutriclie,  et  y  cite 
des  OS  de  Maslodonte  dans  un  terrain  de  craie.  F. 

16.  Note  sur  la  presence  de  fossiles  d'eau  douce,  re- 
connue  par  M.  Desnoyers,  au  milieu  de  la  formation  du 
calcaire  grossier  des  environs  de  Paris ;  par  M.  Constant  Pre- 
vosT.  (Ball,  de  la  Soc.  pkilorn.  juillet  iSa'S,  p.  104.) 

M.  Desnoyers  a  decouvert  que  la  couche  tertiaire  qui  ren- 
ferine  les  lignites  et  les  fossiles  d'eau  douce  en  partie  silicifies 
deBagneux,  ep»  situee  entre  les  assises  superlenres  du  calcaire 
grossier,  et  en  particulier  sous  le  banc  calcaire  a  impression  de 
Phyllites.  M.  Prevost  en  deduit  que  le  melange  de  coquilles  ma- 
rines ct  lacustres  de  Bagneux  ,  appartient  aussi  a  cet  etage  du 
terrain  tertiaire  et  iion  pas  a  I'argile  plastique  comme  on  I'a- 
vait  cru.  A.  E. 

17.  Die  erloschenen  Vulkane  in  sunFRANRREicH.Les  volcans 
eteints  du  sud  de  la  France;  par  S.  Steininger  ,  prof,  de  pliys. 
au  gymnase  de  Treves ,  etc.  In-8.,  2/,o  p.,  av.  une  carte  et  des 
coupes  de  terrains ,  lithogr.  Mayence;  1823  ;  Kuklerberg. 
En  decrivant  nos  coutrees   volcanisees,    I'auteur   de  cet    ou- 

vrage  a  du  profiler  frequemment  des  travaux  des  savans  francais 
sur  les  pas  desquels  il  a  marche.  Mais  ce  volume  offre  un  genre 
d'interet  particulier,  lorsqu'on  se  rappelle  que  I'auteur ,  avant 
de  visiter  la  France,  avait  fait  une  etude  approfondie  des  volcans 
t'teinis  des  bords  du  Rliin  et  de  I'Eiffel,  sur  Icsquels  il  a  public 
un  ouvrage  in-8.  en  1820  :  cc  fut  meme  ce  qui  i'cngagea  a  par- 
courir  ceux  de  nos  departemens  oil  des  pbenomenes  analogues 
s'offrent  sur  une  eclielle  beaucoup  plus  grande.  II  a  etc  seconde 
dans  ce  dcsir  par  I'administration  prnssienne.  La  comparaison 
qu'il  a  faite  des  anclens  volcans  du  N.-O.  de  I'Allemagne,  avec 
ceux  de  I'Auvergne,  du  Velai  et  du  Vivarais,  est  surtout  ce  que 
Ii?s  lecteurs  francais  chercheront  dans  les  observations  de  M. Stei- 
ninger. La  carte  jointe  a  cet  ouvrage  est  une  simple  copie  de  la 
partie  du  n".  Sa  de  la  carte  de  Cassini  oii  se  trouvent  les  envi- 
rons de  Clermont.  On  doit  regrettcr  que  I'auleur  n'ait  pu  consul- 


12  Geologic. 

ter  rexcellenle  carte  d'Auvergne  de  M.  Desinaiels,  que  M.  son 
fils  a  publiee  recemment.  C.  M. 

1 8.  Ile  volcaniqtib  de  Milo,  par  sir  Francis  Darwin.  (Jnn.dr 
Phil.^  Oct.  1823  ,  p.  274. ) 

Cette  ile,  toute  couverte  de  decombres,  que  les  tremblemons  de 
terre  et  les  Barbaresques  devastent  frequemnient,  ne  possede 
plusqu'une  fuible population.  Elle  conserve  de  belles  ruines,  pre- 
sente  de  temps  a  autre  des  vases  plus  ou  moins  conserves,  et  des 
debris  sur  I'un  desquels  se  lit  encore  le  nom  de  Diagoras.  Ce  phi- 
losophe  vivait  4oo  ans  avant  Jesus  Christ.  Mais  il  n'est  pas  proba- 
ble que  I'eruption  qui  detruisit  cette  ile,  ne  datait  que  de  cette  epo- 
que ;  elle  doit  etre  anterieure ,  autrement  on  ne  concevrait  pns 
le  silence  de  I'histoire  sur  cette  catastrophe.  Milo  est  couverte 
de  montagnes  calcaires,  dont  la  plus  haute  compte  800  pieds  au- 
dessus  du  niveau  de  la  mer.  B.  S. 

19.  Description  of  the  islawd  of  St.-Micuel  ,  etc.  Descrip- 
tion de  Tile  St.-Michel,  comprenant  un  essai  sur  sa  structure 
geologique,  et  des  remarques  sur  les  autres  lies  Acores;  par  J. 
W.  Webster,  M.  D.  i  vol.  in-8.,  av.  2  cartes  geographiques, 
3  vues  et  Tine  table  d'observations  barometriques  et  thermo- 
metriques.  Boston;  1821. 

L'auteur  commence  par  des  details  historiques  et  statistiques 
sur  I'ile  St.-Michel ;  des  observations  sur  les  moeurs  et  les  usages 
des  habilans ,  celles  sur  le  climat,  I'agriculture  et  les  arbres  frui- 
tiers  sontfort  interessantes.  (Voyez  sous  ces  rapports  le  to.  3  du 
Bulletin,  n^.  5o8.)  Apres  cela  il  consacre  10  chapitres  a  la  geo- 
logic de  I'ile  St.-Michel;  il  decrit  les  laves  et  les  agglomcrals  vol 
caniques  de  Ponta-Delgada.  En  allant  de-la  a  Rosto-de-Cao,  il  a 
rencontre  des  blocs  de  trachyte.  Le  promontoire  de  Rosto-de- 
Cao  prcsente  dans  le  bas  une  lave  fort  poreuse ,  surmontee  de 
tuf  volcanique  renfermant  desfilons  basaltiques.  Pres  de  la  il  y  a, 
one  grande  crevasse  entouree  de  differentes  varietes  de  lave  ba- 
saltique.  Dans  le  voisinage  s'eleve  le  Pico-do-Fogo ,  qui  est  un 
cone  de  scories  et  de  ponce  ,  d'oii  sont  sortis  plusieurs  courans 
de  lave,  et,  a  cqte  de  lui,  une  autre  montagne  offre  a  sa  cimc 
Tin  cratere. 

Pres  de  Ponta-Delgada ,  il  y  a  de  grandes  cavernes  dans  de.v 
laves  plus  ou  moins  scoriacees,  et  leur  interieur  ressemble  a  du 
plomb  fondu  jete  brusquemcnt  dans  I'eau  froidc.   La  partic  N.-E 


Geologie.  1 5 

de  I'tle  Sl.-Michel  est  assez  elevee  et  est  composee  de  masses  de 
laves  formant  des  escarpemens  sur  le  bord  de  la  mer.  Quelques 
morceaux  lui  ont  offert  du  quartz  fritte  et  fondu.  Pres  du  Pico- 
das-Camarinhas  ont  eu  lieu  les  eruptions  sous-marines  de  juillet  et 
aout  1810,  sur  lesquelles  M.  Webster  donne  des  details  curicux. 
L'exlremite  N.-O.  se  termine  par  un  cratere  d'au  moins  i5  milles 
de  tour ;  il  est  entoure  de  ponce  et  de  blocs  de  trachyte  et  d'ob- 
sidienne  passant  en  ponce.  Les  ponces  renferment  du  bois  bitu- 
mineux.  Des  tufs  volcaiiiques  abondent  entre  Ponta-da-Bretan- 
ha  et  Capellas.  Pres  de  Ribeira-Grande,  il  y  a  des  sources  chau- 
des  qui  degagent  de  I'hydrogene  sulfure. 

La  montagne  Agoa-de-Pao  traverse  I'ile ,  et  presente,  dans 
ses  ravins,  des  roclies  composees  de  feldspatb  et  d'amphibole  et 
de  fcr  magrietique,  qu'on  pourrait  facilement  prendre  pour  des 
roches  primitives.  La  mine  est  couverte  de  ponces  a  travers  les- 
quelles percent  des  rocliers  d'un  tracliyte  gris.  Dans  la  partie 
N.-E.  de  I'ile  St.-Michel ,  I'auteur  fait  remarquer  I'ile  Villa-Fran- 
ca ,  quia  la  forme  d'un  cratere,  est  composee  de  tuf,  et  a  ete 
jointe  autre  fois  a  I'ile  St.-Michel.  Au  N.-E.  de  Villa-Franca,il  a 
observe  des  ponces  ,  des  obsidiennes  et  des  laves  basaltiques.  A 
Test  s'eleve  la  montagne  ponceuse  de  Guaiteira  ,  qui  a  2997  pi. 
d'elevation.Le  lacd'Alogoa-das-Furnas  est  dans  une  plaine  mon- 
tueuse  entouree  de  precipices  de  1000  pi. ,  et  sur  ses  bords  sont 
des  sources  chaudes  qui  deposent  des  produits  siliceux ,  et  dont 
les  vapeursacides  decoiorent  les  depots  ignes;  elles  deposent  aussi 
du  soufre  ,  et  donnent  lieu  a  la  formation  d'alunites.  La  source 
la  plus  considerable  fox'me  un  grand  bassin  dontl'eau,  conduite 
dans  les  maisons,sert  a  des  bains.  II  y  a  aussi  des  sources  froides 
ferrugineuses ,  et  imprcgnces  d'acide  carbonique  et  d'hydrogene 
sulfure.  Les  precipices,  autour  de  ce  vaste  bassin,  sont  formes 
de  ponces  et  de  roches  Irachytiques.  L'auteur  croit  devoir  attri- 
buer  a  du  basalte,  renfermant  des  pyrites,  les  qualites  des  sour- 
ces. 11  donne  ensuite  I'analyse  et  les  proprietes  medicales  des 
eaux  de  Furnas  ,  et  termine  son  interessant  travail  par  quelques 
mots  sur  chacune  des  autres  iles  A  cores.  L'ile  de  Pico  parait  etre 
la  plus  interessant e ;  pile  presente  un  pic  qui  s'eleve  a  environ 
9000  pi.,  et  qui  a  la  fnrme  d'un  rone  trfinqui'  et  a  cratere  ou- 
vert  d'un  cote.  A.  B. 

20.  Geological  AND  minf.ivat.ocioai,  noticp.,  etc.  Notice  geolo- 


1 4  Geologie. 

gique  et  mineralogique  d'une  portion  de  la  partieN.-E.  de  I'fi- 

lat  de  New-York ;  par  A.  E.  Jessup.  ( Journ.  of  the  Acad.  nat. 

sc.  of  Philadel.,  vol.  ii,  n°.  G,  p.  iS5.) 

On  n'a  jusqu'a  present  reconnu  que  la  formation  d'un  calcaire 
coquillicr  sur  les  rives  occidentaies  ,  orientales  et  seplentrionales 
du  lac  Cliainj)lain.  L'auteur  la  rapporte  a  une  forma  lion  secon- 
daire.  Ce  calcaire,  d'un  bleu  grisatre,  renferme  des  terubratules, 
des  encrinites,  des  orthoceratites  et  des  madreporites.  II  parait 
reposer  directeuient  sur  le  terrain  primitif.  Selon  lui,  ce  qui  le 
porte  a  le  croire,  est  I'analogie  entre  les  mineraux  que  1,'on  trouve 
dans  les  couches  inferieures ,  et  que  Ton  a  rencontres  a  Vermont, 
qui  est  un  terrain  primitif  reconnu. 

A  Essen,  les  coliincs  se  retirent.n  environ  6  milies  de  la  rive 
occidentale  des  bords  du  lac.  A  3  milies  de  la  ,  ])res  la  tour  do 
Tvitlsborough,  se  trouve  une  portion  de  montagnes  qui  s'est  de- 
tacliee,  et  qui  contient  pres  de  sa  base  un  lit  de  grenat  resinile  de 
6  a  lo  pi.  d'epnisseur. 

A  3  milies  au  sud  des  chutes  superieures  du  lac  Georges,  est 
un  escarpement ,  d'environ  1200  pi.  de  hauteur,  dont  la  base 
plonge  dans  le  lac  et  qui  porte  le  nom  de  Rogers-Rock.  On  y  a 
trouve  les  mineraux  suivans  renfermes  dans  du  trapp,  dans 
lasienite  on  dans  le  carbonate  de  cliaux,  savoir  :  le  grenat  resi- 
nite,  le  grenat  couimun  ,  le  spath  en  tables,  deux  varietes  de  py- 
roxene augitc,  I'une  en  grains,  I'aul re  cristallisee,  le  pyroxene 
monolilhe,  le  sp'iene  et  Ic  grenat  en  masse.  L.  Andre. 

21.  IJNE  coucise  de  gypsc,  d'une  etendue  considerable, 
vient  d'etre  decouverte  dans  le  voisinage  de  la  bale  de  San- 
dusky ,  dans  r£tat  de  rOliio.  Jusqu'a  present  on  ne  connait  pas 
encore  les  details  de  cette  decouverte.  {JVest.  quart.  Reporter.) 

17..  Decouverte  d'une  caverne  en  Amerique,  {^ISiciv.   Month. 
Mag. ,  11°.  26,  hist.  p.  68.) 

Get  article  offre,  d'ajiresr.'/wf/vc.  Journal,  la  description  assez 
detaillce  d'une  caverne  considerable  decouverte  pres  du  village  de 
V.alertown.  Elle  offre  d'iinmenses  sailcs  et  galeries  ornees  de 
belles  stalactites, 
aj.  Geologik  DU  Bresil.  [  Phi/0.9.  Jour.  iuW.  iSaS,  p.  200.) 

D'apresle  dernier  ouvrage  d'Escliwege,  d'ou  cet  article  j)a- 
rait  lire,   le   Bresil  offre  des  roches  jyriinitives ,   secondaircs  et 


Geologic.  J  5 

d'alluvion.  Les  premieres  roches  sont  divisties  en  deux  classes  :  la 
premiere  comprend  le  granit,  le  trapp ,  le  gneis,  le  micaschislc 
et  le  calcalrc  ;  et  la  seconde,  le  schiste  argileux,  le  quartz  grenu, 
le  micaschite  quartzeux,  le  schiste  chloriteux,  le  talcscl.iste,  la 
pierre  ollaire  et  le  schiste  quartzeux  a  fer  micace.  Dans  la  pre- 
miere classe  il  n'y  a  qu'un  grand  depot  de  fer  oxidule.  Les  roches 
quarlzeuses  renfermcnt  un  lit  contenant  de  I'or,  et  compose  de 
quartz  et  de  schorl. 

Les  topazes  et  m^meles  berils  sont  en  nids  et  ea  veines  dans  les 
schistps  talqueux  et  sont  enveloppes  dans  une  lithomarge.  Du 
plomb  chromate  se  trouve  dans  la  pierre  ollaire;  ainsi  que  des 
bancs  tres-epais  de  fer  oligiste. 

Les  roches  de  transition  sont  le  schiste  argileux,  le  schiste  si- 
liceux  ,  la  grau-wacke  et  le  calcaire  compact  e. 

Le  gres  nomme  quadersandstein,  souvent  ferrugineux  ,  est 
fort  abondant,  et  ses  nids  de  ler  hydrate  renfernient  de  la  wa- 
vellite. 

II  y  a  aussi  des  roches  de  la  formation  arenacee  salifere  et  plus 
rarement  du  calcaire  jurassique.  Les  roches  d'alluvion  sont  de 
deux  especes:  les  unes  occupent  les  pentes  et  les  cretes  des  mon- 
tagnes,  et  les  autres  le  fond  des  vallees. 

La  premiere  alluvion  est  appelee  tapanhoacangnei  estconipo- 
cee  de  fragmens  de  fer  oligiste  et  oxidule  lies  ensemble  par  du 
fer  hydrate  ochreux;  elle  renfcrme  de  Tor  et  de  la  wavellite  et 
I'autre  cspece  d'alluvion  comprend  des  aglomerats  quartzeux  a 
ciment  ferrugineux,  a  or  et  a  diamans,  ou  bien  des  sables,  des 
argileset  du  gravier  nommes, crt^a^/Z/o  ;  c'est  la  que  se  trouvent  le 
plus  d'or  et  de  diamans.  A..  B. 

24.  Notice  accompagnant  des  echantillons  venus  du  voisi- 
NAGE  DE  Garo,  VILLAGE  DE  RoBAGiRi  ( Bengalc );  tiree  d'une 
leltre  du  D.  Scott  Esq.  a  H.  R.  Colebrooke  Esq.  (  Trans,  of 

the  Geolog.  Soc.  1822  ,  par!,  i  ,  p.  167.  ) 

Dans  quelques  endrolls  de  ia  montagne  au  noi-d  de  Roba^iri, 
il  y  a  des  cretes  de  gneiss.  Cclte  montagne  a  plus  de  /,ooo  picds 
de  haut;  a  Robagiri  un  calcaire  i\  nummulites  et  a  ossemens  de 
poissons  git  enire  des  argiles  dont  les  superieures  contiennent 
les  memes  fossiles  ainsi  que  des  huitres  et  des  peignes. 

iJe  I'antre  cote  de  la  riviere  il  y  a  des  escarperaens  d'argiie 
schistcuse  en  rouches  horizonlalc?,  et  a  leur  pied  I'argile  bitunii- 


ifS  Qeolo^ie. 

neuse  contient  du  lignite.  Le  gres ,  I'argilc ,  etc.  :  des  collinri 

plas  basses  sont  eu  lits  horizontaux.  A.  B. 

ti5.  Notice  concernant  les  roches  des  iles  de  Penang  et  de 
Singapore  sur  le  dtitroit  de  Malacca;  article  tire  d'une  lettre 
de  M.  W.  Jack  a  H.  F.  Colebuook.e  Esq.  (  Trans,  of  the  Geo- 
log.  Soc.  182a  ,  part,  i,  p.  i65.) 

L'ile  Penang  est  coraposee  d'lin  grauit  pur  ou  sienitique.  A 
Singapore,  les  roches  sont  secondaires  ,  le  gres  rouge  y  domine 
etallerne  avec  des  argiles  schisteuses  et  des  poudingues.  Une  ar- 
"ile  d';dluvion  forme  le  lit  de  la  riviere.  II  y  des  minerais  de  fer ; 
ces  roches  paraissent  dominer  le  long  de  ce  cote  de  la  presqu'ile 
malaise  et  dans  les  iles  qui  sont  a  son  extremite  meridionale.  Le 
centre  du  pays  est  probablement  primitif.  Les  alluvions  recelant 
de  retain  s'observent  surtout  a  Salengore  et  Pera;  ce  minerai  y  est 
parlits  alternant  avec  des  argiles.  A  Sumatra,  les  chaines  primitives 
et  volcaniques  se  rencontrent  :  la  premiere  vient  du  N.-O.,  des 
Himalaya,  et  la  seconde  s'etend  de  la  a  travers  Java  el  la  chaine 
des  iles  qui  sont  a  son  extremite  orientale.  A.  B 

a6.  Volcan  des  iles  arides.  (  Barren  Islands. )  [Phil.  Journ. 
Juil.  i82t3,  p.  2o5. ) 
Ce  volcan  visite  dans  le  courant  de  mars  est  constainment 
couvert  d'un  nuage  de  i'umee  blanchaire;  entoure  d'une  masse 
de  montagnes,  dont  il  occupe  le  centre,  il  a  3oo  yards  a  sa  base, 
3o  au  sommet,et  environ  un  millede  hauteur.  La  chaleur  qu'il de- 
gage  est  telle,  que  non-seulement  ratmosphere  en  est  suffocante, 
mais  que  la  temperature  de  la  mer  est  voisine  de  I'cbnllition  a  une 
tres-grande  distancedurivage.  Lecapitaine  Webster  parvnit a  une 
hauteur  d'oii  il  avait  la  vue  pleine  du  volcan ,  inais  il  ne  put  s'e- 
lever  jusqu'au  cratere.  Les  amas  de  cendres  dont  la  montagne  est 
couverte,  cedaienl  au  mouvement  du  pied ,  et  menacaient  de  I'en- 
gloutir.  ^-  S. 

27.  SuR  i.Es  sources  chaudes  ue  l'ilk  de  Ceylan.  (  Jnn.  de 
chirn.  et  de phy.  p.  269. ) 

Les  sources  de  Cannea,  pres  de  Trinqueraale  ,  visitees  le  ly 
oclobre  1817  a  7  heurcs  du  matin,  donnent  successivement  an 
thermometre  :  la  I'-t.,  38,3;  la  2^.,  38,6  ;  la  3«.,  4«,6;la4>., 
41,0.  tiles  etaient  parfaitement  limpidcs,  ne  laissaient  voir  sur 
le  sol  bas  etquartzeux  dont  ellcs  jaillisscnt,  aucune  espece  d'in- 


Geologie.  i  n 

crustatlon.  La  tempera  lure  de  ratmospliere,  qui  ^talt  d'abord  a 
24  degres  centigrades,  s'cleva  en  3  heures  de  temps  a  27,6  et 
celle  des deux dernieres sources, la  3\a  3q,5;  Ia4t\a38,9.  L'auteur 
pense  que  ces  sources  sont  alimentces  par  un  cours  unique  et  que 
les  differences  thermometriques  qu'elles  presentent  sont  dues  a  la 
Vitesse  inegale  avec  laquelle  elles  ecoulent  leurs  eaux.  Celles-ci 
n'ont  ni  mauvais  gout  rti  odeur;  elles  ne  contlennent  qu'une  tres- 
petite  quantite  de  muriate  de  soude,  de  gaz  acide  carbonique  et 
d'azote;  leur  densite  est  la  meme  que  celle  de  I'eau  dislillee. 
L'existence  del'azote,  qui  se  degage  d'une  source  thermale  d'eau 
presque  pure ,  merite  de  fixer  I'atlention  des  geologues. 

28.  Eruption  du  Galoengoeng  dans  l'ile  de  Java.  (  P/iilos. 

Mag.  aout  1823  ,  p.  16.) 
Le  gouvernement  a  recu  una  relation  detaill^e  de  I'eruption 
du  Galoengojng,  au  mois  d'octobre  dernier.(V.  Bull.  n°.  6.) Dans  ce 
terrible  evenement ,  I'un  des  plus  grands  raalheurs  qui  de  me- 
moire  d'homme  soit  arrive  a  I'i'.e  de  Java,  il  a  peri  4,011  per- 
sonnes  et  114  campoiigs  ont  ete  renverses  ,  2,9)53  plantations  ont 
ete  entierement  detruites,  et  5,391,  considerablement  endoni- 
magees;  le  nombre  des  cafiers  detruits  s'eleve  a  775,795,  et  le 
nombre  de  ceux  qui  ont  souffert  plus  ou  moins  a  3,871,742.  Ba- 
tavla,  le  22  mars  1823. 

29.  Eruption  volcanique  dans    l'ile    de  Java.  (  Edimb.  phil. 

Journ.  octobre  i8'23,  p.  410.  ) 
Vers  le  commencement  de  novembre  i823,  une  eruption  ter- 
rible eut  lieu  dans  les  chaines  qui  courent  au  Sud  de  Sumadang. 
La  raontagne  s'ouvrit,  vomit  des  torrens  de  flammes  et  de  fumee. 
Des  masses  enormes  furcnt  projetees  a  des  distances  considera- 
bles. Quelques-unes  avaient  plus  de  20  pieds  de  diametre;  tout 
fut  devaste  a  2olieuesa  laronde.  Les  rivieres,  interceptees  dans 
leur  cours,  verserent  leurs  eaux  sur  les  campagnes;  ce  qui  avait 
echappe  a  la  pluie  de  cailloux  enfiammes  fut  emporte  par  les 
torrens;  6000  hommes  ont  perdu  la  vie,  Les  detonations  du 
volcan  s'entendaient  a  Samarang  qui  est  a  plusde  i5o  milles  de 
distance. 

3o.  La  Societe  de  inincralogie  d'lena  ,  dans  sa  seance  du   5 
octobre  dernier,  a  adniis  au  nombre  de  ses  membres  etraiigers  , 
MM.  le  professeur  Vitalls,  secretaire  perpetuel  de  I'Academie 
B.  ToMK   L 


1 8  Geologic. 

roy.ilc  (le  Rouon;  DeUirur ,  secixlaire  d'j  la  Sociele  tie  inedccine 
du  dcpiirloincnt  de  I'Kure  tt  pliaruiacieii  a  Evicux;  et  Ic  docteuv 
Fan-Den-Zamlc,  miAccm  a  Anveis.  (  Re^:  Encjclop.  octobre 
i82'i,page  \-i<j.  ) 

3l.FATr.AllS  UES  SEANCES  DE  LA  SoCIETE   GEOLOGIQUE  DE  LoN- 

j.ni.,;.  Sciince  du  7  «cii-.   iSaB.  —  On  fait  lecture  d'une  lettie 

du  10  mai ,  de  M.   Cumberland,  membrc  honoraire  de  la  Soc. 

geol. ,  sur  un  f'ossilc  de  la  craie ,  atcompagne  du  dessin.  On  lit 

une  autre  lellre  du  merae,  du  14  juiilet,  sur  une  nouvelle  espcce 

A'Encriiius  irouvee  dans  le   calcaire  des  montagnes  [mountain 

limestoni-  )  ,  pres  de  Bristol.  —  Une  notice  contenant  V analyse 

de  i'aluininite  de  Ste.-Hclene  ,  par  M.  le  D^.  Wilrikson  de 

Bath,  conjinuniquee  par  M.  le  colonel  Wilks,  memb.  de  la  Soc. 

"t'ol.     M.  le  colonel  "Wilks  observe    qu'il  y  a  une    difference 

remarquabie   cnlre  les  parlies    conslituantes  de  I'aluminite  de 

Sre.-Hclene  ct  I'alumine  soussulfatee  de   Pseviliaven  ct  de  Halle, 

citee  par  fli.  Pliillips,  page  in.  —  On  lit  un  memoire  sur   la 

^'(■ologie  de  quelques  parties  de  Vile  de  Madere ,  Porto- Santo 

et  Baxo;  par  M.  T.  E.  Bowuich.  II  paraitrait  resulter,  d'apres 

ses  rcclierelies,  que  les  endroits  de  cette  ile ,  examines  par  lui , 

tonsislcnt  princij)alement  en  une  couche  horizonlale  de  calcaire 

et  de  gres  areiiace,  contenant  des  fossiles,  entrecoupee  et  quel- 

(juefois  couverte  par  le  basalte.  (  Foy.  t.  [^  du  Bulletin  pour  i  S^S , 

no.  j2.  )  —  Seance  du  21  woe.  — Extrait  d'une  lettre  du  rev. 

Landsdown   Guilding,  mcu:b.    de  la  Soc.  geol.,  au   sujet  d'un 

fossilc  irouve  dans  le  lias  bleu,  au  canal  de  Berkeley,  pres  de 

Glowcester.  Le  fossile  accoiupagnait  cet  extrait.  —  Lecture  d'un 

Memoire  sur  le  lias  de  la  cote,  dans  le  voisinagede  Lyme- Regis, 

Dorset;  par  M.  J.  De  la  Beche,  F.  R.  S.  F.  L.  S.,  et  niemb.  de 

la  Soc.  geol.  —  L'auteur  a-vait  donne  anterictuement,  dans  le 

I'-r.  vol.,  I''',  part.,  2'-.  serie,  des  Transactions  de  la  Soc.  geol., 

un  apercu  general  sur  les  caracteres  geologiques  de  la  cote,  pres 

de  Lynie-Regis.  I.e  memoire  actuel  n'est  qu'un   supplement  de 

cet  apercu  gineral  auquel  il  faut  recourir.  M.  de  la  Beche  entre 

dans  une  description  detaillee  ,  expliquee  par  une  coupe  des  di- 

verses   couches   qui    composent  la   formaUon    du  lias.  —  Cette 

formation  se  compose  d'environ  no  pieds  delias,  formant  plu'< 

de  72  lils  calcaires,  alternant  avec  aulant  de  Ills  de  marne ,  ct 

surmonlee  d'cnviion  5oo  pieds  dc  niarne  liusc.   A   co  memoire 


Geologic.  ,  n 

esl  jointe  un-  description  des  diverses  coquilles  fossiies  ct  des 
autrcs  corps  organiques  qui  se  trouvent  dans  le  lias;  il  est  d'ail- 
Jeurs  accompagne  de  pliisieurs  dessins. 

32.  Notice  sur  le  fossile  a  odeur  be  truffes;  par  M.  Jules 
Desnoyers.  (  Memoires  de  la  Societe  d'histoire  nnturelle  de 
Paris,  to.  i^r.  p.  j^g.  ) 

Depuis  long-tcnipsl'on  connait  en  Ilalie  sous  le  nom  de  ma- 
dreporiteasbestifornie,  tartufoli  et  tartuffite  xyloide,  un  fossile 
singulier  qui  exhale  line  odeur  de  tnifl'es  par  la  percussion.  L'au- 
teur  commence  par  passer  en  revue  les  descriptions  ou  il  a  etc 
question  de  ce  fossile  et  d'autres  qui  lui  ressemblent  pour  I'o- 
deur ,  corame  le  lignite  de  Wieiiezka.  Eiisuite  il  rapporte  qu'il  a 
decouvert  ce  fossile  a  Ecouche,  a  Frenay-le-Buffard  (  Orne),  a 
Curcy  et  a  Croisilles,  pres  d'Aunay  (Calvados),  et  il  decrit  ses 
caracteres  physiques  et  chimiques. 

La  tartuffite  presente  des  tiges  rondes  ou  polyedres  convcrties 
en  chaux  carbonatee  aciculaire,  et  seiiible  se  rapprocher  des 
monocotyledones.  Son  odeur  n'est  probablenient  que  le  resultat 
d'une  nouvelle  combinaison  des  principes  volatils  devegetaux,  et 
elleest  due  ala  presence  d'un  bitume  susceptible  d'etre  fixe  dans 
I'eau,  et  quelquefois  en  proportion  de  quatre  pour  cent.  En 
France,  la  position  de  ce  fossile  est,  d'apres  I'auleur,  dans  des 
bancs  calcaires,  sabieux  ou  arglleux  parmi  les  oolites  nioyennes 
jurassiques;  mais  dans  le  Vicentin  on  le  tronve  au  milieu  du  tut 
volcanique  tertiaire.  Ce  memoire  est  termine  par  le  detail  des 
roches  des  carrieres  de  Croisilles ,  qui  renferment  ce  fossile.  On 
voit  de  bas  en  haut  une  glaise  ferrugineuse  a  silex  pyromaque;  un 
calcaire  blanc  ressemblant  mineralogiquement  a  la  craie  grossiere 
ou  tufau;  un  agregat  coquillier  dans  une  pate  de  calcaire  ter- 
reux  parseme  de  fer  oolitique;un  calcaire  blanc  incoherent  a 
silex;  plusieurs  bancs  de  calcaire  jaunatre  terreux  a  points  verls, 
une  argile  coloree ;  un  calcaire  argileux  a  monies  de  coquilles  et 
a  fragmens  de  tartuffite;  quelquefois  une  argile  bleue  et  jaune 
repondant  a  I'oxfordclay;  un  calcaire  jaunc  a  fer  oolitique,  a 
coquillageset  a  tartuffite;  un  banc  rouge  peu  coquillier  et  ten- 
dre;  un  agglomerat  de  grains  de  qu.irtz  hyalin  et  de  particules 
calcaires,  et  enfin  une  alluvion  de  galets  de  quartz  et  degres.  A.  B. 


20  Histoire  Jiaturelle  generate. 

HISTOIRE  NATUKELLE  GEN^RALE. 
33.  OEuvRES  COMPLETES  DE  BuFFON ,  avcc  Ics  Descriptions  ana- 
tomiques  de  Daubanton,  son  continuateur.  Nouv.  edit. ,  dlri- 
gee  par  M.  Lamouroux,  Prof,  d'iiistoire  naturelle  (Prospec- 
tus). A  Paris ,  Verdiere  et  Ladrange.  Pour  le  texte  et  le  norabre 
des  planches,  on  suivra  I'edil.  de  I'impr.  roy. ,  1789  ,  in-4. ,  en 
mettant  toutefois  les  supplemens  a  la  suite  des  niorceaux 
auxquels  ils  appartiennent.  L'edltion  nouvelle  aura  /jO  vol. 
in-8. ,  et  36  lisr.  de  fig.  A  partir  du  i5  janv.  182', ,  il  paraitra 
tous  les  mois  un  vol.  et  un  caliier  on  liv.  de  20  pi. — Cliaque  vol. 
'  coutera ,  pap.  fin  des  Vosges,  5  fr.  5o  c.  —  Saline,  6  fr.  — 
Fig.  col.,  8  fr.  Quelques  esempl.  sur  grand  papier  velin  se 
vendront,  chaque  vol.  20  fr.  ,  chaque  liv.  de  fig.  doubles, 
J  5  fr. Impr.  de  F.  Didot,dessinspar  M.  Meunier,  pi.  lithogr. 

34      BuFFON   LE  OPERE   NUOVAMENTE  ORDINATE,  BtC.  LeS  OEuVrCS 

de  Bulfon  mises  dans  un  ordre  nouveau  et  enricliies  de  sa  vie 
et  d'un  precis  historique  sur  les  progres  de  I'histoire  naturelle 
depuis  1760  jusqu'a  ce  jour  ;  par  le  Cointe  de  Lacepede;  jolie 
edit.  •  A  enise.  i"^-  traduction  italienne.  In-8.  ,  orne  de  nou- 
velles  gravures  tres-soignees. 

Get  ouvrage  sera  complet  en  3o  vol.  d'environ  3o  feuilles  d'im- 
pression  chaque.  Le  prix  est  fix^  a  18  cent,  par  chaque  feuille , 
ao  cent,  chaque  gravure,  et  25  cent,  pour  la  reliure  et  couver- 
ture-  les  frais  de  port  sont  a  la  charge  des  souscripteurs.  Le  vol. 
24  vient  de  paraitre. 

35.  Handbuch  der  naturgeschichte.  Manuel  d'hlstoire  natu- 
relle ;  par  le  D^.  G.-H.  Schubert  ;  5".  part. ,  Cosniologie ;  gr. 
in-8.  Prix  :  2  th.  Nuremberg ;  Schrag. 
Les  quatre  premieres  parties  coraprennent  : 
La  1^".,  la  mineralogie  de  .Schubert.  Prix  :  i  th.  21  gr. 
La  2«.,la  geognosicet  I'art  du  mineur.  Prix:  7.  th.  12  gr. 
La  3".,  la  zoologie  de  C.oldfujs  en  2  sections.  Prix  :  5  th.  2  i  gr. 
La  4".    la  botaniriue  dc  Nees  d'Esenbeck,  en  2  sections.  Prix  : 

5  th.  21  gr. 

Ces  quatre  parties  prises  ensemble  content  10  th. 

36  "NATURCiESCHicHTE  FiJR  ScHULEN  uud  dcu  hiiusUchcn  Unt- 
crricht.  Histoire  naturelle  pour  les  ecoles  et  rinstrnction  par- 
liculiere;  par  .T.-A,-C.  Lohr,  aver  83  fig.;  a'',  edit.,  corr.  ct 


Mineralogie.  1 1 

consid^rablement  augm.  In-8.  de  347  P-  P'"''*  '•  ^^  &*"•  Leipzig ; 
1820;  Gerhard  Fleischer. 

Cet  ouvrage  parait  aussi  sous  le  litre  de  Der  erste  Lehnneister, 
le  Premier  Precepteur. 


MINERALOGIE. 


37.  Charakteristik.  df.r  Ff.lsarten.  Traile  des  roches ;  par 
M.  HE  Leonhard,  conseiller  intime,  etc.  i^".  part .  ivol.iii-8. 
de  23o  p.  Heidelberg;  i823.  {_F.  le  to.  4  du  Bulletin,  n.  356.) 
Cet  ouvrage  efan  t  principalement  destine  a  servir  de  guide 
pour  des  cours  publics  ,  nous  croyons  devoir  ajouter  a  I'annonce 
qui  en  a  ete  faite  I'expose  de  la  classification  adoptee  par  M.  de 
Leonbard.  Dans  ses  observations  generales  servant  d'introduc- 
tion,  M.  de  Leonhard  examine  brievement  tons  les  points  de 
vue  sous  lesquels  on  pent  etudier  les  roches,  discute  ensuite  leur 
classification,  el  expose  les  motifs  qui  lui  font  preferer  un  mode 
de- classification  mineralogique.  La  classification  adoptee  par 
I'auteur  est  la  suivante.  i'''".  Division:  roches  heterocenes:  a, 
roches  grenues  ;  b,  roches  schistoides ;  c,  porphjres.  2''.  Division  : 
ROCHES  HOJioGENEs:  i*^'.  ordrc  :  roches  appartenant  a  des  especes 
mineralogiques;  a  ,  roches  grenues ;  b,  roches  schistoides  ;  c , 
roches  coinpactes  :  2''.  ordre  :  roches  qui  ne  sont  homogenes 
qu'en  apparence  ;  a,  roches  compdctes  ;  b,  roches  schistoides ; 
f,  porphyres  ;  d,  roches  vitreuses  ;  e ,  roches  scoriacees,  3*.  Divi- 
sion :  ROCHES  FRACJIENTAIRES.  4*'.  DivisloU  :  ROCHES  PULV^RULlir- 

TEs.  Appendice,  charbons. 

A  la  suite  de  cetle  introduction,  le  volume  public  renfeime 
la  i""'.  division  des  roches  :  elle  comprcnd  les  especes  suivantes  : 
a,  ROCHES  GREjVTjFs  :  1°.  granite;  2^.  syenite;  3^.  dioritc  (  dia- 
base) 4"-  dolerite;  5".  gabbro  (euphotide  et  serpentine);  6''.  eklo- 
gite;  7".  hornfels;  8".  pyromerides.  b,  Roches  schistoides  :  9*. 
gneiss;  lof*.  micaschiste;  11".  itakolumite  (gres  flexible  du  Bre- 
sil);  120,  Eisenglimmer  schiejer  (^schiste  de  ferniicace);  iS". 
Turmalin  schiefer  (schiste  de  Tourmaline);  14".  dioroschiefer 
(diabase  schistoide ) ;  i5'.  roche  de  topaze.  c,  Porphyres  :  16". 
porphyre  feldspathique  :  cetle  roche  comprend  les  deux  especes 
l)orphyre  et  eurile-porphyroide  de  M.  Brongniart. 

L'histoire  de  chacune  de  ces  especes  de  roches  est  traitee  aver 
beaucoup  de  detail ,  et,  en  suivant  d'une  muniere  cxncle  I'ordre 


22  Mineralogie. 

iniliquo  par  I'aiiteur  dans  son  introduction,  c'esl-a-dire  d'abord 
sous  le  point  de  vue  mini-ralogiquc ,  en  falsant  connailre  la  com- 
position, la  structure,  les  proprietes  diverses,  les  passages,  et 
enfin  le  mode  de  decomposition  de  la  roche;  puis  sous  le  point 
de  vue  geognostique,  relalivenieiit  a  sa  stratification  ,  son  mode 
de  separation  ,  sa  fissuialion  ,  sa  disposition  en  fdons  ou  en  bases 
subordonnees,  scs  rapports  de  gisement,  son  anclennete  relative 
etson  mode  probable  de  formation  ;  enfin  sous  le  point  de  vue 
tie  \a  forme  et  de  r<ispect  des  montagnes  formees  par  la  roche, 
et  de  la  maniere  doul  elle  est  plus  ou  nioins  re/jundue  a  la  sur- 
face du  globe.  Bd. 

38.  Grundiuss  i)er  MiNERALOGiK.  Systcmc  de  mineralogie;  par 
^'rikdricb  Mohs.  i^e.  part.  av.  5  grav.  In-8.de  604  p.  Dresde; 
1822  ;  a  la  libraire  d'Arnold. 

Ce  sysleme  de  mineralogie  comprend  d'abord  les  principes 
generaux  d'histoire  naturelle  ,  qui  forment  I'introduclion;  puis 
la  tcrmixiologie ,  la  systematique,  la  nomenclature  de  la  minera- 
logie, et  la  caracteristique  deja  connue  des  raineraux  :  ce  qui  com- 
pose la  premiere  partie. 

L'auteur  s'attache,  dans  son  introduction  ,  a  rectifier  les  idees 
generales  que  Ton  a  donnees  sur  I'histoire  naturelle,  et  a  en  fixer 
les  vrais  principes;  il  divise  surtout  les  composes  de  la  nature 
en  corps  organises  et  en  corps  non  organises  ,  et  il  comprend 
ces  derniers  sous  la  denomination  generale  de  mineraux,  regar- 
dant comme  inutile  la  distinction  que  les  mineralogistes  ont  faite 
de  ces  derniers  en  mineraux  proprement  dits,  en  atmosplieriles 
et  en  fossiles;  pretendant  qu'ii  y  a  moins  de  difference  dans  les 
proprietes  exterieures  de  ces  divers  produits ,  tels  que  les  terres , 
les  metaux  et  les  gaz,  qu'il  n'en  existe  cntre  les  aniniaux  et  les 
planles. 

L'auteur  reclifie  la  denomination  incorrccte  d'histoire  naturelle 
qui  ne  doit  etre  que  la  description  des  produits  de  la  nature,  et 
doit  ne  considerer  que  leurs  proprietes,  (pi'il  appelle  d'/iistoi/e 
/talurclle  (Natur-liistorische). On  ne  doit  pas,  selon  lui ,  avoir 
recours  aux  caracteres  chimiques  cpii  n'appartiennent  pas  a 
I'histoire  naturelle. 

Afin  d'appuyer  son  systeme  sur  des  principes  en  quclque  sorte 
uiathematiques  ,  l'auteur  le  divise  en  5  parties,  qui  sont  :  la  teiv 


Mineralogie.  aS 

minologie  ,  la  systdinalique  ,  h\  noineiK-lature  ,  la  cjiacleristiiiue 
<H  la  pliysiograplii'j. 

r,:i  leimiiiologie,  d'apres  le  sens  de  raiiti'ur,  coiisislc  dans 
I'explication  des  proprietes  d'liistoire  natuiclle  fjui  scivont  a  re- 
connaitre  J  a  distiiiguer  et  a  decrire  les  produils  de  l.i  naluie  ; 
elle  est  a  la  minei-alogie  ce  que  les  definitions  sonl  a  ia  geonietrle ; 
dans  cette  parlie  les  principes  de  la  cristallographic  surtoiU  sont 
developpes  avec  beaucoup  de  clarte,  et  d'une  manieie  loul-a- 
fait  geometrique. 

La  partie  que  I'auteur  appeile  systeinatique  est  celle  qui  de  - 
lennine  I'idee  de  I'cspece  dans  I'liisloire  naturelle;  el!e  fixe  Ic 
principe  de  la  elassiricalion,et  f'onde  les  idees  du  genre,  de  I'or- 
(he,  de  la  classe  et  du  regne  dans  les  deux  systemes  naturel  et 
artificicl,  dont  elle  fait  voir  et  explique  la  difference.  La  syste- 
niatique  contient  la  pliilosopliie  de  la  scienc(!,  qui  consiste  dans 
le  deveioppcinentd'idees,  tirees  iuimediateuienl  de  I'experieuce. 
L'auteur  distingue  surtout  dans  eelte  partie,  d'une  maniere  in- 
genieuse,  ce  que  Ton  doit  entendre  par  espece  et  par  individu 
en  minei-alogie,  et  11  fait  voir  comment  les  individus  mineraux  , 
qui  ont  des  proprietes  d'histoire  naturelle  differentes,  peuvent 
se  ressembler  dans  leurs  autres  proprietes.  Qnant  a  la  uoincii- 
clature,  l'auteur  pretend  que  la  nomenclature  scientiflque  dans 
I'histoire  naturelle  doit  eire  systemalique  taut  dans  la  zoologie 
et  la  bolanique  que  dans  la  mineralogie ;  ii  fail  reuiarquer  judi- 
cieusement  que  la  mineralogie  n'a  pas  eu  jusqu  a  ce  jour  une 
pareille  nomenclature;  les  denominations  qu'il  iiitroduit  en  con- 
sequence, basees  sur  les  formes  cristallines,sont  tres-ingeniouses 
mais  seulement  un  peu  lougues  et  peu  claires  a  resj)ril. 

La  partie  que  l'auteur  appellc  ca^ctcristique  est  celle  (-ui  de- 
signe  les  caracteres  qui  servent  a  distinguer  les  objets  classes 
d'apres  la  systemalique;  c'est  la  section  propre  de  I'liistoire  na- 
turelle expositive.  La  caracterislique,  dit-il ,  suppose  les  idees 
d'histoire  naturelle  ,  el  leur  application  a  rouservalion  ;  elle 
considere  les  proprietes  on  I'ensemble  des  proprietes  nalurelles 
d'apres  lesqueiles  les  diverses  especes  d'un  genre,  les  divers  genres 
d'un  ordre,  les  divers  ordres  d'une  classed  les  diverses  classes 
d'uiuegne  se  distinguent.  Lesproprietess'appellenl  lescaraclcre.s, 
cl  I'ensemble  des  proprietes nalurelles,  comprises  dans  un  carac- 
tere,  s'appelle  caracteristique ;  la  caraeteristique  suppose  la 
connaissance  du  systeme  avcc  lequcl  elle  est  inlimcmint  liec,  «!, 


24  Mineralogie. 

voila  pourquoi  selon  I'auteur,  il  ii'y  a  eu  jusqu'ici  ancnncarac- 
tere  en  miiieralogie,  vu  qu'il  n'existait  aucun  systeme  auquel 
on  put  s'en  rapporter  avcc  avantage. 

L'autcur  base  son  syslomc,  en  general,  sur  ce  qu'il  appelle  les 
proprietes  d'bistoire  naturelle  des  corps,  c'est-a-dire  cellcs  dont 
joult  le  corps  dans  son  etat  naturel  permanent  ou  variable  j  en 
un  mot,  il  se  propose  de  trailer  la  niineralogie  d'une  manicre 
analogue  a  celle  dont  sont  deja  traitees  la  zoologie  et  la  botani- 
que.  Apros  avoir  expose  dans  la  premiere  partie  de  son  ouvrage 
les  quatre  premieres  divisions  de  son  systeme,  la  terminologie  , 
la  systematique,  la  nomenclature  et  la  caracteristique,  il  se  pro- 
pose de  trailer  dans  la  seconde  partie  ,  qui  n'est  pas  encore  pu- 
blee  la  physiograpliie  ,  c'est-a-dire  la  description  des  produits 
de  la  nature,  consistant  dans  I'indicalion  de  toutes  leurs  pro- 
prietes naturelles;  c'est  la  section  propre  de  I'liistoire  naturelle 
descriptive.  Descriptio  est  totitis  plantce  character  naturalis ^  qui 
dcscribit  ornnes  ejusdem  partes  externas.  Ro. 

■39.  IlANUWORTERBUCHDERBERG-HiJTTEN-UNDSALZVeEBKSRUNDE. 

Diclionnaire  abregc  de  raineralogie ,  de  raetallurgie  et  des 
salines;  par  Ch.  HaRtmann.  2  vol.  in-8.  Prix,  2  rxd.  12  gr. 
Ilmenau ;  Voigt. 

Ce  Dictionnaire ,  redige  par  le  Iraduclenr  du  grand  ouvrage 
de  M.  de  Yillefosic  sur  la  mineralogie,  est  indispensable  a  tons 
ceux  qui  etudient  la  science  des  mines.  II  est  arrange  par  ordre 
alphabetique,  et  les  termes  francais  sontajoutes  aux  termes  al- 
leniands.  {Joiirn.gcn.  de  la  lilt,  etr.,  5>.  cali.;  mai  i823;  p.  i3o.) 

/jo.  Cnstallisation.  M.  G||-ney,  professeur  a  I'institution  de 
Surrev,  annonce  nne  theorie  nouvelle,  simple  et  intelligible  de 
la  cristaliisation  ;  celte  theorie  rcjjose  sur  une  autre  qui  est  ge- 
ner.dement  adoptee  aujourd'liui  :  c'est  celle  des  proportions 
deiinies;  M.  Garney  cherche  a  deraontrer  que,  puisque  les  alo- 
mes  de  matiere  ne  sont  susceptibles  de  s'unir  entre  eux  que 
dans  des  proportions  definies,  les  formes  cristallines  des  divers 
composes  sont  des  resultats  necessaires  de  leur  composition. 
Ainsi  il  fait  voir  (jue  lorsquc  les  alomes  ou  molecules  integrantes 
d'un  corps  sont  de  forme  splu'rique,  les  composes  de  ces  ato- 
mos,  s'ils  prennciit  unc  forme  regulicre,  doivent  prendre  cello 
du  cube;  ce  qui  est  conforme  aux  observations  faites  jusqu'a 


Mineralogies  35 

present  sur  ces  sortes  decomposes.  [Gentl.  Mag.,  le.  part.,  dec. 
i8a2;  vol.  i5,  p.  627.) 

41.  Uncerns  MiNERALREiCH,  etc.    Tableau   topographique ,  et 
orycto-geologique  du  regne  mineral  de  Hongrle ;  par  J.  Jo- 
nas, conservateur  du  Museum  Hongrois.  In-8.,  a  Pesth,  chez 
Hartleben,  i8ao.  {Isis  I2^  st.  1822,  p.  i3i5.) 
Get  ouvrage  doit  etre  oonsidere  comme  le  premier  cahier  d'un 
recucil  phjsio-techno-graphique  sur  la  nature  inorganique  de 
I'empire  d'Autriche;  il  doit  commencer  par  la  Hongrie  qui,  sous 
le  rapport  minei-alogique   et  geologique,  est  sans  contredit  un 
des  pays  les  plusinteressans  del'Europe;  les  descriptions  parais- 
sent  exactes  et  les  tableaux  geoiogiques  riches  et  complets;  I'au- 
teur  a  beaucoup  voyage,  et  il   parle  partout  des  objets  qu'il 
decrit  comme  temoin  oculaire ;  I'ouvrage   est  par  consequent 
precieux  pour  les  mineralogistes  et  les  geologues,  et  merite  d'etre 
connu.  II  est  divise  de  la  maniere  suivante. 

i"^*".  Partie.  i'*.  Section.  Introduction  a  Vorjctognosie ,  dans 
laquelle  on  traite  de  la  blende,  du  realgar ,  du  phosphure  dc 
cuivre,  du  spath  azure,  etc. 

2«.  Section.  Sur  quelques  mincraux  qu'on  rencontre  dans  les 
mines  de  Gallicie,  et  lels  que  le  soiifre  natif  de  Trashawize ,  la 
galcne,  la  calamine,  le  bitume,  I'ambre  jaune,  la  mine  de  fer 
argileuse,  la  marne  ferrugineuse ,  I'aimant,  etc. 

3".  Section.  Description  d'une  continuation  des  montagnes  de 
porphyre  de  la  Ilongrie ;  on  y  trouve  decrites  60  varietes  de 
mineraux  de  ces  montagnes,  avec  une  theorie  sur  leur  formation. 
/i^  Section.  Description  d'un  voyage  fait  par  I'auteur  en  181T 
a  Nagybannyen  et  Knpnih ,  en  passant  par  la  Haute-Hongric. 
%".  Partie.  Sur  la  situation  geologique  et  topographique  de 
quelques  fossiles  en  Hongrie,  avec  une  description  orjctogno- 
sliqiie  abregee  de  ces  produits  de  la  nature. 

I'"'-.  Section.  Fossiles  de  la  classe  des  mineraux  terreslres.  lis 
se  divisrnt  en  fossiles  appartenant  au  genre  siliceux,  tels  que 
r  olivine,  le  grenat,  la  pistucite ,  etc.,  la  picrrc  a  fusil,  la  cal- 
cedoine,  I'opale,  le  jaspe ,  le  feldspath;  et  en  fossiles  appar- 
tenant au  genre  argileiix,  tels  que  la  terre  dc  porcelaine ,  I'ar- 
gile,  le  sckiste  argileux,  I'alun,  le  hasalte  ;  fossiles  appartenant 
au  genre  du  talc,  tels  (pic  la  serpentine,  etc.;  et  divers  fossiles 
que  Ton  rencontre  dans  la  picrrc  calcaire  dc  Hodritsch,  lels 


26  Mineralogie. 

(jue  le  talc  folid,  I' anagonite ,  I'opale  commune,  etc.;  fossiles 
appartenant  an  genre  calcaire ,  tcls  que  la  pierrc  a  rbaiix ,  In 
pierre  calcnire  Jolice ,  la  pierre  cnlcaire  Jilamenteuse,  le  tiif 
ralcaire  ,  le  spath  brim,  la  muriacite ,  I' anhydrite,  etc.;  fossiles 
appartenaut  au  genre  de  la  barjte,  lets  que  le  spath  pesant,  etc. 
2"".  Section.  Fossiles  de  la  classe  des  inineraux  metalliques, 
parmi  Icsquels  on  distingue  I'or  natif,  Vargent  natif,  le  cuivre 
natif,  la  pjrite  de  cuivre,  la  galeae,  la  blende  et  ses  di verses 
especes,  etc.  I^o- 

42.  Versuch   einer   Oryrtographie  der  gef.    Graf.   Tyrol. 

Essai  d'une  oryctographie  du  Tyrol ;  par   M.   ue   Senger. 

In-8.  II  et  95  pag.  Inspruck,  1821. 

Peu  de  pays  offrent  une  aussi  grande  variete  de  substances  du 
regne  mineral  que  le  Tyrol.  On  y  a  deja  trouve  pres  de  la  moi- 
fie  des  especes  du  systeme  de  Werner  ,  et  sans  doute  il  en  resle 
beaucoup  encore  a  dccouvrir,  a  juger  par  ce  qu'il  en  a  ete  de- 
couvert  depuis  20  ans;  I'auteur  s'est  attache  surtout  a  indiquer 
.ivec  soin  les  localites.  II  n'a  pas  voulu  ecrire  d'apres  les  autres, 
de  peur,  dit-il,  de  propager  des  erreurs.  II  n'a  fait  d'exception 
qu'en  faveur  de  I'ecrit  de  Brocchi  sur  la  vallee  de  Fassa.  C.  M. 

.',3.  MineralogischesTaschenbucu  FiJR  Deutschland.  Manuel 
raineralogique ,  a  I'usage  des  personncs  qui  voyagent  en  Al- 
lemagne;parMKiNECK-K  et  KtFERSTEiN.Petit  in-S".;  dcVIlI 
et  432  pag.  Halle;  1821.  Neminerde  et  Schwetschke. 
Get  ouvrage  doit  etre  pour  les  mlneralogistes  ,  ce   que   Ici 
nores  sont  pour  les  botanistes ,  et  les  guider  vers  les  lieux  oil 
se  trouvent  les  mineraux  simples  les  plus  dignes  de  leur  atten- 
tion. La  Gaz.  litter,  de  Leipzig  en  parle  comme  dun  premier 
essai  qui  n'est  pas  sans  merile,  raais  die  en  indique  les  pnnci- 
paux  defauts.  ^-   ■"• 

44.  Von  pen  Meteorsteinen.  Des  meteorolithes  et  de  leur 
origine ,  MtMnoire  du  D^  Weber,  Professeur  de  physique  a 
Dillingen.  Gr.  in-8".  de  32  p.  Prix,  ('>  gr.  Landshul ;  1820; 
Weber.  {Leipz.  Lit.  Zeit.,  avril  1823,  p.  677.) 
Voici  quelles  sont  les  princlpales  opinions  prescnl(^es  par 
lauteur  de  ce  memoirc. 

1*.  II  pense  que  quelques  acrolithes  pourraient  blcn  provenu- 
de  la  Iiirir  ,  mais  il  nc  fait  p.is  mantion  de  I'opinion   cnnlraira 


Mine'rri  logic.  27 

f^raise  par  le  celebre  aslronome  Olbers.  2°.  II  pense  que  plusieurs 
meteorolithes  sont  d'origine  atmospherique  ou  terrestre ,  et 
rend  justice  a  ce  sujet  au  celebre  naturaliste  allemand  Chaldni. 
3".  II  considere  la  dynamique  comme  la  science  de  la  toute- 
puissance  creatrice,  et  les  meteorolithes  comme  des  phenome- 
nes  de  cette  toute- puissance  d'apres  laquelle  il  pense  qu'il  n'y 
a  pas  de  force  si  prodigieuse  que  ne  puisse  mariifester  Faction 
electro-chiniique  dans  I'atmosphere  ou  dans  les  entraiiles  de  la 
terre,  ni  de  distance  si gramle  que  les  volcans  lunaires  ne  puis- 
sent  y  lancer  des  corps;  c'est  en  cela  que  I'auteur  parait  fran- 
chir  les  bornes  de  la  physique  et  se  jeter  dans  une  metaphysi- 
que  qui  n'est  pas  claire  pour  tout  le  monde.  Ro. 

45.  On  a  decouvert  dans  le  Missouri,  district  de  "W^ashington, 
une  enorme  montagne  de  fer,  laquelle  consiste  presque  entie- 
rement  en  fer  vierge.  Le  metal  est  d'une  bonne  qiialite ,  et  la 
quantite  est  assez  grande  pour  fournir  aux  besoins  du  monde 
entier,  pendant  un  temps  tres-long.  Cette  mine  de  for  vierge 
est  la  premiere  qui  soit  connue,  et  non-seulement  une  pareille 
mine  n'avait  point  encore  etc  trouvee,  mais  le  fer,  reduit  a  I'elat 
de  metal,  etait  reste  ignore  dans  la  nature.  [Journ.  d'agr.  du 
royaume  des  Pays-has ,  oct.  i8a3,  p.  25 1.) 

46.  Description  of  hopeite,  a  new  mineral,  etc.  ,ou Descrip- 
tion d'un  nouveau  mint5ral ,  nomnie  Hopeite,  par  David 
Brewster;  lue  a  la  Societe  royale  d'Edimbourg  ,  le  17  juin 
1823.  (  Extrait  du  tome  X  des  Transactions  de  la  Societe.') 

Vers  la  fin  de  I'annce  1821  ,  M.  Brewster  selivrait  a  rcxamen 
de  la  famille  des  zeolithes  ,  lorsqu'il  recut  de  M.  Heuland  une 
pretendue  variete  de  stilbite  ,  venant  de  la  mine  de  calamine 
d'Altenberg,  pres  d'Aix-la-Cliapelle.  M.  Brooke,  ayant  soup- 
conne  que  ce  pouvait  elre  un  silicate  de  zinc,  M.  Brewster  s'as- 
sura  du  contraire  par  quelqiies  epreuves  physiques;  il  aurait  bien 
voulu  faire  analyser  ce  mineral  ,  mais  la  petite  quantite  qu'il  put 
en  avoir  etait  insuffisante  pour  cet  objet.  II  lui  fallut  alors  avoir 
recours  a  d'autres  moyens  d'observation  ,  a  I'aide  desquels  il 
croit  avoir  etabli  d'une  maniere  certaine  I'existence  d'une  nou- 
velle  espece,  dont  voici  les  ])rinci[>aux  caracleres.  — Pesanteur 
specif.  2,76.  Durete  au-dessous  de  3,o  de  I'eclielle  de  Mohs.;  le 
mineral  n'est  ni  phosphorescent  ,  ni  elcclriquc  par  la  chaleur. 
./Vitisi  sa  place  est  aupres  de  I'anhydrile  dans  I'oidre  des  Haloi- 


a8  Minera  logic . 

lies  du  syst^me  de  Mohs.  II  a  deux  axes  de  double  refraction  , 
dont  le  principal  est  perpendicuUiire  a  I'axe  du  prisme  ,  et  aux 
pans  qui  donnent  le  clivage  le  plus  net  :  son  action  est  repulsive, 
comme  celle  du  spatb  calcalre.  La  forme  fonilamentale  des  cris- 
taux  est,  d'aprcs  M.  Haidinger  ,  une  double  pyramide  a  quatre 
triangles  scalenes  ,  ou  un  octaedre  rhomboidal ,  dont  les  angles 
diedres  sont  de  107"  2',  iSg"  41',  €t  86"  49'*  I^e  mineral  offre 
deux  clivages  perpendiculaii-es  I'un  a  I'autre  ,  et  paralleles  aux 
deux  plans  diagonaux  qui  passent  par  I'axe;  le  premier  s'obtient 
aisement,  et  se  distingue  par  son  eclat  nacre  :  le  second  est  moins 
distinct.  II  est  entiercraent  soluble  sans  effervescence  ,  dans  les 
acides  muriatique  et  nitrique.  L'acide  sulfurique  agit  sur  lui 
beaucoup  plus  lentement,  mais  ilfinit  par  le  dissoudre.  Leses- 
sais  au  chalumeau  ont  etc  faits  par  M.  Nordenskiold.  Seul  dans  le 
matras  ,  le  mineral  donne  une  grande  quantite  d'eau  ,  sans  au- 
cune  trace  d'acide  carbonique.  II  devient  d'abord  d'un  blanc  de 
lait;  puis  il  fond  promptement  en  un  globule  qui  communique  a 
la  flamme  une  teinte  verdatre.  D'apres  les  differens  caracteres 
pyrognostiqucs  qu'il  a  presentes,  il  parait  etre  une  combinaison 
de  quelqu'acide  puissant ,  tel  que  le  phosplioriquc  ou  le  borique 
avec  I'oxide  de  zinc  ,  melangee  d'une  base  terreuse  et  d'un  peu 
de  cadmium.  M.  Brewster  a  donne  a  cctte  nouvejle  substance 
le  nom  de  hopeite ,  en  I'bonneur  du  docteur  Hope,  vice-presi- 
<lcnt  de  la  societe  royale  d'Edimbourg.  G.  Delafosse. 

47.  Sur  la  presence  de  la  cleavelandite  dans  la  roche  de 
MoLNSTSoREL,  Leicestershire,  et  dans  d'autres  parties  del'An- 
gleterrc  et  de  I'licosse  ;  par  M.  Phillips.  (  Annals  ofphilos. 
dec.  182'^  ,p.  448.  ) 

On  salt  que  la  cleavclandite  qui  contient  les  niemcs  tcrres 
que  le  feldspath  et  a  pen  pres  dans  les  memes  proportions ,  en 
differe  en  ce  qu'aulieu  de  renfermer  comme  lui  i3  a  i5  pour 
cent  de  potasse  ,  elle  contient  environ  10  pour  cent  de  soude, 
et  que  d'ailleurs  elle  a  un  moindre  degre  dedurete.  On  sait  aussi 
que  les  cristaux  de  ces  deux  substances  ont  leurs  angles  differens. 
C'est  par  la  mesure  de  ces  angles  ,  au  moyen  du  gonlometre  a 
reflexion,  que  M.  Pliillii)s  s'est  assure  que  la  roche  dont  il  s'aglt 
contenait  la  clcavelanilite  ,  aussi-bien  que  le  feldspath.  II  a  fait 
la  mcmcobservation  sur  un  granit  de  Westmorlanil,  sur  nn  gianit 
de  (.'.oruouaillecl  sur  vn  bcriu  porphyrc  de  Glen  Tilt.  II  est  pro- 


MiTieralogie.  aq 

bable  qu'on  trouvera  egalement  dans  d'aufres  pays  cclfe  sub- 
stance en  la  chercliant  dans  des  roches  on  les  naluralistes  I'ont 
confondue  jusqu'a  present  avec  le  feldspath.  C.  M. 

/l8.    SUR  LE  FELDSPATH  ,  l'aLBITE,  LE   LABRADOR  et  l'anORTHITK  , 

par  M.  GusTAVE  Rose.  (  Jnn.  tie  chirnie  ct  de physique  ^  To. 
2/i,  sept.  1823.} 

Un  examen  approfondi  des  mineraux  que  i'on  a  reunis  jusqu'a 
present  sous  le  nom  de  feldspalh  ,  a  fait  decouvrir  a  M.  Rose 
quatre  especes  distinguees  autant  par  leurs  formes  cristalllnes 
que  par  leur  composition  chimique ,  quoique  ces  formes  aient 
entre  elles  beaucoup  d'analogie.  La  premiere  est  le  feldspalh 
proprement  dit ,  qui  comprend  I'adulaire  ,  le  feldspath  vitreux  , 
celui  de  Norwege  et  de  Baveno ,  Ja  pierre  des  Amazones  ,  etc. 
C'est  un  trisilicate  de  potasse  et  d'alumine,  dont  le  systeme 
de  cristallisation  se  rapporte  au  prisme  oblique  rhomboidal,  ainsi 
que  Weiss  I'a  demonlre  dans  les  memoires  de  I'academie  de 
Berlin  ( annee  1816.  )  Cette  forme  fondamentale  ,  adoptee  par 
M.  Rose,  contraste  singulierement  avec  le  resultat  de  division 
mecanique,  que  M.  Hauy  avait  pris  pour  base  de  la  determina- 
tion relative  aux  formes  secondaires  du  feldspath  ;  raais  on  y  est 
conduit  naturcliement  par  les  considerations  tirees  de  la  loi  de 
symetrie,  en  partant  de  ces  formes  elles- memes,  et  en  les  pre- 
iiant  telles  qu'elles  resultent  des  calculs  du  ceiebre  cristallogra- 
phe.  —  La  seconde  espcce  etablie  par  M.  Rose,  est  I'albite  :  elle 
se  compose  de  la  varicte  rayonnee  et  saccaroide  de  Finbo,  du 
Rieselspath  de  Hausmann,  des  cristaux  du  Dauphin(5  dits  schorls 
hlancs,  de  ceux  de  Salzbourg  et  du  Tyrol,  que  Ton  a  pris  pour 
adulaire,  etc.  La  difference  chimique  entre  cette  espece  et  la 
precedente  consisfe  dans  le  remplacement  de  la  potasse  par  la 
soude;  la  composition  alomistiquc  est  d'ailleurs  la  meme.  La 
forme  primitive  des  cristaux  est  Tin  parallelepipede  irrcgulier  , 
dont  la  base  fiiit  avec  I'un  des  puns  un  angle  de  93  d.  \.  Les  deux 
autres  angles  sont  de  1 1 5  et  de  1 1 8  degres  a  pen  pres.  Le  feldspath 
de  Baveno  est  souvent  garni  de  i)elits  cristaux  blancs  ,  qui  appar- 
tiennent  a  I'albite.  —  La  troisieme  espece  est  le  Labrador,  que 
Klaprofh  avait  deja  scpare  du  feldspath.  II  est  rare  d'en  trouvcr 
des  cristaux  bien  prononc<5s  :  leur  forme  est  analogue  a  celle  du 
feldspath  ;  mais  il  est  impossible  d'en  mesurer  exaclement  les 
angles.  On  aper9oit  facilement  sans  mesure  que   les  clivages  ne 


5o  Mivernlogi<?. 

Innncntpas  d'angles  droits  ,  tonnne  ceux  de  ce  fossile.  Le  labra- 
(lor  renferme  uu  Irisilicate  de  cliuux  dans  sa  composition. — I.a 
quatrieme  espece  est  !a  plus  rare :  elle  se  tronve  en  cristaux  grou- 
pes,  de  quelques  lignes  d'epaisscur,  dans  un  carbonate  de  cliaux 
des  environs  du  Vesuve.  Leur  forme  primitive  est  un  paralliilipi- 
pede  irregulier,  dontles  angles  diedres  sont  a  pen  pres  de  q^°  , 
de  111°  et  de  1 17°^.  Lesclivagesparalleles  aux  faces  qui  donnent 
le  premier  angle  sont  presque  d'une  egale  nettete.  D'apres  un 
essai  d'analyse  ,  M.  Rose  considere  ce  mineral  comme  un  triple 
silicate  d'alumine,  de  chaux  et  de  magnesie;  mais  ii  n'ose  ga- 
rantir  sa  formule  mineralogique.  II  lui  a  donne  provisoireraent 
le  nom  d'anortkite  ,  par  opposition  a  celui  d'ort/iosc  ,  qui  avait 
etc  propose  pour  Ic  feldspath.  G.  del. 

49.  Description  mineralogique  et  analyse  cliiraique  d'une  sub- 
stance analogue  au  quartz  agathe  cornaline,  trouvee  dans  le 

Heidberg  ,  dans  le  duclie  de  Berg ,  par  M.  Bergmann  ,  pharm. 

ix  Berlin.  [Noggeratk,  das  Gebir-ge  in   Rheinland-  JFcstpha- 

len.Tom.  I,  p.  328.) 

Ce  fossile  s'est  trouve  compose  de  :  Silice,  g3, 25;  protoxide  de 
fer,  o,25;  alumine,  3,oo;  oxide  de  manganese,  o,5o; chaux  ,  o,2.V; 
perte  2,00.  Total  99,25.  J.  Ineichen. 

50.  Description  et  analyse  de  la  Zirconite  du  comte   de 
Buncombe  dans  la  Caroline  septentrionale  ,  par  Lardner  Va- 

HUXEM.(/oMr/?.  of  Acad.  nat.  sc.  of.  Philad.  niai  1823,  p.  59  ) 

Ce  zircon  a  ete  decouvert  dans  le  comte  de  Buncombe,  dans 
la  Caroline  du  nord  ,  par  le  D"".  F.  D.  Porter.  M.  Lardner  Va- 
nuxem ,  qui  a  visite  celte  localite,  I'a  reconnuc  pour  celle  qui, 
jusqu'a  nos  jours,  a  produit  ce. mineral  en  plus  grande  abon- 
dance.  II  se  trouve  dansun  terreau  meuble  ,  supcrieura  une  for- 
mation de  gneiss  et  de  scbiste  raicace  ,  constituant  un  monticule 
dependant  d'une  coUine  dite  Valuda.  II  y  est  accompagne  de 
grenat ,  de  fer  oligiste,  et  de  fer  sulfure.  M.Vanuxem  n'a  paspu 
trouver  ce  mineral  sur  sa  gangue ,  cependant  il  ne  met  pas  en 
doulc  qu'il  ne  provienne  de  la  formation  ci-dessus,  d'apres 
Ics  debris  avec  lesquels  il  se  trouve. 

Lcsvarietesde  formes  que  ce  zircon  a  presentees  sont  la  varietc 
prixince,  tres-nctlc,  quelques  fois  ayanl  Ics  aretes  du  prisme  troii- 
quees  ,  d'uulres  fois  au  contraire  celles  qui  joignent  le  prisme  a 
la  pyramide. 


Mineralogie.  3 1 

Les  plus  consitlcrablos  onl  4  de  pourc  de  liauteiir;  leurs  pro- 
])rirtcs  sout  les  meines  que  celies  du  zircon. 

Le  resultat  de  Tanaiyse  a  donn<j  :  zircon  avec  un  atome  de 
fer  ,  t»7,07  ;  silice,  82,08  ;  perte,  o,8'5  ;  total,  100.  L.  Andre. 
5i.  Description  df.  l'achnite,  nouveau  mineral  de  la  Nor- 

vege  trouve  et  decrit  par  P.  Strom.   [Eclimb.  philos.  four//. 

juillet  1823  ,  p.  55.  ) 

Ce  mineral  a  ete  decouvert  dans  la  commune  d'Egers  en  Nor- 
vege.  II  se  presente  sous  la  forme  de  prismes  rhomboidaux  tres- 
allonges  ,  a  aretes  tronquees;  il  a  quatre  clivages  paralleles  a  ses 
faces  longitudinales.  Sur  ses  autres  faces,  la  cassure  n'est  pas  re- 
guliere  ;  il  raye  le  verre  ;  sa  pesanteur  specifique  est  de  3,24.  II 
est  d'un  brun  noir  tirant  sur  le  rougeatre  ;  la  cassure  est  verda- 
tre  ,  et  a  peine  translucide.  II  a  pour  gangue  des  nodules  de 
quartz,  contenus  dans  des  granits  de  transition  suivant  MM.  Haus- 
mann  et  de  Buch. 

Berzelius  I'a  trouve  compose  de  :  silice,  55,25}  oxide  de  fer, 
3 1,25  ;  oxide  de  manganese,  1,08  ;  chaux  ,  072  ;  soude,  10,40; 
total ,  98,70. 

II  a  etenomme  ainsi  du  grec  c-^-jyi  ,  poi/ite ,  a  cause  de  cristaux 
tres-aigus.  L.  Andre. 

52.  Analyse   du  grenat  vert  trapezoIde  de  Sala,  par  B.  G. 
Bredberg  (  Me//i.  de  V  Acad,  de  Stochh.    1822  ,  p.  83.  ) 

Analyse  dequelquesmineraux,  par  Aug.  Arfvedson,  Ibid.iii.^'] 
Les  substances  qui  font  I'objet  de  ce  memoire  ,  sont  le  Kanel- 
stein  de  Malsioe ,  le  chrysoberyl  du  Bresil ,  la  boracite  du  Lune- 
bourg.  C.  M. 

53.  Sur  le  beryl  de  la  Silesie  prussienne,  par  M.   Zipser, 
prof,  a  Neusohl.  (  Mi/ie/:  Tasche/ibuch,  i823 ,  2".  a.  p.  384- ) 
Deux  echantillons  dece  mineral  ont  ete  trouves  dans  une  mine 

de  feldspathdecouverte  dansun  puits  creuse  sur  une  petite  hau- 
teur pres  du  chateau  de  Langbielau  a  -  de  lieue  de  Reichenbach 
dans  la  haute  Silesie.  L'auteur  possede  unde  ces  echantillons  qui 
presente  les  cai'actei'cs  suivans  :  il  est  d'une  couleur  blanche  ver- 
datre  qui  tient  le  milieu  entre  le  vert  de  mer  et  le  vertd'Hongrie 
lirant  un  peu  sur  le  bleu  ;  divers  morceaux  presentent  une  cou- 
leur jaune  depaille  ;  ce  mineral  no  se  rencontre  qu'a  I'etat  de  cris- 
t:il;  il  rristallise  cn  longs  prismes  a  six  pans  a  angles  egaux;  le- 


5  2  Minera  logie . 

gerement  tronques  sur  les  areles  lateralcs  ;  c'est  I'emeraude  pe- 
ridodecaedre  d'Hauy;  quelquefois  il  cristallise  comme  I'emeraude 
piiniilive  d'Haiiy  en  prisines  a  cotes  egaux  avec  dc  larges  pans 
altcrnatifs,  d'ou  resulte  Tapparence  d'un  prisme  a  trois  pans ; 
niais  ce  cas  est  Ires-rare.  Les  niorceaux  qui  se  trouvent  meles 
avecle  feldspatli  ont  une  cassure  nette,  ecailleuse  et  aucun  eclat 
cxterieur;  d'apres  les  autres  caracleres  dc  ce  mineral, I'aulcur  est 
d'avis  que  Ton  dolt  adopter,  la  reunion  du  beryl  avep  I'eme- 
raude  proposee  par  Haiiy,  quolque  Werner  ait  distingue  ces 
deux  substances  par  plusieurs  caracteres  distinctlfs.       Ro. 

54.  SoR  LA  Mesotype  DU  MONT  Vesuve.  {Joum.  of  Sc.  ,  juillet 

1823,  p.  389.) 
Le  comte  Paoli  a  reconnu  rcxistence  de  la  mesotype  parmi  les 
produits  du  Vesuve ;  il  decrit  la  mesotype  fibreuse  et  la  meso- 
type hyaline ,  et  il  ne  doute  pas  qu'elles  ne  soicnt  des  produits 
volcaniques  reels  formes  dans  la  lave  au  moment  ou  elle  se  re- 
froidit.  Ro. 

55.  Description  d'un  HYDRATK  NATiF  DE  macnesie  decouvert, 
parle  D^.  Hibbert,  dans  I'ile  de  Schetland;  par  D.  Brewster. 
(  Trans,  of  royal..  Sac.  0/  Edimb.  Vol.  9,   p.  239. ) 

Le  D''.  Hibbert  le  decouvrit  en  1817,3  Swinaness,  dans  I'ile 
deUnst,  une  des  iles  Schetland,  traversant  la  serpentine,  en 
veines  d'un  dcmi-pouce  a  8  pouces  d'epaisseur,  accompagne  de 
chaux  carbonatee  magnesifere. 

II  se  dissout  dans  les  acides  tres-aisement ,  et  est  compose, 
d'apres  le  D^.  Fyfe,  de  :  magnesia,  69,  75  ;  eau,  3o  a5  —  100. 

II  estblanc,  a  structure  lamellaire ,  et  quelquefois  fibreuse  , 
raye  le  talc,  happe  fortement  a  la  langue ;  sa  pesanteur  speci- 
iique  est  de  2,33G.  De  petits  morceaux  detaches  de  la  masse  ont 
off'ert  des  prismes  a  6  pans.  II  ne  presente  qu'un  seul  axe  de 
double  refraction  ,  ce  qui  le  distingue  du  talc  avec  lequel  on 
pourrait  le  confondre,  et  qui  en  possede  deux.      L.  Andre. 

5fi.  Notices  sur   la  niicouvERTK   de  deux  substances  remar- 
quables   dans    les  terrains  volcaniques  et  de    trapp   du    Bas- 
Rhin ,  par  M.  Noggerath.  [Nogfierath,  Das  Gebirge  in  Rheiu- 
land-fFestphalen  ,  torn,  j  ,  p.  3G7.  ) 
Ces  deux  fossiles  sont  :  I'un,  une  varietc  de  I'opalitc,  et  I'autre 

une  variete  du  zircon.  J-  Jneichen. 


Botanique.  55 

57.  Terre   acidf.  i)E  Perse.  (Phi/.  Mag.,  n°.  3o3  ,  p.  75.  ) 
Cette  siiiguliere  substance ,  qui  a  ete  apportce  en  Angleterre 

par  le  lieutenant-colonel  Wriylit ,  se  trouve  en  quantite  consi- 
derable a  un  village  appele  Doulakle,  dans  la  Perse  nieridionale  , 
a  3  ou  4  journees  de  Buslilre.  Les  naturels  en  font  usage  dans  la 
preparation  de  leurs  sorbets.  M.  Pepays ,  qui  en  a  fait  I'analyse  , 
a  reconnu  qu'elle  contient  de  I'acide  sulfurique  libre.         B.  S. 

58.  De    la   veritable    pierre   obsidienne.    (^Edimb.  philos.  , 

Jour.,   avril  1823  ,  p.  269.) 

Get  article  comprend  la  description  de  robsidienne  retrouvee 
sur  les  bords  du  golfe  d'Ethiopie,  en  Janvier  1809  ,  par  M.  Salt ; 
elle  se  trouve  reunir  les  memes  proprietes  que  I'obsidienne  d'ls- 
lande  ,  et  lui  est  parfaitement  analogue.  L.  A>dre. 

Sg.  Lettre  de  M.  Soret,  D^.  en  phil. ,  a  I'univers.  d'lena ,  au 

ptof.  Pictet,  sur  un  mineral  presume  nouveau.  (  Bibl.  uni\\  , 

sept.  1823  ,  p.  5i.  ) 

Ce  mineral  a  ete  decouvert  11  y  a  environ  deux  ans,  implanle 
sur  des  cristaux  de  quartz  gris ,  venant  de  la  Tete-Nolre,  dans 
les  vallees  du  Pii'mont. 

M.  Soret,  sans  en  avoir  faitune  analyse exacte,  lui  a  trouve  a 
peu  pres  les  memes  caracteres  qu'au  sphene ;  ses  cristaux  sont 
eclatans,  iis  varient  de  couleur  du  brun  au  jaune;  ils  sont  trans- 
parens ,  a  cassure  conclioide;  leur  durete  est  assez  grande, 
ils  rayent  le  feldspath  de  Labrador.  Par  le  clialumeau  ils  noircis- 
sent  sur  le  cliarbon;  ils  donnent  avec  le  borax  un  vert  jauiie, 
analogue  a  celui  que  Ton  obtient  du  titane  slllco-calcaire ,  dit 
victite. 

I.a  forme  primitive  qu'adopte  M.  Soret  pour  ces  cristaux  est 
le  prisme  droit  rhomboidal  de  g4  3o"  et  85'  3o".  Le  rapport 
des  denx  deml-diagonales  de  la  base  est  a  peu  pres  i3  :  12.  Les 
formes  secoudaires  sont  nombreuses.  L.  Andre. 


EOTANlQUi:. 

00.  Handbuch  der  BoTANiK.  Manuel  de  botanique;  par  le  D''. 
C.  Ci.  Nees  d'Esenbeck.  1  vol.  in-8. ,  ensemble  de  i445  p., 
Nuremberg,  1820;  L.  Schrag. 

L'auleur  commence  pur  des  considerations    de    jjliilosopliitj 
B.  ToMK  L  3 


54  BotaJiique. 

sp(5culative,  et  prenant  pour  point  de  depart  DIeu,  qui,  enliis- 
toire  naturelle  comrae  en  religion,  est  la  source  de  toute  exis- 
tence et  de  toute  conservation  ,  de  toutes  nos  idees  et  de  toutes 
iios  connaissances,  il  arrive,  par  des  deductions  successives  ,  a 
ridee  du  sysleme  du  monde. 

II  ctablit  que  tons  les  etres  qui  le  coinposent,  sont  dans  un 
rapport  quelconqueavec  les  poles,  et  explique  par-la  la  presence 
ou  I'absence  d'organisation  dans  ces  elres,  on  leurs  differens  de- 
gres  de  vitalite. 

Nous  ne  suivrons  point  I'auteur  dans  I'exposition  de  sa  doc- 
trine :  presentee  sous  la  forme  d'axiomes  lies  rigoureusement 
les  uns  aux  autres  ,  elle  demanderait  une  analyse  ctendue ,  que 
ne  coinporle  pas  la  nature  du  Bulletin. 

M.  Nees  admet  (t.  i ,  p.  kk-)  '■''  gi'and«  division  en  corps  orga- 
nises et  en  corps  inorganiqucs ,  et  subdivise  (p.  12.)  la  ii"e. 
elasse  en  4  regnes  vivaus  :  Les  champignons,  les  plantes,  les  ani- 
maux,  les  hcinmes. 

La  denomination  usitee  de  regne  vegetal  comprend  les  vcge- 
taux  reproduits  (les  champignons),  et  les  vegetaux  reproduclifs 
(les  plantes). 

Les  champignons  sont  des  etres  organises,  formes  par  la  de- 
composition des  etres  vivans,  et  peuvent  etce  regardes  coninie 
des  atomes  de  plantes  ,  que  la  nature  fait  sortir  de  la  substance 
expirante.  (p.  2'3.) 

La  vesicule,  leur  premier  element  organique,  sc  change  en 
tube  en  s'allongeant. 

Les  vesicules  et  les  tubes  rcunis  offrent,  en  se  renfermant 
mutuellcment  et  en  sc  reproduisant  inlcrieurement ,  les  deve- 
loppemens  successifs  du  premier  regne elenientaire.  (p.  24. ) 

L'auteur  ne  dit  point  si  son  premier  regne  comprend  exclu- 
sivement  les  vegetaux  connus  sous  le  nom  de  chanq)ignons.  Je 
suppose  qu'il  y  joint  les  lichens  et  families  voisines.  Les  con- 
fcrves  apparticnnent  a  son  regne  des  plantes. 

hcsp/antes  {■x'j-'io)  sont  des  etres  organises,  dont  les  cham- 
pignons forment,  pour  ainsi  dire,  le  premier  ek-inent ,  et  com- 
poses de  vesicules  d'abord  reunies,  puis  changces  en  tubes  par 
leur  extensiion,  qui,  par  leur  developpement,  forraent  des  sur- 
faces circulaires;  leur  accroissemeuit  «st  en  longu«ur,  tandis  que 
celui  des  champignons  est  en  largeur. 


Botanique.  55 

LcS  autres  caracteres  (risl'mctifs  des  champignons  et  des 
plantes,  se  ratlachent  aui  principes  consacres  (48-5i.) 

Les  plantes  (  Sg-G  i  )  exisi.ent :  dans  I'espace ,  par  leur  forma- 
tion et  leur  structure ;  dans  le  temps,  par  leur  developpement 
et  leur  conservation  ;  ce  qui  etablit  deux  divisions  et  quatre  sous- 
divisions  naturellcs  pour  la  botanique  pure  : 

I.  La  Phjtogrcphie,  coniprenant  i".  la  Morphogrnphie  ; 
a'^.  X Analoniie  vcgetale. 

W.Yniistoire  des  plantes ,  c'est-a-dire  i".  \a  Morphologie 
ou  la  Metamorphose  des  plantes ,  et  2".  la  Physcologie. 

La  botanique  (6i-5)a  des  rapports  i^.  avec  la  nature,  (et 
M,  Nees  comprend  sous  ce  horn  tout  ce  qui  n'est  pas  I'homme), 
2".  avec  riiomme ;  d'ou  resultent  les  sous-divisions  suivantcs  : 

I.  Rapports  des  plantes;  A,  avec  la  surface  de  la  terre  :  i".  Lois 
de  distribution  des  plantes ,  ou  Geographie  generale  des  plantes ^ 
2°.  Geographic  speciale  des  plantes ,  Topique  ;  B,  avec  le  mou- 
vemcnt  de  la  terre  sur  son  axe  :  1°.  relativement  au  jour  et  a  la 
nuit,  Horologie ,  repos  des  plantes ;  2°.  relativement  aux  sai- 
sons ,  Bio  I  ogle. 

II.  ilapporls  des  plantes  avec  Thomme,  Botanique  appUquec. 
A.  etude  des  plantes:  i".  Principes  de  la  science,  Methodo- 
logie,  2".  Histoire  de  la  Botanique  ;  B.  sentimens  que  les  plantes 
font  naitre  dans  riiomnie,  Sthetique  des  plantes-  C.  la  bota- 
nique consideree  dans  les  resultats  que  I'homme  en  obtient  ■ 
Yagriculture  dans  la  plus  grande  acception  de  ce  mot  c'est-a- 
dire  la  culture  des  forets  ,  I'agriculture  proprement  dite,  l' hor- 
ticulture ,  etc. 

L'auleur  ne  parle  point  de  la  medecine,  des  arts  ,  etc. 

Cette  classification  est  seulement  typique ,  rigoureusement 
complete,  mais  non  methodique,  c'est-a-dire  appliciible  dans 
I'enseignement ,  phisieurs  divisions  rentrant  les  unes  dans  les 
autres. 

Nous  nous  sommes  etendus   de  preference    sur  ces  bases  de 
la  science  ,  afin  de  donner  une  idee  de  la  maniere  dont  I'auteur 
Ten  visage.  Mais  nous  croyons  devoir  repeter  que  notre  expose 
<lu  moins  dans  la  1'^'".  partie,  est  et  devait  etre  extremenient  in- 
complet. 

Dans  les  details  des  diftV-rentes  parties  de  la  botanique  «,v/r 
but  exclusif  de  son  ouvrage,  M.  Nees  suit  a  peu  pres  la  mnrclie 
observee  par  la  i)lus  grande  partie  des  auteurs.  II  d^crit  rfiaquc 


56  Botani(jiie. 

orgaiie  en  pai'tlciilicr,  depiiis  !a  raciiie  jiisqti'a  rembryon ,  et 
cetle  description  est  ordiiiairement  divisee  en  trois  parties , 
structure  nnatomique,fon<tions  ct  metamnrpkose. 

11  donne  beaucoup  de  developpemens  a  la  dernicre,  en  s'ap- 
puyant  sur  les  bases  posees  dcpuis  long-temps  par  Gothe.  II  en 
resultc  peut-c'tre  des  rapprochemens  forces,  ou  peu  motives; 
mais  ce  principe  d'encliaineraent  general,  merite  d'etre  pris  en 
consideration  ,  et  suivi  avec  disccrneinent,  et,  avec  Tappul  de 
robservallon ,  il  ne  pent  que  conlribuer  a  augmenter  les  con- 
naissances  positives,  et  la  masse  des  faits  en  botanique. 

'La  fleur  {\.o^i\.  2.  pag.  i)  est  la  feuille  qui  termine  I'accrois- 
sement  de  la  tige,  et  opere  la  generation  par  le  developpement 
de  son  noeud.  Consideree  comme  un  tout  (58) ,  elle  comprend 
les  organcs  de  la  plante  hors  de  terre ,  en  position  inverse  :  A. 
les  organes  peripheriqnes  terrainant  la  vie  de  la  tige  sous  forme 
de  feuille  ,  et  commencant  sa  vie  sous  forme  de  fleur  ;  B.  les  or- 
ganes centraux,  ou  a  forme  de  tige  (les  parties  de  la  fructification). 
(61.)  11  y  a  3  couches  [lagen)  dans  la  feuille  :  la  stipule,  la 
feuille  propre  et  la  bractee.  II  y  a  de  meme  trois  couches  dans 
la  fleur;  le  calice  ,  fleur  exterieure  ;  la  corolle  ,  fleur  niitoyennc; 
l;i  coronule,  fleur  interieure. 

(63.)  Le  calice  est  la  partle  qui,  dans  sa  face  inferieure  ou 
exterieure ,  est  analogue  a  la  face  inferieure  de  la  feuille.  II 
manque  rarement,  quelquefois  par  metamorphose. 

Nous  regrettoiis  que  I'auteur  ne  communique  point  ses  idees 
a  cet  egard. 

(64.)  II  regarde,  avec  plusieurs  auteurs,  comme  calice,  ce 
qui  porte  les  caracteres  exlerieurs  de  Torgane  communement 
designe  sous  ce  nora. 

La  corolle ,  accompagnee  d'un  calice  ,  se  distingue  par  sa  po- 
sition; et  sans  calice,  par  la  nature  de  sa  surface,  sa  couleur, 
et  par  une  contexture  plus  delicate  qui  annonce  les  progres  de 
la  separation  des  ilemens. 

(i  iH.)  l.a  c.ofonuir  est  une  image  du  calice  dans  I'interieur  de 
!u  fleur,  en  position  inverse,  et  elle  mannue  de  pores,  comme 
rela  arrive  d'ordinaire  a  la  face  superieiirc!  des  feuilles  :  I'auteur 
aurait  du  ajouter  ,  des  arljiex. 

(I'iS.)  II  la  regarde  comme  un  developpement  des  deux  fais- 
ceaux  vasculeux  renfcrmes  dans  la  corolle. 

II  rccoinmande,  a  I'occasion  de  la  metamorphose   de  la  flour 


Boiaftiqae.  By 

(dans  Ic  sens  le  ])ius  t'lerdn,  b'lnric),  tie  tuivre  cliacun  des  or- 
ganes  qui  la  coinposent  dans  tons  ses  developpemens  ,  de  signa- 
ler leu?' combinaison  a\cc  ceux  des  autres  organes;  enfin  de 
preciser  I'iiifluence  de  cliaque  pai'tie  sui'  la  forme  Lien  caracle- 
risee  de  celles  anxquelles  eel  orj^ane  s'associe  ,  de  maniere  a  pou- 
voir  I'employer  cnmnie  caractere. 

C'est  ce  qu'ont  fait  et  font  encore  les  gi-ands  mailres;  mais 
dans  les  sciences  d'observation  il  reste  toujours  a  faire. 

Le  chap.  i/,4,  p.  175,  presenle  un  genre  d'interet  tout  diffe- 
rent des  autres.  Les  trois  principaux  groupes  de  la  vegetation, 
]e<i  Jorets ,  les  prairies  ,  les  tapis  de  mousse  communiquent  a 
I'ame  le  pressentiment  (de  I'liiver ,  par  leur  fraiclieur  et  leur 
obscurite),  le  desir  (d'emolions  vagucs  variees  a  I'infini),  la  le- 
signation  (a  la  mort).  Les  differentes  nuances,  tallies  et  confor- 
mations des  plantes  peuvent  etre  regardees  comme  des  symbo- 
Ics  des  divers  seiilimens  de  I'liomme,  el  des  accidcns,  inconve- 
niens  et  circonslances  de  la  vie. 

Cette  maniere  de  considerer  les  plantes  est  exclusivement  poe- 
tique,  el  serait  plus  convenablement  reservee  pour  la  Sthctiqiie 
des  plantes. 

II  y  aurnit  de  I'iiijustice  a  juger  eel  oiivrage  cVapres  nos  cita- 
tions souvent  tronquees,  et  quelques-unes  des  idees  de  I'auteur 
presentees  isolement,  et  hors  du  cadre  oil  il  a  su  lesreunir. 

II  serait  egalement  injuste  de  supposer  que  M.  Nees  considere 
la  botanique  it  priori ,  comme  quelques-uns  de  ses  compatrio- 
tes  traitent  Thistoire  naturelle  en  general.  Son  ouvrage  presenle 
une  masse  de  fails  plus  considerable  peul-eire  qu'aucun  autre 
de  ce  genre,  et  c'est  de  ccs  fails  qu'il  deduit  les  consequences 
generales,  tandis  cjue  d'autres  suhordonnent  I'experieace  aux 
theories. 

Tout  ce  qui,  dans  les  Iravaux  des  botanistos,  a  quu'qiie  iin- 
j)ortance,  se  trouve  dans  ce  nianuel.  MM.  Link,  Rudolplii,  Tre- 
viranus  ,  Sprengel  ,  Berhardi,  Kieser,  Moldenhauer  ,  Jger, 
.lussieu,  Desfontaines,  Richard,  Mirbel,  Decandolle,  Desvaux  , 
Du  Petit- Thouars,  enfin  R.  Brown,  sonl  ceux  dont  il  a  le  plus 
profile.  II  cite  tres-frequeniment  les  figures  de  M.  Mirbel,  et 
donne  une  analyse  du  memoire  de  M.  Mcrimee  sur  les  cou- 
leurs,  ainsi  que  le  tableau  qui  I'accompagne.  (Mirb.  elenieiis.) 

Le  succes  de  cet  ouvrage  en  Alleniagne ,  la  consideraiiou 
dont  jouil  M,  Nees  dansccpays  par  ses  connaissaiices  nombicusos 


38  Botani(jue. 

etTariees,  le  cas  qu'il  fait  dc  I'exjjerience ,  le  desir  qu'il  expri- 
ine(pref.  XI  )  de  voir  traitcr  la  bof.Ttiiqne  comme  Test  la  zoo- 
logie  depuis  quelques  annces,  enfin  les  travaux  positifs  et  les 
observations  de  plusicurs  aulres  habiles  botanistes  allemands, 
sonl  coninie  Taurore  d'une  ere  nouvelle  ,  qui  niarquera  dans  ce 
pays  le  triomphe  des  melhodes  naturelles.  D-U. 

6i.  CouRS  DE  Phytologie,  oh  de  Botanique  genf.rale,  par  le 
chev.  AuBERT  Du  Petit-Thouars.  I''"',  seance. — Introduction. 

I  vol.  de  I  ifi  pages. 

II  u'est  personiie  qui  nc  sache  combicn  sent  imporlans  les  ser- 
vices que  M.  du  Petit-Thouars  a  rendus  a  la  science  des  vege- 
taux.  Tous  les  botanistes  connaissent  sa  belle  histoire  des  plan- 
tes  d'Afrique,  et  ils  en  attendent  la  continuation  avec  impatience ; 
tous  ont  suivi,  avec  autant  de  fruit  que  d'interet,  les  ingenieu- 
scs  experiences  de  I'auleur  sur  la  physiologic  vegetale.  C'est  a 
cette  derniere  partie  de  la  botanique  qu'est  consacre  le  livre  que 
nous  annoncons  aujourd'hui ;  mais  il  n'est  que  le  coninience- 
ment  d'un  ouvrage  immense  oil  I'auteur  se  propose  d'embrasser 
toutes  les  branches  de  la  science.  Apres  avoir  developpe  son  vaste 
plan  dans  un  discours  prcliminaire  fort  etendu,  et  dans  I'iiitro- 
duction  qui  le  suit,  I'auteur  entre  en  matiere,  et  considcre,  dans 
ce  premier  traite,  Vexterieur  des  plantcs  supposces  en  repos.  II 
examine  successivement,  i°.  la  feuille ;  2°.  Ic  bourgeon;  3°.  les 
enlre-nceuds;  4''.  la  reunion  d'un  certain  nonibre  de  feuilles  et 
de  Icurs  bourgeons;  5°.  le  rameau;  6°.  la  branche;  7".  le  tronc  ; 
8°.  les  cotyledons;  9°.  les  racines;  et  il  indi([ue,  avec  autant  de 
soiii  que  ue  sagacite,  les  diverses  modifications  dont  ccs  orga- 
nes  sont  susceptibles.  Nous  devonsregretter  que  les  bornes  etroi- 
tcs  de  ce  Bulletin  ne  nous  permettent  point  de  suivre  I'auteur 
]ias  a  pas,  et  nous  ne  pouvons  mieux  faire  que  de  renvoyer  a 
Pouvrage  meme  le  lecteur  dcsireux  de  s'inslriiire. 

Aug.   DE  S.-Hii.. 

62.  The  first  steps  to  botany.  Les  premiers  pas  dans  Petude 
de  la  botanique,  ouExjdlcations  elenientaires  de  cette  science, 
dont  I'etude  est  consideree  comme  une  branche  d'education 
gcnerale;  par  J.-I^.  Drummond,  M.  D.  In-ia,  avec  100  grav., 
comprenant  .ioo  (ig.  Prix,  9  sli.  cart.  Londres;  Longman. . 

63.  CoMMENTATIO  de  FOUTIKUS   VEOETATIONIS   PLANTXRUltt.    Auct. 

Eug.  Davids.  4°-  I-ugd.  Bat;  1822;  Luchtmans. 


Botanique.  5q 

Cette  dissertiition  a  remporte  le  prix  sur  la  question  :  Quid 
absolute  necessariuin  plnntis  sit,  ut  vitam  peragant.  {^Journ. 
de  la  litt.  etr. ,  aout  iSaS  ,  p.  227.) 

G4-  Remarks  on  the  phoenomena  ,  etc. ,  ou  Remarques  sur  les 
plienouienes  de  la  chute  des  feuilles  et  sur  la  physiologie  de 
la  coloration  de  la  corolle;  par  John  Murray.  [Jidimh.  phi- 
los.  Journal,  oct.  1828,  p.  237.) 

L'auteur  attribue  la  chute  des  feuilles  a  la  contraction  et  a 
I'oblitcration  des  vaisseaux  du  petiole,  qui  sont  la  suite,  selon 
lui,  de  la  perte  de  calorique  qu'eprouve  cette  parlie  des  vegetaux 
par  I'irradiation,  dont  Taction  est  beaucoup  plus  marquee  en 
automne  que  dans  les  autres  saisons.  II  fait  observer,  a  I'appui 
de  cette  opinion,  que  les  feuilles  superieures  des  arbres  sont  les 
premieres  qui  tombent,  et  que  les  infcrieures  ne  se  detachent  que 
lorsqu'elles  ne  sont  plus  abritees  paries  superieures. 

M.  Muiray  pense  que  les  diverses  couleurs  des  corolles  deter- 
minent,  par  leurs  variations  d'irradiation  des  temperatures 
moyennes  differentes,  suivanl  la  teinte  de  ces  fleurs ;  il  annonce 
avoir  fait  beaucoup  d'experiences  a  ce  sujet ;  mais  il  en  cite  Irop 
pen  pour  qu'on  puisse  en  prendre  une  idee  juste.  Ad.  B. 

65.  Memoire  sur  la  structure  des  monocotyledones  ,  par  Th. 

Lestiboudois  ,  D.  M.  P.,Prof.  de  botanique  a  Lille.  In-8"., 

de  2  feuilles  et  demie.  Paris,  Bechet  jeune. 

L'auteur  de  ce  raeinoire  s'est  deja  fait  avantageusement  con- 
naitre  par  une  dissertation  qu'il  a  publiee,  en  1819,  sur  la  fa- 
inille  des  cyperacees,  et  dans  laquelle  il  a  trac^  non-seulement 
les  caracteres  de  tons  les  genres  deja  connus  appartenant  a  cette 
faniille ,  mais  propose  retablissement  de  plusieurs  genres  nou- 
veaux.  Le  memoire  que  nous  annoncons  aujourd'hui  a  pour 
objet  la  structure  anatomique  de  la  tige  des  monocotyledones. 
On  sait  que  la  tige  des  vegetaux  unilobes  n'est  pas  organisee  et 
ne  s'accroit  pas  de  la  raeme  maniere  que  celle  des  dicotyledo- 
nes.  An  lieu  de  presenter,  comme  ces  derniers ,  une  succession 
reguliere  de  couches  ligneuses  disposecs  circulairement  et  emboi- 
tees  les  unes  dans  les  autres  autour  d'un  canal  central  destine  a 
contenir  la  moelle,  la  tige  d'uu  palmier,  ou  de  tout  autre  niono- 
cotyledone  arborescent ,  n'offre  qu'une  masse  de  tissu  cellulairc, 
au  miliou  de  laquelle  sont  (iparses  des  fibres  ligneuses  disposees 


l^o  Boiatiiqiie. 

par  faisceaux  irrcguUers.  C'est  pnr  la  formation  de  nouvelles 
couches,  qui  s'ajoutenl  cliaque  annee  a  la  surface  externe  du 
corps  ligneux  et  a  la  face  interne  du  corps  cortical,  que  les  dico- 
tvledones  s'accroissent  en  epaisseur.  Dans  les  monocotyledones, 
au  contraire,  raccroisscment  se  fait  uniquement  par  le  centre 
de  la  ti"e.  Dans  les  premiers,  il  existe  deux  systcmes  differens, 
Tun,  central  ou  ligneux,  qui  s'accroit  a  Texterieur  ;  I'autre,  ex- 
terne ou  cortical ,  qui  s'accroit  a  rinterleur.  II  y  a  done  dans  ces 
•vegetaux  deux  foyers  d'accroissement ,  tandis  que ,  dans  les  mo- 
nocotvledones,  il  n'existe  qu'un  seul  systeme  et  qu'uii  seul 
foyer  d'accroissement;  et,  comme  ce  systeme  unique  s'accroit 
par  I'interieur,  ainsi  que  I'ont  prouve  les  belles  observations  de 
M.  Desfontaines,  I'autenr  du  memoire  pense  qu'il  est  le  meme 
que  le  systeme  cortical  des  monocotyledones.  De  la  il  tire  la  con- 
clusion que  la  tige  des  palmiers,  et  dc  tons  les  autres  vegetaux 
unilobes,  est  organisee  comme  I'ecorce  des  arbres  bilobes.  D'a- 
pres  cela,  dit-il,  on  pourrait  appelerles  dicotyledones  digenes , 
parce  qu'ils  ont  deux  surfaces  d'accroissement,  donner  le  nom 
de  monogenes  aux  monocotyledones,  qui  n'en  ont  qu'un,  et  ap- 
^e\cr  agcnes  les  plantes  agames  ou  cryptogames.  Richaro. 

66.  Notice  sur  la  plus  interne  des  enveloppes  florales  ues 
GRAMiNEES,  par  M.  Th.  LESTiBOunois,Prof.  de  botauique  a 
Lille;  iSaS.  Paris;  Bechet  jeune. 

On  sait  qii'a  la  base  de  I'o-vaire,  dans  un  tres-grand  nombre 
de  graminees  ,  il  existe  deux  petlts  appendices  gLMieralement  en 
forme  d'ccaillcs,  quelquefois  sondes  en  un  seul,  et  auxquels  les 
botanistes  ont  donne  differens  noms.  Ainsi,  Linnce  el  M.  de 
Jussieu  les  appellent  simplement  eca///ei;  Schreber,  nectairc ; 
Richard  etDcsvaux,^Z«7«e//f;  Palisot  de  Beauvois  ,  lodicule  ; 
M.  Turpin,  phycosteme ,  etc.  M.  Lestiboudois  compare  cet  or- 
ganc  aux  soies ,  anx  polls,  aux  ecailles  et  a  I'utricule  qui  se  mon- 
trent  dans  un  grand  nombre  de  cyperacees ,  et  les  considere 
comme  le  a  eritable  perianthe  de  ces  vegetaux.  II  s'appuie  prin- 
cipalemcnt,  pour  fonder  cetle  opinion ,  sur  I'alternite  des  ecail- 
les de  la  glumelle,  au  nombre  de  trois,  avec  les  ctamines  dans  les 
genres  Arundinaria,  Strniinatof^pcnnum  et  dans  le  Bninhusn  gna~ 
dua;  muis  il  faut  avoner  que  ces  ecailles,  qui,  le  plus  generale- 
ment,  sont  au  nombre  de  deux,  alternent  rarcment  avec  les, 
etamines;  qu'eiles  sont  rapprochees  I'une  contre  I'autre  d'un  scu. 


Botanique.  ^i 

rote  de  I'ovaire  ,  ft  qu'enfin  elles  manquent  dans  un  grand  nom- 
hre  de  graminecs.  Richard. 

G7.  Additions  aux  observations  sur  of.  nouvelles  Passiflores 
HYBRiDEs,  par  Joseph  Sabink.  (  Trans.  HorticuU.^  vol.  V, 
p.  70.  ) 

Ces  observations  se  rapportentades  hybrides,entre  \t%Pa.tsi- 
flora  ccerulea  et  Passiflorn  racemosa,  dont  I'auteur  avait  deja 
])arle  dans  le  volume  precedent  du  nieme  recueil.  II  a  observe, 
depuis ,  que  des  hybrides,  venues  du  tneme  mode  de  fecondation, 
avaient  presented  plusieurs  caracteres  fort  differens ,  qui  per- 
mettent  d'en  distinguer  diverses  varietes.  II  a  observe  d'autres 
hybrides  du  meme  genre  entre  les  Passijlora  alata  et  racemosa  / 
il  ne  dit  pas  si  ces  plantes  hybrides  ' produisent  des  graines 
fertiles.  Ad.  B. 

68.  F.     S.     ScHELVERS,   ZWEYTE    FoRTSETZUNG     SEINER     KrITIK. 

DER  LehrEder  Geschlechtern  dkr  Pflanze.  Second  sup- 
plement a  la  critique  de  la  thoorie  des  sexes  des  plantes,  par 
Schelver,  gr.  in-8.  Prix,  2  fl.  Karlsruhe;  iSa^;  Braunn. 
L'auteur  donne,  dans  la  premiere  partie,  une  histoire  de  tout 

ce   qui  a  paru   sur  ce  sujet,  depuis  la  critique  publiee   en  1822; 

et  dans  la  seconde  partie,  la  critique  detaillee  de  la  doctrine  des 

fecondations  artificielles. 

69.  Observations  sur  l'analogie  presumeede  certains  organcs 
de  I'embryon,  dans  diverses  classes  de  vcgetaux   vasculaires, 
par  John  Yvi.Zs.{E(liinh.phil.  Journ.;  oct.  iS'i'i;  p.  270.) 
Ce  sujet,  un  des  plus  importans  de  rorganographie  vegetaie, 

n'est  qu'indique  dans  cette  notice  de  deux  pages.  L'auteur  veut 
seulement  prouver  que  c'cL  a  tort  qu'on  compare  ce  que  tous 
les  botanistes  nomment  cotyledon  dans  les  plantes  monocotyle- 
dones,  aux  vrais  cotylt5dons  des  dicotyledones;  ce  cotyledon 
n'est,  selon  lui,  qu'une  partie  de  la  gemmule,  et  les  monocoty- 
ledones  seraient  des  acotyledones.  Ad.  B. 

70.  SvNODus  botanica  omnesfamilias,  genera  et  speciesplantarum 
illustrans ;  par  L.  Trattinnick.  Ouvrage  latin  qui  parait 
par  souscription,  par  vol.  in-8.,  de  24  feuilles  :  Vienne; 
J.  G.  Heubner. 

7I.HERBIER     GENERAL     DE     i/aMATEIR,      elC,     par    fcu   MoRDAN 

Uki.ai  na>  ,  fijntinue  par  M.  Ldiselei'R-Desi.ongchamps;  a^ec 


4  2  Botanique. 

fig.,  peinles  d'apres  nature,  par  M.  Bessa.  73^  et  74'".  livr.,  a 
caliiers  m-8.,  ensemble,  d'une  f.  j,  plus  12  pi.  Paris;  Audot. 

72.CATA1.0GTJS  PLANTARUM,  qua^asservanturinrcgioliortosercnis- 

mi  Frawcisci  Borbonii  principis  Juventutis  in  Boccadlfalco, 

prope  Panormum.  Adduntur  nonnullae  adnotaliones  ac   des- 

criptioneS  novarum  aliquot  specierum.  Naples;  i82T;iii-8. 

Ce  catalogue  dc  plantcs  a  ete  redige  par  M.  Gussoni,  bota- 

niste  fort  distingue.  II  C0Tn])rend  '3, 000  especes,  que  Ton  cultive 

a  Boccadif'alco,  pres  dePalerme.  L'anteur  observe  que  ce  climat, 

oil  le  tlicrmometre  de  Reaumur  se  soutient  ordinairement,  I'lii- 

■ver,  enfre  8  et  lodegres,  au-dessus  de  zero,  est  tres-favorable 

a  I'education  des  plantes  des  pays  chauds.  La  plupart   de   ces 

planles  sont  exotiques;  toutefois  il  y  en  a  plusieurs  qui  appar- 

liennent  a  la  Sicile.  On  attend  du  meme  auteur,  une  Flore  Si'ci- 

lienne   [Flor-a    sicula),    dont  11    s'occupe.    {^liev.  Encycl.-  no  v. 

1823;  p.  369.) 

73.  NOVI    PROVENTUS     HORTORDM     ACADEMICORTJM    HaLENSIS     ET 

Berolikensis.    Centuria   specierum  minus  cognitarum,  qure 
vel  per  annum  1818  in  horto  Halensi  et  Berolincnsi  florue- 
runt,  vel  siccae  missje  fuerunt.  Auct.  C.  Sprengel.  In-8.,  i2gr., 
Halle;    Gebauer.  —  Description  de    109  especes  de  plantes. 
[Journal  general  de  la  lilt,  etrangcre  y  juillct  i823;  p.  194) 
74-  Lehmaj?  J.  G.  C.  IcoTVEs  et  descriptiones  novarum  et  mi- 
nus cognitarum  stirpium.  Fasc  I,  II,  III.  Prix,  7  rlli.  8   gr. 
Dans  toutes  les  librairies  de  I'Alleraagne  et  dc  la  Suisse. 
75.SUR  QUELQUKs  plantes  imparfaitement  connues  jusqu'ici, 
Y)ar3.E.Wis.sTROT.yi.{Mem.(lerj4(:.roy.(.'eSloc/..;  1822; p.  382.) 
Cememoirc,  ecrit  en  latin,  apour  objetles  especes  suivantes: 
Stcllaria  radians,  L.  Geum  capcnse ,  Thunb.  Hypericum  cet/iio- 
picttm,  Th.   Mentha  capensis ,  Th.  Ononis  stipulata  ,Th.  Ono- 
nis glabra,  Th.  Psoralea  tomentosa ,  Th.  Psoralearacemosa 
Th.Solidago  e/rtto.  Banks  et  Solander.   Jster  strictus,  B.  etS. 
Enfin  jester  Tilcsii  qui  croit  a  Unalaschka.  C  M. 

76.  Gravure  representaijt  une  foret  vierge  dv  Bresil  ;  ])ar 
W.  Ic  comte  de  Clarac  :  prix,    3o  fr.  aprcs  la  lettrc;  Go  fr. 
avant  la  Icltre.  Paris,  Texler,  rue  Saint-Honore,  n".  348. 
Des  naturalistes  et  des  voyageurs  ont  essaye  de  faire  connaitre 

Irs  foriHs  viergos  de   I'AiDeriqiie  mrridionale ;  iiiais  ni    les  des- 


Botanique.  4^ 

crlptions  compassees  des  botanistes,  niles  phrases  Iiarmonieuses 
des  ecrivalns  les  plus  eloquens  ne  sauraient  retracer  au  lecteur 
europeen  des  images  dont  il  ne  retrouve  aucuu  modele  dans  ses 
souvenirs.  Comment  en  effet  peindre  par  des  mots ,  ce  luxe  de 
vegetation,  cette  variete  de  formes,  ces  merveilleux  conlrastes 
qui  ravissent  le  voyageur  le  plus  indifferent.  Un  pinceau  habile 
pouvait  seul  nous  retracer  quelques-unes  de  ces  beautes  ma- 
jestueuses ;  et  c'est  ce  qu'a  fait  M.  le  comte  de  Clarac  avec  une 
perfection  a  laquelle  nous  n'aurions  pas  cru  qu'il  fut  possible 
d'atteindre.  Sans  etre  botaniste,  il  a  saisi  le  caractere  de  chaque 
vegetal,  ct  il  a  donne  a  toutes  les  especes  qu'il  a  representees 
le  port  et  la  grace  qui  leur  sont  propres.Les  figuiers  sauvages  se 
presentent  avec  leurs  arcs-boutans ,  les  mimoses  avec  leurs  feuil- 
ies  fmement  decoupees,  les  fougeres  en  arbres  et  les  palmiers 
avec  leurs  formes  simples  et  elegantes ;  la  tige  flexible  des  bigno- 
nes,  des  hnuhinia,  des  cissus  se  balance  entre  les  arbres,  se  courbe 
en  festons ,  se  tord  comme  des  cables  et  serre  etroitement  les 
plantes  voislnes  ;  les  bambous  s'elancent  a  une  hauteur  prodi- 
gieuse  et  se  recoui'bent  en  berceaux;  les  cecropiers  etalent  leurs 
feuiiles  digitees  ;  le  balisier  montre  ses  bourgeons  roules  en  cor- 
net ,  et  les  parasites  revetent  les  troncs  renverses  d'une  nouvelle 
parure.  En  un  mot,  tout  est  beau  dans  ce  dessin  parce  que  lout 
Y  est  de  la  verite  la  plus  exacte  ,  et  il  est  a  desirer  qu'il  soit  bien- 
tot  suivi  de  quelques-uns  de  ceux  qui  remplissent  les  portefeuil- 
les  de  I'auteur.  Aug.  nE  S.-Hil. 

77.    NaTURHISTORISCHE  MlSCELLEN  ilBER  DEX  NORD-WESTHCHEN 

Karpat.  Melanges  d'hist.  nat.  sur  la  parlie  nord-ouest  des 
nionts  Karpates,  dans  la  Haute -Hongrie;  jjar  Ant.  Rochel. 
Pesth.  182 1  ,  avec  une  carte  representant  les  differentes  re- 
gions botaniques  de  cette  chaine  et  de  plus  quelques  mon- 
tagnes  en  particulier. 

Les  regions  que  I'auteur  indiqne  sont  au  nombre  de  six  , 
savoir  :  de  la  plaine;  des  coUines  ;  des  avant-corps  de  monla- 
gnes  ;  des  hautes  montagnes  ,  entre  3oo  et  600  toiscs  au-dessus 
de  la  iner;  alpine,  entre  600  et  1000  toises ;  et  celle  des  liautes- 
Alpes,  au-dessus  de  1000  toiscs.  C.  M. 

78.  Sur  quelques  arbres  de  L'yViut.RiQUE  nu  noro  qui  merilent 
particulieremenl  d'etre  cultives  en  Suede;  par  Nii.s  fioLLTW  , 


44  Botcini(/ue. 

pasteur  de  la  coiarrmiiaiite  suedoise  a  Pliiladelphle.  (  :\Iein. 
dc  V Acad.  roy.  de  Stockholm  ,  1822  ,  p.  Sig.  ) 
L'auleur,  qui  reside  dcpuis  plus  de  5o  ans  dans  I'/Vinerique 
du  nord,  a  joint  a  cette  indication  des  considerations  sur  le  cli- 
mat  de  cette  partie  du  globe.  Le  redacteur  des  Mernoires  de 
TAcademie  cite  en  note  les  arbres  et  arbiisles  d'Amerique  qui 
supportent  les  hivers  les  plus  rigoureux  dans  quelques  jardins 
de  Stockholm.  U  observe  que  le  Robinia  pseudo-acacia  estsujet 
a  geler  jusqu'a  la  racine ,  et  que  si  Ton  veut  qu'il  s'eleve  on  dolt 
le  couvrir  en  liiver;  il  en  est  de  raeme  du  Robinia  visco.ia  et  du 
Castanea  vesca.  Ces  faits  peuvcnt  servir  a  etablir  une  comparai- 
son  entre  le  climat  de  quelques  parties  du  nord  de  I'Amerique 
avec  celles  du  nord  de  I'Europe.  C.  M. 

79.  Observations  botaniques  faites  en  L\.ponie  et  dans  les 
PROVINCES  voisiNEs;  par  L.  L.  Loestadius.  (  Mem.  Acad.  roy. 
de  Stochhohn ,  1822  ,  p.  827. ) 

Les  especes  que  I'auteur  a  trouvees  en  Laponie,  et  qui  n'y 
avaient  pas  etc  observees ,  sent  les  suivantes  :  Utricularia  minor; 
Peas  sudetica  ;  Poa  serotina  ;  J  uncus  balticus ;  Potentilla  ar- 
gentea;  Carex  miscrostachya.  Les  descriptions  qui  font  partie 
de  ce  memoire  sont  en  latin.  C.  M. 

80.  Flore  des  departemens  mkridionaux  de  la  France  ,  et 
principalement  de  celui  de  Tarn-et -Garonne  ;  ou  descrip- 
tion des  plantes  qui  croissent  naturcllement  dans  ce  departe- 
ment,  et  de  celles  qu'on  cultive  communement  dans  les  jar- 
dins,  disposees  suivant  le  systhne  sexuel  de  Linnce;  avec  line 
notice  precise  de  chaque  cspece  ,  et  quelques  observations 
raodernes  ajoutoes  aux  caracteres  botaniques  qui  les  distin- 
guent;  a  laquelle  on  a  joint  I'epoque  de  leur  floraison,  la 
nature  du  terrain  ou  elles  naissent ,  leurs  verlus  les  nioins 
equivoques  en  medecine ,  et  leur  utili'.-i;  dans  les  arts;  par 
M.  Baron  ,  ancien  ingenieur  des  colonies,  etc. ;  in  8". ;  Mon- 
tauban;  Crosilhes. 

81.  Catalogue  des  plantes  qui  croissent  dans  la  princi- 
PAUTE  DE  Pyrmont,  ct  particullerenicnt  des  plantes  inedici- 
nales.  {Arch,  des  Apoth.  rer.;i.  (i;  182?.;  p.  j'>5;  ajipcndicc. 
Ibid.  n".  1 1  ;  p-  3 26.) 

Cette    cnuMu'ration,  qui  ne  i>arail   pas  devoir  etrr  coiiipleic, 


Botnmque.  ^5 

ne  presriite  auciin  fait  iciiiarquablc  sons  le  point  de  \ue  de  la 
geograpliie  botanique  gen^rale;  elle  pourrait  cependant  ^tre 
utile  pour  fixer  les  liinites  de  quelques  plantes,  et  fournira  des 
materiaux  au  naturaliste  qui  voudra  s'occuper  specialement  de 
la  geographic  botanique  de  I'Europe.  Ad.  B. 

82  Flora   londinensis.  {Phil.  Mag.;  juin  iSaS;  p.  462.) 

Curtis  avait  public  72  nos.  de  celte  florc,  dans  laquelle  il  se 
proposait  de  (aire  entrer  toutes  les  plantes  de  la  Grande-Breta- 
gne.  La  continuation  de  cette  belle  entreprise  est  confiee  a 
M.  le  Di".  Hooker,  qui  a  deja  I'ait  paraitre  28  nos.  de  la  nou\'elle 
serie.  On  y  trouve  plusieurs  plantes  fort  rarcs,  dont  quelques- 
unes  n'avaient  pas  encore  ete  observees  en  Angleterie,  telles  que 
\es  Primula  scotica,  Luzula  arcuata  ,  et /uncus  arcUcus. 

II  en  parait  un  no.  par  semaine. 

M.  Hooker  public  en  ineme  temps  une  nouvelle  edition  de  la 
i''^.  scrie,  dont  Curtis  elait  I'auteur,  et  qui  etait  epuisee.  H  y  a 
fait  les  rhangcniens  et  les  additions,  que  les  progres  de  la  scien- 
ce ont  rendus  necessaires,  surtout  pour  ce  qui  concei'ne  I'analyse 
de  la  corolle  et  du  fruit ,  et  il  indique  I'ordre  auquel  chaque 
plante  est  rapportee  dans  la  methode  naturelle  par  Jussieu, 
Brown  et  de  Candolle.  D-U. 

83.  Flora  italiana. — Flore  italienne  ou  collection  des  plantes 

les  plus  belles  qui  sont  cultivees  dans  les  jardins  d'ltalie,  par 

le  Prof.  A.  Savi.  Avec  fig.  col.,  prix  3o  f.;  fig.  en  noir,  i5  f. 

A  Pise ,  chez  Capurro. 

8/|.     FORSOG     TIL   EN     DANSK.    jECONOMISK    PLANTEL«RE.    EsSai 

d'une  flore  economique  du  Danemarck,  par  J.  W.  Horne- 
MANN.  3''.  edit,  augmentce;  itr.  vol.  Copenh.  1821 ,  80. 
Ce  volume  renferme  les  plantes  phancrogames.  II  en  con- 
tient  au  dela  de  180  especes  de  plus  que  la  seconde  edition.  Le 
duclie  de  Lauenbourg  ayant  ete  acquis  par  le  roi  de  Danemarck  , 
dans  ces  derniers  temps,  les  plantes  de  ce  pays  font  partie  de 
Touvrage  de  M.  Hornemann,  qui  n'en  a  pas  exclu  cependant 
les  plantes  de  Norvege  ;  il  a  ineme  insere  les  plantes  que  le  Pr. 
Chr.  Smith  a  decouvertes  en  Norvege  il  y  a  quelques  annees  , 
anssl  bien  que  celles  qui  I'ont  ete  au  Greenland  par  le  lieutenant 
'^'ormskiold.  II  a  paru  la  meme  anneea  Copenhhgue  ,  le  XXIX''. 
cahier  (le  la  Flora  <lani''rt:  jilanrlis  1G81  a  i7'iO.  C.  M. 


46  Eotaniqne. 

85.  Flora. Peruana.  (En espagnol  et en  latin.) In-8. Madrid;  182a, 

86.  Delectds  flor*:  et  faun^  brasiliensis  ,  jussu  et  auspiciis 
Franciscl  I'.,  Austrine  imperatoris,  investigatas;  auctore  J.  C. 
MiRAN,  M.  D.  Eotanlces  in  universitate  Pragensi  professore. 
Vindobonse,  suinptibus  auctoris.  Typis  A.  Strauss.  1822. 
Fasc.  II.  Cliaque  cahier  comprend  5  feuil.;  le  if^'.  8  feuil.  de 
texte  et  5  lithographies  col.;  in-fol.  cart. Prix,  44th. 

On  ne  trouve  en  botanique,  dans  ce  second  cahier,  que  la 
description  et  la  figure  des  trois  plantes  suivantes  : 

Vellozia  Candida  ;  —  Esterhnzia  splendida; —  Oxahs  rus- 
ciformis.  N'avant  pu  voir  cet  ouvrage,  nous  ne  pouvons  donner 
plus  de  details  a  son  egard.  Ad.  B. 

87.  Pla?.'tarum  brasiliensium    nECAS  tertia.   Praeside    Prof. 
Thbnbfrg;  respond.  C.  O.  Holm.  Upsal,  1821.  in-4.  c.  tab. 
Dans  cette  these  du  genre  des  Ainoenitates  de  Linne ,  M.  Thun- 

*  berg^  di'crit  entre  autres  une  nouvelleespece  de  Xyris  qu'il  nom- 
nie  ciliata  ;  iin  nouvcau  genre  Billbergia  voisin  du  BroineUa  , 
dont  ilnoinme  I'espece  unique  B.  speciosa  ;  une  nouvelle  ts- 
pece  ^ Aviccnnia  [elliptica) ;  trois  nouvelles  cspcces  de  Bigno- 
nia,  sa-voir  :  clliptica,  binata,  et  j'aimifio/des ;  une  espece  de 
Baccharis  (^tomentosd);  deux  especes  de  Sperinacoce  [ellipticatl 
strigosn).  CM. 

88.  Observationes  in  cynanchum,  praeside  C.  P.  Thunberg; 

respond.  Fr.  Ad.  Alner.;  in-/i.  Upsaliae,  1821. 
M.  Thunberg  decrit  dans  cet  opuscule  8  especes  de  Cynan- 
ihiiin  qu'il  a  trouvees  a  ('eylan,  et  deux  qu'il  a  rapportees  de 
Java.  II  est  probable  que  quelques-unes  ont  ete  decrites  par 
Roxburgh.  (K.  V.  A.  Aorsberaettelser  1822.)  Nous  avons  cru  de- 
voir indiquer  avec  detail  I'objet  de  ces  deux  theses,  parce  que 
les  opuscules  de  ce  genre  parviennent  rarement  hors  du  pays 
raeme  de  I'universite  ou  ils  ont  etc  publics.  C.  M. 

89.  PUGILLUS  PLANTARUM  JAVANICARUM;  aUCt.  C.  F.  BlUME.  cINfES 

AB  EsF.NBECK.(A'oc. act.  Acud. Leop.Carol.  Nat.  cur.  XI. p.  1 29.) 
L'auteiir  donne  la  description  ,  dans  cememoire,  de  plusieurs 
crviitogames  recueillies  sur  les  hautes  niontagnes  de  I'ile  de  JaA'a. 
Ces  montagnes,  qui  ]>ortent  le  noui  de  SciUih  et  de  Gcdee,  ont 
environ  1000  toises  d'elevation;  parmi  les  fougeres  ,  on  trouve 
beaucoup  d'analogie  entre  les  especes  de  cette  ile  et  cellos  des 
lies  de  I'Alrique  australe;  les  mousses  ct  les  hepatiqucs,  a  I'excep- 


Botaniquc.  4? 

tion  d'un  petit  nombre  d'especes  qui  se  retroiivent  dans  presque 
tous  les  pnys,  sont  propres  a  cette  ile;  quant  aux  licliens,  on 
observe  dans  cette  contree  les  raeraes  especes  que  dans  Ics  autres 
parlies  du  globe;  c'est  un  fait  qiii  a  deja  ete  remarque  dans 
beaucoup  de  pays,  de  latitude  meine  tres-differente. 

Le  nombre  des  especes  decrites  ou  sim])lement  indiquccs  dans 
ce  incmoire,  est  de  28,  parmilesquellcs  on  trouve  les  especes  nou- 
velics  suivantes : 

LycopocUuin  inyrtijolium ;  tab.  XII,  fig.  i. 

PolypocUum  mollicomurn ;  tab.  XII,  (ig.  a. 

Polypodium  cucullatum ;  lab.  XII,  fig.  3. 

Trichomanes  bilabiatum  (  Trichomancs  pyxidiferurn  Hedw. 
CI.  non  Swarti);  tab.  XIII,  fig.  2. 

Hyincnophyllum  hiunile  ;  tab.  XIII,  fig.  Z. 

Hymenophylluin  crispuin  •  tab.  XIV,  fig.  i. 

Gyi/irioitomiii/i  ja\'aniciun  ;  tab.  XIV  ,  fig.  2. 

Dicranum  Bluinii;  {ah.lLY  ,  fig.  1. 

Dicranum  concolor  ;  tab.  XVI,  fig.  1. 

Trichostoniuin  exasperatum  ;  tab.  XV,  fig.  2. 

Jungermannia  aligera  ;  tab.  XVI ,  fig.  2. 

Jungcrmania  Blum'd;  lab.  XVI,  fig.  '\. 

Outre  ces especes,  dont  I'auteur  a  donne  d'excellentes  figures, 
on  Irouve  encore  des  descriptions  tres-detaillees,  egalement  ac- 
compagnees  de  figures  de  quelques  especes  deja  decrites  par 
d'aufres.  auteurs  ,  rnals  iniparfaitemont  ;  telles  sont  les  Dn<.'alUa 
fcnuginea,\^'A\A\  Davallia  pcdata,  Smith;  Hymenophylluin  pec- 
tinntum  ,  Swartz;  Hymenophylliun  dichotoniiun,  Cavan  ;  Hyme- 
nophyllitin  emargiiiatiun ,  Swartz.  An.  B. 

90.    SUR  LA  FOB,MATION   DE  LA  MATIERE  DE  PkIESTLEY  Ct  SOn  Uti- 

llte  pour  la  production  des  plantes  cryptogames;  par  A.-F. 

WiEGiviANN.  (  Arch,  des  Jpoth.  J'er. ,  1822,  n°.  3>,  p.  i55. ) 

L'auteur  cite  quelques  nouvelles  experiences  sur  diversessortes 
d'intusioits;  celles  forraees  par  de  I'eau  de  source  et  des  portions 
de  vegetaux  lui  ont  fourni  le  Monns  lens ,  et  ensuite  le  Conferva 
bullosa.  En  melant  a  celles- ci  des  niatieres  animales,  il  s'y  est 
developpe  le  Cypris  detecta ^  et  ensuite  diverses  mousses,  teUes 
que  le  Biyum  argenteurn  ou  Ic  Gymnostorinuin  truncatum. 

Ces  diverses  observations  sont  presentes  d'une  nianiere  si  peu 
detaillee  et  si  peu  precise,  qu'il  est  difficile  de  determiner  com- 
ment Tauleiir  concoit  le  deveioppemcntde  ces  divers  etres.  An.  II. 


/|(S  Boianhiue. 

91.  Observations  sur  lks  genres  u'algu..s  et  he  moisisslrf.s 
qui  croissenl  sur  les  aniiuaux  morts  et  restes  sous  I'eau  ;  par 
C.-G.  Carus.  (iVoc.  act.  Acad.  Cws.  Leop.  Carol.  Nat.  cur.  XI , 
p.  493.) 

L'auteur  expose  la  maniere  de  se  developper  et  la  structui-e 
d'une  cryptogame  qui  convrail  des  salamandres  mortes  et  aban- 
donnees  dans  de  I'eau;  il  indique  cgalenient  les  variations  qui 
proviennent  de  I'lmmidite  plus  ou  nioins  grande  dans  la([uel!e 
les  vegetaux  ont  cru ;  il  compare  cette  cspece  avec  celies  decrltes 
par  Schrank.  (^  Denkschrift.  der  K.  Acad.  Miizumchen  ,  18 13, 
p.  14);  et  par  Gruilhuisen  ,  (  iVoc.  acta  Acad.  Coes.  IS  at.  cur., 
t.X,p.  445-) 

II  pense  que  ces  vegetaux  forment  un  groups  inlermediaire 
entre  les  raucors  et  les  conferves;  il  leur  donne  le  noin  de /lydro- 
nerna.  Une  planclie  tres-bien  executee  represente  les  diverses 
formes  et  la  structure  de  cette  plante. 

A  la  suite  de  ce  memoire  se  trouvent  jointes  des  observations 
de  M.  AViegraann  sur  tout  ce  groupe  de  vegetaux  cryptogames 
auxquels  il  donne  le  nom  general  d' H/dronematece ;  il  dislribue 
ainsi  les  genres  qu'il  place  dans  cette  famille. 

A.  Tremello'idea. 

Nostoch,  Lyngb. — Sjncollesia.  (Synapliia  Nees,  Bolt, Schw. 
Conferva  mucoroides,  Agardh.) 

B.  Oscillantia. 

Bacillaria ,  MuUer.  —  Oscillatoria  ,  Vaucher.  —  Diutoma, 
Lyngb. 

C.  Confen'o'idea. 

Saprolegmia ,  Wiegm,  (  Conferva  ferax ,  Gruith.  L.  C.  )  — 
Achlya,  Wiegm.  [Hydroneina ,  Carus; — et  Vauchcria  aquatica, 
Lyngb.) — Pjthium  (  Mucor  spinosus,  et  Mucor  imperceptibi- 
lis,  Schrank.  L.  C. ) 

On  trouve  a  la  suite  de  ce  meme  memoire  un  extrait,  avec 
plusieurs  observations ,  du  travail  de  M.  Bory-de-.St. -Vincent 
sur  les  Arlhrodiees;  il  ajoute  a  ces  genres,  conime  produisant 
egalement  des  zoocarpes  ou  globules  doues  du  mouvcmenl ,  les 
genres  Ectospcrma,  Vauch. ,  et  /Wc/iena,  Lyngb.,  qu'il  separe 
et  dans  lesquels  il  rapporte  avoir  observe  des  seminulcs  animces 
comrac  dans  les  vi'ais  zoocarpes.  An.  B. 


Botanique.  ^9 

92.  LicHENES  EXSiccATi,  collecti  atqiic  descripti,  auctoribus 
L.  Reichenba-ch  et  C.Schubert.  Fasc.  I.  i  rxd.  Drcsda;  1822- 
Giirtner. 

93.  Description  de  quelques  ivouveaux  lichens;  par  Elias 
Fries.  Seconde  pnrtie.  {Mem.  Acad.  Stockholin,  1822,  p.  25i.) 
Ce  memolre,  qui  fait  suite  a  uii  autre  memoire  contenu  dans 

le  volume  precedent,  renferme  la  description  d'unnouveau  genre 
voisin  des  Lecidea,  ainsi  caracterise  : 

Tkachylia.  Apothecia  a  thallo  discreta,  orbiculata,  scabrosa. 
Sporidia  in  ambitu  nidulantia  ,  nuda. 

Ce  genre  renferme  le  Lecidea  arthonioides ,  Acli. ;  le  Lecidea 
citrinella,  var.  B.  Acli. ,  ou  Trachjlia  flavo-virescens ,  Fries-  le 
Lecidea  lignaria ,  Ach. ;  et  una  espece  nouvelle  que  Fries  de- 
crit  sous  le  nom  de  TrachjUa  saxicola. 

L'auteur  donne  ensuite  la  description  de  plusieurs  especes 
nouvelles  ou  pea  connues  de  Lecidea  de  Suede ,  et  il  etablit 
quelques  d  i'erences  dans  le  caractere  de  ce  genre,  qu'il  fixe 
ainsi  : 

Lecidea.  Apothecia  a  lliallo  discreta,  orbiculata,  polita.  Spo- 
ridia in  strato  proprio  sub  disco  nidulantia. 

Enfin  il  donne  le  nom  de  Biatora  a  un  nouveau  genre  aui 
reunit  les  caracteres  essentiels  des  Parmelia  au  port  des  Lecidea 
et  Bceoiiifces.  II  le  caracterise  ainsi : 

Biatora.  Apothecia  sessilia,  mox  aperta;  lamina  ascigera  dis- 
cum  excipuli  proprii  (  discoloris)  tegens. 

Ce  genre  renferme  un  assez  grand  nombre  d'especes  dont  la 
plupart  sont  decrites  parmi  les  Lecidea  d'Acharius ;  telles  sont 
les  Lecidea  fuliginosa  ^  L.  anomala,  L.  carneola,  L.  viridesce/is, 
L.  quernea,  L.  decolorans ,  L.  parioela,  L.  rivulosa ,  L.Jusco- 
lutca,  L.  rupestris,  L.  pined,  L.  veinalis ,  L.  luteola,  L.  icma- 
dophila^L.  aurantiaca ,  eic.  Ad.  B. 

94.  Synopsis  des  lichens  des  environs  de  Nevf-Yokk  ;  par 
Abraham  IIalsey  (  Annals  of  the  Lyceum  of  Natiir.  Hist,  of 
New-Yorh,  vol.  i,  p.  i,  1823.) 

'  Ce  memoire  consiste  dans  un  catalogue  des  lichens  de  I'etat 
de  New-York  avec  les  localitcs  et  des  phrases  tres-courtes  des- 
tinees  seulement  a  en  faciliter  la  distinction.  Ces  especes  sont 
au  nombre  de  174.  La  plupart  sont  deja  decrites  par  Acharins, 
et  un  grand  nombre  sont  communes  a  TAmerique  ct  i\  I'Europe; 
B.  Tome  L  u 


5o  lh>ti(ni(iitr. 

qiiclqucs-iines  soiit  nouvcllcs  et  out  cle  decrifes  soil  par  I'au- 
teur,  soil  par  M.  de  Sclnveinilz,  dont  le  inerite  dans  celle  partie 
lie  la  botaiiique  est  bien  coniui  de  tous  les  botanistcs.  Ces  es- 
peces  nouvelles  sonf  li  s  snivantes  : 

Spiloma  roteum  ,  — Lecidea  versicolor^ — Lecidea  coccinea, — 
Verrucaria  composita , — Pyrenula  enteroleuca  ,  Sprengel  Mss; 
—  Lecanora  Julva ,  —  Lecunora  juglandina,  —  Lecanora 
irregularis,  —  Cetraria  I'iridis. 

Les  ciiiacteres  de  ces  especes,  quoicjue  un  peu  plus  delailles 
que  ceux  des  autres,  sent  encore  assez  abreges.  An.  B. 

<)5.    SuR   DEUX  PLANTZS  RIMARQUAELIS  HE  LA   FAMILLE  DES  HEPA- 

TiQUhs  txouvees  dans  la  Caroline  du  nord;  par  L.-D.  Schwei- 
NiTZ.  (Jour/2.  Acad.  Sc.  Nat.  Philadelphie  ,  vol.  ii,  n".  12, 
p.  36i.) 

M.  Schweinitz,  dans  iin  premier  essai  sur  les  hepathiques  de 
TAmcrique  septeclrionale ,  avail  indique  deux  planles  sous  les 
noms  de  Sphcerocarpus  terrestris ,  et  de  Targionia  orbicularis ; 
la  premiere  de  ces  deux  planles  est  bien  la  meme  cspece  decrile 
sous  ce  noni  par  Micheli  et  retrouvue  depuis  daus  plusieurs  par- 
ties de  I'Enrope.  II  est  rcmarquable  de  I'avoir  egalement  deron- 
verte  aux  Etats-Unis;  Fanteur  en  donne  une  excellcnte  descrip- 
tion et  une  ires-bonne  figure.  La  seconde  n'appartient  pas  au 
genre  Targionia, commeM.  Scliweinilz  Tavait  d'abord  presume, 
mais  elle  lornie  un  genre  bien  distinct  intermediaire  entre  les 
Targionia  el  les  Anthoceros  ;  il  est  ainsi  caractcrise  : 

CARPOBOLUs.Capsula  oblongosphajioidea,  compressa,  desilienti, 
apicerimanotata  (an  deliiscenli?),  sporisminutisglobosis  repleta, 
inter  se  liberis;  calyce  inajusculo ,  bifido,  erecio  aut  inclinato  , 
capsula  ejectik,  inani,  persistenti. 

CMrpnbolus  orbicularis.  ¥ron<\e  oblongo-orbiculari,  in  ambitu 
varie  lubato-plicata;  plicis  omnibus  in  centrum  convergeiilibus, 
inarginibuselevatis,  crenatis;  substantia  Antlioceri.  Plurcs  frondcs 
confluunt,  unnquaiu  autem  sese  invicem  super  incumbunt. 

Ce  genre  ,  tres-bien  decrit  et  (igur*'"  par  M.  Scliweinitz  (fig.  2), 
sc  rapproche  plus  par  ces  caracteres  des  Anthoceros  que  des 
Targionia  J  il  ne  differe  des  premiers  que  par  sa  capsule  qui  est 
poussee  hors  du  calyce  avant  sa  deliiscence,  el  ainsi  d($tachee  de 
la  fronde,  et  parl'absence  de  columelle  dans  celle  capsule.  Quoi- 
que  M.  Schweinitz  n'ait  pas  vu  si  elle  etait  dohiscente,  le  sillon 


Botnniqne.  5; 

qui  est  marque  a  sa  surface  parait  bien  in.iiquer  qu'elle  s'ouvre 
en  deux  valves  coinme  celle  des  Anlhoceros;  les  sporules  ne  sont 
p;is  entremeles  de  filameiis  en  spirales. 

M.  Schvi^einilz  a  egalemcnt  retrouve  dans  la  Caroline  le  Tar- 
gionia  hypophylla.  A.D.  B. 

96.    Recensio  generum   Babbul*    et   Syntrichi^  ;    Auctore 

C.-F.  ScHuLTZ,   avec  3  pi.  col.  (  ZVoc.  Act.  Acad.  Cxs.  Leap. 

Car.  Nat.  Cur.,  lo,  XI,  part,  i  ,  p.  191. ) 

L'auleur  donne  le  nora  de  Barbula  au  genre  que  la  plupart 
des  bolaiiistes  modernes  avaient  designe  sous  le  nom  TortuLa  ; 
il  adopte  en  cela  I'opiiiion  de  Bridel.  II  decrit  et  figure  35  especes 
de  Barbula  et  4  especes  de  Syntricha.  Quelques-unes  d'eatre 
elles  sont  nouvelles,  toutes  sont  decrites  avec  beaucoup  de  detail 
et  paralssent  distinguees  avec  soin.  Les  especes  nouvelles  sont: 
Barbula  fastigiata  ,  —  B.  microcarpa,  —  B.  kornschuchiann  , 
—  B.  func/dana,  —  B.  vahliana,  —  B.  dkhsoniana  (  tortuia 
cuneifolia  Hook  ). 

Les  quatre  premieres  habifent  les  raontagnes  de  I'AIlemagne  ; 
roriglue  de  la  ciiiquieme  est  inconnue. 

Les  figures  paraissent  dessinees  avec  exactitude,  et  ce  travail 
seratres-utileen  facilltant  la  determination  des  especes  d'un  des 
genres  les  plus  difficiles.  ^g    j5 

97.  Deutsche  Graser  ,  ou  Gramines  dessccliees  de  I'AIlemagne 
a  I'usage  des  botanistes  et  des  economes  ;  par  le  D^  Auguste 
Werhe.  Lenjgo;  7^'.  et  8''.  fasc.  1822. 

Get  ouvrage  est  compose  d'echantillons  desseches  de  grami- 
neesetde  cyperacees,  etestdestine  a  faciliter  aux  agriculteurs  la 
determination  de  ces  plantes  si  utiles.  Ad.  B. 

98.  Allii  species,  quotquot  in  horto  botanico  Vratisla- 
viENsi  coluntur  recensuit,  rarioresobservationibusillustravit, 
novas  quasdam  descripsit  L.  C.  Treviranus.  4°.  Vrastilaviae  • 
1822. 

Monographie  de  29  ispeces  du  genre  Jlliuin.  L'auleur  ne  de- 
crit que  celles  qu'il  a  eu  occasion  d'observer.  (  Journ.  gen.  de  la 
lift.  etrang.,\m\\et  1823,  p.  194.) 

99.  SuR  i.Es  etamines  des  convolvulus. 
M.  Rafinesque  cfablit  dans  son  travail  sur  les  plantes  de  cette 
lamille,  que  tons  les  vrals  Conmlvutus  ont  les  etamines  ineijales. 


52  Botanique. 

Le  redacteur  du  lapport  de  I'Acad.  des  sciences  de  Stockholm  , 
en  1822  ,  sur  la  partie  dc  la  botaiiique ,  dit  que  les  deux  cspeces 
de  Corii'olvuius  qui  se  trouvent  en  Suede  ,  le  C.  orvensis  et 
le  C.  sepiuin  ont  les  etamines  cgales;  mais  qu'elles  sont  ine- 
gales  dans  les  esptces  etrangeres,  telles  que  le  C.  purpureus  ct  le 
C.  tricolor.  Cfll. 

100.  SuR  LES  GENRES  CaI.YCANTHUS  ,  MeRATIA,  ET  SUR  LE  PuNICA 
ET    LEUR    PLACE   DANS  LA   METHODE  NATl  RELLE  ;  par    Fr.    NeES 

VON  EsENBECK..  (  iVoc.  act.  Acad.  Leap.  Carol.  Nat.  Curios-  , 

vol.  XI ,  p.  io5.  ) 

II  rc'sulterait  des  observations  de  M.  Nees  d'Escnbetk,  que  les 
deux  genres  Calycanthus  et  Meratia  [Chiiuonanthus  Lindl.),  d'a- 
bord  places  par  M.  de  Jussieu  ,  a  la  fin  des  rosacees ,  rappro- 
ches  ensuitc  par  le  meme  auteur  des  nionimiees ,  devrait  vei'.ir 
dc  nouvenu  se  ranger  dans  une  section  des  rosacees  a  laquelle 
M.  Nees  donne  le  noni  de  Calycocarpce ,  et  qui  renfermei'ait  ces 
deux  genres,  le  genre  Rose  et  les  pomacees.  Enfin  II  associe  a 
ces  memes  genres  le  Grenadier  (  Punicn,  L. ),  rapporte  jusqu'a 
present  aux  myrtinees.  Tout  en  reconnaissant  qu'il  existc  plu- 
sieurs  differences  essentlelles  entre  ce  genre  et  les  vrais  niyrtes, 
il  parait  cependant  difficile  d'admettre  Ic  rapprochement  clabli 
par  M.  Nees.  Ce  botaniste  regarde  le  fruit  du  grenadier  coiunie  un 
fruit  compose  de  plusieurs  ovaires  reunis  dans  un  meme  calice  , 
et  qui  se  rapproche  en  cela  de  celui  des  roses;  mais  le  nombre 
de  graines  contenues  dans  chacun  de  sts  ovaires  etablit  une 
graude  difft-rence  entre  ces  deux  genres. 

La  structure  de  la  fleur  du  Calycanthus  et  celle  de  sa  graine 
paraissent  aussi  des  obstacles  a  son  association  aux  vrais  rosacees. 

Ueux  planches  accompagnent  ce  JMemoire  et  representent 
I'analyse  du  genre  IMeratia  et  du  fruit  du  grenadier,  et  la  ger- 
mination de  ces  deux  jilantes. 

1 01.   Sur  l'Adraoanthe  ,  par  Sierer,  (  Mag.  rlerPhanii.y  mars 
182'i,  p.  SaS.) 

M.  Sieber  assure  que  I'Dpinion  generalement  admise,  d'apres 
I'aulorite  de  Tournrfort,  que  la  gomme  adraganthe  dccoule  de 
VJstragaiiis  creticns,  est  fausse  ;  cetfc  substance  se  recueille  non 
pas  dans  I'ile  de  Crete,  mais  dans  I'Asie  mineure,  au  niont  Ida. 
LVspcce  qui  la  produit  et  qui  parait  diffcrcnte,  tant  de  W4str. 


Botanique.  53 

credcus  que  de  XAstr.  guiwnifer,  ciolt  sur  celte  montagne  a 
400  ou  5oo  toises  d'elevation. 

Toute  la  goraine  adi-agantlie  qui  se  vend  en  Crete  ,  vlent  elle- 
meme  de  Sniyrne.  Ad.  Ab. 

102.  Memoire  sur  quelques  genres  nouveaux  de  la  famille 

DES   Buttneriagees  ;  par   M.  Decandolle.  ( Mem.  du  Mus. 

d'hist.  natiir. ,  5^.  annee.  ) 

Depuis  la  publication  du  Genera  plantarutn  de  M.  de  Jiissieu, 
plusieurs  families  de  la  iS^.  classe  ont  ete  soiiniises  a  un  nouvel 
examen  par  divers  botanistes.  Guides  par  les  indications  de  I'il- 
lustre  auteiir  des  families  naturelles,  ils  ont  rapproche  celles 
qui,  malgre  leur  analogic ,  se  trouvaient  encore  eloignees,  el 
les  ont  reunies,  au  moyen  dc  nouveaux  groupes  dont  les  rap- 
ports etaieut  effectivement  intermediaires  entre  les  unes  et  les 
autres.  C'est  ainsi  que  Ventenat  forma  la  famille  des  Sterculia- 
cecs  avec  la  i^^.  section  des  Tiliacees  du  Genera  plantarutn ,  et 
quelqu€s  genres  des  dernieres  sections  des  Malvacees ,  famille 
adoptee  par  M.  de  Jussieu,  sous  le  nouveau  nom  d.'Herman- 
niees.  Les  travaux  de  M.  R.  Brown,  et  surtout  ceux  plus  recens 
de  M.  C.  Kunth  ont  acheve  de  determiner  et  les  caracteres  et 
les  limites  de  ces  groupes.  Entre  les  Malvacees  et  les  Tiliacees 
existe  done  la  famille  des  Buttneriacees  que  M.  Kunth  a  cora- 
posee  des  Buttneriacees,  proprement  dites  ,  des  Sterculiacees  de 
Ventenat  et  des  Lasiopetalees  de  Gay.  Selon  la  remarque  dc 
M.  R.  Brown ,  I'estivation  valvaire  du  calice  et  I'estivation  spi- 
I'ale  ou  imbriquee  de  la  corolle,  ctant  commune  a  ces  trois  fa- 
milies, on  pourrait  considerer  leur  ensemble  comme  une  asso- 
ciation generale  formant  une  classe  particuliere  ou  bien  une 
grande  famille  (de  meme  que  celles  des  Composees,  des  Legumi- 
neuses  ,  etc. ),  dont  alors  chacune  de  nos  trois  families  ne  serait 
qu'une  tribu.  M.  Decandolle,  dans  le  Memoire  que  nousanaiysons 
ici,  rcmet  a  un  autre  moment  cetle  discussion  de  classification, 
ayant  sealementpour  but  de  presenter  la  description  dequelques 
genres  qui  appartiennent  a  cette  vaste  association  ,  et  de  faire  re- 
marquer  quelques  faits  qui  tendent  a  modifier  les  idees  genera- 
ment  admises  et  la  distribution  de  ces  genres. 

Dans  la  classe  proposee  par  M.  R.  Brown,  il  conviendriit, 
selon  M.  Decandolle,  de  faire  entrer  la  famille  des  Elaeocarpees 
qui  a  une  estivation  pareille  a  celle  des  Tiliacees.  Le  genre  Hu- 
gonia  ,  en  raison  de  son  calice  inibrique,  n'apparticnt  pas  au 


')4  Botanique. 

j;roupe  dont  il  vient  d'etre  question;  M.  DecandoJle  \e  croil 
■iiteriiiediaire  entre  les  Lintes  et  les  IVJalvacees.  Par  uii  sem- 
bhible  caractere ,  les  genres  Gordonia  ,  Stetvartia  et  Main- 
choilendron  ,  s'en  eloignent  aussi ;  peut  -  etre  les  reunira-t-on 
aux  Tenistromiacees ,  et  le  Veiitvnaiia  et  le  Laplacea  viendront 
se  placer  pres  d'cux.  Le  calice  des  Boinbacees  troiiqui',  ou  re- 
gulicrement  lobe,  ou  dehiscent,  niais  qui  n'a  pas  ses  pieces  eu 
estivation  valvaire,  seinble  devoir  les  detacher  des  Malvacees  ; 
et  ce  qui  coufirnie  M.  Decandolle  dans  cette  opinion,  c'est  I'or- 
ganisation  de  la  graine  des  genres  Ochioma  et  Clieirosternutn 
places  parini  les  Bombacees, organisation  bien  differente  de  celle 
des  vraies  Malvacees. 

Passant  a  I'cxanien  special  de  la  famille  des  Buttneriacees,rau- 
teur  rappelle  le  beau  travail  de  M.  Runth ,  dont  il  adopte  les  di- 
visions. Independamment  des  trois  groupes  quenousavonsmen- 
tionnespiushaut ,  ot  qui  nesontque  des  tribus  pour  M.  Kunth, 
celni-ci  en  avait  constitue  une  autre  sous  le  nom  de  Dombeja- 
cees.  C'est  dans  cette  tribu  que  vicnnent  se  ranger  les  quatre 
genres  qui  font  le  sujet  principal  du  Menioire  de  M.  Decan- 
dolle. Nous  donnerons  un  extraitde  leurs  caracteres,  en  parlant 
de  chacuiie  des  sous-divisions  que  M.Decandplle  propose  d'eta- 
blir  dans  les  Dombeyacees.  Nous  ne  suivons  pas  en  cela  I'ordre 
du  Memoire  ou  les  descriptions  fort  etendues  sont  renvoyees  a 
la  lin  ;  mais  dans  une  analyse  succincte ,  devant  nous  borner  a 
donner  u-e  idee  precise  de  ces  getires ,  nous  pensons  qu'il  vaut 
niieux  presenter  sous  le  meme  coup  d'oeil  leurs  affinites  et  la 
structure  propre. 

M.  Decandolle  partage  les  Dombeyacees  en  trois  sous-divisions, 
savoir  :  les  Relicterees  ,  les  Dombcjces ,  et  les  fValUcldce.s. 

Le  caractere  de  la  i'''^.  estd'avoir  les  cotyledons  roules  en  spi- 
rale  aulour  de  la  plumule  ou  de  son  prolongement.  Elle  se  com- 
pose des  genres  Hellclcres ,  Jyenia  et  Kleinhovia.  Dans  les 
Dombcyees,  M.  Decandolle  place  les  genres  Pterospermum , 
Pentapetes ,  Astrapcca  ,  Trocheda  ,  Melhania,  Dombeja ,  Js- 
iOfiia ,  Ruiziti ,  et  peut-etre  Kjdia  et  Gluta.  Leurs  cotyledons 
plus  ou  nioins  chiffonn(5s ,  comme  ceux  des  Malvacees,  ne  sont 
pas  conlournes  en  spirale. 

l^e  'Vioclietia  est  nn  genre  cntieremenl  nouveau  ,  dedie  au 
lavant  physiologistc  M.  Dutrochet ,  et  compose  dc  deux  arbris- 
scaux  originaires  de  I'ile  de  Bourbon.  Son  caractere  difftreni lei 


Botntiique.  55 

<"st  d'avoir  un  calice  nu  et  des  graines  ailees.  Voici  le  car.ictere 
classiqiie  : 

Calix  5-partitus,  patens,  muliis.  Petala  5.  Stamina  lo-aS, 
filamentis  basi  in  urceolum  monadelphis ,  5-7  stenlibiis.  Ova- 
rium I,  subrotundum,  lepidotum.  Stylus  ifiliformis.  Capsula  5- 
locidaris,  5-i'alvis.  Semina  parva,  snbrotunda ,  aptera. 

Deux  especes  de  Troclietla  sont  decrites  et  flgurees  dans  le  me- 
moire  de  M.  deCandolle.  La  premiere,  sous  le  nom  de  T.  uni- 
Jlorri ,  t.  3  ,  est  ainsi  caracterisee  : 

T.foUis  ovatis,  subacutis^latiladine  duplo  longioribus; prdiin- 
cuiis  unijloris ,  nudis. 

Nous  avons  vu  cette  espece ,  dont  M.  de  Candolle  a  rrcu  uu 
echanlillon  de  M.  Benj.  Delessert.  Elle  a  servi  de  type  au  genre  ; 
et,  ce  qui  doit  confirrner  la  validito  de  celui-ci,  c'est  que,  d'un 
autre  eote,  et  a  I'insu  de  M.  de  Candolle,  M.  Ach.  Richard  en 
avail  aussi  constitue  un  genre  particulier,  qu'il  dediait  a  M.  Ne- 
raud ,  voyageur  qui  avait  rapporte  cette  plante  de  I'ile  de  Bour- 
bon. La  deuxieme  espece,  Trochetia  triflora^  a  pour  caractcies  : 

T.  foliis  ovato-lanceulalis ,  acuminatis,  latitudine  quadruplb 
longioribus ;  pedunculis  trifioris ;  pedicelUs  unijloris  ex  apice  j/e- 
dunculis  ortis,  umbellalis ,  adhasiin  umhellie  bibraclealis. 

Le  Pterospemium ,  qui  appartieiit  aussi  a  la  sous-division  des 
Dombeyees,ne  renferinait  que  a  especes,  P.  ar.crifolium  et  P. 
suberifolium.  M.  deCandolle,  en  y  ajoutant  les  a  nouvelles  es- 
peces que  Roxburgh  a  nommees,  sans  description,  dans  le  cata- 
logue du  jardin  de  Calcutta,  donne  ainsi  une  monographic  abre- 
gee  du  genre.  II  le  divise  en  deux  sections  :  I'une,  qu'il  nomme 
Velaga,  caracterisee  par  I'absence  de  I'involucre,  contient  3  es- 
peces ,  i".  P.  acerijolium ,  Willd.,  ou  Pi'ntcipetes  acerifolia ,  L.,  ou 
enfin  Velaga  xylocarpa  ,  Gasrtn.;  a".  P.  suberifolium,  Willd. 
ou  Pentapetes  suberifolia ,  L. ;  3".  P.  Lancea;folium,  Roxb., 
dont  voici  la  phrase  caracteristique  : 

P.  foliis  ovali-oblongis ,  acuminatis ,  integerrimis ;  pedicelUs 
petiolo  multb  longioribus. 

La  a^.  section,  nommee  PlcroUvna ,  caracterisee  par  son  in- 
volucre a  trois  folioles  tres-grandes,  cordiformes  et  frangees,  ne 
renferme  qu'une  seule  espece,  Pterospermum  semi-sagittatum 
Roxb.,  ainsi  caracterisee  : 

P. foliis  oblon^is,  acuminatis, integris,  basi  c<>rdato-fa^i/tii/is. 
lobulis  incEqualibus. 


56  Botanique. 

Cette  belle  espcce,  criginaire,  ;iinsique  la  pr^cedente,  de  I'lnde 
oiientale,  est  figuree,  pi.  9  ,  avec  quelques  details  anatomlqiies. 
Les  Wallichiees,  3^.  sous-division  des  Dombeyacees  ,  foinient 
Tin  groupe  entierement  neuf.  Quoique  leurs  fruits  soient  encore 
inconnns,  la  structure  de  Ictirs  fleurs  offre  des  differences  suffi- 
santes   pour  les  dislingiier  des  sous-divisions  precedentes.  Les 
sepales  sont  munis  a  leur  base  interne  de  2  taclies  glanduleuses. 
Les  etamines  sont  monadelphes  a  la  maniere  des  Malvacees ,  et 
non  des  Buttneriacees,  c'est-a-dire  qu'elles  sont  nombreuses  et 
soudees  ensemble  par  aiineaux  en  una  longue  colonne;  mais  elles 
ont  ceci  de  remarquable  que  les  anneaux  extcrieurs  sont  les  plus 
courts.  Les  'WaHichiees  ont  en  outre  un  involucre  semblable  a 
celui   Aw  Ptcrospermiim  serni-sagiltatiini ,  mentionne  plus  haut, 
involucre  que  M.  de  Candolle  regarde  comme   analogue  par  sa 
nature  au  calice  externe  des  Malvacees,  ce  qui  le  porte  a  conside- 
rer  celui-ci  comme  un  involucre  uniflore.  Les  2  genres  qui  for- 
raent  la  sous-tribu  des  Wallichiees,  confirment,  par  leur  port,  la 
liaison  des  Malvacees  avec  lesTiliacees.  Le  i ''•■.,  sous  le  nom  d'£- 
riolcena  ,  a  pour  caractere  : 

Eriol^na.  Involucrum  ^phyllum  ,foliolis tomentosis  lacinia- 
tis,  %-interioribus  maJoribus,i  exterioribus  minorihus  accesso- 
riis.  Calrcis  sepnlii  5  basi  coalita,  clongata  acuminata,  utnnque 
tornejitosa,itnus  basi  biglandulosa.  Petala  5  ungnirulata^calyce 
hreviora.  Stamina  aS  in  columnam  a  basi  ad  aphcm  antherije- 
ram  monadelpha.  Ovarium  subglobosum,  jilurilocularc.  Stylus 
I  cylindricus.  Stigmata  plurima  parva  in  capite  unit  adgregata. 
Une  seule  espece,  £,.  JP'allichii,  De  Cand.,  cultivee  a  Calcutta, 
constitue  ce  genre.  Elle  est  figuree  pi.  5. 

En  fin  le  genre  JFallichia,  dedie  au  zele  directeur  du  Jardin 
botanique  de  Calcutta,  est  aInsL  caracterise  : 

Walmchia.  Im'olucrum  unijiorum  ,  Z-'^-phyllum  ,  pannim  a 
Jlore  distans,foliolis  intcgcrrimis.  Calyx  /^-partitas,  lobisoblon- 
"o-linearibus,  cxtits  tomentosis,  intiis  basi  biglandulosis.  Petala 
/,  patenti-rc/lexa ,  ungnihus  crassis  velutinis.  Stamina  circiter  20 
in  tubum  conicum  longi- monadelpha,antheris a.  medio  ad aptccm 
tubi.  Ovarium Ovatum,  %-loculare.  Stylus  i. Stigmata  8.  Capsula  ? 
loculis  i-spermis. 

M.  de  Candolle  donne  le  noni  de  JFallichia  spectabilis  is  la 
seule  espece  connue ,  et  qui  est  criginaire  du  Napaul ,  oii  elle  a 
,'le  decouverle  par  M.  AVallich.  Kile  est  figuree,  pi.  6,  avec  les 
details  dc  son  organisation  florale.  J.  A.  Guillemin. 


Botanique.  Sy 

io3.  Premier  Mi^moire  sur  le  Gynobase;  par  M.  Auguste  uk 
St.-HilaIre.  [Mem.  du  Museum,  torn.  X,  p.  129.) 
Ce  Memoire  est  destine  a  faire  partie  de  I'ouvrage  que  M.  Aug. 
de  St-Hiliiix'e  se  propose  de  publicr  sous  le  titre  (iiHistoire  ties 
plantes  les plus  remarquables  du  Brcs'd  et  du  Paraguay.  L'au- 
teur  prouve  tout  a  la  fois  par  le  raisonnement  et  par  I'obser- 
vation  que  le   Gynobase  n'est  autre   chose   qu'un  axe   central 
deprime ;  il  confirme  la  presence  de  cette  modification  d'organe 
dans  la  famille  des  Ochnacees  ;  mais  il  demontre  en  meme  temps 
qu'elle  n'existe  pas  dans  les  AV/2rtro«/^d?Vi',  011  on  I'avait  indiquee  , 
etilfait  voir  que  ccs  plantes  n'offrent  qu'un  Gynophore  surmonte 
de  plusieurs  ovaires  munis  cliacun  d'lin  style.   Ces  reclierclies  le 
conduisent  a  examiner  ce  qu'on  a  appele  Podogyne,  Torus ,  Ba- 
slgyne  ,  etc.,   et  il  prouve   que  ces  diverses  expressions,  a  peu 
pres   synonymes   du  mot  gynophore ,   n'indiquent  autre   chose 
qu'une   dilatation  du  receptacle  de  la  fleur.    Les  Scinaroubees , 
comine  I'auteur  le  demontre  ,  se  nuancent  tellement  avec  les  Ru- 
tacecs ,  qu'on  ne  pent  voir  en  elles  qu'une  simple  tribu  de  cette 
famille.  M.   Aug.   dc  St.-Hilaire  examine  les  divisions  qu'on  a 
cherche  a  introduirc  pax'mi  les  Rutacees,  et  il  n'en  trouve  de 
naturelles  que   celles  de  Rutacees  proprement  dites  et  de  Cus- 
pariees.  II  examine  surtout  avec  attention  les  plantes  de  cette 
derniere  tribu,  et  il  en  fait  connaitre  les  cax-actcres  avec  detail. 
Laissant  les  Ochnactes ,  les  Simaroubces  et  les  Rutacees ,  il  re- 
trouve  le  Gynobase  dans  quelqucs  plantes  eparses  de  la  famille 
des  Malpighiees ,  de  celles  des  Malvacecs  el  Acs,  Sapindacees , 
et  il  en  conclut  que  si  cette  modilication  d'organe  a  quelque  im- 
portance, c'est  uniquement  dans  la  famille  des  Ochnacees  oii  elle 
est  constante;  mais  qu'elle  ne  pent  servir  a  former  une  des  divi- 
sions presumees  de  la  i3'^.  classe  de  Jussieu.  Cette  dissertation  sera 
suivie  de  la  description  d'uuetrentaine  d'especes  nouveiles  de  la 
Flore  du  Bresil,  ct  de  11  planches  oil  I'auteur  donnera  leurs  fi- 
gures et  I'analyse  de  Icurs  fleurs. 

104.  Description  des  principaox  genres  nouveaux  et  des  es- 
pi-'ces  nouveiles  de  la  Flore  du  Bresil ,  cites  dans  le  memoire 
sur  le  Gynobase;  par  M.  Auo.  dE  Si.-IIilaire.  (//«//.  5of. 
P/iilom.,  sei>t.  i823,p.  129.) 

Dans  ce  memoire  important ,  M.  dc  St.-Hilaire  a  public  plu- 
sieurs especes  des  genres  Siinabn,   Aubl.,  Kuntli;  — Evodia, 


5cS  Botaniijue. 

Foist.,  Kuiith;  —  Pilocarpus,  Vahl.; —  Galipea  ,  Aubl. ,  an- 
quel  il  rt'unit  le  genre  Bonplandia,  W'lWd.,  on  Cuspnna,  Hurnb. 
el  les  genres  Conchocnr/)us ,  Mikau  ,  el  Obentonia,  Vel. ;  —  Ti- 
corea  ,  Aubl.; — Gaiidic/inuxia  ,  Runtli ;  —  Schinidclui ,  Kunlli. 
11  a  apporte  plusieuis  modifications  aux  caracteres  donnes  jiis- 
qu'a  ce  jour  a  ces  divers  genres. 

II  a  fait  connaltre  de  plus  3  genres  entierement  nouvcaux  sous 
les  noms  d\4lmeida,  de  Spiranthera  et  de  Lnmarea.  Tous  ces 
genres  appartiennent  a  la  famillc  des  Rutacces,  et  sonl  decrlts 
de  la  nianicre  la  plus  complete. 

On  trouve  aussi  dans  ce  mi'moire  la  description  d'une  nou- 
velle  espece  de  Gornphia,  et  d'une  autre  appartenant  au  genre 
Xanthoxylinn.  Ad.  B. 

ioS.Fkaxinkll^plantarum  familianaturalis  definita  el  secundum 
genera  disposita ,  etc.;  auctoribus  Nees  ab  Esenbeck,  et  C. 
P.  Martius.  [Nova  acta  Jcad.  Ca-s.  Leopold.  Car.  ISat.  Cu- 
rios., vol.  II^,p.  146 — 191.) 

Ce  memoire  est  un  des  premiers  resultats  du  beau  voyage  que 
MM.  Spix  et  Martius  ont  fait  dans  le  nord  du  Bresil,  voyage  dont 
la  rapidite  ctonne  I'imagination,  lorsnieme  que  Ton  saitcombicn 
la  munificence  deS.  M.leroide  Baviere  etlagenereuse  protection 
dugouvcrnementportugais,en  avaient  aplani  les  difficultcs.  De  re- 
tour  en  Europe,  M.  Martius  s'est  associe  dans  ses  travaux  le  respec- 
table Nees  von  Esenbeck,  et  il  ne  pouvait  assurcment  choisir  un 
collaboraleur  plus  distingue.  Dans  I'ouvrage  que  nous  annoncons 
aujourd'lmi,  ces  savans  exposent,  sous  le  nom  de  Fraxinellce  et 
/)/o,?;/2«?  la  serie  des  genres  que  Jussieu,Desfontaines,  deCandolle, 
Piichard,  etc.  comprennenl  sous  la  denomination  de  /?«frt«w; 
et  aux  plantes  dcja  connues  de  cette  famlile  ,  ils  ajoutent  la  des- 
cription d'un  nombre  considerable  d'especes  que  M.  le  prince  de 
de  Aeuwied  et  BI.  Martius  ont  recueiliies  en  Amerique.  Peut- 
etre  regrettera-t-on  que  MM.  Nees  et  Martius,  n'aient  pas  cu 
connaissance  des  ecrits  que  MM.  de  CandoIle,Kuntli  et  Auguste 
deSaint-Hilaire  ont  publics  recemment  sur  la  famille  des  Ruta- 
cresj  mais  on  sent  (ju'll  est  impossible  qu'il  n'arrive  pas  sonvent 
que  des  naturalistes,  vivant  cloignes  les  nns  desautres,  s'exer- 
cent  a  la  fois  sur  le  meme  sujet ;  les  veritcs  qu'ils  proclament 
ensemble,  sans  s'etre  entendus,  acquierent  par-la  plus  de  force; 
et   si  les  mtmes  objcts  rc^:oivcnt  diffcrens  noms,  il  n'en  resulle 


Botaiiique.  5f) 

fju'un  faible  inconvenient,  lorsque  des  descriptions parfalteiiunt 
dciiiillees,  comuie  celles  de  MM.  Nees  et  Maitius,  permetteiit 
(i'otablir  sans  peine  utie  synonymie  exacte.  Ainsi  tout  le  raonde 
leconnailra  facilement  qu'a  I'exeeption  des  genres  Pilora?pus 
et  Almeidea  [Aritba,  N.  et  M.  non  Aubl.),  tous  ceus  que  nos 
auteurs  indiquent  sous  le  nom  de  Fraxinellce  appartiennent  a 
cette  tribu  fort  naturelle  des  Rutacees ,  queM.  de  Candolle  a  ap- 
pelee  Cuspariees.  Comp:irant  le  travail  de  MM.  Nees  et  Martius 
avec  celui  de  M.  Rnnlli ,  on  jugera  sur-le-champ  que  le  genre 
Pohlana  [Langsdorffin  ,  Leand.)  doit  etre  reuni  aux  Xantho- 
xyluin.  Leurs  interessantes  observations  permettront  aussi  de 
rapporter ,  sans  hesiter  un  instant,  leur  Terpnanthus  an  Spiran- 
thera ,  ■'^"g-  de  St.-Hil. ;  leurs  genres  Mania  ,  et  Lasiostemum 
et  le  Conchocarpus  de  Mikan  a  I'r.ncien  genre  Galipca  d'Aubicl; 
enfin  leur  Aritba  a  V Almeidea  d'Aug.  de  St.-Hil.,  et  non  a  VA- 
ruha  d';VubIet  qui,  comme  on  sait,  a  etc  reconnu  depuis  lf)ng- 
teinps  par  Jussieu  et  Richard  pere ,  pour  un  double  emploi  tiu 
Siinaba.  Une  premiere  lecture  des  descriptions  si  claires  de 
MM.  Nees  el  Martius  suffira  encore  pour  convaincre  qae  leur 
Sciuris  n'appartient  point  au  Sciuris ,  Schreb.  (^Raputia  et  Ga- 
lipea,  Aub.),  mais  au  genre  Ticorea ,  Aub. ,  de  Cand. ,  Runth, 
Rich.;  ([ue  leur  Pilocarpus parviflor a  est  le  Pilocarpus  spicata, 
Aug.  de  St.-Hil.  ;  que  leur  Sciuris  uiultijlorn  estle  Ticorea  jas- 
ininijlora,  Aug.  de  St-Hll. ;  et  leur  Rauia  racemosa,]e  Gallpea 
Fontanesiana  du  meme  auteur.  Au  resle,  si  quelques  especes 
indiquees  par  ces  messieurs  comme  nouvelles,  etaient  deja  de- 
crites,  un  nombre  bien  plus  considerable  se  trouve  tout-a-fait 
inconnu  aux  botanistes.  Ainsi  nos  savans  auteurs  enrichissent 
la  famille  des  Rutacces  de  deux  Ticorea,  sous  le  nom  de  Sciu- 
ris hracteata  et  simplicifolia  ;  de  trois  Galipea  ,  sous  ceux  de 
Conchocarpus  cuncifolius,  Rauia  resinosa  tt  Lasiostemum  sjl- 
i'cstre ;  de  trois  Almeidea,  sous  les  noms  A'Aruba  ccerulea,  alba  , 
acuminata.  Enfin  on  doit  aussi  a  MM.  Nees  et  Martius  deux  genres 
reellement  nouveaux,  le  DIglotis  et  surtout  V Echrjthrochiton , 
qui  presente,  dans  la  tribu  des  Cuspariees,  des  caracteres  extre- 
mcment  remarquables.  A.  F.  C.  P. 

106.  .SuR  leCardamine  PARviFLORA  I) fc  LiNNE;  par  F.  A.  Wran- 
GEL.  (  Mem.  Acad.  R.de  Stockh.  1822,  p.  273.} 
(Idle  plante,  dccotiverte  enSiberlepar  S.  G.  Gmelin  en  i7'io, 


6o  Botanique. 

a  cte  trouvee  vers  le  m^me  temps  en  Suede,  pres  de  Nykoping, 
et  depuis  en  plusieurs  parties  de  I'Europe ;  elle  a  ele  confon- 
due  tantot  avec  le  Cardamine  impatiens ,  tantot  avec  le  C.  hir- 
mta ,  quelquefois  meme  avec  une  varlete  a  feuilles  etroites  du  C. 
pratensis.  L'auteur  de  ce  meraoire  a  cru  necessaire  de  donner  une 
nouvelle  description  du  vrai  C.  parvi/lora  de  Linne ,  ct  de  bien 
determiner  ce  qui  le  distingue  de  ses  congeneres.  II  ajoute  que 
cette  plante  lui  parait  meriter  d'etre  cultivee   dans  les  jardins 
comme  le  cresson  alenois  [lepidium  satcvitm),  dont  elle  a  le gouf. 
Dans  le  memoire  qui  suit  immediatement  celui-la,  M.  "VN  ahlen- 
berg,  dont  on  connnit  les  beaux  travaux  de  geographic  botani- 
que, examine  quelle  a  dii  elre  sur  la  plante  dont  il  s'agit,  I'in- 
fluence  des  dilfcrens  climats  et  des  dlfferentes  positions  ou  elle 
a  ete  trouvee,  et  il  contlut  en  disant  que  le    C. parvijlara  des 
pays  du  Nord  lui  parait  etre  I'espece  primitive  ,  el  que  celle  des 
pays  meridionaux  pent  elre  regardee  comme  une  variete  resul- 
tant des  causes  locales.  t.  M. 
107.  Remarques  sua  les  Jusquiames  cultivees  dans  les  jar- 
dins  (  Hyosciamus  niger  );  par  M.  Rieken,    pliarmacien   a 
Wittmund.  {Arch,  des  Jpoth.  >^er.  n.  5,  1822,  p.  57.  ) 
L'auteur  de  cette  note  a  observe  que  cette  plante,  lorsqu'ou 
la  cullive,  ne  fournit  presque  pas  d'exlrait  propre  a  etre  em- 
jjloye  en    medecine   et   que  cet  extrait   lui-meme  est  doue   de 
propricfes  beaucoup  moins  cnergiques   que  celui    retire   de  la 
plante  sauvage.                                                                     -'^"'  ■"• 

108.  Sur  la  menthe  poivree;  par  le  profes.  Nees.  [Arch,  des 

Jpoth.  vtr.  1822,  n.  5,  p.  11 3.) 
M.  Nees  a  observe  que  la  menthe  poivree  perdait  beaucoup  de 
son  gout  particulier,  lorsqu'elle   croissait  long-temps  dans  le 
meme  lieu,  et  prenait  cclui  du  Mentha  viridis,  quoique  cette  au- 
tre espece  ne  criit  pas  dans  les  environs.  An.  B. 

109.  Flora  medica.  Flore  medlcale  ou  analogue  alphabetique 
raisonne  des  plantes  medicinales,  cahiers  73*^^.,  74"-  e^  T^"-?  ^^ 
i6p.  in-8.,avec  4  grav.  Prix ,  1  lire  le  cahier.Milan;  Destefanls. 

110.  ESSAI    n'lJNE  CLASSIFICATION  GEOPONIQCE  DES  VIGNES,  pour 

servir  a  la  description  de  toutes  les  varieles  connues  tant  en 
Italic  qu'ailleurs.  (  Bddiot.  i7«/.,  juin  i823,  p.  344-  ) 
L'auteur  anonyme  de  cet  essai  y  donne  deux  tableaux  synop- 


Botanique.  6i 

tiques  de  sa  classification  et  des  caracteics  sur  lesquels  ses  des- 
criptions sont  fondees.  On  trouve  a  la  page  365  un  exemple  de 
sa  maniere  de  decrire  les  vignes.  II  I'applique  a  la  varicte  qu'on 
nomine  en  Toscane  marzernina ,  et  dans  d'autres  parties  de 
ritalie,  berzami  ^  barzmin,  balsamina  ct  marzabino.      V..  M. 

III.  Sur  UN  VOYAGE  FAIT  A  Saint-Domingue  de  i8ig  a  1821; 

par  un  un  botaniste  autrichien.  (  Archiv.fur  Geschlchte .,  etc. 

Vienne  iSa'S  ,  n.  71. ) 

M.  de  Schreibers ,  directeur  du  cabinet  d'hist.  nat.  de  I'em- 
pereur  d'Autriclie,  profita  d'une  expedition  comraerciale  I'aite 
de  Trieste  sur  un  navire  anglais,  pour  envoyer  a  Saint-Domin- 
gue Charles  Ritter,  qui  parait  etre  une  des  personnes  attachees 
aux  jardins  de  la  cour  de  Vienne.  Le  but  de  ce  voyage  etait  de 
recueillir  pour  les  collections  imperiales  des  plantes  vivantes  et 
des  objets  d'histoire  naturelle;  mais  la  relation  offre  aussi  des 
details  sur  la  cour  de  Christoplie,  sur  sa  chute  qui  arrlva  pen- 
dant le  sejour  de  ce  voyageur,  et  en  general  sur  les  moeurs  des  lia- 
bitans  actuels  de  Saint-Domingue. 

Ce  voyageur  repartitpour  I'Europe  le  ic.  mars  1821,  rappor- 
tant  140  plantes  vivantes  et  autant  d'especes  de  graines,  5o  ani- 
mauxvivans,  dont  10  moururent  en  route,  et  16  caisses  d'objets 
d'hist.  nat.  Le  navire rentraa  Trieste  apies  84  jours  de  navigation. 
Cet  article  se  termine  par  I'enumeration  des  vegetaux  et  des  ani- 
maux.  L'auteur  indique,  comme  nouvelle,  une  espece  d'E/jtkrina, 
une  d'Urena,  une  de  Cliisia  ,  une  de  Dif>sonia ,  une  A^Icica ,  une 
de  Maranta ,  un  Cnladium  qu'il  i\omme  feueitratinii.  Entre  les 
reptiles  au  nombre  de  60,  il  cite  comme  nouveaux  ceux  que  M.  Fi- 
tzinger  a  nommes  Coluber  porosus ;  C.  riifofuscus  ,  C.  menalo- 
gramus ,  C.  longicauda ,  Jgainu  Schreibersii.  C.   M. 

112.  M.  David  Douglas,  botaniste  distlngut;,  vient  d'etre 
envoye  aux  Etats-Unis  et  au  Canada  ;  par  la  Societe  de  Londres 
nommee  London  liorllciiltural  society.  Ce  voyageur  doit  y  faire 
une  collection  de  plantes  rares  et  de  fruits. 

II 3.  Notice  sur  l'etat  actuel  de  la  partie  botanique  de  i.a 
GRANDE  EDITION  du  Voyage  de  MM.  de  Humboldt  et  15on- 
PLAND  aux  regions  equinoxiales  du  Nouveau  Continent,  doiit 
la  collection  entiere  ou  en  parties  dclachees  sc  trquve  a  la  )i- 
brairie  de  MM.  Dufour  et  d'()cagac,a  Paris,  qu;u  Voltaire,  n.  i  3. 


Cj?  Botanique. 

Tcttc  division  se  subJivise  en  qiiatre  parties;  savoir  :  i*^. 
IMantes  equinoxiales  ,  recueiilies  au  Mexique,  dans  I'ile  de 
Cuba,  dans  les  provinces  de  Caracas,  Cuniana  et  de  Barcc - 
Ione,aux  Andes  de  la  ^ouvelle-Grenade,  de  Quito  et  du 
Pcrou,  de  I'Orenoque  et  de  la  riviere  des  Amazones;  ou- 
vrage  redigo  par  A.  BoNPiAif  u.  2  vol.  in-fol.  orncs  de  i43  ph 
grav.,  papier  gr.  jesus  velin  ,  ouvrage  complet.  Prix,  5^0  fr. 
Les  plantes  equinoxiales  sont  composecs  de  7  livr. ,  a  raison 
de  32  fr.  la  livr. 

2°.  MoNOGRAPHiE  DES  MELASTOMEs  et  autrcs  gcurcs  du  meme 
nrdre  ,  recueillis  et  diriges  par  A.  Bonplaku,  2  vol.  in-l'ol., 
complets,  siir  pnp.  gr.  jesus  velin,  ornes  de  120  pi.  inipr.  en 
couleurs.  Prix,  864  fr.  i  vol.  contient  la  partic  des  Melas- 
loincs  en  12  livr.  et  60  pi.  en  couleurs.  L'autre  vol.  contient 
les  Pihexia  en  12  livr.  et  60  pi.  color.  Le  prix  de  ch;ique  liv. 
est  de  3G  fr.  pour  les  pcrsonnes  qui  dpsirent  se  completer. 

3°.  Nova  Cenera  et  Specifs  Plantaeum,  quas  in  peregrina- 
lione  ad  plagam  aequinoclialem  orbis  novi  collegerunt,  des- 
cripserunt,  partim  adumbraverunt  A.  Bonpland  et  Alex,  de 
Htjmboldt,  e  si  hetlis  aulogniphis  Amati  Bonplandi  in  ordi- 
nem  digessit  C.  S.  Kunth.  II  en  a  paru  5  vol.  (  23  liv.)  in»-fol., 
papier-  gr.  jesus  velin,  avec  l\ii  pi.  en  noir,  pour  faire  suite 
aux  plantes  equinoxiales.  Prix  ,  2240  fr.  Les  niemes  5  vol. 
av.  fjg.  color.,  pour  faire  suite  aux  mdastomes.  Pi'ix,  4020  fr. 
Les  24^.  et  25".  liv.  qui  font  partie  du  toni.  VP".  et  dernier 
sont publiees.  Cliaque  liv.,  fig.  noires  ,  100  fr.  et  en  couleurs 
180  fr.  L'exemplaire  sur  papier  gr.  colombier  A'elin,  fig.  col. 
avec  le  plus  grand  soin ,  les  25  liv.  444o.  Les  livraisons  2G, 
27,  28  et  dcrniere  paraitront  incessamment. 

4°.  MiMOSES  etaulres  plantes  legumineuses  du  Nouveau  Conti- 
nent, redigees  par  C.  S.  Kunth,  1  toI.  in-fol.,  fig.  color.  II 
en  a  paru  les  liv.  1  a  11 ,  a  48  fr.  la  livr.  Prix,  528  fr.  Les 
12^.,  i3". ,  i4''.  et  dcrniere  liv.  sous  presse  pour  paraiire  in- 
cessamment. Les  nieuies  sur  papier  gr.  colombier  velin  ,  fig 
color,  avec  grand  soin.  G60  fr. 

N.  B.  La  partiebolanique  in-fol.  n'existe  que  sur  paj).  velin. 
Prix  total  d'un  cxemplaire  de  ce  qui  a  paru  jusqu'a  ce  jour  : 
Papier  fin.  5oG3  fr.  Papier  velin.  8018. 


y.oolngir.  6"» 

1 14-  La  Societe  d'agriculture  ile  Wurlomherg  ,  dans  le  n°.  de 
son  journal  d'avril  dernier,  invite  tons  les  botanistes  du  royaume 
a  lui  transmettre  un  catalogue  des  plantes  de  leurs  environs  , 
avec  une  indication  des  sites  oix  elles  croissent,  de  leurs  noms 
vnlgaires,  et  de  I'epoque  de  leur  floraison.  La  Societe  est  occu- 
pee  a  composer  un  Herbarium  ou  Flore  de  Wurtemberg ,  et 
elio  possede  deja  i/joo  especes.  Ro. 


ZOOLOGIE. 


1 1 5.  Annales  i>es  sciences  naturelles;  publiees  par  line  So- 
ciete de  naturalistes.  [Prospectus.)  Un  n".  le  i«^'.  de  chaque 
mois ,  a  dater  de  Janvier  1824  Chaque  no.  de  7  f.  in-8.  4  n°^ 
formant  i  vol.,  terroine  par  une  table,  avec  un  atlas  de  5o 
pi.  au  moins  par  an.  Prix  par  an,  pour  Paris,  36  fr.;  pour 
les  depart.,  fr.  de  port,  40  fr. ;  pour  I'etranger,  44  fr.  A 
Paris,  chez  Bechet  jeune. 

Un  recueil  periodique  pour  les  sciences  naturelles,  et  la  geo- 
logic manquait  en  France  ;  et  en  general  il  en  existe  compara- 
tivement  peu  en  Europe.  Nous  avons,  a  la  verite,  les  Meinoires 
(la  Museum  d'histoire  naturelle ,  mais  son  format  qui  en  eleve 
le  prix  ,  son  caraclcre  particulier  qui  doit  etre  de  recueillir  les 
nicinoires  des  professeurs  de  cet  etablissement,  et  surlout  le  peu 
de  regularite  dans  la  publication  des  caliiers  rendaient  neces- 
saire  un  recueil  moins  cher  et  qui  parut  chaque  mois  ,  afin  de 
rcuiiir  les  travaux  liabituels  des  naturalistes  francais.  Ce  que 
nous  disons  des  memoires  du  Museum,  s'applique  a  ceux 
tie  la  Societe  d'histoire  naturelle  de  Paris,  qui  auraient  pu ,  a 
ce  qu'il  nous  senible ,  remplir  le  but  des  Annales  que  nous  an- 
noncons,  s'iis  enssent  ete  publics  par  cahlers  mensuels. 

Les  auteurs  des  Annales  ont  pris  pour  modele  et  pour  guide, 
les  Annales  de  chiinie  et  de  physique  ,  de  MM.  Gay  Lussac  et 
Arago,  tant  pour  le  caractere  et  le  format ,  que  pour  la  distri- 
bution des  matieres.  Des  planches,  format  in-4.,  au  nombrc 
d'au  moins  5o  par  an  ,  composent  un  atlas  scpare  du  texte. 

Les  Annales  des  sciences  naturelles  comprondront  la  Phy- 
siolngie  generale  ^  Y Anatomic  cotnparee  des  deux  regnos,  la 
Zoologie,  la  Botanique,  la  Mincrnlogie  et  la   CrnlogieT^ 


64  Zoologie. 

Les  caliiers  mensuels  seront  distribues  d'une  maniei'e  detcr- 
miiiee.  lis  rcnfermeront  7  fcuilles  ,  dont  les  6  premieres  seront 
toujours  consacrecs  a  des  inemoires  considerables,  le  plus  sou- 
vent  nouveaux,  et  quelquefois  traduils  des  recueiis  acadeniiques 
etrangers  ,  si  leur  importance  parait  I'exiger. 

La  derniere  feuille  des  Annales  sera  consacree  a  I'anaylse  im- 
partiale  et  raisonnee  des  productions  scientifiques  les  i)lus  im- 
portanles  de  la  France  et  de  I'etranger. 

La  nouvelle  theorie  de  la  generation  que  MM.  Prevost  et 
Dumas  viennent  de  soumettre  au  jugement  de  I'Academie  des 
sciences,  sera  comprise  dans  les  i«'*.  vol.  de  la  serie. 
116.  Zoological  illustrations,  etc.;  par  "W.  Swainson  ;  n"^  36 
et  37.  (Voy.  les  Bulletins  de  i823.) 
Ces  deux  nouvelles  livraisons  ne  le  cedent  point  aux  prece- 
dentes;  le  n".  36  offre  i".  unc  belle  yariete,  mais  doulcuse  ,  du 
GalUnula  rufcollir.  de  Latb.,  envoyee  du  Bresil  par  M.  de  Langs- 
dorf.  20.  Ampidlaria  leucostoma,  qui  n'est  autre  que  VJmp. 
urcea  des  auteurs.  3o.  Tinbinelhis  spirillus ,  Murex.,  Gmelin  ; 
[PjT uta  spirillus ,  Lam.)  Coquiile  intcressante  comme  etant  I'a- 
nalogue  vivantde  I'especefossile  des  environs  de  Bordeaux.  40.  Le 
Buceros  coronatus ,  Mas.  Calao  couronne,  Le  Vaillant.  5o.  Mus- 
cipetn  labrosn,  cspece  nouvelle  qui  vient  des  rives  de  la  grande 
riviere  desPoissons  en  Afrique.— Le  no.  37  contieiit  10.  Tardus 
vocijerans  ^  le  Reclameur  de  Le  Vaillant,  (  Ois.  d'Jf.  to.  3,  pi. 
104).  20  la  Volntn  Pusio,  Sw.  Tilloch's  ph.  Mag.  vol.  61  ,  pag. 
378.  (Voy.  le  to,  3  du  Bulletin  de  1823,  n-^.  61.)  Belle  et  nou- 
velle coquiile.  3".  Cjpram  spadicca,Syf.  id.  W.  Sp.  et  C.  sangui- 
nolenta,  Gmelin.  Ce  n".  contient  en  outre  les  titles,  une  dcdi- 
cace,  une  preface  et  des  tables.  F- 

117.  Naturalist's  repository  ,  etc.  Le  Piepcrloire  du  Nalura- 
liste,par  M.  E.  Donovan.  (Voy.  les  Bullclins  de  1S23,  nos. 
XVI,  XVII,  XVIII  et  XIX.) 

Le  no.  16  de  ce  recueil  conlient  i".  T'oluia  scapha,  Lin., 
vulg.U'.  Piedde  biche;  grande  et  belle  coquiile  bicn  conuue.  20. 
Paftilio phalaris  ct  arct/iusiis,  Fabr.  3o.  Pip/a  Monacus,'LAn., 
petit  oiseau  du  Bresil. 

Le  no.  17  offre  1°.  deux  varietcs  dc  I'Helixpen'ersa ,  Lin.  Cet- 
te  coquiile  est  toujours  rcchercliee.  2".  PnpUin  Lcshia  ,  Fabr. 
3".  Swffnbiix  laliisiiniis,  Lin.;  tres-bcl  individu. 


Zoologie.  65 

Le  n".  1 8  presente  i"-  la  coquille  pr(5cedente  vue  du  cote  de 
la  bouche.  i°.  Papilio  Elorea ,  Pirithous  et  Poppea ,  Fabr. ; 
cette  derniere  espece  est  fort  belle. 

Le  no.  1 9 presente:  Iq.  Papilio  TuUiolus ,  Fabr.;  2".  uneplan- 
clie  interessante  ou  sont  fignrees  deux  especes  de  Terebratules, 
les  T.  cruenta  et  riibicunrla  decrites  sous  ces  noms  dans  le  ma- 
nuscrit  de  Solander.  IVous  avons  observe,  tome  3  du  Bulletin, 
nf^.  84,  a  propos  de  la  T.  snnguinca  de  M.  Donovan,  qu'elle 
differait  beaucoup  de  cclle  donnee  sous  ce  nom  par  M.  Sower- 
by.  Nous  allons  retablir  ici  la  veritable  synonjmiie  de  la  Tere- 
bratula  sanguinea  que  M.  Donovan  reproduit  sous  le  nom  de 
cruenta.  L'auteur  du  nom  est  Chemnitz  qui,  ayantle  premier  fait 
connaitre  au  public  cette  coquille,  doit  avoir  la  priorite  (  car  un 
Guvrage  manuscrit  ne  pent  prevaloir  a  ce  sujet).  [Conch,  to.  8,  tab. 
•-8,  fig.  70G) ;  Crmelin,  Syst.  uat.,  3347, 1'a  nommee sanguinolenta, 
Dillvvyn  est  exact  dans  la  synouymie  qu'il  lui  rapporte  en  reta- 
blissant  le  nom  de  Chemnitz.  (^Descript.  Cat.,  p.  293)  ,  et  il  pa- 
rait  que  M.  Donovan  n'a  pas  reconnu  que  sa  T.  cruenta  etait  la 
veritable  T.  sanguinea,  car  il  a  donne  ce  nom  a  une  autre  co- 
qTiille  ainsi  que  nous  I'avons  dit.  II  resulte  de  I'examen  des  di- 
verses  coquillesainsi  nommees,  qu'outre  la  veritable  T.  sanguinea, 
on  doit  distinguer  lo.  la  71  sanguinea  de  Sowerby ;  1°.  les  T.  san- 
/,w/?e(7.  Leach,  Lamarck  et  Donovan,  si  ce  sont  blen  les  memes;  3°. 
la  T.  copensis,  Gmelln  et  Dillvvyn;  !^°.lA  T.  rubicunda,  Donovan, 
rapprochee  de  la  precedente  et  peut-etre  la  meme.  Reste  a 
savoir  actuellemcnt  si  la  T.  sanguinea  de  Solander  Mss.  rap- 
portec  par  Dillvi'yn  a  sa  T.  cruenta  ,  n'cst  pas  aussi  la  veritable 
sanguinea  ,  et  si  la  cruenta  de  M.  Solander  est  bien  celle  ainsi 
nommee  par  M.  Donovan.  II  ne  me  parait  pas  impossible  qu'il 
y  ait  encore  equivoque  a  ce  sujet,  et  que  M.  Solander  n'ait  pas 
ele  bien  compris;  quoi  qu'il  en  soit ,  il  est  evident  qu'il  regne 
une  grande  confusion  dans  toute  cette  synonymie. 

3".  Le  n".  que  nous  annoncons,  contient  en  outre  la  desciip- 
tion  et  les  figures  de  deux  Orang-Outangs,  Simia  Satjrus,  Lin.  F. 

118.  Account  of  an  kxpedition  from  Pittsburg  to  the 
KOCKY  mountains.  Expedition  d«  Pittsburgh  aux  montagnes 
rocheuses,  pendant  les  annees  1819  et  1820,  commandee 
par  le  Major  Stephen  H.  Long.  2  vol.  et  un  atlas. 
Mammijeres.  Les  expeditions  des  Americains  au  (ravers  du 
B.  Tome  I.  £» 


r,G  Zoolngle. 

vaste  continent  tie  I'Anieiujue  Septentrionale,  nous  avaient  d^ja 
fitit  connaitre  quelques-uns  des  mammiferes  qui  peuplent  cette 
partie  encore  bien  inconnue  du  Nouveau-Monde.  On  y  avail 
decouvert  le  Moufflon  des  montagnes  (  Ovis  montana),  I'Anti- 
lope  a  cornesbifurquees  (,^«f//ocrtp/«  Ord.),  I'Ours  terrible,  etc. 
Cellc  que  vient  d'executer  iVl.  le  major  Long  ajoutera  de  nom- 
breuses  connaissances  aux  premieres,  graces  a  M.  Say,  natura- 
liste  fort  instruit,  qui  en  faisait  partie.  Toules  lei  observations 
d'hisioire  naturelle  qui  ont  etc  faites  ,,ar  ce  dernier,  forment 
des  notes  tres-interessantes  de  la  relation  qui  vient  de  nous  etre 
donnee  de  cette  expedition.  Ces  notes  ne  contiennent  pas  seu- 
lement  les  noms  des  mammiferes ,  et  ce  qui  aurait  pu  etre  re- 
conn.i  de  leurs  moeurs ;  elles  renferment  en  outre  des  descrip- 
tion, pour  la  plupart  trcs-complcles  et  qui  ne  pouvaient  etre 
faite's  que  par  un  homme  familiarise  avec  les  travaux  les  plus 
modenies.  Nous  ne  pouvons  entrer  dans  les  details  quiseraient 
necessaires  pour  faire  connaitre  ces  animaux;  nous  en  donne- 
rons  duraoins  une  notice  succinate. 

On  y  trouve  quatre  nouveUes  especes  de  chauves-souns,  que 
M.  Say    nomme   novcboracen.us ,   subulatus  ,  pruiiwsus   et  ar- 
cuatus;  indication  dune  loutre  du  Missouri;  trois  especes  du 
genre  cbien  qui   nous  paraissent  etre  egalement  nouveUes,  le 
Canh-  nubilus,  le  C.  latrans,  el  le  C.  veLox ;  trois  esi.eces  d  e- 
cureuils  qui  n'ont  jamais  ete  decrites,  el  qui  sont  designees  par 
les  nomsde  macrourus ,  quadriviltatus  et  grammurus ;  des  de- 
tails sur  le  Mus  bursariits  dont  M.  Say  fait  un  genre  nouveau 
sous  le  nom  de  Pseudostoma,   et  qui   nous   montrent  que  eel 
animal   apparlient  a  la   division  des    rongeurs    herbivores  qui 
ont  des  dents  sans  racine  distincte  de  la  coiironne.  On  y  trouve 
encore  des  observations  sur  les  castors,  qui  sembleraient  an- 
noncer  une  espece  nouvelle;  el  la  description  dun  cerf  qui  a 
quelques  rapports  avec  le  cerf  de  Yirginie,  mais  qui  en  est  fori 
different  el  que   M.  Say   nomme  macrotis.   Parmi  les  especes 
deia  connues,  mais  sur  lesquelles  on  desirait  de  plus  am  pies  ren- 
sei-nemens    on  trouve  le  Blaireau  americain  donl   I'cxtstence 
ava^it  parudouteuse,  el  qui  ne'peulplus  I'etre  aujourd'hui  que 
le  Museum  d'hisioire  naturelle  en  possede  un;  la  Gerboise  du 
Cinada  de  Barton,  le  Loir  xanthognathe  de  M.  le  D--.  Leach;  la 
Marmotte  de  la  Louisiane,  el  le  Rat  de  la  Floride  donl  on  devait 
la  connaissance  a  M.  Ord,  etc 


Zoologie.  G7 

i?nr  cette  simple  nomenclature,  dans  laquelle  nous  n'avons  pas 
flit  entier  les  especes  connues  plus  ancienuement  comma  pro- 
presa  I'Amerique  Septentrionale,  onpeutjuger  non-seulement 
tout  ce  que  I'liistoire  naturelle  peut  tirer  de  I'ouvrage  d'oii 
nous  I'avons  extraile,  mais  encore  ce  qu'elie  peut  esp^rer  d'une 
connaissance  plus  exacte  des  contrees  parcourues  par  le  major 
Long,  et  du  zele  eclaire  du  savant  naturaliste  qui  les  a  explorees 
de  concert  avec  lui.  F.  C. 

IlfJ.    SuR    LE    NOMBRE    DES    ESPECES    d'aNIMA.UX   CONNUES  JUSQu'a 

PRESENT  EN    SuEDE.  {Aorsherattelscr  eic,  Stocfiholiu.   1822, 

p.  184.) 

II  est  a  peu  pres  impossible,  dit  le  redacteur,  de  determiner 
des  a  present  le  nombre  de  ces  especes.  Oncompte  deja  70  mam- 
rniferes,  260  oiseaux ,  22  amphibies ,  et  environ  i3o  polssons; 
ce  (jui  donne  an  total  482  especes  d'animaux  vertebres.  II  est 
probable  que  des  recherches  ulterieures  feront  connaitre  beau- 
coup  plus  d'especes  de  poissons  ;  mais  peut-etre  des  observa- 
tions plus  exactes  feront  au  contraire  reduire  le  nombre  de 
celles  des  amphibies.  Quant  aux  vers  et  aux  insectes,  Linne , 
dans  sa  Fauna  suecica,  indique  environ  200  des  premiers  et 
1700  des  seconds.  La  classe  des  vers  a  ele  peu  etudiee  depuis 
I'epoque  ou  parut  cet  ouvrage.  et  le  nombre  des  especes  ob- 
servees  en  Suede  s'est  fort  peu  augmente;  au  contraire  la  classe 
des  insectes  a  recu  un  accroissement  fort  superieur  a  celui  de 
toutes  lesautres;  par  exemple  ,  I'ordre  des  coleopleres,'le  seul 
dont  les  naturalistes  Suedois  des  derniers  temps  se  soient  occu- 
pes  specialement ,  au  lieu  de  5oo  especes  que  Linne  indiquait 
en  vSuede,  en  offre  maintenant  1700,  c'est-a-dire  autant  qu'il 
y  avait  alors  d'especes  d'insectes  en  general  connues  dans  ce 
pays.  La  meme  proportion  doit  exister  relativement  aux  autres 
ordres ,  et  en  effet ,  pour  ne  parler  que  des  orthopteres  et  des 
lepidopteres ,  ce  qu'on  en  voit  dans  les  cabinets  de  Suede  en  es- 
peces nouvelles,  et  non  encore  determinecs,  surpasse  souvent 
le  nombre  de  celles  qui  ont  ete  decrites.  On  ne  doit  pas  s'cton- 
ner  d'apres  cela  que  les  articles  d'entomologic  soient  si  nom- 
breux  dans  les  journaux  consacres  a  la  zoologie.  C.  M. 
lao.Du  GENRE  PARADoxuRE,  et  de  deux  especes  nouvelles  qui  s'y 
rapportent;  par  M.  F.  Cuvier.  [Mem.  du  Mux.,  5e.  annee, 
I",  cahier. ) 


(38  Zoologie. 

M.  F.  Cuvier  aborde  son  sujet  en  faisanl  reinarquer  que  les 
reunions  generiques  de  quadrupedcs  ,  fondees  par  Linne  ,  don- 
nent  une  preuve  irrecusable  de  la  sagacite  de  cet  illustre  natur;.- 
llste  el  que  si  beaucoup  de  genres  londes  par  lui  ont  etc  subdi- 
■vises  depuis  en  plusieurs  autrcs ;  ceux-ci  n'ont  presque  jamais 
ete  ecarles  entre  eux ,  el  que  reunis,  au  contraire,  ils  ont  forme 
dcs  families  correspondanles  au  genre  linneen,  d'oii  ils  derivaient. 

Lc  cenre  Fivcrra  est  parliculierementcelui  qu'il  cite  dans  cette 
occasion.  Bien  etabli  par  Linne,  il  n'a  pas  ete  compris  par  Gme- 
Un  et  Erxleben  qui  y  ont  inlroduit  une  foule  de  petites  especes 
de  carnassiers  trop  peu  connues  pour  etre  rapportees  a  d'au- 
tres  genres. 

Les  f'iVerr^composantmaintenantunefamille,  sontdivises  de- 
puis quelques  annees  en  plusieurs  genres,  auxquels  on  a  donne 
les  noms  francais  de  Civette,  de  Mangouste  et  de  Suricate.  Dans 
cesdernlers  temps  M.  G.  Cuvier  a  reconnu  aussi  le  genre  Genet- 
te  Enfin  deux  ont  ete  fondes  tres-recemnient  sur  dcs  especes 
tout-a-fait  inconnues  jusqu'alors;  ces  genres  sont  ceux  qu'on 
appelle  Ichde  el  Paradoxure. 

Ce  dernier,  cree  par  M.  Frederic  Cuvier,  est  I'objet  principal 
dumemoire que  nous  analysons.Ilpresentelescaracleressuivans  : 

Paradoxure.  Paradoxurus.  Le  systeme  dentaire  est  tres- 
analc^ue  a  celui  des  genres  que  nous  avons  norames,  et  princi- 
palement  a  celui  des  civettes  et  des  geneltes  ;  ses  caracteres 
eeneraux  le  rapproclient  meme  davantage  de  ces  dernieres. 

Le  plus  remarquable  des  caracteres  des  paradoxures  consiste 
dans  la  faculte  que  possede  leur  queue  de  s'enrouler  de  dossus 
en  dessous  jusqua  sa  base  ,  sans  neanmoins  etre  prenante.  lis 
sont  plantigrades,  ce  qui  est  une  anomalie  dans  la  famille  ou  ils 
sont  places ;  leurs  doigls  sont  au  nombre  de  cinq  par  tout,  reunis 
a  leur  base  par  une  membrane,  et  presque  palmes  ;  leurs  ongles 
sont  a  demi  retractiles;  leurs  pupilles  se  contractent  longitudina- 
lement  comme  cedes  du  chat ;  ils  n'ont  point  dc  poche  pres  de 
I'anus.  Leur  pelage  a  de  I'analogie  avec  celui  des  genettes  par  la 
distribution  des    couleurs,  etc. 

La  premiere  espece  est  le  Pougounie  ou  Marie  des  palmiers 
de  rinde  dontBuffon  a  fait  representer  un  individu  (  Supplem. , 
torn.  7  pl"  58)  sous  la  denomination  fautive  de  Genctte  de 
France.  C'est  le  Paradoxurus  Typus  de  M.  F.  Cuvier.  Animal  de 
U  grandeur  de  la  mangouste ,  a  pelage  d'un  jaune  mele  de  noi- 


Zoologie.  69 

tklre ,  ayant  la  ligne  dorsale,  le  bout  de  la  queue,  les  pates, 
deux  lignes  allongees  de  laches  pres  du  dos,  et  beaucoup  de  pe- 
tites  taches  orbiculaires,  nolres  sur  cliaque  flanc. 

La  secondeespece  estle  Paradoxure  Benturong,  Paradoxurus 
olbifrons.  Fred.  Cuv.,  decrit  aussi  par  M.  Raffles  sous  le  nora  de 
Binturong  dans  les  Transact,  linn.,  torn.  i3.  Son  pelage  est 
forme  de  longues  soles  noires  ft  blanches,  excepte  sur  la  tete  et 
les  membres  ou  elles  sont  courtes ;  son  front  et  son  museau  sont 
presque  blancs ;  sa  queue  et  ses  pates  noiratres;  ses  yeux  sont 
places  dans  une  tache  noire  qui  s'etend  jusque  vers  I'oreille  en 
prenant  naissance  sur  les  cotes  du  museau.  Du  continent 
de  rinde. 

Une  troisieme  est  le  Paradoxure  dore  ,  Paradoxurus  aureus. 
F.  Cuv.  Celle-ci,  moins  certaine  que  les  deux  premieres,  a  le 
pelage  d'un  beau  fauve  dore ,  uniforme ,  compose  de  poils  tres- 
longs;  sa  patrie  est  inconnue. 

Depuis  la  publication  de  ce  memoire  ,  M.  Desraarest ,  dans  sa 
Mamraalogie,  a  propose  d'ajouter  a  ce  genre  la  Civette prehensi- 
le du  Bengale,  qu'il  a  decrite  sous  le  no.  3i5.  Cet  animal  a  dans 
la  distribution  de  ses  taches  et  bandes  noires  beaucoup  de  res- 
semblance  avec  le  Pougounie;  mais  son  poil  est  plus  court  et  le 
fond  de  son  pelage  est  d'un  jaune  vei'datre  assez  pur.  II  est 
du  Bengale.  Desm. 

121.  Considerations  sur  les  caracteres  generiques  de  cer- 
TAiNEs  FAMii.LES  DE  Mammiferes,  appliquccs  aux  Marmottes 
(^Arctomjs  Mannotta  et  Jrctotnys  Empetra) ,  et  au  Souslik 
[Jrctoinys  Citillus) ,  et  formation  du  genre  Spermophile  ;  par 
M.  F.  CuviER.  (^Mem  du  Mus.  ,5°.  annee,  4''- caliier. ) 

Uans  son  premier  travail  sur  les  dents  des  mammiferes,  I'au- 
teur  de  ce  memoire  avail  elabli  que  les  especes  dont  les  molaires 
differalent ,  devaient  former  des  genres  differens.  Depuis ,  il  avail 
cherche  a  prouver  cetle  aulre  proposition ,  qui  semble  d'a- 
bord  deliver  de  la  premiere;  que  toules  les  especes  pour- 
vues  des  memes  dents  devaient  entrer  dans  le  meme  genre  : 
mais  des  fails  assez  nombreux  semblaient  en  restreindre  la  gene- 
ralite.  Aujourd'hui  il  reconnait  que  les  systemes  de  dentition, 
loin  de  se  borner  a  servir  a  la  dislinction  des  genres,  tendent , 
dans  plusieurs  cas,  a  s'elever  jusqu'a  caracteriser  des  groupcs 
d'un  rang  superieur,  tels  que  des  sous-ordres  et  des  families.  II 


70  Znnlogic. 

lite  pour  exemple  la  faiiiillc  des  Caiuassiers,  qui  rerifernie  les 
{,'enres  Civette,  Genette,  Mangouste,  PamdoxurC;,  .Suricale  et 
Iciido;  et  encore  I'ordre  entier  des  Ruminans,  ainsi  que  la  fa- 
mille  des  Rongeurs  omnivores. 

Dans  les  groupes  composes  d'apres  les  differences  des  dents , 
les  subdivisions  en  genres  naturelsou  en  sous-genres ne  peuvent 
etre  basees  que  sur  la  consideration  d'organes  d'un  ordre  infe- 
rieur  a  celui  des  molaires,  tels  que  ceux  du  mouveinent,  ceux 
des  sens,  ecus  de  la  generation,  etc. 

Faisant  une  application  particuliere  de  ces  principes  aux  raar- 
mottes  ,  M.  Fr.  Cuvier  demontre  la  necessite  de  former  un  genre 
nouveau  du  Souslik,  qui  a  ete  rapporte  jusqu'ici  a  celui  qui  com- 
prend  ces  animaux  et  qui  en  presente  le  systeme  dentaire. 

Ce  genre,  qu'il  nomme  Spermophile,  est  caracterise,  lo.  par 
des  molaires  etroites  au  cote  interne,  mais  du  reste  fort  sembla- 
bles  a  celles  des  marmottes ,  qui  sont  a  peu  pres  circulaires  sur 
leur  coupe  transversale;  2°.  par  la  presence  d'un  helix  qui  borde 
enlierement  I'oreille;  3".  par  la  pupille,  qui  prend  une  forme 
ovale  en  se  retrecissant-,  4°'  P^r  '^  presence  de  tres-grandes 
abajoues;  5".  par  les  doigts  des  pieds  etroits,  allonges  et  libres; 
6".  par  la  denudation  simple  des  doigts  des  pieds  de  derriere  en 
dessous,  et  des  tubercules  qui  sont  a  leur  base,  tandis  que  le 
talon  est  convert  de  poils. 

L'examen  de  la  tete  osseuse ,  consideree  comme  receptacle  des 
sens  speciaux,  offre  aussi  des  caracteres  que  M.  F.  Cuvier  appre- 
cie,  et  qui  consistent  principalement  dans  la  courbure  uniforme 
et  tres-sentie  du  profil  du  crane,  depuis  I'occiput  jusqu'a  I'ex- 
tremiie  des  os  propres  du  nez,  dans  la  grandeur  des  fosses  or- 
bitalres,  la  petitesse  des  fosses  temporales,  etc. 

Les  Marmottes,  au  contraire,  ont  les  orellles  plates  et  pour- 
vues  d'apparcnce  d'helix,  seulement  aux  bords  anterieur  et  pos- 
terieur;  leurs  yeux  ont  la  pupille  ronde  ;  elles  n'ont  point  d'aba- 
joues;  leurs  doigts  sont  gros,  courts  ,  charnus,  reunis  a  leur  base 
par  une  petite  membrane;  elles  ont  la  plante  des  pieds  de  der- 
riere trcs-large  ,  denudee  en  entier;  leur  crane  presente  un  apla- 
tissement  en  dessus,  avec  les  fosses  temporales  grandes  et  a  peu 
pres  egales  aux  fosses  orbltaires ,  etc. 

Sous  le  rapport  des  raoeurs,  les  Spcrmophiles  ont  cela  de  par- 
ticulier  ,  qu'ils  vivent  isoles,  qu'lls  se  nourrissent  de  graines, 
dont  ils  font  des  provisions  pour  I'hiver,  tandis  que  les  Mar- 


Zoologie.  J I 

moltes  se  rcunissent  en  troupes  et  mangent  principalement,  de 
I'herbe. 

M.  Fr.  Cuvier  considere  les  Spermophiles  comme  tres-rappro- 
clies  dps  Tamils  ,  et  comme  servant  en  qvielque  sorte  d'interme- 
diaire  aux  Marmotteset  a  ces  Ecureuils  de  terre. 

Nous  soupconnons  que  les  trois  Marmottes  decrites  dans  Ic 
voyage  de  Franklin  (Voyezle  n".  6i4  du  To.  3  An  Bull.),  6oi- 
vent  etre  rapportees  a  ce  genre  nouveau.  Desm. 

122.  ExAMEN  DES  ESPECEs  Du  GENRE  PoRc-Eric,  ct  formation  des 

genres  on   sous-genres  Acanthion,  Erethizon,   Sinetkere  et 

Sphiggure;  par  M.  Fr.  Cuvier.  [Mem.  du  Miis.,  S"*.  annee, 

6«.  cahier. ) 

Ce  mernoire  pent  etre  considere  comme  un  developpement 
et  une  application  des  principes  admis  dans  le  precedent.  II  a 
pour  objet  les  Porcs-Epics  de  Linne ,  que  les  anciens  reunis- 
saient  a  tort  aux  Herissons,  et  dont  on  n'a  encore  separe  qu'une 
seule  espece  sous  lenom  generiquede  Coendou. 

M.Frederic  Cuvier  fait  d'abordremarquer  que,  dans  cegrou])e 
de  rongeurs  epineuxappeles  Pores-Epics,  on  observe  des  formes  de 
dents  de  deux  sortes.  Ceux  de  I'ancien  continent  out  les  molaires 
a  coupe  arrondie,  et  leur  table,  selon  le  degre  d'usure,  offre  des  replis 
eniailleux,  ou  des  ellipses  plus  oumoins  nombreuses.  Les  Pores- 
Epics  du  nouveau  continent  ont  plus  de  simplicile  dans  les  cir- 
convolutions  de  I'email;  leur  coupe  est  moins  ronde  que  ceile  des 
molaires  des  especes  de  I'ancien  continent,  et  toutes  ces  dents, 
durant  la  plus  grande  partiede  la  vie  de  I'animal,  presenientdeux 
echancrures,  une  a  leur  face  interne,  I'autre  a  leur  face  exierne, 
et  deux  ellipses  d'email. 

II  compare  ensuite  les  tetes  osseuses  de  ces  animaux,  et  fait 
voir  qn'elles  presentent  d'enormes  differences. 

Les  trois  premiers  genres  ont  la  queue  non-prenante,  medio- 
cre ou  fort  courte. 

Le  genre  Porc-Epic,  proprement  dit,  Hystri.x,  est  bien  carac- 
terise  par  la  tete  dont  toute  la  parlie  anterieure  est  tres-bombee 
en  raison  du  grand  developpement  des  parlies  qui  dependent  de 
I'organe  del'odorat;  paries  os  dunez  tres-etendus  ,  qui  forment 
avce  ceuxdu  front  et  les  parictaux  un  arc  de  cercle;par  les  fosses 
temporaleset  orbitairesquisonttres-petites,  les  os  del'oreille  qui 
sont  dans  un  etat  tres-reduit,  les  cornets  du  nez  occupant  un  cs- 


72  Zoologie. 

pace  au  moins  double  de  celui  du  cerveau ,  qui  ne  fait  tout  au 
plus  que  le  tiers  de  la  longueur  dela  lete.  Les  parietaux  sont  de- 
primes ,  et  les  crates  occipitales  et  sagittales  tres-saillantcs  ; 
les  organes  du  mouveraent  sont  ceux  d'un  animal  fouisseur;  la 
queue  est  fres-courte;  les  pieds  sont  plantigrades,  ceux  de  de- 
vaut  tetradactyles ,  avec  un  rudiment  de  pouce,  et  ceux  de  der- 
riere  a  cinq  doigts  complets. 

Le  Porc-£plc  d'ltalie,  Hystrix  crista ta,  est  la  seule  especebien 
connue  de  ce  genre.  M.  F.  Cuvier  y  joint  le  Pore-Epic  du  Sene- 
gal ,  Hystrix  senegalica ,  etun  autre  envoye  de  Cayenne,  qui  ne 
differe  de  celui  d'ltalie  que  par  les  couleurs. 

Le  genre  Acanthion  a  le  sommel  dela  teteeleve,  maisbien  moins 
que  le  Pore-Epic;  aussi  I'organe  de  I'odorat  est- il  bien  moins 
developpe  chez  lui.  La  courbe  du  profil  de  son  front  appartient 
a  un  cercle  beaucoup  plus  grand;  les  os  du  nez ,  quoique  longs, 
le  sont  bien  moins  que  dans  les  Pore-Epics;  les  cornets,  assez 
simples,  sont  places  dans  un  espace  etroit;  les  parietaux,  sans  de- 
pression ,  occupent  presque  le  tiers  de  la  longueur  de  la  tete,  et 
le  cerveau  ne  tientque  la  moitie  de  son  etendue;  les  cretes  sont 
tres-mediocrement  developpees.  II  parait  que  les  organes  du 
mouvement  sont  semblables  a  ceux  du  Pore-Epic. 

lo.  Le  Pore-Epic  de  Saxa  ,  Jcant/iionj'avanicum,  est  le  type 
de  ce  genre;  2°.  M.  F.  Cuvier  y  joint  TAcanthion  de  Daubenton, 
Acanthion  Danbentonii,  d'origine  inconnue,  quoique  probable- 
nient  d'Afrique,  et  differant  de  la  premiere  especeparson  mu- 
seau  moins  effile. 

Le  genre  Erethizon  ,  Ercthizon,  a  pour  type  I'Urson  de  I'A- 
merique  du  nord.  La  tete  de  cet  animal,  vue  de  profd,  au  lieu 
de  presenter,  dans  sa  partie  superieure,  un  cercle  comme  celle 
des  precedens,  offre  une  ligne  presque  droite,  interrompue  par 
I'elevatiou  des  cretes  orbitaires  du  frontal;  les  parties  de  I'organe 
olfaclif  se  partagent  avec  le  cerveau,  a  peupres  cgalemcnt  la  lon- 
gueur de  la  t^te ,  mais  les  nazeaux  sont  courts  et  paralielogram- 
micjucs;  les  cornets  sont  simples,  les  frontaux  plats,  garnis 
d'assez  fortes  cretes;  la  cretc  saglllale  est  tres-saillante ;  les 
fosses  orbitaires  et  temporales  sont  Ires-grandes ,  eomparati- 
vement  a  cellos  des  Pores-Epics.  Les  doigts  sontau  nombre  de 
qualre  aux  pieds  de  devant ,  avec  ua  rudiment  de  pouce,  et  de 
cinq  aux  pieds  de  derriere;  la  queue  moyenneinent  longue,  sert 


Zoolo^ie.  7  5 

de  support  a  Taniraal,   lorsqu'il  descend  des  arbres  auxquels  il 
monte  a  Taide  de  ses  ongles. 

Ce  genre  renferme ,  i".  I'Urson,  Erethizon  dorsatuin;  ■x°.  le 
Coendou  de  Buffon,  tome  12,  pi.  54  ,  Erethizon  Buffonii. 

Les  deux  derniers  genres  sont  pourvus  d'une  queue  prenante. 
lis  n'ont  que  quatre  doigts  aux  pieds  de  derriere. 

Le  genre  Sinethere  ,  Sinethere ,  compare  aux  aulres,  se  fait 
surtout  remarquer  par  la  proeminence  et  le  grand  developpe- 
ment  de  ses  frontaux,quientrainentles  os  du  nez  et  les  forcent  a 
suivre  leur  conrbure ,  et  a  relever  leur  moitie  posterieure.  Ces 
OS  dunez  ne  font  qu'un  peu  plus  des  deux  cinquiemes  de  la  cour- 
bure  de  la  tete,  et  sont  a  peu  prcs  aussi  larges  que  longs;  les 
sinus  fiontaux,  tres-developpes,  sont  la  cause  de  la  saillle  du 
front;  les  cornets  paraissent  ne  consister  qu'en  deux  lames  assez 
minces;  les  parties  qui  dependent  de  I'oreille  ont  un  grand  de- 
■veloppement;  les  fosses  orbilaires  et  temporalesreunies  sont  tres- 
grandes. 

Ce  genre  avait  ete  fond^  par  M.  de  Lacepede  sous  le  nom  de 
Coendou,  Coendu.  M.  Cuvier  n'y  place  que  le  Coendou  a  longue 
queue  de  Buffon,  sous  le  nom  de  Sinethere prehensills. 

Le  genre  Sphiggure  ,  Sphiggurus ,  au  lieu  d'avoir  les  os  du 
front  procminens,  comme  ceux  du  Sinethere  ,  les  a  deprimes ,  ce 
qui  reduit  I'espace  que  les  organes  olfactifs  occupent  sans  dimi- 
nuer  la  capacite  du  cerveau,  qui  est  la  meme.  Dans  ce  genre, 
ainsi  que  dans  le  precedent,  le  pouce  des  pieds  de  derriere,  en- 
tierement  caciie  sous  la  peau,  ct  depourvu  d'ongle,  sert  de  sup- 
port a  un  fort  tubercule  mobile  qui  elargit  la  plante  ,  et  qui  est 
revetu  d'une  peau  Ires-papilleuse.  Ce  tubercule  est  opposable 
aux  aulres  doigts,  et  c'est  par  son  moyenseul  que  les  Sinetheres 
et  les  Spbiggures  peuvent  se  tenir  en  equliibre  sur  des  surfaces 
tres-elroites. 

Le  Coui  d'Azara,  Sphiggurus  spinosus,  est  la  ])reiniere  espece 
de  sphiggure.  Son  corps  a  un  pied  de  long  et  sa  queue  10  pou- 
ces.  II  est  convert  d'epines  longues  de  18  lignes  a  2  pouces 
au  phis,  d'un  marron  clair  a  leur  pointe  sur  la  tete,  le  cou  et  le 
dos,  et  noires  sur  la  croupe  et  la  queue.  On  ne  trouve  entre  ce& 
epines  que  quelques  poils  longs  ,  fins  ,  niais  Ires-rares;  la  queue 
est  nue  en  dessous  dans  les  deux  derniers  pouces  de  sa  longueur. 
II  est  du  Paraguay. 

La  seconde  est  nouvelle;  c'est  I'Orico  du  Bresil ,  Sphiggimn 


r,  /^  Zoologie. 

.///o.vHJ ,  rapporte  par  M.  Auguste  Salnt-Hilaire.  Cetaiuiiial  n  i.', 
ponces,  et  sa  queue  est  egale  en  longueur;  il  differe  surtout  du 
]>recedent  par  ses  polls  tres-longs  et  tres-epais  ,  d'un  niarron  tres- 
rlair  a  leur  extremite,  qui  se  recou\rent  exterieuremcnt ,  et  sous 
lesquels  ses  epines  sont  tout-a-fait  cachees.  Sa  queue,  de  couleur 
uiarron  a  la  base,  est  noire  an  bout.  Desm. 

123.  Recherches  sur  les  rapports  qui  existent  entre   les 
ANiMAUX  DE  LA  FAMiLLE  DES  ECUREuiLs;  c'est-a-dire ,  les  Ta- 

mias  ,  les   Macroxus  ,  les  Ecurcuils ,  les  Sciuropteres  et  les 

Pteromys  ;  par  M.  F.  Cuvier.  (  Mem.  du  Mus.,   5<^.  an  nee, 

S"^.  cahier. ) 

M.  Fr.  Cuvier,  apres  avoir  rapidement  retrace  les  principes  de 
classification  qu'il  a  developpes  dans  ses  precedens  memoires  , 
s'occupc  dans  celui-ci  d'en  faire  une  nouvelle  application  au 
gi  oupe  des  mamraiferes  qu'on  a  nonimes  ecureuils. 

II  divlse  les  ecureuils  en  cinq  genres,  dontquatre  avaient  deja 
etc  formes  ou  indlques  par  divers  auteurs,  et  il  en  propose  ua 
ciuquieme  sous  le  noni  de  sciuroptere,  pour  placer  les  Ecureuils 
volans  du  nord.  II  donne  aussi  le  nora  nouveau  de  Macroxus 
au  genre  dont  la  formation  avail  ele  proposeesous  eelui  de  Guer- 
linguet. 

Passant  en  revue  les  caracteres  deja  reconnus  a  ces  genres,  il 
les  confirme  par  des  caracteres  nouveaux,  et  il  montre  les  rap- 
ports que  ces  derniers  semblent  etablir. 

Parmi  les  Ecureuils  a  merabres  libres,  il  admet  trois genres. 

Tamia.  Tamia.  Illig.La  tele  osseuse, vuc  de  profil  dans  ce  genre, 
jiresente  une  ligne  courbc,  uniforme  a  sa  partie  supeneure;  et, 
vup  en  dessus ,  elle  montre  toutes  ses  parties  anterieures  tres- 
effilees;  la  boite  cerebrale  peu  etendue  ne  s'avance  pas  a  beau- 
coup  pres  jusqu'a  la  moltle  de  la  tete. 

Cette  conformation  a  les  plus  grands  rapports  avec  celle  des 
Spermophiles,  qui,  ainsi  que  les  Tamias,  sont  pouvus  d'abajoues 
et  sont  des  animaux  fouisseurs;  aussl  les  uns  et  les  autres  fornient- 
ils  tres  -bien  le  passage  entre  la  famille  des  Marmottes  et  celle 
des  Ecureuils. 

Par  la  forme  de  sn  t^te ,  I'Kcureuil  palmisle  se  rapprorlie  sur- 
lout  du  genre  des  Tamias,  quoique  cependant  cette  tete  prcsente 
].hisicurs  differences,  telles  qu'une  courbure  uu  peumoins  grande 
dans  la  partie  nnterieure  de  la  Hgne  de  profil,  une  saillic  moin- 


Zoalogie.  75 

dre  fles  arcades  zygomatiques,  etc.  II  sera  possible  qu'il  devienne 
tm  jour  le  tvpe  d'un  genre  particulier,  ce  que  semble  indiquer 
d'ailleurs  la  difference  notable  de  ses  moeurs  comparees  a  celJes 
des  ecureuilsproprement  dits.  Dans  I'lnde  ,  suivant  M.  Lesche- 
nault,  ce  petit  animal  ne  se  tient  guere  qu'aupres  des  habitations  ; 
il  se  plait  snr  les  toits  ,  les  nmrailles,  dans  les  trous  desqiiels  sa 
f'emelle  depose  sespetits;  il  cause  de  nombreux  degats  dans  les 
vergers  dont  il  detruit  tons  les  fruits;  il  est  d'un  naturel  si  faroi- 
lier  qu'il  vient  jusque  dans  les  appartemens  rainasser  le  miettes 
qui  tombent  des  tables,  etc. 

GuERLiNGUET.  MacTOxus.  Yv.  Cuv.  Ce  genre  est  bien  caracte- 
rise  par  une  profonde  depression  des  frontaux  dans  leur  parfie 
moyenne,  d'oii  il  suit  que  la  ligne  de  profd  est  tres-arquee  pour 
la  portion  du  crane  proprement  dit,  et  presque  droite  pour  ia 
partie  anterieure  de  la  face  ,  et  qu'entre  ces  deux  parties  on  re- 
marque  une  sinuosite  bien  sentie.  Les  naseaux  sont,  comme  ceux 
des  Ecureuils,  bien  moins  allonges  qiie  ceux  des  Tamias.  Le  cer- 
veau  occupe  pres  des  deux  tiers  de  la  longueur  de  la  tete.  Les 
Guerlinguets  sont  encore  caractcrises  par  leur  queue  ronde  et 
non  distique,  et  par  le  manque  d'abajoues. 

M.  F.  Cuvier  rapporte  a  ce  genre  I'ecureuil  de  I'lnde  connu 
sous  les  noms  de  Toupe,  Toupaie  ou  Toupaya. 

EcuREUiL.i'w'urM^.  Linn.Ce  genre,  quicomprendunassez  grand 
nombre  d'especes,  est  caracterise  sur  le  profil  de  la  tete  osseuse, 
par  une  ligne  qui  est  a  peu  pres  droite  pour  la  partie  de  la  face  , 
et  qui  commence  a  prendre  une  legere  courbure  a  la  partie 
moyenne  des  frontaux ;  courbure  qui  s'accroit  tout  a  coup  pour 
descendre  a  la  region  occipitale  ;  le  cerveau  occupe  les  deux 
tiers  de  la  longueur  de  la  tete.  On  ne  trouve  plus  ici  la  depres- 
sion bien  marquee  du  milieu  des  frontaux  et  la  saillie  posterieure 
de  ces  os  ,  qu'on  observe  dans  les  Guerlinguets.  lis  manquent 
d'abajoues  et  ont  la  queue  distique. 

Les  especes  d'Amerique  sont  distinguees  de  celles  de  I'ancien 
continent  par  des  formes  de  t^te  plus  ramassees  et  plus  trapues. 

Les  Ecureuils  dont  les  membres  sont  lies  par  une  extension  de 
la  peau  des  flancs  composent  deux  genres. 

PTEROM-ys.P/erowj.v.  G.  Cuv.  Ce  genre,  qui  rcnferme  les  ecu- 
reuils volans  dumididel'Asie  ,  a  pourcaracteres  :  la  partie  poste- 
rieuredes  os  nasaux  un  peu  bombee ;  les  frontaux  forlemcnt  de- 
'  j)rimes  dans  leur  milieu  etse  relevant  ensuite  k'gerenient;  les  parlies 


jS  Zoologie. 

posterieures  tie  la  tete  ne  commencant  a  se  courber  en  bas  d'une 
maniere  sensible  qua  partir  du  milieu  des  parietaux;  les  fron- 
taux  ,  ayant  le  rapport  de  leur  largeur  a  leur  longueur  comme 
deux  sont  a  trois  ;  la  capacite  cerebrale  petite,  ne  remplissant 
guere  que  la  moitie  de  la  longueur  de  la  tete ,  etc. 

SciUROPTERE.^ScvMm/^^m/^.  F.Cuv.Ce  genre  forme  des  ecureuils 
volans  du  nord  de  I'Asie  et  de  I'Amerique ,  est  particulierement 
rapproche  de  celui  des  ecureuils  proprement  dits,  par  les  formes 
des  dents  et  de  la  tete.  II  s'eloigne  surtout  de  celui  des  Pteromys 
en  ce  que  toute  la  partie  antcrieure  de  la  ligne  de  profd  de  la 
tete  est  droite  jusqu'au  milieu  des  frontaux ,  ou  elle  prend  une 
direction  courbe  tres-ai-quee  sans  depression  intermediaire ;  en 
ce  que  I'occiput  est  bien  saillant,  et  que  les  frontaux  sont  allon- 
ges ,  avant  le  rapport  de  leur  largeur  a  leur  longueur  comme 
un  est  a  deux  ;  cnfm,  en  ce  que  la  capacite  du  crane  rempht  les 
trois  cinquieraes  de  la  longueur  de  la  tete.  Desm. 

124.  MeMOIRE  SCRLAPATRIEnU  CHAMEAU  A  UNE  BOSSE,  et  SUr  1  t'pO- 

que  de  son  introduction  en  Afrique,  avec  des  notes  de  M.  St.- 
Martin,  membre  de  I'institut ;  lu  a  TAcademie  des  inscriptions 
et  belles-lettres  ,  le  28  juin  1823,  par  A.  DESM0un^fs;  in-40. 
de  1  feuilles  {.  {Mem.  du  Mus.  d'hist.  natur.  To.  10.  ) 

M.  Desmoulins  a  presente  a   I'institut,  en  fevrier   1822,  un 

memoire  general   sur  la  distribution  geographlque   des  animaux 

vertebres   raoins  les  oiseaux.  Ce  memoire,  dent  il  a  ete  fait  un 

court  extrait  a  la  page  38 1  duTo.  i  du  Bulletin,  donne  I'expres- 

sion  fort  generate  des  fails  de  statistique  zoologique  calcules  par 

I'auleur  ;  il  est  lermine  par  I'expression  abregee  de    quelques 

regies  ou  lois  deduites  des  rapports  des  fails  en  question.  Les 

details  ne  pouvaient  entrer  dans  ce  travail.  L'auteur  les  donne 

successivemcnt  dans  I'liisloire  des  Manimiferes  Am  Diet.  Classiq. 

.lUist.  Nat.  Ces  details  ne  comprennent  pas  seulement  les  faitb 

physiques  de  zoologie  proprement  dile  ;  la  question  de  la  genea- 

jogie  des  especes  actuelles  ,  de  leur  patrie  primitive  ,  de  leurs 

migrations  y  est  discutee  par   toutes   les   traditions  historiques 

que  l'auteur  a  pu  reeueilllr  chez  les  historiens  ,  chez  Us  philo- 

sophes,  et  meme  chez  les  poetes  de  I'antiquite  et  du  moyen  age. 

Comme  I'examen  de  cet   ordre  de  faits  ou  l'auteur  n'avait 

qu'un  seul  bon  modele  a  suivre ,  M.  Cuvier,  lul  a  fait  dccou- 

v.ii  plusieurs  rCsultats  enlicrement  neufs  ,  et  comoje  ces  res.d- 


Zoologie.  77 

tats  n'ont  ^te  consignes  que  dans  le  Dictionnaire  precife,  genre 
d'ouvrage  oul'on  ne  trouve  ordinaix'ement  quedes  compilations, 
nous  aliens  en  donner  ici  I'extrait. 

1°.  Determination  de  ['existence  ,  jusqu'an  i5^.  et  16^.  sie- 
cles ,  de  la  souche  saui-age   de  nosbcenfs  domcstiques. 

M.  Cuvier,  t.  4  Dcs  Ossemens  fossillcs ,  1'".  edit.  (Le  4'"-  '''ol. 
dela  2«.edit.  n'elantpas encore  public  lors  du  travail  de  M.Des- 
moulins ),  consideiait  avec  Pallas  le  Thur  des  ecrivains  polonais 
coinme  etant  lememe  que  le  Biiffle;  et,  comme  d'apres  les  memes 
ecrivains  il  reconnaissait  I'existence  ,  a  celte  cpoque,  de  deux 
especes  sauvages  encore  vlvantes  ,  Tune  le  Bison  et  I'autre  I'Urus 
precite  ( le  Tliur) ,  il  pensait  quel'espece  dont  on  Irouve  les  grands 
cranes  fosslles ,  etait  I'une  des  deux.  Mais ,  conime  il  rapportait  le 
Thur  des  Polonais,  I'Urus  des  Allemands  et  des  ecrivains  latins 
de  celte  epoque  au  Bulfle  ,  les  grands  cranes  fossiles  auraient 
done  appartenu  au  Bison. 

Or ,  d'apres  la  discussion  d'un  grand  nombre  de  passages 
d'ecrivains  polonais  surtout  (  Collect,  sciptorum  rer.  Polonicar, 
Pistorio,  in-f".  ),  du  niedecin  Mathias  de  Micliow,  de  Martin 
Croraer  evdque  de  Warniia  ,  et  du  Croaie  Herberstein,  etc.,  M. 
Desmoulins  a  demontre  que  :  1°.  le  Thur  n'est  p.is  le  Euffle  ,  car 
le  Thur  etalt  beaucoup  plus  t;rand  que  les  bceufs  de  Hongrie  ,  et 
le  buifle  en  Europe  ne  devient  pas  aussi  grand  que  le  boeuf,  et 
ses  cornes  etaient  dirigees  en  avan t  au  contraire  de  celies  du  buffle. 
Ensuite  tous  ces  auteurs,  qui  connaissaient  bien  le  bulfle  puis- 
que  tous  avaient  long-temps  reside  en  Italic  ou  en  Grece  ,  disent 
que  le  Thur  ne  differait  du  boeuf  que  par  sa  plus  grande  taille. 
a,".  Que  le  Thur  est  I'Urus  des  Germains  et  des  ecii>ains  latins 
du  moyen  age  ;  que  cette  espece  existait  encore  en  Pologne  au 
iG"".  Steele  ou  les  auteurs  preciies  i'avaient  tous  vu  ;  et  que  le 
Thur  est  le  meme  que  I'espece  aux  grands  cranes  termines  der- 
riere  les  cornes  par  un  plan  vertical  comme  ehez  nos  baufs. 

Dans  le  l^>-.  volume  de  la  nouvelle  edition  des  Fossiles  ,  M.  Cu- 
vier ,  par  la  discussion  des  memes  passages  que  M.  Desmoulins, 
est  aussi  parvenu  a  la  meme  determination. 

M.  JJesiuoulins  a  aussi  demontre  que  I'Aurochs  n'etait  pas 
I'Urus,  comme  on  I'a  etabli  a  tort  dans  les  nomenclatures  et  les 
synonymies,  mais  bien  le  Bison  ouWisen  des  Germains,  le  Zubrdes 
Slaves  Polonais.  Ainsi,  poureviter  un  contre-seiis,  le  nom  de  Box 
Jer us  dcyra\\  eire  donnd  a  la  grande  espece  fossile  que  M.  C.u- 


t8  Zoologir. 

vier  a  si  bien  fait  connaitre,  et  le  nom  de  Bos  bisons  a  I'AurocliSy 

puisqiie  le  Bison  americain  porte  le  nom  deBos  americanus. 

2".   Determination  de  la  souche  unique  ou  multiple  des  chiens 
dome.stiques. 

Considerant,  avec  Pallas,  que  Ja  soiichs    auvaj^'e  de  tons  nos 
anciens  herbivores  existe  encore  ,  nonobstant  leurs  faibles  moyens 
de  defense  et  de  conservation,  et  leur  multiplication  moindre  que 
ceile  des  especes  du  genre  Cliien  ,  nonobstant  enfin  leur  etroite 
circonscription  dans  plusieurs  iles,  le  Mouflon  en  Corse ,  I'OEga- 
gre  en  Sardaigne  et  en  Crete,  etc. ;  M.  Desmoullns  avait  prouve 
que  I'espece  du  bceuf  n'est  pas  une  exception ,  puisqu'ellc  existait 
encore  en  Pologne  ,  il  y  a  moins  de  trois  siecles  ;  que  les  chiens 
domestiqnes  redevenus  sauvages,  chiens  marons,  ne  peuvent 
etre  detruits,  et  qu'une  espece  qui  n'aurait  pas  encore  eteasser- 
vie,  possede  encore  plus  de  moyens  de  sc  maintenir  indepen- 
dante;  qu'aucun   teraoignage  historique  ne  depose  de  rextermi- 
nation  dans  aucun  pays  de  quelque  animal  sauvage   analogue  an 
chien  ;  que  toutes  les  especes  actuelles  de  ce  genre  sont  menlion- 
nees  par  les  auteurs  anciens  dans  les  pays  qu'ils  connaissaient ; 
qu'il  existait  des  chiens  dans  les  deux  Amcriqnes  avant  I'arrivee 
de  Colomb  ;  que,  d'apres  Pierre  Martyr  et  Oviedo  (  dans  Ramu- 
sio),  il  existait  soit  dans  les  Antilles,  soit  sur  la  Terre-Ferme, 
des  chiens  de  toute  nature  et  couleur  de  poll ;  que  les  chiens  do- 
mestiqnes des  Antilles  n'y  etaient  pas  indigenes  et  y  avaient  etc 
importes  de  la  Terre-Ferme;  car  an  temps  d'Oviedo,  qui  les  avait 
vus  en  tres-grand  nombre  sur  Ic  continent,  ils  n'existaient  plus 
a  Saint  -  Domingue,   oil   dans  une   disette,  pendant  le  second 
voyage  de  Colomb  ,  ils  avaient  ele  delruits  pour  nourrir  la  po- 
pulation ;  que   les  Caraibes,  a  cette  epoque,  etant  la  puissance 
prcponderante  de  Test  du  continent  et  de  toutes  les  iles ,  ils 
avaient  du  y  introduirc  leurs  chiens,  qui  etaient  si  nombreux  sur 
le  continent,  d'apres  Oviedo,   qu'aujourd'hui  dans  les  memes 
contrees  les  indigenes  dressent  a  la  chasse  le  chien  des  bois  de 
Cayenne  [Canii   t/ious,  Lin.);  qu'il  n'y  a  aucune  preuve  que 
les  Caraibes  aicnt  jamais  eu  rien  de  commun  par  leur  origine  ou 
leurs  relations  avec  Tancien  continent;  que  leurs  cliiens  domes- 
tiqucsprovenaientdoncd'une  espece  sauvage  indigene  dans  leur 
pays,  et  que  cette  cspecc  est  necessaircment  oulcloupgrisdu  Para- 
guay, Guaracha  du  Bresil ,  ou  le  chien  des  bois  de  Cayenne  que 


Zonlogie.  ^g 

I'on  apprivoise  aiijoiird'liul,  et  que  run  croise  aisement  avec 
tontesles  especes  de  cliiens  domestiques;  que  chez  les  Papous  et 
dans  I'Ausfralasie  ,  il  existe  une  espece  sauvage  ( le  chien  Papon) 
dont  la  ressemblance  des  cranes  avec  ceux  de  nos  matins,  n'est 
pas  decisive  pour  I'unite  de  I'espece  ,  puisqne  des  resseniblances 
aussi  grandes  sent  fort  nombreuses  parmi  beaucoup  d'especes 
rertainenient  bien  separees  de  mammlferes ,  ainsi  que  I'etabbt  si 
souveiit  M.  Cuvier  dans  scs  os  fossiles;  admettant  les  preuves 
deja  exposeei  par  Guldcnstsedt  (iVoi'.  comm.  Petrop.  ,  t.  20), 
sur  la  descendance  des  chiens  domestiques  ,  relatlvement  au  cha- 
cal  ;  maisconsiderant  (ju'il  est  impossible  de  deriver  du  cliacal,  ni 
cps  chiens  qui  existaient  avant  la  decouverte  dans  les  deux  Ame- 
riques  etaux  Antilles  ,  ni  le  chien  Papou ,  les  chiens  eskimaux  lai- 
neux,  etc.  ;  que  Buffon  a  lui-meme  (Supp.  7.)  prouve  la  fe- 
condite  des  alliances  du  chien  domestique  avec  le  loup,  que  par 
consequent  le  sang  du  loup  a  du  former  beaucoup  de  nos  grandes 
races;  que  celui  du  renard  y  est  aussi  melange,  comme  le  savait 
deja  Arislote;  qu'ainsi,  y  compris  le  chacal ,  voila  trois  especes 
sauvages  en  Europe  et  dans  I'ouest  de  I'Asie,  qui  out  contribue 
a  former  des  races  de  cliiens  domestiques  : 

M.  Desmoulins  en  conclut,  que  les  varietes  si  nombreuses  de 
chiens  domestiques  doivent  etre  rapportees  chacunedans  sa  con- 
tree  a  diverses  especes  sauvages;  que  neanmoins  les  emigrations  a 
la  suite  de  I'homme,  dechacunedeces  especes  de  chiens  devenus 
domestiques, auront  amenedescroisemensd'une  espece  domesti- 
que a  I'autre,  et  des  races  qui  en  etaienl  resultees,  tantot  avec  une 
autre,  tan  tot  avec  une  ou  plusleurs  des  especes  sauvages.  Or,  Ton  voit 
que  la  combinaisondes  5  especes  sauvages  indiquees,avectoules 
les  races  domestiques,  pent  facilement  donner  encore  plus  de 
races  dislincles  que  les  cinquanle  ou  soixante  aujourd'hui  connues. 

II  n'est  plus  done  possible,  ni  logique  d'admettre  une  espece 
primitive  unique  de  chien,  et  actueliement  aneanlie,  d'ou  seraient 
sorlis,  en  se  transformant  par  la  seule  influence  des  climats  el 
de  la  domeslicite ,  tous  les  cliiens  domestiques  connus. 

3'.  Patrie  du  chameau  a  une  basse,  et  epoque  de  son  introduc- 
tion en  Afriquc, 
Dans  le  memoirc  qu'il  a  lu  a  I'Acad.  dts  inscrip.  ct  bel.-let.  dc 
I'institnt,  M.  Desmoulins  a  demontre  que,  des  la  plus  haute  an- 
tiquile  ,  le  chameau  a  une  bos^e  nc  ce.ssa  d'elre  rmphive  au  ser- 


8o  Zoologie. 

■vice  domestique  et  mllitaire  des  peuples  asiatiques ;  que  depuis 
Hcrodote  tous  les  ecrivains  grecs  et  latins,  dans  leurs  recits  sur 
I'Afrique  a  I'occasion  des  guerres  on  des  voyages  dont  ils  font 
I'histoire,  des  descriptions  geograpliiques  ou  pliysiques  qu'ils 
donnent  de  cette  contree  ,  des  raretes  et  singularites  nalurelles 
qu'iis  lui  atti'ibiicnt ,  enfin  des  enumerations  qu'ils  font  de  ses 
animaux,  ne  iiomnient  pas  une  seule  fols  le  chamcau,  lors  meme 
que  la  mention  de  cet  animal  dcvenait  une  necessite  dc  leur  su- 
jet,  s'il  eut  existe  alors  sur  le  continent;  qu'au  contraire  tous  en 
parlent  meme  incidemment  et  a  plus  forte  raison  dans  le  cas  de 
la  necessite  du  snjet ,  lorsqu'il  s'agit ,  sous  tous  les  rapports  pre- 
cites,  dc  I'Asie  ou  de  I'Arabie;  qu'aucun  autre  monument  egyp- 
tien  que  le  ISIemnonium  n'en  presente  de  figure,  et  que  dans  ce 
cas  unique  le  chameau  appartient ,  d'apres  tous  les  indices  du 
sujet  represente  ,  a  I'Asie  orientale  ;  qua  la  veritc,  depuis  Pli- 
ne  jusqu'a  Ammien  IMarcellin  ,  les  tribus  Arabes  qui  occu- 
pent  la  bande  de  I'Egypte  entre  la  chaine  du  Moqattam  et  la 
raer  Rouge  possederent  toujours  des  chameaux;  mais  que  ces 
Arabes  furent  toujours  contenus  a  I'Est  du  Nil  jusqu'a  la  deca- 
dence de  rcmplre;  que  les  chameaux  ne  se  montrerent  pour  la  ' 
premiere  fois  a  I'ouest  du  Nil  qu'au  temps  de  Justinicn  ,  lors  de 
la  revolte  des  Vandales  et  des  Maures  apres  le  depart  de  Belisaire 
pour  aller  reconquerir  I'ltalie  ;  que  c'est  dans  I'intervalle  des 
deux  sleclcs  precedens  que  les  chameaux  se  sont  propages  et 
multiplies  dans  le  Saiiara  a  mesure  que  les  tribus  arabes  ,  ces- 
sant  d'etre  coiitenues  par  les  forces  militaires  de  I'empire,  s'y 
debordaient  ;  que  la  rapidite  de  leur  multiplication  n'a  rien  d'e- 
tonnant  en  la  comparant  a  celle  des  chevaux  et  des  boeufs  deve- 
nus  sauvages  dans  les  Llanos  de  I'Apure  et  les  Pampas  de  Bue- 
nos-Ayres  pendant  une  periode  plus  courte  ;  que  le  chameau  a 
une  bosse  existait  encore  a  I'elat  sauvage  en  Arabic  au  temps 
d'Artemidore,  et  qu'a  cette  meme  epoque  le  cliamcau  a  deux 
bosses  (Dityles  des  (irecs),  existait  aussi  en  Arabic. 

125.H1STOIRE    NATURFLLE  DE    l'IsATIS  ,  DU  ChACAL    DU    CaUCASE 

ET  DU  CousAC;  par  le  D^.  Tilesius  ,  avec  3  pi.  (  Noi'a  acta 
physio-medic.  Acad.  Nat.  Cur.  Bonnse  1828  ;  torn.  1 1 ,  2''.  part, 
pag.  375.  ) 

M.  Tilesius  donne  dans  cet  ouvrage  I'histoire  naturelle  de  I'l- 
satis  [Oinis  In^npuUis  ,  Linn.) ,  du  Cliacal  du  Caucase  et  du  Cor- 


Zoohgie.  §j 

sac  (Canis  Corsac  ,  Pall.).  II  entre  dans  de  tres-grands  details  sur 
les  noms  differens  que  portent  ces  animaux  chez  les  tribus  nom- 
breuses  qui  hubitent  la  Siberia  et  les  environs  de  la  mer  Cas- 
pienne ;  sur  les  contrees  qu'ils  habitent,  leurs  changemens  de 
pelage ,  la  maniere  dont  on  les  chasse  ,  le  commerce  de  pellelerie 
dont  leurs  differentes  varietes  sont  robjet,  et  sur  les  mceurs 
ainsi  que  le  caractere  qui  sont  propres  a  chacun  d'eux.  On  con- 
naissait  dcja  par  ce  qu'en  avaient  dit  Pallas,  Linne,  Steller 
et  surtout  Gmelin  le  jeune,  I'existence  de  I'lsatis ,  sa  hardiesse 
son  penchant  a  la  rapine ,  sa  ruse ,  et  son  organisation,  Cepen- 
dant  M.  Tilesius  ajoute  encore  d'interessans  details  a  ceux  qui 
nous  avaient  ete  donnes  par  ses  illustres  predecesseurs ;  et  il  dit 
quelques  mots  du  Raragan  de  Pallas  pour  le  faire  distinguer  de 
risatis.  II  est  a  regretter  qu'il  ne  se  soit  pas  etendu  davantage 
sur  cet  animal  si  peu  connu  qu'il  n'a  pu  etre  encore  admis  dans 
les  catalogues  niethodiques. 

Tout  ce  qu'il  rapporte  du  Chacal  du  Caucase  doit  avoir  aussi 
beaucoup  d'importance  pour  les  naturalistes.  II  croit ,  ainsi  que 
I'iillas  et  Guldenstsedt ,  que  cet  animal  est  lu  souche  du  Chien 
domestique ;  il  serait  intcressant  de  savoir  jusqu'a  quel  point  ce 
Chacal  ressemble  a  celui  de  I'lnde,  qui ,  comme  on  sait  est  dif- 
ferent de  celui  du  Senegal.  Tout  ce  que  rapporte  M.  Tilesius 
donne  lieu  de  penser  qu'il  en  differe  aussi ,  et  il  est  en  effet  bien 
vraisemblable  qu'on  a  reuni  sous  le  nom  de  Canis  aureus  plu- 
sieurs  especes  de  Chiens. 

Ce  qu'il  nous  apprend  du  Corsac ,  d'apres  lui  et  d'apres  Habit- 
zel ,  ajoute  aussi  beaucoup  au  peu  qu'on  en  connaissait ,  quoique 
plusieurs  de  ses  assertions  soient  de  nature  a  faire  naitre  des 
doutes.  L'on  pent  dire  en  un  mot  qua  plusieurs  egards,  les  trois 
animaux  dont  il  donne  I'histoire  sont  a  present  aussi  connus  que 
les  plus  comrauns  de  nos  contrees. 

II  est  toutefois  facheux  que  ce  savant  observateur  ne  soit  pas 
entre  dans  plus  de  details  sur  les  formes  singulieres  de  la  tete  des 
Isatis,  et  ne  nous  ait  pas  appris  s'il  existe  quelque  difference  en- 
tre le  systeme  de  dentition  de  ces  animaux  et  celui  des  autres 
especes  du  genre  auquel  on  le  rapporte  ot  dont  il  semble  s'ecar- 
ter  un  peu.  II  aurait  egalement  pu  nous  apprendre  si  les  Isntis  et 
les  Corsacs  avaient  une  pupille  ronde  semblable  a  celle  des  Chiens, 
ou  une  pupille  allongee  comme  celle  des  Renards;  par-la,  nous 
saurions  s'ils  sont  des  animaux  dlurnes  ou  nocturnes  et  auquel 
B.   TOMK  1.  0 


8  2  Zoologie. 

des  deuK  groupes  que  forment  les  especes  du  genre  Canis,  ils  ap- 
partiennent;  car,  pour  son  Chacal,  les  analogies  qu'il  montre 
avec  celui  de  I'lnde  ct  celui  ilu  Senegal,  permettent  de  presu- 
mer  qu'll  appartient  au  groupe  des  Chiens  diurnes. 

En  termlnant  son  travail  M.  Tilesius  nous  apprend  encore 
I'existence  en  Russle  du  Renard  comiuun  (  Canis  Fulpes)  ,  du 
Renard  charbonnier  [Canis  Alopex,  Linn.),  et  d'un  Renard  noir 
qu'd  croit  etre  le  Canis  Lycaon,  Linn. ,  mais  qui  pourralt  etre, 
comme  le  pensait  Pallas,  una  variete  du  Renard  comniun,  ou,  ce 
qui  est  encore  plus  vraisemblablc  ,  une  espece  parliculiere. 

Je  ne  dois  pas  negliger,  en  terminant  cet  article,  de  rappeler 
avec  I'editeur  de  ces  memoires  que  c'est  a  M.  de  Denildoff  qu'on 
doit  presque  tout  ce  qui  etait  connu  jusqu'a  present  sur  le  Cor- 
sac ,  ct  que  la  figure  que  donne  Buffon  sous  le  nom  d'Isatis, 
(  Supp. ,  torn.  3,  pi.  17  )  est  celle  d'un  Corsac.  En  effet,  M.  de 
Demidoff  la  lui  avait  envoyee  sous  ce  nom  par  rintermediaire 
de  Collinson,  et  o'est  par  erreur  qu'd  crut  y  reconnaitre  celle 
d'un  Isatis.  F.  C. 

126.  Figures  de  quadhupkdes  carnassiers.  Un  habile  gra- 
■veur  anglais,  M.  Thomas  Landseer ,  a  public  20  j)lanches  d'ani- 
maux  feroces,  d'apres  Rubens,  Riedinger  et  autres  grands  mai- 
tres,  acconipagnees  d'un  texle  descriptif.  Voici  le  tilre  de  cet 
ouvrage  :  Twenty  engravings  of  (ions  ,  tigers  ,  panthers  and  leo- 
pards.he  journal  hollandais  Letterbode  de  Harlem  (sept.  i8a3), 
en  annoncant  cet  ouvrage  dont  il  n'indique  pas  le  prix,  cite 
entre  autres  avec  eloge  la  planche  3*^.  representant  des  lions  d'a- 
pres Rubens;  la  6<".  representant  un  combat  d'animaux  d'apres  le 
dessin  de  M.  Landseer  lui-nieme;  enfin  la  ic. ,  ou  Ton  voit  un 
tigre  fcmelle,  dessin^  d'apres  nature.  C.  M. 

127  Sur  l'anatomie  de  i/ORNiTHORyNCHUs  paradoxus;  par  le 
D'.  Knox. 

II  a  ete  adresse,  depuis  quelques  mois ,  qualre  memoires  sur 
la  structure  anatomique  de  VOruithorynr/ius  paradoxus ,  au  se- 
cretaire de  la  Soriete  fFerncriennc-,  avec  des  dessins  representant 
I'cperon,  la  glande  qui  secrete  le  venin,  la  situation  des  visceres 
de  I'abdonien,  les  organes  de  la  generation,  etc.,  etc. 

La  Societc  doit  publier  ces  memoires  dans  le  volume  prochain 
de  ses  Transactions.  On  a  cru,  en  attendant  cette  publication, 
qu'il  serait  agreable  au  public  d'avoir  un  aper9U  des  dccou- 


Zoologie.  83 

vertes  les  plus  importantes  du  D^  Knox.  L'exemplaire  de  I'Orni- 
tliorliynque  qui  a  servi  a  ces  descriptions  avail  etc  envoye  par 
le  goiiverneur  general  de  la  Nouvelle-Galles  du  sad,  Sir  Tho- 
mas Brisbane,  au  Musee  de  I'universite  d'Edinbourg,  et  M.  le 
professeur  Jameson  le  donna  a  M.  Knox  pour  le  dissequer. 
La  plu])art  des  organes  sont  conserves,  et  le  squelette  de 
ranimal  se  trouve  dans  ce  musee.  Le  premier  inemoire  con- 
cerne  /es  Organes  sensoriaux  et  V anatomie  de  la  glande 
et  de  I'dperon.  L'auteur  fait  observer  que  rOrnilliorliynque 
a  ete  examine  deja  par  plusieurs  anatoniistes  anglais,  fran- 
cais  et  allemands;  que  la  plus  grnnde  partie  de  ce  qui  a  ete 
public  sur  les  organes  exterieurs,  les  dents,  les  muscles  de  la 
deglutition  ,  etait  tres-exacte  ;  mais  que  d'autres  parties  de  I'ani- 
mal ,  par  exemple  les  os,  etaient  traltees  superficiellement,  tandis 
que  le  systeme  nerveux  avait  ete  entierement  neglige;  que  d'au- 
tres organes  ou  connexions  d'organes,  par  exemple  la  glande 
qui  secrete  le  venin  et  I'eperon,  n'avaient  pas  du  tout  etc  com- 
pris ,  et  que  les  erreurs  les  plus  grandes  regnaient  sur  ces  par- 
ties. Le  Dr.  Knox  attribue  ces  erreurs  a  I'etat  de  mutilation  oil 
se  sont  trouves  proljablement  les  exemplaires  soumis  a  la  dis- 
section. L'auteur  a  etudie  et  decrit  les  Organes  des  sens  autant 
'pi'il  lui  a  ete  possible  de  le  faire  sans  detruire  le  squelette  qu'il 
lillait  conserver.  Les  tegumens  generaux  sont  I'orts  et  solides. 
Les  polls  dont  I'animal  est  couvert  sont  de  deux  especes,  les  uns 
sont  fins  et  soyeux,  les  autres  forts,  et  ressemblent  plus  a  des 
soies  qu'a  des  polls.  Ces  derniers  se  trouvent  surtout  sur  la 
queue  de  I'animal  qu'on  peut  comparer  a  celle  d'un  caslor; 
ils  etablissent  ainsi  une  sorte  de  rcssemblance  entre  les  Ornitlio- 
rhynques  et  les  Ecliidnes.  La  force  et  le  deveJoppement  du  pa- 
niculc  cliarnu  ajoutent  encore  a  cette  analogic.  Le  bee ,  cette  par- 
ticulariteremarquable  de  rOrnithorhynque,  est  considere  comme 
un  organe  du  toucher,  au  moyen  duquel  I'animal  cherche  sa 
nourriturc.  Le  grand  nombre  de  nerfs  qui  s'y  rendent,  prove- 
nant  de  la  cinquieme  paire,  est  etonnant.  L'auteur  clierche  a 
elablir,  ct  avec  vraisemblance,  que  ce  n'est  pas  un  organe  du 
gout.  Les  rcplis  latcraux  de  la  peau  du  bee  n'augmenlent  pas 
autant  qu'on  le  croyait  I'etendue  de  la  surface  sensible. 

Ce  memoire  conlicnt  surtout  beaucoup  de  details  sur  I'organe 
de  I'ouie.  II  parait  que  I'animal  ne  manque  pas  tout-a-fait  d'o- 
reille  externc,  comn)e  quelques  anatoniistes  I'avaient  dif;  mais 


84  Zoolnpe. 

que  I'expansion  cartllagiiieuse  du  conduit  niulitif  externc,  qui 
forme  uue  veritable  conque,  se  tiouve  immedialement  sous  les 
ti'gumens  g(5ndr;iux ,  et  est  si  larhemcnt  unic  a  ceux-ci,  qu'elle 
est  capable  de  produire  des  naouvemens  considerables  a  I'aidc 
de  muscles  qu'y  envoie  le  panicnle  charnu.  La  cavite  du  tyni- 
pan  est  decrite  tres-exactement :  Tc'trier  ressemblc  parfaitemenf 
a  I'os  analogue  chez  les  oiseaux ,  inais  le  marteau  a  une  certaine 
analogic  avec  le  meme  os  de  certains  mamraiferes. 

L'enclume  n'cxiste  qu'a  son  etat  rudimentaire  ,  c'est-a-dire 
qu'elle  n'est  pas  complete,  mais  seulemcnt  distincte.  II  resulte  de 
ces  faits  que  I'analogie  qu'on  avail  admise  entre  cet  animal  et  les 
oiseaux,  ou  les  reptiles,  n'est  pas  aussi  grande  qu'on  le  croyait. 
iVous  ferons  voir  tout  a  I'heure  que  les  autres  dc^tails  anatomi- 
ques  contribuent  aussi  considerablement  a  annihiler  ces  passages 
admis,  et  a  ramencr  rOrnithorhynque  male  aux  caracteres  des 
mammiferes. 

Rien  n'est  anssi  singulier  dans  I'aiiatomie  de  TOrnithorhynque 
paradoxal,  que  la  structure  de  la  glandc  qui  secrete  levenin,  etque 
I'eperon;  ces  organes,  qui  n'etaient  pas  bien  connns,  out  ete  (!'tu- 
dies  avec  soin  par  M.  Knox.  li  a  demontre  qu'il  etait  facile  de  les 
dissequer. 

La  glande  a  venin,  qui  est  grande,  est  situee  presqu'iramedia- 
tement  sous  les  tegumeiis  et  pres  de  I'articulation  de  la  cuisse 
avec  le  bassin;  il  en  part  un  canal  qui  descend  derriere  la  cuisse 
et  la  jainbe,  pourse  terminer  dausun  petit  sac,  sitne  dans  la  pro- 
fondeur  de  I'excavation  du  pied.  De  ce  sac  part  un  autre  canal  mem- 
braneux  qui  va  presque  dansl'eperon,  et  m^nie  jusqu'a  sa  pointe 
qui  est  ouverte,  pour  laisser  passer  le  fluide  venimeux  seciete 
par  la  glande,  et  le  verser  dans  les  plaics  que  I'Ornithorhynque 
fait  a  d'autres  animaux.  Toute  cette  serie  d'organis  ressemble  a 
I'appareil  venimeux  et  particulier  aux  dents  de  quelques  ophi- 
diens.  La  glande  a  venin  a  pres  d'un  pouce  de  long  sur-i-  pouce 
de  large.  C'est  une  glandc  conglomeree,  c'est-a-dire  qu'elle  est 
composeedc  plusicurs  petitesglandesquisontsilueesdans  un  tissu 
d'une  texture  diflerente,  sans  doute  dans  dii  tissu  cellulaire. 
Eile  est  situee  en  long  par  rapport  au  racliis;  elle  recouvre  plu- 
sicurs muscles  rotateurs  de  la  cuisse,  \e paniculc  charnu  et  une 
petite  quantite  de  tissu  cellulaire  lache,  recouvrant  I'os  inno- 
mine,  et  I'articulation  coxale.  Le  meinoire  est  accompagne  d'un 
excellent  dessin  de  RL  Lizar. 


Zoologie.  85 

Le  deuxieiiie  meinoire  renfcrine  dcs  observations  sur  les  oi- 
gancs  digestif's  et  leurs  ;ippendices  ,  ainsi  que  sur  les  organes  de 
la  respiration  et  sur  la  circulation.  L'auteur  Irouve  la  description 
de  ces  parties  donnee  par  d'autres  anatomistes,  surtout  par 
M.  Cuvier ,  si  exacte ,  qu'il  regarde  comma  tres-difficile,  et  mt- 
me  corame  impossible  d'y  ajouter  quelque  chose  de  nouveau.  II 
croit  qu'on  a  perdu  de  vue  jusqu'ici  certains  rudimens  de  dents 
molaires,  qui  sont  situes  au  devantde  celles  qu'on  connait.  I!  croit 
avoir  decouvert  une  petite  glande  parotide,  qui  communique- 
rait  immediatement  avec  les  sacs  des  joues;  les  glandes  sous- 
maxillaires  sont  tres-distinctes ,  et  leur  canal  excreteur  qui  s'ou- 
vre  immediatement  sous  la  langue,  est  facile  a  injecter  avec  du 
mercure.  Toutes  ces  glandes  salivaires  sont  volumineuses. 

L'anatomie  des  autres  organes  offre  une  analogic  decidee  avec 
la  structure  des  ma  mm  iferes.  Le  coeur  pre>>ente  peut-etre  quielque 
chose  du  caractere  ornithologique;  les  valvules,  qui  sont  sifiiees 
a  I'entrce  de  la  veine  cave  dans  I'oreillette  droile  ,  paraissenf  etre 
musculeuses  dans  leur  plus  grandeetendue,  et  la  valvule  auriculo- 
ventriculairc  droite  est  plutot  musculeuse  que  simplement  mem- 
braneuse. 

Le  troisieme  memoire  est  une  description  detaillee  des  orga- 
nes de  la  generation.  Apres  la  glande  qui  secrete  le  venin  et 
leper^n ,  ce  sont  les  organes  de  la  generation  sur  lesquels  les 
anatomistes  ont  emis  les  opinions  les  plus  divergentes  et  souvent 
les  plus  erfonees.  M.  Knox  a  demontre  i'existence  d'un  canal  ex- 
creteur du  sperme,  separe  de  I'uretre  proprement  dit ;  le  sperme, 
apres  avoir  ete  verse  dans  i'uretre  par  les  vaisseaux  deferens, 
est  transmis  de  la,  par  une  petite  ouverture  arrondie,  dans 
une  cavite  oil  se  terminent  les  canaux  excreteurs  des  glandes  de 
Cowper,  et  de  cette  cavite  commune  part  le  veritable  canal  semi-^ 
nal,  qui  est  sitiie  dans  I'epaisseur  du  coips  du  penis  et  sc  termine 
en  avant  par  huit  maminelons  coniques ,  pourvus  d'ouvertures. 
La  plupart  decesfaits  avaient  eteindiqu(5sparsir  Everhard  Home, 
dans  les  Philosophical  Transactions,  maisils  avaientete  negliges 
par  les  anatomistes  du  continent.  Nous  voyons  done  qu'ime  seule 
dissection  exacte  renverse  toutes  les  speculations,  qui  etaient 
nees  de  I'admission  des  particulariles  des  organes  de  la  genera- 
tion; partlcularites  qu'on  regardaient  comme  suffisantes  pour 
placer  rOrnithorhynque  parnni  des  animaux  d'liiie  structttre  cn- 
licrement  o])posec. 


86  Zoo  logic. 

Le  quatrleme  memoiie,  qui  a  pour  objet  les  systeraes  osseux, 
musculaire  et  nerveux,  contleiit  des  rechcrclies  tlotuillecs  sur  le 
caractere  dcs  os  qui  forment  I'c'paule  et  le  sternum  ,  pour  Icsquels 
I'auteur  n'a  pas  jju  trouvcr  les  analogues  chez  les  inaniuiiferes. 
C'est  en  cela  que  la  structure  de  rOrnitliorhyuque  [)reseute  le  plus 
d'anoinalies  et  se  rapproche  le  plus  de  la  structure  des  reptiles. 
Le  systerae  nerveux  est  represente  coinmc  absolurneiit  seniblable 
a  cclui  des  nianimiJeres,  de  maniei'e  que  les  analogies  d'apres 
lesquelles  on  cherchalt  a  rapprocher  rOrnltliorbynque  des  oi- 
seaux,  se  niontrent  absolument  forcees  et  inexactes.  L'auteur  n'a 
pas  encore  eu  loccusion  de  dissequer  un  Ornithorhynque  femelle. 

Brkschkt. 

J  1^8.  Sur  l'etat  actuel  dk  nos  connaissancks  relativeinent  a 
rornilhologie  du  Groenland  ;  par  le  prof.  Reinuardt.  (  Tid- 
shriftfor  nat.  vidensk.  Copenhague ;  iSaS  ;  N'\  7,  p.  52.) 
L'auteur  de  cet  article  commence  par  enumerer  les  cin- 
quante  especes  d'oiseaux  indiquees  par  Otto  Fabricius,  dans  sa 
Fauna  Groiinlandica,  en  ecartant  les  doubles  emplois  occasiones 
par  I'age  et  le  sexe,  et  en  ajoutant  les  noms  adoptes  posterieu- 
rement.  II  decrit  ensuite  les  especes  decouvertcs  dans  le  nieme 
pays,  depiiis  la  publication  de  cet  ouvrage,  au  nonibre  de  dix  en- 
TJroii ,  et  discute  les  especes  indiquees  par  le  (-ayrtr  Sabine^  dans  C^^ 
les  Trans.  Liim.  II  termiue  cet  article  par  des  considerations  re- 
latives a  la  zoologie  gcogiapliique.  Les  oiseaux  de  I'lslande  out 
en  general  beaucoup  de  rapport  avec  ceux  du  Groenland  ,  niais 
cette  ile  en  a  87  especes,  et  le  Groealand  n'en  a  qu'euviron  (io. 
La  plus  grande  difference  qu'il  y  ait,  sur  ce  point ,  cntre  ccs  deux 
pays,  vient  de  ce  que  I'lslande  n'offre  point  de  forjncs  propre- 
metit  americaines ,  tandis  que,  dans  le  Groenland,  la  nature 
parlicipe  de  TAmerique  €t  de  I'Europe. 

Un  fait  remarquable,  c'est  (jue,  quelques  oiseaux  qui  s'elevent 
fort  au  nord  en  Europe  et  en  Islande,  nc  se  trouvent  pas,  ou 
du  moins  n'ont  pas  encore  ete  trouves  au  Groenland.  Tcis  sont 
les  oiseaux  du  genre  Podiceps,  le  Cjc/iii.i  rnuxicus,  le  Tuidiis  ilia- 
cus,  et  beaucoup  d'especes  de  Canards.  I'anni  les  oiseaux  du  Groen- 
land propres  a  la  region  arclique  ,  c'est-a-dire  ,  dont  au  plus  un 
petit  nombre  d'individus  s'avancent  au  sud  jusque  vers  le  5^"  lat. 
N. ,  I'anteur  cite  les  especes  suivantes  :  I'^i/co  islnndicus ,  Slnx 
NjTtea,  Emberiza  lapponica,  Tctrao  Logo  pus,  Larus  rburncus. 


Zoologie.  87 

L.  leucopterusy  et  en  quelque  sorte  L.  glaucus  ;  Alcaimpennis , 
Uria  Briinnichii ,  Carlo  cristatus.  Anas  spectabilis,  A.  mollissi- 
ma ,  A.  glacialis,  A.  histrionica.  Outre  une  quarantaine  d'oiseaux, 
qui  sont  coinmuns  a  I'Euiope  et  a  TAraerique ,  le  Groenland  en  a 
qu'on  peut  regarder  comme  appaitenant  plus  particnlierement 
a  I'Europe ,  tels  que  les  Carbo  connoranus ,  C.  cristatus ,  Colym- 
bus  septentrionalis ,  Saxicola  OEnante,  Tringa  maritima ;  et 
d'autres  qui  sont  absolument  americains ,  savoir :  les  Falco  leuco- 
cephalus,  Strix  Asio,  une  espece  voisine  du  Sylvia  Troglodytes , 
Lurus  bicolor  et  Larus  Sabini,  peut-etre  aussi  I'Anas  hyper- 
borea.  C^  ]\I_ 

129.  Nouveau  recueil  de  planches  coloriees  d'ois«aux,  pour 
servir  de  suite  aux  planches  enluminees  de  Buffon  ,  par  MM. 
Temminck.  et  Laugier.  Prix  de  chaque  liv.,  ou  de  6  planches 
imprimees  en  coulcur,  i5  fr.  Paris  et  Amsterdam,  Dufour  et 
Ed.  D'Ocagne. 

Dans  I'un  des  derniers  cahiers  du  Bulletin  pour  iSaS,  nous 
avons  fait  connaitre  la  belle  entreprisede  MM.  Temminck  et  Lau- 
gier, et  donne  la  table  des  quatre  premieres  livraisons  qui  commen- 
cent  ce recueil,  lequel  n'a  eprouve  aucunc  interruption,  et  dont 
ch.iquemois  volt  exactement  paraitreune  livraison,  composee  de 
six  planches  et  d'environ  une  vingtaine  de  pages  de  texte. 

Les  especes  comprises  dans  les  onze  livraisons  que  nous  allons 
examiner,  sont  au  nombre  de  90  ,  savoir  : 

Dans  la  ¥«.  livraison  :  PI.  25.  Buse  roussatre  ,  Falco  rutilans. 
(Lichtenstein).  Du  Bresil.  --  PI.  2G.  Vautour  indou,  J'ultur 
indicus.  (Lath.)  De  I'lnde.  —  PI.  27.  Chouette  de  I'Oural ,  adulte  ; 
Strix  uralensis.  (Pallas.)  —  PI.  28.  Grimpart  proraerops  (i) , 
Dendrocolaptes  procurms.  (Temm.)  Du  Bresil.  —  Pi.  29.  Phile- 
don  grivele,  Meliphagn  inaculata.  (Temm.)  Nouvelle-Hollande. 
—  Philedon  reticulaire ,  Meliphaga  reticulata.  (Temm.)  Nou- 
velle-Hollande. —  PI.  3o.  Gobe-mouche  a  gorge  bleue,  male; 
Muscicapa  hyacinthina.  (  Temm. )  De  Timor.  —  Id.  ib.,  fe- 
melle ,  id.  ib. 

VI«.  livraison.  —  PI.  3i,  CatUarte  vautourin,  Cathartcs  vul- 
turinus.  (Temm.)  Nouvelle-Californie.  —  Pi.  32.  Aigle  a  queue 


(i)  C'est  le  PioHCiiIe  li  bee  recourbt:  ,  dont  MM.  Qtioy  vl  Gaiitiard  oiil 
rapportti  les  deux  indiviJiis  (jui  existent  an  Museum  de  Paris. 


S8  Zoologie. 

tSfag^e,  A<7/ro /«coj^«j.  (Cuvier.)  Wouvelle-Hollande.  —  PI.  33. 
A.\g\eboni:,FaUo pennatus.  (Lath.)  D'Europe. — PI. 'i/i.  Cliouette 
OCcipitjiJe,  Strix  occipitalis.  (Temm.)  Du  Senegal.  —  PI.  35. 
Caillenattee,  male  et  femelle;  Pen/ix  textilis.  (Temm.).  Du  Ben- 
gale.  —  PI.  36.  Tangaia  a  miroir,  mile  et  femelle;  Tanagra 
speculifera.  (Temm.)  — Tangara  vert-j.iunet,  male;  Tanagra  vi- 
ridis.iyieiW.)  A.Ta..  merid. 

Vile,  livraison.  —  PI.  37.  Caracara  noir,  adulte;  Falco  ater- 
rimus.  (Temm.)  Du  Bresil.  —  PI.  38.  Faucon  bidente,  adulte; 
Falco  bidentatus.  (Lath.)  Bresil  et  Guiane.  —  PI.  Sg.  Chouette 
Cabour6,  Strix pumila.  (Illiger.)  Paraguay  et  Bresil. —  PI.  40. 
Coracine  ignite,  Coracina  scuta ta  (Temm.)  Du  Bresil. —  PI.  41. 
BecasseauTemmine,jeune;  Tri/igaTemmiiicfiii.{he\i\{iT.)^\iTo\)t. 

—  Becasseau  albane,  enhiver;  Tringa  albescens.  (Temm.)  Ocea- 
nique.  —  PI.  42.  Tangara  a  plastron,  Tanagra  thoracina. 
(Temm.)  Perou  et  Bresil.  — Tangara  citrin,  male;  Tanagra  ci- 
trinella.  (Temm.)  Du  Bresil. 

yill«.  livraison.  —  PI.  43.  Autour  a  collier  roux,  male, 
adulte;  Falco  torquatus.  (Cuvier.)  Nouvelle-Hollande.  — PI.  44. 
Buse  ptilorliynque,  adulte;  Falco  ptilo?hynchus.  {Temni.')  Tie 
Java.  — PI.  45.  Faucon  cressellicolore ,  femelle  adulte,  Falco 
punctatus.  (Cuv.)  De  I'ile  de  France.  —  PI.  46.  Chouette  Mauge, 
Strix  Maugei.  (Temm.)  Des  Antilles. —  PI.  47.  Pluvitr  a  face 
noire,  male   adulte;   Charadrius  nigrifrons.  (Cuv.)   Oceanique. 

—  Pluvier  a  face  encadree ,  male  adulte;  Charadrius  ruficapillus , 
(Temm.)  Oceanique.  —  PI.  48.  Tangara  a  bandeau ,  male  ct 
femelle;  Tanagra  vittata.  (Temm.)  Du  Bresil. 

IX*.  livraison.  —  PI.  4g.  Aigle  oceanique,  adulte;  Falco  Icu- 
cogaster.  (Lath.)  De  la  Nouvelle-Hollande.  —  PI.  5o.  Hibou 
africain ,  adulte ;  Strix  nfricana.  (Temm.)  Du  cap  de  Bonne-Es- 
perancc.  —  PI.  5i.  Averano  Guira-punga,  male  adulte;  Casnia- 
rhjnchos  variegata.  (Temm.)  Bresil.  —  PI.  52.  Ganga  unibande  , 
male;  Pterocles  arenarius.  (Temm.)  Espagne  et  Russie.^ — PI.  53. 
Ganga  unibande  ,  femelle;  id.  (Temm.)  Td.,  ib.  —  PI.  54.  Manakiu 
rubis,  mile  et  femelle;  Pij^ra  strigilata.  (Neuwied.)  Du  Bresil. 

—  Manakin  a  t^te  rouge ,  Pipra  rubra  -  capilla.  (Brisson.) 
Guiane. 

X".  livraison.  —  PI.  55.  Caracara  Urubiiinga,  jeuue;  Falco 
Urubitinga.  (Lath.)  Bresil  et  Guiane.  —  PI.  56.  Buse  a  aiies  lon- 
^xmh,  jeune;  Falco  pterocles.  (Temm.)  Amerique    meridionale. 


Zoologie.  89 

— PJ.  57.Hiboiialiuppescourtes,A/7.ry/ir«/)AM/w5.(Sav.)Egypte. 

—  PI.  58.  Pie  Acaliee,  adulte;  Cb/T«*^{7e«f«i.(Illig.) Paraguay  et 
Bresil.  —  Pi.  Sg.  Pic  verl-clore,  male;  Picas  aurulentus.  (Illig.) 
Du  Bresil.  —  Pic  Mace,  male;  Picas  Macei.  (Cuv.)  Du  Ben- 
gale.  - —  PI.  60.  Tunix  Meiffren ,  male ;  Hennipodius  Meiffrenii. 
(Vieill.)  D'Afrique.  —  Turnix  combattant,  male;  Hemipodius 
pugnax.  (Viell.)  Java. 

XI^.  livrais.  — PI.  Ci.  Cymindis  a  bee  en  liamecon,  adulte; 
Falco  hamatus.  (  Illig. )  Bresil.  —  PI.  62.  Ilibou  a  gros  bee, 
adulte;  Strix  macrorhynchus.  (Temm.)  Amerique  sept. — PI.  63. 
Bruant  commandeur,  male;  Emberiza  gubernatrix.  (Temm.) 
Buenos-Ayres.  —  PI.  64.  Bruant  commandeur,  femelle  ;  idem. 
(  Temm.  )Ibid,  —  PI.  65.  Malure  galactote ;  Malurus  galactotcs, 
(  Temm.  )  Nouvelle-Hollande.  —  Malure  longibandes  ;  Malurus 
marginalis.  (Reinwardt.)  Java.  —  PI.  66.  Oiseau-mouche  Langs- 
dorff,  male;  Trochilus  Langsdorffi.  (Vieill.)  Du  Bresil.  —  Oi- 
seau-mouclie  Chalybe  ;  Trochilus  chaljbceus.  (Vieill.)  du  Bresil. 

—  Oiseau-mouclie  a  queue  singuliere,  male;  Trochilus  cnicu- 
rus.  (Vieill. )  Bresil  et  Trinite. 

Xlle,  livi-aison.  —  PI.  67.  Auiour  a  bee  sinueux ,  jeune; 
Falco  pen syh'anicus.  (Wilson.)  Ameriq.  sept.  —  PI.  68.  Chouelte 
brame ,  adulte;  Strix  brama.  (Temm.)  Inde  ,  Pondichery. — 
PI.  6().Calao  a  casque  sillonne,  adulte  ;  Buceros  sulcatus.  (Temm.) 
Arcliipel  des  Indes.  — PI.  70.  Drongo  azure,  male;  Edolius 
puellus.  (Reinwardt.)  De  Java.  —  PI.  71.  Turdoide  a  epaulettes 
rouges,  Tardus phoenicurus.  (Temm.)  Afrique.  —  PI.  72.  Grim- 
par  f'auvette,  Dendrocolaptes  sylviellus.  (Temm.)  Du  Bresil.  — 
Sittine  bibande,  Xenops  rutilus.  (Lichteinst.)  Du  Bresil.  —  Tor- 
chepot  voile,  Sitta  velata.  (Temm.)  De  Java. 

XlIP.  livraison.  —  PI.  73.  Autour  tyran,  adulte;  Falco  Tj- 
rannus.  (Neuw.)  Du  Bresil.  —  PI.  74.  Hibou  Retupa,  male; 
Strix  ceylonensis.  (Lath.)  Java  ,  Ceylan.  —  PI.  75.  Colin  Sonnini, 
male;  Perdix  Sonnini.  (Temm.)  De  la  Guiane.  —  PI.  76.  Br^ve 
thoracique,  male;  Sitta  thoracica.  (Temm.")  Guiane. — PI.  77. 
Pie-grieclie  a  casque,  male  et  femelle  ;  Z(7/?«m^//o«^?/^//.v.  (Lath.) 
Kouvelle-Hollande. — PI.  78.  Pardalote  pointille,  male  et  Icmclle; 
Pard(dotus  puiictatiis.  (Vieill.)  Nouveile-Hollande. 

XIV*.  livrais.  —  PI.  73.  Autour  a  calotte  noire  ,  adulte  ;  Falco 
atricaj)illus.  (Cuv.)  Amerique  merid.— PI.  80.  Hibou  Asio,  male, 
adnllc  ;  Strix  Asio  el  ncrvia.  (  Lath. )  Ameriq.  seplent.  —  PI.  S 1 


go  Zoologie. 

Perroquet  Kakatoe  rosalbin  ;  Psittacus  Cos.  (Kulil.)  Nouv.-Holl. 

—  PI.  82.  Caille  a  venire  perle ,  male,  Perdix  striata.  (Lath.) 
Madagascar.  —  PI.  8'J.  Hirondelle  longipenne  ,  Hinindo  longi- 
pennis.  (Reinw.)  Java.  —  Hirondelle  orientale  ,  Hirundo  Java- 
nica.  (Lath.)  Moluques  et  Java. — PI.  84-  Souimanga  along  bee, 
Nectarinia  Inngirostra.  (Reinv^^. )  Java. — Souimanga  modeste, 
Nectarinia  inornata.  (  Temm. )  INIoluques. 

XV".  livraison. — PI.  85.  Blilan  Riocour,  adulte  ;  Falco  Rio- 
courii.  (  Yieill.  )  Senegal.  —  PI.  86.  Autour  a  gros  bee,  jeune  ; 
Falco  i/ingnirostris  hor/iotintts.  Bresil.  —  PI.  87.  Autour  multi- 
raie,  male,  adulte;  Falco  striolatus.  (Temm.)  Guiane.  — PI.  88. 
Crinon  barbu,  male;  Criniger  barhatus.  ( Temm.)  Afrique. — 
PI.  89.  Barbu  souci-col,  male;  Bucco  arrnillaris.  (Temm.)  Java. 

—  Barbu  gorge-bleue,  male;  Bucco  gularis.  (Reinw.)  Java.  — 
PI.  go.  Pic  trapu,  male  et  femelle;  Picas  concretus.  (Reinw.) 
Java.  Q.-Y. 

l3o.    HiSTOIRE  NATDRELLE  DES    OISEAUX  DE  l'AlLEMAGNE   (nOUV. 

edit,  en  allcmand);  par  J.  A.Naumann;  publiee  par  livr.,  form, 
gr.  in-8,  av.  pi.  col.  Chez  Fleischer,  a  Leipsig. 
II  a  dtja  paru  ,  de  cet  ouvrage,  trois  parties  contenant  o3  pi., 
dont  le  prix  total  est  de  55  rixthalers ,  et  Ton  promet  que  I'ou- 
vrage  sera  prompteraent  termine.  Pour  en  faciliter  I'acquisilion, 
I'editeur  propose  de  le  diviser  enlivraisons  du  prix  de  2  a  4  rix- 
thalers, que  I'on  pourra  prendre  successivement.  (  Gazette,  litter, 
dlena,  sept.  i823.) 

i3i.  The  British  Warblers  ,  containing  six  beautifully  colou- 
red figures  of  the  most  interesting  birds  of  passage  ,  belonging 
to  the  genus  Sylvia;  by  R.  Sweet.  Prix,  7  sh.  6  d.  [^Bibl.  du 
Roy.  des  Pays-Bas  ,  n"^.  d'oct.  iSiS. ) 

Cerecueil,  de  6  pi.  cxecutees  avec  luxe ,  est  destine  a  reprcscnter 

les  oiseaux  chanteurs  de  la  Grande-Brctagne,  qui  sont  tous  de 

passage  ,  et  qui  appartiennent  au  genre  Syhia  de  Linn. 

i32.  Description  d'une  nouvelle  espece  de  Tortue  et  de  trois 

espcces  nouvelles  de  Scinques,  rapportces  par  MM.  Quoy  el 

Gaimaru  ;  raemoire  lu  a  la  Soc.  d'hist.  nat.  de  Paris ,  le  7  nov. 

1823,  par  M.  Gaimard,  memb.  corresp.  de  cette  Soc,  etc. 

Tortue  noire.    Testudo  californiana,  Qnoy  ct  Gaim.  —  Ca- 

ra.Lt.  esscn.  Testudo  loto  corpore   nigra;  testa  giibd. ;  scuieUis 


Zoologie.  oi 

dorsalibus  priori  posterloriqiie  elcvatis ;  loricce  cunctis  marginc 
striatis;  lateribus  suhcarinatis.  —  Dimensions.  Largeur  de  la 
carajjace,  i  pi.  3  lignes;  longueur,  i  pi.;  circonference,  i  pi. 
5  po.;  longueur  du  plastron,  9  po.  i  ligne;  largeur,  7  po.  3 
lignes.  — Fatrie.  La  Californie.  Cette  tortue  fut  donnoe  vivanle 
aux  lies  Sandwich  a  M.  de  Freycinet,  par  un  capitaine  americain. 

Scinque  jaune  et  noir.  Scincus  nigro-lutcas  ;  Quoy  et  Gaini. 
—  Caract.  essent.  Scincus  corpore  nigra  ,  luteo  iwicgato  ;  pedi- 
bus  a:qualibus ;  digitibus  illis  hominis  similibus ;  cniidn  tereti 
apice  obtusd.  —  Dimensions.  Longueur  du  bout  du  museau  a 
I'anus,  9  po. ;  longueur  de  la  queue,  5  po.  —  Patrie.  La  Nou- 
velle-Galles  du  sud,au  dela  des  montagnesBleues. 

Scinque  a  flancs  noirs.  Scincus  vittatus ,  Quoy  el  Gaim Car. 

essent.  Scincus  supra  fuscas,  subtiis  albus  ;  vittd  laterali  nigra; 
digito  posteriori  penultimo  longiore  ;  caudd  quadrangulatd , 
squammarum  duabus  seriebus  distinctd.  —  Dimensions.  Lon- 
gueur du  bout  du  museau  a  I'anus,  3  po.  2  lignes.  —  Patrie.  La 
Nouvellc-Galles  du  sud  ,  rade  de  Sydney. 

Scinque  a  queue  coroprimee.  Scincus  Compressicauda,  Quoy 
et  Gaim.— Caract.  essent.  Scincus  caudd  comprcssd,  corpore  hn- 
giore;  lined  subalbd  longitudinali,  supra  dorsum,  duabus  nio-fi- 
cantibus  comitatd.  —  Dimens.  Longueur  du  bout  du  museau  a 

I'anus  ,  3  po.  2  lignes;  longueur  de  la  queue ,  6  po.  9  lignes. 

Patrie.   La   Nouvelle-Galles  du  sud  ,    au-dela   des  niontagnes 


Bleues. 


Desm. 


l33.  SUR  nES  REPTILES  OBSERVES  A  LA  MENAGERIE  nEVlENNE;par 

M.FiTziNGER.(.^/rA.///r  Gesc/iic/it, etc.  Hcnne  ,iS7.'i,  n°.  Sg.) 
Get  etablissement  possedait   dernicreraent  un  grand  nombre 
de  reptiles  exotiques   vivans,  parnii  lesquels  on  cite   celui  que 
I'auteur    de   I'article  a  nomme    Caretta  virgata  (  Chelonia  vir- 
gata  de  Dumeril)  ,  venant  de  Saint-Domingue;  le  Testudo  /««/•- 
iv««/./ de  Schopf,  venant  d'Egypte;  le  Testudo  madagascarien- 
sis,   Commerson;  le  Testudo  Schweigeri  de  I'auteur,  la   plus 
grande  tortue  de  terre  que  I'on  connaisse  (apportee  du  Bresil); 
le  Crocodilus  acutus ,  amene  de  Saint-Domingue;  le  Crocodilus 
Sclerops  Schn.,  du  Bresil ;  le  Chamceleo  AJricanus  Laur.  d'Egypte. 
Mais  ce  qui  est  encore  plus  remarquable,  ce  sont  un  Boa  Ja- 
culus  et  unc  Fipera  cerastes  vivans  ,  venant  d'Egypte  ,  qui  ont 
sur  le  ecu  unc  longue  criniere  qu'ivec  un  pen  d'altenlion  on 


()2  ,  Zoologie. 

1  t'counail ;ubejnenl  pour  ^tie  arlifitielle. L'auteur  ditque  ces sortct 
tie  monstres  sont  I'ouvrage  de  quelques  cliarlatans  (^gyplieiis  qui 
grefl'eut  sur  la  tete  de  ces  serpens  ,  soil  des  dents  de  rats  ou  des 
doigts  d'oiseaux;  soil  des  epines,  soit  des  crins,  etc. ;  comme 
ailleurson  a  implante  des  andouillersde  chevreuils  sur  la  tete  des 
lievres ,  et  des  ergots  de  coq  a  la  place  de  la  crete  de  ces  oiseaux. 

Onmontrait  a  Vienne,  en  mai  1823,  trois  Crocodiles  vivans  de 
I'cspece  a  Lee  de  brochet  nonimee  Crocodilus  Lucius,  qui  se 
trouve  dans  le  Mississipi.  C.  M. 

i'34.  SoR  LE  COBRA  Coral  ou  Cobra  coraksdesBrasiliehs,  par 

Je  prince  Maximilien  de  Neuwied.   (^Noi\  Acta  Acad.  Cois. 

Leop.  Carol.  Nat.  Cur.;  to.  X.  ir".  part.  p.  106,  avec  i  pi. col.) 
•  M.  le  Prince  de  Neuwied  a  donne,  dans  ce  memoire,  un  echan- 
lillon  des  objels  nouveaux  et  curieux  rapportes  de  son  voyage 
au  Bresil,et  dont  il  publie  aujourd'hui  I'ensemble.  Ce  memoire 
renferme  la  description  de  4  especes  de  serpens  qui,  par  la  res- 
semblance  de  couleur  gencrale  d'un  beau  rouge  de  corail ,  sont 
appeles  au  Bresil  Couleiivre  Corail ,  Cobra  coral  ou  Cobra  coraes. 
Ces  4  especes  sont  10.  Elaps  corallinus ,  rapporte  avec  doufe , 
au  Coluber  fuhdus  de  Linne  ,  et  represenle  dans  une  belle  figure 
pi.  IV.  2°.  Elaps  Marcgravii ,  figure  depuis  dans  Abbild.  zur 
Naturg.  Brasiliens.  3«  livr.  (Voy.  le  torn.  4  du  Bulletin,  i82'3,  n<>. 
338.)  3".  Coluber  forinosus ,  et  40.  Coluber  venustissiriius ,  figu- 
res tous  deux  dans  I'ouvrage  cite.  (Voy.  tom.  3  du  Bulletin, 
1823,  n».  399.)  F. 

i35.  Description  d'un  squale  de  tres-grande  dimension  , 
pris  sur  la  cote  de  New-Jersey,  aux  ILtats-Unis,  par  M.  C.  A. 
Lesueiir  ,  avec  i  pi.  {Journ.  de  I' Acad,  des  Sc.  nat.  de  Phil. ; 
nov.  1822  ;  tom.  2  ,  n".  11.) 

En  1821 ,  plusieurs  poissons  de  cette  espece  furcnt  pris  sur  les 
cotes  des  Ktats-Unis  ,  et  montres  sous  le  nom  de  Leviathan,  et  de 
Serpent  de  mer  etcnnant , pourvu  de pieds ,  parce  qu'on  prenait 
pour  des  membres ,  les  appendices  des  organes  de  la  generation 
<jui  existent  dans  les  males. 

L'annee  suivante  on  a  peclie  un  de  ces  requins  dont  la  longueur 
lotale  du  corps  otuit  dc  3?.  pieds  10  ponces  anglais,  et  la  cir- 
confcrence,  dans  I'endroit  le  plus  gros,  de  i8  pieds.  On  reliia 
de  son  foie  seulement ,  qualie  barils  d'huile,  renfermant  cliacun 
3  a  galons. 


Zoologip.  c)3 

On  prepara  re  squale  pour  le  conservcr ,  mais  cette  operation 
mal  faite  le  deforma  visibleinent :  sa  longueur  etait  reduite  a  2a 
pieds ,  et  sa  circonference  a  9  plcds  7  pouces. 

M.  Lesueur  en  a  fait  une  description  assez  complete,  et  un 
dessin ;  mais  il  ne  dit  pas  si  ce  dessin  a  etc  pris  sur  Findividu 
frais  on  sur  le  mannequin  desseche. 

II  croit  devoir  en  former  une  espece  nouvelle  sous  le  nom  de 
Squale  Elephant,  Squalus  Elephas.  Cette  espece  doit  elre  rap- 
portee  a  la  division  des  squales  selaches  de  M.  Cuvier. 

M.  Lesueur  la  caracterise  ainsi :  dents  tres-petites  ,  nombreu- 
ses,  courbees ,  bicanaliculees  et  bifides;  celles  du  milieu  des  se- 
ries comprimees,  celles  des  extremites  de  ces  memes  series, 
presque  coniques  et  pointues ;  events  tres-petits ;  ouvertures 
branchiales  tres-larges,  I'anterieure  seulement  naissant  de  la  par- 
tie  superieure  du  cou ;  corps  fusiforme ,  plus  allonge  vers  la  queue 
que  celui  du  Squalus peregrinus  de  M.  de  Blainville;  couleur  de 
plonib ,  plus  foncee  sur  le  dos  que  sur  le  ventre  ;  seconde  dorsale 
a  peupresaussigrande  que  I'anale,  etplaceeplus  en  avant ;  queue 
longue  avec  une  carene  longitudinalesur  chaque  cote  de  sa  base. 

Par  les  proportions  de  son  corps  et  de  ses  nageoires,  ainsi  que 
par  la  position  de  celles-ci ,  ce  squale  a  les  plus  grands  rapports 
avec  le  Squalus  peregrinus  decrit  par  M.  de  Blainville  dans  les 
Annales  du  Museum,  tom.  18,  p.  88,  pi.  6;  et  s'il  y  a  quelques 
differences  entre  eux ,  elles  paraissent  consister  principalement 
dans  la  forme  des  dents  des  series  qui  garnissent  I'un  et  I'autre 
cote  des  machoires.  M.  de  Blainville  dit  que  toutes  les  dents  de 
son  squale,  sans  distinction  ,  etaient  coniques,  recourbees  en  ar- 
riere,  et  garnies  de  chaque  cote  d'une  petite  carene  finement 
dentelee.  M.  Lesueur  trouve  que  les  dents  intermediaires  de  cha- 
que cote  des  machoires,  sont  differentes  de  celles  des  extremi- 
tes, ainsi  que  nous  I'avons  rapporte  plus  haut.  Desm. 

i36.  K.ESUMK  DES  observations  de  M.  le  baron  Cuvier  sur 
LES  ESPECES  DE  Crocodiles  fossiles.  (Cette  note  terniine  le 
travail  de  M.  Cuvier,  lu  dans  la  seance  du  decembre  der- 
nier a  TAcadeaiie  des  sciences  de  I'Institut,  sur  les  osseraens 
fossiles  des  reptiles. ) 

On  volt  d'apres  les  observations  precedentes  que  si  les  Croco- 
diles encore  existans  sont  plus  nombreux  qu'on  ne  I'avait  cru , 
les  ospcces  fossiles  de  ce  genre  presentent  aussi  une  assez.  grande 


c)4  Zoologie. 

varietu ;  nous  pouvons  en  compter  au  moins  six  de  parfaitement 
distinctes,  et  qui  ne  different  pas  moins  des  crocodiles  vivans 
qn'cllcs  different  entrc  elles;  ce  sont  I'espece  de  Man/ieim  ,  les 
deux  de  HonJIeur  et  cclle  de  Caen,  qui  toutes  les  quatre  ap- 
parliennent  au  sous-genre  dcs  Gavials,  et  les  especes  de  Mont- 
mattre  et  A'Jrgentoii,  dont  le  sous-genre  parail  eire  piutot  cclui 
des  crocodiles. 

Si  nous  avions  eu  des  parlies  plus  considerables  dcs  squclettcs 
de  ce  £[enre  qui  se  sont  Irouvcs  a  Castelnaudary,  a  Miniet,  a 
Auteuil ;  si  nous  avions  pu  voir  et  comparer  les  morceaux  d'Al- 
torf^  et  ceux  de  Lombardie,  il  est  assez  probable  que  nous  au- 
rions  ete  dans  le  cas  de  determiner  encore  les  cnracleres  de  quel- 
que  espece.  Telles  qu'elles  sont,  nos  connaissances  sur  ce  genre  ne 
laissent  pas  que  d'avoir  un  grand  interet ,  puisqu'elles  nous 
prouvent  que  les  crocodiles  ont  subi  la  meme  loi  que  les  mam- 
miferes,  et  que  leurs  especes  n'ont  point  resiste  aux  catastrophes 
qui  ont  bouleverse  ia  croiite  exterieure  du  globe ;  mais  ce  qu'elles 
ont  surtout  de  bien  reniarquable ,  c'est  celte  verite  dont  nous 
apercevons  ici  le  premier  indice,  que  les  diveises  classes  d'a- 
riraaux  vertebres  ne  datent  pas  de  la  meme  epo(juc,  et  qtieles rep- 
tiles en  particulier  sont  de  beaucoup  antcrieurs  aux  mammiferes. 
Nous  avohs  fait  remarquer,  en  effet,  dans  les  parties  prece- 
dentcs  de  notre  ouvrage,  que  les  mammiferes  des  genres  les 
plus  connus  paraibsenl  avoir  peri  seulcraent  lors  de  la  derniere 
revolution  de  la  terrc;  que  leurs  debris  en  remplissent  encore 
les  couches  les  plus  superficielles;  que  plusicurs  d'entre  eux  y 
ont  encore  laisse  de  leurs  parties  molies;  qu'il  y  en  a  meme  que 
Ton  a  trouvcs  conserves  en  entier  par  la  glace  qui  les  a  saisis 
au  moment  meme  de  leur  destruction,  et  dont  ils  n'ont  jamais 
etc  debarrasses  depuis.  Si  Ton  remonte  plus  haul  dans  les  ages, 
ou,  en  d'autres  termes,  si  I'ou  veut  penclrer  plus  profondemenl 
dans  les  couches,  on  y  decouvre  des  mammiferes  moins  connus  , 
tels  que  les  Palseotheriums ,  les  Anoplothcriums  et  les  Lophiodons. 
Ils  appartiennent  a  des  couches  pierrcuscs  formecs  dans  I'cau 
<louce  ,  il  est  vrai;  mais  que  recouvrenl  d'autres  couches  egalc- 
ment  pierreuses  et  d'origine  evidemment  marine.  Avec  ccs  etres 
singuliers  se  trouvent  aussi  quelqucs  especes  des  genres  subsis- 
tans;  mais  leur  nombre  est  petit,  et  Ton  voit  qu'elles  sont  loin 
d'avoir  forme  le  caractere  de  la  population  animale  de  ces  epo- 
ques  rec  uleps. 


Zoologie.  ()5 

Av.-int  elles,  dans  le  calcaire  grossier  ou  a  cerites,  on  ne  trouve 
plus  que  dcs  mammiferes  maiins,  dauphins,  plioques,  laman- 
tins  et  autres  de  cette  nature;  et  au  dela  il  n'y  a  plus  do  vestiges 
de  quadrupedes ,  ou  du  nioins  il  n'y  en  a  plus  qui  soient  hors  de 
doute  quanta  leur  origine. 

Je  ne  regai'de  pas  comme  des  exrcptions  les  Anthracotlieriums 
et  autres  mammiferes  des  lignites,  iion  plus  que  ceux  des 
schistes  d'OEningen,  par  la  raison  que  je  suis  loin  d'avoir  arrete 
mes  idees  sur  la  position  de  ces  deux  genres  de  couches  ,  et  que 
j'ai  tout  lieu  de  croire  que  ces  schistes  et  plusieuis  des  couches 
de  lignites  ne  sont  pas  d'une  antiquite  aussi  grande  qu'on  le 
croit  communement.  Dans  tous  les  cas,  les  terrains  que  Ton  re- 
garde  comme  les  plus  anciens  des  tertiaires ,  seraient  les  pre- 
miers qui  auraient  envcloppo  des  rcstes  de  mammiferes ,  et ,  en 
supposant  exact  ce  que  Ton  dit  du  petit  nombre  de  lieux  ou  ils 
offrent  des  debris  de  ce  genre,  ils  feraient  seulement  adniettre 
une  revolution  de  plus,  c'est-a-dire  I'existence  de  terres  habitees 
par  des  mammiferes  avant  I'invasion  de  la  mer  dans  laquelle 
s'est  forme  le  calcaire  a  cerites. 

Quoi  qu'il  en  soit,les  Crocodiles  ne  donnent  lieu  a  aucun 
doule  de  cette  nature.  On  les  voit  paraitre  des  les  premiers  ter- 
rains secondaires.  Les  Monitors  des  schistes  cuivreux  les  prece- 
dent seuls  dans  le  temps  ;  mais  ils  se  montrent  immcdiatement 
apres,  dans  ce  lias  des  Anglais  ,  ce  banc  bleu  des  Normands  , 
ou  dans  cette  marne  calcaire  bleuatre  et  pyriteuse,  qui  a  tant 
d'analogie  avec  le  schiste  cuivreux.  Depuis  lors  jusqu'a  I'avant- 
derniere  epoque,  il  en  subsiste  toujours  quelques  especes,  et  en 
assez  grande  abondance.  A  ceux  des  divers  bancs  de  la  forma- 
tion du  Jura  succedent  ceux  de  la  craie.  II  y  en  a  au-dessus  de 
la  craie  dans  les  lignites  d'Auteuil  et  de  Mimet ,  et  dans  les  gres 
du  comte  de  Kent.  Au-dessus  du  calcaire  a  cerites,  il  s'en  troiive 
dans  la  marne  d'eau  douce  d'Argenton,  et  dans  les  gypses  a 
ossemens  des  environs  de  Paris.  Enfin  il  y  en  aurait  meme 
dans  les  couches  meubles  et  superficielles  ,  oil  sont  enfouis  tant 
de  cadavres  d'el<''phans  et  d'autres  grands  quadrupedes,  si  du 
moins  le  petit  nombre  de  fragmens  recueillis  a  Brentfort  n'y 
avaient  point  etc  apportes  d'ailleurs.  On  doit  avouer  neanmoins 
qu'ils  sont  exlrcmement  rares  dans  ces  derniers  depots;  je  n'eii 
ai  vu  ni  dans  ces  immenses  collections  d'os  de  toutes  tailles,  faites 
dans  le  val  d'Arno,  ni  dans  celles  d'Allemagne,  ni  daus  aucun  dc 


g6  Zoologie. 

rios  depots  de  France,  ce    qui   doit   paraitre  d'autant  plus  ex 
traordinaii'e  que  les  crocodiles  vivent  aujonrd'liui  dans  la  Zone 
Torride,  avec  les  elephans,  les  hippopotames  et  tous  les  autres 
genres  qui  ont  fourni  ces  os.  Cuvier. 

137.  M.  Webb  de  Stamford  a  pris  ,  pres  de  Eaton-Reck 
(Long-Island),  un  poisson  de  /(  pieds  i  pouce  de  longueur, 
5  pieds  1  pouccs  de  largeur,  i  pied  d'epaisscur  et  du  poids  de 
a6o  livres.Ce  poisson  a  ete  nomine  par  le  docteur  Mittchil,  Cepha- 
lus  ou  Hcad-fish. 
i38.  Genera  of  recent  and  fossils  shells.  Genres  des  coquilles 

vivantes  et  fossiles;  par  J.    D.   C.  Sowerby.  N^^   XVII  et 

XYIII.  ij^oj.  les  Bulletins  de  1823.) 

Le  1".  de  ces  deux  N''^  renferme  la  description  et  la  figure 
des  genres  et  especes  suivans :  Anomia  Ephippium ;  Corbula 
Nucleus  etgallica,  celle-ci  fossile.  M.  Sowerby  appelle,  a  pro- 
pos  de  ce  genre ,  I'attention  des  naturalistes  sur  le  Hfja  labiata 
de  Maton ,  coquille  du  Rio  de  la  Plata  et  sur  les  especes  fossiles 
de  la  formation  lacnslre  de  I'ile  de  Wight  qui  lui  ressemblent. 
II  croit  que  malgre  leurs  rapports  avec  les  Corbulcs  il  convien- 
dra  peut  etre  d'en  faire  un  genre  separe.  —  Ricinula  horrida, 
Lam.;  Moms  ,  digUata  et  var.;  arachnoides —  Trigo/iia  mai- 
garitacea.  Lam.  et  costata,  la  i'".  vivante,  coquille  tres-rare 
et  prccieuse,  la  1".  fossile.  —  Crcusia  gregarea,  N.  Sp.  Sow. 
Le  genre  Creusia  a  ete  etabli  par  le  D"'.  Leach  dans  le  Sitppl.  h 
I'Encyclop.  hritnnn.  II  fait  partic  des  Cirrhipedes  sessiles.  M.  So- 
werby nous  apprend  que  I'opercule  des  Creusia  a  4  valves  et  que 
le  Lepas  striata  de  Pennant  [Cr.  verrucca.  Lam.)  ne  doit  point 
faire  partie  de  ce  genre  qui  est  pourvu  d'une  base  en  forme  de 
calice  ou  de  tube  comme  le  suivant,  et  qui,  comm<i  lui,  habile 
dans  les  madrepores.  —  Pjrgoma ;  les  especes  de  ce  genre 
avaientservi  a  M.  Leach  a  en  etablir  quatre,  savoir:  Pjrgoma, 
Megatrema ,  Savigniurn  et  Adna.  M.  Sowerby  ne  croit  pas 
pouvoir  les  distinguer.  Leur  operculc  est  forme  de  deux  par- 
ties divisees  chacune  en  deux  valves.  M.  Sowerby  en  figure 
deux  especes,  le  P.  crenatum  {Savigniurn  crenatum.  Leach.),  el 
le  P.  anglicum  {Adna  anglica ,  Leach).  Nous  croyons  que  le 
genre  que  nous  avons  etabli  sous  le  noni  de  Boscie  ,  se  rapportc 
aux  Pyrgouies  de  M.  Sowerby.  ,  F. 


IMPRI1V1ERIE  DE  FAm,  PL/VCE  DE  L'ODEON. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


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GEOLOGIE. 

iSg.  4e.  Suite  du  Memoire  de  M.  Conybeare  sur  la  carte 
geologique  de  I'Europe.  (  Ann.  of  P/alos. ,  sept.  iSaS.  )  (  F. 
le  3«.  vol.  du  Bulletin  de  i8ii3,  p.  aSi.) 

Lacraie.  Cette  formation  s'etend  sur  un  vaste  espace,  puis- 
qu'elle  va  dcs  Lords  de  la  Tamise  a  ceux  du  Dniester,  etnieme, 
suivant  IcD'.  Clarke  ,  jusqu'h  ceux  du  Don.  On  pent  du  molns 
supposer,  par  analogic  ,  quelle  existedans  le  centre  de  I'Europe, 
quoiqu'eile  sederobe  a  I'observateur  dans  plusieurs  parties ,  etant 
recouverte  soil  par  des  terrains  de  sediment  plus  recens  (comme 
aux  environs  de  Paris),  soit  par  des  sables  et  autres  terrains 
quel'auteur  nomme  dilm'iens  (comme  dans  les  grandes  bruyo- 
res  du  nord  de  I'Alleniagne).  On  conuait  suHisamment  par  les 
cartes  geologiques  de  France  et  d'Angleterre  les  limites  du  bassin 
de  craie  dans  ces  deux  pays.  Sur  les  bords  do  la  Baltique,  cette 
substance,  sortant  dedessous  des  terrains  d'alluvion,  se  montre  a 
Tile  de  Moen,  voisine  de  celle  de  Seelande  en  Danemari.  et 
dans  le  sud  de  la  Scanie,  ainsi  que  dans  I'ile  de  Rugen  qui  tient 
a  la  Ponierauie.  Les  mineralogistes  allemands  nous  out  fait  con- 
naitre  I'existence  de  plusieurs  lambeaus  de  craie  chloritee  verda- 
tre,  en  Westphalle;  et  M.  Conybeare  a  reconnu,  tout  pres  du 
rocher  de  gyjjse  de  Lunebourg  ,  une  carrlere  qui  avail  echapjx; 
jusqu'alors  a  I'attention  des  observateurs,  et  oii  Ton  trouve  de 
veritable  craie,  avec  la  plupart  de  ses  fossiles  accoutumes  et  ses 
rognons  de  silex  en  bancs  alternalifs.  M.  Boue  cite  aussi  des  cou- 
ches appartenant  a  la  partie  inftirieure  de  cette  formation  entrc 
Goslar,  Halberstadt  et  Quedlinbourg,  ainsi  qu'a  Prentzlow.  L'Al- 
lemagne  meridionalc  parait  offrir  aussi  des  inarnes  cretacees  et 
de  la  craie  chloritee  ,  le  long  du  pied  drs  Aipes;  comme  il  y  en  a 
B.  Tome  I.  -^ 


q8  Geologic. 

nussi,  suivant  M.  Bone,   en  pliisieurs  enchoits  dii  h.issin  de  la 
Boheme,  et  mtme  dans  la  vallce  de  TElhe,  pivs  de  Drcsdc. 

La  craie  se  retrouve  en  Pologne,  oil  elle  forme  une  suite  de 
collines  paralleles  aux  Carpathes,  et  se  piolonge  par  Leraberg 
jusque  dans  la  Riissie.  M.  Beudant  en  a  marque  sur  sa  carte,  au 
.N.  du  Dniester ,  jusqu'au  N.-E.  de  Zaleszy/.y ;  et ,  si  I'on  en  croit 
M.  Strangways,  celte  localite  serait  la  seule  bien  constatee  en 
Russia;  ce  que  M.  Engelhanlt  appelledela  craie,  et  qui  serait  en 
Crimee,  etant  plutot  un  terrain  Icrtiairo.  II  est  a  desircr  que  ces 
points  soicnt  mieux  constates,  et  qn'on  nous  f'asse  connaitre  Ics 
limites  precises  du  bassin  de  craie  dans  I'E,  et  le  N.-E.  de 
TEurope. 

Hors  de  ce  grand  bassin  central,  la  craie  se  irouve  encore, 
lo.  en  Islande,  ou  elle  forme  la  base  des  basaltes  du  N.-E.  de 
celte  ilc,  et  contient  les  memes  fossiles  que  ceux  d'Angleterre; 
?.".  dans  le  S.-O.  de  la  France ;  3 '.  en  Espagne ,  pres  de  Ccrvera  , 
sur  la  route  de  Barcelone  a  Lerida,  du  moins  si  Ton  peut  comp- 
ter sur  les  descriptions  vagues  qu'on  en  a;  /,".  en  Italic,  ou,  sous 
le  nom  de  Sfii<^lia,  la  craie  couvre  rextremite  des  monfagnes  du 
Veronals.  ^'-  ^ '• 

l/,0.    ZUR    INTEIXEKTCVXI-TN    UWD    SUBSTANTIELLEN    MoRPHOLO- 

GiE.  Introduction  a  la  Morphologic  intellcctuclle  et  substan- 

tielle,  relativement  a  I'origine  et  a  la  formation  de  la  tcrre  ; 

par  W.  nE  Scniixz.    !>■'•.  livr.,  gr.  in-8.  Prix ,  i  th.  Leipzig; 

i8ai;   Brockhaus.  {Leipz.  Litt.  Zeit.,  imv.    iSaS,  p.  3o5 -^ 

/>/.,  p.  'ill) 

La  morphologic  est  I'etude  de  la  vie  comme  image  ;  elle  doit 
comprendre  non-seulcment  la  vie  dans  la  nature,  mais  encore  ce 
qui  se  passe  dans  I'esprit  par  rapport  a  la  creation  et  a  Toriginc 
du  "lobe.  Celte  espece  de  definition  obscure  du  titre  monire  deja 
asscz  que  c'est  une  dissertation  de  cctte  ecole  philosophique  de 
TAIlema^ne,  qui  se  plait  malheureusement  a  obscurcir  les  idees 
au  moyen  d'un  araaigamc  singulier  de  phrases  plus  baroques  les 
uncs  que  les  autres.  Comme  il  ne  reste  rien  a  I'esprit  apres  avoir 
luce  verbiage,  une  analyse  devient  non-seulement  inutile,  mais 
mcme  impossible;  d'ailleurs  Ic  recenseur  dc  la  gazette  n'y  trouve 
our  des  mots  vides  d'idces,  ct  n'cn  lone  que  I'imprcssion  et  le 
papier. 


Geologic.  99 

I  41,    ESSAI    sua    LA    CONSTITUTION  GEOGNOSTIQUE  TF.S  PYRENEES  ; 

par  J.  DE  Charpentier,  directeur  dcs  mines  du  canton  de 

Vaud ;  ouvrage  coiironne  par  rinstitut  royal  de  France ;  av. 

une  planche  et  une  carte  geognosiique  des  Pyrenees,  i  vol. 

in -8.  de  65o  p.  Prix  :  i3  fr.  Paris;  Levrault. 

L'auteur  a  divise  son  ouvrage  en  trois  parties.  II  consacre  la  pre- 
miere a  decrire  la  structure  physique  exterieure  des  Pyrenees.  II 
y  reunit  un  grand  nombre  d'observations  sur  la  chaine  en  gene- 
ral et  ses  dit'ferens  rameaux,  ses  vallees,  ses  principals  cimes  , 
leurs  "laciers,  etc.  II  i'ait  voir  cpje  la  direction  du  faite  de  la 
chaine,  quoiquc  partout  la  mcme,  n'est  pas  une  ligne  continue, 
mais  quelle  est  formeededeux  ligncs  paralleles  eritre  elles,  et  se 
joignant  par  une  ligne  coudee  vers  la  source  de  la  Garonne.  Si,  en. 
partant  de  la  Mediterranee ,  on  suit  la  ligne  de  faite  en  allant 
vers  I'ouest-nord-oucst ,  et  qu'on  prolonge  cette  ligne  jusqu'a 
rOcean,  apres  avoir  passe  la  Garonne,  ce  prolongement  se  trou- 
vera  assez  constamment  a  une  distance  de  16,000  toises ,  aunord- 
nord-est  de  la  ligne  de  faite,  de  la  partie  de  la  chaine  qui  conti- 
nue a  I'ouest  de  la  Garonne. 

L'auteur  ayant  verifielui-meme  tous  cos  documenssurla  struc- 
ture des  Pyrenees,  les  taracteres  de  structure  qu'il  attribue  aux 
Pyrenees  merlteront  sans  doute  la  confiance  des  geographes  et 
des  naturalistes. 

La  seconde  partie  a  pour  objet  de  donner  un  apcrcu  general 
de  la  constitution  minerale  des  Pyrenees  ;  et  la  troisieme  , 
une  description  detnillee  des  divers  terrains  que  l'auteur  y  a 
observes. 

Les  terrains  des  Pyrenees  se  rapportcnt  en  general  a  ceux  qui 
ont  etc  observes  ailleurs;  ilssont  disposes  par  bandes  paralleles  a 
la  direction  de  la  chaine;  la  stratification  y  presente  aussi  ,  du 
moins  en  general,  la  meme  direction  :  ce  qui  confirme  I'observa- 
tion  analogue  faite  dans  d'autres  montagnes.  Mais  un  fait  remar- 
quable  quepresentent  les  Pyrenees,  est  que  la  ligne  des  terrains 
les  plus  anciens ,  ou  des  granites ,  n'est  pas  la  ligne  du  faite ,  qui 
en  est  rarement  composee.  Cette  ligne,  ou,  coinme  on  I'a  dit,  cet 
axe granitique,  est  assez  gencralement  sur  la  pente  septentrionalc. 
M.  Ramond  avait  deja  fait  connaitre  cette  disposition  ,  et  M,  de 
Charpentier  I'a  constatee  sur  un  plus  grand  nombre  de  points; 
il  I'a  tres-bien  representee  par  une  planche  qui  est  aussi 
destinee  a  donner  une  idee  des  conjectures  auxquelles  II  a  ete 


lOo  Geologic . 

conduit  sur  Ics  degradations  qui  ont  pu  modifier  la  forme  origi- 
naire  de  la  cbaine.  EUe  fait  tres-bien  concevoir  I'exislence  des 
terrains  de  transition,  etmcme  secondaires,  qui  ont  ete  observes 
en  beaucoup  de  points  sur  le  Ante  meme  des  Pyrenees. 

Nous  ne  pouvons  pas  suivre  I'auteur  dans  les  details  qu'il 
donne  surchaque  terrain.  Ses  descriptions  sont  faitesavee  beau- 
coup  d'ordre  et  de  clarte,  et  toutes  renfernient  des  discussions 
plus  ou  moins  importantes  qui  ne  peuvent  qu'^tre  tres-utiles  aux 
pro^resde  la  geologic.  A  la  fin  des  terrains  secondaires,  Tauteur 
a  consacreun  long  article  a  cette  roche  amphibolique  que  M.  Pa- 
lassou  a  fait«connaitre  sous  le  nom  d'ophite  :  elle  sepr^sente  dans 
les  Pyrenees  avec  des  caracteres  de  gisement  tres-remarquables, 
qui  ont  jete  beaucoup  d'incertitude  sur  la  place  qu'on  doitluias- 
signer  dans  la  serie  des  terrains.  M.  de  Charpentier  parait  n'a- 
voir  pas  adopte  a  cet  egard  une  opinion  bien  determinee;  mais 
le  grand  noinbrede  faits  qu'il  a  reunis,  et  les  considerations  qu'il 
y  a  ajoutees  ,  contribueront  beaucoup  a  faire  resoudre  cette 
question. 

Les  descriptions  de  I'auteur  sont  appuyees  d'une  carte  geolo- 
gique  coloriee  de  toute  la  chaine  des  Pyrenees,  sur  une  echelle 
assez  grande  pour  pouvo'r  y  suivre  les  differentes  formations. On 
y  irouve  principalement,  et  presque  uniquement,  les  noms  des 
lieux  qui  sont  cites  dans  I'ouvrage. 

M.  de  Charpentier  a  reside  quatre  ans  dans  les  Pyrtinees  ,  et 
presque  tons  les  falls  qu'il  rapporte  ont  ete  observes,  on  au  moins 
verifies  par  lui-meme.  Nous  pcnsons  done  que  les  geologucs  lui 
accorderont  une  grande  confiance  ,  et  que  les  voyageurs  qui  visi- 
teront  apres  lui  les  Pyrenees  le  prendront  pour  guide.  Son  ou- 
vrage  doit  surtout  interesser  les  Francais,  puisqu'il  leur  off're  la 
description  geologique  detaillee  d'une  grande  chaine  quienglobe 
le  territoire  de  six  departemens.  Nous  ne  doutons  pas  que  le  tc- 
moignage  d'approbation  que  I'Academie  royale  des  sciences  lui 
a  accorde  en  lui  docernantun  prix,  ne  coiitribue  encore  a  le  faire 
rechercher.  "^^ 

142       LeTTRES    sur     L\     MINERALOGIF.     OU    DEl'ARTEMENT    DE    LA 

Creuse  ,    inserecs  dans   les   A.nnuaircs  de  ce    di'partemcnt 
pour  1823  ct   1824. 

Ces  lettresjsignces  du  nom  dc  PJiilacide,  sont  ecrites  par  un 
homme  inslruil  qui  habitc  le  pays,  le  connait  bien  rt  I'etudie 

ciKore. 


Geologie.  ,      loi 

La  premiere  lettre  renferme  une  esqaisse  geognostique  du 
departement ,  dont  le  sol  est  presqne  entierement  compose  de  for- 
mations primordialcs,  et  dans  lequel  on  ne  connait  d'autres  ter- 
rains secondaires  que  des  gresbouillers  occupant  des  espaces  pea 
etendus.  L'auteur  n'y  a  pas  encore  reconnu  de  formations  inter- 
mediaires,  qui  existent  peut-etre  dans  les  cantons  limitrophes 
du  dcpartement  de  I'lndre.  II  indique  successivement  les  forma- 
tions primordialcs  dcg^/wwzVc,  qui  constituela  presque  totalite  des 
terrains  anciens  du  depart ement,  de  gneiss,  deroches  arnphibo- 
liques  et  de  poiphjre.  L'auteur  fait  remarquer  que  ce  dernier 
terrain  parait  avoir  rerapli  le  fond  d'un  bassin  qui  a  refoule  les 
eaux  de  la  Vouise  et  de  la  Tarde ,  de  maniere  a  leur  faire  pren- 
dre un  conrs  different  de  celui  que  semblait  leur  assiguer  le  re- 
lief general  de  la  contree.  II  fait  connaitre  ensuite  les  terrains 
houillers  qui  reposent  sur  le  granite  dans  six  localites  differen- 
tes  du  dcpartement  (un  seul  de  ces  bassins  houillers  se  trouve 
sur  la  limite  des  terrains  de  granite ,  d'ampliibole  et  de  por- 
phyre),  et  indique  aupres  de  Gouzon  un  passage  du  porpliyre 
au  gres  rouge  blanchatre ,  et  probablement  de  celui-ci  au  gres 
houiller.  Enfin  ,  par  appendice,  l'auteur  indique  les  formations 
d'alluvion,  qui  sont  en  general  pur^emcnt  locales  et  peu  eten- 
dues ;  il  fait  seulemcnt  mention  particuliere  d'un  depot  argilo- 
siliceux  qui  contienl  une  terre  grasse  propre  a  la  fabrication  des 
poteries ,  et  d'une  breche  ferrugineuse  remarquable  qui  se  trouve 
pres  de  Cliatellus,  en  blocs  isoles  dans  la  terre  vegetale. 

La  seconde  lettre,  inseree  dans  I'Annuaire  de  1824,  a  pour 
objet  les  richesses  minerales  du  departement,  et  traite  successi- 
vement, 1".  des  mines  dc plomb  :  une  seule  est  connue  et  exploi- 
tee  a  Morhat,  le  filon  est  tres-mince,  mais  tres-rcgulier ;  3".  des 
mines  d'antimoine:  on  en  connait  des  gites  dans  qiiatre  localites, 
dont  deux  ont  etc  faiblement  exploites  ,  un  troisieme,  celui  de 
Villerange ,  pres  Lussat,  va  devenir  Tobjet  d'une  concession  et 
d'ane  exploitation;  3".  des  mines  de  houilles  :  on  a  reconnu  des 
terrains  houillers  dans  les  bassins  de  la  Creuse,  du  Thorion,  du 
Cher,  de  la  Veraux ;  mais  les  seules  mines  exploitees  sont  celles 
du  bassin  de  la  grande  Creuse,  situees  entre  Ahun  et  Aubusson; 
ces  mines,  qui  ne  produisent  annuellenient  que  10  a  12  mille 
quintaux  metriques  dc  houille,  sont  susceptibles  d'un  grand  de- 
veloppement  dans  leur  exploitation  ;  4"-  des  indices  de  mines  de 
fer  qui  se  niontrent  dans  quatre  localites  differentcs;    5".  des 


102  Geologie. 

kaolins  et  des  petunzes :  ceux-ci  sont  assez  communs;  on  n'a 
encore  rencontr^  que  des  kaolins  impurs  dans  certaines  roclies 
granitiques  (Ics  beaux  kaolins proviennent  de  terrains  de  gneiss  et 
d'amphibole);  6°.  des  argiles,  qui  abondent  surtout  dans  la 
vallee  de  la  Creuse;7°.  des^/w,  dontplusieursparaisscntsusccp- 
tiblcs  d'etre  dobites  en  ineules  a  aiguiser ;  8°.  des  minvraux  de  con- 
struction ,  qui  sont  des  granites  et  des  porpliyres:  plusieurspour- 
raicnt  etre  exploitcs  et  debitcs  en  gros  blocs;  les  cbainons  gra- 
nitiques les  plus  eleves  fournissent  les  materiaux  les  plus  tenaces. 
L'auteur  indique  ensuite  comme  plusou  moins  iijpothetiques ,  les 
indications  qui  ont  ete  donnees,  sans  renseignemens  precis,  sur 
I'existence  dans  le  departement  de  la  Creuse  de  i;ites  de  cuivrc, 
de  pierre  a  chaux ,  de  gypse  ,  d'ardoise.  II  termine  en  appelant 
I'attention  des  habitans  du  pays  sur  les  recherclies  de  mines  et 
de  carrieres ,  comme  sur  un  objet  de  haut  interet  pour  la  contree. 
Une  troisieme  lettre,  ayant  pour  objet  I'etat  actuel  de  I'ln- 
dustrie  minerale  du  departement,  et  les  moyens  de  donner  a 
cette  Industrie  plus  d'activite  ,  est  annoncee  pour  I'Annuaire 
de  1825.  BD. 

143.  Description  du  pont  naturel  de  L'AnnicuE;  par  L.  A. 
n'HoMBKEs-FiRMAS.  {Jour.  de  Physique  et  de  Chimie ,  etc., 
mars  1823,  p.  i33.  Nouv.  Ann.  des  Foy.,  aout,  p.  208;  et 
Bibl.  Univ. ,  juin.  ) 

Le  pont  naturel  d'Arc  consiste  en  une  arclie  immense  tra- 
versant  une  montagne  a  pic.  L'auteur  propose  d'y  faire  passer 
la  grande  route  de  Barjac  a  Yilleneu\e-de-Berg.  II  expliquc 
la  formation  de  ce  pont  au  moyen  de  la  chute  d'un  immense 
rocher  calcaire  ,  dont  les  fondcmens  avaient  ete  mines  par  la 
riviere.  II  ajoute  que  Ton  -voit  encore  I'ancien lit  de  la  riviere, 
qui  etait  autrefois  oblige  de  faire  le  tour  d'une  espece  de  pro- 
montoire  calcaire.  Cette  roche  est  d'ailleurs  fort  caverneuse  dans 
les  environs ,  et  a  du  ainsi  se  laisser  facilement  miner.  De  sembla- 
hles  trous  se  trouvent  non  loin  dupont  et  auhameau  de  Saint- 
Martin-d'Arc.  La  longueur  de  la  voute  est  dc  78  pieds,  la  Lau- 
teur  sous  le  ceintre  de  io3  pieds,  la  largcur  au  niveau  de  I'eau  a 
1G9  pieds,  et  I'epaisseur  du  massif  du  jjont  98  pieds  ■^.    A.  B. 

144.  NouvELLES  OBSERVATIONS  sur  Ic  terrain  qui  contient,  en 
Normandie  (depart,  de  I'Orne  ),  le  bois  fossile  a  odeur  de 
truffes;  par  J.  Desnoyers.  {Ann.  des  Scienr.  nat.,  lom.  1*^'., 
pag.  38.) 


Geologic.  io5 

L'auteur  annonce  deux  nouvelles  localites  du  fossile  en  ques- 
tion ,  savoir  ,  Econche  et  Frenay-le-Buffard,  dans  Farrondisse- 
nient  d'Argentan.  II  commence  par  decrire  le  calcaire  de  Caen  , 
qui  prend  souvent  I'npparence  du  calcaire  grossier  de  Paris  , 
qui  renferme  des  silex  cornes  dans  une  pate  fine  ,  et  qui  est 
connu  par  ses  debris  de  crocodiles  et  ses  fossiles.  Ce  calcaire 
forme  souvent  dans  cette  partie  de  la  France,  le  sol  des  plaines  , 
comme  a  Caen  ,  a  Falaise,  etc. ;  autour  de  cette  dernicre  ville 
des  proeminences  nombreuses  de  gres  pourpre  (gres  rouge  an- 
cien  des  Anglais  )  et  de  scbiste  intermediaire,  percent  les  calcai- 
les  sccondaires  borizontaux  ,  et  forment  des  especes  d'iles  decri- 
tes  jadis  par  M.  Desmarest.  Ces  buttes  enclavent  des  plaines  qui 
sont  bordees  d'oolites  jurassiques  superieures,  et  de  calcaire  a 
polypiers ;  tandis  que  les  vallons  de  ces  plaines  offrent  un  calcaire 
oolitique  blanc  ou  une  rt'uuion  de  bancs  argileux  ,  calcaires  et 
siliceux,  appeles  ordinairement  calcaire  d'Evrecy,  et  contenant 
la  tarluffite.  Mais  cette  substance  se  trouve  encore  en  abondance 
pres  de  Falaise  et  Argentan  ,  dans  un  depot  de  sables  convertis 
superieurement  en  rocbe  calcaire.  L'auteur  detaille  ce  gisement 
au  moyen  d'une  coupe  de  la  contree  situee  enlre  la  vallee  de 
rOrne,  au  moulin  deSerans,  etau  point  ouest  d'Ecouche  ,  et  de 
la  cbaine  ancienne  de  Neuvy.  Sur  les  bords  de  I'Orne,  des  ro- 
ches  scliisteuses  ou  granitiques  supportent  des  sables  a  turcbra- 
tuics,  beleumites  ,  etc.,  qui  sont  reconverts  par  le  calcaire  d'E- 
couche ,  qui  est  a  bancs  de  silex  et  a  cerillies.  A  Montgaroult , 
une  preeminence  de  roclies  scliisteuses  anciennes  separe  le  cal- 
caire precedent  de  gres,  et  de  gres  calcariferes  suivis  d'une  plaine 
calcaire,  ou  se  trouvent  la  tartuffite  et  beaucoup  de  polypiers 
astroites.  Apres  cela  ,  au  vallon  de  Rouffigny  s'eleve  la  chaine  de 
schiste  ,  de  mai-bre,  ct  de  gres  pourjno  intermediaire  j  et  ce 
n'est  qu'au-dela  qu'on  revolt  le  sable  et  le  gres  calcaire  a  tartuf- 
fite qui  repose  quelquef'ois  sur  une  argile  a  lignites.  Enfin ,  l'au- 
teur ajoute,  1°.  que  M.  Menard  a  remarque  une  odeur  voisinede 
oelle  de  I'acide  muriatl([ue  dans  certains  bois  fossiles  de  Roche- 
fort,  qui  sont  convertis  en  fer  hydrate  ct  que  nous  avons  vus 
dans  les  sables  du  gres  ferrugineux  et  vert;  2".  que  M.  Boue  a 
trouve  des  bois  calcaires  odorans  dans  les  environs  d'Oxford,  ou 
leur  gisement  est  dans  Ic  sable  ferrugineux  ,  ou  peut-^tre  dans 
V  0.rford-cUej- ,  et  que  la  friction  developpe  aussi  une  odeur  de 
Iruffes  dans  des  retinites  noirs  de  I'ile  d'Anan.  A.  i?. 


io4  Geologic. 

145.  FaITS  pour    SEBTIR  A    1,'lIlSTOIRK  KATUBF.LLE   PES  BLOCS  SI- 

TtfES  DANS  LE  voisiNAGE  DEs  Alpes.  Memoirc  lu  a  la  Societe 
Helvctiqiie  le  23  juin  1819  j  par  H.  C.  Escbeb.  [Neue  Alpina, 
vol.  Itr. ,  p.  I.) 

Ces  blocs  sont  dans  hi  graiide  \allee  de  la  Suisse,  ou  dans  les 
parties  infcrieures  dcs  vallees  qui  y  aboiitlssent  du  cote  du  sud. 
lis  gisent  sur  des  hauteurs  aussi-bien  que  dans  des  vallons.  lis 
ont  jr.squ'a  5o,ooo  pieds  cubes,  el  leur  grandeur  ne  se  regie 
nullenient  sur  leur  hiiuteur  relative  au-dcssus  de  la  iner.  lis  sont 
epars  ou  en  amas;  ils  sont  moins  arrondis  que  les  callloux  des 
rivieres;  ils  offrent  des  roches  tres-diiferentes,  variant  d'une 
vallee  a  I'autre ,  et  appartenant  aux  montagnes  des  Alpes  qui 
sont  situees  vers  les  parties  superieures  de  ces  vallees.  lis  se  trou- 
vent  surtout  dans  les  endroits  ou  les  vallees  s'ehii  gissent  ,  et 
quelquefois  dans  les  vallcns  Iransversaux  aboutissant  aux  vallees 
principales.  lis  sont  distribues  avec  un  certain  ordre  dans  la 
grande  plaine  suisse  ,  ils  s'y  elevent  jusqu'a  3,ooo  pi.  au-dessus 
de  la  mer,  et  ils  sont  surtout  abondans  dans  les  points  tournes 
centre  les  Alpes,  comme  sur  le  revers  sud-est  du  Jura. 

11  yen  a  aussi  dans  les  vallees  decette  dornierechaine  qui  sont 
ouvertes  du  cote  des  Alpes.  L'on  peut  deduire  de  ces  fails  les 
conclusions suivantes:  ccsblocsont  ete  ainenesparune  revolution 
plus  recenle  que  le  terrain  terliaire  de  la  plaine  suisse  ;  lenr 
distribution  dans  cliaque  vallee  est  en  quelque  rapport  avec  cel- 
le  des  cailloux  roules  des  rivieres  de  ces  vallees.  lis  aboudent 
dans  les  endroits  oii  une  crete  de  inontagne  forme  une  espece 
de  digue  dans  la  vallee,  ce  qui  est  analogue  a  ce  qui  arrive  dans 
les  rivieres.  Celte  analogic  se  retrouve  encore  dans  )e  fail  <(ue  les 
blocs  gisent  surtout  dans  des  plaines  situt'cs  a  la  sortie  de  quel- 
que vailee  etroite,  etc.  11  paraitrait  done  ])robable  que  le  cliar- 
riage  de  ces  blocs  est  du  a  une  eau  courante:  Ces  especes  de 
debacles  ont  peut-etre  eu  lieu  en  ineme  temps  dans  les  differen- 
tes  vallees, puisque  les  differenscailloux  deposes  dans  les  bassins 
ad'acens  I'un  a  I'autre,  se  melent  au  point  de  contact  de  ces 
bassins.  Les  ruptures  violcntes  qn'on  observe  a  la  sortie  dcs  val- 
lees des  Alpes  seniblera lent  bien  indiquer  I'existence  nncienne  de 
parcils  torrens ,  el  la  promptitude  de  ces  debacles  a  du  etre 
grande ,  vu  que  les  blocs  sont  peu  arrondis.  I.'auteur  rejclle  les 
calculs  que  M.  de  IJuch  a  fails  sur  la  vilesse  avec  laquclle  les  blocs 
ont  d6  destendre  des  Alpes,  crreur  quo  M.  de  Buch  a  d'adlcurs 


Geologic.  io5 

reconnue  lui-meme  plus  tard.  M.  Escher  propose  ensuite  dcs  cal- 
culs  semblables  qui  le  conduisent  a  croiie  que  Ics  blocs  auraicnt 
pu  arriver  des  Alpes  sur  le  Jura  ,  et  traverser  ainsi  la  -vallee  du 
Leman,  s'ils  avaient  ete  seulement  mus  par  une  -vitessc  de  lyS 
pieds  par   chaque  seconde.  Son  memoire  se   termine  pnr  une 
comparaison  des  effets  de  la  debacle  de  la  vallee  de  Bagnes  avec 
ceux  qu'on  doil  attribuer  a  la  debacle  qui  a  charrie  les blocs.  A.  B. 
146.  Note  sur  le  ores  mollasse,  faisant  suite  a  la  notice  sur  le 
vegetal  fossile  trouve  a  Monrepos.  (  Foy.  ci-apres  ,  n".  a33.) 
( Feuille  du  canton  de  Vaud ,  torn.  VII ,  p.  325. ) 
Les  roches  arenacees  tertiaires  de  la  Suisse  percent  des  amas 
de  gravier ,  et  comprennent  ie  nagelflue.  La  preiniere  de  ces  ro- 
ches repose  sur  des  couches  d'un  gres  fin  ,  qui  alterne  avec  des 
couches  de  marne  et  quelquefois  avec  des  couches  de  houille  de 
mauvaise  qualite.  Ce    gres  renf'enne  rareraent  des  ammonites. 
L'inclinaison  de  ce  systeme  de  couches  est  au  sud  ou  au  sud-est, 
et  il  forme  le  long  du  pied  septentrional  des  Alpes,  une  bande 
de  deux  a  trois  lieues  de  largeur ,  qui  repose  sur  le  calcaire  alpiu. 
Le  gres  mollasse  a  un  grain  fin,  et  il  est  calcaire  et  micace,  et 
comprend  des  marnes  et  du  gypse  fibreux  a  Cremin,  Combre- 
mont,  et  pres  d'Estavayer  il  y  a  des  especes  de  breches  co    po- 
sees  de    bivalves  (Cytherca  donax),  etc.;  ces  bancs  reposen    sur 
des  gres  alternant  avec  du  calcaire  brun ,  a  coquiiles  fluviatiles 
(Planorbes),  et  du  lignite. 

II  paraitrait  done  que  la  partie  inferieure  de  la  mollasse  ren- 
ferme  des  coquiiles  fluviatiles,  et  les  couches  superieurcs  des  co- 
quiiles marines.  L'iiuteur  croit  devoir  en  deduire  que  le  meme 
terrain  a  ete  reconvert  successivement  d  eau  douce  et  d'eau  salee, 
ce  qui  serait  coiifirme  par  le  gisement  du  Cliamoerops  de  Mon- 
repos. La  mollasse  formant  le  restc  de  la  plaine  Suisse  est  plus 
recente  que  le  nagelflue.  A.  B. 

1/47.    Sua  LES   TERRAINS    SCHISTEUX    OV    VaLAIS;    par   M.    LaRI'V, 

conseiller    des   mines.    (  Mineral.    Taschenh.    de    Leonkard. 

1823  ,  p.  767.  ) 

Ces  terrains  occupent  plus  de  3o  lieues  en  longueur,  sur  une 
largeur  qui  varie,  etant  la  plus  grande  entre  Sion  et  Herntanche 
ct  tres-potite  entre  Oberwald  et  Zumloch.  lis  paraissent  reposer 
sur  le  gneiss  ct  sont  reconverts  par  un  calcaire scliisloide  qui  ,  a 
mesurequ'ils'elcveau-dcssus  du  schibte,dcvienl  scmbliiblc  aacal- 


io6  Ge'ologie. 

c;iire  ties  Hautes-Alpes  qui  separent  le  Valais  du  canton  de  Vaud. 
M.  Lardy  n'ose  affirmer  que  les  schistes  du  Valais  appartiennent 
aux  terrains  de  transition,  bicn  qu'ils  aient  les  plus  grands  rap- 
ports avecles  roclies  de  la  Tarentaise,  dociites  par  M.  Hrocliant, 
parce  qu'alors  il  faudrait  rapportcr  aussi  a  la  menie  formation 
les  gneiss  et  les  micascliistes  qui  sont  au  pied  de  la  Furca.  C.  M. 
i/j8.  KoTE  SLR  LES  EAssiNs  TERTiAiREs:  i".  dc  la  placc  Saint- 
Dominique,  a  G6nes;  2".  de  Sestri  di  Ponenle;  par  Laur.  Pa- 
RETo  de  Genes.  (  Ann.  des  Sciences  natur. ,  torn.  I,  p.  86.  ) 
Les  terrains  tcrtiairesnese  montrent  que  sur  peu  de  points  du 
versant  sud  des  Apennins ,  el  n'y  sont  qu'en  petits  lambeaux, 
comme  le  long  dc  la  riviere  du  Ponent ,  oil  ils  fornient  plusieurs 
pelits  bassins  ouverts  transversalement  aux  contreforts  qui 
aboutissent  a  la  mer.  On  en  voit  dans  Genes ,  a  Sestri  di  Ponente, 
a  Arenzano,  et  pent  etre  a  Savone  et  a  Albenga.  Celul  de  Genes 
a  un  quart  de  lieue  de  long  ;  il  repose  sur  le  calcaire  de  transition 
du  caj)  de  la  Cara,  et  il  est  compose  inferieurement  d'une  arglle 
marneuse micacee, bleue  et  coquilliere,  semblable  a celle  de  Castel- 
Arcuato,  et  contenant  plusieurs  coquilles  del'ai'giledu Parmesan. 
Des  fragmens  de  bois  et  des  fruits  de  coniferes  s'y  rencontrent, 
et  des  sables  jaunes  la  recouvrent. 

Le  bassin  de  Sestri  est  dans  le  vallon  de  Borzoli,  et  est  en- 
caisse  entre  des  montagnes  serpentineuses  et  schisto-talqueuses, 
roches  auxquelles  parait  subordonne  le  calcaire  siliceux  de  la 
inontagne  de  Gazzo  ,  qui  est  ii  I'ouest.  Ce  depot  dc  couches 
presque  liorizontales  est  compose,  1".  de'io  a  4^'  pieds  d'une 
argile  bleue  coquillere,  melee  de  bancs  de  cailloux  de  serpentine  et 
de  calcaire  alpin  ou  de  transition;  des  trous  de  pholades  sc 
voient  dans  ces  derniers ;  2°.  de  3  pieds  de  sable  jaune  co- 
quiller  et  a  cailloux;  3o.  de  5  a  G  pieds  d'argile  bleue  un  peu 
sableuse;  f^".  de  /j  a  5  alternances  semblables  formant  une  puis- 
sance de  10  a  12  pieds;  5".  enfin  des  sables  su])crieurs  jaunes  a 
debris  de  roclies  serpentineuses  el  contenant  des  Peignes.  L'ar- 
glle  bleue  est  dite  contenir  une  grypliite. 

Le  bassin  d'Arcnzano  est  un  amas  d'argile  bleue  a  buitres. 
La  note  se  termlne  par  I'enumeration  des  coquilles  fossiles  de 
ce  terrain  tertiaire,  qui  est  le  meine  que  celui  de  I'autre  cote 
des  Apennins,  quoique  les  cailloux  renfernics  dans  le  premier 
paraissent  avoir  plus  de  rapport  avec  les  montagnes  voisines 
qu'ils  n'cn  out  dans  le  second. 


Geologie.  107 

M.  Alex.  Broiigniart  ajoute,en  note,  qu'il  a  reconnu  le  meme 
terrain  tertiaire  et  les  memes  coquilles  sur  la  petite  colline  de  la 
Costa  ,  pres  de  San-Remo.  Un  sable  calcareo-siliceux  j:ainatrey 
alterne  avec  de  Targlle  flgullne  bleuatre,  coiitient  des  cailloux  , 
et  git  a  3oo  pieds  au-dessus  de  niveau  de  la  mer.  A.  B. 

149.  Sur  des  couches  de  lignite.  (  Craunrohle),  qui  se  sont 
enflammees  spontanement  et  continuent  abriiler  depuis  quatre 
ans  dans  une  mine  du  JFcsterwald.  Par  M.  Stifft  ,  conseiller 
superieur  des  mines.  (  Mineralog.  Taschenbuch  de  Leonhard, 
3*^.  partie,  1823,  p.  475. ) 

Les  couches  de  lignite  qu'on  explolte  dans  le  nord  du  duclie 
de  Nassau  alternent  avec  des  coi'clies  de  basalte  etd'argile.  L'au- 
leur  s'attacliepartlculierementarecliercher  les  causes del'inflam- 
mation  qui  a  eu  lieu  dans  une  mine  de  ce  combustible  nommee 
Orange  (  Oranien)  sur  le  lerritoire  du  village  de  Stockbausen  au 
bailliage  de  Marienberg.  II  la  croit  spontanee  ,  et  ne  pense  pas 
meme  qu'il  soit  possible  de  mettre  le  feu  par  malveillance  a  une 
matiere  aussi  imbibee  d'eau.  II  indique  les  mesures  qui  ont  ete 
prises  pour  arreter  les  progres  de  cet  incendie  souterrain  ,  et 
dccrit  les  plicnomenes  produits  ,  dans  cette  circonstance  ,  par  la 
combustion  du  lignite.  C.  M. 

i5o.  Sur  des  filons  de  easalte  reconnus  dans  le  mont  Taunus 
au  pays  de  Nassau;  par  le  meme.  (  Ibid,  p.  5oi.  ) 

On  avait  pu  croire  jusqu'a  present  que  la  cliaine  de  hauteurs 
connues  sous  le  nom  de  mont  Taunus  ne  renferraait  point  de 
basalte  parce  qu'on  ne  les  y  voyait  point  formant  des  eminences 
parliculieres  ;  mais  on  a  reconnu  depuis  peu  que  cette  roclie  se 
trouve  en  plusieurs  endroits  de  la  pente  de  ces  montagnes  ducolo 
du  N.  O.  en  filons  dans  le  scliiste  ou  la  grauwacke,  notamment  aux 
environs  de  Wisbnden,  oil  elle  est  exploitce  pour  le  pave  de  cette 
ville  pour  f'crrer  Ics  routes,  comme  la  grauwacke  Test  aussi  pour 
les  constructions.  M.  StilTt  decrit  dans  ce  memoire  la  maniere 
d'etre  du  basalte  dans  cette  localite;  il  a  observe  que  les  points  oil 
le  basalte  se  montresont  disposes  eulignesparalloles  dont  la  plus 
lueridionale  va  de  Zellers/>opf  a.  Sonncnbcrg ,  ct  qu'il  en  est  dc 
meme  des  uombreuses  sources  d'eau  inimirales  que  posscde  Ic 
duchc  de  Nassau.  C  M. 


io8  GMogie. 

151.  PrKSF.WOK  DU  GRAMt  AC.r.()MPAG?JK  DF  liASALTE  SfR  LF 
SCHNF.EGRUBE  ,  DANS  LE    RieSEN-GEEIRGK  ,  L'Xtiail  duiie    IcttrC 

de  M.  BvRKHART  a  M.  ISooGtRATH.  [Mineiol.  Taschenb.;  li*. 

part.,  1823  ,  p.  83i.  } 

II  y  a  plusieurs  cavitt'-s  sur  la  cime  grnnifique  An  Riesen-ge- 
birge,  qui  renfernientde  la  neige  cnetecomiDoau-dessusd'Ajjne- 
tendorf  ct  dc  ScliicibciMu.  Cost  dans  le  voisinage  de  ce  dernier 
endroit  que  ce  trouvent  lescavites  appelcesgrosse-sclmeegrube  et 
kleine-scJineegrube.  Celte  derniere  contient  du  basalie  qui  se 
montrc  sur  son  cote  occidental.  Le  basalte  et  le  granit  s  y  pene- 
trent  mutuellement ;  la  premiere  roclie  tabulaire  ou  prisniatique 
renferine  des  fragmcns  de  granit  el  quelqiiefois  de  la  steatite  et 
des  zeolithes.  Le  granit  des  envii'otis  n'est  riullement  altcre.  A.  B. 

152.  Observations  iie  M.  Pusch  ,  professeur  a  Riefce  sur  ce 
qui  concerne  la  Pologne  et  la  (lallicie  dans  la  description  geo- 
gnostique  que  IM.  deOEynshausen  a  donnee  de  la  HauteSilesie 
et  des  pays  voisins.  (  Mineral.  Taschcnbuch  de  Leonhard.  — 
1823,  !\'^.  livraison  ,  p.  75i. ) 

II  s'agit  principaleiuent  dans  ces  observations  du  gres  qui  re- 
couvre  le  terrain  salifere  de  Wieliczka  et  qui  alternc  mcnie  avec 
le  sel  dans  la  Gallicie  orientale  aussi-bien  qu'au  dela  de  la  I'ron- 
tiere  de  Hongric.  IVLde  OEynliausena  regarde  cette  roche  coniuie 
une grauwackc,  el  31.  Beudant  conime  une  mollasse,  taiidis  f|ue 
M.  Pusch  la  rapportc  a  la  raeine  ^poqiie  de  formation  quo  le 
gres  bigarre  qu'elle  remplacc  suivant  lui.  II  niequ'oii  alt  vu  uulle 
part  les  masses  de  sol  de  AVieliczka  et  de  Polchemia  reposer  sur 
la  grauviackc.  Personne,  dit-il ,  ne  sail  encore  sur  quel  ter- 
rain ces  masses  sent  placees;  au  surplus  il  renvoie  pour  les  preu- 
ves  detaillees  de  tette  opinion  a  un  Voyage  geognostique  dans 
une  parlie  des  monts  Carpallies  ,  etc.,  qu'il  est  occupc  a  lair^ 
iraprimer.  Nous  attendrons  que  cct  ou\rage  nous  parvienne 
pour  eu  rcndi-e  complc.  C.  M. 

i53.  Description   des   cavitks  souterraines,  decouvertes  a 
Bilcze  eta  Czottow  en  Gailicie  et  dans  les  environs  dela  Podo- 
lie.  (  Arch,  far  Gesehichte,  mat  iSaS,  p.  307.  ) 
Des   ancicnnes    chroniques    d'eglise    out    engage     M.    .lean 
Climiclecki  a  examijier  les  cavilcs  souterraines  dc  la  Podolie  ;  il 
a  commence  par  le  tlistrict  de  Bikze  ou  il  y  a  beaucoup  de  rar- 
riercs  et  d'amas  de  gypse  et  oil  il  en  a  decouvert  par  suite  du  son 


Geologie.  109 

creux  de  certaincs  parties  du  sol.  II  s'est  enfoncn  dans  une  de 
ccscavites  qui  lui  a  parii  composee  de  galcries  xiatTirelles  tortueu- 
ses  et  de  salles  spacieuses  ,  dont  quclques  -  unes  ont  ete  agran- 
dies  par  les  hommes.  II  n'a  pas  pu  parcourir  tous  ces  labyrinthes 
souterrains  parce  qu'il  n'avait  pour  se  guidcr  qu'un  fil  de  3oo 
toises  de  longueur,  et  il  y  a  trouve  plusieurs  iistensiles  et  en  parti- 
culier  une  piece  de  monnaie  en  argent  avec  Finscription  d'Adrien. 

A.  B. 

l54.    SUR  LA  FORMATION  DES  TERRAINS  DE  TRANSITION  DE  SuEDE  ; 

par  le  D'".  Forchhammkr.  (y//?««/.  o/f /2//.,  juillet  1823,  p.  16.) 

Les  monlagnes  primitives  quiseparentla  Norwegede  la  Suede 
s'elevent  a  8000  pieds,  et  leurs  tranches  laterales  nombreuses 
donnent  lieu  a  beaucoup  de  saillies  et  de  plaines.Les  forraations 
interniediaires  occupent  surtout  ces  dernieres ;  chaque  grand 
lac  de  Suede  a  ainsi  son  terrain  de  transition.  Les  roches  inter- 
niediaires s'y  rapprochent  par  leurs  fossiles,  la  regularitc  et  le 
peu  d'inclinaison  de  leurs  couches,  des  depots  secondaires,  quoi- 
qu'ils  s'en  cloignent  par  leurs  roches  porphyriques,  granitiqueset 
quartzeuscs.Lescretes  desinontagnes  primitives  separentsouvent 
des  systemes  de  roches  de  transition  sans  liaison  I'lin  avec  I'autre, 
a  cause  de  la  superposition  differente  de  leurs  roches  communes. 
II  y  a  cependant  une  exception  pour  les  chaines  de  moiitagnes 
partant  d'un  point.  Les  fossiles  de  ces  terrains  sont  eu  quelque 
rapport  avec  les  lacs. 

Le  gres  est  la  roche  la  plus  abondante,  il  est  quelquefois  im- 
prcssionne  ou  du  moins  il  semble  I'ctre.  Sur  ce  gres  plus  on  inoins 
grossier  du  mont  Svuddu  et  d'unc  partie  de  la  rrete  priiicipale 
eu  Dali'carlie ,  il  y  a  une  formation  etendue  de  porphyre  avec 
des  breches  fcklspathiques  et  de  la  sienite.  A  Aasbye  la  sienite 
est  zirconienne.  II  y  a  des  exemplesdeces  roches  dans  une  posi- 
tion presquehorizontale  oubien  verticale,  ellegraniteallerneavec 
des  lits  minces  de  calcaire  a  Rattwick  et  sur  le  cote  nord  du  lac 
de  Siljan.  La  montagne  d'Osmundsberg  est  la  plus  riche  en  fossiles 
( trilobites  ,  madrepores  ,  etc.);  ils  y  sont  dans  un  calcaire.  Les 
aulres  roches  de  transition  de  la  Suede  sont  le  schiste  argileux, 
siliceUx,  alumineux  et  novaculairc. 

L'ile  de  Gotland  est  composoe  de  la  masse  calcaire  la  plus 
epaisse  de  la  Suede  ;  clle  est  compacte  el  <  oquilliere  au  contact 


I  TO  Geologic. 

<le  cos  (liff I  rentes  assises.  Le  pliacite  est  particuller  au  calcaire 
tie  cette  ilc. 

L'ile  d'OEIand  est  eoinposte  do  calcaire  interniediaire  a  trilo- 
bites,  qui  repose  sur  un  gres  tres-compacte  et  des  scliistes  bitu- 
niineux  a  lits  de  calcaire  letide.  Dans  la  AVestro-Gotliie  Ton  voit 
au-des3us  d'un  plateau  de  gres,  des  gres  s'elevant  a  3i8  pleds 
au-dessus  de  la  mer,  des  schistes  alumineux  de  78  pleds  d'epais- 
seur,  des  calcaircs  de  202  pleds  d'epaisseur,  qui  sont  cristallins 
dans  le  has  ,  compactes  a  trilobites  plus  baut,  et  rouges  et  a 
ortboccratites  lout-a-falt  superieurement ;  des  schistes  argileux 
de  J  22  pieds  d'epaisseur,  une  roclie  brune  jaspoide  et  une  rochc 
ressemblanl  aungres,  et  enfm  du  grunsteln  quelquefois  prisma- 

tique. 

La  plus  grande  masse  de  transition  sc  trouve  a  Falkjoping  ; 
une  plaine  de  gres  supporte  trois  plateaux  de  calcaire.  Dans  trois 
montagnes  I'on  voit  au-dessus  les  roches  citecs  dans  le  mont 
RinnekuUe  le  trap  s'elever  a  A70  pieds  au-dcssus  du  calcaire 
ou  a  730  pieds  au  -  dessus  de  la  plaine.  Dans  la  montagne  de 
Kenneberg,ilatteintune  epalsseur  de  128  pleds,  etdans  celle  de 
Ilalleberg  166  pieds.  Le  trilobite  parodoxissimus  est  propre  a 
cette  contree.  Les  anoines,les  madrepores  et  coraux  ne  s'y  trou- 
vent  qu'a  800  pieds  au-dessus  de  la  mer  dans  une  espece  de  gres 
schisteux  place  sous  le  trap. 

L'Ostro-Gotble  ,  le  Nerike  et  I'Upland  ne  prcsentent  que  des 
graviers  et  du  sable.  Dans  la  Scanle  la  formation  interniediaire 
est  cachce  le  plus  souvcnt  sous  des  depots  semblables.  A  Giadsen 
il  y  a  dans  une  roche  de  quartz,  un  filon  plumbifere  a  chaux  flua- 
tee  octaedre.  Le  griinstein  forme  tiuclquefols  des  filons  de  plu- 
sieurs  millcs  de  long  dans  Ic  terrain  de  transition  ,  de  raanicre 
fpi'apres  la  destruction  des  roches  schisteuses  le  trap  a  I'air  de 
former  des  cretes  cscarpccs  de  20  a  3o  toises  de  large.  Leschiste 
alumineux  a  etc  deja  exploite  a  Andrerum  jusqu'a  /,oo  pieds  de 
profondeur.  ^-  ^- 

l55.    OBSERVATIONS    SUR    LES    KOCHERS    nil    MONT    SoRREI,,  do  la 

Foret  de   Ciiarnwood,    et  du   voisinage  de  Grooby  dans   le 
Lciccstcrsliirc;  par  W.  Phillips,  et  Samuel  Luck  Kent;  avec 
une  planche.  {A/ifi.  of  T'hilox.,  janv.  1824,  p.  i.) 
Lrs  auteurs  coinmencent  par  la  topographic  de  ce  district 
inonlueux,  dont  le  i>lus  baut  point  a  853  pieds  au-dessus  de  b 


Geologic.  1 1 1 

mer.  T.e  mont  Sorrel  est  granitiquo,  I'ampliibole  s'y  assocle  sou- 
vent  avec  les  autres  elemens  du  granit;  rcpidote  y  est  fort  re- 
p.indu  et  le  f'eldspath  ordinaire  y  est  souvent  remplace  par  la 
cleavelandife.  Cette  roclie  renferme  des  portions  irregnlieres 
contemporaines,  composees  de  quartz,  de  felspath,  d'amplii- 
bole  et  de  chlorite,  et  aussi  des  filons  d'une  roclie  semblable  ou 
d'une  niatiere  steatiteuse. 

Les  roches  de  Charnwood-fbrest  sont  schisleuses  sans  i-estes 
organiques;  elles  varient  beaucoup  ;  elles  deviennent  tanlot  tal- 
queuses  et  tantot  d'une  compacite  voisine  de  celle  du  feldspath 
compacte.  Le  quartz  grenu  y  forme  des  bancs  ou  des  filons.  II  y 
a  aussi  des  roclies  porpliyriques.  La  direction  du  clivage  de 
ces  schistes  est  toujours  presque  de  O.  N.  O.  a  E.  S.  E.,  ou  bien 
du  N.  O.  a  S.  E.;  mais  la  decomposition  divise  les  differentes 
couches  de  ces  roclies  en  feuillels  inclines  diversement,  comma 
par  excmple  au  pied  du  mont  Old-Johnhill ,  dont  I'auteur  donne 
une  figure.  A  la  cime  du  mont  Beacon  la  rneine  cause  a  produit 
des  masses  prismaliques  dont  I'auteur  figure  un  exemple. 

Cos  roches  schisteuses  ont  le  plus  grand  rapport  avec  cclles 
dupays  de  Gailes,  mais  leur  direction  dans  cette  dernierc  con- 
tree  est  du  N.  E.  au  S.  O.  Les  roches  de  Grooby  et  des  envi- 
rons sont  amphiboliques  a  epidotc;  elles  formcnt  des  cretes  et 
renf'erment  des  diabases  sienitiques  a  feldspath  rouge  associe  a 
une  substance  verdatre,  qui  est  peut-etre  de  la  cleavelandite.  Du 
fer  oxidule  octaedre  et  des  pelits  filons  de  chaux  carbonatee  ma- 
gnesifere  s'y  rencontrent.  II  y  a  aussi  un  filon  de  quartz  et  de 
chlorite  a  Test  de  Grooby.  A.  B. 

l5G.    EsQUISSE    DE    LA    GEOGNOSIE    n'uNE    PAR  TIE    DE    LA     COTE    DU 

Northumbekland;   par  W.   C.   Freveltan.  [Trans,  of  the 
tFcrnerian  Socict.,  vol.  4,  part.  2,  p.  '^53.) 

L'auteur  y  detaille  les  curiositcs  geologiques  de  la  cote,  cntre 
Budle-Granery  et  Iselstone  ditns  le  Northumberland,  et  decrit 
les  lies  de  Holy-Island  et  de  Ferne-Iles.  Les  roches  trapeennes 
y  sont  associees  de  la  maniere  la  plus  bizarre  avec  les  gres,  les 
argiles  schisleux  et  les  calcaires  de  I'age  du  calcaire  a  encrines 
des  Anglais.  Le  trap  y  parait  en  masse  tantot  dessus  et  tantot 
dessous  ces  roches,  ou  les  traverse  sous  la  forme  de  filons,  ou 
bien  meme  empato  des  portions  des  roches  ncptuniciines.  r>e 
trap  altcre  asscz  souvent  ces  dcrnieres;  le  calcaire  devicnt  oris- 


112  Geologie. 

tallin  ca  et  la.  Une  esquissc  detaillee  des  principaux  accidens 
geologiques  et  de  la  succession  des  masses  accorapagne  ccl  in- 
tercssant  memoire ,  dont  I'analyse  est  impossible.  Les  iles  de  Sta- 
ples-lies et  de  Fenie-Iles  soiit  composecs  presque  luiiquement 
de  trap.  ^-  ^• 

157.  Notice  site  des  depots  tharins,  sur  lesbords  du  lac  Lo- 
mond; par  M.  Adamson.  {Tran\.  0/ the  IFerner.  Societ.,  v.  4, 
part.  2,  p.  334.) 

Le  lac  Loraond,  pres  de  Dumbarton  en  tcosse,  nest  separe 
de  la  Clyde  et  de  I'eau  salee  que  par  une  etendue  pen  considera- 
ble de  pays  occupe  par  des  alluvions.  L'auteur  decrit  sur  les 
bords  de  ce  lac  des  depots  coquiUiers  marins.  L'un  d'eux  se 
trouve  sous  une  masse  de  cnlcaire,  et  le  Mrtilus  edulis  est  em- 
pate  dans  un  tuf  calcaire  dont  la  surface  presente  des  Planorbes 
et  des  Helices.  Get  endroit  est  sur  la  cote  E.  du  lac,  a  deux  milles 
N.  O.  du  debouche  de  I'Endrick ,  et  sur  la  cote  nord  de  la 
chaine  des  iles  qui  traversent  le  lac.  II  y  a  encore  deux  autres 
localites  semblables  dans  des  bales  ouvertes  du  cote  du  nord, 
I'une  dans  I'ile  d'lnch-Lonach  vis-a-vis  de  Luss ,  et  I'autre  dans 
I'angle  S.  E.  du  lac.  Les  coquilles  marines  commencent  a  y  pa- 
raitre  environ  au  point  intermediaire  entre  les  plus  hautes 
et  les  plus  basses  eaux,  c'est-a-dire  entre  la  hauteur  des  eaux 
en  hiver  et  en  etc,  ce  qui  donne  une  difference  de  six  pieds. 

Une  argilo  brune  y  renferme  soas  du  gravicr  beaucoup  de 
coquiUages  marins  des  c6tes  Ecossaises,  tell<^s  que  le  Nerita  glau- 
cina,  Cardlum  edule ,  Venus  striatula ,  Pectcn  oh.wletus ,  Bala- 
nus  communis.  Echinus  esculent  us,  etc.;  et  ce  depot  est  cepen- 
dant  a  22  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer.  A.  B. 

i58.  Geognosie  du  pays  qui  s'etend  depuis  la  baie  d'Hudson 
jusqu'a  la  mer  polaire.  (i:o/eJ.  Mog.,  nov.  1823,  p.  553.) 
Get  article  n'est  qu'un  extraLt  de  celui  du  Journal  pliilosoplii- 
quc  d'Edimhourg  pour  i823,  et  de  la  partle  geologique  du 
Voyage  aux  regions  aretiques  de  I'Amerique  septentrionale  par 
Ic  capitaine  Franklin.  ^-  ^• 

iSg.  Observations    sur    les    alluvions    du    Mississipi  ,     par 
M.  Bringier.  (  Gentl.  Magaz.,  nov.  i823,   p.  4^2,    tire  de 
y  American  Philos.  Journal.  ] 
Tqute  la  Louisianeest  un  pays  fort  recem.nent  convert  d'eau. 


Geologic.  1 1 3 

I.e  Mississipi  avec  ses  alluvions  peut  etre  consid^re  comme  un 
fleuve  coulant  sur  la  cirae  d'une  moutagne,  ilont  le  plus  liaut 
point  est  a  une  elevation  de  14  pieds ,  ct  donl  la  base  a  im  dia- 
metre  moyen  de  3  milles  et  repose  sur  des  marecages,  tandis 
que  ces  derniers  ont  plus  de  y  pieds  au-dessus  des  inarais  des 
bords  de  la  mer,  pendant  un  espace  de  2i5  milles  le  long  du 
fleuve.  II  paraitrait  que  les  matieres  deposees  dans  les  grandes 
crues  d'eau  du  Mississipi  ne  retournent  pas  dans  son  lit  ,  d'oii 
Ton  pourrait  se  faire  une  idee  de  la  quantite  de  bois  et  de  sub- 
stances ainsi  deposees  ,  si  Ton  savait  I'epoque  ou  le  fleuve  a 
commence  ces  chai'i-iagcs.  (Jepcnd.\nt  on  peut  !e  soutjconner  jiar 
la  quantite  de  niateriaux  cliarrii'S  dans  la  riviere  d'Achafalaya, 
pres  de  laqiielle  plusicnrs  centaines  de  milles  ^orlt  changes  en 
tas  de  bois,  qui  disparaisscnt  tous  les  deux  ou  trois  ans  sous 
des  lits  de  sables  et  de  i'enilles.  De  cettc  maiiiere  le  lit  de  I'A- 
cliafalaya  est  allernativrment  recule  a  4  on  5  milles  a  I'est,  ou 
2  ou  3  milles  ii  I'ouest ,  mais  surtout  a  Test ,  ou  cette  riviere  a 
gagne  plus  de  10  milles  depuis  qu'elle  est  devenue  un  des  de- 
bouches du  Mississipi.  M.  Bringier  a  calcid(5  que  dans  une  mi- 
nute ,  I'Achalafaya  charriait  a  son  embouchure  8000  pieds  cubes 
dc  bois  en  troncs  d'arbres;  si  Ton  ajoute  les  feuilles  ,  les  bran- 
ches et  les  malieres  sedimentaires,  on  peut  evaliier  le  depot 
annuel  du  fleuve  a  36  milles  cubiqucs.  Dans  les  iles  du  Mississipi, 
il  y  a  des  anias  de  bois  immenses ;  le  plus  grand  rst  sur  le  bord 
de  Red-River,  et  a  Go  milles  de  long,  et  dans  plusieurs  tsndroits 
i5  pieds  de  large.  Cette  accumulation  de  conlferes  el  de  feuilles 
donne  sans  doute  lieu  a  la  formation  de  bois  bitumineux  et  de 
varietes  de  houllle,  et  ainsi  une  partie  du  continent  non-seule- 
ment  s'accroit,  mais  s'eleve  encore  sur  une  etendue  de  plusieurs 
milles.  Des  courans  s'engloutissent  sous  ces  depots  et  reparais- 
sent  jilus  loin.  A.  B. 

162.  Memoire  sur  i,f,s  rapports  qui  existent  entre  certalnes 
elevations  de  la  surface  de  la  terre  et  Taction  des  volcans  , 
par  M.  J.  Mac  Culloch.  (Jouni.  dc  Phys. ,  et  de  Chimie,  etc. , 
fevrier  18x3  ,  p.  Sy  ,  et  mars,  p.  102.  ) 

Deux  theories  ont  ete  proposees  pour  expliquer  la  hauteur  a 

laquelle  se  trouvent  des  depots  marins.   L'une  n'y  voit   que  le 

fond  de  la  mer  qui  a  ete  decouvert,  tandis  que  I'autre  sujjjjose 

que  ce  fond  a  change  de  place.  Deluc,  j)Our  expliquer  <;e  chan- 

H.  ToMf.  T.  8 


ii4  Geologic 

gement ,  a  eu  recours  a  ties  ccroulenicns  ,  ct  Hiitlon  a  des  v\e^ 
vations  au  moyen  d'tiiie  force  souteiraine.  Ij'ick'C  dc  Deluc  est 
beaucoup  moins  probable  que  celle  de  Hnlton,  proposee  deja 
par  Antonio  Lazzaro  Moro.  L'auteur  commence  par  raconter 
I'apparltion  de  plusieurs  iles ,  soil  dans  rarchipel  grec ,  soit 
dans  les  Arores,  puis  il  esl  conduit  a  atlribuer  I'apparition  des 
terrains  tertiaires  des  Apennins  a  une  elevation  a  peu  pres  de  la 
meme  nature ,  et  il  clicrclie  a  etayer  cette  opinion  des  fails  cites 
par  Brocchl  et  d'autres  geologues.  Apres  avoir  parle  ainsi  suc- 
cessivement  des  tlepots  de  coquilles  ,  de  poissons  et  d'ossemens 
de  ritalie ,  il  passe  aux  iles  ou  recifs  de  coraux ,  et  il  decrit  la 
manlere  dont  les  polypes  s'elevent  du  fond  de  la  mer  et  par- 
viennentenfin  a  former  des  iles.  Les  details  interessans  emprun- 
tes  surtout  aux  observateurs  qui  ontaccompagne  Kotzebue,  etc., 
sont  suivis  de  quelqucs  idees  sur  la  formation  par  elevation  des 
iles  volcaniques  etcalcaires  de  I'occan  Allantique  et  de  la  mer  du 
Sud.  II  applique  cela  a  la  formation  des  chaincs  du  continent, 
et  fait  voir,  par  exemple,  que  le  grand  rccif  de  la  Nouvelle-Hol- 
lande  est  comparable  a  la  cliaine  du  Jura ,  et  il  terniine  en  sup- 
posant  que  les  polypes  produiscnt  la  matiere  calcaire  par  la  de- 
composition des  sels  calcaires  de  I'Ocean.  A.  B. 

i63.  Nede  Beytrage  zur  Geschichte  der  Pviieinischen  Yul- 

RANE.  Nouveaux  memoires  pour  servir  a  I'liistoire  des  volcans 

eleints  de  I'Eifel  et  du  Bas-Rliin;  par  Steininger.  2'.  volum., 

avec  2  lithogr.  Prix  :  1  ih.Mayence  ;  182  1  ;  Kupferbcrg. 

l^ous  avons  annonce  dans  le  Bulletin  de  Janvier  I'ouvrage  de 

M.  Steininger  sur  les  volcans  dc  I'Auvergnc,  en  cilant  celul  de 

ce  geologue  sur  les  volcans  du  Rliin;  cc  dernier  elanl  peu  connu 

des  geologues  fraiicais  et  anglais,  nous  allons  en  donnerici  unc 

idee  succincle. 

M.  .Steininger  commence  d'abord  par  decrire  la  chainc  schis- 
tcuse  intcrmcdiairc  entre  Bonn  et  Liege,  et  y  parle  des  depols 
houillers  d'Esciiweiler ,  d'Alx-la-Cliapclic,  ct  de  Liege,  et  des 
dies  et  des  calcaires  plus  reccns.  II  donne  quelqucs  details 
interessans  sur  quelques  petrifications  rares  de  I'Kifel  ,  et  sur 
la  formation  d'eau  douce ,  pres  du  Sicbengcbirgc ,  qui  est  plus 
recente  que  les  lignites. 

II  narlage  ensuileles  vclcansdu  Rliin  en  aiicicns  et  recens;  il  de- 
crit les  ponces,  et  taclic  dc  inoutrer  que  ccs  volcans  out  ele  aetifb 


Geologic.  ii5 

a  une  epoque  intcrmediaire  entre  eelle  de  la  creation  actiielle  et 
celle  qui  I'a  precedec  immediateiiient.  Une  partie  des  vol- 
cansdu  Rhin  otaient  encore  en  activite  avant  que  les  cailloux  de 
basalte  ne  fussent  deposes  dans  la  plaine.L'eau  s'etait  deja  abais- 
see  a  son  niveau  actuel ,  quand  la  plupart  des  volcans  de  la 
gauche  du  Rhin  firent  leurs  eruptions.  L'auteur  place  les  anciens 
volcans  dans  I'epoquc  des  lignites.  Les  basaltes  recens  contlen- 
nent  de  I'augite  et  de  I'olivine,  tandis  que  les  roches  volcani- 
ques  anciennes  sont  distinguees  par  leur  amphibole  et  leur 
feldspath.  La  chaine  du  Slebengebirge  y  est  demontree  volcani- 
que.  Les  volcans  de  I'Eifel  sont  plus  recens,  et  bien  caracterises 
par  les  crateres,  les  mares,  etc. ;  mais  ils  indiquent  partout  peu 
de  force.  En  fin  l'auteur  donne  quelques  details  sur  les  roches 
calcaires  anciennes  de  cette  contree ,  sur  les  tufs  calcaires ,  sur 
Torigine  ignee  probable  des  traps  du  Palatinat  du  Rhin  ,  et  il 
ajoute  a  son  travail  la  representation  de  la  carriere  de  basalte 
de  Kirchweller,  et  celle  des  volcans  de  Gerolstein  et  duMosemberg, 
pres  de  la  mare  de  Meerfeld.  Les  idees  ignees  de  l'auteur  s'y 
trouvent  fortemcnt  appuyees.  A.  B. 

164.   Premiere  eruption   connue    dd  Vesuve.      (  Wien.   Zeit. 
Juillet  1823,  pag.  733.) 

Cette  eruption  du  Vcsuve  sous  Titus ,  en  79  de  I'ere  chre- 
tienne,  est  trop  connue  pour  s'y  arreter;  Herculanum  fi^t  en- 
sevelie  sous  des  cendres  et  des  scories  accompagnees  de  torrens 
d'eau  ,  et  Pompeia  sous  une  pluie  de  matieres  volcaniques.  L'au- 
teur pense  que  les  habitans  out  eu  le  temps  de  se  sauver,  et 
qu'ils  ont  deterre  leurs  objets  les  plus  precieux.  On  a  commence 
a  deconvrir  les  resles  d'Herculanuni  en  1738,  et  ceux  de  Pom- 
peia en  1748.  II  n'y  a  encore  que  le  quart  de  cette  derniere  ville 
deblaye,  et,  en  juillet  1821 ,  cet  ouvrage  occnpait  80  a  90  per- 
sonnes.  A.  B. 

i65.  Sur  l'eruption    du  Vesuve  du    22    octobre   1822  ;   par 
C.  Schnktzer.  (  JVicn.  Zeit.,  mai  1823  ,  pag.  529.  ) 

Du  18  an  21  octobre  s'annonca  l'eruption  du  Vesuve  qui  a 
ete  la  plus  forte  depuis  1794.  Le  22,  le  cratere  elait  entoure  de 
nuages  noirs  et  d'eclairs;  a  deux  heures  apres  midl,  il  s'en  eleva 
une  colonne  coinme  celle  decrite  par  Piine  le  jeune. 

La   plus   forte    explosion   dura   jusqu'a   minuit;  le    2  3,  a   4 


1 1 6  Geologie. 

heuros  (1ti  iTuilin  ,  il  sortit  uiic  Ircs-grande  flamnie,  et  la  lave 
se  repandit  de  la  circonf(5ipnce  du  cone  a  chaquc  eruption.  La 
lave  forma  quatre  (orrens,  dont  I'un  s'ctendit  vers  Resina  et  le 
long  dii  cliemin  de  rErmite;  le  second  se  dirigea  sur  le  cote  sud- 
est  du  cratere  sur  une  ancienne  lave  ;  le  troisieme  sortit  du  pied 
du  cone  ct  pril  la  menie  direction  que  le  precedent;  et  le  qua- 
tiieme  alia  vers  Torro-del-Greco  sur  le  cote  sud  de  la  montagne. 
Dps  pluies  de  cendres  obscurcirent  Fair  et  ne  cesserent  un  peu  que 
le  24.  Le  25  ,  ces  matieres  furent  portees  jiisqu'a  Poestum,  a  56 
milles  de  distance.  Du  25  au  26  il  pint  beaucoup,  et  le  cone 
s'etait  affaisse  sur  une  hauteur  de  5o  toises.  Le  27  il  y  eut  une 
pluie  boueuse  ;  et  enfin  le  3 1  octobre  le  ciel  etait  redevenu 
serein,  quaiul  ,  le  2  novembre,  il  ressortit  encore  de  la  furaee, 
ce  qui  dura  jusqu'au  4- 

Pendant  I'eruption ,  on  n'a  pas  i)u  s'en  approclier  plus  pres 
qua  deux  heures  de  distance  ;  il  y  eut  ca  ct  la  jusqu'a  8  pieds 
de  cendres  et  de  lapilli.  Cette  eruption  explique  clairement  la 
destruction  de  Pompeia.  Les  toits  des  maisons  ressortirent  seuls 
des  cendres  dans  les  hameaux  de  Somma  et  d'Ottajano.  L'eau  , 
dissolvant  les  parties  calcaires  ,  citnenta  les  sables  volcaniques. 
Qtiaire  mille  liabitans  ont  perdu  leurs  gites  par  suite  de  ce  ter- 
rible plienoniene.  A.  B. 

ifiG.  Eruption  nu  Vesuve  du  22  octobre  1822.  [Geist  derZeit., 
juillet  1823,  pag.  1 13.  ) 
L'auteur  y  donne  des  details  sur  I'tTupfion  et  sur  une  tenta- 
tive de  s'approcher  de  la  coulee  de  lave  pres  de  Resina.     A.  B. 

167.  Tremblemens  de  terre  et  eruption   d'un   volcan    en 
IsLANPE.  (  Phil.  Mag.,  SQ^Xemh.  1823  ,  pag.  233.) 

68.  Eruption  d'un   volcan   en  Isi,ande.(  Loud.  Lit.  Gaz.,  20 
septembre  i823,  pag.  606.  ) 

l6n.    LeTTRE    d'IsI.ANDK    au  SUJET   d'uNE   GRANDE  ERUPTION     RE- 

cENTE  d'un  volcan.  (  Mo/it.  M(ig:,  nov.  1823,  p.  3l2.) 
T,e  volcan  qui  est  le  sujel  dc  ces  trois  articles,  est  le  cratere 
Kotlugjan  ,  situe  dans  le  district  deMyrdals-.I6kel ,  qui  avail  ete 
tranquilledepuis  68  ans  ,  ou  depuis  in55.  Celte  eruption  causa 
dc  tels  desastres,  quo  la  population  de  I'lle  diniinua  de 9,744  per- 
snniics.  La  temperature  douce  de  I'hiver,  suivie  d'un  printcmps 


Geologie.  iiy 

assez  fi'oid  et  sec,  fut  I'avant-coureur    de   I'^ruption,    qui  eut 
lieu  du  22  au  26  juin. 

Le  22 ,  on  entendit  une  detonation  et  du  bruit  dans  I'interieur 
du  glacier  de  Myrdals-Jokel ,  et  on  apercut  des  eclaiis  ;  mais  ie 
26 ,  I'eruption  coinmenca  par  une  grande  pluie  de  cendres  et  de 
ponces ,  qui  tomba  au  pied  de  la  montagne.  Cette  derniere  fut 
enveloppee  de  fumee  et  d'eclairs  ;  on  ressentit  des  tremblemens 
de  terre;  la  neige  de  la  montagne  se  fondit ,  et  en  couvrit  le 
piedde  matieres  boueuses.  Les  cendrcs  furent  portees  meme  a  100 
milles  de  la  cote,  et  le  vent  les  dirigea  heureusement  vers  la  iner. 
Les  seinailles  ont  souffert  du  printemps  froid ,  de  la  chaleur  de 
juillet ,  et  de  la  glace  du  Greenland  ,  qui  de  la  cote  nord-ouest  a 
ete  portee  et  est  restee  long-temps  stationnaire  sur  la  cole  du 
Norland.  A.  B. 

170.  Seance  de  la  Societe  geologique  de  Londres.  5  decemb. 
1823. 

On  a  lu  une  notice  intitulee  :  Observations  sur  la  geologic  de 
Siam  et  de  Cocliinchine,  de  ceriaincs  iles  de  I'Archipel  indien, 
et  d'une  partie  du  continent  voisin;  par  M.  Crawford,  membre 
de  la  Societe  geologique. 

1^  deceinbie  i8'2'3.  —  TJn  memoire  contenant  des  observa- 
tions geologiques,  recueillies  dans  un  voyage  en  Perse,  de  Bu- 
shire,  dans  le  golfe  Persique  ,  a  Teheran  ;  par  M.  James  Baillie 
Fraser,  membre  de  la  Societe  geologique. 

L'autcur  est  d'opinion  que  la  plus  grande  partie  de  Test  et 
I'ouest  du  golfe  Persique  appartient  a  la  formation  calcaire  ,  ce 
qui  est  prouve  jusqu'a  une  assez  grande  distance  dans  I'interieur. 
II  a  commence  sa  route  de  Bushire  dans  un  terrain  de  cette  for- 
mation, et ,  entre  cette  place  et  Siiiraz ,  les  niontagiies  sont  cora- 
posees  de  calcaire  et  de  gypse,  et  les  couches  sont  souvent  dans 
un  otat  de  bouleversement.  Dans  une  etendue  considerable,  la 
chaux  carbonatee  est  entremelee  de  chaiix  sulfatee;  mais,  dans 
quclques  parties,  les  roches  sont  entierement  gypseuses,  et  fre- 
qucniment  accompagnees  de  sonde  muriatec.  Des  rui.seaux  et 
des  lacs  sales  se  rencontrent  en  abondance;  parmi  ces  derniers, 
il  y  en  a  un  tres-considerable  a  Sliiraz.  Vers  le  nord  ,  la  route  de 
Sliiraz  a  Ispalian,  sur  une  distance  d'environ  25o  milles,  passe 
par  un  paysclevc,  de  la  nature  de  cclui  dccril  plus  haut;  mais 
ie  calcaire  j)rcdomiiie.  Entre  le  village  de  Gcndoo  et  la  vil!e  dc 


1 1 8  Histoire  naturelle  gendrale. 

Jesdikhaust,  M.  Fraser  a  trouve  I'argile  scliisteuse,  et  un  con- 
gloinerat  a  cailloux  de  quartz,  griinstein  et  chaux  carbonat6e, 
cimente  par  le  calcaire.  Des  veines  de  cette  roche  alternent  avec 
du  gres  a  grains  fins.  Lcs  montagnes ,  entre  Ispahan  et  Teheran  , 
sont  d'une  nature  tout-a-fait  differente  des  precedentes;  on  y  a 
observe  du  schiste  argileux  ,  et  les  plus  elevees  sont  granitiques. 

HISTOIRK    NATURELLE    GEN^RALE. 

171.    DlCTIONNAlRE  DES  SCIENCES  NATURELLES ,  etc.,  tO.  XXVIl'^. 

LIO-MAC,  accompagne  du  25".  cah.de  pi.  (  Voyez  to.  Illdu 

Bulletin  de  iSaS,  p.  243). 

Parmi  les  nombreux  articles  contenus  dans  ce  volume,  nous 
choisirons  les  suivans  pour  les  analyser,  tx)inme  renfermant  ge- 
neralement  des  observations  inedites,  ou  comme  j)resentant  des 
principes  nouveaux  de  classification. 

Loif  et  Loutre,  par  RT.  Frederic  Cuvier.  Dans  le  premier,  ce  na- 
turaliste  decrit  une  espece  jusqu'alors  inconnue,  qu'il  nomme 
Loir  du  Senegal,  Mjoxus  Coupei.Cesl  un  animal  voisin  du  loir 
d'Europe  par  ses  foimes  generales,  et  surtout  par  ccUe  de  sa 
queue;  mais  beaucoup  plus  petit ,  et  d'un  gris  clair  legerement 
jaunatre  en  dessus  ,  avec  toutes  les  parties  infericures  blanchati-es. 
II  y  a  joint  une  note  sur  une  espece  a  queue  distique  couime  celle 
du  muscardin,  d'un  gris  soiu'is,  plus  fonce  en  dessus  qu'en  dessous, 
et  qui  liabite  les  environs  du  cap  de  Bonne-Esperance.  '^Mjoxus 
murinus.  Desm.  Mamm.  suppl.)  —  Dans  le  second,  il  fait  con- 
naiti'e  plusieurs  quadrupedes  nouveaux,  du  genre  des  loulres. 
II  caracterise  d'abord  la  Toutre  de  Cayenne,  Lutra  brasiliensis 
des  auteurs,  comme  etant  depourvue  dn  petit  muffle,  ou  appa- 
reit  glanduleux ,  qui  existe  dans  tous  les  autres  animaux  du  meme 
genre.  Ensuite  il  signale  les  especes  suivantes ,  comme  ayant  ete 
coufondues  avec  la  premiere:  1°.  Loutre  de  Cayenne,  Lutra 
enmlris ;  bai- clair  en  dessus,  plus  pale  encore  en  dessous,  avec 
la  gorge  et  les  cotes  de  la  face  presque  blancs,  et  la  queue  de  la 
couleur  du  coi-ps  :  2°.  Loutre  he  la  Caroline,  Lutra  lataxiiui; 
a  poils  longs  ,  toiiffus,  les  laineux  abondaiis;  ayant  la  robe  d'un 
brun  fonce  noiratre  en  dessus,  les  joues  ,  le  menton  et  la  gorge 
d'un  gris  brunatrc  pale:  3o.  Loutre  de  la  Trinite,  Lutra  in- 
sulaiis  i  a  poils  ras,  lisses,  d'un  brun  chalain  clair  sur  le  corps  , 
etd'un  blane  jaunatre  sale  sous  la  gorge  et  surle  menton.  II  (lis- 


Histoire  natiireUe  ^e'nerale.  "-119 

tingue  de  plus  les  deux  premieres  par  les  formes  generales  dc 
leur  tete  osseuse;  celle  de  Cuyenne  ayant  la  courbe  dii  profil  du 
sommet  de  la  tete  legerement,  mais  rcguliercment  arquec  en  dessus 
de  I'occiput  au  bout  des  naseaux ,  et  celle  de  la  Caroline  presen- 
tant  une  ligne  tres-droite,  oumeme  un  peu  concave  a  la  region 
frontale.  La  Loutke  Bakang  ,  Lutra  Baratig ,  de  Java,  a  les  poils 
soyeux,  longs  el  herisses;  sa  couleur  est  le  brun  de  terre  d'om- 
bre  sale  etgrisatre,un  peu  plus  pale  seulement  sur  les  tempes, 
la  gorge  et  le  dessous  du  corps.  La  Loutre  nirnaikr,  Lutra 
Naif,  de  Pondicliery;  a  poils  peu  longs,  d'un  chatain  fonce,  avee 
le  dessous  du  eou,  de  la  gorge  et  du  venire  d'un  blanc  roussatre 
clair,  et  les  joucs  marquees,  au-dessous  de  chaque  ceil,  d'une 
taclie  brun-fauve  roussatre.  La  Loutre  nu  Cap  ,  Lutra  inunguis; 
a  corps  plus  eleve  que  celui  des  autres  loutres,  a  doigts  gros, 
courts  ,  a  peine  palmcs ,  depourvus  d'ongles ;  a  pelage  doux ,  d'un 
brun  cliatain ,  plus  fonce  sur  la  croupe  ,  la  qtitue  el  les  pates  , 
qu'ailleurs ;  d'un  gris  brunatrc  sur  la  tete  et  les  epaules .  d'un 
blanc  assez  pur  sur  les  levres ,  le  menton ,  le  dessous  du  cou  et  la 
poitrine. 

Lombric ,  Loligo,Y>ar  M.  de  Blainville.  Le  premier  renfernie 
de  nombreux  details  anatomiques  sur  le  ver  de  terre.  Le  second 
comprend  une  monograpliie  trcs-elcndue  des  calraars  ,  c'est-a- 
dire  les  descriptions  delaillees  de  29  especes  de  ce  genre  ,  dont  7 
sonl  nouvelles.  Ces  especes  sont  partagees  en  six  divisions ,  dont 
les  irois  premieres  correspondent  aux  genres  Sepiola ,  Leacli.; 
Cranchia,  Leach.;  Onychia,  Lesueur ,  ou  Onichotheutis,  Licht. 
I<a  <piatricme,selon  M.  Blainville,  est  celle  des  Calmarsjleches ; 
la  cinquieme  celle  des  Calmars  plumes,  ou  ordinaire s ,  et  la 
sixieme  celle  des  Calmars  seches.  Des  sept  especes  nouvelles,  une , 
le  Calmar  a  griffes  de  chat,  Lol.felina,  appartient  a  la  troisieme 
division;  deux  autres,  le  Calmar  tres-grand  et  le  Calmar  de  Bron- 
gnlart,  Loligo  maxima  et  Btongniartii,  se  rapportent  a  la  qua- 
trieme;  et  les  qualre  derniercs,  Calraars  joli,  du  Bresil,  de  Pice,  et 
court,  Loligo pulckra,  Orasiliensis,  Pleii,  et  bre^'is ,  se  rangent 
dans  la  cinquieme.  Deux  de  ces  7  nouveaux  calmars  seulement 
liabitent  les  cotes  de  France.  Ce  sont  ceux  que  M.  de  Blainville 
designe  sous  \e^  nnms  Ac  L.  Brongniartii  ct  pnlchra  ;  \e  jiremier 
parait  vivre  dans  la  Mediterranec,  et  le  second  a  cte  trouve  sur 
les  coles  de  I'Ocean,  pres  de  remboucliure  de  la  Loire. 

Macigno,  par  M.  Brongniarl.  Ce  noai  toscan  est  adople  par 


1 20  Histoiie  iKilurclle  generate. 

i'auteui  |juur  dcsij^ner  ceilaines  jihamiiiiles,  couiposccs  clc  pclits 
grains  de  quartz  sableux,  de  mica ,  d'argile,  de  fer  ochreux , 
reunis  par  un  ciment  calcaire  plus  ou  nioins  solide.  Comparees 
aux  Psammites  itropremeiit  diies,  et  aux  Arkoses,  les  roclies 
qui  portent  le  nora  de  Macigiio,  en  different  princlpalement  par 
I'existence,  clie/.  elles  ,  du  ciment  calcaire  qui  manque  aux  pre- 
jnieres.  —  Apres  avoir  decrit  les  caracteres  mineralogiques  du 
Macigno,  M.  Urongniart  subdivise  cette  roche  en  quatre  varli'tes, 
auxquelles  il  donne  les  noms  de,  i".  Macigno  solide  ;  2°.  M.  scliis- 
loide;  3".  M.  Mollasse;  A"-  IM.  compacte. 

Luinieic  ,  par  M.  Lacroix.  II  y  est  traite  d'abord  de  la  trans- 
mission directc  de  la  lumiere,  de  sa  reflexion,  de  sa  refraction  , 
et  de  sa  decomposition.  Un  paragrapbe  estconsacre  a  Texposilion 
de  la  theorie  de  la  vision ,  et  quelquesautresle  sent :  a  lexpllcation 
de  la  double  refraction ;  a  I'elude  de  la  polarisation  de  la  lumiere, 
acelledes  anueaux  coloresoudes  couleurs  produitespar  reflexion 
et  refraction  dans  les  corps  minces;  a  cellc  de  riidlexion  ou  dif- 
fraction, aiiisi  fjua  celle  des  couleurs  accidentellcs  et  des  ombres 
coloriecs ;  a  la  mesure  de  I'intensite  de  la  lumiere;  a  sa  liaison  avec 
le  caloriqne ;  a  I'exaraen  de  ses  proprieties  cbimiqucs.  Get  impor- 
tant article  est  termine  par  une  recapitulation  tres-succincte  de 
tous  les  phenomenes  que  presente  la  lumiere. 

Les  articles  Liondent,  Lonade,  Lophiolepe,  Lorentea  ,  Loxo- 
don  et  Lucilia,  de  M.  Cassini,  ont  fourni  a  ce  botaiiiste  Toc- 
casion  d'apjdiquer  le  systeme  de  nomenclature  et  de  description 
qu'il  a  cree  i)0ur  la  famille  des  jdanles  synantlierees.  Dans  I'ar- 
ticle  Lopliiolepe,  il  a  insere  des  observations  qui  luisont  propres 
huv  \^i  Ciruum  nivense ,  et  il  y  a  joint  les  caracteres  detadles 
d'une  espece  nouvelle  du  meme  genre  ,  qu'il  api)elle  Cimhtin 
d  ioicu  If  I.  Au  mot  Lorentea ,  il  a  place  un  supplement  a  i'article 
qu'il  a  public  (to.  (j  duDict.  desSc.  nal.) ,  souslenom  de  Clithonia. 
Apres  avoir  donne  I'extralt  des  principaux  articles  qui  entrcnt 
dans  le  volume  que  nous  annoncons,  nous  nous  borncrons  a  in- 
diquer  ceux  qui,  i)ar  leur  etcndue  et  la  metliode  avec  laipielle  ils 
sont  traites,  meritent  de  fixer  I'altentioi!. 

Lithium,  par  M.  Clicvreul.  Marie,  par  M.  Gillet  Launiont 
fils.  Lucineel  Lu/iu/ite,  par  M.  Delrance.  Li.s ,  Liseioii,  Loticr, 
Luzerne,  Mdche,  par  M.  LoiseleurDeslongcbamps.  Loare^  Loran- 
t/ic,  J.riisiaiuhe,  parM.  Poiret.  Lya'pcr(ion,Lycoi)odiaci-ex,  Ly- 
cupvde,  par  JM.  LC-man.  Macire, par  M.  de  lihinv  iUc.  Lixc,  Ly^ee , 


Hisloire  naiwelle gmerale.  1 2 1 

Lyinexylon,  par  M.  Dumeril.  Loriot,  Macareux,  par  M.  Dumont. 
Macaque,  parM.  Desraarest.  Lutjan  ,  par  M.  H.  Cloquet. 

Le  25«.  caliier  de  planches,  public  en  mc^rne  temps  que  le  27^. 
volume,  contient  onze  figures  de  plantes  avec  les  details  de  leurs 
fleurs  ct  de  leurs  fruits ;  dix  figures  d'oiseaux  de  I'ordre  des  passe- 
reaux ;  celles  de  deux  reptiles  opliidiens,de  6  annelides  de  la  lamille 
des  tubicoles  ,  de  trois  coquillages  des  families  des  ostracees  et 
des  conchacees  ,  et  de  six  polypiers  foramines.  Desm. 

172.  MtTHouE  POUR  coNSERVER  LES  ouRsiNs,  Ics  etoilcs  de  mer , 
les  crustaces;  par  M.  le  colonel  Mathieu.  (Jour,  de  Phys.,  de 
Chirn.,  etc. ;  aout  1822;  p.  i55.) 

II  est  quelquefois  fort  difficile  de  conserver  long-temps  cer- 
tains animaux  radiaires,  sans  qu'ils  se  deteriorent.  Les  oursins 
sur-tout  demandent  d'assez  longues  preparations,  apros  lesquel- 
les  on  a  le  deplaisir  de  lour  voir  perdre  leurs  bagneltes. 

M.  Mathieu  qui  a  long-temps  habite  I'lle-de-France,  d'oii  il  a 
fait  denombreux  envois  d'aniniaux  de  differentes  classes  au  Mu- 
seum ,  apres  avoir  loug-teuips  chcrche  a  remedier  a  I'inconve- 
nient  dont  nous  venous  de  parler ,  a  trouve  que  le  meilleur 
moyen  etait  I'emploi  de  I'eau  de  chaux  etendue ,  qui  tannc  et 
change  la  nature  de  la  substance  raucilagineuse;  par  ce  procede 
il  conserve  les  oursins ,  les  crabes  et  les  asteries  les  plus  delicates. 
Pour  preparer  les  oursins ,  on  vide  leur  interieur ,  en  poussant 
en  dedans  les  machoires,  ou  mieux  en  les  tirant  au  dehors.  Ou 
met  I'aninial  dans  I'eau  de  chaux  pendant  12  heures  ,  on  le  re- 
tire pour  le  laire  secher  ,  puis  ou  le  replonge  de  nouveau  pen- 
dant deux  heures  seuiement :  apres  quoi  on  le  laisse  bien  secher 
a  I'ombre,  en  soutenant  les  baguettes  avec  du  coton,  afiu  qu'el 
les  conservent  leur  position  naturelle. 

La  marclie  a  suivre  pour  les  asteries  est  la  meme.  M.  Ma- 
thieu a  observe  qu'il  est  des  especes,  que  le  contact  de  I'eau 
douce  fait  contracter  au  point  qu'elles  tombenl  par  morceaux. 

Pour  les  crustaces,  on  enleve  le  test,  I'aninial  etant  vivant, 
on  le  lave  a  I'eau  douce,  et  on  le  fait  secher  a  I'ombre.  On  vide 
lo  niieux  qu'on  pent  le  corps  ct  les  pates,  puis  on  plongc  le  lout 
dans  Teau  de  chanx  pendant  six  heures;  apres  que  ces  parties 
sont  sichees  a  1  ombre  ,  on  leur  fait  subir deux  autres immersions 
dans  I'cau  de  chaux,  ct  quand  ellcs  n'out  plus  d'odcur  on  re- 
met  le  lest.  M.  Mathieu  dit  que  les  couleurs  perdent  pcu  de  leur 
eclat  iialurel.  Q-  Y- 


132  Histoirc  naturelle  generate. 

173.  Corn.  Adr.  Bercsma,  rf.sponsio  de  incrustationibus  in- 
DiGENis.  JL«^i.  Batcn'.;  i8a3;  ia-/|.,  14  p-  3  pi.  color. 
Cette  dissertation  a  obtenu  un  prix  au  jugemcnt  de  la  classe 
dos  sciences  physiques  et  mathematiques  de  I'universite  de  Leyde. 
Elle  a  pour  objct  des  incrustations  qui  formcnt  des  especes  de 
rochers  en  miniature  dans  un  petit  etang  nomine  JVaal,  prcs 
du  village  de  Rochanje  de  I'ile  de  Voorn  ,  dependant  de  la  pro- 
vince de  IloUande.  C'est  a  tort  que  Pallas  a  dit  que  I'eau  de  cet 
etang   ^tait    salee,   dans    son  Elenrh.   zoophyt.,    011  il  attribuc 
ces  concretions  a  VEschnra  crustulenta.'LeYiiinkiXt  Berkliey,  qui 
les  a  decrites  et  figurecs  dans  lesniemoires  dela  Societu  de  Har- 
lem, torn.  VIII,  part.    2,   les  croyait  au  contraire  formees  par 
un  simple  depot  argileux;  inais  M.  Bergsma  a  observe  que  lors- 
qu'clles  etaient  mises  dans  I'acide  acetique,  la  partie  dure  se  dis- 
solvalt,  et  qu'il  restait  une  masse  gclatineuse  organique  ;  ila  re- 
connu  que  celte  substance  gelatineuse  approchait  de  V Alijonella 
stngnoium  de  M.  de  Lamark  ,  espece  de  polypier  d'eau  douce , 
forme  de  lubes  cylindriques,  verticaux,  membraneux,  reunis  en 
faisceaux  ;  cette  substance  forme  22,70  centieraes  de  la  masse 
des  concretions,  le  surplus  est  calcaire,  a  la  reserve  d'une  tres- 
forte  proportion  de  sllice  et  de  fer.  L'auteur  pense  que  le  carbo- 
nate de  cliaux,tenu  d'abord  en  dissolution  par  un  exces  d'aclde 
carbonique,   se  depose  sur  les    corps  environnans,  et    notam- 
ment  sur  I'alcyonella,  a  mesure  quecetacide  se  dissipe  dansl'air. 
On  remarque  dans  les  cavites  des    ces  incrustations  ,  beaucoup 
de  petifs    crustaces  de    I'espece  nomme  Gammarus  Putcx ,  qui 
probablemcnt  se  nourrissent  des  polypes  d'eau  douce  et  des  con- 
ferves.  Burtinaclte  dans  son  Oryctographie  dcBruxeUcs,  pag,65, 
les  incrustations  du  rulsseau  de  Saint-Bruno.  M.  Bergsma,  qui 
a  eu  occasion  de  les  examiner ,  a  reconnu  qu'elles  etaient  pro- 
(luitos  conime  celies  deRokanje,  au  moyen  d'un  precipite  chi- 
luifjue,  niais  qu'il  ne  se  trouve  pas  d'alcjoneila  daiis  ce  ruis- 
soau.  C.  M. 

17/1.    A    SKLECTION    OK    THE    CORRESPONDENCE   OF    LlNNyEUS     and 

other  naturalists  from  the  original  manuscripts,  par  Sir  James 
Edward  Smith  ,  M.  D. ,  president  de  la  Societii  liinm^enne;  2 
vol.  in-8.  Londres;  1821. 

175,  IjC  ciilebrc  profcsscur  lirocchi,  mcmbrc  dc  Wnstitnt  ita- 
)icn  d'Egyptc,  a  etc  parfaitcmcnt  aecueilli  j)ar  le  vice-rol   d'K- 


Miner  alogie.  laS 

gyptc ,  qui  lui  a  fait  cadeau  d'un  sabre  et  d'une  pelisse.  U  voyage 
actuellement  en  Syrie.  [Coustitutionnel  du  8  Janvier  182/,.) 

MINERALOGIE. 

176.  Systkmatische  UebeusichtderLiteraturfijr  Mineralo- 
GiE,  etc.  —  Apercu  systeinatique  des  ouvrages  sur  la  minera- 
logie  et  I'exploitation   des  mines,   de    i8oo  a  1820.  In-8. , 
3/(8.  Prix,  2  1  gr.  Freyberg,  cliez  Cratz  et  Gcrlach  ;  1822. 
M.le  Cons  des  Mines  Freiesleben  a  Freyberg,  en  composantun 

ouvrage  de  cette  nature,  qui  manqualt  a  la  science,  s'est  acquis  de 
nouveaux  litres  a  I'estime  des  hommes  qui  s'occupent  de  I'ex- 
ploitation des  mines;  c'cst  pourquoi  il  est  a  desirer  que  I'auteur 
puisse  ,  de  temps  a  autre  ,  communiquer  ses  idees  et  ses  observa- 
tions au  public.  [Leipz.  Lit.  Ze<>.,janv.  1823,  p.  112.) 

177.  Sur  le  fkldspatb,  l'albite  ,  le  Labrador  et  l'anor- 
TniTE;par  M.  G.Vio&v..{Philos.  Mag. ,  nov.  i823,  p.  894;  et 
Ann.  of  Philos.,  janv.  182/1 ,  p.  49-) 

Get  article  est  la  traduction  du  memolre  inhere  dans  le  to.  24 
des  Annalea  de  cliunie  et  de  physique ,  et  dontnous  avons  re>du 
compte  dans  le  n".  precedent  du  Bulletin.  G.  Del. 

178.  Observations  sur  le  memoire  precedent,  avec  la  des- 
cription d'un  nouveau  mineral  ;par  M.  Levy.  (Pkilos.  Mag., 
janv.  1824,  p.  61;  et  Ann.  ofPhilos.,  id.,  p.  Sy.) 

M.  Levy  expose  comment  ses  propres  observations  I'ont  con- 
duit a  adopter  pour  la  forme  primitive  du  feldspath  Ic  prisma 
oblique  rliomboidal,  indique  pour  la  premiere  fois  par  Weiss  ;et 
comment  celte  meme  forme  primitive  resulte  de  I'ensemble  de 
formes  secondaires  decrites  par  Haiiy,  malgre  la  difference  du 
type  dont  ce  savant  les  a  derivees.  A  I'egard  des  crislaux  d'albile 
(^o\i  clcavelandite) ,  il  a  constarament  trouve  deux  des  clivages 
inclines  sous  Tangle  de  iiy'  3o',  au  lieu  de  117"  53'  que  donne 
M.  Rose.  II  joint  a  ses  observations  sur  le  memoire  de  ce  savant, 
une  courte  description  d'un  mineral  rare  et  nouveau,  provenant 
du  Vesuve,  ct  dont  les  eristaux  sont  incolores,  translucides  ,  et 
ont  peu  d'eclat:  ils  sont  assez  durs  pour  rayer  le  crislal  de  roclie. 
M.  Children  ,  qui  les  a  examines,  les  regarde  commc  composes 
principalement  de  silice  et  de  raaguesie.  Leur  forme  est  cclle  d'un 
j)risme  droit  rliomboidal ,  modifie  sur  les  aretes  des  bases  et  sur 


124  Mine  I  w  Ingie . 

lesborHs  longitudinnux  aigus.  Lespans  dccoprisine  fontentre  eux 
UD  angle  de  1 28 '  54' ,  et  le  rapport  du  cote  de  la  base  a  la  hauteur 
est  a  ])eu  prescelui  de  4  a  7.  Cette  substance  est  associee  an  plco- 
naste  et  an  pyroxene  d'un  vert  d'olive.  M.  Levy  lui  a  donne  ie 
nom  de  Forstcritc ,  en  I'lionneur  d'un  savant  niineralogistc  an- 
glais, M.  Forstcr.  G.  Del. 

179.    SuR     UN      NOUVF.AU      MINKRAL      APPEI.E     KiRGHISIT;     par    Ic 

D"".  Treutlkr.  [Zeitschrift  J'lir  Natur-  unci  HcMii/icIc  ,  to.  i  , 
2*^.  cahier,  p.  175.) 

M.  Ic  D''.  Treuller,  prof,  d'histoire  naturelle  a  1' Academic  de 
medecine  et  de  chirurgie  de  Dresde,  a  observe  deux  macles  for- 
mees  de  cristaus  d'un  nieme  fossile,  qu'il  regarde  comme  une 
nouvelie  espece.  Ces  macles,  remarquables  par  leur  parfaite  regu- 
larite  ,  sont  coniposees  ,  Tune  de  deux  eristaux  simples,  ayant  la 
forme  d'un  prisme  a  six  pans  ,  termine  par  des  sommets  a  qnatre 
faces;  et  I'autre ,  de  six  eristaux  du  meme  genre.  La  premiere  a 
quelque  analogic  avec  celle  de  chaux  carbonatee  qu'ou  nomme 
vulgairement  xpat/i  en  eoeur ;  I'autre  presente  I'apparence  d'un 
cristal  tabidaire.  La  couleur  du  nouveau  fossile  est  le  vert  d'olive 
passant  au  blanc  verdatre;son  eclat  est  vitreux.  II  raye  fortement 
le  quartz;  et  sa  pesanleur  speciflque  est  d'environ  3,7.  M.  Treut- 
ler  eslinie  que  cette  espece  doit  elre  placee  dans  le  systeme  de 
"Werner,  entre  la  clirysolithcet  le  clirysoberil.  II  lui  a  donne  le  nom 
de  Kir^hlsit ,  parcc  qu'elle  provient  originairemcnt  du  pays  des 
Rirghis.  G.  Del. 

180.  SuK  quelques  MiNtRAL'x  NON-DECRiTs;  par  H.  J.  A, 
Brooke,  esq.  J.  R.  S.  [Joitrn.  0/ Sec.  and  Lilt.  ,'ya\y .  1824  , 
p.  274.) 

Ces  mineraux  sont  la  childrenitc  et  la  sommervillitc. 

Le  premier,  la  childrenite  ,  vient  du  Devonshire,  ou  it  s'est 
rencontre  en  jictits  eristaux  d'une  forme  assez  eom])liqnee,  deri- 
vantd'unprisnic  droit rhomboidal.  M.le  D^  Wollaslonl'a  troiive 
t'fre  un  phosphate  de  I'er  et  d'alumine. 

Le  second  a  etc  decouvert  dans  des  dejections  du  Vesuve  par 
le  Dr.  S;inimerville.  Sa  forme  primitive  est  un  prisme  cirre 
droit  :  il  affecte  une  forme  secondaire  assez  analogue  a  telle  de 
I'idioi'rase. 

II  n'a  pas  etc  analyse;  el  son  aspect  exterieur  I'avail  (ai!  pren- 


Mineralogie.  io.S 

drc  pour  dc  riciiocrasc,  nuquel  il  .ippartierit  trcs-probablement. 
L'anteiir  donne  rres-peu  dc  details  .sur  ces  deux  siibsrances.  L.  A. 
i8i.  Sur  i.e  pyroxkne  lamkixaire.  ( /o«r/?.  of  the  Acad,  of 
Philnd.,\nm  18^3,  p.  68.) 
Ce  mineral,  decouverl  par  MM.  Keating  et  Vanuxem  a  West- 
Point,  dans  une  formation  syenitique ,  y  est  arcompagne  de 
quartz  liyalin  ,  de  mica  et  de  feldspath.  Le  pyroxene  lamellaire 
est  analoptne,  dans  tous  ses  caracteres,  an  mineral  decouvert  a 
Brandy  wine  (Delaware) ,  que  J'on  prit  d'abonl  pour  de  I'hyper- 
stene,  et  que  Ton  reconniit  ensnite  appnrtonirau  pyroxene.  II  se 
trouve  en  petiles  lames,  rarement  cristallise  ,  mais  cependant  as- 
sez  neltement  pour  montrer  la  forme  de  ce  mineral.  La  forme 
qu'il  affccte  est  un  prisme  octogonal  dont  les  angles  sont  de  134" 
a  i36  ;  sa  composition  est  :  silice  ,  5i ;  chaux,  21;  raagnesie  , 
ii,5o;  alumine,  3,5o;  fer  et  manganese,  i  1,53;  eau,  i  ;  perte  , 
0,47.  Total:   100.  Louis  Andre. 

182.  Peliom  du  'BKv.sii..{Leonhard.Taschenbitch,    1823,  3'^ 
part.,  p.  7o3.) 
M.  Arker  de  Griitz  annonce  avoir  decouvert  ce  mineral  dans 
un  echantillon  vcnu  de  Rio-Pardo,  cap  Bahia. 
1 83. Sur  l'Actynolithe  vitree.  (Si/li/n.  Amer.  joum.,  vol.vi, 
p.  33i;  et  Ann,  of  Phil. ,  sept.  1823,  p.  23 1.) 
Ce  mineral  est  d'un  vert  d'emeraude  en  masse,  et  d'un  gris 
verdatre  en  poudre;  Ires-cassant;  il  raie  le  verre.  Sa  pesinteur 
specifique  est  de  2,987.  II  est  compose  de  :  silice,  56,333;  ma- 
gnesie,  24;  chaux  ,  10,666;   fer,  4,3oo;   alumine,    1,666;  eau, 
i,o33;  perte,  2,002.  Total:   100.  11  vient  dcs  Etats-Unis.   L.  A.' 
,184.  Sur    le    carbonate    naturel    de    magnesie    des    Indes 
orientales.  (  A/aff.  dcr  Pharm.  de  Hdnle,  janv.  1823  ,  p.  90. 
Cet  article  est  exlrait  d'un    memoire  insure  dans   les  Annnlx 
of  Philosophy,  avril  1822,  et  qui  conlient  la  description  et  i'a- 
nalyse  de  ce  carbonate  par  le  D>-.  Henry.  On  Fa  trouve  en  masses 
d'un  blanc  de  neige ,  avec  quolques  petites  taclies  d'un  jaune  d'o- 
cre.  Jl  est  faiblement  translucide  sur  les  bords.Sa  pcsanteur  spe- 
cifique est  de  2,56 1 5.  II  renferme.sur  100  parties  ,  46  de  magne- 
sie;  5i  d'acidecarbonique;  o,5  d'eau;  i,5  d'une  matiere  insoluble  • 
P<^''»<='^-  G.Dei.. 


1 26  Minenilogie. 

185.  SUR   t'HYnBATF.  NATURFL  PK   MAGNESIE  DKS    lI.ES   SnETLANt).  , 

[Mag.  tier  Pharm.de  Hfinlc,  janv.  189,3,  p.  91.) 
En  1817  ,le  D"".  Hippert  a  trouve  cc  mineral  dans  iinc  serpen- 
tine a  Swinaness,  dans  I'ile  d'Uiist ,  Tune  des  Shetland.  Sa  struc- 
ture est  lamelieuse ;  sa  couleur  blanchatre,  avee  une  teinte  de  ver- 
datre.  Quelques  echantillonspresentaient  une  structure  cristalljnc 
distincte,  indiquant  pour  la  forme  du  mineral  un  prisme  hcxac- 
dreregulier.  Sa  pesanteur  specifique  est  2,336.  Son  analyse  chi- 
mique  a  donne  69,75  parties  de  magnesie,et  3o,25  d'eau. G.Del. 

186.  Sua    LK    FER    PHOSPHATE    TERREUX    d'OlDEIVBODRC.     (  Arcll , 

des  Apoth.  ver.,  1822,  h.i,  p.  io3.) 
Ce  fer  phosphate  terrcux  a  ete  trouve  par  M.  Dugend  dans  les 
tourbieres  de  I'OIdenbourg.  II  est  moins  pur  et  d'une  couleur 
plus  grise  que  celui  d'Eckartsberg  et  de  Hillcntrup;  mais  il  est 
fort  scmblable  a  celui  de  Leiberg.  A.  B. 

187.  Analyse  du  minerai  pe  fer  bleu  de  New-Jersey  ;  par 
Lardner  Vanuxem.  'yfouni.  of  the  Acad,  of  nat.  Sc.  of  Phil.  , 
mars  1821 ,  p.  82.) 

rjans  cc  court  mcmoire  ,  M.  Vanuxem  se  borne  a  donner  I'a- 
nalysc  de  ce  mineral ,  qu'il  a  trouve  compose  commc  il  suit :  pro- 
toxide defer,  44,54  j  acidc  phosphorique,  25,85;  eau,  28,26  ; 
alumine,  0,40;  pcrte,  0,95.  Total:  100.  L.  A. 

188.  Analyse  d'un  mineral  d'Andreasberg,  nomrae  fnhle.t 
Rothgultigerz;Y>^r\eTi^.  duMenil.  [Miner.  Taschenbuch,  i823, 
1'=.  part.,  p.  377.) 

Cette  nouvelle  cspcce  deRotligiiltigerz  se  trouve  Ic  plus  sou- 
vent  en  masse,  et  tres-rarement  en  cristaux.  Ccux-ci  presentcnt 
la  forme  de  pyrajuides  aigues,  dont  on  pent  a  peine  compter  Ics 
faces  a  cause  de  leur  extreme  pclitrsse.  lis  rcssemblent,  au  pre- 
mier coup  d'oeil,  a  la  varicte  capillaire  de  Grau-Spicsglanzerz. 
Ce  mineral  a,  dans  sa  cassure  fraiche,  ime  couleur  inleiinediairc 
enlre  le  gris  jaunatre  (fahlgrau)  et  le  gris  de  plomb  :  celle  dc 
la  poussiere  estle  rouge  cerise;  ce  qui  le  distingue  du  weissgiilti- 
gcrz.Sa  pesanteur  specifique  est  de  5,2i4-  II  est  Icndreet  facile  a 
casser.  M.  du  Menil  le  trouve  com])ose ,  sur  100  parties  en  poids, 
de  47,24  d'argent,  37,54  d'anlimoine,  et  1 4,82 desoufrc. G.Del. 

189.  Analyses  de  quelques  opales  dks  iles  Fero^,  par  le  D''. 
Aug.  nu  I\IiiNiL.  [Miner.  Ta.uhcnl/uch;  i823;   i''''.  part., p.  55.) 


Mineralogie.  1 27^ 

M.  <lu  Mtnil  a  on  roccasion  d'exaniincr  un  tres-grand  nom- 
bre  de  variotes  d'opaic,  provcnant  des  iles  Feroe;  et  dans  cct 
article,  il  expose  !e  resultat  de  ses  observations  sur  les  differen- 
ces qui  les  distinguent,  et  les  details  de  leurs  analyses  cliimi- 
ques.  Leur  pesantcur  specifique  varie  en  g(5neral  entre  2  et 
4j3.  Les  principes  composans  les  plus  constans,  sont  la  silicc  et 
I'eau;  les  principes  variables  et  accidentels,  sont  la  chaux ,  I'a- 
lumine,  la  magnesie,  I'oxide  de  fer,  I'oxide  de  titane,  et  la 
zircone.   Ce  dernier  s'est  eleve,  dans  une  des  analyses,  jusqu'a 

14  pour    100.  G.  DEL. 

I  go.  Sur  les  formes  cristallines  des  sels  artificiels,  par 
H.  J.  Brooke.  [An.  qfPhjs. ;no\.  1823  ;  p.  374') 
Cet  article  est  la  continuation  des  recherclies  sur  le  meme 
sujet,  que  renfermaient  les  numeros  preccdens  des  Annales.  Les 
substances  examinees  par  M.  Brooke,  dont  il  est  fait  mention 
ici ,  sont  au  nombre  de  4  >  savoir ,  I'acetate  de  plomb ,  I'oxalate 
d'ammoniaque  ,  le  carbonate  de  magnesie,  et  le  sulfate  de  cin- 
chonine.  La  premiere  a  pour  forme  primitive  ,  un  prisme  droit 
obliquangle  de  109°  3^';  la  seconde,  un  prisme  droit  rhomboidal 
de  104°  6';  la  troisieme,  un  prisme  rhomboidal  oblique,  dont  2 
pans  font  entre  eux  un  angle  de  86°  3o',  et  a  vecla  base  un  angle  d'cn- 
viron  I02°;la  quatrieme,  un  prisme  obliquangle  irregulier,  dont2 
pans  font  entre  eux  Tangle  de  83°  3o',  et  dont  la  base,  perpen- 
diculaire  a  I'un  d'eux,  s'incline  sur  I'autre  de  gS"  5o'.    G.    del, 

191.  Suite  du  Mcmoire  precedent ;  par  le  meme.  {^Ann.  of  Phil, ., 
dec,  p.  457.) 

Le  sulfate  de  zinc  a,  suivant  M.  Brooke,  pour  forme  primitive 
un  prisme  droit  rhomboidal  de  91°  7".  Ce  prisme  est  ordinai- 
rement  modifie  sur  tons  les  bords  et  sur  tons  les  angles  a  la  fois. 
—  Le  sulfate  de  nickel  presente  deux  systemes  differens  de  cris- 
tallisation  :  le  premier  se  rapporte  a  un  prisme  droit  rhomboi- 
dal,  qui  parait  etre  le  meme  que  celui  du  sulfate  de  nickel;  le 
second  a  pour  type  un  prisme  droit  a  base  carree.  —  Le  sulfate 
de  nickel  et  de  potasse  a  pour  forme  primitive  un  prisme  obli- 
que rlioraboidal ,  dont  deux  faces  lalerales  font  entre  elles  un 
angle  de  109"  10',  et  avcc  la  base  un  angle  dc  1020  i5'.  —  L^ 
sulfate  double  dc  nickel  et  de  zinc  cristallise  comme  chacun  des 
sels  simples  dont  il  est  compose.  G.  del. 


1 28  Mineralogie. 

192.    ScR   UNE  NOIIVELI.E   CRISTALLISATION    DE  SPATH    FLUOR,  par 

le  prof.  p.  Merian  ,  a  Bale ,  avec  iine  lithographic.  (  Miner. 
Taschcnb.,  iSaS;  i''".  part.,  p.  18S.) 

La  forme  obbcrvee  par  M.  Merian ,  est  le  cube  dont  les  huit 
angles  solides  sont  remplaces  chacua  par  six  facettes  disposees 
deux  a  deux  au-dessus  des  faces  doniinantes.  Cette  forme  a  etc 
decrite  par  Tlaiiy  dans  la  seconde  edition  de  son  traite  de  mine- 
ralogie ,  sous  le  nom  de  Enneahexaedre.  G.  del. 

19'i.    SUR    UN    GROUPE    HE    CRISTAUX    MOBILES    DE    CARBONATE   DE 

CHAux,  dans  une  cavito  flulde  de  qu;irtz;  par  M.  Brewster. 
(  Edinb,  Phil,  joitrn.,  oct.  iSiS  ,  p.  268.  ) 

Le  cristal  de  roche,  d;ins  lequel  i'auteur  a  fait  cette  curieuse 
observation,  est  de  Quebec  ;  le  fluide  de  la  cavite  elait  transpa- 
rent, et  le  groupe  mobile  de  cristaux  etait  blancliatre.  Long- 
temps  apres  cette  observation,  un  heur.  tix  hasiird  a  mis  entre 
et  de  la  meme  localite ;  et  alors  il  a  pu  determiner  que  ces  groupes 
Ics  mains  de  I'lmleur  plusieurs  autres  cristaux  de  la  meme  espece 
spheriques  mobiles  etaient  de  la  chaux  carbonatee ,  et  que  cette 
substance  y  elait  quelquejfois  aussi  en  petltes  aiguilles  entou- 
recs  de  quartz.  A.  B. 

194.  M.  Ziegler,  de  Winterthur,  en  Suisse,  a  trouve  dans  un 
reservoir  de  ])lomb,  dans  lequel  on  faisait  cristalliser  depuis 
nombre  d'annees  du  sulfate  de  potasse,  provenant  de  la  decom- 
position du  nitrate  de  potasse  par  I'acide  sulfiaic|ue,  des  cris- 
taux en  longs  pri*mes  rhomboiditux  terniines,  Ics  uns  par  des 
pyramides  fort  nllongees,  et  les  autros  par  des  somn)ets  tres- 
raccourcis.  CVst  la  premiere  fois  que  M.  Ziegler  a  remarquc  de 
semblables  cristaux  dans  sa  fabrique  ,  quoiqu'elle  soil  en  aclivite 
depuis  5o  ans.  Ces  cristaux  ont  une  tendance  a  se  casscr  dans  le 
sens  pcrpendiculaire  a  leuraxe;  Icur.s  pans  font  entrc  eux  des 
angles  de  Go  d. ,  et  120  d.  environ.  Le  type  auqucl  lis  se  rap- 
portent  par.iil  done  etre  lo  prlsme  rhomboidal  de  120  d.,  d'oii 
derive  le  pri.sme  liexaedre  regulicr ,  ct  par  suite  la  double  ])yra- 
mide  a  six  triangles  isoccles.  A.insi  ces  cristaux  ne  sont  point  in- 
compatibles  avec  le  solide  bipyramid.il  ,  qui  est  la  forme  la  plus 
commune  du  sulfate  de  potasse.  MM.  Levy  et  Brooke,  en  An- 
glelerre,  avaient  dtja  reconnu  (jue  la  forme  ])rimitive  de  ce  sel 
etail   un  prisine  droit  a  quatre  pans.  (  Voyez  Bulletin ,\\".  i5.) 

C.     DEL. 


Mineratogie.  1 29 

195.    BeYTRAGE     ZUR    KeNNTNISS     KRYSTALUNISCHER      HiJTTEN- 

PRODUCTE.  Essai  pour  servir  a  la    connaissaiice  des  produits 

cristallins  des  fourneaux ;   par  M.  Fred.  Koch,  i  vol.  In- 12 

de  88  p.,  et  2  pi.  Gottlngue;  i82'2. 

Ce  niemoire  est  presente  par  Tauteur  cornme  renfermaut  seu- 
leinent  I'ensemble  des  fails  qii'il  a  observes  lul-mume  dans  les 
usines  du  Hartz  ,  surles  produits  cristallins  des  fourneaux,  pour 
servir  de  materiaux  a  la  continuation  du  Specimen  cristallogra- 
phicc  metallurgicce ,  publie  en  1820,  par  M.  Hausmann,  dans 
le  tome  iv  des  memolres  de  la  Soclete  royale  des  sciences  de 
Gottlngue.  M.  Koch  classe  les  produits  cristallins  qu'il  a  recueil- 
b's  en  quatre  genres  :  les  oxides  metalliqijes  ,  les  terres,  les 
scoRiEs  viTREusEs,  ct  les  sELs.Lc  premier  genre  comprend  i".un 
oxide  noir  de  fer ,  semblable  au  I'er  oxldule  de  la  mineralogie, 
qui  presente  Iesvarletes/«we//rt<>e,  scoriacee  clcompacte  :  lava- 
rlete  lamellaire  est  cristallisee ^  grenue,  ou  testacee  ^  &\.\a  iovs- 
varlete  cristallisee  offre  la  forme  primitive  ( I'octaedre  regu- 
ller  )  et  trols  formes  secondaires  ;  2".  le  zinc  oxide,  dont  I'auteur 
decrit  neuf  varietes  de  cristalllsations  differentes.  Le  genre  des 
TERRES  ne  renferme  que  la  silice  pure ,  qui  es>ijihreuse  oupulve- 
rulente.  Dans  le  genre  des  scories  vitreuses,  M.Koch  decrit 
unlquement  ,  mais  avec  beaucoup  de  details  ,  une  espece  qu'il 
nomme  hiesehclunclz  ,  et  que  nous  pouvons  nommer  laiticr  sili- 
ceiix.  Indlquee  par  I'autour,  comuie  le  type  d'unesortede  laitier, 
qui  se  prodult  toiijours  dans  les  fouineaux  a  fer,  dans  les  memes 
circonstanccs  metallurglques,  cette  substance  presente  de  iiom- 
breuses  varietes  ,  parmi  lesquelles  la  variete  cristallisee  offre  un 
octaedre  rhomboidal  aigu  pour  forme  primitive,  et  i5  foriiies 
secondaires  tres-variees.  L'analyse  du  kleselschmelz  donne  onze 
parties  de  silice  pour  six  de  chaux,  deux  d'alumlne  ef  une  de  ma- 
gnesle,  ou,  en  regardant  la  magnesie  comme  accidentelle,  six 
parties  de  silice  pour  3  de  cliaux  et  nne  d'alumlne.  M.  Koch  cite 
ensuite  pliisieurs  cristalllsalions  de  laitier,  qui  ne  peuvent  sc  rap- 
porter  a  I'espece  precedente,  et  qui  appartiennent  sans  doule  a 
une  autre  espece  de  scoric  non  encore  determinee.  Enfin,  dans 
le  genre  des  sels,  I'auteur  indlque  \\n  muriate  de  soude  et  de 
potasse,  qui  se  forme,  par  sublimation  ,  dans  les  fenles  des  pa- 
rois  des  fourneaux.  —  L'ouvrage  de  M.  Koch  est  accompagnc  de 
planches  gravecs ,  qui  rcpresentent  geometrlquement  toutes  les 
varietes  de  formes  cristallincs  qu'il  decrit.  Uiio  iioiivellc  carrlere 
15. 'I'oME  I.  9 


1 5o  Miiie'ra  logie . 

de  recherches  intercssantes  est  ouvci'te  par  M.  ITansmann  et  par 
lui,  et  cesrccherclics  peuvcnt  contribucr  un  joiir,(rune  nianierc 
efficace,  auxprogresdela  cristallographie  et  de  la  mctalliirgic.Bo. 

196.   Or  EXPLOITli  DANS  LES  MONTS  OuRALS  ,   EN  RUSSIE.  (  f^OJ.  Ic 

Bulletin  de  janv. ,  VI*.  sect.,  n".  5i.) 

MM.  Soimonof ,  conseiller  d'etat,  et  Fuclis,  professeural'uni- 
versite  de  Kasan  ,  ont  cte  envoycs  dans  les  monts  Ourals  pour 
examiner  les  mines  d'or  qui  ont  ete  dccouvertes  dans  ces  mon- 
tagnes  depuis  trois   ans.   Les  plus  riches  sont  situces   du  cote 
oriental  de  la  cliainc;  elles  s'etendent  depuis  ^e/X/io/w/v'ejusqu'a 
la  source  de  la  riviere  Oural ;  mais  la  partie  ou  I'or  est  le  plus 
abondant  parait  s'etendre  de  Nynezayiiskoi  a  Kousiloinki ,  sur 
une  longueur  d'environ  5oo  verstes.  L'or  se  trouve  presque  a  la 
surfiice  du  sol,  dans  une  argile  aurifere  qui  s'etend  a  la  profon- 
deur  de  quelques  archines.  C'est  en  lavant  cettc  terre  qu'on  en 
exlrait  l'or  avec  une  grande  facility ;  on  retire  onlinairement  5 
solotniks  d'or  de  100  pounds  d'argile.  M.  deJakowleff,  proprie- 
taire  des  terrains  les  plus  riches  en  or  ,  a  du  envoycr  en  Russie, 
en  1823  ,   3o  pounds  d'or  a    la  Monnaie   de   Petersbourg.  On 
estlme  le  produiit  des  autres  exploitations  a  i3o  pounds  (?)  Lien 
que  tous  les  iravaux  ne  fassent  que  commencer.  Le  D^.  Fuchs 
ecrit  que  l'or  parait  avoir  ete  contenu  originairement  dans  des 
roches  de  griinstein,  de  talc  schistoide,  d'ophite,  et  dcniineraide 
fer  gris,  etc., qui,  ense  deconiposant,  ont  lai.sse  l'or ;  il  pretend  avoir 
trouve  aussi  du  platine  (?),   du  corindon  ou  spatli  adamantin  , 
et  plusieurs  autres   substances  mine-rales  rcgardccs  comniepro- 
pres  aux  deux  Indes;  il  a  decouvert  egalemont  niio  i)i(.rrc  ])rccieuse 
qu'il  a  nomme  ioii/io/iile,  ct  qui  resseniblc  au  sa])hir.  On  croit 
que  M.  Fuciis  ne  tardera  pas  a  pubiier  une  relation  de  son  voya- 
ge. (  Letter  bode  de  Harlem.  1  janv.  182/1. —  Europ.  Mag. ,  nov. 
1823,  p.  A6o;  el  P/iil.  Mag.,  noY.  1823,  p.  3<j'|.) 
107.  Sur  une  substance   auenaceo-calcaire  trouvee  prcs  de 
Delvin  danslePcrtshire;  par  MaoCullocu.  [Journ.  des  Hcic/i. 
de  I' Inst,  roj:,  n".  3  i  ,  p.  79.  ) 

La  Tay  estaccompagnee,  dans  la  plainc  de  Slorniount,  de  Icr- 
rassesde  .sables  et  decailloux  qui  s'eleveut  au-dessus  d'elle  jusqu'ii 
la  hauteur  de  60  pieds.  I^a  plaine  qui  forme  la  surface  dc  ces  al- 
luvions a'offro  aucune  ro(;he  en  place,  et  Icur  base  est  le  gres 
rouge.  Eutrcles  lils  de  gravicr  el  dc  sable  incohcrcns  on  en  trouve 


Mineralogie.  1 5 1 

quelqiies-uns  cimcnles  par  une  infiltration  caicnire,  et  ces  parties 
ont  une  forme  coniqiie  ou  lenticulairc  analogue  a  celle  des  sta- 
lactites et  stalagmites.  On  peut  evaluer  que  loo  parties  de  ces 
matieres  cimentees  contiennent  60  pai'ties  de  sable.  L'auteur 
compare  la  formation  de  ces  roclies  a  celle  des  cristaux  de  chaux 
carbonatee  des  gres  dc  Fontalnebleau  ,  et  explique  de  la  raeme 
maniere  les  tubes  de  sable  calcaire  qui  accompagnent  les  os  fos- 
siles  de  Morfolk.  Dans  les  cristaux  de  Fontalnebleau  ,  le  melange 
du  sable  et  de  la  solution  calcaire  etait  conserve  toujours  en  etat 
a  derai-fluide  ,  et  de  nouvelles  particules  calcaires  succedaient 
continuellement  a  celles  qui  y  etaient  deposees.  Par  cette  operation 
lente  la  chaux  carbonatee  a  pu  se  cristalliser ,  tandis  que  dans  les 
sables  calcaires  agglulines  de  Delvin  la  precipitation  du  sel  etait 
acceleree  par  le  cours  et  I'absorplion  rapide  du  fluide  impregne 
de  calcaire ,  ce  qui  a  erapeclie  toute  cristallisation  reguliere.  A.  B. 

198.  On  the  different  modes  of  working  coals,  etc.  Sur 
les  differentes  nianieres  d'exploiter  les  mines  de  cbarbon,  et 
d'y  faire  penetrer  des  courans  d'air;  par  John  Farey,  inspec- 
teur  des  mines.  [P/iil.  Mag. ,  n°.  248,  fev.  i823,p.  gg.) 
L'auteur  de  cette  notice  pretend  que  le  systeme  d'exploiter  le 
charbon  par  galeries  de  mines  (way  going  ivork^  n'est  pas  d'une 
invention  si  recente ,  et  d'un  usage  si  borne ,  qu'il  ne  soit  prati- 
que actuellement  que  dans  une  trentainede  mines,  comme  on  I'a 
faussement  avancc.  II  en  a,  dit-il,  fait  observer  le  premier  les 
avantages,  dans  son  Rapport  sur  la  Mineralogie  et  I'Agriculture 
du  Derbyshire,  public  en  181 5.  li  en  donne  la  description,  non 
comme  une  invention  recente,  mais  comme  la  methode  d'apres 
laquelle  ont  ete  et  ont  continue  a  etre  exploitees,  de  temps  imme- 
morial, plusieurs  centaines  de  mines  de  charbon,  dans  les  com- 
tes  de  Derby,  de  Nottingham  et  de  York ,  sous  le  nom  de  long 
way  oj  working  (exploitation  par  longues  allees).  II  a  etu  a  por- 
tee  de  juger  par  lui-meme,  depiiis  1807  ,  de  I'epargne  etonnante 
de  charbon,  et  de  la  grande  surete  pour  les  ouvriers,  qui  resulte 
de  cet  excellent  systeme  ,  qu'il  a  recommande  ,  en  1817,  aux  pro- 
prietaires  et  directeurs  des  mines  de  charbon  de  la  Tyne  ct  de  la 
fVear,  en  cilant  le  cas  dc  la  mine  de  Shcrishall,  en  Ecosse,ou 
le  ])roduit  par  acre  de  filons  de  cliarbon  avait  etu  double  par  I'in- 
troductiou  de  cette  methode;  et  il  espere  qu'elle  finira  par  etre 
generalement  adoptee,  moinlenant  que  Ion  commence  a  revenir 


X  53  Mine'ralogie. 

dc  la  gmndo  confiancc  que  I'on  av;ik  dans  Irs  lampcs  de  siircte. 
II  pensc  que,  dans  ce  systemo,  Ic  vonfilatcur  de  M.  John  Taylor 
pourraitetre  tres-ulile  pour  reuouvtler  I'air.  (V.  Society  of  Arts, 
aS*-'.  vol.,  p.  aig. ) 

199.  SuR  l'Erzberg,  en  Styrie;  par  Ed.  de  Feuchterslebew. 

[Arch,  fiir  Geschickte ,  mai  i8a3  ,  p.   335  ;  id.,  juin  ,  p.  36o; 

zV/.,p.383.) 

L'auteur  commence  par  le  rccit  de  la  decouvcrte  de  la  celebre 
mine  de  ferde  l'Erzberg,  qu'il  attribue  aux  peuplcs  delaNorique, 
et  des  desastres  que  les  eaux  causent  dans  ce  pays.  Les  mines  de 
l'Erzberg  ont  exisle  bien  uvant  I'an  7 1  a ;  et  l'auteur  estime  le  pro- 
duit  annuel  de  ces  mines  a  3oo,ooo  quintaux  de  fcr.  11  decrit  en- 
suite  les  ditferentes  galeries  et  les  puits  de  ces  mines,  le  travail 
des  ouvriers  et  leur  gain ,  les  fouderies,  les  forges ,  et  enfin  la  vie 
des  habitaus  de  l'Erzberg.  A.  B. 

aoo.  SuR  LE  bitume  dans  les  piERREs;  par  G.  Knox.  (P/iilos. 
Trans.  iSaS  ,  p.  a  ,  p.  517.) 

M.  G.  Knox  a  fait  des  essais  sur  differenfes  roclies  pour  de- 
terminer par  la  distillalioii  la  (juantite  des  parties  bitumineuses. 
Un  retenite  verdatre  de  Tile  d'Arran  Ini  a  donnc  2  pour  cent  de 
bitume  ;  un  porlite  de  Tokay,  a,  5;une  ponce  dTsland,  rien;  une 
amygdaloide  de  I'ile  de  Disco,  3,  i  d'eau  bitumineuse;  ungriin- 
slein  basaltique  de  Nevry,  i,  75  de  bitume;  une  diabase  de  tran- 
sition de  Carlingford,  i  ,  5  dc  bitume;  un  bole  de  Disco,  beau- 
coup  de  bitume;  un  basalte  de  la  chaussee  des  Geans,  6  dc 
bitume  ;  un  basalte  de  Disco  ,  a,  3ia;  une  obsidienne  de  Pile  de 
I'Ascension ,  o,  a;  un  griinstein  de  Clarkliill,  a  d'eau  bitumi- 
neuse; une  Avacke  de  Disco,  11,  4^  d'eau  bitumineuse;  une 
wacke  ferrugineuse  de  Disco,  18,  a5  d'eau  scmblable  ;  la 
meme  rocliede  Herotli,  4  <le  bituir  c  ;  une  am])liibolc  de  Schnee- 
berg,  o,  75  d'eau  bitumineuse;  une  tourmaline  dc  Rarvrulik  en 
Grocnland,  o,  7  d'eau  scmblable;  une  augite  d'Arendal,  o,  35 
delamemeeau;  une  serpentine  de  Zoblitz,  lo,  5  d'eau  bilu- 
mineiise;  un  scliisic  argileux  de  Banger,  3  d'eau  bitumineuse; 
un  fLldsp;ilh  blanc  de  Killeney,  o,  35  d'eau  bitumineuse;  un 
feldspath  rouge  d'Aberueen,  de  I'cau  scmblable;  uncmenilile  de 
Paris,  3,  75  d'eau  biluminieiise;  une  argile  schisteuse  adhesive 
de  Mi'nil-Monlant,  18,  5  d'eau  et  de  bitume;  un  mica,  i  ,  33 
d'eanbituiiiiiieuse;  unquarz  f'cti(ie,de  I'euu bitumineuse; un  quartz 


Botanique.  i33 

gras,  o,  1  d'eau  tres-fetide ;  une  cucullite  de  Galway,  o,  i88 
d'eau  ammonlacale ;  un  raarbre  de  Carrare,  o,  i5  d'eau  sans 
odeur  ou  alcaline;  un  micaschiste  de  Saxe  n';i  donne  qu'un 
peu  d'eau  bitumineuse  tres-volatile ;  un  cristal  de  rpclie  du  Cap 
et  une  adulaire  du  Greenland  n'ont  rien  perdu  par  I'ignition.  A.B. 


BOTANIQUE. 

20I.  Flora  oder  Botanische  ZEiTuwo.Ratisbonne,  1824  ;  n".  1. 
(Prix,  6  fl.  pour  5 2  N"'.  de  t6  p.  in-ia,  avee  quelques figures. ) 

On  sail  combien  le  gout  de  I'instruction  est  general  dans  toutes 
les  parties  de  TAUemagne.  Les  classes  les  plus  elevees  de  la  so- 
ciete  cherchentdans  la  culture  des  sciences  un  noble  delassement, 
ct  leur  exemple  remplit  la  jeunesse  d'une  utile  emulation.  C'est 
ainsi  que  sous  la  presidence  de  M.  le  Comtc  de  Bray ,  ministre 
de  S.  M.  le  roi  de  Baviere  pres  la  cour  de  France ,  la  societe 
botanique  de  Ratisbonne  a  pris  une  activilc  nouvelle.  Com- 
posee  d'hommes  eclaires,  cette  societe  public  cliaque  semaine 
un  n".  d'un  journal  que  son  prix  modique  met  a  la  portee  des 
fortunes  les  moins  considerables  et  qui  pouria  devenir  un 
moyende  communication  entrelesbptanistes  de  tous  les  pays.  Le 
i^*^.  n".  de  Janvier,  que  nous  annoncons  aujourd'hui,  contient 
d'abordle  commencement  d'une  analyse  Ires-detaillee  du  Voyage 
de  MM.  Spix  et  Martins,  considere  principalement  sous  le  rap- 
port de  la  botanique.  A  cet  article  fort  interessant ,  succede  une 
lettre  de  M.  Weinman,  jardinier  de  I'empcreur  de  Russie  ,  ou  il 
traite  differens  sujets  plusou  moins  curieux.  II  dit,  entre  autres , 
qu'il  est  parvenu  pour  la  seconde  fois  a  faire  lever  les  semeuces 
de  V Agariciis  lepidcits ;  que  V Agaricus  speciosus  ^  quoique  voi- 
sin  AcV A.  Vahlli,  en  estpourtant  distinct;  que  le  Merulius  fVein- 
manni,  .Spreng.,  est  le  Cantharellus  crispus ,  Fries;  que  Y Agaricus 
cepcEstlpes ,  Sowerb.,est  le  memeque  \A.  cretaceus.  Bull;  que  le 
Clcome  hrnsilicnsis  est  annuel ;  que  le  Cnnna  neglecta  et  le 
C  latifolin  sont  identlques,  comme  aussi  le  Canna  Buchii  el  le 
C.  pcdunciilata;  que  Ton  amuitiplie  a  tort  les  especes  du  genre 
'Vrollins;  qu'il  s'cst  forme  a  Saint-Petersbourg  une  societe  bota- 
nique donl  M.  Triniiis  est  le  directeur  ;queS.  M.  I'cmpercur  de 
Russie  consacre  70,000  roubles  au  jartliu  botaniijue  de  Peters - 
bourg,  etc.  Dans  une    lettre  du  D'.  Zis,  qui  vient  a  la  suite   de 


1 54  Boianiqiie. 

celle  de  M.  Weinman,  il  annonce  que  M.  Salznian  est  arrive  a 
Tanger  apres  avoir  traverse-  I'Espagne,  et  que  ce  voyageur  don- 
nera  bientot  des  details  sur  ses  recherches  botaniques.  Enfin  le  n"- 
que  nous  annoncons  se  terniine  par  diverses  anuonces  qui  peu- 
vent  interesser  la  science  et  qui  sont  dues  au  savant  Hornschucli : 
celle  de  la  decouverte  d'une  mousse  sans  peristome  ;  celle  de  la 
publication  par  Hooker  d'un  Primula  scotica  ,  long-teraps  con- 
fondue  avec  le  P.  Farinosn ;  I'annonce  de  nos  Plantes  usuelles 
des  Brasiliens ;  celle  de  la  traduction  anglaise  d'un  extrait  du 
Voyage  botanique  de  Hoppe  et  Hornschuch  sur  les  cotes  de  la 
mer  Adriatique,  etc.,  etc.  Atio.  de  S.  IIil. 

ao2.  First  steps  to  kotanv.  Premiers  pas  dans  I'etude  de  la 

botanique,  ou  instruction  populaire    de  cette  science  pour 

rendre  son  etude  une  branchc  d'educatlon;  par  J.  L.  Druji- 

MOND  ,  Esq. ,  Professeur  d'anatomie  et  de  physiologic  a  I'in- 

stitution  academique   de  Belfast.  In-i2,   avec  loo    planches 

contenant  200  fig.  Prix:  9  sh.  br.  Londres;    182^;  Baldwin. 

Le  plan  adopte  dans  le  present  ouvrage  a  etc  d'unir  a  la  partie 

technique  de  la  botanique  beaucoup  d'int'orm  ations  interessantes 

ct  agreables  sur  plusieurs  parties  du  regne  vegetal,      dans  I'es- 

poir  qu'un  ouvrage  compose  de  maniere  a  etre    populaire, et  en 

memc  temps  scientifique  ,  pourrait  otre  utile.  J.  M.  M. 

2o3.    OSSERVAZIONI     MICROSCOPICHE     SOPRA     VAKI  E    PI  ANTE  ,  CtC. 

Observations  micros copiques  sur  divcrscs  plantes ;  par  le  Pro- 
fesseur Amici.  Avec  5  grandcs  pi.  de  fig.  au  trait  ,  d'apres  la 
camera  lucida  perfcctionnre.  [Actes  de  In  Soc.  ital.  des  Sci. 
publics  a  Mode/ie ,t.  19,  1823.) 

Get  important  travail,  que  nous  ne  connaissons  encore  que 
par  I'extrait  qu'en  donne  la  Bibliotheque  universelle  (  aout  et 
sept.  i8a3 ),  renferme  un  grand  nombre  d'observations  nou- 
vclles  sur  Torganisalion  intime  des  vegetaux.  L'auteur  a  repetc 
sur  le  Caulinia  fra Iritis,  VVilld.  [Nai'as  flw.iatllis  ,  L. )  et  sur  le 
C/iara  JlexUis ,  les  observations  qu'il  avail  deja  failcs  sur  la 
circulation  des  fluides  dans  les  vaisscaux  du  C/iarn  vulgaris  ;  il  a 
observe  de  meme  dans  I'interieur  de  chaquc  cellule  ou  portion 
de  vaisscaux,  un  mouvement  circulaloire  de  globules. 

La  structure  du  pollen  et  sa  maniere  d'agir  surle  stigmate  onl 
ete  le  sujet  d'autres  observations  ;  l'auteur  n  vu,  dans  le  Portu~ 


Botfinique.  \  3  5 

lacn  oleracen,  les  grains  de  pollen  fixc'-s  sur  les  polls  ilu  stigmate, 
se  rompre,  laisser  sortir  une  sorte  de  filet  qui  se  coUe  contre  le 
poil  du  stigmate;  le  grain  de  pollen,  ce  tube  et  le  poil  du  sligm.ite 
etaient  alors  remplis  d'une  infinite  de  petits  globules  doues  de 
niouvemens  tres-rapidcs  ,  ces  globules  disparaissent  au  bout  de 
quelques  lieures  sans  que  I'autcur  ait  pu  s'assurer  s'ils  elaient 
passes  dans  le  stigmate ,  ou  s'ils  etaient  rentrcs  dans  le  grain  de 
pollen. 

De  nouvelles  observations  sur  la  structure  de  I'epiderme  et 
sur  celle  des  vaisseaux  ,  sur  les  pores ,  leur  mode  d'absorption  , 
enfin  sur  la  circulation  des  liquides  et  des  gaz  dans  les  vaisseaux, 
terminent  cc  travail.  An.  B. 

204.  Note   sur  ^'existence  du  canal   mepullaire  dans  l'in- 
TERIKUR  DES  RACiNEs;  par  M.  AcliiUc  Richard. 

Dans  la  plupart  des  ouvragcs  generaux  de  botanique  et  dc 
physiologic  vegetale ,  on  dit  que  les  racines  sont  depourvues  de 
canal  meduUaire  ,  et  que  I'absence  de  cctte  parlie  est  meme  un 
fort  bon  caraclerc  pour  distinguer  les  vraies  racines  des  tiges. 
Cetle  assertion ,  professee  publiquement  par  les  savans  les  plus 
recommandablcs  del'Europe,  est  inexacte.  Nous  avons  observe 
dans  la  racine  d'un  grand  nombre  de  vegelaux  dicolyledons  , 
un  canal  medullaire  tres-apparent ,  et  qui  se  prolonge  dans  une 
etendue  tres-considerable.  Le  marronier  d'Inde  ,  ou  hippocas- 
tane  ,  est  celui  ou  cette  observation  est  le  plus  facile  a  verifier. 
Lorsque  Ton  fendhorizontalement  un  jeune  Hippocastane  d'une 
ou  deux  annees,  on  voit  le  canal  medullaire  qui  regne  au  centre 
de  la  lige ,  se  prolonger  sans  aucune  interruption  au  milieu  de 
la  racine.  On  pent  le  suivrc  ainsi  jusqu'a  rextreiiiite  du  pivot 
principal ;  mais,  quelque  soin  que  nous  ayons  mis,  nous  n'avons 
pu  en  constater  I'existence  dans  les  ramifications  de  la  racine. 
Cependant  nous  devons  avouer  que  phisleiirs  plantes  nous  ont 
])aru  conslamment  depourvues  de  moelle  et  d'etui  medullaire, 
a  quelque  epoque  de  leur  developpcment  que  nous  ayons  fait 
nos  recherches. 

Nous  ajouterons  qu'en  gemJral  le  canal  nitidullaire  est  d'au- 
tant  plus  visible  dans  les  racines  ,  que  la  plaivte  est  plus  jeune. 
C'est  ainsi  qu'on  le  voit  facilement  dans  les  vegetaux,  peu  de 
temps  apres  leur  germination. 

Nous  complons  donncr  suite  a  cette  observation  anatomiquc, 


1 36  Botanique. 

qui  nous  parait  meriter  quelque  attention  de  la  part  des  bota- 
nistes  qui  s'occupent  de  la  physiologic  des  vegetaux.  (  Bull,  dc 
de  la  Soc.  Philom.  ,  oct.  iSaS  ,  p.  i54. ) 

2o5.    Memoire    spr    LA    GERMINATION   DES   Orobanches;   par 
M.  VatjCHEr  ,  de  Geneve.  [Mem.  du  Mus.  d'hist.  mit.,  t.  lo,  p.) 
Daris  ce  travail ,  Tauteur  reconnait  par  de  nombreuses  ex- 
periences que  les  graines  d'Orobanche  rameuse   confiees   a   la 
terre,    y   restent     indolentes    peiulaut   plusieurs   aniices ,  sans 
qu'aucun   moyen  puisse  determiner  lour  devcioppcment  ;  niais 
que  si  les  eaux  de  pluies  les   entrainent   veis  des   racines   de 
chanvre,  elles  s'y  attachent  incontinent  et  y  enfoncent  des  radl- 
cules  ,  puis  grossissent ,  se  debarrassent  de  leurs  enveloppes , 
jettent  de  tous  cotes  un  grand  nombre  d'autres  radicules ,  et 
poussent  verticalenient  des  rejets  qui  deviennent  de  veritables 
tiges  chargees  de  leurs  fleurs.  Cette  espece  d'Orobanche ,  para- 
site du  chanvre  ,  a  aussi  tte  observee  sur  la  lampourde  glou- 
teronne,  la  vesce  ,  etc. — Deux  autres  Orobanches  croisstnt  etsc 
developpent  de  la  meme  maniere ,  pres  de  Geneve,  sur  le  genet 
des  teinturiers  et  sur  le  trefle  ;  la  premiere  est  vivace ,  et  la  se- 
conde  vit  seulement  deux  ou  trois  ans.  —  M.  Vaucher  crolt  que 
le  meme  mode  de  germination  appartienl  aux  Hyobanches  ,  aux 
Phclippees  ,  et  aux  autres  plantes  qui  ont  une  organisation  sem- 
blable  a  celle  des  Orobanches;  niais  que  les  Monotropes  et  les 
plantes  de  la  meme  famille ,  quoique  parasites  ,  ayant  une  orga- 
nisation de  graine  differciite,  doivent  avoir  une  autre  forme  de 
developpement  qui  est  encore  inconnuc.  —  L'auteur  examine 
ensuite  les  deux  questions  suivaiites  ;  i°.  si,   une  fois  develop- 
pee.s,  les  Orobanches  pcuvent  vegeter  sans  le  secours  de  la  i)lante 
qui  a  servi  a  favoriser  leur  germination ;  i".  si  ces  menies  Oro- 
banches sont  moditiees  dans  leurs  formes,  par  les  plantes  sur 
lesquelles    elles  vivent,  surtout  lorsque  celles-ci  sont  de  genres 
differens.  II  les  trouve  toutes  les  deux  indeciscs,et  fait  connailre 
la  nccessite  de  se  livrer  a  de  nouvelles  rccherches,  avant  d'en 
oOmettre  une  .solution. 

aoG.  Carl  von  Linne  VJlanzcn  Systt-m,  iin  Auszuj^c.  Abrcge  du 

Sjstema   vegctabiliuin ,  dc  Linne;  par  Ulasxus  Mkurem,    %''. 

edit.  Marbourg,  1824;  1  vol.  in-8.  de  139  p.  (lulrod.), — G'ii. 

Get  ouvrage  qui  ne  parait  destine  qu'aux  etudians  qui  com- 

nicncent  I'etude  de  la  hotaiiiijuc,  on  aux  personncs  qui,  se   li- 


Botanique.  iZj 

vi'ant  a  I'ettide  de  la  medecine  ou  de  quelque  autre  science , 
ne  s'occupent  de  botanique  que  d'une  raaniere  secondaire ,  pre- 
sente  ,  i".  une  inlroduction  renferniant  une  explication,  en  latin 
et  en  alleraand,  des  termes  employes  dans  les  descriptions  de 
plantes;  i".  un  tableau  des  principaux  genres  et  especes  de  plan- 
tes  rangees  suivant  le  systeme  de  linne,  avec  des  caracteres 
distinctifs  extremement  courts,  en  latin  et  en  allemand;  et  I'in- 
dication  de  I'habitation  et  du  niois  de  la  floraison  dans  cette 
derniere  langue.  Quant  aux  genres  et  aux  especes  qui  sonl  ren- 
fermcs  dans  cet  ouvrage,  lis  sont  limites  aux  plantes  europeen- 
nes  les  plus  frequentes,  aux  especes  cultivees  dans  un  grand 
nombre  de  jardins,  ou  a  celles  que  leur  usage  dans  la  medecine 
ou  les  arts  donne  occasion  de  citer  frequemnient ;  leurs  nottis 
vulgaires  et  pharmaceutiqiies ,  sont  ajoutes  a  la  suite  de  leur 
caractere. 

Du  reste ,  on  ne  trouve  dans  ce  livre  aucune  citation  qui 
puisse  renvoyer  a  des  ouvrages  plus  complets  ou  a  des  figures; 
les  phrases  caracleristiques,  uniquement  destinees  a  distinguer 
les  especes  indiquees  dans  cet  abrege  ,  sont  telles,  que,  si  une 
plante,  autre  que  celles  indiquees  dans  ce  livre,  tombail  sous  la 
main  d'un  etudiant,  il  pourrait  facilement  la  confondre  avec  une 
de  celles  qui  y  sont  decrites,  sans  avoir  aucun  moyen  de  veri- 
fier   la    determination   par    des    renvois  a   d'autres    ouvrages. 

Ad.  B. 

207.  A  SYSTEM  OF  PLANTS,  by  D^  HooKER.  (Ext.  du  Prospcclus.) 

M.  Hooker  va  publier  incessamment  un  ouvrage  sous  ce  litre  : 
ce  livre  renfermera  les  caracteres  distinctifs  de  toutes  les  es- 
peces connues,  cultivees  ou  sauvages,  avec  des  remarques  sur 
leurs  usages,  et  distribuees  suivant  les  families  naturelles,  avec 
une  table  d'apres  le  systeme  de  Linne ;  il  sera  accompagmi  d'uu 
grand  nombre  de  planches  colorices,  destinees  a  represeiiter  une 
espece  de  chaque  famille  avec  I'analyse  des  fleurs  ct  des  fruits, 
dessines  par  I'auteur  lui-nieme. 

Toutes  les  plantes  nientiounees  dans  les  autrcs  Specicx ]danta- 
rum,  ou  dans  les  divers  ecrits  des  holanistcs,  y  seront  decrites,  et 
fn  outre  on  y  trouvera  un  grand  nombre  d'especcs  nouvclles, 
introduites  recemment  dans  les  jardins  ou  dans  les  horbiers. 

Cet  ouvrage  sera  ecriten  anglais,  cl  I'auteur  crolt  rendre  par 
la  un  service  a  la  science,  en  le  meltant  a  la  porlce  de  tout  Ic 


i38  Boianique. 

niondc.  Son  livrc  sera  peut-ctre  plus  rdpandu  dc  cellc  nianiere 
en  Anglctcrre;  niais  il  aurait  etc  d'une  utilito  hieu  plus  gt'ntrale  s'il 
I'eut  fait  en  latin,  au  nioins  pour  les  phrases  caracteristirpics. 

Get  ouvrage  paraitra  periodiquement ,  et  la  premiere  partic  est 
sous  presse.  Ad.  B. 

208.  Exotic  ilora,  etc.  Flore  exotiqne,  contenant  les  figu- 
res et  les  descriptions  deplantes  etrangeres  ,  rares,  nouvcUes, 
ou  remarquablcs,  etc. ;  par  AV.  S.  Hooker  ,  part.  5,  6.  Edimb. 
Oct.  1823  et  janv.  1824.  (  Fojcz  le  Bulletin  de  iSi'i.  ) 

Ces  deux  nouveaux  caluers,  d'un  recueil  qui  se  continue  tou- 
jours  avec  une  execution  aussi  parfaile  que  les  premiers,  rcnier- 
luent  les  plantes  suivantes  : 

64.  Alstroemerin pulchella,  Bot.  Mag.,  t.  2353. 

65.  A Istroernciia  tricolor;  caule  ereclo,  gracili;foliis  lineari-lan- 
ccola'iis,  lortis,  glabris;  urabelJa  pauciflora  (?);  perianlliii  laciniis 
quatuor  exterioribus,  obovato-spathulatis,  subconformibus  brevio- 
ribus;  duabus  interioribus, paulo  longioribus  lineari-spatliulatis; 
omnibus  serratis. 

Cette  jolie  espece  est  orlginaire  du  Cliili;  clle  a  etc  dccrite 
presqu'en  meme  temps  sous  le  nora  A'A.  piikhra,  dans  le  Bot. 
Mag. ,  et  sous  celui  d'A.JIos  Martini  dans  le  Bot.  legist. 

66.  Pcperomia  incana. 

Piper  incanum  ,  Haw.  Supjd.  pl.  sure.  p.  2. 
d'j.Pej/erouiia  Pcresfdajolia.  Kunth.  in  Humb.  et  Bonpl.  nov. 
gen  et  sp.  i ,  p.  56. 

68.  Primula  pusilla.  Goldie,  in  Edimb.  phil.  Journ. ;  1822; 
V.  6,  p.  322. 

Primula  farinosa ,  Nuttal. 

Cette  jolic  espece  dccrite,  par  M.  Goldie,  dans  un  memoirc  sur 
quelques  ])lantes  rares  ou  nouvellcs  du  Canada  ,  est  ainsi  carac- 
terisee  : 

P.  foliis  obovato-spatliulatliis  ,  repando-crenalis  ,  subtus  .sca- 
poque  farinosis;  umbelia  ]);iuciflora;  corollw  tubo  calyce  lon- 
giore;  laciniis  obcordatis,  dentatis,  ore  nuilo. 

69.  Orchis  spectabiiis.  Linn. 

70.  Pogonia  ophioglossoides.  R.  Br. 
Arelhusa  ophioglossoides.  Linn. 

']\.  Dcndrobiumjiinbrialum;  caTilibus  erectis,  ferlilibus,aphyl 
lis;  foliis  lanceolalis,  striatis;  racemis  multidoris;  labcllo  indiviso, 


BotaJiique.  1 5c) 

oblique  campanulato,  fimbria  to ;  perianthii  foliolis  tribus  exterio- 
ritiis  basl  obtuse  calcaratis. 

Ccttc  suj)erbe  plante,  originaire  du  Bengale,  a  etc  envoyee  dc 
Calcutta ,  par  M.  Wallich. 

72.  Vanda  ?  trichorrhiza ;  labello  ecalcarato  ;  petalis  lineari- 
lanceolatis,  subsequalibus ;  foliis  teretibus. 

Cette  espece,  proveiiant  egalement  dujardinde  Calcutta,  a  les 
plus  grands  rapports  avec  le  Vanda  teretifoUa ,  Lindley.  Mais 
ces  deux  especes  different  beaucoup  des  especes  que  M.  Brown 
a  rapportces  priraitivement  a  ce  genre,  particulierement  par  leur 
labelle  depourvu  d'eperon. 

73.  SchizantJtus pinnatus.  Ruiz  et  Pavon.  Fl.  per.  i ,  p.  1 3,  t.  17. 

74.  Schizopetalon  Walkeri.  Sims,  in  Bot.  Mag.,  t.  2379. 

Ce  nouveau  genre  de  crncifere ,  figure  pour  la  premiere  fois 
par  Sims. ,  presente  plusieurs  caracteres  tres-remaiquables ,  que 
M.  Hooker  a  parfaitement  decrits  et  figures  dansl'excellenteplan- 
che  analylique  qui  reprtsente  cette  espece.  II  caracterise  ainsi  ce 
genre  : 

Siliqua  linearis,  stigm-ate  subsessili ;  cotjledones,  singulo  bipar- 
tite ?  spiraliter  iorXi;  pctala  pinnatifida. 

La  structure  de  la  graine,  surtout,  est  tres-singuliere,  et  differc 
de  celle  de  toutes  les  cruciferes  connues  par  ses  cotyledons ,  pi'o- 
fondement  divises  presque  jusqu'a  la  base  ,  en  deux  lobes  lineai- 
res.  M.  R.  Brown ,  qui  a  decrit  cette  plante  dans  le  Bot.  Ixcgist. 
n.  io5  (  voy.  I'art  suiv.  ),  admet  dans  cette  plante  quatre  coty- 
ledons verticilles. 

75.  Calceolaria  paralia.  Cavan.  Icon.  5  ,  p.  29  ,  t.  447  ? 

76.  TricJiomanes  inemhranacea.  Linn. 

77.  Toenitis  graminijolia ;  frondibus  simplicibus  furcatisvc , 
lineari-lanceolatis,  integerrimis,  glabris. 

Grammitis  graminoides.  Svv.  Syn.  fd.,  p.  22.  ?  Hab.  insula 
Sti.-Vincentii. 

78.  Gramniitis  serrulata.  Sw.  Syn.  fil.,  p.  22. 

79.  Rata  albijlora;  f'oliis  bipinnatis,  pinnulis  obcqrdatis;  flo- 
ribus  tetrapetalis  ,  petalis  obovatis  integerrimis  (  albis  ) ;  gcrmine 
pedicellato. 

Cette  espece  remarquable  par  la  couleur  de  ses  fleurs,  par  son 
ovaire  pcdicelle  et  par  la  forme  de  .son  disquc ,  est  originaire  du 
Nepal. 

80.  OEnothcra  speciosa.  Nutt. 


i4o  Botanique. 

8 1.  Habenaria  tridentata. 
Orchis  trideutata.  Purs/i.  fVilld. 

82.  Talinum  ciliatum.  Ruiz  et  Pavon. 

Cette  espece,  jusqu'a  present  peu  connue,  est  parfaileinent 
decrite  et  figuree  avec  des  details  analytiques  tres-interessans. 

83.  Loasa  nitida.  Lamk.  Enc.  III.  58i. 

La  figure  quirepresente  cette  belle  plante,  est  accoinpagnce  de 
details  analytiques  tres-curieux  et  parfaitcnient  executes. 

84.  Lessertia  annua.  Dec.  Astrag.,  p.  38.  Ad.   B. 

209.  Botanical  register,  n    .  CV,CVI, —  CVII ,  nov.,    dec. 
1823,  et  janv.  1824.  (  Foy.  le  HuUctinde  iSaS. ) 

Ces  trois  numeros  renferment  les  especes  suivantes  : 

748.  Erinus  lychnidea.  Linn. 

749.  Tillandsia  flexuosa.  Swartz. 

750.  Erythrina  speciosa.  Hort.  Kew.,  ed.  2  ,  vol.  4  »  P-  '^52. 
75i.  Dianella  strumosa;    foliis  laete  viridibus ,  omnino  loevi- 

bus  ( latitudinc  ,  ubi  latioribus ,  subunciali  )  ;  panicula  laxa  , 
numerosijdecomposita;  corolla;  pendulo-cernuse,  lacinlis  rcflexis; 
alternc  saturatius  3-5-lineatis  ;  filamentis  cum  struma  obosa  sa- 
turatiiis  colorata  antherifera  apice  articulatis;  pedlcellis  flore 
paulo  brevioribus. 

Cette  espece  est  remarquable  par  ses  etamines  dont  le  fda- 
ment  est  renflc  en  une  sorte  d'apophyse  charnue  qui  supporle 
I'anthere.  Elle  est  originaire  de  la  Nouvelle-Galle  du  sud. 

752*  Schizopetalon  IValkeri.  Sims.  Bot.  Mag.,  2379. 

Ce  genre  de  crucifere,  d'abord  decrit  d'une  manierc  assez  in- 
complete dans  le  Botanical  magazine ,  a  offert  a  M.  R.  Brown  , 
qui  en  donne  une  exccUente  description  dans  le  n".  du  Botani- 
cal licgister  que  nous  extrayons  ,  un  caractere  tres-singulicr.  vSui- 
■viinl  ce  savant  botanistc  ,  I'embryon  prescnte  4  cotyledons  verti- 
cilles,  lineaires  ,  replies  en  sjiiralc.  11  caraclerisc  ainsi  ce  genre  : 

Calyx  cXau&us;  peta la  piniKilifida.5'///(7Hrt  torulosa,  scminibus 
uniseriatis.  Colyledones  qiiatuor  ?  scparatim  contortuplicatae. 

M.  Hooker,  qui  a  figure  cette  menie  jilante  dans  V  Exotic  flora, 
regarde  les  cotyledons  comnie  seulcment  ires-profoniieraent 
bipartis. 

753.  Ocyinuin  jcbrijiiguni . 

Cclle  espece,  originaire  dc  Sierra -Leone ,  est  Ires-voisnie  de 


Botanique.  i^i 

VO.  heptodon  de  P.  de  Beauvois,  qui  n'en  est  peut-itre  qu'une 
varicte. 

754.  CurcuUgo  latifolia.  Hort.  Kcw. ,  ed.  2,  vol.  2,  p.  -253. 

755.  Stapelia  noiinalis.  Jacq.  Stap.  t.  l\\. 
7.56.  Stapelia  hirsuta.  Var.  Atra^  Linn. 

757.  Gnidia  denudata ,  foliis  ovalo-oblongis  quadrifariam 
imbricatis,  pilosis,  trinervibus ;  nervis  denudatis;  floribus  termi- 
nalibus  ,  villosis;  villis  sparsis  ,  patentibus. 

Cette  espece  est  tres-voisine  du  G.  iinhricata. 

"j^^.  Allium  Coivani;  scapo  nudo,  semiterele  ;  foliis  lanceolatis, 
acuminatis,  flaccidis,  ciliatis,  vaginantibus;  umbella  fastigiata; 
petalis  obtusis. 

Hab.  Peruvia. 

759.  Pleurothallis punctata ;  foliis  oblongis,  utrinque  obtusis, 
scapo  deflexo  ramoso  brevioribus;  floribus  sparsis,  distantibus. 

Cette  espece  parasite,  remarquable  par  sa  forme,  est  originaire 
de  Tile  de  la  Trinite. 

760.  Ponthie'va  petiolata  •  spica  laxa  erectaj  foliis  petiolatis, 
ercctis  ,  crispis ,  glabris  ;  floribus  discoloribus. 

Cette  plante  liabite  Tile  Saint-Vincent. 

761.  Polrgnla pnniculata.  Linn. 

762.  Narcissus  Sabiiii;  spatlia  uniflora ;  scapo  ancipite;  nec- 
tario  coiumnari,  erecto,  plica  to,  eroso  ,  petalis  imbricatis,  paten- 
tibus breviore  ;  stylo  coluninae  ai(|uali,  antlieris  paulo  loui^iore- 
tubo  petalis  subsequali.  J.  Lindl. 

Cette  espece,  cuhivee  dans  ies  jardins  d'Angleterre,  mais  dont 
I'origine   est  inconnue  ,  parait  bien    distincte  de   la  plupart  des 
especes  deja  decrites.  M.   Lindley,  a  I'occasion  de  cette  plante 
decrit  nnenouvelle  espece  du  meme  genre  sous  le  nom  de  Nar- 
cissus Macleaii. 

N.  spallia  i-2-flora  ;  scapo  coinpresso,  sub;mcij>iti;  petalis  pa- 
tentibus, imbricatis,  tubo  nectarioque  cyliudrieo  truncato  inte- 
gerrinio  paulo  longioribus. 

Elle  est  originaire  de  Smyrne. 

763.  OEnotliera  acaulis.  Cav.  icon.  4  ,  p.  Co  ,  t.  Sgg. 
7G4.  Cassinia  aurea.  Brown.  Trans.  Liun.  12,  p.  127. 
765.  Euphorbia  cjathophora.  Willd.  Sp.  2,  p.  8<)i. 

7G6.  Bromclia  mvlanantha;  ebraelcata;  foliis  ligulato-oblon" is, 
ca'siis,  spina  nigra  ciliatis,  ciisj)idalo-obtn5is;  spira  obe.so-slrobi- 


I/^2  Boiaiiique. 

liformi,  hexasticlia  ?  distantcr  laxata  ,  verticillis  trifloris  alternis  ; 
floribus  rigidis,  fundo  laiia  iinmersis;  calyce  trialato. 

Celte  belle  plante  est  originaire  de  I'ilc  de  la  Trinite. 

7G7.  Hedjchlum  heteromallum ;  foliis  supra  nudis ,  subti'is 
pube  loriga  mollissima  sericeis ;  spica  sparsa  multipiici  conica ; 
fasclculis  subtrifloris  ,  subimbricato-distantibus  ,  divergentibus  ; 
ungue  llneari  laminae  2-partit»e  lobis  dimidiato-ellipticis  sub- 
breviore  ;  filamcnto  coroUam  plurimum  superante. 

Celte  plante  est  cultivee  dans  le  jaidin  de  Calcutta, d'oiielle  a 
ete  introduite  en  Angleterre. 

7G8.  Ipomcea  tuhcrosa. 

769.  Galea  grandijlora. 

Les  descriptions  de  ces  deux  especes  ne  seront  publiees  cpie 
dans  le  numero  suivant. 

770.  Curculigo  recurvata.  Dryand.  in  Hort.  Kew.  ed.  2  ,  t.  2, 
p.  253.  Ad.  B. 

210.    CuRTl's    BOTANICAL    MAGASINE  ;    par    JOHN   SlMS.    n"«.    442, 

443,  444.  (  Voyez  le  Bulletin  de  1823.  ) 

Ces  trdis  cahiers  renferment  les  plantes  suivantes  : 

2441.  Melastoina  granulosa  Lanik.  Cette  espece  appnrlient 
au  genre  Pleroma  de  Don. ,  Trans.  IFern.  T.  iv,  p.  295. 

2442.  Oxylohium  arhoresceus.  Brown  in  Hort  Kew.,  edit.  2; 
vol.  3,  p.  10. 

2443.  Cissus  quinquefotia;  foliis  quinatis ;  foliolis  ntrinque 
attenuatis,  acuminatis,  serralis,  pedicellatis;  rarais  teretibus,  no- 
dosis,  Ifevibus.  Soland.  Hah.  Rio  de  Janeiro. 

2444.  Biscutella  hispida.  Dec.  Ann.  mus.  18,  pag.  295,  t.  7  , 
fig.  I. 

2445.  Erodium  Gussoni;  Tenore  fl.  neap.  p.  97  ,  t.  63. 

2446.  Ipomcea  speciosa.  Vers.  Syn.  i.p.  i83. 

2447.  Protea grandijlora  yar.  iatifolia.  Brown.  Trans.  I.lnn. 
10,  p.  85. 

2448.  Amethystea  coerulea,  hiim. 

2449.  Phlomis  hcrba-icnti ,  Linn. 

24 50.  Ononis  hispanica ,  Linn. 

2451.  Coreopsis  lanceolata,  Linn. 

2452.  Ociinum  slamineum;io\\\s  oblongo-ellipticis, serralis  , 
canis,  longc  peliolalis;  spicis  •verticilialis,  verticillis  subscxfloris  ; 
slaminibus  corolla  bis  longioribus.  Hab.  Cliina. 


Botanique.  i/p 

Cette  planteporte  sur  la  planche  le  nom  d'O.  camim,  et  dans 
ia  description,  celui  d'O.  stamineum. 

2/|53.  lonidium  ipecacuanha  ,  var.  B.,  puhesrens.[  lonidium 
calceolaria.  Roem  et  Schult.  5.  p.  Sg/j.) 

2454.  Desmanlhus  virgalus,  Y^'AXA.  Mimosa  virgata, L'mn. 

2455.  Moinordica  charantia ,  Linn. 
24^6.  Cjrilla  racemijlora,  Linn. 

2467.  Echinops  strictus  ;  canle  simplici,  stricto,  unifloro;  foliis 
eroso-pinnatifidis,  spinuloso-dentatis,  supra  glabris,  subtus  to- 
mentosis. 

Cette  piante,  originaire  de  Russie  ou  de  Siberia,  provenait  du 
jardin  de  Gorenki. 

2458.  Nicandra phjsalodes ,  Pers. 
245g.  Ammobium  alatum. 

Ce  nouveau  genre  de  la  famille  des  composes ,  etabli  par 
M.  Brown,  mais  jusqu'a  present  inedit,  est  ainsi  caracterise  par 
ce  celebi-e  botaniste  : 

Amuobivm. Receptnculum  ,  paleis  distinctum.  Pappus :  margo 
dentatus.  Anlherce  basi  blsets. /«Po/«cr«/rt  imbricatum,  colora- 
tum,  radians. 

La  seuleespece  connue,  figuree  dans  le  Botanical  Magazine, 
croit  dans  les  sables  du  bord  de  la  mer ,  k  la  Nouvelle  -  Galle  du 
sud.  C'est  une  piante  a  feuilles  rndicaleslanceolees,  a  tiges  droi- 
tes  et  rameuses ,  a  feuilles  caulinaires  petites,  decurrentes ,  et  pro- 
duisant  des  membranes  en  forme  d'ailes  sur  les  tiges.  Les  fleurs 
sont  terminales  et  solitaires  a  rextremite  des  rameaux. 

Ce  genre parait  voisin  des  Gnaphaliuni ,  Elichijsum,  etc. 
2460.  P lecthranthus ternatus;  cauXe  sexangulato;  foliis  ternatis, 
petiolatis,ovatis,crenatis,rugosis;radicibus  tuberosis;spicis  termi- 
nalibus ,  verticillatis. 

Cette  piante  croit  a  Madagascar,  oil  on  la  cultive  sons  le  nom 
de  Orni/nc ;  les  tubercules  de  ses  racines  sont,  a  ce  qu'on  dit,  un 
excellent  aliment. 

Cette  espccc  est  tres-voisine  de  \Ocymum  tuberosum  de  Rox- 
burgh. An.  B. 

an.  Flora  italiana,  etc.  Flore  italienne  ,  ou  recueil  des 
plantes  les  plus  belles  que  I'oa  tultive  dans  les  jardins 
d'ltalie,  rcdigee   sous   la   direction   du   prof.  Savi.  A  Pise, 


1^4  Botamque. 

chez  Niccolo  Capurro.  [Nuov.  giorn.  de    Lett.,   aout    1822, 

p. -^32.) 

II  a  doja  paru  r4  fascicules  dc  cc  recueil.  lis  contiennent  plu- 
sieurs  plantcs  nouvelles ,  raieux  detennint-es,  rapportees  a  d'au- 
tres  genres,  ou  dont  I'auteur  a  cru  devoir  changer  les  noms  spe- 
cifiques;par  exemple,  le  Jasininiim  heterophyUum  ( triumphans, 
rei'olutiiin  ,  Link.);  le  Sonchus  gibbosus ;  Y Hibiscus  roseus  con- 
fondu  avec  le  palustris ;  le  Cratcvgus  glaber ;  le  Leptosper- 
mum  emarginatum  ( Melaleuca  trinervia  du  commerce);  le  Ker- 
ria  japonica  (^Corchorus  japonicus) ,  nom  propose  par  M.  De- 
candolle  ,  etc. 

Enfin  on  y  trouve  des  observations  intoressantes  sur  des  fleurs 
doubles,  telles  que  les  jacinthes,  les  anemones  et  les  roses,  ainsi 
que  des  descriptions  plus  precises  des  Jatrop/m pandufwformis, 
Bignonia  grandiflora ,  Liliuin  tigrinum ,  Sahna  leucantha ,  et 
le  Neriurn  ajleur  jaune ,  qui  n'est  qu'une  variete  inodore  de 
Vodorum . 

Le  nom  de  M.  Savi  est  une  garantie  de  la  bonte  de  ce  recueil 
et  un  presage  de  son  succes.  D.  U- 

212.  Genera  plantarum  duo,  auctorc.  F.  E.  L.  Fischer.  12  p. 

in-/,. 

Cette  dissertation  a  pour  objet  deux  genres  de  plantes  tres- 
differens,  et  forme  ainsi  deux  memoires  distincts ;  Tun  en  latin 
porte  pour  titre,  A dumbratio  generis  Adenophor*. 

Ce  genre,  separe  des  Campanules  et  deja  indique  par  M.  Fis- 
cher dans  des  envois  fails  a  d'autres  jardins  dc  botaniqne,  avait 
etc  dcsignc  par  Sfirengel  sous  le  nota  de  Flokrrea;  il  est  prin- 
cipalement  caracterise  par  un  disqne  glanduleux  qui  surniontc 
I'ovairc,  et  forme  une  sorte  de  gaine  autour  du  style;  les  filets 
des  etamines  sont  elargis  a  lour  base  et  presquc  monadelphcs. 

Toutes  les  cspeces  dc  campanules  qui  appartiennent  a  ce  genre 
sont  originairesdela  Siberie  ou  dd'Asie  Orientalc.  Ce  sont: 

1.  Adenophora  verticillala  [Campanula  verticillata,  Pallas.) 

2.  A.  marsupiijlora  (  Camp,  coronata.  ]}ot.  reg.) 

3.  A.  Gmelini  {Camp.  Gmeli/ii cl  C.  Rabelaisiana.  11.  et  Sch. 
41  et  23 1.) 

4.  A.  coronnpifolia.  (  Camp,  erysimoides.  11.  et  Sch.  40? ) 

5.  A.  denticulata.  [Camp,  tiicusjtidata.  l''isch.  in  11.  et  Sch. 
23o.  ) 

(3.  A  latifolia.  {C'auip.  Percskia-Jhlin.  R.  ct  Sch.  8C.) 


Botanique.  i  i5 

7.  A.  Lamarkli.  Fisch.  (Gmel.  Sib.  Ill,  p.  148,  n.  18,  tab.  a6.) 

8.  A-  stylosa,  Fiscli.  i^Cawp.  styloid.  Juss.  Gmel.,  p.  i52, 
tab.  27.) 

g.  A.  communis.  [Camp,  snafeolens.  Willd.  C.  intermedia  et 
C.  Fischeri.  R.  et  Scli.,  n".  6a  et  85.) 

La  seconde  dissertation  est  en  francais  et  porte  pour  litre : 
GuLDENSTAEDTiA,  nouveau  genre de  lafamilLe  des Legumineusi-;. 

Ce  genre  renferme  deux  plantes  que  leur  port  avait  fait  placer 
a  cote  ou  parmi  Ics  Astragales,  quoiqu'elles  en  different  generi- 
quement;  I'une  est  X Astragalus  pauciflorus  de  Pallas;  I'autre 
existait  sans  nom  dans  quelques  lierhiers:  elle  avait  ete  rapportee 
de  Siberic  par  Sievcrs,  mais  sans  fleurs  ni  fruit;  elle  etalt  cepen- 
dant  rcmarquable  par  ses  feuilles  simples.  Ces  deux  plantes  fer- 
ment le  nouveau  genre  Guide ntstcedtia,  qui  est  ainsi  caracterise: 

Calyx  ad  basin  bibracteatus,  canipanulatus,  quinquefldus,  la- 
ciniis  2  superioribus  latioribus.  Corolla  papilionacea,  pentape- 
tala,  vexillo  Integro,  alls  fere  loiigitudine  vexilli,  carina  minut^. 
Stamina  diadelpha.  Lcgumen  subcylindricum  polyspermum; 
valvis  oinnino  secedentibus  demuni  spiralibus,  medulla  maturi- 
tate  evanida  farctum.  Semina  reniformia  ,  scrobiculata.   Ad.  B. 

2i3.  Experiences  microscopiques  et   physku.ogtoues  sur  une 
espece   de   Confer<.'e    marine,  production    animalisee;  et  re- 
flexions sur  plusieurs  autres  especes  de  productions  filamen- 
teuses  analogues  ,  considerees  jusqu'alors  comrae  vegetales  ; 
par  Ben).  Gaillon.  In-8.,  16  p.  Piouen;  i823. 
L'objet  principal  de  cette  dissertation  est  I'examen  microsco- 
pique  de  la  structure  et  du  developpement  de  la  conferve,  nom- 
mee  par  Dillwyn,  Conferva  comoides.  L'auteur  ayant  observe 
dans  cet  clre,  regarde  jusqu'ici  comme  vegetal,  une  organisa- 
tion tres-differentc  de  celle  des  autres  Conferves  et  Geranium, 
en  a  suivl  le  developpement  et   la  reproduction  pendant    plus 
d'un  an.  Aulieu  de  tubes  continus  ou  articules,  composes  d'uiie 
succession  de  cavites  et  de  diapliragmes,  comme  dans  la  pliipart 
des  aulres  conferves,  M.  Gaillon  a  observe  dans  celle-ci  des  fila- 
mens  formes  par  une  suite  de  globules  entoures  d'une  raatiere 
muqueuse  ;  il  a  vu  ces  globules  se  separer  les  uns  des  autres  par 
une  legere  laceration,   produite   par  une   pointe  d'aiguille  ;  ces 
globules  sont  ovoides,  Iransparcns  aux  deux  bouts,  et  marques 
d'une  tadie  coloree  en  janne  vers  le  centre.  lis  sont   reunis  en 
B.  Tome  I.  10 


1 46  Botnniqiie. 

plus  ou  molns  grand  nombre  dans  I.1  membrane  muqueuse  qui 
constitue  les  filamens  ,  suivant  la  partie  sur  laquelle  on  les  ob- 
serve; lorsqu'ils  en  sont  separes  et  libres ,  ils  sont  doues  d'un 
mouvement  plus  ou  moins  vif ;  ils  augmentent  successivement  de 
volume  non-senleraent  dans  cet  etat  de  liberie,  mais  meme  lors- 
qu'ils sont  encore  engages  dans  la  membrane  du  filament;  a  cet 
etat  I'auteur  les  rapporte  aux  animalcules  de  la  famille  des  Ba- 
cillariees ,  de  M.  Bory  de  Saint-Vincent ,  et,  suivant  leur  etat, 
plus  ou  moins  developpe  ,  ils  prennent  la  forme  des  Navicules 
ou  des  Bacillaires,  et  resscmblcntbeauconp  aux  Vibrio  tn'puncta- 
tiis  et  hipiinrtatus  de  MuUer.  Ces  globules  aniines  ne  restent  pas 
touiours  ninsi  independans  ;  mais  lis  s'uni-sent  en  se  mettant 
bout  a  bout  pour  former  de  nouveaux  filamens  qui  se  couvrent 
cgalement  de  mucosite. 

Quanta  la  reproduction  de  cet  etre  singulier,  M.  Gaillon  I'a 
observee  ainsi :  a  une  certaine  epoque  les  globules  qui  remplis- 
sent  les  filamens  du  Conferva  como'ides,  apres  avoir  atteint  tout 
leur  developperacnt,  s'en  separent  naturellement,  jouissent  pen- 
dant quelque^temps  de  mouvemens  bien  prononces;  puis,  deve- 
nant  stationnaires,  soil  en  restant  isoles,  soit  en  s'nnissant  quel- 
ques-uns  bout  a  bout,  ils  se  dilalent ,  prennent  une  forme 
ellipsoide;  la  matiere  coiorante  se  leunit  en  deux  globules  dis- 
tincts  qui  se  desngregenl  ensuite  en  une  poussiere  tres-tenue  qui 
s'echappe  des  globules  et  se  repand  au  dehors;  aubout  de  quel- 
ques  jours  cette  poussiere  s^anime  ,  les  grains  qui  la  forment  aug- 
mentent de  volume,  et  finissent,  en  s'nnissant  les  nns  aux  autres, 
par  reformer  un  nouvel  individu  de  Conf.  como'ides. 

Tels  sont  les  phenomenes  et  le  developpement  que  presen- 
tent  ces  etres  singuliers,  moitie  vcgetaux  et  moitie  animaux,  et 
sur  lesquels  M.  Bory  de  Saint-Vincent  a  deja  public  des  obser- 
vations tres-curieuses.  M.  Caillon  leur  donne  le  nom  de  IVema- 
Zoones  •  il  regarde  comme  des  etats  differens  des  memes  etres 
les  Bacillariecs  tX.  les  Arlhrodices  de  M.  Bory,  et  quelques-nnes 
des  Chaodinees  dumeme  auteur.  II  cite  egalement  un  assez  grand 
nombre  de  conferves  qui  se  rapportent  a  cette  famille. 

M.  Gaillon  se  propose  de  continuer  ses  recherclies  sur  ce 
groupe  d'etres  ,  et  ses  observations ,  qui  sont  presentees  avec 
beaucoup  de  clarte  et  de  precision,  jetteront  certainement beau- 
coup  <le  jour  snr  leur  organisation.  II  pcnsait,  d'apres  les  obser- 
vation* du  prof.  Amici  sur  le  mouvement  des  globules  contenus 


Bolanique.  147 

dans  les  vaisseaux  ties  Ckaras,qae  cette  plante  devait  se  rapprocher 
de  cette  faraille;  mais  le  meme  physicien  ayant  observe  depuis 
CCS  memes  globules  dans  plusieurs  autres  vegetaux  evidemmeut 
phanerogames,  a  montrc  pai'-'a  qu  on  ne  devait  pas  leur  donner 
une  grande  importance  sous  le  point  de  vue  de  la  classification. 

Ad.  B. 

214.  Observations  sur  les    genres  C-vtinus  ct  Nepenthes  ,  par 
M.AD.BRONGNiA«T.(y/«rt.  rf<'*6'c«V/?c.  ««^.,  to.  i,p.  2g,pl.  4et5.) 

Tons  les  naturalibtes  ont  observe  les  formes  singulieres  des 
Nepenthes ;  tons  ont  admire  ses  feuiiles  qui,  apres  s'etre  pro- 
long^es  en  un  long  filet,  se  dllatent  pour  former  une  urne  ele- 
gante. Cependant  ce  n'est  que  de  nos  jours  qu'on  a  commence 
a  connaitre  les  parties  les  plus  essentielles  de  ces  plantes  si  sou- 
vent  citees  et  decrites  tant  de  fois  ;  et  I'organisation  de  leurs 
semences  presentait  encore  del'obscurite,  avant  que  M.  Adolphe 
Brongniart  en  eiit  detaille  tous  les  plienomenes  dans  le  raemoire 
que  nous  analysons. 

Linne  avait  reconnu  que  le  fruit  du  Nepenthes  est  une  capsule 
a  4  loges  et  4  valves  :  Ga'rtner  alia  plus  loin;  il  montra  que  les 
semences  naissent  sur  la  paroi  meme  des  cloisons ,  et  que  celles- 
ci  sont  par  consequent  de  veritables  placentas  parietaux  portes 
paries  valves,  mais  prolonges  jusqu'au  centre  du  fruit;  il  fit 
■voir  encore  (jue  I'embryoa  est  entoure  d'un  perisperme,  et  que 
I'amande,  revalue  immediatement  d'un  tegument  propre  interieur 
n'occupe  qu'une  tres-petite  partie  de  I'axe  d'un  tegument  exte- 
rieur  menibraneux.  Cependant  il  echnppa  au  carpologiste  alle- 
mand  une  erreur  que  la  petitesse  des  objets  rend  assurcment 
bien  excusable;  il  decrivit  comme  monocotyledone  I'embryon 
du  Nepenthes,  et  dans  la  realite  cet  embryon  presente  deux 
lobes  distincts.  Ce  fut  le  celebre  Louis  Richard  qui,  dans  son  ana- 
lyse du  fruit,  signala  le  premier  ce  caractere  important;  mais 
quoiqu'il  ait  dit  quelques  mots  sur  la  position  de  I'embryon 
dans  la  graine  ,  il  etait  permis  de  souliaiter  qu'un  nouvel  exa- 
men  of  frit  quelques  details  de  plus.  Ceux  que  M.  Brongniart 
fournit  aujourd'hui  aux  botanistes  ne  leur  laisseront  rien  a 
desirer. 

II  a  souniis  a  I'exaraen  les  graines  de  deux  Nepenthes ,  les 
unes  sessiles  et  les  autres  attachees  au  jilacenta  par  le  movea 
d'un  cordon  ombilicai;  malgre  la  tenuite  des  piirties,  il  a  suivi, 


T^S  Botanique. 

dans  rintcrienr  du  tegument  ext^rne  et  menibraneux  ,  ce  fais- 
crau  de  fibres  que  Ton  a  appele  raphe  ,  ct  qui ,  cmanant  du  pla- 
centa ,  porte  la  nourriture  a  la  jenne  senicnce ;  il  a  vu  ee  faisceau 
s'elever  au-dessus  de  I'amande ,  se  recourber  et  se  rattacher  a 
elk"  pour  former  la  chalaze;  dissequant  la  semence ,  il  y  a  re- 
trouve  deux  cotyledons  et  une  radicule ,  et  enfin  il  a  reconnu 
que  celle-ci  etait  tournee  vers  rombilic. 

A  la  verite  M.  Richard  attribuait  une  autre  direction  a  I'em- 
bryon  du  Nepenthes  ;  mais  il  parait  que  le  veritable  but  de  cet 
auteur,  lorsqu'd  observa  la  plantc  dont  il  s'agit ,  italt  de  recon- 
naitre  si  reellcmeiit  elle  etait  monocotyledone  ,  et  ce  but  d  a  su 
I'atteindre.  M.  Brongniart  voidait  remp!irles  lacuncs  qui  restaient 
encore  ;  il  a  dissseque  avec  une  scrupuleuse  attention  les  grames 
de  deux  especes  ;  ii  a  deceit  ce  qu'il  avait  vu,  il  I'a  retrace  dans 
ses  dessins  avec  une  precision  extreme,  et  par  consequent  d  est 
impossible  qu'il  lui  ail  ecliappe  quelque  erreur. 

M.  Brongniart  signale  dans  sa  description  et  ses  figures  un 
petit  phenomene  qu'il  est  bon  de  rappeler ,  jiarce  qu'd  est , 
a  ce  que  nous  croyons,  unique  dansl'histoire  des  fruits.  Dans  cello 
des  deux  especes  oii  la  graine  estporteepar  un  cordon  orabdical , 
on  voit  ce  cordon  se  prolonger,  Iranspercer  obliquement  le  te- 
gument exterieur  membraneux  et  parailrede  I'autre  cote,  comme 
ferait  une  aiguille.  II  est  a  croire  que  ce  prolongement  du  cordon 
ombilical  n'a  pas  toujours  existe  ;  analogue,  ainsi  que  lepense 
M.  Brongniart,  au  crochet  de  la  semence  des  Acanlhees,  d  s'cst 
developpe  pendant  la  maturation  de  la  semence,  et  il  a  du  neces- 
sairement  s'ouvrir  un  passage  a  travers  le  tegument  qu'd  a 
bientot  rencontre. 

M.  Brongniart  connait  trop  bien  le  veritable  but  de  la  bota- 
nique pour  s'otcuper  d'une  plaute,  sans  en  itudier  les  rapports. 
II  adopte  ceux  que  M.  Brown  a  observes  entre  \c^  Nepenthes  ci  les 
Aristolochiees,  et  en  particulier  le  (ytinus,  et  il  les  confirme  par 
un  examen  attcntif  de  ce  dernier  genre  dont  malheureusemcnt 
il  n'a  pu  se  procurer  des  graincs.  M.  Brown,  et  avec  lui 
M.  Brongniart,  montrcnt  tres-bien  qu'il  cxiste  des  points  de  con- 
tact entre  V Aristolochia,  \'Jsamm,\e  Cytinus,  le  Nepenthes,  etc.; 
maisiifautconvenirpourtantquesicesgenress'eloignentmoinsles 
uns  des  autres  que  de  tons  les  vigetaux  existans,  il  y  a  encore 
entre  eux  tons  une  distance  immense,  et  que  chacund'eux  pour- 


Botanique.  i/q 

rail  en    quelque   sorle  etre    considere   comiiie  le    type    d'uue 
famille  distiiicte. 

Le  memoire  de  M.  Brongniart  est  termine  par  la  description 
fort  detaillee  des  dcnx  genres  Cytinus  et  Nepenthes.  II  indique 
comme  nouvelle  uue  planle  de  ce  dernier  genre  qu'il  a  trouvee 
dans  les  herbiers,  mais  dont  on  ne  connuit  malheureuseraent  pas 
les  fleurs.  Enfiu  il  joint  a  son  travail,  des  figures  qui,  comme  nous 
I'avons  deja  dit,  sont  dessinees  avec  un  soin extreme,  et  qui,  des  le 
premier  coUp  d'oeil,  donnent  rintelligence  des  observations  pre- 
sentees dans  le  memoire.  Auguste  de  S.-Hilaire. 

2if>.  Amoenitates  botanic^  BONNENSEs,fasc.  I.  De  Cinnamomo 
disputatio  auct.  C.  G.  et  Th.-Fr.-L.  Neks  ab  Esenbeck.  Cum 
tab.  7  lithog.  74  pag.  in-4.  Bonneae,  1823. 

Une  grande  partie  de  cette  dissertation  est  consacrce  a  uue 
discussion  historique  sur  les  plantes  qui  ont  porte  le  nom  de 
Cinnamoinon  cliez  les  anciens  ,  depuis  les  Grecs  jusqu'a  nos 
jours  ;  I'auteur  passe  en  revue  I'etymologie  de  ce  noni,  sa  signi- 
fication chez  les  Grecs,  et  sa  distinction  du  Cassia ;  son  emploi 
par  les  auteurs  arabes  ;  il  arrive  eusuite  a  son  histoire  chez  les 
botanistes  raodernes,  parrai  lesquels  Burmann  tient  le  premier 
rang,  par  rapport  a  cette  plante.  Enfin,  la  dissertation  deThun- 
berg  et  celle  de  Marslial ,  sur  le  meme  sujet,  completent  a  peu 
pres  la  partie  historique. 

L'auteur,  passant  a  la  partig  botanique,  donne  le  caractere 
generique  du  genre  Laurus ,  dans  lequel  il  reunit ,  comme  de 
simples  sections,  les  genres  Cijptocarga  R.  Br.,  Eiidiandra  R.  Br., 
Litscea  Juss.,  Pcrsea  Kunth, ,  Ocotea  Aubl.  Nous  ne  discuterons 
pas  ici  jusqu'a  quel  point  cette  reunion  est  conveuable;  cette  dis- 
cussion exigerait  un  examen approfondi  de  cette  famille,  exameu 
qui  u'est  pas  du  ressort  de  ce  journal. 

Sous  le  point  de  vue  des  cspeces  ,  l'auteur  n'etudie  que 
celles  qui  fournissent  la  vraie  cannelle  ou  des  ecorces  odorantes 
confondues  avec  clle,  ou  enfin  celles  que  lours  cnracteres  en 
rapprochent  le  plus.  Ce  sont :  i".  Laurus  cinuainomuin  L.,  -2".  Lau- 
rus cassia  L.,  3".  Laurus  malabathrum  L.,  4".  Laurus  Burmanni 
Nees,5".  Litsrea  zejlanicn  'Nce&.,G".Li:safa  injrrha  i:<ees.{Lit- 
scea  trinervia  Juss.  Pers.  ) ,  7".  Laurus  culilawarig.  L. 

Nous  nous  permettrons  quelques  observations  sur  ces  di- 
verscs   plantes,  les  deux  premieres  nous  paraissenl    clairement 


1 5o  Botaniqtie. 

distinguees  ,  et  sont  bien  figur^es;  nials  I'anteur  leur  attribue  , 
ainsi  qu'au  Laurus  Bitrmanni ,  i8  elainiiies  disposees  sur  trois 
rangs,  dont  6  extericures  fcrtiles,  6  intermcdiaires  stcriles,  et 
G  int^rieures  dont  3  fertilcs  et  3  steriles ;  un  exameii  attcntif 
montre  cependant  que  dans  ces  plantes,  comme  dans  la  plupart 
des  laiiriers,  il  n'y  a  que  la  etamines  disposees  sur  deux  rangs, 
I'externe  composeede  6  etamines  fcrtiles,  et  I'lnterne  de6  etami- 
nes dont  3  steriles  opposees  aux  divisions  internes  du  calice  ,  et 
3  fertiles  portant  sur  l.ur  filet  deux  glandes  stipitees  que  M.  Nees 
parait  avoir  considerees  comme  autant  d'etamines  avortees.  II  est 
cependant  evident  qu'elles  ne  ferment  par  un  ranginlermediaire 
aux  antres  etamines,  mais  qu'elles  sont  portees  sur  le  filet  meme 
des  etamines  interieures  fertiles  a  moitie  ,  a  peu  pres,de  I'espace 
compris  entre  leur  point  d'insertion  et  I'anthere. 

La  description  du  Laurus  mnlabathrum  est  entierement  ex- 
traite  ,  comme  I'auteur  lui-ni^me  le  dit,  de  rouvrage  de  Rura- 
phius  ;  aussi  indique-t-il  dans  celte  plante  un  c.'ilice  a  5  divisions 
et  5  elnmines;  I'examen  de  celfe  plante,  d'apres  les  cchantillons 
authentiques  de  Burmann,  nous  a  prouve  que  sa  structure  etait  la 
meme  que  celle  des  especes  precedentes.  Les  cchantillons  du 
Laurus Burmanni,  qui  existent  ^galement  dans  la  collection  du  ce- 
lebre  botaniste  auquel  M.  Nees  I'a  dcdie,  coincident  Irijs-bien 
avec  la  description  et  la  figure  de  cet  auteur,  a  I'exception  ce- 
pendant de  ce  que  nous  avons  dlt  des  etamines,  dont  les  glandes 
stipitees,  regardees  par  M.  Nees  comme  autant  d'etamines  avor- 
tees ,  sont  figurees  comme  sagittees,  tandis  qu'elles  sont  presque 
quadrilateres ,  et  que  les  trois  veritables  etamines  avortees  sont 
seules  terminees  par  un  corps  charnu  de  forme  saglttce. 

Quant  aux  descriptions  des  deux  especes  de  Litscca  et  du  Z««- 
rus  culUawang,  celle  du  Litsoea  zeylanica  seule  est  faite  sur  la  na- 
ture, d'apres  un  (5chantillon  de  I'herbier  de  Van  Royen,  qui 
^tablit  son  idenlite  avec  le  Laurus  zeylanica,  flosculis  verticillatis, 
folio  trinervo.  Herm.  zcyl.  26.  MM.  Nees  n'ont  pas  vu  les  deux 
autres  plantes;  leurs  descriptions  ne  peuvent  par  consequent 
rien  offrir  de  nouveau ;  ils  presumcnt  seuleinent  que  le  Laurus 
culilawang  de  Java,  rapporte  par  M.  Reinwarl ,  differe  du  vrai 
laurier  de  ce  nom  decrit  par  Llnnti  et  Roxburgii. 

Six  planches  tres-bien  lithographiees  au  simple  trait,  pour  la 
plupart  d'entrc  eiles ,  et  ombrees  el  en  couleur  pour  les  Laurus 
cinrtatnoifiiini  et  cassia  ,  accoinpagnent   cet  ouvragc,  et  doivent 


Boiiiiiique.  t5i 

faire  esperer  que  Its   autcuis  contiuueront  la  publication  des 
Amoenitates  Bonnenses.  Ad.  B. 

ai6.  Observations suR  le  genre  Couma  d'Aubiet;  pnr  M.  Ach. 
Richard.  {Ann  des  Sc.  nat.,  t.  I^r.,  p.   52. ) 

M.  Ach.  Richard,  possessciir  d'une  des  plus  riclies  collections 
de  plantes  de  la  Guiane  ,  recueiilies  par  son  pere  ,  et  souvont 
accompagnees  de  notes  precieuses  dues  a  cet  habile  bofaniste, 
sc  propose  de  publier  succcssivcment  ses  jiiopres  observations 
sur  ces  vegetaux  ,  et  de  rediger  et  completer  quelques-uns  des 
niateriaux  laisses  par  son  pere. 

Les  recherches  qui  font  le  sujet  du  memoire  que  nous  analysons  , 
sont  dues  a  ses  propres  observations ;  elles  out  pour  objet  le  genre 
Couma  etabli  par  Aublet,  mais  dc-crlt  si  incompletement  qu'il 
n'a  pas  m^me  etc  indique  paf  M.  deJussieu  parmi  les  inccrt(s 
sedis.  La  description  tres  -  complete  qu'en  donne  M.  Richard 
prouve  que  ce  genre  appartient  a  la  fainille  des  apocynees,  et 
qu'il  est  tres-voisin  des  genres  Carissa,  Atnbelania,  Pacouria 
et  Cerbera. 

Ildiffere  copendant  evidemiuent  de  ce  dernier,  auquel  Rudge 
I'avait  rapporte  sous  le  nom  de  Ceibeta  triphylla  sans  avoir  re- 
connu  dans  cette  plante  le  Couma  d'Aubiet. 

La  distinction  des  genres  Carissa,  Ambelania,  Pacouria  et 
Couma  est  beaucoup  moins  bien  etablie ;  aussl  M.  Richard 
compte-t-il  rcvenir  sur  ce  sujet,  et  examiner  dans  un  nouveau 
mtinoire  tous  les  genres  d'apocynees  a  fruit  simple  et  charnu. 

Ad.  B. 

217.  Me.moires  sur  les  genres  Melantficrn,  Chytodia  et  Blain- 
\illea;  par  M.  H.  Cassini.  {Journ/de  Phys. ,  dc  Chimie,  etc., 
mai  1823  ,  p.  207.) 

Des  trois  genres  decrils  par  M.  Cassini,  deux  elaient  connuSj 
quoique  incompletement ;   le  dernier  est  tout-a-fait  nouveau. 

Le  Mcla/it/it-ra ,  ou  Mclananthera  de  queiques  auteurs,  avait 
deja  cte  Tobjel  d'ob^ervatlons  importantes  de  M.  Richard  et 
K.  Brown.  M.  Cassini  en  donne  une  descrl|)tioi:  plus  complete;  il 
en  distingue  trois  especes,  et,  cesespeces  ayantetedejadistingiices 
])ar  Dillen,  il  reprend  les  noins  donnes  par  cet  auteur  a  la  place 
dc  ceux  adoptes  par  les  auteurs  plus  modernes;  il  decrlt  ccs 
trois  especes,   dont  la  premiere  seule  a  etu  souinise  a  son  exa- 


1 52  Botanique. 

men,  sous  Ics  nonis  de  M.  urtira-Jolia  (  M.  dcltoidea  Rich.)  — 
M.  Panduriformis  <^M.  hastaUe  var.  Rich.)  —  M.  trilobata  (iW. 
hastatce  var.  Rich.) 

Le  second  genre  indique  par  Surian  sous  le  noin  de  Chatia- 
Icllc,  fut  rapporte  par  Richard  de  la  Guiane  el  place  dans  I'lier- 
LierdeM.  de  Jussieu  sous  le  nom  de  Chylodia  sarmentosa:  il  est 
decrit  par  M.  Cassini  sous  ce  dernier  nom;  il  etait  resU;  inedit 
jusqu'a  present,  mais  RI.  Cassiiii  presume  que  de  nouvelles  obser- 
vations pourront  engager  a  rcnnir  dans  un  meme  geni'e  le  Chy- 
lodia et  les  genres  Jf'ulfin  de  Neker  et  Gymnolomin  de  Kunth. 

Le  genre  Blalnvillea  a  pour  typcune  plante  cultivee  au  Jardin 
des  plantes  de  Paris,  sous  le  faux  nom  de  Bidens  nivea ,  el  a 
laquelleM.  Cassini  donne  le  nom  de  Blainvillea  rhomhoidea  ;  ce 
genre  se  rapproche  d'une  part  des  Vcrbelsina ,  el  de  I'autre  du 
Lipotriche. 

Les  trois  genres  decrits  par  M.  Cassini  dans  ce  memoire  ap- 
partiennent  a  la  section  des  Helianfhees-Prototypes.       Ad.  B. 

218.  Memoire  sur  i.es  Dipsacees;  par   Th.    Coulter.  In-/).; 
Geneve;  Pasclioud ;  1823. 

L'auteur  de  ce  memoire  parait  avoir  eu  pour  but  principal  d'e- 
tudier  I'organisation  gcnerale  des  plantes  de  la  famille  des  Dip- 
sacees, plutot  que  d'en  presenter  une  monographie  complete. 

II  commence  par  passer  snccessivement  en  revue  les  divers  or- 
ganes  qui  composent  les  plantes  de  cette  famille  ,  et  il  compare 
leurs  diverses  modifications,  tant  dans  les  differens  genres  de  cette 
famille,  qu'avec  cellcs  des  families  voisincs. 

L'organe  qui  fixe  plus  parllcuUerement  son  attention  est  I'in- 
vo'ucolle  ou  calice  jiropre  exterieur  de  ((uekjues  auteurs;  l'au- 
teur elablit  I'analogie  qui  existe  entrc  cette  ])arlie  et  I'involu- 
celle  des  ombcUiferes ;  il  regarde  comme  cgalement  analogue  le 
tegument  externe  des  akenes  des  composees,  et  particulierejnent 
cclui  qui  environne  les  fruits  des  Echinops.  II  dlsciite,  en  decri- 
vant  cet  organe  et  le  calice  propre  des  Dipsacees,  plusienrs  des 
opinions  de  M.  Cassini  sur  Torgaiiisalioii  des  flcurs  des  compo- 
sees, et  en  general  ses  opinions  ne  sont  pas  d'accord  avec  celles 
de  ce  dernier  sr.vant. 

L'examen  des   aulres   organes  n'offre  rien  de  renjarquable. 

L'auteur  presente  a  la  suilc  dc  ce  travail  un  tableau  des  gen- 
res ct  des  especes  de  cette  famille;  les  genres  qu'il  y  range  sont ; 


Botanique.  i55 

Marina,  Dipsacus  ,  Cephalaria,  Knautia  ,  Pterocephalns.  Lag. 
Scabiosa.  Quelqiies  especes  nouvelles  sont  decrites  dans  cctte 
partie  du  nic'moire  de  M.  Coulter,  qui  ne  donne  cependant  ce 
travail  que  comme  un  prodrome  qu'il  se  propose  dc  completer 
par  I'examen  plus  detaille  de  ioutes  les  especes  de  celte  faiuille, 
qu'iln'a  pas  encore  eu  occasion  d'etudier.  Ad.   B. 

ftig.      ROSACEARUM     MONOGRAPHIA.      AuCt.     LeOP.      TrATTINICK. 

2  vol.  in-8.  Vindobonae;  iSiB. 

Ces  deux  premiers  volumes  forment  le  commencement  de 
I'ouvrage  annonce  depuis  long-temps  par  I'auteur,  sous  le  titre 
de  Synodus  botanica,  omnes  famllias ,  genera  et  species  plan- 
nan  illustrans. 

L'auteur,  sentant  I'impossibilite  de  remplirconvenablementun 
plan  aussi  vaste ,  s'est  borne  avec  raison  a  publier  une  suite  de 
raonographies  dans  un  ordre  metliodiquc;  il  commence  par  la 
famille  des  rosacees,  et  le  genre  Rosa,  Ic  seul  qu'il  ait  public,  foit 
a  lui  seul  le  sujet  des  deux  volumes  que  nous  annoncons.  11  est 
vrai  que  l'auteur,  voulant  perraettre  a  chacun  de  distribuer  les 
especes  a  son  gre,  n'a  iniprime  sur  chaque  feuillet  qu'une  seule 
espece  ou  meme  une  seule  variete ;  ces  feuillets  ne  portent  pas 
de  pagination  a  la  maniere  ordinaire,  mais  une  serie  de  nume- 
ros  au  bas  des  pages ,  de  sorte  qu'on  peut  les  disposer  dans  tel 
ordre  qu'on  veut. 

Quant  a  la  monograpliie  des  Roses  qui  fait  le  sujet  des  deux 
volumes  que  nous  annoncons,  ellemerite  un  examen  particulier. 
On  sait  que  le  genre  Rose,  I'un  des  plus  difficiles  a  otudier  du 
regne  vegetal,  a  deja  etc  I'objet  do  nombreux  travaux.  Desvaux, 
Leman,  Tliory etRedoute,  Liiidley,  Andrews,  etc.,  ont  succes- 
sivement  cherche  a  faire  connaitre  les  especes  qu'il  renferme, 
tantpar  leurs  descriptions,  que  par  d'excellcntes  figures;  sous  ce 
dernier  point  de  vue,  les  ouvrages  de  Redoute  et  de  Lindley 
tiennent,  sans  aucun  doute,  le  premier  rang;  mais  pour  la  cri- 
tique et  la  discussion  des  especes  sauvages,  les  memoires  de 
MM.  Desvaux  et  Leman  sont  remplis  d'observations  importan- 
tes;  M.  Trallinick  ne  parait  avoir  connu  le  dernier  de  ces  mo- 
moires  que  paries  citations  de  M.  Liiulley  ;  mais,  d'un  autre  cote, 
il  a  reuni  tout  ce  que  les  auteurs.  allemands,  tels  que  Waitz  , 
Sprengel ,  Opiz, ,  clc,  ont  public  sur  ce  genre;  il  est  impossible 
dc  jugcr  jus()u'a   f{uel  point  la  distinction  des  especes  est  faitc 


1 54  Botanique. 

avec  exactitude  et  critique;  les  descriptioHS  paraissent  faites  avec 
precision  et  avec  des  details  comparatifs  suffisans  pour  facililer  ia 
determination  ;  mais  il  parait  que  M.  Trattinick  n'a  pas  vu  a  beau- 
coup  pres  toutes  les  especes  de  ce  genre,  et  il  est  a  regretter  qu'il 
n'ait  pas  indique  par  les  signes  maintenant  adoptes  dans  la  ptw- 
pnrt  des  ouvrafjes  de  botanique,  les  especes  dent  il  a  vu  des 
echantillons,  et  celles  qu'ilne  decrit  que  d'apres  d'autres  auteurs^ 
il  aurait  fixe  par-la  le  degrj  de  confiance  qu'on  doit  doiiner  a 
cbaque  description,  et  par  suite  a  la  distinction  ou  a  la  reunion 
de  cerlaines  especes. 

Quanta  la  distribution  des  especes,  il  les  a  classecs  envingt- 
quatre  sections  ou  tribus,  auxquelles  il  a  applique  les  noms  de  la 
plupart  des  auteurs  qui  ont  travaille  sur  ce  genre;  sa  distribution 
parait  assez  n.iturelle,  mais  par  cette  raison  menie,  ses  sections 
ne  sont  pas  fondees  sur  des  caracteres  bien  tranches  ,  mais  sur 
un  ensemble  de  caracteres  qui  rendra  dllficile  de  s'en  servir  pom- 
la  determination. 

On  trouve  decrites  dans  cet  ouvrage  plus  de  deux  cents  es- 
peces, et  cependant  phisieurs  nous  paraissent  avoir  ete  onuses, 
parliculierement  parmi  les  especes  sauvages  qui  croissent  en 
France.  Quant  aux  varietes,  I'auteur  les  a  limitees  avec  raison  aux 
principales  seulement.  -A^d-  "• 

■110.  Note   sur  le  genre  Badhinia  de  Linne ;   par  Charles 
KuNTH.  (^Ann.  des  Scicnc.  nat.,  t.  i  ,  p.  8'3.) 

Cavanilles,  le  premier,  separa  des  Bauhinia  le  genre  Pauletia 
dans  lequel  il  rangea  toutcs  les  especes  a  dix  etamlnes  fertiles  ; 
il  laissa  le  nom  de  Bauhinia  a  celles  qui  n'ont  qu'une  seule 
etamine  fertile  et  neuf  sleriles ;  M.  Kunth  pense  que  le  genre Paw- 
letia  de  Cavanille  presente  deux  modifications  de  formes  assez 
importantes  pour  etre  divise  en  deux  genres;  I'un  ,  auquel  \\  re- 
serve le  nom  de  Pauletia,  est  caracterise  par  ses  dix  etamines  fer- 
tiles, par  son  calice  a  cinq  divisions  egales  et  son  ovaire  stqnle. 
L'autre,  auquel  il  conserve  le  nom  de  Bauhinia  parce  quM 
renferme  I'espece  la  plus  anciennemenl  connue,^a  comme  lei)re- 
cedent  dix  etamines  fertiles,  mais  son  calice  est  bllabii5  et  son 
ovaire  sessile. 

Enfiii  il  donne  le  nom  de  Casparia  en  riionneur  d'un  des 
frercs  Bauliin  aux  especes  qui  fonnaient  le  genre  Bauhinia  df. 
Cavanilles,  c"esl-a-dire  a  celles  qui  n'ont  qu'une  seule  etamine 
fertile.  ^^"-  ^- 


Botaitique.  i55 

221.    M^MOIRE    SUR    UN    NOUVEAU    GENRE    DE  GuTTIFERES    et   SUr 

I'arrangement  methodique  de  cette  famille  ;  par  J.  D.  Choisy. 
(  Mem.  de  la  Soc.   d'hist.  natur.  de  Paris ,  t.  V,  %  p;irt.  ) 

II  existait  dans  les  herbiers  une  plante  originaire  de  la  Guiane 
et  mentlonnee  pour  la  premiere  fois  par  feu  M.  Richard  dans  les 
Actes  de  I'ancienne  societe  de  Paris,  sous  le  noin  de  Clusia  lon- 
gifolia.  M.  Choisy  ,  frappe  de  I'Drganisation  singuliere  de  ses 
fleurs  males  ,  ainsi  que  de  celle  des  fleurs  femelles  qui  jusque  la 
n'avaient  pas  ete  bien  etudiees  ,  y  a  reconnu  des  caracleres  suf- 
fisans  pour  constituer  un  genre  particulier.  II  lui  a  donne  le  nora 
de  Micranthera  ,  a  cause  de  la  petitesse  de  ses  aniheres  qui, 
ainsi  que  dans  un  genre  voisin  ,  le  Beauhavnaisia ,  avaient  ete 
regardees  par  Ruiz  etPavon  comuiede  »iinple.i  pores  terminaux. 
L'etablissement  de  ce  genre  nouveau  exigeait  I'examen  de  tous 
ceux  de  la  famille  des  Guttiferes  qui  sont  en  general  fort  mal 
connus  ,  et  I'auteur  a  senti  qne  ce  seiait  rendre  un  service  a  la 
science  s'il  offrait  en  meme  temps  un  conspectus  de  ces  genres  ou 
leurs  caracteres  fussent  rectifies  et  fixes  autant  que  le  permettait 
I'etat  des  materiaux  sur  lesquels  il  pourrait  travailler.  S'aidant 
done  des  notes  inscrees  par  M.  de  Jussieu  dans  les  Annales  du 
Museum,  il  cntreprit  cette  classification  dont  nous  allons  donner 
I'expose. 

La  famille  des  Guttiferes,  composee  de  vcgetaux  tous  indigenes 
des  contrees  les  plus  chaudes  du  globe,  et  aussi  remarquables 
par  leur  beaute  que  par  la  suavit^  de  leurs  fruits  ,  peut  se  di- 
viser  en  4  sections  fondees  sur  la  nature  des  anfheres  et  sur  celle 
du  fruil.  L'autcur  observe  que  le  premier  de  ces  caracteres, 
quoique  peu  important  en  apparence,  est  neanmoins  le  seul  qui 
pTiisse  faire  distinguer  les  Guttiferes  des  Hypericinees.  Celles-ci 
ont  leurs  aniheres  oscillantes,  tandisqu'ellcs  sont  adnees  dans  les 
Guttiferes  ;  mais  elles  y  sont  extrorses  dans  3  genres  ,  et  introrses 
dans  tous  les  autres.  La  structure  du  fruit  divise  ces  derniers  en 
3  sections  assez  natnrelles.  M.  Choisy  donne  le  nom  de  Clusiees 
[Chtsiea;  )  a  la  premiere  de  ces  sections,  ct  la  caracterise  ainsi  : 
Fruit  niultiloculaire  ,  a  loges  polyspermes;  antlieres  introrses.  II 
y  rapporte  4  genres  et  ii  especes  toutes  americaines. 

Cette  section  est  intermediaire  entre  les  Guttiferes  et  les  Hy- 
]>ericinees  ;  en  effet  les  genres  Mahurca,  Marila  et  Godoya,  dont 
le  fruil  est  sec  et  capsidairc  ,  ont  bcaucoup  d'affiniles  avec  les 


1 56  Botanique. 

genres  Eucriphia  ot  Carpodcntos  qui  appartierineiil  ;iux   Hypti- 
ricinces;  mais  leurs  antheres  aduees  eiiipecbciilde  les  placer  a  cole 
tic  ceux-ci.  Le  type  de  cette  section  est  le  genre  Clusia  dontles 
nombreuses  especes  sent  reiTi;u((uabIes  par  leur  existence  para- 
site et  par  lenr  sues  jininatrcs,  et  cnfin  par  les  racines  bypogees 
qui  pendent  de  Icurs  troncs.  I,e  disqtie  staminal  qui  entourc  I'o- 
vaire  des  fleuj-slemcHes,  est  aussi  un  organe  tres-singulier  ;  on  le 
rctrouve  dans  les  fleurs  males  mais  supportant  piusieurs  faisceaux 
d'elamiiies.  L'auteur  nc  distingue  pas  des  Clusialcs  genres  Qiia- 
pnja    d'Aublct   et  Havetin  de  M.  Kunlh  ,   tu  la    variabilitc  du 
nectaire  et  des   ctamines  dans  Its  plantes  de  cette  section.  Au 
nioyen  de  cette  fusion  le  nombre  des  especes  de  Clusia  se  trou- 
ve  porle  317;  elles  sont   disuibutics  en  2  sous-genres  dont   le 
premier  (Clusia)  est  caracterisi- par  les  tjtaminesen  nombre  indtj- 
iini.  On  y  remarque  nne  nouvcllc  espece  origlnaire   de  Rio-Ja- 
neiro et   que  l'auteur  nomme  C.  Gaiidichnudii,  en  I'lionncur  du 
voyagenr  qui  I'a  rapporti-e  el  la  Ini  a   cominuniquee.  Le  second 
sous-genre  (  Quapoya)  ne  rcnferme  que  3  especes  qui  sont  les  -i 
Quapoya  d'Aubiet  et  le  Havelia  de  M.  Kunlh  auquel  M.  Clioisy 
substitue  le  nom  de  C.  tetrandra   deja   donnti  anltirieurement  par 
"Willdenow. 

Dans  la  seeonde  section  des  Guttiferes  ,  a  laquelle  M.  Cboisy 

impose  la  denomination   de  Garciniees  (  Garcinicce  ),  se  rangcnt 

les  £^enresC'A/o/o//?j7  0«,Persoon;  Ochrocarpos,  duPetit-Tbouars; 

Marmlva  ,  Vandeli;  i»iiVv««</ir/v7  ,    Clioisy  ,  et  Gaicinia,  Linnti. 

Elle  ne  differede  la  priictidenle  que  par  les  fruits  a  loges  mono- 

spprines.  La  pliipart  de  ses  especes    sont  indigenes  do  I'Asie  ,  et, 

dans  rensemble  de  ses  caracleres  ,  elle  offre  quelques   rapports 

avee  les  Auraiitiacees.  A  Texemple  de  M.  de  Jussieu  ,  l'auteur 

ne  fait  qu'un  scul  et  meme  genre  du  MariaU'a,  du  Tovomita 

d'Aubiet  et  du  Beauharnaisia  de  Ruiz  ct  Pavon.  Dans  le  texle 

latin,  il  assigne  aunouveau  genre  Micranthera\ts,  caracleres sui- 

\ans  :  Calix  :\-S('pa/us  ,    coloratus.    Corolla    \o-pctala  ;  pctala 

incequalia.  Stamina  numerosissima  ,  libt'ia  ;  anlheicp.  apicefila- 

menli   adnnUc,  miniiiuv ,  biloctdarcs ,  loculis  sejunclis  poros  a 

mcntientibm.  Ovarium  minimum,  filamcntis  slerilibus  cinc.tum  ; 

ilii^ma sessile, pcUatum,^lobiim.  Dacca  6-locularis.  \.cMicran- 

thera  Cliisioidcs,  unique  espece  de  ce  genre,  est  un  arbreelevt'; 

do  II  metres  et  large  de  2  a  3decimetres  ,  indigene  de  l.i  Gtii..iie 

ou  il  est  nommi-  par  los  babitans  Pighotiaru  paly.  Nous  avous 


Botanique.  i  Sy 

dcja  fait  connailrc  la  singulierc  conformation  dc  ses  antheies  ; 
nons  ajoutcrons  (ju'il  est  dioiqne  par  ravortement  partiel  des 
etainines  dans  ses  individus  femelles  ,  et  par  I'avortenicnt  com- 
plet  des  ovaires  dans  les  males.  Le  memoire  est  acconipagne  de 
1  belles  gravures  sur  cuivre  cpii  rejjresentent  les  deux  sexes  de  la 
plante. 

Au  genre  Gnrcinia  de  Liiine  ,  M.  Clioisy  reunit  encore  les 
genres  Cambogia,  lj.;Ma7/gostone/,Gosevln.;  Oxycnrpus,  Lour.; 
et  Uvindonla,  Dup.-Thouars.  Cette  reunion  de  genres  donne  9 
especes  partag^es  en  2  groupes,  qui  portent  I'un  le  nom  de 
Mangostiiria,  et  I'autre  celui  de  Brindonia.  C'est  dans  le  premier, 
dont  le  caractere  differentiej  est  d'avoir  les  etamines  libres,  que 
se  troivve  le  Garcinia  Mangostana  vulgairement  appelo  Man- 
gnuatan  et  qui  passe  chez  les  Asiatiques  pour  le  plus  delicieux  dc 
tons  les  fruits.  Les  etamines  snudeesa  Icur  base  sont  le  seul  carac- 
tere qui  distingue  le  second  groupe,  ou  Ton  observe  quclques  es- 
peces  ayant  des  ressemblances  frappantes  de  port  avec  certaines 
CurateUd.  L'auteur  exjjlique  sa  maniere  d'envisager  le  perianthe 
unique  des  Garciniees ;  n'osant  decider  la  qviestion  dele  considerer 
coninie  un  calice  ou  comme  inie  coroUe  et  exposant  les  raisons  a 
I'appui  de  I'une  ou  I'autre  opinion  ,  il  se  contente  d'appeler  calice 
les  ])arties  exterieuresj  et  de  donner  le  nom  de  corolle  aux  phis 
interieures  ,  selon  leur  analogic  avec  ces  organes  dans  la  majeure 
partie  des  dicotyledones,  Cette  explication  eiait  necessaire  pour 
rintelligence  des  caracteres  genericpies  oil  les  expressions  de  Ca- 
lix  7.-sepalus,  Calix  l^-sepaLus  sont  fiequemment  employees. 
Les  reraarques  qui  tcrmineut  I'examen  des  Garciniees  out  pour 
objet  de  rccliercher  le  nombre  qui  fait  la  base  du  systeme  floral 
des  Guttiferes;  mais,  dans  la  crainte  de  s'egarer  dans  de  vains 
systemes,  I'auteur  ne  veutpas  se  prononcer  pour  le  nombre  deux 
ou  pour  Ic  nombre  cinq. 

Le  genre  Calophylluin  donne  son  nom  a  la  troisieme  section 
des  Guttiferes  que  I'auteur  reconnait  comme  pea  naturelle.  Dans 
les  Calophyllees  (  CalophyUca-),  en  effet,  le  fruit  est  tantot  pul- 
peux  ct  naturcllcment  uniloculaire,  tantot  il  est  sec  ot  unilocu- 
laire  par  avortemcnt.  C'est  a  cette  section  qu'apparticnt  YAhrico- 
ticr  des  Antilles  ou  le  Mammea  Americana  L.  Outre  ce  genre, 
les  Calophylleos  en  renfcrment  encore  4  autrcs,  Siivoir  :  Xaulo- 
rhjnius,  lloxb.;  Stalag/nit/s,  Murray  ;  Mesita  et  Calophyllum,  L. 
Ces  genres  formont  un  total   de  I'i  ospt'ces  repandues  dans  les 


1 58  Botanique. 

diverses  contrees  intra-tropicalos.  M.  Clioisy  en  docrit  2  nbsolu- 
ment.  noiivelles  ,  une  sous  le  iioin  de  Mestia  speciosa  ,  originaire 
de  rinde,  et  I'aiitre  sous  celu'i  de  Calophyllum  pnrvifolmm , 
trouve  par  M.  Gaudicliaud,  dans  I'ile  Rawak.  Au  reste,  les  cs- 
peces  de  Calophyllum  demandent  a  etre  examinees  de  nouveau 
sur  le  vivant. 

Lcs  Moronobees  (  Moronobcce)  forment  la  4^.  el  dern.  section, 
caraclcrisee  parses  elamines  reunies  en  un  urceole  plus  on  moins 
multifide,  et  des  antheresnombreuses  appliquees  surledos  de  cet 
urceole.  L'aufeur  y  place  les  genres  Cannella,  Murray,  ou  irin- 
terania,  L.;  Moronobea ,  Aubl. ,  ou  Sjmphonia.  L. ;  et  Chijso- 
pia ,  Dupetit-Thouars.  Le  premier  .de  ces  genres  avail  ele  rap- 
porte  autrefois  aux  Meliacees;  mais  son  rapprochement  avec  les 
Guttifcres  semble  plus  naturel,  malgre  ses  feuilles  alternes  et 
I'existence  d'un  albumen  charnu  signale  par  Gartner.  M.  Clioisy 
ajoute  que  cette  section  a,  sous  quelques  points  de  vue,  tels 
que  la  forme  des  antheres  du  Moronobea,  des  rapports  avec  les 
magnoliacees.  II  decrit  une  nouvelle  esi)ece  de  Moronobea,  sous 
le  nom  de  M.  Speciosa  ,  indigene  de  la  Guiane  ,et  conservee  dans 
I'herbier  dc  M.  Richard. 

Les  genres  Macanea^  Singana ,  Macoubea,  d'Aublet,  et 
Rheedia,  de  Linne,  terminent  le  memoirede  M.  Clioisy.  II  exa- 
mine eiisuite  ceux  que  Ton  avail  autrefois  confondus  avec  les 
Gultiferes ,  et  qui  en  sonl  fort  eloignes.  D'apres  I'expose  rapide 
que  nons  vcnons  de  f;tire,  on  voil  que  le  memoire  pr(;seiite, 
outre  un  genre  nouveau  el  plusieurs  especes  egalement  nou- 
velles,  une  statistique  de  la  fainille  des  Gultiferes  aussi  par- 
faile  qu'elle  pouvait  rcsulter  de  I'examen  du  petit  nonibre  de 
maleriaux  que  nous  possedons  en  Europe.  II  fail  honneur  aux 
connaissances  et  au  bon  esprit  qui  dirige  les  travaux  d'un  jeune 
naturaliste,  eleve  d'un  professeur  celebre  par  son  zcle  ardent 
pour  la  theorie  des  rapports  naturels.  J.  A.  Guillemin. 

222.  Fragment  p'unk  monogrvphie  des  vraies  Butneriacees, 
par  M.  J.  Gay.  [Mcin.  Mus.;  to.  10,  p.  .) 
L'objet  principal  de  ce  memol;e  est  la  nionographie  du  gen- 
re Comnicrsonin ,  a  laquelle  rautcur  a  joint  la  description  dc  1 
plantcs  placees  jusqu'alors  dans  ce  genre ,  mais  qui  apparlien- 
nent  au  genre  Buttneria.  Ces  deux  especes  sont,  1°.  le  Commer- 
sonia  dasyphylla ,  Andr.  Bot.  rej).  tab.  6o3  ,  figure  dans   I'atlas 


Botajiiqiie.  i^g 

du  Diclionriairedes  sciences  nalurelles,  sons  le  nom  de  Butt- 
neria  inodora ;  i°.  le  Commersonia  hermnnio'Jolia ,  Gay.  in 
Kunth,  nov.  gen.  et  spec.  V,  p.  3ii.  Ces  deux  plantes  sont  de- 
crites  avec  beaucoup  de  delail  et  d'exactitude  sous  les  noms  de 
Buttneria  dasjphyila  et  de  Buttncria  hcrmannicrjoUn  ,  dans  le 
memoire  que  nous  extrayons. 

L'auteur  ,  passant  ensuile  a  I'examen  du  genre  Commersonia , 
decrit ,  avec  les  details  les  plus  coinplcts,  ce  genre  et  Ics  3  es- 
peces  qu'il  renferme;  ces  especes  sont,  i".  Commersonia  echi- 
NATA  ,  Forst.  II  en  distingue  deux  varietes:  I'une,  originaire  des 
lies  des  Amis  et  de  la  Societe,  est  la  plante  meme  de  Forster ; 
elle  se  distingue  parses  feuilles  pluslarges,  couvertes  de  poils 
blancs:  I'aulre  ,  des  iles  Moluques,  a  des  feuilles  plus  allongees, 
et  couvertes  de  poils  blancs.  C'est  le  Commersonia  cchinata  et 
platjphjUa  d'Andrews.  [Bot  Repos.,  tab.  Sig  et  6o3.) 

2°.  Commersonia  GAunicHAunii.  Cette  espece  nouvelle,  rap- 
porte  par  M.  Gaudichaud ,  de  la  baie  des  Chiens  Marins,  a  la 
Nouvellc-Ilollande,  est  caracterisee  ainsi  :  C.foliis  basi  valde 
inaqualibus^Jilamentis  sterilibus  exterioribus  cum projcimoferti- 
li  basi  connaiis. 

3°.  Commersonia  FraserIj/o/Zw  basi subina-quaJibus  •,Jilamen- 
tis  sterilibus  exterioribus  cum  proximo  inlermedio  (sterili)  con- 
naiis. 

Cette  espece,  cultlvee  au  jardin  botanique  de  Sidney,  a  la 
Nouvelle-IIollande,  et  originaire  du  ineine  pays,  a  etc  cgale- 
ment  rajjportee  par  M.  Gaudichaud.  M.  Gay  en  distingue  i  va- 
rietes qu'il  nomme  ,  la  premiere,  Macrophjlla,  la  seconde 
Microphyila.  II  doute  si  cette  derniere  ne  ser.iit  pas  une  espece 
nouvelle. 

Ce  memoire,  presque  entierement  en  latin,  renferme  des 
descriptions  pleines  de  details  importans ,  et  est  accompagne  de 
4  planches  representant  les  deux  Buttneria  decrits  dans  ce  me- 
moire, et  les  deux  especes  nouvelles  de  Commersonia ;  des  details 
analyliques  tres-blen  executes  leur  donnent  un  grand  interet. 

Ad.  B. 
2^3.  De  LiTToniBus  AC    insulis  maris  Liburnici  dissrrtatio  bo- 
tanico-geographicn;  auctore  F.  T.  8°.  Hanovre;  1821 ;  Bartliug. 

224.  SUR  LES   plantes  RABES  DE  l'iLE  DE  GOTLANH.  {^Act.  UpSal.  , 

vol.  VIII ,  p.  203-267.) 


1 60  Botanique. 

Les  planfes  dont  il  s'agit  dans  re  mcmoire,  sont  an  nombre 
dc  i65,  recucillios  par  1\!.  Rosen.  Elles  romplctcnt  la  flore  de 
Gotland,  donnee  par  31.  Wahlcnberg,  dans  les  mem.  de  I'A- 
cad.  royale  de  Stockholm  ,  pour  les  annees  t8o5  et  i<So6.  Quel- 
ques-unes  des  moins  connues,  y  sont  decrites  spcclalemcnt.  Ce 
travail  est  precede  de  (;onsiderations  sur  la  constitution  geolo- 
giquc  de  cette  ile.  (K.  V.  A.  Aorberaeltels;  1822;  p.  36o.)  C.  M. 

2^5.  Flora  suecica  nova  edenda.  Prospectus  d'une  nonvelle 
Flore  suedoise.  ( Isis.  lo^-.  livr.  Lit.  anz.,  n".  xiv,  iH^S. ) 
La  Flore  de  Llnnc  sera  la  base  de  celle-ci,  qui  contiendra  seu- 
lement  les  decouvertes  faites  depuis  l.i  jiubllcallon  de  la  premiere; 
ellcs  sont  assez  nombreuses.  Les  noms  linneens,  tires  des  loca- 
calites  et  pays  seront  maintenus.  L'onvrage  contiendra  des  ob- 
servations sur  la  vegetation  des  plantes  reraarquables ;  niais  on 
n'y  trouvera  point  iin  certain  nombre  de  plantes  communes  a 
tous  les  pays,  comme  quelques  algues  et  champignons.  II  for- 
mera  un  volume  in-8.  de  40  feuilles  d'impression.  C'cst  M.  H. 
Wahlenberg ,  auteur  de  la  presente  annonce ,  qui  s'est  charge  de 
cette  nouvclle  edition,  pour  venger  la  Flore  de  Suede  du  pre- 
juge  repandu  en  pays  etranp,er ,  rclativement  a  sa  pauvrete, 
prejuge   accrcditc  en  Suede  meme.  Du. 

226.  The  ENGLISH  Flora.  La  Flore  anglaise;  par  sir  J.  E.  Smith, 
president  de  la  Societe  linneenne.  In-8°.  Londres;  Longman. 

Cet  ouvrage  est,  en  quelque  sorte,  une  nouvelle  edition  dela 
Flora  britarmica  et  de  VEnglish  botany.  De])uis  la  publication 
des  ouvragcs  de  I'auteur,  In  botanique  a  fait  t.uit  dc  progres  , 
el  I'auteur,  pendant  trente  ans,  a  trouve  tant  de  corrections  a 
faire  relativcmcnt  aux  caractercs  et  aux  synonynies  des  [)Iantes 
anglaises ,  que  cet  ouvrage  peut  passer  poui'  etre  entieicment 
original.  Les  genres  sont  reforines  et  les  especes  definies,  d'aprcs 
des  observations  nouvelles. 

227.  A  natural  arrangement  of  British  plants.  Ordre  naturel 
des  plantes  anglaises,  d'apres  leurs  affinitees,  d'apres  Jussieu , 
De  Candolle,  Brown,  renfermaut  les  ])lantes  cuUivees  pour  leurs 
usages,  avec  leurs  caracteres,  leurs  differences,  leurs  syno- 
nymies ;  Vindication  des  lieux  oii  elles  croissent,  le  temps  dc 
leur  floraison,  et  un  cssai  sur  leins  usages,  avec  une  intro- 
duction a  la  botanique,  eirexplitalion  des  termes  techniques; 


Botaniqiie.  1 6  f  i 

par  Samuel-Fred  Ili^:,  Professeur  de  botanique,  de  matiere       zf  f 
medicalc,  etc.  Deut  gr.  vol.  in-8. ,  avec  21  pi.  Prix,  24  1.  2  s. ;  / 

ou  avec  les  pi.  color.,  24  1.  12  s.  6  d.  {^Qiiarlcrly  Rev. ,  dec. 
1823.)  Avec  un  catalogue  a  la  fin. 

228.  Plantes  de  la  "  iiANCE  ,  ou  nalui'alisees  et  cuUivees  en 
France,  decrites  et  peintes  d'apres  nature,  par  M.  Jaume  St.- 
HiLAiRE.  2^  part.,  49)  50)  5i,  et  ^i<^.  livr. ;  4  caliiers  gr. 
in-8.  ensemble  d'une  feuille  i  quarts.  Plus,  40  pi.  col. ;  impr. 
de  Didot  le  jeune,  a  Paris.  —  Prix  de  chaque  livr.,  8  fr.  A 
Paris,  chez  I'auteur ,  rue  de  Furstemberg,  11°.  3. 

229.  Flore  medicale  des  Antilles,  ou  Traite  des  plantes 
usuelles  des  Colonies  francaises,  anglaisos  ,  espagnoles  et  por- 
tugaises,  par   M.-E.  Descourtils.  Tom.  11,  26  livr. 

Cette  nouvelle  livraison  renferme  la  suite  des  plantes  stoma- 
chiqucs  astringentes.  On  y  trouve  la  description  et  la  figure  des 
especes  suivantcs  :  Lappulier  sinue ,  Triumfetta  La])pula^  Linn. 
—  Lappulier  lieterophylle  ,  Triumfetta  heterophjlia,  Linn. — • 
Talauma ,  de  Jussieu.  3Ici^nona  P/umieri,  Swariz.  {^Talauma 
PUtniieri.Tic.  syst.  i,  p.  4f>o.) — Sapotillier  marmelade,  Achras 
niammosa  ,  Linn.  Ad.  B. 

230.  Plantes  du  Japon,  eu  Hollande.  (  Asiat.  journ. ,  oct.  1 8^3 , 

p.  376.) 

L'essai  de  naturaliser  en  Hollande  des  plantes  du  Japon  peut 
etonner  quand  on  compare  les  latitudes  de  ccs  deux  pays;  mais 
celles  par  lesquclles  on  commence,  appartenant  aux  parties  sep- 
teutrionales  de  ce  dernier  pays,  qui  sont  tres-montagneuses  et 
trcs-froldes ,  11  est  possible  qu'elles  supportent  le  climat  de  la 
Hollande.  D.  U. 

23 1.  Description  d'une  impression  vegetale  trouvee  dans  la 
carriere  dc  Craigleith  ;  par  Th.  Allan.  (  Trans,  roy.  Soc. 
Edinb. ,  vol.  IX  ,  pag.  235  ,  tab.  XIV.  ) 

L'empreinte  vegetale  tres-bien  figuree,  quant  a  son  ensemble, 
dans  le  memoire  de  M.  Allan ,  laisse  quelque  chose  a  desirer 
pour  les  details.  La  forme  rhomboidale  des  petites  impressions 
qui  la  couvrent  parait  la  rapprocher  de  nos  Sagenaria  ou 
Lepidodendron  de  M.  Sternberg  ;  mais  elle  presente  en  outre 
Irois  grands  tubercules  arrondis  ,  egalement  converts  d'impres- 
sions  plus  petites,  disposecs  en  series  rayonnantes.  Elle  diffcre 
V>.  Tome  L  1  i 


1 62  Botanique. 

])ar  ces  sortes  d'iinpresslons  de  la  plupart  dts  tiges  fossiles  dv!-ja 
figurees.  11  en  existe  cependant  une  analo'gue  figurce  dans  1« 
memoire  de  M.  Steinhaucr  sur  ies  v<''getaux  fossiles  ( Trans, 
pliilos.  ,  Philad.,  torn.  I).  Cette  impression  v^gc'tale  a  etc  trouvce 
dans  un  terrain  lioiii]ler,a  Craigleilh,  pres  d'Edinbourg.  An.  B. 

a32.  Descbiption  d'un  abbre  fossile  tronve  dans  une  carricre 
a  Nitesliill,  proprii'te  du  colonel  Duklop,  de  Ilouseliiil;  par 
le  rever.  P.  Bre-\yster.  [Trans,  toy.  Soc.  Edlnb.,  vol.  IX, 
p.  ,o3,tab.  IX.) 

Cet  arbre  fossile  a  etc  Irouve  dans  la  carrlere  de  Nitesliill  , 
qui  fait  partic  de  la  formalion  houillere,  a  nols  niilles  au  sud- 
esV  de  Paisley.  II  etait  renferme  dans  nne  psanimile  ou  gres  houil- 
ler  superpose  a  deux  couches  epaisses  d'un  excellent  cliarbon  ; 
I'arbre  consistait  en  une  tige  de  5  pieds  de  long,  termince  infe- 
rleurement  par  4  racincs  principales  de  denx  pieds  d'etendue; 
son  diametre  a  la  partie  moyenne  etait  d'environ  i  pi.  3  po. 
Cet  arbre  etait  couche  presque  borizonlalement,  et  etait  recon- 
vert d'une  couclie  mince  de  cliarbon  qui  incrustait  toute  sa  sur- 
face ;  ma  is  cette  couche  ayant  ete  enlevee  par  Ies  ouvriers  , 
M.  Brewster  n'a  pu  I'examiner;  la  tige  aLnsi  depouillee  de  cette 
croute  paraissait  sillonnee  longitudinalement  et  rc-guliercment. 
On  n'apcrcevait  dans  sa  section  auciuie  trace  d'orgaiiisation. 
Cette  tige,  d'anrcs  ccs  caracteres,  paraitrait  appartenir  au  genre 
Syringodendron  de  M.  Sternberg. 

On  a  trouve  dans  Ics  environs  quelques  portions  d'une  autre 
tige  du  genre  Si^Ularia.  Yoy.  hg-  G-  An.  B. 

a33.  Notice  sur  un  vegetal  des  contrees  meridionales  ,  trouve 
dans  I'etat  fossile  pres  dc  Lausanne,  en  sept.  1820;  lue  a  la 
Sociele  Cantoiiale  des  sciences  n;ilurelles,  par  M.  Dan.  Alex. 
Chavannes,  Ic  1*"^.  noveuib.  (Ft;«//.  du  canton  de  I'aud ,t.  7, 
pag.  304.) 

La  plante  fossile  qui  fait  le  sujet  de  cette  notice  est  une  fcuiilc 
de  palmier  flabelliforine,  assezsembiable  a  celles  du  Chamceroj}s 
/wmilis;  lauteur  adrnet  qu'elie  apparticnt  a  cette  espece  ,  a  la 
varicle  a  petiole  (le])onrvu  d'epines.  D'apres  un  dessin  que  nous 
avons  vu  de  ce  fossile,  il  parait  apjiartenir  ii  la  meme  espece  que 
Ies  echantiUons  triuves  dans  Ies  niarnes  du  gypse  d'Aix  en  Pro- 
•vence  ;  mais  elle  nous  parait  differer  ,  ainsi  que  cette  derniere  , 
du  Chanioprnps  hnmUis  par  plusieurs   caracleres  ,  lels   qtie  la 


Zoologie.  1 65 

grnndeur,  le  nombre  des  folioles,  leur  longueur,  etc.  Nous  pre- 
sunions  que,  comme  la  plupart  des  autres  vegctaux  fossiles,  elle 
appartient  a  une  espece  detrulte.  Ce  fossile  a  ete  trouve  dans  la 
mollasse  des  environs  de  Lausanne.  Ad.  B. 

234-  Notice  sur  M.  L.  Thomas,  natif  de  Bex,  au  canton  de 
Vaud,  inspect,  des  forets  des  deux  (Jal;ibres ;  lue  le  5  novem. 
i8'j3  dans  la  seance  de  la  Socicte  canton,  des  sciences  nat.  ; 
par  M.  L.  Reynier.  {^Feuil.  du  canton  de  J'oud ,  n".  lo, 
1823  ,  p.  3ii. ) 

Louis  Thomas,  qui  fait  robjet  de  celte  notice,  etalt  fils  d'A- 
braham  Thomas,  connu  comme  guide  de  Haller  et  par  la  de- 
couverte  de  plusieurs  plantes,  et  frei-e  de  M.  Emnie  Thomas, 
comme  lui  commercant  en  objets  d'histoire  naturelle.  Apres 
plusieurs  voyages  dans  les  Alpcs ,  en  France,  en  Suisse,  et  en 
Italic,  il  obtint  du  gouvernement  napolitain  la  place  d'inspec- 
teur  des  forets  des  deux  Calabres ,  et  particulierement  de  celles 
attachces  aux  usines  et  manufactures  d'armes  de  la  Mongiana. 
II  rendlt  en  cette  qualite  de  tres-grands  services.  Plus  tard  il  fut 
aussi  charge  de  la  direction  de  la  celebre  mine  de  sel  gemme  de 
Lungro. 

II  est  mort  a  Naples  le  9  Janvier  1823,  age  de  Sgans.  II  a  de- 
couvert  plusieurs  plantes  interessantes,  entre  autres  les  Ramenta- 
tus  Thomas ii ,  et  Sison  Thomasii  ;  et  M.  Gay  a  donne  le  nom  de 
Thoniasis  a  un  genre  de  lasiopetalees.  D.  U. 

ZOOLOGIE. 

235.  Elementi  di  zoologia  deir  Abate  Camillo  Ranzani.  EIc- 
mens  de  zoologie;  par  I'abbe  Ranzani,  ])rof.  de  Mineralogie 
et  de  Zoologie  a  Bologne.  Tom.  i;  t.  2  divisq  en  3  part.;  t.  3, 
dont  les  3  premieres  parties  sent  publiees.  In-8.,  fig.  Bologne. 
Un  travail  de    cette  nature   manquait  totalement  a  I'llalie, 
et  c'est  un  veritable  service  que  M.  I'abbe  Ranzani  a  rendu  a  sa 
patrie,  en  Ten  raettanf  en  possession.  Avec  son  secours  les  etu- 
des en  zoologie  pourrout  y  etre  dorenavant  plus  regulieres,  et 
les  progres  de  cette  science  plus  rapides. 

En  general  on  voit,  en  parcourant  cet  ouvrage ,  que  I'auteur 
est  parfaitement  au  courant  des  travaux,  meme  les  plus  recens, 
des  naturalistes  francais,   et   que  souvent  il  s'est   plu   a  suivre 


1 64  Zoologic. 

los  mcthodes  de  classification  qu'on   iloit  an  plus   celcbie  (Ipn- 
tie  eux. 

Le  premici"  volume,  f[ui  coiitionl  Y introduction  <j;('nrrale  it  la 
zoologic,  est  diviso  en  deux  parties  et  en  24  chapitres.  Uans  l.i 
])reniiere  partic,  I'auteur  traite  les  siijets  suivans  :  delinilions  de 
la  nature  et  de  riiistoire  naturelle;  des  divisions  en  liistoire  na- 
lurelle;  des  caraclei-es ;  de  la  nomenclature  et  de  la  synonymic; 
des  figures;  de  la  division  des  eti*es  de  la  nature  en  deux  em- 
pires ;  de  celle  de  I'empire  organique  en  deux  regnes ;  de  la  serie 
des  etres,  consideres  en  histoire  naturelle.  Dans  la  seconde  il 
s'occui)e  d'abord  de  la  distinction  des  fonctions  animales,  et  en- 
Muite  dos  particularites  proprcs  a  chacune  de  ces  fonctions,  Dans 
un  cliapitre  ])articulicr  il  depeint  I'espece  zoologiquc;  dans  un 
autre  il  traite  des  variations  auxquelles  les  esjieces  sont  siijettcs, 
et  des  causes  de  ces  changemens;  enfin  ,  dans  les  trois  dcrnicrs, 
il  prend  en  consideration  I'insllnct,  la  maniere  de  vivre  des  ani- 
maux,  et  il  donne  le  tableau  des  premieres  divisions  du  regne 
animal. 

Le  tome  second  a  pour  objet  I'histoire  des  mammiferes.  La 
premiere  partie,  qui  contient  les  generalites,  se  compose  de  huit 
chapitres,  dans  lesquels  I'auteur  examine  successivement  la  struc- 
ture et  les  fonctions  des  organes  des  sens,  du  niouvement,  de 
la  digestion,  de  la  circulation ,  de  la  respiration  et  de  la  projKiga- 
tion  dans  ces  animanx.  On  y  trouve  aussi  les  deux  premiers  or- 
dres  (Bimaneset  Quadrumanos)  de  la  serie  des  genres  et  des 
especes,  qui  sont  disposes  generalement  selon  la  mcthode  que 
M.  Cuvier  a  suivie  dans  son  Regno  animal.  La  seconde  partie 
contient  les  ordres  des  Carnassiers ,  des  Rongeurs  et  des  Edentes, 
et  la  troisieme  ceux  des  Pacliydcrmes,  des  Ruminans,  et  des 
Cetaccs. 

Le  nombre  des  especcs  mentionnees  est  asscz  considerable, 
et  M.  Ranzani  s'est  attache  a  choisir  celles  dont  I'existence  est 
le  mieux  constatee.  Leurs  descriptions  sont  assez  ctcndues  pour 
(lu'on  puisse  facileraent  les  reconnaitre  et  les  distinguer  enlre 
dies.  Leur  synonymic  bornee  a  quelques  citations  est  toujours 
telle  des  auteurs  les  plus  accrc'clites,  et  surtout  celle  des  ou- 
V rages  qiii  rcnfermcnl  de  bonnes  figures. 

Le  tome  troisieme,  dont  nous  ne  connaissons  encore  que  les 
trois  premieres  parties,  renferme  le  commencement  de  la  serie 
des  oiseaux.  Les  geueralilcs  sont  trailces  dans  lo  meme  ordre  el 


Zoologie.  'i65 

avec  la  meine  methode  f(ne  celles  des  niamniifcres.  Quant  a  la 
classification,  elle  est  particuliere  a  M.  Ranzani,  et  nous  croyons 
utile  de  I'ex poser  ici  rapidement. 
i".  Oiseaux  a  sternum  non  carene.  Ord.  Ratiti.  (Autruche, 

casoar. ) 
a°.  Oiseaux  a  sternum  carene. 

A  a  pieds  grimpeurs.  Ord.  Rasipicanti.  (Oiseaux  grimpeurs.) 
B  a  pieds  non  grimpeurs. 

•f-   places  a  I'equilibre  du  corps. 

*   avec  le  tarse  non  comprime,  robuste,  gros. 

rt  avec  des  ongles  crochus;  la  mandibule  superieure  etaiit 

recourbee  et  aigue.  Ord.  Rapaci.  (Oiseaux  de  proie.) 
h  avec  les    ongles  non  crochus;  la   mandibule  superieure 

courbee  en  voute.  Ord.  Galline.  ( Gallinaces. ) 
'**  avec  le  tarse  non  comprime,  mince. 
a  avec  la  jambe  toute  couverte  de  plumes;  le  tarse   etaut 

mediocre  ou  court.  Ord.  Passeri.  (Passereaux.) 
b  avec  le   bas  de  la   jambe  nu  et  le  tarse  plus  ou  moins 

long.  Ord.  Gralle.  (  Echassiers.  ) 
•\-  places  tres-en  arriere,  liors  de  reqiiilibre  du  corps,  avec 
le  tarse  comprime.  Ord. jN'uotatoki.  (Palmipedes.) 
La  disposition  naturelle  de  ces  ordres,  selon  M.  Ranzani,  est 
la  suivante :  i.  Ratini;  2.    Gallinc ;  3.  Rampicantl  •  4-  Passeri; 
5.  Rapaci ;    6.    Gralle;  7.    Nuotatori ;   et    c'est  celle  qu'il  suit 
pour  la  description  des  genres  et  des  especes. 

La  premiere  partie  du  tome  trols  comprend  I'liislolre  des  Ra- 
titi ot  des  Galline;  la  seconde ,  celle  des  Rampicanli,  et  la  ti'oi- 
sieme  celle  des  Pusseri. 

Nous  regretlons  que  les  liornes  qui  nous  sont  preserites,  no 
nous  j)ermettent  d'entrer  dans  aucun  detail  sur  les  families  foi- 
mees  par  M.  Pianzani,  pour  la  subdivision  de  ses  ordres.  Desji. 

23G.  Faune  fuancaise  ,  ou  Hisloire  naturelle  generale  el  j)arli- 
liere  des  animaux  qui  se  trouveni  en  France,  etc.  (  Joy.  le  to. 
Ill ,  pag.  ■il\6  du  Bulletin  de  iSaS.j  IX.  livr. 

Cetle  livraison  ,  sans  texte,  comprend  le.s  figures  dos  animaux 
suivans  :  Vesperlilion  Pipistrelle  entier  ; —  V'csj).  Nodule  cntier ; 
—  \'esp.  Seroline  jeune  cntier ;  —  Vesp.  Oreillard,  la  tele;  — 
^ C^p.  eeliantre,  la  tele;  —  Fauvelte  grise;  —  Fauv.  sylvicole;  — 
Fauv.  lusciniolc ;  —  Fauv.  (laveole  ;  —  la  Carpe ;  — ^  li  Tanchc  ; 


1 66  Zoologie. 

—  le  Barbeau  ;  —  le  Goujon ;  —  Coiilcuvre  quadrirayi'e  ;  — 
Coul.  d'Esculape;  • —  Cimbex  de  Scbsfior  ;  —  Cirab.  orne ;  — 
Cimb.pale; —  Cimb.  s;mvage;  —  Cimb.  soyeux ;  —  Hylolome 
fasciec;  —  Hyl.  ml-parlie;  —  Ilyl.  biulee; — Hyl.  bleualrc;  — 
Hyl.  foiirchue;  —  Hyl.  de  rangelique.  Desm. 

a37.  Recherches  sur  les  ossemens  fossiles,  oil  Ton  retablit 
les  caracteres  de  plusieurs  aniinaux  dont  Ics  revolutions  du 
globe  ont  detruit  les  especcs ;  par  M.  le  baron  G.  Cuvier, 
commandeur  de  la  Legion-d'Honneur,  etc.  Nouv.  edit.,  cn- 
tierement  refondue  et  considerablement  augmenlee.  To.  4  > 
contenant  les  Ruminans  et  Carnasslers  fossiles.  In-4.  de  64 
f.  ■  ,  plus  les  pi.  Prix,  5o  fr. ,  et  100  fr.  pap.  velin.  Paris;  G. 
Dufour  et  Ed.  d'Ocagne. 

La  publicationde  cet  important  ouvrage,  commencee  en  1821, 
se  poursuit  avec  toute  la  rapidite  que  peut  permettre  I'execution 
des  planches  nombreuses  dont  11  est  accompagne.  En  moins  de 
deux  ans,  les  trois  premiers  volumes,  contenant  le  discours  prii- 
liminalre,  I'cssai  sur  la  constitution  geologique  des  environs  de 
Paris,  et  la  description  des  Pachydermcs  fossiles,  ont  ete  livres 
a  I'empressement  des  savans  de  tous  les  pays. 

Celui  que  nous  annoncons  renf'erme  I'liistoire  des  animanx  ru- 
minans et  carnasslers,  dont  les  restes  se  rencontrent  enfouis  dans 
les  couclies  de  la  terre.  II  se  compose  de  64  feuillcs  d'impression 
et  de  38  planches,  dont  plusieurs  doubles. 

Dans  les  terrains  meubles,  M.  Cuvier  a  trouve  six  especes  de 
cerfs  ,  dont  une  au  moins  ,  le  cerf  a  bois  gigantesque ,  a  enf iere- 
incnt  disparu  de  la  surface  du  globe. 

Los  breches  osseuses  lui  en  ont  offert  quatre  autrcs ,  sur  les- 
quellcstrols  n'existentplus,  dumoins  dansnos  climats,  et  nepour- 
raient  etre  comparces  qu'a  des  cerfs  de  pays  fort  cloignes. 

Les  couches  pierreuses  regulleres  n'oiit  fourni  qu'une  espcce 
de  ce  genre,  ceile  d'Orleans  ,  qui  est  entieremcnt  inconnue  au- 
jourd'liui  et  qui  offre  merac  des  c.iracteres  presque  giincriqucs. 

Le  genre  des  Bceufs  a  donne  deux  especcs  au  moins  qui  exis- 
laient  a  la  meme  epoque  que  les  elcphans  et  les  rhinoceros  per- 
dus.  Tune  a  membres  greles  comme  raurochs ,  I'autre  a  mcmbrcs 
plus  epais  comme  le  boeuf  ordinaire. 

Les  debris  d'une  espece  d'Antilope  on  de  mouton  ont  ele 
trouves  dans  les  breches  osseuses  de  Nice. 


Zoologie.  167 

En  metf.int  ensemble  les  carnassiers  des  couches  pierreuses  , 
ceux  des  conches  meubles  et  ceux  des  cavernes  et  des  breches,  le 
nombre  de  leurs  especes  se  montc  a  18  ou  20  especes;  savoir  : 
deux  chiens  des  gyi^ses  de  Montraartre ,  un  loup  et  un  renard  des 
cavernes,  un  grand  carnivore  de  Montmartre  dont  M.  Cuvier 
forme  un  genre  particulier,  une  clvette  et  une  genetic  du  meme 
Jicu,  trois  ours  des  cavernes  ,  un  ours  des  couches  meubles ,  un 
glouton  des  cavernes,  unehyene  des  cavernes,  deux  grands  chats 
ou  felis  des  cavernes  peut-cire  diffcrens  de  ceux  des  breches 
osseuses,  un  putois  et  une  niarte  des  cavernes,  un  sarigue  de 
Montmartre,  et  une  musaraigne  des  breches  de  Cagliari. 

La  determination  exacte  de  tous  les  ossemens  appartenant  a 
ces  etres  enfouis,  leur  description  detaillee,  et  leur  representation 
par  des  figures  bien  faites ,  ont  ete  I'objet  principal  des  travaux 
de  M.  Cuvier  ;  mais  ces  resultats  n'ont  pu  etre  obtenus  qu'a  la 
suite  d'une  comparaisonrigoureuse  de  ces  restes  fossiles,  avec  les 
parties  correspondantes  dans  les  animaux  vivans. 

Cette  comparaison  a  etc  la  source  d'observations  sans  nombre 
sur  les  caracteres  ostcologlques  de  ces  derniers,  et  sur  la  distinc- 
tion de  leurs  especes ;  aussi  est-elle  le  sujet  de  plusieurs  chapitres 
tres-importans,  dans  iesquels  M.  Cuvier  donne  les  monographies 
des  genres  des  Cerfs,  des  Boeufs  et  des  Chats  ou  Felis. 

La  monographie  des  cerfs  contient  des  discussions  tres-lumi- 
neuses  sur  la  synonymie  de  plusieurs  esj)eces  de  ces  ruminans  ,  et 
la  description  de  quelques-unes  qui  n'ctaient  pas  encore  connues 
des  naluralistes,  et  auxquellesM.  Cuvier  donne  les  noms  de  Cer- 
vus  Hijjpela/j/ius,  rHi[)pe!aplie  d'Aristote,  C.  Aristotelis ,  C.  eqiii- 
nits  ,  C.  Duvnuceli,  C.  Peronii  et  C.  ^Falllcliu ,  tous  de  I'lnde 
ou  de  iles  de  I'archipel  indien. 

Celle  des  bceufs  ne  prescnte  aucune  espcce  nouvelle  ;  mais  elle 
contient  une  rectification  de  synonymie  assez  iniporlante.  M.  Cu- 
vier prouve,  par  I'examcn  des  passages  dc  plusieurs  auteurs  du 
moyen  age, que  le  bison  des  anciens,  le  bonasus  <  t  I'aurochs  (Zubr 
des  Polonais  ) ,  sont  un  nieuie  animal;  et  que  I'urus  des  anciens 
ou  le  thur  est  la  souche  originaire  de  notre  boeuf  domeslique. 

Celle  (les  chats  renferme  une  discussion  sur  la  distinction  des 
especes  americaines  de  moyenne  taille  et  tachees  ,  telles  que  I'o- 
cclot ,  le  chibigouazou  et  le  chali  que  M.  Cuvier  considcie  coinindi 
differant  cnlre  eiles ,  et  une  autre  sur  les  especes  auxquelles  la  de- 


1 68  Zoologie. 

nomination  de  ccrval  a  etc  appliquee.  II  dccrb  une  especc  nou- 
velle  de  Java  et  lui  donne  Ic  nom  de  Fc/i\  DiarcU. 

Deux  chapilres  entiers  sent  employes  jiour  la  description  des 
cavcrnes  ii  ossemens,  pour  reiuniieration  deslieux  ou  Ton  a  trou- 
ve  les  breclics  osseuses ,  et  pour  la  distinction  des  especcs  dont 
ces  deux  giscracns  ont  presente  des  debris. 

La  partie  qui  est  destinee  a  I'histoire  des  carnassiers  fossilcs  est 
precedee  de  quatre  articles  precieux  pour  la  zoologie ,  et  qui  ont 
pour  objet,  1°.  la  succession  des  dents  dans  les  animaux  de  cet 
ordre;  i°.  la  description  particuliere  des  dents  dans  les  genres  et 
les  sous-genres  qu'ils  coinposent ;  3°.  I'osteologie  comparee  de 
leur  tete;  et  \".  I'exainen  de  quelques  caracteres  tires  du  restc 
de  leur  squelette. 

En  resume,  les  observations  que  rcnferme  ce  volume,  sur  les 
anciennes  conditions  d'existence  des  animaux  runiinans  et  car- 
nassiers fossilcs  des  couclies  meubles  et  des  breclics  qui  y  sont 
decrits,  tendent  a  etablir  que,  comme  les  pachydermes  avec  les 
debris  desquels'leurs  vestiges  se  rencontrent  frequemment,  ces 
animaux  habltaient  des  cliraats  froids  ou  temperes,  et  qu'ils  ont 
vecu  dans  les  lieux  memes  oil  ils  ont  <;te  cnterres,  sans  que  ces 
lieux  aient  eprouve  de  grands  changemens  dans  leur  tempera- 
ture. Desji. 

^38.  Des  dexts  des  mammiferes,  eonsiderees  comme  caracteres 
zoologlques,  par  M.  F.  Cuvler.  6<=.  livraison;  i  call.  in-8.  de 
20  p.  et  i3  pi.  Paris  et  Strasbourg;  Levrault.  (  Voyez  le  to. 
Ill  du^«/.,n<'.6i7.) 

Ce  G*^.  caliier  contient  la  description  du  systeme  dentaire  des 
Rongeurs  omnivores ,  c'est-a-dire  de  ceux  dont  les  molaires  sont 
pourvues  de  racines,  qui  n'ont  qu'un  caecum  rudimentaire,  ou 
sont  tout-a-fait  prives  de  cct  Intestin,  et  qui  se  nourissent  indlf- 
fercmment  de  matieres  vcgetales  et  de  substances  animales. 

IVons  reprenons  la  si'rie  des  divisions  de  cet  ouvrage  que  nous 
avions  laissee  dans  notre  dernier  article  au  n".  53.  Le  n°.  5/(  trai- 
te  des  Marmottcs;  le  n".  /p,  des  Spermopliiies ,  genre  nouveau 
I'orme  de  la  Marmotle  Souslik,  et  dont  la  creation  est  due  a 
M.  F.  Cuvier.  (Voyez  le  cahier  precedent,  n°.  121 );  le  n".  5G  , 
des  Tamias,  des  Ecurcuils,  des  Macroxus  et  des  Sciuropteres , 
animaux  qui  ont  cte  depnis  peu  le  sujet  d'un  meraoire 
<]ont    nous    avons    rendu    compte.  (  Voyez    le   calilcr  preco- 


Zoologie.  169 

dent,Ti".  123);  le  n°.  57,des  Pteromys,  genre  dans  lequcll'au- 
teur  laissc  le  Polatouclie  Taguan  et  quelques  aulifcs  especes  d'e- 
cureuils  volans  du  niidi  de  I'Asie ;  n".  58,  des  Loirs;  n".  Sg,  des 
RalsetdesMusi'ides,  genre  nouveau  que  M.  F.  Cuvierparait  com- 
poser d'une  espeee  dont  il  possede  seulemeiit  la  tete  osseuse; 
n".  60,  des  Otomys,  genre  nouveau  forme  de  deux  especes  rap- 
portees  des  environs  du  cap  de  Bonne-Esperance,  par  feu  M.  De- 
lalande;  no.  61 ,  des  Hamsters;  n°.  G2  ,  des  Gerbilles,  genre  dans 
lequel  I'auteur  ne  laisse,  d'apres  la  considei'ation  du  systeme 
denlaire  ,  que  les  Gerbilles  des  Indes,  des  Pyramides,  une  espe- 
ce  du  Cap  rapportee  par  M.  Dclalande,  et  une  autre  du  Senegal; 
no.  63,  des  Hydroniys,  genre  qui  ne  comprend  plus  qu'une  seu  ■ 
le  espece,  rHydromys  a  ventre  blanc  de  la  Nouvelle-Hollande , 
le  Coypou  en  etant  separe  pour  former  un  genre  nouveau,  voisin 
des  Castors  et  des  Campagnols,  sous  le  nom  de  Myopotamc,que 
Commerson  lui  avait  d'abord  donne;  n".  64,  des  Orycteres; 
n".  65,  des  Balhyergues;  et  n°.  66,  des  Spalax. 

Le  genre  Otomys  est  le  seul  dont  il  soil  fait  mention  ici  pour 
la  premiere  fois.  II  est  caracterise  par  ses  raolaires,  qui  sent  an 
nombre  de  3  a  cliaque  machoire.  Les  superieurcs  sont  fonnees  a 
leur  couronne  de  lames  transversales  un  peu  arqut5es,  bordees 
d'email ,  et  dont  le  nombre  est  de  3  pour  la  premiere ,  de  2  pour 
la  seconde,  et  de  4  pour  la  troisieme.  Les  inferieures  ont  moins 
de  largeur,  et  leurs  lames  moins  arquees  sont  au  nombre  de  4 
pour  la  premiere ,  et  de  2  pour  chacune  des  2  dernicres.     Dksji. 

239.    IVOTICE    SUR     UNE     NOriVELI.E     ESPECE     DE     BOEUF,    n0mTO«5e 

Gaour  par  les  Indiens,  d'une  taille  gigantesque,  et  ayant  les 
apophyses  epineuses  des  vertebres  dorsales  prolongees  exte- 
rieurement;  par  M.  Geoffroy  St.-Hilaire.  [Mem.  du  Mus, 
d'hist.  nat.,  g^.  vol. ,  \^^ .  cnh.,  p.  71.  ) 

Celte  notice  rcnferme  I'extrait  de  la  relation  d'une  excursion 
faite  par  les  Anglais  dans  les  montagnes  de  Mine-pout,  situees 
a  une  centaine  de  Heues  de  la  mer ,  entre  la  cote  de  Coroman- 
del,  et  le  fond  de  la  baie  du  Bengale;  montagftes  au  milieu  des- 
fju'clles  existe  a  I'etat  sauvage  ,  une  tres-grande  espece  de  bceufs  , 
dont  les  gens  de  Texpedition  tuercnt  quelques  individus. 

L'un  de  ceux-ci,  ayant  etc  mesure,  avait  (  mesure  anglaise  ), 
5  pieds  1 1  pouces  9  lignes  de  hauteur  au  garrot,  1 1  pieds  1 1  j)o. 
^  lignes  de   longueur  du  bout   du  museau  a  rcxtremitc  de  la 


1 70  Zoologie. 

queue ,  et  7  pieds  7  pouccs  9  lignes  de  circonference  pour  le 
corps.  Dans  un  autre,  examine  par  I'auteur  de  la  relation  ,  la 
tete  avail  presque  lous  les  caracteres  de  celle  de  iios  taureaux 
domestiques,  mais  I'os  frontal  paraissait  plus  saillant  et  plus 
eleve ;  les  cornes ,  fortes  et  rudes ,  n'ctaient  point  rojetces  en  ar- 
riere  comme  celles  du  baffle ;  le  haut  du  front  ttait  rcvttu  d'un 
poil  blaiic  crej)u ;  le  pelage  ras,  uni  et  liuileux,  etait  d'un  brun 
fonce  presque  noir;  les  yeux  ,  plus  petils  que  ceux  dii  taureau 
domestique,  avaient  I'iris  d'un  bleu  tendre.  Les  muscles  et  sur- 
lout  ceux  des  cuisscs  et  des  jambcsetaicnt  tres-forls  et  saillans. 

Mais  ce  qui  distingue  ce  Gaour  de  tons  les  aulres  animaux, 
c'est  une  serie  d'epines  repandues  sur  son  dos,  qui  prend  a  la 
derniere  vertcbre  du  cou,  et  qui  finit  en  s'abaissant  vers  la  moi- 
tie  du  corps.  Ces  pieces  sont  elevees  d'au  moins  six  ])ouces  au- 
dela  do  la  veritable  echine ,  et  semblent  un  prolongement  des 
apophyses  epineuses  des  verlebres  dorsalcs. 

Les  Gaours  vivent  en  trowpes  de  10  a  20  individiis.  Us  pnis- 
sent  riierbe  des  prairies  ,  oubroutent  indiffcrenimcnt  les  feuilles 
et  les  jeunes  pousses  des  arbres;  la  femcUe  porte  1-2  niois,  et 
met  bas  en  aout,  etc.  Les  bufflcs  sauvages  redoutent  beaucoup 
ces  animaux ,  et  ne  frequentent  jamais  Icur  demeure.        Desm. 

a4o.  Sur  tfs  ticks  montais'tis  des  \ertkbres  dorsaies  ,  pieces 
restreintes  dans  les  mainmifcres  a  unctat  rudimeiitaire,  et  por- 
tces  chez  les  poissons  au  maximum  de  devcloppemrnt,  pour 
servir  a  I'intelllgence  de  la  notice  sur  le  G.iour;  ])ar  M.  Geof- 
froy-Saint-Hilaire.  (  Mciii.  du  Mux.  d'Hlst.  Nat.,  (j'^.  vol., 
i*^"-.  cah.,  p.  76.) 

Dans  ce  memoire,  I'auteur  examine  si  le  fait  fort  singulier  an 
premier  apercu,  celui  de  rexistence  d'une  serie  de  jjieces  sura- 
joutees  a  I'epine  dorsale  du  Gfiour  [\oyvz  le  n".  I'ig),  off  re 
une  anomalie  qui  repugncaux  conditions  ordinaires  de  I'organi- 
siition.  Le  titre  qu'il  lui  a  donne  indique  assez  clairement  qu'il 
se  decide  pour  la  negative  sur  cettc  question. 

En  cffet,  M.  Geolfroy,  rappelant  ses  Iravaux  anierieurs  sur  la 
composition  des  vertebros  en  general,  mais  seulement  ici  pour 
ce  qui  concerne  la  structure  du  deml-anneau  superieiir  de  ces 
OS,  expose  qu'il  a  nomme  pvrinux  les  osselels  partiels  de  cetic 
parfie  qui  coiffent  en-dessus  la  moclle  i'])ini»re ,  en-t'pinl  I'osse- 
let  qui  se  trouve  place  au-dcssus  des  deux  periaux  rennis,   ct 


Zoologic.  171 

f>ro-epi(ilune  derniere  piece  qui  est  situee  au-dela  del'en-epiul. 

Dans  les  poissons  ces  quatre  osselets  ,  arrives  au  maximum  de 
developpcment ,  sont  bien  distiricts;  les  deux  derniers  surtout 
restent  isoles  et  ajoutes  bout  a  bout.  Uen-epial  sltue  dans  les 
cliairs  sert  de  support  au  pro-eplal  qui,  visible  au  dehors  ,  seule- 
mentenveloppe  d'uneduplicaturede  la  peau  tres-amincie,  consti- 
tue  ce  qu'on  nomme  en  zoologie  un  rayon  de  la  nageoiie  dorsale. 

Apres  avoir  concu  I'idee  que  dans  le  Gaour  ces  deux  derniers 
OS  (I'en-epial  et  le  pro-epial),  ont  pour  analogues  les  epines 
surajoutees  aux  apoplivses  montanles  des  vertebres,  M.  Geof- 
froy  a  clierche  a  les  retrouver,  au  moins  a  I'etat  rudimcntaire, 
dans  lejeune  age  de  notre  bceuf  domes! ique. 

Ayant  pour  cela  fait  enlever  unc  vertebre  dorsale  a  un  veau 
avant  terme,  il  a  trouve,  dans  I'examen  qu'il  en  a  fait,  un  perial 
de  chaque  cote,  el  au-dessus  de  la  jonction  de  ceux-ci,  mais  non 
sonde  ,  un  osselet  de  forme  allongee,  separo  de  ces  periaux  par 
un  petit  cartil.igc,  et  surmonte  d'un  second  cartilage,  mince  et 
styliforme.  Dans  un  veau  qui  avait  tele  deux  mois,  I'osselet  etait 
tout-a-fait  joint  aux  periaux  par  suite  de  I'ossification  du  carti- 
lage intermediairc,  et  c'etait  alors  I'origine  de  ce  qu'on  nomme 
I'apophyse  montante  ouepineuse  ;  M.  Geoffroy,  ayant  egard  a  sa 
separation  primitive,  I'a  considere  comme  un  element  particulier, 
et ,  a  cause  de  sa  connexion  avecles  periaux  ,  I'a  nomme  en-epiul. 

Quant  au  cartilage  styliforme  et  terminal,  a  deux  mois  il  n'est 
pas  encore  ossifie,  mais  il  s'ossifie  plus  tard  en  commencant 
par  sa  jiointe.  Par  suite  de  cette  consideration  et  de  quelques 
autres  qu'il  serait  Irop  long  de  rapporter  ici,  M.  Geoffroy  ne  le 
regarde  pas  comme  une  depcndance  de  I'osselet  precedent  ou 
en-epial ,  mais  il  le  voit  comme  un  notivel  element,  comme 
un  osselet  particulier  qui  est  pour  lui  I'analogue  du  pro-epial 
ou  du  rayon  de  la  nageoire  des  poissons. 

Dans  les  bceufs  plus  ages  toutes  ces  pieces  se  soiidcnt  et  Icur 
ensemble  est  rapojjhyse  epincuse;  mais,  ainsi  que  les  figures 
jointes  a  ce  menioire  le  montrent,  la  division  du  pro-epial  est 
tonjours  apparentc  et  la  structure  de  cet  os  j)arait  differente  de 
celle  de  scs  supports. 

De  cette  comparaison  des  vertebres  de  poissons  avec  ccl'rs 
des  bceufs ,  il  resulte  que  les  memes  elcihens  entrent  dans 
la  formation  de  leur  partie  superieure,  et  que  leur  diffe- 
rence apparente    reside  seulement  dans  celle  des  proportions 


172  Zoolngie. 

des  parlies  qui  les  coinposcnt.  Ces  differences  pcuvcnt  aussi 
exister,  a  un  degre  d'intensite  plus  ou  raoins  grand,  dans  les  di- 
Torses  especes  du  genre  Boeuf,  et ,  dans  ce  cas,  ce  serait  dans 
I'espece  du  Gaour  que  Ton  observerait  Ic  maximum  de  develop- 
pement  du  pro-epial.  Get  os  supportcrnit  la  peau  en  faisant  sail- 
lie,  de  la  meme  maniere  que  le  rayon ,  son  analogue,  souleve  et 
supporte  celle  du  poisson,  qui  par  son  aniincissenient  devient 
la  membrane  double  de  la  dorsale. 

Dans  le  rosultat  de  ces  recherchcs,  M.  Geoffroy  trouve  une 
nouvelle  preuve  de  I'opinion  qu'il  a  emise  depuls  long-temps , 
et  qu'il  a  developpee  avec  tant  de  succus,  que  tous  les  animaux 
sont  organises  sur  un  plan  unifornic.  Desm. 

241.  Considerations  ET  RAPPORTS  NouvEAux  d'osteoi.ogie  com- 
PAREE,  concernant  les  animaux  ruminans;  par  M.  Geoffroy- 
Saint-Hilaire.  (_Mem.  du  Mus.  d'histoire  naturelle,  S"-".  an- 
nee,  9*.  caliier,  t.  10,  p.  i65.) 

Article  premier.  Sur  des  rayons  non-equivoques  de  nageoirc 
dorsale,  produits  chczlcs  boeufs  vulgaires  durantla  i)rcmi(jre  pe- 
riode  de  leur  age  fatal. 

Get  article  est  une  utile  addition  a  ce  que  ce  savant  professeur  a 
deja  fait  connaitre  sur  les  rapports  qui  existent  entre  les  tiges 
montantes  des  vertebres  dorsales  des  mammiferes  ct  celles  de.^ 
poissons.  (  Voyez  rarticle  precedent. )  II  rappelle  a  ce  sujet  ce 
Loeuf  de  I'lndenomme  Grto«r,  dontla  taille  est  gigantesque,  etqui 
estsiremarquable  par  les  os  surajoutes  a  ses  apophyses  epineuses 
dorsales,  qui  formciit  les  analogues  des  rayons  des  nageoires  dans 
les  poissons.  Cette  disposition  n'existe  point  dans  nos  especes 
communes  a  I'etat  adulle  ;  c'est  en  faisant  des  experiences  sur  les 
eaux  de  Tarn  nios,  que  ]M.  Geoffroy,  ayant  jiu  en  meme  temps  obsex'- 
ver  des  fcetus  de  bceuf  a  diverses  epoques  de  lour  accroissemeni, 
a  (itc  a  meme  de  voir  qu'il  est  un  instant  dans  le  travail  de  I'os- 
sification  ou  la  nature  olfre  tous  les  matorianx,  I'ordrc  et  la  dis- 
position des  parties  d'unc  nageoire  de  poisson. 

Un  tres-jeunc  foetusavait  21  vertebres;  \i  pour  Ic  dos,  7  pour 
les  lonibes,  et  2  servant  d'appui  aux  os  des  ilcs.  Des  12  dorsales, 
8  s'articiilaicnt  a  dc  veritablcs  cotes;  et  c'est  sur  ces  huit  seule- 
nient  qu'il  y  avait  des  (ipines,  qui,  a  cct  age,  sont  formees  dc  deux 
osselets,  dontl'uii,  immcdiafemenl  arlicui<;  avec  la  vcrlcbre,  rc~ 


Zoologie.  ly'^ 

presenle  ce  qu'on  appelle  X apophyse  tutrice  dans  les  polssons;  ct 
I'autre,  suppoi'te  par  ce  premier,  est  I'analogue  du  rayon. 

L'auteur  entre  cnsuite  dans  des  details  de  description  siir  ccs 
etonnantes  parties,  qu'il  a  eu  soin  de  faire  suivre  de  figures  ,  et 
que  Ics  bornes  dans  lesquellesnous  sommes  obliges  de  nous  ren- 
fermer  ne  nous  pernicttent  pas  de  rappor ter :  nous  renvoyons  done 
le  lecteur  au  menioire  memc. 

Les  resultatsde  cette  attention  a  saisir,  a  cliaque  instant,  les  phe- 
nomenes  qui  seproduisent  dans  I'Drganisation,  sont  d'apercevoir 
dans  les  baufs  des  conditions  inconnuesjusqu'ici  dans  les  inainmi- 
feres,  et  qu'on  pouri'ait  appeler  ichthyologiqiies.'De  raenie,  comme 
I'a  fait  remarquer  depuis  long-temps  M.  Geoffroy-Saint-Hilaire, 
les  poissons  sonl  des  etres  dont  les  organes  arretes  a  un  point  de 
developpement,  realisent  certaines  conditions  fcetales  des  classes 
superieures;  et,  relativement  au  sujet  qui  nous  occupe,  il  est  tout 
aussi  naturel  de  rencontrer  chez  un  mammijere ,  a  un  moment 
dojtne  de  ses  dcveloppewens  orgnniques ,  des  elemens  verte- 
hrinix  avec  un  caractcie  ichthyologique ,  que  d'y  observer,  a  cette 
ineme  cpoque  ,  un  cen<eau  d'une  structure  tres-simplc ,  un  cer- 
veiiu  de poisson  y  ainsique  I'a  dit  M.  Serres. 

Enfin,  a  mesure  que  le  systeme  arterlel  prend  de  I'accroisse- 
nicnt ,  le  developpement  gradue  de  quelques-unes  de  ces  parties 
cesse  d'avoir  lieu,  ell-es  sont  etouffees,  atrophiees,  ou  bien  sim- 
plciiient  soudees.Pour  le  Gaour,  cettesoudure  n'a  point  lieu  dans 
tons  les  points  des  apopliyses  epineuses. 

M.  Geoifroy  termine  cet  article  par  un  apercu  sur  le  boeuf  a 
bosse  ou  Zelia  ,  qu'il  considere  comme  une  espece  distincte.  II 
jiense  qu'on  n'a  point  fait  assez  d'attention  a  la  masse  charnue 
qu'il  porte  sur  le  dos ,  et  qui  a  quelques  I'apports  avec  la  iiageoirc 
ndipcuse  de  certains  poissons.  Q.  Y. 

242.  Observations  sur  une  nouvelle  espece  de  musaraigne 
de  Toscane,  nommce  So/e.v  etruscus j par^e  j)rof.  SAvi.(i\7,'oi'. 
Ciorn.  de'  Ictterati,  no.  i,  janv.  et  fev.  1822,  j).  60;  av.  i  pi.) 

M.  Savi  donne  a  cette  musaraigne,  la  plus  petite  de  toutes 
relies  qiii  sont  niaintenant  connues,  le  nom  de  Sorex  etruscus  , 
etillui  attribue  la  phrase  caracteristique  suivante  :  S.  uiiniinus , 
torpore  grisco-cincrasccntc  subtiis  albido,  auriculis  rotundntis 
iiorrettis ,  caiuld  inediocri  tereti subtctragond. 

L'exireme  pclilesse  de  cet  animal  est  son  earacleie  le  plus 


i'74  Zoologie. 

frappant,  et  il  n'estpasdonteux  qu'il  ne  soItspccifiqac,car  M.  Savi 
a  examine  plusieurs  dizaines  d'individus  qui  avaient  tons  la  meme 
tailie,  et  qui  n'etaient  point  jeunes,  puisque  leurs  os  avaient 
beaucoup  de  durctc,  et  que  les  sutures  de  ceux  du  crane 
etalent  compleleiuent  effacees.  Son  poids  est  de  36  grains;  son 
corps,  mesure  depuis  le  bout  du  nez  (qui  est  tres-pointu)  jus- 
qu'ii  Torigiiie  de  la  queue,  a  i  pouce  lo  lignes,  et  sa  queue  n'a 
que  1 1  lignes. 

On  trouve  cette  niusuraigne  en  etc  sous  les  racines  et  dans  le 
tronc.  des  vieux  arbres,  dans  les  amas  de  feuilles  seches  ou  de 
paille,  ainsi  que  dans  les  trous  de  digues.  En  hiver,  elle  se  retire 
dans  les  tas  de  fumiers  qui  renferment  des  larves  d'insectes ,  et 
ou  la  temperature  n'est  jamais  au-dessous  de  i2"  du  thermo- 
metre  de  Reaumur.  Elle  repand  une  odeur  qui  ressemble  un 
peu  a  celie  du  muse.  Desm. 

243.  ReMARQUES    ST3R    QUELQUES  ANIMACX  AMliRICAINS    DU   GENRE 

DES  CHATS ,  et  particulieremeat  sur  le  Jaguar ;  par  le  D^. 
Traill.  {Mem.  de  la  Soc.  JFern.,  X.  4,  2''.  part.,  p.  468  ;  et 
Phil.  Magaz.,  nov.  iSaS,  p.  372. ) 

Dans  ce  mcmoire ,  I'auteur  continue  ses  recherches  sur  les 
grands  animaux  amerlcains  du  genre  des  chats,  dont  il  a  pu- 
blic la  premiere  partie  dans  le  troisieme  volume  des  meraoires  dc 
la  Societe  Wernerienne. 

II  s'attache  d'abord  a  prouver,  contre  I'opinion  de  Buffon, 
qu'il  n'existe  aucune  difference  frappanle  entre  les  liabitudes  na- 
turelles  de  ces  quadrupedes,  et  celles  des  especes  de  I'anclen  con- 
tinent ,  surtout  en  cc  qui  concerne  le  courage  ;  et  il  rappelle  avec 
raison  que  les  traits  de  mocurs  rapportes  par  notre  illustre  na- 
turaliste  au  Jaguar,  appartlcnnent  a  I'Occlot,  animal  beaucoup 
plus  petit  ct  plus  faible. 

Ensuiteil  donne  une  description  assez  dctaillce  d'un  jaguar  da 
Paraguay,  quia  ote  amene  a  Liverpool,  et  d'apres  lequel  il  a  fait 
faire  un  beau  dessin  par  M.  Mosses. 

11  y  joint  oelle  du  Felis  Puma  (le  Couguar),  auquel  il  attribue 
la  phrase  caractcrislique  suivante:  Felis  corpore  dilute  bad  10  ; 
auribus  iiigris ;  caudd  cla^ijonni  apice  nigricanti,  qu'il croit  ne- 
cessaire  pour  distinguer  cet  animal  de  celui  qu'il  a  deja  decrit, 
(Mem   Soc.  Wern.  torn.  3)  sous  le  nom  de  Felis  unicolor. 

Ce  memoire  renferme  un  fait  assez  reniarquable ,   quoique 


Zoo  logic.  1^5 

«leja  intliqu6  par  Garcilasso  (  liv.  8,  chap.  18):  c'est  que  les 
Couguars ,  clans  leur  premier  age,  ont  une  livree  analogue  a 
celle  ties  lioncpaux.  tin  jeune  individu  dont  le  corps  avail  deux 
pieds  de  longueur,  et  la  queue  un  pied  nn  pouce  ,  etait  marque 
le  long  du  dos  de  trois  series  longltudinales  ,  ou  chaines  de  laches 
d'un  brun  noiratre ,  et  sur  les  epaules  et  le  cou  de  quelques 
mouchetures  de  la  meme  couleur;  quelques  raies  obscures  se 
voyaienl  sur  sa  tete.  Comine  les  adultes,  il  avaitla  place  ou  s'in- 
serent  les  moustaches,  et  le  derriere  des  oreilles  de  couleur  noire  ; 
les  parties  inferieures  de  son  corps  et  la  face  interne  de  ses 
menihres  etaient  d'un  gris  jaunatre  sale,  avec  quelques  marques 
d'un  brun  terne.  Dksm. 

244-  VaIVIETESDU  LYNX,  DANS  LKNORDnEL'EuROPE.(M//Of.  Mag., 

juilJet  1823  ,  p.  75. ) 

Les  observations  conienues  dans  cet  article  sur  plusieurs  va- 
rietes  de  lynx,  liabitant  le  nord  de  I'Europe,  se  trouvent  dans  le 
Voyage  de  M.  Capell  Brook,  au  cap  Nord,  en  traversant  la  Nor- 
wege  et  le  Finmark,  ouvrage  qui  renferme  plusieurs  notices  in- 
teressantes  sur  la  zoologie  de  ces  contrees. 

Ces  observations,  malheureusement  troppeudetaillees,  tendent 
a  t'claircir  la  synonymic  et  I'histoire  naturelle  dcs  animaux  du 
genre  des  chats,  a  oreilles  terminees  par  un  pinceau  de  polls, 
qu'on  designe  sous  le  nom  general  de  Lvnx. 

M.  Capell  Brook  a  reconiiu  dans  son  voyage  Irols  varietes,  si- 
non  trois  especes ,  parnii  ceux  de  ces  animaux  qui  habitent  la  Pe- 
ninsule  scandinave. 

La  premiere,  dont  11  a  examine  plusieurs  peaux,  a  cinq  pieds 
(anglais)  de  longueur,  non  compris  la  queue  qui  n'excede  pas  un 
pouce  et  demi;  son  pelage  est  gris  avec  une  teinte  jaunatre,  et 
agrcablcment  marque  de  laches  foncecs.  Elle  parait  particuliere 
a  la  Norwi'ge,  el  le  prlx  de  sa  peau ,  a  Drontheim  ,  est  d'environ 
cinq  species  dollars,  ou  d'une  livre  sterling. 

La  seconde,  dont  il  a  vu  une  depouille  a  Umea ,  en  Suede, 
avail  cinq  pieds  onze  pouces  (mcs.  anglaisc)  de  longueur,  depuis 
le  bout  du  nez  jusqu'a  la  ba.se  de  la  queue,  et  celle-ci  n'avait 
que  deus  j)0uces.  J^lle  etait  remarquable  par  sa  ressemblance 
avecla  fourrure  du  leopard;  malheureusement  Tauteur  ne  donne 
aucun  detail  sur  la  disposition  des  taches  de  cette  peau,  et  il  se 
borne  a  dire  qu'il  aurail  soupconn^  qu'clle  provenait  de  cetle  i*. 


17^'  Zoologip. 

pece  (le  graiui  cliiit  d'Afrique  ,  si  die  n'avait  eu  Ics  oreillos  touf- 
lues  et  le  poil  long. 

La  troisieme  vaiiele,  ou  espece,  qu'il  a  vue  vivante  dans  j)lii- 
sleurs  mciingeries  de  la  Laponie  siiedoise,  n'est  pas  rare  dans 
ce  pays.  Sa  longueur  excede  cinq  pieds ,  mais  elle  ii'a  tout  au 
plus  que  la  hauteur  du  loup;  son  pelage  est  d'une  couleur  unl- 
fornie  bruno  rougeatre.  M.  Capcll  Brook  presume,  mais  sans  de- 
duire  ses  motifs ,  que  cet  animal  se  retrouve  dans  TAmei-ique  du 
nord. 

Les  lynx,  en  general,  portent  en  Norwcge  le  nom  de  Gotipe , 
et  dans  le  nord  de  la  Suede,  celui  de  fP'arfelue.  Besm. 

a45.  Description  nu  Saccomys  axthophile  ;  luc  a   Ja    Societe 
])liilonialliique,  par  M.  Fk.  Cuvier,  le  3  Janvier  1824. 

M.  F.  Cuvier  avait  faitconnaitre  dans  son  ouvrage,  sur  les  dents 
des  mammileres ,  un  systeme  de  dcnlition  nouveau,  a[)parte- 
nant  a  une  nouvelle  espece  de  rongeur,  a  dents  composees,  carac- 
terisee  surtout  par  des  abajoues  exterieures;  il  donna  au  genre, 
dont  eel  te  espece  presenlait  le  type,  le  nom  de  Saccomys,  et  a  I'espcce 
celui  d'anlliophile.  II  public  aujourd'Lui  la  description  de  ce  Sacco- 
mys antliopliile,qui,  unpeu  plus  grand  que  la  souris,  aunelongue 
queuq  nue,  cinq  doigts  a  tous  les  pieds,  et  un  pelage  d'un 
fauve  a  peu  pres  uniforme.  C'est  un  animal  de  FAmcrique  sej). 
tenlrionale,  ce  qui  n'a  ete  reconnu  que  parce  que  ses  abajoues 
etaicnt  remj)lies  des  fleurs  d'un  Securidnca ,  Fin.,  genre  cxclu- 
sivement  projire  a  cette  partie  du  nouveau  monde.  M.  F.  Cuvier 
fait  en  outre  observer  que  ce  genre  nouveau  n'est  pas  le  seuhpii  se 
caraeterise  par  des  abajoues  exterieures,  quoique  aueun  de  ces 
genres  u'ait  encore  etc  admis  dansles  catalogues nictliodiqucs  des 
mammiferes;  en  effet,  les  observations  de  M.  Say  nous  appren- 
iient  que  le  Mus  bursarius  de  Shaw,  dont  les  pieds  de  devant ,  a 
cinq  doigts  comme  ceux  de  derriere,  sont  armes  d'ongles  analo- 
gues a  ceux  des  taupes,  a  ses  abajoues  exterieures  et  non  ])oint 
interieures  conime  on  I'avait  pense,  et  que  ses  dents  maclielieres 
sont  sans  racines;  c'est-a-dire  que  cet  animal  est  un  rongeur 
essentioUement  frugivore.  M.  Say  en  fail  Ic  genre  Psctulnxtoinn. 
Enfin  ,  si  I'on  ))eut  s'en  ra])])orter  aux  notes  peu  detaillees  de 
M.  Rafinesque  Scliniallz.,  il  faudra  encore  admettre  parmi  les  ron- 
geurs a  abajoues  exterieures,  les  especes  dii  genre  Diplostoma  de 
ce  dernier  auteur;  genre  qui  se  distingue  des  deux  prec(5dens 
l^arce  cpi'i!  u'aurait  que  quaire  doigis  a  chaque  pied. 


Zooiogie.  ijii 

Par  ces  faits,  la  mnmmalogie  se  trouve  eiuiclilc  de  genres  et 
d'especes  nouvelles  qui  presentent  un  systerae  d'organes  qui  n'a- 
vaient  point  encore  ete  observes  (  des  abajoues  exterieures),si  ce 
n'est  peut-etre  dans  le  paca,  mais  a  un  etat  tres-rudimentaire; 
car  le  repli  de  la  peau  qu'on  observe  sous  I'arcade  zygoraatique 
de  ce  dernier  ne  parait  lui  etre  d'aucun  usage. 

2/|6.    PaRTICUI  ARITE  DANS  l'oDONTOPHIE  DU  COCHON  D'lNDE;par 

M.  Em.  Rousseau. 
Dans  une  letlre  qu'il  a  adressee  a  TAcademie  royale  de  mede- 
cine,  M.  Rousseau  dit  avoir  observe  que  ,  quatre  a  cinq 
jours  avant  sa  naissance,  le  cochon  d'Inde  perd  sa  premiere  dent 
molaire,  qui  est  absorbee  dans  I'uterus  de  la  mere,  d'ou  il  sort 
avec  des  dents  deja  assez  fortes,  d'ailleurs,  pour  qu'il  puisse 
ronger  imniediatement.  {Bull,  de  la  Snc.  phi/orn. ,  oct.  i8i3 
p.  157.) 

a47-t^''SERVATioNs  suR  DES  DENTS  d'elephans  fossiles  dc  TAmc- 
rique  du  nord;  par  Richard  Harlan,  M.  D.  iJourn.  of  the 
Jcad.qf  nat.  Sc,  of  Philadelp  ,\nm,  1823,  p.  65.) 

Apres  avoir  rappelc  que  M.  Cuvier  regarde  I'elephant  fossile 
comme  beaucoup  plus  rapproche  de  I'espece  qui  vit  en  Asie 
que  de  celle  qui  habite  I'Afrique ,  mais  que  cependant  cet  anato- 
miste  pense  qu'il  exisle  assez  de  caracteres  pour  faire  de  I'ele- 
phant fossile  une  espece  distincte  ,  1°.  parce  que  les  lames  dont 
se  composent  les  dents ,  sont  beaucoup  plus  minces  et  par 
consequent  plus  nombreuses  dans  les  dents  fossiles;  2".  parce 
que  les  lignes  d'email  qui  interceptent  les  coupes  des  lames 
sont  plus  minces  aussi  et  moins  festonnees ;  I'auteur  examine 
les  nombreuses  dents  qui  ont  ete  recueillies  dans  les  Etats- 
Unis,  et  qui  lui  ont  presente  de  grandes  varietcs  dans  la 
disposition  des  lames  dentaires.  II  conclul  de  cet  examen  qu'il 
paraitrait  probable  que  les  dents  fossiles  d'elephant  decouver- 
tcs  jusqu'a  present  dans  les  Etats  -  Unis  ,  doivcnt  etre  rappor- 
tees  a  deux  especes  distinctes ,  et  en  second  lieu  que  la  figure 
occasionee  par  I'arrangement  des  lames  de  I'email  dans  les  dents 
fossiles,  nepeut  pas  fournir  des  differences  specifiques  suffisantes 
parce  que  cet  arrangement  varie  accidentellement. 

Le  memoire  est  accompagne  d'une  planche  sur  laqnelle  sont 
cinq  figures  de  dents.  f;    p 

15.   TOMK  I. 


Vi 


in  8  Zoologie. 

a/|8.   NOUVEAU  RECUF.il  DE  planches  COLORIERS   D'aiSEAUX,    pOUr 

servir  de  suite  et  de  complement  aux  planches  enluminees  de 

Buffon,  p;ir  MM.  Temminck  et  Meiffren  Laugier.  {Voyez  le 

n".  i?9  du  derniei  Bulletin.  ) 

Nous  continuons  de  faire  connaitre  les  planches  de  cc  bel  ou- 
vra'^e  qui  narait  regulierement  de  mois  en  inois.  I.es  oise&ux  con- 
tenus  dans  la  XV^'.  livraison  ,  sont : 

Planche  qi.  Autour  grele,  male,    adulte;    Falco  gracilis. 

(Temm.)  Da  Bresil.  —  PI.  92.  A.  a  poltrine  rousse,  adulte;  F. 
xanthothorax.  (Temiri.)  Guiane  et  Bresil.  —  PI.  98.  A.  a  collier 
roux,  jeune;  F.  torquatus.  Nouvelle-HoUande.  — PI.  94.  Tama- 
tia  a  orellles  nolres ,  male ;  Capita  melanotis.  (Temm.)  Du  Bresil. 

pj  g5_  Heteroclite  Pallas,  male,  adulte  ;  Syrraphtes  Pallasii. 

(Temm.)  Russie  asiatique.  — PI.  9G.  Gros-bec  long-cone,  male 
et  femelle;  Fringilla  sphecnra.  (Temm.)  De  Java.  — PI.  96.  Id., 
variete  male  ,  id.  ibid. 

X\  n*"-  livraison.  — PI.  97-  Faucon  raoineau,  male  et  femelle; 
Falco  ccerulescens.  (Linn.)  Bengale  et  .lava.  —  PI.  98.  Chouette 
spadicee ,  adulte  ;  Slrix  spadicea.  (Reinwardt.)  De  .Tava.  — 
PI- 99-  Hibounoctule,  femelle,  adnlle ;  Strix  Noctula.  (Reinw.) 

^^^.^    PI.    100.  Colorabe  pliasanielle,  male,  adulte;  Columba 

amboinensis.  (Linn.)  Oceanic.  .Tava.  —  PI.  101.  Pipit  Richard; 
Jnthus.  Richardi.{\\e\\\-)  D'Europe.  —  PI.  102.  Coucou  eclatant, 
male  ;  Cuculus  lucidus.  (Lath.)  Oceanic  et  Molnques.  —  PI.  102. 
C.  chalcite,  male;  C.  chalciles.  (llli-jer.)  Oceanic  et  Nouvelle- 
HoUande. 

XVlir.  livraison.  —  PI.  io3.  Cymindis  bee  en  croc,  male, 
adulte  ;  Falco  uncinatus.  (lllig.)  Du  Bresil.  —  PI.  104.  Cymindis 
id.  femelle, adulte;  id.ibid.  —PI.  io5.  Autour  melanopc,  male, 
adulte  ;/^rt/co  melanops.  (Daudin.)  De  la  Guiane.  —  PI.  106.  Co- 
lombe  porphyre ,  male  ,  adiilte  ;  Columba  porphyrea.  (Reinw.) 
lies  de  la  Sonde.  — PI.  107.  Engoulevcnt  Nattsre",  male;  Capri, 
mul^us  Nattererii.  (Temm.)  Du  Bresil.  —  PI.  108.  Souiman 
oreiHon  violet,  male;  NccUninia phcenicotis.  {Temm.)  lies  de  1.. 
Sonde.  —  Souimanga  rouge  et  gris,  male  ct  femelle;  iV.  rubra- 
cana.  (Temm.)  De  Java. 

XlX"".  livraison.  —  PI-  109.  Autour  longibaudc,  male,  adulte; 
Falco  virgalus.  (Reinw.)  De  Java  ct  Sumatra.  — PI.  110.  Autour 
coucoide,  femelle,  adulte;  Falco  ruculoidcs.  (Temm.)  Java  et 
Sumatra. PI-  n  >•  Lloiirneau  unicolore;  Slurnus  uniculor.  De 


Zoologie.  ijg 

la  Sardfligne.  —  PI.  112.  Dindon  oeille ,  male  ;  Meleagris  ocellata^ 
(Cuv.)Amerique,baie  de  Honduras. — Pl.i  i3.Enicure  couronne, 
male;  Eriicurus  coronatus.  (Temm.)  De  J.iva.  —  PI.  1 14.  Embe- 
rizoide  oreillon,  male;  Einherizoides  inelanotis.  (Teinra.)  Du 
Bresil.  —  E.  longibande,  male;  E.  marginalis.  (Temm.)  Du 
Bresil. 

XXe.  livraison.  —  PI.  11 5.  Cymindis  bee  en  croc,  jeune  fe- 
melle;  Falco  uncinatus.  Du  Bresil.  —  PI.  1 16.  Autour  brachyp- 
tere ,  jeune  femelle;  Falco  hrachyplerus.  (Temm.)  Du  Bresil.  — 
PI.  1 17.  Aiglemalnls,  Falco  maUdensis.  (Reinw.)  lies  de  la  Son- 
de. —  PI.  1 18.  Pblbalure  a  bee  jaune,  male;  Phihalura  flaviros- 
tris.  (Vicill.)  Bresil  et  Paraguay.  —  PI.  1  ly.  Gobe-niouche  veloce  , 
male  et  femelle ;  31usclcapa  himndinacea.  (Reinw.)  De  Java. 
—  PI.  120.  Colibri  terne,  male;  Trochilus  squallidus.  (Natterer.) 
Du  Bresil.  —  C.  a  ventre  roussalre,  femelle;  Troch.  brasilien- 
sis.  ( Lath. )  Du  Bresil.  —  C.  tachete ,  male ;  Troch.  noevius. 
(Dumont.)  Du  BresiL 

Nota.  C'est  a  dater  de  la  vingt  et  unienie  livraison  que  les  au- 
tenrs  ont  commence  a  fournir  un  texle  a  cliacune  des  livraisons  , 
en  y  compreuant  celles  qui  ont  deja  paru.  lis  s'litaient  abstenus 
de  le  f'aire  jiisqu'ici,  dans  la  crainte  d'augmenter  le  prix  de  I'ou- 
vragc,  et  surtout  dans  celle  d'ecrire  apres  Buffon.  lis  s'y  sont  de- 
termines parce  que  ics  douanes  etrangeres  rejetaient  une  collec- 
tion de  gravures  sans  texte,  qu'elles  consideraient  plutot  comme 
le  produit  des  arls  et  de  I'industrie  en  France,  que  comme  un  ou- 
vrage  scientifique  destine  aparcourir  toute  I'Europe.  La  premiere 
page  est  une  fort  belle  dedicace  a  M.  le  baron  Cuvier.     Q-Y. 

l'\<)-    SUK    I.A  FACUI.TE   NATATOIRE     DES  OlSEAUS   PALMIPEDES;  CX- 

trait  du  Fiodromus  der  Isliindischen  Ornithologic ;  parF.  Fo- 
BEK.(iV"o;/3<'/?  ausdein  Gchlete  derNatur-iind  Heilhundc;  1822; 
n".  5o;  ct Magazin  der  PJiannacic dc Hiinlc,  ovril  i823,p.  17.) 

L'auteur  dc  I'ouvrage  cite  indique  des  caracteres  nouveaux 
]>onr  une  division  naturclle  des  oiseaux  nageurs  de  !a  zone  bo  - 
reale,  fondee  sur  leur  faculte  natatoire  ,  et  en  general  sur  les 
rapports  dans  lesquels  ils  se  trouvent  a  I'egard  de  I'eau. 

II  appelle  la  faculte  natatoire  simple  ,  quand  I'oiseau  nc  pent 
que  nagcr  a  la  surface  de  I'eau ,  sans  pouvoir  s'y  enfoncer ;  et 
co/iiposir,  lorsqu'il   jouit  de  I'avanlagr  dc    plongor.  II  distingue 


J  ^>  Zoologie. 

ensiiite  colle-ci  en  action  <ie ploitger proprrmcnt  iUte  ,  ot  action 
tic  /t/o/ii^rr  siipplirni'Titiiirf. 

Le  plonger,  proprcnient  dit,  consiste  ii  ponvoir  s'eiit'oncer 
dans  I'cau  sans  s'y  jcter  on  volant,  et  y  scjourner  autant  que  la 
respiration  le  permct;  tels  sont  les  Vria,  les  Co/rmbits ,  les 
Mfrf^ux. 

Le  plongcr  supplcnicntaire  nc  consiste  an  contrairc  que  dans 
roction  de  s'enfoncei-  dans  I'eau  en  s'y  precipitant  par  le  vol , 
d'oii  I'oiseau  est  bientot  rcjetc  par  sa  Icgcrete  specifiquo. 

Les  palmipedes  de  cette  troisienie  division  ,  que  I'autcur  pro- 
pose do  noniiuer  Fomlt'tirs ,  les  Sulu  ,  les  Stfrna  ,  les  Z(t/7/,v',<sont 
tons  de  trcs-bons  voiliers;  les  deux  sexes  convent  egalement,  et 
nourrissent  les  pelits  en  leur  dt^gorgeant  la  nonrriture.  Les 
Slerna,  qui  portent  a  leurs  petits  la  nonrriture  dans  le  bee,  font 
seuls  exception  a  cette  regie.  D'nutre  part,  le  Carbo  et  le  Puf- 
/inus,  qui  sont  des  plongeurs  proprement  dits,  nourrissent  lenrs 
petits  a  la  maniere  des  Fondeurs ;  aussi  t'ont-ils  le  passa<;je  des 
nns  aux  autres. 

Les  oiseaux  de  cette  division,  ne  pouvant  pas  so  piorinor 
une  quantifo  suffisante  de  nonrriture  ,  sont  tons  plus  on  nioins 
parasites,  et  attaqnent  quelqnefois  les  autres  oiseaux. 

lis  se  tiennent  d'ordinaire  dans  lo  voisinage  des  jilongeurs 
proprement  dits  ,  pour  parta{;er  leur  peche. 

Chez  tons,  le  male  et  la  femelle  sont  entieremcnt  semblables, 
et  ils  se  reunissent  souvent  en  ^randes  troupes  :  sous  ce  der- 
nier rapport ,  on  jieut  en  rapprocher  encore  le  Puffirius. 

Tous  les  palmipedes  du  nord  sont  nionoganies;  mais  on  pent 
distinguer  parmi  eux  trois  subdivisions  : 

i».  Ceux  on  les  deux  sexes  partagent  e^alenient  les  soins  de 
la  progeniture,  qui  nourrissent  les  jietils  jusqu'a  ee   qu'ils  aicnt 
perdu  leur  duvet  ,et  cliez  lesquels  les  jennes  ne  vont  a  I'eau  qu'a- 
pres  avoir  pousse  leurs  plumes;  tels  sont  les  L'ria  ,  les  Mormon 
les  Carbo ,  les  Lestris. 

Lin  caractere  remarquable  de  ces  oiseaux ,  dont  la  plupart  des 
especes  ne  font  jioint  de  nid  ,  est  que  le  male  et  la  femelle  se 
deplument  le  ventre  ,  de  maniere  a  y  presenter  un  ou  plusieurs 
endroits  entieremcnt  nus,  formant  des  especes  de  cellules, 
dans  lesquelh's  les  a-ufs  se  lojjent  pendant  Tinetibalion.  Les  Siila 
et  les  Carbo ,  qui  lout  des  nids  ,  sont  les  seiils  che/.  lesquels  on 


Zuulo^u'.  i(Si 

n'obscrvc  pas  ces  cridioits  nus;  <;l  on  cii  trouve  par  contie  chee 
les  I.arus,  qui  foul  dcs  iiids. 

I-c  rioinlji'*;  dc  ces  places  iiiios  ,  n'cst  poijil  en  rajiport  avcc 
c;elui  (les  «Mjf's  «jue  ccs  oiscaux  pondciit. ,  iiiais  il  esl  iiivarial>lc 
scion  les  especes. 

J-a  plupart  <le  ces  oiscaux  font  leur  nid  flans  les  io<;li«;rs  es- 
carp«58  (lu  Lord  dc  la  mcr,  ou  ils  so  rd-unissent  en  rfipuhliques  de 
plusicurs  milliers. 

a".  Chez  los  Munofjarncs  de  la  scconde  subdivision,  les  raAles 
el  les  (euielU.s  couvenl  cf^aleinerit  les  OMtfj,  uiais  ils  ne  portent 
point  de  nounilure  a  Icnrs  [iclits;  el  ccux-ci  vont,  aussit6t  aprcs 
l(-ir  naissance,  la  clierclier  eux-ni(!ines  dans  I'eau. 

(.'cs  oiscaux  font  sans  exception  leurs  nids  sur  les  bords  dcs 
eaux  douces  :  se  sonl  les  Coljinlms  el  les  /'orlicc/jx. 

!>".  ClicK  les  Monof^aines  dc  la  troisienie  subdivision  ,  les  fe- 
inelles  eouvcnt  scules,  et  les  males  se  liennent  sinijdenient  dana 
le  voisinage  du  nid ;  aucun  d'eux  ne  nourrit  les  pelits,  qui 
vonl  ('■galemcnt  a  I'eau  aussilot  aprcs  leur  naissance. 

lis  s'arraclicnt  ca  ct  la  dcs  plumes  pour  en  recouvrir  les 
OMil's;  ainsl  ils  n'onl  ]>oint  de  ccs  places  nucs  que  Ton  observe 
die/,  ceux  de  la  prenuere  subdivision.  Tel  »ont  les  AIitj^us ,  les 
Amis ,  les  Anscr.  Stkaus. 

>Go.  NoTicK  SUR  i,K  Nin  DU  UKcyfjEMOucUK  (  Sjh'ia  cisticola 
Tcnindt.)  el  observations  sur  les  liabitudes  nalurelles  de  cet 
oiscau;  par  Ic  I)'.  1'.  Savi.  (iVwot-.  CJioni.  tic'  lellerati,  n".  ii, 
sept,  el  Oct.  i8a'5.  ) 

(id  oiscau,  decrit  pour  la  j)reniit;re  fois  par  M.  Tenrirnink 
{^Mdii.  tl'ornilh.,  i''.  (idil.j,  et  figure  dans  Ic  recueil  des  planches 
coloriees  de  ce  in(5me  natujalisle,  porte  aux  environs  dc  Pise  , 
ou  il  a  6i6  observe  par  Ic  1)'.  Savi,  les  noms  vulgaircs  dc  liecca- 
ino.schina  et  dc  Tinti. 

Aprcs  ;ivoir  dcerit  tc  Sylvain  niuscivore,  voisin  du  Pouillot, 
el  indi(jMe  les  dil'f'ercnces  qui  existent  cntrc  les  sexes,  M.  Savi 
doiirie  le  detail  dc  sos  liabiludes  nalurelles. 

Au  coniniencenienl  ihi  piintcinps,  il  ariivc  dans  la  plaiiic  <le 
I'isc,  el  sc  licnl  dans  les  ebanips  de  ble,  ou  il  etablit  son  pre- 
mier nid.  Plus  lard,  il  se  rend  dans  les  lieux  luarccageux  et 
louverls  de  grandcs  herbcs,  de  scirpcs ,  de  carex  et  de  joncs. 
Sou  vol  csl  court,  rapide  ct  irrcgulier;  sa  voix  pcut  cire  rcndue 


i82  Zoologie. 

par  le  mot  czin  souvent  repete  ,  et  dont  le  c  et  ]e  3  sont  faible- 
ment  prononces.  Sa  nourriture  cousiste  en  petits  insectes,  en 
chenilles  ,  en  araignees,  etc.;  ses  coiivees  sont  au  nombre  de  3, 
la    premiere  vers  la   mi-avril,  et    la  troisieme  vers    le  milieu 
d'aout;  ses  oeufs,  au  nombre  de  4  a  6 ,  de  ccnileur  blanche  quel- 
quefois  un  peu  cliangeante  en  rose  ou  en  bleu  tres-clair,  n'ont 
que  5  a  6  lignes  de  longueur,  et  sont  deposes  dans  un  nid  dont 
la  construction  remarquable  est  I'objet  principal  de  ce  memoire. 
Ce  nid  est  place  au  milieu  d'une  toulf'e  epaisse  d'herbcs  liau- 
tes,  du  genre  Carex,  environ  a  un   pied  de  terre  ,  et  sa  forme 
est  celle  d'une  bourse  pendante  dont  la  partie  la  plus  large  est 
en  bas,  et  dont  I'ouverture  est  placee  dans  le  haut;  sa  longueur 
est  de  5   pouces,  et  son  diametre  transversal  de  1  ponces.  Sa 
paroi  exterieure  est  formee  par  les  feuilles  des  plantes  au  milieu 
desquelles  il  est  place,  et  ces  feuilles  sont  artisteraent   hees  ou 
cousues  les  unes  aux  autres  par  leurs  bords,  au  moyen  de  pe- 
tites   ouvertures    que   I'oiseau  y  pratique,  et  dans  lesquelles   il 
entrelace  2  ou  3  fois  de  petits  cordons  qu'il  compose  avec  les 
boursettes  de  sole  ou  les  araignees  portent  leurs  oeufs,  ou  avec 
du  duvet  d'aigreltes  de  diverses  asclepiadees,  oude  syngeneses  : 
les  tiges  de  ces  plantes  montent  droites ,  et  servent  a  caclier  le 
nid.  Cellcs  qui  croissent  en  dessous,  sont  rcpiic-es  plusieurs   fois 
sur  elles-raemes,  entrelacecs,  et  lui  forment  un  soutien  ou  une 
base   elastique.   La  paroi    iuterieurc  est   composee  de  laine  et 
abonde   davantage   en  graines  aigrettees  et  en  duvet  vegetal  , 
qu'en  toiles  d'araignees.  Les  deux  parois  se  touchent  immedia- 
tement  dans  les  parties  laterales  et  superieures  du  nid,  et  sont 
separees  I'une  de  I'autre  dans  le  bas  par  une  couche  formee  de 
fines    feuilles   seches   de   graminees ,  de  fieurons  de  syngene- 
ses ,  etc. 

Tel  est  le  nid  du  Bercamoschina  fait  en  aout.  Celui  que  cet 
oiseau  constrult  auprintemps,  est  un  peu  different  en  raison  du 
lieu  (les  champs)  ou  il  est  place,  et  des  materiaux  que  la  sai.son 
fournit  pour  sa  construction  :  il  est  cache  au  milieu  d'une  touf- 
fe  de  graminees  dont  les  feuilles  faibles,  ct  faciles  a  dechirer, 
sont  peu  propres  a  etre  liees  par  des  points  de  couture;  et  les 
araignees,  etant  alors  rares,  ou  n'ayant  pas  encore  fde  leurs 
boursettes  de  soic  ,  I'oiseau  est  bien  moins  pourvu  du  fil  qu'elles 
lui  procurent,  et  il  est  rcduit  a  employer  prlncipalement  du  du- 
vet vegetal.  Ce  nid  est  moins  solide  que  celui  qui  est  fail  plus 


Zoologie.  1 83 

tard  avec  des  feuillcs  dc  carex  et  des  fils  de  loile  d'araignecs, 
ce  qui  oblige  le  Becquemonche  a  rendre  plus  epaisse  la  parol 
interne,  et  a  y  introduire  quelques  corps  solides,  comme  de 
petits  moixeaux  de  bois  ou  des  brins  de  paille. 

A  I'occasion  de  cette  construction  admirable,  M.  Savi  fait  re- 
anarquer  que  les  ornithologistes  n'ont  pas  jusqu'ici  decrit  avec 
assez  de  soin  les  nids  des  oiseaux.  et  il  propose  pour  eux  une 
classification  basee  sur  la  distinction  des  matieres  qui  entrent 
dans  leur  composition. 

Une  figure  tres-bien  faite,  representant  le  Beccamoschina,  ac- 
compagne  ce  memoire.  Desm. 

aSi.  Notice  stir  le  vol  des  liirondelles  de  clieminee. 

Ayant  fait  un  tres-grand  nombre  de  remarques  sur  le  temps 
qu'einploient  les  liirondelles  de  cheniinee  a  parcourir  un  espace, 
dans  une  rue ,  en  y  cherchant  des  mouches  par  un  temps  plu- 
vieux,  M.  Defrance  s'est  assure  qu'en  cinq  secondes  elles  par- 
couraient  un  espace  de  17  toises  deux  tiers,  ce  qui  fait  212  toi- 
ses  par  minute,  et  12,720  toises  ou  plus  de  six  lieues  de  poste 
par  heure.  Ensorte  que,  comme  il  y  a  lieu  de  le  croire,  si  pour 
leurs  voyages ,  leur  vol  peut  se  soutenir  tel  qu'il  est  quand  elles 
chercLent  leur  pature ,  elles  peuvent  parcourir  plus  de  deux  de- 
gres  par  jour,  et  ecliapper,  dansle  temps  de  leur  depart  de  nos 
climats ,  a  une  temperature  subite  qui  serait  trop  froide  pour 
elles.  Defrance. 

252.  Memoire  sur  le  Scolopax  Brehmii  ;par  M.  Kaup.  {Isis  , 
1823  ,  10  livr.,  p.  n47-) 

Cette  espece  de  becasse ,  distinguee  pour  la  premiere  fois  par 
M.  Kaup,  a  Ic  ventre  ct  lesbarbes  externes  de  la  premiere  penne 
de  I'aile ,  blcincs;\a  queue  composee  de  16  plumes:  sa  longueur 
est  de  12  pouces(pied  deroi) ;  sa  largeur  (  probablemenl  son  en- 
vergure)  de  18  pouces;  son  bee  de  2  ponces  11  lignes  ;  sa  queue 
a  pouces  8  lignes.  Elle  est  intermcdiaire  entre  le  Scolopax  major 
et  le  Scofopax  Gallinago. 

II  parait  qu'elle  habite  ordinairement  les  contrees  les  plus  re- 
culees  dans  le  Nord  ,  car  jusqu'a  present  elle  n'a  ete  obsetvce  en 
Allemagne  que  pendant  I'liiver;  on  en  a  tue  une  pres  de  Got  ■ 
lingue,  et  une  autre  pres  de  Heidelberg.  Straus. 


1 84  Zoologie, 

253.  MoNOGRAPHiE   lES  SERPENS   DE  RoME  ct  de  scs  en\iroiis  ; 

par  le  professeur  Louis  Mktaxa'.  In-Zj.  de   28  pages  avpc  une 

pi.  color.;  Rome,  \^■l^^.{  Bibl.  Ital. ,no.  ^5;  nov.  i8a3.) 

La  nionograpliie  que  nous  annoncons  parait  avoir  cte  faite 
avcc  beaucoup  de  soin  ,  nialgre  Ics  obstacles  nombreux  qui  s'op- 
posaient  a  son  execution  ,  et  parmi  lesquels  doit  ^Irc  placee  au 
premier  rang  la  difficuite  de  se  procurer  un  nombre  considera- 
ble de  serpens,  et  de  les  observer  vlvai)s.  Les  descriptions  qui 
la  conijjosent  ont  etc  f.ntes  sur  des  individus  pris  recemmcnt  et 
bicn  portans,  ce  qui  est  cause  que  plusieurs  d'cntre  riles  different 
de  ccllcs  qu'ont  donnees  quelques  erpe'.ologistes ,  reduits  a  exa- 
miner des  Individus  depuls  long-temps  conserves  dans  la  liqueur, 
et  souvent  decolores  ou  deformes  par  suite  de  leur  position  ge- 
nee  dans  les  vases  trop  petits  qui  les  renfermaient. 

Dans  son  introduction,  le  professeur  Metaxa',  en  rapportant 
avec  rapidite  les  opinions  et  les  prejuges  des  anciens  a  I'egard 
des  serpens,  fait  preuve  d'une  erudition  fort  etendue. 

Son  opuscule  se  divise  en  deux  parties  et  un  appendice. 

Dans  la  premiere  partie  il  donne  des  generalites  sur  les  serpens 
des  environs  de  Rome,  et  il  traite  dans  huit  articles  diffcrens  , 
1°.  des  lieux  habites  par  ces  reptiles  et  des  epoques  de  I'annee 
ou  on  les  trouve  plus  communement;  2".  de  la  mue,  et  de  la  ma- 
niere  dont  elle  s'opere  chez  eux;  3°.  de  leur  mode  de  locomo- 
tion et  de  leurs  organes  du  mouvement;  4".  de  leur  canal  ali- 
nientaire,  et  des  organes  secreteurs  et  conducleurs  du  venin  qui 
existe  cliez  quelques-uns ;  5o.  de  la  nature  de  ce  venin  ,  de  ses 
effets  ,  et  des  rcmedcs  qn'on  pent  opposor  a  son  action;  6°.  de 
la  generation  et  de  I'anatomie  des  organes  qui  servcnt  a  cette 
fonclion;  7".  de  I'instinct  ou  des  habitudes  naMirelles  des  ser- 
pens ;  8°.  de  la  sensibilite  de  ces  animaux  pour  la  musique,  I'e- 
Itrtricite  et  la  lumif  re. 

Dans  la  seconde  partie  se  trouve  renumeration  ,  la  synonymic 
scienllfique  et.  locale ,  et  la  descri])tion  des  serpens  romalns  au 
nombre  de  quatorzc,  dont  deux  nouvcaux.  —  Les  especes  non 
veninieuses  sent,  1°.  YJnguis fragitis ,  Linn.;  2".  le  Coluber 
Natrix,  Linn.;  3°.  le  Coluber  Gabi/ius ,  spec.  nov.  (fig.)«Wo- 
inine  J!a\'o ,  taenia,  media  nigra  ,  ad  aiiuin  usque  decurrente  ; 
lincis  biriis  occipitnlibus  antrorsum  conjluentibus  :  trouve  a  Gabi 
dans  le  mois  de  niai  1822;  4".  le  Coluber  viperinus ,  Latr.;  5".  le 
Coluber  atro  -  i-irens ,  Lair.;   6".  le  Coluber  Lsculapii ,   ijliaw.  ; 


Zoologie.  1 85 

7o.  le  Coluber  Elaphis,  Shaw. ;  8".  le  Coluber  austriacus ,  Grael ; 
9°.  le  Coluber  Riccioli,  spec.  nov.  (fig-)  ?  abdoinine  flm<o  bilinea- 
to,  lateribus  rubro  punctatis ,\equel  a  plusieurs  caiacteres  com- 
ntuns  avec  le  Coluber  austriacus ,  et  a  ete  trouve  dans  la  campa- 
gne  de  Rome. —  Les  especes  venimeuses  sont;  10°.  la  Fipera 
Berus ,  Cuv. ;  11".  la  Vipera  Redi ,  Laur.  ;  12".  Vipera  Aspis , 
Cuv.  ;   1 3''.  la  Vipera  Chersea,  Cuv.;  et  i4".  la  Vipera  Prester. 

Malgre  ses  recherclies  ,  et  celles  de  son  ami  M.  Riccioli , 
M.  Metaxa'  n'a  pii  rencontrer  pres  de  Rome  la  Vipera  Ammody- 
tes ,  Lin.,  que  plusieurs  auteurs  assurent  y  exister ;  et  il  s'est 
abstenu  de  placer  dans  son  catalogue  le  Coluber  trilineatus,  Lin. , 
recueilli  par  le  meme  M.  Riccioli ,  sous  les  murs  de  Gallipoli  , 
dans  la  terra  d'Otrante ,  comme  ayant  etc  trouve  trop  loin  du 
lieu  de  ses  observations  pour  qu'on  put  supposer  qu'il  y  exis- 
tat.  —  Les  anciens  Romains  distinguaient  sur  leur  territoire 
cinq  serpens  venimeux  ;  et  parmi  les  especes  non  venimeuses 
qu'ils  connaissaient,  la  plus  grande  etait  la  couleuvre  Elap>his  qui 
parait  seule,  selon  M.  Metaxa',  pouvoir  etre  rapporlee  au  Boa 
de  Pline.  La  plus  agile  et  la  plus  disposee  a  mordre, etait  le  Co- 
luber atro-i'irens. 

Enfin  I'ajjpendice  a  pour  objet  I'indication  des  animaux  para- 
sites qui  vivent  aux  depens  des  serpens  dccrils  dans  cet  opuscule. 
L'auteur  y  fait  connaitre  qu'il  a  eu  de  frequentes  occasions  de 
reconnaitre  I'exactilude  des  observations  de  M.  Rudolphi,  sur  les 
vers  qui  vivent  dans  I'interieur  du  corps  de  ces  reptiles,  et  de 
plus  il  annonce  qu'il  a  trouve  plusieurs  fois  d<ans  leurs  intestins 
Y  Ascaris  luriibricalis  qui  n'y  avait  pas  encore  ete  rencontre. 

Dans  le  Coluber  viperinus  il  a  trouve  une  espece  nouvelle  de 
Filaire  qu'il  ne  determine  pas,  mais  dont  il  donne  une  figure,  et 
le  Distoma  tenuicolle,  Rudolphi,  qui  a  ete  decouvert  pour  la 
premiere  fois  par  Teutler  en  1788,  dans  le  Phoca  barbata. 

Deux  especes  de  mites,  Acari,  egalement  figurees,  se  voient 
frequcmment  sur  la  peau  de  ces  serpens,  et  se  tienncnt  dans  les 
interstices  de  leurs  ecailles,  oil  elles  deposent  de  petits  oeufs  lui- 
sans  comme  des  pedes,  et  qui  eclosenthuit  jours  apres  avoir  ete 
])ondus  :  de  ces  oeufs  sortent  des  petits  entierement  senibiables  a 
leurs  parens  ,  a  ccla  pres  qu'ils  ont  deux  pates  de  moins  ,  comme 
cola  s'obscrve  d'ailleurs  dans  la  plupart  des  animaux  de  la  nit-me 
famillc.  Uiic  de  ces  mites  quilte  assez  facilement  les  serpens  sur 
Icsqucls  elle  vit ,  pour  se  fixer  sur  tous  les  corps  qui  lui  sont  pre- 


1 86  Zoologie. 

sentes.  Plaree  siir  la  peau  dc  riiommc  ollc  y  cause  des  demangcai- 
sons,  et  fait  naitre  des  ampoules ,  raais  ne  s'y  propage  pas ,  et  les 
exhanthemes  auxquels  elle  donne  lieu  ,  disparaissent  d'eux- 
inemesau  bout  de  peu  de  temps,  el  sans  necessiter  remploi  d'au- 
cun  remede. 

M.  Metaxa'  ayant  essaye  de  fixer  la  mite  de  la  farine  sur  les 
serpens,  n'a  pu  y  reussir;  cet  arachnide  les  quittant  prompte- 
ment  pour  se  porter  sur  lours  excrcmens.  Les  experiences 
faites  par  le  meme  observateur  ,  pour  apprecier  Tinfiuence 
de  la  musique  sur  les  serpens ,  out  eu  les  resultals  suivans  :  les 
especes  venimeuses,  ou  viperes,  y  etaient  absolument  inscnsi- 
bles;  les  couleuvres,  ou  especes  non  venimeuses,  aucontraire  se 
mettaient  en  mouveraent  au  premier  son;  la  couleuvre  Elaphis 
de  temps  a  autre  se  dirigeait  lentement  vers  I'instrument  et  cher- 
cliait  a  grimper  le  long  des  parois  de  la  caisse  oil  elle  etait  pla- 
cee;  la  couleuvre  d'Esculape  relevalt  sa  tete  et  la  moitie  ante- 
rieure  de  son  corps ,  et  le  Coluber  atro-virens  montrait  beaucoup 
d'agitation.  Desm. 

254.  Premiere  decade  ichthyologique,  ou  De-.cription  com- 
plete de  dix  especes  de  poissons,  nouvelles,  ou  imparfaitement 
connues,  habitant  la  mer  qui  baigne  les  cotes  de  Tile  de 
Cuba;  par  M.  A.  G.  Desmarest.  Broch.  in-8.  de  5o  p.,  avec 
pi.  (Tiree  a  5o  exemp.) 

L'auteur,  convaincu  de  I'utilite  des  descriptions  completes  en 
hisloire  naturelle,  a  suivi,  dans  celles  de  dix  especes  de  pois- 
sons des  cotes  de  I'ile  de  Cuba ,  le  plan  que  s'etait  trace  Brousso- 
net  dans  son  Ichthyologic ,  ouvrage  dont  il  n'a  paru  (en  1782) 
qu'un  seul  fascicule,  toujours  cite,  parce  qu'il  fournit  des  ca- 
racteres  pour  toutes  les  metliodes  declassification. 

Ces  dix  poissons,  pour  la  plupart,  n'ont  pas  encore  etc  indi- 
qucs  par  les  auteurs,  et  c'est  en  vain  que  M.  Desmarest  a  cher- 
che  a  les  reconnaitre  dans  les  descriptions  insignifiantes  de 
Catesby,  ou  dans  les  figures  faites  avec  l«5gerete,  qui  le  plus 
souvent  leur  ont  scrvi  scules  d'originaux.  Scba,  Sloane,  Brow^ne 
et  Parra  ne  lui  ont  guere  etc  plus  utiles;  car  les  travaux  de  res 
naluralistes  ne  sont  plus,  dans  I'etat  actuel  de  la  science,  suffi- 
sans  pour  aider  a  dlslinguer  les  especes  des  genres  un  peu  nom- 
breux ,  et  surlout  celles  des  genres  qui  apparticnnent  a  I'ordre 
des  poissons  acantliopterygiens. 

Chaque   description  se    compose  dc  toutes  les   notions  que 


Zoologie.  1 87 

peuvent  fournir  ,  le  corps  dans  son  ensemble  et  dans  scs  dimen- 
sions; les  formes  et  les  proportions  relatives  de  la  tete-,  du 
dos,  de  rabdomen,  dts  flancs  et  de  la  queue;  la  nature  et  les 
proportions  des  ecailles  de  la  peau;  la  direction  de  la  ligae  la- 
terale ;  la  position  de  I'anus;  les  formes  de  la  bouciie,  des  os 
interniaxillaires  et  mandibulaires,  des  dents,  de  la  langue  et  du 
palals;  celles  des  narines,  des  events  et  des  yeux;  celles  des  ouiies 
et  des  diverses  parties  qui  les  composent,  telles  que  I'opercule,  le 
subopercule,  I'interopercule  et  la  membrane  brancliiostege;  celles 
des  nageoires  dorsale,  anale,  caudale,  pectorales ,  et  ventrales,  etc. 
Les  couleurs  sont  decrites  ou  indiquees  dans  un  paragraplie  parti- 
culier,  et  dans  tout  lecourant  de  ces  descriptions  les  mesures  ou 
les  distances  relatives  des  parties  sont  indiquees  soigneiisement. 
Voici  les  noms  et  les  principaux  traits  caracteristiques  de  ces 
poissons  : 

1.  Pastenague  torpedine.  Trygonobatus  torpedinus.  Diet. 
CI.  d'hist.  nat.  fig.  6*^.  livr.  Ayant  de  la  ressemblance  avec  la  Raie 
de  la  Jamaique  de  Sloane,  mais  en  diflerant  sous  le  lapport  des 
tegumens  et  de  la  forme  de  la  caudale.  C'est  une  raie  a  forme  de 
torpille,  dont  la  queue  est  courte,  terminee  par  une  nageoire 
ovalaire  dont  la  base  est  armee  d'un  aiguillon.  EUe  n'a  pas  de 
dorsale;  son  corps,  blanc  sale  en  dessous ,  est  d'un  gris  brun  ta- 
chete  de  noiratre  en  dessus.  Cette  raie,  avec  celle  de  Sloane  et  la 
raie  croisee  de  Lacepede,  Ann.  Mus.,  t.  4,  pi.  55,  doit  former 
un  sous-genre  particulier. 

2.  Priacanthe  nE  Lacepede.  Priacanthus  Cepedianus.  Diet. 
Class,  d'hist.  nat.,fig.;  5*^.  liv.D.  10  epin.  14  mous.;  A  3  ep.,  i5m; 
C.  18;  P.  18;  V.  1  ep.,  5  m.  ;B.  6.  Cotes  du  corps  et  ventre  d'une 
belle  couleur  d'argent  uniforme;  dos  d'un  gris  brun  argente. 
Par  ses  formes  il  se  rapproclie  surtout  de  X Anthias  macrophllial- 
tnus  de  Blocli ;  mais  il  en  differc  par  les  couleurs. 

3.  Lutjan  museau-pointu.  Lutjanus  acutirostrls.  Diet.  Class. 
d'hist.  nat.;  fig.  4*.  liv.  D  10  ep. ,  1/,  m. ;  A  3  ej).,  8  m. ;  C  iS ;  P 
17  ;  V  1  ep. ,  5  m. ;  B.  6.  Remarquable  par  le  prolongemcnl  de 
son  museau  ,  I'clcvation  de  sa  nuque  ,  et  sa  couleur  gciu-ralement 
brunatre. 

4.  Lutjan  u'Aubriet.  Lutjanus  Aubrietii.  Diet.  CI.  d'hist.  nat. 
fig.;  5«.  liv.  D  10  ep.,  12  m.;  A  3  tip.,  8  m.;  C  i8  ;  P  16;  V  i  ep.  5 
m.  ;  B.  5.  Marque  longitudinaleraent  de  huit  lignes  violeltes  al- 
ternant avec  aulant  de  lignes  jaunts  sur  cliaque  cote  du  corps  et 


1 88  Znologie. 

d'une  tache  noiiatre  pros  ilu  dos,a  la  liauteur  dn  commenceineiit 
de  la  partie  molle  dc  la  dorsale.  U  a  queiques  rapports  avec  le 
Lutjan  serran  de  la  Mediterranee,  Perca  Cabrilld ,  Lin. ;  mais  il 
en  differe  par  le  noinbre  plus  considerable  des  bandes  violettes 
et  par  la  presence  de  l,i  tache  noire. 

5.  Ombrine  de  FouRNiER.  U inbrlna  FuriiierL  Diet.  CI.  d'hist. 
nat.,  fig.,  4*^.  livr.  i'''^.  D  lo  ep.,  %^ .  D  i  ep.,  28  m.;  A  2  ep.,  8  in.; 
Ci8;Pi8;Vi  ep.,  6in. ;  B  7.  Point  de  barbillon,  mais  4  pores 
sous  la  machoire  inferieure;  couleur  d'un  gris  argente  teint  de 
brunatre,  avec  des  reflets  bleu  d'acier  sur  la  nuque. 

6.  AcANTHURE  DE  Brotjssonnet.  Acanthurus  Brouswnnetii. 
Diet.  CI.  d'hist.  nat.,  fig.,  5^  livr.  D  8  ep.,  27  in.;  A  2  ep.,  25  m.; 
C  22 ;  P  I  ep.,  i5  m.;  V  i  ep.,  48  m.;  B  3.  Corps  d'un  gris  brun 
violatre  ;  nageoires  dorsale  et  anale  marquees  de  petites  lignes 
horizontales,  alternatlvement  bleues  et  noires.  II  rcssemble  a  I'A- 
canthuie  noiraud,  mais  en  differe  par  les  bandes  bleues  et  noires 
de  ses  nageoires  verticales.  M.  Plee  I'a  envoye  de  la  Martinique 
au  Museum,  sous  le  nom  de  Chinirgien,  qui  au  reste  est  la  de- 
nomination vulgaire  de  tons  les  poissons  du  meme  genre. 

7.  DiABASis  DE  Parra.  Diabnsis  Parra.  Diet.  CI.  d'hist.  naf.  , 
fig.,  4e.  livr.  D  12  ep.,  20  ra. ;  A  3  ep.,  8  m.;  C  18;  P  i(i  ;  V  i  ep., 
5  m.  M.  Desmaresl  forme  un  groupc  particulier  sous  le  nom  do 
Dialmiis  des  poissons  a  forme  generale  de  Lutjans  ,  a  dents  de 
Pristipomes  et  dont  les  nageoires  dorsale  (dans  la  partie  molle) , 
anale  et  caudale,  sent  en  totalite  couvertes  d'ecaiUes.  En  suivant 
a  la  rigueur  la  classification  de  M.  Cuvier ,  ces  poissons  devraient 
etre  ranges  dans  la  famille  des  Squammipennes ;  mais  rensemblc 
de  leurs  caracteres  ne  permet  guere  de  les  eloigner  des  Pristipo- 
mes et  des  Lnljans.  Celui  de  Parra  est  brun  ,  assez  fonce  sur  le 
dos  et  plus  clair  sur  les  flancs.  11  a  quelque  ressemblance  avec 
le  Lutjan  inuseau-pointu;  mais  sa  tete  est  moins  prolongee  en 
avant. 

8.  DiABASis  RAYii  DE  JAUNE.  Diaha.iis  Jlavo-lineatus.  Diet.  CI. 
d'hist.  nat.,  fig. ,  4«.  livr.  D  12  ep.,  i5  in.;  A  3  ep.,  8  m.;  C  20  ; 
P  i6;  V  I  ep.,  6  m.  B  6.  11a  les  ecailles  granges  et  tres-regulie- 
rement  placees.  De  chaque  cote  du  dossont  trois  lignes  longitudi- 
nales  d'un  jaune  brun,  et  sur  les  flancs  dix  lignes  obliques  jaunes 
suivant  les  rangees  d'ecaiUes,  et  cnlre  Icsquelles  sont  autant  de 
lignes  blanches. 

y.  Cbevalikr  ponctue.  lUjuen  puncUUus.  [Gram  in  is  les  /inii<  • 


Zoologie.  189 

tatus,  Schn.  Serrana  ,  Parra.)  Diet.  CI.  d'hist.  nat.,  fig.,  6e.  livr. 
10.  HotACANTHE  couRONNE.  Holacanthus  coronntus.  Diet.  CI. 
d'liist,  nat.  6*^.  livr.  Espece  tres-voisine  de  Y Holacanthus  ciliaris 
par  ses  formes  et  le  nombre  de  rayons  des  nageoires,  niais  en 
differant  par  les  couleurs,  et  notaniment  en  ce  qu'au  lieu  d'avoir 
un  anneau  noir  a  la  base  anterieure  de  !a  dorsale,  il  a  sur  cette 
meme  place  une  tache  noire  bordee  de  blanc.  Son  corps  est  d'ua 
brun  clair,  et  chaque  ccailie  est  marquee  d'une  petite  tache  jaune 
oblongue;  la  base  de  la  queue  et  la  caudale  sont  jaunes;  les  ven- 
trales  et  I'anale  sont  brunes  et  liserees  de  blanc.  M.  Desmarest 
soupconneneanmoins  que  les  dei'nieres  parties  pourraient  avoir 
ete  alterees  dans  la  liqueur.  P.  Gaim. 

255.  Description  h'une  nouvelle  et  gigantesque  espece  de 
CEPHALOPTERE,  dc  Dumcril ;  par  S.-L.  Mitchill.  {^Annals  of 
the  Lyceum  of  nat.  history^  of  New-Yorl- ,  vol.  i  ,  n°.  i, 
septeinb.   1823.) 

Le  9  septembre  3823,  despecheurs  saisirent,  pres  de  I'entree 
de  la  baie  de  la  Delaware,  une  enorme  raie,  qui  se  debaltit  long- 
teinps  avec  une  force  prodii>icuse  ,  et  qu'on  ne  put  tirer  a  terre 
qu'a  I'uide  de  trois  paires  de  boeufs,  d'un  cheval  et  de  vingt-deux 
homnies. 

Ce  poisson  etait  un  chondropterygien  a  branchies  fixes  ,  du 
genre  Cephalopterus,  de  M.  Dumeril,  bien  caracterise  j)ar  le  pro- 
longementanterieur  des  nageoires  pectorales  eii  forme  de  cornes, 
de  chaque  cote  du  muscau  ;  mais  il  n'avait  point  I'aiguillon  qui 
existe  dans  les  especes  de  ce  genre. 

M.  Mitchill,  connu  par  des  travauxichthylogiques  tres-recom- 
mandables,  ayant  vu  et  decrit  ce  poisson,  I'a  considere  comme 
forniant  une  espece  nouvelle  a  laquelie  il  donne  le  nom  de  Ccr- 
phdlopterus  J'ainpirus,  et  qu'il  caraclcrise  ainsi :  Corps  plus  large 
que  long  ;  houche  presque  tcrminale  ,  sans  dents;  une  nageoire 
verticnle  de  chaque  cote  de  la  bouche,  se  dirigeant  en  avant ; 
queue  sans  aiguillons. 

Le  poids  de  ce  poisson  est  evalue  a  quatre  tonneaux  et  demi 
ou  cinq  tonneaux,  c'est-a-dire,  neuf  a  dix  inilliers.  Ses  dimen- 
sions ,  en  mesures  anglaises  ,  sont  les  suivantes.  —  Longueur  de- 
puis  le  bord  anlerieur  de  hi  tcte  jusqu'a  I'origine  de  la  queue  , 
10  pieds  9  pou. ;  long,  de  la  queue,  4  pieds ;  long,  des  deux  na- 
geoires  qui  eaillcnt  en  avant  de  la  tctc ,  2  pieds.  —  Longueur 


I  go  Zoologie. 

totale,  depuis  rextremite  de  ces  nageoircs  jiisqu'au  boul  de  la 
queue,  17  pieds  3  pou.  — Envergure  ou  distance  entre  les  ex- 
tremites  des  deux  nageoircs  pectorales  en  suivant  la  saillie  dn 
dos,  18  pieds.  —  La  memc  mesurc,  prise  sous  le  \entre,  16 
pieds.  —  Largeur  de  la  bouclie,  ?.  pieds  9  pouces.  —  Largeur 
des  ouverlurcs  brancliiides,  12  a  24  pouces.  ■ —  Largeur  la  plus 
grande  de  la  partie  solide  de  la  tete,  5  pieds.  —  Distance  centre 
les  yeux,  4  pieds  2  pouces.  —  Distance  entre  les  narines,  2  pieds 
3  pouces  et  deml.  —  Distance  entre  I'oeil  et  I'event,  1 1  pouces. 
—  Distance  entre  I'oeil  et  la  narine ,  1  pied  i  ])ouce.  —  Distance 
entre  le  coin  de  la  bouche  et  I'oeil,  i  pieds  i  pouce  -J-.  —  Lon - 
gueur  totale  des  nageoircs  anterieures,  en  forme  de  cornes  ,  et 
qui  sont  le  commencement  des  pectorales,  2  pieds  6  pouces ; 
leur  hauteur  i  pied;  leur  plus  grande  epaisseur,  2  pouces  ^.  — 
Diametres  de  la  cavite  cerebrale,  12  pouces  7,  de  devant  en  ar- 
riere,  et  18  pouces  d'un  cote  a  I'autre. 

La  peau  de  ce  cephaloptere,  tres-epaisse  et  rude,  etait  partout 
recouverte  d'une  mucosite  abondante;  sa  couleur  etait  d'un  brun 
noir  sur  le  dos,  et  d'un  noir  varie  de  blanc  de  lait  sous  le  ven- 
tre. La  bouclie,  presque  terminale  et  non  en  dessous  de  la  tete, 
avait  une  levre  supcrieure  double  tout-a-fait  depourvue  de 
dents,  et  uncseule  levre  inferieure  garnie  de  pctites  pointes  dures, 
comparables  aux  aspcritcs  d'une  rape.  II  n'y  avait  point  de  lan- 
gue.  Ses  nageoircs  anterieures  ,  en  forme  de  cornes,  etaient  sup- 
portees  par  27  rayons  cartiiagineux,  articules  et  paralleles  les 
uns  aux  autres;  leur  bord  anterieur  etait  frange.  Les  pectorales 
contenaienl  77  rayons,  dont  les  plus  grands  avaient  vingl-sept 
articulations.  Les  yeux  etaient  situes  pres  des  angles  avances  do 
la  tete.  Une  seule  nageoire  dorsale,  trinngulaire  et  mince,  de 
trente-six  rayons,  se  trouvait  placee  pres  de  la  base  de  la  queue, 
et  a  quelques  pouces  en  arrierc  on  observait  urie  protuberance 
dure  qui  tenait  lieu  d'une  seconde  dorsale.  La  queue  cylndrique, 
mince,  couverte d'une  peau  rugueuse,  u'avait  ni  nageoire  cau- 
dale,  ni  aiguillon. 

M.  Mittchill  fait  suivre  sa  description  d'une  comparaison  des 
ailes  des  oiseaux  avec  les  nageoircs  pectorales  des  raies,  dans  la- 
quclle  nous  ne  le  suivrons  pas. 

II  rnpporte  quelques  observations  inexactes  d'apres  Icsquelles 
il  resulterait  que  le  cephaloptere  vampire  serait  vivipare,  et 
fju'il  allaiterait  scspetits.  Desm. 


Zoologie.  igi 

aSG.  ESPECF,    GIGANTESQUF.  DF,    POISSON  Qu'oN  SUPPOSE    ETRK    tJNE 

RAiE.  {^Philos.  Magnz.,x\o\.  1823.) 
Get  article  n'etant  qu'un  extrait  de  celui  que  nous  donnons 
ci-dessus  (n°.  255) ,  d'apres  le  i^i".  cahier  des  Annalcs  du  lycee 
d'histoire  naturelle  de  New-York,  nous  nous  bornons  a  y  ren- 
voyer  nos  lecteurs.  Desm. 

257.  M^MOIRE    POUR  SERVIR    A    l'aMATOMIE      DU     MlfXlNE    GlU- 

TiNosA  en  ce  quiconcerne  le  systeme  circulatoireet  le  systeme 
nerveux  de  ce  singulier  animal ,  par  A.  Retzius,  avecune  pi. 
(  Mem.  Acad,  de  Stoc/<holm ,  1822,  p.  233.) 

Dans  ce  memoire  I'auteur  se  borne  a  expliquer  les  figures 
qui  s'y  Irouvent  jointes.  II  se  reserve  probablenient  de  dedulre' 
ulterieurement  de  ces  observations  les  considerations  gcnerales 
propres  a  determiner  la  place  que  doit  occuper  dans  rechelle  des 
etres  cet  animal,  que  les  uns  considerent  avec  Linne  comuie  un 
ver  intestinal,  et  que  d'autres  avec  raison  placent  parmi  les 
poissons.  C.  M. 

258.  Classification  naturelle  des  mollusques  ,  d'apres  leur 
structure  interne;  par  J.  Ed.  Gray.  (^London  Medic.  Re- 
posit.  ,  mars  1821  ,  p.  229. ) 

Cette  classification,  perdue  dans  un  journal  de  niedeciiie, 
quoique  deja  ancienne ,  est  si  peu  connue  des  naturalistes ,  que 
nous  croyons  leur  rcndre  service  en  la  leur  indiquant.  lis  y  Irou- 
veront  des  idees  nouvelles,  des  apercus  a  etudier;  et,  dans  tous 
les  cas,  elle  est  utile  a  I'histoire  de  la  science.  On  y  voit  que 
i\I.  Gray  est  certainement  uu  des  naturalistes  qui  a  le  plus  etudie 
les  travaux  recens,  tels  que  ceux  de  MM.  Say,  Lamarck,  Cu- 
vler,  de  Ferussac,  etc. 

Voici  le  tableau  du  systeme  de  M.  Gray  : 
Classe  I.  ANTLIO-BRACHIOPHORA  (Ceplialopodes,  Cuvler). 
Ordre  i.  Anosteophora.  Genre  Octopoda. 

2.  SepI/EPHora.  G.  Septola,  Sepia. 

3.  Nautilophora.  G.  Orthocera  ,  Spiruia  ,   Cristellaria  , 
Spha^ritla  ,  Rotnclea  ,  Nautilus ,  Aminomta, 

Classe  II.  GASTEROPODOPHORA  (Gastcropodes,  Cuv.  ) 

Sous-classe  I.  Pneuraonobranchia. 

Ordre  i.  Auelopneumona  (  Pulmones,- Cuv.  ) 

a.  Tcutacules  rotractiles.  Torrcstrcs.  G.  Lirnox ,  ou  Li- 


iga  Zoologie. 

macide(V ;    Onchidium  ,    Plectrophorus ,    Testnccllft^ 
Vitrina,  Helix,  Achatina,  Clauselia. 

b.  Tent,  contract  lies  ,  cylindiiques.  Amphlbies.  G.  Ju- 
ricula,  Carychuun,  Phytta.  (  Fol.  denticulata.) 

c.  Tent,  contract,  comprimees.  Aquatiques.  G.  Lunncea 
Planotbis ,  Ancjlus. 

Ordre  a.  Phaneropneumona.    (Pcctinibranclies,  Cuv.)  G.  Cy- 

clostoma  ,  Helirirm.  (  Oljgfra  ,  Say.  ) 
Sous-classe  II.   Cryptobranchia. 
Ordre  3.  Ctenobranchia  (  Pectinibranches,  Cuv,  ) 

a.  Opercule  cartilagineux  vesiculeux.  G.  Janlhina. 
h.  Operc.  spiral,  articule  avec  la  coluraelle.G.  iVVriV//?o, 
Nai'icellus  {Septarius,  Ferussac ). 

c.  Operc.  spiral,   libre.   G.   Nerita   (Melania,  Lam.  )^ 
Turbo  f  Trochus,  Falvata  ,  Cerithium. 

d.  Operc.   annulaire.  Nucleus  subcentral,  regulier.  G. 
PaludLna{^\\\se:  en  Fh'ipam,Ainpullariae\.Bilhynia.) 

e.  Operc.  annulaire.  Nuclus  aplculaire ,  irregulier.    G. 
Murex,  Valuta  y  Slrombus,  Conus. 

f.  Point  d'opercule.  Test  subinterne.  G.  Cypre^a,  Volva. 

4.  Trachelobranchia.  (Partie  des  .Scutibranches,Cuv.) 
G.  Sigaret,  Cry-ptostoma ,  Felutina ,  Capulus,  Sto- 
mata  ,  Crepidula  ,  Calyptrea  ,  Milrula.  (  Patella 
Chinensis ). 

5.  Monopleurobranchia.  (Partie  des  Tectibranches  de 
Cuvier. )  G.  Umbrella,  Pleurobranchia  ,  Laminarin. 

6.  NoTOBRANCHiA.  (Partie  des  Tectibranches,  Cuv.)  G. 
Aplysia^  Bulla. 

7.  ScHisMATOBRANCHiA.  (  Partic  dcs  Scutibranchcs  de 
Cuvier.)  G.  Haliotis. 

8.  Dior ANOBRANCHiA.  (  Partie  des  Scutibranchcs ,  Cuv. ) 
G.  Fissurclla,  Scutus,  Diodora  (  P.  Apertura  Mont.), 
Emarginula. 

9.  Cyclobranchia.  (Partie  des  Cyclobranchcs,  Cuv.) 
G.  Patella. 

10.  PoiYPLACOPHORA.  (Partic  dcs  Cyclobranchcs,  Cuv.)  G. 
Gymnoplax{C\n\.ovi);  Crytoplax  f  Chitonellus,  Lam.) 

11.  DiPi.EUROBRANCHtA.(Pleurobranches,  Cuv. )  G.  Phyl- 
lidia. 


ZoohgJe.  K.gj 

Sous-classe  III.  Gymnobranchia. 

Oivl.   12.     PvGOBRAXCuiA.  (Paitie  des  Ntidibranclies,  Cnv.)  O. 

Doris. 

i3.     PoLVBRANCHiA.  ( Partle  des  Nudibranclics ,  Cuv. )  G. 

Tritonia ,  Sryllea,  EoUs,  Tcrgipes ,  Tethys  ,  Glaucus. 

Classelll.  GASTEROPTEROPHORA..  (  Gasteropodes,   Cuv. ) 

G.  Pterotrachea.  (  Carinarla  Ar^onauta.  ) 
Classe  IV.  STOMATOPTEROPHORA.  (Pteropodes,  Cuv.) 
Ordre  i.  Pterobranchia.  G.  Limacina  ,  Cleoddra,    Cjrmbula  , 
Clio,  Pneumodcrma  ? 
2.   Dactyliobranchia.  G.  Hyalea. 
Classe  V.  SACCOPHORA.  (  Acepliales  nus,  Cuv. ) 
Ordre  i.  Holobranchia.  (Thetliydes,  Savigny.) 

a.  Simples.  G.  Bnletaria,  Phallusia. 

b.  Composes,  G.  Distoma  ,  Synoicum  ,  Euccelinm. 

2.  ToNOBRANCHiA.  ( Tlicthydes,  Savigny.)  G.  Pjrosoma. 

3.  DiPHVLLOBRANGHiA.  (  BiphoTes,  Cuv.  Thallidcs ,  Sav.) 

G.  Salpa. 
Classe  VI.  CONCHOPHORA.  (  Acephales  testac^s,  Cuv.) 
Ordre  i.   Cladopoda.  ( Conchiferes  dimyaires  crassipedes,  Lam.) 

G.  Pholas  J  Teredo  ,  Aspergillum. 

2.  Pachypoda.  (  Id.  Lam.)  G.  Mya,  Corhula. 

3.  Leptopoda.  (Dimyaires  tenuipedes,  Lam.)  G.  Madras 

Nucula. 
k.  Phtllopoda.  (Dimyaires  lamellipedes,  Lam.)  G.  Solen, 
Psnmmohia  ,   TelUna  ,  Cyclas  ,   Venus  ,    Cardium  , 
Tridacna,  Chama  ,  Pectuncidus ,  Trigonin,  Unio. 

4.  PoGONOPonA.  (Dimyaires  lamellipedes  ,  Lam.)  G.  Area, 

Mytilus,  A<,'icula. 
6.   MiCROPODA.  (  Dimyairoo  lamellipedes.  Lam.)  G.  Pec-    /^vt^? 
ten,  0.'!trea,  Anornia. 
M.  Gray  propose  encore  un  autre  arrangement  pour  cette 
classe,   base  sur  la  consideration   du   ligament  et  des  impres- 
sions rausculaires. 

Classe  VII.  SPIROBRACHIOPHORA.  (Brachiopodes,  Cuv.)  G. 
Criopus,  Crania,  Terebrntula,  Ligida. 

On  voit  dans  cette  classification  plusieurs  denominations  ge- 

neriques    nouvelies.   Phythia    pour    la    T'oluta    dcnticulata    de 

Montagu  qui  repond  a  I' Auricula  Myosotis  deDrap.;  Bithynia , 

esj)ecr's  de  Paludines  ainsi  nommecs  par  le  D'.  Leach;  Kelutina 

B.   Tome  I.  ,3 


1 94  Zoolog 


le. 


(sans  doute  pour  la  Bulla  vclutina  du  Muller).  Milrula  poiif 
la  Patella  chinensis,  et  Dlodora  pour  )a  Patella  apertura  de 
Montagu.  Cette  classificatiou  est  sulvie  de  I'indication  de  16 
especes  terrestres  ou  fluvialiles  qui  n'avtiicnt  point  encore  ete 
observees  en  Angleterre;  plusieurs  de  ces  especes  portent  des 
surnoms  inconnus,  tels  que  Holix  zonites  crystallina,  etc. ;  Tlelis 
jacosta  albella;  Helix  zenohia  cornigata,  nouvelle  espece  de 
Bristol;  Helix  isthmia  cylindrica,  Drap.;  llcYixchondras  cinerea, 
Drap. ;  Clauselia  iphigenia  Rolpliii,  N.  Sp.;  Clauselia  marpessa 
bidens  hyalina.  Nous  ignorons  la  valeur  de  toutes  ces  denoiiii- 
natioiis.  Ce  travail  est  lermine  par  la  destription  du  nouveau 
genre  de  Pectinibranches  que  I'auteur  a  nomme  Ncr'ita  sinccra; 
I'espece  nu'il  a  observee  porle  le  nom  d'Hepatica,  elle  ressem- 
ble  aux  pctites  paludincs  saumatres  de  notre  sous-gciue  Litlo- 
rine,  d'apres  les  individus  que  nous  devons  a  I'obligeance  de 
M.  Gray. 

Ce  genre  offre  ce  caraclere  tres-remarquable  que  les  deux 
seuls  tentacules  sont  oculiferes  :  M.  Gray  crolt  cependant  plu- 
tot  que  les  yeux  sont  portes  sur  des  pedonculos,  et  que  le  ten- 
tacule  et  le  pedoncule  sont  soudes  ensemble;  ce  qui  alors  rap- 
procherait  ce  genre  des  Nerites.  L'cspece  etant  fort  petite,  son 
animal  a  besoin  d'etre  observe  de  nouveau  poar  fixer  les  na- 
turalistes  a  son  sujet.  F. 

iSg.  Les  genees  de  coquilles  de  Lamarck.  (Journ-  ofSc,  Lit. 
and  Jrts:,^"'.  XXVII  a  XXXI.) 

L'lniportance  de  IVtude  des  coquilles  pour  les  progres  de  la 
"eolo^ie  a  engage  le  r«5dacteur  du  journal  cile  a  procurer  a  ses 
nombreux  lecteurs  un  tableau  complet  des  genres  qui  com  posent  la 
raethode  de  M.  de  Lamarck.  L'auteur  de  ce  tableau  ,  apres  avoir 
*^  *^"'^^'  donnela  division  generale  des  animaux,  etablie  par  ce  savant  ce- 
lebre  entre  en  maliere  par  les  Annelides  dout  il  decrit  tons  les 
genres  pourvus  d'un  lube  arenacd  ou  calcaire.  II  passe  ensuile 
.lUx  Cirxliipedes,  puis  aux  Concbiferes,  et  enlin  aux  Mollusques  ^ 
en  suivant  exactement  la  serie  de  leurs  genres.  Les  caracleres  des 
(lasses  des  ordres,  des  families  et  des  genres  sont  la  traduction  de 
ceux  etablis  dans  la  2'.  edit,  des  Animaux  sans  vertrbres.  I'our 
thaque  genre  l'auteur  cile  I'espece  type ,  dout  il  duane  presque 
toujours  la  figure;  il  indique  le  nombrc  de  celles  qui  sont  dc- 
tiiles  dans  I'ouvrage  de  M.  de  Lamarck,  et  s'il  en  existe  ou  noa 


Zoologie.  ig5 

a  I'etat  fossile. — Tel  est  renscmbJe  de  ce  travail  utile,  et  qui  sans 
lioiite  contrlbucra  a  faire  connaili'c  et  ;uloj)ter  en  .\ngleterre,  les 
distributions  moderrics  ;  la  metliodelinueenne  etant  encore  suivie 
dans  ce  pays  parun  grand  noinbre  de  naturalistes. 

Les  figures  nous  paraissent  faites  d'apres  nature  ;  elies  sont 
bieii  graviies,  dessinees  en  general  avec  exactitude,  niais  quel- 
que  Ibis  trop  reduites. 

Nous  avons  remarque  dans  ce  travail  queiques  erreurs  qui 
ont  echappc  a  I'auteur;  par  example,  on  cite  pour  type  du 
genre  Unio  ,  Y Unio  sinuata  de  M.  de  Lain^  et  la  figure  qu'on  y 
rapporte  parait  elre.V  Unio  alata  de  Smv  qui  en  est  tres-distincte. 
Plusieurs  genres  de  M.  de  Lamarck  qui  n'avaient  point  en- 
core ete  figures,  le  sont  dans  cet  ouvrage,  dont  I'auteur  ano- 
ryme  parait  avoir  eu  a  sa  disposition  de  tres-beaux  individus 
ct  des  genres  tares. 

Quelquos  notes  etymologiqucs  ,  explicalives  ou  des  additions 
accompagnent  les  descriptions  generiques.  Dans  I'une  de  ces  notes 
I'auteur  propose  le  mot  SoU'noinye  au  lieu  de  solcniye  employe 
par  M.  de  Lamarck.  Dans  une  auire  note  il  fait  connaitre  una 
nouvelle  coquille  voisine  de  celle  des  Hyales  et  des  Clcodores 
ra[)porlee  par  I'expedition  au  Congo  ,  et  decouvcrte  par  M. 
Crancli.  Cette  coquille  est  figuree  dans  le  n".  3o  du  journal  cife, 
pi.  7,  fig.  loy.  L'auleur  propose  d'en  faire  un  nouvcau  genre, 
sous  le  nom  de  Balantium  recurvum.  F. 

260.     SUR    LE   CABINET   DE  COQUILLES  DE   CheMNITZ. 

Plusieurs  naturalistes  ignorent  sans  doute  le  sort  de  la  celebre 
( ollection  de  Chemnitz  ,  dont  I'ouvrage  public  par  ce  savant  a 
di\  donrier  une  tres-grande  opinion.  Apres  etrereste  long-lemps 
a  Copenhague  sans  qu'ou  ait  pu  s'en  defaire  ni  en  bloc  ,  ni  a 
I'encan  ,  elle  fut  atlietee  ])our  8,000  fr.  par  un  marcliand  de  cu- 
riosites  nomme  Antonio  Celti ,  qui  la  porta  a  Saint- Petersbourg, 
et  la  vendit  a  I'Academie  des  sciences  de  cette  ville.  Nous  croyons 
devoir  ainsi  rassurer  les  naturalistes  ,  dont  plusieurs  d'entre  eux 
ont  cru  que  cette  precieuse  collection  avait  ete  dilapidee.  II  est 
d'autant  plus  heureux  qu'elle  se  trouve  ainsi  conservee,  que  Ton 
aura  jiar  la  les  moyens  de  reconnaitre  une  foule  de  coquilles 
rares  et  uniques  de  cette  rollection  qu'on  n'a  pu  determiner  sur 
les  figures  souvent  pen  correcles  du  Conckyiifn  Cabinet. 

Nous  avons  sous  les  yeux  le  catalogue  de  cette  collection  pu- 


ig6  Zoologie. 

blie  a  Copenhague,  en  i8o2,in-i2  de  88pag.,  a  I'occasion  fie 
]a  vente  qui  en  fut  annoncee  pour  le  7  fevrier  i8o3  ,  sous  le  tilre 
suivant  :  Enumeratio  systematica  Conchyliorum  bent.  J.  H. 
Chemnitzii  quondam  ecclesicB  Zebaothi  Havnics  pastoris ,  phi- 
rium  societatum  sodnlis ,  p.  p.  Ce  catalogue  a  ete  dresse  par 
M.  H.-S.  HoLTEN  ,  precepteur  des  princes  de  Danemarck.  II  est 
fait  avec  beaucoup  de  soin,  classe  mclhodiquement  d'apres  Lin- 
ne ;  il  donne  la  synonymie ,  le  nombrc  d'individus ,  et,  lorsque 
les  especes  ne  sont  pas  decriles,  unc  phrase  lat'me  et  I' habitat. 
II  se  compose  de  1269  articles  avec  un  appendix  pour  les  Our- 
sins.  F. 

261.    HiSTOIRE  NATURELLE  CKNERALE  ET  PARTICUHERE  DES    MoL- 

LUSQUES  terrestres  et  fluviatiles ,  etc. ;  par  M.  le  baron  de  Fe- 

RussAc.  Livr.  XIX  et  XX.  (  ^o}'.  le  to.  2,  n°.  iSy  du  Bulletin 

de  1823.) 

La  19^.  livr.  de  cet  ouvrage  renferme  d'abord  une  Nom'elle 
division  des  Pulmones  sans  opcrcule  et  un  Supplement  deft  nit  if  a 
Vhistoire  naturelle  des  Limaces.  CeiXenonyeWc  division  dc  I'ordre 
des  Pulmones  sans  opercule  est  celle  que  M.  de  Ferussac  a  eta- 
blie  dans  sou  Prodrome;  nous  allous  en  donner  ici  une  idee  sora- 
maire  : 

A.  Une  cuirasse  ou  un  collier.  Tentacules  supcrieures  oculiferes. 
Terrestres. 

1^^ .  Sous-oi'dre,  Geophiles. 

i"^^.  Sect.  Corps  conjoint  avec  le  plan  locomoteur,  et  nu  ou 
presque  nu.  I"^*^.  Famille,  les  Limaces. 

2**.  Sect.  Corps  distinct  du  plan  locomoteur,  roule  en  splrale, 
et  renferme  dans  une  coquiile.  IP.  Famille,  les  Limacons. 

B.  l^n  collier.  Diceres,  yeux  sessiles.  Amphibies. 

2*".  Sous-ordre.  Gehydrophiles.  IIP.  Fam. ,  les  Auricules. 

C.  Sans  cuirasse  et  sans  collier.  Fluviatiles. 
3".  Sous-ordre.  Hygrophiles. 

i'^*'.  Sect.  Corps  tout  couvert  par  unc  coquiile  non  spiralc. 
IV.  Famille,  les  Scutaces. 

a*^.  Sect.  Corps  distinct  du  plan  locomoteur,  et  renferme  dans 
une  coquiile  spirale.  V*^.  Famille,  les  Limneens. 

Dans  Ic  supplement  a  la  famille  des  Limaces,  M.  de  Ferussac 
donne  une  nouvelle  synonymie  genezale  des  noms  vulgaires  de 
ces  animaux.   II  retablit  leurs  caracteres  de  famille  ,  donne  de 


Zoologie.  197 

nouveaux  apercus  sur  leur  liistoirc,  leur  organisation,  leurs  fa- 
culliis  d'apres  M.  Leuchs  ,  qui  a  observe  avec  beaucoup  de  solns 
le  L.  agrestis.  II  offrc  ensuite  un  nouveau  tableau  de  la  famille 
dont  il  s'agit  qui  comprend  onze  genres,  savoir  :  Oiichiditan , 
Bucli. ;  Vaginulus ,,  Fer.;  Pldlomyciis  ,  Raf. ;  Eumelits ,  Rat'.;  Fe- 
ronicellus  jUlainw;  LijnaceUus  ,  BlAiny.;  Arion  ,  Fer.,  Liinax , 
Icitv.;  Paiinacelliis,  C\\\.;  Fleet jophorus ,  Fer.;  et  TcstaceUus, 
Cuv.  M.  de  Ferussac  decrit  le  nouveau  genre  Vaginule ,  decou- 
vert  depuis  la  publication  de  son  Histoire  des  LImaces,  et  fait 
connaitre  les  especes  qu'il  y  rapporte,  alnsi  que  celles  des  deux 
genres  qui  le  suivent. 

-  Les  planches  de  cettc  llvraison  ,  dont  I'execution  ne  le  cede 
pas  aux  livraisons  prtcedentes ,  sont  les  pl.  89  B,  49  A,  54  B  , 
119,  lai  et  une  plartclie  de  fossiles  du  genre  Cyrenc.  Ces  plan- 
ches represenlent ,  1",  les  animaux  des  Helix  Melanostorna , 
hortcnsis  ,  aihustoruin ,  contusa ,  splendida  et  Aloncnsis.  2".  Les 
Hclicodontes  dcntieiis  ,  Aureola,  linguifera,  Thyro'idus ,  denotata, 
pUcata ,  Labyrinthus.  3".  Les  Cochlito/nes  ^  Reginaet  Vexillum  , 
sur  deux  planches;  la  iT^.  deces  coquilles  est  une  des  plus  belles 
esjjeces  d'liellces  par  sa  taille  et  ses  couleurs  ;  la  2*^.  aussi  fort  re- 
cherchee,  offre  plusieursvarietes  rcmarquables. — Lapl.de  fossiles 
donne  la  figure  des  Cyrena  tellinoides ,  obowita ,  citiieifonnis  et 
antiquua. 

La  XX*'.  livr.  contient  la  suite  du  supplement  a  la  famille  des 
Limaces.  M.  de  Ferussac  y  fait  connaitre  plusieurs  especes  nou- 
velles  dans  les  genres  Arion,  Liinax ,  Parinacellus ;  I'anatomie 
(par  M.deBlaiuville)  de  I'espece  dece  dernier  genre, decouverteau 
Brcsil,  par  M.  Taunay  ,  et  nommee  Palliolurn  par  M.  de  Ferus- 
sac.Les  plariclies  sont  numerotees  77,  126, 127,  128,  i3i,  et  la  6*^. 
est  consacree  aux  Nerifes  fossiles  des  terrains  d'eau  douce.  EUes 
represenlent  les  Ilelicelles  circumdata  et  ungulina ;  les  Cochli- 
tomes  usttilata  ,  zehrina  ,  immaculata  ,  hicarinata  et  achalina  , 
rangeespar  M.  de  Lamarck  dans  son  genre  Achatine.  Ces  especes, 
par  leur  grande  taille  et  I'eclat  de  leur  couleur,  fixent  surtout 
I'attcntion.  L'a'uf  de  I'Hclix  bicarinata ,  qui  est  figure  a  cote  de 
cetle  coquilie,  est  gros  comme  un  oeuf  de  lourtcrelle.  Les  Xeriles 
fossiles,  dessinees  avec  une  rare  perfection  et  d'une  maniere 
comparative  par  la  correspondance  des  positions,  sont  les  lY. 
Groyana ,  picta ,  concava ,  monodon  ,  piriformis  ,  sobrina,  Grate^ 
lupiana  et  Globulus.  Toutes  ces  coquilles ,  assez  petites  ,  sont  la 
pUipart  iiouvelles  et  n'avaieut  pas  etc  figurces  encore.    Dssu. 


ii)8  Zoologie. 

2G2.  Catai.oovk  nu  cabinet  d'Othon  FAnRicirs  ,  in-12  de  1 1/,  p. 
Copctilingiie;  182!^. 

Par  suiic  dc  la  inort  assez  reccnte  de  ce  celebre  iiaiiiralisle  , 
sa  bibliollioqiic  et  son  cabinet  d'histoire  naturolle  devaient  etre 
vendus  a  l'cncan,aCopenliagiie,  dans  le  milieu  d'octobre  dernier; 
mais  hcureusemcnt  iin  des  princes  de  Daneninrck  en  a  fait  I'ac- 
quisilion,  et  nous  eprouvons  luie  veritable  satisfaction  a  annon- 
cer  aux  savans  ,  que  cette  precieuse  collection  ne  sera  pas  disse- 
mince,  ctqu'elle  pourra  encore,  quoique  peu  considerable ,  etre 
utile  aux  sciences,  en  y  retrouvant  les  types  des  especes  rares  de 
coquilles  decrites  par  IMulier  dans  cette  collection.  D'apres  Ic 
catalogue  methodiqne  de  ce  cabinet,  que  nous  avons  sous  les 
yeux ,  et  que  nous  devons  a  I'obligeance  de  M.  H.  Grove  ,  gen- 
tilhonime  ordinaire  de  S.  M.  le  rol  de  Daneniarck  ,  et  habile 
amateur  dc  Concliyliologle ,  nous  voyons  que  la  bibliotheqne 
de  Ot.  Fabricius,  composee  de  ii5o  articles,  etait  assez  riche  en 
livres  rares,  du  moins  dans  le  midi ,  sur  I'liistoire  naturcllc.  Le 
catalogue  des  collections  suit  celui  dc  la  bibliotlieque  ,  et  a  cte 
imprime  sur  le  nianuscrit  de  Fabricius  ,  donl  les  numeros  cor- 
respondaient  a  ceuxdes  objets  du  cabinet ;  voici  I'ordrequ'il  pre- 
sente:  A.  Vermes  testacea,  comprenant  les  tests  des  moUusques 
et  les  tuyaux  desannelides,  1 107  especes.  B.  Cellidana  ;  sous  cette 
denomination  sont  ranges  les  polypiers,  82  esjjeces.  C.  Alollusca  , 
qui  comprennentles  animaux  rayonnes,  Asteries,  Oursins,  5G  os- 
jieces;  puis  viennent  les  poissons  41  especes;  et  les  insectcs  (tons 
des  crustact's)  55  especes. 

Parmi  les  nonis  gencriques  el  speclfiqucs  employes  dans  co 
catalogue,  on  rencontre  plusieurs  denominations  nouvelles. 
Void  les  observations  que  nous  croyons  devoir  signaler  a  leur 
sujet. 

G.  Unto,  nous  y  trouvons  les  especes  suivnntes  qui  nous  sont 
inconnues :  oblongus,  crnsxu.s  ^est-ce  celui  de  Klein?),  Testudinariw: ^ 
tiimidun. — G. PUirenta, c'ef.t  le  G.  Placunc  de  Lam. — G.  Mytilns  ■ 
nous neconnaissons  pas lcA7ro^(7r/rM.v. — Cj . Birostrit(^Ovitln  Lam.) 
- — -G.  Bulla. 'R.  Hcliriria,  inconnne  ;  B.i^lud'noxn,  c'cst  le  Limn,  glu- 
finosus.  — G.  Bullhnis  ,  c'est  le  G.  P/iysn,  Lam. ;  T\.  TcrcLellu/n,  iii- 
connu. — G.Catinus,  nom  emprunte  a  Klein  ;ilcomprend  \aBulla 
veliitinade  Muller,  Helir  Imvlf^ata  deLinne. — G.  Fici/s{Pyrula  ? 
Lam.)— G.  A'/zr/ez/r,  parait  renfermer  desColombe'les  dc  Lam. — G. 
Cylinder  (  OUva  .'Lam.)  —  G.  Doliiim.  — C.  Pliraria  [CamcUa^ 


Zoolngir.  uyj 

ria?  Lam.  )  —  G".  Cassis,  Nassa;  cdui-ci  paiail  oonesponcii  e 
au  G.  Ehurnea,  Lam.  • —  G.  Arcularia ,  au  G.  Nasse  et  Buccin , 
Lam. — G.  C>7/7^'n///?(Adanson).  — G.  Clava  (Turbinellus ?  Lam.) 
—  G.  Galeodes  (^Prrida?  Lam.) —  G.  Pjrum   [on   Trltomiim  ? 
Lam.)    G.  Rapa  {!).  ~ Strombiis  (?).  —  G.    Turricula  (?).-^ 
Burcinum,  ne  renferrae  que  <les  Achatines ,  mais  nous  ignorons 
la  valeur  des  noms  suivans,  dans  ce  genre,  sulcatum,  mamilla  , 
oitotium  ,  guincense ,  politum. — G.  Tuba  ,  coniprcnd  une  section 
de  nos  Codilogenes.. —  G.  Unicornu,  parait  repondre  au  G.  Me- 
lania.. —  G.  Subula  ( ?  ).  —  Tercbra  ,  repond  au   G.    Terebra  de 
Lam. ;  G.  Vertagus ,  au  G.  Cerithhan.  —  G.  Turris [7).  G.  Tusus 
(  ?).  G.  Sipho.  G.  Simpuluin  (  ?).  —  G*.  Alata  ,  Pugll ,  Digitata  , 
Stminbus  ,   Ptcrocera ,   etc.,    Lam.  —  G.    raricaria  [Purpura? 
Lam.  )  — .  G.  Canistrum ,  nom  de  Klein  ,  repond  au  G.  Pupa  et 
au  G.  Clausilia  de  Lam.  J'ignorcce  que  c'est  que  !e  C.  Guineen- 
se  et  Vertigoicles,  7  dentatum  et  unidens.  G.  Lunaria ,  repond  au 
G.   Turbo.  —  G.   Auricularia,  au  G.    Limneus.   Je   trouve  avec 
elonnemcnt  dans  ce  genre  la  .Tanthine  ;  dans  le  G.  Eelix  se  voient 
Ics  H.  Rosacea  ,  Tranquebarica  ,  Turbo  ,  striata  ,  radiata  ,  His- 
pana ,  striatula,  qui  ne  sont  point  reconuues  encore  par  les  na- 
turalistcs;  uinbilicaris,  c'est  le  T.  Turcicus  de  Clienin.;  serrata  , 
octodcntata  ,  Tuba'formis ,  ariininensis  dpnt  les  noms  sont  nou- 
veaux.  — G.  Planorbis ,  coromandelica ,  similis ,  inconnus.  — G. 
Saccus  ,  parait  repondre  aux  genres  Anipullaire  et  Paludine;  les 
especes  dissimilis ,  angularis ,  sphtericus  nous  sont  incoimuts. 
—  G.  Mamilla,  repond  au  G.  Natica.  —  Dans  le  G.  Nerila,  on 
Temacque  T:i.Jlavica,?s,atrata,cafiosa,  inconnues.  G.  Labiata , 
repond  au    G.   Cajyptree.— G.    Caminata,  repond  au  G.  Fisu- 
rella.  . —  G.  Coronaria  ,  au  G.  Arrosoir. 

On  voit,  d'apres  cet  apereu ,  qu'on  rendrait  un  service  a  la 
science  en  faisant  connaiire,  par  une  bonne  figure  et  une  des- 
cription exacte,  les  especes  nouvelles  ou  peu  connues  de  ce 
cabinet  et  les  caracteres  des  nouveaux  genres  indiqucs,  s'ils  se 
trouvent  dans  les  manuscrits  de  Ot.  ra!)ricius.  Du  raoins  il 
ser.iit  inleressant  d'avoir  la  synonymic  exacte  des  especes  qu'il 
y  a  groupees,  afin  d'en  connaitre  la  valeur.  F. 

afi?.  Mineral  CoNCHOLOGY,  ete.  Concliologie  mincralo  de  la 
Gran.le-Bretagne,  continuee  par  .1.  D.  C.  SovfhRiiT  ,  11".  i  xxvi 
(  V'oyrz  le  Bulletin  de  iSal.) 


2O0  Zooloisie. 

o 
Ce  numcro  contient  d'abord  la  desciiplion  de  4  pi.  de  Terc- 
bralules  doiU  3  font  parfie  de  la  livraison  precedeiile  ;  toutes 
sont  dccriles  comnie  etaiit  nouvelles.  On  trouve  ensuite  la  des- 
cription fct  les  fig.  ,  i" .  Mytilus  edcntulits  ,  lanceolatus  ct  suhlce- 
vis  N.  SP.  —  Inoccramus ,  caracteres  geiu-riqucs  et  observations 
d'apres  de  beaux  fragmens  ou  de  nouvelles  especes,  et  descrip- 
tions et  fignres  des  In.  Cui'ieri  et  JBrongni<irti,Mi\ntcU.  ;  cordc- 
Jortnls  Sow. ,  singuliere  et  nouvellc  espece  des  environs  de  Gra- 
vesend  ;  mytUloides  Mantel!.  —  Crenatula  ventricoia  N.  SP.  On 
yoit  par  ces  nouvelles  observations  que  les  genres  Inoccramus 
(  Calillus  Erong. )  Pcrna  et  Crenatula  sont  bien  voisins.      F. 

264.  LiSTE  ALPHABETIQUE    DES   LIEUX    OU    Gilt  CtC   trOIlVeS  leS  CO- 

quillages  f'ossiles  deerits  dans  le  Mineral  Conrholony ,  de 
M.  Sower  by,  vol.  iv ,  avec  les  situations  geographiques  et 
staligi-apliiques  des  endroits  et  des  espeees  de  coquilles  fos- 
siles.  [Philos.  Mag.  ,  mai  18^3,  p.  333.) 

M.  Fareydonne,  dans  cet  article,  Ic  travail  destine  au  4".  vol. 
du  Mineral  Conchologf,  de  I\I.  Sowerby.  On  sait  qu'il  a  egale- 
ment  accompagne  les  i<^'"'.  vol.  de  cet  ouvrage  de  tables  sembla- 
bles,  dans  losquelles  il  s'efforce  d'assigner  aux  fossiles  deerits  , 
leur  j)lace  geogiiostique.  ce  qui  augmente  beaucoup  I'mteret 
du  Mineral  Conchology.  A.  B. 

265.  Observations  sur  la  structure  de  la  Belesinite.  (  Trans, 
de  In  Soc.  roy.  d'Edinb. ,  i823,.  et  p.  3y3  ;  Philos.  Mag. ,  mat 
1823,  p.  391.) 

M.  Allan  observe  que  la  structure  des  Belemnites  est  tout- 
,a-fait  differentc  de  celle  des  autres  fossiles  calcaires,  et  qu'elle 
n'offre  a  I'oeil  que  des  stries.  L'organisation  des  aniinaux  des  Be- 
lemnites doit  avoir  etc,  selon  ce  savant,  coiuposee  d'line  substance 
niembraneuse  tcndre,  qui  a  })u  facilenient  se  di'taclier  de  I'ani- 
mal  mort.  En  effet,  les  Bc'lemnites  dc  la  craie  sont  souvent  per- 
ces  par  des  Scrpules ,  el  ont  done  etc  enfouies,  apres  leur  mort , 
dans  les  couches.  II  a  trouve  des  silex  coiiteriant  des  Belemnites, 
et  a  essaye  de  delrnire  Icurs  parties  calcaires  par  I'acide  niuria- 
tique.  Cette  experience  lui  a  fait  decouvrir ,  que  des  filets  sili- 
ocux,  semblables  ades  ramifications  d'arteres,  etaienllies  au  cone 
interieur  de  la  belemnlte.  L'autfur  dcciit  dix  cchantillons  «Io 
Belemnites  ainsi  anatomises,  les  accompagne  de  figures, et  semblp 


Zoologie.  20 1 

pencher  a  .ittribuer  les  arborescences  siliceuses  a  I'organisation 
primitive.  A.  B. 

•2G6.    Sua    UM    KOOVEAU  MOLLCSQtlE   DU    GFNRE    DlPHYLLIDIK  ,  par 

le  D'.  A.  W.  Otto.  (  Nov.  Acta.  Acad.  Cres.  Leop.  Car.  Nat. 
cur.  t.  X  ,  part.  1  ,  pag.  in  ,  av.  3  ,  fig.  ) 
Cette  espece,a  laquclle  M.  Otto  donne  le  nom  de  chdineata, 
habite  la  Mediternmee.  II  regne  quelqu'incertitude  snr  sa  dif- 
ference avec  I'espece  qui  a  servi  a  rctablissenient  du  genre  ,  par 
M.'Cu\Ier,  ce  savant  ne  I'ayant  ni  dccrite  ni  figuree,  et  M.  Otto 
n'ayant  pu  I'observer  dans  le  cabinet  dc  feu  Brugmans  de  Leyde 
oil  M.  Cuvier  la  cite.  Mais  il  a  entendu  dire  que  celle  de  ce 
cabinet  venait  de  I'lnde  ,  ce  qui  lui  a  fait  penser  que  la  sienne 
«5tait  nouvelle.  M.  Otto  a  observe  son  espece  aux  environs  de  Na- 
ples ou  elle  parait  rare ;  il  fait  esperer  qu'il  en  donnera  I'anato- 
mie.  Elle  est  d'un  beau  vert  fonce,  jaune  en  dessous  ainsi  que 
sa  tete,  et  couverte  en  dessus  de  lignes  longitudlnales  egalement 
jaunes.  Sa  forme  est  ellipsoide.  F. 

267.  British  Entomology,  etc.  Entomologie  Britannique  ,  ou 
Explications  et  descriptions  des  genres  d'insectes  qui  existent 
dans  la  Grande-Bretagne  et  I'lrlande  ;  contenant  des  figures 
coloriees  des  especes  les  plus  rares  et  les  plus  belles  etdesplantes 
sur  lesquelles  on  les  trouve;  par  John  Curtis.  Par  livraisons 
mensuelles,  les  la  n"^  formant  un  vol.  Prix  de  cliaqnen".  com- 
pose de  5  pi.  avec  le  texte  explicatif,  fig.  noires,  3  sh.  6  d. 
et  4  sh.  6  d.  col.  Londres;  cliez  I'auteur  i3.  Charles  Street, 
et  Sherwood. 

Le  i'^'-.  n°.  paraitra  le  i^"^.  Janvier  1824.  Lebut  de  I'auteur  est 
de  donner  dans  le  cours  de  cet  ouvrage ,  et  pour  faire  connaitre 
les  genres  des  insectes  indigenes  de  la  Grande-Bretagne,  des  fi- 
gures exactes  des  especes  les  plus  rares,  les  plus  brlles  et  les 
plus  singulieres.  II  reprcsentera  les  caracteres  particuliers  de 
chacune  de  ces  especes  en  expliquant  Icurs  distinctions  par  des 
dissections  exactes  de  toutes  les  parties  imporlantes  sur  lesquel- 
les sont  fondees  leurs  differences.  Les  definitions  seront  lirees 
des  ouvrages  de  Latreille  et  des  autres  entomologistes  distingucs 
qui  ont  adopte  et  perfectionne  son  systeme.  Uhabilat ,  et  les 
details  sur  les  habitudes  des  especes  seront  traites  avec  una  at- 
tention scrupuleiise;  et  Ton  prescntera  des  figures  d'apres  nature 
des  plantts  sur  lesquelles  se  Irouveut  les  insectes,  avec   leurs 


202  Zoologie. 

noms  fin's  des  autoriles  les  plus  respectables;  de  sorte  que  I'ou- 
vrnge  ofirira  non-seulenient  sous  ce  rapport  un  nouvcl  interet 
anx  naturalistes  qui  desirent  connaitre  les  plantes  auxqiielles 
Jes  insectes  s'attachent ,  mais  il  sera  aussi  agreable  aux  femmes 
qiiiseplaisentaetudier  eta  dessinerdes  sujets  d'histoire  naturelle. 
Le  teste  relatlf  a  chaqne  espece  sera  conlenu  sur  une  feullle 
S('paree,  de  sorte  que  les  achetours  pourront  arranger  les  plan- 
ches d'apres  leurs  propres  idees.  Les  nos.  paraifront  le  i^^.  de 
chaqne  mois ;  le  vol.  sera  termine  pardes  tables  pour  les  insectes 
ft  les  plantes. 

268.  Orthoptera  Sueci«,  disposita   et   descripta  a   J.    W. 

Retterstedt.  Lundse ;  1821;  in-8.,  I'i'i  pag. 

Cetordre  d'insectes  renferme  non-seulement  lesSauterelles  el 
les  Blattes,  mais  aussi  les  Forficules  que  Linne  a  ranges  tantotparini 
les  Colcopleres ,  tantot  parmi  les  Hcmipleres.  Les  nombreuses  va- 
rietes  de  V  Ac7-idium  suhulatuin  et  du  Z>/y>)«rtcto;M/w,  sont  indiquees 
par  Tauteur,  mais  avec  doute,  comme  des  especos  parficulieres, 
dont  le  nombre  se  trouverait  tire  de  dix-liuit.  Get  ordre  est  en 
Suede  le  moins  nombreux  en  especes ,  puisque  cet  ouvrage  n'en 
enumerc  qu'une  cinquantaine ;  mais  c'est  le  seul  sur  lequel  il  ait 
etefait,  depuis  Linne  ,  un  travail  complet,  si  Ton  excepte  celui 
du  baron  Paykull  sur  les  Coleopteres.  On  n'a  sur  tous  les  autres 
ordres  d'insectes  que  des  reclierches  parliclles.  (K.  V.  A.  Aors- 
berettelser ,  1822  ,  p.  261. )  C.   M. 

269.  Entomologi*  BrasimaNjE  specimen.  Dedit  D"^.  Fr. 
Ki.uc;  cum  tab.  (pn.  3.  [ISov.  acta.  Acad.  Ca^s.  Leop.  Carol. 
Nat.  cur.,  to.  X,  part.  2<'. ,  p.  279,) 

L'auteur  decrit  plusirnrs  iionvellcs  especes  de  I'ordre  des  Co- 
leopteres et  de  I'ordre  des  Hymenoplcres ;  il  donne  en  meme 
temps  les  caracteres  delaillt5s  des  genres  auxquels  elles  appartien- 
iient;  il  suffira,  pour  faire  apprecier  ce  travail,  d'offrir  I'enu- 
meration  succincte  de  ces  genres  et  de  ces  especes. 

10.  Genre  Agra  Fabr. ;  il  renferme  16  especes ,  rufc.scens  (  Ca- 
rahus  Caycnncnsis.  Oliv. ),  infuscata ,  atcrrima ,  variolosa,  cxca- 
vnta  ,  immersn  ,  clialcoplrra ,  hrcyicollis ,  ff;niculnta ,  rufirornis , 
fcinorata,  c.raratn,  cnprcea,  tridentata  [Carah.  tridcntatus,  OViv.), 
nifljirs.  Fabr.  La  jfe.  dc  ces  especes  du  Bresil  etait  connue;  les 
deux  dernieres,  aussi  conniies,  n'onl  point  <^te  vucs  par  I'au- 


Zoologie.  2o5 

teixr;  il  donne  par  appendice  une  espece  des  Indes  Orientalcs, 
V /-L  attclahoides  (  Cicindcln  attelabokles.  Fabr.) 

M.  King  forme  ensuite  3  nouveaux  genres  aux  depens  du  pre- 
sederit,  et  donne  la  figure de  quelques-unes  de  leurs  parties  ca- 
racteristiques;  voici  ces  3  genres. 

20.  Genre  Caloph.ena;  il  differe  de  I'^g^ra  par  les  caracteres 
suivans  :  Palpi filifoirnes ;  Thorax  ot'atus ;  Tarsi  articulo  quarto 
rotundato ;  Vnguli  arcitati,  acuti.  II  comprend  deux  especes , 
rangeespar  M.  Lalreille,  dans  le  genre  precedent.  Caloph.  acu- 
minata (  Carab.  acuminatus.  Oliv. )  et  Caloph.  hifascinta  (  Carab. 
hifasciatus.  Oliv.;  Odatantha fasciata.  Weber. ) 

3".  Genre  Ophionea  ;  voici  les  caracteres  differentiels  avec  le 
G.  Agra,  dont  il  est  tire.  Caput postice  attenuatum,  basi  angus- 
tissimum  ;  Thorax  cylindricus  ;  Tarsi  articulo  quarto  elongato ; 
Unguli  arcuati,  acuti.  M.  Rlug  donne  trois  especes,  Oph.  pen- 
sylvanica  (  Agra  Lat. )  ,  cyanocephala  (  Odacantha  Herbst. )  et 
.\urinamensis  {Agra  Lat. ),  qu'il  n'a  pas  vu. 

4"^.  Genre  Ctenostoma,  dont  voici  les  caracteres,  Pedes  cur- 
sorii.  Tarsi  omnes  articulis  5.  Palpi  6.  Anteniue  sctacea;.  Mandi- 
bular apicc  obtuscv.  Palpi  utrinqiie pilosi.  Thorax  globosus.  L'au- 
teur  n'y  rapporte  qu'une  espece  sous  le  nom  de  Cten.forinicar-um, 
c't'st  le  Collyrisformicaria  de  Fabr.,  il  en  donne  la  figure.  M.  Klug 
passe  ensuite  aux  Hymenopteres  du  genre  Mutilla,  il  en  decrit  et 
figure 27  especes,  en  sorte  qu'on  pent  considerer  son  travail  com- 
meune  sorte  de  monograpliie  ;  les  figures  sont  tres-bonnes  et  les 
descriptions  comparatives  nous  ont  paru  tres-soignees  :  voici 
les  noms  deces  especes.  Mutilla  argyrea ,  argentata  .,  i-ufivejjtris , 
lineola ,  Fabr. ;  bilineata ,  phalcrata ,  spinosa  ,  Roeder ;  perspi- 
cillaris ,  lajxata ,  obliquata ,  fenestrata  ,  cerbera ,  bifurca ,  vidua , 
Diadema,  Fabr. ;  parallela,  quadripustulata  ,  quadrinotata ,  incr- 
mis ,  tristis  ,  dioplithahna  ,  obsoleta  ( Mutilla  americana ,  Linn.) , 
Quadrum ,  ocellaris ,  lusra,  Cephalotcs ,  Swed. ;  arinata.  V.  Auo. 

270.  COLEOPTERA  CaPENSIA,  AnTENNIS  FUSIFORMIBUS  ,  RECENSITA 
a    C.  p.  TUUNBEBG. 

Tel  est  le  titre  d'un  memoire  du  celcbre  Prof.  Tunberg, 
insere  dans  le  vine.  vol.  des  Acta  R.  Soc.  Scieiit.  Vpsal. 
Les  especes  deja  connnes,  qui  appartlennent  a  cclle  division  des 
Gok'opfcres,  sont  seulement  citees  nvec  une  con?  le  phrase;  diffe- 
rentes  especes  nouvelles  sont  decritcs  en  pcu  de  mots.  (A'.  F. 
A,  Aorsbcretteber  1822;  p.  262.) 


ao-'j  Zaulogie. 

On  trouve  dans  le  m6ne  volume  des  memoires  d'Upsal ,  la  df*- 
criplion  et  la  figure  de  trois  es])pces  {VAlurniis  regardees  comnie 
iiouvelles,  etune  dissertation  du  D''.  Forssberg  sur  ie  genre  Gyri- 
uus  Aorxt  il  adraet  24  especes  ,parrai  lesquelies  4sont  nouvelles. 
Le  meme  auleur  a  donne  uiie  nionogr;ipliie  du  genre  Chthra, 
dont  il  a  divise  les  nombreuses  especes  d'upres  la  couleur ;  9.4 
ospeccs  nouvelles  sont  decri'es  avec  detail  ,  les  aulres  sont  slm- 
])lement  indiquees  (ii?V/. )  C.  IM. 
'271.ESSAIS  FNTOMOLOciQUEs,  n".  3  ;  publu's  par  A.D.  Hummel  , 

en  francais,  avec  une  planche.  Brochure  iu-8.  de  48  p.  Saint- 

Petersbourg;  iSsS. 

Get  opuscule  contient  :  I",  des    corrections  et   additions  aux 

Essais  entomologiquesnos.  1  et"2  ;  11°.  des  observations  sur  la  Tei- 

giie  des  ineubles  de  Saint-Pctersbourg,  que  I'auteur  croit  etre 

nne  nouvelie  espece ,  el  qu'il  nomme  Tinea  bissclUella  ;  HI",  une 

liste  d'insectes  pris  a  Saint-Petersbourg,  en  1823 ;  IV^.  laniono- 

grapliie  du  genre  Pe/o/j/iild ,  ecrite  en  latin  par  le  baron  deMan- 

jierheim.  Ce  genre,  etabli  par  le  baron  Dejean,  apparlient  a   la 

f'amille  des  cnrabiques,  et  est  iiiterinediaire  entre  lesgenres  Nebria 

Latreille  ,  et  Blcthisu  Bonelli ;  il  a  pour  type  le  Carabiis  borealis 

Fabrieius.  M.  le  baron  de  Mannerhciui  en  decrit  cinq  especes  :  1". 

P.  borealis,  type  du  genre,  qui  se  trouve  en  Suede  ,  et  principa- 

lementen  Laponie;  2".  P.  Gebleri,  de  Siberie,  qui  n'est  probable- 

ment  qu'une  varicte   dc  la  precedente ;  3°.   P.  marginata,  du 

Kamscliatka;  4°.  P.  Eschscholtzii,  des  iles  Aleuticnnes ,  qui  n'est 

probableinent  aussi  qu'une  variete  de  la  borealis  ;  et  5°.  P.  elon- 

gata,  du  Kamscliatka.  V".  Description  en  latin  de  trois  nouvelles 

especes,  savoir  :  V\  Perypiius  Fellmanni;  1°.  Trcchus  Ma  rice  ,  et 

3".  Rhjnchite.s  Manncrhcimii.  I,a  planche  donne  la  figure  de  ces 

trois  insectes  et  du  Bcmbidion  Foc/iii ,  qui  a  ele  decrit  dans  les 

Essais  n°.  2.  Dx. 

272.  Bernardim  Antonio  Gomez.  Memoria  sobre  a  virtuue 

TiENiiuCA  do  RoMEiRo,  cou  observacocs  Zoologicas  e  Zoono- 

micas  relativas  a  Taenia.  Memoirc  sur  la  vertu  taenifuge  (ie 

I'ecorce  de  la  racine  de  grenadier  avec  des  observations  zooIq- 

giqucset  zoonomiques  relatives  au  Ta-nia  ;  par  B.  A.  doMtz. 

in-8.  dc  40  p.,  avec  1  pi.  Lisbonne;  18:^2. 

On  savait  deja  (pie  de  temps  inuni'murial  on  se  servait ,  dans 

rinde ,  dc  I'teorcc  de  la  racine  de  grenadier  {Pimica  GrannUiniy 


iLilnn.)  centre  le  Ver  solilaire;  inais  on  n'avalt  point  encore  (!« 
details  posilifs  nl  des  observations  piecises  k  ce  sujet.  Le  D''.  Go- 
mez ,  que  les  sciences  ont  eu  le  niallieur  de  perdre  il  y  a  peu  de 
temps  ,  et  qui  s'est  rendu  celebre  par  sa  decouverte  de  la  Clndio- 
chine  et  ses  Iravaux  sur  les  ipt'icacuanlias ,  a  consigne  dans  I'ou- 
vrage  que  nous  annoncons  ,  les  rtsultats  de  ses  experiences  au 
Bresil  et  en  Portugal ,  sur  la  verlu  Isenifuge  de  la  racine  de  gre- 
nadier. Ce  qui  nous  interesse  snr-lout  ici ,  c'est  que  ce  medeciu 
fait  connaitre  dans  cet  ouvrage  cinq  nouvelles  esj)eces  de  faenias  , 
dont  il  donne  des  figures  assez  soignees.  ( Voyez  ces  figures  dans 
le  Journ.  conip.  du  Diet,  des  Sc.  med. ,  cite  plus  bas. )  On  salt  que, 
dans  ces  derniers  temps,  MM.  Rudoiplii  et  Bremser  ont  separe  du 
genre  Tceiua  de  Linne,  plusieurs  especes  auxquelles  ils  ent 
donne  le  nom  de  Bothriocephalas  :  ce  dernier  genre ,  assez  peu 
distinct,  comprend  dans  le  6yrto/?^w  de  M.  Rudolphi  3/j  especes, 
et  le  genre  Taenia  146.  Deux  do  ces  vers  seulement  avalent  ete  re- 
connus  jusqu'ici  dans  le  cor])S  liumain  ,  les  T.  lata  et  solium  de 
Linne;  le  premier  place  dans  ks  Bolhriocepliales  et  le  deuxieme 
ou  le  Cucurbilain  dans  le  G.  Tamia.  C'est  done  une  decouverte  assez 
interessante,  que  celle  des  cinq  nouvelles  especes  de  SL  Gomez  , 
d'autant  plus  qu'elles  ofi'rcnt  des  differences  assez  remarquables 
avec  les  vrais  Tsenias  de  M.  Rudolphi.  Ainsi,  a  I'exceptiond'une 
d'entr'elles ,  elles  presentent  les  quatre  sucoirs  qui  carac- 
terisent  ces  vrais  laenias  ;  mais  il  leur  manque ,  selon  M.  Go- 
mez ,  le  sucoir  central  bien  connu  du  Cucurbilain ,  et  sous  ce 
rapport  elles  difereraient  davantage  des  vi-ais  laenias  que  la  cin- 
quiemc;  celle-ci  en  effet  n'en  estdistincte  que  par  I'absence  de 
cette  couronne  de  crochets  qui  caracterise  le  sucoir  central  du 
Cucurbitain  ,  et  qui  lui  a  fait  donner  le  nom  de  Tcenia  armc.  Elle 
renire  nalurellement  dans  la  1'"'^.  section  des  Tsenias  de  M.  Ru- 
dolphi, et  scmble,  moins  que  les  precedentes,  devoir  faire  ur 
genre  distinct.  Ce  genre  a  cependant  ete  propose  par  M.  Vircy 
[Jnurn.de  P  harm. ,  mai  1823,  p.  220),  sous  le  nom  de  Penta- 
stoma,  et  il  a  en  outre  Tinconvenient  d'offrir  un  nom  deja  consa- 
cre  a  d'autres  vers  intestinaux  (Rudolphi,  Sy/iops.,  p.  i  24.)Mk  Vi- 
rey  propose  comme  nom  specifique  I'epithete  de  coarctata.  (f'o): 
notice  sur  des  Taenias  differens  de  Tespece  ordinaire,  qui  ont 
ele  observes  en  Portugal  et  au  Bresil  par  le  D"'.  Gomes;  par 
M .  F.  V.  Merat,  D^-M.)  (Jour/i.  coinpl.  du  Diet,  des  Scicn.  mcdie.; 
sept.  182^;  p.  iy3,  avec  i  pi.) 


3o6  Zoologie, 

Voici  les  caracteres  abrcges  dc  ces  cinq  nonvellcs  ospei  es  qui, 
a  rexceplion  de  celle  noinniee  par  INI.  Vircy,  no  portent  point 
encore  de  nom. 

Tcenia  A.  Tete  splierique,  subtclragone  au  sommet ,  blanclie, 
avcc  4  orifices  noirs,sans  crochets;  coudelie,  tres-long,  compose 
d'anncaux  oblongs  dont  I'cnseinblc  imite  Ics  dents  d'une  scie; 
corps  compose,  dans  sa  partie  supcricure,  d'anneaux  plus  larges 
que  longs,  et  plus  longs  que  larges  dans  I'inferirure  ,  ayant  uii 
pore  marginal. 

Ta'/iia  B.  Tete  presque  splierique  ,  brunatre  autour  du  som- 
met, avec  une  bande  noire  et  /^  orifices  noirs  ,  sans  crochets;  cou 
epals,  long,  sans  anneaux  apparens,et  tres  -  sillonne  Iransver-- 
versalement ;  corps  epais ,  compose  d'anneaux ,  dans  sa  partie  sii- 
perieure  plus  larges  que  longs,  d'une  largeur  egale  et  plus 
longs  que  larges  dans  I'inferieure,  ayant  un  pore  marginal. 

Tcenia  C.  (  Pentastoma  coarctata.  Virey. )  Tete  sj^herique  , 
subletragone  au  sommet,  blanche,  avec  cinq  orifices  noirs  dont 
le  cinquiemecentral,plusgrandetsaillanf,  sans  crochets;  cou  cpais, 
long,  sans  anneaux  apparens,  et  tres-sillonne  transversaiement  ; 
corps  avec  des  lineamens  rudes  sur  le  bord  des  anneaux  supe- 
rieurs ;  ceux-ci  et  les  inferieurs  configures  conime  le  precedent. 

Tiviiia  D.  Tete  oblongue  ,  obovale  ,  avec  quatre  orifices  noirs, 
brunatre  dans  les  intervalles,  sans  crochets;  cou  tres-court,  fili  for- 
me ,  presque  ride;  corps  aminci  a  la  partie  superieurc,  d'abord 
sillonne  ,  puis  rude  sur  les  bords  ,  et  dont  les  anneaux  sont  sera- 
blables  a  ceux  du  tenia  B. 

Tfcnia  E.  Tete  tres-courtc,  noire,  du  diarnetre  du  cou  ,  avec 
quatre  orifices  noirs,  sans  crochets ;  cou  tres-epais,  etroit  et  sillon- 
ne; corps  compose,  a  la  parlie  superieure,  d'anneaux  bicn  plus 
larges  que  longs  ,  rudes  sur  les  bords,  un  pen  rnoins  sur  les  infe- 
rieurs qui  sont  plus  longs  que  larges,  avec  des  papilles  mar- 
ginales.  F» 

^■f^.     Dr    ANIMALIBUS   QUIIiU.SDAM     E  CLASSK  VERMIUM   LiNNEANA  , 

in  circumnavigatione  lerrsR,  auspicanie  comite  N.  Romanzoff, 
duceOttonede  Kotzebue,  annis'i8i5 — 1818  pcracia  obser- 
vatis ,  Apklb.  he  Chamisso  et  Caroi..  Guii..  Eysf.nhar»t. 
Fascic.  a.  reliquos  Vermes  conlinens.  Avec  10  pi.  col.(i\V)('. 
ytcta  Jcad.  Ctvs.  Leop,  Carol.  Nat.  Cur. ,  to.  X ,  ->>'.  part. , 
p.  3/,3.) 


Znologie.  207 

Le  I*"'.  Fascicule,  publie  par  M.  de  Chami:;so  sful  ,  a  p.irii  a 
Berlin  en  1819,  in-4.  de  24  ii.,avec  une  pi.  double  de  ^1J,^  color. 
Ce  premier  travail  est  tout  entier  relatif  au  genra  Su/pa,  Biphore 
de  Brug.,  dont  il  donne  une  description  nouvelle  et  Ires-cir- 
conslancice.  II  y  decrit  et  il  y  figure  dans  le  plus  grand  detail  les 
Salpa  pinnata ,  Forsk.;  affinis,  N.  Sp.;  zonaria  [Holothurium 
zonarium  ,  Pallas  )  ;  aspera  ,  runcinata  ,  dubia  ,  vaginata  , 
bicornis  ,  ccPTulescen/s  et  ferrughiea  ,  nouvelles  especes.  Ce  tra- 
vail a  jete  bcaiicoup  de  luraleres  sur  ces  singuliers  aniniaux. 

Dans  le  second  fascicule  dont  il  s'agit  ici  on  trouve  une  foule 
d'especes  nouvelles  ,  dont  la  connaissance  ne  jette  pas  nioins  de 
jour  sur  I'enserable  des  animaux  pelagiens;  10  ])1.  de  figures  co- 
loriees  ont  le  grand  merlte  de  representer  des  objets  dessines 
sur  le  vivant ,  et  accompagnes  des  details  necessaires.  Grace  a  ce 
travail  remarquable,  a  ceux  de  MM.  Pcron  et  Lesueur,  a  ceux 
de  MM.  Quoy  et  Gaimard,  nous  pouvons  enfin  esperer  de  fixer 
fjuelques  jalons  dans  Tetude  encore  si  nouvelle  des  Zoophytes. 
Nous  allons  indiquer  sommairement  les  genres  et  especes  que 
MM.  de  Cliainisso  et  Eysenliardt  font  connaitre. 

MoLLusQUEs  GASTEROPODES. Genre  P^ero/mc/ica  ,  Forsk.  Ilsde- 
crivent  une  nouvelle  espece  sous  le  nomde  Pt.  Cuvierii,  et  obser- 
ventqu'ilsne  luiont  trouve  aucun  vestige  de  coquille,  cequi  dolt 
distinguerce  genre  de  la  Carinaire. — Glaucus  hexapterjgius.  Cut. 
— Eolidia  annulicornis ,  N.  Sp.  figurce.  lis  en  ont  observe  deux 
autres  dont  lis  donnent  I'indication. — Onchydium  Peronii,  Cuv. 

Annelides.  ■ —  Nereis  heteropodn ,  N.  Sp.  ,  fig. — Penella  dio~ 
dontis,  Ocken.  (  Lerncea  diodomis ,  Lapcruuse.)  Les  auteurs 
pensent  que  ce  singulier  animal  dolt  etre  comprls  dans  les  An- 
nelides. M.  de  Blainville,  qui  place  les  Lernees  parmi  les  Crusta- 
ces,  en  a  iah  son  Lerneoceia  Bocconii.  —  Hirudo  iittata  ,{1^. — 
Sternaspis  clegans ,  N.  Sp.  ,  fig. 

EcHiNODERMES.  Holothuvia  maculata,  N.  Sp.  Grande  et  mngni- 
fique  espece,  dont  la  fig.  occupe  toute  une  planche.  File  provtent 
des  lies  Carolines,  et  est  fort  allongee.  M.  Quoy  pense  que  c'est  la 
m(ime  qu'il  a  observee  aux  iles  Mariannes,  lanTielle  ^e  cassail  tres- 
facllement  en  la  soulevant,  et  dont  chaque  morcean  fracture 
rampait  comme  s'il  cut  cte  done  d'une  vie  indci)endanlc.  LVs- 
pece  observee  par  M.  Quoy  etait  remarqu;,blc  anssi  par  la  gran.le 
quantite  de  petits  crochets  presque  impcrcrptiblcs,  dont  son 
corps   etait  couvert   et  qui   adheraient    aux   mains   long-temps 


2o8  Zoologie. 

apres  la  mort  de  ranimal ,  el  memeapres  aToIret6  dans  I'alcoliol. 
—  Holothuria  Radac^ensis ,  "N .  5>p.  ,  fig.  Cette  grosse  espece 
toute  noire  habite  aussi  lesiles  Mariannes.  Selon  M.  Quoy,  cette 
espece  et  les  H.  bruiinea  et  tubidosa  ,  sont  I'occasion  d'un  pe- 
tit commerce  ct  d'une  navigation  assez  etendue  dans  les  mers 
de  rinde  et  la  Chine.  On  les  fait  dessecher  et  fumer  pour  les- 
manger. 

Meduses.  mm.  de  Chamisso  et  Eysenliardt  pensent  que  ces 
animaux  constituent  une  grande  classe  a  part,  dans  laquelle  on 
ne  peut  reunir  ni  les  Actirties,  ni  les  Echinodermes.  Ces  savans 
naturalistes  assignent  d'abordles  caracleres  classlques  des  Me- 
duses  qui  se  lient,  disent-ils,  aux  Mollusques  par  les  genres 
Diphye,  Salpa,  Ascidia ,  etc.,  el  aux  Polypes  par.  les  Lucer- 
naires.  La  division  adoptee  pour  les  Meduses,  est  celle  proposee 
par  M.  le  D"".  Goldfuss,  dans  VIsis. 

MM.  de  Chamisso  et  Eysenliardt  passent  ensuile  a  la  description 
descspecesqu'iis  ont  observees,  el  dontla  plupart  sont  nouvellesi, 
et  figurees  pour  la  premiere  ibis.  EUes  sent  au  nombre  de  22  a 
a5  especes  appartenant  aux  genres  Rhizophysa ,  Rhizostoma , 
Gergonia,  Cyanncea,  Cassiopea ,  Aurelia,  Eeroe,  Callianira, 
Jppendicularia.  (Nouveau  genre  propose  par  les  auteurs,  pour 
un  petit  animal  singulier  dont  il  est  difficile  de  bien  determiner 
la  forme.  )  Vel  ella  (3  especes) ;  Porpita ,  Dyphia  (selon  M.  Quoy 
I'espece  indiquee  dans  ce  travail  est  la  raeme  que  celle  decou- 
verte  par  IM.  Bory  de  Saint-Vincent.)  Stephanomia. 

Polypes.  On  rencontre  ici  un  apercu  sur  le  Tubipore  musique 
et  son  habitant;  on  trouvera  sur  ce  singulier  animal  un  travail 
etendu  de  M.  Lamouroux ,  dans  la  Zoologie  du  voyage  de  I'Uranie. 
Enfin  les  auteurs  decrivent  et  representcnt  une  espece  de  Caryo" 
phyllia  sous  le  nom  de  glabresceus.  M.  Quoy,  qui  a  observe  le 
meme  Polype ,  s'esl  rencontre  avec  M.  de  Chamisso  quant  a  ce  qu'Il 
represenle  comme  etant  les  animaux  qui  I'habitent.  Selon  M.  de 
Blainville,  ce  seraient  des  animaux  parasites,  fixes  sur  une  Caryo- 
phyllie  morte.  On  trouvera  les  raisonnemens  pour  et  contre 
cette  opinion  exposes  dans  la  Zoologie  du  voyage  de  I'Uranie  , 
qui  ne  tardera  pas  a  paraitre.  F. 


IMPRIMERIK  DE  FAIN,  PEACE  DE  L'ODEON. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 

GEOLOGIE. 

274.  Selenognostique  du  D*".  Gruithuisen  avec  3  pi.  lithogr. 

(  Nova  Acta  Acad.  Cces.  Leop.  Car.  Nat.  curios.,  vol.  10,  part. 

2 ,  p.  637  ,  et  vol.  1 1 ,  part.  2  ,  p.  585. ) 

L'auteur  commence  par  y  soutenir  que  la  lune  est  environnee 
d'une  atmosphere  qu'elle  a  soutiree  de  I'ether  d'apres  la  loi  de 
ratlraction  ,  et  que  cet  air  contient  de  I'humidite ,  puisqu'on  y  a 
vu  des  nuages.  II  compare  ensuile  ses  observations  a  celles  de 
Schrotcr  [Fragwens' selenotopographiqucs).  1°.  Le  petit  circel- 
lum /«  est,  d'ypres  Schi'oter,  une  crete  de  montagnes  courant 
du  N.  au  Sud  ;  et,  d'apres  l'auteur,  un  canal  profond.  2°.  I,e  cir- 
cellum  .r,  qui  est  suivant  Schroler  une  montagne  ,  serait  d'apres 
lui  un  bassin.  3".  Dcs  nuages  couvrent  le  circeilum  u  deScliroter 
et  le  moot  Ajax  de  Hevelius.  4"^.  II  pretend  que  la  crele  cen- 
trale  de  Mersennius  est  le  plus  souvent  couverte  de  broulllards. 
5".  La  cliaine  du  Mare  humorum  entre  les  circeilum  J  et  k  est 
mal  representee  par  Schroter.  6".  Les  deux  circeilum  .v  et  t  sont 
suivant  lui ,  des  chaines  circulaires  en  partie  decomposees. 
7°.  Schroter  a  figure  pres  de  .r  x  de  petils  nuages  (  cumulus  1. 
L'auteur  passe  aux  elres  organises  de  la  lune;  il  cite,  en  faveur  de 
cette  opinion,  tons  les  auteurs  depuis  Orphee  jusqu'a  Hevelius 
Schroter,  et  jusqu'a  un  ecrivain  populaire  qui  trouve  possible 
I'existence  d'elres  animes  dans  la  lune  ,  si  ces  etres  peuvent  se 
nourrir  de  pierres  et  de  scorics ,  se  passer  de  boire  et  endurer 
beaucoup  de  froid  ct  de  chalcur.  II  combat  ce  dernier  auteur  ar- 
ticle par  article.  D'apres  les  apparences  observees  dans  la  lune 
dans  ses  differentes  phases,  ily  suppose  avec  Schroter  des  plantes 
vivaces ,  telles  que  le  lichen  rangijcriiius,  etc.,  parce  que  le  jour 
et  la  nuit  sont  dans  la  lune  comme  I'ete  et  I'hiver  pour  la  terre 
L'existence  des  animaux,  a  I'exception  de  quelques  "enres  de 
B.  Tome  I.  ,  / 


3  ro  GeoJo^ie. 

j-iiii  iii.iiis,  flc.  ,  hii  jt.irnit  foit  (ionteiise;  in.'ii>  il  y  n  prnbahlc- 
iiier.t  .-ihoiidance  il'iiisecles  el  <le  poissons,  el  il  iiiontre  que  les 
lioniinos  (le  la  lune  doiveiit  dilfez'er,  s'ils  exisleut,  <le  ccux  iW. 
noire  pl;inete.  II  examine  si  on  fait  dans  la  lune  du  vin,  de  la 
Liere  ou  du  cidi'e.  II  s'ef'force  de  niontrer  qu'on  peut  vivre  avec 
tres-peu  d'air;  il  parle  du  feu  que  font  les  homraes  de  la  lune, 
de  la  temperature  des  differentes  saisons  de  la  lune.  II  traite  des 
eaux  de  la  lune,  ou  il  distingue  uu  grand  nombre  de  mers;  de  la 
structure  intcrieure  de  la  lune,  et  enfin  de  la  geologle  d',;  ce 
corps  celeste.  II  compare  les  chaines  de  la  lune  a  ccUes  de  la 
terre;  il  decrit  la  distribution  des  differentes  formations  geognos- 
tiques  sur  la  surface  de  la  lune;  il  y  trouve  surlout  beaueoup  de 
chaines  primitives,  de  montagnes  de  calcairc  jurassique  et  de 
calcaire  ancien.  Ces  determinations  se  fondent  sur  la  comparai- 
son  des  formes  des  cliaines  de  la  terre  avec  celles  dc/s  chaines  de 
la  hme.  On  voit  que  ce  traite  complet  de  I'hlstoire  naturelle  de 
la  lune  ne  peut  etre  justement  apjjrecie  que  par  la  lecture  de 
I'ensemble  des  falls.  A.  B. 

275.     GRU?iDLINIEN     ZU     EINER     NEUEN     ThEORIE.      BaSCS     dime 

Nouvclle  Theorie  de  la  forme  de  la   teri'e  scion  les  rapports 

astronomiques  ,  geognostiques  ,  geor^raphiques  et  physiques  ; 

])ar  Ch.  Fred.  Kloden,  avec  2  plan'  hes.  Berlin;  i8.i4- 

I/auteur  y  traite  de  la  forme  de  la  terre  et  deduit  ses  conclu- 
sions d'observalion'.  ])hysl(]ucs  et  geograplaques.  La  terre  a  , 
suivanl  lui ,  la  forme  d'un  oeuf ,  et  il  cherclie  a  le  prouver  mathe- 
lualiquement ;  mais  le  recenscur  do  VJsis,  qui  annonce  cet  ou- 
vrage,  ajoute  qu'il  n"a  pas  trouve  de  profondeur  dans  ces  calculs. 

L'auteur  croil  a  un  niouvement  lies-lent  de  rotation  de  la 
terre.  L'ouvrage  se  divise  en  trois  parlies,  la  premiere  coniient 
les  bases  theorlques,  niathcinatiques  et  physiques;  la  seconde 
les  applications  de  ces  bases  a  la  terre  et  a  la  geognosie ;  et  la 
troisieme  une  recapitulation  sommaire.  A.   B. 

276.  Notice  sur  la  constitution  gkognostique  du  meparte- 

MEKT  de  i.a  Lozere  ,  par  M.  L.  Marrot.  {^Aiin.  des  Mines , 

1823  ,  3^.  livraison  ,  p.  459.  ) 

Cftle  notice  est  divisi'C  en  trois  parties,  dont  la  ])rcmiere 
conticnt  un  apercu  de  la  constitution  geognostlque  du  departe- 
inent  de  la  Lozere;  la  seconde  lend  cuaipte  des  reiliLTches  in- 
frucluc-uscs  dc  houille  qui  out  clo  enlreprises  dcpuis   quclques 


Geologie.  •>.  i  t 

annecs;  et  la  froisieme  decrit  plusieurs  gites  de  luliieruis  qui 
paraissent  susceptibles  d'exploit:ition,  ou  au  moitis  de  recherchcs. 

On  voit  ,  dans  la  ])rcmiere  partie,  que  le  sol  de  !a  Loziire  est 
forme,  i".  de  granite  ;  2°.  de  gneiss  et  micaicliiste,  en  couches 
adossees  au  granite;  V.  d'un  terrain  de  gres  que  I'auteur  rap- 
porle  aug'/Av  bigarre ,  et  qui  s'appuie  sur  les  teirains  preciidens  ; 
4°.  de  calcaire  secondaire  de  nature  variee,  qui  parait  devoir 
ttre  rapporte  a  l.i  formation  superieure  du  Jura;  5'^.  de  terrains 
d'alluvion  qui  se  ])respntent  dans  les  vallees  du  Lot,  du  Tarn, 
et  d'autres  rivieres ;  6°.  enfin  de  terrains  basaltiques  situes  aux 
montac;nei  d'Aubrac,  et  qui  s'etendent  dans  le  deparlement  de 
I'Aveyron. 

Ln  seconde  parlie  nous  apprend  que  tous  led  indices  de  com- 
bustible mineral,  qu'on  a  signales  a  diverses  epoques  dans  le  depar- 
tement  de  la  Lnzere  ,  n'ont  servi  a  faire  reconnaitre  que  quelques 
fr.igmens  de  lignite ,  et  deux  petites  couches  de  houille  dans  le 
calcaire  jurassique,  exploitees  a  la  mine  des  Rosiers. 

La  troisieme  partie  renferme  au  conti'aire  Tindicalion  d'ua 
assez  grand  nombre  de  filons  de  plomb  argentifere  ,  de  cuivre 
pyriteux  et  d'antimoine.  Les  mines  de  plomb  argentifere  des  en- 
virons de  Fillefoj-t ,  et  la  mine  d'antimoine  du  Collet  de  Deze 
sont  en  pleine  exploitation.  On  connait  aux  Fourches ,  pres  de 
Mende,  un  amas  considerable  de  kaolin.  Bi). 

277.  Notices  mineralogiques  sur  le  dkpartement  he  la 
CoRREZE ,  inserees  dans  les  Annuairas  de  ce  dcpartement ,  pour 
1823  et  1824. 

C;es  notices,  signees  seulement  de  I'initiale  G,  sont  I'ouvrage 
de  I'auteur  des  Lettres  sur  la  mineralogie  de  la  Creuse.  (  Voy.  le 
Bull,  de  fevr. ) 

La  premiere  traite  d'abord  :  A.  du  sol  de  la  Corrcze,  consi- 
dere  sous  le  rapport  g^ognostique,  et  successlvement :  i".  des 
roches  graniti((ues,  amphibollques ,  ([uarlzeuses  et  serpenlincu^ 
ses,  qui  paraissent  constituer  des  terrnins  prirnordiaux  et  qui 
constituent  plus  des  trois  quarts  du  sol  du  dcpartement;  a",  des 
pliyllades  ou  schistes  argileux,  deyo/7rt<7^/o«  pent  etre  intenne- 
dialiv,  dans  le  nord  de  rarrondissement  de  Brives,  en  couches 
verticales  feuilletees  forniant  une  bande  etroite,  parallele  a-  la 
direction  de  ia  chaine  limousine;  3°.  des  terrains  secondaire.r,  et 
d  aburd  des  gres  liouillers;  ceux-ci  coiistiluent  un  bassin  conside-    , 


2 1 2  Geologie. 

rable  dans  I'arrondissenieDt  de  Brives,  et  sont  appayes  sur  le<; 
schistes  argilcux.  Deux  autres  bassins  houillers  peu  etendus,  et 
les  indices  dun  quatrieme,  sepresentent  dans  la  partie  orientale 
du  departemtnt.  Les  couches  de  tous  ces  bassins  sont  en  super- 
position transgressive  sur  les  terrains  anciens.  Dcs  calcaircs  se- 
condaires  et  des  gres  niodernes  occupent  la  partie  sud-ouest  de 
I'arrondissement  de  Brives.  l^°.  Desformalionsd'ollin'ion,  qui 
sont  purement  locales  dans  Ve  fond  des  vallees  primordiales  , 
mais  qui,  vers  I'ouest ,  se  rattachent  a  un  terrain  etendu  dans  le 
deparfement  voisin.  —  B.  Des  mines.  L'auteur  indique  successi- 
vement :  des  mines  de  plomb  argentifere  non  exploitees  dans  \a 
partie  orientale  du  departement;  la  mine  de  plomb  argentifere  de 
Chabrignac,  arrondissement  de  Brives  (en  filons  dans  le  schisle) 
dont  I'exploitation  commence  ,  et  semble  proniettre  d'lieureux 
Tesultats;  d'autres  indices  de  mineral  de  plomb  et  un  filond'an- 
timoine  sulfure  prcs  de  Tulle;  dc  nombreux  indices  de  mineral  d<; 
cuivre  dans  les  gres  anciens  de  I'arrond.  de  Brives  ;  enfin  des  mi- 
nerals defer  carbonate  ou  hydrate  en  divcrses  localitcs.  II  donne 
ensuitequelques  renseignemens  sur  la  mine  de  houille  en  exploi- 
tation a  Lapleau,  sur  celles  qui  sont  abandonnees  pres  d'Argental, 
et  sur  la  richesse  en  houille  (non  utilisee)  de  I'arrondissement  de 
Brives  sur  les  ardoisieres  de  Donzenac,  enfin  sur  les  exploitations 
de  gres  et  de  terres  a  poteries.  —  C.  Un  troisieme  paragraphe  a 
pour  objet  les  usines,  et  fait  brievement  mention  des  uslncs  a 
fer  du  departement  et  de  la  manufacture  d'armes  de  Tulle. 

La  notice  de  1824  ,  phis  detaillee,  et  cependant  moins  suscep- 
tible d'extrait ,  tralte  des  memes  objets,  considercs  principak- 
ment  sous  le  point  de  vue  Industriel.  On  y  tiouve  de  plus  I'an- 
notation  d'un  gite  de  lignite  pres  d«  Segonzac;  on  y  remarqne 
Tindication  d'un  moyen  decouvert  par  M.  Brard  pour  essaycr 
tous  les  materlaux  de  construction  ,  et  reconnaitre  ceux  qui  sont 
gelivcs  ou  gelisses ,  c'est-a-dire  sujets  a  se  tighter  par  la  gelee. 
Cette  notice  rcnferme  ties  renseignemens  sur  les  recherches  dcs 
mines  dans  les  dilfercns  terrains;  elle  rcnferme  aussi  des  obser- 
vations sur  la  legislation  des  mines  en  France.  Bd. 

278.  MeMOIREGKOI.OGIQUF.  SI  R  LTSTEURAINS  nu  BaS  BotlLONNAIS, 

et  particulierement  sur  les  calcaircs  compactcs  ou  grenui  quil 
rcnferme;  par  F.  Gaunier,  ingrnleur  des  mines.  In-4.  Bou- 
logne; i8a3. 


Geologie.  21 5" 

La  Society  d'agriculture ,  du  commerce  et  des  arts  de  Boulo- 
t;ne-sur-Mer  avait  propose  un  prIx  pour  le  mcmoire  qui  ferait 
lemieux  connaitre,sous  le  rapport  mineralogique  etgeologique, 
]es  couches  calcaires  cxp'.oitces  comme  iiiarhres ,  ou  snscejitibles 
d(>  I'etre  dans  rarrondissement  de  Boulogne,  et  qui  donnerait 
en  muine  temps  sur  le  mode  d'exploitation  de  ces  niarbres  et  sur 
leur  eniploi  dans  ies  constructions  et  la  decoialion  des  monu- 
mens,  fous  Ies  documens  qui  pourraicnt  rendre  I'exlraction  en 
grand  plus  facile,  et  I'emploi  phis  frequent  dans  Ies  arts.  — 
M.  Garnier  parait  avoir  rempli  Ies  intentions  de  la  Societe  d'agri- 
culture ,  du  commerce  et  des  arts ,  qui  lui  a  decerne  le  prix  pro- 
pose ,  et  a  vote  I'imprcssion  de  son  memoire. 

L'auteur  reparlit  en  cinq  classes  Ies  couches  qui  couiposent  le 
sol  qui  a  fait  le  sujet  de  ses  observations  :  i**.  la  craie  dont  Ies 
collines  elevees  circonscrivenl  le  Bas-TJoidonnais  par  une  chaine 
qui  s'etend  en  demi-cercle  dcpuis  Wissant  sur  Ies  bords  de  la 
mer  entre  Ies  caps  Grisnez  et  Blancncz,  jusque  vers  Neufchatel , 
a  deux  lieues  environ  du  pont  d'Etaplos;  2°.  un  gres  calcaire 
passant  du  grisjaunatre  au  gris  bleuatre,  des  argiles  grises  co- 
quillcres,  alternant  avec  des  calcaires  grisavecou  sanscoquilles, 
un  agglomerat  tres-dur  de  grains  de  sables ,  de  calcaire  gris  et 
de  grains  de  chlorite;  3°.  un  calcaire  gris  jaunatre,  souvent  blanc 
jaunatre  ,  un  calcaire  oolitiqiie  (ces  deux  calcaires  sent  analogues 
a  ceux  qui  comjiosent  Ies  couches  su]jcrieures  du  Jura);  4".  un 
calcaire  conipacle  (marbres);  5°.  ie  terrain  houiller. 

Dans  une  seconde  partie  de  son  travail ,  M.  Garnier  passe  en. 
revue  Ies  exploitations  principalcs,  et  d'apies  la  direction  gene- 
rale  des  couches  du  sud-est  au  nord-ouest,  et  leur  inclinaison 
vers  le  sud-ouest,il  indique  Ies  lieux  ou  des  recherches  pour- 
raient  etre  utilement  entreprises;  il  faitsentir  combien  serait  ne- 
cessaire,  pour  augmenter  I'iinportance  que  Ton  cherche  a  donner 
aux  exploitations,  et  pour  donner  de  I'avantage  a  I'emploi  des 
niarbres  indigenes  sur  Irs  marbres  eirangers,  I'existence  d'un 
canal  projcte  enire  Marquise  et  Ambleteuse.  BI.  Garnier  indique 
des  couches  qui  lui  paraissent  avoir  une  parfaite  ressemblance- 
avec  le  calcaire  magnesifere  des  Anglais,  et  qui  se  trouvent  inter- 
posces  entre  Ies  bancs  calcaires,  dirigces,  comme  nous  I'avons 
dit,  du  nord-ouest  au  sud-est;  cette  direction  generale  n'est  .qc- 
pendant  p.is  constante  pour  toutes  Ies  couches  calcaires  du  Bas- 
Boulonnais;  il  existe  un  systente  de  bancs  qui  ne  paraissent  pas 


2l4  Cr'(,/"i^i(\ 

dilfeiur,  sous  le  rapport  niiiitT;il!)j;i(|ii<; ,  des  aiiU-es  cilcaiip';,  pt 
qui ,  sur  une  assez  grande  etendue,  se  dirigent  du  sud-ouest  :iu 
iiord-est,  et  sont  inclinees  vers  le  nord;  ces  dernicres  couches 
fonnent  des  cscarpemeiis  coiisiru'rables,  et  elles  sont  exploilees 
-SOUS  le  nom  de  canleres  du  liaul-banc. 

Apres  cette  discussion  ,  M.  Gamier  ne  croit  pas  que  roii  pnisse 
encore  rapporter,  d'une  maniere  positive,  les  terrains  qui  pro- 
duisent  les  marbres  du  Boulonnais  au  zechstein  des  Alleinands, 
quoiqu'il  paraisse  pencher  pour  eel  le  opinion  avec  M.  d'Omalius 
d'Halloy.  Le  memoire  de  M.  Cxarnier  est  accompagne  d'nne  carte 
coloriee  etsulvi  d'une  notice  sur  la  colonne  votee  en  i8n.',  par  la 
grande  arinee  ducamp  de  Boulogne,  et  construite  avec  lemarbre 
du  Jiays.  —  Cette  notice  est  publiee  par  la  Sociele  d'agriculture , 
du  commerce  et  des  aris.  C.  P. 

279.  Obskrvations  sur  la  formation  AMpniBOLiQUE  de  la  pa- 
roisse  de  Saint-Clere ,  par  le  Rev.  J.  Roggers.  [Trans.  Geo/. 
Soc.  of  Cornwallis ,  1822.  p.  218.  1 

Le  depot  amjdiiboiique  est  surlout  liniite  au  pays  eleve  de 
Saint-f.lere-Down,  el  presente  des  roches  grenues  oh  schisteuses 
accompagnees  de  feldspath  compacte  (Hornstone)  a  Axinite  et 
Thallite.  L'amphibolite  schisteiise  passe  au  schiste  argileus.  On 
trouve  cependantdes roches  amphiboliquesdans  qnclques  antres 
endroits,  comme  a  Cradock-Mili ,  a  For.-.noolh-Do\vn,  a  Trt>- 
wo  gy,  etc. 

La    serpentine   de    Clikertor  contient   phis   d'amphibole   que 

celle  des  autres  points  de  ce  pays.  Cette  roche  y  forme  une  lon- 

gue  cr^te  d'un  milie  de   long  et  d'un   quart  de  milie  de  large. 

BT.  Gregor  en  a  fait  I'analyse  ,  dont  M.  Roggers  raj)porte  les  re- 

sultats.  Enfin  le  mi'moirc  se  terniine  par  qnclques  autres  localites 

de  roches   ainphiboliques  et  par  I'oljservatlon  que  ces  roches  se 

trouvent  prcs  du  granite,  et  souvent  entre  cette  roche  et   le 

schiste  argileux.  A.  B. 

280.   Continuation  ues  observations  d'iiistoire  naiuhelle 

pendant  un  voyage  le  long  de  la  cote  d'£cosse  en  1821  ;  par 

Ic  reverend  J.  Fleming.  [Journ.   Philos.  d'Edimhourg.  Jan  v. 

1824,  p.  95.) 

L'ile  de  Glasson-Scalpa  est  fort  escarpce  et  consiste  en  gneiss 
rcnfermant  de  I'amphibolilc  ,  du  niicaschiste  ,  du  granite  of  du 
quartz  bleu  et  blaiic.  A  Kbbbcriicss,  c'est-a-dirc  jironioriloisr  de 


Geologie.  pj5 

la  picrre  de  snvon,  il  y  a  des  conches  verticales  tU-  serpentine, 
<jui  sont  separeesdu  gneiss  sur  la  cote  ouest  par  des  couches  chlo- 
riteuscs  (schiste  cldoriteux  ou  schisle  semblable  a  mica  iioir  et 
■cristiiux  iinparfails  d';;mphibole).  Dans  nn  endroit.  il  y  a  une 
roche  de  feldspath  Ires-compacte  a  grains  d'ainplilbole,  dont  la 
composition  devient  surtout  evidente  par  la  chaleur.  Le  pyroxene 
uni  au  quartz  et  a  la  chaux  carbonatee  y  forme  un  petit  (iion. 
La  serpentine  contient  de  ia  pierre  ollaire  avec  du  I'er  oxidnle  et 
de  I'actinote,  des  petits  filons  de  steatite,  d'asbeste,  de  dolomite 
et  de  fer  oxidule.  L  anteur  y  prit  VJka  unpeiinis  dont  les  plumes 
du  col  passent  en  hiver  du  noir  au  bianc ;  YAlca  torda  el  le  PnJ- 
finus  Anglorum  y  ctalcnt  abondans. 

Dans  I'ile  de  Sky,  I'auteur  a  examine  la  vallee  Glen  Coruisk  en- 
touree  de  sienite  hyperstenique.  La  caverne  de  Macalister  y  est, 
suivant  lui,  dans  une  fente  du  gres  secondaire,  occupe5e  jadis  par 
du  trap,  car  on  voit  encore  des  portions  de  gres  enloun'es  par 
cede  roche.  Dans  I'ile  d'Egg  il  a  visite  la  caverne  des  Macdonald, 
au  milieu  de  basaltes  a  zeolilhes  et  des  dolerites,  et  deux  filons 
de  retinite  bitumineux.  La  crete  de  retinitc  appelee  Sculr  of  Egg 
presente  a  sa  base  un  porphyre  intermcdiaire  enlre  le  basalte  el'^le 
retinite,  et  il  renferme  des  rogiions  de  calcedoine  et  de  hornstein 
conchoide.  Lne  source  au  pied  sud-ouest  de  cette  montagnea  47" 
Fahr.  L'iie  de  Sfaffa  luia  offert  beaucoup  d'Orobancherouge.  Dans 
File  de  Jona  il  a  observe  des  schistes  argileux  et  de  la  sienite  a  sj.Jiene. 
De  la  I'auteur  a  ete  a  la  chaussee  des  Geaus,  ou  il  a  remarque  de 
J'arrngonite  massive  ou  fibreuse  etoilee  et  un  mineral  rcssendjlant 
A  de  la  Thonisonife.  II  a  passe  ensuite  au  cap  dit  Mull  of  Can- 
tyre  ou  le  micaschlsfe  domine  ct  court  du  sud-ouest  au  nord-cst 
et  incline  a  Test.  La  roche  y  contient  des  concretions  de  quartz.  A 
Test  elle  se  lie  et  alterne  m^me  avec  des  couches  nombreuses  de 
gres,  d'agglomerats  trappecns  ,  de  calcaire  grenu  ,  dargile  schis- 
teuse  rouge  et  de  gres  rouge.  Des  grunsteins,  des  araygdaloides, 
et  un  basalte  qnelquefois  prisme  recouvrent  ces  roches  sur  la  cote 
nord  de  la  baie.  Le  basalte  renferme  des  petits  filons  d'hJmatite 
rouge.  Sur  la  cote  sud  de  la  baie  de  Campbeltcwn  il  y  a  -  es  ro- 
ches schisteuses  avec  une  couclie  epaissede porphyre,  et  des  cal- 
caires  grcnus  y  forment  des  lits  minces  dans  le  gres.  Ces  derniers 
sont  rougcalres  ou  bien  nous,  composes  de-  cristaux  rhomboi- 
daux  in:parfails  ct  a  concretions  fort  charbonncuscs.  A.   15. 


a  1 6  Geologie. 

281.  Notes  sur  les  coquillf.s  makiwes  trouv^es  sur  la  ligne 
du  canal  d'Ardrossan  ;  par  le  Capit.  Lasrey.  (^Mem.  de  la  Soe. 
ff^erner.  d' Edimbourg.  i  vol.  in-4.,  partie  2,  p.  568.) 
li'auteur  y  cite  dnns  un  lit  de  sable  a  ^o  pieds  au-dessus  de  la 
Clyde  et  a  /(  milles  de  Glasgow,  un  grand  nombre  de  coquilles  ma- 
rines qu'on  y  a  decouvertes  en  crcusant  le  canal  d'Ardrossan.  Ce 
sable  est  d'ailleurs  le  meme  que  celui  des  bords  de  la  Clyde; 
un  bateau  y  a  ete  trouve  a  12  pieds  de  profondeur  en  creusant 
les  fondemens  d'une  auberge  a  Glasgow,  et  de  grands  batimens 
remonterent  jadis  la  Clyde  jusqu'a  Rutherglen.  Les  coquilles  tel- 
les  que  le  Turbo  littoreus ,  jlrca  ininuta,  Patella  lulgaris,  Mjtilus 
edulis,  Buccinum  undalum  ,  etc.,  n'habitent  encore  la  Clyde  qu'au- 
dessous  de  Dumbarton ,  ou  I'eau  est  salee.  A.  B. 

282.  Sur  les  terrains  problematiques  du  Tyrol,  par  M.  Ma- 
RASCHiNi.  [Annalvs  des  Mines ,  1823  ;  3*.  livr. ,  p.  629.) 

Cette  note,  extraite  d'une  leltre  de  M.  I'abbe  Maraschini  a 
M.  Cordier,  renferme  I'indication  succincte  d'observations  qui 
viendraient  confirraer  les  faits  enonces  par  M.  Marzari ,  sur  la 
superposition  au  calcaire  jurassique,  de  roches  granitoides  qui 
recouvrent  ce  calcaire  tres-netterjient  sur  lemont  de  la  Forcella , 
pres  de  Predazzo.  Au  contact  de  ces  roches  granitoides,  dont 
le  systeme  contient  aussi  des  roches  biisaltoides ,  surtout  a  sa 
partie  superieure ,  le  calcaire  jurassique  magnesifere  devient 
granulaire,  et  les  marnes  se  changent  en  marbres  de  differentes 
couleurs,  ainsi  que  I'autcur  I'a  observe  pres  des  dolerites  du 
Vicentin. 

M.  Maraschini  pense  que  la  dolerite  porphyro'ide  de  cette 
localite  (  laquelle  contient  quelquefois  de  I'amphibole  au  lieu 
de  pyroxene  )  doit  ^trc  regardee  couime  la  roche  principale  ; 
quelle  est  le  produit  d'une  grande  coulee  qui  a  rempli  une 
vallce  dans  le  terrain  de  calcaire  jurassique,  et  que  la  partie 
inferieure  du  systeme,  s'ctant  refroidie  plus  lenfement,  est  de- 
venue  moins  cellulaire  et  plus  cristalline  que  la  partie  supe- 
rieure, ce  qui  a  produit  des  dolerites  quartzeuses  granitoides, 
dont  les  vcritables  granites  ne  sont  que  des  modifications  acci- 
dentelles.  Les  parties  supcrieures,  au  contraire,  plus  rapidement 
refroidies,  sont  cellulaires,  ct  quelquefois  amygdalaires,  a  noyaux 
de  chaux  carbonat^e  el  de  stilbite  rouge.  Bd. 


Geologic.  2 1 7 

283.  Memoire  sxjr  les  terrains  zoolitiques  des  provinces  ve- 
nitiennes ,  posterieurs  a  la  formation  des  terrains  interme- 
dlaires;  par  le  Profess.  T.-A.  Catullo.  (  Giorn.  di  Fisica , 
avril  iSa'i,  p.  98  ,  et  juin  iSaS  ,  p.  175. ) 

Dans  ce  memoire,  I'auteur  taclie  de  donner  une  idee  des  ter- 
rains de  gres  rouge  et  de  calcaire  alpin  des  provinces  venitiennes 
et  de  leur  distribution  dans  cetle  contree.  11  fait  observer  la  dif- 
ficulte  qu'on  a  de  dlslingner  le  gres  rouge  ancien  de  la  grau- 
■wacke,  et  cite  cette  formation  secondaire  sous  le  calcaire  alpin 
dans  le  pays  de  Feltre  et  le  Tyrol,  comme  dans  la  vallee  d'ou 
sort  le  Miss,  et  entre  Agordo  et  Feltre.  Pres  de  Sagrow,  dans 
la  -vallee  de  Monache,  des  petlts  filons  de  baryte  sulfalee  tra- 
■versent  le  gres  rouge.  M.  Brochi  dit  y  avoir  trouve  des  Cames 
pres  de  Campedei,  et  M.  de  Bucli  des  Mytulites  dans  les  Alpes 
de  Seisser  pres  de  Caslelrut.  II  indlque  aussi  le  gres  rouge  avec 
de  la  houille  dans  la  vallee  de  Valli ,  et  discute  la  place  gcogno- 
stique  de  certains  agglomerats  composes  de  fragmens  de  quartz 
el  de  scluste  du  territoire  de  Feltre.  Dans  ces  lieux,  le  gres 
rouge  sert  quelquefois  de  gangue  au  mcrcure  sulfure,  et  du  fer 
sulfure  s'y  trouve  dissemine,  par  exemple,  dans  la  vallee  de  Mo- 
nache. 

Le  calcaire  alpin  commence  au  nord  de  Bclliine  ,  et  ne  ren- 
ferme  pas  de  caverne;  il  git  en  stratification  concordante  sur 
le  schiste  siliceux  bituniineux,  ou  sur  le  gres  rouge,  par  exem- 
ple, sous  le  pont  de  la  Mortis.  Les  calcaires  oolitiques  reposent 
en  stratification  transgressive  sur  les  flancs  des  montagnes  de  cal- 
caire alpin.  Suivant  lui,  ce  dernier  calcaire  est  le  plus  souvcnt 
en  stratification  horizontale.  Dans  le  Valle-Imperina ,  il  en  cite' 
une  variete  a  filons  de  cuivre  pyriteux ,  qui  est  plus  cristalline 
et  ne  presente  point  de  vestiges  organises.  Dans  un  endroit  du 
Bellunais  ce  calcaire  est  marneux,  comme  entre  Muda  et  Zoldo  ; 
pres  de  Seghe  del  Cellt»la  il  y  a  des  calcaires  caverneux,  ressem- 
blant  a  la  rauchvacke,  qui  forment  des  couches  dans  le  calcaire 
alpin. 

II  discute  I'opinion  de  M.  Maraschini  el  d'aulres  sur  la  classi- 
fication de  (|uelques  calcaires  de  rerlaincs  localites  ;  par  exem])le, 
de  celui  de  Civillina  qu'il  regarde  comme  du  calcaire  alpin.  En- 
fin,  il  termine  son  memoire  par  la  citation  des  fossiles  de  cette  for- 
mation ;  les  Ammonites primordialis  et  antudatu.'s  de  Schlotheim 
se  trouvent  dans  le  calcaire  des  monts  de  Vedana  et  de  Pcron ; 


2 1 8  Ge'ologie. 

le  Tcrehrntulites  mriahilis ,  dans  la  ravine  du  Mas,  dans  le  cai- 
caire  cellulaire  de  Pirago  et  celui  du  mont  Seva  ,  et  le  Terebra- 
tulites  lacunosus ,  dans  la  montagne  de  Carrera ,  pres  du  village 
de  Peron.  A.  B. 

284.   SUPPLKMETJT    AU    MEMOIRF.    SUR    I.F.S    TERRAINS    des  pi'OvinCOS 

venitienncs;  par  le  prof.  T.  A    Catullo.  (  Gior/i.  di  Fisicd , 
Chimica ,  dccemb.  iSaS  ,  pag.  [^[^l^. ) 

L'auteur  y  discute  d'abord  la  place  de  la  formation  du  nius- 
clielkalk  des  Allemands,  et  il  prefcre  associer  ce  depot  ct  le  lias 
avecle  calraire  alpin  plutot  qu'avec  le  calcaire  jurassiqiic.  II  parle 
ensuite  de  la  dif'ficulte  de  distinguer  le  grcs  rouge  srcondaire  de 
la  grauwacke.  II  j)enche  a  croire  que  le  gres  rouge  du  Zoldiano 
place  sur  le  steaschiste  el  couvert parle  calcaire  alpin  appartient 
ail  terrain  intermcdiaire  ou  au  gres  rouge  ancien  anglais  ;  d'un 
autre  cote,  il  ne  peut  pas  en  separcr  les  agglomcrats  coquillers 
qui  supportcnt  Ics  formations  secondaires  du  Yiccntin,  de  I'Agor- 
dino  et  du  Cnrnia. 

II  montrc  ensniie  retcnduo  que  prend  ca  et  la  le  gres  rouge 
en  Italic.  On  le  voit  Ic  long  de  la  route  qui  va  d'Agordo  dans  le 
district  de  Zoldo  ;  il  rcs-sort  sous  le  calcaire.  Dans  la  vallce  de 
Mae,  parallele  a  celle  de  Duram ,  il  s'eleve  au-dessus  des  escar- 
pemens  de  steaschiste.  On  le  revolt  a  S.-Niccolo  et  a  3  niilles  de 
S.-Floriano.  II  s'etend  peut-eire  sous  le  calcaire  des  montagnes 
de  Crot,  de  Forada,  Salera  et  Piaruol. 

II  existe  pres  de  Zo])pe  et  au  pied  du  mont  Sovelle  ,  ou  il  est 
rouge,  Ires-fin  ,  et  renferme  des  grands  Peigues.  11  se  cache  soui 
le  calcaire  nietallifere  de  Sovelle  ct  du  mont  Rit ,  el  reparail 
dans  le  Cadore  et  le  Carnia. 

A  4  ou  5  niilles  de  Fornesiglia  ,  la  montagne  de  S.-Croce  pre- 
sentea  sa  base  du  calcaire  alpin  surraonte  de  gres  bigarre  gypsi- 
fere,  de  calcaire  jurassique  et  de  gres  tertiaire,  coquillcr,  verda- 
tre.  Le  calcaire  alpin  se  prolonge  de  la  a  Cibiana  ,  ou  il  repose 
sur  le  gres  intermcdiaire  jaunatre  a  Calamites  Stcrnb.  (  C.pseu- 
tlohambusia  ). 

L'auteur  n'a  remaique  dans  aticun  cndroit  du  pays  de  Cadore 
ni  le  musclielkalk    ni  le  quadersandslein.  A.  I>. 

-286.   Rflations  CKOCXOSTiQUF.s  du  district  de  Scliemnltz. ;  par 
CI.  JTartim.  (  Animlcs  dc  Gilhrrt ,  torn.  LXXII,  pag.    345.) 

I.es  niiiics   de  Sclicninilz  j-niit    dans    drs  jxniiliyres  i\  base  de 


Geologic.  1 1 9 

fi'ldspalli,  (I'.-irgiloliihe,  dc  srriinstein  ct  do  sienitc  qui  passoiit  soil 
au  biisalle,  soil  nux  rcliiiites  ,  pcrliles  et  ponces.  C'esI  uii  depot 
iiitcrmeciiaire  sm.blable  a  celui  de  la  sieiiite  de  Meissen  ,  et  il 
repose  sur  dcs  scliistes  primitiCs.  On  y  rencontre  unc  coiuhe  de 
caicaire  grenu,  des  petlts  tilons  d'epidote,  des  nids  de  launionite, 
un  mineral  semblable  a  la  pinlte,  des  jietits  filons  de  kollyrite, 
un  lit  de  porphyre  globulaire  et  des  Spherulites. 

On  connait  ,  a  Schemnitz  surtout  8  lUons  principaux ,  cou- 
rant  heures  2  a  4 ,  et  plongeant  au  S.  -  E.  sous  5o  ou  70".  L'au- 
teur  les  enumere;  il  cite  ce  qu'ils  contiennent  et  vient  ensuite  a 
parler  des  masses  de  micascbiste  ,  de  caicaire,  de  grauwacke  et 
de  quartz,  qui  sont  environnees  par  le  porphyre  sienitique  entre 
Tepla  et  Glasbutte  ,  et  cntre  Gassa  ,  Scliiittersberg  et  Eisenbath. 
Elles  ne  peuvent  appartenir  qu'au  porphyre  ou  a  un  de])6t  de 
grauwaeke  plusrecenle.  II  y  a  unagglomeratporpbyriquc  pres  de 
Diilleii ,  Gieshiibel ,  Ilia,  etc.,  qui  est  pcut-elre  un  roihlipgcnde  ;  il 
alt  erne  avec  un  gres,  ct  con  lien  t,  presd'Ilia,  desboispctrini/s.A.B. 

286.  Etat  geognostique  des  mines  des  districts  d'Oravicza, 

DOGNACSKA  ,   SzASZRA    ET  I*JeU-MoEDOVA  ,  DANS    LE    BANNAT    DE 

Temeswar  ;  parM.  MKRTnai.  (^Mineralogisc/tex  Taschenbuch; 
3*-'.  part. ,   1823,  pag.  527.  ) 

L'auteur  commence  par  la  topograpbie  du  district  d'Oravicza. 
Les  rocbes  qui  y  dominent  sont  la  sienite,  la  diabase  alternant 
avec  deslils  de  grauwacke  ,  le  caicaire  grenu,  et  le  grenat  com- 
mun.  Le  micascbiste  se  trouve  dans  la  partie  supcrieure.  La  sie- 
nite  y  forme  dcs  amas  allonges  qui  ont  une  direction  assez  con- 
forme  a  ce'le  dcs  couches  des  roches  environiiantcs  ;  neaninoins 
ces  amas  semblent  s'elargir  vers  le  bas  et  vers  Maidan,  Oravicza 
et  Csicklova.  Les  grauwackes  schisteuses  s'appuient  confnse- 
ment  sur  cette  sienite.  Le  caicaire  grenu  n'cst  qu'une  roche  sn- 
bordonnee  au  caicaire  ordinaire,  et  il  forme  le  long  de  la  sienite 
une  masse  puissante,  et  dans  les  montagnes  Kleindilfa  et  Vo- 
dorna  il  se  trouve  entre  le  griinsteinscbiefer  et  la  sienite. 

Au  contact  de  la  roche  caicaire  et  sienitique  il  y  a  des  amas 
de  grenat  qui  ont  plusieurs  toises  d'epaissrur.  C'est  la  le  gise- 
inent  des  minerals  de  cuivre  ,  de  plomb ,  de  zinc  et  de  for  ,  qui 
sont  accompagnes  do  qiinrlz,  de  chaux  ccirbo/Kitcc  ^  i\e  grcin- 
tnatite  ct  de  taj'elspath.  11  y  a  plusrarenicnl  un  peu  d'or  natif,  et 
«juelqucrois  dcs  zeolites ,  du  bole,  de  la  steatite  ,  de  rapopbyllite. 


220  Ge'ologie. 

«lu  cobaU  gris  et  du  inolybdene  sulfure.  L'auteur  entre  dans  beau- 
coup  de  details  sur  plusieurs  varietesde  ces  minerals  et  mineraux, 
et  sur  lours  diverses  associations.  Les  minerais  de  cuivre,  qui  sont 
I'objet  principal  de  I'exploitation  ,  s'y  trouvent  sous  la  forme  de 
cuivre  pyriteux  ,  de  cuivre  gris,  de  cuivre  oxidule,  de  cuivre 
carbonate,  de  chrysocolle  :  leplomb  y  est  sulfure,  carbonate  oa 
phosphate,  et  le  zinc  s'y  tronve  en  blende  ,  en  calamine  et  zinc 
oxide.  A  Steuersdorf,  a  qurlqnes  heures  au  iV. -E.  d'Oravicza  , 
ii  y  a ,  a  looo  pi.  au-dessus  de  la  mer,  des  roclies  houilleres  et 
de  gres  rouge  sur  le  calcaire  de  transition. 

L'auteur  decrit  ensulte  le  district  de  Dognacska  ,  sur  lequel  il 
donne  beaucoup  de  details  topographiques  et  geologiqiics.  Les 
memes  rochcs  d'Oravicza  s'y  retrouvent  ;  des  amas  de  c-dcaire 
grenu  et  de  grenat  s'y  rencontrent  entre  la  sienitea  amas  de  dia- 
base et  le  micaschiste.  Les  minerals  y  sont  plus  varies  ;  il  y  a  , 
par  exemple,  du  fer  spathique  ,  de  I'antimoine  ,  du  manganese 
oxide  ,  du  zinc  sulfure  ,  du  fer  pyriteux  magiietique  ,  du  fer  oxi- 
dule, du  fer  oligistp,  etc.  Apres  des  details  sur  les  associations  de 
ces  differens  fossilcs ,  l'auteur  dit  que  le  calcaire  infermediaire 
d'Oravicza  manque  a  Dognacska ,  et  il  passe  au  district  de  Szas- 
zka.  Les  miner.iis  et  le  grenat  s'y  trouvent  encore  de  memc  au 
contact  do  la  sienite  et  du  calcaire  ,  et  il  y  a  de  beaux  raineraux. 
Ensuile  l'auteur  parle  de  Moldova,  ou  existent  les  memos  depots, 
et  il  cite  des  masses  de  quartz  corne  et  a  bandes  singulieres  dans 
la  sienite  ainsi  que  des  amas  ou  filotis  basaltiqiies  dans  la  meme 
roche.  Enfin  ,  il  acheve  son  memolre  en  disant  que  le  micaschiste 
du  Bannat  court  du  N. -O.  au  S. -E. ,  que  la  sienite,  le  calcaire 
et  le  grenat  courent  du  N.  au  S.  ,  et  qu'ils  reposent  en  stratifi- 
cation non  concordanle  sur  le  micaschiste.  A.  B. 

287.      QuEI.QUF.S    NOTICES     TOPOCRAPHIQUF.S     ET     CEOCNOSTIQLES 

sur  une   partie  jusqu'ici  inconnue   du   district  norwegien  de 
Sondonfielil;  par  Keilhau.  [Isis,  12".  part.,  p.  i354.) 

L'Aggershuus  et  une  partie  du  Bergonhuus  contiennent  un 
district  montagneux,  de  i5o  milles  carres ,  inconnu  en  geogra- 
phic. Ce  pays  est  le  plus  sauvage  eta  les  ])lus  hautes  montagnes 
dela  Norwege  :  c'est  un  plateau  sur  lequel  s'clcvent  des  cones  et 
des  pyramidcs ;  les  creles  y  courent  do  I'E.  a  I'O. ;  la  ch.iine  prin- 
cipale  est  sur  les  limites,  entre  Valders  et  Gulbrandsdal.  Le 
groiipe  ccnirals'appelle  Ilorumlglindc,  Galdcbcrg-knauscct  Mu- 


Ce'ologie.  2  at 

gnafield,etc.  Sur  les  limites  de  ce  groupe,  le  Mugnafield  s'eleve 
deja  a  6,75o  pieds,  et  le  Skagastolens-Tinde  a  7^000  pieds 
parisiens. 

II  y  a  beaucoup  de  lacs ,  dont  les  trois  plus  reniarquables  sont : 
le  lac  de  Bygdin  ,  3  a  4  millcs  de  long  ,  et  qui  est  a  3, 400  pieds 
au-dessus  de  la  mer;  le  lac  de  Gjendin,  eleve  de  3, 000  pieds, 
et  le  lac  de  Tyen.  L'auteur  raconte  son  voyage  a  travers 
ces  liautes  inontagnes,  entre  Valders  et  Sogn,  et  i!  y  dccrit  les 
pyraraides  nombrcuses  et  les  champs  de  neige.  La  liniite  de  la 
neige  perpetuelle  y  serait,  d'apres  lui,  a  5, 200  pieds  parisiens 
au-dessus  de  la  mer. 

II  donne  ensulte  quelques  details  geologiques.  Le  gneiss  et  le 
scliiste  argileux  ferment  le  plateau  :  rarement  on  y  voit  du  mica- 
schiste.  La  grauwacke  couvre  le  scliiste  argileux  dans  la  partie 
sud  du  Valders  et  dans  une  partie  du  Hallingtlial.  Dans  la  partie 
nord-ouesl  du  Valders,  dans  le  Gulbrandsdale  et  dans  I'lrdre- 
Sogn  ,  le  scliiste  argileux  supporte  un  cnorme  depot  de  sienite, 
qui  git  aussi  sur  la  grauwacke  sur  le  mont  Gronseiidknippen. 
Cette  sienite  forme  des  pyramides  de  3, 000  pieds  de  haut  sur  le 
scliiste  argileux,  qui  s'eleve  deja  a  4,000  {)ieds.  Le  schiste  argileux 
devient  quartzeux  dans  les  assises  superieures,  et  passe au schiste 
quartzeux;  quelquefois  il  renferrae  en  outre  un  peu  de  feld- 
spath,  comme  aux  glaciers  d'Elo,  dans  la  vallee  de  Koldethal. 
Le  gneiss  ne  parait  guere  sous  la  sienite.  II  y  a  du  schiste  alumi- 
neux  ,  intermediaire  au  Langeberg,  dans  le  Sindre  Ourdal ,  et  ca 
et  la  dans  le  Slidre.  Dans  les  bales  du  Sogn,  il  y  a  beaucouj) 
d'alluvions,  qui  indiquent  un  niveau  jadis  plus  eleve  de  la  mer 
du  Nord.  A.  B. 

288.  ExTRAiT  DE  r.'ouvRAGE  DE  M.  W.  ScHULZE ,  intitulc  : 
Description  geographique  et  geognostique  dcs  iles  de  IVollin  et 
TJsedom.  {^Mineral.  Taschenb.,  i^".  part.,  iSaS,  p.  193.  ) 

L'ile  de  WoUin  est  montueuse,  a  I'exceptlon  dela  partie  orien- 
tale.  La  partie  la  plus  elevee  forme  les  monts  de  Mokratz.  Les 
masses  minerales  de  cette  ile  sont  des  sables  litaniferes,  des  ar- 
giles,  desmarnes,  de  la  craie  quelquefois  a  silex,  des  argiles  sa- 
blonneuses  et  de  la  tourbe.  II  y  a  dcs  blocs  granitiqucs  ou  por- 
phyrlques.  Le  sable  tltanifcre  contient  du  zircon  et  du  spinelle,tl 
repose  sur  des  argiles  qui  lui  offrent  une  surface bosjelec.  L:i 
marne  et  la  craie  se  Irouvent  sur  la  pente  nnrd  du  mont  Lebbi.-i. 


2  22  Geohy^ic. 

La  touibesetrouve  pres  Warnow, Dauiii'iibcrg  tl  Fciniiowsfoldc, 
et  (111  lac  VIezig  jiisfju'au  cabaiH-t  lie  l\Iib(lroy.  Kile  a  quchjut  lois 
liG  pieds  d'cpaissctir.  I.'a'.Ketir  doniio  line  idc'-c  de  la  lopot^rapliie 
de  I'ile  d'Usedoin  ,  qui  est  coniposi'e  de  plaiiics  elcvt'cs,  de  col- 
lines  et  de  vallons,  et  qui  ofi're  les  m»}mes  roches  quo  I'ile  de 
Wollin.  Pres  de  Gothen  ,  I'argile  coiitient  des  frapniens  d'uri  cal- 
caire  gris  verdatre  rempli  de  petrifications  (oi-tlioccratites,  ammo- 
nites, terebratules  et  plusieurs  bivalves);  et  iln'y  a  cependant 
nulle  part  des  traces  de  ce  calcalrc.  La  craie  se  trouve  au  mont 
Kalkbcry.Les blocs  ne  soiitpas  Ires-coinmuns  dans  cetleile.  La  nier 
jette  sur  les  cotes,  de  I'ambre  ct  bcauconp  de  coquilles,  telles  que 
dcs  Pectoncles  stries,  des  Moules  et  des  TclKr.es  de  Liniiec.  Les 
coquillages  dnrivagesont  dcs  coquiUages  fliiviatiies ,  les  mcius 
que  ceux  du  lit  de  la  Havel  et  de  TOder,  et  des  lacs  de  la  Pome- 
rame,  el  qui  se  trouvcnt  aussl  sous  les  tourbieres.  A.  B. 

289.  Sun  LK  PIC  DE  TenjIriffe;  par  M.  L.  DE  BucH.(il////<v<7/. 
Taschenb.,  4*^.  part.,  iSaS  ,  p.  8i3. ) 
L'aulcur  donne  des  details  sur  les  dcj)6tsponceux  de  Teneriffe. 
Les  ponces  entourent,  comme  un  manteau,  la  plus  grande  par- 
tie  du  pic,  et  ellcs  couvrent  tous  les  courans  basaltiques  pres 
Santa-Cruz,  Vittoria  et  Santa-Ursula,  tandis  <|u'el]es  n'existent 
pas  sur  le\  courans  d'Orolava  ou  ceux  qui  atteignent  la  mer. 
Les  ponces  sont  plus  recentes  que  les  basaltes,  qui  forment  la 
parlie  orientale  de  I'ile,  et  plus  ancicnnes  que  les  courans  de  lave 
du  pic,  ei  ellcs  ont  peut-etre  ete  formees  lors  de  I'eievation  du 
pic  liors  du  cratere  d'olevalion.  Depiiis  le  mont  Orotava  on  voit 
bie'A  le  cercle  de  rochers  qui  environue  les  dunes  tracliytiques  du 
pic  ct  de  la  Cbahorra  :  on  passe  des  basaltes  a  argile  aux  tufs  Iza- 
chytiques  friables ,  ct  enfin  on  arrive  au  trachyte  a  amplilbole.  II 
V  a  au  pic  un  cirque  de  rochers  seinbluble  a  celui  du  mont  d'Or.  Les 
traclivtessontquelfpiefoisvitrinesarexterieur  dans  les  crateres  du 
pic  et  de  la  Chahorra :  les  ponces  y  sont  disseminees  tr«'s-regu- 
lierenient;  et,  d'apres  la  grosseur  des  fragmens,  il  parallrait 
qu'elles  ont  etc  lancees  des  environs  d'Estancia  Ariba ,  a  9,3  1^ 
picds  de  hauteur,  et  que  les  crateres  (pii  les  out  voniis  sont  main- 
tenant  combles  par  des  coulees  d'obsidienne.  L'existence  de  c< ;. 
coulees  est  niise  hers  de  doule  par  la  narration  de  I'auteur ,  (]ui 
deer  it  la  surface  de  ces  courans  comme  des  amas  de  cordes  tor- 
dues.  D;.)is  les  ]>arties  infcrienres  rob.sidipiinc  passe  a  la  n'tiiiitc. 


o 
Les  ponces  ne  recouvront  pas  c-es  coulees  ,  et  sonl  done  plus  aii- 
eiennes ;  ce  qu'on  pouvait  soupronner,  puisque  la  ponce  n'est 
qu'une  obsidienne  boursouflee.  Ces  coulees  il'obsidieiine  Jiesont 
pas  sorties  du  cratere  dii  pic  ,  mais  des  environs  du  cralere  de  la 
Chaliorra;  le  point  le  plus  has  dont  elles  sont  sorties  est  a  8,900 
pieds  audessus  de  la  mer.  Le  cratere  de  laChahorra  etail  place, 
])ar  rapport  au  lieu  d'ou  sortait  la  ponce,  de  manicre  a  en  eni- 
pedier  la  chulc  sur  sou  cole  occidental ;  ce  cpii  prouve  que  la 
])()nce  est  partie  d'un  point  bas  du  pic,  ou  peut-etre  du  point 
ififerieur  de  sortie  des  obsidiennes.  L'auleur  terniine  ce  uie- 
nioire  par  des  idees  sur  I'origine  de  la  ponce  et  de  I'obsidicnne.  II 
avance  d'abord  que  la  ■vitrification  desrociies  n'indique  pas  une 
grande  clialenr,  mais  plutot  peu  de  pression  sur  le  voisinage  de 
la  surface;  tandis  qu'une  pression  forte  aide  I'altractlon  contre  la 
clialeur  ,  et  produit  des  roches  lithoides.  Les  partits  vitrifieessont 
toujours  a  la  surface  degrandes  masses  de  roches.  II  cite  des  ob- 
sidiennes a  cristaux  d'augite  a  la  Guanclia,  et  des  grains  d'oli- 
vine  dans  celle  d'Icod-los-Vinos.  Cctte  olivine  entouree  de  la- 
luelles  de  feldspath  lui  a  rappele  les  cristaux  d'aUgite  raele  de 
cristaux  de  feldspath  a  druses  d'epidote  de  Dramnien,  en  Nor- 
■yvege.  II  trace  le  passage  de  I'obsidienne  au  basalte.  Le  trachyte 
est  pour  lui  la  roclie  iynee  dont  les  aulres  se  formeut.  Les  ponces 
veritables  sont  a  trous  allonges  et  a  jiarties  solides  fibrcuscs  ,  et 
sont  les  produits  d'emanations  gazeuses.  Pcut-eire  dies  sont  eu 
coulees  a  Lipari  et  pred  d'Andt  rnacli  :  il  est  possible  qu'une  fois 
I'obsidienne  y  ait  acconipagne  la  ponce.    .  A.  B. 

ago.  Observations   geolociqies  contenncs  dans  la  relation 

DC  L'lXI'EniTlON    DE  PITTSBURGH   AlIX    MONTACNF.S  RoCHtUSES, 

faite  en  1819  et  1820,  sous  le  coniniandement  du  major 
Long.  Extrait  des  notes  du  major  Long,  T.  Say,  etc.,  par 
Edwin  James,  botaniste  et  geologiste  de  I'expedition.  '^  vol. 
in-8".  ,    avec  une    carte   et    quolques    vues.  Londres :    ;823. 

La  chaine  des  montagnes  rodieuses  est  une  contin>ialion  des 
Andes  qui  bordent  un  cote  de  la  grande  vallee  du  M'ssissijii, 
tandis  que  la  chaine  bien  diff'erente  et  bien  nioins  haute  des  Alle- 
ghanys  forme  I'aulre  cote.  Les  AUeghanys  et  la  chaine  des  monts 
Ozark,  qui  sc  trouve  dans  la  partie  occidentale  de  la  vallee  du 
Mississipi,  ont  la  mi'mc  (!i?i(lic;n  ,  <  1  foiu.ciit  av/r  les  Atuh's  ,  n:i 


2  24  Geologic. 

angle  de  Ao",  et  offrent  les  memes  roches.  La  chaine  des  nion- 
tagnes  noires,  vers  le  iMissouri  superieur,  est  peut-etre  parallele 
aux  prccedentes  ;  mais  les  monlagnes  rocheuses  ont  des  carac- 
teres  tout  particuliers.  A  leur  pied  se  trouve  un  immense  de- 
sert, dont  le  diametre  nioyen  est  de  5  a  600  milles  anglais;  c'est 
une  plaine  couverte  de  sable  granitique.  II  y  a  une  plaine  sem- 
blable  au  pied  du  revers  oppose  de  cesmontagnes.  Pres  de  I'em- 
bouchiire  de  la  riviere  Fiatte,  il  y  a  des  calcaires  horizontaux, 
lies  avec  les  roches  des  monts  Ozark ;  mais  au-dela  Ic  desert  ne 
prcsente  qu'un  fond  ondule  sablonneux  ,  semblable  a  celiii  d'un 
fleuve ,  et  le  sable  y  est  tres-fin  jusqu'a  ce  qu'on  soit  arrive  a  une 
suite  de  collines  a  400  milles  a  I'oucst  des  calcaires  horizontaux  ; 
an-dela  il  est  remplace  par  des  cailloux  et  des  blocs.  Dans  quel- 
ques  parties  du  dt5sert ,  il  y  a  quelques  lits  de  gres  et  de  pou- 
dingues,  et  le  sol  y  est  en  general  salin. 

Sur  le  pied  de  la  chaine  regne  une  chaine  de  collines  basses  de 
gres  micace  et  de  poudingues,  qui  est  separee  des  veritables 
roches  de  ecs  monlagnes,  par  une  autre  zone  de  roches  micacees» 
tres-fortement  inclinees,  et  presentant  toutes  sorles  de  formes 
bizarres.  Des  restes  de  plantes  et  d'etres  inarins  se  rencontrent 
dans  ces  gres  ,  dont  la  destruction  a  pu  donner  naissance  au 
sable  du  desert.  Le  gres  le  plus  voisin  du  granite  qui  compose  les 
montagnes  rocheuses  est  un  gres  rougeatre  ou  brunatre  et  fcrru- 
gineux.  II  conticnt  ,  dans  sa  parlie  infcrieure,  quelques  masses 
ellipsoides  de  Ilornstein  ,  a  restes  organiques.  Ce  gres  est  recon- 
vert d'une  roche  semblable  argileuse  ,  le  plus  souvent  grise  et 
m^me  schisteuse.  Celte  derniere  renferme  des  argiles  schisteuses 
et  de  la  houille.  L'auteur  parcourt  cnsuite  la  distribution  de  ces 
gres  dans  la  valleeduMississipi,  etmontre  leur  association  avec  le 
gypse,  le  sel  et  les  sources  salees.  Des  roches  trappeennes  (Griins- 
tein  et  amygdaloule)  ont  etc  observees  au  pied  des  montagnes 
roclieuses,  surtout  a  la  source  de  la  riviere  Canadeenne;  elles  y 
sont  en  montagnes  ou  buttcs  ,  au  milieu  des  gres  secondaires. 
Leurs  parlies  porcuses  ou  scoriacees  ont  t^te  prises  pour  de  la 
ponce.  II  y  a  des  prtits  filons  et  des  lits  de  gypse  dans  le  gres 
argiicux,  surtout  sur  le  fleuve  Canadeen  ,  et  le  gel  s'y  trouve 
en  efflorescence  et  en  masse.  (IJords  de  I'Arkansa ,  de  la  riviere 
rouge,  etc.)  II  n'y  a  point  de  calcaire  dans  les  montagnes  ro- 
cheuses ;  le  granite  seul  parait  y  domincr  dans  la  partie  visitce. 

Les  montagnes  Ozark  s'ctcndent,  dn.S  -0.au  N.-E,  du  Rio-Co- 


Geologic.  225 

i-orado  et  du  Texas  jusqu'aii  confluent  du  Missouil  et  du  Missis- 
sipi.  Elles  ont  une  Jargeur  considerable ,   et  s'eievent  larement 
plushaut  que  i5ooa  2000  pieds  au-dessus  de  la  mer.  Elles  sent 
formees  presque  entiereinent  de  roches  intermediaires  et  secon- 
daires.  Le  calcalre  compacte  de  transition  y  abonde  et  alterne 
avec  des  gres  micaces  et  des  roclies  quart zeuses.   L,a  roclie  cal- 
caire  est  souvent  grisatre  etremplie  de  petrifications  ,  telles  que 
des  Encrines;  quelquefois  elle  prend  la  texture  grenue  ,  comme 
pres    des   depots    exploites    de  plomb    quelle   renferme ,   par 
exemple,  entre  Franklin  sur  le  Missouri,  et  le  Council  Bluffs.  Des 
masses  de  silex  neopetre  ou  corne  I'accompagnent  ca  et  la.  Outre 
ces  roches  ,  il  y  a  des  gres  argileux,  micaces  ,  talqueux  ou  clori- 
teux  ,  qui  renferment  quelquefois  du  plomb  sulfure,  et  qui  sont 
la  roclie  dominante  des  Oznrk.  Ce  gres  contient  des  lits  de  pou- 
dingucs  ;  il  est  quelquefois  fort  compacte  ,  et  s'eleve  a  2  ou  3ooo 
pieds.  Dans  plusieurs  endroits   on  observe  une  argile  blanche 
pure  ,  comme  pres  de  Bainbridge  ;   elle  a   ete  prise  pour  de  la 
oraie  par  Schoolcraft.  L'argilite  ,  probablement  une  varlete  de 
scbiste  argileux  ,  abonde  aiissi ,  suivant  I'autcur ,  dans  ces  mon- 
tagnes  ,  comme   pres  des  sources  chaudes  de  Washita  ,  oil  des 
filons  de  quartz  se  trouvent ,  et  ou  ses  couches  sont  fort  inclinees. 
Le  granite  ne  parait  que  fort  rarement  sousles  roches  preceden- 
tes;  on  le  voita5  milles  S.-E.  des  sources  chaudes;  il  renferme  du 
schorl,  du  fer  magnetiqne,  et  quelquefois  de  la  mesotype  et  de  la 
stilbite,  qui  y  remplace  meme  ca  et  la  une  des  parties  constiluan- 
tes  ordinaires  du  giaiiite.  L'auteur  donne  ensuite  quelques  details 
sur  le  gres  salifere  qui  exist  e  entre  la  riviere  Rouge  etlariviei-e  Ca- 
nadeenne  ,  et  dans  plusieurs  autres  contrees  presque  inconnues. 
II  revient  aux  montagnes  rocheuses ,  qui  doivent  eti'e  fort  ele- 
•vees,  puisqu'il  estlrae  la  plaine  a  leur  pied,  a  8000  pieds  au- 
dessus  de  la  mer.  Enfin,  il  donne  quelques  details  sur  la  pente 
NO.  des  montagnes  Alleghany.  Le  calcaire  grenu  y  serait  la  roche 
la  plus  reccntc ,  s'il  n'etalt  pas  intimement  lie  avec  le  calcaire  com- 
pacte, mt'tallilere  ou  a  Encrines.  Ce  calcaire  n'est  separe  des  mica- 
schislfs  du  Canada  inferieur  que  par  des  alternatives  de  calcaire 
grenu  et  dc    roches   de  quartz;  le  gres  rouge  ancien  le  separc 
du  calcaire  compacte   du  bassin  du  lac   Charaplain.   Dans  I'etat 
de  New-York  ,  le  long  de  I'Hudson  ,  duScliiste  argileux  se  trouve 
onfre  le  calcaire  grenu  et  compacte;  le  calcaire  de  transition 
forme  une  hande  etroitc  dans  Ics  Alleghanys ,  et  supporte  Ics 
15.  Tome  L  1  j 


?!26  Geologic. 

iiiitres  dcj)6ts.  II  alferne  avcc  dcs  scliistcs  argileux  ,  dcs  gran- 
wackes,  des  schistes  siliceux  ,  roches  qui  renferment  des  restes 
de  zoophytes.  II  y  a  de  plus  un  gres  rouge  ancien  qui  forme  la 
Hinite  des  montagnes  de  transitiou  ,  el  qui  renferme  de  I'anthra- 
cite  et  des  impressions  vegetaies.  Le  long  de  I'Ohio  ,  de  Pittsburgh 
au  confluent  du  Greenriver,  des  gres  horizontaux  a  lits  de  houille 
supportent  souvent  du  calcaire  compacte.  A.  B. 

291.  EssM  GEOLOGiQUE,  ou  Recherclies  sur  quelques  phenomenes 
geologiqucs,  observes  dans  differenles  parties  de  I'Amerique 
et  ailleurs;  par  H.  Hayden.  Baltimore  ;  1820. 

L'auleur  y  parle  des  alluvions ,  et  en  particulier  du  terrain 
d'alluvion  qui  forme  Ics  Etats-Unis  le  long  de  I'Atiantique.  II 
s'efforce  de  montrer  qu'il  doit  son  origine  a  des  courans  se  di- 
rigeant  du  N.-E.  auS.-O.  ou  du  N.  au  S.  II  niontre  que  ce  n'est 
I'effet  ni  de  la  mer  ni  des  fleuves.  Les  derniers  fornient  des  allu- 
vions beaucoup  plus  locales.  II  considere  la  disposition  des  callloux 
et  I'aspect  des  pays  du  nord.  Les  alluvions  du  lac  Ontario  indi- 
quent  aussi  un  courant  se  dirigeant  du  N.-E.  au  S.-O. 

Les  alluvions  des  fleuves  americains,  coulant  vers  le  sud  ,  for- 
ment  deux  ou  trois  terrasses  plus  ou  mollis  loin  des  fleuves  :  la 
])remiere  est  a  20  ou  25  pieds  sur  les  basses  eaux ,  et  la  seconde 
a  3o  ou  5o  pieds  plus  liaut.  A  40  ou  5o  pieds  de  profondeur , 
les  alluvions  recelent  des  vegetaux  enfouis  associes  avec  des 
osseraens  d'oiseaux  ,  de  poissons  et  de  quadrupedes.  La  mer  ne 
depose  loin  des  cotes  que  du  sable  ,  et  tres-loin  de  la  vase. 

L'auteur  cherche  des  exemples  de  courans  semblablcs  dans 
d'autres  pays  ;  ii  parle  de  la  decomposition  des  rochers  ,  et  de  la 
formation  des  deltas  ,  qu'il  allribue  plutot  a  des  courans,  a  des 
vents  particuliers,  et  a  des  travaux  humains.  II  consacre  aussi 
quelques  pages  a  montrer  I'invraisemblance  de  I'existence  de 
traces  volcaniques  a  Test  du  ]VIissIssij)i.  A.  B. 

292.  Notes  geolociques  sur  les  couches  situf.esentre  Malwa 
ET  GuzERAT,  avec  une  coupe;  parle  Capilaine  J.  Stewart. 
{Trans,  tie  La  Societe  Litt.  de  Bombay,  vol.  3  ,  p.  538.) 

LacliainedeMalwa,  sltuee  entr.ele  22  etle  aS"  de  latitudenord, 
etle  73  ct  79"  dc  longitude  E.  do  Greenw.,  s'eleve  fort  au-dessiis 
de  la  province  environnante  de  Kandaisluin.  On  y  entre  par  un 
defile  apjiele  Jaingliaut ,  {|ui  couduit  sur  un  plateau.  Sur  la  cote 
sud,  la  tliaine  est  bordee  ile  tollines  de  irajip,  et  elle  s'eleve  in- 


Geologie.  537 

sensiljlement  de  I'ouest.  Les  environs  do  Mhow,  a  1,700  pieds 
environ  au-dessusde  lamer,  presenlentsiirtout  des  trnpps  :  et  des 
montagnes  basses,  arroiidies  ou  coniques  semontrent  au  sud-est 
et  a  I'est.  Les  alluvionsdes  bas-fondssont  argileux,  melcsde  tuf 
calcaire,  et  au  pied  des  monlagnes  il  y  a  des  fraginens  de  qiiartz 
et  d'agate.  A  Dhar,  I'auteur  cite  des  blocs  de  quartz  et  d'anjygda- 
loide ,  et  des  couclies  horizontales  qui  composent  les  montiignes  ; 
le  trapp  continue  jusqu'au  fond  de  la  Giiaut.  A  Parrali,  il  y  a  des 
blocs  de  por[)liyre  quartzifere ,  de  niicascliiste  el  de  scliiste  si- 
liceux,  et  du  trapp  en  place  dans  unruisseau.  A  I'ouest  pres  Kau- 
iiaiss,  il  y  a  desgres  rouges  qui  continuent  jusqu'a  moilie  chemiri 
de  Goorah,  cu  le  quartz  forme  des  rochers  bizarres,  et  une  sur- 
face raboteuse.  A  Goorah,  le  quartz  commence  a  disparaitre  ;  il 
y  a  un  fleuve  considerable ,  a  bords  escarpes  de  micaschiste ;  des 
blocs  de  quartz,  de  gres  et  deschistesiliceux,  couvrent  ses  bords. 
Entre  Goorah  et  Wurree,  a  une  distance  de  10  milles,  le  mica- 
schiste domine  et  supporte  des  blocs  de  porphyre  et  de  granite 
rouge.  A  Wurree ,  un  mille  a  Test  de  la  riviere  de  Sookur ,  le  gra- 
nite est  en  place.  A  Rajpoor,  a  G  milles  de  la,  le  porphyre  se 
montre  dans  le  lit  de  la  Sookur,  et  le  granite  gris  ressort  sur  la 
rive  occidentalc.  Le  pays  est  presque  plat,  et  ne  s'eleve  qu'au 
sud  et  a  I'ouest.  II  paraitrait  qri'entre  Wurree  et  Rajpoor  le  granite 
alterne  avec  le  porphyre  ;  la  premiere  roche  va  jusqu'au  village 
de  Teajghur  a  38  milles  de  distance  de  Rajpoor ;  mais  a  quelques 
milles  a  I'ouest  il  n'y  a  plus  que  des  sables  jusqu'a  la  mer. 

Le  district  de  Parkur ,  au  nord  de  Great-Runn  ,  sur  les  bords 
du  desert  de  Scind,  presente  le  meme  porphyre  qu'a  Rajpoor  , 
quoique  cet  endroit  soit  a  3oo  milles  de  distance;  cette  roche  y 
domine  et  s'eleve  a  1,000  pieds  dans  les  montagnes  pittoresques 
pres  la  ville  de  Nuggur-Parkur. 

Une  coupe  ideale  des  terrains  traverses  par  le  Capit.  Stewart , 
est  annexee  a  ce  memoire.  A.   B. 

ig3.  LoNDRES. —  Seance  dc  la  Socicte  gcologiquc  de  Londrex, 
1  jarn'/er  i8'24-  — -On  lit  un  memoire  sur  la  structure  geologique 
de  Saint -Ligo,  une  des  lies  du  Cap- Vert ;  par  M.  le  major 
Colebrooke. 

II  parait,  d'apres  les  observations  de  I'auteur  et  des  ^chantil- 
lons  qui  acconrpaguent  son  memoire,  qu'a  I'cndroit  ou  Ton  de- 
Larque  pies  de  la  ville  de  Porto-Prago,  dans  I'ile  de  Saint- lago, 


2  23  Histoire  nalurelle  generale. 

des  rochers  qui  forment  les  bords  de  la  mer  sont  formes  de  frag- 
mens  de  rorhe  trappeenne,  engages  dans  une  cliaux  carbonatee 
pure  et  dure.  Les  fr.igmens  dc  ccUe  roclie  sont,  en  general,  pe- 
tits,  etaucun  d'eux  ii'est  arrondi  par  le  frottement.  Les  rochers 
sur  lesquels  sont  placees  les  batteries,  et  cii  la  ville  de  Prago 
est  situee,  forment  des  couches  regulieres.  Au  bas  sont  des  cou- 
ches d'un  gres  calcaire  qui  alternent  avec  d'autres  contenantdes 
echantillons  d'unc  liuitre  tres-grande.  Dans  ces  deux  couches  se 
trouvent  des  caiiloux  de  rocbe  trappeenne.  Lacouchesuperieure 
a  8  a  12  pieds  d'epaisseur,  etestaussi  trappeenne.  —  i&  jarwier. 
On  lit  le  commencement  d'un  mcmoire  intitule  :  Esquisse  de  la 
geoiogie  de  la  parlie  meridionale  de  la  Russie ;  par  I'honorable 
M.  .1.  H.  Fox  Strangways,  membre  de  la  Societe  geologique. 


HISTOIRE    NATURELLE    GENERALE. 

2y4-       DiCTIONNAIRE    DES    SCIENCES    NATURELLES,   par    plusleurs 

Prof,  du  Jardin  des  Plantes  et  des  principales  ecoles  de  Paris. 
Tome  XXVIIle.  (  MAD-MAN  A).  In-8°.  et  le  XXVr.  cahier 
de  ao  pi.  Paris  ;  Levrault. 

Ce  volume  renferme  un  assez  grand  norabre  de  grands  arti- 
cles, tels  que  les  suivans  : 

Mais,  par  M.  Loiseleur-Deslongchamps. 

Magnolier ,  par  M.  Poiret. 

Maladies  des  vegctaux,  par  M.  Massey. 

Magnrsite  et  Magnesie,  j)ar  M.  Brongniart.  Ce  dernier  ai'ti- 
cle  renferme  particuliereracnt  la  description  des  especes  minera- 
les,  auxquelles  on  a  donne  les  noms  dc  magnesic  bora  tee  ou  bo- 
racitc,  magnesie  silicatce  ou  condrodite,  magnesie  carbonatee  a 
laquelle  I'autcur  applique  la  nouvelle  denomination  univoque  de 
GiOBERTiTE,  et  magnesie  hydralec,  a  laquelle  il  donne  cello 
de  Brucite. 

Magnesie  sulfatee ct  Magnclisnie des  mitieraux ,  par  M.Brard. 

Magnctisme.  Dans  cet  article,  M.  Lacroix,  aprcs  avoir  defmi 
le  magnctisme,  traitc  successivcment  de  I'aimantation  ,  de  la  de- 
clinaison  ct  de  I'inclinaison  dc  raiguille  aimanlee  ,  dc  la  mcsure 
des  forces  magneliqiies  el  des  jjlienomnees  electro-maguetiques. 

Magnesium,  par  M.  Chevjeiil. 

Aladrepares  pt  Maillol ,  par  M.  de  Blainvillc. 


Histoire  jiatureUe  generate.  229 

Manahin ,  pai- M.  Duniont. 

Mahis  et  Malacostraccs ,  par  M.  Desm;irest.  Cc  dernier  arti- 
cle, ayant  288  pages,  est  le  plus  ctendu  de  tons  ccux  que  com- 
prend  le  28<^.  volume  du  Dictionnaire  des  sciences  nr.lurelles. 
L'auteur,  charge  dela  description  des  crustaces  en  remplacement 
de  M.  le  Dr.  Leach,  qu'une  lualadie  cruelle  a  mis  depuis  long- 
temps  dans  rimpossibiiite  de  remplir  la  tache  dont-il  s'etait 
charge,  a  et^  oblige  de  reprendre  en  entier  I'histoii'e  des  auimaux 
de  cette  classe,afin  de  comblerles  nombreuses  iacunes  qui  cxis- 
taient  dans  les  volumes  qui  ont  etc'  publics  depuis  celui  qui  com- 
prend  le  commcncenieni  de  la  lettre  G.  II  a  pris  le  mot  Mala- 
costraccs,  employe  par  les  Grccs,  pour  remphicer  ccluide  crus- 
taces en  usage  chez  les  naturalistes  moderncs.  Dans  la  premiere 
jjartie  de  son  travail,  qui  contienl  les  g(5neralitus ,  il  examine 
d'abord  le  rang  que  les  crustaces  paraissent  devoir  occuper  dans 
I'liclielle  des  etres.  II  traite  ensuite  de  la  forme  generale  et  de  la 
structure  de  cesaniraaux ;  puis  il  passe  en  revue  leursdiverses  fonc- 
tions  et  en  decrit  les  organes ,  en  signalant  tous  les  changemens 
que  ceux-ci  presentent  dans  les  diverses  families  ;  enfin  il  s'oc- 
cupe  dans  aulant  de  paragraphes  separes,  des  habitudes  des  crus- 
taces, de  leurs  usages  et  de  leur  classification.  Cinq  grands  ta- 
bleaux presentent  par  ordre  chronologique  loutes  les  mcthodes 
d'arrangement  de  ces  ctres  qui  ont  ete  propos^es  dej)uls  un 
siecle. 

La  seconde  partie  est  consacrce  a  la  description  des  gem  cs  de 
crustaces  et  a  celle  de  leurs  prlncipales  especes.  La  nicthode  adop- 
tee par  M.  Desmarest  est  celle  de  M.  Leach ,  modifiee  autant  qu'il 
I'apufaire,  par  celle  de  M.  Latreille.  Iladmet  deux  sous-classes, 
les  malacostraccs  et  les  entoraostraces;  et  dix  ordres,  les  deca- 
jiodes,  les  stomapodes,  lesamphipodes,  les  lasmodipodos,  les  iso- 
podcs  dans  la  premiere,  et  les  ptecilopeSj  les  phyllopcs,  les  lo- 
])hyropes,  les  ostrapodes  et  les  branchiopodes  dans  la  seconde. 
Cenl-qualre-ving-neuf  genres  sont  paitages  dans  ces  dix  ordres, 
et  un  nombre  presque  egal  d'aulres  genres  moiiis  connus  sont  in- 
diques  dans  de  nombreuses  notes.  M.  Desmarest  a  eu  en  vue  de 
faire  connaitre,  au  moins  par  quelques  caracteres ,  tous  ceux 
qui  ont  etc  adniis  jusqu'a  ce  jour.  A  cette  occasion  il  remarque 
qu'au  temps  de  Linne,  res  genies  n'(5taient  qu'au  nombre  de 
trois,  Cancer,  Onisciis ,  ct  Moiioculiis  ,  et  que  maintenant  cc 
nombre  est  80  fois  plus  considerable.  Pendant  quarante  ans  il  est 


25o  IJistoire  naiurelle  ^e/ierale. 

rcsle  le  irtine,  et  ce  n'est  qu'en  1775,  que  Fabricius  le  porta  a 
sept.  Plus  tard,  en  1793,  ce  colebre  entomologiste  I'cleva  a 
douze,  el  en  1798,  profitant  des  travaux  de  Daldorff,  il  le  fit 
iDonter  a  trente-deux.  M.  de  Lamark  comptait  trente-six  p;enres 
de  cTustaces  en  j8oi  ;  M.  Latreille,  soixante-quafre  en  1806,  et 
apres  un  inlervalle  deplusieursannees,le5  travaux  de  MM.  Leach, 
Rafinesque  et  autres,  porlereut  ce  nombre  au  moins  a  deux  cent 
cinquante  sans  compter  les  doubles  emplois. 

Pour  cviter  lui-meme  les  doubles  emplois,  M.  Desmarest  a 
renvoye  avec  exactitude,  toutes  les  fois  que  I'occaslon  s'en  est 
presentee,  aux  articles  publics  dans  ce  dictionnaire,  par  M.  Lea  cli, 
savoir  :  Cnistaces,  Entomostmccs,  Cyiiiothandces  et  Galntandccs. 
II  a  aussi  conq)lete  la  bibliograj)liie  crustaceoiogique  donnee 
par  ce  naturaliste  dans  le  premier  de  ces  articles. 

Le  caliier  de  planches  qui  accoinpagne  ce  volume  renferme  les 
figures  de  onze  plantes  ,  quatre  poissons,.  qnatre  reptiles  et 
-vingt  coquilles.  L'execntiou  en  parait  toujours  aussi  soignee  que 
celie  dcs  cahiers  prccedens.  A.  G.  D. 

agS.  De  la  matiere  consideree  sous  les  rappouts  de  l'his- 
ToiRE  naturelle;  par  M.  Bory  hk  St.-Vincent  ,  corrcsp. 
de  I'Acad.  des  Sciences, et  de  plusicurs  Soclctes  savantes.  In-8. 
de  32  p.  Paris;  182/,.  [Ejctr.  du  Diet,  class,  dcs  Sc.  Not.) 

Ce  memoire,  qui  a  ele  lu  a  la  Societe  d'histoire  iiaturelle  et  a 
TAcaderaie  des  sciences,  dolt  etre  considere  conime  le  canevas 
d'un  grand  ouvrage  que  M.  Bory  de  St. -Vincent  prepare  depuls 
plusieurs  annecs.  II  n'a  etc  tire  qu'au  nombre  de  3o  exempl. 
adresses  aux  savans  que  I'amitie  lie  avec  Tautcur,  et  dcsquels  il 
a  rccl.ime  les  observations  et  les  conseils.  Envisageant  son  snjel 
sous  un  point  de  vue  lout  nouveau,  I'auteur  apprlle  les  objec- 
tions qu'on  pourrait  liii  faire  pour  rectifier  ou  fortifier  sa  theo- 
rie.  «On  ne  doit  pas  s'attcndre,  dit-il,  a  nous  voir  traiter  la  ma- 
tiere sous  le  point  de  vue  metaphysique,  ni,  comme  on  I'envisa- 
gea  long-temps,  dans  un  esprit  de  sysiciue  qui  n'est  pas  celuide 
la  veritable  philosophic;  nous  rexaminerons  en  naturaliste,  c'est- 
a  dire  que  laissant  au  physicien  le  soin  de  determiner  ses  pro- 
prictes  generales,  nous  nous  attacherons  a  caracteriser  quelqucs- 
unes  de  ses  modifications  specifiques.  Pour  les  aucicns  la  ma- 
tiere eluit  une,  imrte  cl   la   base  moleculaire  de  toute  chose, 


Histoire  iiaiurelle  generale.  25 ! 

inodiiiee  i)ar  la  forme.  II  ctait  difficile  de  ne  pas  la  concevoir 
etenielle  ;  aussi  nulie  llieogonie  ne  dit  positivement  qu'elle  ait 
t'te  liree  du  neant  a  I'epoque  d'une  creation  que  chacune  de  ces 
tlieogonies  racorite  selon  les  traditions  ou  les  idees  qui  regnaicnt 
de  son  temps  dans  les  diveis  pays  oil  dies  ont  pris  naisgance. 

«  La  Genese  etab'it  qu'au  commencement  la  terre  etaif  informe 
et  nue ,  et  que  I'esprit  de  Dieu  ctait  porte  sur  les  eaux  :  or  les 
eaux  de  la  terre  nue  et  informe  etaient  composees  de  matiere,  et 
il  est  bien  evident  que  ce  iivre  sacre  n'enlend  exprimer,  par  ce 
qu'd  rapporte  de  la  creation,  que  le  reveil  du  Seigneur,  reveil 
qui,  introduisant  de  nouveaux  elemens,  tels  que  la  luraiere,  au 
milieu  de  I'inerlie  d'une  matiere  pi-eexistante,  et  qui,  imprimant 
le  mouvement  en  donnant  des  lois  organisatrices  a  ce  que  I'ab- 
sence  de  ces  lois  et  du  mouvement  avait  tenu  dans  un  etat  de 
mort,  vint  enfin  feconder  I'univers.  » 

L'auteur  avertit  que  parmi  les  principes  des  corps  sur  lesquols 
il  interrogea  la  nature  a  I'aide  du  microscope,  ce  n'est  pas  des 
fluides  imponderables,  de  la  lumiere,  ni  meme  de  I'eau  qu'il  a 
cherche  a  saisir  la  composition  moleciilaire.  II  declare  que  c'est 
a  I'aide  d'un  grossissement  de  mille  fois,  obtenu  par  I'usage  des 
lentilles  avec  lesquelles  il  s'est  familiarise,  que  s'etant  rapproclie 
autant  qu'il  Test  permis  a  notre  faiblesse,  des  limites  de  I'incer- 
lain  et  de  la  realite,  ses  observations  ne  partentque  du  point  oil 
les  molecules  de  la  matiere,  encore  voisines  d'un  grand  etat  de 
simplicile,  commencent  <  n  s'agglomerant  a  produire  les  ])lieno- 
menes  de  I'existencc. 

M.  Bory  de  St. -Vincent,  qui  clierclie  a  evlter  soigneusement 
lout  esprit  de  systeme  pour  ne  rapporter  que  des  faits  positifs, 
trouve  cinq  etats  primitifs  de  la  matiere.  II  ne  prend  pas  le  mot 
priniitif  dans  un  sens  absolu,  ce  qui  prouve  avec  quelle  pru- 
dence il  emet  des  opinions  qui  pourraient  paraitre  hasardees  a 
des  personnes  qui  aimeiit  micux  ne  pas  croire  a  ce  qui  leur  parait 
hors  des  vues  routinieres  que  de  verifier  ce  qu'il  estsiaise  de  voir. 

Les  cinq  etals  primitifs  de  la  matiere  tendaiit  a  s'organiser, 
qui  nous  out  etc  jusqu'ici  percepliblcs,  considercs  seulement 
.sous  le  rapport  de  Icurs  caractcres  visiblcs  ,  sont : 

i".  L'elat  inuqiieu.r,  etendu,  conlinu,  imparfaiteinent  liquide  , 
transparent,  sans  couleur,  dans  lequel  se  manifeste  par  le  desse- 
clienient,  une  cunfusioii  de  molecules  amorplics,  dont  iine  parti,; 


232  Histoire  naturelle  generate. 

des  tiiiiites    u'cst  pas  terminee,  et  qui  tend  a  se  teindrc  legere- 

ment  en  jaunatre. 

a".  L'etat  vivciri(,  <5videmnient  contractile ,  globuleux ,  trans- 
parent, sans  couleur,  done  d'une  grande  velocite  de  mouve- 
ment ,  se  deformant  par  le  dessechement,  de  maniere  a  presen- 
ter, quand  il  est  sec,  le  m^me  aspect  que  l'etat  muqueux. 

'S°.'llc\.^lvegetatif,  compressible,  ovoiide,  transparent,  vert^ 
inerte,  conservantsa  couleur  dans  le  dessechement  oil  sa  forme 
s'altere  et  s'etend  souvent  en  une  teinte  homogcne  quand  les  mo- 
lecules en  sont  pressees  les  unes  contre  les  autres. 

4°.  L'etat  cristallisable,  dur,  inerte,  translucide ,  laminaire, 
anguleux  qui,  par  le  dessechement,  adopte  une  multitude  de 
formes  determinables,  mais  jamais  la  globulcuse. 

6°.  UclAt  terreux,  dur,  inerte,  opaque,  grossierement  ar- 
rondi  ou  anguleux,  et  ne  changeant  ni  de  forme  ni  de  couleur, 
soit  que  I'eau  en  tienne  les  parcelles  en  suspension,  soit  que  par 
leur  dessechement  celles-ci  se  rapprochent  en  masses  amorphes 
ou  irregulieres. 

Apres  avoir  ainsi  caracterise  les  cinq  etats  de  la  maliere, 
I'auteur  s'etend  tour  a  tour  sur  chacun  d'eux.  II  en  presente 
I'bistolre  abregee,  admet  des  generations  spontanees  mais  avec 
des  conditions  qui  ne  presentent  rien  de  dangereux ,  et  si  quel- 
ques-unes  de  ses  assertions  pouvaitnt  alarmer  certaines  con- 
sciences tiraorees  ,  celles-ci  pardonneraient  bientot  a  M.  Bory 
de  St. -Vincent  en  faveur  de  sa  bonne  foi  et  de  ses  conclusions. 

«  La  chimie,  dit-il  en  se  resumant,  avait  deja  entrevu  par  ses 
propri^tes  la  premiere  de  nos  modifications  de  la  maticre;  Buf- 
fon  avait  devinii  la  seconde ;  Priestley  decouvert  la  troisieme; 
Linne,  Rome  de  Lisle  et  Haiiy  indiquc  ou  saist  les  lois  en  vertu 
dcsquellos  se  juxtapose  la  qnatricmc;  I'antiquite  avait  suppose 
la  derniere.  On  en  conclura  probablemcnt  que  ricn  n'est  nou- 
•veaii  dans  ce  qui  vient  d'etre  dlt;  ce  n'est  pas  du  nouveau  que 
nous  avons  pretendu  dire,  mais  simplement  ce  que  nous  avons 
constat^,  sans  pretendre  en  tirer  aucun  argument  pour  attaqucr 
ou  fortifier  certaines  idees.  Nous  avons  expose  des  fails  dont 
chacun  pent,  avec  un  peu  d'exactilude,  verifier  I'exactitude: 
nucun  de  ces  fails  ne  lend  a  dclruiie  le  respect  du  a  la  puissance 
qui  doit  presider  a  la  creation,  etc. 

La  parlie  de  ce  travail  qui  traitc  de  la  maliere  vcrte  a  etc  in- 
seree  en  entier  dans  le  97".  vol.  du  Diclionnaire  des  sciences 


Mineralogie.  ^55 

naturelles.  II  contribuei'a  pulssamment  a  eclalrcir  un  des  points 
obscurs  de  physiologic  vegetale  qui  inerite  la  plus  grande  at- 
tention. Nous  sortirions  du  cadre  dans  Icquel  nous  devons  nous 
lenfermer ,  en  nous  etendant  davantage  sur  le  mcmoire  de 
M.  le  colonel  Bory  de  St.-Vincent,  et  nous  terminerons  cet 
extrait  en  engageant  ce  savant  naturaliste  a  continuer  scs  re- 
tlierclies  et  a  les  publier  le  plus  tor  possible,  avec  tout  le  dove- 
loppement  dont  elles  sont  susceptibles  dans  le  travail  general 
qu'il  prepare,  F. 


MINERALOGIE. 

296.  A.N  INTRODUCTION  TO  SOLID  GEOMETRY,  and  to  the  study  of 
Crystallography,  containing,  etc.;  ou  Introduction  a  la  geo- 
metric des  solides  et  a  I'etude  de  la  cristallographie,  contenant 
la  recherche  de  qiielques-unes  des  proprietes  des  corps  regu- 
liers  de  I'ecole  platonicienne,  independantes  de  la  sphere;  par 
N.  J.  Larkin,  prof,  de  mathumatiques.  In-8'^.  dog  fr. ,  avec  4 
pl.Londres;  1820J  Longman. 

L'auteur  de  cet  cuvrage ,  en  faisant  connaitre  de  nouvelles 
proprietes  relatives  aux  polyedres,  a  reuni  un  ensemble  de  consi- 
derations geometriques  que  Ton  peutregarder  comme  unepi'cpa- 
ration  utile  a  I'etude  des  formes  cristallines. Ces  formes,  conside- 
rees  en  elles-memes,  et  independamraent  de  leur  existence  dans 
la  nature,  lui  paraissent  dignes  de  I'attention  du  geometre.  II 
pense  que  la  cristallographie  a  ouvert  un  champ  vaste  aux  spe- 
culations de  ceux  que  leur  gout  entraine  vers  la  geometric  des 
solides,  et  dont  les  recherches  s'etaient  bornees  jusque-la  aux 
prismes,  aux  pyramides  et  aux  cinq  polyedres  reguliers  de  I'e- 
cole platonicienne;  encore  ces  recherches  n'avaient-elles  pour 
but  que  les  relations  que  ces  solides  peuvent  avoir  chacun  avec 
la  sphere  circonscrite,  ou  I'un  avec  I'autre ,  quand  ils  sont  inscrits 
dans  la  meme  sphere.  M.  Larkin  s'occupe  de  celles  de  leurs  pro- 
prietes qui  sont  independantes  de  la  sphere,  et  il  etend  ses  re- 
cherches a  toutes  les  formes  possibles  des  crlstaux;  il  les  classe 
dans  un  ordre  propre  a  demontrer  I'existence  de  deux  series  de 
solides,  distinguces  entre  elles  par  leurs  proprietes,  et  qu'il 
nomme  scric  nnturelle  et  scrie  artiftcielle.  II  decrit  avec  beau- 
coup  de  soin  les  differens  termes  de  chaque  serie,  ct  trouve  en- 
tre cux  des  rapports  remarquables  par  leur  simplicile.  Les  do- 


23 1  Mine'ralogie. 

monstmtions  synllietiquos  (le  ces  ra])ports  sont  rejetees  a  I.i  flu  Je 
rouvragc,  pour  ne  point  .irreter  le  plus  grand  nombre  dos  lec- 
teurs.  G.  Del. 

297.  Stir  les  formes  cristallines  des  sels  .\rtificiels,   par 

H.  J.  Brooke.  (^^Innals  of  r/iilosophy  ,']nii\'ier  1824.) 

Get  article  offrc  la  continuation  du  travail  dc  M.  Brooke  sur 
les  sels  cliimiques.  Les  substances  qu'il  a  observees  sont  au  nom- 
bre de  qualre  :  le  sulf.ite  de  potasse,  le  sulfate  de  soude  ,  le  ni- 
trate de  plomb  et  le  nitrate  de  baryte.  Le  sulfate  de  potasse  a 
pour  forme  primitive  uii  prisme  droit  rliomboidal  de  120  3o'. 
Les  incidences  des  faces  d^^  la  variete  bi-pyramidale  sur  les  pans 
du  prisme  liexaedre  qui  derive  de  cette  forme  primitive  ])ar  le 
reraplacement  de  ses  aretes  aigucs,  sont  les  unes  de  \l^6"  11' , 
€t  les  autres  de  146°  10'.  • —  Le  sulfate  de  sonde  a  pour  forme 
primitive  un  prisme  oblique  rl'.omboidal,  dont  les  pans  font 
entre  eux  Tangle  de  80°  24' j  ft  avec  la  base  un  angle  de  101° 
20'.  —  Les  deux  autres  sels  ont  pour  forme  fondamentale  un 
octaedre  regulier.  G.  Del. 

2y8.  Memoire  sur  les  mines  d'etain  ue  Saxe,  par  M.  Manes. 
(  Annales  des  Mines,  1823  ,  3^.  livraison ,  p.  4()9. ) 

Dans  une  courte  introduction,  I'auteur  de  ce  memoire,  apres 
avoir  donne  une  idee  succincte  de  la  constitution  geognostique 
de  I'Erzgebirge,  parle  d'une  maniere  gencrale  des  divers  gisemens 
d'etain  qui  y  sont  connus.  II  indique,  1°.  I'etain  en  amas  disse- 
mincs  ct  en  couches,  dans  le  granite  d'Allenborg,  dans  le  gneiss 
tl'Aue,  dans  le  greisen  de  Zinnwald  ,  dans  le  scliiste  de  Breiten- 
brun.  2".  L'ctain  en  stocfuverck ,  ilans  I'amas  transversal  dc 
Gcyer  et  dans  I'amas  entrelace  d' Altenberg.  3".  L'etnin  en  fdons , 
dont  ]\L  Frcisleben  a  distingue  au  moins  cinq  forujations  dilfe- 
rentes  dans  les  divei'ses  parties  de  I'Erzgebirge.  4".  L'etaln  d'al- 
lui'ion,  qui  se  rencontre  dans  tontes  les  vallces  des  niontagncs 
d'Eybenstock. 

A  la  suite  de  I'introduclion  se  trouve  une  desciiiilion  tres- 
dfctaillee  et  fort  instructive  des  mines  d'etain  d'Altenberg.  Cette 
description  comprend  d'abord  I'indication  de  I'aspect  physique 
et  de  la  structure  geoiogique  de  la  contree,  puis  I'liistoire  du 
siocfiwerck  d'Altenberg  considere  en  lui-mtnie,  celie  dc  son 
exploitation  ,  et  celle  de  la  preparation  mecanique  des  minerais , 
preparation  operee  par  le  cassagc,  le  grillage  ,  le  bocardage  et  !c 


Minentlog  ie.  2  5  5 

lavage.  Dans  ce  dernier  article,  I'auteur  decrit  avec  bcaucoup  de 
soil!  les  operations  des  laveries  aux  taLles  a  secousse,  el  des  lave- 
rles  aux  tables  a  loiles  ;  il  compare  ensulte  les  resullats  de  ces 
deux  genres  d'operalions,  dans  des  tableaux  qui  font  voir  tout 
I'avanlage  du  precede  des  tables  a  secousse. 

Les  autres  parties  de  cet  interessant  travail  seront  inserees  dans 
les  livraisons  suivantes  des  Annales  des  Mines.  Bd. 

299.  SUR  UNE  NOUVELLE  SUBSTANCE  MINERALE  NOMMEE  BuCKLAN- 

DiTE  ,  par  M.  Levy,  {^Ann.  of  Philos. ,  fevrier  1824  ,  p-  i34.) 

M.  Levy  a  doniie  le  nom  de  huchlandite^  en  I'lionneur  du  ce- 
lebre  professeur  d'Oxford,  a  une  substance  que  ses  caracteres 
cristallographiques  separent  de  toutes  celles  qui  ont  ete  decrites 
jusqii'a  ])resenl.  Elle  a  une  grande  analogic  de  forme  et  de  ca- 
racteres cxtc'rieurs  avec  le  pyroxene;  mais  elle  parait  avoir  plus 
de  durete.  Ses  cristaux  rayent  aiscnient  le  vcrrc ;  ils  sont  bruns 
et  opaques,  sans  clivage  apparent.  Ils  peuvent  etre  derives  d'un 
prisme  rliombo'idal  oblique,  dont  ils  portent  I'empreinte,  en 
suppos.mt  ce  prisme  modifie  par  une  seule  facet te  sur  chacun 
des  quatre  angles  solides  identiques,  sur  les  deux  angles  termi- 
iiaux  et  les  aretes  qui  aboutisscnt  a  leurs  sommets.  M.  Levy 
prouve  par  le  calcul  que  les  formes  de  ces  cristaux  ne  peuvent 
(jlre  (leduites  de  la  forme  primitive  du  pyroxene  par  auciine  loi 
simi)le  de  decroissement.  II  adopte  rangie  de  70''  40'  pour  celui 
de  deux  faces  laterales  de  son  prisme  fondamental,  <t  io3°  56' 
])Our  I'inclinaison  de  la  base  sur  ces  memes  faces.  Les  cristaux 
qui  ont  ete  I'objet  de  son  travail  etalent  accompagnes  de  longs 
j)rismes  verts  et  opaques  de  scapolite,  de  hornblende  iamellaiie, 
et  de  carbonate  de  cliaux  d'un  rouge  incarnat.  lis  proviennent 
de  la  mine  de  Weskiel ,  pres  d'Arendal  en  Norwege.     G.  Del. 

300.  De    la     CLEAVELAJfniTE   HANS    LES     ROCHVS    ANCIENNES,     par 

Phiiipps.  (  Annals  of  Philos. ,  fcv.  1 824  ,  p.  1 1 8. ) 
(e  mineral  se  trouve  dans  le  granite  por[)hyrique  de  Carn- 
brae,  de  la  mine  de  Huil-Gorland  ,  ])res  St.-Die,  et  j)res  de 
Lands-End  dans  le  Cornouallles.  II  est  toujours  blanc  et  opaque 
et  le  feldsi)ath  translucide.  Dans  un  granite  de  Dartmoor,  dans 
le  Devonshire,  la  cleavelandite  translucide  ct  rougeatre  est  melee 
avec  du  fcldspalh  rouge,  de  I'amphibole  ct  du  quartz.  Elle  se 
trouve  aussi  dans  la  sienife  des  monls  Malvern,  dans  des  por- 
phyres   en   lilons  du   Cornouailles.  11   paraitiail  que    la  siciiilc 


^56  Mineralogie. 

Iiyperstenique  de  I'ile  de  Sky  n'est  qu'iin  compose  d'hyperstene 
et  de  cleavelandite.  Elleexiste  dans  des  granites  des  iles  de  Tiree, 
de  Foula  et  de  Faira.  A  Tiree  elle  est  quelquefois  verdatre  et 
melee  de  feldspath  laraellaire.  Les  granites  protogeaos  des  envi- 
rons du  mont  Blanc  et  de  la  cime  de  cette  montagne  en  renfer- 
ment  aussi ;  il  y  en  a  de  grands  cristaux  dans  un  granite  por- 
phyrique  de  Porinennz ,  a  •!  milles  de  Servoz. 

La  rochede  Vosa  est  formcede  feldspath  lamellaire,de  cleave- 
landite blanche  et  jaune,  et  de  mica  jaune;  celle  de  la  Filla  et  du 
Brevent  contient ,  outre  ce  mineral ,  du  mica  ,  de  la  chlorite  ,  du 
quartz  et  du  feldspath,  et  celle  des  Trapeltes  est  entierement 
composee  de  cleavelandite  blanche  en  partie  grenue,  et  de  mica 
blanc.  Ce  mineral  existe  dans  uri  granite  du  Schuylkill ,  a  5  milles 
de  Philadelphie  dans  les  Etats-Unis.  L'auteur  a  toujours  deter- 
mine la  cleavelandite  en  en  soumettant  de  petits  fragmens  au 
goniometre  a  reflexion  ;  neanmoins  il  n'a  pas  reussi  pour  la 
roche  graniloidc  schlsteuse  et  a  chlorite  de  Taigullie  du  Tour. 

Le  plan  de  clivage  du  feldspath  est  plus  brillant  que  celui  de 
la  cleavelandite;  c'est  la  le  seul  caractere  distinctif  de  ces  deux 
mineraux.  A.  B. 

3oi.  Note  sur  le  fee  carbonate  de  LAS\LLK,et  sur  qu'Mques 
produits  deshouillereserabraseesdcs  environs  d'Aubin  (Avey- 
ron);  par  MM.  Combes  et  Lorieux.  [Jnnnles  des  Mines, 
y.  livr.,  1823,  p.  43i. ) 

On  exploite,  a  la  mine  de  Lasallc,  une  couche  de  houille  tres- 
puissante,  et  dont  on  ne  connait  pas  meme  I'epaisseur  totale. 
Une  couche  de  rainerai  de  for  carbonate  argileux  se  prescnte 
dans  loute  I'etendue  des  travaux,  au  milieu  de  repalsseiir  de  la 
liouille.  Ce  mineral  est  en  pctits  grains  agglutines  par  un  cinient 
bitumincux  el  scmblable  a  celui  quon  a  rcconnu  dans  les  mines 
de  houille  d'Anzhi  :  il  a  donne  k  I'anaiyse  61,7  de  carbonate 
de  fer,  meles  de  11, 4  de  pyrite  de  fer,  de  i7,i5  d'eau  et  de 
bitume,  etc. 

Un  incendie  a  consume  et  consume  encore  les  couclics  de 
houille  voisines  de  la  surface  du  sol ,  et  Ton  exploite  a  del  ouvert 
des  schistcs  impregnes  de  scls  alumineux.  Des  fentes  nombrcuses 
qui  Iraversent  le  sol  exhalent  des  vapeurs  d'acidc  sulfurcux , 
de  soufrc,  et  sc  tapisscnt  d'cfilorcscetices  alumiiieuscs  blan- 
ches Ires-acides.  On  trouve  aussi  au  nombre  des  produits  de  ccs 


Mmeralogie.  iZj 

liouillLTCs  cmbrasecs,  lo.  ties  argiles  scliistouses  oudes  psammitcs 
iinprc'gnes  de  sels ;  2°.  des  morcoaux  de  fer  en  partie  roduits 
a  I'efat  metallique  ;  3".  de  la  liouille  carbonisee  ;  4"'  enfln  divers 
emaux  ou  verres.  Pres  du  village  de  Cransac ,  a  quatre  lleues 
d'Aubin,  sont  des  sources  thermales,  dont  les  eaux  sont  adrai- 
nistrees  comme  purgatives.  Bd. 

302.  EXAMEN    DE  QtTELQUES   MINERAUX  ,    par    M.    At'G.    ArFVTED- 

soN.  ( Philos.  Magaz. ,  nov.  i823  ,  p.  355.  ) 

Ce  memoire  a  deja  ete  public  dans  les  Transactions  de  I'Aca- 
demie  roy.  de  Stockholm  pour  1822  ,  et  dans  le  nouveau  journal 
de  Scliweigger.  Les  mineraux  examines  par  M.  Arfwedson  sont  an 
nombre  de  trois  :  Le  premier  est  une  variete  d?  kaneelstein 
(  essonite),  trouvee  dans  un  terrain  calcaire,  a  Malsjo  ,  pres  de 
Philippsladt  en  Wermeland ,  et  qui  se  rapprocbe  beaucoup  par 
ses  caracteres  exterieurs  et  pyrognostiques  du  kaneelstein  de 
Ceylan.  II  renferme  4i>87  de  silice ;  20,57  d'alumine;  33,94  de 
chaux  ;  3,93  d'oxide  de  fer ,  et  0,39  d'oxide  de  manganese  et  de 
magnesie ;  total:  100,70.  La  formule  qui  exprime  sa  composi- 
tion est :  FS-J-8AS4-8CS. — Le  second  mineral  est  le  chrysoberyl 
du  Bresil ;  il  est  compose  de  18,73  de  silice,  et  81, 43  d'alumine.  Sa 
formule  est  A4S.  —  Le  troisieme  est  la  boracifc  de  Lunebourg ; 
elle  contient,  sur  100  parties,  69,7  d'acide  borique,  et  3o,3  de 
magnesie.  G.  Del. 

303.  Analyses  de  mineraux  divers.  [Annals  of  Philos.  y  fe- 

vrier  1824,  p.   i55. ) 

1.  Cleavclandite  de  Finlande.  M.  F.  Tengstrom  a  trouve 
qu'elle  ctait  formee  de  silice,  67,99;  alumine,  19,61;  soude , 
11,12;  chaux,  0,66;  oxide  de  manganese,  0,47;  oxide  de  fer, 
0,23.  —  Total,   ioo,o8. 

2.  Pyrite  de  cuivre  d'  Orijarva.  M.  Hartwall,  d'Abo,  a  obtenu 
le  resultat  suivant  :  soufre,  36,33;  cuivre,  32,2o  ;  fer,  3o,o3 ; 
silice,  0,93  )  oxide  de  manganese,  et  matiere  terreuse,  i,3o. — 
Total ,  100,79. 

3.  ScapolUe  de  Pargas.  Suivant  Ic  memc  thimisle,  elk-  con- 
tient :  silice  ,  4 9/1 2  ;  alumine,  25,4  1  >  cliaux,  i5,59;  so)idc,  6,o5  ; 
oxide  de  fer ,  1,40  ;  magnesie  ,  0,68  ;  oxide  de  manganese ,  0,07  ; 
perte,  1,^(5.  —  Total,  100,07.  O.  Del. 


2  58  Minc'rnlogie. 

3o4.    NOUVKLLK    LOCALITE     I)E    I.A   ScOROniTE  ,    par    W.    PniLIPS. 

(  Ann.  of  Philos.,  feb.  iSaS,  p.  97.) 
Les  cristanx   qui  ont  donne  lieu  a  celte  note  viennent  d'line 
mine   des  environs  de  S.iint-Austtct  en  Cornwall. 

La  plupart  n'e.x cedent  pas  le  volume  d'une  tele  d'cpinfjle ,  mais 
phisieurs  sont  si  complets ,  qu'on  doule  s'lls  sont  disposes  sur 
une  gangue ;  quelques-uns  cependant  sont  des  fragmens  de 
quartz :  pour  leur  forme ,  ils  ressemblent  parfaitement  a  ceux 
de  la  scorodite  decrite  par  I'auteur  dans  son  introduclion  ele- 
mentaire  de  mineralogie.  Cependant  les  plans  d  1  et  d  1'  man- 
quent  dans  celui  de  Cornwall.  Ces  cristaux  sont  d'un  vert 
bouteille  fonce  ,  conime  les  varietes  prismatiques  d'arseniate  de 
cuivre ,  mais  ce  n'est  pas  la  vraie  couleur  de  la  substance  elle- 
meme  qui,  en  petits  fragmens,  prescnte  une  couleur  bleue 
pale,  comme  I'arsenlate  de  cuivre  martial.  La  couleur  foncee 
provient  du  melange  mecanique  d'une  multitude  de  petites 
ecailles  de  cette  couleur  visLbles  a  la  surface  et  par  transmission  ; 

M  sur  M 120°       1' 

M  sur  // 119 

M  sur  ^i    .  . 

(/,  sur  Jj'  .  . 

Jj  sur  c/,"  .  . 

c  sur  h   .    .  . 


"9 

Wj 

i4i 

0 

io3 

45 

112 

36 

i54 

ao 

Ces  mesures  faites  avec  le  goniometre  a  rellexion  ainsi  que  la 
forme  des  cristaux  tendent  a  prouver  que  c'est  une  varicle  d'ar- 
seniate de  cuivre  martial.  Les  plans  du  prisnie  etant  M  JVI  s'as- 
socient  quelquefois  avec  les  plans  /"et  h,  et  ce  prisme  est  com- 
munement  termine  par  une  pyramide  quadrangulaire  forniee  par 
les  plans  d  d' ;  mais  dans  les  cristaux  comme  dans  la  scorodite,  les 
plans  M  M'  sont  reduils  a  des  petits  triangles  dus  a  la  presence 
de  deux  pyramides. 

Au  clialumeau  ces  cristaux  donnent  d'abondantes  vapeurs 
arsenicales  :  la  forme  extericure  n'est  pas  altcrec,  seulement  elie 
devient  de  couleur  d'ocrc. 

Examen  chimique  dc  la  scorodite ,  par  fF.  Phdips. 

Quelques  cristaux  furent  dissous  dans  I'acide  nitrique,  et  la 
solution  decomposee  par  la  potasse  ;  la  liqueur  saturee  jku  i'a- 
cide acelique,  on  y  versa  du  nitrate  d'argent  qui  produsit  \m 
precii)ite  rouge  indirjuaul   I'acido  arsenique. 


ilfinerrf  logic.  25g 

I.e  prt'clpito  forme  par  la  potasse  est  tie  roxlde  de  fer  ,  qui 
ne  contient  pas  de  culvre,  ainsi  que  le  prouve  Taction  de  Tam- 
mouiaque  sur  ce  precipite  et  celle  du  cuivre  sur  la  dissolution 
niliique.  La  scorodite  ne  doune  pas  non  plus  de  (races  de  cui- 
vre, et  parait  coinposee  seulcnient  d'acide  arsenique  et  d'oxide 
de  fer.  G-  de  C. 

3o5.    Observations     mineralociques    faites    en    Boheme    et 
EN  Saxe  ;  par  E.  Glocker.  [Isis,  n*^.  cahier,  p.  1212.) 

L'auteur  annonce  un  ccrit  intitule  :  Ouvrage  pour  I'avanee- 
ment  de  la  connaissance  des  richesses  mineralogiques  de  la  Si- 
lesie  (Beytrage  zur  mlneraloglschen  kenntniss  Sclilesiens).  11 
coininencera  a  en  publier  la  premiere  partie  cette  annee.  11  cile 
ensuite  quelques  localites  de  mineraux  silesiens ,  parmi  lesqucls 
il  sufiit  de  faire  remarqucr  le  beryl  cristallise  dans  le  gneiss  grani- 
toide  de  Grosskunzendorf ,  pres  de  ISeisse  ;  la  staurotide  dans  le 
micascliiste  de  Glatz,  etc.  II passe  ensuite  a  la  Boheme,  ouildecrit 
le  schiste  quarlzeux  a  lamelles  de  talc  ou  de  mica  ,  pres  Rcichen- 
berg.  Uq  gres  gris-blanchatre  compose  de  quartz  et  divise  en 
prismes  se  trouve  a  Johnsdorf  pres  ZIttau.  Un  gres  tres-ferru- 
gineux  ou  un  mineral  de  fer  oxide  rouge  ou  hydrate,  mele  de 
grains  de  sable,  se  trouve  en  masses  globula  ires  a  Oybin  presdeZit- 
tau.  Les  basaltes  dps  environs  de  Tiirnau  et  Liebenau  renferment 
du  jaspe  basaltique  grisalre  ou  bleuatre ;  cette  subslance  doit  son 
origine  a  des  masses  de  gres  fortement  chauffees  et  en  partie  fon- 
dues Le  mont  Hutberg  pres  Gabcl,  le  AVartenberg,  Schwalz  et 
Daubitz  sont  d'autres  localites  de  ce  produit  volcanique.  Le  pe- 
ridot cristallise  en  prismes  obliques  a  /(  pans  se  trouverait,  sui- 
vant  l'auteur,  a  Kozakow  pres  Turnau,  oil  on  poiit  cette  pierre 
precieuse,  et  on  la  vend  comme  venant  de  I'lnde.  Un  phono- 
lite  divise  en  globules  ronds  se  trouve  sur  le  Lausche  pres  Wal- 
tersdorf,  non  loin  de  Zittau.  C'est  probablement  une  varlcte  du 
phoiioiite  tachete,  ou  les  globules  peuvent  quelqucfois  se  de- 
tacher de  la  base,  et  ou  la  roclie  presente  raremeiit  une  di- 
vision prismatiqiie.  L'albin  se  trouve  dans  un  basalte  a  augite 
pres  Giinlhersdorf,  enlre  Kauaitz   el  Teschau.  A.    B. 

3o6.  Recherches  sur  quei.ques  mineradx  tronves  dans  la  Terre 
Antarctique,  nonvellempnf  decouvertc  (Nouvello-.Siietland  du 


^/o  Botaniqiie. 

Sud);  par  M.  Th.  Stf.waut  Traill. (/ow/w.  depliys.,  chi- 
mie  ,  etc. ,  juill.  1^22,  p.  64. ) 

Une  roche  amysdaloide  a  terre  vcite  et  a  ainphibole  ressem- 
blant  a  quelqucs  roclies  zeolitiques  de  Farroe,  et  lorsqu'elle  est 
traversee  de  fUets  siliceux  ,  elle  approche  de  la  texture  de  la  ro- 
che problemalique  a  Ammonites  da  Portrush  en  Irlande,  qui  est 
intercalee  entre  deux  couches  de  terre  verte  commune. 

L'apophylllte  en  beaux  prismes  rectangulairesaVec  des  angles 
solides  tronqnes  ou  remplaces  par  des  plans  iriangulaires.  Ce  mi- 
neral est  assoclt^  avec  la  chaux  cnrbonatee  en  rhombes. 

Le  stilbite  est  accompagne  d'apophylliteet  de  quartz.  La  calce- 
doine  estenpetites  veines  et  druses  dans  lebasalte ,  et  des  pyrites 
y  sont  dlsscminees.  II  y  a  aussi  de  la  houille  dans  cette  ile. 

Tons  ces  echantillons  raontrent  une  forte  ressemblance  entre 
la  constitution  de  cette  terre  antarctique  et  celle  des  terres  arcti- 
ques,  et  que  la  plus  grande  parlie  de  la  Nouvelle  Shetland  du 
sud  appartient  a  la  formation  trappeenne  sccondaire  ou  strati- 
forme.  L'exislence  de  plusieurs  restes  de  celacees  et  dc  veaiix 
marins  sur  la  cime  des  mont  agues  de  cette  ile  est  mise  hors  de 
doutes  par  uu  crane  de  mammlfere  en  la  possession  de  I'auteut 
de  cette  note.  ^' 

BOTANIQUE. 
307.  Flora  oder  botanische  Zeitung,  N°^  2^5.  T.atisbonne. 
(i/,  janv. — 7  fevr.  1824.) 
Ces  qualre  numeros ,  dun  journal  dont  le  Bulletin  a  fait  con- 
nailrele  plan  dans  le  numero  precedent,  renferment  plusieurs 
notices  interessantes  :  1".  la  suite  d'une  relation  abregee  du 
voyage  des  naturalistes  bavarois  Spix  ct  Martius  au  Bres.l,  avec 
des  observations  sur  plusieurs  especcs  de  plantes  employees  tn 
medecinc,  et  recncillies  pendant  ce  voyage. 

Plusieurs  de  ces  plantes  n'etaient  pas  encore  conmios  des  bo- 
tanistes.  M.  Martius  en  joint  une  courte  description. 
'  Ces  plantes  sont  :  iimnr/m  opifcra,  Mart.,  employe  contreles 
maladies  du  systemc  lym|.liatique;  Gomphrenn  officinale  ,M&v\..., 
qui  est  regard.' comme  tonlriucct  febrifuge;  Tradcscantia  diurc- 
tica.  Mart.,  dont  le  nom  iudifiue  les  proprieles;  Crolon  antisy- 
philiticum,  Mart.,  et  CroUm  fid.um ,  Mart.,  qui  tons  deux  sont 
employes  dans  les  maladies  syphililiques  ,  probablemcnt  comme 


Botanique.  24 1 

sudorifiqnes ;  — ■  les  Bignonia  antisyphiliticn ,  Mart. ,  et  Synilax 
glaitca, 'Mart.,  sont  employes  dans  le  menie  but.^ — ^Le  Mikania  oj- 
ficinalis  a  remplace  avec  succes  le  quinquina  et  la  oascarille.  Sui- 
vant  ces  memes  voy;(geurs,  le  baume  de  Copahu  se  retire  cgale- 
ment  des  Copa'ifcra  Langsdorfii ,  Lamk.,  et  C.  coriacea.  Marl, 
lis  indiquent  aussi  les  Phyilanthus  Niruri  et  Ph.  microp/ijllus , 
Mart. ,  comme  un  remede  specifique  contre  le  diabetes. 

L'arbre  qui  fournit  le  the  du  Paraguay  est,  suivant  M.  Mar>- 
tius,un  Cassine  auquel  il  donne  le  nom  de  Cassine  Gongonlia^ 
d'apres  le  nom  qu'il  porte  dans  le  pays.  Les  racines  du  Poly  gala 
Pohaya  ,  Mart.,  comine  celles  du  Polygala  Senega,  peuvent  etre 
employees  comme  purgatives  et  vomitives. 

Ces  voyageurs  indiquent  en  outre  les  proprietcs  de  plusieurs 
plantes  deja  connues  des  savans,  mais  dont  les  usages  n'etaient 
pas  encore  parvenus  a  la  connaissance  des  Europeens. 

2".  Une  dissertation  assez  etendue  sur  les  Ornithogales  a  fleurs 
jaunes ,  par  M.  Hornung,  occupe  en  partie  les  deux  numcros 
suivans. 

L'auteur  reduit  ces  especes  au  nombre  suivant :  i.  Orniihoga- 
Ittm  liiteum.  L.  ■ — •  i.  Ornitfiogalum  minunum.  L.  —  3.  Ornitho- 
galum  arvense.  Pei's.  • —  a.  O.  Liotardii.  Sternb.  —  S.  O.  boheini' 
cum.  Tausch.  • — ■  y.  O.  saj:atile.  Kock. . — ■  4.  Ornithogalum  pra~ 
tense.  Pers.  —  a..  O.pusillurn.  Schmidt.  —  5.  Ornithogalum  spa- 
thaceuin.  Hayne. 

3°.  Des  observations  sur  les  varictes  de  Veronica  longifoUa. 
L.,  qui  croissent  aux  environs  de  Creslau  ,  par  M.  Uechtritz. 
L'auteur  en  distingue  sept. 

4".  Le  recit  d'une  excursion  botanique  au  Monte  Snn-Angelo, 
pres  Castcllamnre ,  par  M.  Hf.rbich. 

On  remarque  parmi  les  plantcs  qui  croissent  sur  ces  monta- 
gnes  plusieurs  des  especes  nouvelles  decrites  par  M.  Tenorc  dans 
sa  Flora  napolitana. 

5°.  Quelques  observations  snr  le  genre  Crocus^  par  le  docteur 
HoppE ,  et  particuliereraent  sur  une  espece  recue  d'ltalic  sous  le 
nom  de  Crocus  /lanus. 

G".  Des  discussions  sur  la  synonymic  des  especes  du  genre  ^/yj- 
suin,  par  le  D"^.  Opitz.  Auo.  de  St.-Hil. 

3o8.  Exposition  MExnoniQUE  du  regne  vegetal;  par  M.  Caffin. 
84  p.  in-8".  Prix,  4  fi-  Paris;  1828  ;  Gabon. 

B.TomeL  16 


t 


a, J  y.  Botanique. 

'ions  Ir*  joitrs  de»  tiaturalistes  ecrivenl  sur  les  fruits,  ct  u'ont 
cepeiulant  auciine  idee  de  cette  partie  impott;inte  du  vegetal. 
L'autour  du  livre  que  nous  annoncons  est  a  cet  egard  a  I'abri  de 
tout  reproche.  Voulant  fonder  une  methode  nouvelle  sur  les 
caracteres  du  fruit ,  il  s'eat  penetre  des  principes  de  Goertner,  de 
Ricliard,  de  Mirl)el,  et  Ton  volt  qii'il  a  etudie  avec  soin  ceuxdes 
merr.oires  du  Museum  ou  sent  discutes  quelques  points  de  carpo- 
logie.  II  n'ajoule  rien,  il  est  vrai,  aux  connaissances  que  Ton 
possedait  dojii  sur  cette  partie  de  la  science,  mais  il  en  expose 
les  principes  avec  clarte ,  et  c'elait  deja  une  lache  assez  difficile 
a  rcniplir. 

Son  ouvrage  est  divise  en  trois  parties  principales.  Dans  la 
premiere  il  examine  I'organisntion  du  fruit  ;  la  7.".  presente  ua 
Tableaudu  regne  vegetal;  et  la  3^.  la  methode  imaginee  par  I'auteur. 
La  i*^**.  partie  se  subdivise  en  plusleurs  paragraplies  oil  sont  ex- 
poses successivement  la  structure  du  pericarpe,  celle  des  graines  et 
celle  de  I'ovaire.  L'auleur  dit  au-^si  quelques  mots  des  parties 
accessoires  du  fruit ;  il  laclie  de  montrer  quels  ra])ports  ont  enire 
eux  la  graine  ,  I'ovaire  et  le  pericarpe,  et  enfin  il  cherehe  a 
^tablir  les  caracteres  de  la  classification  des  fruits.  Nous  devons 
avertir  ici  que  ce  n'est  point  an  jeiine  fruit  mais  au  placenta  que 
I'auteur  donne  lenom  d'ovaire  ;  parce  que  ,  dit-il  ,  le  mot  de  pla- 
centa lui  parait  peu  applicable  dans  cette  circonsiance  ;  mais  en 
supposant  meme  que  la  terminologie  generalemcnt  recue  fiH 
defectneuse  ,  ce  ne  serait  pas  encore  une  raison  pour  la  changer  , 
car  on  sent  quesichacun  sepermetlaitdes  innovations  dece  genre, 
on  finirait  par  neplus  s'entendre;  et  certainement  ilne  serait  pas 
difficile  d'imagincr,  pour  designer  le  placenta  des  auteurs  ,  un 
mot  preferable  a  ceiui  d'ovaire. 

L'auteur  dans  la  partie  de  son  ouvragc  inlitulee  Tableau  du 
re^nc  ve^'-tnl ,  traite  des  diverses  methodcs  botani(jiies.  II  avait 
deja  prouve  que  tontcscellesimagineespnur  classer  lei  fruits  con- 
sideres  isolement  sont  entierement  arlifieiellcs,  et  il  demontre 
avec  le  meme  succes  qu'on  ne  saurait  classer  les  plantes  d'une 
manicre  naturelle,  en  prenant  pour  base  quelque  partie  de  la 
fleur  que  ce  puisse  elre.  Quant  a  sa  methode,  il  la  fonde  sur 
trois  differences  importantes  ({ii'on  observe  dans  les  fruits  et  qui 
consistent  en  ce  qa'ils  offrent  ou  une  seule  logo  monosperme, 
ou  des  placenta  axiles  ou  drs  j)lacpnta  parietaux.  Cette  division 
basee  sur  lastiuctureuicmc  del'ovaire  est  peut-eire  la  plus  natu- 


Jjotanique.  2^5 

relic  possible  ;  cependant  11  s'cn  faut  hien  qn'elle  n'offre  aucane 
exception  et  qu'elle  ne  donne  lieu,  comme  le  croil  I'auteur ,  a 
auciin  chcvauchemtnt  d'une  classe  a  une  autre  Aitisi  les  genres 
Heliaiithetnitm,  Sauvagcsia,  Hypericum,  i-\c.,  preseatent  lous  a  la 
fois  dcs  placenta  axiles  et  j)ari(^taux  ;  ct  par  consequent,  pour 
suivrerigoureusemenl  la  classification  de  I'auteur,  il  faudrait  divi- 
ser  les  groupes  les  plus  natiirels.  Si  la  methode  proposoe  ronipt 
les  affinites  coiTin)e  tant  d'autres  ,  ou  s'il  est  egaleinenl  necessaire 
d'y  adinettre  des  exceptions,  nous  n'en  conclurons  rien  conire 
les  connaissances  de  I'auteur,  car  nous  nous  plaisons  a  recon- 
naitre  qu'il  en  possede  de  reelles;  nous  repeterons  seulement  que 
la  nature  se  soustrait  a  toutesnos  classifications,  ct  qu'il  neiieufpas 
yavoir  de  methode  verltabiement  naturelle,  piiisr|u'uncaractere 
qui  a  la  plus  haute  importance  dans  une  fanidle  est  a  peu  pres 
Sans  valeur  dans  une  autre. 

Au  reste  pour  faire  connaitre  les  resultats  auxquels  I'auteur 
a  ete  conilui!  par  sa  methode,  nous  ne  croyons  pouvoir  mieux 
I'aire  quedeciter  qnelques  fragmens  de  la  serie  qu'il  propose. 
Apres  les  Salicinees  viennent  les  Flacourtianees ,  les  Marcgravices 
et  les  Gcntianees.  Plus  loin  on  trouve  les  Cucurbitacces  et  les 
PassiJIores ,  entre  les  Gessneriees  et  les  Opuntiacees.  Ailleurs  les 
Cistces  et  les  Hyj>cricees  s('\^Avent  les  GroseilliersAes  Cu/ioniacees 
et  Ton  comple  qualre  families  entre  celles-ci  ct  les  6'rt,r///Y7i,'pVj  ; 
VOchna  a  sa  place  dans  la  nieuie  familie  que  le  Clusia  ;  les  Salica- 
rlees  precedent  les  Oxalidees  ;  les  Orangers  sontfort  eloignesdes 
Meliacc'es^les  HennannieesXe  sontencoj'e  da  vantage  des  TUiacees 
et  Ton  ne  retrouve  plus  les  iJ/rtAaceW  qu'apres  une  longue  suite 
de  plantes  monopetales.  Les  Plperacces^e  presentent  immediate- 
ment  avant  les  Polfgoneet ,  les  Sanguisorbees  entre  les  Conifcrcs 
et  les  Coriariees  ;  les  Berberidees  entre  les  Staticees  et  les  Ana- 
cardc'es,elc.,etc.  C'sst  aux  bolanistes  accoutumes  a  la  recherche 
des  rapports  a  juger  si  de  tels  rap[)rocliemens  sont  preferables  a 
ceux  indiques  par  I'illustreJussieu  enverslequelon  trouvcra  pent- 
^tre  que  I'auteur  s'est  montre  un  peu  severe.  Aug.  de  .St.  Hil. 

Soy.  Botanical  register,  n°.  io8,  fevrlcr  1824. 

Ce  numero,  qui  termine  le  vol.  9,  est  entierement  consacre  a 
de^  plantes  de  la  familie  des  Cannees  ou  des  Amotnces;  plusieurs 
descspeces  qui  y  sout  figurees  sont  nouvelles,  et  les  descrijitions 
sont  en  grande  partie  extraiies  des  maniiscrits  de  Roscoe. 


24  \  Botanique. 

771.  Canna  limbata.  Corolla;  limbi  inlerioris  labio  superiore 
Iripartito;  lacinils  emarginalis,  crenatis;  unguibus  long  is :  labio 
inferiorebifido,  declinato.  Rose.  Mss. 

772.  Canna  occidcntalls.  Corollse  limbi  inteiioris  labio  supe- 
riore bipartite,  laciniis  iiitegris  ovatis  inaequalibus;  labio  infe- 
riore  declinato  (velrectiiis  revoluto?)  Rose  Mss. 

77?^.  Canna  lutea.  Corollse  limbi  interioris  labio  superiore 
bipartito,  laciniis  emarginalis;  labio  inferiore  lineari  bifido  de- 
clinato. Rose.  Mss.  —  Rose,  in  Linn,  trans. ,  VIII ,  332. 

774.  Hedychium  Gardnerianum.  (Sheppard.)  Spica  numerosa 
sparsa  oblongiuscula  lato  patente ,  fasciculis  plurifloris  dis- 
tantibus;  bracteis  flores  arete  involvcntibus  tubo  perbreviori- 
bus;  laciniis  duabus  interioribus  cuneato-spatliulatis  cacumine 
ovato  obtuso;  Jabelli  lamina  obovata  bifida  lobis  dimidiatis  ob- 
tusiusculis  divergentibus  ,  ungue  brevi  canaliculato;  filamento 
discolori,  corollam  superanle. 

Cette  soperbe  plante,  originaire  du  Nepal,  et  d'abord  cultivee 
a  Calcutta  ,  est  mainlenant  introduile  dans  les  jardins  d'An- 
gleterre. 

A  la  suite  de  la  description  de  cette  plante  on  trouve  Tenu- 
meration  suivante  des  plantes  de  ce  genre ,  connues  jusqua  ce 
jour.  \.  Hedychium  spicatum.  Curt.  Bol.  mag.,  aSoo.^ — 1.  H. 
coronarium.  Ibid.,  708. —  3.  U.  heteromalluin.  Bot.  reg.,  767. 
—  4.  H.  fiavum.  Bot.  mag.,  2378.  — !).  H.  coccineum.  Smith  ,  in 
Rees's  Cyclop. —  6.  //.  angustifolium.  Bot.  reg.,  157. —  7.  H.gra- 
eilc.  Roxb.  fl.  ind.  I.,  12. — 8.  H.  villosum.  Wallich.  in  flor.  ind. 
I.,  12.  — 9.  H.  speciosum.  Ibid.,  i3. —  10.  H.  elatum.  Bot.  reg. , 
526. —  II.  H.  gardnerianum. 

775.  Canna  edulis.  Limbi  interioris  labio  summo  triparlito 
erecto,  laciniis  ovali-oblongis  retusis  late  unguiculatis,  media 
plurimiim  breviore  ;  labello  lineari-oblongo  recurvato  retuso  : 
caule  punicante. 

Canna  indica.  Ruiz  et  Pavon,  fl.  Per.  I,  1. 

776.  Crt««rt /rtr//fa.  Coroll.-e  limbo  interiorc  bilabialo  ,  labio 
superiote  tripartito ,  laciniis  linearibus  iutegris,  erectis,  acuUs, 
convcr'^entibus;  labio  inferiore  integro  declinato;  foliis  lanceo- 
latis  subaequilateris.  Rose.  Mss. 

Canna  indiea.  Ilort.  Kew.  ed.  t  1  ,  p.  1 1. 

Suivant  I'observation  de  Roscoe,  le  synonyme  precedent  est  le 
soul  qu'on  puisse  appliquer  avcc  certitude  k  cette  cspece,   tant  il 


Botanunie.  2/^5 

existe  de  confusion  dans  ce  genre,-  aussi  nous  avons  pens^  qu'il 
etait  important  de  rapporter  les  cavacteres  donnas  par  le  savant 
botaniste  que  nous  venons  de  noinmer  a  cette  espece,  quoique  ce 
soit  la  premiere  qu'on  ait  indiquee  dans  ce  genre. 

777.     Alpinin  tuhulntn.  Follis  alternis  bifariis  remotissimis  ; 
scapo  vaginato  laterali ;   bracteis  coramunibus  divaricatis  aridis  , 
acuminatis   persistenlibus  ;   corolla    tubulosa  ;    labello   incluso; 
antliera  scssili. 

Cette  espece,  qui  differe  beaucoup  des  autres  Alpinia,  et  quime- 
riteralt  peut-etre  d'en  etre  separee  ,  est  originaire  de  la  Guyane. 

Ce  9*^.  volume  est  termine  par  une  table  generale  des  especes 
decrites  dans  cet  ouvrage ,  et  par  un  appendice  contenant  une 
dissertation  sur  les  especes  du  genre  Jasminum  ,  et  parliculiere- 
ment  sur  celles  decrites  par  Roxburgh.  Ad.  B. 

3io.  CuRTis's  BOTANICAL  Magazine  J  par  .ToHN  Sims.,  M.  D.  , 
no.  4/, 5. 

Ce  numero  renferme  les  plantes  suivantes. 

2461.  Rhipsalis  salicornoides.  Ha-vvorlh.  PI.  succ.,  p.  83. 
Cette  plante  reraarquable  n'avait  pas  encore  ete  figuree ;   on 

regrette  qu'aucuns  details  analytiques  n'accompagnent  la  figure 
que  nous  citons. 

2462.  Malpighia  lucida.  Swart/,. 
24G3.  Crinuin  suhincrsum.  W.  H. 

Cette  belle  espece,  originaire  des  environs  de  Rio-.Taneiro  ,  est 
parfaltement  intermediaire  entre  les  Criiium  scahrwn  et  eru- 
hescens  ,  qui  liabitent  le  nieme  pays;  et,  d'apres  I'oplnion  du  bo- 
taniste qui  en  donne  une  tres-bonne  description  dans  le  Botani- 
cal Magazine ,  elle  pourrait  «^tre  un  liybride  de  cesdeuxplanles. 

2464.  Hahranthus  gracilifollus.  W.  H. 

Ce  genre  nouveau,  qui  ne  parait  qu'une  subdivision  des  Ama- 
ryllis, differe  du  genre  Zephjranthes ,A\i  meme  auteur,  par  ses 
etamines  inegales,  dont  deux  plus  courtes  ,  deux  tres-longues , 
et  les  deux  autres  inegales  et  d'une  longueur  intermediaire.  Cette 
espece  presente  une  spallie  biflore  cntiere ;  chaque  fleur  est  d'un 
beau  rose,  reguliere,  campanulee,  a  divisions  toutes  egales  et 
scmblables  ;  le  style  et  les  filaniens  soiit  inclines  lateralement; 
I'ovaire  est  infere  comme  dans  toutes  les  Amaryllldees.  Les  feuilles 
de  cette  plante  sont  longues,  elroites  et  presque  lineaires  :  elle 
provienlde  Maldonado,  dans  TAmerique  meridionalc. 


■2  ( f  >  Botcnique. 

2465.  Erica  burcinijlora.  Moribus  subquatcrnis,  bi.icteis  a  ca- 
lyce  reiiiolis,  foliis  qiialernis  linearibus  cilialis. 

Otte  iiouvelie  espcce  est  origiiiaire ,  coiiiine  presque  toutcs 
cellesdii  meme  geiirc,  du  Cap  de  Ronne-Esf)crancf. 

24G6.  Crinum  Careyanum.  Bulbo  spliaerico,  f'oliis  lorali.s  im - 
dulatis,  margine  scabro,  scapo  compresso  multilloro  lorii^iori- 
bus,  apice  acuto,  genuine  trigono  sessili  (loculis  5G  spennis?), 
limbo  patente,  laciniis  albis,  apice  obtuso,  croso,  rcflexo  extus 
apicera  versus  rubescentibus  tubo  rigide  curvalo  longioribus, 
slylo  filamentis  assurgenter  curvatis  longiore,  lacliiiis  bieviore; 
stigmate  vel  trifido  vel  breviler  irilobo.  W.  H. 

Crinum  01  natum.  Carey  Mss. ,  et  Bot.  rcg. ,  11°.  2121. 

Cede  belle  plante  est  orlginaire  de  I'lle  de  France  ,  d'ou  elle  a 
ete  rapportee  par  le  D"".  Carey.  Ad.  B. 

3ii.  Herbier  general  de  l'Amateur  ,  contenant,  etc.,  par  fen 
flloRDANT  Delauhay  ,  continue  depuis  la  12".  livruison ,  par 
M.  LoisELEun-DEsLONGCHAMPSjU'^.  cn  medeclne;  avec  figures 
])eintes  d'apres  nature,  par  M.  Bessa.  79e.  et  So*",  llvr.  deux 
cahiers  in-8".,  en'^enible  d'unc  f.  7  et  12  pi.;  prix  :  18  fr. 
Paris ;  Audot. 

OI2.  De    epidermis   plantardm     structura    et    evolutione. 
In-8°.,  Pavia;  i823  ;  Bizzoni. 

3l3.    EXAMEN  DES  OBJECTIONS  DE    MM.    ScHELYER    ET    HeNSCHEL 

contrelasexualiledesplanfes/parMM.  Hornemann  et  Schouw. 
{TidsskriJ'tforNatunidriisf,aberne.  To.  III,n".  8,  p.  i  o5.  i823). 

Lesauteurs,  dont  lejournal  des  sciences  naturelles  de  Copenlia- 
gue  combat  ici  I'opinion,  ont  public:  I'un  en  1812  et  i8i4,  a  Hei- 
delberg, un  ouvrageinfirule  Kritik  derLehre  mn  denCcschlcch- 
tern  derPJIanzen;  Tantre  un  volume  de  XXVIII  et  644  i)ag.  a 
Breslau,  en  1820,  sous  le  litre  suivant  :  Von  der Sexualitat  dv.r 
PJlanzen,  avec  un  apj)cndice  du  meme  Sclielver.  Cet  objet  im- 
portant avait  deja  occuj)e  Treviranus,  dans  un  traite  sur  les  sexes 
des  plantes  (die  Ichre  von  GeschlevhledcrPflanzeri)  et  dansscs  oeii- 
vres  melees  i^vermischte  Schriftcn),  torn.  4-  H  s'y  est  inontre  le  de- 
fenseur  du  systeme  ctabli  par  Linne,  notamment  dans  la  these  dc 
iexu  plantartnn  (Amcenit.  acad.  vol.  Xyconfirme  par  Ludwig,  de 
gen^ratlonc ,  Lips.  1773 ,  par  Volla ,  dans  le  tome  i  des  Meino- 
riii  di  !\lantu^i.  el  snrtout  par  Koelreuler,  .Sprcngel ,  etc.  (^onrni* 


Botanique.  2 17 

de  part  et  d'autre  on  s'appuic  sur  des  experiences ,  le  probleine 
ne  pourra  etre  resohi  ([ue  lorsqu'il  se  sera  trouve  des  amis  assez 
T,oU''S  (ie  la  science  et  de  la  verlle,  pour  recomincnccr  toutcs  les 
experiences  avec  le  plus  grand  soin  et  une  cntiere  imp.irtialite. 
Quant  a  M.  Henscliel ,  on  re  peut  lui  refuser  le  merile  d'avoir 
def'cndu  son  opinion  avec  bcaucoup  d'iiabilele,  et  les  deux  savans 
Danois  ,  auteurs  de  cet  article  ,  ne  balancent  pas  a  regarder  son 
ouvrage  comme  I'un  des  plus  iniportans  qui  ait  ete  public  sur 
la  botanique  dans  ces  derniers  temps.  C.-M. 

3l4-    PrODROMUS  SYSTEMATIS  NATUBALIS  RKCNI  VEGETABILIS,etC., 

auct.  A. -P.  De  Candolle.  Pars  prima.  1  vol.  in-8°.  de  748  pag. 
Paris;  1824;  Treuttel  et  Wiirlz. 

La  vaste  entreprise  dont  M.  De  Candolle  avail  commence  I'exe- 
cution  en  publiant  2  volumes  d'un  nouveau  Pinax  ou  systerae 
universel  des  vegetaux,  demandait  unlapsde  temps  tres- conside- 
rable pour  son  adievement.  En  attendant,  les  botanistcs  desiraient 
avec  ardeur  la  publication  d'un  ouvrage  oil  toutes  les  especes 
fussenl  rassemblees;  car  depnis  I'ulile  E  rich  iridium  de  M.  Per- 
soon ,  il  n'en  avait  paru  ancun  de  ce  genre.  A  leurs  solllcita- 
tions,  M.  De  Candolle  s'est  determined  presenter  le  Proclromus 
que  nous  annoncons,  sorte  de  canevas  de  son  grand  ouvrage,  et 
dans  lequel  toutes  lesplantes  connues  seront  decrites  d'apres  les 
lois  de  la  melliode  naturelle.  Un  si  bean  travail  doit  faire  sensa- 
tion parini  les  sectaleurs,  de  jour  en  jour  plusnombreux,  des  rap- 
ports naturels,  tanta  cause  de  sa  grande  utilile,  que  par  le  noiu 
de  son  auteur  qui,mieux  qu'aucun  autre  savant,  pouvait  se  char- 
ger de  trailer  un  sujet  aussi  difficile.  Comme  il  s'agissait  dernme- 
ner  tons  les  genres  a  la  place  que  la  nature  leur  a  fixee,  il  fallait 
avoir  fait  des  reclierches  profondessur  I'ensembledes  vegetaux, 
posseder  de  vastes  collections  et  unc  bibliotlieque  complete,  en- 
irelenir  enfin  des  relations  pour  ainsi  dire  universelles  ,  pour  de- 
venir  I'historien  de  I'elat  acluel  de  la  botanique.  M.  De  Candolle 
ne  s'est  point  laisse  rebutcr  par  les  obstacles  ;  il  a  senti  que  dans 
un  travail  de  cette  espece  ce  n'elait  pas  la  perfection  ab.iolue  qu'on 
devait  esporer  d'alteindre,  mais  un  certain  degre  qui  i)e:mit  de 
faire  connaitre  snffisaunnent  les  especes  connues  ou  dt'criles  jus- 
qn'a  ce  jour.  Afin  d'accclercr  I'execution  de  cet  ouvrage  il  s'est 
•idjoint  pour  collaborateurs  plusieurs  auteurs  de  monograpliies , 
tfls  que,  M3I.  Dunal  ,  Choisy,  Scringe,  Ofth  ,  et  de  Cingins,  en 


2/\  8  Botaiiique. 

sorte  qu'Il  convient  dc  distinguer  ce  qui  est  propre  a  chacun 
d'eux,qnoi(iuerensemblea'itcte  execute  sous  la  directiondeM.De 
Candolle  ,  et  que  tous  les  travaux  aient  <?te  coordonncsd'apres  un 
plan  uniforme. Nous allonsdonnei'une idee generaledece plan, puis 
nousessayeronsdefaire  connailrece  quiestnouveau  pourla  science. 
l,e  Prodroinus  redige,  comrae  nous  I'avons  dlt  plus  liaut,  d'a- 
pres  les  principes  de  la  inethodenaturelle,  commence  par  les  fa- 
milies dont  I'organvsationestlaplus  diiveloppee;  son  auteur  suit,  a 
peu  de  modifications  pres,  la  raarche  qu'il  a  tracee  dans  la  seconde 
edition  de  sa  Theorie  elementaire.  Les  caractcres  des  grands  em- 
Lranchemens  des  classes  et  sous-classes  sont  d'abord  exposes  avec 
uneconcision  quine  nuit  en  rien  a  leur  clarte.  Ceux  desordres  ou 
families  ont  comparativement  plus  d'etendue,  parce  que  leurs 
limites  sont  uioins  fixes;  des  annotations  a  la  suite  en  font  connaitre 
les  liaisons.  II  en  est  de  menie  pour  les  genres,  oil  les  noms  des, 
auteurs  sont  soigneusement  indiques.  Quant  aux  especes,  une 
phrase  caracteristique ,  le  plus  possible  comparative,  suffit  pour 
les  distinguer.  Fidele  aux  principes  qu'il  a  etablis  dans  sa  theorie, 
il  n'adraet  que  le  nora  de  I'auteur  qui  a  le  premier  fait  connaitre 
la  plante,  raais  il  indique  la  synonymic  quand  elle  lui  parait  im- 
portante  ;  la  citation  d'une  ou  de  plusieurs  planches  acheve  de  ne 
laisser  aucun  doute  sur  I'espece  ,  et  lorsqu'elle  offre  des  varietes, 
remarquables,celles-ci  sont  mentionnees  avec  des  noms  adjectifs 
ou  merae  des  lettres  de  I'alphabet  grec,  et  accompagnees  de 
leurs  caracteres  distinctifs. 

Les  plan tes  Vasculaires  ou  Cotyledonees  offrent  pour  i""©. 
classe ,  les  Dlcotylcdonees  ou  Exogenes ,  qui  se  divisent  elles- 
memes  en  plusieurs  sous-classes  ,  dont  la  i"^**.  comprend  les^ 
Thalami/lores.  Cette  sous-classe  est  traitee  en  entier  dans  le  vo- 
lume qui  a  paru.  Elle  renferme  cinquante-quatre  families,  dont 
nous  allons  passer  en  revue  les  plusremarquablcs.  Nous  sommes 
encore  trop  raj)prochcs  dc  I'epoque  ou  les  onze  premieres  ont 
6te  exposees  avec  tout  le  devcloppement  convenable  dans  les 
deux  premiers  volumes  du  Srstcina  vegctabilium ,  pour  avoir  a 
signaler  des  additions  tres-importantes.  Quelques  especes  ajou- 
-tees  surtout  aux  grands  genres  de  Renonculacees ,  de  Cruci- 
feres;  cos  especes  debrouillces  avec  soin  (  comme  par  excmple 
celles  du  genre  Aconituin ,  par  M.  Seringe),  I'etablisscment 
d'un  petit  nombre  de  genres  nouveaux  dans  la  faniille  des  Cru- 
ciferes,  communiques  par  M.  Andrzcjoski,  la  citation  des  e&- 


Botcinique.  249 

peces  interessanles  on  ambin;ues  figurees  dans  le  second  volume 
des  Icones  selectee  de  M.  Benjamin  Delessert ;  voila  ce  qui  est 
ajoutc  aux  belles  monographies  de  ces  families  contenues  dans  le 
Systema.  Les  Capparidecs  divisees  en  2  tiibus  qui  portent  les 
iioms  de  Cleoim-cv  et  Capparecs ,  renfcrnient  plusieurs  genres, 
nouveaux  formes  aux  depens  de  plus  anci(  ns.  Parmi  les  Cleo- 
mees  on  trouve  les  suivans  :  Cleomella ,  Peritoma  et  Gjnan- 
dropsis ,  qui  appartenaient  au  genre  Cleome  de  Linne.  Le  nou- 
veau  genre  Niebuihia  est  place  dans  les  Capparees.  La  famille 
des  Flacourtianece  etablie  par  feu  Ricliard ,  quoique  peu  nom- 
breuse  en  genres  et  en  especes ,  est  parlagee  en  4  Iribus  sous  les 
noms  de  Patrisiece,  FlacotirticcE  ,  Kiggellariece  et  Erjthros- 
permece.  Les  Bixinees ,  fondees  recemment  par  M.  Kuntli  ,  ont 
ete  traitees  d'apres  les  indications  de  ce  savant  botanis'te.  RL  Du- 
nal  s'est  charge  de  rediger  les  Cistiiiecs ,  et  ce  premier  travail 
fait  desirer  qu'il  lui  donne  una  suite  dignc  de  ses  Annonacees. 
La  famille  des  T'iolariees  a  ete  confieeaux  soins  de  M.  de  Gin- 
gins  ,  qui  en  avait  precedemment  expose  les  caracteres  dans  les 
Memoires  de  la  Societe  d'liistoire  naturelle  de  Geneve.  Les  tri- 
bus  nommees  Fiolece ,  Jlsodincce  et  Sauvagece  ,  partagent  cette 
famille.  Viennentensuite  les  Droseracecs  ,Ti.  C,  les  Poljgalees  de 
Jussieu,  les  Treinaiulrees  ei  les  Pittosporecs  de  R.  Brown,  et  les 
Franhcniacees  d'Auguste  St.-Hilaire.  Adoptant  I'ordre  etablipar 
cesauteurs,  M.  de  Candolle  a  seulement  ajoute  un  grand  nombre 
d'especes  et  mieux  circonscrlt  les  genres.  Les  Caryophyllees  ,  fa- 
mille presque  touteeuropeenne,  ont  ete  elaborees  par  M.  Seringe, 
quin'y  a  pas  etabli  d'autres  coupes  que  cellcs  dounees  par  M.  de 
Candolle  dans  la  Flore  francaise,  c'est-a-dire ,  les  tiilenees  et  les 
Alsinccs.  Mais  on  doit  lui  savoir  beaucoup  de  gre  pour  la  dis- 
tinction clairement  exposee  des  especes  si  nonibreuses  de  la  plu- 
part  des  genres.  Celui  des  Silc/ie ,  qui  en  contient  217,  est  I'ou- 
vrage  de  M.  Otth ,  de  Berne. 

M.  de  Candolle  a  divise  artiflciellement  les  Malvacees  en  2  grou- 
pes ;  le  i*""".  caracterise  i^ar  Ic  calice  double  ou  reint  d'un  involucre; 
le  second  par  le  calice  nu  a  sa  base  ;  cetf  e  famille  comprend  les  3 
premieres  sections  des  Malvacees  de  M.  de  Jussieu,  et  a  cet  egard 
les  idees  de  I'auteur  sont  tres-concordantes  avec  cellcs  de  MM.  R. 
Brown  ct  Kunth  ,  qui  ont  public  des  memoires  sur  les  limites  de 
cette  famille.  L'auteur  a  substitue  aux  noms  de  Stcrculiacees  et  de 
Hcimanniacees,  proposes  par  MM.  Ventenat  et  de  Jussieu,  celui 


:25o  Botatiique. 

de  Byttncriacvcs ^  adopte  p.ir  M]M.  R.  IJrown  et  Kuntli ;  parce  que 
cps  auteurs,  et  particulierement  celui-ci  ,  ont  complete  I'histoire 
de  ces  plantes.  Les  tribus  de  cette  famllle  sorit  :  les  Sterculiees , 
D  C. ,  ou  Slerculiacees ,  K"'. ;  Bjttneriees  ,  D  C,  ou  Bjttneria- 
cece  vercB,  K^i'.;  Lasiopetalecc ,  Gay;  Herman  niece ,  DC,  ou 
Herman niacece,  R'l'. ;  Dvmbeyacecr  ,  K'''.,  et  JFallkhieae ,  D  C. 
Cette  derniere  tribu  renferme  plusieurs  nouveaus  genres  dont 
nous  avons  parle  dans  !e  n°.  i^"".  de  ce  Bullelin. 

La  faniille  des  TdiaccJes  a  etc  limitee  aux  genres  dcsignes  par 
IM.  Knnth  dans  les  Nos'a  Genera  de  M.  de  Humboldt.  Les  Elceo- 
<'arj)ees  de  M.  de  Jussleu  ,  ainsi  que  les  Clilenacees  de  M.  du  Petit- 
Thouars,  ont  ete  traitees  d'aprcj  les  indications  de  leiirs  auteurs 
*auf  quelques  additions  de  genres  ,  places  a  la  suite.  Cinq  tribus 
partagent  la  famiile  des  Ternstr;emiacees ;  ce  sont  les  Ternstrce- 
miecE ,  Frezicrece,  Sauraujtce,  Laplacece  et  Gordoniece.  L'auteur 
ayant  public  uii  meraoire  special  sur  cette  famiile,  parmi  ceux  de 
la  Socleie  d'liistoire  iiaturelle  de  Geneve,  nous  en  rendrons  un 
conipte  detuiile.  Nous  nc  pouvons  pas  ici  nous  etendre  sur  les 
,  Camelllees,  Olacinces  et  Aurantiacees,  families  norabreuses  en 
genres  ,  dont  la  stracture  n'est  pas  tonjoiirs  bien  connue. 
I\l.  Choiiy  ,  auleur  d'un  Prodrome  de  IMonographie  des  Hype- 
ricinees,  en  a  donne  I'extrait  dans  I'ouvrage  de  M.  de  Candolle. 
Le  meme  botaniste  a  fraite  egalement  les  Guttiferes  d'apres  la 
dissertation  qu'il  vient  de  publier  dans  la  seconde  partie  des  Me- 
moires  de  la  Societe  d'histoire  naturelle  de  Paris ,  et  dont  nous 
avons  rendu  com])fe  dans  le  n".  precedent ;  enfin  on  lui  doit 
encore  renumeralion  des  plantes  de  la  petite  famiile  des  Marc- 
giaviacees.  M.  de  Candolie  adopte  les  Hij)pocrateacuPS  et  les 
Erylliroxylees  de  M.  Kuntli.  Dans  les  Malpigliiacees  il  etablit 
3  tribus.  Les  I\Ialj)ighiecs  (^MalplghiecE) ,  dont  le  genre  Mai' 
pighia  de  Linne  est  le  type;  les  liipiagecs  (  Hiplaf^ccv),  oil  Ton 
trouve  le  Gnudichaudia  de  M.  Kuntli  et  le  Camarea  que  M.  de 
S  lint-Hilaire  a  public  recemment  dans  le  Bulletin  de  la  Societe 
pliilomatliique,  et  les  Banistcriets  renfermant  plusieurs  genres 
iKiuveaux  de  M.  Kunlh  ,  ou  niieux  circonscrits  par  cet  auleur 
.dans  ses  Nova  genera. 

Les  Acerinees  et  les  Hippocastanees,  etablies  [)ar  l'auteur  dans 
.<a  Tlieorie  elemenfaire,  continucnt  d'etre  separees  dans  le  Pro- 
dromiis.  M.  de  Candolle  propose  ensuite  une  nouvclle  famiile  sou* 
ic  nom  de  Rliizobolecs,  et  formee  uniqucment  du  genre  Carinrar 


Bolaniqne.  2.5 1 

tie  Linne ,  ou  Rhizobolus  de  Gsertner.  Les  Sapinrl.icees  sont  di- 
visees  en  3  groupes  d'apres  les  indications  de  M.  Kuntli,  savoir  : 
les  PauUiniees,  les  Sapindees  ,  et  les  Dodonaeacees.  Tiois  tribns 
constituent  la  famiile  des  Meliacees;  ce  sont  les  Meliees  ,  les  Tri- 
cliiliees  ,  et  ks  (Jedrelees  de  M.  R.  Brown. 

Sous  le  nom  d'Ampelidees,  deja  propose  par  M.  Kiintli , 
M.  de  Candoile  ducrit  la  famiile  des  Vignes  de  31.  de  Jussieu.  A.u 
groupe  des  Sarnientacees  ou  Vigniferees,  il  ajoute  une  scconde 
trilju  dont  les  caracteres  sont  encore  obscurs,et  lui  doiine  le 
nora  de  Leeacece ,  formee  du  genre  Leea  de  Linne  et  du  Laian- 
thera  de  Beauvois. 

Les  Geranlacees ,  bornees  anx  seuls  genres  Rhyjichotheca , 
Monsonia,  Geranium ^  Erodiuin  et  Pelargonium,  sont  reniar- 
quables  par  le  nombre  considerable  d'especes  que  ces  genres  ,  le 
dernier  surtout,  renferment.  M.  de  Candoile  en  a  detache  la  fa- 
faniille  des  Oxalidces,  eta  adopte  les  Tropa?olees  de  M.  de  Jus- 
sieu et  les  Basalininees  de  M.  Acbille  Richard. 

Les  Zygopliyllees,  detachees  des  Rutacees  par  M.  R.  Brown, 
sont  partagees  en  deux  groupes  naturels  d'apres  leurs  feuilles 
alternes  ou  opposees.  Les  nombreux  genres  de  la  famiile  des  Ru- 
tacees sont  distribuiis  dans  deux  Iribiis,  savoir  :  les  Diosmees  et 
les  Cuspariees ,  sur  lesquelles  M.  de  Candoile  a  public  unc  disser- 
tation dans  les  Memoires  du  Museum.  Dans  cette  famiile,  ainsi 
que  dans  les  Oclinacecs  et  les  iSImaroubees ,  se  Irouvent  decrites 
une  grande  qiiantite  d'es]ieces  nouvelles  rapportees  du  Bresil  par 
M.  Auguste  de  Sainl-Hilaire.  F.nlin,  M,  de  Candoile  a  etabli  la  fa- 
miile des  Coriariees,  composee  nniqueinent  du  genre  Coriaria  , 
quejusqu'ici  on  n'avait  pu  placer. 

Dans  renumeralion  rapideque  nous  venons  de  donncr  ,  il  ctait 
impossible  de  signaler  tons  les  avantages  que  presente  I'ouvrage 
de  M.  de  Candoile.  Nous  n'avons  pas  nieme  pu  citer  tons  les  gen- 
res nouvellement  ctablls,  et  a  ])liis  forte  ralson  les  nouvelles  es- 
peces.  Lciir  nombre  est  considerablement  augracnie;  mais  cette 
augmentation  resuUe  uniquement  d'objets  entierement  nouve.iuX, 
car  on  observe  que  beaucoup  de  planles,  donnees  anparavant 
comme  especes  di^lincles,  ne  sont  ici  que  de  simples  varietes  ; 
c'cst  ce  dont  les  genres  Jconitum,  Silene  et  Pehirgonittm  nous 
offrent  un  exemple  frappant.  La  place  de  plusieurs  genres  rejc- 
tcs  parmi  les  Jncertce  scdis  dans  le  Genera  de  M.  de  Jussieu,  a 
cie  dcterminee,  et  pour  la  phipart  dune  mnniere  certaine,  par 
M.de Candoile.  J.  A.  Guii-lkmih. 


252  Eotnfiiqne. 

3 1 5.  Stirpescrtptogam/e  VocESO-RHENANi;,  quas  in  Rheni  su- 
perioris  inferioribusque  necnoii  Vogesorum  pr:efccturis , 
coUegerunt  J.  B.  Mougeot,  Bruyerensis,  M.  D.  et  Nestler, 
Argentinensis  pharm.  Bruyerii-Voges.  Typis  M.  Vivot. 
Cet  ouyrage  ol'frele  resultat  de  I'une  des  entreprises  lesplus  utiles 
en  botanique,  et  qu'il  fallait  autant  de  patience  que  de  connais- 
sances  pour  executer.  Fruit  de  penibles  rccherclies ,  de  longues 
fatigues,  d'licrborisations  continuelles,  il  est  plus  que  tout  au- 
tre traite  crvptogamique,  capable  de  lever  toutes  les  inexacti- 
tudes synonymiques  qui  f'esaient  jusqu'ici,  de  I'une  des  plus  in- 
teressantes  parties  de  la  science,  uncbaos  inextricable.  En  effet, 
aujourd'hui  que  les  botanistes  ont  jete  leurs  regar<ls  dans  les 
tribus  infinies  de  Mousses,  d'Algucs  et  de  Champignons,  qu'ils 
avaientlong-tenipsdedaignes,onavu  ecloreune  multitude  de  frai- 
tes,  dont  quelques-uns,  ornes  de  bonnes  figures,  simplifient  I'etu- 
de,  et  fixeiit  lesdoutes,  maisqui,  quelque  bien  faits  qu'ils soient, 
sont  tout-a-fait  insuffisans.  Quelque  soignee  et  minutieuse  que 
soit  unc  description  ,  elle  ne  suffit  plus  ;  et  quelque  exacte  que 
soit  un  dcssin,  il  peut  encore  laisser  a  desirer.  II  n'en  sera  jamais 
de  menie  pour  I'ouvrage  de  MM.  Mougeot  et  Nestler.  Ce  n'est 
ni  par  des  phrases  sans  fin  ,  remplies  de  details  minutieux  entre 
lesquels  on  omet  trop  souvent  de  citer  les  caracteres  positifs ;  ni 
par  de  ees  gravures  oul'artiste,  etranger  a  la  science,  n'a  pastou- 
jours  saisi  ce  qui  constitue  les  differences  ou  les  rapports  des 
especes,  cpienos  savans  ont  entrepris  de  faire  connaitre  laflore 
cryptogamique  de  leur  pays ;  c'est  a  I'aide  des  plantes  memes 
dont  elle  sc  compose;  plantes  veritables  ,  dont  les  echanlillonssont 
parfaitcmcnt  choisis,  et  dans  un  etat  de  conservation  remarquable 
par  sa  fraicheur. 

Places  dans  I'une  des  parlies  niontucuses  de  la  France,  lesplus 
ferliles  en  Cryptogames,  MM.  Mougeot  et  IVestlcr  explorent  sans 
cesse  la  region  des  Yosges.  Celte  region  leur  offre  des  sommets 
eleves,  et  deprofondes  vallees,  des  plaines  ,  des  coUines,  de  vastes 
forets,  de  riantes  prairies,  d'orgueillcuses  chaines,  des  rocs  de- 
pouilles  de  mousses,  des  rivieres,  des  marais  et  des  etangs.  Tou- 
tes CCS  localites  prodiguent,  commcon  le  sait ,  les  richesses  mys- 
terieuses  de  la  parure  de  I'lore,  qu'il  est  Ic  plus  difficile  de  con- 
naitre. Les  auteurs  de  I'ouvrage  que  nous  annoncons  n'en  ont 
pas  laisse  echapper  la  moindre  partie;  les  elegantes  fougeres,  les 
vcrdoyantes  mousses,  les  lichen's  varies,  les  champignons  et  les 


Boiaiiique.  aSS 

mucedinees  sansnombre;  enfin,les  fugaccs  algues  aqualif|uesont 
egalement  attire  leur  attention,  et  I'exactitude  avcc  l.iquelle  clia- 
queespecea  ele  duterminee  est  au-dessiisde  tout  eloge:  on  peut 
regarder  les  Stirpes  cnptognmce  i'ogcso-rhcnance  ,  comme  une 
bible  cryptogamique.  L'ouvrage  se  compose  de  liuit  fascicules 
ou  volumes  in-/l°.  dont  le  premier  parnt  en  1810;  le  second  en 
1811 ;  le  troisieme  en  1812  ;  le  quatrieme  en  i8i3;  le  cinquieme 
en  i8i5;  le  sixieme  en  1818;  le  septieme  en  1820;  le  huitieme 
•vient  de  paraitre  dans  le  mois  de  dticembre  iSaS.  Le  neuvieme 
sera  probablement  livre  aux  savans  pour  la  fin  de  la  presente 
annee.  Cliaque  volume  contient  cent  plnntes  ,  parf;iitement  dis- 
posees,  eleganimcnt  ])reparees,  munles  de  leur  fructification. 
Lorsque  la  cryptogamle  des  Vosges  sera  ainsicpuisee,  les  auteurs 
donnerontune  sorte  de  species,  dont  les  fascicules  que  nous  an- 
noncons  peuvent  etre  considcres  comme  les  planches. 

La  synonymic, seule  partie  imprimee  jusqu'ici  dans  la  page  ou 
se  trouve  cliaque  plante,  accompagne  celle-ci  avec  la  note  de 
riiabitat  et  I'enonce  de  quelque  particularite  jusqu'ici  non  ob- 
servee.  Cette  synonymic  est  coraposee  du  nom  que  lui  a  donne 
I'inventeur,  c'est-a-dire  le  botaniste  qui  I'a  decouverte,  du  nom 
Linneen,  et  quelque  fois  d'un  ou  deux  autres  employes  par  des 
auteurs  qui  font  autorite.  On  a  adoptc  pour  les  fougeres  la  nomen- 
clature linnecnne  ou  de  Willdenow;  pour  les  mousses  ccUc  d'Hed- 
wig,  de  Scliwsegriclien,  de  Bridel,  de  Dickson,  d'Hoffinann,  de 
Weber  et  Molir,  de  Hooker,  ou  autres  muscographes  moder- 
nes;  pour  les  hcpatiques  ctjungermannes,  celle  du  meme  Hooker; 
pour  les  lichens,  celle  d'Achar,  de  Floerke  et  de  Dufour;  pour 
les  champignons,  celle  de  Persoon;  et  pour  les  confcrves  et  au- 
tres algues  d'eau  douce,  celle  de  Bory  de  Saint-Vincent.  Ce  qui 
doit  etonner  tout  cryptogamiste  exerce  qui  connait  fextrerae 
difficuUe  de  Lien  determiner  les  plantes  obscures  dela  vingt-qua- 
trieme  classe  du  systeme  sexuel,  c'est  que  sur  les  huit  cents  cspeces 
jusqu'ici  publiees,  il  ne  s'(  st  glisse  que  quatre  ou  cinq  erreurs,  qui 
ont  ete  rectifiees  dans  le  dernier  fascicule  par  des  etiquettes  nou- 
velles  envoyees  aux  souscrij)teurs  qui  pouiront  les  colier  sur  les 
etiquettes  inesacles.  Le  beau  travail  de  MM.  Mougeot  et  Nestler 
est,  sans  contredlt,un  des  plus  importans  ouvragesde  botanique 
qu'on  ail  public  sur  cette  partie.  B.  de  S.-V. 


:i54  Botan'tque. 

3 16.  Zenker  et  Dietrich  Musci  Thlriwoici.  Fasc. ,  I,  II,  III. 
Jena,  1821,  iSiaet  i823.  In  8. 

Concu  sur  le  plan  du  vaste  travail  de  MM.  fliougeot  et  Nes- 
tler,  mais  d'apres  une  echelle  nioins  etendue,  I'ouvrage  de  MM. 
Zenker  et  Dietrich  n'en  est  {)as  moins  bieti  execute.  A  ingt-cinr[ 
plantes  seulement  ont  paru  dans  clmque  caliier.  Celles-ci  sont  eie- 
gamiuent  prepareeset  deterraineesrigoureusement;  une  descrip- 
tion plus  ou moins  etendue  dans  quelqucs  pages  de  lexte,  accom- 
pagne  cliaque  mousse.  Les  fougeres,  les  licliens,  les  champi- 
gnons et  les  ])lantes  aquatiqiics  n'ont  point  acces  dans  la  collec- 
tion des  savans  alleinands  ,  que  nous  reconimandons  neanmoins 
aux  naturulistes  qui  s'adonnent  speclalement  a  I'hisloire  des 
mousses.  B.  de  S.-V. 

317.  De  Euphorbiacearum  generibus  medicisque  earomdem 
viRiiius  tentamen;  auct.  Adriano  he  Jussieu  ,  D.-M.  In-4.  , 
1 1 8  p.  et  tab.  aenels  18.  Paris  ;  1824  ;  Becliet  jeune. 

La  famille  des  Euphorbiacees,  quoiqne  tres-naturcllp  et  deja 
admise  par  les  auteurs  anterieurs  au  Genera  de  M.  de  Jussieu  sous 
le  nom  de  Tricoccoi ,  offre  cependant  des  variations  remarqua- 
bles  dans  la  structure  de  ses  fleurs.  Elle  n'est  pas  du  nombre  de 
ces  families  tellement  naturelles  qu'il  faut  avoir  recours  a  des 
caracteres  minutieux  pour  y  etablir  des  coupes  generiques.  De- 
puis  une  trentaine  d'annces,  un  grand  nombre  de  genres  et  d'es- 
peces  ,  qui  devaient  venir  s'y  ranger,  avaient  ete  decrits  par 
divers  auteurs;  ces  plantes  exigeaient  un  nouvel  examen  atteiitif; 
et  une  comparaison  exacte  avcc  les  genres  deja  rapportes  a  ce 
groupe  etait  devenue  indis])ensable  ;  reunir  a  cet  examen  bo- 
tanique  les  resuUats  des  observations  de  tous  les  auteurs  sur  les 
proprietes  medlcales  de  plantes  ,  douses  en  general  de  propritilcs 
tres-energiques ,  et  montrer  runiformite  de  leur  mode  d'action, 
c'etait  completer  autant  que  possible  I'exanien  de  cette  famille 
importante ;  c'est  le  but  ([ue  M.  Ad.  de  Jussieu  se  proposait  dans 
la  dissertation  ou  plutot  I'ouvrageque  nous  annoncons,  et  I'anahse 
que  nous  allons  en  faireprouvera  qu'il  I'a  reellement  atleint. 

Deu\  parties  distinctrs,  la  i"^*^.  bolaniqiie,la  2*'.mcdicale,  romp.)- 
sent  cet  ouvrage  ;  la  premiere  doit  surtout  fixer  notre  attention. 
Apres avoir  expose  le  caractcrc  general  de  cette  famille,  raufcnr 
v  elablit  six  sections,  foncK'-es  sur  le  noinbre  des  ovules  co.Tlenui 


F>otnn'ujue.  •2!jS 

d.nns  cl.nque  loge  de  I'ovaire,  sur  le  nombre  et  le  mode  d'iiiser- 
tion  des  etamines,  et  sur  rinflorcscence. 

Dans  les  deux  premieres  sections  ,  les  loges  de  I'ovaire  ren- 
ferment  deux  ovules  ;  dans  les  quatie  autres  sections,  elles  sent 
uni-ovulees.  Des  caracteres  fournis  par  les  fieurs  males,  servent  a 
distinguer  les  deux  premieres  sections.  Dans  la  premiere,  les  eta- 
mines sont  inserees  autour  du  rudiment  du  pistil  ,  qui  occupe  le 
centre  de  la  fleur  ;  dans  la  seconde ,  ce  rudiment  d'organe  f'emelle 
manque,  et  les  etamines  sont  inserees  au  centre  meme  de  la  fleur. 
Dans  la  troisieme  section,  les  flours  presentent  souvent  une  corolle 
forniee  de  pelales  pins  ou  moins  developpes,  et  que  beaiicoup 
d'anteurs  avaient  regardes  tantot  comme  de  simjiles  ecailles  , 
tjintot  comme  uu  double  calice ;  les  fleurs  sont  fasciculees  en 
cpis  ou  en  panicules.  Dans  la  quatrieme,  les  fleurs  sont  constam- 
ment  ajxjtales  et   reunies  en  pelits   faisceaux   disposes   en  epis. 

Dans  la  cinquiehie,  elles  sont  toujours  en  e\ni  allonges,  con- 
venes de  braclees  ou  en  chatons.  Enfin,  la  sixieme  renferme  les 
genres  dont  les  fleurs  males  et  femelles  sont  reunies  dans  un  in- 
volucre commun. 

Ouire  un  grand  nombre  de  genres  connus  dont  I'auteur  a  v(5- 
rlfie  et  souvent  modifie  les  caracteres,  des  es])eces  nouvelles  ou 
jusqu'alors  mal  etndiees  lui  ont  fourni  i5  genres  nonveanx,  et 
cependant,  loin  de  clierclier  a  augmenter  inutilement  ce  nombre, 
il  ne  s'est  decide  a  creer  de  nouvelles  divisions  que  lorsque  des 
caracteres  importans,  du  meme  ordre  que  ceux  deja  employes 
dans  la  meme  famille,  I'exigeaient.  Ccs  additions  portent  a  85  le 
nombre  des  genres  d'Euphorbiacees;  ce  nombre  est  jiar  conse- 
quent presque  triple  depuis  la  publication  du  Genera  Plantaruin, 
de  M.  L.  de  Jussieu. 

Apres  avoir  donne  un  caractere  etendu  de  clia(jue  genre, 
I'auteur  cite  les  diverses  especes  qui  doivent  y  rentrer,  ou  celles 
au  contraire  qu'on  doit  en  eloigner;  de  sorte  que,  sans  donner 
de  details  specifiques,  il  fixe  cependant  avec  precision  lesliniites 
des  genres,  et  indique  les  plantes,sur  lesquelles  il  a  eu  occasion 
de  fonder  les  caracteres  generiques  qu'il  vient  de  tracer. 

II  serait  impossible  de  rapjiorter  ici  les  caracteres  de  ces  di- 
vers nouveaux  genres,  dont  le  nombre  est  considerable,  d'au- 
tant  plus  ([u'il  serait  necessaire,  pour  lesrendre  comparatifs  ,  de 
donner  aussi  ceux  des  genres  deja  connus,  que  !M  Ad.  de  .Tnssien 
a  souvent  beaucoi'.p  niOi'iflos.  Oa  trouvcra  u;i  extr.iit  delaille  de 


2j6  Botanique. 

cette  partie  du  travail  de  M.  de  Jussieu  dans  les  Ann.  dcs  scienc. 
natiir.,  fcv.  1824. 

18  planches,  dessinees  avec  beaucoup  de  soin  par  I'autour  et 
fort  bien  gravees,  representent  les  caracteres  de  tons  les  gen- 
res de  cette  faniille  que  M,  de  Jussieu  a  pu  observer  dans  les  her- 
biers  de  Paris. 

Sous  Ic  point  de  vue  des  proprietes  medicales  ,  I'auteur  reniar- 
que  avec  raison  que  si  elles  presentent  quelques  niodificalions, 
cela  parait  tenir  a  ce  que  le  meme  principe  agit  difftTemment 
suivant  sa  plus  ou  moins  grande  quantite,  et  en  second  lieu  sui- 
vant  la  partie  de  la  plante  qu'on  emploie.  C'est  ainsi  que  la 
meme  substance  qui,  en  petite  quantite,  h'est  qu'excitante  ,  diu- 
retique  ,  emnienagogue  ,  etc. ,  en  plus  grande  proportion  pcut 
devenir  purgative ,  et  a  plus  forte  dose  peut  meme  aglr  comme 
vomitive.  Ad.  B. 

3 1 8.  Beitrao   zdr  Flora  Brasiliens  ,  von    Maximilian   von 

Wied-Neuvv'ied  mit  Bescbreibungen  von  D.  Nees  von  Esen- 

BECK   und  von  Martius.  (  Nova  acta  Ac.    Ctvs.  Leop.  Car. 

Nat.  curios.,  vol.  XI,  pag,  i.  ) 

M.  le  prince  de  Neuvvied  ne  s'est  point  contente  de  rapporter 
d'Amerique  des  quadrupedcs  et  des  oiseaux  :  voulant  se  rendre 
utile  a  toutcs  les  parties  de  I'histoire  naturelle,  il  a  aussi  re- 
cueilli  un  grand  nombre  de  plantes  ;  mais  comme  ses  travaux 
ornilhologiques  ne  lui  permettaient  pas  de  les  decrire,  il  a  char- 
ge de  ce  soin  les  botanistes  les  plus  eclaires  de  rAllemagne. 
M.  Schrader  a  deja  fait  connaitre  une  partie  de  riierhier  de 
M.  le  prince  de  NeuAvied.  Aujourd'hui  ce  sont  MM.  Nees  et 
Martius,  a  qui  le  savant  professeur  cede  la  plume,  et  il  ne  poii- 
vait  la  remetlre  a  dcs  mains  jilus  habilcs.  Ces  messieurs  decri- 
vent  environ  80  especes  rccueillies  principalemenl  dans  la  pro- 
vince de  Bahia  ,  et  dont  la  plupart  sont  nouvelles.  L'article  con- 
sacre  a  chacune  est  fort  detaille  el  les  localites  sont  indiquecs 
avec  soin.  Les  auteurs  ont  suivi  I'ordre  nalurel  et  distribuent 
leurs  piantes  sous  3r  litres  differens,  savoir  :  grarninees ,  pipe- 
racees,  coronariees ,  commelinees,  bromcliees  .,  iricledes ,  hemo- 
doiacees,  hjdrocharUlees ,  cannees ,  scitaminees  ,  poljgonccs  , 
chenopodees,  amaranthacees  ,  urlicces  ,  tricoccees ,  nyctaginees, 
primnlacces ,  personces,  gesneriees ,  acanthces ,  bignoniees ,  vcr- 
bcnacics ,  lahuc; ,  horragmecs ,  solanccs ,  com'olvulacces ,  gen- 
tiances ,  apocinces ,  sapoiees ,  ardisiacces ,  stjracinees:  Ceux  qui 


Botanique.  >  sS/ 

etit  I'habitude  d'^tudier  Ics  aftinites  desplantes  trouveront  peut- 
6tre  que  \es piperacees  pouv.iient  etre  mieux  pl.icc'es  qu'a  cote 
des  coronariees  ;  que  les  urticees  et  les  euphorbiacees  se  lient 
mal  avcc  les  amaranthacees  et  les  nyctaginecs  ;  les  convohmla- 
cees  avec  les  solanees ;  mais  il  est  bien  evident  que  ces  messieurs , 
siiivant  rexemple  que  I'illuslre  Brown  a  donne  dans  son  Pro- 
dromus  ,  ne  se  sont  point  occupcs  des  rapports  des  Taniilles 
entre  elles.  Les  seclateurs  des  affinites  nalurelles  diront  nussi 
que  le  sagittnria  palcefolin  ne  devait  point  etre  rapporte  aux 
hydmckaridec.s  ;  Vhefanthia  aux  priinulacces ;  le  gloxinia  aux 
bignonee.t.  Mais  lorsque  des  plantes  sont  decrites  avec  autant  de 
details  que  les  deux  auteurs  en  ont  mis  dans  leur  ouvrage  ,  des 
deplacemens  tels  que  ceux  que  nous  venons  de  oiler,  n'oiit  point 
d'inconveniens  ,  parce  que  tout  le  monde  peut  rendre  sans 
peine  a  cliaque  genre  la  place  qui  lui  apparlient ,  et  les  impri- 
meurs  ou  les  copistes  restent  seuls  responsables  d'inadvertances 
que  personne  ne  songera  jamais  a  reprocher  a  des  auteurs 
instruits.  A.  F.  C. 

319.  Plantes  ustjelles  des  Brasiliens,  par  M.  Auguste  de 
Saint-Hilaire.  tine  llvraison  in-4'>  avec  5  pi.  Prix,  5  f'r.  Paris; 
1824  J  Grimbert, 

Les  personnes  qui  ontentrepris  des  voyages  lointains  ponr  re- 
culer  les  bornes  de  la  science  des  vcgetaux  etaient  rareniont  assez 
preparecs  pour  un  but  si  louable.  A  peine  versecs  dans  les  pre- 
miers elemcns  de  la  botanique,  elles  elaient  reduites  au  travail 
manuel  de  simples  coUecteurs ,  et  plusieurs  d'entre  elles  se  sont 
illustrees  a  leur  relour  par  des  ouvrages  excellens :  elles  doivent 
cet  avantage  a  des  etudes  postorieures.  Mais  quand  un  botaniste 
initie  dans  tons  les  principes  de  la  science  qu'il  a  deja  enrichie 
par  ses  propres  travaux  ,  familicr  avec  les  analyses  les  plus  deli- 
cates,  et  doue  d'une  ardeur  capable  de  resister  aux  fatigues  et  aux 
privations  d'un  long  et  penible  voyage ,  va  exp'orer  des  pays 
lointains,  les  resultats  d'une  semblable  cntreprise  doivent  etre 
les  plus  satisfaisans.  L' Academic  des  sciences  et  les  jjrofesscurs 
du  Jardin  du  Pioi  ont  deja  applaudi  aux  nobles  efiorts  de 
M.  Auguste  de  Saint-Hilaire;  nous  soubaitons,  dans  I'interet 
de  la  botanique,  que  le  gouvernement  f'rancais  veuille  bien  ac- 
corder  a  M.  de  Saint-IIilaire  la  seule  recompense  qu'il  reclame , 
celle  de  le  mettre  a  meme  de  pouvolr  publier  ses  iramenses  ma- 
B.ToME  L  17 


q58  Botanique. 

teriaux.  En  allcmlanl  que  scs  esperances  se  realisent ,  et  pour 
faire  ioiiir  Ic  public  de  qiic!qucs-uncs  de  scs  impoitantes  obser- 
vations, M.  de  Saiiit-IIilaire  a  commenco  plusieurs  publications, 
parml  lesquelles  la  collection  dcs  plantes  usuelles  des  Brasilier.s 
est  sans  doute  une  des  plus  intC-ressantes.  Nous  ne  repetons  pas 
cc  qui  a  ete  dit  dans  le  prospectus  sur  I'utilile  et  le  plan  de  cet 
cuvrace.  "Nous  pouvons  assurer  qu'il  rcpond  parfailement  a  I'at- 
tente  desbolanl;.tes.  Le  premier  cahler  renferme  la  description  do 
huit  espcces  de  plantes  appartcnant  a  divorses  families,  mais  ana- 
logues entre  elles  par  leurs  propriett's  febrifuges ;   savoir  :  i.  le 
Strychnos  Pseiulo -China  ou  Quina  de  Campo  (  S.  caule  inermi, 
tortuoso  ;    cortice    suberoso  ;    folils    ovatis  ,    quintuplinerviis  , 
subtus  villosis  ;  floribus  raccmoso-paniculatis  ,   axillaribus,  pe- 
duncullsque  villosis.  Aug.  de  St.-HU. )  ;  son  ecorce  ,  d'un  usage 
trcs- rcpandu ,  a  etc  ana]ys«5e  par  M.  Vauquelin.  Dans  une  note 
savante  M.  de  St.-Hllalre  prouve  que  les  Stiychnees,  famille  eto- 
bllepar  Rl.  de  CandoUe  ,  nc  se  distingucnt  pas  suffisamraentdes 
autres  Apocynces.  2.  le  Cinchona ferruginea  (C.  caule  frutescente, 
gracili,vis  ramoso;  foliis  oblongo-lanceolatis,  subangiistis,  mar- 
nine  reyolutis,  supcrne  profunde  sulcatis,  coriaceis ;  racemis  elon- 
catis ,  interruptis.  .4.  de  St.-Hil. ).  3.   le  Cinchona  Vcllozu  (  C. 
caule  frutescente,  gracili,  vix  ramoso  ;  foliis  ovatis,  utrinque  acu- 
minatis,  marginercvolutis,  supernc  profunde  sulcatis,  coriaceis  ; 
racemis  axillaribus,  interruptis.  A. de  St.-Hil.).  /,.  le  Cinchona  Re- 
mijiana{C.  caule   frutescente,  gracili,  vix  ramoso  ;  foliis  la te 
ellipticisjobtusis,  cuspidatis;  in  summum  pefiolum  subdecurren- 
tibus,  margine  revolutis,  supenie  profunde  sulcatis,  coriaceis; 
racemis  axillaribus,  interruptis.  A.  de  St.-Hil.)  Ces  trois  especes 
de  Cinchona.,  confondues  par  les  Brasiliens  sous  ie  nom  de  Qui- 
na da  Serra  ou  Quina  ((e  /;<v/?yo,paraisscntjouir  de  proprldtcs 
molns  cfficaccs  queleQ«///rt  do  Catnpo.  5.  VExostciiia  cuspidatum 
ou  Quina  domato  (E.  foliis  niagnis,lan(eolato-ovatIs  ,  cuspldatis 
ncrvosls,  subtiHs  vlUosls ;  panicula   tcrminali  ;    limbo   calycino 
obscure  qulnquedontato;  ovario  longlore  ;  fdamentls  medio  vil- 
losis- stigmate  bifido.  A.  de  St.-Hd.)  G.  YExostema  Australe  (  E. 
foliis  magnls  ,  ovatis,  nervosis,  inferne  subvillosis  ;  panicula  ter- 
minali  sessill,  profunde  tripartita;  limbo  calycino;  ovario  multo 
brcviore,quinquclobo;  slaminibus  glaberrimis;  stigmate  indiviso 
A   de  St.-Hil.) .t  et  la  plante  sulvatitc  sont  employes  comme  fe- 
brifuges dans  les  districts  oil  dies  croissent ;  mais  Icur  reputation 


Botaniquc'  aSg 

m  s'efend  pas  an-dela.  7.  Y Evodln  febri/uga  (E.  caule  arboreo  ; 
foliis  ternatis  ;  foliolis  lanceolato-elliptlcis  ,  subacuminatis  ;  pa- 
nicula  terrainali,  pubesconte;  nectario  simplici ;  ovario  muricato. 
A.  dc  St.-Hil.^.  8.  \q  Simaruba  versicolor  (  S.  foliis  pinuatis ; 
foliolis  oblongo-ellipticis,  obtusissimis,  retusis  ,  nervo  medio 
pubescente ;  panicula  terminali  laxa ;  floribus  dioecis ,  decandris. 
Aug.  de  St.-Hil. )  ou  Paraiba  des  indigenes ,  est  recommand^ 
comme  pediculaire  et  comme  un  remede  contie  la  inorsure  des 
serpens  venimeux.  C.  Kcnth. 

320.  Flora  Veronensis  quam  in  prodromum  Floras  Italiae  sep- 
tentrionalis  exhibet  Cyrus  Pollinus  ;  in-8. ,  cum  tab.  turn  1 1  , 
r.  i3.  lire.  Verona;  iSaS  ;  Soc.  typ. 

321.  DissERTATio  iNAUGURALis  de  mcthodo  floram  regionis  cii- 
jusdam  conducendi ,  exemplis  e  flora  Scotica ,  etc.  ductis  illus- 
trata.  .Soutenue  par  M.  Ami  BouE,  a  Edimbourg ,  en  1817. 
Pluslems  personnes  ayant  cherche  inutilement  a  se  procurer 

cette  dissertation,  nous  croyons  rendre  service  aux  botanistes  par 
cette  courte  analyse.  L'auteur  y  propose  de  rendre  les  flores  en 
general  plus  interessantes ,  et  de  changer  en  ouvrages  d'un  grand 
interet  ces  esquisses  botaniques,  qui  ne  sont  trop  sou  vent  one 
de  simples  catalogues.  Pour  atteindre  ce  bnt,  l'auteur  voudrait 
ajouter  a  la  flore  ordinaire  d'un  pays  la  geographic  des  plantes 
de  cetle  contree ,  la  moniere  de  vivi'e  des  vegetaux  decrits, 
leurs  maladies,  les  faits  physiologiques  curieux  que  presentent 
certaines  de  ces  plantes,  leur  composition  chimique  et  les  sub- 
stances qn'ellcs  produisent,  leurs  usages,  des  observations  sur 
la  culture  de  cos  plantes  et  sur  les  arbres  forestiers,  la  maniere 
de  conserver  les  differentes  plantes  dans  un  herbier,  la  compa- 
raison  de  la  flore  a  celles  d'auttes  pays,  enfin  un  catalogue  des 
noms  des  plantes  dans  les  differens  idiomes  du  pays  dont  on 
decrit  la  vegetation.  L'auteur  donne  des  details  sur  chacun  de 
ces  articles  additionnels  k  une  flore,  et  s'etend  beaucoup  sur  la 
geographic  des  plantes  de  I'Ecosse.  La  geographic  des  plantes 
comprend,  suivant  lui,  leur  hauteur  relative  au-dessus  de  hi 
mer,  leur  distribution  proprement  geographique,  leur  situation 
geognostique  et  leur  exposition.  En  parcourant  I'Ecosse,  il  est 
impossible  de  ne  pas  s'apercevoir  que  les  vegetaux  varicnt  beau- 
coup  suivant  la  hauteur  a  laquelle  on  sc  Irouvc  ,  et  il  arrive 
•convent  qu'on  s'elcve  dans  quclques  heurcs  de  la  mer  jusqu'a  3 


"iCo  Botanique. 

ou  m^me  4oo*  pieds  anglais.  Les  plantes  ecossuises  peuvcnt  ^tie 
tlistribu(5es  datis  4  zones  ,  la  zone  maritime,  la  zone  des  plalnes, 
la  zone  subalpine  et  la  zone  alpine.  La  zone  maritime  coniprend 
les  plantes  marines  et  celles  qui  Tegetent  sur  les  sables  ou  les 
marecages  des  rivages,  ou  sur  les  rochers  qui  les  bordent,  et  qui 
ne  s'elevent  pas  au-dela  de  loo  a  i5o  pieds.  La  zone  des  piaines 
comprend  totites  les  plantes  qui  sont  situees  de  3o  a  60  pieds 
au-dessus  de  la  mer,  jusqu'a  5oo  ou  600  pieds.  Dans  la  zone 
subalpine  se  trouvent  toutes  celles  qui  s'elevent  de  ce  point  jus- 
qu'a 1700  ou  1800  pieds,   et  dans  la  zone  alpine  sont  celles  qui 
doniinent  dans  la  region   encore  plus  elevee.  Malgre  que  quel- 
ques  vcgetaux  se  trouvent  par  diflerentes  raisons  ou  circonstan- 
ccs  accidontelles  dans  plusieurs  zones   a  la  fois,  I'auteur  n'eu 
regarde  pas  moins  sa  division  comme  gcneralenient  vraie.  II  re- 
prtnd  ensuitc  chaque  zone  a  part,   ii  en  cite  les  plantes  ou  dii 
iDoins  celles  qui  sont  les  plus  remarquab^es,  et  il  compare  en 
meme  temps  la  vegetation  ecossaise  a  celle  de  la  Suisse.  Sur  la 
premiere  region ,  nous  nous  contcnterons  de  laire  observer  que 
la  Suisse  ne  renfcrme  aucune  des  plantes  maritimes,  a  I'excep- 
tion  du  Plantago  mdr-itiiiia ,  et  de  quelques  plantes  vivant  sur  le 
sable  des  rivages,  comme  Ic  Galium  veriun  ,  etc.  Dans  la  seconde 
region,  I'aufcur  parle  d'abord   des  plantes  des  champs  et   des 
piaines  ,  dont  le  nombre  des  plianerogames  s'eleve  a  276  ,  et  dont 
il   ne   manque  que  aS    a    la  Suisse.   II  fait  plusieurs  lemarquos 
comparatives  sur  les  differences  d'babitation  de  certaines  plantes 
suisses  et  ecossaises,   sur  I'abondance  et  sur  I'elevation  respec- 
tive de  certaines  plantes  dans  ces  deux  pays.  II  passe  ensuiteaux 
plantes  des  bois  ou  qui  vivent  a  rombre;  toutes  celles  d'Ecosse 
se  trouvent  en  Suisse,  a  I'exception  de  1  ou  3.  II  en  est  a  peu 
prcs  de  meme  pour  les  plantes  des  endroits  marecageux  el  liu- 
mides,   sur  lesquels  I'auteur  fait  aussi  des  remarques  compara- 
tives. Enfin  il  parle  des  plantes  aquatiques.  La  region  subalpine 
se  trouve  sous-divisee  en  inferieure  et  superieure;  les  plantes  de 
chacune  de  ces  sous-divisions  sont  citees  ;  il  n'y  en  a  que  7  qui 
manquent  en  Suisse.  Ensuitc  il  donne  la  liste  des  plantes  distri- 
buees  dans  toute  la  region  indistinctement;  la  Suisse  les  a  toutes, 
a  I'exception  de   6.   Leur  distribution  sur  les  montagnes,  les 
collines  ou  dans  les  vallees,  est  dttaillee.   La  region  alpine  se 
sous-divise  aussi  tommc  la  prc'cedente;  le  Trientalis  ciiropcea  est, 
par  exemplc,  dans  la  paitie  inferieure,  ct  la  Cardamine peturaa 


Botanique.  aC  i 

dans  la  partie  sup^rieure.  Apres  cela  viennent  Ics  plantes  distri- 
buees  dans  toutc  la  region,  dont  une  seule  manque  a  la  flore 
Suisse.  Get  article  se  termine  par  une  espece  de  tableau  rcpre- 
sentant  les  variations  de  la  vegetation  qu'on  observe  en  parcou- 
ranf  de  basen  haut  celteinteressante  zone  alpine.  L'auteur  passe 
de  la  a  la  distribution  geograpliique  proprement  dite  des  plantes, 
il  donne  une  idee  de  la  vegetation  et  de  la  culture  de  chaque 
comte  d'Ecosse.  II  y  fait  reinarquer  les  plantes  les  plus  interes- 
santes  ou  les  plus  rares  ,  comme  la  Buxbcminia  apliylla  dans  les 
environs  d'Edimbourg ,  et  il  y  monlre  que  certaines  plantes  se 
prolongent  de  la  cote  occidcntale  de  I'Ecosse  jusquedans  le  pays 
deGalles,  le  Cornouaille,  la  Bretagne  et  le  Portugal ,  comme 
par  cxemple  le  Crithinuin  inaritiinuin  ,  le  Pinguicula  lusitanica , 
etc.  II  fait  aussi  I'observation  curieuse  que  V hypericum  caljcinuin 
ne  se  trouve  presque  que  dans  trois  endroits  de  I'Europe,  pres 
de  Tork  en  Irlande ,  a  Constantinople  et  dans  le  comte  d'Ayr. 
Dans  I'article  qui  traite  de  la  situation  geognostique  des  vegetaux, 
l'auteur  distingue  les  plantes  qui  ont  besoin  d'eau  ou  de  sol  pour 
vegcter  ,  et  celles  qui  s'attachent  aux  roches.  Les  premieres  se 
sous-diviscnt  en  aquatiques  ou  terrestres,  les  aquatiques  peuvcut 
etre  des  plantes  marines,  d'eau  douce  ,  de  tourbieres  et  de  ma- 
recages  ;  les  terrestres  peuvent  exister  sur  un  sol  siliceux,  argi- 
leux  ,  calcaire,  salin  ,  de  fumier  ou  volcanique.  Les  plantes  qui 
s'attachent  aux  rochers  peuvent  se  distinguer  suivant  qu'elles 
s'attachent  de  preference  aux  roches  granitoides ,  quartzcuses  , 
arenacees,  basaltiques,  sienitiques,  et  aux  roches  de  micaschiste , 
de  schiste  argileux  et  de  calcaire  dur  ou  tendre.  L'auteur  donne 
ensuite  des  exemples  de  cliacune  de  ces  subdivisions  de  plantes,, 
et  il  cmprunte  ces  exemples  a  la  flore  ecossaisc  et  anglaise.  Dans 
rarticle  suivant  de  I'exposilion  des  plantes,  il  parle  d'abord  de 
cellos  qui  sont  plus  ou  moins  exposees  aux  rayons  du  soleil ,  et 
ensuite  de  celles  qui  vivent  dans  I'ombre  ou  I'obscurlte,  comme. 
dans  les  mines.  II  fait  aussi  rcssortir  la  preference  que  certains 
vegetaux  montrent  surtout  en  Ecosse  pour  I'exposition  aunord, 
au  sud  ou  a  I'orient.  Apres  avoir  ainsi  cpuise  la  geograpiiie 
des  plantes,  il  passe  a  leur  maniere  de  vivre;  puis  il  parle  des 
plantes  parasites,  des  plantes  solitaires  et  de  celles  qui  vivent 
au  contraire  en  so.Iete  :  des  exemples  appuient  toujours  ses 
remarqucs.  II  dit  .nussi  quelqncs  mots  sur  I'age  des  plantes  ,  sur 
Ic  tempi  d«  leur  .«;orlie  de  tcrre,  cclui  de  leur  .^loraison  et  de  l«ur 


■_S-i  Botanuiue. 

frucfification.  En  Ecosse,  los  plantes  fieurissent  un  mois  oii  6  se- 
inaines  plus  tard  qu'en  Suisse.  Enfin  cette  these  se  termine  par 
6  chapifres  tres-courts  sur  lesmaladies'des  plantes,  leur  physio- 
logic, leurs  usages  et  hi  manierc  de  comparer  unc  florc  a  une 
autre.  ^^ 

322.  Sua  i'OEiGiNE  nu  MAIS ,  par  M.  ScHouw  [Tidsskriftjor  Na- 

turvidensk.  Copenhague,  iSaS;  t.  Ill,  p.  i3a). 

Apres  avoir  tradult  en  danois  nne  petite  dissertation  dans  la- 
quelle  RI.  Regnier  etablltque  I'Amerique  n'estpashi  vraie  patrie 
du  Mais  ,  I'auteur  de  cet  article  expose  ksraisons  qui  le  fontpen- 
cher  pour  I'opinion  generalement  i-ccue,  contre  celle  deRegnier, 
qui  est  aussi  celie  de  C^ffareWi.  {Bifdioth.  P/tr.'!.  econ.  i8i8).  II 
dit  entre  autres  ,  queparmi  les  plantes  phanerogames,  il  y  en  a 
tres-peu  d'especes  communes' anx  p.trties  chaudes  des  deux  con- 
tinens ;  ce  qui  donne  lieu  de  douter  que  le  Mais  soit  compris 
dans  le  petit  nombre  des  exceptions.  —  Dira-t-on  que  cette 
plante  a  ete  portee  originairement  de  la  partle  orieutale  de 
I'Asie  dans  I'ouest  de  I'Amerique?  mais  alors  comment  se  fait- 
il  que  la  culture  en  soit  prcsque  inconnue  a  la  Chine  et  au  Japon, 
el   subordonnce  dans    I'lnde  a   celle  du   riz  on  du  froment  ? 

C.  M. 

323.  ScLf.A  NATURAiizAzioNE  DELLE  pi.\NTE.  Observations  du 
D'.  Savi  ,  Prof,  de  hot.,  etc. ,  a  Pise.  {Nuov.  Giorn.  de'  lette- 
rati,  n".  a,   1822) 

Les  regies  etablies  par  M.  Savi  ,  pour  naturaliscr  ccrtalnes 
plantes  exoliques,  se  reduisent  a  celles-ci  :  i".  les  faire  passer 
graduellcment  a  des  expositions  plus  froides  ;  2".  les  placer  le 
plus  possible  h  I'abri  des  vents  dominans  ;  'i°.  choisir  des  ter- 
rains qui,  par leur  composition  ,  soicnt  de  raauvais  conductcurs 
de  la  chaleur;  /(".  prendre  de  preference  des  plantes  venues  de 
graines,  et  nccs  dans  le  lieu  ou  se  font  les  experiences. 

L'autcur  fait  prccedcr  ces  regies  de  quelques  developpemens 
fondes  sur  les  cffetsdc  la  gciee,  observes  a  Pise  et  dans  les  envi- 
rons, pendant  les  hivers  les  plus  rigoureux ,  notamment  cclui 
dc  1820,  et  de  plusieurs  falts  relatifs  a  la  naturalisation  dans 
ce  pays  de  plusieurs  plantes  exotiqucs.  D.  U. 

324.  Sur  le  jARniN  nE  botaniqttf.  dc  la  Compagnie  des  Indcs 


Zoologie.  2G5 

aiiglaises,  pres  de  Calcutta  au  Bengale.  {Mui^azin  Jor  Rcisc 
itigttagelier  de  iVycn//>» ;  Copenhague ,  182':^,  t.  3,  p.  3o5.) 
Dans  une  lellre  en  danois  ,  signee  B.  W. ,  se  trouve  unecouttc 
description  de  ce  magnifiqiie  jardin ,  dont  I'ctendue  est  de  aaoo 
begas,  oil  3oo  ouvrlers  sont  occupes  journclIcnjeiU ,  et  qui 
coute  d'cntretien  environ  60,000  ronpies.  II  est  silue  sur  la 
rive  gauche  du  Ilougli,  dans  une  situation  delicieuse,  a  unc 
bonne  Leure  de  chemin  de  Calcutta.  L'liabltation  du  diretteur 
est  de  la  plus  grande  elegance.  On  cullive  dans  ce  jardin  en- 
viron i!looo  especes  de  plautes  rassemblees  ,  de  toutes  les  parties 
dumonde,  et  le  nombre  s'en  accroit  journellement,  surtout  par 
ctlles  que  Ton  dccouvre  dans  le  Nepal  et  le  nord  de  I'lnde.  Situe 
j)ar  22"  de  latitude,  ce  jardin  n'a  nul  besoin  de  serres,  mais 
sculcnient  de  dispositions  pour  preserver  cerlaines  plautes , 
particulierenient  cclles  des  montagnes ,  de  I'exccsdela  clialeur, 
dc  riiumidit^  excessive  et  de  la  trop  grande  lerlilite  du  sol. 
C'est  ce  cju'on  obtient  au  moyen  de  long.ies  caisses  elevces  au- 
dessus  du  niveau  du  terrain  ,  renij)lies  de  (erre  legere ,  melee 
de  gravier  et  de  pierrallies  dans  differentcs  proportions,  om- 
bragees  par  de  grands  arbres ,  et  percees  de  nianiere  a  ce  que 
I'eau  ne  puisse  jamais  y  demeurer.  II  y  a  une  plantation  d'ar- 
bres  de  Teck  i^Tectomi  grandis) ,  a  I'abri  desqucis  se  plaisenl  les 
caffiers.  On  dit  que  la  plante  du  the  lie  reussit  pas  dans  ce 
jardin,  non  plus  que  la  vigne.  On  remarque  particulierement 
deux  figuiers  des  Banians  (Ficus  indica),  vie«ix  el  foit  gros.  L'un 
d'eux  est  au  bord  de  la  riviere,  a  proximite  de  la  niaison.  Son 
tronc  principal  a  28  pas  de  four,  et  avec  les  19  tiges  qui  I'en- 
tourent ,  il  couvre  un  es])ace  dont  le  circuit  est  dix  fois  plus 
grand.  Le  local  ou  est  le  jardin  appartenait  a  un  general  nomm^ 
Kyd,  qui  en  a  fait  don  au  gouvernement  pour  sa  destination 
actuelle ,  et  Ton  y  a  eleve  un  petit  monument  a  son  honneur.  Ce 
jardin  si  precieux  pour  la  botanique  et  I'econoniie  rurale  des 
Indes ,  est  en  nienie  temps  une  delicieuse  promenade  ])(>ur  les  ha- 
bifans  de  Calcutta  ,  qui  s'y  zendent  par  eau  et  par  terre.  C.  M. 


ZOOLOGIE. 
325.  Apeucu  sjjr  lr  diIvf.loppemet  dit  nitoM'  animaf,.   Frag- 
ment d'lm  manuscrit  sur  les  parties  primitives  des  aniinaux ; 
par  M.  Cahus.  (Isis,  11*.  livr.,  1823,  p.  125').}  "  ' 


264  Zoohgie. 

L'autenr  considcre  le  regne  anini.Tl  comrae  un  tout  compose 
de  parties  distinguees  par  des  caracteres  qui  se  trouvent  en  op- 
position les  uns  avec  les  autres,  et  qui  ne  sont  eux-nienies  que 
la  repetition  de  qnelques  caracteres  primitifs.  Ces  caracteres 
primitifs  ou  principaux  ressortent  de  deux  classes  d'organes 
dont  se  compose  le  corps  de  I'animal ,  et  plus  essentlellement 
celui  de  riiorenie,  qui,  etant  I'cspece  la  plus  parfaile,  doit  servir 
de  terme  de  comparaison  pour  tons  les  autres.  Ces  deux  classes 
d'organes  sont :  1°.  ceux  de  la  vie  anlmale ,  2°.  ceux  de  la  vie.  ve- 
getative ;  representes  interleureraent  par  le  systeme  nerveux  ,  et 
le  systeme  vasculaire;  ou  bien  par  la  tete  (corps  animal),  et 
le  tronc  (corps  vegetatif  ou  organique).  Le  primitif  de  ces  deux 
corps  est  \e  jaiine  ^/'«f/{/ (  vesicula  umbllicalis),  duquel  nait  I'un 
etl'autre,  et  oil  ils  se  trouvent  confondus.  L'auteur  distingue 
ainsi  trois  modes  principaux  d'organisation  qui  caracterisent 
autant  de  divisions  du  regne  anl)nal ,  et  qui  sont  : 

i".  L'cmbraTiclicment  des  Anunnux-oeufs  (Oozoa),  chez  les- 
quels  les  organes  de  la  vie  aniniale  et  ceux  de  la  vie  vegetative, 
ne  sont  point  distincts  les  uns  des  autres,  et  qui  se  trouvent  par 
consequent  dans  les  conditions  de  I'oeuf  des  animaux  superieurs, 
Ils  forment  la  x^^ .  classe  qui  correspond  aux  zoophytes. 

a°.  L'embrancliement  des  Aniinaux-troncs ,  chez  lesquels  les 
organes  de  la  vie  vegetative  predominent  :  ils  forment  deux 
classes,  a*^.  classe.  Mollusques.  Animaux- intcstins  [Mollusca), 
dont  Tappareil  digestif,  c*est-a-dire  I'abdomen  ,  est  surtout  tres- 
developpe.  3*^.  classe.  Animaux-articules ,  Aniinaux-pc'aux{^Ar~ 
ticulata\  ou  la  peau,  Tapparcil  respiratoire,  et  les  organes  lo- 
coniotenrs  predominent,  c'est-a-dii'c  la  partic  qui  correspond 
a  la  poitrine  de  I'liomme. 

3".  L'embrancliement  des  Animaux  cephaliques  ou  cerrhraux, 
cliez  lesquels  les  organes  de  la  vie  animale  sont  plus  developpes 
que  ceux  de  la  vie  vegetative.  Dans  cet  embrancliement  les  dis- 
positions qui  caracterisent  les  classes  inferieures  se  repetcnt  de 
nouvcau,  combinees  avec  les  caracteres  plus  esscnllellementjiro- 
pres  aux  animaux  cerebraux  ;  ce  qui  donn^  lieu  a  quatre  nou- 
velles  classes.  4*.  classe.  Les  Poissons  (^Pisces).  Animaux  ce- 
phalo-c^cnitaux ,  chez  lesquels  les  organes  genitanx  ,  c'est-a-dire 
I'ceuf,  predominent.  5*^.  chi«sc.  Les  Reptiles  (^Amphibia').  Ani- 
maux C('phalo-gaslriqnes,o\x  les  intestins  (I'abdomen)  prennent 
un   tres-grand  devcloppement.  6''.  classe.  Les  Oixeaux  (  Av^t). 


Zoologie.  265 

\Animaux  cephalo  -  thorachlques ,  ou  la  poitrine  iiredomine.  7^. 
Classe.  Les  Mammljeres  i^Mainmalia).  An'unaux  ccphalo-ccpha- 
liqucs ,  chez  lesqucls  les  organes  des  sens,  el  en  general  toute  la 
tele,  prennent  une  Ires-grande  preponderance. 

Enfin  dans  1^  4*^.  embrancliement  les  dispositions  qui  carac- 
t^risent  les  trois  embranchemens  inferieurs  sont  dans  une  har- 
monic parfaite,  et  le  sysleme  nerveux  arrive  a  son  degre  le 
plus  eleve  de  perfection.  Cet  embrancheraent  renferrae  la  8^.  et 
dernierc  classe,  cellc  Ae  I' Homme. 

L'auteur  divise  cnsuite ,  d'apres  les  memes  principes ,  chaque 
classe  en  ordres  et  en  families;  mais  lesbornes  etroites  dans  les- 
quelles  nous  devons  nous  renfermer  ne  nous  permettent  pas 
de  le  suivre  dans  ces  details  (i).  S.  s. 

326.  Sdr  la  zoologie  des  deserts  situes  entre  Oreneourg 
ET  Bukhara  ,  extrait  du  voyage  de  M.  Eversman  ,  en  alle- 
niand;  in-4''.  Berlin,  iSa^. 

11  a  paru  en  1821  ,  a  Moscou,  une  lettre  en  francais,  sur  ce 
sujet,  adressee  par  M.  Fischer  de  Waldheim,  au  nom  de  la  Societe 
imperiale  des  naturalisles  de  celte  ville  dont  il  est  directeur ,  a 
M.  le  docleur  C.  N.  Pander.  On  y  trouve  I'indication  de  seize 
mammiferes ,  de  25  oiseaux  et  de  18  insectes,  accompagnee  pour 
la  plupart  de  descriptions  detaillees.  14  de  ces  mammiferes 
avaieut  ele  rapportes  par  M.  Pander,  du  voyage  qu'il  fit  avec 
I'ambassade  russe. 

Un  autre  savant  allemand,  le  docteur  Edouard  Eversman , 
qui  avait  egalement  accompagne  celte  expedition  des  liniites  de 
la  Russie  asiatique  a  la  capilale  de  la  Bukharie ,  a  envoye  de  son 
cole  au  cabinet  d'lilstoire  naturelle  de  Berlin,  26  especes  de 
mammiferes,  54  d'olseaux,  20  de  reptiles,  et  un  grand  nombre 
d'especes  d'insectes.  M.  le  Df.  Liclitenslein,  dir.  du  museum  zoo- 
logique  de  Bei'lin,  a  donne  renumeralion  de  ces  animaux  ,  en  ce 
qui  concerne  ceux  des  trois  premieres  classes.  Nous  nous  borne- 
rons  ici  a  exlraire  ce  qu'il  dit  des  mammiferes. 

C'est  a  Tordre  des  rongeurs ,  et  parliculierenient  a  la  famille 


(i)  On  voit,  d'apres  cet  apercu,  que  M  ledocteur  Carus  suit  les  idees 
dont  le  sj'sttme  a  die  expose'  en  France  par  M.  Ocken  dans  son  ou- 
vr.ine  intitule  :  I'Jsqnissc  du  sfstcnic  d\inaUjmic  ,  de  physiolo^ia  et 
(^  hiiioire  naturelle.  Paris;  ijlai  j  Hcchet  jcuue. 


266  Zoolngjc. 

des    rats ,    qu'appartiennent   la   plupart    dcs   maramlfores    qui 
Labltnt    ccs    vastcs    deserts   :   iiullo    part   on    ne   trouve    un 
plus   grand  nouibre   de  ces    animaux.  Pallas  a   doja  fait  cclto 
observation.  On  la  trouve  particulitrcmcnt  consignee  dans  ses 
Now  species  c  Gliriurn  orclinc ,  et  encore  dans  sa  Zoogr.  liossa- 
^siatica,  Petrop.  1811,  3  vol.  in-4°')  ouvrage  qui  est  loin  d'etre 
aussi  rcpandu  qu'Il  le  merite.  M.  Eversman  a  cnvoye  cinq  es- 
peces  dV//rfo/«j'.f ,  quatre  de  Dipus ,  trois  de  Meriones ,  le  Cri- 
cetus    Phatus   de    Pallas ,  le  Georychus  talpinus  d'llligrr ,    qui 
e%X.\Q Spolax  murbiHs  ^e  Pallas,  Irols  especes  dC Hypudoeus ,  et 
deux  especes  du  genre  3Ius.  Ajoutez   deux  autres  especes  du 
jnerae  genre  recues  precedemment  de  M.  Pander.  On  doit  en- 
core a  M.  Eversman  une  nouvelle  cspece  de  Musaralgne  que 
M.  Liclitenstcin  a  nommee  Soj-cx  pulchellus.  II  a  envoye  aussi 
le  Lcpus  Tola/',  de  Pallas,  comme  M.  Pander  le  Lcpus  Ogotonn ; 
enfiu  le  putois,  le  blalreau  et  deux  especes  de  cliauvcs-souris, 
Verpenllio  discolor  Q.\.  F.  Pijiislrdlus.  Les  especes  nouvellos  aus- 
quelies  M.   Lichtenstein  a  impose  des  noms ,  sont  XArctomys 
fuh'us  ,   VA.  miigosaricus ,  le  Dipus  teluin  ,  le  D.  higopus ,  le 
D.  platurus ,  le  Mcviones  opiinus ,  enfin  le  Miis  Uneattis.  Pour 
expliquer  ce  nombre  d'especes  de  rats  particulleres  aux  grandes 
steppes  de  I'Asie,   M.  Lichtenstein  fait  observer    que  les  ani- 
maux de  cet  ordre  conviennent  partlculurcment  a  ces  plaines 
uniformes,  ou  11  n'y  a  ni  roclics,  nl  forets,  ni  marecages,  ou 
il  est  facile  aux  rats  de  se  creuser  des  dcmeurcs  souterraines,  et 
oil  ils  trouvent  abondarament  les  raciucs  charnues  et  biilbeuscs 
qui  sont  leur  aliment  favori.  Le  llevre  du  Baikal  'St  le  seul  des 
autres  rongeurs   qui  se  plaise  dans  les  memes  steppes ,   attire 
peut-utre  par  quelques  vegctaux  de  son  gout.  Quant  aux  ani- 
maux carnivores,  il  ne  s'y  trouve  que  ceux  a  qui  d'aussi  menu 
gibier  pent  suffire ,  tels  que  des  renards  de  diffcrentes  especes , 
des  martes,  des  putois,  des  beleltes.  Les  sangliers  m«ime,  sui- 
vant  Pallas,  s'y  nourrissent  principalcment  aux  depens  des  nia- 
gasins  oil  les  rats  ddposenl  leurs  provisions ,  et  des  rats  cux- 
m^mcs.  Quant  aux  herissons  et  aux  blaireaux  ,  ccs  animaux  a 
demi  carnassiers  se  nourrissent ,  non-sculcmenl  de  racines  et  do 
bales,  mais  aussi  de  coleopteres,  qui  se  multipiient  extrnnement 
dans  les  steppes.  C  M. 


Zoologie.  267 

Say.  MoNOGUAPHiEs  deMammalogie,  ou Descriptions  dc  quelques 
genres  de  mammiferes ,  dont  les  especes  ont  cle  observoes 
dans  les  differens  musees  de  I'Eiirope;  par  C.  J.  TEMjiirJCii, 
direct,  du  musee  d'hist.  nat.  de  S.  M.  le  roi  des  Pays-Bas ; 
membre  de  plus.  acad.  et  soc.  savantes  ;  ouvrage  accoiupagne 
de  planclies  d'osteologie,  pouvant  servir  de  suite  et  de  com- 
plement aux  notices  sur  les  animaux  vivans ,  publiees  par  M.  le 
baron  G.  Cuvier,  dans  ses  reclicrcbes  sur  les  ossemens  fossiles. 
Paris;  et  Amsterdam.  G.  Dufour  et  Ed.  d'Ocagne.  [Prospectus. ) 

L'auteur  de  cet  ouvrage  se  propose  de  publier  la  description  et 
les  caracteres  zoologiques  de  plusieurs  especes  de  mammiferes 
qui!  a  eu  I'occasion  d'observer  dans  de  I'requens  voyages  qu'il 
a  faits  dans  les  contrees  de  I'Europe,  et  dans  ies  villes  capitales 
oil  se  Irouvent  des  musees  d'histoire  naturelle. 

Ayant  pour  biit  de  recueillir  les  raatcriaux  necessaires  pour 
servir  a  la  publication  de  son  mauuel  d'ornilliologie,  ou  Tableau 
systematique  des  oiseaux  d'Europe,  et  au  grand  ouvrage  de  plan- 
ches coloriees,  suite  aux  planches  enluminecs  de  Bufton  ,  il  a  fait 
en  meme  temps  une  etude  particuliere  des  Mammiferes  et  il  a  saisi 
partout  les  occasions  d'observer  ces  animaux ,  de  les  comparer 
dans  les  differens  etats  que  I'age  fait  eprouver  a  leur  cbarj^ente 
osseuse,  a  leur  dentition,  a  la  couleur  comma  a  la  nature  dc 
leur  pelage. 

C'est  avcc  ce  projet  qu'il  a  visite  ,  a  plusieurs  reprises  ,  et  les 

principanx  musees  de  I'Europe,  et  les  grands  magasins  de  pelle- 

teries.   Ces  recherches  Font  mis  a  meme  de  rectifier  un  grand 

•  .     .  .,  ,  . 

nombre  d'eireurs  commises  dans  des  descriptions  compilees  qui 

ont  etc  publiees  des  mammiferes  ;  de  s'assurer  des  emplois  mul- 
tiplies qu'on  a  faits  d'une  meme  especedecriteparlesnatui'alistes, 
d'apres  des  individus  dans  des  etats  d'age  ou  de  livroe  differens. 
II  a  vu  des  mammiferes  reprodults  sous  trois  ou  qiiaire  noms, 
et  indlques  comme  forinant  aulant  d'especes  distinctes.  En  voici 
quelques  exemples  : 

L'espece  unique  dans  le  genre  Tarsier  (  Tarsius  Datihentonii), 
dont  la  formulc  dentaire  varie  beaucoup  aux  differens  pcriodes 
de  Page,  a  servi  pour  former  quatre  especes  nominales.  Dii  seul 
Galeopithcque  on  a  forme  plusieurs  especes.  Les  Cheiroptercs 
du  genre  Roussettc  et  Cephnlotc ,  les  Kangurnos,  et  quelques 
autrcs,  ontsubi  le  meme  sort. 


268  Zoologie. 

L'auteur  fera  mention  de  quelques   mamraiftres   tres-vaguc- 
ment  indiques  ,  et  sur  I'oxistence  desquels  il  restalt  des   doutes, 
Leurs  parlies  osteologlqaes  seront  figurees  dans  cet  ouvrage;  de 
ce  nonibre  est  le  Potto  de  Bosnian,  qui  a  ete  reconnu,  d'apres 
sa  .lealition  et  sc.  formes  ,  devoir  taire  partie  da  genre  Stenops 
d'llliger;  le  Femicc  de  Bruce,  Cafus  cerdo ,  qui  est  en  eftet  du 
genre  chien  et  point  du  genre  Gal^g^o  ,  dont  on  I'avait  rappro- 
ehe  ;  le  Jiinturcig  de  Ralfles  rai-prochc  des  Pougouuccs  en  a  et6 
distrait:  il  forme  un  genre  distinct  sous  le  nom  ^/c/Rfw.  Le  genre 
Dasjurus  a  egalemeat  suhi  des  modifications.  En6n  ,  ces  mono- 
graphies  presenteronl  la  de.criiUioa  de  plusieurs   especes   nou- 
velles  de  mammiferes  ,  particuUcrement  de  I'ordre  des  Quadru- 
mcmeseldes  Cheiropteres.  Les  genres   Phalangista,  DidelpJus 
Paradoxurus,  Fells,  AntUope  et  Cenms  en  fourniront  un  grand 
nombre.  Ces  descriptions  seront  acconipagnees,  autant  que  pos- 
sible, du  squelette  enlicr,  ou    de  parties    detailldes   qu:  repre- 
senteront  la  forme  du  crane  ou  des  dents. 

L'ouvrage  sera  imprlmo  du  meme  format ,  et  sur  le  meme 
papier  employe  pour  le  bel  ouvrage  des  recherches  sur  les  osse- 
inens  fossiles  de  M.  le  baron  Cuvier,  deuxiei.ie  edit.on ,  et  les 
gravures  seront  execulees  avcc  le  plus  grand  soui,par  les 
nicmes  artistes  qui  ont  travaille  aux  planches  de  cet  ouvrage. 

11  paraitra  par  livraisons ,  dont  le  nombre  de  feuilles  et  de 
planches  est  indctermine ,  mais  aussi  dont  les  prix  seront  fixes  en 
raison  de  la  quanlite  des  unes  et  des  aulres  que  chacune  delles 
contiendra.  Toutcfois  l'ouvrage  complet  ne  formera  pas  plus  de 
deux  yol.in-4".;etleprix  ne  surpassera  pas  5o  fr.  le  volume. 
Le  maimscnt  de  l'auteur  etant  pret  i  elrc  imprime,  les  cdi- 
leurs,  pour  publicr  les  livraisons  ,  ne  dcpendront  que  du  temps 
qu'exigera  le  travail  plus  ou  moins  long  des  graveurs,  scion  la 
quantite  de  planches  que  contiendra  cliaque  livraison. 

L'edition  etant  tiree  a  un  petit  nondne  d'excmpla.rcs  ,  on  est 
invite  a  se  faire  inscrire,  sansrien  payer  d'avance,  a  Pans  ,  chez 
G.  Dufour  et  Ed.  d'Ocagne ,  libraires,  quai  Voltaire  ,  n  .  i  j  ;  et 
a  Amsterdam  ,  meme  maison  de  commerce. 

3a8.  Description  (  exterieure  et  anatomiqce  )  he  i.'hom me  et 
UES  ANiMAUX  QCAoauPEDESDE  BuFFON  ,  avec  k  description  du 
cabinet  du  Roi;  par  Daubei^ton  :  revue  et  augmentee  des 
notes  et  supplcmens  ncccssaircs  dansl'ctat  actacl  de  la  science  i 


Zoologie.  2^9 

par  M.  Ducr.oTAT  de  Elain\ille,  prof,  de  zoologie  et  d'ana- 

loinie  conij)arc'e  a  la  faculte  des  sciences;  9  vol.  iii-8. ;  nccom- 

pagnes  de  figures,  par  M.  Pretre.  (^  Prospectus.)  Prix,  11  fr.  le 

vol.  Paris  ;  mad.  v*^.  Rapet. 

L'ouvrage  que  nous  annoncons,  ct  dont  le  1'^'^.  volume  doit 
^tre  public  tres-inccssammcnt,  est  destine  a  completer  les  nom- 
breuses  editions  des  OEuvres  de  Buffon,  qu'on  a  publiees  depuis 
trente  ans ,  et  dans  Icsquellcs  on  a  supprime  constamment  la 
partie  anatoniique.  M.  de  Blainville  se  propose  de  suivre  rigou- 
reusement  dans  cette  entrej)rise  la  grande  edition  in-4.  de  I'im- 
primerie  royale;  d'en  reproduire  le  texte  sans  aucuiie  omission  , 
en  ajoutant  dans  des  notes  des  observations  dont  I'objet  sera  de 
redresser  les  erreurs  qui  auraient  pu  ecbapper  a  I'auteur ;  d'y 
joindre  ce  qui  paraitra  indispensable  pour  le  completer ,  et  enfin 
de  reunir  dans  des  supplemens  la  description  des  animaux  dont 
Daubenton  n'a  pas  traite ,  et  dont  il  est  question  dans  les  supjjle- 
mens  des  OEuvres  de  Buffon. 

Les  planches  qui  doivent  accompagner  cette  edition  seront 
dessinees  par  M.  Pretre.  Elies  seront,  on  general,  fiilelement  co- 
piees  d'aj)res  celles  de  redltion  originale;  mais  un  certain  nom- 
bre  d'entre  elles,  et  notamment  celles  qui  representent  des  sque- 
leltes,  seront  remphicees  par  de  nouvelles  figures  failcs  d'aprcs 
nature  avecleplus  grand  soin. 

Ces  planclies  ,  gravces  en  taiUe-douce  sous  les  yeux  de  P.T.  de 
Blainville,  parailront  par  livraisons  avec  les  volumes  de  texte. 
Leur  nombre  total  s'elevera  a  200  ou  aaS.  Desju. 

32g.  Des  dents  des  mamsiiferes  ,  considerees  comme  caracteres 
zoologiques;  par  F.  Cuvier.  VIl*'.  liv.,  in-8.,  10  pl.,et  {  f. de 
texte.  Paris;  Levrault. 

Dans  cc  caliier  on  trouve  la  continuation  de  la  serie  des  Ron- 
geurs herbivores.  Le  n".  G-j  rcj)rcsonte  ie  syslcme  dciilaire  du 
Pore-epic  d'llalic  et  de  I'Acanthinion  de  Java;  le  no.  68,  celui 
des  genres  nouveaux,  formes  recemnicnt  par  M.  F.  Cuvier  sous 
les  noms  d'EtiExizoN,  de  Sin^there  et  de  Spiggure  ,  aux  de- 
pens  dn  genre  Iljstrix  de  Linne  (  I'Ojcz  le  cahier  precedent , 
n^.aSS);  le  n^.Gg,  celui  des  Pacas  ;  le  11°.  70,  celui  des  Agoutis  ou 
Chloromys  ;  le  n".  71, celui  des  Castors;  le  n".  72,  celui  de  I'Hy- 
dromys  coipou  de  M.  Geoffroy,  auquel  M.  F.  Cuvier  propose  de 
rendrele  nom  generique  de  Myopotame,  qui  lui  nvait  etc  origi- 


270  Zoologie. 

iiaircmcnt  donne  par  Commerson  ,  altendu  que  son  systemc 
dcntairo,  Ires  -  voisin  de  celui  dos  castors,  est  au  contraire 
fort  different  de  celui  dcs  Hydromys  de  la  Nouvelle-Hol- 
lande,  qui  sculs  restenf  dans  leur  genre ;  Ic  n".  73,  celui  des 
Echymys;  le  n".  7.1,  celui  des  Saccomys,  petit  rongeur  de  I'A- 
merique  septenti-ionale  a  abajoues  exterieures,  dont  M.  F.  Cuvier 
a  forme  assez  recemment  un  nouveau  genre  (coxes  le  dernier 
Bulletin,  n".  2^8);  le  n°.  75,  celui  des  Meriones,  genre  fondc 
par  Illiger,  dans  lequel  M.  F.  Cuvier  place  principalement  le 
Dipus  americanus  de  Barton,  qui  diffcre,  par  la  forme  de  ses  mo« 
laires,  des  autres  rats  a  longs  pieds,  dont  M.  Dcsmarest  a  com- 
pose son  genre  Gerbille;  enfin  le  n".  76 ,  celui  des  Gcrboises  pro- 
prement  dites.  Desm. 

33o.   DlisCRlPTION   DE  TROIS  ?fOUVELLF.S  ESPECES  DE  MAMMIFERES, 

de  la  famille  des  Marsupiaux,  r.ipportees  par  MM.  Quoy  et 
Gaimard.  Menioire  lu  a  la  Societe  d'liistoire  nalurelle  de  Paris, 
le  y  Janvier  1824  ;  par  M.  Gaimard,  membre  de  cette  So- 
ciete, etc. 

P^ramele  BoTigainville.  Perameles  Bou^aim'illc.  — Quoy  et 
Gaim.  Perameles  ,  corpore  supih  nifo ,  siibliis  cinerco;  capite 
clofii^ato  ,  acuto  ;  aurihus  ovatis ,  loiigis. 

Ce  Peramele,  remarquable  par  sa  petite  taille,  par  le  peu  de  de- 
vcloppement  de  ses  dents  canines,  par  la  longuetir  de  ses  oreilles 
et  de  son  museau,  est  unc  cspecc  volsinc  et  distinclc  du  Pera- 
meles nastttus  de  M.  Geoifroy  de  St.-Hilaire.  Son  poil,  medio- 
crement  fourni ,  plus  abondant  au  bas  du  dos,  mele  d'un  peu  de 
feutre ,  est  ccndre  a  son  origlne  et  roux  ou  brun  a  sa  pointe.  Le 
pelage,  dans  toutcs  les  parties  supcrieures ,  a  une  teintc  rousse; 
un  ccndre,  legerement  melange  de  roux ,  sc  rcmarque  en  dedans 
des  membres  et  au-dessous  du  corps;  la  queue  est  d'un  roux  brun 
en  dessus,  et  d'un  rouxccndre  en  dessous.  Les  onglcs  sont  jau- 
natrcs. 

Dimensions  :  longueur  du  corps  du  bout  du  museau  a  I'originc 
de  la  queue,  6  pouces ;  —  de  la  queue ,  2  pouces  et  demi ;  — 
de  la  lete,  du  bout  du  nez  a  I'occiput,  i  po.  g  lig.;  —  des  oreil- 
les, I  po. ;  —  des  membres  posterieurs  ,  2  po.  et  demi;  —  des 
membres  anterieurs ,  i  po.  4  'ig- 

Cc  IVramole ,  dedie  a  la  memoire  de  Bougainville ,  provicnt  dc 
la  bale  des  Chiens-Marins  ,  dans  la  Icrre  d'Endraclit ;  11  fut  tuc 


Zoologie.  27 1 

j)ar  M.  Qtioy ,  sous  tics  touffcs  de  Mimosa,  aa  has  dcs  dunes  de 
la  ]M-csf]u'ile  PcTon;  il  march;iit  en  satuillant  comme  les  lievres  ; 
nV'tant  que  hlesse,  il  poussa  dcs  cris  aigus,  coinme  le  font  les  rats 
dans  ces  cii'constances. 

Une  grande  espece  de  Peramele,  qui  pouvait  avoir  environ 
deux  pieds  de  long,  fut  tuee  a  Bathurst ,  au  dela  des  montagncs 
Bleues,  dans  la  Kouvelle-Galles  du  Sud;  son  pelage  etait  roux- 
brun  en  dessus ,  et  de  couleur  fauve  en  dessous.  Ce  Pei'araele , 
que  Ton  n'avait  pas  eu  le  soin  de  dccrire  et  de  figurer ,  fut  perdu 
dans  le  naufrage  de  VUranie. 

2".  Plialanger  Quoy.  Phalangista  Quoy.  —  Quoy  et  Gaim. 
Ramhnve  ,  dans  la  langue  des  Papous. 
Do,  en  idioine  de  Guebe. 
Couscous,  a  Amboine. 

Phalangista ,  corpore  supra  grisco  ,  infrii  subalbido  ;  parte 
superiore  capitis  fulvd  ;  guld  pectoreque  albidis  ;  extremitatibus 
supra  fuscis y  auriculis  minimis,  pilosis;  Cauda  piehensili  , 
squamosa. 

Cette  espece  a  le  museau  court  et  obtus,  les  oreilles  petites  et 
r'lrrondies  ;  tout  son  pelage  est  gris-brunatre ,  plus  particuliere- 
nient  sur  le  milieu  du  dos,  oil  Ton  voit  une  ligne  longitudinale 
noiratre,  plus  prononcee  en  arriere.  Le  dessus  de  la  tete  est  d'un 
fauve  vif;  la  gorge  et  la  poitrine  sont  blanches ;  le  dessus  du 
ventre  et  la  partie  interne  des  membres  ont  une  teinte  grisatre. 
La  queue,  poilue  et  rousse  dans  sa  partie  superieure,  nue,  de 
couleur  rouge,  ecailleuseen  dessous  est  prehensile  dans  le  reste  de 
son  etendue.  Les  poils  de  tout  le  corps  sont  laineux  et  brillans. 
Dimensions  :  longueur  du  corps,  du  bout  du  museau  a  I'ori- 
gine  de  la  queue,  1  pi.  2  po. ;  — de  la  queue,  i  pi.;  —  de  la  tete, 
dubout  du  nez  a  I'occiput,  2  po.  Ci  lig.;  —  des  membres  poste- 
rieurs  ,  5  pi.  6  po.;  —  des  membres  anterieurs ,  4  pi< 

Cc  Plialanger,  dedie  a  M.  le  D'.  Quoy,  habitc  I'ile  de  Vaigiou 
et  ne  parait  pas  difficile  a  prendre.  Les  tiaturels,  qui  apportaient 
assez  souvent  a  bord  de  I'Uranie  Aes  individus  de  cette  espece, 
les  tenaient  enfermes  dans  des  cages  de  bambous. 

3".Kanguroo  a  queue  grele.  Kangurus  lepturus,  Quoy  et  Gaim. 
(^Kangurus  Gaimardi.  Desniarest,  Mammal,  ,  n°.  842.] 

Kangurus  ,  coipurc  supra  griseo  rufcsccntc ,  infra  subalbido  ; 
capile  triangulari ;  rostro  acuta  ;  auriculis  latis  ;  tarsibus  longis- 
simis  ;  caudd  loiigd,  gnicili  .JlexibiUet  apice pcnicHlatd. 


:i73  Xoologie. 


Couleur  generale  d'un  gris  roux.  L;i  gorge,  la  poitrlne  ,  le  Tontre 
et  I'interieur  dts  niembres,  sout  d'nn  blanc  sale;  le  desstis  de  la 
tete,  le  dos,  uno  partio  dos  flaius  et  des  cuisses  d'un  gris  brnn. 
Deux  sortes  de  ])oils  :  los  interieuis  courts,  doux  et  floconneux  ; 
les  exterleurs  plus  longs,  roides  et  plus  rares. 

Tete  trianguiaire  ,  large  et  un  peu  aplatie  en  arriere  ,  pointue 
en  devant.  Bouche  petite.  Oreilles  courtcs,  tres-larges  et  velues 
a  leurpartiepostcrleure.  Cou  gros.  Pates anterieures  tres-pctites. 
Queue  lotigue,  grcle,  flexible  et  terminee  par  un  faisceau  de  polls. 

Dimensions  :  longueur  lolale  ,  2  pi.  5  lig. ;  —  de  la  tete,du 
bout  du  iniiseauarocciput,  3  po. ;  —  de  la  queue,  i  pi.;  — des 
menibres  posterieurs,  8  po.  lo  lig.;  —  des  membres  anturieurs, 
3  po.  6  lig. 

Ce  pelit  Kanguroo,  d'un  naturel  tres-doux,  et  moins  limide 
que  les  grandes  especes,  vccut  quelques  jours  a  bord  de  I'Uranic  ; 
il  etait  des  environs  da  port  Jakson.  II  devint  victime  de  la  fe- 
rocile  d'un  chien  qui  avait  ete  pris  sur  les  iles  des  Papons  ,  au 
moment  oil  il  s'avancait  vers  lui  en  chercliant  a  le  caresser.  Un 
autre  individu,  d'une  espece  tres-voisine  ,  vu  au  milieu  des  nion- 
ta^nes  Bleues,  venait  enlever  familierement  des  debris  d'alimens 
au  milieu  d'une  case,  et  il  s  enfuyait  ensuitc  par  un  trou  a  la  ma- 
niere  des  rats. 

Les  indigenes  dc  la  Nouvellc-Galles  deslgnent  les  Kanguroos 
sous  le  nom  de  Bourou.  D'oii  vient  done  le  nom  de  Kangaroos 
que  Ton  a  donne  a  ces  animaux  ? 

33 1,    ReMARQUES    et    additions     a    l'hISTOIRE     NAT0RELLE     DES 
MAMMIFERES    INDIGENES    A    LA    SuiSSE    dc    Joh.  JaC.    Romcrs   et 

H.  Rudolf  Schinzen  (Zurich,  1809) ;  par  J.  R.  Steinmuller  , 
cure  de  Rheineck;  avec  un  supplement,  par  G.  L.  Hartmani* 
de  St.-Gall.  (  Neue  Jljnna,  i"''.  vol.,  pag.  348.  ) 

Du  Chien.  [Canis familiari';.)  Cet  article  traite  de  diverses 
races  de  chiens  de  la  Suisse  ,  niais  qui  sont  toutes  generalement 
connues;  et  I'auteur  ne  donne  que  des  anecdotes  relatives  a 
Icur  intelligence. 

Du  Loup.  (  Canis  Lupus. ) 

Du  Renard.  (  Canis  Fulpes. )  On  en  distingue  trois  especes 
dans  la  Suisse  :  le  R.  charbonnier  (  holdfiichs  ).  ( Vulpcs  villa 
dcnsinrc  et  nigricante ;  Conr.  Gesner.  )  Mais  M.  Steinraiillei- 
fait  remarquer  que  c'est  le  caracterc  du  jeune  renard.  Le  second 


Zonlogie.  27? 

est  le  R.  noble  ( Edelfuchft ,)  qui  n'est  scion  lui  que  \c  vieux  du 
precedent.  Le  troisieme  est  le  R.  vuisque ,  que  Ton  rencontre 
rarenient  dans  le  canton  d'Appenzell.  II  differe  du  Renard  ordi- 
naire par  son  odeur  agreable.  II  est  d'un  beau  rouge-pale  en 
dessous  au  lieu  d'etre  blanc  ;  et  I'extremite  de  sa  queue  est  noire , 
avec  quelqucs  polls  blanrs  dissemines. 

Du  Chat  sauvage.  (  Felis  Catusferus.  )  Cet  animal,  qui  etait 
autrefois  tres-commun  en  Suisse,  y  est  maintenant  fort  rare. 
Du  Chat  domestique.  [Felis  Catus  domesticus.) 
Du  Lynx.  (  F.  Lynx.^  On  le  rencontre  encore  quelquefois  en 
Suisse,  principalement  dans  le  pays  des  Grisons.  S.  s. 

332.  COMMENTATIO  DE   MURE  DOMESTICO  ,  SILVATICO  ATQUE    ARVA- 

Li ,  auctore  Constante  Nicati.  In-8°. ,  Utrecht ,  1822.    {  Na- 
turw.  anz.  <ler  allg.  Scluv.  Gesell.  1822  ,  n°.  10  ,  p.ig.  80.  ) 

Cet  ouvrage  est  un  de  ceux  qui  ont  et^  couronnes  par  la  fa- 
culte  de  philosophic  de  I'universite  d'Utrecht.  II  a  pour  objet 
I'histoire  naturelle  de  la  grande  et  de  la  petite  souris  des  champs 
(  M.  sili'titicus  et  an'alis,  Linn.  ),  et  la  compamison  de  ces  deux 
cspeces  avec  la  souris  domestique  ordinaire.  II  traite  ensuite  des 
degats  qu'elles  causent  ,  et  indique  les  moyens  de  detruire  ct  de 
diminuer  le  nombre  de  ces  animaux  nuisibles. 

333.  De  ^'existence  de  la  licorne;  par  M.  Campbell.  (  Mag. 

der  rharm.,  avril  i823,p.  10.  ) 

M.  Cam|)be]l  donne  la  description  de  la  lete  d'un  grand  ani- 
mal a  une  corne ,  tue  dans  I'iuterieur  de  I'Afrique  pres  de  Ma- 
sHow,  a  1200  milles  du  Cap. 

D'apres  la  description  ,  et  d'apres  I'opinion  meme  de  M.  Camp- 
bell ,  ce  n'est  autre  chose  que  la  tetc  d'un  rhinoceros ,  qui  parail 
ctre  ccpendanl  d'une  espece  differente  de  celle  deja  connue  dans 
cette  parlie  du  rapnde.  A  en  juger  par  sa  grandeur ,  elle  a  ap- 
partenu  a  im  animal  beaucoup  plus  grand  que  le  rhinoceros 
ordinaire  d'Af'rique  ;  elle  avail  trois  jtieds  depuis  le  haut  du  nez 
jusqu'aux  oreil'es.  La  peau  etait  brune  et  unie ;  la  corne  avalt 
trois  pieds  de  long,  elle  etait  droite  au  lieu  d'etre  arquee,  et 
placee  k  six  pouces  du  haut  du  nez.  Immediatement  dcrricre  la 
corne  se  trouvait  une  saillie  cornee  de  huit  pouces  de  long  ( i ).  S.  S. 


(i)  Qui  correspond  ^  la  sccotule  corne.  ISulc  du  Rtdacteut 

B.  ToMK  I.  i8 


274  Zioologie. 

334.  C\RACTiRES    DF.    TROIS  NOUVEAUX  GENRES  DE  CHEIROPTERES 

depourvus    d'appeiullces    membrarieux    sur   Ic   nez  ;    par    le 
D''.  W.  E,  Leach.  (  Trans.  Lin.  Soc. ,  to.  i3  ,  i^^.  part.,  p.  69.) 
Lesprincipaux  caraclercs  deces  genres  sont : 
I*"".  Genre  Cel-eno,  Deux  incisives  superieures,pointucs,  sim- 
ples ;  quatre  inferieures,  raprochees  et  cylindriques ;  deux  canines 
en  haut  et  en  bas,  les  superieures  etant  les  plus  grandes;  quatre 
molaires  a  cliaque  cote  de  machoire,  la  premiere  etant  pointue 
et  simple,  el  les  trois  deriiieres  ayant  Icur  couronne  garnle  de 
pointes  aignes;  troisleme  et  qualrieme  doigtdes  i.iles  a  trois  pha- 
langes, le  cinquieme  ou  I'externe  n'en  ayant   que  deux  ;  mem- 
brane interf'emorale  se  prolongeant  un  pen  au  delades  doigts  des 
piedsde  derriere;  oreilles  ecartees,  oreillons  petits;  queue  iiulle. 
Le  Celcvno  brao/.siana,  dont  la  patrie  et  la   taille  ne  sont  pas 
indiquces,a  le  dos  fernigineux,  le  ventre  et  les  epaules  d'un 
jaiin^tre  ferrugineux ;  ses  oreilles  sont  pointues,  avec  le  bord 
anterieur  arrondi  et  le  posterieur  droit;  toutes  ses  membranes 
sont  noires. 

0.*'.  Genre  ^Ello.  Deux  incisives  superieures  larges,  compri- 
mees,  bifides,  a  lobes  arrondis ;  deux  inferieures  egales,  trifidcs, 
aussi  a  lobes  arrondls;  deux  canines  superieures  longues,  tres- 
aigues  ayant  en  avant  et  en  arriere  de  leur  base  une  petite  saillie 
ou  pointe  distincte;  deux  canines  inierleures  plus  petites  et 
moins  pointues;  quatre  molaires  superieures  de  cliaque  cote, 
dont  les  deux  premieres  pointues  et  triangulaires,  la  scconde 
etant  la  plus  grande  ,  la  troisieme  bifide  et  la  quatrieme  Irifide 
exterieurement;  le  troisieme  doigt  des  ailes  ayant  quatre  phalan- 
ges le  quatrieme  et  le  cinquieme  chacun  trois  ;  membrane  inter - 
I'emorale  droite;  oreilles  rapprochees,  courtes,  trcs-laiges;  point 
d'oreillon;  queue  ne  depassant  pas  la  membrane,  et  f'ormce  de 
cinq  verlebres  dans  sa  partie  visible. 

JJyElh  Ciivieri  est  de  couleur  isabelle  ferrugineuse;  ses  ailes 
sont  d'un  brun  obscur;  ses  oreilles  sont  comme  tronquees  au 
bout.  Ses  dimensions  ne  sont  po'nt  indlquees,  et  sa  patrie  est 
inconnue. 

3^.  Genre  Scotophilus.  Quatre  incisives  superieures  inegales, 
pointues,  les  intermediaircs  etant  les  plus  grandes  et  simples  ,  ct 
les  laterales  bifides,  a  lobes  egaux  ;  six  incisives  inferieures  pen 
distinctement  trifides;  deux  canines  en  haiit  et  en  bas  ,  los  supe- 
rieures ayant  une  petite  pointe  en  arriere  de  leur  base,  et  les  in- 


Zoologie.  ayf) 

ferieiires  une  semblnble  en  avant ;  quatre  molairos  parlout  a  coii- 
ronne  armee  dc  poiiitcs;  troisieme,  quatrieme  etcinquieme  dolgts 
des  ailcs  ayanl  trois  phalanges. 

Le  Scotojjhilus  Kuhlii  ,  dont  la  patrie  n'est  pas  indiquee,  a  le 
pelage  ferrugincus;  ses  oreilles,  son  ncz  et  ses  ailes,  sont  bruns. 

Desm. 

335.  De   Ornithorhyncho  paradoxo  ;  cum  i  tab.  a'neis;  anct. 
L.  M.  Jaffe.  Gr.  in-8.  Prix,  8  gr.  Berlin;  i823;  Messe. 

336.  De  fossilibus  mammalium  reliquis  i:v  Prussia  adjacen- 
TiBusQUE  REGiONiBus  REFER Tis ;  par  C.  E.  Eaer.  In-4.  Pflx, 
lo  gr.  Konisberg;  hbrairie  de  I'liniversite. 

337.  NoiIVEAU    RECUEIL  DE  PLANCHES  COLORIEES  d'oiSEAUX  ,  pour 

scrvir  de  suite  et  de  complement  anx  planches  enluminees  de 
Buffon;  par  MM.  Temminck  et  Mkiffren  Laugi."  r.  [Foycz 
le  W".  248  dn£uUeun  defevrier. ) 

XXI**.  livraison.  —  PI.  121.  Faucon  a  culotfe  rousse,  male; 
Falcofemoralis.  (Temm.)  BresiL  — 'Pi.  122.  Autour  gabaroide, 
male  adulte;  Falco  Gahar.  (Daudin.)  Le  cap  de  Bonne-Esperance. 
— •  PI.  123.  Autour  radieux,  Falco  radiatus.  (Lath.)  De  I'Ocea- 
nie.  ■ — -PI.  124.  Couroucoucou  Pveinwardt,  male  adulte;  Trogon 
Rcinaardtii.  (Temm.)  Java.  ■ —  PI.  laS.  Oxyrhynque  en  feu, 
male;  O.ryrhjnchus  fiammiccps.  (Temm.)  Dn  Bresil. —  Pi.  126. 
Souimanga  gracieux ,  male  ;  Nectarlnia  lepida.  Les  iles  de  la 
Sonde.  — •  Souimanga  gracieux,  femelle;  idem,  ibid.  — Soui- 
manga moustac,  Ncctarinia  jnjstacalis.  (Temm.)  De  Java. 

XXIl^.  livraison.  —  PI.  127.  Autour  neigeux,  Falco  niveits. 
(Temm.)  Habite  I'ile  de  Java.  —  PI.  128.  Faucon  Aldrovandin 
Falco  Aldroiandii.  (Reinw.)  De  Java.  —  PI.  129.  Autour  cou- 
coide,  male  adulte;  Falco  cuculo'ides.  (Temm.)  De  Java.  — 
PI.  i3o.  Eurylaime  Horsfield,  male;  Eurylaimus  Horsfleldu. 
(Temm.)  De  Java.. — •Pi.  iZi.  Idem ,  femelle;  idem,  ibid.- — • 
PI.  1 32.  Fourmilier  a  ailes  rousses,  male  et  femelle;  liliyothcra 
rufimarginata .  (  Temm. )  Bresil. — Fourmilier  chatain,  male; 
Miyolhera  ferriiginea.  (Temm.)  Bresil. 

XXIIl".  livrais.  —  PI.  i33.  Calhartc  Condor,  male  adulte; 
Cathartes gryphiis.  (Temm.)  Amerlquc  mer.  ■ —  PI.  i34.  Autour 
unicolore,  male  adulte;  Falco  liinriortus,  (Ilorsf.)  Java.. — •  PI. 
i35.  Martin-p6cbeur  omnicolorc,  male;  Alcedo  omnicolor, 
(Reinw.)  Java. — -PI.    1 36.  Merle   ochrocephalc,  male;    Tardus 


ayG  Zonlogie. 

ochrocephalus.  (Gmel.)  Java  et  Sumatra.  —  PI.  137.  Turdoidc 
ensanglante ,  male  adulte;  Tiinliis  d'lspar.  (Horsf.)  Java. — • 
PI.  i3X.  Soiiimanga  distinguo,  male  et  fcmelle;  Ncctarinin  exi- 
mia.  (Temm.)  Java.  —  Souimanga  pectoral,  Nectarinia pectora- 
lis,  (Temm.)  Java. 

XXlV. livrais.  ^ — -PI.  1^9.  Busea  a iles  longues,  jeune  de Tan- 
nee.  PI.  i4f>'  Autour  Gabar,  jeune  male.  ■ — •  PI.  141.  Autour 

brachyptcre,  male  aduUe.  — PI.  142.  Colombe  Longup,  male; 
Columba lophotes.  {Temia.)  Java.. — 'PI.  i43.  ColombarCapelle, 
male;  Columha  Capellei.  (Temm.)  Java.  — .PI.  144.  Gobe-mou- 
ehedouble-oell,  male;  Muscicapa  diops.  (Temm.)  Du  Bresll.  — 
Gobe-mouclie  distingue,  male;  Muscicapa  exiinia.  (Temm.) 
Du  Bresil.^ —  Gobe-mouche flamboyant ,  mile;  Muscicapa  Jlain- 
miccps.  (Temm.)  Du  Bresil. 

XXV*^.  livrais.  • —  PI.  i45.  Hibou  chaperonnc,  male;  Strix 
atiicapilla.  (Natt.)  Du  Bresil.  —  PI.  146.  Chouette  ecliasse, 
rnkle;  Strix grallaria.  (Temm  )  Bresil.  —  PI.  147.  Turdoide  cap- 
negre,  male,  Turdus  atriceps.  (Temm.)  Java  et  .Sumatra.— 
PI.  148.  Perdrix  Ayam-han,  male;  Perdixjavanica.  (Lath.)  — 
PI.  i4<).  Stourne  chanteur,  mMe  et  femelle;  Lamprotornis  can- 
tor. (Temm.)  De  Java. —  PI.  i5o.  Siltine  Hoffmannsegg,  male; 
Xenops  genibarbis.  (IHig-)  Du  Bresil.  — .  Sittine  anabatoidc, 
male;  Xenops  anabatoides.  (Temm.)  Du  Bresil. 

XXVI*^.  livrais. — ^Pl.  1 5 1.  Aigle  imperial,  male  adulte;  Falco 
impcrialis.  (Temm.)  France.  —  PI.  iSa.  Aigle  imperial,  jeune; 
Falco  impcrialis.  (Temm.)  France. — PI.  i53.  Pauxi  Mitu,  adulte; 
Ourax  Mitu.  (Temm.)  Du  Bresil. —  PI.  i54.  Eurylaime  nasique, 
adulte;  Eurjlaimus  nasutus.  (Temm.)  lies  de  la  Sonde. — PI.  i55. 
Gobe-mouche  Petit-coq,  male  et  femelle;  Muscicapa  Alector. 
fMaximil.)  Amcrique  merid. —  PI.  i56.Gobe-moucbe  vermilion, 
malect  femelle;  Muscicapa  winiatn.  (Temm.)  De  J.iva. 

XXVII*'.  livraison.. —  PI.  i57.  Engoulevcnt  qucue-en-ciseaux , 
male;  Caprimulgus  psalums.  (D'Azara.)  Du  Bresil. — ■  PI.  i58. 
Engoulcvent  queuc-en-ciseaux,  femelle;  Caprimulgus psaluvus. 
(D'Azara.) Du  Bresil.—  PI.  i^g.  Podarge  cornu,  Podargus  cor-' 
nutus.  (Horsf.)  De  Sumatra.  —  PI.  160.  Enicure  voile,  male  et 
femelle;  Enicurus  velatus.  (Temm.)  De  Java.  —  PI.  161.  Hiron- 
delle  fardee,  Hirundo  fucata.  (Temm.)  Du  Bresil.  —  Hiron- 
delle  des  jardins,  Hirundo  jiigularis.  (P.  Maximilien.)  Du  Bresrl. 

Q-v. 


Zoologie.  'i'j'j 

338.  Catalogue  des   oiseaux    rkcueillis    dans   la    provimck 

DE  Pise;  par  le  D"^.  Savi.  [Nuov.  Giorn.de'  lett.,  n".  i ,  juillet 

et  aout  1823.) 

Get  opuscule  renferme  la  liste  de  2^3  especes  d'oiseaux  seden- 
taires  ou  de  passage,  recueillis  en  quaire  annees  el  demie  aux 
environs  de  Pise.  L'auleur  a  suivl  pour  leur  determination  la  sc- 
conde  edition  du  Manuel  d'Ornithologie  dc  M.  Temminck  :  clia- 
que  espece  y  est  indiquee  par  sa  denomination  systematique  la- 
tine,  p.'ir  ie  nom  qu'elle  porte  a  Pise,  et  souvent  par  celui  qu'elle 
re^oit  aux  environs  dulac  de  Bientina,  situe  auN.-E.  delaplainc 
de  Pise  ,  a  3  lieues  de  cette  \ille,  et  au  milieu  des  basses  colllnes 
de  I'Apennin.  La  plupart  de  ces  especes  sont  aussi  I'objet  de  no- 
tes qui  indiquent  si  elles  sont  statlonnaires  ou  de  passage,  rares 
ou  communes,  terrestres  ou  aquatiques ,  de  montagne  ou  de 
plaine,  etc.  Lps  epoques  de  leur  aiTivee  et  de  leur  depart  sont 
souvent  indiquees,  ainsi  que  la  position  de  leur  nid. 

Ce  catalogue  est  precede  d'une  courte  description  geograpbi- 
que  des  environs  de  Pise,  dans  laquelle  I'auteur  a  place  une  liste 
assez  nombreuse  des  principaux  vegetaux  qui  croissent  dans  les 
diverses  expositions  qu'on  y  remarque. 

Le  nombre  des  especes  mentionnees  est  de  223.  L'ordre  des 
oiseaux  de  proie  se  compose  de  20  especes  ;  celui  des  passereaux, 
de  100;  celui  des  grimpeurs,  de  6  ;  celui  des  gallinaces,  de  10  ; 
celui  des  echassiers,  de  4? ;  celui  des  palmipedes ,  de  40. 

Une  remarque  que  nous  avons  faite,  ra;iis  qui  n'est  peut-etre 
basee  que  sur  une  omission  typographique  ,  c'est  que  notre 
moineau  ,  Fringilla  (lomestica,  serait  inconnu  aux  environs  de 
Pise.  Desm. 

33g.  Desceiption  be  trois  esp^.ces  nu  genre  Glareola  ; 
par  le  D^  Leach.  {Trans.  Soc.  Linn.,  to.  i3,  i*^*^.  ])art.  ,  p. 
i3i ,  pi.  12  et  i3.) 

Sur  ces  trois  especes,  I'une  estdepuis  long- temps  decrite  dans 
les  ouvragos  des  ornithologistes,  c'est  la  Glareola  pratincola  , 
Linn.;  67.  austriaca  ,  Lath. ;  67.  torquata  ^  Meyer  et  Temminck. 
M.  Leach  en  donne  une  bonne  figure  colorice ,  et  il  y  ajoutc 
celle  du  jeune  individu ,  qui  est  dtcrit  sous  les  noms  de  Gla- 
reola navia  et  de  Glareola  scncgalcnsi.'i,  (3aiis  le  Syst.  nat.  de 
(imclin. 

Lasecondc,   Glareola   orientalis ,   Leach,    egakmcnl  figuree 


27S  Zoologie. 

(male  et  femclle),  a  ete  etablie  sur  des  iiulividus  qui  existent 
dans  la  collection  du  Museum  d'histoire  naturelle-de  Paris.  Elle 
est  ainsi  caracterisee  :  Glarcola  cincreo-fusccsccns,  ventre  caudn- 
que  alhis  •  hdc  ad  apicem  nigra;  guld  nigra  irregitlariter  cir~ 
cumdatd;  rostro  nigro.  Hab.  in  fata.  Elle  a ,  comme la  premiere, 
la  queue  fourcbuc. 

La  troisieme ,  Glaicola  aitstralis ,  Leacli ,  a  la  queue  tronquee 
au  bout.  Les  deux  sexes  en  sont  aussi  figures  d'apres  des  indivi- 
dus  de  la  collection  du  Museum,  et  il  est  probable  que  cette  es- 
pece  ne  differe  pas  de  la  Glareola  isahella  de  M.  Vieillol  [Diet. 
dliist.  not.,  t.  i3,  p.  221  ).  Son  caractere  est  renferme  dans  la 
phrase  specifique  suivante:  Glareola  rufescenle-JIavida  ,  eaitdd 
ujopygiuque  albis ;  illn  fascia  supra  nigra,  guld  pallidiore , 
cruribus  ventreqne  fascia  ahdcminali  rufs ,  rostro  testaceo  ad 
apicem  nigro.  Bab.  in  Australasia.  Desm. 

340.  Description  de  quelqdes  especes  d'oiseaux  des  genres 
Perroquet  et  Pigeon  du  Museum  de  la  Societe  linneenne 
de  Londres;parM.  C.  J.  Temminck.  (  Trans.  Soc.  linn. ,  to.  1  3, 
1''''.  part.,  p.  107.) 

Dans  ce  premier  memoire ,  M.  Temminck  fait  coiinaitre  les  ca- 
ractercs  de  dix  Perroquets  et  de  six  especes  de  Pigeons  ou  de 
Colombes  ,  qui  existent  dans  la  collection  de  la  Societe  linneenne 
de  Londres,  et  qui,  pour  la  plupart,  out  ete  rapportes  de  la 
I^ouvelle-Hollande  par  le  celebre  botaniste  Robert  Brown. 

Quelques-unes  do  ces  especes  ont  etc  deja  mentionnees  dans  les 
ouvragesdesnaturalistes  ;  tellessont  le  Psittacus  Coolui[Ban/,ian 
cockatoo ,  Lath);  le  Ps.  flavigaster  (regarde  comme  variete  de 
la  Perruchealarge  queue;  Psittacus  Pennanti,  Lath.,  par  M.  Le- 
vaillant ) ;  le  Ps.  pulchcllus  (  Ps.pulchellus  et  chrysogaster,  Lath. ; 
Perruche  d'Edtvards  ,  Lcvaillant ). 

Les  autres  sont  iiouvelles,  et  portent  les  noms  de  Psittacus 
Solandri  ( 11  pourr.iit  n'elre,  ainsi  que  le  remarque  M.  Temminck, 
qu'un  jeune  indlvidu  de  I'espcce  de  Cook) ;  Ps.nasicus ,  Baueri, 
Brownii ^  multicolor,  icterotis ,  venustus  ;  et  de  Colnmba  diloplia, 
magnifica  y  leucomela,  scripta  ,  humeralis  el  phasianella. 

M.  Temminck  n'ayant  point  donne  de  phrase  caracterislique 
de  ces  dlverses  especes,  nous  nous  abstiendrons  d'extraire  de 
leurs  descriptions,  qui  sont  tres-completes,  leurs  caracteres  dis- 
linctifs;  cette  tache  d'ailleurs  scrait  difficile  a  rcmplir,  car  il  fan- 


Zoologie.  2jg 

drait  comparer  chacun  de  ces  oisea!ix  avec  tous  ceux  qui  soiit 
deja  connus  en  tres-grand  nombre,  dans  les  genres  ou  i!s  sont 
places.  Dksm. 

341 .  Note  sur  le  grand  Cormoran  (  Carho  Cormoranus),  lue  a  la 

Societe  canlon.  des  So.  nalur.  de  Lausanne ;  par  M.  Ch a vannes  , 

Profess,  de  zool.)  Feiiille  da  canton  de  Faud,  n^.  i3o  ,  p.  'io4.) 

Tous  les  naturalistes  savent  que  c'cst  d'ane  espece  de  ce  genre 

que  les  Chinois  se  serventpour  la  peclie,  apres  I'y  avoir  dressee. 

Ce  dont  ils'agit  ici  estrelatif  a  son  aiiatomie;  et  quoique  ces  oi- 

scaux  soient  fort  rares  en  Suisse,  M.  Clia vannes  s'cn  est  cependant 

procure  plusieurs  sur  lesquels  il  a  pu  approfondir  la  singuliere 

organisation  de  la  lete,  que  n'avaient  fait  qu'indiquer  MM.  Tie- 

demann  et  Volcher  Goiter.  1 

Ce  que  cette  tele  presente  de  remarquable  est  un  os  corres- 
pondant  a  la  protuberance  occipitale  externe ,  plus  ou  moins 
prononcee  cliez  les  autre  oiseaux.  Dans  le  Cormoran  cet  os  ne 
fait  pas  parlle  de  I'occipital,  il  luiest  articule  et  peut  s'elever  et 
s'abaiser.  II  a  la  forme  d'un  triangle  de  i5  lignes  de  longueur  sur 
trois  de  base  et  deux  lignes  d'epaisseur.  Deux  muscles  particuliers 
lui  appartiennent  et  le  recouvrent ,  cc  qui  produit  une  saillie 
triangulaire  dans  cette  partie  dela  tete  de  I'oiseau. 

D'un  autre  cote,  le  trou  occipital  n'est  point  perce  dans  la 
partie  infericure  dcla  face  posterieure  de  Tos  occipital,  comme 
cela  a  lieu  dans  la  plupart  des  autres  oiseaux ,  mais  a  la  partie 
superieure,  immediatement  au-dessous  de  la  base  dela  protube- 
rance. L'auteur^  examinant  ensuite  le  biitde  cette  organisation, 
pense  qu'elle  a  ete  accordee  a  cetoiseau  pour  avaler  des  polssons 
dont  la  grosseur  estbors  de  proportion  avec  le  volume  apparent 
de  la  dilatation  de  sa  poclie  gutturale.  Ce  mecanisme  consisterait 
dansl'insertion  au  crane  de  la  colonne  vertebrale,  qui,  par  la  posi- 
tion du  trou  occipital,  est  susceptible  de  se  porter  en  ariiere  et 
de  prendre  la  forme  d'un  S  au  lieu  de  se  dirigcr  en  bas,  comme 
dans  les  autres  oiseaux.  Cette  disposition  agrandit  considerable- 
incnt  la  bouche.  En  meme  temps  la  protuberance  dont  on  parle 
serait  destinee  a  former  un  point  d'appui,  coutre  lequ>l  les  pre- 
mieres veitcbrcs  ccrvicales  venanta  s'appliqucr  forineraicnt  une 
resistance  ircs-propre  a  aider  la  dc'glulition.  Q.  y. 

?>[\i.  Precis    sur    l'histoirk    naturelle    des    Vipeua    berus  , 
CoLUBEa  MATRIX  ET  Anguis  fkagii.is,  lu  3  la  Societe  d'his- 


aSo  Zoohgic. 

toire  naturelle  de  S'.-Gall,  le  i'^''.  sept.  i8ig,  par  G.L.  Hart- 

vi\tiTX.[Neue  Alpina  ,  i*"".  vol.,  p.  169.) 

L'auteur  donne  I'liistoire  tres-detaille  de  ces  trois  especes  de 
Serpens ,  et  la  divise  en  plusieurs  articles  intitules  :  Nomencla- 
ture, lltteratiire,  description,  an.itomle,  multiplication  et  sejour; 
reproduction  et  croissance,  nourriture  ,  raoeurs,  utilitc,  domma- 
ge,  chasse,  ennemis  et  superstition. 

II  indique,  d'apres  M.  Fontana ,  comme  moyen  curatif  de  la 
morsure  de  la  Vipera  Berus ,  qui  pent  quelquefols  etre  mortelle, 
de  sucer  la  plaie,  d'en  faire  la  ligature,  de  I'agrandir  par  des  in- 
cisions, et  de  la  cauteriser  de  suite  avec  la  pierre  infcrnale  et 
I'alcali  volatil,  d'apres  M.  Cliaussler,  de  Paris. 

Suivant  Mangili,  le  poison  de  la  Vipere,  pris  interieurement, 
ne  peut  pas  causer  la  mort. 

M.  Hartmann  a  observe  que  YAns^uisfrngilis  est  vivipare;  les 
jeunes  ont  le  dessous  et  les  cotes  du  corps  entierement  noirs ,  le 
dessns  d'un  gris  argente  passant  au  jaune,  avec  une  raie  noire  le 
long  du  dos,  et,  a  la  loupe,  on  remarque  encore  de  chaque  cote 
de  celle-ci  une  seconde  ligne  nolratre.  S.  s. 

343.  Description  de  quelques  nocveaux  mollusques  et 
zoophytes;  par  le  D"^.  A.  W.  Otto,  avec  5  pi.  (  Nov.  Act. 
Acad.  Cces.  Leap.   Car.  Nat.  cur.  T.  11,  part.  2,  p.  273.} 

Les  csperes  decrltes  et  figurces  dans  ce  nouveau  travail  de 
M.  le  docleur  Otto,  et  que  ce  savant  donne  comme  nowvellcsj 
sont;  1°.  Doris  nigricans;  2".  Eolidia  Hystrix ;  3".  Eolidin 
ccratcutomn ;  ij°-  Ascidia?  Clnvigern  (  toutes  des  environs 
de  TN'ce  );  5".  Asterias  bispinosa  de  Naples;  6°.  Actinia  car- 
ciniopados ;  cette  actinic  enveloppe  les  coquilles  marines  et 
forme  autour  de  leur  ouverture  une  prolongation  plus  ou  moins 
considerable  ,  et ,  ce  qui  est  remarquable  et  que  nous  avons  cu 
sonvent  occasion  d'observer ,  clle  semble  ne  s'attacher  qu'aux  co- 
quilles li.ihilees  par  les  pagures;  7".  Actinia  glandiilosa ;  8".  Ver- 
tiimnus  thelhiilirola ,  nouveau  genre  qui  fail  partic  des  intcs- 
tinaux  pareneliymateux  de  M.  Cuvier;  9".  Cyclocotyla  Bcllo- 
ncs ,  autre  nouveau  genre  du  m^me  ordre;  10".  Salpa  spinosa  dc 
Naj)les;  12".  Pyrainis  tctragona  ;  I'V .  Glcba  c.vcisa  ;  il\".  Dolio- 
lum  rneiiiterraneum.  Ces  qiiafre  derniers  animaux,  transparens 
comme  du  cristal,  sont  figures  avec  une  delicatesse  extreme  sur 
un  fond  noir  et  poli,  qui  pouvait  seul  permcttre  de  donner  une 


Zoologie.  28 1 

ideedeleur  organisation,  qui  est  des  plus  extraordinaircs.Legenre 
Pyramis  figure  une  pyramide  a  4  pans ,  le  genre  Gleha  a  la  forme 
d'une  poire  ;  et  le  dernier  a  celle  d'un  petit  tonneau.  II  est  assez 
difficile  de  leurassignerune place danslesysteme;  inais, selon  tou- 
tes  lesapparences,  c'est  a  rembrancliement  des  mollusques  qu'ils 
a])partiennent.  On  nepeut  qu'applaudir  a  des  tiavaux  qui  ang- 
menlent  ainsi  nos  connaissances  dans  les  etres  si  varies  el  si 
negliges  qui  habitent  les  mers.  F. 

344-  Descriptions    de   plusieurs    nouvelles   especes  d'Asci- 
DiEs;   par   C.  A.  Lesueur.   (^Journ.  of  the  Acad.   Nat.  Sc. 
of  Philod.  Avril  1823,  p.  2,  avec  3  pi.) 
Les  nouvelles  especes  decrites  et  figurees  dans  ce  memoirc 
sont:  jo.  J.  otra,  des  iles  Saint-Vincent  et  de  la  Guadeloupe; 
0.0.  A.  cavernosa  de  I'ile  Saint-Barllielemi;  3o.  A.  alheola  Ae 
la  Guadeloupe ;   4"-  ^-  multiformis  et  Far.   de  la  meme  ile  ; 
5°.  A.  variabilis  de  File  Saint -Thomas;  6°.  J.  claviformis  de 
I'ile  Saint-Vincent";  7".  A.  plicata  des  Etats-Unis  ;  8°.  A.  ova- 
li  ;  9°.  A.  prohoscidca  des  cotes  de  la  Georgie;   10°.  A.  lobi- 
fera.  Ce  travail  est  termine  par  une  liste  de  trente  especes  du 
nieme  genre  obscrvees  par  MM.  Peron  et  Lesueur  pendant  leur 
voyage  de  decouvertes  aux  Tcrres  Ausfrales. 

Ce  memoire  et  ceux  que  nous  venous  d'indiquer  montrent 

combien  on  s'cst  occupe  dans  ces  derniers  temps  d'une  classe 

d'animaux  jusqu'ici  peu  observee,  et  combien  le  catalogue  des 

especes  et  des  genres  qui  la  composent  s'augmente  :    les  figures 

sont,  comme  on  peut  le  croire  d'apres   I'habilete   connue  de 

M.  Lesueur,  aussi  exactes  que  soignees;  et,quoique  litliogra- 

pliiecs,  elles  paraissent  bien  rendre  les  caracteres  des  singu- 

licrs  animaux  qu'elles  representent.  F. 

345,  Pour  servir  a  l\  conna/ssance  de  i.a  structure  inte- 

bieure  et  du  DiivELOPPEMENT  DES  AsciDiEs ;  par  Ic  D*^.  C. 

G.  Carus.  Avec  2  pi.  col.    (iVoc.    Acta  Acad.   Cces.  Leop. 

car.   Nat.  cur.  T.    10,    %".  part.,  p.   l\i'i.) 

M.  le  doctcur  Carus  a  puUlie  la  description  anatomlque  et 

pliysiologique  des    ascidies  accompagnee  de  figures  tres-detail- 

lees    dans    les  Archives    allcmandcs  de  physioloi^ie ;  mais    les 

dcssins  originaux  en  ayant  cte  donnes  a  rAcademie  Leopoldine, 

clle  les  rcj)ro(luit  dans  scs  actes  en   ilcux  belles   planclics  co- 

loriees  acconipagnces  d'une  explication  circonstanciec,  alin  d'eii 


282  Zoologie. 

repandre  la  connaissance,  et  surtout  de  procurer  aux  natura- 
listes  francais  I'occasion  de  verifier  les  nouvelles  observations 
de  M.  le  doctour  Carus,  qui  completent  les  travaux  de  MM.  Cu- 
Mer  et  Savigny  sur  ces  animaux.  On  ne  pent  que  savoir  gre 
a  cette  iilustre  Societe  de  cette  attention.  Ces  dessins  oflrent 
un  veritable  inleret  par  les  details  qu'ils  offrent  et  leur  exe- 
cution. F. 

3/(6.  Sir  les  petrifications  des  environs  de  St.-Gali, ,  par 
le  D'-.  Schlapfer  de  Trogeu.  [Neue  Alpina,  i*"".  vol.,  p.  -268.) 

Ces  fossiles  se  trouvent  dans  la  molasse  non  loin  de  St. -Gall, 
dans  le  Hagenbuch  ,  pres  du  pont  appele  Marlins-Briicke,  sur  le 
Miihleck;  dans  le  "Waadt  sur  le  Sitter;  en  general  dans  lout  le 
pays  entre  le  Sitter  et  le  Goldach.  La  raolasse  y  alterne  avcc  du 
nagelfluhe ;  a  I'ordinaire  la  molasse  coquillere  repose  sur  una 
marne  et  un  nagelfluhe.  Les  coquillages  y  sont  en  amas  ;  ils  sont 
simplemcnt  calcines  ou  en  monies,  et  I'auteur  pense  que  les 
analogues  de  la  plupart  de  ces  mollusques  vivent  encore  actuel- 
lement  dans  la  mer  el  surtout  dans  la  Mediterrauee.  II  donnc 
ensuite  le  catalogue  de  ces  fossiles  en  suivant  la  nomenclature 
de  Linne  et  Scheuchzer.  II  cite  4  especes  de  Turbo,  dont  deux 
sont  des  Turritelles  de  Lamarck ;  3  Nerites  de  Scheuclizer ;  le  Pj- 
rulaficus  de  Lamarck;  3  Buccins,  2  Murex,  3  Trochm ,  Z  Hcliv 
[Planorhis,  rotunda  et  complanata ,  Ginelin  );  2  Cones  ,  le  \'olutA 
episcopnlis,  2  palelles  {Iccvis  et  striatus) ;  3  Peignes  {P.jacobea  , 
maxima,  L.);  la  Pinna  rudis,  le  Mja  Panopea  de  Brocclii,  les 
Myapictorum  et  oblongus ,  2  J.Iodioles  [M.Papuana,  Lam. ) ;  1 
Tellines  ,  la  Pholade  dactyle,  VArca  antiquata,  les  Venus  cliione, 
geographica  ou  litterata  ,  lithophaga  (cette  derniere  traverse  des 
fragniens  de  calcaire  secondaire).  Donax  scortum,  Ostrea  edu/ix, 
Cdrdiuin  roseuin  ,  cardissa  ,  rustiruw,  cdule ,  etc.  Solen  Lrgunien  ; 
enCn  les  zooj)liytes  Pennatulas  et  ScrtuUirice.  Le  memoire  se  ter- 
mine  par  les  conclusions  sulvantes  :  1°.  la  mer  doit  avoir  cou- 
vert  ce  pays.  2".  Les  trous  de  jdioladcs  montrent  que  les  calcaires 
sccondaires  f'ormaient  des  rochcrs  sur  le  rivage  de  cette  mer. 
3".  Les  petrifications  totalenient  differentes  (  Belcmnites,  INum- 
mulitcs,  Ammonites,  Terebratules )  des  montagnes  de  calcaire 
secondaire  et  de  gres  vert  d'Appenzell  indiquent  aussi  un  fond 
de  mer  encore  plus  cleve,  ct  la  non  existence  de  ces  coquillages  d 
I'epoque  du  depot  de  la  molasse.  4".  De  semblablcs  coquillages 


Zoologie.  285 

se  trouvant  a  Berne  sur  le  Belpberg  et  sur  le  borrl  de  !a  mer , 
dans  les  Apennins  ,  montrent  que  la  meme  mer  coiivrait 
toutes  ces  contrecs.  6°.  L'identite  de  ces  coquUlnges  avec  ceux 
de  ]a  Mediterrnnce  conduit  a  ref;arder  ccUe-ci  comme  le  reste 
de  cette  mer.  6°.  L'absence  d'ichtliYolilhes  et  la  ressemblance  du 
gres  coqulller  avec  le  rivage  sablonneux  d'une  mer  font  presu- 
mer  un  retrait  graduel  de  la  mer  de  ces  anciens  rivages.      A.  l>. 

347.  Sua  LES  coQuiLLEs  FossiLEs,  par  LcAvis  Weston  Dillwyn. 
Lettre  a  ce  sujet  adressee  a  M.  Humpbry  Davy.  ( Philos. 
Trans.,  1823  ,  2".  part.,  p.  SgS. ) 

M.  Dillwyn  chcrche  a  reconnaitre  les  rapports  qui  existent 
entre  les  divers  degres  d'anciennete  des  formations,  et  les  fa- 
milies particulieres  de  testaces  fossiles  qui  appartiennent  a  cha- 
cune  d'elles.  —  II  etablit  que  les  Tracbelipodes  zoophages  de 
M.  de  Lamarck  (univalves  a  base  echancree  ou  canaliculee  ), 
abondentdans  les  couches  snperieures  a  la  craie ,  qu'ils  devien- 
nent  extremenient  rares  dans  les  terrains  secondaires,  qu'aucun 
individu  de  celte  famille  n'a  encore  ete  observe  dans  les  bancs 
plus  anciens  que  X'oolithe  infericurc  ^  et  enfin,qn'a  parlir  de  ce 
point ,  on  ne  trouve  plus  dans  les  anciennes  couches  que  des 
Trachelipodespliytiphages  (univalves  aouverture  entiere).  L'exa- 
men  des  catalogues  publics  par  Parkinson,  Schlotheim,  Cony- 
beare  et  Phillips,  etc. ,  etc.,  dans  lesquels  les  fossiles  sont  ran- 
ges par  ordre  de  terrains  ,  lui  confirment  I'exactitude  de  cette 
repartition;  il  pense  meme  qu'il  y  a  du  doute  sur  la  presence  de 
Traclielipo:!es  vraiment  zoophages  dans  les  couches  secondaires 
snperieures,  et  que  quelques-uns  des  genres  regardes  comme 
tels  parM.  de  Lamarck^  et  qu'on  y  observe  reellement,  comme 
ceux  des  Rostcllaircs  at  des  Pterocrres ,  doivent  faire  partie  d'une 
autre  tribu. 

L'auteur  s'occupe  ensulte  des  cephalopodes ,  donl  quelques 
genres  multiloculaires,  notamment  les  J inmon ites ,  a^rhf,  ii\o\v 
ete  extremement  multiplies  dans  les  mers  des  formations  de 
transition  et  secondaires,  oil  ils  claient  meme  les  seuls  testaces 
zoophages  ,  ont  entierenient  disparu  depuis  !e  depot  de  la  craie. 
II  termine  par  quelques  considerations  sur  les  genres  opercules 
et  inopcrcules  de  difforentes  families ,  loujours  en  ce  qui  con- 
cerne  Icur  situation  geologique.  F.  de  Roissy. 


/l/44^iyn^^U.<,^ 


384  Zoologie. 

348.  Note  sur  des  coquilles  turriculees  que  I'oa  trouve  a 

r<5tat  fosslle   dans  des    conches  plus  anciennes  que   la  craie. 

Par  M.  Defrange. 

On  trouve  aux  Leges  pros  de  Lisieux,  departement  du  Calvados, 
n  Bailly  prcs  d'Auxerre  et  aux  environs  de  Nevers ,  dans  des 
couches  plus  anciennes  que  la  craie,  des  coquilles  turriculees  qui 
6ont  tres-singuliercs  par  les  plis  ou  cordons  qui  se  trouvent  taut 
sur  la  columelle  que  dans  I'lnterieur  des  tours  et  qui  donnaient 
sans  doute  au  corps  de  I'animal  une  forme  rubanee  et  comme 
gaufree  longitudinalement. 

Quelques-unes  de  ces  coquilles  ont  deuxpouces  ct  demi  a  trois 
pouces  de  longueur.  Le  tet  est  epais;  la  columelle  est  fort  grosse  et 
ombiliquee;  sur  cette  derniere  il  existe  deux  (quelquefois  trois) 
plis  en  forme  de  gouttieres.  Un  autre  pli,  ou  plutot  un  cordon, 
se  place  dans  la  partie  interieure  de  la  coquille  opposee  a  la 
columelle,  et  repond  a  I'intervalle  qui  se  trouve  entre  les  deux  plis 
de  la  columelle,  en  sorte  que  le  corps  du  mollusquea  du  avoir  peu 
d'epaisseur,  en  menic  temps  qu'il|Ctait  cordonne  longitudinale- 
ment. L'ouverture  de  ces  coquilles  n'est  pas  encore  bien  connue ; 
mais  il  parait  qu'elle  est  ferminee  a  la  base  par  un  canal  et 
qu'elle  a  des  lapports  avec  celle  des  cerites. 

Celles  de  ces  coquilles  qu'on  trouve  aux  environs  de  Nevers 
ont  conserve  leur  tet,  qui  est  unl  exterieurement ;  elles  se  trouvent 
accompagnees  d'oolithes  de  differentes  formes  el  grosseurs,  et  de 
debris  uses  d'autres  coquilles. 

Celles  des  carrieres  de  Bailly  se  trouvent  dans  une  sorte  de 
marbre  jaunatre;  des  morceaux  de  ce  marbre  qui  ont  cle  polls 
presentent  beaucoup  d'oolithes,  des  polypiers  et  des  coupes  en 
differens  sens  de  ces  coquilles,  ou  plutot  d'une  substance  calcaire 
et  diaphane  qui  les  a  remplacees  apres  leur  disparilion.  Le  vide 
de  rombilic  et  celui  de  la  spire  ont  ete  remplis  par  de  Ires-petites 
oolithes  que  la  transparence  de  ce  qui  remplace  la  coquille  per- 
metd'apercevoir;  et  celles  deces  coquilles  qui  se  trouvent  coupees 
longitudinalement  presentent  de  cliaque  cote  de  la  columelle  la 
coupe  transverse  de  la  substance  qui  remplit  le  vide  autrefois 
occupe  par  le  corps  de  I'animal ,  et  cette  coupe  ressemble  en 
quelque  sorte  a  des  caracteres  de  I'ccriture  chinoise. 

A  I'cgard  de  celles  qu'on  trouve  aux  Logcs,  et  qui  paraissent 
ronstituer  une  cspece  dilferente  de  cellos  des  environs  de  Nevers, 
elles  ne  soul  signalees  dans  celle  localite  que  pur  leur  luoule  ex- 


Zoologie.  285 

tericur  et  par  la  patemoulee  et  petrifiee  dans  le  vide  qu'habitai  t 
ranimal  qui  les  avait  formees,  attendu  que  la  coquille  a  disparu 
totalement  apres  la  petrification  de  ce  qu'clle  contenait  ct  de  ce 
qui  I'entouroit,  et  que  rien  nel'a  reraplacee.  Le  moule  indique  que 
CCS  coquilles  poitaient  une  rangee  de  forts  tubercules  au  haut  de 
chaque  tour  et  qu'au-dessous  il  se  trouvait  un  enfoncement  qui 
suivait  les  tours  de  la  spire.  Les  moulesinterieurs  sont  quelqnefois 
parfaitement  conserves  et  libres  ,  et  representent  la  forme  singu- 
liere  du  corps  de  I'anlmal.  Ces  coquilles  etaient  tellement  abon- 
dantcs  en  cet  endroltqu'a  elles  seules  elles  constituent  la  presque 
totalite  de  la  pierre  du  coteau  gauche  de  la  vallee  de  la  Touque 
pres  de  Lisieux.  On  remarque  sculement  avec  elles  des  monies  ex- 
terieurs  de  coquilles  bivalves  qu'on  pourrait  rapporter  a  des 
terebratules. 

L'etude  des  fossiles  ne  permet  pas  loujours,  comme  celle  des 
objets  a  I'etat  vivant,  de  rassembler  tous  les  caracteres  qui  peuvent 
appartenir  a  un  genre.  Ces  deux  especes  de  coquilles  en  sont  un 
exemple.  Cependant  on  voit  par  les  tres-singuliers  plisdeleurco- 
lumelle  et  de  leur  interieur  qu'elles  different  de  toutes  les  cerilcs 
connues,et  que  les  couches  dans  lesquelles  on  les  trouve  sont 
d'une  cpoque  plus  ancienne  que  celles  dans  lesquelles  on  a  le 
plus  ordinairement  rencontre  ces  dernieres. 

Le  genre  des  Cerites  etant  deja  trop  embarrassant  par  le  nombre 
et  par  les  formes  differentes  des  especes  qu'il  renferme,  puisque 
M.  Defrance  en  possede  pres  de  deux  cents  a  I'etat  fossile  ,  et 
qu'il  en  decouvre  tous  les  jours  de  nouvelles,  ce  naturalisfe  pro- 
pose d'etablir  pour  ces  deux  especes,  sous  le  nom  de  Ncrine, nn 
genre  voisin  des  cerites  et  dans  lequel  on  devra  faire  entrer 
probablement  des  coquilles  de  plusieurs  especes  tres-remarqua- 
bles  qui  ont  ete  trouvees  par  3L  Deshayes  a  Saint-Mihiel ,  de- 
partement  de  laMeuse,  dans  des  couches  qui  paraissent  tres- 
anciennes.  II  en  sera  probablement  encore  de  m^me  de  coquilles 
turriculees  et  portant  plusieurs  plis  interieurement,  qu'on  trouve 
pres  de  Neustad  et  dont  on  volt  des  figures  dans  I'ouvrage  de 
Knorr  sur  les  petrifications,  pi.  56. 

349.      AnIMAMUM      MARITIMORUM     NONDUM      EniTORUM       GENERA 

DUO  Descripsit  D"".  A.  G.  Otto.  {Nov.  Act.  Acad.  Cces.  Leap. 
Car.  Nat.  cur.,  To.  X,  a",  part.,  p.  617.) 

II  s'agit  de  deux  annclides  irouves  a    Naples ,  dont  M.   lo 


-86  Zoologie. 

D^  Olto  crolt  devoir  former  deux  nouvcauK  genres.  Lc  premier, 
arme  de  soies  nides  sous  le  thorax ,  constitue  lo  genre  Sternas- 
pis  et  porte  le  nom  de  St.  thalassemoides  :  il  est  figure  ainsl 
que  son  anatomle  dans  la  pi.  5o.  Sa  description  iuterieure  ct 
exterieure  est  tres-detaillee. 

Le  second  forme  le  nouvcau  genre  Siphonostoma  qui  fait 
partie  des  abranches  sctigeres  de  M.  Cuvier.  Ce  genre  est  re- 
prcsente,  avec  son  anatomic,  dans  la  planche  5i,  d'une  ma- 
niere  fort  ingenieuse,  en  ce  que  le  fond  elant  enllerement  noir, 
toutes  les  parties  colorees  de  I'animal  ressortent  avec  cclut.  La 
description  est  egalcment  faite  avec  beaucoup  de  soin.    Q.  v. 

35o.  SuR  LEs  VERS  DETtKRE.  M.  Leo,de  Berlin,  vient  de  con- 
firmer  la  remarque  de  Swammerdam,  relative  aux  vers  de 
terre,  qu'ils  multiplient  par  le  moyen  de  leurs  oeufs ,  que  I'on 
trouve  au  printemps  et  qui  permettent  non-seulement  de  voir 
I'embryon  qui  y  est  renferme,  mais  meme  la  circulation  de  son 
sang.  Ces  observations  ont  egaiement  Lie  confirmees  parM.Ru- 
dolphi.  D'apres  lui,  ce  que  quelques  naturallstes  ont  trouve  dans 
le  corps  de  ces  vers  et  qu'ils  ont  considere  comme  rembryon  , 
est  simplement  un  animal  intestinal  qu'il  a  vu  non-seulement 
dans  les  vers  eux-memes,  mais  aussi  dans  leurs  ceufs.  (  Lond. 
Mag.,  nov.  iSaS,  p.  556.) 

35l.  LuaiBRlCUSLZPTOZONIUS,  NOUVELLE  ESPECE  DE  VER  DE  TERRE 

DE  L\  Suisse,  decrite  par  Jean-Jacob  Hagenbach,  membra 

de   la  Soc.  helv.  [Naturvi'iss.  Anzcig.  dcr  allg.  Schw. ,    1823, 

n".  II,  p.  84.) 

L'auteur  distingue  cette  nouvelle  espece  de  lombricus  du  L. 
terrestris  ordinaire  par  Ics  caracteres  suivans.  EUe  n'a  point 
de  bat,  son  corps  est  moins  renfle  anterieurement ,  sa  queue  non 
deprimee  est  terminee  en  pointe  de  maniere  a  etre  pcu  dislincte 
de  la  tele  ;  les  segmens  sont  plus  courts,  etc.  II  caracterise  ainsi 

cette  espece : 

Lumbricus  subteres,  carncus    zonis    subcEquaUhm ,    obscun- 

rubris,  quatuor  sericbus  gerninatis  aculeorum  abdnminaliiun  ; 

clitcllo  omninb  destitutu'!.  S.  s. 

352.  Materiaux  pour  servir  a  l'histoire  uesOragonneaux 
(6'o;r/«i) ,  AVEC  la  description  d'une  espece  duver  de  terre 
(  Lumbricus gnrdioides),  qui  a  etc  jusqu'a  ]>resent  confondue 
avec  ces  premiers.  Lu  a  la  Societo  des  Sciences  nalurcUes  de 


Zoologie.  287 

la  Suisse,  le  26  juin  1819,  par  G,  L.  Hartmantc.  [Nene  Al- 
pina ,  i*"^.  vol.,  p.  3i.) 

L'auteur  fait  lemarquer  que  Ton  a  gencralemcnt  confondu  les 
Gordius  (de  la  classe  des  Annelides),  avec  d'autres  vers,  tels 
que  les  Luinb/icits ,\es  Filaria  ,  les  Ascniis  ,  et  c'est  de  la  qii'on 
a  pretendu  qu'ils  pouvaient  devenir  dangereux  en  s'introdui- 
saiit  dans  le  corps  des  horames  et  des  animaux  ,  tandis  que  les 
Gordius  ne  sauraient  vivre  dans  I'interieur  d'un  animal. 

II  caracterise  le  Gordius  :  corps  cylindrique  etjiliforine,  a  peau 
tres-dure ,  a  segnicns  cisibles  quand  le  corps  est  desseche. 

On  en  trouve  de  blancs,  de  gris,  de  toutes  les  nuances ,  d'au- 
tres encore  sont  blancs  en  dcssous;  les  uns  out  la  queue  four- 
cliue  ,  el  il  pcnse  que  c'est  une  distinction  de  sexe.  Le  plus  long 
qu'il  ait  vu  avail  Z%  pouces  de  long  ,  et  etait  gros  comine  un  fil.  li 
pense  que  leur  nourriture  ne  consiste  que  dans  des  particules 
tei'reuses  suspendues  dans  I'eau.  lis  se  trouvent  generalement 
dans  les  eaux  de  source. 

L'auteur  decrit  un  Lombric  ( Lumb.  gordioides  ) ,  qu'on  a 
jusqu'a  present  confondu  avec  les  Gordius,  vivant  comme  eux 
dans  les  eaux  de  source.  II  en  a  vu  de  12  pouces  de  long 
sur  '-  de  ligne  de  grosseur.  Ses  scgmens  ne  sont  vislbles  qua  la 
loupe.  II  ne  porte  point  de  bat;  sa  queue  est  aplatie  ;  les  soies 
de  la  face  inferieure  de  son  corps  sont  visibles  a  la  loupe;  sa 
couleur  est  rouieitre.  II  ne  s'enfonce point  dans  la  vase,  et  peril 
quand  on    le  tient  a   deux  pieds   de  profondeur    sous    I'cau. 

S.  s. 
353.  Materiaux-pour  sf.rvir  a  l'anatomie  des  insectf.s  ,  par 

le  D"^.    Gaede  ,  avec  une   planche.   [No^-a   Act.   Acad.    Cccs. 

Nat.  cur.,  To. XI,  2*^.  part.  ,  p.  323.) 

Traclii'cs  et  nerfs  de  la  lan'e  de  I'HjdrnpJiilus  piceus.  Le  sys- 
teme  tracbeen  de  la  larve  differe  considerablcment  de  celui  de 
I'insecte  parfait,  surtout  par  ses  ouverlurcs  de  communication 
avec  I'air  exterieur  :  elle  respire  par  I'anus  au  lieu  dc  respirer 
par  des  sligmates  lateiMux.  II  existe  de  cliaque  cote  du  corjjs  une 
grosse  trachee  longitudinale ,  qui  regne  depuis  la  tete  jusqu'au 
cloaque  dans  lequel  elle  s'ouvre.  Ces  deux  vaisseaux  ,  qui  sont 
tres-gros  dans  le  milieu  de  leur  longueur,  et  fortement  retrecis 
vers  leurs  extremites ,  produisent  danschaque  segment  plusieurs 
troncs  traclioens,  qui  vont  se  rcpandre  dans  tout  le  corps,  et 
dont  plusieurs  s'anastonioscnt  avec  ceux  du  cote  oppose. 


:?8S  Zoologi'e. 

Outre  le  cerveau,  qui  est  place  dans  la  tete  ,  au-dcssus  de 
I'cesophage  ,  la  moelle  epiniere  est  encore  composee  de  1 1  gan- 
glions inferieurs ,  dont  les  3  premiers  sent  plus  gros  que  les 
autres  ,  et  reunis  par  deux  cordons,  tandis  que  les  8  ganglions 
posterieurs  sont  lies  par  un  cordon  simple;  mais  les  deux  troncs 
sont  probableinent  confondus. 

Bupreslis  inariana.  Les  tracliees  de  cette  espece  d'insecte, 
forment ,  comrae  chez  les  Laraellicornes  ,  une  foule  de  petitcs 
vesicules.  —  Le  canal  alimentaire  ,  en  arrivant  dans  rabdomcn  , 
se  replie  de  iiouveau  en  avant  jusqu'a  la  lete,  d'ou  il  revient  en 
arriere  pour  se  terminer  a  I'anus  ,  sans  faire  d'autres  circonvo- 
lutions.  L'oesopliage  est  couvert  de  fibres  musculaires  longitu- 
dinales.  Pres  de  son  extremite  posterieure,  s'insei-ent  deux 
paires  de  valsseaux  (biliaires) ,  garnis  lateralement  d'un  grand 
nombre  d'appendices  tres- courts.  — ■  Les  organes  genltaux  da 
male  sont  formes  :  i".  de  deux  grosses  vesicules  replices  en  S  , 
qui  s'inserent  immediatement  sur  I'extremite  du  canal  deferent. 
A  leur  base  se  trouvent  deux  petites  glandes  arrondics,  que  I'au- 
teur  compare  aux  glandes  de  Cowper ;  a",  de  deux  vaisseaux  fu- 
siformes  ,  qui  s'ouvrent  un  peu  plus  bas  dans  le  canal  commuii, 
et  qu'il  nomme  les  vesicules  serainales  ;  3°.  de  deux  vaisseaux 
greles  et  fort  allonges,  qui  s'ouvrent  au  meme  point ;  et  enfin  , 
4°.  de  deux  gros  lesticules ,  composes  d'une  infinite  de  petits 
vaisseaux  replies,  et  reconverts  d'une  membrane  commune.  Ces 
dcrnicrs  organes  s'ouvrent  par  un  canal  exterieur  dans  le  def('- 
rent,  pres  de  la  verge.  —  La  mocile  epiniere  est  composee  de 
8  ganglions,  non  compris  le  cerveau  ,  et  dont  les  5  premiers 
sont  places  dans  le  thorax  ,  et  les  3  autres  dans  I'abdomen. 

My  gale  aviculnris.  Des  8  stigmates  dorsaux  I'autetu'  n'en 
a  pu  aperccvoir  que  6.  —  L'interieur  du  coeur  presente  plu- 
sieurs  valvules  qui  s'appliquent  sur  les  orifices  des  vaisseaux , 
pour  empecher  le  retour  du  sang.  —  II  a  trouve  quatre  bran- 
chies  chez  cette  espece  ,  quoique  M.  Treviranus  n'en  ait  vu  que 
deux  chez  les  petites  araignees.  —  Les  vaisseaux  branehlaux  ve- 
nant  du  coeur  se  subdivisent  sur  une  membrane  tros-mince, 
quiformela  paroi  posterieure  de  la  cavile  pulmonaire,  oil  se  fail 
la  dtisoxigonation  du  sang.  —  Les  organes  genitaux  de  la  fe- 
nielle  sont  com])oses  d'un  canal  fort  large  ,  elendu  de[)uis  I'a- 
nus jusqu'a  la  base  de  I'abdomen  ,  oii  11  se  divisc  en  deux  bran- 
ches ,  qui  vont  s'ouvrlr  dans  la  vulve.  L'auleur  ajoute  qu'il  est 


Zoologie.  23  Q 

fori  remarquable  que  les  teufs  ne  sont  poinl  contenus  dans  ce 

canal,  mais  places  au  dessus  ,  et  disposes  en  quatro  ran"ccs. ■ 

Enenlevant  la  calotte  exterieure  des  yeux,  on  trouve  en  dedans 
un  corps  rond,  blanc  et  fibreux ,  d'unc  conslstance  Ircs-molle  , 
que  I'auteur  rej;;arde  comnie  le  cristallln.  Ce  corps  est  enloure 
d'un  anneau  noir  et  filamenteux,  qui  semble  remplacer  I'iris. 

La  planche  est  ornee  de  quatre  figures  representant  le  canal 
alimentaire  des  Biipreslis  Mariana^  les  organes  males  du  menie 
insecte,  le  coeur  de  la  Mygale  aviculaire,  et  les  ovaires  de  cette 
derniere  espece  d'araignee.  S.  s. 

354.  RrMARQUES  PHYSIOLOGIQUES    StJR    LES   PRETENDUS  VAISSEAUX 

BiLiAiREs  DES  iNSECTEs;  par  le  D"^.  Gaede.  (  Nova  art,  Acad. 
Cces.  Leop.  Nat.  cur.  To.  X  ,  part.  II ,  p.  325.) 

Tous  ceux  qui  ont  disseque  des  insectes  connaissentces  vals- 
seaux  fillformes  et  flottans,  ordinairement  blancs  ou  jaunatres, 
qui  s'inserent  sur  le  canal  alimentaire  de  ces  animaux ,  et  dont 
le  nombre,  la  longueur,  et  les  points  d'insertion  varient  beau- 
coup  suivant  les  especes.  Quoique  ces  vaisseaux  solent  bien  ap- 
parcns,  leur  fonction  n'est  point  encore  connue  d'une  maniere 
positive.  Les  uns  les  ont  norames  vaisseaux  variqueux;  d'autres 
intestins  gieles ;  et  aujourd'bui  on  les  regarde  assez  generale- 
ment  comme  secretant  une  liqueur  digestive  analogue  a  la  bile , 
ce  qui  leur  a  fait  donner  par  !a  plupart  des  zootomistes,  le  nom 
de  vaisseaux  hepaliques. 

Dans  le  menioire  dont  nous  donnons  ici  un  extrait,  M.  Gaede 
cherclie  a  prouver  que  ce  sont  au  conlraire  des  organes  absor- 
bans  du  cbyle,el  il  se  fonde  sur  rexperience  suivante.  II  a  fait 
avaler  a  des  chenilles  des  liquldes  colores  avec  du  cinabre,  ct 
ayant  ouvert  ces  animaux  24  beures  apres,  il  trouva  ces  vais- 
seaux teints  en  rouge,  pres  de  I'intestin:  ce  qui  lui  prouva  que  le 
mouvement  des  liquides  qu'ilscontiennent,  se  fait  du  point  d'in- 
sertion dans  rexlrcraite,  et  qu'iis  ne  sauraient  etre  jiar  conse- 
quent des  organes  analogues  au  foie  des  vertebrcs. 

Le  redactcur  du  Nova  act.  Acad,  joint  a  ce  mcmoire  les  ob- 
servations de  M.  Rengger  qui  tcndent  a  prouver  que  ce  sont 
plulot  des  analogues  des  reins.  M.  llengger  fait  observer:  i°.  que 
chez  les  nymphes  qui  sont  sur  le  point  de  passer  a  I'otat  parl';iit, 
ces  vaisseaux  sont  remplis  de  liqui.le  ,  quoiqu'ii  nc  se  forme 
point  aiors  de  cliylc  cl:ez  re-;  ruiinuuix;  '/".  qu'en  nirlant  de  I'al- 
U.    ToMF.    I.  1,, 


ago  Zoologie. 

coliol ,  ou  un  acide  etcndu  d'cnu ,  au  chyme  qui  se  trouve  en 
avant  de  I'insertion  de  ces  vaisseaux,  ou  bien  en  faisant  chauf- 
fer ce  chyme  ,  le  chyle  s'en  separe  aussitot  en  flocons  blancs 
conime  chez  les  verlebres ,  tandis  que  le  chyme  de  I'estomac  et 
de  I'intestin  n'en  donne  plus ;  3".  qu'ils  absorbent  I'cau  qu'on 
injecte  dans  le  canal  alimentaire  (ce  qui  semble  venir  a  I'appui 
de  I'opinion  de  M.  Gaede);  et  l\".  que  la  substance  dont  ces 
vaisseaux  sont  remplis  se  retrouve  dans  les  excrcmens  ,  tandis 
qu'on  n'en  apercoit  aucune  trace  dans  le  chyle.  S.  s. 

355.  SvMBOLA  FAUN*  iNSECTORUM  Helveti.e  cxhibeutia  vol 
species  novas  vel  nondum  depictas;  auct.  J.  J.  H agenbach.  Fasc. 
I,  avec  i5  pi.  col. d'apres nature.  Bale;  1822;  J.  G.Neukirch. 

D'apres  I'annonce  que  Ton  fait  de  la  premiere  livraison  de  cet 
ouvrage,  il  parait  qu'il  ne  laisse  rien  a  desirer;  et  quoique  les 
planches  soient  gravces  en  bois  (selon  le  nouvcau  precede  de 
M.  David  Labrom),  dies  pcuvent  etre  mises  en  parallele  avec 
les  nieilleures  gravures  en  cuivre.  Chaque  planche  contient  deux 
fii^ures,  et  en  tout  24  especes  de  differens  ordrcs.  S.  s. 

356.  CoRRESPONDANCE     ENTOMOLOCIQUE   ;    par     M.      KoECHLIN. 

Miilhausen ;  i823  ;  chez  Jean  Rissler  et  conip. 

C'est  une  premiere  lettre  de  I'auteur  sur  I'entomologie ,  et 
dans  laquelle  il  eherche  a  prouver  que  le  Lucanus  Cervus,  Fab. 
de  la  classe  des  insectes;  le  L.  Capreolus,  Fab.;  le  L.  Capra, 
Oliv.;  le  L.  JJircus,  Herbst;  ne  sont  que  de  simples  varietcs 
d'une  mcme  espcce. 

357.  COLEOPTERORUM  SPECIES  NOV.E  AUT  MINUS  COCNIT-E  DESCRIP- 

TioNinus  ILLUSTRATE ,  par  M.  Germar  ;  i  vol.  in-8".  de  G24  p. 

Hallo;  182.',. 

Cet  ouvrage  ecriten  latin  contient  les  descriptions  de  891  es- 
peces de  Coleopteres,rangces d'apres  lamethode  deM.  Latreille, 
queM.  Gcrmarcroit  nouvellesoupcuconnues,  quoique  cepeadant 
un  assez  grand  iiombre  d'entre  elles  soient  dejadecrites,  ou  du 
moins  indi(]uees  dans  differens  ouvrages.  M.  Germar  a  fait  une 
elude  parliculierc  de  la  famille  des  Curculionites:  il  decrit  3i8  es- 
])cces,  et  il  donne  les  caracteres  de  4i  genres  de  celtc  famille, 
quo  nous  allons  cssayer  de  faire  connaitre.  i.Mugf/ali.s:  lUiinodes, 
Scli(enhcrr;Dejcan,  catalogue.  2.  Buns.  3.  Cholus :  genre  forme 


Zoolo^ie.  291 

de  rArdmriiis  Scolopax,,  Dejeaii,  catalogue  jclde  deux  autros  es- 
peces.  !\.  Ccutorhynchus,  Schuppcl :  comprenant  Ics  genres  Falci- 
ger  et  Campyliiliynchus  de  Megerle;  Dejcan,  catalogue;  et 
plusieurs  espcces  du  Bresil,  que  M.  Dejeau  a  placees  dans  le 
genre  Baris.  5.  Mo?ionYchus,Sc\i\i]i^e\:  genre  forme  du  Falciger 
pseudacori  et  d'une  nouvelle  espece  qu'il  decrit.  6.  Orohitis  :  il 
joint  a  ce  genre  le  Baris  rubetra,  et  plusieurs  autres  especes 
que  M.  Dejean  a  pbtcees  dans  le  genre  Baris.  7.  Poecilma: 
forme  du  genre  Eccoptus,  Dejean,  catalogue,  et  de  plusieurs  es- 
peces, que  M.  Dejean  a  placees  dans  lesCryptorhynchus.  8.  Ame- 
ris.  9.  Sihinia.  10.  Orthochaetes,  Mailer:  genre  qui  se  rapporte,  je 
crois,  au  Coraasinus,  Megerle;  Dejean,  catalogue  ;  et  forme  sur 
uneseule  espece  trouvee  en  Baviere.  11.  Bradyhatas  ,  Porrothus 
Megerle:  forme  du  Pihinudes  Creutzeri ;  Dejean,  catalogue.  12. 
Lipanis ,  Olivier.  \Z.  Dionjchns:  forme,  je  crois,  de  plusieurs  es- 
peces du  genre  Archarias.  Dejean,  catalogue.  14.  Pissodes. 
1 5.  Tiachodes,  ScUuppel :  genre  forme  sur  une  seule  espece  venant 
des  lies  Aleutiennes.  16.  Plinthus.  Meleus,  Megerle.  Dejean, 
catalogue.  17.  Bronchus.  18.  Hyphantus  :  genre  forme  de  deux 
especes,  I'une  duCap  de  Boiine-Esperance  etl'autre  duBresil.  in, 
Pachjrhynchus ,  Dysonchus ,  Schoenherr ;  Sphserogaster,  Dejean, 
catalogue.  20.  Barynotus.  Forme  des  genres  Merionus  et  Brius, 
Megerle;  Dejean,  catalogue.  21,  Liophloeus :  Gastrodus,  Megerle; 
Dejean  ,  catalogue.  22.  Otiorhyiichus  :  T.oborhynchus  Megerle, 
Pachygaster,Gerraar; Dejean,  catalogue. (Le  nom  de  Pachygaster 
donne  d'abord  a  ce  genre,  par  M.  Germar,  a  cte  change  comnie 
ayant  etc  deja  employe  pour  un  genre  de  dipteres.)  M.  Germar 
rcunit  a  cc  genre,  un  des  plus  nombreux  en  especes  de  cette  fa- 
millc,les  genres Simo  et  Panaphilis. Megerle;  Dejean,  catalogue. 
23.  Hypsonotus :  geare  forme  de  plusieurs  especes  exotiques  des 
genres :  Mencetius ,  Schoenlierr;  Merionus ,  Megerle ;  et  Gastrodus, 
Megerle.  Dejean,  catalogue.  24.  Remhiis  :  genre  forme  sur  une 
seule  espece  du  Bresil.  (Le  nom  deRembusest  deja  employe  par 
M.  Latreille,  pour  un  genre  de  lafamllle  des  carabiques.)  o.'S.Lari- 
??«.v, Schuppcl ;  Rhinobatus, Megerle.  Dejean,  catalogue.  2(5.  Li.vu.s-, 
auqueliljointlegenrcCIeonis,  Megerle.  Dejean, catalogue.  T.-j.Hci- 
lipus:  nouveau  genre  auquel  appartient  le  Pissodes  rufitarsis,  Do- 
jean,  catalogue.  28.  TrachyphUeus.  iij.  Prntelirc  Omias,  Germar. 
Dejean,  catalogue. !io.  'J'/ijlaciiew  3i.  Hi'/pi.s-Ucu.f :  genrcvoisindu 
precedent  et  forme  sur  uneseule  espece  de  Teneriffe.  82.  Sitona. 


2()2  Zoologl'p. 

IS.  Lcptocerns,  Schoenherr;  Naupactiis,  Megerle.  Dpjean,  calnlo- 
gup.3/i.  Cyp?tiis,  Schoenherr:  forme  deplusicurs  especcsdu  ijorire 
CliloriiD.TiGerniar;  Drjcaii;,  catalogue;  telles  c]iicgiljbera,Tiivea,elc. 
duThylacitesjiivencus,Dejean,  catalogue,  et  dc  qnciquos  autres  es- 
peces  de  ce  genre.  35.  7?/i/^K.f,  Dalinann  :  forme  de  plusieurs  espe- 
ces  du  genre  Cldorinia,  telles  que  draco,  arrogans,  Dejcan,  catalo- 
gue. 36.  Chlorophnnus,  Dalniann  :  forme  des  espcces  europeen- 
nes  du  genre  Chlorinia,  telles  que  viridis,  fallax,  etc.  37.  Eustalis. 
Forme  deqiielques  petlfes  especes  du  Bresil  du  genre  Chlorima, 
telle  que  lineata,  Dejean,  catalogue.  38.  Phjllobius,  SchcenhcTV : 
demenibrement  du  genre  Polydrusus  contenant  les  pyri ,  argen- 
tatus,  parvulus,  etc.  39.  PoIjclrusus.M.  Cermar  a  laisse  dans  ce 
genre  les  niicans,  atomarius,  srriceus,picus,undatus,  etc.  40.  TJ/c- 
tallites  ,Schcer[\\eTT :  forme  du  Polydrusus  CTij)reo-3eneus,  Dejean, 
catalogue,  et  de  quelques autres  especes.  l^l.  Eusomus :  Eusoma- 
tus  ,  Gcrniar.  Dejean,  catalogue. 

M.  Germar  donne  en  outre  les  caracteres  de  cinq  nouveaux 
genres  appartenant  a  differentes  families,  savoir,  1.  Lcpiotki- 
ruK :  genre  de  la  famille  des  brachelytres ,  que  M.  Dalmann  a  aui-si 
etabli  dans  ses  Analecta  entoinologUa ,  sous  le  nom  de  Ziropho- 
rus.  2.  Ceutocerus :  genre  voisin  des  Hister,  etabli  par  M.  Sthup- 
pel,  snr  une  tres-pefile  espece  fronvee  vivante  dans  du  riz.  3.  Lon- 
cAo/?Aor«/J^.Demembrcmentdu  genre  Copris,  contenant  les  lancifer, 
inimas,  carnifex,  etc.,  etabli  depuis  long-temps ,  par  M.  Mac- 
Leay  fils,  dans  le  i^''.  volume  de  ses  Hor<^  entomologiccv ,  sous 
lenomde  Phanaeus.  4- ■^'"o/oi^w;  genre  voisin  des  Scaurus  ct  des 
Sepidium,  et  forme  d'especes  qui  se  trouvent  a  Buenos- Ayres  et 
dans  les  parties  meridionales  du  Bresil.  5.  Rhinotragus  :  genre 
voisin  desCallidium  et  forme  d'une  seule  espece  du  Bresil.   D*. 

358.  EUCNEMIS  INSECTORUM  GENUS   MONOCRAl>HICE  tractatum   ico- 

nibnsque  illustratum  ;  par  ]\I.  le  baron  df  Mannkrhiim.  Bro- 
chure in-8°.  dc  36  p.  en  latin,  av.  2  pi.;  St.-Pelcrsbourg;  1823. 

M.  le  baron  de  Mannerheim ,  Finlandais,  employe  au  ministere 
de  I'inlerieur  a  St.-Petersbourg,  a  doune,  sous  ce  titrc,  unc  Irts- 
bonue  monograpliie  desEucnemis,  g<^nre  de  la  famille  desElatcr 
forme  lar  Ahrens  dans  le  A'cue  ■S(:/i/i/(cri  der  naturjorsclicndcn 
Gesellschajl  zur  Halle  ;  1 8 1 1 . 

II  en  decrit  11  especes  doni  il  donne  les  figures,  savoir  :  r.  E. 
Gigiis,  nouveiKcs])ece  du  Cap  <Ac  Boune-Esperante;  2.  E.  cruvn- 


Zoologie.  2g^ 

tatti.f,  Elater  ci'uentatus,  Gyllenhal,  de  Suede;  3.  E.  aim' ,  Elater 
aini,  I'abriciiis ;  t'spece  de  Suede  qui  a  etc  trouvee  aux  environs 
de  Lyon  par  M.  Foudras  ;  4.  E.  sericatiis ,  nouveile  espece  dn 
Bresil;  5.  E.  capwinus ,  Alirens;  deflexicollis  ,  Megeile.  Dejean, 
catalogue.  Espece  (juu  Ton  tiouve  ordinairemenl  en  Allemagne, 
et  Ires-rarement  aux  environs  de  Paris  ;  6.  E.  monilicornis ,  nou- 
veile espece  que  I'on  croit  de  I'Amerique  septentrionale  ;  7.  E. 
Sahlbergi,  nouveile  espece  de  Finlande  ,  dediee  a  M.  Sahlberg, 
profVsseur  a  runiversite  d'Abo ;  8.  E.  pjginwus ,  Elater  pygmaeus, 
Fabricius,  de  Suede ;  9.  E.  procemlus ,  espece  de  Suede,  que 
M.  Gyllenlial  a  decrit  comine  la  femelle  du  precedent ;  10.  E. 
Filuin,  Elater  Filum,  Fabricius,  d'Autriche;  et  \\.  E.  nigriceps  , 
nouveile  espece  de  la  Georgle  d'Asie.  D*. 

3 5g.  Car ACTEREs DEs cknresOtiocerus etAnotia, deux  nouveaux 

genres  d'insectes  hemipleres  appartenant  a  la  famille  des  cica- 

diadees.avecladescriplion  deplusieursespeces;  par  M. William 

KiRBY.(  Trans,  o/t/ie  Li/in.  Socert.,\om.~S.UI ,  p.  12,  et  p!.  1.) 

M.  Kirby,  coniiu  j)ar  un  grand  nombre  d'excellens  travaux 
entouiologiques ,  ayant  achete  a  la  vente  du  cabinet  fie  M.  Fran- 
cillnn  un  envoi  d'insectes  raraasses  en  Georgia  par  M.Abbot, 
trouva  parmi  eux  plusieurs  especes  assez.  semblables  a  des  fiilgo- 
rfs,el  ne  pouvanttoutefois  etre  rangees  parnii  aucun  des  genres 
etablis  par  M.Latreillcacause  d'un  grand  nombre  de  caracteres 
distiiicts  qu'elles  offraient.  II  jugea  qu'elles  pouvaient  former  deux 
nouveaUx  genres  dual  nous  exposerons  les  priucipaux  caracteres. 

I*^'.   Genre.  OxiociiRE,  Otioccrus  K'nhy. 

Antenna  suboculares,  elongatap,  sexarticulatje,  raultiannulata?, 
apice  setigcrae  ,  basi  appendiculatse  :  appendiculis  antenniformi- 
bus ,  elongatis,  tortuosis. 

OcuLi  renif'ormes. 

Ocelli  obsoleti  aut  nulli. 

Caput  compressum  subtriangulare ,  supra  ct  infra  bicarina- 
turn;  froute  subrostrata;  rostro  sajpiiis  subascendenti. 

M.  Kirby  docrithuit  especes  ,  loutes  originaires  de  la  Gcorgie  ; 
ii  les  nomme  O.  Degeeru ,  Stollu,  Abhotii,  Franrilloni,  Rcnu- 
inurii  ,  Sdiellenhergii  ,  IVolfd  ,  Coquebertii  ;  il  figure  cetle 
derniere. 

IP.  Genre.  Anotie,  Anotia  YJirhy. 

•  Antenn.e  suboculares,  biarticnlal.-tp  ;  ai  ticiilo  primo  brcvissi- 
mo ,  cxiimo  clongato  ,  paulo  infra  apicom  sctigcro. 


2g4  Zoologie. 

Or.i;ii  proinitiuli,  scmiliinali. 

Ocelli  obsoleti  aut  nnlli. 

Caput  compressuni ,  subtriangularc ,  supra  ct  infra  bioarina- 
lum  :  fronle  subrostrata;  rostro  recto. 

M.Rirbydecrit  uncseuleespeceapparfcnant  a  cegenre;  I'iiuli- 
vidu  sur  lequel  il  la  fonde  est  une  femclle  dont  Ics  orgarie?  copu- 
lateurs  extremes  ressemblent  a  ceux  des  otioceros ;  IVspccc  unique 
qu'il  possede  porte  Ic  noin  d'.^.  Boimvtii  ;  11  en  donnc  une  rx- 
cellente  figure. 

Les  otioccres  et  les  anoties  qui ,  a  cause  de  leurs  anicnncs  in- 
serees  immediatement  sous  les  yeux  ,  apparliennent  a  la  sous- 
i;uiiilledesFu]goreIlesdeM.I>atrellleouaugenlcFulgoredeLinn., 
dolvent  etre  places,  selon  M.  Iviiby,  dans  une  section  particuliere  a 
cause  de  r;ibsence  des  yeux  lisses.  V.  Aud. 

36o.  Du  LAMIA  AMPUTATOR  dc  Fabricius ;  par  Landshown  Guil- 
DiNG.  (  Trans,  of  I  he  Linn.  Soc. ,  vol.  i3,  i" .  pirt.,  p.  Go4.  } 

Celte  lamie  avait  tie  decrite  par  Fabricius  (  Entom.  sjst.  , 
■vol.  I.  ,  b.  pag.  276',  qui  I'avait  vue  dans  la  collection  de 
M.  Banks.  M.  Guilding  figure  I'insecte  parfait,  ct  fait  connaitre 
I'histoire  curieuse  de  ses  moeurs.  On  le  rencontre  dans  les  iles  de 
rAnierique  cquinoxinle  ,  principalemcnt  dans  File  St.-Vincent. 
II  produit  en  froltnnt  son  corselet  sur  la  base  de  fecusson  du 
inesothorax  un  bruit  qui  le  decele.  Cette  espece  est  surtoutre- 
marquable  par  la  singuliere  habitude  qu'elle  a  de  couper  tout 
autour  au  moyen  de  sesmandibules  les  TnmeAVL\d.e  Mimosa Leb- 
be/, ,  L. ,  apres  avoir  depose  ses  oeufs,  sous  I'ecorce.  La  branche , 
ainsi  taillee  ouplutot  sciee,  tombe  a  terre;  des  larves  se  dcveloj)- 
pent  dans  son  interleur  el  vivent  aux  depens  du  boisjusqu'a 
leur  inelainorphose  en  nymphes,  quiau  bout  de  quelques  mois  se 
cliangenten  inscctes  parfaits.  L'auteur  represenle  nn  de  ces  ra- 
mcaux  dans  lequel  on  voil  la  larve  et  la  nyinphe;  il  figure  aussi 
une  lamie  occupee  a  scier  une  branclie  de  mimosa.       V.  Aud. 

36r.  Description  sommairf,  h'uxk  TfoirvF.Li.r,  especf.  nu  G. 
EuLOPHUS  de  Gcoffroy  ;  par  M.  Kirhy.  (  Trans.  Linn.  Soc, 
vol.  14,  part.  I,  p.  III.) 

Dans  cette  courte  note,  M.  Kirby  nous  donnc  les  caractcres 
d'une  nouvellc  cspcce  de  cegenrcsi  extraordinaire  par  la  forme 
de  ses  anlennes,  du  G.Kuloplic,  foiulo  par  notrc  cclcbrc  com' 


'  Zoologie.  2(j5 

palriote  Geoffrey,  et  adopte  depiiis  par  plusieurs  entomologistos 
et  surtout  par  M.  Latreille.  M.  Kirby  apporte  unc  grande  at- 
tention a  distinguer  I'espece  qu'rl  decrit  de  celle  que  Geoffrey 
avail  donnee  sous  le  nom  6!Eulophe  a  antennes  pectiners.  Ce? 
details  ne  peuvent  se  developper  ici;  nous  nous  contenteron> 
de  donner  les  caracteres  de  sa  nouvelle  espece. 

Eulophe  Damicorne.  Eulophus  Damicornis.,Kirh.  Yentre  do- 
re  ,  abdomen  noiraire,  sa  base  portant  une  taclie  pale  trans- 
parente. 

Male.  Antennes  plus  courtes  que  le  corselet,  blanchatres,  do 
huit  articles;  le  i*^'.  tres-petit ,  conique;  le  a*",  plus  long'quc 
ceux  qui  sont  apres  lui,  gros,  jaune ;  le  3".  petit,  presque  co- 
nique; les  trois  suivans  fdiformes,  emettant  un  rameau  allonge, 
sans  articulation,  tres-velu;  le  7*^.  elliptique;  le  dernier  ovale  aigu. 
Femelle.  Antennes  simples;  "i  articles  intermediaires  oblongs; 
le  dernier  court;  point  de  tariere  visible  a  I'anus. 

Cette  espece  est  tres-voisine  des  Eulophes  ramicornc  et  pecti- 
nicorne;  elleen  differeprincipalement  par  la  taclie  de  la  base  de 
I'abdomen.  Elle  parait  vivre  danslalarve  du  Bovibyx  camelina. 

L.  vS.  F. 

362.  Memoire  pour  servir  a.  l'histoire  des  Simulies,  genre 
d'insectes  de  I'ordre  des  Dipteres,  fumille  des  Tipulaires ;  lu 
a  la  reunion  de  la  Societe  lielvetique  des  sciences  naturelles  a 
Bale,  le  aSjuillet  1821 ;  par  F.  J.  Verdat,  med.  a  Delemont, 
avec  une  plane.  (  Naturnnss.  Anzeig.  der  allg.  Schix'.  Gesell., 
1822  ,  n".  g,  p.  65.) 

Depuis  long-temps  on  avail  decrit  plusieurs  insectes  dipteres 
du  genre  Simulio,  connus  plus  particulierement  aux  Antilles  et 
a  la  Louisiane  sous  le  nom  de  Moustiques ,  et  de  mouches  de 
Kolumhates  en  Servie  et  au  Bannat;  et  dont  les  piqures  dou- 
loureuses  peuvent  causer  la  mort  par  I'innombrable  quanlite  de 
ces  inseclcs  dont  les  lioinmes  et  les  animaux  sont  (pieiqucfols 
assaillis. 

M.  Verdat  ayaiit  eu  I'occasion  d'observcr  une  espece  de  ce 
genre,  le  Simit/io  sericen,  Meigen ,  qu'il  regarde  commo  le  Cu- 
lex  re  plans  de  L.;  il  en  donne  une  description  tres-dt'taillee , 
et  non-sculemcnt  dc  Tinsccle  parfait,  mais  encore  de  la  larvc  ct 
de  la  nymi)lie;  ct  il  joint  a  son  memoirc  une  planclic  contcnant 
i\  fig.  nu  trait,  fort  bicn  executees. 


29'>  Zoolo^ie. 

I,a  iarve  liabite  Ics  ruisscaux  d'nno  eaii  limpide  ct  bicii  cou- 
raute,  des  environs  de  Delcmont,  ainsi  que  It-.s  valL-es  qui  bor- 
dent  le  Birs  jusqu'a  Iidle  en  Suisse;  et  ell«  ne  sauiait  vivre 
dans  une  eau  stagnanle  ou  meme  plus  ou  moiiis  tranquille. 

Elie  est  apode.  Sa  bouche  est  garnie  de  mandibules  ,  de 
inachoiies  ct  de  Icvres.  Elle  se  melamorpliose  dans  I'eau,  et  la 
nyniphe  habile  un  petit  fourre;;u  ouvert  en  avant,  tt  d'oii  elle 
peut  sortir  en  partie.  Elle  respire  par  des  panaches  qu'elle  porte 
Jateralenient  sur  le  thorax,  et  donl  les  premiers  rudinicns  pa- 
raissent  apres  sa  seconde  mue. 

Lauteur  pense  que  Ton  potirrait  parvenir  a  dlininuer  sensi- 
blernent  le  nombre  des  Simulies  ,  en  employant  des  inoyens 
diflerens  suivant  les  localites  ,  et  dont  plusieurs  sont  indi- 
ques  dans  I'ouvrage  du  D'".  Schoenbauer  ,  intitule  ,  Geschichte 
tier  sch'adlichrn  Koliimhatczer-Muchcn  in  Bannat ;  ou  Ton 
trouve  les  mesures  ordonnees  par  rimperatrice  JMarie-Therese  , 
pour  prevenir  la  Irop  grande  iiuiltiplication  dc  ces  insectes.  S.  s. 

363.  HisToiRE  NATURELLE  DU  Phassie  cornu,  et  Description 
d'uiie  nouvelle  espece  d'AscALAPHE;  par  M.  Lansdoun  Guil- 
i>iXG.  (  Trews.  Linn.  Soc,  vol.  i/,,  part,  i,  p.  137.) 

Ce  memoire  contient  la  description  d'un  Ph:isine  deja  connu 
de  rAmerique  equiiioxiale,  et  d'une  nouvelle  espece  d'Ascalaphe 
dc  I'ile  de  St.-Yinccnt.  Ces  especes  sont : 

1°.  Phasme  coRivu.  Phasnia  comutuin.  P«.oux  cendre;  ttHc 
cornue;  pieds  sans  cpines,  anguleux,  presque  cgaux.  Male;  fili- 
forme,  pieds  fascies  de  brun.  Femelle;  prcs  de  deux  fois  plus 
grande  que  le  mule,  n'ayanl  aucune  fascie   distincte  aux  cuisses. 

Le  male  a  ete  decrlt  i)ar  diflerens  auteurs,  et  entre  autres  jwr 
Eabrlcius,  sous  le  nom  de  Mante  ou  Phasme  fdiformo  ,  et  la  fe- 
melle sous  celui  dc  Phasme  cornu. 

Ce  Phasme  reste  tranquille  pendant  le  jour  sur  les  friches  oix 
on  le  cunfoiid  avec  de  pelitcs  branches  moMes,mais  il  mange 
avidement  les  feuilles  i)endant  la  nuit.  Sa  marche  est  vacillante. 
Dans  le  repos  il  appuie  ses  pates  anlericures  coiitre  sa  l^le,  de 
raaniere  qu'elles  dcfendcnt  ses  antcnnes  de  tout  accident.  On  le 
trouve  dans  I'ctat  parfait  pendant  toute  I'annee;  il  s'accouple  en 
mai  et  juin,  et  depose  environ  ax  ceufs,  du  mois  de  septembre  a 
«.elui  de  novembre.  Ces  oeiifs  iVIosent  au  bout  de  cent  jciuis.  S^ 


Zoologie.  297 

larvecroit  promptemeiit,  mals  uu  fait  reraaiciuable  dansriiislohe 

de  cet  insecteest  que  si  cette  larveperd  une  pate  ,  ellela  recouvit! 

au  prochain  changemenl  de  peau,  seulement  plus  petite  que  celle 

de  la  meme  paire  qui  lui  est  opposee. 

2".  AsCALAPHE   DE   Mac-llay.  Ascaloplius  Mac-lcajanus. 

Ailes  transparentes  a  reflets  irises  ,  sans  taches.  Yeux  et  corselet 

d'un  noir  culvreux  ,  dos  taohete,  ventre  cendre. 

A  propos  de  cette  espece,  I'auteur  reforme  le  caractere  du 
genre  Ascalaplie  ,  et  voici  comnie  11 1'enonce  : 

Tete  grande,  yeux  tres- grands,  proeminens,  composes  de 
deux  segmens  inegaux.  Point  de  petits  yeux  lisses.  Antennes  in- 
serees  entre  les  yeux ,  en  massue,  la  tete  de  celle-ci  tantot  com- 
primee  et  presque  triangulaire,  tantot  tronquee  subitement,  et 
tantot  arrondie,  oblongue.  Palpes  courts,  filiformes;  les  labiaux 
un  peu  plus  longs.  Corps  velu;  corselet  ovale;  abdomen  pres- 
que lincaire  ,  plus  long  que  le  corselet.  Picds  veins ,  courts;  tar- 
ses  de  cinq  articles.  Aid.  S. 

364.  Memoire  sur  une  larve  qui  devore  les  Helix  nemoralis ,  et 
sur  I'insecte  auquel  elle  donne  naissance ;  par  le  comte  Ignace 
MiELziNSKY.  [^Ann.  des  Sciences Natur.,  Janvier  1824  j  P>  ^7  > 
avec  fig.;  et  Bibl.  univ.,  oct.  i8'23,  p.  137.) 

L'animal  dont  il  s'agit  a  ete  trouve  en  Suisse  aux  environs  de 
Geneve,  pres  des  ruisseaux  desseches  situcs  au-dessous  deshaies. 
11  est  un  ennemi  redoutable  pour  \cs  Helix  nemoralii  :  il  s'intro- 
duit  dans  la  coquille  de  cetle  espece  et  la  fait  promptement  pe- 
rir.  A  I'elat  de  larve  cet  insecte  est  jaunaire  et  a  8  a  9  lignes  de 
long  sur  4  a  &  de  large;  la  tele,muniede  deux  mandibules  bifides 
(res-fortes,  porte  a  sa  partie  superieure  deux  antennes  brunes  com- 
posees  de  deux  articulations;  cliacune  de  ces  antennes  est  sup- 
porlee  en  outre  par  une  espece  de  proiongement  membraneux 
et  blancliatre.  A.  la  partie  inferieure  de  la  tete  ,  et  au-dessous  des 
mandibules  ,  sont  situes ,  sur  un  meme  plan  horizontal,  quatre 
jtalpes  ,  dont  les  deux  exlernes  sont  legerement  epatees  et  tou- 
jours  en  mouvement,  et  les  deux  internes  plus  minces  ct  moins 
/uobilcs.  Le  corps  de  la  larve  est  divise  en  douzc  articulations  ou 
anneaux,  dont  les  trois  anterieures  portent  six  pates  fortes  et 
bien  cunformees ;  ces  articulations  n'oiit  que  peu  de  poils  par- 
srmcs  cii  ct  la  sans  aucun  ordre.  Les  liuit  articulations  suivantes 
portent  inferieurcraent  chacuncdcux  fausscs  patvs,  et  iuperieu- 


298  Zoologie. 

roniont  doux  liouppcs  dc  poils  de  cliafjuc  colo.  Cos  polls  sonl 
places  sur  unc  espcce  dc  proloiigeincnt  dc  ropldcrmc,  en  par- 
tie  vide  en  dedans .  et  qui  fail  de  fortes  saillies  sui*  le  cote  dc 
cliaqiiearticiilalion.  Enfin  ,1a  douzieme  articulation  porte  I'anus 
et  deux  houpprs  de  poils  terminales  forinees  de  la  nieine  ma- 
niore,  inais  plus  grosses  que  foutes  Ics  aiMres.  L'anus  de  ccttc 
larve  est  rcniarqnable  par  la  presence  d'une  sorte  de  pied  qu'il 
contient  dans  son  iuterieur,  ct  qni  Ini  sert  de  point  d'appuilors- 
qu'il  fait  des  efforts  jioiir  pciu'trer  dans  la  coquillo.  Des  deu\ 
cotes  du  corps  de  la  larve,  entre  les  deux  rangees  de  houppes 
de  poils,  se  trouve  aussi  une  rangee  de  points  saillans  glandu- 
leux  et  noiralres.  M.  Mielzynsky  considere  ces  parties  coinmc  des 
organes  respiratoires. 

Quand  la  larve  a  acquis  son  entier  developpement ,  cc  qui  a 
lieu  npres  un  cliangcment  de  peau,  die  se  metamorphose  en 
nynipl't"?  t^t   a»  bout  de  trois  ou  qualrc  mois,  tm  commence- 
ment du  jirintcmjis ,  die  change  encore  de  peau,  et  parait  sous 
la  forme  d'iiisecle  parfait,  qui  offre  alors  les  caractercs  suivans  : 
le  corps  se  compose  de  douze  anneaux  donl  les  trois  premiers 
portent  chacun  une  paire  de  pates,  et  le  juemicr  des  trois  for- 
me le  corselet;  les  stigmatcs  de  I'inseete  sont  ires-distincts;  on 
en  compte  neuf  de  chaque  cote  du  corps,  et  ils  sont  portes  sur 
une  espece  de  dentdure  qui  borde  les  deux  cotes  de  I'abdomcn. 
La  tete  est  pourvue  d'anlennes  composees  de  sept  articles,  et 
portees  sur  une  espece  de  base  qui  fonnerait  le  huitienie  article; 
a  sa  partie  posterieure  et  l.iler.de  sont  deux  yeux   lisscs.  Ante- 
rieurement  et  dessous  les  anlennes,  se  trouve  la  bouche  armee 
de  deux  mandibules  bilides  tres-fortes;  au-dessous  des  mandi- 
bules  sontquaire  palpes  assez  membraneux  ;  les  deux   exlernes 
sont  jilus  longs  que  les  deux  internes.  31.  Mielzynsky  dccrit  une 
espece  unique,  dont  il  ne  connait  que  la  feuielle  ,  leCochleoctone 
Horace,  Cochleoctonus  vorax.  Le  corps  a  dix  a  ouze  lignes  de 
longueur  sur  trois  a  trois  ct  demic  de  largeur;  il  est  d'un  jaune 
orange;  les  anneaux  dont  il  est  compose  ct  qui  sc  recouvrent  les 
ims  les  autres  portent  superieurement  chacun  deux  taches  noi- 
res  de  forme  assez  irreguliire,  et  par  dessous  les  trois  premiers 
sont   munis    des   six  pates  de  Tinsecte;  les  suivans  ont  chacun 
unc  paire  de  fausscs  pales  ,  exceple  le  dernier  qui  porle  l'anus. 
Les  pales  de  eel  inserte  sont  forlos  el  Icrminies  par  deux  cro- 
chets as.cz  pu'ssaiis.  L'auleur  a  cu  occasion  dobscrvcr  la  ponlc 


Zoolo^ic.  299 

(Ir  ret  aiiini:i],  cM  birn  quescs  oeufs  n';ticrit  pu  ('■clorc,  ce  fait  ne 
n.iratt  devoir  iaisser  auciin  doule  siirson  ctat  pai'fait. 

BI.  Mielzinsky,  prPnaiit  en  corisidc'ration  I'apjjarpnco  cxli'rieu- 
rc,  Ic  manque  dun  sucoir  retractile  ct  Irs  deux  levres  mcmbrn- 
ucuses,  place  son  nouveau  genre  dans  la  tribu  des  Lanipyrides 
a  cote  decelui  desLampyres.  Ce  niemoire  inluressant  est  accom- 
])agne  de  ])lusieurs  aulros  details  que  nous  iic  pouvons  rcpro- 
duire,et  d'une  planclie  litliogra])liiec,  parfailement  executeepar 
M.Gu<5rin,  dessinateur  des  AnnaUs des  sciences  natureiles;  cetle 
phmche  represente  la  larve  de  grandeur  nalurelie,  la  memegrossie 
en  dessous  elen  dessus,  lanymp]ie,la  nymplie  en  metamorpliosc, 
rinsecte  parfait,  le  nieme  vu  en  dessous  et  en  dessus  et  grossi, 
enfin  des  details  d'antennes,  dc  maiidibulcs  et  de  pates.  V.  Aun. 
?)1)5.  NoTEsur  Ic  Memoire  de  M.  le  comte  Ignacc  Mielzinsky,  relaf  if 

a  une  larve  qui  devore  X Helix  nernoralis ii^ar  M.  Latreili.e, 

membrede  I'lnstitut.  (^««.  des  Sciences  Nat.,  i*"".  n^,  Janvier 

182/1  ,  P-  78-) 

Le  savant  entomologiste  franeais  examine  dans  cette  note  les 
differenscaracteres  assignes  par  M.  Mielzinsky  au  Coclileoctone 
voiace.  II  rcleve  une  erreur  ecliappee  sans  doute  involontalre- 
ment  a  I'auteur,  cclui-ci  ayant  donne  sept  articles  aux  antenncs 
de  rinsecte  parfait ,  tandis  que  la  figure  grossic  de  ces  organes 
en  presente  au  moins  dix.Tous  ces  caraclercs  d'ailleurs  portent 
M.  Lalreille  a  penser  que  le  genre  nouveau  dont  il  est  question, 
appartient  a  la  famille  des  Serricornes.  [Regne  anim.  de  Cuvier.) 
Le  penulticme  article  des  tarscs  desLampyres  etantbilobe  et  au- 
cun  de  ceux  des  Cocldeoctones  ne  presentant  pas  ce  caractere, 
M.  Latreille  pense  que  ccux-ci  s'ca  eloigneraient  sous  ce  rap- 
port et  avoisineraient  les  JWalacliies.  Quoi  qu'il  en  soit,  M.  La- 
tr-illeexborte  I'auteur  a  fairc  une  elude  plus  detaillee  des  parties 
dc  cet  animal;,  afiu  de  fonder,  sur  des  bases  plus  solides,  I'eta- 
])lissement  dc  son  nouveau  genre.  V.  Aun. 

3GG.  Observations  sur  les  fils  de  la  vierge,  ct  les  voyages 

aeriens  des  arnignccs;  par  Graveniiorst.  [Isis  1823,  /(  .  liv. 

p.  378.) 

L'auleur  a  observe  que  les  araignees  produiscnt  ces  fils  jiour 
«;e  transporter  a  Icur  aide  dans  i'aira  des  distances  plus  on  nioiiis 
grandesjcn  s'y  accrocliant ,  et  en  selaissanl  eiuporter  par  Je  \(fil, 
qui  a  Tine  Ires-grnnde  prise  sur  ce  fil. 


5oo  Zoolo^ie. 

Pour  pioduire  ce  filament,  Y,iT3.\^nie  [Aranea  ohtcxtri.c  ,  tl 
une  espece  A'Epeiru  que  M.  Cravenhorst  a  observees),  se  sus- 
penil  libreinent  par  un  long  fil  a  un  corps  quelconquc,  tel  que 
la  branthe  d'un  buisson.  Uiins  cette  situation,  elle  produit  d'au- 
tres  fils  fort  allonges  qu'elle  l.iisse  flotter  dans  I'air;  (|uaiid  ces 
derniers  fdamens  alleignent  une  grande  longueur,  Ic  vent  Ics 
eniporte  et  avec  eux  I'araignt-e  qui  y  reste  accrochee. 

M.  Gravenhorst  cite  plusieurs  aulres  naturallsle.s  qui,  deja 
avanl  lui ,  out  fait  a  ce  sujet  des  observations  presque  sembla- 
bles  aux  siennes;  tels  que  Sirac/t ,  Bullinann ,  Lister,  Fliigg  et 
un  inronnu,  dont  les  observations  sont  consignees  dans  la  5*^.  li- 
\raison  des  Nouvelles  Jnnales  de  la  Societe  d'hlstoire  naturellc 
de  Halle.  S.  s. 

367.  Pour  servir  a  l'a>"atomie  et  a  l'histoirk  naturkli.e 
DES  MEDUSES  {Quallen);  par  ie  D'.  F.  W.  Eysenhardt.  Avec 
1  pi.  {Not>.  Act.  Acad.  Cces.  Leap.  Car.  Nat.  Cur.  T.  X,  1". 
part.  p.  3 7 A.) 

L'auteur  tralte  d'abord  du  Rhizostoma  Cinicrli  de  Larnarck. 
II  donne  succcssivement  son  Iii'^toire,  sa  description  cxterieure 
et  son  anatomic  delaillee ;  il  parle  de  ses  mouveinens,  de  ses 
sensations  ,  des  sucoirs,  de  ce  qu  il  appelle  les  parlies  de  la 
generation ,  de  ses  habitudes  et  maniere  de  vivre.  Une  planclie 
entiere  est  consacr^e  a  figurer  cet  animal  sous  toutcs  ses  formes 
et  dans  tous  ses  details. 

M.  Eysenhardt  dans  un  second  chapitre  traite  dos  Acalephes 
bydroslatiqucs  de  IM.  Cuvier,  ot  prcsente  des  observations  inte- 
ressantrs  sur  les  divers  genres  de  cc  groupc ,  savoir  :  Physalia, 
Rhizop'>'ysa ,  Physsophorn  et  Strphanomia.  II  termine  par  un 
supplement,  dansleqtul  il  donne  la  nomenclature  et  la  synonyinie 
des  diverses  especes  dcP/j/.v/Z/rz  an  nonibrc  de  /,,  savoir:  i'h. 
Arethiisa,Unne;  Lamartinicrti,  Tiles.;  Oxhcchii  {Ph.  mef;alista, 
Peron  )et  pelagicn,  Bosc.  M.  Eysenhardt  donne  une  bonne  figure 
de  la  premiere  el  de  la  dernlere  de  ces  especes,  ainsi  que  du 
Rhyzophysa  Cham  is  son  is ,  uouvelle  espece  fort  singuliere  figuree 
sous  deux  aspects.  ^*- 

368.  Inuication  d'ijne  espece  ue  ver  non  decrite  [Ascaris 
pelluridus)  trouvee  aux  Indes  orientales  dans  les  yeux  des 
chevaux. —  Letlres  a  ce  sujet  de  M.  Alexandre  Kennedy  au 
profchsoiir  Ilu<>el  etau  docteur  Hope.  — Avec  une  destripHon 


Zoologie.  3or 

par  le  capilaiiie  Tliomas   Brown.   (  Transact,  de  la  Societe 

rojole  d'Edimb.  \%%y.  iie.  part.,  p.  107.) 

Cetie  nouvelle  espece  de  ver ,  de  la  dasse  des  intestinaux,  a 
ete  observee  au  Benf;ale  dans  la  liqueur  de  la  cornce  transpa- 
rente  des  chevaux,  ou  on  la  distingue  facilement,  sa  longueur 
etant  de  8  a  10  lignes,  et  oii  elle  nage  avec  une  grande  agillie. 
Elle  s'y  developpe  a  la  suite  de  coups  ou  de  blessuresTmais 
quelquefois  aussi  sans  causes  determinantes  connnes.  L'oeil  ainsi 
attaque  est  tres-enflamme,  et  ne  tarde  pas  a  etre  entierement 
perdu  par  la  suppuration  ;  le  seul  moyen  de  guerison  conslste  a 
faire  une  iuciMon  qui  perinel  au  ver  de  s'evacuer  en  n.eme  temps 
que  la  liqueur  de  Tail.  M.  Kennedy  a  vu ,  sur  phisienrs  chevaux 
operes,  cette  liqueur  se  reproduire,  apres  la  cicatrisation  de  la 
cornee,  et  la  vision  se  retablir  sans  paraiire  nieme  avoir  ete 
affaiblie. 

M.  Brown  donne  les  caracteres  specifiques  de  ce  ver,  qu'il 
range  dans  le  genre  Ascuris,  et  qu'il  nomme pellucidiis.  F.  de  R. 

369.  Observations  microscopiqdes  sur  la  suspension  des  mou- 
vemens  musculaires  du  Vibrion  du  ble ;  par  Fr.  Bauer.  (  Trans, 
philos.,  i8'23,   i'''^.  part.,  p.  i.) 

Les  grains  de  ble  caries  renferinent  quelquefois,  independam- 
ment  A^XUredofaetida,  cryptoga.ne  parasite  ,  cause  principale  de 
cette  nialadie,  les  vers  microscopiqucs  appeles  Vibrio  tritici- 
M.  Bauer  confirme  ou  rectifie  une  partie  des  observations  deia 
laites  sur  ces  animalcules  par  Needham,  Roffredi,  Fontana,  etc.,etc 
Si  on  la^sseparfailement  sechcrla  goutte  d'eau  oiion  lesaplon'ges* 
les  V.bnons  deviennent  immobiles;  et,  au  bout  de  cinq  jours  en 
les  mouiUant  de  nouveau,  lis  reprennent  leurs  premiers  mou've- 
meus  avec  la  meme  vivacite;  mais  cette  propri.'te  de  se  revivifier, 
qu'ib  partagent  avec  pjusieurs  autres  animaux  microscopiqucs  ,' 
se  prolonge  bien  davaulagp  si  on  les  conserve  dans  le  grain  deblc' 
m^me  qui  les  re.iferme:  Taction  de  leurs  muscles  pent,  en  les 
mettant  dans  I'eau ,  etre  renouvelee  apres  cinq  et  mcmc  six  an- 
necs  de  suspension. 

L'autenr  donne  de  nouvcaux  details  sur  la  reproduction  deces 
vers,  qu'il  regarJe  comme  hermaphrodites  ct  ovipares  ,  et  sur  Is 
mode  de  Icur  introduction  dans  Fintericur  du  ble.  D'aprcs  lui ,  les 
aufs  pcnetrcnt  dans  les  jeunes  plantes  de  froment  par  les  canaux 
de  la  sevc,  cl  cirtldfiil    avec  die  jusqV-  dar.s  les   ovairrs;  1,-s 


502  Melanges. 

germcs  (\eYUre.io  fcetiJa  y  p^irviennent  dc  la  mtmc  mrinierc, 
11  s'cst  assure  dc  ccs  deux  f;iits  par  I'exporicncc,  en  i?ioculant. 
Ics  uns  et  les  autrcs  sur  des  grains  de  ble  sains,  ct  en  les  faisaiit 
germer. 

Ce  memoire  est  accompagne  de  deux  planclies  blen  executces, 
qui  representent  les  formes  generales  tres-amplifices  du  Vibrio 
tritici  dans  differens  ages  et  divers  etals  de  contraction ,  ainsi  que 
la  place  que  ces  vers  occupent  dans  les  grains  attaques  ou  ils  for- 
ment  toujours  depetites  masses  distiuctement  separees  de  la  sub- 
stance noire  de  VUredo  foetida.  F.  de  Roissy. 

MELANGES. 

370.  Une  collection  dc  mineraux  et  de  coquillages  des  plus 
precienses  vient  d'etre  transportee  de  Cadix  a  New-York  a  bord 
dunavire  Canton,  par  M.  Wyer.  Cette  collection  est  la  plus  belle 
que  I'on  ait  importee  dans  le  pays. 

37  I.  Les  sciences  naturelles  ont  perdu  dans  Ic  courant  de  I'an- 
uee  derniere  deux  savans  danois  d'une  grande  reputation,  sur 
Icsquels  on  trouve  des  details  dans  le  6*^.  cahier  du  Journtd 
d'histoire  nalurelle  de  MM.  Oersted,  Rorneman  et  Rcinhnrdt ^ 
Copenhague,  x823.  Nous  croyons  devoir  en  donner  un  extrait. 

i".  Otto  Fabricius  naquit  le  6  mars  17/14?  a  Rudkioubing  dans 
File  de  Langeland(une  de  celles  du  Danemarck,  dans  la  Balli- 
que),  oil  son  pere  etalt  pasteur.  Pendant  son  sejour  a  I'universite 
de  Copenhague;  la  lecture  des  ouvrages  de  Hans  Egede  sur  Ic 
Greenland ,  fit  naitre  en  lui  le  desir  d'aller  precher  I'Evaugile 
dans  Ic  meme  pays.  II  fut  ordonnc  en  1768  et  nomnie  niission- 
naire  pour  la  colonic  danoise  de  Frcderihshaab  on  il  passa  5  a  G 
ans,  vivant  souventdans  les  cubanes  des  Groenlandais,  Icsaccom- 
pagnant  nieme  a  la  chasse  des  plioques ,  et  ne  negligcanl  aucunc 
occasion  d'acquerir  une  connaissance  parfaite  de  leur  languc,  ct 
d'observer  les  produits  du  pays.  L'etude  le  dcdommageait  de 
toutes  les  privations  attachees  a  ce  genre  de  vie.  Sans  aucune  in- 
struction preliminaire ,  sans  autre  livre  d'histoire  naturelle  que 
le  Systcma  naturce ,  il  devint  naturaliste  par  ses  propres  efforts 
et  par  la  correspondance  du  cclcbre  Otto  Frederic  Muller,  qui 
lui  donna  quilques  avis.  Revenu  a  Copenhague  en  1773  ,  il  fut 
iionime  succcssivcmenta  diffcrenlcs  cures,  lanl  enNorwege  qu'en 
Daneniarck.  II  a  occupc,  depuis  1789  jusqu'a  sa  niort,  cellc  de 


Melanges.  3o3 

Christianshavn ,  a  laquelle  le  roi  attaclia  pour  lui  Ic  tifrn  et  In 
rang  d't'veque.  11  mouriit  a  rae;e  de  79  ans,  le  20  avril  1822  ;  il 
avait  ete  marie  deux  fois,  et  avail  clu  pere  de  16  enfans.  Son 
principal  ouvrage  d'histoire  naturelle,  et  celui  qui  I'a  fait  parti- 
culiereraent  connaitre  des  etrangers  ,  est  celui  qu'il  publia  a  Co- 
penhague  en  1780,  sous  le  litre  de  Fauna  Groenlandica. 

2°.  C'est  a  Bested,  paroisse  du  bailliage  d'Aabenraae,dont  son 
pere  ctait  pasteur,  que  naquit,  le  5  avril  1759,  EricNissen  \i- 
BORG.  L'instruction  qu'il  reeut  de  son  pere  le  mit  en  etat  d'entrer, 
en  1777,  a  I'universitc  de  Copenliague,  oii  il  suivit  d'abord  les 
cours  de  theologie  ,  et  etudia  particulierement  les  langues  orlen- 
tales;  mais  il  ne  tarda  pas  a  changer  de  direction  ,  el  a  se  livrer 
tout  entier  aux  sciences  physiques  et  niathcmatiqnes.  Des  I'annee 
1783,  il  remporta  un  grand  prix  au  jugement  de  la  Societe 
royale  des  sciences  de  Copenliague,  pour  une  dissertation  inlitu- 
lee  Tentamen  eudiornetrice  perfectioris  ,  qui  fut  publiee  I'annee 
suivante.  II  etalt  alors  demonstrateur  au  jardin  de  botanique  et 
a  I'ecole  veterinaire  oii  Ab'dgaard ,  qui  apprecialt  son  applica- 
tion et  ses  talens,  I'avait  fait  placer.  En  1787  ,  deux  aulres  deses 
ouvragesfurent  couronnes  par  laSociete  royale;  I'un  sur  I'orge, 
I'autre  sur  les  plantes  mentionnees  dans  les  lois  danoises  comma 
propres  a  lier  et  contenirles  sables  mouvans.  II  vojagea  pendant 
trois  ans  dans  une  grande  partie  de  I'Eui-ope,  notamment  en 
France  et  en  Anglelerre  :  a  son  relour,  il  fut  nomme  profcsseur 
a  I'ecole  veterinaire  de  sa  patrie,  et  peu  apres  inspecteur  des  tra- 
vaux  ayant  pour  objet  les  sables  mouvans  dont  il  s'etait  occupe. 
On  lui  dut  a  ce  sujet  une  ordonnance  royale  qui  a  produit  de 
fort  bons  effets.  En  179/1,  il  remporta  un  prix  a  la  Sociele  d'a- 
griculture  de  Copenliague ,  sur  les  differenles  especcs  de  peu- 
pliers  et  de  sanies.  Deux  ans  apres ,  le  roi  de  Danemark  Ten- 
voya  en  Moldavia  et  en  Pologne  pour  des  achats  de  chevaux.  II 
succcda,  en  i8or,  a  Abilgaard,  dans  la  place  de  directeur  de 
Tecole  veterinaire,  et  recut  successivemenl  I'ordre  de  Danne- 
brog,  le  litre  de  conseiller  de  juslice,  el  enfin,  en  i8i5,  celui 
de  conseiller  d'etat  effeclif.  II  etait  membre  ou  correspondant 
de  plus  de  20  Societes  savantes ,  et  notamment  de  I'lnslitut  et  de 
la  Societe royale etcentrale  d'agriculture  de  Fiance,  Sociele  qui 
avait  couronne  en  1806  une  dissertation  ticonomique  de  Viborg, 
sur  le  pore,  et  les  soins  a  donner  a  eel  animal.  II  succomba,  le 
25  septembre   1822,  a  des  altaques  repetees  d'apoplexic.    La 


3o  f  Melanges. 

plupart  (les  ouvraj^es  de  cet  auteur  roulcnt  sur  I'art  veterina're 
et  sur  riiistoire  naturelle  econoinique.  Panni  ceux  qui  se  rappor- 
tent  a  I'histoire  naturelle  proprement  dile,  on  peut  citer  uii 
Manuel  de  cette  science ,  en  allemand,  1802  ;  des  RecJierchcs  sur 
les  chevaux  qui  naissent  blancs  ,  et  sur  les  causes  des particulari- 
tes  qui  les  caractr/iscnt ,  i8o3;  Hisloire  de  I'oiivroge  intitule 
rior.i  daiiica,  1806;  Connaissancede  t exterieur da  cheval ,  1821- 
Ces  trois  deriiiers  ouvrages  sont  en  danois.  C.  M. 

372.  Le  9  juillet,  la  Socicte  d'/iistoire  naturelle  de  Berlin  a 
celebre  le  60*^.  anniveisaire  de  sa  fondation,  sous  la  presidence 
de  M.  Bode,  qui  reste  seul  de  tous  les  fondateurs  j  a  lui  seul  aussi 
appartenait  I'honneur  de  faire  rhistoire  de  la  Societe,  et  il  s'est 
acqalltc  de  cette  lache  a  la  satisfaction  de  tous  les  assi^tans.  (  Rev. 
Encyclop.,  novembre  1823  ,  p.  428.) 

373,  Le  Congres  de  Colombie  a  adopte  un  decret  pour  I'eta- 
bllssement  d'un  Museum  et  d'une  ecoie  des  mines  ,  en  \oici  le 
preambule  : 

a  Ayant  pris  en  consideration  le  traile  conclu  a  Paris ,  dans  Ic 
mois  de  mai  1822,  entre  M.  Francisco-Antonio  Zea,  ancien 
ministre  plenipotentiaire  de  la  Colombie  ,  specialement  autorise 
par  le  gouvernement  pour  cet  objet  ,  et  MM.  Rivcro  ,  Boassin- 
gault  ,  Roullin ,  Bourdon  et  Goudct ;  prenant  de  plus  en  con- 
sideration que  les  sciences  naturelies  sont  rcstees  inconnucs  jus- 
qu'a  ce  jour  dans  ces  riches  regions;  conse(|uence  necessaire  du 
systeme  corrupteur  de  Tancien  gouvernement;  que  les  progres 
de  I'agriculture,  des  arts  et  du  commerce ,  qui  sont  les  sources 
productlves  des  richesses  du  peuple ,  exigent  absolumcnt  que 
ces  sciences  soient  repandues  ;  que  I'occasion  favorable  est  main- 
tenant  arrivee  d'accorder  et  de  rcpandre  la  connaissance  drsdites 
sciences;  afin  que  les  melaux  ])recieux  et  bcaucoup  d'autrcs 
choses  du  regne  mineral,  rcnfcrmes  dans  nos  vallces  et  dans 
nos  montagnes  ,  ne  soient  ])lus  caches  dans  les  entrailles  de  la 
terre;  le  Senat  et  la  Chambre  des  rej)rcsentans,  assembles  en 
congres,  decrctent.  »  (Suivent  les  dispositions  parlituliercs  du 
d(5cret.) 

Le  memo  congres  a  ralifie  un  traite  conrlu  par  M.  Zea  ,  pour 
Tetablissement  d'une  lilliographie  a  HSo^oU. [Constitutionn<-U]\i 
2  1  fcvrier  182/4.) 

IMPRIMKRIK   nr.  I"A1^',   IM.ACK    l)K  T;(^.I)K0\. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 

GEOLOGIE. 

374'  Lettres  sua  les  Revolutions  du  Globe;  par  M.  Alex.  B. 

In-  12  de  xij  et  872  p.  de  texte,  av.  i  pi.  au  trait.  Prix,  3  fr. 

Paris;  1824  5  Bossange  freres. 

L'auteor  anonyme  de  cet  ouvrage  est,  dit-on,  un  jenne  ama- 
teur; il  parait  s'etre  propose  de  rassembler,  dans  im  cadre  res- 
serre,  et  sous  une  forme  agroable,  I'ensemble  des  connaissances 
geologiques  les  plus  generales,  repandues  chez  les  savans,  ou 
consacrees  par  I'impression ,  et  qui  resultent  de  I'etal  actuel  de 
la  science,  de  maniere  a  rendre  ces  connaissances  plus  commu- 
nes en  les  raettant  a  la  portee  des  gens  du  monde. 

Ces  lettres  sont  adressees  a  une  dame  :  le  style  en  est  facile 
clair  et  correct;  elles  offrent  une  lecture  attacliante;  le  ton  en 
est  modoste  ct  d'un  horame  de  bonne  corapagnie.  Un  format 
commode,  de  beau  papier,  une  impression  soignee,  montrcnt 
que  M.  B.  n'a  rien  neglige  pour  que  son  livre  soil  un  cadeau  ele- 
gant et  flatteur  pour  la  femme  a  laquelle  il  I'adresse. 

M.  B.  a  puise  aux  meilleures  sources ;  c'est  d'abord  dans  les 
ouvrages  de  MM.  Brongniart  et  Cuvier,  aux  cours  de  MM.  Cor- 
dier  et  Geoffroy  de  Saint-Hilaire,  et  enfiu  dans  les  conversations 
de  quelques  savans,  car  on  trouve  dans  son  ouvrage  des  vucs 
scientifiques,  qui,  sans  etre  imprimees,  sont  connues  de  tons  Irs 
gcologues  de  la  capitale. 

Dans  la  1"".  letlre,  M.  B.  expose  rapidement  Irs  principaux 
sysfemes  proposes  sur  la  theorle  dc  la  terre,  depuis  Ic  commen- 
cement du  17*^.  siecle  jusqu'a  nos  jours. 

Dans  la  1^. ,  il  presente  les  mesures  et  les  divisions  du  splie- 
roide  terrestre,  et  traite  de  sa  masjc  interne;  il  admet  qii'elle 
est  formec  de  matiere  metallique  tenue  en  fusion  par  V action  de 
B.  Tome  I.  2y 


5o6  Geoio^ik. 

1(1  r/in/eur,  et  expose  somiiiairement  les  faits  qui  appuient  ceUe 
liypollieso  de  liiilloii,  que  nous  avons  riiveilK'-e  Ics  |)reiiucis,eu  y 
raltacliant  les  faits  que  nous  avons  rccueillis  sur  les  chanjj;eiiieii^ 
profressiCs  de  la  vie  sur  le  globe  et  I'abaissement  de  la  tempe- 
rature a  sa  surface.  Buffon  avail  pousse  les  consequences  de  ce 
refroidisscmenl  fort  loin  ;inais  aujourd'iiui  Ton  sail  que  I'epaisseur 
de  la  croute  terrestre,  et  sa  densite ,  peuvent  faire  regarder  la  de- 
perdition  actuelle  du  calorique  interne  comnie  etant  inappre- 
ciable, nieme  pendant  une  longue  suite  de  siecles. 

La  3".  Icltre  a  rapport  aux  tremblemcns  de  tene  :  I'auteur  lie 
ce  plienomene  a  celui  des  volcans ,  qui  font  le  sujet  dcs  4''.  et 
T)".  letlres.  II  les  considere,  avec  Buffon  et  autres,  couime  etant 
le;  soupiraux  du  foyer  central  el  cominun. 

[,a  G".  traitc  de  Vccorce  ininende  du  globe  :^l.  B.  pense  qu'elle 
csl  composee  de  plusicurs  mUlicrs  de  couches,  formees  I'une  apres 
laulre.  11  y  ctablit  que  la  luer  a  sejoarne  sur  nos  continens. 

Les  n".  ct  8**.  lettres  out  pour  objet  le  sol  de  transport  et  de 
sediment.  Apres  avoir  avoir  signale  rexistence  des  divers  fosslles 
niarins  sur  la  surface  du  globe,  el  ctabli,  d'aprcs  MM.  Cuvier  el 
Brongni:irt,  etc. ,  les  alternals  qu'on  observe  dans  les  formations 
lerliaires;  il  en  tire  des  consequences  qui  paraitront  sans  doute 
un  peu  hasardees  aujourd'hui.  Ainsi  M.  B.  avance  (pie  cliacunc 
de  ces  couches prouve  que  la  iner  avait  laisse  son  ancien  lit  nssez 
long-temps  a  sec  pour  permcttre  le  developpement  des  difft  rentes 
races  d\inimaux ,  quune  uouvclle  revolution  venait  subitement 
di-lrulre  apres  un  laps  de  temps  plus  ou  mains  considerable.  Cet 
ecrivain  cite  en  lemoi-nage  relepliant  conserve  dans  les  glaces, 
cl  observe  par  Adams  vers  rembouchure  de  la  Lena  ,  fait  qui  ne 
prouve  rien  autre  chose  que  Fancicnne  existence,  dans  les  par- 
lies seplentrionales  de  I'Asie,  d'un  animal,  dont  I'espece  est  j.ro- 
bablement  perdue,  et  dont  un  individu  s'est  conserve  dans  la 
giace,  comme  cela  pourrait  arriver  de  nos  jours  a  un  ours  blanc ; 
mais  il  s'en  faut  assurement  qu'ou  puisse  admeltre  celle  succes- 
sion de  deplacemens  du  lit  des  mers,  et  cest  du  moins  encore 
luie  opinion  bypothilique. 

Aurestc,M.  B.  pcuse  que  la  temperature  dcs  pays  seplcutrio 
naux.  n'cla't  pasalor,,  nussi  froide  (pie  de  nos  jours;  ainsi  il  admet 
un  refroidissement.  Iladnicl  aussi  I'opinion  deciuelqucs  g»:'ologucs 
sur  le  redressemeul  des  conches  du  sol  prhnil.f ,  pour  former  les 
clialnes  do  montagues:  mais  avaut  le  dOp«)l  dcs  terrains  sccoa- 


Geologie.  Soy 

dnires  ,  centre  celle  de  M.  Brongniart ,  qui  pcnse,  a  ce  que  nous 
froyons,  que  ce  redressement  s'esl  opere  a])res  cc  depot. 

M.    B.   expose  sommairement  duns  la  S*'.  Icttre  la  geolo|];ie 
tlu  bassin  de  la  Seine,  d'apres  MM.  Cuvier  et  Brongniart. 

Les  Icttres  lo  a  i4  sont  consacrees  aux  animaux  fossiles;  c'est 
an  apercu  de  I'ouvrage  de  M.  Cuvier,  et  de  celui  de  M.  Buckland. 

Dans  la  i5*.  lettre,  M.  B.  s'occupe  de  la  masse  des  eaux.  II 
croit  qu'elle  nediminueni  n'augmente,  et  qu'elle  ne  s'avance  pro- 
gressivement  vers  aucun  point;  mais  il  adniet  des  changemcns 
de  niveau  considerables  sur  la  surface  des  continens.  Ceux-ci , 
constates  par  des  faits  que  M.  B.  rapporte,  et  par  beaucoup 
d'aiitres  encore,  servent  a  expliquer  beaucoup  de  phenome- 
nes  geologiqties  locaux,  et  dans  leur  ensemble,  et  par  ce  qui 
arrive  de  nos  jours  ,  les  changemens  plus  considerables  qui  ont 
eu  lieu  jadis.  La  lettre  qui  nous  occupe  est  une  des  plus  impor- 
tanles,  et  offre,  par  lambeaux,  le  systeme  que  depuis  six  ans  nous 
cherclions  a  faire  prevaloir,  jnais  d'une  manlere  pcu  complete, 
et  Inexacte  sous  quelque  rapport;  par  exemple  M.  B. ,  en  resu- 
niant  tres-bien  les  faits  relatifs  aux  atterrissemens  des  fleuves, 
a  rexluiussernent ,  et  meme  au  comblement  des  lits  des  lacs,  ad- 
met  que  les  matleres  charriees  par  les  fleuves  dans  la  raer ,  pou- 
ralent  etre  suffisantes  pour  elcver  son  fond  de  5  metres  par  sic- 
cle.  Des  lors  il  serait  clair  que,  contre  ce  qu'il  avance  plus  liaut, 
la  masse  des  eaux  diuiinue ,  sans  qnoi  les  mers  gagneralent  sur 
les  terres;  I'opinion  de  la  diminution  progressive  et  continue 
des  eaux  est  une  des  opinions  que  nous  avons  reproduites ,  et 
que  nous  regardons,  avec  I'abaissemcnt  dela  temperature,  commc 
les  plus  importantes  bases  de  I'liistoire  du  globe ,  et  pour  eelles 
des  terrains  tertlaires  en  partlculler,  les  differences  de  niveau  des 
rclalssees  de  la  mer  et  des  lacs  d'eau  douce  repandus  sur  la  sur- 
face du  globe.  M.  B.  nous  parait  etre  sorti,  pour  les  terrains  de 
sedimens,  des  voles  ordinaires,  et  avoir  profile  avec  fruit  de 
I'ouvrage  de  M.  d'A^ubuisson ,  et  des  idees  que  les  observations 
nouvelles  ont  fait  naitre. 

La  lettre  i6^.  et  derniere  concerne  ralmospliere ,  les  gla- 
ciers ,  etc. 

Des  notes,  au  nombre  de  liuit,  terminent  ce  petit  volume.  La 
i"'.  est  relative  a  la  tlieorie  de  Buffon;  les  suivantes  donncnt  la 
description  des  Iremblemens  de  terre ,  et  des  eruptions  volcani- 
<jnes  les  plus  cclebres.   I-a  planclie    offre    les   traits ,  copies   do 


!io8  Geologic. 

I'oiivrnge  de  M.  Ciivior.  des  principaux   nnimaiit  fossilfs  qn'il 
a  rcstitues.  I'- 

3-5.    StSTEMATISCHE   UeBERSICHT    DER   LlTTERVTUR  FUR    MlNE- 

RALOGiE ,  Berg-und  Huttenkunde.  Catalogue  systemalique 
des  ouvrages  relatifs  a  la  mineralogie  ,  a  I'art  des  mines  et  a  la 
inetallurgie,  qui  out  pani  de  1800  a  1820,  par  J.  C.  Freies- 
LKBEN ,  conseiller  des  mines  du  Royaumc  de  Saxc.  xxij  ct 
3/|8  pag.  y  ronipris  55  pag.  de  supplement  et  unc  table  alplia- 
biitique  des  nonis  d'autenrs  en  iH  pag.  Freyherg,  1822. 

L'auleur  a  rendu  sans  doute  nn  service  aux  savans  en  reunis- 
sant  sous  leurs  yeux  les  litres  des  ouvrages  relatifs  au  regne 
mineral  et  a  la  geologie,  qui  ont  parn  i)endantles  20  ou2i  pre- 
mieres annees  de  ce  siccle.  Mais  ils  lui  auraicnt  su  gre  de  distin- 
guer,  au  moins  par  des  signes  indicatifs,  cenx  qui  offrent  Ic  plus 
d'utillte,  pour  les  preserver  de  I'embarras  de  faire  venir  de 
I'etranger  des  livres  ou  Ton  ne  trouve  quelquefols  pvesque  rien 
de  ce  que  pronicttait  le  litre.  M.  F.  esl  luimcme  unsavanl  trop 
distingue  pour  que  le  clioix  dont  il  s'agit  iei  lui  eat  ele  diflicile 
a  faire,  surlont  liabitant  "un  pays  ou  les  bibliollieqnes  sont  bien 
plus  riches  que  les  notres  en  ouvrages  de  ce  genre.  Ce  n'esl  pas 
do  sa  jiart  que  le  public  devait  .ittendre  un  simple  extrail  de 
catalo'nies  de  la  foire  dc  Leipsig  et  autres.  En  parcourant  ce  vo- 
lume avec  le  supplement  nous  y  avons  meine  remarque  que  plu- 
sicurs  ouvrages  remarquables  avaient  ele  oublies;  c'est  ce  qui 
nous  a  engage  a  donner  ci-aprcs  I'analyse  d'un  ouvragc  polo- 
nais  que  nous  possedons  et  qui  parait  avoir  echappe  aux  reclier- 
chcs  de  M.  Freieslebcn. 

Ce  motif  senl  pouvait  nous  engager  a  en  faire  menlion  ici , 
attendu  qu'il  date  de  i8i5.  C.  M. 

376.     O     ZIEMOROnZTWIE    KaRPATOW     I     INxMCII     GOR     I     ROVVMN 

PoLSKi ,  pre/.  Stanislawa  Staszica.  W.  AVarszawie.  lloku ; 
i8i5. ;  W.  Drukarni  Rzadowei.  Sur  la  geologic  des  Rarpates 
et  d'autres  montagnes,  ainsi  que  des  plaincs  de  la  Polo- 
gne;  par  .Stanislas  Staszic  ;  ''>()2  pag.  in-/,".  Varsovic;  i8i5. 

M.  Freieslebcn  n'a  connu  que  le  premier  thapitre  de  cet 
Guvrage  polonais  ,  chapitre  que  l'auleur  avail  In  Ic  i3  decembre 
i8o5  a  la  Soc.  ues  amis  des  sciences  de  Varsovic,  cl  qu'il  avail  fait 


Geologie.  3  09 

injprimer  hi  iiieme  aniicc.  Outre  ce  cliapitie,  qui  tialte  des  plaiiies 
de  la  Pologne,  de  la  chaine  dcs  Lysogory  (Mont-Chauve.  KaLlen  - 
berg),  et  d'une  partie  de  Bieskid  et  de  Bielaw,  I'auteur  en  donne 
jci  onze  autrrs.  11  decrit  dans  Ics  cliap.  2,  3,  4  et  5  difforentes  par- 
ties des  Karpales.  Dans  les  5  cliapilres  suivans,  il  traite  successi- 
vement  desdiflerentcs  formations,  depuis  les  terrains  priniitifsjus- 
fju'aux  terrains  d'alluvion,  en  lesrapportant  a  leurs  epoquesres- 
pectives.  Enfin  le  1 1*^.  chap,  est  une  lecnpitulation  de  tout  Tou- 
vrage.  Au  chap.  7  sc  rapporte  un  tableau  en  3  i'cuilles  des  mines 
de  Pologne  et  des  usines  pour  les  produits  du  regne  mineral,  a 
Texception  des  salines.  Cellcs-ci  sont  enumerees  separementsur  -2 
auties  feuilles  relatives  au  chap.  8;  une  3^.  feuille  ,  dependante 
du  meme  chap.  ,  indique  les  sources  sulfureuses  ,  les  mines  de 
houille,  les  cx])loitations  dusoufre,  dc  pctrole  et  autres  bitumes; 
on  y  trouve  cites  t.us>i  trois  lieux  du  cercle  de  Flock  ,  ou  I'ou  ex- 
trait  du  succin.  L'ouvrage  est  accorapagnu  d'une  carte  gcologitpie 
de  la  Pologne  en  4  feuilles  ( tres-mediocrement  exOcutec),  d  une 
coupe  mineralogique  dcs  terrains  de  tons  les  pays  compris  entre 
la  mer  et  les  Tatras ,  et  d'une  vue  de  cette  chaine  de  montagnes. 
L'auteur  ayant  parle  dans  son  chap.  i*^*^.  de  quelqucs  -  uns  des  fos- 
siles  des  plaincs  de  Pologne ,  nolamment  d'une  tetc  dc  rhinoceros 
et  de  differens  os  d'aniinaux  inconnus,  il  a  joint  a  la  description 
qu'il  en  donne,  pag.  56  et  Sy ,  trois  planches  ou  ces  objets  sont 
ligurcs.  A  la  tete  du  volume ,  M.  Staszic  a  place  I'explication ,  en 
francais  et  en  allemand,  des  termes  polonais,  relatifs  a  la  mine- 
ralogic  et  a  la  chimicj  dont  il  s'est  servi  dans  ses  descriptions. 
Nons  devons  dire  aussi  (ju'il  n'a  pas  neglige  de  parler  quelquefois 
des  ])lai)tes  qu'il  a  observees.  (Voyez  notammcnl  Ic  chap.  11, 
p.  78,  le  chap.  5,  p.  170  a  i85. )  II  donne  encore,  dans  cc 
dernier  chapilre ,  quehjues  observations  du  barometre  et  du 
theimometre,  faitcs  par  lui  au  mois  d'aout  i8o5.  C.  M. 

377.  EsSAl  U'UNK  REVUE  GENERALE  DE  LA  CONSTITUTION  PHYSI- 
QUE nE  i.A  BoHEME,par  Laurent  Albert  Dlasr,  professeur  de 
litteraturc  a  Prague,  i*^"".  vol. ,  consacre  a  la  geognosic  de  la 
Boheme.  Prague;  i8a2. 

Cet  Guvrage  commence  par  une  longue  introduction ,  divisce 
en  10  chapitres.  L'auteur  y  passe  successivement  en  revue  les 
proprieles  les  plus  rcmarquables  du  feu,  de  la  lumicre,  de  I'e- 
li-clricilc,  du   magnctisme ,   dc  Icau,    de  I'air   et  des  "gaz.    11 


5io  Geologic.         '' 

parle  ensuile  dcs  meteores  dn  i^Iobe  terreslre  considcre 
ooiiime  plaiiett;,  des  corps  naturels  ,  et  de  leur  classification. 
Le  premier  chapitrc  dc  son  ouvrage  est  consacro  a  Ja  gcogra  - 
})liie  g<5neraie  de  la  Boheme;  dans  ui<  second,  11  s'occupc  de 
I'orograpliie  ,  et  decrit  successivement  I'Erzgebirge,  Ics  Siidetes, 
les  iiiontagnes  deGlatz  et  de  la  Moravie,  la  Foret  boheiniennc  , 
le  Fichtelgebirge  et  le  Mitlelgebirge.  Une  table  et  une  carle 
des  hauteurs  lerniinent  cet  article.  Dans  le  siiivanl,  il  traite  de 
I'arognosie  ou  geognosie  de  la  Boheme,  et  parle  successivement 
ties  roches  jiriniitives  et  sccondaires;  dcs  alluvions  et  des  roches 
volcaniqucs  et  pseudo-volcaniques. 

Dans  un  article  a  part,  il  considere  la  geologic  de  la  Boheme 
et  les  differenles  theories.  II  en  vient  eiisuite  a  I'liydrographie^ 
il  s'occupe  de  celle  de  I'Eibe,  de  la  Moldau,  de  I'Eger,  des  tor- 
rens  et  des  ruisseaux ,  des  lacs,  des  etangs,  et  des  marais. 
Le  dernier  chapitre  de  cet  important  ouvrage  est  consacre  au 
climat  de  la  Boheme  et  a  la  meteorologie  en  general.  A  la  tete 
de  ce  volume  se  trouve  un  catalogue  de  tous  les  ouvrages  d'his- 
toire  naturellc  dans  lesquels  I'auteur  a  puise  ,  et  il  promet  de 
donner,  dans  des  volumes  suivans,  une  idee  generale  des  autres 
j'cgnes  ae  la  nature.  A.  B. 

378.  Observations  sur  i.es  opinions  de  1M.  Beudant,  concernant 
les  roches  cristallines  du  gres  rouge,  conteuues  dans  le  3^  vol. 
de  son  voyage  en  Hongrie ,  depuis  la  page  194  a  206 ;  par  Ami 
Bode.  [Journ.  pkil.  d' EcUmbourg.;  Janvier  1824  ,  p.  67. ) 

Ce  memoire  commence  par  rappeler  que  roriglne  ignee  de  ces 
roches  a  etc  dtiduite  non-seuicment  de  leur  structure  et  de  leur 
composition  minoralogique  ,  iiiais  encore  de  leur  giseinent ,  ce 
que  M.  Beudant  ne  reconnait  pas.  L'auteur  passe  ensuite  en  re- 
vue les  obj(^ctions  de  M.  Beudanl  conlre  I'origine  ignce  de  ces 
roches  cristallines;  il  parle  d'abord  des  retinites  sccondaires 
qu'll  montre  ca  et  la  etre  poreuses  ou  avoir  la  structure  des  per- 
lites.  I,cs  differences  de  ces  roches  et  des  tracliytcs  vitreux  de- 
pendent de  leurs  ages  differens.  Pour  les  porphyres  sccondaires, 
I'auteur  montre  qu'ils  ont  souvent  leurs  scories;  que  les  por- 
phyres  dans  le  gneiss  ne  sont  que  des  filons ;  que  les  passages  des, 
porphyrcs  aux  gres  sont  dc  fausses  apparences,  faits  contestesou 
mcconnus  par  M.  Beudant.  Pour  les  roches  'ra])j)eennes,  I'auteur 
donnc  des  cvcuiplcs  de  roches  aniygdaloidcs  foruianl  la  parlic 


J 


Ge'uloi^ie.  5 1  i 

iiifetieure  ou  siijjt'fieiire  de  masses  Irappeennes  sefonllaires  , 
et  il  contlut  a  I'origine  ignee  de  toutes  ees  roclies,  qu'il  clierclic 
ensuite  a  proiiver  entierement ,  inalgre  le  defi  de  M.  Beudant, 
])»!•  leur  giseiiient.  D'abord  ii  montre  par  des  exemples  que  les 
retinites  sont  en  amas  ou  couches  courtes ,  et  meme  en  lllons  , 
fail  que  M.  Beudant  n'admet  pas.  Puis  il  passe  aux  alternals  de 
roclies  basaltiques  et  d'ayrcgals  basaltiques  avec  les  depots 
ne])tuniens  du  gros  honiller  ou  rouge.  II  distingue  les  veritables 
couches  des  filons  qui  prennent  ca  et  la  I'apparence  de  couche  , 
les  couches  d'agregats  des  masses  ou  des  filons  trapj)ecns,  etc. 
Enlin  ,  il  compare  le  gisement  des  porphyres  a  celui  des  trachi- 
tes,  et  termine  son  memoire  en  appliquant  a  ses  idees  ignees  Ics 
jiarolesmemes  quiformentla  conclusion  de  M.  Beudant.     I,. 

379.  Observations  poor  avancer  ia  connaissance  des  rapports 
cEOGNosTiQUES  DU  NORD  DE  l'Allemaoe  ;  par  Frederic 
Hoffmann  ,  i*^"^.  vol. ,  qui  contient  une  description  gcognosti- 
que  du  duclie  de  Magdcbourg ,  de  la  ])rincipaute  de  Ilalber- 
stadt  ct  des  pays  environnans;  in-8°  ,  avec  une  jolie  carte  gOo- 
logique  et  des  coupes  ;  Berlin  et  Posen  ;  1823. 

L'auteur  commence  par  donner  les  limiles  de  la  partie  de- 
crite  ;  il  indique  les  elevations  du  sol  ,  les  principales  vallees  ef, 
les  points  principaux  oil  les  alluvions  permettent  d'apercevoir 
les  terrains  plus  anciens.  11  donne  ensuite  ce  qu'il  appelle  les 
principcs  de  sa  classification ;  et  il  n'y  auralt ,  suivant  lui ,  quo 
trois  formations  :  celle  de  feldspath ,  indiquee  par  le  signc  +  j 
celle  du  quartz,  indiquee  par  o;  ct  celle  du  mica ,  indiquee  par — ; 
celte  derniere  se  diviserail  dans  le  groupe  des  schistes  argileux 
et  des  grcs,  et  dans  celui  des  calcaires.  Apres  cet  article,  d'une 
])hilosopliie  allemande  au-dessus  de  notre  faible  intelligence , 
l'auteur  jjaile  de  la  direction  et  du  parallelisme  des  couches; 
la  direction  est  en  general  du  ]N.  O.  au  S.  E.  ;  elle  n'en  devie  le- 
gerement  que  dans  la  partie  N.  E.  L'inclinaison  des  couc  hes  est 
du  cole  du  Harli^,  au  N.  IN.  E.  ;  ct  du  cote  de  Magdebourg  au 
S.  S.  O.  II  fait  remarquer  des  chaines  dont  les  couches  inclinent 
loutes  forteinent  vers  le  meme  point.  Le  troisienic  chapitre  est 
consacre  a  la  description  des  differeulcs  formations. 

La  grauwacko  el  le  schisfe  argileux  sc  Irouvent  <lans  leHartz 
ctaulN.O.  de  Magdebourg;  la  grauwackc  se  rapproche  souM.nt 


5 1  2  Geologic. 

beaucoup  du  gres  rouge  ;illemand  (  Rolh  Todtligcndes.  ).  Elle 
passe  au  schiste  argilcux,  au  schisie  novaculaire ,  etc.,  et  elle 
renfernie  des  petits  illons  de  quartz  et  dcs  restes  de  plantes 
semblables  a  dcs  roseaux  ct  des  palmiers.  II  y  a  beaucoup  d'irre- 
gularites  dans  la  direction  et  rinclinaison  des  couches. 

Le  rothliegendes  ou  le  gres  rouge  allemand  manque  sur  le  bord 
nord  du  Kartz,  abonde  dans  le  Mansf'eld  ,  et  rcparait  auN.  O. 
de  Magdcbourg.  C'est  un  agglomerat  quartzeux  ,  a  fragmens  do 
porphyre ,  qui  ne  renferme  ni  petrifications  ni  houille. 

La  formation  du  gres  bigarre  que  I'auteur  appelle  Biintes 
Schieferthongebirge,com\)Tem\  les  oollthes  jKirliculieres,  appelces 
roggcnstcin  par  les  AUcmands,  et  le  gres  bigarre.  L'auteur  ra- 
conte  que  les  oolitlies  occupent  beaucoup  de  place  entre  Bern- 
burg ,  Connern  et  Ernisleben.  Ces  roclies  sont  composees  de 
globules  calcaires  a  structure  cristaliine  etoilee  ,  et  leur  ciraent 
plus  ou  raoins  -ibondant  est  marneux  ou  argileux  :  c'est  le  horn- 
mergel  ou  hornkalk.  II  n'y  a  point  de  petrifications,  a  moins 
que  certaines  parties  cylindriques  recourbees  ne  derivent  de 
quelques  zoophytes.  Elles  alternent  avec  des  gres  rouges  micaces. 
Le  gres  bigarre  recouvre  ,  suivant  l'auteur,  les  alternats  pre- 
cedens,  ct  renferme  des  impressions  de  plantes  quelquefois  py- 
ritisces.  Les  assises  marncuses  superieures  au  gypse  se  voient 
souvent.  Le  quadersandstein  ne  montre  plus  de  depots  chimi- 
ques;  il  occupe  beaucoup  de  place  dans  cette  partie  de  I'Alle- 
inagne;  il  renferme  des  fits  de  combustible  a  pyrites ,  et  des 
bancs  d'argile  impregnee  de  fer  hydrate  ,  qui  abondcnt  surlout 
dans  la  partie  sud.  L'auteur  cite  aussi  dcs  lits  de  craie  coqnillere 
dans  le  Quadersandsteiu  ,  pres  de  Quedlinbourg,  puree  qu'il 
confond  le  gres  vert  avec  le  quadersandstein ;  mais  il  y  a  par 
contre  des  lits  de  marne  et  de  petits  filons  de  chaux  carbonatec 
fibrcuse.  La  direction  et  I'inclinaison  des  couches  varient  na- 
turellement,  vu  la  surface  inegale  subjaccnte. 

L'auteur  decrit  cnsuite  le  premier  calcaire  secoudaire  ,  qu'il 
appelle  calcaire  du  gres  rouge,  et  s'etend  beaucoup  sur  les  amas 
gvpseux  qui  le  surmontent.  II  y  distingue  du  gypse  grenu,  spathi- 
quc  etfibrcux,  du  calcaire  fetide  et  dcs  sources  salces.  11  decrit 
les  osseracns  fossiles  que  renferment  des  cavites  du  gypse  d'Al- 
tenberg,  do  Wester  Egein  et  de  Watenstadt.  Le  manque  do 
stratification  des  amas  gypscuxet  les  couches  vcrticales  oucour- 
bes  qui  les  ciivironnciil,  out  conduit  fauteur  a  I'idce  <pic  le  gypse 


Geologic.  3i5 

n'est  qu'iin  produit  aussi  recent  que  Ics  ;illuvions,  et  qu'Il  est 
sorti  du  scin  dc  la  terre  avec  beancoup  de  fracas,  cc  qui  a  du 
produire  des  courans  tres-forts  ,  et  y  amenei*  naturellenient  des 
ossemens.  La  formation  du  muschelkalk  allemand  couvre  une 
grande  partie  des  contrees  decrites,  et  se  lie  au  quadersandstein  par 
un  calcaire  arenace.  La  craie  y  est  encore  un  depot  fort  etendu. 
Vers  la  limite  du  gres  bigarre  et  du  muschelkalk,  il  y  a  quel- 
quefois  des  amas  en  petits  fdons  de  gypse  fibreux  qui  soiitpour 
I'auteur  lui  produit  galvanique  de  I'epoquc  du  gypse  parisien !.. 
L'auteur  consacre  un  article  a  un  plancrkalk  ou  un  calcaire  co- 
qulUermarin  ,qu'il  regarde  a  tort  comme  un  depot  tertiaire,  ou 
qu'il  confond  du  moins  avec  la  craie  chloritee  de  Meissen.  Les 
porphyres  occupent  un  assez  grand  espace  dans  les  hauteurs 
d'Alvensleben,  et  y  sont  lies  avec  le  gres  rouge  secondaire.  Ce 
sont  des  produits  ignes  dont  I'elevation  explique  la  stratification 
irreguliere  des  grauwacke.  Enfin  l'auteur  vient  a  parler  des  ter- 
I'ains  d'alluvionsqui  comprennent ,  suivant  lui,  i".  des  blocs  dont 
les  plus  gros  pesent  quelquefois  1200  quintaux;  20.  des  lignites 
ou  des  tourbes  pyriteuses  recouvertes  quelquefois ,  pres  d'Alten- 
weddingen  et  Wester  Eggeln ,  de  lits  argileux  petris  de  Buliraes 
et  de  Mytiles  d'eau  douce  de  Linne;  3".  les  tourbes;  4°.  les 
tufs  calcaires.  Cet  interessant  ouvrage  se  termine  par  un  resume 
et  un  post-scriptum  dans  lequel  l'auteur  ajoute  quelques  recti- 
fications ,  annonce  un  second  volume  sur  la  partie  nord-ouest 
de  I'Allemagne,  et  avertit  qu'il  distingue  maintenant  deux 
quadersandstein ,  et  qu'on  a  donne  ce  nom  a  quatre  gres  diffe- 
rens.  A.  E. 

38o.  Geognostiche  Beobachtungen  und  Erfahrungen,  etc. 
Observations  et  experiences  geologiques  relatives  au  basalte  , 
avec  I'indication  des  hjiuteurs  des  principaux  endrolts  du 
ccrcle  d'Eisenacb ;  par  G.  Ch.  Sartorius.  In-8. ,  n  5  p. 
Prix,  12  gr.  Eisenach;  182 1  ;  Biirecke. 

Les  environs  d'Eisenach  sont  classiqucs  pour  les  colonnes  ct 
fdons  basaltiques  qui  ont  perce  et  altere  les  gres  seconduires,  car 
e'est  la  que  se  trouve  le  blanekuppe ,  pres  d'Eschewe,  et  les 
masses  balsaliques  appelees  stojyebUup])c,  planterhautc ,  etc. 
M.  Sartorius,  inspcctcur  des  routes,  ayant  besoin  de  ces  ba- 
salles  pour  les  chanssees  ,  a  fait  dirigcr  les  excavations  de  ma- 
iiicrc  a  eUe  fort  utile  a  ravancemcul  dc  nos  connaissances  sur 


5i4  Ceologie. 

rorigiiic  ilt>s  basaltcs.  II  avail  public  jadis  scs  dccouvertes ;  datiA 
cctte  dernicre  et  interessaiite  brochui'e,  il  y  ajoute  dti  iiou- 
veaux  fails  ,  et  fail  suivre  au  lecteur  Ics  differeutes  apjiarences 
que  les  carrieres  de  basnlte  et  de  gres  ont  offertes  adiverses  opo- 
ques;  il  donne  aussi  des  details  sur  les  formations  d'une  partie  de 
la  cliaine  du  Rlioiigebirge  ;  de  plus  ,  ce  petit  ei  rit  sert  de  cora- 
iiientaire  j)Our  une  belle  carte  gcognostiquc  enluniinee  de  tout 
le  grand  duclie  de  Weimar ;  mais  on  ne  peut  se  la  procurer  au 
prix  de  2  ecus  de  Prusse,  qu'en  ecrivant  aulibraire  d'Eisenacli. 
Enfin  on  y  trouve  les  hauteurs  de  beaucoup  de  lieux  au- 
dcssus  de  la  mer  Germanique ,  d'oii  il  resulte  que  le  basalte  at- 
teint  dans  cette  contree  2,600  a  2,700  pieds ,  le  muschelkalk  de 
2,000  a  2,200,  et  le  gres  bigarre  de  1,200  a  i,/|Oo.  La  puis- 
sance du  rausclielkalk  y  est  de  38o  pieds  ,  et  celle  du  gres  bigarre 
de  420  pieds.  A.  B. 

38 1. Carte  geologique  (Gebirgskarle)  des  pays  entre  le  Rhip* 
ET  LA  Meuse;  par  J.Steininger,  membredeplusieurssocietes 
savantes.  Mayence ;  1822. 

Cette  interessante  carte  comprend  400  myrianietres  carres  de 
pays,  et  est  accompagnte  d'une  brochure.  L'auteur  y  donne  d'a- 
bord  una  idee  de  la  chaine  scliisteuse  des  bords  du  Rhin,  il 
donne  les  hauteurs  de  beaucoup  de  points  ,  il  decril  la  vegeta- 
tion en  general,  et  enumereles  varicles  de  schisle,  de  grauwacke 
(de  rEiffel),  deschiste  calcaireetde  calcaire  qui  coinposcnt  cette 
contree.  Un  2*^.  chapitre  est  consacre  aux  roches  houilleuscs  du 
])ays  de  Saarbruck  el  du  I'alalinat;  il  y  parle  des  trapps  el  des 
porphyres.  Dans  un  Iroisieme  chapitre  l'auteur  aborde  les  volcans 
des  bords  du  Rhin;  il  s'etend  surtout  sur  ceux  de  la  rive  drolte. 
Les  terrains  de  calcaire  et  de  gres  secondaire  plus  recens,  sont 
traites  dans  le  chapitre  suivant;  il  y  paile  du  gres  bigarre,  et  de 
son  gypse,  qui  abonde  a  I'ouestdu  Palatinat  du  Rhin;  il  decrit  le 
(juadcrsandstcin  du  Luxembourg,  le  lias  et  le  calcaire  jurassique. 
II  cherche,  par  erreur ,  a  rapprochcr  quelques  couches  jiiras- 
siques  a  nummulilcs  du  calcaire  grossier  tertiaire,  etc.  11  traite 
cnsuite  des  terrains  terliaires  de  la  valljc  du  Rhin,  el  surtout  du 
calcaire  grossier  a  cociuilles  d'eau  douce  qu'il  appelle  calcaire 
fluviatile,  Dans  un  appendice  il  cherche  a  monUer  par  des 
exeniples,  que,  quoiqu'il  admellc  que  le  foyer  des  volcans  de 
TEifcl  soil  situe  sous  les  roches  primitives,  neaninoins  les  laves 


Geologic.  5i5 

dc  ces  montagnes  nc  sont  que   dcs   allcratii)iis   des  couches  su- 
peiieures  du  sol.  A.  B. 

38'i.    ExTRAlT  DE  L\   PARTIE  GEOLOCIIQUE  DE    LA    STATISTIQUE    DIJ 

DEPARTEMENT  DES  BoucHEs-Du-PiHONE ;  par  M.  le  comtc  dc 
ViLLENEuvE.  1*^'^.  vol.  in-4.,  avcc  dcs  pi.  et  des  coupes.  3Iar- 
seiile;  i8'2i.  (  Public  en  iSaS. ) 

Dans  la  description  de  la  conrij,'uration  de  la  surface  du  de- 
partement,  I'auteur  donne  aussi  uiie  idee  generale  de  la  compo- 
sition geoiogique  et  mineralogique  des  differentes  cliaines  de 
montagiics  ou  de  collines  de  cette  parlie  de  la  Fiance.  Mnis  ces 
donnees  ,  fort  interessanles ,  ne  sont  ricn  en  comparaison  de  la 
quantite  de  faits  contenus  dans  I'article  Rliueralogie  et  Geolo- 
gic de  ce  bel  ouvrage. 

Cc  diipartement  nest  pas  fort  riche  en  niineraux,  car  Ton  n'y 
trouve  guere  que  de  la  cliaux  carbonatce  et  sulfatee  ,  du  gypse  et 
de  Tanhydrite,  de  la  baryte  sulfatee,  quelques  especes  de  quartz, 
du  soufre  natif ,  du  plomb  sulfure ,  du  fer  sulfure  et  hydrate  en 
grains  ou  terreux.  ABeaulieu,  les  rochesbasaltiques  y  renfernient, 
oulre  les  mineraux  ordinaires  del'idocrase,  du  grenat,  du  mica  , 
etc.  L'auteur  enuniere  toutes  les  ■varietes  et  les  formes  quepreseu- 
tent  ces  mineraux,  et  expose  la  nature  ordinaire  des  galets,  puis  il 
passe  aux  fossiles  ,  qu'il  divise  dans  les  classes  suivantes  :  fossiles 
des  couches  anciennesjurassiques  (Hyppurites,  Radiolitcs,  Baculi- 
tes,  dcs  Zoophytes);  fossiles  des  couches  recentesdu  calcaire  juras- 
sique  (Ammonites,  Planulites,  Ellipsolites,  Ampulhdres  ,  Terebra- 
tules,  Turritelles  ,  Buccins  ,des  Polyplcrs);  fossiles  d'eau  douce  du 
terrain  de  lignite  (UniOjAnodonte,  Cyclade,Planorbe  etPotamide). 
Fossiles  du  calcaire  grassier  coquiller,  qui  se  sous-divisent  : 
1°.  en  fossiles  du  calcaire  coquiller  (  Clypeastre,  Spatangue,  Ba- 
lane,  Polypiers,  Mactre,  Arclie,  Plica tule,  Ciryphee,  Huitre,  C«/-- 
diuin  ,  Troc.hus  ),  2".  en  fossiles  du  calcaire  schi:;teiix  (  Huitre  , 
Arche,  Cardium  et  Peigne);  3°.  en  fossiles  de  la  breche  coquillere 
(Dcntale  ,  Vis,  Modiole,  Bucarde,  Venus,  Solcn,  Telllne  ,  Cal- 
lyplree,  CycIolithe,Alcyon,Ceritlie),et  fossiles  du  calcaire  crayeux 
(Cidaris,  Madrepores,  Huitre, Peigne,  Belemnite).  Fossiles  du  ter- 
rain terliaire,  sous-divises  en  fossiles  d'eau douce,osseinens  fossiles, 
plantes  fossiles  et  fossiles  marius ,  fossiles  du  terrain  de  transport 
ou  du  tuf  calcaire  ,  fossiles  dcs  tourbicres,  et  fossiles  du  sol  niou- 
vant.  L'auteur  indique  dcslocalitcs  de  lous  ces  fossiles,  ctconclut 


SiC)  Geologic. 

de  ces  l';iits  que  Ics  coijulllages  de  son  calcaiic  alpiii  cl  jur;tssif]iie 
iiiferieurs  sontsans  analogues,  que  eeux  du  oalcairo  jurassiqucsu  - 
perleurontdes  analogues  exotiques  ou  non  tout-a-f'ait  identiquesj 
que  les  analogues  des  fossiles  du  calcaire  coquiller  csisteut  dans 
nos  mers,  et  que  le  terrain  d'eau  douce  est  accorapagne  de  co- 
quilles  lluviatiles  et  terrestres  et  de  plantes  exotiques.  line  liste 
mctliodique  des  mineraux  ,  des  fossiles  ,  et  de  quclcjues-unes  de 
leurs  especes  termine  cet  article.  Le  chapitre  de  la  geologia  com- 
mence par  des  remarques  sur  le  groupe  des  montagnes  de  por- 
phyre  et  de  gres  rouge  de  I'Estrelle,  et  sur  le  systenie  littoral  de 
gres,  de  micaschiste,  de  scliiste  argileux,  de  grauwacKe  et  de  pou- 
dingues  anciens.L'auteur  passe  ensuite  aux  terrains  secoudaires, 
qui  torment  la  majeure  partie  du  departement;  il  y  distingue  un 
depot  de  calcaire  compacte,  un  autre  de  gres  et  un  calcaire  lio- 
rizontal.  Le  calcaire  compacte  comprend,  i".  un  calcaire  alpin 
compacte  a  cassure  esquilleuse  ou  grenue  sans  coquillcs  ,  et  re- 
posant  sur  des  gres  rouges  ou  des  grauwackes ;  2".  des  amas 
d'anbydrite;  3°.  le  calcaire  jurassique;  4"-  un  calcaire  clilorite  ; 
5".  un  calcaire  argileux  fissile;  6".  un  calcaire  oolilliique;  7°.  un 
calcaire  argileux  grumeleux ;  8°.  un  calcaire  blanc  quartzeux  ; 
9°.  un  calcaire  sableux.  A  I'exception  du  calcaire  chlorite  ,  la 
plupart  de  ces  calcaires,  depuis  le  n".  3,  paraissent  Lien  etre  ju- 
rassiques,  mais  la  classification  des  depots  suivans  nous  parait  bicn 
douteuse.  Le  depot  de  gres  comprend,  1°.  un  calcaire  siliceux ; 
2".  un  gres  bigarre  ;  3".  une  argile  scliisteuse  ;  4°-  "^  calcaire 
houiller;  5'\  des  gres  ocrcux  el  bolaires.  D'apres  Ics  descriptions 
de  I'autcur,  il  devient  extremement  probable  quune  grandc 
partie  de  ce  dernier  depot  appartient  a  i'argilc  plastique ,  ou  a 
la  premiere  formation  arenacee  tertiaire.  L'auteur  distingue  en- 
suite  une  formation  crayeuse,  dans  laquelle  il  fait  remarqucr 
des  couches  de  calcaire  compacte  coquiller  ou  horizontal ,  des 
amas  de  fer  hydrate,  du  gypse  crayeux,  et  differens  calcaires 
qu'il  appelle  calcaire  grossier  ,  calcaire  crayeux  et  craie.  D'apres 
les  details  fort  iiitercssans  de  l'auteur,  ct  les  observations  de  geo- 
logues  connus  ,  on  pent  clever  de  tres-grands  doutcs  sur  I'exis- 
tcnce  de  la  craic  dans  le  departement  des  Bouches-du-RIi6ne, 
el  on  pourrait  raeme  se  hasarder  de  rapporter  toute  ccttc  soi- 
disaut  formation  crayeuse ,  et  le  calcaire  ciilorite,  au  calcaire 
grossier,  ou  au  premier  calcaire  coiiuillcr  marin  des  terrains  ler 
tiaires. 


Ge'ologie.  5 1 7 

Dnns  Ic  trrrnin  tcrtiaiie  rniitcur  distingue,  1°.  la  formation 
marneiise  d'cau  douce  qui  parailralt  n'poiidre  an  depot  niarno- 
gypseux  de  St.-Oticn  ct  de  Monlniartro.  Ellc  se  compose  dc  ma?-- 
ne,  de  calcaire  marneux  ,  de  gypsc,  de  scliistes  marnenx,  dc 
calcaire  siliceux  et  de  breche  calcaire;  i".  le  gres  terliaire,  qui 
scmblcrait  etre,  en  grande  partie  du  moins ,  la  seconde  forma- 
tion arenacee  tertiaire  ou  les  sables  superieurs  de  Montmartre. 
li'auteur  y  distingue  Ic  pondingue  de  la  Durance,  les  gres  sili- 
ceux alternant  avcc  des  argiies  et  des  sables,  un  gres  calcaire 
compacte,  un  autre  gres  calcaire  crayeux  et  un  gres  limoneux  en 
safre;  des  coquillcs  marines  y  abondent.  Le  terrain  de  transport 
comprend  des  sables,  des  argiies,  des  tourbieres,  ics  poudingues 
de  la  Ciotat,  de  I'Huveaune  et  du  bassin  de  Marseille,  les  tufs 
calcaircs  de  la  Durance,  de  I'lluveaune  et  de  Mai'seilic,  et  diffe- 
rentcs  terres  vegetales.  Le  terrain  volcanique  de  Eeaulieu  forme 
une  ile  au  milieu  dos  depots  secondaires  et  tertiAlres ;  les  roclies 
qui  coniposent  ce  groupe  sent  le  basalte,  la  wacke,  des  laves  ba- 
saltiques,  porpliyroidcs  ou  scoriacecs,  des  dolerites  granitoides, 
poreuses ,  en  boule  ou  fort  decomposees ,  des  amygdaloides ,  des 
brecbes  volcaniques  a  pate  calcaire ,  a  pate  argiloide,  des  tufs  ba- 
salliques  et  des  peperinos.  Les  marnes  d'cau  douce  alternent  evi- 
demment  avec  ces  agglomerats,  et  tous  les  autres  dejiois  decrits 
dcpuis  le  calcaire  jurassiquc  sablenx  environnent  ces  collines.  L'au- 
teur  presente  ensuite  une  recapitulation  des  faits  precedcns,  ct 
s'efforce  d'expliqucr  les  pbenomcnes  observes  ;  ainsi  il  a  recours  a 
des  irruptions  de  la  mer  bors  de  son  lit  pour  expliquer ,  i ''.  le  de- 
pot du  calcaire  grossier  tertiaire  c{ui  s'elevejusqu'a  800  metres  de 
bautcur  au-dessus  de  la  Mediterranee  et  qui  repose  sur  le  terrain 
de  lignites  a  coquilles  lacuslres;  2".  le  second  depot  arenace  et  cal- 
caire tertiaire  qui  se  trouve  encore  a  400  metres  au-dessus  de  la 
Mediterranee  ct  qui  git  sur  le  depot  d'eau  douce  de  Montmartre. 
II  taclie  de  rattacber  ces  pbcnomenes  extraordinaircs  aux  debacles 
de  la  mer  Noire  dans  la  mer  Mediterranee,  de  cette  derniere  dans 
rOci'an  Allaiiliqiic  el  de  la  mer  Rouge  dansl'Ocean  Indicn.llmon- 
tre  longiicment  les  ciiangemens  qu'ont  cprouvcs  les  lits  de  la  Du- 
raTice  et  du  Rlionc,  et  la  diminution  graduellc  du  noiiibre  des  lacs 
et  des  ctaiigs  du  departement.  Un  tableau  metliodique  des  roclies 
termine  ce  cbapitre.  Dans  le  suivant,  sur  les  exploitations,  legeolo- 
gue  trouve  encore  dans  cet  utile  ouvrage  des  donnees  fort  intercs- 
santes;  le  terrain  tertiaire  a  lignite  exploite  s'y  trouve  circonscrit; 


5i8  Ge'ofogic. 

la  direction,  rinrlinaison  dcs  com-lios  et  les  failles  y  sont  rnention- 
nees,  et  les  I'oches  qui  le  {omposent  sont  Ic  calcaire  maiiicnx  com- 
pacte  a  coquilles  d'eau  douce  surtout  a  Cyclades ,  I'argiLeschisteu- 
se,  le  schiste  marneux  ct  marno-bitiimineux,  differens  pfres  et  de  ia 
liouille  seche  ou  du  jayet.  L'^nuiiu-ration  de  toutes  les  couclies 
percees  pour  I'exploitaiion ,  y  est  jointe.  Le  gypse  est  exploite  a 
ciel  ouvert  ou  par  des  galerles;  la  premiere  exploitation  a  sur- 
tout lieu  sur  le  gypse  de  Roqucvaire  ,  de  Marseille  ,  d'Auriol  et 
de  I'Huveaune ,  tandis  que  le  second  mode  est  employe  pour  le 
gypse  des  environs  d'Aix,  L'enumcration  de  touter,  les  couches 
niarneuscs  et  gypseuscs  d'eau  douce  qu'on  a  ainsi  reconnuesyac- 
conipagne  cet  article.  Enfin  I'auteur  parle  des  principales  carrie- 
res  de  calcaire  jurasslque,  de  calcaire  grossicr,  de  gres  coquilier 
tertiaire,  de  tuf  calcaire  et  d'argile.  Ijne  carte  geograpliique,  des 
coupesgeologiques  accompagncnt  cet  ouvrage important,  qui  offre 
lous  les  maleriaux  necessaircs  pour  une  carte  geologique  detaillee 
<le  ce  departement.  A.   B. 

383.  Voyage  dans  les  Pi  kenef.s  ,  par  Frederic  de  Parrot  , 
Prof,  des  Sciences  Medicales  a  I'Unlvcrsite  de  Dorpat,  avec 
une  carte,  une  planche  de  vues  de  montagne?*  ,  et  une  plaa- 
che  de  hauteurs,  i  vol.  in--8.  Berlin  ;   1823. 

L'auteur  rend  comjile,  dans  ret  ouvrage,  des  observations 
qu'il  a  faites  pendant  xin  vovage  aux  Pyrenees  en  18 17.  Mesui'er 
des  hautciu's  ,  determiner  la  ligne  des  neiges  perpetuelles  et  dcs 
zones  de  la  vegetation,  etudierla  geologic  de  ces  nionlagnes  ,  tel 
a  ete  le  but  de  ce  voyageur.  Apres  avoir  fait  des  observations  sur 
i'eniploi  du  b.irometre  pour  la  niesure  des  hauteurs  ,  il  raconte  son 
arrivee  a  Toulouse  ,  Bayonne  ct  a  Raigorri ,  et  son  ascension  sur 
le  mont  Ahady.  II  a  retrouve  dans  ce  pays  presquc  les  memes 
moulins  a  eau  que  ceux  en  usage  au  Caucase,  ct  il  donne  une 
figure  de  la  charrue  basque.  II  decrit  ensuite  ses  deux  voyages  an 
mont  Perdu,  et  donne  beaucoup  <le  details  CTirieux  sur  les  rochers, 
la  vegetation  ,  la  limite  des  neigcs  pcTpetuelles  ,  I'etat  du  j)ouls  de 
riionunea  difCerentes  hauteurs,  et  enfin  sur  le  profil  geologique 
que  ])resente  le  ])ays  cntre  Argelles  et  le  mont  Perdu.  .Son 
voyage  a  Bagneres  de  Luclion  ,  a  la  Maladetta  et  au  port  d'Oo  , 
n'est  pas  mouis  interessant  sr)us  les  memes  rapports.  II  a  terniinc' 
rclte  excursion  par  la  chaine  des  Gallinerous,  et  par  la  vallce 
d'Aran.  Le  rcste  de    son  ouvrage  conticnt  des    details  sur  les 


Geologic.  5\C) 

source's  niinorales  de  Riigneres  de  Lnchon,  d'lTssat  et  d'Ax  ,  sur 
les  forges  cataliines,  sur  les  plus  liauts  villngrs  des  Pyrenees,  et 
sur  les  habitans  de  ces  nioiitagnes. 

La  limlte  de  la  neige  perpt'tuelle  ne  se  montre  ,  suivant  I'au- 
tcur,  que  sur  qiielques  points  du  centre  de  la  chainc;  sur  le 
versant  nord  elle  se  trouve  a  une  hauteur  moyenne  de  aSSo 
metres  au-dessus  de  la  mer,  et  sur  le  revcrs  sud ,  enire  a6oo 
et  3ooo  metres. 

Quant  a  la  vegetation,  le  Pinu.i  syivestris  atteint  sur  le  cote 
nord,  2IOO  metres,  et  sur  le  cote  oppose  aaSo  metres  au-des- 
sus de  la  mer;  le  bouleau  se  rabougrit  deja  a  1800  metres;  le 
cliene  est  encore  vigoureux  a  1600  metres;  les  lietres  atteignent 
encore,  a  cette  hauteur,  637  metres  d'elevation;  I'orge  et  I'a- 
voine  sont  cultives  s>ur  le  cote  nord,  jusqu'a  1600  metres,  et  sur 
le  cote  sud  ,  jusqu'a  1700  metres. 

Enlin  I'auteur  doime  une  table  des  2o5  observations  baro- 
metriqucs  qu'il  a  iaiies,  et  discute  dilfcrens  points  de  la  mclhode 
de  calculer  les  hauteurs.  La  supposition  de  cavernes  sous  les 
Pyrenees  lui  semble  resulter  de  la  position  des  couches  ,  et 
Tauleur  croit  faussement  expliquer  ainsi  la  hauteur  toujours 
trop  grandc  qu'atteint  dans  cette  chaine  le  mercure  du  baro- 
melre.  En  retournant  dans  son  pays,  il  a  fait,  entre  Marseille 
et,  Geneve,  41  observations  barometriques,  et  a  trouve  que  le 
lac  Lenian  etait  a  872, i5  metres  sur  la  Mediterranee,  et  non 
pas  a  ^74, 7  metres  ,  comme  le  croit  M.  Pictet. 

La  parlie  geologique  de  cet  ouvrage  etant  la  plus  falbie  et  n'ol- 
frant  riea  tie  nouveau,  nous  n'eu  rendrons  pas  compte.     A.  1'. 

'^84.  Notice  sur  quelquf.s  produits  nattjrels  des  landes  be 
LA  GiRONDE,  par  M.  .TouANNET.  [Rccuciljcadcmiqnc  clc  Bor- 
deaux ,  avwice  1822.) 

Comme  on  desirait  defricher  petit  a  petit  les  landes  etendues 
<!e  la  Gironde,  I'auteur  a  cru  devoir  s'occuper  d'abord  de  la 
nature  de  Icur  sol.  Ces  landes  etaient  auirefois  beaucoup  plus 
etendues;  elles  pcuvent  etre  considerees  comme  un  vasle  pla- 
teau s'elevant  doucement  en  ampliitlicatre  du  TS'.-O.  au  S.-E., 
vers  le  deparleinent  des  Landes,  et  presentant  deux  revcrs.  On 
eslimea  80  metres  au-dessus  de  FOcean  ,  la  hauteur  du  point 
•le  partage  des  eaux  dans  la  commune  de  Saint-Magne.  Les 
landes  ne  presonlent  que  dos  sables  quartzeux  melts  d'argile  ; 


3ao  Ge'nlogie. 

elles  sont  couvertcs  rlc  bniyeres,  deboisdepin  maritime,  et,  aa 
bord  de  quelqucs  ruisscaiix,  il  y  a  des  especcs  doasis  vcrdoyans. 
Le  sable  repose  en  general  snr  un  poudingneou  grcs  cimente  par 
du  fer  hydrate,  au-dessous  duqiiel  Ton  trouve  des  alternats  de  sa- 
bles etd'argiles,  quelquet'ois  avecdugypseen  rosettes,  des  lignites 
ou  des  bois  pyritises.  Ce  combustible  a  ete  rencontre  a  lo  me- 
tres de  profondeur  a  Beiin  ,  a  Pont-i\fhzois  ,  a  Sestas ,  a  Ey- 
sines,  etc.  Les  landes  rcnferment  ca  et  la  dc  bonnes  argiles  a 
potier,  et  la  zone  graveleiise  reconvre  quelquefois  des  calcaircs 
marneux  qni  donnent  de  la  bonne  cliaux.  L'auteur  a  reconiiu  que 
le  depot  de  calcaire  grossier  sableux  ou  marneux  s'etendait  en 
table,  au  sud  de  la  G.ironne ,  depuis  Bazas  jusqu'a  Saint-Me- 
dard,  sur  une  longueur  de  5ooo  metres  ,  et  une  largcur  moyenne 
de  looo  metres.  On  trouve  surtout  ces  depots  pres  des  ruis- 
seaux ,  et  jusqu'a  la  distance  moyenne  de  looo  metres  des 
rives.  Leur  cpaisseur  diminue  en  descendant  du  voisinage  des 
sources  vers  la  vallee  et  I'Ocean ;  a  Saucats  elie  a  4  ^  5 
metres,  et  a  Labrede  elie  n'a  que  quelques  decimetres.  Ces  de- 
pots sont  reconverts  d'une  couche  souvent  tres-mince  de  terre  , 
de  sable  ou  de  marne,  et  reposent  ordinaiiement  sur  nn  lit  de 
sable  marin  siliceux,  quelquefois  sur  I'argile  et  sur  la  marne  ,  et 
plus  rarement  immediatement  sur  I'assise  inferieure  da  calcaire 
grossier  compacte  ,  qui  est  la  base  de  tout  ce  terrain.  Des  aste- 
rites  ,  des  etliinites ,  des  ossemens  de  cetaces  et  de  torttie  ac- 
compagcnt  quelquefois  les  eoquiiles  ,  qui  different  souvent  de 
celles  de  Grignon  ,  et  qui  ont  beaucoup  d'analogie  avec  les  fos- 
siles  subapennins.  Leurs  analogues  vivcnt  dans  la  Mediterra- 
nee  ou  cntrc  les  tropiques.  La  position  de  ces  fossiles  montre 
que  leurs  habitans  ont  vecu  sur  la  place  ou  Ton  trouve  leurs 
depouilles.  Sur  le  calcaire  grossier  sablonneux  vient  un  depot  dc 
calcaire  d'cau  douce  ,  a  Planorbes,  Limnees  et  Helices,  qui  al- 
tcrne  dans  quelques  localites  avec  le  depot  coquiller.  A  Bazas  , 
une  marne  felide  ,  a  eoquiiles  fluviatiles,  ct  un  calcaire  com- 
pacte a  Planorbes,  repose  sur  une  argile  blanche,-  et  les  Pota- 
niides,les  IVcrites ,  les  Iluitres,  les  Arches  y  sont  melees  a'-ix 
Planorbes  et  aux  Limnees. 

A  Saucats,  au  moulin  de  I'eglise,  les  deux  bords  du  ruisseau 
presentenl ,  sur  une  etendue  de  5  a  6ooo  metres  carres  ,  la 
coupe  suivante  :  Une  terre  vcgetale  sablonneuse ,  une  marne  a 
eoquiiles  marines,  une  marne  felide  a  eoquiiles  d'cau  douce,  un 


Geologic.  52  r 

calcaire  d'eau  douce  ca  et  la  fctide  ct  brccliiforme  et  a  coquilles 
marines  dans  sa  partie  inferieure ;  enfin  le  tout  repose  sur  une 
raarne  a  fossiles  luarins,  et  sur  le  calcaire  grossier  sablonneux  et 
compacte.  Le  calcaire  d'eau  douce  brecluforme  a,  sur  la  rive  sud, 
sa  surface  percee  de  trous  de  Pholades.  On  observe  encore  dans 
plusieurs  localitcs  des  marncs  argileuses  offrant  des  bancs  de 
grandes  Huitres ,  comme  a  Bazas ,  Auros ,  etc.  L'auteur  recom- 
mande  avec  beaucoup  de  raison,  pour  I'ainendement  des  terrcs, 
les  maines  marines  et  ces  huitres.  Dans  le  Bas-Medoc,  des  allu- 
vions modernes  de  la  mer  alternent  avec  des  couches  tourbeu- 
ses.  Get  interessant  travail  se  termine  par  9  notes,  dont  les  plus 
utiles  sont  celles  qui  donnent  les  localites  des  depots  marins  que 
nous  venons  de  decrire.  A.  B. 

385.  Observations  sur  lfs  roches  pyrogenes  de  la  vallee  db 
FiEMME ;  par  MM.  Bertrand-Geslin,Trettenero,  et  Maras- 
CHiNi ,  exposees  dans  une  lettre  de  M.  Maraschini ,  a  M.  Breis- 
lah  ,  inspecteur  imperial  et  royal  des  nitres  et  poudres ,  avec 
une  petite  carte  des  environs  de  Predazzo.  [Bibliotcca  Italiana , 
decemb. ,  1823,  p.  35i.) 

Ces  observations  sont  le  fruit  d'une  course  faite  de  Trente  a 
Lavis,  Cembra,  Cavalese  et  Predazzo.  La  plus  ancienue  forma- 
tion observce  est  le  gres  bigarre  qui  se  montre  au  pied  de  la 
montagne  di  Carnon  entre  Ziano  et  Predazzo ,  et  dans  la  mon- 
tagne  de  Filarlungo ,  en  allant  de  S.-Lugano  a  Montagna.  Ce  gres 
rouge  ou  gris-blanc  ct  a  ciment  arglleux  est  caracterisc  inftrieu- 
rcment  ct  superieurement  par  des  couches  subordonnees  de  cal- 
caire oolitique  coquiJler  et  rouge  qui  se  voit  a  Carnon.  II  ren- 
ferme  pres  de  Predazzo,  sur  le  mont  Carnon,  un  banr  dc 
porphyre  pyroxenique.  Le  muschelkalk  ou  un  calcaire  a  tere- 
bratules  et  a  encrines  le  rccouvre. 

On  I'observe  de  Trezene  jusqu'a  la  montagne  de  Forcella 
delle  Coste  pres  Predazzo.  A  ce  depot  succede  le  quadersands- 
tein  ou  un  gres  rouge  fort  argileux  ,  qui  supporte  les  marncs  ju- 
rassiqucs  infcrieurcs,  et  la  dolomie  ou  le  calcaire  jurassique 
altcre. 

Le  porphyre  quarlzifere  rcgne  le  long  du  Lavis ,  depuis  Lavis 
jusquc  pres  de  Predazzo,  oii  il  se  cache  sous  les  roches  pyroxe- 
niques,  comme  pros  dc  Cembra.  II  apparlicndrait,  suivant  l'au- 
teur, au  second  gres  rouge  qui  incline  comme  lui,  et  senible- 
B.  Tome  I.  21 


522  Gc'ologip. 

rail  le  recouvrir.  Du  gypse  rouge  ct  hianc ,  alternant  avec  une 
marne  blanche,  jauno,  coquillere ,  forme  dos  butles  isolees  sur  le 
porphyre  a  Castello,  Cavalcse,  etc.,  et  paraitrait  appartenir  an 
grcs  bigarrc  supcrieur. 

M.  Tretteuero  le  compare  neanmoins  au  gypse  plus  recent  de 
Recoaro.  Des  crislaux  de  quartz  prisme  y  existent  a  Laviiie  da 
Pace.  Ell  face  de  Vtednzzo  s'eleve  la  mont.igne  escarpee  de  For- 
cella  delle  Coste;  sa  base  presente  des  marnes  jurasslques  incli- 
'iiantal'E.-S.-E.  sous  unanglede  2o",et  la  Doloiiiie  forme  le  reste 
de  cetle  eminence.  Cette  derniere  roclie  blanchatre  n'est  a  grains 
grossiers  que  dans  le  voisinage  des  roches  pyrogenes ,  comme 
dans  la  vallee  de  Rif  a  \ia  Nuova;  neaamoins  pres  de  Ponte  di 
Boscampo  ,  elle  n'est  qu'un  j)eu  plus  tenace  a  cote  d'un  filon.  La 
roclie  ignee  dominante  est  une  dolerite  basaltoide  a  cristaux  de 
fcidspath.  A  Canzocoli  11  y  a  a  cote  du  calcaire  un  granite  a  fer 
litane,  qui  se  change  peu  a  peu,  vers  le  liaut  de  la  monlagne,  en 
une  roche  basaltoide  ou  dolerltique. 

Ces  trois  geologues  pensent  que  les  roches  graniloides  s'ap- 
puieut  decideiiicnt  sur  la  dolomie.  lis  citent  dans  ce  calcaire 
des  Turritclles,  des  Nautiles  etdes  Ammonites.  Dans  la  vallee  de 
Rif,  il  y  a  une  dolerite  compacte  porphyrique ;  pres  de  Lavis  , 
il  y  a  un  filon  d'uiie  roche  porphyrique  a  pate  de  dolerite  basal- 
tique,  a  cristaux  de  feldspath  et  a  rognons  de  pyroxene  cocco- 
lite.  Dans  la  vallee  de  Rif,  pres  du  pont  de  Via  Nuova,  il  y  a 
des  couches  de  marnes  jurassiqucs  ,  qui  serelevent  dans  le  voi 
sinage  d'une  roche  pyrogene  et  le  calcaire  est  change  en  dolo- 
mie,  mais  Ics  marnes  ne  sont  pas  alterees. 

A  Traverscra  del  Bosco  di  Eontana,  il  y  a  un  filon  de  gra- 
nite rougeatre  dans  une  roche  coinposee  de  feldspath  rouge, 
de  mica  et  de  fer  titane.  En  continuant  a  traverser  le  mont 
Mulat,  on  voit  succcder  une  sienite  ou  dolerite.  Le  moirt  Mulat 
est  compose  en  partie  de  roche  graniloide,  et  en  parlie  de  do- 
lerite compacte.  Vers  Test,  se  trouve  un  calcaire  modilie;  il  y  a 
des  filons  de  dolerite  et  d'une  roche  serpciilineuse  porphyrique. 
T.'autcur  suppose  que  les  masses  pyrogenes  out  etc  soulevees 
hors  de  la  tcrre,  ct  que  leurs  parties  supcricures,  qui  se  sont  re- 
froidics  plus  vitc,  sont.  reslees  poreuses ,  et  ont  ele  ensuite  infil- 
trees. A.-B. 


Geologic.  223 

386.  Itineraire   n'uNE   excursion   dans  lr   Cadorino  et    le 

Carnia,  par  le  Prof.  Catuli.o  ,  avec  (juclques  additions  tirees 

des  ecrits  de  Festori.  [Gior.  dl  Fis.  Chlrn.,  dec.  182^,  p.  5o5.  ) 

Dansla  vallee  de  Cadore,  I'auteur  a  examine  dans  le  iieu  dit  Pon- 

te-di-Val,  des  sources  impregn^es  d'hydrogene  sulfiire,  et  sortant 

de  roches  calcaires.  La  montagne  de  Giau  est  calcaire  et  con- 

tient  du  plomb  argentifere.  Un  peu  aunord  d'Auronzo,  se  trouve 

ia  montagne  calcaire   de  Grigne,    qui  renfenne  de  I'oxide  de 

zinc,  du  plornb  sulfure;  et  a  ses  pieds  git  du  gres.    En  se  ren- 

dant  d'Auronzo,  par  la  montagne  de  S. -Catherine,  dans  le  Come- 

lico  inferleur  ,  on  trouve  sur  le  cote  de   hi  montagne,  vis-a-vis 

de  S.-Stefano ,  les  roches  qui  supportent  le  calcaire  alpin.  Le 

micaschiste  y  est  reconvert  d'un  gres  dc  differer>tcs  couleurs  efc 

textures. 

La  structure  dugres  est  lantot  grenue,  tanlot  lamellcuse,  et, 
dans  ce  dernier  cas ,  il  y  a  des  petits  lits  d'anthracite.  Le  mi- 
caschiste cesse  au  village  de  S.-Stefano ,  et  le  gres  jaune  schis- 
teux  s'eleve  sur  le  calcaire  jusqu'a  Sapada.  Un  gres  se  trouve 
a  Forni  Avoltri ,  dans  le  district  de  Rigolato  (Frioul. )  II  tire  en- 
suite  quelquesfaits  d'un  ecrit  geologique  en  12  lettres,  adresse  en 
1776, parl^estoii  a  M.  lechevalier  Strange;  cet  ecrit  est  inedit  et 
traite  du  Frioul.  Dans  le  district  de  Rigolato  et  dans  la  commune 
de  Cornelians,  Festori  paraitroit  indiquer  du  micaschiste  con- 
vert de  gres.  Les  montagnes  entre  Comelians  et  Tolmezzo  lui 
ont  semble  un  depot  secondaire  cache  sous  un  gres  jaunatre  ou 
rougeatre  ou  verdatre,  qui  pourrait  etre  le  gres  bigarre.  En 
montant  le  niont  Durone,  le  long  du  ruisseau  Lupa ,  il  observa 
<:e  gres  qu'il  revit  dans  la  vallee  d'Incaroggio.  De  Tolmezzo,  il 
visita,  au  village  eleve  de  F'usca  ,  les  roches  coquilleres  et  a 
iiunimulites  de  ces  liautes  montagnes ;  les  inferieurcs  lui  offri- 
rent  un  calcaii'e  grisalre  a  veiues  spathiques  et  a  lils  bitumineux 
ou  felides.  II  paraitrait  que  toutes  les  roches  fondamentales  ob- 
servees  par  Festori  d'Incaroggio  a  Cividale  se  rapportent  au  cal- 
caire jurassique,  car  il  les  compare  a  un  calcaire  du  Veronals, 
et  il  y  a  remarquc  dans  les  deux  endroits  les  memes  petrilica- 
tions.  Enfln  Festori  decrit  les  coUines  terliaires  (jui  traversent  le 
district  deCenedes  depuis  Asolanojusqu'a  Gemona.  M.  CatuJloen 
deduit  1".  que  les  roches  inferieures  du  Carnia  ou  de  la  parlic 
septentrionale  du  I'rioul  sont  les  memes  que  cclles  qui  ressortent 
sous  le  calcairealpin  du  payselevc  du  Bellunois  ;  1!^ .  que  le  cal- 


524  Geologic. 

caire  jurassique  Icur  succede dans  plusieurs  points;  que,  liors  du 
pnys  de  Carnia,  11  n'y  a  que  des  formations  an.ilogues  a  celles  de 
Verone  ou  dc  Trivigiaiio  ou  de  la  parlie  ouost  du   Frioul.  A..  B. 

387.  Observations  et  conjectures  sur  la  formation  et  la 
NATURE  DU  soldeKentucky,  par  J.  CoRREA  DE  Serra.  [Tran- 
sactions de  la  societe  philosophique  amcricainc  de  Philadel- 
phicy  1^^  vol. ,  nom'elle  serie ,  p.  174  et  818.) 

Una  partle  considex-able  de  la  grande  vallee,  a  I'ouest  de  la 
chaine  des  AUeglianys,  est  composee  de  couches  liorizontales  de 
calcaires,  de  roches  argileuses  et  arenacees.  Toute  cette  region 
est  elevee,  composee  de  collines  escarpees  a  sommets  etroits  et 
a  vallons  reniplis  d'alluvions.  Des  blocs  dc  granit,  de  porpliyre 
ct  de  poudingue  se  remarquent  ca  et  la  a  la  surface.  Dans  una 
partie  du  Kentucky  les  roches  sont  simplement  calcaires  et  co- 
quilleres  ( tercbratules ) ,  et  recouvertes  d'un  depot  marneux  d'al- 
luvions de  3  a  16  pieds  d'cpaisseur.  La  fertilite  y  est  tres- 
grande;  I'auleur  croit  que  le  sol  n'est  qu'un  detritus  de  vege- 
taux,  et  il  cite  a  I'appui  de  son  opinion  les  amas  abondans  de 
bois  et  de  vegetans  enfonces  qu'on  rencontre  a  une  cerlaine 
profondeur  dans  la  partie  atlantique  des  Etats-Unis.  Dans  la 
partie  orientale  de  I'Angleterre  il  y  a  une  foret  sousmarine  a 
16  pieds  de  profondeur  qu'on  pent  suivre  pendant  100  milles, 
de  I'embouchure  du  Humber  a  Petersborough.  A.  B. 

388.  Relation  d'un  voyage  a  travers  l'ile  de  Terre- 
Neuve;  par  W.  E.  Cormacr  dans  une  lettre  au  comte 
Bathurst  avec  une  carte  geograpliique  el  geologique.  [Journ. 
Philos.  d'Edimbourg.;  janv.  182/1;  p.  i56.) 

Les  premiers  jours  de  scplembre  1822,  I'auteur  partit  de 
Smiths-Sound  a  Random-Lsland,  accompagne  d'un  Indieu  Mic- 
mac,  et  11  arriva  au  commencement  de  novembre  au  port  de 
Saint- George.  La  quantltc  de  lacs  ct  de  marais  dc  I'inti'rieur  lui 
causcrent  beaucoup  d'embarras.  II  delaille  les  roches  qu'il  a  ren- 
contrees  sur  sa  route  :  il  a  trouve  dabord  du  granite  ,  du  ])or- 
phyre,  et  puis  des  granites  et  des  micaschisles.  Ces  roches  ainsi 
que  le  schiste  argileux,  le  quartz  en  roche  et  la  sienite  dominent 
dans  le  district  du  lac  Melville.  Dans  le  m^me  district  il  y  a  dif- 
fercntes  especes  de  gres  secondaircs  appartcnant  au  grcs  rouge 
et  houiller.  Les  roches  primitives  s'ctciulcnt  juscpie  vers  le  lac 
Gower,  dans  loquel  un  barrage  de  lochcrs  le  separe  dc  I'cau 


Geologic.  525 

salce.  De  la  a  Richardson's  Lake,  le  pays  est  enticremeut  pri- 
mitlf;  les  seules  traces  de  roclies  secondaires  sont  des  agates 
pros  du  lac  Gower ,  du  basalte  pres  du  lac  Emma  et  Jenette, 
cnfin  de  la  houille  et  du  fer  pres  du  lac  Stewart. 

La  serpentine  est  suivie  d'un  grand  district  de  granite,  de 
gres  et  de  quartz  qui  s'etend  du  lac  Jameson  jusqu'au  port  Saint- 
George.  La  serpentine  forme  plusieni's  cretes  dans  le  centre  de 
I'ile ,  et  y  offre  surtont  de  beaux  mineraux  dans  la  monlagne 
Jameson  et  sur  le  lac  Serpentine.  La  cote  occidentale  est  la  plus 
riclie;  il  y  a  de  bonne  houille  dans  la  bale  Saint -George  a 
huit  milles  de  la  cote,  le  long  de  la  riviere  South  Farrasway-  H 
y  a  des  sources  salees  le  long  de  la  meme  riviere  a  deux  milles 
de  la  cote  et  plus  au  nord  ainsi  qu'a  Port-a-Port.  II  y  a  une 
source  sulfureuse  sur  le  rivage  a  un  mille  nord  de  la  riviere 
Barrasway.  II  y  a  du  gypse  et  de  I'ocre  rouge  entre  cette  ri- 
viere et  celle  de  Second-River  et  la  baie  Flatbay.  Un  marbre 
gris  se  trouve  dans  la  baie  des  lies;  il  n'y  a  point  de  bon  sol 
dans  I'interieur,  des  tourbieres  y  abondent;  le  meilleur  sol  est 
sur  les  rivages. 

La  partie  orientale  de  I'interieur  renferme   des  hois   bas   et 
pittoresques  traverses  duN.  auS.  pardes  collinos.  La  partieocci- 
dentale  est  montagncuse  et  sans  bois,et  il  y  a  de  plus  grands  lacs 
et  de  plus  grandes  rivieres.  Les  plus  grands  lacs  sont  celui  de  la 
baie  des  lies  qui  a  60  milles  de  long,  et  celui  des  Indiens  rouges. 
La  plus  grande  riviere  est  la  riviere  Exploit.  On  pourrait  faci- 
Icment  y  faire  des  routes.  Les  Indiens  se  transport  en  t  en  canots , 
et  ca  et  la  il  y  a  des  endroits  ou  ils  sont  obliges  de  porter  leurs 
canots.  La  flore  de  cette  ile  serait  surtout  interessante  pour  les 
arbrisseaux;  les  marais  ont  ele  autrefois  boises ,  des  bouleaux  et 
des  coniftres  ferment  les  forets,  le  pin  y  est  rare.  Le  Carribou, 
espece  de  daim  ,  abonde  dans  la  ])artie  occidentale  ;    en  hiver  ils 
se  cachent  dans  les  fortis  et  les  Indiens  s'en  nourrissent.  II  y  a 
des  castors,  surtout  au  nord  de  la  baie  du  Desespoir   et  de  la 
Fortune ,    et  dans  le  voisinage  de  White-Bay.  II  n'y  a  point  de 
rcnards ,  mais  beaucoup  d'autres  animaux,  de  canards ,  d'oies,  etc. 
Les  Indiens  Micmacs  visitent  lous  les  trois  ans  I'interieur  ])our 
la  chasse  du  castor,  leurnombre  n'excedc  gucre  ioo,et  ils  sont 
divises  en  trois  bandes,   I'une   de  la  baie  Saint-George,  I'autre 
de  la  riviere  Great  Cotl-Bay,    et   une  Iroisieme   de   la    baie   du 
Desespoir.  Cette  Iribu  empeche  ])ar  jalousie  tout  commerce  entre 


5  26  Gcoloiiir. 

o 
les  Anglais  et  Ics  Iridicns  rouges.  C<s  dernicrs  sont  peu  nom- 
hrenx  ,  lour  nombre  s'cleve  peut-etrc  a  qiielques  cenlaines  ;  il.«v 
paraissent  s'etendre  au  sud  dans  I'int^rleur  jusqu'au  grand  Lac. 
Us  communiquent  avec  la  mer  par  la  riviere  P^xploit,  et  les  Mic- 
jiiacs  leur  volent  des  fourrures  a  I'insu  des  Anglais.  L'auteur 
n'en  a  point  rencontre.  A.  B. 

3S9.  Tremblement  de  terre  a  Cetlan.  (  Magasin  et  Jour- 
nal PJiiloiophiquc  (le  TUloch  ,  janv .  1824,  p.  24.) 
I.e  9  fevrier  182'i  on  ressentit  a  une  lieure  apres-midi,  a 
tlolonibo,  2  cliocs  a  ia  distance  d'une  demi- minute  I'un  de 
I'autre;  le  tremblement  de  terre  eut  lieu  aussi  a  Kandy  ,  Ratna- 
pora ,  Matura  et  Negombo  ;  il  a  ete  accompagnc  d'un  bruit  sem- 
blable  a  cchii  d'une  decliarge  d'artillerie.  Sa  direction  etait  du 
IV.-O.  au  S.-E.  A.  B. 

390.   Tremblement  de  TtRRK  dans  I'lnde.  (  Jsi'at.  fourn.,  oct. 
1823,  p.  376.  ) 

Un  tremblement  a  etc  senti  dans  la  i)re.squ'ile  de  I'lndc,  Ic 
ij  mars  1823  ,  ce  qui  est  fort  rare ;  il  a  eu  lieu  plus  tot  dans  les 
montagnes  de  Keilglierry  qu'a  Madras.  A.  B. 

3gi.  Relation  u'un  tremblbmert  de  terre  arrive  au  Chili, 
le  19  novembre  1822.  [Joiuii.  philos.  d'Ediiubourg,  Janvier 
1824  ,  p.  56.  ) 

Le  19  novembre,  a  8  heures  du  soir,  I'air  etait  clair  et  il  n'y 
avail  pas  de  vent  a  Qulntcra.  A  g  h.  3o  111.  on  seiitit  le  choc  dans 
le  meme  instant  dans  tout  le  Chili,  et  tons  les  chronometres  de 
Roskil  s'ctaient  arretes  en  meme  temps.  II  y  eut  pendant  la 
nuit  7  chocs  principaux  et  un  si  grand  nombre  d'aulres,  qu'a 
chaque  5  minutes  I'cau  d'un  vase  etait  agitee.  Le  centre  dc  ces 
chocs  parait  avoir  etc  a  Valparaiso,  Quillota  et  Casa-BIaiica ;  on 
les  ressentit  fortement  a  Copiapo  et  Coquimbo,  et  laiblement  a 
la  Conception.  On  les  ressentit  aussi  a  Mcndoza  sur  le  revcrs 
oriental  des  Andes.  Trois  semaines  apres  on  en  sentait  encore  dc 
temps  a  autre ,  peut-ctre  trois  fois  par  jour.  A  Valparaiso  il  y  a 
eu  des  dommages  infinis  ,  et  3oo  personnes  out  peri.  L'eau  du 
port  sc  retira  ou  bien  le  continent  s'cleva  de  2  pieds  ,  car  on  vit 
des  rochcrs  sous-marins  inconnus  jusqu'alors.  La  direction  des 
chocs  etait  du  N.-O.  au  S.-E.  ,  et  des  I'cntes  de  quelques  pouct.s 
a   1   ou  3   pieds  d'epaisseur  se  formcrent  dans  cetlc   direction 


Ge'ologie.  Jiay 

A  Vina  de  la  Mar,  a  quehjues  milles  de  Valparaiso,  il  s'eleva 
des  coues  de  sable  du  rivage,  qui  avaient  '2  a  6  pieds  de  haul.  On 
ii'a  pas  apercu  d'ecliappement  de  gaz.  Les  niaisons  de  Valpa- 
raiso ,  baties  sur  des  alluvions,  furent  renversees  ,  tandis  que  la 
plupart  de  celles  qui  etaient  sur  le  roc  n'en  souffrirent  que  pen. 
A  Santiago  le  doiiimage  a  ete  peu  considerable,  niais  Quillola 
est  en   ruines  ,  parce  cjue  cette  ville  est  batic  sur  des  alluvions. 

Chafjue  clioc  a  dure  environ  3o  secondes;  les  chocs  princi- 
paux  agilerent  I'eau  conime  une  mer,  tandis  cjue  les  autres  pro- 
duisaient  un  mouveraent  serablable  a  celui  de  I'eau  qui  bout. 
Quelques  jours  avant  le  tremblement  de  terre  on  a  entendu  des 
bruits  seniblables  a  des  decharges  d'artillerie.  A.  B. 

392.  VoLCAN  o'lsLANnE.  (Zo/?£^.  Lit.  Gaz.,  Oct.  iS-j.'i,  \).  G'ig'j 

Le  volcan  Rotlugion  a  rejete  des  torrens  d'eau  du  i*".  au 
1 5  (le  juillet;  le  18  el  le  19  ces  eruptions  cesserent ,  et  le  25  et  le 
'16 ,  la  cime  de  la  raontagne  etait  redevenue  visible.         A.  B. 

'iyS.  Sur  des  torrens  boueux  se  falsant  jour  a  Iravers  les  tour- 
bieres  de  I'lrlande.  (  Lconliard  Taschenbuch ,  1823,  4^-  call.  , 
p.  8G1.) 

Les  tourbieres  en  Irlande  occupent  la  place  d'anclennes  forets, 
composees  surtout  de  chenes.  I-es  liabitans  en  ont  cullive  beau- 
coup;  mais  lorsqu'ils  negligent  de  tracer  des  canaux  dans  ces 
tourbieres  defrichees,  le  sol  s'eleve  quelquefois  tout  a  coup,et  des 
torrens  d'une  substance  tourbeuse  a  denii  liquide  en  sorteut  et 
portent  quelquefois  au  loin  la  devastation.  Dans  les  environs  de 
Kilnalady  un  semblable  accident  a  eu  lieu  en  juillet  1821  ;  un 
de  ces  torrens  s'est  mis  en  mouveinent :  dans  un  quart  d'heure 
3oo  acres  de  pays  ont  ete  ravages  et  des  maisons  et  des  bois  onl 
ete  renverses.  Le  torrent  ressemblait  a  de  la  biere  en  fermenta- 
tion ,  et  avait  dans  quelques  points  60  pieds  de  profondeur;  il 
soulevait  le  sol  a  la  maniere  des  taupes  et  lancait  cjuclqucfois  a 
20  pieds  des  morceaux  de  terre.  Les  parties  ainsi  soulevecs 
etaient  emportees  ou  placees  de  cote.  On  a  essayo  en  vain  d'ar- 
reter  sa  marclie  ])ar  une  digue  de  7  pieds  de  haut  et  assez  lai'ge 
l)our  deux  vultures.  Quafrc  niillcs  de  pays  sonl  deja  devasles  ct 
la  masse  ira  probablenienl  dcbouchcr  dans  la  mer  Atlantiquo  a 
Furbe  Kilrusli.  A.  B. 


528  Geologic. 

394.  Eruption  du  mont  Mer-Apie.  {^Asiat.  Joiini.,  (k'c.  182!^  , 
p.  614.  ) 

Le  29  (lecembre  1822  on  sentit  des  tremblemens  de  terre  a 
Kadoe  (  ile  de  Java  ) ,  qui  furent  suivis  de  Peruption  du  mont 
Mer-Apie;  le  vent  soufflait  du  S.-E.  Le  thermometre  ne  va- 
riait  pas.  Le  3o,  a  10  heui-es,  le  vent  tourna  au  N.-O. ,  des 
cendres  cominencerent  a  etre  rcjetees,  et  a  6  heures  et  demie  il 
y  eut  une  seconde  eruption  de  cendres  qui  tomba  dans  les  en- 
virons de  Kadoe.  Des  flammes  sortirent  de  la  partle  S.-E.  de  la 
montagne  avec  un  violent  bruit  souterrain.  A  2  heures  de  la 
nuit  un  orage  et  des  torrens  de  pluie  se  joignirent  aux  pierres 
et  aux  cendres  lancees  par  le  volcan.  Ces  dernieres  furent  por- 
tees  jusqu'a  20  milles  ducratere. 

Le  3i  decembre  on  apprit  que  I'eruption  n'avalt  fait  que  bru- 
ler  les  arbres  et  les  arbrisseaux,  qui  separent  Servocan  et  Pro- 
holingo.  Dans  les  residences  de  Djocarta  et  Soerakarta  on  n'a 
pas  eprouve  de  grands  doramages  et  on  a  ressenti  les  tremble- 
mens au  meme  instant  qu'a  Kadoe.  Un  rocher  formant  la  partie 
nue  et  la  plus  elevee  du  mont  Mer-Apie  s'est  precipite  dans  le 
cratere,  accident  auquel  on  attribue  le  bruit  souterrain.  Dans 
la  residence  de  Samorang  il  est  tombe  aussi  beaucoup  de  cen- 
dres et  de  pierres.  Cette  ei'uption  est  semblable  a  celle  de  1745. 

A.  B. 

3q5.  M.  LE  BARojf  BE  Buck  s'occupe  depuis  long-temps  de 
rassembler  des  maKriaux  pour  une  carte  geologlque  de  tout 
I'Empire  Gcrmanique  sur  Teclielle  de  la  carte  de  Gottliold.  Une 
copie  de  sa  carte  se  trouve  a  I'ecole  des  mines  de  Paris,  et  piu- 
sieurs  parlies  en  out  etc  communiquoes  a  quclques  goologucs.  Nous 
api>renons  qu'il  a  donne  tons  les  materiaux  qu'il  a  rassembles,  a 
M.  Ber^haus,  officier  de  I'etat-major  prussien,  qui  a  deja  public 
sur  une  grande  cchelle  plusieurs  feuilles  d'une  carle  geologique 
de  TAllemagne;  celles  qui  sont  publiees  comprennent  quelques 
parlies  du  nord  de  rAUemagno. 

3q6.  La  societe  uovale  dks  sciences  de  Copenhague  a  pro- 
pose en  1823  un  prix  extraordinaire  a  I'auteur  du  meillcur  me- 
moire  sur  lesmontagnes  de  transition  en  Norwege.  II  s'agit  de  de- 
terminer les  lieux  oixse  trouvent  ces  roches,  s'il  y  en  a  seulement 
dans  le  diocese  d'AggerliuiLs,  ainsi  que  le  pretendent  MM.  de 
Buch  et  Hausmann  ,  ou  s'il  y  en  a   aussi  dans  d'autrcs  parties  du 


Geologic.  Sag 

royaume;  quels  bancs  de  rodie,  quels  metaux  et  quels  fossllcs, 
y  sont  renfermes;  sur  quelles  roches  primitives  ellcs  sont  as- 
sises, etc.  D.  c. 
397.  Transactions  or  the  geological  Society  of  London. 
Transactions  de  la  Societe  geologique  de  Londres.  A  moitle 
prix.Publiees par  M.Philips. Setrouvcnt  cliez  G.B.  Sowerby. 

Malgre  le  grand  interet  accorde  par  le  public  aux  sciences 
geologiques,  et  la  Laute  reputation  dont  jouissentles  Transac- 
tions de  la  societe  geologique  de  Londres  tant  en  Angleterre, 
qu'ailleurs  ,  le  prix  auquel  les  cinq  i'"^^.  volumes  de  cette  collec- 
tion ont  ete  publics,  a  cause  des  grands  frais  de  leurs  gravures, 
et  planches  coloriees ,  a  empecliu  plusieurs  amateurs  de  cette 
science  de  se  procurer  cet  ouvrage :  et  c'est  pourquoi  I'editeur 
s'est  determine  a  les  offrir  pour  I'annee  suivante  a  moitiu  prix. 
Les  planches  ne  sont  pas  inferieures  a  celles  qui  ont  ete  vendues. 


Prix 

ancien. 

Vol.  r^ 

1.  2.   12. 

6. 

II 

3.  16. 

0. 

III 

3.  i3. 

6. 

[V  part.     I 

0.  18. 

0. 

II 

3.     3. 

0. 

V  part.    I 

3.  10. 

0. 

II 

3.  10. 

0. 

Prix 

;  actuel. 

1.    I. 

6. 

3. 

I. 

18. 

0. 

I. 

16. 

9- 

0. 

9- 

0. 

I. 

II. 

6. 

I. 

1 5. 

0. 

I. 

i5. 

0. 

T.    1.  '21.     3.  o.  1.   10.   II.  9. 

398.  Extrait  d'une  lettre  he  M.  de  Fbeminville,  lieutenant 
de  vaisseau.  (  Anriales  des  Scie/iccs  Nat.  torn.  i*^*^.  p.  93.  1824.) 

Quoiqu'occupeprincipalement  de  zoologie,  M.  de  Freminville 
n'a  pas  neglige  la  geologic  dans  son  voyage  aux  Canaries  et  aux 
Antilles.  L'ile  de  Goree  est  basaltique  et  presente  des  laves  fort 
poreuses  dont  les  cavites  sont  rcmplies  quelqucfois  d'line  terre 
argileuse  ferrugineuse ,  ressemblant  au  mineral  de  fer  argileux 
du  Jura.  Dcpuis  I'entree  de  Gonzales  de  Cintra  sur  la  cote  de 
Barbaric  jusqu'an  cap  Tagrin ,  a  I'entree  de  la  Sierra-Leone,  tous 
les  points  eleves  sont  des  amas  de  basal tes  et  de  laves,  telles  sont, 
par  excmple,  les  h.auteurs  du  cap  Barbas,  du  cap  Blanc,  du  cap 
Manuel ,  du  cap  Vert,  du  cap  Roxo,  ct  de  la  Sierra-Leone.  Des 
sables  separcnt  ccs  elevations  vok'ani(iues. 

Les  ilcs  des  Saiutes,  placecs  au  milieu  d'une  longue  seric  d'iics 


33o  Histoire  nnlurcllc  ^e/ic'rale. 

volcaniqucs,  telles  que  St.-Vintent ,  Tabago,  la  Guadeloupe  of 
Mont-Serrat,  sont  composecs  de  ])orpliyres  granitoicles  <t  de 
roclies  siliceuses,  comme  I'ile  dc  la  Coche.  La  decomposition  dcs 
j)orpliyrcs  produit  un  kaolin  impur  ou  coUyrite  jaunatre  qu'on 
dit  propre  a  faire  de  la  porcelnine.  A.  B. 


HISTOIRE    NATURELLE    GEKERAIE. 

399.  EiNiGER  iJBER  DIE  Thiersefxenkunde.  Roflexions  Psyclio- 

logiques  sur  les  animaux;  par  M.  Scheitlin.  (  Ncnc  Alplna  , 

t.  I,  1821,  p.  5o.) 

D'aprt's  les  nombreuses  observations  que  M.  Scheitlin  a  faitcs 
sur  les  faculles  intellectuelles  des  animaux,  il  est  parvenu  a  eta- 
blir  pour  eux,  un  systenie  de  psychologic  (science  de  I'ame]  dont 
il  expose  les  principes. 

D'apres  lui  il  existe  une  anie  (1)  la  oii  il  y  a  une  pensee ,  ct 
la  pensee  se  manifeste  par  la  faculte  de  disccrner.  Celte  faculte 
pent  se  borner  a  faire  simplement  connaitre  les  alimens;  ou  bien 
a  faire  une  difference  entre  I'agreable  ct  le  desagrcablc  ;  ou 
bien  encore,  entre  une  pensee  et  une  autre.  Dans  le  premier 
cas,  c'est  un  simple  penchant;  dans  le  second,  c'est  \e penchant 
avec  sentiment ;  dans  le  troisieme,  c'est  \c penchant  avec  senti- 
ment uiii  a  la  pensee  [r([flcctivc).  — •  Le  penchant,  le  sentiment 
et  la  pensee  ,  sont  originairement  la  menie  chose,  et  seulemenl 
de  direction  differentc,  ou  de  degre  plus  ou  raoins  elcve  d'un 
memo  principe  vital  et  universel  des  animaux.  Le  penchant  est 
obscur ,  ct  parait  sans  fondement ;  1  sentiment  est  voile;  la 
pensee  est  claire. 

Dans  le  regne  animal,  nous  trouvons  pourtant  la  faculte  de 
disccrner,  pujsque  c'est  le  regne  de  I'arae;  ct  sur  cette  faculte 
reposent  la  mcmoire,  I'imagination  ,  I'attention  ct  rintelligence, 
qui  eprouveiit  d'innombrablcs  modifications.. — La  raison ,  corame 
dependance  de  I'unitc  ct  de  I'idee ,  n'appartient  a  aucun  animal. 
— 'Plusicurs  animaux  s'elevent  cependant  aussi  jusqu'a  I'absfrac- 
tion    du  monde   extericur,   mais  seulenicnt  par  des   sensations 


(i)  L'aiiteiir  prend  ici  le  mot  dine  ilans  son  acccplion  la  phis  gene- 
rale  ct  conimc  syiionynic  dc  /irincipr  etc  la  I'ie  ,  nous  le  rendrons  par 
sa  Iradiiction  litlcralc  pour  resler  rultlc  uu  ti^xte.  Note  tin  ndaclcur. 


Hi  stoire  naturelle  ge'ne'rale.  5 1 1 

isolees.  — La  conception  de  I'unito,  on  les  quaire  graniles  idecs, 
e'tat  [  socirte  "^  ,  devoir,  Dieu  c\.  unU'ers ,  n'appartieiinent  qu'a 
I'homme;  mais  ranim.il  agit  souvent  comme  s'il  les  connaissait; 
ses  actions  sont  conf'ormes  a  ses  idees  ;  il  an;it  dansle  sens  de  ces 
idees  et  pour  ces  idees,  mais  sans  eiles,  c'est-a-dire  sans  con- 
naitre  la  liaison  qui  existe  entre  son  action  et  I'une  de  ces  idees. 

M.  Scheitlin  divise  psychologiquement  les  anlinaux  en  six 
grandes  classes;  les  vers ,  les  insecles(i),  les poissons,  les  rep- 
tiles, les  oiseaux  et  les  mammlferes. 

Les  i'crs  n'ont  que  la  faculte  de  discerner  ;  tout  n'cst  cbez  eux 
qu'un  simple  penchant  a  la  conservation  de  la  vie  et  de  I'espece ; 
el  Tauteur  place  le  irr  de  tcrrc  a  un  degre  deja  fort  eleve , 
tro'.ivant  en  lui  quelques  indices  de  la  faculte  de  di&tinguer 
I'agreable  du  desagreable ;  mais  il  ne  croit  pas  devoir  lui  accor- 
der  le  sentiment. 

Les  escargots  vivent  en  societe ,  mais  ce  n'est  la  qu'une  sim- 
ple reunion  d'individus,  et  non  pas  une  association.  —  L'amour 
de  la  progeniture  n'existe  point  chez  eux  ,  et  c'est  cet  amour 
qui  est  le  premier  indice  dc  la  sociabilite,  de  la  distinction  entre 
le  mol  et  les  aulres. 

Les  inscctes  sont  encore  souniis  au  simple  penchant,  et  il  de- 
vient  chez  eux  un  penchant  a  I'industrie;  et  deja  on  apercoit 
dans  ces  animaux  ,  quelques  traces  de  sentiment.  L' aralgnec  a  de 
la  memoire;  le  cerf-\,'olant  se  laisse  dresser.  — Les  iiisectes  pren- 
nent  soin  de  leur  progenittire  ;  ils  sont  sociables,  et  leurs  ac- 
tions ne  sont  pas  excluslvement  basees  sur  la  conservation  de 
la  vie  et  de  I'espece.  —  lis  ont  quelque  sentiment  du  jeu ;  on 
trouve  en  eux  des  indices  de  I'entetement  et  de  I'estime. 

Les  poissons  sont  encore  moins  redults  au  simple  penchant. 
—  Le  sentiment  de  leurs  actions  se  fait  deja  remarquer  cbez 
eux  d'une  maniere  fort  distinctc.  — lis  ont  de  la  memoire,  ils 
sont  ruses  et  perfectiblcs  par  eux-memes.  L'insecte  est  cgalement 
perfectible,  mais  seulement  par  I'homme;  le  ver  ne  Test  pas 
autant.  — •  Les  poissons  ont  deja  le  sentiment  de  la  musique.  — 
On  observe  chez  eux  plus  d'individualite  que  chez  les  inscctes, 
c'est-a-dire  qu'il  y  a  une  plus  grande  difference  d'un  poisson  a 
un  autre  qu'entre  deux  insectes. 

(2)  II  coniprend  dans  la  classe  des  vers  les  annelides  ,  les  mollusques 
(I  les  z(H)[>lijtcs,  el  dans  celle  des  insectes,  les  insectes  ,  les  crustaccs 
it  les  arachiioides. 


532  Histoire  naturelle  generale. 

Lcs  serpens,  parmi  les  reptiles ,  ont  beaucoup  de  memoire^ 
de  rinfelligence  et  de  I'imagination.  —  On  apercoit  chez  eux 
des  indices  de  manvaise  volonte ,  et  il  sont  par  consequent  moins 
soumis  au  simple  pencliant  que  le  sont  les  polssons.  —  Dans  les 
reptiles  en  general,  la  difference  dans  I'intelligence  d'une  es- 
pece  a  I'autre,  est  plus  grande  encore  que  chez  les  poissons. 

Chez  les  oiscaux,  le  penchant  a  se  procurer  de  la  nourriturc 
est  regularise;  leur  industrie  n'est  plus  isolee  comme  chez  les  in- 
sectes,  et  s'allie  dcja  a  I'intelligence.  —  Leur  menioire  est  excel- 
lente;  ils  ont  beaucoup  d'imagination;  ils  revent;  ils  aiment 
leurs  petits  et  en  sont  aimes  a  leur  tour,  ce  qui  ne  s'a])er(;oit  pas 
encore  dans  les  classes  inferieures.  —  lis  ont  de  ramour-j)roprc, 
et  I'aniour-propre  repose  sur  une  pensee  (idee).  —  Plusieurs  oi- 
seaux  contractent  un  veritable  raariage. — La  faftultc  uuxslcale  est 
portee  chez  eux  au  plus  haut  degre.  — •  lis  ont  aussi  quelque  sen- 
timent dcs  couleurs  et  des  formes.  lis  jouent,  et  prennent  part 
au  plaisir  des  autres  ,  ce  qui  prouve  que  leur  sociabilite  est  plus 
independante.  —  Ils  sont  curieux,  et  la  curiosite  est  le  desir  de 
s'instruire,  avec  une  faible  connaissance  de  cause. 

Quoique  les  rnammiferes  n'aient  que  tres-peu  d'industrie,  ils 
se  trouvent  cependant  au-dessus  de  tons  les  autres  animtiux  par 
leurs  facultespsychologiques.  ■ —  Si  Ton  en  excepte  la  raisou,  on 
trouve  chez  eux  toutes  les  facultes  de  I'ame.  ■ —  Le  castor  varie 
son  industrie  selon  les  circonstances. — •  Le  chien  devinela  vo- 
lonte de  son  maitre;  il  est  jaloux  ,  et  pent  etre  rendu  plus  jaloux 
encore.  Dans  plusieurs  cas ,  la  perfection  a  laquellc  ils  sont  arri- 
ves par  I'influence  de  I'homme  se  transmet  en  partic  a  leurs 
descendans.^ — La  dlversile  des  temperamens  des  mammiferes  est 
tres -variable  d'un  individu  a  I'autre;  ce  qui  modKie  beau- 
coup leur  maniere  d'etre ,  et  fait  varier  leurs  rapports  avcc 
I'homrae  et  les  autres  animaux.  —  Quelquefols  on  a  meme  era 
apercevoir  chez  eux  des  marques  de  jiitic.  —  Mais  prcsque  tout 
n'est  cependant  encore  chez  eux  que  Ic  resultat  dc  simples  sen- 
sations; ct  totit  an  plus  on  pcut  lour  accorder  iinc  conscience 
concrete  d'eux-ni^mes.  ■ — 'lis  n'ont  encore  tpiun  penchant  obs- 
cur  pour  la  soclele  et  le  devoir. 

A  la  tete  de  tout  le  regne  animal  se  Irouve  Vhoinme  ;  fous  ses 
penchans  sont  suscci)tibles  dc  modifications.  —  Le  simple  pen- 
chant devient  chez  lui  la  conscience  la  plus  intiracdcs  choses,  et 
b  faculle  dc  discerncr  devient  dc  la  perspicacile.  —  La  facultii 


Hisioire  naturelle  generale.  355 

de  Her  les  idecs  devicnt  de  I'csprit;  et  le  penchant  avcc  la  fa- 
culle  de  disccrner  devient  de  la  volonte.  —  Dans  riioinme  senl 
se  trouvent  Ics  idees  de  Dieu  et  dc  V Univers.  —  L'animal  appar- 
tient  plus  au  monde  extciieui-;  I'liomme,  plus  a  rinterieur. — 
—  Ciiez  riiominc  seul,  le  penchant,  le  sentiment  et  le  but  sont 
en  parfaite  harmonle,  et  c'est  par  cette  raison  qu'il  est  perfec- 
tible par  lui-meme. 

Si  le  simple  penchant  pent  se  changer  en  sentiment ,  et  le  sen- 
timent en  pensee,  il  serait  tres-possible  que  les  animaux  fussent 
immortels  ;  mais  il  ne  faut  pas  confondre  la  matiere  dans  la- 
quelle  resident  le  penchant,  le  sentiment  et  la  pensee,  avec  le  pen- 
chant ,  le  sentiment  et  la  pensee  eux-memes.  Si  l'animal  sent,  il 
est  susceptible  de  souffrances ,  et  doit  en  ctre  dedommage  ;  car 
la  charite  et  !a  bonte  etant  les  principaux  attrlbuts  de  Dieu  ,  il 
ne  saurait  infliger  une  peine  a  un  etre  quelconque  sans  Ten  de- 
dommager.  Mais  ne  conf'ondons  pas  I'immortalito  avcc  la  felicite 
eternelle,  avec  un  etat  quelconque  de  punition  ou  de  recom- 
pense, qui  nepeuvent  pas  exister  pour  les  animaux;  mais  le  pen- 
chant ne  peut-il  pas  etre  transforme  en  sentiment,  et  celui-ci  en 
pensee?  —  L'animal  finit  pour  ce  monde  avec  le  sentiment,  et 
I'homme  avec  la  pensee.  En  quoi  peut  done  etre  alors  transfor- 
mee  la  pensee?  Elle  ne  doit  pas  etre  le  degre  le  plus  eleve  de  la 
vie  interieure,  et  il  doit  exister  encore  pour  nous  une  autre 
maniere  de  manifester  Ic  principe  de  la  vie. 

Tel  est  le  precis  du  systeme  de  M.  Scheitlin.  S.  S. 

4oo.  AivFANGSGRiJNDE  DER  Naturwissensciiaft.  Principcs  d'his- 
toire  naturelle;  par  le  D"^.  E.  A.  D.  Bartels.  In-8. ,  i*^"^.  vol., 
1821,  de  641  p. ;  2*^.  vol.  5/(4  p.  Prix,  3  rthlr.  12  gr.  Leipzig; 
Earth. 

La  premiere  partie  traile  de  la  nature  inorganlque,  a  la  ma- 
niere de  la  haute  pliilosophie  allemande.  Le  second  chapitre  de 
celtc  partie  est  consacre  a  la  description  des  effets  des  proprie- 
l«is  dont  est  douee  la  matiere ,  le  magnetisme  est  place  en  tete;  et 
dans  le  ti'oisieme  chapitre  I'auteur  parle  des  plus  sin)])lcs  reu- 
nions des  elcmcns  qui  sont  la  source  des  phenomenes  naturcls 
generaux  et  particuliers.  Le  second  volume  contient  I'examen  de 
rorganisalion  dans  les  differens  regnes  naturcls.  IVous  donnons 
cette  annonce  d'apres  un  article  de  la  Gazette  de  Jena  de  de- 
cembre  1823  ,  n'ayant  pas  recu  encore  cet  ouvrage.  Si  son  style 


554  Histoire  natureUc  genernlc. 

est  comme  celui  du  recenseur  qui  en  fait  I'eloge,  nous  pouvons 

iijouter  que  ses  ideas  auraient  pu  etrc  presentees  sous  iinc  forme 

plus  simple,  moins  abstraite  et  plus  facile  a  saisir.  A.  B. 

.'lOi.  Von  den  Anforderungen  an  eine  kijnftige  Bearbeitung 

DER    Naturwissenschaeten.     Des    clioses   necessaires    pour 

trailer  a  I'avenir  les  sciences  naturelles;  dlscours  lu  a  Leipzig 

le  19  septembre  1822,  dans  la  premiere  reunion  des  natura- 

listes  et  medecins  allemands.  In-8.  Prix,  4  gr.  brocli.  Leipzig. 

!{Oi.  Memoire  sur  l'influence  de  l'electricite  dans  la  fccon- 
dation  des  plantes  et  des  animaux,  et  considerations  ra- 
pides  sur  la  pretendue  generation  spontanee;  par  J.  P.  Gasc, 
prof,  des  sciences  physiques,  oflicier  de  Taniversite,  menibre 
de  plusieurs  societes  savantes.  Paris  ;  i8'23;  impr.  de  J.  Tastu. 
[Extrait  du  1^ .  \'ol.  des  Meinoires  de  la  Societe  iinnce/ine  dc 
Paris. ) 

Dans  la  premiere  partie  de  ce  mcmoire  I'auteur  s'est  pro- 
pose de  determiner  et  d'apprecler  l'influence  que  pent  avoir  l'e- 
lectricite dans  la  fecondatlon.  II  rappelle  quelques  experiences 
deja  connues,  et  desquelles  il  parait  resulter  que  des  graines  elec- 
trisees  ont  germe  plus  vlte.  II  rapporte  ensuite  quelques  expe- 
riences qu'il  a  tentees  lui-menie,  et  qu'il  reconnait  n'etre  point, 
a  beaucoup  pres  encore,  suftisantes  pour  decider  la  question  dif- 
ficile qu'il  s'etait  propose  de  resoudre.  Dans,  la  seconde  partie 
I'auteur  expose  quelques  considerations  sur  la  generation  dite 
spontanee  :  mode  de  generation  qui  ne  lui  parait  pas  vralsem- 
blable,  et  qu'aucun  fait  bien  avere  ne  constate  du  moins  encore. 

/,o3.  Lettres  originaees  de  Linne.  [Gentlni.  Mag.,  \3in\.  182', , 
p.  1/..) 

Ce  sont  3  letfrcs  en  latin,  adressees  par  LInne  a  M.  Marma 
duke  Tunstal;  leur  contenu  est  sans  interet. 
/|04.  Onzieme  compte  rendu  annuel  sur   lk  .Iohanneum   en 

1822.  Mineralogie,  Zoologle.  [Archiv.fiir  Gesc/icc/ite.ySlat., etc., 

avril ,  1822  ,  p.  229;  id.,  p.  258 ;  id.,  mai,  p.  338  ;  id.,  jmllel, 

p.  434  ;  id. ,  p.  464 ;  id.,  aout,  p.  481. ) 

On  y  donne  des  details  sur  la  collection  mim'raloguiue,  sur  la 
maniere  dont  elle  est  exposee;  elle  comprend  une  collection  oryc- 
tognostlque  et  geognoslique,  et  une  collection  mineralogiqiK; 
teclinlquc.  On  y  rend  ccnnpte  des  nouveiles  acquisitions  de  mi- 


Minerahgie.  555 

nc  raux ,  d'objets  zoolotjiques,  de  monnaies  ct  d'antiquites.  On 
y  deraille  roxtension  qu'a  prise  la  collection  tecliniqne,  la  biblio- 
flu'qtie  et  la  Socicle  de  lecture,  qui  public  un  ouvrage  perlodi- 
que  inlitnl('' ,  Om'iage  pdiiodiquc  tie  Styric  (  SteyennurKlsche 
Zeilschrijt. )  11  en  a  paru  i  parties  en  1812.  On  donne  des  details 
sur  la  Societe  d'agricalture.  L'article  se  termine  par  une  revue 
snr  les  pertes  de  la  Societe,  et  sur  I'utilite  generale  de  cette  belle 
institution,  due  a  la  liberalite  et  au  zele  scientifique  de  larchi- 
duc  Jean.  A.  B. 


MINERALOGIE. 

4o5.    SlJRLA    FORME   CRISTALLINE  HES    SELS    ARTIFICIELS  par  A.  H. 

J.  Brooke  (  Ann.  of  riiil.,  feb.  1824.) 
Sulfate  de  nickel  et  de  cuivre.  La  forme  primitive  de  ce  sel 
est  un  prisme    oblique  rhomboidal,   avec   un  clivage   imparfait 
parallcle  a  ses  plans  lateraux. 

PsurMouM'        .     .      100"    i5' 

P  sur  C' 117     3o. 

MsurM'  ....  83  3o. 
En  dissolvant  de  ces  cristaux  dans  I'eau,  les  premiers  cri.staux 
qui  sc  deposerent  furent  du  sulfate  de  cuivre  ,  cnsuite  du  sulfate 
de  nickel  et  de  cuivre  semblable  a  ceux  qui  avaient  ete  dissous. 
lis  furent  enleves  et  remplaces  par  un  groupe  des  memes  cris- 
taux, meles  avec  quelques  autres  de  sulfate  de  nickel  rhomboe- 
drique,  et  ccs  cristaux  continuerent  a  se  deposer  ensemble  jus- 
((u'a  ce  que  tout  le  liquide  fiit  evapore.  II  n'y  eut  pas  d'autres 
cristaux  de  sulfate  de  cuivre  deposes  de  la  solution  apres  les 
cristaux  du  sel  double,  mais  la  solution  primitive  d'oii  les  cristaux 
avaient  ete  obtenus,  donna  ensuite  des  cristaux  de  sulfate  de 
cuivre.  II  parait  d'apres  cela  que  le  sel  double  ne  se  prodiiit  quo 
sur  des  portions  non  eombinees  dechacun  des  sels  simples. 

Sulfate  d'ammoniaque  et  de  magnosle.  La  forme  primitive  est 
un  prisme  oblique  rliomboidal. 

P  sur  M  ou  M' 104     45. 

PsurEouE' i54      40. 

P  sur  G ,35     40. 

PsurC ii5     3o. 

M  ,sur  M' 109     3o. 

M  sur  K 125      1 5. 


356  Mineralogie. 

Sulfate  dc  cuivre  et  de  potasse. 

La  forme  primitive  est  unprisme  oblique  rhomboirlal  differant 
a  peine  du  precedent.  Ces  cristaux  ne  paraissent  pas  presenter 
un  clivage  distinct. 

PsurMouM' 1040  3o' 

PsurEouE' 1 54  20. 

P  sur    C 116  20 

M  sur   M' 107  35. 

M    sur    K 126  I  a.     G.  de  C. 

406.  Sua  LA  SERIE  DE  CRISTALLISATION    DE  l'aPATITE  ,   par   WlL- 

LiAM  HAiDiNCEr..   [  EcUinb.  Philos.  Journal,  n".  xix,  Janvier 

1824  )  P- 140. ) 

Apres  avoir  enumere  les  opinions  diverses  auxquelles  ce  mi- 
neral donna  lieu  parmi  les  mineralogistes  qui  tenterent  les  pre- 
miers d'en  etudler  la  nature ,  et  rappele  I'origine  du  mot  (ipatitc, 
qui  fait  allusion  aux  nombreuses  erreurs  commises  a  ce  sujet , 
M.  Haidinger  remarque  que  tous  les  systcmes  de  mineralogie 
s'accordent  aujourd'liui  sur  la  determination  de  cette  espcce; 
mais  il  annonce  de  nouvelles  observations  propres  a  faire  mieux 
connailre  sa  serie  de  cristallisation ;  elles  sont  relatives  a  la  dis- 
position des  petites  faceltes  additionnelles,  qui  modlfient  ordi- 
nairement  les  parties  angulaires  de  ses  cristaux.  M.  Haidinger 
regarde  comme  un  caractere  de  la  premiere  periode  de  la  science 
cristallograpliique  le  pcu  d'attcntion  que  Ton  donnait  alors  a  ces 
petites  faceltes,  que  souvent  on  negligeait  entierement  comme 
de  simples  accidens  ,  on  dont  on  completait  le  nombre  par  la 
pensee ,  de  maniere  a  rendre  dans  I'un  et  I'autre  cas  les  formes 
plus  regulieres  qu'elles  ne  le  sont  dans  la  realite.  C'est  le  second 
cas  qui  eut  lieu  relativement  aux  cristaux  d'apatltc.  Dans  la  va- 
riele  douhlante  de  M.  Haiiy,  les  facettes  obliques  u  qui  la  carac- 
terisent  ont  ete  rcpetees  de  part  et  d'autre  de  chaque  ar^te  lon- 
gitudinale,  tandis  que  reellement  elles  n'exislent  que  six  a  six 
vers  chaque  sommet,  circonstance  analogue  a  celle  qui  a  lieu 
dans  la  varicte /Vf^/^'^VW/r  du  quartz ,  dont  la  forme  extericure 
s'accorde  parfailement  avcc  les  jihcnomencs  de  la  polarisation 
circulaire,  alnsi  que  I'a  fait  voir  Ilcrschell.  Mais  ces  deux  espe- 
ces  ,  le  quartz  ct  I'apatite  ,  presentent  une  difference  remarqua- 
ble  dans  le  mode  suivantlequcl  sont  disposees  sur  leurs  cristaux 
les  facettes  termiualcs  des  deux  soramets.  Dans  le  quarti,lors- 


Mineralogie.  557 

rju'on  renverse  le  cristal  pour  mettre  successivement  cliaque 
sommet  ilans  la  meme  position,  les  facettes  obliques  paraissent 
toujours  situees  d'un  meme  cote ,  toutes  a  gauche  ou  toutes  a 
droite  en  tournant;  et  de  cette  double  disposition  resultent  deux' 
individus  differens  dans  la  variete  plagiedre.  Dans  I'apatite  au 
contraire ,  des  faces  tournees  a  droites  vers  I'un  des  sommets 
coexistent  avec  des  faces  tournees  a  gauche  vers  I'autre  sommet. 
M.  Ilaidinger  donne  une  application  detaillee  des  principes 
cristallographiques  de  Mohs  a  la  description  et  au  developpe- 
ment  des  formes  de  I'apatite.  Leur  scirie  de  cristallisatlon  ap- 
partient  au  systeme  rhoniboedrique  ,  et  le  caractere  general  de 
leurs  combinaisons  est  le  dirhomboedre.  II  construit  ensuite  les 
formules  qui  peuvent  servir  a  determiner  completement  les  an- 
gles des  formes  tant  simples  que  composees,  et  termine  son 
memoire  par  une  comparaison  de  la  serle  de  ciistallisation  de 
I'apatite  avec  les  autres  series  relatives  au  rliomboedre ,  telles 
que  celles  duspath  calcaire  et  du  quartz.  II  trouve  une  analcie 
frappante  entre  les  formes  de  I'apatite  dans  le  sysleme  rhom- 
boedrique,  et  celles  du  tungstate  de  chaus  dans  le  systeme  py- 
ramidal, analogic  qu'il  se  propose  de  faire  ressortir  dans  un 
memoire  particulier.  G.  Del. 

407.  Notice  sua  une  locaute  de  l'yenite  aux  Etats-Unis 
par  Jean  Torrey,  M.  J).  [Ann.  du  Lycee  d'hist.  nat.  de  New^ 

York ,  dec.  iSaS. ) 

Cette  yenite  a  ete  trouvee  en  petits  cristaux  dans  uu  agregat 
de  quartz  et  d'epidote  a  Cumberland  dans  I'ile  de  iWiode-Is- 
\and,  par  M.  Samuel  Eddy.  L'auteur  en  cite  les  caracteres.  A.  B. 

408.  Note  sur  le  bitume  contenu  dans  les  mines  de  soufre  , 
par  M.  Vauquelin.  (  Jnn.  de  Ch.  et  tie  Phy. ,  to.  25 ,  p.  5o.) 

II  est  probable  que  la  plupart  des  mines  de  soufre  contien- 
nent  du  bitume.  Lorsqu'on  distille  du  soufre  non  raffine,  il  se 
dcgage  du  gaz  hydrogene  sulfure  mcle  d'acide  .sulfureux  ,  et  il 
reste  une  matiere  noire  composee  de  carbonate  de  thaux,  de 
silice,  de  fer,  de  charbon  bitumineux  et  d'une  trace  d'alumine 
et  de  magnesie.  Une  partie  du  bitume  passe  a  la  distillation  sans 
le  decomposer  :  de  la  vient  sans  doute  que  les  soufres  qui  pa- 
raissent les  plus  purs  donnent  du  gaz  hydrogene  sulfure,  toutes 

B.   ToiMK   I.  1% 


538  Mincralogie. 

les  fois    qu'on   les  fond  avec  des  carbonates  alcalins   parfaite- 
ment  sees.  Bert. 

409.    Decouverte  du   Caoutchouc   mineral   pans  les  Etats- 
Unis.  ( Silliman's  Journal  of  sciences ,  n".  VI ,  p.  3 70.) 

Ce  mineral  rcmarquable,  dit  le  professeur  Sillimnn,  qui, 
jusqu'a  ce  jour,  n'a  paru  exister  que  dans  la  mint?  d'Odin  a 
Castleton,  dans  le  Derbyshire,  a  etc  trouve  recemnient  a  Sniitli- 
Bury,  a  20  milks  au  nord-ouest  de  New-Haven.  Ce  canton  est 
un  bassin  secondaire  de  trapp,  et  quoiqu'il  n'ait  que  six  ou 
huit  milles  de  diamelre,  il  presente  tous  les  caracteres  de  la 
grande  region  de  trapp  des  etats  de  Connecticut  ou  de  Massa- 
chussetts,  decrite  par  M.  Hitchecock.  Les  fibres  du  spath  satine 
ou  gjpse  fibreux ,  ont  un  pouce  de  longueur  et  au  dela ;  dies  sont 
souvent  felees  dans  la  direction  des  fibres ,  entre  lesquelles  se 
trouvent  des  velnes  occupees  par  le  caoutchouc  mineral. 

II  n'a  pas  beaucoup  d'elaslicile  ;  il  est  doux ,  prend  aisement 
I'impression  de  I'onglc ,  se  comprime  entre  les  doigts  comme  le 
potassium ,  et  pent  se  former  en  boule  parfalte ;  sa  couleur  est 
d'un  noir  de  jais;  quelqucs  varietes  sont  un  pcu  plus  dures,  ct  ont 
un  lustre  resineux  et  brlllant  et  une  cassure  concho'idale  plate. 
II  brule  avec  un  grand  eclat  en  donnant  beaucoup  de  fumce 
noire,  et  une  odeur  qui  est  tout  a  la  fois  bitumineuse  et  aroma- 
lique;  pendant  la  combustion,  dea  gouttes  de  liquide  enflamme 
coulent  par  torrens  ou  se  succedent  avec  rapidite  avec  une  espcce 
de  bourdonncment  tout-a-fait  scmblable  a  celui  du  caoutchouc 
vegetal,  fondant  exactemcnt  comme  cette  substance.  Ce  mineral 
frotte  sur  le  papier  y  laisse  une  tache  noire,  et  acquiert  un  poli 
particulier;  il  n'cnleve  point  Ics  marques  du  crayon;  les  veincs 
cui  contiennent  ce  mineral  ont  environ  ^  de  po.  de  largcur  ( t 
plusieurs  pouces  de  longueur. 
A 10.  Relation   de  la  decouverte   d'un  lit   de   soude   sous- 

CARBONATEE    daDs  la    cliainc    de   Malwa,    par    le    capitainc 

J.   Stevtart.  (  Transact,  de  la  Sociele  littcraire  dc  Bombay  , 

vol.3,  p.  53.) 

L'auleur  y  raconte  la  decouverte  qu'il  a  faile  de  petites  masses 
deposant  de  la  soude  sous-carbonatee  sur  le  bord  du  Chunibul , 
pres  Peeplonda  ,  a  I'cndroit  ou  cette  riviere  se  rennit  a  la 
Chaumlu.  II  y  cite  aussi  des  basaltes  prismcs  et  des  blocs  cal- 
taires  sur  un  sol  arglleux.  A.  B. 


Mineralogie.  55f) 

fill.    CONJKCTCRES    KELATIVKS    A     I.A     FOnMATION    DK    l'opAI.E    FT 

DU  niAMANT;  par  M.  Jameson.   [P/ii/os.  Jourii.  d' Edlmhoitrg. 

Juillel  1823  ,  p.  i63.) 

Le  quartz  resinite  se  trouve,  sous  la  forme  d'opale,  dans  des 
porpliyrcs  tracliyliques ,  et  sous  la  forme  ordinaire,  dans  des 
porpliyres  secondaires,  tandis  que  le  bois  opalisc  gise  surtout 
dans  les  agglomerats  tracbytiqucs ,  et  le  menilite  dans  lesmarnes 
tertiaires :  certaines  sources  deposent  de  la  silice.  Ces  mineraux 
siliceux  sont  peut-etre  un  produit  vegetal,  car  la  silice  abonde 
dans  certaines  plantes,  comme  le  bambou,  etc,  Le  quartz  come 
ou  neopetre  se  trouve  dans  les  roches primitives,  intermtdiaires, 
secondaires  et  dans  les  alluvions.  C'est  aussi  un  produit  vegetal, 
car  on  trouve  des  bois  changes  en  quartz  cornc^.  L'autcur  cite 
un  raorceau  semblable  trouve  dans  I'interieur  d'une  poutrc  de 
Tectonn  grand  is  employe  dans  le  port  de  Calcutta.  Les  bois  ont 
ete  rendus  siliceux  ,  non  pas  par  un  procode  mineral ,  mais  par 
le  pouvoir  vital  des  vegetaux, 

Toutes  les  roches  primitives  conliennent  du  carbonc  sous  l;i 
forme  d'acide  carbonique,  de  carbonate,  d'oxide  de  carbone  on 
d'anlliracite  et  de  graphite,  et  enfin  sous  cell e  de  carbone  pure 
ou  de  diamant,  car  ce  mineral  se  trouve  dans  I'lnde,  dans  un 
.agglomerat  quartzeux  subordonne  au  schiste  argileux.  Legraphitp; 
et  I'antliracite  sont  frckjuens  dans  les  roches  intermcdiaircs  et  se- 
condaires. Le  diamant  se  trouve  dans  des  lufs  trappeens,  des  gn'-; 
et  des  amygdaloides  secondaires,  et  dans  des  argilcs  d'alluvion. 
Le  diamant  se  forme,  dit-on,  dans  ces  derniers.  Serait-il  pos- 
sible, demande  I'auteur,  que  les  vegetaux  pussent  donner  nais- 
sance  a  ce  minei-al  ?  A.  B. 

4 12.  Sua  LA  FORMATION   DE  i/AMnRE;  par  M.  DnoENn.  [Anh. 
des  apoth.  vet:  182a  ,  n".  4  ,  p.  3/,4.) 

L'auteur  demande  si  Tambre  ne  pourrait  pas  etre  pour  les  ma- 
lieres  vegetales  I'analogue  de  I'adipocire  pour  les  malieres  ani  - 
males  ?  A.  B. 

/|i3.   Caracteres  de  l'ambre.  [Edimh.  Phil.  Jour//,  ]i\n\.  182/1, 
pag.  12G.) 

L'ambre  n'a  pas  la  forme  de  goultcs  dc  riisinc;  il  a  plus  di- 
couleur,  de  lustre,  il  developpe  une  autre  odeur  par  la  friction  , 
Je  caractere  de  M.  Ilaiiy  de  former  nue  gouttc   n'est  pas  bon  ; 


54©  Minernlogie. 

onfin  ,  place  sur  un  fcr  rouge,  l;i  fiimec  a  nnc  odrui-  diffi'iontc  de 
celle  (Ics  resines.  A.  1>. 

/|l/|.    Sur  UN  TRICAIIBONATE  DE  PLOMB  SULFATE. 

Un  magnifique  echantillon  de  plomb  carbonate  fut  rapporto, 
il  y  a  qiielque  temps,  de  Headhills,  par  Alexandre  Irving,  qui, 
en  raiialysant ,  trouva  que  c'ctait  un  carbonate  sulfate.  En  exa- 
minant  ces  cristaiix  ,  M.  Brewster  a  vu  que  ce  n'etait  autre  chose 
que  le  tricarbonate  sulfate  de  M.  Brooke.  Ce  sont  dcs  rhomboides 
aigixs  d'une  dimension  considerable ,  avec  un  clivagc  perpendicu- 
laire  a  I'axe  du  rhomboide.  Leur  couleur  est  vive  et  d'un  vert  de 
seve  [sap-green).  En  examinant  leur  structure  optique,  M.  Brew- 
ster a  trouve  qu'ils  ont  deux  axes  de  double  refraction ,  dont  le 
principal  coincide  avec  I'axe  du  rhomboide.  Ce  tricarbonate  sul- 
fate, ccpendant,  ne  peut  avoir  pour  forme  primitive  un  rhom- 
boide aigu ;  il  appartient  plutot  au  systenie  prismatique  de  Mohs. 
{  Ediinb.  Pkilos.  Journ.)  [Journ.  de  Pliys.  et  de  Cliini.,  etc. 
aoiit  1822,  p.  160.) 

41 5.  Beschreibung  des  Zink  -  Huttenprocesses  in  Schlesien 
UND  Polen.  Description  des  procedis  employes  dans  les  mines 
dezinc  de  la  Silesie  et  de  la  Pologne;  par  C.  F.  Holllnder  ; 
avec  une  pi.  Prix  ,  16  gr.  Leipzig;  iSa^  ;  Fred.  Fleischer. 

4 16.  Notices  statistiques  sdr  i,es  mines  des  provinces  lom- 

BAKDES     DU      ROVAUME     LOMBARDO   -  VeNITIEN.     [  Bibl.     JlCll., 

n°.  XIV,  sept.  1823,  p.  362.) 

Les  provinces  de  Brescia ,  de  Bergame ,  de  Come  et  de  la  Val- 
teline  conliennent  tant  de  fer,  que  leurs  montagnes  pcuvent 
etre  re"ardees  comme  une  masse  continue  de  fcr  spathiquc.  II 
Y  a  5o  mines  de  ce  mineral  en  exploitation  dans  la  province 
de  Brescia,  et  /»3  sont  abandonnecs.  Dans  Ic  Bergamasc,  il  y 
a  ii3  mines  semblables  en  activite  ou  delaissees.  Dans  la  pro- 
vince de  Come,  leur  nombre  monte  a  37 ;  dans  la  Yaltcllnc  il  y 
en  a  cinq  :  ce  qui  fait  done  en  tout ,  plus  de  200  mines  pour  les 
provinces  de  la  Lombardie.  II  y  a  37  hauts  fourneaux  dans  cette 
contree  dont  1 1  sont  dans  la  province  de  Brescia  ,  17  dans  celle 
de  Bergame ,  8  dans  celle  de  Come  et  i  dans  la  Valteline.  II  y  a 
26G  uslnes  dans  le  mime  pays ,  qui  emploient  annuellenient 
I  008,000  livres  de  fer.  La  province  de  Brescia  en  a  CG ,  le  pays 
de  Bergame  1  5o  ,  et  cclui  de  Come  5o. 


Mineralogie.  54 1 

II  y  a  lies  fabriqucs  d'arines  dans  la  vallee  de  la  Trompie,  qui 
en  1807  ])ioduisircnt  3o,ooo  canons  de  fusils  ou  de  mous- 
quets,  etc.  II  y  en  a  une  d'armes  blanches  pres  de  Brescia,  une 
autre  de  faux  sur  le  lac  d'Iseo  dans  le  IJergamasc ,  et  une  d'a- 
cier  a  Bagolino  et  Lumezzane,  dans  le  pays  de  Brescia.  Ces  fa- 
briques  cprouvent  le  manque  dc  liouille.  11  n'y  a  point  de  mines 
de  cuivre  esploitee  en  Londiardie  ;  il  y  a  cependant  des  indices 
de  pyrites  cuivreuses  a  la  grotte  de  Dongo,  dans  le  pays  de  Come, 
un  filon  de  pyrite  a  Bovegno,  dans  la  province  de  Brescia ,  et  un 
autre  sur  le  mont  d'Eser,  dans  le  district  d'Irma.  Les  indices  de 
plonib  n'ont  pas  etc  jusqu'a  ])resent  de  rapport.  U  y  a  une  ga- 
lene  argentifere  a  Viconago  et  a  Vessera ,  dans  le  pays  de  Come. 
II  y  a  une  mine  de  plonib  suUure  dans  la  vallee  du  Subbia,  sur 
le  mont  Colmo ,  dans  la  province  de  Brescia.  II  y  a  des  traces 
d'anciennes  exploitations  de  plomb  dans  les  vailees  deXrompia, 
de  Camonica  ,  elc. 

Quoiqu'il  n'y  ait  pas  de  houille  en  Lombardie ,  il  s'y  trouve  du 
cliarbon  mineral  dans  beaucoup  de  lieux ,  dans  le  district  de 
Varese,  dans  la  province  de  Come,  a  Masenzana ,  a  Germignaga, 
a  Gana  ,  a  Piode,  a  Toscolano  (Brescia],  Fosso  Fraino  ,  etc.  II  y 
.»  des  depots  considerables  de  lignite  a  Gandino  et  a  Leffe.  La 
iourbe  devient  de  plus  en  plus  en  usage  depuls  I'augmentation  de 
la  raretc  du  combustible.  A.  B. 

/117.  Masse  df.  cuivre  forgee  dans  les  Etats-Unis  d'Amerique. 
(  Geist  der  Zcit.,  fevr.  1823  ,  p.  255.) 
M.  Schoolcraft  a  trouve  sur  le  bord  du  lac  Superieur,  sous  le 
/|()''.  deg.  de  latitude  nord  ,  une  masse  de  cuivre  nalif ,  pesant 
2200  livrcs;  elle  provient  peut-clredes  montagnesa  3a  milles  an- 
glais de  distance  ,  et  est  supposee  en  mcmc  temps  une  masse  lan- 
cee  par  un  volcan.  Les  mines  de  Berezof,  dans  lu  j)rovince 
d'Ekaterinbourg  en  Siberle  ,  offrent  des  masses  de  cuivre  de  plus 
de  i5  quintaux.  A.  B. 

/118.  On  a  trouve  recemment  a  Browne's  llili,Car]ow,  lui 
bloc  compose  de  calcaire  siliceux  ,  de  chaux  carbonatec  pure  et 
magnt'sifere,  de  cristal  de  roche  et  de  pyrite.  [New  Montlily  Mas^, 
janv.  182Z1 ,  p.  i3.) 

419.  Commerce  de  mini'raux.  [Lconhanl  Tasc/icnbuch ,  /(".pari., 
1).  935;  1823.  )  MM.  G.  .1.  F.  Lornlcr  et  C.  Bartenstein ,  a 
llildbnrghausen,  proposcnl  dc  vendrc  ou  cchangcr  des  mine- 


^4  2  Mineralogie. 

raux  du  Salzburg,  du  Tyrol,  de  la  Boht-mc,  de  la  Baviere  , 
du  Ficlitelgcbirge ,  de  la  Carinthie  et  de  la  Carniole. 
M.Carl  Martini,  employe  dcs  mines  a  Schneeberg,  en  Saxe  , 
offiedes  suites  decliantillons  geologlques  de  Planiz  ,  Bokwa  et 
Hohendorf.  Cliaque  suite  est  composee  de  cent  morceaux,  et  coute 
3  ducats ,  ou  4  ducats,  avec  une  carte  pelrogmphique.  [Leonhaid 
Taschenbuch ,  S*^.  part.  ,  p.  707.) 

Avis  aux  amateurs  de  mineralogie. 

Dans  I'etablissement  sous-nomme  ,  au  profit  duquel  le  sieur 
J.  Menge  fait  ses  voyages  ,  se  trouvent  des  collectious  mineralo- 
giquesinstructives,  savoir  : 

A.  Oryctognosie.  N°.  1 ,  200  morceaaj.,  2  po. ,  120  fr.;  n".  2„ 
400  more,  3  po.,  288  fr.;  n''.  3,  800  more,  3  po.,  720  fr.;, 
n".  4,1,000  more,  a  po. ,  960  fr.;  11°.  5,  i,5oo  more,  3  po. , 
2,400  fr. 

B.  Geologic.  N".  i ,  i5o  more,  4  po.  ,96  fr.  ;n".  2,  3oo  more, 
A  po. ,  192  fr. ;  n°.  3  ,  600  more  ,  3  po. ,  240  fr.  ,  arranges  d'a- 
pres  le  systemede  M.  Werner;  ceperidant,  si  on  le  desire,  d'apres 
chaque  sysleme  demande.  En  outre  on  fournira  des  mineraux 
isoles  de  toute  espece  et  qualite  en  -vente  ou  en  echange. 

On  prie  d'affrancliir  les  Icttres  et  remises.  (Lubeck,  Nalura- 
lien  Comptoir. ) 

420.  Ventes  d'odjets  sciEKTiFiQUES.  Collection  mineralogique 
du  feu  Prof.  TJlmann,  a  Marbourg.  [Miner.  Taschenbuch, 
1823,  2^.  ab.  ,p.  470.} 

Cette  collection  comprend ,  i".  une  collection  oryctognostique 
de  2,548  morceaux  ,  chacun  de  2  a  3  pouces  de  grandeur,  ou 
compose  de  plusieurs  cristaux  ,  les  mineraux  metalliques  y  sont 
surlout  fort  beaux ; 

2".  Une  plus  petite  collection  oryctognostique  de  554,  qui  est 
propre  a  des  lecons; 

3".  Une  collection  pour  les  caracteres  exterieurs  des  mineraux ; 

4".  Une  collection  geognostique  de  G90  more; 

5".  Des  collections  mineralogiques  et  geographiques ,  une  suite 
de  I'rankenberg  ,  Schmalkaldcii ,  du  Meissner  ,  du  Nassau  ,  etc.: 

G".  Une  <:ollcttlon  de  petrifications; 

7".  Une  petite  collection  de  mineraux  polis,  murbres ,  pieiTcs 
precieuses,  etc.,  environ  200  more 


M/neralngie.  545 

8".  Pluslcurs  tiroirs  de  doubles. 

II  faut  s'adresser  directement  a  M.  le  Prof.  D'.  Ulinan,  a 
Marburg. 

/|2i.  Vente  n'uNE  COLLECTION  CLASSiQUE  dc  quatrc  mille  echan- 

tllloiis  de  substances  minerales  et  fossiles,  du  j)ius  beau  choix 

et  de  la  plus  parfaite  conservation.  (  Annoncc.) 

Cette  collection  est  classee  et  etiquetee  scion  la  nitlliode  du 

ceicbre  Prof.  Haiiy,  avec  la  synonymie  de  Werner,  el  I'indication 

exacle  des  giscmens. 

On  y  a  joint  les  modeies,  en  terre  cuite,des  cristaux  docritspar 
Rome-Delisle ,  et  Ton  a  place,  en  tete  de  chaque  espece  mine- 
rTde,  ceux  des  divers  cristaux  qu'elles  presentent  executes  en 
bols,  avec  une  extreme  precision  ,  d'aprcs  les  formes  et  la  uiesure 
des  angles  determines  par  M.  Haiiy. 

Les  echantillons  sont ,  presque  tons,  de  la  meme  grosseur; 
le  volume  de  cliacun  d'eux  n'exccde  pas  celui  de  %  po.  cubes  ; 
la  cassure  en  est  vive,  franclie  ,  et  nieme  pittoresque  sous  tons 
les  aspects  ;  cette  qualile  n'aioute  rlen  a  leur  valeur  reeile,  mais 
elle  concourt  a  etablir  un  ordre  regulier,  et  rtpand  beaucoui> 
d'agrenient  sur  I'ensemble  de  leur  exposition. 

Cette  collection  ne  sera  point  divisee ;  et ,  pour  I'interet  de  la 
science,  il  est  a  desirer  qu'elle  soit  conservee  dans  toute  sonln- 
tegrite,  parce  qu'elle  est  une  des  plus  completes  qui  existent,  el 
que,  sous  un  mediocre  volume,  elle  offre  toutes  les  ressources 
que  Ton  pent  desirer  pour  I'etude  de  la  raineralogie  dans  le  si- 
lence du  cabinet. 

Elle  est  le  resultat  de  trente  annees  de  reclierclies  d'un  ancien 
j)rofcsseur  de  I'Ecole  polyteclinique ,  qui  a  cte,  pendant  long- 
lemps  ,  en  situation  de  correspondrc  directement ,  et  de  faire 
des  echanges  avec  les  naturalistes  les  plus  distingues  de  I'Europe, 
ce  quil'a  mis  a  portee  de  la  completer  ,  et  de  I'enrichlr  a  tel  point 
que  ,  dans  son  etat  actuel ,  il  u'est  pas  de  galerie  de  prince,  de 
cabinet  de  savant  ou  d'amalcur,  ni  mtme  d'etablissement  con- 
sacre  a  Tinslruclion  publique,  en  quelque  contree  que  ce  soit, 
dont ,  en  outre  de  son  utilile  pour  I'etude ,  elle  ne  puisse  faIre  un 
di's  plus  precieux  ornemens  (i). 


(i)  Les  niint'raiix  el  fossiles  de  coltc  colltcfion  sont  rcparljs  dans  1 16 
iroirs,  ilivisc's  cliacuti  en   .'JG  cases;   les  e(  hantilloas  des  sulistances 


344  Mineralogie. 

La  vente  de  cette  collection  sera  faite  a  Paris  et  sera  annoncee 
par  des  affiches;  mais,  en  attendant  cette  epoque,  on  pourra 
trailer  de  gre  a  gre ,  pour  le  tout  ou  partle ,  s'il  est  fait  des  offres 
suffisantes. 

On  pent  la  visiter  tons  les  jours,  dcpuis  dix  henres  du  matin 
jusques  a  quatre  heures  du  soir,  rue  Castex,  n".  5,  pros  la  place 
de  la  Bastille,  a  Paris. 

Le  catalogue  en  sera  envoye  franc  de  port  aux  personnes  qui 
en  feroHt  la  demande  par  (icrit  a  M.  Robert,  rue  Castex ,  n°.  5. 
Toutes  Ics  letlres  doivent  etre  affranchies. 

A22.  A  Perspective  view  of  the  work  of  the  colliery,  etc. 
Vue  perspective  des  ouvrages  consfruits  pour  I'exploit.itlon 
de  la  mine  de  cbarbon-de-terre  de  Hellon ,  dans  le  comtc  de 
Durliam;  des  plans  borizonlaux  ,  inclines  ct  agissant  d'eux- 
memes  ,  avec  des  machines  locomotrices  et  autres  qui  y  sont 
employees ,  ainsi  que  le  depot  qui  se  decharge  de  lui-meme 
sur  les  rives  de  la  Wear,  pres  de  Sunderland  ,  avec  une  section 
de  la  fosse  et  des  couches.  Londres;  iSaS. 

lares  ou  de'licatcs  ,  au  nombre  de  plus  de  laoo,  sont  contcnus  dans  de 
pelitcs  boites  ou  dans  dc  petits  bocaiix  de  cristal  f|ui  s'encastrcnt  dans 
les  cases  des  tiroirs,  ce  qui  les  garanlit  du  contact  des  mains  lorsqu'on 
veut  les  examiner  se'jiare'nient. 

On  a  laissc  C  cases  vides  sur  TarritTe  de  chaque  tiroir,  ce  qui  donne 
le  moyen  de  placer  a  volonfe'  les  t'cliantillons  des  variete's  que  I'ou  do- 
sircrait  ajouter  a  la  collection,  et  de  les  intercaler  ainsi  a  la  place 
qu'ils  doivent  occupcr  ,  sans  elre  oblige  de  de'ranger  I'ordre  general 
pour  les  y  introduire. 

Le  tout  estrcnferme  dans  dcnx  arnioiresen  liois  de  chene  ct  vitre'es, 
de  me'diocre  grandeur,  cgales  et  paicilles  entr'elles  ,  n'ayant  chacunc 
que  5  pieds  8  pouces  de  hauteur,  2  pieds  9  pouces  delargeur,  et  i3 
pouces  de  profondcur. 

Tons  les  tiroirs  peuvent  etre  ])lace's  et  trcs-solidement  installes  dans 
trois  fortes  caisscs  semhlables  entrc  ellcs,  qui  ont  ele  construites  a  I'a- 
vance,  ct  dispose'cs  tout  expres  pour  les  recevoir  ct  les  mainlenir  avec 
des  coins,  dc  manirrc  qu'ils  ne  puissent  y  cprouver  aucune  espece  de 
baloltement  entre  eux,  cc  qui  favorise  siugulierement  IVniballage, 
renvoi  ct  le  transjiort  de  toute  la  collection  ,  en  tout  pays,  nienic  dans 
les  contrces  les  plus  eloiguees,  ct  la  pn'scrvc  de  toute  avaric  pendant 
le  trajet. 

Le  poids  des  mine'iaux  el  ccbii  des  tiroirs,  avic  les  caisscs  d'cuibal- 
lage,n'cxc<'dc  pas  en  lout  iicuf  cents  kilogrammes  (  dix  luiit  cents  livrcs 
poids  dc  marc.  ) 


Botamquc.  S^-** 


BOTANinUE. 

4'23.  Grundjuge  einer  allcemeinen  Pflanzen  ceographie. 
Elcmens  de  geogi'apliie  gtiiicrale  dcs  plantes;  trnduitsdudanois 
en  allemand  par  I'auteur ,  le  D"^.  Ivach.  Fred.  Schouw.  i  vol. 
in-8°.  Berlin;  i823  ;  G.  Reimers. 

M.  Schouw  offre  dans  cet  ouvrage  un  resume  interessant  de  ce 
qui  a  ete  ecrit  sur  ce  sujet ;  et  il  y  joint  les  observations  qu'il 
a  faites  Ini  meme  dans  la  Scandinavie ,  en  Suisse,  en  Italic  et  en 
Sicile. 

II  definit  la  geogi-aphie  des  plantes  une  science  qui  presente 
les  stations,  tcxtensioii  et  la  distribution  des  plantes....  ainsi 
que  les  differences  actuelles  dans  la  ci'/^vtation  du  globe ,  en 
ay-ant  egard  aux  agens  extericnrs. 

Comme  cette  definition  I'annonce,  I'ouvrage  renferme  trois 
sections  : 

I.  Agens  exterieurs,  qui  determinent  les  rapports  locaux  des 
plantes. 

II.  Formes  differentes  des  plantes ,  eu  egard  a  leurs  rapports 
totaux.  (  Topologie  des  plantes.   ) 

III.  Differences  que  presente  la  vegetation  dans  les  diverses 
parties  du  globe.  (  Phytogeographie  proprement  dite.  ) 

I'^  .  section.  M.  Schouw  traite  des  agens  e.itcrieurs,  Vair ,  le 
sol  et  I'eau,  ainsi  que  des  phcnomenes  qui  en  dependent,  et 
dont  chacun  agit  dans  des  combinaisons  dilTerentes.  Nousne  le 
suivrons  pas  dans  cet  examen ,  parce  que  la  question  n'est  pour 
ainsi  dire  ,  et  selon  I'auteur  lui-raenie  ,  qu'une  partie  accessoire 
de  la  geographic  des  plantes. 

11^.  section.  Topologie  des  plantes. 

L'auteur  distingue  ici  la  station  (  vorkoniuien  ,  )  Vextension  ,  la 
distribution,  \a.  region  et  la  patrie ,  ce  dernier  mot  s'appliquant 
au  lieu  natal  des  plnntes  cultivces. 

A.  Topologie  des  especes. 

i".  Les  stations  des  plantes  peuvent  etre  consideres,  a.  sous 

le  rapport  du  milieu  dans  lequel  elles  vivcnl  ,  Plnnta'  subterra- 

iicn',  ofjiiaticce,  etc.; — b.  sous  le  rapport  de  raltachc  ;  pi.  libei-a; , 

trnre  adfixir,  etc.;~r.  par  rajjport  aiix  aiiUcs  ])Iantes,  avcc  les- 


346  BotdiiKjue. 

qucllcs  cllrs  rroissfnt,/;/.  locnnim  cultorutn  sen  inciiltorain;  —  d. 
par  rapporl  a  la  lumiere  ,pl.  lucis  expertcs ,  apriccv ,  etc. 

2°.  Quant  a  V extension ,  les  plantes  ont  leurs  zones  dS  latitude 
ct  de  longitude,  et  leur  region.  Dans  la  zone  teniperee  de  I'lie- 
misphere  boreal,  la  zone  moyenne  de  latitude  (pour  les  pha- 
nerogames),  parait  etre  de  io-i5  degres.  Celle  des  cryptogaines 
est  l)eaticoup  plus  considerable. 

La  zone  de  longitude  est  beaucoup  moins  bornec. 

Les  regions  sont  plus  resserrees  sous  la  zone  torridc  que  sous 
la  zone  temperee. 

3°.  Dans  la  distribution.  Ton  distingue  les  plantes  sociales  : 
Erica  vulgaris,  Pinus  syhestris,  Juncus  bufonius,c\c.  etlesplantes 
solitaires  :  Monotropa  hypopitys,  Julhcricuni  liliago,  etc. 

M.  Schouw  applique  ces  considerations  an  lielre  coinmun  et  a 

la  vigne. 

B.  Tope  logic  des  genres. 

IcI  la  distribution  a  plus  d'imporlance  que  les  stations  el  {'ex- 
tension , 

Ces  especes  sont  melees,  ou  elles  sc  sul/stiluent  (se  remplacenl); 
parexeraple,rtv7c«  arborca  reniplace  dans  le  niidil'tvYtY/  vulgaris. 

II  y  a  aussi  des  representans.  Ainsi  les  aster  et  sonchus  alpinus 
reprcsentent  dans  les  Alpes  ces  genres  de  la  plalne. 

M.  Scliouw  examine  sons  ces  points  de  vue  les  genres  Pinus  ct 

Erica. 

C.  Topologie  des  families. 

La  plupart  des  auleurs  ont  neglige  les  rapports  de  station, 
iVextension  et  de  dislribuC'ion.  On  trouve  au  conlraire  beaucoup  tie 
renscigneniens  dans  \es,  Nova  genera  de  MM.liuniboliiletlvunlli, 
et  les  ouvrages  dc  MM.  de  Candollc,  Brown,  VValilenberg,  etc. 

L'auleur  passe  en  revue  les  graniinees,  pour  lesqucUes  il  adoplc 
le.s  coupes  etablics  par  M.  Kuntb,  les  cjpcracees,  les  pnlmiers,  les 
proteaceesjlcs  cactus,  les  syngeneses,  les  cruciferes  et  les  Icgu- 
mineuses. 

Le  cliapitrc  des  rapports  locaux  des  ocotjledones ,  monocoty- 
ledones  et  dicotyledoncs ,  of/re  un  tres-bon  precis  des  principaux 

••  • 

ouvrages  sur  cette  matiere.  ^ 

111",  section.  Coinparaison  des  di/fereides  parties  du  globe, 
sous  le  rapporl  de  leurs  produils  vegelaux.  {Geographic  botunique 
propremcnl  dite.) 


Botanique.  S^y 

Ellc  coniprcnd  la  crtniparaison  ,  sons  le  rapport  dii  climat  el 
(Ic  la  vet,'ctation,  i".  des  latitudes;  7.°.  des  longitudes;  3°.  des 
deux  hemispheres;  4"-  de  regions  dit'ferentes  sous  lesmemes  lati- 
tudes et  longitudes,  et  \'ice  versa;  5".  des  zones  et  des  regions; 
6".  des  continens  et  des  iles ,  de  I'iuterieur  et  des  cotes;  70.  du  sol 
et  de  I'ean. 

Cette  partie  de  I'ouvrage  est,  coranie  on  le  pensebien,  peu 
susceptible  d'analyse.  Nous  dlrons  seulement  qu'entreautres  prin- 
cipes,  M.  Schouw  admet  que  les  deux  zones  temperees  ont  plus 
de  lapports  entre  elles  c|u'ancune  d'elles  avec  la  zone  torride. 

II  ])ropose,  pour  indiquer  les  regions,  les  denominations  de 
terminus  nivalis,  arbuscuiarum  ,  arhoreus ,  comme  plus  precis 
que  ceux  de  regio  alpina ,  montana,  collina,  qui  ne  presentent 
pas  nne  idee  fixe,  parce  que  la  liauteur  varie  seion  les  latitudes. 

M.  Schouw  etablit,  d'apres  la  culture,  les  regions  sulvantes  : 
vers  le  pole  :  la  region  de  I'agriculture  et  celle  des  troupeaux ; 
dans  la  Suisse  du  Nord  :  celle  du  vin,  des  grains  ,  des  troupeaux  ; 
- — -dans  I'Apennin  :  celles  de  I'oranger  et  de  I'olivier-,  de  la  "vigne, 
dfs  grains,  des  bois,  des  trotipeaux;  —  sous  la  zone  torride, 
dans  I'liemisphere  austral:  les  regions  desbananiers,  du  mais,  des 
giains  d'Europe,  et  la  region  non  cultivee,  mais  produisant  en- 
core des  ]iommes-de-terre,  et  quelques  legumes. 

Get  ouvrage  se  termine  par  I'essai  d'une  division  phytogeogra- 
phique  du  globe  en  22  rojaiimes.  (  Reicke.  )  Nous  croyons  inu- 
tile de  les  reproduire  ici.  Quelques-unes  de  ces  coupes  sont 
suffisamment  Iranchees;  par  cxemple,  la  7*^.  :  cierges,  poivre  et 
ffic/astoines ;  la  14'^.,  epncridees  et  eucalyptus;  la  15".,  viesem- 
hryentheinuni  Q,\.  stapelia ,  (nous  n'avons  pas  besoin  de  designer 
les  pays  auxqucls  elles  se  rapportent );  d'autres  sont  trop  vagues 
pour  etre  admises.  Ce  tableau  a  d'ailleurs  I'inconvenient  de  man- 
quer  d'homogeneire,  les  denominations  etant  empruntees  tanlol. 
aux  plantcs  et  tantot  aux  pays.  D.  U. 

424.  Une  reunion  des  Botanistes  pour  la  composition  uun 
System  A  vegetabilium  est-elle  necessaire  et  possible?  par 
le  D"".  Steudel.  (/«.y,  iSaS;  XF.  vol.,  p.  i23.) 

M.StcudeJ,  a  qui  la  publication  du  NouiencUUor  hotanicus  a  ac- 
quis tant  de  droits  a  la  reconnaissance  du  monde  savant ,  discuto 
ici  une  question  ,  qui ,  considerec  (lans  son  ensemble ,  a  incontcs- 
lablenient  le  mcrile  tie  la  nouvcautc.  11  ])i()uvc  aisementla  ncces- 


348  Jiotatii(j7in. 

site  fl'un  repertoire  general  dc  nos  ricliesses  botaniques.  Dun 
autre  cot^,  Ton  comprend  que  cette  enlrcprise  est,  par  sa  na- 
ture, au-dessus  des  forces  d'un  seul  lionime,  ce  (ju'i  n'est  que  trop 
confirme  par  I'experience.  M.  Steudel  rcgarde  le  conimenceuient 
du  Species  de  M.  de  Candolle  corame  ce  que  nous  avons  de  plus 
parfait  en  ce  genre.  II  ne  pouvait  encore  avoir  connaissance  du 
i^"".  vol.  du  Prodromus  du  meme  auteur,  dont  I'ensemble  nous 
dedommagera  un  peu  de  I'interruption  de  son  Species. 

M.  Trattinnik  forma  en  1817  le  projet  d'cnlrcprendre  ce  tra- 
vail ,  et  fit  {Gaz.  inetl.  chir.  de  Saltzbourg )  un  appcl  a  tous  les  bo- 
tanlstes,  en  les  priant  de  lui  conimuniqucr  leurs  decouvcrtes. 
BeancDup  d'obstacles,  que  Ton  concoit,  s'opposaient  au  succes 
de  ce  projet,  sans  parler  de  I'incertitude  du  debit  de  I'ouvrage  , 
en  raison  de  la  quantite  des  volumes ,  dont  chacun  nc  devait  con- 
tenir  que  2  ou  3oo  especes. 

M.  Steudel  rappelle  aussi  la  proposition  de  M.  Poiret  [Enc. 
meth.  Bat.,  suppl. ,  t.  1  ,  p.  8),  et  expose  son  pi-opre  projet,  qui 
consiste  a  former  une  union  de  tous  les  holanistes  du  rnonde ,  el 
par  ce  nioyen,  un  tribunal  hotanique. 

Voici  les  principales  idees  de  son  plan  : 

i".  II  s'clablira  des  relations  constantes  et  plus  intinies  cnlrc 
toutes  les  Societes  de  botanique  et  tous  les  botanistos;  Ic  siege 
central  de  I'union  pourra  etre  place  dans  la  ville  qui  offrira  le 
plus  de  ressources  dans  ce  genre. 

3.".  II  sera  forme,  au  chef-lieu  de  I'union,  un  herhier  normal 
general.  II  en  sera  forme  ,  autant  que  possible,  un  sur  le  meme 
modele  dans  cliaque  Societe. 

V\  L'union  composcr.i  sur  I'herbier  normal  un  Systerna  cege- 
tabiliutn. 

1°.  Aucun  ouvrage  de  botanique  ne  sera  cite,  aucune  plantc  ne 
sera  regardee  comme  rile  cogiula ,  sans  avoir  etc,  I'un  approuve , 
I'antrc  reconnue  par  I'union. 

5".  L'union  fera  publicr  un  journal  general  dc  botanique. 

Ce  projet  fait  honneur  aux  sentimcns  de  M.  Stendel.  II  n'a  dans 
les  calculs  oublie  qu'unc  chose  :  les  petites  passions  humaincs , 
(pii  reussiraicnt  pcut-etre  a  sc  glisser  meme  dans  le  ca-ur  des  bo- 
lanislcs.  ^^'  ^  • 

4a5.  MagaziN    nr.s  Aksthetischkn    Hotanik.,  etc.   Magasin   de 
botanique  csthelique.  Icones  el  descripliones  planUuuni   eul~ 


Botaniqiie.  3^9 

tnrum   et  colemlnriim  ndditd  colcndi  ratio nc ,   par   H.  C   L, 
Reichf.nbach.  In-/|.  Fasc,  i ,  2  ,  3  et  4-  Leipzick  ;  1821. 

Get  ouvrage ,  destine  a  faire  connattrc  par  des  descriptions 
el  des  figures  lesplantes  rares  cultivees  dans  lesjardins  de  I'Eii- 
rope,  se  public  par  fascicules  dont  les  4  i*"^*-  ont  deja  paru  et 
contiennent  les  plantes  dont  nous  allons  donner  une  enumera- 
tion abregee.  i*^*^.  Fasc.  Tab.  \.  Dracocephalum  argiinense Fisch., 
phmte  originaire  de  Siberia,  qui  a  beancoup  de  rapports  avec  le 
D.  Ruyschiana  L.  Tab.  1.  Mioporum  oppositifoliuin  et  M.  par- 
vifolhun.  Brown.  Tab.  3.  Gloxinia  maculata  de  Reiclienbacli , 
espece  nouvelle  ainsi  caraclerisee  :  G.  Caiilc  foliis  peduncu- 
Usque  glabris.  Tab.  4-  Gloxinia  speciosa  Edw.  Bot.  reg:,  tres-belie 
plante  vcnant  de  TAmerique  raeridionale,  qui  a  etc  confondue 
dans  les  catalogues  des  jardins,  sous  les  noips  de  G.Jorinosa, 
superba,  longijlora,  Elle  se  multiplie  comme  le  Brjophyllum, 
au  moyen  de  ses  feuilles  placees  en  terre.  Tab.  5.  Lychnis  fulgens 
Fischer.  Voisine  du  L.  Chalcedonica  et,  comme  dans  cette  espece, 
ayant  une  coroUe  du  plus  bel  ecarlate.  M.  Reichenbach ,  pour 
les  distinguer,  a  donne  de  nouvelles  phrases  specifiques.  Tab.  6. 
Bauera  Rubi(efolia. 

%".  Fascicule.  Tab.  7.  Cactus  speciosus  Reichenbach ,  dont 
void  le  caractere  :  C.  ercclus  quadrangularis ,  angulis  obtusa- 
tis  dentatis,  spinis  verrucarum  squarnaruinque  calycis  rigid  is  pun- 
gentibus.  Tab.  8.  f .  i .  Melaleuca  parvijlora  H.  Berol.,  qui  se 
distingue  du  M.  thymifoUa  de  Smith ,  avec  lequel  on  I'a  con- 
fondu,  par  ses  feuilles  plus  aigucs  et  presque  sans  ncrvure.  Id. , 
f.  1.  Melaleuca  pulchcUa.  Brown.  Tab.  9,  f.  i  et  2.  Calothatnnus 
quadrifida,  et  C.  f'illosa  Brown.  Tab.  10.  Hallia  imbricata  Pers. 
Tab.  II.  Chorizema  nana  de  Sims.  Bot.  Mag.  ou  Pulteniea  nana 
d' Andrews.  Tab.   12.  Acacia  decipiens  et  A.  Bijlora.  Brown. 

Fasc.  3.  Tab.  i3.  Aponogeton  distachyon.yif iWA.  Tab.  1 4.  Pelio- 
santhes  teta  Brown.  Plante  des  Indes  orientales,  conslituant  un 
genre  nouveau  del'hcxandrie  monogynie  et  de  la  famillc  des  As- 
pargees.  Tab.  i5.  Gazania  pavonia  Andr.  Plante  vivace  du  cap 
de  Bonne-Esperance,  qui  diffcre  par  son  calice  monophylie  du 
Gortcria  rigens ,  auquel  clle  ressemble  d'aillcnrs  beaucoup. 
Tab.  i6.  Tcvdia  lucida  Rudolph.  Tab.  17.  Tristania  neriifolin 
Reich,  ou  Melaleuca  neriifolia  de  Sims.  Tab.  18.  Sietvartia pen- 
tagyna.  Willd. 


55o  BoUuiKjue. 

Fascicul.  /f.  T.  19.  F.  i  et  ?.  Edwnrsia  tetrnptera  Ot  E.  inicro- 
phylla ,  qui  elaient  r.-i])portc's  iiu  genre  Soj)hora  par  Willdenow 
et  Persoon.  Tab.  20.  l.iij>iniis  v(uicf;atuii.  Eiicycl. ,  ou  L.  Noot- 
katensis  Sims. ,  espece  de  la  Nouvelle-Hollaniic.  Tab.  21.  Lipa- 
ria  hirsuta  "\Yilld.'  Tab.  11.  Justicia  hlcolor  Sims.  23.  Eahca 
pugioniformis  (  avanllles  et  M.  acicularis  Brown. 

Les  descriptions  de  ces  plantrs  et  leur  synonymic  sont  engeni-- 
ral  assez  bien  faites  et  presentent  une  critique  juste  et  remplie 
dVrudition.  On  dcsirerait  que  les  details  relatifs  a  la  culture  f'us- 
sent  moins  abreges. 

L'cxecution  des  gravures,  et  leurs  enluminures  surlout ,  sont 
loin  d'etre  faites  avec  la  perfection  (pi'exigent  ces  sortes  d'ouvra- 
ges;  les  deux  Gloxinia,  par  exemple,  sont  assez  mal  represen- 
tees pour  etre  a  peine  reconnaissables.  (  G...  N.  ) 

426.  Exotic  flora,  etc.,  hy^N.  .T.  Hooker.  Part.  vii.  Fcvricr 
1824.  (  Foyez  le  n".  208  du  Bulletin  de  fevrier.  ) 
Cet  ouvrage  continue  a  paraitre  par  numeros  mensucls  an  lieu 
de  se  publier  tons  les  trols  mois  comme  I'anncc  preccdente. 
Cbaquc  numero  renferine  six  planches  ,  celui  dc  fevrier  ronlieiit. 
les  especes  suivantes  : 

85.  Monotropa  iiniflora.  Mich. 

8G.  Schizanthus  porri^ens.  Pediccllis  fructus  patcntibns  disti- 
chis  rectiuscuUs ;  corollae  labio  inferiorc  pallide  purpureo.  Gra- 
ham. Mss. 

Cette  plante  decouverte  au  Chili  par  M.  Graham  differc  du 
Schizanthus  ]>innatu.i  de  Pavon  et  Ruiz,  deja  figure  dans  V Exotic 
flora  par  ses  pedicelles  qui  restent  droits  et  dcsseches  a  I'epoque 
de  la  maturation  des  fruits,  tandis  que  dans  le  Sc/i.  pinnatus  ils 
sont  diriges  tous  du  miime  cote  et  recourbes  en  crochet  au  som- 
met.  La  plante  figuree  dans  le  Bat.  n-g.,  n<>.  72^  ,  parait  appar- 
tenlr  au  S'/i.  porrigens  et  non  au  ScJu  pinnatus. 

87.  Halccnasia  hlcpliariglottis.  Radiclbus  fasciculalis,  labello 
lanceolalo  ciliato  longltudiue  pctalL  supremi,  cornu  longlsslmo 
genuine  paululum  breviore. 

Orchis  hlephariglottis  Willd. 

88.  Putcntilla  ucpalensis.  Caule  crecto  multifloro,  foliis  qui- 
natis  caullnls  ternis,  foliolis  obovato-lanceolatls;  acute  serratis 
sericeo- pilosis,  sllpulis  ovatis ,  j)etalis  rubicundis  obcordalls 
<alyf:c  longloribus. 


Botanique.  55 1 

Cptle  planle  cnvoycc  du  Nepal  par  M.  AValiioh  est  trcs-remar- 
quable  par  ses  flciiis  rouc;es. 

89.  Begonia  picta.  vSiiiith. 

Des  analyses  plus  ou  moins  detailk-es  arconipagnent  Ifs  figures 
de  cos  diverses  plantes ;  on  remarque  surtout  dans  ce  cacliier  celle 
du  Schizanthus  porrigens.  A.  Bk. 

427.  SylLOGE  PLANTARUM  NOVAROM   VEL  minus  COO'lTAKUM. 

Cet  ouvrage  est ,  comme  son  litre  I'indiqiie,  un  recueil  de 
descriptions  de  plantes  ou  tout-a  fait  noiivelles,  ou  dont  la  con- 
naissance  iniparfaite  necessitait  une  revision.  Elles  etaient  con- 
signees dans  la  Gazette  botanique  de  Ratisbonne,  et  le  Sylloge  en 
est  I'assemblage  tire  a  part.  Plusieurs  botanistes,  la  plupart  alle- 
iTiands,  ont  concouru  a  sa  redaction.  II  est  a  regretter  que  leurs 
observations  ne  soienl  pas  rangees  suivant  un  ordre  metliodique 
quelconque;  elles  risqneraient  beaucoup  moins  d'ecliapper  a 
I'atlention  dcs  botanistes.  A  I'exception  d'une  seule  plancherepre- 
sentant  deux  cliaiupignons  nouveaux  et  ies  details  de  leur  strue- 
tui'e,  I'abseuce  des  figures  se  fait  trop  sentir  dans  cet  ouvrage; 
car  on  convient  generalement  que  celles-ci  en  disentplus  aux  na- 
turalistcs,  relalivement  aux  especes,  que  Ies  descriptions  Ies  inieux 
faites  et  Ies  plus  detaillees.  S'il  nous  est  impossible  de  presenter 
meme  une  simple  liste  des  plantes  nouvelles  ,  tant  celles-ci  sont 
nombreuses ,  nous  essayerons  du  moins  de  donner  une  idee  ge- 
nerale,  s  r  la  maniere  dont  I'ouvrage  est  redige ,  puis  nous  ci- 
terons  ce  qui   nous  y  a  semblo  de  plus  remarquable. 

Dans  cliaque  description  ,  I'exposition  des  caracteres  y  est  tra- 
c^e  avec  details,  la  synonymic  etablie  quand  il  s'agit  d'espec'es 
doutcuses,  et  la  critique  eclairee  par  dcs  comparaisons  avec  Ies 
plantes  voisines,  et  par  Ies  differences  qui  existent  entre  elles. 

M.  Nees  «i'Esenbeck  dt'crit  une  nouvelle  espece  du  genre 
Lcptochloa  de  Beauvois,  qu'il  nomnie  L.  procera ,  et  cette 
])lante  lui  fournit  I'occasion  de  rectifier  Ies  caracteres  generiques. 
Plusieurs  especes  nouvelles  ,  la  plupart  rapport  ees  d'Amerique 
])ar  M.  Berlero,  et  du  Levant  par  M.  Sieber  ,  sont  decrites  par 
M.  Schultes.  Le  profcsseur  West  fait  connaiire  deux  plantes  de 
la  Styrie,  sous  Ics  noras  d' .■hu/ieinis  Slyriaca  et  de  Cjtisus  virga- 
tus.  Les  differences  qui  caracterisent  Ics  Th/aspi  wonlanuui ,  Ii. 
7". /jrrtvo.r  Wolf .  et  T.  alpinuin  .Tacq.,  soul  demon  trees  par  IW.  le 


35^  Bota7iique. 

D*.  Koch.  M.  Reichenbach  public  un  conspeclns  des  especes  dil 
genre  Myosotis,  indigenes  dc  rAllemaf;ne ;  elles  sont  an  nombre  de 
1 5  sans  y  romprendre  les  Echinosperinum.  Lappuhi ,  E.  squn- 
mosuin  et  E.  dejlcxum  qui  en  faisaient  pnrtie.  M.  Sclirank  donne 
les  caracteres  de  4  nouveaux  genres  qu'il  noninie  Hypolkonia , 
Brehmia,  Amphihecis  et  Flngalia.  Les  especes  a  I'aide  desquelles 
ces  genres  ont  ete  formes  sont  des  plantes  du  Bresll  represen- 
tees par  M.  Martins.  Deux  d'entre  elles,  Amphibecis  violaccact 
Fingalia  hcxagona ,  ont  ete  cultivees  en  Europe  par  I'auteur, 
qui  en  donne  une  description. 

Six  plantes  nouvelles  de  Java  sont  decrites  par  M.  Necs  d'E- 
senbeck.  Cc  sont  2  especes  de  Casses  ,  un  Deliina  un  Hibiscus  et 
le  Reinwardtia,  nouveau  genre  de  la  monadelpliie  polyandrie  et 
que  I'auteur  rapporte  aux  tiliacees.  Une  lettre  du  professeur  Wall- 
rotli ,  renf'erme  la  monographic  des  8  especes  du  genre  Malva, 
qui  croissenl  naturelleraent  en  Allemagne.  Les  genres  suivans  , 
de  la  famille  des  Scitaminees ,  sont  reforraes  par  M.  Schrank ;  ce 
sont  les  Carina,  Ainomurn  ,  Ceratanthcra  ,  Zerumbet ,  Brcvius , 
Kcempferia  et  Phryniutn.  Le  Sjllogc plantarum  renferme  en  ou- 
tre les  descriptions  d'uiie  grande  quantito  d'especes  par  MM. 
Sternberg  ,  Lang  ,  Braun,  West,  Gay,  Sclirank,  etc.,  mais  dont 
nous  ne  pouvons  pas  meme  indiquer  les  denominations^  vu  leur 
grand  nombre  et  le  defaut  absolu  d'ordre  suivant  lequel  elles  se 
presentent  a  la  lecture.  On  y  trouve  aussi  des  extraits  des  mc- 
moires  publics  soit  dans  des  collections  de  memoircs,  soit  dans 
des  journaux  scientifiques ,  tels  que  les  notices  de  M.  Moretti, 
sur  les  plantes  rarcs  de  I'ltalie ,  les  nouveaux  genres  et  especes  de 
M.  Liedley,  etc. 

Plusleurs  memoires  iniportans  de  cryptogamie  sont  contenus 
dans  I'ouvrage  que  nous  annonoons.  M.  Ilornsclmch  etablit  parmi 
les  mousses  un  nouveau  genre  sous  le  nom  de  Ftychostonium , 
dont  il  dccrit  3  especes.  M.  Wees  d'Esenbeck  a  revu  les  Jimgcr- 
mannia  d' Allemagne  publlecs,  par  M.  Funck  et  y  a  ajoutti  plu- 
sleurs especes.  Le  baron  Bivona  constitue,  sous  le  nom  dcAVvV/rt^rt, 
un  nouveau  genre  d'algues  marines,  volsin  ^u.  Spoiigoduim  de 
Lamouroux.  Enfin  M.  Eschweilcr  donne  les  descriptions  de 
G  cryptogamcs  du  Bresil.  Quclques-unes  ont  ete  trouvees  sur  des 
feuillcs  de  plantes  dans  I'licrbier  du  prince  de  Neuwied.  L'auteur 
en  Ibrme  les  nouveaux  genres  Acropliyton ,  Gliotrichuin  et  Ha- 
plotriclniin.  Chacuu  d'eux  nc  conticitt  qu'une  sculccspece,  savoir  : 


Botnnique.  355 

K Acrophyton  Principis  ,  le  Gliotrichuin  Casselix  ct  X Haplotri- 
churn  caiididum.  Les  deux  premieres  sonL"  accompagn^cs  d'une 
gravure  sur  culvre.  Les  autres  cryptogames  sont  V Aspergillus 
glaucus  de  Linck,  V Acladium  siinplicissiiniiin  Nov.Sp.,  el  le  Jun- 
gcnnania  transvcrsalis  de  Swarlz.  J.  A .  Guillemin. 

428.CLAVIS    REM     HERBARIAM   ADniSCENDI,    ABSQUE    PR^CEPTORE, 

etc.  iii-8".  pars  2'.  3.  lire.  Pavia  ;  i8ct3 ;  Fusi  e  comp. 
429.  Note  sur  une  grappe  de  raisin  developpec  sans  ancunc  trace 

de  feuilles,  nu  milieu  d'un  tronc  de  vigne.  (  Journ.  de  Phys.  ^ 

Cliimie ,  etc.  Octobre  1822  ,  p.  32o.  ) 

M.  d'Hombres  Firinas  ,  dans  un  des  cahiers  du  tome  precedent, 
a  rapporte  I'observation  curieuse  d'un  thyrse  dc  lilas,  developpc 
en  sortant  de  lerre,  conime  s'il  y  avail  ete  plante  artificielle- 
ment  (i).  L'observation  que  nous  signalons  a  quelque  analogie 
avec  elle.  Un  pied  de  vigne  assez  considerable,  de  presde  3  pouces 
de  diamelre  sur  au  moins  3  ou  4  pieds  de  hauteur  avanl  ses  rami- 
fications, a  pousse,  dans  le  milieu  de  son  etendue,  une  grappe 
<le  raisin  assez  forle,  sans  qu'il  y  eut  aucune  trace  de  feuilles  a 
soil  origine.  Cette  grappe  a  muri  assez  dif'ficilement.  Au  moisd'oc- 
tobre  elle  n'etait  pas  encore  mure,  quoique  cette  annee,  enNor- 
mandie  ,  a  quelques  lieues  de  Dieppe,  ou  ce  fait  a  ete  observe, 
le  raisin  ait  muri  completement  el  de  bonne  heure.  II  est  vrai  que 
toutes  les  branches  de  celte  vigne  avaient  ete  entiercuient  pri- 
vees  de  leurs  feuilles,  par  la  voracite  des  rats,  qui  out  pullule, 
ainsi  que  les  mulcts,  d'une  maniere  desolanle,  cette  onnee,  en 
Normandie  comme  dans  tout  le  reste  de  la  France,  probable- 
ment  a  cause  de  la  douceur  de  I'hiver. 

43o.  Systematische  Bi'.schreibu?«^g  der  Kernobstsorten.  Des- 
cription systeraatique  des  difrerentes  sortes  de  fruits  anoyaux, 
par  F.  A.  Diel.  in-8°.  avec  fig.  torn.  11.  Prix  :  2  f.  12  kr. 
Stuttg.'ird;  i823;Cotta. 

43  I.  HiSTOIRE   DES    DKVErOPPEMENS  DE  QUELQUES  GEMMES  BULBI- 

feres,  el  principalciiienl  de   ccUes  du  Colchique,  par  M.  de 
Tristan. (  Mem.  du  Mus.  r823,  to.  X,  p.  36,  avec  3  pi.  ) 
Si  parmi  nous  les  sciences  sont  ctudices  dans  un  mcilleur  es- 
prit peul-etre  que  chcz  plusieurs  aulres  peuples,  il  faut  conve- 

(i)  Puisquc  nous  avons  roccasion  de  citer  ce  fait,  nous  en  prolilc- 
rons  pour  diro  que  les  termes  de  la  lettredeM.  D'!lonil)ics  oot  rapiiurt 
•I  r('po({',i(!  d'avril   :,Sn  :i  lujiiellc  il  c'crivait.  R. 

B.  Tome  I.  a3 


554  Botnnique. 

nil"  qu'elles  y  sont  I'apannge  d'nn  nombro  <1(^  porsoiinps  beau- 
coup  inoins  considerable.  Ainsi,  tandis  qu'cn  Alleinagnc  ,  les 
homines  des  classes  les  plus  efevees  s'lionorent  de  cultivor  les 
sciences,  et  excitent  chez  la  jeunesse  une  noble  emulation;  trop 
souvent,  parrai  nous,  les  connaissances  les  plus  utiles  sont  de- 
daignees  par  ceux-la  meme  qui  profitent  le  plus  deleurs  rcsul- 
tafs.  Si  les  grands  proprictaires,  qui  ont  tant  de  loisir,  en  consa- 
craient  une  parlie  a  I'etude  des  sciences  ,  nous  osons  lour  garan- 
tir  qu'ils  ajoutcraient  a  leur  bonheur,  et  I'on  pourrait  esperer 
d'hommcs  indopendans  et  ef rangers  aux  speculations  de  la  llbrai- 
rie,  un  grand  nombre  d'observations  faites  en  conscience.  L'au- 
teur  du  memoire  que  nous  annoncons  est  un  heureux  exemple 
de  cc  que  nous  avancons  ici.  Au  milieu  des  jouissances  que  pro- 
curent  Testime  publique,  un  rang  honorable  ,  une  fortune  hon- 
nete,  il  a  souvent  repete  que  la  culture  des  sciences  lui  avait 
procure  les  plus  doux  instans  ;  et  les  nraatcurs  de  Thistoire  nalu- 
relle  lui  sont  redevables  de  plusieurs  bons  meraoires,  tels  que 
les  affiniu'-s  du  genre  reseda  ,  cclui  sur  le  di\'cloppcment  des  bour- 
geons ,  une  dissertation  sur  les feu'dles  des  Pins  ,  etc.  Dans  son 
nouveau  travail,  M.  de  Tristan  s'est  propose  pour  objet  principal 
de  faire  connaitre  les  developpemens  sncccssifs  de  la  bulbeduro/- 
chique.  Tout  le  monde  se  rappelle  avcc  quelle  elegance  et  quelle 
precision,  M.  de  Jussieu  a  presento, dans  son  Geneia,V\i\s\.oivG  de 
cette  plante;  cependant  il  etait  permis  encore  de  desirer  quel- 
ques  details  de  plus.  M.  de  Tristan  a  suivi  la  bulbe  du  colchique 
a  toutes  les  epoquesdeson  existence,  et  par  des  figures  dcssinces 
avec  le  plus  grand  soin,  il  reproduit  aux  yeux  des  Icctcurs  les  di- 
vers changemens  qu'eprouvc  cette  bulbe  dans  le  eours  de  sa  du- 
ree.  L'hlstoire  des  bulbes  d^eV Orchis  maculata,de  V Orchis  morio, 
et  de  Y Allium  vineale  suit  celle  du  colchicuin ;  et  I'auleur  ter- 
mine  son  travail  par  une  comparaison  des  gemmes  qu'il  a  decri- 
les,  avec  les  diverses  series  d'embryons  monocotyledons  distln- 
gues  par  Richard.  Aug.  de  Saint-Hilaire. 

432.PLANTES  UELA  France,  ou  naturalisecs  ct cultivccs  en  France, 
decrltes  et  peintes  d'apres  nature  par  M.  Jaume  Saint-Hi- 
lAiRE.  Paris,  20  novembre  iSaS. 

Cet  ouvrage,  commence  en  i8o5,  est  termine.  On  imprime  la 
derniere  livraison,qui  sera  suivie  de  la  liste  generalc  des  sous- 
cripteurs  ct  de  la  table  des  niafieres.  II  offre  une  collection  de 
lO  portraits  lithographies  et  do  looo  planches  gravees  avcc  soin 


Botanique.  555 

hnprimees  fn  coiileiir  ct  rototirhees  au  pinceau.  Le  texte  qui  les 
accompagne,  imprimc  par  MM.  Didot ,  contient  les  noras  fran- 
cnis  et  etrangers,  la  description ,  I'histoire ,  la  culture  et  les  usages 
d'environ  iioo  especes  de  plantes  herbacees,  d'arbrisseaux ,  ou 
de  grands  arbres  indigenes  ou  naturalises  sur  le  sol  francais, 
Cette  collection  est  sans  contredit  la  plus  nombreuse  et  la  plus 
complete  que  nous  possedions  en  France;  elle  forme  lo  vol.  gr. 
in-8°.  en  papier  jcsus  d'Auvergne,  et  in-4o  en  papier  velin  sa- 
line. Le  texte  est  sans  pagination ;  et  chaque  genre  de  plantes 
forme  un  article  separe,  de  telle  sorte  qu'on  peut  disposer  les 
planches  de  cette  collection  suivant  la  methodc  de  Tournefort, 
le  sysfeme  de  Linne,les  fiirailles  naturelles  d'Adanson,  ou  enfin 
par  ordre  alpliabetique.  Les  dix  volumes  sont  ornes  de  dlx  por- 
traits de  Francais  qui  ont  public  de  bons  ouvrages  sur  la  bota- 
nique ou  sur  la  physique  vegetale,  tels  que  Tournefort,  Adanson, 
Duhamel ,  Desfontaines ,  Tliouin,  Lamarck,  etc. 
Conditions  et  prix. 

1°.  Le  25  decembre  dernier,  la  llste  generate  des  souscrip- 
leursa  etc  ferinee  et  imprimee.  Elle  lermine  I'ouvrage. 

2°.  IjCs  livraisons,  soit  de  la  premiere,  soit  de  la  seconde 
parlie,  prises  separement  une  a  une  ou  plusieurs  ensemble,  sont 
du  prix  de  8  fr.  chaque,  pour  I'exemplaire  gr.  in-S". ,  et  du 
prix  de  i5  fr.  pour  I'exemplaire  in-4°.  papier  velin  satine. 

3°.  La  collection  complete, formant  lo  vol.  et  contenant  looo 
pi.  en  couleur  et  lo  portraits  en  noir,  sur  papier  d'Auvergne 
gr.  in-8°.,  estdu  prix  de  5oo  fr. 

Et  sur  papier  velin  satine,  in-4o,  de  goo  fr. 
Les  personnes  qui  desirent  acquerir  cet  ouvrage    et  ne  pas 
payer  de  suite  la  totalitc  du  prix  ,  obtiendront  toutcs  les  facilites 
possibles  en  s'adressant  a  I'auteur. 

Les  iettres  et  I'envoi  d'argent  devront  ctre  affranchis.  Paris* 
chez  I'auteur,  rue  de  Furstemberg,n°.  3,  abbaye  Saint-Germain. 

433.  Flore  des  departemens  meridionaux  de  la  France,   kt 
PRiNciPALEMENT  DE  Tarn-et-Garonne  ,  etc.;  par  M.  Baron. 
I  vol.  in-8"  de  4(>8    pages.    Montauban ;    i823;  Croisilhe 
(Voyez  le  n°  8o  du  Bulletin  de  Janvier  dernier.) 
On  considcre  asscz  generalement  une  Flore  comme  un  llvre 
d'une  execution  facile;  mais  il  s'en  faut  bien  qu'il  en  soit  ainsi 
et  cette  assertion  n'est  que  trop  demontree  par  le  petit  nombre 


5  Iu>/ant(iue. 

il'ouvrages  de  ce  genro  que  I'on  prut  citer  comme  module.  Pour 
faire  uiic  bonne  Flore ,  il  faut  avoir  parcouru  mille  lois  le  pays 
dont  on  vent  faire  connaitre  la  vegetation;  il  faut  non-seulcn\ent 
avoir  etudie  les  piantes  de  ce  pays,  niais  bcaucoup  d'aulres  en- 
core; il  faut  avoir  vn  un  grand  nombre  d'cihantillons  authen- 
tiques,  avoir  consultc  beancoup  de  livrcs;  il  faut  posseder  I'ha- 
bitude  penible  de  discuter  la  syiionymie;  avoir  acquis  ce  tact  de- 
licat  qui  fait  dlslinguer  les  especes  d'avec  les  varletes;  enfin  savoir 
decrire  avec  assez  d'exactitudc  pour  faire  reconnaitre  sans  peine 
a  celui  qui  herborise  les  piantes  qu'il  rencontre  sous  ses  pas. 

Ce  dernier  genre  de  talent  distingue  principalemcnt  I'auteur 
du  livre  que  nous  annoncons.  Ses  descriptions  ont  pcu  d'e ten- 
due  ;  mais  pourlant  elles  sont  assez  longues  pour  faire  distin- 
guer  facilement  les  especes  que  I'auteur  veut  faire  connaitre. 
Son  style  est  clair;  11  a  toute  I'olegance  que  cotnporte  le  genre, 
et  n'offre  aucunc  trace  de  ce  neologisme  qu'on  doit  cviter  avec 
d'autant  plus  de  soin  dans  une  Flore  particuliei-e,  que  cette  sorte 
d'oiivrage  est  principalemcnt  destinee  a  ceux  qui,  sans  vouloir 
approfondir  la  science,  sout  bien  aises  d'ajouter  un  cbarme  de 
plus  a  leurs  promenades. 

II  aurait  ete  a  desirer  que  I'auteur  eut  donne  le  meme  soin  a  la 
synonymic  qu'a  ses  descriptions.  Sans  doute  11  n'est  pas  necessaire 
qu'un  floriste  indlque  une  longue  suite  de  synonymes,  mais  il 
fautau  moins  quil  cite  Tauteur  dont  il  adopte  le  nom,  et  i| 
rend  a  la  science  un  veritable  service  quaud  a  ce  nom,  il  joint 
encore  les  citations  dcs  autres  floristes  cpii  ont  traite  les  piantes 
des  memes  pays  que  lui.  Ainsi  nous  aurions  vu  avec  plaisir  que, 
surlout  pour  les  especes  rares  ou  douteuses,  M.  Baron  evit  cite 
Gerard  ,  Gouan  ,  Picot  Lapeyrouse,  etc.,  et  principalemcnt  Ga- 
tereau  qui,  comme  I'auteur,  s'etolt  speclalement  occupe  des 
piantes  de  Montauban. 

Nous  croyons  encore  que  I'auteur  se  seralt  rendu  plus  utile, 
s'il  avait  indlque  les  lleux  ou  se  Irouvent  les  piantes  qui  ne  sont 
pas  tres-communes.  Les  Flores  particulieres  oil  Ton  suit  une 
nietliodc  devicnnent ,  pour  ceux  qui  iierborisent ,  un  guide  qui 
mcna<'C  leur  temps  et  leur  epargiie  beaucoup  de  pelries  inuliies. 

Les  especes  que  M.  Baron  veut  faire  connaitre  sont  rangces 
dans  son  livre  d'apres  le  systeme  de  Linne,  ct  c'cst  peut-tHie  ec- 
lul  qu'il  faut  prefcrer  quand  on  se  propose  principaleinoni  u<' 
conduire  Ic  Iccicnr  au  nom  des  especes  qu'il  rencontre. 


i 


Botanique.  557 

M.  }3iiron  indique  le:i  planles  (]ui  croisst-nf  i;eiier;ilo)U('rit  ilaiis 
les  deparlemeris  du  iiiidi  de  la  France;  mais  lo  litre  de  son  livie 
nous  faisait  croil'e  qu'il  y  aurail  compiis  les  espcces  des  Pyre- 
nees ,  et  nous  avons.  eprouvc  quelquc  surprise  en  voyant  qu'il 
ii'en  fait  aucune  mention. 

La  Flore  des  dcparlemens  meridionaux  est  precedee  de  j)riii- 
cipcseleraentaires  qui  ont  pen  d'etendue,inius  sont  reniarquables 
par  leur  clarte.  Nous  avons  cependant  etc  ficlies  d'y  trouver 
ciuehjues  proi)ositions  aussi  peu  d'accord  avec  les  j-rogres  de  la 
botanique  que  le  sont  les  suivantes  :  Tontes  les plantcs  n'ontpas 
depericatpe.  L'enibryon  est  la  me  me  chose  que  le  germe  ou  I'o- 
vaire.  Toutes  les  seinences  ont  itnc  enveloppe  seche ,  et  cctte  eii- 
veioppe  est  tapissee  d'autres   membranes  plus  deliees  ,  etc. 

Un  diclionnaire  dts  termes  botaniques  termine  I'ouvrage  et 
sera  lort  utile  aux  comniencans.  Nous  n'omettrons  pas  non  jilus 
de  parler  de  la  table,  ou  I'auteur  a  eu  Tattention  d'in.lif|ucr  1<  s 
noms  vulgaircs ,  ce  qui  peut  qnclquel'ois  etre,  pour  celui  qui 
herborise,  d'une  utilile  extreme.  En  nn  mot ,  les  habitans  du  dc- 
partement  de  Tarn-ct-Garonne  quiaiment  la  bolaniquenepour- 
ront  guere  se  passer  du  livre  de  fll.  Daron,  ct  il  lui  sera  facile 
d'en  faire  disparailre ,  a  une  seconde  edition ,  les  legeres  laclies 
<|ul  lui  ont  ecliappe  a  la  premiere.  Aug.  de  St-Hij. 

/|34.  Plantes  phanerogames  uxj  Rheiis'thal  et  des  montagnes 
QUI  LE  BORNENT  ,  cbsei'vees  en  1816,  1818  ct  1819  ,  par  le  D'. 
Custer.  [Neue  Alpina ,  i**^.  vol.,  p.  7'2.) 

Le  Piheinlhal,  vallee  situee,  coitime  on  s.dt ,  au-ilessus  du  iao 
de  Constance,  et  traversee  j)ar  Ic  Riiiu  dans  sa  longueur,  ])reseiite 
dans  sa  vegetation  quelques  particularitcs  qui  mcritent  d'etre 
remarquees. 

Les  mai'ais ,  qui ,  il  y  a  1 5o  ans ,  couvraient  les  \  de  celle  vallee , 
el  qui  en  oceupent  encore  une  grande  partie,  offrent  lesnieraes 
planles  que  les  collines  et  les  parties  inferieures  des  montagnes 
qui  la  boi'nent ,  et  d'oii  elle  a  recu  sa  vegetation ,  apres  la  retraile 
du  lac  de  Constance,  qui  la  couvraita  une  epoque  tres-reculee. 
Malgre  les  progres  de  la  culture,  ])rincipalenient  sur  la  rive  gau- 
che du  llliin  ,  nialgro  la  largeur  el  la  j)rofondeur  de  la  vallee, 
ainsi  que  levoisinage  du  lac  deConstance,  les  pUintcv  aivenses  et 
campeslres  y  sont  encore  en  plus  petit  nombre  que  les  plaiiliv 
prateitses  ei palustres  monliincc.  Ainsi,  (luoiijuu  la  clialeur  y  soit 


558  Botanique. 

assez  forte  pour  que  le  mais  et  la  vigne  y  r/'ussis^cntparfailement, 
les  genres  £';o(//M/n,  Aljssum,  Holosteum,  Lycopsis ,  Anchiisa, 
Onopordum  ,  Marruhiiim ,  Mercurialis  {annua),  etc  ,  y  manquent 
eucore;  et  le  Lamiurn  amplexicaiile ,  les  Spcrgula,  Anthctnis  et 
Aphanes  y  soiit  tres-rares. 

M.  C.  dome  un  catalogue  de  974  plantes,  nombre  fort  consi- 
derable pour  un  aussi  petit  espace,  et  qui  ne  commence  qu'aux 
fougeres.  II  y  joint  la  lisle  de  48  especes  ou  varietes  d'arbres  ou 
plantes  cultlvcs. 

Le  but  principal  de  I'auteur  ayant  ete,  comme  il  Tannonce 
lui-meme,  de  fournir  quelqiies  raatcriaux  pour  la  £;eograpliic  des 
plantes,  il  est  a  regrelter  qu'il  n'ait  indique  les  Habitat  que  d'une 
maniere  gencrale,  et  qu'il  ait  trop  neglige  I'exposltion  et  la  hau- 
teur. Voici  les  seules  indications  imporlantes  sous  ce  rapport : 

Uorge  se  cultive  jusqu'a  3ooo  p.  et  au-dessus,  le  Mais \nsqa  a 
800,  le  Nojer  et  la  vigne  jusqu'a  looy;  le  Seigle  est  rare,  le 
Triticurn  sativum  plus  rare  encore;  le  T.  Spelta  est,  apres  le 
Ma'is ,  la  cereale  la  plus  commune.  Parmi  les  conifei'es ,  le  Pinits 
Abies  est  le  plus  abondant,  le  Pirais  inontana  s'eleve  le  plus  liaut, 
et  le  Mcleze  manque  dans  la  region  alpine;  le  Hetre ,  jadis  tres- 
commun,  est  devenu  rare.  La  region  du  Chdlaignicr  n'est  pas 
indiquee.  D.  U. 

435.  Enumeratio  plantarum  in  Hu.ngaria  sponte  nascentium, 

quas  in  usum  botunicorum  legit   Adolphus  Franciscus  Lang, 

phariuacia;  magister.  {Isis  von  Oken.,  1824,  p.  161.) 

C'est  un  catalogue  d'environ  900  plantes  que  M.  L.  propose 
d'echanger  pour  des  plantes  d'autres  pays  qu'il  designcrait  lui- 
meme  ,  ou  de  ceder  au  prix  de  8  fl.  du  Rhin  par  centaine,  le  port 
non  compris. 

II  ])ropose  aux  memes  conditions  des  insectes,  ainsi  que  des 
coquilles  terrestres  et  fluviatiles  de  Ilongrie.  D.  U. 

336.  Pi. ANTES  du  dernier  cvhier  de  la  Flora  Danicx  ,  par  M. 

Hornemann.  {Oversigt  over  (let  hong.  Danshe  vidcnsh.  sehhabs 

forhandlinger.  Copenhague;  iSiS.) 

Le  j)rofcssenr  et  chevalier  Hornemann,  qui  a  continue  ce  grand 
ouvragede  botani(]ue,  a  communique  a  la  Societe  royale  de  Co- 
penhague des  notes  snr  les  plantes  dessinees  dans  le  dernier  ca- 
liier  qui  terminele  lo'^.  volumeet  qui  contient  les  planches  1741  a 
1800,  jircsenlant  re  qu'il  y  a  de  phis  rcMiarcfuiible  sous  le  rap- 


Boianique.  35q 

I>oil  des  especcs,  de  hx  cioissante,  de  rorgunisation  et  de  la  pro- 
pagation geographiqiie.  Celles  qui  offreiit  le  plus  d'interet  dans  ce 
cahier  sont  venues  du  Lauenbourg,  du  Holstein,  de  I'lslande  et 
du  Groenhind.  Le  Scirpus  radicaiis  diff'ere  des  autres  graininees 
par  la  nianiere  dont  il  se  prcpage.  C'est  en  baissant  ses  pointes 
vers  la  terre,  qu'il  y  produil  de  nouvelies  plantes.  A  Te^ard  du 
Scirpus  trigonus  Roth  ,  I'auleur  expose  les  raisons  qui  font  croire 
que  c'est  une  espece  parliculiere.   La  Lccrsia  o/jzocdes  annonce 
deja  pur  sa  couleur  fonc^e,  son  origine  etrangere;  elle  n'a  pas  en- 
core assez  subi  I'influcnce  du  sol  pour  perdre  la  vivacltc  de  teinte 
quelle  a  en  Amerique.  Elle  croit  partout  spontanement  dans  le 
Ilolstein.  Uls/zarJia paluit/u-  ne  s'avance  pas  vers  le  nord  au  de!a 
du  mdieu  de  ce  duclie;  encore  y  est-elle  moiiis  developpee  que  sur 
la  hslerc  nieridionaJe  du  menie  pays.  M.  Horncniann  a  donnc  dans 
ce  cahier  deux  especes  du  genre  Potamogeton,  et  trols  onibclliferes 
qui  ne  croissent  point  en  Danemarck,  savoir  Atamnntha  oreose- 
nriiiin,  Siiunfalcaria  ,  et  Laserpilium  prutenkum.  Leineme  cahier 
renferine  plusieurs  cryplogames,  entre  autres  quelques  especes 
de  Jungcrmaiviia  qui  ont  etc  trouvees  en  Isl.inde.  D-g. 

437.  FORSOEG     TIL     EN     UANSK.   OECONOMISK.  -    PI.AKTEL^RE.  Essa' 

d'une  botaniqueecononiiquc  danoise,  par  J.  "W.  IIornemann, 
professeur  de  botanique.  3".  edition,  tres-augmentee.  66  f. 
plus  2  planches.  Copenhague;  1821. 

438.  Flora  ticinensis,  seu  enumeratio  plantarura  quas  in  pe- 
regrinationibus  multiplicibus ,  plures  per  annos  solertissinie 
HI  papiensi  agro  pcractis  observarunt  et  collegerunt  Dom. 
NoccACt  J.-B.  Balbis.  a  vol.in-4.  Prix  :  18  lire.  Pavia  ;  1823  ; 
Capelli. 

439.  Flore  lihyca:  SPECIMEN  J  seu  planlarum  species  in  Cyre- 
naica  ,  Pentapoli ,  Magna-  Syrteos  deserto  ,  et  regione  Trijjo- 
hlana  lectx  ,  ([uas  ex  siccis  s])eciininibus  descripsit ,  et  aere 
insculpi  curavit  professor  D.  Viviani. 

L'ouvragc  que  nous  annoncons  est  dej.i  sous  presse.  Son 
objet  est  de  donner  une  description  des  plantes  dernicre- 
nient  decouvertes  dans  cctte  partic  de  I'ACritiue  qu'on  ;q>.. 
pelait  ancienncnient  Libye.  Lc  D''.  Dellacclla  ayant  le  pre- 
mier d'entreles  Europeens,  traverse  la  grande  Syrtc ,  toute  la 
ijntuiifpie  et  rc/Uapolis,  a  son  retour  donna  loutcs  les  plantes 
recucillies  dans  CCS  conlrtcs  incoiinues,  au  Prof.    T'ivUini,  qui, 


5  DO  Doktnique. 

avec  beaucoup  de  soin  ct  de  travail,  les  a  arraniijees  ct  decriles^ 
en  laisant  connaitre  Ics  esptccs  nouvellcs  ,  et  colles  qui  nVtriient 
pas  suifisammenl  dislincles.  Le  nonibre  dcs  nouvelles  s'elcve  a  76, 
dontdiacnnecstfigureedans  les  27  planches  jolntesa  cetouvragc. 
Entre  ces  plantes  libyqucs  ,  il  y  en  a  plusieiiis  qui  sont  coni- 
jnunes  aux  cotes  marilimes  de  I'llalie  nieiidioiiale  ;  c'est  ])oui- 
(\uo\\a  Flora  libyca  doit  eire  bien  intcressantepourceux  quis'oc- 
cupent  de  la  bolanique  des  plantes  italicnnes.  L'aufeur  ,  dans  sa 
preface,  donne  des  details  surles  relations  geograpLiques  entre 
les  diverses  families  de  plantes  indigenes  des  cotes  opposees  de 
la  Mediterranee. 

Cet  ouvrage  est  ecrit  en  latin  et  imprimc  sur  papier  fin  in-fol. 
Le  prix  est  de  20  fr.  pour  les  souscripteurs  a\ant  la  publication, 
de  24  fr.  apres  la  publication.  On  j)aiera  en  reccvaiit  I'ouMage. 
Les  lettres  avec  I'ordre  de  paiement  doivcnt  etre  affranchies. 
Genes;  cliez  Pagano.  Moscati. 

4/1O.  Synopsis  plantakijm  quas  in  itincre  ad  plagam  aequinoxia- 
lem  orbis  novi  coUcgeiunt  Al.  de  Humboldt  et  Am.  Bon- 
PLAND.  Auc.  Car.  Sic.  Kunth.  Touj.  2.  Paris ;  1 823  ;  Levrault. 

En  annoncant  le  premier  volume  de  cet  ouvrage,  nous  en 
avons  fait  connaitre  le  plan,  el  tons  les  botanistes  out  dusenlir 
son  importance  :  reunir  en  un  petit  nombre  de  volumes  la  des- 
cription des  especes  nonibreuses  de  plantes  rapj)ortees  par 
MM.  de  Humboldt  et  Bonpland ,  ct  mettre  ainsi  a  la  porlee  de 
tous  les  botanistes  les  resultats  de  ce  voyage  important,  c'elait 
rendre  un  vrai  service  a  la  science. 

Le  second  volume  comprend  dcj)uis  les  Amarantliacccs  jus- 
qu'a  la  fin  des  Composces.  Les  Rubiacees,  qui  dans  les  IS  ova  ^c- 
7?era,etaient  places  a  la  suite  dcs  Apocynces,  ontete  rcportes  par 
I'auteur  apres  les  Composces  dans  I'ordre  admis  par  M.  de  Jussien. 

La  perfection  avec  laciuelle  ces  memes  objels  ont  dcja  tie 
publics  dans  les  Hovn  genera  et  sjjccic.s  pUintaruTn  du  menie 
auteur  ne  nous  permet'pas  d'entrcr  dans  aucun  detail  sur  les 
objets  que  renfermc  ce  volume  et  que  les  botanistes  connaissent 
depuis  plusieurs  annees  ])ar  la  jmblication  du  grand  ouvrage 
de  M.  Kunth. 

Le  troisieme  volume  du  .Synopsis  de  M.  Kunth  vient  de  pa- 
raitre;  il  renfermc  jusqu'a  la  fauiille  ties  llosacces  ct  se  trouve 
par  consequent  arrive  auniemcpoinlque  les  ISova  genera.  A.  Br. 


Botani(jiic.  56 1 

441.  MucuETOLOCiA  ,  sive  laccolta  di  funghi  in  rilivK'n  tie 
granclezza  naturnle  imitati  in  cera.  Collection  de  chainj)!- 
giions  en  relief,  de  grandeur  naturelle,   imitcs  en  cire,  par 

Ign.  PiZZAGALM. 

Celte  collection  sera  coniposee  de  1 5o  especes  de  champi- 
gnons. Cliaque  champignon  portera  un  numero  qui  correspon- 
dra  a  un  catalogue  contenant  les  noms  en  ifalien,  en  latin  el  on 
francais.  La  collection  cntlere  n'e\cedera  pas  le  prix  de  i5olire. 
On  souscrit  a  Milan,  chez  I'auteur,  sul  Corso  di  porta  orien- 
tale,  al  Civico,  n°.  G53,  Vicino  al  Pontc. 

44'^-     LlCHENES   HELVETICI    EXSICCATl  ,    faSC.    I IV  ,  Ct  LlCHENUM 

HELVETicoRUM  Spicilegium.  Scct.  I ,  Llch.  cxsic.  Fasc.  1 — 4 
iilustrans;  Auctore  Lud.  Eman.  Schoerer.  Beinie  ;  1823. 

L'utilite  des  collections  dessechees  pour  I'elude  de  la  crypto- 
gamie  est  generalement  reconnue  ,  mais  la  famille  des  lichens  est 
peut-etre  celle  qui  reclame  le  pins  ce  secours.  Les  formes  et  les 
couleurs  varices  de  ces  plantes  sont  tres-difficiles  a  bien  decrire, 
et  jusqu'a  present  il  n'y  a  qu'un  tres-petit  nombre  d'cspeces  qui 
Solent  bien  figurecs. 

L'ouvrage  que  nous  annoncons  pent  done  eire  d'une  grando 
utllite  pour  la  determination  des  especes  de  cette  famille ,  d'au- 
lant  plus  que  la  Suisse  est  un  des  pays  les  plus  riches  en  lichens  , 
a  cause  de  la  variete  de  ses  sites,  des  roches  qui  composent  scs 
montagnes  et  des  forets  qui  les  couvrent. 

Les  quatre  fascicules  de  cet  ouvrage  qui  ont  pain  renfernient 
lOO  echantillons  et  5i  especes,  I'auteur  ayant  donne  un  grand 
nombre  de  varietes  des  Cladonia  pyxidata  ,  digitata ,  filifonnis , 
gracilis  ,  et  de  quelques  aulres  especes  polymorplies.  On  doit 
remarquer  parmi  ces  lichens  8  especes  de  Calycium ,  genre  que 
sa  jielitesse  fait  souvent  cchapper  aux  recherches  des  botaniste*  , 
plusieurs  especes  al[)ines  de  Pcltigera ,  de  Cladonia  et  de  Cctra- 
ria,  et  un  assez  grand  nombre  d'Opegraphes.  Les  relations  de 
I'auteur  avcc  M.  Dufour  lui  ont  permis  de  fixer  avec  exactitude 
la  synonymic  des  especes  de  ce  genre  decrites  par  ce  botanlste, 
et  I'ont  mis  a  portee  de  profiler  de  scs  observations. 

Les  echantillons  sont  en  general  choisis  et  prepares  avec  soin 
et  les  determinations  paraissent  tres-exactes  ;  le  spicilegium  qui 
accom])agne  ces  quatre  fascicules  et  dans  lequel  I'auteur  decrit 
les  especes   renCermees   dans  ces  fascicules,    alteste   I'altention 


562  Botaniiine. 

scriipuleuse  que  I'autcur  a  inise  a  discuieila  synoriyiiiie  en  geiit- 
rul  tres-erabronillee  de  ccs  cryptogjimcs.  Les  nioyeiis  qii'il  a  eus  a 
sa  disposition  parai.ssent  I'avoir  mis  a  meiiie  de  le  faire  avcc  suc- 
c-cs;  les  descriptions  qu'il  domic  de  ces  espcces  et  des  vaiictes, 
sont  claires  et  concises. 

Aucuue  des  especes  contenucs  dans  ces  fascicules  ne  sont  nou- 
vclles,  et  I'on  doit  en  savoir  grc  a  I'auteur,  car  cette  faniille  a  deja 
etc  telleiuent  etudiee  sous  le  point  de  vue  de  la  distinction  des 
especes  par  Acharius,  I'la'rkc,  etc.,  qua  moins  de  regarder 
coinme  especes  de  legeres  vnrietes,  il  serait  bien  difficile  de  trou- 
ver  des  especes  nouvelles  de  lichens  en  Suisse.  M.  ScLcerer  a  an 
contraire  souventreuni,  coinme  de  simples  varietes,  des  planles 
que  les  auteurs  que  nous  venons  de  citer  avaient  considerees 
comme  des  especes.  On  pent  en  voir  plusieurs  exeuiplus  dans  les 
genres  Cladonia  et  Opegrapha.  Ad.  B. 

443.  Observations  sua  i.es  genres  Phaseolus  el  Dolichos;  par 
Savi.  ( Nuovo giorn.  de' Lett. ,  dec.  1 822 ,  p.  ?>o\.) 

L'inconstancedes  caracteres  assignes  aux  genres  P/uiscolus  et 
Dolichos  de  Linne,  et  la  difficulte  de  bien  distinguer  leurs  es- 
peces, ont  engage  M.  le  prof.  Savi  a  en  donner,  sinon  une  mo- 
nographie,  du  moins  quelques  observations  exactes  qui  puissent 
eclaircirlcur  liistoire.Ilremarquc,par  exeniple,qucdansplusienrs 
especes  de  phaseolus ,  la  carene,  les  etamines  et  le  style  ne  sont 
pas  contourncs  en  spirale,  coninie  Ic  caracleie  dome  par  I.inne 
et  Jussieurindifjue  ;  niais  que  les  organespresentent  la  forme  d'nne 
i'aux  on  d'nn  liamccon.  I.a  direction  de  la  carene  est  tantot  a 
droite,  tantot  a  gauche,  relativement  a  cclle  du  calice. Les  formes 
du  legume  sont  cxfremement  variables;  il  est  toujours  terinine 
par  le  style  ])ersistant,  qui  forme  une  petite  pointe  droite  ou 
courbee.  M.  Savi  decrit  avec  soin  la  graine  ,  son  areole  ombili- 
cale,  les  bordures  de  celle-ci,  ses  extremites  basilaire  et  apicilaire, 
Ic  micropile,  et  la  protuberance  qui  I'accompagne,  a  laqnellc  il 
donne  le  nom  de  gibbusitc  niicropilairc  ou  opicilaire.  11  passe  en- 
suite  en  revue  les  formes  et  lignes  generales  des  tiges,  des  feuilles, 
des  stipules  et  de  rinflorcscence.  M.  vSavi  signale  un  caractcre 
common ,  observe  pour  la  premiere  fois  par  Jacquin,  sur  le 
phaseolus  vexilUitus ,  et  qui  consisle  dans  le  prolongement  cornu 
desa  lame,  et  la  carene  dans  sa  partie  gauche.  Ce  caracterc  coin- 
cide avec  celui  des  fleurs  en  ca[)!lules,  et  aussi  avcc  la  circon- 


Botanique.  565 

stance  d'avoir  des  stipules  adnees,  c'est-a-diie ,  attachees  a  la 
tige  par  divers  points  de  leur  face  interne,  tandis  que  chcz  les 
phaseolus  a  fleurs  en  grappes ,  les  stipules  sont  attacbees  a  la  tige 
seulement  par  la  partie  inlerleure  du  limbe.  D'aufres  caracltres, 
tires  des  legumes  et  de  la  graine,  achevent  de  differencier  suffi- 
snminent  les  deux  groupes  du  genre.  Quelques  especes  seulement, 
dont  la  carene  est  cornue,  offrent  une  protuberance  sur  la  face 
anterieure  de  I'etcndard,  et  I'auteur  lui  a  donne  le  nom  Ac  pro- 
tuberance vexillaire.  D'apres  ces  observations,  51.  Savi  constitue 
une  section  tres-disllncte  dans  le  genre  phaseolus,  et  decrit  avec 
detail  les  especes  qui  doivent  y  entrer.  Ainsi ,  au  resume  .,  le  ca- 
ractere  generique  doit  etre  ainsi  modifie  :  Carina  spiraliter  con- 
voluta  velfalcata,  \'el  uncinata.  Celui  de  la  i"''^.  section  sera  ex- 
prime  de  la  raaniere  suivante  :  Ph.Jloribus  capitatis,  carina  sinis- 
trorsam  falcatd  et  cornutd.  Celte  section  est  subdivisee  en  deux 
groupes  ,  selon  que  I'etendard  est  muni  d'une  protuberance,  ou 
qu'il  en  est  depourvu.  L'un  de  ces  groupes  se  compose  des  Pha- 
seolus Mungo,  Linn. ;  Phas.  Hernandesii,  Savi,  et  Phas.  trilobus, 
Wind.  Danslegroupe  des  Phaseolus  sans  protuberance  vexillaire, 
sc  trouve  le  phaseolus  vexillatus ,  Linn,  et  Jacq.  La  description 
tie  ces  especes  parait  faite  avec  beaucoup  d'exaclitudc,  et  dans 
leur  synonymic,  I'auteur  a  apporte  une  critique  judicieuse,  qui 
pouriait  servir  d'exemple  a  plusieurs  nionographes.  Ces  descrip- 
tions, et  les  observations  qui  en  decoulent,  sont  trop  ctendues 
ponr  que  nous  puissions  en  donner  une  juste  idee  a  nos  lectcurs. 
tine  gravure  en  cuivre  represente  les  legumes  el  les  graines  du 
genre  Phaseolus.  G...  N. 

44/)-  AcRosTOGRAPHiE    DU    Bresil  ;    par   M.   Raddi.    [  Nuos'o 
Giorn,  de'  Lett.  iSxB  ,  p.  346.) 

M.  Raddi ,  connu  par  son  voyage  au  Bresil,  continue  d'en  of- 
frir  au  public  les  resultats  concernantl'liistoire  naturelle.  Le  der- 
nier fascicule  a  pour  titre  :  A ^rostogi'aphia  brasiliensis,  sn'c  enu- 
meratio  plantarurn  ad  fauiilias  natujales  graminum  et  cjpe- 
roidearum  spectantiuin  quas  in  Brasilid  collegit  et  descripsit 
J.  Raddius.  II  y  df'crit  yo  especes,  dont  4o  paraissent  nouvelles. 
Une  table  represente  les  caracteres  des  5  genres  nouvcaux,  dont 
voici  IV-numeration  :  Jiettbergia,  Jgroslicula  ,  Arundinclla,  Aci- 
rarpa  ct  Navicularia.  G...N. 


564  Bniauiqtie. 

l^!^(t.  Sub  dkiix  nouvelles  kspeces  ue  ]VAi\c.isst:.s.  [Pliiloa.  iMdf;. 
janv.  1824,  p.  7-) 
Cost  une  lettre  adressee  aux  ^diteurs  du  Philosophical  Ma- 
gazine ,  pour  la  rectification  des  deiix  noms  proposes  p:ir 
M.  .H.Tvvorth  dans  son  ttlcmoire  sur  les  nouveaux  genres  de 
Narcissees.  Les  Diomedes  minor  et  D.  major,  Haw. ,  ont  ete 
figures  dans  !e  Botanical  Register,  sous  les  noms  dc  Narcissus 
Macleayi  et  N.  Sabini.  On  laisse  aux  botanistes  a  <!»cider  si  Ic 
beau  qenre  Narcisse  doit  elrc  divise  comrae  I'a  fait  M.  Haworth ; 
mais  on  croit  qu'il  n'est  pas  convenable  d'admeltre  Ic  nom  de 
Diomedes  pour  designer  un  nouveau  genre  dc  plantes ,  parce 
qu'il  esttrop  facile  de  le  confondre  avec  celul  dc  Diomedea  pro- 
pose pour  d'autres  plantes  par  M.  Cassini ,  et  non  pas  par  Linne, 
coinme  I'indiquent  les  auteurs  de  la  lettre.  G.-.w. 

446.  Descriptions  de  qlelques  nouveaux  Cactus  et  Mammil- 
LAuiA,  receinment  apportes  du  Jlexique  par  M.  Bullock.,  el 
maintenant  conserves,  avec  pliisieurs  autres  plantes  tres-rares 
dans  la  pepiniere  de  M.  Tate;  par  A.  11.  IIawokth  ,  esq. 
F.  L.  S.  [Philos.  Mag.,  Jan.  182A  ,  p.  40.) 

Deux  especes  nouvelles  de  Cactus  sont  decrltes  sous  les  noms 
specifiques  de  senilis  et  de  latispinus.  Le  premier  est  carac- 
terise  par  cette  phrase  :  C.  oblongus ;  sulwiginti- angularis ; 
spinarum  radiis  capilliformibus  elongatis.  II  doit  jbrraer  una 
section  particuliere,  conjoinleraent  avec  le  C.  muUangularts  dc 
■\Villdenow.  Le  second,  ainsi  caracterise  :  C.  dcpresso-sphtrroi- 
dcus  ,  sub-21-angularis  ,spinaruin  radiis  \'artantibiis ,  iinii  in- 
fimo  dejlexo  latissimo piano  ,  est  voisin  duC  rccurvus  de  Mill  er. 
II  est  remarquable  par  ses  epines  plus  fortes  que  dans  les  antres 
Cactus,  d'abord  d'un  fauve  roussalre,  puis  rousses  superieure- 

ment,  et  enfin  prenant  une  couleur  sale  et  desagreable. 

Les  3  nouvelles  especes  de  Mammillaria  [Cactus  des  auteurs) , 

sont  ainsi  designees  :  1".  M.   Maonimamma  ,    mammis  mcignis 
pcn'iridibus  apice  tomentosis,  spinis  subquatuor  validis  expansis, 

2-3  recurvis  ,  lutosis,  apice  nigris;  1".  M.  Lanifeka,  simple.v  te- 

reti-obovata ,  mammis  apice  lanosis  plus  ■j.o-spinoscs,  sp/nis  ra- 

dianter  patentibus  variis  ;    3".  M.  Geminispina  ,   columnaris ; 

mammis  exiguis  numerosissimis ,  spinis  parvis  intrrtexlis  albis; 

duabus  in  singula  fasciculo  cocteris  multoties  longioribus.  G...H. 


Bolnnique.  565 

l\'\~l.     DESCRIPTION   I)E   yUBLQUES   PLANTFS    GRASSES   ET    R  A  R  F.S  ;   p;ir 

A.  II.  IIaworth.  {Philos.  Mag.  ,  nov.  i8-iZ  ,  p.  38o.) 
M.  Haworth  donne   la   description    des  plantes  grasses    sui- 
v;intes  :  i".  Crassida  roricinnelln  ,  noiivelle  ospece ,  voisine  de  la 
Crassida  concinna,  Haworth  ,  qui  n'a  jamais  fleuri  dans  les  jar- 
dins.  Cette  elegante  espece  est  originaire  du  cap  de  Bonne-Espe- 


rance. 


1.".  Klein ia  radicans ,  L.  ITorl.  Cliff,  et  Haworlh,  Cacalia  ra- 
lUcans  L.  Cette  planle  se  distingue  de  la  Cacalia  friitesccm ,  avee 
larpielle  on  I'a  confondne ,  par  ses  rameaux  nombreux  et  tres- 
gros,  par  ses  feuilles  plusieiirs  fois  plus  grandes.  Eile  n'a  pas  en- 
core fleuri. 

30.  Mesembryantliemutn  mucroniferum  ,  espece  absolumeat 
semblahle  an  AI.  strietiim ,  Haw.,  et  qui  n'en  parait  differer  que 
par  de  plus  grandes  dimensions.  Cependant  I'auteur  pense  que 
ses  feuilles  mucronces  plus  distantes  suffisent  pour  la  distinguer. 

4  .  Mescmhi-rantheinum  nob  He ,  qui  a  pour  synonyme  la  va- 
nete  du  M.  magnipiinrtiun  Haw.  (Revis.  plant,  succ. ,  p.  97.); 

5".  Dactylanthes  globosa  Haw.  (Plant,  succ,  p.  i32. )  Cette 
plante  grasse,  dont  les  formes  sent  si  singulleres,  est  originaire 
du  cap  de  Bonne-Esperance.  EUe  a  fleuri  dans  le  jardin  de  Kew 
au  mois  d'octobre.  Elle  n'a  de  rapport  qu'avec  le  Dnctjlauthex 
nnacantha.  q     „ 

kk^.  On  vient  de  former  a  Peter.^bonrg  iine  Socicte  de  botani- 
que,  qui  attend  la  confirmation  imperiale  de  ses  statuts  pour 
avoir  une  existence  legale.  Un  dcs  membres  de  cette  Socicte, 
M.  le  D'".  Bongart,  professeur  de  botanique  a  I'universito  de  cette 
ville ,  et  medecin  en  chef  de  I'hospicc  de  la  Socicte  imperiale  do 
bienfaisance,  publiera  iucessamment  un  ouvrage  sur  les  champi- 
gnons comestibles  de  la  Russie.  C'^  de  Lasteyrie. 

24g.  La  Socicte  danoise  des  sciences  a  propose  pour  iSaS  un 
sujet  de  prix  dorit  void  le  programwie  : 

«  Constat  seminis  in  plantis  variis  plumula  nunc  breviori  nunc 
»  longiori  teinporis  spatio  evolvl,  sed  desiderantur  hue  usque 
"  accurata;  observationes  de  ratione  quae  se  habeat  germina- 
■  tionis  celeritas,  sive  ad  seminis  fructusquc  qualitatcm  sive  ad 
.,  superiorem  planla-  in  coeteris  parlibus  cfformationis  gradum. 
■•  Cupit  ilaquc  socictas  ut  diligcus  de  hac  I'e  disquisitio  inslitua- 
"   tiir,  noil  soh'uu  in  acutUcdonibus,  monocotylcdonibus  et  di- 


366  Zoologie. 

»  cotyledonibus,  sed  ctiam  in  gravissimis  qui  his  subjccli  sunt 
1)  ordinlbus.  Optat  quoque  ut  natiira  periti  qui  lianc  investi- 
»  "ationem  in  se  susceperint,  respicere  simul  velint  ad  reli- 
D  quam  plantarum  evolutionem  a  plumulae  inde  propullatione 
)•  usque  ad  seminis  maturitatem,  in  illis  praecipue  ordinibus,  in 
»  quibus  relativa  germinationis  celeritas  definita  fuerit.  • 


ZOOLOGIE. 

/[So.  Faune    frawcaisp.  ,    etc.   (  Voyez  le   Bulletin  dc    fevrier , 
n°.  236  ,  v.  livr.  du  texte,  X''.  liv.  des  planclies.) 

Les  descriptions  renfermees  dans  cette  nouvelle  livraison  sc 
rapportent  toutes  a  des  oiseaux  de  I'ordre  des  sylvains. 

Voici  le  nombre  des  especes  que  I'auteur,  M.  Vicillot,  admet 
dans  les  differens  genres  qu'il  y  a  trailes. 

Bruant,  8;  Mesange,  8;  Loriot,  i;Etourneau,  2.  (L'auteur, 
admettant  au  nombre  des  oiseaus  de  France  le  Sturnus  itiiicolor^ 
decritpar  M.  de  la  Marmora  dans  les  Meinoires  de  rAcademie  de 
Turin. ) ;  Corbeau,  5 ;  Pie  ,  i ;  Geai,  i  ;  Cassenoix,  i ;  Coracias ,  i  . 
Choquard,  i;  Rollier,  i  ;  laseur,  i ;  Hirondelle,  4;  Martinet,  2; 
Engoulevent,  2.  (M.  Vieiilot  admet  comme  espece  nouvelle,  sous 
Je  nom  de  Caprimulgus  rufitorquatus ,  un  engoulevent  tuc  aux 
environs  de  Marseille  par  M.  Buisson.);  Gobe-mouche,  3;  Pie- 
griecbe,  5;  Grives  ,  lo;  A.gv fLSSiiviV.  Hjdrobata ,  i  (  le  merle 
d'eau  ou  Cincle);  Alouette,  5(Parmi  ces  cinq  especes,  M.  Vieiilot 
endecritune  nouvelle  sous  le  nom  d' Alauda  Diiponti, ]a(iuc\\e 
a  ete  tuee  en  Provence  par  M.  Dupont,  prcpar.-^eur  d'objets 
d'histoire  naturelle);  Pipl  {AiUhus),  7;  Hochequeue,  4  ( dont 
wae, Motacilla  lugubris,  dc  passage  dans  le  nord  de  la  France,  a 
etc  recemment  decrite  pour  la  premiere  fois  par  M.  Vieiilot  dans 
I'Encyclopedie  methodique) ;  Motteux ,  5;  (parmi  Irsqucls  se 
trouve  une  espece,  OEnanthe  albicollis,  quia  cteconfondue  avec 
celle  du  Motacilla  Stapazina  par  Gmelin,  et  que  Brissona  nom- 
miie  Cul-blanc  roussiitre. 

Les  dix  planches  qui  ferment  la  lo*".  livraison  des  planches  re- 
presentent  les  especes  suivantes  :  i".  Papillon  Arion,  P.  Agestis, 
P.  Euphemus,  P.  Adonis;  2°.  P.  Acis,  P.  dcmi-argus  ,  P.  Alsus; 
3".  Cyprin  erylhrophthalrae,  C.  Vandoise;  4".  Cyprin  Breme, 
C.  Bordellere;  5°.  Notere  crassicorne  male,  llaliple  eleve,  H. 


Zoologie.  567 

■varic,  H.  oblicpie,  Gyrin  strie  feni.  ,  G.  nagcur  male,  G.  velu 
fern.,  G.  petit  fem.;  6".  Oxyporc  roux  ,  Staphylin  dc  rorme,  S. 
Bourdon,  S.  maxillaire,  S.  erythroptere,  S.  clirysocephale  ,  S. 
ntbuleux ;  7".  Faiicon  commun  vicux  et  jeune ;  8°.  Faucon  Ho- 
bercau  adulte  et  Faucon  Kober,  (j".  Faucon  cmerillon  vieux  et 
jeune;  10".  Faucon  Cresserelle  et  Faucon  Cresserine.    Desm. 

/jfii.  Des  pents  des  Mammiferes,  considerees  comme  caracteres 
zoologiques,  par  M.  Fred.  Cuvier.  viii*.  livraison  de  1  feuille 
de  texte  et  8  pi.,  IX**.  livr.  de  |  de  feuille  de  texte  et  de  5  pi. 
(  Fojez  le  Bulletin  de  mars ,  n".  338. ) 

La  8".  livraison  de  cet  ouvrage  renferme  en  totalite  les  details 
relatifs  au  sysleme  dentaire  des  animaux  dits  edentes ,  parce  qu'ils 
irianquenl  generalenient  d'incisives  (1)  et  quelquefois  aussi,  non- 
seulement  de  canines,  raais  encore  des  molaires.  Le  n".  77  a  rap- 
port aux  Paresseux  (Clioelopus  Illig.),  genre  dans  lequell'auteur 
conserve  rUnau  ou  Parcsseux  didaclyle  ;  le  78  au  genre  Acheus. 
(  Bradypus  Illig.  Iconlenant  I'Ai;  le  79  comprendcelui  des  Tatous, 
proprement  dits,  ayant  pour  type  I'Encoubert  decrit  par  M.  F. 
Cuvier  dans  la  38*^.  Hvrais.  de  son  hist,  des  mannniferes  :  ce  genre 
a  X 8  dents  a  la  maclioire  superieure  ,  savoir  2  incis.,  point  de  ca- 
nines, 16  machelieres,  et  20  dents  a  la  machoire  inferieure,  savoir 
l\  incisives ,  point  de  canines ,  et  16  machclieres.  Le  n°.  80  est  le 
nouveau  genre  Tatusies,  qui  renferme  les  especes  de  Tatous 
depourvues  d'incisives  et  qui  ont  18  machelieres  superieurcs  et 
16  inferieures  ,  sans  canines.  Le  n".  81  est  le  nouveau  genre  Prio- 
noNTES,  qui  n'a  non  plus  ni  incisives  ni  canines,  mais  qui  pre- 
scnte  5o  machelieres  superieures ,  petites  et  egales,  et  48  infe- 
rieures scmblables  :  ce  genre  est  forme  par  le  Tatou  geant.  Le 
no.  82  renferme  le  genre  Orycterope.  On  concoit  que  les  genres 
Pangolin  et  Fourmilier,  totalement  depourvus  de  dents,  ne 
devaient  pas  occuper  de  place  dans  cet  ouvrage,  aussi  M.  F. 
Cuvier  les  passe- t-il  pour  arrivcr  aux  monotrenies  du  genre 
Ornithorliynque,  qui  en  presentent ,  a  Texclusion  des  Ecliidnes, 
qui  en  sont  totalement  prives.  Le  n".  83  renferme  la  figure  tres- 
exacte  de  4  organes  cornes ,  places  sur  les  gencives  des  deux  ma- 


(i)  Nous  ilisons  gene'ralement ,  parce  que  M.  Frederic  Cuvier  vient 
de  reconnattre  que  cerl.iins  Tatous  ont  des  dents  implante'es  dans 
les  OS  intermaxillaires,  et  coDsequeinment  des  incisives. 


568  Zoologie, 

clioires  dos  OrnitliorliYnfiues  ct  (jui  soiit  opposi'-s  couronne  a 
fonronne. 

I.ecomiTiencement  de  Tordrc  des  pachydcrmts  se  trouve  dans 
le  meine  caliicr  et  coropiciid,  sous  le  n".  H.'i ,  la  description  el  la 
figure  dii  systeme  dcniaire  de  rHippopolainc. 

La  9*".  livraisou  contient  la   suite  des  descriptions  des  deals 

des  paclivdennes  ,  savoir  ,   n°.  85,  celle  des  Sangliers;  n".    8() , 

celle  des  Dicotyles  on  Pecaris;  n°.  86  bis,  celle  des  Babyroubsas ; 

n°.  87,  celle  des  Phascoclioeres ;  n".  88,  celle  des  Tapirs;  n".  8g, 

celle  du  Daman. 

La  10*'.  livraison  est  deja  publiee,  et  la  ii*'.  le  sera  bicntot. 
Lorsque  celle  derniere  parailra  ,  nous  terniinerons  dans  un  scul 
article  I'analyse  de  cet  ouvrage.  Desm. 

45a.  Caractkres  de  sept  genres  de  cheiuopteres,  pourvus 
d'appendices  membraneux  sur  le  nez ,  par  le  D"".  W .  E.  Leach. 
(  Tnws.  .wc.  Iwn.,  T.  i3  ,  i"^.  partie,  p.  7'3.  ) 

Dans  ce  meraoire  H.  Leach  donne  un  tableau  des  inaniini- 
fercs  qu'il  admet  dans  la  division  de  ses  vespertillonides,  dont  le 
nez  estpourvu  d'une  feuille  membraneuse ;  division  dans  laquelle 
il  ne  comprend  pas,  nous  ignorons  pour  quel  motif,  les  genres 
Rhinoloplius ,  et  Vliyllosloma  de  M.  Geofl'roy  St.-Hilaire. 

Les  genres  qu'elle  reni'ernie  sont  parlages  en  quatre  sections 
ou  stlrps. 

La  i'^'^''.  section  est  caracterisee  par  l'cxi>tencc  d'une  srule 
phalange  a  I'indcx  ou  second  doigt ,  de  quatre  au  medius,  et  de 
Irois  aux  quatrieme  et  cinquleme  doigts ;  par  recartcmenl  des 
oreilles,qui  sont  nu'dlocrement  grandes  el  par  fcxistencc  des 
oreillons. 

Le  nouvcau  genre  ARTir.Eusa  t\  incislves  a  chaque  machuire 
dont  les  .sujx'rleures  bifidcs  et  les  inf'erieures  Ironquees;  deux 
canines  en  haul  el  en  bas ,  dont  les  superieures  out  un  rebord 
interne  a  Icur  base ;  quatre  molaires  superieures  el  cinq  infericures 
de  chatiue  cote;  les  I'euiiies  nasales  soul  au  nombre  dedeux,  unc 
horizoutale  et  I'autre  verticale;la  queue  est  nulle.  V Arlibcus 
jamaiccnsis  estbrun  en  dessus  el  gris  de  souris  en  dessons;  sts 
membranes  et  ses  oreilles  sont  brunalres. 

Le  genre  MoNOPRYLius,  aussi  nouveau,a  quatre  incisives supe- 
rieures inegales ,  donl  les  deux  <lu  milieu  phis  longues  quo  les 
lalerales    et     bifides,    et    poml    d  iiiforicurcs;    deux    caimus    a 


Zoologic.  56,) 

ihaque  michoire;  cinq  molaires  superieures  ct  six  inferieures  dc 
cliaque  cote ;  uue  seule  feuille  droile  sur  le  nez  ;  la  queue  courte. 
Lp  MonophjUus  Redniannise  trouve  a  la  Janiaique;  il  est  briin  en 
dcssus,  gris  en  dessous;  ses  oreiUes  sont  arrondies;  sa  feuille,  qui 
est  aigiie,  est  couverte  de  petits  polls  blancluitres;  ses  membranes 
sont  brunes. 

La  seconde  section,  qui  ne  se  compose  que  d'un  seul  genre,  est 
caracterisee  par  I'index  a  deux  phalanges,  le  medius,  a  qualre,  le 
quatrieme  et  le  cinquieme  doigt  a  trois;  les  oreilles  grandes, 
rapprochees  et  pourvues  d'un  oreillon. 

Le  genre  Mormops  ,  Leach ,  a  quatre  incisives  superieures 
inegales,  dont  les  intermediaires  sont  largement  echancrees; 
qualre  incisives  inferieures  egales,trill(les;  deux  canines  a  cliaque 
machoire  dont  les  superieures  sont  doubles  en  longueur  des  inf»5- 
rieures,  ])resque  comprimees  et  canaliculees  en  devant;  cinq 
molaires  en  haul  et  6  en  bas  de  chaque  cote;  une  seiile  feuille 
nasale  droite  est  reunlo  aux  oreilles,  qui  sont  tres-vastes  et 
compiliquees.  Le  Mormops  BlauwilUi  figure  pi.  7  ,  est  remar- 
quable  par  I'elevation  exti-eme  de  son  front;  Texcavation  de  son 
chanfrein;la  forme  lobee  et  crenelee  de  sa  levre  superieure;  la 
division  de  I'inferleure  en  Irois  lobes  membraneux ;  I'existence 
sur  sa  langue  de  papilles,  dont  les  anterieures  sont  bifides  et  les 
posterieurcs  multifides;  le  plissement  de  sa  feuille  nasale  ;  la  divi- 
sion du  bord  superieur  de  ses  oreilles  en  deux  lobes,  etc.  II  est  de 
la  Tamaique. 

La  troisierae  section  renferme  les  vespertlllonides  dont  I'index 
est  pourvu  d'une  scule  phalangcet  dont  les  3  doigts  suivans  en  ont 
<h  icun  trois  :  leurs  oreilles  sont  reunies  et  pourvues  d'un  oreillon. 

Le  genre  Nyctophilds,  Leach,  a  deux  incisives  superieures, 
allongees,  coniques,  aignes;  six  incisives  inferieures  egales , 
trifides  ,  a  lobes  arrondis;  deux  canines  en  haut  et  en  bas,  les 
inferieures  ayant  une  petite  pointe  en  arriere  de  leur  base; 
quatre  molaires  de  chaque  cote  des  machoires,a  couronne  garnie 
de  tubercules  aigus;  deux  feuilles  nasales,  dont  la  posterieure 
est  la  plus  grande;  la  queue  depassant  un  peu  la  membrane 
interfemoralc  et  formee  de  cinq  vertebres  dans  sa  partie  visible. 
"LcNyctophilus  Geoffroyi,donl  la  patrieestinconnue,  a  le  pelage 
brun  jauuatre  en  dessus;  avec  le  ventre,  la  poitrine  et  la  gorge 
d'un  blanc  sale.  Ses  oreilles  sontJarges;  ses  membranes  sont  dun 
noir  brunatre. 

I>.  TOMK  L  2/1 


570  Zoologie. 

Le  genri*  MfiCAtenMA  de  M.  Geoffroy  nppartient  a  cetlesec- 
tiort.  II'  differe  dn  precedent  par  pJusieiirs  car;icteres  mais  prin- 
ei^nlertietit  par  le  nombre  des  dents  qui,  chez  lui,  sont  ainsi 
dJsiposees  :  incisives,  |^;  cinines,  -J-;  molaires,  ■^. 

Enfiii,  la  ffuatrieme  section  contient  les  chauves-souris  a  cretes 
nasales,  dont  le  doigt  index  a  deux  pliaianges  ,  le  doigt  medius 
(juatre,  et  dont  les  quatrreme  et  cinquieme  doigts  n'en  ont  que 
trois  ;  leurs  orcillei  sont  distnntes  et  pourvues  d'un  oreiHon. 

Le  genre  VamPirus  de  M.  Geoffroy  y  est  compris.  Sa  formule 
dentaire  est  :  incisives,  1 ;  canines,  ' ;  molaires,  f^.  Ex.  Phyllo- 
stotna  Spectrum. 

■  Le  genre  nouveau  nonime  par  M.  Leach  MAnA.T.t:us ,  s'en 
r.'tpproche.  II  presente  quatre  incisives  a  chaque  machoirc , 
les  deux  intermediaires  superieurcs  ayanl  plus  de  longueur  que 
les  laterales  et  bifides,  les  inferieurcs  etant  egales,  simples  et 
aigues;  quatre  rrlolaites  sTiperieures,  cinq  infcrieures  de  chaqive 
cote;  deux  feuifles  nasales,  une  Verticale  et  I'autrc  horizontale  et 
lunulce;  la  queue  nulie;  la  levre  pourvue  depapilles  molles,  com- 
primees  et  frangees  ail  bout ;  la  langiie  anterieurement  divisee  en 
deux  filamens  comprimes.  Le  Madatacits Lewisli,  de  la  Jamaique, 
asa  f'euillenasaleverficaleabordsbrusquementattenuesetforiTlant 
In  ])ointe  vers  le  liSut;  ses  oreillc^  iheriiocres,  sont  arrondies  et 
legorement  pointues ;  son  pelage  est  noiratre;  sa  membi'atie  inter- 
fenloraleest  ecliaiicriie;  Tenvergure  de  ses  aileS  est  d^  t'^  ponceR 
anglais.  DeSs*. 

4^3.  SuR  LE  Mecanisme  particulier  aux  mcmbres  posteiieurs 
des  cliauves-souris;  ])ar  IM.  A.  DESMoeLiNs,D'.  M.(£a.tr^</7J« 
Dirtionn.  Claasiq.  d' Hist.  ISat.,  I.  3.)  ,         ' 

Aucliri  ibologiste,  in^rne  ceilx  qui  se  Sont  lepMS  sp^cialemcnt 
occupes  de  relUcle  des  cllauves-soui'is',  n'avatt  l-(*rtlar(ple  que  les 
membresposlorietirsde  res  animSux,  paruncdemi-rotation  eprou- 
vee  sur  leur  axe,  de  dedans  ert  dehors  t*t  d'arrl^ce  cftavant ,  dht 
leurs  faces  relhilrners-,  relativeillcnt  a  h  direction  ordinaire  dans 
tons  les  autres  mantriliferes  (  6xcepte  les  ])lioqucs1,  d'ou  il  suit 
q»»'en  pOJ^aiit  a  tel-re,  le  sinus  de  Tangle  de  fl;<xion  di^  la  jandif 
snr  la  cnisse  regardcen  av;lnt,  et  que  la  plantc  dti  pied,  en  ap- 
puyant  sur  le  sol ,  a  le  talon  Cn  avant  6t  les  ooglcs  en  arriore. 
r.'est  de  ce  nu*canisin'e  que  unit  fioui' les  chauves-souris  la  n^cessite, 
en  si-rcposantydcresteraccroclieesparlespicclstledciTl^re,  la  f^'le 


Zoologie.  Syi 

cu  bas,etileinarclicr  p.'irculbiites  diagonnles,  ainsi  qu'on  le  snvait 
i;;en(iraleinent.  Mais  encore  une  fois  personne  n'avait  expllque  le 
iriecanisme,  nide  cette  attitude, ni  de  cette  sortedemarclie.  Deja 
M.  Desmoulins(0/p.  cit.)  avait  observeque  c'est  a  I'effet  d'unmou- 
vement  de  rotation  pareille,  arrete  au  milieu  de  sa  courbe  cLez 
lesParesseux  ,  que  ces  animaux  doivent  la  faculte,  en  montant 
aux  arbros,  d'appliquer  la  plante  du  pied  contre  le  tronc ;  a 
quoi  sert  encore  le  Icvier  coude  que  le  tarse  forme  sur  la  nial- 
leole  peronienne  courbee  en  dedans;  cnfln  de  se  tenir  aussi,  dans 
le  repos  et  le  somnieil ,  accroches  aux  branches  par  leurs  quatre 
pieds,  dont  les  plantcs  se  regardent  alors. 

Toutes  les  figures  exlstantes  de  cliauves-souris^  excepte  celles 
representees  pi.  i  et  '^  du  3*^.  fascicule  des  Spicilegia  zoologiea 
de  Pallas,  copiees  fig.  5  et  6  de  la  pi.  32  de  V Encyclopedic  me- 
thodiquc  ,  representent  a  conlre-sens  I'attitude  et  la  direction  des 
ineinbres  posterieurs. 

Cette  erreur  generale  des  zoologistes  avait  fait  croire  a  M.  Des- 
nioulins  que  la  cause  de  ce  mecanisme ,  qui  saute  pourlant  auix 
yeux  ,  etait  reslee  inconnue,  et  il  avait  entrepris  des  dissections 
pour  determiner  a  quelle  combinaison  de  muscles  tenait  cette 
disposition  des  altitudes  et  des  mouvcmens,  dont  les  squelettes 
seuls  lui  avaienl  deja  rendu  parfaitement  raison,  lorsqu'il  decou- 
vrit  qu'en  1802  M.  Cuvicr  I'avait  prevenu  en  determinant  cetle 
combinaison  de  muscles,  a  laqucUe  aucun  zoologiste  ji'avait 
cu  pourlantplus  egard  qu'aux  effets  mecaniques  qu'elle  produit. 

11  a  done  vu  le  resultal  de  ses  dissections,  deja  consign^  daiis 
1 'Anatomic  comparee,  expliquer  les  attitudes  et  leSmouvfemens  du 
train  dc  deiTieredes  cbauvcs-souris.  Tous  les  muscles  existans  se 
rapporlcnt  exclusivement  ou  a  I'extension ,  ou  ala  flexion  dl- 
rccle.  Ce  qui  a  amenedescliangemens  remarquables  dans  la  pro^ 
portion  aussi-bien  que  dans  la  direction  des  eminences  supe- 
rieurcs  du  femur.  Des  deux  trochanters ,  le  graad ,  celul  oii  s'ia- 
seront  les  fessieis  et  les  principaux  rotaleuis  ,  est  devenu  le  plus 
petit,  parce  que  de  tous  ces  muscles  il  h'en  existe  pliis  qu'un , 
savoir,  le  plus  faible  justement,  le  petit  fessier;  par  une  lalsdh 
inverse,  le  petit  trochantef  est  le  plus  grind.  Eri  outre ,' eiitre 
les  deux  troclianters  el  la  tete  du  femur,  est  une  c'avite  he- 
niisplu'i'ique  pour  agrandir  I'insertion  des  flechisseurs.  Celte  ca- 
vilr,  VII  la  rctroveisioii  du  femur,  appartieiit  a  la  fa^e  antcrieui'e. 


572  Zoologie. 

M.  Desmoulinsa  observe  que  la  proportion  dii  relief  des  saillies 
et  lies  aretes  osseuses  ,  ainsf  que  le  volume  rtciproque  des  mus- 
cles, varlent  suivant  les  habitudes  des  genres.  Aussi ,  dans  les 
phyllostomes  surtout ,  tous  ces  elemens  sont-ils  bicn  plus  pro- 
nonces  que  dans  les  chauves-souris  frugivores.  N. 

454'  Ces  jours  derniers,  en  travaillant  dans  un  marais  pres 
du  pont Maniolo,  on  a  trouvc  la  carcasse  d'un  gros  elcpliant.  An 
coninicncement  du  siecle  actuel ,  on  a  decouvert  un  grand  squc- 
lelte  semblab!c,a  quatre  ou  cinq  pahnes  de  profondeur,  dans  un 
vignoble,  sur  le  chemin  qui  conduit  dc  Tarche  obscure  a  Tarche 
ac^teuse.  (^Diario  de  Rome ,  aS  fevr.  1824-) 

455. Considerations  ET  rapports  nouveaux  d'Osteologie  com- 
paf.ee,  concernant  les  aniniaux  ruminans  ;  par  M.  Geoffroy- 
St.-Hilaire.  (  Mem.du  Mus.,  foin.  10,  S^.annee,  (f .  caliicr> 
art.  2  et  3,  p.  i65.) 

Nous  avons  rendu  compte  dans  le  w".  precedent  du  i*^"^.  ar- 
ticle d'un  raeraoire  de  M.  Geoffroy-St.-Hilaire,  s\ir  eles  rojons 
non  equivoques  de  nageoire  dorsale ,  products  r/iez  les  bccufs  vul- 
gaires  durant  la  premiere  periode  de  leur  age  foetal.  (  Mem.  du 
Mus.,  t.  10,  p.  i65  et  suiv.) 

Nous  continuous  aujourd'hui  de  faire  connaifre  les  diverses  re- 
cherches  d'osteologie  coraparee  du  celebre  profcsscur,'qui  font 
suite  au  travail  precedent. 

Le  second  article  est  intitule,  de  la  decomposition  de  I'ns  du 
canon  chez  un  tres-jeune  fcetus  de  bceuf. 

Lorsque  les  natutalistcs  s'occuiiercnl  d'analoinie  coniparee,  ils 
ne  tarderent  pas  a  voir  que  I'os  du  canon,  chez  hs  ruminans  et 
les  solipedes ,  se  trouvait  forme  de  la  reunion  de  deux  metacar- 
picDS  en  devant,  et  de  deux  metatarsiens  en  arriere  ;  niais  c'etait 
seulement  une  presomption,  qu'une  observation  rigoureuse  n'avait 
point  encore  changee  en  fait  positif.  M.  Geoffrey  a  acquis  la  cer- 
titude de  ce  fait  sur  des  foetus  de  bceuf, 

Dans  Tun,  parvenu  aux  deux  tiers  de  son  temps  de  gestation  , 
les  deux  parties  composantes  du  canon  sont  deja  soudees;  mais 
le  sillon  median  qui  les  separe  est  bien  prononce,  les  tetes  arlicu- 
laires  sont  Ires-distinctesl'une  de  I'autre,  el  Ton  trouve  de  pjus 
des  traces  d'une  membrane  qui  leur  serl  de  cloison. 

En   dirigeant  srs  rechcrclies  sur  des  sujets  plus  jeunes  ct  de 


Zoologie.  3j3 

TOoitie  plus  pctils,  il  Irouva  que  ce  qui  esl  engage  par  soudiire 
dans  I'exemjile  precedent,  ne  Test  point  encore  a  cetle  ejioqup. 

Pour  ces  observations,  M.  Gcoffroy-S.-Hilaire  n'emploie  le  sc- 
tours  ni  de  la  main  ni  du  scalpel,  qui  pourraient  operer  des  Irae- 
lions  oil  des  sections  violentes  capablesde  f'aire  clever  des  doutes 
sur  I'exactitude  du  fait  qu'on  veut  verifier ;  il  se  contente  de  sou- 
mettre  les  pieces  a  uiie  ebullition  moderee,  jusqu'a  ce  que  le  pe- 
riostc  se  souleve. 

Des  figures  aecompagncnt  cette  note. 

Le  troisieme  article  a  pour  litre  :  ,Sur  les  doigts  des  niininans , 
en  rapport  pour  le  nomhre,  la  composition  et  les  connexions,  iivcc 
les  doigts  des  autres  maminlferes. 

L'auteur  combat  I'assertion  admise  jusqu'a  ce  jour,  que  les 
runiinans  se  distinguent  des  autres  niammiferes  par  deux  doigts 
seulemeiit  a  cliaqiic  ])ied  ,  et  il  prouve  que  ces  doigis  sont  en 
nieme  nonibre  que  cliez  les  autres  animaux  ;  mais  que  cliez  la  plu- 
part  ils  sont  a  I'elat  rudimentaire,  tandis  que  chez  d'autres,au 
contraire ,  ils  sont  aussi  developpes  que  les  doigts  des  onguicules. 
Ainsi  le  renne,  le  chevreuil  et  le  cerf  de  Virginia,  dont  il  a  fait 
figurer  le  pied,  presentent  ce  caracterc- 

Les  doigis  parfaits  dc  ces  aniniaux  leur  servent  mejiie  avec 
beaucoup  d'avantage  lors(|u'i!s  ont  des  pentesa  dcscendre,  en  se 
laissant  trainer  dessus.  C'est  ici  surtout  que  sc  fait  I'application 
de  cette  belle  loi  du  halancement  des  organcs ,  que  rauleur  ne 
tessede  developper  dans  ses  ccrits.  Q.  Y. 

4^6.  Obskbvations  siiR  quelqup.s  ANiMAUx  DE  i.'Amerique  qui 
se  rapproclient  du  genre  Anlilope;  par  C.  H.  Smith.  Lu  a  la 
Societe  linneenne  de  Londres,  le  4  "'^'i  iSij).  (Trans.  -Sac. 
Linn.,  t.  i3,  part,  i,  p.  28,  pi.  2,  3,  4.) 

Ces  aniuiaux  sont  au  noinbre  de  cinq,  savoir: 
I.  Ij'Antilope  FuRciFEK,  auqucl  l'auteur  rapporte  le  Prong- 
horned  Antelope  de  Lewis  et  Clarck  ,  est  I'animal  decrit  deja 
j)ar  M.  Ord  dans  le  Journal  de  physique  (1818),  sous  le  nom 
*\' Antilocapra  americana.  On  en  trouve  ici  une  description 
fort  complete  et  uue  bonne  figure.  C'est  un  runu'nant  assez  sem- 
blable  au  cliamois  par  ses  foiines,  niais  plus  grand,  dont  les 
corncs  coraprimees  legeremcnt,  et  ridi'cs  a  leur  base,  sont  ton- 
gues de  I  1  pouces,  dressecs  sur  la  ictc,  uiais  unpen  divcrgenlo!. 


374  Zonlogir. 

sur  Ics  cotes  et  recourbees  vers  le  bout  en  dedans  et  en  arriere, 
avec  un  petit  andoiiiller  dirigc  en  av;int ,  et  naissant  aux  deux 
tiers  do  leur  longueur.  II  n'a  ni  inufle,  ni  larmiers,  ni  brosses. 
Son  pelage  ras  est  generaleinent  gris-ronssatre  en  dessus  et 
blanc  snr  les  fesses,  la  queue  et  les  parties  int'erieures  du  corps. 
Celte  cspece  habite  unc  vaste  etendue  dc  pays  dans  la  partie 
centrale  de  I'Anierique  du  nord,  et  principalement  dans  les  re- 
gions inoyennes  des  montagncs  rocheuses.  EUe  vit  par  petites 
troupes  qu'on  rencontre  dans  des  situations  analogues  a  celles 
qui  convlennent  atix  chamois  d'Europe,  et  souvent  melees  avec 
celles  de  I'Argali  americain.  La  nation  des  Kluches  donne  a  ces 
animauxle  nom  de  Ki.ftu-he,  qui  sigmCie petit  elan.  "Les  Indiens 
Siours  les  chassent  en  lesamenant,  au  moyen  de  battues  gene- 
rales,  jusqu'au  sommet  des  escarpeniens  les  plus  rapides,  d'ou 
ils  les  forcent  a  se  prcciplter  d'eux-memes. 

2.  Antilope  palmata.  Cetle  espece  seralt  peut-etre,  selon 
M.  Smith,  le  Mnzame  d'Hernandez;  et  c'est  tres-certainement 
Tanimal  auquel  appartiennnent  les  petites  cornes  du  cabinet  des 
chirurgiens  deLondres,  dont  M.  deBlainville  a  donne  la  descrip- 
tion {jBuIL  Soc.  phil.,  1816,  p.  80)  en  les  attribuant  a  une  es- 
pece de  cerf  qu'il  designait  sous  le  nora  de  Cerms  hamatus , 
espece  admise  depuis  par  M.  GoldCuss,  dans  la  continuation  de& 
Saiigthicre  de  Schreber,  pi.  a64  B.  Les  cornes,  quoique  fort 
rappioch(5os  par  leurs  formes  de  celles  de  I'espece  precedenle, 
en  different  cependant  en  ce  qu'elles  sont  plus  grandes,  que  leur 
andouiller  est  plus  large,  lres-aplati,et  un  pen  recourbeen  dedans 
YCrs  le  bout.  On  n'a  aucun  renseignement  sur  leur  origine. 

3.  Antilope  mazama.  L'auteur  rapporte  a  cette  espece  ,  sans 
temoigner  le  moindre  doute,  le  Mazarnc  sen  Cervus  cornulus, 
de  Seba,  tome  i,  pi.  4^,  %•  3  ,  et  il  lui  rattache  avec  hesita- 
tion YAnlilnpe  dc  Honduras  d' Anderson.  (  Hist,  of  Honduras.) 
L'individu  (juc  M.  Smith  decrit  a  etc  pris  aux  environs  de  I'cm- 
bonchnre  de  la  riviere  St.-.Iean,  qui  se  rend  dans  le  golfe  du 
Mexiquc.  11  est  nioins  grand  (ju'une  chevre  doniestique,  mais 
plus  haut  sur  jambcs.  Ses  cornes,  qui  ont  a  pen  pres  six  ponces, 
sont  obscurement  annelces,  j)oinlues,  corn-bees  en  arriere,  et 
de  couleur  foncee.  Son  pelage  est  generalement  d'un  brun  ])Ale 
ronssatre  en  dessus,  blanc  jaunatre  sur  le  menton,  la  poitrine 
et  la  face  intericnre  des  membres;  gris  autour  des  yeux  et  des 
iiarines-,  son  poll  inteiieur  est  doux  et  non   laineux.  Sa   (piene 


Zoologie.  575 

est  epaissc  el  couite.  Ses  jainbos  sont  ])lus  lobusles  que  celles 
des  aniilopes  (giizelles)  d'Afrique,  et  sa  tournui'e  est  geniralc- 
luent  lourde. 

4.  Antilope  Temf.maz\ma.  M.  Smith  regardeavec  doute  coni- 
jne  synonyme  de  cette  espece  le  Ccipra  Pudu  deMolina.ou  Oi/.s 
Pudu  de  Gmelin;  le  Sprivg  /yar/  de  New-Jersey,  etle  Ceiviis  Ma- 
<atlrluchiUic  ou  Temainazame  de  Seba.  (La  figure  qiie  ce  der- 
nier auteur  donne  de  son  animal  nous  parait  reprcsenter  ])lu- 
lot  le  Bnbale  d'Afrique  que  tout  autre  ruminant.)  M.  de  Blain- 
ville  avait  deja  cherchc  a  rapporler  le  Ptidu  de  Molina  au  geiin- 
Antilope;  mais  nous  doutons  que  le  Tememazame  de  M.  Smith 
lul  soil  identique.  Au  surplus  la  description  de  ce  dernier  est 
f'aite  en  partie  sur  le  seid  dessin  d'un  animal  tue  pres  des  sources 
de  la  Riviere-Rouge.  D'apres  ce  dessin  ,  il  aurait  les  formes  le- 
geres ;  le  ncz  petit  et  semblable  a  celui  de  nos  raoutons;  les 
oreilles  longues ,  etroites  et  arrondies  au  bout;  la  queue  peu 
loiigue  et  porlee  droite  comme  celle  des  chevres.  Les  notes  qui 
I'accompagnaient  ont  appris  que  les  cornes  avaltnt  5  pouces  et 
demi  de  longueur  et  qu'elles  etaicnt  noires  ,  minces,  rldecs  a  la 
base,  placees  droiies  dans  la  prolongation  de  la  ligne  du  Ironf, 
divergentes  et  un  peu  courbces  en  arriere  vers  leur  extreniite ; 
que  la  conleur  du  pelage  en  dessus  etait  a  peu  pres  semblable 
a  celle  d'un  clie\Teuil,  et  que  le  tour  de  la  bouclie,  une  taehe 
.sur  la  gorge,  la  partie  interieurc  des  membres  et  le  dessom  de  la 
(ju'eue  etaicnt  blancs  ;  enfln  (jue  les  yeux  etaient  tres-saillans  et 
d'unc  touleur  foncee. 

5.  Antilope  LAKATA.  Celui- ci  est  le  Mountain  Slap  (  moulon 
demontagne)  de  M.  Ord  ;  le  Mazcuna  dorsuta  et  !e  scricca  dc 
M.  Rafinesquc,  et  le  Rupicapra  avicricana  de  M.  de  Blainvilic. 
M.  Smith  en  donne  une  bonne  figure  d'apres  un  individu  qui 
est  conserve  dans  la  collection  de  la  Socicle  linijeenne  de  Lon- 
dres.  Sa  tete  a  beaucoup  de  ressemblance  avec  celle  du  heJier  j 
ses  oreilles  sont  pointues  et  raoyennes ;  ses  cornes  longues  de  5 
pouces  sont  Icgerement  arquees  en  arriere,  rondes,  lisscs  «f 
obtuses  au  bout  avec  trois  anneaux  a  la  base;  les  jambes  sont 
fortes  ct  les  sabots  gros  et  noirs.  La  fom-rure,  d'nn  blanc  jau- 
iiatre,  est  tres-epaisse  et  composee  de  longs  j)oils  droits  qui  eii 
recouvrent  de  laincux.  La  fcmello  ii'a  vraisemblablemeiit  ]),'is  dc 
cornes.  Celte  espece  se  Irouve  depuis  la  uicr  i'acilique  ju§.qu',iu 
lac  des  Bois  pres  le  lac  Superieur.  Desm. 


5yfl  Zoolngfe. 

457.  NOUVFAU   RliCUElL  1)K    PLANCHES  COI.ORIKIS  u'olSKACX  ,   poUr 

srTvir  de  suite  et  de  complement  aux  planches  cnluminecs  de 
Buffon;  public  par  MM.  Temminck  et  Laugier.  (  P^oycz  Ic 
Bull,  de  mars,  11°.  337.) 

Dans  les  ])recedcns  Bulletins  nous  avoiis  fait  connaitre  jusqn'.i 
Id  27*^.  livraison  du  bel  ouvrage  qu'offrent  aux  sa^ans  MM.  Tem- 
minck et  Laugier;  dans  cet  article  nous  allons  continuer  noire 
examen  jjisqu'a  la  32*'. 

28**.  Livraison. ^ — Planche  162.  Colombe  double-liuppe,  male; 
Columba  dilopha.  (Temm.  I  Nouvelle  Holbnde.  —  PI.  i63.  Col. 
magnlfique,  male;  C.  inagnifua.  (Temm.)  Idem. — PI.  164.  Col. 
mantelee,  male  ;  C.  lacernulaia  ( Id. )  L'ile  de  Java.  — P.  i65.  Col. 
capistrate ,  male ;  C.  capistrata.  ( Id. )  Meme  lieu.  —  PI.  1G6.  Col. 
jaseuse ,  male;  C.  locutrix.  ( Id.  }  Du  Bresil.^Pl.  1 67.  Gobe-mou- 
ches  gorgeret ,  paille ,  queue-grele. 

zy*.  Livraison.  —  PI.  168.  Pie  bleu  de  ciel  ;  Corvus  azureie^. 
(Azara.)  Paraguay  et  Brcsil.  —  PI.  169.  Pie  Geng;  Con'iis  cynno- 
pogon.  (Maxim.)  Du  Bresil. — PI.  170.  Myoplionc  luisant;  Mro- 
p/ionus  metnllicns.  (Temm.)  De  Java. — PI.  171.  Pic  casque  ;  Pi- 
cas galealux.  CNatt. )  Du  Bresil. — PI.  172.  Manakin  cliaperonne, 
male;  Pipra  pileata.  (Nalt.)  Idem. — Manakin  verdin,  male;  Pi- 
pra  chloris.  (Id.)  Idem. — PI.  173.  Hylophile  thorachique,  male; 
Hjlophilus  thoracicus.  (Temm.)  Idem. — Hylopli.  oreillon  tachete; 
Hylophilus poicilotis.  (Temm.)  Idem. 

30*^.  Livraison. — Pi.  174-  Hibou  bruyant,  male;.Sf/v>  strrpi- 
tans.  (Temm.)  De  Sumatra. — PI.  175  et  i  76.  Tisserin  a  front  d'or, 
male  et  feraelle,  Ploccns  aurifrons  (Temm.).  Du  Cap  de  Bonne- 
Esperance.  —  PI.  177.  Tangara  oriflamme,  male;  Tanagra  Jlain- 
mictps.  (Maxim.)  Du  Bresil.  —  PI.  178.  Drongo  a  rames;  Edo- 
lius  remifer.  (Temm. )  De  Sumatra  et  Java.  —  P.  179.  Fourmi- 
lier  Tachcl,  male,  et  femellc.  Myothera  strictothorax.  (Temm.) 
Du  Bresil.  • —  Fourinilier  gorgeret ,  mile  ;  Myothera  mcntaUs. 
(Temm.)  Idem. 

31".  Livraison.  —  PI.  180.  Milan  Cresseivlle  ,  jeune;  Falm 
plumbeits.  (Lath.)  — PI.  181.  Couroucou  montagnard,  male; 
Trogon  Oreskios.  (Temm.)  De  Java.  —  PI.  182.  F.ngoulcvcul 
Nacunda,  adulte;  C(ipninulgu.s  (liurnus.  (Blaxun.)  Bresil. —  1. 
i83.  Pluvier  patre,  adulte  male;  Charadrius pacuariiis.  {'Yemm.) 
Du  Cap.  ■ li.    18',.  Plavicr  Azara,  male;  Charndrius  Azarai. 


Zoologie.  ^TJ 

^Tcmm.)  Biesil.  —  PI.  i85.  Fourinilier  capistrate,  male;  Myo- 
thera  capistrata.  (Idem.)  De  Java.  — F.  hausse-col,  male ;  M.  mc- 
/arto  f/io/flvi.  ( Idem)  Idem.  Q-Y. 

/|58.  LeHKBUCHDERNATURGESCHICHTE  ALLER  EUROPAISCHEN  Vo- 

GEL.  Histoire  naturelle  des  oiscaux  d'Europe;par  M.  Uh.  L. 
Brehme.  Deux  vol.  in-8.,  avec  une  grav.  en  tete.  Chez  Aug. 
Schmid,  a  Jena. 

Cet  ouvrage  est  le  fruit  de  vingt  annees  de  travaux.  Une  col- 
lection de  4)Ooo  oiseaux ,  que  M.  Brehme  possede,  a  pu 
seule  !e  mcttre  en  etat  de  publier  un  ouvrage  qui  embrasse 
un  champ  aussi  vaste.  On  y  trouve  tout  ce  qui  peut  interesser 
I'ornithologiste;  la  methode  que  I'auteur  a  suivie  ,  etles  defini- 
tions des  cspeces  ,  des  genres  et  des  families  ,  sont  si  claires  que 
les  personnes  Ics  moins  instrnites  en  histoire  naturelle  peuvent 
y  trouver,  avec  la  plus  grande  facilite,  la  description  d'un  oi- 
scau  d'Europe  quelconque,  et  M.  Brehme  a  joint  a  son  ouvrage 
tout  ce  que  les  ornithologistes  ont  dit  de  plus  interessant  sur  les 
oiseaux.  S.  s. 

459.  Beitr^ge  zur  VoGELKUNDE.Memoires  pour  servir  a  la  con- 
naissance  des  oiseaux  ,  ou  description  detaillee  de  plusieurs 
piseaux  nouvellementdecouverts  ,  et  d'un  grand  nombre  d'oi- 
seaux  rares  de  TAllemagnc;  par  Ch.  L.  Brehme  et  Guil.  Schil- 
ling; 3  vol.  in-8.  ,  avec  11  pi.  Prix,  10  rxd.  \i  gr.  Neustadt; 
1823 ;  Wagner. 

I*"^.  vol. ,  avec  5  pi.,  prix,  3  thrs.  18  gr. ;  2*^.  vol. ,  avec  3  pi. , 
prix,  3  thr. ;  3**.  vol.,  avec  3  pi.,  publie  conjointement  avec 
M.  W.  Schilling  ,  prix  ,  3  thr.  18  gr.  D'apres  I'annonce  que  Ton 
fait  de  cet  ouvrage,  il  paraitrait  qu'il  surpass-?  toij^ce  qu'on  a 
publie  jusqu'a  present  sur  rornitliologie,  tantpar  I'exactitude  des 
descriptions,  que  par  le  beau  choix  des  caracteres.  S.  s. 

460.  LiSTE  des  oiseaux  observes    AlIX  ENVIRONS    PE    BOULOGNE, 

par  M.  DiMARLE.  [Proces-veibal  de  la  Seance  publique  de  la 
Societe  d' Agric. ,  Comm.  et  Arts  de  Boulogne-siir-Mer,  en 
1823,  p.  38  et  71.) 

M.  Demarle  a  rendu  coraptc  a  la  Socicte  de  Boulogne  des  re- 
cherthes  faites  par  d'autres  naturalistes  sur  roruilhologic  du 
territoire  de  celte  ville.  En  17<)(),  M.  Piclion,  alors  secretaire  de 
la  Socicte  d'Agriculture  ,  concut  le  projet  do  former  une  collec- 


578  Zoologie. 

tion  <les  oiscaux  dc  son  pays;  il  en  reinanjiia  ix  i  psjiecps.  M.  l>e- 
marle,  en  quatorze  mois ,  en  a  observe  ■j.n^  especes ,  c|ui  pres- 
que  toutes  font  partle  de  sa  collection.  Parini  celles-ci  pliisieurs 
sent  tres-rares  en  France ,  et  leur  apparition  anx  environs  de 
Boulogne  pent  etre  attribuee  a  la  temperature  elevee  de  I'ete 
de  1822,  et  surtout  au  froid  vif  et  continu  de  I'hiver  suivant. 
La  liste  dressee  par  M.  Demarle  offre  2^  especes  d'Accipitres, 
17  Coraces  ,  72  Passereaux,  8  Gallinaces,  43  Kcliassiers,  et  62 
Anscres.  F- 

461.  Arkakgement  systematique  et  description  des  oiseaux 
de  I'ile  de  Java  ,  par  M.  Horsfield  ;  lu  le  18  avril  1820  a  la 
Societc  linneenne  de  Loadres.  [Trans,  of.  Linn.  Soc,  vol.  i3  , 
i^e.  partie,  page  i33.) 

Dans  ce  memoire  ,  M.  Horsfield  presente  une  classification 
systematique  des  oiseaux  de  Java ,  qui  sont  renfermcs  dans  \a 
collection  de  la  compagnie  des  Indes  Orientales.  A  I'exception 
d'un  petit  nombre ,  tous  ces  oiseaux  furent  rassembles  entre  les 
annees  181 1  et  181 7,  periode  pendant  laquelle  Tile  de  Java 
fit  partie  des  possessions  anglaises. 

L'auteur,  dans  son  travail,  a  gencralement  suivi  la  raetliode 
fondee  par  M.  Leach,  pour  I'arrangenient  de  la  collection  du 
niusee  britannique ;  il  adople  la  plnpart  des  genres  etablis  par 
M.  CvL\'\tT( Rcgne  aninial)  ou  par  M.  Temminck  (2''.  edit.du  Ma- 
nuel d'ornithologie),  et  en  propose  plusieurs  nouveaux. 

Voici  la  liste  des  oiseaux  qu'il  decrit  tres-succinctemenl,  en 
joignant  au  nom  systematique  de  chacun  sa  donomiiuitiou  dans 
I'idiome  des  habitans  de  Java. 

Ordo  1,'tCCIPITRES. 

Fam.  II,  FvLCONiD^. 

Genre.  I,  Falco  ccvrulescens  Linn.  ;  Tinnunciilus  Linn.;  *  Se- 
verus  sp.noy.;  pomlkerianus  Gmel  ;  *  ichthyaetu.'s  spcc.nov.; 

*  solcensiss  ,  spec.  nov.  melannptcms  Daud. ;    *  ^<V/o  sp.  nov. ; 

*  limncetus  sp.  nov. ;  n.  S\.r\x  javanica  Gmel.;   *  hadii  sp.  nov.; 

*  Selo-puto  sp.  nov.;  *  rufescens  sp.  nov.;  *  castaunpteni  sp.  nov.; 

*  Xewy>(/Vsp.nov;  *  oricniaUs  sp.  nov.;  *  Ketupu  sp.  nov. 

Oiu.olI,PASSERES. 

Fam.  IV,  lIiRUNi>iNiD,f;. 

Genre  3.  Podargus  *  javancnsis  sp.  nov.  4  Caprimulgus;  *  nia- 


Zoolngic.  5  79 

r  rurus  sy).  uov. ,   *  affiiiis   sp.   no  v.  5.  Hirnndn   csculenta   Osb  ; 
fuciphagn  act.  holm.  33.  p.  i5i  ;  *  Klecho  sp.  nnv. 
Fam.  V,  Sylviad  E. 

Genre  6.  Leptoptcryx,  Horsfield  (le  meme  que  le  genre  Ocyp- 

tera  tie  M.  Cuvier,  dont  le  noni  a  deja  ete  propose  par  M.  La- 

treille  pour  un  genre  de  Dipteres )   leucorhynchos.  7.  Lanius  * 

Bentet  sp.  nov.  8.  YiAoWxja  j^orficatus ;  *  cinerascens  sp.  nov.  ; 

malabarlcus.  9.  Ceblephyris  *  javanensis  sp.  nov.;  *  Striga  sp. 

nov.  10.  Muscicapa /7«/«//?t'rt  Gmel ;  *  obscura  .sp.  noT. ;  *  indign 

sp.   nov.;   *  Banyumas  sp.  nov.  ;  javanica  S\)avm.    11.    Turdus 

hceinorrhoiis  ;  *  amcenus  sp.  nov.;  macrourus   Ginel.;  *  aiinlis 

sp.  nov. ;  *  bimaculatus  sp.  nov. ;  *  strigatus  sp.  nov. ;  *  viridis 

sp.  nov.  ;  *  chalybeus  sp.  nov. ;  *  javanicus%^.  nov.;  *  varius  sp. 

nov.;  *  cyaneus  sp.  nov. ;  *  fIa\'irostris  sp.  nov, ;  ochroccphalus 

Gmcl.;  *  gularis  sp.  nov. ;  *  dixpnr  sp.  nov.   12.   Timalia  Horsf. 

\  genre  voisin  des  Turdus,  mais  en  differanl  par  la  forme  da  bee 

ft  la  grosscur  relative  des  jambes  :  le  bee  est  etroit  a  la  base  et 

unil'orjnement  comprlnie  dans  toule  sa  longueur;  les  cotes  de  l.i 

mandibule  sont  parl'aitenicnt  droits  et  unis  ,   et   out  une  petite 

ecliancrtire  vers  le  bout;  le  dessus  en  est  car>inL';  les  ailes  sont 

plus  cnurtes  et  j)lus  rondes  que  celles  des  autres  genres  de  la 

nieme    famiile,    excepte  celui   des  Brachypteryx.  ]  * /^/A'rt^rt  sp. 

nov.    i3.  Jora  Horsf.  ( Ce  genre  se  distingue  dos  Sylvia  et  des 

Motacilla   par  la  forme  conique  de  son  bee  :  les  narines   sont 

ovalcs,  petitcs,  placees  dans  une  fossette  allongee  et  teriainee 

en  pointe  anterleurement;  les  ailes  sont  courtes.)  *  J.  Scapularis 

sp.  nov.  14.   Oriolus  Galbida  Lath.  i5.  Meliphaga  *  juvenis  sp. 

nov.  16.  Irena  Horsf.  (Le  cai'actere  distinctif  elleplus  apparent 

de  ce  getu'e  consiste  dans  les   narines,  qui  sont  couvertcs  par 

des  plumes  veloutces  :  a  la  base  dc  ce  bee  on  remarque  dc  fortes 

Sdic's  ou  moustaches  ;  les  pieds  sont  courts  et  les  onglcs  trcs- 

faibles.  II  se  rapprochc  surtout  des  Turdus  et  des  Oriolus  ;  niais 

il  difl'ere  des  premiers  par  la  plus  grande  courbure  de  son  bee, 

et  des  derniers,  non-seidement  par  ce  caractere,  mais  encore 

par  rclevation  de  sa  carene  ;  il  s'eloigne  aussi  de  tous  deux  par 

I'cxisteuce  des  plumes  veloutees  qui  couvrent  les  narines  :  enfin 

le  bee  de  ces  oiscaux  est  plus  court  et  plus  convexe  que  celui  des 

meliphaga.)  *  i.puclla  sp.nov.  17.  Myiolliera  *  af/inia  s]).  nov. 

1 3.  Pastor  griseus ;  J  alia-  *  tricolor  sj).  nov.     19.  Motacilla  * 

'■pcciosa  sp.   nov.;  flava  I^inn.  ao.    .Sylvia  *  javanica  sp.  nov.; 


38o  Zoologie. 

inontana  sp.  nov.  x\ .  Saxicohi  *  fruticnUi  sp.  nov.  xi.  Urac&yp- 
leryx  Horsf.  (Voisin  des  Motacilla,  ce  iiouvcau  genre  s'ea  dis- 
tingue par  un  bee  j)lus  fort,  dont  la  carenc  est  plus  arcjuee,  et 
par  la  grande  onvcrture  des  narines  :  ses  ailes  sont  fort  courtos, 
et  les  tarses  assez  elevesl  *B.  inontana  sp.  nov.;  *  sepiaria  sp.nov, 
a3.  Mcgaiurus  Horsf.  (  Ce  genre  est  interinedialre  d'unepart  aux 
Motncilla  et  aux  Anlhus,  et  de  I'autre  a  ces  deux  genres  ct  a 
celui  des  Alauda ;  il  differe  des  premiers  par  la  force  du  bee,  eit 
quoi  il  se  rapproclie  des  Alauda ;  niais  il  est  ecliancre  au  bout. 
L'ongle  du  pouce  est  interinediaire  pour  la  longueur  et  la 
courbure  entre  celui  des  Alouettes  et  celiii  des  Antlius.  Ses 
jambes  sont  robustes;  sa  queue  est  tres-grande)  *  M..  palustris 
sp.  nov. 

Fam.  VI,  Fringillad^. 

Genre  24.  Mirafra  Horsf.  (II  differe  des  Alauda  par  son  bee 
plus  robuste,  conique  et  arque ;  j.es  narines  sontrondes,  pres- 
que  nues;  l'ongle  du  pouce  est  court;)  *  M.  /'ai'anica  sp.  nov. 
•Jt5.  Parus  *  atriceps  sp.  nov.  iG.  Fringilla  philippina. ;  *  Manyur 
sp.  nov;  *  punicca  sp.  no\. ;  punctularia;  striata;  *  prasina  sp. 
nov.;  orjzivora  ;  Maja.  27.  Sitta  *  frontalis  sp.  nov. 
Fam.  VII,  CoRviDiE. 

Genre  28  Colaris  orientalis  Cuv.  29- — -Eulabes  religiosa  Cuv. 
3o  Phrenotrix  Horsf  (  Ce  genre  est  caracterise  par  la  forme  du 
bee,  qui  est  eleve,  regulier ,  avec  sa  base  bordee  de  plumes 
veloutees :  il  differe  de  tous  les  autres  genres  de  la  ineme  fa- 
mille,  parce  que  les  cotes  de  cc  bee  sont  plans  depuis  le  bord 
de  la  mandibule  jusqu'a  la  carene.)P.  Tcniia.  3i  Frcgilus  *  Euca 
sp.   nov. 

Fam.  IX,  Certhiad^. 

Genre  32  Pomatorbinus  Horsf.  (  Un  operculc  corne  ,  qui  le- 
couvre  les  narines,  la  compression  subite  du  bee ,  et  regalile 
de  sa  largeur  au  dela  des  narines,  sont  les  caracleres  les  plus 
reinarquablcs  de  ce  nouveau  genre.  )  *  P.  mnntanus  sp.  nov. 
33  Prinia  Horsf.  (  Voisin  du  precedent ,  ce  genre  en  differe 
par  son  bee,  conipaiativemcnt  plus  droit  que  le  sien  et  graducl- 
Icment  attenue  vers  la  polnte  ,  ainsi  que  par  le  manque  d'opei  - 
«ule  des  narines ;  il  lient  une  place  inlerniediaire  entre  les 
Pomarliinus  et  les  Ncctarinia  :  ses  narines  sont  placees  conune 
ccUesdcccsdcrnicrs;  raaiseiles  sont  plus  larges  el  de  forme  diffc- 


Zoologie.  58 1 

rente;  le  tarse  est  I'leve)  *  P.famitiaris  sp.  nov.  3^  Orthotomus 
Horsf.  (Le  bee  droit  et  effilt;  iliffere  de  celui  des  deux  genres 
preci'dens  ;  sa  base  trlangulairc  empeclie  de  le  conforidre  aver 
celui  des  aulres  de  la  incme  famille;  le  pouce  des  picds  est  grand 
et  fort  comme  celui  des  Sitta  ,  avec  lesquelles  ce  genre  a  quel- 
ques  autres  rapports)  ;  *  O.sepium  sp.  nov.  35  Cynnyrls  *  ajfinis 
sp.  nov.;  longirostra.  3G  Nectarinla  *  javanica  sp.  nov.;  *  pec- 
toralis  sp.  nov.;  *  cximia  sp.  nov. 
Fam.  X,  Meropid^. 

Genre  37  Dicceum  cruentatuin;  *  Jiavum  sp.  nov.  38  Eury- 
laimus  Horsf.  (  Les  caracteres  distinctifs  de  ce  genre  consistent 
dans  un  bee  large,  deprime  en  coin,  avec  ses  bords  courbes 
et  prolonges  jusqu'au  dela  des  yeux;  les  pieds  sont  syndactyles 
et  propres  a  la  marclie  :  ce  genre  a  quelque  rapport  avec  le  genre 
Todus,  tel  que  le  conserve  M.  Teinminck)  E.  *  javanicus  sp.  nov. 
3g  Merops  *  jai.'anicus  sp.  nov.  *  urica  sp.  nov.  /jo  Alcedo  * 
Meninting  sp.  nov. ;  *  Biru  sp.  nov. ;  tridactyla  Linn. ;  leiicocc— 
phala  Gmel. ;  coromanda  Lath. ;  chlorocephala  Ginel. ;  sacra 
Gmel.;  *  melanoptera  sp.  nov. ;  41  Dacelo  * pulchella. 
Fam.  XI,  BucERiDiE. 

Genre  4^  Buceros  Rhinoceros  Linn.;  undulatus  Sliaw ;  nlbi- 
rostris  Shavr. 

Ordo  III,  SCANSORES. 
Fam.  XII,  Picin.E. 

Genre   4^  Picus  *  javensis  sp.  nov. ;   bengalensis  Linn. ;  mi- 
niatus  Gmel. ;  *  puniceus  sp.  nov.  ;  *  strictus  sp.  nov. ;  minor 
Linn. ;  *  tristis  sp.  nov. ;  *  Tiga  sp.  nov. 
Fam.  XIII,  CucuLiDyE. 

Genre  44  Phaenicophaus  *  melanognathus  sp.  nov.;  *  javanicus 
sp.  nov.;  45  Cuculus  orientalis  lAnn. ;  *  fugax  sp.  nov.;  flavus 
Gmel. ;  canorus  Linn. ;  *  pravata  sp.  nov.  ;  *  luguhris  sp.  nov. ; 
xanthorhynchus  sp.  nov.;  *  feajc/w  sp.  nov. ;  46  Centropus  * 
Buhutus  sp.  nov. ;  *  affinis  sp.  nov. ;  *  lepidns  sp.  nov. 
Fam.  XIV ,  Bucconid^. 

Genre  4?  Bucco  *  javensis  ;  philippensis  Lath;  *  aiistralis 
sp.  nov. 

Fam.  XV ,  PsixTACin*. 

Genre  48  Psittacus  OsbecMi  Lath. ;  Galgidiis  Linn. 

OuDo  IV,  GALLINACEyE. 

Fam.  XVI ,  Coi.umrad/i;. 


382  Zoologie. 

(ienre  l\[)  Coluinba  vcrnans  Linn.;  littoralis  Temm. ;  nielano 
ci'phala  Gmel.  ;  tigrina  Temni.  ;  Risnria  Linn.  ;  Ixintatncnsis 
Spnrm.  ;  hitorquata  Temin. ;  jm'anica  Teinin.  ;  arnboirtensi), 
I>inn. ;  cenen  Linn. 

Fam.  XVII,  Tetraonid*. 

Genre  5o  Perdix  chincnsis  \i\nn.;  JM'anica  Lalh.;  *  oiien- 
talis  sp.  nov. ;  5 1  Ortygis  luzoniensis. 

Fam.  XA^III ,  Phasianid^. 

Genre  Sa  ,Gi\\\us*  jm'duicus  sp.  nov.;  Bnnkiva  Temm. 

I'^ani.  XIX,  Pavoniu.i:. 

Genre  53  ,  Puvo  *  ja<'ani<:us  sp.  nov. 

Ordo  V,  GRALL.E, 

Fam.  XX  ,  Charadriad^. 

Genre  54,  V^anellus  melanogaster  Bechst ;  *  tricolor  sp.  nov. ; 
55  Charadrius  cantnanus  \imn.;  phwialis  Linn. ;  asiaticus  Gmel.; 
* piisillus  sp.  nov.;  56  Cursorius  if aieni/ms  Meyer;  57  Gla- 
rcola  orientalisheach. 

Fam.  XXI,  ArdeaDjE. 

Genre  58  ,  Ciconia  *  ja\'anica  sp.  nov.;  leucoccphnla.  5()  Ar- 
(Ica  cinerea  Lath.  ;  purpurea  Linn. ;  Egictta  Linn.  ;  *  affiiiis  sp. 
nov.  •,.malaccensis  Gmel.;  *  speciosa  sp.  nov. ;  Nycticorax  Linn.; 
sinensis  Gmel;  JhivicoUis  Lath.;  *  lepida  sj).  nov.;  *  nebulosa 
sp.  nov.  ;  * javanica  sp.  nov.;  cinnamomea  Gmel. 

Fam.  XXII,  Tringid^. 

Genre  60,  Namenius  P/^f^'o/-'M.f  Latii.;  61  Scolopax  *  saturata 
sp.  nov.;  Gallinago  Linn.;  ()j  Tolonus  '*'  affinis  sp.  nov. ;  A)- 
^o/<'«co.v  Temm. ;  *  acuminatus  sp.  nov.;  *  temiirostris  sp.  nov.; 

*  diimaccnsis  sp.  nov.;  Glottis  Rechst. ;  *  jnvnnicus  sp.  nov.; 
G'3  llhynchtea  orientalis ;  64  Limosa  inel(inura'Lt\s\er ;  65  Trin- 
ga  siibar<juata  Temm.;  66  Himaniopus  mclanoplcrai  Mnycr. 

Fam.  XXIII,  RalliD/E. 

Genre  67  ,  Parra  *  supcrciliosa  sp.  nov.;  68  Porphyrio  *  indi- 
rus  sp.  nov. ;  69  Gallinula  * gularis  sp.  nov. ;  *  lugubris  sp.  nov. , 

*  oricnlalis  sp.  nov. ;  *  javanica  sp.  nov. ;  70  Rallus  *  gularis  sp. 
ao\.\fuscas  Linn.;* quaciriitrigatus sp.  nov.;  71  Fulica  atra  Lian. 

Ordo  VI,  PALMIPEDES. 
Fam.  XXIV^  ,  Pelecaniad.k. 

(.enre  j'^  ,  Pelecanus  philippcnsis  Gmel. ;  *  javnnicus  sp.  nov. 
7'.  Garbo  * jnvanicus  sp.  nov.;  74   Plotns  wclanogasWr  Gmel. 
Fam.  XXV,  Cof.vmbid.k. 


Zoo/ogie.  385 

Genre  75,  Podiceps  minor  Latli. 
Fain.  XXVI,  Larida:. 

Genre  76,  Sterna  minuta  Linn.;  *  javanica   sp.  nov. ;  *  me- 
dia sp.  nov.;  * grisea  sp.  nov.  ;  *  affinis  sp.  nov. 
Fam.  XXVII ,  Anatid/E. 
Genre  77,  Anas  *  javanica  sp.  nov.  Desm. 

4G2.    SuR    LES  ApPAREILS    DE   LA  DEGLUTITION    ET    DU   GOUT  danS 

les  Arasindiens,  ouPerroquets  microglosses  (1);  par  M.  Geof- 
FROY  Saint-Hilaire.  {Merrt.  du  Mus.  ,  5".  annee,  (f .  caliler, 
pag.  186.) 

Ce  travail,  que  I'auleur  n'avait  point  encore  llvre  a  I'impres- 
slon  ,  a  ele  In  a  I'Academie  des  Sciences,  le  6juillet  182,1. 

Ceux  qui  ont  vii  des  Aras  noirs  ont  du  etre  frappes  de  la  pe- 
lilesse  et  de  la  tnobilite  de  leor  langue,  qui,  comme  dans  Ics 
antres  perroquets ,  est  bieti  dloigtlce  d'etre  large  et  charnue,  et 
de  remplir  la  cavite  d'un  enoritiC  bee.  Le  dernier  caraclere  de 
ceUe  langue  la  (it  coniparer  ,  par  un  ornitliologiste  celebre,  a  la 
trompe  d'un  elephant ;  il  s'ctendtt  meme  assez  longuemcnt  sur 
les  differences  et  les  rajjports  de  ces  deux  trompes.  Ce  qui  pou- 
vait  elre  peruiis  alors  n'est  plus  admissible  maintenant  qu'on 
ne  clieiclie  [>lus  que  des  fails  depoirillcs  du  raerveilleux  que  I'c- 
loignement  pouvait  leuf  ajouter. 

Par  I'unite  de  composition  orgaitique ,  on  devaJt  deja  pfes- 
sentir  qu'uu  oiseau  ne  pouvait  avoir  I'analogue  d'une  trompe 
ciilre  scs  maiidibules;  aussi  n'a^t-il  suffi  que  du  ])lus  It'-ger  exa- 
nien  a  M.  Geoffrey  pour  apercevoir  sur  un  individu  vivant, 
que  I'organe  du  gout ,  bien  loin  d'etre  tres-allonge  ,  etait  au  con- 
trliire  reduit  aux  plus  petites  dimensions  ;  c'est  une  petite  tube- 
rosite  de  forme  ovalaire,  et  qu'on  a  assez  justement  comparee  k 
un  gland.  Qui  a  done  pu  occasioner  la  ineprise,  et  faire  croiro 
a  I'allongement  de  la  langue  en  forme  de  trompe?  C'est  le  mou- 
vement  particulier  et  naturel  de  tout  I'hyoide ,  qui  le  fait  se  por- 
ter en  avant. 

F,n  dissequant  autrefois  un  de  ces  animanx,  nous  fiimes  eton- 
nes  du  peu  de  developj)enient  de  I'organe  du  gout ,  et  nous  SUp- 
]iosanies  meme  que  eette  fonction  devait  eire  excessivement 
bornee  cliez  eux  ;  mais  il  p.irait  que,   d'apres  ce  qu'a   observe 

(i)  Co  nom  a  ete  impasd  a  ces  oiseaux  par  M.  Gcofl'roy,  il  y  acnvi- 
ron  deux  ans.  Avaut  cclte  cpo(|iie,  M.  Kulil  Icur  avait  ilonue  la  deuo- 
luiiiation  (^riu'iiifie  fort  pen  cxactc  do  Pioboici^'e?: 


384  Zoologie. 

M.  Geoffroy  ,  ellc   est  tout  aussi    active   que   dans   les   antres 
peiroquets. 

L'auteur  ayant,  par  ceile  discussion,  fixe  I'attention  des  or- 
nilhologistes  snr  le  fail  organique  qui  distingue  ces  Aras  ,  a  pro- 
pose, pour  cette  division  des  perroquets  ,  un  nom  qui  rappelat 
leur  organisation  reelle  ;  c'est  celuide  Mccroglossc{oni)eTroquHfi 
a  petite  langue) ,  qua  deja  adopte  M.  A  ieillot,  dans  sa  descrip- 
tion des  oiseaux  du  Museum.  Q....Y. 
463.  SuR  l'Hirundo  rupestris  ;  par  Steinmuller.  [Ncue  Al- 
pina  ,  \".  vol. ,  p.  53o.) 
L'auteur  donne,  dans  cette  note,  la  description  du  male  ct  de 
la  femelle  dc  I'espece  d'hirondelle  appelee  Hirundo  rapes tris- ,  par 
LInne.  ^'  *• 

4G/|.  MODEI.ES  DE  CEPHALOPODES  MICROSCOPIQUES  vivans  Ct  foSSllcS, 

representant  un  individu  seuleraent  de  chacune  des  princlpales 

divisions  d'une  nouvelle  raethode,basccsur  le  mode  d'accrois- 

sement  des  coquilles;  par  M.  Alcide  Dessalines  d'Orbigny 

fils.  iV.  Uvraison.  (  Voy.  le  Bulletin  de  iSaS ,  torn,  i ,  p.  60.) 

Cette  seconde   livraison  de  I'ouvrage  ingenieux  de  M.  d'Or- 

bif'ny  fils,  ne  le  cede  point  a  la  premiere,  pour I'execntion  des 

modeles,  et  la  variete  des  formes  des  especes  representees.  Nous 

regrettons  de  ne  pouvoir  donner  aux  naturalistes  le  nom  et  la 

synonymic  de  ces  especes  et  I'indication  des  gronpes,  auxquels 

elles  appartiennent,  et  qui  font  partie  de  la  classification  syste- 

matique  que  MM.  d'Orbigny  ont  adoptee  pour  ces  etres  micro- 

scopiques.  Cette  classification  ne  paraitra  qu'avecla4^.  livraison. 

Nous  rappellerons  ici  que  le  diametre  de  ces  modeles  est  de  40 

a  200  fois  plus  grand  que  celui  des  coquilles  origindes,  afin  de 

rendre  plus  sensibles  tous  leurs  caracteres. 

Chaque  livraison  se  compose  de  25  modeles,  et  en  outre  dc 
trols  ou  qualre  des  toquilles  que  ces  modeles  representent,  pour 
les  premiers  souscripteurs  seulement.  Ces  roquilles  sont  renfer- 
mees  entre  deux  plaques  de  verre.  Le  prix  de  chaque  livraison 
est  dc  20  fr.  U  n'y  en  aura  que  quatre ,  et  il  est  vivement  a  de- 
sirer  que  M.  d'Orbigny  fils  trouve  asscz  d'encouragemens  pour 
I'engager  a  etendre  son  interessante  entreprise  a  un  plus  grand 
nombre  d'especes.  f- 

FIN  nu  prejiier  volume. 


IMPRIMEUIK  DK  rAL\,  PLACE  DE  L'OUEON. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 

TOME  II. 


LISTE 

DE  MM.  LES  COLLABORATEURS 
DE  LA  ir.  SECTION 

DU  BULLETIN  UNIVERSEL  DES  SCIENCES 

ET  DE  L'lNDUSTRlE  (i). 


HlSTOlRE  NATURELLE   GENERALE. 

GeologieetMineralogie. — Collaborate urs :  MM.  Andre (L.  A.), 
BerthIer(R.)  ,  Beuilant,  de  Bonnard  ( B.  d.  ),  Bone  (  A.  B.j, 
Brochant  de  Villiers(BR.),  B"°.  Coquebertde  Montbrel  (CM.), 
B"".  Cuvier  ,  Dufiesnoy  ,  de  Ferussac  (F.  )  ,  V'=.  Hericart  de 
Thury,  Heron  de  Villcfosse,  Lucas,  Menard  de  la  Cxroie  (M. 
G.),C.  Prevosl(C.  P.).  Redacleur  principal:  M.  Delafosse 
(G.  Del.) 

BoTANIQUE,  PhYSIOLOGIE  ET  Pal^ontographie  vegetales. 
—  Collahorateurs  :  MM.  Dnpetit-Tliouars,  Duvau  (  D.-u. )  , 
Fee,  Gay,  Guillemin  (J.-A.  Gn.,  oh  Gn.)  ,  A.  de  Jiissieu  (A.  de 
.Tuss.),  Kunlh ,  Lamouroux ,  Ricliard,  A.  de  Saiiit-Hilaire 
(Aug.  de  St-Hil.).  Redactcur principal :  M.  Ad.  Brongniart 
(Ad.  B.). 

ZooLOGiE,  Anatomie  ct  Physiologie  generales  et  speciales  des 
aniinaux,PAL^ONTocRAPHiE  animale. —  Collab.:  JMM.  Audinet- 
Serville  (  Aud.  S.  ),  Audouin(V.  Aun.),  Bory-de-Saint  Vincent 
fB.  deSt.-V.),  Bosc,  B™.  Cuvier,  Fred.  Cuvier  (F.  C.) ,  De- 
france,C^'*.  Dejean(D*.),  Desmoulin  (D.M.),  Duclos,Dunieril, 
Ferussac  (F.),  Gaimard  (P.  Gaim.)  ,  Geoffroy-Sainl-Hilairc 
(Geof.St.-Hie.),  Guerin  (E.  G. j,  C"' .  de  Lacepede,  Lamouroux, 
Latreille,Lepellctier  de  Saint-Fargeau  (  L.  S.  F. ),  Payraudcau, 
Quoy  ( Q.  Y.)  >  de  lloissy,  Straus  (S.  s.),  Valenciennes.  Rc- 
dactcur principal :  M.  Desmakets  (1)ksm...st  ). 

(i)  Ce  Rccucil  ,  coin|)osi'  dt;  liuit  sections  ,  aux([ucilt;s  on  peut 
s'abonner  sc'paremcnt ,  fait  suilt;  au  Bulletin  general  ct  unit'crscl  dcs 
annonccs  ct  des  noui'elles  srientifujans  ,  qui  forme  la  premiiro  annec 
de  ce  journal.  Lc  prix  do  rotle  prcmii're  anne'e  est  de  io  fr.  pour  \y. 
numeros  Ac  lo  fcuilles  d'imprcssion  rli.icun. 


PARIS.. IMPRIMERIE    DE    FAIN,     RUK    RACINE,    N    .     /(  ,    PLACE    DE 

Ij'oDEON. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 

ET  DE  GEOLOGIE. 

DEUXIEME  SECTION 

DU 

BULLETIN  UNIVERSEL  DES  SCIENCES 

ET  DE  L'INDUSTRIE, 

P  D  B  L  1  F. 

SOUS  LA.  DIRECTION  DE  M.  LE  B"".  DE  FERUSSAC, 

OFFICIER   SCPKRlEtJR    AU    CORPS    ROYAL    d'eTAT-MAJOR, 

CHEVALIER    DE    SAIST-LOUIS    ET    DE    LA    LEGION-d'hONNECR  , 

MEMBRE    DE    PLDSIEDRS    SOCIETES    SAVANTES    NATIONALES    ET    ETRAMGERES. 


TOME  DEUXIEME. 


A  PARIS, 

Au  BUREAU  DU  Bulletin,  rue  del'Abbaye,  n°.  3  ; 

Chez  MM.  Treuttel  et  Wurtz,  rue  de  Bourbon  ,  n".    17;  et 

meme  maison  de  commerce  :  a  Strasbonr-j; ,  rue  dcs  Sorruriers ; 

a  Londres,  3o,  Solio.-Squarc  ; 
Clicz  MM.  DuFOUR  et  d'Ocagne  ,  quai  Voltalfc  ,  11".  1  '^ ;  ei  jneme 

maison  de  commerce,  a  Amsterdam; 
Et  clicz  M.  Levrault,  rue  des  Fosses-M.-lc-Pri:;c  0  , 7,".  ]i, 

1824. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


GEOLOGIE. 


I.  A  COMPARATIVE  ESTIMATE  OF  THE  MINERAL  AND  MOSAICAL  GeO- 

I.OGY.  Exnmen  compniatif  des  systemes  de  geologic  ,  d'apres  le 
regne  mineral  et  suivant  le  tcxte  de  Moise;  par  Graville 
Penk,  i  vol.  in-8. ,  de  460  p.  Londres;  1828;  Oglez, 
L'auteur  a  suivi  une  marche  tout  opposee  a  celle  de  ses  pre- 
dccessenrs;  au  lieu  de  partir  des  faifs  existans  pour  admettre 
ou  rejeter  les  traditions  anciennes,  il  part  de  ces  traditions  pour 
combattre  les  faits;  il  examine  les  systemes  de  Daubuissoa  ,  de 
Delur,  de  M.  Cuvier;  puis  s'aidant  de  IVewton ,  de  Bacon,  et 
surtout  de  I'histoire  de  la  creation  et  du  deluge ,  par  Moise,  il 
refute  les  principes  de  ces  savans  et  les  conclusions  qu'ils  en  ont 
tirees.  II  n'admet  point  les  revolutions  des  siecles  et  les  forma- 
tions successives  de  la  structure  interieure  et  exterieure  de  la 
terre.  II  soutient  que  le  raonde  n'a  subi  que  deux  changemens  : 
que  par  le  premier  une  partie  du  globe  a  ele  violemment  frac- 
turtie  et  affaissee ,  afln  de  former  un  vaste  reservoir  ou  lit  pour 
recevoir  les  eaux  repandues  sur  la  surface  du  monde ,  qui  des 
-vint  alors  habitable  pour  les  creatures.  Cette  premiere  re- 
volution eut  lieu  avant  la  creation  des  etres  organises.  La  mcr 
contenue  dans  cette  vaste  cavite  du  globe,  y  demeura  i65(i 
ans;  pendant  ce  temps,  ses  eaux  agirent  sur  les  differens  sols 
qui  formaient  son  lit,  et  les  matieres  organiques  animales  et 
vegetales  furcnt  produites  et  accumulees  en  grand  nombre. 
Aprcs  I'expiration  de  ces  i656  ans  ,  ilplut  a  Dieii  d'operer,  par 
une  seconde  revolution  ,  le  cliangement  qu'il  semblait  avoir  en 
vue  dans  le  commencement,  c'est-a-dire  d'abaisser  la  face  de  la 
terre,  et  de  relever  celle  qui  renfermait  I'Octan.  Les  eaux,  s'etant 
B.  TOMF.  II.  1 


2  Geologic. 

rendues  dans  Icur  nouveau  reservoir  apres  le  deluge  ,  laisserent 
a  sec  la  terrc  que  nous  habitons.  M.  Penn  veut  expiiquor  les 
plipiiomenes  geologiques  par  ces  revolutions  soudaines,  par  la 
presence  de  Taction  du  fluidc  niarin  pendant  un  si  long  espace 
de  temps,  etc.,  etc.  L'auteur  prepare  un  supplement  sur  les 
decouvertes  geologiques  faites  dans  la  caverne  de  Rirkdale. 
[Refue  Encyclop.,  janv.  1824,  p.  137.) 

2.  Supplement  to  the  comparative  estimate  of  mineral  and 
MOSAicAL  GEOLOGY  ,  ctc.  Supplement  a  I'examen  corapara- 
tif  des  systemes  de  geologic  ,  d'apres  le  regne  mineral  et  le 
lexte  de  IVIoise,  surtout  relativemcnt  aux  indications  geolo- 
giques des  plienomenes  de  la  caverne  de  Kirkdale,  par  I'au- 
teur  d(;  I'Examen  comparatif.  [Quarterly  Journal  of  Sciences , 
Janvier  1824,  p.  3oy.) 

M.  Penn  ,  l'auteur  de  TExamrn  comparatif,  tache  de  montrer 
la  concordance  de  ses  idces  avec  les  plienomenes  dccrits  dans 
I'ouvrage  de  M.  Buckland  (Reliquia?  diluvianse).  II  niontrc  que 
les  testes  d'animaux  ont  etc  enfouis  par  la  memo  revolution  , 
dans  les  lits  de  gravier  et  d'argile,  ct  dans  les  cavites  des  ro- 
cliers,  et  donne  une  cxpllcalion  sur  la  manlere  dont  les  ossc- 
TOcns,  renfermes  dans  des  cavites ,  sont  erapates  dans  des  sta- 
lactites. II  passe  ensuite  a  plusieurs  objections  qu'il  clivc  conlrc 
riiypothese  par  laquelle  on  a  suppose  des  liyencs  habitant  dans 
ces  cavernes;  ainsi,  par  exemple,  il  croit  qu'on  s'est  trompe  sur 
I'Album  gr?ecum,  et  que  le  melange  d"ossemens  d'individus  jeunes 
ct  a»es  ne  prouve  rien,  etc.  La  plus  forte  objection  se  trouve, 
pour  l'auteur,  dans  le  deluge  de  Moise  et  la  hauteur  des  eaux. 
II  conlredit  ensuite  I'asscrtion  de  Buckland ,  que  les  animaux 
deces  cavernes  aient  vecu  en  Angleterre.  Enfin,  il  croit  que  les 
calcaires  qui  conticnnent  ces  ossemens  se  sont  consolides  seu- 
Icment  apres  que  des  courans  y  ont  portc  ces  debris  d'animaux. 

A.  B. 

3.  ExTRAiT  DD  Rapport  fait  a  rAcaderaie  des  Sciences  ,  dans  la 
seance  du  24  juin  1822 ,  par  M.  Broncniart  ,  sur  le  Memoire 
de  M.  Constant  Prevost,  ayant  pour  litre,  Geologic  des 
falaiscs  dc  la  Normandie.  {Annates  des  Sciences  Naturclles  , 
vol.  I ,  mars  1824  j  P-  ^gS.) 
Entrc  Calais   et  Cherbourg,  les  depots   secondaircs  se  sont 

conforraes  aux  irn'gularites  que  leur  ont  offertes  les  roclies  inter- 


Geologic .  5 

mctliaires,  et  leurs  couches  sont  surtout  horizontales  dans  la 
pai  lie  supciicure  de  ccs  depots  et  le  milieu  de  ce  bassin.  M.  Pre- 
vost  a  construit  une  coupe  ideale  trcs-bien  faite  de  toutes  les 
formations  et  dcs  couches  principales  qui  se  presenlent  an  boid 
de  la  mei",  depuis  Calais  jusqu'a  Cherbourg.  L'assisc  la  plus  in- 
feri^ure  est  le  calcaire  brunaire  a  Grypliees  arquees ,  elle  est  sur*- 
montee  d'assises  marno-calcaires  conlenantle  Griphea  Cymbiuin; 
ensuite  viennentlesoolithesauxquelsl'auteur  rattache  le  calcaire 
de  Portland  et  de  Caen.  Ce  dernier  renferme  des  Cerithes  fos- 
siles  qu'on  avail  mal  a  propos  restreints  au  calcaire  tertiaire ;  on 
y  trouve  aussi  des  restes  de  poissons  et  de  reptiles.  Le  calcaire 
a  polypiers  de  Normandie  forme  les  parties  superieures  de'  ce 
depot.  Des  sables  et  des  marnes  argileuses  bleuatres  a  croco- 
diles (Capdela  Heve)  et  a  fossiles  caracteristiques  scparent  le 
calcaire jurassique  de  la  craie;  on  avait  confondu  ces  marnes  avec 
celles  du  lias.  La  craie  inferieure  grise  est  tres-sablonneuse  et 
montre  peu  de  silex.  Au-dessus  de  la  craie,  il  y  a  quelques  lam- 
beaux  de  calcaire  d'eau  douce  a  Limnees  et  a  Planorbes.  Les  li- 
gnites sous  la  craie,  sont  toujours  eparsesen  petitsamas,  tandis 
que  les  lignites  de  I'argile  plastique  sont  bien  plus  etendues.  A 
Test  de  la  riviere  de  Dive  ,  les  alluvions  ne  presentent  que  des 
debris  de  la  craie  inferieure,  et  a  I'ouest  de  cetle  meme  riviere, 
ce  ne  sont  que  des  fragmens  intermediaires  du  Cotentin.  Dans  la 
seconde  partie  du  travail  de  M.  Prevost ,  M.  Brongniart  fait  re- 
marquer  parmi  les  rcsultats  les  plus  interessans,  des  lits  de  silex 
flechis  ou  abaisses,  et  les  idees  de  M. Prevost  sur  Valogne.  Suivant 
lui.  Ton  trouve  a  Valogne  les  coquilles  de  la  craie  inferieure 
superposees  aux  coquilles  du  calcaire  tertiaire  parisien,  parce 
que  ces  depots  situes  dans  des  cavites  allongees  sont  des  pro- 
duits  de  transport  violent.  L'auteur  s'appuie  sur  la  position  de 
Valogne  par  rapport  a  la  ligne  de  direction  principale  de  la  val- 
lee  de  la  Seine.  M.  Prevost  identifie  le  terrain  tertiaire  de  I'ile  de 
Wight  avec  celui  de  Paris ,  et  celui  de  Londres  avec  celui  d'An- 
vers.  M.  Brongniart  croit  que  le  calcaire  a  polypiers  reuni  au  cal- 
caire de  Caen  sont  les  representans  du  calcaire  le  plus  supe- 
rieur  des  montagnes  du  Jura.  A.  B. 

4.  Premiere  course  gkologique  dans  le  departement  de  la 
Manche.  Observations  communiquocs  par  M.  de  Caumont  a 
la  Societe  linneenne  dc  Caen ,  dans  sa  seance  du  /,  aoQt  1823. 


^  Ge'ologie. 

L'aiifenr  a  parcomu  le  canton  de  St.-Clair,  les  rives  de  la 
Vire  jusqu'a  son  embouchure ,  et  le  pays  au  N.-O.  de  cette  riviere, 
Misqu'aValogne.  ABaynes  comraencentlesgrauwackesschisteuses 
mii  sont  traversces  de  filons   de  quartz,  a  Rieu,  Cerisy,  etc. 
Snr  la  rive  droite  de  I'Elle,  vis-a-vis  de  Savigny,  il  y  a  des  phyl- 
ladcs  fort  inclinces,  et  de  I'autre  cote  sont  les  grauwackes  schis- 
teuses.    Ces   deux  rorlies    occiipent  les  communes  de  Clouay, 
Couvains,   St.-Georges-d'Elle  ,   St.-Quentin-d'ElIc ,  Berigny, 
Mesnil ,  Housselin  ,  Yillers,  Fossart ,  St.-Clair  et  une  partie  du 
territoire  de  Moon  et  de  Semilly.  A  Clouay,  il  y  a  un  banc  cal- 
caire,et  le  gres  rouge  ancien  des  Allemands  occupe  une  partie  de 
la  commune  de  Moon,  et  se  trouve  peut-^tre  ca  et  la  dans  le  can- 
ton de  St.-Clair.  II  y  a  du  caicaire  noir  de  transition  a  la  Mauffe, 
a  Cavigny  et  Bahais  ;  il  s'etend  des  deux  cotes  de  la  Vire  avec 
une  Inclinalson  de  12  a  35  degres,  jusqu'a  Aisel  et  St.-Fremond. 
Cette  roche  reparait  souvent  dans  la  Manche;  a  Bahais,  elle 
esttres-dure  et  contient  des  Terebratules  et  des  Encrines;  a  Ne- 
hou  et  Coutances,  il  y  a  encore  d'autres  fossilcs.  A  St.-Fre- 
mond, le  caicaire  contient  des  fragmens  de  schiste  ,  de  gres  et  de 
marbre;  il  reparait  a  Mont-Martin,  a  Lison,  a  Neuilly,  et  meme 
au  Petit-Vey  oii  cette  roche  rougeatre  ou  verdatre  s'enfonce 
sous  le  lias.  Pres  de  Carentan,  il  n'y  a  que  des  alluvions  avec 
beaucoup  de  bois.  Le  lias  reparait  a  une  lieue  de  Carentan,  en 
allant  vers  Valogne.  II  alterne  avec  des  argiles  ;  il  renferme  des 
bancs  de  niarne  bleue,  de  pierre  llthographlquc,  peu  de  silex  et 
des  gryphees  ,  des  ammonites,  des  belemnites,  des  peignes  et  des 
plagiostomes.  Les  limites  de  ce  depot  sont  Brevans,  St.-Come- 
du-Mont,  Hauteville,  Beuzeville,  Chef-du-Pont ,  Sainte-Mere- 
Eglise,  Freville  ,  Ecausseville,  Joganville  et  Saint- IMarcouf.   A 
Bloville  le  lias  a  une  couche  coquillere  qui  pent  se  polir.  A  Sainte- 
Mere-Eglise  il  y  a  des  blocs  qui  ne  soul  qu'un  agrcgat  de  co- 
qullles  et  d'encrinites.  Le  caicaire  de  Valogne  est  blanc  et  ren- 
ferme des  oolithes  et  des  peignes.  Ses  couches  sont  horizontalcs  ct 
renferment  dans  leur  milieu  un  banc  de  marne  bleuc.  Cette  ro- 
che ,  posterieure  au  lias  ,  se  voit  encore  a  Alaime ,  le  Ham ,  IJr- 
ville,  le  Homme,  Cretteville,  Bcaute  et  Appeville.  An-dessus  de 
ce  depot  \ient  le  caicaire  a  bnculites,  qui  est  compacte  et  ana- 
logue au  caicaire  a  polypiers  de  Lisieux,  et  il  renferme  des  fos- 
siles  de  la  craie  et  de  ce  dernier  caicaire.  On  le  voit  dans  les 
paroisses  de  Freville,    PicauviUo,   la    Bonneville,  Regnr-Viilo, 


Ge'ologie.  5 

.^M„te-Colo.nbe  et  GolleviUe.  Un  lalun  aiK.logae  a  celui  de  Gri- 
fcmon  se  irouve  a  GolleviUe,  Ranville-la-Place  ,  Creville,  Gour- 
besv.lle  ,  Oiglande  et  dans  d'autres  lieux  voisins.  II  y  a  des  dents 
de  requm  ,  des  os  de  cetaces  et  des  coquilles  de  Grignon.  II  y  a 
un  tuf  de  calcaire  entre  Carentan  et  Periers,  et  dans  le  terri- 
to.re  d'Auxais  St.- Andre,  et  St.-Georges  de  Bouhon,  Nay,  Gon- 
freville.  Gorge  et  Sainteny.  Son  grain  ressemble  a  celui  de  cer- 
tains calca.res  a  polypiers,  et  il  renferme  beaucoun  de  fossiles 
indiques  par  M.  de  Gerville.  A.  B. 

5.   EXTRAIT  DU  PREMIER  MEMOIRS  DE  M.  DE  CaUMOWT,  SUP  la  geO- 

o^e  del'arrondissement  de  Bayeux,  lu  le  G  octobre  1823,  a 
la  Societe  linneenne  de  Caen. 

Le  sable  de  Bayeux  repose  sur  des  rognons  calcaires  et  sili- 
ceux  supeneurs  au  calcaire  a  gryphites  arquees  (St.-Vigor,  Bar- 
bevdle    Esquay),  ou  sur  des  galets,  ou  le  gres  rouge  ancien , 
ou  sur  les  sclustes  inlerraediaires  (Haye  Piquenot).  Une  couche 
d  argile  le  supporte  goneralement,  et  des  galets  intermediaires 
ct  des  silex  meles  d'argile  ou  clmentes  en  poudingue  le  recou- 
vrent.  Cette  derniere  masse  est  souvent  remplacee  par  de  I'argile 
et  dugravier.  Le  sable  est  brun,  jaune  ou  blanc,  suivant  la 
quanlite  de  fer  qu'il  renferme,  ct  il  forme  des  couches  dlverse- 
luent  inclinoes  et  m£^me  arquees.  Ce  banc  a  3o  a  40  pieds  d'epais- 
seur  et  ne  renferme  jamais  de  fossiles.  L'auteur  en  donne  ensuite 
des  coupes  en  differentes  carrleres,  et  termine  sa  note  par  la 
distribution  de  ce  depot.  II  occupe  une  grande  partie  de  la  pa- 
roisse  dLsquai,de  Vienne,  des  Capdles,  de  Caugy,  de  St -Vi- 
gor   de  Cotien  ,  de  Crouay,  de  Lebreuil ,  de  le  Fronqnai  et  de  Li- 
try.  II  se  trouve  egalement  a  Bernecq,  Vouilly,Barbeville  etVau- 
celles,  elc.Onpeut  evaluer  a  10  lieues  I'espace  qu'il  occupe.  L'ai- 

teur  est  porte  a  lecroireposterieuraux  calcaires  oolitliiques,parce 
qu  un  sable  analogue  est  inferieur  a  la  craie  du  Calvados.    A.  B. 

6.  Notice  sur  i,a  contree  basaltique   des   deparxemei^s   de 
Rhin-et-Moseli,k,  et  de  la  Sarke.  (  Me.n.  de  la  Societe  de 
Phjs.  etdhist.  Nat.  de  Geneve,  Vol.  i,p.  iS;.) 
A  Thai  pres  de  Coblentz  il  y  a  une  source  acidulc;  une  autre 
plus    saline    qu'acide    existe  a  Schmahl  Brunnen  pies  Frauen- 
kirk.   Lauteur  decrit  les    carrieres  de    Niedcrmenig.  II  a   ob- 
serve sous  la  teiTC  vcgelale,  .5  a  20  pieds  de  ponce,  une  argile 
gnse  et  a  liagmens  bas,,ltiques,  et  enUn  la  lave  prismee.  A  cclte 


6  Geologic. 

occasion,  Tauteur  (lit  avoir  observe  des  divisions  prismatuiues 
dans  Ic  sel  de  NortYi^ich.  Inferieurement  la  lave  devlent  si  com- 
pacte  qu'on  nc  I'explolte  pas.  Pres  de  Beln  il  a  visits  la  source 
acldule  ferrugineusc ,  I'Edelbrunnen  et  la  carriere  de  tuf  volcani- 
que  appelec  pierre  a  four  ( Backofenstein).  Pres  du  lac  de  Laach 
il  decrit  une  grotte  remplie  d'acide  carbonique,  et  il  indlque  des 
basaltes  prismcs  a  Remagen  et  a  Andernach. 

II  a  vislte  ensuite  Berlrich  ou  11  y  a  une  source  thermale  de 
36"  R. ,  et  ou  il  decrit  des  chaussees  basaltiques,  un  cratcre  ct 
une  coulee  distlncte.  Une  liste  de  )8  echantillons,  presentes  au 
Musee  national ,  terinine  ce  nn^moire.  A.  B. 

7.  Memoires  sxjr  le  MONT  SoMMA,  avcc  2  notes  sur  les  tufs  vol- 

■    canlques  et  le  Vesuve,  par  L.  A.  Necker.  {Mem.  de  la  Societe 

(I'Hist.  Nat.  et  de  Phrs.  de  Genwe,  v.  a,  i''^.  partie,  p.  i55. ) 

L'auteur  commence  par  monlier  que  le  mont  Somma  etaii, 
avant  I'eruptlon  de  79,  une  portion  du  cone  volcanique,  et  que 
ce  n'est  que  depuls  cette  epoque  que  le  si^ge  des  eruptions  s'est 
transporte  a  rendrolt  actuel.  II  se  fonde  sur  ce  que  les  autcurs 
n'ont  pas  parlc  de  la  division  du  Vesuve  en  deux  clmes,  et  que  la 
distance  de  la  sommite  de  cette  niontagne  a  son  pled,  ne  corres- 
pond plus  avec  celle  qu'lndlquent  les  auleurs  anciens.  L'auteur 
donne  une  idee  de  la  situation  et  de  la  configuration  exterieure  de 
la  Somma ;  tout  le  monde  salt  que  le  cone  du  Vesuve  est  separe  au 
nord  par  I'Atria  del  Cavallo,  de  la  cr^te  deml-circulaire  et  escarpee 
au  sud  du  mont  Somma.  L'auteur  indlque  de  plus  sur  les  escarpe- 
mens  ct  la  pente  nord  de  cette  derniere  montagne  dlfferens  ravins 
ou  enfoncemens.  La  lave  ancienne  du  mont  Somma  ressort  de  sa 
base  couverte  de  tufs  volcaniques.  L'auteur  a  distingue  dans  cette 
lave  des  lits  borizontaux  et  de  diverses  couleurs.  Les  lits  sont 
inclines  vers  la  plalne  sur  un  angle  de  3oo.  et  sont  arques.  Les 
laves  basaltiques  sont  amplilgeniques  et  cette  pate  est  un  melange 
de  pyroxene  ct  d'ampblgene.  L'auteur  pcnche  a  croire  que  cer- 
tains lits,  en  apparence  decomposes  et  leri-eux,  sont  des  espcces  de 
luffs  volcaniques  fortement  tasses  et  ciment*2S.  On  volt  de  sembla- 
bles  fails  Ic  long  de  I'arete  occidentale  du  Prlmo  Monte.  Les  blocs 
tipars  el  fragmens  d'autres  laves  ou  de  cHaux  carbonatee  n'ont  pas 
cle  rejetcs  par  le  volcan  ,  el  avaient  fail  partie,  sulvant  l'auteur, 
dc  quclquc  coulee.  Les  lits  de  la  Somma  varient  en  epalsscur,  ct 
jeurs  divisions  regulicres  disparaissent  ca  ct  la.  Sur  la  crelc  meme 


Geologic.  7 

de  la  mnnlagne  ,  II  y  a  des  blocs  composes  de  pyroxene,  d<;  mica  , 
de  hniiyne  ,  etc.  La  muraille  de  la  Somma  est  Iraversee  de  filons 
qui  se  pi'olongent  du  haut  en  has  jusqu'a  differentes  profondcurs, 
el  qui  divergent  d'un  centre  commun  ,  comnie  les  rayons  d'un 
arc  dc  cercle. Ilssont  verticaux,  ou  devienl  deaoodela  verticale; 
ils  sent  tous  formes,  a  I'exccplion  d'un   seul,  d'une  lave  feid- 
spathique  tres-compacte  ,  plus    pyroxenique  qu'ampliigeniqrie. 
Celte  derniere  substance  n'abonde  pas  dans  le  filon  du  raont  Ota- 
jano,  et  dans  celul  du  \ned  de  la  polnte  del  Nasone.  Du  peridot  et 
du  felspath  vltreux  existent  dans  ces  filons;  leur  milieu  a  un  grain 
])lus  grossier  que  leurs  cotes.  lis  sont  divises  en  prismes  liori- 
zontaux  ,  ils  n'ont  aucune  salbande  ,  iis  se  terniinent  quelquefois 
brusqucment  en  pointe,  enfin  ils  font  saillie  par  suite  de  la  de- 
composition de  la  lave  environnante.  Leur  ^paisseur  va  jusqu'a 
lo  a  12  pieds,  et  leur  longueur  de  a  a  3  toises  ,  jusqu'a  4  a  5oo 
j)ieds.  Leur  pointe  ou  terminaison  est  dirigee  en  bas  ou  en  haut, 
les  plus  larges  sont  ouvcrts  en  bas  et  pointus  vers  le  haut ,  et  quel- 
ques-uns  sont  entierement  renfermes  dans  la  roche  et  ont  alors 
une  ou  deux  pointes.  L'auteur  decrit  et  figure  un  filon  du  mont 
Otajano ,  sur  les  cotes  duquel  les  lits  de  lave  sont  redresses.  Les 
accidens  se  voientblen  sur  les  rochers,  entre  le  canal  de  la  Reine, 
ct  le  canal  de  I'Enfer;  il  y  en  a  qui  changent  tout  a  coup  de  direc- 
tion, et  qui  s'interrompent  pour  I'eparaitre  plus  loiii,  ou  qui  se  bi- 
furquent,  ou  enfin  qui  se  coupent  et  produisent  des  failles.  Ces 
croisemens  font  que  les  filons  du  pied  du  rocher  de  la  pointe  del 
Nasone  se  presentent  sous  la  forme  d'etoiles  bizarres  a  4  ou  5 
branches  que  l'auteur  a  figuiees.  Les  rochers  du  Primo  Monle 
presentent  un  filon  qui  a  sa  base  a  1 1  pouces  de  puissance,  et  est 
borde  de  cliaque  cote,  et  pendant  un  espace  de  ii  pieds,  d'une 
lislere  de  6  lignes  d'une  lave  vitreuse.  II  traverse  une  lave  breche 
poreuse  et  dccomposee  qui  renferme  quelqucs  fragmcns  de  la  me- 
me  lave  vitreuse.  Plus  haut  ce  filon  s'elargit  beaucoup.  L'auteur 
etablit  ensuite  les  rapports  et  les  differences  qu'il  y  a  enlre  ces 
filons  et  les  dykes  des  ilesbi-itanniques.  Lesseules  differences  qu'il 
indique  c'est  que  les  dykes  traversent  toutes  les  formations  jus- 
qu'a la  craie,  qu'ils  sont  remplis  de  gninstein,  de  basalte  et  dc 
wacke,  et  non  de  lave  amphigenique.  Les  filons  de  la  Somma  ne 
produisent  pas  les  alterations  au  contact,  et  les  inllcxions  qu'on 
observe  dans  le  voisinage  des  dykes.  Peutetre  que  la  nature  de  la 
lave,  serapprochant  de  cellc  de  la  rochc  des  filons,  n'a  pas  pcrmis 


8  Geologie. 

ces  changemCTis  k  la  Somma.  L'auteiir  s'expliqne  la  formation  des 
cones  volcaniques  en  disant  que  ce  sent  des  entassemens  inclines 
de  tout  cote,  composes  de  coulees  de  lave  et  de  matieres  rejefees, 
et  que  le  volcan  ne  se  fait  jour  a  sa  base  que  lorsque  ces  accumu- 
lations de  matieres  volcaniques  sont  devenues  trop  grandes.  II  ne 
croit  pas  qu'un  volcan  <i\e\e  tout-a-coup  des  montagnes,  et  il 
puise  son  explication  dans  la  structure  de  la  Somma.  L'inciinai- 
son  de  la  surface  exterieure  du  cone  du  Vesuve  lui  a  toujours 
paru  etre  de  So".  II  emploie  ensuite  cette  idee  pour  reconnaitre 
comme  ancien  cratcre ,  les  environs  dela  Solfatarre,  du  lac  d'Ag- 
nano,  de  I'entonnoir  du  mont  Astruni.  A  ces  crateres  il  oppose 
les  enfoncemens  accidentels  du  lac  de  Monterosi,  des  environs 
de  Rome  ,  etc.  Les  filons  ont  ete  ,  sulvant  I'auteur,  remplis  de  b.is 
en  liaut  lorsqu'ils  traversent  toute  la  crcte  de  la  Somma,  et  de 
haut  en  bas  lorsqu'ils  se  terminent  clans  son  milieu.  Quant  aux  fi- 
lons qui  ont  !a  fausse  apparence  d'etre  de  formation  contempo- 
raine  avecla  lave,  I'auteur  recourta  un  epanchement  lateral.  L'au- 
teur,  dans  sa  note  sur  les  tufs,  distingue  i°.  des  laves  alterees 
par  des  exhalaisons  des  solfatarres,  et  reduites  en  terre  blanche; 
a",  des  agglomerats  de  ponce  ou  de  cendres  et  de  lapilli,  qui 
alternent  avec  les  laves  solides,  et  font  partie  des  cooes  volcani- 
ques ;  3°.  un  agglomcrat ,  en  grande  partie  ponceux ,  gris ,  jauna- 
tre  ou  blancliatre,  ayant  le  meme  gisement ,  et  entourant  a  I'or- 
dinaire  le  pied  des  cimes  volcaniques.  L'auteur  indique  cette  roche 
a  Pausilippe,  et  aux  chateaux  de  St.  Elme,  de  Pizzi-Falcone  et  de 
Capo  <li  Monte  ,  au-dessous  de  I'ermitage  du  Vesuve;  elle  alterne 
avec  I'espece  precedente ,  et  elle  tient  a  un  veritable  gres  marin 
micace  qu'on  trouve  le  long  de  la  Fossa  Grande.  Des  empreintes 
de  bivalves  marines  s'y  rencontrent,  ce  qui  montrequeces  roches 
ont  ete  deposees  sous  la  mer,  quoiqu'il  soit  difficile  de  les  separer 
des  tufs  qui  ont  enseveli  Pompeia  ;  4".  des  roches  volcaniques  par- 
ticulieres,  a  structure  presque  arenacee,  et  a  fragmens  de  lave 
( plaine  de  Sorrento ).  Ces  derniers  paraissent  passer  a  la  pate 
de  la  roche ,  qui  a  quelquefois  une  structure  prismatique.  L'au- 
teur y  rapporte  les  laves  ancienncs  de  la  Scala  et  des  Grana- 
telles,  dont  Werner  avait  lait  son  graustein.  II  revlent  sur  les 
blocs  ou  abondent  tous  les  beaux  mint5raux  du  Vesuve,  il  rap- 
porte avoir  trouve  des  geodes  de  ncpheline  et  de  meionite  dans 
des  laves  compactes  entre  Resina  et  I'ermitage,  et  il  dit  que  le 
Vesuve  ne  rejette  jamais  de  masses  semblables.  Les  cailloux  cal- 


Geologic.  9 

caires  ou  de  dolomie  lui  paraisscnt  rejetes  par  le  volcan  ou  de- 
rives des  tufs  ou  des  laves  de  la  Somma.  Le  Marmo  greco  du 
Vesuve  provlent  de  quelque  reste  d'edifice  ancien.  Dans  la  note 
sur  le  Vesuve,  I'auteur  rcvient  sur  son  idee  qu'un  cone  volcan i- 
que  n'est  qu'un  amas  de  couches  en  forme  de  cloches  fort  eva- 
sees  et  placees  les  unes  sur  les  autres.  II  parle  ensuite  de  I'effet 
du  refroidissement  sur  les  courans  de  lave,  qui  rend  la  surface 
vitreuse  ,  la  partie  centrale  fort  cristalline ,  et  donne  au  reste  un 
grain  fin.  Parmi  les  amas  de  scories  et  de  laves  boursoufflees  du 
Vesuve,  I'auteur  a  observe  souvent  des  bandes  de  laves  lithoides 
fort  compactes  et  sans  surface  scorifiee,  et  presque  sans  vacuoles^ 
parce  que  ces  laves  ont  coule  dans  des  canaux,  et  que  le  refroi- 
dissement a  ete  fort  lent  et  a  permis  I'echappement  des  gaz,  en 
laissant  la  surface  long-temps  fluide.  On  peut  citer  pour  exemple 
le  courant  qui  s'est  fait  jour  en  1817,  au  pied  du  cone,  un  peu 
au-dessous  de  I'Atrio  del  Cuvallo,  et  qui ,  apres  avoir  forme  une 
grotte,  a  coule  dans  un  canal  de  lave.  Le  sel  blanc  qui  tapisse 
cette  grotte  provient  du  lavage  des  sables  volcaniques  par  les 
eaux  pluviales.  L'esquisse  4u  Vesuve  et  de  la  Somma  en  1820, 
accompagne  ce  memoire  d'un  interet  tout  particulier.       A.  B. 

8.  Voyages  geologiques  dans  les  etats  de  Parme  et  de  Plai- 
sance ,  dedies  a  S.  M.  la  princesse  imper.  Marie  -  Louise 
d'Autriche,  etc.;  par  Giuseppe  Cortesi  .  professeur  hono- 
raire  de  zoologie.  Vol.  in-4°. ,  avec  7  pi.  Plaisance;  1819. 

Dans  le  premier  chapitre  I'auteur  donne  une  idee  genera  le  des 
collines  coquilleres  des  duches  de  Parme  ct  de  Plaisance  qui  s'e- 
tendent  au  pied  des  Apenninar.  Quoique  fort  sujettes  a  des  des- 
tructions,  elles  atteignent  cependant  jusqu'a  1600  pieds  d'ele- 
vation,  et  s'approchcnt  ainsl  du  mont  Rovolone,  qui  est  le  se- 
cond en  hauteur  dans  les  Euganeens.  Les  couches  y  sont  inclinees 
au  nord  sous  un  angle  de  10  a  20  degres,  et  elles  se  prolongent 
sur  les  pentes  des  Apennins ,  ou  elles  presentent  d'abord  des 
marnes  et  des  sables  a  cailloux  de  gres ,  de  calcaire ,  de  serpen- 
tine et  de  granite ,  etc. ,  puis  des  couches  de  calcaire  fissile  et 
facile  a  casser,  et  enfin  des  calcaires  plus  solides  que  I'auteur 
appelle  secondaires. 

L'auteur  regarde  ce  depot  comme  celui  d'une  mer  qui  sur- 
montalt  les  plus  hautes  cimes  des  Appcnnins,  ct  il  est  aussl  d'o- 
pinion  que   les  cailloux  de  la  plaine  de  la  Loinbardie  ont  etc 


10  Geologic. 

acciimulcs  la  pctr  des  rivieres  apres  Ic  rctrnit  de  la  mer.  Dans  \e 
second  cbapitre  I'auteur  traite  des  fossiles  du  legnc  aniiniil  ct 
vegt^tal,  et  il  consacie  un  article  a  part  a  chaque  classe.  Le  j)rc- 
mier  est  consacre  aux  vers  marias  de  Linne,  qui  sont  quelquef'ols 
fort  bien  conserves  dans  la  marne,  et  ont  encore  leur  couleur^ 
Icurbrillant  et  leurs  ligamens.  Lenombre  des  especes  s'en  eleve  a 
GSo.  Les  testaces  fossiles  se  divisent  en  quatre  classes;  la  pre- 
miere comprend  ceux  qui  sent  indigenes  a  la  mer  Adriatitjue  et 
a  la  Mediterranee,  et  ileu  compte  i3o  especes ;  la  seconde dassc 
embrasse  ceux  qui  sont  communs  a  ccs  mers  et  aux  raers  eti-an- 
geres,  comrae  la  Patella  sinensis ,  le  Solen  ensis ,  V  Anomia  cphip- 
piuin  ;  dans  la  troisieme  il  n'y  a  que  les  testaces  des  mers. loin  ■ 
taines,  par  exemple ,  le  Buccinum  plicatum  ,  le  Murex  cornulas  ; 
la  quatrieme  enfin  contient  les  especes  perdues.  Des  observa- 
tions futures  modifieront  naturellement  celte  classification.  Les 
couches  presentent  souvent  deux  a  quatre  especes  de  coquilles 
enfouies  ensemble  et  quelquefois  seulement  une  famille  qui  est 
en  rapport  avec  quelque  moUusque  ctranger.  La  presence  de 
certains  madrepores  des  mers  profondes  est ,  pour  I'auteur ,  une 
preuve  de  la  grande  profondeur  de  la  mer  au  sein  de  laquelle 
ces  depots  ont  eu  lieu.  Dans  un  appendice  a  ce  premier  article 
I'auteur  parle  des  testaces  lilhophages  et  perforans.  On  ne  les 
trouve  que  dans  les  lits  lithoides,  et  les  trous  sont  quelquefois 
rempiis  seulement  de  terre ,  ce  qui  raontre  que  le  mollusque 
etait  nu.  L'auteur  nie  que  les  testaces  perforans  attaquent  les 
roclies  siliceuses  ,  et  il  compte  dix  espcrcs  de  ces  animaux. 

L'article  second  de  ce  cbapitre  traite  des  crustaces ;  le  qua- 
trieme des  squelettes  de  baleines  et  des  cetaccs  ;  le  cinquieinc 
des  quadrupedes;  et  le  sixieme  des  plantes.  Quant  aux  quadru- 
pedes  ,  I'auteur  observe  qu'ils  gisent  sous  des  depots  marins  a 
testaces  ,  disposes  par  families  ,  et  que  la  mer  au  sein  de  la- 
quelle ils  ont  cle  deposes  devait  avoir  plusieurs  milliers  de 
pieds  pour  perraettre  dans  son  fond  des  depots  si  Iraiiquilles. 

11  a  recours  a  une  inondation  tres-anteiicure  et  a  un  transport 
|)Our  expliqucr  ccs  debris  d'elephans  et  dc  rhinoceros,  et  il  sup- 
pose (juc  ce  cataclysnic  a  eu  lieu  avantl'existence  deshoranics.  Le 
Iroisieme  chapilre  s'occupc  iles  miiieraux  des  colllties  coquilleres  ; 
dans  le  premier  article  il  parle  des  substances  cristallines  ,  en 
particulier  du  gypsc  irapczicn  ct  de  la  chaux  carbonatee  des 
inarnes.  Le  second  arlicic  comprend  les  substances  amoiphes  :  <;e 


Geologic.  ,  I T 

sont  surtout  le  iripoli ,  les  agalos  ,  les  caltedoitios  ct  Ics  caillonx 
siliceux  ^  discolitlies.  Dans  le  troisieme  article  il  parle  des  eaux 
minerales,  des  sources  salt5es  pies  de  Parme  ,  do  leur  degre  de 
salurc  et  de  leur  emploi.  II  y  en  a  qui  sont  acidulcs  et  d'autrcs 
incruslantes.  Apres  cela  viennent  deux  Icltres  sur  la  montagne 
de  Saint-Genesio  dansle  Plaisanlin  ,  ou  un  effet  d'optique  co- 
lore en  vert  les  pieds  des  promeneurs.  Enfin  I'ouvrage  se  ter- 
mine  par  quatre  petits  voyages  ;  le  premier  a  eu  lieu  a  Vernasca, 
au  Sudde  rirenzuola.Lcsmarnes  et  les  sables  se  terminent  a  Ver- 
nasca, et  ne  pr<5sentent  aucune  des  depoiiilles  fossiiesordinaircs 
a  I'exception  de  quelqnes  dents  de  squales  et  pent  -  ^tre  d'un 
crocodile  analogue  a  celui  de  Maestricht.  Avant  Vernasca  il  y  a 
des  couches  calcaires  inclinecs  le  plus  souvent  au  N.  et  au  N.-O. 
et  formant  la  base  de  la  zone  fossile.  A  Vernasca  le  calcaire  est 
schisteux  et  dendritique  ;  il  renfcrme  souvent  de  la  baryte  et  de 
la  pyrite.  Le  second  voyage  a  eu  lieu  de  Velleia  a  Gropallo.  II 
j)ense  que  Velleia  a  ete  enseveli  par  un  eboulement ,  et  il  s'<5tend 
sur  I'arcbeologie  de  cette  infortunee  cit6.  A  Gropallo  et  dans  les 
environs ,  M.  Cortesi  a  vu  sur  le  calcaire  stratifie ,  des  blocs 
de  granit,  de  silex  ,  de  quartz  ,  de  serpentine  ,  etc.  Le  troisieme 
voyage  a  ete  a  Serravalle.  On  peut  remarquer  les  grands  blocs 
de  granites  sur  les  montagnes  secondaires  ;  I'auteur  suppose  qtie 
ce  sont  des  masses  rejetees  par  des  volcans  fort  anciens  et  em- 
patees  ensuite  dans  les  rocbes  secondaires ;  la  destruction  les  a 
mis  au  jour.  Le  quatrieme  voyage  au  bourg  Taro  commence  par 
une  dissertation  palseographique.  II  trouve  dans  ces  montagnes 
le  calcaire  de  transition  sur  la  grauvpacke,  etla  premiere  roclie  est 
souvent  en  couches  arquees  a  la  maniere  de  deux  arcs  de  cercle 
opposes  I'un  a  I'autre,  position  que  I'auteur  attribne  a  I'echap- 
ment  de  quelque  gaz.  Get  ouvrage  se  termine  par  quelqucs  re- 
flexions sur  les  voyages  precedens  dans  lesquels  il  recherche  pour- 
quoi  les  depots  calcaires  subapennins  ne  renferment  pas  les  fossilcs 
des  Apennins.  II  n'adopte  pas  I'explication  de  M.  Cuvier,  et  il 
croit  en  trouver  la  cause  dans  une  crislallisation  trop  rapide  de  la 
matiere  calcaire  lors  du  depot  du  calcaire  ajjcnnin.        A.  B. 

(J.  CoMPTE  UENDU  d'un  Voyagc  geognostique  dans  une  parlie 
du  duche  de  Weslphalie  ,  par  le  prince  de  Salm-Horstmar, 
avec  une  carte  petrographique  et  des  coupes.  ( liheinland 
Ji\stph(ilcn  (Ic  Noggcnilh  ,  3''.  volume,  182/1.) 


13  Geologie. 

L'auteur  y  rend  compte  d'un  voyage  ialt  de  Liinbourg  a 
Ruliden  et  Lippstadt,  et  de  la  a  Stadtberg,  Berlebuig  el  Met- 
ncrlshagen.  II  a  eu  occasion  d'observer  plusieurs  fails  interes- 
sans,  parrai  lesquels  il  suffit  de  reinarquer  une  caverne  a  osse- 
mens  dans  le  calcaire  intermediaire  de  Sundwig,  des  alternats^ 
do  gres  coquillier,  et  de  grauwacke  a  Valbert,  et  des  domes  de 
porphyre  intermediaire  a  Brucldiausen.  11  a  aussi  cru  recon- 
naitre  le  zechslein  et  le  schiste  cuivreux ,  pres  de  Oberstadt- 
bergen ,  et  au  dessus ,  du  schiste  argileux  de  transition.  II  con- 
fond  le  gres  vert  de  Ruhden  avec  le  quadersandstein  ,  et  decrit 
la  craie  chloritee  ou  grossiere  avec  laquelle  il  est  lie.  II  a  ob- 
serve avec  soin  la  direction  et  I'inclinaison  des  couches  qu'il  a 
rencontrees  ;  la  direction  est  de  I'ouest  a  Test  et  I'inclinaison  est 
dnns  les  7  des  cas  au  sud ,  et  dans  I'autre  \  au  nord.  L'angle  d'in- 
clinaison  depasse  plus  souvent  40"  qu'il  n'est  au-dessous  de  3o". 
L'auteur  croit  avoir  reconnu  quelquefois  que  les  couches  des 
schistes  forraaient  des  ellipsoides.  Son  memoire  se  termine  par 
des  observations  generales  sur  chacune  des  roches  obser- 
vees.  A.  B. 

10.  Expose  comparatif  des  points  du  Wurtemberg  dont  la 
hauteur  au-dessus  du  niveau  de  la  mer  a  ete  observee,  aceom- 
pagne  de  remarques  sur  leurs  roches  principales  ,  la  nature 
de  leur  air  et  les  rapports  generaux  de  leur  vegetation,  et 
servant  d'explication  pour  une  carte  des  hauteurs  ;  par  le  pro- 
fesseur  Schubler  a  Tubingen;  iSaS. 

Le  Wurtemberg  jouit  d'une  grande  diversite  de  climats  et  de 
fertiiite,  soit  a  cause  de  la  position  plus  ou  moins  elevce  de  scs 
differens  districts,  soit  a  cause  dela  variete  deson  so!.  L'auteur 
a  dresse  une  table  des  hauteurs  du  Wurtemberg  fort  intcres- 
sante,  et  ces  hauteurs  sont  indiquees  sur  une  echelle  jointe  a  sa 
carle  des  differens  points  et  montagnes  mesures.  Ces  determi- 
nations out  etc  failes  par  lui  et  le  professeur  Bohnenberger  , 
ct  se  trouvent  deja  en  grande  partie  dans  la  1!'.  edition  de  la 
description  du  Wurtemberg  par  Memminger. 

A  cote  de  cette  echelle  des  hauteurs  il  y  a  une  colonne  con- 
sacrce  a  raontrer  les  variations  observees  a  differentes  hauteurs 
dans  la  lemp(5ralure  nioyenne  de  I'air,  la  moyenne  des  degr«5s  a 
laquelle  bout  I'eau,  la  moyenne  de  la  densile  de  Fair  et  de  sa 
quaiilile   d'acidc  carboniquc.  II  en  dcduit  que  les  changemens 


Geologic.  1 5 

do  temperature  out  heancoup  plus  d'influence  sur  la  quantiie 
d'acide  carbonlqne  do  I'alr  que  los  cliangemens  dans  la  pression 
de  I'air.  II  donne  une  table  de  la  quantite  moyenne  d'acide  car- 
bonique  que  I'air  renferme  a  Stuttgard  pendant  les  differens 
mols  de  I'annee  ,  et  la  fonde  sur  des  observations  de  dix  annees. 
Sa  carte  contient  de  plus  une  coupe  des  formations  du  Wurtem- 
berg.  Le  gres  rouge  alleraand  y  recouvrirait ,  suivant  lui ,  le 
gneiss  de  la  foret  Noire  et  serait  reconvert  de  zechstein,  de  gres 
bigarre ,  de  calcaire  a  gryphite  alternant  avec  le  quadersands- 
toin ,  et  de  calcaire  jurassique.  II  consacre  une  colonne  a  I'enu- 
meration  des  petrifications  de  ces  differenles  formations,  d'oii  il 
rt'sulte  manifestement  que  son  zechstein  est  le  muschelkalk  et 
son  calcaire  a  gryphites  le  lias.  Dans  une  autre  colonne  il  a  reu- 
ni  le  resume  de  ses  longues  observations  sur  les  differens  sols 
du  Wurtemberg;  dans  une  autre  se  trouvent  les  temperatures 
moyennes  de  differens  lieux  dans  differens  mois,  la  quantite 
moyenne  de  la  pluie  ,  etc.  II  y  donne  aussi  une  idee  genc^rale  de 
la  vegetation  :  les  chenes  manquent  dans  les  forets  elevees  de  la 
foret  Noire  ,  les  champs  s'elevent  jusqu  a  2800  a  3ooo  pieds 
au-dessus  de  la  mer;  les  arbres  fruitiers  a  2000  pieds,  les  vi- 
gnobles  a  i5oo  ou  1700  pieds  ,  mais  les  bons  vignobles  seule- 
ment  a  1000  ou  iioo  pieds.  Entre  900  a  400  pieds  au-dessus  de 
la  mer  on  cultive  les  meilleurs  fruits. 

II  donne  une  table  comparative  de  la  quantite  relative  des 
diffeientes  families  des  plantes  en  Wurtemberg,  en  Allemagne 
et  en  France,  et  enumere  dans  une  colonne  scparee  les  plantes 
los  plus  remarquables  de  la  for^t  Noire ,  de  I'Alpe  de  Souabe , 
du  Kaiserstuhl  et  des  vallees  du  Rhin  et  du  Necker.  A.  B. 

II.  Neueste  Landskdnde  des  Erzherzogthums  OEsterreichs 
unter  der  Enns.  Description  recente  de  I'archiduchc  d'Au- 
triche  sous  I'Enns;  par  C.  W.  Blumenbach.  Vienne;  1816. 

Comme  les  ouvrages  autrichiens  de  ce  genre  sont  rares  ,  nous 
rappelons  cclui-ci,  qui  est  fort  interessant.  L'auteur  y  dccnt 
d'abord  la  chaine  des  Alpes,  ses  branches  et  ses  ramifications  et 
donne  beaucoup  de  hauteurs  mesurees.  II  entre  ensuite  dans  les 
m^mes  details  sur  la  chaine  de  Boh^me  et  de  flloravie,  il  parle 
des  vallees  et  des  plaines,  il  donae  un  apercu  geologique  des 
dlfforentes  formations  et  des  roches  de  ces  montagnes  et  dc  ces 


1 4  Geologic. 

has  fon  Js ,  ct  il  termine  son  ouvrage  par  one  enumeration  me- 
thodiquc  de  tous  les  miiieraux  de  cette  partie  de  rAutriche.  A.  B. 
12.  Analogie  entre  le  muschelralk  des  Allemands  et  la 
FORMATION  DU  CALCAiRE  ALPiN,  deduitc  dc  leurs  petrifica- 
tions ;  par  le  professeur  S.  A.  Catullo.  (Journal  de  la  Litte- 
rature  italienne,  vol.  19  dela  seconde  serie,  ma.\  etjuin  iSiS.) 
L'autcur  donne  dans  ce  meinoire  un  extrait  de  la  description 
du  Muschelkalk  ,  par  M.  Boue ;  il  cite  ensuite  Ics  fossiles  de  ce 
terrain  d'apres  M.  de  Humboldt,  et  il  cherche  a  etablir  que  ces 
derniers  se  trouvent  dans  d'auties  formations;  ainsi  la  Pcntacri- 
nites  mlgaris  se  trouve  dans  le  calcaire  tertlaire  de  Verone ,  etc. 
Le  calcaire  alpin  du  Bellunois  contient  11  Ammonites  nodosus  du 
muschelkalk ,  et  M.  de  Humboldt  a  enumcre  quelques  fossiles 
comme  communs  aux  calcalres  alpins  et  au  muschelkalk.  Nous 
nous  perraettrons  de  remarquer  que  ce  dernier  fait  n'a  rien  de 
surprenant,  que  le  calcaire  alpin  du  Bellunois  est  probablement 
le  muschelkalk  ,  et  qu'il  s'est  gllsse  quelques  erreurs  dans  I'enu- 
meralion  des  fossiles  de  dlfferentes  formations  faite  par  M.  dc 
Humboldt.  Dans  la  seconde  edition  de  son  ouvrage  elles  seront 
probablement  redressees.  ^-  ^■ 

l3.    ESQUISSE  DE  LA  GEOLOGIE   DU   SUD  DE   LA  RtlSSlE  ;    par  M.  W. 

F.  H.  Fox  Strangways;  lu  a  la  Soclcte  geologique  de  Lon- 
dres,  le  5  mars  1824.  {Philos.  Magaz.  de  Tilloch,  mars  182/,.) 
Les  steppes  delaRussiesont  limites  a  I'ouest  par  les  Carpathes 
de  la  Transylvanie ,  au  sud  par  le  mont  Hemus,  la  Chersonese 
taurique  et  le  Caucase;  a  I'est ,  par  les  monts  Ourals,  et  au  nord 
par  la  ligne  qui  va  de  I'embouchure  de  la  Rama  au  Dniester ,  sur 
les  frontieresde  la  Podolie  et  dugouvernementde  Kherson.  Leur 
longueur  est  deaooo  raillcs  et  leur  largeur  de  900.  Une  espece  de 
canal  ou  bassin  s'litend  a  travers  les  steppes  de  Perecop  a  la  raer 
Caspienne  ,  et  d'Aral,  et  les  divise  en  deux.  Ce  bassin  forme  les 
steppes  salins,  tandis  que  le  reste  de  ces  plaines  est  granltique 
ou  calcaire.  Le  steppe  nord  pent  se  diviser  en  5  parties,  i ".  celui 
du  gres  bigarrc  saltfere  et  gypsifere ,  sur  les  deux  cotes  du  Volga 
au-dessus  de  la  Samara.  2".  Le  steppe  de  Saubof  et  du  Volga 
moyen  de  Samara  a  Tzaritzin;  la  partie  nord  renfcrme  du  cal- 
caire blanc  et  la  portion  sud  du  gros  qui  se  lie  avec  le  steppe  du 
Don.  3°.  Le  steppe  calcaire  septentrional  du  Don  est  compose 
de  grcs  cntre  Cherkask  et  rembonchure  du  Donctx.  Apres  ccla 


Geologic.  ^      1 5 

commence  une  granJe  etendue  de  calcaire  coquillicr  recent  qui 
s'otend  probablement  a  Iravers  I'Ukraine  et  se  lie  au  calcaire 
grossier  de  Volhynie  et  de  Gallicie.  4".  Au  sud  et  au  sud-est  de 
ce  district ,  il  y  a  le  steppe  ou  plateau  granitique  qui  est  lie  aux 
Carpathes  et  paste  le  Dniester  a  Doubosar.  5°.  Le  steppe  cal- 
caire intermediaire  qui  est  separe  du  precedent  par  un  gres  et 
qui  est  une  masse  immense  qui  s'etend  par  la  Moldavie ,  la  Bes- 
sarabieetle  gouvernementde  Kherson.  Le  bassin  salin  est  la  clef 
de  I'etendue  primitive  de  I'union  ancienne  de  la  mer  Noire  et  dc 
la  mer  Caspienne.  Au  sud  de  ce  bassin  il  y  a  un  steppe  calcaire 
qui  comprend  la  Crimee  et  s'etend  au  pied  du  Caucase.  C'est  un 
calcaire  qui  repose  sur  le  calcaire  grossier.  Les  plantes  marines 
ou  plutot  du  solfolia  ont  fait  croire  que  les  steppes  eleves  avaient 
etc  autrefois  le  fond  d'une  mer;  mais  leur  hsuleur  de  700  pieds 
au-dessus  de  la  mer  Noire ,  et  de  1000  pieds  au-dessus  de 
la  mer  Caspienne,  ne  permet  pas  cette  supposition. 

Ce  memoirc  se  lei'mine  par  des  observations  sur  I'etendue  pro- 
bable qu'avait  la  mer  Caspienne  et  celle  d'Aral  et  leur  union 
avec  la  mer  Noire.  A.  B. 

i/j.  Beitrage  zur  Kenntniss  Norwegens.  Observations  pour 
servir  a  la  connaissance  de  la  NorAvege,  faites  pendant  les  etes 
de  1821  et  1822,  par  Charles-Frederic  Naumann.  (  i*^*^.  vol. 
avec  des  coupes  et  deux  cartes.  Leipzig,  1824.) 

Dans  la  preface  I'auteur  montre  qu'on  n'a  pas  de  carte  dc- 
taillee  et  exacte  de  la  Norwege.  Celle  de  Pontoppldan  est  tres- 
fautive,  mais  le  major  Capelan  public,  sur  une  echelle  double, 
une  carte  bien  meilleure  011  sont  indiquees  les  limites  des  ter- 
rains dans  les  endroits  examines  par  les  geologues.  La  courtc 
duree  de  I'et^,  les  espaces  deserts,  le  manque  de  gite,  et  meme 
quelquefois  la  defiance  des  natifs  sont  encore  des  causes  qui 
entravent  les  voyages  en  Norwege.  L'auteur  joint  dans  cet  ou- 
vrage  ,  aux  observations  geologiques ,  des  remarques  sur  la  hau- 
teur relative  de  certains  points,  sur  la  limite  de  la  vegetation, 
et  sur  celle  de  la  neige  perpetuelle ,  et  sur  la  vie  et  le  caractere 
des  habitans.  Dans  le  premier  chapitre  l'auteur  fait  remarquer 
les  filons  de  porphyre  dans  le  terrain  dc  schiste  intermediaire  et 
de  calcaire  des  environs  de  Chrisliania;  tandis  que  le  porphyre 
recouvre  cette  formation  a  .Tonsrud ,  et  git  sur  un  gres  pres  de 
Ringerige. 


1 6  Geologic. 

A  Skutterud  ,  il  y  a  des  petils  filons  d'amplubol<; ,  de  cobalt , 
de  pyrlle  cuivreuse  dans  un  micascbiste.  Pros  GicIIeback  ,  il  y  h 
uii  marbre  gronu  qui  repose  sur  le  granite  ,  tandis  qu'il  est  suivi 
d'un  calcaire  compacte  coquillier.  Pros  de  la  sicnite  du  mont 
Skrimfields,  les  coucbes  de  scbiste  et  de  calcaire  prennent  iine 
inclinaison  beancoup  plus  forte,  et  deviennent  siliceuses.  L'au- 
teur  donne  une  coupe  des  allernalions  de  gres  et  do  rocbes 
basaltiques  pres  Holraestrand.  A  la  ferme  Ekeberg,  un  granite 
intermediaire  se  prolonge  en  petits  filons  dans  un  calcaire  grenu 
qui  doit  peut-etre  sa  texture  au  contact  de  cette  rocbe  ;  I'auteur 
en  donne  deux  figures  fort  interessantes.  Le  second  cbapitre  con- 
tient  la  description  du  jNuinmedalen  qui  est  forme  de  gneiss ,  et 
de  quartz  grenu,  et  une  tab'e  de  liauteurs  determinees  baromi';- 
triqnenient.  Le  troisieme  cliapitre  rcnferme  une  course  de  Kong- 
sberg  a  Soledal ;  un  granite  parait  renfermer  beaucoup  do 
fragmens  de  gneiss  ,  pres  de  Hommelund.  II  y  a  aussi  une  table 
de  hauteurs  ,  et  I'indication  de  la  limite  de  la  vegetation  des 
bouleaux  dans  differens  endroits.  Le  quatrieme  cbapitre  est  con- 
sacre  au  recit  de  plusieurs  excursions  autour  d'UUensvang,  et 
de  la  a  Samnangerfiord.  L'auteur  y  donne  d'interessans  details 
sur  le  gneiss  et  le  micascbiste,  qui  sont  les  roches  doniinantes  ; 
une  table  de  hauteurs  termine  cet  article.  Dans  le  cinquieme 
cbapitre  est  exposee  la  constitution  geologique  de  la  presqu'ile 
de  Bergen  et  de  la  c6tc,entre  les6o™<'.  et  61™^.  degres  de  latitu- 
de. II  y  a  des  coucbes  de  wcisstein  et  de  diabase ,  pres  de  Gul- 
field.  A  Biorkeland  il  y  a  une  belle  euphotide ;  cette  contree 
presenle  en  general  des  alternats  de  gneiss ,  de  micascbiste  , 
de  diabase,  d'ainphibolite  ,  et  de  rocbes  feldspathiques  ;  la  dia- 
base est  entre  des  micaschistes.  L'auteur  donne  des  cartes  et  des 
coupes,  et  accompagne  le  tout  d'observations  tres-curicuses. 

Le  sixienie  cbapitre  comprend  des  excursions  de  Promsdalcn 
a  Lesso,  dans  le  Gulbransdalen.  Le  gneiss  est  encore  la  roche 
dominante  :  quelquefoison  yvoit  unerocliecoinposee  degren.it, 
d'amj)hibole  et  de  mica;  une  table  de  hauteurs  se  trouve  a  la  fin 
du  cbapitre.  Dans  le  septieine  cbapitre  l'auteur  donne  des  de- 
tails sur  le  caractere  des  Norwegiens  de.s  vallees;  il  loue  leur 
probite ,  leur  bon  sens ,  leur  proprett^.  Son  ouvrage  se  ter- 
mine par  deux  appendices;  dans  I'un  il  cherchc  a  montrcr 
que  les  rapports  geognostiques  des  rocbes  d os  environs  de  Cliris- 
ti.inia  condnisent  a  iidnietire,  po\irles  rocb-.'s  granitoides  etpor- 


Geologic.  1 7 

pliyriqiies  ,  I'origine  ignee  plutot  que  I'orlginc  ncptunienne  , 
quoique  I'auleur  lui-meme  soil  enclin  a  celte  dcrniere  nianiere  de 
voir;  dans  le  second  il  dit  que  reuphotide  de  Norwege  a  pour 
base  le  feldspath  tenace  ou  saussurite. 

L'auteur  proinetincessammentun  second  volume  qui  compren- 
dra  une  description  detaillee  de  quelques  contrees  de  la  partie 
septentrionale  du  disU-ict  de  Bergen  et  du  Dovrefield.       A.  B. 

i5.  ApERcti  DE  LA  CONSTITUTION GEOLOGiQDE  de  la  provIncc  de 
Malwa ,  et  de  quelques  districts  voislns ,  notamment  du  cote 
du  nord-ouest  et  de  I'ouest ;  tire  d'une  lettre  adressee  par 
M.  Dangerfield,  capit.  etingen.  geogr.,  a  sir  John  Malcolm, 
et  inseree  par  ce  general  dans  son  ouvrage  sur  Tlnde  centrale. 
Tome  2 ,  appendice  n°.  2.  Londres  ;  1 82"?.  (  Annul,  des  Scicnc. 
Natiir.,  vol.  i  ,  mars  1824  >  P-.  249-) 

Le  Malwa  occupe  le  centre  de  I'lnde,  entre  les  paralleles  de 
21"  3o'  et  24°  de  latitude  boreale  ;  c'est  une  plaine  eievee,  in- 
clinant  vers  le  nord  ,  qui  est  Textreraite  d'une  vaste  etendue  de 
trapp  secondaire  qui ,  a  partir  du  Dekan  ,  et  raeme  probablement 
du  Mysore,  occupe  tout  le  pays  au-dessus  des  Gates,  et  une 
partie  des  plaines  infcrieures  sur  la  cote  occidentale  de  la  penin- 
sule ,  y  comprises  les  iles  de  Bombay,  Salsette  et  Elephanta.  Les 
Agates  ,  les  montagnes  de  Rajpeply  et  les  grottcs  des  Brahmites, 
se  trouvent  dans  ce  terrain  compose  d'amygdaloides ,  de  gres  , 
d'argile  et  de  mineral  de  fer.  Les  montagnes  ne  s'y  clevent  guere 
au  dela  de  6  a  700  pieds  au  dessus  des  plaines ,  et  dans  la  province 
meme  de  Malwa  ,  la  plupart  sont  coniqucs  ,  et  n'ont  que  100  a 
3oo  pieds.  Cette  province  est  separee  a  I'ouest  et  au  nord-ouest  des 
alluvions  du  Guzarate ,  par  la  cliaine  primitive  qui  forme  le 
Mewar  et  Marwar. 

Au  sud ,  on  descend  du  Malwa  au  Nemaur  et  au  bassin  de 
Nerbudda,  par  des  passages  difficiles,  a  travers  les  monls 
de  Vindhya,  eleves  de  iG5o  pieds.  Ces  montagnes,  ainsi  que 
celles  du  Malwa  ,  sont  composees  de  couches  horizontales  de 
trapp oudcbasalte,  et  d'amygdaloides  ;  ces  couches  sont  le  plus 
souvent  au  nombre  de  quatorzc  ,  et  leur  epaisseur  augmente  dc 
bas  en  haul  ;  la  supericure  a  i5  a  3o  pieds  ;  les  amygdaloides 
forment  les  bancs  les  plus  cpais,  ct  le  tout  re])ose  sur  unecouclio 
basakiqiic  de  3oo  plods  ,  (jui  forme  le  sol  de  la  plaine  inforicure. 
Le  trap])  forme  des  cscarpcmens  ,  ct ,  par  la  decomposition  de 
B.  TojiE  II.  o 


1 8  Geblogie. 

ramygdaloide  ,  donne  lieu  a  des  pentes  donees.  Dans  Ics  nionts 
Vindhya  cette  dernicre  roche  coptient  des  zeolilhcs  et  des  infil- 
trations calcaires  et  siliceuses.  Entre  Mundleysir  et  Mliysir, 
le  Gate  ou  defile  dc  Jaume  presente  des  groupes  de  colonnes 
basaltiques  ,  reposant  sur  un  basalle  a  pelits  filons  de  quartz  ou 
de  basalte  ferrugineux. 

Les  berges  de  la  Nerbudda  entre  Mundleysir  et  Chiculdali 
presententSo  a  /jo  pieds  de  marne  endurcie,  salifere,  qui  repose 
sur  lo  a  i5  pieds  de  raarne  rouge  ,  impregnee  surtout  de  carbo- 
nate dc  soude.  Pres  de  Mhysir ,  I'auteur  dit  y  avoir  remarque  des 
briqucs  et  de  la  poterie  ,  et  il  n'y  a  trouve  aucune  apparence 
volcanique. 

Les  roches  Irappeennes  forment  aiissi  les  hautes  plaines  du 
Malwa;  les  tertres  sont  couronnts  d'une  brcche  trappeenne  a 
fragmens  cellulaires.  Le  sol  de  la  plaine  est  rouge  ct  noir,  et  la 
tcrre  vegetale  a  de  3  a  i5  pieds  d'epaisseur  ,  et  elle  recouvre  des 
marnes  a  petites  boules  d'argile  et  a  coquilles  ,  telles  que  des 
buccins  ,  des  monies.  Le  lit  de  la  Nerbudda,  pres  Onkar-Mun- 
datta  ,  cliarrie  des  ammonites.  A  Test  du  Chumbul ,  il  y  a  une 
bande  etroite  de  mineral  de  fer  argileux  cellulaire ,  qui  s'etend  a 
travers  cette  pro-vince  jusque  dans  celle  d'llarrowtee,  et  qui 
s'eleve  rarement  a  200  pieds.  Le  minerai,  quclquefois  botryoidc, 
ou  geodique  ,  repose  sur  des  gres.  La  partie  nord  du  Malwa 
est  occupee  par  un  gres  brun  ou  gris,  qui  est  surmonte  de  col- 
lincs  allant  de  Chittore  aHorrowtee,  et  formce  de  feldspath  com- 
pacte  (hornstone)  ires-feuilletc  dans  le  bas  et  compacte  dans  le 
haut.  AprcsDulput  Poora,  une  contrce  onduleeparait  apparlenir 
au  gres  bigarre;  la  roche  est  grise  et  rouge;  mais  au  dela  dc 
Cheetakairee  elle  n'est  que  grise  a  taches  rouges  ,  et  a  lits  minces 
de  calcaire  grossier  et  de  marne  rouge.  On  y  exploite ,  au  sud 
dc  Cheetakairee  et  vers  Neemutch,  du  minerai  de  fer  mame- 
lonnc.  Entre  Peeliah  et  Dewlia  ,  il  y  a  un  terrain  de  calcaire  ct 
de  gres,  au  nord  duquel  il  y  a  beauconp  de  gyi^se  et  dc  sel 
fcmmc  ,  et  peut-ctre  du  terrain  houiiler.  A  Connore  commen- 
cent  les  sienites;  a  Reindhir  les  granites;  a  I'oijesl  viennent  Ic 
schiste  argileux,  une  sicnite,  etde  nouveau  un  granite.  Lc  gneiss 
a  bancs  de  granite  domine  entre  Durolee  et  les  montagnes  a 
Test  d'Odevpoor.  Ces  derniercs  out  700  pieds  dc  haut,  et  sont 
composees  depcnphyrcoud'aggloniera  Is  reposant  sur  le  gneiss  ou 
plutot  sur  le  micascliiste. 


Geologic,  19 

Pres  Soled.ir  commencent  les  montagncs  de  Maunpoor  era  Su- 
"ioombur,  qui  ont  7  ou  800  a  1200  pieds  de  haut ,  au-desslis  de 
la  vailee  de  Duriawud.  Ce  sont  des  schistes  a  bancs  de  diabase 
compacte  et  schistoide,  et  de  calcaire  grenu  gris.  Les  schistes 
argileux  et  chloriteux  sonl  presque  verticanx,  inclinant  a  Test,  et 
courant  du  N.  N.  O.  au  S.  S.  E. ;  ils  renfermer.t  au  iiord  de  Maua- 
poor  deux  grands  rochers  de  quartz  de  i5o  a  200  pieds  dehaut. 
De  semblables  couches  se  voient  dans  les  plaines  de  Suloom- 
bur  et  Odeypoor.  La  vailee  de  Malpoor  presente  du  micaschiste , 
du  granite,  et  du  gneiss,  entre  Beerawul  et  Suloombur.  Le  lac  de 
Deybur  est  entoure  de  gneiss. 

Ces  montagnes  et  celles  de  Odeypoor  sont  une  branche  de 
la  chaine  qui  va  du  sud  au  nord ,  entre  le  Maiwa ,  le  Ratli ,  le 
Bagur ,  et  le  Guzarate,  et  qui  aboutit  au  Marwar.  Les  schistes 
et  les  calcaires  y  doniinent.  Du  cote  de  Doongurpoor  il  y  a 
beaucoup  de  pierre  o'laire  ;  au  nord,  les  marbres  et  le  cristal  de 
roche  abondent ;  et  il  y  a  aussi  du  cuivre ,  du  plomb ,  et  du 
minerai  d'ai'geiit.  La  descente  du  Malwa  au  Guzarate,  vers  le  sud- 
ouest ,  est  plus  graduelle  ;  les  traps ,  que  I'auteur  classe  toujours 
parmi  les  roches  hitermediaires  ,  font  place  a  des  gres  grossiers , 
a  des  calcaires,  et  a  d'enormes  bancs  de  quariz  et  de  poudin- 
gues.  Le  calcaire  est  rouge  ,  m^le  de  blanc  et  a  silex.  Vers  Goo- 
rah  commencent  les  schistes  argileux  et  chloriteux;  au  dela  de 
Goorah  ,  derriere  le  micaschiste,  a  Rajpoor,  et  jusqu'a  Chota 
Odeypoor,  on  ne  voit  que  du  granite.  A  Odeypoor,  il  y  a  un 
calcaire  rouge  grenu,  a  petils  cristaux  de  serpentine  et  a  mica. 
Pres  de  Jubboogam  ,  il  y  a  du  granite;  on  ne  revolt  des  roches 
qu'a  Guzarate,  ou  Ton  exploite  des  gres  grossiers.  Vers  Test  et 
le  nord  des  frontieres  du  Malwa,  on  descend  dans  la  plalne  du 
Bundelcund  par  une  bande  montagneuse.  On  n'y  soupconne  pas 
de  roches  primitives.  Un  essal  de  carte  geologique  accompagne 
cet  important  travail.  A.  B, 

16.  Societe  geologique.  — ■  Seance  du  10  fevrier  1824.  • —  On 
lit  une  notice  sur  la  decouverte  du  squelette  entier  d'un  animal 
f'ossile  du  genre  jusqu'ici  nomme  Plesiosanrus,  par  le  revt^rend 
Conybearc,  T.-R.-S.-M.-G.-S.  Le  Plesiosaurus  qui  est  I'objet 
de  ce  meujoire  a  ele  trouve  dans  le  Has  bleu  de  Lyme  Regis  en 
Dorsetshire.  Le  squelette  est  complet  dans  toute  la  partie  cxtc- 
rieure  de    sa    colonne  verlebrale,    et  un  tres-petit  nonibre  des 


20  Geologie. 

atitre^  parlies  iler.initnalmanqiio.  Dans  le  5*^.  vnliiino  dos  Trans- 
actions de  la  Societe  g(5ologlqne,  Pt  dans  le  i*^'.  voliimo  dc  la  se- 
ronde  serie  des  memes  Transactions ,  Tanteur  avail  cssayc  d'assi- 
cner  aux  diffcrentes  parties  de  I'animal  qui  avaient  eto  tronvces 
dispersees  et  disjointes ,  leurs  positions  relatives  dans  Ic  squclettc, 
II  observe  ,  dans  le  memoire  actuel ,  que  ses  suppositions  sont 
maintenant  entierement  confirmees  dans  tous  les  points  les  plus 
essentiels.  M.  Conybeare  ,  apres  avoir  fait  remarqucr  les  erreurs 
nu'il  avail  coinmises,  decrit  I'osteologie  de  eel  animal  fossile  re- 
marquable.  Les  traits  les  plus  caracleristiqiies  et  les  plus  distincts 
sont  :  la  longueur  exti'aordinaire  du  cou,  qui  est  au  inoinscgale 
a  cellc  du  corps  el  de  la  queue  ensemble,  et  le  nombre  des  ver- 
tcbres  ,  qui  excede  de  beaucoiip  celui  d'aucun  animal  connu. 

Srance  du  -xo/efrier.  —  On  lit  un  memoire  sur  le  Megalosau- 
rus,  ou  grand  lezard  fossile  de  Slonesfield ,  pres  d'Oxford  ,  par 
le  reverend  W.  Buckland ,  F.-R.-S.-F.-L.-S.,  president  de  la  S<i- 
ciete  geologique  de  Londrcs  ,  et  professeur  de  mincralogie  el  de 
geologic  a  I'universitc  d'Oxford  ,  etc.,  etc. 

Ij'auteur  fait  observer  qu'il  a  etc  determine  a  offrir  a  la  Societi: 
les  representations  des  diiferentes  parties  du  squelelte  de  i'ani- 
mal fossile  decouvert  a  .Slonesfield ,,  dans  I'espoir  que  les  per- 
sonnes  qui  possedent  d'aulres  portions  de  ce  reptile  extraordi- 
naire voudront  bien  tiansmettre  a  la  Soclcte  toules  les  observa- 
lions  qui  peuvent  conduire  a  une  restauration  plus  complete  de 
son  osteologie.  .lusqu'lci  on  n'a  pas  encore  decouverl  deux  os  de 
cet  animal  en  contact,  excepte  une  serie  de  vertebres.  Les  dents 
par  analogic  se  rapportent  a  I'ordre  des  sauriens  ou  lezards.  D'a- 
pres  Its  proportions  d'un  os  fossile  de  la  cuissc,  comparees  aux 
i)roporlions  ordinaires  d'un  os  analogiie  des  lacertcv  ,  on  a  con- 
clu  que  la  longueur  de  I'animal  surpassait  /(O  pieds,  el  sa  hau- 
leur  7.  Le  professeur  Buckland,  en  raison  de  ccs  dimensions 
cnormes,  a  assigne  a  I'animal  le  nom  de  Megalosaurus. 

Les  divers  resles  organiques  qui  accompagnent  cet  enorme  le- 
zard forraent  un  assemblage  trcs-inleressant.  Apres  leur  (Enu- 
meration, I'auteur  conclut  par  la  description  des  planches  et 
qudques  observations  sur  la  structure  anatomiquc  des  parties  du 
Megalosaurus  qui  ont  ct6  trouv»Ecs  jusqu'ici. 

Seance  du  19  mars.  —  On  lit  la  fin  d'un  memoire  intitule  Es- 
nuisses  de  la  gcologie  de  la  Russie  inmdionale  ,  par  I'lionorable 
T.-H.  Fox  Slrangv\ays,  M.-O.-S. 


1 


Geologiti.  3 1 

Dans  I'csl  el  Ic  sud-est  de  I'Europe ,  on  sc  scrl  du  mot  steppe 
jiour  designer  de  vasles  porlions  de  puys.  Ce  n'esl  ni  une 
Bruyere ,  ni  une  lande  ,  ni  line  plaine,  raais  le  mot  steppe  corres- 
pond assez  bien  a  I'idce  allacliee  au  mot  anglais  wold.  Les  Russcs 
tlonnent  ce  noni  a  toute  vasle  portion  de  terrain  incultc ,  qui 
n'ci^t  ni  monlagncuse  ni  couverte  de  bois.  Les  steppes  russessont 
bornes  a  I'ouest  par  la  cliaiae  des  jnontagnes  Karpates  de  Tran- 
sylvanie,  et  par  le  banat  de  Temesvar;  au  sud  par  le  mont  Hae- 
nms,la  Chersonese  taiuique  et  le  Caucase;  a  Test  par  les  nionts 
Ourais  jusqu'au  dela  de  la  mer  Caspienne  et  de  la  mer  d'Aral ; 
aunord  vaguement  par  une  llgne  tiree  de  remboncliure  du  Kama 
jusqu'au  Dniester  sur  les  frontieres  de  la  Podalie  et  du  Kherson. 
Leur  longueur  est  d'environ  2000  milles,  leur  largenr  de  900. 
Le  terrain  est  partout  le  niemc  ,  mais  la  structure  geologique 
varie  beaucoup. 

Un  bassin  qui  s'etend  de  Perccop  a  la  mer  Caspienne,  et  en- 
snite  au  dela  de  la  mer  d'Aral,  divise  nalurellement  le  steppe  en 
deux  ,  le  liaut  steppe  septentrional ,  et  le  Laut  steppe  meridional. 
Ce  bassin  a  ete  bien  decrit  par  Pallas  et  autres,  comma  le  bas 
steppe  salin  et  sablonneux  ,  et  les  deux  aulres  comme  les  hauls 
steppes  calcaires  et  granitiques. 

Le  haut  steppe  septentrional  peut  elre  divise  en  cinq.  i".  Le 
steppe  de  marne  rouge,  de  sel  et  de  gypse,  reposaut  sur  les  bords 
du  Volga  au-dessus  de  Samara.  2".  Le  steppe  dc  Saubofet  du 
milieu  du  Volga,  depuis  Samara  jusqu'a  Tzaritzin  ;  la  parlie 
septentrionale  de  cc  steppe  est  formee  de  calcaire  blanc ,  et  sa  par- 
lic  meridionale  de  gres  qui  le  joint  avec  le  stej)pe  dii  Don.  V\  Le 
steppe  calcaire  septentrional  dn  Don  est  compose  de  gres  jusqu'a 
Tscherkask  et  remboucliure  du  Donetz, ;  ici  commence  uu  im- 
mense terrain  d'un  calcaire  coqulllier  particulier  :  le  steppe  cal- 
caire s'etend  probablement  a  Iravers  I'Ukrainc  et  se  joint  avec  le 
calcaire  grossier  de  Volhynie  et  de  Gallicie.  /,".  Au  sud  el  au  sud- 
est  de  ce  dernier  steppe  se  presente  le  sieppe  primilif  du  grani- 
lique,et  offre  un  exemple  singulier  d'un  pays  granili(jue  plal. 
II  se  joint,  selon  Pallas,  aux  nionls  Karpates,  pai-se  le  Dnieslcr  a 
Doubosar,  et  traverse  la  Moldavie.  5".  Le  step])e  caiLaire  luoyeu 
est  separe  du  precedent  par  du  gres;  cclui-ei  forme  \\w  masse  im- 
mense qui  s'etend  a  travers  la  Valaquic  ,  la  Bessarabic,  et  la  par- 
lie  meridionale  de  la  Moldavie,  eldu  gouvcrncn)ent  de  Kherson. 
Le  bassin  doni  on  a  deja  parlc  lorme  le  ste-ipc  di  l.i  vieillc  jner, 


22  Geologic. 

qui  conduit  au  problome  relatif  a  la  relation  et  a  I't-.x tension  de 
la  mcr  Noire  ct  de  la  mer  Caspienne.  Au  sud  de  ce  dernier  se 
frouve  le  steppe  meridional  calcaire  qui  coraprend  la  Crimee  et 
s'otend  jusqu'au  pied  du  Caucase;  il  est  compose  de  calcaire  re- 
posantsur  le  calcaire  grossier.  On  a  suppose  que  les  steppes,  a 
cause  des  planlcs  marines  qu'on  y  trouve  ,  avaient  ete  recon- 
verts d'une  mer  immense,  mais  leur  hauteur  en  quelques  en- 
droits  est  de  700  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer  Noire  ,  et 
de  1000  pieds  au-dessus  de  la  mer  Caspienne,  et  par  consequent 
cette  hypothese  n'est  pas  soutenable. 

L'auteur,  apres  avoir  decrit  et  cnuraere  la  serie  de  lits  inrn- 
tlonnes  ci-dessus,  et  les  fossiles  qui  les  accompaj^nent,  concliit 
par  quelques  remarques  sur  retcndue  probable  de  la  mer  Cas- 
pienne et  dela  mer  d'Aral,  et  surleurs  communications  avec  la 
mer  Noire  au  moyen  du  bas  steppe. 

On  donne  lecture  d'une  lettre  de  madame  Maria  Graham , 
adressee  a  BI.  Henri  Warburton^  V.-P.-G.-S.,  rcnfermaut  des 
details  sur  les  et'fets  des  tremblemens  de  terre  arrives  au  Chili 
dans  les  annees  1822  et  iSaS. 

Le  premier  choc  qui  detrulsit  presque  les  villes  de  Valparaiso, 
de  Melipilla,  de  Quillota,se  ressentit  a  dix  heures  un  quart  du 
soir,  le  19  novembre  1822,  et  Ton  obscrva  des  chocs  continuels 
depuis  cette  epoquc  jusqu'au  18  Janvier  suivant.  L'auteur  quitta 
alorsle  Chili,  mais  on  dit  que  les  secousses  continuerent  jusqu'au 
mois  de  septenibre  dernier.  La  sensation  eprouvee  dans  les  chocs 
les  plus  violens  consistait  en  ce  que  la  terre  ctait  soulevee  tout 
a  coup  dans  la  direction  du  nord  au  sud  ,  et  retoiubait  de  nou- 
veau;  de  temps  en  temps  on  eprouvait  une  secousse  dans  une 
direction  perpendiculaire.  Le  19  novembre  on  ressentit  unecora- 
motion  gcnerale,  ct  Ton  entendit  un  bruit  semblable  a  celui  de 
la  vapcur  qui  ferait  cclater  le  vase  qui  la  renfermerait;  sembla- 
ble d'allleurs  au  tremblement  et  au  son  que  l'auteur  avait  ob- 
serves sur  le  cone  du  Vcsuve  durant  I'eruption  de  i8i8.  Dans 
toutes  les  valleesd'alluvion,  dans  le  voisinage  de  Quintero,  a  3o 
milles  de  Valparaiso  ,  des  quanlites  d'eau  et  de  sable  s'elevcrent 
et  couvrircnt  la  plaine  de  Tina  et  la  mer  de  petites  eminences 
de  4  pieds  de  haul.  Le  promontoire  do  Quintero,  compose 
de  granite  reconvert  d'un  terrain  sablonneux  ,  se  fendil  dans  dil- 
ferentes  directions  jusqu'a  la  mer,  et  les  lentes  occasiouccs  dans 


Histoire  jiaturelle  generate.  23 

ie  gianile  par  le  trcmblemcnt  de  teire  se  sont  Irouvees  parallelcs 
aux  I'enles  qui  exlstaient  auparavant. 

Le  matin  du  20  ,  apres  !e  premier  tremblement  de  terre,  loule 
la  li^'iie  de  la  cote  du  nord  au  sud,  a  line  distance  de  100  milles, 
se  trouva  elevee  au-dessus  du  niveau  de  la  mer.  L'elevation  ,  a 
Qiiintero,  etait  de  4  pieds  ,  a  Valparaiso  de  3  ,  et  Ton  vit  deslils 
tl'huitres  et  de  moules ,  adherans  au  roc  et  mis  a  sec. 

De  sembiables  lits  de  coquilles  s'observent  parallelement  a  la 
cote  a  une  hauteur  de  5o  pieds  au-dessus  de  la  mer,  et  ont  etc 
probablemeiit  occasiones  par  des  tremblcmens  de  terre  qui  sont 
arrives  auparavant  au  Chili. 

Le  tremblement  de  terre  du  19  se  fit  ressentirle  long  de  la  cote 
a  uue  distance  de  i/joo  milles  au  moins.  P. 

UISTOIKE    NATUKELLE    G^NEhALE. 

17.  Elementi  di  STOBIA  NATURALE,  ctc.  Elemcns  d'histoire  na- 
turelle,  a  I'usage  des  ecoles  elementaires  du  royaume  Lora- 
bardo-Venitien ;  par  R.  Zanghi-Bergamo.  In-8.;  759  p.  Prix  , 
I  fr.  5o  c.  1823 ;  Milan. 

18.  Oratio  de  augmentis  qu«  histori-e  naturali  ex  Indi^ 
iNVESTiGATiONE  AccEssERUNT....  ;  par  le  prof.  Reinwardt. 
In-4'  Leyde;  iSiS.  Le  meme  discours,  traduit  en  hollandais; 
par  Siegenbeek.  In-8.  Amsterdam;  1823. 

Par  ce  discours,  M.  Reinwardt,  qui ,  de  retour  de  son  voyage 
dans  rinde  ,  a  ete  appele  a  la  chaire  d'histoire  nalurelle  a  Leyde, 
a  voulu  faire  I'ouverture  de  ses  cours.  L'oratcur  commence  par 
ref'uter  les  prejuges  des  anciens,  au  sujet  de  la  partie  de  la  terre 
situee  cntre  les  tropiques ;  11  fait  connaitre  la  richesse  et  I'abou- 
daiice  que  la  nature  a  repandue  dans  la  vegetation  ct  les  cspeces 
animales  des  regions  equatoriales;  il  parle  de  ces  montagnes  de 
coraux  qui  s'eievent  du  fond  de  la  mer;  il  peint  ces  forets  vier- 
ges  qui  couvrent  encoie  une  partie  de  ces  regions ;  les  vegetaux 
superbes  qui  ctalent  leur  luxe  sur  un  sol  riche  et  inepuisable , 
les  aniniaux  aussi  varies  de  couleurs  que  de  formes  qui  y  trou- 
vent  leur  subsislance.  Le  professcur  fait  ciisuite  une  courte  re- 
lation de  son  voyage  a  Java. 

19.  IVIkMOIRE  sur  la  TRAMSFORAIATIUIN  HE  LA  MATIERE.  VERTE 
J)E    PaitSTI-lV     EN      ENXOMASrUACES     bT    EN     PODURELLES;     par 


24  Jlistoiic  natnrellc  i^ene'rale. 

M.  WitGMANN.  (iVoc.  act.  Acad.  Ca's.  Leoj>.  Car.  N<tt.  cur.  , 
t.  lo,  part.  2,  p.  717,   iSiii,) 

Avant  Spallanzani,  on  a  assez  geii^rahnient  coiisidcre  tons 
les  petits  insectes,  et  surtout  les  infusoires,  comine  naissant 
spontanement  dans  les  substances  aniinales  ou  vegetales  en  pu- 
trefaction. Ce  cclebre  observateur  reduislt  ces  assertions  a  Icur 
juste  valour  ,  en  prouvant  par  <les  experiences  rigoureuscs 
(corante  elles  doivent  toujours  Tetre  quand  on  veut  afi'irmcr), 
qu'aucun  de  ces  faits  n'cst  fonde,  et  tjue  partout  les  animaux 
doivent  directeinent  leur  existence  a  des  individus  scinblables 
a  eux. 

Dans  le  memoire  qui  nous  occupe  ici,  M.  Wiegmann  ne  va 
pas  tout-a-f'ait  si  loin  que  les  anciens ,  mais  il  cherche  a  pronver 
que  les  Cjpris ,  les  Cyclops  et  les  Podura ,  nalssent  de  confcrves 
et  de  la  matlere  de  Priestley,  et  que  les  meines  animaux  se  trans- 
forment  a  leur  tour  en  conferves. 

A  de  I'eau  prise  dans  une  mare,  et  contenaiit  des  conferves 
{^bullosa),  11  a  ajoute  7^  d'urlnc  epaissie,  ou  bien  de  la  chair;  il 
exposa  ensuite  le  melange  a  Taction  du  soldi;  I'eau  qui  claii 
trouble  et  verte  (par  I'effet  des  conferves)  finit  par  perdre  ctttc 
couleur  au  bout  de  quelque  temps  ;  les  conferves  tombcrent 
mortes  au  foud  du  vase ,  et  I'eau,  qui  etait  alors  claire ,  se  trouva 
peuplee  d'une  infinite  de  Cjpris  dctecta.  Apres  avoir  decante 
I'eau,  et  apres  I'avoir  iaissee  reposer  pendant  quelques  jours, 
ces  animaux  perirent  et  de  nouvelles  conferves  les  remplacerent, 
et  celles-ci  se  trouvcrent  encore  reraplacees  au  bout  de  quel- 
ques semaines  par  une  nouvelle  generation  de  Cypris.  En  exa- 
minant  ces  animaux  peu  de  temps  avant  leur  niort,  M.  Wieg- 
mann remarqua  a  leur  abdomen  une  excroissance  spongicuse , 
et  des  antennes  ainsi  que  des  pates ,  il  vit  sortir  des  filamens 
des  conferves. 

L'auteur  fit  des  observations  semblables  sur  la  jnatiere  verte 
de  Priestley.  Pour  plus  de  siirete,  il  fit  passer  I'eau  a  travers  un 
niorceau  dc  drop,  et  au  bout  de  quelques  semaines,  il  s'y  devc- 
loppa  des  conferves.  Pour  s'assurcr  qii'il  n'j  avait  point  d'ocujs 
attaches  a  ces  plantes ,  il  lava  ces  dernieres  a  pluslcurs  reprises 
dans  de  I'eau  distillcc,  mais  il  s'y  forma  cepcndant  une  quantite 
considerable  dc  petits  animaux  {Cyclops  quadricornis) ,  qui  se 
transformerent  de  meme  en  conferves  apres  leur  mort,  et  celles- 


Mincralogie .  ">  5 

ci  en  Cyclops.  Dans  un  autre  vnsc   il  vit  se  fonncr  de  la  meme 
maniere  des  I'odura  aquatica  (i).  S.  s. 

20.  CoNTI^uATIO^'  des  observations  suu  la  transformation 
de  la  matlere  verte  de  Priestley  en  enlomosi races  ;  par 
M.  WiEGMANN.  (iVoc.  act.  Acucl.  Cces.  Leop.  Nat.  cur.,  t.  1 1, 
part.  2,  p.  541  >  1823.) 

Ce  second  meraoire  est  un  supplement  du  memoire  prece- 
dent, et  dans  lequel  I'auteur  public  26  nouvelles  experiences 
sur  la  transformation  de  la  matiere  de  Priestley  et  autre,  en  en- 
1oinostract5s  et  en  infusoires.  II  resulte  de  ces  recherches,  que 
])artout  ou  les  infusions  produisent  des  conferves,  celles-ci  don- 
nent  naissance  a  des  cjpris ;  tandis  que  la  oil  il  se  forme  des 
tretncUcs  et  des  ulccs,  les  infusions  produisent  des  daphnis  et  des 
ryclops ;  et  I'auteur  en  conclut  que  les  conferves  et  les  cypris 
sont  dus  a  la  contraction,  et  les  tremelles,  les  11  Ives  ^  les  cjclops 
et  les  daphnis,  sont  dus  a  I'expansion  de  la  matiere  animalo- 
vegetale  sur  laquelle  agit  la  lumiere.  S.  s. 

SIINEF.AL0G1E. 

21.  De  la  cLASsmcATioN  des  mineraux.  These  soutenue  devant 
la  faculte  dessciences  de  I'Acaderaie  de  Paris  par  Gauthierde 
Claubry. 

Les  methodes  suivies  jusqu'ici  par  les  mincTalogistes  ,  pour 
toutes  les  substances  minerales,  etaient  fondees  soitsur  les  carae- 
teres  exterieurs  soit  sur  les  memescaracteres  joints  a  la  composi- 
tion cliimique.  L'illustre  abbe  Haiiy  avait  adopte  une  classification 
basee  sur  la  cristallographie  et  la  composition  chimique:  c'etait 


(i)  11  serait  u  desiier  que  rauteiir  continu.lt  ces  experiences  en  y  ap- 
portant  tout  le  soin  possible,  car  on  ne  saurait  etre  trop  rigoureux 
ilans  des  recherches  tie  cctte  importance  ,  pour  hien  s'assurer  qii'il  n"y 
a  point  d'ccuf  attache  aux  conferves.  Les  ocufs  de  cypris  et  de  cyclops 
sont  si  petits,  qu'il  ne  sufHt  pas  de  laver  les  conferves  que  Ton  soumet 
a  Tcxpe'rience  ,  pour  etre  sftr  qu'il  u'en  reste  point  adache  aces  plau- 
tes.  Ces  animaiix  restent  en  outre  fort  long-temps  apri's  leur  uais- 
.lance  avant  d'etre  visihles  a  la  viie  simple,  surtout  quaod  I'eau  est 
trouble.  Enfin  les  conferves  qui  s'attachent  a  tons  les  corps,  finissent 
ordinairement  par  faire  perir  les  petits  animaux  qui  sc  frouvent  dans 
la  meme  oau  ;  mais  unn  |ias  les  (cufs.  S.  s. 


aO  Miueralogie. 

certainement  la  plus  exactequi  cAl  ett5  proposce.  Dans  cetto  me- 
tliode ,  cepejidant,  unc  grande  tlil'ficulle  se  presentail  pour  • 
rarrangemenl  des  substances  terreuses;et  comme  les  reclierches 
des  chimistes  les  ont  conduits  a  prouver  que  les  alcalis  el  les 
terres  sont  des  oxides  metalliques,  on  a  pu  ciasser  leurs  diverses 
combinaisons,  comine  celles  des  oxides  anciennemcnt  connus. 
M.  Berzelius  ,  I'un  des  chimistes  modernes  qui  s'est  le  plus  occupe 
•lel'analyse,  a  propose  uue  classification  des  mineraus  entiere- 
inent  fondee  sur  la  composition,  et  dans  la  quelle  beaucoup  de 
substances  qui  se  trouvaient  reunies  jusqu'ici  sont  separees,  comnie 
d'autres,  jusqu'icitres-eloigneesdans  les  diverses  classifications,  se 
trouvent  reunies  d'apres  leur  nature  cliimlque. 

M.  Gauthier  de  Claubry  dans  la  these  que  nous  annoncons 
examine  dans  ses  details  la  classification  de  M.  Berzelius  et 
soumet  a  la  critique  les  objections  principales  que  Ton  peut  laire 
ou  que  Ton  a  presentees  contre  ce  systeme. 

Les  plus  importantes  sont  I'incertitudede  la  composition  exacte 
de  la  silice,  sur  laquelle  est  fonde  le  calcul  de  la  plupart  des 
analyses  ;  I'incertitude  des  analyses  qui  font  la  base  de  tous  les 
calculi  et  la  difficultc  d'admettre  ou  de  rejeter  de  I'analyse 
d'un  mineral  des  substances  dont  la  proportion  ne  s'accorde  jias 
avec  les  calculs,  ou  que  Ton  peutcroire  ne  pas  etre  essentielles  a 
i'exjbtence  du  mineral. 

On  pent  en  effet  ctrc  souvent  embarrasse  pour  savoir  quelles 
sont  les  substances  essentielles  a  I'existence  d'un  mineral  , 
puisque  diverses  analyses  donnent  des  differences  considerables 
dans  la  proportion  et  la  nature  des  substances  composantes  d'un 
mineral  designe  sous  lememenom,et  d'autant  plus  c^ue  des 
substances  d'mie  nature  entierement  differente  presenfent 
quelquefois  des  caracteres  mineralogiques  absolument  sem- 
blables. 

Quant  a  i'incertitude  des  analyses,  M.  G.  de  C  aurait  pu  ci- 
ter  un  cxemjile  bien  frappant  a  cet  egard,  I'analyse  de  I'uranite 
d'Autun.  M.  Berzelius  I'avait  faite  ,  et  d'apres  lul  les  moyens 
<[u'il  a  indiques  pour  reconnailre  I'existence  de  I'acide  phos- 
])horique  sont  certains  ,  et  ccpcndanl  des  essais  subsequens  ont 
prouve  que  ce  mineral  est  un  pliosphate  d'urane. 

Aprcs  I'exposu  des  objections  conlrc  le  systeme  de  M.  Berze- 
lius, M.  G.  dc  C.  prosente    quelquos  vues  sur  les  moyens  d'ac- 
qucrir  unc  conuaissaucc  plus  exacte  dcla  nature  des  mineraux  : 


Mi/ieralogie.  27 

ce  serait  de  f'aire  I'analyse  d'une  ancienne  substance  prise  dans 
toutes  les  locality's  connues,  afin  de  doteiniiner  qiielles  sont  les 
niaticres  etrangeres  et  celles  qui  sont  ossentielles  a  IVxistence  de  ce 
mineral.  II  se  prononce  ensuite  sur  le  systeme  qu'il  admel  en 
principe,  niais  qu'il  trouve  que  Ton  a  trop  exclusivemcnt 
adopttS  re  qui  selon  lui  peut  conduire  a  des  erreurs  graves.  Jl 
croil  que  cc  systeme,  pour  s'affermir,  doit  etre  suivi  avec  pru- 
dence; mais  alors  il  fait  voir  que  Ton  est  force  ,  pour  etre  con- 
sequent, de  changer  la  classification  des  mineraux  en  prenant 
I'acide  et  non  I'oxide-pouT  basedu  genre:  car  sans  cela  il  faut  se- 
parer  un  menie  mineral  en  unemultitude  d'especcssuivant  qu'elles 
renferment  tel  ou  tel  oxide  ,  de  sorle  que  dans  la  classification 
de  M.  Berzelius,  le  grenat  se  trouve  diviseen  cinq  ou  six  groupes. 
En  prenant  au  contraire  I'acide  comme  base  du  genie ,  on  aura  , 
comme  en  cliimie,  des  sels  d'un  nieme  acide  avec  les  differens 
oxides ,  et  les  jiroprietts  analogues  qu'ils  pr^senteront  serviront 
de  moyen  pour  lesdecrire. 

22.  Bkitrace  zur  Kr\stallo!vomie,  par  F.-C.  Neumann,  i*''^. 
vol.,  avec  12  planches  lithographiees.  Berlin  et  Posen;  1823. 

M.  Neumann  ,  elevc  de  M.  le  professeur  Weiss,  y  expose  des 
idees  sur  la  cristallographie,  qui  sonl  en  grande  partiedes  dti- 
veloppemens  des  lemons  de  son  celebre  maltre. 

2'3.  Sur  les  formes  cristallines   des  sels   artificiels,    par 
H.-J.  Brooke,  (  Annals  of  Phil.,  avril  1824  5  P-  2^87. ) 

Cet  article  est  la  continuation  du  travail  dont  il  a  etc  rendu 
coinpte  dans  les  n""*.  prccedens  du  Bulletin.  (  T^oy.  le  .icrnier 
n".,  p.  335. )  Les  nouveaux  sels  examines  par  M.  Brooke  sonl , 
1".  I'hydrate  de  strontiane,  dont  la  forme  primitive  est  un  prisme 
abase  carree;  2°.  I'acetate  de  strontiane,  dont  le  systeme  de 
cristallisation  appartlent  au  prisme  droit  obliquangle  de  <)6"  10'; 
3".  le  nitrate  de  strontiane  avec  ou  sans  eau  ;  le  premier,  qui  est 
Ires-efflorescent,  parait  avoir  pour  forme  primitive  un  prisme 
oblique  rhomboidal,  dont  deux  pans  font  entre  eux  un  angle 
de  GG"  20',  tandis  que  la  base  s'incline  sur  eux  de  io3"  [\o'.  Le 
second  cristallise  en  oclaedre  regulier ,  et  ressemble  au  nitrate 
de  plomb  ,  dccril  dans  un  dos  articles  des  n"*.  precedens.  (('•.  del.) 


aS  Miiteialo'^ie. 

■i!\.  Analyse  du  nitrate  de  STROwrtANE  tlecril  dans  Ic  iiK-iuoiic 
precedent ,  par  M.  J.-T.  Cooper.  {^Annals  of  Phil.,  avril  182/i, 
p.  289.) 

La  composition  du  nifralc  prismalique  est,  sulvant  M.  Cooper, 
sur  100  parties  en  poids,  acide,  36,8;  base,  35,4;  eaii ,  27,8. 
Celle  du  nitrate  anliydre   est  la   suivante  :  acide,   5o,y2;  base, 

/,y,o8.  (  G.  DEL.   ) 

25.  SUR     UNE     NOUVELLE    SURSTANCE     MINERALE    dccOUVerlC    par 

M.    le     D*^.  Valchner.    {^Journ.  de  Phys.    et  de   Cliiin.    dr 
Schiveigger  et  Meinecke.) 

Celte  substance  a  ete  trouvee  sur  la  montagne  de  formation 
IrappeennedeK.iiserstliul  en  Brisgauprcs  du  village  de  Sasbacli, 
dans  une  roche  amygdaloide-basaltiquc,  accompagnee  d'augilc 
ct  de  spatli  amer  (  bitteikalk). 

Eile  a  donne  a  I'analyse  :  silice,  3i,634;  dcutoxide  de  fer , 
■2:9,711;  magnesie  ,  32,4o3  ;  alumine  ,  2,21 1 ;  oxide  de  manga- 
nese, 0,480  ;  polasse,  2,788;  traces  de  chrome  ,  o.  Total,  99,227. 

Elle  se  presente  le  plus  souvent  en  petits  cristaux  oclaedrcs 
rectang.,  diversement  modifies  sur  les  angles  ou  les  ai'etes,  ou 
bicn  en  grains  arrondis  lies  ensemble. 

Sa  coulcur  varie  du  brun  jaunatre  au  brun  rougeatre.  Sa  cas- 
sure  est  It^gerement  conchoide  ct  d'aspect  vitreux  ;  son  eclat  ex- 
terieur  mctalliquc,etc. ;  pesanteur  specifique,  2,875.  M.  Valchner 
lui  a  donne  le  nom  d'Hjalosiderite.  Perdonnet. 

26.  Chemische  Analysen  anorganischerRorper,  etc.  Analyses 
chimiqnes  des  corps  inorganiques,  ou  continuation  de  rcclicr- 
clies  sur  leur  nature  intime,  par  le  1)"^.  Aucwste  Uumenil. 
In-8''.  de  1G4  p.  Varnliagen;  1823  ;  Schnialkalden. 

Dans  ce  nouvel  opuscule  M.  Dumenil  poursuit  scs  imporlaii- 
les  recherches  sur  les  substances  du  regne  inorganiquc;  il  donne 
une  courte  description  de  celles  qui  ont  fait  le  sujel  de  son  tra- 
vail, ct  developpe  avec  soin  la  serie  des  operations  chimiques  a 
i'aidedcsquelies  il  a  determine  la  nature  et  les  proportions  de 
Icnrs  priiicipes  composans.  Les  substances  qu'd  a  examinees  sont 
assez  nombreuses  :  nous  nous  contenterons  de  les  indi<pier  ici. 
• —  Blende  brune  massive  de  Laulcntlial;  blende  brune  cristallisec 
du  meinc  cndroit ;  blende  noire  de  Breiteiibrunn  (  elles  ofircnl 
la  reunion  des  trois  sulfurcs  de  zinc,  de  fer,  et  de  klaprotiuni.) 


Mineralogie.  29 

—  Blende  fibreuse  de  Biilon. — Cliaux  fluatee  compacle  de  Stoll- 
berg.- — Cliaiix  fluatee  d'lm  violet  fonccde  Welsendorf'en  Bavierr 

—  Barytc  siilfafee  granujiforrae  bleuatz'e  de  Villarica  ,  province 
de  Mirias  Geracs  an  Brcsil.  —  Qiiarz  resinite  brun  Iranslucide 
( holzopal )  de  Liebethen  en  Hongrie. — •  Lilhoniarge  phospho- 
rescente  des  mines  de  Klausthal  an  Harz. —  (Thoniger )  Sphfero- 
slderit  de  Neustadt. —  Galene  compacte  (Bleyscliweif  )  de  la  mine 
Ful.  Sophie,  a  Schulenberg. — ■  Quartz  contenant  du  carbone,  de 
la  mine  Catharina  Ncufang,  a  Andreasberg.  —  Plonib  carbonate 
compacte  et  terreux  de  Bleyfeld  pres  Zellerfeld  au  Harz.  — 
Ploinb  carbonate  blanc  argentifere,  de  la  mine  Gliisksrad  a 
Schulenberg.  —  Stilbite  rayonnee  de  Vagoe.  —  Stilbite  lami- 
naire  de  Dalsmypen;  id.  d'Osteroe.  ■ — Apophyllite  dcBordoe, 
de  Videroe.  —  Eaiix  minerales  d'Einbeck.  —  Des  bains  de 
Rehburg.  —  De  Bodenfeld  pres  d'Uslar.  —  Eaux  bltumi- 
neuses  d'Edeiniss.  —  Eaux  potables  de  Neundorf.  — •  Eaux  sul- 
fureuses  de  Kleingretenbcrg  pros  Peine.  —  Eaux  de  Hiddingen  , 
modifiees  par  leur  sejour  sur  un  sol  marccageux.  —  Antimoine 
sulfure  laminaire  radie,  de  Wolfsberg,  dans  le  comte  de  StoU- 
berg.  —  Antimoine  sulfure  prismatique,  de  Kapnick  en  Tran- 
sylvanie. —  Fossile  analogue  au  cuivre  sulfure  laminaire,  de 
Tilkerode.  G.  del. 

27.    ExAJVIEN    CHIMIQUE  DE  l'AnaLCIME,   DU  CuiVKE  PyKlTETTX  et 

DU  Sulfure  de  bismuth,  par  M.  Henry  Rosz.  (Jnn.  deChim. 
et  de  Phjs. ,  t.  aS,  p.  192.) 

Analcime.  L'analcime  perd  0,08  a  0,09  d'eau  par  la  calcina- 
tion, et  devient  opaque.  Dans  son  etat  naturel  il  est  immediate- 
ment  attaquable  par  les  acides.  J'ai  trouve  deux  vari6tes  de  fassa 
composees  comme  il  suit  :     Silice  .  .  .  .  o,55i2  —  0,5647 
Alumine  .  .  0,2299  —  0,2198 
Soude  .  .  .  o,i353 — 0,1878 
Eau  ....  0,0827  —  0,0881 

0,9991-  1,0099 
II  s'ensuit  que  la  formule  de  ce  mineral  est  NS'-f-^AS*  -|-2Aq. 
La  formule  de  I'amphigene  ctant,  d'apres  les  analyses  deKla- 
proth  et  d'Arfwedson,  KS'-j-SAS^,  et  cetle  substance  ayant  la 
meme  forme  cristalline  que  l'analcime,  il  parait  probable  que 
dans  les   composes  un  alome  de  polasse  peuf  ftre  remplacii 


^o  Mineralogie. 

par  un  alomc  de  amide  et  deiix  atonies  d'cau  sans  que  la  forme 
soit  cliangt'C,  coiiime  Mitsclierlich  a  diiiiiontro  qu'nn  atonic  dc 
potasse  peut  otre  rcmplace  par  uu  atome  d'ammoniaque  et  deux 
atoraes  d'eau. 

M.  Yauquelin  a  public  des  analyses  de  ranalclme  avcc  les- 
quelles  les  miennes  ne  s'accordent  i)as. 

Cuivre  pjriteit.r.  —  L'analyse  de  deux  cuivres  pyriteux  ni'a 
donne  les  resultats  suivans  : 

dc  Ramberg.  de  Furslemberg. 
Cuivre.  .  .  o,344o  o,35ia 

Fer o,3o47  o,3ooo 

Soufre  .  .  .  0,3587  o,365qi 

Silice.  .  .  .  0,0027  o,oo39 

1,01 01  i,ooo3 

D'apres  ces  analyses,  la  formnle  du  cuivre  pyriteux  doit  etrc 
FeS'4-CuS^  ou  CuS+Fe  S^  ;  mais  je  crois  la  seconde  plus  vrai- 
semblable,  parce  que  le  cuivre  pyriteux  n'est  pas  inagnttique 
commeil  le  serait  s'il  conte/iait  du  protosulfure  de  fer,  et  qu'd 
est  aussi  probable,  d'apres  la  coulcur  du  mineral  et  raffinitc  du 
fer ,  que  ce  metal  est  combine  avec  plus  de  souire  que  le  cuivre. 
Dans  les  deux  cas,  la  quantite  de  soufre  sublime  que  I'ou  ob- 
lient  lorsqu'on  cliauffe  du  cuivre  pyriteux  dans  unc  cornue,  est 

la  meme. 

Sulfuredc  bismuth.—  Le  sulfure  de  bismuth  de  Riddarliyt- 

tan,  en  Suede,  est  compose  de  Bismuth...  0,8098 

Soufre.  ...  0,1872 

0,9970 
A  tres-peu  prcs  comme  le  sulfure  artificiel.  R- 

28.  Analyse  de  quelques  carbonates  natifs,  a  base  de  chaux , 
dc  magnesie,  de  fer  et  de  manganese,  par  M.  Berthier,  in- 
genieur  en  chef  des  mines.  (  Annates  des  Mines,  i823  ,  4*".  li- 
vraison  ,  page  887.  ) 

II  est  Ires-rare  que  les  carbonates  qui  ont  pour  base  I'une  ou 
i'auire  de  ces  substances  soient  parfaiteraent  purs.  Quelques-uns, 
tels  que  les  dolomies,  peuvent  «$tre  consideres  comrae  des  car- 
bonates doubles,  contenant  un  nombre  determine  d'atomes  de 


Mineralogie.  Z  t 

chacun  dcs  carbonates  composans;  inais  Ic  plus  souvcnt  les  me- 
langes deux  a  deux  ,  trois  a  trois,  ou  quatre  a  quatre  de  ces  sub- 
stances, presentent  a  I'analyse  des  proportions  tres-variees  dc 
leurs  divers  principes,  proportions  qui  passant  I'une  a  I'autre  par 
des  nuances  imperceptibles.  Ces  melanges  jouissent,  en  general , 
de  la  propriete  de  cristalliser  sous  forme  de  ihoniboedres  fort 
voisins  les  uns  des  autres.  Une  serie  d'analyses  faites  au  labora- 
loire  de  I'ecole  royale  des  mines  prouve  d'ailleurs  qu'un  des 
carbonates  se  trouve  presque  toujours  en  proportion  trcs-domi- 
nante  dans  cliaque  mineral,  de  sorte  que  ces  substances  se  par- 
tagont  naturellement  en  quatre  groupes  determines  par  la  na- 
ture du  carbonate  dominant. 

L'auteur  donne  le  tableau  des  analyses,  lo.  de  i4  carbonates 
dans  lesquels  la  chaux  domine,  dont  5  calcaires  magnesiens,  3 
carbonates  a  3  bases,  et  6  carbonates  a  4  bases;  2°.  de  7  carbo- 
nates oil  le  fer  est  le  principe  dominant,  dont  4  fers  spathiques  et 
3  fers  carbonates  argilenx  ;  3°,  d'un  carbonate  ou  la  magnesia 
est  dominante,  et  de  2  oil  le  manganese  est  dominant.      B  d. 

■If).  Note  sur  le  bitume  contenu  dans  les  mines  de  soufre  ; 
par  M.  Vauquelin.  [Ann.  de  Chim.  et  de  Phjs.,  t.  2f),  p.  5o.) 

II  est  probable  que  la  plupart  des  mines  de  soufre  contiennent 
du  bitume.  Lorsqii'on  distille  du  soufre  nonraffine,  il  se  degage 
du  gaz  hydrogene  sulfure ,  mele  d'acide  sulfureux ,  et  une  nia- 
tiere  noire  composee  de  carbonate  dechaux,  de  silice  ,  de  fcr  , 
de  cliarbon  bitumineux  et  d'une  trace  d'alumine  et  de  magnesie. 
Une  partie  du  bitume  passe  a  la  distillation  sans  se  decomposer  i 
de  la  vient  sans  doute  que  les  soufres  qui  paraissent  les  plus 
purs  donnent  du  gaz  hydrogene  sulfure  toutes  les  fois  qu'on 
en  fond  avec  des  caibonates  alcalins  parfaitement  sees. 

3o.  DF,■^CRIPTION  MINERALOCIQUE  DKS  AEROLITHFS   qui  tombtTCnt 

pres  de   "Wiborg,  en  Finlande,  le    i5  decembre   1822;  par 
M.  NoRDENSRioLD.  [Ann.  deChim.  ct  dc  Phys.,  t.  25,  p.  7G.) 

Ces  aerolithes  ressemblent  a  des  laves  :  ils  sont  si  friablcs  que- 
la  seule  pression  du  doigt  les  reduit  en  poudre  :  on  distingue 
dans  cette  poudre  :  1°.  des  grains  verdalres  seniblables  ii  de  I'o- 
livine;  2".  un  mineral  blanchatre  crislallin  qui  a  bcaucoup  de- 
rapport  avec  la  leucite;  3°.  quelques  grains  magncliqucs  dans- 
lesquels  il  n'y  a  pas  de  nickel;  4"-  une  cendre  verdatre  formanfi 


32  Mincralogie. 

la  masse  principale  de  VaL-roUllie,  et  fusible  au  chalumcau  en  nti 

vei-re  noir  et  opaque. 

3l.  SUR  LES  DILATATIONS   INEGALES  Qu'ON   MEME  CRISTAL  EPROUVE 
DANS    DIFFERENTES    DIRECTIONS,    PAR   l'eFFET   DE    LA    CHALEUR. 

{Ann.  de  Chirn.  ct  de  Phys. ,  t.  25,  p.  io8. ) 

M.  Mitscherlich  a  observe  que  les  inclinoisons  mutuelles  des 
faces  d'un  crlstal  de  chaux  carbonateevarient  avec  la  tempera- 
ture; de  o°  a  lOO  cette  variation  est  de  8'  \.  Les  angles  obtus  di- 
minuent,  ou  en  d'autres  ternies  ,  le  petit  axe  du  rliomboide  sc 
dilate  plus  que  les  autres  diago.iales.  La  double  refraction  est  en 
mime  temps  diminuee. 

M.  Mitscherlich  pense  que  la  chaleur  doit  tendre  toujours  a 
ecarter  davantage  les  molecules  du  cristal  dans  le  sens  oii  elles 
sont  le  plus  rapprochees.  B-  d. 

32.    DeLLO    STABILIMENTO    DELLE    MINIERE    E    RELATIVE    FABBRI- 

CHE  NEL  distretto  di  Agordo  ,  etc.  De  rEtabiissement  des 
mines  et  des  fabriques  y  relatives  dans  le  tcrritoire  d'Agordo , 
traite  historique,  raineralogique  et  rcglementaire ;  par  M.  A. 
CoRNiANi  DECLi  Algarotti,  ctc.  In-8.  Vcnise;  i823. 
Get  ouvrage  est  precede  d'une  lettre  adressee  a  M.  le  comte 
Marzari   Pencatl ,    geologue   italien   tres-estlme ,   dans  huiuelle 
I'auteur  declare  qu'il  a  tire  tons  les  fails  hlstoriques  qu'il  rap- 
porte,  des  archives  publiques  et  memoires  particuliers  :  il  pre- 
sente  aussi  quelques-unes  de  ses  opinions  geologiques,  litholo- 
giques  et  mctallurgiques ,  sur  la  vallee  Imperina  ,  et  une  descrip- 
tion du  grand  depot  mineral  quelle  contient.  Ce  travail  doit  faire 
reconnaitre  en  lui  beaucoup  d'exactitutle  et  d'instruction,  (  Re\'. 
£wcjc/.,  janv.  x823,p.  i66.) 
33.  De  l'exploration  des    substances  minerales,   et   de   la 

RECHERCHE  DES  EAUX  SOUTERRAINES   DANS  LE  DEPARTEMENT    1»E 

LA  Dordogne;  par  M.  Garuien,  ingenleur  des  mines.  (Extr. 
de  VAnnuaire  statistique  de,  la  Dordogne  ,T^onT  182/,.) 
Cette  notice  est  redigee  dans  le  meme  esprit  et  appuyee  sur 
les  memcs  connaissances  scicntifiques  et  locales,  que  les  notices 
relatives  aux  deparleinens  de  la  Creuse  et  de  la  Corrcze ,  dont  il  a 
cte  rendu  comptc  n"\  i^i  et  277  duTo.  L'-de  ce  bulletin.  Mais 
celle-ci  a  surtout  pour  but  d'cxciter  a  faire  des  recherches  utiles 
a  I'industrie  mineralc,  et  die  nc  fait  mention  de  ce  qui  existe 


Minernlogie.  33 

■4itrts  le(i<'-p;irtemcnt  dcla  Dordogno,  que  pour  in(li([ueI■le.sdecou- 
v^l■les  de  giles  de  minerals  utiles  que  la  nature  du  sol  peut  fairees- 
perer,rexploitaf ion  plus  ou  moinsavantageuse  alaquelleles  gites 
deja  connus  peuvent  donner  lieu;  enfin  les  perfectionneniens  dont 
lesprocedes  industriels  anciens  sont  susceptrbles-  L'auteur  traite 
d'abord  :  i°.  de  I'exploration  dans  les  terrains  primordiaux  ,  gra- 
iiitiques  ou  schisteux  ,  ayant  pour  objet  soit  les  mines  metalliques, 
soitles  materiaux  de  constructions;  2°.  de  rexploration  dans  les 
terrains  de  gres,  qu'il  divise  en  gres  modernes ,  gres  coquilliers 
metalliferes,  gresliouillers  et  gres  rouges,  exploration  qui  peut 
avoir  pour  rt'sultat  la  decouverte  ou  la  mise  en  v.ileur  de  gites 
de  boulllc,  de  fer  carbonate,  de  plomb  sulfurc,  de  cuivre,  de 
crayons,  d'argilcs  a  briques,  de  gres  pour  creusets,  de  ligni- 
tes ,  etc.;  3°.  des  reclierches  dans  les  terrains  de  calcaires  secon- 
daires  qui  constituent  les  sept  huitiemes  du  sol  du  deparleraent, 
€t  qui  peuvent  offrir,  couime  produils  utiles,  diverses  pierres 
a  batir,  des  pierres  a  cliaux,  des  meules,  des  pierres  litlio- 
graphiques,  des  silex  ,  des  argiles,  des  marnes,  des  gypses,  des 
pyrites  ,  des  minerals  de  fer  liydrate,  des  oxides  de  manganese  , 
des  lignites  et  de  la  liouille  (ces  qualre  dernieres  substances  sont 
deja  connues  en  gisemens  plus  ou  moins  abondans  dans  le  depart, 
de  la  Dordogne).  Un  article  est  consacre  a  la  reclierclie  des  eaux 
souterraines,  au  nioyen  depuits  artesiens,TGch.crc\\e  quipourralt 
irvoir  lieu  avoc  beaucoup  de  chances  de  succes  dans  une  grande 
partie  du  departement,  de  la  maniere  detaillee  dans  le  bel  ou- 
trage de  M.  I'ingenieur  Garnier,  et  surtout  dans  le  sol  crayeux 
tres-etendu  des  arrondissemens  de  Pcrigueux ,  Riberac  et  Ber- 
gerac.  Enfin  la  notice  est  lerminee  par  des  observations  geiici-alcs 
sur  les  causes  du  retard  qu'eprouve  le  developpcment  du  I'indu- 
strie  niinerale  d<'»ns  le  departement  de  la  Dordogne  comnie  dans 
plusieurs  autrcs  ,  el  sur  les  motif's  d'encouragement  que  les  pro- 
prietaires  peuvent  trouver ,  pour  se  livrer  a  des  exploitations  ou 
a  des  reclierches,  dans  les  dispositions  de  la  loi  du  21  avril  1810, 

Bn. 

'^[^.  Note  sur  le  teIv  carbonate  aroileux  de  Lasali.e,  et  sua 

QUELQUES   PRODUITS  DBS  HOUILLERES    EMBRASIiES  DES    ENVIRONS 

D'AuniN  (A-veiron);  par  MM.  Combes  et  T.  Lorif.ux.  (  ^nn. 
des  Mines ,  to.  8  ,  3*.  livr.,  p.  43 1.) 

(le  mineral  se  renconirc  en  petils  grains  tbrtcment  agglulines 
B.  Tome  II.  3 


54  Minerahfrie. 

parun  ciment  bilumineux  dansla  couche  tics  houillcs  ile  Lasalle; 
il  resseinble  beaiicoup  a  celui  dt-s  hoiiillercs  dii  Noid.  he  riilot 
de  fonte  retire  des  essais  n'etait  pas  de  bonne  qualitc,  niais  il  est 
pcu  probable  qne  toutes  les  parties  soient  sembtables.  L'analyse 
a  donne  :  carbonate  de  fer,  61,74;  pyrite  de  f'er,  11,42;  carbo- 
nate de  chaux,  4579;  idem  Ae  ma^nesie,  3, 10;  silice,  i,4o;  alu- 
niine,  o,4o  ;  eau  et  bitume,  17, i5: — total,  100,00. 

Les  prodults  des  liouilleres  embrasees  sont  dii  souft'c  et  des 
efflorescences  almnineuses  blanclies  ,  qui  recouvrent  toute  la 
terre  vcgclale.  On  n'y  a  point  du  tout  trouvc  tie  muriate  d'ani- 
moniaque. 

Les  autres  produits  des  houilleres  embrasees  sont ,  1".  des  ar- 
gilcs  scliisteuses,  impregnees  desels,  employees  a  Lasalle  pour 
fabriqucr  I'alun ;  2".  des  morceaux  de  fer  en  partie  reduils  a 
I'etat  mtitallique  3".  de  la  houille  carbonisee;  4"-  divers  emaiix 
ou  verres.  L.  A. 

35.  Suite  du  Memoire  sur  les  mines  d'etain  de  Saxe;  par 
M.  Makes.  (  Ann.  des  Mines,  4".  livr. ,  1823,  p.  837. ) 

Cette  suite  de  I'liiteressant  travail  dont  nous  avons  annonce  la 
I''*',  partie  dans  le  Bulletin  de  mars,  compreml  d'abord  la  des- 
cription detaillee  des  fonderies  du  Stocfiwerck  d'Altenberg,  et 
la  comparaison  des  operations  du  fondage  des  minerals  d'etain , 
dans  les  petits  fourneaux  a  manclie,  de  7  pieds  de  hauteur,  qui 
out  etc  seuls  en  usage  jusqti'a  ces  demiers  temps,  et  dans  les 
fourneaux  de  i4  a  i5  pieds  de  haut  qu'on  a  etablis  seulement  de- 
puis  qaelques  aimees.  On  y  voit  que  le  grand  fourneau  con- 
somme plus  de  cliarbon  que  le  petit ,  mais  qu'il  rend  une  pro- 
portion d'etain  plus  considerable  ,  de  maniere  a  offrir  un  avan- 
tage  rticl  sur  I'ancien  procede. 

Viennent  ensuite  des  renseignemens  moins  detailles ,  relative- 
ment  au  petit  nombre  de  mines  d'etain  qui  sont  exploitees  sur 
des  filons,  aux  environs  du  iSVoc/itvvr/,  ainsi  que  sur  la  prepa- 
ration mecanique  et  le  I'ondage  des  mincrais  de  ces  exploitations. 
Enfin  un  tableau  general,  concernant  les  mines  d'etain  du  dis- 
trict d'Altenberg,  iudique  les  resultats  principaux  dc  leur  ex- 
ploitation. On  y  voit  qu'en  1820  ces  mines  ont  occupe  470  ou 
vriers,  et  ont  produit  924  quinlaux  melriqucs  d'etain,  nyant 
une  valcur  de  2o3  raillc  francs.  Bn. 


Mmeralogie.  55 

36.  Rapports  historioues  sur  la  mineralogie  ,  servant  d'in- 
troduction  aux  Eleincns  de  mineralogie  du  D'.  Andre  Re- 
MER  ,  profosseiir,  etc.  In-8.  Padoue;  Crescini;  182"^. 

Ce  ])rofesseur  d'histoire  naturelle  travaiile  a  des  eiemens  de 
mineralogie  qu'il  a  fait  preceder  par  ce  petit  livre ,  ou  il 
trace  I'Drigine,  les  j)rogres  et  I'etat  actuel  de  la  mineralogie. 
II  fait  mention  des  connaissances  des  Grecs ,  des  Remains  et  des 
Arabes ;  Pline  connaissait  la  cristailisation  du  quartz  et  du  dia- 
mant.  Stenone  donna  en  1669  quelques  indications  sur  la  forme 
polyedre  de  certains  mineraux ;  mais  en  1688,  et  surtout  en 
1 7o5 ,  D.  Guglielmini  de  Bologne  traita  cet  objet  dans  sa  these 
des  sels.  Ce  dernier  y  distinguait  les  formes  secondaires  et  les 
molecules  integrantes ,  et  prctendait  que  ces  dernieres  devaient 
etre  un  polyedre  tres-simple  ou  bien  une  forme  primilive.  11 
montrait  aussi  que  les  diverses  formes  secondaires  dependaient 
de  ieiir  nianiere  difiercnte  de  se  combiner  avec  les  molecules 
integrantes  et  de  leur  j)osition  les  unes  sur  les  autres ,  et  que  la 
forme  de  ces  molecules  distinguait  esscntiellement  un  mineral 
de  I'autre. 

Guglielmini  serait  dotic  le  fondateur  de  la  cristallographie. 
Le  redacteur  de  cet  article  observe  que,  si  I'auteur  avait  vouhi 
mentionner  tous  ceux  qui  ont  devance  les  modernes  dans  la  di- 
vision des  mineraux,  il  aurait  cite  le  jesnite  modenois  Cesio,quI 
dansle  S*^.  chapitre  de  son  livre  sur  les  mineraux,  public  a  Lyon 
en  i636,  distribue  ces  corps  comme  Werner,  suivant  leurs  carac- 
leres  exlerieuis. 

L'auleurde  I'artlcle  que  nous  analysons  releve  I'erreurde  Remer 
sur  la  date  de  la  publication  du  Speculum  lapidum  de  Camille  Leo- 
nardo, qui  cut  lieu  en  i5o2.11ajouteunelonguenote  sur  les  collec- 
tions mineralogiques  et  zoologiques  du  musee  de  Padoue.  Le 
musee  de  A.  Valiisneri  fut  transporte  en  1786  a  I'universite;  en 
1755  on  y  ajouta  des  petrifications  du  Veronais,  etc.,  recueillies 
par  Giambatista;  en  1768,  cellesde  M.  Strayt;  en  i75y  ,  le  cabi- 
net de  G.  Zanniclielli;  en  1772,  une  collection  lithologique  des 
monts  Euganeens,  par  Strange;  en  1789,  une  precieuse  collec- 
tion du  Vesuve  de  Rosini ;  en  1808,  ime  collection  des  mine- 
raux de  la  Brenta,  du  Bucchiglione  et  du  Serio;  en  181 1,  des  mi- 
neraux et  des  coquilles  du  conseil  des  mines  de  Milan;  en  1812, 
une   collection    des   animaux   inverlcbres   de  I'Adriatiqne ;  en 


36  Botaniijite. 

i3i3,  la  collection  dc  Liiigi  Valeriano  Brera,  sur  les  vers  iii- 
tpstinaux  de  Vhomme;  onfin,  dans  ces  derniers  temps,  une  col- 
lection de  mineraux  d'ltalie  et  d'Europe  de  Gualandris.  (  Giorn. 
dell'  Ital.  Letter.  ,yo\.  i.'] ,  aerie  seconde  ,  mars  et  avril  i8a3, 
p.  33o.)  A.  B. 


BOTANIQUE. 

37.  Sur  la  formation  des  arbres,  naturelle  ou  artificielle,  etc.; 
par  le  prol'esseur  Aubert  nu  Petit-Thouars  ,  broch.,  in-8. 
de  i6  p.;  Paris;  i8a/j. 

Les  feuilles  ne  nourrissent  point ,  les  racines  seules  nourris- 
sc-nl.  Les  feulUcs  conservees  par  la  taille  en  crocket  ne  pourraient, 
dans  tons  les  cas ,  fournir  qu'un  faible  aliment ;  et  celte  opera- 
tion a  rinconvenient  d'imposcr  a  la  nature  un  travail  long  et 
penible,  pour  reparer  Talteratlon  des  fibres  jusqu  a  une  certaine 
profondeur.  En  enlevant  les  bourgeons ,  on  obtlent  les  ra^mes 
resultats,  et  la  petite  plaie  se  gucril  tres-promptement. 

Telles  sont  les  principales  idees  de  ce  petit  ccrit  plein  d'inte- 
ret,  qui  fait  pour  ainsi  dire  suite  aux  Essais  sur  la  vegetation , 
consideree  dans  la  reproduction  par  bourgeons,  dn  meme  auteur. 
On  y  trouve  aussi  des  observations  utiles  sur  Ic  recepage  et  I'e- 
lagage  ainsi  que  sur  I'ebourgeonnement ,  dont  la  pratique  iloit 
t'tre  dirigee  d'apres  la  position  des  feuilles.  D. — u. 

38.  Observations  microscopiques  sur  la  circulation  du  sue 
propre  dans  la  Chelidoine  et  dans  plusieurs  autres  plantes,  et 
sur  I'assimilation  de  la  substance  aliraentaire  dans  les  vegetanx 
en  general ;  par  le  D'.  Schultz,  de  Berlin.  {Jo  urn.  coinpl.  du 
diet,  des  So.  Med. ,  to.  i  fi ,  p.  ao8. ) 

L'auteur  s'elait  d'abord  propose  de  faire  des  recherches  mi- 
croscopiqucs  sur  les  mouvemens  du  sang  dans  les  vaisseaux  ca- 
pillaires  des  animaux,  et  sur  les  changemens  qu'il  subit  dans  les 
inflammations.  11  abandonna  cctte  idee  pour  suivre  d'antres  ex- 
periences, entrcprises  cgalement  dans  le  but  d'examinerl'-iclion 
vitale  dans  scs  conditions  primitives,  et  il  fut  conduit  a  une  se- 
rie  d'observalions  sur  les  sues  propres  de  plusieurs  vegetaux  et 
parliculicrcment  sur  ceiui  de  la  grande  Choliilo^nc  {  Chelidoniiim 


Boicmique.  3  7 

imiju.s),  qui  lui  fournircMit  de:.  r^sultats  d'liiie  linule  iniporliince 
pom*  la  pliysiologie. 

Deux  ordres  de  raouvcmcns  so  manifeslent  dans  I'acte  de  la 
circulation  du  sue  jaune  de  la  Clu'lidoine  :  d'abord,  un  mouve- 
ment  d'ascenston  et  de  precipitation  du  courant  de  ce  fliiide  , 
puis  une  sorte  de  tremblement  dans  ces  menies  courans,  lequel 
depend  de  raclion  reciproque  des  globules  les  uns  sur  les  autres. 

Le  premier  de  ces  mouvemens  est  facile  a  apercevoir  en  coirr- 
bant  sous  le  microscope,  la  feuille  d'un  pied  de  Clielidnine  en- 
core attache  au  sol,  ouarrache  avec  sa  racine  de  maniere  que  sa 
\ie  ne  soit  nullemenl  alteree.  On  fait  arriver  un  rayon  de  lumiere 
reflecliieau  moyen  d'un  miroir,  sur  le  point  de  la  face  inferieure 
de  la  feuille  que  Ton  vent  observer,  et  Ton  ne  tarde  pas  a  re- 
connaitre  le  courant  rapide  d'un  fluide  jaune  et  tremblotant 
dansun  lacis  de  vaisseaux  transparens  dont  la  substance  verte  est 
paisemee.  Ces  faisceaux  vasculaires  sent  conij)oses  d'un  grand 
nombre  de  lubes  manifestement  distincts,  et  c'est  dans  leurs  an- 
gles de  division  qu'on  distingue  mieux  le  sens  de  la  raarche  et 
la  velocite  des  courans.  Leur  direction  est  en  sens  oppose ;  les 
uns  vont  de  liaut  en  bas  et  les  autres  de  bas  en  liaut ;  lis  sont 
plus  faciles  a  voir  dans  les  petils  vaisseaux,  parce  que  ceux-ci 
sont  moins  ])resses  les  uns  centre  les  autres.  Quelquefois  ces  cou- 
rans sont  intermittens,  mais,  a  cet  egard,  I'auteur  n'a  pas  re- 
niarque  de  pulsations  periodiques  regulieres.  L'intennittence  a 
lieu  principalement  dans  les  feuilles  qui  commencent  a  se  faner, 
a  mesure  que  la  plante  perd  de  son  action  vitale,  et  la  circula- 
tion s'eleint  d'abord  dans  les  plus  pelits  vaisseaux,  et  finil  par 
s'arreter  pour  toujours  dans  les  plus  gros. 

L'auteur  ayant  soumis  a  son  observation  les  pelales,  les  efanii- 
nes,  et  les  folioles  du  calite,  a  remarquc  que  dans  celles-ci  le 
mouvement  dure  incomparablement  plus  long-temps;  il  a  tou- 
jours vu  un  courant  ascendant  accompagne  d'un  courant  descen- 
dant, mais  celui-ci  s'arrete  bicn  plus  lot  que  I'autre.  Les  sues  du 
courant  ascendant  prennent  Ic  chemin  de  relour  en  passant  par 
le  tissu  cellulaire.  D'aulres  vaisseaux  afferens  decrivent  d'assez 
grandes  arcades  seniblables  a  celles  que  les  arteres  forment  dans 
les  nageoires  des  poissons.  En  general,  la  marcbe  des  vaisseaux 
dans  les  folioles  du  calice  differe  beaucouj)  de  ce  qu'eJic  est  dans 
lesaulres  parlies,  eton  yremarque  une  analogic frappanle  onlrc 
elle  et  celle  des  vaisseaux  clicz  les  animaux. 


38  Botauinne. 

Mais  le  inoiivemeiit  dascension  et  dc  (Icsconto  nc  ^'observe 
nnlle  part  raieux  que  dans  Ics  ti^'cs.  Pour  arrivcr  a  des  rt'sultats 
satisfaisans ,  il  convient  de  se  procurer  un  microscope  qui  donne 
le  plus  possible  de  clarte  a  I'image.  Les  jeunes  pousscs  de  la 
plante,  ou  les  tiges  encore  molles  et  pleines  sonl  celles  qui  fout 
le  raieux  reussir  les  experiences.  M.  Scbultz  donne  ensuile  les 
moyens  de  preparation  des  parties  a  observei',  sans  lesquels  il 
serait  difficile  d'observer  avec  exactitude.  Lorsque  dans  I'incision 
on  a  lesu  un  vaisscau,  on  jouit  alors  d'uii  spectacle  agreable , 
celui  de  voir  la  surface  inondee  d'un  nuage  epais  de  sue  jaune  et 
tremblotant.  L'auteur  n'a  pu  voir  comment  les  vaisseaux  passeni 
des  tiges  dans  les  feuilles  et  dans  les  fruits  ;  et  il  s'est  assure  que 
les  faisceaux  circulaircs  jaunes  passent  sans  interrnptlon  du  tronc 
dans  les  tiges,  et  qu'il  n*y  a  pas  par  consequent  de  circulation 
spcciale  dans  chaque  cntre-nceud,  comme  dans  les  chara  oil,  sdofi 
les  observations  de  Corti,  le  sue  monle  et  descend  dans  I'entre- 
iioeud  qui  le  renferme.  L'action  vitale  s'execute  avec  taut  d'encr- 
gie  et  prodult  des  mouvemens  si  rapides  dans  les  valves  des  sili- 
ques ,  qu'on  n'apercoit  d'abord  qu'un  toiubillon  dans  lequcl 
toutes  les  parties  se  raeuventavec  une  extreme  veloclte  les  uncs 
par  rapport  aux  autres. 

L'auteur  decrlt  cnsuite  la  structure  des  v.iisscaux  et  le  mou- 
vement  du  fluide  dans  les  racines  oil  il  a  remarque  des  differen- 
ces assez  notables  avec  les  autres  organes. 

Dans  les  reflexions  que  I'ensemble  de  la  circulation  du  sue 
propre  de  la  Chelidoine  a  suggerees  a  M.  Scbultz,  cclle  qui  suit 
est  surtout  tres-importante.  Les  vaisseaux  ascendans  deviennent 
descendans  a  rextremlte  de  la  tige;  ils  s'y  anastomosent  diverse- 
ment  ensemble,  tandis  qu'ils  marcbent  isoles  dans  la  tige  et  sans 
communication  sensible  les  uns  avec  les  autres ;  il  semble  done  que 
les  points  de  reunion  de  tout  le  systerae  circulatoire  se  trouvent 
aux  extremltcs,  c'est-a-dire,  dans  les  feuilles,  tandis  que,  cliez 
les  animaux ,  le  sang  se  reunit  dans  un  coeur  place  au  centre.  La 
vie  se  trouvc  done  independante  dans  cliaque  partie  du  vegetal, 
ce  qui  explique  facilement  la  tbeorie  de  la  greffe,  oil  I'arbre 
fruitier  franc,  greffe  sur  un  sauvageon  ,  conserve  enticrement  la 
nature  de  la  plante  qui  I'a  fournic.  II  est  vrai  quo  I'absorption 
d'un  sue  deja  assimilemodific  eten  perfectionne  un])cu  la  nature, 
et  c'est  probablemenl  ainsi  qu'on  doit  conccvoir  ranulioralion 
do  nos  fruits. 


J3oi.ani(iiie.  5o 

M.  Sdiultz,  ayanl  elendu  ses  reclicrclies  a  iin  grand  nombie  de 
jtlantcs,  n'a  pas  vu  le  niouvenient  aussi  inanifesle  que  dans  la 
Clieli.loine  :  il  cite  un  grand  nombrc  de  plantes  lactescentes  oi'i  Ic 
niouvement  est  encore  visible.  Ces  plantes  apparliennent  aux  fa- 
milies des  Papaveracees,  des  Ombelliferes ,  des  Urticees,  des 
Legumineuses ,  des  Lobeliacees,  des  Canipanulacees,  des  Con- 
volvulacees,  etc.  L'encrgie  du  mouvement  beaucoup  inoindre 
cbez  ces  derniers  vegetanx  ,  1 'absence  ou  plutot  la  nullite  d'ap- 
parencede  ce  mouvement  dans  les  planles  a  sue  limi)ide,  portent 
a  croire  que  celles-ci  ont  une  organisation  moins  compliquee 
que  les  plantes  lactescentes;  mais  ccci  est  encore  un  myslere 
pour  nous. 

Les  observations  qui  tcrminent  la  premiere  parlie  de  ce  mc- 
moire  sent  tres-interessantes,  surtout  si  Ton  fait  attention  a 
I'obscurite  dont  est  encore  enveloppee  la  physiologic  vegetate; 
elles  roulent  sur  les  mouvemens  du  sue  propre  en  lui-memc. 
JVe  pouvant  les  reproduire  toutes  ici ,  nous  allons  titer  textuellc- 
meiit  un  des  paragraphes  les  plus  saillans :  «  Aucun  des  globules 
"  n'est  Iranquille  et  dans  un  rapport  d'indifference  avec  les  au- 
»  tres.  Tous  tendent  a  se  detacher  les  uns  des  antres,  tons  ten- 
»  dent  a  se  reunir,mais  ils  ne  parviennent  pas  a  ce  but,  raeme  par 
«  I'effet  de  la  mort,  car  on  voit  dans  le  sue  en  repos,  qu'ils  se 
..  sont  tous  arretes  subitement ,  comme  un  cataleptique  surpris 
..  au  milieu  d'une  action  qu'il  allait  executer.  Un  courant  tran- 
>•  quille  ,  examine  dans  son  entier,  ressemblc  a  une  chaine  d'ei,- 
..  lipses  ouvertes  les  unes  par  rapport  aux  autres,  qni  paraissent 
..  vouloir  se  confondre  comme  des  gouttes  d'eau  ,  tandis  que,  de 
..  I'autre  cote,  elles  tendent  a  se  separer  comme  la  goutte  qui  se 
«  detache  d'une  masse  de  fluide.  »  J.  A.  Guillemin. 

39.  Conjectures  sur  l'utiute  des  ailes,  notamment  dans  les 
graines  de  Coniferes.  [Beitr.  zur  teusch  Landiv ,  Y.  vol.,  pa". 
90,  6  p.)  '      °' 

L'auleur  suppose  aux  ailes  nn  autre  but  que  celui  de  rendre 
les  graines  plus  faciles  a  transporter  par  le  vent.  Serrees  contre 
Jesecailles,  elles  mcttent  les  graines,  avant  leur  maturite,  a  I'abri 
de  toute  humidile.  L'experiencc  a  prouve  que  les  graines  ailees 
reussissent  mieux,  quand  dies  sont  pen  enfoncees  en  terre;  quand 
nn  les  seme ,  dies  prennent  nalurellement  la  position  qui  convient 
Ic  mieux  pour  le  devdoppement  de  la  radicule  ct  de  Ja  plumule. 


4o  Bot/miijiiC. 

Le  controire  ayant  souvent  lieu  ([iiand  on  enleve  les  aifcs 
jivant  de  semer  Ics  gralncs,  on  obtient  aussi  inoins  de  succes. 
II  est  aise  de  s'en  convaincre  en  faisant  rexperience  en  petit;, 
d'ailleurs  on  risque  d'alterer  les  graines  en  lesfaisaut  trempei',  ce 
qui  est  le  procede  usite  pour  cnlever  les  ailes.  D.' — u. 

4o.     SUR     LA     FERTILISATION     DES     FLEURS    FEMELI.ES    DES    NOISE - 

tiers;  par  le  reverend  George  Swayne.  (  Transact,  of  the 
horticnlt.  soc.  of  London,  yo\.  5  ,  p.  3io. ) 

M.  Swayiie  rappelle  la  fameusc  experience  de  la  fertilisation  dui 
palmier  fenielle  de  Berlin ,  par  I'indi  vidu  male  cultive  a  Leipsicli  , 
apres  qu'on  eut  snspendu  nux  branches  dn  premier  quelqnes 
flcurs  du  second.  II  pense  que,  par  une  semblable  operation,  le,> 
fleurs  males  des  coudriers  sauvages  fecondcnt,  souvent  a  la  dis- 
tance d'un  mille  anglais,  les  noiseti(  rs  des  jardins  et  vergers, 
ou  sont  cause  qu'ils  produiscnt  une  quantlte  jjIus  considerable 
de  fruits. 

Deux  noisetiers  n'avaient  point  i)roduit  de  Truits,  ou  s'ife  en 
avaient  donne,  le  nombre  en  avait  ete  si  petit  qu'il  n'avait  at- 
tire I'attention  de  personne  ;  ces  noisetiers,  d'ailleurs,  occu- 
paient  un  coin  ecarte  du  jardin.  Dans  le  mois  de  fevrier  1820, 
M.  .Swayne  fut  tres-surpris  de  les  voir  converts  de  fleurs  I'ouges, 
jnais  n'ayant  qu'un  tres-petit  nonibre  de  chalons  dont  les  fleurs 
n'etaientpasassezdeveloppeespourremissiondeleur  pollen.  Attrl- 
buant  la  sterilite  des  noisetiers  feuielles  dans  les  annees  preceden- 
tcs  ,  a  Tabsence  de  fleurs  males ,  il  se  mit  a  la  recherche  de  quel- 
ques-tines  de  eellc.vci  sur  des  noisetiers  sauvages.  Apres  en  avoir 
trouve,  il  les  suspendit  sur  ses  deux  noisetiers,  operation  qu'il 
repeta  durant  I'esjiace  de  sept  a  dix  jours,  quand  tout  a 
coup  la  gelee  vint  mettre  un  terme  a  son  experience ;  il  avait  tout 
lieu  de  craindre  que  les  fleurs  fenielles  de  ses  arbres  n'eussent 
ete  vicllmes  du  froid  ;  inais  dans  le  cours  de  I'ete  les  fruits  muri- 
rent  au  point  que  la  recolte  en  fut  de  deux  Hvres  environ.  A 
la  fin  du  mois  de  novend^re  suivant,  il  vit  parailre  sur  ses  noise- 
tiers ,  des  jcunes  chatons  en  nombre  tel  qu'en  comptant  celui  de_ 
deux  branches  sculement ,  il  devait  s'elever  en  folaiite  au  moins 
a  1 5oo.IV'ayant  jamais  remarque  U}ic  aussi  grande  quantitc  de  cha- 
lons males,  il  pensa  d'abord  ([u'une  cause  quelconque  avait  altere 
]a  constitution  de  ses  arbres,  et  avait  determine  le  develo|)|>emeiil 
tl'un  plus  grand  nombre  de  fleurs  males;  cepeiidant,  lor:>qu'il  Ifs, 


Bnfatiiqiie.  4' 

\isita  an  mois  do  ft'vrier  1821 ,  plus  des  trois  quarts  dt-  cos  clmtoiis 
avaient  disparu  ;  mais  ce  qui  en  lestait  lui  seiiiblaitsud'isantpour 
la  fecondation  de  toutes  les  femelles.  Son  atlente  fut  Uompee,  oar 
au  mois  deseptembre,  la  totalite  de  sa  recolte,  loin  d'etre  egale  a 
celle  de  I'annee  precedenle,  pouvait  tcnir  entieremenl  dans  uiie 
seule  main. 

L'annee  suivante^  apres  avoir  taille  les  branches  de  ses  arbrer>, 
il  vit  encore  que  tous  Icurs  chatons  males  avaient  avorte;  et  s'e- 
tant  servi  de  chatons  auxiliaires  comme  en  1820,  il  obtinf  a  la  fin 
de  I'ete  une  quantite  de  fruits  murs  assez  considerable  pour  le 
convaincre  de  faction  reelle  du  pollen  des  chatons  de  noiseliers 
sanvages. 

M.  Swayne  ,  en  terminant  sou  memoii'e,  fait  reniarquer  I'in- 
flucnce  de  la  taille  du  noisetier  sur  le  nombre  des  chatons  males 
que  Ton  delruit,  et  sur  la  sterilite  qui  en  resulte.  Gn. 

4 1.  Notice  sur  quelquf.s  plantes  hybridks;  par   Th.  Andr. 
Knight.  (^Trans.  of  the  hort.  Soc.  of  London  ,  vol.  5,  p.  292.) 

Apres  quelques  considerations  importantes  sur  la  rarete  des 
plantes  liybrides  dont  I'etat  est  parfait,  et  sur  la  facilite  nean- 
moins  avec  laquelle  elles  se  produisent  dans  les  jardins,  conside- 
rations qui  ont  fait  revoquer  en  doute,  par  plusieurs  botanisles, 
I'existence  de  ces  liybrides  et  les  ont  portcs  a  ne  les  admettre  que 
comme  des  etres  changes  par  la  culture  pendant  plusieurs  gene- 
rations, I'auteur  parle  des  circonstances  sous  lesquelles  peut  s'ef- 
fectuer  le  phenomene  de  rhybridlte.  II  pense  que  plusieurs  va- 
rletes  qui  conservent  constamment  leur  port  malgre  I'influence 
des  differens  terrains  et  climats  ont  etc  I'egardees  comme  des  es- 
peces,  et  que  le  nombre  de  celles-ci  est  plus  petit  que  ne  I'indi- 
quent  les  catalogues  des  botanistes.  A  la  verite  il  est  difficile  de 
decider  si  ces  plantes,  qui  ont  un  port  permanent,  sont  des  liy- 
brides ou  des  varietes  dont  les  differences  caracteristiques  ont  etc 
fixees  par  la  culture  pendant  plusieurs  generations. 

M.  Knight  decrit  ensuite  deux  nouvelles  liybrides, digues  de  I'at- 
tentiou  des  jardiniers,  parce  qu'elles  peuvent  fournir  les  moycixs 
de  se  procurer  une  nouvelle  sorte  de  fruit.  L'une  est  le  prodiiit 
de  la  fecondation  du  framboisier  des  Alpes  par  le  frainboisier 
ecarlate  et  le  hautbois.  La  seconde  hybride  a  ete  obtenue  par 
des  experiences  faites  en  grand  sur  differens  cerisiers  qui  fleuris- 
saient  dans  la  meme  saison.  L'auteur  a  cinployc  les  chances  de  fe- 


42  Botani<iJic. 

contl.Tlion  adulterine  en  greffant  sur  d'anciens  cerisiers  rctmi* 
tlans  le  menie  verger  plusieurs  boulons  des  cerisiers  sur  les- 
quels  il  experimentail,  et  il  a  obtenu  plusieurs  varieles  liybri- 
des  remarquables  par  la  bonte  de  leurs  fruits.  Gn. 

/f2.    Description    de  l'Amartli.is    psittacina    Johnsoni;  par 
James-Robert  Gowen,  Esq.  [Trans.  hortic.Soc,  1823,  p.  3Gi .) 

La  fccondalion  de  I'ovaire  de  VAniarj-llis  John.mni ,  par  le 
pollen  de  \ AnuurUis  ptittncina,  a  produit  unc  liybride  reniar- 
quable  en  ce  qu'elle  est  la  plus  belle  entre  les  nombreuses  plaii- 
tes  qui  composcnt  Ic  genre  Amaryllis.  Elle  a  une  grande  res- 
semblance  avec  V Amaryliis  psittacina,  mais  elle  en  differc  en 
plusieurs  points  ,  ainsi  que  I'auteur  s'en  est  convaincu  par  la  com- 
paraison  des  deux  plantesquiontfleurienmeme  temps.  II  en  donne 
une  description  comparative  un  peu  trop  longue  pour  que  nous 
devious  I'inserer  ici  en  son  entier.  Nous  nous  bornerons  aux  ca- 
racleres  les  plus  saillans. 

La  corolle  de  I'hybride  est  plus  longue  et  les  divisions  plus 
reflechies  que  dans  Y Amaryllis  psittacina.  Ses  couleurs  sont  plus 
vivcs,  occupent  un  plus  grand  espace  el  s'etendent  jusque  vers 
les  bords  des  divisions.  Ses  feuilles  sont  plus  larges  et  n'ont 
aucune  trace  de  cet  aspect  glauque  que  Ton  observe  sur  I'aulrc 
plante. 

L'elegance  de  cettc  hybride  doit  en  faire  un  des  plus  beaux 
ornemensdesjardins  oii  Ton  cultive  principalement  Ics  Liliacees. 

Gn. 
43.  Notice  sdr  une  variete  d'Amaryli.is  venue  degraines;  par 

M.  John  LiNDLEY.(  rraw^rtcf.  ofthellorticult.  Soc.  of  London, 

vol.  5,  p.  337.) 

M.  William  Herbert  avait  annonce,  dans  les  3*^.  et  4''.  vol. 
des  transactions  de  la  Societe  horticulturale  de  Londres,  qui! 
pr«5sentait  a  cetle  Societe  24  bulbcs  d'une  Amaryllis  liybride, 
nommee  Jm.  equestri-vittata  et  provenant  de  V Jm.  riitila  et  de 
VJm.fulgida.  II  ajoutait  que  la  raj)i(litu  de  leur  accroisscuient , 
l'elegance  de  leur  port  et  la  beauto  probable  de  leurs  flours  ,  de- 
vaicnt  les  faire  reclicrclier. 

Mais  il  seniblait  peu  probable  <]ue  des  circonslances  tclles  que 
cellesquidetermincnl  riiybriditepusscntsuffirepour  faire  produi- 
rcacerlainesj)lantes  plus  defleurs  que  leurs  parens,  et  pour  en 
augnicntcr  la  bcaute.  C'est  pourlanlce  que  M.  Lindlcy  a  constate 


Botimique.  4^ 

ct  qu'il  a  nnnoiice  a  la  Societe.  Lrs  Amaryllis  provenucs  des  lit  l)ul- 
besenvoyees  par  M.  Herbert  elaient  toutes  apeupres  semblablcs 
entre  elles,  excepte  4  dont  la  beaute  etait  remarquablement  supe- 
rietire;  mais  aucune  n'avait  une  ressemblaiice  decidce  avec  leurs 
parens  supposes,  excepte  avec  XAm.  rutila,  dont  on  poiivait  la 
})rendre  pour  une  varlcte  naturelle  si  on  n'avait  pas  connii  son 
liistoire.  M.  Lindley  pense  que  les  hybridcs  en  question  provien- 
nent  de  VAm.  equestris  et  de  YAin.  rutila ,  et  que  c'est  une  variete 
de  la  1^^.  espece  qui  joue  le  role  de  femelle.  Mais  comme  ces  deux 
plantes  pourraient  bien  ne  pas  etre  specifiquenient  distiuctes 
I'une  de  I'autre,  il  s'ensuivrait  que  leurs  productions  neseraient 
pas  des  hybrides.  Cettc  question  sera  decidee  par  la  fertilitc  ou 
la  sterilite  des  graines  de  celle-ci.  Dans  le  premier  cas,  on  devra 
considerer  Ics  planlcs  qui  leur  ont  donne  naissance  comme  iden- 
tiques.  Dans  le  second,  ces  plantes  seront  regardees  comme  dis- 
tinctes  specifiquement,  et  les  productions  seront  des  hybrides. 
M.  Lindley  pense  neanmoins  que  des  plantes  fertiles  peuvent 
resulter  de  la  fecondation  de  2  especes  distinctes,  comme  le 
prouve  une  hybride  de  \' Amaryllis  regince  et  de  VJm.  vittatn , 
oblenue  ct  decrite  par  M.  Gowen,  dans  le  4-^^.  volume  des  Tran- 
sactions de  la  Societe  horticulturale.  C'est  cette  superbe  plante 
a  laquelle  on  donne  le  nom  d' Amaryllis  rei;ina-\>ittata ,  qui  est 
figuree  a  la  suite  du  mcmoire  dont  nous  donnons  un  extrait. 
Les  hybrides,  selon  M.  Lindley,  peuvent  bien  avoir  des  graines 
fcrliles,  mais  il  arrive  qu'au  bout  de  la  troisieme  generation  el- 
les sont  improductives.  Le  caractere  de  I'hybridite  ne  reside  done 
pas  dans  la  sterilite  absolue  des  graines,  mais  dans  I'impossibi- 
lile  de  se  perpetuer  indefiniment  par  le  moyen  de  ces  graines- 

Gn. 

44-  De  accurata  plantarum  comparatione  ,  adnexis  observa- 
tionibus  in  floramPrussicam;  auct.G.  Eysenhardt.  In-8.;  Re- 
giomonti;  1828;  typ.  academ. 

L'anteur  donne  des  regies  generales  sur  la  comparaison  des 
plantes  et  les  divise  en  4  classes:  i.  quoad  formam  ;  i.  quoad 
mixturam  ;  3.  quoad  acliones   vitales  ;    4.   comparatio  formcv  , 

mi.rtura;,  alque  actibnum  vitalium La  2^.  partie  contienl ,  ob~ 

servationcs  injloram  Prussicam,  ct  in  plantas  litt  %  ales.  [Journ 
Grn.  de  Litt.  Elr.,  dcccmbrc  182^ ,  p.  355.^ 


/^!^  Bolani((ne. 

/J5.  Herbieb  ctNERAL  i)E  l'amateur ;  par  feu  Morilanl  Delau- 
NAY,  fonlinue,  depuis  la  i-i,".  livr.,  pnr  M.  Loiskleur  ues- 
LONOCHAMPS,  D^-M.  Avec  fig.  peintes  d'apres  nature,  par 
M.  P.  Bessa.  Si*',  liv.,  in-8.  dc  ^  de  feuil.  Prix,  6  fr. ;  papier 
veliu  ,  12  fr. ;  grand  raisin  veiin  satine,  21  Ir.  Paris;  Audot. 

46.  Description  des  priwcipales  especes  nouveli.es  de  la  Flore 
du  Bresil,citee  dans  le  premier  Memoire  sur  Ic  Gynobase  ;  par 
M.  Aug.  de  St.-Hilaire.  {fllern.  du  Museum,  lo^-  cahier, 
pag.   27/1.) 

Le  travail  que  nous  annoncons  ici,  est  un  fragment  de  I'ouvrage 
que  I'auteur  va  publier,  sous  le  titre  de  Plantes  les  u  s  reinar- 
quables  du  Bresil  et  du  Paraguay.  Comme  nous  n'avons  fait 
qu'indiquer  ce  morceau ,  d'apres  un  extrait  fort  abrege  qui  en 
avait  ete  donne  dans  le  Bulletin  de  la  Societe  philomatlii(iue, 
»ous  croyons,  a  present  qu'il  parait  dans  son  entier ,  devoir  en 
parler  avec  plus  de  detail. 

La  premiere  plante  indiquee  par  I'auteur,  est  le  Gomphia 
olecefolia,  qui  lui  a  aide  a  prouver  dans  son  Memoire  surLe  Gy- 
nobare  I'ideiitite  de  cet  organe  et  de  I'axe  central.  Ce  Gomphia 
se  caracterise  par  la  phrase  suivante:  Foliin  oblongo-lanceolatis, 
oblusiuscuUs  ,  integerrimis  ,  margine  revoLuUs ,  pubescentibus  ; 
Jloribus  paniculatis;  petalis  culyce  paulb  longioribus. 

Apres  quelques  observations  generales  sur  le  Gomphia , 
I'auteur  passe  au  genre  Simaba ,  dont  il  corrige  les  caracteres  , 
d'apres  les  observations  exposees  dans  son  Memoire  sur  le  Gyno- 
base. Les  nouvelles  especes  de  ce  genre  sont,  1".  Sim:iba  flori- 
bunda  ifoliis  cum  impari pinnatis  ;foliolis  lanccolato-elliplicis , 
oblongis,  ohtusiuscuUs ,  glabris  ;  paniculd  magna  com positd. 
2°.  S.  Ferruginea  :  Joliis  cum  impari  pinnatis ,  foliolis  ellipticis 
pubescentibus  subtiis  nervosis  ;  paniculd  terminali  compositd , 
subscssiti  Joliis  breviorc.  T.  S.  suavcolens  ■.folds  abntpte  pin- 
natis ,  superioribus  pinnatis  aut  simplicibus  ;  folio/is  ellipticis 
i-el  sultrotundo-ellipticis ,  glabris  ;  Jloribus  tenninalibiis  race- 
mosis;  racemis  compositis.  4"-  S.  Irichilioides  :  folds  cum  impari 
pinnatis  ;  foliolis  ellipticis  ,  ohtusissimis  ,  apice  mucronulatis  , 
nervosis  ,  supra  pubescentibus ,  subliis  subtomentosis  ;  paniculd 
subsimplici  ,  Jolio  multo  majore. 

L'duteur   rcforme  les  caxactercs  du  Galipea  en  suivant  les 
indications  qu'il  a  donnces  dans  le  Memoire  cite  plus  haul,   et  , 


Botaniijue.  45 

pnr  une  comparaison  successive  de  tous  Ics  organes,  il  prouve 
que  les  gonres  Galipea ,  Raputia  ,  Donplaiidia  et  Conchocarpus 
soiit  identiques.  Les  nouvelles  especes  de  Galipea  sont ,  i".  Ga- 
lipea  het  rofhyWa-./oliis  ternatis  ,  quinatisve  ,  seu  quaternatis^ 
longe  petiolatis ;  foliolis  lanceolatis  ,  nervo  medio  subpubesccnte  ; 
racemis  supra  nxiUaribus  ,  longe  pedunculatis  ;  starninibus 
1  sterilibus.  a".  G.  peiUagyna  :  foliis  simplicibus,  longis  ,  lanceo- 
latis  acutissimis  glaberrirnis  ;  racert/is  in  apice  ramuloruin 
axillaribus  vel  siibeortra-axillaribus,  compositis  ;  pedunculis  com- 
planatis ;  starninibus  3  sterilibus  ;  stylis  distinclissitnis.  3°. 
Galipea  macropliylla  (Conchocarpus  macrophyllus,  Mik.  ) 
1°.  Galipea  pentandrn  :  foliis  simplicibus ,  lanceolatis  ,  acurni- 
natis  fObtusis  ,  basi  acutis,  i>labris  ;  racemis  axillaribus ,  simpli- 
cibus ,  paucifloris  ;  pedicellis  Z-bracteatis  ;  starninibus  5  ferti- 
libus.  5°.G.Fontanesiana :  foliis  simplicibus ,  oblongo-lanceolatisj 
apice  acutiusculis ,  basi  acutissimis ,  glaberrirnis ;  racemis  ter^ 
minalibus  vel  subextra-axillaribus,  basi  vix  ramosis  ;  starninibus 
3  sterilibus;  nectario  5-dentato.  6".  G.  Candolliana:yo//w  sim- 
plicibus, lanceolatis  y  acuminatis ,  glaberrirnis;  racemis  sub- 
cxtra-axillaribus ,  simplicibus,  brevissimis;  floribus  confertis;  sta- 
rninibus "^  sterilibus  ;  nectario  integro. 

L'auteur  modifie  les  caracteres  du  genre  Ticorea  comme 
ceux  des  precedens ;  il  entre  dans  quelques  details  sur  scs  rap- 
ports generiques  et  snr  ses  organes ,  et  il  en  decrit  deux  especes 
nouvelles;  savolr:  i°.  Ticorea  jasminiflora  :  foliis ternatis;  foUolis 
lanceolatis,  acuminatis, in petiolum  attenuates ;panicHlis  laxiuscu- 
lis;  starninibus  3-6  sterilibus.  a°.  Ticorea  febrifuga  :  caule  so'piiis 
arboreo  ,foliolis  lanceolatis ,  acuminatis,  inpetiolum  attenuatis  ; 
paniculis  coarctatis  ;  starninibus  3-6  sterilibus. 

47.  Nova  genera  et  species  plantarcm  quas  in  pergrinatione 
ad  plagama^quinoxialem  orbisnovi  collegerunt,  etc.  Bonplani> 
et  Alex,  de  Humboldt  ;  in  ordinem  digessit  C.  S.  Kuntii. 
Fasc.  XXVI  —  gr.  in- 4°.  avec  i5  pi.  Paris;  Gide. 

Quelques  lignes  suffisent  presque  toujours  pour  faire  connai- 
»re  ce  qu'll  y  a  de  nouveau  dans  la  plupiirt  des  memoires  et  dp» 
dissertations  qui  reniplissent  les  recueils  scientifiqucs ,  et  meu>e 
dans  un  grand  nomhre  de  flores  ,  de  traites  et  de  livres  elemen- 
taires.  Mais  si  jamais  nous  avons  scnti  combieii  soiit  etroites  les 
bornes  de  ce  liullclin  ,c'e.st  lorsquc  nous  avons  a  parlor  de  IW- 


46  BotdJiique. 

vrage  dont  nous  annonronsaujourci'hui  la  iC.  livrnison,  ouvrage 
ou  tant  de  choses  sont  ncuves,  et  ou  ce  quine  Test  passe  trouvc 
presente  d'une  maniere  si  profitable  pour  la  science.  Ce  sont 
principalement  les  descriptions  qui  y  sont  contenues  que  nous 
nous  plaisons  encore  a  citer  pour  modele  ;  la,  rien  de  vague,  rien 
d'hypothetique  ;  I'auteur  exprime  avec  clartti  et  elegance  ce  que 
tout  observateur  attentif  pourruvoir  apres  lui,et  a  niesure  qu'il 
decrit ,  les  parties  de  la  plante  se  peignent  successivcment  a 
rimagination  du  botaniste.  On  s'est  plaint  quelquefois  de  la 
longueur  des  descriptions  completes  ;raais  on  ne  songe  point  as- 
sez  qu'elles  seules  peuvent  mettre  un  ternie  a  cetle  multiplicitc 
de  livres  qui  s'accumulent  dans  les  bibliotheques.  Si  la  premiere 
fois  que  i'on  decrit  une  plante ,  on  le  faisait  conime  M.  Runth , 
d'une  maniere  complete  et  en  meme  temps  avec  autant  d'exacti- 
tude  que  lui ,  il  deviendrait  inutile  d'y  jamais  revenir.  Que  pour- 
ra-t-on  dire  ,  par  exemple  ,  a  I'avenir,  des  Cuphca  et  desil/j/- 
tus  decrits  dans  le  iVocrt  genera?  On  trouvera  un  peu  moins  de 
details  sur  les  Melustomees  qui  commencent  la  livraison  que  nous 
annoncons  ;  mais  la  description  de  ces  plantes  n'est  qu'un  ex- 
trait  du  magnifique  ouvrage  des  Plantes  cquinoxiales.  Ce  qui 
appartient  en  propre  a  M.  Kunth  dans  le  26''.  cahier  du  TSova 
genera  commence  aux  Salicariees  qui  comprenuenl  29  especes 
dont  26  sont  indiquees  comme  nouvelles.  Les  Bosacc'es  ,  qui  suc- 
cedent  A\x\Salicariees  et  terminent  le  cahier,  presentent  3'3  espe- 
ces, sur  lesquelles  26  sont  notces  comme  etant  inconnues  jus- 
qu'ici.  Trois  genres  nouveaux  enrichissenl  cette  livraison  : 
Vjdenaria  parmi  les  salicariees  ;  le  Ccrcocarpus  et  le  Lindleya 
parmi  les  Kosacees.  lis  sont  caraclerises  de  la  maniere    suivante. 

Adenaria.  Calyx  turbinato-canipanulatus ,  Umbo  4  ^^l  ^-fi- 
dus  ;  lobes  a-qualihus.  Pet.  4  ^'<'l  5  inter  lobos  calycis  inserta  , 
cequalia,  unguiculata.  Stamina^  velio,  calyci  inserta,  exserta. 
Ovarium  stipitatum,  i-loculare ;  ovula  creberrima.  Stylus  termi- 
nalis ,  inclusus.  Stigma  bilobum.  Fructus  indehiscens  ? 

Ccrcocarpus. Calyrroloratus;  tubo  elongato,  cylindraceopersis- 
tente ;  limbo  turbinato,  sinuato,  quinquelobo,  deciduo  ;Jauce  aper- 
td.  Corolla  o.Stam.  circiter  20  limbo  inserta.  Ovarium  liberum,  r- 
loculare,  \-spermum.  Stylus  tenninalis , pUimoso-sericeus.  Stigma 
subclavatum.  Fructus  tncmbranaceus ,  stylo persistentc  caudatus. 

Lindleya.  Flores  hcnnapk.  Calyx  persistans ;  fundo  suhturbi- 
nalo  :  limbo  ^-partilo.  Pelahi  5  fauci  calycis  inserta.  Nectariune 


Botaniqiie.  4? 

annulare  ,  stnminiferum  ,  Jauci  calycis  insertum.  Stamina  1 5-2o. 
Os'nrium  liherum  ,^-loculare  :  oviila  -i  infra  apicem  penduhi. 
StjUli.  Stigmata  sul>cla\'ata.  Capsula  calyce pcrsistente  sujjulta  , 
^-locularis ,  loculicido-b-vah'is .  Sernina  margine  membranaceo- 
alata.  Aug.  de  St,-Hil, 

/<8.  Rapport  verbal,  fait  a  I'Acadeinie  des  sciences,  par  M.  le 
baron  de  Humboldt  ,  sur  un  ouvrage  de  M.  Auguste  de  Saint- 
HiLAiRF. ,  intitule  :  Plantes  usuelles  des  Brasiliens.  Le  prix  de 
la  livraison,  composee  de  20  p.  de  texte  in-4  et  de  5  pi.,  est 
de  5  fr. ,  chez  Grimbert ,  rue  de  Savoie ,  n".  14  ,  a  Paris. 
L'Academie  m'a  charge  de  lui  faire  un  rapport  verbal  sur  un 
ouvrage  de  botanique  qui  a  pour  litre  :  Plantes  usuelles  des 
Brasiliens. 

L'auteur  de  cet  ouvrage,  M.  Auguste  de  St.-Hilaire,  corres- 
pondant  de  I'lnstitut,  continue  a  faire  jouir  le  public  des  fruits 
d'un  voyage  de  six  annees,  pendant  lesquelles  il  a  parcouru 
une  vasle  poi  tion  du  Bresil ,  de  la  province  Cisplatine  et  des 
missions  du  Paraguay.  La  botanique  et  I'histoire  naturelle  des 
animaux  ont  ete  enrichies  a  la  fois  par  ce  savant  qui ,  avant  de 
quitter  I'Europe,  avait  deja  donne  tant  de  preuves  de  sasagacite 
ct  d'une  connaissance  intinie  des  affinites  des  formes  vegeta- 
les.  M.  Auguste  de  Saint-Hilaire  a  rapporte  dans  sa  patrie  un 
berbier  de  7,000  plantes  ;  une  collection  de  2,000  oiseaux  ,  de 
16,000  insectes  et  de  i3o  mammiferes.  Mais  ce  qui  donne  un 
veritable  prix  a  des  objets  si  nombreux,  ce  qui  distingue  le  voya- 
gcur  scientifique  du  simple  coUecteur ,  sont  les  observations 
precieuscs  qu'il  a  faites  sur  les  lieux  memes  ,  pour  avancer  I'e- 
lude  des  families  naturelles,  la  geographic  des  plantes  et  des 
animaux,  la  connaissance  des  incgalites  du  sol  et  I'etat  de  sa 
culture.  Les  savans  de  toutes  les  nations  altendent  avec  impa- 
tience la  publication  d'un  grand  ouvrage  dans  lequel ,  par  la 
munificence  du  gouvernement,  M.  Auguste  de  Saint-Hilaire 
pourra  reunir  tant  de  materiaux  divers.  Jusqu'a  I'cpoque  ou 
leurs  voeux  seront  remplis,  ils  applaudiront  avec  nous  a  I'ardeur 
soutcnue  qui  porte  ce  voyageur  a  devancer  ce  grand  ouvrage 
par  des  mcmoircs  et  des  traites  moins  voluinineux ,  quoique 
egalcment  propres  a  repandrc  du  jour  sur  la  fiore  du  Bresil  et 
des  pays  voisins  (1). 

(1)  Oiilro  les  PlaiiU:.'.  iisncftc:^  ,   l'auteur  va   cnccut-  publiir  un  on- 


48  Botaniiiue. 

I>a  dosoription  <los  pl;mtes  iisiielles,  donl  le  premier  caliier  u 
otc  prcsente  a  rAciidemie  ,  renferine  un  clioix  des  ve{i;etanx  les 
])lijs  interessans,  sous  le  rapport  de  leur  utilitt-  medicale,  in- 
dustrielle  ou  alinienlaire.  Nous  y  trouvons  trois  especes  nouvel- 
les  de  yiv\U\h\i'&  Qiiiiiqidna ;  deux  E.vosterna,  ^enve -vo'xsin  du 
Cinchona,  etabli  par  M.  Bonpland;  et  un  Strychnos ,  tlont  les 
proprietes  febrifuges  soiit  des  plus  i)rononcees. 

La  decouverte  de  vrais  Cinchona  dans  la  parlie  orientale  de 
i'Ameriqne  du  sud,  loin  des  Cordilieres,  doit  frapper  ceax  qui 
s'occupent  dc  la  distribution  des  vegetaux  sur  le  globe  et  des 
causes  geologiqucs  qui  Tout  niodifiee.  On  ne  connait  jusqu'a  ce 
jour  aucune  espece  dc  Cinchona,  pas  menie  A'E.rostcma  ,  ni  dans 
les  monlagnes  de  la  Siila  de  Caracas  ,  oil  vegctent  des  Be/aria, 
des  Aralia,  des  Thihaudia  et  d'autres  arbustcs  alpins  de  la  Nou- 
velle-Grenade ,  ni  dans  les  montagnes  boisees  de  Caripe  et  de 
la  Guyane  francaise.  Cette  absence  totale  des  genres  cinc/uma  et 
ejcostema  sur  le  plateau  du  Mexique  et  dans  les  regions  orienta- 
les  dc  I'Amerique  du  sud,  au  nord  de  I'cqualeur  (si  toutefois 
elle  est  aussi  absolue  quelle  le  parait  jusqu'a  ce  jour  ),  surprcnd 
d'autant  plus  que  les  iles  Antilles  ne  manqucnt  pas  d'cspeces  de 
quinquina  a  corolles  lisses  ct  a  etamines  saillantes.  Les  quinquina 
ties  C^ordiliercs  n'avancent  vers  Test  dans  riiemispliere  boreal 
que  jusqu'au  72*".  degrc  de  longitude  occidentale  de  Paris,  jus- 
qu'aux  montagnes  de  micaschiste  de  la  Sierra  Nevada  tie 
Merida. 

Les  Cinchona  Jerruginea  ,  C.  Fellozii  et  C.  Remijiana  de 
M.  Auguste  de  Saint-Hilalre  ,  long-temps  confondus  avec  les 
Macrocnemum,  vegetent  sur  les  plateaux  de  la  province  de  Minas- 
Geracs,  a  100  metres  d'elevation,  sous  un  climat  tempere,  cnire 
les  18*.  et  ii".  degres  de  latitude  australe.  On  regarde  leur 
presence,  et  ce  fait  est  bien  remarquable  ,  couime  \\n  iiidicc  a 
pen  pres  sur  de  la  proxiniitc  des  minerals  de  fer.  L'ecorce  amere 
let  aslringente  de  ces  quinquina  des  montagnes  du  I>resil(  Quina 
da  Scrra  \ ,  ressemble  singulierement ,  par  la  saveur,  a  cclle  des 
quinquina  da  Perou  et  de  la  Nouvelle-Grenade  ;  cependaut  leurs 
qualites  febrifuges  sont  moins  prononcees  que  cellos  d'uji  arbrc 


vrai»e  intitule  :  Histoire  Jas  Plantes  les  plus  vemavquahles  du  BrJsit 
etdu  Paraguay.  Les  qualre  [)reniicrc3  livraisons  sont  dcja  prcles  el 
j)arjitront  en  avril  ,  rlu-/  Hclin  ,  rue  des  Malliurin<!-Sr)rl)oniio  ,  a  Pari*. 


Botaniqae,  4g 

plus  celebre  encore ,  du  Strychnos  pseudoquina  que  Ton  trouve 
dans  le  district  des  Diamans  ,  dans  les  deserts  de  Goyaz  et  dans 
la  partie  oecldentale  de  Minas-Geracs. 

De  toutes  les  planles  inedicinales  de  ces  vastes  conti-ees  ,  le 
Quina  do  campo  ou  Strychnos  pseudoquina  est  celle  dont  I'usage 
est  le  plus  rcpandu  et  le  mieux  conslate.  Les  medecins  du  Bresil 
en  administrent  I'ecorce  ,  tantot  en  poudre ,  tantot  en  decoc- 
tion :  c'est  un  don  bienfaisant  de  la  nature  dans  unc  region  ou 
regnent  tant  de  fievres  intermittentes  comme  dans  la  vallee  du 
Rio-de-San-Fianclsco.  M.  Auguste  de  Saint-Hllaire  rapporteque 
des  experiences  comparatives  faitcs  sur  \e  Strychnos  pseudoquina 
et  les  meilleures  especes  de  Cinchona  des  Cordilieres ,  ont  prou- 
ve  que  les  proprietcs  medicales  du  premier  de  ces  vegetaux  ne 
sont  pas  inferieures.  Ces  experiences  ont  ete  repetees  avec  succes 
a  Paris  ;  et  le  Pseudoquina  du  Bresil ,  qui  a  Rio  Janeiro  meme 
h'a  pas  encori!  remplace  les  ecorces  des  Cinchona  etrangers  , 
pourra  un  jour  devenir   un  objet   d'exportatlon  pour  I'Europe. 

M.  Vauquelin  a  fait  I'analyse  chimique  de  ce  strjchjios  ;  il  y  a 
trouve  un  acide  d'une  nature  particuliere,  et,  ce  qui  est  blen 
frappant  ,  il  n'y  a  decoiivert  ni  brucine,  ni  quinine,  ni  unatome 
du  principe  veneneux  que  renferment  le  Strychnos  nux-vomica 
et  la  Feve  de  Saint-Ignace.  On  savait  deja  qu'une  autre  espece 
du  meme  genre,  le  S.  potatorum,  est  egalenient  depourvue  de 
proprietes  deleteres,  et  que  la  pulpe  du  fruit  de  la  noix  vomique 
se  mange  sans  danger.  Les  diverses  parties  dts  phnites  ne  con- 
liennent  pas  toutes  les  memes  principes;  et  si,  je  ne  dirai  pas 
seulement  dans  une  meme  faraille,  mais  dans  un  meme  genre, 
des  vegetaux  d'une  structure  organiqne  trcs-analogue  offrent 
des  differences  de  composition  chimique  tres-frappantes,  il  ne 
faut  point  oublier  que  ces  anomalies  sont  plus  apparentes  que 
vraies,  puisque,  d'apres  les  travaux  de  MM.  Gay-Lussac  etThe- 
nard  sur  la  cbimie  vegetale,  les  memes  elemens,  selon  de  petits 
cbangemens  dans  les  proportions,  se  groupent  differemment  et 
[)roduisent  des  corabinaisons  dont  les  effets  sur  le  systeme  ner- 
veux  peuvent  ttre  diamctralcment  opposes. 

Les  ecorces  des  Exostona  cuspidatum  et  australe  du  Bresil 
sont  anssi  febrifuges,  mais  bien  inferieures  a  celles  des  Quina  da 
Sena.  Elles  rcssemblenf  au\  ecorces  des  Quinquina  des  Antilles, 
et  n'offrent,  comme  celles-ci,  presquc  aucune  tract'  de  quinine 
et  de  citu'lionini-. 

V,.  To  MI    H.  /, 


5o  Botanu^ue. 

A  cette  liste  de  plantes  medicinales ,  il  faut  encore  ajoutcr  Ic 
Parallm  ou  Simaruha  blgeirrc,  qui  est  un  dcs  plus  puissans 
vermifuges,  et  VEvodia  fcbrifuga ,  que  Ton  confoud  dans  Ic 
pays  avec  le  quinquina  du  Perou ,  et  qui  apparlient  a  la  meme 
famille  que  le  Cortex  angusturce ,  Cii'ipare  ou  des  missions  de 
Caroni,  que  j'ai  fait  connaitre  sous  le  nom  de  Bonplandia  tri- 
foliata. 

Si  dans  I'interieur  de  la  Guiane  francaise  on  decouvre  ua  jour 
dcs  sites  assez  elevcs  pour  jouir  d'un  climat  tempere ,  on  pourra  , 
commeje  I'ai  propose  depuis  long-temps,  y  transplanter,  par 
la  voie  de  la  riviere  des  Amazones,  les  Cinchona  de  la  pente 
orientale  des  Cordilieres ,  de  Loxa  et  de  Bracampos,  ou,  d'a- 
prcs  les  decouverles  de  voyageiirs  dont  nous  examinons  les  tra- 
vaux,  enrichir  le  sol  de  la  Guiane  par  la  culture  des  plantes  fe- 
brifuges du  Bresil. 

A  I'interet  qu'inspircnt  les  considerations  sur  I'usage  des  vege- 
taux,  sur  I'epoque  de  leur  decouverte  ,  et  leur  distribution  geo- 
graphique,  M.  Augusta  de  Saint-Hilaire  a  ajcute  celui  des  des- 
criptions botanlques  les  plus  completes,  et  de  la  discussion  des 
affinites  de  structure  par  lesquelles  cliaque  planle  se  lie  aux  gen- 
res voisins.  La  botanique  moderne,  en  agrandissant  I'etendue 
de  son  domaine,  en  saisissant  les  rapports  multiplies  qui  existent 
entre  les  diverses  trlbus  des  vegetaux,  a  conserve  toute  la  seve- 
rite  des  classifications  niethodiques,  des  diagnoses  abregees> 
d'une  terminologie  prc^cise  et  uniforme,  d'unc  nomenclature  gc- 
nerique  et  specifique  appartenant  aunelangue  uiorte.  Le  nombre 
immense  des  objets  qu'elle  embrasse  a  rendu  indispensable  una 
marcbe  que  d'autres  parties  de  I'Histoire  naturelle  descriptive 
n'ont  pas  toujours  suivie  avec  la  meme  severite. 

Je  ne  met tiai  pas  sous  les  yeux  de  TAcademie  toutes  les  ob- 
servations botaniques  entiercment  ncuves  qiie  renferme  la  des- 
cription des  plantes  usuelles  du  Bresil;  je  nc  rappelerai  que  les 
discussions  sur  le  genre  Strychnos,  d'aprus  lesquelles  ce  genre  ne 
pcut  former  une  famille  separee  comme  I'avait  propose  31.  De- 
candolle;  sur  le  genre  Evodia,  dont  I'adoption  devient  iudisjjen- 
sable  depuis  que  M.  Kunth,  dans  les  Nova  genera  plant,  cequin., 
a  prouvc  I'ideiitite  genericjue  du  Zantoxjrluin  et  du  Fagara;  sur 
les  differences  des  Quassia  et  des  Simaruba,  dcs  CinrhonaeX.  des 
Exosleina,  Les  botanistes  reconnaitront  dans  I'enscmble  de  ces 
discussions  la  superiorlte  de  talent  avec  laqiiellc  le  mLuic  voya- 


Boianiquc.  5  r 

IjeuT  a  deja  trnite,  dans  des  momoires  s^parcs,  la  families  des 
Primulacees  et  des  Caryophyllees. 

Des  planches  lithographiees  avec  soin  accompagnent  les  des- 
criptions, qui  forment  autant  de  monographies  separees  :  elles 
offrent  I'analyse  des  parties  les  pins  delicates  de  la  fructification. 

C'est  ainsi  que  )e  Traite  des  plantes  usuelles  des  BrasUiens , 
tout  en  enricliissant  la  botanique  et  la  matiere  inedicale,  fera 
connaitre  aux  liabitans  d'un  autre  hemisphere  les  richesses  d'un 
pays  qui  nedeniande  que  des  bras  pour  le  dcfriclier,  et  des  insti- 
tutions politiques  propres  a  encourager  I'indnstrie  nationals 

/jg.    ICONES  PLANTARUM    SARIORCM    ET    MINUS    RITE    COGNITARUM 

iNDiCENARUM  ExoTicARUMQUE.  Iconographia  et  supplementum 
imprimis  ad  opera  Wilidenowi,  Schkuhrii,  Persoonii,  Iloemeri, 
Schultesii ,  dclineata;  et  cum  commentario' succincto  editse; 
auctore  Ludovico  REicHE>BACBf,D'^''.  et  Prof.  Dresdensi.  In-/|. 
Leipzig;    1823 ;   Holmeister. 

Les  gravures  de  plantes  rares  publiees  par  M.  Picichenbacli 
sont  accompagnees  d'un  texte  latin  et  allemand ,  conlenant  Ja 
phrase  specifique  reformee  par  I'auleur,  une  assez  breve  syno- 
nymic, I'Listorique  de  la  plante,  c'est-a-dire,  son  origine ,  sa 
patrie,  et  I'explicalion  de  la  planche;  enfin  quelques  observa- 
tions sur  sa  difference  avec  les  cspeces  voisines,  et  des  notes  qui 
indiquent  ce  que  les  figures  n'ont  pu  expriraer.  Nous  avons  sous 
les  yeux  les  8  premieres  decades  de  cet  ouvrage ;  mais  avanl 
d'en  extraire  les  especes  et  les  genres  qui  peuvent  plus  vivement 
interesserlelecteur,  nous  dirons  un  mot  sur  Tensemble  de  cefte 
publication.  Dans  un  avertissement,  i'autcur  en  expose  les  mo- 
tifs, I'utilite  et  I'ordre  qu'il  se  propose  de  suivre.  II  consciile 
ingenument  a  ceux  qui  ne  font  pas  de  cas  des  figures  et  qui 
n'en  senlent  pas  la  necessite,  de  ne  reclicrcher  ni  biamer  son 
ouvrage,  puisque  le  texte  est  reduit  a  une  simple  explication. 
Cet  ouvrage  est  done  destine  aux  botanistes  qui  estiment  da- 
vantage  une  figure  complete  que  le  fatras  des  descriptions.  Les 
gravures,  executees  sur  cuivre  et  donnant  une  idiie  exacte  de 
I'esp^ce,  ne  sont  pas  nunierol^es;  chacune  representc  souvont 
plusieurs  plantes  ou  varietes. 

Dans  la  i"'.  decade,  les  figures  du  vral  Heliantheitnan  oelan- 
dicum  L.,  et  de  VHelianlhemum  dlpcstrc  D.  (\. ,  peuvent  faire 
jpprecier  la  validite  de  ces  especes.  Yiennenl  ensuile  celies  des 


5  2  Botaniqne. 

lltirmnculns  i)if;inceus  WAhlemb. ;  R.niviilis  Gunn.  ;  (lettin  hispi- 
thiiti  Flies;  Alchcinilla  fissti  Reich.,  csptce  noiivolic  qui  ]):irait 
«Mre  la  variotc  glabre,  decrite  parM.  Dc  CandoIle,der  //rAcw/V/rf 
vulgaris;  Afyssuin  monttmum  L.,  et  A.  IVulfenianuin  Bornli.  ; 
Ejysimiun  crepidifoUum ,  synonyme  d'^.  hieracifolium  D.  C. ; 
Ononis  antiquorum  L. ,  et  O.  diacantha  Sieb.,  espece  noiivelle 
qui  ne  paiait  differer  de  la  precedente  que  par  sa  villosite  ;  Scu- 
tellaria orientalis  L.;  Myoseris  purpurea,  genre  detache  des 
Crepis  de  Linne  par  Link,  et  Lagoxeris  tennifolin  Reichenb. , 
plante  qui  appartenait  egalement  aux  Crepis,  et  dont  le  port 
est  cclui  dfs  Vrctianthcs. 

Huit  phintlics  de  la  seconde  decade  sont  consacrees  a  diverses 
especes  de  Pohgala.  Outre  les  Poljgala  austriaca  Crantz,  /*. 
ainara  L. ,  P.  inonspcliaca  et  P.  vulgaris  L.;  on  y  trouve  les 
P.  buxifolia  Reich,  et  ses  varietes ;  le  P.  major  Jacq. ;  le  P.  uli- 
ginosa  Reich. ,  plante  bien  voisine  du  P.  austriaca;  le  P.  ama- 
rella  Crantz  ,  a  peine  distinct  du  P.  amara;  les  P.  alpestris 
Reich. ,  P.  Gxyptera  Reich,  et  ses  varietes,  qui  ne  nous  semblent 
constitucr  qu'une  seule  espece.  La  varicte  P.  pratcnsis  du  P. 
oxyptera,  figuree  tab.  24  ,  ainsi  que  le  P.  coinosa  de  Schkuhr , 
peuvent  se  rapporter  au  P.  monspeliaca  Thuiil. ,  dcja  figure 
dans  ies  Icones plant,  gall,  rariar.  de  M.  De  Candolle.  Enfin  hs 
P.  exilis  D.  C.  et  P.  paniculata  L.  Deux  especes  du  genre  La- 
goseris  cite  plus  haut  sont  figurces  et  decrites  sous  les  noms  de 
L.  taraxacoides  et  L.  hursifolia.  Ces  plantes  sont  indigenes  de 
Caiabre  et  dc  Sicile. 

La  y.  decade  se  compose  des  especes  suivantes  :  Rammculus 
hyperhoreus  Rottb.  et  R.  laponicus  L.;  Erysimum  hieracifolium 
L.,  decrit  par  M.  De  Candolle  sous  le  nom  d'E.  st'ictum ;  Pedi- 
cularis  euphrasioules  Steph. ,  P.  lapponiea  L.  ,et  P.  versicolor 
Wai\i\en\K;  Sideriti.i  calycantha  de  Marshall-Bieberstein;  Atri- 
plcx  hastala  \j. ;  Hicracium  cymosu/n  I-. ,  Lagoseris  leontodon- 
toides\l\Tnk;  Crepis  laeera  Tenore;  Malva  rotundifolia  L.  et  M. 
horealis  Wahlenb.  Dans  cette  livrai.son  on  trouve  I'etablisse- 
ment  d'un  nouveau  genre  de  Crucifcres  sousle  nomiS.' Andrzeiows- 
kia.  li'espece  unique  dont  il  se  compose,  et  que  M.  Reichenbach 
nomme  A.  Cardamine,  est  bien  certaineinent  Ic  Notoceras 
cardaminefolium  de  M.  De  Candolle,  dont  une  tres- belle  figure 
a  etc  reccmincnt  pnblice  par  M.  Benjamin  Deles.>ert  dans  ses 
Irones  sclerta- ,  v.  •/ ,  tab.  18.  Deja,  dans  son  Systcma ,  M.  De 


Jiotanitjuc.  -J^ 

Candolle  avuit  indiqut;  ia  soparatiou  tic  ccitc  plaiilc  tin  £;enrc 
Notoccras ,  et  en  donnant  provisoirement  a  la  section  le  iiom 
de  Macroceratium ,  il  ravait  caracterisee  par  sa  silique  iiuk- 
liiscenle,  bicorne  ,  ses  flenrs  blanches,  ses  feuilies  pinnahli- 
des,  etc.  Ce  noni  de  Macroceratium  n'a  pas  ete  admis  j)ar 
M.  Reichenbach;  il  lui  a  substitue  celiii  d-'Andeziowskca,  tt  a 
donne  un  caractere  gt'ncriqTie  qui  ne  diffei'e  de  celui  du  ISoto- 
ceras'(\nc  par  I'indehiscence  de  la  silique.  Si  les  botanistes  sanc- 
tionnent  le  genre  etabli  par  M.  Reichenbach,  il  I'audra  neccs- 
sairement  adopter  le  nom  de  section  propose  par  M.  De  Can- 
dolle ou  en  chercherun  autre,  parce  qu'il  existe  un  genre  (h^die 
a  M.  Andrziowslsi,  par  le  savant  professenr  de  Geneve  [Prodr<>i>.>. 
System,  wget.  v.  i ,  p.  190  )  et  forme  avcc  la  section  des  Siajin- 
briuin  qu'il  avait  nominee  Hesperidopsis. 

La  4*^.  decade  renferme  les  plantes  dont  voici  I'enumeration  : 
Coronilla  vaginalis  Lam.,  Coron.  eoronata  L.,  el  C.  viontana  Riv. 
Les  2  premieres  ont  ete  souvent  confondues  par  les  botanistes 
et  par  Linne  lui-meme  ,  sous  le  nom  de  C.  minima.  La  Coro- 
nilla vaginalis  est  tres-distincte  de  ses  congcneres ,  surtout  par 
ses  stipules  vaginiformes.  Elle  est  parliciiliere  aux  montagnes 
olevees  de  I'Europe.  —  Primula  integrifoUa  Jacq.  et  P.  calycina 
de  Gaudin  ,  belle  espece  ires-differente  de  la  1''*'.  par  ses  feuilies 
lunceolees  et  membraneuses  sur  leurs  bords.  Cette  planle,  doni 
la  distinction  specifique  date  d'une  epoquc  recente,  a  deja  recii 
deux  autres  denominations,  Primula  Icevigata  Duby,  cX.P.  glau- 
(cscens  Morelti.  —  Veronica  maiititna  L.  et  Schrader,  /.  dif^i- 
to/rt  Vabl.,  espece  de  France  et  d'Espagne,  et  F.  peregrin  a  L.  , 
a  laquelle  M.  Reichenbach  associe  comme  variete  la  V.  Romana 
L.  —  Alisma  natans  et  A.  ranunculoides  L.  ■ —  Hieracium pdo- 
selloides  Villars.  H.fallax  Willd. ,  et  Barchausia  hiemalis  ,  es- 
pece sicilienne  nommee  par  Bivona  et  pubilee  par  Presl  (  Fl. 
sicula  exsic.fasc.  a. ) 

Douze  especes  ou  varictes  de  violettes  sont  figui'ees  dans  la 
5*^.  decade.  Ce  sont  les  Viola  pinnata  L. ;  /".  palmata  L.  ;ivec 
sa  variete  integrifoUa;  V.  sagittata  Ait.;  /'.  campcstris  ile 
Marsh.  Bieb. ,  qui  offre  3  varietes  figurees  par  M.  Reichenbach, 
ct  noniniees  Caucasira,  Podoliea  clPannonica ;  V.  Collina  15os- 
sor;  /.  Sororia  Willd.;  u»e  variete  de  la  /'.  hirta ,  trouvec  pros 
de  Leipsick  cl  nonimec  Vralema  ;  V.primuUjolia  L,,  el  I.  cor- 


.li/}  Pntariiquc. 

data  Walt.  Ces  deux  dernicres  especes  sont  indigenes  des  Efafs- 
Unis,  ainsi  qne  les  V.palmata  et  V.Sagittata. 

Les  Galeopsis  ochroleuca  Lam.,  G.  intermedia  Villars.,  G. 
pubescent  Bef^s.,  Fumaria parviJIora\.Sim.,  et  F.  F^aillantii  hois. 
terminent  la  5^.  livraison.  M.  Reichenbacli  a  ajoute  une  varietc, 
sous  le  nomde  Gfandulosa ,  au  Galeopsis  pubescens,hc[ueUe  est 
viilg;iire  dans  toute  rAllemagne. 

La  sixieme  decade  commence  aussl  par  plusieurs  especes  de 
violettes ,  dont  une  seule  est  nouvelle.  M.  Reichenbach  lui  donne 
le  nom  de  Fioln  conspersn  ;  il  dit  qu'elle  a  ete  confondue  avec 
le  V.  asarifoiia  qui  en  differe  bcaucoup,  mais  qu'elle  a  de  grands 
rapports  avec  la  V,  maculata  de  Cavapiltes.  Cette  espece  est 
originaire  de  INew-Torck.  Les  autres  Viola  sont  :  V.  hlanda 
"Willd.;  V.  epipsila  Ledeb. ;  V,  hinceolata  L. ;  V.  uliginona 
Schrad.;  f.  unijlora  L. ;  V.  puheacens  et  V.  striata  kSx..;  V.  Ca- 
nadensish.  Trois  Hieracium  sont  figures  dans  le  meme  cahier, 
savolr  :  Hieracium  cji/wsum  'L.-^H. prcealtiim  Villars;  et  H.  obs~ 
curum,  nouvelle  espece  etablie  par  M.  Reichenbach,  et  qui,  a 
la  seule  inspection  de  la  figure,  ne  semble  qu'une  legere  variete 
de  la  premiere.  Cette  decade  est  terminee  par  le  Galeopsis  versi- 
color Curtis ;  une  variete  (  simplicifolia  )  de  la  Valeriana  dioica 
L. ;  2  varietes  de  la  Fedia  locusta  ;  la  Gentiana  uliginosa  Willd.  , 
qui  a  la  plus  grande  rcssemblance  avec  la  Gentiana  amarella  L- 
ou  G.  ge7manica\s"i\\A.,  mais  qui  en  est  distinguee  dansle  carac- 
tere  specifique  par  sa  corolle  quadrifide.  Cependant  des  echan- 
tlllons  a  corolle  quinquidde  dcposent  contre  la  validite  de  ce 
caractere. 

La  7*^.  decade  ne  renferme  que  des  especes  du  genre  Fedia  ou 
Valerianella.  Ce  sont  les  F.  carinata  ;  F.  dcntata  avec  ses  va- 
rietes; F.  auricula  Mert.  et  Koch. ;  F.  echinata  Vahl;  F.  JJnci- 
nata  Bieb.  et  F.  vesicaria  Vahl.  Plusieurs  de  ces  especes  sent 
des  plantes  rares  qui  out  etc  etudices  d'apres  des  individus  pro- 
venus  de  graines  dans  les  jardins  d'AUemagne. 

Quelques  especes  du  genre  Vlolette  occupent  encore  la  moitie 
des  planches  de  la  8".  livraison.  La  jolie  petite  Viola  nutninu- 
lariafolia  d'Allioni  et  De  Candolle  occiq)e  la  i"".  gravure  en 
mcme  temps  que  la  V.  rupeslris  Schmidt,  plante  tres-litigieuse 
et  facile  a  confondre  avec  les  suivantes  :  V.  Allionii  Pio ,  et  scs 
varietes ,  qui  se  rapportent  a  la  V.  arenaria  D.  C. ,  et  Viola  ca- 
nina  L.  Cette  decade  se  compose  en  outre  de  la  Scabiosa  suaveo- 


Botanique.  55 

litis  Dcsf.,  accompjij^iu'e  de  details  floraux  qui  la  distingueni 
des  especes  voisincs  ;  des  i  variiHcs  de  la  Campamdn  persicifolia, 
nomniees  calycma  ct  infiimUbulum  ,  la  i^'".  a  cause  du  develop- 
pcment  de  ses  folioles  calycinales,  et  rautre  en  raison  de  la  forme 
de  sa  corolla;  des  Campanula  excisa  Schl.,  et puhescens  Schm.; 
enfin  des  Eiysimum  repandum  L. ,  et  E.  odoraturn  Erh. 

J.  A.  Gdillemih. 

5o.  Mkmoire  sur  i,a.  famille  des  ternstrormiacees,  et  en 
particulier  sur  le  genre  Sauraiija ;  par  M.  DecanDolle  ;  iu 
en  1820,  a  la  Soclete  de  physique  et  d'histoire  naturelle  de 
Geneve.  [Mem.  Soc.  d'hist.  Nat.  et  do  Phjs.  de  Geneve ,  t.  2, 
1823.) 

Linne  fils  fit  connaitre  (  ea  1781)  la  premiere  espece  du 
genre  Ternstroemia.  Enrichi  de  plusieurs  especes  decouvertes 
au  Perou  par  Ruiz  et  Pa  von,  el  dans  la  Guiane  par  Aublet^ 
qui  en  avait  fait  un  genre  distinct  sous  le  nom  de  Taonabo ,  le 
Ternstiocmia  fut  considere  par  M.  Mirbel  (en  i8i3)  comme  le 
type  d'une  nouvelle  famille  qui  ne  comprenait  encore  avec  lui 
que  leFreziera  de  Swartz.  M.  Robert  Brown  (en  1818),  dans  un 
memoire  sur  trois  iiouvelles  plantcs  de  la  Chine,  prouva  que 
VEurya  deTliumberg  devait  se  placer  i  cole  deux  dans  cette  fa- 
mille. Elle  fut  le  sujet  d'un  memoire  special  que  M.  Decandolle 
jiresenta  a  la  Socicte  de  j)hysique  de  Geneve,  en  1820,  mais 
dont  nous  n'avons  eu  connaissance  que  recemment ;  I'auteur  y 
expose  les  details  historiques  offerts  ici  plus  brievement;  aux 
genres  indiques  plus  haut  il  ajoute  le  Lettsomin  de  la  Flore  pe- 
ruvlenne,  le  Palava  du  meme  ouvrage  ,  qu'il  apelle  Apaletia 
parce  qu'il  est  different  du  genre  deja  et;ibli  sous  le  i*^*^.  nom  par 
Cavanilles,  ct  le  Saurauja  de  Willdenow,  sur  I'histoire  duquel  il 
s'etend  davantage  en  eu  faisant  connaitre  plusieurs  especes  nou- 
velles.  II  donnc  les  caracteres  detailles  de  la  famille  ainsi  augmen- 
tce,  qu'il  divise  en  trois  sections,  et  fmit  par  discuter  ses  rap- 
ports naturels ,  sans  toulefois  determiner  sa  place  avec  certitude. 
La  description  latine  de  la  famille,  des  sections,  des  genres  et 
des  es])eces ,  termine  ce  memoire. 

M.  Kunth,  en  Iraitantdes  Ternstrremiacees  ,  dans  ses  Nova- 
genera  et  species  plant,  (rquino.r.,  les  enrichit  d'un  nouveau 
genre  qu'il  nomnia  Laplacea ,  et  cette  memo  famille  fut ,  dans 
un   memoire    sur  les   Malvacees,   quil   ptiblia    la   meme   annco 


56  J^oi(ini(juc. 

(1822),  I'objet  (le  pliisic'.irs  notes  intcressantcs ;  il  en  rappro- 
chait  le  Bombax gossypium  de  Liiiiu'',  qu'il  indiquait  comine  type 
d'un  genre  nouveau,  nomm^  par  lui  Cochlosperinutn ,  le  Ventc- 
natin  de  Beauvois,  le  Stewartia  de  Linne ,  VOncoba  de  ForskaeJ, 
et  meme  les  genres  Gordonia  et  Malacodendron  de  Cavanilles. 
En  effet  il  rennissait  ces  derniei's  aux  Tlieacces  ou  Camelliees , 
qu'il  regnrdait  coinme  formant  tout  au  plus  une  section  de  la 
meme  famllle. 

M.  Decandolle  parait  pnrtager  ces  opinions,  car  tous  les  gen- 
res, a  rexception  deYOncoba,  sont  compris  parmi  lesTerns- 
trcemiacees  dans  le  premier  volume  de  son  Prodromux  qui  vient 
de  paraitre  (1824)  \  il  en  dccrit  i3  dans  lesquels  sont  reparties  5^ 
especes;  si  nous  en  ajoutons  plusieurs  nouvelles  que  M.  Kuntli  a 
publiees  vers  la  meme  epoque  dans  son  Synopsis ,  en  donnant 
plus  de  perfection  a  plusieurs  caracteres  generiques,  nous  aurons 
done  sur  la  famille  dos  ternstroemiacees  dcs  materiaux  aussi  com 
plets  qu'on  j^cut  les  trouver  en  ce  moment  dans  les  ou\rages  de 
botanique. 

Cette  famille  renferme  58  especes,  36  originaires  de  i'Ameri- 
que,  21  de  I'Asie  et  une  seule  de  I'Afrique  ,  toules  exotiques  par 
consequent,  et  croissant  la  plnpart  dans  les  contrees  equatoria- 
les.  La  presence  ou  I'absence  de  bractees  calicinales,  le  nombre 
et  la  position  relative  des  sepales  et  des  petales,  la  separation  ou 
la  reunion  dc  ceux-ci,  I'insertion  mediate  ou  immediate  dcs  eta- 
mines,  et  celle  des  antlieres  sur  les  filets,  la  distinction  et  la 
soudiire  des  styles,  et  le  degrc  de  cette  derniere,  tels  sont  les 
caracteres  que  M.  Decandolle  a  juge  propres  a  fonder  4  sections 
qu'il  nomme  Ternstroemiacees,  Frezierees^  Sauraujces ,  et  La- 
placees,  auxquelles  il  en  associe  avec  doute  une  derniere,  les 
Cordonides.  Dans  les  trois  premieres  les  petales  sont  en  meme 
nombre  que  les  s(''pales ;  ils  leur  sont  opposes  dans  les  Terns- 
troemiacees (  caractere  donl  M.  Runth  ne  fait  pas  mention)  et 
soudes  a  leur  base;  alternes  et  libres  dans  les  Frczicrees.  Du 
reste  ces  deux  sections  prescnient  de  meme  des  bractees  cali- 
cinales, des  styles  sondes  presque  en  totalile,  dcs  antlieres  ad- 
noes  aux  filets;  tandis  que  dans  les  Sauraiijccs  on  trouve  ab- 
sence de  bractees ,  petales  sondes  a  leur  base,  styles  libres  et 
anlbtres  fixes  par  le  dos;  dans  les  Lnplacees,  le  nombre  des  pe- 
tales <iui  sont  libres  surpasse  plusieurs  fois  celui  des  sepaJcs; 
les  bractees  raanqucnt;  les  antlieres   s'altachent  par  leur  base, 


Botanique.  5  7 

les  styles  se  soudt'nt  en  un  seiil.  Quant  aux  Gordn/uces ,  leurs 
caracteres,  differens  en  plusienrs  points,  ont  ete  moilelcs  sur  ceux 
du  genre  auquel  ellcs  doivcnt  ce  nom.  M.  Decandolle  a  fait  de 
plus  entrer  dans  les  caracteres  diffurentiels  des  sections,  ceux 
quil  tire  de  la  differente  structure  des  graines;  mais  en  excep- 
tant les  sections  lormees  d'un  genre  unique,  cette  structure,  qui 
n  a  pu  etre  observee  dans  tons,  et  qui,  dans  ceux  ou  elle  I'a  ete, 
vane  de  I'un  a  I'autre,  doit-elle  etre  caracteristique?  Ad.  Juss. 

5i.  HisToiRE  des  Plantes  Ics  plus  remarquables  du  Bresil  etdu 
Paraguay,  par  M.  Auguste  de  Saint-Hilaire  ,  correspon- 
dant  del'academie  des  sciences,  membre  de  plusicurs  societcs 
savantes.   (  Prospectus.  ) 

D'excellens  ouvrages  ont  fait  connaitre  aux  amateurs  et  aux 
naturallsles  les  plantes  du  Pcrou  et  du  Chili;  mais  on  n'avait 
point  encore  etudie  la  vegetation  du  Bresil ,  et  il  restait  une  im- 
mense lacune  dans  la  flore  del'Amerique  nieridionale.  C'est  pour 
la  remplir  que  M.  de  Saint-Hilaire  va  publier  une  Histoire  des 
Plantes  les  plus  remarquables  du  Bresil  et  du  Paraguay.  Cette 
histoire  est  destinee  a  former  le  complement  de  la  Flore  du 
Perou  par  Ruiz  et  Pavon ,  et  du  Nova  Genera  de  MM.  de  Hum- 
boldt et  Kunth.  En  reunissant  les  deux  ouvrages,  on  aura  peu 
de  chose  a  desirer  sur  la  vegetation  de  I'Amerique  mcridioiinle. 
Les  dessins  executes  avec  soin ,  et  en  partie  colories,  offriront 
aux  amateurs  des  formes  qui  leur  etaient  inconnues,  des  modeles 
aux  artistes ,  et  a  ceux  qui  cultivent  la  botanique  des  anatomies 
soigneusement  tracees,  Au  reste,  pour  donner  une  idee  exacle 
dubut  et  du  plan  de  cet  ouvrage,  nous  ne  croyons  pouvoir 
mieux  faire  que  de  publier  I'avant-propos  de  I'auteur  : 

«  Une  collection  de  plantes  exlremement  considerable  a  etc  , 
pour  la  botanique,  le  resultat  de  mes  voyages  dans  Tinterieur 
du  Bresil  et  les  Missions  du  Paraguay  ;  mais  si  je  n'eusse  fait  que 
recueillir  et  dcssecher  des  echantillous,  je  n'aurais  point  atteint 
ie  but  que  je  m'etais  propose,  celui  de  connaitre  la  vegetation, 
des  contrees  que  je  parcourais.  Toutes  les  especes  que  j'ai  rap- 
portees  ont  ete  analysees  sur  les  lieux;  j'ai  pris  les  divers  rensei- 
gnemens  qui  pouvaient  repandre  quelque  interet  sur  leur  his- 
toire, etje  me  suis  livre  surtout  a  I'etude  des  rapports  qui  elevent 
la  botanique  au  rang  des  sciences  les  plus  j)lillusopliiques.  L'ou- 
vrage  que  je  public  aujoutd'hui  contiendra  une  partie  de  mes  ob- 


58  Bo/(t/iiqne. 

serv;itipn.s.  Jo  ne  nie  roiitentcrai  p<iint  d'y  decrire  dcs  esprtvs 
nouvelles;  je  prt-senterai  nne  suite  de  dissertations  siir  la  bota- 
nique  propreraent  dito,  la  pliysiologie  vegetale,  les  affinitt'-s  des 
iaiiiillcs  entre  elles ,.  et  je  tacherai  de  repandre  dans  ce  recucii! 
toule  la  variete  dont  il  est  susceptible.  Ainsi,a  une  nionogra- 
j)hie  des  genres  Saiwagesia  et  La^'radin,  oii  je  pnsserai  en  revue 
Ics  rapports  d'une  longue  suite  de  genres,  je  donnerai  un  Ble- 
nioire  pliysiologlque  sur  le  Gynohase,  et  j'y  discuterai  I'organisa- 
tion  de  la  famille  des  Rutncccs.  La  relation  d'un  empoisonnc- 
ment  occasione  par  le  mlel  de  la  gnepe  Lecheguana  me  con- 
duira  a  cntrcr  dans  quelques  details  sur  les  plantes  iiurcofiques 
et  veneneuscs.  Dans  un  autre  mcmoire  ,  egalement  historiquc,  je 
ferai  coruiaitre  la  veritable  herhe  dti  Paraguay  et  les  diverses 
cspeces  que  Ton  a  confondues  avec  elle.  Une  seconde  disserlatiou 
sur  le  Gynobase  me  donnera  lieu  d 'examiner  cc  qu'il  y  a  de  plus 
delicat  dans  la  structure  du  fruit  des  T^ci-henacees ,  des  Labiees , 
des  Borraginces  et  des  Convohmlacees.  J'examinerai,  dans  un 
nouvcau  Merooire  sur  le  Placenta  central,  diverses  plantes  dont 
je  n'ai  point  parle  dans  mes  Memoires  precedens  sur  le  meme 
sujet.  Quelques  nionographles  me  condulront  a  faire  figurer  des 
especes  remarquables,  tantot  par  la  grandeur  et  la  bcaute  de 
leurs  fleurs,  tantot  par  la  slngularite  de  leurs  formes. 

»Onconcoit  qu'embrassantquelquefois  des  sujets  tres-etendus, 
tels  que  ceux  qui  sont  relatifs  a  la  structure  des  organcs  et  aux 
affinltes  botaniques,  je  nc  saurais  me  borncr  a  I'exameu   des 
plantes  du  Bresil  et  du  Paraguay;  une  foule  d'observations  que 
j'avais  faites  avant  de  commencer  mon  voyage,  et  qui  etaieut 
destinees  a  une  Histoitv  du  pistil  et  des  fruits  des  plantes  de  la 
France,  entreront  dans  mes  dissertations;  elles  en  augmenteront 
I'inter^t,  et  me  permettront  de  generaliser  davantage  mes  idees. 
u  A  la  suite  de  chaque  dissertation  viendra  la  description  lafine 
des   genres  nouveaux  et   des  cspeces  nouvelles  dont  j'aurai  fait 
mention,  et  a  ces  descriptions  seront  jointes  encore  des  obser- 
vations de  details  ccrites  en  francais.  Des  planches,  dont  le  tiers 
environ  sera  enpartie  color ie  ,  el  <pii  represenloront  Ics  plantes 
les  plus  curieuses,  accompagneronl  I'ouvrage.  Elles  seront  gra- 
vces  en  taille-douce  d'apros  les  dessins  d'un  jeune  artiste  deja 
connu  par  ses  lalens  et  la  fidellte  de  son  crayon.  Si  je  n'ai  pu 
executer  moi-niemc  les  analyses  des  diverses  especes  ,  loutes  du 
raoins  out  etc  faites  sous  mes  ycux  ;  e I ,  pour  ces  details  delic.its, 


Botaniqiie.  Sq 

j'ai  fllrige  le  deseinateur  avcc  I'altention  la   plus  scrupulcuse. 

»  L'ouvrage  que  je  public  aujourd'liTii  n'a ,  coninie  on  Ic  voit , 
lien  de  commun  avec  celui  que  j'ai  annonce  sur  les  plantes 
usuellcs  des  Bra.iiliens ;  il  est  fait  sur  un  autre  plan,  I'execution 
en  sera  entiereinent  differente  et  les  memes  especes  n'y  reparai- 
tront  point. 

»  \JUistoire  des  Plantes  les  plus  remarqunhles  da  Bresil  et  du 
Paraguny  est  le  fruit  d'un  travail  auquel  j'ai  saerifie  de  longues 
smnees.  On  y  trouvera  sans  doute  bien  des  imperfections;  maisje 
puis  affirmer  du  moins  qu'il  a  etc  execute  avec  tout  le  soin  que 
j'etais  capable  d'y  mettre,  et  si  je  n'al  pas  mieux  fait,  c'est  qu'il 
m'etait  impossible  de  micux  faire.  » 

Conditions  de  In  souscription.  L'ouvrage  ,  imprime  \n-[i°.  sur 
grand-raisin  fin,  aura  deux  ou  trois  volumes.  Chaque  volume 
sera  divise  en  dix  livraisons  :  chaque  livraison  renfermera  cinq  a 
six  feuillcs  de  texte  et  cinq  a  six  planches.  Lorsque  les  Mcmoires 
seront  trop  considerables  pour  former  une  livraison,  nous  en 
publicrons  deux  a  la  fois :  ce  qui  aura  lieu  pour  les  deux  pre- 
mieres. Les  premiere  et  deuxieme  livraisons  paraitront  le  i5  mal 
prorhain;  les  troisieme  et  quatrieme  le  i5  juillet;  la  cinquicme 
le  i5  aout,  et  ainsi  de  suite;  et  comme  une  grande  partie  des 
dcssins  sont  graves, les  souscripteurs  seront  sei'vis  regulierement. 
Chaque  livraison  in-4"-  sur  grand- raisin,  S  fr.;  sur  grand-raisin 
velin  ,  1 5  fr.  Pour  etre  souscripteur  il  suffit  de  se  faire  inscrire 
chcz  A.  BELIN ,  editeur,  imprimeur-libraire,  rue  des  Mathu- 
rins-St.-Jacques,  n°.  14- 

52.  Flora  verqnensis  quam  in  prodromum  Italiae  septentrionalis 
exhibet  Cyrds  PoLUNius.Tom.  i,  cum  tabulis  sneis.  Veronse, 

1822.  (  Giorn,  dclV  Ital.  Lett.,  torn.  LVIII ,  Janvier  et  fevrier 

1823,  p.  161.) 

L'auteur  de  celte  flore  I'a  fait  preceder  d'observations  rela- 
tives au  sol ,  a  la  temperature  et  a  la  hauteur  barometrique  de 
la  province  veronaise  ,  et  aux  limites  qu'il  lui  a  plu  de  lui  assi- 
gner;  il  donnc  ensuite  une  indication  des  auleurs  qui  out  ecrit 
sur  les  plantes  de  Verone ,  et  il  expose  le  plan  de  son  ouvrage. 
Les  synonyraes  qu'il  ajoute  aux  descriptions  des  cspeccs  sont 
presque  tons  extraits  des  botanistcs  italiens,  ce  qui  est  plus  con- 
veriable  que  s'il  cut  doniie  ccux  des  savans  ctrangcrs;  niais  on 
remarque  qu'il  y  a  un  tres-pclit  nombre  de  nonis  tires  duPiuax 


Gi)  BotcinKjne. 

<lc  Bauliin,  ouvivige  qui  evite  la  reclierche  dos  denoniin;ilioi)s  si 

^ .iiiocs  et  si  vicieusos  des  iincicns  botanistes.  Personne  n'c'tait  j)lus 

♦  apable   de  produire   un  bon   ouvrage  sur  la  flore  de  Vt  rone 

que  M.  Pollini.    Ses    recherches   infatigables  sur  les  especes  de 

son  pays,  et  ses  connaissances  en  botanique,  en  sont  de  surs 

garans. 

Les  4  nouvelles  especes  decrites  et  fignrees  par  I'aulcnr  sont : 
1  .  Arundo  pygmcca;  cette  plante  nvalt  d'abord  ete  decrite  mais 
nonflguree  par  I'auteur  (//or^.  et pr ovine.  T'eron., plant,  not-.,  p.  A-) 
M.  Sprengel  I'a  reproduite  dans  ses  Plant,  miniis  cogiiit.  ,  pu- 
gil.  I  ;  elle  a  ele  trouvee  au  inonl  Baldo. 

1  .  Festiica  oryzetoruin ,  decrite  deux  fois  par  I'auteur  sons  le 
noni  A'Aif-a  palustris  dans  I'ouvrage  cite  plus  hant  et  dans  le 
catalogue  du  jardin  deVerone,  i8i4;  nominee  casniXe  A ira  uri- 
zctoruin  par  Sprengel  ( loc.  cit. ,  pug.  2  ,  p.  i8).  Elle  fleurit  en 
juin,  sur  lesbords  des  fosses  d'une  riziere  en  Italic. 

3".  Galium  Baldensc.  L'auteur  I'avait  d'abord  confondu  avec 
le  G.  saxatiie  de  Sternberg;  mais  M.  Sprengel  le  decrivit  comnie 
Tineespece  nouvelle  dans  ses  Plantce  miniis  cognitce,Yix\^.  i,  p.  lo. 
M.  Pollini  ,  qui  en  avail  fait  la  decou\erte  sur  le  inont  Baldo,  I'a 
retrouve  sur  les  sommites  de  j)lusieurs  montagnes  limitroplies 
«lu  Veronais  et  du  Tyrol. 

tiC  Campanula  Loreii.  Cetle  plante  a  recu  son  nom  speeilique 
de  celui  qui  I'a  decouverte;  elle  a  deja  fait  le  siijet  d'une  con- 
troverse  entre  les  botanistes  qui  se  livrent  a  I'etude  des  especes. 
M.  Balbis  [Catal.  hort.  Taurin.,  i8i3,  p.  20  )  I'a  nommee 
C.  baldens  in ;  et,  selon  MM.  Moretti  et  Link  ,  elle  parait  se  rap- 
porter  a  la  C.  ramosissima  de  la  (lore  grecque,  f.  204.  M.  le 
D*^.  Lorey  ,  qui  liabite  raainlenant  Dijon,  ou  il  se  livre  avec 
ardeur  a  des  reclicrclies  d'histoire  naturelle,  a  fixe  nos  idees 
sur  cette  espece  ;  il  s'est  convaincu  par  la  culture  que  cette 
j)lante  est  une  variete  reniarquable  de  la  Campanula  patula 
de  Linne. 

Dans  le  N".  du  Journal  itaiien  ou  Ton  annonce  la  Flore  de 
Verone,  on  signale  les  omissions  suivantes  :  Iris  tuberosa ,  L. ; 
Cyperus  viridii  ,  Pers. ;  Limnctis  jmngcns ,  Pers. ;  Lagurus  ova- 
tus ;  Avena  strigota,  Willd.  ;  Galium  datum,  Pevs.  ;  Ccntun- 
culus  minimus ;  Sanguisorba  officinalis  ;  Elteagnus  angustifo- 
lia  ;  Camphorosmti  monsprliaca  ;  Biijfonia  annua  •  Riippia  ma- 
ritiina  ;   (oris  mo//.\/M'licnsis  ;   I'luinbago  Eurnpa-a  ;   Camjxinula 


Botanique.  ,  6i 

Violfc,  Pers.;  Verhascum  gaUiciim,  Willd.;  V,  blattnrioides  ;  Ly- 
rtiim  curopreuni ;  Illccehrum  rarutiychia  ;  1.  capitatuni  ;  Glaux 
inarilima;  Cjnanchum  monspcliacum ;  C.  acuminatum ,  Movi- 
Ciind;  Apocynum  wnetum  ;  Gcntiana  campanulata,  Pers.;  Sium 
amomum;  Linum  auslriacum ,  Suffr.;  Aidrovanda  vesiculosa; 
Statice  speciosa  ;  Juncus  alpinus,  Villars;  Aphyllanthes  monspe- 
liensis;  Trientalis  europcea  ;  et  Daphne  dioica. 

Nous  ferons  observer  que  la  plupart  de  ces  especes  sont  indi- 
quees  dans  la  flora  du  Piemen t,  par  Allioni,  et  qu'il  serait  tres- 
possible  qu'elles  ne  fussent  pas  indigenes  du  Vcronais.  II  en  est 
d'ailleurs  quelques-unes  qu'on  doit  considerer  comme  douteuses; 
telle  est  entre  autres  la  Gentiana  campanidata ,  qui  n'est  peut- 
etre  qu'une  variete  de  la  C.  purpurea,  ou  de  la  G.  punctata,  L. 

J.-A.  G....N. 

53.   Agrostologie   belcique  ;  par  M.  Michel.  {Journal  d'Agr. 
du  Roy.  des  Pays-Bas  ,  noverabre  iSaS,  p.  3i4.) 

Plusieurs  cultivateurs  desPays-Bas  ont  temoigneledesir  decon- 
naitre  Its  grarainees  qui  croissent  dans  leur  patrie  ;  c'est  pour  leur 
facililer  la  connaissanre  de  ces  plantcs  intcressantespour  I'ao-ricul- 
ture,que  M.  Michel  publie  an]o\ivA'\m\\' Agrostologie  belgique, 
ou  un  Herbier  dcs  Graminecs ,  des  Cypi'racees  et  des  Joncees , 
qui  croissent  spontancment  dans  la  Belgique  ,  ou  qui  y  sent 
cultivees.  Chaque  centurie  sera  renfermeedansun  volume  in-fol. , 
en  demi-ligature,  avec  un  titre,  et  les  noms  de  chaque  plante 
iniprnncs  a  cote.  Chaque  echantillon  sera  place  isolcment ,  dans 
un  parfait  etat  de  dessiccalion  ,  et  offraiU  tons  les  caracteres  qui 
differencient  I'espece  de  ses  congeneres,  comme  on  pent  s'en  as- 
surer par  le  volume  joint  au  Prospectus  que  I'autcur  a  depose 
aux  bureaux  de  souscription.  Cet  herbier  n'aura  au  plus  que 
trois  volumes.  M.  Lcjeune ,  auteur  de  la  Flore  des  environs  de 
Spa,  est  charge  de  revoir  chaque  echantillon  qui  y  sera  depose, 
de  peur  qu'il  ne  se  glisse  des  crreurs,  faciles  a  commettre  dans  la 
distinction  de  plantes  qui  offrent  tant  de  ressemblance  entre 
elles  ,  et  dont  les  trails  distinclifs  sont  si  difficiles  a  saisir. 

La  premiere  centurie  paraitra  a  la  fin  de  cette  annee ,  la  i". 
sur  la  fin  de  1824,  et  la  3^  en  decembre  i8a5.  Les  sou- 
scripteurs  ne  paieront  chaque  volume  qu'a  sa  publication  ;  ils 
devront  les  rctirer  des  bureaus,  qui  seront  etablis  a  Liege  ,  a 
lUuxelles  ct  a  Gand. 


62  Botanique. 

On  ne  pale  rlen  d'avancc.  Prix  ;  20  fr.  la  centurie. 

Les  lettres  et  argent  doivent  ^tre  affrancliis.On  pent  souscrUt' 
au  burean  du  Journal  d' Agriculture  ,  Montagne  des  Aveugles , 
n°.  886,  a  Bruxelles. 

54.  Aloysii  Colla  illustkatio  generis  disodii,  additii  icone 
nondum  cognlia  speciei  ,  quam  divaricati  nomine  designarunt 
botanici,  {Mem.  dc  U Ac.  dcs  Sc.  dc  Turin  ,  t.  27,  18^3,  p.  323.) 

Le  genre  que  M.  A.  Colla  se  propose  de  decrire  dans  ce  Me- 
niolre,  a-vait  deja  etc  constitue  par  feu  le  prof.  Richard  ,  qui  en 
avaitrcconnula  distinction  d'avec  les  genres  Po/vv/zwrn,  ff'edelia, 
Alcina&t  Mdampodium.  M.  Kunth  avait  ncanmoins  rapportc  a 
ce  dernier  genre,  et  nomme  M.paliidonun  laseule  plante  dont  d 
se  compose.  Ce  rapprochement  n'est  pas  admlspar  M.  Colla  ,  qui 
se  fonde  sur  ce  que  le  receptacle  ^w  Mdampodium  est  convert  de 
paillettes  lanceolees  et  dislinctes  de  la  substance  du  receptacle, 
tandis  qu'il  assure  que  iXixn^X^ Djsodium,\GS  paillettes  constituent 
une  partie  du  receptacle  ,  et  disparalssent  ensuite  de  maniere  a 
ce  que  le  receptacle  devienne  nu.  De  plus  ,  I'akene  des  Me- 
lampodium  est  renferme  dans  une  cspece  de  capsule  paleacoe  , 
que  Linne  nomme  aigrette  monopliylle  vulvlforme  ;  et  Tauteur 
du  memoire  pretend  que  les  akenes  du  Dysodlum  ,  auxquels  d 
conserve  I'ancienne  expression  linneenne  de  graines  nues,  ne 
sont  pas  pourvus  d'une  enveloppe  semblable  ,  ou  du  moins  que 
cette  enveloppe  n'est  pas  de  meme  nature  que  celle  du  Melam- 
podium,  et  qu'en  outre  il  y  a  une  aigrette,  qu'il  considere 
conime  des  bracteoles  ou  appendices ,  toujours  adherentes  a 
la  graine,  et  destiuees  a  sa  dissemination.  Ces  distinctions  que 
M.  Colla  s'efforce  d  etablir  nous  semblent  prouver  plulot  en 
faveur  de  I'identitc  des  deux  genres ,  qu'elles  ne  lui  sont  con- 
traires.  II  discute  ensuite  I'opinion  de  MM.  Lagasca  et  R.  Brown  , 
qui  ont  considere  le  tegument  exterieur  des  akenes,  relative- 
nient  a  YAldna  et  au  Dysodium  ,  comme  une  ecaille  form.inl 
un  pericline  exterieur;  mais  il  nc  peut  se  resoudre  a  se  ranger 
a  leur  avis  ,  puisqu'il  n'a  vu  aucune  ecaille  ;  qu'il  a  apercu 
au  contraire,  a  differentes  periodes  de  la  raaturite  ,  des  decou- 
pnres  calicinales  ,  et  que  I'organe  en  question  ,  par  son  adhe- 
rence a  ce  qu'il  nomme  emlopl.'rtr  ,  doit  tire  considere  comme 
un  veritable  test.  Ceci  I'amene  a  quelqucs  reflexions  critiques 
sur  la  nomenclature  dc  M.  Ca-isini,  qu'il  regarde  comme  obscure 


Botaniqiie.  63 

€t  superflue ;  mais  I'auteiir  fiiit  peul-efrc  remarqner  ici  un 
atlacheincnt  trop  cxclusif  a  tout  ce  qui  est  du  a  rinimortel 
Linne  ,  pour  que  son  avis  soit  d'une  grande  autorite. 

M.  Colla  exprime  eiisuite  les  differences  deson  genre  d'avec  les 
Polymnia  ,  Alcina  et  If'edelia.  Le  calice  ,  qui  est  double  dans  le 
premier  de  ceux-ci ,  est  simple  ou  compose  d'un  seul  rang  dc 
i'olioles  dans  le  Dyxodium  ;  et  d'un  autre  cote,  ce  genre  se  distin- 
gue des  Alcina,  ff'edclia,  par  la  forme  des  akenes,  leur  substance 
etses  appendices.  D'apres  ces  considerations,  voici  comment  il 
en  reforme  les  caracteres  generiques  :  Dysohium  I^Syngencsla 
poljganua  /lecessaiia  L.;  Corymbi/eree,  Jtiss.;  Synanthcrce,  Rich. 
Br.  J  Helianthece  ,  Cassini.  )  Calyx  (  involucrura  )  simplex  , 
\-phyllus ,  i)-parlitus.  Corollce  radii  8-10,  disci  numerosee. 
Gerrn.  dijforme.  RcceptaciUum  nudum  columnci  centrali.  Sem.ina 
di/formia,  nuda  ,  basi attenuata  ,  latere  externa  convexo  superne 
bigianduloso ,  apice  oblique  truncato  ,  receptaculi  columnarn 
circumvoh'entia  ,  eiquc  basi  adnexa. 

La  phrase  specifique,  ou  le  caractere  essentiel  du  Dysodiitm 
lUvaricatum  ,  est  ainsi  exposee  :  D.  caule  herbaceo ,  ramis  di\'a- 
ricatis  ,  foliis  oppositis  oralis  ,  basi  in  petiolum  attenuatis, 
apice  subacuminatis ,  incequaliter  grasse  dentatis  sinuatis\'e,  pc- 
dunculis  in  dichotomin  solitajiis,  Yiennent  ensuite  la  synonymic , 
une  description  detaillee  de  la  plantc,  et  I'explication  de  la 
figure  qui  se  trouve  en  tete  du  Memoire,  avec  I'analyse  des  or- 
ganes  reproducteurs.  J.  A.  Guillemin. 

55.  Les  Roses  ,  par  P.-L  Redoute  ,  avec  le  texic  ,  par  Cl.  Ant. 
Thory  ,  membre  de  plusieurs  Socictes  savantes.  So",  livr. , 
in-fol. ,  de  6  feuill.  et  un  portrait.  Prix  :  25  fr.  Paris  ;  chcz 
I'aiiteur,  rue  de  Seine  ,  n°.  6. 

56.  HiSTOiRE  GENERALE  DES  HYPOxii.oNs  ,  description  des  genres 
et  des  especes  qui  forment  cette  grande  tribu  des  vegetaux  ; 
et  scparenient  en  un  volume  ,  Histoire  iies  graphidees  ; 
par  F.  F.  (;hkvallier  ,  D.  M. ,  membre  de  plusieurs  Societes 
savantes.  (  Prospectus.  ) 

Bulliard ,  en  publiant  son  Herbier  de  la  France,  dont  les 
champignons  font  partie,  a  rendu  un  grand  service  a  la  science. 
A  cette  epoque  ,  I'etude  des  champignons  se  trouvail  tres-diffi- 
cile  et  sujette  a  beaucoup  de  confroverses ,  comme  on  peut  s'en 
convaincre  en  lisant  les  auteurs  qui  ont  ccrit  sur  cette  malicre: 


g/  Boianique. 

,,en  de  personnes  s'y  livn.ient ;  on  clait  rebute  par  le  vague  des 
descriptions  ,  rien  n'avait  ete  fait  pour  aplanir  les  d.fficultes  ;  et 
si  quelques  homnies  ,  i  force  de  travail  ,  etaient  parvenus  a  de- 
brouiller  ce  chaos,  leurs  decouvertes ,  renferraees  dans  le  silence 
du  cabinet,  perlssaient  avec  eux.  L'art  de  decnre  les  vcgetaux 
6talt  peu  avance  ;  les  descriptions  etaient  vagues  et  sans  preci- 
sion •  on  reunissait  plusieurs  genres  sous  une  nieme  denomina- 
tion; on  manquait  de  figures,  ou  bien  celles  qu'on  avait  gravees 
etaient  inexactes  et  n'offraient  aucun  caractere  distinctif. 

Malgre  la  precision  que  I'auteur  veut  apporter  actucllement 
dans  ses  descriptions,  malgre  les  avantages  que  donnent  la  me- 
thode  et  les  progres  de  la  classification  ,  au  moyen  desquels  la 
science  s'avance  appuyec  sur  des  fonderaens  solides,  les  figures 
coloriees  deviennent  indispensables  pour  l'ctu,le  de  plus.eurs 
grandes  divisions  de  la  cryplogamie  ,  dont  les  ind.vidus  sont 
d'une  conservation  difficile  et  susceptibles  d'etre  altcres  par  le 

temps. 

II  est  egalement  impossible  d'expriraer  certains  caracleres 
microscopiques,  que  la  peinture  seule  pcut  bien  rendre.  C'est 
done  la  le  seul  moyen  de  faire  faire  des  progres  a  cette  science 
nouvelle,  qui ,  par  la  multiplicite  des  decouvertes  ,  retomberait 
bient6t  dans  la  confusion.  Les  collections  de  cryptogamcs  des- 
seches  et  mis  en  cahier  ,  telles  que  les  stirpes  ajptogannrce  de 
MM  Mougeot  ct  Nestler ,  celles  de  Scheeicher,  sont  trcs-utiles 
sans  doute  pour  etendre  les  limites  dc  la  science  en  propa- 
ceant  les  connaissances  et  en  ramenant  les  opinions;  mais  ces 
collections  n'auront  qu'une  duree  passagere;  elles  disparailront 
avec   le  temps  ,  et  I'on  ne  sera  pas  toujours  a  mcmc  de  les  re- 

nouveler. 

M  Chevallier  porte  trop  d'int^ret  aux  progres  dc  cette  partie 
interessante  de  la  science  pour  se  d^courager  ,i  la  vuc  des 
obstacles  qu'il  aura  h  surmonter  en  entreprenant  la  tache 
difficile  de  publier  tons  les  genres  et  les  diverses  especes  de  la 
iribu  des  Hypoxvlons  ,  les  Irois  grandes  divisions  du  genre 
Opegrapha  ,  accompagnees  des  details  vus  au  microscope.  II  y 
mettra  tout  le  soin  que  demande  un  travail  aussi  minut.eux , 
et  dont  il  possede  tons  les  materiaux. 

Get  onvragc  formera  vingt  livraisons  ;  la  premiere  paYailra 
fin  de  mai  prochain.  I.e  prix  de  chaque  livraison  ,  eontenant 
environ  cinq  feuillrs  <le  lexte  ,  el  ri.,q  plancl.cs  gravees  en  taille- 


Botanique..  65 

tionce  €t  colorizes  avec  la  plus  grande  cxaclitude  ,  sera  de  g  fr. 
Le  texte  ,  comprenant  sur  cliaque  genre  et  chaque  espece  la 
plirase  latine  avec  la  description  francalse,  sera  imprime  dans 
le  format  in-4''.  ,  par  MM.  Firmin  Didot  pere  et  fils.  M.  Pretre, 
dessinateur  de  la  Commission  d'Egypte  ,  connu  par  ses  travaux 
sur  rixistoire  naturelle  ,  sera  charge  des  dessinset  de  I'impression 
en  couleur.  Chaque  planche  coloriee  sera  retouchee  avec  soin. 
Les  dessins  sont  fails  d'apres  nature  et  sons  les  ycux  de  I'auteur. 
L'execution  de  la  gravure  a  ete  confiee  a  M.  Victor.  On  souscrit 
a  Paris  ,  chez  Firmin  Didot  pere  et  fds  ,  libraires,  rue  Jacob, 
n".  24  ;  et  chez,  Crevot  ,  libraire  ,  rue  de  I'Ecole-de-Mede- 
citie  ,  n".   3. 

57.  M.  BoNPLANo  continue  d'explorer  le  Paraguay  avec  le  zele 
le  plus  digne  d'eloges.  II  a  deja  recueilii  2000  plantes,  et  une 
grande  quantite  de  graines.  Parmi  lesplantes  qui  ont  le  plusparti- 
culierement  attire  son  attention  ,  se  disfinguent  trois  espcces 
d'indigo,  fort  superieures  a  celle  dont  on  extrait  la  couleur  connue 
sous  ce  nom  ,  a  Caraccas,  an  IJresil,  au  Mexique  et  dans  I'lnde.  Si 
leur  culture  etail  encouragee  par  le  gouvernement ,  elles  fourni- 
raient  un  nouvel  article  d'exportations  tres-important  pour  uii 
pays  qui  n'en  a  encore  que  tres-peu.  La  garance  croit  dans  la 
plupart  des  forets ;  ccile  qui  se  trouve  dans  la  Sierra  de  Cordova 
et  quelques  autres  parties  est  d'une  qualite  supcrieure ,  et  four- 
nit  une  couleur  brillante. 

M.  Bonpland  ne  se  boi-ne  point  a  la  botanique ;  ii  forme  ega- 
lement  des  collections  d'insectes  et  de  mineraux  ,  et  rassenible 
des  observations  gcologiques.  Son  sejour  dans  ces  contrees  con- 
tribuera  beaucoup  aux  progres  des  sciences  naturelles,  et  pourra 
meme  etre  fort  utile  au  commerce.  [  Extrait  de  Vlfivestigatcur , 
r)?.  XII,  avril  1823  ,  p.  429. )  D.  U. 

58.  Extrait  d'une  lettre  de  MM.  Ruhl  et  Van  Hasselt  datee 

de  Tjichanjavor  (ile  de  Java)  au  pied  du  Pangerango,  le  20 

juillet  i82i.(  Algem.  Konst  en  Letterhode,  1822.  ) 

Depuis  6  mois  que  noussommes  ici  nous  avons  deja  forme  une 

grande   collection    de  plantes.  La    vegetation    est  extremement 

riche  a  Java,  et  Ton  en  voit  changer  la  nature  en  parcourant  seu- 

Icment  quelque  lieues  de  pays,  ou  en  examinant  les  pentes  oppo- 

sees  d'une  meme  montagne.  Cette  richesse  se  raanifeste  surtout 

dans  les  families   suivantes  :    Malvacce ,  Leguinince ,  Riibwcvv  , 

B.  Tome  II.    -  5 


66-  Botaiiique. 

Bignoniacete  ,  Acanlhacece  ,    Euphorhiaccce ,    llrticere  ,    Orc/ii— 
electa ,  Drymyrhizece  ,  Aroidcce  ,  Grainicce ,  Eilices  ct  Fungi. 

En  Urticees  il  se  trouve  ici  beaucoiip  d'especes  depoivres. 
Nous  avons  deja  Irouve  70  especes  du  genre  Fictts  dont  nous 
avons  fait  dessiner  les  feuilles  et  les  fruits. 

En  raison  de  la  grande  varieto  de  formes  les  Orchidees,  Aroidees 
et  Drymyrhizees  apparliennenl  aux  families  les  plus  interessantes 
de  la  Flore  de  Java.  Nous  avons  decouvert  12  nouveaux  genres 
dans  la  famille  des  On  hidees  qui  se  rapprochent  des  Palladium 
et  Arum  ,  et  que  nous  avons  fait  flgurer  aussi  exactement  que 
possible.  En  general  nous  nous  falsons  un  devoir  de  figurer  les 
fleurs  et  les  parties  sexuelles  de  touteslesplantesque  nous  obser- 
vons.  Au  teste ,  si  Ton  peut  ajoutcr  foi  aux  descriptions  dc 
SprengeleX.  de  Schwarz,  et  si  Ton  s'en  tient  rigoureuscment  aux 
regies  ,observees  par  Brown  et  Ricliard,  il  rcsle  encore  beau- 
coup  de  genres  a  faire  dans  cette  famille.  La  plnpart  de  ces  Orchi- 
deacees  ont  ete  trouvees  par  nous  dans  les  forets  inhabitecs;  elles 
y  croissent  sur  les  troncs  d'arbres  pouris.  M.  Rcinwardt  avait 
recueillidejabeaucoup  de  ces  plantes;  mais,malgreson  assiduite, 
nous  avons  decouvert  encore  beaucoup  d'especes  qui  n'avaient 
pas  ete  observees  par  lui  ou  figurees  parses  dessinateurs.  Autant 
que  nous  avons  pu  nous  en  assurer  par  nos  recherches  ,  Java  n'a 
qu'une  seule ,  espece  de  la  famille  des  Equisatocees  :.c\\e  croit 
a  une  elevation  de  2000  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer  et 
ressemble  beaucoup  a  VE.  hyemale. 

Nous  possedons  deja  i85  fougeres,  parmi  lesquelles  il  y  a 
8  genres  nouveaux.  Les  fougeres  gigantesques  ou  arbres  fougeres 
donnent  un  coup  d'oeil  magnifique ,  et  on  ne  peut  se  figurer  rien 
de  plus  beau  que  leur  tiges,  hautcs  de  20  jusqu'a  60  pieds,  du 
sommet  desquelles  pendent  des  feuilles  dccoupees  de  la  maniere 
la  plus  variee  comme  des  plumes  d'autruche.  Apres  cette  famille 
les  genres  Polypodium  Aspidiuin  ,  Asplenium  ct  Diaplazia  sont 
les  plus  riches. 

Quant  aux  mousses,  beaucoup  de  roches  en  sont  tapissees,  et, 
arriveaunc  liauleur  de  5ooo  pieds,  on  en  voitaussi  tons  Icsarbres 
revetus.  Nous  avons  trouve  et  fait  dessiner  3  especes  de  Mar- 
chantia. 

Nous  avons  observe  et  decrit  environ  i5o  especes  de  C/ja;«- 
/)/n'«o«*  dont  une  centalne  est  figuree.  Les  climats  chauds  pro- 
tiuisent  dans  cette  famille,   comme  dans  ccile  des  fougeres,  des 


Zoologie.  67 

formes  gigantesques  ;  c'est  ainsi  que  nous  avons  vu  des  Sphaeria 
longs  de  6  a  10  pouces,  un  Boletus  apits  etait  large  d'un  pied  -, 
et  un  Thalaphora  crepidopus  avail  8  pouces  de  large  sur  6  de  long. 
Les  couleurs  en  sont  aussi,  en  general,  plus  vives  qu'cn  Europe. 
Une  espece  de  Boletus ,  qui  fait  partie  de  notre  collection  ,  est 
toute  entiere  d'un  ccarlale  pur. 


ZOOLOGIE. 

5g.  HiSTOIRE  NATURELLE  DES  MAMMIFERES,  aVCC  dcS  figUrCSOrigi- 

nales,  coloriees ,  dessinees  d'apres  des  animaux  vlvans. 
Ouvrage  public  sous  I'autorite  de  radministration  du  Museum 
d'histoire  naturelle ,  par  MM.  Geoffroy  Saint-Hilaire  ,  et 
Fred.  Cuvier.    (  Prospectus. ) 

Get  ouvrage  etant  arrive  a  sa  40^.  liv.  a  &lh  suspendu  mo- 
mentanement  afin  qu'on  put  recueillir  de  nouveaux  materiaux 
pour  le  continuer.  L'intervalle  qui  s'est  ecoule  depuis,  a  ete  mis  a 
profit ;  des  dessins  nouveaux  ont  ete  rassembles  ,  et  sa  publica- 
tion va  etre  reprise  avec  une  nouvelle  activite  et  de  nouveaux 
soins. 

Les  40  liv.  publiees  par  M.  le  C.  de  Lasteyrie  forinent  2  vol. 
qui,  pour  etre  relies  ,  ont  besoin  de  leurs  litres  el  de  leurs  tables. 
Nous  donnerons  les  uns  et  les  autres,  de  la  44*''  a  la  46*^.  liv., 
avec  unavertissement  necessaire  pour  I'arrangement  des  figures 
et  de  leur  lextc. 

Jusqu'a  present  cet  ouvrage ,  public  gr.  in-fol. ,  n'avait  pu  pe- 
netrer  que  dans  ces  riches  bibliotlieques  pour  lesquelles  la  for- 
tune publique,  ou  les  fortunes  particulieres  font  de  grands 
sacrifices  ;  elil  ctait  en  quelque  sorte  reste  inaccessible  a  celles 
qui  sont  plus  exclusivement  destinees  au  travail  et  a  I'elude.  Afin 
de  rendre  profitables  a  celles-ci  les  avantages  qiie  la  science 
peul  retirer  de  celte  liistoire  des  Mammiferes,  nous  donnerons 
en  meme  temps  que  I'edilion  in-folio ,  nn  ouvrage  in-4°.  qui 
contiendra  aussi  le  plus  grand  nombre  possible  d'especes,  avec 
une  liistoire  et  des  descriptions  parliculicrenient  appropriees  a 
sa  nouvelle  destination,  de  sorte  que  ces  deux  ouvrages  ,  sans 
etre  les  memes,  pourront  cependant  jusqu'a  un  certain  point 
tenir  lieu  I'un  de  I'autre.  Cette  liistoire  et  description  des  Mam- 
miferes, que   nous  annoncons  in-4''.,  a   surtout    pour  objel  de 


C8  Zoologie. 

former  le    compl.'.n.enUle  la  par.le  .les  Man.n.lferes  du    regn. 
nninial  rli^trlbuc  cVapr^s  son  orgamsaUon  ,  par    M.   le  baton 

^Ta^e  Uv.dolm-fol.paraitradans   le   courant  de  mal  pro- 
chain    lax".  Uv.de    rm-4".   dansle  courant  de  jum  avec    a 
^e  d'e  -in-fol.  Le  prlx  de  la  liv.  de  rouvrage  in-fo    est  de  i5  fr.- 
/,2.aeiiii>  1  rnmnosee  de  6  fis.  dessinees 

Celulde  la  liv.  de  I'ouvrage  in-4  -,  coraposce  ae  o    „ 
et  color.,  accompagnees  de    leur   texte  ,   impnn,ees   sur    son 
<.rand  raisin.  7  fr.  papier  veiin  d'Annonay. 
"^  iVo.«.  Les  figures  seront  tirees  sur  papier  d'Annonay.  Le  texte 
.ksdeux  editions  sera  i:nprime  avec  des  caracteres  neufs ,  et 
rien  ne  sera  neglige  pour    I'executlon  de  cet  xn^portant  ou- 

"on  souscrit  che.Belin,  editenr  ,  inxprinxour-libraire  ,  rue  des 
Malhurins  Saint -.Tacques,  n".  i4- 

TXOT,  zoox.ooxQXJEfaite  dansl'ile  de  Sumatra  et  daixs  es  terres 
"u   I'avoisinent ,  avec  des  notes  additionnelles  sur       .0  re 
Iturelle  de  ce^econtree;  par  sir  St^mhokh  Y......S. {Trans. 

Soc.  Linn.  torn.  i3,  part.  i. ) 

M  Raffles  fait  preceder  ce  catalogue  d'un  expose  des  nxoyens 
, u^l'felpWe.  pour  fornxer  la  collectxon  des  an.nxaux  ^e  .«- 
Ta  a  de  tin'ea  enrichir  le  cabinet  d'bistoire  naturelle  de  la 
rxLpa'gn  des  Indes.  Apres  avoir  paye  le  trib.xt  ce  sa  recon^ 
Sn'ce  .  la  xn.moire  de  feu  le  docteur  Joseph  Arnold  on 
anxi  qui  I'a  beaucoup  aide  dans  son  enlrepr.se  ,  .1  declare  que 
leTdescriptions  qu'il  va  donner  dans  ce  eatalogxxe ,  .sont  le  resul- 

^^^^r;x^:S^^Uroxeuneindicationdes.axnxni.r^^ 
de  Sunxafra  et  la  description  d'un  certain  nonxbre  d  «peces,  qu 
n'avaientpasencore  ete  observc^espar  les  naturabstes.Plusxeurs  de 
Is  anixxx'ux  out  d.,a  ...  d.cri.s  dans  quelques  ^^^^^^ 
mem  publics  tels  que  les  Zooloslcal  researches. n  Ja.a  de  M.  Hot  s 
field     I'histoire  des  nxanxnxiferes  par  M.   Fred.  Cuv.er  .  la   nou- 
velle  edition  des  ossenxens  fossiles  de  M.  G.  Cuv.er  et  la  rnamnxa- 
Wle  de  I'Encyclopedie.  La   decouverte   de  ^^  P^upart  d  cntr 
'cnfparaxt  due  sinxuUanenxent  a  M.  Raffles  et  a  MM.   D.ard  e 
Puvaucel ;  nxais  ces  derniers  naturalis.es  ont  enr.ch.  la  collecUon 
Tmuscx-ux  d'histoire  na.urelle   d'un    non.bre  d  especes  plu. 


Zoologie.  6t) 

considerable  que  celui  des  marainiferes  qui  figurent  dans  le  ca- 
talogue dont  nous  nous  occupons. 

Le  genre  Simia  de  Linne  a  fournl  9  ou  lo  especcs.  Savoir  ; 
rOrang  roux,  Siinin  Satyrus  L. ;  le  Sianiang,  S.  syndactyla  (Raffles 
Fred.  Cuv.  et  Maminalog.  812.)  ;  le  Wouwou  rapporte  au  Si- 
mla Lar.  Linn,  par  M.  Raffles,  et  decrit  comme  espece  nouvelie 
par  M.  F.  Cuvier  sous  le  nom  de  Hylohntcs  ogilis  (  Maniin.  8r3  ); 
le  Bruh  des  Malais  decrit  comma  espece  nouvelie  par  M.  Raf- 
fles sous  le  nom  de  Simia  carpolegus  ,  mais  n'etant  reellement 
que  le  S.  nemestrina ,  Linn,  ou  Maimon  de  Buffon  (1);  le  Cliing- 
kau  ou  Tchincou  ,  Simia  cristata  Raffles,  se  nipporlant  au  Cer- 
copitliccus  Maurus  Geoff,  ou  Semitopithccus  Mauriis  F.  Cuvier , 
(  Mamm.  81 5),  le  Sim[)ai\ou  Cimepaye,  Simia  melalophos  Raf- 
fles (Manira.8i4  ),  guenon  nouvelie  caracterisee  par  son  pelage 
d'un  roux  fauve  brillant  en  dessus  ,  et  blanchatre  en  dessous ;  par 
une  aigrette  de  poils  noirs  sur  le  front  en  forme  dc  bandeau ,  et 
par  sa  face  blene  ;  le  Cra  ou  Crro  ,  Simia  fascicularis  Raffles, 
Semnopitheciis  comatus  (  Mamm.  816  )  ;  guenon  grise  avec  I'oc- 
ciput  et  le  liaut  du  dos  noiratre  ,  et  des  grosses  touffcs  de  poils 
qui  cachent  les  oreilles  ;  le  Lotong ,  rapporte  avec  doute  par 
M.  Raffles  au  Simia  Maura  de  Linn. ,  mais  qui  doit  constitucr 
uue  espece  distincte  a  laquelle  nous  avoiis  donne  le  nom  de 
Ccrcopithecus  alho-cinercus  (  Blaram.  ,  n".  817  )  ,  et  qui  nous 
jiarait  caracterisee  par  son  pelage  gris  en  dessus,  plus  foncesur 
les  loinbes  qu'aillcurs,  avec  les  parties  Inferieures  blanches  ;  par 
une  ligne  de  poils  roides  noirs  en  Iravers  du  front  ,  ainsi  que 
par  ses  mains  et  ses  pieds  noiratres. 

L'ordre  des  quadrumanes  n'a  presenle  d'ailleui's  dans  celte  ilo 
que  le  seul  Lemur  tardigradus ,  Linn. 

La  famille  des  cheiropteres  a  offert  Ip  Galeopithccus  rufm  , 
Pall.,  et  une  Roussette  a  laquelle  M.  Raffles  rapporte  a  la  fois  les 
noms  de  trois  especes  fort  differentes  ;  savoir  :  Vcspcrtilio  Fam- 
pirus ,  L.  Vcsp. ;  Ferruin  cquinum  ;  Linn,  et  Pteropus  rubricollis, 
Geoffr.  Son  nom  de  Kaluang  et  son  caractere  de  couleur  nous 
la  font  considerer  sans  aucun  doute  comme  notre  Roussette 
Kalou;  Pteropus  javauicus  {^^laram. ,  n".  i36j.  De  plus  M.  Raf- 

(0  M.  Boyer,  savant  naturalisic  qui  va  jiaitir  pour  les  Indcs,  nous 
a  lait  coniiaitre  (jm;  le  Macaque  onlinairi' ,  S.  cynoviolgus  ,  L  ,  nu 
ius((ii'ici  oiigioairc  J'Afrique,  a[)pariient  a  I'ile  de  !Sumatia. 


yo  Zoologie. 

fles  indlque  tres-vagjiement  deux  cliauves-souris,  dont  Tune  ao- 
rait  une  membrane  nasale  compliquee  ,  et  lautre,  plus  petite, 
n'aurait  qu'un  bourrelet  membraneux  semilunaire  sur  le  museau. 
Cette  derniere  aurait  de  fousses  ir.amelles  inguinales  comme 
notre  Rliinolophe  fer-a-cheval  d'Europe. 

L'ordre  des  cdentes  est  represente  par  le  Pangoling  Sisik  ou 
Manis  pentadactyla  y  Linn. 

Celui  des  carnassiers  comprend  les  especessuivanles  :  le  Cliicn 
domestique,  Canis  fatnilinris ,  Var.  sumatj-cnsis  ,  Raffles  ,  tres- 
Toisin  du  Cliien  d'Australasie  ou  Dingo  ;  le  Tigrc  royal,  Felis  Ti- 
g7-w,L.  ;un  Chat-ligre  qui  parait  ne  pas  differer  du  Felis  ben- 
galensis  de  Pennant ;  une  variete  de  Chats  domesliqucs  analogue 
au  Chat  de  Madagascar  et  remarquable  par  sa  queue  lanfot  en- 
roulee  et  comme  tordue,  tantot  noduleuse  etd'autre  fois  nulle; 
une  grande  espece  nommee  Chigau  ou  Jigau  par  les  Malais,  que 
M.  Raffles  n'a  point  vne  et  qui  parait  ne  pas  differer  du  Lion  ;  une 
autre  appeliie  Rimau  Dahan  ,  qui  scrait  de  la  taillc  du  Leopard  , 
mais  moins  regulierement  raouchetee  et  plus  foncee;  une  Loutre 
appelee  Summang  el  une  autre  plus  petite  nommee  Barang-barang 
ou  Ambrang(ZM/r<;z  BarangYr.  Cuv.  Diet.);  le  Tclagu,  ou  notre 
Mephitis jiwancns is  (Mamm.jn".  288),fonnant  maintenanl  le 
genre  Mydaiis  de  M.  F.  Cuvier ;  les  Viverra  Zibetha  et  Genelta,  L. ; 
]e  Vi\>crra  Musanga,  Raf.  et  Horsf.  qui  parait  n'^tre  que  notre 
Civette  noire  ,  (Mamm.,  n".  3i6) ,  ou  le  Pougonnie  ,  Paradoxu- 
riis ,  T)j)us.  Fred.  Cuv.;  le  Viverra  Binturong,  espece  nouvelle 
que  M.  Fred.  Cuvier  a  depuis  rapportee  a  son  genre  Paradoxure; 
le  Bruang  ou  Ursus  malayanus,  Raffles,  espece  nouvelle  commune 
au  continent  de  I'Asie ,  a  Java  et  a  Sumatra,  et  diffiirente  des 
Usus  labiatiLs  et  tibctaniis;  une  petite  variete  tres-vaguement  in- 
diquee  d'un  Sorex  coeruleus  ouRat  musquede  I'Inde,  dontle  nom 
nous  est  inconnu  dans  les  ouvrages  des  naturalistes  ;  enfin  deux 
especes  d'un  genre  nouvcau  forme  par  M.  Raffles  sous  le  nom 
de  Tupaia,\e  T .  ferriiginea  et  le  T.  Tana  qui  joignent  le  port  des 
ecureuils  au  systeme  dcntaire  des  musaraignes. 

Dans  l'ordre  des  rongeurs ,  I'auteur  a  seulement  signals  les 
animaux  suivans:  i  especes  de  pores-epics,  si  XHystnx Jascicula- 
/<z  differe  de  I'H. //;<^/^/-ow/Y^ ;  un  Mus  surnatrcnsis ,  ayant  17  pou- 
ces  de  longueur  sans  comprendre  la  queue,  qui  en  a  6  ,  ct  qui  est 
nue,  ecailleuse  et  terminee  en  poinle  mousse;  le  corps  couvert 
de  polls  loides  ,  gris  et  bruns  sur  le  dos;  la  tcte  courtc  et  d'un 


Zoolo^ic.  J I 

couleurplus  pale  (i);  le  Sciurus  ma.vimus,  Linn.;  Ic  Sriurus  hi- 
color,  Sparm. ;  le  Sciurus af finis y  Raffles,  qui  a  la  taille  du  S.  bi- 
color,  et  est  d'un  gris  cendreou  brun  sur  le  dos  et  la  queue,  pres- 
que  blanc  sur  les  parties  inferieures  du  corps,  avec  une  ligue 
d'un  brun  roussatre  sur  cliaque  flanc.  Le  Sciurus  vittatus ,  Raf- 
fles, decrit  depuis  par  M.F.CuTier,  sous  lenomdeToupaye,  etpar 
nous  sous  celui  de  Sciurus  bi\>ittatus ;  un  autre  Ecureuil  Icgere- 
iTient  indique,  qui  differe  du  precedent  par  I'absence  de  la  raie 
blanclie  des  flancs,  etpar  la  couleurde  son  ventre,  qui  est  d'un 
gris  blanc  et  non  fauve ;  i  especes  de  Polatouches,  probable- 
mcut  \e  S.  jjctauriitajUnn. ,  originaire  de  Malacca,  seion  le  ma- 
jor Farquliar ,  et  le  iS'.  Sagitta  Linn.  ( non  celui  dt:  Shaw) ,  qui 
est  commun  a  Singapore. 

Parmi  les  ruminans,  M.  Raffles  distingue ,  avec  les  Malals  ,  3 
especes  de  Chcvrotains.  Son  Napu,  qu'ilrapporte  a  tort  au  Mos- 
chus  javanicus ,  de  Pallas,  est  une  espece  nouvelle,  et  M.  F. 
Cuvier  I'a  recemment  decrite  comme  telle  dans  I'liistoire  des 
mammiferes.  Son  Moschus  Kanchil  a  i5  pouces  anglais  de  lon- 
gueur et  9  .I  lo  deliaut;  sa  couleur  est  d'un  brun  rouge  fonce, 
j)resque  noir  sur  le  dos  et  d'un  bai  brillant  sur  les  flancs; 
Son  ventre  et  I'interieur  de  ses  jambes  sont  blancs;  il  a  3  raies 
blanches  sur  la  poltrine ,  comme  le  Napu,  mais  autnjiient  dispb- 
sees  ;  une  raie  de  chaque  cote  de  la  machoire  se  prolongesnt  jus- 
qu'a  I'epaule  en  s'amincissant  graduellement;  ses  canines  supe- 
rieures  sont  longues  et  courbees;  sa  queue  a  un  pouce  de  long 
et  est  touffue,  blanche  en  dessous  et  au  bout.  II  se  tient  dans 
I'epaisseur  des  forets  oil  il  mange  les  fruits  du  Ginclinia  villosa 
de  Roxburgh.  Le  Pelandok .  simplement  indique  d'aprcs  les  Ma- 
lais,  est  I'espece  la  plus  petite  et  la  moins  svelte.  Le  genre  des 
Cerfs  presente  trois  especes  a  Sum.'itra  ,  savoir  le  Cervus  jixis , 
Linn.,  ou  Rusa;  le  Cen>us  Muntjah ,  Schreb.  ou  Kijang,  et 
une  espece  plus  petite  que  I'Axis,  a  pelage  roux ,  ayant  les  bois 
en  forme  de  dague  velue,  et  devenant  persistans  apres  la  seconde 
cvne.UAntilojie  suinntrcfisis  on  Cambing  ourang,  de  Marsden, 
est  la  seulc  espece  d'Anlilope  qui  habite  ce  pays.  On  y  possede 
une  fort  belle  racedeBteufs  doniestiques,  a  corps  robuste,  jambes 
asscz  fines,  sans  bosses  sur  le  dos,  d'une  couleur  generaleineiil 


(r)  Get  animal  sc  Irouve  dans  les  haics  dc  bamiious,    dor.t  il  mange 
les  racines. 


r  2  Zoologie. 

fauve    ietev(^e  de  bliinc.  l.ii  varietci  blaiicbe  roussdtre  du  Buffle' 
ost  assez  comrnune   a  Bencoulqn,  I'un  des  cantons  de  I'ile.  Les 
Chevaux   sont    pttits  ct  d'un  temperament   robuste.   Ceux    du 
nord    de    Sumatra    sont   les  plus  estimes;  ceux    de    Batta   sont 
les  plus  grands  et  les  plus  forts ,  mais  peu  rcmarquables  par  la 
beaulc  de  leurs  formes  :  iis  appartiennent  a  nne  race  distincte  de 
celles  des  Chevaux  de  Java  et  dc  Bima,  qui   sont   de  la  meme 
taille.  Les  Elephans  sont  tres-nombreux  dans  les  forets.  Une  es- 
pece  nouvelle  de  Rhinoceros,  Rhinoceros  sianatrnnus ,  Raffles, 
est  caracterisee  par  une  seule  corne  sur  le  nez ,  par  sa  peau  ru~ 
gueuse  ayant  partout  des  polls  courts,  raides  et  bruns ,  assez  ra- 
res,  par  les  plis  pen  marques  de  ses  epaules  et  de  sa  cronpe,  et 
par  ses  dents  incisives  au  nombre  de  deux  a  cbaque  machoire  : 
c'est  le  meme  que  M.  Cuvier  a  decrit  sous  le  nom  de  R.  sondai- 
e«i-,surun  individu  que  MM.  Diard  et  Duvaucel  ont  envoye  a 
la  collection  du  Museum  d'histoire  natureUe  de  Paris.  Le  genre 
Tapir,  jusqu'alors  confine  dans  I'Amcrique  meridionale,  est  re- 
presente  a  Sumatra  par  une  espece  nouvelle  tres-distincte ,  a  la- 
quelle  M.  Raffles  a  don nele  nom  de  Tapirm  malayanus ,  et  M.  G, 
Cuvier  celui  de  T.  indicus.  Les  Cochons  sauvages  de  cetteile  n'ont 
rien  de  remarquable  dans  leurs  formes  et  leur  histoire  naturelle. 
Le  Dugong, /f«//co/e  iJw^owg^,  animal  connu  imparfaitement 
depuis  long-temps  ,  a  ete  trouve  a  Singapore  aiiisi  que  dans  la 
baie  de  Tappanuli,  sur  la  cote  ouest  de  Sumatra.  Un  individu 
de  cette  espece  a    fourni  le  sujet  d'lin  travail  anatomique  tres- 
complet  que  MM.  Everard  Home  et  Raffles  ont  public  en  com- 
mun  dans  le  volume  des  Transactions  pliilosophiques  de  Lon- 
dres  pour  I'annee  1820  (2".  partie). 

Apres  avoir  termine  le  catalogue  dont  nous  venons  de  rendre 
compte,  M.  Raffles  y  joint,  en  forme  de  supplement,  la  descrip- 
tion d'un  animal  qui  lui  a  cte  recemment  remis  et  qu'il  nomme 
Viverra  gyinnura.  Sa  machoire  superieure  a  G  incisives  dont 
ks  deux  nioyennes  sont  Ifs  plus  larges  et  ecartees  I'une  de 
I'autrc,  et  les  dernieres  on  laterales  tres-pelitcs ;  2  canines 
mediocres;  6  molaires  dont  la  premiere  est  petite  et  a  2  poin- 
tes  ,  la  seconde  plus  large  et  a  une  pointe,  la  quatrieme  et  la  cm- 
quieme  les  plus  grandes  et  portant  /,  tuberculcs  a  leur  couron- 
ne,  tandis  que  la  G''.  n'en  a  que  S.  La  machoire  inferieure  a  6 
incisives  dont  les  laterales  sont  les  plus  pelites ,  et  les  mitoyen- 
ues  egales  el  separees  au  milieu,  2  longues  canines  el  G  molaires 


Zoohgie.  75 

Lcmuseau  est  pointuetdepasse  d'un  pooccla  machoirc  iiifcrieure. 
La  langue  est  douce;  lesycux  sonl  petlts,  ies  oreiUes  arrondies  , 
droites  et  nues;  Ies  moustaches  lougiies;  Ies  quatre  pieds  ii  tiiiti 
doigts,  pourvus  d'ongles  comprimes ,  arques  et  aigus,  Le  toij)s 
et  la  tete  ensemble  onl  un  pied  de  long;  la  queue,  qui  n'a  que  10 
pouces,  est  nue  comme  celle  d'un  rat;  le  pelage  est  compose  de 
2  sortes  dc  polls;  I'interleur,  tres-doux  ,  ties-dense  et  court,  ct 
I'exterieurassez  long  el  dur.  Le  corps,  Ies  jambes  et  la  1''''.  moi- 
tie  de  la  queue  sont  noirs;  la  tete,  le  cou  et  Ies  epaules  sont 
blancs;une  bande  noire  est  sur  Ies  yeux.  Ce  quadrupede,  jus- 
qu'alors  inconnu,  nous  parait  devoir  conslituer  un  genre  nou- 
veau,  voisin  de  celui  des  Paradoxures.  Desjl.st 

61.  Zoological  reseakches  in  Java  ,  etc.  P.  echcrches  zoologiques 
sur  Java  et  sur  Ies  iles  voisines;  par  Thomas  Housfielu;  n  .  \  L 
Londres;  1823.  (Voyez  le  Jhdlctia  de  iSaS  ,  to.  Ill,  n".  6i5.) 

Get  ouvrage,  execute  par  I'auteur  d'apies  ses  propres  recher- 
clies  et  d'apres  Ies  animaux  rccueillis  par  M.  Piaffles,  est  tres- 
bien  execute;  il  ne  doit  avoir  que  huit  numeros,  et  chacuii 
coule  line  guince.  Le  sixiemc  ,  qui  vient  de  paraitre ,  contien?  ia 
description  des  animaux  suivans.  1°.  Cen'its  Muntjah ;  2".  Vi- 
i'erra  Rasse  ;  3°.  Rhinolophns  larvatus;  4".  Rhinoceros  sondaicin; 
5*^.  Jora  scapiilaris.  L'auteur  fait  un  genre  nouveau  de  cet  oi- 
seau  deja  connu,  c'esl  le  Scapular  Wagtail  de  Latham,  deuxieme 
edition,  1823,  p.  336,  n°.  26;  6°.  Falco  Utnncctus  ;  7".  Oriolus 
xanthonatus  ;  8°.  Centropua  Bubtitus. 

62.  The  natural  history  of  BraTisH  quadrupeds.  Histoire 
naturelle  des  quadrupedes  brilanniques,  avpc  des  figures  ac— 
conipagnees  de  descriptions  generales  et  scientifiques  dc  tou- 
tes  Ies  especes  connues  qui  habltent  Ies  ilestritanniqucs;  ta:it 
a  I'titat  sauvage  qu'a  I'etat  domeslique;  ainsi  que  celles  qui 
ont  ete  autrefois  indigenes,  mais  qui  sont  niaintenant  delrui- 
tcs  ou  devcnues  extremement  rares;  le  tout  arrange  suivant 
I'ordre  systematique  de  Linne,  par  E.  Donovan  ,  aVec  pi.  col., 
3  vol.  iu-8.  Prix  ,  6  1.  st.  8  sh.,  cart,  ou  en  12  part.  Prix,  9  sh. 
chaque,  que  Ion  pout  prendre  separemtnt  ou  a  la  fois.  Lon- 
dres; Rivington. 

63.  Rem  ARQUES  sur    la  menagerie    de    \ienne.    (   Arch,  fur 

Gesch.  Stat.  Lit.  unci  Aiinst.,  nov.  1823,  p.  712.) 
La  mi-nageric  dc  Vicnno,  fondee  pros  du  Gelvedcre  en  1722, 


74  Zoologie.  - 

sous  le  regne  de  Francois  T'^,  (ut  transportee  a  Schcenbruni* 
dans  I'annee  1752.  Durant  cette  premiere  p^riode  son  ctat  n'etait 
pas  tres-florissant;  mais  depuis  qu'elle  est  sous  la  direciion  de 
M.  Francois  Boos,  clle  a  cte  augnient^e  considerablement. 

Depuis  sa  fondation,  ccUe  menage."ie  a  renferme  pres  de  80 
cspeces  de  mainmiferes  exotiques ,  savoir ,  29  especes  de  quadru- 
manes,  parmi  lesquclles  nous  remarquerons  le  Ccrcopithccus py- 
gerythrus  Fred.  Cuv. ,  le  Papio  comatus  Q>Goii.,\e.  Mycetes  seni- 
culus  lilig.,  le  Ccbus  fatucllus ,GcoiL,  le  Cebus  hypoleucus  Geoff., 
le  Cebus  robustusMAx.  de  Neuwied,  et  le  Midas  Rosalia;  ij  car- 
nassiers,  parmi  lesquels  nous  avons  distingue  le  Didelphis  can- 
crivora  Cuy.,  et  le  Didelphis  Quica  Natter.,  sp.  nov.  du  Bresil;  8 
rongeurs,  dont  le  Dipus  Sagitta  Linn.,  et  le  Coelogenus  Paca  ;  1 
edente ,  le  Dasypus  patac/ioniciis  Hesm.;  6  pachydermes  parmi 
lesquels  sont  Ics  Dicotyles  labiatus  et  torquatus ;  enfin  12  espe- 
ces de  ruminans  et  quelques  varietes  du  genre  0\'is. 

UUrus  ,  qui  fait  partie  de  la  collection  du  Museum  d'histoire 
naturelle  de  Paris  depuis  1809,  a  vecu  dans  cette  menagerie. 

L'auteur  de  cet  article  fait  preceder  la  lisle  de  ccs  maramiferes 
d'une  description  tres  succincte  de  la  menagerie  de  ScbiJnbrunn. 
II  annonce  pour  etre  publioe  prochainement,  la  liste  des  oiseaux 
qui  out  vecu  dans  le  raeme  etablissement.  Desm..st. 

64.     MtMOIRE     SUR      UNE     CH.VUVE-SOURIS      AMERICAINE  ,      forUiaUt 

une  nouvelle  espece  dans  le  genre  Nyctinome  j  par  M.  Isidore 
Geoffroy-St-Hilairi  ;  lu  a  la  societe  d'histoire  naturelle  de 
Paris,  le  5  mars  1824.  [Ann.  des  Sc.  Nat.,  avril  1824  ,  p.  337.) 

Dans  ce  mcmoire  M.  St-Hilaire  fils,  aprcs  avoir  remarque  que 
tons  Ics  genres  bien  naturels  de  quadrumanes  et  d'inseclivores 
lie  sont  pas  communs  a  la  fois  aux  deux  contineiis,  et  avoir 
liiscute  la  valeur  de  trois  exceptions  que  presente  sculemcnt  jus- 
qu'a  ce  moment  la  famille  des  cheiropteres,  propose  lui-meme 
une  exception  bicn  constatee  que  vient  de  lui  oflrir  la  nicnie  fa- 
mille. 

Cette  exception  consiste  dans  la  d<k:ouverte  faite  par  M.  Au- 
guste  St.-Hilaire ,  d'une  Chauvc-souris  commune  dans  l.i  pro- 
vince des  missions,  qui  appartient  sans  nul  douU;  au  genre 
Nyctinome ,  doul  les  premieres  especes  n'avaient  encore  ele 
obscrvccs  qu'cn  Egyplc,  au  Bengale  et  daus  I'ile  de  Bourbon. 


Zoologie.  j5 

LeNYctiNOME  Du  Bresil,  Nrctirioinus  hrasilicnsis  Isid.  Geoff., 
est  a  peu  pres  de  la  m^me  taille  que  les  especes  du  Bengale  et 
d'Egypte.  Sa  longueur  totale  est  de  3  pouces  1 1  lignes  ;  ceile  de 
son  corps  de  2  pouces  6  lignes;  celle  de  sa  queue,  de  i  pouce 
5  lignes;  I'envergure  de  ses  ailes  est  de  10  pouces  et  deiui.  Son 
poll ,  qui  est  assez  moelleux  et  touffu ,  presente  quelques  varietes 
de  couleur  :  c'est  toujours  un  fond  cendre,  niais  avec  une  nuance 
de  brun  qui  varie  du  brun  noir  an  brun  fauve.  En  general  on 
pent  dire  qu'il  est  cendre  brun ;  d'une  teinte  plus  grise  et  moins 
foncee  vers  la  region  abdominale,  un  peu  plus  foncee  vers  la 
poitrine,  plus  foncee  encore  et  plus  brune  a  la  region  dorsale.  Les 
poils  qui  revetent  la  partie  interne  de  la  membrane  de  I'aile  sont 
de  m^me  couleur  que  ceux  qui  couvrent  I'abdomen.  Des  poils 
tres-rares  se  remarquenta  la  portion  de  la  queue  comprise  dans 
la  membrane  interfemorale  a  peu  pres ,  dans  sa  premiere  moi- 
tie.  Des  prolongemens  de  cetle  meme  membrane  s'etendent  en- 
suite  sur  les  cotes  de  la  queue  jusqu  a  ses  deux  tiers  ou  ses  trois 
quarts. 

M.  I.  Gcoffroy  ne  compare  pas  ce  Nyctinome  a  celui  de  Port- 
Louis,  seulement  connu  par  une  note  de  Commerson;  mais  il  pa- 
rait  que  sa  difference  principale  consisterait  dans  le  plus  d'eten- 
due,  chez  celui -ci,  de  la  membrane  interfemorale.  Le  Nyc- 
tinome d'Egypte  et  celui  du  Bengale  s'en  eloignent  en  ce  que  leur 
levre  superieure  est  plus  profondement  fendue  que  la  sienne.  Le 
j)remier  s'en  ecarte  encore  en  ce  que  les  rides  transversales  de 
ses  oreilles  sont  moins  prononcees,  et  le  second  en  ce  qii'il  n'en 
presente  point  du  tout. 

Enfin,  dans  le  Nyctinome  du  Bresil,  les  membranes  des  ailes 
sont  taillees  comme  celles  de  I'espece  du  Bengale  et  n'ont  pas 
la  forme  bizarre  qu'on  leiir  connait  dans  I'espece  d'Egypte,  elles 
ontaussi  un  peu  plus  de  largeur.  Desm..st. 

65.  BuFFONii  ET  Daubentonii  figurarum  AVIUM  coloratarum 
nomina  systematica,  collegit  Henricus  Kuhl,  edidit,  praefa- 
tione  et  indicibns  auxit  Theodorus  van  Swinderen.  Table 
des  oiseaux  enlumines  de  Buffon  et  de  Daubenton  ,  avec  sa 
concordance  systematique  par  H.  Kuhl ;  augmentee  d'une 
preface  et  d'autres  tables  par  M.  T.  Van  Swinderen.  In-/,", 
de  28  p. ;  Groningue. 

La  table  drcssee  par  M.  Kulil  comprcnd ,  sur  une  premieie 


76  Zoologie. 

colonue  et  jwr  ordre  de  numeros ,  les  noms  frari(  ais  des  oisenux 
figures  par  Buffon  et  Daubenton  dans  g6'i  planches  enluminees 
laisant  la  majeure  partie  des  1008  que  ces  aulcurs  onl  pu 
bliees  (1).  En  regard  se  trouvent ,  sur  une  seconde  colonne  ,  les 
noms  systematiques  employes  par  Linne  ,  Gmelin ,  Latham,  11- 
liger,  M.  Cuvier  (  regne  animal),  M.  Temminck.  (  Man.  d'orni- 
thol.,  a",  edit.),  M.  Vieillot,  M.  Levaillant,  etc.;  et  lorsque  des 
noms  de  genres  differeus  out  ete  proposes  par  ces  autcurs,  ils 
sont  relates  dans  I'ordre  de  leur  publication. 

A  celte  table   M.  Van  Swinderen  a  joint  : 

1  .  Une  lisle  systematique  de  ces  niemes  oiseaux  distribues 
selon  la  methode  proposee  par  Illiger  dans  son  Prodromus  sys- 
tematis  avium  ,  public  a  Berhn  en  1811.  Dans  chuque  genre  ,  les 
especessont  rangees  suivant  I'ordre  alphabetique,  et  leurs  noms 
se  trouvent  accompagnes  des  n"".  des  planches  enluminees  qui 
s'y  rapportent ;  de  telle  facon  que  tous  les  doubles  cmplois  qui 
existent  dans  cetle  nombreuse  collection  de  figures  sont  faciles 
a  reconnaitre  par  i'existence  de  deux  ou  de  plusieurs  u"". ,  a  la 
suite  des  noms  des  especes  qui  les  presenlent. 

2".  Une  table  systematique  des  ordres  des  families  et  des 
genres  qui  composent  la  methode  d'llliger. 

3".  Une  table  alphabetique  des  genres,  selon  cette  nieme 
methode.  Dessl.st. 

66.  NOUVEAU    RECUEIL    DE    I'LAKCHES   COLORIEES    d'oISEAUX,  pOUr 

servir  de  suite  et  de  complement  aux  planches  enhirainees  de 

Euffon,  public  par  MM.  Temminck.  et  IjAugier.   (  Foyez  !e 

dernier  Bulletin.) 

32™*'.  Livraison. —  Planche  186.  Colombc  leucomcle  ,  Coluiii- 
l>a  Icucomela.  (  Temm. )  Nouvelle- HoUande.  • — ^  PI.  187.  Col. 
marquetee ,  C-  scripla.  (Id.)  Idem. — ^  PI.  188.  Col.  Dussumier, 
C.  Diisiumieri  [Id.)  De  I'ile  de  Lucon.  —  PI.  189.  Col.  oreillon 
blanc ,  male;  C.  leucotis.  (Id.)  Idem.  —  PI.  190.  Col.  rous- 
seau  (2),  C.  xaiithonura.  (Cuv. )  De  Guam  aux  ilcs   Marianes. 

(i)  Les  35  autres  planches  rcpre'sLntcnt  des  icpliies,  des  insecles  ct 
lies  zoojilij  les.  M.  Kulil  n'en  a  pas  donnc  la  sj'non3mie. 

{■t)  LaColoiiihe  roiisseaci  est  la  mime  que  la  Colombe  Pampusan  rap- 
portec  par  M.  Qiioy  tt  Gaimard  ,  et  ([u'ils  out  fait  {graver  «laiis  leur 
atlas  tie  7.ooIof;ie  ihi  voyage  autour  du  monde  tic  rilrunic.  M.  'Iciii- 
mttick  a  Iraduit  xaullionuia  par  roiissc.iu  ,   cc   (|ni  doniitrait  lieu  de 


Zoohgie.  177 

• —  PI,  191.  C.  a  coliirr  roux,  C.  huincrnUi-.  (  Tcinm.)  Nouvelle- 
ll,.ll;imle. 

3^)' ,  Livraison. —  PI.  19a.   Caracara  funebre,  adulte,  Falco 

Novce-TAelandicE.  (Lalh.)  — -PI.  193.  Pie  lioupette ,  ou  Piom, 

Con<us  cristatcUus.  (  Temni. )  Du  Bresil.  —  PI.  194.  Breve  bluet, 

male;  Pitta  glaiicina.  (Id.)  De  Java. — •  PI.  195.  Martinet  blanc- 

coii,  feinelle  ;  Cypselus  collar-is.  (Maxim.)  Du  Bresil.  —  PI.  196. 

Tinaniou  Apequia,  adulte,  male ;  Tinamuf;  obsoletus.  (Teinni.) 

Bresil  et  Paraguay.  — PI.  197.  Pic  Strihup,  male,  Picas poicilo- 

phos.  (  Tenun. )  De  Java.  —  Pic  minute  ,  male  ;  Picus  minutus. 

( Id. )  D'Afrique.  Q.  Y. 

C7.  Remarques  et  ADDiTiows  a  I'ouvrage  sur  les  oiseaux  dc  la 

Suisse  ,  decrits  et  classes  dans  un  ordre  systematique  ,  avec 

leurs  moeurs  et  leur  habitation  ,  de  Fred.  Meisner  et   J.  R. 

Schinzen.    Zurich,    i8i5;  par  J.  R.    SxEiNMiiLLER,  cure  de 

Rheineck  ,  avec  un  supplement  par  Conrad  de  Baldenstein. 

(  Neue  Alpina,  \^'^.  vol.  ,  p.  4iA-) 

Les  oiseaux  decrits  dans  ce  volume  sont  les  suivans  : 

f'ultur  leucoccphalus.  —  Vul.  albicans.  —  Grpaetos  harbatus  , 

Cuv.  —  Aquila  Chijsaetos  Leisleri  ,  le  meme  que  le  i^«/co  iinpe- 

T-ialis ,  de  Bechst.  Cet  oiseau ,  decouvert  pour  la  premiere  f'ois 

dans  les  montagnes  d'Autriche  et  du  Tyrol,  parait  avoir  ete 

confondu  avec  VA.fulva. —  A.fulva  ,  L. —  A.  leucocephala  Mc- 

geri  ou  fal.  Albicilla  ,  L.  Meisner  et  Schinz  citent  a  son  egard 

le   Pjrgargiis,  de  Gesner  (i).  — A.  ncevia  ,  Fal.  nce\ius  ,  L. — 

A.  brachydactyla  ,   Wolf.  F.  brachydactjlus  ,     Temm.   —   A. 

Haliaiitos. 

Falco  Mih'iis  ,  L.  —  F.  ater,  L.  —  F.  Buteo ,  L. ,  dont  le  F, 
albiclus  de  Bechst  n'cst  qu'une  variete.  —  F.  lagopiis ,  L.  [%). — 
F.  apivorus,  L. —  F.  ccruginosus  ;  le  mcme  que  le  F.  riifus  ,  L.  — 
F.  cyaneus  ,  L.  —  F.  pygargus  ,  L.  —  F.  palumbarius  ,  L.  — • 
F.  Nisus,  L.  Becker,  d'apres  MM.  Steinmiiller,  Meisner  et 
Schinz  en   ont  fait  deux   especes ,  F.  Nisus  major  et  F.  Nisus 


croire  que  cVst  un  nom  propre;  c'esl  rousse  qu'il  aiirait  fallii.  Cet  oi- 
seau est  exccssivcment  mre  aux  iles  Mariannes  ,  et  les  voyageurs  ci- 
dessus  mentionnesn'ont  pii  en  trouver  que  deux  dans  l"ilc  de  Guam. 

(i)  Ualbicilln  est  Ic  meme  que  X'nssiJ'vngns  ;  et  Valbicaudus  en  est  Ic 
m.lle.  Cuvicr  ,  Regn.  anim  I.    p.  3i5. 

f-j)  ^[.  Cuvier  !e  regrinle  commo  e'tant  Ic  inemc  que  le  F.  pennntiis 
ihid.  p.  'ii").  not. 


78  Zoologie. 

minor.  —  F.peregrinus  ,'h.  —  F.  Subbuteo,  L.  D'apres  I'auteur , 
c'est  le  meme  que  le  F.  Acsalon  ,  de  Gesner.  —  F.  coesius , 
F.  Aesalon ,  L. —  F.  Cenchris  ,  Frisch.  ■ —  F.  Tinnunculus ,  L.  — 
F.  rufipes,  Bechst.  —  F.  islandicus ,  L.  —  F.  candicans  ,  L. 

Strix  Bubo ,  L.  —  St.  Otux  ,  L.  —  St.  brachyotos  ,  Lath.  — 
St.  Scops ,  L.  —  St.  Aluco  ,  L.  Le  Strix  macrocephala  ,  de  Meis- 
ner,  n'est  qu'un  vieux  St.  Aluco.' — ■St.flammea,St.passerina,  L. 
St.  Noctua ,  de  Retz. — Strix  dasypus ,  ■ — St.  Tcngmcilmi  (i). 

L'aiiteur  decrit  tous  ces  oiseaux  avec  beaucoup  de  soln,  et 
indique  autant  qu'il  lui  est  possible  les  differences  de  sexe  et 
d'age,  les  varietes  et  I'habitat.  II  joint  au  nom  allemand  qui  est 
en  t^te  de  chaque  article ,  les  noms  vulgaires  du  dialecte 
Suisse.  S.  s. 

68.  SUR  LES  SERVICES  RENDUS  A  l'oRNITHOLOGIE  DE  LA    SuiSSE  EN 

GENERAL,  et  parliculierement  a  I'histoire  nalurelle  des oiseaux 
des  Alpes ,  par  le  D'^.  Conrad  Gesner,  de  Zuricb,  et  le  cure 
Daniel  Sprungli  ,  de  Berne.  Lu  a  la  Sociele  des  scvences  na- 
turellesde  la  Suisse,  le  26  juillet  1819,    par  M.   Steinmiiller, 
deRheineck.  [Neue  Alpina,  i^''.  vol.  p.  i52.) 
Cememoire  est  une  critique  des  ouvrages  et  manuscrits  de  ces 
deux  ornithologistes.  Parmi  les  falls  qu'on  y  trouve  nousreniar- 
querons  les  suivans.  L'auteur  dit  que  Ton  a  toujours  confondu 
le  Corvus  Pyrrhocorax  avec  le  Corvus  Graculus ;  que  Gesner  con- 
iiaissait  bien  le  premier;  mais  que  le  C.  Ercmita,  L.,  qu'il  a  decrit 
sous  le  nom  de  C.  sy/vaticus,  et  que  Linne  a  ensuite  donne  d'a- 
pres lui  comme  une  espece  particuliere,  n'existe  pas,  et  n'est  du 
qu'a  un  double  emploi  du  C.  Graculus,  Lin.  (2). 

Gesner  a  decrit  tres-bien  le  Tardus  saxatilis  etle  Certhiamu- 
raria  •  il  n'a  pas  connu  le  Fringilla  nivalis ,  mais  il  a  distingue 
le  F.  Citrinella  qu'il  a  decrit  fort  nettement,  du  Loxia  serinus,  que 
les  ornithologistes  allemands  ont  confondus  depuis. 

Son  Lagopus  varius  n'est  autre  chose  que  le  Tetrao  lagopus 
dans  son  plumage  d'ete.  Son  Giygallus  major  est  la  femelie  du 
Tetrao  Urogallus  ;  I'oiseau  qu'il  nomme  Urogallus  minor  est  le 
male  du  Tetrao  Tetrix,  tt  le  Gtygallus  minor  est  la  femcUe. 

(i)  D'aprt's  M.  Ciivier  ,  le  Si-  Tcni^maLni  est  le  meine  que  Ic  St. 
paaerina  et  Ic  Si.  pyffnitvade  Bcschst.  IhUl,  p.  33a. 

(2)  D'apres  M.Cuvierle  Cort'us  Krcmila  o'cxistc  point.  lU'j;.  an.  L 
Voy.  p.  400.  nat.  cl  p.  4"6  not.  (  Note  du  redacleur.  ) 


Zoologie.  ^9 

On  remarqiie  tres-bien  dans  les  ouvrages  de  Gesner  qu'il  n';i 
point  vu  sur  les  lloiix  memes  les  animaux  des  Haules-Alpcs,  et 
qu'il  ne  les  deerit  que  d'apres  des  renseignemens  qu'il  a  eus;  et 
il  parait  qu'il  a  ete  plus  particulierement  en  relation  avec  des 
correspondans  de  la  partie  orientale  de  la  Suisse. 

Spriingli ,  qui  s'est  beaucoup  occupe  dans  la  fin  du  dernier 
siecle  de  I'histoire  naturelle  de  la  Suisse,  et  surtout  de  I'or- 
nithologie,  a  rendu  de  tres-grands  services  a  cette  science. 
II  a  tire  la  majeure  partie  des  objels  qu'il  a  decrits  de  la  partie 
occidentale  de  la  Suisse,  e'est-a-dire  des  environs  des  lacs  de 
Neuchatel ,  de  Morat  et  de  Geneve.  Sa  belle  collection  d'oiseaux, 
qui  se  trouve  aujourd'liui  au  cabinet  de  Berne ,  se  distingue 
surtout  par  les  olseaux  de  rivage  et  les  palmipedes, 

Dans  ses  lettres  a  Andre  il  dit  que,  d'apres  les  voyages  deGme- 
lin  (III ,  V  ,)  il  existe  dans  le  glacier  du  Caucase  un  oiseau  qui 
doit  etre  le  meme  que  le  Gjpcetus  harbatus  de  la  Suisse. 

II  approuve  beaucoup  la  description  que  M.  Steinmiiller  a 
donnee  du  Corvus  Pyrrhocorax  dans  le  journal  du  canton  de 
Stintis,  1799,  18''.  livraison,  p.  64. 

Le  Con-US  G/r/rHfo.*' est  Ires-commun  sur  le  Saint-Bernard,  et 
de  la  jusqu'au  Saint-Gothard  il  n'a  jamais  pu  le  decouvrir.  On  le 
rencontre  plus  particulierement  dans  les  raontagnes  de  la  Savoie  , 
et  dans  I'ltalie.  D'apres  Gmelin  il  se  trouve  dans  le  Caucase,  et 
selon  Pallas  dans  les  montagnes  du  Danemark. 

Le  Certhia  murar'ia  est  assez  commun  en  Suisse,  surtout  pres 
de  Burgdorff,  de  Thorberg  et  dans  I'Unterseen.  S.  s. 

69.  SuR  LES  REPTILES  HE  Java.  Extrait  d'une  lettre  adressee  de 
Java  en  Hollande,  par  M.  Kuhl,  datee  de  Pjihorjavor  au  pied 
du  Pangerango,  le  18  juillel  1821.  [Algem.  Konst  en  Letter- 
bode ;  1822.) 

I.  Les  Ophidiens  paraissent  6lre  la  famllle  la  plus  nombreuse 
des  reptiles  de  Java;  nous  en  avons  deja  45  especcs  parmi  les- 
quelles  se  trouvent  plusieurs  genres  nouveaux.  Nous  avons  fait 
I'anatomie  detaillec  d'une  espece  de  chaque  genre  et  comme  nous 
avons  aussi  etudiii  I'organisation  de  plusieurs  especes  voisines  de 
celles-ci,  nous  avons  dcja  un  travail  assez  complet  sur  cet  objet. 
Notre  collection  de  serpens  conserves  dans  la  liqueur  se  monte  a 
25o  individus.  Void  un  apercu  de  cette  collection. 

1.  Deux  especes  duG.  Pjtlion  Daud.,  donl  Tunc  est  mon  bivit- 


8o  Zoologie. 

tatus  (i).  Les  figiues  ile  Seba  que  M.  Cnvier  cite  pour  son  P. 
jnvanicus,  sc  rnpportent  non-seulement  au  bk'iltatus ,  mais  en- 
core a  2  aulres  especes  dont  I'une  est  la  seconde  espece  de  Java. 
Seba  I,  6a,  a  (a). 

Aureste  !'?//«;•  .ffld'rtdes  Javanais  n'cst  point  iin  Python  comme 
le  croit  M.  Cuvier,  mais  le  Colubcrca/icellatus  Op-pel.  ( C.  Kar- 
ros Reinw.),  qui  se  trouvc  au  Musee  de  Paris.  Les  Pythons  s'ap- 
pelent  generalement  Ular  sandja. 

a.  Trigonoccphalus  Oppcl.  De  ce  genre  je  separe ,  sous  le  nom 
generique  Craspedocephnhis  (de  zpy.-^-sJov ,  bord,  arete),  les  es- 
peces a  ecailles  carenecs  et  saijs  eclat,  dont  la  tete  est  couverte 
d'ecailles  encore  plus  petites  que  celles  du  corps.  Les  bords  rele- 
ves  et  aigus  donnent  a  cette  tele  un  aspect  ang.uleux  et  singulier  : 
ce  sont  les  serpens  les  plus  venimeux  de  Java  (3).  Le  nom  de 
Trlgonocephaliis  est  reserve  aux  especes  a  ecailles  lisses  et  dont 
la  tete  plus  arrondie  et  plus  longue  est  couverte  en  dessus  de  pla- 
ques, sans  avoir  les  bords  releves;  nous  en  avons  une  espece 
nouvelle  (4)- 

3.  Bimgarus  Oppel.  jVous  en  avons  a  especes  nouvellcs  dont 
une  figuree  par  Seba  II.  58.  a. ,  est  notre  B.  Ferntm-cquinum  (5). 

4.  Elaps  Schneid. ;  a  especes  nouvelles. 

5.  Dipsas  Cuv. ;  une  nouvelle  et  le  Bimgarus  Filum  Oppel  , 
Mus.  de  Paris  (fi). 

6.  'Nnja  Cuv. ;  une  espece  nouvelle. 

7.  Typhlops  Schneid.;  3  especes  nouvellcs. 

8. ^t70cAo/riM.f.Hornst.-,r.'/.yrtiw«cM^  est  dans  notre  collection. 

9.  Tortrix  Oppel ;  I'espece  que  nous  avons  trouvee  est  figuree 
par  Soba  IT.  a5.  i .,  mais  confondue  par  les  nomenclateurs  sous  le 
nom  d'J/iguis  et  d'Erf.v  riifa  (7). 

(1)  Voyez  Beitrage  zur  Zoologie  iind  vergleichendeii  ylnaiomie. 
Frankf.  1820.  in-4°. 

(2)  C'estle  P.  Schneiiiei-i  yierreni. 

(3)  Le  Trigonoci^phaliis  piiniceiis  Vivinv.-.,  Musuedes  Pays-Eas  ,  aji- 
partient  a  ce  sous-genre. 

(4)  C'estvraisemblablcment  le  Trig.  J{hodostoniaViC\n^v.,  conserveaii 
Musec  de  Paris  sous  le  nom  de  Trig.  Orophrias  Oppel. 

(5)  Bimgarus  semifascialus  Oi>Yivl ,  Musee  de  Paris.  11  ne  diff.'re  que 
pen  du  Bungarus-Pninnh  dc  Piussci. 

(6)  C'est  aussi  le  Coluber  decorua  Sliaw. 

(7)  y4nguis  CoraUinn  Shaw. 


Zoologie.  8 1 

to.  Quanl  aux  esj)eccs  auxqueiles  je  laisse  le  nom  generique 
de  Coluber,  d'apres  le  type  do  nos  especes  d'Europe,  je  u'en  ai 
trouve  ici  que  l\,  doiit  I'un  est  le  Coluber  cancellatus  Oppel, 
deja  mentionne  (i);  les  autres  sonl  nouvelles. 

11.  J'ai  separe  de  ce  genre,  sous  le  nom  generique  de  Tropi- 
notus,  1  serpens  nouveaux  qui  se  distinguent  par  la  forme  diffe- 
rente  du  corps  et  de  la  tete,  par  les  ecailles  surmontees  d'une 
carene  aigue  ct  par  la  disposition  des  plaques  de  la  tete,  dans 
toutes  les  especes  constamment  la  meme.  Ce  sont  les  plus  beaux 
de  tous  les  serpens  de  I'lnde. 

12.  Huit  especes  nouvelles  de  serpens,  anxquelles  appartient 
aussi  le  Coluber  brachyurus,  que  j'ai  decrit  (2)  et  qu'on  pent  con- 
siderer  comme  le  type  de  ce  genre,  ne  peuvent  non  plus  rester 
avec  les  couleuvres  proprement  dites;  je  les  appellerais  Bra- 
chyura  ,  si  j'etais  sur  que  quelque  autre  genre  en  zoologie 
n'ait  pas  6te  deja  nomme  ainsi.U  ne  de  nos  especes  a  ete  figuree  par 
S«3ba  II.  77.  6.  C'est  presque  toujours  un  dessin  d'echiquier  qui 
se  repete  sur  le  ventre  de  ces  serpens,  avec  des  couleurs  brillantes 
et  un  dos  pointiUe  d'une  couleur  plus  foncee  (3). 

i3.  Genre  Amplycephalus.  La  physionomie  des  serpens  que 
nous  avons  separes  sous  ce  nom  generique  ressemble  d'une  ma- 
nlere  frappante  a  celle  d'un  chien  carlin. 

14.  Le  genre  Homalopsis  (de  ofxct)>o;  plat  et  \'i-\ic,  visage)  a 
pour  type  un  serpent  depuis  long-temps  connu  et  figure  par  Seba 
II.  12  t.  3,  et  Merrem  Beitr.  II.  10  :  c'est  le  Coluber  horridus 
Daud  (4).  La  forme  de  la  tete,  du  corps,  des  ecailles  et  des  pla- 
ques de  la  tete ,  enfin  I'organisation  interieure  et  les  habitudes  de 
ce  serpent  exigent  une  separation  generique. 

(i)  L(!  long  catalogue  des  couleuvres  renferme  deja  un  Col-  cancel- 
liUus.  (Voyez  Merrem  Syst.  p.  1 15.)  Le  nom  de  Col.  Korros,  donne  par 
SI.  Reinwardt  a  cette  espece  meriterait  la  preference. 

(2)  Voyez  Beitrage. 

(3)  C'est  un  genre  tres-nafurel  et  dont  le  Mus.  des  Pays-Bas  posscde 
deja  une  serie  d'espiices  rapporfees  de  Java  par  M.  Reinwardt,  mais  c'est 
par  eireur  que  M.  KuLl  y  rapportela  figure  de  Seba  cite'e  ;  cette  figure 
repre'scnte  YELaps  furcalus  Schneid ,  rapporte'  aussi  de  Java  par 
M.  Reinwardt  et  appartenant  par  tous  ses  caracteres  a  ce  genre  re'tabli 
par   M.  Cuvier. 

(4)  Le  nom  trivial  demo/it/ii  Lin.  on  de  buccalus  Lin.  (car  c'est  encore 
1.1  meme  espccc)  doit  etre  prefe're.  Voyez  Merrem,  pag.  1 17.  — Au  rcste 
iiouscof.nnissons  deja  pliisieurs  autres  especes  ((«i  se  joiguent  acelle-ei. 

B.  Tome  II.  G 


g2  "  Zoologic. 

C'est  un  fait  rcmnrqnablc  el  egalemcnt  intercssant  pour  I'his- 
tolre  geographique  des  reptiles  ct  I'liisloire  geologique  de  Java , 
qu'aucun  des  serpens  de  cette  ile  ne  parait  se  trouver  aussi  sur 
le  continent  de  I'lnde  :  tout  au  moins  different -ils  tous  de 
ceux  figures  par  Russel.  Je  suis  curieux  de  savoir  ce  que  les 
autres  i!es  de  I'arclnpel  nous  fourniront  de  remarques  sur  ce 
point-la  (i). 

II.  Quant  aux  Cheloniens  ,  nous  n'avons  trouve  jusqu'alors 
que  le  Trionyx  javanicus  GcoH. 

III.  Sauriens. 

1.  Genre  Tupinamhls  Daud,  (  Varanus"Nitx.)  La  seule  especc 
de  nos  collections  est  mon  Tupin.  bivittatus.  (  Voyez  Beilrage.  ) 

2.  Draco  Daud;  i  especes,  savoir :  monjimbriatus  (voyez  Bei- 
tra»e ) ,  et  le  viridis  D. ,  dont  le  male  a  constarament  le  sac  di- 
latable de  la  gorge  jaune,  tandis  qu'il  est  bleu  dans  la  feraelle. 

3.  Agama  Daud;  6  especes,  savoir  leg-«frt«^e«  (voyez  Beitr. ), 
le  Calotes  (2) ,  et  4  nouvelles. 

[^.  Sciticus  Gvonow . ;  4  especes.  Mon^c.  multifascintus  [Beitr.), 
confondu  avec  le  Sc.  carinatiis  Sclin.,  est  du  nombre. 

5.  Tachydromus  Daud ;  une  nouvelle  espece. 

6.  Crocodiliis  Schn. ;  le  biporcatus  Cuv. 

7.  Quant  a  la  famille  des  Geckotcs  et  speclalemcnt  aux  Hemi- 
dactylesCuv.,  nous  avons  trouve  3  especes: «,  une  nouvelle;  b,  le 
G.  jamnicus  Cuv.,  Seba  II.  108.  8.,  et  c,  une  espece  qui  pour- 
rait  bien  etre  le  G.  porphyreus  Daud.  —  L'espece  de  Java  qui  se 
rapporte  aux  Plalydactyles  est  mon  G.  annulatus  (voy.  Bcitrdge) ; 
mais  je  ne  connaissais  alors  que  le  jeune  animal. — Une  autre  es- 
pece fait  le  type  de  la  nouvelle  subdivision  des  Gonodactyles;  et 
c'est  pour  le  singulier  reptile  decrit  et  figure  par  Crevelt,  Berlin. 
Ma'mzin,  vol.  Ill,  que  nous  avons  fait  le  genre  Ptychozoon:  par 
les  appendices  cutancs  dc  son  corps,  cet  animal  parait  etre  destine 
a  vivrc  dans  I'eau;  cependant  il  vit  sur  les  murs  des  maisons. 

IV.  Batraciens. 

I.  Hyla  ,  Laur. ;  8  especes  nouvelles. 


(\)  Des  recheiciies  faites  depuis  dans  les cabiaels  d'Europe  proiivent 
cependant  qu'un  assez  grand  nomhre  de  serpens  envoj/e's  de  Java  , 
liabitent  aiKsi  le  continent  de  Tlnde  ct  les  lies  les  plus  cloignees  Tunc 
de  I'autrc  du  memo  arcliipel. 

(j)  ylg.  gulluroio  Merr. 


Zoologie.  85 

a.  Rann  Lin.;  5. 

3.  £i{fo  Sclin.;  /(. 

4-  Genre  nouvean :  Megop/iryt.l/eayece,  que  nous  avons  nom- 
inee inontana  ,  habite  loin  des  eaiix ,  dans  les  bosquets.  Les  trails 
les  plus  frappans  qui  la  distinguent  des  Grenouilles,  sent  une  tete 
anguleuse  et  une  peau  en  forme  de  corne ,  dont  les  paupieres  su- 
perieures  sent  surmontees  (i). 

5.  Genre  nouveau :  Occidozjga,  intermodiaire  entre  celui  des 
Crajjauds  et  celui  des  Grenouilles ,  mais  distingue  suffisammenl 
par  un  corps  regulierement  ovale  ,  et  par  la  conformation  parti- 
culiere  de  ses  pates  de  derriere. 
En  tout  nous  avons: 

45  especes  de  Serpens;  i  de  Tortue;  20  de  Sauriens ;  17  dc 
Batraciens  :  total  ,    83  especes.  S/gne  Kuhl. 

70.  Note  sur  une  espece  de  crocodile  vue  vivante  en  Janvier 
1823  par  M.  deBLAiNviLLE.  [Jourii.  de  Phys.^  mai  1823,  page 
aCJa;  eX-Bidl.Soc.  Phil.  ,iiyY.  1823.  ) 

Ce  crocodile ,  dont  M.  de  Blainville  ne  donne  pas  une  descrip- 
tion detaiilee  ,  paraissait  appartenir  a  I'cspece  d'Egypte ;  du 
moins,  selon  le  rapjiort  de  ses  gardiens,il  avail  ete  apport^  de 
cette  contree  depuis-environ  deux  ans.  Sa  longueur  totale  etait 
de  cinq  pieds  et  derai  a  six  pieds. 

Les  observations  de  M.  de  Blainville  portent  particulicrement 
sur  des  points  del'organisation  qui  n'ont  pas  encore  ete  decrils 
d'apres  des  indlvidus  vivans,  et  nussi  sur  les  demarches  naturelles 
de  celui  dont  il  est  ici  question. 

II  etait  place  dans  unecaisse  renfermant  une  mediocre  quantite 
d'eau  dont  la  temperature  etait  maintenue  entre  10  et  12  degres  an 
dessus  de  zero,  et  cette  temperature  paraissait  etre  celle  de  I'a- 
nimal.  Ses  demarches  etaient  lentes,  et  ses  essais  dc  natation 
consistaient  a  mouvoir  ses  pates  alternalivement  et  obliquement 
comme  le  font  les  tortues  et  les  salamandres.  II  n'etait  nullement 
mediant  et  paraissait  eprouver  un  certain  plaisir  lorsqu'on  lui 
passait  la  main  sous  la  gorge.   Sa  respiration  etait  Icnte  ,  irre- 

(ij  Ce  reptile  ,  conserve  deja  au  Musc'e  des  Pays-Bas  et  dans  celui 
de  Paris,  se  rapproclie  assez  des  Batraciens'du  nonveau  monde  ,  con- 
fondus  sous  le  noni  de  Bufo  cornuUis  ,  et  siipares  dcniit'rementsous  le 
nom  de  Ccratophrys  ;  niais  la  peau  absolumenl  lissc  dans  le  premier  ne 
pavail  p.Ts  pcrnipttre  la  reunion  dc  ces  aniniaus  dans  an  meinc  genre. 


84  Zoologie. 

gulicre  et  parfois  semblait  tolalenient  siispendiie  pendant  io  a  /}<'' 
ininiites. I-e  uiouvement  do  ses  narines  et  celiii  du  bouriclet  fibro- 
cartilagineux  qui  Icur  scrvail  d'opercule  etaient  isoclirones 
avcc  cenx  de  la  respiration.  Le  mecanisme  de  cetle  fonction 
paraissait  ne  pas  etre  le  nieme  que  dans  les  sauriens  veritables, 
mais  siirdjlait  jusqu'a  un  certain  point  se  rapprocher  de  ce  qui 
a  lieu  dans  les  tortues  :  les  contractions,  au  lieu  de  s'operer 
sous  la  gorge  ou  dans  le  thorax,  avaient  lieu  dans  les  parols  de  I'ab- 
domen  un  peu  en  avant  des  inembres  pelviens.  Sa  vue  paraissait 
bonne;  I'iris  etait  grisatre  ;  la  pupille  ,  ordinairement  rhoniboi- 
dale  avec  son  grand  diainetre  -vertical ,  conservait  sa  forme  en 
se  retrecissant,  ce  qui  avait  lieu  souvent,  sans  qu'il  y  eut  de 
cLangement  dans  I'intensitc  de  la  Inmiere  La  membrane  cligno- 
tante  etait  mue  assez  f'requcmment ,  mais  avec  lenteur  lorsque 
I'animal  avait  ete  excite.  Ses  oreillcs  etaient  pour  I'ordinaire 
tres-exactement  fermees  par  leur  opercule.  Ses  dents  avaient 
une  ccrtaiiie  demi-transparence  ou  translucidite  ;  elles  s'entre- 
croisaient d'une maihoire a  I'autre et  etaient  completement  visibles 
a  Textcrieur,  si  ce  n'etait  a  leur  pointe.  On  pent  dire  qu'il  n'y 
avait  point  de  Icvres.  La  peau  du  corps  etait  moUe  et  flexible , 
plus  qu'on  n'aurait  pu  le  croire,  et  les  seules  plaques  cervicales 
et  dorsales  etaient  reellement  dures. 

On  nourrissait  cet  animal  avec  du  coeur  de  boeuf.  Lorsqu'il 
ouvrait  sa  gueule  on  voyait  le  mouvemeni  de  la  plaque  de  la 
iangue  pour  la  deglutition  ;  celle-ci  etait  de  couleur  jaune,  avec 
quelques  rides  transverses.  Le  palais  et  la  plaque  linguale  se 
touctiaient  en  arriere  sans  qu'on  put  voir  I'ouverture  de  I'oeso- 
phageni  celle  du  larynx.  DKbM..sT. 

71.  Dissection  d'un  animal  batracien  ;  par  le  D'.  Harlan, 
prof.  d'Anatomie  comparee  au  Musee  de  Pliiladelphie.  [Journ. 
.■icad.  Sc.  nat.  of  Philadelphia  ,  mai  1823  ,  p.  54. ) 

Le  reptile  dont  il  est  question  dans  ce  memoire  est  le  mume 
que  celui  qui  a  ^te  decrit  en  177^,  sous  le  nom  d'Jr/tp/iiuma 
means,  p;u'  le  D'.  Garden,  dans  la  correspondance  de  Lin- 
net, et  auqucl  ce  dernier  ualuraliste  avait  proj)osc  de  donner 
la  denomination  genorique  et  speciKque  de  Siren  simile. 

V.c  meme  rejuile  a  aussi  ete  I'objet  d'une  nouvelle  description, 
sous  le  nom  de  Chrjsodonta  larva'Jonnis ,  dans  le  journal  anu''- 
ricain  ,  intitule  Medical  icconlcr ,  pnnr  le  niois  de  juillel  i8iy. 


Zoolo^ie.  S5 

L'indivuiu  decrit  par  M.  Harlan  avail  t-te  trouve  eu  Georgie  , 
«t  celui  du  Dr.  Garden  provenait  de  la  Caroline  dn  Sud. 

Get  animal ,  dont  le  corps  est  anguilliforme,  cylindrique  aiite- 
rieurement,  et  comprime  posterieuremcnt  dans  une  partie  qu'on 
peut  noinmer  la  queue,  a  la  tete  de  tres-peu  plus  grosse  que  le 
tronc,non  separee  par  un  cou,  et  terminee  en  pointe  mousse;  ses 
narines  sent  petites  et  situees  en  avanl  dn  niusean;  ses  yeux,  tres- 
petifs,  sont  couverts  d'une  membrane  comme  ceux  des  protees 
et  des  sirenes;  deux  ouvertures,  situees  une  de  chaque  cote  en 
arriere  de  la  tete  ,  servant  a  la  sortie  de  I'eau  que  I'animal  prend 
avec  ses  alimens,  et  sont  percees  dans  tine  membrane  qui  est  sou- 
tenue  par  qua tre  arcs  cartilagineux ,    non  attaches   aux  autrea 
parties  du  squelette;    lt?s  dents  sont  petites,  polntues,  dirigees 
en  arriere  et  d'un  jaune  dorc  ;  les  superieures  sont  disposees  sur 
deux  rangs  palatins  et  un  rang  maxillaire  complet ,  et  il  n'y  en  a 
qu'une  seule  ligne  a  la  machoire  inferieure  ;  toutes  sont  legeremenl 
mobiles.  Sur  le  dessus  de  la  tete  sont  les  orifices  de  deux  series 
de  glandes  qui   s'etendent   depuis  les   yeux  jusqu'aux  nariiies. 
La    langue    est    carlilagineusc   et    peu   mobile.   Les    pates    sont 
dans  un  etat    totalement  rudimentaire  ,  et    sans  os  ;    les    deux 
anterieures  sont  situees  presque  immediatement  derriere  la  Icte  , 
et  les  deux  posterieures,  aux  trois  quarts  de  la  longueur  tolale 
de  I'animal,  a  I'endroit  oil  commence  la  queue;  toutes  sont  ter- 
minees  par  deux  doigts   tres-courts   dont  I'externe  est  le  plus 
long.  La  queue  est  applatie  dedroitea  gauche,  et  presenteune 
carene  en  dessus  ,  et  une  autre  en  dessous.  La  peau  est  lissesans 
ecailles  et  les  doigts  sont  depourvus  d'ongle. 

L'individu  decrit  par  M.  Harlan  avait  18  pouces  anglais  de 
longueur  ,  et  celui  du  D"^.  Garden  en  avait  37. 

M.  Harlan  a  reconnu  que  le  systeme  de  la  circulation,  le  ca- 
nal alimentaire  ,  les  organes  de  la  respiration  consislant  en  deux 
poumons  celluleux,  et  I'appareil  urinaire,  ne  presentaient  au- 
cune  difference  sensible  avec  ce  qui  existe  dans  les  sirenes.  II  a 
remarque  seulement  que  les  lesticules  de  TAmphiuma  etaient 
plusaplatis,  ou  moins  cylindriques  que  ceux  dc  ces  reptiles. 

En  lotalite,  cette  description  nouvelle  ne  differe  que  tres-peu 
de  celle  du  docleur  Garden,  et  seulement  en  ce  qui  est  relatif 
a  I'exislence  d'une  langue  que  ce  naturali.sle  n'admeltait  pas,  el 
en  ce  qu'il  considerait  les  ouvertures  posterieures  des  cotes  de 
la  tele,  commc  serviml  a  la  respiration  ;  ce  (jui  n'cst  pas. 


86  Zoologie. 

Une  planche ,  jointe  a  ce  memoire,  prouve  que  I'art  de  la 
lilhographie  a  encore  bcaucoup  de  progrcs  a  faire  aux  Etats- 
XJnis.  Desm..st. 

72.      DiSSERTATIO    PHILOSOPHICV    INAUGURALIS    DE     SCELETO     PIS- 
CIUM,     AUCTORE     JANO     VaN      DER     HoeYEN  ,    MaTH.     MAG.    tv 

PHiLos.  NAT.  DOCTORE.  ( Opusculc  de  1  lo pages  in-8°.,  accom- 
pagne  d' une  planche  in-li°.;  1822.  Leyde ,  Herdingh  et  fils, 
libraires.  ) 

Le  squelette  des  poissons,  embrasse  sous  tous  ses  rapports 
scientiBques,  comme  description  generale,  comme  determination 
philosopliique  et  comme  erudition ,  forme  un  sujet  de  these  tres- 
important  dans  i'etat  present  de  nos  connaissanccs.  L'auleur  a  va 
ce  sujet  de  haut,  et  a  fait  prcuve  d'une  instruction  tres-variee 
et  d'une  grande  sagacite. 

II  jette  dans  des  prolegomenes  un  coup  d'oeil  rapide  sur  I'or- 
ganisation  en  general,  qu'il  en\isage  principalement  saus  le 
point  de  vue  des  doctrines  du  celebre  Bicliat ;  puis ,  entre  defi- 
nitivement  dans  son  sujet,  il  examine  successivement  les  os: 

i"."Qui  recouvrent  le  systeme  nerveux; 

10.  Qui  contiennent  les  organes  des  sens; 

3".  Qui  sont  specialement  affectes  au  mouvement; 

4".  Qui  servent  a  la  mastication  ; 

5°.  Qui  operent  I'acte  de  la  deglutition; 

6°.  Qui  font  parfie  des  organes  respiratoires; 

70.  Qui  sont  sous  la  dependance  des  organes  de  la  generation. 

II  a  decrit  toutes  ces  parlies  du  squelette  iclithyologique  chez, 
beaucoup  de  poissons  ,  non  pas  seulement  en  reprenant  tous  les 
travaux  faits  avant  lui ,  mais  en  donnant  aussi  un  grand  nombre 
d'observations  qui  lui  sont  propres.  On  reconnait  cependant  de 
premiers  pas  faits  dans  les  sciences ,  a  I'attention  de  I'auteur  de 
s'appuyer  sur  des  ti'avaux  deja  existans.  II  fait  de  nombreuses  cita- 
tions, et  parait  au  surplus  anime  du  desir  de  rendre  a  chaque  sa- 
vant qui  I'a  precede  une  pleine  et  parfaite  justice. 

Cependant  cette  louable  intention,  cet  estimable  motif,  et. 
I'erudition  dont  il  a  voulu  cnrichlr  son  travail,  ont  place 
M.  Van  der  Hoeven  dans  une  position  difficile  qu'il  nelui  a  pas 
etc  donne  d'apprecier.  Ce  n'ctait  pas  encore  le  moment  dctrai- 
ter  la  question  du  squelette  des  poissons  comme  a  peu  pres  resolue; 
et  cependant  c'etait  en  quelque  sorte  agir  ainsi,que  d'acctieillir 


Zoologie.  87 

presqu'au  m^me  litre  les  derniers  travaux  sur  celte  matiere.  Des 
determinations  de  parties  ichthyologiques  son  t  venues  deplusieurs 
lieux  et  presqu'au  meme  moment :  ne  decoulant  pas  d'une 
source  commune,  mais  au  contraire  emanees  de  points  de  vue 
differens  ,  elles  ont  donne  des  resultats  quelquefois  contradic- 
toires.  Le  temps  jusqu'alors  leur  avail  manque  pour  s'entrecho- 
quer ,  pour  venir  en  quelque  sorte  se  fondre  dans  une  pensee 
commune  pour  obtenir  enfin,  apres  un  examen  severe,  une  sanc- 
tion generale. 

Les  grandes  difficultes  de  la  question  tenaienta  la  determina- 
tion de  I'opercule.  Le  premier,  en  i8o5,  je  les  avais  signa- 
lees,  et ,  en  disant  leur  solution  possible,  j'avais  deja  mis  le 
probleme  en  equation  :  m'etant  prescrit  une  methode  pour  arriver 
sur  Topercule,  devant  auparavant  cliercher  a  connaitre  les 
pieces  qui  le  bordent,  et  n'ayant  dans  I'origine  encore  signale 
qu'une  solution  probable  en  pressentant  qu'une  partie  de  I'aile 
temporale  des  hauls  vertebres  donneraitles  analogues  cherches  , 
de  grands  efforts  tendant  a  cette  determination  eurent  lieu.  Des 
savans  aperrurent  ces  analogues  dans  I'cpaule ,  d'autres  dans  la 
partie  la  plus  reculee  de  la  maclioire  infcrieure  ,  etc.  Comme  je 
venais  de  donner  enfin  cette  determination,  en  designant  les  os 
de  I'oreille  comme  correspondant  aux  pieces  de  I'opercule,  sur- 
vint  un  autre  naturaliste,  M.  Weber,  qui,  occupe  d'une  question 
particuliere,  I'oreille  chez  les  animaux  aqitatiques ,  crut  avoir 
trouve  chez  les  Cyprins  ces  memes  osselels  :  il  les  avail  apercus 
avec  des  formes  si  semblables  a  celles  des  osselets  de  I'ouie  qu'il 
adopta  les  denominations  d'etrier ,  d'enclu/ne  et  de  marteaii. 

M.  Van  der  Hoeven  s'est  long-temps  etendu  dans  son  deuxie- 
me  chapitre  sur  le  mcrite  de  la  dccouverle  de  M.  Weber  :  il  en 
consacre  toulesles  vues  ,  il  se  determine  a  en  adopter  toutes  les 
consequences ;  car  vennnt  sur  la  fin  de  son  livre ,  dans  le  6". 
chapitre,  a  discuter  la  controverse  relative  a  I'opercule  ,  son  opi- 
nion, deja  faite  a  cet  egard ,  le  porte  a  la  conclusion  suivante  : 
<'  Des  que  les  osselets  de  I'ouie  sont  trouves  chez  quelques  pois- 
»  sons  avec  des  caracteres  de  grandeur  et  d'usage  qui  les  moa- 
»  trent  reproduits  ,  comme  chez  les  niammiferes,  il  n'y  a  plus  a 
»  les  cliercher  dans  I'opercule.  » 

L'auteur  s'applaudil,  bientot  apres,  d'etre  dispense  de  s'appe- 
santir  sur  des  hypotheses,  concernant  I'opercule,  qu'il  juge  toules 
erronees  :  ce  serait  perdre  son  temps ,  Oonas  hoias  consuiitere, 


88  Zooia^ie. 

(lit-il  ,  que  d'cssayer  d'en  iiDag;iner  uuc  nouvelle  ;  il  jirouvc 
toute  sa  reserve ,  il  montre  qu'il  agit  avec  unc  prudence  extreme, 
prudentis  hominis  esse ,  en  se  contentant  des  denominations  vul- 
gaires  imaginees  par  M.  Cuvier,  des  nonis  d'opcrcule,  de  sub- 
opercule,  et  Sinter-opercule. 

C'est  sans  doute  se  couvrir  d'une  egide  tres-respectable  que 
d'invoquer  le  temoignage  de  notre  savant  zoologisle;  mais  c'est, 
je  crois ,  le  faire  inopportunement ;  car  M.  Cuvier  n'a  jamais  pre- 
tendTi  exclure  tout  essai  de  determination  des  pieces  de  I'oper- 
cuJe;  ct  au  contraire  il  a  donne  a  I'un  d'eux  (analyse  dts  tra- 
vaux  de  I'lnstitut  pour  la  partie  des  sciences  physiques,  annee 
i8i  7  1  I'appui  de  son  assentiment.  Mais  les  noms  d'opercule  ,  de 
sub-opercule  et  d'inter-opercule  avaient  deja  ete  imagines  par  lui, 
en  raison  du  besoin  qu'en  avait  I'icthyologie.  Ces  pieces  font 
partie  de  I'exterieur  des  poissons  et  fournissent  d'excellens  .ca- 
racteres  pour  la  distinction  des  families.  II  etait  done  utile,  en 
attendant  que  la  science  eut  saisi  d'une  maniere  incontestable  les 
rapports  des  pieces  de  I'opercule  ,  de  les  nommer  isolenient :  il 
n'y  avait  que  ce  moyen  de  les  adapter  aux  usages  secondaires  de 
la  zoologie. 

Maintenant  sur  le  fond  de  la  question  ,  qui  offre  le  probleme 
le  plus  eleve  et  Ic  plus  important  a  resoudre  dans  I'etat  present 
de  nos  connaissances,  je  remarquerai  que  M.  Van  der  Hoeven 
n'a  eu  pour  se  refuser  a  croire  aux  analogies  des  pieces  de  I'oper- 
cule avec  les  osselets  de  I'oreille ,  d'autres  motifs  que  la  decou- 
verte  de  M.  Weber.  Mais  si  M.Weber,  quia  effectivement  decou- 
vertchezles  carpesun  appareil  tres-singulier,  et  qui  a  rendu  un 
veritable  service  a  la  science  de  I'organisalion  en  faisant  connai- 
tre  avec  une  sagacite  admirable  un  ensemble  de  pieces  d'une 
complication  et  d'un  jeu  tout  particuliers,  s'etait  mepris  en  se 
hatant  de  declarer  qu'il  decrivait  un  appareil  auditif ,  ce  serait 
ie  cas  de  revenir  a  I'opercule  ct  pcut-etre  de  I'envisager  sons  les 
rapports  que  nous  lui  avons  trouves.  Or  c'est  la  ma  pensee  sur  les 
travaux  de  M.  Weber,  en  ce  qui  concerne  les  pretendus  osselels 
de rouie,  qu'il  a,  je  crois, prematurement  annonces  d'avoir  trouves 
chez  la  carpe.  Je  viens  de  developper  cette  idee  dans  le  k'^ .  cabier 
des  Annales  des  sciences  naturelles.  J'aurais  pu  donner  ce  travail 
des  1821,  epoque  a  laquelle  parul  I'ouvrage,  de  Aure  aquatdium  ; 
maisj'ai  cru  devoir  attendre  pour  que  d'aulres  objections  vms- 
sentsercunir a  celiesdeM.  Weber;  il  n'y  a  effectivement  que  I rsfaifs 


Zoologie.  89 

controverses  el  qui  sortent  victorieux  de  la  iutte ,  que  Ton  puisse 
considerer  conime  partie  integranle  du  domaine  des  sciences. 

M.  Oken  connaissait  I'ouvrage  de  M.  Weber  quand  il  ecrivit 
(i)  ce  paragraphe  : 

«  Le  ve'ritable  opercule,  aboutissant  au  mastoide,  ne  peut  done 
»  representer  que  les  osselets  de  I'ouie;  ainsi  I'idee  de  M.  Geof- 
»  froy  St.-Hilaire  doit  etre  approuvee.  L'opercule  est  Yetrier; 
»  le  sub-opercuie  ,  Vendume  ;  et  I'mter-opercule ,  le  marteau.  >> 

J'aurais  souhaite  de  n'etre  point  charge  de  rendre  compte  de 
I'ouvrage  de  M.  Van  der  Hoeven  ,  afin  d'eviter  cet  engagement 
polemique  ;  mais  on  a  insiste  pour  que  je  donnasse  un  article  ,  et 
y  ayant  accede ,  il  ra'a  fallu  aborder  la  grande  question  icbthyo- 
logique  :  car  si  je  m'en  etais  abstenu  ,  j'eusse  paru  souscrire  par 
men  silence  aux  condamnations  de  deux  savans  d'une  instruc- 
tion d'ailleurs  tres-etendue,  et  dignes  a  tous  egards  de  restlme 
des  savans.  Geoff.  St.Hil. 

73.  SuR  LES  poissoNs  DE  Java.  Extrait  d'une  premiere  lettre  du 

D^  J.-P.  Van  Hasselt  a  M.  C.  J.  Temminck.  (  Algem.  Konst. 

en  Letterbode  y  mai  i823.) 

M.  Van  Hasselt,  apres  avoir  annonc^  que  ses  recherches  sur 
les  poissons  d'eau  douce  de  Java  lui  sont  communes  avec  feu 
M.  Kuhl,  donne  le  catalogue  de  tous  les  poissons  de  mer  qu'il  a 
observes  seul,  et  qu'il  a  classes  selon  le  systeme  de  M.  Cuvier. 

Chondropterygiens.  Je  ne  possede  rien,  dit-il,  de  la  famille 
des  Cyclostomos  Dum.;  de  celle  des  Plagiostomes  j'ai  deux  espe- 
ces  du  genre  Scyllium  Cuv. ;  I'une  est  figuree  par  Scba  III ,  pi. 
34  >  fig.  I ;  et  c'cst  mon  Sc.  quinqiie-cornutuin  (2) ;  j'en  possede 
des  individus  de  plus  de  8  pieds  de  longueur.  J'ai  assigne  a  la 
seconde  espece  le  nom  de  Sc.  griseum. 

Mon  Carcharias  javanicus  approclie  le  plus  du  Meni  Sorra 
(  C.  Sorra  Cuv.)  du  musee  de  Paris ;  il  en  differe  pourtant  par 
la  forme  de  la  nageoire  caudale.  Ces  3  especes  ont  ete  dessinees 
sous  mes  yeux, 

Le  Zjgaena  figur^  par  Russel,  pi.  12,  et  qui,  selon  M.  Cu- 

(1)  Ksquisse  du  systr.me  d'aniitoviie,  de  phjsinloi^ie  el  d'hisloire  natu- 
re//e ,  p;igc  44  A  Paris  ,  cliez  Be'chet  jeune,  place  de  rEcole-de-Me- 
decine. 

(2)  La  figure  de  Scl)a  avail  jusciu'alors  c'le  citee  |)ii(ir  le  St^.  li^nnits 
Gin.  ,  et  ia  dislrihulion  des  coiileurs  y  est  tout  ,ui  iiioiiis  la  meiiie. 


90  Zoologie. 

vier,  est  le  intMiie  que  Z.  '/.ygacnai^/..  Mallear  Val.),  me  purait 
en  differer  par  la  forme  de  la  tetc  ;  c'est  mon  Z.  indica.  Moii 
Z.  jjlatycephala  differe  totalemcnt  des  especes  connues  ;  j'ai  Ics 
dessins  des  2  especes. 

Le  seul  Fristis  qui  fait  partle  de  mes  collections  ressenible 
assez  au  cuspidata  Latham. 

J'ai  les  Rhinohatus  Icvvis  el  Thouini  complets,  et  vous  serez 
a  meme  en  les  comparant  de  confirmer  on  de  refntcr  cc  que 
M.  Cuvier  a  presume  sur  I'identilc  du  dernier  avec  le  Rata  Rhi- 
nohatus. 

Je  n'ai  qu'un  individu  du  Rhina  anchylostutna  Schneid. ;  la 
figure  donnee  par  ce  naturaliste  est  tres-exacte. 

Deux  individus  du  Torpedo  (  i?rt/a  Sclm. )  Timlci ,  ne  me 
sont  parvenus  que  dans  un  etat  de  demi-putrefaction.  Tij- 
gon;  j'en  ai  5  especes,  savoir  :  le  JFoIga-Tenkec,  Russ.  pi.  3,  et 
4autres  que  j'ai  fait  dessiner ;  I'une  n'est  peut-etre  pas  differente 
du  Raja  Lymna  Forsk.,  mais  les  3  autres  se  distinguent  assez  des 
especes  connues. 

Myliobatis  Dum.  Des  deux  especes  que  j'ai,  I'une  est  nou- 
velle  cyclurusWA-ix ;  et  I'autre,  occllatus  Kuhl ,  se  rapproche  beau- 
coup  de  celle  figuree  par  Russel ,  pi.  8 ,  surtout  par  la  distribu- 
tion des  taches,  pendant  que  pour  la  forme  du  corps  mes  indi- 
vidus ressemblent  plus  au  R.  Narinari  Sc\in. ;  malheureuscment 
les  peclicurs  out  tellcment  peur  des  aiguillons  de  la  queue,  que 
je  n'ai  pu  obtenir  d'eux  aucun  de  ccs  poissons  non  endommage  ;  il 
resle  a  savoir  si  mon  espece  a  deux  nageoires  a  la  queue  on  non. 

Un  poi'sson  singulier  estle  Rajci  micrura  Schn.,  fig.  par  Russ., 
pi.  6 ,  et  dont  Kuhl ,  suivant  ses  manuscrits ,  a  fait  un  genre 
])arliculier  sous  le  nom  de  Gymnura  (i). 

Pour  le  Crphaloptere ,  M.  Cuvier  cite  Lac.  II,  5 ,  pi.  i ,  •}..  Kuhl 

ne    crovait  pas  ce   poisson    different   de  celni  reprcsente  par 

Russ.    pi.  9,    et  mes   individus   se   distinguent  du  poisson    de 

Russel   par  une  queue  i)lus  longue. 

.  Mon  genre  R/tinoptcra  repose  sur  un  poisson  qui,   semblable 


(I )  Scion  re  que  M.  Valenciennes  a  !)icn  voulii  nous  communiquer  a 
cesuiet  cc  nom  geneiiqiienc  convicndrailiiointa  ces  poisons  parcc  qu'il 
parait  que  les  aiguillons  de  la  queue  Jes  individus  dcnos  cabineta  ont 
etc  arraches  par  les  pctheuit. 


Zoologle.  9 1 

aux  Cepbaloptercs;  en  differe  cependant  pai'  le  caractere  princi- 
.pal  assigne  aux  especes  de  ce  genre. 

Quant  aux  Gymnodotvtes,  je  n'ai  trouve  que  3  especes  du 
genre  Tetrodon;  I'un  pourrait  bien  etre  le  lunar  is  Schxx.,  I'au- 
tre  le  stcllatus  ejusd. ,  et  Mus.  Paris.  Russ. ,  pi.  i8;  et  le  3''.,  le 
testiidineus  Bl.  Mais  les  figures  donnees  par  Blocli  sont  trop  incor- 
rectes,  surtout  dans  les  couleiirs,  pour  en  tirer  des  inductions. 

Les  especes  nomnioes  et  connues  ici  sous  le  nom  de  Bocu- 
toA  ne  sont  inangces  que  paries  Chinois  ,  qui  connaissent  seuls 
le  nioyen  de  leur  enlever  la  substance  veneneuse.  Us  disent  una- 
nimement  qu'il  n'y  a  que  I'ovaire  qui  possede  celte  qualite  dan- 
gereuse,  et  qu'apres  I'avoir  arrache  on  pent  manger  sans  crainte 
tout  le  reste.  Un  ovaire  de  ces  poissons  donne  aux  animaux 
domesliques  les  ferait  perlr  Ires-promptement ;  I'etat  paraly- 
tique  de  mes  bras  ne  m'a  pas  encore  permis  de  faire  des  expe- 
riences pour  savoir  a  quel  point  ces  assertions  sont  fondees.  Les 
Batistes  lineatns  et  stellaiis  Sclin.  que  j'ai  trouves  ici  servent 
toute  I'annee  de  nourriture  tant  aux  Chinois  qu'aux  Malais  ;  ils 
les  mangent  sans  crainte  et  sans  precaution  ;  aiiisi  ces  poissons 
ne  sont  pas  men:e  periodiquement  dangereux.  Le  Balistes  mo- 
noceros  var.  a  Sclin. ;  le  B.  hvvis ,  Bl.  4 1 4  ;  et  mon  ALjavanica  , 
sont  les  seuls  Alutcres  Cuv.,  que  je  me  suis  procures. 

Le  Moaocanlhus  gcographicus  de  Peron,  se  trouve  dans  ma 
collection ,  ainsi  que  deux  autres  especes ,  dont  I'une  est  figuree 
par  Seba,  III,  24,  18,  et  Gronov.,  pi.  6,  n°.  191,  5;  je  lui  ai 
donne  le  nom  sarothrurus  (i),  et  la  seconde  non  figuree  a  cte 
nomm^e  inornati/s. 

Je  possede  le  Triacantlius  hiaculcatiis ,  Cuv.,  et  VOstracion 
punctatus  Commei's. 

LoPHOBRANCHEs.  Unc  nouvclle  espece  de  Syngnathus  vit  dans 
les  rivieres  pres  de  Batavia,  et  je  I'ai  fait  figurer  sous  le  nom  de 
.v.  Jlin'iatilis. 

MALACOPTERyCIENS. 

En  Saumons  je  n'ai  qu'un  Sauriis ,  peut-etre  different  de  ce- 
luide  Russel,  172  (2);  la  caudale  yparait  plus  courte :  etjel'ai 

{i)Jt'Jotiac.  crenulalus  Cuv.Musee  deParis.  Pour  cv  iter  toute  confusion 
en  matitire  i3e  synonymie,  M.  Valenciennes  a  eu  la  hontc  do  nous  don- 
ner  pour  ce  travail  tant  les  noms  systcmatiijucs  adopte's  par  M.  Ciivier 
sur  les  especes  (igure'es  par  Russel  ,  que  ceux  des  autios  poissons 
trouves  par  V.  Ilasselt  et  e'galement  conserves  au  Muse'e  de  Paris. 
(2)  S.  coroniandelicus  Cuv.  Muse'e  de  Paris. 


93  Zoologie. 

nomme  coro/iatus.  Dans  le  genre  Clupea  Lin.  mes  collections 
sent  plus  riches  ;  j'ni  divers  indivldus  du  CI.  melastoma  Schn. , 
et  I'espece  representee  par  Russel,  pi.  igS  ,  se  trouve  ici  en 
quantite  ;  il  faut  y  joindre  nne  autre  espece  quo  j'ai  fait  dessiner 
sous  le  nom  de  niaerura. 

Au  Megalops  crprinoides  Lac.  B1.  4o3  ,se  joint  une  autre  espece 
qui  a  beaucoup  de  rapport  avec  le  Megalops  Naso  Lac.  Mais  il  y  a 
pen  de  mes  indivldus  auxquels  j'aie  pu  remarquer  une  nageoire 
dorsale  filamenteuse;  et  la  forme  de  la  macholre  superieure  dif- 
fere  aussi  tellement  de  celle  des  Clupees  et  Megalops ,  que  j'ai 
cru  devoir  etabiir  un  genre  particulier  pour  lequel  j'ai  choisi  le 
nom  de  Gonostoma. 

L'^«^rttt/w  figure  par  Russel, pi  187,  differe  deVEngrau/is  Com- 
mersonii ,  par  une  nageoire  dorsale  presque  vis-a-vis  de  I'anale  : 
c'estmon  Engr.  indlciis[i). 

Les  Thrissa  macrodon  el  microdon  Cu\. ;\e Nosoptera  Kapirat, 
Lac,  et  VElops  Saurus,  sont  aussi  dans  ma  collection.  Outre 
cela  j'ai  une  espece  du  dernier  genre  qui  se  distingue  des  autres 
par  la  roachoire  superieure  plus  courte  que  I'inferieure,  et  par 
14  rayons  branchiaux  seulement,  tandis  que  les  autres  Elops  en 
ont  3o  et  davantage. 

La  mer  de  Java  a  aussi,  de  commun  avec  celle  de  la  cole 
Coromandel,  le  Chirocentrus  dentex. 

Russel  a  figure,  pi.  207  de  son  ouvrage,  u<i  polsson  que  je 
ne  trouve  pas  cite ,  mais  qui  ne  pent  etre  place  qu'avec  les 
Clupees  de  M.  Cuvier.  Cependanl  il  en  differe  par  la  conforma- 
tion particuliere  de  sa  membrane  branchiale  ,  qui  parait  etre 
percee  par  un  trou;  et  je  I'ai  separe  sous  la  denomination  de 
Lutodeira  indlca.  Lcbuk  (ile  Java),22  0ct.  1822.    Van  Hasselt. 

74.  Description  d'une  nouvelle  espece  depoisson  de  la  Riviere 
d'Hudson,  par  Witt  de  Clinton  {^Ann.  of  the  Lyceum  of  natu- 
ral history  of  New-York  ,  dec.    182^.  ) 

Ce  poisson  appartient  au  sous-genre  Clupea  de  M.  Cuvier 
(  regn.  anim. ).  Voici  I'abrege  de  sa  dcscrii)tion. 

Clupee  de  l'Hudson.  Clupea  hudsonia.  Ayanl  une  large  bande 
satinee  allant  depuis  I'opercule  jusqu'a  la  queue,  avec  une  tacLe 

fil  I'.nifr  Slolcjihorus  Cuv.  Musiie  do  Paris. 


Zoologie.  g5 

obscure  a  ]a  base  de  la  nageoire  caudaie.  Commun  a  Albany  et 
autres  lieux  dela  riviere  d'Hudson.  Du  cabinet  du  Lycee.  T^teassez 
petite;  bouchemediocre;  niachoire  inferieure etantla  plus  courte  ; 
museau  oblus;  narines  doubles  tres-rapprochees  et  plus  pres  des 
yeux  que  de  la  pointe  du  museau ;  yeux  mediocrement  larges  ; 
pupille  noire,  iris  argente  ;  pas  de  dents  ;  opercules  argentes 
avec  une  membrane  etroitesurles cotes,  et  fournisa  leur  partie 
superieure  dune  petite  epine  plate  ;  ouverture  des  ouies  ample- 
corps  4  foisplus  long  que  la  tete,  cylindrique;  dos  legerement 
arque,  d'un  brun  obscur  ;  ligne  laterale  petite,  presque  imper- 
ceptible; longueur  six  pouces.  M.  B  /, ;  P.  1 1 ;  D.  8  ;  V.  8  •  A.  8  • 
C.  2o  I II  est  commun  dans  la  riviere  d'Hudson.  Desm..st.  ' 

75.  SuR  UNE  NouvELLE  Raie,   par  le  Dr.  A.  W.  Otto,  av.  2  pi. 
{Nov.  act.  Acad.  Goes.  Leop.  Carol.  Nat.  cwr.To.X,  part.  i,p.  1 1.) 
Cette  raie  se  distingue  des  autres  par  une  seconde  paire  de 
petites  nageoires  pcctorales  placees  devant   les  autres,  sur  les 
bords  de  la  tete,  ce  qui  leur   donne  de  la  ressemblance  avec 
des   oreilles;  se  dirigeant   plus  sur  le    devant    que  les  grandes 
nageoires,  elles  sont   separees  de  celles-ci  par   un   espace   ou 
une  decoupure  sous  un  angle  d'environ  75°,  et  elles  tiennent 
a  la  partie  anterieure  du  menie  cartilage,  qui  porte  les  rayons 
de  la  grande  nageoire  pectorale.  Le  museau  de  cette  raie  est 
long  et  termine  en  une  pointe  aigue,  de  la  forme  d'un  fer  de 
lance ;  les  yeux  sont  assez  grands ,  saillans  ,   et  tournes  vers  les 
cotes ;  trois  os  crochus,  dont  deux  devant  etun  derriere,entourent 
chaque  oeil.  Le  dos  est  plat  et  lisse  comme  les  nageoires  pectora- 
les ;  la  queue  est  assez  courte,  du  inoins  plus  courte  que  le  corps  et 
termmee  aussi  en  pointe  aigue.  Une  serie  de  18  pointes  ou  cro- 
chets enherissent  le  dessus.  Les  nageoires  ventralcs,  en  partie 
couvertes  par  les  nageoires  pectorales.sont  proportionnellement 
grandes  et  dentelees  a  I'extremite.  Chaque  machoire  est,  pour 
amsi  due,  pavee  de  dents  serrees   en  rangs  fort  reguliers. 

Sur  le  dos,  cetle  raie  a  une  couleur  brune  tirant  sur  I'olive; 
sous  le  ventre  ,sa  couleur  est  plus  claire,  mais  parsemee  de  points 
ouplutot  depetiles  lignes  uoires  sans  nombre ,  indiquant  au- 
tant  de  passages  dune  matiere  glaireuse,quis'ouvrentsur  lapeau. 
La  t^te  en  est  couverte.  L'individu  que  M.  Otto  a  examine  n'avait 
que  9  pouces  et  demi  depuis  la  pointe  du  museau  jusqu'au  bout  de 
la  queue;  sa  largeur  n'etait  que  de  7  pouces.  Cette  pelitesse,  le 


g4  Zoologie. 

lisse  et  I.i  finesse  dc  la  pe;m,  cl  ]a  Iranspnrcnce  des  passages' des 
glaires,  enfin  la  pctitesse  ct  la  mollesse  des  parlies  males,  font  sup- 
poser  a  I'aulcurqiie  celte  raie  etait  jeune;aussi  iie  penl-il  decider 
si  le  grand  d<'vclo])pemcnt  des  passages  glaireux  de  la  pcau  est 
a  tout  age  une  proprlete  de   cette  espece ;  cependant  les    indi- 
vidus    jeunes  d'autres  raies  des    espcces    Bntys ,    clavata ,   as- 
pera,    Miraletus ,   Aqu'da ,    Torpedo    vulgaris,    marmorata    et 
Gahani  que  M.   Otto  a  examines ,  n'avaient  pas  de  points  noirs 
en  aussi  grand  nombre  ni  aussi  marques ;  c'est  ce  qui  I'engage  a 
proposer  I'epithete  de  hyposticta  (marquee  en  dessous),  pour 
cette  espece  nouvelle  dont  un  individu  lui  fut  remis  par  un  pe- 
cheur  dc  Newhaven^  pendant  son   sejour  a  Edinbourg ,  en  1818. 
Ce  \'ieux  mai-in  ,  qui  avait  coutume  de  vendre  des  poissons  re- 
marquables  aux  iclilhyologues  d'lidinbourg,  I'avait  pechee  avec 
beaucoup   d'autres  raies ,  apres  qnelques  jours  de  terapete,  et 
il  assurait  n'avoir  jamais  \u  celle-ci ;  ce  qui   fait  penser  que  la 
raie  dont  il  est  question  est  plus  rare  et  habite  une  plus  grande 
profondcur  de  la  mer  que  les  aulres  especes.  En  adoptant  la  divi- 
sion deM.  Cuvier,  on  pourrait  la  ranger  parml  les  Cephalopteres  ; 
cependant  elle  en  differe  en  ce  que  les  nageoires  antcrieures  sont 
courtes,  que  la  tete  est  plus  saillante,  etquela  queue,   courte, 
est  proportionncUement  plus  grosse,  eta  trois  nageoires.  Pour  la 
forme  totale  du  corps,  la  tete  exceptce,  elle  ressemble  davantage 
a  celles  des  especes  que  M.  Cuvler  regarde  comme  de  veritables 
raies    telles  que  les  Raia  clm-ata,  Rubus,  etc.  On  pourrait  Tap- 
peler  propterygia,  a  cause  dc  scs  nageoires  accessoircs  qui  la 
font  ressembler  nu  (liable  ma ri/i,  que  Renard  a  cite  parmi   les 
poissons  des  Moluques,  et  dont  il  a  donne  une  mauvaise  gravure. 
Si  on  admetpour  le  genre  des  Propterygia  les  carac  teres  sulvans: 
Ra/a:  altera pinnarum  pectoraliurn  pari  ad  latera  capitis  a  cor- 
pore  distinctiet  in  rostrum  subacuminatum  tlesinentis  ;  spiracula 
quiiique;  caiula  brevis   absque  aculeo ;  on  pourrait  caracteri- 
scr,  dit  M.  Otto,  la  nouvelle   espece  ,   ou   la  Propterygia  hy- 
posticta ,  a  pen  pres  de  la  maniere   suivante  :  corpore   dcpresso 

"lahro  infrii  nigra  punctata,    arulcis    tends  adoculos,  caudn 

unica  aculeorum  ordinc  et  pinnis  duabus  superioribus,  una  infe- 

riorc  ct  ulteriore. 

-6.  Les  poissons  fossii.k.s  arbangiis  geologiquf.mfnt  cl  dccnls 
n.'.turellement;par]M.  de  Blainville  ;  traduction  alleniandcpar 
.'..  V.  Kr.vr.rv..  Qtu-dlinbourg  et  Leipzig;  iSu'i. 


Zoologie.  gS 

IVauteur  des  Arcliives  tlu  inonde  primilif  a  enrlclii  la  littera- 
ture  allcmande  de  cotte  ulilc  traduction,  et  y  a  joint  qiielques 
notes.  Nous  nous  contentcrons  d'en  signaler  quelques-unes.  A 
Ilnienau,  les  poissons  sont  fort  rares  dans  le  schiste  culvreux  ; 
mais  le  calcaire  gris  y  renferme  beaiicoup  de  proeminences  qui 
ont  une  lausse  ressemblance  avec  des  anguilles.  I!  y  a  aussi  de 
ces  poissons  a  Sclimeei'bach,  pies  Gotlia.  L'auteur  oppose  a  la 
description  vague  que  M.  deBlainvillefaitde  certaines  peauxgra- 
nuleuses  du  Zechstein  d'Eisleben ,  etc.,  celle  beaucoup  plus  cir- 
constanciee  de  M.  Sclilotheiin,  dans  sa  Petrefactologie.  II  revele, 
I'erreur  geograpbique  de  M.  de  Blainville,  de  placer  Rotbenburg 
surlaSaale  dans  le  comte  de  la  Mark.  II  ajoute  a  I'article  des 
poissons  des  marnes  superieures  au  gypse  tertiaire ,  qu'il  a  trou- 
pe des  cyprins  fossiles  a  I'entree  des  cavernes  dans  le  gres  cntre 
Burgtonna  et  Gotba.  Les  icbtliyolithes  de  Bi-aunsberg,  pres  de 
Ruppin  dans  la  Marcbe  du  Brandenburg,  appartiennent  a  une 
formation  plusrecente  que  ceux  de  Pappenbeini.  II  nous  a  sem- 
ble,  d'apres  ce  qu'on  connait  de  cette  localitc,  que  c'est  un  ilot 
de  craie  dure.  II  indique,  d'apres  M.  Lyon,  des  icblbyolitlies  a 
Babr  el  Gazal  dans  I'Afrique  septcntrionale.  Enfin  il  ajoute  un 
grand  nombre  de  localites  de  dents  de  poissons  a  celles  donnees 
par  M.  de  Blainville.  A.  B. 

77.  The  genera  of  recent  anb  fossil  shells,  etc.  Genres  des 
coquiiles  vivanteset  fossiles  par  J.  B.  Sowerby,  n°.  19.  (Fojez 
le  n".  i38  d\x  Bulletin  de  Janvier  1824.) 

Cel\°.  contient  Ranella  camlisata^  Lam. ;  marglnata  (  Icevi- 
gata ,  Lam.) ;  spi/iosn ,1.^7^.  ~  Stomatia  (  genre  auquel  M.  So- 
werby reunit  le  G.Slomatcllc  de  Lam.)  iwhricata ;  sulcifera 
{  Stojnatclla ,  Lam.  )  ;  duplicata ,  N.  Sp. ;  Phimotls ,  Lam. ,  (  Sto- 
inatia.  Lam.  )  ;  Auricula,  planulata ,  [Stomatella,  Lam.  )  — 
Eburna glahrnta ,  Lam.;  halteata,  N.  Sp.  .—  Pileolus  ,  nouveau 
genre  auquel  l'auteur  donne  pour  caracteres :  Testa pafelliformis, 
i'ertice  subcentrali,  redo.  Discus  inferus ,  parte  centrali puMnu- 
tatn;  aperturd  exigud,  sublaterali;  semilunari;  labia  externa 
margin alo ,  interna  crenulato.  Spira  omniub  interna,  hrcvis- 
sirna.  Deux  especes  fossiles  composent  ce  genre;  ellcs  appar- 
tiennent a  la  parlic  superieure  des  terrains  oolilhiqnes;  I'une  est 
:i\^\M:V'Q plicatus ,  I'aufre  lo3vis.  (  Voye/.  plus  bas  Tart,  sur  ce  genre, 
cxtrait   thi  mtmoirc   dc    M.   Dcsbaies. )  — Sigaretus  ronrnyus 


q(}  Zoolo^ie. 

Lam.  ;  Haliotoideus  Leac.hii  ,  (  Crjptostoma  Leachii  , 
Blaiuv.);  canaliculatus  Defr.  —  Pholadomyu.  Ce  nouveau  genre 
est  fort  iiiteressant.  En  void  d'abord  les  caracteres  :  Testa  tenuis, 
subhyalina,  transversa  ,  ventricosa  ,  postice  brevis ,  rotundata , 
anticeplus  minitsve  elongata,  hians  ;  superne  hiantula.  Cardo, 
foveold  elongato  subtrigond  et  lamina  marginali  in  utrdque  vah'd. 
Ligamentum  externum  ,  brcviusculum ,  externa^  laminarum  car- 
dinis  parte  ajfixum.  Impressiones  musculares  duce ,  indis- 
tinctce.  Sinus  impressionis  musculi  adharenlis  pallii ,  magnus. 
Umboncs  approximati. 

L'espece  quia  determine  I'etablisscmentde  ce  nouveau  genre  a 
ete  coramuniquee  a  M.  Sowcrby  par  M.  Mawe.  EUe  vient  de 
I'ile  de  la  Tortue ,  d'ou  elle  a  ete  rapportee  par  M.  Nicholson. 
EUe  est  d'autant  plus  precieuse  quelle  a  donne  les  moyens  de 
se  fixer  al'egard  de  plusieurs  fossiles  dont  les  genres  etaient  in- 
certains.  Par  sa  tenuite  ct  sa  ressemblance  exterieure  avec  les 
Pholades,  M.  Sowerby  penche  a  croire  quelle  vit  dans  les  pier- 
res  ou  du  moins  enfoncee  dans  le  sable,  car  il  n'y  a  pas  d'autre 
preuve ,  merae  parmi  les  fossiles  qu'on  peut  rapporter  a  ce 
<Tenre,  que  leurs  animaux  soient  perforans. 

L'aspect  general  de  cettte  coquille  ,  la  place  entre  les  Pholades 
et  les  Anatiues.  La  plupart  des  coqullles  fossiles  qu'on  peut  y 
rapporter  en  toute  assurance  ,  ont  ete  placees  parmi  les  Lutrai- 
res.  Les  caracteres  de  sa  charniere  la  rapprochent  des  Panopees, 
mais  elle  s'en  distingue  par  sa  coquille  mince,  demi-transparente 
et  nacree  (cela  suffit-il? ) ;  elle  s'eloigne  des  Pholades  et  des  Ana- 
tines  par  son  ligament  exterieur,  et  par  I'absence  des  valves  ac- 
cessoires  interieures  et  exterieures.  Enfin  elle  s'eloigne  egalement 
des  Myes  de  Lamarck  par  I'absence  des  dents  inegales. 

Les  especes  fossiles  qu'on  doit  rapporter  a  ce  genre  sent  les 
Cardita  ?  producta,  obtusa  ,  Ijrata  ,  deltoidea  et  margaritacea  , 
et  les  Lutraria  lyrata,  ovalis  ,  ambigua  et  angustata,  qui  aj)- 
partiennent  aux  terrains  oolithiques ,  au  lias,  a  I'argile de  Loadrcs, 
a  la  formation  houillere  et  k  I'argile  coloriee  situce  entre  la  marnc 
calcairc  et  I'argile  plastique  a  Alum-Bay. 

Yraisemblablement  plusieurs  autres  fossiles  figures  par  d'an- 
ciens  auteurs  et  par  M.  le  baron  de  Schlolhcim,  se  rapportent 
egalement  a  ce  genre, qui  est  une  nouvellc  preuve  que  des  gen- 
res ou  des  especes  qu'on  croit  perdus,  existent  encore.         F. 


Zuologie.  Qj 

•jt.  Note  sua  un  nouveau  genre  de  la  famille  des  Nerita- 
CEEs  ;  par  G.  P.  Deshayes  ,  membre  de  la  Societe  d'histoire 
naturelle  de  Paris.  (  y^nn.  des  Sc.  rial.,  fev.  18-24,  P«  187, 
avec  I  pi.  ) 

M.  Deshayes  avait  propose  ce  nouveau  genre  sous  le  nom  de 
ToMOSTOMA  ,  et  communique  cette  notice  a  la  Societe  d'histoire 
naturelle  de  Paris,  le  19  decembre  i8a3;  I'ayant  vu  depuis 
decrit  par  M.  Sowerby  (  Ge/i.  of  Shells  )  ,  sous  le  nom  de  Pi- 
LEOLUs,  11 -a  adopte  cette  derniere  denomination,  exemple  qui 
devraittoujours  etre  suivJ,  afin  deviter  cette  confusion  de  noms, 
qui  va  toujours  croissant  dans  les  diverses  branches  des  sciences 
natnrelles. 

M.  Deshayes  observe  que  la  fomille  des  Neritacees  de  M.  de 
Lamarck,  coniposee  des  quatre  [:;enres  Navicelle  [Scptaria  Fer.), 
Neritine,  Nerite  et  Natice,  offre  une  transition  assez  brusque 
entre  les  deux  premiers  de  ces  genres.  II  ajoute  des  reflexions 
pour  monlrer  que  le  genre  Navicelle  s'eloigne  fort  des  Calyptra- 
ciens,  parnii  lesqueis  M.  Cuvier  et  nous  I'avons  range  ,  et  qu'il 
doit  rester,  ainsi  que  M.  de  Lamarck  I'a  pense ,  pres  des  Nerites, 
ayant  comma  celles-ci  une  coquille  reguliere  ,  et  ctant  oper- 
cule  comme  elle.s.  Enfin  M.  Deshayes  pense  que  le  nouveau  genre 
qu'il  a  decouvert ,  vient  remplir  cet  intervalle  qu'il  signale  cntre 
les  NaviccUes  et  les  Ncritines. 

Comme  il  y  a  ici  quelques  erreurs  materielles  ,  nous  croyons 
pouvoirfaire  observer  d'abord,  lo.  que  les  Naticeset  les  Nerites 
quoique  rapprochees ,  appartiennent  cependant  incontestable- 
nient  a  deux  families  distlnctes  ,  par  la  forme  des  tentacules  et  la 
position  des  yeux,  caracteres  qui,  dans  les  MoUusques  ,  ont 
une  telle  valeur,  qu'il  n'est  pas  permis  de  passer  outre;  2".  que 
les  Ncritines  et  les  Nerites  ne  forment  point  deux  genres  distincts 
puisque  leur  animal  et  leur  coquille  sont  absolument  semblables, 
et  qu'il  n'existe  plus  depuis  long-temps  aucun  doute  a  ce  sujeE  • 
3".  que  I'opercule  des  Navicelles  parait  n'avoir  que  des  rapports 
eloignesaveccelui  des  Nerites,  et  que memece  n'est  pointunoper- 
cule;  4°.  enfin,  quele  genre  Navicelle  etant  encore  fort  peuconnu, 
on  ne  peut  baser  des  raisonnemens  sur  scs  rapports,  ni  snr  I'in^ 
tervallequilesepare  des  Nerites,  d'autant  qu'il  est  tres-possible 
qu'il  faille  le  reporter  dans  I'ordre  des  Pulmones,  pres  des  An- 
cyles,  et  lotcr  ainsi,  et  des  Pcctinibranches  et  des  Scutibranches. 
,>Nous  avons  cru  devoir  faire  ces  observations,  parce  qu'elles 
B.TomkIL 


(j8  Zoofogie. 

portent  sur  des  faits  positifs,  ct  qu'clles  n'»)lent  rieri  a  la  parlic 
interessante  du  travail  de  M.  Desliayes ,  qiii  a  le  premier  fait 
connaitre  parmi  nous  le  genre  Pileolus  ,  et  qui  meme  signal?  une 
espece  que  M.  Sowerby  n'a  pas  connue. 

Nous  avons  dit  que  celles  du  savant  naturaliste  anglais  se 
trouventdans  la  pnrlie  superieuredu  terrain  oolithique;  ellessont 
accoinpagnt'cs,  dans  ce  gisement  remarquable  ,  par  des  Cerites 
des  Sabots,  des  Terebratules,  des  Polypiers,  etc.  La  nouvelle  es- 
pece de  M.  Desliayes  vient  du  calcaire  grossier  des  environs  de 
Paris,  de  Mouchy-le-Cliatel  pres  Beauvais  ,  et  de  Houdan.  II  ob- 
serve que,ces  localites  offrant  un  melange  de  fossiles  marins  et 
fluviatiles,  ii  lui  reste  de  I'indecision  au  sujet  de  cette  derniere, 
relativemenl  a  la  nature  du  fluide  dans  lequel  elle  a  vecu. 

Voici  les  caracteres  que  M.  Desliayes  assigne  au  genre  Pileole, 
Pileolus.  Coquille  palelliforme,  reguliere,  elliptique  ou  circu- 
laire,  conique  ,  a  somraet  droit  ou  legerement  en  spirale,  incline 
en  arriere;  face  inferieure  concave,  tranchante  sur  ses  bords ; 
ouverture  entiere,  petite,  a  peine  du  tiers  de  la  face  inferieure; 
bord  columellaire  dente  ou  strie ;  bord  droit  lisse. 

Aux  Pileolus  la't'is  ciplicatus  de  M.  Sowerby,  M.  Deshayes 
ajoute  le  P.  neritoicles ,  qui  offre  une  empreinte  volutatoire  bien 
distinctc,  commeon  la  voit  dans plusieurs  Crepidules  et  Calyptrees. 

Ces  trols  especes  sont  dccrites  et  figurees  dans  ce  travail  ; 
nous  reinarquerons,  quant  aux  figures  ,  que  crlles  des  deux  espe- 
ces connues,  different  asscz  notablement  des  figures  donnees  par 
M.  Sowerby.  Nous  ajouterons  qu'au  premier  coup  d'oeil  il  sem- 
ble  que  MM.  Sowerby  et  Deshayes auraientpujoindreacegenrc 
la  Neritina  Altavillensis  de  M.  Defrance  ,  dccouverte  par  M.  do 
Gerville;  et  qu'enfin ,  malgre  que  selon  toutes  les  apparences, 
I'opinion  de  ces  deux  naturalistcs  au  sujet  de  la  place  de  ce  nou- 
veau  genre  dans  la  famille  des  Ncritaces  soit  bien  fondee,  elle 
est  encore  hypolhetique  ,  n'etant  appuyee  que  snr  des  analogies 
qui  tons  les  jours  nous  egarent.  F. 

79.  Notice  sur  le  genre  septaire,  par  M.  dc  Ferussac. 

Le  genre  Skptaire,  Sej)taria  ,  a  etc  etabli  par  nous  en  1807 
(Essai  il'unc  nn'-thode  Conchyl.^  p.  Go.),  pour  nnv  coquille 
deja  fort  connue,  et  qu'on  irouve  figuree  dans  Piumpliius,  Da 
Costa,  Pctiver,  Martini,  etc.  Clicmnitz  en  avail  fait  une  Nerilo 
sous  le  norn   dc  Porccllann ,  ct  Ginclin,  en  adoptaiit  cc  noiii , 


Zoohi^ie.  99 

•ft  y  joignant  nial  a  propos  le  Luli/i  d'Adanson,  on  a  fait  unePa- 
telle.  M.  dc  Lainartk,  apres  avoir  voulu  en  faire  le  type  de 
son  genre  Neritine ,  I'a  nommee  Navlcelle ,  et  Monll'ort ,  Cymber. 
Les  premiers  renseignemcns  qui  aient  ete  publics  sur  son  animal  et 
la  piece  testacee  qu'il  contieiit ,  sont  dus  a  M.  Bory  de  St-Vincent. 
(P^oj. dans  lesquatreprinc.  ilcsde la  mer d' Afrique ,yo\.  i,  chap.  7, 
p.  287,  tab.  37  ,  fig.  2,  a,  b  ,c.)  La  figure  et  la  description  qu'il 
en  donne  ne  purent  nous  fixer  entierement;  mais,  des  I'etablis- 
sement  de  ce  genre ,  nous  le  jugeames  plus  rapproche  des  Ancyles 
que  des  Nerites  :  cependant  nous  avons  suivi  depuis  I'indication 
de  M.  Cuvier  en  le  placant  ])arnii  les  Scutibranches.  M.  de  La- 
marck I'a  mis ,  comme  on  vient  de  le  voir,  dans  la  famille  des  Nc- 
rltacees. 

Le  voyage  de  Peron  procura  quelques  nouvelles  especes  de 
ce  genre  curieux;  enfin,  ceiuide  M.  le  Cap.  Freycinetnous  a  valu 
I'anunal  de  celle  de  Bourbon.  L'exemplaire  que  nous  possedons  , 
quoic[u'en  mauvais  ctat  par  suite  de  son  sejour  dans  un  alcohol 
trop  fort,  nous  a  cependant  permis  de  constater  les  faits  sui- 
•vans.  Les  tentacules  sont  conforraes  comme  dans  les  nerites.  Les 
yeux  sont  au  sommet  des  deux  plus  courts,  lesquels  sont  son- 
des, par  leur  base,  aux  deux  plus  longs.  Ceux-ci,  en  se  sepa- 
rantdes  precedens,  sont  setaces  et  tres-effiles.  La  tete,  fort  large, 
forme  en  avant  un  segment  dc  cercle  ;  la  bouche  est  situee  en 
dessous  sans  apparence  de  trompe,  et  parait  conformee  comme 
celle  des  Ancyles.  On  apercoit  sur  quelques  individus  seulement 
que  j'aieul'occasion  d'observor,  unappendice  triangulaire,  aplati, 
assez  grand,  insere  sur  la  tete  entre  le  tentacule  droit  et  le  mi- 
lieu de  la  t^te.  Get  appendice  serait-il  I'organe  generateur  male  ? 

La  tunique  qui  tapisse  I'interieur  du  test  est  organisee  comme 
chez  les  Ancyles,  les  Limnees,  les  Planorbes  et  les  Physes ;  le 
fluide  circule  librement  autour  du  con  et  jusque  sur  le  dos. 
Deux  forts  muscles  d'attachc  latcraux  dans  le  sens  de  la  lon- 
gueur du  test  et  unpen  courbes  en  dehors  lient  I'animal  a  son  test. 

Le  plan  locomoteur,  large  et  de  forme  elliptiquc,  est  separc 
du  corps  par  un  sillon  ou  raiinue  qui  regne  tout  autour ;  les 
bords  mcmbrancux  du  corps  suivent  le  contour  de  la  coquille, 
mais  nous  n'avons  jm  y  recotinailrc  les  papilles  infei'ieures  dont 
parle  M.  Bory  de  St. -Vincent.  Les  visceres  remplissent  Ic  som- 
met ou  vertex  de  la  coquille. 

Je  n'ai  pu  reconnailro  aucune'  trace  do   braiicliies  ni   dans  la 


I  oo  Zoolo^io. 

rainure  cntre  Ic  pied  ct  le  corps  ,  ni  dans  la  cavite  an-dessiis  du 
cou;  et  tout  fait  prcsumer  quece  moUusque  respire  par  le  moyen 
d'un  reseau  vasculaire,  coiiMne  cliez  les  pidmones  a(]uatiques. 
Interleurement,  le  corps  parait  divise  liorizontalement  de  I'ar- 
riere  a  I'avant ,  par  une  piece  tcstacee  interne  qui  forme  comme 
unecloison,  en  sorte  qu'en  dessous  et  en  dessus  de  cette  piece  se 
trouve  une  poche  qui  communique  a  I'extcrieur.  Cette  piece 
testacee  n'est  point  dans  Ic  \neA  ni  dans  le  sac  abdominal,  mais 
I'un  et  I'autre;  elle  n'est  pas  libre,  son  bord  droit  est  lie  a  I'ani- 
mal  par  des  muscles  d'attache.  Outre  le  Septaria  borbonica , 
M.  de  Lamarck  a  decrit  et  figure  deux  autres  especes,  Sept. 
lineata  et  tessellaria.  F. 

80.  Notice  sua  des  fossiles  incownus  qui  semblent  apparte- 
nir  a  des  plaques  maxillaires  de  poissons  dont  les  analogues 
vivans  sent  perdus,  et  quej'ai  nommes  Ichthjosiagdnes  ;  par 
M.  Box:ri)et  (de  la IMievre),  geologue  -voyageur,  etc.;  (lu  a  la 
societe  philomathique  de  Paris,  le  ajuin  i8'22,  et  a  lasociete 
de  physique  et  d'histoire  naturelle  de  Geneve,  le  17  oct.  1822.) 
In-4"  de  8  p.  et  i^  pi.  lith.  en  noir.  Geneve  et  Paris;  1822; 
Pasclioud. 

Cette  notice  doit  faire  partie  d'un  memoire  sur  les  Ichtltyo- 
clontes  que  M.  le  cliev.  Bourdet  annoncait,  en  la  pubiiant , 
devoir  paraiire  sous  peu ,  et  que  les  naturalistes  attendent 
encore.  Les  fossiles  qui  en  font  le  sujet  ont  ete  trouves  par 
M.  Bourdet  an  Mont  des  Voirons,enSavoie,  a  2  lieuesde  Geneve, 
en  face  et  a  i  lieue  du  mont  Salcve.  Le  Mont  des  Yoirons  offre 
une  erande  quantite  d'Ammonites,  de  Nautilites,  de  Belemnites, 
d'Oftboceratitcs,  de  Cames,d'Huirrcs,  de  A'enericardes  et  d'Our- 
sins.  M.  Bourdet  y  remarqua  surlout  les  fossiles  qui  font  I'objet 
de  sa  notice.  D'apres  leur  forme  iriangulaire,  il  les  prit  d'abord 
pour  des  valves  de  Trigonies;  mais,  apres  unplus  mur  examen, 
il  a  reconnu  qu'ili  ne  pouvaient  appartenir  a  la  classe  des  mol- 
lusques  a  cause  des  siries  fort  rudes  de  leur  surface  concave, 
les  mollusques  ayant   toujours   I'intcrieur  de    leur    habitation 

tres-poli- 

M.  de  Luc,  auqucl  il  les  communiqua  ,  lui  apprlt  que  son  illus- 
tre  perc  les  avail  decouverts  dans  la  meme  montagne  ,  et  les  avait 
decrils  dans  [e  journal  de  Physique  (prairial  an  8  ,  p.  21 ),  sous 
le  nom  do  Bufonites ,  mais  sans  aucun  eclaircissement  sur  leur 


Zoolo^ic.  loi 

nature.  M.  Bourdel  les  consiJere  comme  ctant  dcs  niadioires  de 
poissons,  et  en  distingue  deux  ospeces  dont  il  caracterise  les  dif- 
ferences et  qu'il  figure  sous  leurs  deux  faces.  L'une  des  especes 
figurees  etait  adherente  a  un  calcaire  feuillete;  Tautrc  a  un  cal- 
caire  compacte  :  une  troisieme  espece  plus  petite  parait  apparte- 
nir  a  la  meine  famiile  dc  poissons  que  la  premiere  qu'il  signaler 
il  n'a  pu,  pour  aucune,  reconnaitre  a  quelle  espece  on  pouvait 
les  rapporler. 

Ces  fossiles  ont  etc ,  du  rcste ,  observes  depuis  long-temps. 
Sclieuclizer  parait  etre  le  premier  qui  en  ail  fiiit  mention.  II  les  a 
decrils  (  Specimen  lithogr.  Helvetia;  Cur-,  p.  21  ,fig.  27,  et  p.  22, 
fig.  28),  sous  le  nom  de  Concha fossilis  Tellinoidcs porosn  Itsvix. 
Bertrand,  Davila,  Knorr  les  nommercnt  Tellinoidcs ,  et  les  pri- 
rent  pour  des  valves  du  Lepas  anatifera.  Baier  les  a  considerds 
comme  des  Games  et  des  Tellines.  Parkinson,  dans  ces  derniers 
temps,  les  a  pris  egalement  pour  des  coqullles  ,  et  en  a  fait  son 
genre  Trigonellitcs ;  il  a  nommeles  deux  especes  observees  par 
M.  Bourdel,  l'une,  Trig,  lata,  I'autre ,  Trig,  lamel/.osa  (^X.  Ill, 
p.  184  et  186).  M.  de  Scldotlieim  a  decrlt  plus  nouvellement 
encore  ces  fossiles,  el  les  a  aussi  consideres  comme  appartenant 
aux  mollusques  :  les  deux  especes  de  Parkinson  forment  son 
Tellinites  probleinaticus  ,  et  il  fait  avec  unede  celles  figurees  par 
Baier,  son  Tellinites  solenoides.  (  Petrcfact.,  p.  182  et  i83. ) 

Ces  fossiles  ont  ele  irouves  a  Bleinlieim,  a  Oxford,  au  jnont 
Rendenberg;  au  mont^des  Voirons,  a  la  Ferriere,  pres  de  Neu- 
cliatel;  a  Crest  en  Daupliine,  et  a  Argey,  pres  de  Dijon.  M.  de 
.Schlothcim  les  cite  a  Solilenhoien  ,  dans  les  schisles  calcaires  et 
dans  I'Hornstein  d'Amberg,  dependant  de  la  formation  jurassi- 
que.  lis  sontcependant  assez  rares  dans  les  collections. 

Nous  en  possedons  plusieurs  valves  dans  notre  cabinet,  et 
nous  les  devons  a  feu  Faure-Biguet.  EUes  vicnnent ,  non  des 
environs  de  Crest,  mals  des  environs  de  Die,  de  la  montagne  de 
Valdrome.  On  trouve  avec  ces  fossiles  les  coips  non  moins  sin- 
guliers  que  ce  zele  naturaliste  a  nommes  RhyncoUtes  (  Conside- 
rations sur  les  Belemniles,  Lyon  ,  1819  ) ,  et  dont  il  a  fait  5  es- 
peces. Ces  derniers  se  trouvent  aussi  a  Lbneville,  mais  ils  sont 
plus  grands.  Les  RhyncoUtes  et  les  Trigonclliles  me  paraissent 
.ivoir  quelque  analogic  et  ajipartenir  aux  memes  nnimaux.  Peut- 
<tre  en  clscrchant  avec  soin  les  trouvcra-t-on  partout  011  Ton 
rencontre   Tun  des  deux,  ct   leur   etude  tomparoc    cclaircir;'- 


107  TCnologw. 

t-cllc  davantiige  la  question  qtie  M.  le  cliev.  Bourdct  a  cIicrcFie 
a  resoudre.  F. 

8i.  Mineral  Conchology  ,  etc.  Concliologie  mincrale  de  la 
Grande-Bretagne;  par  M.  J.  D.  C.  Sowerby  ,  nos.  LXXVII 
et  LXXVIII.  (Voy.  le  Bulletin  de  fevrlcr,  art.  263.) 

Le  premier  de  ces  deux  numeros  olfre  d'abord  deux  planches 
deTerebratules,  dont  voicilesnoms  :  Terch.  triquetra^  indentata. 
Sow.;  Sacculus ,  Martin  j  hastata  ,  cornuta.  —  Cucullcea  elon- 
gata^  costellata,  minuta,  rudis.  —  Ammonites  Planorbis  ^  John- 
stonii ,  parvus.  —  Euomplialus  funalus ,  coronatus. 
,  Le  n".  78presente  Astarte  trigonalis  ,  orbicularis ,  pumila.  — 
Ammonites  Iceviusculus,  corrugatus,varicosus,  Turncri,  rotiformis, 
miilticostatus. — Acteon  cuspidatus,  acutus.  F. 

82.  Description  des  coquilles  fossiles  des  environs  de  Pa- 
ris; par  G.-P.  Deshayes,  membrc  de  la  Societe  d'liistoire  na- 
turclle  de  Paris.  Ia-4.  sur  carre  fin  d'Annonay,  avec  planches. 
( Prospectus. ) 

L'ouvrage  de  M.  de  Lamarck,  public  depuis  long-temps,  nous 
fait  sentir  conibien  nous  devons  regretter  qii'un  savant  si  illustre 
n'ait  pu  suivre  et  publier  pour  les  environs  de  Paris  toutes  les 
d^couvertes  qui  s'y  sont  faites;  d'un  autre  cote,  la  forme  de 
Memoires  que  I'auteur  lui  a  donnee,  ainsi  que  sa  publication 
par  cahiers  epars  dans  un  tres-grand  re9ueil,  les  Annalcs  du 
Museum,  le  pen  d'exemplaires  separes  qui  ont  ete  mis  dans  le 
commerce,  et  mcme  le  manque  de  planches  si  necessaires  a  un 
onvrage  de  cette  nature ,  font  desirer  chaque  jour  la  publica- 
tion d'un  recueil  oil  se  trouve  reuni  tout  ce  qui  est  connu  au- 
jourd'hui  sur  ce  sujct.  Les  dccouvertes  faites  dans  le  bassin  de 
Paris  sont  assez  considerables  pour  avoir  augmente  de  beauconp 
la  serie  des  genres  fossiles,  et  pour  avoir  au  moins  double  le 
nombre  des  especcs.  Get  ^tat  de  clioses  ne  permet  pas  de  don- 
ner  des  stipplemens  a  l'ouvrage  de  M.  Lamarck,  jjuisque  cet 
ouvrage  lui-meme  manque,  et  que  d'ailleurs  le  systcme  qui  a 
servi  a  sa  composition  a  subi  entre  les  mains  de  son  auteur  des 
raodificalions  iraportantcs. 

Je  puis  done  off'rir  un  ouvrage  fait  d'apres  le  systeme  le  jjIus 
generalement  adoptc,  dans  Icqucl  je  refondrai  tout  ce  qui  a  ete 
public  sur  cetle  matiere  par  divers  savans,  en  y  joignant  tout 


Zoolo^ic.  io3 

re  que  mes  recherchcs  raultipllees  dans  les  localiles  enviroii- 
nantes  de  la  capitale  m'y  ont  lait  decouvrir,  ainsi  que  tout  ce 
que  peuvent  offrir  de  nouveau  les  collections  des  savans,  tels 
que  MM.  Defrance,  Brongniart,  Menard  de  La  Groye,  de 
Roissy,  Duclos,  etc.,  qui,  avec  une  bienveillance  qui  meiite 
toute  ma  reconnaissance,  m'ont  permis  d'y  puiser  des  inateriaux 
precieux.  Ces  materiaux  reunis  me  donneut  I'assurance  de  pou- 
voir  decrire  et  figurer  looo  a  iioo  especes  dont  la  moitie  au 
moins  n'est  point  conuue. 

Pour  rendre  plus  facile  la  publication  d'un  tel  travail,  je  ferai 
parailre  chaque  niois  une  livraison  in-4.  con  tenant  la  descrip- 
tion cl  les  figures  de  3o  a  35  especes,  ce  qui  porle  le  nombi'e 
total  des  livraisons  de  25  a  3o ;  toutes  les  figures  seront  soi- 
gneusement  et  exactement  lithograpbiees  sous  mes  yeux  par 
M.  Vauthier. 

La  livraison  sera  couiposee  de  2  a  3  f.  de  texte,  imprime 
sur  beau  papier  fin  d'Annonay,  et  de  4  ^  5  pi.  sur  beau  raisin 
velin.  Un  petit  nonibre  d'exemplaires  sera  tire  sur  jesus  velin 
satine,  et  les  planches  sur  jesus  velin  et  papier  de  Chine. 

La  i'^'^.  livr.  paraitra  le  i".  mai  1824-  On  souscrit  a  Paris, 
chez  I'auleur,  rue  de  Paradis,  n°.  ^[^,  au  Marais;  Treuttel  et 
Wurtz.  A  Londres,  chez  Treuttel  et  Wurtz  et  compagnie,  3o 
Soho-square;  et  Sowerby,  libraire,  i56  Regent-street.  A  Milan  , 
chez  Giegler  et  Bocca;  et  chez  les  principaux  libraires  de  France 
et  de  I'etranger. 

Conditions  de  la  souscription.  — ■  II  suffit  de  s'inscrlre  d'ici 
au  1*^*^.  juin  chez  les  personnes  cl-dessus  nommees.  Prix  de  la 
livraison  sur  papier  fin,  5  fr.;  sur  jesus  velin  satine  ,  10  fr. 

83.  Rectification  des  caracteres  uu  genre  Bellerophe 
etabli  dans  la  Conchyliologie  de  Denys  de  Montfort;  par 
M.  Defrance.  [Ann.  des  Sc.  nat.^  mars  i824>  P-  264-) 

Montfort  a  place  ce  genre  parmi  les  coquilles  univalves  cloi- 
sonnees;  M.  Defrance,  qui  en  possede  deux  especes,  dont  I'une 
provient  de  la  collection  meme  dc  Montfort ,  et  qui  a  peut-etre 
servi  de  type  a  son  genre,  soupronnant  que  ces  coquilles  etaient 
nionothalames,  en  a  fait  scier  un  individu,  et  a  vn  par  cetle 
experience  son  opinion  justifice;  lo  Bellerophe  n'a  point  de  cloi- 
sons,  et  dolt  ainsi,  selon  M.  Defrance,  se  placer  dorenavant 
paruiis  les  Cephaloj)odes  monothalames,   pres  des   Ai^onautes. 


1  o4  Zoologie. 

Void  les  canictcres  modifies  que  M-  Defiance  propose  pour 
le  genre  Bellerophe  :  «■  Coquille  libre,  univalve,  non  cloisonnce, 
0  roulee,  sur  elle-meme  en  spirale,  deprlmee,  forinaut  la  na- 
»  vette ;  le  dernier  tour  de  spire  renferniant  tous  les  autres; 
»  bouche  tres-ovale,  rccevant  dans  son  milieu  le  dos  de  la  co- 
1)  quille.  » 

Les  coquilles  de  ce  genre  rcssemblcnt  aussi  beaucoup  aux 
Bulies.  F. 

84.    SpR  LA  CONSERVATION   ET    LA     REPRODUCTIOTf    DXS   SANGSXJES. 

[Journ.  JJniv.  des  Sc.  Medicales ,  avril  iSiS,  p.  lao.) 

M.  Noble,  medecin  en  chef  de  I'hospice  de  Versailles ,  presenta 
il  y  a  environ  un  an  ,  a  la  Soc.  Centrale  d'Agric.  de  cette  ville  , 
une  IVotice  oii  il  signalait  les  faits  suivans: 

Une  des  causes,  dit  ce  medecin,  qui  augmentent  singuliere- 
ment  la  mortalile  des  sangsues,  doit  etre  attribute  aux  combats 
qu'elles  se  livrent  lorsqu'elles  sont  en  trop  grand  nombre  dans  un 
meine  vase,  ou  la  nourriture  n'est  pas  suffisante;  les  plus  faibles 
succombent  et  servent  de  pature  aux  plus  fortes. 

Pt)ur  obvier  a  ces  inconveniens,  la  supcrieure  de  I'hospice  fit 
construire  un  grand  reservoir  alimcnte  par  une  eau  courante.  On 
y  a  observe  qu'aussitot  que  le  froid  devient  considerable  ,  les  sang- 
sues s'enfoncent  dans  la  glaise  jusqu'aux  chaleurs.  Auprintemps 
on  en  vit  un  grand  nombre  de  jeunes.  Dans  le  courant  d'aout,  en 
recollant  celles  dont  on  avait  besoin,  on  remarqua  des  Irous  de 
forme  conique  pratiques  dans  la  vase  sur  les  cotes  du  reservoir; 
lesparois  deces  trousciaient  llsses,  ct  dans  chacund'cux  on  trouva 
un  petit  cocon  de  forme  ovoide  et  du  volume  d'un  ])etit  cocon 
de  ver  a  soie;  leur  tissu  prcsentait  la  ni^me  densite,  la  memo 
configuration  exterieure  que  celles  de  I'eponge  tres-fine.  On  eii 
ouvrlt  plusieurs  :  les  uns  ctaient  vidcs,  ct  leur  cavite  ctait  lisse, 
polie,  corame  enduite  d'une  couche  de  vernis;  d'autres  ctaient 
remplis  d'une  gelee  transparente  .ct  homogcne;  dans  les  plus 
avances  Ton  trouva  g,  10,  12  et  meme  jusqu'a  i4  sangsues.  Elles 
sortent  de  I'ceuf  par  de  petites  ouvertures  pratiquecs  de  dedans 
en  dehors  a  chaque  cxtremite. 

On  sait  qu'on  emploie  deux  varictes  de  sangsues,  los  uncs  vertcs, 
les  autres  grises.  Cellcs-ci  acquicrent  en  quelqucs  raois  un  deve- 
lo])pcmentquatre  Ibis  j)lusconsi(lcrabIe.  Celte  noliLC  intcrcssanle 
relate  en  detail  tou'.cs  les  parlicularilcs  do  cette   curieuse   d»3- 


Zoologie.  ,o5 

couverte  de  la  reproduction  des  sangsucs.  M.  de  Plancv,  qui 
assistait  a  la  seance  de  la  Societe  de  Versailles,  fit  connaitre  a 
cette  Societe  que  I'existence  de  ces  cocons  etait  coTinue  depuls 
long-temps  dans  le  departement  du  Finistere,  et  que  e'cst  par 
leur  moyen  que  les  commercans  de  la  Bretagne  repeuplent  les 
etangs  destines  a  fournir  a  Paris  une  grande  partie  des  sang^ues 
qui  y  sont  employees.  P 

85.   Notice  sur  la  sancsue  officinale,  sa  reproduction  aux 
Antilles,  etc.,  etc.;  par  M.  J.  Achard,  pl.armacien  du  Roi 
a  la  Martinique.  In-8°.  de  12  pages.  Saint-Pierre;  iSaS-  cliez 
Fleurot  et  Turban.  ' 

On  trouve,  dit  I'auteuf,  a  la  Martinique  plusleurs  especes  de 
petites  sangsues,  lesquelles,  a  ce  qu'il  pnrait ,  different  notable- 
ment  de  la  sangsue  officinale.  Une  de  ces  petites  especes  est  re- 
marquable,  parce  qu'elle  se  trouve  frequemment  sous  les  pau- 
pieres  et  dans  les  fosses  nasales  du  Crabier  des  monlagnes 
{Jrdcn  vircscem).  Elle  a  ete  decrlte  par  M.  Guyon ,  cliir  mai 
des  troupes  de  la  Martinique,  dans  la  i?e,'.  is«rjr/.,  janv.  1822  (1) 

On  avait  dabord  cru  que  ces  sangsues  indigenes  pourraieni 
reniplacer,  pour  I'usage  de  la  medecine,  cellos  qu'on  fait  venir 
de  France  b  si  grands  frais;  mais  des  essais  nombreux  ont  prou- 
ve  qu  elles  ne  mordent  point  sur  la  peau  de  I'homme 

D'un  autre  c6te,  la  difficulte  de  conserver  aux  colonies  les 
sangsues  de  France,  a  engage  M.  Achard  a  chercher  les  moyens 
d  y  parvemr.  Files  y  meurent  quclquefois  par  centalnes ,  apres 
un  temps  orngeux,  et  11  a  observe  qu'elles  sont  molns  sujcttes  a 
penr^au  bout  de  8  a  .0  mois  de  sejour,   que  lorsqu'elles   ar- 

Apres  de  nombreuses  experiences  tentees  avec  M.  Lefort,  ces 
deux  observateurs  se  sont  convalncus  que  la  meilleure  maniere 
de  conserver  ces  animaux  utiles  est  de  les  placer  dans  un  vase 
nu  fond  duquel  on  met  un  lit  d'arglle  en  conslstance  de  pate 
molle.  Le  vase  doit  ^tre  couverl  d'une  forte  loile ,  et  Targile  Im- 
niectee  tons  les  2  ou  3  jours.  De  cctte  maniere  on  en  p  "rd  fort 
pcu  et  M.  Achard  a  forme  un  vivfer  ou  11  a  reuni  jusqVi  2000 
sangsues  a  la  fols.  II  a  reconnu  que  celles  qui ,  apres  Icur  sortie  do 
1  Q3uf,  demeurent  dans  la  vase,  grossisscnt  plus  viteque  celles  qui 

(.)  Nous  i.'avons  jm  (rouver  ccltc  dcscilj.tion  c!.,ns  Ic  n".  cite. 


1  o6  Zoologie. 

restent  dans  I'cau ,  et  qu'il  faut  environ  uii  an  pout-  (jn'ellcs  «jient 
snsccptibles  d'etre  employees. 

Ces  experiences  ont  fourni  a  ces  deux  zeles  medeclns  I'occa- 
sion  de  verifier  I'interessante  decouverte  du  mode  de  reproduc- 
tion des  sangsues  due  a  M.  Noble,  et  dont  nous  venons  de  parler. 
Les  details  que  donne  M.  Achard  sur  le  meme  sujet  sont  a  peu 
pres  semblables ;  inais  il  a  pu  reconnaitre  comment  les  oeufs  sont 
preserves  des  accidens.  Nous  transcrirons  ce  passage: 

La  sangsue  rend  d'abord  un  corps  ovoide  de  la  grosseur  d'un 
noyau  d'ollve,  ayant  la  couleur  du  tissu  musculaire,  recouvcrt 
d'une  pclllcule  si  mince,  que  le  moindre  toucher  la  detruit.  Ce 
corps  se  trouve,  immcdiatement  apres  sa  sortie,  recouvcrt  d'une 
bave  d'un  bianc  de  neige  que  la  sangsue  repand  tout  autour,  et 
qui,  en  se  dessecliant,  prend  la  consistance  et  Taspect  de  I'e- 
ponge  fine;  cette  bave,  avant  d'etre  entiercment  dessech^e,  pre- 
sente  a  la  loupe  des  mailles  de  forme  hexagone ,  s'entrelacant 
plus  ou  moins  regulierement.  Les  ceufs,  ainsi  reconverts,  met- 
tent  le  germe  de  I'animal  a  I'abri  de  lout  danger,  et  ce  n'est 
qu'au  bout  de  25  jours  que  les  sangsues  en  sortent  par  les  petits 
trous  pratiques  aux  deux  extremltes,  que  la  nature  semble  avoir 
plus  amincies  que  le  reste  du  corps  ovoide,  et  qui  se  de- 
truisent  naturellement  lorsque  I'epoque  de  I'eclosion  arrive.    F. 

86.  Anatomie  i)u  Nas  elincdis,  Muller,  et  description  de  ses 
organes  de  generation  par  le  D"^.  Gruithuisen,  avecune  pi. 
(  Nov.  ^ct.  Acad.  Cces.  ^cop.  Car.  Nat.  cur.  to.  II ,  part. 
I,  p.  233.  ) 

Ce  mcmoire  renferme  quelques  apercus  sur  I'organisation  des 
Nais  ,  et  plus  particulierement  de  la  N . proboscidea. 

Chaque  segment  du  corps  prcsente  deux  paires  de  soies ;  les 
plus  longues  ,  latcrales  et  mobiles  au  gre  de  I'unimal,  sont  consi- 
derecs  par  I'autcur  corame  les  organes  du  toucher  :  la  seconde 
paire ,  ou  les  inforieurcs  ,  plus  courtes  et  crochues ,  remplissent  les 
fonctions  de  pieds. 

A  la  base  de  la  trompc  sc  trouve  la  bouche ,  cjui  coiiiinunic[ue 
avec  un  canal  alimentaire  droit,  et  renfle  de  distance  en  distance. 

Le  systenie  vascuiaire  sanguin  est  compose  d'un  artere  j)rin- 
cipale  ap])li(juec  en  dessus  sur  toute  sa  longueur  au  canal  aUmen- 
laire,  et  communiquant  pres  de  la  tete  avec  plusieurs  gros  vais- 
seaux  courts  qui  cnlourent  I'a'sopluige ,    el  qui  remplissent  les 


Znologie.  107 

fonClions  de  coeur.  Ccux-ci  poussent  le  sang  dans  une  veine 
qui  regne  tout  le  long  du  ventre  ,  et  d'ou  le  bang  est  distribue 
aux  divers  organes  par  des  vaisseaux  capillaires  et  revicnt  en- 
suite  dans  I'artere  superieure. 

Le  cceur  n'est  autre  chose  qu'un  assemblage  de  ces  vaisseaux 
capillaires  plus  developpes  ,  ou  la  circulation  se  fait  en  sens  op- 
pose ;  et  cela  explique  comment  la  multiplication  artificielle  de  ces 
animaux  est  possible. 

Les  secretions  se  font  aux  depens  du  chyle,  qui  est  contenu 
(  suivant  I'auteur  )  dans  la  cavite  generale  du  corps,  et  le  sang 
vasculaire  est  plus  particnlierement  destine  a  la  respiration. 

Celle-ci  a  lieu  par  I'absorption  de  I'eau  par  I'anus,  d'oii  elle 
est  bientot  rejetee.  Le  canal  aliraentalrepeutd'ailleursremplirles 
fonctions  d'organe  respiratoire ,  en  recevant  I'air  par  la  bouche 
Dans  la  partie  laterale  de  chaqne  segment,  on  remarque  un 
peloton  de  vaisseaux  ;  et  I'auteur  pense  qu'il  serait  possible 
qu'ils  servissent  a  la  respiration  en  versaiit  dans  le  sang  un  1  iquide 
sature  d'oxigene. 

Ces  animaux  semultiplientdetroismanicresdifferentes:  1".  par 
des  divisions  naturelles  ;  7.'.  par  des  divisions  accidentelles,  et 
3".  par  des  oeufs.  A  certaines  epoques,  la  partie  postcrieure  du 
corps  s'etrangle ;  il  s'y  developpe  pen  a  peu  une  tete  seinblable 
a  celle  de  la  mere,  et  elle  finit  par  se  separer. 

Les  germes  des  ceufs  commencent  a  paraitre  pres  de  la  tute 
et  se  portent  peu  a  peu  enarriere,  contenus  dans  la  cavite  gene- 
rale  du  corps;  arrives  pres  de  I'anus,  le  dernier  segment  de  la 
mere,  qui  s'estmoule  sur  un  ou  plusicurs  de  ces  oeufs,  tombe  avec 
eux  et  sc  trouve  apres  quelque  temps  absorbe  par  ces  derniers. 

L'auteurn'apaspus'assurer  si  ces  a nimauxsont  hermaphrodites 
ou  non.  S.  s. 

87.  Notice  sur  l'Argas  he  Perse  {^Malleh  de  Miant'h),  de- 

crit  par  les  voyageurs  sous    le  nom  de  Punnise  vcnimcuse  de 

Micina ;  par  Gotthei-f  Fischer  de  Waldheim.  In-Zi".  de  i5 

pages,  avec  une  pi.  color.  Moscou;  1823  ;  imp.  de  I'unlversite 

imperiale. 

Dupre  (i),  Maurice  Kotzebue  (2),  Morier  et  d'autres  voya- 

(i)   F'oyage  en  Perse,  etc.  Paris,  1819,  Denlu,  to.  a,  j).  3a3  et  'ix'^. 
(2)   f^oyai^e  en  Perse  a  la  suite  <le  I'ainbassade  russe  en   1817  ;  Irada 
de  rallcnaand  ,  par  M.  Breton.  Paris  ,  1819,  p   180. 


1 08  Zoologie. 

geurs  out  donne  a  I'aniinal  qui  faitle  sujet  de  cetle  Notice  une 
borte  de  celebrite  par  les  recils  exageres  qii'ils  ont  faits  des  dan- 
gers auxquels  sa  piqiire  expose  les  etrangers,  tandis  que  les  ha- 
bitans  dupays  n'en  eprouvent  pas  plus  de  rual  que  n'en  causent 
ordinairement  nos  punaiscs  en  Europe.  Cet  animal  est  appeJe 
dans  le  pays  Melleh ,  qu'il  faut  prononcor  MdUc/i ,  et  par  les 
voyageurs,  Punaise  dc  Mlana ,  du  nom  d'un  bourg  de  la  Perse 
qui  en  est  infeste  depiiis  iin  temps  immemorial.  11  sc  tient  suttout 
dans  les  vieilles  murailles,  se  cache  pendant  le  jour,  et  craint  la 
lumiere.  En  hiver  il  reste  immobile ,  et  c'est  dans  les  grandcs 
chaleurs,  disent  les  voyageurs,  que  son  venin  a  le  plus  d'activltc. 
Souvent,  dit  M.  Kotzcbue,  cet  animal  donne  la  morl  en  24  heu- 
res ;  il  en  cite  deux  exemples,  et  insiste  sur  ce  que  sa  raorsure  ne 
fait  pas  grand  mol  aux  naturels  du  pays. 

II  s'agissait  de  connaitre  ce  terrible  insecte;  M.  Fischer  en  a 
recu  lieureusement  de  deux  personnes,  du  chev.  Mazarovifz, 
ambassadeur  de  S.  M.  remperenr  de  Russie  en  Perse ,  et  d'un  An- 
glais, M.  Galley;  tous  deux  lui  ont  envoye  le  mt-me  animal,  sous 
le  nom  de  punaise  de  Miana.  Le  celebre  naturaliste  a  reconnu 
que  cette  pretendue  punaise  appartient  a  la  famille  des  Tiques 
(  Ricinicc  ) ,  de  la  classe  des  Arachnides ,  et  qu'elle  est  analogue 
a  celles  qui  se  Irouvent  en  Europe  sur  nos  animaux  domesti- 
ques ;  ainsi,  selon  toutes  les  apparences,  les  individus  qui  ont 
succorabc  a  Miana  sont  morts  par  d'autres  causes  que  par  la 
plqure  de  cette  Tique. 

M.  Fischer  rapptUe  sommairemcnt  ledemembrcmemtdu grand 
genre  Acarus  de  Linnc,  dont  on  a  fait  les  Irois  families  Jcaridics, 
Troinhidioris  et  Tiques,  qui  reviennent  aux  Mites ,  Cirons  et  Ti- 
ques de  Geoffrey;  il  dilun  mot  des  animaux  dcchacuncdcces  fa- 
milies, ets'arrute  parliculiercment  sur  les  genres  Ixodes  et  Argons 
de  la  famille  des  Tiques.  11  en  donne  une  sorte  de  monographic. 

Le  genre  Ixodes,  etabll  par  M.  Latreille,  repond  au  G.  Acarus 
de  Fabricius ;  ses  especes  sont  Ixodes  Ricinus  (eelle-ci  est  figuree 
sur  la  planche  qui  accompagne  ce  Mcmcire),  reticulatut ,  his- 
pamis ,  cvgyptius,  Nigua  ,  R/iinocerotis  ,  syh-aticus.  Ces  diverscs 
especes  sont  decrltes  par  De  Gecr,  Fabricius  ou  M.  Latreille,  et 
M.  Fischer  eu  fait  connaitre  une  nouvclle  sous  Ic  nom  de  came- 
linus ,  dont  il  donne  plusieurs  figures,  et  qui  se  trouve  sur  les 
rhamcaux  dansles  sfrppcs.  Le  genre  Argas  a  ete  forme  par  M.Jja- 
treille  pour  X Acarus  rejiexus  dc  Fabricius.  M.  Hermann  fiis  I'avait 


Zoologie.  109 

nommce  Rhyncliopnon  {J\'Iem.  apter:).  Cctte  espece,  la  seulc  con- 
ime,  habite  le  midi  de  la  France  et  I'ltalie ,  dans  les  maisons  et 
sur  les  pigeons.  C'est  a  ce  derniei-  genre  que  se  rapporle  la  pu- 
naise  venimeuse  de  Miana,  a  laquelle  M.  Fischer,  qui  en  donne 
plusieurs  bonnes  figures  et  une  description  detaillee ,  impose  le 
nom  d'Argas  de  Perse,  Argas persicus.  F. 

88.  Remarque  sur  le  critique  de  la  Faune  des  insectes  d'An- 
RENs.  (Voyez  Vlsis^  1822,  12*^.  cah.,  p.  i338,  et  Isis ,  1823, 
4°.  cali.,  p.  418. ) 

De  crainte  que  plusieurs  personnes  ne  regardent  comme  fon- 
des  les  reproches  adresses  a  la  Faune  d'Alirens,  inseres  dans  la 
12".  livraison  de  I'lsis,  1822,  M.  Germar  de  Halle,  le  continua- 
teur  de  cet  ouvrage ,  fait  dans  I'article  dont  nous  donnons  ici 
unextrait,  quelques  reinarques  sur  cette  Fauae.  II  fait  observer 
que  la  Fauna  insectoruin  Europae  est  la  continuation  de  la  Fauna 
insectorum  Europm  d'Alirens ,  dont  il  n'a  paru  que  deux  livrai- 
sons  en  181 2,  et  qui  pent  etre  consideree  elle-ineme  comme  une 
continuation  de  la  Faune  de  Panzer,  ouvrage  qui  a  cesse  de  pa- 
raitre  en  18 10.  La  Faune  de  M.  Germar  est  enticrement  diffe- 
rente  de  celle  publiee  par  M.  Sturm,  et  ne  peut  aucunement  se 
trouver  en  rivalite  avec  elle.  M.  Sturm  ne  public  que  les  insec- 
tes d' Allemagne ,  et  par  ordre  de  classification  ,  tandis  que  I'ou- 
Trage  de  M.  Germar  comprend  tons  les  insectes  d'Fu/ope,  pu- 
blics sans  ordre  methodique. 

Le  but  de  cette  Faune  est  d'offrir  aux  entomologistes  la  fa- 
ciilte  de  pouvoir  faire  connaitre  de  suite  les  nouvelles  especes 
d'insectes  qu'ils  decouvrent,  et  elle  ne  contient  que  les  figures 
des  insectes  qui  n'ont  point  encore  ete  representes,  ou  bien  de 
ceux  qui  le  sont  d'une  maniere  defectueuse  dans  les  ouvrages 
deja  publics,  ou  qui  ne  se  trouvent  que  dans  des  ouvrages  ra- 
res.  Ce  but  n'est  aucunement  celui  que  M.  Sturm  s'est  propos(5. 

La  publication  de  la  Fauna  ins.  Europ.  a  souffert  jusqu'a  pre- 
sent quelque  diffieulte ;  mais  dorenavant  les  livraisons  se  succe- 
deront  a  des  epoques  plus  rapprochees.  Les  5*^.,  G*^.,  7*^.  et  S*'., 
doivent  avoir  paru  dans  le  courant  de  i  823. 

M.  Sturm  se  propose  de  continuer  la  Faune  do  Panzer;  dans 
le  cas  ou  il  executcrait  son  projet,  M.  Germar  et  lui  sont  deja 
convenus  de  s'lndiquer  reciproquement  les  especes  dont  ils  veu- 
lent  donner  la  figure,  afin  que  les  meiucs  insectes  ne  soient  pas 
representes  dans  les  deux  Fauncs, 


1  lo  'Zoologie. 

M.  Germar  annonce  un  autre  ouvrage  qui  a  dii  paraitre  dans 
le  courant  de  iSaS  ,  et  intitule  Inscctorurn  species  novce  aut  mi- 
nus cognitce,  descriptionibus  illustr-atce ;  \^^ .  vol.  Coleoptera.  Ce 
premier  vol.,  d'environ  40  feuilles,  contient  a  peu  pres  goo  co- 
leopteres,  ct  une  classification  de  la  famille  des  Ciifculionides 
suivant  I'arrangemenl  de  M.  Gerraar.  Strauss. 

89.MliMOIRE  SUR  LES  METAMORPHOSES  DC  CoCHL  EOCTONE  VORACE; 

par  M.  Desmarest  (  Bull,  de  la  Soc.  Phil,  avril  1824.  ) 

Dans  lecaliier  de  mars  1824  ,  on  a  donnedans  le  Bulletin  ,  sous 
le  n".  364  , 1'extrait  d'un  mcmoire  de  M.  Mielziusky  de  Geneve 
renfermnnt  la  description  d'un  insecte  qu'il  nomme  Cochleoctonc, 
et  dont  la  larve  devoreles  limacons. 

M.  Desmarest  a  recherche  cet  insecte  aux  environs  de  Paris  et 
I'a  trouve  enabondance  dans  le  pare  de  I'ecole  veterinaire  d'Al- 
fort.  II  a  reconnu  que  I'ctat  donne  pour  celui  de  nyinphe  par 
M.  Mielzinsky  n'est  que  celui  de  laive  engourdie  aprcs  sa  der- 
niere  mue,  et  que  la  veritable  nymphe  n'a  pas  ete  counue  de  cet 
observateur. 

Le  Cochleoctone,  apres  avoir  quitte  sa  peau  velue  de  larve  agile, 
reste  dans  un  engourdissement  complet  depuis  le  mois  de  sep- 
tembre  jusqu'au  mois  de  mai ,  et  c'est  a  cette  epoque  seuleraent 
qu'il  prendlescaracteres  d'une  nymphe;  et  dix-huit  a  vingt  jours 
apres  il  se  transforme  en  insecte  parfait.  D'abord  il  etait  tourne  la 
tete  vers  le  fond  de  la  coquille  et  le  dos  du  cote  de  la  columelle. 
Lorsqu'il  est  transforme  en  nymphe  sa  jiosition  est  inverse,  c'est 
a-dire  que  son  ventre  est  du  cote  de  la  columelle  et  que  sa  tete 
regarde  I'ouverture  de  la  coquille  ,  qui  se  trouve  assez  exacte- 
ment  interceptee  par  la  i'''^.  peau  quittee. 

M.  Desmarest  ajoute  dans  son  mcmoire  a  celui  de  M.  Mielzinsky, 
en  decrivant  d'abord  la  larve  telle  qu'elle  passe  I'luver,  etensuile 
la  nymphe  dont  il  a  fait  faire  unc  figure  par  M.  Pretre.  Nous 
allons  donner  I'extrait  de  ces  descriptions. 

«  La  larve ,  qui  n'avait  aucun  des  curacteres  dos  nymphes  de 
coleopteres,  etait  mobile  lorsqu'onla  rechauffait,  et  marchait  alors 
lentement  en  sc  servant  d'un  tubercule  anal  comme  d'un  point 
d'appui  ;  les  pates,  tres-courtes  et  coniques,  n'avalent  que 
3  articles  represcntant  la  cuisse,  la  jambe  et  le  riarse;  les  an- 
tcnnes  dirigceson  avant  ainsi  que  lesp;ilpcs  eiaient  oxcessivement 
courtcs  et  ne  montraient  que  deux  ou  frois  divisions  a  peine  dis- 


ZoologiW.  1 1  i 

Uncles  :  enfm  les  yeiix  n'etaient  pas  appai'ens  et  les  cotes  des 
segmensdu  corps  avaient  des  ttibercules  couronn(5s  de  quelques 
polls  :  de  seinblables  turbercules  formaient  sur  le  dos  de  cliaque 
core  et  en  dedans  de  la  ligne  des  stigmates  une  serie  pareille. 
A  CCS  caracteres  on  ne  pent  meconnailre  une  larve  tres-peu  dif- 
ferente  decelle  que  M.  Mielzinsky  a  decrite.  » 

M  La  veritable  nymphe  est  longue  de  8  a  9  lignes  et  large  de  3 
a  3  lignes-^.  Son  corps  est  mou,  parait  tres-gras  et  est  arque  en 
dessous ;  outre  la  lete  11  est  forrae  de  douze  segmens  dont  les  7,  8 
et  gsont  les  plus  volunilneux.  Sa  couleur  est  le  blanc  jaunatre,  et 
sa  peau  lisse ,  assPK  lulsante  sur  le  dos ,  est  totalement  depourvue 
de  polls  ou  de  soles.  Sa  tete  est  assez  petite ,  inflecliie  ;  marquee 
de  2  legeres  impressions  longitudinales  sur  le  front ;  terminde  en 
avant  par  un  chaperon  arrondi  ,  au  dela  duquel  on  voit  saillir 
un  petit  corps  arrondi  qui  peut  etre  la  levre  superieure.  Deux 
corps  sailians  places  en  avant  de  ce  chaperon  ,  un  de  chaque  cote, 
paraissent  etre  les  mandibules  ,  et  au-dessous  de  ceux-ci  on 
apercoit  les  palpes,  qui  sont  dans  la  direction  dela  tete,  gros, 
coniques,  eviderament  enveloppes  d'une  peau  generale  qullaisse 
voir  neanmoins  la  division  de  chacun  en  3  articles  pour  les  in- 
termediaires  qui  sont  les  plus  petlls,  et  en  4  pour  les  lateraux 
ou  exterieurs.  Les  antennes,  qui  ont  a  pen  pres  une  longueur 
double  de  cello  de  la  tete,  prennent  leur  origine  a  chaque  cote 
du  chaperon;  leur  direction  est  laterale  et  oblique  en  arriere ; 
Icur  forme  generale  est  presque  cyllndrique  ,  car  elles  decrols- 
sent  tres-peu  depuis  leur  base  jusqu'a  leur  sommet,  et  elles  sont 
fornixes  de  8  articles,  dont  le  premier  est  le  plus  grand.  Les  yeux 
sont  indiques  par  1  petites  taches  d'un  gris  brun,  placees  chacune 
derri^rela  base  d'une  antenne,  et  leur  forme  est  ovale  transverse. 
Le  premier  anneau,  indlce  du  corselet,  est  apres  le  dernier,  le  plus 
petit  de  ceux  qui  composent  le  corps  ;  il  est  transverse ,  un  peu 
plus  large  en  arriere  qu'en  avant,  non  reborde;  ses  angles  sont 
arrondls  ;  son  bord  anterieur ,  echancre  pour  reccvoir  la  tete,  est 
legeremcnt  sinueux,etle  posterleur  est  droit.  Le  second  segment, 
un  peu  plus  grand  que  le  premier,  est  trcs-legerement  bombe 
de  chaque  cote  ,  et  le  3*".  qui  est  un  peu  plus  grand  a  la  memo 
forme.  Ces  trols  segmens,dont  le  second  seuleracnt  a  un  stlgmate 
de  chaque  cote  ,  supportcnt  les  pates.  Celles-ci,  plus  loiigues  que 
dans  la  larve,  sont  visiblonient  formces,  d'une  cuissc,  d'une  janibe 
et  d'lm  larse  envel()])pcs  dans  une  sorte  do  fourroaumembraneiix 


1 1 2  ^oologie. 

qui  les  rend  a  peu  pres  cylindriques  ,  et  leur  tarse  est  divise  en 
cinq  articles  presque  egaux,  soniblables  entr'cux  et  doiit  le  der- 
nier ne  montre  point  d'ongles.  Les  anneaux  suivans  vont  suc- 
cessivement  en  augmentant  de  largeur  et  de  longueur  jusques  et 
y  compi'isle  9''. 

Cbacun  d'eux  a  un  tubercule  lateral,  lisse,  fort  saillant;  et 
dans  les  posterienres  ce  tubercule  se  dirige  en  arriere.  Au-des- 
sus  de  ceux  qui  appartiennent  aux  segmens,  depuis  et  y  compris 
le  4"-  >  jusque  et  y  coinpris  le  10^.,  on  voit  les  stigmates  qui  sont 
corame  des  points  grisalres ,  releves ,  un  peu  tubuleux.  Enfin ,  sur 
les  memes  anneaux,  de  cliaque  cote,  entre  les  sligmates  et  la  li- 
gne  moycnne,  on  apercoit  un  leger  renflenient  qui  est  le  vestige 
des  tubercules  poilus  de  la  serie  inferieure  qu'on  voit  sur  le  dos 
de  la  larve  ,  dans  sou  i*"^.  etat.  Le  ii*^.  segment  est  plus  petit  que 
le  10''.,  a  peu  presdememe  forme,  avec  ses  tubercules  lateraux 
moins  saillans,  et  il  n'a  pas  de  stigmates  ,  ainsi  que  le  12"'.  ou  le 
plus  petit  de  tous,  lequel  porte  en  dessous  I'anus  et  un  tubercule 
bilobe  aubout,  ou  plutot  termine  par  2  pointes  mousses.  Toute 
la  face  inferieure  du  corps  est  large  et  lisse,  et  Ton  y  volt  seulc- 
mcnt  quelqucs  ])lis  ou  rides  de  chaque  cote,  vers  la  base  des  tu- 
bercules lateraux.  » 

Cette  nymphe  est  dans  un  etat  parlalt  d'inimobilite,  et,  seule- 
ment  quand  on  la  louche,  clle  laissc  ecouler  par  sa  bouche  une 
gouttelette  d'un  liquide  jaunatre  assez  epais  et  transparent. 

M.  Desmarest  termine  son  memoire  par  quelques  considera- 
tions sur  le  rang  que  doit  occnper,  dans  la  serie  des  genres , 
I'insecte  parfait  figure  par  M.  Mielzinsky,  et  dont  M.  Audouin 
a  montre  un  individu  vlvant  a  la  Societe  d'histoire  naturelle.  II 
avaitd'abord  pense  qu'on  pourraitle  rapproclier  des  Telepliores, 
et  M.  Mielzinsky  I'avait  considere  comme  voisin  des  Lampyres.  II 
pense  maintenant  que  sa  place  est  entre  ces  deux  genres;  mais  il 
croit  qu'il  est  necessaire,  avant  d'adopter  definilivement  cette  de- 
termination, deconnaitre  rindlvidumale,  qui  sera  vraisemblable- 
mcnt  aile  comme  celui  des  Lam  pyres.  Les  individus  nombreux  qu'il 
posscde,  lorsqu'lls  auront  subi  leur  dernicre  translbrmation  ,  le 
mettront  pcut-etre  a  mcme  dc  decider  cette  question.      A.  G.  D. 


PARIS.  IMPIUMEKIE  DE  FAIN,  RUE  RACINE,   N".  4, 

PLACE    DE    1,'ortON, 


'       BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


GEOLOGIE. 
90.  Apercu  ceognostique  sur  i.e  bassin  GYPSEtrx  d'Aix,  depar- 

TEMENT    DES  BoUCHES  PU-PiHONE  ;    pOT    M.   BeRTRAND-GeSLIN. 

(  Mem.  fie  la  Soc.  d'htst.  Natitr.  de  Paris,  vol.  i,  pag,  273.  ) 

L'auteur  commence  par  la  circonscriplion  du  bassin  gypseux 
d'Aix,  doiit  Ips  limitPS  seraient  une  ligne  passant  par  Aix,  les 
Moiiliris  de  la  butle  Saint-Eutrope,  le  torrent  de  la  Rlignarde  , 
la  Touloubre  (  sur  la  route  de  Venelles  ),  la  Calade,  Saint-Mar- 
tin et  Valserre.  An  sud-cst  de  ce  bassin  la  butte  de  Saint-Eu- 
trope offre  des  poudingues  a  fragmens  de  calcaire  ancien, 
qui  recouvrent  des  calcaircs  analogues,  ce  nous  semble,  au 
miischelkalk.  Leur  partie  inferieure  est  argileuse  et  noira- 
tre,  et  la  masse  moyenne  est  veinee  et  melee  d'argile  rouge 
et  renforme  des  terebratules,  des  belemnites,  des  peignes  ;  la 
superieiire  est  a  noyaux  de  silex  et  alterne  avec  des  calcaires 
marneux  jannes.  Un  calcaire  jiirassique  compacte  et  a  univalves 
part  de  Ventabren  et  liraite  le  bassin  gypseux  de  Valserre  a 
Saint-Martin.  L'auteur  decrit  ensuite  un  depot  de  pondingue 
alternant  avec  des  molasses  et  des  marnes.  La  j)remiere  roche 
varie  dans  sa  composition;  elle  renferme,  dans  les  assises  infe- 
rienres  surtout,  des  fragmens  de  calcaire  ancien  secondaire  dans 
une  pate  calcaire  S[)athique,  et  dans  les  assises  superieures  il  y  a 
de  ])his,  des  cailloux  ])rimltifs  et  du  calcaire  jurassique  ,  et  la 
pate  est  marneuse  ou  arenacee.  Ce  depot  ibrmc  le  reste  de  la  11- 
mite  du  bassin  d'Aix  et  se  rencontre  a  la  Calade,  a  .Saint- 
Mitre,  a  la  Bastide  de  M.  Pontier,efc.;  il  est  neanmoins  possible 
que  le  gypse  d'Aix  soit  lie  au  nord-est  avec  celui  de  Carias , 
pres  Beaulieu.  Au-dessus  de  ces  poudingues  et  molasses ,  Ton 
B.  TomkIL  8 


1,4  Geologic . 

observe  d'abord  des  marnesargileuses  et  calcaircs  qui  renfeiinent 
dans  certains  llts  des  crislaux  de  gypse  et  dans  d'autres  dcs  co- 
quilles  turriculeesecrasees,des  cerithes  et  des  tellines?  Plus  liaut 
sontdes  calcairesconipacles  a  lits  de  silex  et  dc  raarne  schisteuse. 
Des  masses  i;ypseuses  qui  se  divisent  en  trois  assises,  la  premiere 
a  8  pieds  d'epaisseur,  presente  des  marnes  a  cristaux  de  gypse, 
et  se  trouve  scparee  du  calcaire  inf'erieur  et  du  gypse  superieur 
par  des  marnes  jaunatres.  La  seconde  masse  de  gypse  est  demi- 
compacle,jaune  et  souillce  de  marnes,  elsa  parlie  infcrieurc  cou- 
tient  des  silex  cornes,  des  bois  dicotyledons  el  des  ichtliyolithes 
du  genre  Perca.  Au  dessus  de  cette  masse  viennent  des  marnes 
jaunes,  compactes,  schisteuses,  a  paludines,  tellines,  cytherees? 
poissons  (  anguille  )  et  Palinacitcs  Lamamnis  (  Ad.  Br.  )  Un  lit 
marneux  a  planorbes  supporte  le  troisleme  anias  gypseux  qui  n 
5  pieds  d'epaisseur ,  et  renferme  dans  tons  ses  lils  de  marnes  des 
feuilles  de  dicotyledons.  Sa  partie  tout- a- fait  superieure  est  le 
gisement  du  plus  grand  nonibre  de  poissons  fossiles  (  Cyprin  , 
Goble,  etc.  )  Un  banc  compacte  de  marne   calcaire  blanche  a 
cristaux  de  gypse  forme   le   toit  de   la    troibieinc   masse  gyp- 
seuse.  L'auteur  entre  ensuite  dans  quelqnes  details  pour  mon- 
trer  que  I'epaisseur  de  ces  amas  el  le  gisement  dcs   poissons 
varie  d'une  localite  a  une  autre.  Un  depot  de  sable  micace  re- 
couvre  ce  terrain  marno-gypseux  ,  lui  est  lie  par  des  alternats  , 
et    presente    infcrleurement    des    molasses  compactes.  II    ren- 
ferme des  plantes  dicotyledones  et  parait  etre  conlemporain  de 
la  formation  gypseuse.  II  se  lie  ])ar  des  marnes  sabloneuses  a  un 
calcaire  marneux  coquillier  alternant  avecdes  marnesargileuses. 
L'auteur  tache  de  donner  une  idee  des  principales  couches  de  ce 
depot.  Des  marnes  calcaires  schisteuses,  jaunes  ou  verdatres,  oc- 
cupent  la  partie  inferieure  et  y  renferment  des   tiges  de  chara, 
des  Bulimus  puslllus  et pysmcvus ,  tt  peut-etre  des  paludines. 
On  y  remarque  encore  tout-a-fait  superieurement  des  cerithes, 
des  Cyclas   cornea ,  des  limnees  et  des  planorbes.  Un  second 
systeme  de  couches  semblables  presente  un  banc  calcaire  com- 
pacte h\i\nc'a  Cerithiuin  triciiKtuin  (Defrance)  et  a  Poacites.Des 
bancs   siliceux  a  nodules  de  silex  commenceut   dans  la   partie 
superieure  et  se  conlinuent  dans  le  systeme  de  couches  suivantes  , 
qui  est  surlout  remarquable  par  deux  lits  de  calcaire  cornpacte 
cl  celluleux  blanc,  qui  est  exploite  pour  les  constructions.  Des 
marnes  calcaires,  avec  les  meincs  coquilles  que  dans  le  premier 


Geologic.  ■  1 1 5 

sysreme,  terinincnt  ce  depot,  qui  est  le  plus  etendii  du  bassin  et 
dontl'epaisseur  variedequelquespiedsseulement  a  4opieds.Ils'e- 
tend  depuis  le  pont  Robert  jusqu'a  l.i  Calade  et  forme  trois  buttes 
principales.  Des  lambeaux  de  calcaire  siliceux  se  rencontrent 
sous  les  parties  basses  du  calcaire  marneux  ,  et  abondent  seule- 
ment  en  coquilies  d'eau  douce.  Cette  roclie  passe  par  des  marnes 
blanches  a  paludines  au  calcaire  marneux ,  puis  viennent  des 
marnes  a  lits  de  silex  et  a  paludines ,  ou  bien  des  marnes  com- 
pactes  a  paludines,  limnees,  planorbes  et  cyclades.  La  couche 
moyennp  du  calcaire  siliceux  a  jusqu'a  3  pieds  d'epaisseur;  elle 
est  grise  bleuatre,  a  druses  quartzeuses  et  a  limnees  (^  L.  cor- 
neiis  ),  planorbes,  helices,  paludines.  Un  banc  de  calcaire  com- 
pacle,cellulaire,d'un  demi-pied  d'epaisseur,  et  a  nodules  de  silex 
bleu,  couronne  ce  petit  depot,  qui  se  voit  sur  le  haut  des  escar- 
pemens  de  calcaire  marneux  depuis  la  route  de  Veneile  jusqu'a 
la  butte  Saint-Michel,  etc. 

La  silice  y  est  plus  abondante  dans  tous  les  lieux  bas  que  dans 
les  lieux  eleves.  Suivant  I'auteur  les  poudingues  et  la  molasse  re- 
pi'esenteraient  I'argile  plastique  de  Paris,  le  calcaire  compacte  a 
banc  de  silex  serait  le  c;ilcaii-e  grossier,  li  s  amas  gypseux  repoii- 
draient  a  ceux  de  Montmartre,  le  sable  micace  serait  le  sable 
micace  de  Paris,  et  le  calcaire  marneux  et  siliceux  serait  le  cal- 
caire lacustre  superieur.  Sans  nous  permeltre  de  critiquer,  nous 
dirons  cependant  que  d'autres  geologues  adoptent  une  classifi- 
cation differente.  Ce  memoire  interessant  se  termine  par  le  detail 
d'une  carte  geognostique  du  bassin  d*A.ix  et  de  7  coupes  de  ter- 
rain. A.  B. 

91.  Notice  ou  Precis  sua  l\  Mine  de  Sel  gemme  de  Vic  , 
Departement  de  la  Meurthe;  et  sur  les  principales  Mines  de 
Sel  de  I'Europe  ,  suivi  du  rapport  fait  a  I'Academie  royale  des 
Sciences,  par  M.  d'Arcet,  au  nom  d'une  commission  com- 
posee  de  MM.  le  C'«.  Chaptal  ,  G.iy-Lussac  ,  Vauquelin , 
Dulonget  d'Arcet.  In-8.  de  86  p.  avec  un  tabl.  lithogr.  Paris; 
fevrier  1824;  impr.  d'Everat,  rue  du  Cadrau,  n".  16. 

Une  table  des  malieres  ,  placee  au  revers  du  frontispice  ,  fait 
d'abord  connaitre  tout  le  plan  de  cet  ouvrage;  on  y  traite  suc- 
cessivement :  1°.  de  la  mine  deCardone,  en  Calalogne;  2°.  de 
celle  de  Diirrenberg ,  pres  de  Salzboiirg;  3".  de  celle  de  Nor- 
wich,  au  comte    de   Chester,   en  Angieterre;   /|".  de  celles  de 


1 1 6  Geoloi^ie. 

Wlellcska  ct  de  Bochnia  ,  en  Gallicle  (p.  i  a  29);  5o.  etifin  de 
celle  de  Vic  (p.  29-67  ).  Le  rapport  fait  a  rAcadeinic  ne  con- 
ccrne  que  cettc  derniere  mine  et  termlne  le  volume  (  p.  68-86  ). 
Les  mines  I'-trangeres ,  dont  il  est  d'aboid  question,  ne  fignrent 
la  qu'en  prcambule  et  comme  terme  de  comparaison  ;  ce  qu'on 
endit,  quoique  fort  interessant,  n'offre  rien  de  nonveau  et  est 
entrait  du  memoire  de  M.  Cordier ,  sur  Cardone  ,  de  I'ouvrage 
de  M.  de  Villefosse,  des  anciens  memoires  de  Guettard  et  de 
Bernard,  sur  Wielicska,  etc.  Nous  ne  rapporferons  ici  que  Ics 
trails  les  plus  sailians  de  ce  qui  regarde  la  mine  de  Vic  ,  objet  de 
tres-haute  importance  pour  la  France  et  meme  pour  une  partie 
de  I'Europe. 

Guettard  avait  prejuge  avec  une  justesse  singullere  ['existence 
de  cette  mine,  d'apres  I'analogie  du  terrain  qui  la  recele  avec 
celui  qu'il  avait  observe  aux  environs  de  Wieliscka  ;  mais  cette 
indication  piquante  et  curieuse  ^tait  restee  comme  ])erdue,  de- 
puis  60  ans  ,  dans  le  voluniineux  recueil  des  memoires  de  I'Aca- 
demie  des  Sciences,  sans  que  les  derniers  inventeurs  meme  en 
eiissent  connaissance,  lorsque  ,  par  suite  de  recherchcs  commen- 
cees,  en  1818  ,  sur  les  liauteurs  voisines  et  dans  la  ville  me^me  de 
Vic,  la  sonde  atteignit,  le  i4  niai  1819,  a  195  pieds  de  profon- 
deur,  le  premier  banc  de  sel.  Cette  decouverte  ayant  ete  con- 
Stalee  dans  les  formes,  par  I'adininistration  des  mines,  le  3o 
iuillet  suivant ,  un  grand  nombre  d'autres  sondages  furent  operes 
successivemcnl ,  jusqu'en  18^3,  dans  les  territoires  de  Vic,  Ro- 
zieres,  Petoncourt,  Haboudange,  Mulsay  et  de  Maizieres,  qui  est 
detous  les  points  explores  le  plus  rapproche  des  Vosges ,  mais, 
contre  les  esperances ,  le  plus  pauvre.  Dans  tons  les  atitres  lieux 
la  mine  a  ete  reconnue  a  des  profondeurs  diverses,  dont  la 
nioindre  est  de  i53  et  la  plus  considerable  de  280  pieds.  Enfin  , 
on  a  constate  que  cette  mine  devait  occuper,  a  tout  le  moins , 
une  superficic  de  3o  lieues  carries  sur  une  profondeur  totale 
inconnue.  Lc  sol  fouille  est  presque  idenfiqnc  a  celui  de  Wie- 
licska :  des  debris  de  loquillages,  des  roches  calcaires ,  de  la 
niarneargileuse,  des  argiles  schistcuses  saliferes,  du  gypse  et  du 
sel  flbreux  composrnt  les  diverses  couclies  qui  conduisent  au 
premier  banc  de  sel.  Partout ,  avant  d'arriver  a  la  mine  ,  on  a 
traverse  des  argiles  saliferes,  et  dans  qnelques  localites ,  ces  ar- 
giles ont  etc  rencontrees  a  70  et  100  pieds  seulement  de  profon- 
deur. On  a   remarqiie  que  dans  quelques  points  les  caux  qui  en 


Geologic  I  r  7 

siiintent  sont  salves  et  on  est  fonde  a  croire  que  c'est  la  rorlgiue 
ties  sources  salees  de  la  Lorraine ,  dont  la  salure  nest  que  de  10 
a  17  dcgrcs.  Les  premieres  eaux  se  sont  manif'estces  a  28  picds 
du  sol;  les  deinieres  ont  eteretennes  a  126,  et  toutes  Iraversdcs 
ou  moyen  dc  machines  ordinaires.  Ceia  ,  dans  le  second  puits,  en- 
trepris  en  1821  ,  conduit  heureusementjusqu'au  premier  banc  do 
(sel  en  iSiB,  etconlinucjusqu'au  fond  de  la  G^.coiicliea  '3'i!ipieds 
deprofondeur,  avecun  diametre  de8  pieds.  Un  3*^.  puits,  ouvert 
le  1*''^.  septenibre  iSaS,  a  acluellement  i3o  pieds  de  profondeur 
ct  doit  etre  mis  en  communication  avec  le  precedent,  par  une  Va- 
lerie souterraine.  Dcja  Ton  a  etabli  les  batimens  et  ateliers  »e- 
cessaires  a  remmagasinage  et  a  la  trituration  des  sels  ;  on  pense  a 
creuserun4''' puits, et  Ton  a  calcide  quecJiacun  de  tes  pulls  pour- 
rait  f'ournir  aSo, 000  qnintaux  metrlques  pnran;  cequi,  dans  un 
seul  enclos,  formera  une  exploitation  Irijile  de  celle  des  huit  sa- 
lines de  Test  reunies.  T\euf'  couches  de  sel  ont  etc-  reconnues  :  la 
premiere,  atteinte  a   2o5  pieds,   a   8  pieds  d'epaisseur;  la  2* 
7  ~;la  3".  42;  la  A''-  9J'a  ^''.  10;  la  G*".  3/,.  C'est  la.que  s'arrete 
Ifi  puits  Becquey.  Les  intervalles  qui  separent  ces  six  premieres 
couches  ne  sont  que  de  3  a  4  pieds;  27  pieds  ]>lus  has,  on  en 
trouve  une  7".  et  une  8*.  de  2  a  3  |>ieds  d'epaisseur  ;  puis ,  apres 
un    nouvel   intervalle,  une  g''.  ou  la  sonde  s'est  enfoncee  de  9 
pieds  sans  trouver  la  fin,  L'epaisseur  rennie  de  ces  9  couches  est 
<le  125  pieds.  Deja  Ton  est  assure  que  I'air  est  sulubre  et  pur  dans 
I'interieur  de  la  mine,  qu'il  ne  s'y  trouve  pas  de  sources  salees 
passe  le  niveau  du  premier  banc  de  sel  el  qu'il  n'y  a  pas  d'infd- 
tration  dans  les  galerles  ;  enfin  que  les  bancs  de  sel  et  les  roches 
ititermediaires  ont  assez  de  solidite  pour  dispenser  de  tout  boi- 
sage  dans  ces  galeries.   Cette  solidite,    qui  n'existe  pas  a  Wie- 
liscka  ni  a  Diirrenberg  ,  est  due  a  ce  que  le  sel  de  Vic  est  forme 
en  lames  cristallines  entrelacees.  II  a  encore   ravania^e  sur  celui 
de  Wielicska  d'etre  dispose  par  couches  au  lieu  d'amas;   ce  qui 
servira  beaucoup  pour  dlriger  rexploltation  sans  tatonnemens  et 
d'une  maniere  suivie.  Quant  a  ses  qualites,  les  premieres  surpas- 
sent  cellos  des  sels  marins  raffmes,  et  les  dernieres  celles  des  pro- 
venances des  marais  sajins.  Tons  les  produits  de  cette  mine  sont 
salubres.  La  premiere  couche  est  prcsquc  entierement  composee 
de  sel  blanc  ,  la  seconde  ne  sera  pas  exploitee  a  causs  de  ses  im- 
perfections ;  la  troisieme  offre  d'abord  ,  en  Ires-grande  abon- 
dance,  de  supcrbes  sels  blancs  ct  gris,  jiuis  des  rose*  coloro 


I  1 8  Geologie. 

par  I'oxide  de  fer,  ct,  vers  la  base,  des  sels  melanges  de  polia- 
litlie;  la  4*".  en  donne  de  roussatres ;  la  5*^.  de  verdatres;  et  la 
6*^.  des  sels  d'abord  defet'lueux  et  melanges  de  polialilhe, 
puis  roses  aurore ,  puis  roses  cuivre.  Chacune  de  ces  qualites 
irouvera  son  eniploi.  Cette  mine  est  inepuisable ,  puisque  , 
tout  considere  ,  Ton  calciile  quelle  fournirait  a  une  exploita- 
tion de  yGjOoo  ans  ,  a  raison  d'un  million  de  quintaux  melriques 
par  an. 

Les  avantages  qu'elle  presente  relativement  a  sa  position  geo— 
graphique  et  a  la  facilite  des  communications  ne  sont  i)as  nioins 
sensibles  que  les  precedens.  Elle  est  situee  precisement  dans  la 
partie  de  la  France  la  plus  eloignee  des  cotes  de  la  mer.  Le  sel 
marin  n'y  pouvait  arriver  que  greve  d'enorraes  frais  de  trans- 
port, et  celui  fourni  par  les  sources  salees,  clant  fabrique  cliere- 
ment ,  se  vendait  de  meme.  Le  voisinage  de  deux  grandes  villes 
cornmercantes,  Bletz  et  Nancy;  la  proximite  des  rivieres  de 
JWeuse,  Mcurthe  et  Moselle;  la  Seille,  qui  coule  au  pied  de  I'ex- 
ploitation;  la  Marne  ,  qui,  a  partir  de  Saint-Dizier,  occupe  plus 
de  la  moiti^  de  la  distance  de  Vic  a  Paris;  les  canaux  que  Ton 
construit,  etc.,  procureront  de  nombreux  et  puissans  moyens 
de  communication  et  de  transport  du  sel  gemme  lant  a  I'inte- 
rieur  qu'au  dehors  de  la  France.  Du  cote  de  la  mer  meme,  les 
frais  de  production  des  deux  especes  de  sel,  le  marin  et  le  fossile, 
etant  a  peu  pres  les  m^mes ,  lorsqu'ils  chemineront  par  les  me- 
mes  voies,  ils  devront  naturellement  arriver  a  la  rencontre  I'un 
de  I'autre  a  mi-chemin  des  points  respectifs  de  depart.  Sans  at- 
tendre  meme  raclievement  des  canaux  ,  le  sel  gemme  doit  obte- 
nir  des  a  present  de  grands  succes  ,  i".  relativement  a  celui  des 
salines, par  sa  superioritc  en  salure,  purete,  beautii,  salubrite  , 
agrement  de  saveur,  Constance  dans  la  qualite;  tandis  que  de 
celui-ci  les  qualites  sont  souvent  fort  disparates ,  qu'il  est  deli- 
quescent, et  s'altere  ou  eprouve  des  avaries  diverses  dans  les 
transports.  D'ailleurs  la  concentration  du  travail,  la  simplicile 
d'administration ,  la  difference  des  frais  de  production,  Tecono- 
mie  dans  les  constructions  ct  reparations  de  batnnens,  sont  tout 
en  faveur  du  sel  gemme.  Le  sel  des  salines  revient  a  6  fr.  au 
moins  de  fabrication  par  quintal,  tandis  qu'a  Wielicska  il  ne  coute 
pas  I  fr. ,  et  a  Norwich  pas  70  centimes.  Cette  inferiorite  de 
frais  procure  une  grande  supcriorite  d'cxtension  dans  les  trans- 
ports, et  la  mine  de  Vic  pounait  approvislonuer  un  tcrritoirc 


Geologic.  ug 

cinq  fois  plus  etendu  que  celui  qu'alimentent  les  salines,  ou  de 
14,700  lieues  carrees.  2".  A  I'egard  des  sols  de  mer  ,  ecux  qu'on 
livre  Iiabituellemont  au  commerce  sont  encore  inferienrs,  sous 
tous  les  rapports  de  purete  et  de  quantite  de  muriate  de  soude  , 
aux  basses  qualitcs  du  sel  gemme;  et  leur  production,  leur  trans- 
port, sont  sujets  a  beaucoup  d'eventualites  ,  suivant  la  diff(5rence 
des  temps,  des  saisons  et  meme  des  annees  ,  en  raison  du  froid, 
del'humidite,  qui  relardent  I'evaporation ,  ou  meme  la  rendent 
nulle,  comme  en  hiver,  et  des  vents  contralres,  des  coups  de 
mer  qui  font  plus  ou  moins  de  tort  a  la  navigation.  Plus  le  sel  de 
mer  est  rare  et  cher ,  plus ,  par  les  memes  causes ,  il  est  de  mau- 
vaise  qualite.  Tous  ces  inconveniens,  auxquels  11  faut  joindre  ce- 
lui desguerres  maritimes,  seront  nuls  pour  le  sel  geinrae,  dont 
la  production,  le  transport  et  la  qnallte,  seront  constans.  Tou- 
jours  exactement  pr^t  a  satisfaire  aux  besoins  de  la  consomraa- 
tion,  il  ne  doit  pas  encore  y  avoir  une  grande  difference  entre 
les  frais  qu'il  exigera  et  ceux  du  sel  marin.  Son  exploitation  sera 
utile  au  gouvernement  par  I'entiere  securile  pour  la  perception 
de  I'impot ,  Irois  ou  quatre  puits  ctant  bien  plus  aises  a  garder 
qu'une  grande  etendue  de  cotes,  et  par  les  redevances  assises  sur 
les  mines  ou  autres  combinaisons  semblables  qui  peuvent  garan- 
lir  le  remplacement  ou  la  conservation  du  revenu  particulier  des 
sahnes  de  I'Est,  revenu  qui  d'ailleurs  a  beaucoup  diminue  depuis 
8  ans.  Le  sel  gemme  de  Vic  pent  nous  rendre  les  exportallons 
que  ces  salines  n'ont  pas  su  defendre  contre  la  concurrence  des 
fabriques  de  sel  recemment  etablies  sur  la   droito  du  Rliin;   et 
dans  tous  les  cas  il  arrivera ,  par  le  moyen  de  la  Meuse,  dans  les 
Pays-Bas,  dont  I'acces  etait  ferme  aux  produits  des  salines  par 
la  prohibition  de  I'entree  des  sels  raffmes  dans  ce  royaume.  II 
procurera  encore  pour  la  Lorraine   rcconomie   d'une  grande 
quanlite  de  bois  consomme  maintenant  par  les  salines,  et  qui  se 
reporlera  aux  forges,  aux  verreries,  aux  nombreuses  manufac- 
tures decelte  partiede  la  France,  et  m^-me  a  des  exploitations 
de  mines  metalliques  qui  n'attendent   pour  avoir  lieu  que  des 
combustibles  moins  chers.  II  nous  affranchira  ainsi  du  tribut  de 
rimportation  des  houilles  de  Sarrebriick ,  qui   sont  frappees  a 
leur  sortie  des  etnts  prussiens  d'un  droit  assez  elevc;  ct  au  lieu 
d'aller  clierclier  jusqu'en  Portugal  le  sel  employe  dans  nos  salai- 
sons  de  marine  ct  par  nos  peclicries,  ceux  des  salines  et  des  ma- 
rais  salansne  convcnaiit  point  a  ces  usages,  on  subslitucra  a  vc 


1 20  Geologie. 

sel  etraiiger  celui  de  Vic.  Pour  la  salaison  des  viaades,  la  supe- 
rJorite  du  sel  geinme  est  demontree  ,  et  surtout  de  cclui  qui  est 
rose  et  ne  doit  celte  couleur  qu'a  I'oxide  de  fer.  II  sera  tres-utile 
aussidansles  bergeries,  et  il  estbien  plus  avaiitageux  de  presen- 
ter a  tousles  bestiaux,  comme  cela  se  fait  dans  le  Nord,  des  blocs 
qu'ils  so  contenlcnl  de  lecher,  que  des  grains  qu'ils  avalenl  trop 
avidement  ou  qu'ils  gaspillent.  Lc  sel  employe  comme  engrais 
seralt  aussi  tres-favorable  a  Tagriculture,  en  ne  destinant  a  cet 
usage  que  les  rebuts  de  Texploitation,  et  prenant  des  mesures, 
probablcment  faciles,  pour  empeclier  que   repiuation    ne   put 
^tre   faite  par  les  acheteurs  a  des  frais  inferieurs  aux  droits  de 
rimpot.  Enfin  ,  il  y  aurait  un  immense  jirofit  a  employer  le  sel 
gemme  dans  la  fabrication  en   grand  de  beaucoup  de  prodiiits 
chimiquesimportans  pour  nos  manufactures  et  pour  celies  de  I'e- 
tranger,  verreries,  teinturcries  ,  glaces,  toiles  peintes,  cuirs,  etc. 
En  resumant  cette  notice,  et  rapprochant  les  exploitations  qui 
y  ont  ete  decrites  en  premier  lieu  de  celle  de  Vic  ,  on  reconnait 
que  cette  derniere  off're  d'incontestables  avantages  sur  les  plus 
fameuses  mines  de  I'Europe.  EUe  egale  Cardonc  enpurete,  et 
I'emporte   par   la    facilite  des  communications  et  I'eloignement 
des  marais  salans;  comparee  a  Drurcnberg,  ellc  prescnte  un  ter- 
rain plus  solide,  des  travaux  moins  dispendieux,  de  veritables 
couches  de  sel,  au  lieu  d'argiles  saliferes  dont  I'extreme  iinpu- 
rete  commande  le  raffinage.  Norwich,   favorise  par  sa  situation 
et  le  bon  marche  des  transports,  est  inlerie;ir  par  I'insalubrite 
de  ses  produits.  "VVielicska,  doat  tous  les  sels  sont  consommes 
sans  epuration ,  n'offre  que  des  qualites  a  peine  egales  aux  der- 
nieres  de  Vic;  le  beau  sel  blanc  y  est  un  objet  d'exception,  tandis 
qu'il  abonde  dans  la  mine  nouvelle;  enfin,   la  disposition  du  sol 
exi"ea  Wielicska  des  soulenemens,  des  boisages ,  des  construc- 
tions en  maconnerie  dont  la  mine  de  Vic  n'a  aucun  besoin.  Tant 
d'avantagfs,    une  si  grande   importance,  devaient  exciter  I'at- 
teniion   univcrselle;  aussi  cclte    mine   n'a-t-elle  pas  seulement 
cause  de  I'enthousiasme  dans  les  departemens  de  Test,  les  jour- 
naux    les  chambrrs,  ont  retenti  du  bruit  de  sa  decouverte;  des 
savans  attires  de  pays  eloignes  se  sont  empresses  de  la  visiter,  et 
ont  proclame  sa  superiority  sur  loutes  les  autres  mines  de  cette 
espece.  Ellc  aura  peut-etre  quelque  jour  autant  et  meme  plus  de 
renom  que  celle  dc  Widicska.Le  gouvernement.l'administration 
des  mines,  sen  occupent  avcc  loule  la  sollicitude  et  le  zele  qu'clle 


Geologic.  i2» 

m^rite.  Le  jury  charge  d'apprecier  les  produits  de  ritiduslrie 
nationale,  a  decerne  en  i8a3,  aux  inventenrs,  la  grande  me- 
daillc  d'or ,  et  ils  I'ont  recue  des  mains  dii  Roi.  Eniin,  une  com- 
mission prise  dans  le  sein  de  TAcaddmie  des  sciences  a  rendu  a 
celte  grimde  decouverte  iin  suffrage  cclalant,  p.irle  rapport  qui 
se  trouve  a  la  suite  de  la  notice  dont  il  s'agit,  et  qui  a  ele  adopte 
dans  la  seance  du  i5  decernbre  i8'23. 

Ce  rapport  ne  contient  rien  autre  que  ce  qui  a  ete  ex- 
pose avec  beancoup  plus  de  detail,  comme  cela  se  concoit, 
dans  la  susdite  notice,  touchant  la  mine  elle-meme,  et  necon- 
cerne  enfin  que  I'applicalion  du  sel  qu'elle  fournit,  dans  reco- 
ftomie  domeslique  et  dans  les  arts.  Les  commissaires  n'avaient 
meme  a  prononcer  que  sur  six  echantillons  envoyes  a  TAcademie 
de  la  part  du  ministre  des  finances,  et  ce  qu'ils  ont  dit  de  plus 
leur  a  etc  fourni  ]iar  I't'coie  des  mines  et  surlout  par  M.  Berthier, 
professeur  de  cliiinie  dans  cette  ecole.  lis  commencent  par  re- 
duire  les  \arietes  du  sel  de  Vic  a  4  '■  blanc,  demi  gris,  gris  et 
i'ouge,  dont  ils  subdivisent  la  premiere  en  blanc  clioisi  qui  est  en 
effet  d'un  beau  blanc,  souvent  transparent,  liinpide,  absolument 
pur;  et  blanc  commun ,  qui  ne  contient  que  0,007  ^^  substances 
etrangeres.  Le  demi-gris  est  du  blanc  susdit,  mele  en  propor- 
tions variables  avec  le  gris  qui  suit,  et  ne  contient  encore  que 
o,o2'i  de  ces  substances  heterogenes.  Le  gris  est  en  effet  gris  de 
cendre  plus  ou  moins  fonce ,  donne  une  legere  odeur  bitumineuse 
quand  pn  le  broie  vivement,  et  admet  un  melange  de  o,o4  a 
o,o5  en  matieres  etrangeres ,  les  unes  blanches  et  transjjarentcs, 
les  autres  opaques  et  d'un  gris  pres(|ue  noir.  l^e  sel  rouge,  ordi- 
nairement  libreux,  translucide  ,  plus  ou  moins  fonce  en  couleur , 
et  souvenl  tres-beau,ne  conlient  que  0,001  a  0,002  d'oxide  de 
I'er,  mele  d'un  peu  d'argile.  Ces  quatre  varietes  peuvent  etre  re- 
gardees  comnie  anhydres  puisque  la  calcination,  jjoussce  assez 
loin ,  n'enleve  aux  trois  premieres  que  0,01  au  plus  de  leur  poids, 
et  a  la  dcrniere,  rien.  Les  substances  qui  souillent  le  sel  de  Vie ,  et 
en  forment  au  plus  les  o,o5  dans  les  echantillons  les  moins  purs, 
se  comj)osent  d'argile  bitumineuse,  de  f'er  oxide,  chaux,  soude 
et  magricsie  sulfaiees.  Ces  substances,  en  se  rcunissaiit  enire 
dies,  forment  une  combiiiaisoii  analogue  au  polyalithe  ,  mineral 
trouve  en  ainas  et  en  veines  iLms  le  voisin:ige  du  premier  banc 
de  sel ,  et  qui  ne  perd  rien  non  plus  par  la  calcination,  en  sorte 
que  lesdits  sulfates  dc  chaux,  soude  ct  inag:u''sic,  y  sonl  atihydrcs. 


122  Geologic. 

En  exaininant  le  tableau  joint  a  ce  rapport,  qui  pr^senle  les  resuU 
tats  d'analyscs  faites  a  dift'erenles  epoques  et  par  differens  clii- 
inistes,  de  46  ecliantillons  de  selmarin,  pris  dans  le  commerce, 
soil  en  France ,  soil  a  I'etranger  ,  on  Irouve  que  toutes  les  varie- 
tes  du  sel  de  Vic  I'emportent  de  beaucoup  ,  meme  en  purete  ct 
qualite,  sur  celles  qui  leur  correspondent  Ic  mieux  parmi  ces  sels 
de  nier.  Les  matieres  ^trangeres  qui  se  trouvent  jointes  en  petite 
quantite  a  ce  scl  gemme  n'ont  rien  de  plus  pernicleux  pour  la 
sante  que  celles  communement  plus  abondantes  qui  salissent  les 
sels  dps  iTiarais  salans;  d'ailleurs  elles  sont  unles  entre  elles  le 
plus  souvent  de  maniere  a  former  une  combinaison  peu  soluble; 
outre  cela,  il  est  prob.ible  que  les  exploitans  ne  vendront  pour 
le  service  de  la  table  que  du  sel  choisi  presque  pur  ,  et  mettront 
a  part  les  qualites  inferieures  pour  les  travaux  des  arts.  Enfiit 
onadeja  I'experlence  que  ces  qualit<5sles  plus  basses,  employees 
dans  des  raenages  nombreux  et  composes  de  personnes  d'ages 
et  de  temperamens  fort  divers ,  ne  causcnt  aucune  incommoditL'. 
L'odeur  bitumineuse  dont  il  a  ete  question  est  tres-legere,  ne 
persiste  pas  et  n'influe  point  sur  la  saveur  du  sel.  La  presence 
des  sulfates  de  cliaux  et  de  magnesia  rctarde  bien  un  peu  la  cuis- 
son  des  legumes  et  des  graines  seches;  mais  en  employant  la 
seconde  qualite,  on  n'observe  plus  de  difference.  La  principale 
consommation  du  sel  demi-gris  se  fera  probablement  dans  les 
ateliers  oii  se  pi'eparent  les  salaisons  de  viandes,  de  poissons,  de 
fromages  et  de  beurre  ,  et  dans  les  fabrlques  qui  ne  peuvent  em- 
ployer que  du  sel  de  bonne  qualite.  Le  gris  sera  employe  pour 
donnner  aux  bestiaux  ,  et  a  raison  de  son  prix  moindre  ,  dans  la 
plupart  des  manufactures  de  savon ,  de  sel  ammoniac,  des  tan- 
neurs,  hongroyeurs ,  maroquiniers ,  pollers.  11  servira  enfin  de 
matiere  premiere  aux  fabrlcans  de  toiles  peintes,  aux  blanclils- 
seurs  pour  la  preparation  du  chlore,  et  aux  manufacturiers  de 
sonde  pour  la  production  en  grand  de  I'acide  muriatique  et  de 
la  soude  extraite  du  sel  marin.  Cet  emploi  du  sel  genmie  neces- 
.sitera  la  precaution  de  le  reduire  d'abord  en  poudre  fine  pour 
que  I'acide  sulfurique  puisse  bien  on  opercr  la  decomi)ositR>ii  ; 
niais  alors  on  trouvera  qu'il  pent  fournir  plus  d'acide  niuriali- 
que  que  le  sel  commun  de  Paris,  dans  la  proportion  dc  i<So  a  160. 

M.  G. 


Ge'ologie.  1 25 

ga.    SUR    LA   RESSEMBLANCE    CEOGNOSTIQUE    I1U   TERRAIN  SALIFiRE 

DE  LA  Lorraine  et  du  sud  de  l'Allemagne  avec  quelques 

coNTREES  des  bords  i)u  Weser  ,  par  M.  C.  de  Oeynhausen. 

(  Archives  de  I'art  des  Mines,  etc. ,  de  Karsten.  v.  8,  n".  i. 

Berlin;  1824- ) 

L';uiteur  cherclie  d'abord  a  prouver  que  le  ^vks,  bigarre  sup- 
porte  le  depot  salifere  de  la  Lorraine  et  du  sud  de  TAllemagnc , 
et  que  le  gres  grossier  des  Vosges  et  du  Spessart  n'cst  qu'une 
continuation  de  celui  de  la  Hesse ,  de  la  cliaine  du  Soiling  et  de 
celui  qui  recouvre  le  Zechstein  soit  a  Bieber ,  soit  a  Frankeberg 
ou  Tlialilter.  Dans  ce  but  11  commence  par  donner  une  coupe 
des  environs  de  Sulz  sur  le  Necker.  Les  couches  y  inclinent  le- 
gerement  a  Test  et  se  succedent  de  bas  en  haut ,  de  la  maniere 
suivante  :  1°.  un  gres  bigarre  rouge  fin  qu'on  a  atteint  dans  le 
puils  le  plus  profond;  2".  10  pieds  d'argile  scliisteux  rouge  a 
gypse  fibreux;  3".  116  pieds  d'un  calcaire  grisatre  divise  en 
lits  ondules  bosseles,  et  tres  -  pauvres  en  petrifications.  Des 
sources  peu  salees  en  sourdent ;  4°-  un  systeme  de  couches 
compose  de  4  pieds  de  gypse  compacte  blauc  ougris,  de  100 
pieds  d'argile  muriatifere  a  petits  Ills  d'anhydrate  bianc  et  de 
gypse  et  a  nids  de  sel ,  et  de  24  pieds  de  gypse  compacte ;  5". 
240  pieds  de  calcaire  gris  moins  feuillete.  II  y  a  des  lits  com- 
pactes  poreux  oucoquilliers,  et  des  rognonsde  silex  s'y  rencon- 
trenl  superieurement  et  inferieurement ;  6°.  19  pieds  d'un  gres 
fin  gris  jaunatre  a  impressions  vegetaies,  etc.  Apres  avoir  donne 
cette  coupe ,  dont  nous  certifions  I'exactitude  ,  il  vient  a  parler 
des  depots  qui  se  trouvent  plus  a  Test  de  Sulz,  ou  plutot  il  de- 
taille  un  piofd  lithographie  entrcSulz  et  le  niont  Hohenzollern, 
pres  Hechingen.  II  annexe  d'abord  (  suivant  nous  a  tort  )  au 
gres  precedent  le  depot  de  marnes  bigarrees  entre  Pubrigen  ct 
Stultgard,  et  qui  renfernie  des  lits  de  gres  gris  blanc  ou  rouge  , 
des  bancs  de  calcaire  marneux  et  de  gypse  principalenient 
fibreux,  des  druses  calcaires  ou  quarlzeuses  ,  et  rarement  des 
petites  masses  de  plomb  sulfure.  Sur  ce  depot  est  place  le  cal- 
caire a  gryphites  qui  a  souvent  5o  pieds  d'cpaisseur,  et  qui 
alterne  avec  des  lits  de  marneg  bitumineuses  a  nids  d'argile  et 
de  fer  hydrate  jaunc.  Ce  serait ,  suivant  I'auteur,  le  gisement  du 
nagelkalk  ou  de  cette  niarne  qui  a  I'air  d'etre  composce  d'ebau- 
chcs  decrislaux  de  chaux  carbonatec.  Un  gres  jaunalre  a  lits  de 
Icr  hydrate  recouvre  souvent  le  calcaire;    puis  vient  la   graiule 


1 24  Geoto^ie. 

masse  du  calcaire  juntssique  qui  s'eleve  a  5ooo  pieds  et  qui  est 
lecouvcrt  pnr  la  molasse  et  le  calcaire  d'eau  douce.  L'auleur  cite 
rles  localites  gcognostiques  seiiiblables  a  telle  de  Suiz,  comme 
Wimpfcn  ,  Scliwaebiscli-Hall ;  et  I'assise  salifere  intercalee  enire 
deux  coticlies  calcaiies  se  voit  bien  au  Heinerberg  pres  Hafmers- 
lieim ,  a  AVinipfen,  dans  la  vallee  du  Tauber,  non  loiii  dc  Bis- 
chofsliciin  et  Landau.  11  niontre  que  le  calcaire  de  Sulz  et  du 
"Wirtendierg  n'est  que  du  irnibcht'lkalk  ct  non  du  zeclistein;  il 
appelle  welleiikalk  ou  calcaire  ondule,  I'assise  calcaire  inf'erieure 
au  banc  salifere,  et  il  croit  devoir  etablir  (ju'il  y  a  '5  depots 
gypseux  au-dessus  du  gres  bigarre  dont  les  deux  superieurs 
inaiujuent  dans  le  Mansfeld.  L'auteur  considere  ensuite  la  posi- 
tion du  sel  en  Lorraine;  il  y  revolt  le  gres  bigarre  des  Vosges 
recouvert  de  muschelkalk  ,  et  il  commet,  suivant  nous  ,  I'erreur 
de  regardei"  toutes  les  luarnes  gyjisiferes  et  salif'eres,  entre  Saint- 
Avoid  et  Vic  comme  superposees  au  muschelkalk.  Les  discus- 
sions de  notre  auleur  ne  cliangent  rien  a  la  premiere  classifica- 
tion de  ces  depots  adoptee  par  M.  A^'oltz.  D'apres  M.  Cliarbaut,  il 
retrouve  dans  le  Jura,  icgres  bigarre,  le  lias  et  le  calcaire  juras- 
sique.  Sur  les  bord.s  du  "VVeser  les  depots  suivent  un  ordre  ana- 
logue a  celui  du  siid  de  I'Allemagne.  Le  gres  bigarre  y  est  fort 
repandu  et  forir.e  une  espece  de  bassin  au  centre  diiquel  est 
Drybourg;  il  est  suivi  de  muschelkalk,  et  de  marnes  bigarrees 
que  rauteiir  croit  (  suivant  nous  a  tort)  superieures  ;  cnfin  vicn- 
jient  le  lias  a  marnes  bituminenses  et  a  nids  lerrugineux,  le 
<iu:idersandstein  et  le  calcaire  jura«sique  ot  crayeux ,  pres  de  la 
Porta-AVestphalica.  L'auteur  communique  ensuite  une  classifica- 
tion analogue  des  terrains  des  bords  du  Weser  par  le  prof. 
Haussniann;  ce  savant  etablit  beaucoup  de  subdivisions  dans 
les  4  groupes  precedens  ,  ct  s'efforce  de  earactcrlser  mcme  cos 
subdivisions  ])ar  les  fossiles ;  ainsi  par  exempic,  le  musclielkaik 
comprendrait  3  groupes.  L'auteur  croit  retrouvcr  dans  ce  ta- 
bleau toules  les  couches  secondaires  du  Wiirtemberg;  le  nombre 
de  sources  salees  et  de  salines  des  bonis  du  Weser  lui  fait  espe- 
rer  aussi  des  bancs  saliferes,  et  il  propose  des  sondiges.  II 
calcule  qu'il  faut  9  mois  ct  3oo^  tlialers  pour  faire  un  trou  de 
sonde  de  5oo  pieds  de  profondcur.  L'auteur  eniprunle  ensuite 
la  dtscriptiou  de  la  principautc  de  Corvey,  que  ]\L  Stift  a  fait 
connaitre  dans  le  Taschenbinh  de  Leonard;  il  donnc  ensuite  le 
detail  d'uti  prolil  lithographic  du  pays  enlrcPrcus^lsch-Mindca 


Geologic.  laS 

et  Neusalzwerk  pres  Rehme.  Ce  sont  Aes  altcrnats  tie  irarne 
ct  cie  caicaire  scliisteux  avec  une  couclie  de  gres ,  une  de  fcv 
argileux,  ft  superlenrement  une  de  honille  jayet;  cos  couches 
du  lias  y  inclinent  an  nord  sous  un  angle  de  aS  degres.  Enfia 
I'auteur  terniine  son  memoire  en  coniredisant  M.  Buff,  qtti  a 
pretendu  que  les  sources  salces  de  AVesfphalie  prennent  leur 
origine  dans  le  zechstein,  A.  B. 

93.  Memoires  sur  les  terrains  tfrtiaires  zt  basaltiques 
DU  SUD-OUEST  DE  l'Allemagne  au  NORD  DU  Danube  ,  par 
A.  BouE.  i^Annal.  des  Sciences  Natiir.,  vol. 2,  p.  i.  ) 

L'autetir  annonce  d'abord  qu'il  y  a  fori  peu  de  depots  ter- 
tiaircs  dans  celte  partie  de  TAllemagne  ,  a  I'exception  des  niar- 
nes  fluviatiles,  de  quelques  tufs  calcoires  a  ossemens  et  quelques 
lignites  dans  certains  culs-de-sac  du  Fichtelgebirge ,  comme  a 
Artzber ,  ou  Ton  trouve  le  Carpolithes  rostratiis,  de  Schlollieim. 
La  cliaine  jurassique  contient  plusieurs  depots  d'eau  douce  ; 
I'auteur  commence  a  decrire  ccluide  Steinlieim.  II  conslltue  une 
tres-pelite  coliine  au  milieu  d'lin  bassin  circulaire  dont  on  voit 
bien  le  canal  d'ecoulement.  II  est  forme  de  deux  assises  ,  I'une 
iiiarneuse  ct  I'autre  compacte;  dans  la  premiere  les  niarnes  y 
sont  souvent  friables  ou  sablonncuscs  et  pleines  de  coquillages 
d'eau  douce,  tels  que  des  helix  ,  des  planorbes,  des  limnces,  et 
surtout  uiiecoquillevoisine  des  helix  qui  a  une  spire  tantot  plate 
tanlol  elevee,  et  quia  ete  figuree  par  Schroter,  Flusxconc/i.,p]. 
6,  fig.  10,  comme  vivante.  II  y  a  aussides  squelettes  de  polssons. 

L'assise  supcrieure  est  nn  tuf  caicaire  endurci  avec  un  peu  de 
coquiiles  et  quelques  restes  de  plantes.  Le  depot  de  caicaire  d'eau 
douce  se  trouve  encore  ca  et  la  en  amas  an  milieu  d'une  grande 
cavite  jurassique  appelee  Im  Riess  entre  Ottingen  ,  Wallerstein, 
Emerdingen  ,  etc.  II  y  forme  des  petites  buttes  et  offre  un  cai- 
caire semblable  au  caicaire  coquillier  d'eau  douce  de  la  France  , 
et  Ton  y  trouve  des  limnees  ,  des  planorbes,  des  helices  et  des 
cypris.  Le  caicaire  d'eau  donee  d'Ulm  est  de  la  meme  epoque 
et  a  ete  aussi  forme  dans  un  bassin  dont  le  Danube  a  enleve  la 
partie  sud;  il  couvre  encore  la  montagne  jurassique  de  Michelberg 
ct  offre  differentes  varietes  remarquables  de  caicaire  d'eau  douce 
concretionne  ou  tuface  comme  celni  du  bassin  sud-onest  de 
la  France.  Les  basaltes  du  sud-ouest  dv  rAlIcni.igne  sont  en  co- 
Icnnes  on  plus  rarement  en  filons  dans  le  caicaire  du  Jura;  il5 


1 2^i  Ge'ologie. 

J  off'rent  siirlout  des  roches  tufacees  ,  pelrles  de  fraginens  des 
roches  sicondaires  inferieures  au  lias  et  au  qtiadersandsteiii, 
comnie  a  Urach  ,  etc.  II  est  rare  d'observer  leur  contact  avec 
le  calcaire  environnant. 

L'auteur   cite   les  principalcs  iocalites   de   ces   depots  basal- 
liqufs.  F. 

94.   SUR    LA   POSITION    DU  BASALTE    DE  l'A  NNA  BERG  DANS    LA   HAU'IF. 

Silesie;  par  le  Bergmeister  F.  Thurnacel  a  Tarnowitz. 
{^Jrchives  de  Vart  dts  Mines,  etc.,  par  Karstc/i ,  v.  8,  n".  i  ; 
Berlin;  1824.) 

On  a  crcuse  un  puits  dans  ce  basalte  ,  et  Ton  a  tronvc  qu'il 
renfermait  trois  lils  de  sable  quartzeux,  gris,  jaunatre  et  rouge- 
grisatre.  I.e  lit  de  sable  rouge  contient  des  fragmens  decom- 
poses de  basalte;  le  basalte  passe  a  I'argile  a  la  profondeur  de 
9  toises,  et  il  est  amygdaloide  ou  tres-poreux  a  3  toises  de  pro- 
fondeur; on  y  remarque  une  substance  talqueuse  et  du  fer ,  et 
quclquefois  un  agglomerat  basaltique  a  ciment  serpcntin,  pas- 
sant au  sable  precedent.  L'auteur  regarde  ces  deux  derniers 
amas  comme  contemporains  avec  le  basalte.  II  a  aussi  examine 
le  contact  de  ce  basalte  avec  une  roche  calcaire,  et  I'a  trouvee 
magnesienne  et  fcndillee,  dans  le  voisinage,  de  fentes  remplies  de 
sable  basaltique.  Des  silex  brises  et  traverses  de  matierc  tal- 
queuse, attestent  que  ces  fentes  ont  eu  lieu  avec  violence.  L'au- 
teur suppose  que  le  basalte  s'est  fait  jour  au  travers  de  la  ser- 
pentine qui  a  ete  ainsi  broyee,  et  que  la  force  volcanique  qui  a 
forme  le  mont  Annaberg,  a  aussi  eleve  la  chaine  cnticre  de  roches 
non  ignees  de  I'Annaberg,  et  a  souleve  la  chaine  calcaire  voisine, 
qui  est  escarpee  au  sud-ouest ,  et  en  pente  douce  a  I'ouest.    A.  B. 

95.   EXTRAIT  d'uNE    LETTRE    DE   3IM.    MoNTICELLI   ET    CoVELLI. 

[Bibliotheque  unh-erselle ,  janv.  iSa.'i,  p.  42.) 
L'eruptlon  du  Vesuve  de  i8'22,  et  les  torrens  d'eau  (jui  Font 
suivie ,  ont  mis  beaucoup  de  mineraux,  mume  nouveaux  ,  a  dc- 
couvert.  Ce  sont :  du  lapis-lazuli  trouveau  milieu  des  sables  rou- 
ges lances  le  24  oclobre;  diverscs  variett^s  dc  quartz  (silcx  pyro- 
maqne  et  resiiiile,  et  des  passages  de  cette  substance  a  une  lave 
d'anipliigene  et  de  pyroxene);  la  cliaux  phosphatec  en  prismcs 
lirxaedres  ;  la  melilite  en  cubes  serablablcs  a  ceux  dc  Capo-di- 
Bove  (ces  deux  dernieres  substances  ont  ete  trouvees  dans  un 
courant  sur  les  pentcs  du  mont  Somraa ,  au-dcssus  dc  Pollena  j; 


Geologie.  127 

la  gehlenile  semblable  a  celle  de  Fassa ;  le  fer  oligiste,  le  fer 
oxiduli^  octacdre;  le  fer  antimonial  et  le  vcrre  d'antlmoine  com- 
bing avec  un  pen  d'osmium. 

Tous  ces  mineraux  seront  indiqnes  dans  un  ouvrage  sous 
prcsse  inlilu\e  Prodromo  dell'  Orittognosia  Fesuviana.  On  y  de- 
crira  auss'i  les  substances  suivantes  du  Vesuve:  la  gismondine 
(abrazite ),  la  cbaux  fluatee  octaedre,  la  thomsonite ,  la  breis- 
lackile,  la  graminatlte,  le  fer  carbure,  la  davine,  la  chrislia- 
nite,la  cotunnla  ,  riiumboldtine,  la  cavolinite,  etc.       A.  B. 

96.    ExAMEN     DES    FORMATIONS    HOUILLERES    DANS    I.A    MONARCHIE 
AUTRICHIENNE,     ET    DE    LEBR     EMPLOI  ;    par    FranCOis    RlEPL, 

prof,  d'hist.  naturelle  a  I'lnstitut  polytechnique  de  Vienne. 
[Annates  [Jahrbiicher)  de  I'lnstitut  Polytechnique  imperial 
et  royal  de  Vienne  ,yo\.  i,  p.  i,  1820.) 

Apres  avoir  montre  rutilile  des  depots  houiilers,  et  I'liifluence 
que  de  parellles  richesses  minerales  peuvent  avoir  sur  le  sort 
d'un  pays ,  le  savant  auteur  vient  a  distinguer  dans  la  monar- 
chie  autrichienne  /(  grands  depots  de  combustibles.  Le  i*''^.  oc- 
cupe  une  grande  partie  de  la  Bobeme  et  une  petite  partie  de  la 
Moravie;  le  second  forme  les  bouilleres  de  la  Gallicie;  le  troi- 
sienie  se  trouve  en  I  re  les  Carpathes,  les  forets  de  la  Boheme  etles 
Alpes.  Les  amas  de  combustible  des  vallees  alpines  de  la  Styrie 
et  de  la  Carinthie  n'en  sont  qu'un  appendice  delache.  Enfin 
le  quatrienie  se  trouve  sur  la  pente  sud  des  Alpes ,  dans  les  pro- 
vinces italiennes.  L'auteur  entre  ensuite  dans  de  si  grands  de- 
tails sur  chacune  de  ces  divisions,  qu'une  analyse  complete  en 
devient  impossible.  II  decrit  d'abord  le  depot  bohemien ,  il 
donne  ses  limites  et  les  localites  d'affleuremens  de  roches  bouil- 
leres, et  il  indique  les  rocbes  intermediaires  et  primitives  qui 
Tenvironnent ,  et  le  quadersandstein  et  la  raarne  (  craie  chloritee 
et  niarncnse)  qui  le  recouvrent.  Les  combustibles  de  Boheme 
comprennent  des  bouilles  et  des  lignites.  Les  veritables  bouil- 
leres reposent  dans  I'ouest  de  la  Boheme  sur  des  schistes  argi- 
leux  et  siliceux,  et  des  grauwackes;  les  roches  qui  s'y  remar- 
quent  sont  les  gres,  les  argiles  schisteuses,  souvent  a  rayons 
ovoides  et  a  impressions  de  plantes,  et  la  houilie.  L'auteur 
donne  les  coupes  des  alternats  de  ces  roches,  et  beaucoup 
de  details  siir  les  differens  bassins  houiilers,  sur  leur  liaison  ct 
ieiir  etendne ,  sur  la  puissance  respective  des  couches  de  houille  , 


1 28  Ge'ologie. 

siir  !es  failles,  les  fjlissemens  et  abaisscmens  des  couchps,  et  sur 
la  quantite  de  liouille  exploitee  et  sur  son  emploi.  II  est  assez  par- 
ticulier  que  le  grc  s  rouge  qui  regne  stir  le  pied  dii  Riescnj»e- 
birge  ne  prrscnte  pas  de  couche  puissante  de  houille.  Le  depot 
de  lignite  occupe  la  partie  nord  de  la  Boheine,  et  est  snrtout 
forme  par  des  argiles  et  des  sables  alternant  qiielquefois  avec 
des  roches  du  doinaine  dii  basalte.  L'auteur  entre  ensulte  dans 
les  memes  details  que  pour  les  lioullles;  il  donne  une  table  de 
la  quantite  de  combustible  employee  en  Boheme  en  i8i7et  1818, 
et  terinine  par  les  usages  qu'on  en  fait  dans  ce  pays. 

Les  houilicres  de  Moravie  ne  sont  pas  si  abondantes  en  houille; 
on  I'exploile  surtout  a  llossitz  et  Blawon,  on  le  fond  du  bassin 
est  du  gneiss;  l'auteur  donne  des  details  sur  I'exploitation  et  sur 
la  quantite  exploitee,  et  indiqne  des  lignites  dans  le  sud  de  la 
Moravie.  Dans  rAutriche,  l'auteur  range  parmt  les  gres  liouil- 
lers,  les  montagnes  qui  s'ctendent  de  Vienne  vers  la  chaine  cal- 
caire  des  Alpes;  il  decrit  les  depots  de  houille  fort  interessans 
tie  Thomasberg  et  de  Meversdorf,  qui  sont  acconipagnes  de 
gres  argilnix  ,  calcaire  ou  quartzeux,  d'argile  scliisteuse  et  de 
marne  schisteuse,  et  qui  presentent  des  impressions  de  plantes 
et  des  coqnlllages  marins  calcines.  II  poursuit  une  ligne  de  houille 
sur  le  pied  des  calcaires  des  Alpes;  il  parle  assez  longuement 
des  lignites  de  St. -Pollen,  de  Thalern,  d'Obrltzberg  et  d'Oe- 
deid)urg;  i!  passe  ensuite  aux  lignites  abondans  de  la  haute 
Autriclie  (Wolfsegg,  'Wildshul  el  Windischub),  et  entre  dans 
des  details  sur  I'exploitation  et  Texportalion.  Dans  les  Alpes  il 
decrit  de  la  houille  dans  la  vallee  de  I'Enns  et  dans  celle  de 
rinn;  il  entre  dans  d'interessans  details  sur  Haring,  qui  offre 
un  depot  de  houille  piciforme,  accompagne  de  calcaire  fetide  et 
de  beaucoup  de  fossiles,  tant  du  regne  vegetal  que  du  regne 
animal ,  et  qui  repose  sur  le  calcaire  alpin.  Dans  la  vallee  de  la 
Muhr  il  y  a  de  grands  depots  de  combustible,  surtout  pres  de 
Judenburg  ct  de  Leoljen;  ils  paraissent  lies  a  ceux  de  la  vallee 
de  Biarz.  Les  montagnes  primitives  ou  intermiidiaires  environ- 
nent  ces  lignites  qui  gisent  au  milieu  de  gres,  d'argilcs  ct  ile 
marnes  calcaires  coquillieres.  II  y  a  eu  des  inflammations  spon- 
tanees.  L'auteur  examine  leur  emploi  et  le  debouche  que  leur 
olfrc  Gratz.  Le  fond  primitif  de  la  vallee  de  Marz  est  aussi  con- 
vert des  inemrs  roches.  Dans  le  cercle  de  Gratz  et  de  IMarbonrg 
en  Styrie,   les  lignites  sont  abondamment  dislribues  dans  cii 


Ge'ologie.  1 29 

grand  terrain  tt'riiaire,  qui  remplit  le  fond  dc  celte  gramle 
Aalliie  formee  par  des  monJagnos  de  inicaschiste,  de  scliislo  iii- 
teriiit'diaire  on  de  calcaire  ancieu.  L'auteiir,  nalif  de  Gralz  , 
«'nlre  dans  beauconp  dc  details  sur  les  diff'erenles  localilos  de 
lignites  et  des  loches  propres  a  faire  I'alun.  Dans  la  Carintliie,  les 
vallees  des  scliisles  antiens  et  des  calcaires  renl'crinent  encore 
(les  lignites  sur  la  rive  nord  de  la  Drave,  qui  coule  j)cndanl. 
long-tcinps  sur  la  liinite  des  calcaires  intermediaires  et  des  ro- 
ches  stliisteuscs  piinillives.  La  geologic  de  cette  contrce  est 
singulieremenl  conipliquee  par  rallernalion  de  gres  rouge  et  '.[c 
j)orpliyrc,  et  par  la  superposition  du  calcaire  sur  I'une  de  ces 
tlcHx  roclies  ,  de  iiianiere  qu'on  peut  facilem^nt  conl'ondre  des 
gres  fort  ancicnS  avcc  des  gres  a  lignites,  ties  deruiers  exisi<-nl. 
a  Saldenhofen,  a  Hohcnniaullien  ,  a  Dranbnrg,  a  Eis,  a  Mies  , 
ii  (jcniund,  dans  la  vallee  dc  Lavan ,  a  Sunberg,a  .St. -Veil ,  a 
Herinagor,  etc.,  etc.  L'autcur  examine  cnsuite  les  localites  de 
lignites  dans  le  cercle  dc  Cdly  en  Styrle  ,  et  niontre  que  cc  ter- 
rain s'etend  au  sud  dans  la  Cat'niole  et  les  provinces  illyrieniies. 
Dans  I'lslrie  et  la  Dalniatie  il  y  a  aussi  des  couches  de  com- 
bustibles, dont  il  cite  beauconp  de  localites;  daiis  le  royaume 
lombardo  -  venitien  il  en  enumere  encore  un  bon  nombre, 
el  il  jjasse  enfin  au  Tyrol  meridional.  A  Volss  pres  de  Clausen  , 
des  gres  rouges  a  lits  menus  de  liouille  y  sont  places  en  Ire  le 
j)orpliyre  el  le  calcaire  inlermediaire,  et  les  couclics  houillerrs 
renfernicnt  des  pelits  filons  de  cuivre  pyriteux  ,  de  plomb  snlfure 
el  (le  pyrite.  li  y  a  encore  des  indices  de  houille  jires  d'lnnes- 
lein,  Weissenstein ,  Rilter,  etc.,  etc.  L'autcur  jiresentc  u:ie  t.i- 
ble  des  produils  de  toutes  les  mines  de  combustible,  jiondant  les 
iinnees  1817  et  1818;  en  1817  on  en  a  emj)!oye  8>.i,/(09  quin- 
taux  ,  et  en  1818,  650,407;  mais  I'auteur  croit  qu'il  y  a  des 
taules  dans  les  donnees  qui  conduisent  a  ce  resultal,  el  il  pense 
que,  -sans  compter  la  ]5oheine,  la  Hongrie  et  la  Gallicie,  on  ex- 
ploile  environ  une  quanlite  moyenne  annuelle  d'un  million  de 
quinlaux  de  combTislible  dans  ie  reste  de  la  monarcbie  autri- 
tliienne.  Enfin  il  s'elToree  de  montrer  la  grande  ulilile  de  ces 
exj)loitations  pour  le  succes  des  usines  et  des  fonderics,  et  pour 
le  bonlieui'  de  lout  un  pays  comme  la  Slyrie.  On  iie  saiu-ait  trop 
recommandcr  aux  geologues  un  memoiie  si  detaille  et  si  neni' 
qui  est  le  jiroduil  lies  voyages  de  ce  /.ele  nalur.tliste ,  el  des  m\- 
eieu\  leiiseigiienieiis  qui  sont  rcslei.  niall.eiiroir^rnjrnl  Iro!)  lo;;'- 

li.   TOMK    II.  J 


1 5o  Geologic. 

leiiips  eiirouis  iliiiis  les  t-aitoiis  ilu  roiiseil  dcs  mines  de  la  mo- 
naicliie  autrlcliiciinc.  lloimeur  i\  riioniiiif  qui  va  cnfiii  faire 
coniiaitie  les  ilcliessos  iniiicrales  de  ce  bel  empire,  et  avancer  sa 
]nosi)ente ;  ct  lionneur  au  gouvcrneiiicnt  eclaire  qui  protege  de 
pareilles  cntreprises  !  A.  B. 

97.     Sua    I.\     SECONDE    SKIUK    DES    FORMATIONS    SCANIJIN  AV  ES ;    pal' 

M.  Reilhau.  {Isis,  call.  3  ,  p.  3i  1,  1824.) 

Depuls  long-temps  Ton  est  tombe  d'accord  que  le  gneiss  do- 
mine  en  Scandinavie  ,  ct  qu'il  est  suivi  de   mlcaschiste  el  de 
sclilslc  argileux  ;  mais  Ton  varie  beaucoup  sur  les  roches  qut 
doivent  suivre  ces  dernlers  depots.  1,'auteur  rejettc  la  distinction 
d'une  nouvelle  formation  plus  reccnte  de  granite,  de  gneiss  ,  et  de 
micascliiste  ,  et  n'adople  ])as  l.i  difference  que  M.  de  Buch  a  elablle 
enlrele  gneiss  de  la  terre-ferine  et  celui  dcsiiesoccidentales.  II  fait 
\oir  tres-judicieiisemcnl qu'on  ne  pent  gucre  altribuer  a  des  mou- 
vcmensde  bascule  la  verticalite  des  couches  sur  unegrande  elen- 
due,  et  que  celte  position  empeche  de  distinguer  differens  ages 
dans  ces  roches  ainsi  juxtaposees.  Le  gneiss  est  dominant  parcc 
que  sa  masse  est  la  plus  puissanle;  mais  on  ne  pent  pas  prouver  en 
iVorwe<Te  qu'il  soit  place  sous  toutes  les  nulres  roches.  II  est  plus 
facile  de  montrer  que  le  schisle  argileux  est  plus  recent,  quoiquil 
soit  recouvcrt  quelquefois  de  micascliiste.  Neanmoins,  le  gneiss 
'lourrait  encore  se  former  dans   les  liautcs  regions ,  tandis  (pie 
le  schiste  se  depose  dans  les  endroits  bas.  La  formation  qui  forme 
la    seconde    serie  des  depots  scandinaves  est   composee  d'une 
"rauvvackeparticulierc,  de  veincs  puissantesde  quartz  etdepor- 
idivre  ,  de  concretions  cristallines  diverses  de  feldspath  et  d'am- 
idiiboIes.Le manque  totalde petrifications,  ctla  naluredeses  grall- 
■wackes,distingucllt  seuls  cettescriedecellesoulesgreset  lescalcaL 
res  a  orthoceratilessont  assises  auxschistes,  aux  porphyrcset  au\ 
syenites.  Lagrauwacke  accompagnee  de  depots  puissans  scliisteiix 
(St  si  inlimcment  litie  aux  roches  primitives  du  schiste  argileux 
el  du  micascliiste,  qu'clle  leur  parait  souvent  subordonn(!'e,  on 
meme   les  reniplace.  L'autenr  prouve  celte  assertion  ])ar  la  des- 
cription dcs  montagncs   pen  connues   du  Teliemark  supc/ricur  ; 
la  plus  grande  de  ce  district  e  .t  compos<'e  dc  gneiss  duiit  est  for- 
na-e  laparlie  sud  de  la  paioi-se  de  Sillejords.  Vis-a-vis  do  Lief- 
ield  ,  sur  le  (  oti;  oucsl  de  SillljordNand  ,  Ic  gneiss  allcrne  avcc  dc 
I'amphiboHte  el    du  micaschiite ,  et  ce  dernier  dcjiniiic  bicnlijl. 


Geolo^ie.  1 5  ^ 

L'auteur  y  decrit  uiie  quiiiititt-  de  bancs   do  (ju.ii  I/,  ct   d'uti  mi- 
<':iscliiste  nodulaire   on  a  amimdcs  de  qnailz  ,  et  il  dit  mie  ces 
roclies  condiiisent  insensiblcmciit  a   dos  m.issus  itiicuoes  a  ba - 
i<;ncttes  ou  ellipsoides  de  quarlz ,  et  aussi  dcs  rocbcs  coiiipohcr- 
(b>   rognons  de  quariz  meles   de  quelque  pcu  de  mica,  et  cm - 
pates  dans    unc  base  siliceusc;    cost  la  la  grauwacke  prirnilivc 
de  RI.  Keiliiau.  Lcsrocbes  de  quartz  dominent  au-iiessus  de  iV-'ilsr 
deSilicjords,  et  a  rextremite  de  sud  de  Fladdalvaiid.  Le  jm.ni 
Skorvefjeld  a  4000  pieds  de  ban!  ,  et  ne  presenle  aussi  que  lirs 
assises  de  quariz  nn  pen  ondnlccs.   En  remontant  de   FladlJial  b- 
Svarltliai(SorledaI),le  quartz  cstremplace  par  des  aniplribolile, 
scbistcnses  ,  des  rociies  feldspatbiques  et  des  scliislcs  talqueux  vi 
argilenx.  Sons  le  Quasijeld,  on  voit  nn  scliislcargilenx  scmblabb' 
a  nn  gres  scliisteux.  Le  Skarsknatt  est  compose  de  coucbes   d.' 
quartz,  auxquelles  succedent  les  scliistes  argileux    arenaces    et 
Ics  scbistes  riovacuiairos  dn  val  d'Aamotdstbal.  Une  diabase  par- 
rait  les  reconvrir  en  stratification  non  concordantc  an  Rinde- 
nutcn.  Au  nord  de  cette  monfagne,  le  quartz  rougeaire  est  nie- 
le   de   ieldspatb.    Autonr  dn   IMaanoset  il   y  a  des    ampbibolilos 
scliisteuses  et  des  scbistes  talqnenx  a  bts  arenaces,  et  a  rocbes 
lalco-quartzeuses.  Presdela  cascade  de  Kykanfoss,  dans  la  vallee 
an  nord  d<;  Maanelv  ,  ces  rocbes  ont  I'apparence  de  poudin-ues. 
An  Rykan,  sur  le  Maristige,  etc.,  Ton  en  tronve  qni  ont^nne 
i)asc    lalqueuse    ou  de  diabase,    el  qui  rcnb>rmejit  des  masses 
<le  quartz  plus  ou  moins  grandes,  de  scbisle  ..rgilenx  ,  de  jui- 
cascliiste  et  de  rocbes  serpenlineuses. 

Esmark  rapporte  toutes  ces  rocbes  au  terram  intermetiiaire  ; 
notre  auteur,  au  contraire,  les  be  a  ses  scbistes  argiienx  primi- 
lifs.  La  base  du  mont  Gousiatind  offre  des  conclies  inclinant 
eoiilre  la  montagnc,  et  presentc  la  succession  de  bas  en  bant 
des  coucbes  suivanles  :  une  espece  de  pori-byre  quartzifere  et  a 
Ur  ondnle,  scbiste  micace,  scliiste  mieace  nodulaire,  porpbyre 
quartzifere  ,  scbiste  nodulaire  a  feldspatb ,  scbiste  s'elevant  jns- 
^na  la  bauteur  de  -2,8003  iooo  pieds,  cnfin  griinstein  a  pyrite  et 
mica.  La  jjlusgrande  partie  dn  baut  de  la  montagnc  est  couvcrte 
de  debris,  sous  lesqnels  on  voit  ressortir  Ic  griinstein  ou  le  por- 
l)liyre.  Cette  cime  atteint  5ooo  pieds,  et  parait  eonq>osee  vers  sa 
panic  snpericnre  d'nne  roclie  quartzense  semblable  a  ecllcs  de.. 
Mosaiiies.  L'Ejefjeld,  dans  le  Nummedal ,  est  compose  aussi  de 
(]uarlz  el  <Je  grmistein  ;  la  cime  des  roclics  dn  Tc![e!:iark  sc  to 


i^ii  Geologic. 

inincialt  done  ii  Gooo  piods  <lc  h;iuteur  par  du  cjuartz.  L'autcur 
1  evient  de  iiouveau  sur  son  idee ,  que  ces  roclies  nodulaires  el  a 
ajip.Tionces  de  poiidingnes  ne  sont  pas  des  agregals,  et  il  cite  a 
r.ippui  le  lait,  que  des  crislaux  de  scliorls  traversent  la  base  tal- 
qiieu.se  el  Jes  morceaux  de  serpentine  (ju'elle  contient.  Dans  le 
Bergcnstift  s'elevc,  des  baics  profondcs,  Tin  massif  de  montagnes 
elevees(3  a  4o<>o  pieds),  qui  s'abaissL-nt  vers  le  milieu  du  dis- 
trict ,  et  qui  sont  sillonnees  de  valiees  cour'aut  au  uord.  La  sur- 
face deployee  de  ce  groupe  occuperait  plusieurs  centaines  de 
miiles  Carres.  On  y  voit  du  gneiss,  de  I'amphibolite,  du  mica - 
schiste,  des  llts  de  pierre  ollaire,  du  calcaire  grenu,  du  schiste 
argileux  ;  et  la  crete  du  massif  est  occupce  par  une  autre  classe  de 
roches.  Enlre  Gulbrand.sdale  ,  Valders  et  Sogn  ,  il  y  a  un  groupe 
de  montagnes  qui  s'elevent  de  Icur  base  a  3ooo  pieds,  et  qui 
sont  Ics  plus  Lautes  de  la  Scandinavie.  Le  fond  de  Sognef'jord  , 
de  Lyster  et  Leerdal,  le  pays  a  Test  de  Vang,  dans  leValders,et 
Lomm  dans  le  Gulbrandsdale  ,  limitent  ccs  montagnes. 

Les  mines  les  plus  clevees  sont  le  Horungtinde  a  I'ouost,  le 
Galdebergknause,  Torfindtende ,  Mugnafjeld,  Synshorn  ct  Bi- 
tihorn  a  Test.  En  allant  a  Valders  depuis  I'Ostland ,  on  observe 
des  masses  siliceuses  qui  sont  en  partiesur  le  gneiss  ou  le  schiste 
argileux  des  vallees  et  sur  les  hauteurs.  A  i  5oo  pieds  au-dessus  de 
la  vallee,  le  gneiss  est  recouveit  par  une  roche  quartzcusc  grise 
ou  bleuatre  a  druses.  Celte  roche  constitue  le  Langcbergs- 
Varde.  A  deux  lieucs  dc  la  ,  au  S.-O.,  a  ?v'yst61fjeld,  dans  le  Hal- 
lingdale,  ces  roches  prennent  le  caractere  arenace;  mais  le  gres 
de  la  cime  de  Nystolljeld  paiait  reposcr  sur  la  tranche  de  leurs 
couches.  Celte  dcrniore  roche  se  montre  aussi  sur  le  Gronsend- 
knippen  et  y  passe  a  une  belle  grauvacke  schisteuse,  qui  est  en 
stratification  non  concordantc  sur  un  schiste  argileux  a  masses 
ellipsoidcs  de  quartz.  La  masse  siliceiise  du  Langeberg  est  une 
cnnlinuation  de  ce  gres.  Le  schiste  ancien  devient  siliceux  dans 
les  pentcs  elevees  comme  sur  le  Filefjeld,  ct  il  passe  au  quartz 
schisteux  dans  le  Ts'ystufjeld  ct  a  I'entree  du  Koldethal;  en  un 
mot  il  y  a  la  une  formation  analogue  a  celle  du  Tellemark  ;  mais 
iti  la  "rauwackc,  le  gres  ct  les  masses  siliceuses  du  V;ddcrs  se 
distinguenl  decellcs  du  Tellemark  par  Icurgisement  en  stratifica- 
tion non  concordante  sur  le  schiste  anclcn  ;  neanmoins  ces  depots 
sont  lies  par  la  formation  siliccuse  du  A  inslervand.  Lc  gres  de 
Gronscndknippcn  est  recouvtrt   par  une  esj>ecc  de  roche  sein- 


Liable  an  gneiss  ou  au  granite  (jui  rcnieniiu  un  banc  tie  diabase 
a  epidotc  et   tcr  magiietique.  A.  un  deiiii-niille  au  sud- oiiesl   de 
Gronsendknlppcn  ,  il  y  a  le  Skogsiiorn  dans  le  Halliiigdale  ;  c'csi; 
un  gioupe  de  65oo  pieds  d'elevation   au-dessus   de  la  mer,  on 
35oo  pieds  sur  sa  base;  le  schisle  argileux  domine  a   son  pied  ,  il 
devient  quarlzeux  plus  haut ;  pnis  Ton  tfouve  un  gres  seniblab'e 
a  celui  de  Nystolfjeld,  et  la  cime  n'of'fre  qu'un  melange  pur  tt 
compacte   de  f'eldspath  ,  de  quartz,  d'auipliibole  et  de  mica.  Les 
deux  dernieres  substances  y  forment  des  zones  plus  foncces  que 
la  base.  A  4  ou  5  milles  au  N.  s'eleve  le  Bitihorn  ,  qui  pnisente  de 
meme  un  schiste  argileux  a  noyaux    de  fcldspath    et  reconvert 
par  uiie  diabase  a  epidole  (|ui  forme  aussi  leSiiultiiid  sur  le  Filef- 
jeid.  Eiitre  le  Suultind  et  le  Nysluen  et  pres  d'Elton  il  y  a  une 
roche  granitoide  placec  de  meme.  Entre  Slidre  et  AVaage  les 
bords  du  Bygdiselv  presentent  un  gros  gris-verdatre  a  crislaux 
d'amphibole  et  a  noyaux   t'eldspalliiques.  Vers  la  cime  ces  der- 
nieres substances  deviennent  plus  frequeiiles,   et  enfin  Ton    nc 
Irouve  plus  qu'une  diabase  rendue  quelque  pen   scliisteuse  par 
I'arrangement  des  cristaux  dampliibole.    Cette   roclie  forme  le 
colosse  au  nord  du  lacBygdin  et  tout  le  Mugnafjeld,  qui  a  Gooo 
pieds  de  haul.  En  general,  ce  depot  syiinitique   forme  tous  les 
pics  nus  et  noyaux  qui  s'etendent  pendant  5  a  6  milles  a  I'ouest 
de  Mugnafjeld  ainsi  que  les  hautes  aiguilles  de  Skagaslol.   Cette 
roche  syenitique  varie  beaiicoup  :  souvcnt  c'est  une  diabase,  d'au- 
tres  fois  c'est  une  belle  syenite-rouge  comme  a  I'extremite  N.-O. 
du  Bygdin.    On  trouve  une  amphibolile  scliisteuse  comme  dans 
ic  Koldethal  pres  des  glaciers  superieurs  de  cette  vallee;  ellc  ren- 
ferrae  des  bancs  d'une  diabase  coniposee  presque  uniquement  de 
gros  cristaux  d'amphibole.  L'auteur  montte   ensuile  ((u'il   faut 
lier  ces  roches  a  un  gneiss  superieur  du  Gronsendknippen  et 
au  granite  duFilefjeld,  et  que  ce  depot  syenitique  ou  granitoide 
est  place  sur  un  gres  et  qu'il  lui  est  lie  par  les  roches  interme- 
diaires  entre  la  diabase  et  la  grauwacke  primitive  <lu  Skogshorn. 
Nous  ajouterons  que  cette  descri[)tion  ne  laisse  aucun  doute  sur 
ridentite  des  terrains  anciens  de  I'Ecosse  et  de  la  Norwege:  mes 
roches  talcoquartzeuses  et  mes  syenites  y    joucnt  cgalemeut    le 
meme  role.  A.  B. 

y8.  Obskrvations    relatives    v  i/AHAissEMtNT    rui.stiMii  nu  m- 
YKAU  i)E  LA  MKR  BALTiQiiR  j  par  i\.  BRUNtKo^A;  suiviis  dc  re- 


i5i  (je.)/o^ie. 

)i);ir(|.iiCN  siir  Kmiu'iik'  si'.i'''  '■>  ]'■"'  ('•  1^  lI.uLi.STnoM.  [Konf;l.  vc- 

(rnskajis    Atddcuiic/is    UdiulUngdr ,  fair  aar   t823.   Stocl.h. 

t82/|  ,  part.  I  ,  p.  21.  ) 

II  y  a  lonf,'-lem])s  (|iit;  le  phcrioincne  ile  la  diininiilioit  <Ie 
i'»\iu,  on  pour  inieux  dire  de  rabnisscincnt  du  nivi-au  de  la  rner 
dans  h\  linllique,  a  fixe  I'atlention  dessavans  suedois,  dont  les  mis 
loiit  adiiiis,  fandis  que  lew  autrcsle  niaient.  Les  derniers  avaient 
pour  cux  la  difficiilte  d'adiiietlre  qu'une  uicr  interieure  a  la  ve- 
rite,  inais  qui  communique  j)ai-  trois  ouverlures  avec  I'Oceaii  , 
puisse  avoir  un  autre  niveau  <|ue  celiii  de  I'Ocean  lui-meine  ; 
mais  les  autres  ont  rcpondu  par  des  fails,  c'esl-a -dire  jiar  la 
comparaison  du  niveau  aciuel  de  cette  nier  avec  celui  qu'elie  a 
du  avoir  a  des  epoques  jjlus  on  moins  eloignees ,  a  en  juger  par 
lessignes  imprimessoit  par  la  nature,  soit  par  la  main  deshommes 
sur  les  rochers  qui  sortent  du  milieu  des  eaux.  Une  diose  non 
moins  singuliere  que  le  phenomene  lui-meme,  c'est  que  I'abais- 
.sement  du  niveau  semble  ne  pas  suivre  la  meme  loi  dans  toutes 
les  parlies  de  laBaltique.  Considerabledans  le  golf'c  de  Bothnie, 
ou  on  revalue  a  4  pieds  par  siecle,  il  va  en  diminuant  a  mesure 
qu'on  se  dirige  plus  au  sud.  II  parait  se  borner  a  i  pieds  par 
siecle,  du  cole  de  Calmar  ;  et  Ton  est  fonde  a  penser  qu'il  se 
reduit  a  rien  dans  la  partie  meridionale  de  cette  nier,  et  que,  s'il 
a  lieu  dans  sa  partie  orientale,  du  moins  il  y  est  pen  sensible.  En 
aduiettant  le  phenomene  tel  tpie  nous  I'exposons  ici  et  qu'il  pa- 
lait  elre  adrais  aujourd'hui  i)ar  la  majorite  des  savans  stjedois,  il 
reste  bien  des  clioses  importantes  a  determiner,  i°.  Quelle  est  la 
quantite  totale  de  I'abaissemenl  du  niveau  de  la  Baltique  sur  un 
j>oint  doiine  et  dans  un  espace  de  temps  egalement  donne  ?  II 
rcgnc  encore  beaucoiip  d'lneertitudes  a  cetegard  et  des  anoma- 
lies qui  ,  sur  des  points  Ires-rapproclies  lesuns  des  autres,  sont 
dans  le  rapport  de  un  a  quatre  et  mtime  de  un  a  douze.  2".  Get 
abaissement  a-t-il  lieu  d'une  maniere  uniforrae  ?  Ses  variations,  s'il 
y  en  a,  sont-ellesregulieresouirregulieres,  el  subordonneesa  des 
causes  appreciables,  tellcsqueserait ,  par  exeraple,  I'etat  de  I'at- 
luospliere?  3".  La  diminution  qu'on  y  a  remarqixee  en  allanl 
du  jioid  au  Slid  ,  et  ([ui  fniit  par  le  rendrc  nul ,  csl-clle  propor- 
liouBce  anx  lallludes  ou  subordonnce  a  d'autrcs  lois  ?  Tel  doit 
Vlre  I'objct  des  reclierches  ulterietircs  des  observalem's,  car  ce  sc- 
i:ait  pcu  d'avoir  mis  liors  dc  doule  I'abaisscment  (juelconque  de 
la  mer  Haliique  si  Ton  negligeait   de  reclierelier  les  lois   qui  Ic 


Geohgie.  1 55 

regissent,  seal  moyen  cVairiver  a  en  pi^nelrei-  Ics  causes.  Mais 
celte  laclie  est  difiicile  a  remplir.  II  iic  suffit  pas,  en  effet,  de  le- 
nircoinplede  I'action  des  cliangemens  locaux  qui  ont  pu  influcr 
siir  quelqnes  points  sans  affecler  la  totalite  du  bassin  de  celle 
nier  et  de  clioisir  a  cet  cffet.  pour  placer  ses  poinis  de  repairc,  les 
rochers  les  plus  isoles,  les  plus  eloignes  des  cotes,  et  situes  dans 
Ics  eaux  les  plus  profondes;  il  fandralt  encore  s'assurer  que  les  ob- 
servations comparatives  ont  ele  faites  lorsque  la  mer  etail  dans 
un  etat  parfaitement  seniblable.  En  effet,  la  Ballique,  sans  avoir 
de  flux  et  de  reflux,  est  sujette  a  un  balanceinent  qui  depend  de 
la  direction  el  de  la  force  des  vents.  El'le  s'cieve  lorsque  des  vents 
forces  et  long-lenqis  prolongcs  du  nord-ouest  y  refoulent  Ics 
eaux  de  la  mer  du  nord  par  le  Ciiltcgat,  le  Siincl  et  les  Belts.  Ellc 
s'abaisse  au  coiitraire  par  suite  des  vents  qui.  chassent  ses  eaux 
vers  ces  niemes  dctroits.  La  difference  du  niveau,  dans  les  cas  ex- 
tremes, pent  allcrjusqu'a  plusieurs  pieds.  On  sent  que  si,  par 
liypothese  ,  une  ligne  devant  servir  de  repaire  avait  ete  tracee 
lorsque  la  Ballique  ctait  a  sa  plus  grande  elevation  et  qu'ou 
vint  a  mesurer  son  niveau  au  mcmcpoint  lorsque  cette  mer  srrait 
au  plus  has,  elle  pourrait  sembler  abaissee  bien  au  dela  de  ce 
qu'on  cut  trouve,  si  les  deux  observations  correspondaiites  cussent 
cle  faitcs  lorsque  le  niveau  etait  a  sa  hauteur  moycnne.  C'cst  done 
cette  liauteur  moycnne  qu'il  Imporle  de  constaler  dans  I'un  ct 
I'autre  cas;  ce  qui,  sans  doute,  offre  de  grandes  difficulles  ,  niais 
ce  qui  est  cependant  une  condition  indispensable  pour  que  les 
rcsultats  des  observations  soicnt  irreprocliables.  Telle  est  en  sub 
stance  I'opinion  que  M.  H.tllstroin  developpe  dans  son  memoire. 
II  est  a  regrelter  que  les  precautions  dont  il  parle,  n'aientpas  ete 
prises  en  consideration  par  M.  Bruncrona  ,  jiuisqu'elles  auiaient 
rendu  plus  utiles  les  observations  qu'il  a  fait  faire  sur  une  tren- 
taine  de  points, en  1820,  par  les  pilotes  sous  ses  ordres,  et  la  peine 
qu'il  a  j)risc  de  faire  graver  des  lignes  sur  divers  rochers  pour 
marquer  le  niveau  de  la  mer,  et  servir  de  rejmirc  aux  observa- 
teurs  futurs. 

M.  Haellstrom  passe  rapidenient  etavrc  une  sorle  dedcdainsur 
une  idee  recue  parmi  Ics  habilans  des  ilols  de  la  cole  de  Botlinie  , 
et  qui,  ])our  etrc  celle  de  ccshomnies  simples  el  pcut-etre  niauvais 
observatcurs  ,  n'a  pas  ele  enticrement  rejetee  ])ar  quekjues  sa- 
vans;  c'cst  que  le  niveau  de  la  surface  de  la  mer  nc  s'abaisse 
^)as,  raais  que  celui  du  terrain  s'eleve  peu  a  pen  ,  au  moins  dans  le 


r>'»  Geologic. 

jiomI  do  la  -Siit'-do.  I/.mlilir  jrttc  du  ridicule  siir  cette  opinion  qx\ 
dis;iiit  '[lie,  ])uis(|ue  ci  I  ci'fct  ne  se  reiii;irfjuo  pus  sur  les  cotes  dcs 
ilcs  de  Gotcland  ct  d'Oland  qui  sont  c.dcaiies  ou  arenacccs  , 
iii;iis  sculemeiit  sur  cellcs  du  golfo  de  UoMiiiie  qui  sont  de  gneiss 
abondaiit  en  fcldspath,  il  faut  supposer  dans  cetle  deniiere  rochc 
une  aptitude  a  s'elever  que  les  autres  esj>eces  de  roches  ne  par- 
tagent  pas.  CVst  aux  partisans  du  soulevemenl  du  terrain  a  voir 
si  cette  objection  lenr  parait  suffisante  pour  les  faire  changer 
d'opinion.  C.    W. 

yc).  Sun  LA  STRUCTURE  GEOi.uGiyiiK  HE  St.-Iago,  une  des  iles  du 
Cap-Yert ;  par  le  major  CoLtr.RooKE.  Lu  a  la  Societe  geolog. , 
•ijanv.  l'6^!^.  [Ann.  dc  P lidos,  de  Philips,  avr.  1824,  p.  3io.) 

Pres  de  la  vllle  de  Poito-Praya ,  dans  I'ile  de  St.-Iago  ,  les  ro- 
chers  presentent  des  breches  trappeennes  a  ciment  calcaire,  et  a 
iragmensnon  arrondis. Les  batteries  et  la  villa  dePrayasontsituees 
sur  des  couches  d'un  gres  calcaire  alternant  a  vec  d'auti-es  qui  ren- 
lerment  de  grandes  h'.iitres.  Des  cailloux  de  trapp  existent  dans 
tous  cei  gres.  Une  couchede  trapp,  de  G  a  11  pieds  d'epaisseur, 
touronne  la  falaise.  A.  H. 

100.  EXTRAIT   b'uNK    LETTRF.    DE   MM.    KuHL   ET    Vanhasselt    a 

M.  Van  Ewyk.,  secret,  du  ministre  de  I'instruction  publique 

du  royaume  des  Pays-Bas.  Cap  de  Konne-Espeiance,  24  dec. 

1820.  {Allg.  Kqnst.  en  Letterbode ,  1822  ,  n''\  6  et  suiv.) 

Le  28  juillet,  nous  arrivames  a  Madere.  Le  pic  le  plus  eleve 
Cbt  le  pic  liuivo;  il  a  5,3oo  pieds  d'elevation  au-dessus  de  la  nier, 
et  est  entiercnient  basaltique  ,  comme  toute  I'ile;  mais,  quoi 
qu'en  disent  les  habitans,  nous  n'avons  pu  trouver  ni  crateres 
ni  laves.  Nous  avons  esquisse  ou  fait  dessiner  les  iles  descries, 
Porto-Sanio ,  et  diverses  cotes  de  Madere,  telles  qu'elles  se  pre- 
sentent vucs  dc  la  mer.  Les  rochers  de  Porto-Santo  ressemblcnt , 
a  s'y  meprendre,  au  porphyre  trappeen  des  sept  montag^nes,  pres 
de  Bonn.  Nous  avons  recueilli  des  echanliilons  de  roches  des 
dilTerens  points  de  I'ile. 

Ouant  u  la  constitution  gcologiquc  des  environs  du  Cap, 
nous  devious  croire,  d'apres  les  donnees  les  plus  recentes  de 
ir.Vubu,isson ,  etc.,  que  la  uiontagne  de  la  Table  se  conq)osait 
enliereinenl  dc  granite;  niais  il  n'en  est  point  ainsi.  Le  pied  seul 
de  cette  niontagno  est  dun  granite  trcs-gros,  qui  se  nionlre  a  nu 
sur  toulc  !a  cote  depuis  la  baie  au  Bois  jusqu'a  la  tele  du  Lion  ; 


Hiitoirc  naturelle  geiierale.  1 3^ 

Au  comraire,  toute  la  partie  superie.u-c  jusqu'au  soinmet  est 
dune  Ibnnalion  beaucoup  plus  moilerne.  C'est  un  i^'ies  tres-coiii- 
pacte;  inais  entrele  granite  et  le  grcs  est  interpose,  a  la  pente  an- 
•eiie.iie  de  ia  montagne,  un  scliistc:  argileux  ,  u.ais  Ires-ancien  , 
Jequel  est  traverse  par  des  filons  de  granite. 

A  la  Te'te  du  Lion  le  granite  monte  tres-haut ;  mais  a  la  Queue 
du  Lion  il  ne  se  montre  pas  a  jour,  et  on  n'y  voit  que  le  schiste 
argileux ,  qui  descend  jusqu  a  la  mer.  En  quelques  endroits  le 
gres  est  fortement  impregne  de  fer,  et  a  la  bale  de  la  Table  on  en 
frouve  des  blocs  enorines.  Nous  avons  une  suite  de  toutes  les 
roclies  dont  ces  uiontagnes  se  coniposent.  Au  resle,  toutes  les 
bauteurs  voisines  de  la  baie  aux  Boif:  et  de  la  haic  de  la  Table, 
ont  la  u.eme  constitution  geologique,  et,  a  en  juger  d'apres  la 
forme  des  nionlagues ,  celle  des  Hottentuts-EoUand  n'en  differe 
1^"'-  BOIE. 

loi.  Aerolithes.  {Philos.  Magaz.  de  TMoch,  mars  1824,  p.  233.) 

II  est  tombe,  les  premiers  jours  de  mars  de  cette  annee,  plu- 
sieurs  aerolitbes  pres  d'Ovenazo ,  dans  la  legation  de  Bologne. 
Le  plus  grand  pese  12  livres,  et  est  au  Musee  de  Bologne.  Des 
coups  de  lonnerre  tres-violens,  et  du  vent,  out  accompagne 
cette  chute. 

HJSTOIRE    NATUKELLE    GENF.RALE. 
102.  Archiv   riiR    DIE    GESAMMTE   Naturlehre.    Arcbivcs  des 
sc^iences    naturelles;   par  Charles- Guill.- Gottlieb    Kastner  , 
D^  de  philos.  et  medic,  et  prof,  de  physique  et  de  chimie' 
a  Erlangen.  Chez  Joh.  Leonh.  Schrag,  a  Nuremberg. 
Ce  nouvel  ouvrage  periodique  de  cette  annee  est  consacro  i  la 
physique,  a  la  chimie  el  a  la  physiologic.  II  en  parait  un  cahier 
de  8  Ipudles  ,n-8.  tous  les  mois.  Chaque  numero    contient  .les 
niemoires  cnginaux;  des  traductions  et  des  extraits  dejournaux 
olrangers;  des  analyses  d'ouvrages  importans;  et  une  feuille  con- 
sacree  a  la  corresj.ondance,  a  des  notices  scientifiques  et  jitle- 
raires,  des  annonccs  d'honneurs  rendus  a  des  savans  ,  enfin  a  la 
nccroiogie. 

Quatre  numeros  forment  un  volume  :  on  v  accuse  recei)tion 
thsmemoire.envoyes,  et  une  table  .ics  matitrcs  f ermine  le  der- 
nier volume  de  rannee,  cl  tousles  ■,  ;,ns  on  do.incra  une  revue 
des  priu.ip;,!,.s   .iecouvcrlcs  faite.s  pendant  eel  cspacc  ,le  temp's. 


1 58  Hislolre  Tiaturelle.  gc'neralc. 

Les  s;ivans  pciivent  y  faire  nnnonccr  feurs  oiivrages.  Le  rccLicleur 
payera  ii  flor.  pour  chaque  fciiillc  d'imjiression  d'lin  metr.oirt* 
original,  et  5  fl.  33  kr.  pour  clia(iiie  reiiille  ile  traduction.  I.ps 
])ayemensso  fcrout  tous  les  6  mois.  L'abonnement  annuel  coute  , 
pour  TAllemagne  ,  8  thalers. 

io3.  Zkitschhift  fur  Physiolocie.   Untersuchungcn  liber  die 

Natur  dcr  Tliiere  nnd  rflanzcn.  Reclicrclies  sur  !a  nature  des 

animanx  et  desplantes;  ouvrage  periodkpie ,  public  conjoiii- 

teinent  avec  plusieurs  savans,  par  Fr.  Tikdemann,  C  Pi.  TaK- 

viRANus  et  L.  C.  Treviranus   (Annonce). 

Plusieurs  jiliysiologlsies  et  medeclns  ont  le  projet  de  deposer, 

dans  ee  nouveau  recuell ,  le  resultat  des  experiences  et  rcclier- 

dics  qTi'ils  auront  faites  dans  les  sciences  de  I'anatomie  et  de  la 

l)liysiologie.  L'ouvrage  nc  contiendra  que  des  articles  originaux. 

11  en  paraitra,  a  compter  de  la  foire  de  Piques  182/i,  un  cah.  de 

12  feuilles  tous  les  A  raols,  a  Heidelberg,  chez  A.  Osswald.  ( Le 
prospectus  que  nous  avons  reru  n'indique  pas  les  prix. )  L'un  dos 
redacteurs,  Fr.  Tiedeinann,  a  public  ,  en  1822,  un  ouvrage  grand 
infol.  intitule,  Tahulce  rienorum  uteri ,  avec  2  planches  gravees, 
et  2  aulres  lithographiecs  par  le  prof.  Roux.  Prix,  5o  fr. 

104.  Voyages  des  naturalistes  kavarois. 
II  a  deja  paru  jusqu'a  present  du  voyage  de  Spix  et  Mar- 
tius  au  Brcsil,  les  singes,  les  chauves-souris,  43  especes  de  ser- 
pens, et  les  nouveaux  genres  de  palniiers,  qui  seront  inccs- 
samment  suivis  des  planches  representant  plus  de  18  tortues  et 
54  grenouilles,  le  tout  enlumlne.  On  attend  aussi  le  1'"'.  vol.  des 
oiseaux,  qui  contiendra  100  figures,  la  plupart  representant  le 
male  et  la  femelle.  3o  pi.  comprennent  les  h-znrds,  avec  4  nou- 
veaux crocodiles,  5  iguanes;  et  jihisieurs  bipedes.  (Z.v/.v,  n  .  2, 
Beylagc,  z.  J.  n".  5. )  —  Cet  ouvrage  etant  inconnu  a  Paris,  et 
n'ayant  point  etc  adrcsse  au  Bidletiii ,  nous  regreltons  de  ne 
pouyoir  le  faire  connaiire  ii  nos  Icclcurs  d'unc  nianicre  detail- 
lec,  et  livraison  par  livraison.  R- 


Mincialogie.  1 3c). 


MlNEUALOGiF.. 

JOJ.  NdUVKAUX  KLK:\IF.NS  UE  MIKiKALOGIE  ,  OU  RIaNLIKL  DU  mi- 
ner ^I.OGISTE  voyageur;  par  M.  Brard.  t.*'.  edit.  rev.  et  cons, 
.lusiii.,  I  vol.  in -8".  de  686  p.;  Paris;  Mequignoii-Marvis. 

La  premiere  edition  de  eel  cuvrage  a  paru  pen  aprcs  le  Traite 
de  inineralogie  d'llaiiy.  La  seconde  edition,  que  nous  annoncons 
aiijourd'liiii ,  suit  egalement  de  pres  celle  du  grand  et  bel  ouvrage 
dontelle  n'est,  dit  M.  Brard  dans  son  introduction,  qu'un simple 
ct  fidele  abrege.  Le  but  de  I'auteur  a  ete  de  presenter  la  scien- 
ce a  I'eleve  et  au  voyageur,  sous  un  point  de  vue  tout -a -fait 
eleinentaire.  II  a  suivi  la  nietliode  d'Haiiy  sans  aucune  modifi- 
cation ,  pour  que  son  Manuel  puisse  servir  d'introduction  a  I'ti- 
tudedu  7rrt'/>(i''.  II  a  cru  seulenient  devoir  commenccr  la  description 
<!e  cliaque  espece  minerale  ,  par  ce  qu'il  norarae  son  signnlement, 
c  est-a-dirc  par  le  clioix  d'un  ou  plusieurs  caracleres  pris  parmi 
ceux  qui  conviennent  a  loutes  ses  varietcs,  crislallisees  ou  amor- 
phes,  pures  ou  melangees,  et  propres  a  donner  plus  facilement 
la  connaissance  pratique  des  min^raux.  Ainsi,  le  signalement  de 
la  cliaux  carbonatee  est  :  reductible  en  chaux  vive  par  calcina- 
tion ;  dissoluble  dans  Vacide  nitrique  avcc  effervescence  ;  rayee 
par  line  pointe  de  fer.  Celui  du  corindon  est  :  rayant  tous  les 
I  orps  ,  excepte  le  diainant,  etc.  Pour  quelques  especes  ,  cepen- 
(lant,  Tauteur  ne  donne  pas  de  signalement,  pensant  qu'il  faut 
tout  I'enscmble  des  caracteres  pour  les  reconnaitre.  Tcile  est  la 
slaurotide. 

A  la  suite  de  quaire  classes  qui  comprennent  les  ev])eces 
naneralcs  ,  un  appendlce  renferme  ,  connne  dans  le  Traite 
d'Hauy,  la  description  ou  I'indication  de  22  substances,  dont 
la  nature  n'est  point  assez  connue  pour  permettre  de  leur  assi- 
gner  des  j)laces  dans  la  methode. 

On  trouve  ensuite,  dans  I'ouvrage  de  M.  Brard,  la  distribu- 
tion mineralogique  des  roches  suivant  la  metliode  d'Hauy,  avec 
la  synonymic  wernericnne  pour  cliaque  rocbe ;  puis  la  distribu- 
tion des  roches  suivant  la  metliode  de  M.  Brongniart  ;  puis  quel- 
ques idees  sur  I'arl  de  se  composer  une  collcclion  tie  miucraux  . 
des  conscils  sur  la  manierc  de  diriger  utilenienl  des  v(yyagcs 
niincialogi(|ues  ct  gcoguostiqucs;  quelques  cxcmplcs  d'ltineiai- 


\/^o  Mlneialoi^ie. 

res  minonilof^iques  ilaiis  plusienrs  conlices  ile  I'intericur  de  la 
Krance  et  de  ses  frontieres;  enfin,  une  tvrniinologie  par  ordie 
alphabelique  ,  on  explication  des  termes  et  des  acceptions  pen 
usitees  dont  on  se  sert  dans  le  cours  de  la  description  des 
mineraux. 

106.  SUR  UTfE  RELATION  REMARQUABLE  QUI  EXISTE  ENTRE  LA 
rORME  CRISTALLINE  ,  LE  POIUS  DE  l'aTOME  ,  ET  LA  PESAPiTtUR 
SPECIFIQUE    1)E     PLUSIEURS    SUBSTANCES;    par  M.  A.  F.  KuPF  ER  , 

profess,  a  I'universite  de  Casan ,  en  Russie.  [Annalcs  de  Clu- 

rnie  et  de  Physique^  torn.  aS,  pag.  337.) 

En  calculant  les  volumes  des  formes  priniilives  de  dilferciis 
cristaux,  M.  Rupfer  a  Irouve  un  rapport  tres-simple  qui  exisli' 
entre  les  volumes  ,  les  pesanteurs  specifiques  el  les  poids  des 
atonies  ;  on  peut  exprimer  ce  rapport  par  i'equation  : 

-^    =   '—:         OU5'=       '-      X    -7 

J  J  J  P 

<lans  laquelle  p  el  j/  designcnt  les  poids  des  atonies  de  dilferen- 
tes  substances  ,  s  et  s'  leurs  pesanteurs  speciiiqucs  ,  j  et  7'  1(  s 
volumes  de  leurs  formes  primitives,  Ic  deml  axe  etant  suppose 
egal  a  I'unite. 

Toutefois  ce  rapport  n'existe  que  pour  une  des  valeurs  que 
peuvent  avoir  les  poids  de  I'atome  et  le  volume  de  la  forme  pri- 
mitive d'une  substance  quelconque,  ou  ,  si  Ton  prenait  d'autres 
valeurs,  qu'autant  qu'on  les  mullipUerait  ou  qu'on  les  diviscrait 
par  I'un  des  nombres  suivans,  %  ,  i  ,  li ,  6  ouS  qui  sont  tres- 
petits,  et  qui  expriment  les  rapports  de  ces  meraes  valeurs  les 
unes  avec  les  autres. 

Pour  voir  si  celte  loi  etait  la  meinc  pour  toutes  les  substances 
cristallisees,  M.  Kupfer  a  cnlrepns  de  mesurer  de  nouveau  avec 
une  grande  exactitude  les  angles  de  plusieurs  cristaux  dont  il 
])ouvait  snpposer  la  composition  chimique  et.  la  pesanteur  speci- 
liqne  suflisaniment  connues.  II  s'est  servi ,  a  cet  effet,  d  un  go- 
nioni^lre  a  reflexion,  de  M.  AVollaslon,  dispose  d'une  maniere 
convenablc,  et  auquel  il  a  adaptc  une  lunette.  II  .i  multiplie  les 
observations  et  soumis  les  resultats  a  un  calcul  fonde  sur  la  llico- 
ric  des  probabiiiles  titablie  par  M.  de  Laplace. 

Ces  experiences  lui  ontappris  que  ccux  des  angles  des  crislaux 
qui    theoriqueiiient   devraieiit   eire  idenli({ucs ,   diliVrent  cepen- 


Mineralogie.  i4' 

Vhnnt  toujburs  un  peu  et  quelquefois  interne  de  plusienrs  minutes. 
II  s'ensuit  que  la  nature  de  I'objet  ne  permct  p  is  inie  exactitude 
;iu  dela  des  minutes. 

Pour  mettre  sous  les  ycux  les  resullats  que  j'ai  tires  de  ces 
observations,  et  pour  prouver  I'existence  de  la  loi  precitee  ,  il  a 
dis{)ose  en  quatre  tables  les  sidislances  dont  les  angles  sont  suf- 
fisammcnt  connus,  suivanl  le  systeme  de  cristallisation  auqucl 
elles  appartiennent;  savoir  le  rliomboide  ,  I'octaedre  regulier, 
roctaedre  carre,  et  I'octaedre  a  base  rhombe  qui  sont  les  quatre 
formes  auxquelles  toutes  les  autres  peuvent  etre  rapportees. 

Les  mineraux  qui  sont  compris  dans  les  tables  de  M.  Kupfer 
sont:  la  chaux  carbonatee,  le  I'er  oligiste  ,  le  quartz  ,  la  cliaux 
pliosphatee,  I'enieraude,  le  corindon,  qui  se  rapjiortent  au  rhom- 
boide;  la  baryle  sulfatee ,  la  topazc  ,  Tarriigonite,  la  stronliane 
siill'atee,  le  plomb  sulfate  ,  le  jdomb  carbonate  ,  I'epidote  ,  le  pe- 
ridot, la  cymopliane,  le  spliene ,  le  cuivre  carbonate  bleu,  I'eu- 
clase  ,  le  cuivre  pyriteux  ,  le  feldspatli  ,  la  chaux  sulfatce  , 
la  magnesie  sulfatce  ,  le  zinc  sulfate  ,  la  sonde  carbonatee  , 
la  cliaux  fluatec,  la  soude  muriatee,  qui  se  rapportent  a  I'oc- 
taedre a  base  rliombe;  le  fer  oxidule,  le  fcr  sulfure,  I'argent 
sulfure,  le  zinc  sulfure,  I'alun  ,  I'ampbigene,  I'ammoniaque  mu- 
riatee, le  cuivre,  I'argent,  qui  se  rapportent  a  I'octaedre  regu- 
lier; enfin  Tetain  oxide,  la  mcionite  et  I'idocrase,  qui  se  rap- 
portent a  I'octaedre  a  base  carree.  P.  B. 

107.   SUR  IINE  NOUVELLE    ESPKCE  DK  DOUBLE   REFRACTION  joiutC    a 

une Structure remarquable  dans  I'Analcime;  parD.  Brewster. 
(  Edimh.  I'hilos.  Journ. ,  n°.  XX  ,  avril  iSa'i,  p.  255.) 

L'analcime  a  ete  range  par  les  crlstallographes  parmi  les  ml- 
neraux  qui  ont  le  cube  pour  forme  primitive  ,  quoiqu'il  n'offre 
aucun  clivage  bien  distinct.  Mais  I'existence  des  joints  symetri- 
ques  a  ete  presumee  par  analogic,  et  Ton  regarde  gencralemeiit 
l'analcime  commc  ne  differant  sous  aucun  rapport  des  autres 
cristaux  appartcnant  au  systeme  regulier.  M.  Brewster  avait  dej;'i 
rendu  cette  opinion  douteuse  ,  en  montrant  qu'a  I'cpaisseur  d'un 
vingt-cinquleme  de  pouce  ce  mineral  agissait  fortemciit  sur  la 
himiere  polarisee,  ce  qui  scmblail  indiquer  quelque  singularite 
dans  sa  structure ;  de  nouvellcs  reclierclies  viennent  de  lui  de— 
voilcr  tout  ce  qu'elle  a  de  remarquable.  La  forme  la  plus  ordi- 
naire do  l'analcime  est   le   trapezoedre  ,   qui  derive  d'une  trijdc 


iqa  MineiitbiL^ic. 

Ironcalure  sur  cliacuii  dcs  huit angles  solidcsdii  cuIjo  circonsorif. 
iSi  Ton  coiicoit  ce  tube  |)art;igt'  parses  (>  plans  liiagoiiaiix  en  i'\ 
telraedri's  ,  Ics  ineiiH-s  plans  diviseroiii  le  trapczoctlre  en  ?./(  j)imi- 
taedrcs  seniblablos.  En  (aisant  passer  nn  rayon  polarise  a  tra- 
vel's le  Jiiineral  dans  une  direclion  pcrpcndiiulaire  a  Tunc  des 
faces  du  cube,  on  trouve  que  Ics  6  plans  nicntionncs  sent  dcs 
plans  de  non-refraclioii  ct  dc  non-polarisation,  c'est-a-dire  , 
qu'Lls  sont  formes  d'unc  infinite  d'axes  de  double  refraction  j)a- 
rallele§  aux  4  axes  du  cube.  Si  Ton  place  I'nn  de  ccs  dcrnicrs 
tians  le  plan  de  polarisalion  primitive,  le  pJionoinene  ties  Icinlcs 
disi)arait ;  si  on  riniline  sur  ce  plan  de4^"->  on  observe  une 
croix  noire,  forniant  la  separation  de  quatre  sectcurs  luniincux 
ct  colores.  Le  caractere  des  teintes  ,  deternii-ne  a  I'aide  d'uiie 
lame  de  gvpse,  nioalre  cpie  raclion  du  crislal  est  negative  rela- 
liveraent  aux  qualre  axes  oblicjuts  du  Irapezoedre.  Ce  cristal 
laisse  apercevoir  disllnttenient  la  double  image  d'un  objet  de 
petites  dimensions,  quand  le  rayon  incident  passe  a  Iravcrs 
deux  des  quatre  plans  adjacens  a  I'un  des  Irois  axes  rectangu- 
laircs;  I'image  extraordinaire  est  la  nioins  refractee.  Un  fait  im- 
portant reconnu  par  M.  Brewster  est  la  singuliere  distribution 
des  forces  refractives ,  non-seulement  dans  le  cristal  consideri; 
comme  un  tout,  mais  aussi  dans  cliacun  des  a'l  penlaedres,  pris 
separenient.  Dans  tons  Ics  autres  crislaux  doiil  on  a  ctudie  Ics 
:])roprietes-optiques,  I'axe  de  tloubie  refraction  n'a  point  une  po- 
sition enliercnient  fixe;  assujetti  senlemcnt  a  etre  parallelc  a  une 
ligne  donnee  dans  la  forme  primitive,  il  reside  dans  cliaipie 
fragment  ct  jr.sque  dans  les  dernieres  particules  du  mineral. 
•Dans  I'analcime,  au  contraire,  les  plans  de  non-polarisation  ont 
une  position  invariable,  ct  Ton  pent  extraire  de  rinterieur  des 
i)cntaedres  ,  compris  entre  ces  plans,  des  portions  de  crislal  qui 
n'aient  aucun  axe.  Cetle  structure  de  I'analcime  n'a  jjoint  de  raj)- 
port  avec  celle  des  cristaux  formes  du  groupement  reguiicr  de. 
j)lusieurs  prismes  rhoniLoidaux ,  lels  que  le  sulfate  l)ij)yraiiiidal 
de  potasse,  ni  avec  la  structure  bcaucoup  plus  compliquce  de 
Tapophyllite,  dans  lc([uel  un  cristal  a  un  axe  est  uni  symelri- 
quement  avec  plusleurs  cristaux  a  deux  axes.  L'.malcime  est , 
comme  ces  mineraux,  compose  de  plusieurs  individus  cristallins  ; 
mais  chacun  d'eux  ])OSsede,  au  lieu  des  proprietes  optitjues  or- 
ilinaires,  une  nouvelie  espece  de  double  relraclion,  que  M. 
Brewster  rcgarde  comme  un  caractere  mineralngiquc  impoi  t.;nt 
nour  la  distinction  du  mineral.  ^'-  Divi-. 


Miner  (I  log  ie.  1 4  5 

aoS.  RiiPLiQUE  Aux  observations  i)e  M.  Brooke  sur  la  rela- 
tion ENTRE   LA    STRUCTURE    OPTIQUE    IIES  MiNERAUX    ET  LEURS 

FORMES  primitives;  par  D.  Brewster.  [Ecliinb.  Philos.  Jour- 
nal, r>".  XVIII,  oct.  1823  ,  p.  36i. ) 

M.  Brewslera,  des  raiiiiec  1817,  aiinonce  Texistence  d'uae 
]<)1  pliysiqoe,  d'apres  laqtielie  on  peut  dodulre  les  formes  primi- 
tives des  cristaux  ,  du  nombre  de  leiirs  axes  de  double  relraclion. 
Dans  nil  iiouveaii  niemoire  iiisere  dans  !e  tome  iii  des  Transac- 
tions Averncrieimes ,  il  jjrcssnla  cette  loi  sons  sa  forme  la  pbis 
gencrale,  et  fit  coiinaitre  toutes  les  exceptions  qu'ellc  semblait 
offrir  alors,  et  qui  avaient  lieu  dans  les  substances  suivantes  : 
sulfate  de  magnesie,  clironiate  de  plomb,  niesotype,  carbonate 
de  baryte ,  carbonate  de  slrontianc,  iolithe,  cryolitlie,  harmo- 
tonie,  chabasic ,  suHate  de  fer  et  essonite.  Ces  exceptions  appa- 
rentcs  etaient  dues,  suivant  M.  Brevi'ster ,  aux  erreurs  commises 
dans  les  determinations  cristallograpliiqiies  ,  et  devaienl  dispa- 
raitre  aussitot  que  les  inineralogistes  aiiraient  revu  avec  soin  les 
niineraux  dont  il  s'agit.  Sa  prediction  s'est  vcrifiee,  dit-il ,  rela- 
tivemenl  aiix  Imit  ilont  les  uoins  suivent  :  sulfate  de  magnesie, 
cliromate  de  plomb,  nicsolype,  carbonate  de  baryte,  carbonate 
de  strontiane,  liarmolome,  sulfate  de  fer,  essonite.  Des  trois 
autres  ,  Tune,  la  rryoJillie,  a,  suivant  M.  Brooke  lul-meine,  une 
forme  differente  de  celle  qu'on  lui  avail  assignee;  une  autre  ,  la 
cliabasie  a  deux  axes,  est  nn  mineral  tout  different  de  la  cha- 
basie  ordinaire.  La  Iroisieine ,  Tiolithe ,  est  done  maintenant  la 
seule  exception  a  la  loi,  on  plulol  elle  est  la  seule  des  substances 
precedemriicnt  citees  dont  la  siructure  cristallograpliique  ne 
soit  pas  encore  determinec  avec  exactilude.  M.  Brewster,  apres 
avoir  rappele  riinportance  de  cette  loi,  et  les  services  quelle  a 
reiidus  a  la  cristallograpliie,  s'etonne  des  attaques  que  son  sys- 
teme  optique  de  mincralogie  a  eprouvees  de  la  part  de 
]\1.  Brooke,  dans  I'ouvrage  de  ce  savant,  intitule:  A fainllinr 
Introduction  to  Crystallography.  II  cite  textuellement  lesdifferens 
passages  qui  lui  sont  contraires,  et  repond  successiveinent  aux 
diverses  objections  du  cristallographe.  La  premiere  de  ces  objec- 
tions porte  sur  les  differences  deproprietes  optiqucs,  observers 
])ar  M.  Brewster  dans  quclqucs  variclcs  d'apophyllitc,  differences 
([uil  regarde  commc  suffisantes  pour  crigerlin?  de  ces  varietes 
■en  e.spece  nouvclle  sous  le  nom  de  Tessclte.  Cepcndaut  la  tesse- 
lite  est,  chiini(|iicn)ent  et  rristallograpliirnicmoiil ,  idenlique  avec 


1  ^^  Mine  I  n  lo^ie . 

I'apophyllite.  M.  Rrewster  nie  positivemenl   celle   ilernierc  as- 
serlion  dc  M.  Brooke.  La  tesselite,  scion  lui ,  a  iine  structure  cris- 
talline  dcs  plus  cxiraordinaires;  c'est  un  agregat  de  parties  qui 
different  dii  lout  par  leurs  proprioles  opliques  et  mccaniques  ,  et 
pcut-elre  aussi  par  leur  composition;  et  il  reste  a  decider  si  cellc 
substance  et  rapophyliile  n'offrent  pas  un  nouvel  exemple  de 
deux   corps     dont    les  analyses  soient    les    memes ,    niais    qu'i! 
faille   separer  minernlogiqueraent.    M.  Brooke    pretend   qu'une 
simple    variation    de    caracteres    optiques    ne  sulfit    pas    ])our 
changer  une  determination  fondee  sur  I'accord  des  proi)rieies 
chimiques  et  cristallographiques.  Mais  la  tesselitc  est  distinguee 
par  des  differences  de  structure  sensibles  a  la  luiiiiere  ordinaire  ; 
elle  presente  a  I'interieur  des  plans  de  clivage   et  des   plans  de 
jonction    qui  constituent  une  structure  d'agrcgalion  toute  parti- 
culiere.  Une  nouvelle  objection  de  M.  Brooke  est  relative  au 
tri-carbonate  sulfate  de  plomb  ,  qui  a  deux  axes  de  refraction  ,  et 
dont  on  avait  rapporte  les    formes  au  systcme  rhomboedrique. 
C'etait  une  nouvelle  exception  a  la  loi,  qui  ne  subsiste  plus  de- 
puis  le  travail  de  M.   liaidinger,   dont  les  resultals  avaieiit  etc 
annonces  d'avance  par  M.  Brewster.  «  Au  reste,  ajoute  ce  pbysi- 
cien,  quand  bien  ir.eme  lous  les  cristallograplies  s'accordoraicnt 
a  rcarder  la  forme  primitive   de  ce  mineral  comrae  un  solide 
rbomboidal  ayant  deux  angles  opposes,   composes  cliacuu    dc 
trois  angles  plans  egaux ,  je  soutiendrais  encore  qu'a  raison  de 
ses  deux  axes,  elle  doit  etre  consideree  comrae  uu.prisme  obli- 
que  rhomboidal,   formant  la  limile  des  deux  series  de  prismcs  , 
dans  lesquelles  le  cole  de  la  base  est  moindre  ou  plus  ^,rand  que 
le  cote  longitudinal.  Cost  d'apres  ecs  principcs  que  je  regardc  la 
forme  du  boracite,  noo  comme  un  cube,  mais  comme  un  rliom- 
boide  de  90".  »  Ici  se  montre,  suivant  M.  Brewster,  tout  I'avan- 
Xii"^  du  systeme  optique.  11  determine,  non-seulcment  les  class(S 
de  formes  primitives,  mais  memc  ccs  formes  limites ,  qui  sont 
comme  les  nneuds  des  differentes  series  de  solides  geometriques  , 
et  toutes  ccs  stritrturcs  (ragrrgtitlon  ,  qui  ecliappent  aux  reclier- 
ches  des  cristallograplies. 

Ces  structures  coniposees  sont  aujourd'hui  si  multqiliees  dans 
les  mineraux  ,  que  M.  Brewster  croil  iieeessaire  d'etablir  un  nou- 
veau  systeme  dti^cristallisalion  ,  qu'il  joint  aux  quatrc  syslemcs 
de  Molis,  sous  le  nom  de  systrinc  comjxm-.  II  lenninc  son  ar- 
ticle j)ar    qiielques   (disrrvations    Mir   rimj  01  taiice   r.h.tive   di'S 


Mineralogie.  i4'> 

\leux  ni<5thodes  optique  et  cristallograplilqne  dans  la  determi- 
nation des  nouvelles  especes  ,  et  sur  les  argumens  en  faveur  de 
la  premiere,  qui  se  tirent  des  recherches  recentes  de  M.  I)rot>ke 
sur  les  sels  nrfifieiels.  G.   Del. 

log.  Sur  les  formes  cristallines  du  sulfato-tricarbonate 
DE  PLOMB,  par  W.  Haidinger.  (Edimb.  Ph.ilos.  Joiirn.,  n".  xx, 
avril  1824,  p.  286. ) 

M.  de  Bournon,  qui  le  premier  a  decrit  cette  espece  minerale 
sous  le  nora  de  plomh  carbonate  rhoinboidal ,  lui  avait  assigne 
pour  forme  primitive  un  rhomboide  aigu ,  presentant  dans  le 
sens  perpendiculaire  a  I'axe  un  clivage  tres-net  et  souvent  ime 
face  secondaire.  Cette  opinion  a  etc  suivie  par  M.  Brooke,  et  plus 
recemment  par  le  professeur  Molis,  qui  place  ce  njineraJ  dans  son 
ordre  des  baryles ,  sous  la  denomination  de  baryta  de  jjlonib 
axotome.  Au  lieu  de  trouvcr  dans  ces  cristaux  un  seul  axe  de  re- 
fraction conformenient  a  la  loi  generale  des  substances  rhom- 
boedriques  ,  le  D'.  Brewster  observa  deux  axes  blen  dislincts  ,  et 
il  infcra  de  la  que  leurs  formes  appartenaient  au  systeme  pris- 
raatique(*).  Cette  consequence,  deduite  de  la  consideration  des 
phenonienes  optiques,  est  pleinement  confirmee  par  les  observa- 
4lons  directes  de  M.  Haidinger,  qui  vient  de  determiner  avee 
beaucoup  de  soin  les  formes  dont  il  s'agit.  Le  caractere  de  ces 
formes  est  d'etre  liemiprismatiques.  La  forme  fondamentale  est 
un  octaedre  a  triangles  scalenes  dont  i'axe  est  inclLne  de  29'  ii 
une  ligne  perpendiculaire  a  la  base.  Les  cristaux  sont  sujets  a  se 
grouper  d'une  maniere  reguliere  commedans  I'arragonile.  G.  Dei,. 

no.  Sur  la  imarmolite  de  Nuttall  ;  par  Ij.  Vanuxem.  [Journ. 
of  the  Acad,  of  Nat.  Sc.  of  Philadelphia,  torn.  Ill,  oct.  iSi'i  , 
p.  129.) 

La  description  et  I'analyse  de  ce  iniiieral  ont  etc  publiees  pnr 
IW.  Til.  Nuttall,  dans  le  to.  IV  du  Journal  americain  des  sciences 
et  des  arts,  jt.ir  M.Silliuian.  M.  Vanuxem,  ayant  eudepuis  I'occa- 
sion  de  visiter  le  gite  de  la  serpentine  d'lloboken,  a  fait  un  grand 
nonibred'observations  pour  determiner  les  veritables  caracteres 
de  cette  substance,  et  fixer  la  place  qu'elle  doit  occuper  dans  le 
systemejmineralogique.  Les  resultats  obtenus  par  M.  Nuttall  ont 
^servi  de  base  a  ses  propres  recherches.  La  marmolite  possede  les 

^i)  Voyez  le  N".  prcc<>dent  du  Bidletiu  ,  p.  3^o. 

B.  ToMt  JL  10 


i/ffi  Mincrdlogie. 

caractercs  exterieurs  que  Ics  mineralogisles  s'accordeni  a  rcc;ar- 
(ler  commc  sjieclfiques ;  clle  est  conslante  dans  sa  composition, 
ainsi  que  le  prouvent  les  analyses  d'ecliantillons  provcnant  de 
localiti's  tres-differenlcs;  et  elle  a  ,  avec  la  serpentine,  le  meme 
raj)port  que  les  mineraux  cristaiiises  ont  avec  leurs  varietes  com- 
])acles.  j\I.  \':muxeni  a  .iiialyse  coniparativement  la  marniolite 
d'Hoboken,  celle  de  Bare  Hills,  et  la  serpentine  noble  de  New- 
buryport,  et  les  resultats  qu'il  a  obtenus  ont  jjresente  la  plus 
exacte  conformite.  Ainsi  la  marmolite  et  la  serpentine  s'accordent 
dans  leurs  principaux  caracteres,  tels  que  la  composition,  la  du- 
rete  ,  la  pesanteur  specifique,  I'infusibilite  ,  etc.  M.  Vanuxem  les 
reunit  done  en  une  seule  espece,  qu'il  partage  en  trois  varietes, 
sous  Ics  noms  de  marmolite  ou  serpentine  lamellaire,  serpentine 
noble  ou  compacte  translucide,  et  serpentine  comniune  ou  rocln- 
serpentineuse.  G.  Del. 

111.  ExAMEN  DE  QUELQUES  MiNERAUX  Sppartcnaut  au  geni'c  du 
Grenat;  par  H.  G.  Trolle  Wachtmeistkr.  (  Kongl.  vctvnsL 
Acad.  Handlifigarfoer anr.  182^  ,  I'^'^.part.  p.  120.)  Stockliolm. 

Qiioique  I'analyse  d'un  grand  nombre  de  varictes  de  grenat  ne 
puisse  pas  donner  lieu  a  un  principe  general ,  I'auteur  pense 
neanmoins  qu'elles  pourront  ^tre  utiles  a  cclui  qui  voudrait  se  li- 
vrer  a  un  travail  plus  etendu  sur  cette  matiere.  II  dccrit  et  analyse 
des  grenats  d'Engsoe,  New- York,  Ilallandsces,  Hallaud ,  du  Ve- 
suve,  de  Laangbanshyttan,  le  grenat  jaune  d'Altenau  ,  les  grenats 
verdatres  et  bruns  d'Hesselkulla,  les  grenats  noirs  et  brun-noiratres 
d'Arendal,le  grenat  vert  de  Kamtschatka  ,  le  grenat  de  Klemet- 
snune  en  Norwege,  faisant  en  tout  i'5  varietes.  L'auteur  y  joint, 
d'apres  le  tableau  comparalif'de  Haiiy,  les  analyses  de  I'alinandin 
par  Karslen,du  melanite  et  dupyropepar  Klaproth,  du  grenat  de 
Boheme  par  Vauquelin,  et  du  grenat  de  Siberie  par  Klaproth; 
ainsi  que  les  analyses  du  melanite,  par  Heisinger  et  Vauquelin ,  du 
grenat  de  Dannemora ,  d'un  autre  grenat  par  Bucliolz,  du  roto- 
pliite  de  Laangbanshyttan,  et  des  grenats  de  Lindbo  et  de  Salila. 
L'auteur  fait  observer  que  parmi  les  analyses  de  grenat  faites  avec 
soin ,  il  y  en  a  deux  (grenats  de  Broddbo  et  de  I'inbo),  donl  les  re- 
sidtats  different  beaucoup  de  tons  les  autres.  La  formule,  pour  le 
premier  esty-V^  -f"  ^  "'"  S-f-^  a  s  — ;  ct  celle  du  second, /'.S'^  -\- 
iiin  S  ■\-  2  A  s.  Pour  exjjlicjuer  cette  difference,  il  rappellc  que 
les  grenats  ont  la  propriete  de  former  des  unions  etrangercs  a 


Mineralogie.  i/Jy 

Icur  composition  tliimique.  Souvent  on  troiivc  dans  les  plus  p;ii^ 
fails,  au  milieu  des  crislaux,  des  cndroits  qui  annonccnt  uu 
melange  lietcrogenc  do  cede  espece.  Le  grcnat  de  Broddbo  n'a 
pas  ete  trouve  jusqu'a  present  cristallise;  cependant  on  voit  par 
la  forme  du  grain  qu'il  a  tendu  a  la  cristallisation.  M.  Wacht- 
meister  demands  si  ce  n'est  pas  la  presence  d'un  corps  etranger 
qui  a  empeclie  la  cristallisation  de  se  developpcr.  Les  exemples 
que  I'auteur  a  cites  de  la  composition  du  grenat  paraissent  con- 
duire  a  ce  resullat,  qu'ils  presentent  un  double  silicate  avec  des 
bases  dans  la  m^me  proportion  ;  ainsi  I'un  des  termes  ou  des  sili- 
cates offre  la  meme  quantite  d'acide  que  la  base  de  I'autre ,  et 
dans  chaque  terme  il  y  a  la  meme  proportion  entre  I'acide  et  la  sub- 
stance electronegative,  c'est-a-dire  la  terrc  siliceuse.Si  Ton  veut 
exprimer,par  une  formule,  la  composition  cliimique,  et  si  Ton  de- 
signe  par  la  lettre  R  (radical)  le  radical  combustible  de  la  base,  on 
obtient  la  serle  suivante :  R^  S'  -f"  ^^  S.  Des  recherches  ulterieures 
feront  voir  si  cette  conclusion  peut  s'adapter  a  tout  le  genre. 

112.  EXAMEN  DU  GRENAT  VERT  DE  SaLA  ;  par  B.  G.  BredBERG. 

(  Philos.  Magaz.  and  Journ. ,  decembre  1823  ,  p.  /|23.  ) 

Ce  memoire  a  deja  paru  dans  le  T.  8".  du  Journal  de  Schvyei- 
ger,  et  dans  les  Transactions  de  I'Acad.  royale  de  Stokholm.  Le 
grenat  dont  il  est  fait  mention  appartient  a  la  variete  trapezoi- 
dale  d'Haiiy;  il  est  d'un  vert  jaunatre,  a  I'eclat  resineux,  et  la 
cassure  inegale.  Sa  gangue  est  une  chaux  carbonatee  commune 
renfermant  des  cristaux  de  spath  calcaire,  de  galene  et  de  blende. 
Deux  analyses  de  ce  mineral  ont  ete  faites  dans  le  laboratoire  de 
M.  Berzelius.  Elles  ont  donne  les  resultats  suivans  : 

la  i'^*'.  la  1". 

Silice 36,63 36,73 

Alumine 7,53 2,78 

Oxide  de  fer 22,1^ 25,83 

Chaux i3,8o 2i,79 

Maguesie 1,95 12,44 


100,08  C)(.), 

La  formule  raineralogique  de  ce  grenat  est 
C 


m}s  +  f}-^ 


G.  Del. 


j/jS  Mine'ralo^iP- 

ii3.  Analyse  n'uN  minVbal  noir  de  Candt,  dnns  I'ile  de  Ccy- 
lan;  par  le  D'.  C.  G,  Gmelii?.  [Edirnb.  Philos.Joiirn.,  octobrc 
iS23,p.384.) 

Ce  mineral  est  celui  qucM.  le  comte  de  Bournon  a  dttrit  soij5 
Ic  nom  de  CanditP.  11  est  tres-dur,  raie.  le  cristal  de  loche,  a  uri 
eclat  vitreiix ,  une  couleur  de  noir  de  velours ,  et  une  cassure 
tonchoidalc.  Sa  pesanteur  sperifique   est   3,617.  II  est  infusi- 
ble ,  sans  addition  ,  au  chalnmeau.  Sa  composition  est  la  suivante: 
alumine,  57,200;  protoxide  de  fer,  ao,5i/l;magnesie  ct  traces  de 
manganese,  18,240;  silice,  3,i54;  total,  99,108. On  peutla  con- 
siderer  comme  resultant  d'un  atome  de  bialuminate  de  inagnesie 
avec  un  atome  de  bialuminate  de  fer.  M.  Gmelin  place  ce  mineral 
dans  I'espece  du  spinelle,  el  le  regarde  comme  une  varitJte  mas- 
sive de  pleonaste.  G.  Del. 
J  14.  Recherches  sua  la  substance  minerale  appelee  par  les 
C\x\no\s> pierre  de  iii ,  et  sur  le  jaspc  des  anciens,  par  M.  Abel 
Remusat,  imprimces  a  la  suite  de  YHlstoire  dela  ville  dc  Kho- 
tan  du  meme  auteur.  In-8.  Paris;  1820. 
Lcs  missionnaires  a  qui  nous  devons  tant  et  de  si  precieuses 
observations  sur  tout  ce  qui  concerne  les  arts  et  les  sciences  de 
I'cmpire  cl.inois,  nous  parlenl  de  la  pierre  de  iu  comme  dune 
substance  minerale  extremeraent  dure  ct  tres-sonore,  sans  pou- 
voir  s'accorder  sur  sa  nature  et  sur  sa  qualite.  Les  opinions  que 
s'en  sont  formees  la  plupart  des  voyageurs  et  de  ceux  qui  ont 
ecrit  sur  la  Chine ,  sont  aussi  fort  differentes  entre  elles.  Suivant 
quelques-uns ,  le  iu  n'est  qu'une  espece  Atjaspe  ou  de  calcedoine  ; 
d'autres  pretendent   que   c'est   un  viarbre  extremeraent   dur; 
daufrcs  encore  comparent  cette  substance  a  Vagate,  au  cacho- 
lon"t\.  a  Vnlbdlre ;  cnfin  M.  Hager  a  essaye  de  prouver ,  dans  sa 
ISuraismatique  cbinoise,  que  la  pierre  de  iu  elait  la  matiere  des 
precieux  va.w  murrhws  des  anciens.  II  pourra  paraitre  singu- 
licr  qu'on  solt ,  pour  ainsi  dire ,  rcduit  a  faire  usage  du  raison- 
nement  pour  lever  loutes  les  incertitudes,  dans  une  question 
que  la  plus  simple  inspection  pouvait  decider ;   mais  toutes  ces 
differences   d'opinions  viennent   sans  doute  de  ce   que,   parml 
tant  dYcrivains,  ceux  qui  out  vu  la  pierre  de  iu  n'etaient  point 
mincralogistes;  tandis  que  ceux  qui  auraient  pu  en  juger  et  en 
dctcrnilner  I'espece,  ti'en  ont  point  eu  des  echantillons  authen- 
tiqucs  a  examiner. 


Mineralogie.  i49 

11  ^tait  reserve  <iu  premier  des  sinologues  francais,  M.  Abel 
Reniusat,  de  lever  tous  les  doutes  a  cet  egard,  en  prouvant  que 
le  in  et  le  j'aspe  des  anciens  sent  la  m^me  substance;  et  cc 
savant  academicien  a  recueilli,  a  ce  sujet,  avec  le  plus  grand 
soin  ,  tout  ce  qu'il  etait  possible  de  Irouver  sur  cette  precicuse 
])roduction  des  inonts  Himalaya.  D'apres  Jes  rcchcrclies  de 
M.  Remusat ,  il  parait  qu'il  y  a  deux  sortcs  de  iu ,  celui  de  nion- 
tagnes  et  celui  de  rivieres  ;  le  premier  est  ordinairenient  veine 
de  brun,  et  le  second  veine  de  bleu.  Au  reste,  les  Cliinois  dis- 
tinguent  dans  cette  jjierre  cinq  especes  de  coulcurs  difftrentes  : 
1  .  blanc  conime  de  la  graisse  ;  2".  jaune  comnie  des  chataignes 
cuites  a  la  vapeur  de  I'eau  bouillante;  3°.  noir  comme  du  ver- 
nis;  4°.  rouge  comme  la  crete  d'un  coq;  et  5".  verl-bleuairc 
transparent,  plus  ou  nioins  fonco;  cette  derniere  couleur  est  la 
plus  commune;  d'oii  Ton  doit  conclure  que  le  iu  n'est  point  une 
espece  d'agate,  ainsi  qu'on  I'a  pretendu  ,  et  que  ce  n'est  pas 
non  plus  le  cacholong ,  qui  n'est  au  fond  qu'une  variete  du 
quartz  agate;  car,  pour  que  cette  opinion  put  sesoutenir,  il 
faudrait  que  le  iu  rennit  non-seulement  les  caracleres  communs 
a  lous  les  quartz-agates,  niais  encore  qu'il  offril  ceux  qui  sont 
particuliers  aucYzc/eo/o/?^^,  qui  est  un  quartz-agathe  d'un  blanc 
laiteux.  Or,  conime  le  iu  est  rarement  d'un  beau  blanc,  qu'il  est 
le  plus  souvcnl  d'un  blanc  verdatre  ou  vert  clair  ,  ou  vert  olive, 
il  s'eusuit  que  ce  ne  pcut  elre  la  meme  chose  que  le  cackolong. 
Les  traits  les  plus  reniarquablcs  do  la  description  du  iu ,  no 
peuvent  point  non  plus,  pour  la  plup.u  t  ,  convenir  aux  autres 
especes  d'agate  qui ,  quelle  que  soit  sa  couleur,  est  suscepliij.'e 
du  poli  le  ])lus  vif,  tandis  que  le  iu  ne  peut  recevoir  qu'un  poli 
gras,  d'un  eclat  teinperc ,  qui  le  font  ressemblcr  a  hi  graisse  de 
pore.  L'agalhe  ne  rend  pas  non  plus,  quand  on  la  frappe,  le  son 
clair  et  proionge  que  Ton  reniarque  dans  le  iu ;  sa  durete  n'est 
pas  assez  grande  pour  justifier  ce  qu'on  dit  de  cette  derniere 
pierre,  qu'on  ne  peut  la  tailler  qu'avec  la  poudre  de  diamant; 
enfm  la  pesanteur  specifique  de  I'agate  ne  peut  en  aucunc  fa- 
con  se  comparer  a  celle  du  iu;  il  faut  done  en  conclure  que  cette 
substance  est  loute  differcnle  de  I'agato. 

\^e jade  oriental,  on  nephrilc ,  est,  de  toutes  les  substances 
qui  nous  sont  connucs,  celle  qui ,  suivant  M.  Abel  Reniusat,  a 
le  plus  deressemblance  avec  le  iu;  et ,  non  content  des  prcuves 
bieu  convaincantes  qu'il  .ipporlait  en  favour  de  cclte  opiniDn, 


1 5o  Mineralogie. 

ce  savant  a  invoquc  ties  leinoignages  que  nul  ne  pourra  recuscr  , 
ct  dont  on  ne  peut  contester  I'autorite. 

M.  Klaprolh  rapporta  de  son  voyage  a  la  frontierc  cliinoise  , 
en  1806,  un  achat  de  pierre  de  iu,  et  ie  celcbre  chimiste ,  son 
pere,  est  demeure  convaincu,  apres  I'avoir  examine,  que  le  iu 
etait  la  nephrite,  i<ij>is  nephriticus.  M.  Abel ,  medecin  de  la  dcr- 
niere  ambassade  anglaise  ,  a  eu  a  sa  disposition  divers  echantil- 
lons  de  la  raeme  substance  qu'on  lui  avait  reniis  pour  en  de- 
terminer la  nature.  C'est ,  suivant  lui ,  unc  pierre  d'un  blanc 
verdatre ,  a  peine  brillante  a  I'interieur,  dont  la  cassnre  est 
ecailleuse.  Elle  est  a  moitie  transparente ,  et  raie  fortement  le 
verre;  mais  elle  ne  raie  pas  le  quartz  ,  lequel  ne  la  raie  pas  non 
plus.  Sa  pesanteur  specifique  est  de  2,858  ;  3,4  ;  3,19,  et  3,33. 

Le  docteur  Abel  ne  put  en  faire  I'analyse  ;  mais  M.  Cordier  a 
faitl'analyse  dujade,  et  il  conclut  de  ses  recherches  et  de  ses 
experiences,  dont  la  dissertation  de  M.  Abel  Remusat  contient 
le  precis,  que  \ejade  oriental  ou  m'plirite  est  la  menie  chose  que 
la  pierre  de  iu  des  Chinois.  II  lermine  en  disant  que  \ejadc  a  ete 
I'objet  d'une  contrefacon  artificielle ,  dont  le  produit  est  tres- 
improprement  nomme  pate  de  riz.  Cette  pate ,  qui  nous  vienl  de 
la  Chine  ou  du  Japon  ,  n'est  qu'un  email  fort  dur,  quoique  trcs- 
fusible  ,  dont  le  chimiste  Klaproth  a  retire  les  principes  suivans  : 
Silice,39;alumine,  7  ;  Plorab  oxide,  41 ;  perte,  i3;  total,  100. 
Les  Chinois  pretendent  que  Ton  reconnait  le  veritable  iu  a  ce 
qu'en  le  mettant  sur  un  grand  feu  ,  et  I'y  faisant  chauffer  forte- 
ment ,  il  n'eprouve  aucune  alteration. 

II  resulte  done  de  tout  cela  ,  que  la  pierre  de  iu  n'est  point  une 
agate ,  mais  que  c'est  le  jade  oriental ;  ce  qui  est ,  a  ce  qu'il 
nous  semble,  prouve  d'une  maniere  incontestable.  Reste  a  sa- 
voirsi,  comme  I'a  pretendu  M.  Hager  ,  cette  substance  mineralc 
ctait  la  matiere  des  vases  murrhins.  M.  Abel  Remusal  ne  partage 
nullement  cette  opinion,  et  il  pense  au  contraire,  avec  Saxius  , 
que  ces  precieux  vases  devaient  etre  composes  de  spath-JIuor. 

(].  Landrf.sse. 

I  l5.  ExAMEN  CniMlQUE  KT     MINER ALOGIQUE    DU    SPATH    CALCAIRE 

%-vs.\i.  [Streifenspath)\\>wv  ie  Prof.  Bernhardi  et  le  D''.  Ru- 
dolph  Brandes.  (iVeuw  Journal  fiir  Cliemic  luul  Phystk  von 
Schweigger  ,  etc.,  avril  1823  ,  t.  7 ,  p.  lyy.) 
M.  Bernhardi  a  le  premier  attire  I'attention  des  mineralogi',- 


Mineralogie.  1 5 1 

tcs  sur  une  variele  reniarquable  tie  clumx  carbonalee.  (Voyez  le 
tome  6  du  journal  Je  Gelilen  ,  1808.)  Elle  se  distingue  du  spalli 
ealcaire  commun  par  I'absence  de  I'un  des  tiois  divagcs  otdi- 
naircs,  dont  a  peine  on  apercoit  quelques  traces,  et  qui  est 
remplace  par  un  nouveau  clivage  inoins  parfail ,  incline  sur  Ics 
deux  autres  de  94°  seulemcnt.  Les  plans  de  ce  clivage  sont  mar- 
ques d'une  multitude  de  strles  tres-sensibles  dans  le  sens  de  la 
grande  diagonale,  ce  qui  a  fait  donner  a  cette  variete  le  noni  de 
Streifenspath.  Elle  est  composee  de  chaux  carbonafee  94,4524  j 
magnesie  carbonatee,  1,2240;  fer  carbonate,  2,8000;  manga- 
nese carbonate,  0,499^;  eau,  o,25oo;  total,  99,2259.   G.  Del. 

116.  ExAMEN  coMPARATiF  d'un  fossile  DU  Raiserstuhl ,  dans  le 
district  de  Freyberg  et  de  I'elagolithe  verte  de  Laurvig,  en 
Norvege;  par  le  D"^.  C.  G.  Gmelin.  [Neues  Journ.fur  Cheinic 
and  Physifi,  \on  Schweigger,  etc.,  torn.  6 ,  p.  74  ;  nov.  1822.) 

Le  mineral  du  Kaiserstuhl ,  decrit  pour  la  premiere  fois  j'ar 
d'lttner,  a,  suivant  I'autcur,  beaucoup  d'aiialogie  avpc  relsolithe ; 
niais  il  en  difiere  par  sa  conij)osition  ,  printipalcnient  par  I'cau 
qu'il  coiilienl.  Breithaupt,  qui  en  a  fait  une  description  njinera- 
logique,le  regarde  comme  une  variete  dc  sodalitc,  et  il  iden- 
lifie  cette  derniere  avec  le  spinellane  de  Nose,  la  liaiiyne  et  le 
lazurstein.D'apreslui,  lasodalithe  du  KaiserstuLl  a  un  eclat  gras, 
una  couleur  d'un  gris  bleuatre,  un  clivage  conduisant  au  dode- 
cacdre  a  plans  rliombes,  une  durele  moyenne  entre  cclic  de  I'a- 
])alite  et  de  I'adulaire,  et  une  pesanteur  specillquc  de  2,3.  Elle 
conlient,  suivant  M.  Gmelin,  silice ,  34,oiG;  alun)ine,  28,400; 
cliaux,  7,26G  ;  soude,  i2,i5o ;  potasse  ,  i,5G5 ;  cau  el  liydrogenc 
bulfure,  10,759;  acide  sulfurique  ,  2,860;  oxide  de  fer,o,GiC; 
acide  murialique,  o,75G.  Total,  98,388.  Elle  est  soluble  en  ge- 
lee  dans  les  acldes.  ■ —  Le  nieme  cliimiste  a  trouve  que  I'elaeoJitlie 
de  Laurvig  etait  compose  dc,  silice,  44>i9o;  alumine,  34,424  ; 
soude,  16,879;  potasse,  4,7 ^3  >"  cliaux,  0,519;  magnesie  cl  oxi- 
de de  fer,  1,339.  G.  Del. 

117.  Note  sur  l'yenite  ue  Rhoue-islanu  et  sur  la  brlcite; 
par  G.  Trost,  [Join  11.  of  t/ic  J  cad.  0/  j\at.  .St.  <>J  I'/iiladci- 

p/lUl,   vol.  3  ,  p.  222.) 

Le  major  N.  A.  Ware  ,  dans  une  excursion  qu'il  fit  a  Rliodc- 
Island,  recucillil  plus^ieurj<  miueraux  qu'il  presenla  a  rAcademie 


I  •)  2  Alineralogie. 

des  sciences  naliirelles  de  Philadelphie.  Pariiil  ces  ^chantillons, 
M.  le  D'^.  G.  Tiost  a  d^couvert  des  cristaux  A'xenite. 

Les  formes  de  ces  cristaux  se  rapporlent  exactement  a  celles 
donnees  dans  I'ouvrage  de  M.  H;iuy.  Lc  D^  Trost  cite  entre  au- 
tres  la  forme  quadriduodecimalc . 

Ces  cristaux  sont  noirs,  d'un  eclat  resineux  ;  ilssont  associes  a 
du  fer  oxidule  octaedre  et  sont  groupes  sur  du  quiirlz. 

C'est  la  premiere  indication  de  I'yenile  dans  les  Etats-Unis. 

Dans  cetlc  note,  le  D'^.  Trost  annonce  que  le  mineral  appele 
brucite  par  Cieaveland,  ct  condrodite  par  M.  Berzelins,  ne  se 
trouve  pas  seulcment  on  grains  et  en  cristaux  im])arfails,  mais 
aussi  en  masse  amorplie. 

Dans  ce  cas,  la  in/aV<?  presente  une  cassure  esquilleuse,  ine- 
gale;  sa  couleur  est  verdalre,  avee  une  teinte  de  jaune,  et  dans 
les  echantlllons  que  M.  Trost  possede,  ce  mineral  est  associe 
avcc  des  spinclles  verts  joints  a  de  la  cliaus  carbonatee.       D. 

1 18.  Anthracite  de  Schuylkill  en  Pensylvanie.  [Phil.  Mag. 
dc   Tilloch  ,  mars  1824  ?  P-  234-) 

Le  journal  de  ?^^ew-York,  Eve7iing-Post ,  du  3o  juin  ,  fait 
connaitre  qu'on  cxjiloife ,  dans  la  cliaine  de  Schuylkill  ,  de 
la  houille  superieure  a  celle  de  Lehigli.  Elle  est  plus  legere  et 
plus  pure,  elle  ne  contient  ni  soufre  ni  bitume.  Sur  100  parties, 
il  y  a  97  parties  de  carbone  pur.  Elle  offre  done  une  grande  eco- 
noniie  dans  les  usages  domestiques  et  techniques.  A.  B. 

1  19.  MeMOIRE  sur  UirrtRENTFS  MASSES   DE  FER  qui  OUt  CtC    U'OU- 

vecs  sur  la  Cordiliere  orientale  des  Andes;  par  MM.  Mariano 
de  RivERo  et  BousiNGAULT.  (Imprime  en  cspagnol ,  a  Bogota, 
en  1823.) 

Dans  le  cours  de  I'annce  1810,  on  Irouva  sur  la  colline  de 
Tocavita,  a  peu  de  distance  dc  Santa-Rosa,  village  sitae  a  envi- 
ron 20  lieues  nord-est  de  Bogota  ct  a  2744  metres  d'eltvationau- 
dcssus  dc  la  mer,  plusieurs  masses  de  ler  que  Ion  crut  provenir 
d'une  mine  de  ce  metal.  Ces  masses  ctaient  presquc  cntiercment 
tnfoncces  en  tcrrc  sur  un  sol  que  nous  avons  reconnu  apparte- 
jiir  a  une  formation  de  gres  secondaire  qui  occupe  une  etenduc 
considerable.  Les  habilans  de  Santa-Rosa  se  reunirent  pour 
transporter  la  ])li;b  grosse  dans  le  village,  el  lorsquc  nous  jiassa- 
jjies  elle  servail  d'enclunie  a  un  inarcchal.  KUc  est  entitlement 


Mineralogie.  1 55 

nietallique,  d'utie  forme  irreguliere,  remplle  de  vacuoles,  d'une 
structure  grenue,  malleable,  facile  a  limer,  d'un  blaric  argentin  ; 
»;n  un  mot  elle  a  tous  les  caracteres  du  fer  meleorique.  Sa  pe- 
santeur  specifique  est  de  7,3;  son  volume  etant  de  102  decime- 
ires  cubes,  elle  doit  peser  environ  750  kilogrammes. 

D'autres  masses  ,  beaucoup  plus  pctites  et  pesant  681  ^'-  , 
56i  gr.,  etc.,  ont  presente  a  j)eu  pres  les  memes  caracteres.  Nous 
n'avons  observe  d'enduit  vitreux  sur  aucune.  Nous  les  avons 
analysees  et  nous  y  avons  trouve  sur  cent  parties  : 

Masse  de  760  k.  (i)  Masse  de  681  gr.Masse  de  56i  '' ■ 

Fer 91,41  91,23  91,76 

Nickel 08,59  08,21  06, 36 

Parties  insolubles.  .  .     00,00  00,28  00,00 


100,00  99)7^  9^»'2 

On  a  decouvert  aussi  du  fer  meteorique  au  village  de  Rasga- 
ta  ,  dans  le  voisinage  de  la  saline  de  Zipaquira.  Nous  en  avons 
vu  deux  masses ,  I'line  du  poids  de  4o  ki'-,  et  I'autre  de  22  kil. 
EUessont  tres-malleabies  :  leur  cassure  a  un  eclat  argentin;  leur 
pesanteui"  specifique  est  de  7,6.  On  n'apercoit  aucune  cavite  dans 
la  premiere;  la  seconde  presente  au  contraire  beaucoup  de  va- 
cuoles. Elles  contiennent  0,07  a  o,oS  de  nickel  comme  les  masses 
de  Santa-llosa.  P.  B. 

120.  Dans  le  district  de  JFashinglon  ,  dans  le  Missouri,  on  a 
decouvert  une  montagne  considerable  et  extrcmemcnt  riclic  en 
ier.  Ce  metal  est  d'une  tres-bonne  qualite  ,  et ,  d'ajjres  ce  qu'on 
rapporte,  il  y  en  a  assez  pour  en  iournir  a  tout  Tunivers  pen- 
<i;int  plusieurs  annees.  C'est,  ajoutele  memc  journal,  la  premiere 
mine  de  fer  vierge  [Lit.  Gazet.  ,  mai  1S24  ,  p-  2S6.  )  (2). 


(i)  On  a  cnvoyc  une  portion  de  cette  masse  en  Angleterre  pour  en 
f.iire  faire  des  rpe'es.  (f^oy.  le  Bulictin  de  1823,  to.  3,  n".  977,  et  to.  3, 
11".  6^0,  au  sujof  d'un  sahre  de  fer  meteoriijiie  execute  a  Londres  par 
M.  Sowcrby,  qui  en  a  fait  hoinma{;e  a  rempereur  Alexandre. 

(•2)  On  cite  aussi  la  mine  de  TaberE; ,  en  SueJe,  connue  depuis 
long-leinps;  et  quclques  filons  eu  Daupliine  ,  en  Saxe  ,  etc. 


1 54  BnUiJiuiue. 


BOTANIQUE. 

121.  DiscouRS  sua  le  principe  essentiel  de  i,'oRimE  eiT 
histoire  naturelle ,  et  particuliercment  en  botanique ;  par 
M.  I^EFEBURE.  ( Memoires  de  la  Societe  Linneenne  de  Paris , 
1^^.  volume.) 

Ce  discours,  dont  la  forme  esl  plus  oratoire  peut-ttre  qu'il  iic 
convient  au  sujet ,  parait  servir  d'introduction  a  un  Genera  et 
Systema  Plantarum,  execute  d'apres  un  grand  Sjsteme  floral , 
ainsi  que  I'annonce  le  Prospectus  de  I'ouvrage.  L'auleur ,  aprcs 
avoir  employe  plusieurs  pages  a  demontrer  riraporlance  de  I'or- 
dre,  ce  qui  ne  saurait  etre  con  teste ,  propose  une  division  en 
quatre  c\3i%?,e%  die  ^^nrs  {Monopetales ,  Polypetales ,  etc. ),  dans 
lesquelles  il  repartit  les  planles  en  vingt  tribus  ,  caracterisees  par 
les  etamines,  etc.  II  presente  cette  fusion  des  methodes  de  Tour- 
nefort  et  de  Linne  comme  unplan  nouveauet  classique,  devant 
prevaloir,  par  sa  simplicite  et  sa  clarte,  sur  la  Melhode  dite 
naturelle ,  professee  par  ceux  que  I'auteur  nomme  les  cchos  d' A- 
danson.  Enfin,a  la  17^.  page,  il  commence  a  definir  I'ordre , 
qu'il  fait  consister  dans  la  coexistence  de  deux  rapports,  I'un  qui 
reunit  les  objets  par  groupes  d'apres  I'analogie ,  I'autre  qui  les 
range  par  series  dans  le  groupe  d'apres  leur  difference.  Mais 
cette  definition,  loin  de  trop  embrasser ,  est-elle  suffisante?  et 
ne  manque-til  pas,  pour  qu'elle  soit  generale ,  un  troisieme 
rapport,  savoir ,  un  moyen  commun  de  liaison  entre  les  grou- 
pes? Ce  qui  a  fait  sans  doute  omettre  cette  condition,  c'est  que 
I'auteur  s'est  borne,  dans  ses  divisions  principales  ,  a  la  consi- 
deration des  caracleres  nunieriques  cliez  Tournefort  et  Linne. 
Quant  a  la  niethode,  il  est  juste  d'observer  qu'Antoine  Goiian  , 
inedecin  et  professeur  de  botanique  a  Montpellier,  avait  deja 
combine  ossez  heureusement  les  systemes  de  ces  deux  grands 
niaitres  dans  sa  Flora  Monspeliensis ,  en  fondant  ses  classes  sur 
la  corolle ,  et  ses  ordres  sur  les  etamines.  Le  merile  de  cette  dis- 
position ,  qui  presente  la  flcur  avant  la  frucliiicatlou ,  conimc 
<lans  la  nature,  n'eiit-il  pas  du  porter  M.  Lcfeburc  a  dislingucr, 
.sous  ce  point  dc  vuc,  ic  Genera  Planlaruin  per  ordines  natura- 
les  disposha  d'Anloinc-Lauicnt  de  Jussieu,  (pii ,  dans  la  division 
des  planlos  dicolyicdones  ,  laquullc  coniprcnd  toules  les  fleur<- 


Botanique.  1 55 

visiblcs  ,  a  lie  lui-meme  Ips  principaux  cnr;icteres  donm's  pai-  I;i 
corolle  avec  les  caracteres  fournis  par  les  etaiuines  ,  mais  en 
ayant  moins  egard  an  nombrc  qii'a  la  situation  ou  a  I'insprlion  , 
comme  plus  constante  et  pins  generale.  L'auteur  eut  reconnu  en 
meme  temps  un  ordre  relatif  entre  les  groupes  ,  classes  d'apres  le 
mode  de  cette  insertion  ,  sans  que  la  serie  des  families  en  soit 
intenouipue.  II  n'eut  pas  alors  paru  rejeter  siir  la  Metliode  na- 
turelle  et  ses  illuslres  auteurs,  le  fait  de  qnelques  botanisles ,  plus 
jaloux  peut-etre  d'etendre  la  sphere  des  connaissances ,  que  de 
perfectionner  la  methode  d'une  science  dent  les  premiers  ont 
pose  les  bases ,  et  dont  il  clait  reserve  a  leurs  successeurs  (i)  de 
determiner  les  limites.  J.  B.  M.  Gknce. 

122.  Revue  des  peogres  et  de  I'elat  de  la  botanique  dans   ce 

siecle ;  par  Hornemann  et  Schouw.  [Tids  shrift  for  Naturvidcns- 

kaberne ,  i^^ .  annee  ,  A'^-  cah.) 

C'est  une  revue  bibliographiqne  et  systematique  des  travaux 
relatifs  a  la  botanique.  Les  auteurs  indiquent  d'abord  les  nou- 
velles  decouvertes  dans  cette  science,  en  considerant  cliaqiie 
pays  I'un  apres  I'autre,  et  en  indiquiint  soigneusement  les  ou- 
vrages  oil  les  decouvertes  sont  consignees.  C'est  ainsi  qu'ils  exa- 
minent  successivement  I'ltalie ,  pour  laquelle  ils  indiquent  17 
ouvrages  nouveaux  de  botanique; le  Portugal,  la  France,  I'Al- 
lemagne,  I'Angleterre ,  la  Suede,  le  Danemark,  oil  ils  mention- 
nent  la  Flora  danica,  dont  il  a  paru  jusqu'a  present  8  cahiers 
avec  480  pi.,  representant  586  especes  de  plantes.  La  Russie 
n'a  pas  encore  de  Flore  generale;  la  Hongrie  a  celle  de  Wald- 
stein  et  Rilaibel ,  en  3  vol.  in-fol.;  la  Flore  de  la  Grece ,  par 
Sibthorp,  forme  4  vol.  in-fol. ;  le  Prodrome  en  forme  4  in-8.  Les 
auteurs  passent  de  TEurope  aux  aulres  parlies  du  nionde,  c'est- 
a-dire  a  TAsie,  I'Afrique,  I'Amerique,  les  Indes  occidentales  , 
les  terres  Australes. 

Hornemann  et  Schouw  examinent  ensuite  les  monographies 
des  divers  genres  publics  dans  ce  siecle  et  les  reclierches  criti- 
ques sur  le  meme  sujet.  Puis  ils  s'occupent  des  jardins  de  bota- 
nique ,  mettant  en  j)reniiere  ligne,  parmi  ceux  d'outre-mer,  le 
jardin  de  Calcutta.  Sur  le  continent  d'Furope  ,  les  plus  impor- 
tans  sent  ceux  de  Paris,  Schoenbrunn ,  Vieiine,  Gorenki  aupres 

(1)  Los  liichanl,   les  Knulli  ,  itr. 


1 5G  Bulaniqiie. 

de  Moscou,  el  Berlin.  En  Hollande,  ce  pays  qui  autrefois  se  sl- 
gnalaitpar  riiortlcultuie,  ce  gout  parait  diminuer  ou  ceder  a  lu 
culture  plus  lucrative  des  fleurs.  Dans  les  peuples  plus  meridio- 
naux  de  rEuiope  les  jardinsdc  botanique  sont  insignifians  ,  com- 
pares aux  autres. 

lis  traitent  ensulte  des  travaux  systematiques  sur  la  botanique 
publics  dans  ce  slecle,  et  enfin  de  ceux  qui  ont  rapport  a  la  geo- 
graphic des  plantes.  D. 

ia3.  Sur  le  jardin  de  botanique  i>e  Copenhague;  par  le 
prof.  J.  W.  HoRNEiHANN.  [Tiilsskriftfor  NaCurvidenshabernc , 
i".  annee,  i''''.  cah.) 

Dans  un  memoire  public  en  i8i3  ,  le  prof.  Hornemanu  avait 
dt'ja  fait  connaitre  I'liistolre  et  I'etat  de  ce  jardin  ;  et  de  i8i3  a 
i8i3  il  avait  indique  ,  dans  un  ouvrage  intitule  Hortus  regius 
hotanicus  Hafnienus,  les  plantes  qui  y  sont  cultivees.  Un  sup- 
plement a  cet  ouvrage  parut  en  1818.  Depuis  ce  temps,  la 
bibliotheque  et  la  collection  de  plantes  ont  ete  considerablement 
augmenteespar  les  relations  avec  les  etablissemens  etrangers,  et 
par  les  voyages  de  savans  danois  ;  c'est  ce  qui  a  rendu  necessaire 
ou  du  moins  utile  uiie  nouvelle  notice. 

L'auteur  s'occupe  d'abord  de   la  bibliotheque.  Ses  fonds  an- 
nuels  ne  consistent  que  dans  une  somme  de  i5o  ecus  de  banqiie 
€t  dans  le  benefice  de  la  vente  de  VHortus  Hafniensis.  Aussi  ne 
peutelle  se  procurer  tous  les   ouvrages  de  luxe  qui  paraissent 
dans  reirauger  sur  la  botani([ue  ,  et ,  sons   ce  rapport,  eile  est 
inoins  complete  que  pour  la  partie  ancienne  de  cette  science.  Cc- 
pendant  les  dons  du  roi,  les  secours  derUniversite  et  les  present 
des  particuliers,  ont  enrichi  la  bibliotheque  de  plusieurs  ouvra- 
ges precieux,  tels  que  les  Gramina  Austriaca,  avec  /Joo  planches 
onluminees;  V Hydr-opliytolo^ia  Danica  de  Lyngbye;  les  Jnnalcs 
et  Meinoires  du  3Iu\('uin  d'/iistoire  naturelle ,  id  vol.  in-//*.,  que 
le  jardin  a  recus  du  Museum  de  Paris  ,  auquel  le  gouvernemunt 
danois  avait  envoye  la  Flora  danica.  En  Italic,  le  prof.  .Schouw 
a  fait   I'acquisition  de   tous   les   ouvrages   importans,  et  il  n'en 
manque  plus  a  la  bibliotheque  ,  excepte  la  Flora  ncapolUana  de 
Tenore.  Kile  possede  meme   I'ouvrage  si  rare  intitule  Cupani 
Pampliylwn  siculuin ,  doiit   il  n'cxiste  plus  que   3   exeinplaires 
complels.  Parmi  les  autres  ouvrages  precieux  acquis  par  la  biblio- 
theque ,   on   distingue  la  Flora  Ixilaiui,  3  vol.  in-4".,  avec  290 


Boianicjue.  i5j 

planches  cnliiminees;  et  la  Materia  medlca  vegetat.  ile  rAmeri- 
cain  Barton.  La  bibliotheqne  se  troiive  a  I'etroit  a  cause  des 
herbiers  volumineux  de  Vahl,  RottboII ,  Rolander  et  Isert;  ainsi 
que  d'une  collection  considerable  de  fruils  et  de  graines  ,  dont 
un  grand  nombre  ne  se  trouvent  point  dans  I'ouvrage  carpolo- 
gique  de  Gaertner. 

Les  acquisitions  du  jardin  ont  cte  plus  considerables  que  celles 
de  la  bibliotheque ,  quoique  les  planles  fassent  voir  souvent , 
lorsdela  floraison,  qu'elles  ne  sont  point  cequ'on  avait  annonce. 
Par  I'habitude  des  echanges,  qui  existe  entre  les  principaux  jar- 
dins  de  botanique  enEuiope,  et  paries  botanistesvoyageiirs,celui 
de  Copenhague  s'est  vu  enrichi  au  point  qu'il  possede  acluelleinent 
plus  de  8,000  especes  de  planles.  I.e  plus  riclie  des  envois  lui 
\ient  du  savant  danois  Wallicli ,  dlrecleur  du  inagnifique  jardin 
de  botanique  a  Calcutta.  Celui  de  Cojienhague  lui  doit,  enlje 
autres  especes,  5o  de  la  f'amille  des  Scitami/wcs.  De  son  cote  ,  le 
jardin  de  Copenhague  a  expcdie,  dans  les  annues  1819  et  1820, 
pour  celui  de  Calcutta  ,  2,760  jdantes  qui  nianquent  sur  les  bords 
du  Gange.  D'apresi  les  rapports  de  M.  Wallich  et  du  jardinier, 
quatre  jours  apres  avoir  seme  1,800  de  ces  especes,  on  en  vit 
germer  deja  1,400,  succes  qui  n'est  jamais  aussi  complet  dans 
nos  contrees, 

Le  professeur  Christian  Smith ,  qui  a  perl  malheureusement 

dans  son  voyage  au  Congo,  a  envoye  beaucoup  de  plantesnou- 

velles  des  Canaries  ,  surlout  du  genre  Sempervh'um ,  qui  abonde 

dans  ces  iles.  Le  lieutenant  AVormskjold,  le  premier  navigateur 

danois  qui  ait  fait  le  tour  du  monde,  a  rapporte  des  plantes  du 

Groenland  ,  du  Kamtschatka   et   du   Nouvcl- Albion ,  pays  qui 

etant  peu  visites,  sont  aussl  moins  coninis  sous  le  rapport  de  la 

botanique.  Dans  le  nombre  des  plantes  qui  en  viennent,  il  se 

trouve  beaucoup  d'especes  du  genre  OEnothcra  ,  dont  4  inedltes  : 

on  va  en  acclimater  deux  pour  les  propager  dans  le  Word.  Le 

professeur   Schouvr  a   envoye  des   plantes   rares   pendant   son 

voyage  en  Italic  et  en  Sicile,  entrepris  pour  la  geographic  vege- 

tale.  Du  pharmacien  Benzon ,  a  Sainte-Croix,  le  jardin  a  reca 

plusieurs  plantes  de  celte  ile  qui  avaient  echappe  a  I'altention  de 

Rohr,  Ryan  et  West. 

L'auteur  terniine  par  I'extrait  de  la  liste  des  plantes  sechces 
dont  le  jardin  de  botanique  s'est  enrichi ;  il  en  evalue  Ic  nombre 
a  45o  especes,  dont  lo  genres  nouveaux  ,  et  promcl  de  donncr 


1 58  ]iotani(jue. 

la  listo  cnliore  dans  le  2*.  supplement  du  Hortiis  Hajnicnsis. 
Voici  celles  anxquelles  I'auteur  a  donne  des  noms  :  Jinarnnthits 
nepalcn^is ,  Bocrhay'ia  albiflorn,  Cncalia  nutans  ,  Cocsulia  alba  , 
Cyperus  fusco-atcr ,  Festuca  aspcrriinn,  GnaphaUum  camlela- 
hruni,  Ixia  Incequalis ,  Leonuj'us  occidcntdlis ,  Lycopsis  grtindi- 
flora  ,  Miissccnda  hcrhacea ,  OEnothera  inicmntha ,  OE.  r-oseo- 
alha,  OE.  spectabilis ,  Papaver  littcum,  Pennisctwn  carnetttn , 
Pharnaceum  dichotomum ,  Plectranthus  biflorus ,  Poa  trichoides. 
Ranunculus  crassicauUs ,  Scoparia  debilis,  Sinapis  virgata  ,  Son- 
chus  rigidus ,  Spcrmacoce  cratsifolia ,  Tanacetum  Sphceranthus  , 
Vrtica  com'C.va ,  U.  rubricaulis ,  Tlscago   canmsa. 

M.  Hornemann  se  plaint  de  la  position  defavorable  du  jardin, 
et  insiste  sur  la  necessite  de  construire  des  series  nouvelles.  Le 
jardinier  Holboll  lient  depuis  un  grand  nombre  d'annees  iin 
journal  sur  I'etat  du  barometre  et  du  tliermomelre ,  qti'il  observe 
trois  fois  par  jour.  Depuis  un  an  il  y  joint  des  observations  sur 
Thygrotnetre.  D-G. 

124.  Rapport  sur  la  fondatiok  du  jaudin  botanique  de  Ge- 
neve, etc.,  faitle  3  avrll  1819;  par  M.  Decandoli.e,  prof,  de 
botanique,  directeur  du  jardin.  In-8.  de  42  p.  Geneve;  chez 
J.  J.  Paschoud.  Second  rapport,  etc.,  fait  le  3o  avril  1821  , 
etc.  In-8.  dc  46  p.  Idem. 

Peu  de  villes  se  sont  aulant  illustrees  dans  les  sciences  que 
Geneve;  aucune  autre,  d'une  cg:ile  population,  n'a  conlribue 
plus  qu'elle  aux  progres  des  sciences  pliysiques  en  pnrticulier. 
Depuis  plus  de  80  ans  ,  clle  voit  flcurir  dans  sou  sein  des  hommes 
qui  ont  exerce  sur  elles  une  influence  marqutie.  Elle  est  toujours 
digue  de  son  ancienne  renominee,  et  le  gout  des  sciences  natu- 
relles  y  est  encore  plus  generalement  repandu. 

Cette  disposition,  le  patriotisme  qui  a  loujours  egaleinent  dis- 
tingue cette  ville,  et  le  nom  de  M.  DecandoUe  suffisent  pour 
cxpliquer  le  raplde  accroissement  et  la  prosperite  dc  son  jardin 
botanique. 

Dans  Taulonine  de  1817,  les  Iravaux  pour  cet  clablisscmcnt 
furcnl  commences.  35,ooo  florins  avaient  cle  aflectes  par  les 
conseils  dc  I'etat  a  celle  dcpcnse.  Sur  un  appel  fait  au  palriolisnie 
des  liabilans  ,  une  somme  d'cnviron  fiS.ooo  florins  fut,  en  pen 
de  mois,  fournic  par  284  partlculicrs ;  d'aulres  fircnt  fairc  des 
etiquettes,  des  chassis, ou  envoyercnt  des  plantcs;  des  ouvriers 


Botanique.  i5() 

ilonucient  leur  temps  ou  des  objets  de  leur  induslrir.  C(  s  sommrs 
et  d'.iufres  oblemies  par  des  ventes,  etc.,  forniaicnl,  en  avril 
1818,  un  total  d'envii'on  120,000  florins. 

A  la  fin  de  la  meme  annt'e,  600  espcces  de  planlcs  donnces 
par  des  Genevois  se  trouvaieiit.  placecs  dans  I'ecole.  M.  Decan- 
dolle  fut  nomme  directeur.  Ce  ceiebre  professeur  s'adressa  aux 
directeurs  des  principaux  etabllsscniens  de  botanique  en  Europe 
et  en  pays  etranger.  Tous  lui  firent  des  envois  de  plantes  ou  de 
graines;  et  en  avril  1819  ,  le  jardin,  muni  de  chassis,  de  serres , 
d'une  orangerie,  comptait  3ooo  especes  d'arbres  nude  plantes 
vivaces.  II  comprenait ,  outre  I'ecole ,  quatre  enclos  pour  les 
plantes  de  prairies,  les  plantes  economiques,  les  plantes  medici- 
nales,  les  plantes  de  vignobles,  et  quatre  autres  pour  la  col- 
lection des  varietes  des  arbres  f'ruitiers. 

Au  mois  d'avril  182  1 ,  pres  de  22,000  flor.  pvaient  ete  fournis 
par  de  nouvelles  souscriptions.  Des  envois  considerables  avaient 
etc  recus  des  differens  jardins,  meme  des  pays  tres-eloignes;  une 
dame  avail  donne  une  suite  de  70  esp.  de  saxifrages.  Enfin,  ati 
bout  de  trois  ans  ,  sans  parler  des  semis,  I'ecole  contenait  34oo 
especes,  les  serres  940,  et  I'ecole  agronomique  1400  varietes 
de  plantes  economiques. 

De  nombreux  avantages  pour  les  sciences ,  I'economie  agricole 
et  les  arts ,  sont  deja  dus  a  cet  etablissement.  II  y  manquait  en- 
core quelque  chose.  Quatre  ans  auparavant,  1000  dessins  de  la 
flore  du  Mexique  avaient  ete  copies  en  8  jours  de  temps  par  x  10 
personnes  benevoles.  Encourage  par  ce  succes,  M.  Decandolle 
s'est  adresse  aux  amateurs  les  plus  zeles  ,  en  les  priant  de  con- 
tribuer  a  former  une  collection  de  dessins  de  plantes  rares  qui 
ne  peut  qu'etre  utile  a  la  science  et  aux  arts.  Des  le  mois  d'avril 
1821,  les  dessins,  executes  en  grande  partie  par  des  dames  de 
Geneve,  etaient  au  nombre  de  200.  Le  jardin  botanique  de  Ge- 
neve aura  done  aussi  ses  velins. 

Parmi  les  plantes  rares,  ou  qui  n'avaient  pas  encore  ete  figu- 
rees ,  on  distingue  les  Silene  vostata  Dec. ,  Sida  periptera  Sims., 
Mcscmhryanthemujn  superbum  et  Burchellianum  Dec.,  Long- 
chainpia  capillifolia,  Gloxinia  speciosa  Lodd. ,  Hoja  carnosa 
R.  Br. ,  Veronica  cnrnea  Dec.,  etc.  D  - —  u. 


1 6o  Botanique. 

125.  CojiMENTATio  dc  Aristotclc  botanico-philosoplio;  gcripsit 
Aug.  G.  Ed.  Th.  Henschel.  58  p.  ln-4.  Breslau;  182/1. 
Dans  le  premier  chapltre  I'.iuteur  examine  quel  etait  I'ctat  de 
la  botanique  avant  Aristote;  il  rassemble  dans  les  chapitres  sui- 
vans  les  passages  dissemines  dans  les  ceuvres  du  pliilosophe  de 
Sta^yre  et  relatifs  aux  diverses  parlies  dc  cette  science;  I'auteur 
s'efforce  de  les  expliquer  dans  le  sens  qui  lui  parait  le  plus  natu- 
rel    et  il  se  demande  ensuite   quel   merite  peut  etie  attribue  a 
Aristote  sous  le  rapport  de  I'etude  de  la  botanique.  Voici  sa  re- 
ponse  :  Aristote  a  cte  le  premier  botaniste  qui  ait  envisage  I'e- 
tude  des  plantcs  sous  le  rapport  pliilosophique,  qui  ait  taclie  de 
separer  rigoureusement  ce   que  les  vegotaux  ont    de   commun 
d'avec  ce  qu'ils  ont  de  particulier,  qui  ait  fait  disparaitre  la  con- 
fusion ancienne  entre  les  vegetaux  et  les  animaux  et  qui  ait  re- 
porte,  pour  ainsi  dire,  le  centre  dela  vie  vegetale  dans  la  nutrition 
et  la  generation.  Le  genie  d'Aristote  expose  clairement  ce  que 
ses  predecesseurs  n'avaient  fait  que  toucher  ou  deviner.  Nous  ne 
poss^dons  plus  ses  livres  sur  les  plantes;  mais  d'apres  ce  qui  en 
est  recueilli  dans  les  traites  de  botanique  de  Theopliraste,  il  pa- 
rait qu'a  regard  du  regne  vegetal ,  la  tiieorie  surpassait  chez  lui 
la  pratique,  et  que  son  experience  etait  mediocre.  Avec  son  genie 
superieur  il  cherche  a  expliquer  par  des  raisons  metapliysiques 
la  nature  vegetale  ,  et  a  rendre  compte  ,  par  la  mctliode  des  plii- 
losophes  ,  de  tous  les  phenomenes  de  ce  regne.   A  cet  egard 
Aristote  a  rendu  un  grand  service  a  la  science.  D-g. 

126.  De  l'influence  des  fruits  verts  sur  I'air  avant  leur  ma- 
turite,  par  M.  Th.  de  Saussure.  [Mem.  de  la  Soc.  de  P/iys.  de 
Geneve,  t.  1*''.,  part.  i*"". ,  p.  24. ) 

Dans  son  ouvrage  intitule  :  Recherches  sur  la  vegetation  , 
M.  Th.  de  Saussure,  en  parlant  de  Taction  des  fruits  verts  sur 
I'air  atmospherique ,  avait  admis  qu'ils  y  produisent  les  m^mes 
effetsquelesfeullles;  c'est-a-dire  qu'ils  y  repandent  dugnzoxigcne, 
tontefois  en  moindre  proportion,  par  la  decomposition  de  I'acide 
carbonique.  Les  fruits  detaches  du  vegetal  qui  les  portait,  ne  66- 
comnosaient  au  soleil ,  qu'en  partie  ,  le  gaz  acide  produit  pen- 
dant la  nuit ,  tandis  que  sur  la  plante  ils  le  dd-composaient  en  to- 
talite.  M.  de  Saussure  avait  expliquc  ces  differences  par  la  de- 
perdition  dc  la  force  vegtUative  que  doit  cprouver  un  fruit  qui 
ne  recoit  aucun  aliment;  et  il  avait  ajoute  que  ces  experiences 


Botaniqite.  i(n 

'coiifirrpaient  le  princIpe  qui  siip])()se  que  la  fjinilt*'  (r<'siietl!e  du 
jTjtz  oxigene  au  soleil  est  esspniielle  aiix  parlir-,  vcrtcs  lierbact'-t-.s 
■en  etnt(le  vegetation. 

dependant  M.  Bcrard ,  dans  un  mcmoire  sur  la  lu.ituralion 
lies  fruits,  public  dans  les  Annales  de  physique  et  de  chimie  , 
t.  i6,  p.  1 52,  est  arrive  a  des  eonclnsions  lontes  contraLres  aux 
preceilentes,  puisqu'il  y  etablit  que  les  fruits  ne  decomiiosei.i 
point  au  soleil  le  gaz  acide  eaibonique,  qu'ils  ri'y  degagent  point 
(le  gaz  oxigene  ,  et  que  leur  nnique  action  est  de  transformer  i'oxi- 
gcne  de  I'uir  en  acide  carbonique  ,  action  que  M.  "Berard  croil 
nienie  elre  plus  ■considerable  an  soleil  qu'a  I'ombre.  L'opinion  de 
<!e  savant  semble  se  renforcer  des  nombreUses  experiences  d'ln- 
^ijenhousz  et  de  Senebier  ,  qui  avaient  egalement  admis  que  li^s 
fruits  mephytisaient  I'air  soil  an  soleil ,  soit  ii  I'oinbre. 

Les  resultats  obtenns  par  ces  |)liysiciens  elant  contradictoiros 
^1  vec  ceiix  de  M.  de  Saussure ,  celui-ci  a  voulu  tenter  de  nouvelles 
experiences  sur  un  sujet  qu'il  n'a  pas  regarde  coinine  suffisam  - 
inent  eclairci.  Ces  experiences  sont  Ires-nombreuses,  quoiqii'eiles 
n'aient  ete  execulees  qu'avec  qualre  sortes  de  fruits  ,  savoir  :  les 
legumes  de  pois  a  ecosser  a  raines  [pisum  sativum) ;  les  prunes 
Reine-Claude;  les  pomtoes  sauvages  (yjjrwi' rart?M^  LO  >  et  les 
raisins  en  etat  de  verjus,  ainsi  que  ceux  qui  ont  acquis  tout  leur 
aecroisseracnt.  11  a  examine  et  mesure  le  degagement  de  I'oxi- 
gene  pendant  Timmersion  de  ces  fruits  dans  I'enu,  les  influences 
sur  Fair  atmosplierique  pendant  la  nuit,  ensuite  pendant  la  jour- 
iiec  au  soleil;  leur  action  sur  la  meme  atmosphere  pendant  la  nuit 
el  le  jour  ;  ladecouipos  lion  /In  gaz  acide  carbonique  par  les  fruifs 
.(bins  un  melange  artificlel  de  ce  g«zavec  I'air. 

Ces  experiences  sont  accompagnees  de  details  chiiniques  pleins 
d'interet,  mais  qui  ne  sont  pas  susceptibles  d'analyse,  vu  leur  nom- 
lire  et  leur  liaison  avec  les  resultats  que  nous  nepouvonstranscrire 
ici.  Nous  donnerons  seulement  une  idee  sommaire  des  conclu- 
sions de  M.  Th.  de  Saussure.  Les  fruits  verts ,  de  meme  que  les 
fcuilles,  iTiais  avec  u^e  moindre  intensite  d'aclion,  font  disp.i- 
rattre  pendant  la  nuit  le  gaz  oxigene  de  leur  atmosphere,  et  le 
remplacent  par  du  gaz  acide  carbonique  qu'ils  absorbent  en  par- 
lie.  Moins  ils  sont  rai'irs  et  plus  ils  consommiMit  d'oxigene  n 
robsc!irite.  Exposes  au  soleil,  ils  degagent  en  tout  ou  en  par'ie 
Tovigene  de  Tacidc  carboniipie  qu'ils  ont  inspire  pendant  la 
iuiit.  Lorsque  les  fruils  sont  delaclies  de  la  planle  ,  c(  qneleur  vc- 
B.  Towi'  II.  I  I 


1 6:!!  Botanique. 

getation  dcvient  tres-languissante ,  ils  corrompent  I'air  dans 
toutes  les  circonstances ,  mais  moins  au  soleil  qu'a  I'obscurite. 

Les  fruits  verts  detaches  de  la  plante  et  places  dans  une  atmo- 
sphere snccessivement  pendant  hi  null  et  lejour,  ne  la  changent 
que  peu  ou  point  en  purete  on  en  volume.  Les  variations  qu'on 
observe  a  cet  egard  dependent,  soit  de  hi  faculte  plus  ou  moins 
grande  qu'ilsont  d'elaborer  I'acide  caibonique,  soitdeleur  com- 
position, qui  se  modifie  suivant  le  degre  de  maturile.  S'il  n'y  a 
point  eu  d'illusion  dans  les  resullats  ,  a  la  v^rlte  tres-faibles  ,  ob- 
tenus  par  I'auteur  sur  les  raisins  verts  et  murs,il  en  deduit  que 
I'aciditc  du  verjus  tient  a  la  fixation  du  gaz  oxigene  atmosphe- 
rique,  et  que  cette  aclditc  disparait  lorsque  le  fruit  ne  prend 
que  du  carbone  dans  Fair  ou  dans  I'acide  carboniquc. 

Les  fruits  verts  decomposent  en  tout  ou  en  partie,  non-seule- 
raent  I'acide  carbonique  qu'ils  ont  produit  pendant  hi  nuit , 
mais  en  outre  celui  qu'on  ajoute  arllficicllement  a  leur  atmo- 
sphere. Cette  proprietedecomposantes'affalbllt  auxapproches  de 
la  maturite.  Enfin  ,  dans  leur  vegetation,  ils  s'approprient  I'oxi- 
gene   et  I'hydrogene  de  I'eaii ,  en  lui  falsa nt  perdre  I'etat  li- 

quide. 

M.  de  Saussure  attribue  les  differences  de  ces  resultats  d'avec 
ceux  de  M.  Berard,  a  ce  que  ce  dernier  a  renferme  ses  fruits  dans 
des  espaces  trop  eiroits  pour  qu'ils  n'aient  pas  souffert  du  voi- 
sinage  ou  du  contact  des  parols  du  recipient  echauffe  par  le  so- 
leil. Malgre  I'apparence  de  vie  que  les  fruits  ont  paru  conserver 
apres  I'experience  ,  M.  de  Saussure  pense  que  des  fruits  epais  et 
charnus  peuvent  se  deteriorer  ou  perdre  de  leur  poids  sans  en 
donner  le  moindre  indice  ,  et  consequemment  que  M.  Berard 
aurait  du  les  alimenter  par  une  petite  quantite  d'eau.  G....N. 

127. De  MicETOGENESi  Epistola;  scripsit  C.  G.  Ehrenberg.  [Nov. 
act.  Acad.  Leop.  Ccesar.  nat.  cur. ,  torn.  X,  p.  i5t).  ) 

Ce  memoire  de  M.  Ehrenberg  sur  le  developpement  des  cham- 
pignons est  I'un  des  plus  importans  qui  ait  paru  depuis  long- 
temps  sur  cesujet;  mais  il  faut  dlstinguer  avec  soin  les  faits  qui 
lui  servent  de  base ,  d'avec  les  hypotheses  plus  ou  moins  vraisem- 
blables  auxquellcs  elies  I'ont  conduit.  M.  Ehrenberg  a  examine  le 
developpement  des  sporules  de  plusieurs  champignons,  et  il  a 
toujours  vu  ces  sporule-  s'allongcr,  soit  par  un  seul  ou  par  deux 
points  de  leur  surface,  et  donner  naissance  a  un  ou  plusieurs fila- 


Bntaniquc.  i63 

mens  tubulenx  ,  qui  s'allongenient  et  s'cntrecroisaient  de  maniere 
a  former  une  sorte  de  byssus.  M.  Elircnberg  a  voulu  distlnguor 
dans  ces  filaniens  une  radicule  et  une  plumule;  mais  il  avoue  lui- 
meme  qu'il  n'a  pu  observer  aucune  difference  entre  ces  deux  or- 
ganes.  II  admet  cependant  des  analogies  qui  nous  paraissent  bien 
forcees  entre  ces  diverses  sortes  de  germinalion,  et  celle  des 
jjlantes  phancrogames;  il  chercbe  egiilement  a  definir  ee  que 
c'est  qu'une  sporule,  et  il  est  oblige  d'admettre  que  ce  n'est  ni 
une  veritable  graine  ,  ni  une  genime  analogue  a  celles  des  plantos 
phanerogames;  il  avance  alors  une  nouvelle  opinion  tres-inge- 
nieuse,  et  qui,  malgre  sa  singularite  ,  a  bien  quelques  faits  en  sa 
faveur  :  les  sporules  ne  sont,  suivant  lui,  que  des  embryons  nus; 
leur  mode  de  formation  vient  assez  a  I'appui  de  cette  opinion, 
mais  leur  germination  presente  plusieurs  obstacles  contreson  ad- 
mission. D'apres  cette  maniere  de  voir,  les  vesicules  membra- 
neuses  qui  renferment  les  sporules  seraient  phitot  des  graines  a 
plusieurs  embryons,  comme  on  en  a  quelques  exemples  dans  les 
plantes  phanerogames,  que  des  fruits  polyspermes;  ces  sporules 
ou  embryons  nus  donnent  naissance  ,  par  leur  developpement, 
a  des  filamens  byssoides  qui  forment  la  plante  cryptogame  elle- 
meme,  suivant  M.  Ehrenberg,  tandis  que  la  partie  qu'on  nomme 
liabituellement  champignon,  et  qui  porte  les  sporules  ,  n'en  est 
que  les  organes  de  la  fructification ,  et  ne  forme  ainsi  que  la 
fleur  ou  le  fruit  de  cette  plante  byssoide,  qui  est  le  plus  souvent 
cacliee  dans  la  terre. 

Mais  ce  fruit  lui-meme  peut  se  presenter  de  deux  manieres  dif- 
ferentes :  tantot  il  est  forme  par  des  filamens  libres  et  dislincls 
qui  s'elevent  de  cette  base  byssoide,  a  laquelle  M.  Ehrenberg 
donne  le  nom  de  rhizopodc ,  et  chacun  de  ces  filamens  porte  ou 
des  vesicules  remplies  de  sporules  comme  les  mucors ,  ou  des 
sporules  eparses  a  sa  surface  comme  les  hotrytis  ;  et  tantot  le  fruit, 
ou  ce  qu'on  nomme  le  champignon  ,  est  produit  par  la  reunion  , 
rentrrcroissement  et  la  soudure  d'un  grand  noinbre  de  filamens, 
qui,  s'elevantd'un  meme  point  du  rhizopode,  forment  ainsi  les 
grands  champignons,  tels  que  les  agarics  a  clavaircs,  les  lyco- 
perdons.  Les  sporules  sont  renfermees  dans  les  extrcmites  ren- 
flces  de  ces  filamens,  ou  eparses  a  leur  surface  ,  et  la  difference 
entre  les  champignons  dont  les  sporules  sont  placecs  cxterieure- 
ment,  et  ceux  oil  elles  sont  contenues  dans  un  peridium,  ne  depen- 
drait  que  de  la  direction  des  filamens,  qui  dans  les  uns  vicnnent 


1 64  Eotam<iiie. 

tons  se  leriiiiner  vers  la  surface  cxleine,  tandis  que  dans  les  autres 
ils  se  reflechissent  vers  I'interieur.  Celte  maniere  de  concevoir 
rorganisation  de  ces  vcgetaux  est  Ires-ingenieuse,  el  parait  bien 
d'accord  avec  la  plupait  des  fails  observes;  elle  conduil  M.  Eh- 
renberg  a  admclfre  parmi  les  chanipit^ndiis  deux  grandcs  classes. 
La  premiere  renfenne  les  genres  a  filaiiiens  frucliferes  disliiicis; 
il  les  novame  fungi  idloloci.  La  secoiide  coniprentl  tous  ceux  qui 
resultent  de  la  reunion  de  plusieurs  filamens  frucliferes;  il  les 
noTAxne.  fun g'l  ccenotoci.  Ces  derniers,  d'apres  celte  maniere  de 
voir,  sont  analogues  parmi  les  vegelaux  aux  polypiers  et  aux  ra- 
diaires  composes  parmi  les  animaux. 

Ce  memoire  est  termine  par  quel(|ues  observations  raicroscopi- 
ques  speciales  sur  plusieurs  champignons,  lels  que  VOitleum  fruc- 
tigcnuni^  Scbmidt;  le  Rhizopus nigricans,  Eiirenberg;  XErjsibe  or- 
biciilaris ,  Ehrenb,;  VE/jsibe  bioccl/titti,  Ehvenh. ,  et  la  Clovaria 
canaliculala.  Ad.  B. 

128.  TVouvEL  EXEMPLE  d'une  crappe  DE  RAISIN  developpee  au 
milieu  d'un  tronc  de  vigne  sans  aucune  trace  de  fcuillcs  ,  et 
iin  mot  sur  la  faille. 

Le  phenomene  signale  sous  ce  litre  s'est  manifeste,  il  y  a  quel- 
quesannees,a  Franconville.il  a  germe  a  i'un  de  raes  espaliers, 
niais  avec  celte  difference  que  la  saison  n'a  point  conlrarie  I'a- 
berration  de  la  nature.  Celte  grappe  sans  feuilles  ,  et  placee  a  la 
base  du  tronc  ,  a  acquis  la  maturile  et  la  grosseur  des  grains  du 
ceps  qui  couronnait  le  mur  de  I'cspalier ;  inais  la  physiologic 
vegetalc  fail  rentrcr  dans  les  lois  de  la  nature  ces  pretendues  er- 
rc'urs;  et  que  dc  phenomenes  elle  opere,  quand  I'art  prelendu 
de  la  laille  en  esl  la  violation,  au  lieu  d'obeir  a  eel  adage  de  La 
l-\)nlaine,  Brise-moi  ta  serpette ,  instrument  de  clomuiage  ! 

(Quelle  etenduenepourrail-on  pas  donner  a  eel  article  !  mais  je 
me  borne  Ji  un  seul  fait,  celui  d'un  gourmand  que,  dans  les  prin- 
cij)es  de  la  taille,  on  x'ecepe  ,  el  qui,  conserve  pour«^lre  arque,  a 
porte  463  poires  superbes  et  excellentcs;  ensciant  ce  gourmand 
a  sa  base  et  le  detachant  de  I'arbre,  c'est  ce  riche  bouquet  que 
vous  eus-siez  teuu  dans  la  main;  loujours  esl-il  qu'il  existe  un 
trop  grand  noinbre  de  temoins  des  phenomenes  de  ma  direction 
horizonltile  et  nrquec  des brom lies  d'urbres  h  fruit,  pour  ne  pas, 
avec  le  leiiips,  ramener  la  classe  eclairee  des  proprielaircs  a 
abaudunnrr  la  taille.  A. -A.  Cadft-de- Vaux. 


Bol  unique.  iTo 

129.  Nova  genera  el  species  plan tarum  qtias  collogeiunt  IIiih- 
liOLDT  el  BoNPLAND  ,  clc. ;  aucl.  C.  IvuNTH  ,  I'asc.  XX  VII.  A 
Paris,  chez  Gide. 

Au  cominenccmenl  de  celte  livraison  ,  on  troiive  les  dernieres 
planles  de  la  famille  des  Rosacees  ,  le  Prunus  salicifolia  el  Wi- 
nijgda/us  rnicropkyl/a,  especes  indiquees  comme  nouvelles. 
Apres  les  Rosacees,  se  presentenl  les  Chrysobalanees  (\m  Weu 
sont  qu'iin  demeaibrement  propose  par  Brown  ,  et  qni  nieriteat 
a  peine  d'etre  separees  d'elJes.  Les  Chrysobalanecs  comprennenl 
liansle  livre  de  M.  Kunlli  le  Chrysobalaiius  Icaco  .Tacq.,  XHirtcllei 
hexaiiclrii  \Villd.,le  iiitida  AYilld.,  et  \e poljamlra  ,  espece  nou- 
velle.  A  COS  plantes  succedent  les  Leguviineitses  .  donl  les  deux 
)ireniieres  seclious,  \ci  Miiiiosces  et  les  Ccanlpiniers ,  sont  trai- 
lees  dans  la  livraison  que  nous  annoncons.  La  ])remiere  com- 
])rend  7  genres,  savoir  :  Mimosa,  Schran/;ia ,  DesiliaJithus , 
Acacia,  Inga  ,  Prosopis  el  Adenanthera.  Sural  Mimosa,  18 
avaienl  deja  ete  indiquees  par  'W  illdenow,  d'apresdes  eehantillons 
envoyes  par  M.  de  Humboldt ,  ou  bien  ellcs  onl  ete  decrites  par 
M.  Kuntli  lui  nienie  dans  son  niagnifique  ou\rage  des  Mimoses 
ct  autres  U'-guuiinciiscs  du  I^ouvcau-Coiitincnt ;  les  seuls  Mimosa 
adha'tens,  hispidula,  somniculosa,  n'avaient  point  ete  publies  jus- 
qu'ici.  M.  de  Humboldt  n'a  rapporle  qu'un  Schran/ua ,  Vhatnata 
qui  a  deja  ete  indique  par  Willdenow.  Des  4  esj)eces  de  Desman- 
thus  le  leptophylliis  seul  avail  deja  ele  indique.  Le  genre  Acacia 
coniprend  32  especes  donl  les  multijlora  ,  riparia,  snhtilijiora 
n'ont  ete  jusqu'ici  decrites  dans  aucun  livre.  Parmi  les  I»gn  , 
donl  le  nombre  s'eleve  a  35  ,  les  sahttaris  ,  Candida,  cataractai  > 
ornifolia,  lucida,.sapida,  Humholdtiana  n'avaicnl  point  encore 
ete  indiquees  ailleurs.  Sur  7  Prosopis ,  les  especes  apjielees  iner  - 
mis,  microphylla ,  duhia  sont  entierement  nouvelles.  U Adenan- 
thera Bonplandiana  est  la  seule  espece  du  genre,  et  elle 
parail  pour  la  premiere  fois.  De  celte  plante  I'auteur  passe  aux 
Cesalpiniecs ,  et ,  dans  une  note  qui  supj)Ose  les  observations 
les  plus  etendues  ,  il  dt^signe  les  genres  qui  doivent  tire  rai)por- 
tcs  a  celte  section.  L'auteur  commence  !a  section  des  Cesalpiniees 
par  \e.Brownea,  qui  comprend  deux  especes  deja  connues.  Le 
Pauletia  en  comprend  l\ ,  savoir  :  les  glandulosa  ,  picta  ,  multi- 
iiervia  et  gi'aucescens ,  qui  n'etaient  pas  encore  decrits.  Dans  le 
nouveau  genre  Cusparca  ,  qui  est  un  demenibrcmenl  du  genre 
Buuhinia  ,  ratitcur  ne  place  qu'unc  espece,  Cusparca  pes  capnc 


1 66  Botanique. 

(  B  pes  cajj/cE  Cav.).  Enfin  la  livraison  se  termine  par  deux  es- 
peces  de  Bauhinia,  genre  que  I'auteur  a  travaille  d'une  maniere 
nouvelle.  On  salt  combien  on  eprouve  de  dif'Kcultes  quand  on 
veut  decrire  les  Lt'i^umineuses  d'une  maxiiere  complete  ;  I'auteur 
a  su  trioinpher  de  ces  difficultes  ,  et  nous  ne  pourrions  qu'appli- 
quer  a  celte  livraison  les  eloges  que  nous  nous  sommes  fait  un 
devoir  de  donner  aux  precedentes.  Aug.  de  St.-Hil. 

i3o.  Illustratio  Generis  AcoNiTi  atque  Delphinii;  auctoreL. 
Reichenbach.  In-f.  avec  fig.  col.  Leipsik;  i%iZ.  Hoffmeisler. 

En  1 8 19,  M.  Reichenbach  publia  a  Ratlsbonne  une  Disserta- 
tion sur  le  genre  Aconituin ,  dans  laquelle  il  fit  connaitre  un 
grand  nombre  de  formes  nouvelles,  ce  qui  le  porta  a  creer  aussi 
beaucoup  d'especes.  Cet  ouvrage,  accompagne  d'une  synonymic 
incomplete ,  fut  recu  par  les  botanistes  selon  les  idees  que  cha- 
cun  d'eux  s'etait  formees  sur  la  valeur  des  caracteres  qui  doivent 
distinguer  les  especes. Le  plusgrand  nombre  le  regarderen t comma 
rempli  d'innovations  qui,  loin  d'cclaircir  I'liistoire  des  Aconits  , 
en  augmentaient  beaucoup  la  confusion.  M.  Reichenbach  se  plaint 
de  la  maniere  legere  dont  on  I'a  juge  sans  connaissance  de 
cause,  puisque,  dit-il ,  on  ne  possedait  pas  les  materiaux  dont 
il  s'est  servi.  Ayant  ensuite  entrepris  la  Monographie  du  genre  , 
il  se  vit  bientot  oblige  par  le  mauvais  succes  des  i^es,  planches 
de  donner  une  autre  forme  a  son  ouvrage.  C'est  done  sous  le 
nouveau  titre  A' Illustratio  generis  Aconiti  atque  Delphinii,  et 
aux  frais  de  M.  Frederic  Hofmeister,  de  Leipsik  ,  qu'il  public  son 
travail  sur  ces  deux  grands  genres  de  la  famille  des  Renonculacees. 

Letextedecet  ouvrage,  ecriten  latin  et  en  allcmand,  est  ainsi 
coordonne  :  en  tete  est  plac6  le  nom  de  la  section  des  Aconits 
a  laquelle  apparlient  la  plante,  puis  le  nom  de  I'espece,  la  cita- 
tion des  planches  et  les  synonymes  en  langues  vulgaires.  Vien- 
nent  ensuite  la  ])lirase  caracteristique  de  I'espece,  le  nom  de  la 
variete,  ses  synonymes  dans  les  auteurs  ,  et  I'explication  d's  figu- 
res. M.  Reichenbach  a  joule  une  phrase  qui  ex[)riiue  les  caracteres 
essentieis  de  la  variete  et  une  description  detaillee  de  tous 
les  organes;  il  indicjue  ensuite  les  variations  accidentelles  de  la 
variete  ,  sa  patrie ,  sa  station  et  I'epoque  do  sa  floraison.  Enfin 
des  observ.itions  critiques  tcrmincnt  I'hiitoriquc  de  la  plante.  II 
est  aise  de  voir  qu'un  pared  plan  doit  rendre  I'ouvrage  aussi 
coniplet  que  possible ;  mais  peut-etre  dolt-oii  craindre  qu'il  n'ac- 


Botaiiiqite.  167 

quiere  pai-Ia  une  longueur  deuiesuree.  Comme  c'est  d'apres  ce 
plan  que  toutes  les  especes  et  varietes  sont  traitees,  nous  n'y 
reviendrons  pas  en  parlant  de  cliacunc  d'elles  ;  il  suffira  deles 
indiquerici  avec  leurs  synonyines  et  leurs  patries. 

Les  livraisons  de  cet  ouvrage  contenant  une  suite  de  descrip- 
tions et  de  figures  isolees  les  unes  des  autres ,  ce  qui  occasione 
nn  melange  des  especes  A' Jconiturn  et  de  Delphinium^  nous 
parlerons  d'abord  de  celles  du  i*"^.  de  ces  genres  ,  puis  nous 
inentionnerons  a  leur  tour  les  secondes. 

C'est  aussi  d'une  maniere  extremement  delaillee  que  les  ca- 
Kictcres  generlques  sont  exprimes.  Ainsi ,  apres  avoir  indique  la 
classe  et  I'ordre  de  Linne,  la  famille  naturelie  et  la  section  aux- 
queiles  appartient  le  genre,  aj)res  avoir  donneln  citation  de  tous 
les  ouvrages  ou  les  genres  sont  traites,  M.  Reichenbach  expose 
le  caractere  generique  qii'il  divise  en  factice  et  en  essenliel,  et 
dont  il  subdivise  chacun  selon  Linne  ou  selon  Jus^ieu;  niais  il 
est  bon  d'observer  que  les  caracteres  exprimes  par  ces  auteurs 
reposent  sur  des  organes  identitjues,  dont  la  nature  a  ele  mc- 
connue  par  Linne.  II  suffisait  done  pour  I'Aconit ,  par  exeni- 
ple,  de  donner  ses  caracteres  universellement  admis,  et  d'indi- 
quer  que  la  corolle  et  les  nectaires  decrils  par  Linne  sont  la 
meine  chose  que  le  calice  et  les  petales  aux  yeux  de  M.  de  Jiis- 
bieu.  M.  Reichenbach  etablit  ensuite  les  sections  du  genre;  elles 
sont  au  nombre  de  3  ,  savoir  :  i".  jiconita  Helleborina ,  parce 
que  ses  Aconits  out  quelques  rapports  avec  les  Hellebores.  Celle 
section,  irop  pen  nombreuse  en  especes  pour  ^Ire  subdivisee,  a 
recu  un  second  rioni  (  Anthoroidea).  i°.  Aconita  genuina ,  sec- 
lion  la  plus  nombreuse  et  formant  le  centre  du  genre.  Elle  est 
subdivisee  en  cinq  petits  groupes  nomm^s  Napelloidea,  Corj- 
thceola ,  Calliparia ,  Euchylodca  et  Cammaroldea.  V.  Aconila 
Dclphinastra ,  dont  le  nom  indique  les  affinites  avec  les  Delphi- 
iiiutii ,  ne  formant  qu'un  seul  groupe  (  Lycoctonoidea  ). 

Les  especes  et  les  varietes  du  genre  Acortitiun  conlenues  dans 
les  5  premiers  I'ascicules  sont  les  suivantes  :  i".  Aconituin  Napellus 
L. ,  tlont  les  varietes  ci-apres  designees  occupent  .'(  planches; 
A.  Napellus  Srhleicheri ;  A.  N.  Schlcicheri  luxurians  ;  A.  N. 
coinpactum  ruhellum ;  A.  N.  lobelia num  alhljloruni ;  A.  N.  Bau- 
hini.  2".  %  varietes  de  VAconilum  Caininaruin  L. ,  designees  par 
M.  Reichenbach  sous  les  noms  A' A.  C.  gracile  et  A' A.  C.judcu- 
Oerf-e/tse.  3".  Aconituin  nasutuin¥\&c\itr.  Les  3  varielts  nommtes 


1 68  BotunUiue. 

p;ii-  I'auleur,  ariguslijoliuin,  lutijoLmin  jHnvifloiuin  et  liilijoliuirt 
gnuidifloruiii  occupcnt  i  plandies  de  la  livraison.  Cet  Aeonit ,  a 
en  juger  par  la  synonymic  ,  avait  cte  rapjiofte  a  la  vai.-icle/«^/f«- 
bcrgen.se  et   a  IV'spece  ^.  rostratuin  de    Bernliaidi  par  M.  Se  - 
ringc  dans  sa  Monographic  des  Aconils,  publiec  an  connnente- 
nient  de  1823.  4".  Aconituin  rostnituin  Bernli.  et  D.  C  5".  Aco- 
nituin   hnmtschaticwn  Willd.  Herb.  Cctte  espece  serait-elle  ia> 
varietc  indiquee  de  V A.  TSapcllus  indiquiie  par  Bl.  .Scringe  sons 
lenom  ie  Semigaleatum  einpiunle  a  Pallas  qni ,  I'ayarit  tiouvee 
au  Kaintschatka,  I'avaitainsi  noninice  provisoirenienl  ?  M.  Rci- 
(henbach  en  a  iiguie  une  varitte  ( lu.cnrians  )  ,  reinarciuable  par 
i'aniplitude  de  toute  ses  iwrlies.   6".  Aconitum  ma.xiinuin  Pall. 
7".  Aconitum  oc.hotense.  Cette  plante ,  eivvoyec  par  M.  Fischer, 
a  ele  trouvee  pres  d'Ocholsk  dans  le  gouverncment  dlrkoutsk. 
Welant  pas  mentionnec  dans  le  Prodroinus  dc  M.  Decandolle 
ct  nc  pouvant  la  rapporter  avec  certitude  a  aueane  espece  pu- 
hliee  dans  cet  ouvrage,  news  allons   laiie  connailre  s:i    phrase 
specifique  :  A.  nectariis  crectis ,  gihbo   continuo  ,  filatnciitis  ^la- 
brixy  cassifle  lieinispkaerico-conicd  obtusd ,  pedunculis  patcnli- 
bus,  labio  bilobo.  8".  Aconitum  gilbiferum.  Cette  i>lantc,  envoyee 
de  Russie  par  M.  Fisclier,  Ircs-lacile  a  reconnaitre  par  la  gibbo- 
sile  qui  se   trouve   sur  le  devant  des  capuchoiis  de  la  eorolle ,. 
nous  semble  la  menie  que  1'-/.  gibbosum  de  M.  Seringe  (  Monogr. 
et  Prodrom.   liegn-   \'eget,,   p.    69  ).    9".  Aconitum    Lubarsliii 
Reichenb.  Nouvelle  espece  du  Ramtschalfo,,  qui  nous  semble 
former  une  varietu  de  VA.  pnniculatum  de  Lamarck  et  D.   C. 
10°.  Aconitum  KuznezoJiiYke.\i-Ai.  11°.  Aconitum  Fischeri.  Cesdcnx 
esjjeces  nouvclles  sont  aussi  indigenes  du  Ivamtscharka.  i^t".  Aco- 
nitum ambiguum  Reich.,  de  Siberie.  Les  phrases  spceifi{|ues  de 
ces  plantes  olf'rant  seulemcnt   des   caracleres  compajatif's,   nous 
rroyons  inutile  de  les  prestulcr  ici.   i3".   Aconitum  tortuosum 
"Willd.    et  D.    C.    14".  Aconitum  volubiL-  Pallas  ct   ^Villd.  Cette 
espece  se  rapporte  a  \ A.  ciliare  de  M.  Uecandolle,   !'«/•.  oli- 
gotrichum.  i5".  Aconitum  villo\uin.  C'est  encore  tnie  varietc  de 
VAc.  ciliare  et  la  mdme  que  M.   Dclessert  a  ligucec  dans    ses 
J concx  selects ,  v.  i ,  tab.  63.  La  varietc  nQifimcc  J/c./:uoium  p.u- 
M.  Rcichcnbach  ,   conlirnic  I'idcntilc  de  ces  phuilcs.  i(j'.    Im/ii- 
turn  flaccidum  Reich.   Plaiile  appartenaiit  igaleiiuinl  a  la  nieinc 
csj)ece  tpie  la  preccdcnle.   17".  Aconilum   oricntidc   Willd..  ou^ 
J.  ochrolcuium  Wiild.  ct  I).  C- 


Boianiqtie.  1 69 

Trois  especes  seulcment  de  Dolpliinium  sont  tltcriles  et  fign- 
it'cs  diins  I'puvrage  de  M.  Reichenb^ieh.  11  nous  suf'fira  de  les 
uientioiiner,  a  I'exceptioa  de  la  i"^*^.  doiit  noiib  donnerons  le 
c:iraftei'e  abrege  ,  a  cause  de  sa  nouveautc.  Dflpliiniutn  h'ors- 
hahlii  Reich.  Caule  subeiecto  ,foUisque  irtferioribus  tridcntatis , 
superioribus  lineari-acutis  ,  puberulis  ,  racemis  paucifloris ,  para- 
petalis  obovato-lanceloatis.  Cette  espece  a  ete  rapporleedu  dc- 
troit  des  Dardanelles  par  Forskahl. 

D.  AcoiiltL  L. ,  ou  Aconitum  monogynum  Forsk. ,  plante  qui 
habile  Ic  ineme  pays  que  la  precedente. 

D.  gjamVJlorum  L.  Var.  (^/we//«/Relchenbach.  G.-n. 

i3i.  Plant*  Varvicenses  selectse;  or  Botanist's  Guide  through 
the  county  of  Warwick.  Plantes  choisies  du  comtede  Warwick, 
ou  Guide  du  Botaniste  dans  ce  comte;  par  W-  G.  Perry.  Un 
vol.  in-8°.  de  120  p.  Warwick,  1820. 

Get  ouvrage  est  un  simple  inanuel  d'herborisations  destine  a 
fairc  connaitre  I'habitation  de  toutes  les  plantes  i-aVes  qui  crois- 
sent  spontaneraent  dans  le  comte  de  Warwick ,  un  de  ecus  qui 
occupent  le  centre  de  I'Angleterre,  enlre  les  52*^.  et  53*^.  degres 
de  latitude.  4o,i  especes,  tant  plianerogames  que  cryptogames  ^ 
y    sout  enumerees  dans  I'ordre  et  sous  les  noms  adoptes  par 
Smith,  pour  la  3^  edit,  de  son  Compendium  Floire  BritanniccE. 
L'article  consacre  a  chacune  d'elles  indique  le  noin  de  la  plante 
en  latin  et  en  anglais;  le  mois  de  la  floraison  ;  le  numero  de  la 
])lancl.e  de  V English  Botany  oil  elle  est  figuree;  et  les  diverses, 
localitcs  oil  elle  a  ete  observee  solt  par  Ray  et  Hudson ,  soit  par 
Wilheritig,  Turner,  Dillwyu  et  Purton ,    soit  par  I'auleur  lui- 
uienip.  A  la  suite  de  ce  catalogue,  dans  lequel  le  Valeriana  rubra^ 
te    Datura  stramonium  ,  le  Polygonum  fagopyrum   et    le  Fu- 
mcuia  lutca  semblent  avoir  ete  admis  trop  legerement  comme 
plantes  indigenes,  on  trouve  une   table  alphabctique  des  lieux  , 
avec  la  position  et  la  distance  de  chacun  d'eux  ,  en  milles  anglais, 
rclativement  a  la  ville  la  plus  voisine.  I.e  but  de  I'auteur  n'ayant 
point  ete  de  fairc  mieux  connaitre  les  plantes  du  pays,  mais  seu- 
lenicnt  de   faciliter  aux   commencans  les  nioyens  de  decouvrir 
idles  fpii ,  piu-  Icur   rarete,   offrcnt  un   inleret  de  plus  que  les 
Aulres,  il  poiiviiit ,  a  la  rigueur,  se  disi)enser  de  les  «lecrire,  et , 
en  el'lcl  ,  K'ri  <  .irattcrcs  generiques  et  s])eciiiqucs  niantjucnt  lota- 
leuieul  (i.iiis  sou  ouvrage.  J.   (^iay. 


1 70  Botaniqiie. 

i32.  Gramine£  SicuLiE  ;  auct.  Car.  Briwogo  Presl.  Pragje, 
1818.  [Giorn.  dell'  Ital.  letter.^  torn,  lviii  ,  no.  56,  mars  et  avr. 
1823. ) 

L'auteur,  dans  coUe  enumeration  ,  adopte  les  sections  etablies 
j)ar  M.  Kunth  (  Mrm.  clu  Mus.  lorn.  11  ,  p.  72  ).  Nous  citeious 
seulemcnt  les  genres  dont  chacune  d'elles  se  compose ,  et  nous 
nous  contenterons  d'indiquer  les  principales  espcces  ,  ainsi  que 
celles  decrites  pour  la  premiere  fois  par  l'auteur. 

I.  (iramma  panicea  :  Piptatherum  (  P.  ccerulescens  Beauv.,  mi- 
lium Pers.)  Milium,  Digitaria  ,  Panicum,  Setaria  ,  Tragus. 

II.  Gramlna  stipacea  :  Stipa. 

III.  Gramina  agrostoidea  :  Lagurus ,  Polypogon ,  Gastridium, 
Calamagrostis  ,  Czernya  :  Panicula  composita ,  ramosissima  > 
Gluma  itniflora,univah'is,paleam  involutam  glabram  includens. 
Squama:...  stigmata.,,,  semen....  {^C,  Arundinacea.  Genus  dica- 
tum  in  memor.  Joann.  Czerny ,  medic,  doct.  et  edit,  plurim.  li- 
brorum  botanicorum  saeculi  i5ti.  )  Apera  Willd.  (  Far.  fromlosa 
P.  agrostis  *rcn.  —  Far.  glaucescens  P.  ■ —  Far.  pulchella  P.) 
[P.  pallida  P.,  Arundo  arenaria  Pers.)  Alopecurus,  Phleum, 
Psamma.  Achnodonton,  Phalaris,  Chilochloa. 

IV.  Gramina  bromea. 

1.  Avenacea  :  Corynephoron ,  Holcus,  Hierocliloa  [^F.Par- 
viflora.  P.]  Anthoxantlium  ,  Aira,  Arrlienateruin,  (  A.  bulbosum 
Pers.  avcna elatior  B.  Villd.)  '\v\%Q\\iim{T . splcndens  P.l  Avena  [A. 
pcnsjlvanica  Pers.  A.  atkcrantha  et  convoluta  P.)  Gaudinia, 
(G.fragitis  Beauv.  Avena  Pers.) 

2.  Arundinacea  :  Donax.  (D.  Sativa  P.  Arundo  Donax  L.  —  D. 
Ampelodesmos  P.  Arundo  tenax  AV.) 

3.  Bromea  genuina.  Bromeorum  reliqua.  Chrysurus,  Scsleria, 
(■9.  nitida  Ten.)  Cynosurus ,  Kceleria  ( K.  splendens  P.  —  K.  tuni- 
<-atn  P.)  Dactylis,  Glyceria ,  Festuca.  ( F.  cetnensis,  sicula,  multi- 
flora  P.)  Bromus.  {^B .fasciculatus,  paradoxus  P.)  Brachypodiuiu 
[D.  contractum  et  cespitosum  P.),  Festuca  cespitosa  Desf.  atl.  Me- 
lica  ,  (  M,  minuta  P.  aspcra  Desf.  all.,  pyramid  a  lis  Desf.)  Briza, 
Poa  ,  [P.fertilis  P. ,  serotina  Sclirad.  german.  ,  anceps  P. )  Era- 
grostis.  (  E.  pilosa  Beauv.  )  Megastachya  (  M.  scersioides  , 
Iriticea. ) 

V.  Gramina  cliloridca  :  Sclerochloa  ,  Dactyloleiiium ,  [D. 
yEgyptiacum  1^ .  Willd.) ,  Cynodon.    ' 

VI.  Grainin;!   liordericea   :  /Egylops.  ( /7i'.  «7i/rtfl<«  P.)  Trili- 


Botanique.  1 7  i 

cum.  (  T.strictum  P.)  Agropyrum ,  Loliuni ,  Secale,  Hoiileum  , 
Ophiurus.  (  O.  incurvalus  Keauv.  ,  Kotthjella  incurvata  L.  ■ — 
<:otnpressa  P.)  Monerma  ,  [M.  stricta.)  Lodicularia. 

VII.  Gramina  saccharina  :  Saccharum ,  Imperata,  {^l.arundi- 
iiacea  Cyr.  ia&c. Sacchar.  cylindricum  Pers.  )  Erianlhus,  Andro- 
pogon  ,  (  A.  hirtus  All.  W.  —  J.  angustifoHiun  Smitli ,  prodr. 
Fl.  gr.  A.  Ischcemum  L.  Les  redacteurs  pensent  que  le  nom  spoci- 
fique  Ischcemum  de  Linne  dolt  etre  conserve,  M.  Smilli  ne  I'ayant 
change  que  parce  qu'il  a  suppose  que  YA.  Ischcemum  I.  etait  X A. 
/>>/oi7«c/V//e  Lam.)  Heteropogon ,  Apluda,  Sorghum. 

VIII.  Gramina  oryzea  :  Oryza. 

IX.  Gramina  olyrea  :  Zea. 

Le  tableau  presente  environ  i5o  especes,  dont  -ili  nouvcUes. 
C'est  un  travail  utile  sans  doute,  et  il  serait  a  desirer  que 
les  principales  families  des  flores  specialcs  fussent  examinees 
avec  le  meme  soin.  Wous  regrettons  seulement  que  M.  Presl  n'ait 
pas  nomme  les  auteurs  des  genres,  et  qu'il  n'ait  pas  indiqne  avec 
plus  d'exactitude  les  auteurs  des  especes.  Par  excmple,  plusieur^ 
especes,  decrites  et  dcterminces  par  Linne,  ne  portent  pas 
meme  son  nom.  D — u. 

1 33.      MONOGRAPHIE      DE      LA      FAMILLE      KES     ElvEAGNEKS  ,     par 

M.  Achille  Richard.  {Mem.  de  la  Soc.  d'Hist.  Nat.  de  Paris, 

t.  i".,p.375.) 

Sous  le  nom  d'Elaeagnees  M.  de  Jussieu  avait  forme  une 
famille  que  cet  lllustre  botaniste  et  M.  Robert  Brown  speciale- 
ment  ont  depuis  divisee  en  plusieurs  ordres  distincls.  II  rcsulte 
du  travail  de  M.  Richard  que  de  tous  les  genres  rapportes 
d'abord  aux  Elaeagnees,  on  ne  doit  laisser  dans  cet  ordre  na- 
turel  que  ceux  qui,  ayant  I'ovaire  supere ,  presentent  un  seul 
ovule  ascendant,  un  embryon  egalement  dresse,  place  au  centre 
d'un  cndosperme  charnu  tres-mince  et  enfin  dont  le  fruit  est  in- 
dehiscent,  sec,  membraneux  et  recouvert  iminediatement  par  le 
tube  du  calice  qui  devienl  charnu.  Ces  genres  sont  YElaagmis 
et  XHippophav,  auxquelsil  faut  ajouter  les  deux  genres  nouveaux 
Shepherdin  et  Conuleum. 

Des  autres  geiues  d'abord  places  dans  les  Elseagnees  ct  qui  s'eii 
distinguent  surtout  par  leur  ovaire  infere,  les  uns  ayant  I'ovaire 
uniloculaire,  contenant  de  trois  a  cinq  ovules  attaches  au  som- 
nict  d'un  placenta  central,  et  I'cmbryon  rcnversc  au  centre  d'un 


i  7  2  Botaniqne. 

cndosi)prme  cTiarnu  ,  forment  la  nouvclle  fnmille  des  Santatacees 
de  R.  Brown:  lels  sont  les  genres  Thcsiuin,  Leptomeria ,  Oxyns,. 
Chorctrum,  Fusnnus.  Exocarpus  el  le  santaluin  d'abord  j)lace  dans 
les  Onngraires,  etc. 

Les  autres  ,  dont  les  ovules  pendent  immcdiatement  du  soni- 
met  de  la  loge,  sans  placenta  central  >  dont  I'cmbryon  est  ren- 
verse  et  sans  endosperme,  constituent,  avec  quelques  genres  mu- 
nis d'une  coroile  et  classes  par  M.dcJussieu  parmi  Ics  onagraires, 
le  nouvel  ordre  naturel  que  M.  Brown  propose  de  nominer 
Combrclacees,  danslequel  vient  se  fondre  celui  que  M.  de  Jussieu 
avait  anterieurement  appele  Mirobalanees;  tels  sont  les  genres 
Biicida,  Tenninalia,  Paincea,  Cornbrcturn,  Conocarpus,  Cacouciii, 
Laguncularla  ,  Chunclioa  et  Tanibuca. 

M.  Richard   caracterise  ainsi,  d'une  manlcre  abrcgee  ,  la  fa- 
niille  des  Ela?agnces  et  les  quatre  genres  qui  la  composeiit  : 
Elsagne.i:. 

Flares  dio'ici,  rnriits hcrinnphrodUi :  masculi  subamenlifonncs  , 
'i-l\-%-andri ;  starninibus  inttorsis,  iubsessilibus  ,  bilncularibus  : 
fcvininci  in  a.rillis  Jolioruni  aut  apice  rainuloruin  varie  disposili  ; 
calyx  tubidosus  limbo  crccto  nut  piano  y  intcgro  aut  q.-1\  fido  ; 
discus  faucein  ohturans  aut  nullus  ;  ovarium  e  fundo  calycis  as- 
surgens  nee  cum  illo  coalilum,  i-loculare ,  i-ovulatum ,  ovulo  as- 
ccndenti  subpedicellato  ;  stylus  brevissiinus ,  stigma  linguiformc , 
subulatum.  Nux  calyce  haccato  et  akenio  Crustacea  constans. 
Semen  erectum ;  endospei-mium  carnosum ,  tenue  ;  embryo  intra- 
rius ,  homotropus. 

Arbores  aut  arbuscuhc  foliis  alternis  aut  oppositis ,  integris, 
cxsiipulatis. 

A.  Flores  herniaphroditi. 

Kl/ea<;nus  L.  Juss. 
Calycis  tubus  gracilis  ,  limbo  campanulato ,  t^-^t  fidn,  ivquali  ; 
discus  annularis  aut  bijidus  ;  stamina  4-5.  ISux  calyce  bnccato, 
intits  osseo  et  akenio  constans. 

B.  Flores  dioici. 
HippoPHAK  Null.  Rich. 

Flores  masculi,  amentiforines  !\-andri:  fcvminei  tn  a.villi.\ 
folioruin  solilarii ;  calyx  tubulosus  apice,  bijidus,  clauuis  ;  discus 
nullus  ;  fructus  calyce  baccato  et  akenio  constans. 

]»i  boule  cspccc  de  ce  geiiic  ot  V Hip/jopfiur  r/ia/n/ioidrs  L. 


Bolanique.  ij3 

Shephrrdia  Nutt.  Rich. 

I^lores mnsculi amentifonnes ^  andri : fccminei (xp'u e ramnlornin 

incemosi;  mlycis  limbo  piano,  regiiUiri,  t^-partilo  ;  discus  glan- 

tlulis  8  constans  fnucein  calyci^  obturnntibus.  Fntctus  hippophaes. 

A  ce  genre  se  rapportent  V Hippophaii  canadensis  L.  et  Hippo- 

phae  ai-gentea  de  Pursh. 

CONULEXJM    Rich. 

Flores  masculiignoti  :  fceminei  in  cucilhs  foliorum  racemosi  ; 
cnljcis  limbo  conico,  integro,  opice  perforato,circumcisse  deciduo; 
disco  conico ,  apice perforata. 

Ce  genre  se  compose  d'une  senle  espece  qui  est  un  arbustc 
originaire  des  furets  de  la  Guyane. 

L'auteur  decrit  avee  soin  tontes  ccs  especes.  Sou  niemnire  est 
terminc  par  une  monographie  abregee  de  toutes  les  especes  qui 
forment  la  famille  des  Elaeagnees  el  par  deux  planch^s  analyti- 
qucs  represenlanl  les  caracteres  des  quatre  genres  qui  compo- 
sent  ce  groupe  natiirel.  C...N. 

J  34.     OSSERVAZIONI     SOPRA     I    CENERI     PhaSEOLUS    ET    DOLICHOS. 

Observations  sur  les  genres  Phaseolus  et  Dolichos,  W.  me- 
moire ,  par  le  D"".  Gaktano  Savi  ,  prof,  de  botanique  a  I'U- 
niversite  de  Pise.  (  Nov.  Giorn.  de'  lett. ,  n**.  XIII,  p.  9?.) 

Dans  un  nuincro  precedent,  nous  avons  donne  un  extrait  de 
la  i'^  partie  du  travail  de  M.  Savi  sur  les  genres  Phaseolus  et 
Dolichos,  et  nous  avons  commence  I'exposition  soramaire  de  la 
monographic,  par  la  i""^.  section  des  Phaseolus.  11  faut  ajouter  ix 
celle-ci  une  nouvelle  espece  que  l'auteur  caracterise  ainsi : 

Ph.  abyssinicus  Savi:  caule flexuoso ;  leguminibns  hirlis,sub- 
torulosis ;rostroobtusiusculo,  subincun'n;semine  cylindrico,  trun- 
catojerrugineo- opaco,  rninutissime  exaspernto,  diedaleo  ;  areold 
m<uginatd;  glanduld  basilari,  obcordatd,  sulcata.  Celte  plante 
est  fort  semblable  au  Ph.  mango,  dont  elle  ne  s'eloigne  que  par 
de  Icgeres  differences  dans  le  fruit  et  la  graine. 

Le  seconde  section  du  genre  Phaseolus  se  compose  des  es- 
peces qui  ont  Icurs  fleurs  reunies  en  Icte,  la  carene  mutique,  en 
forme  de  faux ,  et  dirigee  a  droite.  Voici  leurs  phrases  car'ac- 
teristiques. 

Ph.  angulosus  Ortega  :  caule  volubili;  leguminibus  subpen- 
dulis,  tcretibus,  rectiusculis,  glabris ;  rostro  acuminalo ;  seinine 


1 74  Botanique. 

ohlongo,  suhtetragono,piceo;  areola  lineari  marginattl;  glaiiduld 
basilari,  ohconlatd , sulcatd  (Savi).  C'est  line  planteannnelle  qui 
croit  spontancment  dans  rAmerique  septentrionale.  Ph.  fari- 
nosus  Linn.  :  canlc  volubili ;  leguminihtis subpendulis,  torulo.w-te- 
retihiia ,  rectiusculis ,  glabris  ;  rostro  acurnlnato  ;  scmine  ohlongo, 
suhtetragono  ,  lepidoto  ;  areola  lanceolato  -  lineari  marginatd  , 
glanduld  basilari,  compressd,  5«/c«f«  (Savi).CettepIante  annuelle 
est  indigene  des  Indes  orient  ales. 

La  plus  grande  ressemblance  de  port,  de  feuilles  et  d'inflo- 
rescence,  existe  entre  ces  deux  plantes;  et  si  Tauteur  n'avait  pas 
observe  des  differences  tranch<^es  dans  leurs  graines ,  il  est  don- 
teux  qu'il  se  ful  resolu  a  en  faire  deux  especes  distinctes.  C'est 
aux  botanistcs  classificateurs  a  apprccier  la  validite  de  ce  ca- 
ractere.  M.  Savi  observe  que  I'une  et  I'autre  ont  une  grande 
disposition  a  varier  dans  leur  feuillage. 

La  3^,  section  est  caracterisee  par  ses  fleurs  disposees  en 
epis,  sa  carene  mutique  en  liaraecon  et  tournee  a  droite.  EUe  ne 
renferme  que  I'espece  suivante : 

Ph.  semi-erectas  Linn. :  caule  demiim  volubili ;legurninibus sub- 
patentibus,  rectis,  subulato-compressis;  rostro  acuminato  ;  seminc 
ohlongo,  obtuso,  suhrenifonni ;  glanduld  basi/ari,  bilohd  [SaVi). 
Cette  plante  tres-bien  decrite  et  figuree  i)ar  .Tacquin  {  Collectan. 
1,  p.  i34;  Icon,  rarior.,  v.  3,  tab.  558),  est  annuelle  et  indi- 
gene de  I'Amerique  meridionale.  M.  .Savi  en  mentionne  unc 
nouvelie  variete  qu'il  avail  recue  sous  le  nom  de  Ph.  radiatus , 
dont  les  feuilles  sont  plus  etroites  et  les  fleurs  plus  grandes. 
Elle  pourrait  etre  cultivee  comme  plante  d'orneraent ,  en  raison 
de  la  beaute  deses  fleurs,  qui  durent  jusqu'a  la  fin  de  I'autorune. 

G.,..N. 

i35.  Description  d'un  rouveau  genre  de  Narcissees,  voisin 
du  genre  Ajax  de  Salisbury;  par  A.  H.  Haworth.  [Philos. 
Magaz.,  dec.  i823,  p.  44o. ) 

Ce  genre  dont  nous  avons  annonce,  dans  I'avant-dernier  nu- 
mero  de  ce  Bulletin,  I'etablissement,  et  qui  a  recii  de  son  au- 
teur  le  nom  de  Diomcdes,  est  ainsi  caracterisc  :  Corolla  liinho- 
hcxapetalo-partila  ,  tubo  clavatirn  cylindraceo  ,  valido  ,  corona 
mediocri  poculiforini,  petala  semi-a'quanti ;  genitalia  recta,  fila- 
menta  suhcequalia  ,  tubo  semi plusve  dcorsiim  connata  ;  anthercc 
cxigiice ,  lineares,  erectee.  Ayant  deja  cmis  une  opinion  sur  la 


Botanique.  lyS 

confusion  qui  pourrait  resulter  de  radoption  du  nom  propose,  a 
cause  de  sa  consonance  avec  d'autrcs  iioms  generiques  usites 
en  histoire'  naturelle ,  nous  n'y  reviendrons  pas ;  nous  nous 
bornerons  a  indiquer,  d'apres  I'auteur,  les  affinites  de  ce  nou- 
veau  genre  avec  les  genres  Ajax  et  Queltia  de  Salisbury;  il  dif- 
fere  du  i**^.  par  I'insertion  des  filets,  ainsi  que  par  la  forme  du 
lube  et  de  la  couronne;  et  du  second  par  son  tube,  son  style 
et  sa  couronne.  II  a  ete  forme  aux  depens  du  genre  Narcissus 
de  Linue,  sur  2  plantes  que  Parkinson  avait  figurees  avec  des 
phrases  descriptives  {^Paradis.  78,  t.  3,  et  /j),  et  qui  sont  ori- 
ginaires  des  Pyrenees.  Voici  les  caracteres  essentiels  de  ces 
deux  especes : 

Diomedes  minor  Hav?.:  filamentis  tribus  apice  solum  liberis, 
stylo  corona  breviore. 

D.  major  Haw. :  corollce  laciniis  oris  reflexis ,  filamentis  plus- 
quam  semiliberis ,  stylo  coronam  cequante.  Suivent  les  descrip- 
tions detaillees  de  ces  deux  plantes.  G....N. 

i36.  Sur  le  nard  inhique,  par  Sprencel.  (Stoltze,  Berlin.Jahr- 
biich.,  annce  24  j  i"^*^-  part. ,  pag.  5,  16. ) 

Anderson,  chirurgien  anglais  a  Madras,  a  montre  que  Ic 
terme  nar  etait  employe  par  les  Tamouls  pour  exprimer  une  ra- 
cine  odorante;  de  la  est  venu  le  terme  nard  chez  les  Grecs. 
Will.  Jones  apprit  que  le  nard  indique  se  trouvait  dans  le  Ne- 
paul  et  le  Boutan,  sous  le  nom  de  jatarnansi,  ou  plus  genera- 
lement  celui  de  sumbulkindi,  et  qu'il  etait  la  racine  dune  Va- 
leriane  ,  la  Faleriana  jatamensis ,  Jones.  Telle  est  sans  doute 
celle  que  designe  Dioscoride  sous  le  nom  de  Gangitis ,  et  Pline 
sous  celui  d'Ozoenitis. 

Uandropogon  nardus  de  Linne  est  une  autre  plante  de  la  fa- 
miile  des  Graminees,  ou  le  spicanard. 

Quant  aux  nards  d'Europe,  ils  resultent  pareillement  de  plu- 
sieurs  especes  de  videriane;  on  en  distingue  de  deux  especes; 
celui  dit  opstvTi  ,  nard  de  montagne ,  et  le  vA-iyri  de  Diosco- 
ride, ou  nard  celtique,  faux  nard  ■jo.ijSi-m  ;  on  rapporte  celui- 
ci  a  la  Faleriana  celtica  L.;  mais  il  est  plus  vraisemblable  que 
Dioscoride  parlait  de  la  racine  de  Faleriana  saliunca ,  de  Jac- 
quin  et  autres. 

Le  nard  de  montagne  est  rapporte  a  la  racine  de  Faleriana  tu- 
hcrosa  \u,  qui  se  trouve  sur  le   mont  Cenis  et  d'autres  monta- 


17G  Botdn'mue. 

gnes  ,  soil  (I'ltalie  coinme  les  Aponiiins,  soil  ile  Ilongrie,  (^Uv 

J.  J.  \. 

137.  Die  DEiiTSCHFN  Rbombef.rstrauchf..  Rilhi  gerinaniri.  T.cs 
Ronces  allemandes,  decritcs  et  representees  par  les  1)"^'.  A. 
Weihe  et  Ch.  G.  Nees  von  Esenreek.  Bonn;  1822.  In-fol., 
rah.  I  el  2. 

Willdenow  faisait  souvenl  rciiiarqnei'  a  ses  elcves  la  grande 
variete  des  ronces  rcpandues  siir  le  sol  d'Allcniagne,  et  expri- 
mait  le  voeu  que  Ton  s'occupat  a  en  Lien  distinguer  les  diverses 
cspeces  ,  qui  devaient  avoir  ete  souvent  confondues.  Les  deux 
savans  autenrs  de  I'ouvrage  annonce  se  sont  occujjes  de  celte 
niatiere,  et  onl  laclie  de  fournir  des  niateriaux  pour  la  mono- 
grapliie  des  Rubiis.  lis  avouent  que  pliisicui's  raisons  qu'ijs  de- 
taillcnt  rendent  la  distinction  entrc  les  diverses  especes  diffuiles. 
A  la  fin  de  I'inlroduction  ils  out  rasseniblo  les  nonis  que  le  Riihiis 
a  recu  des  anclens  et  des  modernes,  ainsi  que  les  delinilioiis 
donnces  par  les  auteurs  de  I'antitiuite. 

Voici  les  especes  qui  sont  decriles  et  figur<5es  dans  la  i*^*".  li- 
vraison  :  Riibus plicatus ,  fastigiatus,  affinis  (4  variotcs),  nitidiis, 
ron/ifolius ,  rhainnifolius ,  fruticoxus ,  el  tomentosiis  Borckb.  l,c 
texte  est  en  allemand  et  en  latin,  et  contient  une  synonymic  tres- 
amplc  de  ces  especes  et  varictes. 

138.  ROSARUM       MONOGRAPHIA  ,      OR     A     BOTANICAL     HISTORY     OF 

ROSES.  Monographic  des  roses  ,  on  histoire  bolanique  des 
roses;  par  J.  Lindlet,  esq.;  avec  un  appendice  pour  I'usagc 
<les  cultivateurs,  oil  les  plus  remarquables  varictes  des  jardins 
soul  systematiquemenl  di.'.posees,  avec  19  pi.,  dont  18  lie-;- 
bien  col.  i  vol.  roy.  in-8.  Prix,  i  c.  1  s.  liOndres ;  182/1  ; 
J.  Ridgvvay. 

189.  Degas  plantarum  Mycetoidearum  quas  in  itinrre  bra.si- 
liensi  observavit  C.  B.  A.  Marth:s.  Cum  tab.  sen.  inc.  [Nov.  act. 
Jc(i(L  Loop.  Cffs.  not.  cur.,  T.  X,  p.  5o3.) 

Sur  les  10  planles  decriles  el  bien  figurees  dans  ce  memoire, 
9  apparticnnent  a  la  faniilie  des  Mucedinecs  ct  a  la  section  drs 
Mucors,  c'est-a-dire  a  ces  champignons  filamenteux  dont  les  fi- 
lauiens  ,  presquc  simples  ,  se  renflcnt  a  Icur  extremile  en  une  vc- 
sicule  qui  renfermc  lessporulcs.  Trois  especes  apparticnnent  au 
vrai  genre  Mucor,  qui,  d'apres  Martius,  nc  doit  rciifermcr  que 


BotaiiUjiie.  \nn 

los  <»sp(-ccs  dnnt  les  filamens  sont  simples  et  nns.  II  donrio  a  cos 
especps  les  noms  de  Mucor  cyanocephalus,  M.  arcuattisel  M.  au- 
reus. Qiiatre  anires  especes  forment  uti  nouveaii  genre  auquel 
M.  Martins  donne  le  nom  de  Thelactis.  Ce  genre  ne  differe 
du  precedent  que  par  les  filamens  snpportant  les  vesicules  qui 
presentent  un  on  jjlnsieiirs  verticilles  de  filamens  simples,  phis 
minces  et  terniines  parune  fres-petite  vesicule.  Ces  pelits  cham- 
pignons, tres-elegans  et  voisins  du  genre  Tkamnidium^Ae  Link, 
croissent  au  Uresil  sur  les  plantes  en  putrefaction. 

Uneantre  plante  du  meme  gronpe ,  decrite  dans  ce  memoi- 
re,  se  rapporte  au  genre  Didymncrater  etabli  par  le  nieme  an- 
tenr  dans  sa  Flora  cijptogninira  Erla/}^ensis ,  lequel  a  ])rofite  de 
cette  occasion  ponr  faire  figurer  et  donner  une  nouvelle  des 
cription  de  I'espece  europeenne  qui  sert  de  type  a  ce  genre. 

M.  Martins  derrit,  sous  le  nom  de  Diamphora ,  un  autre 
genre  nouveau  de  cette  meme  tribu,  tres-voisine  du  Didjmocrn- 
ter,  dont  il  ne  differe  qu'en  ce  que  les  vesicules,  en  forme  d'ur- 
ne  operculee ,  qui  terminent  les  filamens  ,  au  lieu  d'etre  geminees 
et  sessiles  a  leurs  extremites  ,  sont  portees  sur  deux  filamens  di- 
stincts  qui  forment;  inie  bifurcation  a  I'extremite  du  filament 
principal. 

Le  dernier  genre  dticrit  dans  cette  decade  porle  lo  nom  de 
Cirrolus ;  il  appartient  a  la  famille  des  Lycoperdacees.  C'est  un 
tres-petit  champignon  dont  le  peridium  est  simple  et  renferme 
une  columelle  tordue  en  spirale  qui  se  developpe  avec  elas- 
ticite  apres  la  rupture  du  peridium  et  qui  est  converte  de  spo- 
rules.  II  croit  au  Bresil  sur  les  bois  morts  Ad.  B. 

i/io.  Rapport  sur  les  plantes  rares  ou  nouvelles  qui  ont  fieuri 
dans  le  jatdin  botanique  de  Geneve,  pendant  les  annees  1819, 
i8'2o  et  1821;  par  M.  Decandolle.  In-/,,  de  33  p.  Geneve; 
Paschoud  ;  iSaS. 

Ces  plantes  sont  au  nombre  de  20.  Nous  donnerons  les  carac- 
teres  des  plus  remarquables ,  et  nous  offrirons  un  extrait  des 
princlpaux  developpemens  que  quelques-unes  ont  fournis  a 
M.  Decandolle. 

Clematis  pan'l/lora.  Dec. 

Jquilegia  atropurpurea  W.  ;  dont  YA.  brevl  tyln  W.,  \A 
dahurica  (Pair.  Deless.  ic.  sel. ) ,  conserve  comme  especc  dans  le* 


B.  Tome  IL 


12 


lyS  Botanicjuc. 

Sjst.  de  Decandolle,  et  XA.fscheruma  [J.  atropurpurea  ,Y\&c\\), 
lie  sont  qne  des  vari^tes. 

Pnssiflora  ligularis  Juss.  Ann.  miis.  6.  40.  Qiielques  details 
sur  cette  plantc  sont  suivis  d'une  noiivellc  division  dii  <i;enre  Pas- 
siflora  en  7  sections,  fondees  sur  ia  presence  011  ['absence  des 
vrilles,  I'absence  ou  la  grandeur  de  I'involucre,  le  noinbre  des 
lobes  du  calice,  etc.,  Astrophea,  Pnlynnihca,  Tetrapathea ,  Cie- 
ea  ,  Decaloba,  Granadilla  (section  dii  P.  ligularis),  Dysosmia. 

Cerasdmn  Biebersteinii  Dec;  repens  Bieb.  Fl.  t.,  different 
dn  repens  ,  voisin  du  tomentosum. 

Lavatcra  subocata,  Dec.  L'auteur  elabllt,  pour  le  genre  La~ 
i'atera,'i  sections  designees  par  Irs  noms  de  Olbia :  receptacle  da 
fruit  conique  ,  vertical  et  saillant.  Axolopha :  rec.  tronque  et 
])onssant  lateralement  des  cretes  verticales,  etc.  Anthcma  :  rec- 
ni  saillant  ni  charge  de  crates. 

Prrii<tern  punicea  DC 

Geraniuin  vlassovianum ,  longipes. 

Pelargonium  nobile  ,  P.  J atrophcp folium  DC. 

Bodonaza  dioica  Roxb.  M.  Decandolie  discute  la  synonymic  de 
quelques  especes  de  ce  genre,  principalement  des  D.  viscosa  y 
angustifolla  (nora  donne  par  qnelques  auteurs  a  6  especes  bien 
distincles),  et  dioica. 

Nemopanthes:  Flores  abortu  dioici  polygamive ;  cat.  minimus 
via:  conspicuus  ;  pet.  5  distincta,  oblongo-linearia,  decidua  ;  stam. 
5  pet  alls  aherna;  ovar.  hcmisphcer. ,  succo  viscose  obductum ; 
stylus  o;  stigmata  3-4  sessilia,  in  masculis  vix  manifesta;  Dac- 
ca suhglobosa  "^-It-locularis ,  'i-lfSperma, 

N.  canadensis  Dec.  llrx  Mick.  F). 

Sempervivum  cKspitosum  Cbrist.  Sm.  Ce  nom  specifique  ayant 
ete  donne  par  Cli.  Smith  lui-nume  a  ectle  plante,  qu'il  avait  de- 
couverte  dans  la  grande  Canarie  ,  et  adople  par  M.  de  Buch  dans 
sa  liste  des  plantes  des  Canaries, pub! iee  d'aprcs  Smith,  doit  ^tre 
prcfere  aux  ciliatum  W.  et  Simsii  Sweet.  M.  Decandolie  en 
recut  en  f^vrier  1816,  un  echantillon  cueilli  dans  I'ete  de 
181 5.  Au  bout  d'un  an  de  sejourdans  son  herbier,  ayant  encore 
de  la  vie,  il  fut  mis  en  terre,  y  vegeta,  et  c'est  de  lui  que  pro- 
viennent  tous  les  pieds  qui  sont  a  Geneve. 

Stacliys  tcnuifolia,  Fisch.  Cat.  de  Gorenki. 
.     Stachys  prostrata ,  provenant  de  graines  envoyees  sous  ce  nom 
par  Lagasca. 


Botanique.  i  yg 

Stachys  spectabilis  Choisy,  provenant  de  graines  envoyes  par 
M.  Fischer,  sous  le  nom  de  S.  germanicce  ajfinis. 

Mentha blamla,^Toyex\im\-Ae  graines  envoyees  par  M.  Wallich 
sous  ce  nom  ,  que  M.  Decandolle  crolt  devoir  substituer  a  celui 
de  inicranthn  qu'il  avait  donne  precedemment  a  cetle  piante. 

Veronica  camea,  DC,  ayant  des  rapports  avec  les  V.arguta 
et  media. 

Ricimts  Icevis ,  DC. 

Iris  spathulata  Sweet,  spuria  Curt.,  Bot.  mag. 

Espcrons  que  M.  Decandolle  conlinuera  de  nous  faire  part 
des  richesses  de  son  jardin,  ainsi  que  des  observations  qu'elles 
lui  auront  donne  ocasion  de  faire.  .  D-u. 

i4i.  Projet  d'une  Flore  physico-geographique  de  la  vallee  du 
L^man;  par  M.  Decandoile.  Brocb.  de  16  p.  in-8.  Geneve; 
1821  ;  Paschoud. 

Cflle  petite  brochure  commence  par  des  considerations  snr 
la  composition  des  flores  locales  et  sur  celle  du  Leman  en  par- 
ticulicr.  Si  Ton  peut  admettre  des  limites  artificielles  pour  Ics 
flores  generales,  il  n'en  est  pas  de  meme  des  flores  locales  qui 
doivent  reconnailre  des  limites  nalurelles;  «  les  bassins   formes 

»  par  les  depressions  du  terrain sont  les  meilleures  divisions 

M  qu'on  pulsse  suivre  dans  ce  cas.  « 

Quant  aux  grands  bassins,  par  exemple  ceux  de  la  Loire  ou 
du  Rhone,  on  doit  les  subdiviser  en  prenant  soit  des  bassins  se- 
toiidaires  ou  Icrtiaircs,  soit  des  points  ou  le  bassin  se  resserre 
par  le  rapprochement  des  montagnes.  Ainsi  le  cours  du  Rhone 
offre  cinq  divisions  principals.  Pour  les  plaines,  on  peut  se  con- 
former  a  la  nature  du  terrain;  par  exemple  VOasis  grcnitique 
du  Morvant ,  au  milieu  de  pays  calcaires,  ferait  une  bonne  divi- 
sion. Le  florisfe,  apres  avoir  iixe  les  hmiles  de  la  flore,  doit 
i^tudier  la  gt'ographie  physique  de  ses  divisions  d.ms  toutes  les 
branches  liees  avec  la  vegetation.  Ce  n'est  qu'apres  ces  prclimi- 
naires  qu'il  commcncera  le  travail  de  la  flore  proprement  dite. 

Aucun  pays  ne  reunit  autant  de  circonstances  favorables  pour 
un  pareil  travail  que  la  vallee  du  Iceman  ;  nul  autre  ne  presen- 
taiit  autant  de  variations  soil  dans  Ifs  expositions  et  les  hauteurs 
soil  dans  la   comjiosition    mineralo^ique  du  sol,  et  n'aynnt  etc 


i8o  Botaiiitjnc. 

autant  observe  sous  ces  dif'f'erens  rapports.  Oulrc  cela,  riiistrnc- 
tion  y  est  si  gi'iieraleincDt  n'-pandue,  que  M.  Docamiolle  a  pii 
trouver  pres(]ue  dans  chacpie  coinuuine  un  colLiboialciir  qui  se 
sera  charge  de  la  flore  particuliere  ile  son  ])etit  caalon.  L'her- 
bier  qui  resuhera  de  toutes  ces  collections  sera  depose  dans  le 
rausee  de  Geneve,  oil  il  servira  ile  type.  MM.  Soret  et  Necker 
foiirniront  ies  observations  relalives  a  la  physique  et  a  la  minera- 
logie. 

Enfin,  line  des  principales  garanties  de  la  superiorite  de  ce 
travail  sur  tout  ce  que  nous  connaissons  d;ins  ce  genre  est  le 
nom  de  celui  qui  le  dirige.  M.  Decandollepensait,  en  1821 ,  que 
tous  Ies  renseignemens  nucessaires  pourraient  etre  reoueillis  au 
bout  de  2  a  3  ans.  Nous  devons  done  esperer  jouir  tres-prochai- 
nement  de  la  Fiore  du  Leman.  D-u. 

i/(2.  Statistique    do    departkment    des    Bouchks-du-Rh6ne 
t.  1,  Partie  botanique,pv  571 — 722.  Marseille;  1821. 

Celte  partie  du  superbe  et  utile  ouvrage  qu'on  doit  aux  soins 
eclaires  de  I'administration   du  departement   des   Bouches-du- 
Rhone,  ainsi  qu'aux  travaux  et  aux  lumieres  des  savans  charges 
de  sa  redaction,  n'est  point  une   nomenclature   aride,    mais  ui> 
tableau  fort  interessant  des  vegetaux  de  ce  departement,  consi- 
deres  sous  le  rapport  de  la  vegetation  et  sous  celui  de  ieur  iiti- 
lite.  II  est  <livise  en  4  paragraphes  : 
1°.  Vegetation  naturelle  ; 
2°.  Vegetation  artificieUe  ; 
S".  Usages  et proprietes  des  plantcs  t 
4°.  Tableau  general  des  especes  vegetalcs. 
1".  Vegetation  naturelle.  L'aspect  du  dt'pariement  pourrail , 
au  premier  abord,  donner  une  idee  defavorabie  de  sa  vegetation  ; 
mais  lorsqu'on  le   parcourl  en  detail ,    on  y  decouvre  de  nom- 
breuses  richesses,    ce  qui  est  du  ,  surtout  dans  Ies  regions  raon- 
tagneuses  ,  a   la  grande  variete  de  positions  et  de  hauteurs,  a  la 
chaleur  du  cllmat ,  enfin  ;\  I'influence  exercee  par  TApennin,  Ics 
Alpes  et  Ies  Pyrenees ,  qui  formcnt  autour  de  ce  pays  une  espece 
de  ceinture. 

Le  1*"".  paragraplie ,  comi)renant  la  botanique  dans  le  sens 
rest-reint ,  se  divise  en  3  parties  :  vegetation  des  montagnes  et  des 
vallees  ;   vegetation  des  bassins  et  des  plaines ;  vegetation  des 


i 


Botnnique.  i8i 

bonis  de  lamer.  Celtc  division  fort  rnisonnable  elait  cominandee 
par  r<5tat  actuel  de  la  science.  La  i"^".  partle  estdi\isee  en  5  her- 
borisations;  la  2".  en  ^  ;  la  3".  en  5.  Nons  ne  suivrons  pas  les  au- 
teurs  dans  ces  details,  qui  offrent  iin  grand  inleret  pour  les  na- 
liiralistes  du  pays;  nous  exjjriinprons  senloment  le  regret  que 
les  habitations  respectives  des  plantes  des  valices  et  de  celles 
des  montagnes  ,  sous  le  rapport  de  la  hauteur  et  de  Texposition, 
ne  soient  pas  toiijours  indiquees  d'une  maniere  assez  tranchee. 

M.  Toulovizan  ,  dont  le  zele  et  les  connaissances  variees  ont 
tant  contribiic  au  succes  dn  present  volume,  et  a  (jui  les  suivans 
auiont  anssi  de  nondireuses  obligations,  s'est  assure  qii'il  y  a  une 
difference  sensible  dans  le  port  des  cryptogames,  selon  la  nature 
calcaire  ou  volcanique  des  roches  sur  lesquelles  elles  croissent. 
Palisot  deBeauvois,  a  qui  i!  avait  communique  des  echantillons  de 
lichens,  /noussps  ,  etc.  ,  recueillis  sur  les  deux  roches,  partageait 
son  opinion.  II  est  fort  a  desirer  que  le  travail  commence  par 
ce  dejnler  sur  un  sujet  aussi  important,  soit  continue  par 
M.  Toulouzan  ,  et  appuye  d'observations  faltes  dans  les  princi- 
I)ales  monlat;nes  d'Europe  et  des  autres  parties  du  monde.  On 
sail  que  piusieurs  botanistes  eelebres,  entre  autres  M.  de  Can- 
dolie  ,  ne  reconnaissent  ancune  difference  de  ce  genre  parmi  les 
jdianerogames. 

I-a  vegetation  du  bassin  de  Marseille  merile  une  attention 
particuliere.  Elleoffre,  dans  I'espacie  de  quelques  lieues,  la  reu- 
nion de  tontes  les  plantes  de  la  France  meridionale,  I'olivicr,  le 
figuier  ,  le  pistachier  et  le  caprier  ,  importes  par  les  Plioceens, 
enfin  quelques  groupes  des  pinus  pinea  et  nlepc/nis ,  qui  sont 
jiresque  les  seiils  restes  des  forets  qui  couvraient  le  territoire  de 
Marseille  du  tenqis  de  Cesar. 

2".  TY-gctation  artifiriclle.  La  culture  des  plantes  exotiques 
parait  etre  plus  avancee  et  plus  repandue  a  Marseille  et  dans  les 
environs  que  dans  le  reste  de  la  France.  Cela  provient  de  la 
grande  quantitc  de  jardins  botaniques  et  d'etablissemens  purti- 
cnllers  d'horticulture  qui  existent  dans  le  departement.  I^es  pro- 
gres  dans  ce  genre  sont  meme  tels  que  la  vegetation  a  change 
d'aspect ,  et  que  le  platane ,  le  catalpa,  le  faux  acacia ,  des  erables 
et  peupliers  etrangers,  le  maronnier  d'Inde,  etc.,  ont  presque 
completement  remplacc  Torrae,  le  tilleul  el  les  aulrcs  arbres  in- 
digenes. 

3".  Usages ,  etc.  Les  differentes  families  sont  ici  passees  en  re- 


i82  Botanique. 

vue  selon  Torihe  de  la  Flore  frantiiise  (  a*,  edit.  ).  On  voit  avec 
regret  que  quelques  pLinles  tres-coiiiiiumes  de  ce  pays  iie  sont 
point  utilisees  conime  elles  pourraicnt  I'etre.  Ainsi  les  Calama- 
grostls  arundinacea  et  arcnaria ,  fouiniraient ,  comino  celui- 
ci  dans  la  Belgique,  un  excellent  moycn  pour  fixer  les  sables 
mouvans,  et  le  Croton  tinctorium,  fort  commun  en  Provence, 
serait  peut-^ire ,  comme  avant  la  revolution  ,  una  source  consi- 
derable de  richesses. 

A  la  fin  de  ce  paragraplie  se  trouve  un  tableau  general  des 
produits  naluieh  dcs  vcgetaux.  Yoir»  les,  articles  les  plus  rcmar- 
quables  :  les  champignons  produisent  uiie  valeur  de  18,000  fr. ; 
]es  simples,  comme  vu/rieni ires , purgati/s ,  etc.,  environ  10,000; 
les  huiles  essentielles ,  la  nieme  sonime;  les  cannes  (  tiges  du  ro- 
seau  cultive),  i5,ooo;  les  rosea ux  de  mara is  ,  servant  d'engrais 
pour  les  vignobles,  200,000;  les  tvrges  d'osier,  26,000  ;  W^sbaiais 
debruyere,  3o,ooo;  \aprete,  i  0,000,  etc. 

Le  cliapitre  de  la  botanique  se  termine  parune  listede  2,366 
plantes,  portant  les  nonis  latins  et  les  n»s.  de  la  Flqre  francaise , 
et  I'indicatiou  des  localites.  D-u. 

143.  The  English  Flora.  Flore  d'Angleterre  ;  par  sir  J.  E.  D. 
Smith,  vol.  I-II.  in-8°.  Londres,  1824. 

L'Angleterre  est  un  des  pays  les  »nieux  connus  sous  le  rapport 
de  la  botanique.  Si  elle  nc  coinpte  qu'un  tres-pet  it  nombre  de  Flores 
partielies,  aucune  autre  contrce,  excepte  TAlleinagne,  ne  possede 
autant  d'ouvragcsgencraux.  Lcplus  ancienparait  etre  le  Pbytolo- 
giabritannica  de  Hors ,  public  en  i65o,  et  conlenanl  deja  1260 
plantes.  Ce  nombre  fut  peu  augmentc  par  Merrctt ,  qui  con- 
sacra  aux  vegctaux  la  plus  grande  parlie  de  son  Pinax  rerum 
Naturalium  britannicarHin  {  1667).  Le  catalogue  et  surtout  le 
Synopsis  de  Ray  rendirent  ces  ouvrages  inuliles.  Le  dernier  , 
qui  a  ete  reimprime  deux  fois ,  est  toujours  consulto. 

Le  systeme  et  la  nomenclature  deLinne,  adoptes  seulement  en 
partie  dans  la  Flora  britannicn  de  Hill  (  i  760 ),  opererent ,  \n\r  les 
efforts  deplusieursbotanistes,  et  surtout  par  la  publication  de  la 
Flora  anglica  de  Hudson  (  17G2  ),  un  changeinont  total  »lans 
I'etude  de  la  botanique  en  Angleterre.  L'ouvrage  de  AVitliering  , 
qui  eut  trois  editions,  contribua  beaucoup  a  y  riipandre  Ic  gout 
decette  science.  Nous  ne  faisons  point  mention  de  cjuelqucsautrcs* 
d'une  nioindre  imporiaucc. 


Boianiqne.  1 83 

Mais  aucun  auteur  n'a,  sous  ce  rapport,  aussi  bien  merite 
de  son  pays  que  celui  du  present  ouvrage,  qui,  depuis  ])lus  de 
tretite  ans,  fait,  de  I'elude  des  vegetaux  d'Angleterre,  sa  princi- 
pale  occupation.  U English  Botany  et  la  Flora  britannica  sont  ju- 
ges  ;  ce  dernier  sera  toujours  cite  comme  un  modelc  du  genre. 

UEnglish  Flora  en  est  sans  doute  une  2**.  edition.  Egalement 
redigee  d'apres  le  systeme  de  Linne,  elle  offre  la  meme  distri- 
bution dans  les  details.  L'execution  est  semblable  ;  seulement  les 
descriptions  sont  en  general  beaucoup  ])lus  detaillees ,  surtout 
pour  ce  qui  regarde  la  fleur  et  le  fruit.  Mais  ce  qui  lui  assure 
un  avantage  incontestable  sur  la  Flora  britannica,  c'est  I'indi- 
cation  des  rapports  naturels.  On  y  trouve  meme  les  caracteres 
dequelques  families, par  exempledes  Cfperacees,  des  Graminees, 
des  Lenticulariees  ,  des  Solanecs  ,  des  Borraginees ,  des  OinbelU- 
feres.  Nous  donnerons  un  apercu  dece  qu'ilpeut  y  avoir  de  plus 
important  dans  V English  Flora. 

M.  Smith  pcnse,  conlre  I'opinion  de  M.  Brown,  dont  nean^ 
moins  le  travail  sur  les  calamaricehxi  a  ete  tres-ulile,  que  la  pre- 
sence ou  I'absence  des  poils  ne  doit  pas  etre  admise ,  dans  cette 
famille,  comme  caractere  generique;  il  I'emploie  seulement 
comme  caractere  specifique ,  par  exeniple  pour  distinguer  los 
Sci/pus  caricinus  et  ru/us.  Ces  poils  sont  pour  lui  une  espece 
d'appendice  de  la  grainc,  a  laquelle  ils  restent  attaches.  (  PP. 
XXII.  et  /,9  —  5o.  ) 

Les  caractere  des  Grarninees  sont  en  grande  partie  empruntes 
a  M.  Brown.  Le  Glyccria ,  applique  par  ce  dernier  au  Festuca 
(  Poa  )  Jluitam ,  se  trouve  augmente  ici  des  Poa  aqitatica  , 
distans  ,  inaritima,  rigid  a  ,  et  procunihens  Curt,  et  Fl.  Br.  M. 
Smith  serait  tente  d"y  joindre  les  P.  annua  ,  trivialis  etpralcmis, 
comme  ayant  aussi  les  stigmates  rameux  et  plumeux ,  caractere 
que  M.  Brown  regarde  comme  un  des  plus  imporlans.  Cette 
augmentation  du  genre  Gljceria  a  ete  faite  egalement  dans  la 
Flore  d'Allemagne  de  MM.  Mertens  et  Koch ,  qui  a  paru  I'an 
dernier.  —  Le  Triodia  decumbens  R.  Br.  est  adopte.  — Le  Cala- 
//irt^A-o^to  Roth,  est  rej ete  comme  fondo  sur  un  caractere  trop 
peu  important,  les  epillets  solitaires  ;  ct  les  especes  qui  le  com- 
posaient  sont,  comme  dans  les  Flores  de  Hooker  ct  de  Mer- 
tens et  Koch  ,  rendues  au  genre  Arundo. 

Les  Ombelliferes  out  ete  ,  pour  M.  Smith  ,  I'objet  d'un  travail 
particulier.  Les  differcns  auteurs  qui  s'cn  sont  occupes  ont  varie 


1 84  Botanique. 

dans  le  dcgre  d'importanccqu'ilontdonnca  qiielques  caiacteres. 
Cesalpin  separa  cettc  famille  si  natiirelle.  Morison  mit  le  fruit  en 
jjremiere  ligne ;  mais  il  admit ,  comme  caractere  genorique,  les 
I'euiilcs,  qui  ne  peuvent  offiir  que  des  caracJercs  specifiques. 
Rivin  se  borne  au  fruit,  sur  les  modifications  duquel  son  tablrau 
est  exclusivemcnt  fonde  :  metliode  iiisuffisante  sans  donte  ,  inais 
qui  atteste  le  bon  esprit  de  son  aulcur.  Arledi,  et,  apreslui,  Linne, 
domierent  une  grandc  valeur  a  riiivolucre  et  a  rinvoiucelle. 
Cranlz  ctablit  la  1'' .  division  sur  les  ailes  et  les  cotes  ou  les  stries 
des  graines  ,  sans  exclure  les  involucres  comme  caracteresdc  sec- 
tion. Cusson  revint  au  fruit ,  qu'il  analysa  avec  plus  de  soin  que 
ses  predecesseurs  ;  il  decrivil  le  periemhryuin  ( perisperme  J.  ), 
et  donna  beaucoup  de  valeur  a  la  forme  variee  de  ce  corps.  V.  le 
Memoire  de  M.  de  Jnssieu  ,  [Mem.  de  la  Soc.  dc  Med.  ])our 
1783.)  M.  de  Jnssieu  a  conserve  les  involncres  comme  cararteres 
secondaires.  M.  Sprengel  leur  rend  quelque  importance.  II  se- 
rait  trop  long  de  citer  Ions  les  botanisles  qui  se  sont  exerci's 
sur  ce  sujet.  Enfin  M.  Smith  exclut  I'involucre  ,  dans  I'cinploi 
duqnel  Linnc  s'est  niontre  ,  dit-il,  infidcle  a  ses  principcs  ,  et  il 
donne  comme  un  excellent  caractere  la  presence  ou  rabsencc 
du  renflement  du  receptacle  a  la  base  des  styles.  II  trouve  dans 
sa  melliode  I'avantage  de  maintenir  les  rapports  naturels  et  de 
conserver  la  plus  grande  parliecles  genres  de  Linne.Les  aulres, 
en  petit  nombre ,  sont  de  Tournefort,  Adanson  ,  Cusson  mss.  Le 
Cnidium  a  etc  etabli  par  ce  dernier.  L'auteur  n'a  point  forme 
de  sections. 

II  adopfe  la  separation  du  Juncits  en  deux  genres;  mais  le 
changemcnt  de  Luzula  en  Lucioln  [Lurriola  est  Ic  nom  cite  par 
Dodoens  comme  ayant  ete  donnc  a  YOphioglossiiin  ) ,  ne  nous 
parait  pas  suffisamment  motive,  le  noni  de  Luzula  parait  de- 
Toir  rester. 

Le  genre  Rosa  est  divise  d'apres  I'absence  ou  la  presence  des 
poils  glanduleux  ,  la  forme  des  aiguillons  et  la  reunion  ou  la 
separation  des  styles. 

Ces  deux  volumes  rcnferment  les  douze  premieres  classes  de 
Linne,  et  conticnnent  environ  780  espcccs,  c'est-a-dire  a  pen 
iires  80  de  plus  que  ces  memes  classes  dans  le  Flora  hritannira. 

II  nous  senible  qu'il  y  anrait  quelque  avantage  a  citer  les 
Flores  etrangeres  un  pen  plus  que  ne  le  fait  M.  Smith  et  que  ne 
le  font  en  general  les  auteurs  d'ouvrages  de  cc  genre.  (  On  sent 


Botanique.  1 85 

qu'il  n'est  ici  nullement  question  des  pl.intcs  Irs  ])Iub  comnumcs. ) 
Cliaqnc  Flore  offiiralt  ainsi  une  espcce  de  coinparaison  ,  qm-lquc 
defocturuse  qu'elle  soil,  dc  la  vigetalion  des  dilTcix^iilcs  contrees 
d'Europo. 

Nous  croyons  superflu  de])arler  des  descriptions deM.  Smith. 
On  salt  combien  cet  autcur  apporte  d'exaclitude  et  de  nettetc 
dans  ses  compositions.  L'ouvrage  est  ecrit  en  anglais,  comme 
celiii  de  Hooker.  Ce  hiit  est  iouahlc  ;  nous  pensons  toulefols  que 
Ics  jilirases  specifiques  auraient  da  etre  donnees  en  latin  ,  ce  qui, 
sans  empecher  celte  Flore  d'etre  nationalc  ,  Tnurait  mise  a  la 
porteed'un  plus  grand  nombrc  d'etrangers. 

Nous  avons  remarque  avec  plaisir  que  I'auteur  ,  suffisamment 
fort  de  sa  langue,  a  cru  devoir  la  debarrasser  de  plusieurs  expres- 
sions latines  (jui  I'avaient  envahie  ,  telle  que  glabrous ,  cordate  , 
sulcate  ,  triquetrous,  etc.,  substitues  sans  necessite  a.  smooth, 
neaitshaped, furrowed ,  triangular,  etc. 

L'ouvrage  est  ])recede  d'une  jireface,  qui  conlient,  sur  I'liis- 
toire  des  Flores  d'Angleterre  et  sur  le  propre  travail  de  I'auteur, 
des  details  interessaus.  II  nous  reste  a  exprimer  nos  voeux  pour 
que  M.  Smith  nous  donne  egalement  ses  idees  sur  les  imj)ortanles 
families  qui  lui  restent  a  traiter,  et  pour  que  cette  excellentc 
Flore  soit  promptenicnt  termint5e.  D  -  u. 

j44.  Flora  fpinensis,  or  a  Description  of  planles  growing 
near  Edinburgh.  Flore  d'Edimbourg,  ou  Description  des 
plantes  des  environs  d'Edimbourg,  arrangees  d'apres  le  sys- 
teme  de  Linne,  avec  une  introduction  sur  les  ordres  natu- 
rels  de  la  cryptogamie ,  et  avec  des  pi. ,  par  R.  Rate  Greville. 
I  vol.  in-8.  Prix,  16  sh.  Londres;  1824;  Cadell. 

145.  AuGSBURGiscHE  Blumenlese.  Introduction  a  la  Florc  d'Aug - 
sbourg,  ou  Catalogue  des  plantes  des  environs  d'Augsbourg  ; 
par  W.  DE  Alten.  In-8.  Prix,  i  flor.  12  kr.  Augsbourg;  Wolff. 

146.  Systematisches  Verzeichniss  der  bey  Tiibingen  wild 
vyachsenden  Phanerogamischen  Geweclisc  ,  etc.  Catalogtie 
systematique  des  plantes  phanerogamrs  des  environs  de  Tubin- 
gue;  par  le  Prof.  Schebler.  In-8.  Tubinguc;  1823. 

Un  ouvrage  semblable  a  paru  il  y  a  environ  5o  ans,  sous  le 
litre  de  Flore  de  Tuhingue,  public  par  le  Prof.  Gnielin. 


1 86  Zoolo^ie. 

i47-  Flora  uer  Gecend  um  Dbesuen.  Flore  ties  environs  di? 
Dresde;  par  le  D*^.  G.  Ficinus.  2*.  et  tleriiiere  partie  :  Cny- 
togamcs  avec  2  pi.  fol.  Prix,  2  tlilr.  12  gr.  La  i*^*.  partie  coni- 
prcnd  les  Phanerogarnes,et  coute  2  tblr.  Leipzig;  Brockhaus. 
i/|8.   Collections  botaniques.  M.  Jean  Seigersclimidt,  ts- 

sayeur  iinj)erial  et  roval ,  a  Kapnik  en  Transylvanie  ,  offre  aux 

amateurs  dcs  collections  de  plantes  de  Transylvanie.  II  faut  af- 

frantliir  les  lettres. 

149.  Lecons  de  Floee.  Cours  de  botanique,  explication  des  prin- 

cipaux  systeines  ,  introduction  a  I'etude  des  plantes;  par  J.  L. 

M.  PoiRET.,  ex-prof,  d'histoire  naturelle  ,  etc.  Edition  classi- 

que.  In-8.  de  24  feuil.  Paris;  Panckoucke. 
i5o.  MoRT  DE  M.  J.  FoRi-.ES.  (ZowJ.  Z/V.  G«s.,  avril  1824,  p.  219.) 

La  mort  vient  de  frapper  un  jeune  botaniste  qui ,  par  son  zele 
et  ses  connaissances ,  avail  inerite  d'etre  charge  d'une  mission 
importante  de  la  part  de  la  Soclete  liorticulturale  de  Londres. 
M.  John  Forbes,  a  peine  age  de  25  ans,  etait  j)arli  en  fevrier 
1822  avec  I'escadre  commandee  par  le  capitaine  William  Owen  , 
etdont  I'objet  etait  la  surveillance  des  cotes  orientales  d'Afrique. 
Apres  avoir  louche  a  Lisbonne,  Teneriffe,  Madcre  et  Rio-Ja- 
neiro, il  avail  ensuite  scjourne  au  cap  de  Borine-Esperance ,  a  la 
baie  de  Lagoa ,  et  a  Madagascar,  d'ou  il  avail  expedie  dcs  col- 
lections dont  la  beaute,  le  iiombre,  la  variete  et  le  bon  etal  de 
conservation  avaient  pleinement  juslifie  la  confiance  accordec  a 
M.  Forbes  sur  la  seule  connaissance  de  son  caraclere  et  de  ses 
talens.  C'est  dans  une  expedition  sur  la  riviere  Zambesi  de  la 
cole  Est  d'Afrique  que  eel  inforliuie  jeune  liomme  a  succombe. 
Son  but  etait  de  faire  800  milles  en  canot  sur  la  riviere,  el  de  se 
diriger  ensuite  au  sud  ^ers  le  Cap.  M.  Forbes  etait  eleve  de 
M.  Shepherd  dujiirdin  botanique  de  Liverpool.  G....N. 


ZOOLOGIK. 
i5i.  Abbildungen   aus  i)em  Thierreich.    Figures    d'animaux 

gravees  par   M.  C.  Susemihl  el  peinles  sous  sa  direction.  In- 

4.,  pap.  vclin  ,  liv.  I — IV.  Prix  de  ehaque  liv.,  3  flor.  36  kr. 

Darmstadt ;  1 823 ;  Leske. 

II  en  parail  4  liv.  par  an ,  chacune  de  5  pi.  On  ne  dil  pas  qii.uid 
eel  ouvrage  sera  aclievc.  {Jouin.  gen.  dc  la  Litt.  Etr.,'\i\w.  1824,, 
page  I.) 


Zoologie.  187 

i5i.  Sf.conpe  partik  uu  catalogue  dpscriptif  d'une  collection 
zoologique  faite  dans  I'ile  de  Sumatra  et  dans  les  terres  qui  1  a- 
voisinentj  par  sir  Th.  Stamford  Raffles.  (^Trans.  Soc.  Linn., 
torn.   i3,  part.  2,  pag.  277.  )  /^?'T- 

OiSEAUx.    Faico    Ossifragus  Linn.  var.  ;    *     diniidiatus ,    sp. 
nov. ;  Bacha  Levaill.;  pondicerianus  Gmel. ;   communis  Gmel. 
var. ;  Nisus  Linn. ;  *  caligatus ,  sp.  nov.  Sirix  sumalrana ,  sp.  nov. ; 
Lempiji  Uor!,{.-y  *  scutulata  ,  sp.  nov.  Psittacus  ornatus   Linn.; 
Galgulus  Linn. ;  malaccensis  Lath. ;  *  siunatranus ^  sp.  nov. ;  Tro- 
gon*  Kasumba.  ^ncco philippensis  Lath.;  Lathami  Gmel.;*  ver- 
sicolor ,«,p.  nov.;  oustralis  Horsf.  Cuculusy/rti'/y.s- Gmel.  ;4  Tolu 
ou  Centropus  lepidus  Horsf. ;  *  Malaya nus ,  sp.  nov.;  Bubutus  ou 
Ccntropus  bubutusHorsf. ;  melanognathus  ou Phcenicophaeus  mc- 
lanognathus  Horsf.;  *  sumatranus ,  sp.  nov.;  *  chloropha;us ,  sp. 
nov.  Picus  *  (ifjinis ,  sp.  no\.\puniceus  Horsf.;   badius,  sp.  nov. ; 
tristis  Horsf.;  minor  var.;  Tiga  Horsf.  ^uccvoh Rhinoceros Iahu.', 
*  cavatus,  sp.  nov. ;  *  mo/ioccros,  sp.  nov.;  galeatut  Gmel.;  *  ma- 
layanus,  sp.nov. ;  *  Piisaran,  sp.  nov.  Alcedo  Iciicoccphala  Gmel.; 
atricapilla  Gmel.;   chlorocephala    Gmel.;    hispida    Linn. ,  var. 
bengalensis;  cyanocephala  Shaw.;  frj<^ac<'j/a  Linn.   Merops  *  su- 
matranus,  sp.  no\.;ja\'anicus  Horsf.  Trois  oiseaux  de  la  division 
Piece  gressoricE  de  Linne,  ne  pouvantserapportera  aucun  genre  de- 
critjdoivent  en  former  deux  nouveaux.Le  i^"^.,  que  M.  Raffles  pro- 
pose de  nommer  Calyptomena ,  estainsi  caracterise:  Bee  deprime 
et  large  a  sa  base,  crochu  vers  son  extremite,  cache  par  les  plumes 
dela  tete;  narinesrondes  ;langueconrle.  La  seuleespece  qu'ilren- 
fei'meest  le  G.  viridis, long  de  6  pouces  et  demi.  Elle  est  verte;  les 
plumes  de  son  front  dirigees  en  a vant  sont  noires  a  la  base  et  vertes 
au  bout;  ses  ailes,  assczcourtes,  onl  leurs  couvertures  superieures 
iraversees  par  3  bandes  noires  connne  du  velours;   la  queue  est 
composee  de  lopennes  vertes  en  dessouset  d'un  noir  bleuatre  en 
dessus  ;  I'iris  est  bleuatre;  les  pieds  sont  d'un  noir  bleuatre.  Get 
oiseau,  dont  le  doigt  exlerne  est  reuni  a  celui  du  milieu  jusqu'a  la 
dernicre  jointure,  vit  dans  les  parlies  les  plus  profondes  des  for^ts 
deSingapoureet  dans  Tin terieurdeSumatra.Sa  nourritureconsiste 
en  graines  sauvages.  Les  deux  autres  oiseaux  dont  il  vient  d'etre 
fait  mention  apparticnnenl  au  genre  Eurylaimus  d'Horsfleld  (/^oj. 
Bull,  de  1823  ,  to.  1,  n°.  369 1. Leurs  especes  ont  rccu  lesnonis 
d'E.  lemniscatus  tl  lYK-oc/iromalus.  Certhia  Sperata  Linn. ;  ery- 
thronotos  Lath. ;  *  .S/7fl;v//Vi ,   sp.  nov.;  yrti'<7«/tYT  ou   Ncclarinia 


1 88  Zoohgie. 

juvanica  Horsf.  ;  longirostra  Lath.  ,  ou  Cynniris  longirostia 
Horsf.  Corvus  Corrtx  Linn.  Myiothera  hracltyura  \\\\^.\  affirus 
Hprsf.;  *  ccerulea,  sp.  nov.  Coracias  Puella  Lath.;  orienlalis 
Linn.;*  sitinatrantts,  sp.  nov.  Gracula  ri'ligiosa.  Oriolus  chi- 
nensis  Linn.  Lanius  Bentct  Horsf.;  *  gularix ,  sp.  nov.;  Strigu  on 
Ceblephyris  Slriga  Horsf. ;  Icucor/iynchos  Linn.;  *  coronatus ,  s[). 
nov.;  inaltdjuriciis  Lath. ;  inxidiator  ou  Tardus  chalybeus  Horsf.; 
*  musicus,  sp.  nov.;  macrourus  ou  Titrdits  macrouriis  Gmel. ;  oh- 
sciiiti.s  ou  Muscicapa  ohscurn  Horsf.;  *  ruficeps,  sp.  nov.; 
xanthogaster ,  sp.  nov.  Turdus  cochinchinensisGmc\.;JJaininem 
(Muscicapa)  Gmel.  analis  Horsf.;  dispat  Horsf. ;  *  melanocepha- 
lus,  sp.  nov.;  scapularis  [Jora  scapularis)  Horsf.;  *  Str-iga,  sp. 
nov.;  * arnbiguus,  sp.  nov.  Muscicapa  ccerulea  Gmel.;  javanicn 
Sparm. ;  *  rufi^astra ,  sp.  nov.;  *  latirostris ,  sp.  nov,  Motacilla 
iadica  Gme\.*  bistrigata  ,  sp.  no\.;  *  gala r is,  sp.  nov. ;  *  olt- 
vacea ,  sp.  nov.;  *  sepium  ,  sp.  nov.;  frontalis  [  Sitta  Horsf.) 
Loxia  philippina  Linn.;  Malacca  \An\\.;oryzivora  lAnn.;*  leu- 
cocephala,  sp.  nov.; />r(7.9Wrt  .Sparm.  K\m\Aa  pratensis  Linn.;* 
Letti,  sp,  nov.  lYwnndo  esculenta  Linn.;  rusticalAnn.;  urbica 
Linn.  Caprimulgus  europceus.  Columba  Jambu  Gmel.;  cenca 
Linn.;  *  badia ,  sp.  nov.;  javanica  Gmel.;  vernans  Linn.;  cur- 
i>irostra  Gme\.;  amboniensis  Linn;  Turtiir  Linn.;  bantamensis 
Sparm.  Pavo  cristatus  Linn.  ;  bicalcaratus  Linn.  Phasianus 
Gallus  Linn.;  ignitus  Lath;  Argus  \Ann.\*  cry'thropltthaliniis , 
sp.  nov. ;  *  tm/ms- ,  sp,  nov.  Tetrao  viridis  Gine\.;*  occllatus , 
sp.  nov.;  *  curvirostris ,  sp.  nov.;  *  sinensis  Linn.;  luznniensis 
Gmel.  Ardea  alba  Linn.;  dubia  Gmel.;  *  sumatrana ,  sp.  nov.; 
inelannlopha,  sp.  nov.;  ciiinanomea  Gmel. ; />>/c<rt  ,  sp.  nov.;  ja- 
vanica Horsf.  Tantalus  Ibis  var.  ;  *  cinercus,  sp.  nov.  Scolopax 
arquata  Linn.,  var.  Gallinago  Wnn.;  capcnsislAnn.;  *  suma- 
trana, sp.  nb\.  Gnar&Av'ms  OEdicncrnus  lAnn.;  pliivialisHAnn., 
var.;  Hiaticula  Linn.,  var.  Rallus  gularis  Horsf.;  *  sumatrana, 
sp.  nov.;  *  fasciatus,  sp.  nov.  Gallinula  orienlalis  Horsf.  Ster- 
na slolida  Linn.;  Cantiaca  Gmel.;  panayensis  Gmel.;  *  suma- 
trana, sp.  nov.  Pelecanus  philippcnsis  Gmel.;  *  manillensis 
Gmel.;  leucocephnlus  Gmel.;  Sula  Linn.  Plotus  melanogastcr. 
Dans  le  genre  des  Canards,  Anas ,  ic  plus  comnsun  est  une  <s- 
pece  voisine  de  VAnas  Crccca  de    Linnc. 

Amphibif.s.  Rl.  Raffles  rcnonce  a  donncr  pour  celte  classe,  et 
pour  Ics  suivantcs,  des  descriptions  aussi  delaillees  que  cellcs 
(ju'il  a  jointes  aux  cat.ilogucs  des  mammifercset  des  oiscaux. 


Zoologie.  i8() 

Lcs  Testudo  Mydas  ct  iwhricotn  sciil  Irs  ])liis  coiriimincs  a 
Sumatra  ,  ot  lem*  ecaille  fait  I'objet  d'un  commerce  assez  consi- 
derable a  Singapour  ct  nutres  endroils.  Deux  cspeccs  deTortiies 
d'eau  douce  sent  connnes  dans  I'ile  sous  les  noms  de  Labi  et  Ba- 
iling :  Ton  y  connait  des  Tortues  de  terre,  appelees  kura  kura  , 
parmi  lesquelles  est  probablement  le  Testudo  serrata. 

Le  Lacertn  Crocodilus  est  abondant  siir  les  cotes  ,  a  I'embou- 
chure  des  rivieres,  et  il  atteint  souvent  une  grande  taillp.  Un 
Monitor,  remarqnable  par  ses  tacliesd'un  jaune  briilanl,  et  sa 
taille,  qui  est  quelquefois  de  six  pieds,  fait  de  grands  ravages 
dans  les  basses-cours.  Une  autre  espece  de  Monitor,  le  Biavak 
Poongor  des  Malais,  differe  de  cehii-ci  par  sa  queue  plus  courte, 
et  parce  que  sa  nourrifure  consiste  en  fruits.  Deux  espcees  de 
Gecko  ,  I'un  appele  Toke,  et  I'autre  Gogok  (  d'aprcs  leurs  cris), 
sont  introduits  par  les  habitans  dans  les  maisons  ,  ou  ils  chas- 
scnt  et  detruisent  les  insectes.  Le  Draco  folnns  est  tr^s-commun. 

Trois  especes  de  Btuia  sont  appelees  par  les  Malais  Kadok- 
bolong-botong,  Kadok-kang-kong  et  Kadok-kesse.  lis  se  ser- 
vent,  dit-on  ,  du  cceur  de  la  derniere  pour  preparer  un  poison. 

M.  Raffles  a  rccueilli  environ  vingt  especes  de  serpens  de  Su- 
matra, dontplusieurs  sont  nouvellcs.  Le  Coluber  Naja,  ou  Cobra 
dicapella,  appele  paries  nalurels  Ular  malaharee,  ou  IJlar  sindo, 
est  surtout  commun  dans  le  voisinage  de  Bencoulen,  et  Marsden 
s'est  trompe  lorsqu'il  a  dit  qu'il  n'existait  pas  dans  I'ile.  II  differe 
ilii  Waja  de  I'lnde  en  ce  que  sa  couleur  est  plus  claire,  ou  que 
sa  taclie ,  en  forme  de  lunette ,  est  moins  apparente  ,  el  en  ce  que 
ses  dents  sont  plus  petites. 

Le  Coluber  buceplialus  el  deux  varietes  du  gramineus  &oi\\. -plus, 
rares  a  Sumatra.  Le  Coluber  mycterizans  [i)  est  le  plus  commun 
de  tons  les  serpens  de  celte  ile  et  des  iles  voisines  ;  on  le  voit  le 
plus  souvent  surles  arbres.  Une  autre  espece,  qui  lui  ressemble 
considerablement ,  et  qui  a  la  propriete  de  relever  et  de  herisser 
les  ecailles  de  son  ecu  ,  est  appelee  par  les  Malais  Ular  lidi.  Une 
espece  remarquable ,  I'Ular  poochook,  qui  a  quelque  rcssem- 
blance  avec  le  Coluber  gramineus ,  est  appelee  par  M.  Raffles 
Coluber  sumatranus.  II  a  4  a  5  pieds  de  long,  184  plaques 
abdominalcs,  %^  caudales  ;  sa  tete  est  large,  obtus(5ment  triangu- 


(1)  Qui  n'cst  1)33  le  Dryi/ius  mycierizans  dc  Mcrrcm ,  espece  ame'ri- 
<^3'"c.  lYote  du  redacteur. 


igo  Zoologie. 

lairc  ,  a  deux  Inrges  plaques  sur  chaque  ceil ;  sa  coulcur  est  rertc 
et  cerclee  de  plusieurs  annenux  irreguliers  et  noirs ;  sa  f|ueue  est 
roufreiitre;  ses  dents  a  venin  ont  un  demi-pouce  de  longueur. 
II  vit  sur  les  arbres  ,  et  passe  pour  etre  excessivement  dange- 
reux.  Un  autre  serpent ,  Jrouve  a  Singapoure  ,  ressemble  a  un 
Dipsas  par  la  grandeur  de  sea  ecailles  dorsales  :  sa  couleur  est 
roueeatre,  assez  unifornie,  mais  plus  feme  vers  la  tete  et  plus 
claire  sous  le  ventre;  sa  laille  est  de  six  pieds :  il  n'est  pas  veni- 
meux.  Plusieurs  autres  especes  ont  aussi  ete  rccueiilies  par 
M.  Raffles,  et  iiotamment  I'Ular  tanna  ,  ou  serpent  de  terre  ; 
I'Llar  chindi ,  dont  les  cotes  sont  innrques  de  taches  rouges;  XJ- 
crochordus  fasciutus ,  ou  Hyilrus  granulatus ,  de  Schneider,  et 
(pieiques  autres  Hydres  ,  d'ospoces  tres  rapprochees. 

Le  Boa  constrictor  a  etc  quelqucfois  trouve  a  Sumatra.  Un 
individu  de  cetle  espece  avait  1 1  pieds  et  demi  de  longueur. 

PoissoNS.  Cette  partie  de  la  colleclion  est  la  moins  riche,  la 
plupart  des  poissons  recueillisa  Pennang  et  a  Singapoure  ayant 
ete  perdus ,  et  le  temps  n'ayant  pas  permis  d'en  faire  toutes  les 
figures.  M.  Raffles  se  borne  a  donner  la  liste  suivante  des  especes 
les  plus  communes  dans  le  detroit  de  Malacca  et  sur  la  cote  nord- 
ouest  de  Sumatra  :  Mura'iia  i.  Trichiiirus  lepturus  ,  L. ,  et  nrgcn- 
teits  Sliaw.  Gadiis  I'au  ,  L.  Echcneis  Nitttcratcs.  Corjphtcnn 
hinvurus.  Gohius  Schlosseri ,  Gobiits  niger,  et  deux  autres  es- 
peces du  meine  genre,  probablenienl  nouvelles.  Coitus  i.  Zens  i. 
Pleuronectcs  hilineatus  ,  macro Icpidotus  ?  Zehra  ,  et  au'res. 
ChcEtodon  7.  Sparus  1.  Labrus  i.  Scicena  4.  Perca  10.  Gastero- 
<!teus  I.  Scomber  madagascariensis ,  et  cinq  autres  especes. 
Tri"ln  volUans ,  Silurus  -i.  Platystacus  nnguillaris.  Salmo  i. 
Esox  Becuna.  Belone  mnrginntux.  Exoccelits  volUans.  Poljnc- 
mus  2.  Clupea  11.  Ostrticion  cornutus.  Tetraodon  hitpidus. 
Diodon  Hyslrix.  Srngnat/ius  Hippocampus.  Batistes  aculeatus , 
et  autres  especes.  Raia  guttata  ,  Thouiana  ,  et  huit  autres 
especes. 

Insectes  ,  Vers  ,  etc.  Plusieurs  caisses  d'Insecles  arranges 
selon  le  systeme  de  Linne  ont  etc  cnvoyees  de  Sumatra  en  An- 
gleterre.  Le  nombre  des  Crustaces  recueillis  ^tait  de  cinquante 
especes  au  moins,  dont  plusieurs  sont  probablement  nouvelles. 
Enfin  les  zoophytes,  qui  abondent  sur  les  coles  de  celte  ile, 
ti'ont  pas  ete  negliges,  mais  seront  dorenavanl  I'objct  de  re- 
cherches  particulieres. 


Zoologie.  igi 

l)ans  Tin  appendire  a  ce  Memoire ,  M.  Rnffles  annonce  qu'il 
a  recii  reccmmcnt  le  Lemur  Tarsier ,  un  Biicerox  nouveau,  qti'il 
nomine  B.  comatus ,  ctiine  espi'ce  de  Strix  longue  d'envion  deux 
pieds  ,  et  trouvee  dnns  le  voisinage  de  Bencoulen.      Desm..st 

1 53.  Abbilduncen  zur  Naturgeschichtk  Brasiliens.  Reciieil 
de  planches  coloriees  d'animaux  du  Bresil;  par  le  prince  Maxi- 
milien  de  Wied-IVeu-vvied;  livr.  IV,  V,  VI,  in-fol. ,  fig.  col.; 
Weimar;   i8a3  et    1824.  {Fojez    le    tome   4  du  Bulletin  de 

1823,  n°.  328.) 

I«  4<'.  cahier  de  ce  bel  ouvrage  se  compose  des  descriptions 
et  des  figures,  1".  du  Heron  royal ,  Ardea  pilcata  Lat. —  2**.  Du 
Guigo  ou  Sapajou  gris ,  Callitiix  mclanochir  pr.  Max.,  espece 
caraclerisee  par  les  quatre  mains  noires,  le  corps  convert  de  poils 
longs  et  soyeux  d'un  gris  cendrc,  avcc  !e  dos  chatain-rougeaire, 
la  queue  longue  ct  lache  d'un  gris  jnunatre  ou  blancliatre.  Cora- 
mun  au  nord  du  Rio  Doce,  sur  toute  la  cote  oiientale,  an  moins 
jusqu'au  Rio  das  Contas,  et  dans  les  forets  interieures  du  serton 
de  Bahia.^ — -i^.  Du  Bradype  a  collier,  Bradjpus  torquatus.- — ■ 
3".  et  4".  Des  Cavia  Apcrea  et  rupestris.  Celui-ci,  appele  M0J.0 
(lU  Cavie  des  rorJies ,  est  un  peu  pluspelit  que  VAperea.  Son  pe- 
lage est  d'un  gris  cendre,  mele de  jaune-rougeatre  et  noiratre,  cetle 
derniere  couhur  dominant  sur  le  dos;  ses  parlies  inferieuressont 
Llancliatres;son  anus  et  le  derriere  de  ses  cuisses  sont  d'un  rouge 
de  rouille.  II  a  cti5  designe  depuis  long-temps  sous  le  nom  de  Cavia 
rupestris ,  par  le  prince  de  Neuwied  (coj.  Mamm. ,  p.  ),  et  M.  F. 
Ciivier  en  a  decrit  les  dents  en  lui  donnant  le  nom  generique  de 
Kerodon.  On  le  trouve  dans  les  lieux  rocailleux  de  I'inferieur  du 
Bresil .  a  Belmonte,  Rio-Pardo  ,  pres  duRio  San-Francisco,  etc. 
■ —  5°.  Du  Sapajou  a  four  du  visage  blancliatre,  Cebus  cirrifer 
Geoff.,  Cebus  lunatus  Kulil.? — 6".  Du  Scriema  ou  Cariama  de 
'Marcgrvive ,  Dic/iolnp/ius  cristcitus  IW'ig. — 7°.  Du  Gotiariba  rouge 
ou  Barbados  ,  Sitnin  ursinn  Rumb.  Mycetes  ursinus  Mamm. 

On  trouve  dans  le  cinquieme,  1".  le  Teiou  a  flancs  bigarres , 
Teius  Jrneiva  Merr.  Lacerta  Ameh'a  Linn. — 2".  Le  Teiou  a  lignes 
noires  et  bleuatres  ,  Teius  cyanomelas  Schinz  ,  regn.  anim.,  t.  II, 
pag.  46. —  3°.  I'Agame  a  chainettes,  Agama  catenatn  Schinz,  torn. 
II,  pag.  53. — 4'''  Le  Jaboutia  taches  orangees,  Testudo  tabulata 
Linn.;  T.  tessellata  Schn.;  Chersine  tessellata  Merr.  —  5".  Le 
Covroucoucou  ou  Curucucu  de  Marcgraff,  Lachesis  rombeata 


if)2  Zoologir. 

Prince  Mrtxim.;  Boa  mttta  Lacep.  Crotalus inutus  Linn.;  Cophiaa 
crolaliniis  Merr.  A  la  planclie  qui  represenlc  re  serpent  avec  ses 
coulctirs  dans  I'etat  de  vie  ,  en  est  jointc  uiie  aulre  qui  offre  les 
details  des  ecailles  et  des  plaques  de  sa  tete  et  de  sa  queue. — 6°.  Le 
Copliias  vert,  Copliias  bilineatus  Schiiiz.  reg.  anim.,  t.  II,  p.  i43. 
Enfin  le  sixieme  cahier  renfermc  ,  i".  I'Anoiis  vert,  AnoUs  vi- 
ridis  Schinz.  regn.  anim. ,  torn.  II ,  p.  69.  —  2°.  L'Anolis  grele, 
AnoUs  gracilis  Schinz  ,  torn.  II ,  p.  69.  —  3".  Le  Boa  annulifere. 
Boa  Ccnchria  Merr.  B.  Cenchris  Gm.  et  B.  annuLifer  Daudin.  — 
4°.  L'Agouarachay  de  d'Azzara,  Canix  Azar-aeVr.  Maxim.,  figure 
sous  le  noni  de  Canis  brasdiensis.  —  5°.  Le  coral  a  anneaux  sim- 
ples, ii/rt/j^  corallinus  Schinz.  reg.  anim.,  torn.  II,  p.  149. — 
6°.  Le  Tropidure  a  collier  noir,  Lacertn  hrcisiliensis ;  Qetzpaleo 
Seba  Thes. ,  torn.  I,  pi.  97,  fig.  4  ,  figure  sous  le  nom  de  Stellio 
torquatiis,  Desm....st. 

154.  Zoological  Researchfs  in  Java  and  the  neighbouring 
Islands.  Rechercheszoologiquesa  Javaet  dans  les  ilesvoisines; 
parM.TH.  Horsfield;  ]N°.  VII.  (Voy.  le  7?«//.  de  mars,  n°.  Gi.) 
Ce  numero  renferme  les  figures  et  les  descriptions,  i".  du 
Sciurus  Plantani  (c'est  celui  que  MM.  Geoffi  oy  et  Desmarest  ont 
decrit  sous  le  nom  de  bilineatus).  Au  sujet  de  ce  quadrupedc  , 
M.  Horsfield  donne  un  travail  interessant  sur  tous  les  ecureuils 
de  rinde.  II  renferme  plusieurs  es])eces  decrites  pour  la  pre- 
miere fois.  — •  2".  De  la  Lulra  Irptony.r,  nouvelle  espece  decrite 
seulement  dans  les  actes  de  la  Societe  hatave.—  3".Du  Seinnopi- 
therus  Pyrrhus  ,  espece  nouvelle  voisine  du  Cercopithccus  aura- 
tus  ,  decrit  par  Geot'froy,  dans  les  Annales  du  Museum. —  4"-  Du 
Rhi/iolophus  nobilis ,  espece  nouvelle.  —  5".  Du  Brachyptcryx 
inontana ,  genre  et  espece  nouvelle  dans  I'ordie  des  passercaux  ;  il 
en  estcependant  fait  menlion  dans  la  secondc  edition  de  Latham, 
sous  le  nom  de  mountaineer  warbler. —  6".  De  YAnlea  speciosa, 
c'est  \'Ardea  malaccensis  de  Linnc.  —  7°.  Des  Muscicapa  Ba- 
nyumas  et  Jiirundinaca  ;  celui-ci  est  le  Muscicapa  cantatrix  de 
I'ouvrage  de  MM.  Laugier  et  Temininck ;  —  8".  Du  Cuculus  higu- 
bris  ,  espece  nouvelle  que  M.  Horsfield  a  decrite  Ic  premier, 
mais  qTii  se  trouve  dans  la  secondc  edition  de  Latham;  1821; 
vol.  Ill,  pag.  28G,  n".  32. 

i55.   OEuvres  completes  de  Buffon    avec    les    descriptions 
ANATOMiQUES  de  Daubenton  ,  nouv.  edit.,  dirigcc  par  M.  La- 


Zoologie.  1 93 

Mooixoux ,  Prot.  d'liist.  nat. :  40  vol.  a  5  iV.  5o  c.  pap.  fin,  <t  6 
ir.  pap.  sat.  ^  paraissant  cliaque  mois.  —  36  Uv.  de  10  pi.  a  3 
fr.  fig.  noires,  et  ti  fr.  color. ;  chcz  Verdiere  et  Ladrange,  quai 
des  Auguslins.  {Foyczle  Bulletin  de  ]an\ier  ,  n°.  33.) 
"  Lesnombreusesreimpressions  de  I'Histoirenaturelle  publiees 
jusqu'a  ce  jour  ne  peuvent  reraplacer  les  anciennes  odiiions , 
originales  et  completes,  sorties  des  presses  de  rimprimerie 
royale.  Les  unes  n'offrent  qu'un  texte  altere,  sous  pretexle  de 
rectifier  les  meprises  de  I'un  de  nos  plus  grands  ecrivaias  ;  d'au- 
Ires,  en  siipprimant  les  citations ,  presentent  sous  une  forme  po- 
sitive des  faits  douteux,  avances  d'une  maniere  circonspecte  sur 
la  foi  des  voyageurs  ;  la  plupart  ont  subi  des  retrancliemens  con- 
siderables, dictes  par  des  vues  particulieres ,  qui  ne  sauraient 
convenir  aux  lecteiirs  instruits  ;  enfin  presque  toules  rejettent 
coinine  superfiu  le  travail  important  de  Daubenton  ,  travail  au- 
quel  ce  savant  recommandable  ctait  eminemnient  appele  paries 
qualites  de  son  esprit.  Le  soin  qu'il  y  apportait  «  est  si  grand, 
»  dit  un  excellent  juge  en  cette  matiere  ,  que  Ton  y  cherche  en 
»  vain  une  erreur....  Les  articles  de  descriptions  et  danatomie, 
»  ajoute-t-il ,  fournis  par  Daubenton,  en  font  une  partie  essen- 
»  tielle  et  absolument  necessaire  a  rintelligence  du  texte  de  Buf- 
«  fon  ,  en  sorte  que  Ton  peut  regarder  comme  tronquees  toutes 
«  les  editions  dans  lesquelles  on  les  a  supprimces.  Cuvier.  » 

»  C'est  done  un  puissant  motif  pour  ne  plus  separer  les  fruits 
inappreciables  des  etudes  de  deux  homines  celebres,  qui,  par 
des  talens  opposes  mais  egalement  rares ,  semblaient  destines 
a  se  faire  valoir  mutuellement. 

1)  L'edition  que  nous  annoncons  sera  fidelement  executee , 
pour  la  purete  du  texte  ,  pour  le  nombre  et  Texactitudedes  plan- 
ches, d'apres  celle  de  I'imprimerie  royale,  in-4°.  i749'  Les  sup- 
plemens  y  sei'ont  places  a  la  suite  des  morceaux  auxquels  ils 
appartiennent.  Ellesera  enrichie  de  I'eloge  de  Buffon,  par  Vicq- 
d'Azyr,  ainsi  que  de  celui  de  Daubenton  par  M.  Cuvier.  On  y 
jolndra  la  synonymic  de  ce  dernier,  un  tableau  methodique  des 
especes  decrites  par  Buffon,  une  table  alphabetique  des  noms  et 
des  syiionyines  mentionnes  dans  I'ouvrage. 

»  M.  Lamonroux  ,  professeur  d'histoire  naturelle,  correspon- 
dant  de  I'lnstitut  de  France,  presidera  a  la  direction  de  cette 
cntrciirise  dont  I'importance  est  un  grand  litre  aux  encourage- 
mens  du  public. 

B.  Tome  IL  i3 


ig4  Znologie. 

»  Lcs  dessiiis  sont  coiirics  a  M.  Meunicr,  dcssinateur  du  Mu- 
seum d'lilstoire  ii.iturellc  ,  et  imprimes  par  M.  Motte.  ^  [Extraic 
du  Prospectus.^ 

Trois  vulumes  ct  trois  cahiers  de  planches  sont  deja  publics 
et  nous  ont  paru  remplir  entierement  Ips  proraesses  des  editeurs. 
Le  premier  volume  de  I'Histoire  naturelle  des  quadrupedes ,  ren- 
ferme  le  discours  sur  la  nature  des  animaux,  I'expositiou  des 
distributions  raelliodiques  des  quadrupedes,  I'histoire  et  les  des- 
criptions anatomiques  du  clieval  et  de  I'anc.  Ce  tome  est  le  lo^. 
de  la  collection. 

Le  second,  ou  ii^.  de  la  collection  ,  eonlient  I'histoire  et  les 
descriptions  du  bceuf,  de  la  brebis ,  du  cochon  et  du  chien. 

Le  troisieme,  ou  So*^.  de  la  collection  ,  prcsente  le  commen- 
cement de  I'histoire  naturelle  des  oiseaux.  On  y  trouve  un  ar- 
ticle d'introduction  sur  le  plan  de  I'ouvrage;  le  discours  sur  la 
nature  des  oiseaux  de  proie,  diurnes  ou  nocturnes,  indigenes  ou 
etrangers,  et  I'histoire  de  I'autruche. 

Une  table  raisonnee  des  matiei'es  acrompagne  chacun  de  ces 
volumes ,  ^t  contribuc  beaucoup  a  rendre  faciles  les  recherches 
qu'on  pent  y  faire. 

Les  planches  publiees  sont  toutes  relatives  aux  descriptions 
contenucs  dans  ces  trois  volumes.  IXous  avons  remarque  avec 
satisfaction  que  I'auleur  n'a  remplace  des  iigures  de  Bulfon ,  que 
celles  dont  les  modeles  sont  tres-faciles  a  trouver;  mais  qu'il  a 
soigneusement  conserve  celles  qui,  etant  pour  ainsi  dire  des 
portraits,  sont  necessaires  a  Tintelligence  des  descriptions  qui 
les  accompagncnt.  Dest.l.st. 

i5fi.  Recherchrs  sufx  les  osstMKNs  FossiLEs,  ctc. ;  par  M.  le  ba- 
ron CuviER.  Tom.  5*^.,  i"^*^.  parlie  ;  contenant  les  Rongeurs, 
les.  Eden tes  ct  lcs  Maramifercs  marins.  Paris,  cliez  Dufour 
et  d'Ocagne.  (  Voyez  le  BulUuin  de  fevrier ,  n°.  237. ) 

Apres  avoir  remarque  que  si  les  vestiges  des  rongeurs  sont 
plus  rares  que  ceux  des  mammiferes  des  autres  ordres  on  doit 
ratlribuer  a  leur  pelitesse ,  et  qu'il  n'y  a  pas  d'apparence  que  ces 
animaux  aient  ele  dans  les  anciens  mondes  en  moindre  propor- 
tion relative  que  dans  le  uionde  de  nos  jours,  M.  Cuvier  se  livre 
d'abord  a  I'examen  des  caracteres  osteologiques  des  rongeurs  vl- 
vans :  il  en  fait  I'objet  de  son  1*''^.  chapilre.  Dans  un  premier  arti- 
cle il  place  des  observations  siu-  Ic  caracterc  de  faniille  de  ces 


Zoologie.  ig5 

tjuadrupeJes  et  sur  la  succession  de  leurs  dents.  Dans  un  second  , 
il  passe  en  revue  les  carncteres  principaux  des  genres  et  donne  la 
description  de  I'osteologie  de  leur  t^te.  Le  troisienie  article,  re- 
dige  par  M.  Frederic  (^uvier,  contient  une  description  pluspar- 
ticuliere  des  dents  mol;iires  des  Rongeurs.  Le  quatrieme  est  con- 
sacre  a  I'exposition  de  quelques  caractercs  que  pcuvent  fournir 
les  autres  parties  du  squelclte. 

Le  cliapitre  second  contient  la  description  des  osseinens  de 
rongeurs  trouvcs  dans  des  couches  fissiles,  dans  les  cavernes, 
dans  les  terrains  mcubles  et  dans  les  tourbieres;  chacun  de  ces 
gisemens  donne  mntiere  a  un  article  separe.  La  description  des 
osseinens  de  Rongeurs  trouves dans  les  platres  et  les  breches  osseu- 
scs  ayant  ete  inseree  dans  Ics  premiers  volumes  de  cet  ouvrage, 
M.  Cuvier  se  borne  a  y  renvoyer. 

Ces  ossemens  appartcnaient,  pour  les  especes  des  breches  os- 
seuses ,  a  deux  Lapins,  un  Lagomys  et  un  Campagnol,  et  pour 
celles  des  plalres  a  deux  Loirs.  La  caverne  de  Kirkdale  contient 
aussi  des  os  de  Lupins,  ou  plutot  de  Lievres,  et  ceux  de  trois  espe- 
ces, au  moins  ,  du  grand  genre  des  Rats,  dont  deux  appartienncnt 
a  la  division  des  Campagnols.  Les  tourbieres  ont  olf'ert  des  os  de 
Castor.  Les  terrains  meubles  ont  presente  des  debris  de  grandes 
especes,  dont  une  a  ete  decrite  par  M.  P'ischer  sous  le  nom  de 
Trogoiitherium.  Enfin  le  calcaire  fissile  d'OEningen  contient  les 
debris  d'un  rongeur  a  dents  composees  de  lames  transverses  ,  qui 
a  ete  compare  tanlot  a  un  Coclion  d'Inde,  tantot  a  unPutois,  mais 
que  M.  Cuvier  considere  comme  elant  d'une  espece  totalement 
inconnue;  et  une  autre  espece  presqueindetermin;iblea  aussi  ete 
irouvee  dans  des  couches  feuilletees  a  Walsch  ,  en  Boheme. 

Dans  la  parlie  de  ce  volume  destinee  a  la  description  des 
edentes,  M.  Cuvier  place  d'abord  dans  autant  de  chapitres  dif- 
ferens  de  grands  developpemcns  sur  I'osteologie  i".  des  Pare>seux 
(  Unau  et  Ai) ;  2".  des  Fourmiliers  proprement  dits  (Tamandua  , 
Tamanoir  et  Didactyle),  des  Pangolins  ou  Fourmiliers  ecailleux 
(Pangolin  et  Phatagin) ;  3".  des  Talous  et  de  I'Orycterope ;  4°.  de 
rEchidneetderOrnithorhynque.  Ensiiite,  s'occupant  des  edentes 
fossiles,  il  traite  successivemcnt  du  Megalonyx,  du  Megatherium, 
et  d'une  phalange  ongueale  qui  n'a  pu  appartenir  qu'a  une  espece 
de  Pangolin  d'une  taillc  giganlesque.  Tous  fossiles  trouves  dans 
des  terrains  meubles  ct  recens. 

Les  mammif'eres  marins  sont  le  sujct  de  la  derniere  partie  du 


196  Zoologie. 

volume  que  nous  annoncons.  Un  premier  chapitre  renferme  one 
dissertation  sur  Ics  Phoques  vivans  et  sur  leur  osteologie.Dans  ce 
cbapilre  M.  Cuvier  cherehe,  ainsi  que  Font  fait  plusieiirs  nalu- 
ralistes  avant  lui ,  a  debrouiller  la  synonymie  presque  inextricable 
deces  animaiix,  mais  particulicrement  en  commentant  quehiues 
passages  de  Lepechin,de  Fabricius  el  d'aulres  autems.  II  pense 
avec  raison  que  les  Phoca  grocnlandica  et  occanka  appartiennent 
a  une  roeme  espece.Enfm  il  considere  comme  devant  etrc  r.mgee 
danslesous-genreOtarierespeceP/e.^jro«//,qucM.deBlainville 
a  fondec  sur  I'observation  d'une  grande  tete  depourvue  de  ma- 
cLoire  inferieure ,  qu'il  a  vue  a  Londres  dans  le  cabinet  du  college 
des  chirurglens,  espeee  que  cc  naturaliste  rapporte  d'apres  le  nom- 
bredes  dents  molaires,  au  sous-genre  des  Phoques  proprement 
dils,  ainsi  qu'une  autre  appelee  par  lui  Ph.  Ansoniana.  Les  debris 
de  phoques  fosslles  tres-peu  no.nbreux,  que  M.  Cuvier  decrils,  onl 
ele  irouves  pres  d'Angers,  dans  une  couche  d'origine  marine.  Le 
second  chapitre  renferme  des  details  analogues  a  ceux  du  prece- 
dent sur  les  differentes  parties  du  squeletle  des  Lamantins  et  du 
Dugong,  et  I'indlcation  de  quelques  ossemens  qui  n'ont  pu  ap- 
par'tcnir  qu'a  des  animaux  voislns  de  ceux-ci,  et  qui  ont  ete  de- 
couvcrts  dans  des  couches  marines  assezrecenles.  Dans  le  troisieme 
chapitre  I'auteur  passe  d'abord  en  revue  les  notions  qu'on  a  re- 
cueillies  ^ur  les  especes  de  Dauphins  vivans,  etse  borne  a  sign.-.- 
lercelles  qui  lui  paralssent  etablles  sur  de  bonnes  observations. 
II  donne  ensuite  quelques  details  sur  I'osteologie   comparee  de 
la  tete  et  du  resle  du  squelette  de  quelques-uns  de  ces  cetaces 
dont  les  depouUles  sonl  conservees  au  cabinet  d'anatomie  com- 
paree. Les  especes  fosslles  de  ce  genre  qu'il  distingue  sont  princi- 
palement  :  1°.  tin  Dauphin  voisin  de  I'Epaulard  et  du  Globiceps, 
trouve  en  Lombardle;  1° .  un  Dauphin  a  h)ngue  symphyse  de  la 
machoire  Inferieure  deterre  dans  une  faluniere  du  dcpartement 
desLandes-  V.  un  Dauphin  tres-voisin  de  I'espcce  commune , 
trouve  dans  le  m^me  lieu ;  4°.  un  autre  dont  une  jiortion  de  mk- 
cholre  elait  enfouie  dans  le  calcaire  grossier  du  dcpartement  de 
I'Orne.  I-e  quatrieme  chapitre,  consacrd  a  la  description  de  la 
l,:.te  on  des  squelettes  duNarwal,  de  I'llypi  roodon  et  des  Cacha- 
lots   renferme  aussl  une  discussion  lumineuse  sur  la  synonymic 
de  ces  dernlers,    de  laquelle   11  resulte  ,  qu'il  n'y  a  aujourd'liul 
qu'une  seule  espeee  de  Cachalot  qui  puissc  cilrc  considerec  comme 
vralment  connue,  c'esl-a-dire  le  Cachalot  vulgaire,  ou  I'animal 


Zoologic.  ^f^rj 

du  Spcnnn  C\-ti.  Plusieurs  articles  ont  pour  objt-t  la  description 
des  Testes  fossiles  de  ces  anim.mx  ,  fels  que  i°.  des  fragmens  de 
defenses  de  Narwal;  2".  une  t^te  petrifiee  d'un  cetace  de  genre 
inconnu,  voisin  des  Cachalots  et  des  Hyperoodons  et  que  M.  Cu- 
vior  nomme  Ziphius  cavirostris,  trouvee  sur  la  cote  de  Pro- 
vence; 3°.  des  t^tes  du  nitine  genre  Ziphins,  deterrces  a  Anvers  , 
el^appartenanta  une  espece  particuliere  appelee  Z.  rcctirostri/; 
4°.  des  debris  d'nne  esi)ece  voisine  des  precedenles,  niais  k 
rauseau  plus  allonge,  dont  I'origine  et  inconnue. 

Le  cinquieme  chapitre  traite  des  Baleines.  M.  Cuvier  dmont  re 
a  I'occasion  de  la  Baleine  franche  que  toutes  les  figures  donnees 
depuis  celle  de  xMartens,  en  167 1,  jusqu'a  celle  que  M.  Scoresby 
a  publi^e  recemment  d'apres  nature ,  sont  copiees  sur  la  premiere 
€l  ne  different  les  unes  des  autres  que  par  quelques  alterations 
fanes  par  les  dessinateurs  ,  peut-6tre  dans  la  vue  de  dissijnuler  le 

plagiat.Acechapitre  sont  joints  quelques  details  osteologiques  sur 
la  Baleine  et  le  Rorqual.  Les  fossiles  connus  de  ces  animaux  con- 
sistent :  i".  en  deux  squelettes  d'une  espece  du  sous-genre  Ror- 
qual, deterres  en  Lonibardie;  1"  en  un  fragment  considerable 
d'une  tete  de  Baleine  trouve  en  1779  dans  une  cave  de  la  rue 
Dauphine  pres  le  Pont-Neuf,  a  Paris  :  tons  ossemens  gisans  dans 
les  terrains  les  plus  recens ,  ceux  qu'on  a  nommes  d'alluvion. 

Desm...st. 

157.  Obskrvations  sur  les  moeurs  des  Castors;  exfraites  du 
voyage  de  CARxwRiaHT  au  Labrador.  ( Jnnales  des  sciences 
nat.,  mars  1824,  p.  266.) 

M.  Carlwright,  grand  amateur  de  h  chasse,  puisqu'il  a  de- 
meure  plusieurs  annees  au  Labrador  uniquement  pour  se  livrer 
a  cet  exercice,  a  en  meme  temps  profile  de  sa  position  pour 
etudierles  m(«urs  des  Castors  sur  lesquelles  ,  au  rapport  de  I'au- 
teur,  on  a  ecrit  beaucoup  de  choses  erronees. 

Au  commencement  d'aout  ces  animaux  construisent  leurs 
demoures  et  s'y  prennent  ainsi  :  ils  creusent  sous  I'eau,  au  pied 
de  la  berge  du  bassiu  qu'ils  ont  choisi,  un  trou  qui  va  en  pente 
jusqu'a  la  surface  du  sol;  cl  de  la  terre  qui  en  sort,  mclangee 
avec  de  petits  morceaux  de  bois  et  de  pierres,  ils  forment  un 
dome  de  quatre  pieds  jusqu'a  six  ou  sept  de  hauteur,  et  de  dix 
a  douze  pieds   dans  son  plus  grand  diametre.  Celte  butte  est 


198  Zoologie. 

creuse  en  dedans  pour  recevoir  ranimal  et  sa  famille,  et  le  lo- 

gcment  est  place  do  maniere  a  etre  toujours  au-dessus  des  eaux. 

En  devant  est  une  entree  en  pente  doure  nommee  Vangle  par  les 

cliasseurs,  Inquelle  conduit  sous  I'eau,  ct  par  ou  les  Castors  en- 

trent  et  sortent.  Chaque  dome  peut  avoir  deux  ou  trois  de  ces 

issues. 

Le  logement  ne  forme  qu'une  cbambre  en  forme  de  four, 
garnie  de  petits  copeaux.  Pres  de  Vangle  est  le  magasin  de  nenu- 
phar et  de  branchages  dont  lis  font  leur  nourriture ,  ayant  I'at- 
tention  de  planter  ces  derniers  la  tete  en  has  dans  la  vase.  lis  en 
amassent  tant  qu'il  leur  est  possible  de  conserver  un  trou  dans 
la  glace  pour  aller  au  dehors. 

Lorsquc  le  lieu  qii'ils  ont  choisi  n'a  pas  assez  de  profondeur 
d'eaUjilsl'augmentent  en  construisant  unc  digue  en  travers,  aveq 
du  bois,  dt's  picrres  et  de  la  tcrre  grasse.  Cette  chaussee,  capa- 
ble de  supporter  le  poids  d'nn  homrae,  ne  s'eleve  jamais  qu'a 
fleur-d'eau.  Lorsqu'elle  ne  suftlt  pas  pour  elever  assez  I'eau,  les 
Castors  construisent  leurs  demeures  dans  I'etang  meme.  lis  pre- 
ferent  les  petites  iles  lorsqu'il  s'en  trouve,  comme  y  etant  plus 
a  I'abri  des  betes  feroces.  C'est  aussl  dans  ce  but  qu'ils  ne  se  re- 
servent  aucune  issue  exterieure  vers  la  terre. 

Leur  instinct  prevoyant  les  trorape  quelquefois,  et  on  en  a  vu 
perir,  ou  par  Taction  des  crues  qui  les  forcaient  de  s'ecliapper 
en  faisaiit  subitement  une  ouvcrture  au  sommet  de  leur  butte, 
ou  bien  pour  avoir  choisi  une  localite  depourvue  de  leur  nour-- 
riture  ordinaire,  le  nenuphar,  le  tremble  et  lebouleau. 

Les  Castors  peuvent  habiter  3  ou  /(  ans  de  suite  la  meme  piece 
d'eau;  mais  chaque  annee  ils  construisent  une  nouvelle  cabane. 
Quelquefois  ils  se  conlentent  d'en  reparer  d'anciennes  abandon- 
nees ,  ou  bien  d'en  elever  une  autre  a  cote  confondue  par  le  haul 
avec  I'ancienne;  ce  qui  a  pu  faire  croire  que  ces  demeures  avaient  ' 
doux  chambres.  Ils  construisent  une  secondc  habitation  pres  de 
ccUe  qu'ils  occupcnt  liabituellement  j)our  s'y  refugler  dans  le 
danqsr  :  c'est  ce  que  les  chasseurs  anglais  nommcnt  hovel. 

L'auteur  ne  pense  pas  que  les  Castors  lassenl  usage  de  leur 
queue  comme  d'unc  truelle;  its  se  servent  i)iul6t  de  leur  mem- 
brcs  antcrieurs.  lis  ne  peuvent  pas  non  plus  la  faire  servir  de 
traiiiraux  pour  transporter  des  pierres,  car  ellc  est  bombee  au 
milieu. 

Leur  demarche  est  lentc  a  terre;  ils  s'assoyenl  a  la  maniere  dci 


Zoologie.  199 

singes;  ils  ne  •vivent  que  de  feuilles  et  d'ecorce  d'arbustes  non 
resineux;  ce  qui  fait  de  ces  animaux  un  manger  delicleux. 

lis  coupent  assez  promptement  de  grands  arbres  en  les  ron- 
geant  tout  aulour,  et  abattent  les  arbustes  d'un  seul  coup  de 
dent  et  tres-nettement.  Ils  ont  soin  de  cholsir  ceux  qui  bordent 
leuretang  et  qui  se  trouvent  au-dessus  du  courant  par  rapport 
a  leurs  cabanes;  comme  aussi  de  se  placer  au  vent  pour  niieux 
sentir  les  emanalions  de  I'ennemi  qui  pourrait  les  surprendre. 

L'accouplement  se  fait  en  mai;  les  jeunes,  au  nombre  de  deux, 
viennent  a  la  fin  de  juin  :  quelquefois  cependant  la  famille  est 
coraposee  de  trois  ou  qualre  petits.  Ils  ne  quitent  le  toil  pater- 
nel  qu'au  bout  de  trois  ans  ,  epoque  a  laquelle  ils  s'accouplent  et 
se  construisent  des  demeures. 

Les  chasseurs  appellent  Hermites  des  Castors  qui  vivent  Isoles. 
L'auteur  suppose  que  ce  sont  des  veufs  qui  attendent  que  le  ha- 
sard  leur  presente  d'autres  individus  pour  reformer  un  menage. 

On  prend  ces  animaux  en  mettant  leur  piece  d'cau  a  sec,  ou 
bien  lorsqne  cela  n'est  pas  possible,  on  decouvre  le  toit  de  I'ha- 
bitation  afin  de  reconnaitre  la  position  des  issues  nommees  an- 
gles. On  y  passe  des  batons  en  travers,  qu'on  retire  aussltot, 
puis  on  bouclic  Touverture  du  dome.  Des  chasseurs  battent  les 
buissons;  les  castors  effraycs  gagnent  sous  I'eau  leur  denieure; 
alors  on  passe  dans  les  angles  les  batons  qu'on  a  d'abord  essayes; 
I'animal  se  trouve  pris  dans  sa  loge  et  on  rassomme  par  I'ou- 
•verture  superieure  qu'on  a  pratiquee. 

Un  vieux  Castor  vide  pese  environ  45  livres  (  poids  anglais 
probablement),  les  jeunes  34  livres  seulement.  Q.  y. 

1 58.  Description  d'un  Chien  sauvage  de  Sumatra,  d'une  nou- 
velle  espece  deVivERRA,  et  d'ur  faisan,  non  encore  dccrits; 
par  M.  Hardwich.  (  Trans.  0/ thcLlnn.  Soc,  t.  i3,  i""*".  part, 
tab.  23.) 

M.  Hardwich  decrit  ainsi  le  premier  de  ces  animaux ,  qu'il 
nomme  wild  Dog  of  Sumatra,  ou  Canis  familiar  is  var.  sumatren- 
sis  :  longueur  24  pouces  ;  hauteur  1 4 ;  physlonomied'un  Renard ; 
nez  poinlu;  yeux  obliques;  orellles  droites,  plus  nrrondies  au 
bout  que  cellcs  du  renard  et  du  jackal;  jambcs  elevees;  queue 
pendante  jusqu'au  jarret,  tres-touffue ,  plus  grosse  au  milieu 
qu'a  son  origine  et  a  son  extremite.  Coulcur  gcnerale  d'un  roux 
l^rrugineux  de  Picnard,  avec  des  nuances  plus  claircs  sur  le  ventre 


200  Zoologie. 

ct  la  f;ice  interieure  des  membres;  bout  du  nez  noir;  moustaches 
longnes  ct  noires.  II  a  beaucoup  de  ressemblance  avrc  ranimal 
appele  Qtnio  on  Chien  sauvaj^e  des  niontagnes  do  Ramglmr;  inais 
celui-ci  a  sa  queue  plus  noire  et  ses  oreilles  inoiiis  arroiidies.  11 
a  aussi  de  I'analogie  avec  le  Chien  de  la  Nouvelle-Zclaiide.  Sa 
voix  est  plutot  un  cri  qu'un  aboiemerit;  son  urine  est  ires-f'utide. 
Le  Fi\'erra,  donl  I'espece  n'est  sans  doiile  pas  nouvellt;,a  en- 
viron i5  pouces  de  longueur  depuis  le  bout  du  nez  jusqu'a 
I'origine  de  la  queue,  celle-ci  en  ayant  un  peu  plus  de  onze.  Sa 
hauteur  est  de  hult  pouces  et  dejni  aux  epaules  et  seulement  de 
six  un  quart  a  la  croupe.  Sa  coulenr  generale  estle  blanc  jauna- 
tre  marque  par  de  larges  llgnes  longitudinales  et  des  taclics  noi- 
res allongees  et  confluentes.  Les  laches  des  jambes  et  de  la  der- 
niere  ligne  de  I'abdomen  sont  plus  distinctes  que  les  aulres ;  la 
queue  a  six  anneaux  noirs  et  six  anneaux  blancs  jannatres;  Ic 
ventre  et  la  face  interne  des  membres  sont  de  celte  derniere 
couleur;le  nez  est  noir,  ct  une  ligne,  aussi  noire,  s'ctend  de 
chaque  cote  depuis  I'ceil  jusque  sur  le  cou.  L'individu  qui  a  servi 
a  cette  description  manquait  de  dents  ,  lorsqu'il  est  parvenu  a  la 
societe  asiatique  de  Malaca,  a  laquelle  le  major  Farqhuar  I'avait 
adresse.  II  avait  ete  pris  a  Java. 

Le  uouvoau  Foisan  a  17  pouces  de  long.  II  est  rcvctu  en  des- 
sus  de  plumes  d'un  cendre  foiice  dont  la  ligc  est  blanilie;  les 
couvertures  superieures  de  ses  alles  sont  varices  de  vert  avec  des 
lignes  blanches  dans  le  sens  longitudinal  de  ces  plumes;  ses  pen- 
nes  primaires  et  secondaircs  sont  noireS  brunatres  ,  avec  les  tiges 
blanches;  les  plumes  du  raenton  sont  d'lin  cramoisi  fonce ;  les 
tempes  nues  ct  rouges;  il  y  a  du  blanc  sur  le  cou  ;  les  plumes  «le 
la  poilrine,  du  ventre  ct  des  cotos  sont  lanceolees,  de  longueur 
inegale  et  de  couleur  verte  bordee  de  cramoisi;  les  douze  plumes 
dela  queue  sont  presque  egales,longues  de  six  pouces,  a  tige  et 
bout  blancliatrcs  el  leurs  couvertures  superieures  et  inferieures 
sont  d'un  rouge  cramoisi.  Les  jambes  d'un  rouge  fonce  sont  or- 
dinairement  arniees  de  trois  eperons  inegaux  ,  niais  il  y  en  a 
quelquefois  moins.  La  fcii:c!lc  est  semblable  an  male  mais  plus 
]ietite  et  sans  eperons.  Cette  belle  espece  est  native  des  nionta- 
gnes du  Napaul.  Desm..st. 

iSg.  I'nonnoMLS  i>er    Isi.i:Nnis<:HKN   Ornitmoi.ogik  ,  etc.  Pro- 
drome dc  rOrnithologic  islandaisc;  [tar  M.   Faber.   In-8.  dc 


Zoologie.  20  1 

1 1 4  p.  Copenhague ;  1 822  ;  Schubothe.  (  Isis  ,  1824  ,  i*^*^-  call., 
p.  i35.  ) 

Nous  avons  rendu  coinple  dans  le  2^.  n".  de  ce  Bulletin, 
p.  179  ,  d'un  premier  cxtrait  de  cet  ouvrage  ,  relaiif  a  la  subdi- 
vision des  oiseaux  palmipedes  arctiques  en  ordres  et  en  families. 
Dans  ce  second  extrait  de  I'Isis,  le  redactcur  entre  dans  quel- 
ques  details  sur  les  genres  et  les  especes  d'oiseaux  d'Islande  de- 
ci'its  dans  le  Prodrome  de  M.  Faber  ,  et  qui  sont : 

lo.  Falco  albicillus,  islandicus ,  lanariits,  ccvsius.  2°.  Strix  Nyc- 
fea.  3°.  Corvus  Corax,  Cot-nix,  Corone.  4°.  Tetrao  Islandoruin. 
5°.  Embc7-izacalcarala,nwalis.6°.  Fringilla  Linaria.  7".  Ttp-dus 
Iliacus.  8".  Motacillu  alba.  9°.  Saxicola  OEnanthe.  10°.  Sylvia 
Troglodytes,  \\°.  Anthus prutensis.  12°.  Hirundo  ruslica,  urbica. 
l3°.  Hternatopus  ostralegus.  il\°.  Charadrius  Hiaticuln,  pluviatis, 
i5°.  Calidris  arenaria.  \^°.  Ardea  drier ea.  17".  Numenius  ar- 
quala ,  Phceopus.  18°.  Limosa  melanura.  19°.  Totanus  calidris. 
20°.  Vancllus  cristalus.  21**.  Strepsilus  collaris.  22°.  Tringa  cine- 
rea  ,  maritima  ,  alpina  ,  Piignax.  23°.  Scolopax  Gallinago, 
a4"-  Rallus  aqtiaticus.  25°.  Phalaropus  cinereus  ,  platyrhynchus- 
26°.  Uria  Grylle,  Bronnicliii,  Troile ,  Alle.  27°.  Alca  Tarda, 
impennis.  28°.  Mormon  Fratercula.  29°.  Carbo  Cortnoranus, 
Graculus.  3o°.  Piifinus  arcticus ,  major.  3i°.  Colymbus  glacialis , 
rufogularis.  32**.  Podiceps  cornutus,  auritus.'iV^.  FuUca  atra. 
34**.  Mergus  Merganser ,  Serrator.  35".  Anas  nigra,  spectabilis , 
mullissima,  glacialis,  Clangula,  Marila,  leucophthalnia ,  his- 
trionica,  strepera,  acuta  ,  Bosch  as  ,  Penelope,  Crecca.  36".  An- 
ser  segetuni ,  albifrons,  torquatus  ,  leucopsis.  37°.  Cycnus  musicus, 
38°.  Sula  alba.  39".  Sterna  Hirundo  40".  Larus  tridactylus  , 
leucopterus ,  glaucus  ,  marinus.  41°.  Lestris  Catarrhactes , poma- 
rina, parasitica.  1,7.".  Prorcllaria glacialis ,  pelagica. 

L'auleur  donne  le  nom  islandais  de  chaque  espece.         S.  s. 

iGo.  NouvEAu  Recueil  de  pi.anchf.s  coLORiEEs  d'oiseaux,  pour 

servir  de  suite  et  de  complement  aux  planches  enluminees  do 

Buffon;  par  MM.  Temminck  et  Meiffren   Laugieiv.  (  Voy.  lo 

Bull,  de  juin ,  et  ceux  des  mois  precedens.) 

34«.  Livraison. — ■  Planchc  198.  Faucon  Diodon  ,  adultemalc; 

Falco  Diodon.i^evnvix.)  Du  Bresil. — PI.  199.  Cliouctte  roussc- 

rolc,  femelle  ;  Strix  fcrruginea.  (Maxim. )  Du  Bresil.  —  PI.  20a, 

Slarisque  crisiatclle  ,    Phaleris    cristalclla,  (Teium.)   Japon. — ■ 


■202  Zoologie. 

PI.  201.  Barbican  masque,  Pogonias  pcrsonatus.  (Id. )  Afrique. 
—  PI.  202.  Hirondelle  de  mer  a  bee  grele  ,  Sterna  teriuirostris. 
(Id.)  d'Afrique.  —  PI.  2o3.  Oiscau-mouche  ccaille  ,  male;  Tro- 
ckilus  sqiuunosus.  (Id.)  Du  Bresil.  —  Oiseau-mouche  a  gorge 
blanclie  ,  male;  Trochilus  albicolli^\  [WeMox.)  U.  —  Oiseau- 
mouche  petnsophore, male;  Trochi.m^ pctasnphnrus.  (Maxim.) Id. 

35^.  Livniison.  —  PI.  20/1.  Buse  manteiee  femelle; /''rt/co/3«- 
liatus,  (Maxim.)  Du  Bresil.  —  PI.  2o5.  Autour  chaperonne, 
male  adulte;  Fako  pileaius.  (Id.)  Idem.  —  PI.  206.  Cereopse 
cendre  (i),  Cereopsis  Novce-Hollandice.  (Lath.  1  —  PI.  207. 
Perroquet  mitre,  AA-o\\.t\Psittacus  mitratus.  (Maxim.)  Du  Bre- 
sil.—  PI.  208.  Gros-bec  elegant,  mk\e  et  femeile;  Fringilln  or- 
«ato.  (Maxim.)  Idem.  —  PI.  209.  Hirondelle  satinee  , ////wzc/o 
vdnuta.  (Id,  )  Idem.  —  Hirondelle  liausse-col ,  Hirundo  mclano- 
leuca.  (Id.)  Idem. 

36^  Livraison.  —  PI.  210.  Calao  a  cimier ,  male  adulte;  Bu- 
ceros  cassidix.  (Temm.)  He  Celebe.  —  PI.  211.  Calao  a  cannelu- 
res, Buceros  exaratus.  (Reinw.)  Idem.' — PI.  212.  Breve  a  ven- 
tre rouge,  male ;  Pitta  erythrogaster.  (  Cuvier. )  De  Manille.  — ■ 
PI.  21 3.  Francolin  a  rabat,  male  ;  Perdix  ponticeriana.  (Lath.) 
• — 'PI.  214.  Loriot  a  venire  blanc,  male  et  femeile;  Oriolus  xan- 
thonotus.  (Horsf.)  De  Java. — ^Pl.  2i5.  Tangara  tricolore  ,  fe- 
meile; Tanngra  tricolor,  Ameriquc.  —  Tangara  a  tele  bleue ,  fe- 
meile; Tanagra  cjanocephala.  Amerique.  Q. 

161.  Galerie  des  oiseaux  du  cabinet  d'hist.  natur.  du  Jardin 
du  Roi;  par  M.  L.  P.  ViEitLOT.  xxxiii*^.  a  xlii".  llvr.  in-4".; 
d'une  f.  et  4  p'-  color,  chacune.  Prix,  G  fr.  la  livr.  Paris; 
J.  P.  Ail  laud. 

1G2.  Ornithologie  francaise  ,  on  histoirc  naturelle,  generalc 
et  particulicre  dcs  oiseaux  de  France;  par  Vieillot.  iv*.  livr. 
in-4".  dune  f.  tl  G  pi.  Prix,G  fr.  5o  c;  figures  coloriees,  8  fr. 
Paris;  Pellcier. 


(1)  L'atitcur  dit  qiron  ne  connait  rirn  des  moeiirs  de  cet  oise.Tu  : 
nous  avons  on  occasion  d'en  voir  im  dans  les  jardins  du  gouverncur 
du  Porl-.lackson  a  la  Nouvclle-llollandc.  Le  fond  do  son  ])luniagc  litait 
gris  de  lio  man[iic  dc  larges  youx  brunatres  ;  ce  qui  ]>oiirraif  faire 
siipposur  un  m.'llo.  11  etait  seul  ot  paissail  Thcrbc  cornnic  Ic  font  les 
oics,  dont  il  avait  aussi  la  tail  If. 


Zoologie.  2o5 

163.  Notice  scr  la  ponte  faite  a  Paris  par  iles  Pcrruches 
de  rAmerique  merldionale,  de  I'espece  dile  Pa\'ouane ,  dans 
les  mois  de  juillet  et  d'aout  de  I'annee  1822;  par  M.  le  M'^  de 
Gabriac,  ancien  colonel.  {^Mem.  du  Museum  d'hist.  nat. ,  to. 
X^,  lO^  cah. ) 

L'auteur  de  cette  notice  ayant  accouple,  au  mois  d'avril  1822, 
deux  Perruclies  Pavouanes ,  obtint,  le  18  mai  suivant,  un  oeuf ; 
trois  jours  apres  un  2*^. ;  puis  un  3".  et  un  4*'.,  avec  le  men^e  in- 
tervalle  observe  entre  la  ponte  des  deux  premiers.  Deux  de  ces 
.oeufs  se  trouverent  clairs  ,  et  les  deux  aulres,  casses  par  TVl.  de 
Gabriac  apres  aS  jours  d'incubation,  luiprcsenterent  deux  foetus 
morts,  dont  I'un  pouvait  avoir  6  jours  environ  ,  et  I'aulre  12.  II 
attribue  la  non-reussite  a  la  grande  quantite  d'electricile  repan- 
due  dans  I'almospbere  pendant  le  mois  de  juin  de  cctte  annee. 

M.  de  Gabriac  donna  dix  jours  de  repos  a  ses  Perruclies,  et 
il  les  reunit  de  nouveau  le  i*^'.  juillet.  Le  i4  ,  la  fenielle  pondit 
encore  un  oeuf  qui  fut,  comme  la  premiere  fois,  accoinpagnc  de 
trois  autres  ,  les  17,  20  et  23.  Ce  fut  toujours  a  6  ou  7  beures  du 
soir ,  fait  remarquer  M.  de  Gabriac,  que  la  ponte  eut  lieu.  Le 
16  aoAt,  le  premier  oeuf  est  eclos,  et  les  aulres  de  trois  en  trois 
jours  ,  c'est-a-dire  les  9,  12  et  i5  ,ninsi  qu'ils  avaient  ete  pondus, 
a  6  ou  7  heures  du  soir.  Les  observations  de  M.  de  Gabriac 
prouvent  que  dans  cette  espece  de  Perruclies  la  duree  de  I'incu- 
bation  est  de  23  jours.  A  leur  naissance  les  petits  sont  recon- 
verts d'un  duvet  gris.  Au  moment  oii  M.  de  Gabriac  a  publie  sa 
notice,  ses  jeunes  Perruclies  avaient  deja  deux  mois.  C'est  le  se- 
cond exemple  d'un  pareii  succcs  obtenu  en  France  par  I'accou- 
plement  de  Perroquets.  M.  Lamouroux ,  professcur  d'histoire 
nalurelle  a  Caen,  a  lu  a  la  Societc  Linneenne  de  Paris  un  mcmoiro 
sur  des  ^ras  bleus  nes  en  France  [Psittacus  Ararauna ),  Le  pere 
ct  la  mere  appartiennent  a  M.  Esnault,  aussi  de  Caen  ,  a  qui  ils 
ont  pondu,  depnis  le  mois  de  mars  1818  jusqu'au  mois  d'aout 
1822,  en  ly  pontes,  62  ceufs. 

Plusieurs  essais  du  genre  de  celui  qui  fait  le  sujet  denotre  ar- 
ticle ont  etc  tenles  depuis  quclques  annees  par  diverses  pcrson- 
nes,  et  les  rcsultats  en  ont  ete  satisfaisans.  Tout  fait  csperer  que 
nous  parviendrons  lui  jour  a  multiplier  dans  nos  voliercs  la  plu- 
part  des  nombreuses  <  spcces  qui  composent  la  belle  faniiUe  des 
PsittaciefiS*-  B.  C.  Payraiukau. 


2o4  Zoo  logic. 

164.  Description  d'une    nouvelle    espece   de    Sirene,  avec 

quflqucs  observations  sur   les  jiiiimaux  d'une  nature  seinbla- 

ble  ;  par  le   Capit.   Le  Coktk.  (  J/in.  of  the  Lyceum  0/ New- 

York,ji°.i.) 

L'auteur  nonime  ce  replile  ,  dont  il  n'Indique  pas  le  lieu  natal, 
Siren  striata.  Son  corps  est  long  de  7  a  9  pouces.  dont  la  queue 
en  occupe  3  ou  4  :  il  n'a  que  deux  pates  anterieures ,  qui  sont 
pourvues  de  Irois  doigts  sans  ongles  ;  sa  bouche  n'a  point  de 
dents;  les  cotes  de  sa  tete  presentent  chacun  trois  ouverlures 
(spiracules)  pour  la  sortie  de  I'eau,  recouvertes  par  un  oper- 
cule  trilobc  charnu,a  lobes  entiers  et  nus ;  sa  queue  est  com- 
primee ;  sa  couleur  est  obscure  en  dessus,  avec  une  large  raie 
brune  sur  chaque  flanc,  et  une  autre  plus  pale  bordant  le  ventre 
de  cliaque  cote;  la  face  inferieure  du  corps  est  mouchetee  de 
blanc  brunatre;  toute  la  peau  est  enduite  d'un  mucus  abondant. 

Cet  animal ,  qui  vit  dans  la  vase  des  raarais  ,  n'a  pas  I'odeur 
desagreable  de  la  Sirene  lacertine;!!  nage  assez  bien,  raais  ne 
peut  presque  pas  marcher  sur  la  terre  :  il  est  sans  voix. 

M.  LeConte  rappelle  que,  dans  un  des  derniers  journaux  de 
Siiliman  ,  M.  Mitcliill  a  decrit  un  animal,  dont  le  nom  vulgaire 
est  HcU'bcnder  (ployeur  d'enfer ) ,  comme  appartenant  au  genre 
des  Protees. 

11  ajoute  que  le  Hell-bender  de  I'Ohio  est  tres-different  du 
Protee  de  M.  Mitchell ,  ayant  une  taille  plus  considerable ,  et  9 
appendices  branchiaux  a  ses  spiracules.  11  femarque  que  la  vraie 
place  de  ces  animaux  est  apres  \  Amphiuma  (voyez  la  description 
de  ce  dernier  dans  le  dernier  Bulletin  ,  n°.  71  ),  si  meme  ils  ne 
doiventpas  entrer  dansle  meme  genre.  Le  Hell -bender  de  I'Ohio 
rst  le  meme  animal  que  le  Protonopsis ,  de  Barton  ,  et  que  la 
Salamandre  des  monts  AUeghanys  ,  de  Latreilie. 

Le  Prot(5e  des  lacs  serait  probablement,  selon  M.  Le  Conte  , 
la  Inrve  de  ce  meme  animal;  et  il  en  donne  une  description 
nouvelle. 

En  resume,  il  pense  que  les  deux  especes  de  Sirenes,  c'est-a- 
dire  la  sienne  (S.  striata)  el  la  lacertlne  ,  1'A.mpliiuma,  le  H.;ll- 
bonder  ,  I'Axolotl ,  le  Protee  ( il  ne  dit  pas  s'il  entend  parler  de 
tclui  de  M.  MitdiiU  ou  du  Protee  des  lacs),  et  un  ou  deux  au- 
trcs  reptiles  ,  voisins  de  ceux-ci ,  mais  obscurcment  et  imparfai- 
lemenl  connus,  doivent  former  une  famillc  particulierc  de  Ra- 
traciens  ,  caracterisee  par  I'exislence  simultancc  de  narincs  et  dc 


Zoolo'^ie.  20  5 

spiracnics.  Selon  lui ,  cetio  f;imillc  sorait  natnrclleiTipnt  divisee  en 
deux  secllons  :  I'une  renrermernit  les  especes  qui  out  uii  crane 
solidp,  comine  rAmphiuma  ot  le  Hell-bender;  et  la  seconde,  celles 
dont  le  crane  est  compose  de  piusieurs  os  separes,  comme  les 
Sirenes  et  les  Piotees.  Desm...st. 

i65.  Description  d'une  nouvelle  espece  he  couleuvre  ;  par 
M.  BoRY- Saint -Vincent.  [Annales  ties  sciences  naturellcs 
avril  1824  ,  p-  4o8.) 

Le  nouveau  reptile  que  fait  connaitre  M.  Bory -Saint-Vincent, 
avail  ete  apporte  de  la  Guyane  par  M.  Richard  pere.  Comme  la 
description  n'en  est  pas  trcs-longue  ,  nous  allons  la  rendre  tex- 
tuellement. 

Couleuvre  de  Richard  [Coluber  Richardi ,  B.  ).  «  Le  nom 
vulgaire  de  Couleuvre  Liane ,  donne  a  cette  elegante  espece  par 
ks  habitans  de  la  Guyane ,  indique  d'avance  sa  forme  eiancee 
et  sa  flexibllite.  En  effet ,  ce  serpent  que  nous  allons  faire  con- 
naitre, et  que  nous  dedions  a  la  niemoire  de  Richard,  notre  il- 
luslre  maitre  ,  est  I'un  des  plus  sveltes ,  des  plus  elegans  ,  et  des 
plus  minces  qui  existent.  Nous  en  avons  fait  la  description  sur 
Irois  individus  rapport es  par  feu  notre  savant  ami.  Sa  faille  est 
de  trois  a  quafre  pieds  ;  la  queue  tres-fine  est  fort  longue ,  et 
equivaut  pour  le  molns  au  tiers  de  la  longueur  totale;  le  corps 
n'est  guere  plus  gros  que  le  doigt ;  le  cou  tres-aminci  et  bicn 
distinct,  supporle  wne  tete  allongee,  ovale,  un  pen  elargie  vers 
I'occiput,  qui  est  aplati ;  elle  est  couverte  de  neufgrandes  pla- 
ques d'un  beau  vert  de  topaze;  les  ecailles,  legerement  carenees 
sur  le  dos,  le  sunt  plus  sensiblement  sur  les  flancs;  ie  ventre 
blanc  est  plat,  le  dessus  est  d'un  brun  chatoyant  qui  produit 
des  reflets  comine  le  ferait  du  cuivre  de  rosette;  trois  lignes 
d'un  brun  clair ,  vif  et  brillant,  rcgnent  dans  toute  la  longeur 
du  serpent;  une  petite  bande  noire,  partant  de  la  pointe  du  mu- 
seau  et  passant  sons  I'ceil ,  separe  la  teinte  verte  du  vertex  de  la 
couleur  blanche  qui  regne  sur  les  machoires  ;  celles-ci  ont  leurs 
levrcs  garnies  d'tcaiiles  un  pen  plus  grandes  que  celles  qu'on  trou- 
ve  sur  Ic  reste  de  I'animal;  ycompris  les  ecailles  des  commissures 
et  une  impaire  en  avant,  il  y  en  a  dix-neuf  en  haut ,  et  treize  en 
bas.  Cette  espece  presente  quelques  rapports  avec  le  Boiga,eta 
peut-^tre  etc  confondue  avec  ce  serpent  que  nous  croyons'^tre 
particulier  a  I'ancicn  monde ,  et  consequeinmcnt  fort  different. 


2o6  Zooiogi^. 

11  a  egalement  quelque  ressemblance  avec  le  Saurltc;  mais  U 
forme  de  sa  t^te  Ten  distingue  ;  il  est  d'ailleurs  encore  phis 
mince,  et  proportionnellenient  plus  allonge.  » 

Suit  une  planche  representant  I'animal  de  moitle  grandeur^ 
avec  ses  details  et  un  de  ses  a-iifs.  Q.  .  .  .y 

166.  Lettre  de  M.  Kuhl,  a  M.  le  D"".  Boie,  siir  ranalomie 

de  quelques  poissons   (i) ,  ecrite  a  bord  du  Noordloh  ;  lat.  S. 

20°  et  long.  12°  (  Greenw.),  le  8  Octob.   1820.  [Jllg.  Konst. 

en  Lettcrhocle,  1822,  pag.  20.) 

Deja  dans  le  canal  de  la  Manche  nous  eumcs  occasion  de 
faire  des  observations  intercssantes.  Nous  dissequames  le  >Scow- 
her  Scornbrus,  le  Murccna  Conger,  et  le  Raja  oxjrhynchus. 

Dans  rOcean  equatorial,  un  seal  jour  nous  a  souvent  fourni 
tant  d'objets  interessans  ,  qu'il  nous  a  ete  impossible  de  les 
examiner  tons. 

Dans  un  tres-gros  Squalus  Cnrcharias ,  Lin.,  nous  trouvames 
a  laveine  cave  uu  r&ervoir  volumineux  place  entre  le  ca-ur  ct  le 
foie,  et  semblable  a  celui  qu'on  a  observe  dans  le  Plioai  vitullna,  et 
dans  divers  oiseaux  plongeurs.  Nous  y  vimes  du  cote  de  I'ovaire, 
tres-distinctement,  I'ouverture  interne  de  I'oviducte  ,  et,  a  I'aide 
denos  dessins,  nous  pourrons  donner  en  general  une  description 
exacte  de  I'organisation  remarquable  de  ce  poisson.  La  structure 
de  I'intestin  nous  parut  Ires-slnguliere.  Le  colon  manque  de 
soupape  en  splrale,  mais  il  est  revelu  interieuremcnt  par  une 
peau  laclie  et  plissee  qui,  etant  developpee,  surpasse  en  diame- 
tre  dix  fois  lesien.  Home  a  deja  parle  des  sillons  transversaux  du 
cervelet  dans  ce  poisson  ,  et  nous  pouvons  ajouter  que  tout  le 
cervelet  y  est  beaucoup  plus  developpe  que  dans  d'autres  es- 
peces,  et  qu'il  en  est  de  meme  des  hemispherej. 

J'ai  fait  faire  de  beaux  dessins  relatifs  a  I'anatomie  du  Thjn- 
nus  Sarda  ;  le   cervelet  y  est  si  grand  qu'il  depasse  enrore  les 

(i)  C'est  a  M.  le  D'.  Boie  que  nous  dcvons  la  traduction  de  plusicuis 
des  lettres  de  MM.  Kuhl  et  Van  Ilasselt.  II  a  Lien  voiilu  revoir  cclle  des 
autres ,  et  enrichir  ces  lellres  de  i  cnscigncmuns  prc'cieux  sur  la  syno- 
nymic des  espices  qui  y  sont  citiics  en  recliliaiit  le  tt-xle  de  I'original 
hollandais ,  quelquefois  inexact.  Les  zooloj^istcs  nous  sauront  grti  de 
leur  avoir  fait  connailre  ces  lellrcs  inlcicssantes  de  deux  savacs  si 
digncs  de  Icurs  regrets,  et  qui  ont  tant  fdit  pour  la  science.  M.  Ic 
D'.  Boie  va  les  remplacer  a  Java  ,  011  les  vocux  de  tous  les  naluralistes 
raccompagncront. 


Zoologie.  207 

tubercules  qiiadrijumeaux  qui  sont  longs  et  vcrmiformes ;  les 
hemispheres  memes  en  sont  recouverts  a  moiue.  Dans  \'Exo- 
coetus  volltans ,  le  cerveau  remplit  tonle  la  cavite  du  crane  ,  inais 
les  nageoires  pectorales  n'y  recoivent  qu'un  nerf  peu  gros  ,  vu 
que  ces  ailes  ne  servent  qua  la  locomotion  ,  et  sont  depourvues 
de  ces  rayons  detaches  ,  qui,  dans  les  Dactylopleres ,  paraissent 
servir  d'antennes. —  Dans  les  Thynnus  Sanla,  et  Pelamys  ,  le 
vide  entre  la  paroi  superieure  du  crane  et  le  cerveau  est  occu- 
pe  par  une  graisse  de  consistance  solide.  —  Ce  que  nous  avons 
observe  dans  les  especes  du  genre  Scomber  Lin.  fournit  des 
preuves  interessantes  sur  le  passage  graduel  des  appendices  py- 
loriques  en  simple  pancreas. —  Dans  le  S.  Scombrus  et  le  Colias 
(  Centronotus)  Z)Hrfo/-,  ces  appendices  n'ont  rien  d'exlraordi- 
naire ;  mais  dans  le  Thjnnus  Sarila  leur  grand  nombre  est  di'ja 
separe  en  plusieurs  faisceaux  ;  et  dans  le  Th.  Pclamys  ,  enfin ,  ils 
ne  torment  qu'un  seul  corps  glanduleux.  II  emane  de  ce  veri- 
table pancreas  une  humeur  visqueuse  qui  protege  les  parois  des 
intestins,  et  dont  les  excremens  sont  enveloppcs  comme  i>ar 
une  membrane. 

Nous  avons  encore  disseque  le  Coryphama  Hippurus  et  le 
Scopelus  Humboldtii,  que  je  crois  plutot  du   genre  Aulopiis. 

Aujourd'hui  j'ai  lue  trois  individus  du  Procellaria  capensis. 
Cet  oiseau  a  I'estomac  anterieur  ou  glanduleux  ( ventricnle  suc- 
centurie  Cuv. )  tres-volumineux.  II  manque  de  la  dilatation  de  la 
veine-porte  ,  qu'on  observe  dans  quelques  oiseaux  plongcurs  et 
dans  les  Phoques.  Kdhl. 

167.  A  COMPLETE  ILLUSTRATION  OF  THE  INDEX  TESTACEOLOGI- 

cus,  etc.  Illustration  complete  de  XIndex  testaceologiqae ,  ou 
Catalogue  des^  coquiiles  britanniques  et  etrang. ;  par  M.  W. 
Woon,  F.  R.  S.  et  L.  S.  Prix,  en  uoir ,  2  1.  12  s.  G  d. ;  colorle, 
5  1.  5  s. ;  ct  fig.  doubles,  i5  1.  i5  s.  Londres,  chez  I'auteur. 

M.  Wood  est  surlout  connu  par  la  publication  du  i*"^.  vol. 
d'un  ouvrage  intitule ,  General  Conchology ,  or  a  description  of 
Shells,  arranged  according  to  the  Linnean  System,  avec  des  pi. 
coloriees;  gr.in-8.  Londres;  181 5.  Le  plan  et  I'executiou  de  cet 
ouvrage  elaient  trt-s-satisfaisans,  et  si  I'auteur  les  eut  suivis  avec 
perseverance  ,  il  aurait  rendu  uu  veritable  service  a  la  science. 

En  1 8 18,  cc  menu:  naturaliite  a  public  son  Index  testaceo!o~- 


2o8  Zooloi^ie. 

gicus  or  a  Ctitalogue  of  Shells ,  hritish  and  furcing ,  arranged 
arcni-dingto  the  Linnean  System,  avec  !rs  noms  latins  et  anglais, 
la  citation  ties  figures,  et  I'indication  de  Icur  habitat.  In-8.  de 
1 88  J),  avec  8  pi.  reprcsentant  quelques  especcs  de  genres  divers. 
C'etail  sans  doute  le  catalogue  ou  la  table  desespecesqtie  M.Wood 
avait  du  preparer  pour  son  premier  ouvrage.  Aiijourd'hui  cet  an- 
tear  propose  par  souscription  les  figures  de  totites  Ics  especes  in- 
diqucesdans  son  Index,  reunies  en  i  vol.  in-8.  Ces  figures  seront 
tirees  des  meilleures  sources  ,  et  reduites  avec  assez  de  precision 
pour  qu'elles  puissent  servir  a  la  determination  des  especes. 

L'uuteur  a  joint  a  son  prospectus  une  planclic  ,  et  la  liste  des 
souscripteurs.  Otte  planclie  ,  donl  le  cadre  est  fort  petit,  nieine 
pour  le  formal  du  papier ,  renferme  6  especes  de  divers  genres,  et 
donne  une  bien  mediocre  idee  de  ce  que  seront  les  autres,  sous 
le  rapport  de  la  gravure,  et  sous  celui  de  I'utilite  qu'elles  ponr- 
ront  offrir.  A.u  reste ,  Ton  peut  hardiment  assurer  qu'il  est  pres- 
qu'impossible  de  rien  faire  de  tolerable  sur  un  scmblable  plan ; 
car  on  a  beaucoup  de  peine ,  dans  les  genres  ou  les  transitions  en- 
tre  les  especes  sont  nombreuses,  a  les  dessiner  de  maniere  a  les 
rendre  facilemenl  reconnaissables,  nieme  en  les  laissantde  gran- 
deur naturelle.  Et  que  peut-on  attendre  de  figures  reduites  comme 
celles-ci,  ou  le  Nautilus  PoiJipilcus  est  reprcsente  de  la  gros- 
seur  d'uno  noisette.  Nous  ajouterons  que  les  exemplaires  en  noir 
ne  seront  absolumcnt  d'aucune  valeur,  puisqu'il  leur  manquera  la 
seule  condition  qui,  dans  des  reclierchcs  de  cctte  especc,  puisse 
(luelquefois  mettre  sur  la  voie  des  determinations.  Nous  dirons 
encore  qu'il  nousparait  peu  facile,  en  adoptaut  meme  les  reduc- 
tions de  M.  Wood,  de  donner  toutes  les  especes  en  un  seul  vol.; 
car,  en  en  admettant,  terme  moyen,  6  especes  dans  un  petit  cadre 
de  '/(  po.  sur  2  ^  ,  i,ooo  planches  ne  contiendraient  guere  que  la 
moitie  des  especcs  connues. 

On  ne  saurait  trop  s'elever  conlre  de  semblables  entreprises 
qui,  si  elles  n'etaicnt  qu'inutiles,  ne  meriteraient  pas  qu'on  s'y 
arr^'taf,  mais  elles  encombrcnt  la  science,  elles  en  arretent  la  mar- 
clie ,  elles  degoutent  les  acheteurs  ,  etc. ;  et  il  est  surtoul  lacheux 
qu'i'ui  homme  comme  M.  Wood ,  de  qui  la  science  pcut  attendre 
devrais  services,  consacre  son  temps  et  ses  forces  a  un  ouvrage 
bon  pour  des  enfans.  Nous  I'engageons  a  abandonner  son  pro- 
jet  ,  et  a  continuer  son  premier  ct  beau  travail ,  pour  lequcl  tous 
les'naturalislcs  lui  devront  seconrs  et  reconnaissance.  F. 


Zoologie.  209 

168.  The  GENERA  or  recent  and  fossil  shells,  etc.  Les  genros 

de  coquilles  vivantes  et  fossiles ;  par  G.  Bret.  Sowerby.  F.  L.  S. 

N°°.  XX  et  XXI.  (Voyez  le  Bulletin,  n°.  77  ,  du  mois  de  mai.) 

Le  n".  XX  contient,  Rostellaria  Fusus,  Columbaria  Lam.,  fos- 
sile ;  Pes  Pelecnni,  Fissurella,  labratn  Sow.  Ces  1  dernieres  especes 
sent  fossiles.  —  Pterocerus  Chiragra  var.  ;  —  Strombus  Pugilis 
var.,  Auris  Diance ,  variabilis  var..  Swains.;  tridentatus , 
Fissurella  Linn. ,  decussatus  Defr.  ,  fossile  ;  —  Cypricardia 
oblonga  (  Chama  oblonga  Linn.) ;  —  Cardita  calyculata ,  sulcata 
et  imbricata. — Thecidium  pumilum  (ou  Terebratula pumila  Lin- 
ne),  digitatum  Sow.,  recurvirostre  Defr.  Ce  genre,  etabli  par 
M.  Defrance  ,  offre  des  especes  vivantes  et  fossiles. 

Len",  XXI  offre:  Producta  (dont  la  terminaison  est  preferee  par 
I'auteur  a  celle  de  Productus)  Martini,  depressa,  N.  sp.  Sow.,  an- 
tiquata.  —  Emarginula  (  M.  Sowerby  reunit  a  ce  genre  le  genre 
Parrnaphorus de M.  de B\A\n\i\\e),elongata,  breviculaiVavmai^h.), 
fissurata  [Patella.  Chemn.), elegans,  espece  fossile  de  Normandie, 
reticulata  [Patella.  Cliemn.),  tricostata  [Patella.  Il-umplir.  —  Si- 
phonaria,  nou\eau  genre  propose  par  M.  Sowerby  pour  des  Pa- 
telles  qui  paraissent  avoir  une  impression  canaliculaire  literale, 
commeles  Parmaphores  I'ont  a  I'avant.  II  y  rapporte  les  coquilles 
suivantes:  S.  Sipho  ,  concinna ,  Tristensis  Leach,  exigua  iLepas 
Mart.);— Fissurella picta  Lam.,  crassa,Pustula , calyculata  Sow., 
machroschisina  [Hiantula  ham.) ,  fascicularis  Lam.; — -Patella 
meianograinina ,  miniatavar. , /erruginea  jun. ,  intorta,fragilis 
Cliemn.;  —  Magillusclliplicus ,  N.  s\).  Sow.,  antiquus  (ce  genre 
fait  partie  des  Annelldes.  )  F. 

169.  Analyse  d'un  memoire  sur  les  coquilles  du  genre  Ger- 
villie;  par  M.  Eud.  Deslongchamps.  Lu  a  la  Soc.  Linncenne 
du  Calvados,  dans  la  seance  du  i^'.  deceinbre  1823. 

Le  genre  Gervillie  a  ete  etabli  par  M.  Defrance,  dans  le  Dic- 
tlonnaire  des  sciences  naturelles ,  d'apres  un  nioule  interieur  de 
coquille  qu'il  avail  recu  de  M.  de  Gerville,  naturaliste  bien 
connu  de  Valogne.  II  le  caracterise  ainsi  :  «  Coquille  bivalve, 
w  inequilaterale,  trcs-allongee  longitudinaiemcnt ,  un  peu  courbe 
»  et  aplalie  ,  baillante  trcs-probablement  a  rextromite  anterieure 
»  oil  se  trouvesitiice  la  cliarniere,  ct  ou  cliaque  valve  est  un  peu 
»  retroussee  dans  le  plan  de  la  courbure  de  la  coquille;  trois  fos- 
»  seltes  obliques  qui  out  du  contenir  autant  do  ligamens,  dont 
R.  Tome  IL  3/, 


2,0  Zuologie. 

»  deux  -vis-a-vis  les  crochets,  ct  I'autre  un  pea  I'loignee;  cUu\ 
^  ou  six  petiles  denfs  obliques  au-desso»is  des  deux  premiens; 
>.  deux  longues  paralleles,  ct  quelques  autres  plus  pelites  an 
>.  dela  de  la  troisieme  fossette.  Una  impression  musculairevis-a- 
>.  vis  de  la  charniere. » 

M.T-.  Deslongchamps  a  rectifie  ce  caractere  d'apres  les  especes 
nouvelles  qu'il  a  trouvees  dans  les  terrains  secondaires  des  envi- 
rons de  Caen,  n  Les  Gervillies,  dit  ce  naturaliste ,  ont  une  co- 
..  quille  bivalve,  inequivalve,  inequilatiirale,  allongee,  un  peu 
»  arquee,  subtransverse,  tres- oblique  sur  sa  base,  non-bail- 
.)  Ia«e.  Charniere  double;  rexterieurc  formee  de  sillons  larges, 
»  peu  profonds,  plus  ou  moins  nombreux  ,  opposes  sur  chaque 
»  valve ,  destines  a  recevoir  des  ligamens  comme  dans  les  Per- 
»  nes;  I'interieure  a  dents  tres-obliques  ,  alternes  sur  chaque 
>,  valve ,  et  se  relevant  mutuellement.  »  Tels  sont  les  caracteres 
du  genre  Gervillie;  d'apres  M.  Deslongchamps,  ils  different  beau- 
coup  de  ceux  de  M.  Defrance.  Ce  dernier,  n'ayant  a  sa  disposi- 
tion qu'un  moule  interne  d'une  seule  coquille,  ne  pouvait  pre- 
senter des  caracteres  aussi  certains  que  M.  Deslongchamps  qui  a 
observe  de  nombreux  individus  des  cinq  especes  qu'il  a  decrites. 
i*"^.  espece.  Gen'illia  pernoides ;  sp.  nov. 

Gerv.  testa  magna,  crassa,  lutiuscula;  auriculis  integris,  sulcis 
cardinis  cxterni  numerosis,  magnis,  parallelis,  dentibus  cardi- 
nis  interni  polyraorphis,  obllquissimis. 

Commune  dans  le  calcair  e  de  Caen ;  rare  dans  les  vaches  noires. 
2^.  espece.  Gervillia  Siliqua  ;  sp.  nov. 

Gerv.  testa  elongata,  subcompressa,  auriculis  integris,  sulcis 
cardinis  externi  ter  aut  quatuor,  dentibus  cardinis  interni ,  obli- 
quis ,  simplicibus. 

Commune  dans  le  calcaire  a  polypiers ;  rare  dans  les  vaches 
noires.  Se  trouve  dans  differens  etats. 

3*^.  espece.  Gervillia  solenoides ;  Defrance. 
Gerv.  testa  longissimd ,  angusta  ;  auriculis  integris  ;  sulcis  car- 
dinis externi  ter  aut  quatuor,  dentibus  cardinis  interni  nume- 
rosis, in^qualibus,  varie  dispositis. 

Terrain  a  bacuUtcs  des  environs  deValogne,  etc. 
4''.  espece.  Gervillia  monotis ;  sp.  nov. 

Gerv.  testa  parv^l  latiuscula;  auriculis  altera  brevissimd,  al- 
tera longa ,  emarginata. 

Calcaire  a  polypiers  des  environs  dc  Caen  ;  rare. 


Zoologie.  2 1  r 

5^.  espece.  Gcnu/lia  costattila;  sp.  nov. 

Gerv.  testa  parva,  lata,  submutica,  costis  quatuor  aut  quin- 
que  longitutlinalibus  exiguis;  auricula  longiori  emarginata. 

Calcaire  a  polypiers  des  environs  de  Caen;  rare. 

Ce  meraoire ,  accompagne  de  plusieurs  fig.,  sera  publie  dans  le 
i^"^.  vol.  du  recueil  de  la  Societe  Linneenne  du  Calvados.  L. 
170.  ExTKAiT  d'une  lettre  DE  M.  KuHL  a  bord' du  Noordloh; 

lat.S.  2  4"etlong.i2"(G/-ee/2«'.),le8oct.i820,sur  quelquesmol- 

lusques  et  radiaires.  [Allg.  Konst  en  Letter  bode ,  1 822  ,  p.  20.) 

Nous  avons  i-ecueilli  des  observations  sur  le  canal  intestinal 
des  Pelagia  et  les  ovaires  des  Porpjtes ,  et  nous  avons  ele  assez 
heureux  pour  decouvrir  la  circulation  dans  les  Biphores. 
(  Voyez  la  lettre  suivante  du  12  aout  1821  ) ,  sur  lesquels  toutes 
les  opinions  precedentes  ont  ete  erronees.  Nous  avons  recueilli 
les  Salpa  vivipara  ,  scutata ,  fusiformis  et  octocera ,  et  trois 
nouveaux  genres  voisins  de  ces  inollusques. 

M.  de  Humboldt  a  observe  que  I'clectricite  galvanique  est 
sans  influence  visible  sur  les  Meduses;  nous  pouvons  en  dire 
autant  des  Pyrosomes  quoiqu'il  y  ait  encore  uii  vestige  de  sys- 
teme  nerveux  chez  ces  derniers  animaux.  Au  reste,  les  Biphores 
aussi-bien  que  les  Pyrosomes,  conserves  dans  un  bocal,  y  font 
monter  la  temperature  de  I'eau  d'a  peu  pres  un  degre  centi- 
grade. 

hes  Pjrosoma  atlanticum,  seule  espece  jusqu'alors  observee 
parnous,  repand  en  nageant  au  dessous  de  la  surface  de  la 
mer  une  lumiere  d'un  pied  a  un  pied  et  demi  de  diaraetre.  Fifru- 
rez-vous  le  spectacle  superbe  dorit  nous  avons  joui,  il  y  a  quel- 
ques  jours,  lorsqu'un  soir,  de  7  a  n  heures ,  une  bande  non 
interrompue  de  ces  globes  de  feu  vivans  passait  aupres  du  vais- 
seau  ;  a  la  clarte  qu'elles  repandaient,  nous  pumes  distlnguer  a 
j5  pieds  de  profondeur  les  individus  des  Thynnus  Pclamys  et 
Sarda  qui  nous  suivaient  depuis  quelques  semaines  malgre  la 
grande  vitesse  avec  laquelle  nous  navigaraes  dans  ce  temps, 
faisant  par  nceud  637  milles  allemands. 

Nous  avons  disseque  le  Beroe  Pileus  et  le  macrostomus. 

171.    EXTRAIT  d'une  lettre    DE  MM.    KuHL    ET  YaN   HassELT  , 

datee  du  detroit  de  la  Sonde,  17  octobre  1820  ,  sur  les  mol- 

lusques.  {AUg.  Konst  en  Letterbode ,  1822,  n°.  G.  ) 

Nous  avons  deja  recueilli  un  grand  nombre  do  Patelles,  et 


3 1  2  Zoologie. 

la  plupart  ont  ete  dessin(5es  sur  le  vlvatit.  Nos  systemes  laisseiit 
encore  beaucoup  a  desirer  par  rapport  a  ce  genre,  el  je 
(M  RuliI)  nie  propose  d'en  donner  iine  monogiaphie  a  inoii 
retour  en  Europe.  A  I'ile  de  Madere  nous  en  Irouvaiues  ipiatre 
cspeces  et  treize  a  la  Baie  de  la  Table.  Parmi  les  dernieressont  les 
Patella  harbara ,  comprcssa  ,  granuUiris  ,  cochlcaria  ,  rniniata, 
leucopleura  et  granatina.  Une  espece  figuree  par  Valentyn  , 
pi.  I02,  habite  aussi  les  parages  du  Cap,  ou  elle  fournit  une 
nourriture  agreable. 
1 72.  ExTRAiT  d'une  lettre  DE  Van  Hasselt,  datee  de  Buitenzorg 

( ile  de  Java  ),le  12  aout  1821  ,   sur  les  Biphores.  (  .-ilgem. 

Konst  en  Letterhode  ,  1822.) 

L'ingenieux  Savigny  ( Voyez  son  3^.  Memoire  sur  les  aninmux 
sans  vertebres ,  p.  1 13)  indique  ainsi  qu'il  suit  la  circulation  vrai- 
semblable  du  sang  dans  les  Ascidles  simples.  «  Un  des  vaisseaux 
»  du  coeur  recoit,  a  ce  que  Ton  dit,  tout  le  sang  des  branchies, 
«  il  prend  le  nom  de  veine  pulnionaire;  I'autre  plus  long  est 
»  I'aorte,  qui  distribue  le  sang  aux  diverses  parties  du  corps.  »  II 
.njoute  dans  la  note  a : «  L'Ascidie  n'a,  coronie  les  gasteropodes  et  les 
u  acephales,  qu'un  ventricule  gauche  ouaoi  tique  et  il  n'y  a  point 
11  de  ventricule  a  la  reunion  de  la  veine-cave  et  des  arteres  pul- 
u  monaires.  «  II  resulte  evideniraent  de  ces  passages  que  I'autrur 
ne  presume  pas  de  difference  enlre  la  circulation  probable  dans 
4  les  Ascidies  simples  et  celle  desmollusques  dont  il  a  fait  mention. 
Le  meme  savant,  dans  la  suite  du  memoire,  pag.  124  ,  indique 
aussi  le  rapport  qui  existe  entre  les  Ascidies  et  les  Biphores,  et  il 
en  vient  au  resultat,  que  du  moins  pour  la  circulation  if  n'y  ix 
point  de  difference  essentielle  entre  ces  aniinaux.  Telles  ctaient 
aussi  nos  idees  sur  I'organisation  des  Biphores,  niais  nos  jiropres 
recherches  nous  ont  prouve  que  lour  circulation  non-seulement 
est  trcs-diffcrente  de  ccllc  desaniniaux  auxquels  M.  Savigny  les 
compare;  mais  qu'en  vcrite  ce  phenomene  s'exccute  d'une  ma- 
niere  jusqu'alors  sans  exemple  dans  les  animaux  ;  voici  ce  que 
nous  avons  remarque  a  ce  sujet : 

Un  vaisseau  grand  et  long  (aorte,  suivant  Savigny  )  part  du 
coeur  du  cote  de  la  partio  anterieure  du  corps  (la  partie  poste- 
rieure,  suivant  Cuvier),  et  sc  divise  en  un  grand  nonibre  de 
branches,  qui  se  subdivisont ,  s'anastomosent  else  repandcnt  dans 
diverses  parlies  du  corps.  Ces  ramifications  sortcnl  les  uncs  des 


Zoologie.  2 1 5 

autres  sous  iles  angles  droits  et  se  reconrbent  ensuite  la  plupart 
en  arc,ainsi  que  I'a  observe  aiissi  M.  deChaniisso,  de  sorte  qu'a 
I'exception  de  ceux  qui  vont  en  travers,  tons  ces  petits  vaisseaux 
ont  une  direclion  oj)posee  a  celle  du  vaisseau  principal ,  c'est-a- 
dire  qu'iis  se  dirlgent  d'arriere  en  avant  tandis  que  Taorte  se  di- 
rige  de  devant  en  arriere.  A  rextremlte  posterieure  du  coeur  on 
observe  deux  vaisseaux  qui  repondent  aux  veines  pulmonees  , 
suivant  M.  Savigny ;  ils  se  distrlbuent  egalement  dans  le  corps  de 
Tanimai  en  s'anastoniosant  a  vecdesrameauxdu  grand  vaisseau  prin- 
cipal (aorte,  Sav.).Mais  ce  qn'il  y  a  surtout  de  reniarquable  etde 
singulier  dans  cette  circulation,  c'est  que  le  sang  ne  coule  pas 
toujours  du  coeur  a  I'aorte  pour  se  repandre  de  la  dans  les  diver- 
ses  parties  du  corps;  mais  qu'apres  avoir  coule  ainsi  pendant 
qiielque  temps  on  le  voit  s'arreter  tout  a  coup  et  prendre  une  di- 
rectioii,  ai.solunient  opposee.  En  verite,  le  sang  se  rend  alors  par 
les  arteres  et  I'aorte  au  coeur  ,  et  de  la  par  les  veines  pulmonaires 
et  Icurs  anastomoses ,  il  retourne  dans  les  arteres  et  I'aorte.  lies 
contractions  du  cceur,  en  general  tres-regulieres,  diminuent  de 
vitesse  a  I'approche  d'un  tcl  changeinent  periodique  de  circula- 
tion ,  et  ce  fut  dans  ces  circonstances  que  nous  vimes  le  sang  s'ar- 
reter et  meme  reculer  un  peu,  jusqu'a  ce  qu'une  contraction  ge- 
nerale  du  corps  le  determina  a  prendre  la  direction  opposee.  La 
duree  de  ces  circulations  opposees  n'est  pas  tout-a-fait  la  meine ; 
nous  avons  vu  le  sang  couler  pendant  3  quarts  de  minute  du  coeur 
a  I'aorte,  et  pendant  ce  temps,  il  y  eut  4^  contractions  du  coeur; 
mais  il  fallait  ensuite  un  tiers  de  min.  au  sang  pour  reflucr  des 
arteres  au  coeur  et  aux  veines  pulmonaires,  et  dans  cet  intervalle 
nous  comptanies  62  pulsations. 

Tout  ce  phenomenc  tient  a  Torganisation  du  coeur  et  a  la  raa- 
niere  dont  il  se  contractc,  les  vaisseaux  y  sont  absolunient  pas- 
sifs.  Ce  coeur,  comme  d'autres  I'avaient  deja  remarquii,  semblable 
a  un  sac  tubiforme ,  est  enferme  pres  du  Nucleus  dans  un  peri- 
carde  immobile;  mais,  ce  qui  est  bien  important,  ces  contractions 
se  font  dans  une  direc^on  de  spirale,  dont  les  mouvemens  res- 
semblent  au  raouvement  peristaltique  des  intestins. 

Le  sang  du  Biphore  est  uu  fluide  sereux  rempli  de  petite  glo- 
bules blancs  qui  se  rangeiit  en  chaines  pour  passer  I'un  apres 
I'autre  dans  les  petits  vaisseaux.  Comme  ces  globules  sont  assez 
consistans,  celaproduit  neccssairement  une  resistance  dans  toute 
la  uiasse  du  sang,   qui   finit  par  vaincrc  la  force   repulsive  du 


2 1 4  Zoologie. 

cceur  apres  s'etre  anetee  un  moment;  le  cceur  prend  alors  urt 
raouvement  de  spirale  contraire  au  precedent.  II  s'ensuit  de 
tout  cela  : 

i".  Puisque  le  sang  est  pouss^  tant  en  avant  qu'en  arriere  di- 
rectement  dans  les  vaisseaux  memes  dii  corps,  et  que  c'est  seu- 
lement  par  le  moyen  des  anastomoses  de  ceux-ci  que  la  circu- 
lation peut  4tre  regardee  comme  ayant  lieu,  tout  le  systeme  des 
■vaisseaux  pulmonaires  ne  peut  consister  que  dans  des  ramifica- 
tions accessoires,  qui  n'ont  point  d'influence  dirccte  sur  la  circu- 
lation principale. 

a".  Deux  syslemes  arteriel  et  ■veineux  separcs  n'existeiit  pas  ; 
tous  deux  sont  reunis  ou  plutot  ils  ne  sont  pas  encore  separes. 

173.  Note   concernant  l'araignef.  dont   la   toile  est  em- 
ployee E>  medecine;  par  N.  M.  Hejitz.  {^Journ.  of  the  J  cad. 
sc.  nat.  of  Philad.  vol.  II ,  feb.  1821 ,  n".  1 ,  avcc  fig. ) 
On  a  dccouvert  dernierement  que  la  f  oile  d'une  espece  d'A- 
raignee  commune  d;ins  les  caves,  en  Pensylvanie,  possede  une 
puissance  narcotique,  et  on  I'a  administree   avec  succes    dans 
le  traitement  de  quelques  ficvres. 

Cette  Araignee,  dont  M.  Heiitz  figure  une  grande  I'emelle, 
avec  le  detail  des  parties  de  la  bouche  et  la  disposition  des  ycux  , 
appartient  au  genre  Tegenaria  de  M.  Walckenaer,  ou  au  genre 
Aranca  proprement  dit  de  M.  Latreille.  M.  Hentz  propose  de 
lui  donner  le  nom  specifique  de  Tegeneria  medicinalis.  Elle 
est  noire,  tirant  sur  le  bleu,  ct  son  abdomen  presente  a  peu 
prcs  dix  taches  pales  et  livides,  ainsi  qu'unc  ligne,  vers  son 
extremito  anterieure.  Dans  quelques  individus  les  jambes  sont 
marquees  de  taches  noires. 

L'auleur  croit  que  les  toiJes  de  toutcs  les  cspeces  du  mcme 
genre,  en  Amerique,  sont  aussi  narcotiqnes.  Nous  pensons 
qu'il  serait  interessant  de  I'aire  quelques  essais  sur  cclies  de  nos 
Araignees  de  France,  afm  de  reconnaitre  si  ellcs  posscdcnt  la 
ni6me  propriete.  Desm..st. 

17/1.  Description  d'une  nouvelle  espece  d'Arachnide  du 
genre  Kpeira  de  M.  Walckenaer;  par  M.  C.  Vauthier. 
{  Ann.  dt's  6c.  natur.,  to.  I ,  fevrier  i8i4- 

L'insecte  qui  fait  I'objet  de  cette  note  est  uric  belle  espece 
(\' lipcira  que  M.  Yantliicr  nonime  Epeira  cuivicatidd  :  tile  lui  a 
ele  communiquee  par  M.  Lumaii  qui  I'a  reeue  dc  Java. 


Zoologie.  2 1 5 

EUe  a  le  corps  de  forme  a  peu  pres  triangulaire;  son  corselet 
est  noir,  luisant.  L'abdonien  est  triangulaire,  d'une  couleur 
jaune  rougeatre  avec  vingt-trols  taclies  noires  a  sa  surface  :  les 
cotes  portent  a  la  partie  posterleure  une  petite  epine  noire  pres 
de  laquelle  s'attache  une  grande  corne  rugueuse  ,  recourbee  en 
dedans,  et  deux  fois  plus  longue  que  le  corps  entier  de  I'arai- 
gnee  ,  les  pates  sont  velues  et  de  couleur  testacee.       E.  Guerin. 

175.    ReCHERCHES  ANATOMIQUES  SUR  le  thorax  DES  ANIMAUX  AR- 

TicuLES  et  celui  des  insectes  liexapodes  en  particidier;  par 
M.  AuDOUiN.  (Jmi.  des  Sc.  nntur. ,  t.  i ,  fevrier  1824.  ln-8'\ 
avec  atlas  in- 4°.  Paris,  chez  Becliet. ) 

L'anatomie  comparee  des  insectes  ,  quoique  riche  d'un  grand 
nombre  de  faits,  n'avait  pas  encore  pris  cette  marche  philosopliique 
que  MM.  Cuvier  et  GeoffroydeSt.-Hilaire  ont  inipriineeaTana- 
toraie  comparee  des  animaux  vertebres. 

M.  Audouin ,  qui  a~  sentl  combien  etait  \icieuse  la  direction 
donnee  a  la  science,  a  clieicbe  a  procurer  a  I'Entomologie  la 
direction  donnee  j)ar  ces  naturalistes  babiles  aux  classes  ele- 
vees  des  animaux;  et  les  recherclies  dont  nous  allons  rendre 
compte  ne  sont  que  le  prelude  de  Iravaux  plus  etendus ,  car  il 
est  facile  de  voir  que  I'auteur  a  mis  sur  clianlier  un  ouvrage 
S'lr  l'anatomie  comparee  des  insectes. 

II  etait  naturel  qu'au  debut  d'un  travail  aussi  important  on  vit 
figurer  Tanatoniie  du  squelette;  et  I'auteur  etait  guide  par  des 
vues  trop  justes  pour  ne  pas  saisir  I'avantage  precieux  de  cetle 
marche.  M.  Audouin  a  done  examine  les  pieces  dont  se  compose 
la  cbarpente  solide  des  animaux  articules;  et  s'etant  bientot  a- 
percu  que  ces  pieces  ont  entre  elles,  d'un  animal  a  I'autre,  des 
rapports  de  position  ,  defonctions,  et  soiivent  de  nombre  et  de 
formes,  comparables  aux  rapports  des  pieces  du  squelette  dans 
Jes  animaux  vertebres  ,  ila  cherche  a  generaliser  ses  observations; 
il  a  poursuivicliaque  piece  au  travers  des  metaniorpboses  varices 
fpi'elle  subit  dans  les  divers  ordres  et  les  divers  genres  d'in- 
sectes,  et  est  parvenu  ainsi  a  les  denombrer,  a  les  caracteriser 
et  a  determiner  jusqu'a  un  certain  point  les  lois  de  leurs  varia- 
tions, et  par  suite  en  a  conclu  ce  principe  entierement  neuf, 
que  touies  les  differences  qu'qffrent  les  Insectes ,  que  tous  les  or~ 
gancs  anomouxqu'ils presentent  ne  sont  dus  qu'au  developpement 
moindrc  ou  plus  grand  de  certaines  parties  distant  grne/a/e- 
ment  chez  tons. 


2i6  Zoologie. 

Cc  travail ,  considerable  par  Ips  details  qu'il  pri^seiite,  peut  <itre 
attribue  toiit  entier  a  M.  Andouin  ;  les  auteurs  qui  ont  traile  des 
insectes  n'ont  pu  lui  donner  que  des  donnees  vagues  et  contra- 
dicloires;  ainsiles  noms  de  sternum  et  d'ecusson  n'ont  ete  don- 
nes  a  cespieces  que  lorsqu'elles  offraient  certains  caraclcrcs  ac- 
cidentels  de  convention  ;  de  maniere  qu'on  rencontre  a  chaque 
page,  dans  les  ouvrages  de  classification,  que  tel  insecte  a  un 
ecusson  ,  et  que  tel  autre  en  est  prive ;  que  tel  genre  offre  un 
sternum  ,  et  qu'il  manque  dans  tel  autre.  Le  fait  est  que  ces 
pieces  existent  dans  tousles  iusecles  ,  et  qu'on  a  pris  I'apparence 
pour  la  realite,  en  appliqiiant  ces  noms  a  de  simples  accidens 
de  formes. 

Dans  cette  premiere  partie  de  sontravail,  M.  Audouin  ne  pre- 
sente  que  la  portion  de  ses  reclierclies  qui  concerncnt  le  tho- 
rax, cette  partie  intermediaire  du corps  del'insecte,  qui  porta  les 
pates  et  les  ailes,  et  quise  trouve  le  siege  des  principaux  organes  du 
nionvement ;  il  le  considere  d'abord  dans  les  insectes  licxapodes. 
Dans  le  premier  chapitre  intitule ,  Observations  sur  le  srstcine 
solide  des  animaux  arlicules,  I'auteur  fait  voir  qu'il  est  forme 
par  la  reunion  de  plusieurs  parties  qui  n'ont  pas  reru  de  noni 
general,  comme  dans  les  animaux  vertebres.  On  dit  que  le  sque- 
lette  est  forme  d'os ,  on  est  oblige  de  dire  qu'il  est  forme  de 
pieces  dans  les  insectes;  dans  les  premiers,  cliaque  os  a  recu 
un  nom  special;  dans  les  derniers  ,  la  plupart  des  pieces  sont 
ignorees  on  tres-incompletenicnt  connues. 

La  connaissance  du  systeme  solide  des  animaux  articules  est 
done  bien  nioins  parfaite  que  cclle  du  squelette  des  animaux  ver- 
tebres ,  et  cependant  son  elude  est  de  la  plus  haute  importance, 
tant  par  les  moyens  qu'elle  donne  pour  apprccier  lefacies  et  les 
differences  individuelles  que  les  especes  presentent  entrc  elles, 
que  par  les  avantages  que  les  classificateurs  en  retireront  pour 
etablir,  d'apres  des  bases  tres-nalurclles ,  des  families,  des 
genres  et  des  especes. 

Dans  le  second  chapitre  ,  ayant  pour  tilre  ;  Conside?-ations  ge- 
nerates sur  le  squelette  des  aiiiiudux  arlicules,  M.  Audouin  entrc 
dans  quclques  details  sur  le  squelette  des  larves  ,  des  nymphcs 
ou  chrysalides  ,  et  il  s'attache  de  preference  a  celui  de  I'insccle 
parfait  qui  est  le  terme  et  le  hut  de  cesdifferensetats,  etil  arrive 
a  conclure  :  i".  Que  le  squelette  des  animaux  articules  est  forme 
d'un  /in;id'rc  ileterminc  de  pieces  distinrtes  ou  soudees  i/itimcment 


Zoologie.  2-17 

rntre  elles ;  2"."  que  dans  plusieurs  cas  les  iiiics  diininuent  oii 
disparaissent  reellernent ,  tandis  que  les  autres prennent  un  de~ 
veloppement  e.vcessif  ;  3".  que  T accroissement  d^une  piece  semble 
exercer  sur  les  pieces  voisines  uue  sorte  d' influence  qui  cxplique 
toutes  les  differences  qu'on  reniarque  entreles  indi^ddus  de  chaque 
ordre  ,  de  chaque  famille  et  dc  chaque  genre. 

L'insecte ,  suivant  qu'il  est  larve ,  nymphe  ou  parfait,  oftre 
des  differences  notables  dans  son  enveloppe  exterieure ;  mais  les 
deux  premiers  ages  n'etant  que  des  changemens  qui  se  succedent 
et  doivent  amener  la  formation  complete  du  squeiette,  ce  n'est 
que  dans  I'etat  parfait  que  ces  changemens  s'aclievent.  Cest  aus- 
si  ce  dernier  etat  que  M.  Audouin  etudie  sj)ecialement  dans  le 
troisieme  chapiire  qui  porte  pour  litre  Considerations  gtnerales 
sur  le  thorax. 

On  nommait  tronc  la  partie  du  corps  qui  se  Irouve  entre  la 
tete  et  I'abdonien,  et  Ton  distinguait  dans  ce  tronc  le  corselet, 
la  poitrine,  le  sternum,  I'ecusson ,  etc.  Mais  la  division  la  plus 
nietliodiquc  et  en  meine  temps  la  plus  naturelle  est  celle  en  trois 
segmens.  En  effet,  M.  Audouin  fait  voir  que  le  tronc  auquel  il 
substitue,  avec  M.  Latreille,  le  nom  de  thorax.,  quelque  forme 
qu'il  affecte,  est  toujours  divisible  en  trois  aiineaux. 

II  nomine prothorax  le  premier  anneau  ;  inesothorax  le  second  ; 
et  metatoraxXe  troisieme.  (Jhacuu  de  ces  annenux  est  compose  a 
la  partie  inierieuvcfVnn  sternum  ;  de  deux  epistcrnutn  places  de 
chaque  cote;  de  deux  epinieres  qui  sont  soudees  aux  epister- 
nums;  de  deux  parapteres  egalement  soudees  aux  epister- 
nums.  La  reunion  des  episternums  ,  des  epinieres  et  des  parap- 
teres  constitue,  de  chaque  cote,  \ts,flancs,  et  ceux-ci,  joints  au 
sternum,  torment  \n poitrine, 

Au-dedans  de  la  poitrine,  on  observe  une  piece  essentielle , 
Xentothorax ;  elle  est  situee  sur  la  ligne  mediane.  On  pent  aussi 
rapporter  au  thorax  le  peritrcme ,  entourant  le  stigmate  et  place 
ordinairement  le  long  du  bord  anterieur  dc  I'episternum  ,  ainsi 
que  le  trochnntin,  nouvelle  piece  inaperciie,  et  situee  a  la  base 
de  la  hanchc  de  I'interieur  du  thorax. 

La  partie  superieure  se  compose  de  quatre  pieces,  ce  sont  :  le 
prcesculum,  le  scutum ,  le  scutellum  qui  est  I'ecusson  des  auteurs , 
et  \e  postscutellutn. 

V.a  reunion  de  ces  pieces  est  appelt'e  terf^um.  M.  Audouin 
nomme  apodemes  des  prolongemens  en  forme  de  lames  cornees  , 


2i8  Zoolngic. 

qui  resultenl  loujonib  de  la  soudure  de  deux  pieces  entre  elles; 
ft  il  appelle  apodcmes  (rinsertioii ,  les  lames  qui  donnent  ordi- 
nairement   attache  a  des  muscles,    et  apodemcs  d'arUculatio/i 
on  articulaircs,  ceux  qui  seivent  ordinairement  a  rarticuiation  ^ 
des  ailes. 

Enfin,  on  distingue  a  rinterieur  du  thorax  ,  des  petites  pieces 
de  forme  variable  et  donnant  aussi  attache  a  drs  muscles;  I'au- 
leur  les  nomme  efjidemes ;  il  y  a  aussi  des  epidctnes  d'insertco/i , 
ct  des  epidctnes  d'ardculation. 

Lorsque  Ton  divise  le  thorax  en  trois  segmens  ,  11  en  resulte 
des  trous  limites  par  la  circonference  de  cliaque  unneau. 

M.  Audouin  propose  de  donner  le  nom  de  trou  pharyngieii  a 
telui  du  protorax,  trou  cesophagien  a  celui  du  raetothorax  ,  el 
irou  stomachal  a  celui  du  metathorax.  Chacun  de  ces  trous  ayant 
deux  orifices  ,  on  pourrait  dire  Yorifice  pharyngien  anterieur  , 
Xorifice  pharyngic/i  poslcrieur,  etc. 

Le  travail  de  M.  Audouin  sera  continue  dans  les  numeros  sui- 
vans  des  Annales  des  Sciences  naturelles,  et  il  Taccompagnfra 
d'un  grand  nombre  de  planches  que  nous  execulcrons  avec  tout 
le  soin  dont  nous  somnies  capables.  E.  Guerin. 

17G.  British  Entomology,  etc.  Entomologie  britannicjuc,  etc. 
par  John  Curtis,  F.  L.  S.,n'".  i  ct  -2.,  janvier  et  fevrler  1824. 
Londrcs,  chez  I'auteur,  et  chez  G.  B.  Sovrerby ,  i56  Regent  str. 
I  I'oyez  le  Bull,  de  I'evrier  n".  2G7. ) 

Le  premier  cahier  decet  ouvrage  donne;  1".  la  Cicindela  sjl- 
vicola  de  MM.  Megerle  et  Dojean  ,  regardee  par  M.  Hufschmiii 
comnie  uue  varietedela  cicindcle  hy  bride  des  auteurs;  2".  la  /  clia 
rivulorum  de  M.  Latrcille ;  3°.  la  Deilephila  euphorbia;  {Sphinx  eir 
phorhicv  Fab.)  et  sa  chenille ;  il  donne  le  caractere  de  ce  genre  d'a- 
pres  M.Ochsenheimer ;  4°.le  Peltastes  Pini,  esptcc  nouvellesui- 
vant  lui  (ce  genre  d'llliger  est  Ic  meme  que  celuiappele  Metopius, 
par  Panzer).  II  d^crit  ainsi  cet  liymenoptcre :  '<  Noir,profondemeiit 
).  ponclue;  chaperon  jaune;  corselet  ayant  huit  taclies  de  cctle 
k  couleur  y  compris  les  ecaillcs  des  ailes.  Ecusson  carre,  bidentc, 
).  horde  de  jaune  posterieurement.  Abdomen  ayant  une  tache 
«  jaune  de  chaque  cote  des  deux  premiers  segmens,  les  aulres 
»  hordes  de  jaune  a  leur  parlie  poslerieure;  ailes  brunes  a  nei 
»  vures  fcrrugincuscs;  anleni.'cs  iioircs  en  de.ssu.s,  fcrrugineusLs 


Zoologie.  2ig 

V  en  dessous;  pates  jaunes,  cuisses  de  la  derniere  paire  rayees 
»  de  noir  interieurenient.  »  5°.  Ctenophora  ornata,  Mcigen. 

Les  plantes  figurees  dans  ce  caliier  sont :  Le  Poa  annua ,  le 
Jiincus  articulatus ,  V Euphorbia  Paralias  ,  le  Pinus  Abies,  et  le 
Polygonum  aidculare. 

Le  n".  2  contient,  i".  le  Nebria  livida  Lat.;  2°.  YOdenesis 
Pini  Germar,  avec  sa  chenille ;  le  Bombyx  Pinihin ;  '3".  le  Clirysis 
fulgidaUm.  ;4°.  V Anthrax  ornata  Hoffmansegg;  ^^^ .\&Notonecta 
wrta//<7f«  Fab.  Les  plantes  figurees  avec  ces  insectes  i,o\\\.\t  Medi- 
cngo  Lupulina,  le  Pinus  sjlvestris  ^\c  Thlaspi  Bursa-pastoris , 
V Antheinis  nobilis  et  le  Cerastiuin  aquaticum. 

Les  figures  de  ces  deux  livraisons  sont  bien  executees;  des 
details  anatomiques  pour  la  bouche,  les  ailes  ou  les  pates  sont 
joints  a  chaque  planche ;  on  regrette  seulement  que  I'auteur  mul- 
liplie  Irop  les  planches  en  ne  donnant  qu'une  seule  figure  sur  cha 
cune.  II  est  a  croire  qu'il  laudra  bien  des  volumes  pour  faire  de 
cette  nianiere  toute  rEntoraologie  britannique.       Aud.  Serv. 

177.  Dfscription  d'iksectks  coleoptkrf.s  recueillis  dans  la 
derniere  expedition  aux  Montagues  rocheuses  {^Rochy  moun- 
tains ) ,  faite  sous  le  commandement  du  majoihLoNG,  par  ordre 
de  M.  Calhoun ,  ministre  de  la  guerre  des  Etats-Unis  ;  par 
M.  Th.  Say,  naturaliste  de  I'expedition  [Journ.  of  the  Acad,  oj 
Philadelphia  ,yo\.  III.  oct.  i823  ,  n°.  5  ,  pag.  iSg.  —  Nov.  , 
n°.  C  — Decemb.,n".  7.) 

M.  Say  ,  sans  aucun  preambule  ,  dnnne  la  description  detaillee 
de  125  insectes auxquels  il  attribue  lesnoms  suivans  :  Manlicora 
cylindriformis ,  Fabr.  • —  Cicindela  scutellaris ,  fulgida  ,  limbata , 
jmlchra,  obsoleta.  —  Brachinus  cyanipennis.  • — Feronia  supcrci- 
liosa ,  Heros  ,  maculifrons  ,  erraris  ,  constricta ,  scutellaris.  — 
Zabrus  ,  avidus.  —  Calosoma  obsoleta  ,  luxata.  ■ —  Carabus  ex- 
ternus.  —  Bembidium  coxendix ,  incequale. — Omophron  tessel- 
lalum.  —  Colymbetcs  venustus.  —  Hydroporus  parallelns ,  un- 

dulatus. —  Pcederus  binotatus Oxytelus  pcdlipcnnis,  armatus, 

melnnocephalus.  —  Aleochara  biinaculata.  —  Tachlnus  airi- 
caudatus.  —  Anlhophagus  brunneus. —  Buprestis  to«//«f ///ri , 
lateralis ,  atrojrurpurca  ,  6  -  guttata  ,  gibbicollis  granulata  , 
viridicornis  ,  geininata,  divaricata  ,  longipes ,  cyanipes  ,  cain- 
pcstn's.  —  Melasis  nigricornis ,  rujicornis. —  Elater  areolatus  , 
dorsalis,  bellas,  ivcticollis ,  obesus  ,en  thropiis ,  conyrxus,    trian- 


220  Zoologie. 

gularis ,  niuiKtts  ,  bdsilaris- ,  nuripilis ,  abhrcviatus ,  biscctus,cor- 
ticinus,  semivittatiis  ,  lobatiix  ,  nigricoUis  ,  cylindriformis  ,  san- 
guinipennis ,  rubricollis.  —  Lycus  terminalis ,  sanguinipennis. 

—  Lampyris  nigricant.  —  Canlliaris  nioflestus  ,  angidatus  ,  basi- 
laris  ,fraxini  ,  riifipes  ,  bilineatus.  —  Malachius  tricolor,  ni- 
griccps,  nigripennis  ,  vit talus  ,  cirr/i/nscriptus  ,  bipunclatus.  — 
Plilinus  rufuornis  ,  serricoUis.  —  Anobiuin  carin<itum.  —  Eno- 
jilium  marginatum,  thoracium ,  l^ -punctatum.  —  Tricliodes 
ornatns.  —  Clcrus  Rosmarun  ,  nigrifrons ,  nigripcs  ,  humeralis. 
--  Silpha  caudata  ,   ramosa  ,  truncata.  —  Catojjs  basilaris.  — 

—  Cercus  palUpennis  ,  niger.  —  Engis  conjluenta  ,  Heros.  — 
Byturus  unicolor.  —  Desmestes  inarmoratus.  —  Scaphldiuni 
lyguttatum ,  4  ptistulntum.  —  WeleTOcemsi paltidus. —  Elopho- 
rus  Uneatus.  —  Hydropliilus  triangularis ,  obtusatus  ,  niinbatus. 
— Splia3ri(liuiii  apirale. — Copi'is  anaglypticus ,  /i/steroides,  trian- 
gularis. • — .  Ateuchus  nigricornis  ,  obsolctus  ,  ebeneus.  —  Scara- 
baeus  tridcntatus.  —  Geotrupes  excrementi ,  filicornis.  ■ — 
Aphodius  bicolor,  strigatus ,  tenninalis  ,  tenellus  ,  concavus  , 
oblongus,  femoralis. 

Ces  insectes  ont  surtout  ote  recueillis  le  long  du  cours  du 
Missouri  et  de  la  riviere  Arkansas.  TJn  assez  grand  nombre 
d'cnlre  eux  ontrecu  lesnoms  qu'ils  portent  de  M.  Knocli,  dans  un 
catalogue  des  insectes  de  M.  Melslieimer. 

Nous  observcrons  qu'a  I'exceplion  du  premier  de  ces  colcop- 
leres,  le  Manticora  ryUndrifornus  de  Fabricius,  quLdiifcre  bien 
certaineinent  des  vrais  nianlicoreG  ,  tons  les  autres  apparliennent 
a  des  genres  curopeens.  Cela  resulterait-il  de  ce  r{ae  INI.  Say  re- 
scrverait  pour  un  travail  special  les  genres  nouveaux  qii'il  aurait 
decouverls ,  ou  bien  de  ce  que  les  insectes  des  contrees  qu'il  a 
parcourues  scraient  essentiellement  congeueres  avec  ceux  de  I'Eu- 
rope  ?  C'est  cc  que  nous  ne  ponvons  decider.  Toutefois  nous  ferons 
remarquer  (]ue  dans  cette  serie,  evideinment  etablie  d'apres  la 
inclhode  de  M.  Lalreille  (  rcgne  animal),  on  ne  trouve  aucun 
insecte  des  genres  Scarites ,  Dytiscus  ,  Gyrinus ,  Staj/hylinus  , 
llister  et  Byrrhus.  Desm..st. 

178.  New  OBSERVATIONS  or*  the  natural  history  of  bees.  Nou- 
velles  observaiioiis  sur  I'liistoire  naturelle  des  abcilles;  par 
F.  HiiBER.  3*'.  edition  augni.  et  cnrichie  de  5  nouvcUcs  gray. 
In-12.  Prix,  9  sh.  Edimbourg;  Londrcs;  Longman. 


Zoologie.  221 

17;).  Supplement  au  memoire  de  M.  Desmarest,  sur  i.es  meta- 
morphoses nu  CocHLEOcTONE  voRACE.  [  Bull,  cle  li  Snc.phil.^ 
avril  1824.  V^oyez  le  dernier  Bulletin,  n''.   89.] 

M.  Desmarest,  ainsi  qu'il  a  ete  rapporte,  avail  ponrsulvi  Tob- 
servation  des  metamorphoses  desCochleoctones  jusqu'a  la  nais- 
sance  des  insectes  parfaits  qui  tous  se  trouvaient  etre  des  femelles. 
Depuis,  il  a  continue  ses  reclierclies,  et  enfin  le  premier  juin  il  a 
obtenu  la  connaissance  du  male  de  cette  espece. 

Ce  male  est  le  joli  coleoptere,  assez  peu  rare  aux  environs  de 
Paris,  qui  a  ete  nomme  par  Geoffrey,  Panache jaune;  par  Four- 
croy,  Ptilinus flavescens^  et  par  Olivier  Drilusflavescens.  Ne  dans 
nn  vase  ferme  oil  M.  Desmarest  elevait  des  Cochleoctones  fe- 
melles, ce  Driliis  etait  joint  a  une  de  ces  dernieres.  Son  accouple- 
ment  etant  termine ,  il  s'est  ensuite  reuni  de  nouveau  a  une  se- 
conde  femellle.  Sa  depouille  de  nymphe  renfermee,  dans  une  co- 
quille  vide  de  Limacon ,  etait  tres-reconnaissable  en  ce  qu'elle 
presentait  de  larges  fourreaux  d'antennes  marques  de  stries  trans- 
verses,  obliques  etcourbees,  qui  etaient  evideramentles  indices  des 
filets  lateraux  des  antcnnes  pectinees  si  remarquables  des  Driles. 

M.  Desmarest  ,  voulant  obtenir  une  nouvelle  certitude  de 
ridentite  d'espece  de  ces  animaux,  a  recherche  a  Alfort  des 
Driles  males ,  aux  environs  du  lieu  oil  il  avait  rencontre  si  abon- 
diimment  les  larves  des  Cochleoctones.  S'en  etant  procure  dix  en 
moins  de  cinq  minutes,  il  a  place  ces  insecles  avec  un  grand 
noinbre  de  femelles  et  tous  se  soiit  immediatement  accouples. 
Plusieurs  paires  qu'il  a  plongees  ainsi  unies  dans  I'alcohol  sont 
restecs  dans  cet  elat  et  lui  ont  fourni  une  preuve  demonstrative 
du  fait  curieux  qu'il  a  decouvert. 

Le  resultat  de  ses  observations  est  que  le  genre  Cochleoctonus 
doit  etre  supprime  et  que  le  genre  Drilus  qui  a  I'anteriorite  en  sa 
faveur,  doit  etre  conserve,  toutefois  avec  les  modifications  que 
la  decouverte  tie  la  femelle  pent  apporter  dans  Texposition  de  ses 
caracteres.  A.  G.  D. 

180.  Caractkre  d'un  nouveau  genre  d'Insecte  coleoptere  de 

la  famille  des  I5yrrliidies;  par  Will.  Elford  Leach.  (  Trans. 

Linn.Soc,  vol.  1  3,  part,  i,  p.  4i-) 

Le  savant  Leach  caracterise  un  nouveau  genre  d'insectes  co- 
leoptercs  ainsi  qu'il  suit. 

MuRMinius  :  Antennse  lo-articulatse  :  articulus  i,crassus  maxi- 
raus;  2,  magnus  anguslior;  articuli  3-<>,  angustiorcs,  filiformes 


2  22  Zoologie. 

(articulis  3-8,  subglobosis,  9,  elongalo);  articulus  10,  clavam 
abniptam  ovatoglobosam  efformaiis. 

Palpi  maxillares  ct  labiales  flliforraes;  articulus  iiltiiniis  api- 
cem  versus  paulo  angustlor.  Corpus  orbiculalo  ovatum.  Tibi« 
compresss,  ultra  medium  gradatim  latiores,  apice  abruptissime 
acuminatae;  tarsi  filiforines. 

M.  Leach  decrit  une  espece  de  ce  genre  sous  le  nom  de  Mur- 
?ni(lius /emigineus  :  elle  est  du  cabinet  de  sir  Jos.  Banks,  qui 
rerut  cet  insecte  attache  en  grande  quantite  a  des  matieres  su- 
crees,  dans  une  boite  de  fruits  et  de  graines,  \enant  de  la 
Chine.  L.  S.  F. 

181.  Observations  sur  le  lethrus  cephalote  ,  et  Description 
de  trois  especes  nouvelles ,  extraites  de  rEntoinographia  im- 
perii Russici,  tom.  i*^"^. ,  p.  i33;  par  G.  Fischer.  i^Ann.  des 
Sc.  Nat.,  to.    I  ,  Janvier  1824.) 

Le  genre  Lethrus  se  composait  d'une  seule  espece ,  le  Lethrus 
Cephalotes.  M.  Fischer  en  decrit  trois  especes  nouvelles,  et  donne 
quelques  details  curieux  sur  les  habitudes  de  I'insecte  que  Ton 
connaissait  deja. 

1 .  Lethrus  ckphalotes  ,  Fabr.  Oliv.  Latr. ,  etc. ,  etc. ,  et  Fis- 
cher, tab.  XIII.  fig.  I.  Cette  espece  est  commune  en  Siberie, 
pres  du  Volga ,  en  Podolie  et  pres  de  Kharkow. 

2.  Lethrus  a  urosses,  Lethrus  scoparius ,  Fischeu,  tab.  XIII, 

fig-  2- 

L.  niger,   supra  scabriusculus ,  infra  villosus;   tiblis  anlicis 

scopariis. 

II  a  trouve  cette  nouvelle  espece  dans  les  steppes  mcridionales 
d'Orembourg. 

3.  Lethrus  longimane,  Lethrus  longirnanus  ,Tiscni.K ,  tab. 
XIII,  fig.  3. 

L.  nigrcscenti-violaceus,  nitidus,  scabriusculus;  tibiis  anticis 
longis  ,  totis  dentatis.  II  habite  les  memes  lieux  que  le  precedent. 

4.  Lethrus  de  Ponoi-iE.  Lethrus podolicus.  Fischer. 

L.  totus  niger,  thorace  laevi,  clytris  rugosulis.  II  habite  la  Po- 
dolie australe.  E.  G. 
182.  NouvEAUX  insectes  do  cabinet  he  S.  J.  Ljingh  ,  di'crits 

par   lui-meme.   [Kongl.    Vctenskaps - Academ.    Handlingar. 

Foer  aar  1823,  2^.  partie. ) 

C'est  une  suite  de  notices  dont  la  premiere  partie  se  trouve 
dans  le  recucil  des  Memoires  de  rAcademie  des  sciences  de  Sloe- 


)%i 


223 


kholm,  pour  Tannce  1799.  ^oici  les  insecles  decrits  dans  cette 
seconde  partie  ;  Tabaniis  rethiops,  habitant  la  montagne  assez 
clevee  de  Klefven  ,  aupres  de  Jonkceping;  Tabaniis  leucoloma, 
de  la  France ;  Gonatopus  Cephalotes,  de  la  province  suedoise  de 
Smoland  ;  rare.  Spalntigia  gonatopoda ,  de  la  meme  province  , 
et  de  la  grandeur  du  Gonatopode  a  courtes  comes.  Salpingiis 
foveolatus ,  etMetocha  mutillaria  ,  de  la  menie  province. 

L'auteur  fait  observer  la  singularite  qui  regne  dans  la  decou- 
verte  des  insectes.  II  avait  fait  des  reclierches  pendant  vingt- 
cinq  ans  a  Skjoetsjoe  ,  en  Smoland  ,  sans  jamais  rencontrer  le  Gr- 
rinus  villosus ,  et  la  Notonecta  minutissiina  •  a  la  fin  il  en  trouva 
une  grande  quantite. 

i83.   Notice  sua  une  nouvelle  espece  de  Lerneopobe,  par 

M.  Mayor,  de  Geneve.  (^Bulletin  des  Sc.  de  la  Soc.philom. ; 

fevrier  1824,  page  24.) 

M.  Mayor  a  trouve  surlesnageoires  d'un  Sterlet  de  Norwege, 
un  animal  qu'il  rapporte  au  genre  Lerneopode  de  M.  de  Blain- 
ville  ,  et  devant  former  une  espece  nouvelle  qu'il  nomme  Ler- 
neopode etoile  (  Leriieopoda  stellata. ) 

Le  corps  de  eel  animal  a  7  lignes  de  longueur ,  il  est  etroit , 
et  divise  en  trois  parties. 

La  tete  a  deux  antennes  a  sa  partie  superieure ,  el  la  bouche  est 
munie  de  deux  mandibules,  terminees  chacune  par  deux  petites 
soies.  Entre  ces  deux  palpes  est  un  tubercule  conique ,  que  Ton 
pent  regarder  comme  la  levre  inferleure. 

Le  corselet  a  deux  bras  de  six  lignes  de  long  ,  rcunis  a  un 
tube  corne  ,  lequel  est  termine  par  un  disque  etoile  a  cinq  rayons 
rugueux.  C'est  par  cette  piece  que  cet  animal  parasite  se  fixe  sur 
les  poissons. 

L'abdomen  ovale ,  allonge,  a  cinq  lignes  de  longueur.  Sur  le 
dos  il  a  deux  sillons  longitudinaux ,  et  quatre  ou  cinq  points 
enfonces  vers  la  partie  posterieure.  Son  extreraite  ovale  est  ter- 
minee  par  un  mamelon ,  de  cliaque  cole  duquel  partent  deux 
longs  sacs  transparens  ,  aussi  grands  que  le  corps  ,  remplis  de 
petites  ovules  jaunes,  placees  sur  cinq  rangs.  Leur  arrangement, 
vu  a  la  loupe,  les  fait  rcssembler  a  un  cpi  de  mais. 

line  planche,  avec  cinq  figures,  indiqucles  details  decenouvel 
animal  ,  ainsi  que  de  celui  qui  suit. 

M.  Mayor  donne  aussi  dans  cette  notice  une  longue  descrip- 
tion du  Lerneopode  du  Saumon,  qu'il  a  vuvivant,  ct  que  M.  dc 


2  24  Melanges. 

Blainville  n'avait  pu  faire  connaiire  dans  le  Dictionnaire  d'his- 
toire  naturelle,  que  ])ar  les  figures  qu'en  avait  faites  Baster. 

Cette  animal  est  nettement  dlvise  en  trois  parties. 

L'auteur  a  remarque  dans  la  premiere  ,  ou  la  t^tc  ,  deux  an- 
tennes  a  deux  articles  chacuue ,  une  bouclie  avec  deux  mandi- 
bules  ,  et  une  levre. 

Dans  la  seconde  tres-courte,  Tanalogue  d'lin  corselet;  deux 
pates  a  trois  articles,  collees  conire  la  tete. 

Dans  la  troisieme  partie,  ou  I'abdomen  ,  qui  est  aussi  la  plus 
grande  et  transparente ,  M.  Mayor  a  vu  un  organe  en  mouve- 
ment ,  qu'il  suppose  etre  le  coeur. 

De  la  partie  posterieure  de  tet  abdomen  partem  deux  tubes 
aussi  longs  que  le  reste  du  corps  et  remplis  d'ceufs.  Les  auteurs 
saccordent  a  regarder  ces  tubes  comme  etant  des  ovaires.  C'est 
aussi  notre  opinion;  car  nous  les  avons  trouves  pleins  d'ceufs 
dans  des  Chondracanlhes ,  qui  les  possedent  aTissi  longs  et  autant 
devcloppes  que  les  Lerneopodes.  Mais  ces  Cliondracanthes  avaient 
de  plus  une  ceinture  d'ceufs agglomeres  a  la  base  de  I'abdomen,  a 
I'insertion  des  deux  tubes.  Q..Y. 


MELANGES. 

184.  Nominations  academiques.  M.  le  lieutenant-general 
C'*'.  Dejean  et  M.  le  baron  de  Ferussac  ont  etc  nomnies  mem- 
bres  de  la  Socuhc physiograpkique ,  de  Lund ,  en  Scanie. 

La  Soriete  de  Vclcravie  d'Hanau  ,  celle  de  Mdrbourg ,  la  Socie- 
te  badoisc  d'econornie  rurale  dc  CarLsruhc ,  la  Societc  linneennc 
de  Caen  ont  egalement  admis.M.  de  Ferussac  au  nombre  de 
lenrs  membres. 

\1  Academic  Ca;sareennc,  Lt'opuldine,  Caroline  des  curieux  de 
la  nature,  siegcant  actuellement  a  Bonn  ,  et  I'une  des  plus  aii- 
ciennesetpluscclobres  Socictes  scicntKiques  de  rAlleniagiie,  vient 
d'admcttre  dans  son  sein  MM.  Heron  de  Villefosse,  sous  le  nom 
de  Deiius;  M.  le  baron  de  Ferussac  sous  celui  de  Sdirolter; 
M.  Auguste-de-Saint-IIilairc  sous  celui  de  Jacquin  ;  et  M.  Brcs- 
chel  sous  celui  de  7/i.  Bartlioliims. 

M.  Desmarest  et  M.  de  Cliarpcntier  ont  ete  nomnies  mem- 
bres dc  la  Soeiete  gcologitjue  de  Londres. 

PABIS.  — TMPRIMERIE  DE  FAIN,  RUE  RACINE,  N".  h, 

PLACE    UE    l'oPEON. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


«,^«,.«„»«»,,^„^_^^,„^^^^^^^^^^^^^^  ^^^^^^ 


GEOLOGIE. 

i85.  A  Geognostical  essay  on  the  superposition  of  rocks. 
Essai  geognostique  sur  la  superposition  des  roclies  dans  les 
deux  hemisplieres  :  par  A.  de  Humboldt;  traduit  du  francais 
In-8.  Londres ;  I'SaS. 

C'est  una  traduction  pure  et  simple  de  I'ouvrage  de  M.  de 
Humboldt.  Elle  parait  fidele,  et,  a  I'exception  de  quelques'mots 
rtrangers,  elle  est  imprimee  correctement.  Selon  le  Journal  phi - 
losophique  d'Edimbourg,  M.  de  Humboldt  se  propose  de  pu- 
biier  une  seconde  edition  revue  de  son  ouvrao^e 

b 

i86.  Observations  ceologiques  recueillies  dans   un  voyage  a 
travers  la   Perse,    depuis  Bushir  sur  le  golfe  Persique '  jus- 
qu'a  Teheran;   par  J.   B.  Eraser  ;  lu    le    19  dec.    1823,  a 
]a  Soc.  geolog.  de  Londres.    (  Ann.   ofPhilos.,  avril  isj/i 
p.  809. ) 

Une  grande  etendue  des  cotes  E.  et  O.  du  golfe  Persique  sont 
calcaires.  C'est  dans  cctte  formation  que  Eraser  commenca  son 
voyage.  Entre  Bushir  et  Chiraz  ,  les  montagnes  consistent  en 
calcaire  et  en  gypse  ,  et  leurs  couches  sont  fort  irregulicres  ;  des 
masses  de  gypse  y  sont  frequemment  accompagnees  de  sel',  les 
sources  ainsi  que  les  lacs  sales  y  abondent.  A  Chiraz  il  y  a  un  lac 
sale  fort  considerable.  De  Chiraz  a  Ispahan,  espacc  de  9, So  iniUes, 
le  pays  est  eleve  et  calcaire;  entre  Ip  village  de  Gendoii  et  la  vilJe' 
de  Yes-Dikhaust,  il  y  a  du  schiste  argileux  et  des  poudingues  a 
cailloux  roules  dc  quartz,  de  grunstein  et  de  calcaire  et  a  ci- 
ment  calcaire.  Des  gres  lins  alternent  avec  ccs  dernieres  roches. 
Les  montagnes  entre  Ispalran  et  Teheran  preseutcnt  du  schiste 

B.TOME  II. 


ij 


2  26  Ccolotiie. 

argilcux  ,  ct  les  plus  haulos  ciiiios  qui  altcigueut  une  grande  ele- 
vation soni  granitiques.  A.  B. 

187.       VfRSUCII      F.INFR       CEOGNOSTISf.HFN       BeSCHRF.IRLNG       VON 

Oberschlesien.  Essai  d'une  description  geognohtitjne  de  la 
haute  Silesie  et  des  contrees  adjacentes  f'ais.mt  partie  de  la 
Pologne,  de  la  Galicie  et  de  la  Silesie  autricliienne;  pai-  Ch. 
DE  Okynhausen.  In-8.  avec  1  carte  geognoslique  et  3  plans. 
Essen  ;  1822. 

Apres  avoir  donne  une  csquisse  de  la  conformation  du  ter- 
rain en   Silesie,  et  avoir  indique  les  directions  et  hauteurs  des 
montagnes  ,  les  niveaux  des  plaincs  et  des  rivieres  ,  les  pentes  de 
leurs  cours,  etc. ,  I'auteur  aborde  dans  la  premiere  section   les 
roches   primitives  et  de  transition ,  en  traitant   successivement 
i".  du  gneiss  et  granit ,   2°.  du  glimmerschiefer  ,  3°.  du  schiste 
argileux  priraitif,  4°.  du  schiste  argileux  de  transition,  du  grau- 
\?acke  et  schiste  de  grauvracke;  5°.  du  calcaire  de  transition. 
Le  gneiss  ne  se  tronve  que  dans  la  plaine,  et  se  transfornie  cufin 
en  glimnierscJdefer.  Les  roches  de  granit,  de  gneiss  et  de  glim- 
merscliieler  dans  les  monts  Sudetes  forment  un  ensemble  cohe- 
rent. En  traitant  du  glunmerschiefer ,  I'auteur  parle  des  fossiles 
heterogenes  qui  y  sontmelcs,  du  feldspath,  des  grenats,  de  I'e-^ 
pidote,  du  cristal,  graphite,  etc.  ;  des  bancs  de  quartz  dans  I'Alt- 
valer  et  le  Peterstein  ,  de  I'abondant  mineral  de  fer  a  Mora  ct 
Wiirbenthal,  des  anciennes  mines  d'or  et  d'argent  du  Hakelberg, 
creusees  dans  une  couchede  glimmerschiefer,  des  mines  de  plomb 
et  d'argent  a  Neuvogclseifen  et  Bergstadt.  Le  schiste  primitif 
unit  les  montagnes  primordiales  aux  montagnes  de  transition  ; 
I'auteur  fait  voir  que  le  caractere  et  la  formation  de  ce  schiste 
laissent  beaucoup  d'inccrtitude,  et  qu'il  se  change  successivement 
en  schiste  de  transition.  Ce  dernier  forme  des  masses  spherlques 
dans  le  grauwacke  auprcs  de  Wagstadt,  Lcebnik  et  Leobschiitz ; 
les  empreintes  et   petrifications  sont  rarcs  dans  Ic  grauwacke. 
L'auteur  s'occupe  specialementdes  roches  de  grauwacke  dans  les 
Carpathcs  ,  oii  elles  presentent  des  escarpemens  tres-elev^s.  Le 
grauwacke  des  Carpalhes  est  d'un  grain  fin,  el  quelquefois  sem- 
blable  au  griinstein  ;  d'autres  fois  il  est  poreux.  On  n'y  trouve  ni 
empreiiites  ni  petrifications  ,  et  il  y  a  pen  de  bancs  heterogenes  , 
les  gangues  metalliques  sont  peu  connues ,  le  calcaire  de  transi- 
tion forme  des  couches  le  long  du  pied  septentrional  des  Car- 


Geologic.  2  27 

patlies  :  du  cote  flu  sud-ouest  elles  se  prolongent  jusqu'en  Mora- 
vie  ;  il  est  generaleinent  d'une  couleur  foricee;  mais  vers  le  nord 
et  vers  I'est  il  devient  plus  clair  et  blancliit  erifin  tout-a-fuit.  On 
y  trouve  diverses  petrifications  qui  sur  plusieurs  points  sent  ras- 
seinblees  par  families.  Dans  les  vallees  il  y  a  des  bancs  de  minerai 
de  fer  qui  parait  etre  en  partie  du  spherosiderite.  Quant  aux 
sources  saiees  d'Orlau  et  Soleza ,  il  est  douteux  qu'ellcs  appar- 
tiennent  aux  montagnes  calcaires. 

La  deuxieme  section  traite  des  formations  secondaires  dont 
les  depots  ont  ete  favorlses  par  le  golfe  que  forment  les  Sudetes 
et  les  Carpathes  ;  le  gres  houilier  se  pr^sente  en  couches  le  long 
de  ces  montagnes  sur  un  espace  d'environ  Sa  lieues;  il  ne  se 
montre  au  jour  que  sur  quelques  points  incolierens  :  on  trouve 
dans  ce  gres  de  fortes  couches  d'argile  schisteuse.  Les  bancs  de 
houille  sont  generalement  considerables  :  ils  ont  peu  d'incli- 
naison  et  conservent  de  la  regularite  dans  leurs  dispositions ;  il 
y  a  pourtant  aussi  des  bancs  presque  verticaux  et  se  succedant  a 
peu  de  distance.  Le  gres  houilier  est  tres-sujet  a  se  decompo- 
ser. Des  forces  destructives  ont  arrache  les  roches  a  une  profon- 
deur  considerable ,  et  il  est  probable  que  leur  niveau  a  ete  ge- 
neralement fort  abaisse.  L'auteur  decrit  en  detail  toutes  les 
houilleres  et  fait  connaitre  dans  un  supplement  la  qualite  de  la 
houille  de  haute  Silesie. 

Les  formations  de  trapp  font  le  sujet  de  la  3e.  section;  ce 
sont :  le  griinstein  de  transition  qui  ne  se  trouve  que  dans  la 
principaute  de  Teschen,  et  qui,  dans  son  etat  de  decomposition, 
sert  a  fertiliser  les  terres;  le  porphyre  qui  disparait  presque 
entlerement  vers  les  grandes  masses  calcaires;  les  basaltes  dis- 
perses sur  tonte  la  plaine,  sans  aucune  cohesion,  et  dont  la  plus 
grande  masse  est  celle  de  Sainte-Annaberg  ,  toute  entouree  de 
calcaire. 

Dans  ia  quatrieine  section  l'auteur  a  reuni  les  terrains  d'allu- 
vion  ,  et  il  y  parle  specialemenl  dcj  3  formations  de  pierre  fer- 
rugineuse  qu'on  trouve  en  Silesie.  C'est  au  terrain  d'ailuvion  quo 
la  haute  Silesie  doit  I'aspect  d'une  plaine  que  presente  sa  surface. 
La  derniere  section  enfin  est  reservee  a  un  expose  des  rap- 
ports geognostiques  qui  existent  entre  toutes  les  formations 
de  montagnes.  Dans  les  Sudetes  le  granit  ne  se  montre  qu'au 
pied  des  raonts;  les  hauteurs  ne  consistent  qu'en  gliinmersr/iie- 
fer ;  cependanl  le  granit  en  forme  la  base  ;  les  montagnes  houil- 


228  Geologic. 

lercs  (Ic  l;i  haute  Silesie  fornient  un  ensemble  independant  de 
tout  autre ,  et  appaitienncnt  a  la  plus  ancienne  formation ,  entre 
laquelle  et  celle  du  calcaire  secondaire  il  parait  y  avoir  eu  una 
cpoque  de  repos.  Le  calcaire  secondaire  a  parcouru  tous  les  pe- 
riodes  de  formations  ,  depuis  les  plus  anclennes  qui  se  trouvent 
auprcs  de  Cracovie  ,  jusqu'a  cclle  de  la  craie.  Le  calcaire  blanc 
se  trouve  intercalle  entre  deux  chaines  de  montagnes  calcaires 
contenant  du  minerai;  il  est  moins  marneux  dans  les  contrees 
de  sud-est  que  dans  celles  du  nord-ouest.  La  formation  de 
trapp  disparait  sur  la  pente  septentrionale  des  Carpatlies  ,  pro- 
bablement  parce  que  les  terrains  secondaires  y  sont  trop  entas- 
ses.  Los  terrains  d'alluvions  se  distinguent  par  leurs  masses;  la 
glaise  bleue  y  est  abondante.  Une  partie  des  observations  de 
M.  de  Oeynhausen  a  etc  combattue  par  le  professeur  Pusch. 
(  Voy.  le  Bulletin  de  fevrier  1824  ,  p.  io8. )  A.  B. 

188.     EXAMEN     DES     FORMATIONS     DE     MINERAI    DE    FER    danS    IcS 

montagnes  de  la  monarcliie autrichiennc  au  nord  du  Danube; 
par  Fr.  Riepl,  Prof,  d'hist.  natur.,  etc.,  al'Institut  poly  tech- 
nique de  Vienne.  (  Jnrmles  de  I'lnstiliit  Poly  technique  , 
vol.  3;  1821.  ) 

Le  Prof.  Riepl  expose  dans  ce  memoire  toutce  qu'il  a  pu  ob- 
server ou  apprendrc  sur  les  depots  de  fer  de  la  partie  nord  de  la 
monarchie  autrichiennc  et  sur  leur  emploi.  II  examine  d'abord 
la  formation  du  fer  oxidule  ou  magnetiquc.  Cle  minerai  se  trouve 
iiislallise  dans  les  serpentines  et  les  schistes  chloritcux,  et  en  ro- 
che  avec  les  roches  ampliiboliques  primitives.  On  I'cxploite  sur- 
tout  sur  la  pente  sud  de  I'Erzgebirgc ;  les  mines  y  sont  nombreu- 
ses,  etforment  une  longue  trainee  jusque  vers  Bayreuth.  Le  fer 
oxide  rouge  accompagne  le  plus  souvent  le  fer  oxidule.  L'auteur 
en  cite  a  Breunerhof,  Kadaun ,  Zopons ,  Kuklick,  Samoten  , 
Wiechnow  et  pres  de  Wermsdorf ,  sur  une  etendue  de  plus  de 
40  lieucs.  II  en  cxistc  aussi  pres  de  Joachimsthal,  dans  les  mon- 
tagnes Kupferberg  et  Oberhals,  etc.  Dans  les  Carpathes,  il  y  a 
des  bancs  de  fer  oxidule,  de  fer  oligiste  et  de  fer  chroma  te,  a 
Ma^uctora.  A  Gloran,  il  s'en  trouve  un  banc  mtle  de  pyrite  et  de 
grcnat,  entre  une  sienite  et  un  granite.  On  en  a  dt-couvert  a 
Ohaba,  dans  la  vallee  de  Bistra  ,  prcsKaransebes;  ct  il  en  existe 
dans  le  micaschiste  pres  Jakobery ,  dans  la  Bukowine,  etc.  La 
formation  du  fer  oxide  rouge  se  trouve  dans  plusieurs  roches ; 


Geologic .  22r) 

il  y  en  a  dans  les  roches  schisteuses  primitives,  dans  TEizgebiryc, 
en  Bolieme,  et  surtout  dans  le  ccrcle  de  Czaslau  ,  au  Kreuzberg. 
II  git  entre  le  granite  et  le  schiste  argileux.  Le  dcjjut  de  fer  oxi- 
de rouge  du  milieu  de  la  Bohemc  est  d'une  epoque  beancoup  plus 
reccnte.  En  Hongrie,  il  y  en  a  a  Moravitza  ;  dans  le  comte  de 
Krassova  ,  les  bancs  sont  la  sienite  et  le  calcaire  grenu,  ou  entre 
ce  calcaire  et  le  schiste:  le  mineral y  est  accompagne  debeaucoup 
de  fer  hydrate,  de  grenat,  d'asbeste ,  de  pyrite ,  de  quartz,  etc. 
Le  fer  oxide  se  trouve  associe  avec  le  fer  spatliique  a  Deutseh- 
Gladna.  A  Kopolapojana  ,  il  y  en  a  un  banc  dans  le  mica- 
schlste  ,  etc.  L'auteur  passe  ensuite  en  revue  les  points  oil  le  fer 
oxide  rouge  git  en  bancs  dans  la  grauwacke ;  c'est  surtout  dans 
les  cercles  de  Bei'aun,  de  Rakonitz  et  de  Pilsen  en  Boherae. 
Comme  ce  savant  s'est  long-temps  occupe  de  ces  interessantes 
mines,  il  entre  dans  beaucoup  de  details  sur  leslocalites  exploi- 
tees  ,  sur  le  gisement  et  la  puissance  des  bancs  ferriferes.  II  nous 
suffit  de  faire  reraarquer  qu'ilssont  tres-souvent  entre  des  masses 
trappeennes  ou  en  contact  avec  elles.  Le  fer  spatliique  donne  nais- 
sance  au  fer  hydrate,  de  maniere  qu'il  faut  considerer  ensemble 
les  depots  de  ces  deux  minerals.  II  n'y  en  a  que  tres-peu  au  nord 
du  Danube,  et  ils  se  trouvent  surtout  en  bancs  dans  difftreiis 
schistes  intermediaires  des  comtes  hongrois  de  Gomor  et  de 
Zohf :  l'auteur  en  detaille  les  localites ,  et  il  enumere  les  minerais 
avec  lesquels  le  fer  est  associe.  On  en  rencontre  encore  dans  la 
Transylvanie,  a  Matskamezoe,  etc. ;  dans  la  Bukowlne,  le  Ban- 
nat,  la  Moravie  et  la  Bohenie. 

Les  depots  de  fer  carbonate  et  fer  hydrate  impur  (Thon  und 
Raseneisenstein)  sont  fort  abondans;  le  fer  carbonate  accompa- 
gne  les  houilleres  de  Bolieme,  et  il  y  a  beaucoup  de  fer  hydrate . 
les  principales  localites  sont  citees  par  l'auteur.  Eu  Moravie  ,  un 
depot  exploite  de  fer  hydrate  git  dans  des  cavites  du  calcaire  do 
transition,  et  il  est  reconvert  par  le  gres  vert  et  les  craies  chlorilee 
et  grossiere.  Ruditz,Lasch;inko  et  les  environs  de  Blansko  ,  sont 
les  lieux  exploites.  En  Gallicie ,  il  y  a  des  amas  de  fer  hydratr 
flans  les  depots  sccondaires ,  qui  s'etendent  depiiis  Duszalyn 
dans  le  cercle  de  Sanok  ,  jusqu'a  Blizun,  dans  le  cercle  de  Stryn. 
Ilyaaussidans  la  Bukowine,  la  Hongrie  et  la  Transylvanie,  beau- 
coup de  mineral  de  fer  regenere ,  comme  dit  l'auteur. 

Apres  ctrc  entre  dans  tons  ces  details  interessans  sur  les  diffe- 
rens  gites  de  mincrai  de  fer,  I'aulcur   donne  un  tableau  de  la 


a3o  Geologie. 

quantite  de  fer  produite  chaque  annee,  depuis  1809  a  i8iy,dans 
les  provinces  autricJiiennes  au  nord  du  Danube.  Si  on  ajoute  a 
cetle  table  les  18,000  qiiintaux  que  fondent  annuellemenl  les 
fondcries  boliemiennes  ,  dont  le  produit  n'estpas  cite  ici ,  et  si 
I'on  suppose  que  les  fondcries  emploient  annuellement ,  en  Hon- 
grie  et  en  Transylvanie,  55, 000  quintaux,  Ton  trouve  que  la 
quantite  de  fer  employe  annuellement  dans  les  provinces  autri- 
chiennes  au  nord  du  Danube  s'cleve  a  45o,ooo  ,  dont  [\(j,ooo 
proviennent  du  fer  oxidule,  i3o,ooo  du  fer  hydrate  et  sjiatlii- 
que,  36,ooo  du  fer  oxide  rouge  des  roclies  primitives,  129,000 
du  meme  niinerai  de  la  grauwacke,  et  98,000  du  fer  carbonate 
et  hydrate  impur.  Le  depot  du  fer  oxide  rouge  alimenle  les  fon- 
deries  de  la  Boheme ;  le  fer  carbonate  et  hydrate ,  celles  de  la 
Moravie  et  de  la  Gallicie;  et  le  fer  spathique  et  hydrate,  celles 
de  la  Hongrie,  de  la  Bukovrine,  de  la  Transylvanie  et  du  Bannat. 
On  pent  evaluer  a  une  quantite  annuelle  de  60,000  quintaux  le 
fer  de  fonte  de  Boheme  et  de  Moravie.  L'auteur  termine  ce  me- 
moire  important,  par  le  recit  de  I'heureux  essai  fait  en  1821  par 
M.  Aloys  Obersteiner,  a  Doroba  en  Boheme,  pour  fondre  le  fer 
avec  le  coak.  A.  B. 

189.  Grauwacke  des  Apennins.  {Joitrn.  Philos.  d'Edimbourg, 
avril  1824  ,  p.  371.) 
Le  depot  des  Apennins,  decrit  par  Hausmanu  comme  grau- 
wacke ,  est  regarde  par  M.  Boue  comme  le  gres  bigarre,  parce 
que  cette  meme  formation  repose  sur  le  zechstein  des  Alpes  et 
des  Carpathes.  Le  meme  geologue  signale  aussi  I'analogie  des  de- 
pots tertiaires  de  la  Hongrie  et  de  I'Autriche. 

igo.NEUELEicHTFAssLicHE  Anleitung  zur  Sai.zwerrskunde,  elc. 

Nouveaux  tlemens  de  la  science  qui  traitc  des  salines,  enayant 

principalement  en  vue  la  geogn(5sie  halurgique ,  et  les  moyens 

les  plus  propres  a  I'emploi  des  sources  les  plus  salees  ;  par  Ch. 

Christian  de  Langsdorf  ,  doct.  conseiller,  etc.,  avec  14  pl. , 

une  table  et  le  portr.  de  l'auteur.  Heidelberg  et  Leipzig;  1824. 

Get  ouvrage  important  a  pour  base  un  essai  public  sur  le  meme 

sujet  a  la  iiu  du  siecle  passe ;  mais  l'auteur  y  a  ajout^  une  foule 

de  choses  nouvelles,  et  une  grande  quantite  de  faits  importans.  II 

commence  par  donner  laliste  de  5o  ouvrages  qu'il  a  deja  publics, 

et  par  citer  les  auteurs  qu'il  a  consultes.  Le  second  chapitre  de 

.son  ouvrage  est  consacre  a  des  remarques  gencralcs  sur  le  sel,  les 


Geologic.  201 

eaux  salees,  et  \es  methodes  propres  a  determiner  leur  degre  de 
salure.  Dans  le  troisienie  chapiti-e  il  parle  des  substances  etran- 
geres ,  des  sources  salees,  et  de  leur  influence  snr  leur  degre  de 
salure.  Dans  le  quatrienie  il  examine  I'effet  que  la  clialeur,  I'eva- 
poration,  etc. ,  produisent  sur  la  salure;  et  dans  le  cinquieme  il 
s'occupe  des  sources.  Le  sixieme  cliapitre  est  entieremenl  geo- 
logique,  et  occupe  environ  400  pages.  II  commence  a  passer  en 
revue  differentes  idees  geogcniques  de  Staffens,  de  Muller ,  etc., 
et  3  etablir  les  grandes  classes  des  terrains  primitifs,  inlerme- 
diaires  et  secondaires.  II  examine  ensuite  en  detail  I'opinion  de 
tons  les  geologues,les  plus  anciens,  sur  chacun  des  terrains  se- 
condaires, et  sur  leurs  principales  divisions.  II  est  a  regretter  que 
son  ouvrage  fut  deja  sous  presse  lors  de  I'apparition  de  la 
geognosie  de  M.  de  Humboldt,  car  beaucoup  de  citations  sont 
devenues  inutiles.  II  regarde  le  gres  rouge  de  Heidelberg  ,  etc. , 
comme  du  gresrougeancien.il  enumere  ensuite  lous  les  systemes 
geognostiques  proposes  jusqu'a  M.  de  Humboldt  en  1823,  et 
donne  lui-meme  son  systerae  ,  ainsi  que  celui  de  MM.  Albert!  et 
Hahl  du  Wiirtemberg.  Le  reste  de  ce  chapitre  est  entieremenl 
consacre  au  terrain  salifere;  il  examine  d'abord  \cs  differens  de- 
pots de  gypse  ,  et  le  calcaire  fetide  ;  il  montre  reteudiie  des  de- 
pots salileres  et  la  probabilite  de  leur  depot  chiniique.  Lesel  se 
trouve  dans  des  fonds  et  des  plaines  :  il  s'eleve  de  la  mer  jusqu'a 
la  liauteur  de  45^8  et  menie  8400  pieds  parisiens. 

II  passe  en  revue  les  depots  saliferes  des  differentes  contrees  de 
I'Europe,  et  vient  enfin  au  ^Viirtemberg  ,  et  aux  pays  de  Bade, 
II  y  a  la  un  grand  bassin  ,  dont  les  vallees  duPrettach,  du  Jart, 
du  Kocher  et  du  INeckar ,  font  partie.  L'auteur  classe  faussement 
le  muschelkalk  de  ce  pays  parmi  le  zeclistein;  il  donne  ensuite 
plusieurs  resullals  de  sondages  a  Jartfeld,  a  Offenau,  a  Wimp- 
fen,  etc.,  et  entre  dans  des  details  sur  I'endroit  precis,  ou  sur 
les  couches  dont  sortent  les  sources  de  differentes  localites , 
el  sur  des  coups  de  sonde  qui  n'ont  ete  couronnes  d'aucun  suc- 
ces.  II  discute  longuement  la  place  des  marnes  saliferes  :  il  a  I'idee 
qu'elles  sont ,  avec  le  gypse  nnhydre ,  dans  le  zeclistein ,  et  il 
montre  que  beaucoup  de  geologues  ont  cette  idee;  il  oppose  a 
cette  opinion  celle  d'un  moindre  nombre  de  geologues,  qui  pla- 
cent  le  sel  avec  le  gres  bigarre,  et  nous  croyons  que  ces  derniers 
ont  raison.  II  communiipie  ensuite  des  observations  geognosti- 
ques (]u'il  a  failes  en  dilfirens   voy.igcs  dans  le  p'y*  dc  Bade, 


252  Geologic. 

et  surloul  sur  Ics  deux  pentes  de  la  Foret-Noirc,  ou  il  y  a  des 
marnes  bigorrees  et  saliftres ;  il  intercalle  ca  el  la  des  commu- 
nications de  ses  amis.  II  raconte  I'heureuse  decouverte  du  sel  a 
Durrheim ;  et  apres  s'etre  occupe  des  changemens  de  salure  des 
sources ,  il  termine  cet  important  chapitre  par  dcsidecs  theori- 
ques  sur  les  causes  probables  de  I'origme  des  sources  salees,  etde 
leurs  caracteres.  Dansle  septieme  cliapltreil  considoreles  manieres 
desonder,etde  trouverles  sources  salees  ou  du  sel.  Dans  Ics  hui- 
tieme  et  neuvlerae  il  traite  de  la  maniere  d'extraire  le  sel  des 
sources  salees,  soit  a  froid  ,  soit  par  le  feu.  Enfin  il  examine, 
dans  le  chapitre  suivant,  les  forces  motrices  necessaires  dans  des 
salines;  dans  le  onzieme,  les  reservoirs  des  eaux  salees,  froides 
ou  chauffees;  et  dans  le  douzierae,  les  maisons  d'evaporation , 
les  magasins  de  sel ,  les  salles  pour  secher  le  sel ,  et  la  maniere 
d'evaporer  les  eaux  salees.  A.  B. 

igi.  Rapports  geognostiquf.s  des  environs  de  Durrheim  , 
pdur  juger  de  I'heureux  rcsultat  de  la  decouverte  du  banc  de 
sel  gemme  ,  accompagnes  d'une  preface  Iiistorique  ;  par  C.  J. 
Selb.  Carlsruhe;  1822. 

En  1820  une  commission  fut  chargee,  par  le  grand-due  de 
Bade,  d'examincr  Ics  cercles  du  Danube  ,  de  Kinzig  et  Treisam  , 
pour  voir  s'il  n'y  existait  pas  dc  bancs  de  sel.  M.  Sclb  fut  mcm- 
bre  de  cette  commission,  qui  fit  des  observations  sur  les  faibles 
sources  salees  le  long  du  Necker,  et  sur  le  gypsc  ol  I'argile  qui  se 
trouvent  au  pied  Est,Sud  et  Ouest  de  la  Foret-Noire.  II  rccom- 
manda  surtout  de  donner  des  coups  de  sonde  a  Durrheim,  a 
Wicklen  et  Markhof ,  et  a  Salzburg.  Dans  le  cours  de  la  meme 
annee  I'auleur  recoramenca  ce  voyage  avec  M.  de  Langsdorf ,  ce 
qui  a  auiene  la  decouverte  des  bancs  saliferes  pres  de  Dunheiiu. 
Le  granite  s'clcvc  a  23y7  pieds  au-dessus  de  la  mer  ,  dans  une 
partiedela  Forct-Noire,  entrc  Ilornberg  el  lleichenbach;  il  est 
recouvert  de  grcs  rouge,  et  il  a  dans  son  voisinage  des  j)orj)hyres. 
A  I'ouest  de  \illingcn  on  a  le  granite,  et  des  couclies  horizon- 
tales  de  grcs  bigarre;  les  roches  primitives  y  sout  fort  escar- 
p6es  sous  terre. 

Le  calcaire  secondaire  parait  plus  pres  de  Vlllingcn,  ets'ctcnd 
dans  une  grande  partic  du  Baar.  Durrheim  est  a  21 3i  pieds  au- 
dessus  de  la  mer  ,  et  a  I'air  d'avoir  etc  un  fond  de  mcr.  Vers  Ho- 
hcncramingcn  le  calcaire  secoiulairc  (uiuscliclkuik)  est  recouvert 


Geologic.  233 

d'un  vert  gris-verdatre,  et  d'un  poudingue  que  raufeur  assimilc 
a  la  molasse  et  au  nagelfluh.  Le  gypse  s'etend  d'Aysteig  a  una 
heure  au-dessus  de  Sulz,  par  Oberndorf  et  Scliwenningen,  a 
Durrheira  ,  oii  il  occupe  la  vallee.  Le  sondage  y  a  fait  decouvrir , 
sous  la  terre  vegetale,  quelques  pieds  de  marne  et  d'arglle  gypsi- 
fere ;  a  iG  pieds  du  gypse  compacte  de  lo  pieds  d'epaisseur;  pins 
has  du  calcaire  mele  d'argile,  qui  a  continue  jusqu'a  297  pieds; 
ensuite  du  calcaire  fetide  et  du  gypse  ,  et  ce  n'est  qu'a  877  pieds 
de  profondeur  qu'on  a  atteint  le  premier  banc  de  sel,  accompa- 
gne  de  calcaire  fetide, et  de  i5  pieds  d'epaisseur.  A  4i4  pieds  de 
profondeur  on  a  rencontre  la  seconde  couche  de  sel ,  qui  est  de 
57  pieds,  et  qui  repose  sur  un  calcaire  compacte.  Ce  memoire  se 
termine  par  I'analyse  de  la  source  salee  de  Durrheim  par  le  doc- 
teur  Kohlreuter  ,  et  par  une  table  detaillee  des  roches  traversees 
par  la  sonde ,  et  du  temps  employe  pour  cct  ouvrage.       A.  B. 

192.  Sur  le  sel  cemme  et  les  salines.  (  Arch.  derApotk.  Ver, 
n".  2,  1822,  p.  108.) 

C'est  une  lettre  de  M.  Referstein  dans  laquelle  il  annonce 
qu'il  croit  que  le  sel  en  roche  et  les  sources  salees,  n'ont  aucunc 
liaison.  Le  sel  est  un  produit  des  sources  salees,  ce  qui  est  contra- 
dictoire  a  I'opinion  generale.  II  yacertaines  couches  et  certains 
points  de  la  terre  <]ui  ont  la  vertu  de  rendre  I'eau  salee;  ainsi  se 
forment  par  les  pluies  des  lacs  sales ,  des  fleuves  sales  ,  et  des 
sources  salees.  D'autres  corps  existans  sur  la  terre  produisent  du 
bitumeet  dela  houille  ,  ce  qui  est  la  source  des  lourbieres,  des 
bois  bitumineux  ,  et  des  liouilles;  le  fer,  la  cliaux  ont  la  meme 
origine.  II  conciut  que  de  cette  maniere  s'eievera  petit  a  petit  une 
nouvelle  geologic,  basee  seulement  sur  des  faits.  A.  B. 

iy3.    CORRESPONDANCE  MINERALOGIQUE  DE  MM.  A.  BrONGNIART, 

V.    MoNTEiRO ,  A.  BouE  ,   L.  WoLTz    ct  Wagner.    (  Miner. 
Taschenbuch  •    x823  ,  1'^''.  part. ,  p.   225.) 

M.  Brongniarl  envoie  a  M.  Leonard  son  travail  sur  Ics 
opliiolites  et  sur  les  vi'gelaux  fossiles  des  houiileres,  et  annonce 
qu'il  continue  sa  descri])lion  des  terrains  intcrinediaires  et  sccon- 
daires  ,  et  de  Icurs  fossiles  ,  et  qu'il  a  deja  joo  dessins  executes 
j)our  cet  ouvrage.  M.  Monteiro  annonce  le  Traite  dc  crislallo- 
grapliie  de  M.  Uauy.  M.  Boue  envoie  queltpics  rectifications  pour 
son  Essai  goologiqucsur  I'Lcosse.  Les  giieissautour  du  granil  dc 


2  54  Geologic . 

Koumoor,en  Ecosse,  sonl  des  hornfels;  les  loclies  iioirch  feldspa- 
tliiques  coijuilleres  des  Hebrides  sont  dcs  argiles  marneuses  d» 
lias,  alterees  par  le  voisinage  des  basaltes  ;  les  filons  de  basalle 
ont  ete  la  plupart  remplis  par  en  bas.  U  u'y  a  point  de  tracliyle 
en  Ecosse:  et  cerlains  porphyrcs  du  gres  rouge  de  ce  pays  n'ont 
iteappeles  trachytiques  qu'a  cause  de  leur  rcsseniblance  niine- 
ralogique  avec  les  trachytes.  Le  filon  de  Bl.ickwaler  est  une 
masse  de  porpliyre  qui  n'a  pas  eu  la  force  de  percer  le  gres. 
En6n,  M.  Boue  y  annonce  un  voyage  dans  les  Pyrenees  et  I'AI- 
leinagne. 

M.  Woltz  classe  le  gres  grossier  du  centre  des  Vosges  dans 
le  todlliegende,  ou  le  gres  rouge  nouveau  ;  il  alterne  dans  celte 
chaine  et  pres  de  Heidelberg ,  avec  de  i'argilolite  por])hyrique ,  ce 
qui  montre  qu'on  ne  peut  pas  le  regarder  comme  du  gres  bigarre. 
Le  meme  auteur  cite  qu'uii  puits  de  sel  de  Vic  a  traverse  de  I'ar- 
gile  ma^neuse,  des  marnes  a  druses  de  chaux  carbonatce  inverse, 
un  calcaire  niarneux  ,  une  marne  noiratre  un  pen  scliistcuse  ,  ou 
gres  rougealre  quartzeux  niicace  ,  un  gres  semblalde  gris,  un 
calcaire  blanc  compacte  et  une  inarne  plus  ou  moins  noiratre  et 
a  nids  de  gypse.  M.  Woltz  a  recu  de  Rupt,  dans  le  departemenl 
de  la  riaute-Saone  ,  des  silex  avec  du  soufre  ,  qui  s'y  rencontrent 
en  meme  temps  que  du  mineral  de  fer  en  grains  dans  les  champs 
d'un  district  oolitbique. 

M.  ***  annonce  de  Vienne  ,  que  M.  Pohl  a  ramasse  beaucoup 
de  mineraux  dans  les  provinces  ile  Minas  Geraes  et  de  Goyaz  ,  au 
Bresil ,  et  M.  Naltcrer  en  a  anssi  envoyc  de  la  province  de  Saint- 
Faui.  Parmi  ces  dcrniers  echantillons,  il  v  a  beaucoup  d'agregat 
quartzeux  aciment  ferrugineux  ,  et  a  or  et  diamant. 

Les  environs  dc  Sorocaba  ,  ao  millesa  I'ouest  de  San-Paulo  , 
ont  foiirni  des  granites  porphyriques  ,  des  schistes  talquenx  et 
argileiix  ,  du  griinstein  et  du  calcaire  compacte,  et  des  amphi- 
bolites  micacees.  II  y  a  aussi  beaucoup  de  fer  dans  ce  district  ; 
el  a  Y|)anema  ,  existeune  des  plus  grandcs  forges,  seulementali- 
mentec  de  blocs  cpars  de  fer.  La  chaine  d'Aracoiaba  abonde  ca 
fer  oligiste  en  partie  titaniferc,  en  fer  oxidule,  en  fer  rotige 
ocreux,  et  en  fer  hydrate  compacte  et  ocreux.  M.  Varnliagen 
pietend  que  ces  fers  sont  en  filons  dans  le  granite. 

A  Ypanema  ,  le  fer  oxidule  est  accompagnc  de  griinstein.  Le 
ciistal  dc  roche  ,  la  calcedoine,  la  litheinarge,  sont  associes  avec 
ces  depots  de  fer.  A  Payol ,  pres  Sorocaba.  il  y  a  du  silex  pyrom.i- 


Geolo^le.  25  :> 

que  excellent.  La  collection  de  M.  Natterer  est  <le  deux  cents 
morceaux. 

M.  Wagner  annonce  la  decouverte  d'un  bol  jaune-brunatre 
qui  remplit  une  fente  de  calcaire  des  Haules-Alpes  (zcchstein), 
au  Rauschenberg.  Le  fer  phosphate  se  trouve  dans  le  depot  de 
fer  hydrate  du  mont  Erzberg ,  pies  d'Amberg;  il  y  est  quelquefois 
cristallise  en  prismes  rectangulaires  a  quatre  faces.  La  wavel- 
lite  se  trouve  dans  des  fentes  d'un  leptinite  ( -weisstein ) ,  au 
mont  ScliwarzembergpresLehnau,  au  pied  du  Fithtelgebirge  ; 
elle  est  accompagnee  de  chrysocolle,  produit  probablement  , 
par  la  decomposition  d'un  cuivre  pyriteux.  A.  B. 

194-  Description  d'une  caverne  de  lave.  (^Edirn.  Phil.  Jourii. 
avril  I J  23,  pag.  4i6.) 
Cette  caverne  se  trouve  dans  les  laves  de  I'ile  St. -Michel^ 
(A  cores),  visitee  par  M.  Webster ;  elle  consiste  en  un  conduit  selon 
un  plan  incline  et  en  une  crevasse,  et  elle  est  tapissee  de  mor- 
ceaux de  lave  portuse  et  vesiculaire,  qui  ont  la  forme  de  stala;:- 
tiles  ou  de  plomb  fondujete  dans  I'eau  froide.  A.  15. 

1 95.  Description  d'une  grotte  dans  I'interieur  de  la  colonic  du 
Cap  de  Bonne-Esperance  ;  par  M.  G.  Thompson.  [Quartcrl , 
Journ.  of  Scienc. ,   1824  j  janv. ,  pag.  272. ) 
Cette   grotte  est  siluee  dans   le  Rango ,    district  de  George, 
a  35o  millcs  du  Cap  ,  et  se  trouve  dans  une  chaine  calcaire  qui 
separe  le  Rango  du  grand  desert  ou  Raaroo.  Son  entree  a  20 
pieds  de  liaut ;  au  bout  de  200  pieds  Ton  arrive  a  un  precipice 
de  3o  pieds  ,  au   fond  duquel  sont  plusieurs  .'alles.  La  premiere 
est  une  voute  appelee  Van  Zeilys-IIall,  qui  a  fio  a  70  pi.  de  hau- 
teur ,  100  pieds  de  large  et  600  pieds  de  long. 

La  seconde,  appelee  le  Registre,  a  40  pi.  de  large  et  25  pi. 
de  haut. 

Cette  derniere  sallc  conduit  a  la  salle  de  Botlia  ,  qui  a  140  pi. 
de  large  et  5o  pieds  <ie  haut;  dela  Ton  arrive  a  la  chainbre  inc- 
ridionale,  qui  a  3o  pieds  delong,  i5  de  large,  <  t  20  de  haut. 

Ensuite  ,  Ton  est  conduit  a  la  chambre  dc  Vander- West- 
Huissen,  qui  a  i5  pieds  de  liaut  et  10  de  long;  et  a  la  chambre 
appelee  Thom's-Chamfer ,  qui  a  i4  pieds  de  long  sur  8  de 
large,  et  i5  de  haut. 

Enfin,  un  precipice  de  14  pieds  conduit  a  une  derniere  salle  do 
5oo  pieds  dc  long,  5o  de  large,  et  20  a  40  dc  hnut.  La  caverne 


256  Geologic. 

parait  avoir  en  tout  i,!joopieds  de  profondcur  L'autciirannonce 
encore  plusieurs  petites  cavites  adjaccnles  a  ces  salles  principa- 
les  ,  et  parle  des  stalactites  varices  de  ces  caverncs.         A.  B. 

196.  SuR  LA  FORMATION  GEOLOGiQUE  d'un  pont  natutcl  en  Virgi- 
nie;  par  Gilmer.  (Trans.  Soc.  P kilos oph.  Americ.  of  PhilacL, 
I*"",  vol.,  nouv.  serie,  pag.  174,  18 18.) 

Jefferson  a  fail  connaitre  cc  pont  pittoresque  ,  et  le  mar- 
quis de  Chatelux  en  a  fait  faire  un  dessin.  Ce  pont  est  situe 
sur  le  Cedar-Creek  ,  dans  le  comte  de  Rockbridge  ;  Ics  couches 
horizontales  y  sent  coupees  a  pic.  La  liauteur  de  la  porte  la  plus 
basse  de  la  voute,  au-dessus  del'eau,  estde  160  pieds,  I'opaisscur 
de  I'arche  est  dans  le  plus  grand  nombre  de  points  au  dcia  de 
35,  et  la  hauteur  de  la  cime  de  I'arche  est  de  200  pieds.  L'auteur 
attribue  la  formation  de  ce  pont  au  courant  qui  a  elargi  peu  a 
peu  un  conduit  soulerrain  parmi  ces  roches  calcaires ,  dont  la 
decomposition  a  aussi  aide  la  destruction.  A  I'appui  de  son  opi- 
nion, il  cite  un  semblable  pont  sur  le  Stock-Creek ,  branche 
de  Clinch-River  dans  le  comte  de  Scott.  Sa  hauteur  est  de 
3oo  pieds.  ^-  "• 

197.    TuEMBLEMENS  HE  TERRE  ACX  ANTILLES. 

II  y  en  a  eu  deux  ,  dans  I'espace  d'un  mois  ,  a  la  Martinique. 
Le  premier  s'est  fait  sentir  au  Fort-Royal,  le  1 1  novembre 
1823  ,  a  5  heures  45'  du  matin;  et  le  second,  le  i3  decembre 
a  unc  heure  du  matin.  Chacun  ctait  compose  de  deux  secousses  , 
qui  dans  le  premier  ont  ete  plus  fortes  et  surtout  plus  longues. 
Ces  phenomenes  n'ont  etc  accompagnes  d'aucune  espcce  d'acci- 
dcns.  (  Revue  Encycl. ,  f^vrier  1824  ,  p.  453.) 

198.  TnEMnLEMENT    DE    TERRE    AU    CaNAUA.    [PkUoSop/l.    Mag., 

dec.  1823,  p.  470- ) 
Le  28  aout  i823,  les  habitansdu  village  de  Ilayotte  dans  la  pa  - 
roisse  de  Champlain  ont  etc  temoins  du  phenomene  suivant.  Line 
otendue  de  pays  de  207  arpeiis  ful  elevcc  lout  a  coup  a  36o  yards 
de  distance  du  fleuve  Champlain  ct  alia  sc  precipiter  dans  ce  der- 
nier en  renvcrsaiit  lout  sur  son  passage.  Cclle  masse  encombra  la 
riviere  sur  unc  clcnduc  de  -jAi  arijcns,  que  le  courant  ne  j)ut  de- 
passer  qu'ai)rcs  scire  clevc  7  a  8  pieds  plus  haul  qu'a  rordinanc. 
Oct  evenemcnt  ful  accompagric  d'un  grand  bruit  cl  de  vapcurs 


Miner  alogie.  35-7 

t'paisses,  semblablesa  ccUesde  la  poix  etdusoufrc.  Lesunscrurent 
voir  une  eruption  volcanique  on  I'eff'et  d'un  Ireinblement  de  terre 
tandis  que  les  autres  I'attribuerent  a  de  I'eau  qui  avail  ptnetre  en- 
tre  les  couches  d'argile  et  de  sable.  A.  B. 

199.  Regit  de  ea  catastrophe  par  laquelle  le  village  de  Stron  , 
en  Boheme,  a  ete  en  partie  detrult.  {J  fin.  de  Phjs.  de  Gil- 
bert, torn.  64,  p.  434.) 

Ce  village  etait  silue  sur  la  pente  N.-E.  de  la  vallee  de  I'Eger 
a  une  heure  au-dessus  de  Saatz.  La  contree  appartient  a  la  forma- 
tion de  sable  et  d'argile  a  lignites.  L'Eger  s'y  etant  creuse  une 
petite  bale,  et  des  sources  souterraines  ayant  mine  le  depot  de 
sable  sur  lequel  reposait  le  sol  du  village,  ii  en  resulta  d'abord 
des  affaissemens :  des  murs  se  fendirent;  puis  pendant  une  nuit 
un  bruit  avertit  les  habitans  du  danger,  et  ils  n'eurent  que  le 
temps  de  fair  pour  ne  pas  se  trouver  ensevelis  sous  leur  village 
qui  se  mit  a  glisser  avec  tout  le  sol,  et  qui  n'offrit  bientot  plus  que 
r.tspect  d'un  chaos  epouvantable.  A.  B. 

200.  Collections  geologiques.  M.  le  professeur  Wehrlc,  a 
vSchemnitz,  en  Hongrie  ,  propose  des  suites  geognostiques  de 
Schemnitz,  en  echange  de  suites  oryctognostiques,et  M.  Johann 
Seigerschmidt,  essayeur  imperial  et  royal  aux  mines  de  Kapnik 
en  Transylvanie ,  of'fre  des  collections  geognostiques  et  orycto- 
gnostiques  des  environs  de  Kapnik. 


MINERALOGIE. 

201.  BrEITHAUPt's  VOLLSTANDIGE   ChARAKTERISTIK   DES  MINERAL- 

SvsTEMS.  Caractcristique  complet   du  systeme  mineral,    par 

M.  Breithaupt,  Prof,  a  I'ecole  des  mines  de  Freyberg;    a*. 

edit,  de  292  pag.  Prix,  i  rxd.,  2  gr.  Dresde;  1823 ;  Arnold. 

Ainsi  que  M.  Koks  (  qui  a  fait  paraitre  un  nouvel  ouvragc 
dont  il  sera  rendu  compte  apres  sa  publication  complete  ) , 
M.  Breithaupt  presenle  un  nouveau  systeme  de  min.'ralogie. 
L'ouvrage  est  precede  d'une  introduction  dans  laquelle  sent  ex- 
poses les  principes  de  la  classification;  vient  ensuite  le  systeme 
meme ,  qui  est  suivi  dc  notes  explicatives.  Get  ouvragc  ne  le  cede 
a  aucun  des  traites  de  mincralogie  les  plus  nouveaux ,  sous  le 
rapport  de  I'etat  complet  des  matieres.  M.  Breithaupt  y  confirmc 


9, 5  8  Mine  m  logic . 

les observations  di'ja  faites  pnr  INT.  lei)'.  Gustave  Rose,  de Berlin , 
eleve  du  celebre  professeiir  Weiss,  leqiiel  a  decouvert ,  il  y  a  deux 
ans,  que ,  parmi  les  cristaux  jiisqu'alors  classes  au  nonibre  des 
porphyres,  il  s'en  trouvait  quatre  especes  distinctes.  M.  Breit- 
haupt  distingue  encore  une  cinquieine  espece  ;  toutefois  son  opi- 
nion a  cet  egard  naerite  encore  confirmation.  H.-vrtman. 

•>.oi.  Bkitrage  zur  Krystallonomie.  Memoires  sur  la  cristallo- 
noniie;  par  M.  Neumann,  de  Berlin,  i*".  tome  de  iSa  p., 
avec  12  pi.  lithogr.  Prix ,  i  rxd.  12  gr.  Berlin  et  Posen  ; 
1823 ;  Mittler.  (  Voyez  I'annonce  inseree  dans  le  n".  de  mai 
1824,  p.  27.) 

M.  Neumann ,  digne  eleve  de  M.  le  professeur  Weiss  de  Ber- 
lin ,  se  propose  de  sonmeltre  au  public,  dans  un  ouvrage  en  plu- 
sieurs  tomes,  les  resultats  de  ses  reclierclies  siir  la  cristullographie. 
II  expose  d'abord  dans  I'introduction  les  divisions  des  differens 
systemes  sur  celte  matiere  ,  suivant  les  principes  de  M.  Weiss. 
Voicila  nomenclature  de  ces  divisions. 

I.  Systeme  spheroedrique  (  systemata  sphseroedrica);  i.  syst. 
homospheroedrique  ( syst.  homosph.Troedrica  ) ;  2.  syst.  hemi- 
spheroedrique  (syst.  hemisphseroedrica );  a.  syst.  pyritoedri- 
que  (pyritoedrische);  6.  syst.  tetraedrique  (tetraedrische). 

II.  Systeme  bino-singulaxiaire  (syst.  bino-singulaxia);  1.  sec- 
lion  homoedrique  (  bomoedrische  abth.  );  syst.  quaternaire 
(.syst.  quaternaria  )  ;  2.  sect.  hemiedrique(  liemiedriscbe  abth.); 
a.  .syst  bifio-quaternaire  (syst.  bino-quaternaria);  fe,  syst.  bino- 
singulo -  quaternaire  (syst.  bino-singulo-quaternaria);  c.  syst. 
tetraedrico-quaternaire  (syst.  letraedrico-quaternaria). 

III.  Svsteme  singulaxiaire  (syst.  singulaxia);  i.  syst.  binaire 
(syst.  binaria  );  2.  syst.  bino-singulaire  (syst.  bino-singularia ); 
3.  syst.  singulaire  (syst.  singuiaria). 

IV.  Systeme  tcrno- singulaxiaire  (syst.  terno-singulaxia) ; 
1.  syst.  senaire  (syst.  senariaj;  2.  syst.  ternaire  (syst.  ternaria ). 

Un  systeme  de  cristallonomie  est  un  sommaire  qui  doit  neccs- 
sairement  avoir  pour  base  une  unite  commune.  M.  Neumann 
commence  par  I'exposition  d^taillee  d'une  mdthode  graphique, 
qui,  exempte  de  cette  multiplicile  dc  denominations  cristallo- 
graphiques  encore  en  usage  en  Allemagnc,  ne  saurait  etre,  sous 
ce  rapport,  que  d'line  grandc  utilite,  en  cc  qu'clle  facilite  I'in- 
telligence  des   dilfc'-rentcs  acceptions.   M.  Neumann  developpe 


Miri  cm  log  ie.  2  5  () 

encore  dans  ce  volume  le  sysleme  bino-singulaire  (syst.  Lino- 
singnlaria),  considere  relat'iTement  a  un  interessant  sujet,  Ie 
j>orpliyre.  II  est  a  desirer  que  I'auleiir  fasse  bienlot  por.iitre  les 
volumes  suivans.  Haktman. 

20"?.  Observations  relatives  a  la  determination  mineralogique 
de  la  diallage;  par  W.  Haidinger.  (  Transact,  of  the  roy.  Soc. 
Edinh.,  t.  X,  part,  i,  p.  1  27.) 

Dans  ce  niemoire,  M.  Haidinger  veut  prouver  que  la  diallage 
verte  d'Haiiy  est  un  compose  de  lames  tres-rainces  de  liorn- 
blende  et  d'augite,  quelquefois  separees,  et  quelquefois  melees 
les  unes  avec  les  autres.  I!  y  decrit  en  outre  plusieurs  des  ro- 
ches  diallagiques  les  plus  remarquables ,  quelqnes  varietes  de 
saussurite  a  structure  laraelleuse,  et  des  cristaux  de  serpentine. 

G.  Del. 

204.  Memoire  sur  plusieurs  cRisTALLisATioNs  nouvellcs  de 
strontiane  sulfatee,  par  MM.  Moricand  et  Soret.  [Mem. 
de  la  Soc.  de  P7iys.  ct  d'Hist.  Natur.  de  Genwe ,  vol.  i ,  2^. 
part.,  p.  309. ) 

Les  auteurs  de  ce  memoire  ont  entrepris  de  decrire  plusieurs 
formes  nouvelles  de  strontiane  sulfatee ,  dans  la  vue  non  de  sur- 
cliarger  le  tableau  de  I'espece  de  details  qu'ils  regardent  comme 
un  luxe  pour  la  science,  mais  de  dlriger  I'attenlion  des  minera- 
logistes  sur  les  rapports  qui  existent  entre  la  structure  de  cha- 
que  cristal  et  la  nature  du  terrain  qui  constitue  son  gisement. 
Parmi  les  varieles  qu'ils  ont  fait  connaitre,  dix  appnrtiennent  a 
la  strontiane  sulfatee  de  .Sicile,  un  pareil  nombre  a  celle  de  Bex 
dans  le  canton  de  Vaud,  ou  elle  se  rencontre  dans  le  calcaire  de 
transition  qui  recouvre  la  couche  superieure  de  gypse  anliydre; 
enfin  deux  autres  appartiennent  a  la  strontiane  sulfatee  de  Co- 
nilla,  en  Espagne,  et  une  derniere  a  ete  trouvee  aux  environs 
d'Arau.  Les  auteurs  du  memoire  ont  reconnu  la  presence  des 
deux  axes  de  double  refraction  dans  la  strontiane  sulfatee  de 
Bex ;  ces  axes  ont  une  position  symetrique  avec  les  faces  de  la 
forme  primitive  et  les  sections  principales  sont  paralleles  aux 
diagonales  des  bases,  comme  dans  la  baryte  sulfatee.    G.  Del. 

2o5.  Sur  la  forme  cri><talline  des  Sels  artificiels  ,  par 
M.  Bt,ook.vs.  [Jnn.  0/  Philos. ,  max  1824,  p.  '^6/,.)  Fojez  le& 
pr6ctdens  numeros  du  Bulletin. 


2^o  Mine'ralogie. 

Pcrchlorun-  de  cnrboiie.  —  Ces  crislanx  ,  prt-))ares  jjar  M.  Fa- 
i.iday,  deviennent  tcrnes  par  leur  exposition  a  I'air.  II  n'y  a  de 
clivage  dans  aucune  direction ;  leur  forme  primitive  pcut  ^tre  re- 
gardee  comnie  nn  prisme  rhomboedrique  droit : 

P  sur  M  ou  M'       90"     0' 

P  sur  c        119      Ao 

P  sur  /*  90         o 

c  sur  h        i5o       20 

MsurM'       122         o 

M  sur  h        119         o 

Muriate  dc  cobalt.   —    Ces  cristaux  ,    que  I'auteur    doll  a 

M.  Cooper,  peuvent  etrc  cllvi's  facilement  parallelement  au  plan 

terminal  P  ,  et  raoins  distinctcment  dansune  direction  parallelc 

a  M  et  M',  La  forme  primitive  parait  etre  un  prisme  rhombocdri  - 

que  oblique  :  ^ 

P  sur  M  ou  M'       1090  3i 

p  sur  h  122  20 

p  sur  c'  106  20 

h  sur  c  i3i  20 

MsurM'  77  20 

Msur  h  128  /,o              G.  de  C. 

Acetate  de  haryte.  —  Ces  cristaux  ,  donnes  aussi  par  M.  Coo- 
per, paraissent  avoir  pour  forme  primitive  un  prisme  droit  obli- 
quangle.  II  y  a  un  clivage  parallele  a  T,  un  moins  brillant  pa- 
ralU-le  a  M  ,  et  un  autre  indistinct  perpendiculalre  a  ceux-ci : 

Msur/  1460  18' 

MsurT  ii3  12 

M  sur  d  116  56 

d  sur  d!  126  8 

T  sur/'  100  3o  Cr.  DE  C. 

•206.  ExAMEN  i>E  nEux  MiNERAUX  coHscrvcs  dans  la  collection 
de  I'Acadcmie  des  sciences  dc  Stockholm,  par  M.  Bkrzelius. 
( R.  Vctensh.  Acad.  HandUngar.  Stockholm  ;  182/, ;  part,  i"".) 
L'un  de  ces  mineraux,  d'un  blanc  d'argent  et  d'un  ^clat  me- 
tallique,  a  etc  trouve  -a  Rlddarhyttan.  M.  Bcrzellus  ya  dccouvert 
la  presence  du  tcUure  de  bismuth.  Ce  mineral  resscmble  beau- 
coup  a  celui  que  M.  dc  Born  a  nommc  argent  moljbdc-nique  ; 
mais  il  parait  contenir  un  pcu  plus  de  soufrc.  C'est,  a  la  con- 


Mineralogie.  tL^i 

haissaiice  de  M.  Berzclius,  la  premiere  fois  que  le  tellure  ait  ete 
trouve  en  Suede. 

L'autre  mineral  analyse  par  I'auteur  provenait,  selon  I'eti- 
quette,  de  Blcndiff,  pres  de  Churchhill ,  dans  le  Sommerset- 
shire.  II  etait  d'une  couleur  jauiie  de  ]>aille ,  et  d'une  consistance 
peu  solide;  il  se  biisait  facilement  sous  le  niarteau ,  en  presen- 
tant  une  cassure  briliante.  Les  deux  morceaux  casses  formaient 
entre  eux  un  angle  de  102°  5,  ou,  en  general^  entre  102°  et 
io3".  Sous  le  chalumeau  ,  le  mineral  fit  entendre  un  leger  petille- 
ment  et  se  fondit  aisement.  S'etant  refroidi,  il  parut  plus  jaune 
qu'auparavant.  AH  charbon  il  se  reduisit  en  plomb ,  en  laissant 
echapper  des  vapours  acidulees.  Avec  Toxide  de  cuivre  et  avec 
les  scls  de  phosphore  il  presenta  une  flamme  bleue.  II  se  dissol- 
vtiit  dans  I'acide  nitricjue  delaye,  en  faisant  une  legere  efferves- 
cence qui  \ariait  quand  on  y  nieltait  dcs  morceaux  s(5pares. 

M.  Berzelius  examine  easuite  le  mineral  par  I'analyse  chimi- 
que,  dont  voici  les  resultats  :  Clilorure  de  plomb  ,  34,63  ,  ou  i 
atome;  oxide  de  plomb,  55,82,  ou  2  atomes;  carbonate  de 
plomb,  7,55;  silice,   1,46;  eau,  o,54  :  total,  100,00. 

L'auteur  presume  que  la  presence  de  I'eau  et  de  la  silice 
etait  purement  accidentelle,  de  meme  que  le  carbonate  ,  dont  la 
quantite  variait  de  maniere  a  etre  plus  abondant  vers  la  surface 
qu'au  milieu  do  la  masse. 

La  formule  de  la  composition  de  ce  mineral  est  done,  si  oii' 
laisse  de  cote  les  substances  accidentelles,  Pb  Ch-  -\-  2  Pb.  Le 
chlore  est  designe  ici  par  Ch.  Ce  mineral  est  intei'essant  non-seu- 
lement  sous  le  rapport  mineralogique,  mais  aussi  sous  celui  de 
la  cliimie,  puisque  I'art  n'a  jamais  reussi  a  effectuer  la  m^me 
composition  que  celle-ci;  c'est-a-dire  que  le  muriate  de  plomb, 
avec  base  en  excess  ne  se  compose  ordinairement,  comme  on  sait, 
que  d'un  atome  de  chlorure  de  plomb,  et  de  trois  atomes  d'oxide 
de  plomb  ( Pb  Ch'  -f  3  Pb).  R. 

207.    QuELQUES    RECHERCHES    SUR   LES   COMBINAISONS    DE    l'oXIDE 

uranique;  par  M.   Berzelius.   [Kongl.   Fetenskaps-Acadc- 
incens  Ilaiidlingar  pour  1823  ,  i'^'^.  part. ,  p.  i54.) 

Yoici  les  analyses  de  I'uranite  d'Autun  et  de  celle  de  Cor- 
nouaiilcs.  Le  premier  a  etc  analyse  de  trois  manieres  differentes 
et  a  fourni  les  resultats  suivans  : 

B.  Tome  II.  i6 


2*. 

3'. 

Moyenne 

1,83 

1,7a 

1,80 

6,84 

6,56 

6,7  a 

o,a'i 

0,22 

0,23 

7o,o5 

69,98 

70,43 

18,87 

1 6,4  4 

17,36 
0,06 

2,53 

2,40 

2,79 

3/3  Mineralogie. 

Baryte ',84 

Chaux 6,7^ 

Magnesle    et    oxidule 
de  manganese.  ... 
Oxidule  d'urane  ...     7^25 
Acide  phospliorique. .      16,75 

Oxide  d'etain •    0,06 

Gangue ^f^-* 

100,00     100,35        97,42       99,19 

Persuade  que  le  terme  moyen  s'approclie  Ic  plus  de  la  verite, 
et  en  admettant  une  quantite  d'eau  de  14,9  pour  cent,  y  com- 
pris  I'acide  fluorique  et  I'ammoniaque  degage  pendant  I'incandes- 
ccnce,  il  a  trouve  pour  resultat  que  100  parties  du  mineral  con- 
tiennent  : 

g.,y„jg  .  .       1, 5 1  contenant oxigene    0,160    atomes. 

Chaux'.  ■.".'.  ".'...       5,66  .,585        i 

Magnesie  et  oxidule 

de  manganese.  .  .       0,19  0,07 

Oxidule  d'urane.  .  .     59,37  3,128     2 

Acide  phosphorique     i4,63  8,193      5 

j-j^y 14,90  13,246     8 

Gangue ^'7° 

Acide    fluorique    et 

ammoniaque  .  .  •     des  traces. 

99>o6 
L'analyse  faite  par  M.  Berzelius  de  I'uranite  de  Cornouailles 
coincide  entlcrement,  par  ses  resultats  ,  avec  celle  de  MM.  Gre- 
gor  et  Philips,  au  travail  desquels  nous  renvoyons  a  cet  egard. 
Void  !es  formules  donnces  par  M.  Berzelius  pour  rendre  la  com- 
position de  ces  deux  substances  : 

Uranltc  d'Autun  =  Ca'^  P'  +  It'U  P -{-  It^  «<Z- 
Uranite  de  Cornouaillesr=  Cu^  P*  +  4  U  P  +  48  aq. 
Lc  savant  suedois  propose  de  rcserver  a  cette  derniere  la  de- 
nomination de  chalholitc,  donnOc  par  AVerner,  et  de  conserver 
le  nom  d'nranite  pour  ceile  d'Autun. 


Mine'ralogie.  24^ 

ao8.  Recherches  chimiques  sur  le  Cronstedtite,  nouvenu 
fossile  de  Pribram ,  en  Bohome ;  par  J.  Steinmann.  [Ahhandl. 
cler  Kcenigl.  Boehm.  Gcscllschaft  der  Wlsscnschaftcn,  to.  VII. 
Prague,  1822.) 

Le  fossile  dont  il  est  question  fut  frouve,  il  y  a  quelques  an- 
nees  ,  dans  ies  mines  de  Pribram  ,  si  riches  en  fossiles  Interessans, 
ct  pris  d'abord   pour  du  scliorl;  raais,  en  I'cxaminant  de  plus 
pres,  on  s'apercnt  qu'il  fallait  le  ranger  plutot  dans  la  classe  du 
gUinmcr  ct  du  chlorite ,  avec  lesquels  il  a  quelques  caractcres 
coinmuns.  Toutefois  i!  differe  du  glimmer  par  la  couleur  et  I'o- 
pacite,  et  du  chlorite  \iav  I'cclat  et  par  la  maniere  de  se  fendre. 
Pour  le  poids,  il  s'a;)proche  davantage  du  hornblcmle ;  mais  il 
en  differe  par  une  durete  moins  considerable  et  par  la  forme 
cristalline.  II  est  noir  de  jais,  en  gros  rognons,  et  cristallise  en 
])rismes   a  (>  faces,  qui  sont  ordinairemenl  accoles  en  grandes 
masses  par  Ies  faces  laterales.  On  pent  le  separer  en  feuillesper- 
pendiculairement  a  I'axe  du    prisme.  Ces  feuilies  ne  sont  point 
attirees  par  I'aimant ,  mais  elles   montrent  quelque  elasticite* 
Mele  au  borax  ,  il  fond  en  une  masse  noire  et  opaque  qui  devient 
tres-dure.  L'acide  muriatique  opcre  rapidenient,  a  la  simple  at- 
mosphere, sur  le  fossile  reduit  en  pondre;  il  prend  alors  une  cou- 
leur jaune-vif ,  et  se  fige  en  une  gelee  transparente  jaune.  Si  Ton 
melede  I'eaua  l'acide,  la  dissolution  prend  une  teinte  plusclaire 
et  il  se  preclpite  de  la  terre  silineuse  dans  sa  forme  primitive. 
En  chauffaut  a  un  haut  degre,  dans  un  creuset  a  platine,  2  568 
grammes  de  cronstedtite  i)endant  un  quart  d'heure,  M.  Stein- 
mann ne  remarqua  aucune  apparcnce  de  fusion  :  le  fossile  avait 
perdu  9,y3o  sur  cent  parties.  II  fit  bouillir  (i  grammes  de  la  pou- 
dre  fine  de  ce  fossile  dans  un  melange  de  3  parties  d'acide  muria- 
tique et  une  partie  d'acide  nitrique;  il  se  developpa  une  grande 
quantite  de  vapeiir  d'acide  nitrique.  II  continua  ile  fiire  bouillir 
ce  melange  jusqu'a  la  dessiccation.  II  lessiva  le  residu  avec  de 
I'eau  :    la    terre   siliceuse  resta  sans    eire   dissoute.    M.   Stein- 
mann entre  dans  de  grands  details  sur   Ies   analyses  chimiques 
auxquelles  il  a  souniis  le  cronstedtite,  et  qui  n'ont  pas  toujours 
donne  le  mume  r(V>ulfat.   Dans  une  des  tables  jointcs  a  son  me- 
moire,  \\  comjiare  I'analyse  du  cronstedtite  a  cclle  d'autres  fos- 
siles, tels  quo  rilvaltc  on  lievile,  le  hornblende,  le  chlorite  et  le 
glimmer.  ,L 'analyse  du  cronstedtite  a  donne  Ies  resultats  suivans  : 
oxide  de  fer,  58,853;  terre  siliceuse,  22,452;  terre  amerc,  5,078; 


■244  Mineralogie. 

oxide  de  manganese,  2,885;  cau,  10,700,11  tire  de  cctte  compa- 
raison  la  conclusion  que  le  cronstedtlte  se  distingue  des  autres, 
nommes  ci-dessus,  par  I'absence  totale  de  I'argile.  II  I'a  appeic 
Cronstedtlte  en  honneiir  du  inineralogiste  Cronstedt.  M.  Stein- 
mann  estprofesseur  de  chiniie  h.  Prague,  et  autenr  des  Rec/ierches 
chiiniques  sur  le  carpholite,  insere  dans  le  tojue  VI  des  inemoires 
de  la  societe  royale  de  Bohenie.  D. 

209.  ReCHERCHES  sur  le  mineral  APPELE  TREMOLITE,    de    Gjel- 

lebaek,  en  Norwege ;  par  W.  Hisinger.  [Kongl.  Fetenskab. 
acndein.  Handlingar  Joer  aar  i823,part.  1''*^.  177.) 

Ce  mineral,  qui  a  dte  generalement  regarde  jusqu'a  present 
comme  du  grammatite,  et  que  Esmark  a  appele  tremolite  de 
ma^nesie ,  fournit  une  nouvelle  preuve  de  I'insuffisance  de 
qnelques  caracleres  exterieurs  pour  determiner  la  veritable  na- 
ture d'un  mineral.  Des  recherclies  plus  exactes  I'ont  fait  assi- 
iniler  eMuite  au  spath  en  table  [tcijelspath) ,  auquel  il  ressemble 
en  effet  beaucoup. 

On  le  trouve  a  Gjellebaek,  a  4  milles  et  au  sud  de  Cliristia- 
nia,  parmi  les  bancs  superieurs  de  ce  qu'on  appelle  niarbre  de 
Gjellebaek,  a  700  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer.  Cette 
pierre  calcaire  meroe  a  etc  long-temps  meconnue  :  elle  est  d'un 
grain  cristallin,  et  renferme  des  fossiles  cristallises,  ainsique  des 
grenats,  zinkblcnde ,  epidote,  scapolite,  etc.  Malgre  tontes  les 
petrifications,  on  I'a  rcgardee  comme  une  roche  primitive,  jus- 
qu'a ce  que  MM.  de  Buch  et  Haussmann  aicnt  prouve  par 
I'examen  geognostique  que  ce  calcaire  appartient  aux  forma- 
tions de  transition  qui  s'etendcnt  au  sud  de  Christiania,  vers  la 
mer.  On  peut  maintenant  ajouter  une  nouvelle  preuve  a  cette 
observation ,  c'est  qu'en  faisant  dissoudre  ce  calcaire  dans  de 
I'acide  nitrique,  on  voit  se  developper  une  odour  letidc  qui 
s'attache  au  dissolvant,  tandis  qn'une  portion  de  sable  fin  resiste 
a  la  dissolution ,  ce  qui  n'arrlve  pas  dans  le  calcaire  primitif. 
/  Le  prt'tendu  tremolite  est  blanc  de  neige  lorsqu'on  le  ronipt , 
mais  a  I'air  il  se  change  en  gris  ;  a  la  cassure  il  montre  des 
rayons  fixes  places  les  uns  sur  les  autres,  comme  dans  le  gram- 
matite et  dans  une  partie  du  spath  en  table.  La  pierre  montre 
beaucoup  de  phosphorescence  lorsqu'on  la  frappe  ou  qu'on  la 
frotte;  mais  chaulfee,  elle  ne  doiine  plus  qu'une  lueur  faible- 
Soumise  au  chalumeau,  loutc  I'exlrcmite  fond  et  se  transforme 


Min^ralogie.  24^ 

en  un  verre  demi-transparent  et  sans  couleur;  dans  le  verre  de 
borax,  elle  donneun  verre  transparent  etun  peu  de  la  couleur  de 
I'amethyste.  Avec  le  natron,  elle  devient  noire  avec  des  taches 
de  bleu  verdafre,  en  formapt  une  scorie  informe. 

M.  Hisinger  fait  connaitre  cnsuite  les  diverses  analyses  qu'il  a 
faites  decettepierre,  et  qui  I'ontamene  a  la  conclusion  quece  fos- 
sile  est  principalement  un  ttisilicatc  calcaire  qui, dans  le  systeme , 
doit  trouver  sa  place  auprcs  du  spath  en  table.  II  determine  la 
composition  de  ce  mineral  ainsi  qu'il  suit : 

Terre  siliceuse  39,84  Acide   19,89    )  p.  cj RX  Kr 

Terre  calcaire  23,72  6,63    j 

C  a  C*   26,07 


Terre  calcaire 

23,72 

6,63 

Terre  calcaire 

14,70 

4, 1 3 

Acide  carbonique 

11,36 

8,26 

Oxidule  demang. 

4,96 

1,08 

Oxidule  de  fer 

1,43 

0,32 

Terre  siliceuse 

3,53 

r,76 

} 


} 


s. 


9.9^ 


99>55 

210.  SuR  LA  MINE  DE  COBALT  dc  MussEN,  cn  Souabc  ;  par  M.  le. 
Prof.  D'.  WERNEK.INCR.  iyJoum.  jur  Phys.  unci  Chem.  von 
Schweig.  unci  Mein,,  vol.  9,  calx.  3  ,  p.  3o6.) 

M.  Wernekinck  a  constate,  par  I'analyse,  que  la  mine  de  co- 
balt eciatant,  de  Mussen,  etait  composee  de  beaucoup  de  sulfu- 
rc  de  cobalt,  de  sulfure  de  fer  et  d'un  peu  de  sidfure  de  cuivre. 
Elle  ne  contient  pas  d'arsenic  comme  celle  de  Tunaberg,  dont 
elle  a  toute  I'apparenee  esterieure.  M.  Wernekinck  a  cependant 
vu  des  echantillons  qui  lui  font  presumer  que  les  mines  de 
Mussen  renferment  aussi  ou  ont  renferme  des  minerals  arseni- 
feres.  Pebdonnet. 

2  7  1.  Analyse  du  feldspath  vert  de  Beverly,  (Rlassachusets) ; 

par  J.  W.  Webster.  [Philos.  Mag.,  avril  1824,    p.  283,  et 

Journ.  ofpliil.  andcirls  of  Boston,  nov.  i823.) 

On  adecouvert,  il   y  a  peu  de  temps,  dans  la   province  de 

Massarhusets,  a   Beverly,  du  feldspcitli   vert.  I/analogie  de  ce 

mini'ral    avec  le  feldspath  vert  du    nord  de  I'Europe    est  un 

cxemple  frappant  de  la  similitude  des   mineraux  dans  les  diffe- 

rens  points  du  globe. 

II  est  vert  de  i)omme,  tres-lamelleux.  Les  ecliantillons  qup 
M.  AVebster  a  examines  ctaient  trop  fractures  pour  qu'il  pAt  en 


ut^6  Botatilqiic. 

jeconnaitreles formes;  inaisles  clivagcsqu'ilsprisentaientetaleiit 
enlierenient  iui.ilogues  a  ccux  du  leldspatli. 

L'aiialyse  de  ce  ralncnd  a  donne  le  resultat  suivanl  :  bilicc, 
72;  almiiine,  10,1;  chaux  ,  1,2;  rnagnesic,  3,2  ;  fcr  ,  2;  cliro- 
uie,  uue  trace;  potasse,  ii,i.  !)• 

BOTAMQIE. 

212.  IcoNES  SELECT.?;  PLANTAROM  qiiat.  in  systeniate  univer.-ali 
ex  herbariis  Parisiensibus,  praesertim  ex  Lesseiiiaiio  dcscrijjsit 
A.  P.  DECAjjnoLLE  ,  ex  archetypis  speciminibus  a  Tlrpijj  dc- 
lineatie  ,  et  edit»  a  B.  Delessvrt.  Vol.  1.  Paris;  Treullel  et 
Wurtz. 

Repandre  des  bienfails  avec  ce  disLernement  qui  leur  donne 
tant  de  valeur,  et  favoriser  lesprogrcs  de  I'instruction,  c'est  avoir 
les  T)lus  justes  droits  aux  respects  et  a  la  reconnaissance  des  hom- 
mcs.  Sous  ce  double  rapport,  personne  n'a  de  plus  beaux  titres  que 
M.  Benj.  Delessert.  L'liumanite  le  ronipte  parnii  scs  bienf'aiteurs, 
et  depuis  long-temps  ccux  qui  cullivent  Ics  sciences  ont  associu 
son  nom  a  celui  de  Joseph  Banks.  L'ouvrage  que  nous  annoncons 
sera  tout  a  la  fois  un  monument  de  son  gout  cxquis,  de  son 
amour  pour  la  partie  la  plus  interessanle  peut-eire  de  I'ljistoire 
naturcUe,  et  d^  sa  generosite. 

On  sait  que  M.  DecandoUe  a  entrepris  de  decrire  avec  detail 
toutes  les  plantes  qui  ont  ete  indiquees  dans  Ics  livres  ,  et  celles 
qu'il  pourra  trouver  dans  les  hcrbiers  ,  de  tracer  leur  synonymic, 
et  de  les  disposer  dans  I'ordre  le  plus  naturel  possible.  Cel  on- 
vrnge  immense  sera,  si  I'auteur  pent  I'adiever,  ce  que  furent  a 
d'aulres  epoques  le  Pinax  de  Bauliin ,  et  le  Spccii^  de  Linne  ;  il 
fixera  la  nomenclature,  et  off'iira  a  la  poslerite  ronsenible  des 
connaissances  de  notre  siecle  dans  la  science  des  vegelaux.  Parmi 
les  plantes  ])ublieesparM.  DecandoUe,  il  en  est  une  I'oule  qui  n'a- 
vaient  ])oint  encore  etc  figurees,  ou  qui  I'elaicnt  imparfaitinienl. 
Descaracteres  traces  par  unbotanisle  aussi  savant  que  lui  sontsuf- 
fisans  sans  doule  pour  faire  dislinguer  les  especes  les  plus  dilfici- 
les-  cepcndant  il  n'est  personne  qui  ne  saclie  combien  des  dcssins 
aioutcnt  de  prix  aux  destriptions  les  micux  faites.  Une  figure 
sans  description  ne  satisfcra  jamais  le  botaniste;  mais,  il  fiiut  en 
convenir,  des  dcssins  peuvcnt  seuls  fixer  riniagination  et  dissi- 
pcr    cc  vague  inbi'rcnt  aux  dtscrJj)tions ,  uKine  Its  \^\u•,  parlai- 


i 


Botaniquc.  247 

tes.  C'est  done  I'idee  la  plus  heureuse  que  de  joindre  a  un  ou- 
trage general,  tel  que  le  Systcma  vegetabiliurn,  uue  suite  de 
figures  qui  retracent  les  objets  les  plus  nouveaux  ,  ou  ceux  qui 
pourraient  laisser  quelques  incertitudes.  Cette  idee,  M.  Delessert 
I'a  concue,  et  il  I'a  executee  avec  une  perfection  a  laquelle  il 
semblait  difficile  d'atteindre. 

Le  -volume  que  nous  annoncons  coinprend  les  figuies  de  cent 
plantes,  qui,  pour  la  plupart ,  avaient  ete  decrites  pour  la  pre- 
miere fois  dans  le  Sjsteina  vcgetabdium ,  ct  qui  ajjp.irtienneut 
aux  cinq  f;iiniiles  contenucs  dans  le  premier  volume  de  cet  ou- 
vrage,savoir  :  les  Renonculacees ,  les  Dillencacees ,  les  Magnolia- 
cees,  les  J/monacees,  les  Menispermees.  Dimsles  Renonculacees  , 
on  trouve  5  Clematis- ,  7  Thalictrum  ,  6  Anemone,  le  KnowUo- 
nia  gracilis,  1  Adonis,  \' Hamadryas  Magcllanica ,  le  Cerato- 
cephalus  orthoceras ,  11  Ranunculus ,  \e  Caltha  append iculata  , 
le  Trollius  patulus,  1  Nigella  ,'i  Jquilegia  ,  14  Delphinium, 
2  Aconitum,  i  Jctea.  Seize  figures  sont  destinees  a  retracer  les 
plantes  les  plus  rares  de  la  famille  des  Ddlcniacees ;  elles  repre- 
sentent  4  Tctracera ,  le  Dai'illa  Brasdieniis ,  le  Delinia  hebecar- 
pa,ie  Pachynema  complanatum,  4  Heniistemma,  4  Pleurandra,\Q 
fFoimia  Madagascariensis.  Le  Drpnis  Chilensis ,  le  Tasmannia 
aromatica  et  le  Michclia  parvijiora,  sont  les  especes  de  Magno- 
liactes  figurees  dans  I'ouvrage  de  M.  Delessert.  Dans  les  Annona- 
cces,  noustrouvons  2  Annona,  2  Unona,  le  Guatteria  eriopoda. 
Enfin  les  Menispermees  nous  offrent  2  Lardizabala,  5  Cocculus 
2  Cissampelos  et  i  Menispermum. 

A  la  tete  du  volume  se  trouvent  les  phrases  caractcristiques 
qui  distingucnt  les  especes ,  I'indication  des  localites  oil  elles 
croissent,  et  Texplication  des  figures  qui  s'y  rapportcnt.  A  I'ex- 
ception  d'un  tres-petit  nombre  ,  elles  out  etc  tracces  parM.  Tur- 
pin,  et  nommer  leur  auteur,  c'est  deja  en  f'aire  assez  I'elo^e. 
Aucun  dcssin  n'a  plus  de  grace  que  ceux  de  I'ouvrage  de  M.  De- 
lessert;  il  n'en  est  point  qui  approclie  plus  pres  de  la  nature  et 
oil  le  talent  de  I'arliste  et  celui  de  i'observateur  se  fassent  mieux 
scntir  .i  la  fois.  Nous  allions  citer  comme  modeles  d'elegance  le 
Clematis  Mauritiana,  V Anemone pusilla,  le  Ranunculus  ternatus, 
VAquilegia  Alpina  ,  le  Delphinium  speciosum  ;  mais  une  foule 
d'autres  figures  rcclameraient  une  mention,  et,  sans  nous  en 
apcrcevoir,  nous  firiirions  par  nommer  tous  les  dessins.  Quel- 
quos-nns  onf  etc  fails  d'apres   des  cchantillons  tires  de  rhorbii-i 


24s  Botnniqne. 

du  IVIusenin  ilo  Paris  etde  ceux  do  I\DI.  Dosfonl.iincs  ct  de  Jus- 
iieii;  niais  ia  plnpart  d'apics  des  iiidividtis  consorvis  dans  I'lioi  — 
bier  iiu'ine  do  M.  Dolossert.  S'il  etait  possiblo,  par  consiqiicnt  , 
de  concevoir  qiiolqucs  doutes  sur  I'exactitiido  dos  fiijnros  ,  011 
pourrait  los  contVoiiter  avec  les  types;  car  les  miigiiifiqius  lier- 
biei's  et  la  bibliotluquo  de  I'auteur  sont  ouverls  aux  botanistos 
avec  une  libcralite  qui  doit  exjciter  toute  Icur  reconnaissance ,  et 
nous  nous  otimons  licureux  do  pouvoir  en  elre  ici  Ic  faible  or- 
gnnc.  Aug.  dk  St.-Hil. 

ai3.  IcoKts  PL\NTATinM  rariornni  ot  minus  rite  cognitaruni,  etc.; 
auct.  Lud.  Rfichknbach.  ix*".  ct  x*".  decad.  iSa^;  Leipzij;  ; 
Hoffnicister.  (  Voy.  le  BuIU'ti/i  de  mai ,  n".  5 ,  p.  5i.  ) 

Dans  UP  des  numeros  nrecedcns  nous  avons  aunoncc  los  huit  j 

premieres  Jivraisons  de  cA  ouvraj;;o,  et  nous  en  avons  fait  connai-  1 

Ire  le  plan  et  rutiiite.  Les  deux  decades  qui  coniplotent  la  pre- 
miere ceuturle  viennent  de  paraitre  ,  et  teraoignent  en  favour 
do  I'activite  de  lour  auteur.  Elles  ronferment  les  figures  et  les 
descriptious  dos  planles  suivantei  : 

Pi/if^uicu!<i  olpina'L..;  P.  I'nic/n/ofki  Ledoh.;  tl  P.  f/<nrsi'i'/>s 
Floerk.  Cos  trois  cspocos  sont  tolloment  idontiquos  par  lour  fa- 
«'les ,  ct,  on  pourr;at  dire ,  j>ar  tous  lours  caractores  ,  qu'oUos  out 
«.te  confoudiios  par  la  plupart  dos  autoiirs  sous  la  donomination 
comniuno  d'<ilj)i/M.  ^'oanmoins  ^I.  lleiohonbach  rosorve  cc  noni 
specifique  a  une  petite  espoce  indigene  do  Laponio ,  peu  com- 
mune dans  los  horbiors  ,  et  il  adniet  sa  distinction  avec  les  deux 
autres,  qui  sont  plus  grandes  ,  ct  croissont  dans  les  conlroes  al- 
pines  de  I'Europe  ct  dans  le  nord  de  la  Russie.  !Nous  ne  pouvons 
nous  enipecucr  de  faire  reniarqucr  ici,"  une  fois  pour  toutes, 
que  cetto  creation  d'especos,  qui  diiVcront  si  peu  cnlre  olios , 
est  miislblc  a  la  science,  parco  quelle  nuiltiplle  et  soparo  sans 
necessite  des  itros  assureniont  ties-rapproclus  par  la  nature  ,  et 
(Mi'ellc  donne  lieu  a  dos  doubles  eniplois  ou  a  des  controversos 
qui ,  loin  d'eclaircr  la  bolaniquo  ,  ne  contribuont  qu'a  I'obscur- 
cir.  On  trouve  six  autres  especes  de  Pinguiculo  dans  la  9*".  li- 
vraison  ;  cc  sont  les  Pinguiculo  macroccras  Ledeb.,  petite 
planle  a  foulllos  largos ,  de  Tile  d'Unalascbka;  P.  leptoccras 
Leicli.,  qui  a  ole  Irouvee  auGrinisel ,  en  Suiss^e.  Celle  espoce  est 
tres-volsino  de  la  P.  gniiuliflom  ;  raais  ellc  s"en  distingue  par  ses 
feuilles  plus  clroitos ,  la  coulcur  do  sa  coroUe ,  son  oporon  plus 


Bofaviqne.  a 'if) 

court ,  et  par  les  formes  de  son  calice.  Nous  n'en  donnons  pas 
la  phrase  sp^cifique  ,  parce  qu'elle  est  decrite  avec  soin  dans  la 
Flore  lielvclirpie  que  M.  Gaudin  prepare  en  ce  moment.  P.  vil- 
losa ,  Linn.;  P.  grandijfora  Dec. ,  la  \ariete  alpin«  du  P.  vul- 
garis Linn.,  que  Schleicher  a  confondue  avec  la  precedente 
espcce;  et  P.  luxitaniai  Linn.  La  plante  que  M  Reichenbach 
doune  sous  ce  nom  est  la  P.  hirliflnra  de  Tenore.  Sa  localitc  ( la 
Corse  ),  analogue  a  cclle  de  I'ltalie  raeridiouale,  I'aurait  fait 
presumer,  niais  les  figures  qui  se  trouvent  dans  I'ouvrage  dont 
nous  faisons  I'extrait   ne  laissent  .nucun  doute  a  cet  egard. 

Les  Campanula  dasyantha  M.  B.,  C.  cenisia  Lin.,  et  C.  walds- 
teiniana  R.  S.,  sent  figurees  et  decrites  avec  de  legers  change- 
luens  dans  les  caracleres.  Hippuris  montana  Led.,  petite  espece 
a  feuilles  lineaires  et  ayant  I'aspect  d'un  galium  ,  indigene  de 
I'ile  d'Unalaschka  Hippuris  iiiaritiiiin  Hornem.,  qui  croit  pres 
d'Abo ,  en  Finlandc. 

Krigia  tcnclla  Reich. ,  plante  caulesccnte  de  Virginie,  et  re- 
marquablc  par  ses  feuilles  alternes. 

M.  Reichenbach  (^numere,  centre  son  usage  ,  une  longuc  scrie 
de  synonymes  pour  X Erytlircea  linarifolia,  ou  Chironia  liaarijo- 
lia  Lois,  et  Dec.  II  est  douteux  que  sa  plante  soil  la  veritable 
espcce  ;  celle-ci  croit  dans  les  regions  littorales  de  la  Mcditerra- 
nee,  et  se  distingue  surlout  par  ses  feuilles  grasses  uninervees  , 
et  par  ses  fleurs  a  lobes  tres-aigus.  La  palrie  qu'il  assigne  aux 
plantes  qu'il  figure,  lour  forme  et  leur  port,  nous  portent  a 
les  considerer  comme  do  siinjUos  variotes  do  V E . pulcliella  de 
Svvartz  et  Dccandolle. 

Artemisia  iionvegica  ,  belle  espece  que  M.  Fries  (  Nov.  Flor. 
suec.  1817)  a  fort  bieu  distinguee  de  VJ.  ruj/estris  ,  avec  la- 
quelle  on  I'avait  confondue. 

La  9^.  decade  est  terminee  par  l'yl/fssi(m  torluosum  AValdt. 
et  Kit.,  dont  I'A.  scrpjllifoUum  Marhs.-Bieb.,  est  le  synonyme  , 
et  qui,  selon  M.  Reichenbach  ,  devra  peut-elre  constituer  une 
nouvelle  espece. 

La  10*'.  decade  renferme  :  1".  Scahiosn  agresds  AValdt.  et 
Ivlt.,  plante  qui  a  rccu  de  divers  autcur.s  piusieurs  aulres  noms  , 
que  M.  IMarschall  de  Bieberstein  a  regardoe  conime  unevariote  de 
la.S'.  coluiuharia  L.,cl  a  I'avis  duquel  nous  nous  rangoons  volon- 
tiers  ,  malgro  I'opinion  contrairc  de  M.  Reichenbach.  Eneffet, 
quelle  diilerence  specifique  dc  (piclque  importance  y  Irouve- 


aSo  Bntajihjne. 

rail-on,  si  ce  n'est  la  brievote  des  soios  ou  de  I'aigrette  interieure  ? 

2".  Gentiana  spathulata.  Cettc  ])lante,  qui  croit  a  Saltzbourg, 
est,  selon  M.  Reiclienbach,  une  variete  adulte  de  la  V>.  chlortv- 
folia  de  M.  Nees  d'Esenbatk.  II  iui  a  prefcre  le  nom  sj)ecifique  de 
spathulata ,  parce  que  le  createur  du  G.  chlorafolia  avail  lui- 
meme  change  ce  nom.  Dans  le  nombre  des  especes  avec  les- 
quelles  on  Iui  Irouve  de  I'affinite  ,  nous  sonimes  etonncs  de  n'y 
j)as  voir  la  G.  amarella  Linn.,  ou  G.  ^ez-wc/zrc'crt  de  Willd.  Quoi- 
que  par  ses  feuilles  obtuses  elle  ail  quelquos  rapports  avcc  la 
G. pratensis,\\OMs>'nc.  poiivons  admettre  sa  separation  de  I'espece 
que  nous  venons  de  designer. 

Z".  Asperula  aparine  Schott.,  ^«^  hort.  rind. ;  eX.  A.  rts-alis 
Smith  ,  Fl.  grcEc.  La  i'^*'.  est  une  plante  cultivce  dans  les  jardins, 
el  provenant  de  graines  rapportees  du  Caucasc.  La  i".  a  ete 
recueillie  en  Moravie ;  cette  localite  est  remarquable  pour  une 
plante  trouvee  en  premier  lieu  dans  I'ile  de  Crete. 

Enfin  six  especes  de  violeltes  completent  la  serie  des  figures 
coiiteiiues  dans  la  lo*^.  decade.  Ce  sont  les  V.  sylvestris  de  La- 
marck; V.rinniana  Reich.;  V.  Inncifolia  Thore  ;  V.  muntana 
L.;  y.  Ruppli  All.;  V.  lactca  Smith  ,  ct  V.pcrsicifolia  Reichenb. 

Les  2  premieres  onl  une  grande  affinite  entre  elles.  M.  Rei- 
chenbach  s'elTorce  d'en  dcmontrer  la  distinction  ii  I'aide  de 
caracteres  qu'il  trouve  dans  Teperon  el  le  calice  ,  mais  qui  nous 
scmblent  d'une  bien  petite  valeur.  Ccs  deux  plantes  onl  ete  reu- 
niespar  plusieurs  botanistes  el  par  Lamarck  lui-meme,auleurde 
I'une  d'elles  ,  a  la  V.  canina  de  Liunt^.  Les  4  violeltes  suivantes 
sont  tres-voisines  les  unes  des  autres.  La  V.  lancifoUa,i\\ie 
M.  Reichenbacli  dil  ne  croitre  qu'en  France ,  se  trouve  cgale- 
menl  au  dela  de  Geneve,  el  ne  nous  a  jamais  paru  eirc  bien 
distincte  de  la  V.  lUippii.  II  n'en  est  pas  de  memc  de  la  F, 
montana  qu'il  figure  (laquelle  n'est  point  la  Viola  montana 
de  Linn^  )  et  de  la  V.  laden  de  Smith.  On  j)ourraIt  ,  sans 
aucune  facheuse  consequence ,  ne  faire  qu'une  seule  cspece  de 
ces  4  plantes.  Au  surplus,  I'adoplion  des  especes  de  M.  Reichen- 
bach  dependra  beaucoup  des  idces  que  chaque  botaniste  aura 
concucs  relativement  a  la  classification  ,  rien  n'etant  moins  fixe 
que  les  lois  dc  la  botanique  sur  ce  sujet  important.  Les  observa- 
tions qui  suiveiil  les  descriptions  des  especes  que  nous  venons 
decifer  sonl  plus  etendues  que  dans  les  llvraisons  prccedentes; 
cllespourront  done  servir  a  rcsoudre  la  question.  La  Viola  per- 


Bntanique.  25 1 

siclfoUa  Reich. ,  est    regardee    en    France  comme  la  veritable 
Viola  montana  de  Linne. 

A  la  suite  de  cette  livraison  ,  qui  acheve  la  i*^^.  cenlurie  , 
M.  Reiclieiib.icli  a  ajoute  des  ol)servations  critiques  sur  les 
plaiites  qu'il  y  a  decrites  et  figurees.  I.e  Proihomus  regni  vege- 
tabilis  de  M.  Decandolle,  dont  le  i'^'^.  volume  a  puru  receni- 
ment ,  lui  imposait  robllgation  de  donner  des  explications  sur 
les  especes  qui  n'ctalent  pas  admises  dans  cet  ouvrage.  Lesgen-^ 
res  Hcliant/u'inurn ,  I'olygala ,  I'ioln  ,  ont  ete  surtout  I'objet  de 
ses  rem;irques  ;  niais  il  est  arrive  en  ceci  comine  11  arrivera  tou- 
jours  aux  personries  qui  ne  partem  pas  des  meraes  principes  ; 
c'esl  que  M.  Reiclienbacli  a  persiste  dans  la  conservation  de  ses 
especes,  et  ([u'il  s'est  beaucoup  plaint  de  ne  pas  les  voir  adopter. 
Les  iiutres  observations  soul  relatives  a  quelques  mutations 
dans  la  synonyniie.  G...  n. 

21/1.  MoNOGUAPiiiK  DES  RuMEX,  prcccdce  de  quelques  vues  ge- 
nerales  sur  la  lamille  des  Polygonces  ;  par  F.  Campdera.  In-Zj. 
de  iGy  p.  av.  3  pi.  Paris;  18 19;  Treuttel  et  Wurtz. 

Cet  ouvrage  est  divise  en  deux  parties,  dont  i'elude  de  I'une 
est  neceisaire  a  I'inteliigence  de  I'aulre.  M.  Campdera  a  fait  pre- 
ceder  I'liistoire  generate  des  Rumex,  par  des  vues  generales  sur 
les  Polygonees,  ou  il  traitc  de  la  structure  des  organes  dans  les  di- 
vers genres  de  cette  famille  naturelle.  Prenant  pour  type  une  es- 
])ece  bien  connue,  et  dont  les  organes  de  la  reproduction  sont 
tres-visibles,  leiJMOTt'JT  «//3//i«^,  il  en  examine  les  enveloppcs  flo- 
rales,  et ,  les  trouvant  disposees  sur  deux  plans  ,  il  s'attiiclie  a  de- 
terminer la  nature  des  parties  interieures,  et  celle  des  extcrieures. 
A  I'egard  des  premieres,  il  adopte  la  denomination  de  perigonc 
slm])le  qui  correspond  a  celle  de  calicc,  jjuisqu'il  dit  primitive- 
nifiit  que  Icur  nature  n'cst  pas  pelaloide;  et  il  nomine  calicuic 
I'organe  exterieur.  Ce  calicule ,  dont  les  pieces  ont  recu  ,  de 
M.  Camjidera  ,  le  nom  de  scpalulcs,  ne  parait  pas  avoir  une 
grande  importance,  car  non-seulemcnt  il  manque  dans  lo  Poh- 
goiuun ,  ou  n'of'fre,  dans  d'autres  genres,  que  des  parlies  rudi- 
mentaires  qui  ne  sont  regardees  comme  formant  le  calicule  qu'en 
verlu  de  I'analogie  de  position  ,  mais  son  absence  est  evidenle 
dans  des  plantes  extremement  voisines,  dans  les  Rumex  digynus 
ei  xpi/iosus ,  par  exemplc.  jVeanmoins  lorsqu'il  existe,  il  a  uno 
ccrlaine  valeur  sjJccifiqTie,  puisquc  les  especes  qui  sc  rcssemblcnt 


?52  Bolmnque. 

pnr  la  forme  clu  calicule,  se  resseniblcnf  aussi  par  IVnsemble  de 
I'organisation. 

Quanta  la  nature  du  perigonc,  ses  parties  sonl  formeescha- 
cune,seIon  M.  Campdera,  de  deux  lames,  dont  I'nne  exterieme 
"foliacee,  et  I'autre  intcrieure  petaloide  :  ce  que  demontre  I'exa- 
mcn  attentifdes  oseilles.  M.iiscomme  par  suite  d'avortementla  la- 
me foliac'-e  pout  prendre  un  plus  grand  developpement,  et  commc 
la  lame  petaloide  peut  recijjroquement  acqucrir  de  plus  grandes 
dimensions  aux  depens  dc  la  lame  loliacee  et  de  son  calicule, 
I'auteur  propose  de  designer  le  pcrigone  par  une  epithete  parti- 
culiere  ( Perigonii  indoles  petaloidea  vel  calycina.) 

L'ovaire  des  Polygonees  est  toujours  simple,  et  plus  ou  moiii'. 
anguleux.  L'auteur  observe  que  sa  forme  determine  les  parties 
de  la  fleur,  lesquelles  sont  en  nombre  binaire  lorsque  I'ovaiie 
est  aplati,  et  en  nombre  ternaire  lorsqu'il  est  angtileux.  Dans 
aucun  cas  nature!  le  nombre  quaternaire  ne  s'est  jamais  presentc, 
Cependant  nous  trouvons  dans  le  genre  nouveau ,  etabli  par 
IM.  Campdera  sous  ienom  d'oxjgonum  ,  un  ovaire  a  quatre  faces, 
et  des  parties  en  proportion  quaternaire.  En  pratiquarit  une  sec- 
tion annulaire  au-dessous  d'une  paniculc  de  Ruincx  ohyssinicus 
Jacq.,  M.  Campdera  a  obtenu  des  fleurs  dont  les  parties,  au 
lieu  d'etre  au  nombre  de  six,  trois  supcrieures  et  Irois  infe- 
rieures,  se  trouvaicnt  augmentees  de  une  ou  deux ;  mais  tantot  il 
y  en  avail  quatre  supcrieures  et  trois  inferieures ,  tantot  on  en 
voyait  cinq  .supcrieures  et  trois  inferieures.  Enfin  il  s'en  trouvait 
de  reguliires,  c'est-a-dire  a  huit  parties,  les  supcrieures  et  les 
inferieures  en  egal  nombre.  D'oii  M.  Campdera  est  dispose  a  con- 
clure  que  le  nombre  2  et  ses  multiples  sont  les  norabres  naturels 
de  la  famille. 

L'auteur  presentc  un  tableau  ou  clef  dicliotoniique  de  la  f.^- 
inilie  des  Polygonees.  Parmi  les  seize  genres  qui  y  sont  com- 
pris,  il  en  est  un  essentiellement  nouveau  :  c'est  le  genre  Oxygo- 
rmm,  rapportc  par  M.  Burchell  de  I'Afrique  meridionale.  11  est 
caracterise  par  un  ovaire  a  quatre  cotes,  et  les  parties  dela  fleur 
en  proportion  quaternaire.  M.  Campdera  r^tablit  en  outre  les 
genres  Fagopyrum  et  Persicaria  de  Tournefort ,  que  Linne  avail 
reunis  aux  Polygonum  ,  ainsi  que  V Oxyria  do  Hill ,  et  YEinex  de 
Necker,  I'un  forme  avec  le  R.  digynus  L. ,  I'aufre  avec  le  R.  spi- 
fiosiis  L. 


Botaiiique.  :j5S 

Examinarit  la  question  des  affinites  de  la  fanulle,  M.  Camp- 
dera  decide  que  le  rapprochement  des  Begonia  avec  lesPoly^o- 
nees ,  indique  par  plusieurs  botanistes ,  mais  mis  en  doure  par 
M.  de  Jussitu  a  cause  de  la  double  enveloppe ,  ou  du  calice  et 
de  la  corolle  des  Begonia  ,  se  trouve  confirme  par  Vindoles  pe- 
taloiden  du  perigoiie  interieur  de  certaines  oseilles,par  I'estiva- 
tion  valvaire  des  Begonia,  et  par  les  bracteoles  de  leurs  fleurs 
analogues  aux  calicules  des  Polygonees. 

La  seconde  parlie  du  travail  de  M.  Campdera,  et  celle  a  la- 
quelle  I'ouvrage  est  plus  particulierement  destine,  se  compose  de 
la  monograpliie  du  genre  Rumex.  II  en  trace  I'histoire  generale, 
en  commencant  par  la  distinction  chronologique  des  especes 
et  continuant  par  la  classification  et  I'liistoire  generale  de  chaque 
organe. 

Jusqu'ici  I'ouvrage  est  ecrit  en  francais,  mais,  selon  I'usage , 
la  monographic  proprement  dite  est  latine.  Elle  est  coordonnee 
ainsi  qu'il  suit:  i".  Le  caractere  naturel  de  la  fructification,  et 
celui  de  la  vegetation,  rcnferraant  des  descriptions  detaillefs. 

2°.  L'liistoire  chronologique  des  especes,  de  laquelle  il  resulte 
que  nous  pouvons  en  compter  72  aujourd'hui,  sur  ksquelles 
27  sont  indigenes  d'Europe.  Les  renseigneraens  fournis  sur  leur 
station  nous  apprennent  qu'une  partie  [Emex^Lapathunt)  aiment 
les  endroits  gras  et  humides ,  et  ne  s'elevent  pas  au-dessus  de 
iofJ6  toises  en  Europe,  et  de  i5oo  a  i6oo  toises  dans  I'Ameri- 
que  meridionale.  Les  Oxjria  et  Acetosce,  au  contraire,  preferent 
les  lieux  arides,  pierreux  et  eleves,  car  on  les  trouve  en  Europe 
j usque  pres  des  neiges  eternelles. 

3**.  Le  tableau  des  genres  Emex,  Rumex  et  Oxjria. 

4°.  L'histoire  des  especes. 

Cette  histoire,  pour  chacun  des  trois  genres  precites,  se  com- 
pose de  la  synonymic  du  genre  ,  du  caractere  difl'erentiel,  et  des 
caracteres  nalurels  de  la  fructification  et  de  la  vegetation.  Vieut 
ensuite  rhistoire  proprement  dite  des  especes.  Par  chacune 
d'elles,  I'autcnr  donne  la  phrase  specifique  et  caracteristiquc  , 
une synonymic  a  pcu  pres  compitte,  beaucoup  de  renseignemens 
sur  sa  patrie ,  et  enfin  une  descrijjtion  detailleo  de  tons  les  or- 
ganes  ,  qui  contient  en  outre  la  critique  necessaire  pour  ctablir 
la  difference  de  I'espece. 

Les  70  especes  bien  connncs  de  Rumex  sonl  partagees  en  trois 
sous-genres.  Le  premier,  nommc  Lapathum  ^  est  caracterise  par 


234  JSotanique. 

le  calicule  naissant  de  rarliculation  du  pedicule,  et  n'ayant  ja- 
mais ses  sepalules  reflechis  naturellement ;  les  styles  soiit  lihrcs. 
II  contient  33  especes  distribuees  en  3  sections,  d'ajjies  I'exi- 
stence  ou  I'absence  des  sopales  internes,  la  dissemblance  de 
ceux-ci  dans  la  mi'me  flcur,  ou  d'apres  la  ressembhincc 

Le  2*^.  groupe  (^Ritmastritin)  ofl're  le  cilice  naissant  loin  de  I'ar- 
ticulation  du  pedicelle;  les  sepalules  jamais  reflechis  naturellc- 
irient,  et  les  styles  soudes  superieurement  aux  angles  de  I'ovaire. 
II  ne  renferrae  que  trois  especes. 

Le  3^.  sous-genre  [Acetosu]  a  des  caractercs  semblalilcs  a  ccux 
du  precedent,  si  ce  nVst  que  souvent  les  sepalules  sont  naturel- 
lement leflecliis;  mais  dans  ses  considcnitions  grnorales  sur  les 
rumex,  I'auteur  avait  averti  qu'il  ne  siparail  les  Rurncistium  des 
acetosa,  que  parce  que  les  premiers  avaient  les  organes  de  la 
nutrition  semblables  a  ceux  du  Lapathum ,  et  qu'ils  etaient  par 
consequent  intermediaires  entre  ces  deux  groupes. 

Les  especes  d'Acetosa,  au  nombre  de  33,  sont  subdivisces  en 
deux  sections  principales,  donl  la  difference  est  bien  laible,  puis- 
qu'elle  repose  uniquement  sur  ce  que  dans  Tune  les  sepalules  sont 
soiti'ent  reflecliis  naturellement,  et  dans  I'autre ,  qu'ils  le  sont 
constamnient;  mais  les  plantes  de  cette  derniere  section  n'etant 
qu'au  nombre  de  deux,  il  n'est  pas  etoniiant  qu'elles  offreni  un 
caractere  qui  d'ailleurs  se  retrouve  dans  deux  subdivisions  de  la 
premiere  section. 

A  la  fin  de  la  table  synaptique  des  especes,  I'auteur  a  donne 
les  indications  d'une  quarantaine  d'autres ,  trop  peu  connnes 
pour  ctrc  dccrites  dans  la  monographic,  mais  dont  quelques- 
unes  out  leurs  phrases  specifiques. 

Nous  terminerons  cet  apercu  d'un  travail  fort  important  sur 
un  "enre  hcrisse  de  difficulles  ,  en  donnant  les  caractercs  abre- 
ges  des  especes  nouvelles  que  decril  M.  Campdera. 

lo.  Groupe  des  Lapathum.  Rumex  chinensis  Campd.;  Fo//t'.9 
infimis  ovatis?  ramis Jloriferis  altcrnis  siinpllcibii.<;,  vcrlicilUs  om- 
nibus axillarihns ,  sepal  is  internis  deiniirn  ovato-lanceolalis  siib- 
acitininatis  i-a  denlatis,  dcntibus  sepnlorum  longitiiditie ,  oirt' 
nihus  granulatis.  Hab.  in  China. 

Rumex  linearis  Campd.;  Foiiis  infimis  oblongo-linefiribits , 
sciratis  verticillis  infcrioribus  axillaribits  ,  superioribus  aphyllis , 
sepalis  internis  demiim  dcltoidro-ovatis  nbtusiusculis  inlcgriSf 
omnibus  frranulatis.  Hab.  in  prom.  Bonae-Spei. 


Boianique.  255 

Rumex  cuneifolius  Campd. ;  Foliis  infimis  obovatis  unelosisy 
verticillis  superioribus  aphyllis ,  scpalis  internis  demhm  ovato^ 
lanccolatis,  acutis,  integris,  omnibus  granulatis.  Hab.  in  Buenos- 
Ayres. 

Rumex  pauclflorus  Campd. ;  Foliis  infimis  cordato-ovatis  un- 
dosis  acutis ,  rarnis Jloriferis  nullis  vel  brevissimis,  scpalis  inter- 
nis derniim  cordatis  vel  subreniforrnibus  grosse  serratis  omnibus 
una  prcEcipue  grnnulatis.  Cette  espece ,  dont  la  patrie  est  in- 
connue,  est  cultivee  au  jardin  de  Montpellier. 

2°.  Groupe  des  Acetosa.  Rumex  oblongns  Campd. ;  Foliis  in- 
fimis cordato-oblongis  acutiusculis  undosis  auriculis  acutis  di- 
vergentibus  planis ,  floribus  dioicis.  Origine  inconnue  ;  cultivee 
dans  un  jardin  de  Montpellier. 

Rumex  acuminatus  Campd. ;  Foliis  infimis  cordato-acuminatis ; 
floribus  dioicis.  Patrie  inconnue;  autrefois  cultivee  au  jardin  de 
Montpellier. 

Rumex  Burchellii  Campd.;  Caule  suffruticoso ,  foliis  cordato- 
subhastatis  acutiusculis  subsinuatis ,,  floribus  hei-tnaphroditis , 
scpalis  internis  demiim  cordato-orhicularibus  integris.  Hab.  in 
Africa  australi. 

Les  R.  microcarpus  ,  denticulatus ,  bonariensis ,  magellanicus, 
Commersonii,  formes  par  M.  Campdera,  sont  indiques  comme 
especes  douteuses,  ou  ont  etc  rejetes  dans  les  plantes  imparfai- 
tement  connues ;  nous  ne  croyons  done  pas  devoir  en  citer  les 
caracteres. 

Trois  planches  sxir  cuivre  accompagnent  I'ouvrage  de  M.  Camp- 
dera.Elles  representent  iesdetails  floraux  des  genres  Emc.r,e\.  Oxj- 
ria,ams\.  que  ceux  d'uncgrande  quantite  d'especes  de  Rumex.  G..N. 

2 1 5.  Botanical  Register,  n°'.  109,  no  et  m,  mars,  avril  et 
mai  1824.  (Voyez  le  Bulletin  de  mars,  n".  3,  p.  243.) 

Les  plantes  qui  composent  ces  trois  livraisons  appartiennent 
a  plusieurs  families  differentes.  En  les  cnumerant ,  ct  donnanl  ici 
les  caracteres  des  especes  et  des  genres  nouveaux,  nous  les  reu- ■ 
nirons  suivant  leurs  affinites  naturelles. 

Chrysiphiala  fiava.  Cette  plante  a  ete  decrite  et  figuree  par 
Ruiz  etPavon  [Flor.  peruv. ,  a,  64.  Table  2,  84  )  sous  Ic  nom  de 
Pancratium  fiavum.  Ellc  forme  un  nouveau  genre  qui  appartient 
a  I'ordre  des  Narcissees  de  Jussieu,  ou  des  Amary  Uidees  de 
Brown. Ses differences goneriqucs d'avec  Ic  Pancratium   consistent 


2^6  Boianique, 

dans  le  limbe  de  la  corolle,  considerablement  plus  court  que  le 
tube,  lequel  est  resserre  vers  son  milieu;  ])ar  les  filets  des  eta- 
niines  dresses  et  elevcs;  par  le  style  tordu ,  epais,  fusiforme  in- 
ferifurement,  et  qui  est  terniine  par  un  sligmate  en  massue.  Les 
Pa/icratiuin  coccincum ,  latiJoUuin  et  rerun'ntum  de  la  flore  du 
Pcrou,apparliennent  au  m^me  genre.  Voici  la  phrase  caracteris- 
tique  de  I'espece  figuree  dans  ce  recueil,  n".  778  :  Chrjslithinla 
Jlava  tfolils  lineari-Ugulatis,  scapo  tardioribits  ,  coroUce  Umbo 
divaricato ,  laciniis  oblongis ,  obtiisls. 

Eriospermwn  foUolifcrum ,  n".  795.  Cette  plantc,  du  groupe 
des  AspliodeK'es de  Brown,  a  deja  ete  figuree  Aaw?,  Andrew' s Kc- 
posit.  521 ,  et  dans  Curtis'  Bot.  Mag.  i38'2. 

Epidendrmn  cuspidatum,  783.  Cette  belle  especc  a  etc  con- 
fondue  avec  la  suivante  dans  le  Botatiual  Magazine ;  inais  elle  ne 
a  ete  distinguce  par  Loddiges  qui  publle  le  Botanical  Cabinet ; 
elle  est  originaire  de  I'ile  de  la  Dominique. 

Epidendrum  ciliare ,  784.  Indigene  de  I'Amerique.  Cette  or- 
chidee  a  ete  decrite  par  Linne  et  peinle  par  Redouto  ,  Liliacees  , 
82.  II  faut  exclure  le  synonyme  du  Botanical  Magazine ,  qui  se 
rapporte  ,  comme  nous  I'avons  dit .  a  V Epidendrmn  cuspidatum. 

Cypripedium  yeniistum,  788.  Di'-ja,  dans  le  Botanical  Maga- 
zine aiSg,  cette  superbe  Orcliidee  a  ete  figuree  et  decrite  d'apres 
les  manuscrits  de  M.  "Wallicli.  Elle  est  cultiv^e  au  jardin  de 
Colwill,  a  Chelsea,  et  il  y  a  peu  de  temps  qu'on  I'y  a  intro- 
duile;  elle  a  etc  trouvee  dans  les  Indes  orientates.  Ses  deux  pe- 
tales  lateraux  tres-grands,  en  forme  d'ailes  cdiees,  tres  agrea- 
blement  ponctuees  et  colorees  de  rose,  de  vert  et  de  jaunatre, 
lui  donnent  un  aspect  fort  agreable. 

Neottia  bicolor,  794.  Orchidee  originaire  de  I'ile  de  la  Tri- 
nite,  d'ou  elle  a  ete  introduite  en  Angletcrre  par  M.  G.  Don, 
de  la  Societii  d'liorticulture.  Elle  est  ainsi  cai-acterisec  :  N.  bico- 
lor ;yb/«y/?/«r////w  lancenlatia,  nervosis,  petiolatis,  g la br is,  scapo 
i'illoso,  inji  il  foliolis  spathaceis  obsito  brevioribits  ;  racenio  nume- 
rosojjloribus  cerniiis,  labellooblongo,  lainlndsumrnd,  bre^i,  oblatd 
obsolete  trifidd,  iindiilatd,crenatd ,  intits  minute papillosd. 

Maranta  bicolor,  786.  Cette  nouvelle  espece  de  Cannees 
est  indigene  du  Bresil,  d'ou  elle  a  etc  recue  par  la  comtesse 
de  Vandes,  qui  I'a  fait  cultiver  dans  son  jardin  de  Bayswaler. 
Voici  la  phrase  specifique  :  M.  bicolor  ■,/oliis  ovato  subrotundis , 
suprii  discolori  viicntibus,  raule  credo  longioribus. 


Botanique.  257 

Ce  sontla  toutes  les  monocotylcdones  conteiiiies  dans  les  frois 
livraisons  du  Botanical  Register,  quirenfernie  en  outre  les  dico- 
tyledones  suivantes. 

Cluytia  ericoides ,  779.  Willd.  sp.  pi.  4  j  880.  Espece  origi- 
naire  du  cap  de  Bonne-Esperance  ,  ainsi  que  ses  congeneres. 

Banksia  australis,  787.  C'est  un  arbre  de  la  Nouvelle-Hol- 
lande,  appartenant  a  la  famille  des  Pi'otcacees ,  et  decrit  par 
M.  R.  Brown,  dans  son  Prodromus  [  i.  p.  SgS),  ainsi  que  dans 
les  Transactions  de  la  Societe  linneennef  10,  p,  206  ).  II  a  flenri 
I'ete  dernier  dans  le  jardin  de  M.  Colwill,  a  Chelsea. 

Jiisticia  pectoral  is ,  796;  et  Justicia  cai-thaginensis,  797-  Ces 
deux  Acanthacees  ont  ete  decrites  par  Vahl  (£^/2;/we^«?.  Plant., 
I,  l\l^[i  et  i36  ).  La  premiere  n'avait  pas  encore  ete  fignree. 

Lantana  fucata ,  798.  Cette  planle,  de  la  famille  des  Verbena- 
cees  ,  est  indigene  de  San -Salvador,  au  Bresil,d'ou  elle  a  ete  cn- 
voyee  au  jardin  de  la  Societe  horticulturale.  C'est  M.  John  Lindley 
qui  en  a  fait  la  description ,  dont  nous  ne  transcrirons  que  la 
phrase  specifique. 

L.  fucata  Lindl.  •.Joliis  ovatis,  rugosis,  crenatis,  obtusis  ,  jmbes- 
centibus , petiolum  brevern  decurrentibus;  capituli parvi,  depressi; 
pedunculo  foliis  bres'iori. 

Plumeria  rubra  ,  780.  La  hgure  de  cette  apocynce,  si  remar- 
quable  par  I'eclat  de  ses  fleurs,  estaccompagnee  d'une  Notice  de 
M.  Smith,  extraite  de  la  Cyclopedia  de  Rees,  sur  le  genre  Plume- 
ria, et  sur  I'espece  en  question  decrile  par  Linue ,  Jacquin,  et 
d'autres  auteurs. 

Gri/idclia  angustifolia ,  781.  Cette  plante ,  de  la  famille  des 
Synantherees ,  est  native  du  Mexique.  La  description,  tant  gene- 
rique  que  specifique,  est  empruntee  a  M.  Kunth  (  Noi:  gener.  ci 
ipec.Y.  /, ,  p.  309.) 

Ixora  crocata,  782.  Cette  espece,  d'un  genre  assez  remar 
quable  entre  les  Rubiacees  par  la  beaute  de  ses  fleurs ,  a  fleuri  dans 
les  premiers  jours  de  I'automne  dernier  au  jardin  de  Chelsea. 
Quoiqu'elle  provint  de  la  Chine,  MM.  Sydenham  EdAvards  ct 
Sweet  ont  pense  qu'elle  etait  distincte  de  VIxora  cocrinea  de 
<'urtis,  qui  est  aussi  une  planle  chinoise.  Voici  ses  caracteres 
^pecifiques. 

1,  crocata  :  Folii.s\firmis  subcoriaceis ,ova/i-lanceolatis,  deorsia/i 
Inngiiis  alternatis;  cyinis ,  copiosi/lorix ,  deco/npasitis  ,  confertis 
fdstigiatis  ;  calyce  hrevissirno ,  dentihus  os'ato-acutix  ;  Umhi  Jaci- 

B.    TOMK    II.  I- 


9.58  Bot  anil  [lie. 

niis  cnneatn-obov/Uis ,  luho  tcr  iniiglfn'e  lirrvioribus  ;  nnthrtis  .■sinii- 
lihiis  ;  sty/i  medio  pared  piloso. 

Portulacci pilosa ,  79a;  et  Portiilara  foliosa,  793.  La  premiere 
de  ces  especcs  ;i  ele  dccrite  par  Liiine.  (  Sp.  Plant.  Ed.  2.  )  La 
denxicme  est  iino  cspece  nouvclle  originaire  de  la  cote  ouest 
de  TAfrifpic  ,  d'ou  ellc  a  cte  envoyee  a  la  Societe  liorticultiiralc 
par  M.  George  Don.  Voici  la  ])hrase  specifique  (ju'en  a  faitc 
M.  Lindley,  qui  lui  avait  donne  dans  ses  manustrits  le  nom  de 
Guincensis.  V.foliis  suhulatis ,  calycihits  pilosis,  involucro  poly- 
phyllo ,  Jloribus  suhtcrnis,  pctalis  rrtiisis. 

Indignfera  endecaphjlla ,  789.  Pallsot  de  Bcauvois  avait  dc'ja 
donne  unc  figure  de  cette  i<?gumineuse  dans  la  Flore  d'Ovvare  et 
de  Benin,  t.  /i4-  Elle  a  fleuri  IVte  dernier  dans  le  jardin  de 
Chiswick. 

Glyrine  Vinccntina,  799.  Cette  plante  ,  dont  on  donne  une 
description  detaillee,  forinera  probablemenl  le  type  d'un  nouveau 
genre.  Elle  a  ete  observce  en  premier  lieu  par  le  D"".  Anderson  , 
et  on  I'avaitnommee  G.  Andersoni;  elle  est  indigene  de  Tile  Saint- 
Vincent. 

Primus  poniculata,  800.  Thunberg  et  Willdenow  ont  fait  con- 
naitre  ce  Prunier  indigene  de  la  Chine,  et  que  Ton  cultive  avec 
fruit  dans  la  pepiiiiere  de  la  Societe  horticulturale  depuis  181 9. 

Trihulus  cistoides ,  791.  La  description  de  cette  plante,  ainsi 
que  celle  de  Tordre  auqnel  elle  appartient  (les  Zygopliyllees  ), 
est  emprnntee  au  Prodrotnus  rcgni  vegetabi/is  qu'a  tout  recem- 
nicnt  public  M.  Decandolie.  Au  reste  cette  plante,  qui  fleurit 
communement  dans  les  jardins  de  botanique  ,  etait  bien  connue 
par  la  figure  qu'en  a  donnee  Jacquin.  [Hort.  SchtKnbr.,  t.  io3.) 
Loasa  arar>thifolia  ,  785.  Cette  plante,  decrile  par  M.  de  La- 
marck dans  TEncyclopt'die,  est  originaire  du  Chili.  Ainsi  que  les 
autres  cspeces  du  m^me  genre,  elle  est  couverte  d'aiguillons  pi- 
quans ,  cc  qui  lui  a  valu  le  nom  d'orliga  (ortic  )  de  la  part  des  co- 
lons cspagnols.  G.-.n 

ai6.  Exotic  Flora  ,  elc,  par  W.  Jackson  Hooker  ,  mars ,  avril 
et  mai  1824.  (  Voy.  le  Bulletin  d'avril,  n".  4,  P-  55o.) 

90-91.  CaUtsplum  tridenlalurn.  Celte  nouvefle  espece  d'un 
genre  d'Orchidees  remarquable  par  la  bcaute  de  ses  fleurs.est 
originaire  des  bois  de  i'ile  de  la  Trinlte.  Elle  e.st  diff^rente  du 
Catnscttnn  marulatutn  ,  la   senle  espccc  publico  par  M.  Knnfli 


Botnnique.  aSc) 

tlans  I(^  1**^.  volume  tie  son  Synopsis  Plantar,  ot-his  noi'i,  et  qui 
est  ciiructerisee  par  son  labelle  cilie.  II  est  vrai  que  M.  Kuntli  en. 
meniionne  nne  i^.  espece  de  Cayenne  (  C.  macrocarjjuin  Rich. 
niss. ),  qui  n'a  pas  le  labelle  cilie;  niais  cettc  plante  a  les  flours 
purpurines  ,  le  fruit  long  de  4  a  5  pouces ,  et  n'a  etc  ni  publiee 
ni  fif;)iree.  Quant  a  celle  qui,  avec  les  details  floraux,  occupe  les 
2  planches  90  et  91  de  X Exotic  flora  ,  voici  son  caractere  speci- 
fique  :  C.  triiientatuni  :  Fetalis  diiohiis  interiorihus  maculntis , 
labcllo  tridcntato. 

9a.  Pepcroinia  maculosa.  C'etait  le  Piper  maculosuin  de 
Liiine  que  Plumirr  avait  trouve  autrefois  a  St.-Domingue ,  et 
dont  il  avait  donne  une  excellente  figure  sous  le  nom  de  Saii- 
rurus  ,  dans  sa  description  des  plantes  de  rAmi^rique.  Le  Pcpe- 
roinia  variegata  de  Ruiz  et  Pavon  parait  etre  la  meme  plante. 

g'i.  Chiococca  racemosa  Llnne. 

94-  Leptanllms  grat/rineus  Michx.  M.  Hooker  pense  que  cette 
plante  coustilue  un  genre  particulier,  en  raison  de  I'unilocularite 
de  sa  (apsule,  de  son  port  remarquable  qui  ressemble  a  celuL 
de  certains  potamogetons ,  et  de  ses  fleurs  jaunes.  Les  autres 
X<yj/(7«//2//5' apparliennent  an  genre  //e/<vrt«^/2e/-rt,  anciennement 
etabli  par  Palisot  de  Beauvois,  et  adopte  par  Wald,  Pursh,  etc. 
Willdcnow ,  qui  n'avait  aussi  trouve  qu'une  seule  loge  dans  le 
fruit  du  Leptanthus  gramineus ,  en  avait  de  son  cote  forme  le 
genre  Schollcra. 

95.  Habenaria  flilatata  Hook.  Oirhis  dilatata  Pursh.,  ori^i- 
naire  du  Canada  et  des  Etats-Unis. 

96.  Banhsia  verticillata  Brown.  Cette  superbe  prot(';acee  a 
etc  trouvec  par  M.  R.  Brov^n  a  la  terre  dcLcuwin  et  surlcs  cotes 
mdridionajes  de  la  Nouvelle-Hollandc,  oil  clie  avait  etc  decou- 
vertc  des  1794  par  fll.  Menzics.  C'est  sur  uu  bcl  individu,  qui  a 
fleuri  en  septembre  i8>.3  dans  le  j.irdin  dc  Liverpool,  que  la 
figure  a  etc  prise. 

97.  Calysicgia  spilhamam  Pursh.  Pl.inte  du  nord  de  TAme- 
rique  qui  a  des  rapports  asse/.  marques  avec  les  Cum'oh'ulus 
st'piin/i cl solilarirlla,  types  du  genre  Calrstcgiade  M.  R.  Brown. 

9H.  Bcrbcris  aristata  Decand.  Cette  espece  est  venue  de  <i-rai- 
nes  envoyees  des  montagnes  du  Nepaul  par  le  I)"".  ^Vallich  ;  clle 
parait  y  avoir  etc  decouverte  parle  D^  Buchanan-Hamilton  qui 
liii  avail  donne  Ic  iioni  de  Berh.  Chilria.  Sniviint  les  observations 


260  Botani(ii(e. 

de  M.  Hooker,  cetle  plante  presente  boaucoup  de  variations 
dans  son  feuillage  ct  ses  c^pines. 

gg.  Calceolaria  riigosa  I'lor.  Pcruv.  Quoique  M.  Hooker 
n'ait  pu  verifier  ce  synonyme  sur  Ics  rares  ouvrages  de  Cava- 
nllles,  Feuillee,  Ruiz  et  Pavon  ,  il  a  cru  devoir  le  rapporter  a  la 
plante  figuree  dans  cette  livraison,  d'apres  la  description  des 
Calceolaria  donnee  par  Wahl  dans  son  Enuiiieratio  plantar  urn. 
Cette  plante  a  fleuri  dans  les  serres  du  jardin  d'Edimbourg  ,  et 
provient  du  Cliili. 

100.  Carolinea  alba.  M.  Loddigcs  a  le  premier  fait  connaitre 
dans  le  Botanical  Cabinet  cette  belle  Malvacee  ,  niais  sans  lui 
donner  de  caractere  specifique.  Voici  celui  que  M.  Hooker  lui 
assi<Tne  :  Folds  septenatis ,  foliolis  clliptico-lanceolutis ,  corolld 
extiis  fasciculato-toinentosn,  tuba    slaniirvfcro  longo,   ^-lobo  , 

Jilamentis  dichotomis.  Cette  cspece  originaire  du  Bresll  a  une 
tres-grande  ressemblance  avec  le  Carolinea  insignis.  M.  Hooker 
observe  que  le  Bomhax  heptaphjllurn  Jt  de  si  grands  rapports 
avec  le  Carolinea,  qu'il  pourrait  etre  regarde  comme  son 
congenere. 

101.  Trixis  scnecioides.  Cette  plante  originaire  du  Chili  a 
le  port  du  Senccio  elegans;  elle  n'appartient  cependant  pas  au 
meme  "roupe  que  celui-ci  dans  la  famillc  des  Synantherees.  La 
structure  de  sa  fleur  la  faisant  placer  parini  les  Labiatiflores  de 
M.  Decandolle,  ou  les  Cliajnanthopliores  de  M.  Lagasca  ,  il  s'en- 
suit  qu'on  doit  I'tloigner  des  Senecons.  Mais,  d'un  autre  cote, 
la  ressemblance  dont  nous  venons  de  faire  mention,  confirme  le 
rapprochement  de  la  trlbu  des  Nassauviees  de  Cassini  (oil  so 
range  le  Trixis  )  avec  les  Senecionees.  Voici  la  phrase  speciiique 
des  T.  senecioides  :  Hcrbacea pubescens ,  foliis  sinuato-pinnati- 
fidis ,  dentatis ,  caulinis  amplcxicaulibus. 

102.  Coccoloba  diversifoUa  Jacq.  Plante  de  St.-Domingue. 
io3.  Polystachia  luteola.CcUe  plante,  que  Swartz  et  M.  Lin- 

dley  ont  dccrite  comme  un  Dcndrobiuni ,  forme  uu  nouvcau 
genre  ainsi  caractcrisc  par  M,  Hooker:  Cbar.  Gencr.  Pclala 
resupinata  ,  conniventia  ,  duobiis  superioribus  basi  unitis  gihho- 
sis  duobus  interioribus  multb  rninoribus  ;  labelluin  articulaturn^ 
sessile;  Anthera  opcrculiforinis  ,  libera  ;  Massce poUinis  4  ,  hc- 
misphericce ,  ceracece ,  pedicello  glanduloso  ajftxte. 

lo/i.  Adianlhum  caudatum  Willd.  Elegante  fougere  indigene 
de  r  Arabie-Heurcuse  et  des  Indes-Oricntalcs.  On. 


Botanique.  2  6 1 

217.    Curtis'    botanical  Magazine;   11"'.  A46  ,    447   et   448. 
(  Voyez  le  Bull,  de  mars ,  n".  3  ,  p.  244. ) 

2467.  Eulophin  guineensis.  Celte  plante  a  deja  etd  figuree  dans 
le  Botanical  Register ,  n.  686;  elle  forme  un  nouveau  genre  in- 
stitue  ])ar  M.  R.  Brown ,  et  dont  les  caracteres  out  ete  expo- 
ses dans  le  Bulletin  de  iSiS  ,  n.  3  ,  p.  394. 

2468.  Antennaria  triplinervis.  Espece  nouvelle  d'un  genre 
ctabli  par  M.  R.  Brown  (  in  Transact.  Linn,  societ.  12  ,  p.  122  )  , 
aux  depens  de  quelqucs  Gnaphalium  de  Linne.  Elle  est  indigene 
du  Napaul  et  se  rapproche  beaucoup  de  notre  A.  niargaritacca 
(  Gn.  margaritaceum  )  d'Europe.  Voici  sa  phrase  specifique  :  A. 
tripiinervis  :  Herbacea,  crecta  ;  foliis  oblongo-lobatis,  tripUner- 
viis,  subtiis tomentoso-incanis; corymbis  compositis,  laxis,/oliosis; 
squainis  calycinis  interioribus ,  tenuissimis^  radiantihus. 

2469.  Lonicera punicea.  Cetle  plante  est  venue  de  graines  en- 
voy«5es  du  jardin  de  Bruxelles  sousic  nom  de  L.  canadensis,  mais 
elle  a  paru  assez  differente  de  celle  qui  a  etc  ainsi  nomraee  par 
Schultes  d'apres  les  manuscrits  de  Willdenow,  pour  constituer  une 
nouvelle  espece  caracterisee  de  la  maniere  suivante  :  L.  punirea  : 
Foliis  cordato-Oi'atis ,  concoloribus ;  baccis  distinctis  ;  jjediinculis 
(ixillaribus ,  subterininalibus ,  bi//oris,J'olio  brevioribus. 

2470.  Coriaria  sarmentosa  WilUl.  Plante  tres-rare,  originaire 
de  la  IVouvelle-Zelande. 

2471.  Crrlanthus  pallidus.  Espece  non  decrite  du  cap  de 
Bonne-Esperance;  elle  est  plus  pale  que  le  C.  ventricosus  de  Jae- 
qnin;  son  lube  est  un  peu  renfle  vers  le  milieu  ,  et  va  ensuite  en 
s'evasant  reguliereraent.  Elle  n'est  pas  glauque  coinmc  le  C.  col- 
linus,  et  elle  dilCere  du  C.  spircdis  par  la  forme  et  la  couleur  de 
ses  feuillcs.Ou  lui  donne  pour  synonyme  VAi/iarjllis  bivaginala 
Doiin.  cantab.  eJ.  8,  p.  98;  et  pour  caracteres  specifiques  essen- 
tiels,  C.  pallidas ;  foliis  lineari-lanceolatis ,  carinatis ,  lijsteran- 
theis;  c.arollis  nutanlibits,  infundibulijorniibus,  limbo  tubum  sub- 
Kcquante, 

2472.  Artemisia  biennis  Willd.  Jacquin  avait  figure  celte  plante 
sous  le  nom  A' A.  hispanica ,  croyant  que  les  graines  qu'on  lui 
avait  envoyees  venaient  d'Espagne.  Ccllc  plante  est  originaire  de 
lAmerique  du  iiord. 

2473.  Echites  nutans  Anderson.  l'"sj)etc  decrite  et  figuree 
par  M.  de  Tusshc  d.ins  la  Flore  des  Antilles ,  sous  Ic  nom  (VE. 
sanguinolenfa . 


262  Botanique. 

a474-  Sedu/n  iernpervwoieles  Fiscli.  et  Marscli.-Bicb.  Fior.  Tau- 
rico-Caucas.  "5  p.,  3i3.  Planle  de  I'lbcrie,  contico  ;iu  siid  du 
Caucasc. 

2475.  Hippeastrtiin  subhariatum.  Cette  belle  planto  est  orlj;i- 
iiaire  de  Rio-Janeiro;  elle  fait  partic  d'un  grciipe  6tabii  aux  li;'-- 
pens  du  genre  Amaryllis,  et  elle  so  rapproche  trlleinent  de  1'//. 

Julguhiin  et  de  VH.  equestrc,  qu'il  scrait  perm  is  de  croirc  (ju'i  Ho 
est  une  bybride  de  ces  deux  jilantes.  Au  reste  ,  le  nombre  dos 
hybrides  est  Ires-considerable  parmi  les  Amaryllis ,  el  on  a  (At- 
serve  que  leurs  pollens  sont  I'ertiles.  Mais  ces  plantes  ont  uno  si 
grande  analogie  entre  elles  qu'ori  pourrait  les  regardcr  ]>!ui('>t 
comme  des  varietes  remarquables  ou  des  races,  que  conime  des 
especes  distinctes. 

2476.  Dorstenia  arijoiia  Lam.  Ency<l.  Plante  du  Brciil  clTja 
figurce  dans  Hooker,  Exotic  for.  V.  1 ,  t.  G. 

2/(77.  f^ernonia  Jiexuosa.  Nouvelie  espece  envoyee  du  Brcsil 
par  M.  Frederic  Sello  ,  et  qui  a  de  I'affinite  avec  la  V.  sericen  et 
remota.  Elle  est  ainsi  caracterisee  r  V.  flexuosa  ;  cnulc  stricto,  sii- 
peme  dichotomo;  rainis  flexiiosis ,  Jioribus  ad  dichotomias  ct 
flexuras  rninulorum  scssilibus. 

2478.  Angelonia  salicaricefolia.  Kuntb  Synops.  Plant.  oiIk 
iiovi.  7.  p.  I'ii. 

2479.  '-''''■^  lachryinci  L. 

2480.  Entelea  arboresccns.  Cette  plants  de  la  Nouvelle-Ze- 
landeest  letype  d'un  nouvcau  genre  eiabli  par  M.  R.  Brown,  et 
dontvoicilescaracteiosessunticls:  calyx  l^-^i-phyllus ;i)clala  4-5; 
stamina  irulcfinita ,  iiiiiformia,  anl/icris  subroluridis,  incuinbcidi- 
Ims;  stigma  denticulaluin;  capsula  splucroidva  ,  cchinuta,  6- 
tocularis,  scmiscxvakis ,  ijolysperma.  Ce  genre  est  tres-voisin  tin 
Sparmannia  avec  lequel  il  partagc  le  port  et  plusieurs  caracteres ; 
il  appartient  comme  lui  a  !a  faniille  des  Tiliacecs  et  a  la  polyan- 
drie  monogynie.  L'ospece  qui  le  constitue  est  indigene  de  la  Nou- 
vclle-Zi'lande,  oil  elle  a  etc  decouverte  en  17G9  par  Banks  et  So- 
lander.  Cluitivee  en  Angleterre,  elle  a  flouri  pour  la  premiero 
fois  en  mai  iSx'i. 

2481.  Vrtica  iiwolucrata.  Le  caractere  de  cellc  nouvelle  es- 
pece, originaire  de  I'ile  St-\  incent ,  est  ainsi  oxprinu; :  Caulc  ra- 
mosQ  hirsulo; folds  oppositis,  rolundalo-oi'nlis^  crenntis,  tnnvn-iis, 
tiicidis ,  ad  apices  ramorutn  congestis,  paniculis  sessihbtts. 


Botanique.  ^65 

1482.  Serratuta  simplex  Decand.  Ann,  Mus.  v.  i  G  ,  p.  186  ;  ou 
Cardials  inullis  Willd. 

2/(83.  Oxytropis pilosn  Decnnd.  Astrag.  p.  73. 
248/1.  ISicotiana  repanda  Lelim.  Hist.  Nicot.  n.  16. 

2485.  Hahranthus  versicolor.  Celle  jolie  liliacee  est  originaire 
de  Maldonado  dans  rAmerique  du  Sud.  Elle  forme  le  type  d'un 
nouveau  genre  tres-voisin  des  Amaryllis,  s'il  n'est  identique 
avec  lui.  L'auteur  en  donne  une  description  trop  dctaillee  pour  la 
transcrire  toule  entiere  ici;  voici  les  caracteres  qui  nous  ont 
semble  les  plus  essenliels:  Spallie  bifide  au  sommet;  corolie  cam- 
])anulee,  dont  le  tube  est  court,  et  Ic  limbe  a  six  divisions  pla- 
tees  sur  deux  raiigs;  les  exterieures  recouvrent  le  tube  par  leurs 
bords  ;  style  decline;  filets  dcs  etamines  fascicules,  inegaux  ,  dont 
les  lateraux  sont  les  plus  longs,  et  les  inferieurs  plus  courts.  Le 
reste  est  absolument  seniblable  aux  organes  desfleurs  d'Amaryl- 
lis  el  d'Hypeastrum. 

2486.  Dalea  mutaljilis  Cavan.  Ic.  4  >  t-  394,  (  suhpsoralea  }. 

2487.  Justicia  gcniculata.  Nouvelle  espece,  indigene  de  I'ile 
.Sf. -Vincent ;  et  dont  voici  les  caracteres  :  Paniculis  tenninalihus , 
taxis,  cernuis;  hracteis  subulatis ;  foliis  OK'ato-laiiceolatis ,  glabris , 
suhtiis  pallidis ,  distantibus.  Cette  plante  a  de  grands  rapports 
avec  les  Justicia  secunda  et  lucida. 

2488.  Cissus  anturctica  Venten.  Choix  ,  I.  21.  G...N. 

218.  BoT.\NiCAL  (^ABiNKT.  Janvier,  fovrier  et  mars  1S24. 

N".  801.  Bromclia  exudans.  Espece  de  i'Amerique,  qui  a  dei 
rapports  avec  le  Br.  braclenla ,  et  qui  a  etc  introduite  depuis 
pen  d'annees  dans  lesjardins  d'Angleterre. 

802.  Hypoxis stellata.  Espcco  reaiarquable  par  ies  belles  cou- 
leiirs  du  centre  de  la  fleur. 

803.  Sarraccnia  variolaris .  Originaire  de  Cai'oline. 

804.  Erica  relorta.  Plante  aussi  eleganto  par  ses  I'euilles  re- 
clinees  que  par  scs  belles  fleurs  lageniformes. 

8()5.  Stcnocliiliis  inuculatus.  Petite  plante  de  l.t  Nouvello-Hol- 
lande  dont  les  fleurs  sont  labiccs  et  d'unc  belle  couleur  pourpre 
taclietee. 

806.  Gorneza  tcniiijlora.  Celte  Ortliideo  vicnt  de  Tile  dc  la 
Trinile,  ou  elle  est  parasite  sur  les  Ironcs  des  arbres.  Lc  nou- 


264  Botanique. 

veau  genre  qu'elle  constitue  a  beaucoup  de  rapports  avec  le  Cra- 
nichis  de  Swartz. 

807.  Lilium  Cateibcei.  Indigene  du  nord  dc  TAmerique,  prin- 
cipalcment ,  selon  Michaux,  de  Pensylvanle  et  de  la  Caroline. 

808.  Cuphoea  tnuUiJlora ,  de  I'ile  de  la  Trinite. 

809.  Pancratium  pediale.  Espece  tres-grande  et  fort  belle , 
originaire  du  Bresil. 

%\o,  Aconituin  paniculatuin  Lam.;  de  la  Suisse. 

811.  Stapelia  orbicularis ,  du  cap  de  Bonne-Esperance. 

812.  Leucoium  autumnale ,  de  la  Peninsule  espagnole  et  de  la 
Barbaric. 

8i3.  Chelone  ohliqua.  Cullivee  depuis  long-temps  en  Europe. 
Originaire  de  TAmerique  septentrlonale. 
8i4'  Magnolia  grandijlora. 
81  5.  Gentiana  saponaria. 

816.  Erica  ///j/rtwrt ,  du  cap  de  Bonne-Esperance. 

817.  Ruclbecliia  triloba,  des  montagnes  du  nord  de  I'Araerique. 

818.  Eulophia  guineensis.  Orchidee  figuree  et  decrite  dans 
le  Botanical  Register,  n".  686,  ainsi  que  dans  le  Botanical  Ma- 
gaz.,  n°.  2467. 

819.  Talinum  teretijolium.  Cette  belle  espece  indigene  du  nord 
de  I'Amerique  avait  dejaete  figuree  par  Plukenet,  tab.  2x3. 

820.  Stachytarpheta  Jamaicensis. 

821.  Coreopsis  lanccolata.  Indigene  de  la  Caroline  et  de  la 
Virginie  ,  figuree  autrefois  par  Dillenius  {Hort.  Elth.  t.  48, 
f.  56. ) 

822.  Erica  cernua^  du  Cap. 

823.  Acacia  hispidula.  Espece  a  feuilles  simples  de  la  Nou- 
velle-Hollande. 

%7,l\.  Oxalis  caproea ,  du  Cap  de  Bonne-Esperance. 

825.  Caiotis  cuncifolia.  Plante  de  la  Nouvellc-Hollande,  in- 
Iroduite  en  1819  dans  les  jardins  d'Angleterre  ,  constituant  un 
nouveau  genre  de  la  famille  des  Synantherees,  Corymbiferes,  et 
de  la  syngenesie  necessaire. 

82G.  Cunonia  capensis. 

827.  Justicia  orchioiJes. 

828.  Stapelia  anguinea,  des  contrces  steriles  au  nord  du  cap 
de  Bonne-Esperancc. 

829.  Acluniia  pilosa ,  des  Indes  occidcnlalcs. 
829.  Aster  aculeatus ,  dc  I'ile  dc  Yan-Dicmen. 


Botaniquc.  265 

219.  Observations  on  the  genus  Oryzopsis.  Observations  sur 
le  genre  Oryzopsis;  par  T.  Nuttall.  (  Jour  11.  of  the  Acad.  0/ 
nat.  Scienc.  of  Phil.,  vol.  Ill,  juil.  1828,  p.  laS. ) 
Dans^a  Flora  borcali- Americana ,  Michaux  constitua  un  nou- 
veau  genre  qu'il  nomnia  improprement  Oryzopsis ,  et  qui  ne  se 
composait  que  d'une  seule  espece  decrite  et  figuree  sous  le  nom 
d'O.  asperifoUa.  Muhlenberg,  omettant  cette  plante  dans  la  des- 
cription des  Graminees  qu'il  publia  ensuite,  fit   connaitre  una 
autre    espece  qu'il  appela   O.  mclanocarpa ,  et  a  laquelle   il  as- 
socia  avec  raison  le  Milium  paracloxum. 

La  denomination  d.'  Oryzopsis  fit  tomber  dans  I'erreur  le  prof. 
Sprengel  au  sujet  de  la  place  que  ce  genre  doit  occuper  parmi 
les  Graminees;  il  crut  que  la  plante  de  Michaux  appartenait 
non-seulement  a  la  tribu  naturelle  des  Orjzees,  mais  qu'elle 
etait  meme  une  espece  d'Oryza.  M.  Nuttall  observe  que  I'Orj- 
zo/jsis  doit  etre  place  dans  les  Avenacee  qu'il  pourrait  a  la 

rigueur  n'etre  regarde  que  comme  une  bonne  subdivision  du 
genre  Stipa.  II  n'adopte  pas  par  consequent  I'opinlon  de  M.  Smith 
[in  Rees  Cyclopced.^ ,  qui  rapporte  Y Oryzopsis  mclanocarpa 
au  genre  Milium. 

M.  Nultall,  ayant  recemment  decouvert  une  nouvelle  espece  , 
a  eu  occasion  de  revoir  et  rectifier  les  caracteres  specifiques  de 
chacune  des  plantes  du  genre  Oryzopsis ,  caracteres  qu'il  decrit 
avec  detail,  mais  dont  nous  allons  seulement  donner  les  phrases 
latines,  ainsi  que  les  h.ibitations. 

i".  Oryzopsis  parviflora  Nutt. :  Culmo  nudiusculo,  paniculate; 
corolla  villosdy  brevissiine  aristatd ;  calyce  rctuso,  excedentc.  Celte 
espece  fleurit  en  mai,  dans  une  foret  de  pins  a  4  milles  de  Bel- 
low's Falls ,  sur  la  riviere  de  Connecticut. 

•2".  Oryzopsis  asperifolia  Michx. :  Culmo  nudiusculo  subrace- 
tnoso ,  corolla  glabra  ;  calyce  acuto  suboequali ;  arista  corolla 
duplb  longlore.  ( Charact,  ex  Nuttall.)  Espece  indigene  des  mon- 
tagnes  voisines  de  la  bale  d'Hudson  et  de  celles  qui  s'etendent 
dej)uis  la  Nouvelle-Angleterre  jusqu'a  la  Virginie. 

>".    Oryzopsis   mclanocarpa  Muhlenb.;    Milium    racemosum 

Smitli. :  Cithno  folioso; paniculd  patcnte,  pauciflord;  aiistd  prcc- 

longd,  recta  ;  scminibuf  lanceolatis,  nigrescenlibus.  Dans  les  bois 

montueux  depuis  la  Pensylvaiiic  jusqu'a  la  Nouvelle-Angleterre. 

4°.    Oryzopsis    paradoxa    Nult.;    Miliujn   paradoxum  Linn. : 

4grostis paradoxa  Scop.  Flor.  Cam.  :  Culmo  folioso ,  paniculd 


■j66  Botaniqite . 

l>atcntissiind,  pauciflord ,  aristd prcelun^d  ^  undulatd ,  seniitiibus 
cllipticis  ,  fiigrescentibus.  Espece  qui  croit  spontariLMiieiit  d;ins 
le  iTiidi  de  I'Europc.  G...W. 

220.  Observations  sua  les  especes  hk  Corai.lorhiza  indigenes 
des  Etats-Unis;  par  M.  Th.  Nuttall.  (Journ.  of  the  Acad. 
Phtladelph.,  octobre  182?  ,  p.  i35.) 

Le  genre  Corallorhiza,  etabli  par  Ruppius,adoptd  par  Haller 
€l  Gmelin ,  avail  ete  reuni  aux  Ophrys  par  Linn<5 ,  et  aux  Cymhi- 
dium  par  Willdenow  el  Persoon.  M.  Rob.  IJrown  I'a  rctabli ,  et 
cette  opinion  a  ete  einbrassee  par  M.  NiiKall,  qui  fait  remar- 
quer  le  caractifre  essentiel  de  ce  genre  ,  eoiisistant  dans  Ses  raci- 
nes  imitant  les  branches  d'un  corail,  et  dans  ['absence  de  ses  ti- 
ges.  De  m«5me  que  le  genre  Epifagiis  {()robniulic  \'lr^inlaiiah.~) , 
les  Corallorliizes  sont  speclalement  parasites  sur  les  racines  des 
arbres,etne  croissent  jamais  hors  d'un  sol  forme  de  terre  vc- 
getale. 

Les  especes  suivantes  sont  parliculieres  aux  Etats-Unis  : 

10.  Corallorhiza  vcrna  Nutt.;  Cymbidium  Corallorrhizon 
Muhl. ,  Calal. ,  p.  81;  Corallorhiza  iniiata ,  Eaton's,  Man.  of 
Bot. :  AphyUa,petalis  omnibua  Uneari-lnnceolatis ^patcntlbus ,  la- 
bello  oblongo  invnaculato  ,  basi  b'ulcntalo  ,  apice  recun'O  ,  ovato 
calcare  nbnoleto  innata.  Cette  plante  fleurit  vers  le  milieu  du  mois 
de  mai  en  Pensylvanie;  elle  est  tres-abondanle  pnrmi  les  sphag- 
num et  les  racines  des  bouleaux  a  papier. 

2".  Corallorhiza  odontorhiza  Nutt. ;  Cymbidium  odonlo- 
rhizonWilld.;  Ophrys  Corallorhiza  Mich. :  AphyLla,  labclloovali, 
indadao  y.inaculalo ,  calnirc  obsolcto  i/uieita  ,  capsuld  sub^lobusd. 
Parasite  sur  les  racines  des  arbrcs  en  Caroline. 

V.  Corallorhiza  mullillora;  C.  innata  Nutt.  [Gen.  am.  2, 
p.  197.)  Jpliylta,  scapo  multijloro  (i5-3o),  labelLo  cuneato- 
ovali  tripartita  recurvo  maculato,  calcare  conspicuo  adnata. 
Parasite  sur  les  racines  des  arbres ,  depuls  la  Nouvelle-Angle- 
terre  jusqu'a  la  Caroline.  Cette  espece,  ainsi.que  la  C.  vcrna  , 
sont  accompagnees  d'uue  figure. 

M.  Nuttall  reunit  aux  Cornllorhiza  le  sous-genre  Aplcvtruiu  , 
laraclerise  par  son  labelle  onguicule ,  I'abseiice  de  I'epcron,  et 
les  racines  tubcrculeuses.  II  n'y  fait  entrer  f|u'une  sculc  espece, 
le  Corallorhiza  hicmalis ,  ou  Cymbidiiun  hiemale  Willd.   Cctle 


Botatiique.  aGy 

pliiHte  croit  dans  les  bois  ,  ik'j)uis  Vermont  jusqii'en  Floride,  oil 
die  flcurlt  iliii;^  les  inois  ile  juillet  et  d'aout.  G...N. 

■}.ll.   CoKTHFA    NOVUM    GENUS  A    S.   PriNCIPE    M.    NeOVIDENSI     EX 
ITINKKE  BiWSlLIt.NSI  KELAtUM   PESCRIPSERUNT  NeES    AE  EsfN- 

BECK  ET  Martius.  (/Voc.  uct.  CuF. ,  vol.  XI,  pars  prima ,  p.  91 .) 

Les  auteurs  decrivent  de  la  inanicre  suivante  le  genre  Goe- 
thea,  qui  app:irlient  a  la  fainilie  des  Malvacees  :  Calyx  duplex ; 
exterior  li -G- partitus,  intcriorein  obi'elans ,  injldtus ,  cola- 
rutus;  interior  S-Jidux,  abbrei'iatus.  Corolla  ^-partita;  laci- 
niis  convolutii-  erectis.  Jndroph.  corolla  iniiltb  longius  superne 
staminiferum ;  filanietttis  fdiformibus  ;  antheris  i-locularibus. 
Oi'aritiin  ^-partition.  Stylus  longitudine  stauiinum  apice  ?>-JO-fi- 
dus  Stii^tiiula  capita ta.  Cocca:  5  i-xpermce.  —  Arbores  seu  fru- 
tices,foliis  alternis  siinplicibiia ,  petiolis  barbatis ;  Jloribus  axil- 
lanbus  solitariix.  Sp.  I.  Gocthca  seinperflorcns;/6/iVj  ellipticis , 
apice  obtuse  scepeque  obsolete  serratis ;floribus  in  axillisfoliorum 
supe riorum  solitariis;  calyce  exteriore  G-fido.  Sp.  2.  G.  cauli- 
flora  ;  foliis  oblongis  ,  integerrimis ;  Jloribus  e  trunco  laterali- 
bus;  calyce  exteriore  Is-partito.  Les  caracteres  que  nous  tracuns 
ici  ne  sont  pas  empruntes  textuellcment  aux  deux  savans  au- 
teurs ;ne  pouvant  copier  leurs  descriptions  natureUes ,  essentieiles 
et particuUeres ,  nous  avons  crii  devoir  en  extraire  les  traits  les 
plus  f'rappans  et  en  former  un  ensemble  qui  donnat  une  idee 
cxacle  du  genre  dont  il  s'agit. 

Apres  avoir  termine  ce  qui  regardc  le  genre  Goethea,  MM.  Nees 
et  Marlins  donnent  la  sciie  de  ceux  qui,  appartenant  a  la  famiile 
des  Malvacees,  ont  un  calice  et  des  fruits  djvisibles  en  portions 
capsulaires  i  -spermcs ,  savoir  :  Alalva  L. ,  Lavatera  L.,  Altliea  L., 
Maliichra  L. ,  Pavonia  Cav.,  Lopimia ,  genre  nouveau  de 
M.  Marlius,  ilreiia  L.,  Lebrrtonia  Sclir.,  et  cnfin  Goethea. 

Les  auteurs  caracterisent  le  genre  Lopimia  do  la  maniere  sui- 
vante: Calyx  exterior  interiore  loagior,  polyphyllus  ;  foliis  se~ 
taceis.  Corolla  plana.  Fructus  ^-coccus ;  coccis  i-spcnnis,  muca 
visculo  obtectis.  A  ce  genre  les  auteurs  rapporlent  deux  especes, 
I'nne  qu'ils  indiqnent  comme  nouvelie  (  L.  latifolia^,  et  une  autre 
doni  Link  et  (>!lo  faisaient  un  Sida  (.V.  malacop/iylla).  Nous  co- 
pu  ions  encore  ici  ies  caractei'es  du  genre  Lebretonia  Schrank, 
qui  est  peu  connu  et  qui  semble  sc  fondre  avec  VUrena  et  le 
Goethea.  Calyx  exterior  longitudine  intcrioris ,  ^-jxirtitns  ,  her- 


268  BotaTiique. 

haceus.  Corolla  basi  contorta^  laciniis  ohliquis ,  patenlihus.  Friic- 
tus  o-coccus  i  cocci's  clansis ,  nudis. 

BIM.  Necs  et  Martins  terminent  le  memoire  que  nous  annon- 
rons  par  la  description  de  3  Malvacees ,  rapportees  d'Amerique 
par  M.  ie  prince  de  Ncu-wied ;  savoir  :  i".  Achanla  cordata  N.  et 
M.  (  Pai'onia  coccinca  Willd. ) ;  n".  Sida  demidata  N.  et  M.  ;foliis 
cordato-suhrotundis ,  acuminatis ,  diiplicato-crcnalis ,  hirtis  ;  pa- 
niculd  terminali  midd ;  capsulis  mucronatis ;  3".  Chorisia  ven~ 
tricosa  [Bombax  ventricosa  Arr.) 

Les  feuilles  de  cette  derniere  espece  ne  sont  point  di5critcs 
comme  divisees,  ce  qui  ne  s'accorde  guere  avec  ce  que  M.  Kuntli 
nous  apprend  du  genre  Chorisia;  mais  comme  les  auteurs  disent 
que  M.  le  prince  de  JNeuwied  les  a  trouvces  par  teire  au  bas  de 
I'arbre ,  il  est  permis  de  soupconner  que  chaque  feuille  donnec 
comme  simple  est  la  cinquieme  partie  d'une  feuille  composee 
qui  avait  5  folioles. 

Nous  n'acheverons  point  cette  analyse  sans  donner  les  plus 
justes  eloges  aux  beaux  dessins  dont  le  memoire  est  accompa- 
gne,  principalement  a  ceux  de  deux  esj)eces  de  Goethea.  A.  F.  C. 

•222.  Sun  UNE  NouvEixE  ESPECE  DE   CuPANiA ;  par  Ch.  Kunth. 
(  jIjiji.  des  Scienc.   Nat.,  avril  1824  j  P-  457-  ) 

M.  Poirct  a  decrit  dans  X Encyclopedic  mcthodique  une  nou- 
vclle  cs])ece  de  Robinia  sous  le  nom  de  Rohirua  ruhiginosa.  II 
n'existe  a  Paris,  dans  I'Herbier  de  ]M.  de  Jussieu,  qu'un  seul 
echanlillon  de  cette  plantc.  C'est  la  que  je  I'al  vu  :  mais  je  me 
suis  convaincu  que  ce  Robinia  n'appartient  ni  a  ce  genre,  ni 
in^me  a  la  famiile  des  Legumineuses.  C'est  un  Ciipania ,  plante 
de  la  famiile  dcsSapindacces  ,  auquel  jc  donne  le  nom  de  Cupa- 
uia  Poiretii.  Comme  M.  Poiret  ne  jiarle  point  de  I'organisation 
des  fleurs  ,  qu'il  dit  incompletes,  je  vais  suppleer  a  celte  omis- 
sion par  la  description  suivante  : 

C\i.\x  prqfu/idi'  quinque-partitus ,  extcrnc  hirsuto-toinento- 
sus  ,  interne  pitbescens  ;  laciniis  suhrotundo-ofatis  ,  rotundatis  , 
roncavis  ,  subrvqitalibus  ,  ante-  apertioncm  Jloris  marginibus  sibi 
incumbentibus. 

VzTK'LK  quinque ,  sub  disco  inserla  ,  triloba,  e.rternii  hirsuta  , 
basi  cuneata  et  breviter  unguiculata ,  cequalia ,  calycem  suboj- 
quantia;  lobo  medio  ovato-rotundato ,  lateralihus  ininoribus , 
nbtusis ,  cucullato-inflcj'is.  Sikm^^K   octo ,   sub  ovario  inscrta  , 


Botaiti<jue.  269 

uni-seriata  ,  subcEqualia  ,  calyce  cix  longtora.  FUamcnta  subu- 
lata,  inferne  hirsuta  ,  libera.  AntheR/E  ovato-oblongce  vel  ellip- 
ticce  ,  basi  bifidce,  dor  so  ajjixce  ,  biloculares ,  interne  secundum 
longiludineni  dehiscentes ,  glabrce.  Discus  annularis  inter  sta- 
mina et petala  ^laber.  Oyarivji  superum,  sessile,  subrotundo- 
ovatum  ,  apice  in  stjltim  desinens ,  hirsutum ,  triloculare  ;  ovulum 
in  quolibet  loculo  ,  ejus  f undo  affixum  podospermio  brevi  crasso  , 
su/Jultuni ,  erectum,  ovatum,  lenticulari-compressum.  St\lus 
stamina  superans  apice  tri  (^7)-_fidus,  lobis  revolutis.  Fructus 
ignotus. 

223.  SuR  LE  Prktrea  ET  LE  RoGERiA  ,  dcux  nouveaux  genres  de  / 

plantes;  par  M.  Gay.  (^Ann  des  Sc.  Nat.,  avr.  1824,  p.  457.) 

Dans  un  raeinoire  qui  sera  incessamment  public,  M.  Gay 
donnera  la  monographic  des  plantes  que  M.  R.  Brown  avail  de- 
tachees  des  Bignoniacees  sous  Ics  noras  de  Sesamees  ct  Pedalineesj 
Deux  nouveaux  genres  font  partie  de  ce  travail ;  le  Pretrea ,  qui 
est  intermediaire  enlre  le  Sesamum  et  le  Josephinia  /et  dont  !a 
seule  espece  a  ete  decrite  par  Loureiro,  sous  le  nom  de  Marty- 
nia  zanguebarica;\Q  Rogeria ,  qui  est  voisin  du  Pedalium,  ct 
auquel  M.  Gay  rapporte  trois  especes  dont  une  seule  connue. 
C«  botaniste  les  distingue  de  la  raaniere  suivante  : 

Rogeria  adenopliylla.  Foliis  longe pctiolatis ,  tr-inerviis  ,  trilo- 
bis,  dentatis  ,  dentihus  biglandulosis  ;  fauce  corollind ,  la'd , 
obcnnicd  ;  drupd  [\^-acanthd. 

Rogeria  longiflora.  Foliis  petiolatis ,  orbiculatis,  trineniis ; 
fauce  corollind  ,  gracili ,  conico-teretiusculd  ;  drupd  diacanthd. 

R.ogeria   brasiliensis.    Foliis  obovato- spatulatis ,    in  petiolum 
breiissirnum  attenuatis,  margine denticulatis,  egland ulos is j fauce 
corollind  ,  lata ,  obconicd. 
224-    Pi-^'NTES   PEU   CONNUES ,   dccriles  par   J.    E.    Wikstiioeih. 

(Suite.)  [Kongl.  Vetensk.  Acadeni.  Handlingarfoer  aar  1823, 

2".  part.,  p.  274.) 

L'auteur  joint  dans  cette  continuation  10  plantes  aux  11  de- 
crites  precedemment.  Ce  sont  :  /uncus  cnsifolius ,  dX  nalaschka  , 
paraissant  se  rapprocher  beaucoup  du  /uncus  xyphioides  de 
Meyer,  qui  dit  simpleinent  de  cette  derniere  espece  [Synops. 
juncorum,  p.  ^o),  foliis  caulinis  ensiforniibus.  A  ce  sujet  l'auteur 
croit  devoir  ajouter  des  notes  aux  joncs  de  Meyer,  d'apres  les  lier- 
biers  de  rAcadcniie  des  sciences  a  .Stockljohn.  Le  /unc.  cffusus 


ano  BotnnUiuc. 

I..,  croit  dans  rAiiu'riquc  septenljionale,  a  Ccylan  el  a  Canton  rn 
Ciiine.  Le  June,  glaucus  a  cte  trouve  en  Portugal ,  en  Tauriilc 
et  a  Maderc.  Le  June,  tena.r,  recueilli  dans  la  Won  veil  c-Zi;- 
lande,est,  suivant  Tasserlion  de  Dryander,  la  meme  cspecc 
que  la  precedente.  Le  June,  hottnicus,  qui  n'avait  ete  tronvo  en- 
core que  sur  le  bord  de  la  mer,  a  ele  observe  recemment  dans 
la  Laponie,  a  Lastachtjawelt,  et  dans  I'ile  Lanfasarvi,  en  Fin- 
lande.  Au  June,  fusco-ater  de  Schrcber,  il  faut  reunir  le  June, 
rarifloius  ,  d'Harlm.,  qui  se  tronve  aussi  dans  I'Amerique  stp- 
tentrionale.  Le  June,  alpcstris,  recueilli  dans  le  I-'innniark,  n'est 
peutetre  qu'nnc  variele  du  June,  rarifiorus.  Le  June,  pysmfcus  , 
de  Thuillier,  a  ote  trouve  enEspagne;  le  June,  bulhnsus  L.,  dans  la 
Siberie  et  I'Amerique  septentrionale.  Le  June,  castaneux  Smith  , 
a  ete  trouve  non  pas  en  Laponie,  con,me  le  dit  Meyer,  mais 
sur  la  inontagne  d'Aareskutan,  dans  la  province  suedolse  de  la 
J  em  tie. 

L'auteur  decrit  ensuite  le  LuzuJa  yillosa  qui  croit  a  la  terre 
duFeu  et  aux  ilcs  Falkland,  llajoute  que,  n'ayant  pas  encore  vu 
Ja  monograpliie  des  Luzula  par  M.  Desvaux,il  ignore  si  I'es- 
pece  qu'il  decrit  a  etc  connne  de  ce  naturaliste  ou  non. 

Toutes  les  autres  plantesdecritespar  M.  Wikstroem  appartien- 
nent  au  genre  f'eieeinium,f.a\oir  Faceinium  longijioruin,  des  iles 
Acores;  Vaee.  diffumm,  de  I'Amerique  septentrionale  (depuis  la 
Caroline  du  nord  jnsqu'a  laFloride);  Vacc./uscatuni,  des  etats 
de  Caroline  et  Georgie ;  Faec.  amaenum ,  de  I'Amerique  sept, 
fdepuis  le  New-Jersey  jusqu'a  laVirginie);  Face,  elevatum ,  id.\ 
Face,  pallidum,  de  I'Amerique  sept.;  Face,  resinosum ,  habi- 
tant des  bois  et  lieux  montuenx,  depuis  le  Canada  jusqu'a  la 
Caroline  ;  enfm  Fneein.  virgnluin  ,  de  la  Caroline  et  de  la  Virginie. 
A  la  fin  Tauteur  ajoute  en  note  qti'il  faut  encore  joindrc  aux 
joncs,  le  June,  bottnieus  Wahlenb.,  qui  a  ete  trouve  aussi  dans 
rAmerique  septentrionale,  et  le  jAtzula  arcuata  ,  que  Wahlen- 
berg  met  dans  la  Flore  de  I>aponie,  et  qui,  des  I'annee  i74y, 
avait  etc  trouvee  sur  Ics  montagnes  de  Finnmark. 

225.  MeMOIRF.  sur  la  PATRIE   DK  la  I>OMMF.-nK-TF.RRK  ,    OU    Sola- 

num  tuberosum  ,  lu  a  la  Societe  horticulturale  de  Londres,  le 
ignov.  1822;  par  Jos.  Sabine,  seer,  perpet.  de  cctte  societe. 
Br.  in-/|.  av.  pi.  Londres;  1822. 
La    pomine-de-terre   n'exi-^le,    a    I'etat   sanva^jc ,    ni  dans  les 


Botanique,  27 1 

provinces  mtridionales  des  Etats-Unis  d'Ainenque ,  ni  dans  au- 
cune  partie  du  Mexique.  C'est  un  fait  constate  par  tons  les  ua- 
luralistes  qni  habitent  ou  qui  ont  parcouru  ces  contrecs. 

Molina  dit  qu'elle  se  trouve  dans  les  campagnes  du  Chili,  ou 
elleest  connue  des  habitans  sous  le  nom  de  maglia,  et  que  ses 
tubercules  y  onf  uu  certain  degre  d'amertume, 

M.  de  Humboldt  assure  qu'elle  n'est  point  indigene  du  Pe- 
rou,  non  plus  que  de  la  partie  des  Cordilieres  situee  entre  les 
tropiques. 

Cette  assertion  est  contestee  par  M.  Lambert  {Journ.  ofSc. 
and  Arts,  vol.  X,  p.  aS),  sur  I'autorite  de  Pavon  et  de  Zea.* 
Celui-ci,  en  s'entretenant  avec  M.  Lambert  de  cet  objet,a  de- 
clare qu'd  avail  trouve  la  pomme-de-terre  croissant  spo'ntane- 
ment  dans  les  forets  de  la  Nouvelle- Grenade,  pres  de  Santa- 
Fc  de  Bogota  (lat.  bor.,  /,°  i8').  Le  premier  I'a  observee  au  Chili 
et  dans  le  Perou ,  pres  de  Lima  (lat.  austr.,  12),  en  parcourant 
les  environs  de  cette  capitale  avec  .son  collegue  Ruiz  et  avec 
Dombey.  M.  Lambert  possede  un  echantillon  cueilli  par  Pavon 
dans  cette  derniere  localiie;  il  est  etiquete  Patatas  del  Peru;  et 
il  ne  differe  en  rien  de  la  pomme-de-terre  cultivee. 

M.  Lambert  suppose  quelle  existe  aussi  a  I'etat  sauvage  sur 
la  cote  orientale,  a  rembouchure  du  Rio  de  la  Plata.  Son  opi- 
nion,  a  cet  egard,  est  fondee  sur  le  temoignagc  d'un  botaniste 
americain,  M.  Baldwin,  el  d'un  capitaine  Bowles,  qui  disent 
avoirirouve  la  pomme-de-terre  a  Montevideo  et  a  Maldonado 
(lat.  austr.,  3  5°).  II  s'appuie  en  meme  temps  sur  un  article  de 
I'Encyclopedie  methodique,  dans  lequel  M.  Poiret  dccrit,  d'a- 
pres  M.  Dunal,  sous  le  nom  de  Solanum  Comrnersomi ,  une  es- 
pece  de  Solanum  que  Commerson  a  rapportee  de  Montevideo 
et  dans  laquelle  M.  Lambert  croit  reconnaitre  le  type  du  S.  tu- 
berosum cnlfive. 

En  (ait,  la  plantc  de  Commerson  ,  qui  a  ete  communiquee  par 
M.  Deshmtaincs  a  M.  Sabine,  et  dont  ce  dernier  public  une  fi- 
gure ,  prcscnte  des  caractbres  qui  auloriscnt  a  la  dislinguer  spe- 
cif.qucuient  du  .V.  tuberosum.  Or  il  est  vraisemblable  que  cette 
plante  est  la  seule  qui  ait  ete  vue  par  MM.  Baldwin  et  Bowles 
a  rembouchure  du  Rio  de  la  Plata.  Done  il  n'est  pas  demontrc' 
q.ie  le  .V.  tuberosum  croisse  spontanement  sur  la  cote  orientale 
Mais  on  ne  pent  plus  douter  qu'elle  ne  se  trouve  au  Chili  de* 
p.us  que  la   Society  horticniturale  de  Londrcs  a  recu  et  cu'ltive 


27  2  Botanique. 

deux  tuberrules ,  provenant  de  ce  pays ,  (jui  ont  exactement  re- 
produit  la  plante  dont  notre  economic  rurale  tire  un  si  grand 
parti. 

Ces  tubercules  ont  «t^  pris  dans  un  ravin,  a  quelque  distance 
de  Valparaiso  (lat.  austr.  33"),  par  un  officier  du  vaisseau  an- 
glais Owen  Glcndower,  et  remis  a  M.  Sabine,  le  24  fevrior 
1822  ,  par  un  secretaire  de  I'ambassade  anglaise  a  Rio  de  Ja- 
neiro, M.  Alexandre  Caldcleugh,  qui  arrivait  Ini-meme  du 
Cbili,  et  qui  avait  quitte  Valparaiso  pcu  dc  temps  avant  I'officiei'. 

II  resultc  dc  la  lettre  ecrite  a  cette  occasion  par  M.  Caldcleugh 
a  M.  Sabine,  que  cette  plante  est  tres-communc  aux  environs 
de  Valparaiso,  qu'elle  se  trouve  egalement  sur  d'autr^s  points 
plus  meridionaux  du  Chili,  ou  elle  porte  le  nom  de  Maglta^ 
qu'elle  n'y  est  point  cultivee,  que  les  habitans  n'en  font  aucun 
usage,  et  que  ses  tubercules  ont  le  gout  un  pen  amer,  comme 
Molina  I'avait  deja  dit. 

Les  tubercules  offerts  a  la  Societe  horticulturale  de  I-ondres , 
en  fevrier  1822,  furent  mis  en  terre  aussitot  que  la  saison  le 
permit.  Grace  aux  soins  particuliers  qui  leur  furent  donnes,  les 
tiges  qui  en  sortirent  prirent  en  peu  de  temps  un  deveioppe- 
ment  prodigieux,  et  lorsque  le  moment  de  la  recoltc  fut  arrive  , 
on  trouva  qu'ils  avaient  produit  prcs  dc  600  tubercules.  Les  plus 
gros  de  ces  tubercules  etaient  du  volume  d'un  oeuf  de  pigeon. 
La  plupart  etaient  de  moitie  plus  petils  et  differaient  peu  des 
tubercules  recns  de  Valparaiso.  lis  avaient  perdu  toute  leur 
amerlume. 

Le  memoire  de  M.  Siibine  est  accompagne  de  trois  planches 
gravees  qui  representent  le  Solanuin  Cointncrsonii  Dunal,  un 
rameau  en  fleur  du  S.  tuberosum  nouvellemcnt  produit,  et  di- 
vers tubercules,  soil  dans  I'etat  orlginaire,  soit  dans  celui  de  la 
j)remlere  culture. 

Depuis  I'impression  de  ce  memoire,  M.  Sabine  a  obtenu,  en 
1823,  une  scconde  recolte  sur  le  produit  de  laquclle  il  a  en- 
voye  a  M.  Thouin  plusieurs  tubercules  qui  ont  ete  plantes,  en 
mai,  au  Jardin  du  Roi,  et  dont  il  sera  loisible  aux  cnrieux  de 
suivrc  le  developpement.  J.  Gay. 


Botaniqiie.  2^5 

aaG.  NouvELLES  espkces  de  Lichens;  par  S.  Clir.  Sommerfelt. 

{Koiigl,  vctensk.  yjcadem.  Handlingar,  fcer  aar  iSaS  ,    i'^^. 

part.,  p.  112.) 

Ce  qui  manque  a  la  vegetation  dcs  regions  arctiques,  lant  sous 
le  rapport  de  la  quantite  que  dc  la  variete  et  de  I'eclat  des  cou- 
leurs,  se  trouve  compense  par  les  noinbreuses  cspeces  de  Liclien.s 
qui  couvrent  les  rochers  ,  et  bravent,  sur  les  inontagnes ,  la  neige, 
la  gelee  et  les  ouragans;  elles  egalent,  en  nombre,  presque  cellcs 
des  vegetaux   phanerogames.   Aux  environs  de  Saltensfjord,  eu 
INordland,  par  exemple,  oil  Ton  comple  402  vegetaux  phane- 
rogames,   le   nombre   des  Lichens  se   monte  a    820;  M.  Som- 
merfelt, pasteur  a  Saltdalen,  en  Norwege,  en  decouvre  encore 
de  nouvelles  especes  presque  a  chaque  excursion.  Aussi,  malgre 
la    recolle    faile   par    Acharius  et    par    Walilenberg,    y  a-t-il 
beaucoup  a  glaner.  M.  -Sommerfelt  a  deja  decouvert  i35  Lichens 
qui  nc  se  trouvent  point  indiques  dans   la  Flora  Lapponica  de 
Walilenberg ;  dans  ce  nombre  il  y  en  a  environ  40  qu'Acharius 
ne  connaissait  pas  lors  de  la  publication   de  son  Synopsis  liche- 
nuin.  M.  Sommerfelt  en  fait   connaitre  7  qu'il  regarde  comme 
nouveaux,ou  comme  n'ayant  pas  ete  connus  auparavant  dans 
leur  fructificalion.  1".  Lecidea  muscicola  :  quia  beaucoup d'affi- 
nlte  avec  le  L.fusco-lutea  d'Acharitis.  Voici  ses  caractcres :  crusUl 
incequnbili  granidatd  fuscescentc ,  graniilis  sublobatis,  apothcciis 
ohconlcis  planis  fusco-nigrls  ,  matgine  elcvato  ,  disco   ruguloso. 
2".   Lecidea  fuscescens  :  crusta  sahiculum  tcnuissimum  fusco- 
nigrescens  ,  areolis  uiinulis  discretis  alb idis ,  apothcciis  plano-^ 
rorwexiusculis  superficialihus  vuuginatis  fuscis ,  margine  tenui, 
intiis  albidis  ;  sc  trouve  sur  I'ecorce  des  jeunes  bouleaux.  3".  Le- 
cidea cinnararina:  crusta  effusd  tcnui  incEtiuahili  albn  ,  apo- 
iheciis  convexis  iinmaiginatis  cinnaharinis  ;  se  trouve  sur  I'e- 
corce du  genevrier  commun.  4".  Porina  xanthostoma  :  crusta 
la^i'igatd  submctnhranaccd  albd ,  apotlicciorum   verrucis  clcvatis 
subrotun<Us planinscnlis  ,  ostiolis  dcj>rcssis  pallidis ;  siu"  I'ecorce 
du  genevrier  commun  desseche.  5".  Lecanora  maritima  (  Pla- 
codium)  :  rrusld  orbiculari  contigud  noduloso-rugosd  rosco-gri- 
sed  ,  dcin  nigrcsccnte ,  margine  tenuissimo   subcrenata  ,  apothc' 
ciis  rufis  ,    margine  thallode    tcnui,   dcin  evanesccnte ;  smv  les 
pierres   quartzeuses    du    rivagc  ,   a    Skjcrstad  ,    en    Nordland. 
f)".   Cetraria   pinastri  :    thallo  deprcsso  iurcnti JIavn ,   laciniis 
rotunda  to  -  lobatis   crenatis  j  marginihus  crispis  pulverulentis 
B.  Tome  IT.  18  ' 


npothecilt  inarginalthns  drpressis  concnvis  ,  timigine  tuinido 
crenulato  irn'ohdo ,  dilute  badiis  ;  croit  dans  les  lii.ies,  sur  Ics 
troncs  (lu  pin  ot  <iu  boTilcm.  M.  Sommerfelt  ne  I'a  trouvc 
en  fructlficytion  que  deux  tois ,  sur  des  bouleaux ,  a  Saltdalen 
en  Nordland,  Plusieurs  natnraUstes,  tels  q»ic  Hoffmann  ,  Dick- 
son ,  Humboldt,  Schrader  el  Acharius,  out  parle  de  ce  Li- 
chen:,  mais  dans  des  tcrnies  dedoute,  aucun  d'eux  ne  I'ayant  vu 
dans  I'etat  dc  fructification.  7°.  Dufourea  ceratites  :  thallo 
radicnto,  radice  fibrosa  ramosd ,  ramis  teretibiis  creeds  albis 
solidis  Jasti^atis ,  apotheciis  concavis ,  disco  f  two  ,  margine 
thallode  subconnlvente.  Ce  Lichen ,  tres-abondant  sur  les  luon- 
tagnes  de  Saltdalen ,  est  remarquable  par  ses  noinbrcuses  ra- 
cines  forteraent  implantees  dans  I'argile.  Comme  I'auteur  n'a 
encore  vu  aucune  autre  espece  du  genre  Dufonrca,  il  ignore  s'il 
faut  laisser  celle-ci  dans  le  inome  groupe  ,  ou  si  elle  peut  consti- 
tuer  un  genre  nouveau.  "' 

227.    Observations    sur    des   vegetaux  de  la   Perse    et    de 
i.'AsiE  mineure,  d'apres  les   herbiers  rapportes  par  Olivier; 
par  J.  J.  ViREY.  [Journ.  de  Pharm.,  mai  1 82^ ,  p.  209.) 
Dans  celte  notice ,  M.  Virey  fait  connaitre,  d'apres  les  note^ 
d'Ollvicr,  les  nomsvulgaires  et  les  usages,    lant  cconomiques 
que  niediraux  ,  dc  i)hisieurs  plantes  deja  decrites  dans  les  ouyra- 
ges  de  botanlque.  11  y  a  aussi  des  indications  relatives  a  la  diffe- 
rence specifique  de  certaines  plantes  que  Ton  rapporte ,  peul-etre 
a  tort ,  aux  types  donnes  par  Tournefort   et  par  ceux   qui  ont 
ecrit  sur  la  botaniquc  de  I'Orient. 

Quant  aux  usages  cconomiques  de  certaines  plantes,  on  rcmar- 
que  ceux  des  racines  Aq  Leontice  Leontopctalum  L.,  nomme 
Mom^/t'par  les  Orientaux ,  et  des  tiges  de  \ Anabasis  aphylla, 
qui  sont  employees  pour  degraisser  les  schalls  de  Cachemire  et 
pour  blanchir  le  linge.  Une  autre  espece  CC Anabasis  (  A.  tama- 
risnjolia ,  Car.  icon.,  f.  283 )  est  usitee  pour  la  teinture  en  rouge 
d'Andrinople. 

Les  autres  plantes  mentionnees  p.ir  M.  Virey  sont  employees 
comme  aii.nons  ou  comme  medicamens  :  ainsi  plusieurs  jujubiers, 
pistachiers  et  amandiers  sauvages,  fournissent  des  fruits  qui, 
s'ilsetaient  cultivcs  ,  seraient  susceptlblcsd'ameliorations.  G...N. 

228.  EssAi  siiR  LA  Crvptocamie  dcs  ecorccs  exoliqiies  offici- 
nales; par  A.  L.  A.  Fee  ,  pharinacien  ,  mcmbre  adjoint  de  I'A- 


Botanique.  ayS 

cadriuic  roy.ile  de  medecine,  etc.  Un  vol.  gr.  m-l\°. ,  orne 
de  3o  pi.  color.,  donnant  pres  de  i3o  especes  de  plantes  cryp- 
loganies  nouvelles.  (Exiralt  du  Prospectus^ 

Le  but  de  I'atiteur,  en  decrivant  les  cryptogames  dcs  ecorces 
exotiques,  a  etc  d'ajouter  aux  caractercs  pliysiques  dcja  connus 
des  caracleres  tires  An  fades  cryptogaiDirjue,  et  d'ajouter  ainsi 
an  perfectionnement  de  la  inatiere  medicale.  Get  ouvrage,  dont 
I'Acadeniie  de  medecine  a  agree  la  dedicace ,  et  sur  lequel  I'ln- 
stilut  a  fait  un  rapport  tres-bienveillant ,  a  acquis  una  importance 
botanique  que  M.  Fee  ne  s'etait  point  flatte  de  pouvoir  lui  don- 
ner.  Plus  de  200  especes  de  plantes  cryptogames  nouvelles  ,  de- 
crites  avec  soin,  et  dont  les  deux  tiers  ont  etc  figurees  avec  un 
rare  talent  par  HI.  Poiteau ,  sont  venues  grossir  la  liste  des 
etres. 

Lesgravures,  qui  si  souvent  augmenlent  sans  ulilite  reelle  le 
prix  de  certains  ouvrages,  sont  indispensables  dans  un  livre  de 
botanif[ue  du  genre  de  celui  que  nous  annoncons.  Quelle  que  soit 
I'exaclifude  des  descriptions,  on  echouerait  souvent  dans  la  de- 
terminalion  d'une  plante  cryptoganie  si  les  figures  fideles  ne  fa- 
cilitaient  ce  travail.  «  Les  figures  peintes  par  M,  Poiteau,  sous  la 
direction  de  M.  Fee,  a  dit  M.  Mabel,  rapporteur  de  I'lnstitut 
sur  le  manuscrit  qui  lui  a  ele  soumis,  sont  si  exactes  pour 
le  ton  de  coiileur,  les  contours  et  les  details,  qu'il  ne  parait 
guere  possible  de  mieux  imiter  la  nature. »  On  assure  que  le 
graveur  ne  sera  pas  au-dessous  du  peintre.  Le  desir  de  surpasser 
ce  qu'ont  fait  en  ce  genre  les  botanistes  des  autres  pays,  aux- 
quels  nous  n'avions  a  opposer  que  les  figures  de  champignons 
dc  Bulliard,  servira  a  entretenir  rcniulation  de  Tauteur  et  a  lui 
faire  obtenir  les  suffrages  du  public. 

Conditions  dk  la  souscription.  UEssai sur  la  cryptogarnie 
ties  ecorces  exodques  officinales  formera  i  vol.  in-4°.  de  ioo  p. 
de  texte  environ,  imprime  sur  beau  papier  saline,  orne  de  3o  pi. 
mises  en  couleur  et  retoucliees  an  pinceau.  Le  {)rix  de  I'ouvrage 
sera  de  36  fr.  sur  papier  fin,  de  72  fr.  sur  papier  velin  satine, 
dont  il  ne  sera  tire  qu'un  Ires  petit  nombre  d'exemplaires.  L'ou- 
vrage  sera  divise  en  six  livraisons  de  C  Ir.  cbacune;  ellcs  parai- 
Iront  a  six  scinaincs  ou  deux  mois  d'ialervalle.  La  i"^".  livr.  doit 
t'trelivroe  aux  souscriptcurs  en  juillet.  Apres  la  publication  de 
la  3*^.  livr. ,  la  .souscription  sera  feriuec  ,  et  le  prix   du   volume 


2^6  BoUinique. 

sera  portc  a  48  fr.  sur  papier  fin,  ct  a  96  fr.  sur  velin.  La 
lisle  des  souscripteurs  sera  inipriince  a  la  fin  du  volume  sous  le 
litre  de  Liste  tics  soiiscripteiinfonddteiirs.  On  devra  af'Crancliir 
I'argent  el  ajouter  2  fr.  pour  Ic  recevoir  franc  de  port  dans  les 
departeraens,  et  4  fr-  pour  raffrancliisscment  a  I'etrangcr. 

On  souscrit  a  Paris ,  sans  rien  payer  d'avancc  ,  chcz  I'auteur , 
rue  de  la  Chaussee-d'Antin,  n°.  34 ;  chez  Firmin  Didol  et  chez 
Crevot. 

229.  NouvELLES  DE  M.   BoNPLANi).  (  Extrait  d'unc  Icltre  parti- 
culicjv.  )  Rio-Janeiro ,  le  9  avril. 

Je  me  suis  procure  pendant  men  sejour  dans  ce  pays  ,  des 
iiouvelles  assez  detaillees  sur  les  cvencmens  du  Paraguay,  ou  re- 
gne  loujours  le  D"^.  Franzia.  Yoici  ce  qui  me  parait  de  plus  po- 
sitif  sur  le  sort  de  M.  Bonpland ,  qui  a  excite  un  si  vif  interct 
en  France,  en  Artgleterrc,  et  partout  oii  Ton  a  connu  ce  voya- 
geur  courageux  et  instruit.  II  y  a  environ  deux  ans  et  demi  que 
M.  Bonpland  ctait  a  Santa-Anna ,  sur  la  rive  orientale  du  Rio- 
Parana.  II  y  avail  etabli  des  plantations  de  matte  ou  the  du  Pa- 
raguay. II  fut  enleve,  a  onze  hetircs  du  matin  ,  par  un  poste  de 
800  hommes  des  troupes  du  H^,  Franzia.  On  detruisit  scs  plan- 
tations, qui  etaient  dans  relat  Ic  plus  floiissant;  on  s'cinpara  de 
la  personne  de  M.  Bonpland  et  des  faiaillcs  indieniics  que,  par  la 
douceur  de  son  caracteie  et  les  avantages  d'une  civilisation  nais- 
sante,  il  avail  atlirees  auprcs  de  lui.  Quelques  Indicns  se  sau- 
■verenl  a  la  nage  ,  d'autres,  qui  resistercnt,  furcnt  massacres  par 
la  troupe.  M.  Bonpland ,  cliargeanl  sur  ses  epaules  une  partie 
de  ses  precieuses  collodions  d'histoire  nalurelle,  fut  conduit  a 
I'Assomption  ,  capitale  du  Paraguay  ,  el  envoye  de  la  dans  \\n 
fort  en  quality  de  medccin  de  la  garnison  ;  on  ignore  le  temps 
qu'il  est  resle  dans  cct  cxil;  mais  on  assure  que  dopuis  il  a  ete 
rappele  pres  du  I)''.  Franzia,  dirrcleur  supreme  du  Paraguay, 
et  dirif^e  sur  un  autre  point  pour  surveiller  une  communication 
comraerciale  entrc  Ic  Paraguay  et  le  Perou,  peut-etrc  du  cote 
de  la  province  des  Chiquitos  ct  de  Santa-Cruz  de  la  Sierra. 
M.  Bonpland  doit  y  terminer  les  Iravaux  d'une  grandc  route, 
on  meme  temps  qu'il  se  livrcra  a  ses  reclierclies  dc  bolanique. 
Les  amis  de  M.  Bonpland  se  flattcnt  dc  I'espoir  que  les  demar- 
ches du  gouvernement  francais,  celles  de  I'Institut  ct  de  M.  dc 
Humboldt  ne  scront  pas  sans  succes.  Le  general  Bolivar  a  aussi 


Zoologie.  277 

^crit  une  lettre  au  directeur  supreme  du  Paraguay,  dans  laquelle 
il  reclame  notre  compalriote  comme  Tami  de  sa  jeunesse,  et  dans 
les  termes  les  plus  affectueux.  Si  M.  Bonpland  est  assez  lieureux 
pour  revoir  sa  patrie,  il  pourra  repandre  une  vive  lumiere  sur 
des  conlrees  enlierement  inconnues  jusqu'ici.  (^Moniteur ,  ^5 
juin  i82.4-  ) 

I'io.  Des  nouvelles  de  Rio  de  Janeiro  du  24  avril  annoncent 
que  M.  de  Langsdorff  etait  sur  le  point  d'entreprendrc  un  grand 
Toyage  dans  rinlerieur  de  I'Amerique.  Les  cabinets  de  TEurope 
peuvent  beaucoup  attendre  de  ce  collecteur  cgalement  actif  et 
intrepide  qui  sera  encore  seconde  par  plusieurs  preparateurs 
firancais  et  allemands. 

ZOOLOGIE. 

23l.    EXTRAITS   DES    LETTRES    BE    MM.    KuHL    ET    VaN -HaSSELT, 

sur  plusieurs  animaux  vertebres.  [Allg.  Konst  en  Lctterbode , 
1822.) 

Buitenzoi-g{^i\ya),  2  mars  iSai.' — M.Reinwardt  n'ayant  paseu 
le  temps  de  s'occuper  d'icLthyologie ,  il  reste  encore  tout  a  faire  ici 
pour  cette  branclie  de  la  zoologie;  aussine  negligeons-nous  rien 
pour  augmenter  notre  collection  de  poissons,  et  nous  designons 
aussi  toutes  les  espcces  que  nous  pouvons  nous  procurer.  Deja 
nous  avons  une  nouvelle  espcce  du  geni'e  Galcns,  un  nouveau 
Dentex ,  un  nouveau  Pagrus,  etc. ;  mais  nous  espcrons  faire  une 
recolte  plus  considerable  ezi  poissons ,  et  autres  animaux  de  mer, 
au  ff^yn/i00j>s-jBai,  que  nous  nous  proposons  d'explorer^  aussi- 
bien  que  les  baies  du  detroit  de  la  Sonde;  apres  cela  nous  visite- 
rons  rintcrieur  da  Bajitnm.  Depuis  notre  arrivee  a  Java,  tsutes 
les  belles  ct  grandes  espcces  do  IIt';i"ons  et  Cigognes  que  nous  vi- 
mes  en  abond;ince  tlans  les  champs  de  v'vi,  ont  disparu,  el  nous 
n'y  voyons  plus  dc  Bccassines.  C'est  a  Malacca  qu'clles  pas- 
sent  la  saison,  a  ce  que  Ton  nous  dit.  Un  des  oiseaux  les  plus 
comrauns  de  Java  est  le  Teinia  de  Levalllant  (i).  Yous  serez  sur- 
pris  du  grand  nombre  d'especes  nouvelles  de  Pigeons  qu'on 
trouve  ici,  ainsi  qucdc  leurbeauto.  J'ai  vu  M.  Diard  :  ila  decou- 

(1)   (jlaiicopis  t'ai'ians  Tcm.  Corviis  raiians  Lnlli. 


2tj3  Zoologie. 

vert  g  Sumatra  quatre  nouveaux  Gibbons  (i).  Selon  le  irierue , 
Y Argus  est  commun  dans  cette  ile;  et,  ce  qui  est  une  notivolle 
Lien  intcressante,  le  Paou  sauvage  de  Java,  decrit  par  vous 
(M,  Temininck),  forme  une  espece  particuliere  et  differciile  de 
iiotre  Paon  ordinaire  sauvage  au  Bengalee  Le  Cerf  dc  Java  ,  que 
les  voyageurs  n'avaicut  pas  cru  different  dii  Cerf  dliurope, 
forme  une  espece  tres-dislincte  (2).  Nous  avons  tue  aussi  deux 
Sangliers  inconnus  en  Europe. 

Btiitenzorg ,  le  10  juin  1821,  ibid.  —  L'analogie  des  formes 
exterieures,  quelque  imporlante  qu'elle  soit  en  zoologie  pour  la 
classification  methodique  dcs  especes,  parait  absolumenl  nous 
quitter  pour  les  oiseaux  des  genres  Sylvia ,  Muscicapa  ,  Mjio- 
thera,  Nectarinia  et  Melliphaga,  ct  il  faut  avoir  recours  a  I'ana- 
tomie  pour  ne  pas  s'y  tromper.  Tous  les  veritables  Souiinangns 
de  Java  se  nourrissent  d'araignecs,  detlaignant  le  sue  dcs  fleurs; 
ct  c'est  aussi  la  manierc  de  vivre  de  deux  grandcs  especes  que 
nous  avons  determinces  a  Amsterdam.  (^Nectarinia  lu//giroftris 
111.,  et  inornata  Tem.  pi.  col. )  Rien  en  ornitliologie  ne  nous  a 
plus  frappes  que  de  retrouver  ici  de  vrais  Fourmiliers  [Myiothe- 
ra  Illig.  )  tels  qu'on  n'cn  connaissait  qu'en  Amerique  (3).  Ces 
oiseaux  n'habitent  pas  les  forets  de  la  plalne,  et  ce  n'est  qu'en 
approchant  des  montagnes  qu'on  les  rencontre.  Depuis  le  pi'd 
jusque  presqu'au  sommet  du  mont  Sa/ac,  nous  avons  vu  cinq  de 
ces  especes  assez  rapprothccs  du  Mjiothcra  auiiia,  de  Cayenne  ; 
elles  se  ticnnent  tonjours  sur  le  sol,  parrni  les  broussailles  four- 
rees.  Elles  sont  du  nombre  des  oiseaux  omn  i vores ;  car  nous  avons 
trouve  dans  leur  estomac  dcs  colcopleres,  des  graincs,  des 
fruits  mous,  et  meme  dcs  Grenouilhs.  Ccpendant  une  de  ces 
cinq  especes  ne  parait  vivre  que  de  Blattes;  voila  pourquoi  nous 
I'avons  nommee  M.  blattivora. 

Le  Pitta  cynnura  est  trcs-commun  a  Java.  Ses  liabitudes  ne 
different  pas  de  celles  des  Fourmiliers  proprcment  dils,  mais  a 

(i)  C'est  une  erreur  ,  car  des  3  especes  envoye'es  au  Museum  de  Pa- 
ris il  n'y  en  a  qu'une  noiivelle  ,  le  Simia  syiiilactylus.  Raflles. 

(a)  C'est  le  Census  Hippcfaplioi ,  Cuv. 

(3)  Depuis  le  depart  dc  M.  Kulil,  les  envois  de  M.M.  Reinwardt,  Di.nrd 
et  Duvauccl  ont  dcjy  procure  plusieurs  de  ces  Fourmiliers  a  nos  col- 
lections, dont  quelques-uns  out  etc  figure's  el  decrits  dans  les  pi.  col. 
de  MM.  Temminck  et  Laugier,  ct  dans  les  Zoolog.  Researches  de 
M.  llorsfield. 


Zoologie.  271) 

toiile  autre  noiirrilnre  il  parait  preferer  les  pelits  inollusques 
terrestres;  et  cc  lal  clans  I'estornac  d'un  de  ccs  oiseaux  que  nous 
avons  decouvert  I'autre  jour  un  nouveau  genre  de  coquilles. 

Trois  autres  especes  forment  une  subdivision  du  genre  Myio- 
thera,  dont  nous  ne  connaissons  pas  de  representans  en  Aineri- 
que.  Elles  sont  omnivores,  et  leur  longue  queue  ainsi  que  leurs 
habitudes  les  rendent  voisines  du  genre  Turdits,  dont  elles  ont  a 
peu  pres  le  bee.  Enfin  nous  avons  separe  encore  une  division  dans 
cette  I'amille  intermediaire  entre  les  Bees-fins  et  les  Fourmiliers  ; 
carellereunit  a  la  forme  des  premiers  le  plumage  et  lescouleurs 
desderniers,  tels  que  du  TetemnBuit'.  Ces  especes  sont  insecti- 
vores,etn'habitcntqueles  halliers  tres-fournis  de  Roinmala.  Tons 
les  oiseaux  de  cette  famille  ne  vivanl  que  dans  les  forets  epaisses  , 
il  est  assez  naturel  qu'on  n'en  trouve  pas  dans  les  cabinets  d'Eu- 
rope;  mais  il  se  pourrait  que  M.  Reimvardt  vous  en  eut  envoye, 
car  il  a  eu  a  sa  disposition  des  cbasseurs  habilcs  qui  ont  parcouru 
pourlui  aussi  les  forets  des  montagnes. 

Nous  avons  sept  especes  du  genre  Nectaiinia ,  commun  dans 
les  contrees  habitees;  la  belle  espece  rouge  a  mouslaches  bleues 
(  Nectarinia  mystacalis.  Tern.)  est  une  des  plus  ordinaires.  On 
n'en  trouve  pas  au  milieu  des  forets;  et  c'est  aussi  le  cas  pour 
les  Corbcaux,  dont  nous  avons  deux  especes  nouvelles  (1),  et 
pour  les  Colombes ,  et  autres  oiseaux  habitans  des  plalnes.  Au 
reste,  on  aurait  tort  de  croire  qu'on  ne  devrait  pas  entrer  dans  les 
lorets  epaisses  pour  augmenter  ici  ses  collections  ornithologi- 
ques,  car  c'est  la  justement  qu'on  pent  s'attendre  a  la  rccolte  la 
plus  riche  (2^.  II  y  a  grand  nombre  de  nos  nouvelles  especes  de 
Muscicnpa ,  Lanius  ^  Tardus  el  Edolius ,  qui  ne  sortent  jamais 
de  ces  forets;  c'est  aussi  vrai  pour  deux  nouveaux  Coiiroucous , 
qui  sont  dans  notre  collection  (3).  Les  especes  d'un  nouveau 
genre  voisln  de  celui  des  Be?-geronettes  (/()  ne  quittent  pas  les 
bords  de  ruisseaux.  C'est  encore  dans  les  fon'^ts  qu'on  doit  clier- 

(1)  On  les  connait  de'j;"i  en  Europe. 

(2)  11  parait  que  ce  passage  ne  doit  etre  entcndii  que  des  forets  si- 
tuees  au  pied  des  montagnes  ,  car  il  est  exprcssemcnt  dit  dans  une  des 
letlre.s  suivantes,  i[un  sur  la  hauteur  des  montagnes  les  bois  ne  sont 
pre.sque  plus  liabites  \yir  les  animau.x  vertebre's. 

(3)  Deja  connus  en  Europe. 

(4)  C'est  probablemeut  du  genre  Z','«(ci/r(ti  ,  Tern.  ,  que  Ton  jiaile 
ici. 


280  Zoologie. 

clicr  les  especes  superbes  du  genie  Coracias ,  avec  rincom- 
])arable  C.  jniella  Latli ,  et  le  Cor.  sinensis  L. ,  ainsi  que  Ics 
Jegions  de  Karbus.  Presqiie  tous  nos  Pigeons  sont  nouveanx. 
\J Hemipodius  Fui^nax  Tem.  est  tres-commun  a  Java;  scs  habi- 
tudes sont  a  peu  pres  cellcs  de  notre  Caille,  et  ses  ceufs  ne  dif- 
ferent absolument  pas  de  ccux  de  ce  gallinace.  Nous  avons  les 
squelettes  des  Gallus  Banhiva  et  J'urcatus;  mais  malgre  toutes 
nos  recherches  et  nos  demandes  nous  n'avons  pu  trouver  encore 
le  G.  gigantcus.  II  est  assez  remarquable  qu'on  ne  voie  pas  ici 
non  plus  le  G.  ecnitdatits,  ni  sauvage,  ni  en  etat  de  domesticite;  ce 
n'est  peut-ttre  qu'une  variete  accidentelle  de  nos  basses-cours.  Au 
rcste  le  G.  Ban/>iva  est  tres-rare  a  Java ,  mais  le  Jurccitus  au  con- 
traire  est  tres-comrauu  dans  les  bois.  L'animal  que  nous  avions 
nomme  Meles  Icucauchen  a  Amsterdam ,  et  dont  nous  ne  savions 
pasia  patric,est  undesmamraiferes  les  plus  communsde  Java  (i). 
Nous  avons  trouve  une  autre  espece  voislne;  et  ces  deux  especes 
doivent  former  un  genre  intermediaire  entre  celui  des  Blai- 
rcaux  et  celui  desGloutons. 

•xZi.  Remaeques  sur  de  pretendus  fossiles  humains,  par 
M.  G.  CuviER,communiquecsa  I'Academie  royale  des  Sciences. 
On  parlait  depuis  long-temps  de  squcleltcs  humains  incrustcs 
dans  un  rocher  de  la  cote  de  la  Guadeloupe,  et  dont  11  avait 
etc  dtpose  mi  au  Bluseum  britanniqne.  Le  ministre  do  la  ma- 
rine ayant  bien  voulu  douner  des  ordres  pour  en  faire  appor- 
ter  un  autre  au  cabinet  du  roi,  M.  Cuvier  I'a  presente  a  I'Aca- 
demie, et  a  fait  voir ,  par  les  coquilles  terrestres  et  marines 
toutes  semblablcs  a  cellcs  de  la  cote  environnante^  ainsi  que  par 
la  situation  dans  laquolle  sont  ces  squelettes  ,  que  la  pierre  q-ii 
les  enveloppe  est  d'origine  moderne,  et  le  produit  de  quelques 
sources  incruslantes  qui  coulent  vers  cct  endroit. 

II  a  aussi  lu  ua  niemoire  sur  des  tetes  huraaincs  d'une  epais- 
seur  monslrueuse  ct  d'une  durcte  excessive,  qui  ont  passe  aux 
yeux  de  quelques  autours  pour  des  petrifications ,  et  mcme  pour 
des  restes  d'une  ancicnne  race  de  geans  :  Tunc  d'elles ,  Irouvee 
en  Champagne,  est  celebre  depuis  long-temps  ,  et  a  ete  gravee 
plusieurs  fois;  I'autrc  a  ele  tiree  d'un  ossuaire.M.  Cuvier  a  etabli 

(i)  C'est  le  Mephitis  jcwancniis  Dtsm.  Maini'n.  y,88  ,  H/jthius  mc.'i- 
ceps,  Fr.  Cuv. 


Zoolo2ie.  28 


'{7 


que  toutes  deux  sont  des  tetes  defiguiees  par  une  m;iladie  des 
OS  que  Ton  nomme  la  maladie  eburnee,  et  qu'elles  viennent 
menie  assez  probablement  d'enfans  a  I'age  oil  ils  changeaient 
de  dents.  Aucun  de  ces  fails  ne  peut  done  etre  cite  conime  preuve 
qu'il  existerait  des  ossemens  buniains  dans  les  couches  ancieunes 
et  regulieres.  (  £xt.  du  compte  rendu  des  trcwaux  de  V Acad,  des 
Sciences,  pour  Vannee  1823.) 

233.  Sun  UNE   TETE  EMBAUMEE   d'uN    HABITANT   DE  LA  NOUVELLE- 

Zelande.  (  Ann.  des  Scienc.  Nat. ,  mai  1824,  p.  71.) 

Maintenant  que  les  relations  avec  les  iies  de  la  mer  du  Sud 
sont  tres-frequentes  ,  il  est  parvenu  dans  nos  collections  d'Eu- 
rope  un  grand  nombre  de  tetes  embaumees  des  habltans  de  la 
Nouvelle-Zelande.  La  plupartsont  remarquables  par  leur  belle 
conservation  en  ineme  temps  que  par  la  simplicite  des  moyens 
tonservateurs  dont  se  servent  ces  insulaires.  Les  chairs  ne  sont  ni 
decolorees  ni  tannees ,  ni  I'evetues  d'un  enduit  capable  de  mas- 
quer les  traits  de  la  figure;  et  long-temps  apres  la  mort  de  celui 
qui  a  subi  une  semhlable  preparation ,  il  est  tres-facile  de  le  re- 
connaitre.  Les  momies  d'Egypte,  enduites  de  bitume  et  recou- 
vertes  de  langes;  celles  des  Guanches,  conservees  dans  des  sacs 
decuir,ne  peuvent  done  soutenir  la  comparalson  avec  celles 
d'un  peuple  encore  sauvage. 

Lorsqu'au  port  Jackson  je  vis  pour  la  premiere  fois  de  ces 
tetes  ainsi  preparees,  frappe  de  leur  etat  de  fraicheur,  je  cher- 
chai  a  savoir  par  les  Anglais  qui  frequentent  souvent  la  Nou- 
velle-Zelande,  oil  ils  ont  meme  un  etablisscment,  quels  etaient 
les  moyens  dont  sc  servaient  ces  insulaires  pour  arriver  a  cette 
conservation  :  ce  fut  en  vain,  je  ne  pus  rien  apprendre  de  bien 
satisfaisant  a  ce  siijet.  Mais,  vu  la  civilisation  peu  avancce  de 
CCS  peupladcs,  ou  doit  presumer  que  tout  leur  art  se  reduit  a 
bien  pen  de  chose ,  et  qu'il  sulfirait  de  les  voir  agir  une  seule 
fois  pour  faire  avec  succes  en  Europe  I'application  de  leurs  pro- 
cedes.  Le  climat  et  la  temperature  doivent  y  entrer  pour  bien 
peu.  D'ailleurs,  en  cela,  la  Nouvelle-Zelande  a  beaucoup  de  rap- 
ports avec  certaincs  contrees  tcmperees  de  I'Europe.  Ce  precede, 
une  fois  connu ,  pourrait  etre  employe  pour  les  corps  des  souve- 
rains  et  des  princes,  qu'on  pourrait  alors  sc  dispenser  d'cnfer- 
mer  dans  des  cercueils,  envcloppes  de  tous  les  aromates  qui 
servent  aux  cnibaunicmcns. 


282  Zoologie. 

Les  IN'ouveaux-ZtMandais  s'onient  la  figure  d'une  singulicrc 
facon.  Le  niol  tatauagv  ,  iloiit  on  se  scrt  ordinaireinent,  nc  rend 
pas  ici  la  cliose,  puisque  ce  sont  de  |~rofondes  ciselurcs  symc- 
triques  et  agreabieincnt  dessinees,  dont  les  chefs  plus  parlicu- 
Jierement  se  couvi'ent  toute  la  face  et  le  front.  C'est  dans  les  sil- 
lons  de  ces  incisions,  qui  doivent  etre  tres-doulourenses  a  fairc, 
qu'on  Insinue  unc  couleur  ordinairement  iioiriitre.  L'uniformite 
de  ces  dessins,  dont  les  cercles  viennent  aboutir  pres  du  nez  , 
fait  que  les  tetes  ainsi  ornees  se  ressemblent  presque  toutes.  Les 
cheveux  ,  tres-touffus,  plus  ou  nioins  frises,  quelquefois  presque 
crepus,  la  barbe  et  la  moustaclic,  sont  tres-adlierens  an  lissu 
cutane. 

Les  tt'tes  ainsi  preparees  sont  celles  des  clicfs  qui  ont  succoni- 
be  dans  les  combats  que  se  livrent  ces  insulaircs  encore  pcu  ci- 
vilises. EUes  servent  de  trophees,  et  les  vainqueurs  les  vendent 
asscz  facilement  aux  Anglais.  C'est  par  I'occipital ,  dont  on  agran- 
di  le  trou  de  maniere  a  pouvoir  y  introduire  le  poing  ,  que  se 
vide  le  crane.  Ces  peuples  connaissent  aussi  I'art  de  conserver 
dcs  cadavres  entiers.  Un  des  voyageurs  de  VUrnnie  en  a  vu  un 
ainsi  prepare  au  ])ort  Jackson,  et  qu'on  vendit  un  prix  cnorme. 

Plusieurs  Nouveaux-Zelandais  que  nous  avons  vus  a  Sydney 
nous  ont  prtisente  le  type  d'une  belle  race,  forte  et  vigoureuse  , 
-susceptible  d'arriver  promplement  a  un  haut  point  de  civilisa- 
tion. La  couleur  de  la  pcau  de  ces  insulaircs  est  d'un  blanc  jau- 
natre;  ils  ctaient  simplement  couverts  de  ces  belles  eloffes  fa- 
briquees  dans  leur  ile  avec  le  Phormium  tenet x. 

Nous  terminerons  la  cette  note  parce  qu'incessaminent  de 
nouvcaux  details,  accompagnes  de  dessins  d'apres  nature  ,  vont 
etre  donnes  sur  ce  pcuplc  par  le  capilaine  Freycinet,  dans  la 
partie  liislorique  du  voyage  de  XLiunic. 

Les  tetes  bien  conservees  de  IVouveaux-Zelandais  sont  encore 
fort  clieres  ;  nous  en  avons  vu  eclianger  deux,  en  Amerique, 
contre  un  equivalent  de  trois  mille  francs. 

Le  capitaine  Freycinet  en  a  depose  une  dans  les  galerics  d'a- 
nalomic  comparee  du  Jardin  du  Roi.  ]\L  Leon  IJufour ,  mcdccin, 
vient  de  publier  unc  notice  sur  une  qu'il  a  recue  nouvelleracnt. 
^ojy;;  les  Annates  des  Sciences  naturclles ,  mat  182,',,  page  71. 

Q..Y. 


Zoologic.  285 

234.  QUELQUES  OBSERVATIONS  NOUVELLES  SUR  LES  OrNITHORHYN- 

QUEs,  (  ydnfi.  des  Sciences  naturelles ,  mai  1824  ,  p,  74.  ) 
La  singuliere  orcj-anisation  de  ces  animaux,  qui  Ics  fait  tenir 
tout  a  la  fois  des  uiamiuiferes  et  des  oiseaux  ,  et  qui  force  pour 
ainsi  dire  de  creer  une  ciasse  uouvelle  pour  eux,  a  occupe  et 
occupe  encore  les  maitres  de  Ja  science  zoologique.  On  connait 
les  travaux  de  Mfll.  Gcol'froy  Saint-Hilaire  ,  de  Blainvillc,  etc., 
a  ce  sujet. 

M.  Van  der  Hoeven  (  iVoiyz  Jcla  Natur.  cur.,  t.  XI,  part,  a'^., 
J).  358)  a  rccueilli  tons  les  travaux  qui  out  ete  fails  par  les  na- 
turalistes  sur  rOrnithorliynque. 

Mais,  parmi  ces  travaux,  aucun  fait  positif  ne  vient  terminer 
la  grande  question,  encore  indecise,  de  savoir  si  cet  animal  pond 
des  oeufs  ou  non.  En  attendant  que  ce  point  soil  eclairci,  un 
autre,  qui  etait  encore  en  litige,  vient  d'etre  mis  liors  de  doule 
par  les  nouvelles  observations  de  M.  Meckel.  II  s'agit  de  I'appa- 
rci!  venimeux  que  M.  de  Blainville  a  le  premier  signnle  a  I'ertjot 
de  chaque  pate  de  derriere.  Cet  anatomiste,  n'ayant  pu  alors  ob- 
server cet  organe  que  sur  une  peau  dessecliee,  admeltait  que  la 
cavite  de  I'aiguillon  devait  contenir  une  vesicule  terrninee  par 
un  canal  aboutissant  a  I'ouverture  externe,  sans  pouvoir  dire  si 
plus  profondement  il  cxistait  un  organe  secreteur  du  venin. 

M.  Van  der  Hoeven  s'est  eleve  contre  I'opinion  de  M.  de  Blain- 
vdlc.  II  dit  qu'il  lui  a  etc  impossible  de  trouver  une  ouverture 
exterieure  sur  la  corne  de  rOrnithorhynque  roux;  mais  il  a  vu 
un  petit  trou  a  celle  de  rOrnilhorhynque  brun. 

Voila  oil  en  etaicnt  les  clioses  lorsque  de  nouveaux  fails,  trans- 
mis  par  les  redacteurs  des  Annates  des  Sciences  naturelles ,  sont 
venus  confirmcr  les  observations  que  M.de  Blainville  navailfait 
qu'indiquer,  pour  ainsi  dire ,  vu  I'etat  d'imperfection  des  parties 
sur  lesquellcs  il  avail  opere. 

«  M.  Breschet  a  recu  une  lettre  do  M.  Meckel ,  par  laquclle  ce 
savant  anatomiste  lui  apprend  que  I'organe  veneueux  ne  consisle 
pas  en  une  simple  vesicule  contenue  dans  Teperon  ,  mais  bien  en 
une  giande  de  la  giosseur  de  la  glande  sous-maxillaire  de  I'liom- 
nie,situee  lelong  du  femur.  Enfin  il  est  arrive  dernierement  a 
I'aris  un  travail  de  M.  Robert  Knox  ( Voyez  le  Bulletin  Au  niois 
de  Janvier,  n".  127  )  tout-a-lait  identique  avec  celui  de  M.  Mec- 
kel; et  ce  Mnnoirc  est  accompagne  d'unc  figure  qui  represintc 


3(S4  Zoologie. 

laghinde  dans  sa  position  iiaturelle,  aiusi  que  Ic  canal  qui  abou- 
tit  a  I'epcron. 

M  L'existence  d'un  appareil  de  venin  organise  a  la  maniere  de 
tous  les  organes  du  mcmc  genre,  ayant,  comme  M.  Blainviile  I'a 
fait  voir,  un  canal  ct  une  ouverture  extcrieure  situee  dans  I'epc- 
ron, parait  done  demontroc  dans  I'Ornithorliynque.  » 

]\ous  ajouterons  quo  le  venin  de  cct  animal  n'a  pas  une  Lien 
grande  action  sur  rhomrnc,  car,  depuis  qu'on  prend  des  Oriii- 
thorlivnqucs,  nous  croyonsqu'il  ne  s'cst  presente  qu'un  accident 
peu  grave  do  blcssure  ,  et  nicnie  au  port  Jackson  il  n'est  point 
encore  populaire  que  cet  ergot  soit  venimeux.  Nous  avons  eu 
trois  Ornitliorliynques  de  militaires  qui  les  avaient  eux-memes 
pris  dans  les  rivieres  des  raontagnes  Bleues,  et  qui  ne  nous  ont 
point  iadique  qu'ils  fussent  susceptibles  de  bless er  grievement. 

Q..V. 

235.  Memoire  sur  les  cocuons  marrons  des  Antilles  ;  lu  a 
I'Academie  royale  des  sciences  ;  par  M.  Moreau  de  Jonnes. 
(  Extrnit  du  Comptc  jendii  des  travaux  de  V Academic  des 
Sciences ,  pour  I'annec  iSaS. ) 

Les  premiers  historiens  des  colonies  europcennes  en  Araerique 
nous  assurent  que  les  Espagnols ,  lors  de  leur  etablissenient 
dans  les  Antilles,  y  laclierent  un  certain  nombre  de  Coclions  qui  y 
pulluierent  promptement ,  et  y  furent  la  souche  d'une  race  sau- 
vage,  nommee  cochons  marrons,  qui  afourni  pendant  long-temps 
une  grande  rcssource  alinientaire,  mais  ([ue  le  ])cu  de  soins  don- 
iics  a  sa  conservation  a  laissc  enlicrcnient  dttruirc  dans  presque 
toutes  les  iles. 

D'un  autre  cole,  on  sait  qu'il  cxisle  en  Amerique  un  genre 
de  quadrupedcs  connu  sous  le  nom  de  Dirolyle  ou  de  Pcrari, 
voisin  des  Cochons ,  mais  qui  s'en  distingue  par  un  orifice  glan- 
duleux  perce  sur  le  dos ,  par  des  defenses  courtes  et  droites  ne 
sortant  pas  de  la  bouche  ,  et  par  )c  manque  de  queue  et  d'un 
doigt  interne  au  pied  de  derriere. 

Ces  animaux  sont  aujourd'liui  confines  sur  Ic  continent ;  mais 
il  parait  qu'il  y  en  a  cu,  au  nioins  nionientancmcnt ,  a  Tabago , 
^ct  pcut-ctre  dans  quelqucs-unes  des  iles  voisincs. 

I-cs  naturalislcs  en  ont  dtcrit  exacfcment  deux  espcccs  ,  Time 
a  collier  blanc  ,  I'aulrc  a  gorge  et  levres  blanclies;  et  Ton  pour- 
rait  croirc  ,  d'aprcs  une  indication  un  peu  confuse  do   Dajon, 


Zoologie.  285 

qu'il  en  existe  unc  troisieme  ,  a  laquelle  nos  colons  de  Cayenne 
auraient  aussi  transporte  le  nom  de  Cochnns  marrons.  II  y  a  en 
efl'et  un  melange  et  des  interversions  singulieres  de  noms  dans 
les  notices  que  Ton  en  donne,  et  on  concoit  qu'il  ne  pouvait 
guere  en  etre  autrement  de  la  part  d'hommes  aussi  peu  instruits 
que  les  Dutertre ,  les  Labat  et  les  autres  moines  ou  mauvais 
chirurgiens ,  aux quels  nous  devons  les  descriptions  de  nos  co- 
lonies, de  la  part  de  gens  qui  nous  disent ,  sans  besiter  ,  que  le 
Pecari  respire  par  le  trou  qu'il  a  sur  le  dos,  et  que  c'est  ce  qui 
fait  que  ne  s'essoufflant  point  il  est  difficile  de  le  forcer  a  la 
chasse.  II  etait  done  naturel  que  M.  Moreau  de  Jonnes  trouvat 
ces  especes  confondues  dans  plusieurs  relations  j  que  souvent 
on  crut  avoir  observe  des  Cocbons  marrons  lorsque  Ton  n'avait 
vu  que  des  Pecaris,  et  que  reciproquement  ceux-ci  prissent 
souvent  les  noms  de  Cocbons  et  de  Sangliers  a  cause  de  leur  res- 
semblance  avec  ces  quadrupedes  d'Europe.  Remarquant  done 
que  plusieurs  relations  attribuent  des  Cocbons  marrons  a  des 
lies  ou  a  des  endroits  du  continent  oil  nul  motif  n'avait  pu  faire 
porter  nos  Cocbons  d'Europe  ,  et  a  des  epoques  si  voisinos  de 
cellcs  de  la  decouverte  ,  qu'il  etait  presque  impossible  qu'ils  s'v 
fijssent  multiplies  ;  voyant  qu'une  espece  de  Pecari  parait  por- 
ter aussi  dans  une  de  nos  colonies  le  nom  de  Cocbon  marron 
\\  en  conclut  que  les  animaux  nommes  ainsi  ,  et  autrefois  si 
nombreux  dans  les  Antilles  ,  n'etaient  point  d'origine  euro- 
peenne  ,  mais  appartenaient  a  cette  grande  espece  de  Pecari 
dont  on  n'a  connaissance  que  par  I'indication  de  Bajon.  Peut- 
etre  celte  conclusion  est-clle  juste  pour  plusieurs  ilcs;  mais 
il  est  difficile  qu'elle  ne  paraisse  pas  uu  peu  trop  generale, 
surtout  relativement  aux  Cocbons  marrons  de  la  Martinique ' 
dont  Dutertre  dit  expressc'ment  qu'ils  sont  amies  de  deux' 
horribles  dents  bouclees  commc  des  comes  de  Belicis  ,  caractere 
I)ropre  a  nos  Sangliers  d'Europe ,    mais  que  n'ont  pas  les  Pe- 


cans. 


2^6.  Materiauxosteologiques  pour  skrvir  a  lhistoire  de 
PLUSIEURS  MAMMiriiREs  FossiLEs ;  par  le  D"'.  Gounruss.  (  iVm-. 
act.  jjhjs.  incd.  Acad.  Cces.  Loop.  Car. ,  1821,  t.  X  ,  i)art.  2  , 
p.  455;  et  1823  ,  t.  XI ,  part  2  ,  p.  449. ) 

Dans  le  premier  article  du  premier  meinoire(i82i),  M.Gold- 
fuss  decrit  une  l.'te  complete  d'un  Elan  fo^^Wc  (Cen-us  ff/ffa,Ueus) 


aSf)  Zoolngie. 

(lont  I'espece  fst  perilue.  Elle  est  caract^risee  par  im  andouUler 
place  immediatement  au-dessus  de  la  couronne  ,  ct  dirige  en 
avant.  Cettc  tete  a  cte  trouvt-e  en  1800  siir  les  Lords  de  I'lss,  et 
pies  d'Einmericli ,  dans  im  terrain  sablonneux  ,  oil  Ton  a  egale- 
nient  rencontre  des  iirnes  et  des  casse-tetes  en  pierre. 

Dans  le  second  article  I'auteur  decrit  une  portion  de  crane  ct 
le  bois  d'nn  Cerf  fossile,  troiive  dans  les  forlificationsde  Cologne, 
a  '20  pieds  sous  terre,  dans  une  couclie  de  sable  d'ailuvlon,  et 
rien  n'a  pu  faire  remarqucr  qne  ce  sable  ait  ete  jamais  remue 
par  la  main  de  rhoinme.  Ce  bois  ne  difiere  essentielleinent  de  ce- 
lui  de  Cerf  commun  que  par  un  plus  grand  ecarlement  entre 
les  deux  tiges  de  ce  dernier,  et  une  direction  ])lus  liorizonlale 
dans  celles  du  fossile;  niais  coinme  ces  caracteres  varient  beau- 
coup  dans  le  premier,  il  est  a  prcsumcr  que  le  fossile  appar- 
tient  a  la  meme  es])ece. 

Dans  le  Iroisieme  article  il  decrit  une  molaire  d'Eleplumt 
qui  ressemble  entierement  a  celle  de  I'espece  d'Af'rique,  mais  on 
ne  connait  point  son  gisement. 

Dans  le  quatrieme  ilfait  connailreune  tele  entiere  de  Lion  fos- 
sile (  Fclis  spelcea  )  dos  cavernes  de  Gailenreuth.  Elle  approche 
le  ])lus  pour  la  forme  de  celle  de  la  Pantliere,  mais  elle  est  beau- 
coup  plus  grande,  egalant  presque  celle  du  Lion  vivant. 

L'auteur  ajoutc  a  ces  quntre  articles  quelques  reflexions  sur 
IV'poque  de  I'exislencc  de  ces  animaux,  et  il  pense  qu'ils  ont  ve- 
eu  en  Allemagne  a  une  epoque  peu  cloignee  de  nous.  II  cite  a  ce 
sujet  un  passage  d'une  ode  en  ancienne  langue  allemande, 
connue  sous  le  nom  de  Nibelungenlied ,  ou  il  est  fait  mention 
d'une  chasse  dans  laquelle  on  a  tue  plusieurs  animaux  remarqua- 
bles,  et  notamment  deux  carnassiers,  dont  I'un,  appele  le  Derni- 
Loup,  est  sans  aucun  doute  I'llyene,  qui  portc  encore  aujour- 
d'huicenoni,  ct  qui  sc  trouve  fossile  dans  les  cavernes  deGallcn- 
rcuth,et  dont  I'aulre  qui  est  appele  un  Z/o«,  s'y  trouve  egalement 
fossile.  Les  autres  animaux  qui  ont  ete  tues  sont  :  le  Jf  isriit^ 
VEUh,  YUorcX.  le  Schclch,  dont  le  premier  parait  elre  le  Bison, 
k"  second  VElan  d'Europe,  le  troisierae  {'Aurochs,  et  Ic  qua- 
trieme V  Elan  fossile.  Enfin  on  y  cite  encore  VOurs  ct  le  Songlier. 

Dans  le  premier  article  du  second  memoirc  (1823),  M.  Gold- 
fnss  donne  la  description  de  la  tcte  fossile  d'une  espece  de  Loup 
(  Cnnis  spcUeus  )  des  cavernes  do  Gailenreuth.  Elle  a  la  plus 
grande  rcssemblancc  avec  la   I  ete  du  Loup  ordinaire,  et  n'en 


Zoologie.  *          287 

differe  esscntiellenient  que  p;ir  un  museaii  pins  court,  et  une  plus 
grande  largeur  du  palais. 

Dans  le  second  ariicle  il  dccrit  tine  fete  d'llyene  fossile 
(  Hjasna  spetcea  )  des  memes  cavernes,  et  qui  ;ipproche  plus  de 
\'H.  Crocuta  que  de  XH.  striata ,  comme  d'ailleurs  M.  Cuvier  I'a 
deja  fait  remarquer.  La  serie  des  raolaires  superieures  de  cliaque 
cote  forme  un  arc  plus  convcxe  que  cliez  \'H.  Crocuta  ;  le 
front  entre  les  apophyses  malaires  est  plus  large;  les  arcades  zy- 
gomatiqties  sont  plus  fortes  et  plus  ecartees  en  arriere,  et  les  os 
soiit  en  general  plus  epais.  Tous  ces  caracferes  iurli([uent  que 
I'animal  elait  plus  fort  et  plus  carnassier  que  1'^.  Crocuta.  On 
en  trouve  aussi  dans  les  cavernes  de  Sundwig. 

L'auteur  fail  dansle  troisieme  article  quelques  remarques  sur 
les  differentes  cavernes  de  Gailenreutli  et  de  Sundwig.  Les  pre- 
mieres forment  plusieurs  chauibres,  dont  qiielqucs-unes  sont  pla- 
cces  au-dessous  des  autres,  et  toutes  conimuniquent  entre  elles 
par  des  couloirs  plus  ou  nioins  etroifs.  C'est  dans  ces  differentes 
excavations  que  se  troiivent  pele-mele  les  ossemens  de  tous  ces 
aniniaux.  On  en  a  deja  enleve  une  tres-grande  quantite,  et  I'amas 
en  est  encore  si  grand,  que  plusieurs  centaines  de  chariots  iie 
sufTiraient  pas  pour  I'enlever  en  en  tier. 

M.  Buckland,  en  decrivant  les  cavernes  a  fossiles  de  Rirkdale, 
prouve,  pour  ainsi  dire  jusqu'a  I'evidence,  que  les  ossemens  y 
ont  ete  transportes  par  des  Hyenes  qui  habitaient  autrefois  ces 
antres.  Un  grand  nombre  de  ces  os  laissent  encore  voir  des  signes 
non  equivoques  qu'ils  ont  ete  rouges.  Cette  opinion  ne  peut  pas 
etre  appliquce  aux  os  des  cavernes  de  Gailenreutli,  puisqu'on 
n'y  en  a  ])oint  encore  trouve  qui,  indiquassent  qu'ils  ont  ete  rou- 
ges; niais  on  n'en  a  egalement  pas  trouve  qui  aieut  ete  roules. 

En  admettant  que  le  nombre  des  individus  dont  les  ossemens 
se  trouvent  dans  les  cavernes  de  Gailenreuth  s'eleve  a  1,000, 
on  pourrait  etablir  entre  les  diverses  especes  les  proportions  sui- 
vantes  :  Hjcena  spclcea  aS,  Canis  spelceus  5o,  Felis  spelaia  7.5, 
Gtilo  spcla^us  3o,  Ursus  priscus  10,  Ursiu-  arctoideus  Go,  et 
Ursus  spelceus  800.  On  y  trouve  aussi  quelcjues  fragmens  d'os 
d'oiscaux,  et  d'autres  petits  ossemens  dilfuiles  a  determiner. 
Esper  a  pensc  que  ces  deruiers  pouvaient  avoir  appartcnu  a  des 
reptiles  et  a  des  poissons.  On  n'y  a  point  encore  remarcjuc  de 
debris  d'hcrbivores  ;  on  pretend  cependant  avoir  trouve  autrefois 
des  dents  A'Elc'p/ians  et  une  vcrttbre  figurce  par  Esper,  laquelle 


'j8S  '       Zoologic. 

paraitetre  celle  d'lm  Rhinoceros.  Les  ossemens  de  Cerfs,Ae  Che- 

vreuils ,  de  Renards  el  de  Blaircaux ,  laissent  voir  distinctemcnt 

qu'ils  y  ont  ele  transporlcs  accidenlellemcnt  dans  dcs  temps  ino- 

dernes. 

L'auteur  expllque  rexistence  d'un  si  grand  nonibre  d'osse- 
mens  dans  Ics  cavcrnes  dc  Gailcnreulli,  par  Tcffet  de  grandes 
inondatlons  qui  y  ont  transporte  les  corps  plus  ou  nioins  entiers 
de  ces  animaux.  II  trouve  la  possibilite  dc  son  liypothese  ,d'abord 
dans  la  situation  de  la  chaine  de  montagncs  dans  laquelle  ces  ca- 
pites sont  creusees.  Cetle chaine  est  placee  entre  deux  bassins  qui 
etaient ,  selon  son  opinion  ,  des  lacs  separes  par  ces  montagncs 
<:omine  par  une  digue.  Si  les  eaux  de  ces  lacs  se  sont  eleves  suc- 
cesslvement ,  les  animaux  qui  liabitaicnt  cette  digue  ont  du  se 
retirer  dans  les  parties  les  plus  elevees  du  terrain,  oii  ils  ont  en- 
fin  ete  enleves  par  les  eaux,  et  traines  dans  des  tourbillons  qui 
ont  du  s'etablir  au-dessus  de  ces  grotles  ,  par  les  eaux  qui  s'y 
precipiterent ;  et,  quoique  les  corps  aient  ete  transportes  par  les 
eaux,  leurs  os  n'ont  point  souffert  par  le  frotlement,  s'etant  en- 
core trouves  enveloppcs  dans  les  chairs.  II  explique  ainsi,  par 
des  inondations  succcssives ,  les  diverses  superpositions  des  os  et 
du  terrain  qu'on  observe  dans  ces  cavernes. 

Quant  aux  ossemens  qui  se  trouvent  dans  la  caverne  de  Simd- 
wig,  il  pense  qu'ils  y  ont  ete  apportes  par  dcs  animaux  carnas- 
siers,  de  menie  que  cela  parait  avoir  cu  lieu  pour  les  cavernes  de 
Kirkdale,  car  on  y  reraarque  de  meme  des  signes  qui  prouvcut 
d'une  manlere  evidente  qu'ils  ont  ete  ronges. 

On  ne  connaissait  point  encore  de  Sanglier  fossile.  M.  (iold- 
fuss  donne ,  dans  le  qualrieme  article^  la  figure  et  la  description 
d'un  fragment  de  machoire  inferieure  d'un  dc  ces  animaux,  qu'il 
appclle  6us  pri.srus,  trouve  dans  la  caverne  dc  Sundwig,  et  qui 
dit'ierc  de  la  machoire  du  Sanglier  ordinaire  par  une  plus  grande 
lonr-ueur  et  une  moindre  largcur  dans  sa  parlie  anlerieurc. 

II  decrit,  dans  le  cinquieme  article,  une  seconde  niolaire  iVKlr- 
phant,  qui,  comme  la  premiere,  ressemble  entiercment  a  celle 
de  I'espece  vivante  d'Atrique.  EUe  a  etc  trouvee  sur  les  bords  de 
la  Ruhr  en  Westphalie.  On  en  rencontre  d'ailleurs  assez.souvent 
dans  la  vallee  du  Rhin,  sur  les  bords  du  Weser,  eu  Westphalie  , 
et  surtotit  pros  de  Worms. 

Le  sixiemc  article  est  relatif  a  une  portion  dc  machoire  infe- 
rieure d'un  Caitor  lossile,  trouvee  dans  la  vallcc  dcTocnnisstein, 


Zoologie.  289 

pres  d'Aiidcrnach  ,  dans  un  tuf  calcaire  recouvrant  le  trass. 
On  trouve  dans  le  meme  gisement  des  ossemens  do  Chevaux  et 
de  Ceils. 

L'aulenr  joint  a  ccs  deux  memoires  des  figures  litliogra])hiees 
faites  avec  beaucoup  de  soin,  et  reprcscntant  tons  les  objets  qu'Il 
decrit.  S.  s. 

aSy.  Memoire  sur  l'oologie  ou  sur  les  oeufs  des  aniraaux ; 
par  M.  Alfred  Moquin-Tandon.  [Ann.  Soc.  linn,  de  Paris  y 
i"'.  liv.,  mars  1824.) 

Le  titre  de  ce  memoire  semble  annoncer  un  travail  general  sur 
les  oeufs  des  animaux  de  toutcs  les  classes ,  et  promettre  la  des- 
cription de  leurs  formes  exterieures  ,  deleurs  couleurs  ,  ainsi  que 
le  detail  de  leur  structure  intcrieure,  et  des  cliangemens  que  le 
germe  presente  durant  les  diverses  periodes  de  I'incubation;  tels 
seraient  du  moins ,  suivantnous,  les  points  principaux  dont  on 
devralt  s'occuper  dans  un  traite  d'Oologie,  ouvrage  immense,  ou- 
vrage  utile  ,  qui  nous  manque  totalement,  puisque  les  nombreu- 
ses  recherches  de  feu  I'abbe  Manesse  ne  sont  pas  encore  livrees 
aux  attentes  des  naluralistes,  et  que  Touvrage  dont  s'occupe 
M.  Scliinz,  de  Zurich,  dont  la  publication  est  a  peine  commen- 
cee  ,  ne  doit  comprendre  que  la  description  exterieure  des  oeufs 
des  oiseaux  d'Europe. 

Mais  il  n'en  est  pas  ainsi ;  I'auteur  du  memoire  que  nous  annon- 
conss'est  borne  a  trailer  des  ceufs  des  oiseaux,  et  seulementa  pre 
senter  les  resullats  principaux  de  ses  propres  observations  et  de 
celies  des  ornithologistes  qui  I'ont  precede ,  sur  les  diffei-ences  de 
formes  qu'on  observe  dans  ces  oeufs ,  sur  le  nombre  qui  est  parti- 
culier  a  chaque  tribu,  sur  leur  grosseur  relativemeiit  a  ceile  de 
I'oiseau  qui  leur  donne  naissance,  et  sur  les  aberrations  qu'on 
remarque  dans  la  structure  de  quelques-uns. 

Apres  avoir  presente  la  definition  des  generations  vivipare  ovi- 
pare  ct  ovoviviparc,  M.  Moquin-Tandon  donne  cellc  des  wu/s 
qu' A  i\om\i\c  par/hits  ou  imparfails  ,  selon  les  divers  etats  sous 
lesquels  ils  se  rciicontrcnt.  Les  oeufs  paj-faiis  ont  une  enve- 
loppe  calcaire  solide;  tels  que  ctux  des  oiseaux  et  de  quelques 
reptiles  cheloniens  et  sauriens.  Les  ceufs  impnrfaits  ont  une  pel- 
licule  membraneuse  qui  reraplace  la  coque  ou  i'ecorce  calcaire- 
tels  que  les  ceufs  de  la  piupart  des  reptiles  ,  des  poissons  et  des 
insecles.  Les  oeufs  imparfails  vrais  sont  ceiix  de  cctte  dornicre 

I>.    ToiME    II.  If, 


ago  Zoologie. 

sorle ,  qui,  aprcs  avoir  iHc  pondus  par  rnniinnl ,  n'ont  besoin 
que  d'etre  soumis  a  la  chaleur  solaire  pour  parvenir  au  btit  que 
la  nature  se  propose;  c'est  ce  qu'on  remarque  dans  les  reptiles 
sauricns,  ophidicns  et  chc'Ioniens.  Les  neiifs  imparfnits  faux 
sent  ceux  fjui,  nu  lieu  de  produirc  immediatcment  des  iinimnux 
semblablcs  a  Icurs  parens ,  donnont  la  vie  a  des  larvos  ,  f|ui  ont 
encore  des  mutations  a  subir,  d'aiicicnnes  parlies  a  perdre  et  de 
nouvrlles  a  acquerir,  avant  d'etre  parvenues  a  leur  of  at  de  per- 
fection; tels  sont  les  ceufs  des  rejjtiles  batraciens  et  ceux  de  la 
plupart  des  insectes. 

Ensuitc  viennent  les  considerations  g^nerales  dont  nous  avons 
parle,  sur  les  ceufs  parfaits  des  oiscaux.  Puis  le  memoire  est  ter- 
mine  par  la  description,  d'apres  des  ouvrages  anterieurs,  de  diffe- 
rens  genres  de  defectuosiles  que  presentent  ces  ocufs  dans  leur 
conformation. 

Dans  un  premier  paragraphe  I'auleur  traite  des  ceufs  mons- 
trueux  a  I'exterieur,  ou  dont  la  difformite  reside  dans  la  coque, 
savoir  ,  i°.  I'oeuf  a  double  coquille  [ovum  diccluphurn),  i°.  I'oeuf 
nain  [ovum  centenium'),  3".  I'oeuf  harde  [ovum  ocehijJium)  , 
4°.  I'ceuf  informe  (  ovum  amorphum  ).  Dans  le  second  paragraphe 
il  passe  en  revue  les  ceufs  raonstrrieux  a  I'interieur,  ou  dont  la 
difformite  ne  reside  pas  dans  la  ceque ,  tels  que  i".  I'oeuf  double 
[ovum  gennriitmVYme) ,  ?/'.  I'oeuf  clair  [ovu/n  zrp/iiriu///  Pline), 
3".  I'oeuf  a  substances  etrangcres  [ovum  heterjium  ) ,  et  4".  I'oeuf 
developpe  (  ovum  pirfcuhatum^.  Ce  dernier  est  celui  dont  le  germe 
aurait  recu  un  commencemrnt  sensible  de  devcloppementau mo- 
ment de  la  ponte. 

En  resume  ce  memoire  parait  «5tre  I'extrait  d'un  article  redige 
pour  un  dictionnairc  dliistoire  naturelle,  et  presentc  tres-peu  de 
faits  nouveaux  ;  il  est  accompagn*;  de  2  ])laiirhes  litliograpliiers 
representant  des  ceufs  monstrueux.  Desm...st. 

238-  Memoire  sur  les  oisf.aux  des  environs  de  Geneve;  par 
M.  L.-A.  TVecker.  (  Mem.  de  la  Soc.  de phys.  et  d'hist.  nnt. 
de  Geneve.  Tome  2".,  i''*'".  partie. ) 

Dans  ce  memoire  M.  Necker  passe  en  revue  lous  les  oise  lux 
qui  sc  trouvent  habituelleincnt ,  p;issagerement  ou  accidenlclle- 
luent  aux  environs  de  Oenevc  Pour  ceux  qui  ne  sont  que  do 
passage  ,  il   ind!([uc    soigneuseniful   i'(Jpo([ne   de   leur   arrivee  , 


Zoologie.  2gi 

celle  de  leur  deparl  ,  t^t  les  sites  oii  ils  se  tiennent  de  preference 
pendant  leur  sejour. 

«  Le  nombre  des  espleces  reconnues  dans  le  canton  de  Ge- 
neve et  dans  les  montagnesvoisir.es  se  monte  a  24^  ,  dont  i85 
sont ,  a  proprement  parler ,  indigenes ,  et  Sj  sont  accidentelles, 

«  Des  1 85  especes  indigenes,  gS  appartiennent  a  la  plaine 
(  desqnelles  Sa  sont  stationnairos  tonte  I'annee,  et  63  sont  des 
oiseaux  de  passage  ) ;  et  enfin  11  habilent  le  lac  (  une  seule  est 
stationiiaire,  et  les  21  autres  sont  de  passage). 

»  Des  57  especes  accidentelles,  20  appartiennent  a  la  plaine, 
iG  aux  marais  et  rivages ,  et  21  au  lac.  19  especes  Irouvees  acci- 
dentellement  sur  les  inonfagnes,  dans  les  plaines  et  sur  le  lac  , 
dans  des  contrees  voisines ,  jiourraient  aussi  sans  doute  se  ren- 
contrer  aux  environs  de  Geneve;  et  alors  le  nombre  total  des 
especes  decette  residence  s'eleverait  a  261. 

»  Outre  les  passages  generaux  qui  ont  lieu  ,  conlme  partout 
ailleurs,  au  printemps  du  midi  au  nord,  et  en  automne  du  nord 
au  midi,  M.  Necker  a  observe  des  passages  particuliers  qui  se 
font  aussi  regulierement  chaqiie  annee,  au  printems  de  la  plaine 
aux  montagnes  ,  et  en  automne  des  montagnes  aux  plaines,  tels 
que  ceux  des  Cailles,  des  Grivcs,  etc. 

»  Independamment  de  ces  passages  constans  des  lieux  bas  aux 
endroits  Aleves,  et  vice  ver.'d ,  on  voit  quelquefois  des  indivi- 
dus  de  certaines  especes  qui  habitent  la  montagnc  descendre 
dans  la  plaine  en  ete  ,  comme  lej  Martinets  a  ventre  blanc  et  les 
Becs-croises;  on  en  liiver,  comme  les  Friquets  ,  les  Sizcrins,  les 
Mesanges  huppees  ,  etc.  Ces  apparitions  accidentelles  sont  dues  a 
(|uclque  iPinjis  rigoureux,  a  quelque  t'roid  subit  qui  aura  fait 
perir  les  ])lantes  ou  les  fruits  dont  ces  oiseaux  se  nourrissent, 
ou  a  de  grandes  chutes  de  neige  qui  auront  momentaneinent 
enseveli  cos  vegetans. 

»  TiCS  passages  generaux  du  nord  au  sud  ,  et  vice  versa  ,  anie- 
Ticnt  aux  environs  de  Geneve  un  certain  nombre  d'especes  qui 
peuvent  etrc  divisecs  en  3  categ.Tries  :  1".  les  oiseaux  qui  pas- 
sent  dans  le  pays  au  printemps  et  en  automne,  sans  y  siijourner, 
comme  les  Gobe-moufhes  Recfigues,  les  Herons  pourpres,  les 
Crabicrs ,  les  llirondi'lics  de  mor  Pierre  -  girin  et  Epouvan- 
tail ,  etc.;  2".  ceux  qui  arrivent  au  printemps  du  midi  pour  nichcr 
et  passer  Tcto,  et  qui  rcpartent  en  auto;nnc,  comme  les  Cailles  , 
les  Tliroiidelirs  ,  les  Mirtinets,  elc.;  3".  ceux  q-ii  n'arrivent  qii'ca 


2f)2  Zoolngle. 

automne,  passent  I'hiver,  et  retourncnt  ;iu  noid  dans  les  pre- 
niicrs  jours  du  printemps,  commc  les  Grebes,  diverses  cspc-ces  de 
Canards ,  etc. 

»  II  est  des  espcces  dont  quclques  individus  soul  stationiiairesr 
toute  I'annee ,  tandis  que  le  gros  de  I'espece  est  de  passage  :  par- 
mi  celles-la  ,  quelques-unes,  comme  les  Aiouettes,  \cs  Lavan- 
dieres,  etc.,  sont  plus  abondantes  en  elequ'en  hiver;  d'autres  , 
comme  les  Mesangcs  ,  les  Mouettcs,  etc.,  sont  au  tonlraire  plus 
nombreuses  en  hiver  qu'en  ete. 

»  II  est  quelques  espcces  qu'oii  voit  fiequemmcnt  dans  Icur 
passage  au  printemps ,  et  qu'on  ne  voit  point  a  leur  retonr  en 
automne,  comme  les  Grues,  les  Crabiers,  etc.  II  en  est  d'aulres, 
comme  les  Cicognes  blanches  et  les  Cicognes  noires,  etc.,  qu'on 
ne  voit  i^u'en  automne,  et  jamais  au  printemps. 

M  En  ete.tous  les  oiseaux  chanteurs  du  canton  de  Geneve  per- 
dent  leur  belle  voix,  et  il  regne  un  silence  complet  ])cndant  les 
grandes  chaleurs,  tout  comme  pendant  les  froids  de  I'hiver. 

»  Les  ectassiers,  qui  subissent  une  double  mue,  ne  se  presen- 
tent  ordinaircment  dans  ce  canton  que  dans  un  plumage  ou  les 
couleurs  des  deux  livrees  sont  melangces. 

»  Enhn  plusieurs  especes  d'echassiers  et  de  palmipedes  ,  qui 
sont  communes  aux  environs  de  Geneve  dans  leur  jeune  age  , 
ne  se  voient  que  tres-rareraent ,  et  (jueiquefois  mtine  ^jjoint  du 
tout  dans  leur  etat  adulte ;  tels  sont  les  Grebes,  les  Plongeons 
Gat-marins, les  Tourne-pierres, les  Goelandsa  manleau  bleu,  etc.x 

Tel  est  le  re'sume  que  nous  avons  emprunte  a  I'auleur  des  faits 
gentraux  que  presente  cet  interessant  niemoire. 

II  le  termimj  par  un  calendrier  ornithologiqiie,  qui  reproduit' 
pour  chaque  oiseau  I'expose  des  observations  dont  il  a  etc  I'ob- 
jet.  Cette  table  ne  se  rapporte  qu'aux  environs  immediats  de 
Geneve,  et  ne  comprend  pas  les  moutagnes.  On  y  irouve  pour 
chaque  mois,  d'abord  I'indication  des  passages  et  eveneinenfi 
ornithologiques  regullers  et  annuels  pour  la  plaine,  les  marais  et 
le  lac.  Une  colonne  indique  I'epoque  la  plus  hativc  oil  le  fait 
consi^ne  au  calendrier  ait  etc  observe,  avec  la  date  de  I'anni'e 
oil  I'observation  a  eulicu;il  enestde  meme  pour  I'epoque  la  plus 
tardive.  Une  troisieme  colonne  montre  I'epoque  ou  le  nieme 
fait  a  lieu  le  plus  communement  ;  la  dale  du  jour  correspond 
au  mois  sous  la  rul.i  iciue  dmpul  die  se  Irouve  jiiacee,  et  die  esli 


Zoolo'^ie.  295 

idelcrminee  en   prcnant  la    moyenne   eaUe  les  observations   en 
nieme  temps  les  plus  rapprocliees  et  les  phis  iiorabrouses. 

Les  passages  accidentels  sont  signales  ainsi  que  ceux  des  indi- 
vidus  d'especes  non  indigenes  qui  se  sont  presentes  en  troupes 
])lus  ou  moins  nonibreuses  ,  ou  qui  ont  paru  plusieurs  fois  a 
des  epoques  rapprocliees,  ou  Lien  encore  qui  se  sont  presentes 
isolenient.  Desm....st. 

a'ig.  NouvEAU  Recueil  de  planches  coloriees  d'oiseaux,  pour 
servir  de  suite  et  de  complement  aux  planches  enluminees  de 
Buffon;  par  MM.  Tewminck.  et  Meifren-Laugier.  (  Voy.  le 
Bull,  de  juin  ,  et  ceux  des  mois  precedens.) 

37*^.  livraison.  — Planche  a  16.  Rupicole  verdin,  male  adultc; 
Riipicola  viridis.  (Tcmm.)  Ue  Sumatra.  ■ — ■  PI.  217.  Breve  geant, 
Pitta  Gigas.  (Temm.)  De  Sumatra. —  Vl.  218.  Breve  cyanoptere, 
Pitta  cyanoptcra.  (Temm.)  De  Java. — •PI.  2^19.  Kamichi  Chaja, 
Palamedea  Chararia.  (Temm.)  Amerique  meridionale. — PI.  220. 
Megapodc  Freycinet  (1),  Mcgapodius  Freycincti.  (Quoy  et  Gai- 
mard.)  De  Vaigiou.  —  PI.  221.  Gros-bec  nielanote,  male;  Frin- 
gilla  melanotis.  (Temm.)  D'Afrique.  —  Gros-bec  sanguinolent , 
male;  Fringilla  sanguinolentn.  (Id.)  Du  Senegal. —  Gros-bec 
multizone,  femelle;  Fringilla  poly  zona.  (Id.)  D'Afrique. 

38^.  livraison.  —  PI.  222.  Calh.irte  moine ,  Cathartes  Mona- 
chus.  (Temm.)  Du  Senegal. — PI.  223.  Aigle  de  Mace,  jeune.  — 
PI.  224.  Caracara  funebre  ,  jeune.  —  PI.  225.  Drongo  azure,  fe- 
melle. —  PI.  226.  Gobe-mouche  chanteur,  male  et  femelle;  Mus- 
cicfjpa  cantatrix .  (Temm.)  De  Java.  —  PI.  227.  Syiiallaxe  ardent, 
Syualax  rutilans.  (Temm.)  Du  Bresil.  —  Synallaxe  albane,  Sj- 
nalax  albescens.  (Id.)  Idem.  —  Synallaxe  grisin,  Synalax  cine- 
rascens.  (^U.)  Idem. 

3()''.  livraison. —  PI.  228.  Faucon  bidente,  jeune  dc  I'annee. 
■ — -PI.  229.  Hibou  bruyanl,  jcunc  de  I'annee.  Dc  Java. —  PI.  23o. 

(i)IM.  Tcniininck  ,  dans  sa  livraison  ilu  mois  craniit  i8-,!.'5,  a  a(lo|)ti! 
cc  genre  ([ui  a  t'lc  forme  par  MM.  Quoy  et  Gainiurd  ,  siir  iin  iiuUvidu 
qu'ils  trouverent  a  la  Terre  des  Papons  en  i8i8.  Depiiis  ils  en  rencon- 
trurent  line  autre  cspecc  aux  ilcs  Mariannes  ,  ((a'iis  noniinerent  Me'ga- 
])o<3e  Lapcrouse  ,  en  Khonneur  de  I'inf'ortunc  navigateiir  de  cc  noin. 
L'elahlissenient  de  ce  nouveau  genre  est  cousigne  dans  le  Bulletin  de 
18^3  ,   tome  a  ,  n".  89J. 


294  Zoologie, 

Chouette  des  Pagodes,  adulle,  Strix  Pagoclarui/i.  (Temm.  )  De 
Java.  — PI.  I'ii.  Cymindis  bee  en  hamecon ,  jeuiie.  —  PI.  o.'ii. 
Ooq  Sonnerat.  Gnlliix  Sorinerat.  (Teium.)  De  I'Inde.  —  PI.  -I'V^. 
Poule  Sonneral.  Gallus  Sonnerat.  ( Id.  )  Idem.  Q...Y. 

240.  Dissertation  sur  le  genre  Martin  ou  Mainate  (  Gia- 
cula) ;  par  Lichtenstein.  ( Abhandl.  tier  Kocnigl.  Acad,  der 
fp'issensch.  in  Berlin,  pour  les  annees  1816  et  1817,  p.  14 3.) 

M.  Lichtenstein  compare  d'abord  les  c.iracleres  des  gpnres 
Toisins  Con'us,  Coracias,  Paradisea ,  Gracula.  II  otablit  en.suile 
les  six  especes  de  Martins  bien  constatees,  i  .  Gracula  religiosa  L., 
2°.  G.  cah'a  L.,  3°.  G.  tristis  Lath,  l^e Paradisea  tristis  Gm.,  oii  le 
Gracula  gryilivora  Daud.)  ,  4°-  G. pagodaruin  Daud.  (le  Turdim 
pagod.  L. ,  Gmel.,  Lath.  ) ,  5o.  G.  cristaiella  L. ,  G°.  G.  caruncu- 
lata  Gm.  (le  Sturnus  gallinaceus  Lath.  ,  le  G.  gallinacca  Daud.  , 
ou  le  G,  lan'ota  Shaw.  ) 

Faiite  de  descriptions  completes,  les  especes  G.  grisca  Daud.  , 
G.  ginginiana  et  malabarica  Son.^.  ,  G.  ictcrops ,  ct  G.  longi- 
rostra  Pallas,  sont  douteuses. 

Tous  les  Martins  sont  asiatiques  ;  il  n'y  a  que  le  G.  caruncu- 
tata  qui  soit  del'Afrique  meridionale. 

D'autres  Gracula  de  Linne,  et  aulres  naturnlistes,  tels  qne  les 
G.  Guiscala,  Barita,  saularis,  paraissent  a  M.  Lichlonslein  de- 
voir former  le  genre  de  Guiscala. 

V.41.  Sur  les  reptilfs  d'Autriche;  par  M.  Fitzinc.rr.  [Archiv. 
fur  Geschichte,  etc.,  p.  5o7,  5i3,  631,648,658,695,728,754.) 

L'auteur  divise  la  classe  des  reptiles  en  deux  ordies,  les  Mo- 
nopnoa  qui  respirent  par  des  poumons  seulement ,  etles  Dipnoa 
qni  respirent  par  des  poumons  et  des  brancliies.  II  separe  en- 
suite  le  premier  ordre  en  4  f^imiiles,  les  Testudinata ,  les  Loricatn 
ou  Crocodiles;  ies  Squamnta ,  qui  comprennent  les  Lczards  et 
.Serpens,  ctenfin  les  Nuda  ou  C(eciiies.  II  partage  Its Sqiiomafii, 
en  deux  sections,  les  Lacerta  ,  qui  ont  des  pieds,  et  les  Apoda 
qui  n'cn  ont  pas. 

II  divise  le  second  ordre  en  deux  families,  les  Mulabilis  et  les 
Iinmutabilis.  Les  miit.ibilis  sont  subdiviscs  encore  ei\  Anoures , 
et  Urodeles;  etles  Imiruitabiiis  sont  les  Siren. 

Tous  les  Lacerla  d'Aiilriihe  se  rapportdil  :  I.  an  genre  La- 
CERTA  jiroprcment  dil,  el  nc  roinjirf  iiiiciil  que  4  esj>tccs  : 


Zooloi^ic.  295 

1°.  Le  Lacerta  ogilis  L. ,  qui  est  le  Seps  ccniulacens ,  \e  Scps 

.  Argus  et  le  Seps  ruber  de  Laurenti;  le  Lacertd  agilis  de  Sturm; 

le  Lac.  stirpiuin  ^  le  L.  arenicola  et  le  L.  Laurenti  de  Daud.;  le 

L.  sepiuin,  le  L.  arenicola  et  le  £.  Argus  de  Cuvier;  le  Z.  agilis 

de  Merr. 

20.  Le  L.  viridis  Aldrovande,  qui  est  le  Z.  TiUguerta  dcL.,  le 
Seps  viridis,  le  .Sty?*  varius ,  le  Seps  terrestris,  et  le  6Vy^  scri- 
ceus  de  Laur;  le  L.  viridis  de  Sturm;  le  L.  viridis ,  le  Z.  T///- 
guerta,  le  Z.  bilineata  et  leZ.  sericea  de  Daud.;  le  Tiliguertao 
Caliocertula  de  Cetti;  le  Z.  viridis,  le  Z.  bilineata,  le  Z.  terres- 
tris  et  le  Z.  sericea  de  Cuvier;  le  Z.  viridis ,  le  Z.  TiUguerta  et  le 
L.fusca  de  Merrem. 

3°.  Le  Z.  crocea  Wolf,  qui  est  le  Z.  pjrrhogastcr  et  le  Z.  /wom- 
/(.'««  de  Merrem ;  le  Z.  montana  de  Mikan. 

4".  Le  Z.  muralis,  qui  est  le  ^StyAf  muralis  de  Laur.;  le  Z. 
agilis ,  le  Z.  Brongnartii,  le  Z.  maculata  et  le  Z.  lepida  de  Daud.; 
le  Z.  agilis  et  le  Z.  lepida  de  Cuv. ;  le  Z.  muralis  et  le  Z.  macu- 
lata de  Merrem. 

Les  serpens  d'Autriclie  se  reduisent  a  3  genres. 
IL  Le  genre  Anguis. 

1°.  \^' Anguis  fragilis  L.,  qui  est  \ A.  Erix  de  L. ,  YA.clivicus, 
I' A.  li/ieatus  etl'A.  //agilis  de  Laur;  V A.Jragilis,  YA.  clivicus , 
I'J.  Mcleagris  et  le  Chamesaurus  bipes  dc  Schneider  ;  V ji.fragilis 
dp  Slurm;  VA.fragilis  ,  I'^.  Erix ,  \ A.  clivicus  et  le  Seps  Schnei- 
(Ir/i  de  Daud.;  V A.Jragilis  de  Cuv.;  \ A.  Jragilis  et  1'^.  Erix 
de  Merrem. 

in.  Le  genre  Coluber. 

i".  Le  Col.  austriacus  Gmelin;  la  Coronnella  austriaca  deLaur.; 
le  Col.ferrugineus  de  Sparmann ;  le  Col.  Icevis  de  Lacep. ;  le  Col. 
austriacus  de  Sturm ;  le  Col.  austriacus,  le  Col.  thuringicus  de  Bech- 
stein ;  le  Col.  austriacus  et  le  Col.  meridionalis  de  Daud. ;  le  t'.  Icevis 
de  Cuv.;  le  Natrix  Icevl';  et  le  Nat.  meridionalis  de  Merrem. 

2".  Le  Col.  ALsculapii  Jacquin  ;  V Anguis  /Esculapii  Aldrov.  ; 
le  Natrix  loiigissima  de  Laur.;  le  Col.  flavescens  de  Scopoli ;  le  Col. 
Jlavcsrens  de  Gmel.;  le  Col.  /Esculapii  de  Sturm  ;  le  Col.  /Esculapii 
de  Lacep ;  le  Col.  Alsculapii  et  le  Col.  Scopolianus  de  Daud  ;  le  Col. 
Sellmnnni,  le  Col.  pannonicus  de  Nau;  le  Col.  /Esculapii  de  Cuv.;  le 
Natrix  /Esculapii  c\  le  Natrix  Scopolie  de  Merrem. 

3".  Col.torquatus,  le  Natrix torquatn  Aldrov.;  \e.Col.  Natrix  de 
L.;  le  Nntrix  vulgaris  et  le  N.  Gronoviana  de  Laur.-;  le  Col.  Natrix 


296  Zoologie. 

le  Co/,  arnhirus  et  le  Col.  hipcs  de  Ginelin;  le  Col.  Natrix  ct  le  Col. 
JEsculapii  fa-m.  de  Sturm ;  le  Col.  helveticus,\e  Col.  versicolor  et  le 
Col.  torqiiatiis  de  Lacep. ;  le  Col.  helveticus  et  le  Col.  versicolor  de 
Razoumovski ;  le  Col.  Natrix  et  le  Col.  helveticus  de  Daud.;  le  Col. 
Natrix  de  Cuv. ;  le  Natrix  torquatus  et  le  Natrix  hybridus  de 
Merr. ;  le  C.  JEsculapii  de  Hort. 

4".  Le  Col.  tessellatus .,  la  Coronnella  tessellata  de  Laiir.;  le 
Col.  tcssellatus  de  Gmel.;  le  Col.  hydrophilus  de  Lindacker;  le 
Col.  tesscllntus  de  Mikan;le  Col.  viperinus  He  Latrellle;  le  Col. 
viperinus  do  Daud.;  le  Col.  pseudoechidna  de  Hermann  ;  le  Col. 
viperinus  de  Cuv.;  le  Natrix  viperinus ,  et  le  Nat.  tessellatits 
de  Merr. 

IV.  Le  genre  Vipera. 

1°.  La  F.  Chcrsea,  qui  differe  de  la  V.  Bents.  C'est  le  Col. 
Chersea  et  le  Col.  Prester  de  L.;  le  Col.  Chersea ,  le  Col.  Berus , 
et  le  Col.  Vipera  Angloruin  de  Laur. ;  le  Col.  Chersea  et  le  Col. 
Prester  de  Mikan;  la  K.  Chersea,  la  V.  Prester,  la  V.  Melanis  et 
la  F.  Scytha  de  Daud. ;  la  F.  Chersea  de  Cuv. ;  le  Pelias  Berus 
de  Merr.;  le  Col.  Melanis  et  le  Col.  iiiger  de  Pallas;  le  Col.  ni- 
ger  de  Lacep. 

Les  anoures  d'Autriche  forment  4  genres. 

V.  Le  genre  Hyla. 

1°.  H.  viridis;  c'est  la  Rana  viridis  et  la  R.  arborcscens  de 
L.;  la  H.  viridis  de  Laur.;  le  Calamita  arborescens  de  Schnei- 
der; la  R.  arborescens  de  Sturm;  la  H.  viridis  de  Daud.;  la  H. 
viridis  de  Cuv.;  le  Calamita  arborescens  de  Merr. 

VL  Le  genre  Rana. 

1".  R.  esculcntn  L. 

a°.  R.  teinporaria  L.,  qui  est  la  R.  rmita  de  Laur. 

3".  7i.  alpina ,  qui  est  probablement  la  R.  alpina  de  Laur. 

VIL  Le  genre  Bufo. 

i».  Bufo  vulgaris,  qui  est  le  Rana  Bufo  de  L.;  le  Bufo  vul- 
garis de  Laur.;  le  B.  cinereus  de  Schneider;  la  Rana  Bufo  de 
Sturm  ;  le  B.  vulgaris,  le  B.  cinereus,  le  B.  Roesclide  Daud. ;  le 
B.  vulgaris  de  Cuv.;  le  B.  cineraus  de  Merr. 

2".  Le  B.  viridis  Laur.  est  Ic  B.  Schreberianiis  Laur.;  la  Rana 
variabilis,  et  la  R.  sitibunda  de  Pallas;  la  R.  viridis  de  Sturm  ; 
le  B.  viridis  et  le  B.  cursor  de  Daud.;  le  B.  viridis  de  Cuv.;  Ic 
B.  variabilis  et  le  B.  roscus  dc  Merr. 

VIII.  Le  genre  Bomhinator. 


Zoologie.  297 

1°.  Bomb,  igneus,  qui  est  la  Rana  campanisona  ^  et  le  Bnfo 
igneus  de  Laur. ;  la  Rana  vaiirgata ,  et  la  R.  bomhina  de  L.;  la 
R.  bomhina  de  Sturm  ;  le  Bujo  bovibinus  de  Daud.;  la  R.  ignea 
de  Sliaw.;  le  BuJo  bomhinus  de  Cuv.;  le  Botnbiiiator  igneus 
de  Merr. 

2**.  Bomb.fiiscus,  qui  est  le  Biifofiiscm  de  Laur.;  la  jR.  vesper- 
tina  et  la  R.  ridibunda  de  Pallas;  le  Bufofuscus,  le  ^///b  ridibitn- 
flus,  et  le  ^/{/o  vcspcrtinus  de  Schneider;  la  R.ftisca  de  Sturm  ; 
le  Bufofuscus  de  Daud. ;  le  Bufofuscus  de  Cuv,;  la  if.  vesper- 
tina ,  la  i{.  ridibunda  ,  et  le  Bufofuscus  de  Merr. 

IX.   Le  genre  vSalamandra. 

1°.  Sal.  teri-eitris  Maupertnis,  qui  est  le  Lacerta  Salaimmdra 
dc  L. ;  la  Sal.  maculata  de  Laur. ;  le  Lacerta  Salamandra  de 
Slurm;  la  Sal.  terrestris  de  D.iuJ.;  la  Sal.  terrestris  de  Cuv.;  la 
Sal.  maculata  de  Merr. 

1°.  Sal.  atra  de  Laur.,  qui  est  le  Lacerta  atra  de  Sturm. 

3°.  Sal.  cdpestris ,  qui  est  le  Triton  alpestris ,  etle  Triton  sala- 
inandroides  de  Laur.;  le  Lacerta  Triton,  et  le  Molge  alpestris  dc 
Merr.;  la  .9a/.  alpestris  de  Sclmeider ;  le  Lacerta  ignca  de 
Bechstein;  la  Sal.  rubiventris  de  Daud. 

4".  Sal.  palustris ,  le  Lacerta  palustris  de  L.;  le  Triton  atne- 
ricanus,  le  7".  cristatus,  le  T.  palustris,  le  /'.  IVurfbnini,  et  le 
7".  Carnife-T  de  Laur.;  la  .9(//.  cristnta,  la  Sal.  pruinata,  la  .9^/. 
palustris,  et  la  5fl/.  Carnife.v  de  Schneider;  le  Lacerta  cristata  de 
Bechst.;  le  Lacerta  palustris  de  Slurm  ;  le  Triton  cristatus  de 
Cuv.;  la  .9fl/.  cristata,  la  .9«/.  cincta  de  Lalreille;  la  6'rt/.  cristata 
et  la  iSW/.  cincta  de  Daud.;  Ic  Molge  palustris,  la  Lacerta  gy- 
rinoides,  et  le  Molge  fVurfbcdnii  de  Merr. 

5".  6'fl/.  aquntica ,  qui  est  la  i9«/.  tceniata  de  Schneider;  le  Z.rt- 
re/?<7  aquatica  et  le  Lacerta  vulgaris  de  L.;  le  Triton  parisinus , 
Je  Triton  zeylanicus ,  la  5'^/.  e.rigi/a ,  et  Ic  Proteus  tritonius  de 
Laur.;  le  Lacerta  tceniata  lie  Bechst.;  le  Lacei'ta  tceniata.  de 
Sturm  ;  la  6'rt/.  punctata  et  la  .9(7/.  abdominalis  de  I^atreille ;  le 
Triton  punrlatus  de  Cuv.;  la  Sal.  punctata  et  la  &//.  abdominalis 
de  Daud.;  le  Molge  punctata  et  le  Molge  cinerea  de  Merr.  S....S. 

2iJ-2.  QUEI-QUES  REMARQUES  SUK  DES   Sf.RPENS  CORNUS;  par  M.  FlT- 

ziNGER.  {^  Arch,  fur  Geschichte ,  etc.  Vicnne,  i8i3,  p.  3i  i-) 

Nous  ajoulerons  les  lenseignemcns  suivans  a  I'article  insere 
dansle  ^«//.  de  janvicr  n".  i33,  parce  qu'iis  serviront  a  rectifier 


3^8  Zoologie. 

la  synonyinie  du  Bou  Jaculus  el  de  la  V ipera  Ccmstes,  doiit  il 
*';igil  dans  le  menioire  de  M.  Fitzinger. 

L.i  premiere  espece  que  ce  savant  a  cu  I'occasion  d'observer 
long-temps  a  I'etat  vivant  est  la  meme  q\i'Aldrovande  indi- 
quait  deja  comme  ctant  souvent  artificiellement  defigiiree,  et 
qu'ilnommail//«<v«c(/7-/iOMj-.  Hasselqiiist  la  decrivit  dans  son  etat 
iiaturcl  sous  le  nom  d' .-Jngiiix  Jaculits,  et  dans  I'etat  artificiel  sous 
celui  A'Angids  Cerastes  ,\\o\\\  que  Daudin  a  conserve  ;  Olivier  la 
mentionna  plus  tard  comme  une  espece  particuliere,  sous  le  nom 
de  Boa  turcica.  Daudin  (it  eiisuile,  de  ces  quatre  especes  (  artifi- 
cielles),  son  genre  Erjx,  maintenu  par  M.  Cuvier  ;  et  enfin  Mer- 
reni  en  fit  deux  genres ,  le  Tortrix  et  VEryx. 

Quant  a  la  Vipera  Cerastes,  il  est  a  rcmarqner  qu'il  existe  en 
Egypte  un  serpent  ,  qui  n'en  difTere  que  par  I'absence  de 
cornes,  L'auteur  pense  qu'il  serait  possible  que  ce  ne  fussent 
que  des  varietes  d'age  ou  de  sexc  de  la  meine  espece.  Ce  ser- 
pent estle  meme  que  le  Cerastes  Previni  et  le  Cerastes  ex  Libjo 
d'Aldrovande,  le  Coluber  cornutus  d'Hasseiquisl  ,et  qu'il  nomme 
plus  tard  Col.  Cerastes.  Latreille,  Sonnini  et  Daudin,  le  place- 
rent  dans  le  genre  Vipera,  sous  les  noms  de  V.  Cerastes  et  de  V. 
eomuta.  Cuvier  lui  conserva  le  nom  donnepar  Latieille,  et  Mer- 
rem  eufin  le  placa  dans  son  genre  Echidna.  S.  s. 

243.  Observations  stjr  lk  genre  et  les  especes  de  Trigles, 
vivans  dans  la  Moditerraaee ,  sur  les  cotes  de  Nice  ;  par 
M.  Risso.  (  Ann.  Soc.  linn,  de  Paris ,  i^^.  livr. ;  mar-s  1824.) 

Apres  avoir  brievement  rapporte  les  caractcres  du  genre  Tri- 
gla ,  31.  Risso  decrit,  avec  asscz  de  details,  dix  especes  de  pois- 
sons  des  cotes  de  Nice  ,  qui  en  font  parlie. 

Ces  especes sont :  10.  Trigla  Lyra,  Rondelet,  235,8.  2°. T.  aclria- 
tica^  Rond.  232,3.  3".  T.  6'«tM/«i ,  Rond.  227,2.  4°.  I-  Lucerna, 
Rond.  a34,7.  5°.  T.  Cavillone ,  Rond.  233,3.  6°.  T.  Hirundo , 
Rond.  225,1.  70.  T.  Gurnardus,  Risso,  Ich.  de  Nice,  207,5.  8°.  T. 
Corpus,  Rond.  233,6.  g°.  T.  microlepidota,  Risso.  10.  T.  Garru- 
lus,  Risso. 

La  phrase  caracteristir|ue  du  TtiiGLA  microlepidota,  espece 
iiouvelle,  detrite  dans  ce  tnemoire  pour  la  premiere  fois  ,  est  : 
T.rostro  sinuato ,  prolongo ;  lined  latcrali  nutticd  ;  squainis par~ 
vis;  pinnis  pectoralihus  inagnis ,  vireseentibus ,  ceendeo  guttatis. 
PD  i«--9.  D.a"— 16.  P— II.  T— 6.  A.— 15.  C  — 11.  MB— 7. 


Zoohgie.  299 

Ce  poisson,  long  de  4  cenUmetres,  sejourne  dans  les  rocliers  peu 
j)r<)fon(]s.  II  apjiarait  sur  les  totes  de  Nice,  depuis  jiilii  jusqu'eii 
novembre. 

I.e  Trigla  Garrulus  ,  autre  espece  nouvelle,  est  aitisl  carac- 
terisee  :  T.  ro.stro  suhquudrato  ,  paulb  sinuato  corpore ;  squ(imu 
acideis  ;  pinnis  pectoralibus  jiiagnis ,  supra  griseii  ;  subtiis  vt'res- 
centej'u&co, guttata.  PD  i"  • — 9.  D  1"  — 1 5.  P — 11.  T — 6.  A — 1 5. 
C — II.  MB — 6.  On  le  tiouve  depuis  mars  jusqu'en  juin  dans 
les  endroits  oil  le  fond  de  la  mer  est  plat  et  garni  de  gravier. 

Dans  son  Iclithyologie  de  Nice,  M.  Risso  n'avait  decrit  que 
sept  especes  de  Trigles.  II  n'y  avait  compris  ni  les  deux  especes 
dont  nous  venons  de  rapporter  les  phrases  caracteristiques;  ni  le 
Trigla  Cavillone  de  Pvondelet ,  auquel  il  atlribue  le  diagnose 
suivant  :  T.  rostro  suhquadrnto  ;  corpore  squamis  inagnis,  rubris , 
scabris;  radio  primo  piiiiid  donall  dcntkulato  ;  pectoraldms  in~ 
coloi-ibus ,  vir-escente  carecgatis  (1  1. 

II  n'y  admettait  pas  nou  plus  le  Trigla  Corvus  de  Rondelet 
(ju'il  distingue  ainsi  :  T.  rostro  truncato ,  utrinque  denticulato } 
f'ronte  gibbosa  ;  corpore  glabra ,  griseo  argenteoque  vario ; pinnis 
pectoralibus  virescentibus  coeruleo  limbatis.  ■• 

D'une  autre  part,  il  comprenait  dans  son  Iclithyologie  une  es- 
pece qu'il  ne  tomprend  pas  dans  sa  Monogtaphie  ,  ceile  du 
Trigla  pini  de  Bloch ,  pi.  355.  Desm...st. 

244'  Ouvrage  sur  les  Mollusques,  annonce  par  la  Gazette  lit- 
teraire  de  Londres  ,  5  juin  iSa/f 
M.  John  Edward  Gray  se  propose  de  pubiier  i)ar  souscription 
une  suite  de  monograpliies  des  genrei  de  mollusques,  avec  des 
j)lai)chespour  ciiac[ue  section  et  pour  toutes  les  nouvelles  espe- 
ces. L'ouviage,  lorsqu'il  seia  complet,devra  contenir  I'histoirede 
toutes  les  especes  connues  de  coquillages  et  de  inollusc|ues  vivans 
et  fossiles.  Chaque  partie  se  vendra  separeuient  et  formera  un 
ouvrage  a  part.  L'auteur  assure  qa'il  a  ete  amene  a  ce  mode  de 
])!'.blication  par  les  plaintes  qu'on  a  elevecs  avec  raison  contre  le 
jiian  peu  scientiilque  que  la  plupart  des  natur.dislcs  out  rcM:em- 
iiient  suivi  dans  leurs  ouvrages  sur  la  conchyliologle. 

(i)  II  a  reconnu  <(necc  poisson  a  3  rayons  lihres  aiix  nagcoires  j>ec- 
toralcs  ,  ct  aon  7.  sctdement  corume  Fvuadclet  Tavait  annoiicti. 


5oo  Zooloj^ie. 

n!fS.  De  lorganisation  kxterikuke  uks  C;iipnAt.oPoiiEs,conipn- 
ree  avec  celle  des  divers  poissons;  par  M.  Latreii.le.  [Mem, 
tie  la  Soc.  d'hist.  nat. ,  torn,  i  ,  part.  2 ,  p.  afiy.) 
Lebut  que  se  propose  le  celebre  enloraologiste  auleur  de  cc 
memolrc  est  de  montrer  que  les  rapports  d'orgjanisation  interne 
qui  lient,  plus  qu'aucune  des  autres  classes  des  invertebros,  les 
Cephalopodes  aux  poissons,  ne  sont  point  les  seals  motifs  d'ani^- 
logie  qu'on  puisse  admettre  entre  eux.  II  en  trouve  dans  les  or- 
ganes  exterieurs ,  1".  avec  les  Synbranclies,  de  la  famille  des 
Murenes,  par  I'ouycrture  extcrieure  desbrancliies  qu'on  observe 
a  la  gorge  ou  sous  la  tete  de  ces  poissons ,  caractere  qui  se  re- 
trouve  dans  les  Cephalopodes;  2°.  par  les  expansions  en  forme 
d'ailes  produites  par  les  nageoires  pectorales  seules  ou  combi- 
nees  avec  les  ventrales,  et  qui  s'observent  chez  les  poissons  car- 
tilagineux,  surtout  chez  les  Squatines ,  les  Rales,  les  Moles; 
3".  par  le  raccourcissement  du  museau  de  certains  poissons  et  la 
ressemblance  des  machoires  des  Diodons  avec  une  sorte  de  bee 
de  Perroquct,  analogue  aux  deux  fortes  dents  de  la  bouche  des 
Cephalopodes,  les  uns  et  les  autres  ayant  d'aillcurs  une  langue 
herissee  de  ppintes  cornees;  4°.  par  la  ressemblance  entre  les 
longs barbillons  des  Silures  et  desCastrobranches,  etles  bras  des 
Calmars  et  des  Scches,  qui,  chez  ceux-ci  et  chez  certains  Ptero- 
podes,  represcntent  ces  barbillons  plus  developpes  et  appropries 
a  d'autres  fonctions;  5".  enfin  par  les  rapports  entre  la  piece 
calcaire  ou  membraneuse  interne  des  Cephaloj)odes  et  les  os  de 
poissons  carlilagineux  :  d'ou  ce  savant  conclut  que  les  premiers 
de  ces  aniniaux  tiennent  de  prcs  aux  poissons  par  plusieurs  de 
leurs  caractcres  exterieurs.  F. 

246.  Notice  sur  les  Etheries  Irouvees  dans  le  Nil ,  par  M.  Caii.- 

LiAun,  et   sur    quelques  autres   Coqullles  recueillies  par  ce 

voyageuren  Egypte,  en  Nubie  et  en  Ethiopie,  par  M.  de  Fe- 

RTjssAc.  [Mcrn.  de  la  Soc.  d'hist.  nat. ,  torn,  i ,  part.  2,  p.  353.) 

Nous  avons  signal«5  les  decouvertes  de   JM.  C^aiiliaud  dans  le 

Bulletin  de  1823  ,  torn.  4  ,  n".  58.  11  s'agit,  dans  le  meinoire  que 

nous  annoncons,  des  £theries  rapportees  par  ce  voyageur.  M.  dc 

Ferussac  rappellc  a  leur  sujet  les  autres  genres  qui ,  coinme  el- 

les ,  avaicnt  ele  crus  uniquemcnt  marins,  lels  que  les  Moules ,  les 

Modioles  et  Ks  Corbules;  il  rapporle  ensuite  les  renseignifhien.", 

fournis  par  M.  Cailliaud  sur  les  parties  du  Nil  ou  cllcs  se  rcii- 


Zoologie.  DO  ? 

coiitrent ,  et  les  usages  auxquels  les  eiuploient  les  habitans  cle  I'E- 
tliiopie,  renseignemens  pour  lesquels  nous  renvoyons  a  rarticle 
cite.  II  examine  ensuite  si  Ton  doit  placer  les  Etheries  dans  ki  fa- 
mlUe  des  Games  ou  dans  celle  des  Huitres  ,  et  pense  qu'il  faut 
pour  se  decider  altendre  I'observation  de  leur  animal.  Enfin, 
apres  avoir  montr<5  que  les  quatre  especes  de  ce  genre,  decri- 
tes  par  M.  de  Lamarck  ,  doivent  se  reduire  a  deux,  il  donne  \a 
nomenclature  de  ces  especes  ainsi  qu'il  suit  : 

i.Etheria  Lamarchii.  Eth.  eUlptica  et  Trigonuln Lam.  Coquille 
exiremement  rare  et  fort  precieuse. 

i.Eth.  Calllinudi.  C'est  I'espcce  du  Nil,  dont  on  ne  conaait 
qup  les  individus  rajiportes  par  M.  Cailliaud. 

3.  Etli.pluuihea.  Eth.  semlluuata  et  transversa  Lam.  Coquille 
rare  et  precieuse. 

Ce  memoire  est  termine  par  I'indication  d'autres  coquilles  in- 
teressantes,  cgalement  dues  au  celebre  voyageur  dont  il  s'agit. 
M.  de  Ferussac  signale  d'abord  Uridine,  coquille  precieuse  que 
Ton  connaissait  cominc  veuant  de  la  Chine,  et  qui  habile  en 
abondance  le  canal  Joseph,  dans  la  Hautc-Egypte,  ou  les  savans 
de  I'expedition  d'Egypte  la  trouverent.  II  niontre  que  ce  genre, 
(jiii  ne  pent  etre  sepai'o  des  Anodontes,  a  ete  primitivement  eta- 
bli  par  Humphrey  sous  le  nom  de  Barbala,  et  qu'il  faut  i-appor- 
fcr  a  I'lridine  du  Nil,  el  comme  en  etant  synonyme,  le  Mntel 
d'Adanson  ,  espcce  qui  n'avait  point  encore  ele  reconnue  par  les 
naluralistes.  Enfin  M.  de  Ferussac  pense  qu'on  ne  peut  faire  dc 
cette  coquille  qu'une  variete  d6  Ylridina  elongata  de  Sowerby, 
ou  exotica  de  Lamarck.  L'auteur  cite  encore  ,  i".  V Anodonta  ru- 
liens  de  ce  dernier  savant ,  commune  au  Senegal ,  et  trouvee  par 
M.  Cailliaud  clans  le  Nil,  oil  elle  parait  rare;  2".  X Amjndlaria 
earinala^iS)i\y.\V.\!  Amp.  ovata'\i.\  4°-  \^  Pdludina  bidunoi- 
des  d'OIiv. ;  5°.  une  Meianie  douteuse  de  i'oasis  de  Farafre ,  et 
seulement  deux  coquilles  lerrestres,  Y Helix  irregularis  Fer. ,  qui 
peuple  a  elle  seulc  les  oasis  de  tous  les  deserts,  et  son  Helix Jlam~ 
mata ,  inconnuc  en  Egypte,  el  commune  dans  le  Sennaar  ;  co- 
quille que  Ton  ne  connaissait  auparavant  qu'au  Senegal  et  ea 
Guinee.  M.  dc  Ferussac  cite  encore  deux  especes  fossiles  pre- 
cieuses,  une  superbe  Vulselle  et  unc  Placunc  ,  trouvccs  au  mont 
Cathan ,  a  3  lieues  du  Caire. 

Ce  travail  est  termine  par  des  considerations  curieuses  relati- 
ves aux  hahitntions  des  coquilles  tcrrcstrcs  et  flnviatil  ^s,  ct  spc- 


3o2  Zoolngie. 

cial^nient  sur  les  rapports  entre  Ics  productions  de  la  vallee  dii 
Nil,  depuis  la  Nubie  ct  le  Senegal.  D. 

547.  Description  n'cxR  espece  d'Iridine,  avec  fig.  [Zoolo^. 
Journ.,  n°.  i  ;  mars  182/i  ,   p.  53  ). 

L'espece  dont  il  s'aglt ,  est  cclle  qui  a  eto  rapportee  de  I'K- 
cypte,par  M.  Cailliaud,  et  dont  il  est  question  dans  Tarlicle 
precedent.  Nous  crumes  d'abord  pouvoir  en  fiiire  une  espece  dis- 
tinclede  VcxotiiU^cX.  Tindiquaraes  sous  le  noni  i\e  nilotica  dans  le 
Bulletin  de  i8'23,  n".  .'1 ,  pag.  45.  Depuis  lors  nous  avons  pensc 
nu'elle  n'en  etait  qu'une  forte  variete.  (  Voyez  la  notice  prece- 
dente).  M.  Sowerby ,  auquel  nous  avons  envoye  cetle  belle  co- 
quille,  pense  quelle  est  distinctc  de  Vexotica,  et  la  decrit  coinme 
telle  ,  en  lui  conservant  le  nom  que  nous  Ini  avons  d'abord  im- 
pose; la  principale  difference  entre  ces  deux  coquilles  est  que  les 
dentelures  de  la  ligne  cardlnale  sont  nulles  ou  tres-f.iibles  dans 
celle  du  IVil. 

Deux  bellesfig.  de  cette  precieuse  coquiile  accompagnent  celte 
note.  F. 

248.  Notice  stiritn  nouveau  genre  de  la  famille  des  huItres, 
qui  parait  rcellement  vivre  dans  I'eau  douce;  par  M.  de  Fk- 
nusSAC.  i  Mrinoirc  de  la  Societe  d'Histoire  rmturclle ,  torn,  i, 
part.  1 ,  pag.  2(16.  ) 

Une  coquiile  de  la  collection  de  M.  le  due  de  Rivoli ,  est 
I'objet  dc  cette  notice.  EUe  fut  remise  a  M.  de  Ferussac 
comme  etant  une  Etherie  ;  et  sa  ressemblance  exterieure  ne  lui  fit 
pas  meine  soupconner  la  meprlse  ;  mais  ,  en  I'exauiinant,  il  re- 
connut  qu'elle  s'en  distinguait  d'une  maniere  tranchde,  et  quelle 
appartenait  incontcstablement  a  la  famille  des  Huitrcs,  n'ayant 
qu'une  impression  musculaire  centrale,  ct  tons  les  autres  carac- 
feres  de  cette  famille.  Mais,  ce  qui  est  plus  important,  c'est 
qu'elle  offrait  toules  les  circonstances  d'erosion,  dc  couleur  ct 
d'aspect  des  Ktheries  ,  et  qu'elle  fut  vendue  comme  venant  du 
memelieu  qu'une  dc  ces  coquilles  (  VEth.  plumben).  U.  de  Fc- 
russac  n'hesite  pas  a  croire  qu'elle  doit  vivre  dans  I'eau  douce 
comme  celle-ci;  elle  offre  un  ligament  exterlcur  ,  court ,  lateral 
el  liiicaire,  comme  celui  des  Anodontes  et  des  Mulettcs,  et  une 
ligne  caidinale  ondulee,  ou  munie  de  fossettes  obliques  ,  oppo- 
secs  dune  valve  a  I'autre  a  peu  pres  comme  dans  les  Pernes  et  les 
Crinatulcs.  Kile  so  fixe,  a  la  maniere  des  ITuilrcs;  elle  a  un  talon 


Zoologic  3o5 

romme  elles.  M.  de  Ferussnc  en  fait  un  nouveau  genre  de  la 
famille  des  Ostraces  sous  le  nom  de  Mullerie,  MuUeria  , 
et  lui  donne  !es  caracteres  sulvans'  :  Coquille  adhcrente ,  ine- 
quivah<e  ,  incguliere ;  valves  rcunies  par  un  ligament  exte- 
rieur  court ,  lateral,  et  par  une  charniere  sinueuse ,  nwnie  de 
fossettes  obliques ,  dans  lesquelles  s'einbottent  des  proeminences 
correspondantes  ,  garnies  les  unes  et  les  autres  par  un  appcndice 
liganienteux . 

La  patrie  de  cette  precieuse  coquille  est  inconnuc. 

Celte  notice  est  suivie  de  I'cx trait  d'un  rapport  fait  par  M.  La- 
treille  ,  a  TAcademie  des  Sciences  ,  sur  son  sujet,  et  a  I'occasiou 
du  memoire  du  meme  naturaliste,  sur  les  Etlierics.  D. 

249-  Memoire  geologique  sur  les  fossiles  he  Valmondois,  et 
principalenient  sur  les  coquillcs  fossiles  perforantes,  decou- 
verlesdans  le  Gres  mariii  iiiferieur ;  par  M.  G.  P.  DESHAYEs,av. 
I  pi.  de  coquilles  et  une  coupe  lithogr.  (  Mem.  de  la  sac. 
d'hist.  nat, ,  torn,  i**^.,  part.  1,  p.  245.  ) 

M.  Desbayes,  jeurie  naturaliste  qui  s'occupe  avec  zele  de  la 
recherche  et  de  I'etude  des  coquilles  fossiles  du  bassin  de  Paris, 
a  consigne  dans  ce  memoire  les  premiers  resultats  de  scs  ob- 
servations. C'est  ainsi  que  p:ir  des  travaux  de  detail ,  exacts  et 
rediges  avec  soin ,  que  par  une  suite  de  memoires  ou  Ton  donne 
des  fails  nouveaux  et  des. observations  interessantes,on  gagne  la 
ronfiance  des  savansetl'on  elablilfolidement  sa  reputation.  Nous 
ii'envisageons  id  ce  memoire  que  sous  le  rapport  des  nouvelles 
especes  qu'il  fait  counailre;  nous  signalerons  dans  le  prochain 
numero,  a  la  geologic,  le  fait  remarquable  observe  par  M.  Des- 
liayes ,  lequel  consiste  dans  la  decouvertc,  a  Valmondois,  entre 
Pontoise  et  I'lie-Adam,  de  bancs  calcaircs  compose^  de  debris  des 
formations  siqx'rieures  et  inferIeures,soit  marines,  soil  lacustres. 
Ce  qui  ajoiite  a  la  singularite  de  ce  fait,  c'est  que  les  fragmens  de 
calcaire  grossier  et  de  calcaire  d'eau  doucasont  egalement  cribl(?s, 
et  perces  en  tons  sens  par  des  coquilles  j)erforanfe.s,  toutcs  nou- 
velles. Ces  coquilles,  an  nonibre  de  quiiize,  se  rapporlent  aux 
genres  Clavagellc,  I'lstuliine ,  Pholnde,  Saxicave,  Petricole,  Ve- 
nernpe  et  Modiole,  genres  peu  observes  encore  a  I'ctat  fossile  et 
dorit  qtielques-ims  ne  I'avaient  pas  ete  autantaux  environs  de  Pa- 
ris. Des  figiu'es  faites  avec  beaucoup  de  soin  et  bien  lithogra- 
phiees  angmentent  I'interet  de  ce  memoire.  F. 


3o4  Zoologie. 

aSo.  Caracterf.s  specifiqdes  de  pi.usieurs  coquii.i.es  qui  ne 
sont  point  decrites  ;  ])ar  W.  Swainson  ,  Esq.  J.  H.  et  Q.  S. 
(  Philos.  Mag.  andJouin. ,i\ic.  1823  ,  p.  /|Oi. ) 

Nous  avons  donne  dans  le  Bulletin  dc  1823  ,  t.  3  ,  n.  G21 ,  un 
art.  sur  unc  premiere  notice  dc  M.  Swainson,  dont  celic-ci  est 
la  suite.  M.  Swainson  decrit  encore  ici  de  nouvclles  espcces  dont 
voici  les  noms  :  Strombus  Thersiles  de  la  Nouvelle-Calcdonie ; 
Str.  galcatv.s  des  cotes  du  Perou;  Str.  integer;  Unio  cuneatus  de 
rAmeriquc  Septentrionale;  Ampidlaria  conica  ;  Aneilla  rubigi- 
nosa;  Patella  nigra  de  la  Californie  ;  Lingula  hians  ,  dont 
M.  Swainson  rnpproche  la  description  de  ceile  de  la  L.  anatinu. 
Elles  different,  selon  lui ,  en  ce  que  dans  Vhian^  rextrenutc  des 
valves,  par  oii  sort  le  pedoncule  charnu  ,  est  baiilante,  tandis 
qu'elle  ne  Test  pas  dans  Vanatina  (?).  F. 

aSi.  De  l'import\.nce  de  l'etude  des  corps  organises  vivans 
pour  la  geologic  positive  et  Description  d'une  nouvelle  es- 
PECE  DE  mollusque  testace  DU  GENRE  Melanopside  ;  par 
M.  Constant  Prevost.  {Mem.  de  la  soc.  d'hist.  nal.  torn.  1*'., 
part,  a  ,  p.  aSg. ) 

Apres  avoir  indique  les  vicissitudes  des  opinions  an  sujet  des 
fossiles  qui  couvrent  le  globe  et  inonlre  comhien  leur  etude  est 
importante  pour  la  geologic  positive ,  M.  C.  Prevost  decrit  une 
espece  de  Melanopside  qui  sc  trouve  en  abondance  dans  un  petit 
bassin  artiliciel  d'eau  iherinale  sulfureuse  de  Baden,  et  pour  la- 
quelle  il  propose  le  nom  de  Audebardi,  en  I'honneur  du  fonda- 
tcur  de  ce  genre.  II  fait  ressortir  celte  particularite  signalee  par 
M.  d'Audebard  de  Fenissac  {Mem.  geol.  i*""'.  mem.,  p.  11  ), 
qu'Olivier  a  toujo  :rs rencont  reavec  les  deux  Melanopsides  qui!  a 
decouvertcs  dans  rOrlenI,  une  espece  de  petite  Nerite  que  M.  de 
Ferussac  a  egaleinent  trouvee  en  Andalousie  avcc  ces  memes 
Melanopsides.  Le  bassipdont  il  s'agit  renfernie  egalement  une 
petite  Nerite  qui  ne  parait  pas,  a  JM.  Prevost,  differcr  dc  cclles  de 
rOrient  et  de  1' Andalousie.  II  observe  a  ce  sujet  qu'une  sembla- 
ble  association  avait  aussi  eu  lieu  avant  le  dep6t  des  terrains  tcr- 
tiaires,  coinme  le  prouvent  les  depots  d'argile  plastique  de 
Dieppe,  Soissons,  Kpernay,  oil  Ton  rencontrt  de  pelites  ne- 
ritesavec  des  Melanopsides  fossiles. 

Quanta  la  nouvelle  espece  de  Melanopside,  objct  special   qui 


Zoologie.  5o5 

nous  interesse  ici;  c'est  la  Mela/iopsis  acicu/a/is  Fer.  Monoi^r. 
p.  ii.  F. 

a5'2.  Description  d'une  nouvelle  f.spege  d'Emarginule  ;  par 
Th.  Hell,  Esq.  Y.  L.  S.  av.  fig.  (  Zoolog.  Juiirn.  ii.  i,  mars 
182/1 ,  p.  52.  ) 

L'auteiJi"   nomme  cetle  nouvelle  espece  rosea  et  la  decrit.  alnsi: 
E.  Tesld  o^'atd,  cancellald,  epiderin'ule  fiisco  indutd ,  iiitiis  ro- 
sed; vertice  acuto ,  valde  recurvo  vel  subinvoluto  ;  marglne  fisso. 
Elle  se  rapprochebeaucoup  de  VE.  Fisxurn,  maiselle  endilfere, 
selon  M.  Bell,  par  la  plus  g^rande  inflexion  du  sommet.  F. 

253.  Note  sur  une  espece  u'Acaride  qui  vit  sur  le  corps  lii,- 
rnain ;  par  M.  Bury  de  St.-Vincent.  ( Rapport  dcs  trav. 
de  V Acad,  des  Sciences ,  pour  rannee  182'i  ,  p.  /ja.) 

Une  ffinnieagee  d'environ  qiiarante  ans,  aprcs  vingt  ans  de  ma- 
ladie,  et  dont  la  meJecineavait  dcsespere,  s'etait  leinise  aux  soins 
d'un  ])raticicn  qui,  a  I'aidc  d'un  asscz  violent  remede,  pretendait 
lui  rendre  la  sante.  Elle  ne  tarda  pas  a  eprouver  uu  mieux  sensi- 
ble, mais  en  meme  temps  des  deniangeaisons  violenfes  se  firent 
eprouver  sur  toute  la  surface  de  son  corps.  Sa  surprise  fut  grande 
lorsqu'elles'ajjercnt  que  des  miliiers  de  petits  animaux  brunatro, 
prcs(]ue  imperceplibles,  sortaient  a  Tinstant  tie  toutes  les  parties 
oil  elle  s'etait  gr.tltee.  Ces  animaux,  observes  au  niicrosco|)e  par 
M.  Bory  de  St.- Vincent ,  et  au  grossissement  de  5oo  fois,  se  soni: 
trouves  desAcarides  fort  voisins  des  Ixodes,  mais  susceplibles  de 
former  un  genre  nouveau  que  caractrriserait  un  petit  sucoir,  ac- 
com[)agne  de  deux  palpes  composes  de  quatre  articles.  La  forme 
generaie  de  cet  Acaride  est  celle  dcs  genres  voisins.  La  f'enime 
qui  les  produisait  par  miliiers,  surtout  dans  les  jours  chauds,  n'a 
poir.t  communique  ces  botes  incommodes  aux  personnes  qui  la 
soignaient,  ni  a  son  mari,  qui  ne  ccssa  d'liabiter  avcc  elle.  L'a- 
mclioration  de  la  sante  de  cette  mallieurcuse  n'a  j)as  dure:  apres 
un  mienx  apparent  elle  a  succombe  a  I'erujjtioii  lies  Acaridcs  mi- 
crosco])iqufs  qn'elle  produisait.  Un  tres-beau  dessin  accompa- 
gnait  leMeniolie  de  SI.  Bory  de  St. -Vincent. 

Ce  naluralible,  (pii  ne  croit  pas  a  la  possibilio  de  la  gciieratioa 
spontanee  dans  les  animaux  articules,  pensequeles  oiul's  de  ces  pe- 
tits animaux  pouvcnt ,  commcceuxdesCyi)ij)s,  des  Abciiles  ,  etc., 
elre  fecondes  ^our  plusieurs  anaees;  qu'ds  avaieiit  etc  absorbes, 
B.  ToMK  II.  ao 


3o6  Zoologie. 

dans  eel  etat ,  ct  cpi'ils  etaient  venus  a  eclore  sous  I'l'-piderme, 
(lont  ils  sortaient  au  luoiiulre  graltcraent. 

i5!\.  Note  sun  tjne  sr,OLoi>EKDRE  d'Afkique  ;  par  M.  Worbe  , 
D.  M.  P.  {Bull,  dc  la  Soc.  Philom. ,  janv.  182/, ,  p.»i/|.) 

M.  Worbe  a  presente  a  la  Societe  une  Scolopendrc  qui  avait 
^te  trouvec  dans  un  tonneau  conlcnant  du  biscuit.  Cet  individu 
etait  loin  d'avoir  acquis  tout  son  devcloppenicnt ,  et  quoiquil 
soil  tres-petit,  M.  H.  Cioquct  le  regarde  comme  le  Scolopcndra 
morsitans  deLinne,  que  Ton  nomrac  Malfaisant  aux  Antilles  , 
et  Mille-pates  sur  la  cote  de  Guinee.  L'auteur  rapjyrte  quel- 
nues  faifs  qui  teudent  a  prouvcr  que  la  morsure  de  cet  insecte 
est  malfaisantc;  mais  il  parait  qu'en  traitant  la  plaie  avec  Tam- 
moniaque,  Ton  guiirit  assez  proinptenient  1"  malade.      Guf.r. 

955.  MoNOGRAPniE  DES  Cebrionides  (  CehrionidcE  )  ,  famille 
d'insectes;  par  AV.  E.  Leach.  [Zool.  Joiiiii.,  mars  183/1,  n".  i, 
pag.  33.) 

Cette  monograpliie,  preparee  dcs  I'anncc  i8i5  par  M.  liCacU 
pour  faire  partie  dc  ses  Melanges  de  zoologie,  yieiit  d'etre  pu- 
hliee  par  ce  savant  naturalistc  et  dedice  a  son  ami  M.  .Toliii 
George  Children. 

TVous  rcmarquerons  d'abord  que  l'auteur  atlribue  aux  insec- 
tes  de  celte  famille  (  dans  laqnclle  il  n'admet  que  les  genres  Ce- 
brion  et  Ilammonie  de  M.  Latreille,)  un  caractexe  en  opposition 
avec  celui  qu'on  leur  a  jusqu'alors  reconnu.  BIM.  Olivier  ct 
Latreille  out  place  les  Cebrions  dans  la  section  dcs  Coleoptercs 
pcntameres  ,  c'est-a-dire  de  ceux  qui  ont  cinq  articles  a  lous  les 
tarscs;  mais  M.  Leach  nc  Icur  en  trouvc  que  quatre  aux  deux 
posterieurs,  ce  qui  les  rapporte  a  la  seconde  section  ou  cello 
des  Coleoptcres  hctcromeres.  D'ailleurs  il  los  caracterisc  ainsi  : 
Corps  plus  ou  moins  inflechi  anterieuremeni ;  abdomen  souvent 
elliptique ,  un  peu  convexe  ou  trigone;  corselet  plus  large  que 
la  tete ;  ecusson  petit ;  dytres  dures,  de  la  longueur  de  I'abdo- 
men-,  sternum  variable  dans  ses  formes;  picds  assez  robustes,ayant 
les  cuisses  assez  fortes  et  comprimees;  t^lc  ovale;  ycnx  grands  , 
arrondis,  saillans;  machoires  racmbraneuses;  mandibulcs  sall- 
lantes,  assez  fortes,  ccartccs  ;  aiitennes  presquc  de  la  longueur 
du  corps ,  composecs  de  dix  articles ,  inserecs  en  avant  des  yeux ; 
levrc  infericurc  trcs  courtc;  langucltc  pourvue  d'un  appcndlce 
palpigerc ;  quatre  palpes. 


Zoologie.  3oy 

Les  genres  qui ,  suivant  M.  Leacli  ,  doivent  composer  cetle 
iainille    sonl  ainsi  caracterises  : 
*    Corselet  carre  ,  presque   anguleux  anterieurenienl ;  sternum 

prolonge  en  cwant. 
Stirps  I.  Elytres  entieres;  antennes  et  tarses  allonges: 

Antennes  ayant  leur  second  article   plus  court  que  le 
troisicme,  et  le  dernier  brusquement  termine  en  pointe. 
Genre  Analestesa  Leach. 
Antennes  ayant  leurs  second  et  troisieme  articles  egaux, 
les  autres  plus  courts  et  le  dernier  graduelleraent  atle- 
nue.  Genre  Boscia  Leach. 
"**   Corselet  transversal ,  arrondi  a?ilcrieurement ;  sternum  con- 
cave avec  ses  bards  dilates,  ou plane ,  ou  convexe. 
Stirps  IL  Elytres  entieres;  antennes  et  tarses  epais   et  courts. 
Antennes  assez  epaisses  ,  filiformes  ,  simples ,  longues  , 
avec  leurs  second  et  troisieme  articles  les  plus  courts  , 
et  le  dernier  brusquement  pointu.  Genre  CEnrao  Oliv. 
Antennes  ayant    leurs   second  et  troisieme   articles  de 
longueur  egale,  et  aussi  larges  que  longs;  le  dernier 
plus  epais  vers  son  extremite,  qui  est  brusqueinent 
terminee  en  pointe.  Genre  T-  .esia  Leach. 
•Stirps  IIL  Elytres  ecartecs  posterieurement;  antennes  et  tarses 
courts  : 

Antennes  ayant  le  troisieme  article  beaucoup  j)lus  gros 
que  les  autres,  et  le  dernier  termine  graduellement  en 
pointe.  Genre  Dumerilia  Leach. 
Antennes  ayant  leurs  second  et  troisieme  articles  egaux, 
])!-es([ue  en  massue  et  en  dehors.  Genre  Hammonia  Lat. 
Antennes  filiformes,  moniliformes,  avec  le  dernier  ar- 
ticle pointu.  Genre  Brongmartia  Leach. 
Le  genre  Analestesa  ne  comprend  que  2  especes:  le  bicolor 
(  Cebrio  bicolor  Fahr. )  et  le  testacea,  sp.  nov.,  tastacea  ,  thoracc 
s'aturatiore ,capite  fuscescente  ;  hab.  ? 

Le  genre  Boscia  renferme  3  especes  :  B.  picea,  sp.  nov.,  cor- 
pore  toto  piceo  ;  antennis ,  palpis  pedibusque  testaceis;  hab.  in 
K\wf^v.  hot. :  B.  punctata  ,  sp.  nov.,  corpore  toto  aterrimo ,  im- 
presso,punctato;  antennis, palpis  etpedihus piceis;\iah. in  Amer. 
hor. :  j5.  olivacca ,  &\).  nov.,  corpore  supra  et  infra  oUvaceo  ; 
pedibus  ,  antennis  palpisque  olivaceo-viridescentibu s ;  liab.  in 
Amer.  bor. 


3o8  Zooloiiie 


O' 


Le  genre  Cebrio  est  forme  de  '3  insectes,  le  Cehriu  Gigas  01. 
Fab.,  auquel  M.  Leach,  d'apres  M.  Latreille,  doiine  le  iiom  de 
Cebrio pronu'lus :  le  C.  Fabricii,  sp.  nov.,  ater ;  epigastro,  coxis  , 
feinoribus ,  abdomineque  tolocroceis  ;  tibiis  tciTsisque  rujisi  hab- 
in  Hispania  etLusitania:  leC.  Morio  ,  sp.  nov. ,  ctcr ;  fcmori- 
bus  utrinque  Linca  subtestacea ;  coxis  quatuor  anlicis  testaceis; 
hab.  cum  pisecedentibus. 

Le  genre  Tibesia  se  compose  du  Cebrio  rujicollis  do  Fabricius, 
originaire  de  Barbarie. 

Le  genre  Dumerillacontient  seulcmentle  Z>./^»/c/im,  sp.  nov., 
capite  nigra  ;  thorace  et  elytris  sangidneis  ;  pedibus Juscesccntibus  • 
abdomine  infra  cocrideo-nigro  nitcnte ;  hab.  in  Afric.  auslr. 

Le  genre  Hammonia  est  forme  de  \'H.  Latreillii,  qui  n'est  que 
le  Cebrio  brevicornis  d'Olivier ,  on  le  Tcnebrio  dubius  de  Rossi , 
de  la  France  meridionale  et  de  la  Toscane,  et  de  XH.  melano- 
cephala ,  sp.  nov. ,  nifescens ;  capite  nigro  ;  elytris  teniiiter 
strialis ;  thorace  nigro-punctato  ;  hab.  in  Hispania  etin  Lusitania. 

Enfin  le  genre  Brongniartia  est  compose  d'une  seule  espece  ^ 
le  £.  atra ,  sp.  nov. ,  corpora  ,  pedibus  et  antennis  atris  ;  thorace 
profundi:  iiupresso-punctato;  elytris  punctata- striatis  ;  hab.  in 
Barbaria. 

A  la  suite  de  ce  mcmoire,  M.  Leach  donne  les  caracteres  spe- 
cifiques  de  deuxColeopteres  du  genre  inedit  forme  par  M.  La- 
treille, d'apres  M.  Iloffmansegg  ,  sous  le  nom  de  Phengodes, 
et  qui  comprend  quelques  especes  de  Lam])yris ,  a  antennes 
barbues  ou  plumeuses.  Le  premier  de  cos  insectes  est  le  Lam- 
pyris  plumosa  Oiiv.,  auquel  I'auteur  donne  le  nom  de  Phen- 
godes  testaceus  ;  testaceus ;  clylris,  apicibus  aniennisqitc  fuscis  ; 
hab.  ?  Le  second  est  lo  Phengodes  flaiicollis ,  sp.  nov.,  /'uscus , 
thorace pectoreque  fuscis  ;  hab.  in  Pcruvia. 

Dans  un  prochain  ii". ,  les  auteurs  du  Zoological  Journal  se 
proposent  de  donner  les  figures  de  tous  les  insectes  dctrits  dans 
cememoire.  Desm...st. 

256.  Description  de  la  Cehmatie  longicorne,  et  de   trois 
nouvelles  espoccs  d'inscctcs  du  Nopaul;  par  le  major  general 
Thomas  Hardwicke.  {Trans.  Linn.  Soc. ,  volum.  i4j  part,    i, 
p.  i3i.) 
La  Cermatie  lorgicorne,  d(uit  il  est  question  dans  ce  memoire, 

est    le    niimc    insecte    que  nous    reconnaissous  ,  avec    M.  La- 


Zoologie.  3og 

treille  ,  pour  la  Scutigere  longlcorne.  L'auteur  en  donne  une 
longue  description,  qui  peut  avoir  son  utiiite  ,  et  une  figure 
tres-soignee  qui  I'a  necessairement.  Ensultc  il  passe  a  des  especes 
nouvelles,  rccueillies  dans  le  ]Vepaul,et  en  donne  !es  caracleres. 

Ces  especes  sont : 

i".  P.inorpe  iourc\mG  ,  Panorpa  furcata  ;  rous«;e,  antennes 
roires,  ai!es  transparcntes :  les  superieures  ayant  un  point  mar- 
ginalu    ne  bande  fourcliue  et  le  bout  noir. 

II  figure  le  male  et  la  femelle  de  cette  especc ,  et  quelques 
parties  anatomiques. 

1°.  Gcrris  a  large  queue  ,  Gerris  Inticaudata ;  rousse;  antennes 
el  tarses  noirs;  queue  bidentee  de  cliaque  cote,  portant  une  ap- 
pendice  en  forme  d'ongleen  dcssus,  el  un  petit  pinceau  on  dessous. 

3°.  Pangonie  longirostre,  Pangnnia  longirostrcs ;  vtlue  jaune- 
corselet  ferrngineux;  abdomen  d'un  bruu  nolratre;  bords  des 
segmens  jaunes;  ailes  sans  taclics. 

Les  figures  qui  acrompagnent  ce  memoire  nous  paraissent 
d'une  perfection  admirable,  et,  outre  les  especes  mentionnees, 
elles  reprcsentent  encore  des  details  anatomiques.  L,  S.  F, 

a57.  Feu  Olivier,  naturaliste  et  voyageur,  membre  de  I'lnsti- 
tut,  qui  s'etait  occupe  de  I'enlomolcgie  avec  lant  de  succes,  a 
laisse  une  coUectiou  d'insectcs  extreinement  preciouse,  mainle- 
rant  a  vendre.  Une  si  imjiortante  collection  ne  pourrait  pas  eire 
deinenibree  sans  un  grand  dommage  pour  la  science  et  pour  elle- 
raeine.  Elle  renfenne  environ  sir  mille  cspe<-cs  d'insectes,  loutes 
de  clioix,  indcpendainmcnt  des  doubles  plus  ou  moins  noinbreux. 
Toutes  sonl  rangoes  ct  denommees  de  la  main  de  l'auteur  lui- 
meme,  et  Ton  y  trouve  les  types  des  descriptions  qu'il  a  donnees  , 
soil  dans  sa  grandc  £ntomologie ,  en  G  vol.  in-Zi". ,  soil  dans  I'iSrt- 
cyclopedic  methocliqiic ,  et  ses  aulres  ecrils.  Le  catalogue  de  cette 
collection  a  etc  dressepar  M.LalreiiIe.«Ellcest,  dit  ce  savant,  tres- 
»  nombreuse,  et  offrc  beaucoup  d'insectes  qu'on  ne  voit  dans 
»  aucun  cabinet;  les  denominations  sont  fixes  ct  positives  a  I'c— 
»  gard  des  especes  fiu'Olivier  a  decriles  dans  scs  ouvrages,  etc.  » 

Elle  est  riclie  surlout  en  coleoplcrcs,  classe  la  plus  iiitcres- 
sante,  et  qu'alfoctionnait  l'auteur.  On  ne  sera  pas  surpris  que 
cette  riclie  collection  rounisse  tanl  d'insectes  rarcs,  ct  dont  beau- 
coup  sont  iiicclits  encore ,  si  Ton  considcre  que  ce  savant  en  a  i-ap- 
porte  luie  foule  de  son  voyage  en  Perse,  ou  nul  autre  naturaliste 


3 1  o  Zooloiiie. 


'5' 


n'est  alle  depuis  recueillir  des  objels  aussi  curieux.  On  cii  cher- 
cLcrait  done  vainement  de  semblables  dans  les  autres  caljinets 
d'entomologie. 

II  y  a  peu  de  crustac<;s  ct  d'arachnides;  cependant  il  s'y  troiivc 
des  objets  rares  de  I'Orient  en  ce  genre. 

Par  divers  eclianges,  et  par  de  nombreuses  correspondanccs , 
la  collection  d'Olivier  s'est  egalcment  enrichie  d'insectes  d'Af'ri- 
que,  d'Asie  orientale  ou  des  Indes  ,  de  la  Nouvelle-Iiollande,  et 
de  I'Amorique;  tels  sont  \esMelolontha  clirysochlora  du  Porou, 
superbes  exemplaires  male  et  femclle ,  deux  henux  Prionus  lon- 
gimanus,  et  autres  coleopteres.  II  serait  trop  long  de  citer 
toutes  les  especes  les  plus  interessantes  de  la  Perse,  de  la  Geor- 
gie ,  du  mont  Taurus  ( le  Carahus  tauricus,  etc.) ,  donl  beaucoup, 
ctantcn  nombre,  offrent  un  nioyen  precieux  d'echanges. 

Quoique  les  lepidopteres ,  et  les  ortliopteres  surtout,  soient 
difficiles  a  conserver  intacts,  cependantelle  enrenferme  de  beaux 
exemplaires. 

Indt'pendamment  de  celte  collection,  les  velins  sur  lesquels 
out  ele  peints  les  insectes  qui  ont  servi  pour  les  planches  nom- 
breuses de  rEntomoIogle  et  del'EncyclopedieinelLodique,  sont 
a  vendre,  soitavec  la  collection,  soit  separeraent. 

On  peut  la  Toir  rue  Soitfflot,  n".  i ,  en  face  de  la  nouvclle 
Sainte-  Genevieve  (Pantheon),  a  Paris,  chez  M.  le  D^.  Virey, 
membre  de  I'Acadenjie  royalc  de  medecine.  On  prie  d' affranchir 
les  lettres. 

258.    EXTRAIT    d'uNE    LETTRE    DE     KuHL  ET     VaN    HaSSELT  ,      SUr 

les  vers  intestinaux ,  datee  du  detroit  de  la  Sonde ,  le  1 7  dec. 
•  1820.  (  Allg.  Konst  en  Letterbode ,  1822 ,  n°.  6. ) 

Observations  zoologiques  failes  pendant  un  court  sejour  sur 
les  ties  des  Cocotiers.  En  disscquant  plusieurs  grands  individus 
du  Chelonia  Midas,  nous  avons  trouvo  trols  nouvelles  especes 
de  Parenchymateux ,  qui,  probablemcnt ,  ne  vivent  que  dans 
le  corps  de  ces  reptiles  maritiraes. 

Poljslouui  Midiv  nobis. 

Corporc  planiusculo  ,  albo ;  suctoriis  incrmibus,  anlerioribus 
6  et  posteriori  unico  ;  niargini  cujusque  suctorli  niembranacco  , 
parte  Interna  lincis  toncentricis  forniata.  Long.  '/-3  lin. 

Habitat  solitarium  in  cavo  nasali  (lliel,  Mid;r. 


Zoologie.  3 1 1 

Monosloina  nibruin  nob. 

Corpore  rubro,  supra  convexo,  infra  piano  ,  posiici;  papillis  a 
parvis  approximatis  terminato ;  ovario  granuloso  in  corporis 
jiarte  media  collocate.  Long,  i  lin. 

Habitat  sociale  in  cavo  cardiaco  ventriculi  Chel.  Midae, 

Monostoma  album  nob. 

Corpore  albo,  supra  convexo ,  infra  piano ,  postice  papillis  i 
niajoribus  distantibur,  terminato;  ovario  e  corpuSt^ulis  composito 
distichis,  elongatis,  teretibus,  obtusis,  quorum  ant eriora  nia- 
jora.  Long,  i  lin. 

Habitat  sociale  in  venlriculo  Chel.  Midas. 

Sans  depasser  leurs  limites  reciproques,  ces  deux  monostomcs 
ne  demeurent  pas  d'un  pouce  eloignes  Fun  de  I'autre ,  et  il  faul 
bien  qu'ils  se  nourrissent  des  memes  substances ;  malgre  cela 
une  dcs  especes  est  dc  couleur  rouge  et  I'autre  blanche,  ct  dans 
le  M.  rubium  les  autres  parties  du  corps  sont  lout  aussi  rouges 
que  I'ovaire.  Ces  fails  sont  contraires  a  I'oplnion  de  M.  Rudolphi 
selon  lequel  la  couleur  des  Monoslomes  serait  dependautc  des 
substances  dont  ils  vivent  ou  de  la  teinte  de  I'ovaire  qui  ferait 
paraitre  tout  le  corps  egalement  colore.  Du  reste  I'examen  de 
cesTortues  nous  apprit  qu'elles  avaient  devore  une  quantile  de 
fucus,  de  corallines  calcaires  etde  pelits  raorceaux  de  madrepo- 
res el  de  coquillages. 

259.  Note  sur  la  nkcf.ssite  de  retirer  le  corps  organise 
nomme  Amphitoite,  de  la  serie  des  fossiles  animaux;  *ar 
M.  Desmarest,  de  la  Societe  philomalhique.  [Ann.  des  Sc. 
Natur. ,  mars  1824  ,  p.  33i. ) 

En  1 81 1  M.  Desmarest  fit  connaitre  un  corps  fossile  mariu 
qu'il  avail  trouve  a  Montmartre  dans  une  couche  de  marne 
calcaire  parrai  des  debris  de  coquillages.  Sa  forme  ramifiee,  irrc- 
gulierc ;  sa  division  en  anneaux  offraut  des  echancrures  oppo- 
s^cs;  la  presence  de  points  enfoncos,  arranges  en  serie  et  res- 
semblant  a  des  cellules  de  polypes  ;  des  traces  de  oils  rcgullere- 
ment  places  autour  des  anneaux  rapprociiant  ce  corps  dc  cer- 
taines  sertulariees;  enfin  sou  aplalissemenl  qui  pouvail  faire 
supposer  qu'il  avail  etc  comprinie  comme  Ics  autres  depouilles 
d'aniniaux  niarins  parnii  lesqucllcs  il  se  trouvait;  tons  ces  carac- 
torcs  ,  disons  -nous ,  determinerenl  M.  Desmarest  a  considcrci- 
telle  substance   comnic  apparlenaiil  a  la   classc    des  Polvpicrs 


3 1 2  Zoologic. 

flexibles;  et  il  crt'.i  Ic  genre  Amphitoite,  qui  fat  admis  par  les 
zoologistes  et  les  oryctographes. 

M;iis,  depuis,  cet  auteiir  a  reconmi  que  ce  corps  dcvait  t-tre 
rendu  aux  vegetaux,  cf  n'etait  tout  siniplemcnt  que  la  souclie 
d'nn  Zostcra  avant  les  plus  grands  rapporls  avec  le  Z.  orcanira 
de  Linne.  L'.iuteur  nous  apprend  lui-ni«;me  quel  liasard  iouruit 
a  son  beau-frere,  M.  Leiuan  ,  rocca!»ion  dc  conslattr  ce  f.iit. 
IVous  disons  Ic  liasard,  parce  que  pour  bien  reconnailre  I'ana- 
logie  il  faut  (|ue  la  p.irlie  inferieure  de  la  plantc  soit  depouillde 
de  ses  leuilles  roidcs  ot  liueaires,  et  laisse  voir  ses  anneaux  ar- 
ticules  avec  leurs  petites  saillies  tuborculeuses,  tandis  qu'ua 
pinceau  de  ces  memes  feuilles  termine  I'extrcmil^  du  vegetal. 
D'apres  cette  rectification ,  M.  Desmarest  proj)ose  de  substifuer 
le  nom  de  Zosterite  a  celui  d'Amphitoite,  pour  Ic  fossi'.e  qu'il  a 
deconvert. 

Maintenant  ccci  nous  rappelle  que,  marcli.inl  au  boid  de  la 
mer,  sur  des  tas  de  souclics  de  Zostera ,  nous  avions  ete  porte  a 
faire  ,  pour  ainsi  dire,  jnalgre  nous  et  tres-vagueir.ent,  le  rap- 
prochement de  ce  vegeial  avec  la  figure  qui  venait  dYtre  donnee 
dc  la  pretendue  Amphitoite. 

La  note  que  nous  venons  d'analyser,  prouvc  micnx  que  tout 
ce  que  nous  pourrions  dire,  dans  quel  esprit  son  auteur  ctudie 
et  professe  la  science.  Conibien  d'autrcs  sc  seraient  evcrtucs  a 
voulolr  soutenir  que  ce  qu'ils  avaieiit  uue  fois  avancr  ctalt  la 
v^ilc!  Q.   Y. 

aGo.  NorvEi.i.F.s  orskrvations  sur  la  catjse  he  la  coi.oRATiorf 
nEs  nuiTRES  et  sur  les  animalcules  qui  scrvent  a  ieur  nutri- 
tion. Consideration  et  refutaiion  de  diverses  objections  sur  ce 
sujet ,  ])ar  I1e>'j.  Gau.lon,  corresj)ondant  de  j)lusieurs  soc. 
sav.  Lu  a.  la  Societc  iinncenne  du  Calvados. 

L'auleur,  apri's  avoir  i)rouve  dans  plusicurs  memoircs  que  la 
coulcur  verto  des  Iluilres  ctalt  due  a  des  animalcules  navicu- 
Inires  microscopiqurs .  analogues  au  Vibrio  tripunctatus  de 
IVliiller  ct  de  I'Encyclopedie,  mais  s'en  distinguant  ])ar  des  ex- 
tremiles  plus  pointues,  une  forme  plus  dcliee,  nn  mouvement 
pins  ])roiii])t  et  j)lus  anitne,  a  public  de  nouvclles  observations 
sur  les  animalcules  qui  servenl  a  la  nourriture  des  Iluilres,  a  dif- 
ferentcs  epoques  de  I'annee;  il  a  fait  preccder  son  nouveau  tra- 
vail de  nouvelles  considi'-ralions,  de  nouveaux  fails  a  I'apjmi  de 


Zoologie.  3 1 5 

son  opinion  relative  a  la  cause  de  la  viridite  des  Huitres;   cause 
rfconnne  vraio  j)ar  M.  Bosc  et  la  presque  totalite   des  natnra- 
listes.  II  a  decrit  de  nouveau  les  animaux  qui  la  produisent.  Ce 
sont,   dit    M.    Galllon,   des   aninialcuics    gelatineiix,   lineaires, 
pnititns  an\  exlremites  ,  nrrondls  ati  centre,    contractlles  dans 
cettc  uaiUe  ,  charges  de  matic/v  vcite  mobile,   et  doues  d'une 
vclocite  admirable   d'impulsion   et  de   retroi^radation ,   ii'ayant 
pour  longueur  en  realile  que  la  5o'^.partie  d'une  ligne  ,  s'entre- 
feutrant  en  si  grand  nombre  qu'ils   forment  alors   ces  globules 
■vert-euieraude    que  Ton  voit  briller  au  fond  des  pares  lorsque 
les  lioninies  charges  de  leur  entrclien  discnt  qu'ils  tournent  en 
verdcur,  etc.  Ces  animalcules  npparticnnent  aux  genre  NnK'icula 
de  Bory.  L'auteur  les  avail  d'abord  nommes  Navicide  des  Hui- 
tres; mais,  en   ayant  trouve   d'autres   especes  qui  vivent  cgale- 
jr.entdans  les  pares,  qui  servent  a  la  nourriture  des  Huitres,  qui 
modifiput  leur  savcur,  il  a  woravcxc  Navicule  verte  celle  qui  pro- 
duit  la  viridite  des  huitres,  pour  la  distinguer  des  autres  especes. 
La  denxieme  occaslone  dans  les  pares  une  teinte  brunatre  ou 
capucine  ,  que  Ton  nomine  Brurncnr  el  que  Ton  regarde  comme 
un  bon  slgne.  Elle  est  due  a  des  Navicules  de  forme  lanceolce, 
cliargc'cs  d'une  maliere  jauniklre   et   brillante,  ayant  les   cxtre- 
mites  altihiuees  mais  arrondies,  presentant  a  ces  deux  extri':rnl- 
tes  deux  gli)bules  hyalins  et  au  centre  un  autre  globule  de  la 
meme  nature,  mobile,  dilatable  et  contractile.  Les  mouvemens 
de  cetfe  Navicule  sont  graves  et  mcsurcs;  elle  parait  pendant  les 
mois  d'octobre,  de  novembre,  de   dccembre.  Elle  a  beaucoup 
de   raj)port  avec  le   Vibrio  tripunctatus   de   Muller.  Le    Vibrio 
hipiinctatus  de  Muller,  sc  trouve  mele  avec  les  autres  Navicules 
ct  contribue  a  la  nourriture  des  Huitres,  ainsi  qu'une  troisieiiie 
espece  ovoide  au  centre,  terminee  a   cliaque  extremite    par  un 
filament  hyalin  ,  aciode ,  Ires-tenu  ct   trcs-long,  et  s'appuyant 
sur   cbacune  de  ses  extremltes    comme  sur   un  balancicr.   L'on 
trouve  encore  dans  les  pares  plusieurs  autres  Navlcules.  La  j)re- 
miere  ,  cinq  fois  plus  volumineuse  que  les  precedentes,  dont  la 
forme  legeremenl  arquec  d'un  et  d'autre  cote  de  c'laque  cxtre- 
niite,  a  quelque   ressemblance  avec  deux  S  romaincs  peu  cain- 
brces ,  paralleiement  accolees  par  leurs  cxtremites,  el  colorees 
d'une  teinte  uniforme  et  claire  de  jaune  brillant.  La  deuxieme 
deleriore  la  qualite  des  Huitres.  On  designe  sa  presence  sous    Ic 
nom  de  Korion ;  ce  sont  des  Navlcules  jauncs  tres-petites  et  i'a- 


3 1 4  Zoo  logic. 

gregeant  tres-promptement  en  (ilamens  muqueiix  confeivoiJes  . 
regardes  par  les  botanistes  comme  une  confcrve  et  decrits  dans 
un  grand  nombre  d'ouvrages  sous  le  nom  de  Con/e/va  coino'ides. 

D'autres  especcs  d'aniraalcules  conforviformes  se  trouvent 
dans  les  pares ;  niais  tous  ces  etres  appartienncnt  aux  eaux  ma- 
rines, tandis  que  la  Navicule  verte  liuitriere  se  retrouve  dans  !o> 
eaux  douces.  Ellen'y  est  ineme  pas  rare. 

L'auteur  termine  son  memoire  par  I'exposition  de  ropiniou 
de  M.  Gombeau  de  la  Billennerie  sur  la  viridlte  dcs  huitres  de 
Marcnnes.  Si  la  description  de  ce  phenomene  par  RI.  Gombeau 
ne  diffeie  point  de  celle  de  M.  Gaillon,  il  n'en  est  pas  de  ineme 
de  I'explication  de  la  cause  :  M.  Gombeau  s'arrete  a  la  presence 
de  la  matiere  verte  sans  chercher  a  connaitre  sa  nature,  dont 
M.  Gaillon  nous  a  devoile  le  mystere. 


MELANGES. 


2G1.  EXTRAIT  n'uNE  LETTRE  DE  M.  DE  B***.,  3  M.  JoMARD  ,  mCm 

bre  de  I'lnstltut.  Saint-Louis  (  Senegal  ),  aS  Janvier  182,',. 

.Tusqu'ici  je  n'ai  pu  faiye  que  fort  peu  de  cliose  pour  I'histoire 
naturelle;  c'est  enbotanique  que  j'ai  etc  le  plus  lieureux. 

.I'ai  reraarquti  dans  des  courses  oil  j'avais  a  examiner  des  cho- 
ses  d'un  autre  genre  d'interet  ct  qui  nc  me  pcrraettaient  jias 
de  rccueillir  ou  de  determiner,  sur  les  lieux,  les  plantes  nom- 
breuses  que  nous  rencontrions;  j'al  remarque,  dis-je,  un  im- 
mense developpement  de  la  familie  des  legumineuses.  Je  ne  ci'ois 
pas  exagerer  en  disant  que  dans  ces  promenades  nous  avons 
rencontre  au  moins  200  arbres  ou  vegetaux  herbaccs  de  cette 
familie,  appartenant  a  des  especes  dlfferentes.  Les  inalvacees  m'y 
ont  paru  aussi  fort  rcpanducs ,  surtout  le  genre  Hibiscus  et 
quelques  portulacees  ;jusqu'ici  pas  de  Cierges ;  deux  especes  qui 
se  rapprochent  du  genre  Asclt'piade,maiien  differentassez  essen- 
ticllement;  peu  de  composecs ;  une  labiee  que  je  n'ai  pu  rappor- 
ter  qu'imparfaitement  au  genre  Betonica  qui  est  interessanl 
en  ce  qu'il  ]>arait  lier  cette  familie  a  quclque  genre  des  solanecs; 
c|uelques  especes  de  Sai>indus ,  quoiquc  diffcrant  dans  le  nom- 
bre des  etamines;  peu  de  Joubarbes;  quelques  convolvulacees  , 
une  espece  de  caprifoliacee  (jui  se  rapproche  du  genre 
Linncea,  mais  en  diffcrc  par  Ic  nombre  dcs  diamines,  la  for- 


Melanges.  3i5 

me  de  la  corolle  et  celle  du  calice;  au  reste  tout  cela  est  coiisigne 
au  fur  et  a  mesure  dans  mon  journal. 

LeSilure  electrique  existeici;  je  n'ai  pu  me  le  jirocurer.  Oa 
ne  le  rencontre  que  tres-rareraent  a  vSt. -Louis.  Je  me  suis  per- 
suade, par  le  dire  des  noirs,  que  c'est  bien  un  Silure  et  qu'iln'a 
pas  de  nagcoire  adipeuse.  lis  disent  que  ses  principales  secous- 
ses,  qui  ne  paraissent  pas  aussi  fortes  a  beaucoup  pres  que  celics 
du  Gymnote  de  la  Guiane ,  sont  produltes  quand  on  le  touche 
aux  brancliies  et  pres  de  I'extremite  inferieure  de  la  ligne  la- 
terale,  des  deux  cotes.  Les  naturels  neanraoins  ue  s'y  expo- 
sent  pas  volontiers.  Le  premier  a  qui  j'ai  demande  en  riviere 
de  ra'en  apporter  un  m'a  dit,  dans  son  langage,  Uicu  m'en 
preserve.  Un  autre  me  I'a  promis,  mais  en  m'annoncant  la  pre- 
caution de  le  laisser  dans  I'eau  au  bout  de  sa  ligne  de  peche  :  je 
ne  I'ai  pas  vu;  peut-etre  serai-je  plus  heureux  dans  la  suite.  B. 

a6'2.  Commerce  d'objets  d'histoire  natuiielle  de  M.  Bescke, 
a  Hambourg.    [Isis  ,11^.  %,  1824.) 

M.  Cli.  H.  Bescke  a  etabli,  a  Hambourg,  rue  Neueberg , 
n".  48 ,  un  elablissement  pour  la  vente  et  rechange  des  objets  d'his- 
toire naturelle  de  tous  les  regnes.  II  cite  parmi  ses  amis  plu- 
sieurs  savans  distingues  de  I'Allemagne  et  annonce  qu'il  a  des 
correspondances  etendues ,  soit  en  Amerique ,  soit  aux  Indes , 
et  que  son  pere  est  occupe  encoi'e  actuellement  au  Bresil ,  a  lui 
envoyer  des  objets  d'histoire  naturcUe.Les  papillons  et  les  chry- 
salides, qu'il  a  recus  du  Bresil,  meritent  surtout  d'etre  mcn- 
tioimes  et  seront  figures  par  M.  Hubner.  II  offre  aux  amateurs 
le  catalogue  de  sa  collection  des  olseanx  des  Etats-Unis  et  du 
Bresil,  ot  on  pourra  Ini  renvoyer  les  individus  non  norames.  En- 
fin  il  terminc  son  annonce  par  renunieration  de  beaux  cchan- 
tillons  doubles  de  quelque  oiseaux,  insectes  et  coquilles. 

'2()3.  L'uNivERSiTE  d'Erlang  (  Baviere  ),  a  envoye  a  M.  le 
comte  de  Bray,  ministre  plenipotentiaire  de  Baviere,  a  Paris,  le 
diplomc  de  docteur  en  philosophic,  «  eoinme  un  hommage 
•  rendu  a  ses  meritcs  tant  comme  homme  d'etat  que  comma 
savant.  »  M.  de  Bray  s'occupe  actuellement  de  la  traduction  dc 
I'ouvrage  nlleinai)d  de  M.  dc  Sternberg,  intitule /'/o/v  tin  inondc 
primitif. 


3i6  Melanges. 

26/1.  SuR  LE   MUSEUM    DE  Prague.   [Arch.  fur  Geschichce,  niai 
1823  ,  p.  280.) 

On  annonce  la  1'^*^.  partie  des  Tran<;actions  de  la  Societe  du 
rnuscf  national de  Bohx'ine.  On  y  trouve  un  discoiirs  du  prince 
A.  Lobkowitz,  prononc(;  a  la  premiere  assemblee.  Le  inusee 
compreiid  i".  un  don  diiconite  Caspar  de  Sternberg,  de  9000  es- 
peces  de  plantes  scche;,  3o  tirces  de  fossiles  vegctaux,  des  suites 
mineralogiques  et  geol(i^iques  et  ^061  volumes  avec  ^2,000  fig. ; 
a°.  la  l)ibliotheque  de  Bi/.cznitz;  3°.  plusleurs  collections  bota- 
niques  et  zoologlques,  des  coquillages,  etc.  Lc  musee  a  un  pre- 
mier fonds  de  110,987  fr.,  un  blbliothecaire  et  un  conservateur 
pour  la  partie  botaniqne  et  zoologlque ,  qui  recoivent  chacun 
5oo  francs;  le  conservateur  de  la  parlle  mineralogique  n'a  que 
4oo  francs.  Ensuite  on  y  donne  des  details  sur  les  autres  em- 
ployes, les  racmbres  et  les  mcmbres  honoralres.  IVI.  Sternberg  a 
lu  dans  la  meme  seance  un  discours  sur  les  rapports  de  la  So- 
ciete  avec  les  sciences  et  Tetat.  Ce  museum  comprend  anssi  une 
collection  de  medailles  et  d'antlquites  .  A.  B. 

a65.  Voyage  de  decouvertes  attx  Terres  Australes,  fait  par 
ordre  du  gouvernement,  sur  les  corvettes  le  Geographc,  le  Na- 
turaliste  etla  goelette  le  Casuarina,  pendant  les  annees  1800, 
i8ci  ,  1802  ,  i8o3  et  iSo.'i  [historiqite) ;  redige  i)ar  Peron  ,  et 
continue  par  M.  L.  dk  Freycinet;  -x".  edit ,  rev.  cor.  et  aug.; 
par  M.  L.  de  Freycinet  ,  capit.  de  vaisseau,  chcv.  de  Saint- 
'  Louis  et  de  la  Legion-d'honneur ,  corresp.  de  I'lnstitut  de 
France,  etc.,  et  commandant  du  Casuarina  pendant  I'expedi- 
tion;  4  vol.  in-8°.  avec  un  atlas  gr.  in-4".  de  68  pi.  nolres  ou 
color.  {Prospectus^ 

Le  voyage  de  decouvertes  anx  Tcrres  Australes  ,  execute  sous 
les  ordres  dn  capitaine  dc  vaisseau  Baudin ,  avait  specialrment 
pourobjet  la  reconnaissance  des  cotes  delaNonvelle-Ho'landeet 
de  la  Terre  de  Dlemen,  et  des  recherches  dans  rbistolre'naturelle 
de  ces  pays  eloigncs.  Les  resultats  de  cet  important  voyage  ont  ^te 
publics  en  2  parties  dislinctes  :  la  i"^^.  ,  comprenant  I'histoire  du 
voyage,  en  2  vol.  in  4°-  accompagncsd'un  magnifique  atlas,  futre- 
digeeparPeron,et  cut  un  succes  tellement  remarrjiiable,  que  le  i  . 
vol.etait  presqueentiereinentepuise  avant  que  le  2'"  cut  etc  mis  au 
jour.  La  2^.,  qui  contient  Irs  cartes  marines  et  tons  les  travaux 
nautiques  et  astronomiques,  en  i  vol.   in-4''.  avec  alias  ,  fut  con- 


Melanges.  5 1 7 

fi^ea  M.  Louis  de  Freycinet,  commandant  du  Casuaruia  pendant 
rexpcdition. 

Depuls  long-temps  le  premier  de  ces  deux  ouvrages  (bion  con- 
nu  des  naturalistes)  ne  se  trouve  que  dilTicilcment  dans  le  com- 
merce, et  nous  nous  sommes  decides  d'autant  plus  volontiers  a 
en  donner  une  a*',  edition,  que  M.  de  Freycinet,  ayiait  revu 
I'ouvrage  avec  soin  et  depuls  long-temps,  en  avnlt  fjit  dis- 
parailre  une  foule  d'inexactitudes  provcnant  principalement 
de  ce  que  Peron  ,  ayant  ecrit  avant  que  les  cartes  eussent  ete 
dressees,  a  du  se  mcprendre  quelquefois  sur  ce  qui  est  reliitif  a 
la  geogiajiliie.  Sous  ce  rapport  nous  ne  craignons  pas  d'annon- 
cer  que  notre  seconde  edition  aura  un  aviintage  marque  sur  la 
premiere.  Elle  se  distinguera  surfout  par  une  augmentation  de  aS 
planches  nouvelles,  dont  9  en  couleur  et  par  un  format  plus  com- 
mode. Cet  ouvrage,  remarquable  par  la  quantite  et  par  la  beaute 
des  planches,  soit  noires  ,  solt  coloriees  ,  ccs  c/crnieres  au  nombre 
de  27,  sera  publie  en  4  livr.  composees  chacune  de  17  pi.  et  i 
vol.de  texte  ,  sorti  des  presses  de  M.  Lebel,  imprim.  du  roi. 

La  i''".  liv.  devait  paraitre  a  la  fin  de  mai  1824,  et  les  3  au- 
tressuivre,  de  2  en  2  mois.  L'atlas  etant  termine,  on  ne  devait  pas 
craindre  ,  dit  le  Prospectus  ,  le  moindre  retard. 

Le  prix  de  chaque  livr.,  papier  ordin.,  sera  de  18  fr.  pour 
Paris,  et  le  papier  velin,  ordinalrement  double  du  papier  ordi- 
naire, et  dont  nous  ne  tirerons  qu'un  tres-petit  nombre  d'exem- 
plalres,  ne  sera  que  de  3o  fr. 

Chaque  liv.  sera  augmentec,  pourles  non-souscripleurs,de  3  fr. 
pour  le  pajjier   ordinaire,  et  de  5  francs  pour  le  velin. 

Les  personnes  qui  paieront  les  4  livr.  en  retlrant  la  i^e.^  joui- 
ront  d'une  remise  de  G  p.  cent. 

On  aj  out  era  2  fr.  par  livr.  pour  la  rcceyo'ir  franco  par  la  poste. 
On  soustril,  sans  rien  payer  d'avance,  a  Paris,  chez  Arthur 
Bertrand,  libr.-edit.,  rue  Hautefeuille,  n°.  23. 

Les  personnes  qui  ont  acquis  la  l''^  edit,  pcuvent  avoir  sepa- 
rement  les  25  nouv.  pi.  reunies  en  un  alias  separe.  Prix  :  18  fr. 
—  II  reste  encore  10  exempl.  de  la  i"^*^.  edit.,  2  vol.  in-4".  et 
atlas,  auquel  on  a  joint  les  25  pi.  nouvelles,  prix  :  rS  fr. ^ —  Les 
personnes  qui  ont  neglige  de  retirer  le  toni.  11  de  I'edit.  in-4'*. 
et  latlas  des  cartes,  sonl  invitees  a  en  faire  laderaaudc.Prix:  36  fr. 

On  peut  se  procurer  chez  le  m^me  libraire  la  parfie  nautique 


5i8  Melanges. 

et  geograpliiqiie  du  Voyage  aux  Terres  Ausfrales,  par  M.  deFrey- 
ciiiet;    1  vol.  in-/j".,  et  nn  atlas  gr.  in-folio  ;  Prix  :  72  fr. 

■j.Gij.  SociETE  n^•^'  ekkne  du  Calvados.  Cetle  Sociolr ,  don t  nous 
nous  somnics  empresses  de  signaler  la  formation  el  I'lieureuse or- 
ganisation, s'occupe  avec  zele  dubut  de  ses  travaux.  Vouee  spe- 
cialement  a  I'etude  du  sol  de  son  departement,  deja  les  nom- 
breuxmateriaux  recueillis  par  ses  membresvont  lui  permettre  de 
publier  un  premier  volume  de  ses  actes,  actuellement  souspresse. 

Cette  societe,  qui  reunit  tousles  naluralistes  de  la  Basse-Nor- 
mandie,  est  divisee  en  trois  sections  :  1°.  celle  de  gcologie ; 
a**,  celle  de  botanique;  3".  celle  de  zoologie.  Ces  deux  dernieros 
s'occupent  principaleraent  de  faire  la  Flore  et  la  Faune  du  depar- 
tement. La  Societe  est  composee  de  Sg  membres  residens  a  Caen, 
et  de  121  correspondans  nationaux  et  etrangers,  parmi  lesquels 
■J.-J  sont  membres  de  I'lnstitut.  EUe  correspond,  en  outre,  avec 
les  principales  societes  savantcs  de  France,  de  I'Angleterre  et  de 
rAUemagnc.  F. 

267.    ACADEMIE    DES    SCIENCES     DE     I.'I^•ST1TL•T  DE    pRAIfCE.  

St'ance  du  lonov.  i8.i'3.. — ■  M.  Raffeneau  de  Lille,  eorrespon- 
dant  de  I'acadcniie,  professeur  de  botanique  a  la  faculte  de  nn-- 
decinede  Montj)eliier,lii  un  mcmoire  qui  a  pourtiire :  Exameu  de 
lavegetarion  dei'Isoctcs  lacuslris ,  et  exposition  dcses  caractercs. 

Seance  du  24  nov.  i823.  —  M.  Desfontuines  lit,  au  nora  d'une 
commission,  un  rapport  sur  le  meraoire  de  M.  Poiteau ,  renfer- 
mant  la  description  dc  cinq  genres  exotiques  de  la  famille  des 
Myrtes.  Ce  rapport  se  termine  ainsi.  «  Les  cinq  genres  donl  il 
Tient  d'etre  lait  mention  claicnt  connus  depuis  long-temps,  mais 
nous  n'en  avions  encore  que  des  descriptions  incompletes. 
M.  Poiteau  ayant  eu  I'occasion  d'en  observer  les  lleurs  et  les 
fruits  sur  des  individus  vivans,  pendant  son  sejour  a  la  Guyane, 
les  a  decrlts  avec  beaucoup  d'exactitude,  et  il  a  joint  a  ses  des- 
criptions de  Ires-bous  dessins  qui  eu  representent  tous  les  de- 
tails. Nous  pensons  que  ce  memoire  merite  d'etre  imprime  parmi 
ceux  des  savans  etrangers. »  L'academie  approuve. 

Seance  du  \" .  dec.  1823.  —  M.  Cuvier  lit  un  memoire  sur 
un  Crocodile  fosxile  des  carricres  de  pierre  calcairc  des  cm-i- 
rons de  Caen, —  M.  Straus  lit  un  nouveau  memoire  sur  I'^na- 
toinie  du  Hnnnelnn.,^l^\.  Cuvier  et  Savigny,  commissaircs. — 


Mehinges.  019 

M.  Aug.  do  St.-Hilaire  lit  un  nu'-moiie  sur  In  moiiographie  «les 
genres  Snuvagesia  et  Lavradia. 

Seance  clu  8  dec.  iSaB.  —  M.  Bowdich  adresse  avcc  un  me- 
inoire  manuscrit  un  dessin  supplementaire  pour  etre  joint  aux 
planclies  dc  son  second  voyage  en  Afriquc.C  es  pieces  seront 
rPTnises  aux  commlssaires  nommcs  precedemment.  — ■  M.  Bosc 
lit,  au  nom  d'une  commission,  un  rapport  concernant  les  noii- 
i'ellcs  observations  de  M.  Gaillon  ,  siir  la  cause  dc  la  coloration 
dcs  Huitrcs ,  et  sur  les  animalcules  qui  scrvent  <i  les  noiirrir.  — Le 
memoire  de  M.  Gaillon  est  tcrmine  par  la  refutation  d'un  nie- 
nioire  anonyme  ou  ses  opinions  sont  attaquees,  mais  sans  pre- 
ciser  une  seule  observation  contraire.  —  La  commission  est  d'a- 
vis  que  le  memoire  de  M.  Gaillon ,  moins  la  refutation  indi- 
quce,  est  dans  le  cas  d'etre  imprinii';  dans  les  memoires  des 
savans  ctrangers,  a  la  suite  de  celui  dont  I'impression  a  deja 
ete  ordonnee.  L'academie  approuve.  —  M.  Moreau  de  Jonnes 
lit  un  memoire  intitule  :  Rechcrchcs  monogajiliiques  sur  Vorigine 
du  Cochon  marron  des  Antilles,  clsur  les  diffcrentes  espcces ,  la 
synonymic  amerioaine,  et  I'habitation  geographique  du  genre 
des  Pecaris  auqucl  appartient  cet  animal. 

Seance  du  %'x  ddc. — ^  M.  Dupetit-Thouars  lit  une  note  con- 
cernant I'eau  glacee  que  Ton  trouve,  en  de  certaines  circonstances, 
dans  le  calice  des  fleurs. 

Seance  du  5  janv.  1824.  —  M.  Lefebure  presente  deux  ou- 
vrages  raanuscrits  iiititulijs  :  Nova  genera  et  Species  plantanun. 
MM.  Labiliardiore  et  Dupelit-Thouars,  commissaires. —  M.  Gail- 
lon adresse  des  Observations  supplcmentaircs  au  memoire  sur 
Ips  animalcules  nutritifs  des  Iluitrcs.  Ellcs  sont  reservees  pour 
iHre  lues. 

Seance  du  12  janv.  — •  M.  Gillct-Laumont  ,  membre  de 
l'academie,  communique,  dans  une  lettre,  diverses  remarques 
sur  le  Phormium  tenax ,  ou  lin  de  la  NouvclIe-ZclaHde.  11  offre 
a  cliacun  de  ses  coilcgues  un  cxemplaire  d'une  note  qu'il  vient 
de  publicr  sur  la  frucllficalion  dc  cette  plantc  a  Clicrbourn^  eta 

Toulon ,  sur  la  germination  de  ses  graines  et  leur  culture. 

M.  Opoix,  inspecleur  des  eaux  minijrales  deProvins,  ecrit  a  l'a- 
cademie pour  lui  adresscr  ses  divers  ouvrages,  savoir  :  i".  I'His- 
toire  ct  la  description  dc  la  villc  de  Provins,  i  vol.  in- 8.- 
2".  Teorie  des  coulcurs  et  des  corps  inflammables,  et  de  Icurs 
principes  constituans,  la  lumicrc  et  le  feu,  i  vol.  in-8.  ;  ot  une 


320  Melanges. 

note  imprimce,  contenant  roxauieu  de  la  tlieorie  des  cou- 
leurs;  etc.  M.  Opoix  joint  a  sn  Icltre  un  inomoire  inamistrit 
dont  il  sera  doiuie  lecture  dans  une  des  seances  suivantes.  — 
M.  de  Jussieu  lit ,  au  noni  d'une  coininission  ,  un  rapport  concer- 
nant  le  nioinoire  de  31.  A.  Richard  ,  STir  la  famille  des  Elajagnces  ; 
la  coauiiission  est  d'avis  que  ce  iiienioire  inerite  rapprobatiou 
de  I'acadeinie,  et  que  I'auteur  doit  etre  invite  a  pnser.ler  sur 
le  nieme  plan  I'exanien  de  nouvelles  families.  L'academie  ap- 
prouve.  ■ —  M.  Aug.  de  St.-Hilaire  acheve  la  lecture  de  son  n:e- 
inoire,  intitule:  Monographic  des  genres  Sauini^v.sia  ct  Lai'ra- 
ilia,  MM.  de  Jussieu  et  Desl'onlaines,  cunwiussaires. 

Seance  du  26  janv.  —  M.  Aug.  de  St.-IIUaire  donne  lecture 
C^Ob^rcrvalions  sur  la  famille  des  Rutacees  pour  faire  suite  a  son 
premier  inemuire  sur  le  Gynobase. 

268.  La  Societc  d' economic  riirale  danolse  vient  nouvelle- 
ment  de  pro[)oser  un  prix  de  100  ecus  species  pour  chacun  des 
trois  ineinoires  suivans  :  1".  sur  les  especes  d'animaux  verlebres 
du  Daneuiark  ;  2".  sur  les  insectes  nuisibles  du  Danemark,  avec 
les  inoyens  d'ein{)echer  ieura  degats  ou  de  les  diiiiimier;  3".  sur 
les  niineraux  du  Danemark.  Les  mcmoires  doivent  etre  adres- 
ses  au  secretaire  de  la  Sociele  a  Copenhaguc,  avaiit  la  fin  de 
I'annee  1824.  (  Lcipz.  hit.  Zeit. ,  uovembre,  p.  218G. ) 

2G9.  La  collection  de  coquilles ,  de  madrepores ,  etl'Herbier  de 
M.  le  chev.  de  Lamark  ,  viennent  d'etre  achetes  par  M.  le  due  <le 
Rivoli,  amateur  zcle  des  sciences  naturelles,  <]ui  possedait  deja 
une  collection  precieuse  en  divers  genres.  On  doit  se  feliciler  de 
voir  conserver  en  France  cette  collection  celebre  de  I'illustre  au- 
teur  des  Jnimaux  sans  vertcbres ,  ou  Ton  retrouvera  le  type  de 
laplupart  des  especes  decrites  danscet  ouvrage,  et  surlout  qu'elle 
soit  entre  les  mains  d'unhomme  dont  la  geneiosile  et  I'obligeance 
sunt  coniiurs.  II  est  seulemeiit  a  regrctler  que  le  riche  cabinet  de 
M.  le  due  de  Rivoli  ne  soit  point  a  Paris,  oil  les  savans  etrangers 
auraient  j)u  le  visiter,  et  oil  il  eut  ele  si  utile-a  la  science.  Ce  ca- 
binet a  cte  transporlc  dans  une  terre  qu'habite  M.  le  due  de 
Rivoli  a  35  licucs  de  Paris. 


PARIS.  ^ IMPRIMERIE  DE  FAIN,  RUE  RACINE,  N".  4, 

FLACE    DE    l'oDiIoN. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


GKOLOGIE.       . 

270.     ESSAI    GEOLOGIQDE     SDR     IF.S     FORMATIONS     TF.RTIAIRES     dc 

I'Amerique;  par  John  Finch  ,  prof'esseur  de  geologic  ct  de  mi- 
neralogic.  (^American  JnurnnI  nf  Science  and  Arts,  vol.  7,  n°.  i 
nov.   1823  ,  p.  !?i.)  ; 

Le  pays  qui  s'etend  dcpuis  Long-Island, pies  New-York,  jus- 
qu'au  golfe  du  Mesique,  pr^senle,  sur  une  largeur  de  3oo 
rnilles  environ ,  un  terrain  regarde  par  la  plupart  des  geolo"-ues 
qui  ont  ecrit  sur  I'Amerique,  comme  recouvert  d'alluvions.  D'a- 
pres  I'examen  des  fossiles  qu'il  renfernie,  et  surtout  d'apres  i'e- 
tude  des  localites,  M.  Fiticli  a  reconnu  que  cet  espace  etait  forra^ 
par  un  terrain  tertiaire  analogue  a  celui  des  environs  de  Paris. 

Nous  allons  indiqiier  brievement  ies  differenles  formations 
qu'il  a  dccritcs  dans  le  niemoire  dont  nous  donnons  I'extrait. 

10.  Sable  ferriqrineux  [ferrugincous  sand).  II  est  compose  de 
sables  et  de  poudingues  ferrugineux.  Quelquefois  la  proportion 
de  fer  augmente,  et  le  gres  devient  assez  riche  pour  efre  exploitd 
comme  minerai.  Ces  parties  tres-riches  fomient  des  veines  ou  des 
rognons  dans  la  masse  du  sable.  D'apres  Ies  raracteres  geolo^i- 
ques  de  ce  terrain  ,  sa  place  est,  d'apres  M.  Finch  ,  cntre  la  craie 
et  roolitlie.  II  correspondrait  alors  a  Viron-sand  des  Anglais.  Scs 
caracteres  mineralogiques  confirment  cettc  reunion. 

2°.  Argilc  plastique.  Cette  formation  est  la  plus  ctendne  des 
formations  tcrliaircs  qui  existent  aux  Etats-Unis.  On  la  rclrouve 
en  un  grand  nombre  de  points.  Elle  est  surtout  tres-developpee 
a  Gay-Head,  dans  I'ile  appelce  Marllia's-Vineyard.  Elle  v  forme 
des  falaises  qui  ont  plus  de  200  pieds  de  hant,  et  qui  prcsenteut 
une  succession  de  couches  d'argiles ,  de  sables  et  d'ocresj  on  y 
B.  TOMF.  II.  21 


52  2  Ge'ologie. 

\oit  aussi  (juelijucs  toiiclus  minces  de  lignite.  On  trouvo  sur  le 
rivage  dcs  fiMgmens  d';imbro  qui  proviennent  critainenionr  de  la 
destruction  dc  In  lalaisc.  I/existence  du  lignite  et  de  I'andjro 
dans  cette  argile  etablit  une  analogic  avec  I'argUe  plastique  de> 
t  Tivirons  de  Paris  ct  celic  de  la  nier  Baltique. 

Dans  beaucoup  dc  points  des  Etats-Unis  cetle  formation  four- 
nit  de  tres-belle  terre  a  poterie. 

3".  Calcairc  siliceux.  Le  calcaire  siliceux  dc  Georgle  est  d'linc 
formation  contemporaine  jSelon  M.  Finch  ,  au  calcairc  grossier. 
II  presente  de  nombreuscs  cavites  reniplics  d'incrustatioiis  sili- 
ceuses.  Il  rontienl  deux  ou  trois  cspeces  de  niactrse,  dcs  tdlinCs, 
des  melanies  et  desturritcllcs. 

Le  nom  de  calcairc  siliceux  nous  semble  nial  applique ;  car 
relui  du  bassin  de  Paris,  decrit  sous  ce  nom  ,  est  d'eau  douce,  et 
supcrieur  au  calcaire  grossier,  tandis  que  le  calcaire  siliceux  dc 
la  Georgie  parait,  d'apres  la  description  des  fossiles  fju'il  con- 
ticnt,  etre  contemporain  au  calcaire  grossier. 

/|0.  Argile  de  Londres.  On  trouve  sur  les  herds  de  la  riviere  dc 
Saint-James  une  coache  d'argile ,  dans  laquelle  il  existe  une 
grande  quantife  de  fossiles.  A  Richemond  cetto  argile  renferme 
des  dents  triangulaircs  analogues  a  celles  dcs  requins,  ainsi  que 
des  ossemens.  Les  autrcs  fossiles  sont  analogues  a  ceux  qui  ca- 
racterisent  I'argile  de  Londres. 

5°.  Calcairc  a  huitrcs.  La  relation  de  ce  calcaire  avec  les  au- 
tres  formations  tertiaircs  n'ctant  pas  cxactement  connue , 
M.  Finch  a  donnc  a  ce  terrain  un  nom  parliculier  tire  de  sa  com- 
position. II  est  forme  d'une  reunion  de  coquilles  agglutinees  par 
un  ciment  calcairc  pen  adherent,  et  dont  on  peut  facilement  les 
dcgager.  Dans  quelques  parties  les  coquilles  ne  sont  p;  s  reunies , 
et  Ton  voit  des  espaces  dc  plus  de  lo  milles  de  largeur  fornu's 
d'amas  de  coquilles  incohcrentcs.  Cette  formation  s'etend  sur 
plus  de  Goo  niillcs  en  longueur  et  pres  de  loo  en  largeur;  sa 
puissance  peut  etre  evaluee  a  3oo  pieds. 

Les  liuitrcs  qTii  constituent  la  principalc  partie  de  celte  forma- 
tion appartiennent  a  une  cspcce  qui  n'a  ])as  encore  cte  decrito. 
Elle  a  12  a  i5  pouces  de  long  sur  a  a  3  de  large ;  I'epaisseur  de 
chaque  valve  varie  de-^  pouce  ^  a  pouces  et  dcmi.  L'auteur  pro- 
j)0se  de  Tappeler  Ostrea  gigantissima. 

fi°.  Formation  marine  .iiipcrieure.  La  Virginic  est  recouvci  tc 
<le  sables   que  I'on  doit  rappoitcr  a  la  formation  marine  supi  - 


Geologic.  5  23 

rieure.  Ce  sable  est  siliceux,  jannatre,  sans  aucune  adherence, 
mobile;  aussi  envahit-il  continuellement  les  terrcs  ,  en  enfouis- 
sant  dans  sa  marche  les  maisons  et  les  arbres  qui  se  troiivent  sur 
son  passage. 

lia  position  geologique  de  ce  sable  n'a  pas  ete  bien  reconnue; 
on  le  I'apporte  a  la  formation  marine  superieure,  d'apres  son 
analogie,  avec  les  sables  des  autres  contrces  ,  et  particuliereroent 
avec  ceux  des  landes  de  la  Gascogne  et  de  la  Pomeranie.  L'epaisseur 
et  I'etendue  de  ce  depot  ne  permettent  pas  de  le  regardei-  comme 
etant  le  produit  d'une  alluvion. 

7°.  Diluvial.  Les  couches  regulieres  que  nous  venons  d'enu- 
merersont  recouvertes,  dans  quelques  endroits,  par  un  depot  di- 
luvial, qui  a  ete  amene  du  nord  et  du  nord-est  par  utie  irruption 
terrible  des  eaux.  Ce  terrain  d'aliuvion  renferme  des  masses  iin- 
menses  de  granite,  ct  d'auti-es  roclies  anciciines.  D. 

271.  Observations  geognostiques  sur  le  terrain  de  craie 
du  comte  de  la  Marck  et  du  duche  de  Westphalie,  et  sur  les 
sources  salees  qu'il  parait  renfermer ;  par  M.  Buff.  (Das  Ge- 
birgein  Rheinland-fVestphalen,  par  J.  Noggeratli,  3*^  vol.,  p.  42.) 

L'objet  principal  de  ce  Memoire  est  d'etabiir  les  motifs  sur 
lesquels  I'auteur  se  f'onde  pour  rapport er  a  la  form.ition  de  la 
craic  les  terrains  denouveau  calcaire  secondaire  et  de  marne  qui 
s'etendant  depuislapente  septentrionaledesmontagnesanciennes 
de  Marck  et  de  Westphalie  jusqu'aux  Pays-Bas  ,  occupent  ainsi 
une  surface  de  pres  de  100  milles  carres,  Dans  Ics  differentes 
parties  des  limites  de  cet  espace,  on  voit  le  terrain  dont  il  s'agit 
reposer  sur  le  gres  liouiller,  sur  le  gres  ronge,  sur  le  calcaire  se- 
condaire ancien  ,  sur  le  gres  bigarre  et  le  muschcl/ialk ,  enfin  sur 
le  quadcnuindstein,  Cetle  deraierc  supposition  presente  seule  un 
gissement  concordant,  d'oii  M.  Buff  conclut  que  le  terrain  supe- 
rieur  doit  appartenir  a  une  formation  qui  suit  immediatement  le 
quadersandstein  dans  I'ordre  general  d'ancienncte. 

Les  roches  de  ce  terrain  sonl  toutes  d'un  blanc  dc  craie;  mais 
lesunes  prcsentent  un  calcaii-e  compacte,  les  autres  une  marne 
calcaire  pcu  solide.  Quelques  couches  renfcrment  une  plus  ou 
moins  grande  quantile  de  ces  points  verts  qu'on  a  si  long-temps 
designes  sous  le  nom  de  chlorite.  La  couche  la  plus  inferieure  est 
quelquefoisuuconglomerat  forme  de  galets,  dc  (piarlz  ct  de  jas,>e 
schistoide  chlorite,  melange  dc  galets  de  minerai  dc  fer  argilcux. 


!?34  Gcoloi^ie 

Les  coucLes  rcufcrineut  fr^quemmerU  des  silex  pyromaques 
bruns,  et  des  grains  de  pyrite  dissemin^s.  Les  pelrificalions  y 
sont  luoins  abondantes  qtie  dans  le  muschelkalk :  ce  sont  sur- 
tout  des  ostracites,  des  ccliinites,  lurbiniles,  fungiles,pectinites, 
ammonites,  qui  ont  jusqu'a  2  pieds  de  diametre  ,  cnfm  des 
glossopclres. 

Comparant  ensnire  les  resullats  de  srs  observalions  avec  ceiix 
des  observations  de  M.  Hausmiinn,au  nord  dii  HarU,  de  M.  Stel- 
fens  en  Danemarck  et  en  Suede,  de  MM.  d'Engelhardt  et  do 
Raumer  dans  ie  nord  de  la  France  et  dans  la  Bclgique  ,  M.  Buft 
trouve  les  plus  grandes  analogies  entre  le  terrain  qu'il  decrit  et 
les  parties  ini'erieures  du  terrain  de  craie  de  ces  diverses  contrees. 
II  regards  comme  probable  qu'une  grande  formation  crayeuse 
a  rempli  autrefois  tout  le  bassin  sitae  entre  les  montagnes  d'An- 
gleterre  et  de  Suede  d'une  part,  et  celles  du  nord  de  la  France,  de 
la  Belgique  et  du  nord  de  I'Allemagne  d'autre  part;  que  la  con- 
tinuite  de  cette  formation  a  ctu  interronipue  dcpuis  ,  soit  par  la 
grande  cause  qui  a  creuse  la  mer  du  Nord  et  la  mer  B..ltique  , 
soit  par  des  causes  de  destruction  locale,  el  que  le  terrain  de 
Marck  et  de  Westphalie ,  auquel  il  donne  le  nom  de  niarne 
crayeuse  {kreide  mergel) ,  est  un  des  resles  de  ce  vaste  depot. 

M.  Buff  discute  cnsuite  I'opinion  ,  assez  generalement  r^pan- 
duc,  qxie  les  sources  salees  de  Westphalie  appnrtiennent  a  ce 
terrain ,  et  Ton  voit ,  dans  cette  discussion  ,  qu'il  regarde  les  ter- 
raius  tertiaires  du  bassin  de  Paris,  entre  autres  le  terrain  gyp- 
seux,  comme  faisant  partiede  la  formation  crayeuse,  dont  ils  con- 
stituent les  assises  superieures.  Quoi  qu'il  en  soit  de  cette  opi- 
nion bien  diflercnte  de  celle  des  geoiogucs  franrais,  M.  Buff, 
nonobstant  le  resultat  de  I'analyse  chimique  du  D"^.  Brandos, 
qui  a  trouv6  dans  la  craie  o,oo5  de  sel  marin ,  examinant  la  po- 
sition des  diverses  sources  d'eau  salee  en  Westphalie,  fait  vovr 
qu'elles  sont  toutes  situees  pres  de  la  limite  du  terrain  crayeux, 
et  qu'on  pent  regarder  comme  probable,  qu'elles  proviennent 
des  terrains  salifercs,  situcs  au-dessous  de  la  craie,  et  apparte 
nant  a  la  formation  de  calcaire  secondaire  ancien.  Bn. 

I'-i.  DEScniPTioN  DELA  piF.RRF.  DE  SocAR (5o^ar-/?oc.^).  [Ainials 
of  Philosophy ,  juin  1823  ,  pag.  4  to.) 

Dans  le  district  de  Land's  End,  situe  a  la  poinle  de  Cor 
nouaillcs  ,  il  exisle  iin  l)lo<:  de  granite  ,   njipel^c  So-^ar-Rork  ,  que 


Ge'ologie.  5  2  5 

les  Toyygeurs  visitezil  coniiiie  un  objet  de  ciiriosite.  Ce  bloc ,  da 
poids  de  plus  dc  1200  quintaux  ,  ne  repose  qu'en  un  point  sur 
le  granite  qui  lui  sert  de  base,  et  son  centre  de  gravite  est  tel- 
lement  place,  que  maigie  son  volume  extiaordinaire,  un  hoinine 
peut  le  faire  osciller. 

Quelques  antiquaires  ont  regarde  cette  pierre  coniuie  etant 
un  monument  des  druides  ;  raais  il  est  probable  que  ce  bloc  de 
granite  a  ete  isolii  de  la  masse  de  roches  dont  il  f'aisait  partie, 
par  la  decomposition  du  granite  environnant,  et  les  druides 
I'ont  peut-elre  employe  comma  un  moyen  de  superstition.     D. 

273.  Apercu  sur  la  Geologie  et  l'Agriculture  du  pepar- 
TEMENT  DE  LA  HAUTE-IiOiRE  et  pays  limitroplies  ,  precede  de 
Notes  historiques  sur  I'ancien  etat  du  Valais  ,  et  suivi  d'un 
Itineraire,  pour  faciliter  les  recherches  des  amateurs  en  his- 
toire  naturelle;  par  Alph.  Aulagnier,  associc  corresponcLuil 
deplusieurs  Societessavantes,iD-8.  de  20  f.  LePuy ;  Lacombe. 

Nous  regretlons  de  ne  pouvoir  faire  connaitre  cet  ouvrage  in 
connu  a  Paris,  et  nous  ne  pouvoiis  qu'inviter  M.  Auiagnier  a  I'a- 
dresscr  a  la  Direction  pour  qu'il  en  soit  rendu  compte.  II  serail 
a  diisirer  queceux  des  savans  surtout  qui  publient  en  province 
des  o])uscules  qui ,  presque  toujours,  restent  inconnus  au  reste 
de  la  France,  voulussent  bien  nous  les  adresser  ,  afin  qu'iis  pus- 
sent  etre  signales.  Le  but  d'utilile  qu'iis  se  proposent  n'est  pas 
rempli ,  par  suite  de  la  negligence  qu'iis  apportent  a  faire  cou- 
naitre  leurs  ecrlts  ,  et  Ton  doit  d'autant  ])lus  le  rcgretter  qu'ob- 
servant  a  loisir ,  etanl  sur  les  lieux  ,  leurs  observations  ont  sou  - 
vent  beaucoup  d'interet. 

274-   StaTISTIQUE    G^OLOCIQUE    ET     MIlviRALE   DE   l'aRRONDISsE- 

MENT  DE  CoNFOLANs;  in-4.  de  1  f.  7;  Paris;  inipr.   de  Didol 
jcune. 

Les  observations  prec(5dcntes  s'appliquent  egalement  a  cet  ou- 
vrage. On  ne  saitou  il  se  trouve,  rimprimeur  n'ayant  point  ^te 
cliarge  de  la  vente. 

275.  Ancienne  MINE  retrouvee  dans  le  deparlement  du  Puy  de- 
Dome. 

On  vienl  de  ilecouvrir  dans  la  commune  de  Saurier,  arrondis 
srinrnt  d'lssoire,  d'anciens  travaux  d'une  mine  exploitec  a  uuc 
epoquc  incounuc.  Parmi  les  deblais  de  ces  vieillcs  excavations , 


526  Geologic. 

on  a  tiouve  des  ochantUlons  de  cuivre  gris  ,  et  surtoiit  de  galene 
tres-argentifere.  Des  essais  fails  sur  quelques  (ichantillons  ont 
prouve  que  le  plomb  oljtcnudecelte  galene  renfermait  sept  onces 
d'argent  au  quintal.  Or  on  salt  qu'on  exploite  des  mines  qui  n'en 
donnent  que  trois.Tont  fail  esperer  que  cettc  mine  sera  ties-abon- 
dante,  et  dounera  lieu  a  un  etablissement  precieux  pour  le  dept. 
(  Journ.  du  Puj  -de-Dome ,  1 5  avril  1 824. ) 

Nous  avons  recu  des  renseignemens  plus  etendus  sur  cette  de- 
couverte,  dont  M.  le  conite  de  Laizer  a  rendu  comple  au 
prefel  de  ce  departemenl ,  le  20  mars  dernier.  M.  de  Laizer  etait 
accompagne  de  M.  Bravard,  ancien  eleve  de  I'ecole  des  mines  de 
Sainl-Euenne.  Nous  lirons  de  son  rapport  les  renseignemens 
suivans. 

Sur  le  bord  de  la  Couse  d'Issoire ,  entre  Saurier  et  Courgoul , 
tout  pres  de  la  magnifique  coulee  de  Colheuge,  i'on  apercoit 
dans  le  gneis  ou  le  schiste  micace ,  une  ouverture  eboulee  d'un 
abord  difficile. 

Par  I'examen  du  sol  el  des  roches  environnantes  ,  M.  de  Lai- 
zer I'avait  reconnue  pour  une  recherche  demine;  mais  la  difficul- 
te  el  le  danger  meme  de  la  visile  I'avait  empechc  d'y  descendre 
seul  lors  de  la  premiere  inspection  de  ces  conlrees  :  cette  fois-ci, 
accompagne  de  M.  Bravard,  eleve  de  I'ecole  des  mines,  jeune  et 
Kele  mineralogiste,  il  y  est  desceudu.  Arrive  au  moyen  d'echelles 
a  une  profondeur  d'environ  25  pieds,  il  a  trouvc  une  belle  et 
large  galerie  obstraee  par  les  eboalemens ;  en  la  suivant ,  Ton 
descend  dans  une  autre  encore  en  bon  etat,  de  2  a  3  pieds  de 
large,  irreguHereraent  tracee  dans  le  grieis.  Cette  exploitation  , 
bien  antcrieure  a  la  decouverte  de  la  poudre,  a  ete  executee  a  la 
pioche  et  par  gradins  en  descendant ,  de  maniere  que  les  galeries 
ont  en  certains  endroits  Ho  a  40  p.dehaut.  Mx^I.  de  Laizer  et  Bra- 
vard en  ont  suivi  une  durant  40  ou  5o  toisPs  ,  mais  les  difficultcs  et 
Tabondancedu  gaz  acide  carbonique  les  ont  forces  a  renoncer , 
pour  le  moment,  a  de  plus  amplcs  rechercbos. 

Ilparait  que  cette  exploitation  s'etendait,  sur  trois  etages,jus- 
fiue  tres-avant  dans  la  montagne.  Les  orifices  des  deux  elages  su- 
pcrieurs  sont  tollemcnt  cncorabrcs  qu'on  n'a  pu,  dans  le  moment, 
songer  a  y  i)t'netrer. 

Le  filon  mctallique  exploite  dans  <  ette  niii'o  iHant  epuisf-  dins 
la  partie  que  Ton  peut  visiter,  onn'a  pu  en  juger  que  par  quel- 
ques debris  ^pars  dans  la  galerie.  On  y  reconnait  le  cuivre  arse- 


Histoire  ruHuielle  i^cncnile.  327 

i)iatt5  aigenlitere,  le  cuivre  pyrlleux,  le  plomb  siilfnro  (probable 
ment  Uos-argeiUifere  ) ,  le  t'er  hydrate  et  le  /.ine  sulfure,  le  lout 
dans  line  gangue  quartzeuse  ,  adhercntc  au  scliiste  micace.  A  en 
juger  par  ce  morceau,  la  mine  parait  devoir  etre  riclie,  ct  les 
grands  travaux  fails  pour  I'extraire  ,  prouvent  qa'autret'ois  son 
exploitation  etait  avantageuse. 

On  va  essayer  de  laire  construire  sur  le  local  uii  ventilateur  et 
des  eclielles  au  moyen  desquelles  Ton  puisse  penetrer  plus  avant 
dans  les  divers  Iravaux  ancieus.  L'air  y  manque  tcllcmciit  qu'un 
clieval  qui  s'y  est  preclj)ite  depuis  plusieurs  siecles  peut-etre,  csl 
encoieparl'aitement  conserve,  quoique  presquc  au-tlessousmenie 
du  Puy. 

Une  source  d'eau  chaigeo  de  sedimens  calcaires  qui  sourdil 
dans  la  galerie  principale,  a  forme  de  grandes  et  belles  stalactites 
qui  robstrueut  au  point  d'en  rendre  le  passage  difficile. 

M.  Burdin,  ingenieur  des  mines,  a  fait  inserer  au  journal  du 
Puy-de-D6me  I'analyse  qu'il  a  faite  des  echautilions  envoyes  par 
M.  de  Laizer. 

HISTOIRE    NATURELLF.    GSNLMALE. 

27(1.    t'xTRAIT    U'UNE    LETTUE  Dii    MM.     KlJHL   ET   VaN    HaSSELT 

au  ministre  de  i'inslruction  publique,  de  I'industrie  nationale 
et  des  colonics  des  Pays-Bas ,  sui'  I'liisloire  generale  des  iles 
des  Cocotieis  et  de  I'ile  de  Java. 

Bultenzorg  (Java),  10  aout  1821, 

Le  grand  Ocean  des  I:;des  ne  nous  a  pas  fourni  moins  d'occa- 
sioii  que  I'Ocean  atlantique  d'observer  beaucoup  d'animaux 
(jue  Tonne  connaissait  jusqu'a  present  que  d'unc  mani^re  super- 
(iciclie;  et  par  une  aiiatoniie  cxatte,  nous  [louvons  prouver  leui 
analogic  avec  d'autres  creatures  plus  connues. 

Nous  avons  dccouvert  plusieurs  cspeces  nouvelles  d'annelidcs 
el  de  luniciers  de  M.  de  Lamark. 

Un  accident  nialLcureux  nous  a  mis  a  meuie  de  visiter  les 
iles  aux  Cocos,  ausud  de  Sumatra.  Ce  groupe  d'iles  n  esiabsolu- 
mcnt  qu'une  production  des  madrepores,  ct  ressemble  parfailc- 
mcnl  aux  iles  plates  de  la  mcr  du  Sud  dont  I'originc  est  allri- 
buoe  aux  madrepores  par  Forster.  Vu  la  qualitc  des  rochcrs  de 
loraux  (jui  les  eutourent,  ou  ue  pent  y  aborder  que  dPTjs  u.n 


5 28  Uistoire  Jiaturelle  generale. 

temps  calme  ,  et  tivec  de  petits  navires.  Ce  qui  prouve  eucore  que 
ces  lies  sont  sorties  du  sein  de  la  mer,  c'est  I'absence  de  mamrai- 
feies,  d'amphibies  terrestres  et  d'oiseaux  de  terre,  ainsi  que  i'in- 
digence  vegelale;  nous  u'y  avons  trouve  que  4  especes  de 
plantes. 

Ce  sont  d'abord  :  une  nouvelle  graiiiiiiee  et  une  Urtica  cocos- 
nucifera,  dent  le  bois  epais  couvre  tout  I'interieur  de  cesiles; 
une  Tourncfortia  argentea ,  dont  la  triste  verdure  ceint  les  bois 
de  cocolieis  le  long  de  la  cote.  Des  troupes  innombrables  d'oi- 
seaux a({ua  tiques^habitent  ces  plages  solitaires,  ou  ils  se  mefient 
si  peu  du  danger  que  nous  pumes  les  saisir  a  la  main,  et  les 
tuer  a  coups  de  baton ;  malgre  I'abondance  de  ces  oiscaux ,  on 
n'en  trouve  qu'un  petit  nombre  d'especes ,  qui  sont :  le  Sterna 
alba  de  Sparmann  ,  le  Sterna  stolida  L. ,  le  FregattaJquila  ,  et 
3  especes  de  Sula ,  savoir ;  Suia  piscatrix  Forst.  ,  .S'.  melanura 
Nob.  etuneS*^.  espece,  dont  uousn'avons  pu  saisir  que  les  petits. 

Tous  ces  olseaux  vivent  sur  les  cocotiers  et  dans  les  buissons 
de  Tourneforlia  ,  et  y  nichent ,  a  I'esception  des  Sterna. 

La  plage  est  pauvre,  attendu  que  deux  sortes  de  crustaces, 
uii pagurus elV Ocf/jode ceratophthalinus,  devorent sur-le-champ 
tout  ce  que  la  mer  y  jette.  Les  Pagurus  grimpent  meme  sur  les 
arbres  et  enlevent  les  oeufs  des  Sula  dans  les  nids. 

Parmi  les  amphibies  ou  trouve  seulement  la  tortue  Midas,  tres- 
abondante.  Nous  avons  recueilli  un  grand  nombre  de  tous  ces 
animaux,  quoique  nous  n'ayons  pu  sejourner  sur  la  cote  que 
tres-peu  de  temps ;  M.  de  Raaltea  a  arrange  des  squclettes  de 
tous  les  oiseaux. 

Au  delroit  de  la  Sonde,  M.  Keulfjes  a  dessine  la  configuration 
de  toutcs  les  cotes,  comme  il  avail  fait  precedemmcnt  a  Madere 
et  Porto-Santo. 

A  la  pointe  de  Bantam ,  nous  touchaines  pour  la  premiere  fois 
le  sol  de  Java;  une  quantite  de  coraux  et  de  mollusqucs  y  est 
tombee  entre  nos  mains. 

Nous  sommcs  arrives  enfin  dans  la  rade  de  Batavia  ,  apres  un 
voyage  de  G  mois.  L'accueil  bienvcillant  de  S.  Exc.  le  gouver- 
iieur  general  nous  dedommagea  am])lement  des  desagremens 
de  cette  longue  travcrsee.  II  nous  a  permis  de  demeurer  a  Bui- 
tenzorg  ,  dont  la  position  salubre  nous  meltra  niicux  a  m<5ine 
de  nous  habituer  au  tlimat    de  I'lndc. 

Pendant  les  4  premiers  mois  nous  n'avons  pas  quitte  les  envi- 


Histoire  naturelle  ge'nerale.  Ssq 

rons  de  Buitenzorg,  ou  chaque  jour  nous  offrait  de  nouveaux 
objels,  et  ou  nous  pouvions  sans  peine  nous  procurer  cc  que 
nous  voulions  examiner  a  notre  aise  chez  nous. 

II  ne  s'est  point  passe  de  jour  ou  nous  n'ayons  decrit  et 
dessine  quelques  nouvelles  especes  d'animaux  ou  de  vegetaux 
appartenant  souvent  a  des  genres ,  et  meme  a  des  ordres  nou- 
veaux. C'est  ainsi  que  nous  nous  sommcs  procure  peu  a  peu  une 
idee  de  la  flore  et  de  la  faune  de  Java,  et  en  meme  temps  nous 
nous  sonimes  mis  au  fait  de  tous  les  travaux  de  M.  Reinwardt , 
afin  de  ne  pas  toniber  dans  des  repetitions  inutiles.  En  conse- 
quence nous  avons  dresse  une  liste  de  tous  ses  dessins;  nous 
avons  examine  tout  son  herbier,  et  nous  avons  adopte  ses  de- 
nominations en  botanique. 

Pendant  ces  4  mois  ,  nous  avons  considerablement  enrichi 
notre  collection,  en  sorte  qu'en  ce  moment  quelques  branches 
de  zoologie  paraissenl  etre  epuisees  pour  cette  contree. 

Nous  compienons  dans  ce  nombre  les  cheiropteres,  les  oi- 
seaux,  les  ophldiens  ,  les  sauriens ,  les  poissons  et  les  mollus- 
ques.  Nous  croyons  pouvoir  donner  snr  la  faune  de  Buitenzorg 
des  notions  aussi  completes  que  celles  qu'on  possede  sur  aucune 
partie  de  {'Europe. 

Apres  ces  travaux  preparatoires  nous  avions  forme  le  projet 
d'entreprendre  un  voyage  dans  le  pays  de  Bantam  encore  si  pen 
connu,  lorsque  le  cholera  morbus  exercant  ses  ravages  dans  le 
pays,  fit  echouer  notre  entreprise.  C'est  ce  qui  nous  engagea  a 
profiter  des  mois  suivans  pour  visiter  les  montagnes  des  envi- 
rons ;  nous  giavimes  le  pic  le  plus  oriental  du  Salac  (i),  du  cote 
du  nord;  sa  hauteur  au-dessus  de  Buitenzorg  est  de  ^SSo  picds. 
Le  professeur  Reinwardt  avait  deja  gravi  aup-aravant  une  des 
cimes  du  milieu.  La  plus  haute,  qui  est  aussi  la  plus  occidcn- 
tale  ,  n'a  pas  encore  ete  visilee. 

Ensuite  nous  visitames  la  chaine  de  montagnes  qui  s'etenJ  au 
nord  du  Salac  vers  la  cote,  et  nous  gravimes  entre  autreslemont 
Muxara  qui  avait  aussi  un  interet  historique.  De  la  nous  allames 
voir  3  sources  thermales  du  voisinage,  situees  entre  Rompin  et 
Waroe,  deux  villages  ou  kampons  qu'on  ne  trouve  point  stir 
les  cartes  generales;  ces  3  sources  sont  indiquees  dans  la  carte 

(i)  Cctte  montagnc  est  figurt'O  sous  le  meme  nom  dans  la  carte  ilc 
Java  ,  par  Tiaflles. 


5  5o  Mine'ralogie. 

d'Horsfifld  (i),  mais  iioii  pas  a  la  place  convcnable.  Elits  cou- 
icul  sur  ti-ois  coUines  calcaires,  qui  paraissCHt  etre  elles-memcs 
les  j)roduits  des  3  sources ;  celles-ci  forment  eu  ci'fet  cliaque  jour 
de  nouveaux  depots  calcaires.  La  vegetation  auprcs  de  ces  sources 
^ifre  beaucoup  de  varietc,  et  comme  probableinent  elle  n'a  pas 
ete  examinee  auparavant,  elle  est  doublement  inttiressante. 

Dans  ce  moment  nous  venons  de  gravir  le  Langerango  (le 
niont  Gede  dans  la  carte  de  Raffles)  qui  lienl  par  une  crete  au 
Diont  Gede.  Sa  hauteur  au-dessus  de  Buiteuzorg  se  monte  a 
8,58o  pieds.  Cette  montagne  n'a  pas  ete  plus  un  voican  que  la 
cime  orientale  du  Salac.  Cest  dans  la  region  froide  de  ces  hau- 
teurs considerables  que  nous  avons  trouve  beaucoup  de  lits  de 
rhinoceros,  et  les  sentiers  que  ces  animaux  ont  frayes  entre  les 
vegetaux  seplenlrionaux  qui  doniinent  ici,  nous  ont  facilite  le 
luoyen  d'atteindre  le  sommet. 

Le  plus  grand  zeie,  et  tous  les  efforts  ne  suffisent  pas  pour 
recueillir  toutes  les  richesses  naturellcs  qui  se  presontcnt  dans 
ces  regions.  Nous  ne  pouvons  assez  louer  rapplication  laboriense 
de  MM.  Kcultjes  et  Van  Rualten;  le  premier  s'est  ])erfectiouni', 
et  est  devenu  un  excellent  peintre  d'histoire  naturelle. 


MIRERALOGIE. 

•177.  Note  sua  un  nouveau   gisement  du  Bitume  elastiqiik; 
j)ar  C.  P.  Ollivier  d'AngerSj  D.  M.  P.  (J/i/ialcs  dcsScifn 
ces  naturelles,  juin  1824. ) 

Ce  bitume ,  qui  fat  le  sujet  d'une  dissertation  publicc 
en  i563,  par  le  docteur  Lisier,  n'e&t  pas  moins  remarquablc 
parson  gisement  que  parses  caractercs;  il  n'avait  jusqu'a  pre- 
sent lite  trouve  qu'en  At)glcterre,  dans  la  mine  de  plomb  d'Odin, 
laquelle  est  situc-e  a  la  base  du  Mamtor,  au  nord  de  Castleloii 
dans  le  Deibyshire.  Le  lilon  de  plomb  suU'ure  tpii  le  renferme 
tiaverse  la  pierre  calcaire  slralifornie,  et  conlient  la  gale  e  en 
association  avec  la  chaux  fluatee  ,  la  baryte  sulfiitee,  le  zinc  sul- 
fiire,  le  zinc  carbonate  et  le  bitume  elastique. 

L'auteur  a  cru  devoir  donner  ici  la  description  succincte  des 
caractercs  et  du  i/isement  dc  ce  bitume,  afin    de  faire  rcssortir 


(0  Mineralu(^kal  sketch  of  the  Island  of  Java. 


Mineralogie .  3  5 1 

quelques  differences  qui  existent  sous  ces  deux  rapports  d.ius 
ceJui  qu'il  a  decouvert  aux  mines  de  liouUle  de  Montrelais.  Ces 
mines  sont  situces  dans  le  departement  de  la  Loii'e-Infcrieure , 
a  I'ouest  et  sur  les  confins  du  departement  de  Maine-et-Loire, 
sur  la  rive  droite  de  la  Loire.  La  roche  qu'on  observe  le  plus  fr^- 
querament  a  la  superficie  du  sol  dans  la  plupart  des  lieux  oil  I'dii 
rencontre  des  exploitations  anciennes  ou  recentes,  est  un  psam- 
mite  quartzeux  ,  essentieliement  compose  de  grains  de  quartz  , 
unis  par  un  ciment  siliceux.  II  existe  peu  de  mica  dans  les  par- 
ties superieures  de  la  roclie  qui,  en  general,  en  contient  d'au- 
tant  plus,  qu'on  I'etudie  plus  profondement.  Sa  structure  de- 
vient  alors  aussi  plus  feuiiletee,  et  offre  les  caracteres  Aupsam- 
inite  schisto'ide ,  ou  gres  houiller  schisto'ide ,  qui  presente  assez 
souvent  des  empreintes  vegetales.  Dans  quelques  endroits,  les 
grains  quartzeux  sont  reunis  par  une  pate  verdatre,  chloritique 
( psammite  verdatre ).  Lorsque  la  roche  a  cet  aspect ,  elle  est 
ordinairement  assez  friable ,  et  Ton  n'y  trouve  aucune  parcelle 
de  mica  :  cette  variete  ne  se  remarque  que  dans  les  couches  su- 
perieures. 

Telle  est,  en  general ,  la  nature  de  la  roche  des  houilleres  de 
Montrelais;  sa  direction  est  communement  de  Test  a  I'ouest,  et 
son  inclinaison  au  sud.  Cependant ,  il  existe  a  ce  sujet  uuc  ex- 
ception signalee  par  I'auteur  :  c'est  que  dcpuis  le  chef-lieu  de 
I'etablissement  jusqu'au  lieu  de  rendez-vous  pour  les  ouvriers, 
nomme  la  Marque,  c'est-a-dire  en  se  dirigeant  vers  le  nord,  la 
disposition  indiquee  plus  haut  est  constante,  tandis  que  depuis 
ce  dernier  endroit  {la  Marque)  jusqu'au  Puits-Saint- Andre, 
qui  se  trouve  dans  la  meme  direction,  a  la  distance  d'un  quart 
de  lieue  environ,  Finclinaison  de  la  roche  est  au  nord ,  sans  que 
d'ailleurs  sa  direction  soit  changee.  L'inclinaison  des  couches 
de  houille  a  suivi  ce  rcnvcrsemcnt  du  rocher,  et  il  n'y  a  que  le 
puils  de  la  Garcnne,  ou,  malgre  finclinaison  au  sud,  celle  de  la 
couche  de  houille  soit  au  nord. 

C'est  dans  le  Puits-Saint-Andre  que  le  Bitume  (1-lastique  a  ete 
trouve  (octobrc  1816).  Dans  ce  puits,  dont  I'exjjloitation  fut 
commencce  en  i8i5,  I'aspect  et  la  densite  de  la  roche  offrent 
des  differences  rcmarquables ,  quoique  la  nature  en  soit  la 
m^me  :  c'est  en  effct  un  psammite  quartzeux ,  mais  a  gros  grains 
bl.'incliatres  analogues  au  quartz  gras  et  reuuis  par  un  ciment 
siliceux  d'un  gris  blanchdtrc  :  ou  n'y  observe  point  de  mica.  Sa 


352  Mine  I  a  logic . 

durete  est  extreme,  ce  qui  rend  le  travaii  long  et  penible.  G;llc 
texture  est  a  peu  pres  la  menie  jusqu'a  une  profondeur  de  3o 
toises  environ  (i). 

Le  toit,  ou  l;i  parol  sud  dela  couche  de  houille ,  est  forme  par 
im  ps>'Lmmite  scliistoide  violet,  dont  les  feuillets  ont  une  surface 
lisse  et  polie,  et  qui  prcsente  quelques  empreintes  vej^etales.  Ses 
fissures  renferment  quelquefois  une  steatite  tresblanclie.  Ce  n'csl 
qu'accidentellement  qu'on  trouve  ce  psammite  scliistoide  dans 
le  mur,  ou  la  paroi  nord,  qui  est  plus  particulierement  formee 
par  une  ophiolite  (2),  entremelee  de  veines  de  quartz,  et  de 
cliaux  carbonatee. 

C'est  a  une  profondeur  de  35  toises,  dans  j)lusieurs  de  ces 
veines,  que  M.  Ollivier  a  trouve  le  bitume  elastique :  il  est  conteni: 
dans  les  interstices  que  presenlent  entreelles  les  exlremites  libres 
des  cristaux  iinplantes  sur  les  deux  parois  qui  comprennent 
chaque  veine.  II  remplit  completement  clincun  de  ces  intervalles , 
et  forme  ainsi  de  petits  amas,  plus  ou  moins  rapproclies,  isoies, 
ou  confondus  ensemble. 

Sa  couleur  est  d'un  beau  noiratre  tres-fonce;  il  est  opaque, 
inodore ,  d'une  consistance  moyenne ,  compressible  ,  tres-tenace 
ct  ires-elastique,   lisse  et  luisant  quand  on    le    dechire  :  il  ne 

(i)  M.  Ollivier  a  observe  sur  la  rive  gauche  de  la  Loire  ,  a  quclqiic 
distance  tie  Clialonnes,  pres  la  me'tairie  dite  Ju  petit  Ponceau  ,  une 
rociie  dont  la  direction  ,  I'inclinaison  et  la  nature  soiit  absolument  Ic; 
memes  que  cclles  de  la  roche  du  Puits-Saint-Audre.  Ello  est  recouvertc, 
dans  plusieurs points,  d'emprcintes  vcgiitalcs,  el  avoisine  une  couclic 
de  houille  <jui  forme  un  alUeurement  tres-inarque  sur  le  liaut  de  la  col- 
line.  L'autcur  est  porte'  a  penser,  d'apres  I'idcntitd  parfaite  de  ces  deux 
roches  et  I'exainen  de  leur  j)osition  respectivf!,  cpie  celle  do  Montrelais 
n'est  que  la  prolongalion  de  celle  du  Petit-Ponceau  ,  qui  se  continue 
ainsi  dans  Pcteudue  de  [)lus  de  /^  lieues  ,  en  passant  obliquenicnt  sous 
la  Loire.  Celte  observation  giiologiquc  relative  ;i  la  conlinuilc;  des  ter- 
rains qui  renferment  la  houille  dans  le  departeraent  de  Maiue-et-Loire, 
a  conduit  Tauteur  a  penser  ({ue  ces  roches  suivent  un  trajct  et  iin<! 
direction  analogues  a  celles  du  banc  de  schisle  qui  est  plus  au  nord  , 
ct  qui  se  prolonge  indefiniment  jusqu'en  Bretagne  ? 

{■i)  M.  Brongniart  a  reconnu  <[ue  cette  roche  a  base  de  serpentine  , 
est  une  roche  compose'e  (jui ,  expose'e  au  feu  de  porcelaine  ,  blancbil  , 
se  couvred'uu  endnit  vitreux  et  se  boursoufHc  sans  se  deformer  com- 
pletement; mais  elle  fait  voir  des  veinnles  d'un  verre  transparent,  vei 
d.tire  ,  qui  )a  traverscnt  daus  difierens  sens,  ce  qui  iiidi([ue  une  sub 
stance  plus  fusible  interposee  dans  la  masse  de  la  rocbc. 


Mineralo^ie.  355 

perd  rien  de  son  elasticite  par  une  exposition  prolongee  a  I'air 
sec  ou  huniide.  Dans  quelques  points,  sa  surface  est  d'un  gris 
blancliatre ;  mais  cette  couleur,  qui  n'est  que  superficiolle,  est 
due  a  une  poiissiere  calcaire  blanchatre,  tres-fine,  (pii  est  inter- 
posee  entre  le  bitume  et  la  surface  de  quelques-uns  des  cristaux 
avec  lesquels  il  est  en  contact.  Dans  les  autres  points,  il  adhere 
intimement  et  inimediatement  aux  cristaux.  II  enleve  parfaite- 
inent  les  traces  de  plombagine,  mais  en  salissant  le  papier  :  il 
surnage  I'eau  completement ,  et  brule  en  repandant  une  flarame 
claire,  d'un  blanc  bleuatre,  avec  une  fumee  epaisse  et  une  odeur 
bitumineuse. 

Lorsqu'on  laisse  tresnper  dans  I'eau  pendant  dix  ou  douze 
heures  un  morceau  de  ce  bitume,  et  qu'on  le  fait  bruler  en- 
suite ,  il  repand  bien  moins  de  fumee  et  d'odeur  bitumineuse; 
en  outre,  si  on  I'emploie  alors  pour  effacer  les  traces  du  crayon 
sur  le  papier,  il  le  salit  a  peine;  ce  qui  indique  que  qnelques- 
unes  des  parties  qui  le  constituent,  sont  solubles  dans  I'eau. 
Quand  on  le  fait  fondre  a  I'aide  de  la  chaleur,  et  qu'on  I'etend 
sur  le  papier,  il  y  adhere  forlement  en  faisant  des  taches  qui 
ont  la  couleur  foncce  du  bistre  :  il  devient  alors  un  pen  pois- 
seux,  et  se  dissout  facilement  dans  I'huile  au  moyen  d'une  douce 
chaleur. 

On  voit ,  d'apres  cette  description,  que  les  caracteres  princi- 
paux  de  ce  bitume  ont  I'analogie  !a  plus  parfaite  avec  ceux  du 
bitume  elastiqiie,  qu'on  n'a  trouvc  jusqu'a  present  qu'eii  Angie- 
terre  :  IM.  Brongniart  a  bion  voulu  verifier  I'exactitude  dos  details 
de  cette  description,  sur  un  echantillon  qui  lui  a  ete  communi- 
que. L'auteur  termine  en  faisant  remarquer  qu'a  I'exception  de 
quelques  differences,  il  exislebeaucoup  de  rapports  enire  le  gi- 
sement  de  ces  deux  bitumes  elastiques  qui  se  trouvent  I'un  et 
I'antre  dans  les  filonsd'un  terrain  de  transition. 

278.  Notice  sur  la  decouverte  recente  d'une  mine  de  cuivre 
sur  les  rives  du  lac  Superieur,  par  H.  1\.  Schoolcraft.  (  Ame- 
rican Journ.  of  Sciences  ,  vol.  7,  n".'  i  ,  nov.   182S  ,  pag.  4^.  ) 

LeCuivre carbonate  vert  concretionne  malachite,  a  clcreconnu, 
il  y  a  peu  de  temps  ,  a  I'extremitc  de  la  grande  peninsule  de 
Keewiieenen  sur  les  bords  du  lac  Suju'rieur.  II  parait  v 
former  un  filon  dans  un  terrain  schistcux  associe  au  gra- 
nite q>ii  compose  une  partie  de  cette  jicninsnlc;  ce  filon  a  e;i- 


334  Mine'ralogie. 

viron  6  pieds  ilc  puissance.  II  3  eleve  aii-dessus  do  la  surface  do 
I'eau  ,  et  plonge  vers  la  tcrre  ;  de  facon  qu'oii  le  rclrouvera  dans 
rinterieur.  II  n'a  ctii  etabli  encore  aucune  rechc-rclie  sur  ce  filon; 
on  ne  le  counait  que  par  quelques  cchantillons  fori  riclies. 

279.  Description  de  la  Petalite  d'Ameriqce  ,  par  G.  Troost, 
D.  M.  (  Journ.  acad.  of  Nat.  Sc.  of  Philadelphia ,  janv.  1824  , 
p.  234.  ) 

En  examinant  une  suite  d'echantlllons  geologlques  ,  recueillie 
par  le  D"^.  Bigsby ,  M.  Troost  a  obbcrve  une  belle  masse  d'ac- 
tinolite  qui  recouvrait  une  substance  a  structure  confusement  la- 
niellaire  ,  d'un  blanc  grisatre  mele  d'une  legere  teinte  de  vert. 
Le  clivage  lul  a  paru  indiquer  un  prisme  rhomboidal  d'environ 
i3o  d. ;  la  pesanteur  specifique  est  de  2  ,  Sg.  Cette  substniice 
fond  difficilement  en  un  email  blanc  ,  et  donne  un  verre  trans- 
parent avec  le  borax.  M.  Troost  s'est  assure  par  un  essai  d'ana- 
lyse  qu'elle  renfcrme  les  principes  constituans  de  la  petalite ,  mais 
il  n'a  pu  en  determiner  les  proportions  avec  exactitude.  La  petalite 
se  trouve  en  masses  roulees ,  sur  la  cote  nord  du  lac  Ontario  , 
en  face  de  la  ville  d'York  ,  capitale  ilu  haut  Canada.  Elle  est  au 
milieu  de  debris  de  differentes  roches  ,  telles  que  le  griinstein  , 
la  sionite,  etc.  La  ville  d'York  estsituee  sur  un  terrain  d'alluvion  , 
qui  recouvre  un  calcaire  brun  horizontal,  abondant  en  trilobites, 
orthoceratites ,  et  autres  debris  organifjues  des  anciennes  for- 
mations secondaires,  et  aboutissantau  nord  a  des  roches  de  gneiss 
et  de  sienite.  G.  Del. 

280.  Note  scr  le  Spodcmene  d'Amerique  ,  par  Nuttall.  {Journ. 
acad.  of  Nat.  Sc.  of  Philadelphia  ,  fcvrier  1824  ,  p.  284. ) 

Dans  une  excursion  mineralogique  faite  pendant  I'ete  de  1823, 
M.  Nuttall  a  decouvert  un  mineral  qu'll  consideie  comme  une 
variete  de  Spodumone  on  de  Triphane.  On  le  trouve  abondam- 
n»cnt  a  Sterling  ,  en  Massachusett ,  dans  une  roche  granitique , 
composee  principaleracnt  de  quartz  hyalin  et  de  mica  ,  et  dans 
laquelle  le  spodumene  remplace  le  feldspath  ;  il  est  en  masses 
lamellaires,  d'une  coulcur  blanche  et  d'un  eclat  pcrle.  Ces  masses 
se  pretent  aisement  a  la  division  mecanique  ,  et  donnent  un 
prisme  rhomboidal  dont  les  angles  sont  de  100°.  et  80°.;  M. 
Geuiges  Boweu  ,  qui  a  examine  ce  minci-al  ,  et  s'est  assure  qii'il 
contenait  du  lithion  ,  a  dernierement  dccouvert  la   meme  sub- 


Mineralogie.  555 

stance  dans  nne  serie  d'c'chantillons  ,  proven.int  des  environs  de 
Dcerfield  ,  en  Massachusett.  G.  Dei  . 

281.  ExAMEN  n'liN  NouvEAU  MINERAL  dc  I'Etat  de  Nnw-JcFscv  ; 
par  James  Renwicr.  (  Annals  of  the  Lyceum  of  nnt.  histoiy 
oj  New  York  ,   dec.  182^  ,  p.  37.  ) 

Cettenouvelle  substance  a  etc  troiivee  parCh.Kinscj,  pendant 
qu'il  recueillait  les  niineraux  des  terrains  adjacens  a  la  route  du 
canal  Morris.  Ellc  est  disseminee  dans  le  ininerai  d'Andover  , 
I'une  des  mines  de  fer  les  plus  celebres  de  rAmerique  du  nord. 
Ce  mineral  parait  au  premier  coup  d'oeil  etre  compose  de  trois 
substances  differentes  ,  dont  i'une  est  d'uu  rouge  de  vermilloii 
peu  fonce  et  a  structure  granulaitre  ;  elle  est  assez  dure  pour 
rayer  le  verre ;  sa  poussierc  est  d'un  rouge  de  rose  ,  clle  agit 
legerement  sur  I'aiguiUc  aimantee  ,  el  fait  effervescence  avcc  les 
acides.  Le  D"^.  Torrey ,  I'ayant  soumise  a  Taction  du  clialuraeau  , 
a  trouve  qu'elle  formait  avec  le  borax  un  verre  verdatre  ,  qui 
perdait  sa  couleur  par  le  refroidisseraent,  et  il  en  a  conclu  qu'elle 
pouvait  contenir  du  cerium  ;  c'est  ce  que  I'analyse  a  confitme. 
Elle  renferme  sur  5o  grains,  16, 3o  de  silice  ;  6,16  de  peroxide 
de  cerium  :  10, 5o  de  protoxide  de  fer;  1,8/j  d'alumine  ;  12,0/1 
de  chaux  ;  1,75  d'eau.  L'auteur  du  memoire  propose  de  lui  donner 
le  nom  de  Torreliie ,  en  I'honneur  da  son  ami  le  D"^.  John  Torrey. 

G.  Del. 

282.  Analyse  i>e  la  cymophane  be  Hadpam  et  de  celle  du  Bre- 
sil;  par  M.  H.  Seybert.  [Ann.  o/Philos.,jmn  1823  ,  p.  427; 
et  Trans.  ofSoc.Philos.  of  Philadelph. ,  2^.  volume. ) 

La  cymophane  de  Haddara,  en  Connecticut,  est  disseminee 
dans  un  granit  a  gros  grains  ,  compose  en  grande  partie  de  fehl- 
spath  blanc.  II  conticnt,  outre  la  cymophane,  du  grenat  rouge, 
et  une  substance  grenue  jaunatre  qui  est  du  Bresil. 

M.  Seybert  a  analyse  concurremment  la  cymophane  de  Had- 
dam  et  celle  du  Bresil.  II  a  employe  ,  pour  faire  ccs  analyses  , 
letraitementparlapolassecaustique.il  a  tiblonu  les  resnitafs 
suivans : 


356  Mine'ralogie. 

(.yma\)\\nut:  ile  llatldani.         Cymophanc  tin  Rri'sil. 

Eau o,/|0 o,Gf)(> 

Oxide  de  titane. .  .        i,oo 2,G(JG 

Glucyne i5,8o 16,000 

Silice 4>oo 5,g()9 

Alumine 7^,60 68,666 

Protoxide  de  fer.  .       3,38 4»723 

Perte 1,82 1,27 


Total. 


100,00 100,000. 


Si  dans  I'analyse  de  la  cymophane  du  Bresil  on  neglige  I'Dxide 
dc  titane  et  colui  de  fer  ,  on  conclut  que  sa  composition  est : 
silice,  6,61 ;  alumine  ,  78,75;  glucyne,  17,64;  qui  correspond  a 
la  formule  mineralogique  A  ^  S  -\-7.  G  ^  ^  ,  D. 

283.  Analyse  d'dn  minerai  de  cuivre  de  New-Jersey;  par  G. 
BowEN.  {Journ.  Ac.  of  Nat.  Scien.  of  Philadelphia,  mars  1824, 
page  295.) 

Ce  mineral  a  et^  trouve  a  Somerville  (New-Jersey)  dans  une 
mine  de  cuivre.  II  se  presente  comme  une  incrustation  sur  le 
mineral  de  cuivre  ferrugineux  de  cette  mine,  et  se  trouve  associe 
au  cuivre  natif,  a  la  malachite,  a  I'oxidc  rouge  de  cuivre,  et  a 
I'argent  natif.  Quelques  mincralogisles  out  cru  que  c'etail  un 
phosphate ;  les  experiences  de  M.  Bowen  ont  prouve  qu'il  ne 
renfermait  point  d'acide  j)hosj)horique.  Son  analyse  a  donne  : 
Eau,  17,000  ;  silice,  37,280  ;  peroxide  de  cuivre ,  48,175  ;  perte, 
0,878  :  —  total  100,000.  C'est  par  consequent  un  bisilicate  de 
cuivre  avec  eau,  represente  par  la  formule  mineralogique 
CS^  +  AC,].  G.  D. 

284.  Notice  sou  l'or  et  sur  la  maniere  de  l'employer,  tiree 
d'un  ouvrage  cliinois  intitule  :  Description  des  Arts  de  V empire. 

L'or,  dit  I'auteur  chinois,  a  une  Taleur  seize  mille  fois  plus 
grande  que  le  fer;  et  cependant,  ajoute-t-il,  s'il  n'y  avait  plus 
de  fer  pour  les  haclies  et  les  ustensiles  necessaires  au  besoin 
quotidiens,  il  y  aur.-.it  de  l'or,  mais  il  n'y  aurait  plus  dc  pcu])le. 
L'or  est  neanmoins  le  metal  par  excellence,  et  des  qu'il  est  forme, 
il  est  inalterable.  Si  Ton  met  de  I'argent  sur  un  brasier,  et  que 
Ton  excite  forlement  le  feu,  I'argent  ne  se  consumera  pas, 
mais  son   eclal  ,  diminuant  peu  a  pcu  ,   fmir.t  par  disparaitre. 


Miiicrnln<^ie.      '  ajT 

I'eclat  de  I'or  ,  an  coiitrairc,  auginenle  i-n  [Jioportion  deriirtleur 
du  feu;  et  o'est  ea  quoi  consisle  sa  superiorlte. 

L'erapire  de  la  Chine  coiitient  a  pen  pres  cent  mines  d'or ,  et 
la  plus  grande  partie  de  ce  metal  se  tire  des  provinces  du  sud- 
ouest.  Les  mines  ou  on  le  trouve  ont  plus  de  lo  tchangs  ( loo 
pieds)  de  profondeur.  Les  plerres  de  louche  indiquent  I'eiidroit 
oil  est  I'or :  cettepierre  estouleurdefeutre  ;  elleest  noire  au  de- 
hors couiniesielleavait  etecaltinue.  On  la  trouve  en  grande  abon- 
dance  dan»  les  rivieres  du  Kouany-sin-kian.  Les  plus  grosses  sont 
conime  un  boisseau  ,  les  plus  pelites  sont  coninie  le  poing :  on  les 
faitcuiredansdu  jusd'ole,  cequi  leurdoune  un  beau  vernis  noir. 
On  rccueiUe  aussi  de  I'or  dans  les  rivieres,  et  dans  des  plaines 
ou  Ton  creuse  des  puits  plus  ou  moins  profonds.  C'est  le  Kin- 
tclia-Kiang ,  ou  Fleuve  au  sable  d'or,  dans  le  Yun-nan  ,  qui 
f'ournil  presque  tout  I'or  qu'on  tire  du  sable  des  rivieres.  Ce 
fleuve  prend  sa  source  dans  le  Thibet ,  coule  autour  de  la  ville 
de  Li-kiang  fou;  el,  arrive  a  Pe-tching-tcheou;  il  fait  un  cir- 
cuit de  5oo  lis  (i)  environ.  C'est  la  qu'il  est  coupe  en  plusieurs 
endroits  pour  la  peche  de  I'or.  Le  metal  qu'on  en  tire  est  d'une 
couleur  jaune  pale  ,  lorsqu'on  le  fait  fondre;  il  deyient  rouge,  si 
I'on  recommence  I'operation. 

A  Tanyai,  il  y  a  des  champs  d'or;  le  metal  y  est  mele  au 
sable  et  a  la  terre^  de  sorte  qu'il  n'est  pas  nccessaire  de  creuser 
profondement  pour  le  trouvei-.  Si  on  I'enleve  cntierement,  il  ne 
se  reproduit  plus;  c'est  pourquoi  on  ne  pent ,  dans  le  cours  d'une 
annee,  en  laver  et  en  fondre  qu'une  certalne  quantite.  Chez  les 
peuples  de  la  Tartaric  meridionale,  on  tire  I'or  des  cavernes. 
Celui qu'on rencontred'aboid  est  comniedufer;  maissi  Ton  conti- 
nue a  creuser,  parvenu  a  une  certaine  profondeur,  on  le  trouve 
sous  la  pierre  nomniee  fIc--t/f,iao,  et  alors  il  est  tendre  et  facile  a 
mordre;  c'est  pourquoi  il  y  a  des  ouvriers  quil'avalcnt  et  qui  le 
cacheut  dans  leurs  entraillcs,  sans  que  cela  leurfasse  aucun  mal. 
Dans  le  Ho-nan,  a  Thay-koung  et  autres  lieux;  dans  le 
Kiang-si,  a  Yo-phing,  a  Siu-kian  et  autres  lieux,  on  creuse  des 
puits  dans  les  plaines,  et  Ton  en  retire  un  sable  ex tremement 
fin,  qu'on  lave  ct  que  Ton  purilie  pour  le  reduire  a  I'etat  metal- 
lique.  Le  rapport  de  ces  minerals  est  de  fort  peu  dc  chose ,  si 
I'on  a  egard  au  travail  que  leur  exploitation  exige  ;  et  quoiquc 

(i)  Le  li  rst  la  di^icin^  pailie  d'une  lieuc. 

B.  TOMK  IL  JO 


338  Mineralogie. 

les  phiines  oii  lis  se  trouvent  soient  fort  nombrouscs  ,  en  general, 
il  n'y  en  a  guere  qu'une  seule,  dans  un  espace  do  mille  lis^  donl 
le  produit  soit  assez  considerable  pour  dedomniager  convenable- 
raent  des  frais.  Le  Lin};  pa o  assure  «  que  les  gens  dii  peuple  la- 
»  vent  les  fientes  des  oies  et  des  canards  qui  se  nourrissent  dans 
i>  ces  pkiincs,  et  que  d'une  livre  ils  tirent  quelquefois  une  once 
i>  d'or,  mals  que  le  plus  souvent  leur  travail  est  infructueux.  » 
Apres  avoir  cite  cette  parlicularite  ,  I'auteur  (|ue  nous  tradul- 
sons  ajoiite,   qu'il  craint  hlcn  que  re  iie  soit  une  fable. 

L'or  que  Ton  tire  des  plaines  et  des  rivieres  est  bien  infcrieur 
a  celui  que  Ion  tire  des  mines  :  on  distingue  encore  ,  dans  cette 
derniere  espcce,  differentes  qualiles.  La  premiere  se  nomme  ma- 
ti-tin  (or  en  pied  de  clieval);  la  seconde  s'appelle  lian-Ian-kin 
(or  en  foime  d'olive);  la  troisieme  est  connue  sous  le  nom  de 
koua-tsenkin  (oren  grains  de  courge).  La  premiere  qiialile  de 
l'or  qu'on  tire  du  sable  des  rivieres  s'appelle  keoii- teou-kin 
(or  en  t^te  de  cbien);  la  qualite  inl'erieure  c.>t  nommee  lou-me- 
kin  (or  en  grains  de  froment).  On  nomme  mien-clia-kin  (pous- 
siere  de  froment),  l'or  qu'on  trouve  en  creusant  des  puils  dans 
les  plaines.  On  commence  par  laver  toutes  ces  especes  d'or;  on 
les  purifie  par  le  feu ;  on  les  fait  fondre  et  on  les  faconne  en 
forme  de  boules. 

L'or  est  naturellcment  trcs-lourd.  Si,  en  rffet ,  sur  un  mor- 
ceau  de  cuivred'un  pouce  carre  et  du  poids  d'une  once,  on  tallle 
un  morceau d'argent  d'egale  grandeur,  il  sera  pluslourd  detrois 
dixicmcs  At  Icnng  [i).  Si  snr  ce  morceau  d'argent  on  taille  un. 
morceau  d'or  d'egale  grandeur,  il  sera  plus  lourd  de  deux  dixic- 

mes  de  leang. 

L'or  se  fait  encore  remarqucr  par  sa  ductilite.  EUe  est  telle, 
qu'on  pent  le  plier  et  le  courber  comme  les  branches  du  sauie. 
Sa  couleur  n'est  pas  toujours  la  meme,  et  Ton  compte  sept  sor- 
tes  d'or  vert,  huit  de  jaune,  neuf  de  violet,  et  dix  de  rouge. 

L'argent  peul  seul  s'allier  avec  l'or;  on  n'obtlent  aucun  resui- 
tat  salisfaisant  de  son  melange  avec  les  autres  metaux.  Pour  le 
s(^p.irer  de  l'argent  et  avoir  le  metal  pur,  on  le  coupe  et  on  Ic 
reduiten  motceaux  que  Ton  cntoure  d'argile,  et  que  Ton  jclle 
rnsuite  dans  un  crcusel.  L'argent  s'engorge  dans  I'argile  qui  se 
detaclie  de  l'or  en  le  lalssanl  couler  separemcnt,  ce  qui  rend  sa 


(0  be  leang,  ou  once  cbinoLsc,  pcse  9  gros. 


Alincialogic.  5"g 

couleur  phis  paifaile.  On  sop.ire  ensulte  ,  jusqu'a  la  pliis  petite 
parcelle  ,  I'argenf  de  I'argile,  au  moyen  d'un  peu  de  plonib  que 
1  on  met  dans  le  crensel. 

La  j)lus  belle  couleur  est  celle  de  Tor;  aussi  lesliommes  la  re- 
gardent-ils  comine  rornementle  plus  magnifique.  C'est  pourquoi 
il  y  a  des  gens  qui  rcdiiisent  ce  metal  en  feuilles,  demanicre  a  ce 
qu'on  puisse  I'elendre  sur  les  objets  que  I'Dn  \eut  dorer.  CLaque 
feuille  d'or  d'un  pouce  carre,  et  pesant  sept  lis  (i),  peut,  en  la 
tenant  avec  des  pinces  ,  s'allonger  jusqu'a  la  longueur  de  3  pieds. 
Les  batteurs  d'or  seservont,  pour  aniincir  ce  nielal,  du  pa- 
pier nommeou-kin-tchi  (papier  d'or  noir),  dans  lequel  ils  I'enve- 
loppent  avant  de  le  batlre.  Ce  papier  se  fabrique  a  Sou-f;ii)g, 
avec  des  pellicules  de  bambous.  On  en  garnit  des  lampes  a!lu- 
niees  avec  de  I'hnile  de  dolichos,  en  ne  laissant  ])our  le  passage 
de  I'air  qu'un  troii  de  la  grosseur  d'une  altruille.  La  Cuint'eenduit 
le  pa])ier  d'un  noir  brillant;  ct  alors  il  est  lerminr.  Avec  cliacune 
des  feuilles  de  cet  ou-kin-U'lii,  on  pent  battre  cinquante  feuilles 
d'or,  apres  qnoi  on  I'abanilonne  aiix  droguistes,  qui  s'en  servant 
]>our  enveIo]>per  du  cinabre  ;  ct  il  n'est  pas  encore  use  apres  cela, 
I'industrie  des  hommes  a  snle  perfectionner. 

Quand  I'or  a  ete  ainsi  mis  en  feuilles,  on  I'envoloppe  en  pa- 
quels  d'un  pouce,  dans  de  lapeau  de  cliat  impregni'e  de  salpetro, 
sur  laquelle  on  etcnd  de  la  poudre  odorante.  Lorsque  Ton  veut 
s'en  servir  on  I'enleve  avec  un  |>elil  baton  ,  Irgcrcnient  liuinecle 
desalive,  enayant  soln  de  relenir  son  lialeine;  cnsuitc  on  le  presse 
dans  un  ]iapicr,  et  on  ra])pliqtic  sur  les  choses  que  I'un  veut  do- 
rer et  qui  doivent  d'abord  avoir  eie  vernie's.  On  seserl,  j)Our  cette 
dernicre  operation  ,  de  beauconp  de  sue  de  raurler  a  jiapier  (2). 
Quand  les  donires  son'  galees,  on  a  soin,  avant  de  lesrejeter, 
de  les  ralisser  devant  le  feu,  et  le  metal  toinbe  dans  les  cendrcs, 
sur  leequelles  onjetle  des  gouites  d'liuile  qui  entraiueut  I'or  au 
'fond.  On  lave  le  tout  snr  un  recliaud,et  il  ne  s'en  perd  pas  la 
niillieme  parlle  d'une  once.  C.  Laxdbf.sse. 

(i)  Le  /('  est  la  inillicme  partie  d'un  lenng. 

(a)  II  est  l)on  da  faire  rpmari|ner  que  les  Chiuois,  tout  cu  rcconnais- 
sant  (pie  Toi- osl  Ic  jilus  |<rocicu\  des  niclaux,  ue  sV'ii  sci  vent.  {;u ere 
que  pour  It's  dorurcs.  11  est  en  cflol  li  i:s-raie  de  trouver,  iiK^iiic  dansle 
palais  imperial,  des  vases  d'or  ou  J'autios  ustensiles  <lu  nieiue  nielal 
qui  aionl  e'tc  ial>riques  daus  Ic  pays  ,  et  Ton  uVu  fail  uucuu  usage 
comu  e  niODnaif!  courantc. 


54  o  Bot  unique. 

a8/|  bis.  EcHANCE  de  mineraux.  On  desire  eclianger  conlrerfes 
mineraux  du  Harz  et  des  montagnes  de  la  Thuringe,  des  mine- 
raux de  la  Foret-Noire  et  du  Kaiserstuhl.  Parmiles  objefs  offerts 
on  remarque  des  roclies  basaltiques,  des  Icucites  ,  des  mela- 
nieSjdfs hyalites  ethyalodiatcs.  S'adresscralM.  C.  Braun,  conseiller 
sr.pcrieur  des  posies  du  duche  de  Bade,  a  Carlsruhe. 

BOTANIQCE. 

285.  DissEBTATio  iNAUCUB.  BOTANicA  de  dlstribullone  geograplii- 
cii  plantarum  Helvetiae.  Tliose  sontenue  sous  la  prcsidence  du 
prof.  ScLiJbler,  par  V.  A.  Ringiek.  Tubingue,  i8a3.  { Jourii. 
fur  Chim. ,  von  Sch-vvelgger ,  toin.  lo  ,  cah.  i  ,  p.  Gi.) 
C'est  aux  interessanles  recjierclies  de  M.  Alexandre  de  Hum- 
boldt sur  !a  division  geogrnpliique  du  regne  vegetal ,  que  nous 
sommes  redevables  du  premier  dcveloppeinent  qui  ait  etc  donnc 
aux  lois  suivantlesquelles  les  diverses  families  des  plantes  sont  re- 
panducs  sur  la  surface  de  la  terre.  Nous  possedonsdeja,  graces  aux 
travaux  de  MM.  deCandollejWalilenberg,  Rob.  Brown  et  d'aulres 
bolanistesmodcrnes,  de  nouvelles  notions  sur  les  lois  de  la  dissemi- 
nation geograpbique  des  plantes  dans  un  grand  nombre  de  con- 
trees.  Nous  avons  moins  de  donnees  precises  sur  la  maniere  dont 
ces  lois  varient,  en  raison  des  differentes  elevations  au-desstisdu 
niveau  de  la  mer;  mais  on  doit  s'attendre  a  ce  que  I'augment*- 
tion  du  nombre  des  differentes  especes  d'une  meme  famille  vers 
lenord,  ne  correspondra  pas  toujours  a  une  augmentation  de 
ces  plantes  dans  les  regions  plusliautes,altendu  que  le  climatdes 
Alpcj  dlffere  considerablement ,  a  differonles  ejjoques  de  I'an- 
,nte,  decelui  des  contrees  polaires.]\IM.  AVahlenberg  et  Schouw 
ont  etahli  noinbrc  de  comparaisons  sur  cct  objet.  Une  dis- 
sertation qui  a  paru  dernierement  a  Tubingue^  contlcnt  le  re- 
sultat  de  reclierches  faites  ulterieurement.  L'auteur,  prenant 
pour  base  de  son  travail  la  derniere  edition  de  la  Flore  Hel- 
velique  de  Suter,  Zurich,  i823,  supputc,  dans  la  propor- 
tion suivante  ,  la  dissemination  des  60  families  de  Phanc- 
ro"amcs ,  dont  se  compose  cctte  Flore  ,  savoir  :  dans  les 
jilaines,  jusqu'a  2000  pieds  au-dessiisdii  niveau  de 'a  mer;  dans 
lis  ir.ontagnes,  de  2000  a  3,5oo  picds;  dans  les  Basics-AIpcs, 
rntrc  3,5oo  ct  5/)oo,  ct  dans  les  liautcs-Alpes  ,  de  5, 5oo  jusqu'a 
]a   liinite  des  ne'/^es, dont  la  movenne  rn  Suisse  est  de  8000 picds 


Botanique. 


541 


La  table  ci-jolntc  conlient  les  resultats  g^niiraux  de  ce  travail. 
Les  marques  tracecs  dans  la  derniere  colonne  dotinciit  une  idee 
de  I'etat  de  la  vegetation;  la  dii'ection  ascendante  du  signe  /\ 
indiqiie  en  general  I'augmentation  relativement  aux  aulresplantes 
des  especes  de  ces  iamiiles  dans  les  conlrees  ])lus  elevees;  Ic 
signe  ^  dirigxi  en  sens  inverse  annonce,  aucontraire,  I'auginen- 
talion  de  ces  plantes  dans  les  contrees  basses.  Piusieurs  families, 
a  la  verlte,  qui  annoncent  en  general  une  augmentation  ou  une 
diminution,  soit  dans  les  contrees  hautes  ,  soit  dans  les  basses, 
se  raontrent  en  nieme  temps  en  plus  grand  nombre  ,  dans 
les  moyenues  regions  des  montagnes  ou  des  Basses-Alpcs  , 
ou  bien  elles  sont  au  contraire  plus  rares  dans  ces  regions 
moyennesque  plus  hautou  plusbas.  Elles  setrouvcntdistinguees, 
dans  le  ])rcmier  cas ,  ]iar  deux  signes  ayant  les  pointes  tournees 
'Tune  coutre  celle  de  I'autre,  et  dans  le  second,  par  une  direction 
opposee.  Iciles  families  spcciales  figurcntdans  le  tableau  en  raison 
de  Icur  plus  grand  norabre,  et ,  de  cette  manicre  ,  presentent 
Jes  principaux  caracleres  de  I'ensemble  de  la  vegetation.  Ces  fa- 
milies sont  celles  que  M.  deCandolle  a  classees  suivant  leur  ordre 
natiirel  dans  la  Flore  fiancaise ;  celles  des  plaines  et  des  mon- 
tagnes, jusqu'a  la  bauteur  de  '3,5oopieds,  sont  comprises  dans  l.i 
classe  des  contrees  plus  basses,  et  celles  des  hautes  et  basses 
Alpes,  dans  la  classe  des  Alpes.  L'ouvrage  indique  les  rapports 
particuliers  de  la  vtJgetation  pour  chacune  de  ces  regions. 


FAMILLES 

~-Xi 

DE      PhvINEROGAMF.S 

'11 

comprises  dans  la 

4  ° 

FlOUE   HELVtill^llJE. 

r3 

Plianero^aniPs.     . 

a'iSfi 

MoDocolyledoufS . 

4:Ji 

.Gluinacces 

J19 

Oraininees  .    .   .  . 

.87 

Cvperacecs .   .  .  . 

io3 

Jonccies 

M) 

Composccs 

.80 

|Corynobiferes.    .   . 

124 

jChicoracees.   .   .   . 

1  10 

Cynaroce'iihales.  . 

!)l. 

Crucift'res 

ij() 

Lt'f^uniinciises.   .  . 

laJ 

CaiyoiiliylU'i's.  .   . 

P 

Oinl)i-llifi!ri.s  .   . 

loO 

RA.-PPORT  (III  nombre  des  esperes  contp 
n-utis  uansfbaquo  futUiUe  avec  le  uoiubr 
lulal  des  pliaiie'ioganies  dc  la  Suisse* 


Dans 

toiile 

la  S 

iiisse. 

4,7 

I  '2 

31,8 

77'7 
r,8 

.   . 

18,1 

■io,5 

i;» 

,8,:! 

"^'.i 

2i,^> 

Dans 

Ic  fond  des 

valle'cs 


4,6 


I  :  f)r>,i 

1  :  8  i 

1  :  19.6 

I  :  -21,6 

1  :  3G,8 

I  :  ir),-i 

I  :  U),^> 

I  :  .?:5,i 


Snr    Irs 
Alpes. 


:   6,5 
:   ia,8 

••  '9,1 

:  4 '(.8 

:  fi/, 

:  1', 

:  IH 

■  :ifi 

■  '1 
.  ii 


ois-' 
ois- 

«.g       1 

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0  -       1 

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A         i 

V 

A  <> 

V 

A      ; 

A          i 

342 


Botanique. 


i  .2    RAPPORT  .lu 

nnnilirp  des  c 

peces  conte- 

r 

-SIO- 

l-SIO. 

FAMILIES 

~  3 
_o  SI 

imi-silaiischi 

qui;  fjinille  av 

ec  le  nomln-e 

"-"     1 

-    « 

lot  il  lies  plia 

iLTo-amus  lie  1 

a  Suisse. 

=  '^     1 

DF.     PhaNKROGAMF'- 

„  Z 

_■ 

2  3        1 

coniprises  dans  1,. 

"1  1 

rian<!   toiitc 

Dans 

c  foud   des 
val'.Vq, 

Snr   les 

Flore  HELvtriynE. 

K  i 

la  Suisse. 

Alpes. 

:^ll 

Rosace'es 

9'f 

1   :    23,1) 

I    !    24 

I   :  23,5 

A 

DijaJces 

-■9 

I    :  57;8 

I   :  66,9 

1   :  37,3 

A 

Ro.^es 

17 
16 

I    :    i32,G 

I    :    1 18,9 

,   :  4',8 

V  >< 

Pomace'es 

1   :   .40,9 

:   :    129 

1   :   224 

V  <> 

Drupacues 

9 

I   :   i5o,5 

I    :   200,^ 

V        1 

Agrimonie'es   .   •   . 

9 

I   :    l5o,5 

1    :   j6i,4 

I    :   112 

A        1 

Lahie'es.        .   .    •   . 

87 

,    :   2.1  9 

I    :    21,7 

I    :    112 

V        ' 

lUenoncular.ees.  •   . 

8(i 

1  •  26  4 

1    :   3l,7 

I   :    i5,4 

A  >< 

?iliiiiunlbac(it.'S   ■  . 

6j 

I   :   36,3 

1    :   4o>' 

1    :   26,3 

A                ! 

LiliaC(-es 

^7 

,    :   39,5 

.   :  35  4 

I   :  74.6 

V  <> 

Amentace'es.   .  .  . 

55 

I    :    j<.  2 

1    :    4:^ 

I    :   32 

A  >< 

Orcliiiiees 

43 

1  :  52,4 

1   :   5o,i 

I    :  6a 

V  <> 

'Cimpaniilact'cs.    . 

4' 

1    :   ja,2 

\    ■  6  .,2 

I    :   40,7 

A  >< 

I'libiact'cs 

uCi 

I   :  6(,6 

I    :   r.6.4 

III  .! 

V  >< 

jSaxitVagees  .... 

36 

I    :  62,6 

I    :   200,7 

I    :   16,5 

A 

irrimulacees.   .   .   . 

34 

1    :  65,9 

I    :  82,1 

I    :   37,3 

A         i 

|P  .lygoners.     .   .    . 

33 

I    :  68,2 

1    :  6 ',,5 

.    :   89,6 

V  <> 

lOpranip'es 

•j8 

I    :   80.5 

I    :   6'|,5 

V 

Gentiaue'es  .  .  .   . 

28 

I   :   80,5 

I    :    100.3 

.    :  4i,8 

A 

iB'>riaginees.    .   .  . 

27 

1   :  83  5 

I    :   72,2 

1    :   2.4 

V 

ilVrsonees 

27 

I   :  83,5 

1   :   72,2 

1    :   27.4 

V 

2f 

'    :  93  9 

1    :   95.1 

I    :  Sr),6 

V>< 

jCiassiilaceL's.  .  .   . 

34 

«    :  9'  9 

I    :    1062 

I    :  64 

A 

jS')lant'CS.  .       .  . 

23 

.    :  98 

1    :    78,5 

V 

Clienopodces.     .   . 

22 

I    :    102,4 

I   :  8i  I 

V 

Alismacdes.     .  .  . 

22 

I   :   102,4 

I    :  86 

1   :  4.18 

V 

Fuphorhiacrcs.  .   . 

'9 

1    :    1.86 

»   :  9J,i 

V 

Paiiavc'racp'es.    . 

18 

I    :    \'}.5  2 

I   :    1(6,2 

1   :  4i8 

V 

Capriioliacees.  ,  . 

'1 

I   :   i32,6 

I   :    112,9 

1    :  4',8 

V 

ViolacL'cs 

'7 

I    :   i3'..,,6 

1    :    180,7 

1    :  6} 

A 

Dipsace'ps 

16 

1   :   140,9 

1    :   129 

I    :  22I 

V 

Ericacees 

iG 

I    :    l',n,9 

I    :   110,4 

1   :  448 

A 

r.istinecs.     .  .  . 

12 

•    :    187.9 

I   :    180,7 

I   :  a,KJ 

V  >< 

ConiftTos 

1 1 

1    :   2o5 

1   :    i5o,5 

,    :  6} 

A 

Plantagine'cs  .   .   . 

n 

I   :   2o5 

I    :   200,7 

I    :   2',<4 

V 

|Asparagefs  .  .  .   . 

10 

I  :  22.'5,5 

1    :   200,7 

1    :   4'|8 

V 

Uriicc'es 

9 

I  :  2r.o,r. 

1    :    200,7 

V 

Iride'fS 

9 

I   :  a5..,5 

1    :   22.1.8 

,   :  4j3 

V  >< 

Valeiianeeg.   .   .   . 

9 

I   :  2.^0..'-. 

1   :   2a5.8 

1    :  418 

V  >< 

Fiangulacees.    .  . 

9 

I   :  25o,.'> 

1   :   225,8 

1    :   443 

V  X 

|Hy|)cTireV3.    .  .  . 

9 

1   :  a5o,5 

1    :   2.18,1 

I    :   22  1 

A 

jPorluIace'cs.   .   .   . 

n 

1   :   3*2,1 

I    :   ?.58,i 

V 

Grossulariei'S  .  .  . 

7 

1   :  321,1 

I   :  2;-.8,i 

V  >< 

'r.ai)paridi;es    .    .   . 

7 

1   :  322,1 

1   :  258,1 

V 

IMalvacces 

7 

I    :  322,1 

I    :  -....IS,! 

V 

(Typliacrps.     .  .   . 

h 

I    :   3-n.8 

1    :    3o,,, 

V 

.Colcliirarees  .   . 

(i 

I    :    37,^,8 

.  :  .3,;,, 4 

I    :   .i'i'^> 

V  >< 

S.ilicariccs,  .   .  . 

'■^ 

I    :     ;  :">  1 

I    :    3-';  1,1 

V 

.AmaiantliicL'ts. 

•"i 

I    :    j  'i  1 

1  :  :.(;>,', 

V 

iTIiymiiK-cs      .  . 

:^ 

1    :    4 '.I 

.    :   .3(i..', 

>  >< 

Accrint'es.  ... 
1 

L 

1    :    4-.1 

I    :   63  1,4 

A  >< 

Botaniquc.  345 

D'apres  ces  recherches ,  de  toutes  Ics  families  gcneralement 
rdpandues,  les  Cypc'racecs,  les  Joncecs ,  Ics  Ericacees  ,  Ics  Amen- 
tacees  et  les  Coiiiferes  soiit  cclles  qui  se  iiiontrent  en  plus 
grand  nombre  d;ins  ics  regions  les  plus  h;iutes  de  la  Suisse.  Cette 
multiplication  correspotid  a  ceile  des  meines  families  depuis 
I'equateur  jusqu'au  pole.  P;ir  contra,  les  Legumineuses,  les  Ru- 
biacees,  les  Labiees,  les  Euphorbiacees  et  les  Malvacees  sent  plus 
abondantes  dans  les  va'.lees,  el  correspondent  an  plus  grand  nombre 
de  ces  m^ines  plantes  vers  requateiir.  Les  Cruciferes  et  les  Ombelli- 
feres,  qui  doininent  dans  les  zones  leniperee=,  etsont  proportion- 
nelleinent  beaucou])  plus  nombreuses  dans  Ics  zones  froides  que 
dans  cclles  qui  avoisiiient  rec]nalenr ,  sont  excessivement  re- 
panducs  dans  les  Alpes.  Parmi  les  coin|)osees,  qui,  de  rceme,  ar- 
rivent  a  leur  maximum  dans  les  zones  teniperees,  les  Chicora- 
cees  et  les  Corymbiferes  abondent  davantage  dans  les  contrees 
liautes,  tandis  que  les  Cynarocephales  ( et  avec  elles  les  Dipsa- 
cees)  croissent  en  plus  grand  nombre  dans  les  regions  basses. 
Les  divisions  particuliercs  formt'es  des  grandes  families,  n'of- 
frent  pas  toujours  entre  ellcs  de  semblablcs  rapports.  C'est  ainsi 
que  les  Cyperacces  ct  les  Joncecs  se  multiplicnt  dans  les  hautes 
regions,  ct  que,  par  contre,  Ics  Graminees  se  montrent  propor- 
tionnellenient  en  plusgrande  aboiulance  dans  les  basses.  Dans  la 
faiiiille  Imporiante  des  Piosacoes,  les  trlbns  des  Dryadees  et  des 
Agrlmonieesatteignent  lenr  maximum  dans  les  Aljjcs,  tandlsqu'au 
contraire  les  Roses  ,  les  Pomacces  et  les  Drupacees  affluent 
davantage  dans  lesvallees.  Les  Rlonocotyledones,  en  general,  sont 
]»roportionnellement  plus  rares  dans  l<s  liaulcs  regions,  et  se 
niuitiplicnt  en  s'clendant  de  re(|iMtciir  vers  les  poles. 

Parmi  les  Go  families  dr  Suisse  qui  viennetit  ensuite,  II  en  est 
I  5  qui  se  mnltiplient  dans  la  direction  lies  vallees  an\  moutar 
gncs  ,  et  qui  meme  atleignciit  leur  initxiinuin  dans  les  regions  les 
plus  clcvces  ;  de  ce  nombre  sont  les  Cliicor.ic.'es ,  les  Corymbi- 
feres, les  Omhjllil'crcs,  les  Dryadees,  les  Agrinioniees,  les  Rhi- 
nanlliicecs,  les  Violacees,  les  Hypericees,  les  Piiinnlaeecs  ,  les 
CaryopliylK'-es,  les  Genliinces  ,  Ics  Saxif'rngees  ,  les  (Irasaulacees, 
U's  Ericacees  et  les  Coniferes. 

Au  contraire,  le  nondjre  des  plantes  de  a'i  famii'es  dimlnue 
dans  la  meinc  direction,  et  alieinl  .^oii  ininiumin  dans  les  re- 
gions les  plus  basses;  de  ce  nombre  sonl  les  C^y.iarocoplialcs,  les 
Dipsacoes,  les  Legumineuses,  les  Drnp.icee.s,  les  Dorragiiiocs,  les 


344  Botaniquc. 

Person^es,  Ics    Sola  noes ,    les   Pnpaveracees,  les  Malvacees,  les 

r.(5raniees  ,  les  Eiiphoibacies,  les  Capparklees,  les  Urlicees  ,  les 

Asparagees,  les  Porttilacres  ,  los  Plantaginees,  Ics  Cliiinopodees, 

les  Amarantliacees ,  les  Salicariees  ,  les  Typliacees,  ct  les  Alis- 

luacees. 

Les  plantes  de  7  families  se  inultiplient  en  s'ctendant  vers  les 
hauteurs,  avec  cette  dilfcrence  toutefois  que  4  d'entre  ces  families, 
les  Aroentaceesjles  Acerinees,lesRenonculac«5es  et  les  Carapanu- 
lacees,  croissont  en  plus  grand  nombre  dans  les  regions  peu  (ile- 
vees  ( a  nioins  de  55oo  pieds  dans  les  contrcos  montagneuses  et 
dans  Us  Basses-Alpcs),  t;mdis  que  les  3  aulres  families  ,  les  Jon- 
cees,  Ifs  Cypcracees  et  les  Crwciferes,  qui  tendent  toujours  a 
s'elever,  sonl  en  moins  graude  abondance  dans  ces  regions 
ipoyennes. 

Les  plantes  de  1 5  families,  an  conlraire,  se  multiplient  gen(^- 
ralement  en  descendant  des  hauteurs  vers  les  vallees;  12  de  ces 
families  n'alteignent  point  cependant  leur  maximum  dans  les 
regions,  meme  les  plus  basses,  mais  plntot  dans  les  regions 
moyennes  ;  voici  les  noms  de  ces  dernieres  :  Frangiilacees,  Po- 
raacees,  Rosei,  Grossnlariees,  Thymelees,  Cislinees,  Rubiacees, 
Onagraires,  Valerianecs,  Iridees,  Colcliicarees  et  Graminc^es. 
Les  autrcs  families,  savoir  :  les  Polygonees,  les  Liliacees  et  les 
Orchidees ,  se  moutrentau  contrairc  plus  rares  daiis  ces  regions 
moyennes. 

En  comparant  la  vegetation  du  nord  de  la  Suisse  avec  celle 
du  suil ,  on  voit  bien,  a  hi  verite,  que  la  plupart  des  families  qui 
croissenl  en  plus  grande  qnanlite  dans  les  regions  elevees  ,  sont 
aussi  les  plus  nombreuses  dans  le  nord  de  la  Suisse  ,  et  qu'au 
contraire,  celles-la  sont  plus  riches  en  especes  dans  les  regions 
basses  qui  se  montrent  en  plus  grand  nombre  dans  le  midi  de 
la  Suisse;  toutefois, plusieurs  de  ces  families  dcvient,  meme  d'une 
raaniere  tres-sens.ble,  de  celle  loi  generale.  (Vest  ainsi  que  dans 
la  Suisse  le  nord  possede  jjroporlionneilement  plus  de  Graml- 
iiees,  de  Liliac(''es,  d'Alismaeees,  d'Eui)li()rbiac(CS ,  de  Valeria- 
necs, dc  Portulacees,  de  I  hyuieltes  el  d'Acerinees  que  le  midi, 
fjuoique  ces  families  alteignent  leur  maximum,  non  dans  les 
Alpes,mais  bien,  en  partie,  dans  les  regions  moyennes,  et  en 
paitie  dans  les  \allees  memes. 

Si  on  compare  la  flore  de  foute  la  Suisse  avec  les  flores  de 
J  ffince  et  d'Allcniagne  ,  on  s'apcrccvia  que  la  plupji  t  dr;  \o.vs\A-. 


Botanique.  545 

ies  dont  les  rapports  de  vegetalion  ont  jusqu'ici  etc  regardes 
comme  elanL  en  faveur  du  premier  de  ces  deux  pays,  off'rent 
pour  la  Suisse  un  rapport  dccroissant  entre  les  florcs  de  tons 
deux,  surtout  si  dans  ce  rapprochement  on  exclut  la  vegetation 
des  Alpes.  En  general,  la  -vegetation  en  Suisse  approche  da- 
vantage,  a  regard  d'un  plus  grand  nonibre  de  plantes,  des 
flores  de  rAlIemagne  que  de  celles  de  la  France. 

Du  reste,  nous  ne  connaissons  pas  d'une  raaniere  plus  ap- 
proximative les  lois  suivant  Icsquelles  le  plus  grand  nombre  des 
plantes  dt'signccs  ci-dcssus  s'etendent  d;ins  des  contrees  sensi- 
blement  j)liis  proclies  que  ne  Test  la  Suisse  de  I'equateur  et  des 
poles;  c'est  pourquol  on  ne  pourra  etablir  de  comparaisons  plus 
precises,  a  I'egard  du  nombre  de  ces  families,  que  lorsqu'on 
aura  pu  trouver  des  rapports  plus  rapproches  pour  diverses 
contrees. 

28G.  Obseiivations  si'R  la  sterilite  nEs  HYDRIDES,  par  1\I.  A.  de 
Saint-Hilaire.  (Mem.  de  la  Soc.  d'hi'it.  iiat.,  t.  I  ,  j)art.  2, 
p.  373. )  Voyez  le  BuU.  de  i823;  torn.  IV,  p.  2iy. 

Le  phenomene  de  I'liybridite^'efftctue  peut-etre  plus  souvent 
qu'on  ne  i)ensc  dans  les  plantes  vulgaires  ou  qui  anjiartiennent 
aux  genres  nombrenx  en  cspeees.  II  n'a  cependant  ete  constat^ 
d'une  maniere  en  quelque  sorte  rigoureuse  que  par  un  petit 
jiombre  d'observations.  Celle  qui  fait  le  sujet  de  cette  note  est 
confirmative  d'une  autre  a  peu  pres  semblable ,  que  MM.  Guil- 
leniin  et  Dumas  ont  faites  sur  les  Gentian es  ,  et  qu'ils  ont  consi- 
gnee dans  la  i"^"  parlie  des  Mcino:res  de  la  Societe  d'histoire 
iialurelle.  MIM.  Aug.  de  Saint-IIilalre  et  de  Salvcrt  ,  en  her- 
borisant  dans  la  Basse- Auvergiie,  lirent  la  deeouverte  d'une  Dl- 
gitale  qu'ils  prirent  d'abord  pour  la  Digitalis  fucata,  de  Persoon. 
Donnaut  ensuite  j)lus  d'attention  aux  circonstances  dans  les- 
quellcs  ellc  se  trouvait,  ils  en  conclurent  que  c'clait  une  hy- 
bride  de  la  Digitalis  purpurea  et  de  la  D.  hitea.  En  consequence, 
M.  de  Salvert  publia  sa  description  dans  le  Journal  de  Bota- 
nique,  et  I'appela  D.hyhrida. 

M.  de  Saint-IIilaire  .ajoute  ici  que,  pendant  six  annees ,  la 
menie  plante  a  etc  rctrouvce  dans  le  uieme  vallon  et  au  milieu 
des  deux  especes  meres;  que  ses  capsules  ctaient  constamment 
ridees  et  ne  contenaient  aucune  semence  capable  de  fructifier  ; 
j;nfin,  que   les  ovaires    ctaient  enliercment  flasques   et   ressera^ 


346  Botanique. 

semblaient  a  une  poussiere  fine  et  legere.  Ce  fiit  doit  utre  ajouttj 
a  ceux  qui  deposent  deja  en  favcur  de  la  steiliite  dcs  liybrides  ; 
ni-anraoins,  M.  de  Sairit-IIilaire,  de  nieiiie  que  MM.  deCandolIc, 
Ouillemin  et  Dumas,  ne  pretend  point  assurer  que  cetle  impuis- 
sance  degeneration  soit  generale  ,  cliez  lous  les  individus  pro- 
venant  de  fecondation  adulterine.  A.  Richard. 

287.  Plantes  usuelles  des  Brasiliens,  par  M.  A.  de  Saint-Hi- 
rAiRE;  a*,  liv.,  in-4.,  avcc  5  pi.  Prix:  5  fr.  Paris;  1824; 
Grimbert. 

M.  Auguste  de  Sainl-Hilaire  poursuil  avcc  actlvlte  cette  inte- 
ressante  publication.  I,e  second  caliier,  execute  avecle  menie  soiii 
queie  jiremier,  contient  la  description  de  six  especes  de  ])Iantes 
originaires  du  Brcsil ,  dont  quatre  enij)loyees  comme  emelique; 
les  deux  autres  recommandees  par  M.  de  Saint-Hilaire  ,  pour 
I'usage  culinaire. 

Le  Cephcelis  ipecacuanha  (  tab.  6  )  ,  connu  anciennement , 
fournit  de  nouveau  a  M.  de  Saint-Hilaire  I'occasion  de  deposer 
pliisieurs  observations  curleuses  sur  Thistoire,  la  patrle  ,  la  cul- 
ture, 1  usage  el  le  commerce  de  ce  celebre  enictique.  M.  de 
SaMit-IlLlalre  pense  que  le  veritable  ipecacuanlja,  a  present  qu'il 
«lcvient  moins  .nbondant,  pourrait  etre  remjjlace  avec  succes  jjar  2 
especes  de  Richan/so/iia  ,  savoir:  le  R.  rosea  (  R,  caidibtis  opice 
pra-cipue  molliler  hiriutissirnis  ;foliis  ovatis  vcl  Oiato -elUpticis , 
ttcatis ;  marginibus  pra'cipuc  scahris,  per parla  distantibus  ;  sti- 
piiUs  ullra  viediurn  di\'isis }  corollce  laciniis  pilosis ;Jloiibus  ro- 
ads tab.  7  ),  et  Je  R.  scabra  (  R.  caidibus  pilosis ;  Joliis  ovatis 
nviUove-lanceolatis ,  rariits  oblongis,  acutiuscuiis ,  marg^inibus 
pi xcipue  scahris ,  stipules  usque  ad  medium  nan  divisis ;  corollce 
laciniis  apice  pilosis ;  Jlorihus  albis.  —  Richardia  scabra  ,  L. 
C'jerln.;  Richardia  pilosa ,  Ruiz,  et  Pav.;  Richardsnriia  pilosa. 
Kill.,  etc.  ),  connucs  dans  le  pays  sous  le  nom  de  Po<iya  do 
caiiipo ,  et  dont  les  racines  jouissent  au  plus  baut  degre  de  )a 
jiropriete  em^lique. 

Les  liabitans  de  Rio  de  St. -Francisco,  et  des  pro'inccs  de 
Idinas-Geraes  et  de  Goyaz,  designent  encore  sous  le  nom  de 
J'oriya  do  campo  une  nouvellc  espece  de  lonidium.  (  I.  hirsu- 
tissimum:  caule  sujjruticoso^  scepiiis  simplici ;  Joliis  alternis , 
subsessilibus ,  ovatis ,  basi  subcordatis ,  acutiuscuiis ,  obsolete 
denlalis ;  stipiilis  liucaribus  ^  inlegerriinis  ,  vi.v  inanifestis  ;  laci- 


Botanique.  S/^'f 

nils  calycinis  integris ; petalo  iiiferiore  max'uno ,  late  ohcordato , 
fiUuncTilis  ejrtus  apice  barhalis  ;  antherarum  processii  mcinhra- 
nacco  miniino ,  tab.  9),  et  la  substiluent  au  Ccphcelis  ipeca- 
cuanha qui  ne  se  trouve  pas  cliez  eux. 

D'upres  les  reclierclies  ile  IM.  de  Saint-Hilaire ,  le  Loholobo 
des  environs  de  Rio-Janeiro  est  une  espece  de  Conohoria. 
C.  Loholobo  y  Aug.  de  St.-Hil.  Foliis  alternis  et  suboppositis y 
in  apice  rainulorum  confertis  oblongo-lanceolatis ,  angustis^ 
obsolete  sen- at  is;  raccmis  simplicibus  ;  pedicellis  puberulis ; 
squa mules  vix  manifestis  ad  basiin  staniiiium ;  ovario  villoso ; 
ovulis  basi  placentarum  ufftxis ,  tab.  10.)  Ses  feiiilles  crues 
ont,  ainsi  que  cellcs  dii  Conohoria  castancifolia  (  C.  foliis  al- 
ternis ct  suboppositis ,  in  apice  raniulorum  confertis ,  oblongo- 
lanceolatis,  inanifcsle  serratis,  tnucrontilatis;  ova/io  \ullosissimo  ; 
ot'ulis  ex  apice  placentnruni  pendulis ) ,  espece  ties-voisine  ,  un 
gout  heibaie;  mais  cuites,  elles  deviennent  mucilagineuses,  et 
Ics  r.egrcs  les  mangent  avec  leurs  alimens.  Kunth. 

2£8.  FtoBA  TiciNENiis,  scu  enumcratio  plautarum ,  etc.,  t.  llj 
'> icini;  1823.  (  Gicrn.  deW  ital.  lit.,  t.  LIX,  n°.  57. ) 

II  y  a  environ  6  ans  que  le  tome  1'''^,  de  cette  P'lorefut  public. 
Les  auteurs  trouvent,  dans  la  gramle  quanlite  d'esptces  nou- 
vclles  a  decrire  et  a  figurer,  des  motif's  suffisans  pour  faire  ex- 
cuser  le  retard  de  la  publication  du  2*.  vol. 

Les  redacteurs  du  journal  dont  est  extralte  la  prcsente  an- 
nonce  ,  font,  sur  cette  publication,  quelques  observations  cri- 
tiques, dont  nous  exposerons  les  plus  importantes. 

P.  3.  Le  Lepidiurn  graminifolium  et  le  L.  iberis  sont  repre- 
sentes  ici  de  nieme  que  dans  la  Flora  f  eronensis  de  Pollini,comme 
ne  forinant  qu'une  seule  et  ineme  espece.  Mais  dans  le  premier  la 
racirie  est  vivace,  elle  est  annuelle  dans  le  deuxleme,  ce  qui  (in- 
dependaminent  de  la  difference  qui  existe  dans  les  sllicules,  et 
de  quelques  autres  caracteres)  suflit  pour  l(!s  faire  distinguer. 

P.  54.  Les  Coronilla  varia  et  Sonclnis  an'cnsis  sont  vivaces, 
et  non  annuels,  conime  I'indique  la  Flore. 

P.  61-67,  70*  Trifolium  hybriduin  ,  gloineratum ,  procum" 
bens,  etc.  II  parait  y  avoir,  de  la  part  de  I'auleur,  quelque  con- 
fusion dans  la  citation  des  figures. 

P.  78.  La  fig.  1 1'3  de  Boccone  represenlant  VHieraciuin  rnu/i- 
t  :nt:n ,  est  rnpportee  ici  a  \'lf}peri.;i.'n  inu.Hanuin. 


348  Botaniqite. 

P.  loi.  Cardtius  pycnocephalu.1.  Lcs  fig.  citecs  de  Barrelier  et 
.  de  Triumfetti  appartieiment  au  Cn'uus  strict  us  ^  Ten. 

P.  \l\0.  Le  Ct'iitaurea  iiijpa  parait  devoir  etre  le  Cent,  tii- 
grescens. 

Celte  Flore  rontient  un  grand  nnmbre  de  plantcs  officinales. 
Voici  quelques  details  sur  les  piincipales. 

Le  Polygnla  amara  est  indlquc  comme  utile  dans  les  inflam- 
mations de  poitrine ,  meme  quand  la  suppuration  est  etablie. 
\1  Arnica  montana  est  conseille  par  Borda,  dont  rexpcrlence 
est  ici  d'accord  avec  celle  des  medecins  de  Berlin,  comme  cal- 
mant,  egalement  dans  les  inflammations  de  poumons,  etc.  Le 
Buphthalrnum  salicijolinrn  n'est  plus  rccoramandii  comme  un 
specifique,  mais  simplement  comme  un  leger  narcolicpie,  conlre 
le  veuin  de  la  \ipere,  et  contre  la  rage.  Le  Lcpidium  rudcrale, 
indiquepar  Riltmeister  comme  succedane  du  quinquina,  le  rem- 
jjlace,  selon  Rulil  ,  avec  un  succes  complet,  dans  les  fievres  in- 
termittentes  et  de  printemps.  On  emploie  les  feuilles  en  infusion 
theiforroe ,  a  la  dose  d'une  dcmi-once  dans  16  d'eau  bouillante^ 
dont  on  prend  deux  cuillerees  de  deux  en  deux  lieures. 

Les  taches  signalees  dans  la  Flora  Tirincnsis  n(tVcm\)^c\ien\. 
pas  de  meriter,  par  beaucoup  d'observations  im[)ortantcs  ,  I'at- 
tention  des  botanlstes ,  et  la  reconnaissance  des  Italiens.     D.  li. 

289.  De  l'organisation  pes  vecetaux  dans  les  excroissanccs 
appelees  Galles;  par  J.  J.  Virey.  [Journ.  de  Pharm.,  juillet  et 
aout  1823,  p.  3 1 4.) 

M.  Virey ,  ayant  examine  au  microscope  la  substance  spon- 
gieuse  de  I'interieur  des  grosses  galles  dulauzin  [Quercus  toza, 
les  galles  du  chardon  hemorrliciJal  f^Scrratula  arvensis"),  et  Tiu- 
terieur  des  hcdcguars  o\i  q^Mos,  du  rosier,  en  conclut  que  ces 
substances  ne  conliennent  pas  de  fibres  vcg^.tales  proprement 
difes;  mais  que  le  gonflement  du  lissu  ccliulaire  des  plantcs  est 
un  effet  de  I'irritation  causee  par  le  venin  acre  du  Cyiii])s  qui  y 
depose  ses  oeufs;  que  cette  irritalion  est  analogue  a  cclIe  qui 
est  produite  dans  le  lissu  cellulaire  des  animaux  par  une  e|)ine; 
enfin,  que  I'acide  gallique  et  le  tannin  des  galles  sont  contenus 
dans  des  tubes  utriculaires.  Ces  deux  principcs,  dont  I'abon- 
.  dance  constitue  la  qualile  des  bonnes  noix  de  galles,  se  presen- 
t«at  sous  forme  d'une  matiere  opaque,  fauve  et  gmmelee. 

G...  N. 


Boiani<iue.  549 

ago.  ObskRvations  sur  lv  Fi.ore  nu  Brksil;  par  Maximilien» 
PRINCE  DE  Wied-Nkuwied;  avec  lies  de^criptions  par  le  D*^. 
!Nees  d'Esenbeck  et  le  D"".  V.  Martius.(^c/.  Curios.  Naturce  ; 
\oI.  XII,  part.  a^.  ,  p.  i.) 

Nous  ne  pouvons  qu'appliquer  a  la  seconde  partie  de  ce  tra- 
vail Ics  eloges  que  nous  avons  donn<''S  a  la  premiere.  Les  descrip- 
tions sont  etendues,  les  localitcs  et  Tepoque  de  la  floraison  sont 
indiquees  soigneusement;  les  figures  out  ete  dessinces  avec  goiit. 

Environ  soixante  plantes,  dont  la  plupart  sout  enliereinent 
nouvelles,  se  trouvent  comprises  dans  le  travail  que  nous 
annoncons  et  sont  reparlies  entre  Ics  families  suivaiiles  :  Lobe- 
liacces,  Composces  ^  Cucurhitacces ,  Passijlorecs,  Ruhiacces  y 
Terebinthacecs ,  Mcliacces  ,  Mai pigh tees.  Sap indces  ,  Onagrai- 
res,  Salicariees ,  Polygalees,  Leguinineuses  ,  Guttiferes ,  Hes- 
peridecs,  Ochnacees ,  Oxalidees  ,  Bombacecs ,  ViolaceeSy  Loa- 
sees ,  Mjrtees  ,  Melastoinees. 

Nous  ne  croyons  pas  avoir  besoin  de  dire,  qu'en  formant  cetle 
serie  les  auteurs  ne  peuvent  pas  avoir  eu  Tidce  de  se  rapprocher 
de  I'ordre  naturel ,  mais  qu'ils  out  dispose  les  families  a  peu  pres 
comme  elles  se  sont  presentees.  Personne  n'imaginera  certaine- 
uient  qu'on  ait  voulu  indiquer  des  rapports  entre  les  Passijlo- 
rees  et  les  Rubiacc-es ,  ceiles-ciet  les  Terebi/ithacecs ,  les  Sapin- 
dacces  et  les  Onagraires ;  et  que  ce  soil  avec  I'intention  d'etablir 
des  affinites  que  Ton  a  intercalle  les  Polygalees,  les  Legumi- 
inineuses,  les  Guttiferes ,  les  Hesperidees,  les  Violacees ,  les 
Ochnacees,  les  Oxalidees ,\cs  Bornbacees ,  entre  les  Onagraires 
el  les  Loasees ,  suivies  des  Mjrtees  et  des  Melastoniees. 

On  doit  savoir  gre  a  MM.  Nees  et  Martius,  de  ce  qu'ils  ont  re- 
tabli  le  nom  iX Hainelia  tel  qui!  avait  etc  propose  par  Linne.  Les 
botanistes  n'ont  pas  besoin  de  I'addition  de  I'article  du  devant 
ce  mot,  pour  se  rappeler  les  services  rendiis  par  I'auteur  de  la 
Phjsique  des  arbres ,  et  tout  cliangenient  ii  la  nomenclature 
est  prcjudlclable  a  la  science.  Nous  regretlons,  d'apres  cela , 
que  les  auteurs,  sans  doute  par  inailvertance,  se  soient  quel- 
quefois  ecartes  de  ce  respect  pour  les  noms  deja  rerus,  que 
nous  venons  de  louer  cliez  cux ;  que,  par  exeniple  ,  ils  aient 
substitue  Laplacia  au  mot  Lajdacea ,  plus  ancieu,  plus  harmo- 
nieux  ,  plus  conforiiic  a  retymologie;  et  qu'ils  aienl  change  eu 
Jonidiees  le  uoni    de  f'iolaries ,  qui   a   etc  adopte  depuis  vingt 


55o  Botanique. 

ans  par  tons  les  botnnisles,  et  qui,  suivant  les  regies ,  est  em- 
prunte  du  genre  le  plus  ancien  Je  la  faniille. 

Quclques  personnes  ont  trouve  qu'il  y  avait,  dans  plusieurs 
descriptions  de  I'ouvrage  que  nous  annoiuons ,  quelqiie  chose 
de  vague  qui  peut-etre  rendrait  un  pcu  difficile  la  coinparaison 
qu'on  pourrait  faire  de  ccs  descriptions  avec  les  objets  dccrils  ; 
cllcs  eussent  desire  que  les  caracleres  les  plus  iinportans  eussent 
etc  omis  moins  souvent;  clles  ont  regrettc  que  ceux  de  Tein- 
bryon  n'aient  etc  exprimes  qu'une  fois ,  et  encore  d'une  ma- 
niere  fort  incomplete;  elles  auraient  souhaite  que  les  caracleres 
generiqnes  se  fussent  plus  snuvent  rctrouves  dans  les  descriji- 
tions  specifiques,  lorsqu'iis  ne  sont  point  places  a  la  tete  des 
especes.  Le  Thouinia  dioira  leur  a  paru  etre  un  Schinidclia ;  elles 
eussent  voulu  connaitre  les  motifs  qui  ont  fait  ranger  les  La- 
phicea  parnii  les  Guttiferes,  etc.  Mais,  pour  que  des  plantes 
soient  decrites  comme  elles  le  sont  dans  le  iVocfl  genera  on  le 
Mcmoire  stir  les  Lasiopetalces ,  il  faut  necessairement  un  lenips 
fort  considerable,  et  Ton  doit  se  rappeler  combien  il  y  en  a  qua 
paru  la  premiere  partie  de  I'ouvrage  que  nous  annoncons  au- 
iourd'liui.  Si  meme  Ton  songe  a  combien  dautres  trav;iux  plus 
importans  encore  les  auteurs  se  sont  livres  dans  cet  intervalle,  on 
admirera  leur  fecondite,  leur  zele  et  leur  ardeur ;  on  aura  lieu  d'e- 
tre surpris  de  ce  que  dans  ce  travail ,  en  quelque  sorte  prepam- 
toire  les  taches  ne  soient  pas  plus  nombreuses;  et  Ton  sera  re- 
connaissant  de  ce  que  les  deux  savans  acadcmiciens  aientbien 
voulu  a  la  bale,  derober  quclques  instans  a  leurs  autres  occu- 
pations, pour  nous  faire  jouir,  sans  retard,  de  la  connaissance 
de  tant  d'objets  inconnus. 

Voici  les  "enres  que  les  auteurs  indiquent  comme  nouveaux  : 
1°.  Cephalopappus  (Composees).  Jnmlucruni  polyphyllum , 
subcvqua'.' ;  receptaculitm  muliun ,  papillosum  ;  achcnla  coro- 
nata  capitulo  integro ;  Jlosculi  i-lahiuti  a-qualcs. 

7.".  Galoplithalmum.  Tnvolitcrum  ojqualc,  biseriatum ,  %-j)]iyl- 
luin,  cylindricum;  receptaculum  nudum;  radius  diinidiatus,  "i-flo- 
rus  ;  pappus  i-  !\-spinus. 

3".  Ilelleria  (Ilesperidees ).  Calyx  pentaphyllus,  jyersistens ; 
glandula  in  singulornrnfoliolo;  corolla  ^-pelala  ;  ncctariuin  rya- 
thiformc  intra  starninuin  basi  ronnatoruin  urceolutn  ;  bacca  S-lo- 
cularis,  nnthercc  glandu'ow-cu.-pidato'.  A.  J.  C 


Botcmiquc.  55 1 

29 1.  Notice  sur  les  genres  Myrtus  et  Eugenia  des  auteurs; 
■pavM.C.'Kv^Tn.^Mein. de la  Soc.d'Hist.  Nat.,  t.i, part.  2, p. 322.) 

Dans  cette  notice  M.  Kunth,  se  rangeant  a  ['opinion  de  Swartz , 
qui  avail  reuni  les  genres  Myrtus  et  Eugenia  de  Linne,  expose 
les  raisons  qui  lui  ont  fait  adopter  cette  opinion.  Les  caracteres 
differentiels  consignes  dans  les  auleiirs  n'offrent  nl  Constance 
ni  rapport  entre  eux,  et  ue  sont  point  indiqucs  d'avance  par  le 
port.  M.  de  Jussieu  les  a  cherches  dans  le  nombre  des  parties  de 
la  fleur;  G?ertner  dans  la  nature  du  fruit,  et  Wiildenow  dans  le 
nombre  de^  loges  et  des  graines.  D'apres  rinsi)ection  d'un  grand 
nombre  d'especes  conservees  dans  les  herbiers,  M.  Kunth  est  ar- 
rive aux  resultats  suivans  :  i".  Le  nombre  des  divisions  du  ca- 
lice  et  celui  des  p^talcs  est  souvent  variable  dans  le  meme  indi- 
vidu ;  20.  les  loges  de  I'ovaire  sont  au  nombre,  tanfot  de  deux 
tantot  de  trois  sur  la  meme  branche;  3".  dans  les  espcces  les 
plus  voisines  ,  et  Ires-souvent  dans  les  menies  individus,  le  nom- 
bre des  ovules  de  cliaque  loge  est  variable;  4".  en  tenant  comple 
de  I'avortement,  on  a  rcconnu  I'idenlile  de  plusieurs  genres  se- 
pari's  uniquement  a  cause  de  la  difference  du  nombre  des  loges 
du  fruit,  difference  produite  par  la  cause  que  nous  veuons  de 
citcr.  C'est  le  cas  des  genres  Myrtus  et  Eugenia,  car  I'avorle- 
ment  n'ayant  rien  de  conslant  chez  eux,  ne  donne  que  des 
coupes  artificielles. 

M.  Kunth  cite  un  grand  nombre  d'exemplcs  a  I'appui  de  ses 
assertions.  II  examine  ensuite  unc  difference  signa!eei)ar  M.  Lind- 
ley,  et  observee  dans  la  structure  de  la  gr;iine  de  diverses  espe- 
ces.  Get  auteur  ,  prenant  pour  tyi)e  du  genre  Myrtus,  le  31.  com- 
munis L. ,  a  vu  dans  sa  graine  un  embryon  courbe  en  demi- 
cercle,  recouvert  par  deux  legumens,  I'exterieur  luisant,  et  d'une 
consistance  crustacee;  la  plus  grande  parlie  de  cet  embryon  est 
formee  par  la  radicule;  les  cotyledons  sont  tres-petits,  et  pres- 
que  egaux.  M.  Kunth  mentionne  un  grand  nombre  de  3Iyrtus 
ou  ce  caractcre  est  modifie;  lantot  il  n'y  a  qu'un  seul  tegument 
tantot  il  y  en  a  deux  ,  dont  i'exterieur  est  osseux;  les  uns  ont  de 
tres-petits  cotyledons  inflechis  en  dedans  ;  les  autres  en  ont  de 
tres-grands ,  plus  ou  moins  foliaces ,  et  diverseinent  plisses  ou 
chiffonnes. 

Plusieurs  modifications  se  prescntent  t'galement  dans  les  grai- 
nes des  Eugenia  ,  et  comme  ces  modlllcalioiis  n'ont  point  de  rap- 
port avec  le  reste  de  rorgxinisaliois  des  especes,  on  ne  pourrait 


J?5a  Botanique. 

s'en  servlr  utileinent  pour  classer  les  especes.  Il  fauilniit,  en  ef~ 
fet,  examiner  Ics  graincs  de  cclles-cL  quand  on  cssaieiait  de  dti- 
terminer  si  ce  sont  des  Eugenia  ou  des  Mjitiis ;  niais  plus  des 
neuf  dixiemes  de  ccs  plantes  se  trouvent  dans  les  herbicrs  de- 
pourvues  de  graines  parfailement  mures.  M.  Kunlli  oliserve 
neannioins  que  ce  n'est  nullementla  difficulte  que  presenlcrait  la 
recherche  de  send)lahles  caracteres  generiqnes  qui  rcmptcherait 
de  s'en  servir;  ujais  ces  caracteres  n'exislenl  pas  ri'ellement,  puis- 
qu'il  n'y  a,  par  cxemple,  aucune  difference  rcelle  cntre  un  em- 
bryon  courbe ,  ct  un  embryon  en  splrale.  Les  diverses  phintes  de 
la  famille  des  Myrlacees,  etudlees  pir  M.  IvuntJi,  et  enunierces 
dans  sa  notice  ,  presentent  toutes  les  nuances  possibles  dans  Ics 
formes  de  I'embryon  ,  et  ces  nuances  n'entrainent  aucun  change- 
mentdans  le  reste  de  Torganisation. 

L'anteuf  propose  de  delruire  les  genres  Gfeggia ,  Sjzygium, 
Jamil  lifera  elCarjophyllus,  etabHs  uniquement  d'apres  la  struc- 
ture de  I'embryon  par  Gartner.  II  discute  ensuite  la  valeur  des 
caracteres  que  M.  Llndley  a  employes  pour  la  formation  de  ses 
genres ,  et  il  fait  voir  que  ceux  tires  du  style  droit  ou  en  cro- 
chet, des  etamines  rigides  ou  legeremcnt  lordues,  du  placenta 
plus  ou  rooins  gros,  ou  de  son  absence  tolale,  ne  peuvent  avoir 
beaucoup  d'importance ;  car  a  I'egard  de  I'apparence  rigide  ou 
crochue  du  style  et  des  etamines,clle  est  deterniinec  par  la  po- 
sition relative  des  parties  de  cesorgancs  dans  le  bouton  ;  la  fleur 
se  developpe,robstacle  est  leve,  et  le  style  ou  les  etamines  ac- 
qui^rent  plus  de  rigidite.  Quant  au  placenta  ,  sa  grosseur  est  su- 
bordonnce  au  nombre  des  ovules;  un  grand  nombre  demande 
un  lar"e  support ,  landis  qu'un  molndre  nombre  pcut  se  fixer 
immediatement  a  I'axe  central. 

Par  la  fusion  de  tons  ccs  genres  dans  le  ::\Iyrtus,  cclui-ci  se 
trouve  compose  d'un  tres-grand nombre  d'especes,  dont  I'inflo- 
rescence  prcsente,  selon  M.  Kunth,  des  caracteres  diffcrcnliels 
fort  senslblcs,  et  dont  il  s'est  servi  pour  tilablir  des  coupes  trcs- 
nalui  elles  dans  Ics  especes  rapportees  d'Amerique  par  MM.  de 
Humboldt  et  Bonpland.  G....N. 

902.  Notice   sur    QtiELQUES    Moitsses  de   Rio -Janeiro,  par 
M.  Walker- Arnott.  (  Mem.  dc  la  Soc.  d'Hist.    Nat.,  to.  1  , 
art.  a,  p.  3/|6. ) 
L'Aincriquc  a  etc  explorce  avec  beaucoup  dc  succes  par  Ics 


Botanujue.  353 

bofaniijles  voyageurs ,  ot  lout  reccmrnent  le  Bresil  vient  d'etre 
parcoiiru  d'uneiiianiei  e  extreintment  avantageuse  pour  Ja  scien- 
ce, par  MM.  Aug.  Sidnt-Hilaire,  Martius  ,  el  par  le  prince  de 
Neuwied.  Noiis  ignorons  si  ces  savans  naturalistes  ont  porte 
lelir  attention sur  dcs  objels  qui,  pour  avoir  inoins  d'eclat  que  les 
beaux  arbres  dcs  forets  ,  n'en  sont  pas  inoins  ifJteressans  aux 
yeux  des  curiens  de  la  nature;  mals  dans  ce  qu'ils  ont  publie, 
nous  n'avous  vu  jusqn'a  present  qn'un  petit  nombre  de  crypto- 
gaines.  La  notice  j)ubliee  par  M.  W.  Arnott  off're  done  beaucoup 
d'interet  en  ce  qu'elle  renferme  des  descriptions  de  plantes  dont 
j)lusienrs  sont  nouveiles;  Les  rectifications  operees  dans  la  classi- 
fication des  especes  font  honneur  au  savoir  de  M.  Arnott ,  et 
seront  bien  appreciees  par  les  cryptogamistes.  Les  descriptions 
ont  ete  faites  d'apres  des  echantiilons  envoyes  par  M.  Jameson  , 
qui  les  a  recoltes  dans  un  rayon  assez  ciiconscrit  aux  environs  de 
Rio  de  Janeiro. 

Comnie  le  nombre  en  est  tres-borne,  nous  aliens  les  ^nu- 
merer,  et  nous  donnerons  'a  phrase  caracteristique  des  especes 
nouvelles. 

LiCOPODIACEES. 

I.  Lycopodiu)n  riipcstre  L.  Sur  les  roches  du  port  de  Rio- 
Janeiro. 

n.  Lycopodium  cojn'olutum  W.  A.vn.Foliis  bifariis,  imhricatis, 
secundis,  oi'atis,acutis,  ciliato-dentatis,supcrficiaUhus  minoribus, 
peminis.  Caule  ererto  ,  distiche  ct  alternathn  ramoso  ,  ramulis 
dichotome  ramosis,  apicibus  corwolutis,  Dans  les  endroits  arides 
et  montucux. 

Mousses. 

3.  Gymnostomwn  Jauiesoni  W.  Arn.  Foliis  laid  lineari-lan- 
ceolalls ,  marginc  convolutis  ,  intcgerriinis ,  siccitatc  incuivo-tor- 
tuosis ,  ncrvo  excurrcntc.  Thccd  tiirbinatd,  ore  atnplo  ;  operculo 
lostrato  thccd  loiigiorc.  Sur  les  collines. 

l\.  Dicranum  bryoidcs  Hook.  Espece  parfaiteraent  semblable 
a  noire  espece  europeennc. 

5-  Dicratiuin  Jlcruosum  Hcdw.  Sur  les  collines.  M.  W.  Arnott 

en  enuniere  3  varietes.  La  i'^''.  est  le  Dicr.  saxicola  de  Weber  et 

ftlohr,  Caiiipylopiis  pilifcr  ct  pennicellatiis  de  Bridel ;  a  ia  2*.  se 

rapporte  Ic  Dirr.  introj/exum  d'lledw.,  ct  Ic  Thysanomytrion  /?/- 

B.  Tome  IL  2  3 


554  Botanique. 

chardide  Schwsegrichen.  La  3®.  est  le  Dkr.  fdiforme  de  cc  der- 
nier auteur. 

6.  Tortula  cirrhata  W.  Am.  ou  Trichostornum  harbula  de 
Sclnvaegriclien.  Sur  les  coUliics. 

7.  Bryum argcnttum  Hedvvig.  Sur  les  vieux  muis. 

8.  Bryum  turbinatum  Hcdw. 

g.  Bryum  roseutn  Swaeg.  Dans  les  endroils  montueux  et  arides. 

10.  Orthotrichum  JamesoniW.  Arn.  Caule  repente;ramis  erec- 
tis,  ramosis;foUis  ellipticis,  longitudinaliterplicatis,  nervobreviter 
excurrente  ,  seta  longiusculd  ;  thccd  Oi'ato-oblongd  Icevi,  calyp- 
trd  cainpanulatn,  hei'i  basi  integrd,  appendicibusquc  latis  auctd. 
Cette  espece  a  le  port  de  VOrth.rugosum;  elle  croit  dans  les 
forets. 

I  Nee  Icra  undnlala  Iledw.  Sur  les  troncs  dcs  arbres. 

12.  Hooheria  albicans  [Les/cea  albicans  Hedw.)  Dans  les  forets. 

i3.  Hookeria  affinis  W.  Arn.  Caule  procumbente,  ramoso,  sub- 
rompresso,foliis  undiqueiinbricatis,  oblongis,  acuminulatis,ner~ 
vis  duobus  difcrgcntibus,  ante  apicem  evancscentibus ,  emargina- 
tis ,  inlegerrimis  ;  thecd  cernud  ;  opcrculo  conico  rostrato  ;  setd 
Icevi  ;  calyptrd  glabra  ,  basi  multifidd.  Dans  les  forets. 

\I^.  Hooficria  pra;longa  AV.  Arn.  Caule  rcptante ,  pinnatiin 
ramoso,  ramis  simplicibus  laxc  foliosis,foliis  distichis ?  subrn- 
Cundis,  acuminatis,  enervibus,  intrgerrirnis. 

1 5.  Hooleria  tomentosa  {Hypnum  Scliw.,  Racopilum  Brid.) 
Dans  les  forets. 

16.  Hypnuin  imbriratum  Scbw.  Sur  les  troiics  dos  arbres  dans 
les  forets  epaisses. 

I '-.  Ilypnuin  subsccundum  "\V.  Arn.  Caule  rcprnic,  subpintintn, 
hrevi ,  inferne  mediusculn  ,foliis  sursiiin  palentilms ,  oi'atis  ,  acu- 
minutatis,  concavis,  marginihus  recun'is,  integerrimis,  cners'ibus  ; 
thecd  erectd,  ovatd,  opcrculo hcein i^plta'rico,  rostrato.Y.s^hce  tres  - 
voisine  de  XH.  crass iusculum;  elle  croit  dans  les  forets. 

i».  Hypnum  loxense  Kunth  (//.  Bonplandii  Hook.  Mss.) 

10.  Hypnum  amcenum  Hed-w.Sur  les  troncs  dcs  arbres. 

■io.  Fontinalis  squamosa  lAmi.YaT.  Curta. 

IIkpat:ques. 

ai.  Jungermannia  patula  Swspgr.  Dans  les  forets. 

■%■%.  Jungermannia  brnrhiata  Swirgr.Siirles  collinrspresdo  T.i- 


Botanique.  555 

inaau  Perou.  Celle  planle  a  etc  envoyee  avec  les  Mousses  du  Bresil. 

23.  Jungermannia  tamarisci  Hook.  24.  Jungennannia  plati- 

phylla  L.  Var.  Tcnuior.  2  5.  Jungcruiannia  viultijida  L.        G...  w. 

293.  Observations  sur  les  Fuco'ides,  et  sur  quelques    autres 

plantes  marines  f'ossiles  ,  par  M.  Ad.  Brongniart.  [Mem.  de  la 

Soc.  d'hist.  nat.,t.  i  ,  part.  2  ,  p.  3oi.) 

L'auteiir  de  ce  memoire,  a  qui  Ton  doit  deja  un  travail  fort 
etendu  sur  la  classification  et  la  distribution  des  vegetaux  fossiles 
(^Mernoij-cs  du  Museum,  t.  VIII),  a  voulu  donner  une  monoojra- 
pliie  de  toutes  les  algues  non  articulees  que  Ton  a  rencoutrees  a 
I'etat  fossile.  II  expose  I'historique  de  celte  parlie  de  la  science, 
Iiistorique  tres-court,  puisqu'a  Texceplion  d'un  ouvrage  sur  les 
fojsiles  vegelaux,  public  receniment  par  31.  deSclilotheim,  aucun 
auteur  n'a  r;  s?emble  un  certain  nombre  d'observations  precises 
sur  ces  productions d'aulrefois.Cependant,au  rapport  de  Brocchi, 
il  existe  un  traVail  fort  etendu  de  J.  Targioni  sur  les  fucus  qui  se 
trouvent  dans  quelques  rocLes  calcaires  de  la  Toscane;  mais  ce 
travail ,  accompagne  de  /|4  planches,  n'a  pas  vu  le  jour  (i). 

M.  Ad.  Brongniart  s'est  appuye,  pour  la  determination  dc 
piusieurs  especes,  de  I'opinion  de  M.  Agardh,  savant  algologiie 
stiedois,  qui  les  a  inscrees  dans  son  Species  ali^aruin.  II  n'a  pas 
porle  son  attention  sur  les  pretendues  conferves  trouvees  dans  des 
cristaux  de  quartz,  parce  qu'il  existe  deja  un  memoire  sur  ce  sujet, 
public  par  M.  J.  Mac-Culloch,  dans  les  Transactions  gcologi- 
ques,  et  parce  que  ces  singulieres  arborisations  devront  former 
un  genre  parliculier. 

L'auteur  definit  ce  qu'ii  entend  par  especes  et  varietes  parmi 
les  fucoides.  11  parle  ensuite  de  leurs  positions  geologiques  ,  et  il 
fait  reniarquer  que  tons  les  fucoides  fossiles  paraissent  apparte- 
nir  .i  qualre  formations  ulfferentes,  savoir  : 

i".  Dans  le  terrain  tertiaire,  ou  la  formation  de  sediment  supe- 
rieur,  les  fucoides  de  Mont<— Boica  ,  pres  de  Verone.  lis  se  rap - 
proclient  beaucoup  des  especes  actueUement  existantes  d.ms  les 
niers  desclimals  tenqtercs,  excepte  ies  Fuco'ides dlsciphorus  et  F. 
Jgardhianus ,  (pii  ont  des  rapports  avec  les  Cauleipa  ,  genre  des 
mers  equalojiaks. 

2°.  Les  fucus  fossiles  de  I'ile  d'Aix  pres  la  Roclielie,  renfermes 

(i)  M.  Rotlie  juiblie  on  Allemagne  les  jilanfes  fossiles  trouvees  dans 
Ifs  rorlirs  dc  SiU'sic  \  nous  en  rcndrons  coinplf . 


556  Boianiq'ie. 

dans  ties  llt;iule.s  marini^,  infi'Tleurs  a  la  ciaic.  lis  s'y  tronvent 
njelanges  avec  tics  Irenes  d'arbrcs  dicotylcdoiies,  et  avec  les 
feuilles  que  I'auteur  dc'crit  sous  le  nom  de  Zosterites,  dans  la  suite 
de  ce  memoire. 

3°.  I.cs  fiicoides  trouvees  dans  le  calcaire  dc  Stoiicsticld,  jircs 
d'Oxforil(  qui  appnrlienl,  selon  M.  Buckhind,  au  calcaire  ooli- 
thique  du  Jura.)  Ce  sont  des  resies  de  vegelaux  tres-rp.pproches 
des  t'auleipa.  lis  sont  aceonipagnes  do  lycopodites  et  de  filicifes; 
ct  a  cettc  occasion,  M.  Ail.  IJrongniart  releve  une  errcur  qu'il 
avail  conimise  dans  son  premier  nienioire,  relativeinent  a  I'indi- 
cation  des  fossiles  du  calcaire  du  Jura,  et  ou  il  disait  n'avcjir 
■vu  aucune  plante  qui  eut  apparlenu  a  la  famille  des  roii:,'ci('>'. 

4".  Entin,  quatre  especes,  qui  semblent  apjjavteuir  ;.u  uicuic 
f-enrc  et  peut-etre  a  une  nieme  section  de  genre,  se  rcuronirent 
dans  des  localites  fort  I'loiguees ,  et  dans  une  I'orniation  que 
M.  Alex.  Brongniart  pere  presume  ap;\Trtenir,  comme  celle  de 
I'ile  d'Aix,  aux  lignites  infcrieurs  a  la  craie.  Ainsi ,  le  clialeau 
do  Malaspinn  prcs  Sarzane,le  Kaltenberg ,  au  N.-O.  de  Vienne 
en  Autriche,  la  cole  occidentale  de  Genes,  les  Apennins,  ausud 
de  Fiorenzola,  etBidache  pres  Bayonne,offrent  des  terrains  dont 
I'analogie  est  constatce  par  la  presence  des  fucoides  dont  nous 
parlons.Cette  observation  nous  conduit  a  j)enscr  que  I'etude  des 
plantes  fossiles  pourra  ,  de  cette  maniere,  preter  un  grand  se- 
cours  a  la  geologic,  et  I'eclairer  dans  sa  niarclie. 

Apres  ces  considerations  generates  sur  les  fucoides,  M.  Ad. 
Brongniart  expose  leur  liistoire  particuliere  ecrite  en  latin  et  ac- 
comj)agnee  de  notes  francaises  a  la  suite  de  la  plirase  sp^cifique, 
de  la  synonymic  et  du  gisement.  Toutes  ecs  especes  sont  decrites 
pour  la  premiere  fois ,  a  I'exception  de  celles  publiees  du  consen- 
tement  de  I'auteur  par  M.  Agardh  dans  son  Species  algarurn  ,  et 
des  JIgacilcs  deM.de  Schlotlieim.  ]\ous  ne  pourrions,  sans  don- 
ner  une  trop  grande  extension  a  une  sim])le  analyse,  exjioser  les 
caiacteres  de  ces  plantes  fossiles  nouvcllemcnt  decouveiles,  c'est 
pourquoi  nousne  fcrons  qu'indiquer  les  uoms  et  ciler  Icsligiires, 
ainsi  que  les  lieux  oil  elles  se  Irouvent. 

I.  Fucoides  Orbignianus  [Cjstoseira  ?  Ag.)  PI.  XIX,  fig.  i, 
Dans  le  lignite  d'Aix  ,  prcs  la  Rochelle. 

a.  Furoide.i  strictux,\)\.  XIX,  fig.  2.  Sphcrrococcus ?  strictus  Ag. 
mss. ;  lUiodomcla  diluviana.  Ag.  Spec.  alg.  i.  3M3.  Dans  le  li- 
gnite d'Aix. 


Botcjuiiiie.  u5j 

3.  Fiicoidcs  rrispiformis  [Sphfvrococcus.  \.^.)  Algaciles  crispi- 
formis,  Sclilolh.  Nachtnige  zur  Petri/., i^.  44,  t.  4,  fig.  i.Danslcs 
schistes  argileux  accompagnant  le  lignite  de  Boheme. 

4-  Fucoidesfurcntu.i,-p\.  XIX,  fig.  3.{Sp/icerococcus?)  A  Vernas- 
que  dans  le  Plaisantin. 

^■Fucoides  reatrvus, -pi  XIX,  (ig.  4.  Chomlria  recuiva  A.-. 
Spec.  alg.  I,  365.  IVIeme  localite  que  la  prccedente  espt-ce. 

6.  Fucoides  dijjnrmis  ,-p\.  XIX  ,  fig.  G.  Chondrln  cequnila,  var. 
B.,  Ag.  mss.  A  Bidaclie,  pres  Bnvonne. 

7.  Fucoides  (equalis,  et  sa  variete  'K  Jlexibilis ,  pi.  XIX,  fig.  5 
et  7.  Chondria  ccqualis.  Ag.  niss.  et  Spec.  alg.  i  ,  p.  3G5.  Anpo- 
tius  Sphcerococcus  ?  A  Vernasque,  a  BIdaclie  ct  ilar.sle  Modenais. 

8.  Fucoides  inlricnti(s,i^\.  XIX,  fig.  8.  Chmdrla  Spkccrococcus? 
A  Oneille,  cote  de  Genes;  a  Sarzane,  pres  la  Spezia;,au  Kalten- 
berg,  en  Auliicho;  eta  Bidache. 

9.  Fucoides  obtu^us,  pi.  XX,  fig.  4.  Chondria  obiusata,y&v. 
Jossilis  Ag.   mss.  et  Spec.  alg.  i ,  p.  366.  A  Monte-Bolca. 

10.  Fucoides Jlabellaris.{Zonaria?  Kg.)  Pi.  XX,  fig.  5.  A3Ion- 
te-Bolca. 

11.  Fucoides  gazolanus.  {Delesseria'Lamouv.)V\.  XX,  fig.  3. 
A  Monte-Bolca. 

12.  Fucoides  Lamourouxii.  (Z><-/fj-^mrtLamour.)Pl.XX,fig.  2. 
A  Monte-Bolca. 

1 3.  Fucoides  Jgardhianus.  {Caulerpa.)  PI.  XXI,  fig.  i  et  2.  A 
Monte-Bolca. 

14.  Fucoides pcmiatula.  [Cauleipa.)  PJ.  XXI ,  fig.  3.  AStones- 
fid'd ,  pres  Oxford. 

i5.  Fucoides  elegans.  {Cnulcrpa.)  Planch.  XXI,  fig.  4.  Meme 
localite. 

Telles  sont  les  i5  especes  biea  determinees  de  fi.cus  fossiles 
d.'-cTiles  par  M.  Ad.  Brongniart.  II  les  a  fait  suivre  de  six  autres 
quil  rcgarde  coimne  doiiteuses.  Cesont  deux  fucoides  de  Monte- 
Bol.M  ,  qui  paraissent  se  rapproclier  des  Caulerpa  et  qu'il  a  nom- 
rnc-es  et  figurees  (pi.  XX,  fig.  6et  1)  sous  les  noins  de  F.  disco- 
phorus  ex  F.  turhinalus;  plus  quatre  algaeitcs  de  M.  de  Schlo- 
ll.eim.  Enfin,  pour  completer  les  connaissanccs  que  Ton  possede 
surces  fossiles , Tautcur  cite  en  notnYAIgacUes  caulesceus ,trovL- 
ve  dans  les  marnes  caicaires  du  basalte  de  Walsch  en  Rolieme, 
et  rapproclie  du  Fucus  cmdcsccus  C.mel.  pai  le  cojute  de  Stcri;- 


558  Botatiiqiic. 

beij,',  djiis  le  tioisieiiie  ciihior  de  sa  1  lore  du  mondc  primitif. 

Cttle  monographic  des  fucoidcs  est  suivie  de  reclierclies  sur 
d'autrcs  fossiles  vcgetaiix  qui  appartierment  certainement  a  une 
famille  tres-differente  de  celle  des  algues  ,  mais  qui  croissent 
cgalement  dans  la  mer.  Ce  sont  des  f'euilles  qui  accompagnentles 
fucoides  des  lignites  de  I'ile  d'Aix ,  f'euilles  dont  la  structure  est 
exactemcnt  celle  des  Zoj^/e/w,  des  Caullnia  et  dela  plupartdes  Flu- 
viales  de  Richard.  Elles  sont  en  effet  entieres ,  plus  ou  nioins  li- 
neaires,  sans  nervure  mediane  plus  prononcee  que  les  autrcs  ner- 
"vures,  le^quellessont  paralleles  et  ne  s'anastomosent  aucunenient. 
Quoique  la  forme  generate  de  ces  feuiUes  s'oppose  a  cequ'on  les 
rapporte  a  ceiles  des  Caulinia  et  des  deux  Zostcra  de  nos  mcrs 
d'Europe,  M.  Ad.  Brongniart,  d'aprcs  quelques  considerations 
tirees  de  I'organisation  des  caulinia  exoliques,pensequ'il  y  a  de 
tres-grafides  probabilites  qu'elles  proviennent  de  plantes  ana- 
logues a  ce  genre,  et  il  propose  en  consequence  de  les  nommer 
Zosterites.  II  les  place  dans  le  groupe  artificiel  des  Poacites ,  et  il 
donne  la  phrase  caracteristique  latine  des  qualres  espcces  suivan- 
les  :  Zosteriles  Orblgiiiana,  pi.  XXI,  fig.  5;  Z.  elongata  ,  pi. 
XXI,  fig.  G;  Z.  Bcllovisana  ,^;A.  XXI,  fig.  7;  et  Z.  lineata  ,  pi. 
XXI,  fig.  8. 

Lememoire  est  termine  par  une  nole  snrV  Ampliitoites  parisiai- 
sis.Cc  singulier  l'osslle,trouve  dans  lecalcaire  grossier  et  les  maf- 
nes  int'erieures  au  gypse  des  environs  de  Paris,  avail  ete  decrit  par 
M.  Desmarcst  comme  un  polypicr.  M.  Leman  observa  le  premier 
son  analogic  avec  les  liges  du  Caulinia  oceanica,  Dec,  et  corniuu- 
niqua  son  observation  a  MM.  Dcsmarest  et  Ad.  Brongniart,  qui 
en  ont  verifie  le  rapprochement,  et  qui  ont,  chacun  de  son  cote, 
le  premier  sous  le  rapport  zoologique,  et  le  second  sous  le  rap- 
port bolanique,  fait  ressortir  toute  sa  justessc.  rT....N. 

294.  Observations  scr  le  Byssus  Iolithus  de  Linne;  par  Fr. 
A.  AVra>'gf.l.  —  Remarques  sur  la  dissertation  du  baron 
Wrangel;  par  C.  A.  Agardu.  —  Autres  Remarques  sur  la 
dissertation  du  baron  "Wrangel;  par  E.  Fries. —  Extmcation 
au  sujet  des  remarques  preccdentes ;  par  Fr.  A.  ^Vrangel. 
[  Kongl.  J'ftciulab.  A'udem.  IlaiuUingar  fivr  aar  1^1'i  , 
i"^*".  part.) 

I.e  dernier  volume  des  Memoires  de  I'Academie  des  Sciences, 
i  .Stockholm  ,  contient  les  diverses  pieces  d'une  discussion  qui 


Botanique.  S5g 

parait  avoir  eu  lieu  dans  le  sein  de  I'Academie.  Linne  avail  re- 
inarque,  dans  un  voyage  a  Tile  d'Oeland,  que  les  pierres  etaient 
couvertes  d'une  couleur  rouge  de  sang,  qui,  etant  frottee  entre 
les  doigts,  repandait  une  odeur  de  violette,et  il  en  conclut  que 
le  Byssus  qui  produit  cette  couleur  sur  les  pierres  differe  des 
Byssus  etrangers,  en  ce  qu'au  lieu  d'etre  filamenteux,  il  se  pre- 
sente  sous  la  forme  d'une  poudre  fine.  Celte  remarque  engagea  , 
en  1800 ,  le  pasteur  Starke  a  redigcr  une  dissertation  sur  le  Bys- 
sus lolithus  (inseree  dans  le  Journal  de  Botanique  de  Sclirader, 
t.  1 ,  call.  2  ;  et  dans  les  Annals  of  Botany^)  ,  pour  etablir  en  fait 
que  le  Byssus  lolithus  de  Suede  est  une  espece  toute  differente  du 
Byssus  d'Allemagiie,  ou  lolithus  Schweiihfeldii.  Uepuis  ce  temps 
le  Byssus  lolithus  de  Suede  a  ete  classe  de  diverses  manicres. 
Retzius  ( Prodr.  Flor.  Scand. ),  et  Liljeblad  ( Esquisse  de  la  Flore 
de  Suede,  1^.  edit.),  regarderent  cetle  vegetation  singuliere 
comme  un  lichen,  qu'ils  appelerent  L.  lolithus.  Dans  le  Prodrom. 
lichenogr.  suec.  du  prof.  Acliarius,  le  meme  Byssus  est  annonce, 
mais  avec  la  marque  du  doutc,  comme  un  Z(:y>i;-rtrm,suivant  cette 
indication  :  Pulverulento-sub/ibrillosus.  M.  Wrangel ,  apres  avoir 
cite  ces  diverses  opinions,  et  quelques  aulres,  est  d'avis  que  le 
Byssus  lolithus  de  Suede  ne  differe  point  du  Byssus  d'AIlemagne 
et  qu'on  I'a  confondu  avec  un  Lepraria,  qui  forme  une  espece 
particuliere  sous  le  nom  de  Lepraria  kerniesina ,  et  qui  couvre 
les  pierres  calcaires  de  Suede  d'une  couleur  de  cramoisi.  II  donne 
la  figure  de  ce  Lepraria  tel  qu'll  se  presenle  sous  le  microscope , 
et  apres  son  developpcment  parfait  dans  I'eau  avec  ses  globules 
plus  ou  moins  gros. 

Les  observations  de  M.  Agardh  sur  cette  dissertation  tendent 
a  prouver  que  Linne,  en  parlant  du  Byssus  lolithus,  ne  I'a  point 
confondu  avec  un  Lei)raria,  et  qu'on  ])ourra it  classer  ce  vegetal 
parnii  les  Algues,  qui,  lors([u'elles  sont  rouges,  ont  la  meme 
odeur  de  violcltc.  Cost  atissi  dans  les  Algues  que  M.  Agardh 
voudrait  ranger  le  Lepraria  /.ennesina,  puisque  ce  vegetal  se  de 
veloppe  dans  I'eau,  et  prend  une  belle  couleur  rouge  comme 
celle-ci.  II  y  a  ,  dit-il,une  division  dans  cette  famille  qu'on  peut 
comparer  aux  animaux  inl'usoires  :  elle  se  compose  des  plus  sim- 
ples de  tous  les  vegetaux  ;  ce  sont  de  petites  vessies  groupces  en- 
semble. On  pent  caracteriscr  cette  division  de  la  manierc  sulvanle  : 
vesicular  ininulissiina',   sanguinecv,  ag-^rci^titcv. 

M.  Fries  pense  que  si  Ton  classe  les  deux  vegetaux  parmi  les  AI  - 


3Go  I}Otani(iup. 

gues  cui»feivoIdc«,il  faut  assigner  au  Z.  Aermfn'/ta  unc  (ilitcf  tlans 
le  groupe  iiomnic  a',  nostacirur.  Sous  le  rapport  dela  coiilcnr,  I't/'- 
rciYo  «/i'rt/«observu  par  IVxpodition  anglaiseenvoyecau  pole  iiord 
se  trouTe  dans  la  categoric  du  L.  hermeslnn.  M.  Wrangol  rej)(>nd 
a  ces  observations  qu'il  ])ersiste  a  croire  que  Linnii,  dans  la  re- 
lation de  son  voyage  d'Oeland  ,  a  eu  en  vue  une  autre  espcce  de 
vegelal  que  le  loUthus  Schwenkfeldii,  qu'il  coiinaissait  bien  , 
eomnie  on  le  voit  par  d'autres  passages  de  ses  ouvrages  de  bola- 
ni(|ue.  A  I'egard  du  Lepraiia  kcrtnesina ,  M.  Wrangel  a  fait  la 
remarquc  que,  de  poudrcux  qu'il  etait  sur  la  pierre  cakaire  ,  ce 
singulitT  vegetal  devient  filamenteux  lorsqu'il  se  devcloppe  dans 
reau.Ceciappuieropinion  de  I\I. Fries,  qui  pense  queics  Algue&et 
les  Lepraria  sont  de  la  meme  lamille  ,  et  que  toutc  leur  dilCerencc 
vient  du  plus  ou  moins  d'huniidite  du  lieu  ou  ils  croisst-nt.  Un 
Al^a  lichenosa,  transporte  dans  I'huniidite,  devient  ainsi  uii 
jilted  oquatica  ;  metamorphose  qui  n'estpas  plus  etonnante  que 
celle  de  Nostoc/i  muscorinn  var.  Lichenoides  ehColferiia  limosuin^ 
observee  par  M.  Agardh.  (  Voy.  sa  Dissertat.  De  Metarmophosi 
algarurn.j 

2^5.  Son.  I.F.S  Lotos  dks    ancif.ns  ;   par   M.  Fiii£.   (  Journ.   dc 
Phnnn., ]anw.  i  823  ,  p.  aS.l 

Dans  cet  ecrit,  qui  se  distingue  par  une  elegante  ormiilion , 
JI.  Fee  s'attaclie  a  reconuaitre  les  plantes  que  les  Egyplirns,  les 
Arabes,  les  Grecs  et  les  Latins  ont  designees  par  le  mot  Lotos 
ou  Lotus.  II  donne  a  ce  sujot  des  renseign-mens ,  soil  historiquos, 
solt  bofaniques,  remplis  d'interet,  renseignemens  que  nous  nc 
pouvons  transcrire  ici  :  nous  nous  born erons  a  signaler  les  onze 
especes  de  plantes  qui  ont  portc  le  noni  de  Lotus.  M.  Foe  a  dis- 
pose le  tableau  de  ces  plantes  de  la  maniete  siiivante  : 

i".  Lotus  ARBOREscENs.Cinq  especes,  dont  troisappartiennent 
anx  Rhamnees  ,  savoir  :  Rhamnus  Lotus  L. ,  ou  Zizyphiis  Lotus 
"VVilld.  C'etait  le  Lotus  d'A(rique  ,  d'oii  une  penplade  de  cette 
region  a  tire  son  nom  (les  Lotopliagcs).  La  scconde  espece  n'est 
peut-etre  qu'nno  variete  du  Ii/ia/f//ii;s  Lotiislj. —  Rlininnus  spina 
chri.sti  L.  Lrs  deux  autrcs  Lotus  arborescens  des  anciens  sont 
le  Celtis  australis  ct  le  Diospyros  Lotus;  mats  cette  derniere  de- 
termination est  douteuse;  peut-clrc  n'est-ce  encore  que  le  Celtis 
australis? 

2  .  Lotus  uerbaces,  divises  en  aqnatiques  et  tcrrestres.  Parni' 


Zoologie.  36 1 

les  premiers,  trois  soiit  des  Wyniph;cacc^es  qui  croissaunt  dans  le 
Nil.  La  plus  remarqiniblo  (^Neluiiihiiun  speclosum  AVilld.)  a  dis- 
]);iru  des  eaiix  de  ce  fleuve,  et  iie  se  Irouve  plus  que  dans  I'lnde. 
Les  Njmphcca  casrulea  (Savigny)  et  iV.  Lotus  s'ctaient  aussi 
nommes  Lotus.  Un  autre  Lotus  aquatique  se  rapporte  a  VJrttm 
coloxasia  L.  Enfin  les  Lotus  terrestres  sont  deux  especes  de  Me- 
lilots  qui  croissent  dans  iios  contrees,  savoir  :  Melilotus  officina- 
lis et  M.  ccerulcea  L.  G..N. 

29G.    MUSCI   THURINCICI     ViVIS    EXEMPLARIBUS    EXHIBUERUNT   ET 

ILLUSTRAVERUNT  Zenker  et  DiETRicH.  Fascicul.  Ill,  in-8°. 
lena;  1 823;  Schmidt.  ( Zcw  ,  3^  call.;  1824;  p.  338. ) 
Ce  recueil  est  annonce  comuie  pouvant  faire  suite  a  ceux  de 
I'lmk  ,  avcc  Icsquels  il  forineralt  une  muscologie  complete. 
Le  prix  est  de  trois  francs  (  18  gros  )  pour  cliaque  livraison  , 
contenant  aS  especes.  Celle-ci  est  composce  des  especes  suivan- 
Jes  :  Hypnum  purum  ,  Schrcheri,  squarrosuni,  lo//giroslrum  ,  cu- 
prcssi/onne ,  curvatum  ,  cylindricuin;  TVcckera  crispa;  Milium 
ornus ;  Ortholrichum  diaphanuin  ,  onoiiialiiin  ,  striatum  ;  ^ar- 
Lula  tortiiosa ,  unguiculata  ;  Cynodoutium  longirostre ;  Dicra- 
num  undulatum  ,  piirpurcitm  ;  AVeissia  lanccolata  ;  Grinimia 
o\'ata  ,  plagiopus  ;  KnicXiMv^.mii  ciliiitum  ^  Fhascmn  pdi/erurn  ; 
Andraea.  alpimi.  D.  U. 

297.  M.  Albert  de  Haller,  fils  cadet  du  grand  Haller,  et  lui- 
ni^me  naturallste  ce!ebre,  a  laisse  par  son  testament  son  herbier 
a  la  bibliolhcquede  Geneve.  11  estmorta  Berne  le  i«r.  mars- 182?, 
a  I'age  de  65  ans.  L'herbier  et  la  bibliotlK'-que  de  son  pere ,  qui, 
]ieu  de  temps  apres  sa  mort  avaicnt  cti'  vimuIus  au  gouverneuient 
«V  I,omb.irdie  ,  sont  conserves  a  Milan.  Parmi  les  ouvragcspos- 
tliumcs  do  M.  Ilallcr  Ills,  il  s'en  trouve  plusieurs  inedils  et  fort 
iiii|)orlans  pour  la  Flore  helvctiquc.  [Jcurii.  gen.  dc  la  Lilt.ttr., 
mars  182/1  >  P-  89. ) 


ZOOLOCIE. 


298.  The  animai,  kingdom,  arranged  in  conformity  with  its 
ORGANIZATION.  Lc  reguc  animal  distribue  d'apres  son  organisa- 
tion, par  le  baron  Cuvier,  etc.,  avec  la  description  dc  toutes 
les  especes ;  trad,  par  Euw.  Griffitu.  I11-8. ,  avec  pi.  Lou- 
drcs;  i8a/|. 


B63  Zoologie. 

•Kjg.Uz  L'liXlbTESCE    UU    NERK    OLFACTIF    OU    t'llllllOltlal   (litns.les 

Baleines;   par  A.   Desmollixs.   {^Dict.  classiquc  d'/ust.nut., 

t.  a  ,  art.  Baleine.  ) 

Tous  les  Cetaces  ordinaire*  que  Ton  a  observes  jusqii'ici,  les 
(Cachalots,  les  Dauphins,  les  Narvals,  etc.,  ont  I'ethmoidc  im- 
j)crforc  ,  et  plusicujs  anatoniistes  ont  ilirectement  constate  dans 
le  Dauphin  et  le  Marsouin  ,  Ic  uefaut  de  nerf  ethmoidal.  Comme 
IVxistence  des  trous  ethnioidaux  est  correlative  de  celle  du  nerf 
olfactif ,  on  pent  conclure  de  Tabsence  de  ceux-la  an  defaut  de 
celui-ci. 

Le  crane  de  la  grande  es[)cce  australe  de  Baleine  rapportee 
du  cap  de  Bonne- Esperance  par  I'infatigable  voyageurDelalande, 
i\  qui  la  zoologie  est  redevable  de  tant  d'acquisitions  importantes, 
avait  ete  scie  longitudinalenieut  sur  son  axe  pour  faciliter  le  ma- 
niement  et  I'embarquement  de  celte  enorme  masse.  C'esl  dans  cet 
etal  que  M.  Desmoulins  put  examiner  a  loisir  le  profil  inlerieur 
et  eludier  I'agencement  des  pieces  osseuses  qui  Torment  les  parois 
de  I'event  et  du  crane.  Cette  observation  est  devenue  precieuse 
depuis  que  le  crane  a  ete  monte  et  soude  avec  des  tenons  de  fer 
qui  ne  permettent  plus  d'examiner  ces  parties. 

Le  canal  de  I'event  dans  ses  deux  tiers  posterieurs,  est  divise 
en  deux  etages  par  line  plaque  osseuse  prolongee  en  arriere  jus- 
que  sous  le  bord  du  trou  occipital,  et  qui  reprcsente  les  cornets 
nasal  et  de  Bcrtin  rt'unis.  Cette  plaque  en  dehors  double  le 
maxillaire,  et  en  arriere  le  sjdienoiile  el  le  basilaire  ;  son  bord 
libre  se  ti-ouve  contigu  au  vomer  sur  la  ligne  mediane.  Le  pour- 
tour  des  deux  canaux  etages  que  separe  cette  lame  est  complete 
par  des  membranes.  Le  canal  superieur  voute  par  le  frontal  de. 
bouclic  dans  les  sinus  ethmolidaux  formes  par  trois  cornels, 
doiit  le  posterieur  n'a  pas  moins  de  trois  pouces  de  haut.  C'est 
dans  le  sinus  posterieur  que  s'ouvre  le  canal  ethmoidal  creuse 
dans  le  corjjs  de  rethmoide,  epais  de  5  a  G  pouces.  Le  canal  eth- 
moidal a  un  pouce  de  diametre  a  son  exfremite  cerebrale ,  qua- 
tre  ligncs  a  son  milieu,  et  sf>  divise  vers  le  sinus  ethmoidal  en 
deux  branches,  dont  Tunc  a  5  ou  G  lignes  de  diametre.  La  ca- 
vite  commune  des  sinus  de  chaque  cote  s'ouvre  inferieurcment 
dans  la  partic  gut  in  rale  de  Tevenl  j)ar  un  conduit  long  de  i. 
pouces  et  demi. 

La  Baleine  res])ire  done  par  le  canal  superieur  de  reveal;  Ic 
canal  iiiferietir  on  I'evrnl  j/roprement  dil,  ne  scrt  qu'au  passage 


Zoologie.  563 

de  I'eau.  II  n'est  done  pas  necessaire  de  transporfer ,  comme 
I'ont  fait  quelques  pcrsonnes,  le  sens  de  I'odorat  des  Baleines 
dans  les  cavites  pterigopalalincs,  ou  on  suppose  qu'Ll  existe  cliez 
les  Dauphins,  cavites  qui  d'ailleurs  n'existent  pas  dans  les 
Baleines. 

La  Baleine  australe  dlffere  de  la  Balelne  franche  boreale  p;.r 
deux  paircs  de  cotes  de  plus  ;  chez  le  nouveau-ne  austral  dont 
M.  Desmoulins  (Op.  cit.)  a  public  une  figure  dessinee  au  Cap  p;,r 
Delalande,  le  chanf'rein  est  presque  horizontal,  tandis  qu'au 
meme  age,  et  a  la  meme  tnille,  le  chanfrein  est  deja  tres-arque 
dans  le  nouveau-ne  de  la  Baleine  franche,  dont  M.  Desmoulins 
a  donne  aussi  un  dessin  comparatif  d'apres  nature  ,  parlecapi- 
taineScoresby;  lous  ces  traits  forment  un  caractere  fort  tran- 
che. Comme  plusieurs  genres  de  Mammileres  offrent  des  diffe- 
rences analogues,  sans  que  I'uniformite  <hi  systeme  nerveux 
d'une  espece  a  I'autre  en  soil  alteree  ,  il  est  probable  que  toutcs 
les  Baleines  proprenient  dites  ont  c:e  nerf  olfictif,  comme  Hun- 
ter et  Albers  I'ont  deja  avance,  observation  que  I'absence  co.m- 
plete  de  ce  nerf  chez  les  Daupjiins  avait  fait  revoquer  en  doute 
par  une  presomption  analogique  mal  fondee.  D. 

.^oo.  Statistique    nu    dfpartement    des   Bouchks-du-Rh6ne, 
avec  Atlas.  Dediee  au  Roi ,  par  M.  le  C'o.  de  Villeneuve  ' 
prefet  des  Eouches  da-Rhone,  etc.;   t.i  ,  m-^.  de  744  pages. 
Partie  Zoologique,  chap.  VIII,  p.  722.  (i*'^  extrait. ) 
Les  reflexions   qu'on  lit  au  debut  de  ce  chapitre,  sur  le  vide 
qu'on  eprouve  en  France   d'une  bonne  nomenclature  des  ani- 
maux  de  notre  pays  sont  pleines  de  justcsse  ,  et  il  est  vivement  a 
desirer  que  Ton  entreprenne  pour  chaque  dcpartement  un  tra- 
vad  semblable  a  celui  que  M.  le  Ci.-.  de  Vdleneuve  a  si  heureu- 
scmcnt  fait  executer  pour  celui  qu'il  administre.  Mais  on  doit  se 
garder  d'imiter  son  cxemple  en  introJuisant  un  ouvrage.de  cette 
nature  dans  une  stalislique  departemcntale,  livre  esscniiellement 
-d'apphcation  a  Teconomie  publique,  et  qui  ne  doit,  en  fait  de 
zoologie,  admcttre  que  i'indication  des  ^tres  utiles  ou  nuisibles 
a  I'homme  pour  en  apprecier  les  dangers,  les  avantages,  en  cal- 
culer  les  produits  bruts  ou  manufactures,  etc.   II  est  certaine- 
ment  a  regretler  pour  la  science  que  la  partie  pureraent  geologi- 
que  et  d'histoire-nalurclle  qui  forme  une  grandc  portion  de  "( c 
gros  volume,  el  qui  s'y  trouvc  melce  aux  fails  veritableinenl  do 


564  Znologie. 

statislique,  n';iit  pas  forme  un  ouvrage  a  part ,  accessible  a  fous 
les  iinturalistes,  dont  la  niajorite  n'a  pu  ,  par  suite  tie  la  singu- 
liere  composition  de  ce  iivre,  d'ailleurs  si  reinarcpiable ,  se  pro- 
curer la  partie  qui  les  intercsse.  II  faut  cgaleraent  considcrer  que 
cclte  partie,  comme  toutes  celles  de  meme  nature  qui  ne  peuvent 
elre  envisagees  par  la  statistique  que  dans  leurs  rapports  d'ap- 
plications  a  I'ecoiioinie  politique,  les  antiqultes  par  cxeinple,etc., 
auginentant  outre  niesiirc  le  volume  et  le  prix  de  I'ouvrage ,  ar- 
reteront  les  adminislrateurs  eux-memes  auxquels  il  cut  olfert  un 
si  utile  et  si  bel  exemj)ie  a  imlter.  II  est  done  a  craindie  que  cet 
ouvrage  ne  se  trouve  que  dans  un  Ires-pelit  nouibre  de  lubiio- 
tlictjues  publiques  ou  ])artlculieres,  et  qu'il  perdeamsi  beaucoup 
de  I'influence  qu'il  aurait  pu  acquei  ir. 

La  Ulatiitique,  dit-ou  ,  p.  728,  est  une  veritable  Encrclojirdic, 
rien  ne  doity  etre  oublie,  etc.  C'est  meconnaiire  absolument  la 
nature  et  le  but  de  cette  science.  A  qui  pent  servir  la  nomencla- 
ture complete  des  infusoires,  des  jjolypes,  dcs  radiaires ,  des  in- 
scctes,  des  jilantes  memes  ,  etc.,  d'un  pays,  si  ce  n'cst  aux  seuli 
naturalistes?  De  quelle  utilite  peut-elle  etre  a  radministrateur, 
aux  amateurs  de  recononiie  publique?  Nous  allous  suivre  les  di- 
visions adoptees  dans  ce  chapitre  ,  en  avertissant  que  les  auteurs 
ont  adopte  le  svsteme  de  classification  de  M.  de  Lamarck.  Nous 
rappcUerons  auparavant  VEssai pour  sen'ir  h  I'histoire  dcs  aru- 
maux  du  inidide  la  France;  parM.  Marcel  de  Serres,  in-4.,  1822; 
nomenclature  methodique  qui  complete  le  travail  dont  nous 
nous  occupons,  et  qui,  avec  lui,  forme  un  ensemble  d'un  grand 
inter^t. 

Infcsoirks.  lis  ont  ete  observes  par  M.  Toulouzan  dans 
Ics  eaiix  de  puifs,  de  rivieres,  des  marais  et  des  etangs  et  dans 
I'eau  de  mer,  soumiscs  a  I'influence  de  diverses  circonstances 
atmosplieriques.  La  liste  des  espeees  reconnues  ne  se  monte  qu  a 
nne  trentaine.  Dans  I'etang  de  Valduc,  dont  les  eaux  out  plus 
de  10°  de  salure,  ce  savant  mentionne  sous  le  noui  de  (-  crcarui 
mtiriatica ,  une  espece  qui  lui  parait  nouvellc. 

Polypes.  M.  Negrel-Feraud  a  ete  charge  de  leur  etude,  et 
il  a  profite  des  collections  de  Marseille  pour  son  travail.  D'apres 
ses  observations,  on  retrouve  sur  les  cotes  du  departement ,  la 
plupart  des  espeees  observi'es  dans  la  mer  Rouge,  dans  la  nier 
dcs  Indrs  et  dans  les  mers  du  Nord.  On  est  etonne  de  voir  dans 
le  nombre  le  Tubrpore  Blusi(ii:e,  qu'on  ne  conuaifsait  (fue  dam 


Zooloi^ir.  565 

rOcean  indion  ;  il  a  ('-ti.^  pechi^  a  la  Ciotat.  Lcs  Polyplers  lamel- 
iif'ores  dont  on  connaissait  si  peu  dVsptces  dans  nos  mers,  sont 
asscz  iiombreux  dans  la  Mediterranee.  M.  Negrel  cite  avec  les 
CtiryophlUia  cespitosa et nrborcsccns  Ai'ja  connuesdans  cettc  mer, 
les  C.  Crathus  et  flexuosa;  Fun  gin  agcmciformis ;  Agarlcia  cu- 
cullata;  Meandrina  areolata ;  criapn  (de  qui?)  ;  Astrect.  Ana- 
nas,  porcata  ,  foveolata  ;  OcitUna  prolifern,  etc.,  cites  dans  Ic 
Nord. 

RAniAiRFs.  Observt's  jitissL  ]>ar  M.  Ncgrel.  On  ]iii  doit 
qiioUjiirs  observations  sur  lcs  Onrsins  et  unc  liste  de  35  dc  ces 
auiinauK. 

[,es  TuNiciERs  et  b^s  Vers  ont  ete  peu  etudies.  Cepcnd.iiit 
i'aiticle  qui  traite  dcs  premiers,  renferme  uii  fait  qui  merite  d'etre 
pkis  connu  :  c'est  q'le  X Ascidia  M icrocosmus  se  vend  dans  les. 
niarcbes  du  depaitement  des  Bouches-du-Rhone,  et  quelle  sert 
de  nourriture  an  bas  peuplc. 

Insectes.  M.  Roux  ,  conscrvateur  du  cabinet  de  Marseille,  a 
remis  nn  catalogue  de  plus  de  3,ooo  especes,  qui  a  servi  de  base 
a  la  liste  presentee  dans  cet  ouvrage,  laquelle  parait  avoir  besoin 
d'nn  nouvel  examen.  Des  observations  interessantes  sur  les  in- 
sectes des  differentes  classes  les  plus  vulgaires  dans  cepays  ,  sont 
dues  a  MM.  Toulouzan  et  Negrel ;  on  y  cite  les  cochenilles  de 
I'olivier  et  du  caprier  qui  n'ont  pas  ete  decrites.  — •  Une  espece 
d'Abcillc  charpenliere  est  venue  de  Barbaric  avec  les  vaisscaiix 
de  commerce,  et  s'est  acclimalee  aux  environs  de  Marseille  ainsi 
que  beaucoup  d'autres  insectes  du  Levant.  De  ce  nombre  sont 
deux  especes  de  Termites  venues  I'une  d'Italie,raulre  de  Barbarie- 

Arachniues.  Le  catalogue  en  a  ete  fourni  par  M.  Roux.  Les 
auleurs  ont  fait,  sous  les  noms  A'Acarus  albus  et  ^Acarus  ntfiis\ 
deux  nouvelles  especes  prcsumees  pour  les  vers  qui  coraposent 
presque  entierement  une  sorle  de  pate  qu'on  appelle  Broussin  et 
frcmage  de  Signe.  —  On  connait  a  Marseille  3  especes  de  Scor- 
pions ,  Vetiropcaus,  Voccitanicus  et  celui  d'ltalie;  deux  araignecs 
malfaisantcs  ,  Oxjopes  varugatus  et  Lycosa  Tarentida  ;  et  une 
nouvelle  espece  qu  icst  nommee  Mlcrouimutn  sericeoides. 

Crustaces.  Le  catalogue  en  est  egalement  du  a  ]\I.  Roux,  ct  on 
annonce  qu'il  a  ete  fait  avec  beaucoup  dc  soin.  Plusieurs  es- 
peces nouvelles  y  so  it  signalers. 

ANNELiDES.Observecs  par  M.  Negrel.  Selon  M.  Savigny,  la 
Sangsuede  Provence  est  differente  de  laSangsue  officinale; etsui- 


3GC)  Zoologie. 

\.mt  le  meine  savant,  il  oxiste  punni  les  especes  rfcuelllies  par 
M.  Roux ,  et  conscrv»5cs  an  Musc'utn  ,  plusieurs  genres  nouveaux 
et  des  especes  inedites. 

ClRKHlPEDES,      CONCHIFERES,    MOLLUSQUES.     LeS    1  ■■•■*.     nC    pr>^- 

scntcnt  rien  de  particuUer;  les  derniers  sont  I'objet  d'observa- 
tions  etendues  et  inlcressantes.  Lesmateriaux  du  catalogue  dresse 
par  M.  INcgrel  ont  ete  puises  dans  les  collections  de  MM.  Tou- 
louzan,  Negrel,  Gonffe,  Salze,  SoUier  et  Lajard.  Cette  deinierc 
est  fortrlclie.  On  y  distingue  plusieuvs  noms  nouveaux  pour  les 
especes  inedites  decouvertes  par  M.  Negrel.  F. 

3oi.  Sua   LE   PRETEIS'DD  FoSSILK  PE  FoNTAINEBI.EAU. 

Au  raois  de  sei)tembre  de  I'annee  derniere  ,  des  jcunes  gens 
decouvrirent  au  Long-Rocher  dans  la  foret  de  Fontainebleau  , 
pres  de  Moret ,  deux  masses  de  gres,  dont  I'une  arrondie  avait 
a  peu  pres  le  volume  d'une  tete  d'hoinme  ,  et  I'autre  allongee , 
plus  grosse  a  une  extremite  qu'a  I'autre ,  presentait  quelques  res- 
semblances  avec  une  tete  de  clieval.  Ces  deux  masses  etaient  com- 
prises enlre  deux  roches  un  peu  aplaties  de  gres  plus  dur  ,  et 
seinblaient  sortir  de  la  couche  lendre  dont  elles  dependaient  ;  la 
distance  qui  les  separait  etait  d'environ  5  a  6  pieds.  Entre  elles 
se  trouvait  une  autre  saillie  de  la  meme  couche,  qu'on  ne  tard.i 
pas  a  considerer  comme  un  avant-bras  ,  lorsqne  Ton  fut  bieii 
persuade  que  ccs  deux  masses  etaient  reellcinent  des  tetes  d'homme 
et  de  clieval. 

On  salt  avec  quelle  rapidite  et  surlout  quelle  facilite  s'accre- 
dilent  les  decouvertes  de  cette  espcce  ;  aussi ,  a  Fontainebleau  , 
un  grand  nombre  de  personncs  fiirent-clles  prrsuadees  que  Ton 
avait  decouvert  dans  les  gres  de  la  foret  ,  un  veritable  hommc 
fossile.  On  remarqua  meme  dans  ces  blocs,  des  proportions 
parfaitcment  belles. 

Un  chimiste  habile,  M.  Barniel,  se  trouva  au  nombre  de  ccux 
qui  furent  convaincus  de  I'cxistence  de  ces  corps  fossilcs,  et  il  fit 
non-seulement  rar.alyse  du  gres  dur  reiifermant  la  couche  tendrc 
(gres  qui,  par  la  percussion  rend  un  son  aigu,  et  que  les  ou- 
vriers  des  carriercs  Domment  /;/<:'.$•  pif),  mais  encore  de  quelques 
debris  du  pretendu  fossile  (  dont  le  gres  qui  rend  un  son  grave, 
est  de  la  sorle  que  ces  ouvriers  appellent  gres paf  {\). ) 


(i)  Us  designcnt  par  Ic  nom  de  i,-;("i /?f);//une  troisieme  variet(!  plus 
molle  encore, et  piopro  ;i  fairedii  sablon.  \oy.  Mineralof^ie  nppHqnrc 
niix  nrt.1,  p.ir  Brard,  to.  5,  p.  r>7;  ct  Daiihcnlon,  Le.cons  de.  Miiu-r,ifoi;ir. 


Zoologie.  367 

II  trouva  duphospliate  calcaiie  ,  et  une  substance  animale  en 
tres-petitequantite  dans  le  gres  tendre  ,  et  n'en  decouvrit  an- 
cune  trace  dans  le  gres  dnr. 

M.  Cuvier,  ayant  fait  prendre  des  informations  sur  ces  vestiges, 
ne  tarda  pas  a  savoir  a  quoi  s'en  tenir  sur  leur  compte  ;  et ,  ayant 
ete  consulte  a  leur  sujet  ,   il  donna  son  avis. 

M.  Barruel  ne  tarda  pas  a  publier  son  analyse  ,  et  cette  ana- 
lyse ,  qui  paraissait  concluante  en  faveur  du  fossile  ,  deterniina 
quelques  personnes  a  faire  Tacquisition  a  grands  frais  de  cette 
masse  de  gres  ,  a  I'arraclier  avec  des  peines  infinies  du  milieu 
des  roclies  oii  elle  etait  enclavee  ,  a  la  li'ansporler  a  Paris  ,  et 
cnfm  a  la  faire  voir  sur  le  boulevard  des  Capucines^  apres  I'avoir 
placee  dans  sa  situation  premiere  el  entouree  de  rochers  de  pia- 
tre  ,  imitant  ceux  de  Fontainebleau. 

Mais  a  I'epoque  oil  Ton  annoncait  I'exposition  procliaine  de 
ce  rare  objet ,  les  journaux  quotidiens ,  suivant  leur  habitude  , 
devancerent  le  jugement  des  gens  inslruits  dans  cette  matiere , 
etl'un  d'eux  meme  trouva  bon  de  faire  intervcnir  par  oui-dire  , 
une  autorite  puissante  a  I'appui  de  sa  decision.  «  Cette  decou- 
»  verte,disait-i!,  pent  changer  les  idees  reciies  ;  et,  commele  disait 
"  dernierement  a  ce  qu'oii  assure  M.  de  Humboldt ,  la  notice 
>i  de  M.  Barruel  detruit  en  liuit  pages  ,  deux  gros  volumes  de 
»  M.  Cuvier  ,  et  contient  le  germe  de  vingt  autres  volumes  de  po- 
>;  lemique.  «  M.  de  Humboldt  repoussa  (i)cette  assertion,  et  donna 
alors  bien  positu'ement  son  avis  sur  des  fragmens  de  rochers  , 
qu'on  lui  avail  assure  appartenir  a  I'homme  du  Long-Rocher.  II 
affirma  ,  qu'ayant  examine  a  la  loupe  ces  debris,  il  n'avait  pu  y 
decouvrir  aucune  trace  de  tissu  organiqiie. 

Aujourd'luii  que  ces  masses  degressont  exposees,  notisavous 
pu  les  examiner  avec  soin  ,  et  nous  alloiis  doiuier  a  leur  sujet 
notre  opinion  particulicre. 

Les  corps  organises  enfouls  dans  le  sein  de  la  terre ,  n'ont 
transmis  a  notre  age  la  preuve  de  leur  ancienne  existence  , 
que  par  la  conservation  en  nature  de  quelques-unes  de  leurs 
parlies  les  plus  resistantes  ,  ou  par  celle  de  leurs  empreintes.  lis 
ne  peuvent  etre  pour  nous  que  dans  les  etats  Ac  fossilcs  ,  de 
petrifications  ,  de  monies  ,  ou  d'i/iscrustations. 


[\)   Dam  li>  Ciinrrirr  ihy   iGjiiin   uSj', 


568  Zcologie. 

JJnJossile  est  carnclerise  par  ['existence  lucme  tlu  {issn  osseux 
pour  les  aniinaux  vertebres ,  et  ilu  test  pour  les  invcrlebres. 
Lc  corps  que  Ton  voit  sur  le  boulevard  des  Ca])ucincs  ,  est-il  uti 
fossilc  ?  Non;  car  dans  aucune  dc  ses  parties  il  n'offre  la  inoiiulre 
trace  dc  fissu  osseux  ,  commc  M.  de  Humboldt  ravaif  drja  re- 
connu  dans  les  fragmens  qu'ila  examines. 

Une  pctrlfiralion  ne  presentc  plus,  il  est  vrai  ,  la  substance 
meme  des  parties  snlides  de  ranimal  on  du  TcgL-tal  ;  inais  a  ces 
])arlies  est  substituee  une  matiere  dllfereiite  de  la  gangue  > 
qui  occupe  tres-ex.ictenient  leur  place,  et  qui  en  olf're  tres- 
fidelement  la  structure.  Les  blocs  de  gres  de  Fontaincblcau  dont 
il  s'a"^it ,  sont-ils  des  petrifications  ?  Non  ;  car  on  n'y  trouve  pas 
plus  de  traces  du  tissu  osseux  ,  que  ce  tissu  meme. 

"Un  moule  esl  la  representation  des  formes  exterieures  d'un  el  re 
organise,  et  sa  substance  souvent  tres-diffcrente  de  la  sienne  n'en 
ofi'reen  aucune  maniere  le  tissu.  On  connait  des  monies  de  gres  , 
etsurtout  onenatrouve  beaucoup  qui  rcpresent£nt  des  coquilles 
dont  les  formes  sont  tres-recoiuiaissables.  Nos  blocs  de  gres 
sont  ils  des  moules  ?  Non ,  car  ils  ne  figurent  reellemenl  pas  les 
formes  des  objets  auxquels  on  les  attribue.  Ici  neanmoins  ,  il 
faut  faire  une  distinction  :  prctendralt-on  que  ces  moules  repre- 
senteraient  seulement  les  parties  susceptibles  d'une  conservation 
assez  lon'^ue  ,  pour  que  les  matieres  placces  autour  (du  sable 
par  exemple  )  ,  aient  pu  se  consolider  et  former  ainsi  une  cavite  , 
oud'autre  sable  s'endurcissant  pb.is  tard,  auralt  reproduit  le  relief; 
oubien,  imaginerail-on  que  toutes  les  parties  moUes  auraicnt  pti 
instantauement  se  trouver  empreintes  de  facon  a  donner  lieu  a 
tin  moule.  La  premiere  dc  ces  suppositions  ne  sauraif  elre  admise ; 
car  dans  ce  cas  ,  on  n'aurait  pas  les  os,  mais  on  aurait  les  formes 
des  OS  :  or,  le  fossilc  de  Fontaincblcau  n'offre  ni  pour  la  tete 
d'homnie  ,  ni  pour  celle  du  cheval  ,  rien  qui  represente  une 
fosse  orbitaire  ,  temporale  ou  nasale ;  rien  qui  rcssemble  a  une 
des  apopliyscs  de  la  face,  rien  qui  rappcUc  I'existence  des  arcades 
zygomatiques  ;  et  m^mc  ,  on  ne  trouve  rien  qui  indique  la 
distinction  de  la  tete  proprement  dite ,  et  de  la  machoire  infi- 
rieure. 

La  seconde  parait  etre  celle  que  vculcnt  suulcnir  !cs  demons- 
trateurs  de  celle  piece  curieuse.  lis  voicnt  dans  ce  qu'ils  api)ellenl 
leur  fossilc  une  langue  dc  clieval ,  sortaut  du  cole  droit  de  la 
bouche  ,  et  ils  retrouvent ,    avec  un  peinire  dont  ils  discnl  le 


Zoologie.  56g 

nom  ,  les  muscles  de  Tavant-bras  de  leur  hoaime  forteraent  teadits 
etsaillans;inais  ce  qu'ils  ne  voient  pas,  c'estque  lu  chcval  a  la  tete 
disproportionnee  ,  si  Ton  compare  la  largeur  de  sa  raoitle  droite 
qu'ils  disent  iutactc  ,  apres  ; 'avoir  doublee,  avec  la  distance  qui 
separe  rocciput  pretendu,  de  la  place  des  naseaux  qui  u'existeiit 
pas  ;  ce  qu'ils  ne  voyent  pas ,  c'cst  un  sillon  profond  qui  miirque 
longitudiiialement  cctte  lete  en  dessus  ,  el  qu'on  ne  pourrait  ex- 
pliquer  qu'eu  supposant  a  raniinal  des  muscles  crotaphites 
enormes  ;  ce  qu'ils  ne  voient  pas  ,  c'est  que  I'avant-bras  de  leur 
liomme,  qui  a  eprouve  une  rupture  dans  la  region  du  metacarpe, 
presente  des  trous  qui  ne  repondent  pasparleurnombrea  celui 
des  cavites  des  os,  et  que  deux  de  ces  Irons  sent  si  larges,  qu'oii  est 
dansia  neccsslte  d'yvoirla  section  du  cubitus  et  du  radius,  os  qui 
par  consequent  se  trouveraientprolongcsjusqu'au  milieu  du  me- 
facarpc,  etc.  Enfin,  nonsavons  bien  dit  qu'on  trouvait  des  monies 
en  gres  ,  mais  ce  que  nous  n'avons  pas  rapporte  ,  c'est  que  ces 
moiiles  ne  representent  jamais  des  parties  qui  ont  pu  etre  mus- 
culcusesoucarlilagineuses  :ce  qui  auraitdu  avoir  lieu  pour  qu'il 
soit  possible  d'adrneltre  cette  seconde  supposition. 

line  incrustation  presente  les  corps  organises  eux-memes 
sonvent  tres-peu  alteres  ,  et  enveloppes  d'une  masse  plus  ou 
moins  sollde,  le  plus  souvent  de  nature  calcaire  :  nous  possedons 
de  nombreuses  incrustations  ,  et  notamraent ,  celles  d'ossemens 
humains  qui  ont  ete  recuelllies  a  la  Guadeloupe.  L'liomme  et 
le  cbeval  du  Long-roclier  sont-ils  des  incrustations  ?  Non  ,  car 
on  n'y  trouve  pas  d'ossemens  et  point  d'endult  sedimenteux. 

Que  sont-ils  done  ?  Selon  nous  ce  sont  des  blocs  de  gres  tendre 
(  gres  paf )  saillans  entre  deux  bancs  de  gres  dur  ( gres  pit")  , 
qiu  ont  eu  leurs  parties  anguleuses  arrondies  par  Taction  des  plie- 
nonienes  atmospheriqucs  ,  comma  cela  se  remarque  dans  beau- 
coup  de  rochers  qui  abondent  sur  tons  les  points  de  !a  f'oret  de 
Fontalncbleau ,  et  qui ,  comme  la  tete  de  I'homme ,  ont  une  partie 
de  leur  surface  recouverte  d'une  croute  un  i)cu  j)lus  dure,  de 
couleur  brune,  et  qui  paraitarreter  maintenanl  los  progres  de  la 
desagregation  (^i). 

Quant  a  la  presence  du  phosphate  de  cliaux ,  elle  ne  nous  parai- 
trait  pas  plus  extraordinaire,  corame  substance  mineralogique 

(i)  Lois  de  la  dccouvcrtc,  on  avait  pris  les  fiafjtncns  de  ccttc  croritc 
pour  les  debris  d'lin  casque. 

B.  Tome  II.  a/. 


3-70  Zoologie. 

dans  lesgresdeFontninebleau,  qu'elle  ne  I'esi  dans  les  monlagncs 
de  I'Estramadure  ,  et  que  ne  I'est  meme  le  carbonate  de  chaux 
qu'on  trouve  dans  les  gres  aiissi  de  Fontainebk  au  ,  a  la  carriere 
de  la  Belle-Croix. 

Reste  les  traces  de  la  inatiere  animale  ;  mais  cet  objet  n'est 
pas  de  notre  competence.  MM.  Thenard  et  Vauquelin  ,  qui  sont 
charges  par  rinstltut  de  refaire  I'analyse  du  grcs  du  pretcndufos- 
sile,ne  tarderont  pas  a  fixer  nos  idees  a  ce  sujet  (i).    Desji...st. 

302.    SeCONDE  LfcTTRE  DE   M.    KuHI,  M'R   LES    REPTILES  DE     l'IlE 

DE    Java.    Bultenzorg ,  le  8  aout  182T.  (Voy.  la    i".   lettre 
dans  le  Bulletin  de  mai ,  n".  69.)  ^ 

TVous  revenons  d'un  voyage  tres-penible,  oil  inalgrc  tons  les 
obstacles  nous  avons  reussi  a  gravir  le  somniet  du  Pangernngo , 
qui  est  eleve  de  85oo  p.  au-dessus  de  Buitenzorg,  et  9400  au- 

(t)  M.  Huot  vient  de  piiblier  ,  sons  le  litre  de  Notice  tjeoloqique  svr 
le  prelendu  fossile  liumaia  troiwe  a  Moret ,  tin  ecrit  dans  lequcl 
il  arrive  au  meme  resultat  que  nous,  {Kirce  (jue  ,  comme  nous  ,  il  a  en 
I'idee  de  cbercher  d'abord  .1  determiner  le  genre  de  conservation  des 
corps  presentes  comme  fossiles.  II  n'a  pus  cependant  traiti;  la  question 
de  savoir  si  ces  corps  e'laient  des  moulcs;  ce  qui  nous  scmble  etre  la 
supposition  la  plus  probable  qu'on  ait  pu  presenter  pour  voir  en 
enx  des  vesligcs  d\in  liomme  et  d'un  cheval  La  notice  de  M.  Huot  se 
fait  remarquer  par  I'ordre  <iui  y  rigne  ,  et  surtoul  par  les  eonnaissan- 
ccs  "Jologiqucs  dont  son  autcur  fait  preuve.  Ellc  a  ele  iiisero'e  par  par- 
ties^duns  les  iio'.  des  27,  29,  3 1  juilletet  i"'.  aoiit ,  du  Cyri«i;-c,  jour- 
nal dc  litle'raturc  ,  de  spectacles  et  de  sciences. 

Nota.  Au  moment  ou  nous  corrigeons  notre  epreuvo  nous  apprcnons 
que  MM.  Cbcvalier  ,  Paven  et  Julia  Fontenelle  ont  adrcsse  a  I'institut 
une  analyse  qu'ils  ont  faitc  de  divers  fragmens  du  prelendu  fossile,  la- 
quclle  ne  leur  a  donne  aiicitne  Inice  de  phosphate  ile  chaux;  mais  bien 
rindicc  de  rnatieres  a/.otees  dans  les  proportions  variables  de  170a  nul- 
li.'racs  a  i4  milliemcs,  la  quantitJ  de  ces  malieres  e'lant  plus  conside- 
rable dans  les  p;.rlies  cxterieures  de  ces  blocs,  lolles  que  la  crolMedont 
nous  avons  parle,  que  dans  le  gres  bien  moins  solide  dc  riuterieur. 
Ces  rnatieres  azotees  par  leur  disposition  plus  intense  a  la  surface  dc  ces 
masses  que  dans  b;ur  milieu  ,  semblent  prouver  <|u'elles  ne  leurappar- 
tenaient  pas  primitivement,  et  (|u'elles  nesont  .[ue  le  produit  d'une  im- 
pregnation exterieure.  On  concoit  en  ellct  fort  lilen  rpic  des  hquides 
animaux  out  pu  se  trouver  epanrbes  sur  ces  gres  tcndres  ,  et  y  peoe- 
trer  plus  ou  moins  profondenlent :  ce  qui  naun-.it  ;)u  avoir  hcu  dins 
les  gres  durs. 


Zoologie.  37 1 

dessus  de  la  mcr.  Je  ne  vous  parlerai  dnns  cetle  lettre  que  des 
nouveaux  reptiles  dont  nous  avons  enrichi  uos  collections  pen- 
dant cette  excursion.  Leur  noinbre  est  peu  considerable,  parce 
que,  sur  les  grandcs  hauteurs,  les  aniniaux  verlebrcs  disparais- 
sent  presque  entlerement.  L'ordre  des  Opkidiens  ne  nous  a  four- 
ni,  dans  ces  forets  vierges,  qu'iin  scul  Trnpinotus ,  la  12^.  espece 
dugenre,  et  nous  n'y  avons  recueillid'ailleurs  que  qiielqucs  Batra- 
ciens.  Dans  les  regions  des  montagnes  habilees,  la  plupartdes 
Sauriens  et  des  Ophidiens  des  regions  inferieures  disparaissent 
jn^me  successivement  a  mesure  qu'on  s'eleve  ;  fait  sur  le  mel , 
grace  a  nos  frequentes  mesures  barometriques ,  nous  soiuines 
inaintenant  a  raeme  de  fournir  des  renseignemens  assez  coiiipleis 
aussi-bien  que  sur  la  distribution  de  beaucoup  d'autres  aiiimaux 
ft  des  vegetaux;  ce  dont  je  vous  parlerai  une  autre  fois  avec  plus 
de  details. 

En  monlant  dans  la  region  des  montagnes  liabitees  ,  nous 
avons  decouvert  encore  un  nouveau  S cinque ,  la  4e.  espece  du 
genre,  ainsi  qu'une  nouvelle  espece  d'ylgame.  De  tous  les  Batra- 
ciens  observes  jusqu'alors  dans  les  plaines  ou  sur  le  mont  Salac, 
nous  n'avons  retrouve  que  le  Mcgophrys  rnontana ;  mais  une 
voa\€\\e  gTeno\i\\\e[Rana  criientata)  fut  prise  dans  I'interieur 
des  forets  a  une  elevation  de  36oo  p.  Ce  fut  aux  lisicres  des  bois 
que  nous  nous  procuranies  2  nouvelles  Rainettes,  Hjla  aiirifas- 
ciuta  et  Chcdconotus ;  el  2  autres  Batraciens,  fonnant  un  genre 
voisin  de  celui  des  Rainettes,  mais  distingue  par  la  forme  diffe- 
rente  de  la  tete,  et  par  des  lobes  cutanes  situcs  sur  les  cotes  du 
corps.  C'est  notre  genre  Rhacophoj-us  (portc-lambeaux)  ;  et  une  t 
des  especes  deja  recueillies  par  M.  Reinvvardt  a  etc  nominee  par  ' 
nous  R.  Reiiwardt'd  et  I'autre  vioschata ,  a  cause  d'une  forte 
odeur  de  muse  quelle  exhale.  Signe,  Kuhi,. 

3o3.  Troisieme  Lettre  SUR  LES  REPTILES  DE  Java,  ecrlte  par 
M.  Vam  Hasselt  a  M.  Swinderen,  en  date  du  !«■".  decembre 
1822.   i^Alg-  Konst  en  Letterbode ,  de  i823,  juin,  n".  23.) 

Voici  le  total  des  especes  de  reptiles  que  j'ai  decouverts  depnis 
la  mort  de  JVr.  Kulil. 

I.  Ophidiuiss. 

1°.  Genre  Coluber  Lin.,  2  especes,  qui  me  paraissent  ^tre  nou 
velles.  • —  2".  Tropinotusy  3  esp.  —  3°.  Dipsas,  i  esp.—  4".  Naja^ 
1  esp.  —  50.  Aniphicephalus,  i. —  ()«.  Fipcra,  i — .  'j'^.Pelamu,  i, 


572  Zoologic. 

ie  hicolor  de  Daudin.  —  8".  Deux  autros  especes  qui  11c  sau- 
raient  elre  rapportees  a  des  genres  conniis  et  qui  probablement 
devront  en  former  a  nouveaux. 

Ainsi  aux  46  especes  annoncccs  dans  nos  letlres  precedcutes 
s'enjoigncnl  encore  12  autres,  cequienportelenombrc  total  a  58. 

II.  Cheloniens. 

]\I.  Ivuhl  ne  vous  avaitparle  que  du  scid  Trionyx  javan-ciis,  ob- 
serve par  nous  dans  les  rivieres  de  Java;  mais  dejiuis  ce  temps 
j'ai  rccu,  outre  les  Chelonia  Midas  el  imhricata,  encore  4  espe- 
ces do  genre  Emys ;  la  tortue  a  boite  dile  ^'Amboine  est  du 
nombre,  et  se  rencontre  en  assez  grand  nombre  dans  les  petites 
rivieres. 

Deux  des  autres  especes  sont  du  mcme  sous-genre  ,  c'est-a- 
dire  que  leur  plastron  est  a  battans  ,  seulement  dans  un  moindre 
degre  que  dans  I'autre  espece. 

III.  Sauriens. 

1°.  Draco  Daud.Une  nouvelle  espece  quitient  !e  milieu  entre 
les  Z).  viridis  cX  Jimhriatus ,  mais  qui  dlffere  assez  de  Tunc  et  de 
I'autre  :  toutes  deux  ont  pour  marque  caractcristique  du  scxe 
mile  une  crete  a  la  nuque. 

ao.  Scincus  Schn.  Une  petite  espece  nouvelle  qui  liabite  dans  les 
bois,  par  terre  ;  tandis  que  les  autres  especes  de  Java  se  tiennent 
aupres  des  maisons  et  sur  les  arbres  :  elle  se  distingue  par  les 
^cailles  de  sa  queue,  rangees  par  paires. 

Z°.Gecho;  deux  nouveaux  Heinidactylesst  rapprocliant  de  notre 
grand  PfjcAozoort  par  la  libre  extension  de  la  peau  dc  leursflancs. 

IV.  Batracieti's. 

i«.  Hana,  3  especes  non  dccrites. —  2".  Hyla,  2  esp. — Pour  ces 
nouveaux  reptiles,  iis  ont  etc  trouves  par  moi  dans  les  regions 
situees  au-dessous  de  Buitcnzorg ,  et  dont  I'elevation  n'arrive 
pas  jusqu'a  1000  p.  au-dessus  du  niveau  de  la  mer.  Du  vivant 
de  M.  Kulil  nous  n'avions  pas  visile  ccs  terrains. 

Le  nombre  total  de  toutes  les  especes  de  reptiles  recueillies 
par  nous  est  acluellement  de  58  Opliidiens,  7  Chelonicns , 
9,5  Sauriens,  27  Batraciens  :  total  ,  117  especes. 

3o/(.QuATRIEMELETTRESUR  LES  REPTILES  DEjAVA,ecrite par  M.A'aN 

H.«sELT,  en  date  de  Ceram  (province  de  Bantam),  i*"^fev.  iSaS. 

Dejniis  ma  dcrnicre  Icttrc  du  i"^"^.  ddccmbrc  1822,  dans  la- 
quelle  !e  nombre  des  reptiles  de  Java  a  ete  poric  3117  especes  , 


Zoologie.  $7  5 

ma  collection  d'aiiimaux  de  celte  classe  n'a  etii  augmentee  que  de 
quelques  especes  nouvelles,  inalgre  mon  sejour  prolonge  dans 
des  contrees  riches  en  plantations  de  sucre  ,  qui  ordinairement 
abondent  en  reptiles ;  en  recompense  il  m'est  tombe  entre  les 
mains  2  genres  de  cetle  classe  que  je  n'avais  encore  vus  nulle 
part  et  dont  aussi  les  especes  paraissent  bien  i-ares  puisque  je  n  ai  pu 
m'en  procurer  qu'un  seal  individu  de  chacune.  L'un  est  une  Cce- 
cilia,  d'oii  il  resulle  que  Java  possedant  tout  au  moins  un  represen- 
tant  de  cegenre ,  ce  n'est  plus  la  seuleGuiane  qu'on  peut  regarder 
avec M.Cuvier  comme  la  patrie  bien constatee des  Cecilles(i).  J'ai 
trouve  ce  reptile  dans  les  lieux  humides  et  marccageux  de  la  cote 
septenlrionale  de  Bantam.  Les  Malais  I'appellent  Oclur-doeel  et 
ne  le  craignent  pas.  Sa  langue  n'est  pas  extensible ,  meme  pas  vi- 
sible lorsqu'il  ouvre  la  bouche,  et  il  I'aut  qu'elle  nesoit  que  rudi- 
mentaire.  Des  dents  fort  pelites  et  recourbees  en  arriere  occu- 
pent  plusieurs  rangecs;  les  yeux  sont  caches  sous  sa  peau  et 
trcs-pctils.  La  tete  egalement  petite  est  de  la  nieme  grosseur  que 
le  tronc ;  devant  les  yeux,  il  y  a  2  peiits  prolongemens(tenta- 
cules)de  la  peau,  longs  d'une  demi-ligne  seulement  ,  que  I'ani- 
mal  peut  dresser.  L'anus  se  trouve  presqu'a  rcxtrcmite  d'une 
queue  tres-courte  et  arrondie  a  la  pointe,  qui  parait  jouir  d'une 
grande  sensibilite.  Les  ecailles  sont  invisibles  ,  du  moins  dans  I'e- 
tat  frais,  et  la  peau  est  lisse ,  visqueuse  et  annelee  de  sillons 
transversaux  ,  absolument  comme  celle  des  annelides;  ces  an- 
neaux  vers  la  partie  anterieure  du  corps  sont  interrompus  en 
dessous.  La  couleur  en  dessus  est  d'un  olive  foncc,  et  en  dessous 
d'un  bleu  d'acier;  les  coles  du  corps  sont  orncs  de  2  lignes 
longitudinales  de  laches  d'un  jaune  d'ocre.  Longueur  jusqu'a 
l'anus,  0,78;  de  la  ([ueuc,  0,02. 

Le  deuxienie  reptile  nouveau  que  j'ai  pris  est  du  genre  Sens. 

N.  B.  Les  collections  f'aites  par  feu  M.  KuhletM.Van  Hasselt 
n'etant  pas  encore  j)arvenues  au  museum  des  Pays-Bas,  on  n'a 
pu  donner  ici  une  revue  critique  de  ce  catalogue. 


(i)  Depiiis  la  publication  du  regue  auimal,  le  Museum  de  France  a 
lecu  une  Cccilic  ilc  I'ancien  nionde  ,  rajiporloc  de  Ce^  Ian  par  M.  Lcs- 
cliciKiult  du  la  1  our  ;  c'csl  pout-clrc  la  mr-nie  cspcce  dont  fait  mention 
iM  Van  Hasselt.  An  iesle,fcu  Hermann,  de  Strasbourg,  avail  dfja  de'ciit 
line  Cecilie  envoyiie  de  Tranquebar. 


$74  Zoologie. 

305.  ExTRAlT    n'UNE  5*.  LETTRE   DU  D"".  J,  C.  V.  HaSSELT  aU  PFOf. 

SwiNDEREN ,  sur  les  reptiles  de  Java.  Allgem.  Konsten  Letter- 
bode',  1824,  n<»s.  2,3,4.) 

Tjuringe  (ile  Javajle  25  mai  1823. 

J'ai  trouve,  ilans  les  2  inois  qui  vicnnent  de  s'ecouler,  i  Gre~ 
nouille,  i  Scinque  et  i  J  game,  les  plus  belles  de  toutes  nos  es- 
peces;  et  malgre  le  grand  nombre  de  reptiles  que  nous  avons 
deja  observes  ,  il  parait  que  cette  classe  n*y  est  pas  encore  ^pui- 
sce.  C'est  en  vain  que  j'ai  cherchele  Testudo  squamatn  de  Bon- 
llus;  je  m'en  suis  informe  dans  chaque  district,  mais  personne 
ne  connaissait  un  animal  du  nom  que,  selon  ret  auteur,  il  porte 
a  Java ,  et  je  douterals  meme  de  son  existence ,  si  Rontius  n'assu- 
ralt  pas  ravoir  eu  vivant. 

306.  EXTRAIT   n'uNE   SECONDE  I.ETTRE  SUR  LES  POISSONS  DE  JavA  , 

ecrite  par  RI.  Van  Hasselt  a  M.  C.-J.  Temminck,  datee 
de  Tjccande,  residence  de  Bantam,  29  decembre  i  822.  i^^lg- 
Konst  en  Letter  bode ,  1823  ,  aciit ,  n°.  35.)  Suite  de  la  der- 
nieie,  ecrite  en  octobre  1822.  (  Voyez  I'extrait  de  la  pre- 
miere ,  dans  le  Bulletin  de  mai  ,  n°.  -3.) 

La  famille  des  Esoces  rrku  fourni  deux  Belonc ;  savoir,la  B. 
Timucoules,  pi.  175  ,  de  Russci,  et  uno  qui  est  flguiee  pi.  176, 
aussi  de  Russel,  a  laquelle  pourrait  convcnir  le  nom  ile  Slron- 
gylura  caudirnaculata. 

Un  Hcmiramp/ius  nonve.wi  differc  fcllemcntde  celui  de  la  pi, 
177,  do  I\ussel,auquelM.  Cuvicr  adonnelenom  d'//.  7>//,vjc/(V,qu'il 
faut  necrssiiirement  Ten  scparcr,  pour  peu  que  la  figure  donnee 
par  Russel  soit  exacte.  II  rcstera  a  Ic  comparer  avec  17/.  mar- 
ginatum dc  C»iv.,  Lncip.,  V,  vji,  2,  et  avec  celui  de  la  pi.  178 
de  Russci.  II  est  inscrit  dans  ma  collection  sous  Ic  nom  de 
viridis. 

Un  autre  IJemiramphus  qui  so  frouvo  dans  le  bassln  autour  de 
Buiten7.0rg,  et  sur  pltisicurs  ])oiuts  des  cotes  de  Java ,  a  cte  sepan; 
par  nous  ,  avant  la  mort  de  M.  Kulil,  de  ce  genre,  a  cause  dol'ex- 
tensionmembraneuse  qui  sc  trouve  dj  chaque  cote  des  deux  ma- 
choires  :  nous  I'avons  designe  sous  le  nom  de  Dermogenys. 
L'cspcce  porle  cclui  de  pusillii.t ;  les  Javanais  I'appellcnt  Joclong- 
Jcelonsr.  Nous  en  avons  donnii  le  dcssin. 


Zoologie.  Zj5 

lu  Exocelus  qu'on  trouve  aupres  de  Balavia  se  rapproche 
Leaucoup  dxi  Mcsogaster  ^\o^:\l ,  PI.  6i,  pi.  399  ;  raais  il  en  dif- 
lerepoui'tantpar  un  inoindre  nombre  derayons  dans  la  nageolre 
dorsale;  il  estinscrit  sous  lenom  dej'm'anicus.  Une  petite  espece, 
que  j'ai  trouvee  dans  les  rivieres  aupres  de  Buitenzorg,  differe 
pour  la  forme  generale  tant  des  Cyprins  que  des  Esoces ;  ce- 
pendantsous  d'autres  rapports  alley  ressemble.  Je  I'ai  comprise 
painiiles  Esoces,  a  cause  de  la  force  des  dents  rangees  en  dehors 
de  la  machoire  inferieure,  et  autour  de  toute  la  raachoire  supe- 
rieure ;  et  j'ai  nomme  son  genre  Odonlopsis ,  en  donnant  a  la 
seule  espece  connue  la  denomination  d'armata. 

La  famille  des  Cyprinncees  est  riclie  a  Java  ,  comme  vous  le 
veri'ez  plus  bas,  encore  y  manque-t-il  quelques  espetes  que  j'ai 
trouvees  depuis. 

Quoique  les  rivieres  aient  beaucoup  d'especes  en  commun  , 
il  y  a  pourtant  des  especes  parliculieresa  ccrtaines  d'entre  elles; 
quelquefois  ces  especes  varient  dans  la  meme  riviere,  suivant 
I'elcvation  de  son  lit  au-dessus  du  niveau  de  la  nier;  et  les 
poissons  qui  habitent  les  rivieres  vaseuses  des  cotes  ne  sent  pas  Ks 
mcnies  (jue  ceux  qu'on  peclic  dans  les  eaux  llmpides  des  torrens 
des  monlagnes.  II  me  manque  encore  quelques  renseignemens 
pour  que  je  pui&se  vous  indiquer  I'etendue  de  la  dcmeure  de 
clinque  espece.  J'espere  trouver  dans  la  suite  une  occasion  favo- 
vorable  pour  vous  donner  cetle  notice. 

Je  n'ai  point  trouve  jusqu'a  present  de  veritable  Cyprinux 
Cuv.  indigene  a  Java.  II  y  en  a  un  dans  les  vlviers;  maison  I'a  ap- 
porte  de  la  Chine.  Eos  Javanais  I'appellent  Tambra-Maas.  Sous 
raon  dessiti  j'ai  Inscrit  le  nom  Aejloripcnna. 

Pourle  genre  des  Barbeaux,  j'ai  les  dessins  de  6  especes;  sa- 
voir  :  Barbus  obtusbostris  (nobis)  ,  Gengehek-Zunda  ,  aupres  de 
Buitenzorg;  —  B.  rubripinna  ( inihi  ),  Batavia  ;  —  B.  hypoeco- 
Tiatiis  (mihi  j,  idem.; —  B.  mnculatux  (nobis) ,  Bocutoir-Zunda, 
a  Buitenzorg  ;  —  B.  Tamhra  (nobis) ,  Tambra  Ma!.,  Buitenzorg; 
—  B.  striatus  (  mihi  )  ,  Tjelarkahan  ;  —  B.  Leuciscus  Cuv. ;  ta- 
fcrestriatus  (  nobis  et  tabula  nostra  ),  Tjitjaerne,  Batavia  ;  Parai 
Znnda  ,  aupres  de  Buitenzorg. 

Le  genre  HiunpnLi^  d'apres  le  nom  insulaire  Ilampel ,  a  cte 
elabli  piir  nous  du  vivant  de  M.  Ruhl ,  de  meme  que  les  genres 
Croslocheihis ,   I.oborheilus  ,   Nceinacheilus ;  j'ai    de   mou   cote 


~^7^'  Zoofogie. 

.idopfe  les  genres  DijAochdlus ,  Lahcoharhus  ,  Homalophra , 
Oxygaster,  .4ccinthopsis  ,  Acanthophthalmm. 

Le  zf^nre  Hanipaht  (nob.)  s'npproclie  le  plus  du  I.cuciscus 
Cuv.  ;  niaisilcn  dilf'ere  pardciix  filameiis  dans  ch;icpie  coin  de  la 
bouclie.  L'espece  dcssince  sous  le  nom  de  macro lepldota  (nob.), 
vit  auprcs  de  Buitenzorg. 

Le  genre  Labeoba/bus  consiste  en  Labeones  avec  quntre  bar- 
billons  et  une  nagcoire  dorsale ,  dont  le  deuxieme  rayou  n'est 
pas  dentele  ;  il  rcunit  done  les  caracferes  du  Labeo  et  dxxBarbus; 
c'est  pourquoi  j'ai  forme  le  mot  de  Labeo-barbus .  Les  epilhetes 
L.  hptocheilus ,  et  lipocheilus  (  m. )  ,  distinguent  les  deux  es- 
peces  qu'on  trouve  dans  la  riviere  aupres  de  Batavia,  et  dont 
j'ai  les  dessins. 

Le  CroslQche'dus  (  nobis)  est  un  genre  voisin  du  Leuciscus;  il 
se  distingue  par  une  ouverture  de  boucLe  dirigee  en  dessous,  en 
forme  d'un  parallelogramme.  Sur  ce  dessin  est  inscrit  le  nom 
A'oblongus. 

Le  Lobocheiltis  ( nob. )  se  distingue  trop  par  la  forme  toute 
particuliere  de  sa  bouche  pour  qu'il  puisse  se  joindre  a  d'autres  gen- 
res. Sur  nofre  dessin  l'espece  qui  le  forme  porte  le  nom  defalcifer. 

J'ai  fait  pareillement  dessiner  le  genre  Diplocheiliis  (  mihi  )  , 
clf.oncsY>cce  I rjtJiroptcrits,  Meliung  Zunda.  11  vit  aui)res  de 
Buitenzorg;  et  quoiqu'ii  ressemble  beaucoup  au  Lobochcilus ,  il 
nierile  d'etre  considere  comme  un  genre  j)articulicr ,  a  cause 
de  la  forme  singuliere  dc  sa  bouche  et  de  ses  maclioires. 

Le  Ncemacheilus  ( nob. )  approche ,  par  ses  michoires  plates, 
du  genre  Pcvcilia  ,  Schn.  Les  Zundanais  I'appellentyWrter.  II  vit 
aupres  de  Buitenzorg  ;  et  son  espece  porte  dans  notre  dessin  le 
nom  defasciatus  (  nob.  j. 

Le  CobUii  octocirrhus  (tab.  nostra ).  Frivoet  zundas,  Kit- 
jaerac,  a  de  commnn  avecle  Cobitis  Tivnia  ,  L^^N.,  une  epine  ou 
pointc  mobile  sous  I'a-il  ;  cettc  marque  me  parait  aussi  impor- 
tante  qTie  divers  caracttrcs  dans  les  genres  dela  famille  des  Cy- 
priiis  etablls  par  M.  Cuvier.  Ce  poisson  meriterait  done  de  former 
une  division  des  Cobitis,  sous  lenomd'Jca f/t/iop/it/ialmu.f.  La 
structure  singulieredesa  vcssie  aerienne  est  tout  a-fait  comme  dans 
les  Cobitis,  et  il  vit,conimeceux-ci  ,  dans  depetils  bassins.  Je  ne 
comprends  encore parmices  Icant/inp/ii/idimits  que  i  especes,  qui 
ne  se  distinguent  qu'en  ce  que  la  nagcoirc  dorsale  est  piacce  phis 


Zoologie.  Syy 

ou  moins  en  ariiere.ElIes  portent  dans  le  dessinlesnomsdeyciCirt- 
lus  ct  javanicus  (mihi) ;  toutesdeux  se  trouvent  dansle  Zunda. 

Un  genre  -voisin  de  cet  Acanthophtlialmus  ,  et  auquel  j'ai 
donnelenom  d\4ca/it/iOj?sis, s'en  distingue  parun  museau  allonge 
et  pointu ,  tandis  que  le  sien  est  rond  et  si  court,  que  les  yeux 
ferment  presque  une  ligne  verticale  avec  I'ouverture  de  la  bou- 
clie.  Par  suite  de  cet  allongement,  les  aretes  mobiles  des  Acan- 
thopsis  se  trouvent  devant  les  yeux.  Dailleurs  toutes  les  formes 
sont  trop  differentes  dans  ces  deux  genres  pour  qu'onpuisse  les 
confondrc.  j'al  trouve  I'Acantliopsis  dans  la  riviere  de  Batavia , 
et ,  dans  mon  dessin,  il  porte  le  nom  de  dialuzonn  (mihi ). 

Le  genre  Homaloptera  (  mihi )  se  distingue  principalement  par 
la  position  horizontale  des  nageoires  pcctoralcs  et  ventrales  , 
qui  lui  donnent  jusqu'a  un  certain  point  la  forme  des  B/iinoba- 
tes.  Les  especes  java/iica  e\.  fasciata  (  mihi,  ab. )  sont  designees 
par  les  Zundanais  sous  le  nom  de  Toelocsoer. 

C'est  a  tort  que  j'ai  range  parmi  les  Cjprinacees,V Oxygaster 
(mihi) ,  qui  se  distingue  par  une  carene  en  forme  de  couteau, 
sous  le  ventre;  j'y  reviendrai.  Pour  I'espece ,  j'ai  inscrit  le 
nom  d' anoinalura  sur  le  dessin. 

307.  Description  des  Coquilles  fossiles  des  environs  de 
Paris ,  par  G.  P.  Deshayes,  i,  11  et  iii^  liv-  de  trente  et  trente- 
six  pag.  de  texte  et  4  ph  lithogr.  Paris;  1824;  che/,  I'auteur. 
[Fojez  le  Bulletin  de  mai,  n".  82.) 

Un  Traite  complet  sur  les  fossiles  des  terrains  tertiaires , 
prepare  avec  maturitc  et  avec  I'acquis,  les  soins  et  la  critique 
que  donne  I'experience  et  I'habitude  de  voir  et  de  comparer 
beaucoup  d'objets  ,  etant  vivement  desire  par  les  naturalistes 
et  les  geologues  ,  M.  Deshayes  ,  jeune  medecin  qui  etudie  avec 
fruit  les  fossiles  des  environs  de  Paris ,  domiiiG'  par  un  zele  ,  di- 
gne  d'eloge  sans  doute ,  a  chcrche  a  satisfaire  au  bcsoin  qu'on 
eprouvait  en  fais.mt  mieux  connaitre  les  coquilles  du  bassin  dc 
la  capitalc  ,  dans  lequcl  on  a  decouvert  beaucoup  d'especes  nou- 
velles  ,  depuis  les  travaux  dc  M.  de  I.amarck. 

Les  trois  premieres  livraisons  dc  son  ouvrage  sont  publiees  , 
et  quoiqu'ellcs  laissent  beaucoup  a  dcsircr  ,  Ton  doit  faire  des 
vceux  pour  que  cet  ouvrage  soit  continue;  il  offrira  des  indica- 
tions pour  un  travail  plus  complet,  en  signalant  de  nouvelUs 
especes,    et  nc  sera  point   sans  utilite  en  I'absence   du  Trailo 


I 


SyS  Zoologic. 

t;eiitM:il  (jiii  ixmntiuC;,  pour  nomiiier  les  collections  des  fossiles 
du  terrain  parisien  ;  on  doit  cependant  rcgrettcr  que  M.  Dcs- 
hayes  ait  mis  dans  Texccution  de  son  livre  une  sorte  d'apparat 
qui  le  rencherit  beaucoup ;  il  eut  nieme  du  se  borner  a  ne  figiirer 
que  les  especes  qui  ne  I'avaient  point  ete  par  M.  de  Lamarck, 
puisqu'il  ne  donnc  pas  de  meilleures  figures  que  les  siennes,  car 
si  les  naluralibtes  de  la  Touraine  ,  de  la  IXormandie  ,  de  Bor- 
deaux ,  du  Rousbiilon  ,  etc. ,  et  qui  peuvent  fournir  de  scniblahles 
maleriaux,  donuaient  de  lour  cote  un  ouvrage  en  !\0  livraisons, 
sur  les  fossiles  de  leur  J)ays ,  aussi  utiles  a  connnitrc  que  ceux  de 
Paris  ,  et  qu'iis  reproduisisscnt  encore  les  figures  des  especes 
communes  aux  ditferens  bassins  de  la  France,  I'ctude  des  co- 
quilles  fossiles  deviendrait  Irop  dispendieuse  el  Irop  compli- 
quee  pour  le  commun  des  naturalistes.  Ces  travaux  de  localites 
ne  dispenseraient  pas  d'aiileurs  d'acbeter  le  traite  general  oil 
tous  ces  materiaux  devront  se  refondre ,  ou  les  especes  et  les 
varictes  adoptees  dans  chaque  localite  seronl  rajiprochees  , 
etudiees  et  reduiles  par  suite  de  I'exanien  coniparatif  qui  en 
sera  fait ;  siul  travail  qui  puisse  enfiu  donner  aux  gi'ologues  les 
moycns  de  comparer  les  couclics  qui  rcuferment  ces  fossiles,  ct 
d  appprecier  les  evenemens,  les  plienomenes  semblables  ou  dif- 
i«rens  auxquels  elles  dolvenl  leur  naissance.  II  n'y  avait  qu'un 
moycn  pour  obliger  les  auteurs  futurs  a  grouper  leurs  travaux 
particuliers  autourd'un  ouvrage  general  sur  une  localite,  c'etait 
de  dormer  d'excellentesfigures  et  des  descriptions  completes:  telle 
a  ete  sansdouterintcntiou  de  INI.  Dcsliayes;  mais  il  s'est  trop  bate, 
etils'en  faut  que  son  ouvrage  puisse  atteindre  ce  but.  La  critique 
nous  est  interdite,  mais  le  Uulletiii  doit  faire  connaitre  les  fails 
qui  ne  peuveiil  elre  sujets  a  discussion.  Les  figures  sont  loin  de 
satisfaire  a  ce  qu'on  pnuvail  alleudrc,  surtoul  depuis  que  les 
belles  litliographies  de  IMSL  Swaiuson,  Brongniait  el  Uesmarest 
ont  nsontre  ce  qu'on  pouvait  produire  en  ce  genre;  celle  des  2*. 
el  i".  livraisons  sont  meuie  plus  que  mediocres;  et  quant  aux  des- 
criptions on  n'en  trouve  point  dans  cet  ouvrage,  qui  n'offre 
qu'une  phrase  linneenne  en  latin  ,  souvent  cmpruntee  a  M.  de 
Lamarck  ,  accompngnee  d'observalions  et  de  rcnseignemens  Ircs- 
utiles  sans  doule,  mais  qui  devraient  suivre  la  descrIj)lion  dont 
il  s'agit;  c'est-a-dire  renonce  des  caraclcrcs  des  jjarlies  d'un 
tout  et  I'exprcssion  de  leurs  rapports  respeclifs  avec  I'ensemble 
cl  les  pailies  correspondantes  dans  les  especes  voisines.  Miilier, 


Zoologie.  Syg 

Diaparnaut],  M.  Brocchi,  ct  iriieux  encore,  MM.  DecanuoUe , 
Kunth,  A.  de  St.-Hilaire  auraienl  pu  fournlr  a  M.  Deshayes  des 
modeles  en  ce  genre.  Ces  observations  n'ont  point  pour  but  de 
decourager,  presqu'a  son  debut,  lejeune  naturaliste  qui  en  est 
I'objet,  mais  de  lul  montrer  la  route ,  qu'avec  du  travail  et  de  la 
patience  il  est  fait  pour  parcourir,  s'il  veut  reellement  etre  utile 
a  la  science,  qui  aujourd'hui  ne  se  contente  plus  de  travaux  le- 
gers  et  superficieis. 

Un  fait  grave  qu'on  peut  reprocber  encore  a  M.  Desbayes  , 
dans  le  moment  ou  Tanatomie  et  la  pliysiologie  servcnt  de  base 
a  toutes  les  sciences  naturelles,  c'est  de  n'avoir  point  suivi  le 
systeme  de  classification  fondee  sur  les  animaux ,  et  d'avoir 
adoptelamethodearbItraire,baseesurlesseulescoquilIesquin'of- 
fre  aucune  donnee  a  la  geologie ,  tandis  que  !a  premiere,  sai- 
sissant  tous  les  rapports  d'habitude  et  de  raaniere  de  vivre  ,  se 
lie  intimement  avec  I'existence  des  fosslles  dans  telle  ou  telle 
couche,  et  donne  a  elle  seule  I'explication  d'une  foule  de  plie- 
jiomenes  geologiques. 

M.  Deshayes  n'a  pas  non  plus  senti  la  difficuite  loujours  tres- 
gi'andc,  meme  dans  les  sciences  qui  ont  fait  de  grands  progres  , 
de  presenter  des  apcrcus  gen^raux  sur  des  coupes  de  divers  de- 
gres ,  lesquels  supposent  la  connaissance  approfondie  de  tou- 
tes les  observations  de  details  constatees.  Ces  apercus  gene- 
raux  etalent  d'ailleurs  tout-a-fait  inutlles  a  son  but ;  ils  sont  liors 
d'oeuvre  dans  un  ouvrage  particuller  aux  fossiles  ,  et  surtoutaux 
fossilrs  d'une  localite  ,  et  il  lui  etait  impossible  d'eviter  de  tom- 
ber,  comme  II  I'a  fait,  dans  une  foule  d'erreurs  materiellcs  de 
doctrine  el  de  faits  sur  les  rapports  des  etrcs  dont  il  s'occupe , 
vu  la  connaissance  encore  Imparfaite  des  rapports  qui  les  lient , 
et  suitout  en  sulvant  une  metliode  qui  nc  s'appuie  pas  sur  ces 
jajjports.  M.  Desbayes  est, done  excusable  sous  quelques  rap- 
ports; mals  il  eut  agi  avec  prudence  en  se  renfermant  dans  un 
cadre  plus  modesle  et,  dans  lequel  il  se  fut  trouve  sur  un  ter- 
rain qui  lul  est  plus  familier. 

La  i"'.  llvraison  conticnt,  apres  une  courle  preface,  un  ta- 
bleau de  la  classification  <les  Concliiferes  par  M.  de  Lamarck, 
puis  le  comnieticeuient  de  I'ouvrage  ,  depuis  les  Tubicolecs  jus- 
ques  ct  y  com])ris  le  genre  Crassatelle,  de  la  famllie  des  Mactia- 
cces ,   el  eiifin  rexpiication  des  planches. 

Nous   allons   indiqucr  succliittcmcnt  les  cspcces  nouvellcs  dc 


^So  Zoologie. 

fhaqiie  genre  ,  espcre^  ilotit  In  conmiissance  est  un  spivice  rendu 
a  la  science  par  M.  Dobliayes,  (i'antant  plus  qu'iine  grande  partie 
d'entre  elles  est  due  a  ses  laborieuses  recherches  dans  les  envi- 
rons de  Paris. 

Clnvogella  coronet  t  a  ,  Brongniart'd ;  Fistiilana  clongatn  ,  an- 
giisiata,  contort  a ,  I'rovigny  •  Pholas  opcrta  ,  co?ioitJea,scutata  ; 
Solcn  papyraceus  ,  tcllinella ,  ovalis  ;  Blactra  dcprcssa  ;  Crassa- 
tflla  rostrata.  Nous  ferons  connaitre  les  especes  des  livraisons 
suivantes  dans  notre  prochain  n°.  F. 

3o8.  Description  d'une  espece  nouvelle  desancsue;  par  M.  de 
Saint^Amans  ,  president  de  la  Societe  linnccnne  de  Lot-et- 
Garonne.  (,</««.  Soc.  linn,  de  Paris  ,  in",  livr.,  juillet  1824.) 

Cette  sanc^sue  trouvecpar  M.  Itier,  dans  une  fonlaine  presd'A- 
gon  ,  n'a  guere  plus  d'un  pouce  et  demi  de  longueur.  Sa  tete  est 
tcrininee  en  pointe  mousse  ,  et  son  disque  posterieur  est  tres- 
grand.  Son  corps,  lorsqu'il  est  allonge  est  de  tres-peu  plus  etroit 
en  avant  qu'en  arrlere  ;  sa  face  dorsale  est  d'un  violet  fonce  avec 
quatre  rangees  longitudinales  de  points  jaunes  ,  entre  les  deux 
intermediaires  dosquelles  soiit  trois  autres  series  de  points  de  la 
meme  couleur ,  mais  beaucoup  plus  petits;  sa  face  ventrale  est 
d'un  cendre  bleuatre  ,  et  presente  deux  rangs  longitudinaux  de 
taches  d'un  beau  rouge  en  forme  d'y  grec  ,  reunies  a  rextreniite 
anterienre  par  unc  tache  do  meme  couleur;  ses  bords  sont  trans- 
parens  et  marques  de  taches  jaunes  el  de  ligncs  d'un  rouge  brun 
en  dessous  et  jaunes  en  dessiis  ;  rextreniite  autcrieure  ,  ou  la  tete, 
a  ses  levres  d'un  jaune  clair,  et  sa  partie  supericure  marquee 
d'une  faclie  dcmi-circulaire  d'un  violet  fonce,  acconipagnee  de 
trois  ligncs  noires  dont  deux  sont  reunies  a  leurbase;  la  ventouse 
posterieure  est  d'un  vert  clair,  avec  des  taches  rayonnantcsd'un 
vert  plus  fonce. 

Le  nom  Cioscillatoire  a  cte  donne  a  cette  Sangsue  ,  parce  que 
souvent  on  la  voit  fixce  j)ar  son  disque  posterieur,  allongcant  son 
corps  qui  devient  cylindi  itpie  ,  et  le  promcnant  sans  cesse  en 
oscillant  dans  I'eau  dont  elle  ne  .sort  jamais.  Desm....st. 

Sog.PnYSIOLOCISCHE  UnTERSUCIIUNGEN  ilBEB  DAsRilCKENCEI  AKsS 

derInsecten.  ReoJierches  physiologiquessur  le  vaisseau  dorsal 
des  insectes.  Par  le  D*^.  IIerolu  {  Schrijlcn  dcr  Geseil.  zur  Be- 
forderung  der  gesainten  Naturw,  zu  Marburg,  i8a3.  1  vol., 

I  part.,  J).  .'|i.} 


.  Zoolo^ie.  !^8t 

Le  coeiir  ou  vaisseau  dorsal  dcs  insecles  u  I'lc-  jusqu'a  present 
un  des  organcs  les  plus  probli^maliques  des  aniriiaux,  son  ex- 
treme tenuite  n'ayant  pas  permis  de  I'examlner  dans  ses  details. 
Les  pulsations  qui  s'y  font  d'arriere  en  avant,  et  qui  ressem- 
blent  assez,  au  premier  apercu,  au  mouvemcnt  peristaitique  des 
intestins,  se  laissent  lacilement  apercevoir  au  travers  de  la  peau 
des  Jarves.  Ces  mouvemens  le  firenl  deja  rcgarder  par  Malpiylii, 
Swamnierdam  ,  Reaumur,  Lyonet,  etc.,  coniine  etant  le  coeur 
de  ces  animaux  ;  mais,  comme  les  dissections  ne  purenl  leur  faire 
apercevoir  ni  veines  ni  arteres,  ils  ne  purent  pas  concevoir 
comment  la  circulation  pouvait  y  avoir  lieu.  Plusieurs  an.itomis- 
tes  flnirent  meme  par  abandonner  I'opinion  que  c'est  un  creiir, 
etlui  cherclierent  d'aulres  fonctions.  C'est  ainsi  que  M.  Marcel  de 
.Serres  le  regarde  comme  I'organe  secretoire  de  la  graisse.  Dans 
le  memoire  dont  nous  donnons  ici  un  extrait ,  M.  Herold,  tout 
en  considerant  le  vaisseau  dorsal  comme  un  veritable  cceur,  ne 
pense  cependant  pas  que  le  liquiJe  qu'd  renfcnne  y  enlre  ou  en 
sorte,  mais  qu'il  y  est  simplement  dans  un  mouvenieiit  de  fluc- 
tuation continuel. 

11  commence  d'abord  par  decrire  la  forme  et  la  disposition  de 
cet  organe;  il  fait  remarquer  qu'il  est  plus  gros  dans  I'abdomen 
que  dans  le  thorax,  ou  il  se  retrecit  en  un  canal  tres-fin.  U 
fait  egalement  observer  que  chez  la  chenille,  il  s'etend  jusqu'au- 
pres  de  la  tele,  et  qu'il  eprouve  aussi  des  changemens  assez  no- 
tables dans  les  metamorphoses. 

Ce  que  Lyonet  a  nomme  les  ailes  du  cceur,  sont,  d'apres 
M.  Herold  ,  des  muscles  dilatateurs  du  vaisseau,  et  les  mouve- 
mens de  systole  lui  paraissent  produits  par  des  fibres  riitiscu- 
laires ,  qu'il  suppose  entrer  dans  la  structure  de  Ja  tunirjue 
meme  du  vaisseau  dorsal. 

Pour  determiner  les  fonctions  de  cet  organe,  il  a  fait  succcsji- 
vement  des  ligatures  aux  deux  extreraites  du  vaisseau;  les  mou- 
vemens de  systole  et  de  diastole  coniinuerent  encore  pendant 
quelque  temps  et  finirent  enfln  par  cesser,  sans  que  le  vaisseau 
se  soit  vide,  et  sans  que  Ic  liquide  s'y  soil  accumul^  d'unc 
manierc  remarquabie  ;  et  le  meme  effet  a  eu  lieu  eu  faisant  la 
ligature  aux  deux  extr(5mites  a  !a  fois. 

En  l.anf  le  vaisseau  dans  ])]usieurs  endroits,  les  pulsations 
continuerent  dans  toutc  la  longueur,  avec  la  meme  n'Tularilo 
que  dans  I'clat  oidinairc,  sans  s'arn'ter  aux   ligiturrs;  et  il  ob- 


382  Zoologie. 

serva  la  mcme  chose,  lorsqu'il  coupa  le  valsseau  en  trois  oil 
quatre  pieces.  En  coupant  la  ttte  a  des  chenilles,  Ics  pulsations 
continuerent  egalement  sans  interruption, 

De  ces  diverses  experiences,  M.  Herold  conclut  que  le  sang 
ne  pt'netre  point  dans  le  coeur  par  son  extremite  poslerienre,  et 
qu'il  n'en  sort  pas  anterieurement;  mais  il  pense,  avec  M.  Mec- 
kel, que  le  mouveinent  de  fluctuation  dont  le  liquide  du  vais- 
seau  est  anime  agit  mecauiqueraent  sur  le  sang  conlenu  dans  la 
cavite  generale  des  corps,  et  le  maiuticnt  egalement  en  mouve- 
ment.  L'auteur  a  lie  la  colonne  :nedullaire  d'autres  chenilles  en 
divers  cndroits  ,  et  meme  irnmediatenicnt  en  arriere  de  la  t^te , 
sans  que  les  mouvemens  du  coeur  en  aient  etc  troubles;  mais  les 
individus  qui  ont  servi  a  ces  experiences  pei'irent  au  bout  de  quel- 
ques  jours.  En  boucbant  les  stigmates,  soit  avec  de  I'huile,  soit 
avec  de  la  pate  desavon,  les  mouvemens  duvnisseau  devinrent  aus- 
sitot  dc  plus  en  plus  faibles,  intermittens,  finircnt  par  cesser 
entierement  au  bout  de  quelques  minutes,  et  I'aninial  perit  apres 
eire  entrc  dans  des  mouvemens  eonvulsifs.  Ayant  place  ses  clie- 
nilles  dans  I'eau;  les  pulsations  du  vaisscau  dorsal  continuerent 
pendant  une  minute  avec  la  meme  regularite  qu'auparavant , 
mais  elles  commencerent  bientot  a  devenir  egalement  plus  faibles 
et  intermittentes ,  el  ces  animaux  enlrerent  alors  dans  <lcs 
mouvemens  eonvulsifs  qui  durerent  jusqu'a  ce  qu'ils  parus- 
sent  morts.  Apres  avoir  fait  secher  ces  chenilles  a  I'air  ,  ia 
respiration  se  retablit  insensiblement ,  le  coeur  recommenca  a 
baltre  et  I'animal  reprit  pen  a  peu  ses  mouvemens.  D'autres 
experiences  encore  ont  prouve  a  l'auteur  que  les  pulsations 
du  vaisseau  dorsal  dejiendcnt  plus  essentiellement  de  la  res- 
piration qui  se  fait  par  le  stigmate  posterieur.  II  a  egalement 
observe  que  les  mouvemens  du  coeur  sout  d'autant  plus  prompts 
que  la  temperature  est  plus  eievee;  qu'ils  sont  plus  raj)ides 
chez  les  jeunes  chenilles  que  chez  les  viedles;  et  enfin,  qu'ils 
sont  plus  accelercs  dans  le  moment  ou  les  papillons  commen- 
cent  a  battre  des  ailes  pour  s'envoler. 

Apres  avoir  fait  connaitre  ces  diverses  expc'riences ,  M.  He- 
rold refute  longuement  I'opinion  de  M.  Marcel  de  Serres,  qui 
regarde  le  vaisseau  dorsal  commc  secretant  la  graisse  ;  mais  il 
croit,  d'aj)res  les  experiences  que  nous  venons  d'indiquer,  <[uc 
cet  organc  est  destine  a  communiquer  an  sang  conlenu  dans  la 
cavlfe  generale  du    corps    la   force  plaslique  dont  il  a   besoiu 


Zoologi'e.  583 

pour  la  nutrition ,  force  que  I'auteur  pense  que  le  vaisseau  recoit 
lui-meme  du  systeme  nerveux  p;ir  rintennedlaire  de  la  bride 
cpiniere ;  et  il  compare,  sous  ce  rapport,  le  cceur  a  un  aimant 
qui  communique  au  fer  sur  lequel  on  le  frotte  la  propriele  qu'il 
a  lui-meme;  c'est-a-dire  que  le  llquide  du  vaisseau  dorsal,  trans- 
met  par  son  mouvement  de  fluctuatiou,  au  sang  contenu  dans  la 
cavite  generale  du  corps ;,  la  force  plastique  dont  nous  venous  de 
parler,  et  ce  cceur ,  en  agissant  aussi  sur  le  sang,  transforme  ce- 
lui-ci  en  graisse.  M.  Herold  ajoute  que  la  fonction  qu'il  assigne 
ainsi  au  vaisseau  dorsal,  ne  differe  de  celle  que  lui  suppose 
M.  Marcel  de  Serres  ,  qu'en  ce  que  son  action,  dans  la  foruiaiion 
de  la  graisse,  ne  serait  que  mediate  au  lieu  d'etre  iinrncdiutc. 

Aucun  anatomiste  n'ayant  encore  pu  determiner  d'une  ma- 
niere  positive  quelle  est  la  structure  et  la  fonction  du  vaisseau 
dorsal  des  insectes  ,  sur  lequel  rauteur  du  memoire  dont  je 
donne  ici  un  extrait  forme  encore  de  nouvelles  hypotheses,  je 
crois  devoir  saisir  cetle  occasion  pour  en  faire  connaitre  la  veri- 
table composition,  et  les  usages.  Ce  que  je  vais  dire  a  ce  sujet  n'est 
point  fondesur  les  hypotheses, y  etant  arrive  par  le  moyen  de  dis- 
sections soignecs  que  j'ai  faites  de  cet  organe  chezpliisicurs  insec- 
tes. Jedetachecf'tte  courte  notice  d'un  ouvrage  plus  considerable 
sur  I'anatomie  complete  du  Mcloloiitha  vulgaris,  que  j'ai  souniis 
en  1823  a  I'Acad.  de  Paris,  mais  qui  n'est  point  encore  imprime. 

Le  vaisseau  dorsal  est  le  veritable  coeur  des  insectes  ,  etant , 
comme  chez  les  anim.iux  superieurs,  I'organe  motcur  dii  sang, 
qui ,  au  lieu  d'etre  contenu  dans  des  vaisseaux,  est  repandu  dans 
la  cavite  generale  du  corps.  Ce  cceur  occupe  toufe  la  longueur 
du  dos  de  I'abdomen,  et  se  tcrmine  antcrleurement  par  uneai-- 
tere  unique  non  ramifiee  qui  transporte  le  sang  dans  la  tete,  oii 
elle  I'epanche,  et  d'ou  il  revient  dans  I'abdomen,  par  I'eff'et  meme 
de  son  accumulation  dans  la  lete,  pour  rentrer  de  nouveau  dans 
le  corur ;  et  c'est  a  quoi  se  reduit  toute  la  circulation  sanguine 
chez  les  insectes  ,  qui  n'ont  ainsi  quunc  seule  artcrc  sans  bran- 
ches et  point  de  veines.  Les  ailcs  du  cociu-  ne  sont  point  niuscu- 
leuses,  comme  le  pretend  M.  Herold;  ce  sont  de  simples  liga- 
mens  fibrcux  qui  inainticnnent  le  vaisseau  dorsal  en  place.  Le 
cceur,  c'est-a-dire  la  partie  abdominale  du  vaisseau,  est  dlvise 
interieuremerit  en  huit  chambres  successives  (chez  le  31.  culgares) 
s^parces  les  unes  des  autres  par  deux  valvules  convergentes,  qui 
permettentau  sang  de  se  porter  d'arricre  on  avant  d'une  cli.ni.b.'e 


384'  Zoologie. 

d;ins  I'autre,  jiisquedans  Tartere  qui  le  condiiil  danslatetc,  mais 
qui  s'opposenl  a  son  luoxiveinent  retrograde.  Chaquc  cliambre 
porte  lateralement  asa  partie  anterienre  deux  ouverlurcs  cu  for- 
me de  fentes  transversales,  quicommuniquenl  avec  la  cavite  ab- 
dominale,  et  par  lesquelles  le  sang  contenu  dans  celte  derniere 
peut  cntrer  dans  le  cceur.  Chacune  de  ces  ouvertures  est  munie 
interieurement  d'une  petite  valvule  en  forme  de  demi-cercle, 
qui  s'applique  surelle  lors  du  mouvernent  de  systole. 

D'apres  cette  courte  description,  on  coiuoit  que,  lorsque  la 
chambre  poslcrieure  vient  a  se  dilater,  lesang  contenu  dans  la  cavi- 
te abJominale  y  penttre  par  les  deux  ouvertures  dont  je  vlens  dc 
parler  etqueje  nomme  ouverture  anriculo-vcntricalaire.  Quand 
la  chambre  se  contracte,  lesang  qu'elle  conlient  ne  pouvant  pas 
retourner  dans  la  cavite  abdominale,  pousse  la  valvule  interven- 
triculaire ,  et  passe  dans  la  seconde  chambre  qui  se  dilate  pour 
le  recevoir,  et  qui  recoit  en  meme  temps  une  certaine  quantile 
de  san"-  par  ses  propres  ouvertures  auriculo-ventriculaires.  Lors 
du  mouvernent  de  systole  de  cette  seconde  chambre,  le  sang  passe 
de  meme  dans  la  troisicme  qui  en  recoit  egalement  par  ses  ouver- 
tures latcrales,  et  c'est  ainsi  que  le  sang  est  pousse  d'une  cham- 
bre dans  I'autre,  jusque  dans  I'arlcre.  Ce  sont  ces  contractions 
successives  des  chambres  du  coeur  qu'on  apercolt  au  travers  de 
la  peau  des  chenilles. 

Quant  aux  diverses  experiences  que  M.  Ilerolda  faites,  elqtu 
lui  ont  paru  prouver  que  le  liquide  contenu  dans  le  vaisseau  dorsal 
y  esta  demeure,  elles  se  laissent  fiicUement  expliquer  d'apres  ce 
que  je  vlens  de  dire.  Les  bornes  etroites  dans  lesquelles  je  suis 
obli"^e  de  me  renfenncr  ne  me  pennettant  pas  d'enlrer  dans 
beaucoup  de  details ,  je  me  bornerai  simplcmcnt  a  expliquer  com- 
ment Taction  du  coeur  pent  continuer  lorsqu'on  a  fait  la  ligature 
a  la  panic  antcrieure.  On  conroit  que  le  s.ing  doit,  dans  ce  cas  , 
s'accumuler  dans  Tartere  et  finir  par  la  rompre,  pour  s'epancher 
dans  la  cavite  du  corps  en  arriere  de  la  ligature;  c'cst  a-dire  que 
la  circulation  rentre  par-la  dans  les  conditions  ou  eile  se  trou- 
valt  avant  rexperience.  vStraus. 

FIN    nn    PEUXIEME    VOLUME. 


PARLS  —  IMPRLMKRIE  DEFAIN,  RUE  RACINE,  N".  4 

piACK  HE  i.'onKorr. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GfiOLOGIE. 

TOME   III. 


LISTE 

DE  MM.  LES  COLLABORATEURS 
DE  LA  ir.  SECTION 

DU  BULLETIN  UNIVERSEL  DES  SCIENCES 

ET  Dl'  L'lNDUSTRlE  (r). 


HiSTOIRE  NATXJRELLE    CKN  ER  ALE. 

GeologieetMineralogje. — Collnboratcurs :  MM.  Andre (L.  A.), 
Berthier(R.)  ,  Beuilant,  de  Bonnard  ( B.  d.  ),  Bond  (  A.  B.), 
Brocbant  dc  Villicrs^BR.),  B»".  Coquebertdc  Montbret  (CM.), 
B"".  Cuvicr  ,  Dufresnoy  ,  de  Ferussac  (F.  )  ,  V'>=.  Hericart  de 
Thury ,  Heron  de  Villefosse ,  Lucas,  Menard  dc  la  Groie  ( M. 
G.),C.  Prevost(C.  T.).  Redacleur  principal :  M.  Dt.\.\toss.^ 
(G.Del.) 

IIOTANIQUK,  Phvsiologie  et  Pal^ontographie  vegetales. 
—  Collaborateiirs  :  AIM.  Dujietit-Thouars,  Duvau  (  D.-u. )  , 
Fee,  Gay ,  Guillemin  (J.-A.Gn.,  ou  Gn.),  A.  dc  Jiissiou(A.  de 
.luss.),  Kiintb,  Lamouroux ,  Ricbard ,  A.  de  Saint-Hilaire 
(Aug.  de  St-Hil.).  Redacteur principal :  M.  An.  Brongniart 
(Ad.  B.). 

ZooLOGiE ,  Anatomie  ct  Physiologie  generales  ct  specialcs  des 
animaux, Pal^eontographie  awimale. — Collab. :  MM.  Audinel- 
.Serville  (  Aud.  S.  ),  Audouin  (V.  Ann.),  Bory-dc-SaintTlnccnt 
(B.  deSt.-V.),  Bosr,  B"".  Cuvicr,  Fred.  Cuvicr  (F.  C. ) ,  De- 
france,  C'".  Dejcan(D''.),  Dcsmonlin  I'D.M.),  Du<ios,Dumeril, 
Ferussac  (F.),  Gaimard  (P.  Gaim.)  ,  Geol'lroy-Sainl-Hilairc 
(Geof.St.-Hil.),  Guerin(E.  G.j,C'«.  dcLacepedc.Lainoiiioux, 
Latreille.Lcpcllclier  de  Saint-Fargcau  (  L.  S.  F.),Payraudeau, 
Quoy  (Q.  Y.) ,  de  Roissy,  Straus  (S.  s.),  Valenciennes.  Ih- 
dacteur prim  ipal :  M.  Desmarets  (Desm...st  i. 


(i)  Ce  Recucil,  composd  de  huit  sections  ,  aiixquclles  on  pout 
s'abonner  se'paremcnt.  fait  suite  au  Bntlcliii  fifendnd  et  uniucrsid  des 
.iniwnccs  ct  des  nnu^'elles  scicntifiqiies  ,  (|iii  forme  la  premiere  anniie 
lie  ce  journal.  Le  pri:^^  de  celte  premiere  anne'e  est  de  3o  fr.  pour  i-' 
niimeros  de  lo  feuilles  d'imprcssion  cliacun. 


IMPRIMERIE    UE    IAIN,    RUE    R,\t:iNE  ,    n".     /(  ,    PLACE    DE 

l'oueon. 


BULLETIN 

BES  SCIENCES  NATURELLES 

ET  DE  GEOLOGIE. 


DEUXIEME  SECTION 

DU 

BULLETIN  UNIVERSEL  DES  SCIENCES 

ET  DE  L'INDUSTRIE, 

PDBLIE 

SOUS  LA  DIRECTION  DE  M.  LE  B"".  DE  f£RUSSAC, 

OFKICIER    S0PERIEUR    AU    CORPS    BOTAL    d'eTAT-MAJOR  , 

CHEVALIER    DE    SAINT-LOUIS    ET    DE    LA    LEGION-D'HONNEnR  , 

IHEMBRE    DE    PLUSIEnRS    SOCIETES    SAVANTES    tfATIONALES    ET    ETRANGERES. 


TOME  TROISIEME. 


A  PARIS, 

Au  BUREAU  DU  Bulletin  ,  ruc  de  I'Abbayc,  n".  3  ; 

Chez  MM.  DuFouR  et  d'Ocagne  ,  quai  Voltaire  ,  n".  1 3  j  ct  m^me 

maison  dc  coinruercc,  a  Amsterdam; 
Chez  MM.  Treuttkl  ct  Wurtz,  rue  de  Bourbon,  n°.    17;  et 

m^mc  maison  de  commerce :  a  Strasbourg ,  ruc  dcs  Serruriers ; 

a  Londres,  3o,  Soho -Square  ; 
EtchezM.  Levrault,  ruc  dcs  Fosses -M.-k-Princc,  n".  3i. 


lYIS   IMPORTANT. 

(JVoifl.  Poiirn\'})i"ouveraucnn  retanl  tlans  I'envoi  dii  Bulletin,  MM.  its 
souscripteurs  sont  invite's  a  renouveler  leur  abonnemcnt  tlnris  le 
courant  de  decembre.  ) 


La  surabondance  des  materiaux  que  recoil  le  Bul- 
letin universel  par  I'active  cooperation  de  ses  colla- 
borateurs ,  dcs  Societes  academiques  et  des  Savans  de 
tous  les  pays  ,  nous  obligeanl  d'augmenter,  pour  I'annee 
procbaine  ,  les  Sections  2*.,  6^  et  7*.,  chacune  d'une 
feuille  d'impression  par  mois ,  il  en  resultera  necessai- 
rement  une  augmentation  de  prix  pour  cbacune  de  ces 
Sections  ,  comme  pour  I'ensemble  du  Bulletin  universel. 
—  Voulant  neanmoins  en  faciliter,  aulant  qu'il  sera  pos- 
sible ,  ['acquisition  a  cette  nombreuse  classe  de  Savans  , 
pour  qui  les  sciences  militaires  n'offrent  pas  un  interet 
egal  a  celui  qu'ils  portent  aux  autrcs  brandies  des  con- 
naissances  bumaines ,  nous  laisserons  a  MM.  les  souscrip- 
teurs la  faculte  de  ne  prendre  que  les  sept  autres  Sections 
du  Bulletin,  tout  en  les  faisant  jouir  des  avantages  atta- 
ches a  la  sonscription  pour  le  Bulletin  complet.  —  Nous 
ferons  en  consequence  disposer  le  Bulletin  universel 
pour  I'annee  1826  ,  en  exemplaires  avec  les  Sciences 
militaires  (  89  fcuilles  par  mois)  ,  et  en  exemplaires  sans 
les  Sciences  militaires  (36  feuilles  par  mois),  Le  prix 
de  ces  derniers  sera  le  meme  que  pour  le  Bulletin  complet 
de  Tannee  1824  (qui  contient  egalement  36  fcuilles  par 
mois),  c'est-a-dire  120  fr.  pour  Paris,  142  fr.  5o  c. 
pour  les  departemens,  et  i65  fr,,  franc  de  port,  pour 
les  pays  etrangers.  — Le  prix  du  Bulletin  complet  avec 
les  Sciences  militaires  (vu  I'augmentation  du  nombre 
de  feuilles  ci-dessus  mentionnee,  et  euegard  aux  tableaux 
que  reclame  souvent  la  Section  militaire)  sera  porte  a 
182  fr.  pour  Paris,  a  i56fr.  5o  c.  pour  les  departemens, 
eta  181  fr.,  franc  deport,  pour  les  pays  e'trangers. 


Nous  croyons  devoir  meltre  des  a  present  sous  les  yeux 
du  public  le  tableau  indicatif  des  prix  d'abonnement 
des  diflereutes  Sections  separees  du  Bulletin ,  pour  I'an- 
nee  iSaS.  II  y  verra  qu'en  s'abonnant  pour  la  totalite 
du  Bulletin ,  ai^ec  ou  sans  la  Section  des  Sciences  mi- 
litaires  ,  il  jouira  d  un  avantage  de  i6  fr.  sur  le  prix 
total  des  diverscs  Sections  prises  isolement. 

Tableau  sotnmaire  des  sections  et  de  leurs  prix  d'abonnement. 


DESIGNATION 

DES   SUJITS   DE   CHAQOE 
SECTION. 


PRIX  D'ABONNEMENT. 


les  depart.    I'etranger. 
port  franc.  I  port  franc 


^     fSciencesmath^matiques, )  , 

I   pbysiquesetchimiques.J  ^ 

^     f  Sciences     naturclles     et  I 

V  geologic /  ' 

3       Sciences  medicales ,  etc.  I     6 

,     f  Sciences  agricoles  ,  ^co-1      , 
^     I   nomiqiics  ,  etc '      ^ 

5     I  Sciences  technologiques 

g    /Sciences  geographiques  ,i      ^ 
I   e'con.  publ.,  voyages.  .J 
/Sciences  Instoriques, 

'    I   tiquites,  philologie, 


4 

et  I  pi 


ToTADX.    . 

Sciences  inilitaires.  .  . 

TOTACX.    . 


3G 
3 


39 


i6 


i5 


i8 


1 36 


i48 


17  5o 
3o  5o 
35  5o 
17  5o 


1 58  5o 
14     » 


172  5o 


29 
20 
24 

29 
24 


iG 


197  fr. 


P.  S.  Nous  invitons  en  meme  temps  MM.  les  Sou- 
scripteurs  de  1 824  qui  u'auraient  point  encore  la  premiere 
aimee  de  la  collection  (iSaS),  a  vouloir  bien  adresser 
leur  demande  a  la  Direction  du  Bulletin.  Cette  premiere 
annee  ,  composee  de  12  cahiers  de  8  a  10  feuilles  d'im- 
pression  chacunc  ,  est  du  prix  de  3o  fr.  pour  Paris. 


PARIS.  —IMPRI.MEHll;      DE    K.\1N  ,    RLE    HACINE  ,    x".  l\  ,     PLACE   DE    t'OiJtON. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 

GEOLOGIE. 

I.  Description  ceocnostique  des  environs  du  Put  en  Velay 
et  particulierenient  du  bassin  au  milieu  duquel  cette  vllle  esl 
situce;  par  M.  J.  M.  Bertrand-Roux.  Iii-8°.  de  240  pa^es, 
avecune carte coloriee  etdeux  planclies.  Prix,  8  fr.  Paris- 182/1  • 
Levrault.  Au  Puy;  cliez  La  Combe. 

Nous  ne  pouvons  mieux  faire  connaitre  ce  livi-e ,  qu'en  rap- 
porlant  I'analyse  qu'en  a  faite  M.  Cuvier  dans  le  rapport  annuel 
sur  les  travaux  de  I'academie  des  sciences  pour  1823.  Le  ma- 
nuscritde  cat  ouvrage  avail  ete  adresse  a  I'academie,  qui  s'en 
est  fait  rendrc  un  compte  detailie  par  I'organe  d'une  commission 
speciale,  et  qui  a  adopte  les  conclusions  tres-honorables  de  son 
rapport. 

M.  Bcrlrand  Roux,  negociant  et  naturaliste  eclaire  de  la  ville 
du  Puy  en  Velai,  a  entrepris  de  faire  connaitre,  sous  les  raii- 
ports  geologlques,  les  environs  de  sa  demeure,  et  il  en  a  fait 
i'objet  d'un  ouvrage  considerable,  ou  toutes  les  couches  sont 
decrites,  leurs  rapports  deposition  iadiques,  et  leurs  hauteurs 
ainsi  que  les  differentes  inegalites  du  terrain ,  mesurees  au  ba- 
rometre. 

La  ville  meme  du  Puy  est  au  centre  d'un  bassin  entoure  de 
montagnes  asscz  hautes,  et  dont  la  Loire  ne  s'ethappe  que  j)ar 
une  gorge  etroite.  Les  noyaux  de  ces  montagnes  sont  graniti- 
ques,  et  de  troisvarictes  caracterisees  en  partie  par  leurplus  ou 
nioins  de  consistancc,  et  que  I'on  distingue  de  loin  au  plus  on 
inoius  d'escarpement  dc  leurs  cimes  cl  de  leurs  tain,. ;  mais  une 
grande  partie  de  leurs  cretes  sont  lierissees  tie  voltans  tres-rc- 
connaissables,  bien  qu'eteinis  long-temps  avant  les  epoqueshis- 
B.  Tome  111.  , 


2  Geolo^ie, 

toriqiies.  Dans  rttte  t-nreintc,  coninie  dans  le  fond  d'nn  vase« 
sont  (leposds  les  terrains  postericurs  :  dubord  quelques  depots 
epars  de  psamraites  formes  des  dtibris  du  granite  ,  dans  i'un  drs- 
quels  il  y  a  deja  des  resies  dc  vcgetaux;  ensuite,  et  lout  d'un 
coup,  des  terrains  tertiaires;  des  couches  puissantesd'argile,  des 
marnes  en  lits  nonibretix  ,  sans  corps  organises,  que  I'auteur  croit 
analogues  a  nos  argiles  plasliques  des  environs  de  Paris;  et  sur 
dies, des  terrains  de  plus  dc  cent  metres  d'epaisseur,  qui  ne  con- 
tiennenl  que  des  coquillages  d'eau  douce,  des  restes  de  tor- 
lues,  ou  des  (isseinens  d'aninjaux  terrestres,  aujoiird'liui  incon- 
nus,  et  nommement  des  nicmes  Palaotlieriums,  si  communs 
dans  nospiatriercs  de  Paris,  et  d'un  genre  voisin  nouiuie  Antlira- 
colheriura  par  M.  Cuvier. 

C'est  sur  cc  fond  de  bassin  ainsi  constitu^,  que  se  sont  repan- 
ducs  les  dejections  des  volcans,  et  qu'elles  ont  forme  des  pics  , 
des  collines  ct  des  plateaux.  M.  Roux  les  divise  en  deuxsortes  : 
Jes  plus  anciennes  ont  le  feldspath  pour  base  et  composent  des 
terrains  <[uc  M.  Roux  uominc  tracliyliques  lorsque  le  feldspath 
estlamelleux,  etphonolithiques  qnand  il  e^l  conipacte;  les  autres, 
oil  abonde  le  pyroxene,  coniprennent  des  laves  basaltiques  de 
direrses  epoques,  des  scories  et  des  cendrcs. 

Ceux-ci  sont  inconlestablement  plus  recens  que  les  terrains 
tertiaires,  qa'ds  recouvrent  en  plusieui-s  ondroits  d'une  nianicre 
^vidente.  On  les  voit  qnelquefois  sYtendre  sur  les  trachytes,  cc 
qui  prouve  I'anteriorite  dc  ces  derniers.  M.  Roux  croit  que  les 
trachvles  eiix-nitmes  sont,  aussi-bien  que  les  laves  el  basjiltes , 
plus  ricens  que  les  terrains  tertiaires.  11  ne  les  a  pas  vus  ce|>cn~ 
dant  superposes  ^  ces  terrains;  m.tis  il  tire  sa  conclusion  pi  in- 
cipalement  de  ce  fait,  que  les  terrains  tertiaires  ne  coiilionneiit 
point  de  debris  de  trachytes,  inais  seulenient  ceux  des  granites. 

Ces  trachytes  su  sont  prlncipalement  deposes  le  long  de  la 
chaine  orlentale,  dc  celle  qui  separe  le  \elay  du  Vivarais,  et 
dont  la  cime  principalc  est  conntie  sous  le  noin  dc  Mtzin  ;  leurs 
contextures  sont  nniformes ,  el  ils  doivent  s'etre  deposes  dans 
un  temps  jisset  court ,  tandis  que  >es  laves  et  les  basalles  different 
enlre  enx  ])ar  la  structure  et  par  les  epoques  des  eruptions  qui 
les  ont  produits.  Les  dimicres  de  ces  eruptions  sont,  au  reste, 
dcja  tres-anciennes ;  car  les  elevations  qu'elles  ont  formees 
avaient  dcja  cu  le  temps  d'etre  degradces  et  escarpees  commc 
elles  le  sont  anjonrd'hui,  des  le  temps  ou  les  Romains  lirent  dans 


Geologie.  j 

cps  environs  leurs  premieres  routes  cl  leuis  premieres  con- 
structions. 

I.a  cliainc  de  I'ouest  est  celle  ou  ont  bruli;  les  voIcans,princi- 
p.ilement  les  plus  modernes  :  elle  en  oflre  au  moins  cent;  mais, 
a  I'exception  tie  <leux  ou  trols ,  leurs  cratcres  sont  presque 
effaces  aujourd'liui. 

line  des  elevations  volcaniques  les  plus  reniarqnahlcs  du  Ve- 
lay  est  la  Roche  raiti^e ,  pic  basalliijuc  isole  ,  fort  noir,  enliere- 
ment  cntoiire  dc  granite ,  et  que  M.  Iloux  regardc  comme  ayaiit 
ct<5  souleve  de  has  en  liant,  et  offrant  des  traces  d'une  ancienne 
bouche  volcanique. 

A  ces  descriptions,  dont  nous  abregeons  a  regret  I'cxtrait, 
M.  Roux  joint  des  conjectures  plus  ou  moins  ingenieuscs  sur 
les  causes  qui  ont  amene  tant  dc  modifications  diverses  :  elles 
ajoutent  ii  I'inleret  d'un  ouvra-^c  tlont  la  publication  fcra  con- 
naitre  une  des  contrees  de  rintcrieur  de  la  I'rancc  les  plus  inte- 
ressantes  sous  le  rapport  de  riiisfoirc  naturellc,  aussi-bieu  que 
de  la  singularilo  des  sites  et  dc  la  bcaute  des  paysages. 

?..  NoTiCK  oj'iOLoaiQirE  sur  I'ile  de  Martha's  Vineyard  ,  par  le 
reverend  Eowakd  Hitcucock.  (  Aincrican  Jour/ml  of  S<:icn~ 
ces ,  par  M.  Silliman,  vol.  VII,  fevrier  1824,  p.  2/|0. ) 

L'ile  de  Martha's  Vineyard  a  environ  vingt-un  milles  dc  long 
sur  six  a  huit  de  large;  son  sol  est  compost^,  1°.  de  terrain d'allu- 
vion;  i».  de  terrein  de  diluvion;  'V.  d'argile  plaslique. 

Le  terrain  d' (I llM'ion  compose  d'un  sable  blanc  jaunatrc,  inco- 
herent et  sans  fossiles  ,  recouvrc  la  plus  grande  parlie  du  sud  dc 
celte  ile ;  la  sterilite  de  ce  sol  sur  lequel  il  ne  croit  que  des  clie- 
nos  qui  atteignent  au  plus  huit  pieds  de  hauteur,  la  rend  inha- 
bitable. L'auteur  de  cet  article  ne  sachant  pas  a  quelle  formation 
du  terrain  terliaire  rapporlerccs  sables,  leur  a  donne  le  noin 
d'alluvion;  mais  il  est  probable  <[u'ils  aj)partiennent  a  la  forma- 
tion marine  supcrieure,  car  its  sont  semblables  a  eeux  qui  re- 
couvrenl  le  pays  comi)ris  entre  I.ong-lsland,  pres  New-York  et  le 
golfe  du  Mexique,  sables  quo  M.  I'ineh  a  rapportcs  aux  sables  de 
la  Gascogne. 

2".  7'(V7v//«  (/(•  r/i7ttt<it)//.i]clU'.  formation  cnveloppc  tonte  rile,a 
I'exception  de  la  partic  sud  oecu[)r'c  [jar  raliuvioa  <|ije  nous  ve- 
nous dedecrireci-dessus.  Kllcs'eteml  au  nord  (h-rileel  lecouvre 
une.>pacc  de  plusieurs  milles;  sa  surface  est  inegaleet  muntneuse. 


^  Geologic. 

Ce  tPirain  tie  diluvion  cit  compose  de  detritus  de  rocbes  primi- 
tives On  y  trouve  des  blocs  de  granite ,  de  schisle  ,  qui  ont  plus 
de  iSpieds  de  diametre. 

3",  Jr"ile  plastiquc.  Dans  les  points  de  cette  ile  cii  la  cole 
presente  quelque  elevation,  on  voit  I'argile  plastique  reposer  sur 
Ic  terrain  dediluvion. Gay  Head  presente  une  falaise  elevee  de  200 
pieds  au-dessus  de  la  mer ,  dans  laquelle  on  observe  une  alternative 
de  sables  et  d'argiles  diffcreniment  colores.  Cette  argile  renferme 
plusieurs  couches  de  lignite  coraposees  de  la  reunion  de  troncs 
d'arbres  de  plusieurs  pouces  de  diametre.  Ce  lignite  brule  avec 
fhimnie  et  en  developpant  une  odeur  desagreable.  On  trouve  de 
I'arnbre  dans  quelques  autres  points  de  la  cote. 

La  reunion  du  lignite  et  de  I'ambre  dans  cette  argile  est  un 
indice  presque  certain  que  cette  formation  correspond  a  I'argile 
plastique.  ^■ 

3 .  Dello  stato  Fisico  DEL  suoLO  Di  RoMA.  Dc  I'etat  physique  du 
sol  de  Rome.  Memoire  pour  servir  d'cxplication  a  la  carte  geo- 
gnostique  dc  cette  ville,  par  G.  Brocchi  ,  av.  2  pi.  Rome. 

M.  Brocchi  divise  les  formations  de  Rome  en  3  depots  caches 
plus  ou  moins  sous  des  rulncs.  Le  sol  de  Rome  est  d'abord  une 
argile  marneuse,  jaunalre,  a  ecaillcs  de  mica  et  a  fragmens  de 
quartz  et  de  pyroxene.  Cette  marne  estaccompagn<5e  d'un  sable 
compose  de  quartz ,  mele  d'un  peu  d'argile  et  contenaut  du  mica, 
du  pyroxene  et  du  feldspath.  On  y  observe  des  stalactites  cal- 
caires  et  des  coquilles  d'eau  douce  [Helix  cowplanata  elpnlustris, 
Linn. )  L'auteur  en  conclut  que  le  Tibre  a  dii  former  anciennc- 
ment  a  Rome  des  etangs,  et  qu'il  avait  la  proprietc  de  deposcr 
le  travertin  qui  couvre  maintenant  les  hauteurs. 

Le  Tibre  devait  etre  aussi  sujel  a  des  crues  tres-grandes,  puis- 
qu'on  trouve  des  traces  de  ses  alluvions  au  mont  Pincio  ,  a  i5o 
])ieds  au-dessus  de  la  mer.  Lc  travertin  a  debris  de  vegetaux,  est 
surtout  fort  cpals  depuis  la  Porta  del  Popolo  a  Ponte  IMilvio. Broc- 
chi croit  que  la  mer  a  etc  plus  elevee  a  Ostia  ,  et  que  son  relrait 
est  la  cause  des  caractercs  du  sol  italien.  UUnh:  Revietv  (  u".  x) 
n'adople  pas  cette  opinion  et  explique  aussi  le  peu  d'acide  car- 
bonique  du  Tibre  actuel,  parce  qu'il  traverse  maintenant  moins 
de  couches  calcaircs.  Lc  tufvolcanique  compose  priucipalement 
le  sol  de  Rome  et  forme  le  Capilole  et  les  monts  Pincio ,  Qui- 
rinal ,  Viminal ,  Esquilin  ,  Celio,  A.vcnlin  elPalalin.  M. Brocchi 


Geologic.  3 

n'adople  pas  I'idce  quil  derive  de  cratires  situes  autrefois  dans 
le  Campo  Vaccino.  Les  tufs  sont  de  differentes  natures  :  I'un  est 
une  pierre  a  batir,  terreuse,  rouge-brune  ;  il  contient  des  ani- 
phigenes  ,  du  mica  ,  des  cristaux  de  pyroxene  et  des  fragmons  de 
feldspath  ,  de  lave  et  de  cliaux  carbonalee.  On  le  trouve  dans  le 
Capilole,  TAyentin  ct  I'Esquilin ,  etc.  Une  autre  espece  est  grenue., 
friable  et  de  differentes  couleurs;  il  contient  des  rcstes  dc  plantes 
pres  de  I'eglise  St. -Laurent  ;  sa  decomposition  donne  lieu  au  tiif 
terreux ,  jaunatre  ,   de  la  cinie  du  mont  Marius  ,  etc.  Des  anias 
ponceux  sont  enveloppcs  dans  ces  tufs  comme  pres  du  mont  Janl- 
cule.  L'anteur  examine  ensuite  la  structure  des  differentes  emi- 
nences de  Rome.  Dans  le  Piucio  et  le  Collis  Hortuloruin  ,  on  voit 
de  bas  en  haut ,  i".  un  tuf  granulaire  a  feuilles  d'arbres  et  a  con- 
cretions calcaires;  20.  un  litargileux,a  mica  et  a  feuilles  de  Salix 
alba;  3".  sable  siiiceux  et  calcaire  a  fragraens  ignes.  LeQuirinal 
et  le  Viminal  presentent  prcsque  les  memes  roclies.  Les  cou- 
ches de  I'Esquilin  sont ,   1°.  un  tuf  terreux  brun;  2".  un  tuf  gra- 
nulaire a  fragmens  de  lave  scoriacee  ,  et  a  petits  fdons  d'argile  : 
3°.  un  tuf  lithoide  rougeatre;  4*'«uns  argile jaunatre  a  concretions 
calcaires.  Le  mont  Coelius  offre  surtout  des  tufs  endurcis  a  Helix 
palustris  et  cotnplanata.  Dans  le  Capitole,  la  masse  principale  est 
un  tuf  endurci  qui  recouvre  les  couches  suivantes  :  une  argile 
jaunatre,  un  sable  gris  forme  de  grains  de  tuf,  de  chaux  carbo- 
nalee et  de  mica ,  un  calcaire  compacte  et  une  argile  micacee 
brune.  Dans  quelqucs  parties  du  Capitole  il  y  a  des  coquiiles  d'eau 
douce  (Helices  ,  Cyclostomes,  etc.  )  L'Aventin  offre  les  couches 
suivantes  :  de  bas  en  haut,  un  tuf  friable  et  endurci ,  des  couches 
en  partie  de  sable  calcaire  ,  en  partie  de  travertin,  et  a  coquiiles 
terrestres  et  d'eau  douce.  Le  Monte  d'Oro  est  une  masse  tufacee. 
La  roclie  du  Vatican  est  principalement  un  gres  siiiceux  et  cal- 
caire,  jaunatre,  rcssemblant  a  celui  des  pieds  des  Pyrenees,  et 
on  y  a  trouve  des  os  de  Pala?otheriuni.  On  voit  aussi  au  Vatican 
des  marnes  a  selenile  et  a  coquiiles  marines  ,  telles  que  Denta- 
les,  Tellines,  Ltpas,  etc., a  Fucus  et  a  bois  pyrilise.  Le  Janicule  a 
la  meme  structure  que  le  Vatican,  et  il  y  a  une  source  de  pulrole. 
Outre  ce  depot  marin  il  y  a  des  roches  d'eau  douce  a  Cyclostomes 
el  Helices  ,  et  des  tufs  granulalres.  La  formation  marine  constitue 
une  chaine  de  collines  bassesautour  de  Rome,  s'elendant  dunord 
vers  Acqua  Traversa,  ct  dc  I'ouesl,  vers  Ostia  et  Civita-Vcrchit; 
elle  sc  lie  a  cellcs  des  deux  vcrsans  des  Apennins.  D"  I'hvdro- 


G  Geologie. 

gene  carbure  s'licliappe  Ic  long  du  Tibrc,  dc  Porto  di  Ripetta  a 
la  Pennn,  etc.  On  a  decouvert  des  os  d'elephant  aii  Pincio.  M. 
Brocclii  tioiive  qu'il  est  impossible  der- faire  derivei-  les  depots 
volcanlques  de  Rome  des  montagnes  ignees  do  Tusculum  et  do 
I'Albanie.  Ces  dernieres  n'offrent  pas  de  ponce,  et  renferment 
beaucoup  de  pepirino ,  qui  est  tres-rare  a  Rome.  Le  recenseur 
n'adopte  pas  cette  idee,  et  ajoute  des  reflexions  a  son  analyse. 
Ainsi  il  croit  que  les  formations  ont  ete  soulevces  dans  plusieuis 
endroits  du  globe  ,  et  il  s'appuie  surtout  sur  les  lies  de  corail  qui 
atteignent  quelquefois  3ooo  pieds  de  Lauteur,  et  qui  renferment 
quelquefois  des  cones  volcaniques.  Le  nieme  ouvrage  de  M.  Broc- 
chl  contient  un  essai  sur  la  malaria  de  Rome.  A.  B. 

l^.  SurlaMontagne  te  St.-Pierre  aupres  de  Blaestricht.  (^Konst 
en  LcUcrbode ,  mai  1824,  n".  19.) 

Exlrait  du  rapport  des  travaux  de  la  premiere  classe  dc  I'ln- 
slltut  royal  des  Pays-Bas,  pour  les  annees  1820-1821. 

M.  Kraijenhoff  a  pris  connalssance,  en  sa  qualito  d'inspecteur 
general  des  fortifications  du  royaume  ,  de  la  topographic  souter- 
raine  dune  partie  de  la  fameuse  inontagne  dc  St-Pierre  ,  aupres 
de  Maestriclit,  topographic  Irouvee  parnii  les  papiers  de  la  cin- 
quieme  direction  des  fortifications,  sans  que  rien  indique  quand 
et  par  qui  ce  travail  a  ete  fait,  el  si  Ton  y  a  suivi  fidelement  la 
nature.  En  consequence,  le  baron  Kraijenhoff  a  annoncc  a  la 
premiere  classe  son  intention  de  verifier  et  completer  cette 
piece  en  faisant  prendre  sur  les  licux  des  mesures  exacfes,  de 
mettre  ces  mesures  en  rapport  avec  la  situation  de  la  surface  de 
la  montagne,  et  dc  represcnter  a  cct  efl'etla  disposition  des  bancs 
ct  coucIjcs  par  le  moyen  de  coupes  dc  profil  dans  les  places  les 
plus  importantes.il  a  oflerl  en  meme  temps  a  la  classe  une  cople 
de  la  topographic  souterraine  dont  il  s'agit ,  et  lui  a  souuiis 
cette  question  ;  s'il  ne  seraitpas  utile  pour  I'histoire  naturelle,  el 
])Our  les  sciences  en  general ,  1".  d'entrcprcndrc  des  rccherches 
et  observations  precises  dans  I'interieur  dc  la  monlagne  de  St.- 
Pierre  ;  20.  dansic  cas  affirmalif,  de  determiner  en  quoi  elles  de- 
vront  consister,  de  quelle  maniere  et  par  quels  inslrumens  on 
pourrait  dcsirer  qu'elles  fussenl  failcs. 

La  classe  a  trouvc  cctlc  ])roj)Obiti()n  Irop  inii)orlantf  ])()ur  nc 
pas  la  ])rendre  en  consideration  ;  cilc  a  charge  Irois  de  ses  mcm- 
brcs,les  plus  verses  en  geologic,  dc  rexaiuincr  ,  cl  dc  faiic  con 


Geologic.  n 

naitre  dans  leur  r^ponse  lout  ce  qu  ils  jugeraient  pouvoir  contri- 
buer  a  ce  sujet  aux  progres  de  la  science. 

II  resulte  du  rapport  de  la  commission,  qu'il  ne  parait  pas 
utile  aux  progres  de  la  science  de  faire  de  nouvelles  reclierches 
afin  de  counaitre  si  la  montagne  de  St.-Pierre  app;irtenail  a  celte 
espece  de  monlagnes  qui  se  sent  formccs  par  intervallos  et  par 
assises,  line  ou  plusieurs  coupes  de  j.rofil  de  I'interieiir  pourraient 
etre  dun  grand  secours  a  la  geologic,  surtout  si  I'on  avait  soin  de 
marquer  exactement  dans  quelles  couches  diverses,  dans  quelle 
position  respective,  et  a  quelles  hauteurs  ou  prolondeurs  on 
Irouve  les  restes  ou  empreinles  d'aniniaux  raariiis  ,  et  d'autrcs 
fossiles.  Mais  ce  n'est  pas  ainsi  quest  formee  la  montagne  de 
St.-Picrre;  elleappartient  a  la  classe  de  niontagnesappeleesd'al- 
luvion,  parce  que  les  matieres  dont  elles  se  composent  paraissent 
avoir  etc  amassces  par  quelque  niouvement  violent  des  eau.x. 
C'est  pourquoi  les  debris  d'animaux  niarins  et  fluviatiless'ytrou- 
vent  ,  non  pas  par  couches  ou  lits,  mais  pele-mele  dans  une  roche 
d'une  espece  uniforme.  Ainsi  une  coupe  verticale  de  I'interieur 
de  la  montagne  n'apprendrail  rien  qui  ne  fut  deja  sufflsamment 
connu  et  decrit. 

Quant  a  d'autrcs  observations,  relatives  a  I'histoire  naturelle, 
la  montagne  de  St.-Pierre  ne  fournit  aucune  matiere  particuliere. 
II  serait  done  tout-a-f'ait  superflu  de  penser  a  construire  des  ins- 
Irumens  pour  ces  recherches. 

J>.  Dkcouverted'lnecaverne  aScaham  Dene  [Genllem.  Ma"., 
sept.  1823  ,  p.  7.1'i. ) 
Celle  crevasse,  decouverte  en  1819  ,  contient  au-dessous  de 
1 5  piedsde  terre  une  quantite  considerable  d'ossemens  d'oiseaux  , 
de  quadrupedes ,  cerls,  etc.  ,  et  meme  ,  suivant  I'auteur  ,  d'os 
liumains.  Les  restes  fossiles  sont  associes  avec  des  coquilles  ma- 
rines univalves  et  bivalves  ,  ce  qui  indiqucrait,  dit-on  ,  que  c'est 
un  depot  du  deluge.  ^    g 

G.  Caverne  sur   la  rive   nord  nu  fleuve  Noir  ,   vis-a-vis  de 
Walertown.  (  Leonhard ,   Taschcnbuch  ;    /,e.   p;,rtie ,    iSaS 
P-8%-) 
Cette  caverne  esi  au  nord  des  cascades  de  I'ile  de  Cowas ;    son 

entree  est  a  5  pieds  sous  Ic  sol ,  ct  elle  consiste  en  plusieurs  salles 

r-patieuscs  ornees  de  stalactites. 


<^  Geologic. 

7.  Cavkrnes  de  olace  a  la  sotjkck  dk  la  Jumna.  [Lond.  Mag., 

nov.  1823,  p.  555.) 
Le  capitaine  Hodgson  mentionne  dans  son  voyage  a  la  source 
de  la  Jumna,  des  sources  cbaudes  dans  les  monts  Himalaya.  A 
Jumnotri,  une  croute  de  neige  de  ^o  pleds  d'epaisseur  et  de  Go 
pieds  de  large  cou\  re  la  Jumna  a  sa  source ,  et  les  vapours  chaudes 
des  sources  sur  ses  bords  produisent  dans  cette  neige  des  trous  et 
servent  ainsi  a  alimenter  la  riviere.  L'eau  des  sources  chaudes  a 
une  temperature  si  elevee,  qii'on  n'y  peut  tenir  la  main  plus  de 
a  secondes.  Elle  sort  du  granite  de  la  base  de  la  montagne  Jum- 
notri ,  qui  est  a  5oo  verges  de  la ,  et  qui  presente  une  face  escarpee 
couverte  de  neige  et  d'environ  /looo  pieds  de  hauteur,  C'est  la 
source  la  plus  eloignee  de  la  Jumna ,  sur  la  cote  S.  O.  de  la  chalne 
de  I'Himalaya.  A.  B. 

8.  TABLEAn  BEs  SOURCES  sALEEs  cu  Allemagnc ,  par  M . Keferstein. 

(  Ann.  ofPhilos.,  fev.  1824  ,  p.  log.) 
C'est  un  extrait  de  I'ouvrage  de  M.  Keferstein.  [Voy.le  Bulle- 
tin Atx^-ih,  to.  3, p.  234}.  L'auteur  «presentedans  4  tables  loutcs 
les  donneessur  ces  sources;  on  y  trouve  la  profondeur  a  laquellc 
sort  chaque  source ,  sa  temperature  ,  son  degre  de  salure  ,  son 
produit  annuel  et  la  formation  de  laquelle  elle  jaillit.  Nous  re- 
marquerons  que  dans  les  synonymes  anglaisreunis  par  l'auteur  aux 
noms  des  formations allemandes,  il  confond  mal  a  proposle  mus- 
chelkalk  avec  le  lias;  qu'il  meconnait  pour  cela  le  calcaire  a  gryphi- 
tesle  pienantpourle  lias  anglais,  et  qu'il  se  trompe  sur  le  gres  bi- 
garre  de  la  Hongrie  et  de  la  Transylvanie  qu'il  appelle  gres  a  li- 
gnites ou  tertiaire.  Ce  memoire  se  termine  par  une  table  de  la 
quantite  de  ce  que  donnerait  chaque  formation  ,  si  i'on  pouvait 
admettre  quetoutesles  formations  d'ousemblentsorlir les  sources 
salees  ont  contenu  veritablement  les  parlies  salines  dcceseaux. 

A.  B. 

9.  Volcans  dans  l'interieur  de  l'Asie. 

Un  des  phenomenes  Ics  plus  curleux  pour  rhistoire  naturelle 
est  I'existencc  de  volcans  dans  les  hautcs  montagncs  de  l'Asie 
cenlrale  ,  a  une  tres-grande  distance  de  la  mer.  Ces  volcans  sont 
mentionnes  danslesnncicns  auteurschinois,  et  ils  existent  encore 
de  nos  jours.  Yoiti  les  notices  que  j'ai  pu  rccueillirsur  cct  objet: 

Au  nord  de  K/toiici  i/isu  ,  ct  sur  la  frontiere  meridionale  du 


Geologic.  9 

pays  occnpe  a  la  fin  du  premier  siecle  de  notre  ere,  par  les  de:- 
bris  des  Turcs  Hioung-nou,  chasses  a  I'occident  par  Ics  Cliinois, 
s'elevait  une  inontagne  de  feu  ^  Ho-clian ).  D'un  cote  de  ce 
mont,  ajoutent  ces  recits ,  toutes  les  pierrcs  brulent,  se  fondent 
et  coulenf.  a  quelques  dizaines  de  U.  Cette  masse  en  fusion  se 
refroidit  ensuite  et  se  durcit.  Les  liabitans  dii  pays  s'en  servent 
dans  la  medecine.  On  y  trouve  aussi  du  soufre. 

Un  auteur  chinois  du  septieme  siecle  ,  en  parlant  de  Khouei 
thsu ,  dit  :  «  A  200  li  (  20  lieues  )  au  nord  de  cette  ville  il  y  a  la 
»  niontagne  blanche  (  Pe-cban ) ,  qu'on  appelle  aussi  Aghie.  II 
«  en  sort  contlnuellement  du  feu  el  de  la  fumee;  c'est  de  la  que 
»  Tient  le  sel  ammoniac.  » 

Le  nom  A'Aghie  parait  avoir  la  meme  signification  que  Ho- 
c/ian  en  chinois,  cest-a-dire  ifiontagne  de /I'll ;  car  cet  clement 
s'appelle  ag  dans  les  idiomes  de  I'llindoustan,  et  la  nicme  ra- 
clne  se  retrouve  egalement  dans  plusieurs  langues  de  I'Europe. 

L'ancienne  ville  de  Khouei  thsu  est  la  ville  de  Khoutche  de 
nos  jours  ,  situee  par  41°  ^7'  lat.  N.,  et  80"  35'  long.  E. ,  d'a- 
pres  les  observations  des  missionnaires  ,  envoyes  vers  le  milieu 
du  dernier  siecle  dans  le  pays  des  Eieuts,  pour  en  dresser  la 
carte.  Le  volcan  ,  qui  fait  parlie  de  la  cliaine  neigeuse  des  rnon- 
tagnes  celestes  i^T\\\a.n-C\i?in) ,  doit  done  s'y  trouvcrapeu  pres  a 
42°  35'  de  latitude  N.  C'est  probablemcnt  le  meme  qui  portc 
a  present  le  nom  de  Khalar.  D'apres  le  recit  des  Boukhares, 
qui  apportent  le  sel  ammoniac  enSiberie  et  en  Piussie,  ce  der- 
nier se  trouve  au  sud  de/io/-|5-o.f,  ville  situee  sur  VJli.  On  y  re- 
cueille  souvent  une  si  grande  quantite  de  ce  sel,  que  lesbabltans 
de  Koutche  I'emploient  pour  payer  leur  tribut  a  la  Chine. 

La  nouvellc  description  de  I'Asie  cenlrale,  publiee  a  Peking 
en  1777,  contient  la  notice  suivante:  «  Le  terriloire  de  Khoutche 
«  produit  du  cuivi'e  ,  du  salpetre,  du  soufre  et  du  sel  amnio- 
M  niac.  Ce  dernier  vient  d'une  monlagne  appellee  Mont  de  sel 
»  ammoniac ,  qui  se  trouve  au  nord  de  la  ville.  EUc  a  beauconp 
■■>  de  cavernes  et  de  crevasses  qui ,  au  printemps ,  en  etc  et  en 
»  automne,  sont  reraplies  dc  feu ;  de  sorte  que  pendant  la  nuit  la 
»  montagne  parait  illumince  par  des  miliiers  de  lampions.  Per- 
1)  Sonne  ne  peut  alors  s'en  approcher.  Ce  n'est  qu'en  biver,  pen- 
«  dant  la  saison  la  plus  froide,  et  quandla  grande  quantite  dc 
»  neigc  a  etouffe  le  feu,  que  les  gens  du  pays  y  vont;  ils  se  met- 
»  tent  totit  nus   pour  rccuclUir  le  sel  ammoniac,  qui  se  Irouvc 


1  o  Geologie. 

•■>  dans  les  caverncs  en  forme  de  stalactites  tres-durcs;  c'est  pour 
»  cette  raison  qu'il  est  difficile  dc  le  detacher.  » 

A  douze  journces  de  caravanc  ,  au  nord  de  Korgos  ,  se  Irouve 
une  autre  ville  appelee  communement  Tchoiii:^oiiHc/uif,.  Kile  est 
situee  au  pied  du  moiit  Tarbngatai ,  par  l\('}"  5'  lal.  N.  et  8oo 
45'  long.  E.  A  quatre  stations  a  Torient  de  cette  ville  on  arrive 
dans  le  canton  de  Kkobo/,.sar,i)resde  Akobo/. ,  qui  torabe  dans 
le  lac  Darlai  ;  il  y  a  une  }>etite  montagne  reinpUe  de  crevasses  , 
dans  lesquelles  il  fait  excessivement  chaud  ,  mais  qui  n'exbalent 
aucune  fumec.  Dans  ccs  crevasses  le  sel  ammoniac  se  sublime 
et  s'atlaclie  si  fortemcnt  contre  les  parois ,  qu'il  faut  abaltrc  le 
roc  pour  le  recueillir.  Klaproth. 

NoTA.  L'interet  qii'offrent  les  rcnseignemens  precedens  nous 
engage  a  transcrire  ici,  dans  Icur  entier,  1°.  la  lettre  de  M.  Abel 
Remusat  a  M.  Cordicr ,  sur  le  mcnie  sujet,  et  a",  les  observations 
de  ce  dernier  sur  cette  lettre  ,  documens  qui  ont  ete  publics  dans 
\e&  Annates  des  Mines ,  to.  V,  i8'20,p.  i35et  i'37,  et  qui  vien- 
nent  d'etre  rcimprimes  dans  le  Journal  asiat'iquc ,  juillet  1824  , 
p.  4/.. 
10.  Lettre  he  JM.  Abel  Remusat,  menibre  de  rAcadtniie  dcs 

inscriptions  et  belles-lettres,  a  M.  Louis  Cordier,  niembre 

de  rAcademie  des  sciences,  sur  I'existence  de  deux  volcans 

brulans  dans  la  Tartaric  centrale. 

Vous  m'avez  temoigiie,  monsieur,  le  desir  de  savoir  precisc- 
mcnt  ou  les  Kalmouks  recueillent  le  sel  ammoniac  qu'ils  portent 
dans  differentes  contrees  de  I'Asie,  et  dont  ces  peuples  faisaient 
autrefois  un  commerce  considerable.  J'ai  trouvc  la  reponse  a 
cette  question  dans  I'edition  japonaise  de  I'cncyclopedie  cliiiioise, 
qui  est  a  la  lilbliolluque  duRoi.  Get  excellent  ouvragc  contient 
un  grand  nombre  de  details  sur  les  jjroductions,  les  arts  et  la 
geograpliie  dc  la  j)lus  grande  partie  de  I'Asie  orientale,  et  Ton 
pourrait  souvent  le  consulter  avec  fruit,  dans  les  dlf'ferenles 
questions  qui  intcressent  les  sciences,  et  en  particulicr  I'liisloire 
naturelle.  Voici  ce  qu'on  trouve  relativement  a  I'objet  qui  a  me- 
rite  votre  attention  :  «  Le  sel ,  en  persan  nouc/iader ,  nomme  en 
cliinois  Nao-cha ,  et  aussi  sel  dc  Tartaric,  sel  volatil ,  se  tire  de 
deux  montagnes  volcaniqucs  de  la  Tartaric  centrale  ;  I'une  est  le 
volcan  dc  Tourfan  (i)  qui  a  donne  a  cette  ville  (ou  pour  niieux 

(i)  Lat.  .'(3'  3o' ,  loDg  87"  1 1',  suivaat  Ic  I'.  Gaiibil ,  mais  celtc  jiosi- 


Geologic.  11 

dire  a  uno  ville  qui  est  situee  a  3  lieiies  de  Tourfan,  du  cote  de 
I'estjle  nom  de  Ho-Tcheou,  villa  de  fen;  I'autre  est  la  montagne 
Blanche,  dans  le  pays  de  Biscli-Balikli  (i);  ces  deux  montagnes 
jettent  continuellemenl  des  flammes  et  de  la  fumee.  II  y  a  dcs 
cavites  dans  lesquelles  se  ramasse  un  liquide  verdatre;  expose  a 
I'air,  ce  liquide  se  change  en  sel,  qui  est  le  nao-cha;  les  gens  du 
pays  le  recueillent  pour  s'en  servir  dans  la  preparation  des  cuirs. 
«  Quant  a  la  montagne  de  Tourfan,  on  en  voit  continuellc- 
ment  sortir  une  colonne  de  fumee;  cette  fnmee  est  remplacee  le 
soir  par  une  flamme  semblable  a  celle  d'un  flambeau ;  les  oiseaux 
et  les  autrcs  animaux  qui  en  sont  eclaires  paraissent  de  couleur 
rouge.  On  appelle  cette  montagne  le  Mont  de  Feu.  Pour  aller 
chercher  le  nao-cha ,  on  met  des  sabots ,  car  des  semelles  de  cuir 
seraient  bicn  vite  briilees. 

»  Les  gens  dupays  recueillent  aussi  les  eaux-mercs,  qu'ils  font 
bouillir  dans  des  chaudieres,  et  ils  en  retirent  le  sel  ammoniac, 
sous  la  forme  de  pains  scmblables  a  ceux  du  sel  commun.  Lc  nao- 
cha  Ic  plus  blanc  est  repute  le  meilleur;  la  nature  de  ce  sel  est 
tres-penetrante ;  on  le  tient  suspendu  dans  une  poele  au-dessus 
du  feu  pour  le  rendre  bien  sec;  on  y  ajoule  du  gingembre  pour 
le  conserver;  expose  au  froid  ou  a  I'liumidlte,  il  torabe  en  deli- 
quescence ,  el  se  perd.  » 

Voila,  monsieur,  ce  que  j'ai  trouve  de  plus  interessant  sur  ce 
sujet ,  dans  un  livre  qui  n'est,  a  la  vcrite ,  ni  un  traite  de  geogra- 
phie,  ni  un  ouvrage  d'histoire  naturelle ,  mais  qui  conticnt  seule- 
ment  une  suite  d'extraits  necessairement  superficiels,  sur  toutes 
sortes  de  matieres.  C'est  un  fait  curieux,  et,  je  crois,  assez  peu 
connu,  que  celul  de  deux  volcans  acluellement  en  ignition  dans 
les  regions  centrales  de  I'Asie ,  a  400  lieues  de  la  mer  Caspienne, 
qui  est  la  mer  la  plus  voisine.  Vous  jugerez  micux  que  moij 
monsieur,  si  des  details  plus  ciiconstancies  pourrnient  avoir 
quelque  utilile  jjour  la  geologic. 

tion  aiii-ail  l)esoin  d'etre  ve'rifie'c  (I'ajires  les  rcK'vds  plus  rucens  ct  plus 
exacts  qui  ont  sorvi  ile  base  a  la  carte  de  la  Tartarie  cenlrale  faite  en 
cliiuois  i)ar  le  P.  A.  Ilallerstein. 

(1)  Villc  siUicc  sur  lc  llcuvc  Hi ,  au  sud-ouest  du  lac  de  Balgasch  que 
les  Cliinois  noninieiil  aussi  la  mer  C/iaiu/e. Lat.  lUi  lac  dc  Bal};asch,  sui- 
vant  lc  I'.Gauhil,  .jn"  o';  long,  "fi"  w' .  M.  RIapiotli,  d'apixs  le  1'.  Hal- 
Icrslein  ,  lc  place  enlrc  lc  j  \' .  cl  lc  '(()•.  d(t;ic  de  lal  nord  ,  ct  lc  74'- 
ft  le  77'.  dc  Ions-  est. 


1 2  Geologie. 

il  y  a  encore  qutl(|iies  autres  lieux  oii  les  Chinois  jjlacenl  dcs 
volcans,  dont  les  Europdens  n'ont  pas  une  connaissance  precise. 

Bien  des  contrees ,  que  ceux-  ci  n'ont  pu  visiter  encore,  ont  ete 
soigneuseinent  dccriles  par  ccux-Ia.  En  attendant  que  le  genie 
des  sciences  y  condiiise  des  Pallas  et  des  Humboldt,  on  nesan- 
rait  mieux  faire  que  de  tirer  des  livres  chinois,  ce  que  ccs  llvres 
contlcnnent  derclatifaux  sciences  naturelles.  Peut  etre  la  niois- 
son  serait-elle  plus  abondante  qu'on  n'est  en  general  porte  a  le 
supposer.  Agreez,  etc. 

II.  Observations  sur  la  Ictlreprecedente  de  M.  AoEL-REMnsAX; 
par  M.  Louis  Cordier. 

L'existcnce  de  deux  volcans  brulans  au  milieu  de  cet  immense 
pktteau  qui  est  circonscritparles  montsO0RALs,lesmonts  Altais, 
les  fronlieres  de  la  Chine,  etla  puissanle  chainederHiMALAYA, 
me  parait  un  fait  digne  de  toute  I'altention  des  geologues.  Si  je 
ne  lue  Iroinpe,  lous  les  motifs  se  reunissent  pour  faire  regarder 
ce  fait  comme  paifaitcment  avcre.  Effectivement,  la  profonde 
erudition  de  M.  Abel  -  Riimusat  dans  les  langues  de  la  Haute- 
Asie,  et  les  connaissances  fort  etenducs  qu'il  possede  en  chiniie 
rt  en  snineralogie,  ne  laissent  aucun  doute  sur  I'exactilude  avec 
laquelle  il  a  du  rendre  le  passage  dont  il  a  bien  voulu  m'adresser 
la  traduction.  D'un  autre  cole,  on  n'auralt  vraiment  aucunc 
bonne  raison  de  contester  la  veracite  des  encyclopedistes  chi- 
nois. II  me  senible  enGn  qu'on  ne  pourra  refuser  une  enliere  con- 
viction a  ce  temoignage,  si  Ton  se  donne  la  peine  d'en  etudicr  et 
d'en  peser  les  details,  et  de  les  comparer  aux  notions  du  meme 
genre  que  nouspossedons  depuis  long-temps.  Je  vais,  pour  faci- 
liler  cette  comparaison,  exposer  en  peu  de  mots  quelques-uns 
des  principaux  tcrmes  d'analogie. 

Je  rappellerai  d'abord  que  le  sel  ammoniac  (  Jlydrochloratc 
d'ammoitiaque),,  dont  il  se  fait  une  si  grande  consomniation  en 
Europe,  est  presque  toujours  un  produit  dc  I'art.  Une  partic 
vient  d'Egypte  ,  oil  on  I'extrait  de  la  suie  qui  tapisse  les  huttes 
en  terre  des  habitans  des  campagnes;  I'autrc  est  fournic  par  des 
ateliers  cijimiqucs  etablis  depuis  plusieurs  annces  en  France, 
en  Dclgique  et  en  Angleterre  ,  ct  dans  lesqucls  on  fabrique  ce 
sel  dc  loutes  pieces. 

Les  n.iiies  de  houillc  embrasees  ne  produlscnt  jamais  de  sel 
.Tinmoniac  ,  ct  il  est  evident  qu'cllcs  n'en   ponrraient   produirr. 


Geologic .  1 5 

Cesel  n'existe,  a  Tetatnallf,  dans  ancun  terrain ,  si  ce  n'est 
dans  les  volcans  brulans.  On  I'a  plus  particnlierement  observe 
au  Vesuve  et  a  I'Etna  ,  oil,  par  son  abondance,  il  est  devenu  , 
a  diverses  epoques,  un  objet  d'exploitation  et  de  commerce.  II 
joue  un  tres-grand  role  dans  les  vapeurs  qui  s'exhalent  des  cra- 
teres  et  des  courans  de  lave  de  ces  deux  volcans.  Facile  a  se  vo- 
latiliser ,  il  se  dissipe  promptement  dans  I'air,  ou  s'il  se  con- 
dense a  la  surface  des  scories  et  dans  leurs  fissures ,  la  moindre 
pluie  suffit  pour  I'enfrainer;  car  on  salt  qu'il  est  extremement 
soluble.  On  ne  peut  recueillir  ses  efflorescences  ,  ou  meme  con- 
staler  sa  presence,  que  lorsque  les  eruptions  se  font  par  unbeau 
temps ,  ou  lorsqu'elles  ne  sont  point  accompagnees  d'averses 
trop  frequentes. 

On  jugera  aisement  que  les  circonstances  favorables  ne  doi- 
vent  pas  ctretres-communes.  Cependant  Carrera  rapporte  que 
la  lave  vomie  en  i635,  par  I'Etna,  en  a  fourni  des  chargemens 
considerables,  dont  I'expedition  a  letranger  a  donne  de  grands 
benefices. 

Boccone  et  Borelli,  qui  etaient  temoins  de  la  fameuse  erup- 
tion de  1669  ,  et  qui  I'ont  decrite,  font  mention  de  la  prodi- 
gleuse  quanlite  de  sel  ammoniac  qui  en  est  resulte,et  de  son 
embarquement  pour  differens  ports  d'ltalie.  Si  on  veut  se  repor- 
ter a  des  temps  plus  modcrnes,  et  si  Ton  consulte  le  savant  geo- 
logue  Ferrara,  on  trouve  que  la  lave  de  17G3  en  a  produit  fort 
abondamment;  qu'il  en  a  etc  recueilli  plus  de  1000  livres  sur 
cellc  de  1780;  que  la  lave  de  1792  en  a  donne  quelque  pen, 
nialgre  les  pluies  qui  ont  accompagne  son  refroidissement,  ct 
quecelle  de  181 1  en  a  assez  fourni  pour  approvisionner  am- 
plement  les  ateliers  et  les  apothicaireries  de  la  Sicile. 

Quoique  le  sel  ammoniac  n'ait  jamais  ete  aussi  abondant  au 
Yesuvequ'a  I'Etna,  il  n'est  pas  d'eruption  cependant  ou  sa 
presence  n'ait  ete  conslatee;  en  revanche  il  s'en  exhale  sans 
cesse  par  les  faraeux  soupiraux  de  la  fameuse  solfatare  de  Pouz- 
zoles. 

Nous  ferons  observer  qu'il  faut  que  les  vapcurs  ammoniaca- 
les  de  cettc  solfatare  soient  produites  en  bien  grande  quanlite 
par  le  foyer  volcanique  ,  pour  qu'elles  arrivent  ainsi  jusqu'a  la 
surface.  En  effet  elles  traversent  un  sol  dont  la  surface  est  pcu 
clevee  au-dessus  du  niveau  de  la  mer  ,  et  dont  la  masse,  amcu- 
blie  par  une  decomposition  gendrale,  est  incessamment  abreu- 


J  4  Geologie. 

vee  d'liumi(lit(';  ct  peiictroc  de  sels  en  (Icliqucsrence ,  au  mi- 
lieu desquels  les  sulfates  prcdoininent.  On  sail  qu'une  des  deux 
grandes  lumeroles  de  la  solf'at;irc  a  etc  exploitee  pendant  plu- 
sieurs  annees  pour  en  cxtraire  le  sel  ammoniac.  Le  celobre  gcolo- 
gue,  M.  Bieislak,  auteur  du  procedc  qu'on  suivait,  a  donne 
une  cxcellente  description  de  Tensemble  des  lieux,  dans  scs 
P'oyages  physiques  et  lithologiqucs  dans  la  Campanie  ,  \o\.  2, 
p.  69.  Je  ne  puis  qu'y  renvoyer  a  tous  egards;  si  Ton  veut  se 
donner  la  peine  de  parcourii-  celte  description  ,  on  restera  con- 
vaincu  que  les  deux  foyers  volcaniques  donl  M.  Abel-Remusat 
vient  de  nous  reveler  I'existence  constituent  deux  solfatares 
analogues  a  celle  de  Pouzzoles,  qui  oliVent  probablement  des 
dimensions  encore  plus  vastes,  et  dans  lesquelles  Ic  sel  ammo- 
niac est  infiniment  plus  abondant. 

Je  terminerai  en  faisant  remarquer  que  la  decouverte  de 
M.  Abel-Rcmusat  porte  les  derniers  coups  a  celte  Iiypotlicse  qui 
avail  pour  objet  d'expliquer  tous  les  phenomenes  volcaniques 
par  la  fdtralion  des  eaux  de  la  mer  jusque  dans  les  cavites  sou- 
terraines  on  resident  les  matieres  incandescentes  qui  servent 
d'alimenl  aux  eruptions ;  hypotliese  fort  ancienne  qui  avail  etc 
remise  en  vogue  par  I'abbe  Nollet,  et  qui,  bien  qu'elie  ait  etc 
dans  le  principe  aussi  Icgerement  recue  que  concue ,  n'a  pas 
laisse  que  de  conserver  des  partisans.  (  Journ.  Asiat,,  182/1,  i<-'''. 
de  la  3*^.  annec  ,  p.  44-) 

12.  Observations  sur  les  documens  precedens  relalifs  aux  Vol 
cans  de  I'interieur  de  I'Asie;  par  M.  de  Ferussac. 

Les  renseignemens  fournis  par  M.  Klaproth  sur  la  uiontagnc 
tie  feu  ( Ho  chaii),  situee  au  N.  de  Khotieithsu,  ajoutent  une  cir- 
constiince  iraj)ortante  au  recit  de  M.  Abel-Remusat ,  en  ce  qu'ils 
semblent  indiquer  un  veritable  volcau  d'oii  s'cchappent  des  cou- 
lees de  laves  ;  en  sorte  que  si  Ton  peut  ajouter  foi  aux  liistoriens 
cliinois,  ce  ne  serait  point  ici  une  simple  soU'atare.  Mais  jusqu'a 
quel  point  peut-on  compter  sur  leur  exactitude,  et  sur  I'absence 
de  Texagoration,  au  sujet  dc  contrces  si  cloignces  de  la  Chine  ,  el 
sur  des  fails  que  les  CLinois  n'ont  peut-eire  connus  que  par  les 
recits  des  marcliands  de  sel,  surlout  ([uand  on  compare  I'cxtrait 
de  M.  Riaprotb  a  celui  de  M.  Remusat?  L'encyclopcdie  <Iii- 
noise  parait,  au  premier  apercu,  signaler  les  raomes  volcans,  et 
ne  fait  cependant  point  mention  de  matieres  fondues  et  cou- 


Ceologip.  i5 

hintes  ,  et  si  I'oii  pent  ( roire  qii'il  s'agit  ties  meiiies  montagnes 
volcaniques,  combien  ies  deux  documens  sont  peu  d'accord  sur 
leur  situation!  Le  premier  des  deux  volcans  indiques  par  I'ency- 
clopedie  chinoise ,  celui  de  Tourfan ,  qui  a  doniie  a  une  autre 
ville  le  nom  de  Ho-Tcheou  (\ille  de  feu),  serait  sitae,  selon  le 
P.  Gaubii,  par  Ies  4^°  ^o'  de  lat-  et  Ies  87°  1 1'  de  long;  ce  qui 
le  place  dans  une  contree  couverte  dc  lacs  assez  considerables ,  et 
qui  peiit-etre  n'en  font  qu'un  seul  dans  de  certains  temps  ,  tels 
que  Ies  lacs  Lop  ,  Cas,  etc.  Le  second  volcan,  la  monta^ne  Blan- 
che,  dans  le  pays  de  Bisch-Balikh  ,  ville  situee  sur  le  fleuve  Hi, 
au  S.-O.  du  lac  Balgasch  ,  se  frouverait  plate  ])res  de  deux  tres- 
grands  lacs ,  celui  qu'on  vient  de  nommer,  et  le  lac  A.lakougoul. 
La  lat.  du  lac  Balgasch  est,  selon  le  P.  Gaubii,  de  46"  o'. 

La  montagne  de  ¥e\x[Ho-Chait)  de  M.  Klaprotlj,  situee  au  N. 
de  Khouei  thsu  ,  aujourd'hui  Klioutclie,  placee  par  4if>  37'  de 
lat.  N.,  et  80"  35'  de  long.,  parait  etre  la  m^me  que  celle 
qu'indique  I'auteur  chinois  du  VII'^.  slccle,  qtii ,  sous  le  nomde 
montagne  Blanche  [Pe  chan)  ,  place  un  volcan  a  20  lieues  au  N. 
de  Khouei  thsu.  Selon  cet  auteur  celte  montagne  s'appelle  aussi 
Jghie  ,  mot  qui,  d'apres  M.  Klaproth  ,  aurait  la  meme  significa- 
tion que  Ho  chan  en  chinois  ,  c'cst-a-dire  montagne  de  feu. 
M.  Klaproth  pense  done  que  ce  volcan  serait  situe  par  Ies  42" 
35'  de  lat.  N. ,  et  qu'il  serait  probablement  le  meme  que  le  mont 
Khalar,  lequel ,  selon  Ies  Boukhares  ,  se  trouvc  au  sud  de  Kor- 
gas ,  ville  situee  sur  I'lli.  Toute  cetle  partie  du  document  de 
M.  Klaproth  parait  ainsi  se  rapporter  a  un  seul  volcan  ,  dont  Ics 
noms  divers,  de  montagne  de  Feu  (  Ho  chan) ,  et  de  montagne 
Blanche  [  Fe  cJuin),  semblent  convenir  aux  deux  volcans  de 
M.  Remusat,  !a  ville  de  feu  {^llo  tchcoii),  et  la  montagne  blanche 
des  pays  de  Bisch  Ballkh.  Comment  cependant  le  volcan  des 
bordsdel'Iliserait-ilconfondu  avec  la  premiere  montagne  volca- 
nique  de  M.  Remusat ,  situee  a  plus  de  i5o  du  lac  Balgasch? 

II  y  a  d'ailleurs  entre  la  position  de  la  ville  de  feu  de  I'ency- 
clopedie  chinoise  ( lat.  43o  3o',  long.  87"  n') ,  et  celle  de  la  mon- 
tagne de  feu  de  M.  Klaproth  (lat.  42°  35',  long.,  d'apres  celle 
de  Khouei  thsu,  80"  35'),  une  difference  onorme. 

Le  volcan  des  environs  du  Tchougoultchak  dc  M.  Klaproth 
se  trouverait  aux  pieds  des  monis  Cliamar,  pres  du  lac  Zaisan 
et  ne  parait  se  rapporter  a  aucun  des  deux  monts  volcauiques  de 
M.  Reaiusat.Quoi  qu'il  en  soit,on  nc  peut  voir,  dans  Ies  documens 


1 6  Geologic . 

toujours  tres-curieux  et  tres-precieux,  fournisparMM.Remusat 
et  Klaprotli,  rien  de  certain  sur  le  nombre  et  la  position  de  ces 
monts  volcaniques;  on  peutseulementenconclure  I'existenced'an- 
ciens  volcans  et  de  solfatares  actuelles.  On  ne  pent  surtout  y  voir, 
ce  nous  semble,  ainsi  que  le  pense  M.  Cordier,  les  derniers  coups 
portes  a  cette  hypotbese  qui  fait  dependre  I'activite  des  -volcans  de 
leur  voisinage  de  lamer,  et  de  I'infiltration  dc  ses  eaux  dans  les 
loycrs  volcaniques.  Les  lacs  pres  desquels  ces  solfatares  sont  si- 
tuees  ,  et  dont  on  ne  connait  pas  I'elendue  ,  peuvent  reraplacer 
ici  le  voisinage  de  la  nier.  Rien  ne  detruit  done  les  savantes  in- 
ductions du  beau  memoire  ou  M.  Gay-Lussac  a  dernierement 
examinecette  question  (Voy.  \eBull.  de  iSa'i,  to.  2,  n°.  79,  p./i^); 
rienne  detruit  surtout  cetle observation  frappantede  tant  de  vol- 
cans eteints,  situes  loin  des  cotes  actuelles,  pbenomene  qui  se  pre- 
sente  en  premiere  ligne  avec  les  nombreuses  preuves  de  I'abais- 
sement  du  niveau  des  eaux. 

i3.  Sur  l'origine  hes  Volcans  dans  l'Italie  ;  par  Rouolphe  de 
Prystanowsri.  Berlin  j  182a. 

L'auteur  crolt  que  le  gcologue  qui  s'occupe  des  volcans  doit 
montrer  1°.  le  depot  de  matiere  inflammable  qui  alimcnte  le  feu 
des  volcans  ;  2°.  la  nature  particuliere  de  toutela  cbaine  qui  le  fa- 
voriseetrentretient;  3°.lesrocbes  qui  sonl  changecs  en  laves, etc. 
Dans  cet  ouvrage  l'auteur  rcpond  aux  deux  premieres  questions, 
et  promet  de  trailer  la  derniere  dans  un  grand  ouvrage  geolo- 
qique  sur  I'ltalie,  accompagne  de  cartes.  II  y  a  dans  le  milieu  de 
I'ltalie  deux  trainees  dc  matlcre  inflammable,  courant  du  N.-O. 
au  S.-E.  La  zoneadriatique  qui  commence  dans  la  Romagne,  et 
va  jusquc  danslesAbruzz.es,  ct  la  zone  mcditerranee  qui  se  pro- 
lonf'e  de  Modene  a  Naples  et  en  Siclie.  Le  soufre  ,  rasj)liaUe  ,  la 
houille  et  les  minerais  sulfureux,  sont  ces  matieres  inflammables. 
L'auteur  examine  d'abord  en  detail  la  zone  adriatique.  A  Pictra 
Appia,le  soufre  se  trouvc  en  bancs  au  milieu  de  raarnc,  dc  gypse 
cld'a""lomerals.  11  se  revolt  de  meme  a  Val  diNote,  a  Monte- 
vecchio,  a  Sarsina,a  Matauro,  aUrbino,ctc.  L'asphalteaccompa- 
<inc  souventle  soufre,  et  des  depots  de  combustible  sont  frequem- 
ment  dans  son  voisinage.  Des  sources  salces  se  rencontrent  sou- 
vtnl  dans  cette  terre.  Dans  la  zone  mcditerranee  le  soufre  se  trouvc 
d'abord  a  Volterra  ,  dans  ungisemenl  semblable  a  celui  que  nous 
jtonscitc;    on  le  voit  pbjs  loin  a  Radicofani ,  a   Civitclia   ct  a 


Geologic.  1 7 

Scansano ,  ou  des  di'iises  d'antlinoine  sulfiire  accompagnent  le 
soiifre.  A  Civitella  le  soufre  est  en  petits  lUons  et  amas  dans  un 
calcaii'e.  Au  dela  on  ne  revolt  du  soufre  qu'en  Sicile.  Le  soufre 
est  sublime  dans  les  lagunes  pres  Volterra,  a  Monte  Rotondo , 
Sasso  etSerrazano,  etc.  II  y  a  unesolfatarechaudea  Petriolo,  une 
solfatare  froide  a  Silvena,  etle  ferritoire  rom.iin  en  renf'erme  plu- 
sieurs  a  Laterra  ,  a  Toscanella ,  a  Monte  Migliore,  etc.,  etc.  La 
formation  raarneuse  et  calcaire  a  soufre  y  est  recouverte  de 
roches  basaltiques.  L'ile  de  Lipari  renferme  la  solfatare  consi- 
derable de  Vulcano.  II  y  a  encore  dans  cette  zone  beaucoup  de 
lacs  sulfureux  et  de  sources  cliaudes  sulfureuses.  II  y  a  peu  d'as- 
phalte  ct  de  houille  sur  cette  ligne,  mais  par  centre,  beaucoup  de 
pyrites.  L'alunite  se  rencontre  dans  cinq  endroits  du  Monte  Ro- 
tondo. Le  carbonate  de  sonde  existe  dans  les  salses  de  Modene 
et  le  muriate  de  sonde  est  une  des  parties  constituantes  les  plus 
iraportantcs  dessourcesminerales  dupied  suddes  Apennlns.  L'au- 
teur  croit  que  les  depots  de  soufre  sont  I'origine  des  solfatares 
corame  le  prouve  la  mine  de  soufre  de  Scansano.  II  parle  cosuite 
des  jets  de  gaz  inflammable  a  Pietra  Mala  ,  Pistoia,  etc.  Le  sou- 
fre alimenle  aussi,  suivanl  I'auteur,  les  trois  volcans  italiens  et  les 
depots  de  matiere  combustible  se  prolongent  de  I'Adriatique  dans 
la  Grece  et  la  Perse. 

L'auteur  consacre  un  article  h  montrer  que  les  volcans  doi- 
ventleur  activite  au  contact  des  matieres  inflammables  avec  I'air 
et  I'eau;  il  cite  a  I'appui  de  son  opinion  la  quantitc  de  lacs  dans 
les  regions  volcauisees  ,  I'abondance  de  sources  souterraines  et 
I'eruption  boueuse  a  poissons  du  Perou.  II  fait  deriver  I'acide 
muriatique  des  volcans  des  bancs  de  sels  et  des  sources  salees.  La 
iner,selon  lui,  n'aurait  d'influence  sur  les  volcans  qu'en  empe- 
chant  rechappeilient  des  gaz.  Un  resume  termine  cet  ouvra^e 
plein  de  fails.  La  zone  mediterraneelui  parait  la  plus  active:  elle 
se  divlse  en  deux  parties;  dans  I'une  les  phenomenes  souterrains 
sont  accompagnes  de  clialeur  et  de  feu,  et  dans  I'autre  ils  sont 
sans  feu  ni  clialeur.  L'auteur  croit  devoir  confondre  les  salses 
avec  les  volcans  ,  et  pense  que  M.  Rrongniart  s'est  trompe  en 
disant  qu'il  sort  des  vapeurs  cliaudes  des  lagunes  de  Toscane 
ct  qu'ellcs  out  leur  origine  dans  le  terrain  intermediaire.  Ce 
sont,  dit  l'auteur,  des  jets  d'hydrogene  sulfiire  chaud  mele 
d'acide  boracique ,  et  provenaiit  des  bancs  de  soufre.       A.  B. 

B.  TomfIU. 


i  8  Geologie. 

l/|.    Lf.TTRF.S    RKI.ATIVF.S    All    TRtMBLEMKXT     DF.    TERRF.     danS     IcS 

Indes,  en  1819.  (  Philos.  Magazine  de  Tillohc  ,  mars  i8'2/, , 
p.  170.) (  Toy.  I'annonce  que  nous avons  inscree  dans  notre  n". 
d'avril,  p.  326.) 

Le  lieutenant  colonel  Karclay  annonce  qu'a  Joria  on  a  scnti  le 
choc  a  7  lieures  et  dcmie  du  soir,  ef  que  la  ville  est  en  ruiiies. 
JVI.  William  (■crit  de  la  meme  ville  qu'il  s'est  forme  des  fissures 
dans  la  terre,  d'ou  sont  sorlis  de  I'eau,  du  feu  et  de  la  terre  liu- 
mide;  ellesavaient  de  quelques  pouces  a  20  pieds.  I<es  secoiisses 
ont  commence  le  16,  et  duraient  encore  le  18  au  matin.  A  Amruii, 
le  fort  a  etc  renvcrse,  et  8  a  10  personnes  tuees.  M.  G.  Ogilvy 
mande  au  conseil  des  medecins  de  Bombay,  que  les  mois  deraars 
et  d'avril  avaient  cte  tres-chauds;  mais  le  temps  s'ct;iit  adoiici  en 
mai,  et  surtout  apres  un  orage  ,  le  2  et  le  3  juin.  I.a  promicre 
secousse  cut  lieu  le  soir  du  i()  juin,  et  dura  2  minutes;  la  ville  de 
Eliooj ,  de  3  millt^s  de  circonference ,  fut  rcnvcrsee  de  fond  en 
comblc  ;  et  le  mememalheur  a  eu  lieu,  plus  ou  moins,  dans  foule 
Tetendue  de  pays  depuis  rextremite  orientale  du  Wagur  au 
Luckput  sur  I'lndus. 

Le  mouveraent  parait  avoir  etc  ondulatoire,  ct,  pour  cela , 
M.  Barclay  ne  pent  pas  donner  exactement  sa  direclion.  II  cite 
aussi  des  crevasses,  et  dit  que  I'eau  des  fontaines  d'Anjar  eta  it  de- 
venue  laiteuse.  Anjar  ct  Bliooj  ont  le  plus  souffert;  200  person- 
nes ont  peri  dans  le  premier  endrolt ,  et  1000  dans  le  second.  On 
a  ressenti  3o  secousses  jusqu'au  29  juin.  L'atmospliere  etait  nu,i- 
geiise,  et  il  y  a  eu  un  mcteore  ou  globe  de  feu. 

La  secousse  a  etc  seiilie  dans  tout  Ic  Kaltiw^r,  et  meniejusqu'a 
Kalra,  Baroda  et  Sind.  Cutch  en  a  ee  le  centre.  Les  villes  sur 
les  c6tes  ont  moins  souffert  que  dans  I'interieur.  Le  capitaine 
Elwood  ecrit  de  Poorbunder  que  I'air  ^tait  tres-pesant  quand  le 
tremblement  de  terre  commcnca ,  et  qu'il  a  eu  beaucoiip  de 
peine  a  dcscendre  du  liaut  du  fort  ou  il  se  trouvait  dans  ce 
moment.  II  decrit  la  cliule  du  fort,  et  domic  d'autres  det.iils  sur 
I'effet  du  choc  sur  des  hommes.  M.  Stuart ,  chirurgien  ,  aiinonce 
de  Sirdas  drs  plienomenes  seiiiblables,  et  s'etonne  qu'il  y  ait 
des  trcmblemens  de  terre  dans  un  pays  oil  il  n'y  a  de  vobanique 
que  les  tiapps  a  agates  ct  quarlz  dc  Kattiwar.  A.  B. 


Geologic .  iQ 

Id.  Sur  lk  deluge;  par  le  prof.  Henslow.  [Ann.of  Philos., 
nov.  1823,  p. 344- ) 
M.  Henslow  a  ete  conduit  pai*  la  lecture  de  I'ouvrage  de 
M.  Buckland  (  Reliquice  Diluviance  )  a  offrir  quelques  idees  sur 
le  deluge.  II  suppose  que  I'eau  est  venue  de  I'espace  sur  la  terre , 
ct  que  les  portions  de  la  surface  de  la  terra  qui  n'etaient  pas 
sous  les  eaux  avant  le  deluge  ont  absorbe  une  partie  de  ces  eaux 
du  deluge  et  ont  fait  baisser  leur  niveau.  Quant  a  cette  surabon- 
dance  d'eau,  il  la  fait  resulter  de  I'approche  d'une  comete  vers  la 
terre,  et  les  conietes  ayant  presente  a  I'oeil  des  astronomes  des 
noyaux  entourcs  d'une  vapeur,  il  penclie  a  croire  que  cette  va- 
peur  est  aqueuse.  A.  B. 

16.  Critique  des  theories  ceologiques,  surtout  de  celle  de 
Breislak  et  de  toute  autre  serablable.  Bonn;  1821.  Et  Suite 
DE  CETTE  CRITIQUE.  Bonn  ;  1822. 

L'auteur  anonyine  de  ces  deux  »5crits  a  cru  devoir  sortir  de  sa 
retraite  pour  monirer,  dit-il,  I'absurditedes  hypotheses  geologi- 
ques.Dans  sa  i"^*^. brochure  il  attaque  d'abord  la  theorie  de  Breis- 
lak, et  dans  sa  seconde  il  critique  et  cite  quelques  phrases  des 
Memoires  de  la  Socictc  wernerienne.  de  I'Essai  gcologique  de 
M.  Greenough,  de  la  Description  des  Hebrides  par  M.  Maccul- 
loch,  et  de  I'ouvrage  sur  le  Bosphore  par  M.  Andreossy.  Apres 
cela,  il  fait  une  longue  critique  des  hypotheses  geologiques  eini- 
ses  par  M.  Boue  et  M.  Sartorius,  ct  fiiiit  par  ce  qu'il  appelle  un 
resume.  Cet  ouvrage,  dans  lequel  un  verbiage  obscur  ou  des  cita- 
tions poetiques  reniplacent  le  plus  souvenl  les  faits ,  sort  de  la 
plume  d'unsectairederecolesoi-disantphilosophiqued'AUemagne. 

57.     DiSCOURS     SUR    tA    NliCESSITE    DE    CARANTIR    LES    CENS    CRE- 

DULEs  contre  les  tentatives  de  quelqu'.s  geologues  modernes  , 
qui ,  sous  le  voile  de  leurs  observations  physiques  ,  osent  nier 
I'histoire  raosaique  de  la  creation  et  du  diilngc;  par  le  comte 
Jean   Fortune    Zamroni  ,  chambellan    intime   de   sa   saintcte 
Pie  VII,  rt  secretaire  de  TAcademie  de  la  religion  catholique. 
Traduit  a  Vienne  (Autriche)  par  J.  B.  V.F***,  en  1823. 
Ce  discours  a  ete  tenu  le  10  niai  1821  dans  une  seance  publi- 
que  du  college  principal  de  la  .Sa])icnce,  a  Bomc.  I/auteur  y  at- 
taque d'abord  I'ecole  de  re  qu'il  appelle  In  fnusw  jiltilosophir , 
♦>t  lui  rcj)rorIic  do  vouloir  dojHicr  la  solution  de  ce  qu'cllc  nc 


30  Geo/ogie. 

ppiii  j),is  cxpli(iiior,  el  dcbatir  de  vaines  llieorics.  II  pense  que, 
si  l'<»n  voulail  s'en  ilonner  la  peine,  Ton  trouverait  que  les  fails 
observes  et  les  lois  generales  fie  pliysique  sout  en  harmonie  par- 
faite  nvec  le  recit  de  Moise ,  et  il  oppose  en  eela  parliculierement 
i'incn'clule  Breis]ak  a  De  Luc,  le  defenseur  de  Moise. 

II  divise  son  attaque  conlre  les  gcologues  en  trois  articles  : 
dans  le  premier  il  les  accuse  de  vouloir ,  en  offensant  la  Divi- 
nite,  ramener  tous  les  6tres  a  un  etat  d'enfance  ,  ou  les  suivre, 
CQmme  il  dit,  ab  ovo. 

L'auteur  annonce  que  cette  maniere  de  proeeder  rend  une 
creation  tout-a-fait  impossible;  car  Dieu,  dil-il,  n'a  pas,  par 
exemple,  commence  a  former  des  graines  ou  des  ceufs,  pour  qu'il 
en  rcsullat  des  plantes  ou  des  etres  vivans ;  mais  il  a  cree  riiomme 
dans  lage  \iril,  les  plantes  avec  leurs  seinences,  les  arbres  dans 
leur  etat  avance  de  croissance,  pour  que  les  oiseaux  pussent 
tout  de  suite  y  faire  leurs  nids ,  et  les  insectes  y  trouver  leur  nour- 
riture  sous  I'ecorce.  La  meme  chose  a  eu  lieu  en  general  pour  tous 
les  eires  animes;et  tous  les  pays  renfermerent  enmtmc  lemps  des 
t'tres  jeunes,  vieux,  \ivans,  mourans  et  morts.  Ceci  s'applique 
aussi  aux  mineraux  et  aux  terrains,  ct  il  parait  clair  a  I'autenr 
que  les  roches  primitives  furent  formees  en  meme  temps  (jue 
les  roches  secondaires,  car  les  plantes  ne  peuvent  guere  vivre 
que  sur  le  sol  de  ces  dcrniercs. 

Dans  le  second  article  M.Zambonicondamne  les  gcologues,  pare  e 
qu'ils  s'efforcent  de  chercher  dans  les  lois  physiques  actnelles  du 
globe  les  lois  d'apres  lesquelles  Dieu  I'a  forme;  tandis  que  ces  lois 
physiques  observees  n'ont  du  commencer,  suivant  lui,  qu'apres 
le  chaos  ou  la  formation  de  tout  I'univers  tel  qu'il  est  aujourd'hui. 
II  cite  pour  exemple  I'atlraction,  qui  n'a  pu  existcr  qu'apres  la 
formation  du  globe.  Enfm,  l'auteur  reproche  aux  gcologues  de 
vouloir  cxpliquer  par  des  theories  la  premiere  origine  de  I'uni- 
vers au  lieu  de  croire  a  la  cosmogonie,  qui  est  une  histoire 
comme  une  autre,  et  qui  doit  scrvir  d'introduction  a  I'hisloire 
naturellede  la  terre.  On  ne  pourra  jamais,  dit-il,  lui  opposerni 
I'observation  des  faits ,  ni  les  hypotheses  des  plus  habiies  savans ; 
et  il  en  deduit ,  avec  raison  ,  que  I'analysc  des  materiaux  de  I'uni- 
\ers  et  leur  ordre  respectif  est  tout-a-fait  indiffcrcnte  au  recit 
mosaique.  A.  B. 


Mineraloi^ie.  2 1 


"t? 


HISTOIRE    NATURELLE    GF.NEKALE. 

18.  Vervolg  op  den  Katechismus  der  natuur.  Suite  dii  Ca- 
techisme  de  la  nature,  par  feu  J.  F.  Martinet  ;  ou  Esquisse 
complete  d'une  exposition  cntierement  nouvelle  de  I'liistoire 
naturelle  en  general;  publiee  par  P.  N.  Munx.  Tom.  V  et  VI, 
gr.  in-8.  Boemel ;  1824. 

On  estime  beaucoup,  en  Hollande,  le  Catechisme  de  la  nature 
r^dige  par  Martinet,  pasteur  a  Zutphen,  dans  I'intention  de  fa- 
miliariser  les  gens  du  monde  avec  Ics  principes  de  I'liistoire  na- 
turelle. Comme  les  progres  de  la  science  ont  fait  vieiilir  un  peu 
celivre,  un  anonyme  a  pris  la  peine  d'y  donner  une  suite,  atin 
de  le  completer  et  de  le  mettre  au  courant  de  la  science  :  c'est  la 
le  but  des  tomes  5  et  G  que  M.  Muijt  vient  de  mettre  au  jour. 
L'auteur  a  assez  bien  rempli  sa  tache ;  on  regrette  de  voir  les 
noms  propres ,  surtout  les  noms  etrangers ,  defigures  en  partie. 

19.  Opere  di  Buffon.  Les  OEuvres  de  Buffon,  augmentees  de 
sa  vie  et  d'un  expose  des  progres  de  I'liistoire  naturelle ;  par  le 
comte  de  Lacepede.  i'^*'.  edit,  italienne,  ornee  de  grav.  Vol. 
37  (  7^.  de  I'Histoire  generale  et  parliculiere  des  crustaces  et 
des  insectes  ,  par  P.  A.Latreille).  In-8.  de  712  p.  Prix,  11  lir. 
55  it.  Venise;  1824;  G-  B.  Missiaglia. 


MINERALOGIE. 


20.  Die  Bkrobaukunst  ,  etc.  De  la  mineralogie,  d'apres  les  le- 
cons  de  Werner,  a  1' Academic  de  Freyberg;  par  M.  Richter. 
Avec  une  planche,  pag.  35o.  Prix,  a  rxd.  Dresde;  1823 ; 
Arnold. 

Get  ouvrage  n'est  que  la  copie  d'un  manuscrit  informe,  r^dige 
d'apres  les  lecons  du  celebre  Werner.  On  doit  regretter  que 
quelques-uns  de  ses  principaux  eleves  ne  nous  alent  pas  grati- 
fies d'un  livre  (ilementaire;  ouvrage  qui,  suivant  I'etat  actuel  de 
la  science,  manque  absolument  k  la  mineralogie.  On  se  rappelle 
avec  plaisir  que  M.  Ic  D''.  Zimmermann ,  profcsseur  a  I'ecole  des 
mines  de  Clausthal,  a  promis  de  rcmplir  bicntot  cettc  grande 
lacunc.  IIart.mann. 


22  Mmevalogie. 

21.  Metaux  et  mines  DicouvERTS  EN  AuvERGNE ;  par  MM.  GlL- 
BERTOJf  et  FouLHOUx,  institulcurs  de  Clermont. 

Dans  le  coiirant  de  i823  ,  nous  avons  decouvert  au  Puy-de- 
Dorae  une  cavite  de  beaucoup  d'etendue  en  sens  vertical,  mais 
de  tres-peu  de  diametre,  tapissee  de  superbe  for  sublime,  qui  , 
nous  croyons,  peut  etre  qualifie  oligiste-speculaire  bas«5.  Celte 
substance  est  en  crista ux  quelquefois  reguliers,  d'un  travers  do 
doigt  de  hauteur,  et  toujours  implantes  sur  la  lave,  et  formant 
des  groupes  magnetiques.  Nous  avons,  a  force  de  travail,  de- 
gage  cette  espece  de  chemlnee  de  tout  le  terrain  qui  rentourait , 
et  avons  recueilli  celte  substance  qu'en  ce  departement ,  nous 
le  croyons.  Ton  n'avait  pas  encore  rencontrce,  si  ce  n'est  qu'en 
tres-petite  quantite  et  en  tres-petits  cristaux. 

Nous  avons,  a  peupres  dans  !e  memo  temps,  rencontre  a  Gergovia 
une  substance  qui,  croyoiis-nous  encore  ,  n'a  pas  ete  trouvce  par 
d'autres  dans  ce  departement.  C'est  ce  qui ,  en  niineralogie,  porle 
le  nom  de  quarlz-resinlto-xilopaic.  Cette  substance,  fort  belle,  sc 
trouve  sous  diverses  couleurs  tres-agreables  et  trcs-vives. 

Nous  sommes  en  psssession  de  ces  morceaux  que  nous  avons 
rccueillis,  et  dont  la  decouverte  nous  appartient  exclusivement; 
nous  nous  faisons  un  plaislr  de  les  montrer.  On  peut  les  voir , 
rne  Beauregard ,  n°.  i5,  ou  rue  de  I'Ange. 

22.  Autre  notice  de  M.  Tuzet,  ex-huissier  a  Ardes,  adressee  a 
I'editeur  le  8  decerobre  i823. 
J'al  decouvert  dans  les  communes  de  Courgoul  et  de  Chassai- 
gne,  arrondissement  d'Issoire,  deux  mines  qui,  d'apres  )e  jnge- 
ment  de  diffcrens  mineralogistes,  paraissent  devoir  etre  d'un 
grand  produit ;  Tune  de  ces  mines  contient  du  plomb  argentifere 
ft  sulfure,  et  du  zinc  en  assez  grande  quantite  ;  I'autre,  de  I'an- 
timoine. 

Si  un  ou  plu.'ieurs  capilalislos  vodaient  en  entieprendre  I'ex- 
ploitation,  je  me  chargerais  de  diriger  les  travaux,  inoyennant 
une  part  honnele  au  benefice  dans  Tenlreprise.  J'ai  reinpli  a  cet 
effet  les  forraalites  d'usage  pros  de  I'aulorJte.  [Annuaire  du  Dcp. 
(lu  Puy-de-Ddine ,  1824*  P-  ^^D-) 

23.  Description  et  anal\se  d'ln  nouveau  mineral,  noninu- 
Siiliinanitc;  par  G.  T.  Bowen.  [Journ.  Acad,  of  nat.  Sr.  of 
Pkilaclrlphia,  avril  182/, ;  «•!  Amcr.  fourn.,  mai  1824  ,  p.  1 )  3.} 


Mineralogie.  25 

Le  mineral  donl  il  s'agit  a  etc  d^couvert  a  Saybiook ,  ville 
du  Connecticut,  pendant  I'ete  de  1817;  il  a  etc  menlionnc  dans 
la  derniere  edition  de  la  mincralogie  de  Cleveland ,  conime  etant 
une  variete  d'anthopliyllite.  Sa  couleur  est  d'un  gris  fonce  pas- 
sant au  brun.  II  cristallise  en  prisme  rliomboidal  dont  les  angles 
lateraux  sent  d'environ  106"  3o'  et  78°  3o'.  L'inclinaison  de  la 
base  sur  I'axe  du  prisme  est  de  ii3°.  II  n'a  qu'un  sctil  clivage 
parallele  a  la  grande  diagonaie.  II  est  plus  dur  que  le  quarlz  ;  sa 
pesanteur  specifique  est  de  3,/iio.  II  est  infusible  au  chalumeau 
meme  avec  le  borax.  II  existe  en  assez  grande  abondauce  a  Say- 
brook  dans  une  veine  de  quartz,  qui  traverse  le  terrain  de  gneiss. 
II  est  forme  de  Z|2,6G6de  silice,  54,iii  d'alumine,  1,999  d'oxide 
de  fer,  et  o,5io  d'eau  sur  100  parties.  C'est  done  un  silicate 
d'alumine,  melange  d'une  petite  quanllte  de  fer.  Le  mineral 
avec  Icquel  il  a  le  plus  de  rapports  par  ses  caracteres  exterieurs, 
est  ranthophyllite.  M.  Bowen  propose  de  lui  donner  le  nom  de 
Silliinanite ,  en  I'bonneur  du  professeur  Silliman.  G.  Del. 
24.  Sur  le  Nuttallite,  nouveau  mineral  de  Bolton  (Massa- 
ciiusset);  par  H.J.  Brooke,  esq.  [Jnnals  of  Philos. ,  mai 
1824,  p. 36G;  el  Edinb.  Jouin.ofSc.,]\xi\\tX.,  p.  i85.) 
M.  Brooke  a  reconnu  que  des  cristaux  engages  dans  un  carbo- 
nate de  cliaux  qui  lui  avaient  cte  envoyes  par  M.  Heuland,  sous 
le  nom  A'claeolite,  appartiennent  a  une  substance  nouvelle.  Elle 
differe  de  celle-ci  par  son  clivage,  son  eclat,  et  sa  durete  qui  est 
nioindre.  Ces  cristaux  sont  des  ])rismes  rectangulaires  droits  que 
Ton  peutregardercomme  la  forme  primitive  dece  nouveau  mine- 
ral. II  existe  des  clivages  jiaraileles  aux  faces  lalerales.  Les  aretes 
lateralcs  sont  remplacees  par  des  plans ,  et  les  bases  sont  im- 
parfaites. 

D'apres  sa  forme,  rette  substance  a  de  I'analogie  avec  le  Sca- 
j)olite,  mais  elle  est  plus  fendre,ctson  eclat  est  plus  vitreux. 
M.  Brooke  I'a  nommee  Nuttallite,  du  nom  de  la  personne  qui  I'a 
rapportee  des  Et.its-Unis.  f'- 

i5.  Sur  les  CA.RACTf;RES  que  quelqucs  substances  mineralos  ont 
prcsentesau  chalumeau;  par  J.  G.  CuiLnREiv.  {A/i/i.  ofPhilos., 
p.  36  jjuillet  1824. j 

Le  clialumcau  est  riustrunient  le  plus  commode  ])our  faire 
des  reclicrclics  mincralogiqucs;  on  quelqucs  minutes  il  fait  con- 
naitre  les  printipcs  dominans  d'unc  substance.  INL  Cliiklreu  so 


^4  Mineralogie. 

propose  d'insercr  dans  les  Annales  de  philosophie  Ics  caracte- 
res  des  substances  qui  n'ont  pas  etc  encore  soumises  a  cet  essai. 
Dans  I'artlcle  que  nous  extrayons,  il  donne  ceu3^  de  \ Arfwcdso- 
nite  et  du  Latrobite ,  d'apres  une  coinmunication  faite  par 
M.  Brooke. 

1°.  Arfwedsonite.  Seul  dans  leraatras,  donne  un  peu  d'hu- 
midite  siins  decrepitation. 

Sans  addition ,  il  fond  en  un  globule  brillant  ,  opaque  ct  ni- 
Ireux. 

Avec  la  sonde  y  donne  un  bouton  d'un  noir  brun^tre  quand 
il  est  chaud  et  qui  devient  vert  olive  par  le  refroidissemcnt. 

u4vec  le  borax ,  se  dissout  facilement.  On  obtient  un  globule 
transparent  d'un  rouge  de  grenat  quand  il  est  chaud  et  qui  de- 
vient jaune  vineux  par  le  relroidissement. 

1°.  Latrobite.  Dans  un  matras  a  la  clialeur  rouge,  donne  de 
I'cau  pure  sans  decrepitation. 

Sans  addition ,  fond  aisement  en  email  blanc. 
.4i'ec  la  soude,donne  un  globule  irrcgulier,  demi-transparent,  de 
couleur  bleu-clair  quand  il  est  froid. 

.■4^'ec  le  borax.  Globule  transfSarent  de  couleur  ametliyste. 

Avec  le  nitrate  de  cobalt.  Belle  couleur  bleue  tres-nitreuse.  D. 

26.    Analyse  de  qcelqces  mineraux  ;  par  Aug.  Arfwedson. 
[Ann.  of  Philos. ,  mai  1824,  p.  343.) 

Kannelstein  de  Melsjo. 

Pendant  un  voyage  en  Vermeland ,  le  professeur  Berzelius 
trouva  ce  mineral  dans  un  calcaire  des  environs  de  Philipstad. 

Purifie  parl'acide  muriatique  qui  n'atlaque  que  sa  gangue  ,  il 
fut  analyse  par  les  moyens  ordinaires  ,  et  donna  : 

Silice.  4»  ^7  21,0^ 

Alumine.  20  57  cont.  oxigene.    y,6o 

Chaux.  33  94  9,53 

Oxide  de  fer.  3  98  1,20 

Manganese   -^  -j 
et  raagncsie.  >  •' 

La  formule  de  ce  mineral  est  done  :  FS  -f-  8.'/5  -f-  SCV. 
Le  Kannelstein  dc  Ceylan,  angjys*}  par  Klaprolh ,  a  donnd  : 


Mindralogie.  ^  2  5 

silice,  38,2o;  alumine,  aij-io  ;  chaux,  3i,25  ;  oxide  de  fer,  6,5o  ; 
perte,  2,25. 

Ce  qui  donne  pour  formule  :  FS  -f-  liCS  -\-bAS. 
Chrysoberil  du  Bresil. 
L'analyse  de  Klaproth  donne  :       Celle  deM.  Arfwedson: 
Alumine.         71       5o  Alumine  81       43 

Chaux.  6  Silice.       18       7  3 

Oxide  de  fer.      1        5o 
Silice.  18       o 


100       00 
Ce  qui  donne  pour  la  derniere  analyse  A^S. 

BORACITE    UE  LUNEBOURG. 

Le  professeur  Stromeyer  a  trouvc  dans  ce  mineral :  acide  bo- 
rique,  67;  magnesie,  33. 

M.  Arfwedson,  connaissant  la  difficultc  de  determiner  la 
quantite  d'acide  borique  par  les  procedes  ordinairement  em- 
ployes, a  repete  l'analyse,  el,  d'apres  lui,  ce  boracite  contient : 
acide,  69,7;  base,  3o,3. 

Sa  methode ,  pour  determiner  la  quantite  d'acide  borique, 
consiste  a  m^ler  le  borate  avec  trois  fois  son  poids  de  fluale 
de  chaux ,  y  verser  de  I'acide  sulfurique  concentre  ,  et  a  chauffer 
le  tout  au  rouge  et  a  determiner  ensuite  la  quantite  de  base. 

G.  DE  C. 

27.EXAMENDU  MiNERAi  ARSENICAL  deReichenstein,  en  Silesic ; 
j)ar  Ki.APROTH.  {^Abhandl.  der  Kcenigl.  Acad,  dcr  fVisscnsch. 
in  Berlin  ^fiir  i8a4  und  i8i5,  p.  27.) 

Ce  minerai  s'est  trouve  compose  de  38  parties  de  fer  et  62 
d'arsenic ;  il  n'a  presente  aucune  trace  de  soufre. 

28.    VeNTE  du  CABINET  DE  MINERAUX  dc  feU  M.  JaCQUES  FrEDERIC 

von  der  Null  ;  a  Vienne  en  Autriclie. 

La  collection  de  mineraux  de  feu  M.  Von  der  Niill  a  Vienne 
est  assez  conniie  de  tous  les  savans  par  la  reputation  qii'elle  doit , 
tant  a  sa  magnificence  qu'a  la  description  que  M.  I'lcdcric 
Mohs  ,  professeur  actuel  de  mineralogie  a  Frcyberg,  en  lit  pa- 
raitre  en  1804  en  trois  volumes. 

Tous  les  savans  et  amateurs  qui  ont  examine  ccttc  colicction  , 


26  Mineralogie. 

sont  d'accord  sur  le  beau  choix ,  la  grandeur  et  la  conservation 
des  raorceaux ,  la  ricliesse  des  pierres  precieuses  brutes  ct  tail- 
Ices  ,  Telegance  de  I'arrangeraeiit ,  etc. 

Lorsque  M.  Mohs  donna  en  i8o4  la  description  de  cette  col- 
lection, elie  contenait  SyxG  echantillons,non  compris  Ics  pierres 
precieuses  taillees  (  citees  tome  II,  })age245  —  ^54  )  qui,  forraant 
une  collection  jiarliculiere  tres-precieuse  ,  n'appartiennent  pas  a  la 
collection  de  mineraux.  Depuis  cette  cpoque  jusqu'a  la  niort  du 
possesseur,  au  inois  de  mai  de  Tannee  derniere  ,  la  collection 
s'est  enrichie  et  einbellie  de  jour  en  jour  p^r  des  achats  consi- 
derables ,  de  sorte  que  ,  quoique  les  morceaux  moins  beaiix  et 
moins  distinguesaientetemis  a  part, la  quantite  totalc  des  cchantil- 
lons  monte  pourtant  aujourd'liui  a  5o47  ,  desquels  8427  nior- 
ceaux  portent  encore  les  numeros  du  catalogue  de  31.  Mobs  ,  les 
autres  1620  sont  brievement  decrits  dans  un  catalogue  compost 
parM.  Partsch. 

La  moycnue  grandeur  des  ccbantillons  existant  dans  la  collec- 
tion est  de  trois  pouces  de  Vienne  de  longueur  ,  et  de  deux  dc 
largeur.  Quant  aux  cristaux  libres  et  aux  pierres  precieuses  tail- 
lees ,  la  plus  grande  parlie  est  placee  sur  des  tasses  ,  dont  clia- 
cune  ,  en  contenant  plusieurs,  n'a  pourtant  qu'un  scul  numero. 
La  collection  est  placee  dans  trois  armoires  de  moyenne  gran- 
deur ,  dont  chacune  a  48  tiroirs. 

La  specification  ci-jointe  represente  le  nouibrc  des  morceaux 
de  chaque  cspece.  Les  bornes  que  prescrivait  la  nature  de  cette 
annonce  n'ont  ])as  perniis  de  joindre  I'enuineration  de  morceaux 
particulierenient  rares  et  precieux.  La  collection  jyreseiite  un 
ensemble  si  parfail,  qu'il  n'a  pasbesoiu  d'cloges  particuliers;  on 
ne  pcut  cependant  s'empecher  de  remarqtier  que  les  ccliantillons 
des  especes  d'or,  d'argent  et  de  tellure,  et  ceux  des  espcccs  des 
inineraux  ,  qui  se  Irouvent  dans  le  territoire  de  I'empire  d'Au- 
Iriclic,  surtout  en  Ilongrie  et  en  Transylvanie ,  sont  en  general 
])his  beaux  et  plus  nombrcux  que  dans  toute  autre  collection. 
Prix  et  conditions  de  la  vente  :  3o,ooo  flor.  monnaie  dc  conv. , 
ou  •20,000  ecus,  ou  8,000  livres  sterling;  on  78,000  francs. 
Moycnnanl  surctes  suflisantes ,  le  paieincnt  pourra  se  faire  aussi 
a  tcrmes. 

On  voudra  bicn  s'adrcsscr  au  soussigne  pour  les  renscigncmens 
ullerieurs.  C'cst  aussi  de  lui  qu'ou  pourra  avoir  des  copies  du 


Mmeralogie. 


3^ 
depuis  la 


catalogue  allemand  des  pieces jointes  a  la  collection, 
publication  de  la  description  de  M.  Mohs. 

Vienne  ,  ce  12  juin  1824. 

D"^.  Joseph  Guillaume  Waagner,  Hohenmarkt,  n".  5i  1 ,  3".  etage 

Premiere  Classe. 

Substances  acidiferes. 

Acide  boracique. 
Cliaux  caibonate'e. 
Anagotiite. 
Cliaux  pliosphate'e. 

»     fluali'e. 

)>     sulfatc'e. 

»     anhydro-sulfate'e. 

»     arseniate'e. 
Baryte  sulfate'e. 

)i     carbonatee. 
Strontiane  sulfate'e. 

)'  carbonatee, 

Maqiiesie  sulfate'e. 

»  boiale'e. 

Cliaus  bnrate'e  siHceuse. 
Magnesie  carbonatee. 
Silice  fluatc'e  aluraineuse. 
Soude  sulfate'e. 

»     muriate'e. 

»     carbonatee. 
Aminoniaque  niuriafee. 
Alumine  siilfatee  alcaliue. 

»  fluatce  alcaline. 

Glaube'rite. 

DtuxiEME  Classe. 

Substances  teireuses. 

Quartz. 

Zircon. 

Corindon. 

Cymophane. 

Spinelle. 

Wavellite. 

Emeraude. 

Kiiclasc. 

Grenat  ct  Aploni. 

Kssonile. 

Anipliigene. 

Unerase. 

IMi-iniiite. 

IV  I, Is  pal  I,. 

ApopliylJite. 


1893 

Tripliane. 

4 

Petalite. 

1 

Axinite. 

7 

I 

Tourmaline. 

»3 

374 

Amphibole. 

80 

45 

Pyroxene. 

5i 

53 

Yenite. 

("► 

124 

Stanrotide. 

13 

6l. 

Epidote. 

25 

10 

Hypersthene. 

8 

•X 

Werne'rite. 

1 

7S) 

Parantbine. 

21 

4 

Diallage. 

10 

26 

Antliopbyllite. 

1 

4 

Gadolinite. 

3 

4 

Lazulite. 

i3 

9 

Mesotype. 

38 

5 

Stilbite. 

34 

1 1 

Laumouite. 

2 

4t 

Sodalite. 

3 

I 

Prehnite. 

•9 

36 

Chabasie. 

9 

3 

Analcime. 

'9 

3 

Nepbejinc. 

I 

3 

Hurmotome. 

7 

4 

Peridot. 

I 

Mica. 

47 

Finite. 

10 

Distbene. 

i3 

Dipyre. 

4 

Asbcste. 

'9 

Talc  ,  Serpentine  ,  etc. 

73 

5()i  ■ 

-Made. 

9 

35 

74 

yippcndicc. 

6 

1 

Allocbroile. 
Allopbaue. 

I 
I 

44 

Alumine  [.ure. 
Amiantbdide. 

1 
3 

^9 

Conile. 

1 

5 

Feldspatb  ap\  re. 

13 

a 

l.llni. 

3 

•J  3 

(jabronile. 

1 

2 

Gcblenile. 

3 

io3 

Ilelvinc. 

;; 

'i 

Jade. 

7 

itiga 

3566 

2« 


Mineralogie. 


jOi[} 


1566 

36a5 

Inilianite. 

a 

Plomb  molybdale. 

4- 

Ivirpholife. 

I 

»     sulfate. 

5 

Liilialile 

I 

Nickel  natif. 

3 

l.aziilit  dc  Werner 

1 

»     arsenical. 

1  .2 

J'iorolile. 

I 

»     o.tide. 

3 

Pierre  d'alun. 

1 

Cuivre  uatif. 

43 

»       grasse. 

4 

»     pyrileus. 

3.S 

Spatli  de  glace. 

I 

«     gris. 

ai 

«      en  tables. 

4 

»     sulfure'. 

ao 

S[)inthcre. 

I 

))     oxidulJ. 

47 

Triclasite. 

1 

)>     muriate'. 

5 

Scliistcs  et  arciles. 
La^  e  perle'e  ,  lave 

Go 

»     carbonate  bleu. 

39 

obsidienne 

»              »           vert. 

4'' 

ponce,  etc. 

38 

»     hydrate  silicifere. 
»     arsiiniate. 

1 1 

34 

Troisieme 

Classe. 

»     dioptase. 
))     phosphate. 

■2 

G 

Substances  conthiistibles. 

Per  natif. 

3 

App.  Pierres  mctooricjues. 

Id 

.Soiifre. 

i8 

Fer  oxidule. 

33 

Diamant. 

6i 

«     oligiste. 

6i 

Anthracite. 

II 

»     arsenical. 

26 

Graphite. 

8 

»     sulfure  jaune. 

n3 

liitiime. 

i8 

»          »       blanc. 

•23 

Ilouille. 

y 

»     oxide'. 

58 

.I.iyet. 
Siiccin. 

3 

)>          ))     carbonate. 

i5 

i6 

))     pho<;phatc. 

I 

ftlcllite. 

7 

App.  Calaite. 

Fer  cbromate'. 

3 

QOATRIEME 

ClassE. 

))     arscniate. 
Scoroiiite. 

5 
3 

Suhstanct'j  mdtalligues- 

Fer  sulfate. 

3 

Etain  oxide. 

69 

riatine  natif. 

9 

»     sulfure. 

3 

Or  nalif. 

iC4 

Zinc  oxide. 

'2 

Argent  natif. 

1 11 

»     carbonate. 

}>       antimonial 

I'l 

»     sulfure. 

58 

))      sulfiire'. 

56 

«     sulfate. 

I 

»       antiraonid 

sulfure. 

^5 

r.ismuth  natif. 

ao 

))       antim.  sulfure  noir. 

31 

»             sulfure. 

u 

»       muriate. 

a3 

»                  »         seli'nifiire. 

3 

IMercure  natif. 

3 

»                  »         plumbo-cu- 

))          argental. 

5 

prifcre. 

4 

»         sulfiire. 

36 

))              oxide. 

,7 

»         muriate'. 

3 

Cobalt  arsenical. 

H 

Plomb  natif. 

2 

»       gris. 

1 3 

))     sulfure. 

65 

>i       oxide  noir. 

8 

i)     oxide'  rouge 

4 

»       arscniate. 

30 

»     arseniatc. 

1 

Arsenic  natif. 

)3 

w     cliromatc. 

i8 

))         oxide'. 

5 

»     chrome. 

4 

i>         sulfure. 

3o 
46 

»     carbonate. 

83 

Mangani'se  oxide'. 

»      phos[ilialc 

56 

)'            pb'is|>bale. 

3 

V,                    >i 

arbcuilt  re. 

■i  1 

.\nliaiuiiii'  ri.ilif. 

7 

4^6'.i 


Botanique. 


47G6 

Anliniriine  siilfure. 

74 

"             oxide. 

4 

)>               »         sulfure. 

II 

Uraiie  oxitiule. 

6 

))     oxide. 

18 

l\Folyl)dtne  sulfure. 

10 

Titane  oxide. 

3t 

M       anatase. 

5 

49^5 


29 


4925 

Tifane  silioi'o-calcaire. 

27 

Sclieclin  fcrnigine. 

12 

»         calcaire. 

27 

Tcllure  natif. 

5<? 

Cerium  oxide  silicifere. 

2 

Allanite. 

3 

Chrome  oxide'. 

I 

5o47 


BOTANIQUE. 

29.  Dk  fatis  et  pROGRF.ssiRCS  rei  lierbarise,  imprimis  in  imperlo 
Rutheno.  Auct.  Hoffmann.  In-8.  cum  fig.;  lithogr.;  Mosco- 
vias;  iSaS. 

Les  souverains  de  Russie ,  depnis  Paul  I^"^,,  out  tous  etc  grands 
protecleurs  des  sciences.  lis  firent  pnrcourir,  par  les  savans, 
Ifur  empire  dans  toutcs  les  directions.  Sous  Pierre  I*^"^.,  Mcsser- 
stlimidt,  de  Dantzick ,  fut  le  premier  qui  fit  un  voyage  en  Siberie 
pour  les  progres  des  sciences.  Le  medecin  G.  Schober,  visita 
les  rives  du  Wolga  et  les  cotes  de  la  mer  Caspienne.  Chr.  Bux- 
baum,  membre  de  I'academie,  etendlt  ses  recherches  au  dela  de 
la  mer  Noire  et  dans  I'Asie-Mineure.  L'imperatrice  Anne ,  plus 
jalouse  de  cultiver  son  empire  et  de  connaitre  tous  les  tresors 
de  la  nature  que  de  I'etendre,  envoya  Traugott  Gerber,  admi- 
nistrateur  du  jardin  botanique  de  Moscou,  aux  bords  du  Don 
et  du  Wolga,  aux  montagnes  d'Orenbourg  et  de  la  Tartaric; 
niais  plus  importante  encore  etait  I'ambassade  que  l'imperatrice 
envoya  au  Kamtchatka  et  aux  coles  de  I'Amerique,  sous  le 
commandement  du  faraeux  navigateur  Vitus  Bering,  Danois , 
qui  flit  accompagne  des  naturalistes  J.G.  Ginelin  etEtiennelvras- 
clienninikow.  Cinq  annees  apres  Etienne  et  W.  Steller,  de  Wein- 
slieim,  en  Franconie,  vislterent  la  baie  d'Aveatcha  et  les  cotes 
nord-ouest  de  I'Amerique,  d'oii  ils  rapportcrent  des  collections 
fort  interessantcs  de  plantes.  Gmelin,  G.  F.  Miiller  et  L.  de  I'lslc 
de  la  Croyere,  firent  ensuile  un  voyage  en  Siberie,  dans  les  annecs 
1734  a  1743.  —  Sous  le  regne  de  Timpcratrice  Catherine,  de 
nouveaux  voyages  furent  entrepris  dans  I'Asie  du  nord  et  dans 
toutrempire  de  la  Russio,  par  P.  S.  Pallas,  .1.  P.  Falte,  I.  A.  Giil- 
dtii.stedt,  .T.  G.  (ieorgi,  J.  Leprchin  et  Cli.  L.  Hablizl.  Les  flores 
de  Siberie  ct  des  monfs  Altai  furent  ciirichies  par  un  Sucdois 


So  Boianique. 

nomme  Eric  Laxmann ;  cellc  de  Livonie  ,  par  Grindel ,  Gerraann 
et  Driimpelmann ;  celle  de  Saint-Petersbourg,  par  Sobolewsky, 
Leboschiitz  et  Trinius  ( un  des  plus  savans  agrostograplus  de 
nos  jours);  celle  de  Moscou,  par  Stephen,  Martius,  Adams, 
Fischer,  Goldbach  et  Steven.  Le  Caucase  fat  visile  plusieurs 
fois  par  Fr.  de  Bieberstein,  dont  la  Flora  taurico-caucasica  est  un 
chef-d'oeuvre.  D'autres  savans  botanistes  ont  consigne  leurs  re- 
cherches  relativeraent  a  celte  flore  dans  les  Mcinoires  de  la 
Societe  d'histoiie  iiaturelle  de  Moscou  :  ce  sont  MM.  Londes  , 
de  Yietinghof,  Haas,  Wilhelins,  Parrot,  Engelhardt,  etc.  Des 
jardins  botaniques  sont  entretenus  avec  grand  soin  a  Abo  en 
Finlande,  a  Casan  ,  a  Charkov*',  a  Gremenecz  en  Volhynie,  a 
Dorpat,  a  Moscou  ,  a  AVilna  ,  a  Varsovie,  a  Saint-Petersbourg, 
etc.  Parmi  ceux  de  cette  derniere  ville,  se  distingue  celui  de 
Pawlowsky,  oii  Ton  trouve  les  planles  les  plus  rares  des  con- 
trees  les  plus  eloignees,  rapportees  par  les  navigateurs  russes 
modernes  ,  c'  dont  le  catalogue  sera  })ublie  sous  peu.  (  Journ. 
dela  Liti.  itr.,  mai  1824?  P-  i3o.) 

29  his.  HlSTOIUE  DES  PLANTES    LES  PLUS  REMARQUABLES  DU  BrESIL 

ET  nu  Paraguay,  comprenant  leurs  descriptions  et  des  disser- 
tations sur  leurs  rapports,  leurs  usages ,  etc. ;  par  M.  Auguste 
de  St.-Hilaire  ,  i""".  et  2^.  livr. ;  un  cahier  in-4".,  de  19  f. 
-J  ;  pi.  8  pi.  gravees ,  dans  lequel  se  trouve  une  introduc- 
tion de67  p.,  contcnant  I'abregi';  des  voyages  de.  I'autcur. 
Prix  ,  16  fr.  ,  papier  velin  3o  fr.  Paris;  1824  ;  Belin. 

Nous  rendrons  incessamment  compte  de  cet  ouvrage. 

3o.  IcoNES  SEi.ECTx  PLANTARUM  ,  cdita!  a  Benj.  Dei.essert,  ara- 
denaise  scicntiaium  socio  honorarlo ;  T.  II.  Parisiis  ;  1823. 
(  Voy.  le  Bull. ,  t.  2 ,  p.  247. ) 

C'est  un  devoir  pour  les  redacteurs  de  ce  Bulletin  de  reniirc 
compte  indistincteiuent  des  ecrits  scienlififiucs  qui  se  publicnt 
tons  les  jours.  Co  devoir  est  penlble  ,  nous  no  saurions  le  difsi- 
muler,  quand  nous  somuies  obliges  d'analyser  des  ouvrages  qui 
n'auraient  jamais  du  sortir  du  portcfeuille  de  leurs  auteurs,  ct 
<jiii,  loin  d'etre  profilables  a  la  science,  lendraient  plutot  a  en 
relardcr  les  progics  par  la  confusion  que  trop  souvent  i!s  y  in- 
iroduisent.  Mais  combien  ne  sommes-nous  pas  dcdommages  de 
CCS  degouts,  quand  nousavons  a  aunoiiccr  un  de  ccs  livrcs  utile* 


Jmtanique,  3t 

.nuxqnels  nous  ne  s;»urions  donner  que  des  t'-loges!  Nous  avons 

♦^prouvii    cette   douce    satisfaction    lorsquc    nous   avons    rendu 

compte  du  premier  volume  des  Icones  de  M.  Delessert ,  et  nous 

I'eprouvons  encore  aujourd'hui  en  annoncant  le  second  volume. 

Non-seulement  ce  livre  sera,  pour  Ics  bibliotheques  des  amateurs 

un  ornament  precieux  sous  le  rapport  de  I'art ;  mais  il  en  est  peu 

que  le  naturaliste  puisse  consulter  avec  autant  de  fruit,  puisqu'il 

en  est  peu  qui  retracent  Ics   formes  des    plantes  avec   autant 

d'exactitude,  et  qui,  par  consequent ,  meritentplus  de  confiance. 

M.  Delessert  a  suivi,  pour  le  second  volume  de  son  ouvrai^e,  le 

meme  plan  que  pour  le  premier;   il  I'a  ratlache  de  la  meme  ma- 

niere  au  Systcina  vegetaiiliutn  de  M.  Decandoile  ,    et  les  families 

qu'embrasse  ce  second  volume  sont  celles  qua  traitees  le  savant 

professeur  de  Geneve  dans  le  deuxieme   tome  de  son  ouvrage. 

Ainsi  ces  deux   livres,  se  pretant  un  mutuel  appui,  presentent 

peut-etre  le  plus  bel  ensemble  qu'offrent  les  sciences  naturelles. 

Puisse  M.  Decandoile  continuer  a  clever  cc  magnifique  edifice, 

et  meme,  s'il  le  fallait ,  rcnoncer  a  d'autrcs  Iravaux,  plutot  que 

de  le  laisser  imparXait ! 

Les  Berbtrulees  sont  la  premiere  famille  que  Ton  trouve  dans 
le  second  volume  des  Icones.  Quatre  especes  apparlenant  a  cette 
famille  ont  cte  figurees,  Xa  Berberls  a.siatica  ,  le  Beiberis  tincto- 
■rla  ffue  M.  Delessert,  dans  le   texte  qui  precede  les  gravures, 
crolt  devoir  rcunir   a   la  precedente  espece  ,  le  Mahonia  fasci- 
cularis,    et    le  Mahonia    Napaulensis.    La  famille    des    Njm- 
pheacees  a  fourni  deux  figures,   celles  du  Nymphcea  reniformis 
et   du  Nupluir  Japonica.  Le   Papaver  setigcrum  et  le   Rccmcna 
refracta  sont  les   plantes    qui  ont    etc  figurees   parmi  celles  du 
groupe  des   Papaveracecs.    Dans    la  famille  des  Fumariacees , 
nous    irouvons  le  Cor)cMis  pauciflora ,  \t  Dicljtra  tenuifolia, 
el  le  Corjdalis  Marschalliana.  Bicn  plus  nombreuse,  la  famille 
des  Crucifercs  a  fourni  go  figures  qui  apparliennent  aux  genres 
Mathiola,    Cheiranthus  ,    Nasturtium,    Notoceras,  Barbarea  ^ 
Stevenia  ,  Braya  ,  Jrabis  ,    Cardamine ,    Dcntaria  ,    Farsetia  , 
Vesicaria ,  Schiwerechia ,  Alyssuni ,  Meniocus  ,  Peltaria ,  Draba  , 
Cochlearia,  Thlaspi ,   Eutchinsia  ,   Iberis ,  Biscutclla  ,  Menon- 
*>illea,  Cakilcy  Chorispora  ,    Malcoiiiia,  Hcspcris,  Sisymbrium, 
Erysimum  ,    Leptaleum  ,    Camelina ,    Sencbicra  ,    Lcpidium, 
OEthionema,  Isatis,  Sobolewskia,  Goldbachia^Anchonium,  StJ- 
rigma  ,  Brassica  ,   Sinapis  ,  Diplotaxis  ,   Crambc  ,  Didesmus  , 
Enarthrocarpus ,  Rap/ianus ,  Erucaria,  Heliophila,  Brachycitr- 


5  2  Botnniquc. 

pea.  Dire  que  ces  figures  ont  ctii  dcssinecs  par  M.  Turpln ,  c'est 
assez  en  faire  I'eloge.  Lcs  especes  qui  ont  cte  figurees  sont  celles 
qui  prescntcnt  les  caracteres  les  plus  remarquables  ,  celles  qui 
offrent  quelques  singularitcs ,  celles  enfin  qui  donnent  la  plus 
juste  idee  du  genre  auquel  elles  appartiennent.  Nous  ne  croyons 
pouvoir  mieux  faire  enfin  que  de  terminer  cet  article  en  emet- 
tant  le  vocu  que  nous  forinons ,  celui  de  voir  I'ouvrage  de  M.  De- 
lessert  figurer  dans  toutes  les  blbllotlieques  publiques ,  dans 
celles  des  amateurs,  dans  celles  enfin  de  tons  les  naturalistes  qui, 
par  leurs  moyens,  seraient  a  meme  dc  I'acquerir. 

Aug.  de  St.-Hil. 

3i.  Palmarcm  FAMiHA  cjusque  genera  denuo  illustrata,  auct.  D. 
Martius  ,  1l^  pi.  in-Zi". ;  Munich  ;  182/i. 

M-deHuinboldtapeintaved'elegancequilui  estpropreles  dif- 
ficultes  qu'ont  rencontrees  tous  les  voyageurs  lorsqu'ils  ont  voulu 
etudieretrecueillir  des  palmiers.  Quelquenorabreux  qu'en  soient 
les  genres,  ce  nombre  n'a  cependant  point  effraye  M.  Martius, 
et  les  botanistes  doivent  lui  savoir  gre  de  ses  efforts.  Malgre  la  rapi- 
diteavec  laquelle  il  a  parcouruenAraeriqueune  immense  etendue 
de  pays  ,  il  a  su  reunir  un  tres-grand  nombre  de  palmiers  ;  de- 
puis  son  retour  en  Europe  il  a  eu  communication  de  ceux  que 
renfermcnt  plusieurs  Lerbiers  tres-importans  et  il  se  propose  de 
publier  une  monographic  gencrale  de  cette  belle  f.imille. 

Le  memoire  que  nous  annoncons  aujourd'hui  est  en  quelque 
sorte  le  prelude  de  ce  travail.  L'auteur  commence  par  y  tracer 
les  caracteres  des  palmiers;  il  fait  connaitre  les  differentes  epo- 
ques  de  leur  developpement ,  il  indique  les  lieux  qu'ils  habi- 
tcnt  et  dit  qticlques  niols  de  leur  histoire.  On  lira  avec  interet 
toute  cette  parlie  du  travail  de  M.  Martius,  et  on  trouvcra  ce 
savant  d'accord  avec  lcs  ecrivains  les  plus  exacts.  Plusieurs  bota- 
nistes auraient  desire  qu'il  eut  substituc  des  periphrases  a  quel- 
ques expressions  inusitees  et  dont  le  sens  est  peu  facile  a  saisir, 
telles  que  celles  -  ci  Embryo  sub  gerininalione  adinotk'd  cccno- 
pus ;  mais  nous  ferons  observer  que  l'auteur,  s'etant  trace  dans 
son  programme  un  cadre  Ires-refreci,  a  dii  necessairenient  viser 
a  la  concision  ;  il  developpcra  certainement  dans  son  travail  ge- 
neral les  idees  qu'il  ne  fill  qu'indiquer  ici,  et,  pouvant  s'elendre 
davantage  ,  il  cvitera  des  expressions  qui  peuvent  avoir  leur 
liUTJIe  ,  mais  avec  lesquclles  on  n'cst  point  familiarise. 

M.  Murlius  divise  les  palmiers  en  six  .sections  qui  sc  nuancent 


Botanique.  55 

par  des  degradations  insensibles ,  ct  il  a  suivi  I'exemple  de  plu-* 
sicurs  botanistesmodernes  en  indiquant  chaqiie  section  parune 
denomination  particuliere.  Plusieurs  savans  se  sont  eleves  contre 
I'usage  ,  qui  s'est  introduit  depuis  quelque  temps,  de  donuer  des 
Uoms  aux  divisions  des  families  et  des  genres;  et  lout  recemment 
encore  M.  de  Humboldt  a  fait  senlir  combien  cette  innovation 
pouvait  nuiie  a  I'elude  de  la  zoologie.  Mais  I'ancien  systeme  de 
nomenclature  est  si  simple  et  si  beau  que  la  force  merae  des  clioses 
le  rend,  du  moins  pour  la  botanique,  en  quelque  sorte  inebranla- 
ble;  personne  nc  lit  et  iie  clicrclie  a  retenir  les  noms  particuiiers 
des  tribus ,  des  sections,  des  sous -genres,  etc.;  des  lors  ils 
n'ont  aucun  inconvenient  et  doivent  eire  consideres  simplement 
comme  ces  moyens  de  mncmonique  destines  a  aider  les  auteurs 
dans  leur  propre  travail. 

Les  anciens  genres  de  palmiers  dont  M.  Martius  donne  les 
caracteres  sont  au  nombre  de  Sy,  savoir :  Chnmedorea  Willd. 
Thrinax  L.F., iVrAfl/ Ad.,  Licuala  Runiph.,  Morenia  R.  et  P., Rha- 
/jmL.F.,  Chamoerops  L.  F.,  Lkistona  Br.,  Cory/ JiaL.,  PhceiiixL., 
Mauritia  L.  F.,  Calamii.i'L.,  Sai;its  Rumph.,  Ncpa  Rumpli.,  Boras~ 
sus\..,  Lodo'icea  Com.,  LntaninCom.,  Hrphcene Gairin.,  Geonoma 
Willd.,  Ptychosperina  Labili.,  Kunthia  lirimb.,  Areca  L.,  Euterpe 
Gxrl. ,  SeaJoTt/na  Br., Liartea  R.  et  P.,  ff'alU(hiaBoxh.,Carjota 
L.,  EUicisiacq.,  Elate  Ait.,  CocusY,.,  Jubcea  Kuntli.,  Batris  Jacq., 
Martinezia  R.  et  P.,  Artrocarjum  Meyer.,  Attalea  Kunth.,  Areii" 
Labili.,  Muricaria  Gajrtn. 

Les  genres  iiidiqucs  comme  nonveaiix  sont  d'abord  : 
Taliera.  Hermaphr.  Spathre  pliirima;  ,  incompletce  ,  vagce ; 
flores  sessiles;  calyx  Z-fldus ;  cor.  '^-petala ;  stain.  6,  hasiin  cu- 
piilam  injrii  pislilla  coimata ;  ovaria  3  intiis  cohce.rcntia  ;  stylus 
brevis  ;  stigma  indistinctum  ;  bacccc  "i-raro  omnes  maturescentes 
i-spennce;  alb.  cavurn  ;  embryo  verticalis. 

Lepidocaryum.  Polygamo  dioicum.  Spadix pluribusspathis  in- 
completis  vaginatus.  Flores  in  amentis  compressiusculis  distichi 
spatliellati.  Calyx  campanulatus  ore  obiter  'i-denticulato.Cor.  3- 
petala.  St.  6.  Hermaphr..  c«/}'x/««.y.  Cor.  \-petala  "i-fida.  Stam. 
uti  in  masculis.  Stig.  3  connata,  linearia,  erecta.  Bacca  tessclalo- 
corlicata,  i-sperma.  Embryo  lateralis  infossd uinbiilculicirculari. 
Nous  regrettons  de  ne  ponvoir  donncr  ici  les  caracteres  do 
tous  les  genres  dont  M.  Mr.rtius  enncliit  la  famille  des  Pal- 
miers, mais  les  bornes  de  ce  Bulletin  ne  nous  Ic  permeltrnt 
P.  Tome  III.  3 


34  BoUmiqiic. 

pas,  ct  noHs  snmmes  reduits  a  en  signaler  les  noms  :  LeopolJi- 
nia,  Hyosjmt/ie,  OEnocarpus,  Sjagrns ,  Maxirniliarin,  Diplothe- 
miuin,  Desmoncu.f ,  Guiliehna,  Actvcomia.  Par  les  deux  de»rrip- 
tions  qne  nous  avons  citees  ,  on  voit  que  M.  Martius  appelle 
eorolle  les  3  divisions  interieures  de  I'enveloppe  florale.  Son  opi- 
nion n'est  pascellede  Jussieu,  Desfontaines  ,  Brown  ,  Kunth  ,  etc. 
Mais  M.  DesvauT  a  deja  cherche  a  deinontrer  qu'il  fallait  s'ex- 
primer  comme  I'a  fait  le  savant  Bavarois;  et  sans  adopter  pre- 
cisement  la  meme  idee,  M.  DecandoUe  a  cependant  consigne 
dans  ses  ouvrages  un  fait  qui  lui  est  favorable.   Aug.  de  St.-Hil, 

32.  MoNOGRAPHiE  Du  GF.NRF,  sPiRyEA,  prcccdee  de  quclques  con- 
siderations sur  la  famille  des  Rosacees,  par  M.  J.  Cambkssedes. 
(  Annates  des  Sciences  naturelles  ,  mars  et  avril  1824,  pag. 
225  et  352.) 

Nous  ne  rappellerons  pas  ici  les  avantages  que  la  science  re- 
tire des  monograpliies ,  leur  utilite,  et  le  plaisir  qu'ellcs  ])rucu- 
rent  a  ceux  qui  s'en  orcupent.  Tout  le  monile  est  d'accoril  sur  ce 
point,  et  chacun  voit  avec  ])laisir  apparaiire  un  de  ces  travaux 
qui  d(  brouille  le  chaos  ou  certain  genre  est  plongc.  Celui  que 
nous  annon^ons  marque  le  debut  d'unjpune  botaniste  dont  nous 
avons  pu  apprecier  le  zele  et  le  merile.  Ind)u  des  principes  de 
]a  vraie  philosophic  de  la  science,  fortifie  des  conseils  de  bola- 
nistes  ceiebres,  auxquels  il  presente  .sou  tribut  de  reconnais- 
sance, M.  Carabessedes  ne  se  borne  pas  a  decrire  une  seric  d'es- 
peces.  II  commence  par  donner  un  elal  sommaire  des  connais 
sances  que  Ton  possede  sur  la  famille  des  Rosacees.  II  expose  la 
structure  de  cliacune  des  tribus  qui  la  composent,  contestant 
aux  savans  habiles  qui  les  ont  trailees  ,  la  jnslesse  de  certains 
points  d'observation.  C'est  ainsi  qu'en  parlant  des  Pomacees  ,  il 
fait  voir  que  le  genre  Cydonia  fait  exception  au  caraclere  que 
feu  M.  Richard  et  M.  Lindley  ont  assigne  a  ce  groupe,  et  qui 
consiste  dans  Icurs  graines  ascendanles  ou  drcssees  et  collato- 
rales.  Celles  du  Cydonia  sont  au  nombre  de  10  environ,  clalees 
horizontalement  et  aiternes.  L'exann^n  de  plusieurs  genres  dc  Po- 
macees {Piirshia  Dec,  Photinia  Lindl.,  Cntnnvaster  L.  ,  Cydonia 
L. ,  ATaliis  L.,  Mespilus  L. ,  et  Craliegus  L.),  prouve  que  la  sou- 
dure  des  ovaires,soit  entre  cux,  soit  avec  le  tube  epaissi  du  ca- 
lice,  e.tl  s<»uvent  plu*  ou  moins  incomplete  ,  et  qu'eile  ne  peut 
ilrc  un  bon  caractere  generique.  En  consequence  il  propose  de 


Botaniquc.  55 

faire  rentrer  le  genre  Chcenomeles  Lindl.,  dans  le  Cydonia  L.,  ainsi 
que  I'avait  deja  fait  M.  Persoon.  A  peine  devra-t-on  conserver 
Y  Osteomeles  du  meme  auteur,  qui  nediffere  du  Mespilus  que  par 
ses  loges  uniovulees.  Enfin  VEriobotrja  sera  reuni  au  Pyrus  L. ; 
le  Raphiolepis  an  Photinia,  le  Cratcrgus  et  \eCotoneoster  au  Mes- 
pilus. II  ne  restera  done  dans  les  Pomacees  que  les  genres  sui- 
\xDs:  Purshia,  Photinia,  Mespilus,  Pyrus,  Cydonia,  Osteomeles  , 
Amelanchier  et  Chamcemeles. 

A  regard  des  autres  tribus  des  Rosacees,  les  lines  ont  occupe 
I'attention  de  plusieurs  botanistes ;  telles  sont  les  Pvoses  etles  Po- 
tentiil«5es;  les  autres,  comme  les  Sanguisorbees  et  les  Drapacees^ 
demandent  la  revision  des  observateurs. 

La  tribu  des  Splrees,  objet  special  du  mettioire  de  M.  Cam- 
bessedes,  etait  constituee  dans  le  Genus plantarutn  de  M.  de  Jus- 
sieu,  avec  les  genres  Spircea,  Suriana  et  Tetracera.  L'auteur 
renvoie  le  second  de  ces  genres  a  la  iS*^.  classe,  a  cause  de  ses 
petales  et  de  ses  diamines  liypogynes.  Le  Tetracera  a  ete  reuni 
aux  Dilleniacees,  et  les  genres  Purshia  et  Keria  oht  ete  places 
dans  les  Splrces  par  M.  Decandolle.  Nous  avons  vu  plus  haut  que 
M.  Cambessedes  faisalt  entrer  lexer,  dans  les  Pomacees.  Nous  par- 
lerons  bientot  de  remp/oi  que  notre  auteur  fait  du  Keria.  t\\ns\ 
le  genre  Spirwa  se  trouvcrait  le  seul  de  sa  tribu  ;  maisM.  Kunth 
(  Nova  genera  et  species  plant.  Jmer.,  iG".  fascic),  vient  de  lui 
adjoindreles  genres  Kajenechia  Ruiz  et  Pavon,  Quilaja,  Moli- 
na, Vauquelinia  ITunib.  et  Bonpl.,  et  Lindlcrm  Runtli. 

Jetant  un  coup  d'ail  general  sur  les  Splrees,  M.  Cambessedes 
decrit  avec  soin  leurs  divers  organes;  il  insiste  parliculierement 
sur  les  variations  que  Ton  observe  dans  I'epaisseur  des  parois 
Calicinales ;  il  en  devoile  la  veritable  structure,  et  examine  sur- 
lout  le  rebord  saillant  qui  se  voit  au-dessus  des  filets  des  eta- 
raines,  organe  auquel  il  donne  le  nom  de  disqne,  et  qui  prend 
toutcs  sortes  de  formes  dans  les  Rosacees.  Cet  organe  n'a  qu'une 
falble  importance  dans  le  groupe  des  Spirees  ,  puisqu'il  manque, 
on,  d'ailleurs,  se  presente  sous  des  formes  semblables. 

Le  nombre  des  ovaires  et  des  carpelles,  I'avortcnient  et  les 
formes  de  quelqiies-uiis  de  coux-ci  ,  la  position  et  les  formes  des 
ovules  et  des  graines,  sont  aulant  de  circonstances  qui  ont  exer- 
ce  la  sagacite  de  l'auteur,  et  lui  ont  fourni  des  observations  tres- 
rnrieuses. 

II  etablit  ensuite  les  differences  qui  distinguent  les  Spirees 


56  I^^nfniiiijiic. 

dans  Ics  autrcs  tribus,  mais  il  fiut  aussi  remarqiier  la  haison  de 
ces  tribus  entre  elles,  qui  necessitera  toujours  leur  agglomera- 
tion: puisque  ,  dit-il ,  les  points  de  contact  sont  tcls  ,  que  dans 
beaucoup  de  cas  on  est  tres-embarrasse  pour  fixer  les  limites  des 
diverses  tribus. 

La  division  que  Moencli  a  operte  du  Spircea  L. ,  en  plu- 
sietirs  genres,  avalt  d'abord  seiiible  exacle  a  M.  Cambessedes 
qui,  independaininent  du  port  dont  Mnenrli  s'etait  servi  pour  les 
diversifier,  y  avait  cru  trouvcr  descaracleres  dans  le  nombre  et 
rinspeclion  des  ovules.  Mais  des  observations  plus  multijiliees 
ont  fait  abandonner  a  I'auteur  cetle  premiere  idee,  et  il  n'a  fait 
des  genres  de  Mtench  que  des  sections  auxquelles  il  a  joint  le 
Keria  de  M.  Decandolle  (i). 

Nous  allons  enumerer  les  35  cspeces  qui  composent  le 
genre  Spircea,  sur  rhabitation  ,  les  proprietes  medicales  ,  les 
usages  economiques  et  I'histoire  chronologique  desquelies  ,  M. 
Cambessedes  donne  des  details  que  nous  ne  pouvons  transcrire 
ici.  Elles  sont  repartics  de  la  manieie  suivante  : 

Sect.  I*^'.  Spir.ea. — Subdiv.  i"^*^.  Fnitices  ,  folia  indivisa , 
exstipulata.  Discus  apice  liber.   Ovaria  libera. 

Spec.  23.  Spircea hypericifolia  L. —  S.acutifolin  AVilld. —  S.  ar- 
gentea  Mutis  et  Kunth. —  S.  thaliclroides  VMas.  —  S.obovata 
Waldst  et  Kit. — S.  crenata.  Pall. — S.alpina  Pall. —  .S'.  trilobata  L. 
■ —  S.  incisa  Thunb. — S.  chnmadrifolia  L.,  dont  M.  Cambessedes 
decrit  3  varietes,  a  Tune  desquelies  il  rappotte  le  S.  oblongifolia  de 
Waldst  et  Kilaibel. — .S.  rrt/?rt  AV'aklst  et  Kit. — S.  capitata  Pursli. 

—  S.flexuosa  Fisch.,  cultivee  au  jardin  de  Paris  sous  le  nom  de 
.V.  alpina — S.  betulifolici  Pal. —  S.  lce%'ignta  L.  — ■  S.  viagelhini- 
ca  Poir.  —  S.  salicifolia  L.  L'auteur  en  dcduit  3  varietes  sous  les 
nom^  d\dpestris ,  panicitldta  cX  UuifoUa.  A  cette  derniere  appar- 
tient  la  S.  carpinijolin  du  'Willdenow  et  Link.  —  S.  tomentosa  L. 

—  .9.  callosa  Tliunb. 

.Subdiv.  a.  Friite.v.  Folia  pinnatifida ,  stipulala.  Discus  totus 
rum  tuba  ccdycino  concrctus.  O^aria  5  coalita.  Cette  sous-divi- 
sion ne  renfcrmc  (ju'une  seide  espece,  Spircea  sorbifolia  L.,  dont 
M.  Cambessedes  decrit  unc  variete  A.  rt^;/A?c/,  deja  menlionneepar 
Pallas. 

(i,i  A  I'rxenipic  de  .M.  Desvaiix  ,  ce  iTcsl,  ijue  jjiovisoircmcnt  qii'il  a 
iL-uiii  ccini-ci  au.x  Sj>irees,  en  attendant  que  ses  graincs,  quinemClris- 
i>enl  pas  dans  les  jardins,  aieiif  ete  observe'es. 


BoUinique.  3  7 

Subdiv.  3.  Folia  suj/ra  decontposita.  Stipul(v  nullce.  Discus 
npice  liher  trassissimus.  Ovaria  libera.  Le  Spircea  aruncus  L. 
est  aussi  la  seule  e.spece  de  sa  sous-division. 

Sect.  II.  L'lmaria.  —  Les  genres  fUuiaria  et  Filipendula 
Moench  sont  ici  reunis  ,  et  ferment  uii  groupe  tres-naturel ,  ou 
I'anteur  place  les  especes  sulvantes  :  S/zinca  Jilipeitdula  L.  Var. 
vulgaris ,  minor  et  pubescens.  Cette  deriiiere  variete  a  ete  de- 
crite  coinme  tspece  distincte  dans  le  supplement  dc  la  Flore 
francaise.  — ■  S.  JJlinaria  L.  Var.  denudata  et  tomenlosa.  —  S.di- 
gitata  Willd.  ■ — ■  S.  lobata  Jacq.  —  S.  palinata  Thunb.  —  A". 
Kamtschatica  Pal. 

Sect.  III.  Physocarpos.  . —  La  Spircea  opulifolia  L.  constitue 
seule  cette  section ,  dont  le  principal  caractere  est  d'avoir  les  car- 
pelles  renfles  ,  six  fois  plus  grands  que  I'ovaire ,  et  doiit  le  peri- 
carpe  est  membranciix. 

Sect.  IV.  Gillenia.  • — •  Le  Spircea  trifoliata  L.,  erii,'e  en  genre 
par  McEncli ,  forme  ici  la  4"'  seclloii ,  a  laquclle  espece  M.  Cam- 
bessedes  reunit  le  S.  stipulata  de  Muhlenberg.  k 

Sect.  V.  Keria.  ■ —  Voici  le  point  le  plus  liligieux  de  la  mono- 
grapliie  des  Spirwa-l^ous  avons  dit  plus  haut  que  la  question  re- 
lative au  Keria  japonic  a  De  C.  (  Corchorus  japonicus  Thanh,  et 
"Willd. ) ,  ne  serait  decidec  que  sur  I'inspection  des  fleurs  simples 
tie  cette  plantc. 

Dans  ce  Iravail,  M.  Cambesscdes  ne  decrit  aucune  espece  nou- 
velle;  mais  ce  qui  nous  somLle  i)lus  ulile  quo  la  nouveaute  , 
I'est  rcclaircissemont  du  cliaos  dans  lequel  Jes  ancicniies  especes 
ctaient  j)longees.  Ses  descriptions  out  c'to  faites  avec  beaucoup 
de  details  et  de  soins,  et  pour  la  ])lupart  d'apres  des  echantillons 
authenliqnes  que  MM.  Jussleu,  Desiontalnes,  Delessert,  Kuntli , 
Gay,  Richard,  etc.  avaicnt  mis  obligtaniment  a  sa  disposition. 
Pour  faclliter  rintcUigence  des  caracteres  observes  principa- 
lemenl  dans  les  organes  dont  la  lenuite  est  extreme,  M.  C.  a 
accompagne  sa  monographic  de  3  planclies  lilhographlces  re- 
presentaiit  I'analjse  des  fleurs  tcllemcnt  grossies  qu'elies  n'ot- 
frent  plus  I'idce  des  fleurs  de  Spira-a.  C'est  pourquoi  on  au- 
rait  desin;  voir,  a  cd\.6,  le  dcssiu  de  I'inflorescence  ou  d'uu  petit 
ihyrsede  grandeur  naturellc.  Qualrc  planclies  en  cuivre  repru- 
sentent  les  Spircea  lanceolata  Poir. ;  Sp.  J/exuosa  Fiscli. ;  Sp.  be- 
tulifolia  Pal!.,  et  Sft.  stipulata  Muhl.,  (jui  n'avaieni  pas  C-\i  figu- 
res, ou  duut  on  ne  posscdail  pas  dc  bonnes  graviinvs. 

J.    A.   ('it   lll.hMI.N. 


5o  Botanique. 

33.    MoMOGRAPBIE    DU    GENRE    PYROLA  ,    par    M.     DaVIU    DoW, 

(  Mem.  of  the  JVern.  nat.  hist.  Soc. ,  T.  V,  p.  220.) 
II  existait  dcja  une  dissertation  sur  ce  genre  interessant ,  pu- 
Jjlieea  Leipzig  en  1821,  par  le  docteur  Justus  Radius,  ouvrage 
que  M.  D.  Don  ne  cite  pas  dans  le  texte  de  sa  Monographic  , 
mais  dont  il  parait  avoir  eu  connaissance,  puisqu'il  mentionne 
comme  synonymcs  quelques  noms  donnes  par  cet  auteur.  La  Mo- 
nographic que  M.  Don  presente  aux  botanistcs  ne  peut  certair 
nement  que  leur  etre  fort  agreable;  mais,  pour  que  les  descrip- 
tions soient  completes,  il  faudra  necessairement  qu'ils  lui  adjoi- 
gnent  le  liavailde  M.  Justus  Radius. 

L'auteur  s'occupe  d'abord  des  affinites  naturelles  du  Pyrola. 
A  limitation  de  la  plupartdes  auteurs,  il  le  place  dans  la  famille 
des  Ericinees,  et  il  fait  voir  que  le  groupe  des  IVIonotropees  j 
forme  par  M.  Nuttall ,  et  ou  ce  botaniste  a  place  \e  Pjrola, 
ne  sauralt  rester  ainsi  constitue,  quoiqu'il  avoue  que  ce  rappro- 
phement  soit  vrai  en  plusieurs points;  maisle  mode  de  dehiscence 
des  antheres,  dans  les  divers  genres  de  Monotropees,  s'oppose 
a  ce  qu'on  les  reunisse.  Les  antheres  en  effet  du  Pyrola  s'ou- 
Trent  par  des  pores  situes  au  sommet,  tandis  que  dans  les  genres 
Monotropa  et  Pterospora ,  elles  s'ouvrent  par  des  fissures  trans- 
verses  ou  longitudioales. 

Les  especes  de  Pyrola  forracnt,  selon  M.  Don,  un  groupe  fort 
paturel ,  qu'il  separe  en  deux  divisions,  subdivisecs  elles-memes 
cn  sections.  Dans  la  premiere,  qui  est  caracterlsce  par  les  bords 
des  valves  de  la  capsule,  garnis  d'un  colon  fln.serrti  et  dehiscent 
par  la  base,  par  ses  fcuilles  alternes  et  par  ses  fleurs  en  grappes  , 
se  rangent  la  plupart  des  e>peces.  La  seconde  comprend  celles  ou 
les  valves  des  cajisules  ont  leurs  bords  non  cotonneux,  et  dehis- 
cens  par  le  sommet,  les  fcuilles  terneesou  vertlcillecs,  et  les  fleurs 
solitaires  en  corymbes  ou  en  ombelles.  C'est  cette  derniere  divi- 
sion que  Pursh,  Nuttall  et  Radius  ont  elevee  au  rang  de  genre 
sous  le  nom  de  Chimaphila  ou  C/iiinophila.  Le  port  particulier 
de  ccs  dcrniercs  jilanles,  quelques  caracteres  qui  scmblcnt  d'a- 
bfird  assez  ^loignes  do  ccux  qu'on  trouve  dans  les  aulres  pyroles, 
indiquent  leur  s(5paration  d'aveccelles-ci;  cependant,  M.  D.  Don, 
observant  que  ccs  caracteres  s'evanouissent  en  les  coraparant 
dans  quelques  plantes  des  deux  groupes,  a  pr^ferc  ne  faire  des 
^himaphila  de  Pursh,  qu'une  simple  division  du  genre  Pyrola. 
Les  Pyrolcs,  particuliercs  a  rhcmisphore  boreal  ,  n'y  sont  pa^ 


Boi  unique.  5g 

rpsserr^ps  dans  de  petites  regions,  car  On  en  tiouve  presque 
partoul  bur  les  coiilini'ns  de  I'Asle ,  de  I'Europc  et  de  TAmerique. 
Celles  de  la  zone  teniperee  se  plaisent  davantage  dans  les  con- 
trees  montiienses  et  boisees. 

Apres  avoir  donne  les  gem  ralites  dont  nous  venons  de  faire 
un  court  resume ,  M.  D,  Don  presente  sa  Monographic  ecrite 
enlierement  en  langue  latine.  II  expose  en  tele  le  caractere  ge- 
ncrique ,  puis  un  tableau  des esptces,  qu'il  fait  suivre  de  I'histoire 
detaillee  de  relles-ci.  Leur  nombre  est  peu  considerable;  il  s'e- 
levo  a  quinze,  que  nous  allons  enumerer,  en  nous  arretant  seu- 
lement  a  celles  qui  sont  absolument  nouvelles. 

Pyrola  Tournef.  Linn,  et  Jussieu. 

ire.  Division.  —  i"^^.  Sect.  Etamlnes  ascendantes;  style  de- 
cline, plus  long  que  les  petales;  stigraate  annule;  harapes  dres- 
sces;  fleurs  campanulees,  en  grappes  pendanles  ,  les  fleurs  rare- 
men  t  tournees  du  ineme  cole. 

1.  Pjro/a  rotundifoUa  L.  ■ — M.Don  ne  cite  que  comme  un 
simple  synonyme  le  P.  grandiflora  Radius  ,  espece  que  celui-ci 
avail  etabiie  sur  une  plante  recoltee  au  Labrador,  et  qui,  selon 
son  auteur,  differe  du  P.  rotundifoUa  par  ses  fleurs  beaucoup 
plus  grandes,  et  par  son  style  plus  court  que  la  corolle. 

2.  /••.  asarifolia  Micbaux. 

3.  P.  chlorantha  Swartz.  Cette  espece  parait  avoir  et^  con- 
fondue  avec  la  precedente  par  M.  Radius. 

4.  Pyrola  occidental  is  Brown.  In  Herb.  Banks. 

Cette  nouvelle  espece  croil  dans  I'ile  Sledge,  sur  la  cote  occi- 
dentale  de  I'Amerique  du  nord.  Voici  sa  phrase  specifique  : 
P.foliis  subrotundis,  mernbranaceis,  obsolete  denticulntis^petiolo 
simplici  duplb  longioribus  ,  racemo  paucijloro ,  laciniis  calycims 
oblongis,  obtusis,  stigmatis  disco  5-lobo.  Cette  Pyrole  ressemble 
par  le  port  au  P.  minor;  mais  elle  est  beaucoup  i)lus  petite  et 
possede  des  c  aracteres  differens.  EUe  ne  pent  non  plus  etre  coa- 
fondue  avec  le  P.  chlorantha. 

5.  P.  eliipticu  Nultall. 

6.  P.  dentata  Smith,  in  Rees"  Encyclopced. 

7.  P.  picta  Smith  ,  loc.  cit. 

8.  P.  aphylla  Smilh ,  loc.  cit, 

a*.  Section.  Etaraines  drcssees  ,  inflecliies  vers  le  pistil;  style 
plus  long  que  les  petales ;  si  igmate  non  annule.  Hampes  dress»€&  ; 


4o  Boiaiiique. 

fleurs  en  grappes  capit^es,  pendantes  ct  penalises  dans  Ions  les 

sens.  Cette  section  ne  contient  que  l'es]H'ce  snivante. 

9.  P.  media  Swartz.  On  i'a  souvent  con  fondue  avec  le  P.  ru- 
tuiidifolia  ;  mais  S-\varfz  en  a  bien  etabll  la  distinction,  tant  j)ai- 
tine  escellente  description  que  par  une  figure,  inser^e  dans  les 
Actes  de  Stockholm  pour  1804.  M.  Radius  I'a  aussi  figuree  (Dis- 
sert., tab.  3,  fig.  I),  niais  il  est  a  regretter  que  son  dcssinateur, 
non-seulement  ait  donne  une  lithograpliie  dont  les  liaifs  sont 
fort  grossiers;  mais  ce  qui  est  plus  lacheux  et  ce  dont  M.  Radius 
est  le  premier  a  se  plaindre ,  c'est  qu'il  ait  alfcre  la  verite  des 
caracteres  en  faisant  ovales  et  obtuses  les  divisions  du  calice. 

3^.  Section.  Examines  dressees;  style  droit;  stigmate  non  an- 
nule.  Hampes  dressees;  fleurs  pemlantos  en  grappes. 

10.  P.  minor  L.  A  cette  espt'ce  M.  Don  reunit  le  Pyroln  rosea 
de  VEnglish  Botany^  espei:e  adoptee  par  IVI.  Radius. 

11.  P.  sccunda  L. 

2*.  Division. — 1'«.  Section.  Petales  ouverts  ;  efamines  etalees, 
rapprochees  par  paircs  ,  et  opposees  aux  pelales ;  j)istil  droit. 
Feuilles  ternees;  hampes  uniflores. 

12.  P.  unijlora  L.  Seule  capece  de  la  section. 

2^.  Section.  Petales  reflecliis;  diets  des  etamines  stij)itcs  ou  sou- 
tenus  par  des  supports  dilates  et  membrancux  superieuremcnt ; 
antheres  tubuleuses  s'ouvrant  par  des  I  rous  cllipllques;  slvle  Ires- 
court;  sligtnale  orbicule.  Cetle  section  forme  le  genre  Ckiinn- 
phila  de  Pursh;elle  contient  les  3  cspcces  suivanlcs  : 

i3.  P.  umhellata  L. 

\t\.  P.  maculata  L. 

i5.  P.  P.  Mcnziesii  Broyvn,  in  Herb.  Banl.s. 

Voici  la  phrase  specifique  de  cette  nouvelle  espeic  rapportee 
par  Mcnzies  de  la  cote  occidcntale  de  TAmerique  da  nord.  P. 
folds  altcrnisternisvclanceolatis,acHminatix,setratis,discoloribus^ 
pcdunculo  glabra,  bijforo,  bracteolis  late  rotiindatis,  laciniis  ca- 
lycinis  cllipticis,  acutis,  stylo  distincto. 

On  rcgrottera  peut-etre  que  cette  monograiiliie  no  soit  pas 
accompagnee  de  figures  rcpresentant  ati  nioins  les  2  nouvelles 
especes;  mais  si  d'excellentes  descriptions  et  des  notes  acvlition- 
nelles  tres-etendues  peuvenl  suppleer  a  cc  defant,  M.  D.  Don  ,1 
droit,  sous  ce  rapport,  a  la  reconnaissance  c!es  botaniste,-,.  Do 
notre  cote  nous  aurions  etc  injustes  de  passer  sous  silence  i'ulilc 
dissertation  de  "J.  Radius  ;  c'est  j)ov;rqiioi  iions  av;)ii.s  fait  con- 


Botaniqne.  /\i 

»;ii!ic,  autant  qtie  possible,  les  points  oil  les  2  monograpliles  iie 
s'accordent  pas.  Les  observations  que  nous  avons  intercalees 
dans  I'enunieration  des  espcces  devenaient  necessaires  apres  la 
leuriion  qu'a  f'aite  M.  Don,  dc  celles  qui  avaient  etc  proposees 
comine  nouvelles  par  M.  J.  Radius.  Celui-ci  n'avait  decrit  que  11 
, especes  de  Pyrola  [y  compris  le  Chimaphila),  et  il  avait  seule- 
mentindique  a  la  suite  de  sa  dissertation  les  Pyrola  picta  Menz., 
et  P.  urceolata  de  RI.  Poiret.  Cette  dernlere  espece  n'est  pas  ad- 
niise  par  M.  Don.  G...N. 

34.  Addenda  ad  disputationem  Neesii  kt  Martii  de  fraxi- 
KELLis  ,  p.  713-717.  (  iVbc.  Acta  Hoc.  Leap.  Carol,  nat.  cur., 
vol.  XI ,  1823.  ) 

Pendant  que  M.  Nees  et  jMarfias  decilvaicnt  sous  le  nora  de 
Fraxinellees  plusieurs  plantes  anomales  <ie  la  f'amilie  des  Ruta- 
cecs  ,  M.  Decandolle  s'occupait  de  qiiel(jurs-unos  dcs  nieines 
plantes  et  les  appelait  Cufpariees.  Dans  le  pr lit  travail  que  nous 
annoncons  ici ,  MM.  Nees  et  IMartius  donneiit  un  citrait  decelui 
de  M.  Decandolle, et  s'expriment  a  ce  sujet  avec  une  candeur  qui 
merite  encore  plus  de  louanges  que  le  savoir.  Les  memes  savans 
reconnaissenl ,  d'aprcs  les  avis  de  I\L  Kunth  ,  qu'iis  avaient  pris 
pour  des  families  simples, dans  leiir  Chorisici  ventricosa^es  folioles 
d'une  feuilie  digitee.  Quandoncultive  les  sciences  avec  une  bonne 
foi  aussi  recommandablc,  on  doit  accelerer  necessairement  leurs 
progres.  A.  F.  C. 

3j.  Icones  et  Descriptiones  Novauum  et  minus  cognitarum 

stirpium;  auct.  J.  G.  C.  Lehmann.  Fascicul.  in-fol.  i  ,  2,3, 

[^  et  5.  Hambourg;  1821-1823;  Perlhes  ct  Besscr. 

M.  Lehmann,  connu  dans  le  monde  savant  par  pliisieui's  dis- 
sertations bolaniques  accompagnecs  de  figures,  et  e:itre  autres 
paries  monograpliies  des  Primevercs  ct  des  Potcntilles,  avait  aussi 
commence  I'execution  d'un  grand  ouvroge  sur  la  famillc  des  Aspe- 
rlf'oliees. Ce  qui  en  a  ote  \}nh\'w.  [Plant (v  c fam'did  aspcrifoliarum 
nuc/fcra',piir\:.  i  et  •>.:  Eerlin;  1818;  cliez  Duitimierj,  pouvait etre 
consideie  comme  le  prodrome.  II  se  ])roposait  ensuite  de  trailer 
cbaque  genre  avec  tout  le  soin  possible ,  de  maniere  a  ne  rien 
omettre  qui  put  etre  utile  aux  bolanisles;  mais  des  circonslanccs 
Jndependantes  de  sa  volonte  ont  apporte  du  retard  a  cet  utile 
projet.  Cependant  ayant  a  cocur  d'eclaircir  de  plus  en  pltisl'his- 
loirc  des  Aspi'-rifoliecs ,  il  s'est  decide  a  I'airc  dessiner  avec  soin 


42  BoUinique. 

Jes  especfs  les  moiiis  connues,  afin  queles  possesseurs  de  son  i*^. 
otivrage  pussent  en  tirer  quelque  avantage. 

I.es  figures  que  nous  annoncons  ici  ne  sont  accompagnee* 
chacune,  que  d'unc  seule  phrase  specifique  extraite  de  I'ouvrage 
susmentionne.  L'auteur  cite  en  outre  le  Systerna  vegctaln/iurn  de 
M.  Schultes,  ou  les  descriptions  de  ses  especes  sont  relatees;  et 
il  mentionne  les  ouvrages  oil  Ton  traite  de  ces  piantes,  ouvrages 
dont  il  n'avait  pas  parle  dans  son  i*^*^.  travail.  Quoiqu'il  n'y  ait 
aucun  ordre  rigoureux  dans  les  piantes  qui  composent  ses  livrai- 
sons, M.  Lehmann  a  fait,  autant  que  possible,  marcher  ensemble 
*es  especes  de  merae  genre;  mais  avant  de  les  enumercr , 
nous  dirons  un  mot  des  figures  et  de  leur  execution.  Dessinees 
avec  quelques  ombres,  elles  en  disent  sans  donte  bien  assez  pour 
la  distinction  des  especes  ;  mais  les  ombres  y  sont  applicpiees 
d'une  maniere  qui  nuit  peut-etre  a  I'elegance  de  la  plante  ;  cctte 
maniere  d'ombrer,  sorte  ({'aqua  tinta ,  ressemble  a  un  lavis  a 
I'encre  de  la  Chine,  ou  les  nuances  ne  sont  pas  assez  marquees. 
Le  simple  trait  nous  aurait  paru  suffisant,  a  I'exception  de  I'in- 
florescence  qu'il  est  toujours  convenable  d'ombrer.  On  aurait  de- 
sire pour  chaque  plante  une  analyse  detaillee  des  organes  de  la 
fructification ,  lors  mcme  que  ces  analyses  n'eussent  presente  que 
des  repetitions;  I'esprit  serait  alors  fixe  sur  la  veritable  structure 
de  la  flcur  et  sur  la  place  de  la  plante  dans  le  genre  qui  lui  con- 
vient.  Au  lieu  de  ceia  ,  on  ne  trouve  le  plus  souvcnt  que  la  plante 
seule  ou  une  flcur  non  ouverte,  ou  bien  quelques  details  non 
grossis,  ou  bien  encore  une  feuille  qui  n'apprend  rien  ,  puistpie 
dans  cesespeces,  les  feuillcs  sont  assez  grosses  et  assez  detachees, 
pour  qu'il  ne  soil  pas  necessaire  de  les  representor  a  part. 

Charge  de  rendre  compte  d'un  ouvrage  important,  nous  desi- 
rons  faire  connaitre,  autant  qu'il  nous  est  possible,  la  \erite,  et 
nous  regrettons  que  des  eloges,  a  tons  egards  uieriles,  soient 
precedes  par  une  critique  qui  resultc  de  I'exposition  materielle 
des  faits. 

Le  but  de  l'auteur  est,  en  effet,  parfaitemeiit  atteint,  puisque 
chaque  espece  est  si  fidelement  representee  qu'il  est  impossible 
de  s'y  meprendre;  et  c'est  une  grande  difficulte  vaincue ;  car  la 
plupart  appartiennent  a  des  genres  com])oses  de  nombreuses 
especes  qui  offrent  des  passages  de  I'unea  I'autre.  En  outre,  les 
figures  sont  de  grandeur  naturelle  et  tres-bien  tirces  sur  un  fort 
beau  papier.  Les  couleurs  qui  ordinaircment  font  un  bon  elfet 


Botnniqne.  4^ 

tians  ce  genre  de  dessiris  ,  mals  qui  en  aTignienlent  si  considera- 
blement  le  prix,  ont  ete  rejetees,  prob.iblement,  par  la  raison 
qu'uu  grand  iiombre  d'especes  figurees  n'existect  en  Europe  que 
dans  les  heibiers. 

En  rapportant  le.s  especes  contenues  dans  les  5  fascicules  que 
nous  annoncons,  nous  ne  suivrons  pas  I'ordre  on  plutol  le  des- 
ordre  dans  lequel  ellcs  se  presenlent.  Nous  les  rcunirons  par 
genre,  et  nous  rapporterons  quelques  observations  ajoutees  a 
celies  du  i*^"^.  ouvrage. 

Les  5o  figures  publiees  par  M.  Lehraann  se  composent  de  26 
f,chium,&  Onosrnay  5  Heliotropium,  3  Lithospermum,  3  Cy- 
noglossum,  lAnchusay  7.  Molthia,  i  Craniosperrntirn  et  i  Ta- 
cridium ,  dont  voici  renumeration  : 

ECHIUM. 

E.  spicatum,  Lehm. ,  tab.  i ■  E.  ncutifoUum  Lehm.,  tab.  a. 

—  E.  Icevigatum  Lelim.,  tab.  3.  — ■  E.  Mertcnsii  Lehin.,  lab.  4. 
■ —  E.  aculea turn  hehm. ,  tab.  5.  —  E.  Sivartzii  Lehm.,  tab.  t6. 
: —  E.  strigosum'Lehia. ,  tab.  17.  —  E.  clavatum  Lehm. ,  tab.  18. 
: — E.  macrophj'llum  Lehm. ,  tab.  19.  Cette  plante,  representee 
par  une  tres-belle  figure  sur  des  dimensions  doubles  des  prece- 
dentes,habite  I'ile  de  Madere.  L'auteur  en  donne  une  description 
a  la  suite  de  la  synonymie  et  de  la  phrase  specifique.  Nous  nous 
contenterons  de  rapporter  celle-ci  -.E.  caule  erecto ;foliis  oblongo- 
lanceolatis,  oblique  acuminatis ,  vcnosis ,  moUissimis ,  subglabris 
subscriceis  utririque ,  argentcis  ; paniculis  terminalibus  subcylln- 
(Iricix ;  sjnculix jtcdunculatis,  bifidis.  Ce  dernier  caractere  tire  de 
Tinfioreicence  est  ajoule  a  celui  qui  cxistait  dans  le  i'^'^.  ouvrage 
de  M.  Lehmann.  11  rapporte  comme  synonyme  de  cetle  plante 
VE.  nervosum  de  VHort.  kewensis ,  qu'il  avait  adopte  ainsi  que 
M.  .Schultes. —  E.  petrceum  Lehm.,  tab.  20,  espece  qui  croit  ea 
Dalmatie;  c'est  VE.  rosmariiiifoUuin  de  Schrank  [Nov.  Act.  Acad. 
Leopold.  Carol,  nat.  cur.,  torn.  IX  ,  p.  1 15.  Une  description  est 
;ijoutee  a  la  synonymie  et  a  la  j)hrase  specifique  dont  voici  I'e- 
rionce  :  E.  caulcjruticoso,  dijfuso  ,  rnmoslssiino  •  folds  lineari- 
lanccoldtis,  ohtusis,pubescenlibus, subtits albis,  margine  revolutis; 
spiculis  tcrnatis ,  cyrnosis;  starninibus  corolla  subnguLari  longio- 
iibiis.  —■  E.popillosuin  Lehm.,  tab.  '21.  \iE.  brachystachyuni 
de  Schullcs  (>S);>7.  Vcg.-,  V.  4  ,  p.  -/i.^\,  e-it  nn  double  eii)])loi  de 
t;glle  esj)ccc  j  M.  Schultes  .lyanl  dcja    :ulmi>  \' I: .  papillosum  dc 


/|4  Botanique. 

M.  Lelimann.  —  E.  angustifoliurn  Lehni.,  lab.  11.  —  E.  paiii- 

culatum  Lehin.,  tab.  23.—  E.  trickotornum  Lehin.,  tab.  24. — 

E.  hispidum  Lehiu.,  tab.  aS.  ' —  E.  glabrurn  Lehm.  ,   lab.  -26.  — 

E.  capitiitum  Lehm.,  t.  -27. —  E.  sphaTocephaliun  ,  tab.  -iS.  — 

E.mo//c  Lehm.,  tab.   3i.  — E.  caudntum  Leliin. ,  lab.    ^2. — 

E.incanum\.e\\m.,  tab.  33. —  E.  rosmarinifoliuin,'Le\nn.,  ;  nor; 

Schrank.  ),  tab.  3.',.  —  E.  scahrum  Lehm.,  tab.  35.  —  E.  trign- 

num  Lehm., tab.  3G.  —  E.  verrucosum'Lehm.,  tab.  37  —  E.frii- 

ticosum,  Var.  p  major.,  tab.  38.  —  E.serieeuin  Lehm.,  tab.  /iy. 

Onosma. 

O.  trinenlum,  tab.  9.  M.  Lehmatin  lui  donne  pour  synonyine 

YO.  strigosum  de  M.  Kuntli.  [Nok:  genera  et  s^pec,  T.  3  ,  p.  <j3.) 

Le  Lithospermum  longifoUum  de  l\I..Schultes  eat  un  doubleemploi 

de  cette  cspece. —  O.  sericeum  Lehm.,  tab.  10.  M.  Lehmarm  cite, 

a  propos  de  cette  planle  ,  3  especes  uouvelles  de  la  Russie  men- 

dionale  et  decrites  par  M.  Ledebour  sous  Ics  noms  d'O.  rigidurn, 

O.  setosum,  et  O.  polyphjUum.  —  O.  tinctorium  Lehm. ,  tab.  1 1 . 

—  O.  rupestre  Lehm  ,  tab.  12.  —  O.  simplicissimum  Lehm. ,  tab. 

i3.C'estlaniemej)lanteque  \0.  suffrutkosuni  de  Schrank.  (A oc. 

Act.  Acad.  Leopold,  curios,  rnit.,  torn.  IX  ,  p.  loG.)  —  O.  arigus- 

tijolium  Lelim. ,  tab.  \\,  ou  O.  cinereurn  de  Sicber  (  in  Stluiltes, 

Sjst.veget.,\.  k  ,p.  74<J. 

llFiioTROPiuar. 

H.erosnm  Lelim.,  tab.  -.VH.plebejum  do  Smith  [  in  Tuckey, 
Narratii'C  of  an  expedition  to  explore  the  river  Zaire ,  p.  25 1  ) 
est  la  mome  cs])ece  ,  d'apre.s  Taiialyse  qui  en  a  etc  faile  sur  un 
echanliilon  de  rilerliier  de  Banks  ,  comnuuiiqut^  parM.de  Biich. 
Dans  rilcrb.  de  "Willdcnow  cette  j)lante  est  encore  nonmiec  //. 
ciinarieme.  — H.  polypliyllum  Lehm.,  tab.  8.  M.  Schultcs,  cpii 
a  admis  cette  espece,  en  a  decrit  encore  unc  autre  sous  Ic  nom 
^'H.foliosum,  que  M. Lehm.  reunit  a  celle-ci. — H.Kunzii  Lehm., 
tab.  2r).  Espece  nouvelle  trouvce  a  Syene  en  Kgyple  par  Siolioi  , 
et  communiquee  par  ce  -voyagenr  .sousle  nom  d'//.  vdlosiun.  \  oici 
la  phrase  specifique  qu'en  donne  M.  Lehmann,  en  oulie  de  la 
description  :  //.  caule  herhaceo,  adicendente,  villoso  ;  johis  Iv/igc 
petiolatis,  ohlongis ,  villo.sis ,  pi  an  is ;  spicis  conjugalii ;  caiycibus 
incvqualibus.  —  H.  rotund  ifoliuin  Sieber  et  Lehm.  ,  tab.  3o.  C«tte 
nouvelle  espece  a  etc  decouvcrte  par  M.  Sieber  .Mir  les  rollincs 
seches  aux  environs  de  Jerusalem.  M.  Lehuiatin  en  donne  la  licb- 


Botmiique.  4^ 

I'l'iplion  et  la  phrase  sp^cifique  que  void  :  E.  caule  herbaceo, 
gracili ;  Jbliis  subrotundis ,  distantibus ,  incanis ,  supra  sericeis, 
sublux  tomentosis, plants ;  spicis  subsolitariis,  longissimis;  calyci- 
hus quinque-partitis. Ken  }\igtt  par  la  figure,  elie  noussemblc  se 
rapprocher  beaucoup  de  notre  H.  europieum.  — •  H.  undulatum 
Var. ,  ramosissirnuin  Lehm.,  tab.  4o.  Dans  I'Herbier  d'Egypte 
que  vend  M.  Sieber  ,  cette  variete  est  donnee  comme  une  espece 
distincte  sous  le  nom  A\E-  rainosissimum. 

LlTHOSPERMUM. 

L.  hispidissimum  Lehm.,  tab.  3g.  Cette  espece  nouvelle  est 
decrite  avec  detail  par  M.  Lehmann.  Elle  a  ete  rapportee  d'E- 
gypte par  M.  Sieber,  qui  lui  avait  impose  le  nom  d^Anchusa 
hispidissiina.  Voici  sa  phrase  specifique  :  L.  caule  ramosissiino , 
hispidissimo ;  foliis  lanceolatis ,  acutis,  setosis ;  corollis  caljce 
multb  longionbus ;  limbo  obtuso  ;  nucibus  tuberculatis.  —  L. 
hispidulum  Lehm.,  tab.  /)5.  — L.  villosulum  Lehm.,  tab.  4G. 
M.  Schultes  (  System,  veget.,  V.  4,  p.  744  )  a  decrit  cette  plante 
sous  le  nom  de  L.  pubcscens,  et  I'a  reproduite,  dans  la  page 
suivante,  en  la  nommant  Pulmonaria  villosula. 

Cynoglossum. 

C.  dimricatum  Lehm.  ,  tab.  i5.  — •  C.  mollissimum  Lehm., 
tab.  4 1*  Cette  espece  est  nommee  C.  Gllanerjsr  dans  I'Herbier  de 
Willdenow. —  C.  viridiflorum  Lehm.,  tab.  42. 

Anchcsa. 

A.  aggregata  Lehm. ,  tab.  47-  L'x/.  micrantlia  nienlionnee  par 
M.  Schultes  se  rapporte  a  la  nieme  espece.  —  A.  caspitosa 
Lehm.,  tab.  48. 

MoLTKIA. 

M.  cocruUiea  Lehm. ,  tab.  43.  —  M. punctata  Lehm.,  tab.  44. 
Le  cfnoglossum  rugosum  ou  C.  Sestini  de  Schultes  [Syst.  veg. , 
V.  4 »  p-  7C4  )  est  la  meme  espece. 

Craniospf.rmum. 
C.  subvillosurn  Lehm.,  tab.  5o.  Ce  nouveau  genre,  decrit  dans 
le  i"".  travail  de  M.  Lehmann,  a  c'te  adopte  par  Schultes.  [Syst. 
»'«•§-•,  V.  4,  p.  75 r.) 


46  Botanique> 

TiARimuM. 
T.elongatum  Lehm.,    tab.  6.  Voyez  R.  Brown.  (  Prodr.  Nov: 
Holl.,  I,  p.  493),  et  Kuiith  ( Nov.  genera  et  spec. ,  t.  3,  p.  45o.) 

GuiLLEMIN. 

36.  CuRTis's  BOTANICAL  MAGAZINE,  n".  Zi^Q-  (Voycz  le  Bulletin , 
to.  2,  p.  261,  juillet  1824.) 
Les  especes  decrites   et  figurees  dans  cette  livraison  sont  les 
suivantes  : 

2489.  Bubon  Galbamim  Hort,  Kew.  et  Willd.  Cette  plante  a 
ete  placeepar  Sprengel  et  Schultes  dans  le  genre  .9t*///?M/r?,parce 
que  selon  ces  auteurs  elle  n'a  pas  son  fruit  strie  et  sans  rebords, 
caractere  que  Linne  et  Lamarck  assignent  au  genre  Bubon.  On 
assure  ici  que  la  plante  en  question  presente  un  fruit  ovale,  rond 
et  strie  sans  bordure.  Notis  ajouterons  que  I'espece  culfivee  au 
Jardin  des  Plantes  de  Paris  et  qui  y  fleurit  cliaque  annee  est  bicu 
celle  qui  est  ici  representee. 

2490.  Eucrosia  bicolor.  Les  caracteres  generiques  et  speci- 
fiques,  ainsi  que  la  synonymic,  sont  empruntes  du  Botanical  Re- 
gister, qui  I'a  figuree  n°.  207. 

2491.  Bossiaa  linophylla  Brown,  in  Hort.  Kew.  ed.  alt.  4, 
p.2G8.Petitelegumineuse  papillonnee,  decouverte  surla  cotesud- 
ouest  de  la  Nouvelle-Holiande,  par  M.  R.  Brown  ,  et  cultivee  en 
Angleterre  depuis  i8o3. 

2492.  Campanula  pulla  L.  Cette  petite  plante  vivace  est  ori- 
ginaire  des  Alpes  d'Autriclie. 

2493.  Ccntaurca  spinosaVfiM.  Cette  plante,  connue  et  men- 
tionnee  par  les  anciens  botanistcs  ,  n'avait  etc  que  fort  iniparfai- 
Icment  figuree  par  Prosper  Alpin  sous  le  nom  de  Cjanus  spinosus, 
et  par  Parkinson  qui  avait  copie  celui-ci. 

2494.  Alpinia  tubulnta.  Cette  espece  de  la  faraille  des  cannees 
a  ete  doja  dccrite  et  figuree  dans  le  Bot.  Register^  n°.  777.  G.  n. 

37.  Botanical  Register  ,  n".  CXII ;  juin  1824.  (Voy.  le  Bulletin 

to.  2,  p.  255,  juiilet  1824.  ) 

Sont  decrites  et  figurees  dans  cette  livr.  Ics  esperes  suivantes: 

801.  Zw/^A-frt^rt  Marscb.  von  Bieberstein.  Cette  espcre,  origi- 

naire  des  environs    du   Caucase  ,   a  ete  figuree  dans  le  Botanical 

Magazine, n".23G I. Selon  M.Link  {Enunicr.ber.  57",  cllenc  parait 

pas  dislincte,  ainsi  que  IV.  buhciiiica  de  Sclimidt ,  de  VT.bi/Iuru 


Boianique.  47 

<ie  Marscli.  voa  Bieb.;  mais  M.  Fischer  <le  Gorenki,  dontl'opinion 
sur  les  pliintes  de  la  Riissie  et  derOrientest  d'un  grand  poids, 
assure  que  les  I.  f areata  et  biflora  sont  des  especes  dilferentes. 

%o^.Cytisus  nigricans  L.L'Ecluse  (Hist.  I,  p.  gS)  avait  donne  une 
figure  grossiere  mais  tres-exacte  de  telle  plante  ,  qui  est  com- 
mune dans  les  contrees  ineridionales  de  I'Europe.  A  la  suite  de 
la  description  se  trouvent  des  reflexions  sur  rinstabdite  des  ca- 
racteres  generiques  dans  toutes  les  especes  d'un  meme  genre ,  ce 
qui  conduirait  a  penser  que  les  genres  sont  plutot  des  groupes 
artificiels  crees  par  les  botanistes  pour  la  coinmodite  de  leurs 
etudes,  que  des  assemblages  d'especes  donnes  par  la  nature. 

803.  Periploca  grxca  L. 

804.  Rosa  indica  |3,  odoratissima  Lindley.  Cette  variete  a  deja 
ete  figuree  par  M.  Redoute  ( Roses  6i,  t.  19)  sous  le  nom  de  R. 
indica  fragrans . 

805.  Columnea  scandens^v/a.Tiz. 

806.  Hibiscus  hispidus  Mill.  M.  DecandoUe ,  dans  son  Pro- 
dro/niis  systematis  regni  vegetabilis ,  t.  I,  p.  453  ,  a  rapport e  cette 
espece  a  \'H.  Trionum  L.,  et  il  en  a  fait  une  varlete. 

807.  AndromedaJIoribunda  Pursh,  Une  figure  de  cette  plante 
a  deja  ete  donnee  dans  le  Botanical  Magazine,  t.  i566. 

808.  Hcdjsarum  alpinuin  Willd.  G.   N. 

38.  Exotic  Floe  A,  etc.,  par  M.  W.Jackson  Hooker;  part.  XI,3uin 
1824;  Etlimbourg.  {V.  lei\°.  7  du^«//.,  t.2,p.  258,  juil.  1824) 

io5.  Primula  sinensis  .Sabine  mss.  Cette  belle  plante  qui  com- 
mence a  se  repandre  dans  les  jardins  d'Angleterre  et  de  la  Bel 
gique ,  a  deja  ete  figuree  avec  beaucoup  de  soin  par  M.  Lindley, 
(  Collectanea  botanica  ,  tab.  7),  et  dans  le  Botanical  Register  , 
to.  529,  oil  elle  porte  le  noin  de  P.  prcenitens. 

M.  Lindley  avait  donne  pour  caracteres  a  cette  espece  un  ca- 
lice  a  10  dents ,  et  le  limbe  de  la  corolle  crenele  et  incise.  Ces 
parlicularilcs  ne  s'etant  pas  representees  dans  les  individus  exa- 
mines par  M.  Hooker  a  Edimbourg  ct  a  Glascow  ,  ce  bofanisle 
a  donne  phis  d'importance  a  robliqulte  de  la  corolle  et  a  la  dis- 
position verticil laire  des  fleurs.  Voici  la  nouvellc  phrase  specifi- 
que  qu'il  a  proposee  : 

P.  Sinensis  :  Foliis  lobatis,  incisis,  hirsutis ;  floribus  vcrticillatis; 
corolla:  limbo  obliquo,  caj-lce  conico  inJlata^.Ltea  deux  \arletes  de 
cette  plante  sont :  x,  calyce  quinque-dentato;  coroll(eli:nbo  integer- 


2^8  Botanique. 

riino;  Exot.  fl.  t.  to5.  'i,  calyce  siilnh-rem-dcntalo;  rorollit  crc- 
nato-iiici.us.  Lindl.  collect. 

io6.  Scutellaria,  payvitla  Midi.  Fl.  Bor.  Am.  E-si)ece  dti  tcrri- 
toire  des  Illinois  dans  r.Vmeriqiie  du  nord.  El!e  oi'fre  bcaucoup 
de  ressemblance  avec  la  Scutellaria  minor  de  nos  contrees  d'Eti- 
rope  ,  mais  elle  se  distingue  sulfisamraent  par  ses  ieuillcs  qui 
sont  ovees  et  non  decoupees  en  coeur,  par  sa  pubescence  glan- 
dnleuse ,  et  par  la  couleur  dc  ses  fleurs  qui  sont  d'un  cramoisi 
pdle  tache  sur  la  levre  inferieure. 

m-.Polybothria  cAvy^rt/Y;  Hamilton.  M*'\  ^5.;/ronflil)ii.<:  simpli- 
citerpiimatis.CesX.  la  seconde  cspece  d'un  genre  tJtabli  par  Will- 
denow  ,  sur  une  phmte  rnpportce  de  TAmcrique  mcrldionale  par 
MM.  Humboldt  et  Bonpland.  Cetle  nouvclle  ospece  a  ete  trouvee 
par  le  D^.  Bucbanan  Hamilton  >  au  milieu  du  bois  de  Gualpara 
sur  la  partie  Est  de  Camrupa  dans  Ics  Indcs  orientales. 

1 08.  Acrosticrum  appendiculatum  Willd.  Trouvee  dans  la 
meme  locallte  que  la  plante  preccdente,  par  le  D"".  Hamilton. 

200.  Epidendrum  ?  monophyllum  ;  caulc  unifolio  ;  folio  ellip- 
tico-lanceolato,  obtuso  ;  racemo  paucijloro  e  sinu  fold  ;  petalis 
conni^entibux  una  cum  lobelia  ,  lanceolatis  ,  duobus  interioribus 
minntis  ;  columnd  supernr  alatd ,  dcntatd.  Cette  petite  orchidee 
est  figuree  avec  phisieurs  details  tres-interessans.  Ce  n'est  qu'avcc 
doute  que  M.  Hooker  la  place  dans  le  genre  Epidendrum,  mais 
elle  a  une  graude  affinite  avec  VE.  poljbulbiou  de  Swartz  qui 
parait  etre  une  veritable  espece  d'Epidendrc.  G.  n. 

3().  Dkscuiptions  de  qdflques  plantes  nouvclles  ou  rares,  re- 

coltees  par  le  D"".  t^dwin  James  sur  les  montagncs  rocheuses; 

par  J.  ToRREY.  lyAnnals  of  (he  Lyceum  of  nat.  hist,  of  iW«r- 

Yo7-/; ,  sept,  et  dec.  i823,  p.  3o. ) 

Le  D'".  Edwin  James,  botaniste  attache  a  I'cxpddition  aux 
monlagnes  roclieuses,  oommandee  par  le  major  Long,  ayant  etd 
appele  a  une  autre  cntreprise  scientilique,  a  confie  a  M.  Torrey 
le  soin  dc  publier  les  plaptes  des  sommets  des  montagnes,  ainsi 
que  les  Graminecs.Ceiui-ci  ne  prtsente  que  des  fragmens  de  son 
travail ,  et  le  memoire  dont  nous  allons  donner  un-extrait  pent 
f^tre  considere  commc  la  I'^^  decade  d'un  ouvrage  public  par 
livraisons.  Les  10  plantcs  que  fait  connaitre  BL  Torrey  sont  les 
suivantes  : 

I".  Androsacc  carinala.  M.  Torrey  accompagne  la  description 


Botanique.  49 

de  cetteespece  nouvellc  d'une  figure  (tab.  d.  f .  i )  qui  fall  voir, 
commeM.  Torrey  I'indique  lui-meme  ,  la  grande  affinite  de  cctte 
plante  avec  V Androsace  vilLosa  du  Jura  et  des  Alpes.  Voici  la 
phrase  spcclfique;  A.foliis  congestis,  ovato-lanceolatis,  acutis,  in- 
tegerrirnls ,  carinntis  ,  margine  ciliatis;  umhelld  pauciflord ;  fo— 
liolis  involucri  lineari-oblongis;  corolla  calycem  ovatum  excedente; 
lacinlis  ohovatis ^  integerrimis ;  elle  lleurit  en  juilletsur  le  Pic  de 
James,  une  des  sommites  des  montagnes  roclieuses,  a  10,000  pieds 
environ  au-dessus  de  I'Ocean,  dans  la  region  des  neiges  perpe- 
tuelles. 

a.  Oxyria  reiuformh  R.  Br.  ou  Rumex  digynus  L. 

3.  Adoxa  moschatelUna  L.  Ces  2  especes,  semblables  a  celles 
d'Europe,croissent,  ainsi  que  toutes  les  especes  qui  suivent,  dans 
la  ineme  localite  que  la  plante  precedcnte. 

4.  Fotentdla  nivalis.  L'auteur  pense  que  cette  espece  est  bien 
distincte  de  toutes  celles  qui  font  partie  des  monographies  recem- 
jnent  publiees.  A  en  juger  par  la  description  de  la  figure  (tab.  3, 
f.  2.) ,  nous  sommes  de  son  avis,  mais  nous  pensons  que  le  noin 
specifique  de  nivalis  n'est  pas  convenable,  puisqu'il  existe  deja 
une  P.  nivalis  decrite  par  Lapeyrouse  et  Decandolle,  raais  qu'a 
la  verite  AVilldenow  a  noinmee  P.  lupinoidcs.  Voici  le  caracterc 
essentiel  de  la  plante  nouvelle  :  P.  caulc  erecto,  herbaceo;  apice 
unijloro  ;  foliis  pinnatis ;  foliolis  2-3  lohis  conjluentibus ;  lobis 
acutis,  margine  piloso-ciliatis;  petalis  subrotundis,  calyce  longio- 
ribus. 

5.  Myosotis  nana  Villars?  M.  Torrey  n'ayant  pu  comparer  la 
plante  avec  la  figure  mentionnee  par  Willdenow,  ni  avec  des 
cchantillons  cueillis  sur  Ics  hautes  montagnes  del'Europe,  n'est 
pas  bien  certain  dc  leur  identite. 

6.  Primula  angiistifolia  Torr.,  tab.  3,  f.  Z:  foliis  elliptico- 
lanccolatis,  inlegerrimis,  glabrts;  scapo  unijloro  ;  corolla!  laciniis 
ovatis,  integerrimis.  Celte  plante  ressemble  sous  beaucoup  de 
rapports  a  la  P.  intcgrifoliah.;  mais  les  feuilles,  dit  l'auteur, 
sont  plus  etroites  et  les  segmens  de  son  calice  sont  plus  aigus. 
Nous  croyons  neaiunoins  qu'il  est  difficile  de  voir  eu  cette 
plante  autre  chose  qu'une  variete  de  I'espece  linncenne. 

7.  Polygonum  viviparwn ,  [3.  capitatum  Torr.  Variete  dont  les 
fleurs  sont  disposecs  en  cpi  court ,  epais  et  ovale,  au  lieu  d'etre 
cylindrique  comme  dans  la  plante  d'Europe. 

8.  Trifolium nanuni  Torr.,  tab.  3,  iig.  /, :  CapituUs paucifloris, 

B.  ToMK  III.  4 


5o  Birtctiliqite. 

itinbellalis  ;  leguminiim  l^-^-spcnuis ;  caljcibus  glubris ;  dentihus 
tiihceqiiiilibus ;  Joliolis  oborato-oh/ongix,  acuminntis;  caulc  ccespi- 
tnsu,crc<to.  Cotte  espice :i  des  fleiiis  ires-grandes  proporlionnel- 
lenienl  :iu  reste  de  la  pl.inte.  Sousce  rapport,  clle  a  de  l.i  lessem- 
blance  avec  le  Trif.  (i//>iniii/i ,  inais  elle  s'en  cloigne  par  la  forme 
des  feuilles. 

g.  Pentstcmon  alpina  Terr.,  glaberrima;  corolla  mhcnnipa- 
nulnto  ;  limbn  subcpqnnlitcr  ^-  lobato  ;  fnliis  oblongo-lanceolatii  ; 
mnrgine  crenulato-denticnlatis ;  calycif:  srgmentis  lanceolutis , 
ncutis ;  anthrris  hirsutis ;  Jilamento  sterile,  staminilms  i.  xupcrio- 
ribus  breviore ,  sub  npiccm  retusum  barbato.  Plante  Intermedialre 
entre  les  P.  Erianthem  et  P.  ccerulcea  de  Nuttall. 

10.  Capraria pufilla  Torr., piibescens;/oliis  oppositis,  rnr.latis, 
repan(Io-flcntalis,i>etiolati'!;pcdunculisa.xillaribiix,petiotolongin- 
rUiits.  Elle  est  voisine  du  Capraria  humilis  des  IiidLS-Oncntiili-s. 

G...N. 

/,0.  Drscriptioiv  de  nEt!x  PLANTES  NOL'VELLES,  cultivees  dans  le 
jardin  botanique  de  Gand;  par  M.  Desmazieres.  ( /?ccttrfV  r/r^ 
travaux  de  la  Soc.  d'  Amat.  des  Sc,  etc.,  de  Lille,  1823, p.  a5/(.) 

L'line  de  res  planles,  provenant  de  graines  reciics  de  TAinL-- 
rique  ineridionale,  a  fleuri  pour  la  ]>remiere  fois  dans  le  jar- 
din  de  Gand  au  mois  d'aouti8i6.  tile  a  ele  nommee  ^oo/<'- 
bccfiia  chile/ixis  ,et  uientionnee  dans  VHorCus  gandace/isis  ;  ni.ds 
n'avyn'  ^'^  decrite  d,>Tis  aucun  species ,  M.  Dcsmazierrs  en  pubiii' 
les  caraclercs  ,  des([uels  nous  extrairons  les  suivans  :  Involucre 
\enlru  ,  compose  d'nn  grand  iionibre  d'ccaillcs  imbriqiices  ,  sca- 
rieuses  feur  leurs  boi-ds ,  et  teruiinees  en  ])ointes  allongues  et  re- 
drossces'  receptacle  nu  et  alveole  ;  flf'uroris  des  rayons  fomelles, 
fertiles,  disposes  sur  deux  rangs,  grands  ,  ligules,  et  a  diux  ou 
trois  dents;  ceux  du  disque  hermaphrodites,  tres-nonibreux , 
tubuleux  ,  et  terminus  par  5  petites  dents;  anthercs  sans  appen- 
dices basilaires ;  style  tcrminc  par  deux  stigmates  rapproches; 
akenes,  dans  les  deux  sortes  de  fleurons,  surmontes  d'uue  ai- 
grette sessile  et  caduque ,  forniee  de  filets  simples  et  assez  gros. 
M.  Desmazieres  rapproche  cettc  planle  des  T/tula  ,  mais  il  en  fait 
voir  les  differences.  iS'ous  regrettons  qu'il  n'ait  pas  chcrclie  a 
comparer  ce  nouveau  genre  avcc  ceux  de  M.  Cassini,  dont  la 
terminologie  ne  lui  est  pas  ctrangere,  et  encore  plus  qu'il  ne  fasse 
aucune  mention  de  Touvrage  de  M.  Kunth  et  de  la  Florc  du  Pe- 


Botanique.  5  r 

rou ,  oil  il  serait  possible  qu'il  retrouvat  son  genre  sous  un  au- 
tre noin. 

La  seconde  plante  est  une  espece  A'Hjdrocotyle ,  indigene  de 
Java  ,  et  qui,  en  raison  de  la  resseniblance  des  feuilles  avec  celles 
des  Chrysospleniuin  ,A  recu  le  nom  de  Chrrsosph'iufolia.\ o\ci  sa 
phrase  specifiqne  :  Tota  {glabra  ;  foliis  renifonnibus ,  siiblubatis , 
crenatis ;  umbellis  niulli/lorls ,  pcduiiculatis.  Sct:\X-t\\e  la  inenie 
plante  queVIfyd/ocoty/eJicarioideSjde  Lamarck,  et  dont  la  des- 
cription a  ete  donnee  parM.  Achille  Richard,  dans  sa  inonogra- 
phie  du  genre  Hydrocotyle,  p.  38?  Les  deux  descriptions  sont 
assez  concordantes,  mais  nous  n'oserions  prononcer  avec  cer- 
titude que  d'apres  I'inspcction  comparative  des  echantillons  de- 
crlts  par  les  auteurs.  G...N. 

4i.  Sua  LES  Dahlia;  par  M.  Desmazieres.  {Recueil  des  tra- 
vaux  de  la  Societe  d\4mat.  des  Sciences ,  etc.,  de  Lille,  1823  , 
pag.  247.) 

Le  genre  Z)rt/<//rt,  constitue  et  decrit  pour  la  premiere  fois  par 
Cavanilles,  recutde  Willdenow  le  nom  de  Georgina,  parce  qu'il 
existait  deja  un  genre  Dahlia,  elabli  par  Thunberg.  La  belle 
plante  qui  le  constitue,  originaire  du  Mexique,  est  cultivee,  de- 
puis  1790,  dans  le  jardin  botanique  de  Madrid;  mais  ce  n'est 
que  depuisune  quinzaine  d'annees  qu'elle  a  etc  introduile  a  Pa- 
ris, et  de  la,  repandue  dans  les  jardins  de  toute  I'Europe  avec  une 
telle  profusion,  qu'on  la  rencontre  maintcnant  pirtout  oil  Ton 
s'adonne  a  la  culture  des  belles  plantes  d'ornement.  M.  Desma- 
zieres en  donneune  description  fort  abregee;  il  fait  cnsuite  con- 
naitre  I'histoire  du  genre  d'une  maniere  imparfaite  ,  puisqu'il 
omet  de  citer  le  mtmoire  de  M.  DecandoUc,  insere  dans  les  An- 
nales  du  museum,  dans  lequel  ce  savant  botanistc  etablit  les  deux 
especcs  sous  les  noms  de  Georgina  superjlua  et  G .  friistranea , 
dont  M.  Desmazieres  attribue  a  tort  la  distinction  a  M.  Thic^baut 
de  Berneaud ,  qui  a  seulement  ecrit  une  notice  sur  leur  culture. 
A  cette  legere  incorrcclion  pres,  le  mtmoire  de  M.  Desmazieres 
renferme  des  remarques  utiles  sur  les  varietes  si  elegantes  de 
Dahlia  ,  varietes  dont  les  caracteres  resident  uniquement  dans  la 
diversite  des  couleurs ,  et  qui  sont  an  nombre  de  la;  et  sur  les 
usages  cconomiques  qu'on  a  pretendu  tirer  de  Icurs  grosses  ra- 
cines  charnues.  Les  rapports  botaniques  qui  existent  c«tre  les 
Dahlia  et  le  Topin.uubour  (  lleHanlhus  tubemsus  )  autorisaient  a 


C)2  Botajiiqiic. 

conjocluier  que  Icurs  tiibercules  pourraienl  f'ournir  un  aliment 
sain  et  agitable  pour  rhomme  et  Ics  bcstiaux  ;  niais,  lont  en  exa- 
gerant  cclte  prccieuse  qualitc,  on  n'avait  pas  fait  asscz  attention 
au  gout  aromallque  et  desagrt'able  que  ces  tuberculcs  conser- 
Tent ,  meme  apres  la  cuisson.  M.  Desmazieres  annonce  des  rcsul- 
tats  tres-differens  de  ceux  que  Ton  avait  obtenus  auparavani;  il 
fait  observer  que  laplupart  des  varietes,  cultes  sous  la  cendre  ou 
avec  des  corps  gras,  perdent  environ  un  sixieme  de  leur  volume, 
deviennent  fibreuses,  et  conservent  une  saveur  resineuse  et  repu- 
gnante.  II  pense  que  la  culture  n'a  pas  encore  assez  ameliore  ce 
nouveau  legume,  et  qu'ondoiten  restreindre  I'emploi  a  la  nour- 
riture  des  animaux  domestiques  qui  paraissent  en  etre  tres-friands. 
L'auteur  de  ce  memoire  ne  parait  pas  avoir  en  connaissance  de 
I'analyse  chimique  qu'en  ont  faite  I'an  dernier  MM.  Payen  et 
Cbevallier.  En  partant  de  cette  analyse,  il  aurait  pu  determiner 
hpriori]e&  qualitesalimentaires  de  la  plante  en  question  ;  il  aurait 
pu  parleravec  avanlage  de  leur  emploi  comme  substance  fermen- 
tescible,et  assigncr  quelques  usages  au  nouveau  principe  que 
ces  cliimistes  ont  nomme  Dahline,  et  qui  a  tous  les  caractcres  de 
VInuline,  selon  M.  Braconnot,  etc. 

M.  Desmazieres  ajoute  ensuite  quelques  observations  sur  la 
culture  et  les  moyens  de  multiplication  des  Dahlia.       G...N. 

42.  ExTRAiT  d'dn  Memoire  sur  les  genres  Chrysanthemum  y  Ma- 
tricaria et  Pyrethrum  ;  par  M.  Desmazieres.  [Recueil  des  tra- 
vaux  de  la  Societe  d Amat.  des  Sciences ,  etc. ,  de  Lille,  iSaS, 
pag.  257.) 

Ayant  examind  un  grand  norabre  d'especes  appartenant  aux 
genres  Chrysanthemum,  Matricaria  et  Pyrethrimi,  M.  Desmazie- 
res n'admet  pas  leur  distinction  etablie  par  Haller  ct  Willdenow. 
II  pense  que  les  considerations  tirees  de  la  nature  membraneuse 
et  scarieuse  des  ecailles  de  Tinvolucrc,  de  la  forme  plus  ou  moins 
convexe  du  receptacle,  de  la  presence  ou  de  I'absenre  d'une  ai- 
grette coroniforme,  non-seulement  sont  trop  minutieuses,  mais 
souvent  tres-equivoques.  II  propose  en  consequence  de  les  reu- 
nir  sous  le  nora  generiquo  commun  de  Matricaria. 

La  maniere  inexacte  dont  une  especc  de  ce  genre  ( Matricaria 
inodora  ,  ou  Pyrethrum  inodorum  )  ,  a  etc  decrite  ,  a  engage 
M.  Desmaziires  a  «n  donner  de  nouveau  les  caracteres  detailles. 
t^elte  planle  flcurit  au  mois  d'aout,  ct  en  m«}me  temps  que  VJn- 


''  Botanique.  55 

thcmis  cotula  ef.  la  Matricaria  CarnoiniLLa ,  avec  laquelle  die  sc 
trouve  melee,  et  facile  a  etre  cont'ondue  sans  un  examen  atten- 
tif.  M.  Desraazieres  signale  ensuite  uneerreur  de  M.  Merat  (Flore 
parisienne ,  1812  ),  rclativeraent  a  cette  plante.  Le  Matricaria 
perforata  de  cet  auleur  est  un  double  emploi  de  son  Pyrctkrum 
inodorurn  ^et\e  Matricaria  Carnomilla  L.  ne  se  trouve  pas  decrit 
dans  la  premiere  edition  de  la  Flore  dcs  environs  de  Paris.  G....N. 

43.  HisTOiRE  GENERALE  DES  Hypoxylons  ,  ou  Description  des 
genres  et  des  especes  qui  forment  cette  grande  famille  de  ve- 
getaux ;  par  F.  F\  Chevallier,  D.-M.  i""*^.  livr.,  in-4".  avec  fig. 
color. Paris;  i824;F'irmin  Didot.  (V.  \e  Bulletin,  t.  2,  p.  63, 
mai  i824<) 

II  est  aujourd'hui  bien  reconnu  que  I'etude  de  quelle  chose 
que  ce  soit  ne  doit  etre  dcdaignce  dans  la  nature:  les  rcsullats 
importans  qu'ont  produits  les  recherches  de  plusieurs  savans  sur 
les  corps  microscoplques ,  semblent  en  promettre  de  plus  im- 
portans encore  ,  et  c'est  maintenant  parrai  les  petits  objels,  me- 
prisables  aux  yeux  du  vulgaire ,  que  Ton  doit  esperer  le  plus  de 
decouvertes.  C'est  par  le  menu,  s'il  est  permis  d'employer  cette 
expression,  que  Ton  doit  aujourd'hui  reprendre  I'histoire  natu- 
relle,  trop  long-temps  consideree  par  ses  sommitcs,et  qu'on  eut 
vainement  tente  d'approfondir  entierement  tant  que  les  ebau- 
chcs  de  I'existence  dans  les  deux  rcgnes  fussent  demeurees  in- 
connues.  Mais  la  connaissance  d'objets  qui,  s'ils  n'echappent  pas 
entierement  a  la  vne,  nous  derobent  par  leur  tenuite  le  myslere 
de  leur  organisation,  est  en  general  difficile,  et  quelque  savant 
qu'on  devienne  en  cette  matiere,  elle  n'offrepas  de  di-dommage- 
iiiens  proportionniis  aux  peines  qu'on  se  doune  pour  I'acquerir. 
Quand  robservateur  opiniatre  qui  sail  ravir  quelqiies  secrets  a 
la  nature  veut  nous  reveler  ces  secrets,  il  trouve  rarement  un 
libraire  qui  veuille  publier  le  resultat  de  ses  importans  travaux. 
Honncur  done  ;"i  M.  Firmin  Didot  qui ,  non  moins  distingue  dans 
les  lettres  que  dans  I'art  typographique  port6  par  ses  soins  a  ur 
si  haut  degre  de  perfection,  a  senli  corabien  I'ouvrage  de  M.  F. 
F.  Chevallier  j)ouvalt  etre  utile  aux  botanistes,  et  que  le  tilrc 
d'tiiftoire  gcnerale  dcs  Hypoxylons  n'a  point  rebutc!  La  pre- 
miere livraison  de  ce  traite  vient  de  paraitre.  On  concevrait  dif- 
ficilement  ntic  execution  plus  parfaile. 

II  est  aiijonrd'liui  un.iDiinemeiit  lerii  (juc  sans  le  fcccours  dcs 


54  Botanique. 

figures  on  nc  saurait  jiai  vcnir  a  la  connaissancc  certaine  des  ob- 
jets  obscurs  dont  la  cryplogainte  sc  compose.  Les  plus  longues , 
lesplus  niinulieuscs ,  les  meilleures  descriptions  ne  suffisent  plus 
pour  les  faire  distinguer ;  tcs  descriptions  ont  meine  I'inconvc- 
nient  que  leur  comparaison  ahsorbe  \m  temps  precieux.  L'auteur 
a  done  rendu  par  d'cxccllens  dessins ,  les  especes  dont  il  vent 
constater  I'existence;  le  graveur  et  le  pelntre  I'ont  parfaitement 
conipris,  et  sous  ce  rapport  I'ouvrage  de  M.  Clievallier  ne  laisse 
absolumcnt  rien  a  dosirer. 

On  y  trouve  d'ahord  rctablisscnient  d'une  famille  des  Phe- 
ROPOREES,  que  composent  deux  ordres  appeles  Graphidees  et 
Verrucariees  ,  et  dont  uue  planchc  fait  connaitre  Ics  genres  par 
un  cxemple.  Ccs  genres  sont  Opegrap/ie ,  AUographe ,  Artho- 
nie ,  Schizoxflon  ,  Verrucaire  ,  Tripethelium ,  Pyrenide  ,  Gly- 
phis  et  Chidothecie.  La  pluparl  de  ccs  genres  avaient  precedem- 
ment  etc  clablis  par  divers  bolanistes ,  soit  parnii  les  Lichens, 
soit  parmi  les  Hypoxylees,  d'ou  il  convientde  les  extraire. 

Douze  especes  du  premier  de  ccs  genres  sont  soigneusement 
dccrltes  et  parfaitement  figurccs  dans  cclte  premiere  livraison. 
Leur  etablissement  peut  fournir  un  exemple  des  progres  que 
Ton  a  faits  dans  la  botanique  ,  puisquc  loutes  ccs  especes  etaient 
rcgardees  au  temps  de  Linne  comme  une  seule  ;  c'etait  son  Li- 
chen scriptus.  D'excellens  travanx  existaicnt  deja  sur  les  Opegra- 
phes,  notamment  ceux  d'Acharius  et  de  Leon  Dufour;  mais  il 
appartenait  a  M.  Chevallier  de  fixer  dcfinitivementla  valeur  des 
especes  ctablies  par  ses  predeccsseurs,  et  on  ne  saurait  tropl'en- 
gager  a  ne  point  laisser  long-temps  altcndre  le  reste  de  son  bel 
ouvrage.  B.  de  St.-V. 

/i4.  NoTiCE  SUR  del'x  espeoks  nK  r.HAMPiGNONS,  dccouvertcs  et 
dessiiices  par  M.  L.  de  Buondeau.  {.Inn.  de.  la  Sue.  Linnccniw 
de  Paris ,  i^^.  annee,  mars  182/1,  P-  7'i-' 

Les  caractcres  speclfiques  de  ccs  deux  nouvclles  fongosites 
•     sont  les  suivans  : 

T.  FuUgo  cerebrina  (Brood. )  PI.  Ill,  fig.  1  -.'|. 

Cerebriformis , ,  primo  mollis  ,  pulposa  ,  sub  tnaluiiUitctn  du~ 
riuscula  ;  cortice  exterio?e  tenui ,  deciduo ,  vitellino ,  derniimvi- 
ridesccnte-cineico  ;  intiis  fiUrosO'Ccllulosa  ,  ijuhcre  fuligineo- 
Jusccscente  referla. 


Botaiiiquc.  55 

Cetlc  pJ.uite  croil  en  juiu  sur  les  dt^brib  decoiiiposts  dcs  voge- 
taux,  et  sur  la  terre  graveleuse  des  collines. 

Le  Fuligo  cerchrina  parait  etre  unc  espece  fort  dislincte  ; 
pliisieuis  plantes  de  la  grande  famille  des  champignons,  et  no-  . 
taminent  le  Didcnnn  contextuin  et  le  Trichia  serpula  imitent  les 
formes  du  cerveau;  mais  comme  iis  sont  munis  d'un  cnpililiuin 
Persoon  (chevelnre) ,  qui  ne  s'observe  point  dans  la  plante  de 
M.  de  Brondeaii,  on  ne  peut  la  rai)porter  a  aucun  deux. 

1.  Heh'ella  sinuosa  (Brond.)  PI.  HI,  fig.  5. 

Pileo  pIicato,sinuoso  ,  subgelatirioso  ,  e  lutcscente  fiiligineo  ; 
pecliculo  compresso ,  alho. 

Celfe  fongosite  se  plait  dans  les  bois  ,  sur  la  lerre  couverte  de 
mousses  ;  elle  croil  aii  prinlenips. 

M.  Persoon  ,  charge  d'examiner  la  validile  de  ces  a  champi- 
gnons,  pensc  que  la  derniere  espece  n'est  point  une  llelvelle; 
il  la  fait  rentrer  dans  un  genre  nouveau  qu'il  nomme  Gyroce- 
pkalus  [c3i^\\.\i\e  forme  de  plis  circulaires ).  Nous  allons  le  faire 
connailre  dans  I'article  suivant.  A.  F. 

45.  Ckeation  du  NouvKAii  GENKE  Gyrockphalijs  (famille  des 
tliampignons] ;  par  M.  Persoon.  i^Ann.  de  la  Soc.  Linncenne  de 
J'aris.  i"^^.  annee,  mars  1824,  p.  75.) 

Caracteres  generiques  du  Gjrocephalus . 

P ileus  [aut  capitulum)  ti-einellosus  aut  subtremellosus ;  gy- 
roso-sinuosus ,  siiffultus  stipite  forti. 

Le  genre  Gyrocephalus  est  forme  aux  depens  du  Tremella 
hclvelloidcs  Fl.  ,  fig.  2  ,  p.  93;  du  Tremella  stipitata  Bosc  (Me- 
uioires  acad.  Berlin,  annec  181 1 ,  p.  ji,  tab.  vi,  fig.  i);  du  Phal- 
lus tremelloides  A'cnlen.  (Mem.  de  I'lnsf.  national  de  France , 
vol.  I ,  p.  509,  fig.  1) ;  et  enfin  de  VHehielln  sinuosa  de  M.  de 
Brondeau  donl  il  vient  d'etre  question. 

M.  Persoon  annonce  qu'il  n'a  vu  que  celte  derniere  espece  , 
mais  il  pense  que  ce  genre  est  solidcment  etabli ;  il  hesite  cepen- 
dant  a  lui  donncr  une  place  fixe  dans  les  sous-ordres  de'  la  fa- 
mille (les  champignons.  Au  resle,  voici  comme  il  s'exprime  a  ce 
sujet  : 

Genus  e  divisionc  tremellacea  ?  aut  hei.vellacea  ?  compre- 
hendens  species  sat  magnas ,  forma  heivellis  et  morchelus 
xubsimiles  ,  sed  naturd  tremellis  proximas.  Stipes  in  Jus  plg- 
ntmqiir  magnus  rt  rrasfds,  alhidus ,  nr  passim  r.aiits.        A.  F. 


56  Botanique. 

46.  Recherches  MicRoscopiQnES  ET  PHYSioLociQCEs  sur Ic  dcve- 
loppement  du  Lepraria  Kerme^ina ,  et  considerallons  sur  sa 
resserablance  avec  ce  qu'on  appellela  Neige  muge  ;  pour  faire 
suite  aux  Observations  sur  le  Byssits  Jolithus  Linn.;  par  Fr. 
Ant.  Wp.angel.  (A'owi^/.  Vctcnsh.  Academ.  Handlingar  ,  fcer 
aar  iSaS.l'^*^.  part. ,  p.  71.) 

On  a  vu,  dans  le  cahicr  ])rcc(';dent ,  n°.  -if^li,  que  M.  "VVrangel 
sVst  occupe  de  recherches  speciales  sur  la  nature  du  Lepraria 
liermesina  qui  couvre  les  rochcs  de  Suede  d'unc  belle  couleur 
de  cramolsi.    II   a   tenu  un  journal  exact  des  cliangemens  que 
ce  vegetal  a  subis  jour  par  jour  dans  I'eau;  la  plerre  qu'il  avait 
choisie  etait   d'abord  couverte    d'une   matlere  verte;  elle  prit 
dans  I'eau  une  belle  teinte  rouge,  et  il  s'en  detacha  une  partie 
qui,  sous  la  forrae  de  globules,  avait  la  meme  teinte.  La  ve- 
getation sur  la  pierre  se   developpait  peu  a  peu ,   et  devenalt 
filamcnteuse ,    ainsi    que    I'auteur    I'avait    annonce.    II   mit  de 
la  neige  sur  une  pierre  couverte  de  Lepraria  Kerincslna ,  et 
cette  neige  prit  aussitot  une  teinte  rougeatre;  c'est  ce  qui  a  de- 
termine I'auteur  a  penser  que  le  Lepraria  Kcrmcairia  de  Suede 
est  du  meme  genre  que  VUreJo  nivalis  auquel  M.  Bauer  {Jour- 
nal of  Sciences  and  Arts,  n°.  XIV)  attribue  la  leinte  de  la  neige 
rouge  que  les  Anglais  onttrouvee  dans  leur  expedition  au  nord. 
Wrcdo  ou  le  Lepraria  des  regions  boreales  aura  ete  entraine 
des  roches  par  les  eaux  ;  ccs  caux   se  scront  gelees  ensuitc ,  et 
auront  communique  leur  teinte  a  la  neige  voisine.  Le  Lepraria 
de  Suede,  lorsqu'on  Ic  frotte  entre  les  doigls,  y  laisse  une  cou- 
leur qu'on  ne  peut  enlevcr  qu'a  j'aide  du   savon  ,    precisemcnt 
corame  M.  Bauer  le  dit  de  VUredo  nivalis.  La  forme  globulaire  est 
parellleraent  la  meme;  011  remarcpie  en   ouire,  comme  dans  la 
neige  rouge  des  Anglais,  des  globules  plus  petits  que  lesautres,  et 
ayant  une  teinte  jaunatre.  Mais  ce  que  M.Bauer  n'a  pas  observe, 
et  ce  que  M.  Wrangel  a  vu  a  I'aide  du  microscope,  c'est  le  mou- 
vement  de  la  vie  animale,  apres  que  le  Lepraria  a   ete  arrosc 
d'eau;  ce  mouvemcnt  lui   prouva  I'existeiice   d'aniraaux  infu- 
soires,  et  il  rappelle  a  ce  sujct  «  le  travail  excellent  >>  de  O.  Fr. 
Miilier :  Aniinalrula  infusoria Jluviatilia  el  marina;  Copcnbague, 
1786.  II  pense  que  si  M.  Bauer  n'en  a  pas  trouve  dans  la  neige 
rouge,  c'est  que  des  circonstanccs  particuliercs  s'opposaient  au 
retablissement  de  la  vie  de  ccs  animaux  pendant  les  observations 
du  naturaliste  anglais.  Voici  les  idees  que  se  fait  I'auteur  de  la 


Botanique.  Sj 

formation  du  Lcpraria  Kerinesina.  Lichfenstein  a  remarqiie 
qu'il  lombe  quelquefois  avec  Ja  pluie  une  matiere  gelatineiise 
qui,  etant  dissoute  dan^l'eau,  fait  voir  des  molecules  rouf;es  on 
orangees,  qui  se  meuvent  soit  separcmcnt,  soit  en  masse;  ces 
molecules  animees  paraissent  a  M.  Wrangel  le  commencement 
de  I'organisrae  du  Lcpraria  Kermcsina.  II  suppose  que  Telec- 
triclle  forme  cette  gelee,  dans  laquelle  Ics  animalcules  tombent 
avec  la  pluie.  lis  etablissentsurlespierresun  sediment  qui  d'abord 
vert,  comma  ce  qu'on  appelle  la  matiere  de  Priestley,  devient , 
par  Taction  de  la  lumiere  ,  rougeatre,  puis  rouge  cramoisi.  Ce 
sediment  se  compose  de  globules  qui  renferment  ou  entourent 
des  globules  plus  pctits  d'une  teinte  jaunatre  ou  qui  n'a  pas  de 
couleur.  Ce  sediment  reuni  en  masse  est  ce  que  M.  Wrangel  ap- 
pelle Lcpraria  Kcrmesina.  Quand  elle  est  arrosee,  cette  masse  se 
detache  de  la  pierre  ,  on  revolt  une  matiere  gelatineuse  ,  les  glo- 
bules se  dctacLent  I'un  de  I'autre ;  et  sous  I'influence  de  la  lu- 
miere, ils  reprennent  le  mouvement  et  les  caractercs  dc  la  vie 
animate;  une  partie  des  petits  globules  forme  des  filamens, 
tandis  que  I'autre  continue  de  vivre  en  une  masse  oii  les  gros 
globules  laissent  ccliapper  les  plus  petits,  qui  continuent  la 
vie  animale  et  vegetative  ,  tandis  que  les  points  blancs,  qu'on  voit 
ca  et  la  a  la  fin  de  ces  cliangemens  ,  marquent  peut-etre  la  partie 
qui  a  parcouru  toutes  ses  phases,  et  dont  Torgaiiisation  a  louche 
a  son  dernier  terme.  L'auteur  avoue  au  teste  qu'il  y  a  encore 
bien  des  secrets  dans  la  nature.  D. 

4".  De  rRUCTIFICATlONE   GENERIS  RniZOMORPH>f.  CoMMENTATIO  ; 

par  Fr.  G.  Eschweiler.  [Isis,  4*^.  cah.;  1824,  p.  445.) 
Cette  plante  a  ete  trouvee  par  M.  E.  dans  les  mines  de  Frey- 
berg  et  de  Wipperfurlh ,  ou  elle  tapisse  comme  du  lierre  les  ou- 
vrages  en  charpenle,  auxquels  elle  est  fixce  par  des  tubercules 
giobuleux  (  K/ia^pJi')  de  distance  en  distance.  Elle  parait  devoir 
etrc  ])lacee  parmi  les  aigues  d'eau  douce.  M.  E.  a  decouvert  dans 
les  tubercules  les  parties  de  la  fructification ;  il  les  a  dessinees 
au  microscope  et  parfaitement  dccrites ,  en  ctablissant  les  rap- 
ports qiii  jieuvcrit  raj)prochcr  son  organisation  dc  celle  des  li- 
chens et  (les  clinmpignoiis. 

II  a  di'couvcrt  sur  cette  memc  plante  ])lusicurs  moi'-i^surcs, 
cntre  aulres  les  Pcnlcillium  expansum ,  et  Mucor  truncorurn,  et 
une  nouvelle,  a  laquelle  il  a  donne  le  nom  de  Mclidiuin  suhtcr- 
raneum,  et  dont  il  donne  la  description  et  la  figure.       D....1'. 


58  Botanique. 

48.  Instruction  sur  la  MANiiRv.  de  recueillir  et  preparer 
LES  CHAMi'iGNONS  poui'  Ics  lierbieis ,  de  les  conserver  et  de  les 
preserver  contre  ratl;ique  des  insecles  et  de  leurs  larves ;  par 
M.  C.  H.  Persoon,  inembre  lionoraire  et  vice-president  de  ia 
Socic'te  liniieenne.  [Ann.  de  la  Soc.  Linnicnne ,  i"^*.  ami.  , 
raars  1824  j  P-  79-) 

Quelques  mots  siir  le  temps  convenable  a  la  recolte  des  cham- 
pignons et  sur  les  localiles  ou  lis  se  trouvent,  precedent  celte 
utile  instruction. 

Voici  les  principales  regies  de  conservation  donnees  par  le  ce- 
lebre  mycoloi;ue  : 

1°.  Recolter  les  champignons  coriaces  et  subereux  avant  que 
la  vetusle  ne  commence  ,  de  peur  qu'ils  ne  renlerment  des  ger- 
nies  de  destruction,  dont  les  plus  redoutables  sont  les  cenfs  des 
insectes;  les  exposer  de  temps  en  temps  aux  rayons  du  soleil. 

2"."  Mettre  sous  presse,  sans  trop  les  comprlmer ,  les  cspeces 
moins  epaisses,  les  changer  souvent  de  papier,  et  les  exposer  a 
I'air  libre. 

3".  Laisser  a  I'air,  jusqu'a  parl'aite  dessiccation  ,  les  champi- 
gnons gelatineux  ,  lelUs  que  les  tremelles,  les  auriculaires,  etc. ; 
I'eau  leur  rend,  qnand  il  le  I'aul,  la  souplcsse  et  i'eclat  des  cou- 
leurs  primitives. 

/,".  Modeler  en  clre,  ou  plonger  dans  I'alcohol  I'aible  les  es- 
pcces  dont  on  veut  conserver  exaclement  les  formes. 

5".  Recolter  ,  dans  le  moyen  age ,  les  Lycoperdinees;  les  laisser 
se  fletrir  a  Fair,  afin  qu'ils  puissent  supporter  sans  se  deformer 
une  legere  compression. 

6».  Conserver  dans  de  petites  boites  garnles  de  coton  les  Tn- 
chiacees  et  les  Isaria  qui  croissent  sur  les  chrysalides  ,  pour  me- 
nagcr  leurs  formes  dolicales,  qui  seraient  delruites  ]>ar  Ic  plus 
l^ger  choc. 

7°.  Dessechcr  a  la  maniere  arcoulumee ,  par  Tine  pression 
nioderee  dans  le  papier  gris  ,  les  Fongoides  d'une  consistance 
mince  et  papyracee,  ainsi  que  les  fongositcs  epiphylles. 

»».  Enfin,  apres  dessiccation  f  omplete,  les  lenrermer  ilans  des 
capsules  de  papier,  pour  empecher  pliisienrs  insectes  et  vers  nui- 
sibles  de  les  a,ttaquer,  et  surtout  pour  les  defendre  contre  le  frot- 
tement  des  corps  etrangers. 

C'esl  ainsi,  dit  rauteur  dti  Synnpus  fungornm ,  qu'on  pourra 
g..rder  long-temp*   rr^    piodtn  lions ,    pom    les  comparer  enire 


Botaniqiie.  Sg 

ellcs,  les  etudier  sans  craindre  de  les  perdre,  el  les  conimuni- 
qiier  utilement  a  d'autrcs  botanistes.  A.  F. 

4y.  American   medical  Botany.  Bolaniquc  niedicale  des  Etats- 

IJnis  d'Amerique;  par  J.  BiCELOw.  To.    i  ,  a   et   3.  Boston; 

1817- 1 821;  Cummings  et  Hilliard. 

Cet  ouvrage  a  ete  public  en  6  livraisons,  renfermant  chacune 
10  planches  gravees  siir  cuivre  et  coloriees.  Les  descriptions  qui 
les  accompagnent  sontties-longues,  mais  comme  elles  n'oulpour 
objet  que  des  plantes  fort  connues,  nous  ne  nous  y  arreterons 
pas.  Elles  sont  suivies  d'un  grand  nombre  d'observations  qui 
n'interessent  que  la  medecine.  Cet  ouvrage  ,  oil  les  plantes 
sont  distribuees  systematiquement ,  appartient  done  plutot 
a  la  matiere  medicale  qu'a  la  botanique  proprement  dite  ,  et  il 
en  sera  rendu  compte  dans  celte  partie  de  notre  Bulletin 
(  Voj.  Bull,  des  sciences  medicales,  n°.  9,  sept.  1824.)  Nous  n'o- 
inettrons  pas  cependant  de  parler,  non  pas  d'un  nouveau  genre, 
mais  d'un  nouveau  nom  de  genre  propose  pour  une  Aroidee 
Ires -i-emarquable  qu'on  a  placee  tour  a  tour  dans  les  genres 
Arum,  Dracontium  e\.  Pvthos.  Elle  n'appartient  precisement  a 
aucun ,  mais  elle  se  rapproche  du  Pothos  par  ses  fleurs,  tandis 
qu'elle  a  le  fruit  de  \  Orontium.  M.  Nuttall  lui  avail  donne  Ic 
nom  de  Symplocarpus ,  qui  seinble,a  M.  Bigelow,  inadmissible, 
et  qu'il  propose  de  remplacer  par  celui  d'Ictodes.  Nous  ne  pen- 
sons  pas  que  I'innovalion  de  M.  B.  soil  recue,  car  rimpropriete 
qu'il  signale  dans  le  nom  donne  par  M.  Nuttall,  n'est  pas  telle- 
menl  grave  qu'on  doive  le  supprinier.  G....N." 

5o.  Flore  napolitaine,  on  Description  des   plantes  indigenes 
du  royaume  de  Naples  ,  et  de  quelques  plantes  exotiques,  culti- 
veesau  JardinRoyal  de  botanique  ;  par  lecliev.  M.  Tenore,  D. 
M.,prof.de  botanique  arUniversite  royale,  directeur  du  Jardin 
Royal  des  plantes.  i*"^.  vol.  de  100  f.  d'impr.  et  fjo  pi.  color, 
d'apres  nature ;   in  Ibl.   atl.,   papier  vejiu.   Prix,   100  ducats 
(440  f''-)*  Naples;  1810  et  ann.suiv. ;  impriin.  rov. 
I.  Cet  ouvrage   comprend  la  description  de  toutes  les  plantes 
du  royau7iie  dc  Naples,   taut  de  cellos  qui  sont  deja  connues  des 
botanistes,  que  de  ccUes  qui  n'onl  pas  encore  etc  decriles;  et  les 
gravures  des  espcces  les  plus  rares  ou  nouvelles.  Les  plantes  de- 
couvertcs  par  Cirillo  ,  Cdu/ini  et  Prtagnn ,  ainsi  que  les  especcs 
'cs  plus  rares  qui  out  etc  dccritcs  par  Cohn/ia,  Banclicr  ,  Bor- 


6o  Botanique. 

cone  et  Imperato  ,  y  occupent  une  place  particuliere,  et  y  sont 
jrravdes.  On  y  comprend  aussi  quelques  plantes  r;ires  et  exoti- 
ques  qui  sont  cultivees  dans  les  jardins. 

1.  Le  systeme  de  Linne  est  suivi  dans  la  redaction  de  cette 
Flore;  les  matieies  y  sent,  distribuees  de  maniere  que  chaque 
volume  contient  un  certain  iionibre  de  plantes  des  24  classes  , 
afin  que  Ton  puisse  aTigmenter  le  nombre  des  volumes  en  pro- 
])ortion  des  nouvelles  decouvertcs  qui  seront  faites,  sans  que  le 
]>lan  de  I'ouvrage  en  soil  altere.  Vn  index  niethodique  ])lace  a  la 
fin  donnera  un  tableau  complet  de  toutes  les  plantes  qui  y  auront 
ete  dccrites. 

3.  L'ouvrage  est  redige  en  italieu  ,  excepte  les  phrases  botani- 
qnes  qui  sont  ecrites  en  latin. 

4.  On  publie  tons  les  quatre  mois  une  livraison  de  la  Flore  , 
composte  de  10  feuilles  d'inqiression  et  de  5  planches. 

5.  L'ouvrage  est  partage  en  4o  Ilvralsons,  ou  en  4  volumes  de 
la  ineme  force  de  celui  qui  vient  deparailre. 

6.  L'ouvrage  est  precede  d'un  I'rodromus  qui  donne  aux  bo- 
tanistes  la  liste  gencrale  de  toutes  les  plantes  du  royaume,con- 
nues  jusqu'a  present,  formant  les  premiers  materiaux  de  la  Flore 
napolitainc.  Ce  Prodromus ,  qui  fait  pnrtie  dn  premier  volume  ^ 
donne  une  serie  d'environ  3, 000  especes,  parmi  lesquelles  on  en 
compte  a  pen  pres  200  qui  sont  tout-a-fait  nouvelles  ou  ])eu 
connucs,  et  qui  seront  dccrites  et  gravees  successlvemcnt.  Ces 
especes  nouvelles  sont  les  seules  dont  on  a  donne  la  phrase  ca- 
ractt'rlstique  dans  le  Prodromus ,  les  autrcs  y  out  ete  seulement 
indiquees  par  leur  nom. 

7.  Le  prix  de  chaque  livra'son  est  fixd  a  10  ducats. 

8.  On  souscrit  a  Naples,  chez  I'auteur,  rue  S.  Gregorio  Anne- 
no  ,  n".  41  ;  a  Home,  chez  ]\I.  de  Romanis  ;  a  Florence  ,  chez 
M.  Molini;  a  Milan,  chez  M.  Sonzogno;a Paris,  chez  M. Thouin  , 
directcur  du  .Tardin  du  Roi ,  quai  des  Augustins,  n".  55;  a  Man- 
lieim  ,  chez   M.  Artaria  et  comp. 

g.  Les  souscripteurs  ])aieront  le  prix  des  livraisons  a  mesure 
qu'ilSlesrecevront.  Hen  aparn  u5  livraisons  jusqu'a  I'anncc  1823. 

5i.  SoKiLTK    DK   Flore    de    Buuxkli-es.    Proces  verbal   de   la 
seance  d'cx  pes  itioni7  juillet  1824. 

Le  secretaire  a  presenle  le  resume  des  travaux  de  la  Sociele 
dans  le  coins  de  ranncc  demierc.  I'lusicursobsprvalioiis  onl  con- 


Zoologie.  C)\ 

state  rinfliicncc  des  dissolutions  salino-inetalliques  dans  les  ar- 
rosemens  de  certains  vcgetanx.  —  M.  Michiels  a  envoyedes  notes 
qui  pourraient  former  un  traite  coinplet  sur  la  culture  et  les  usa- 
ges du  turneps  dans  le  royaume  des  Pays-Bas.  —  Le  secretaire 
mentlonne  aussi,  parmi  les  ouvrages  envoyes  a  la  Societe  ,  le 
Memoire  de  M.  Cory  de  St.-Vincent  sur  la  matiere  consideree 
dans  ses  rapports  avec  I'histoire  naturelle.  II  parle  ensuite  des 
operations  adminisiratives  de  la  Societe  de  Flore ;  mais  elles  ue 
peuvent  interesser  que  les  menibres  residaus.  La  stance  a  ete  ter- 
ininee  par  I'exposition  des  plantes  envoyees  au  concours.  Un 
prix  a  ete  decerne  a  M.  Ducorron  de  Moignies,  pour  la  plante 
vivante  la  plus  rare,  ou  dont  I'introduction  en  Europe  est  la  plus 
recente:  c'etait  un  Primula  sinensis.  Le  Globbn  nutans  en  fleurs 
a  ete  presente  par  M.  Drapiez:  celui-cia  obtenu  le  prix  propose 
pour  la  plante  dont  Li  floraison  a  present^  le  plus  de  diffi- 
cultes.  G....N. 

52.  Recherches  sur  l'etude  de  la  botanique  a  Caen;  par 
M.  I'abbe  de  la  Rue.  In-8.  de  20  p.  Caen;  1824. 
Cet  ccrit  est  remarquable  par  les  recherches  que  I'auteur  a 
faltes  non  pas  seulement  sur  les  trayaux  botaniques  des  habitans 
de  Caen,  mais  encore  sur  les  plantes  qui  ont  ete  cultivees  dans 
le  d^partement  du  Calvados,  et  qui  furent  des  objets  d'utilite  ou 
d'economie  industrlelle.  Sous  le  premier  rapport,  il  ne  doit  inte- 
resser vivement  que  les  compatriotes  de  I'auteur  ;  et  quant  aux 
plantes  utiles,  il  rapporte  que  I'ognon  faisait  autrefois  une  bran- 
che  considerable  de  commerce  du  bourg  d'Isigny;  que  la  garance 
(^Rtibia  tinctorum^  et  le  vouede  (  pastel, /.s(7^/,f  tinctoria^  ctaient 
cultives  dans  presque  toutes  les  communes  de  I'arrondissemeat 
de  Caen;  que  la  plupart  de  ces  communes  avaient  des  moulins 
pour  reduire  en  pate  le  pastel;  qu'en  certains  mois  on  en  vendait 
a  Caen  plus  de  40,000  livres  en  gros;  et  qu'en  deflnilive  cette 
branched'industrie  devait  eire    rtproduc  live.  G....N. 


ZOOLOGIE. 

53.  The  Naturalist's  Repository,  etc.  Lc  Magazin  du  na- 
turaliste,  etc.  ;  par  M.  E.  Donovan  ,  Nos.  XX,  XXI  ,  XXII, 
XXIII ,  XXIV  et  XXV.  {J'oy  le  Bulletin  de  Janvier,  no.  117.) 
Les  nos.  22  a  24  contiennent  la  suite  du  tcxtc  du  n".  19  ou  dc 


6i  Zoologie. 

rexplication  de  la  plancbe  57  qui  en  fait  partie.  Lc  n".  a/i  con- 
tient  en  outre  I'explication  des  pi.  58  et  Sg  ,  comprises  dans  le 
n°.  20.  C'est  un  long  et  curienx  article  sur  les  Orang-outangs  , 
dont  nous  donnons  I'analyse  a  part.  (f^oy.  ci-apres. )  La  pi.  60 
represente  le  Papilio  {^Danai  Festwi)  Hydaspes  de  Fabr. —  La 
pi.  61  donne  la  figure  de  la  Valuta  Dufresnii ,  nouvelleet  grande 
espece  qui  vient  des  parages  ou  Ton  peche  la  baleine.  —  La  pi. 
62  represente  plusieurs  Buprestes  fort  beaux ,  qui  ont  etc  de- 
crits  dans  les  Transactions  de  la  Soc.  Linnisenne,  t.  12  ,  p.  2, 
p.  38o  et  suiv. ,  nos.  8  ,  9 ,  10 ,  et  1 1  et  dont  voici  les  noins  : 
B.  jucunda  ,  ainoena ,  leucosticta  ,  pulchella.  Los  deux  i''s.  sont 
du  Bresil,  le  jj.  de  I'Australasie,  le  !^<-.  de  I'lnde. —  PI.  G'3i  donne 
le  Ramphastos  i'iridis  de  Gmelin  et  de  Latham  ,  le  Toucan  vert 
de  Cayenne  de  Buffon.  —  PI.  64.  PsUtacus  Broivni ,  belle  es- 
pece de  la  Nouvelle-HoUande  ,  decxite  par  M.  Teraminck ,  dans 
le  inemoire  que  ce  savant  a  insere  dans  les  Transactions  Lin- 
reennes  ,  vol.  i3  ,  p.  119  et  dont  il  n'existait  pas  de  figure.  — • 
PI.  65.  Papilio  ( Equites  Arhivi)  DoUcaonY dhr.  —  PI.  CG.  Oxtra- 
cion  Tohinii.  M.  Donovan  reunit  sous  ce  noin  les  deux  poissons 
decrits  par  ShavF,  sons  les  noms  iVOstr.  auritus  et  striatus  [Gen. 
ZooL,  vol.  5  ,  p.  /|29  et  /|'3o) —  PI.C7.  f  oluta  Ferussacii,  nou- 
velie  et  curieuse  espece.  — PI.  68.  Lams  glaucus  de  Giuclin  ,  rap- 
porte  par  le  capit.  Ross  ,  des  Terres  Arctiques. — PI.  6y.  Gnllus 
Dono^ani  ,  nouvelle  et  belie  espece  qu'on  croit  liabiter  les  gran- 
des  Indes.  — ■  PI.  70.  Buprestis  bicolor  Fabr.  magnifique  et  tres- 
grande  espece  de  rAmeriquemeridionale. — 'PI.  71.  Papilio  [Pleb. 
rurales)  Lara  Linne.  —  PI.  72.  Psittarux  aureus  Gmelln.     F. 

54.  Voyage  autouk  du  monde  ,  fait  par  ordre  du  Roi ,  sur  les 
corvettes  de  S.  M.  I'Uranie  et  la  Physicienne,  pendant  les 
annees  1817,  x8i8 ,  1819  et  1820,  par  M.  Louis  de  Freyci- 
NET,  capt.  de  vaisseau,etc.  Partie  zoolocique,  par  MM.  Quoy 
et  Gaimard,  inedecins  de  I'expedition  ,  i'^''.  et  2e.  liv.  in-f"., 
de  6  pi.,  chcz  Pillet  I'aine  ,  rue  Christine  ,  a  Paris. 

Parmi  les  expeditions  ordonnees  par  le  gouvernemenl  fran- 
rais,  celle  que  nous  annoncons  occupera  I'un  des  premiers  rangs. 
Entreprise  unlquement  dans  le  but  d'aiigmentcr  nos  connaissan- 
res  en  physique  generale  ,  en  geographic,  en  hisfoirc  iiatiirelle 
et  en  anthropologic,  il  est  remarquable  que  c'est  la  premieie  oii 
les    officiers  de  marine  sculs    aient   etc    charges  de  toutes   le* 


Zoologie.  65 

parlies  des  observations  et  des  recherclies  scientifiques  ;  aussi 
I'accord  le  plus  parfait  a-t-il  toujours  rcgne  entre  le  chef  habile 
et  experimente  qui  la  commandait ,  et  ses  subordonnes.  Tous 
onl  rivalise  de  zele  et  se  sont  prete  de  niutnels  secours  pour 
fonder  le  monument  que  nous  voyons  eiever  aujourd'liui ,  et  qui 
sera  incontestablement  regarde  cornine  un  des  plus  beaux  orne- 
mens  du  regne  actuel. 

Le  voyage  de  decouvertes  ,  sous  les  ordres  du  capitaine  Bau- 
din  ,  seinblait  promettre  de  meilleurs  et  de  plus  nonibrenx  resul- 
tats  que  ceux  qu'il  a  eus,  surtout  sous  le  rapport  de  I'Histoire 
naturelle  ;  mais  I'ignorance  et  le  despotisme  capricieux  de  ce 
commandant  nuisirenl  plus  a  son  succes  qu'un  naufrage  ne 
fut  prejudici.ible  a  celui  de  la  nouvelle  expedition. 

M.  de  Freycinet  avait  accompagne  le  capitaine  Baudin  comme 
commandant  du  Casuiirina ;  il  avait,  en  cette  quallte  ,  execute 
une  f'oulede  recherclies  qui,  sous  le  point  de  vue  geographique, 
font  le  merite  principal  de  ce  voyage.  II  avait  surtout  acquis  la 
connaissance  precieuse  des  rapports  sociaux  qui  doivent  exister 
entre  le  chef  d'line  entreprisc  de  cette  nature  et  les  personnes 
qui  sont  placees  sous  ses  ordres.  En  un  mot  c'etait ,  sous  tous  les 
rapports,  I'homme  qui  convenait  pour  diriger  une  nouvelle  expe- 
dition et  ce  fut  lui  que  le  gouvernei'nent  choisit. 

Investi  du  coninianden)ent  de  I'Uranie  ,  M.  de  Freycinet  pensa 
qu'il  devait  avoir  un  droit  positif  sur  toutes  les  personnes  qui 
I'accompagneraient ,  et  c'est  ce  quil'engagca  a  ne  prendre  a  son 
bord  aucun  individu  ctranger  au  corps  de  la  marine;  mais  il 
fixa  son  choix  sur  des  officiers  instruits ,  actifs  ,  et  en  etat  dele 
seconder  dans  les  divers  genres  de  recherches  qu'il  devait  entre- 
prendre.  Chacun  d'eux  eut  son  occupation  particuliere  ,  et  tous 
remplirent  leur  tache  avec  la  plus  poncluelle  exactitude. 

C'est  a  cette  distribution  parfaite  des  travaux,  a  ce  zele,  a  cette 
instruction  des  personnes  employees  ,  qu'est  due  Timmense  re- 
colte  de  faits  importans  rassembles  en  trois  annoes,  et  dont  nous 
annoncons  la  publication. 

Les  voyages  de  Cook  ,  de  Bougainville,  de  Vancouver,  d'En- 
trecasteaux,  etc. ,  n'av'iient  en  general  ^te  entrepris  que  dans  le 
but  de  decouvrir  de  nouveiles  terres,  et  les  travaux  astronomi- 
ques,  ou  les  recherches  d'histoire  naturelle,  n'en  etaient  en 
quelque  sorte,  que  des  accessoires  :  ici  il  n'en  est  pas  de  meme, 
et  chacune  de  ces  branches  des  sciences  a  etc  I'objet  d'un  travail 


6/i  Zoologi'e. 

special.  Aus.i  V/ilstoirc  clu  ^-ojage,  contcnuc  eirz  vol.m-4.,  aux- 
quels  doivent  etre  jointcs  i  lopl.,  sera-t-elle accompagnee  de  1  hy- 
dronraphic  en  i  vol.  orne  dc  22  cartes,  de  la  meteorologte  en 
I  Tol  des  .ocabulaires  ct  dcs  recherches  sur  les  langues,  en 
,  vol  'des  observations  du pendule  ct  du  magnetisme,erv  1  vol.; 
de  la  lotanique  en  1  vol. ,  accompagne  de  120  pi.,  et  enfan  de  la 
zoologie  en  i  vol.  et  un  atlas  de  96  pi. 

Chacune  de  ces  parties  sera  I'objet  de  divers  articles  se  ratta- 
chant  aux  differenles  sections  qui  divisent  ce  journal. 

Nous  ne  devrons ,  pour  notre  part,  nous  occuper  que  de  la 
partle  zoologique,  redigee  par  MM.  Quoy  et  Gaimard,  mede- 
cins  de  I'expedltlon,  naturalistes  zeles,  qui,  aimant  la  science 
pour  elle-meme,  lies  d'intention  et  d'aniitic  ,  ont  rcnouvele  1  al- 
liance si  toucl.ante  et  si  louable  qui  avait,  dans  I'exped.tion  du 
capltaine  Baudin,  reuni  Peron  et  Lesueur. 

Leur  travail ,  divise  en  seize  livraisons  de  dix  planches,  et  de 
quelqucs  feullles  de  tcxte  chacune ,  contient  les  figures  de  254 
animaux,  ou  pieces  d'anatoraie,  par.nl  lesquelles  227  especes 
inedites  comprenant  quinze  genres  nouveaux.  Leur  texte  ren- 
ferme  en  outre  la  description  de  80  especes  nouvelles,  qu  on 
n'a  pas  dessinees;  en  sorte  que  le  nombre  d'animaux  nouveaux 
que  I'omrage  fait  reellement  connailre  ,  ne  s'eleve  pas  a  moins 
de  307. 

Les  planches  gravees  par  M.  Coutant ,  sur  les  dessins  d'apres 
nature  de  MM.  Pretre,  Provost,  Bevalet,  Oudart,  Chazal,  etc., 
sont  d'une  execution  parfaite  ,  et  prennent  rang  avec  ce  que  nous 
possedons  de  nilcux  en  cc  genre. 

Deux  livraisons  ont  deja  paru,  et  les  autres  les  sulvront  regu- 
lierenient  de  quinzaine  en  quinzaine,  attendu  que  la  gravure  des 
planches  est  terralnee,  et  que  le  texte  entler  est  sous  presse. 

La  premiere  contient  unc  preface  fort  courte,dans  laquelle 
MM.  Quoy  et  Gaimard  annoncent  quilsont  suivl  dans  leur  des- 
cription I'ordre  qui  existc  dans  I'ouvrage  de  Cuvler,  intitule  le 
Regne  animal  distribuc  scion  son  organisation ,  et  temoignent 
leur  reconnaissance  a  toutes  les  personnes  qui  leur  ont  etc  de 
quclque  secours  dans  la  redaction  de  leur  travail ,  cntre  autres 
a  M.  Cuvier,  nul  leur  a  indique  plusleurs  genres  dcpoissonsja 
M  de  Blainvilfe,  qui  a  fait  Tanatomie  de  quclques  mollusques 
marins  rapportcs  par  eux;  a  M.  de  Ferussac,  i  qui  ils  doivent 


Znologle.  65 

1.1  description  de  leiirs  coquilies  terrestres  et  fluviatllesj  et  a 
M.  Lninoiironx ,  qui  a  decrit  leurs  polypiers  flexibles. 

Le  i'^^''.  chap,  renferme,  sous  le  titre  de  I'homme,  quelques  ob- 
servat  ions  sur  la  constitution  physique  des  Papous ;  observations 
dont  nous  avons  deja  rendu  conipte  dans  le  Bull,  de  i823,cah.  8. 
Le  a*^.  chap.,  quia  pour  objet  des  considerations  generales  sur 
c[uelqties  mammiferes  et  oiseaux ,  se  divise  en  sections ,  qui  ont 
rapport  aux  lieux  principaux  de  s^jour  de  nos  voyageurs  :  ainsi 
le  Bresil  et  Rio  de  la  Plata  donnent  lieu  a  la  premiere;  le  cap  de 
Bonne  Esperance  a  la  seconde;  les  iles  de  Timor,  Rawak  et  Vai- 
glou,  a  la  troisieme;  les  iles  Mariannes  a  la  quatrieme;  laNou- 
velie-Hollande  a  la  cinquieme ;  les  iles  Sandwich  a  la  sixierae; 
et  les  iles  Malouines  a  la  septieme.  Dans  chacune  de  ces  sections 
ils  passent  en  revue  les  principaux  animaux  propres  a  ces  diverses 
conlices  ,  rectifient  I'histoire  naturelle  de  quelques-uns ,  donnent 
des  (li't.iils  nouveaux  sur  leurs  habitudes,  etc. 

Les  planches  qui  accompagnent  cette  premiere  livraison  re- 
prcsentent  des  tetes  de  Papous,  et  plusieurs  quadrupedes ,  dont 
il  est  fait  mention  dans  la  seconde. 

Celle-ci  contient  le  '^■'.  chapitre,  qui  a  pour  objet  la  descrip- 
tion des  mammiferes  ,  tels  que  i°.  la  Roussette  Reraudren  (Voy. 
le  Bulletin,  18^3 ,  to.  2,  p.  4/(8);  2°.  le  Peraraele  de  Bou- 
gainville, de  la  baie  des  Chiens-Marins ,  espece  nouvelle,  ainsi 
caraclerisee  :  P.  corpore  supra  rujb,  subtits  cinereo;  capite  elon- 
gato  ,ciculo;  auribus  ovcitis,  long  is  ;  et  differente  principalement 
du  Pvrauu'le  nasuta  par  la  longueur  de  ses  oreilles  ;  3**.  le  I)a- 
syiire  de  Mauge,  espece  connue,  mais  non  figuree  ;  /|°.  le  Plialan- 
gcr  Quoy  :  P.  corpore  supra  griseo,  infra  subalbido  ;  parte  supc- 
riore  capitis J'uh'd;  guld  pectorcque  albidis;  cxtreinitatibus  supra 
fiiscis;  auriculis  minimis,  pilosis ;  caudd prchcnsili ,  squamosd ; 
<K ciit  par  nous  sous  le  nom  de  P/ialangista  papncnsis  (Mamn., 
suppl.,  ji.  541,  n".  840);  5".  le  Phalanger  tachete,  P/i.  rnncu- 
lata ,  espece  deja  connue;  6".  le  Potoroo  de  "White ,  animal  dont 
il  a  lie  Fait  nitntion  dans  le  Bulletin  do  mars  189.4  j  P-  271,  sous 
le  iioiii  de  Kangaroo  a  (lueiie  grele,  et  (pie  nous  avions  decrit  sous 
cehii  de  Ivanguioo  de  (iaiinard  (Mamm.,  suppl.,  j).  542,  u^.  829), 
ne  paraissant  pas  dilterer  du  Kanguroo-rat  de  Phillip  (1);  7".  le* 

(i)  Hnc  liU'  <l%in  ,'iiMrnal  clii  mr-ric  genre  troiivce  sur  Tile  de  Dirck- 
Hiliilis  sfi::l)Jc  appai  li'iiir  .'(   unc   itptcc  diire'rrntc,  que    .MM.  Quoy  ct 

B.    J.)MK  HI.  5 


K;ingiiroul:iiiieiix,  cK'-ja  iinnonce  <lans  \e  Biillclin  ,  i'^'".  :inn<'e,  t.  ?, 
p.  /,/!|7,ou  nofreKanguroiironx  i  IVlaniin.,  Mippl,,p.  5/,  i,  n".  8/,  i.^ 
La  int^me  livraison  coinprmd ,  sons  lo  tilro  d'.ipprndirp  re 
latit  aux  Plioqiies  ct  aiix  Cct:icos,  un  4''.  cliapitrc  ronij)li  do  ren- 
seitjnemcns  interessan.s  sur  plusietirs  tie  rps  animaiix  ,  ct  no- 
taininent  sur  le  Fhotjuc  a  troiupe  dc  P(''ron  ,  et  sur  qnclqnos 
jiulres  dc«  iles  Malouiiies  ;  snv  leiir  pccbp  ;  siir  ime  cs])rce  de 
Cachalot  des  paragt-s  de  Tiinnr,  lemaKqunblc  paries  bosscliires 
de  son  dos,  qui  lui  out  vain  la  dt'nomiiialion  dc  Phjseter  poly- 
cypus ;  sur  la  Baleiiioplere  Mnseau-pointii  ,  et  sur  Ics  Dauphins 
donl  MM.  Quoy  et  Gaimard  font  connaitre  trois  osj)cces  sous  Ics 
noins  1°.  de  Dauphin  rhinoceros  ,  noir,  lachcle,  a\?cc  une  bosse 
en  forme  de  corne  a  I'occiput ;  2 '.  dc  Dauphin  albiquenc  (  pcnl- 
t'tre  iiotrc  Dauphin  de  Bory) ,  tout  noir,  avec  une  prande  bando 
blanciie  laterale  qui  coiDprejid  I'oeil  de  chaqtie  cote;  3".  lo  Dan 
phin  crucigere  ,  blanc  en  dessus  et  endcssous  ,  avec  une  sorte  do 
ceinture  noire  en  travcrs  du  ventre.  Desm..st. 

55.  Statistique  nu  departement  des  Bouches  -  nii  -  Rhone 
etc.  Suite.  ( Voyez  le  Bulletin,  torn.  3,  n".  3oo.) 
roii;ONS.  Les  poissons  des  cotes  de  cc  departeuient  sont 
noiTibrcux  en  especcs,  et  leurs  nouis  systoinatitjucs  out  cio  rc- 
curillis  et  mis  en  regard  d'une  liste  complete  dos  denouiina- 
tioiis  provenralcs,  attribuccs  a  chacun  deux,  par  M.  Polydore 
Roux  ,  qui  a  joint  a  ce  catalogue  des  indications  fort  intercssau- 
tes  sur  les  diffiircntcs  pechcs  cu  usage  dans  la  Provence.  Parmi 
Ics  fails  qui  nous  paraisscnt  nouvcaux  ou  peu  connus ,  nous  si- 
gnalcrons  les  suivans.  La  grandc  Lamproie  rcraonte  dans  le  Rho- 
ne iusque  vers  Avignon.  L'EsUirgcon  est  fort  abundant  dans  cc 
fleuvc,  vers  le  prinleuips  ct  est  I'objct  dune  pcchc  considerable. 
T.c  Mole ,  ou  Poisson-hmo,  so  jctte  souvent  en  troupes  uoni- 
],:cuscs  dans  les  uiadn.giies.  L'AngulUc  ordinaire  vit  iii,ii-s.  ulc- 
mcnt  dans  les  liviercs  du  dcparteraeut  des  Bouches- du- Rhone  , 
mais  encore  dans  (juclqucs  puits  ct  fontaincs.  La  thaii  dc  IT.spa- 
dou,  poisson  assex  rare,  est  tres-cstimcc.  Les  Saumons  et  autrcs 
poissons  du  meinc  genre  sent  assez  rares.  L'Eperlan  nc  sc  trouvc 

Gaimard  pioposent  d'ajijiclcr  Potoioo  f.cMicur.  Un  s([iicleHc  de  la  col- 
lect ion  du  Museum  difltrc  aiissi  .isse?,  par  la  formn  do  sa  ttte  pntir  <"trc 
considdre  coinine  appirlcnant  ;i  une  lioisienic  isptcc  (pii  pn-ndiait  It 
noiii  lie  J'oiDioii  lie  I'lioii. 


Zoolngje..  6  J 

pis  tlanslfi  Rhone  ,  iii:u'.  I '  r>iochet  ordiiKiire  y  est  tres-cominun. 

Oiiant  anx  puissons  Ips  inoiiis  rares,  cl  dont  on  fait  le  plus 
tl'usagf  pour  la  table,  ils  consistent  principalement  en  pliiiirurs 
especes  ile(Ga<les  ,  en  Tlions ,  ijuc  Ton  prend  d  ins  les  inadraj^iies, 
en  Pleuronecte;,  qui  sont  peclie.s  en  quantite  aux  Martigues,  en 
Blennics,Caranx,Scorpt;ncb,  Vncliois,  Sardines,  etc.  La  Murijne 
(les  Romains  est  anssi  asscz  commune,  et  sa  cliair  est  rccliercliee. 

Rf.ptiles.  Lours  especes  sont  peu  mnltipllces  et  se  rap[)artcnt 
en  general  a  cellos  qui  se  Iron  vent  dans  les  autrt-s  deparleniens 
de  la  France.  Quelquesuncs  cependant,  plus  particulieres  aux 
contrees  ineridionales ,  liahiteni  celui-ei  :  lelles  sont  la  Coideu- 
vre  d'Esculape ,  la  Couleuvre  hordelaise,  qui  est  la  plus  com- 
mnne;  le  grand  I.ezard  verl  (  sans  doute  le  Lizard  ocelle  );  la 
Tarentc  (on  Gecko  niaurilanique ;  le  Sops  tridaclyie,  et  une 
cspece  de  saurien,  qui  est  dc  forme  tres-allongee  et  qui  a  les  pieds 
postoriours  places  trcs  loin  des  anterlenrs;  les  Tortues  bour- 
beuses  c\  orbiculaires,  parmi  celles  d'eau  douce;  le  Lutli,  et  la 
Cionane  parmiles  marines ;  enfin  la  Torlucgrecque  qui  est  appor- 
li'c  cliaque  annoe  en  tres  grande  quantite  de  Sardaigne  et  de  Cor- 
se, el  (jui  est  I'objet  d'un  tres-granddcbita  la  foire  do  Reaucaire. 

OiSRAUX.  Parmi  les  especes  d'oisoaux  menlioiinoes  dans  cet  ou- 
vr.igo  ,  nous  avons  retrouve  la  phqiart  de  celles  qui  liabitent  le 
centre  et  le  mldi  de  la  France.  Les  oiseaux  de  proie  sont  assez 
multiplies  ;  les  passercaux  le  sont  ('•galenicnt ,  et  parmi  eiix  on 
remarque  le  Merle  de  roclic  (  Tun/us  saxatilis)  dont  la  fonK'lie 
est,  selon  les  auteurs  dc  cet  ouvrage,  Ic  Lnnius  infaustut  de 
Linne.  On  y  voit  aussi  le  Merle  bleu  (  Tur.lm  cjnnus)  dont  la 
femellc  scrait,  selon  eux,  le  Tardus  soUtariux  de  T.nne.  Le  l\ol- 
lier  est  de  passage  au  printemps,  et  ordinairemcnt  assez  rare; 
le  Cliocard  (  Cnivus  Pyrrhocorax)  habile  ordinairemcnt  les  mon- 
tagncs,  niais  descend  frequemmcnt  dans  la  basso  Provence.  Le 
Bec-croise  passe  en  aoiit,  s'cu  va  en  scpfoud)re,  rcvient  on  niui , 
et  disparait  en  juillct ;  dans  ccrtaincs  annoes  il  arrive  en 
troiipivs  innombrables.  I^a  Passo  [Fr.'n^ilUi  ]'i'/n>/ii.i')  osl  une  cs- 
pece dc  gros  moincau  qui  commence  a  senionlrer  en  septeiubre 
et  se  retire  vers  la  fin  ilc  novembre.  Les  niuineaux  proprciui-nt 
dits  sont  en  nonibre  exorbitant ,  et  Ton  trouvc  avec  eux  une  cs 
pece  voisine  appelee  dans  le  pays  Pa.tserounfr  ou  Pnsscroun  sa- 
yoiw  ,  que  les  auteurs  considerent  comme  noiivellc  el  qu'ils  nom- 
a>ei>t  t'lingiUafera.  Lc  .Seiin  vert  de  Provence  et  le  Br(i:int  Or- 


68  Z(()l(i'^ie. 

tolan  »ont  tres-eommuns,  Une  espece  de  Mesangc,  Parux  narbo' 
/4#«j/i',  peut-etre  unc  varu'te  (\vl  Pnrtis pemlulinus ,  ne  se  volt 
qua  la  lisiere  du  Rhone,  a  Tarascon  et  a  Aries  ,  et  sur  les  Lords 
de  la  riviere  de  Craponne  dans  la  Crau.  Les  espcces  de  Bees-fins 
soot  tres-multipliees  et  plusieurs  peu  connues. 

La  Crau  renferme  plusieurs  galUnaccs  (pu  se  trouvent  aussi 
en  Barbaric  et  en  Espagne,  notamment  la  Grandoulo ,  espece  de 
Perdrix,  et  le  Ga/iga  ou  Gelinotte  des  Pyrenees.  La  Poulc  sul- 
taue  est  naturalisee  sur  le  littoral  de  la  Crau  et  de  la  Camargue. 
Quelqucs  Herons ,  et  notamment  deux  Crabiers ,  paraissent  nou- 
■veaux  ou  peu  connus.  Les  olseaux  palmipedes,  et  notamment  les 
Canards,  qui  sont  nombreux,  frequentent  en  hiver  les  clangs  et 
nes'y  arretentqiie  peude  temps,  surtout  a ceuxde Bene  ctde  M:\- 
rignane.  Les  Piiigouins  sont  peu  communs  sur  les  cotes,  et  Ton  y  a 
vu  tres-rarenient  trois  oiseauxdu  genre  Manchot:  i"  Y Aptmoilj- 
tes  ilernersa,  i".  XA.  chrysocoma,  et  3".  le  Cnbudeoit,  que  les  auteiirs 
regardent  comme  nouveau,  et  qu'ils  ont  appelc  Jjitenodytcs  minor, 
a  cause  de  sa  petite  tailie  qui  ne  depasse  pas  celle  du  Bouvrcuil, 

Mammiferes,  Les  animaux  de  cette  classe  les  plus  remarquables, 
sont  i)armiceuxquisont  endomesticite,  lesfaureauxetleschevaux 
de  la  Camargue  et  quelqucs  varletes  d'anes.  Parmiles  especes  san- 
vages,  nous  distinguerons  seulement  le  Loir  et  le  Castor  dii 
Rhone,  dont  M.  PouUe  a  decrit  rhabitation. 

Apres  les  observations  sur  chaque  classe  et  snr  cliacjiie 
ordre  d'animaux  ,  vient  une  evaluation  des  produits  qu'ils 
fournissent  a  I'lndusfrie ,  suivie  d'un  tableau  synoptique,  arti- 
cle tres-interessant,  mais  qui  concerne  la  statistlque,  et  dont  nous 
ne  nousoccuperons  pas  ici.(Voyez  la  section  deStatistique.)  Enfin 
ce  chapitre  est  lermine  par  le  tableau  des  espcces  du  regne  ani- 
mal qui  habitent  le  departemcnt  des  Bouches-du-Rhone  et  les 
jners  qui  en  baigncnt  les  cotes  ,  nomeaclaturc  precieuse  qui  oo- 
cupe  les  p.  852  a  888. 

Nousajouteronsqu'unefoulc  de  details,  de  faits  iinportanset  cu- 
rieux  qui  regardent  un  grand  nombre  des  animaux  dont  il  s'.igit, 
mais  qui  concernent  plus  specialementl'agriculture  oul'industrie, 
ont  eterenvoyes  aux  chapitres  ou  Ton  traite  de  ces  deux  parties. 

Les  noras  du  pays  sont  Indiques  avcc  soin  pour  toutes  les  es- 
peces vulgaires.  Nous  termincrons  cet  article  par  unc  rcniarquc 
critique,  c'est  que  les  noms  spccifiques  latins  des  catalogues  des 
pspfces  sont  tres-souvrnt  di'figures.  Desm.,st. 


Zoologie.  6q 

56.  SuR  LR   SiMiA  Satyrus,   Oiiuig-oulaii^'  rouge  on  Hoiiime 

sauvagc  des  bois,    etc.   (  Naliiralcsl's  Hcjjositorj  de    fll.    E. 

Donovan,  n"^.  19  a  a/J.) 

Ce  memoire  a  priiicij)aleiiaent  poTir  objct  I'Orang-outang  ra- 
jneiie  en  Angleterie  i)ar  M.  le  cap.  Maxwell;  cependant  I'auteiir 
ne  se  borne  point  a  rapporter  les  observations  auxijuelles  eel 
animal  a  donne  lieu;  il  fait  un  exanien  eiilique  de  tun!  ce  qui  a 
etc  dit  sur  les  Orangs,  abstraction  faile  des  Gibbons  ,  ce  qui  le 
conduit  a  proposer,  pour  les  deux  senles  especes  qui  soient  au- 
jourd'liui  connucs,  rOrang-outang  et  le  (Ihinqjcnse,  deux  ])lirascs 
caracterisliques  nouvelles  et  un  nom  nouveau  j)Our  le  dernier. 
Ainsi  rOrang-outang,  auquel  il  conserve  le  nom  de  Satjius  est 
ainsi  caractcrise,  Ecaudota  ,/erruginea ,  auriculls pnrvi$ :  brachiis 
longissimis ,  lacertorum  pilis  reversis  ;  nalibus  tectis  ;  et  Ic  Cliini- 
pense  au(juel  il  applique  le  nouveau  nom  de  Pann  est  spccifie  par 
la  phrase  suivanle  :  Eraudata,  nigra:  aurici/lis  magnis ;  hraihiin 
subelorigdtis;  lacertorum  piles  reversis  :  luitihiis  led  is, 

Cos  observations,  comme  on  voit,  ajoutent  peu  a  te  qu'on 
connaissail  des  organcs  de  ces  aiiimaiix  ;  mais  I'auteur  rajipoi  le 
un  fait  important  qui  Icndrait  a  confiniier  Tiilentite  spiicifique  dii 
Pongo  et  de  I'Orang-outang.  IJne  tele  d'Orang-outang  adulte 
qui  a  ele  recue  a  Londres  de  Borneo  fait  voir  que  ci  Itc  espeto 
change  considerablement  avec  I'Age  sous  le  rapport  de  la  capacitc 
cerebrale  et  de  rctcnduc  du  museau  ,  et  que  celui-ci  se  prolongc 
a  iiiesure  que  I'auli'e  cesse  de  croilre  ou  diniinue;  ce  qui  perinet 
de  conclure  qu'cn  vieiilissant  elle  peut  acquerir  lous  les  r arac- 
lercs  du  Pongo  ,  doni  on  n'a  jamais  vu  en  elfel  que  <les  individus 
tres-vieux.  Tout  ce  qui  est  relatif  it  ce  qui  avait  doja  ele  dil  sur 
riiilelligence  des  Orangs,  a  ce  qui  avait  ele  rapporte  de  leiirs 
aelions  laisse  beaueoup  a  desirer,  el  I'auleur  seuible  loiijonrs  se 
uiellrea  la  place  de  son  aninial,  des  quil  veut  parler  des  motifs 
qui  font  agir  celui-ci;  de  sorte  que  dans  tout  ce  qu'il  en  raconte 
on  dirait  un  hoinme  reflechi ,  qui  combine  scs  idces ,  qui  a  de  \ji 
provoyance,  qui  possede  en  nn  mot  loutcs  les  (pialites  qui  dis- 
linguenl  I'espeee  humaine  de  la  brute.  Malgre  cette  erreur  de 
lani^age,  ce  memoire  conlient  des  fails  tres-curieux.  Ainsi  I'Orang 
de  M.  Maxwell  etant  encore  a  Java,  s'elait  fail  sur  son  arbre  un 
lit  de  branches  entrecroisees  et  do  feuillcs  ou  il  se  rcposait,  et  oij 
il  se  relirait  ])onr  y  pas.'cr  la  nuit  des  cpie  le  soleil  desccndait  sous 
riiorizon.  II  aiuiail  le»  ccndn  et  le«  clieithail   lui m^iue  dans  Ua 


70  Zoiv/og/c. 

ifiils.  II  ic  faisait  eiitciulie  ik-  ceux  qui  Ui  scrvaieiil  ,  vl  il  les  cn- 
tcndnit  avec  unc  intclligemc  singuliere.  Toutcs  scs  actions  au 
restc  en  inonlraioiit  bcaucon|>.  Pendant  Ic  voyage  dc  nier  il  por- 
tait  line  cLainc  avec  laquelle  on  rattacliail,  san.i  doule  lorscju'il 
jiouvail  conrir  quclques  danger^.  Dans  tout  autre  cas  il  elaitli- 
bre  quoique  toujours  cliarge  de  sa  cliaine  ;  mais  alors  au  lieu  de 
la  trainer,  conimc  se  serait  borne  a  faire  un  cliien,  il  la  tournait 
autour  de  son  corps  et  la  portail  ainsi  jjIus  facilement.  II  se  plai- 
sait  beayconp  plus  dans  la  societe  dcs  lioinnies  que  dans*.'ellc  dts 
atitres  aniinaux  ,  et  il  rcfusail  do  jouer  avec  Ics  aulres  Singes  , 
tandis  qu'il  jouait  avec  les  cliiens.  Des  Tortucs  rdlrayerent ;  et  il 
paraissait  eprouver  une  vive  sollicitude  toutes  Ics  fois  qu'il  voyail 
des  liommes  nager  a  la  mer.  II  savait  qu'iine  a;  nioire  s'ouvrait 
avec  une  clef  et  il  la  demandait  lorscju'il  voulait  y  clierdier  dcs 
fruits  ct  qu'elle  etait  fermee.  Dans  une  de  scs  maladies  il  so  laissa 
saigiier  sans  diHiciilte,  ne  fut  pas  effraye  de  son  sang,  ct  long- 
tcinps  aprcs  il  montrait  Tendroit  du  bras  oil  I'operation  avail  ete 
faitc,  comme  s'il  cut  voulu  se  faire  saigner  de  notiveau.  Cet  ani- 
mal ,  quiparait  avoir  etc  plus  vieux  que  la  pluparl  des  Crangs- 
outans  qu'on  a  vus  en  Europe,  a  vccu  deux  ans  a  Londres. 

II  faut  espercr  que  si  les  naturalistesetaient  asscz  hcurcux  jiour 
posseder  encore  jtcndant  autant  de  temps  cctte  precieuse  esj)ecc  , 
ils  auraient  soin  de  I'observcr  avec  toute  I'attentioii  ncccssaire 
poiiretablir  avec  precision  la  difference  qui  cxisle,  sous  le  rap- 
port de  rinletligcnce  ,  entre  elle  cl  I'espece  liumaine;  ce  (pii  nV- 
tait  peut-clrc  pas  possible  autrefois,  mais  qui  Test  ccrlaiucmcnt 
aujourd'hui. 

Ce  memoire  est  acconipagne  de  trois  planches.  L'une  reprc- 
sente  deux  figures  cnticres  d'Oraiig-oulang  trop  pelites  pourtlrc 
corrcctes.  I^a  seconde,  bleu  preferable  a  la  premiere,  fait  coii- 
nnilre  la  tete  de  eel  Orang  de  profil  et  de  face.  Dans  la  troisienic 
on  trouve  des  figures  copiees  de  dessins  cliinois.  Les  uiies  seni- 
blent  represcntei'  I'Orang  roux,  et  d'autrcs  out  pour  objel  nnc 
longue  note  (jiii  accomj)agne  aussi  ce  memoire,  ct  qui  traite  dcs 
sirenes.  F.  C. 

57.  Rkvce  et  HKPRbsKNTATiON  d'imagcs  sculptecs  en  bois  [>ar 
les  liabilans  des  iles  Alcoutes,  represeiil.iiil  divcrses  cspeces 
dc  (^elaces  dcs  niers  du  Kaint^cliatka;  par  A.  dc  Chamisso  ;  .iv. 
5  pi.  litogr.  (  Aoc.  ticCa  Acad.  L'lVd .  Lcojj.  Carol,  nut.  (ur., 
io.  XII,  i"'.|)artie. ) 


Zooio^ic.  7 1 

Pallas,  dans  sa  Zaographla  loixuui ,  piiblico  apjt-s  sa  iiiort , 
a  indiqiio  (tome  i  ,  p.  287  et  288)  trois  especes  de  Cachalots  it 
six  cspcces  de  Baleines,  comme  particulicres  aux  iners  du  Kamts- 
diafka  ,  en  donnmt  leiirs  noms  Alooiites  Ct  de  legerrs  annota- 
tions sui"  les  usages  que  ces  peuplos  relircnt  de  cliacnnc  <l'clles. 

Dei)iiis  la  publication  de  cct  ouvragc  posllninie,  M.  de  (^ha- 
ntisso,  qui  a  fait  partie  de  I'expedition  rnsee  de  decouvertes  , 
comniandee  par  M.  Olto  dc  Kotzebiie,  se  trouvant  a  Unalas- 
cbka,  cut  I'idcc,  pour  eclaircir  Ic'^  notes  de  Pallas,  de  fairescnlp- 
ter  et  coloricr  par  dcs  habitans  de  cette  ile,  dcs  images  en  bois 
representaiit  les  cetaces  qui  leur  etaient  connus. 

Aujoiird'hui  il  public  des  figures  litliogra])liiees  de  ces  scnlp- 
tiues,  en  y  joignant  les  noms  aleoutes  et  riisses  des  cetaces  qn'ellcs 
rcpresentent,  et  en  y  rapportant  les  notes  de  Pallas  et  celles  cju'il 
a  recueillies  lui-m^me.  Chncune  est  representee  vue  sous  trois 
aspects  :  le  cote,  le  dos,  et  le  ventre. 

II  s'occupe  d'aburd  des  Baleines  qui  sont  au  nombre  de  six , 
savoir : 

1".  Lc  I^LiOMOCH  des  Aleoutes  (  qui  appellent  le  jcune  fige  de 
cette  espece  Kuiioniagadoch) ,  Kuliointi  des  Russes;  Culiatnnuich 
de  Pallas.  C'est  la  plus  commune  des  Baleines  de  ces  mers ,  Tunc 
dcs  plus  grandes  ,  et  la  plus  grusse.  Sa  poitrine  est  lisse  et  mar- 
quee d'un  ample  sillon  courbe  en  S;  ses  fanons,  d'un  noir  bleua- 
tre ,  au  nombre  de  4  ou  5oo,  sont  fort  grands  (i) ;  ses  evens  sont 
llexneux  ct  places  au  milieu  de  la  lete,  et  ie  museau  supporte 
(  d'apres  I'image)  un  tubercule  vers  son  extremite;  sa  jioilrinc 
et  ses  nageoires  pectorales  sont  blanebes  ;  son  dos  est  gibbcux  el 
a  .six  bosselures. 

M.  de  Chamisso compare  succcssivenicnt  Icscaracteres  decclle 
espece  avec  ceux  dcs  Balanuc  Mysticetus ,  gibbosci,  noilosa ,  et 
dcs  Btilccnoptcrcv  Boops ,  Musculus  cV  rostrata^ei  il  I'aitreniar- 
querles  principales  differences.  Sans  lc  diie  positivement,  il  laisse 
entrevoir  qu'il  considere  lc  Kuliomuili  eoninic  se  rapproeliant 
surtout  du  BaUvna  Aljsticctus ,  et  il  fait  remarquer  que  l;i  pre- 
sence de  cette  espece  dans  TOceaii  oriental  n'aurait  rten  de  sur- 
prenant,  si  Ton  ajoutait  foi  aux  rapports  de  M.  Henry  llauiel  , 
et  de  Henry  Buscli ,  «iui  trouvereiit  le  premier  en  iti5'i,  sur  les 
nvages  dc  la  Corec,  et  lo  second  en  1716,  sur  les  coles  du 

li)  lis  out  Irois  pifds  et  dcim  dans  un  individti  di;  ■jo  pimls  dc  lori!; 


ya  Zoologie. 

Ivjiiiitscli.ilka,  des  Baleines  dans  le  corps  desquelles  et;iicnl  cn- 
ionces  des  liarpons  europeens. 

II  est  tres-vraisemblable ,  selon  lui,  que  le  Balanu  Physalus 
de  Pallas  ,  en  en  excluant  la  synonymic,  se  rapporle  au  Rulio- 
moch  que  Stellera  eu  certainement  sous  les  yeux. 

L'espece  Ires-grande  que  Pallas  dit  etre  iiommee  ])ar  les 
Aleoutes  Kamschalang  n'existe  pas.  M.  de  Chamisso  a  reconnu 
que  la  signification  de  ce  noin,  est  vlcillard  ou  ancien ,  ct  que 
s'il  a  ete  attribue  a  quelques  Kuliomochs  ,  c'ctait  sans  doute  pour 
designer  des  individus  ages. 

La  graissedu  Kuliomocb  est  liquide  el  odoraiilc  ;  les  Aleoutes 
en  font  usage  dans  leurs  alimens.  Les  tendons  ,  dont  un  senl  in- 
dlvidu  fournit  240  livres,  sont  employes  pour  faire  des  cordes 
et  des  lignes  de  pecbe.  Les  os  servent  dans  la  construction  des 
habitations,  et  lapeau  est  employee  pour  fabriquer  des  souliers. 

a.  L'Abugulich  des  Aleoutes,  Amgolia  des  Russes;  JJm^uUic 
de  Pallas.  Cette  grande  espece  est  consideree  par  les  Aleoutes  et 
les  Rnssps  comme  la  plus  utile  et  la  premiere  de  toutes.  Pallas 
lui  accorde,  d'apres  le  dire  des  habitans  des  iles  de  ces  contrees, 
jusqu'a  35o  pieds  anglais  (5o  orgyas)  (1)  de  longueur.  Son  image 
la  represente  avec  une  queue  fourchue  dont  la  couleur  ,  ainsi  que 
celle  des  nageoires  pectorales,  n'est  pas  differente  de  celle  du 
corps; ses  fanonssont  trcs-petitsetsans  usage;  sa  graisse,  medio- 
cremcnt  abondante ,  est  solide,  a  une  saveur  agrcable,  et  se 
trouve  pure  sur  le  dos  et  les  coles,  mais  melangee  de  chair  sous 
le  ventre.  Elie  a  pour  ennemi  le  Dauphin  Orque,  qui  est  trcs- 
<Viand  dela  substance  de  sa  iangue  et  de  la  graisse  de  ses  parties 
eupcrieures.  On  en  Irouve  souvent  dVchouees  sur  les  rivages  et 
qui  paraissent  mortes  des  suites  des  blessures  que  leur  ont  faitcs 
r,escetaces.  Lorsqu'on  en  prend,  ce  qui  est  rare,  on  se  sert  de 
I'cpidcrrae  de  leur  Iangue  pour  faire  des  vetemens.  Les  os  de  leurs 
machoiressont  employes  pour  faire  des  armures  de  javelots.  Tons 
les  tendons  de  leur  queue,  qui  servent  a  fabriquer  des  cordes, 
sont  du  poids  de  \xo  a  iTJo  livres. 

L'auteur  ne  parle  nuliemenl  de  nageoires  ou  de  bosses  dor- 
sales,  d'oii  Ton  peul  eonchire  que  cette  espece  en  est  depourvur. 
Villas  la  rapi)rorhe,  mais  a  tort,  du  B.  Mystartus  ,  dont  les  f,i- 
jions  ont  une  bien  plus  grande  dimension. 

(',)  L'orgja  (•qiiivaut  a  7  pieds  anglais. 


Zoologic.  75 

3.  Le  Mangiuacii  des  Aieoutes  (  qui  noniment  le  jcune  %e 
Mangidadcch  \  ,  Magiila  des  Russes;  Mangidak  ou  Balcena 
Musculus  Pallas.  L'iinagc  de  cette  espece  a  sa  queue  qui  est  lu- 
nellee  de  la  couleur  du  corps,  ainsi  que  les  nageoires  pectorales. 
Ellc  parait  un  ])eu  plus  grande  et  plus  epaisse  que  la  suivante.  Ses 
fanons  ,  (jui  u'ont  pas  plus  d'un  demi-pied  de  longueur,  sont 
emj)!oyc5  seulcment  comme  etoupes,  et  n'ont  aucune  valeur;  sa 
graise,  solide  comme  ccUe  de  la  precedente,  a  le  meme  emploi; 
la  cliair  blanchatre  du  venire  dans  les  jeiines  individus  est  re- 
clieichee  comme  aliment,  mais  dans  les  vieux  elle  devient  Ires- 
durc.  L'epiderme  de  la  langue,  les  os,  et  generalement  toutes 
les  parties,  ont  le  meme  usage  que  dans  I'Abugulich.  La  totalite 
des  tendons  d'un  individu  de  70  pieds  anglais  de  long  est  de 
80  a  120  livres  en  poids. 

4.  L'Agamachtchich  des  Aieoutes , /^^rt/wrtc/ifc/ztX  des  Rus- 
ses ,  Aggamachschik  Pallas.  Elle  estseulement  plus  petite  que  la 
precedente  et  moins  epaisse;  mais  on  la  considere  comma  for- 
mant  une  espece  distincte.  Sa  chair  est  recherchec  pour  la  nourri- 
ture  ;  ses  fanons  ,  tres-petits  ,  n'out  point  d'usage.  Elle  n'a  ja- 
mais plus  de  28  pieds  anglais  (  4  orgyas),  et  lorsqu'elle  acquiert 
cettelongueur  sa  cliair  devient  si  dure,  qu'elle  n'est  plus  mangea- 
ble.  La  note  de  Pallas  au  snjet  de  son  Aggamaschscliik  rapporte 
que  cette  espece depasse  rarement  70  pieds  (10  orgyas);  que  ses 
fanons  sont  blancs  et  longs  de  2  pieds ;  que  son  ventre  est  blanc, 
plane  et  marque  de  rides;  que  sa  graisse  est  abondante  ,  et  que 
les  membranes  de  ses  intestins,  et  des  autres  parties  du  corps, 
sont  employees  pour  former  des  vetemens  ou  des  casaques  qui 
ne  rcsistent  pas  a  la  pluie. 

5.  L'Ai.ioMocH  ou  Aliama  des  Aieoutes  (  dont  le  jeune  age 
est  nomme  par  le  meme  peuple  Aiiamagadach  ) ,  Aliamot  des 
Russes;  AUianiak  Pallas.  Sa  stature  mediocre  est  aii-dessous  de 
celle  A\i  Mnngidnch  ;  sa  graisse,  abondante,  est  plus  molle  que 
celle  de  ce  cctace;  ses  fanons  tres-courts  sont  inutiles  ,  et  toutes 
ses  autres  parties  sont  employees  aux  meines  usages  que  cellos 
des  especes  ci-dessus  mentionnees.  Elle  n'atteint  jamais  plus  de 
35  ])ieds.  Son  image  represente  la  face  inferieure  de  sa  queue 
(qui  est  lunulee  ),  ainsi  que  ses  nageoires  pectorales  de  coulcur 
blanche.  Du  reste  elle  est  phis  forle  (jue  la  precedente,  et  ses  na- 
geoires sont  j)lus  longucs  que  lessiennes. 

6.  Le  TsciiiKAGivcii  des  Ah'oulrs,  'l'si/iil,ngtiof>  dos  Russes; 


74  Zoo  logic. 

Tschic/>iigliiA  Pallas.  C't'st  la  plus  pelitc  de  tuutes  Jcs  baleincs  tie 
ccsmcrs,  ct,coinniolc  Kulit)n)otli,  ellc  est  tres-grasse ,  et  pics - 
que  sans  cliair  rolativcincnt  a  sa  masse;  sa  graissc  est  aussi  li- 
qucsctiilc  cl  sapule  ,  et  sa  couleur  est  rougeatre ;  ses  fanons,  tres- 
petits,  sont  inutiles  ;  ses  lendons  sont  d'un  usage  precieux;  ses  os, 
les  plus  rcchercht's  <le  tons,  servcnt  a  faire  les  arraures  des  ba- 
ches, avec  lesqutlles  les  Aleoutes  poursuivent  les  Loutres  ma- 
rines. Sa  nageoire  dorsale,  qui  manque  dans  Timagc  de  cetlo 
cspccc  (car  <;e  jjarait- etre  une  Baleinoplerc  ),  est,  dit-on,  tres- 
pelite;  on  y  voit,  au  lieu  dcs  plis  dc  la  poitrine,  une  areole 
longitudinale  blanche,  inlerrompiie  par  une  seide  ligne;  la  queue 
y  Cbt  lunulee ,  avec  sa  face  inferieure  blanche,  ainsi  que  les  na- 
geoires  pcctoralcs. 

La  note  de  Pallas  sur  cet  tc  espece  differe  de  ce  que  nous  venous 
de  rapporler  en  ce  quelle  donne  20  orgyas,  ou  140  pieds  anglais 
de  longuieur ,  a  cetle  espece  ,  et  une  aune  environ  a  ses  fanons. 

Un  seul  Physeter  ou  Cachalot  est  mentionnc  dans  ce  me- 
moire  sous  les  noms  aleoutes  dc  Agidagich  ou  Agdagjah,  ct  sous 
la  denomination  russe  de  PUwiin  ;  c'est  celui  que  Pallas  apjiellc 
Agadachgi/i.  Sa  longueur  est  de  107  pieds  anglais  environ.  Les 
dents  de  sa  machoire  inferieure  sont  nombreuses,  et  out  huit 
ponces  de  longueur;  les  autres  sont  epaisscs.  Sa  graisse,  melan- 
gt'c  de  chair  sur  le  dos  ct  pure  sous  le  ventre,  a  une  proprictc 
purgative,  ce  qui  fait  qu'on  ne  Temploie  que  pour  les  lanipcs. 
Ses  tendons,  ciont  le  poids  s'elcve  a  400  liv.  dans  un  animal  de 
5o  pieds ,  donncnt  un  produit  recherche.  La  pcau ,  au  moins 
cclle  de  toute  la  partie  anterieure  du  corps ,  sort  a  faire  dcs 
chaussures. Les  os  dc  la  machoire  fournissent  des  annures  de  ja- 
velots,  etc. 

M.  de  Chaniissoparait  croire  que  cette  espece  est  Ic  grand  ca- 
chalot dc  Bonnalerre,  Physeter  macroccphalus. 

L'artiste  aleoutc  qui  I'a  representee  a  place  deux  evens  ovales, 
a  I'instar  des  narincs  du  cochon ,  sur  la  partie  anterieure  dc  la 
tete,  de  maniere  que  sa  figure  parait  comme  troncjuee  sur  les 
cotes,  et  il  a  conserve  la  sy metric  des  yeux. 

Un  celace  du  genre  Ancylouon  ?  d'lUiger  est  figure  sous  l.i  dc 
nomination  i\' Alugninich,  cl  son  image  porte  aussi  comme  syno- 
nymes  les  noms  de  Tsc/tuduf,  et  A'AgidagiL 

Scion  P.allas  V  ALigriinich  porte  2  dents  en  avant  dc  cluK  une  ilc . 
maehoircs ,  sa  graisse  purgative  est  employee  pour  les  lampe;.  Le 


Zoologie.  75 

Tschciduk  ,  selon  le  iin-nic  aiiteuj ,  a  70  picds  de  long;  scs  clouts, 
au  nombie  de  2  'i  cliMquc  maclioire,  sont  longuts  do  9  pouces;. 
ia  graisse  est  juauvaisc.  Eiifin  son  'J\schuiiitc/iitgciguf> ,  long  de  . 
84  picds  (12  orgyns)  ct  pins,  a  ,  scion  le  dire  des  liabitans  do  I'ile 
de  Kagiak  ,  Ic  corps  cntiercuunl  gras,  et  la  bouclie  pourvuc  de 
4  dents  a  cliaque  maclioire. 

La  figure  doniiteparM.de  Cliamisso  d'apresriniagcstnlplec, 
a  deux  dents  seulenicnl  en  haul  et  en  Las,  et  parait  representee 
ou  I'Alugninicb  on  Ic  Tschieduk  de  Pallas.  Lcs  evens  y  sent  njar- 
qu«5s  a  distance  I'un  de  I'autre. 

Cetlc  espece  parait  se  rapprocber  du  Monodon  spuriuin  de 
Fabricius,  ainsi  que  de  YHjpcruodon  de  M.  de  Lacepede  et  du 
Dilphinus  diodon  de  Hunter. 

Un  DAUPHIN  terniiiie  laserie  des  cspecrssculpteesparles  Aleou- 
tes.  C'csl  le  cetace  qu'ils  nomment  Aguluch,  le  KossatUi  des  Rus- 
ses,  ct  \Jgliik  de  Pallas.  Sa  taille  est  de  i3  pieds,  ses  evens  sont 
ecartes,  ses  dents  sont  nombreuses  et  petiles,  il  vit  en  troupe  ct 
fait  une  guerre  a  inort  aux  baleines.  M.  de  Clianiisso  n'btsile 
pas  a  le  considertr  coninie  etant  le  Dclphinus  orca  de  Gmelin, 
ou  I'Epaulard  de  M.  Cuvier. 

Deux  figures  qui  n'ont  point  ete  employees  parce  qu'elles 
etaient  irop  grossicres  semblent  represcnter  deux  espcces  de 
Daupbin.  Dksm..st. 

58.    EXTRAIT    U'UNE    LETTRE    DE    M.    CaSTELNAU  (JuNlUs),    COU- 

seiller  pres  la  cour  royalo  de  Montpellier,  a  M.  le  D'.  Bailly. 
( Communiquec  a  I'Acad.  des  Se. ,  seance  du  '2  aout  1824.) 
«  On  vient  dc  decouvrir  a  Montpellier,  dans  la  sabliere  sur  la- 
quellcla  citadelle  est  batic,  des  os  fossiles  d'un  Mastodonte  d'une 
grande  dimension  :  il  y  a,  enlre  autres,  deux  dents  dc  10  a  12 
])()uces  de  longueur,  sur  738  de  largenr ,  et  4  a  5  d'epaisseur. 
L'eniail  a  environ  2  ^  lignes  d'ej>aihseur,  et  est  tres-bien  conscr- 
vee.  [Ann.  ties  Sc.  /it/t. ,  juillet  1824  ,  p.  368.) 

5q.    HlSTOlRE    NATUREI.LE    DES    OISEAUX    d'EuROPK  ,  par  M.    Boi- 

TARD ,  av.  fig.  dc  toutes  lcs  especes  et  varietes  ,  dessinees  ])ar 
M.  Werner,  i'^''.  livr.  in-4.  Paris;  1824;  Parmcntier. 
11  strait  a  desirer  que  tous  lcs  ouvrages  publics  par  souserip- 
iLon  le  lussent  conimc  tclui-ei ;  its  ne  seraient  pas  soumis  a  tou- 
tes lcs  cireonstanios  <|ui  Irop  souvint  letardent  rui)pai  ition  des 
divcrscs  liviaisons,  ou  bitn  s'opposcnt  u  Itur  aebevtujent.  M.  lioi- 


176  Zoologie. 

tard  a  divisi-  so!j  sujcl  en  plusicurs  parties  ,  de  manicrc  que  cha- 
cune  offiit  un  corps  d'ouvragc  complet,  ct  que,  quelque  chose 
qui  arrival,  ce  qui  aurait  paru  iic  put  jamais  elre  imparfait.  U 
publie  un  ordie  entier  a  la  fois  ;  aujourd'liui  il  fait  paraitrc  Ics 
Accipitrcs  on  oiseaiuv  de  rapine,  dont  il  decrit  45  especes,  3i 
diurncs  et  i ',  nocturnes,  qu'il  classe  d'aprcs  la  melbode  de 
M.  Cuvier ;  60  figures  accorapagnent  Ic  texte. 

La  1'^.  plancbe  contient  le  Vautour  ou  grand  Vautour  Buff.; 
( Vautour  briin )  Vultur  cinereus  Gm.  —  Le  Vautour  fauve  Cuv. ; 
Vultur  fulvus  Gm.  —l.e  Percnoptcre  d'Egypte  Cuv.;  Fultur 
jjcrcnopterus Gm.—Le  Laemraer-geyer  ou  Vautour  des  agneaux 
Buff.;  Falco  barbatus  Gm. 

La  2^  pi. ,  le  Faucon  Buff.;  Faucon  ordinaire  Cuv.;  (  vieux  et 
jeune)  Fa/ro  peregrinus  Gm.  —  Le  Rochier,  Emerillon  vieux  , 
rEmerillon  jeune  ;  Falco  Lithofalco  Gm.,  Lath. 

3^.  PI.  Le  Lanier ,  Faucon  lanier  Temm.;  Fako  lanariii^  Lin., 
Gm.  —  Le  Hobereau  Buff.,  Cuv.;  Falco  subbuteo  Gm.  —  La 
Cresserellc  adulte  et  jeune  Buff.;  Falco  Tinnunculus  Gm. 

4*".  PI.  La  Ctcsserelette,  Falco  tinnunculo'ides  Temm.  —  Le 
Hobereau  gris  Cuv.;  Faucon  a  pieds  rouges,  ou  Robez  Temm. ; 
Falco  vcspertinus  Crm.  —  Le  Gerfault  adullc  Cuv.,  et  le  jeune 
ou  Sacre  de  Buff  ;  Falco  islandicus  camlicans  Gm. 

5*=.  Pl.L'Aiglecommun,  Falco  Chrjmetos  Lin.;  Falco  ncgcrCm. 

—  L'Aigle  imperial  Temm.;  Falco  imperialis  Bcchst.  —  L'Aigle 
nioyen,  Aquila  intermedia  Boitard  ,  espece  nouvelle.  —  L'Aigle 
boltoTcmm.;  Falco pcnnatus  Gm. 

6^.  PI.  Le  petit  Aigle,  ou  Aigle  criard  Tern  m. ,  adulte  ct  jeune; 
Falco  na^vius  Gm.  —  Le  Pygargue  Buff.  ,  adulte  ct  jeune  ;  ludco 
albicilla  Gm. 

7*.  PI.  L'Aigle  a  tele  blanche  Buff.;  Falco  leucoccphalus  Gm. 

—  Le  Balbuzard  Buff. ;  Falco  Halia-tus  Lin.  —  Le  Jean  le  BI.m.c 
Buff.;  Falco  gallicux  (nn.  — L'Autour  Buff.  (  vieux  ) ;  Falco  pa - 
lumbarius  (im. 

8*.  PI.  L'Autour  jeune.  — L'Kpervier  Buff.;  Falco  Nisus  Lin. 
_  Le  Milan  royal  VmU. ;  Falco  niilrus  Lin.  —  Le  Milan  noir 
Buff. ;  Falco  aler  Gm. 

f)*-.  PI.  La  Bondrec  Buff,  (adulte) ;  Falco  api^oru^  Gm. ;  la 
Bondrec  jcunc.  —  La  Busc  commune,  vicillc  ct  jeune;  Faho 
;Conimunis  fuscus  Gni. 


Zoologie.  nn 

TO*.  PL  La  Buse  variotc.  • —  La  Buse  patue  Cuv. ;  Falco  lago- 
puslAn.  ■ —  Le  Busard  St.  Martin,,  m41e  et  femelle;  Falco cya- 
neus  Montagu. 

'1^.  PI.  Le  Busard  Montagu,  male  it  femelle;  Falco cineras- 
cens  Mont.  —  La  Harpaye,  jennc  et  adultc;  Falco  a^rugino- 
sus  Gm. 

lae.  PI.  Le  DJoyen  Due  on  Ililxm  Buff.;  Strix  Otus  Lin.  — 
La  grande  Cheveche  Buff.,  ou  le  Hibou  brarliiole  Teinm. ;  Strix 
hrachjotos  Gxa.  — L'Effraie  Buff.;  Strix  Jlainmea  Lin.  —  La 
Chouette  lapone  Temm.;  Strix  lajjonica  Ke\7.. 

i3^.  PI.  La  Chouette  nebuleuse  Temm.;  Strix  /lebulosalAn. 

—  Le  Cliat-huant,  male  et  fiinelle,  Cuv.;   Strix  Aluco  (Im. — 
Le  grand  Due  Buff.;  Strix  Bubo  Lin. 

i/('.  La  Chouette  Harfang  Buff. ,  jcune  et  vieux  ;  Strix  nyctea 
Lin.  —  La  Chouette  de  I'OuimI  Temm.;  Strix uralensis  Pallas. — 
Ija  Chouette  Caparacoch  ou  eperviere  Buff.;  Strix  J'uacrea  Gm. 

15"=.  PI.  La  Chouette  Teugmalm  Temm.;  Strix  Tcugmalini  Lin. 

—  La   Cheveche  ou   petite  Chouette  Buff.;  Chouette  Cheveche 
romm. ;  Strix passerina  Gm.  —  La  Chev^chette  Vaill. ;  Strix  aca- 

(lica  Gm.  —  Le  Scops  ou  petit  Due  Buff. ;  Strix  Scops  Gm. 

M.  Boitard  fait  preceder  son  travail  d'un  tableau  analytique 
qui,  selon  lui ,  doit  aider  a  trouver  la  description  de  I'oiseau  que 
I'on  desire  connaitre.  II  jeltetui  coup  d'oeil  rapidesur  les  auteurs 
qui  ont  public  des  methodes  ou  systemes,  et  cite  Liniie  ,  La- 
tham,  Scliceffer ,  Illiger ,  Brisson  ,  Vieillot ,  Temmiuck. 

B.  C.  Pavraudeau. 

fio.  American  Ornithology  or  the  History  of  the  birds 
()i-  THE  United  States,  etc.  Ornithologie  americaine,  ou 
Histoire  nalurelle  des  oiseaux  des  Elats-Lfnis,  accompagnee 
de  planches  gravees  et  coloriees  sur  des  dessins  originnux  faits 
d'apres nature;  par  Alex.  AYilson.  2''.  edit,  du  VII''.  vol.,  pu- 
bliee  par  les  solns  de  M.  George  Ord.  lln  vol.  gr.  in-  (.  Phi- 
ladelphie;  1824. 

L'ouvrage  de  Wilson,  qui  a  paru  cntre  1808  et  181 3,  est, 
sans  contredit,  Ic  plus  reuiarquable  qui  ait  encore  etc  publie 
dans  le  nouveau  raonde  sur  une  branthe  quelcontjue  He  la  zoolo- 
gie. II  contient  un  grand  nonibrc  de  descriptions  et  d'excelleutrs 
figures  des  especcs  d'oiseaux  particuiieres  a  rAnuriquc  du  nord  .. 
espicos  ilonl  plusiems  ctaicnt  encore  inconmu-j.. 


78  Zoologie. 

Le  Jcrnior  volume  c^e  cct  ouvrage,  ou  It;  'j^.  confrnant  pi  in 
cipnicment  Iliistoire  dos  oiscaux  dc  rivages,  ne  fiit  iiii>  an  jiKu  , 
en  i8i3,  qu'aprcs  la   mort  de  AVilson. 

Les  descriptions  conipiiscs  dans  ce  volume  pn'scnt-ticni  qm  I 
qnescrreurs  duTis  la  synonymic,  qui  ont  paru  asscz  graves  pom 
nil  riter  d'etre  rclevees ;  et  d'allletirs  rauteiir ,  contraint  par  ses 
engagcmcns  de  livrer  son  mantiscnt  a  unc  cpoquo  fixee  ,  n'avaif 
pas  eu  le  temps  de  consulter  fous  Ics  ouvrages  aisterieiirs  au  sion 
qui  auraicnt  pu  iui  foiiniir  des  renscignemens  utiles. 

Cest  dans  la  vue  de  relever  ces  erreurs  et  de  completer  la  sy- 
nonymie  des  descriptions  dc  Wilson,  que  M.  George  Ord  a  en- 
frepris  de  donner  unc  nouvelle  edition  de  ce  dernier  volume.  Son 
travail,  dans  lequel  on  retrouve  la  precision  et  le  sojn  qui  carac- 
terisenl  toutcs  Ics  productions  de  ce  zooiogistc  ,  sera  d'atitant 
plus  favorahlcment  arcucilli  des  naturalisles ,  qu'il  Ic  prt'-sente 
comme  ayant  rassentiment  de  M.  Temminck. 

iVous  ne  saurions  entrer  dans  lous  les  details  des  cliangemens 
proposes  par  M.  Ord  a  la  nomenclature  de  Wilson;  neanmoins 
nous  rapportcrons  I'indication  des  principaux  ,  telle  qu'il  la  donne 
dans  sa  preface,  en  avcrtissant  comme  Iui  que  les  noms  adoptes 
par  Wilson  composcnt  la  premiere  colonne,  ct  que  ceux  que 
M.  Ord  a  substitucs  formeut  la  sccondc. 


Falco    ossifragus  ,     W.  , 
Ciiaradi  ins  calidris , 
Cliaradrius  rubidus, 
Recurviroslra  himaiitopus  , 
Tringa  biaticula  , 
Cliaradrius  apricarius  , 
Cliaradrius  jjluvialis, 
Tringa  iaterpres , 
Aidea  candidissima, 
Scolopax  borealis  , 
Tringa  Cinclus, 
Tringa  Bartramia  , 
Tringa  sulilaria , 
Trinjja  niacularia  , 
Scolopax  vociferus, 
Scoloj)ax  flavipcs  , 
Scolopax  semi  palm  ila  , 


Falco  leucuccphalus ,  l). 
Calidris  arvnaiia  ; 
Cnlidris   arcnaria  ; 
Himantopus  iiie.vicanus 
Chnntclriux  hialicula  ; 
ranelliix  hvh'cticus , 
yancllus  hvh'i'licns ; 
StiTpsilas  interpres  ; 
Ardca  carolincnsis  ; 
Nitincnius  honnlis  ; 
Tringa  alpina  ; 
Totdiuts  Bartramius  ; 
I'uttinus  i^lareoltts ; 
Totanus  inacidariua  y 
Totanus  mclanolcuros  ; 
Totanus Jlavipes  / 
Tola  nils  scinif'alf/iatwi ; 


Zoologie.  ng 

Scnlopax  feJoa,  Limn<ta fedoa ; 

Scolopax  novcboraccnsis,  Scolopax  grisea; 

Proccllaria  pclagica,  Prorellaria  IVilsonii. 

•■  Dans  le  tcxtc  des  descriptions,  M.  Ortl  a  introduit  qnelques 
clian{^einens  que  sesreclierches  particulieies  el  ses  pioi)rcs  obscp- 
v.iiioMs  iuiont  paru  rendre  n^cer.saires.  Df.sm...st. 

6i.  NoiJVEAU  RECUEiL  dc  phuiclies  coloriocs  d'oiscanx,  pour 
servir  de  suite  ct  de  complement  aux  planches  enluminees  de 
Dnffon;par  MM.  Temminck  ct  Meiffren  Laugier.  [V.  les  pre- 
cede ns  Bulletins.) 

XL*^.  livraison.  —  PI.  234.  Aigle  couronnc  adulte,  Folco  com- 
nalus.  (D'Azara.)  Du  Paraguay.  —  PI.  235.  Ibis  plorabe,  adulte  ; 
Jhis plumbcus.  (Temui.)  Du  Paraguay.  —  PI.  236.  Bec-ouvert  a 
lames,  adulte;  Anastomus  lanielligerus.  (Tcmm.)  D'Afrique. -^ 
P1.2:'>7.  Cariama  de  Marcgravc,  maieadulte;  Dicholophus crista- 
att  (lUig.)Du  Brcsil.  —  PI.  238.  Anabate  raouchcte,  /Innbates 
sirioiatus.  (Tcmm.)  Du  Bresil.  —  PI.  238.  Anabate  oreillou-brun, 
Anahntes  ainaitrotis.  (Temm).  Idem.  —  PI.  23g.  Marliu-pccheur 
R.ru,  Akedo  Dim.  (Horsf.)  De  Java.  —  PI.  239.  Martin-pecheur 
Mcniuting,  Alcedo  Meninting.  (Horsf.)  De  Sumatra. 

XLl*'.  livraison.  —  PI.  240.  tolombar  a  cpicue  pointue,  Co- 
Itiinhn  oxyura  (ReinvF.)  De  Java.  — ■  PI.  2/,  1.  Colombar  odori- 
tcrc  ,  male;  Columha  olax.  (Temm.)  Do  Sumatra. — •  PI.  242. 
Colombcpeinte,  Columha  pictunita.  (Tcmm.)  Do  I'llo  de-France. 
— PI.  243.  Tangara  Diademe,  male  ;  Tanagia  diademnta.  (Natter.) 
Du  Brcsil.  —  PI.  244.  Alojcttc  bilopfsc,  male;  Alaudu  iilopha. 
(Temm.j  D'Arabie.  —  Alouettc  isabelline,  male;  Alauda  isahel- 
Lina.  (Temm.)  Id.  —  PI.  2/,5.  Bee-fin  Ruppcl,  male;  Syhna  Ru- 
pclli.  (Tcmm.)  De  Tile  dc  Candic,  —  Bec-nn  a  moustaches  noi- 
res,  SjU-ia  mclanopognn.  (Tcmm.)  Dc  Rome.  —  PI.  245.  Bee-fin 
siffleur,  Syh'ia  sihilatrix.  (Bcclist.)  d'Euiope.  Q y. 

G2.  Description  du  squelette  d'un  Casoar  ,  avec  des  plan- 
ches; par  ^lv.v.K'E.Jii.{Abhafidl.dcrK(enigi.  Acad,  dcr  ff-'issensc/t , 
in  M'/lin,  pour  iSiGct  1817,  p,  179.) 

63.  Du  Plrsiosaurus. —  Dc  tons  Ics  reptiles sauricns,  doiit  Ics 
debris  abondent  dans  Ics  couches  secondaires  d'Anglcterre,  Ic 
Plosiosauriis  c:;l  s;iis  contrcdit  I'un  des  phis  iMh'-rossnns.  Nnus 


8o  Zoo/ogie. 

sommes  inlbrmes  qu'il  h  cit'  dtcouvtrt  (Icrniiucnient  plnsicnrs 
S([uclettps  <lt!  cet  aiiinial  exlrjdrdinjiire  ,  I'uu  dosqiu-ls  so  ti-mi- 
vait  dans  mi  ctat  de  coi»serv;Uion  qui  penult  a  31.  Conybeart'  de 
dt'tcriniiiir  avcc  un  certain  degr(';  de  precision  la  forme  et  les 
caracteres  generaux  dc  i'anin;al.  Nous  nous  borncrons  pour  ic 
moment  a  faire  mention  de  la  j^rande  longueur  de  son  con,  dont 
on  pourra  se  faire  une  idte  par  le  nombre  extraordinaire  des  ver- 
tebres  cervicales  ,  lequel  est  peut-etre  de  quarante ,  nombre 
qui  surpasse  dc  beaucoup  ce  qui  a  ete  observe  jusqu'a  ce  jour, 
clans  loutes  les  autres  classes  d'animaux.  ( Zool.  Journ. ,  n".  i  ; 
mars  1824  ,  p.  i35.) 

64.  Species  Conchyliorum.  —  MM.  Sowerby  annoncent  Tin- 
tention  oil  ils  sont  depublier,  en  uncertain  nombre  de  numcros, 
dcs  dessins  colories  et  la  description  de  toutes  les  especes  de  co- 
quillages  ,  vivans  ou  fossiles.  Cet  ouvrage  comprendra,  outre  les 
especes  qui  se  trouvent  deja  decrites,  toutes  cellcs  dont  il  n'a  point 
encore  ete  fait  mention.  ( Zool.  Jour. ,  n".  2,  juin  1824  ,  p.  269.) 

i\'ota.  Nous  avons  annonce  dans  le  Bulletin  de  juillet ,  n°.  2  44j 
une  entreprise  seniblabie,  concue  par  M.  Gray.  Nous  conseillons 
fort  aux  savans  auteurs  de  ces  entreprises  rivales  de  rcunir  leurs 
efforts  au  lieu  de  travaiilor  en  depit  I'un  de  Tautre.  Quclque  ba- 
biles  qu'ils  soient  et  (piclle  que  soit  I'elendue  de  leur  zele  ,  dont 
ils  (int  donne  des  preuvcs  incontestables ,  ils  ne  seront  pas  trop 
de  trols  pour  mener  a  bien  un  si  vaste  projet.  Mais  la  i"^*^.  condi- 
tion est  de  donner  d'excellentes  figures  et  des  descriptions  com' 
plvtes  et  comparatives  ,  a  la  maniere  dc  Bruguicre,  sans  quoi  ce 
>era  un  ouvrage  a  refaire.  1". 

.'i5.    The  Gknera  of   recent  and  fossil   Shells.  Les  genres 

de  coquiiles  vivtintcs  et  fossiles,  par  G.  B.  Sowkrua',  V.  I,.  S., 

n".  ?\.XII.  f  f-^oj:  le  Bullcti;i  dc  juin,  n".  168.) 

Get  ouvrage  utile  se  soutient  parfaitcment ,  qnant  a  son  cxe- 
rution,  et  parait  avec  assez  de  rcgularite.  Le  n".  que  nous 
aiiiionrons  contient  les  genres  suivans,  loujours  accompagnis 
d'observaiions  nouvelles  et  iiUeressantes.  linbrcUa  indicn  ;  Me- 
lania  Amarula ;  une  nouvellc  espece  tort  grande  et  fort  inlcrcs- 
sante ,  figuree  n".  2,  pourrait  bien  oire  une  Pyrcnc  non  en- 
core forniee;  Mel.  suhulata;  Mel.  cotellnca  ct  marginatn  l.nm. 
Ces  deux  dcrniers  fossiles  des  terrains  tcrliaires,  et  aussi  des 
pou!.'lirsdc  melange  d'lleadcir- Hill  ct  Gliailesiown. —  'Mchmnp- 


Zooloi^ie.  8 1 

SIS  atra,  huccinoules ,  co statu ,  acicularis  F^r.  et  fusiformis 
Sow.  Espece  fossile  de  I'ile  de  Whigt  et  de  la  Champ.igne  que 
nous  rapportons  conime  var.  a  la  Mel.  buccinoidea.  — •  Cassis 
glauca  eij'aminea.  —  Serpula.  M.  Sowerby  croit  devoir  reunir 
dans  ce  genre  les  Serpules,  les  Spirorbes ,  les  Yermiiies  et  les 
Vermets  de  M.  de  Lamarck.  II  en  decrit  et  en  figure  plusieurs  es- 
peces  fort  interessantes  ainsi  que  leurs  opercules.  F. 

66.MiNERALf;oNCHOLOGY,etc.  Conchologie  minerale  de  la  Grande- 

Bretagne  ;  par  M.  J.  D.  C.  Sowerby,  nos.  LXXIX  et  LXXX. 

(  Foy.lt Bullet,  de  raai,  art.  8i.) 

Le  i'''.  de  ces  deux  numeros  contient  Tellina  striatula,  incequn- 
lis  Sow.  —  Orthocern  paradoxica  ,  id.  —  Nautilus  c.rpansus  et 
biaiigulatus  Sow.  —  Producta  fimbriata ,  plicatilis  et  depressa 
Sow.  Cette  derniere  decrite  dans  le  Genera  of  Shells.  —  Acteon 
crenatus  ,  striatus  et  elongatus  Sow.  — Spirifer  rotundatus  et  cus- 
pidatus  var.  Sow. — Le  N".  80  offre  Sanguinolaria  compressa  Sow. 

—  Ncrita  spirata  ,  minuta  et  costata.  (La  i^e.  ne  serait-elle  pas 
une  Naticc  ?  et  la  seconde  une  coqullle  jeune?)  —  Bulla  convo- 
hita  ,  Bror.,  cunstricta,  elliptica,  attenuata ,  Jilosa  ,  acuminata 
Sow.  (Plusieurs  de  ces  especes  nous  paraissent  doja  decritcs  par 
Bruguiere  ou  M.  de  Lamarck  ?  mais  il  f;iudrait  avoir  les  especes  de 
M.  Sowerby  pour  les  comparer  avcc  celles  de  ces  deux  1*^".  sa- 
vans).  Trois  planclies  dont  le  texte  manque  font  aussi  partie  de 
ce  numero  ,  elles  representent  les  Auricula  vcntricosa  et  biiccinea 
qui  nous  paraissent  etre  de  simples  varietes  du  ringens  de  Lam. 

—  La  Saxicava  rugosa  et  le  Myoconchacrassa ,  nouveau  genre, 
a  ce  qu'il  parait ,  instituepour  une  belle  et  grande  coquille.  F. 
67.  ExTRAiT  n'uNE  LETTRE  DE  F.  C.  Van  Hasselt  sur  les  Mol- 

lusques  de  I'ilc  de  Java,  adressee    au  Prof.  Van  Swinderen 

a  Cifoninguc.  (  Atgein.  f.onst  en  Lelterhnde  ,  oclobre   182 3.  ) 

Ceram  ,  province  de  Bantam;  febr.  1823. 

Scion  ma  promesse  de  vous  donner  dans  ma  prochaine  ua 
apcrcu  general  sur  les  Mollusqucs  de  Java,  voici  les  observations 
qui  me  paraissent  digncs  de  vous  etre  communiquees. 

}  )  J'ai  fait  desslncr  3  especes  nouvelles  de  Sepia  ,  ainsi  que  2 
Loligo  ;  des  dernicres  I'une  est  des  iles  Paulus  et  Amsterdam 
et  I'autre  dc  Batnvia  ou  on  la  prcnd  en  grande  quantity  litant 
recherchte  par  les  Chinois  el  les  Javanais  qui  en  uiangent  beau- 
coup. 

IJ.  ToM>-  III.  6 


8  a  Z'julo^ie. 

9.)  All  di'iroit  (Ic  la  Sonde  nous  troiiv^iiiics  unc  polite  rspt-ce 
du  genre  Eo//f//a  Cuv.,  aLujiifllrnons  nvoiis  dnnne  le  uoin  de  leu- 
conotus.  Ses  fcnt.icnlps  ,qii'ellciie  ])entf,iirc  rentrer,  reslent  toii- 
jours  dehors  et  elles  sent  depourvues  de  points  nolrs.  Son  dos 
est  de  couleiir  bleu  d'argent,  etles  branchies  bnin-clair,  rangees 
en  3  lignes  distinclcment  separees,  sont  chaciine  orru-es  a  la  face 
interne  d'liiie  raie  orangee. 

3)Une  espece  de5«//(7  Lam.,  que  je  crois  fort  rare,  fiit  trouvee 
par  moi  sur  la  cole  n\ei'idionnle  de  Bni/tniii.  Elle  est  fort  petite  , 
eleganinient  tacliettie  et  repnnd  une  forte  odeiir  de  muse,  ce  fjui 
m'a  delerinine  a  hii  donner  le  nom  de  moscliata  :  elle  se  retire 
dans  sa  coquille  quand  on  la  touche  sans  repandre  aucune  hu- 
meur  et  reparail  aussitot.  Les  yeux  des  animaux  de  ce  genre,  dont 
M.  Cuvier  ne  fait  pas  mention  ,  ressemblent  ainsi  que  les  tenta- 
cules  superieures  a  ceux  de  VJplysia,  mais  ces  tentacnles  s  mt 
beaucoup  plus  longues  cliez  les  Aplysies  que  cliez  toutesles  espe- 
ces  du   genre  i??///rt  jusqti'alors  conniies. 

4)  Ell  liniacons  nous  n'avons  encore  trouve  que  3  especesdu 
genre  Pnrmncclla  Cuv.  ,  qui  pnraissent  liabiler  exclusivement  les 
regions  li.'iutes  de  I'ile.  Nous  leur  avons  ilonne  les  nouis  i\e punc- 
tata ,  toeniata  et  reticulata.  Toutes  out  une  fente  dans  I'enve- 
loppe  qui  couvrc  leur  petite  coquille,  cf  cette  fenle  ordiiiaire- 
ment  ferm^e  peuts'ouvrir  largement  a  la  volonlc  de  I'animid  ,  en 
sorte  que  la  coquille  est  entierement  visible. 

5)  jNous  n'avons  decouvert  jusqu'a  present  aucune  espece  du 
genre  Limax ,  mais  nous  possedons  un  moUusque  qui  s'en  rap- 
proche  beaucoup  et  dont  nous  f.dsons  le  genre  Mcghimaliuvi  , 
(de  peyav  magnum  et  J/aTtov  pallium  )  ;  il  a  la  forme  lotale  des 
limaces  ,  roais  avec  un  manteau  ,  qui  non-sculement  couvre  la 
partie  posterieure  de  I'animal  ,  mais  sVtend  sur  I'animal  enlier  ; 
ce  manteau  est  d'un  blanc  d'argent,  rarcment  jnunatre ,  et  orne 
de  larges  mies  noires,  c'csl  pourquoi  nous  I'avons  nomme  I'es- 
pece  Meg.  striatum.  On  rencontre  ce  moDusque  avec  les  Parma- 
celles  dans  les  for^ts  vierges  des  hautes  regions  de  I'ile. 

6)  Dix  especesdu  genre  Heli.r  Bn^g.  etLam.,  et  3  du  genre  Ca- 
racolla  ont  etc  dessinees. 

7)  ISotre  genre  Pl/itytloUPr  avec  respece  unique  Corneus  sc 
rapprorhe  beaucoup  des  genres  Helix  et  Vitrinn  ,  niais  la  forme 
differcnte  de  la  coquille  en  paraissait  exiger  la  separation. 

8)  Nous  uc  connaissons  que  4  especes  du  g'-nre  Buliinus  Lam., 


Zoologie.  83 

.innt  i'une  est  le  pcn'crsux  Lam.  ;  Marfini,  n".  no,  pi.  929;  les 
-auires,  B.  Zebra  ct  wrcrostoma  Nobis  ef  Quags^a  jW/ii  ont  etc 
figiirees. 

9)  Sous  le  nom  generiqiie  <le  Geotrochus  nous  avons  rcani  de 
petits  coquillages  qui ,  pour  la  forme  de  la  coquillc  ressemblent 
aux  Toiipies,  et  pour  I'aniinal  aux  Colimacons.  Les  especes  ob- 
tusus,  turriciilatux  et  zonatiis  Nob.  liabitent  les  bols  eleves  ,  et 
c'est  au  sommot  du  Pongerango,  a  plus  de  9000  pieds  au-.lelsus 
du  niveau  de  la  mer  ,  que  nous  avons  trouve  Vobtasux. 

10)  Jusqua  present  on  croyait  que  les  Scarabes  habifaient  ex- 
cluslvement  les  Moluques,  cependant  surle.cdles de.Bantam,  j'ai 
trouve  une  espece  qui  parait  s'approcher  beauconp  de  Vflelir  Sca- 

7«&«.«..  Lin.  Selon  M.  Cuvier  les  Scarabes  appartiendralent a  ceux 
de  ses  Pulmones  terrestres  qui  sont  pourvus  de  4  tcntacules  ;  mais 
surmes  individus  je  nen  ai  remarque  que  deux  parfahemeut 
semblables  a  ceux  des  Cyclostomcs,  pouvant  se  retlrer,  s'e- 
tendre,  mais.non  se  reh-ousscr.  Les  points  noirs  sont  places  a 
leur  base  intcrieure  ,  au  lieu  que  dans  les  Cyclostomes  ils  sont 
places  a  la  base  exterieure;  tout  celaest  exacteraent  dessine.Cette 
espece  l.ab.te  les  marais  converts  de  broussallles,  et  on  en  trouve 
un  grand  nombrea  la  tige  des  buissons  un  pen  au-dessus  du  ni- 
veau de  I'eau.  Ces  liabitudes,  et  la  conformation  des  lentacules, 
me  font  croire  que  I'animal  appartient  plutot  aux  Pulmones' 
aquatiqncs  qu'aux  terrestres. 

1 1 )  Nos  Clausula  ja.'anlca  et  longlsslma  sont  toutcs  deux 
nouvclles ;  nous  les  avons  trouvces  dans  les  forets  vler.^es  des 
haules  regions.  " 

12)  Nos  Auricula  f us  If ormls  et  co/-«m  sont  pareillement  nou- 
Telles  ;  elles  habitent  les  environs  dc  Buitenzor". 

i3)  Non-seulement  dans  le  voislnage  des  c6tes,mals  aussl  a 
plus  de  3ooo  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer,  nous  avons 
trouve  des  animaux  du  genre  Onchldlwn  Bnchan.;  mais  ccs  es- 
peces sont  diirerentes.Celle  que  nous  avons  trouvecs  dans  le  voi- 
sinage  des  cotes  habite  en  quantite  les  roseaux  que  IVau  de  la  mer 
baigne  a  cbaque marec,  ou  bicn  le.  marccages  remplis d'eau  douce 
Celles  que  nous  avons  trouvecs  danslcs  baulesregionsvivent  so- 
litaires loin  de  I'eau  ,  et  recl.errhent  un  le.rain  ond)rage,  et  par- 
consequent  humi.le.  Je  connais  <!eji  cinq  especes  du  genre  et 
toutesont  etc  figurees.  Nous  ^v^^^^:x^nc^\'0.pum  latum,  macida- 
turn  et  vuidl-alburn  Nobis,  a  une  eL-vation  de  .000  jusqn'a  4000 


84  Zooh^ie. 

I.ifdsau-ckssusdela  mer.  L'O.  molle.Mihi,  habile  les  eaux  donce.4 
pres  de  Batavia ,  et  une  tres-pctite  especc  tuberculeiiso  couvrc 
les  roseaux  de  la  cote  mthidionale  ,  et  vit  altcriiativcinenl  dessui 
et  dessous  le  niveau  de  la  inei .  Toutes  ces  especcs  ont  quatre  len- 
tacules,  dont  les  plus  coiirtcs  sont  les  infcrieuies.  Ellcs  sont  ires- 
sensibles,  et  11  suffit  de  souffler  dessus  pour  les  voir  se  retirer, 
ce  qui  s'opere  par  uq  retroussement  commc  dans  les  liinarons; 
mais  la  plus  grande  sensibllitc  de  ces  mollusques  parait  resider 
d.ins  les  pctites  prolongations  des  tentaculse  inferieures. 

i4)  Nous  avons  trouve  un  tres-petit  Plariorbis,  fort  rare  dans 
les  eaux  slagnantes  pres  de  Buitenzorg  ,  mais  trcs-commun 
dans  les  mares  de  la  cote  meridiouale;  et  c'est  au- dessous  d'une 
elevation  de  3ooo  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer  qu'il  pa- 
rait se  plaire  :  I'espece  a  ete  figuree  sous  Ic  noin  de  ucglerta. 

i5')  Les  regions  de  Java,  visilees  par  nous ,  sont  linbitees  par 
deux  especes  dc  Limnccus,  dont  nous  avons  trouve  la  plus 
grande  dans  les  eaux  dormantes,  auprcs  de  Buitcnzorg,  et  I'autre 
dans  les  raares  de  la  cote  nierldionale. 

16)  Les  especes  javanaises  du  genre  Crdostomn  sont  inloux 
connues  en  Europe ,  car  nous  avons  trouve  ici  Ic  Turbo  margi- 
natus  Chemn.,  pi.  1x3,  n°.  1075.  a,  b  r  C.  Marginatum);  le 
Turbo  volvulus y  ejusd.  i23,  1066,  (CrcZ.  volvulus);  et  le  T.  heli- 
cimis,  ejusd.  i23,  1067-68.  [Cycl.  umbilicatum)  :  puis  trois  non- 
velles  savoir  :  C/cl.  costatum,  viricle  et  pcllucidum;  elles  ont 
ete  dessinees. 

17)  Du  genre  Prt/K<^//?rt Lam.,  je  connais  trois  especes  dont  la 
plus  petite  sc  trouve  dans  les  eaux  stagnantes,  dcpuis  les  cotes 
Hieridionales  jusqu'a  une  hauteur  de  2,000  pieds  au-dessus 
du  niveau  dc  la  mer  ,  au-dessus  de  Buitenzorg.  Les  2  autres  ha- 
bltent  constamment  les  regions  inferieures.  J'al  trouve  la  plus 
giaude  le  long  de  la  cole  scptentrionale  ,  dans  les  endroits  mare- 
cageux.  On  ne  la  voit  point  a  hi  cote  sud,  ou  j'ai  ramasse  en 
quantite  nion  P.  intermedia ,  nori-seulemcnt  dans  les  marcs, 
maisaussi  dans  les  petitcs  rivieres  de  la  cote  jusqu'a  line  hauteur 
de  3oo  pieds. 

L'animal  du  Paludina  ,  quoique  yppavlcnanl  veritablcment 
aux  Pectinibranches,  elend  de  temps  a  autre,  bors  de  I'eau,  le 
prolongcnient  du  canal  qui  conduit  aux  branchies,  pour  rcspirer 
I'airlibrci'.c  I'almosphere;  c'est  alorsqu'onlc  voilnagcr  a  la  sur- 


Zoologie.  (S5 

face  de  I'eau,  el  j)ar  I'aidc  d'unpied  large  et  vigoureux,  changer 
de  place  tout-a-falt  comma  les  Limnees  ont  coutunie  de  f.iire. 

18)  Genre  Rrgixtoma  (  '^-n-fr,  line  fenlo. )  Le  type  do  cc  genre 
ressemble  asscz  .mx  Cycloslomes;  mais  il  en  dif'fere  p:ir  les  carac- 
teres  suivans  :  Testa  ovatd  ,  pup<rJorini. ;  gyro  ultimo  iruixlino  , 
ventricoso.  Ore  rotiindato ,  peristomate  nulla,  rimd  spirevformi 
ad  a  perturoi  marginem  siiperiorern  sinistruin\  margine  inferiore 
eniarginato ;  opercnlo  jrttundo.  La  seule  espece  R.  vitriuuin  lia- 
bite  les  forets  liuniides  des  hautes  regions. 

19)  Le  genre  Melania  a  differentes  especes  dans  les  petites  ri- 
vieres de  Java,  dont  quelques-iines  sent  connues  et  d'autres 
nouvelles.  Notre  M.  affiuis,  qu'on  trouve  aussi-bien  dans  les 
lieux  marecageux  de  la  plage  que  dans  les  eaux  limpides  des  ri- 
vieres, a  2000  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer ,  est  represen- 
tee par  Chemnitz  ,  X  pi.  i3fi ,  f.  1261  ■ —  1262.  Notre  M.  scabra 
est  son  Helix  scabra  laSg,  HI.  aspera  Ciiv.  E  ne  parait  Labi- 
ter  que  les  hautes  regions  ,  et  par  consequent  les  eaux  limpides. 
Nos  M.  mutabilis  et  grnnulata  sont  nouvelles ,  et  je  les  ai  fait 
dessiner  en  differentes  attitudes;  elles  se  trouvent  dans  les  memcs 
lieux  que  Vaf/inis.  Sur  la  cote  nieridionale  de  Bantam,  j'ai  re- 
cueilli  encore  3  autres  especes,  dont  je  n'oserals  dire  si  elles  sont 
admises  dans  le  catalogue  des  especes  ou  non. 

Je  n'ai  pas  encore  fait  I'anatomie  des  animaux  de  cet  interes- 
sant  genre,  et  voici  tout  ce  que  je  puis  dire  sur  leur  organisation. 
Le  mufle  est  long,  presqu'en  forme  de  trompe,  et  echancre  a 
la  pointc.  Le  pied  petit  est  presque  rond,  et  porte  un  opercule 
corne.  Les  tentaculos  peuvent  s'allongcr  et  se  retirer,  niais  pas 
se  retrousser.  Les  points  noirs  se  trouvent  a  la  base  exterieure. 
Le  mouvement  de  ce  moUusque  est  Ires-lent;  pendant  qu'il 
change  de  place  il  est  presque  tout  entier  i-ecouvert  par  sa 
coquille.  II  commence  par  avancer  avec  beaucoup  de  lenteur  la 
l-6te  avec  les  tentaculos,  puis  il  avance  le  pied  avec  la  menie  len- 
teur, et  apres  qu'il  est  llxe  tout  entier,  un  second  mouvement 
fait  avancer  la  coquille. 

20)  Dans  les  collections  que  j'ai  failcs  sur  la  cote  nieridionale 
<le  I'ile  ,  il  y  a  diverscs  especes  du  genre  Neritn  Lam. ,  dont  7  ou 
8  s'eloignent  trop  des  autres  par  la  forme  de  la  coquille  pour 
qu'on  puisse  les  laisser  ensemble.  Quand  ces  moUusques  (i)  se 

(i)  Jc  crois  (jue  rauleiir  parle  penc'ralement  des  Ne'rites. 


86  Zoologie. 

portent  en  avnnt  on  n'apercoit  rien  de  leui-  corps  (jiie  les  an- 
tonnes  longiies  ct  minces.  J'ai  ti'ouvc  des  espcces  non-iculement 
aupres  de  pctits  ruisseaux,  mais  aussi  aux  troncs  d'arbres  de  la  . 
cole  baignes  par  I'eau  de  la  nier, 

21)  C'est  dans  les  ruisseaux  ,  siir  la  cote  meridionale,  quej'al 
dccouvert  2  especes  du  genre  Nfn'irelle  Lam.  Le  manreau  de  ces 
mollusques  est  large  ct  tres-cxtensible  comnie  celui  des  Patelles, 
Entre  le  manteau  et  le  pied  ,  il  y  a  une  carene  ,  prccisement  hi 
ou  sont  les  branclues  dans  les  patflles.  Les  luouvemens  dii  pieti 
se  font  par  ondulation  ,  comme  chez  elles.  Derriere  el  au-dessns 
du  pied  est  une  fenle  dans  laquelle  est  situee  la  seconde  coquiile , 
et  au-dessns  de  celte  ouverlure  s'etend  une  membrane  dont  la 
forme  ressemble  beaucoup  a  celle  du  manteau. 

La  seconde  coquiile  se  reunit  du  cote  gauche,  et  c'est  a  ce 
point  que  se  joignent  concentriquemeiit  les  couches  dont  elle  est 
formce.  C'est  une  masse  calcaire,  a  I'exception  du  bord  posle- 
rieur,  d'une  substance  transparente  et  cornee.  Celte  seconde  co- 
quiile me  parait  representor  parfaitement  I'opcrcule  propre  a 
quelques  autres  genres, dumoins  la  forme  et  la  texture  y  sont  les 
memes,  et  ce  n'est  que  la  forme  du  pied  modidue  qui  en  a  change 
noccssaireraent  la  place.  Elle  ressemble  a  un  triangle  rectangle , 
dont  Tangle  droit  serait  au  point  concenlriqne  dont  je  viens  do 
parlor.  La  tcte  est  bcancoup  plus  large  que  dans  los  palelles;  les 
tentacules  y  sont  placccs  iin  peu  lateralenient ,  ct  ont  du  cole  in- 
ferieur  les  polnis  noirs  sur  une  base  elevoe.  Elles  sont  longues, 
minces,  s'aliongent  lieaucoup,  mais  ne  peuvcnt  se  rclracter. 
Au  cote  inferieur  des  veritables  tentacules  il  v  a,cxcc[)tedaus  une 
espece  ,  un  appendix  libro  et  termine  en  pointe,  dont  je  ne  sau- 
rnis  deviner  la  destination.  On  pout  conserver  vivans  ces  mollus- 
ques pendant  quelque  temps  dans unverre  rempli  d'eau,  et  c'est 
la  qu'on  los  voit  monter  le  long  des  parois  pour  arriver  a  la 
surface  respirer  I'air  de  ratmos[)liere;  car,  comme  d'autros 
mollusques  fluviatiles,  lis  vivent  tanlot  aa  fond  des  caux  ,  tantot 
a  la  surface. — En  i)atelles,  j'ai  recueilli  sur  la  cote  meridionale  une 
di/.aino  d'cspeces,  dont  quelques-uncs  se  trouveiit  dans  les  plan- 
ches dcRumphiuA. 

■11)  Oken,  dans  VIsix ,  1817,  v.  68,  art.  45,  ayant  adrcsse  a 
B1.  Relnwardt  la  demandc  de  profiler  de  son  sejour  a  Java  pour 
examiner  I'ovaire  et  les  parties  genitales  de  quelque  espece  du 
genre  Chiton,  pas  assez  clairement  repn'senteespir  Poll,  et  M.  Cu- 


Zonlo^ic.  Sj 

virr  n'aynnt  dit  a  ce  ^'ijet ,  d:ms  son  Refjne  animal,  ([iie  res 
mots:  "  L'ovHire  occupe  1p  <leHsus<lps  aulres  viscefes  ,  e\  pa  rait 
s'oiivrir  sur  Ics  cotes  par  deux  ovidiictus,  »  sans  s'occnp«»r  des 
ori^anes  du  sexe  male  ;  j'ai  cru  devoir  profitcr  de  I'occasion  qui 
s'offrail  a  moi  snr  la  cote  nieridionale  de  Java  ,  pour  eciaijxir  un 
point  encore  si  obsciir ;  niais  je  n'y  ai  reussi  qii'cn  partie.  Ce  que 
M.  Cuvier  presente  conime  vraisemblable  est  parfaitemcnt  con- 
s'ate :  presqu'au  milieu  de  I'animal,  mais  plus  vers  le  derriere  que 
vers  le  dedans  des  branchies ,  il  y  ;\ ,  de  chaque  cote ,  un  potit  tube 
saillant  qui  est  I'extremite  de  roviduclus.  Ce  canal  est  lres-])etit, 
et  place  si  pres  de  la  serie  des  brancliies  que  je  I'ai  pris  u'abord 
'  pour  un  rayon  deiachu  de  ces  organes  :  ce  n'est  qu'en  observant 
la  position  symetriiiue  des  deux  canaux  lateranx  snr  nn  grand 
nonibre  d'individus  ,  et  par  des  I'eclierclics  anatoiniques  ,  quo  j'ai 
pu  me  convaincre  des  vt'-rltablcs  tbnttions  de  ce  canal.  Lnmedia- 
tement  derriere  il  y  a  une  petite  ])apille,  dont  jc  n'ai  pu  decouvrir, 
en  dedans,  aucune  suite.  J'ai  ouvert  un  grand  nombre  d'individus 
pour  decouvrir  les  parties  sexuelles  males;  mais  je-n'ai  pu  encore 
rcussir;  j'fspere  pourtant  y  parvcnir  par  des  recherches  ul- 
terieurcs. 

Outre  les  genres  que  j'ai  notes,  il  se  trouve  encore  dans  ina 
collection  une  grande  quanlite  de  coquillages  niarins  (  dont  peu 
de  bivalves  )  des  genres  Murex  ,  Bucciuuin  ,  Conns  Lin.,  etc.  Eu 
verite,  les  cabinets  de  quelques  amateurs  conticnnent  deja  une 
abondance  d'especes  de  ces  genres  tres-repandus  sur  le  globe; 
malsil  reste  encore  beaucoup  de  dontesur  I'organisation  de  leiirs 
animaux,  et  c'est  a  cause  de  cela  que  j'ai  conserve  dans  I'esprit- 
de-vin  toutes  les  especes  que  j'ai  pu  me  procurer. 

68.  Sur  le  sang  dk^quelqUes  mollusquks,  par  Ekman.  [Ahhandl. 
der  KoenigL  Acad,  der  fyUsciisch.  in  Btili/i,  pour  1816  et 
1817  ,  p.  199,  d'aprcs  \' Jsi.s.) 

Dans  le  sang,  roduit  en  r  endres,  de  \ Helix  poinntia  ,  I'aufeiir 
trouva  du  nation  sans  kali ,  de  la  lerre  calcaire,  de  I'oxide  de  fer, 
et,  a  cc  qu'il  jiresnine,  un  jieu  d'oxide  de  manganese. 

II  fronva  a  la  panic  iiifericure  des  lobes  des  coquillages  d'eaii 
douce,  ainsi  que  des  liuitres,  nn  etiiicellemcnt  continnel,  prove- 
iianl  d'animalculcs  en  forme  de  vessies  qni  reminiienl  dans  la 
sillons.  Dans  d'aiitrcs  parties  il  ne  trouva  point  (  e  plicnomcne. 


88  Zoutogie. 

69.  M^MOIRE  PH\SIOLOGIQLE  SUR  LE  CoLIMACON,  Helix pOtHatia, 

etc.,  par  M.  Gaspard,  D.  M.;  avec  des  notes  par  T.  Bell* 
(Zool.  Journ.,'N°s.  i  et2,m.Trs  etjuini824,p.93  et  174.) 
C'est  la  traduction  du  beau  memoire  de  M.  Gaspard  dont  nous 
avons  donne  I'analyse  dans  le  Bulletin  de  iSaS  (Tom.  i"., 
no.  129.),  accompagne  de  quelques  notes  intcressantes,  par  le 
savant  anatomiste  M.  T.  Bell.  Ces  notes  portent  sur  la  manicre 
dont  le  limacon  construit  sa  demeure  d'hiver,  sur  la  maniere 
dont  il  raccommode  les  parties  endommagees  de  sa  coquille,  sur  ^ 
le  fluide  repandu  dans  la  cavite  thoracique,  etc.  F. 

70.  Notice  sdr  la   modification  du  tmp  de  certalnes  especes  i/ 
de  moUusques  adherens;   par  M.  Defhance.  [Ann.  des  Sc.   ' 
nat. ,mai  1824?  p.  16.) 

M.  Defrance  signale  dans  cet  article  des  fails  intercssans  pour 
la  conchyllologie.  lis  elaient  connus  en  partie,  mais  il  est  utile 
d'appeler  de  nouveau  I'altention  sur  cesfaits,  afin  de  provoquer 
a  leur  sujet  des  explications  satisfaisantes.  D'abord  il  parle  des 
huitres,  plicatules,  anoinies,  balanes,  etc.,  dont  la  valve  infe- 
rieure  ou  la  base  adlicrente  sur  d'autres  corps  en  copient  les 
formes,  souvent  repetees  sur  la  valve  superieure,  dans  les  plus 
petits  details.  II  cite  nombre  d'exemples  de  cette  singularite. 
Quelquefois  meme  la  coulcur  du  support  est  ernpruntec  jiar  la 
coquille  qui  s'y  attaciie.  M.  Defrance  explique  la  copie  des  formes 
par  la  fluidite  des  I'es.  couches  du  Test  qui  doivent  se  inoulep<ur 
les  corps  ou  le  jeune  mollusque  se  pose  et  qui  s'y  appliqueiil 
exactemcnt  en  suivant  toutes  les  sinuosites  de  sa  surface;  la  cou- 
leur  empruntee  ne  s'explique  pas  aussi  fatilement.  D. 

71.  Catalogue  des  moi.lusques  terrestres  et  fluviatiles  des 
ENVIRONS  DE  Geneve,  communique  par  M.  de  la  Beche, 
Esq.  [Zool.  Journ.,  n".  i ,  mars  1824,  p.  89.) 

Ce  catalogue  est  indiqu(^  couuiie  ayant  etc  dresse  par  feu  le 
professeur  Jurine,  dont  la  memoire  est  chere  a  tant  de  litres  aux 
amis  des  sciences.  II  est  extrait  d'un  petit  ouvrage  intitule  Essai 
statistiquc  sur  le  canton  de  Geneve,  et  mentionne  102  especes 
dont  nous  croyons  utile  de  copier  les  iioms,  cetle  sorte  dc  catalo- 
gues ayant,  tonune  I'a  fort  bicn  pense  M.  de  la  B^che ,  un  veri- 
table inteiet  jiour  determiner  Icb  iois  dc  la  dislribution  des  aui- 
iiiaux  sur  le  globe. 


Zuologie.  80 

Cyclostoj/ia.  elegans,patulum?  maculatutn. —  Paludina  vi- 
viparurn,  iinpururn ,  viride,  ohtusum  ?  —  Valvata  planorbis. — 
I'lanorbis  tnarginatuSy  carinatus,  complanatiis,  Jiispidns,  vortex, 
spirorbis ,  contortus ,  iiltidus. — Ancylus  lacustris,  flunatilis. — 
Physa  fontinalis ,  hjpnorum.  —  Auricula  *myosotis,  lineata. — 
SucciNEA  amphibia ,  oblonga.- — .Limneus  stagnalis ,auricularius , 
glutinosus  ?  Pcreger ,  paluslris  y  minutus.- —  Pupa  Doliurn,  Do- 
lioluin ,  umbilicata ,  marginata  ,  Vertigo,  Antivertigo , pygma-a , 
muscorum,  edentula,  tridens ,  quadridcns ,  cinerea?  variabilis, 
* polyodon ,  frumentum  ,  secale  ,  avena  ,  granurn.  —  Clausilia 
plicatula,  rugosa.  • —  Bulimus  radiatus,  montanus,  *acittus ,  *vcn- 
tricosus ,  obscurus  ,  lubricus  ,  Acicula.' — 'Helix  *pyramidata  , 
elegans?  fniticum  ^  variabilis  ?  }-iipestris  ,  strigella  ,  pomatia , 
* rhodostoma ,  arhustorum,aspersa,  *vermiculata,  sylvatica  ,  ne- 
moralis ,  hortorum  ,  *splendida ,  personata ,  carthusianella ,  in- 
carnata,  pubescens ,  cespitum?  ericetorum,  villosa,  hispida ,  lu- 
cida  ,  conspurcata  ?  striata  ,  plcbcium  ,  lapicida ,  obvoluta  , 
pulchella  ,  nitida  ,  nitidula,  rotundata  ,  crystallina. — Vitrina 
pellucida.  • —  Testacella  *halioto'idea.  • —  Limax  scittellaris.  ( Ce 
nom  nous  est  inconnu.)  Cyclas  cornea,  lacustris , fontinalis,' — 
XJ'Sio pictoruni,  littoralis. — •  A^onnif  anatinus ,  cycneiis. 

Nous  ne  pouvons  passer  sous  silence  ccpendant  qu'il  est  fort 
douleux  que  cc  catalogue  ait  ete  drcsse  par  31.  Juiine  lui-memc, 
avec  lequel  nous  etions  en  relation,  ct  qui  n'aurait  point  com- 
pris  dans  les  especes  des  environs  de  Geneve  les  especes  sui- 
vantes,  qui  ne  s'yTenconirent  pas,  et  dont  quelques-unes meme 
lie  sauraicnt  s'y  trouver;  teiles  que  Auricula  myosotis ,  nom  qui 
aura  cte  mis  par  inadverliince  a  la  place  A' Auric,  minima.  II  est 
plus  vraiseinblable  qu'il  a  tto  dresse  apres  sa  niort  sur  sa  collec- 
tion ,  ou  de  son  vivant  sans  sa  ])articipation  ,  ct  public  apres  sod 
deces.  Nous  avons  mis  un  point  dc  doule  a  celles  qui  sont  dou- 
teuses  corame  se  trouvant  a  Geneve,  ct  une  *  a  celles  qui  cer- 
taincmcnt  ne  s'y  trouvent  pas.  Nous  avons  pour  garant  de  notre 
opinion  a  ce  sujet,  outre  nos  relations  avec  les  naturalistes  de 
Geneve  et  de  I'Helvetie  en  general,  I'excellent  Catalogue syste- 
matique  des  coquillages  de  la  Suisse  connusjusqu'a  cejour,  par 
M.  le  profcsseur  Studer;  1820  (en  allemand).  Nous  donnerons 
dans  un  prochain  n"*  le  catalogue  des  coquilles  terrestres  ct 
fluviatilesde  la  Suisse  d'ajircs  celui  de  M.  Studer,  augmenle  des 
nouvellcs  decouvcrlcs  duos  a  MRI.  de  Gh;irpentier  ,  VcDctz , 
Thomas,  etc. ,  etc'  F. 


go  Zoologie. 

^2.  MKMOinB  siiR  LF.s  EsricFs  nu  oknre  Cai.mah  [Lolif;o  I..t- 
inarck);  par  M.  H.  D.  de  Blainville.  [Jourfi.  de  pkjs.,  chi 
niie  ,  etc.,  mars  1823, p.  116.) 

M.  de  Blainville  preseute  d'abord  des  generalites  sue  les  Cal- 
mars  compares  aux  Seches  ,  tan?,  sous  le  rapport  de  leurs  carac- 
teres  exterieurs  que  sous  celui  de  leur  organisation  interne.  Ces 
generalites  n'avaient  point  encore  etc  presentees  avec  autant 
d'ensemble  et  sont  Ires-instructives.  Les  considerations  dont  on 
peut,  selon  ce  savant,  tirer  les  raeilleurs  caracteres  ,  sont ,  i". 
]a  forme  et  la  proportion  du  corps  ou  du  sac,  et  surtout  d» 
cartilage  qui  le  solidifie  ;  2".  la  forme  et  la  proportion  des  ua- 
geoires ;  V*.  la  forme  et  la  proportion  des  appendices  tentacu- 
1,'iires  et  brancLiaux ,  et  de  la  partie  cornee  de  icurs  Tentouses: 
enfin  on  peut  avoir  aussi  egard  a  la  couleur  ,  ou  mieux  a  la 
grandeur,  a  la  forme  des  laches  et  a  la  forme  du  bord  anterieur 
du  sac.  M.  de  Blainville  a  examine  20  cspeces  de  Calmars  dans 
les  collections  de  la  capitale.  II  reunita  ce  genre  le  Sc^piole  et  les 
Cranchies  de  BI.  le  D''.  Leach ,  que  nous  avons  cru  pouvoir 
adopter  en  genres  distincts.  (Voy.  Diet,  classique  iVhist.  nat.  le 
mot  Calmar.)  II  y  rapporte  egalement  le  Leachia  cyclura  de 
Lesueur,  et  le  LoUgopsis  Peronii  de  RI.  de  Lamarck ,  dont  nous 
avons  signalii  I'identite  et  que  ces  deux  auteurs  ont  decrits  comuie 
n'ayant  que  8  bras.  M.  de  Blainville  parait  douter  de  ce  fail;  11 
presume  que  les  deux  tenlacules  brachiales  n'etaient  pas  sorties 
de  leur  cavite  lorsque  le  dessinateur  en  fit  le  portrait,  ce  qui 
serait  assez  singulier  ,  tu  la  dualite  de  I'observation.  Comme 
nous,  M.  de  Blainville  ne  separe  point  des  Calmars  les  Onyc/io- 
thcutis  de  Lichtenstern ,  ct  a  reconnu  leur  identite  avec  les  Onj- 
c.hia  de  Lesueur.  II  rogarde  comme  probable  que  YOnychia 
angulata ,  de  ce  dernier  naturalisfo  est  la  mcme  espcce  que 
XOnycholheutls  Bergii  de  Liclitenst.;  il  scnible  ;idnpler  r«rtj^'//«- 
culata  de  Gmclin  ,  trop  vaguement  decritc  pour  qu'on  puisse  en 
reconnaifre  le  genre.  Comme  nous  M.  de  Blainville  separe  en  2 
especes  les  var.  A  et  i?  du  Loligo  sog'uiata  de  Lam.;  mais  il 
fait  a  leur  egard  une  faclieuse  transposition  de  nom.  Nous  avons 
conserve  cetfe  denomination,  consacree  par  M.  Bosc,  a  la  var. 
A ,  el  nous  avons  ,  d'aprcs  Monlfort ,  nonmie  Ihirpago  la  var.  B. 
II  iionime  la  premiere  inaxima,  ct  conserve  a  la  seconde  le  nom 
de  iitgiitala.  M.  de  Blainville  applique  le  nom  de  bntsiliensi^  a 
une  nouvelle  espece ,  qiioiqu'il  soil  deja  donnc  a  une  cspece  de 


Zoologie.  g  i 

Monlfort  adoptee  par  nous.  Ces  transpositions  embrouillent 
evidemrnent  la  synonymie.  Le  tableau  suivaut,  que  nous  croyons 
utile  de  presenter,  offre  les  divisions  proposees  dans  le  genre 
CalniJir  par  M.  de  Blainville,  et  la  liste  des  especes  qu'il  indique  dans 
son  travail.  Nous  rappellerons  ici  que  nous  avions  ,  dans  I'article 
Calmar  cite  plus  baut,  indique  i8  especes  de  ce  genre  sans  y 
comprendre  les  Sepioles ,  les  Cranchies  et  le  Loligopiis. 

A.  Esptces  donl  le  corps  est  court,  plus  on  moins  globuleux  ,  sou- 
tcnu  dans  !e  Jos  par  iin  filet  carlilagincux  extremement  mince,  et 
poiirvu  de  petites  nageoires  arrondies,  subptdiL-ulees  de  cliaqiie  cote  ; 
)e  hordaiitcricurdii  sac  aJhe'renl  en  tlessus,  Icstentacidesassez  longuesj 
I'anneau  cornc  des  ventouses  simple.  (Les  SiipioLFS  ;  G.  Sepiola  Leach. 
■ —  II  cite  line  scule  espeee  £.  SepiD/u,  le  Se'piole  dc  Rondelet. 

B  Esptces  dont  le  corps  est  un  peu  plus  allonge,  plus  ou  moins  ova- 
Jaiie,  pourvu  de  nageoires  ariondies,  alil'ormt'S,  pcdonculces  et  atta- 
cliets  dc  cliacjue  cott!  de  la  ligne  mediane  dorsale  de  nianitre  a  se  tou- 
clier;  tous  les  aiitres  caracteres  comme  dans  la  section  prf'cedente. 
(  Les  Cranchies  ,  G.  Cvanchia  Leach.  )  L.  Cranchii  Leach  ;  Licuis 
Leach  j  canUopUra  Peron ;  Leachn  (  Leachia  cjcLura  Lesueur  )  , 
Peronii  (  Lolii^Ofjsis  Peronii  Lan).  ) 

C.  Espfccs  dont  le  corps  est  plus  allonge,  Ics  nageoires  de  forme  un 
peu  variable,  le  dos  pourvu  d'un  cartilage  [ilus  ou  moins e'troil,  etdont 
les  ventouses  des  tentacules  ,  simples  ou  podoncule'es  ,  sont  rempla- 
coos  en  partie  par  des  griflcs  on  crochets  allonge's.  (  Les  C.  a  grifl'es , 
G.  (htychotheutis  Lichtensl.,  G.  Unychia  Lesueur.  )  —  L.  leplura 
Leach.;  Jankiii  Leach.,  Sriiilhii  Leach.;  i'Viir/cii  Lichlcnst. ;  5er- 
ghts  id. ;  Feliita  Blainv.,  de  la  l)aie  des  ChiensMarins,  expedition  Frey- 
cinct;  caraib.va  Lesueur  ;  tuiguiculaia  Gmclin. 

D.  Esptces  dont  le  corps  est  trts-allonge',  cyiindrique;  le  ?ac  a  bord 
anft'rieur  presque  tout  droit ,  pourvu  en  arritre  de  nageoires  termi- 
ralcs  ,  triangulaircs ,  trcs-larges;  la  piece  dorsale  assez  c'troite  et  plus 
largv  en avant ;  it's  appendices  tentacidaiies  en  general  courts;  le  rehord 
palpebial  hien  disfiiK't  ,  avec  une  c'lhaticrure  ante'rieurc,  toutcs  les  ^  ^ 
ventouses  plus  ou  moins  globuleuses.  {Les  C.  I'lec/ies.  )  L.  iagiltofa  0  ^ 
Lam.  var.  B.  (Hi'rpagonohis)  •^maxima  DIain.  {sagillalayar.  A.  Lam. 
mgittnld  nobis  ) -^  Ijiiiirinnii  Lesueur;  Jinvtlingii  Id.;  Jjiongniarlii 
Blainv.,  presume'e  de  la  Mediterrane'e  ;  lllrcebrosn  Lesueur. 

E.  Esptces  dont  le  corps,  gt'neralenicnt  moins  allonge' ,  est  conit(ue, 
pourvu  de  nageoiies  lalerales  triaiigulaircs  ,  mais  i|ui  forment  par  leur 
it'iaiion  un  i  honibc  ;  Ic  cartilage  dorsal  jieaucoup  plus  giaiid,  pcnni- 
foihie  ,  poinlu  en  avant  et  tn's-dilate  en  an  ieie  ;  le  reliord  palpebial 
non  distinct,  ians  (.•chancrure  anti'rieure;  le  bord  du  sac  ,  libre  et  of- 
fVnnt  Irois  pointes  ,  dont  la  mt'diane  dorsale  ,  beaucoup  plus  longne  , 
est  fonne'e  par  rcxtreniile'  anii'ricuie  du  curtilage  ,  les  tentacules  ordi- 
raires  comme  dai:s  le  groupe  j-rcci-'dent ,  mais  sans  membranes  lale- 
jalesj  Its  ttntacLiles  pedocculees  fort  lou^ucs  ;  les  ventousf;  a  anutau 


92  Zoologie. 

corne  ,  entier  on  iluntele.  (  Les  C.  Plumes  on  ordinnifcs.  )  L.  I'ulgttris, 
subulata  Lam.  ;  pulehra  Blainv. ,  de  rcinb.  de  la  Loire  ;  PcnHi  Lesueur; 
brasiliensis  Blaiuv.  ,  riipportc  par  Lalande  ;  Plcii_  Pilainv.,  MarLiiiiiine  j 
Pai'o  Lesueiir;  hievis  Blainv.  JJre'sil,  la  Caroline. 

F.  Espcces,  dont  Ic  corps  est  ovale  ,  de'prime'  ,  ct  dont  la  nageoire  , 
fort  e'troite ,  s'e'tend  de  cLaque  cole  de  rexfremitc'  anle'rieure  a  la  pos- 
te'rieure.Tous  les  autres  caracteres  soot  ceu$  do  la  division  preciidente. 
(  Les  C.  Sechesy  L.  Sepinidea  Blainv.  La  Martinique. 

M.  de  Blainville  tertnine  cet  article  par  des  observations  sur 
les  Calmars  indiques  par  quelquas  auteurs,  mals  trop  legereinent 
pour  pouvoir  les  caracteriser,  tels  que  les  Sepia  unguiculata, 
hexapus  et  tunicata  de  Molina  ;  les  Loligo  lanccolata ,  odo- 
gaelium  et  tolarus  de  Ratinesque  ;  enfln  sur  les  especes  de 
Monfort. 

M.  dc  Blainville  n'a  point  fait  mention  du  Sip'ia  pclagica  de 
M.  Bosc,  qui  parait  aussi  se  rapportcr  a  ce  genre.  F. 

73.  Description  u'une  nouvelle  espece  he  Cephalopodis  nu 
GENRE  LoLico ;  par  C.  A.  Lesueur.  [Journ.  of  the  Acad,  of 
Nat.  Sc.  of  PhUadclj)hia  ,  f'evr.  1824  >  p.  282,  avec  fig.) 

Cette  nouvelle  espece,  que  M.  Lesueur  nommc  hrevipinna 
et  dont  il  donne  une  description  soignee  et  2  bonnes  figures,  a 
ete  trouvee  dans  la  bale  dc  la  Delaware,  et  faitparlie  de  la  col- 
lection du  musee  de  Philadelpliie. 

Sous  le  rapport  de  la  ibrine  du  corps  et  dc  la  position  des 
nageoires  ce  Loligo  ,  dit  M.  Lesiieur,  a  beancoup  ])lus  de  rap- 
ports avec  Ic  Scpiole  qu'aucune  autre  espece  de  ce  genre  qu'il  a 
eu  occasion  dc  voir.  SI.  Lesueur  profile  de  cette  circonslancc 
pour  annoncer  qu'il  a  troiive,  en  1814  le  St-piolc  de  Rondelet 
dans  la  Manche,  oil  SL  de  Blainville  avail  cru  qu'il  tie  se  rencon- 
^%  trait  pas.  M,  Lesueur  s'occripait  alors  de  la  recherche  des 
nombreux  fossiles  du  cap  de  la  Heve ,  dont  il  a  une  collection 
de  258  beaux  dessins.  F. 

74.  Descriptions  kt  figures  de  plijsieijrs  Hemcks,  d^cou- 
vei-les  a  Porlo-Santo,  jiar  T.  E.  Bowdich,  Esq.;  par  G.  B. 
Sower  BY.  [Zoologic  Joum.,  n".  1,  mars  1824,  p-  5G , 
avec  I  pi.) 

L'infortune  Bowdicli,  auquel  plusieurs  des  connaissanccs  hti- 
maincs  devront  des  observations  inlcressanleset  nouvelles,nreii. 
voya  deJMaderc  4  des  especes  qui  forment  le  sujct  du  travail  (juc 


Zoo/ogie.  g5 

public  aujourd'hui  M.  Sowerby,  et  5  autres  qui  n'eii  font  point 
parlie.  Ce  travail  est  extrait  d'un  manuscrit  intitule  Ejccursiona 
Madcre  et  a  Porto-Santo  ,  lequel  avail  ete  envoye  a  Londres 
pour  y  etre  public.  Cette  publication  retardee  va  avoir  lieu  sous 
peu  par  les  solns  de  I'interessante  veuve  de  ce  celebre  voyai^eur. 

On  trouve  dans  I'article  que  nous  analysons  une  phrase  des- 
criptive en  latin  et  en  anglais  ,  avec  quelques  observations  pour 
chaque  espece.  Ce  qui  est  surtout  remarquabie  dans  ce  resultat 
des  recherches  de  M.  Bowdich  ,  c'est  que  toutes  ces  especes,  re- 
cueillies  a  Madere  oua  Porto-Santo,  sont  nouvelles,  comme  il 
I'avait  prejuge,  et  n'existaient  auparavant  dans  aucune  collection, 
Voiia  done  un  petit  groupe  d'iles  qui  possede  des  especes  tres- 
distinctes  ,  et  il  serait  interessant  de  constater  si,  comme  aux 
Canaries,  on  y  rencontre  aussi  quelques-unes  de  nos  especes  de 
I'Europe  meridionale,  telles  que  V Helix  aspersa.,pisana,  dccol- 
lata,  etc. 

Les  diverses  coquilles  dccrites  et  flgurees  dans  ce  memoire 
sont  1°.  Hcli'x  subplicata,  espece  voisine  de  V Helix  picta  par 
la  forme  et  la  taille;  — ■  2°.  H.  punctulata  ; . —  3°.  H.  nivosa :  ces 
deux  especes  me  sont  inconnues  ;  elles  se  rapprochent  cependant 
par  la  faille  ct  I'ensemble  de  la  forme  d'une  des  coquilles  ega- 
lement  du  sous-genre  liolicogene  que  j'ai  rccu  de  M.  Bowdich 
et  que  j'ai  nomme  maderiuna  ,  mais  les  caracteres  de  details 
indiqiKS  ne  s'y  retrouvent  pas  ;  —  4».  H.  iiitidiusrula,  }o\ie  petite 
Helicelle  du  groupe  des  Hygromanes  ;  —  5°.  //,  Porto-sanctance, 
Helicelle  voisine  de  la  strigata  de  Muller  ,  mais  plus  grande, 
figuree  avec  son  animal;  —  6".  H.  tectiformis ,  Helicigone  voi- 
sine du  lapicida; — ■  70.  H,  bicarinata  ,  celle-ci  m'est  inconnue 
et  parait  tres-curieuse ,  elle  est  de  la  grosscur  d'uii  pois.. — Sous 
le  n°.  8  est  figuree  une  autre  petite  espece,  plus  aplatie  que  la 
precedentc,  qui  n'est  pas  nommec  jiar  M.  Sowrrby,  et  dont  il  est 
difficile  de  se  faire  une  idee.  J'ajouterai  ici  I'indication  des  au- 
tres Ci^peces  que  j'ai  rerues  de  M.  Bowdich  :  1".  H.  Boh'dirhiana 
Heiicogene  do  la  grosscur  d'une  pelitc  noix,  toute  blanche,  rabo- 
leuse,  qui  se  rencontre  aussi  a  I'olat  fossile  dans  un  depot  sablon- 
ncux;  —  2".  H.  mndcriana ,  nicntionnec  ci-dcssus  ;  — ■  3".  un 
:iutre  Heiicogene  voisin  du  muralis ;  —  /,^.  H,  capilulum  ^  cu- 
rieuse  coquille  du  sous-genre  Hclicodonte,  fort  rnpprochee  du 
lapicida ,  mais  qui  en  est  tres-distincte.  I", 


94  Zoologie. 

75.  MoNooRAPuiE  nu  OKNUK  Hkiicink  ;  p;ir  M.  J.  E.  Gray* 
{Zoolog.  Joiirn.,  n".  i,  mars  1824,  pag.  62  ;  avec  i  planclie 
dans  le  n".  1. ) 

76.  Description   dk  deux  ifouvELLES  especf.s  u'Helicines  ;  par 

le  lutl-me.  {Zool.  Journ.,  n".  2  ,  p.  25o.) 

M.  Gray  rend  un  nouveau  service  a  la  science  en  donnant  ia 
monographic  d'un  des  plus  jolis  genres  parmi  les  coquilles  ter- 
restres  ,  genre  dont  nous  avons  fait  Ics  premiers  coniiaitre  les 
rapports  et  ['organisation  ,  en  ajoutant  a  ce  qu'en  avait  dil 
M.  Say,  qui  le  premier  a  decrit  son  animal.  M.  Gray  donne  d*a- 
bord  les  caracleres  gentiriques  de  la  coquille  et  de  son  habitant, 
])uls  riilstoire  du  genre ,  enfin  il  signale  une  erreur  ou  je  suis 
tombe  en  comprenaiit  une  des  especes  de  ce  genre  parmi  les  He- 
lices, sous  le  nom  dC Helix  aureola.  M.  Gray,  ayant  vu  plusicurs 
individusde  cetle  coquille  munis  de  leur  opercule,nous  met  par- 
la  a  menie  de  rcparer  cette  meprlse,  d'autant  phis  facile  a  com- 
mettre  que,  comme  il  veut  bien  I'observer.il  n'etail  pas  presu- 
mable qu'une  coquille  dont  I'ouverture  est  munie  de  dents  eut 
une  opercule. 

Dans  une  note  qui  sert  de  complement  a  cette  monographic , 
M.  Gray  donne  la  description  de  deux  nouvcllcs  cspcccs  de  ce 
genre,  qu'il  a  observces  dans  la  magnifique  collection  du  lord 
Tankarville. 

M.  Gray  propose  des  divisions  dans  le  genre  Ilelicine  afin  dc 
faciliter  la  determination  des  especes;  malheureusement  ce  genre 
est  si  nouveau,  les  especes  ont  ete  si  peu  observees,  qu'il  est  a 
cralndre  que  ces  divisions  ne  soient  prematurecs,  car,  selon  toutes 
les  apparcnces,  il  resto  encore  beaucoup  d'cspeces  a  decouvrir, 
lesquelles  feront  varier  les  coupes  proposees.  Par  exemple,  nous 
avons  dans  noire  colleclion  12  a  i5  especes  qui  nous  seniblent 
inconnucs  a  M.  Gray  :  cos  especes,  et  plusicurs  varietes  de  celles 
qu'il  a  decrites  ,  etablissent  des  transitions  ct  des  exceptions  tellrs 
que  nous  n'avons  pu  parvenir  a  ranger  I'enscmble  dc  nos  es- 
peces selon  los  nouvcllcs  coupes  proposees  par  ce  savant.  Les  ano- 
malies des  memes  coquilles  placent  la  meme  espece  dans  deux 
coupes  diffcrenles  ;  enfin  elles  se  rapprochent  toutes  les  unes  des 
autres,  ct  souvent  il  est  difficile  de  dislinguer  les  especes  entre 
ellcs.  Elles  varient  beaucoup  aussi  par  la  taille  et  Ics  conleurs. 


Zoologie.  95 

Voici  les  divisions  proposers  par  M.  Gray  : 

Peristomate  edentulo. 

*  Integro. 

**  T?artice  snbaculeato. 

***^rtice  subeinarc;inato  vel  fisso. 

Peristomate  sinuate. 

****  Columella  basi  callosa. 

Peristomate  dentato. 

*****  Columella  basi  concava. 

M.  Gray  decrit  et  figure  i5  especes  d'Hellcines;  il  donne  Yor- 
Licidata  d'apres  M.  Say,  qui  en  avail  fait  son  genre  Ollgyra,  et 
la  striata  d'apres  M.  de  Lamarck.  M.  Gray  n'a  pu  les  placer  dans 
son  cadre  ne  les  connaissant  pas.  II  n'a  pu  egalement  reconnailre, 
dans  la  description  de  cette  derniere  par  M.  de  Lamarck,  son  HeL 
pulchella ;  mais ,  comme  nous  I'avons  vue  dans  la  collection 
meme  de  M.  Lamarck  avec  cette  etiquette,  nous  croyons  que 
r'est  la  meme.  Nous  I'avions  nommee  Sloanii^  en  y  rapporlant 
le  synonyme  de  Sloane,/«w. ,  torn,  s,  p.  a3o,  n".  i5.  Tab.  240 > 
f.  1 4-1 5.  ■ — \'H.  ncritclln  de  M.  de  Lamarck,  dont  il  nous  a 
donne  dans  le  temps  un  individu,  est  tres-differente  de  celle  de 
M.  Gray,  laquelle  ponrraitbicn  n'etre  qu'une  grande  variete  de 
\3ifosciata.  Du  reste  la  fig.  de  Lister ,  tab.  74,  ?•  73,  nous  semble 
se  rapporter  a  notre  Helix  Isabella.  — •  h' Hcliciria  brasiliensis , 
dont  nous  avons  deux  indivldus,  pourrait  bien  n'etre  qu'une 
variete  du  rhodostoma.  — <  Nous  possedons ,  sous  le  nom  de 
Turbo  pygmceus  Frcminville,  une  petite  coquille  de  St.-Domin- 
gue,  qui  nous  parait  etre  I'espece  appelee  costata  par  M.  Gray. 
—  Les  cxemplaires  de  VH.  viridis  de  la  collection  de  M.  de  Lau). 
sont  tres-jeunes,  et  il  me  parait  difficile  d'y  rapporter  avec 
certitude  la  viridis  de  M.  Gray.  ■ — ■  J'avais  nomme  Fissurella 
I'espece  que  M.  Gray  nomme  Brownii, 

Les  Hel.  norilclla  ,  substriata ,  costata  ,  aiirantia  ,  imifasciata  , 
depressa  de  M.  Gray  ,  me  sont  inconnucs  ,  du  moins  avec  certi- 
lude  les  trois  dernieres. 

Les  deux  nouvelles  especes  du  cabinet  de  lord  Tankarville, 
sont  noramees  par  M.  Gray  H.  Tankendllii  et  Moui^eria;;  mais  it 
est  difficile  de  s'eu  faire  une  juste  idee  sans  figure,  et  il  serait  a 
desirer  que  M.  Gray  en  enricliit  le  prochain  n".  de  I'inieres- 
«ant  journal  d'oii  ret  article  est  tire.  F. 


96  Zoologie. 

77.  Monocraphie  d'ln  nouveau  genre  dk  Mom.usques  gas- 
TEROPODES  dc  la  faiiiille  ties  Trocho'ides ,  nomine  Scissurclle , 
par  M.  Alcide  Dessalines  d'Orbigxy,  avec  i  pi.  litli.  (  Mem. 
de  la  Soc.  d'Hist.  Nat. ,  t.  i,  part.  2,  p.  34o.) 
C'est  en  chercbant  des  Cephalopodes  microscopiques  djtns  les 
sables  marlns  et  fossiles  que  M.  d'Orbigny  flls,  qui  marcbe  avcc 
un  zele  remarquable  sur  les  traces  de  M.  son  pere ,  et  dont  nous 
avons  signalc  I'interessant  ouvrage  sur  ces  etres  si  singuliers , 
(Voyez  Ic  BuUelin  de  1823,  t.  1  ,  p.  60,  et  celui  de  1824, 
2^.  sect. ,  to.  I  ,  p.  384)  ^  trouve  Ics  pelites  coquIUes  qui  font 
I'objet  de  ce  Mcmoire.  Le  genre  qu'il  propose  d'etablir  pour 
elles,  et  qu'il  nomine  Scissurelle,  Scissiirella ,  a  deja  etc  I'orind 
par  M.  Defrance  sous  Ic  nom  de  Pleurotoniaire  pour  des  fossiles 
de  coucbes  assez  anciennes  ,  et  d'un  volume  assez  grand  si  on 
les  compare  aux  Scissurelles  de  M.  d'Orbigny,  qui  n'ont  qu'un 
ou  deux  millimetres  de  diametre.  Nous  devons,  au  restc,  ob- 
server, quele  genre  Pleurotoniaire  n'ayant  point  encore  ete  dc- 
crit,  M.  d'Orbigny  n'a  pu  le  connailre,  et  qu'il  c'lait  tout  simple 
qu'il  le  decrivit  comme  ('-tant  nouveau;  mais  cc  genre  est  coniiu 
depuis  long-temps  des  naluialistes  de  Paris,  ct  son  nom  est  iin- 
prime  dans  plusieurs  ouvragcs,  notamment  d;ins  nos  tableaux 
de  classification  des  animaux  niollusques,  oii  il  forme  le  G*^.  genre 
de  la  famille  des  Tbrochoides.  M.  d'Orbigny  n'a  Irouve  dans  les 
auteurs  que  I'Anatome  indien  de  Monlfort  qui  offrit  queiqne 
analogic  avec  ses  Scissurelles  par  le  caractere  de  sa  fente.  Cetle 
coquille  de  Bloiitfort,  malgre  quelques  difl'orences  de  detail;;, 
li'cst  point  ccrtaiiicmcnt  etrangcre  a  ce  genre  si  veritablement 
elie  apparticnt  a  un  mollusque,  mais  on  pent  prcsumer  quelle 
doit  etrc  rcporlee  aux  annelides,  ainsi  que  plusieurs  autres  li- 
gures  de  Soldani  dont  I'Anatome  est  tire. 

Les  4  Scissurelles  decrites  par  M.  d'Orbigny  fils ,  n'ont  eU' 
trouvees  par  lui  que  dans  les  sables  marins  des  bords  de  la  JMc- 
diterrance  ou  dans  ceux  des  couches  fossiles  ile  I'ltalie.  Au.ssi 
Soldani  qui  a  fant  explore  Ics  sables  de  cette  peninsule,  nous  pa- 
rait  avoir  figure  avec  assez  peu  de  rectitude,  a  la  veritc,  ni;iis 
d'une  maniere  tres-reconnaissable  au  moins,  deux  des  especes  de 
M.  d'Orbigny,  savoir :  la  Scissitrclla  Iwiigala,  t.  i,  tab.  iTi, 
fig.  V,  102  ,  et  la  Sdisurella  elcgans,  a  la  fig.  V  ,  100  de  la  meni<r 
planclie,  les  individus  figures  par  Soldani  ttaieut  evidemment 
tronques,  ci\  sorte  que  la  scissure  a  disparu,  mais  le  sillon  qui 


Zoologie.  qj 

en  est  la  continuation  rcste ,  et  I'enscmble  des  figures  se  rapporte 
suffisamment  a  celles  de  M.  d'Orbigny  pour  coastater  la  ressem- 
blance. 

Les  caracteres  generiques  donnes  par  M.  d'Orbigny  sent  bien 
traces ,  et  il  est  a  desirer ,  comme  il  I'indique,  que  les  naturalistes 
qui  iiabitent  les  bords  de  la  Mediterranee  observent  et  decrivent 
I'animal  de  ces  petites  coquilles.  On  ne  connait  point  encore 
I'usage  de  la  fissure  des  Pleurotomes;  il  n'y  aurait  rien  d'extra- 
ordlnaire  que,  malgre  la  difference  de  forme  des  coquilles ,  les 
Sclssurelles,  ou  mieus  lesPleurotomaires,  eussent  un  animal  sem- 
blable  a  celui  des  Pleurotomes,  ainsi  que  cela  s'observe  dans  les 
Helices  globuleuses,  discoides  ou  turriculecs,  dans  les  Paludines 
globuleuscs  et  les  Melanles  allongecs,  etc. 

Les  4  especes  de  Scissurelles  decrites  par  M.  d'Orbigny  sont 
accompagnees  de  figures  tres-bien  dessinees  par  lui,  lesqueiles 
forment  une  planchelithographiee  oil  elles  sont  representees  sous 
plusleurs  aspects  comparalifs.  F. 

78.  Observations  sua  les  Nayades  ue  Lamarck,  et  sur  la  con- 
venance  de  les  reunir  toutes  sous  un  meme  Dom  generique  ; 
par  G.  B.  Sowerby  ,  F.  L.  S.  (Zool.  Journ.,  n".  i,  mars  182/j, 
pag.  53.) 

M.  Sowerby  reprodult  dans  cetfe  notice  les  raisonnemens  que 
mon  pere ,  moi  et  plusieurs  autres  encore,  n'avons  cesse  de  faire 
sur  le  peu  de  fondcment  des  distinctions  generiques  de  la  me- 
lliode  artificielle  :  ces  verites  ne  sauraient  trop  etre  repetees.  IMais 
il  faut  etre  consequent ,  et  en  applaudissant  aux  observations  que 
M.  Sowerby  presente  au  sujet  dela  famllle  des  Nayades,  nous 
sommes  ficbe  d'avoir  a  lui  reproclier  d'avoir  conserve  dans  son 
estimable  onvrage  Genera  of  Shells,  des  genres  tout  aussi  peu  fon- 
des  que  I'lridlne  ,  les  genres  Bulimc  ,  Maillot,  Achatine,  etc. 

M.  Sowerby  nionlre  que  les  genres  Iridine  de  Lamarck,  Alas- 
modonte  de  Say  ,  Dipsas  du  D^  Leach,  Ilyric  et  Castalie  de 
M.  de  Lamarck,  ne  different  point  de  I'Unio  par  des  caractcrcj 
recllemcnt  disliiictifs,  soit  qu'on  considerc  la  cbarniere,  soit 
qu'on  envisage  les  autres  accidens  du  test.  II  prouve  par  des 
cxemples  qu'il  y  a  des  transitions  nombreuses  et  marquees  de  I'un 
a  ['autre  de  ces  genres,  etc.;  puis  il  propose  de  les  reunir  sotis 
'e  nom  d'Unio. 

Deja  en  1807  cos  r(''flexions  nc)us  avaient  fait  jnindrc  I'Aiio- 
r.    Tom.    III.  rj 


c)8  Zoologie. 

dontc a TUnio,  sous  ce  derniernom,  ainsi  que  M.  Soweiby  le  pro- 
pose (Essai  d'une Meth.  Conchyl.,  p.  85).  On  ne  connaissait  p.is 
iilors  les  divers  genres  forra(5s  depuis  a  lenrs  depens  par  MM.  dc 
Laniarct,  Leach,  .Say,Ocken,  Blegerle ,  Rafinesque,  Schuma- 
cher, etc.  Dans  nos  Tableaux  systcmatiques  cles  aniinau.r  inol- 
lusques ,  publics  il  y  a  deux  ans  ,  nous  avons  cru  devoir  conscrver 
ces  deux  genres,  tout  en  sentant,  comme  on  vient  de  le  voir,  lo 
peu  de  fondcment  de  cette  distinction  ,  et  void  nos  raisons.  Dans 
les  bivalves  lescaracteres  exlerieurs  des  animaux  sont  en  general 
si  peu  tranches,  entre  les  genres  d'une  meme  faniille  du  inoins , 
que  sous  peine  de  faire ,  dans  bien  des  cas ,  de  ces  families  un  seul 
.'^enre,  on  est  oblige  de  tirer  des  caracteres  distinctifs  des  diffe- 
rences que  prescnte  la  coquille. Pour  eire  consequent,  et  conser- 
ver  une  valeur  egaie  et  comparative  aux  caracteres  qui,  d'apros 
cela ,  diffcrencient  tons  les  genres  des  Lamellibranches,  nous 
avons  du  adopter  les  genres  Unio  et  Anodonte,  qui  se  dislinguent 
neltement  I'un  del'aufre  par  leur/rtr/rv  ot  les  caracteres  de  Icur 
coquille;  mais  devant  egalemcnt  eviter  I'abus  de  ce  })rincipe,  dans 
lequel  sont  tombes  plusieurs  naturalistes,  nous  avons  rcuni , 
d'apres  leur  analogic  ,  aux  genres  Unio  et  Anodonte,  et  comme 
sous-genres ,  tous  les  genres  crees  dans  ces  derniers  temps,  lors- 
qu'ils  rentralent  evidcmraent  dans  la  dependance  de  ces  deux  pre- 
miers types,  conservant  ])ar  la  meme  raison  les  genres  Ilyric  et 
Castnlic,  parcc  qu'ils  s'en  dislinguent  suffisamment.  Ainsi  nous 
crovons  avoir  r^uni  tout  ce  qui  pouvait  I'ctrc,  et  M.  Sovverby, 
qui  nc  dit  mot  de  notre  travail ,  nous  doit  au  molns  la  justice  do 
reconnaitrc  que  nous  avons  execute  depuis  long-temps  une  par- 
tie  de  ce  qu'il  ])ropose. 

M.  Sowcrby  termine  cette  notice  par  le  tableau  des  divisions 
methodiqnes  qu'il  adopte  pour  le  genre  Unio.  En  comparant  ce 
tableau  avec  nos  divisions  et  sous-divisions  des  Nayades  (p.  xlij 
dc  nos  Tableaux),  on  peutvoir  que,  a  la  reunion  pres  en  un  seul 
genre,  M.  Sowerby  s'est  parfaitement  rencontre  avec  nous  pour 
la  succession  des  coupes ,  cxcepte  pour  ics  Dipsas,  que  nous  pla- 
tons  peut-etre  a  tort  dans  les  Anodontes ,  n'ayant  point  vu  ces 
coquilles;  et  pour  les  Alasraodontcs  de  -Say,  que  nous  avons 
places  au  commencement  des  Unio ,  landis  que  M.  Sovverby  Irs 
place  a  la  fin,  apres  les  Caslalles,  ce  en  quol  je  pcnse  «pi'il  a  torl- 
Voici  du  resle  Ic  tableau  dont  il  s'agif. 


Zcologie.  g^ 

MllLETTK.  ,   nnio. 
/■Ligne  r.ardinale  siniplfi.     .     .      .     ylnodonta   Lum. 
I      —         —     legirement  crouclee 
Non    J  sous  les  soinmets.    Iridina  nilntica. 

ailecs.\      —         —     creiiele'e.      .     .     .     Esptces  cl'Iriflines. 

f      —         —     ondule'c.  .     .     .     \    tt  i  ■  -i 

\  U mo  unodiinHnn,  Lam. 


AiioJon  viiifoitis  ,  Sw. 

Unio  anodotilinti,  Lan 
, .,  .  r  y4nodonalatiis,'i\\'., ham 

^'1"' \A.crassus,S^v. 


A.  crassus,  Sw. 

^Deiit  laterale  latnellifoinie  senlemcnt    Dipsas  ,  LeacK. 
rales  tt  cardinales  lainelli- 


/■Deiit  lateral 
I  Dents  l.itera 
.<      formes. 


Aile'cs./      formes /fyWe,Lam. 

I  Dents  late'rales  lamellil'ormes  el  Jents 

V.     cardinalcs    courtes Unio  a/atiis,Svr. 

/Dent  laterale  lamclliformej  dent,  car- 

dinale  j>res<|uc  niille Unio  Jrag His  ,Sw. 

•]>7  I  Dents  laterales  lamelliformes  et  dents 

•  j  ,      ■<      cardinales  com  tes Unio. 

I  Dents  laterales  lamelliformes  et  dents 

cardinales  longiies Castalia,  Lam. 

Des  denls  cardinales  seulcmeut.       .     A/mntodonta,  Sax. 

F. 

79.     MeMOIHE    sou    €N      NOUVEAU     CENRiJ     DB     COQUILLES    DE    LA 

FAMiLLE  DES  Arcacees  ,  ft  description  d'une  nouvelle  espece 
de  Modiolc  fossilc,  par  M.  Drouet.  (  Ann.  dc  laSoc.  Linn.  , 
de  Paris,  mai  \%%l\  ,  p.  i83.) 

Le  nouveau  genre  dont  il  s'agit ,  et  auquel  I'autenr  donne  le 
nom  de  Neithee,  Neithca,  est  tres-remarquable,  dit  ce  naturaliste, 
par  les  rapports  de  ses  caracleres  avec  ceux  des  Arcacees  et  des 
Trigonies  ,  ainsi  que  par  ranalogie  exterieure  qu'il  offre  avec  les 
Pectinides  ;  on  lui  trouve  ,  ajoute-t-il,  i".  la  charniere  lineaire 
dentelee  des  Arcacees  ;  a'*,  les  dents  cardinales  oblongues,  di- 
vergenfcs  ,  aplalies  sur  les  cotes,  ct  sillonnccs  transversalemcnt 
des  Trigonies;  3".  remprcinte  du  ligament  extericur,  fixe  sous 
les  crochets,  ainsi  que  les  valves  auriculces  ,  inegalement  bom- 
biies  et  munies  de  cotes  rayonuantes  de  la  plupart  des  Pectinides. 
Mais  comnie  la  charniere  du  genre  Ncilhee  est  un  peu  inter- 
ronipue  par  le  sommet ,  et  que  cette  circonstance  le  rapproche 
consequcmment  des  IVucuies ,  nous  croyons,  continue  M.  Drouet , 
qu'il  faudra  Ic  placer  a  leur  suite,  pour  former  la  transition  ne- 
cessaire  aux  Trigonies. 

M.  Drouet  indique  4  especes  de  coquilles  fossilcs  dans  son 
genre  Ncilhcc  ,  dont  3  ont  ('lo  decrites  par  M.  de  Lamarck  , 
comme  appartenant  an  genre  Per.tcn  ;  savoir  :  /'.  tequicostatus , 


lOO  Zoologie. 

versicostatus  et  costangularis  ,  dont  les  deux  premieres  sont  fi- 
gnrees  depuis  long-teraps  ,  et  qui  toutes  trols  ont  ele  observees 
dans  le  departement  dc  la  Sarihe  par  fli.  Menard  do  la  Groie  , 
oil  M.  Drouet  les  a  <5galement  rcncontrees,  ainsi  que  la  nouvelle 
espece  qu'il  fait  connaitre  ;  mais  ce!le-ci  elalt  dans  un  ineilleur 
etat  de  conservation,  ce  qui  lui  a  permis  d'ea  observer  les  cbar- 
nieres.  Ces  coquilles  appartiennent  a  la  Glauconie  crayeuse  selon 
M.  Drouet ;  nous  en  possedons  des  individus  dc  la  crale  elle- 
meme,  des  environs  de  Betbune.  M.  de  Gerville  a  egalement 
trouve  le  P .  versicostatus  aux  environs  de  Valogiies. 

M.  Drouet  s'ctonne  avec  raison  qu'on  ait  avance  qu'il  est 
difficile  aiijourd'hui  de  trouver  des  genres  nouveaux.  Nul  doule 
qu'il  en  teste  beaucoup  a  decouvrlr  et  surtout  beaucoup  a  eli- 
miner  ;  car ,  la  facllite  avec  laquelle  I'ocolc  moderne  fait  des 
genres  ,  obligera  a  en  supprimer  plus  de  la  moitie.  M.  Drouet 
avait  sans  doute,  dans  I'etablissement  de  celui-ci,  des  motifs  plus 
specieux  ,  cependant  on  ne  pourra  vraisemblablement  le  con- 
server  que  comma  sous-genre  des  Peignes ,  les  caracteres  d'en- 
semblc  raltacbant  les  Neitbees  a  ceux-ci  dont  plusieurs  aulres 
especes  presentent  des  circonstances  transitoires  avec  cellcs  qui 
ont  frappe  M.  Daouet ;  aiusi ,  le  P.  Phuronecles  et  plusieurs  es- 
peces analogues,  dont  M.  Megerle  a  aussi  voulu  faire  ua  genre, 
presentent  aussi  une  dent  lattrale,  saillante  sur  cbaque  oreille  ; 
d'autres  especes  du  meine  genre  offrent  plusieurs  plis  aux  lames 
clev^cs  qui  forment  avec  la  valve  correspondante ,  une  sortc 
d'emboitage.  Toutes  cesparticularitesnepeuvent,  selon  nous,  ca- 
racteriser  un  genre ;  mais  les  Neitbees  doivent  a  cause  dc  Icur  phy- 
sionomie  particuliere  et  des  caracteres  ])lus  trancbes  qu'ellcs  pre- 
sentent ,  constituerun  sous-genre  des  Peignes,  etl'on  doit  savo:r 
gre  a  M.  Drouet  de  nous  avoir  fait  mieux  connaitre  ces  coquilles 
dont  il  figure  trois  especes.  Apres  une  note  dclailb'e  sur  leur 
gisement ,  il  presente  le  catalogue  des  principaux  fossiles,  Our- 
sins  et  Coquilles  ,  de  la  Glauconie  crayeuse  des  collincs  du  de- 
partement de  la  Sartbe ,  parmi  lesquels  il  a  decouvert  une  grande 
et  belle  espece  de  Modiolc,  qu'il  nomme  Mod.  striata  et  dont  il 
donne  egalement  une  boune  figure.  F. 


Zoologie.  I  o  1 

80.  British  Entomology.  Entomologie  britanniqae;  par  John 

CuaTis;  n°\  "^  ,  ^,  et  5.  (Voy.  \t  Bulletin  ^io.  2,n°.  176.) 
Lc  n".  3  contlent,  pi.  1 1  ,  le  Molorclius  minor,  tiouve  sur 
les  fleurs  d'un  arbre,  a  Arno's  Grove,  et  figure  sur  les  graines 
(le  XJEthusa  Cynapiiun  (Persil  des  fous); — PI.  X2  ,  le  Lyccena 
dispar,  pris  en  grande  quantite  ,  volant  cntre  les  roseaux  ,  vers 
le  milieu  de  Whittlesea  Meer,  Iluntingdonsliire,  au  commence- 
ment du  mois  d'aout,  1822  et  i833  ; — PI.  iZ ,  V Umenes  atii- 
cornis  ; —  PI.  i4,  le  Hcemobora  pallipes  ,  insecte  apparte- 
nnnt  a  la  famille  des  Dipteres ,  Eprohoscidea  de  LatrelUe,  qui  se 
nourrlt  da  sang  des  quadrupedes  et  des  olseaux  ,  mals  reprc- 
scnle  avec  le  Ctiucalis  anlJuiscus. 

Le  n°.  4  contient,  pi.  i5,  VOrnaseus  aterrimus,  genre  de 
la  famille  des  Carahidce,  qui  se  trouve  dans  les  troncs  pouris 
des  arbres. — Ici  notre  auteur  s'ecrie  d'un  air  de  Iriomplie  que 
la  Peziza  aurantia  ,  se  Irouvant  parmi  les  racines  des  arbres 
morls,  dolt  Cgurer  a  cole  de  I'insecte  sur  la  planche;  et  il  eta- 
blit  ainsi  une  connexion  cntre  YOinaseus  aterrii/ius  et  la  Peziza 
fiurantia  ; — 'PI.  16 ,  Pezonea  ruficostana  ;  —  PI.  17,  Cra'sus  sep- 
tentrionalis ; — Pi.  18,  Empis  borcalis,  pris,  dit  I'auteur ,  sur 
les  fleurs  du  saule ;  mais  il  doYine  le  Taxus  baccala  pour  I'lf 
commun. 

Le  n°.  5  conlienl,  pi.  19,  le  Rhipiphorus  paradoxus;  — 
PI.  20,  \e.  Peutaloma  cwrulea-f — -Pi.  ii^YEyprepia  Russula  ; 
—  PI.  22  ,  Vlbalia  cultcUalor. 

Le  n".  6  contient,  PI.  23,  Siagonum  quadricorne;  — 'PI.  a4 
C((Stropaclia  quercifolia;  —  PI.  aS,  Pscn  cquestrifs; — -PI.  26 
Alhcrix  Ibis.  (^Zool.  Journ. ,  n°.  2  ,  juin ,  1824 ,  p.  266.)  ' 

81.  OnSF.RVATlONSSUR  UNE  NOCVELtE  DISTRIBUTION   MKTHODIQUE 
l)ES     INSECTES     COLEOPTERES     UE     I.A     FAMILLE    DES     CuRCULIO- 

NiDES,  «';tablie   par  M.  Schonherr  ( d'aprcs  I'exlrait  public 

dans  I'Jsis,  oct.  i823). 

Les  premiers  volumes  d'un  ouvrage  intitule  Synonymia  insec- 
tnruin ,  et  auqucl  ont  coopere  de  celcbrcs  entomologistes,  tels 
que  MiNL  P.iykuU,  Afzelius,  Dalman ,  Gyllcnbal,  etc.,  ont  valu 
a  M.  Sclioiilicrr  une  reputation  non  moins  distinguee,  et  qui 
continue  d'honorcr  le  pays  oil  Liane  vit  lc  jour.  La  famille  des 
insectcs  coleoptores,  que  j'ai  nonimec  [Rcg/ic  aidnial  de  M.  Cu- 
vicr  )  Rliinchophores  ou  Porte-bcc ,  et  qui  se  compose  principa- 


102  Zoologic. 

Icmcnt   du   genre  C«/(tt/<o  de   cet  auteur,  est   sans  contredit  la 
plus  nombreuse  et  la  plus   difficile    de    toules  celles  du  meme 
ordre.  M.  Sclionlierr  en  a  vu  et  etudie   io5o  especes,  et,  selon 
ses   pr^soiTiptions ,    qui    nous   jtaraissent   trt-s-bien   fbndt'es,    le 
nombre  de  celles  qui  peuvent  exister  dans  les  diverses  collec- 
tions peut  aller  a  environ  2000.  Celte  famille  est  done  presque 
aussi  considerable  que  la  classe  des  poissons,  la  plus  etendue  des 
animaux   vertebres.   Plusieurs    naturalistes    ont  essaye  dans  ces 
derniers  leinps  d'en  simplifier  I'etude  au  moyen  de  nouvellcs 
coupes  generiques  :  nous  citerons  plus  particulierement  a  cet 
egard,  le  travail  de  M.  Germar,  dont  M.  le  comte  Dcjean,  qui  a 
lui-meme  fait  une  etude  speclale  des  insectes  de  cetle  fiinille,  a 
rendu  compte  dans  ce  journal.  L'analyse  qu'on  a  donnce  dans 
I'Isis  de  la  nouvelle  distribution  metliodiquede  ces  coleopteres, 
proposee  par  M.  Schonlierr,  n'etanl  qu'une  fable  tres-concise  ou 
sont  exposes  les  caracteres  essentielsdes  divisions  et  subdivisions 
de  la  famille,  avec  ialistedes  genres,  au  nombre  de  iSg,  qu'elles 
comprennent,  il  nous  serait  impossible  de  faire  connaitre  cc  tra- 
vail autrement  que  par  une  traduction  lltterale  de  cette  analyse; 
mais,  outre  que  son  etendue  est  incompatible  avec   celle  des 
extraits  de  ce  Bulletin ,  nous  n'aurions  encore  qu'une  idee  trcs- 
imparfaiie  de  la  methode    du  naturaliste  suedois  ,  puisquc   la 
source  ou  nous  puisons   ue  presente  point  le  signalcmcnt  des 
genres ,  et  que  I'auteur  ne  les  a  pas  encore  tous  publles  ;   leur 
nombre   s'elcvera  a  environ   25o.  L'examen  des  organes  de  la 
manducation  de   ces   insectes  Bonffrant   de  giandcs  difficultcs, 
M.  Scbonhcrr  n'a  pas  cru  devoir  employer  ces  considerations. 
La  direction  des  antennes,  leur  mode  d'insertion,  leur  compo- 
sition ,  les  proportions  relatives   de  leurs  articles,  la  fossette, 
qui,  dans  le  plus  grand  nombre ,  rccoit  une  portion  du  premier, 
I'avancement  en  forme  de  niuseau  ou  d<!  trompe  de  I'cxlremite 
aiiterieure  de  la  tete,  la  figure  du  prothorax  ou  corselet,  la  pre- 
sence ou  I'absence  de  I'rcusson  et  des  ailes,  les  pates,  telles  sont 
exclusiveuient  les  parties  qui  lui  ont  fourni  les  caracteres  dont  il 
fait  usage.  Puisqu'il  coniprend  dans  ccttc  famille  d'autres  genres 
que  celui  des  Cuiriilio  de  Iiinnc,il  nousseinble  quela  denomination 
dc  R/ij n( /lop/iorcx  cuiM  preferable,  ]>ar  sa  gcneralite,  a  ccUedc 
Curculiofiiclci. hcs  noms  des  genres  primilifs  dont ellese  compose 
elanttousmasculins,  il  a  conforme  sa  nomenclature  a  cette  regie, 
desorte  tpi'il  a  rliangc  toiitcs  IcsnouvcHcs  denominations  qui  s'cn 


Zoohgie.  ,o> 

ecartiiient  sous  ce  rapport.  Les  divisions  et  sub.livislons  en  ayant 
en  outre  de  speciales ,  M.  le  professeur  Germar  ayant  presque 
en  meme  temps  ( Insectorum  species  novce  aut  minus  co"nitcE 
torn.  I  ,  182/1)  publie  de  nonveaux  genres  dans  la  meme  fimille 
les  embarras  de  la  nomenclature  s'accroissent,  et  il  est  bien  a 
craindre  qu'ils  ne  nuisent  a  la  science.  En  applaudissnnt  aux 
louablcs  efforts  de  M.  Schonherr,  aiissi  sincerement  zcle  pour 
elle  que  plein  de  modestie,  nous  dirons  cependant  avec  fran- 
cliise  que  cctte  mulliplicite  de  coupes  a  ete  portee  trop  loin  et 
qu'il  aurait  pu  en  caracteriser  plusieurs  d'une  manicre  plus  cer- 
Viine  et  plus  concise  si  a  I'exemple  de  M.  Germar,  il  s'etait  servi 
des  organes  de  la  mastication.  Cola  est  bien  evident  surtout  rela- 
tivement  aux  divisions  qu'il  appelle  Bruchidcs  et  Jnthribides , 
comparees  avec  les  suivantes.  Sans  donte  I'emploi  de  ces  moyens 
est  souvent  impraticable  ou  meme  dangereux,  a  raison  des  illu- 
sions oil  il  pent  entraincr,  mais  il  est  des  circonstances  ou  il 
devient  facile  et  tres-utile,  et  c'est  ce  que  Ton  verra  par  I'expo- 
sition  de  notre  distribution  des  memes  insectes  que  nous  publie- 
rons  bientot  dans  les  Aiinalcs  des  sciences  naturelles.       Lat. 

82.  Note  sur  la  Monographie  des  Ckbrionides,  par  W.  E 
Leach.  (  Voy.  le  Bullet,  de  jaillet,  p.  3o6. ) 

La  sante  de  M.  Leach  ne  lui  permettant  pas  de  s'occupcr  des 
sciences  naturelles  depuis  plusieurs  annees  ,  il  n'a  certainement 
pas  pu  revoir  le  travail  qu'il  avait  prepare  en  i8i5  ,  car  un  sa- 
vant tel  que  lui  n'aurait  pas  laisse  subsister  les  erreurs  qui  y 
sont  consignees. 

Ainsi  que  I'ont  tres-bien  dit  MM.  Olivier  et  Latreillc  ,  tons 
les  cebrionldes  sont  des  coleoptercs  pentameres,  ils  ont  cinq  ar- 
ticlesa  tousles  tarses,  et  ceux  des  pates  posterieuressont,ainsique 
ceux  des  quatre  jiates  anterieures,  tres-distincts  et  tres-visibles 
meme  a    I'oeil   nu. 

Depuis  six  ou  liuit  ans  il  est  ddmontre  aux  yeux  de  tous  les 
entomologistcs  que  le  genre  Jlammnnia  de  M.  Latreillc,  Cebrio 
bre\'icornis  Olivier,  Tcnehrio  dubius  Rossi,  est  la  femelle  du 
Cebrio  gigas  ,  auquel  M.  Leach  a  donne  ,  je  ne  sais  pourquoi ,  Ic 
nom  de  C.  promelus. 

L'in.secte  que  M.  Leach  designe  sous  Icnom  dc  Hauimonia  mc- 
lanocephala  est  tres -certainement  la  femelle  d'une  autre  cspeco 
dc  Cebrio,  peul-eire  de  rchil  ([u'il  nommc  ,  C.  F<d>ii<ii,  cspece 


1  o/f  Zoolpgie. 

qui  n'est  pas  nouvelle,  et  que  M.  le  comte  de  Hoffinnnsegg  a  fait 
connnitre  depuis  long-temps  sous  le  nom  de  C.  annlhomerus. 
II  est  enfin  plus  que  probable  que  les  deux  genres  Dumcrilia  et 
Brongiiiartia ,  qui  avec  celui  Hammunia  forment  le  V .  stirj)S  au- 
quel  il  donne  pour  caracteres,  clytres  ccartees  poslericuremcnt , 
antennes  et  tarses  courts,  ne  sont  conime  Ics  Haimnonia  que  des 
femelles  de  Cebrio.  Cte.  Dejeajv. 

83.  LetTRES  UR  LE   PHYSODACTYLE,    NODVEAD  GENRE  DE   COLEOP- 

TERE,parG.  Fischer  de  Waldheim.  8°.  de  i8p.,  avecune  pi. 
Moscou;  1824. 

L'exemplaire  de  ce  nonvel  insecte  decrit  par  M.  Fischer  se 
trouve  dans  la  collection  du  docteur  Henning  ,  a  Saint-Pe- 
tersbourg. 

84.  MONOCRAPHlE    DES    INSECTES    DIPTERFS    DE    LA    FAMILLE    DES 

Empides,  observes  dans   le  nord-ouest  de  la  France;  par  J. 

Macquabt,  de  la  Soc.  des  Amateurs  des  Sc,  de  TAgrlc.  el  des 

Artsde  Lille.  Lille;  imprim.de  Lcleux  ,  grande  Place;  182!^. 

Quoiquecetouvrage  aitparu,  il  y  a  un  an,comme  il  nous  semble 
devoir  intercsserlesnaturalistes  et  que  nous  n'en  avons  eu  connais- 
sanceque  depuispeu,  nousn'hesitons  pas  a  enrendre  compte.  L'au- 
teur,  connudi'ja  par  un  assez  grand  nombre  dc  bonnes  observa- 
tions, donne  d'abord  un  tableau  synoptique  de  ce  qu'il  appelle 
la  famille  des  Enopides.  II  y  fait  deux  divisions  d'apres  la  direction 
dc  la  trompe ;  la  premiere  a  cet  organe  dirigc  en  avant ,  et  equi- 
vauta  la  famille  que  M.  Melgen  a  nommee  Hyholina';  la  seconde, 
dont  le  caraclcre  est  d'avoir  la  trompe  dirigt'e  pcrpendiculairc- 
ment  ,  on  en  dessous  du  corps  ,  conticnt  les  deux  families  desi- 
gnees par  M.  Meigen ,  sous  le  nom  ti' Empides  et  de  Tachydro- 
mice.  Avec  ce  dernier  auteur ,  M.  Macquart  admet  dans  sa 
premiere  division  les  deux  genres  Hybos  et  Ocydromie;  il  decrit 
deux  especes  du  premier  dc^ja  connues  des  auteurs.  Dans  le  genre 
Ocydromie,  il  donne  qualre  especes  qui  sont  dans  le  meine  cas, 
a  I'exception  pcut-eire  de  la  deriiicro  qui  lui  parait  differer,  par 
la  couleur  de  Tectisson,  de  YOrydromin  sculcllata ,  Meig.  Les 
environs  de  Lille  ne  lui  ont  point  fourni  d'esprces  du  genre 
yEdulca.S:\  seconde  division  est  moins  d'accord  avec  les  travaux 
du  naluraliste  allemand  ;  mais  I'ouvrage  de  ce  dernier,  surcclle 
partie,  n'etait  point  public  lorsquc  la  monogra{)ljie  de  M.  Mac- 
quart  fut  coniposcc ,  el  noire  modcsle  compalriote  convicnl  que 


Zoologie.  io5 

le  mnnqne  de  cet  ouTrage  a  pu  causer  qiielqnes  iniperfeclions 
d;ins  le  sien.  Cependant  ce  travail  sex'a  certainement  agreable  aux 
naturalistes,  non-seulement  en  ce  qu'il  fait  connaitre  nos  riclies- 
ses  nationales,niais  aussi  parce  que,  parmi  plusicurs genres  nou- 
veaux,  on  en  trouvera  un ,  celui  qu'il  nomme  Biceilaire  ,  entiere- 
ment  inconnu  a  M.  Melgcn.  Voici  ses  cai'aclt'res  :  Trompe  plus 
courte  que  la  tete  ,  conique.  Les  deux  premiers  articles  dt  s  an- 
tennes  courts,  cylindrlques ,  ne  paraissant  en  faire  qu'un  ;  le 
troisieme  conique  ,  teroiine  par  un  style  allonge.  Pieds  grtles, 
assez  allonges.  Cellule  siigmatique  grande,  allongee;  mcdiastine 
nulle;  marginale ,  etroite  ,  surf  out  vers  I'extreinite  ;  sous-mar- 
ginale  elargie  a  I'extremite  :  deux  discoidales,  I'exterieure  etroite, 
I'interieure  plus  grande,  terminee  en  pointe;  4  cellules  du  bord 
posterieur,  deuxieme  fort  rctrccie  vers  la  base  et  paraissant  pe- 
tiolee ;  troisieme  fort  grando  et  Icgerement  siaueuse ;  anale 
etroite,  de  la  longueur  de  la  discoidale  externe  :  nervure  axil- 
laire  atteignant  le  bord  de  I'aile.  Nous  ajouterons  que  les  genres 
Dollchocepliale,  Chelipode  et  Chelifere  de  M.  Macquart,  repon- 
dent  au  genre  Hemcrodroinia  de  M.  Meigen.  Celui  des  Tacliy- 
dromies  est  le  meme  dans  les  deux  auteurs ,  et  le  genre  Einpis  de 
M.  Macquart  renferme  ceux  que  M.  Meigen  appelle  Einpis,  Hi- 
lara  et  Ramphomjia.  M.  Macquart  nous  donne  deux  especes  de 
Chelipodes,  dont  Tune  etalt  alors  nouvelle ;  le  genre  Clielifcre 
n'a  qu'une  espece  alors  nouvelle  aussi.  12  especes  de  Tacliydro- 
luies  sont  cnsuite  decrites,  dont  9  parurent  nouvelles  a  M.  Mac- 
quart;  il  en  retrouva  4  sculement  decrites  dans  le  3".  volume 
de  I'auteur  allemand ;  le  genre  Biceilaire  ne  conticnt  qu'une  es- 
pece qui  est  nouvelle.  II  decrit  24  especes  d'Einpis ,  dont  14  lui 
ont  paru  nouvelles  ,  inais  il  en  reconnut  7  dans  le  ?»'.  volume  de 
M.  Meigen  ,  qui  parut  pen  de  jours  avant  I'impression  de  la 
Monograpliie  dont  nous  donnons  ici  I'extrait,  ce  qui  le  mit  a 
mtme  de  donncr  ,  dans  une  note  que  I'on  trouve  h  la  derniere 
j)age ,  la  concordance  de  ses  genres  et  de  ses  especes  avec  ceux 
de  I'auteur  allemand.  II  serait  fort  desirable  que  M.  Macquart 
continuat  a  faire  part  aux  naturalistes  de  ses  observations  et  qu'il 
publiat  divcrses  monograpliies  dcs  families  de  I'ordre  des  Dip- 
lores  que  nous  Savons  aclicvees  par  lui ,  on  ne  demandcr  qu'un 
l<'-gcr  travail  pour  paraitrc.  Nous  I'y  e.xliortons  pcrsonnrllemcnl. 

L.  S.  !• . 


io6  Zoologip. 

85.  MojiioGBAPiiiA  CHLAuyDUM.  Moriosuiphic  il<-s  Chlanivdes; 
par  M.  Vincent  Kollar;  in-foi.  tie  A'JP-i  'i''»^  sm'  pi>I>ier  velin, 
av.  2  pi.  col.  Vienne;  1824  ;  Heubiu-r. 

Le  genre  de  coleopteres  totrameres,  cree  par  Knoch  sous  le 
110m  de  Chluinys ,  est  un  demembrement  dc  celui  des  Cl\thkks 
[Cly three)  (\e.  Laicharling  et  de  Fabricius,  dont  il  s'eloigiie  seiile- 
nient  par  ses  antennes  qui  se  logenl  dans  un  sillon  de  la  poilri- 
ne,  et  par  la  forme  raccourcie,  gibbeusc  et  tres-rugueuse  ou  sca- 
breuse  de  ses  elytres;  un  caractere  plus  important  qu'on  lui 
avail  d'abord  assigne  lorsqu'on  n'en  connaissait  que  peu  d'cs- 
pcces,  celui  des  {)alpes  labianx  fourchus,  ne  s'etant  pas  retrouve 
dans  celles  qu'on  a  decouvertes  plus  recerament. 

Ce  genie  a  ete  adoptepar  M.  Olivier  et  par  M.  Latrcillc.  II  ne 
reni'ermait,  daus  I'Driginc,  que  deux  especes  senlemcnt ;  ies 
Chlamys  tuberosa  et  foveolata ,  de  I'Amerique  du  nord.  31.  Oli- 
vier en  admit  quatre  autres  de  TAmerique  meridionale  ,  savo:r 
k's  Chlamys  monstrosa  ,  diffonms ,  plicata  Gi  gibbcra.  Plusicurs 
Clylbres  de  Fabricius  devaient  etre  rapportesA  ce  genre,  savoir: 
Ies  Ch\.  monstrosa  ,  plicata ,  gibber  (i),  iinprcssa  et  cnslnla  , 
ainsl  qu'Illiger  I'a  fait  remarquer. 

La  inonographie  que  nous  annoncons  comprend  4'^  cspices 
de  Chlamydes  parrai  lesquelles  4  seulemcnt  se  trouvent  avoir 
ete  decrites  par  Knoch,  Olivier,  Fabricius  et  M.  Kirby. 
Toutcs  ces  especes ,  a  I'exception  de  deux ,  celles  de  Knoch,  sont 
originaiics  du  Bresil.  Leurs  dimensions  n'offrent  que  tres-peu 
de  differences  ,  et  toutes  ontunyjjc/o  qui  Ics  fait  rcconnaiire 
au  premier  coup  d'ail ,  el  qui  consiste  dans  Ies  riigosites  ,  Ies 
sillons,  Ies  siuiiosites  de  leurs  elytres  et  de  leur  corselet.  Beau- 
coup  n'ont  que  des  couleurs  sombres;  mais  ([uelcpies-unes  pre- 
scntcnt  des  reflcls  metalliques  cuivreux  ou  violets  plus  ou  moins 
brillans. 

Ces  especes  sont  partagees  en  deux  divisions. — •  La  premiere 
comprend  celles  qui  presentent  pour  caractere  d'avoir  la  suture 
des  elytres  denticulce  poslei  ieuieineiit.  Ce  sont  Ies  Chlamys  i 
monslrosn  Ol. ,  2  Bacca  de  Kirby ,  "i  hirta  ,  4  spinosa  ,  5  Sc/irci- 


(1)  Cos  in. Is  pvcmicrs  irp.>ii(kiil  an^  cspLxes  dc  Clilaiiiyilcs  ilii  mrmc 
IlniU  J'Dliviii . 


Zoologi{\  107 

betii,  6  Langsdorft,  7  intiicata  ,  8  tuberosa  de  Knocli ,  9  Ln- 
treillci,  10  Dejeani,  i  i  adspersa ,  11  Dromedarius ,  i3  Natte- 
rc?i,  14  hieroglyphica,  i5  Miihlfeldi,  16  Kammerlacheri ,  17 
Schottu,  18  globosa,  19  Oljcrsi ,  10  hjbrida ,  21  Mikani^  22 
Knochii,  i'i  variegata ,  24  elongata,  iS  varians ,  26  Schuchtii , 
27  fovcolota  Knoch,  28  affinis,  29  Gennari,  3o  exarata,  3i 
quinquesulcata,  82  thoracica  ,  Zl>  ha'inorrhoidnlis ,'Sl\  sulcata , 
35  rubicunda,  36  Selowi ,  ^'j  maculata  ,  38  Po/ilii ,  89  Gr^vf- 
/fw/,  40  signata,  4i  olivacca.  La  seconde  section  coraprend  les 
Clilamydes  dont  le  bord  interne  des  elytres  est  droit  et  sans  den- 
telures,  telles  que  les  C.  42  cyanea,  43  Mono,  dubia  et  sinuata. 
Chacune  de  ces  especes  est  signalee  par  une  phi'ase  latine  in- 
diquant  lescaracteres  generaux  de  forme  et  de  couleur  du  corps , 
du  corselet  et  des  elytres.  Ces  phrases  fort  courtes  sont  en  menie 
temps  tres-comparatives,  et  doivent  facilementconduire  a  la  de- 
termination des  individus  qu'on  cherche  a  ramener  a  leurs  es- 
peces respect  ives. 

Unc  bonne  figure  coloriee  accompagne  chacune  des  descrip- 
tions. Cclles-ci,  tres-bien  ordonnees  ,  offrenl  les  caracleres  tou- 
joura  disposes  dans  le  meme  ordre ;  ainsi,  apres  I'indication  de 
la  lalUe,  on  trouve  tous  les  details  de  forme  et  de  couleur,  du 
corps,  de  la  tete,  du  corselet  des  elytres,  de  la  poitrine,de 
I'abdomen  et  des  pieds.  Des  annotations  en  langue  allemande 
sont  ajoutees  a  ces  descriptions  latines  ,  etablissent  les  affinites 
qui  existent  entre  les  especes  les  plus  rapprochees,  et  donnent 
I'indication  precise  du  lieu  ou  elles  ont  ete  recueillies  (i). 

Les  caracteres essentiels  du  genre  Clilamyde,  admis pas  M.  Kol- 
lar  sont  les  suivans  :  Antennes  de  la  longueur  du  corselet ,  pres- 
que  en  scie,  pouvant  se  loger  dans  une  rainure  de  ce  corselet. 
Labre  coriace,  ecbancre,  cili'i.Mandibulcs  courtes,  cornees  ,  ar- 
quees  ,  tridentees  a  la  pointe  avec  la  dent  intermediaire  la  plus 
longue  et  aigue.  Machoires  subcornees  ,  bifides  avec  leurs  den- 
telures  membraneuses  ,  rexterleure  etant  la  plus  longue  et  pres- 
que  cyiindrique;  I'intericurc  ou  la  j)lus  courte  etant  comprimee 
et  soyeiise.  Levre  inforieure  membraneuse ,  courte^  avec  son 
bord  supi'rleur  ( ou  antcricur)  dcntc.  Palpes  maxillaires  a  4  ar- 
ticles, dont  le  premier  est  tres-court,  Ic  second  tres-long,  les 

(i)  Tonics  ,  a  l'oxc("i)liyii  Civs  2  ('S[)ccos  dccrilcs  i)ar  Kiiocli  ,  soul  ilu 
I'.iVsii. 


io8  Zoologie. 

troisieme  et  qu.itrienie  presque  i-j^ixw  ct  plus  couj  !s  cjiie  Ic 
second.  Palpcs  posteriems  ou  labiuux  tii;irliiiilc.s  a  i"'.  arlicle 
ties-court,  a  second  ircs-long,  obconique,  couibe ,  ct  le 
troisieme  ayant  son  extremite  obtuse. 

Apres  avoir  dit  ce  que  nous  pensons  de  bien  dc  celte  mono- 
graphic  sous  le  rapport  scicnlifiquc,  il  nous  rrsle  a  faire  con- 
naitre  lemorlte  de  son  execution  sous  le  rnj)[)orl  typograpliiquc. 

C'est  sans  conlredit  un  dcs  ouvrages  ies  t)Ius  soii,'nes  qui  aieut 
^to  publies  jusqu'a  ce  jour  on  Allemagne.  Cliaque  description 
remplit  unc  page,  et  Ies  generalltes  en  occupenl  qualre.  Le 
choix  etl'einploi  des  caractcres  sont  parl'ails,  et  cet  ouvrage  fait 
fionneur  aux  presses  de  M.  Strauss.  Desm..st. 

8G.  Entomologische  Briefe.    Correspondence  entoniologique 

par  J.  K.  Lroch.  in-8.  av.  i  pi.  an  trait;  imprinice  en  allemand 

ot  en  francais.  Mulhausen  ;  I8■^3. 

Dans  ce  cahier,  qui  parait  devoir  etre  suivi  de  plusieurs  an- 
Ires,  I'auteur  anonyme  a  place  des  remarquos  «ur  Ics  Lucanes  ou 
Cerfs-volans,  desqucls  il  resulte  que  Ics  especes  distinguces  sous 
Ies  noms  Ac  Lucanus  Ccrvus ,  Dorcas,  Hircus  et  Copreolus ,  ne 
sont  que  des  variefes  dune  ineme  espece  entrc  lesf[uellcs  s'on 
trouvent  encore  d'aulres  qui  formcnt  une  seric  doni  la  faille  el 
Ies  caracteressc  modificnt  d'unemaniere  prcsquc  insensible  cnlie 
le  Lucanus  Ceivus  et  le  Lucanus  Capreolits ,  qui  en  sont  ics  exlre- 
mifes. 

L'auteur  ncpeut  admetlre  que  ces  varietes  soient  duns  a  la  dif- 
ference de  la  nourriture  ou  a  sa  quantile,puisque  toutcs  habitenl 
Ies  menies  lienx  et  vivent  egalcment  sur  los  vieux  troncs  de  clie- 
nes.  II  ne  peut  admettre  aussi  qu'elles  solcnt  produites  par  des 
differences  de  climaf  ,  puisque  Ies  unes  et  ks  aulres  vivent  dans 
Ic  mtine  j)ays  et  sous  Ies  memes  circonslauces  atniospbi  riqucs. 
II  parait  pencher  a  croire  qu'originairement  il  n  existait  que  dcu\ 
especes,  i".  le  Litcnnus  Ccrvus,  tres-grand,  avec  scs  niandibulcs 
pourvues  d'une  forte  fourcbe  a  la  poinln  ct  d'unc  grosse  dent  du 
cote  interne  ;  et  9",  le  Lucanus  Copreolus,  beaucoup  jjIus  petit,  ct 
l)0urvu  dc  mandibulcs  courles  ,  a  dentclures  pcu  prononcees.  Ces 
deux  especes  par  leur  melange  auraieiit  prodult  une  race  moyeniie 
feconde  ,  qui  s'accouplaut  avec  I'une  ou  I'autre  dcs  especes  pri- 
iniiivcs,aurait  donne  lieu  aux  races  iuterm^diuircs  a  ccttc  race 
nioyenne  el  a  res  esix'ccs. 

Ce  uienioire  reiiferm',' lui  c^lraitde  lousloj  ouvraL""s  alleman.ls 


Zoologie.  I  cc) 

rt  francais  qui  li-altent  de  la  distinction  dcs  e.sjteces  de  Lucanos 

euro[)i'ens  et  dii  fait  de  raccouplcment  des  individus  a  grandes 

ni.iniiibulcs  ou  des  inuics  ,  et  des  individus  a  mandibules  courlcs 

( les  bicbes  ou   les  I'emelles),  que    GeoiTroy  considere   comme 

appartenant  a  des  especes  particu'ieres.  Desm..st. 

87.  Description  de   plusieurs  insectis  dipteres  non  encore 

deciits  ou  peu  connus ,  tiouves  aux  environs  d'Hanibourp;, 

par  M.  I.  G.  C.  Lehmann,  avec  une  plancbe  coloriee.  (  J(t<t 

Ac.  Cas.Leop.  Carol.  Nat.  Cur.,  To.  XII,  part.  i"^*^.  ) 

Ces  insectes,  au  norabre  de  onze,  sont  dccrils  avec  des  de- 
tails suffisans  pour  qu'il  soit  tres-1'acile  de  les  distinguer  de  ceux 
qui  constiluenti  les  genres  auxquels  ils  appartiennent. 

Trois  d'entre  eux  avaient  deja  ete  mentionnes ,  niais  non  figu  - 
res  par  les  auteurs ;  ce  sont  i°.  le  Chironomus  scalcenus  de  M. 
Lebmann,  ou  Tlpida  scalcena  de  Schranck,  Fauna  Boica,  n". 
2324;  2°.  le  Corethra  culiciformis ,  Meigen.  Bcsc.  Eur.  Zweilf. 
Europ.  I,  p.  i6j  et  3°.  le  Limnobia pilipes ,  Meig. ,  pag.  i5o. 

Les  especes  nouvelles  sont  les  suivantes.  1°.  Leia  AVinthemii 
Lelim.  FUn'ida  ;  Thorace  fusco  trivittato  ;  abdomine  ftisco  y  basi 
jiavo  fascialo\alis  fiisco  maculatis;  long.  3  llg. —  2°.  Dollcbopus 
nervosus,  viride  ceneus\  antennis  ferrugineis  apice  nigris;  tarsis 
anticis  ,  lobulo  antopicall;  alarum  venis  solito  crassloribus  long. 
'i-~ — 3.1. — 3°.Dolicb.  discipesWied.,  thoraceceneo;alis infurnatis; 
pedibiis  Jlavidis  ,  anticis  in  mare  disco  nigra  terminatis ;  long  2  -. 
— /i".  Uolic.bipunctatusWIed.j^cwco  wmto;  thoracc  nigricante  ; 

alis  punctis  duabus  fuscis  ;  long.  2  ^ 3.  —  5°.  Dolic.  pr.-ecox 

^Vied.  D.  tvneus ;   thorace  lincis  duabus  dilutioribus  ;  antennis 

nigris;  hjpostomate  albo  ;  alis  limpidissimis;  long,  i  -^  2I. . —  6". 

Pliora  picta  '\\\eA. ,  lutca,abdominr  bifariam  nigro-maculato  ; 

long.  I  -.1 — 7".  Sciara  7ihdova\QAis1^ehva.,atra;alis  nigricantibus 

costd  obscuriori;  abdominis  prima  segmenta  fuscescentc  reliquis 

croceis. — 8».  Aedcs  cinereus  Hoffmansegg,  tharacefusco  brunnco 

rubido  piloso ;  abdomine  obscuriorc  \pcdibus  pallid  is  ;  alis  imma- 

culatis.  DESM....ST 

^8.   Description  d'insectes   de    l'ordhk   des    Dipteres,  des 

Etals-Unis  ;  pai'  Tlioaias  Sav.  [Journ.  of  Acad.  Sc.  not.  oJ'Phi- 

/<id.,  vol.  Ill,  avril  a  juillct  182 3,  ou  n"'.  i  a  .'|.^ 

J.cs  Dipiert's    doiU  les   descriptions   soul  coittCKurs  dans   ro 

HK-inoire  out  «5te  recueiUis  par  M.  Say   dans  son  voyage  uii\ 


1  1  o  Zoologic. 

nionlagnes  Rochcuses  ,  lorsqu'il  faisait  partie  de  rexpedilion 
commandee  par  le  major  Long.  Plusieuis  sontcommuns  a  toutes 
lesrctjions  comprises  entre  I'Atlantique  et  la  chaine  des  monta- 
gnes  Roclieuses,  entre  les  35*".  et  k'^".  paralleles  nord.  D'autres 
sont  probablement  particuliers  a  ces  montagnes  ,  et  surtoul  a  la 
parlie  de  la  vallee  du  Missouri  qui  suit  la  base  de  ces  Andes  du 
nord,  contree  qui  ,  dans  cette  expedition,  a  offert  un  giand 
nombre  d'animaux  interessans  et  de  plantes  inconnues. 

Les  especes  decrites  par  M.  Say  sont  ainsi  designees  :  Culex 
punctipennis ,  b-fasciatus ,  damnosus ,  triseriatus.  —  Ciiironoraus 
lobiferus  ,festivus ,  modestus ,  geminatus ,  lineatus ,  stiginaterus. 

.  Tanypus  annulatus  ,  tibialis.  —  Coretbra  punctipennis.  — 

Mycetophila  ichneuinonca.  —  Carapylomyza  scutellata.  —  Eriop- 
tcTA  caliptera.  — ■  Ciex\0'^\\ovai  fidiginosa ,  abdominalis.  —  Lim- 
nobia  fasciapennis ,  macroccra ,  tcnuipcs  ,  cinctipes,  humeralis  , 
rostrata. —  Tipula  cunctans  ,  costalis  ,  macrocera,  collaris ,  an- 
7iulata,trivittata.  —  Sc\o\)\\\\a  fasciata.  —  Ryphus  marginntus. 

Simuliura  venustum.  — ■  Beris  fuscitarsis. —  Nembtelus  pallipes. 

. Xylopbagus  triangularis.  —  Pangonia  incisuralis.  —  Tabanus 

m  destus ,  annulatus ,  stjgius.  —  Chrysops  ti-vittatus.  —  Leptis 
ornata  ,  punctipennis  ,  quadrata,  hasilaris  ,  rufuhorax ,  fumi- 
pcnnis,Jasciata,  vcrtcbrata ,  albicornis,  plumbea.  —  Thercva 
tcrgissa,  nigra. — Stygia  vlongata.  —  Anthrax  morioides ,  latera- 
lis ,  scripta ,  analis ,  alternata ,  irrorata ,  caliptera.  — •  Asilus  ver- 
tebratus,  scriccus. —  OmnAins  tibialis.  — Dioctria  ^-punctata.  — 
Dasypogon  Gfasciatus  ,  abdominalis,  trifasciatus ,  argenteus , 
politus,  cTucw^uJ.  — Laplirla  fulvicauda  ,  glabrata  ,  juacrocera, 
sericea ,  tergissa.  —  Lcptogas  tor  annulatus.  —  Ilybos  thoracicus. 

.Bibio  pallipes  ,hcteropterus ,  albipennis ,  articulatus. — Sciara 

femorata. — Dilophus  stiginaterus,  spinipes,  t/ioracicus .^-Myopa. 
vesiculosa  ,  longicornis,  biannulata.  — •  Conops  marginata,  sagit- 

tnria. Zo^'ion  fuh' if rons ,  abdominalis.  — Dolichopus  Sip  ho  , 

unifascialus ,  obscurus  ,fernoratuSy  cupreus ,  patiindalus.  — Sar- 
gus  viridis.  —  Scccva  polila  ,  obliqua ,  concava,  quadrata,  cmar- 
ginata,  marginata ,  gemndnata ,  affinis.  —  Rbingia  iiasica.  — 
S\cus  feneslralus.  — Empis  5-lineata,  cillipes,  sr.olopacea. — 
Caiobata  antcnna;pes ,  pallipes. — ^  Loxocera  cylindrica.  —  Py- 
vo\)i\furcala. — Oc\\Xhtv a  em piformis.  —  ^cei\o^\mis  jmllipes. — 
V^Mch-ifuscipennis. —  Heleomyza  ^-punctata. —  Olfcrsia  L.icb. 
nlbipennis.  • —  Oi-nithomyia  nebulosa,  pallida,  conjiuenta.  — 
iMelopliagus  dcpressus. 


Zoo/ogie.  I  I  r 

Les  125  Dipteres  dont  nous  voiions  de  rapporlcx"  les  noms  so 
trouvent  tous  appartenir  ,  comme  les  Coleoptercs  decrits  par 
M.  S.'iy,  a  des  genies  europeeiis.  La  remarque  que  nous  avons 
faite  au  sujet  de  ces  derniers  se  icprcsente  naturclleraent  ici  : 
la  presque  totalite  des  Dipleres  de  I'Amerique  du  iiord,  entre  les 
35*^.  et  4i^- P'lfalleles,  seraient-ils  congeneres  avec  les  Dipleres 
d'Europe,  ou  bien  M.  Say  aurait-il  reseive  pour  un  travail  par- 
ticulier  les  especes  qui,  par  la  singuiarite  de  leiirs  caracleres  lui 
parailraient  ineriter  d'etre  erigees  en  genres  nouveaux  ? 

Nous  ferons  aussi  observer  que  cette  lisle  ne  presente  aucun 
iosecte  de  plusieurs  genres  dont  les  especes  sonl  uonibreuses 
dans  notre  pays,  tels  que  les  Stratyomes,  les  Syrplies,  les  Eris- 
1a les,  les  Volucelles,  les  Milesies,  les  Mouches  proprement  dites, 
Jes  Ecliynomyies,  les  Lispes,  etc.  Desm...st. 

8(j.  Note  topographique  sur  quelques  insectes  coleopteres, 
et  Description  de  deux  especes  des  genres  Badisler  et  Bembi- 
dlon ;  par  M.  Guerin.  (Extrait.)  (  Bull,  de  lu  Soc,  Philom. , 
aout  1823,  p.  121.) 

M,  Latreille,  ea  envisageant  I'entomologie  sous  un  point  de 
vne  geograpliique,  a  le  premier  ouverl  une  route  nouvelle  a  la 
j)liilosophie  de  la  science,  et  les  rcsultats  qu'elle  en  i-etirera  se- 
ront  d'autant  plus  certains  que  les  observations  et  les  fails  de- 
viendront  plus  nombreux.  Cest  dans  ce  but  que  M.  Guerin  a 
cherche  a  suivre  la  route  que  lui  a  tracee  ce  grand  maitre,  ct 
quoiqueles  observations  qu'il  a  presentees  a  la  Sociele  d'liistolre 
naturcUe  soient  speciales  ct  pen  nombrcuses,  nous  pensons  que 
si  elles  elaient  failes  sur  un  grand  nombre  de  points  de  la 
France  Ton  jiourrait  arriver  a  avoir  une  geograpliie  entomolo- 
gique  de  cette  belle  parlie  de  I'Eurojie. 

Les  environs  d'Amiens  et  de  Paris  lui  ont  I'ourni  plusieurs 
Coleopteres  que  Ton  avail  crus  jusqu'a  present  propres  a  la  Suede, 
a  TAllemagne  et  a  I'Espagne. 

Les  especes  decrites  sont  1".  le  Badlstcr pcltatusVa^xvLtx  qu'il 
a  rencontre  a  Paris. 

2°.  IJ Agomun  i'idiium  ,  Panz.,  trouve  aux  environs  d'Amiens. 
Cfs  deux  especes  ctaient  indiquecs  comme  propres  a  I'Alle- 
magne. 

3".  h'0/nasa'us  /ilcrri»ii/.(  Vahv.,  trouve  a  Amiens:  de  Suede. 

4".  Le  Banbidiuin  Andrece  Ciyll.,  du  meme  pays  :  de  Suede. 


1 1  -1  Zoolo'^ie. 

V.  Le  PUttysma  nigra  Fabr.,  du  meme  pays  :  de  rAIIemngne. 

6°.  Le  Perjphus  fasciolatus  Duft. ,  du  meme  pays  :  de  Suede. 

7°.  Le  Colymbetes  abbreviatus  Fabr.,  du  meme  pays  :  d'AUe- 
magne. 

8°.  'L'Orobitis  globosus  Fabr.,  du  meme  pays  :  de  Suede. 

9°.  La  Chrysoinela  lamina  Fabr,,  dum^me  pays  :  d'Autriche. 

I  o'^-La  Chrjsomcla  Ropliani  Fabr.,  du  meme  pays  et  de  Paris : 
de  TAllemagne. 

11".  La  ChTjsomela  marginella  Fabr.,  du  meme  pays  :  de 
rAUemagne. 

Les  especes  mal  decrltes  ou  qui  ne  retalcnt  pas  sont  lo.  le 
Badister  humeralis  de  M.  Bonnelli.  La  description  de  eel  auteur 
avail  ele  faite  sur  une  femelle  et  ne  s'appliquail  pas  exactement 
al'invidu  que  M.  Guerin  avail  entre  les  mains  el  qui  se  trouvalt 
etre  un  male ;  il  a  cru  convenable  d'en  faire  une  nouvelle  des- 
cription. Get  insecte  a  ete  trouve  aux  environs  de  Parisj  M.  Bon- 
nelli I'indique  d'AlIemagne. 

2°.  Le  Cactus  rufescens  Hoffraanscgg.  Cette  espece  n'ayanl  pas 
ete  decrite ,  il  aurait  pu  lui  assigner  un  nom  el  la  considerer 
comme  nouvelle ;  mais  celui  qui  lui  avail  ete  donne  par  M.  Ilolf- 
mansegg  ayant  ete  adopte  par  M.  le  baron  Dejcau  dans  le  ca- 
talogue Imprime  de   la  collection,  il  I'a  conserve. 

Get  insecte  a  ete  trouve  en  octobre  dans  une  ile  de  la  Seine. 
M.  Dejean  ne  I'a  trouve  que  rarement  en  Espagne.  N. 

yo.  Notice  sur  la.  Puce  irritante;  par  M.  Defrance.  (  Ann. 
des  Sc.  nat.yt.  i,  p.  44i>  avr.  i824- ) 

Dans  cette  notice  M.  Defrance  donne  quelques  observations 
nouvcUes  sur  la  Puceirri  tante;  il  a  observe  que  lorsque  Ton  on- 
vre  des  puces  pretes  a  pond  re,  Ton  trouve  dans  leur  corps  Imit 
a  dou7.e  oeuCs  oblongs,  blancs,  arrondis  et  d'egale  grosseur  aux 
deux  bouts.  Ces  oeufs  sont  lisses  ,  sees  ,  coulenl  comme  des  glo- 
bules de  mcrcure,  et  se  placcnt  dans  les  lieux  les  plus  bas,  et  les 
fentes  oii  les  larves  peuvent  se  trouvcr  protegees.  Avec  ces  oeufs 
on  trouve  des  ;]rains  noirs,  presque  aussi  roulans  qu'eux,  qui 
jiiovicnnent  de  Tanimal  qui  a  scrvi  de  paturc  a  I'insecte,  el  qui 
doivent  eire  di'voies  par  les  larves.  Ges  grains  affcctent  differentes 
formes,  et  qiioiqu'ils  a  lent  ete  pris  jusqu'a  present  pour  les  ex- 
en'nieus  des  puces,  RI.  Defrance  fait  voir  qu'ils  ne  sont  autre 
( liose  que  du  sang  desseche.  Si  Ion  veut  voir  Ics  oeufs  et  ces  petits 


Zoo/nglr.  ,  ,  5 

graias,  on  n'a  qu'a  visiter,  pendant  I'ete  surtout,  un  fauteuil 
suT  lequel  un  cliien  ou  un  chat  se  sera  repose,  et  on  y  trouvera 
beaucoup  d'oeufs  que  ces  insectes  out  pondus  en  se  placant  entre 
I'animal  et  le  corps  sur  lequel  il  e'tait  couciie.  Les  cents  eclosent 
en  tres-peu  de  temps  ,  et  I'auteur  en  a  ramasse  pondiis  le  meme 
jour,  qui  sont  eclos  cinq  jours  apres.  Ayantnourri  ccs  larvesavec 
le  sany  desseche  qu'il  avail  trouve  avec  les  ceufs,  il  a  remarque 
qu'elles  inarclient  fort  vite  en  elevant  la  tete.  Dix-liiiit  jours 
apres,  ces  l.irves  ont  commence  a  fder  des  coques;  mais  avant 
elles  ont  atlendu  que  tout  ce  qu'elles  avaient  mange  fut  sorti  de 
leur  corps;  dans  cet  elat ,  elles  efaient  blanches  et  transparen- 
tcs.  Les  nymphes,  qui  ont  beaucoup  de  rapport  dans  leur  forme 
avec  les  insectes  parfalts,  et  qui  presentent  les  pates  collees  cen- 
tre le  corps ,  percereat  leur  coque  seize  jours  apres  qu'clle  eut 
ete  formee. 

M.  Defnince  a  tenudes  puces  sous  I'eau  pendant  2/,  heures,  et 
elles  ont  rej)ris  la  vie  apres  en  avoir  ete  retirees.  Les  femelles 
pleines  d'oeufs  ont  peri  a  cette  epreuve,  mais  elles. ont  subi  jus- 
qu'a  12  licurcs  d'immersion  sans  perir.  Ce  qui  fait  voir  que  la 
precaution  que  prennent  certaines  personnes  de  baigner  les  ani- 
maux  pour  los  debarrasser  des  puces  ,  est  fort  inutile.       Guer. 

91.  Anatomie  d'unelarve  apodk  trouvee  dans  le  bourdon  des 
pierres;  par  feu  Lachat  et  Victor  Aunouix.  (  Meinoires  de  ia 
Sociele  d'Hisl.  nat.  de  Paris  ,  to.  i ,  part.  1 ,  p.  329.) 

Lesaulenrs  de  ce  memoire  irouvcrent,  le  7  juillet  1818,  una 
larveb!:inchatre,tres-molle  et  sans  pieds,  enire  les  ovaires,  au- 
dessus  de  I'estomac,  enlre  celni-ci  et  I'aiguillon,  et  sous  le  vais- 
seau  dorsal  d'nn  bourdon  des  pierres,  depourvu  de  graisse.  Cette 
larve  avait  onze  anncaux  ,  un  long  col,  une  bouclie ,  deux  le- 
vres  ,  deux  crochets ,  et  des  nianielons  deper.dans  de  la  peau;  le 
reste  de  son  corps  ^tait  renfle,  un  peu  silloniie  en  dessus  et  en 
dessous  par  une  serie  longitudinale  de  points  groupes  ordinai- 
rcment  trois  par  trois  sur  les  coles  de  ciiaque  annean ,  qui  lui 
meme  paraissait  legerement  Strangle.  L'extremite  opposee  a  la 
bouche,  correspondanle  au  recleur  du  bourdon,  iivait  un  anus 
fendn  verticalenient,  et  «leux plaques  lateraics  plus  elevors,  voi- 
siues  I'une  de  lautrc,  et  tres-curieuses  par  leur  organisation  et 
leur  importance. 

Deux  membranes  reronvrent  font  Ic  corps  de  cette  larve 
B.  Tome  \\\.  ^  ' 


,,4  Zoologie. 

I'uiie  cxterieiitc  est  ronfoiidue  avec  Ics  levrcs,  et  attacliee  nnx 
crochets  et  atilour  des  eminences  marron  du  Lout  obtns  du 
<rorps;  elle  est  libre  dans  le  roste  de  son  etendue.  L'aufrc  mem- 
brane est  extremement  minre,parsemee  de  tracht^cs  noinbrcusos, 
«efixe  nux  memes  points  que  I'exterieure,  ct  a  I'entour  d'une 
sorte  de  perlesiiucc  vers  la  fin  de  rcslomac. 

Les  organes  de  la  digeslion  sont  composes  d'un  oesopliage  qui 
nait  de  la  base    des  levies,  et  fournit,  jieu  apies  sa  naisaance, 
insertion  a  deux  poclics  splieriques.  L'estomac  est  la  plus  large 
et  la  plus  longue  portion  des  intestins;  il  se  recourbe  en  un  coude 
tourne  en  Laut ,  descend  un  peu  en  avant,  forme  un  second 
coude  tourne  a  droite  vis-a-vis  le  milieu  du  corps,  et  se  dirige 
en  travers ;  revenant  alors  sur  lui-meme,  il  se  ploie  en  anneau 
rompu,  et  s'allonge  vers  la  parlie  posterieure  droite  ou  son  dia- 
metce  dirainue.  La,  s'appuie  posterieurement  conire  sa    surface 
exterieure,  une  petite  sphere  un  peu  deprimee,  argcntee  et  bril- 
lante;  elle  a  deux  faces  separees  par  une  arete  ou  s'altache  I'cn- 
veloppe  generale  interieure  de  la  larve.  Apres  cctte  sjjhere  ,  l'es- 
tomac se  retrecit  encore,  et  donne  naissance  a  deux  vaisseaux 
opposes,  dont  cliacun  se  divise  prcsque  aussitot  en  deux  bran- 
dies, qui  montent  vers  les  premiers  anneaux  du  corps,  revien- 
nent  sur  elles-memes  vers  le  milieu  de  leur  longueur ,  et  s'enfon- 
cent    dans   les   premiers   replis    ou   elles   se    tenninent.   Apres 
I'inscrlion  de  ces  vaisseaux  vient  le  rectum,  dont  le  diametre  est 
rooins  considerable  que  celiii  de   I'eslomac  ;  on  y  apcrcoit  des 
rides  disposees  transversalemcnt ,  et  il  se  termine,  en  diminuant 
liigerement,  a  I'anus. 

Au-dessous  du  canal  intestinal  se  trouve  un  appareil  dont  on 
n'a  pas  pu  determiner  exactemcnt  la  naissance.  II  mesure  la  moi- 
tlc;  anierifurc  de IVcsophage ,  se  dilate,  etse  divise  en  deux  bran- 
(hcs  plus  grosses,  qui  a'engagent  entie  l'estomac  et  les  vaisseaux 
aveugles. 

A  la  partie  posterieure ,  et  de  cbaque  cote  de  I'anus,  se  trouvent 
deux  eminences  dont  nous  avons  parleplus  haut;  elles  sont  par- 
semees  d'un  i;rand  nombre  de  points  disposes  irregulierement; 
cliatun  d'eux  est  compose  d'autres  points  infiniment  plus  petits  , 
qui  brillent  comiiie  despierreries.  Les  Iraclices  recoivcnt  Fair  par 
cos  petits  points,  sont  doubles,  et  sur  les  cotiis  du  corps,  oil  elles 
s'ctendent  conime  deux  arbrcs  dont  les  racines  seraient  fixecs  i 


Zoologie.  1 1 5 

ces  eminences,  et  dont  le  sommet,  apres  avoir  forme  une  grande 
quantite  de  ramifications,  irait  se  terminer  vers  la  bouche. 

D'apres  ces  observations  on  voit  que  cette  larve  ressemble 
beaucoup  au  Dipodiutn  apiairc  de  M.  Bosc ,  et  qu'elle  avolsine 
plusieurs  larves  de  Dipteres,  decrites  par  Reaumur.  {Mem.  pour 
sen'ir  a  I'Hist.  des  Ins.,  torn.  IV  et  V.)  M.  Latreille I'attribue  au 
Conops  rufipes,  dont  il  a  trouve  des  individus  dans  une  boite, 
dans  laquelle  il  avail  renferme  des  bourdons  terrestres  (^Bornhus 
terrestris  Fabr.) 

Ce  memoire,  dont  nous  ne  donnons  qu'une  analyse  tres- 
succincte ,  est  accompagne  d'une  bonne  planclie  litliographiee. 

GuER. 

92.RKCHERCHES  SCR  l'organisation  et  les  fonctions  du  Cysticer- 
que  pisiforine  ou  Hydatide  des  lapins  ;  par  Michel  Fodera. 
(  Archives  generalcs  de  Medecine ,  t.  IV,  p.  g.  ] 

On  sail  que  les  Cyslicerqties  sonl  des  vers  hydatiques  ayant  la 
forme  d'une  poire,  el  dont  le  prolongement  est  termine  par 
une  veritable  lete  de  tcenin.  Leur  masse  se  compose  principale- 
raenl  d'une  enveloppe  membraneuse  dont  la  structure  n'a  pas 
encore  ete  examinee  avec  une  attention  suffisante,  etd'un  liquide 
tres-transparent ,  contenu  dans  celle  enveloppe. 

M.  Fodera,  employant  le  moyen  ordinairemenl  en  usage  pour 
observer  ces  aniiaaux  ,  a  place  entre  deuxlanics  de  verre,  en  les 
comprimanl  legerement,  des  cysticerquos  du  j)eritoine  des  la- 
pins,  el  a  porle  ces  lames  sous  la  lentille  du  microscope.  II  n'a 
pas  larde  a  reconnaitre  dans  les  membranes  qui  conqjosenl  lear 
Ycsicule  un  tre.s-beau  reseau  vascuiaire  cl  un  grand  nombre  de 
pelits  corps  ovoides,  qu'il  considere  comme  ctant  Ires-probable- 
ment  des  ovules.  Ea  di-ployanl  le  corps  de  I'animal,  il  a  vu  que 
vers  le  renflement  cephalique  ct  terminal,  il  y  avail  quelques- 
uns  de  ces  ovules  epars  ca  et  la ;  que  leur  nombre  s'augmentatt 
a  mesure  qa'il  portail  son  microscope  vers  le  milieu  du  corps 
lieu  ou  il  y  en  avail  le  plus,  el  qu'il  diminuait  en  approcliant  de 
la  partie  la  plus  renflee  ou  de  la  vessie  caudale. 

Le  reseau  vascuiaire  etait  forme  par  des  mailles  d'inegales 
grandeurs,  qui  elaieut  plus  ou  nioins  variables  selon  les  indivi- 
dus, ct  les  vaisscaux  offraient  des  roirecissemens  plus  ou  moins 
varies.  M.  Fodera  n'a  observe  ces  vaisseaux  que  dans  la  ve.ssie 
caudale,  et  n'a  pu  les  suivrc  dnns  le  corps,  paroe  qu'etant  rrnlii' 


sur  lui-m^me ,  repaisseur  ti<'s  parties  ne  perniettail  p.ts  a  [\v\i 
de  les  dislingner.  Observes  ainsi  entre  deux  verres,  Ics  valsseaiix 
paraissent  transparens  et  d'r.iie  coiilcur  blaiichatre;  ce  rpii  Ics  fait 
dis^lingiier  du  reste  dii  tissu  qui  est  un  peu  grisatre  et  diapiiane. 
t)ii  peut  aussi  les  voir  a  I'aide  <i'une  forte  loupe,  mais  seuiement 
lorsque  le  cysticerque  est  vivant.  Les  ovult-sse  distinguent  tres- 
bien,  m^me  apres  la  mort. 

M.  Fodera  fait  remarquer  que  le  reseau  vnsrulaire  du  cysticer- 
que a  beaucdup  d'analogle  avec  les  vaisseaux  lymphatiques  des 
aniinaux  niamraifcres,  et  surtout  avec  ceiix  de  raraciinoide,  re- 
preseiites   dans   la   fig.    5   de  la  planche   1 6  du  prodrome  de  l;r 
grande  anatomie  de  Mascagni  ,  et  teux  de  la  lig.  4  <le  la  p!.  G  ap- 
partenant  a  la  face  externe  des  pouinoiis  d"un  faMus  devaclie   II 
trouve  d'ailleurs  dans  la  structure  de  la  membrane  du  cysticer- 
que de  I'analogie  avec  celle  des  membranes  sereuses  ,  hicn  que 
ces  derniers  jouissent  de  la  faculte  contractile  qui  manque  a  l;k 
premiere.  II  suppose  que  ces  vers,  toujours  environnes  d'une 
nialiere  streuse  ,  ])uisqu'i!s  se  trcuvent  dans  la  caviio  perironcale 
deslapins,  la   ponipent  par  Ics  ouvertnres  ceplialiques,  et   la 
liennent  en  reserve  dans  Icur  v(!'sicule  caudale;  que  le  fluidc  qui 
les  environne  et  celui  qui  est   suce   est  absorbci  par  leurs  super- 
ficies externe  ct  interne,  arrosc  tous  les  ])oints  du  fissu  de  leur 
economic,  et  penetre  aussi  dans  I'interieur  de  leurs  vaisscnux. 
Pendant  I'absorption  de  ce  fluide  ,  celui  qui  s'y  trouve  s'exhale  , 
en  sorte  que  ce  mouvement  continuel  d'absorption  et  d'exbala- 
tion ,  en  renouvelant  le  fluide  dont  ils  se  nourrissent ,  enlretient 
leur  existence.  II  n'y  a  pas  de  vraie  circulation,  en  tant  que  le 
fluidc  qui  part  d'un  point  n'est  pas  force  d'y  revenir  rigoureu- 
seuicnt ;  il  y  a   seuiement  transport  <lans  les  vaisseaux  ,   d'une 
maniere  irreguliere,  dependant  de  la  varietc  de  pression  que  les 
contractions  de  I'aninial  exercent  en  se  mouvant:  Le  flr.ide  qui 
se  trouve  en  un  point  peut  ,  par  I'effi  t  de  ces  pressions,se  ba- 
lancer dans  rinlerieur  des  vaisseaux ,   avancer,  retrograder,  se 
porter  a  gautbe  ou  a  droitc.  II  peut  enfin  parcourir  lintcrieur 
du  vaisseau  vasculaire  sans  suivre  une  marche  rcguiiere  et  eon- 
stante,  parre  que  ,  comme  M.  Fodera  I'a  observe,  ce  reseau  n'est 
qu'un  tissii  dc  mailles  entrelacees  qui  n'aboutissent  point  a  un 
vaisseau  unique. 


Zoolo^ie.  1 1 7 

93.  Anatomif,  des  Phtsai.ies.  Exfrait  d'line  letlie  du  D*^.  J.  C. 
Vail  Hasselt  a  M.  leprof.  Van  Schwindehen,  a  Groniiigue. 
j  .■lllgemeine  Kunst  en  Letter  bode,  iSi'i;  et  I  sis  de  Oken  , 
i8.»3,  call.  i'2,p.  i4i3etsuiv.) 

J'ai  riionneur  de  vous  faire  connailrc  aujourd'liui  les  r^sultats 
«iue  feu  mon  ami  etmoi  noiisavons  obtenus  de  la  dissection  d'un 
grand  iiombre  de  Physalics.  Quant  aux  especes  dece  genre,  je 
crois  pouvoir  prouver  suffisamment ,  par  les  observations  sui- 
vantes,  que  les  4  especes  decrites  par  Lamark,  et  la  5^,  ajout^e 
par  Tilesius ,  n*;i]>partiennent  qu'a  une  seule  et  meme  espece ; 
circonstance  (jui  n'a  point  echappe  a  la  sagacite  de  Cuvier. 

/'Ajja//e(Arethuse)  megaliste  Peron.  Nous  a vons  rencontre 
des  individus  de  cetle  espece  d'une  grandeur  tres-diverse ,  et  dont 
quelques-uns  surpassaient  les  autres  6  fois.  La  vessie  d'air  est  na- 
turellement  placee  vers  le  haut:  il  est  neanmoins  difficile  de  bien 
designer  la  partie  dorsale ,  puisquc  la  position  de  la  vessie  d'air 
change  constamment  par   la   conlxaction   des    divers  faisceaux 
inusculaires.  En  effet ,  I'air  s'amassant  dans  I'une  ou  I'autre  partie 
de  la  vessie,  cette  partie  se  gonfle  el  devient  la  partie  superieure 
ou  dorsale.  Dans  nos  reclierclies  nous  avons  considere  la  crfite 
«:r)iiime   la  partie  de  derriere,    et  le  point  nu  comme  la  partie 
de  dcvant ;  ainsi  I'un  est  le  ventre,  I'autre  le  dos.  Si  Ton  irrite 
I'animal  du  cote  que  nous  regardons  comme  le  ventre,  il  sepre- 
senle  dans  la  position  representee  par  Peron  :  la  ciete  est  alors 
sur  le  dos;  la  grande  extremite  anterieure,  semblable  a  un  cou  , 
s'avancc  pcrpendiculaireraent  au-dessus  de  I'eau,  se  rapproche 
beaucoup  avec  la  crele,  et  forme  avec  celle-ci  un  angle  droit. 
Dans  cet  elat,  c'est  la  Vhysnlia  megalista.  Mais,  si  Ton  n'irrite 
point  I'animal ,  la  cr«5te  se  relache,  la  partie  anterieure  ou  le  cou 
est  penchec  horizontaleraent  sur  lean  en  formant  une  lignepres- 
que  droite  avec  le  reste  de  la  vessie  d'air  avec  laquelle  elle  for- 
mait  auparavant  un  angle  droit;  alors  c'est  la  Physalia  elongata, 
4*.  espece  de  Lamark.  La  crete  se  gonfle  lorsque  I'air  y  entrc, 
6tant  pousse  par  la  contraction  des  faisceauv  inusculaires  de  la 
partie  anterieure.  Ainsi  done  le  tissuveineux  ,  par  lequel  on  pi'e- 
tend  distinguer  la  premiere  espece  (^Physalia  pelagira')  de  La- 
mark, ne  cofisisle  ([u'en  plis  ,  (|ui  viennent  dc  cc   que  les  parois 
de  la  Crete  soiit  liecsintcricinemenl  par  des  cloisons.  Par  suite  du 
gonflenient ,  ces  cloisons  dcvieiincnt  plus  ajiparenlcs,  et ,  comme 


1 1 8  Zoologic. 

la  lumiere  s'y  brise  avec  eclat,  ces  plis  exterieurs,  produjis  pnF 
les  cloisons,  ressemblent  a  des  veines  vertes  ct  rouges.  La  crtic 
meme  differe  bcaucoup  chez  Ics  divers  individus,  elant  plus  oa 
moins  entalllee,  plus  ou  moins  longue;  en  sorte  que  sur  un  in- 
dividu  elle  s'etendait  presque  jusqu'a  rextreiiiite  de  la  p.irtieaii- 
terieure,  tandis  que  sur  un  autr^  elle  etait  aussi  courte  que  la 
represente  le  dessin  de  Peron.  La  hauteur  de  la  crete  ne  depend 
done  qne  dc  la  plus  ou  moins  grantle  etendue.  Elant  relombi-e 
sur  elle-meme,  la  crete  est  basse  et  aiguii;  alors  c'estla  PhysaUa 
tuberculosa,  2^.  espece  de  Lamark;  car  on  aura  neglige  de  re- 
xnarquer  sur  les  aulres  cspeces  dc'ja  nommees  la  a*^.  marque  ca- 
racteristique  de  cette  espece  extremilate  anteriore  tuherculis  cde- 
ruleis,  seriatis ,  coh/ertis,  vu  que  cette  marque  a  cte  prise  dcs 
ovaires  qnlse  trouient  a  la  partio  ])osterieure<ie  la  vessie,  ct  qui 
existent  egalement  dans  la  Phjsclia  mcgalista;  pent-etre  se  rela- 
cbent-ilsa  certaines  epotiues  de  Tanner,  ce  qui  a  piiempecber  de 
les  observer.  Sur  les  jeunes   individus   on   nc   resnarquc   point, 
conime  sur  les  plus  ages,  la  conleur  violette  de  la  vessie  d'air;  cc 
fut  probablement  d'apres  cette  demlere  marque  que  Tilesius  fit 
son  espece  ,  la  PhysaUa  glauca.  Dans  les  jeunes  ,  la  plus  grande 
partie  de  la  vessie  d'air  a  la  couleur  de  la  mer;   dans  ceux  qui 
sont  plus  ages,  la  crete  seule  est  veinec  de  bltu;  ct  ce  n'est  que 
sur  les  plus  grands  qu'on  voit  diverscs  parties  de  la  vessie  d'air 
meme  teintcs  en  bleu.  • 

En  consequence  de  ces  observations  les  espcces  (iu'cu  a  cta- 
blies,  i  I'exreptionde  \a  PhysaUa  megaUsla,  percltiil  Icurs  ca- 
racteres  disiinctifs;  mois  nous  en  avons  observe  une  qui  se  dis- 
tingue de  celle-la  en  ce  quelle  a  sur  le  cote  droit  tout  ce  que  la 
PhysaUa  tnegnUsta  a  sur  le  cote  gauche  ;  c'est  pourquoi  nous  lui 
avons  donne  le  nora  de  Phys.  obvcrsa  :  au  re?te,ellL>  ne  differe  en 
rien  de  I'autrc. 

Voila  ce  qui  concerne  les  especot;.  ?:()us  allonsiiiainlenant  In- 
diquer  quelques  fautes  que  la  dissection  nous  a  fait  connailre. 
Avant  tout,  je  dois  faire  remarquer  qu'aucun  animal  ne  nous 
avail  offert  encore  tant  de  difficnit.-s  pour  la  dissection.  Non- 
seulement  il  a  fallu  examiner  beancoup  d"individus  pour  acqucnr 
une  idee  de  la  destination  des  diversos  parlies  ,  mais  il  a  fallu  re- 
venir  sur  nos  opinions  au  sujet  dc  quelques  organes,  et  malgre 
tous  nos  efforts  nous  n'avons  pu  arriver  a  la  certitude  .sur  fous 
les  points. 


Zoologie.  119 

Nous  commencons  naturelleinent  p:ir  Ics  orgaiias  les  mieux 
develojjps'sdans  les  animaux  inferieiirs  relatlvemenl  auxaulres, 
en  sorte  qn'ilfaut  s'etonner  de  ce  que  Tilesius  ne  les  ait  pas  yus. 
Orgnne  etc  propagation.  Les  anteniies  de  Laraark  et  les  ou- 
vcrtures  brancliiales  de  Tilesius, c'est-a-dire  les  organes  ducote 
ventral  qui  s'attachent  a  tout,  et,  lorsqu'elles  sent  separees,  se 
pioient  et  s'etenJent  dans  toutes  les  directions,  ne  sont,  suivant 
notre  maniere  de  voir,  autre  chose  que  des  conduits  d'oeut's  : 
c'cst  ce  que  Cuvier  avait  deja  conjecture,  tulles  sont ,  chez  les 
Physalies,  ce  que  les  prolongeraens  du  cote  ven'ral  sont  chez  les 
Porpites  et  les  Velelles,  avec  la  difference  que  les  oeufs,  au  lieu 
d'y  tenir  on  dehors,  sont  attaches  dans  I'interieur  a  des  eleva- 
tions rondes.  A  I'epoque  de  la  maturite,  les  oeufs  se  detachent 
surement  de  ces  elevations,  et  sont  pousses  hors  do  rextremit^* 
libre  du  conduit  par  la  contraction  des  faisceaux  uiusculaire*  , 
longs  et  ronds;-en  sorle  <jue  l'orilice,qui  servait  auparavant  pom 
pomper  I'air  et  s'altaclier  aux  ol^jets ,  sertalors  pour  laisser  pas- 
ser les  oeufs.  Des  que  ceux-ci  sont  tres-developpes  ,  ils  se  laissent 
aisement  presser  par  I'ouvcrture,  dont  on  n'apcrcoit  rien  tant 
qu'ilssont  encore  peu  duveloppcs.  Les  conduits  d'oeufs  de  la  par- 
tie  posterioine  de  la  vessie  ,  qui  sont  tout-a-fait  siipares  des  gran- 
des  honppes  de  celte  vessie  du  cote  du  ventre,  ne  different  pas 
essenliellenient  de  cel!es-ci. 

Enire  les  conduits  d'ajufs  nous  trouvaines  des  houppes  de  di- 
verses  grandeurs ,  cjui  sont  ires-diffieiles  a  decrire ,  niais  qui  dans 
la  suite  seront  mieux  corinucs  par  nos  dessins.  Qu'on  se  figure 
un  canal  principal,  tenant  par  un  bout  a  la  vessie  d'air,  tandis 
quel'autre  se  joint  a  un  conduit  d'oeufs.  Dans  ce  canal  debou- 
client  beaucoup  d'aulrcs  c:anaux  distribues  dn  diverses  nianieres, 
el  aboiilissaiit  enfin  a  un  saciiet  dont  la  grandeur  varie.  Ces  sa- 
chets, qui  d'abord  sont  loul  a-fait  ronds,  prennent  ensuite  une 
forme  ovale,  et  font,  pour  ainsi  dire,  la  Irausltion  a  la  forme 
des  conduits  d'oeufs  encore  fcrnies  :  c'est  cc  qui  nous  a  suggere 
la  conjecture  que,  quelquefois,  ce  canal  n'est  autre  chose  qu'un 
conduit  (i'ceufs  prolongc,  el  que  K-s  vesicuh's  ne  sont  (]ue  de 
pelits  conduits  d'oeufs  issus  des  grands.  .Si  cetle  conjectirc  u'e- 
lait  pas  foiidee,'  la  deslinati-ju  de  ces  organes  rcsterjit  enti^re- 
raentignorec.  Mais  co  qui  nous  aconllrmes  dan:,  notre  conjecture, 
re  sout  des  conduits  d'oeufs  a  la  base  des<jiiels  se  nioatrait  uu 
pc'.ii  noiiihre  dc  vciicules  si  etroitcmenl  joinles  a  rcux-ti  <(U  o(i 


1 30  Zoo/ogir. 

ne  pouvait  apercovoir  nucun  passage  de  communic;ition,  landis 
que  dans  d'autres  individus,  la  forme  du  conduit  d'anifs  se  distin- 
guait  Lien  micux. 

Organes  de  nutrition.  A  IV-gard  de  ces  organes,  il  nous  est 
reste  beaucoup  de  doulcs;  il  faudra  que  des  recherches  ultcrieu- 
res  nous  prouvent  jusqu'a  quel  point  nous  avons  reiissi,  en  ge- 
neral, a  les  decouvrir.  Nous  regardons  avec  Tlleslus  les  Physa- 
lies  comme  des  polystomes,  sans  que  nous  soyons  d'accord  avec 
lui  sur  ce  qu'il  prend  pour  des  ouvertures  de  bouclie. 

A  la  jointure  de  ch.icnn  des  beaux  et  longs  cordons  appelds 
ordinalrcment  bras,  et  qui  possedent  la  propricte  d'exercer  un 
effet  caustique  sur  la  pean  ,  se  trouve  une  vessie  cornee  qui  dif- 
fere  beaucoup  de  tous  les  autres  organes.  A  la  pointe  de  celte 
corne  nous  crumcs  avoir  decouvert  I'ouverture  de  la  bouclie; 
du  ni<Tins,  dansl'etat  frais  ,  nous  pouvions  aisement  exprimer  la 
matiere  glaireuse  dont  elle  est  toujours  rempiie,  tandisque  cela 
ne  reussissait  plus  pour  les  individus  qui  avaient  ete  pendant 
qnelque  temps  dans  IVsprit-de-vin.  Voici  les  raisons  qui  nous 
determinerent  a  regnrdcr  cette  corne  coniine  ctant  I'organe 
de  la  nutrition  :  i°.  elle  est  toujours  joinic  a  un  bras  par  lequel 
la  proie  ])eut  t-tre  prirw'-c  a  I'ouverfnre  dc  la  bouche.  2".  Nous 
aTons  trouve  toujours  dans  ces  ouvertures  de  la  glaire,  et  dans 
cette  glaire  il  y  avail  souvent  beaucoup  de  vers  intcstinaux  vi- 
vans  [distomesy,  il  est  vrai  qu'une  fois  nous  en  avons  trouve 
aussi  dans  un  conduit  d'oeufs.  3°.  L'ouverture  qui  se  trouve  a 
I'extremit^.  4"'  Le  grand  nombre  de  vaisseaux  que  nous  avons 
remarques  aux  parois  de  cet  organe,  oil  probabjement  ils  sont 
plus  developpes  que  dans  les  autres  parlies  de  I'animal;  parlies 
qui,  dans  cette  supposition  ,  ne  pourraicnt  rcccvnir  que  des  ra- 
mifications de  ces  vaisseaux,  si  toutefois  dies  rcroivent  du  chyle 
nutritif. 

La  grandeur  de  ces  corncs  est  toujours  en  rapport  avec  ccllc 
du  bras  ;  aussi  Tunc  des  cornes  ,  qui  est  d'une  grandeur  reniar- 
quablc,  tient  a  un  bras  qui  surpasse  egalement  les  autres  en 
grandeur,  etqu'on  appellecommunement  le  c/rft/e  de  I'ancre.  En 
fendant  cette  corne,  on  apcrcoit,  presqu'a  I'endroit  oil  elle  se 
joint  a  la  vessie  d'air,  deux  petites  ouvertures  rondes,  dont  I'une 
conduit  dans  la  cavite  du  bras,  et  I'aulre  dans  un  can;.l  court  rpii 
se  prolonge  a  la  cavite  de  la  vt  ssie  d'air.  Ainsi,  a  ]iroprement 
parler,  le  bras  est  attaclir  a  la  base  dc  la  cortic  ,  et  ses  deux  tavi- 


Znolui^ie.  I  2r 

!es  cominuniquent  entre  elles;  I'autre  canal,  plus  court,  par  le- 
quel  la  corne  est  en  rapport  avec  la  cavite  de  la  vessle  d'air ,  re- 
coitpar  de  nombreuses  ouvertures  diverseshouppesd'ovaires  qui 
y  appartiennent. 

A  I'egard  des  brns  cl-dessus  mentionnes,  que  Ton  pcut  consi- 
dereral'instar  des  conduits  d'ceufs,  comme  des  organes  de  mou- 
vemens  spontanes,  et  qui  servent  ea  nieme  temps  a  I'animal  pour 
saisir  sa  nourriture,  ils  repondent  aux  organes  de  tact  des  Ve- 
lelles,  Porpites  et  Meduses  ,  avec  cette  seule  difference  que  dans 
ces  derniers  animaux  ils  font  le  tour  des  conduits  d'oeuls  ,  tandis 
que  dans  les  Physalies  lis  sont  disposes  irregulterement  entre  les 
ovaires,  et  tiennent  par  la  base  a  une  vessie  cornee.  Par  ce  qui 
precede  on  voit  que  ces  organes  sont  des  tuyauxcreux;  ils  sont 
enduits,  comme  tout  le  reste  de  I'animal,  d'une  peau  musculaire 
consistant  en  filamens  transversaux  et  longitudinaux,  pac^  les- 
quels  ils  acquierent  la  propriete  de  s'etendie  d'une  maniere  in- 
croyable ,  et  de  se  contracter ,  sans  que  pour  cela  un  bras  depende 
du  niouvenient  de  I'autre.  Au  dehors  de  cette  paroi  musculaire 
on  voit  des  rugosites  Iransvcrsales  qui,  sous  le  microscope  ,  se 
presentent  comme  un  amas  de  globules  glaireux.  Nous  croyons 
reconnaitre  dans  ces  amas  de  glaires,  I'organe  oii  se  fait  la  secre- 
tion de  la  matiere  caustique  si  connue  des  Physalies. 

Si  Ton  tlent  un  des  bras  centre  la  lumiere,  on  apercoit  aussi- 
tol  de  petits  polls  tres-lins  sur  les  amas  glandulaircs.  On  pent  les 
extraire,  et  il  nous  a  paru  qu'ils  viennent  du  durcissement  de  la 
glaire  a  I'air,  a  pea  pres  comme  les  fils  des  araignees  se  durcis- 
sent  a  I'air.  La  sensation  caustique  que  I'attouchement  des  Phy- 
salies excite  sur  la  peau  parait  etre  produite  par  cette  gl.iire 
meme. 

Dans  toutes  les  Physalies  on  rcniarquc  phisieurs  bras;  il  y  en  a 
de  Irois  couleurs  diflcrcntos  ,  savoir,  des  blcus  ,  des  violets  et  des 
rouges  :  ceux  de  la  derniere  coulein-  sont  les  i)lus  petits,  el  Ic.^ 
bleus  sont  les  plus  grands;  tons  sont  loiiiics  de  nirme,  et  il  n'v  a 
de  difference  que  pour  la  grandeur  et  la  couleur.  Les  bras  violet-*, 
qui  sont  plus  grands  que  les  rouges  ,  paraissent  indiquer  la  tran- 
sition du  rouge  au  bleu.  Ainsi  done  ,  il  y  a  des  bras  grands  et 
petits  :  nous  elions  fondes  a  su])poser  qu'il  y  en  avait  de  plus  on 
moins  vieux  ;un  examcn  plus  attentif  nous  a  j)rouve  que  noiibno 
nous  trom])ionspas;  nouseu  avons  trouvc  cu  effet  de  si  petits,  dc 
sipeu  developpcs ,  cju'ila  falln  nous  tonvaincrcpar  le  inicro;copo 


122  Zoologie. 

de  ce  que  jeur  organisation  s'accordait  reellement  avcc  celio  dcs 
bras  plus  grands,  et  comme  nous  vimes  un  de  ces  petits  bras 
sortir  de  la  based'unc  houppe  do  conduits  d'oeuls,  nous  presuma- 
mes  qu'ils  pouvairnt  fjcniifr  ilans  les  aiitres  ramific^jtions  a  Tin- 
star  des  conduits  d'a-ufs.  II  y  a  toujours  a  leur  b.isc  une  vessie 
cornue  :  voila  aussi  pourquoi  nousrcgardons  lesPhysalics  commc 
polystomes.  Ce  qui  vient  a  I'appui  de  notre  conjecture,  c'cst 
qu'ayant  examine  deux  Physalies  qui  n'ctaient  pas  plus  gros 
qu'un  pois ,  nous  n'y  avons  encore  apercu  qu'un  seul  bras ;  c'etait 
le  principal,  ou  le  cable  d'ancre  dont  il  a  ete  parle  plus  haut. 
Les  Physalies  paraissent  done  se  propager  de  deux  manlcres,  d'a- 
bord  par  ccufs,  etpuis  par  rejeioiis. 

Terminons  par  quelques  mofs  sur  I'organe  qui  met  I'animal  a 
meuie  de  nagcr  a  la  sTiil'iice  de  rOcvaii.  Ce  que  sa  vessie  d'air  of- 
frc  de  dilTcrent  d'avec  les  organis  d'aniinaux  semblablcs  n'est 
qu'une  apparencc  :  eueifet,  cetfe  vessie  est  une  ressemblance  de 
plus  que  les  Physalies  ont  avec  les  Porpitcs  et  les  Velelles;  aussi, 
dans  CCS  dernlers  aniraaux,  le  cartilage  consiste  en  tuyaux  hori- 
zontaux  places  tout  pres  I'un  de  I'aulre,  etqui  sont  remplis  d'air. 
Mais  d'oii  I'air  arrive-t-il  dans  rr-lte  vessie  ?  A  I'exfremite  de  la 
partie  antcrieure,  Tilcsius  vit  \v.\*i  uuverture;  et,  a  cettc  ])arlie  , 
nous  aussi,  nous  avons  fait  sortir  une  t'ois  de  la  glaire  et  de  I'air 
par  une  pclite  ouverlure.  Snr  un  iiidlvidu  conserve  dans  de  I'es- 
prit-de-vin  ,  nous  ne  pi'imes  introduire  de  i'air  dans  la  vessie 
qu'en  enfoncani  le  jielit  lube  en! re  les  pcaux  muscnlaires  inte- 
neure  et  ext('rieuie  :  nous  n'y  parvenions  point  lorsque  nous 
voulions  introduire  I'air  j)ar  la  peau  exterieure  seuieuicnt.  11 
reste  done  toujours  encore  dcs  (ioutes.  jNous  regardons  comme 
vraiseniblablc  que  I'air  est  introduit  par  cellc  ouverture  exte- 
rieure, et  comme  nous  n'en  avons  pas  rcinarqued'autre,  il  est 
possible  que  I'evacuation  se  fasse  par  la  meme  voie;  mais  com- 
ment I'animal,  lorsqu'il  a  plongc,  s'y  prmd-il  j)our'  remonlcr  a 
la  surface  ? 

Nous  souraimcs  cet  air  a  une  analyse  chimiquc,  a  I'aidu  d'un 
cudiometre;  cepcndant,  comme  de  jiarcillescxpeiieucos  sont  dif- 
ficiles  a  exc'culcr  dans  un  valsscau  foriement  agile,  nous  atta- 
chons  nous-menies  pen  d'imjjoitance  au  rcsultat  qui  no  nous 
donne  qu'une  diflcrence  tres-insignifiante  aveo  I'air  environiiaiU. 
Ce  point  merite  sans  doute  nn  exauien  plus  rigoureux.Ku  OHlbn- 
<jant  la  vessie  d'air  dans  I'cau ,  et  en  la  jiressant ,  nous  vlnM>^  Vrv 


Zooiogie.  125 

jH'fliier  (lansies  vessics  coruues,  et  inernedans  uii  conduit  d'oeufs; 
il  semblc  done  que  toufes  les  parois  ainsi  que  Irs  divcrses  cavites 
de  J'animjil  sont  en  communication.  La  pean  interieure  ne  parait 
etre  liee  que  tres-faiblement  avcc  celle  du  dehors,  ou  la  peau 
musculaire,  puisque  par  le  souffle  scul  nous  piuncs  Ics  separer. 

\  oila  Its  fruits  d<^  lios  recherclies.  Pour  ttre  plus  brpf ,  j'aira- 
rement  cite  d'aulrt's  nutcurs,  t;int  pour  ce  que  leurs  observations 
ont  d'analogue  a vec les  uolres  que  pour  cequ'elles  on t  de  conlraire. 

Calavia,  le  i'''^.  fevrier  1822. 

9^.  Extr.vitd'un  travail  deSI.  IjAMOtiroux,  intitule :7///ro^/«t- 
/ion  a  I'hisioire  dcs  Zvojj/ij  tcs  et  (inimaux  rayonncs,  hi  le  7  juin 
1824,  i  la  Sociclii  Linneenne  du  Calvados,  travail  destine 
pour  TEncyclopedie  metbodiquc. 

L'auteur,apres  avoir  passe  rapidensent  en  revue  Ics  ouvrages 
dcs  natnralistes  qui  se  sont  occupcs  de  cctte  iclasfse  d'elrts,  apres 
avoir  analyse  les  Iravaux  dc  Bruguiere,  dc  MAI.  de  Lamark 
et  (Aivier  siir  les  zoophytes,  a  paih;  de  leur  classilication.  II  a 
d'abord  indique  une  nouvelle  distribution  du  regne  animal  en 
deux  grands  embranchemens,  celle  des  animaux  symetriques  et 
celle  dcs  animnu.Y  asymetriques  :  le  premier  renferme  les  mam- 
mlferes  ,  les  oiseaux,  les  reptiles,  les  poissons  a  squeleite  inter- 
ne, les  t,-rustaccs,  les  arachnidcs  et  les  insectes  a  squelette  externe  ; 
ie  deuxieiue  comprend  les  annelides,  les  cin-hipedes,  les  mol- 
Insques,  les  polypes  a  polyjiiers,  les  echinodermes,  les  acale- 
pbes,  les  ])olypes  nus  et  les  infusoiros.  Les  vers  intcstinaux  se 
partageiit  dans   plusicurs  classes  dc  ce  dernier  <'inbranclienient. 

('cite  distribution  est  conuue  depuis  plus  de  six  ans  de  la 
plup:irt  dcs  meuibres  residens  de  la  Societe  qui  ont  sisivi  les  le- 
cons  de  M.  Lamonroux ,  a  la  faculte  des  sciences  de  Ca^n ;  ils 
ont  entendu  plusieurs  fois  ce  professeiir  developper  les  caracte- 
res  de  ces  deux  grandes  divisions  du  regno  animal.  Neanmoins 
il  a  suivi ,  dans  son  ouvrage,  la  classification  de  M.  Cuvier  com- 
me  la  plus  generalemcnt  ado|)tce. 

M.  Cuvier  a  divise  ses  zoophytes  en  cinq  classes  :  Ics  echino- 
dermes, les  vers  intcstinaux,  les  acalcphes,  les  polypes  et  les 
inf'nsoires.  M.  Lamouroux  ,  apres  a; oir  donnc  leurs  j)rincipaux, 
caracteres,  aprcs  avoir  parlo  d'une  inaulore  generaie  de  leuv 
lorinc,  de  leur  organisation,  de  leur  reproduction,  a  traile  spe- 
cialcmrnt  dc  Icuf;  habitations;  et,  dtnionlranl  que  tons  les  ani- 


^  24  Zoologie. 

xuruix  rayotines  vivcfil  dans  I'eau  ou   dans  iiii  milieu  huiuide,  i! 
a  cluTche  a  prouver  qu'il  en  etait  de  meme  des  aulres  animaux 
lion  synictriqucs.  Ainsi,  d'apres  M.  Lamouroux ,  tous  les  ani- 
maux de  la  premiere  division  ont  des  organes  pour  la  respira- 
tion ou  la  decomposition  dc  I'air  :  ce  fluide  gazeux  osl  indisjieii- 
sable  a  leur  existence,  ils  pcrissent  dans  un  temps  plus  ou  moins 
court,  toutes  les  fois  qu'ils  en  sont  prives,  tandis   que  les  ani- 
maux de  la  seconde  division  ,  au  contraire,  les  asymetriques,  non- 
seulement  n'ont  pas  besoin    de  respirer    I'air  pour  subsister, 
mais  encore  souffrent  de  Taction  de  ce  fluide  et  manquent  pres- 
que  tous    d'organes  propres  a  son  absorption.  Cest  I'eau  qui 
leur  est  indispensable;  ils  ne  peuvent  s'en  passer.  Enfin  I'aniinal 
symctrique  habitant  de  Toau,  quoique  organise  pour  vivre  dans 
cet  element,  est  force  de  s'arrcter  a  une  certaine  distance  de  la 
iurface  des  mers ;  le  poids  enorme  de  la  colonne  aqueuse,  la 
privation  de  I'air,  I'absence  de  la  lumiere  ne  lui  permettent  pas 
de  penetrerjtisqu'a  ces  profondeurs  inexplorees  ,  sejour  reserve 
aux  mollusques  et  aux  polypiers.  De  ineme  que  M.  Lamouroux  a 
propose   dans  sa  geogr.iphie  physique  de  diviser  les  plantes  en 
geophyteset  en  hydrophytes,  il  aurait  etc  plus  exact  de  dire  en 
aerophytcs,  de  meme  il  propose  maintenant  de  diviser  les  ani- 
maux en  aerozons  et  hydrozoons;  denominations  peu  harnio- 
nieuses,  il  est  vrai ,  mais  qui  expriment  parfailement  son  idee. 

Ce  naturaliste  traite  ensuite  du  nombre  de  zoophytes  conside- 
res  comme  individus,  comme  especes  et  comme  genres  :  il  croit 
que  dans  cette  classe  la  quantite  d'individus  est  superieurc  a 
celle  de  tous  les  autres  animaux.  II  pcnse  qu'il  y  a  tout  au  plus 
6000  especes  de  decrites  dans  les  auteurs  et  2000  environ  d'ine- 
dites  dans  les  collections,  mais  que  ce  nombre  n'est  qu'une  frac- 
tion dece  qui  doit  exister  dans  la  nature.  Les  genres,  au  nombre 
de  60  ,  dans  Ic  Sjstcina  natiira;  de  Gmelin,  de  160  dans  I'His- 
toire  (les  animaux  sans  veitebrcs ,  de  M.  de  Lamark',  est  main- 
tenant  de  plus  de  200 ,  et  s'accroitra  encore  lorsquc  ces  ani- 
maux scront  mieux  connus.  Enfin  M.  Lamouroux  termine  son 
introduction  par  un  tableau  des  difficultes  nombreuses  que  pre- 
seutent  I'etude  et  la  conservation  des  zoophytes.  D.  C. 


Meldnses. 


MELANGFS. 

93.  I.KTiRE  EcniTE  PAR  M.  Lesson  ,  pharmacien  lie  la  marine, 
naturnliste  de  I'expeditioii  autour  du  iiionde ,  commandee 
par  M.  Dnperrey,  a  M.  de  Ferussac.  Amboine  (Moluques), 
10  oct.  1823. 

Je  saibis  avecempressement  I'occasion  de  vous  donner  qiiclques 
nouvelles  sur  les  travaux  dont  je  suis  charge  dans  I'cxpedition 
aiitour  du  luonde  de  ia  corvette  la  Coquille.  Je  le  fais  avec  d'aii- 
tant  plus  de  plaisir,  qu'aujonrd'hui  j'ai  la  certitude  de  pouvoir 
remplir  complctement  nies  promesses  envers  vous,  en  vous  of- 
f'rant  une  nombreuse  et  belle  suite  de  coquilles  terrestres  et 
fluviatites.  A  Sainte-Catherine  (Brcsil),  je  n'ai  trouve  que  trois 
especes;  aux  Malouines  ,  aucune;  au  Chili ,  j'ai  vu  et  dessine  la 
belle  Helix  serpentina  de  Molina  ,  et  une  coquille  abondante 
dans  les  eaux  froides  de  Penco;  au  Perou  ,  j'ai  trouve  quclques 
LiniaceSjUn  Bulime,  unPlanorbe,  elc.  Payta,  pres  du  Mexique, 
ne  m'a  absolument  rien  oflert.  A  Taiti ,  j'ai  recueilli  un  petit 
Bulime  et  une  Parraacelle,  de  merae  qu'a  Bovabova.  Enfin,  j'ai 
observe  un  grand  nonibre  de  Scarabes  et  des  Helix  magnifiques, 
dont  j'ai  une  belle  suite  a  la  Nouvelle-Irlande ,  a  Waigion,  a 
Bouron  et  a  Amboine.  11  est  de  ces  coquilles  dont  j'ai  recueilli 
des  centaines  d'echantillons.  Je  porte  a  80  le  nombre  des  especes 
que  je  posscde  ,  etj'en  ai  de  magnifiques  individus. 

D'ici ,  nous  devons  visiter  Timor  et  la  Nouvelle-Hollande,  ou 
je  pourrai  augmenter  singuliercment  mes  collections,  riches  sur- 
tout  en  poissons ,  en  reptiles  et  coquilles  marines.  J'ai  pu  exc- 
culer  200  dessins  colories  d'animaux  marins  nious,  tels  que 
Salpa,  Meduses,  Ascidies,  etc.;  poissons  ,  plantes  ,  etc.  La  mine- 
raiogie  enfin  m'a  toujours  occupu  sous  le  rapport  geologique  , 
et  nies  notes  a  ce  sujet,  ainsi  que  mes  collections,  pourrontof- 
frir  peut-ttre  quelque  interet.  Puisse-je  obtenir  I'asscntinient 
des  personnes  qui  avancent  la  science,  et  les  penibles  desagrc- 
mens  des  vovages  de  la  nature  des  nofrcs  seront  oublies. 

Je  suis,  etc. 

96.  La  Bihliotheque  physico-economique ,  instructive  et  amu- 
s-ante ,  dont  M.  Arsene  Thicbaut  de  Berneaud  est  le  r^dac- 
teur  ,  s'exprime  dc  la  nianicre  suivante  dans  le  numcro  du  iS 


1 5t6  Melanges. 

mars  dernier,  cnannoncant  les  j4niinlcs  de  In  Socicte  linneenne  , 
dont  M.  Tliicbaul  est  le  secretaire  perpetuel....  Jinsi  les  viies 
intrigues  et  les  odieu.r  mensonges  de  quelqucs  membres  qu'une 
retraite  scandalcusc  a  pour  jamais  bannisdusein  de  la  Socicte  Lin- 
neenne ,  dorinent  la  mesure  de  leur  probite  scicntijique ,  et  prou- 
vcnt  que  si  Vliomme  est ,  comme  on  le  dit  cominunement  ^  le  plus 
hel  outrage  de  la  creation,  il  en  est  aussi  la  honte  lorsque  la 
basse  jalousie  et  surtout  la  nicchancetc  luifont  cominettre  des 
cxces,  et  le  poussent  e'l  caloinnier.  La  SocieLe  Linneenne  a  triorn- 
phe  de  scs  enneniis ,  ellc  ne  per ira  plus  ,  ses  membres  fideies 
sont  unis ,  etc.  —  Dans  le  meine  numcro,  au  sujet  d'une  vie  de 
Linnc,  M.  TLicbaut  de  Jierneaudparle  des  caloinnies  que  repan- 
dent  quelques  faciieux,  bannis  pour  jamais  du  sein  de  cette 
noble  et  paisible  compagnie  qu'ils  dcshonoiaient  par  leur  pre- 
sence. 

Conune  on  lie  saurait  trop  tot  faire  conn;iilre  ces  tils  intri- 
gans,  ces  odieu.v  mcnteurs ,  ces  faciieux  qui  dcslionoraient  la 
Socielo  Linneenne,  nous  nous  serions  hales  de  les  signaler  au 
public,  si  ces  denoncialions  n'cussent  etc  publiees  en  quelque 
sorte  incognito.  Affliges  cepcndant  Cju'nne  inconsequence,  qui 
tient  de  la  lobe,  ait  pu  porler  M.  Tbiebaut  de  Berneaud  a  rom- 
pre  uii  silence  que,  pour  I'bonneur  seul  de  la  science,  ze?,  factie.ux 
s'ctaient  fait  un  devoir  de  garder,  voici  Ic.urs  iioms  :  MM.  Des- 
marestj  B"".  dc  Ferussac,  C"'.  Dcjean,  Duvau,  Leman,  D"^.  Gasc, 
Lainonroux  ,  Gay,  Polteau,  Hazard  fils,  Warden,  Varaigne  , 
Lefebure,  Gnullier,  Bory  de  St.-Yincent,  Duclos,  Di.  Merat, 
Geoffroy  de  St.-lldairc,  Pereaudau,  Due,  Constant  Prevost , 
Manjcaii ,  cic. ,  etc.  Deja  le  28  fevrier,  M.  le  C'c.  de  Lacepede 
president,  MM.  Geolfroy  St.-Ililairc  «t  Dcsniarest ,  vice-])resi- 
dens ,  avaicnt  donne  spontanenient  leur  demission  des  fonctions 
qu'ils  rcniplissaient.  Dans  le  niois  de  mars,  apres  avoir  fait  tous 
leurs  efforts  pour  eviter  un  scandale  c|ue  des  actcs  judiciaires 
avaieiil  deja  provoquc,  les  membres  ci-dessus  designes  envoye- 
rent  leur  demission  a  M.  Berneaud,  factotum  de  la  Societc;  et 
si  les  noms  de  quelques  savans  connus  figurcnt  encore  sur  la 
liste  des  membres  non  actifs  dc  cclle  Socicte,  c'cst  grace  au 
silence  genereux  des  personnes  qu'on  vicnt  dc  nornmer. 


Melanges.  1 27 

y7.  Des  leltres  recentes  ecrites  de  Rio- Janeiro  portent  a 
croire  qu'il  y  a  beaucoup  d'inexactitudes  dans  Ic  recit  qui  a  ete 
fait  siir  le  sejour  de  M.  Bonpland  au  Paraguay,  et  que  nous 
avons  extrait  du  Moniteur. 

y8.  Note  sur  i.'Academie  imperiale  c.ssarkenne  Leopol- 
dino-Caroline  i>es  naturalistes.  Otte  academie  celebre  a  ete 
fondee  le  i'''.  Janvier  i652  a   Schweinfurth,  alors  ville  libre  de 
I'einpire  germanicpe  ,  dans  le  cerclc  do  Fninconie,  Pen  de  temps 
apres  sa  fondation  ,  I'enipereur  Leopold  le"".  I't'leva   aTi  rang  d'in- 
slltution   im]icria!e,  ce  qui   la  faisait  jouir  de  grands  privileges 
etendus  a  tout  I'empire  gernianique.  Charles  \'II   les   .-mgnienta 
encore  par  la  suite.  Celle  academie  se  compose  ,  selon   ses  sta- 
tuts ,  d'un  president  elu  a  vie,  d'un  directeur,  d'un  noi7ibre  in- 
determine  d'adjoints  (qui  ont,  pour  ainsi  dire,  les  fonciions  de 
vice-prcsidens  dans  les  differcnies  parlies  de  TAllemagne  ),  et  de 
merabres  ordinaires.  AuMeCois,  releclinn  du  president  le  faisait 
noble  de  I'empire  et  comle  palatin.  11  jouissait  de  la   facnlte  de 
pouvoif  crcer,  assiste   de   ses  arljoints,  des   docteurs  en  mcde- 
cine,  etc.    II  pnrtait  le  litre  de  conseiller  intime  de  I'empire,  et 
de  medecin  de  I'empcreur;  mais  ces  prerogatives  et  litres  sont 
tombe.s  aveclcs  institutions  de  I'empire  gernianiqne.  Cependant 
le  president  possede  encore  une  grande  latitude  dans  la  direc- 
tion   des  ftffnires  de    I'academie ,  et  ses  adjoints  le  secondent 
dans  leurs  residences  respeclives.  La  redaction  des  memoires  de 
I'academieappartenait  ci-devant  aux  fonciions  de  directeur  ;  au- 
jourd'hni  lejircsident  en  est  aussi  charge. 

Tout  medecin  ou  naturaliste  qui  s'est  distingue  dans  les 
sciences  pent  etre  nicmbre  de  I'academie  ,  s'il  possede  le  grade 
de  doctcur  en  medecine  ou  en  ])liilosophie  ,  et  ce  n'est  qu'en 
faveur  des  savans  les  jdiis  dislitigues  par  des  travaux  importans 
dans  les  sciences  ,  qui!  est  permis  de  nommer  des  membrcs  qui 
ne  jouisscnt  pas  du  grade  (le  docteur.  L'academie  n'a  que  des 
nieuibres  ordinaires.  Les  membres  doivent  envoyer  a  l'academie 
des  memoires  sur  les  sciences  niedicales,  physiques  ou  natu- 
relles.  On  jirefere  pour  ces  memoires  la  languc  latine;  mais 
chaque  meinbre  pent  aussi  se  scrvir  de  sa  langue  naturelle,  et 
on  les  fait  imprimcr  avec  soin  dans  le  recuoil  do  ^academie^ 
Ces  memoires  ne  sont  point  paves;  mais  on  en  donne  auxautcurs 
72  a  iS  exemplaires  tires  a  part ,  et  le  volume  ontier  du  rerueil 


1 28  Melanges. 

de  racademie,  qui  conlient  Ic  niemoire  imprime.  1' imprimatur 
est  prononc«5  p.ir  Ic  president  assistedcs  adjoinls  dc  s;i  residence. 
Souvent  Tacadeiiiie  consulte,  avant  I'impressioii ,  sur  dcs  ine- 
innires  speciaux  dcs  snvans  ctrangers  qui  se  sont  occupes  des 
raemes  siijets,  aiin  d'obfenir  des  observations,  des  complemens, 
des  additions  utiles,  quelle  fait  imprimer  a  la  suite  du  memMire 
qui  en  est  I'objet.  Enfin  elle  se  fait  un  devoir  d'aider  ses  niembres 
pour  leurs  recherches  et  leurs  travaux  par  tous  les  nioyens  qu'elle 
peut  mettre  en  usage. 

Ses  membres  sont  engages  a  correspondre  avec  elle  d'une  ma- 
niere  suivie,  par  des  notes  sur  les  nouvelles  dt'couvertes ,  les 
uouveauxfaitsqui  interessent  la  science,  et  qu'on  peut  lui  adn,s- 
.-er,  soit  directement,  soit  par  rintermcdiaire  des  adjoints  Ks 
plus  pres. 

D'apres  I'organisation  de  I'academie ,  et  comrae  ses  membres 
sont  fres-epars  et  cloignes  les  uns  des  autres,  elle  ne  tient  point 
de  st'.inces,  excepte  sur  des  affaires  d'administration  et  pour  les 
])rix  a  proposer;  alors  ses  seances  sont  formces  par  la  reunion 
du  president  et  de  ses  adjoints.  Toutes  les  autres  affaires  sont 
Iraiteos  par  ecrit.  Le  president  peut  dcmeurcr  partout ,  cu 
sorte  <|ue  Tacadeinie  n'a  point  de  residence  fixe.  Dans  les  der- 
niers  temps,  la  generosite  du  gouvernement  prussien  a  assure  a 
raeademie ,  pour  la  durec  de  sa  residence  dans  les  provinces  du 
royaunie  ,  une  somme  considerable  et  annuelle;  ce  qui  a  beau- 
coup  Oonlribue  a  regenereret  a  consolider  cette  ancienne  institu- 
tion ,  dont  les  revenus  ordinaires  sont  tres-modiques,  et  perdent 
encore  beaucoup  par  le  cours  des  papiers  et  de  I'argent.  Tous  les 
ans  elle  public  un  volume  ou  un  demi-volume  de  Mcinoircs 
remplis  de  fails  precieux  pour  les  sciences ,  accompagnes  de  plan- 
dies  tres-bien  executees. 

99.   EXTRAIT    d'uNK.    LKTTRE   HE    M.    LESfElTR  A    M.    DE  FeRUSSAC. 

Philadelpliic,  le  26  mai  1824. 
Nous  avons  dans  ce  moment  a  Philadelphie  M.  Audubon  qui  , 
depuis  25  ans,  s'occupe  de  la  collection  des  oiseaux  de  I'Anieri- 
que  du  ]Nord  :  il  a  reuni  environ  400  dessins  d'especes  represen- 
tees dans  leur  attitude  ordinaire.  II  en  a  environ  83  especes  nou- 
velles ;  tous  sont  peints  d'apres  nature  et  de  grandeur  nalurelle  , 
])arfaitement  executes. 

PARIS.  —  I.MI'RI.AIKRIE  I)K  FAIN,  RUE  RACINE,  IS".  /, , 
pi.AOF.  nE  l'odeon. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


CEOLOGIE. 

loo.  An    abstract  or    a  new  theory  of  the  formation  of 
THE  earth.  Extrait  d'une  nouvelle  theorie  de  la  formation 
de  la  teiTe;parIra  Hill.  Ouvrage  de  211  p.  Ballimore;  1823. 
(  The  North  Ainer.  Review  ,  avril  i824)  P-  2G6.) 
Le  redacteur  passe  en  reviielesideesgeogeniques  des  ancienset 
desmodernes,  et  expose  a  la  finlesideesde  ce  nouveau  theoriste. 
C'est  un  volcaniste  qui  accorde  ccpendant  beaucoup  d'effets  a 
I'eau.  Au  cominenccmenl  le  feu  a  ete  latent  et  sans  chaleur;  le 
frottcmcMt  des  particules  de  la  maticre  a  devcioppe  ensuite  la 
chaleur,  et  cat  effct  a  done  etc  proportiocnel  a  la  force  de  la 
cause  qui  le  produlsit.  Les  cleniens  chaotiques  se  sont  arranges 
de  telle  manicie  que  des  masses  ignees  ont  cte  obligees  de  pro- 
dulre  de  terriblcs  explosions  pour  se  faire  jour.  Des  montagnes 
ont  ete  ainsi  elevees,  des  cavernes  immenses  ont  ete  formees,  et 
le  continent  a  enfin  pris  naissance.  Une  serie  de  trcmblemens  de 
terre  a  produit  les  iles,  les  mers,  les  lacs,  les  rivieres  et  les  val- 
lees. Les  Andes, les  i\IonlagriesR.oclieuseset  les  Alleghanys  ont  etc 
soulevees  lors  du  deluge  general,  et  les  eaux  dc  i'Ocean  ont  ete 
poussiies  par  cette  explosion  sur  rhemisphere  oriental  et  en  ont 
noye  les  liabitans ,  comnie  le  dit  I'Ecriture  Sainte.  La    partie 
N.-E.  de  I'Amerique  a  une  originc  beaucoup  jjIus  recente.  Les 
pays  du  Groenland  et  du  Labrador  furcnt  soulevcs  ensemble  ;ce 
qui  produisit  un  courant  du  N.-E.  au  S.-O.,  quiexcava  la  baie  de 
Funday  ,et  passa  sur  les  etats  de  la  NouvcUe-Anglelerre.  Long- 
Island  fut  produit  par  la  jonction  de  ce  courant  avec  I'Ocean. 
L'auteur  expose  ensuite  une  succession  dc  mareesct  leurs  elTcts, 
et ,  dedaignant  les  theories  dc  Newton  et  de  Laplace ,  il  attribue 
les  marecs  aux  rayons  du  solcil  passant  a  travcrs  I'air.    A.  B. 
B.  Tome  HI.  9 


1 3o  Geologic. 

loi.  Cf.schichte  per  X'rwki.t.  Histoin;  du  monde  primilifj 
esquiss^e  par  J.  F.  KuCcErx ,  architccte  provincial  rt  inspec- 
teurdes  domaines.  F'^.part. ,  i822,in-8.  de  428  p.;  II'-.  part., 
1823,  iii-8.  de  966  p.  Quedlinbourg  et  Leipzig;  Gotlfried 
Basse. 

Le  premier  volume  est  consacre  a  la  description  de  la  tcrre 
et  de  sa  croute  exterieure,  et  le  second  a  celle  des  diffdrens  fos- 
siles  decouverts  jusqu'ici.  Dans  la  premiere  partie,  I'auteur  con- 
sidere  IVspace  planetaire  ,  la  vie  en  general  etlavie  dans  I'espace, 
qui  est  la  soui'ce  de  toute  vie ,  et  il  passe  de  la  aux  etoiles  fixes  , 
aux  planctes  ct  aux  cometes.  La  seconde  partie  renferme  les  dif- 
ferentcs  liypotheses  sur  la  formation  du  globe  terrestre.  L'agglo- 
nieralion  de  matieres  anciennes  a  donne  naissance  aux  planctes. 
Ces  materiaux  ont  etc  crees  par  une  force  eternelle,  telle  etait 
I'opiniou  des  Grccs,  des  Plienicieus,  etc.;  ou  ils  ont  ete  arran- 
ges par  une  puissance  divine,  comme  I'ont  pense  Pythagore , 
Platoa ,  etc.;  ou  bien  ils  se  sont  coordonnes  d'apres  des  lois  phy- 
siques. Sous  ce  dernier  point  de  vue,  les  uns  font  sortir  la  terre 
d'un  chaos,  comme  Ic  croyaicnt  Straton,  Descartes^  etc. ;  les  au- 
tres  ne  voient  dans  la  terre  qu'un  depot  aqueux  ,  ainsi  I'ont 
soupconne  Thales ,  Burnett ,  Dcluc  ,  etc. ;  une  troisiemc  classe  de 
phllosopl)es,  comme  Archelaiis  ,  Franklin,  Laplace,  ont  juge 
que  la  terre  n'elait  qu'unc  condensation  de  gaz  ;  tandis  que  Hc- 
raclile  et  Breislak  n'y  voient  qu'un  globe  de  feu,  et  Ilerschcl  ct 
Oken,  qu'un  produil  de  la  lumiere  et  de  I'etiier.  Quelques  savans 
ont  aussi  eniis  I'opinion  que  la  terre  n'ttait  qu'un  amas  de  corps 
planclaires  plus  antiens,  ou  quelle  a  cte  un  soleil  ou  une  co- 
mete.  L'auleur  croit  que  la  terre  s'est  insensibleraent  developpec 
comme  une  plante,  et  qu'elle  s'est  accrue  de  parties  tirees  de 
I'espace.  On  a  beaucoup  discute  sur  I'mterieur  de  notrc  j)lanete; 
les  uns  y  ont  vu  un  vide ,  les  autres  des  masses  plus  ou  nioiiis 
compattes.  L'auteur  esliine  la  pesaiitcur  specifique  moycniie  de  la 
teire  entre  !\,\?>  et  /|,7,  et  cherclie  ensuite  a  prouvcr  la  grande 
probabllile  qii"il  y  a  des  etres  orgaiiiqucs  dans  I'interieur  du 
globe.  Un  chapitre  est  consacre  a  la  maniere  dont  la  terre  s'est 
formee  par  des  forces  planelaires  :  I'aulear  trouve  qu'elle  a  em- 
ploye pour  son  doveloppeinent,  d'un  cote,  le  fluide  (ilectrique  et 
la  luuiiexc  de  I'espace;  et  de  I'autre,  le  calorique  et  des  gaz.  I, a 
troisieme  partie  conlient  I'examen  de  la  croiile  terrestre;  cllc  a 
etc  foru.t'e  par  le  feu  souterrain,  suivant  Hoy,  IMoro,  etc. ;  ou 


Geologie.  1 5  j 

{jar  Fcau;  011  bien   par  la  chule  de  masses  planctaires,  suivant 
Gelpke.  L'auteur  pcnse  que  si  I'eau  de  la  mer  a  forme  et  fpnne 
la  croute  tout-a-f'alt   superieure  ou  Ics  roclies  secondaires,  its 
forces  planetaires  de  rinterieur  de  la  terre  ont  accra  tt  accrois- 
senl  la  partie  inferieure  de  cette  croute,  de  mcme  que  les  forces 
vltales  d'un  arbre  augmentent  son  ecorce.  Dans  un  long  chapi- 
tre,  l'auteur  pnsse  en  revue  les  differentes  formations,  en  com- 
mcncant  par  les  roches  primitives,   qu'il   di\i.e  en  roches  a  3 
elemcns   et  a  moins  de  3  elemens.  L'arrangemeiit   que  l'auteur 
adopte  est   bien  en    arriere  des  connaissances   geolo"-iqnes  ac- 
tuelles;  ainsi  la  Sienlte  et  lePorphyre  figurent  encore  parmi  hs 
roches  primitives.   Dans  sa   serie  des  roches  secondaires,  le  cal- 
caire  jurassique  se  trouve  place  avant  le  gres  bigarre ;  et  le  mus- 
chelkalk  et  le   quadersandstcin   prccederaient,  suivant    lui     la 
craie.  Les  alluvions  contiennent  des  lignites,  etc.  Ses  divisions 
sont,  1°.  le  calcaire  alpin  et  le  gres  rouge;  2°.  le  calcaire  jurassi- 
que et  le  gres  bigarre;  3°.  le  muschelkalk  et  le  quadersandstcin; 
4°.  les  terrains  secondaires  les  plus  recens  ou  tcrtiaires;  5°,  les 
alluvions.  II  distingue  dans  cliacune  de  ces  divisions  des  series 
calcaire,  siliceuse    et  argileuse.   Dans   les  terrains   d'alluvion   11 
croit  apercevoir  d'abord  une  epoque  de  repos  qui  aurait  suivi 
la  formation  des  depots  lertiaires ,  et  aurait  perniis  que  la  terre 
se  couvrit  de  plantes  et  d'animaux ;  puis  une  epoque  d'inonda- 
tions,  pendant  laquelle  se  seraient  formeesles  alluvions;  et  enfin 
I'epoque    actuelle.   —   Le    second    volume    traite  des  fossiles 
L'auteur  specifie  les  terrains  oil  ces  restes  organiqucs    se    trou- 
vent  et  leur  maniere  d'etre;  puis  il  entre  en  mallerc,  en  com- 
mencant  par  les  fossiles  vcgelaux  ,  qu'il   divise   en  piantes  des 
eaux  (Algacites  et  Confervltes),  plantes  des  niarais  (  lloseaux  , 
Calamiles,  Equisetacecs,  Fougercs),  et  plantes  tcrrestres  (Mousses, 
Graminees,   flenrs,  graines ,    bois  ,   fcuiUes,  frnils  et   reslnes  1.' 
Apres  cela,  il  passe  en  revue  d'abord  les  Alcyons  ,  les  Eschares, 
les  Astroitcs,  les  Celiqiores  ,  les  Eponges,  les  Fongiies,  puis  les' 
differens  Polypiers  fossiles  et  tous  les  genres  de  JMolIusqiies;  et  il 
termine  par  un  chapltre  sur  les  differens  genres  de  poissons  fos- 
siles et  parunautre  sur  les  Reptiles,  les  Cctac«5s  et  les  Alammi- 
feres.  Oct  ouvrage  n'est  qu'une  compilation  des  incilleurs  auteurs 
lels  que  Schlotheim ,  Blainville,   Cluvier,  etc.;  c  jj^-udiint  on  y 
trouvera  des  localites  nouvelles  de  certains  fossiles;  il  est  seule- 
ment  a  regretter  que  l'auteur  ne  cite  pas  davantage  (resj)eces  dc 


,32     ^  Geologic. 

cbaque  genre.  La  troisivme  panic  tie  ce  second  Tohiine  Iraitc 
des  races  Luinaines ,  des  homines  antcdiluviens  ct  durant  le  i\(- 
luge,  des  fossiles  humains  et  des  ouvrages  d'art  qui  dalent  dc 
temps  fort  recules.  ^-  ^^• 

102.    DlSCOUHS    SUK    l'hISTOIRE    et    LES    PROGRliS    DE    LA   GtOLO- 

cie;  parM.  L.  Necrek.  [Bibl.  univ.,  juin  1824,  p.  106.  ) 
Appele  a  prononcer  un  dlscours  a  roccasioii  de  la  distribution 
des  prix  du  college  genevois,  ce  savant  professeur  rappelle  a  ses 
concitovcns  que  la  patrie  des  Saussure  et  des  Deluc  iie  doit 
pas  rester  inditferente  aux  progres  de  la  geologic.  Ij'auteur  dis- 
tingue deux  epoques  de  la  geologic  :  la  premiere  estl'epoque  des 
cosmo<^onies,  et  la  seconde  celle  de  la  veritable  science.  C'est 
Agricola  qui  a  pose  Ics  fondemens  de  la  mineralogie  et  de  I'art  des 
mines ;  mais  ce  n'est  que  dans  le  temps  de  Saussure  qu'ou  a  ap- 
plique a  la  geologic  les  principes  de  Bacon.  Un  eloge  de  son  aieul 
H.  B.  Saussure  occupe  ensuite  plusleurs  pages.  Get  illustre  sa- 
vant n'a  pas  pu  reconnailre  de  succession  reguliere  des  terrains, 
parce  qu'il  n'a  oonsulte  la  nature  que  duns  son  ouvrage  le  plus 
gigantesqne  et  le  plus  bouleverse.  Werner  s'est  trouve  place,  au 
contraire,  dans  un  pays  oii  loules  les  formations  sont  en  minia- 
ture. L'auteur  passe  ensuile  en  revue  les  savans  qui  ont  fait  faire 
a  la  "eolo"ie  les  plus  grands  pas;  il  monlrc  combien  I'liypotliese 
plutoniquc  acquiert  tous  les  jours  plus  de  probabilites,  et  rap- 
pelle la  difference  qu'il  a  toujours  mise  entre  les  roclies  de 
cristallisatlon  iguee  ct  celles  de  sediment  ou  d'origine  neptu- 
nienne.  ^-  "• 

io3.  EsQUissE  GEOCXosTiQUE  DU  Bresii,,  suivic  d'uuc  dissertation 
sur  la  gangue  originaire  du  diamant ;  par  M.  d'EscinvicE. 
Extralt  iraduit  de  rallcmand,  par  M.  Combes ,  aspirant  du 
corps  royal  des  m'lnea.  {J un.  des  mines ,  t.  8,  3''".  livrais. , 
1893,  page  /lOi.  /'.  le  tuuie  i"''''.  du  Bulletin  de  ccUe  annce, 
n°.  i3.) 

La  pliipart  des  terrains  srcondaires  ct  d'origine  volcaniqnc 
jnanquent  au  Bresii.  Les  plaincs  basses  formant  Ic  nord  du  Bre- 
sii sont  limltees  environ  par  une  lignc  allant  du  cap  Roquc  au 
confluent  du  Madeira  et  de  TAmazone.  Uneclialne  de  montagncs 
s'etcnd  du  cap  Roquc  a  Tcmbouchure  de  la  Plata.  Sa  hauteur 
moyenne  est  trois  inille  picds;  les  dimes  les  plus  elevces  out 
4,000  picds,  c'cst  la  Sena  do   Mar.  Aprcs   avoir  passe  cctte 


Geologic.  i35 

cliaine  on  arrive  an  plateau  du  Bri^sil ,  dont  la  hauteur  moyenne 
est  de  2,5oo  pieds  ;  le  plateau  so  perd  a  I'ouest  dans  des  plalnes 
vers  le  Paraguay  et  la  Madeira ,  et  il  supporte  des  cliaiacs  de  6000 
pieds  de  hauteur,  ct  qui  courent  du  nord  au  sud,  et  qui  en  se 
coupant  forment  unc  croupe  dirigee  de  Test  a  I'ouest.  Celte  der- 
niere  commence  a  la  Serra  do  Mar,  traverse  les  provinces  de 
Minas  Goyaz  etMato  Grosso ,  et  forme  la  separation  des  eaux 
qui  coulent  vers  le  nord  et  le  sud.  La  Serra  do  Manligueira  est 
la  plus  grande  de  ces  chaines  et  a  les  plus  hautes  cimes,  telies 
que  ritacolumi,  pres  Villa  Rica,  etc.  Elle  s'etend  de  la  province 
de  Rlinasaunord  dans  celles  de  Baliia  et  Fernarabouc  ,  etausud 
dans  celles  de  Rio  Grande  et  de  Saint-Paul.  A  Test  dominent  les 
formations  primitives  et  les  Sienites  ,  a  I'ouest  les  roches  schisteu- 
ses ,  le  fer  oligiste  et  les  roclies  de  transition.  La  vegi5tation  et  la 
forme  de  ces  deux  vcrsans  offrent  des  differences.  Les  cotes 
prusentent  des  alluvions  ou  des  granites  et  des  gneis ;  rarement 
on  y  voit  des  roches  secondaires,  comme  le  gres  du  cap  Frio ,  le 
calcaire  a  lignites  de  Baliia ,  le  calcalre  fetidea  poissons  de  Seara, 
et  le  gres  pres  Saint-Jono  de  Jpanema  (Saint-Paul].  La  forma- 
tion primitive  la  plus  ancienne  est  composee  de  granite,  de  gneis, 
dc  micaschisfe,  de  sienite,  et  de  trapp.  Le  granite  s'eleve  a  3,5oo 
pieds  au-dessus  de  I'ocean ,  le  gneis  et  le  micaschiste  se  monlrent 
au  jour  plus  lot  dans  les  parties  inferieures  du  plateau.  La  sienite 
est  assez  nettement  separee  de  ces  dernieres  roches.  Le  trapp 
forme  des  somniites  ou  des  filons  (contree  de  Rio).  Les  monta- 
gnes  de  gneis  sont  pyrauildales  et  alteignent  3,8oo pieds,  et  cette 
formation  ne  renferme  pas  de  minerals  a  I'cxceplion  du  fer  oxi- 
dule  ,  du  granite  de  Sorocaba,  province  de  Saint-Paul. 

La  seconde  formation  primitive  est  composee  de  quartz ,  de 
schiste  argileux ,  de  talc,  de  fer  oxide  ct  d'un  peu  de  calcaire. 
L'autcur  appcUe  itacolamite  le  melange  areniforme  du  quartz  ct 
du  talc  ou  de  la  chlorite.  Le  terrain  renferme  comme  ailleurs  de 
schistes  argileux  et  clilorileux,  de  la  pierre  ollaire  ct  des  roches 
de  quartz  et  de  fer  micace,  quelqucfois  aurifere.  II  V  a  la  mcmc 
liaison  cntre  I'itacolumite  et  cette  dernicrc  roche,  qu'entre  le 
gneis  et  la  sienite.  La  roche  de  fer  micace  et  oxidule  et  de  quartzi 
ou  Yitahirite  forme  des  sommites.  II  y  a  trcs-pcu  de  calcaire 
grenu. 

Cette  derniere  formation  constiliie  la  plus  haute  chainc  du 
Bresil.  L'itacolumitc  s'eleve  a  (ioo  pieds,  le  schiste  argileux  ct 


J  54  Geologic. 

ferruginfiix  a  5ooo,  I'ltabiiitei  5,5oo,  landis  que  les  schiste  chlo- 

riteux   ou  tglqucux,   ct   le  calcaire  ne  p.naissent  que  dans  les 

vallees. 

La  formation  intormediaire  offrelesmemes  roches  qu'ailleurs, 
a  I'exception  des  Irapps;  on  ne  la  trouve  que  dans  I'interieur  des 
terres,  au  dela  de  Serra  d'Espinhaco.  Les  scliistes  argileux  ct  siii- 
cieux  alteignent  une  h.iuteur  de  3ooo  pieds ,  et  leurs  couches 
horizontales  produisent  d'immenses  pLiteaux  (  Sertoes  de  Minas 
et  de  Goyaz).  La  grauwacke  est  plutot  dans  les  vallees,  a  environ 
1800  pieds  de  liauteur.  Le  calcaire  compacte  a  grottes  de  salpetre 
atleint  quelquefois  jusqu'a  2845  pieds.  L'auteur  parle  ensuite 
d'un  gres  ferrugineux  secondaire ,  qu'il  appelle  Topanhoacon- 
ga,  et  d'une  arglle  aurifere,  meles  de  fragmens  de  quartz  et  de 
fer  oxide.  Le  Cascalho,  ou  un  agglomerat  quartzeux  et  ferrngi- 
neux  ,  est  la  rocbe  d'alluvlon  ancienne  qui  renferme  les  diamans 
it  beaucoup  d'or. 

Dans  la  premiere  formation  primitive,  il  ya  des  couches  puis- 
santcs  de  gneis  granitoides  friables;  elles  renferment  de  la  tour- 
maline, etreposent  sur  les  granites  et  le  gneis  intacts  comme  dans 
la  province  de  Minas,  et  a  Coxoeira,  pres  de  Villa-Rica.  L'auteur 
decrit  a  part  les  roches  qu'il  croit  (  faussement )  etre  nouvelles. 
II  est  inutile  de  decrire  litacolumite,  qui  n'est  exactement  que 
les  roches  quartzeuses  et  chloriteuses  de  I'Ecosse  et  de  tant 
d'autres  heux;  le  gres  flexible  lui  apparlient.  On  y  rencontre  du 
fer  oxidulii  et  micace,  des  pyrites,  du  mica  ct  du  soufre.  Cette 
voche  est  en  couches  fort  inclinees  ,  et  forme  des  monlagnes  es- 
carpees  et  rocalUeuscs.  Elie  passe  aux  roclics  qui  lui  sonl  associees  , 
<  t  renferme  des  couches  a  tourmaline  et  une  couche  aurilerecom- 
posee  de  quartz  et  dune  pate  ampliiboliquc  mclangcc  de  for  ar- 
senical. C'est  la  le  gisement  le  plus  riche  en  or ,  de  Villa-Rica  et 
Mariana.  II  y  a  aussi  des  filons  de  quartz  aurifere  ou  de  quartz  et 
lie  disthene.  Le  schisle  ferruglneux  ou  de  quartz  et  dc  fer  micace 
est  quelquefois  aurifere  ou  melange  de  talc,  d'amphibole  et  de 
disthene;  il  repose  ordinaiicment  sur  ritacolumile.  II  y  a  une 
couche  subordiinnce  renfermant  du  fer  hydrate  brun ,  du  man- 
ganese oxide  et  de  la  scorodite  ou  baryte.  C'est  peut-ctre  le  gi- 
s>emcnt  du  diamant.  Le  schiste  argilcux  forme  les  assises  inie- 
ricures  de  la  seconde  formation  primitive.  II  est  alors  en  general 
friable  ,  rougit  par  I'oxide  de  fer  ,  ct  il  conlient  du  cobalt  oxide. 
11  passe  au  gruobtein,  qui  y  est  en  anias  de  quelques  toiscs  dc  d;a- 


Geolo.^ie.  i55 

metre.  II  est  lie  a  des  couches  talqueiises  qui  sont  qiiilfpipfois  rc'- 
iluites  a  i'etat  d'argile.  C'est  la  qu'on  rencontre  ,  au  milieu  de  la 
lithomarge,  des  nids  et  des  veiurs  de  belles  topazes,  du  crlstal 
de  roclic  ,  du  dislliene  et  du  fer  oligiste,  coinnie  outre  Villa-Rica 
et  Capao.  Ailleurs  il  y  a  des  tourmalines ,  des  pyrites  en  partie  au- 
riteres  et  du  distlienc.  L'ltabirite  repose  sur  la  roche  precedeute 
ou  sur  ritacoluniite.  II  possede  le  magnetisme  polaire ;  il  est  com- 
pacte  ou  grenu  schisleux;  il  est  sli'atlfie,  il  forme  des  roclies  in- 
formes,  bizarres  comme  le  pic  d'ltabira  ,  haut  de  4f^9^  j)ieds  ,  et 
la  Serra  da  Piedade  ,  pres  de   Sabora  (  prov,  de  Minas) ,  qui  a 
5460  pieds  de   haut.  L'itabirite  y  a   1000  pieds  d'epaisseur.   Le 
Toj)anlioaconga  est  compfise  de  f'rngmens  rarement  un  peu  ar- 
rondis  de  fer  niicace  et  oxidule  ,  reunis  par  un  ciment  ocreux,  el 
melanges  de  talc  queIc[uefois  de  chlorite  ou  de  morceaux  d'itaco- 
liimile.  II  renferme  des  lits  minces  de  fer  oxide  ,  rouge ,  micac^ , 
el  de  manganese  oxide,  a  nids  de  wavellite.  Ce  depot  se  trouve  dans 
Ils  vallees  et  sur  les  pentes  des  monlagnes,  d'une  \  toise  a  une  toise 
et-^  d'epaisseur,  et  git  a  I'ordinaire  sur  le  s,chiste  ferrugineux  ou 
argileux.  La  Serra  do  Topanhoaconga,  pres  Cougonhas  do  Cam- 
po  (  pn)V.  de  Blinas  ),  s'eleve  a  /|8oo  pieds  ,  et  en  est  recouverte 
j)endanl  piusieurs  milles;  on  le  revoit  a  Villa-Rica,  et  dela  a  Serra 
do  Frio.  Le  nom  de  ce  depot  signifie  tele  de  negre  ou  raboleux. 
L'auteur  explique  la  formation  de  ce  terrain  an  moyen  d'uue  de- 
bacle tres-ancienne.  La  terre  argileuse  uuiifere  a  la  mem:'  posi- 
tion et  renferme  des  cristaux  d'or. 

Les  diamans  furent  decotiverts  au  Bresil  en  1727  ;  ce  n'e-t 
qu'cn  1777  qu'on  cominenca  a  les  exploiter  pour  le  coiiijite  du 
roi.  On  en  deeouvrit  dans  la  Serra  Saint-Antoine ,  et  dans  les 
afflueris  de  la  rive  gauche  du  Saint-Francois ,  Indaia,  Abcete , 
Sono  ,  Praia,  Paracatu  et  Saint-Antoine.  Le  gouvorncnient  lit 
entourer  de  gardes  ces  lieux  ,  ain^i  cpio  le  di^^trict  de  Serra  do 
Frio,  qui  a  100  milles  carres  de  surface.  L'auteur  en  a  decou- 
veit  encore  dans  les  rivieres  de  Guritas,  Quebre- Anzol  ,  Saint- 
Marcos  et  Paranaiba  ,sur  les  liniiles  de  Miins  el  de  ('.ova/.. 

II  discute  ensuile  le  gisement  du  dianiaiit.  L'iiacolumile  dominc 
dans  les  districts  d'ou  sortent  les  rivieres  a  diamant,  tandis  que  le 
schiste  argileux  se  trouve  border  les  rives  stdriles  de  ces  memes 
ileuves.  II  a  examine  scrupuleusernent  les  galets  des  rivieres  dia- 
maiitiferes  ;  ce  sont  surtout  du  quartz  ,  de  rilacolumite  ,  peu  de 
cdiistc,  du  fr  hydrato  ct  oligiste,  et  ])!us  rarement  du  jaspe,  dii 


1 56  Geologic. 

disthene,  de  I'anntase,  de  Tor,  du  for  nallf  en  lames  minces, 
un  peu  de  platine.  II  a  trouve  que  les  dinmans  sont  (^jralement  oh 
inegalcment  disscmines  dans  les  Ills  anclens  et  ir.odcrnes  dcs  ruis- 
seaux.  lis  abondent  surlout  sous  les  cascades  et  dans  les  angles 
rentrans  des  cours  d'eau.  La  presence  des  galets,de  fer  hydrate 
brun  et  du  jaspe  annoncentune  giande  abondancc  de  diamans,  el 
certains  agglomcrats  a  ciment  de  fer  hydrate  contiennent  des 
diamans  empales.  M.  Heulandpossedeuii  echantillonsemblable  j 
il  y  en  a  un  autre  avec  2  diamans  dans  le  cabinet  de  Viennc. 
L'auteur  a  trouve  3  echantlllonssemblables ,  dont  I'un  est  a  Wey- 
mar.  Enfin  M.  Schuch  ,  a  Hio-Janeiro,  et  M.  Eschwege  posse- 
dent  chacun  un  echanlillon  oil  le  diamant  est  implante  comme 
dans  une  gangue  ordinaire,  et  se  trouve  dans  une  petite  druse  de 
matiere  verte  ,  qui  est  peut-ek'e  du  fer  arsenical.  Ces  deux  der- 
niers  morceaux  -v  iennent  du  Sertao  de  Saint-Francois  ( prov.  de 
Minas ), 

Le  diamant  a  done  pour  gangue  le  fer  hydrate  provenant  du 
schiste  ferruglneux  ou  de  I'itabirite.  Comme  ces  rothes  I'ormcnt 
descimesqui  ontsouffert  de  grandes  degradations,  la  position  or- 
dinaire du  diamant  se  trouve  cxpliquee ,  et  ces  pierres  precieuses 
sont  egalement  ou  incgalenient  distinguees,  suivant  que  les  des- 
tructions  ont  eu  lieu  sur  des  cimes  isolees  ou  contigues.      A. 

lO/).    MeMOIRE     sur     les    terrains     SECONDAIRES      nu      VERSANT 

WORD  DES  Alpes  aleemakdesj  par  M.  Ami  Bocji.  (^Jnnal.  dcs 
Mines,  To.  IX,  ann.   1824,  p.  477.) 

La  parlie  eentrale  des  AIpcs  est  composee  de  roches  schis- 
teuses  cristallines,  et  de  schistes  anciens  pins  ou  nioins  evi- 
demment  intermediaires.  Ces  depots  supporlcnt  un  terrain  de 
transition  plus  recent,  compose  de  gramvacke,  d'agglomerats 
grossiers,  quelquefois  rougcatres,  et  de  calcaire  veine,  com- 
pacte  ou  sablamellaire,  et  a  depots  ferrugineux  et  metal lifercs.. 
En  Tyrol,  il  y  a  peut-etrc  dcs  grcs  rouges  anciens.  C'est  sur 
cctte  base  que  s'eleve  le  premier  calcaire  secondaire  qui  forme 
une  bandc  tout  le  long  des  Ali)cs  allemandes.  Ces  montagnes 
pelecs  s'elevent  a  7  ou  9000  pieds  au-dessus  de  la  mer. 

Ce  calcaire  n'est  guerc  stratKie;  il  est  quelquefois  solidc  on 
marnenx,  ou  a  la  structure  de  la  rauchvvacke  ;  il  est  tres-soii- 
vent  magnesien  et  conticnt  des  colonncs  trappeenncs.  II  ofCre 
burtout  deux  especes  de  calcaire;  I'uii  coinpaete.fi  pclitcs  ai- 


Geologie.  ,  lay 

guilles  et  extremement  fendillej  et  I'aulre  a  structure  grenue, 
coninie  la  dolomie  jiirassiquc.  Ses  couleurs  sont  le  grisatrc,  Ic 
blancliatre  et  le  jauuatre.  II  renferme  des  pelils  uids  de  bitume 
et  des  couelies  dc  calcaire  'cellulairc ,  comme  la  rauchwackc 
(Kaumalpe),   vallee  supcricure  de  la  Traun. 

L'autcur  n'y  a  pas  vu  dc  petridcations.  II  y  cite  drs  ainas  et  des 
I'escaux  nietalliferes ,  renfcrraant  surtout  du  plomb  ct  du  zinc. 
Les  roches  trappeennes  ne  s'y  rencontrent  que  dans  trois  endroits 
de  I'Allgau.  Apres  avoir  distingue  ce  calcaire  d'avec  les  autrcs 
dt'pots,  Tauteur  passe  au  gres  bigarre  a  nmas  gypseus  et  saUfe- 
res.  II  montre  que  ce  gres  a  rempli  autrefois  un  grand  noinbre  de 
vallees;  que  son  morccllement  actuel  a  fait  qu'on  I'a  neglige  ou 
rt'uni  aux  terrains  tertiaires,  et  qu'on  ne  peut  pas  le  confondre 
avec  la  grauwacke  ni  avcc  le  gres  houlller.  M.  Beudant ,  et  I'au- 
teur  meme,  out  cependant  coinmis  cetle  dernierc  erreur.  Les 
gx'es  de  ce  depot  ont  un  ciment  argileus  et  marneux  grisatre,  et 
empatent  des  fragmens  de  quartz,  de  schistc  argileux  ,  de  mi- 
cascbiste  et  de  calcaire ;  iis  ressemblent  beaucoup  a  la  grau- 
wacke, mais  lis  font  loujours  effervescence  avec  les  acides. 

lis  alternenl  avec  des  marnes  schisteuses  a  impressions  de  fu- 
eus,  et  ils  contiennent  en  general  assez  de  debris  de  vegetaux  et 
uu'me  des  amas  d'un  lignite  particulier ,  comme  a  Ipsitz  ,  etc.  Des 
cristaux  de  quartz  liyaliiiy  sont  renfermes  dans  des  pelits  fiions 
de  chaux  carbonatee  dans  le  comte  de  Marniaroscli.  L'auteur 
l)arle  ensuitc  des  marnes  gypslfcres  et  saliferes  ;  des  gvpses  coni- 
])actes,  spatliiques  ou  fdjieuxj  du  sel  compacte  ou  tibreux  ;  des 
couches  calcalres  ,  si  frequentes  dans  ce  terrain  ;  et  de  certalncs 
varictes  de  calcaire  rulniforme.  Des  solfatares  sous-marines  ,  sui- 
tes necessaires  dc  volcans  en  activite,  lui  semblent  pouvoir  ex- 
pliquer  les  depots  salins.  Cette  formation  est  composee  d'un 
iiombre  immense  de  couches  assez  minces  et  souvent  fort  con- 
tournees.  II  enumere  ensuite  toutcs  les  localites  ou  ce  gres  bi- 
garre se  trouve  dans  les  Alpes;  ct  il  lui  annexe  le  gres  des  Car- 
jiallics  el  des  Apcnnins  de  la  Toscane. 

Le  second  calcaire  secondaire  recouvre  les  marnes  saliferes 
ou  le  gi'es,  <lans  plusieurs  endroils  que  l'auteur  a  soin  deciter, 
comme  a  Alt-Aussee,  Ischel ,  au  mont  Oetschcr,  etc.  Ce  depot  ne 
pourrait  etre  confondu  qu'avec  le  calcaire  du  Jura;  mais  on  n'v 
voit  ni  lias  ni  Oolites,  et  ses  fossilcs  ont  beaucoup  de  rnppoit 
avcc  ceux  dn  muschelkaik  dc  la  plaine.  L'auteur  ladic  dc  montrcr 


i58  Geologic. 

que  I'identile  dc  certains  fossiles  de  ce  caloaire  avec  quelques 
petrifications  du  caloaire  jurassique  nc  dccideroit  nullemeiit  la 
queslion.  Ce  depot  forme,  sur  le  zeclisteln  ou  le  gres  bigarre  , 
des  montagnes  de  looo  a  4000  pieds  de  haul,  ce  qui  fait  qu'clles 
atteignent  jusquau  dela  de  7  a  gooo  pieds  d'elevation.  I  eur 
forme  depend  presque  toujours  de  la  stratification  des  cpurlies; 
opinion  que  I'auleur  elaie  d'exemples  pris  dans  les  environs  des 
mines  de  sel  de  Salzbourg.  I,e  niuscheikalk  des  Alpes  offrc 
des  calcaires  compactes  ou  d'une  texture  grenue  particuliere ; 
ils  sont  veines,  et  leurs  couleurs  sont  le  grisatre,  le  roiigeatre 
tt  le  jannalre.  lis  donnent  d'assez,  beaux  inarbres  ,  qui  se  distin- 
guent  a  I'oell  dos  niarbres  d'autres  formations.  11  y  a  des  silex 
f  ornes  et  un  grand  nombre  de  fossiles ,  tels  que  des  Encrines  , 
des  Ammonites,  des  Terebratules,  etc.  Apres  en  avoir  donne  la 
liste,  I'auteur  montre  que  les  depots  saliferes  gisent  qnelquefois, 
dans  Ic  Salzbourg  (Iscliel),  presijue  entre  des  couches  fout-a-fait 
inferieures  a  ce  terrain  ;  il  en  donne  toutes  les  localites  connucs 
dans  les  Alpes,  et  v  joint  le  crdcaire  a  encrines  de  la  Ilongrie. 
II  drciit  plus  loin  un  depot  partiruiier  arenace  et  marno-calcaire 
qui  se  trouve  au  pied  des  Alpes  ,  cntre  Piesting  ct  Plcningbiicli , 
en  Autriche.  Des  poudingurs  et  des  gres  sont  surmontes  di;  gics 
narneux  alternant  avec  des  calcaires  marneux  el  desniarnes,  et 
contenant  des  amas  de  lignite  el  des  couches  coquillicres.  II  ya 
dans  les  gres,  des  Discorbites,  des  Hamites,  de  grands  Myti- 
liades,  des  Madrepores,  et  dans  les  marnes ,  des  impressions  de 
nionocotyledones  et  des  coquillages  calcines  des  genres  Cerithe, 
JVIoule,  Natice  et  Tciline.  On  exploitele  lignite,  qui  renferme  iine 
iesine  fossile  jaunatre.  L'auleiir  disciite  la  place  de  ce  depot  et 
croit  que  c'est  le  quadersandstein  et  le  lias,  parce  qu'il  le  troiive 
place  entre  le  muschelkalk  et  le  gres  vert ;  neaninolns  ilrappclle 
{[ue  ce  dernier  est  remplace ,  en  Autriche,  ])ar  un  poudingne 
ralcaire  et  des  calcaires  a  coraux ,  qui  contiennent  des  os  de  nias- 
todonte  et  d'un  animal  voisin  du  mouton.  Le  reste  de  ce  memoirc 
est  cpnsacrc  a  la  description  du  gr^s  vert  et  dc  la  craie  chlo- 
ritee  et  marneuse  des  Alpes.  Ce  depot  forme  des  inonlagnes 
basses  ou  s'eleve  jiisqu'a  G'3Gy  pieds  (Sterzlaberg  ) ;  ii  se  Irouve 
surtout  dans  le  V'oralberg,  I'Allgau,  le  Teiscndorf  et  le  Hunds- 
luck.  I.e  gres  vert  compacte  allerne  avec  dos  gres  quarlzeux  ou 
ferrugineux ,  des  ciilcaires  brunatres  a  nunimulitcs  ct  des  mar- 
nes. I.cs  bancs  ferrugineux  sont  composes  de  grains  de  qunrlr 


Geologic.  i5g 

el  (le  fer  hydrate,  globulaire  rougeatre  ou  brun4tre  et  sont  ex- 
pluiu's.  Le  calcahe  est  souvent  en  rognons  dans  les  gres  ,  el  la 
chlorite  cliloritee  est  toujouis  dure ;  mais  les  marnes  crayeuses 
sont  beaucoup  moins  endurcies.  On  y  observe  des  fragmens  de 
bois  siliceux ,  des  rognons  d'une  resine,  et  beaucoup  de  fossiles 
ordiiiaircs  au  gres  vert,  tels  que  des  clypt'astres,  des  plagio- 
stonies,  des  belemnites,  des  inoceramcs,  des  crabes,  etc.  Les 
Testes  organiques  abondenl  surtout  dans  les  gres  ferrugineux  et 
bituniinenx ;  d'autrcs,  tels  que  les  diceras,  ne  se  voient  que 
dans  la  craie  dure  ou  un  calcaire  conipacte  et  blanc.  Enfin,  I'au- 
teur  cite  les  localites  connuesdece  dernier  depot;  il  y  annexe  les 
gres  verts  du  lac  de  Lowerz ,  de  Fiuhli ,  des  environs  de  Bex  et 
de  Servoz;  et  ilnecroitpas  que  M.  Brongniart  ait  raison  de  pla- 
cer les  couches  a  cerithes  du  haut  des  Diablerets  dans  le  calcaire 
grossier,  puisque  ces  fossiles  se  voient  dan^  le  gres  vert  de  j)!u- 
sieurs  liautes  montagnes,  cntre  Bonneville  et  Servoz.  F. 

J05.   NOUVEAUX  MEMOIRES   POUR    SERVIR    A    l'hISTOIRE   NATURELLE 

DES  Pyrenees  et  des  paysadjacens;  par  M.  Palassou.  In-8.  de 

192  p.  Pau;  1 823;  Vignancour. 

BL  Palassou,  cepatriarche  desgeologues,  jouit,  depuisle  minis- 
lere  de  M.  le  due  Decazes,  d'une  pension,  d'autant  plus  honorable 
qu'elle  a  ete  votee  par  le  conseil  general  de  son  departement. 
Depuis  cette  epocjue,  ce  gi^ologue  a  deja  fait  paraitre  4  volumes 
in-8.  de  nieiuoires  sur  la  geologic ,  I'liistoire  nalurelle  ou  les  an- 
tiquitcs  des  Pyrenees.  Le  dernier  volume  dont  nous  allons  rendre 
compte  u'est  pas  moins  riche  en  fails  que  les  precedens. 

Mcinoire  sur  une  bande  calcahe  du  j/icd  des  Pyrenees. 

L'auieur  y  decril  d'abord  les  localiles  de  ce  calcaire  ;  la  carte 
de  M.  de  Charpcntier  nous  disj)cnse  de  les  enunierer.  II  cite  en- 
suite  les  points  oil  il  y  a  du  combustible  dans  ces  calcaires,  et 
viciit  a  jiailer  des  calcaires  a  nunimulites  de  Sordes ,  de  Lay  et 
de  Mpnlgrand,  prcs  d'Ogenne.  II  y  a  des  cerithes  pres  d'Orthez. 
In  coleaii  de  Lamidon  offre  des  gres  aigileux,  se  decomjio- 
suit  en  Louies;  le  centre  de  ces  globes  est  ilu  fer  sulfure,  et  ces 
gresreposent  sur  des  couches  de  calcaire  et  de  marne.  Au-de>sous 
du  moulin  de  Navarreins  il  y  a  des  allernalions  de  calcaire,  de 
luarne  et  de  gres.  II  y  u  des  lits  de  silex  dans  les  collines  calcai- 
res de  Luc.  L'auteur  montre  (jue  les  gypscs  et  les  eaux  thcr- 
fnales  abontlcnt  a  Tcxlremitc  occidentale  et  orientale  de  la  bande 


i4o  Geologie. 

calcaire.  Toutes  ccs  sources,  a  I'cxceplinn  dc  relle  dc  Tcrcis  et 
Sanl)rrs«f>,  sont  pnrcinoiU  snlines  et  depoiirvues  d'liyt^rogene  sul- 
ftim  Pros  de  Siniorre,  au  8.-S.-E.  d'Aucli ,  il  y  a  dcs  turquoises 
osseuses.  II  recherche  ensuite  si  Ic  pied  sud  dcs  Pyrenees  a  anssi 
sa  bande  calcaire;  il  relrouve  cette  roche  entre  Castiilon  et  Jaca, 
depuis  GanaRebenac,  de  I'Aragon  au  Gallego,  etc.  Cesbandes 
calcaires  offrent  rarement  des  cavites  resultant  d'affaissement. 

Sur  la  position  relative  des  rochcs  du  Pic-du-Midi  de  Bigorre 
ctdcs  tc/rains  coritigus. 
L'auteur  cherche  a  eclaircir  la  position  du  granite  qui  parait 
au  milieu  des  schistes  et  des  calcaires  dc  cetle  inontagne  remar- 
quable,  et  il  cite  ce  qu'en  out  dit  les  geologucs;  il  n'v  peut  voir 
qu'une  anonialie  et  qu'un  granite  recent  stliorlifere  ,  et  il 
niontre,  par  la  direction  et  I'inclinaison  respective  de  cette  roehe 
et  des  schistes,  que  ces  derniers  ne  s'appuieut  pas  sur  le  granite. 

De  la  position  alternative  des  couches, 
L'auteur  prouve  par  de  nombrcux  exemplcs  que  la  succession 
alteinative  des  couches  est  due  a  differentes  causes. 

Observations  gcologiques  faitts  dans  la  partie  septentrionale  et 
mvridionale  des  Pyrenees. 
L'auteur  indique  ccrtaines  localites  des  calcaires  grenus  et  co- 
qullliers  des  Pyrenees  ;  il  decrit  les  cascades  ct  le  cirque  de  Ga- 
varnie.  11  suppose  que  le  granite  est  la  base  de  la  chaine  des 
Pyrenees,  et  que  dcs  torrcns  out  charrie  les  blocs  granitoides 
epars  sur  les  schistes,  II  donne  des  details  sur  les  roches  du  re- 
vers  sud  des  Pyrenees. 

Suite  des  observations  sur  la  hauteur  de  plusieurs  soinmets  des 
Pyrenees,  publiees  en  i8it). 
Ce  memoire  renferme  des  resultats  trigonomctriques  de 
MM.  Flaniiclion  ct  Laroche,  et  les  hauteurs  des  Pyrenees,  mesu- 
rtes  baronietri(jueinent  par  M.  Ramond ,  et  celles  inserees  dans 
Dralet  et  le  Guide  dcs  voyngeurs  ii  Bagneres.  II  fait  observer 
que  des  accidcns,  des  eboulcmens,  etc. ,  font  varier  la  hautrur 
dcsmonlagnes  de  teu)ps  a  autre,  et  il  dit  quelqucs  mots  sur  les 
tffets  qu'on  eprouvc  en  nionlant  de  hautes  soiumitcs. 


Geologic.  i4i 

Memoire  de  M.  rabbe  Foiirret  siir  ttivcvs  vokans  eteintx  de  la 

Catalogne ,  mis  au  Jour  par  M,  Palassou  ct  auquel  il  a  joint 

quelques  observations  siir  Vophite. 

M.  I'abbe  Pourret  voulait  publier  uiie  hlstoire  des  volcans 
eteints  de  la  Catalogne;  mais  le  pillage  de  sa  maison  lui  a 
fait  perdre  ses  raanuscrits.  On  trouve  des  traces  volcaniques 
ea  Catalogne  depuis  Figuieres  jusqu'en  deca  de  Girone.  Pres 
d'Olot  il  y  a  des  laves  et  des  ponces,  et  certaines  eruptions  n'v 
remontent  pas  au  dela  de  I'an  1422  ;  celte  ville  fut  detruite,  en 
1427,  par  un  tremblement  de  terre.  Les  laves  renferment  de  I'o- 
livine ,  et  des  boursouflures  ou  cavernes  fort  grandes,  dont  les 
parois  sont  couvertes  de  mamelons  ferrugineux.  Le  village  d'A- 
nier,  a  4  lieues  de  Girone,  a  etc  dctruit  en  1420  par  une  erup- 
tion volcanique,  qui  parait  avoir  etc  la  derniere.  C'est  alors 
peut-etre  que  se  forma  ce  terrain  aride  et  convert  de  laves  et  de 
scories  qu'on  appelle  Bosc  de  Tosca;  neanmoins  cet  embrase- 
ment  n'a  du  etre  que  superficiel  et  parait  n'avoir  rien  de  commun 
avec  les  volcans  eteints.  L'auteur  cite  les  localites  des  monta- 
gnes  volcaniques.  Olot  est  bati  au  pied  du  cone  a  cratere,  appele 
Monte  Socopa.  Cette  proeininence  a  80  toises  de  hauteur  ct  aSo 
toises  de  circonference  ,  et  depuis  sa  cime  onpeut  compter  tous 
les  autres  cones  seuiHables  qui  se  trouvent  dans  un  rayon  de  8 
a  9  lieues.  Son  cratere  se  remplit  tous  les  jours  par  les  effets  de  la 
pluie  sur  les  scories.  Au  nord  de  ce  cone  il  y  a  celui  de  Puig  Sa 
Corona,  la  montngne  de  Snlnt-Micliel  qui  s'etend  vers  I'ouest , 
le  Puig  de  la  Garinada ,  qui  aboutit  vers  Test  presqu'a  la  mon- 
tagne  de  Batet.  Cette  derniere  est  le  volcan  eteint  le  plus  consi- 
derable et  le  plus  ancien  des  environs  d'Olot;  sa  lave  basaitique 
descend  jusqu'au-dessous  du  lit  de  la  Fluvia,  elle  est  semblable 
au  basalte  prisinatiquc  du  chateau  de  Castell-Foilit,  qui  en  c-t 
a  2  lieues.  Au  sud  du  Monte  Socopa  on  apercolt  2  chaines  de 
calcaire  coqulllior,  au  pied  dcsquclK's  sont  les  elevations  ignees 
de  la  Costa  de  Pujou,  le  Puig  et  le  niont  Olivet.  M.  Pourret 
cite  encore  le  Cruscat,  le  collet  de  Aigua-Negra,  le  collet  de 
Forigola,  etc. 

M.  Palassou  rapportc  ce  que  dit  Mariana  sur  le  tremblement 
de  terre  de  1420,  et  fait  remarquer  que,  s-jit  en  Catalogne,  soil 
a  Burgos,  les  terrains  salifcres  paraissent  voisins  des  formations 
pyrogencs.  Les  plus  grands  trcmblemens  de  terre  ont  eu  lieu  en 
F.spagne  en  Janvier   ii()\   ct  en  deccmbre   i'3(p.  Aprcs  ccia  , 


l42  Ceologie. 

M.  Palassou  fait  ressortir  rexlreiiu"  difference  qu'il  y  a  entre  les 
volcans  etcints ,  les  basnltes,  etc. ,  et  les  ophites  des  Pyrenees.  11 
regarde  ces  dernieres  roches  comine  fort  posterieures  au  gra- 
nite central,  et  il  cite  i3  exemples  a  I'appui  de  cclte  opinion; 
ainsi  I'opliite  de  Saint-Jean-Plcd-de-Port  ne  forme  pas  I'apjiui 
dcs  roclies  calcaircs  cnvironnantcs.  La  meine  cliose  se  voit  a 
Aliaxa  ,  a  Sainte-Kiigrace,  a  Saint- Pe,  etc.,  oil  il  y  a  dcs  schistes 
el  des  calcaires.  Les  details  sur  riiidinaison  et  la  direction  res- 
pective dcs  masses  d'ophite  et  des  roches  voisines  ne  laisseni 
aucun  doute  sur  le  gisement  de  I'ophite  en  filons,  et  autorisent 
pleinement  I'historien  des  Pyrenees  a  relever  la  meprise  de  son 
ami,  M.  de  Charpenticr.  Nous  ajouterons  que  ce  dernier  jiarait 
convaiucu  de  son  erreur.  A.  li. 

io6.  Description  geologique  et  statistique  de  L'AsPIlOl«o^TE 
et  de  la  contrce  environnante ,  avec  trois  niemoires  sur  I'ori- 
gine  des  volcans,  le  graphite  d'Olivadi  et  les  salines  de  la  Ca- 
labre,  par  M.  Giuseppe  Melograni.  In-8.  Naples;  1823. 

A  la  fin  du  siede  passe  MM.  Andrea  Savarese  et  Vincenzo 
Ramondini  furent  charges,  par  le  gouvernement,  de  lever  une 
carte  mineraloglque du  royaume  de  Naples,  d'envoyer  des  suites 
niiiieraloj^iques  a  Naples,  et  de  commenciir  leur  operation  par 
I'Aspromonte.  L'auteur,  clu.rge  de  ranger  les  collections  niine- 
ralogiques,  a  compose  une  grande  partie  de  cet  ouvrage  d'apres 
les  rapports  des  deux  premiers,  et  il  s'est  Irouve  d'autant  plus 
capable  de  faire  cettc  compilation,  qu'il  a  visite  aussi  I'As- 
promonte. Le  premier  chajiitre  est  consacre  a  la  geologic  de  la 
contree  entre  la  villa  S.-diovanni  ctScilhi.  Dcpuis  S. -Giovanni 
a  Piale  tout  lepays  ne  presente  que  du  granite  avec  des  amas  de 
gneis :  ces  roches  se  deconiposent  en  boules ,  et  sont  couvertes 
ca  et  la  de  marne  micacee  ou  d'argile  coquilliere,  comme  cnXrc 
Piale  et  Ferlito  ,  et  meme  sur  une  hauteur  appclc  les  Picrres- 
Noires.  II  y  a  aussi  une  breche  calcaire  a  fragmens  ile  gra- 
nite qui  est  associe  avec  du  calcaire  compacte  coquillier.  L'au- 
teur dccrit  des  varietcs  de  granite,  et  cite  un  filon-couche  de 
granite  tres-micacc  ;  le  granite  et  le  gneis  sont  rcgulieremeutstra- 
tilics  dans  une  ravine  fin  nice  pii-  la  lave  du  mont  Canipala  au- 
dessus  de  la  terre  de  Cavallo.  Le  granite,  (pitlqucl'ois  lahpieux, 
dominc  jusqu'a  Scilla,  et  les  breches  calcaircs  augmcntcut  en 
masse  dans  celte  direction.  La  montagne  Basi,  pres  de  Scilla  ,  en 


Geologic.  145 

est  composee ,  et  s'cst  en  paitie  ecroulee  dans  ia  iiier  en  1783. 
L'auteur  atlril>ue  a  iin  volcan  sous-marin  I'inondalion  que  la  iner 
causa  la  nieuie  annee.  Le  promontoire  de  Scilia  ct  le  pays  entre 
Scilla  et  le  pKiine  de  Melia-Tavazzina,  et  la  contree  entre  Me- 
lia  et  S.- Giovanni,  sont  granlticjues,  et  Ton  y  voit  quelques  amas 
anij)Iiiboliques  et  de  gneis. 

En  descendant  de  S.-Giovanni  Ton  voit  le  gisement  de  la  bre- 
cbe  granitique  calcaiie  sur  le  granite.  L'auleur  suppose  que  cette 
roche  etait  autrefois  recouverte  partout  par  le  meme  depot.  La 
vallee  de  Santa-Trada  commence  a  la  base  de  la  Canipala,  et  se 
terraine  a  la  plaine  de  Melia  :  le  granite  y  domine  et  y  renferme 
du  gneis  cliloritcux. 

La  vallee  de  Zagarelle  ne  priisente  aussi  que  du  granite  plus  ou 
moins  decompose  ;  son  fond  est  couvert  de  cailloux  et  de  sables, 
et  son  extremite  assez  sauvage.On  observe  de  beaux  gneis,  quel- 
qiiefois  ocreux,  dans  une  vallee  qui  a  le  meme  debouche  que 
celle  de  Santa-Trada.  L'auteur  est  monte  de  Melia  sur  la  monta- 
gne  d'Aspromonte :  le  gneis  granitoide  en  forme  la  base.  La  crete 
de  Nucara  presente  du  fer  spatliique  uni  a  de  la  blende  et  de  la 
galene,  et  il  y  cxiste  meme  d'anciennes  galenes.  Depuis  la  plaine 
de  Mojo  jusqu'a  la  Madonna  dei  Polsi  on  ne  voit  que  gneis  et 
granite  ;  niais  peu  avant  ce  dernier  point  Ton  trouve  des  couches 
de  calcalre  grenu.  La  ciine  de  la  montagne  forme  une  petite  plaine, 
et  offreuncsienitechistoideassociee  lantot  avec  du  quartz,  tanlot 
avec  du  gneis.  La  meme  sienite  avec  de  I'amphibolite  existent  en- 
tre la  cime  et  Montallo  et  Nardello.  L'auteur  estime  trigonome- 
triquement  la  liauteur  de  I'Aspromonte  a  5o8o  palmes.  Des  allu- 
vions granitiques  formen  tie  pays  entre  S.-Giovanni  a  Campo  et  a 
Fiumara  di  Muro,  et  celui  de  Salice ,  de  Catona  et  de  Gallico.  En 
s'elcvant  de  la  Ton  trouve  des  collines  de  marne  melee  de  sable 
blanc,  et  le  granite  se  nionlre  plus  loin  vers  Fiumara  di  Muro  et 
Rosali.  Dans  ce  dernier  cndroit  on  a  decouvert  en  1755  un  lilon 
de  galene  argentifere  qu'on  a  exploite.  En  allant  de  la  a  Calonna, 
Ton  observe,  chemiu  faisant,  de  la  marne  surle  granite,  et  cette 
niarnes'etendvers  Mezzact  S.-Teodorocn  devenant  plus  calcaire 
etcompacte. Avant  Calonna  elie  est  recouverte  d'une  brechea  cail- 
loux de  quartz ,  et  de  granite  qui  renferme  des  peignes ,  et  de 
nummulites.  La  hauteur  de  ces  collines  correspond  a  celle  des 
coteaux  du  rivage  O|ipose  sieilien ,  ce  qui  pent  expliquer  la  for- 
mation du  canal  de  Messine.  Au-dcssus  dc  Laganadi  ct  S.-.\les- 


i44  Geologic. 

sio  il  y  a  encore  du  granite  a  himcs  de  gneis,  qui  augmentent  en 
nombre  a  mesure  qu'on  approche  du  mont  Petillo.  Dans  la 
partle  dc  cclte  montagne  vis-a-vis  de  S.-Stefano  le  granite  est 
subordonno  au  gneis  :  ce  dernier  granite  est  a  phis  gros  grains 
que  les  autres,  et  a  mica  talqueux.  Cette  formation  constitue 
toutes  les  montagnes  le  long  du  fleuve  qui  va  de  S.-Stefano  a 
GaUico,ainsi  que  celles  de  Podargoni,  Gera,  S.-Giorgio  ,  Denii- 
niti  Sambatelii,  etc.  Le  gneis  devient  a  la  fin  granito'ide  ,  ct  il  se 
change  en  schistc  micaco  avant  d'arrlver  a  Villa  S.-Giuseppe  sur 
le  tcrritoire  de  Gallico. 

II  y  a  des  bancs  de  quartz  et  de  gneis  a  pyrite  dans  ces  gneis 
ct  ces  granites.  Dans  la  partic  superieure  de  Villa  S. -Giuseppe 
les  alluvions  recouvrent  le  depot  marneux  et  les  roches  primitives. 

Vers  S. -Roberto ,  le  long  de  la  riviere  Cenide  ,  le  granite  pre- 
senle  des  couches  d'un  gneis  arjileuxoude  schiste  argileux,qui  se 
convcrtit  en  un  granite  fin  au  liaut  de  la  montagne  qui  horde 
celle  riviere.  Dans  le  lieu  dit  Acqua-Calda  il  y  a  un  filon  de  py- 
rite courant  de  I'E.  a  I'O.  En  montant  de  la  plaine  d'Asproraoiitc 
sur  la  nionlagne  de  Sorbarl  on  retrouve  du  gneis  a  banc  dc 
quartz,  de  roches  granito'ides  grossieres  et  de  sienite  schistoide. 
Cette  formation  s'elcnd  jusqu'aux  monts  Nardello  et  Basilico, 
et  aux  plaiiies  de  Badia  pres  de  Keggio.  A  Reggio  le  granite  do- 
mine,  mais  il  cede  sa  place  au  gneis,  apres  avoir  passe  la  chaine 
cntrc  Cerasi ,  Arasi  et  Orla.  Apres  les  hauteufs  de  Cerasi  on  voit 
Ic  gneis  convert  de  sable  et  d'unc  breche  a  gixinile.  L'elevatioii 
des  depots  semblables  de  Calonna  est  la  meme  que  celle  de  cclui- 
ci.  On  voit  encore  cette  formation  recente  sur  le  granite  por- 
phyrique  de  la  vallee  entrc  Deniiniti  et  San-Giovanni.  Les  monta- 
"nes  entre  Scilla  et  Reggio  sont  done  composees  de  granite  et 
lie  gneis;  mais  le  deriiier  prend  le  dessus ,  continue  seul  vers  le 
mont  Lesti  et  s'avance  jusqu'a  la  pariie  septentrlonale  de  Bova 
oil  les  rivieres  Darla  et  Perestcria  prcnnent  leur  source.  II  monte 
de  la  sur  la  droite  de  la  riviere  Alece  jusqu'a  Amcndule,  traverse 
d'un  cole  le  mont  Briga,  dc  I'autre  forme  les  monts  Zambclli , 
Zefiro,Peripoli,  Saggiltario  et  Pendola,  et  s'elend  a  Valanid!. 
II  sc  change  pen  a  peu  en  micaschiste  depuis  les  montagnes  si- 
luees  entre  Pendola  et  Caslello  di  Santo-Nocito  jusqu'au  mont 
Peripoli.  D'un  autre  cote  il  passe  au  schiste  argileux  en  montant  a 
C'.apo-Pellaro  et  en  sc  dirigeant  dcsmontagnes  de  Clivano  a  Baga- 
ladi,  S.-Lorenio,  Condofuri,  et  au  bord  oppose  de  rAmendolea 


Geologie.  i^J 

pres  de  Mangoso  jusque  sous  la  inontagne  de  Bova.  M.  Melo- 
grani  ajoute  que  ces  passages  sont  insensibles  et  qu'ils  se  font 
p;ir  alternance.  Le  gneis  passant  au  raicaschiste  conticnt  soiivent 
des  bancs  de  granite  qui  est  schorlifere  vers  le  montBriga  etdans 
le  Pendolina.  II  y  a  atissl  des  bancs  d'am])hiboliie  schisteuse  et 
vers  Bova  de  la  sienite  schisteuse  et  un  peu  inicacee.  La  slenite 
contient  quelquefois  du  quartz.  II  y  a  un  banc  de  quartz  a  la 
tcrminaison  du  gneis  au  nord  de  Bova;  ainsi  qu'au-desstis  de 
Valonidi,  a  Saint-Nicolas.  La  direction  de  ces  bancs  est  du  nord 
au  sud,  et  il  y  a  de  la  galena  argcntifere  anciennement  exploitee. 
Le  micaschiste  passe  au  scliiste  argileux,  et  ce  dernier  contient 
alors  du  quartz  lenticulaire.  On  y  voit  aussi  des  couches  de 
quartz  legerement  micacees,  el  quelquefois  la  galene  ou  pyrite 
ftrrugineuse  ou  cuivreusc  comme  entre  la  Motta  et  Montebello 
dins  les  environs  de  Regali.  II  y  a  des  pyrites  et  du  zinc  dans  un 
banc  de  quartz  au  lieu  dit  Janni  dans  Casale  di  3Ionlebello,  et 
de  la  pyrlte  a  S.  Lorenzo,  etc.  Dans  le  territoire  de  S.-Lorenzo 
sous  la  chapelle  de  I'Assunta,  ii  y  a  du  scliiste  alumineux.  Toutcs 
ces  montagnes  forment  des  plateaux  assez  eleves  au-dessus  de 
I'Asproinonte;  ce  n'est  que  dans  les  plaines  de  Sant'Agata,  de 
Motta  et  de  S.-Lorenzo  que  corainencent  les  collines  tertiaires 
tomposecs  de  sables  coquilliers.  La  hauteur  de  ces  dernieres  est 
la  nieine,  soit  vers  Reggio  soit  vers  Bova,  et  elles  offrent  les 
menies  depots,  a  I'^xception  que  les  collines  voisines  de  la  mer 
entre  Reggio  et  Bova  sont  formees  de  callloux  granitiques, 
quarlzeux  et  schistcnx  plus  ou  moins  fortement  cimentes.  Ce  de- 
l)ot  est  plus  recent  que  les  sables.  Les  fossiles  y  sont  des  Vermi- 
culites,  des  Numinulites,  des  Peignes,  des  Pectoncles,  des 
Games,  des  Huitres,  etc.  Des  couches  horizontales  d'un  sable 
calcaire  endurci  ct  coquillier  forincnt  re-\trernite  des  montagnes 
entre  le  chateau  de  S.-Nocito,  Fossati  Motta,  Montebello,  Pen- 
tedaltiio  jusqu'a  Lcuco]>ctra,  au  Capo  dclle  Anni,  et  celles  qui 
sont  dans  la  partic  la  plus  elcvee  de  Bova.  Cette  roche  passe  au 
sable  quartzcux ;  a  Bova  clle  rei)ose  sur  le  scliiste  argileux ,  et 
contient  de  I'ocrc  argileux  jaune  et  des  rosettes  de  selcnites. 
L'antcur  pretend  avoir  vu  se  former  des  poudingues  calcaires  au 
Capo  dellc  Armi.  II  y  a  aussi  des  calcaires,  commo  dans  la  partic; 
du  mont  Biiga  (jiii  rcgardc  la  mcr;  la  roche  c-.t  coinpacte  ct 
grisp  bleuatre;  eile  repose  d'un  cote  sur  le  scliiste  argileux,  de 
Taulre  touche  le  gneis  dans  les  environs  de  Pondolino.    Le  cal- 

iJ.     i'OMh     111.  lO 


1 46  Geologie. 

caire  6n  lieu  dit  Fonte  Mancoso  (cote  O.  du  mont  Briga  )  prend 
ua  poli  mediocre. 

Le  gneis  forme  les  environs  de  Messlne;  il  est  associc  avec  le 
granite  ,  le  quartz,  le  scluste  chloriteux  et  le  porpliyre.  Unagre- 
gat  calcaire  et  plein  de  petrifications  serait  la  roche  la  plus  recente 
s'il  n'y  avait  pas  une  espece  de  gres  calcaire  composce  de  quartz, 
de  mica  ,  de  feldspalh  et  de  debris  de  coquilles.  L'uuteur  emet 
I'opinion  que  le  porphyre,  I'ampliibolite  schistcuse  et  le  granite 
sont  dans  le  gncis  sous  forme  de  rognons  ou  de  coins  et  noii  dc 
couches.  Pres  du  torrent  de  Travidella  pres  de  Messine,  il  y  a 
dans  une  argile  grise  un  lit  charbonneux.  II  y  a  1600  toises  de 
distance  enlre  la  tour  del  Cavallo  pres  de  Scilla  et  la   tour  du 
Phare  de  Messine.  L'anclenne  Charybde  a  du  eirc,  suivant  I'auteur, 
a  I'endrolt  des  deux  lacs  pres  de  la  tour  du  Pliare ,  et  non  pas 
derrlere  la  lanlerne  du  port  de  Messine.  XJne  breche  de  granite  et 
de  gneis  regne  du  cap  Pelore  le  long  du  Phare.  Au  sud  les  mon- 
tagnes  sont   de  gneis  et  de  granite  avec  des  bancs  de  quartz  et 
d'amphibolite  scbisteuse.  Ces  roches  sont  recouvertcs   de  mar- 
nes,  de  roclies  coquillieres   et  de  depots  de  calUoux  et  de  sa- 
bles, Toutes  ces  formations  continucnt  justju'au  cap  de  Scaletla, 
oil  le  schiste  argileux  a  bancs  de  quartz  constitue  la  contree  ,  et 
d'oii  il  s'etend  a  iravers  les  montagnes  jusqu'au  nord  de  Me?sinc, 
sur  la  route  de  Melazzo.  Sur  la  rive  opposec  de  la  Calabre ,  les 
roclies  primitives  sont  les  memes;  ellcs  s'etendent  d'uii  cote  jus- 
qu'au cap  Pellaro,  vis-a-vis  de   celui  de  Scaletta,  et  de  I'autre 
jusqu'a  Bova,  et  se  prolongent  dans  I'interieur  jusque  de  I'autre 
cote  de  rAspromonle.  Le  schiste  argileux  forme  autour  d'elles 
une  bande  ( dc  la  Motta  a  S.-Lorenzo  ,  Bova,  Gerace ,  Stila ,  etc.) 
comrae  en  Sicile  :  enfin  on  y  observe  la  nieme  serie  de  roches 
tertiaires.  Le  schiste  argileux  s'etend  du  cap  Pellaro  dans  I'interieur 
du  Valdemone,  de  la  dans  la  peninsula  de  la  Calabre  en  bordant 
toujours  la  mer ,  et  enfin  jusqu'au  nord  de  la  Calabre  citerieure ;  il 
tourne  ensulle  pour  venir  rcjoindre  le  cap  Pellaro,  et  enclave 
ainsi  une  masse  centrale.  Le  canal  de  Messine  aurait  etc,  suivant 
I'auteur,  une  grande  vallee  situee  entre  les  montagnes  d'Aspro- 
monte  et  de  Valdemone.  La  debacle  de  la  Mediterranee  aurait 
produit  une  inondation,  dont  le  rt^sultat  aurait  etc  les  depots 
coquilliers  cites,  et  le  changement  d'unc  partie  de  cette  vallee 
en  un  detroit.  M.  Melograni  combat  dans  une  note  I'idee  que  cc 
canal  aurait  etc  I'cffet  d'un  tremblement  de  tcrre  ou  d'un  volcan 


Geologie.  \/^n 

sous-marin.  II  propose  d'expliquer  I'elevatlon  subite  de  la  Medi- 
terranee  par  le  reflux  de  I'eau,  occasione  par  la  disparition  de 
I'Atlantide,  et  il  montre  que  les  treniblemens  de  terra  se  sont 
toujours  propages  de  la  Sicile  dans  la  Cnlabre  en  produisant 
quelquefois  des  mouvemens  dans  la  mcr.  Le  grand  tremblement 
de  terre  de  1783  en  Calabre  se  fit  surtout  sentir  a  Terranuova, 
Casalnuovo,  Oppido,  Polistena,  Sitizzano,  Rosarno,  Torre  del 
Faro,  etc. ,  preciseraentsur  la  ligne  qui  va  du  mont  Caulono  aux 
Pierres-Noires,  et  de  la  par  tie  sud  du  mont  Esope  au  cap  Pelore. 

M.  Melograni  s'occupe  ensuite  de  I'origine  et  de  la  forinatioa 
des  Tolcans ;  il  parle  successivenient  du  cliarbon  fossile  vegetal 
et  du  bitume  animal,  et  trouve  dans  ce  dernier  la  source  des 
volcans.  Lcs  Apennins  entre  Salerne  et  Giffuni  ,  ainsi  que  le 
groupe  de  nlontagnes  d'Acerno  ,  conllennent  beaucouj)  de  cal- 
caires  felides  et  bitumineux.  II  explique  I'inaclivile  passagere  des 
volcans  et  leur  ila  au  manque  de  matieres  combustibles  et  a  I'e- 
loigncment  de  la  mer  :  il  cite  a  cet  cgard  les  volcans  eteints  de 
Teano  et  de  Cajazzo,  dans  la  terre  de  Labour,  qui  sont  u  aomilles 
de  la  mcr,  et  le  Monte  Friello  (  Conca),  qui  en  est  a  12  milles. 
Le  dernier  a  encore  tous  ces  caractcres;  son  cratere  a  3  milles  en 
circonference  et  3oo  toises  de  haut.  On  dit  qu'il  a  brule  depuis 
les  temps  liistoriques;ce  qui  n'est  pas  le  cas  pour  le  Vulture  place 
dans  la  Basilicate,  pres  Melli,  et  a  3o  milles  de  la  mer  de  Barletta. 
Lcsvolcausactif's  nes'eloignent  pas  de  loiullles  dela  mcr.  II  parle 
des  pseudo-volcans  et  des  volcans  sous-marins  :  il  dit  a  ce  sujet 
que  la  terre  de  Labour  a  du  etre  aulrclois  un  grand  golfe,  et  croit 
que  tous  les  volcans  ont  commence  par  elresous-mai'ins.  Eiifin  il 
s'occupe  de  Taction  des  pyrites  et  de  Teau  dc  mcr.  Une  section 
suivante  est  consacroe  au  graphite  d'Olivade,  raemoire  reimprime 
des  actes  delaSociete  d'encouragement  dc  Naples,  to.  2,  et  la 
derniei'e  section  contient  la  description  des  salines  de  la  Calabre. 

Au  nord  des  rivages  de  Trebisane  et  Corigliano,  pres  des 
emboucliures  du  Crati  et  du  Coscile,  le  pays  est  parseme  de 
petils  cones  calcaires  sur  un  espace  de  20  milles.  Ce  bassin  est 
tcrmlne  par  lamontagne  de  Poliuo  (Lucanie),  par  la  crete  d'Ac- 
quaforniosa  et  par  les  montagncs  primitives  de  la  Calabre  clt^- 
rieure.  En  ajiprocliant  de  Lungro  ces  collincs  presentent  du 
gypse  alternant  avec  des  argilcsmarneuses,  et  s'avanccnt  jusqu'a 
Acquaformosa ,  qui  est  la  montagnc  secondaire  la  plus  haute  et 
qui  a  un  chapeau  calcaire.  La  montagne  d'AItomoute  interrompt 


1 48  Ge'ologie. 

cc  depot  et  est  formee  (runebrechc  calcaiie  a  fragmens  de  gres  et 
de  trapp.  Les  schistes  sont gris-bleuatres eta Tcinulcs  quarizeuses 
renferment  des  fragmens  de  schiste  argileux,  et  s'etendcnt  de 
la  au  vallon  quisepare  San  Donato  d'Acquaformosa.  II  y  a  aussi 
la  un  lit  de  for  hydrate  brun  couvert  d'une  marne  calcaire.  Prcs 
San  Donato  11  y  a  beaucoiip  de  pyrites  en  partie  arsenicales.  Vers 
rextremite  du  Cozzo  del  Pelegrino,  et  vers  A'erbicano,  aj)parait  le 
gneis ,  alternant  avee  du  granite  jusqu'a  cc  qu'il  cede  la  place  a  ce 
dernier  vei's  Grisolia  et  Cirella. 

A  droite  de  Lungro,les  coUines  de  la  Soraoena  sent  I'ormees 
d'argile  scbisteuse  et  verdatre,  et  d'une  marne  schlstensc  bitu- 
mineuse  et  cbarbonneuse.  Dans  tout  ce  pays  on  ne  volt  de  fai- 
blcs  traces  de  sel  pres  de  la  mer  que  dans  la  colline  de  Sleccato  ; 
mais  les  grands  depots  sont  au  pied  des  monlagnes.  II  decrit  la 
^aline  de  Lungro ,  et  parle  des  travaux  executes  et  a  execiiter. 
Les  depots  saliferes  de  la  Calabre  sont  dans  la  province  de  Co- 
scnze,  vis-a-vis  de  I'lonie,  et  surtout  entrele  deboucbe  du  Crati 
et  le  cap  delle  Colonne  a  celui  de  Cotrone;  mais  ils  abondent 
surtout  dans  le  pays  enlre  le  cap  d'Alici  et  le  cap  Ciro  et  le 
cap  delle  Colonne,  ou  cntre  Crucoli  et  Santa  Severina  :  c'est 
un  espace  de  20  milles  de  long  ou  3oo  railles  carres.  En  al- 
lant  visiter  la  saline  de  BnsUIco,  I'auteur  decouvrit,  au  beu  dit 
Colle  di  S.  Lorenzo,  entreTaccurl  et  Casino,  un  filon  degalcne 
argentifcre  a  gangue  quartzcuze.  Le  cbemin  de  Santa  Severina 
passe  sur  une  montagne  coniposee  de  coucbcs  borizontales  trcs- 
coquillieres.  Ce  calcaire  coqulllier  continue  jusqu'a  Basilico;  les 
couches  y  sont  faiblement  inclinees ,  et  s'etendcnt  d'un  cote  le 
long  du  Lese,  el  de  I'autre  le  long  du  Lepre.  Le  terrain  salifere 
est  couvert  de  gypse ,  de  calcaire,  d'argile  et  de  petrifications 
marines.  Lc  sel  y  forme  un  amas  enorme  qui  se  volt  a  decouvert 
pendants  millesjusqu'au  Lese.  La  mine  deselde  Lesen'estqu'une 
continuation  de  celle  de  Basilico.  Cclle  de  Zinga  est  dans  une 
colline  sur  les  bords  du  Yitravo ;  et  a  Ogliastro ,  a  3  niiiles  de  la,  il 
y  a  un  autre  groupe  dc  collines  saliferes.  La  mine  de  Miliati  est  a 
a  milles  a  I'ouest  de  Zinga,  et  cntre  Miliati  et  Ogliastro,  11  y  a 
le  ruisscau  Cufalo,  dont  I'eau  jaunc  depose  beauroup  de  soufre. 
La  mine  de  T^clo  est  au-dessous  du  village  d'Altilia  ,  le  sel  y  est 
soullle  d'argile.  A  Stcccato  ,  sur  le  rivage  dc  Catanyaro  pres  du 
Tacina ,  on  extrait  du  sel  de  I'eau  de  la  )ntr.  On  fait  annuellemont 
a  Lungro  20,000  cnntaja  de  sel.  A.  B. 


Gcologie.  149 

107.  Parties  de  la  lkttre  geolocique  adressee  x  M.  1>emb- 
sHER,  et  de  son  introduction;  par  M.  N.  Marzari-Pencati. 
(  Gazette  privilcg!ee  de  Venisc  An  8  fcvrler  au  18  aout  1823. 
Supplemeiis  des  viS>^.  32  ,  39,  94  ,  i85 ,  et  dans  I'appendix  du 
n°.  58. ) 

QuATRE  FRAGMENs  CEOLOCiQCES  pubUcs  par  Ic  mciiie  auteur 
flans  le  rncme  journal. 

Tout  le  njonde  salt  que  M.  Marzari-Pencati  a  decouvert  a 
Predazzo  des  roches  pyroxeniques  et  granitoitdes  qui  sont  pos- 
terieui'es  au  calcaire  jurassique  ct  roeme  a  la  craie.  Ce  fait  im- 
portant a  ete  consigne  par  ce  savant  dans  le  supplement  du 
Nom-el  Observateur  icnitien  du  3o  septembre  1820,  et  a  ete 
eiisuite  coramente  par  M.  Breislak  dansune  brocliure  qui  a  paru 
en  1821.  Vu  le  peu  de  credit  dont  jouit  cette  gazette  venitienne  , 
tres-peu  de  personncs  auront  eu  connaissance  des  ccrlts  de 
M.  Marzari  que  nous  allons  analyser,  et  qu'il  n'a  fait  reimprimer 
a  i^art  qu'uniquement  pour  ses  amis. 

Sa  lettrc  gcologique  a  pour  objels  les  granites ,  Its  inicn- 
schistes  ,  les  quartz  ,  les  serpentines ,  les  porphyres ,  les  autygda- 
lo'ides  agatijeres,  ctles  autrcs  terrains  inferieurenient  mctalliferes 
qui  coiironnent  ou  rendent  mctalliferes  les  /'or/nations  secon- 
daires  entre  la  Piave  ct  I'Adige ,  et  qui  detruisent  ou  rendent 
mains  dislincts  leur  stratification  horizontale ,  ou  Lien  la  laissent 
in  tact  e  : 

Et  sur  la  repetition  vraisernblable  ,  sinon  certainc ,  des  meines 
jdicnoniencs  dans  ces  contrees  oil  il  reste  des  preuves  de 
cristallisation  avenue  dans  de  certaines  circonstances ,  comine 
aussi  dans  ces  vastes  pays  ait  les  terrains  primitifs  sont  a  lasu~ 
perficic  du  sol,  ou  converts  seulcment  de  depdts  ignes ,  etaqueux 
postcrieurs  a  la  craie .  Vicence,  i823. 

L'auteur  commence  par  dire  dans  I'inlroduction  qu'il  a  trouve 
dans  un  memoire  d'Arduiui,  et  dans  un  autre  de  M.  Da  Rio, 
et  menie  par  d'autres  ccrits,  qu'il  y  avait  entre  I'Adige  et  la  Piave 
des  masses  cristallines  y^w</«wf«^<7/r.y,  ou  sous  le  grcs  rouge, 
et  d'autres  conronnantcs  ou  placccs  sur  les  formations  secon- 
dalres.  II  sc  plaint  du  mcmoirc  sur  Ic  Viceutin  de  BI.  H.iras- 
clilnl,  ct  fait  a  ce  snjct  une  note  de  \\  pages,  dans  laquelie  il 
iiu-le  mal  a  pioj)os  M.  Boue,  ct  tache  de  montrer  par  des  cita- 
tions que  M.  MarascLini  a  tort  d'adopter  les  idees  huttonicnucs 


1 5o  Geologic. 

sur  le  remplissage  par  en  bas  des  fentes  ou  filons  \  olcaniques. 

La  lettre  gcologiqiie  est  datte  du  18  septembre  1822.  II  com- 
mence par  dire  que  M.  Fr.  Dembsher  a  consignii  dans  le  Joiirn. 
encyclop.  de  Venise  de  1786,  que  le  calcaire  d'Agordo  sup- 
portait  le  micaschistc  a  amas  de  pyrlte,  et  ce  dernier  incline  au 
sud-est  de  80  a  85°.  L'auteur  ne  voit  dans  ce  calcaire  que  la 
continuation  de  son  calcaire  alpin  du  Tyrol.  11  est  bon  de  dire 
que  sous  ce  nom  11  comprend  tous  les  calcaires  secondaires  jus- 
qu'au  calcaire  jurassique  inclusivement.  II  retrouve  son  calcaire 
reposant  sur  son  gres  rouge,  formation  qu'il  compose  du  gres 
rouge  et  du  gres  bigarre.  II  cite  ce  gres  a  la  Chapelle  sur  le  Mae , 
a  Primiero,  sur  le  haul  Corderole  ,  sur  le  Pcttorina  ,  le  Cipit 
dans  la  Valsugana  ,  etc. 

Le  fragment  A  consisle  uniquement  dans  une  citation  de 
Dolomieu  sur  la  position  des  roclies  secondaires  et  primordiales 
des  Alpes ,  et  une  longue  note  de  l'auteur  a  ce  sTijet.  II  y  chercbe 
a  prouvcr  que  les  roches  primitives  reposent  sur  les  secondaires, 
et  a  celte  note  sont  liees  deux  autres  petites  notes ,  dans  I'une 
desquelles  il  montre  qu'il  y  a  des  passages  du  granite  au  porphyre 
trappe  en  tetraedre. 

Dans  le  fragment  B,  11  nous  apprend  que  les  fdons  mctalliferes 
des  vallees  Imperina  ,  Monache  et  Pezzea  ,  se  trouvent  au  con- 
tact des  moutagnes  calcaires  ou  crayeuses  et  des  schistes  raicaces 
ou  des  gneis,  ou  blen  dans  le  voisinage  de  ce  contact.  Une  note 
accompagne  ce  fragment  oil  il  dit  entre  autres  choses ,  qu'enlre 
la  PiaTC  ct  I'Adige  Ton  voit  frequemmcnt  les  roches  secondaires 
se  conformer  a  la  surface  des  roches  primordiales,  tandis  que 
les  roches  cristallines  couronnantes  et  les  formations  secondaires 
se  rencontrent  souvent  sur  un  plan  vertical. 

Le  fragment  C  est  une  lelire  dc  M.  Tonimasi  sur  la  mine 
d'Agordo,  du  25  fcvrier  1823.  Get  ingenieur  a  deduit  de  ses  re- 
leves  geomutriques  souterrains  ,  que  la  masse  de  schistc  micace 
de  rimperina  et  du  Tcgnas  a  la  forme  d'une  lentille.  Les  travaux 
ont  fait  decouvrir  sous  le  schiste  du  gypse  dans  la  galerie  de 
Saint-Barbara  ct  de  Saint-Francois;  et  au  mont  Poi,  le  calcaire 
secondaire  supporte  le  schiste.  Ces  deux  roches  se  rencontrent 
sur  un  plan  ties-incline  et  un  peu  ondule  ;  c'est ,  suivant  nous ,  la 
source  de  ces  faits ,  qui  paraissent  au  premier  abord  si  extraor- 
diuaircs. 


Geologie.  1 5  r 

Fragment  D.  Lcttre  a  I'Acadfhnie  rojale  des  sciences  de  Paris , 
dti  1 5  juillet  1823. 

L'auleur  nous  y  apprcnd  qu'il  a  etc  cliarg6  par  le  gouver- 
iiement  de  la  description  geologiqne  des  etats  venidens.  II  pre- 
tend avoir  trouve  les  trachytes  des  Euganeens  reposant  sur  le 
terrain  terliaire,  qui  comprendrait,  suivanl  lui,  la  scaglia  ou  la 
craie  des  geologues.II  raconte  ensulte  la  vislfe  qii'il  a  eue  de  M.  de 
Humboldt,  etc.  Dans  ie  resle  de  sa  letlre  il  cite  des  localites  de 
rocbes  primitives  qu'il  suppose  conroimantes  ou  sur  des  roches 
secondaires,  et  il  fait  des  applications  de  cette  idee  an  Mont- 
Blanc  et  aux  montagnes  de  Savoie  en  general.  Trois  longues  notes 
font  partie  de  ce  niemoire. 

Fragment  E.  Lettre  sur  la  vallee  de  TravagUaadressee  a  M.  Isim- 
bardi,  le  lo  septemhre  i8-23. 
Le  gres  rouge  forme  la  base  des  calcaires  secondaires  de  toute 
ritalle  superieure.  II  suppose  dans  la  vallee  de  Travaglia  un  de- 
pot cxhx^Xm  couronnant ,  et  s'appule  sur  des  citations  d'auteu^s 
qu'il  commente.  II  y  a  aussi  deux  notes  de  six  pages;  dans  I'une 
I'auteur  donne  quelques  idees  sur  ce  qu'il  appelle  son  volcanisme 
super/eur  et  taclie  de  montrer  que  les  roches  primordiales  ,  ti'a- 
chytiques  ou  cristallines  ont  coule  comme  les  laves  de  haut  en 
bas.  Ces  depots  igncs  ont  renipli  des  valiecs,  des  terrains  secon- 
daires, et  il  cherche  a  raccorder  cette  idee  avec  celics  de  MM.  de 
Humboldt  et  Broiigniart. 

Fragment  F.  Faits  et  conjectures  sur  les  amalgarnes  ignes  en  gene- 
ral et  sur  les  depots  de  gypse  et  de  sel  en particulier,  en  mars  1824. 
L'auteur  appelle  ainalgame  I'union  ou  la  penetration  de  deux 
roches  par  la  voie  ignce,  et  il  appelle  metallisation  et  marmorisa- 
tion  les  operations  par  Icsquclles  des  depols  aqueux  ont  etc  im- 
prcgnes  dc  metaux  ,  '^t  des  calcaires  changes  en  niarbres  dans  le 
voisinage  des  roches  ignecs.  II  croit  retrouver  dans  les  Pyre- 
nees et  la  Savoie  de  ces  amalgarnes,  et  de  ccs  superpositions  de 
roches  schisteuses  cristallines  aux  roches  secondaires  ou  a  des 
calcaires  classes  les  uns  parmi  les  primitifs ,  les  autrcs  parmi  les 
intermediaires.  Les  schistes  primitifs  etant  dos  laves  ,  leur  forma- 
tion a  du  ctrc  accompagnee  d'emanations  bilumineuses,  liydro- 
sulfurcusos  et  salines.  L'auleur  y  rhcrchc  I'Drigiiie  des  di''j)6ls  de 
gypse  et  de  sel,  et  il  ajoute  que  des  1822  les  calcaires  inlerme- 


iSa  Geologic, 

diaires  des  Pyrenees  et  dc  la  Savoie,  lui  avaicnt  paiu  ^Ire  Ir  re- 
sultat  de  la  fusion  et  de  Ja  p<^netiation  de«.  roches  cristallines  qui 
se  sont  repandues  sur  les  roches  secondaires.  II  appelle  antitrap- 
piques  Ics  vallees  qui  existerent  avant  cette  cpoque,  ctque  ces  la- 
ves aiiraient  remplies  suivant  lui.  Les  vapeurs  ignees  se  sont  insi- 
nuees  dans  les  roches  lateralement  ou  duhaut  en  bas,  et  ont  pro- 
duit  ainsi  les  depots  salins.  Cos  penetrations  sont  les  nitnirs 
operations  que  cclles  par  Icsquellcs  les  roches  ont  recu  des  parlies 
metalliqucs,  magncsiennes  ou  siliceuses.  Les  roches  infermediai- 
res  ne  sont  pour  I'autcur  que  des  roches  secondaires  ainsi  niodi- 
fices ,  et  il  voudrait  qu'on  cessat  cette  fausse  classification.  Le 
reste  de  ce  fragment  accompagne  de  cinq  notes  ne  nous  est  pas 
encore  parvenu. 

io8.  Description  geologiqtik  d'Anglesey  ;  par  J.  S.  Hens- 
low,  avec  une  carte  geologique,  et  six  planch,  de  coupes. 
(  Transact,  de  la  Soc.  Philosoph,  de  Cambridge ,  iSaa.) 

L'ile  d' Anglesey  est  un  pays  assez  bas;  la  colline  la  plus  ele- 
vee  est  celle  d'Holyhead  qui  a  709  pieds  de  hauteur.  L'auteur 
decrit  d'abord  toutcs  les  roches  stratifiees ,  puis  celles  qui  no 
sont  pas  stratifiees.  On  pourrait  comprendre  toules  les  roches 
^nciennes  stratifiees  sous  le  nom  de  micaschisle;  neanmoins  l'au- 
teur en  distingue  plusieurs  especes,  et  parlc  d'abord  des  roches 
quartzcuses  qui  occupent  la  pcntc  a  I'O.  de  Holyhead.  Ces  ro- 
ches, melees  d'ocre,  de  mica,  et  de  chlorite,  ont  des  structures 
tres-varices  et  des  clivages  accidcntels.  H  y  a  une  planche  pour 
represcnter  un  cas  ou  les  parties  proeininenles  de  la  roche 
offrent  4  clivages.  La  chlorite  schlstense  occupe  une  grande 
partle  de  l'ile,  soit  autour  d'Uolyhead,  soit  le  long  du  canal  du 
Menai,  soit  an  milieu  de  l'ile  cntre  Trcgajan  et  Aberfraw. 
Cette  roche  est  fort  contournec ;  elle  passe  a  la  roche  quarlzeuse 
et  au  schiste  argileux  qui  est  quelquefois  compacte  et  jaspoidc. 
L'auteur  cite  lieaucoup  de  particularites  de  ces  roches  dans  di- 
irerses  localittf's.  Ce  terrain  ancien  renferme  des  amas  de  calcaire 
compacte  gris  oubrun,  commc  au  sud  d'Aberfraw,  et  entre 
Glanydon  et  Cemmes ;  on  n'y  a  pas  observe  de  restes  orgnniques. 
Cette  ile  conticnt  deux  districts  de  serpentine ,  I'un  pros  de 
Llanfechell,  et  I'autre  entre  Llanfihangel  et  Uorlh  Anna  ;  cette 
roche  est  en  bancs  subordonnes  dans  le  schiste  chlorileux,  et 
parait  associee  et  melee  avcc  un  calcaire  compacte  et  grenunoi- 


Geologie.  i53 

latre.  II  v  a  de  I'iisbosfe,  Ju  pyroxene  el  .^e  racliiiote.  Pcsschis- 
tt s  argikux  ou  des  especes  de  grauwa(  kc  schisteuse  forment  le 
pays  cntre  Bodowcn  et  Tregajan,  et  entre  Llanercliymed,  Du- 
las,  Llancilian-Point,  Llanbabo,  le  promontoire  de  Carnels- 
Point  et  Llantrlsent ,  et  on  en  retrouve  encore  entre  Llanfi- 
hangel  ct  Pentraeth,  a  Beaumaris  et  Llandonna.  Ces  roches  sent 
quelquefois  tres-grossieres  ])res  du  grcs  rouge  et  renferment 
des  bancs  compactes  et  siliccux.  Le  gres  rouge  anclen  ne  se 
trouve  qu'a  Test  de  Dulas  et  au  nord  de  Bryngale,  et  entre  Lla- 
nercJiymedd  et  Llanfaelog  et  Gwalcbmai;  il  est  lie  a  la  grau- 
wacke,  et  renferme  quelquefois  des  impressions  de  bivalves. 
Le  calcaire  a  encrines  occupe  le  promontoire  a  I'ouest  de 
Peumon,  et  un  espace  assez  grand  entre  le  gres  rouge  de  Bryn- 
gole,  la  grauwacke  et  les  schistes  cLloriteux  de  Trcgayan  ,  et  le 
terrain  houiller  a  I'ouest  de  Pentraeth.  Ce  calcaire  estcompacte, 
noiratre  ;  il  se  lie  et  alterne  avec  des  gres  houillers ,  ct  renferme 
des  madrepores ,  des  encrines  et  des  trilobites.  Les  gres  prece- 
dens  forment  le  pays  entre  Bodowen ,  Llanchrlstiolis ,  Pentraeth 
el  LlanChangel,  et  on  en  revolt  surles  deux  rivages  du  canal  de 
Menai,au  sud  du  fameux  pont  de  Bangor.  L'auteur  classe  parmi 
le  calcaire  magnesien  ou  le  zechstein  des  alternations  de  calcaire 
compacte  et  de  gres  calcaire.  Ces  dernieres  roches  ne  se  voient 
qu'au-dessus  des  couches  houilleres  du  pont  de  Bangor,  ct  for- 
ment la  pointe  S.  E.  de  I'ile.  Un  aggiomerat  calcaire  y  supporte 
un  gresbrun  jaune,  un  calcaire  gris,  une  argllebleuatre,  un  gres 
calcaire  compacte,  gris,  un  gres I'ouge  fin  et  coquillier,et  un  cal- 
caire compacte  lougeatre.  Le  gres  bigarre  n'exisle  que  vis-a-vis 
de  Caernarvon.  Toutesles  roches  precedcntes  sont  Iravcrsees  de 
Clonsbasaltlques  qui  existent  surtout  le  long  du  canal  de  Menai, 
8urla  cote  de  Dulas  a  Wilfa,  et  dans  I'espece  d'ilede  Holyhead. 
L'auteur  decrit  d'abord  un  filon  de  Plas  TSeivydd  (pii  a  i*?/! 
pieds  d'ejiaisseur ,  et  qui  altere  les  roches  houilleres  ct  calcaires , 
de  maniere  que  les  marues  argilcuscs  sont  endurcics  ou  jnspoides, 
et  le  calcaire  est  devenu  en  parlie  crisfallin.  II  y  a  uicnie  un  en- 
droit  oil  les  masses  argilcuses  jaspoides  presenlent  une  structure 
globulaire,  ou  renfei'ment  meme  des  cristaux  d'analcime,  ou 
Lien  des  cristaux  d'un  grenat  jaune  brunatre.  Lorsque  ces  cris- 
taux sont  rcunis  ensemble,  la  roche  a  I'air  dc  contcnir  desnids 
de  coccolites.  Ces  faits  imporlans  se  revoient  dans  un  autre  filoii 
a  Cadiiant,  et  au:isi,  a  ce  qu'il  parait,  dans  le  High-Tcesdale  dans 


i54  Geologie. 

\e  Norfhumbcrlanil.  Ce  dernier  filon  de  doldrite  est  itioins  large 
que  le  precedent ,  et  traverse  aussi  le  canal  de  Menai.  II  y  eu  a 
un  troisienie  a  Moelydon-Ferry,  qui  a  40  pJcds  de  puissance, 
et  qui  se  ramifie  ;  certalnes  parties  de  calcaircs  traverses,  ainsi 
isolees,  sont  dcvenues  cristallines.  Les  lamelles  des  cristaux  de 
feldspatli  sont  toutes  dans  la   meme  direction  dans  ce  filon.  A 
Llanfihangel-East  il  y  en  a  un  compose  de  pyroxene  vert  et  de 
pvrite;  les  schistes  sont  devenus  jaspoides ,  et  la  houille  une  cen- 
dre  scoriacee.  Le  grand  filon  qui  s'etend  dc  South-Stack  a  I'ex- 
treinite  sud  de  I'ile  de  Holyhead  parait  ca  et  la  supporter  des 
masses  de  schistes    chloriteux  qu'il   perce  ca  et  la.  II  varie  de 
texture  suivant  les  lieux  ;  il  se  ramifie  un  instant  dans  la  serpen- 
tine. Un  autre  filon  semblable  de  dolerite  a  pyrite  et  fer  titane 
traverse  la  meme  petite  ile,  affecte  des   roches  quartzeuses ,  et 
renferme  des  fraginens    alteres  de  schiste.    II  y   a   20  a  3o  fi- 
lons  de  dolerite  ou   de  -wacke,  entre  Beaumaris  et  Garthferry , 
et  I'auteur  donne  des  figures  tres-interessantes  de  quelques-uns 
de  ces  filons  qui  se  ramifient  ou  ont  Fair  de  se  terminer  supc- 
rieurement  dans  les  roches.  Les  districts  de  granite  et  de  dia- 
base ne  se  Irouvent  qu'au  milieu  de  I'ile  a  I'ouest  de  Dulas,  a 
Llanerchymedd  et   entre  ce  bourg  et  Llanfaelog.    Ces   roches 
forment  des  eminences  convenes  de  masses  sans  liaison  entre 
elles.  L'auteur  croit  a  I'origine  ignee  de   ces  roches ,  et  etaie 
assez  mal  a  propos  son  opinion,  du  fait  que  les  gres  rouges  su- 
perposes sur  le  granite  prennent  un  aspect  plus  cristaltin  pres 
de  cette  dern  ere  roche.  Ceci  est  un  accident  tout-a-fait  nep- 
tunien.  11  cherche  ai^ssi  a  rendre  probable  que  Ic  graniten'est  que 
le  resultat  d'une  alteration  ignee  des  roches  avoisinantes.  11  cite 
a  cet  effet  un  i)assage  d'une  breche  a  un  trapp,  et  parle  de  roches 
schisteuses  anciennes  ou  I'amphibole  aurait  ete  produite  par  la 
voie  ignee.  II  donne  ensuite  des  faits  a  ra])pui  de  I'apparition  du 
granite  poslcrieurenicnt  a  la  formation  de  la  grauwackc,  tels  que 
des  amas  de  debris  places  au  contact  de  ces  deux  roches,  une 
couchc  dc  gramvacke  reposant  pres  du  granite  en  stratification 
-non  concordante  sur  un  schiste  argilcux,  etc.  Les  districts  de 
serpentine  offrent  des  traces   de  grands  bouleverscmens.  Knfin 
l'auteur  parle  de  certains   agglomerats  de  schiste  argilcux  ou 
chloriteux  et  de  calcaire  ;  ils  forment  les  promontoires  de  AVIlfa 
et  de  Llanbadrig,  ct  le  pied  Est  du  mont  Llaneilian.  11  terminc 


Geologie.  1 55 

par  quelques  mots  sur  ce  qu'il  appelle  diluvium  ou  alluvions  an- 
ciennes  ,  et  alluvium  ou  alluvions  de  la  mer. 

La  carte  et  les  coupes  sont  d'un  grand  interet  pour  la  science. 

A.  B. 
109.    ExTRAiT  d'un  memoire  sur  le  calcaire  DE  Caen  ,  par 
M.  LE  Neuf  de  Neuville.  [Mem.  de  la  Soc.  Linn,  du  Calva- 
dos, 1824  5  P-  57. ) 

Les  carrieres  de  la  lilaladrerie  sont  dcs  galeries  souterraines 
dont  rentiee  est  un  puits.  Lorsque  ces  galeries  sont  devcnues  trop, 
profondes ,  on  les  ferme  et  on  en  rouvre  d'autres.  L'auteur  de- 
crit  la  serie  des  couches  qu'on  observe  dans  ces  exploitations. 
La  terre  vegetalerecouvre  un  litde  fragniens  calcaires  de  i"i,o5'^; 
il  y  a  ensuite  8  strates  d'un  calcaire    compacte  el  dur  qui  font 
ensemble  4  metres  d'epaisseur  et  qui  sont  separcs  par  des  petlts 
lits  de  silex.  Des  corps  siliceux  se  trouvent  pres([ue  toujours  dans 
une  position  verticale  dans  le  calcaire  suivant,  qui  occupe  i  '" 
36'=.  Des   petrifications  (ammonites)    commencent   a  paraitre 
dans  la  partie  inferieure  de  celte  masse  et  continuent  a  se  faire 
voir  dans  les  deux  couches  suivantes  qui  ont  i™,i3  d'epaisseur. 
Au-dessus  est  situe  un  banc    rougeatre  a  lames  de  bois  fossile 
pulverulent ,  puis  une  bonne  pierre  a  batir  d'un  metre  d'epais- 
seur; elle  contient  des  corps  siliceux,  et  des  nids  geodiques  de 
quartz  calcedonique   pseudomorphique.  La  strontiane  sulfates 
parait  avoir  rempli  une  fois  ces  dernieres  cavites.  C'est  la  aussi 
qu'on  a  trouve  dcs   crocodiles.  La  couche  suivante  a  un  grain 
plus  fin,  et  offre  des  ammonites  placees  debout.  La  profondcur 
totale   des  carrieres  est  d'environ   10  metres  :  neannioins  on  a 
sonde  encore  deux  ;iutrcs  couciies,  dont  la  premiere  laisse  echap- 
per  par  des  trous  un  air  tres-froid  et  fetide ,  landis  que  la  se- 
conde  est  tres-dure.  Le  j)rix  de  la  bonne  ou  mauvaisc  pierre  eat  lo 
meme  :  le  metre  cube  coutc  toujours  8  fr.  A.  B. 

110.  Premier  memoire  de  M.  Magnevillk  sur  le  calcaire  a 
poly})iers  du  Calvados.  [AJcm.  dc  la  Soc.  Linn,  du  Calvados; 
1824;  P-  2i<j. ) 

L'aspect  de  ce  calcaire  varie  beauconp.  II  so  presonle  sous  la 
forme  dc  cailloutis ,  de  plaqucttes  ou  de  moellons.  II  est  jauEalrc 
et  telnt  par  du  fcr;  c'est  un  agregat  de  polypiers  et  de  coquillcs 
qui  laissc  apercevoir  une  quantitc  de  facettes  dc  petifs  cristaux 
de  spalh  calcaitc.  II  y  n  dcs  parlies  sableuscs  ou  argilcuses  j  les 


i5G  Geologie. 

nssises  iitfiirieures  sont  plus  endnrcics  que  les  supc'iieures  et  don- 
nent  debonnes  picrresdetaille.  Onrexj)loilc  surtout  a  Ranvilles, 
Sallenelles,  Bicville,  Reviers,  Pierrepont,  Orval  et  le  long  de  la 
raer,  depuis  Revicrs  a  Cairon.  II  y  a  quelquefois  des  oolites  bru- 
iies  et  blanches,  qui  forment  tout  le  depot  dans  les  falaises  de  la 
riviere  d'Ornc,  cntre  le  bac  de  Benonville  et  Oyestrehan.  Ce  cal- 
caire  renferme  I'encrinite  pyriforme,  une  grandepinnite  decrile 
par  de  Saiissure,  t.  I,  p.  263,  plusieurs  esi)eces  d'ainmonites , 
de  terebratules,  de  nautilcs,  de  belcmnitcs,  de  gryphees,  de  tro- 
clius,  depeignes,  d'lmitres,  de  modioles ,  d'oursins ,  etc.  Ce  de- 
pot comprend  superieurement  une  couche  de  glaise  calcaire  qui 
renferme  aussi  des  fossiles. 

Presd'Aromancheilyaunvallon  entre  la  butte  de  Manvieuxet 
celle  de  Fresne.  I-aparlieinfcrieuredela  falaise  de  Manvieuxetde 
Fresne,jusqu'a  go  piedsau-dessusde  lamer,  est  forinee  par  une  niar- 
ne  bleue  qui  supporle  un  calcaire  divise  en  bancs  liorizoniaux.  Le 
calcaire  a  polypiers  de  i5  a  20  pieds  d'epaisscur  forme  le  chapeau 
de  la  falaise  de  Manvieux ;  mais  il  n'existe  pas  sur  celle  de  Fresne , 
qui  est  trop  basse,  etrcparait  sur  la  butte  Rye.  La  butte  deVer 
est  constituee  de  la  nieme  manierc,  le  calcaire  a  polypiers  s'en- 
fonce  dans  celte  direction,  et  toutes  les  falaises  ct  toutcs  les  car- 
rieres  jusqu'a  Sallenelles  au  dela  de  I'Orne  n'offrent  plus  que  ce 
de])6t.  A  la  roche  de  Sallenelles  il  est  reconvert  par  un  calcaire. 
C'est  la  I'exlremite  nord  du  calcaire  a  polypiers;  il  s'etend  au 
sud  depuis  la  mer  jusqu'aux  liaulcurs  qui  envlronnenl  Caen.  Le 
calcaire  dc  Caen  sunnonte  du  calcaire  precedent  forme  les  co- 
teaux  de  Saint-Gilles,  du  Moulin-au-Roi ,  de  Saint-Julien  et  de 
la  Folic.  Le  terrain  s'elcve  encore  vers  le  nord-cst,  mais  les  cou- 
ches s'inclincnt  dans  la  memc  direction  ,  etila  une  grande  epais- 
seur  au  plateau  de  Lebisey.  Confine  sur  le  bord  de  la  mer  dans 
Farrondissement  de  Bayeux ,  le  calcaire  polypier  prend  uu  grand 
dcveloppcment  dans  la  partie  sud-estdu  departement.  Des  hau- 
teurs a  Test  de  la  commune  de  Port  en  Bessin,  il  s'etend  jusqu'a 
la  butte  de  Rye;  il  est  interrompu  par  la  vallee  de  la  Grande, 
et  reparait  sur  la  butte  de  Ver,  d'oii  il  s'etend  aux  hauteurs  do 
Basonville.  II  forme  tout  le  plateau  des  communes  de  Crepon  , 
Yilliers-le-Sec,  Salnte-Croix  ,  Banville  et  Gray.  II  existe  a  Orival, 
Pierrepont ,  et  so  tcrmine  sur  les  communes  dc  Camilly,  Cairon , 
Rots.  II  va  a  Test  dans  les  communes  d'Aulhic,  deSaint-Gcrmnin- 
la-Blancbe-Ucrbe,  passe  sur  le  tcrritoirc  de  Cacu  en  courouuant 


Geologic.  1 5/ 

les  coteaux  de  la  Maladrcrie,  de  Saint-Jullcn,  de  la  Folic,  du 
Moulin-au-Roi  et  de  Saint-Gilles;  mais  le  coteau  de  Cadix,  moins 
eleve,  n'offre  quelecalcaire  de  Caen.  On  retrouve  notie  calcaire 
sur  I'autre  rive  de  TOrne ,  sur  les  coteaux  de  Colombelle  et  de 
Mondeville.  II  se  termine  a  I'ouest  sur  le  calcaire  de  Caen ,  entre 
Cormelles  et  le  faubourg  de  Vaucelles,  et  enlre  Ifs  et  les  carrle- 
rcs  d'AUemagne.  II  s'etend  de  la  dans  la  plaineausud-est  de  Caen. 
On  le  connait  a  Valmeray,  aVandceuvre,  au  inont  d'Eraines  pres 
do  Falaise  et  de  Lisieux ;  mais  au  sud-oucst  de  Caen  on  n'en  voit 
plus  de  traces  entre  I'Orne  et  la  route  de  Bayeux.  I^orsque  ce 
depot  n'est  rccouvert  que  de  terre  on  remarque  que  cette  terre 
ect  inferieurement  jaune ,  douce  au  toucher  et  a  concretions  de- 
rivees  peut-etre  defossiles;  superieurement  elle  est  rouge,  grassc 
ft  quelquefois  a  galets  de  roclies  intermediaires,  ct  a  de  i  pied 
a  f)  d'epaisseur.  Une  glaise  de  i  a  ao  pieds  d'epaisseur  remplace 
quelquefois  cette  terre  :  les  galets  forraent  alors  quelquefois  un 
poudingue  ferrugineux.  A.  B. 

III.    Geognostjsch-bergmannische    charte    der   Umgecend 

VON   Freiberg.    Carte    geognostique    et   miiieralogique    des 

environs    de  Freyberg,  en  Saxe;  dessinee  d'apres  les  prin- 

cipes  de  Lehmann,  par  W.  Schippau  et  Hajek.  3  rixd.  Dresdej 

1824  >  Arnold. 

na.  M.  DE  Vetheim  a  lu  tout  reccinment  a  la  vSocietc  d'liis- 
toire  nalurelle  de  Halle  un  memoire  sur  le  granite  du  Hartz;  il 
a  reconnu  qu'il  elait  place  en  amas  au  milieu  des  scliistcs  et  que 
son  contact  avec  ces  roclies  presenlait  des  accidens  favorables  a 
I'origine  ignee  du  granite,  neanmoins  il  ne  cioit  pas  devoir 
adopter  ce  opinion. 
ii3.  De   l'origine   et  de   la   formation   des  Voixans.  Par 

M.   Giuseppe   Melograni.  (  yiui  del  Real  Istit.  ai  Napoliy 

To.  I,  p.  1G2.) 

Pour  donner  une  idee  de  ce  travail,  il  sufflt  de  citer  les  corol- 
laires  qui  le  lerminent :  1°.  Les  rochcs  volcaniques  sont  d'origine 
igiice,  ct  elles  I'indiquenl  par  leurs  caracteres  exterieurs;  2".  la 
formation  des  montagnes  volcaniques  est  posterieure  aux  depots 
primitifs  et  sccondaires,  puisque  les  volcans  ne  forment  pas  des 
fossiles  nouveaux,  et  nc  font  que  rejeter  ceux  qui  preexistaient 
dans  des  couches  anciennes  ;  3".  la  source  de  Taction  volcanique 
est  »me  matiere  apparlenantc  surtout  au  fond  de  la  mcr  ct  a  I'inle- 
I'ieur  des  conlincns.  Les  volcans  br/ilans  ct  etcints  font  soupcon- 


1 58  Geologic. 

iier  que  ccttc  matiere  se  rcgenere  sans  cessc  des  memcs  subsfances. 
F.t  en  remontant  des  petits  aux  grands  effets,  nous  somnics  obli- 
ges ,  dit  raiileiir ,  d'avouer  que  le  cliarbon  fossilc  animal  pourrait 
bien  etre  le  combustible  cherche.  L'auteur  se  doruie  bcaucouj)  de 
peine  pour  etablir  cette  derniere  supposition;  il  fait  observer  les 
bouilleres  avec  des  depots  d'animaux  marins,  11  examlncle  prodiiit 
cbimique  des  substances  animales  bitumincuses  telles  que  raramo- 
iilaque,etc.,  il  parledes  pseudo-volcans,  etc.;  5".ily  a  deux  espe- 
cesde  volcans  ;  les unsdcriventleur  existence  entlerementdu  feu, 
tandisque  lesantres  ontlaraerae  orlgine,  sans  etresujots  a  des  ex- 
plosions, cesdcrniers  sonl  les  pseudo-volcans,  et  ne  durent  qu'un 
instant;  les  aulrcs,  au  contraire,  briilent  des  niilliers  d'annees  , 
parce  que  les  matleres  qui  leur  donnent  naissance  se  regenerent 
sans  cesse,  ou  du  moins  a  des  intervalles  de  temps  peu  eloignes 
les  uns  des  autres;  6".  corame  il  y  a  beaucoup  de  difference  dans 
le  degre  de  Taction  du  calorique,  et  que  cela  depend  seulement 
des  alterations  plus  ou  molns  grandes  des  fossiles  attaqucs,  il  faut 
done  que  les  roclies  volcaniques  soieiit  tres-diverses.       A.  B. 

ii/|.  Ideen  su  einem  vulcanischen  Erd-Globus,  etc.  Idees 
sur  un  globe  terrestrevolcanique,  ou  surune  representation  de 
tous  les  volcans  anciens  et  modernes  de  la  surface  delaterre, 
et  sur  lesresultatspliilosophiquesqui  en  decoulcnt;  par  F.  Sic- 
kler.  In-8.  de  8/|  p.,  avec  uue  mappemonde.  "Weimar;  1812. 

L'auteur  raontre  d'abord  ,  par  des  citations  plelnes  d'erudition, 
que  Ton  a  atlribue  de  toutc  antiquite  a  la  terre  des  plicnomenes 
et  des  catastrophes  volcaniques  f  rus-considerablcs.  11  fait  rcmar- 
qucr  ensuite  que  tous  les  districts  volcaniques  se  trouvent ,  a 
Tcxccption  (fun  petit  nombre ,  distribues  sur  des  lignesplusou 
moins  loqgues  ou  larges,  et  il  distingue  j)  meridiens  et  3  paral- 
lelcs  volcaniques.  Les  meridiens  volcaniques  coniprennent,  1".  ce- 
lui  qui  s'etend  du  Greenland,  par  I'lslandc ,  I'Europe  et  1' Afrique, 
jusqu'a  I'ile  Bourbon  et  celle  de  la  Desolation;  5".  celui  qui 
part  des  cotes  septentrionalcs  de  la  Norwege  et  de  la  Laponic, 
pour  se  rendre,  a  travcrs  I'Europe  et  I'Asie,  a  I'ile  de  Ceylan; 
3°.  celui  qui  va  de  Siberie  et  du  Thibet  occidental  jusqu'a  Suma- 
tra ;  //'.  celui  qui  commence  au  Kamtschatka  et  au  Japon ,  et  qui 
finit  dans  les  lies  Moluques  et  la  Nouvelle-Uollande;  5".  celui 
qui  va  de  IVIphon  aux  iles  Mariannes,  sur  la  cute  orientale  de  la 
IVouvelle-Ouinee  et  dans  I'ile  de  la  Nouvelle-Zelande;  G".  celui 


Geologie.  1 5g 

<^ui  s'etend,  a  travers  TAmcrlque,  des  monts  S'^.-Elie  au  cap 
Horn  ;  7°.  celui  qui  traverse  le  pays  de  Labrador,  le  lac  Onlario, 
les  petites  Antilles,  et  qui  finita  I'ile  de  Tristan  d'Acunha;  8°.  ce- 
lui qui  se  rend  du  Groenland  aux  A  cores,  a  Tcneriffe  et  a 
Tristan  d'Acunha ;  g".  celui  qui  court  le  long  de  la  cote  occiden- 
tale  de  I'Afrique.  Les  paralleles  volcaniques  sont,  1°.  celui  qui 
est  autour  de  I'equateur  et  qui  renferme  plus  de  100  volcans 
eteints  ou  en  activite ;  2".  celui  qui  fait  le  tour  du  pole  nord,  a 
compter  depuis  le  5i^.  degre,  qui  renferme  les  volcans  les  plus 
terribles ,  et  ou  la  force  volcanique  parait  surtout  concentree  sur 
une  largeur  de  i5°;  3".  celui  qui  est  autour  du  pole  austral,  a 
compter  depuis  le  5i''.  degre,  et  qui  ue  presente  que  des  iles 
entourees  souvent  de  glaces.  L'auteur  accompagne  la  descrip- 
tion de  ces  differentes  zones  volcaniques  de  I'enumeration  de 
tous  les  volcans  qui  s'y  trouvent ,  et  de  la  representation  de  ces 
lignes  sur  une  raappemonde.  L'interet  de  cette  carte  serait  encore 
plus  grand  s'il  avait  pu  y  marquer  tous  les  volcans ,  comme  a 
fait  M.  Ordinaire,  et  s'il  avait  pu  y  distinguer  les  volcans  eteints 
des  volcans  en  activite. 

L'auteur  conclut  de  ces  faits  que  la  force  Volcanique  est  la 
plus  forte  sous  les  poles;  qti'elle  est  repandue  partoutsousla  zone 
equatoriale ,  et  que  les  zones  temperees  n'offrent  point  de  paral- 
leles volcaniques.  II  adresse  ensuite  les  questions  suivantes  aux. 
geologues  et  aux  physiciens  :  Les  lignes  ignees  dependent-elles 
de  la  distribution  des  depots  priniillfs  ?  Est-ce  que  I'activite 
volcanique  aux  poles  explique  les  phenomenes  d'attraction 
de  I'aiguille  aimantee  ?  A-t-elle  de  I'influence  sur  I'inclinaisou 
de  cette  aiguille  qui  augmente  vers  les  poles?  Les  zones  volcani- 
ques sont-elles  la  source  des  declinaisons  de  I'aiguille  aimantee  ? 
L'auteur  lache  de  rcpondre  a  toutes  cos  questions  par  des  obser- 
vations d'autrui ,  et  il  termine  son  interessant  ouvrage  en  mon- 
trant  le  role  essentiel  que  joue  relectricite  dans  les  phenomenes 
volcaniques,  ou  I'elroite  liaison  qui  existc  entre  cux.         A.  B. 

1 1 5.  Lettre  de  D.  Giovanni  Giusti,  consclller  d'intendance  a 
Catane,  a  M.  Monticelli,  secret,  perpet.  de  I'Acad.  roy.  dc; 
sciences,  sur  la  derniere  eruption  del'Etna.  (^fourn.  Encjcl.  de- 
Naples  ^  annee  i3,  n°.  7.) 

En  1812 , 1'Etna  avait  eu  une  eruption  qui  avait  dure  G  mois  ; 
depuis  lors  I'bn  n'avait  ressenti  que  deux  Iremblemens  de  terrc , 


1  Go  Geologic. 

en  1816  el  1818.  Le  27  mai  1819,  le  Mongibello  mil  fin  a 
ce  loni;  repos  :  on  ressentlt  tout  a  coup  un  vent  ttes-impetueux  , 
desondulations  du  sol.etla  montagne  fit  entendre  d'horribles 
miigissetnens. 

Le  28  mai,  il  se  forma  /(  crnfcrcs  sur  Ic  haul  du  cone,  pies  de 
la  vallt'C  de  Bue,  et  un  cinqnieme  a  Giannicola;  Ics  premiers  n'«- 
faient  qu'a  400  pas  de  la  ciine  de  I'Etna.  lis  vomirent  de  la  fu- 
mee  noire,  des  scories,  ctdcs sables  quilurent  portes  meme  a  iS 
milles  de  la.  Un  des  craleres  cpancha  dans  la  vallee  une  petite 
coulee  qui  s'unit  a  celle  de  la  cinquieme  bouche.  La  lave  de  cctle 
dernicre  fit ,  dans  la  plaine  de  Trif'oglietto ,  4  milles  dans  26  heu- 
res.  Elle  formait  une  coulee  d'un  mille  de  large  et  de  22  palmcs 
de  liaut,  et  elle  s'arreta  dans  la  vallee  de  Calanna. 

Le  9  juin  ,  le  volcan  reprit  sa  premiere  energle;  on  entcndit 
le  bruit  a  21  milles  de  distance.  Le  12  de  juin,  il  se  forma 
deux  nouvelles  ouvertures ;  I'une  pros  du  cinquieme  craterc, 
et  I'autre  a  Giannicola:  toutes  deux  donnerent  des  laves,  mais 
eiles  ne  descendirent  guere  dans  la  region  de  la  vegetation,  et 
occuperent  des  terres  cullivces  sur  ie  cote  orienlal  de  I'Etna. 

Le  2  juin,  la  lave  coulait  dans  la  vallee  de  Calanna,  et  elio 
emettait  Todeur  de  I'acide  muriatique.  Le  sable  volcanique  of- 
frait  du  feldspath  ct  du  pyroxene  noir.  Dm-ant  I'eruption,  le 
cratere  de  Mongibello  est  reste  tranquille  et  convert  de  neige. 
Quelques  montagnards  veulent  avoir  vu  une  longue  fente  sur 
le  plan  dit  du  Philosophe;  mais  I'auteur  n'a  pas  pu  verifier  ce 
fait.  A.  B. 

116.  Sur  la  derniere  eruption  de  l'Etna  ;  leltre  de  J.  J- 
Albert  de  Schonberg  a  M.  le  D"".  J.  F.  Schouw.  [Journ. 
encycl.  de  Naples y  ann.  i3,n".  8.) 

L'autenr  est  monte,  le  29  mai  1819,3  rEtn.i ;  il  a  vn  sortir  la 
lave  sous  ses  picds ;  la  coulee  avait  a  sa  sortie  Go  picds  de  lar- 
geur,  et  a  sa  base  1,200  pieds,  et  elle  avait  dej;\  parcouru  4 
milles  italions.  Une  cascade  de  5  a  600  pieds  s'etait  formee  a 
Baizo  di  Trifoglietto ,  ct  dc  la  la  lave  s'clendalt  plus  lenteniont 
dans  la  plaine  de  Calanna  et  enflammaitlcsarbres.  Plus  liaut  que 
ce  cratere  il  y  en  avait  un  autre  ([iii  lanrait  des  picrrcs  a  800  ou 
1000  pieds  de  liauleur ;  notre  voyageiu-  s'en  approclia  jusqu'a 
/,o  ou  5o  pas  de  distance.  Le  8  juin ,  il  y  cut  encore  une  eruption. 
La  cime  de  I'Etna  c>.t  a  10, /,8  \  picds  sur  la  mcr.  Le  nouvcau  era- 


Geologic.  i6i 

tere  est  au  N.-E.  de  la  montagne ,  a  at  milles  de  la  cime  de  Tan- 
cien,  et  a  i,5oo  pieds  plus  bas.  Le  14  juin ,  il  y  avait  encore  de 
fortes  detonations.  Le  barometre  etait  a  Catane,  le  27,  a  28 
pouces  0,0  ligne,  et  le  28,  a  28  pouces  0,67  ligne.  Un  plan  de 
I'Etna  et  de  ces  nouvelles  coulees  accompagne  celte  leltre.    A.B. 

117.  SuR  LES  TERRAINS  BASALTiQUES  et  sur  Ics  dispositions  res- 
pectlves  des  colonnes  de  basalle  sur  unemerae  montagne;  par 
le  prof.  Hessel.  [Schriften  dcr  Gesells.  der  gesammt.  Naturwiss. 
zuMarburgy  i  r.  vol.,  i823,  p.  i53.) 

L'auteur  commence  par  avancer  les  faits  suivans :  i**.  Qu'oa 
ne  pent  pas  distinguer  mineraloglquement  le  basalte  des  laves; 
2°.  que  le  basalte  est  sorti  des  entrailles  de  la  terre  et  a  forme 
des  cones  ou  des  courans;  3°.  que  le  basalte  n'est  pas  le  prodult 
de  roclies  qui  auraient  ete  fondues,  mais  qu'il  est  une  roche  sui 
generis  comme  le  granite;  4"«  le  refroidissement  plus  oumoins 
lent  est  la  cause  de  la  texture  plus  ou  molns  cristalline  des  ro- 
clies ignces.  La  meme  cause  peut  avoir  aussi  contribue  k  la  di- 
vision reguliere  des  basaltes,  etc.  liOrsque  le  refroidissement  a 
ete  tres-prompt,  la  roche  ignee  est  restee  cellulaire  comme  dans 
la  partie  inferieure  et  superieure  des  courans  de  lave  ou  de  ba- 
salte: ce  que  Ton  voit  bien  au  mont  Stempel,  pres  de  Marbourg. 
Dans  les  cones,  l'auteur  pense  que  le  basalte  avait  deja  pris  y 
pendant  son  elevation,  une  certainecompacite,  en  vertu  du  re- 
froidissement. Les  montagnes  basaltlques  se  presentent  de  diffe- 
rentes  manieres ;  les  cones  sout  en  groupe  ou  en  etoile  ;  cette 
derniere  disposition  indique  des  courans  de  differentes  epoques, 
comme  cela  se  voit  au  mont  Amoneburg.  Plusieurs  courans  y  sont 
sorlis  d'un  cone  principal  accompagne  de  deux  autres  plus  pe- 
tits.  Ces  courans  ressemblent  souvent  a  une  poire,  et  s'elargis- 
sent  a  leur  extremite  :  une  partie  duMosenberg,  presManders- 
cbeid,en  offreun  exemple.Quelquefois  ces  courans  se  sont  divises 
en  deux  ,  comme  pres  de  Gerolstcin.  Les  cones  basaltlques  sont 
plus  frequens  que  les  courans  :  ces  especes  de  colonnes  se  retre- 
cissent  lantot  par  le  bas,  tantot  par  le  haut.  Le  Stenipci  et  le 
Frauenberg,pres  de  Marbourg,  sont  des  cones  sans  coulees. Quant 
aux  prismes  basaltiques,  leur  axe  est  parallcle  ou  non  pirallele; 
et ,  dans  le  premier  cas ,  I'axe  repose  vcrlicalcment,  obliquement 
ou  borizontalement  sur  un  plan;  dans  le  second  cas,  les  axes  des 
prismes  convergent  ou  divergent  par  en  baut,  ou  bien  ilsse  diri- 
B.TomeIL  II 


iGa  Geologic. 

gent  de  tous  cotes  comme  les  rayons  (i'une  splicre.  II  arrive  anssi 
queles  axes  des  prismcs  paraisscnt  paralleles,  tandis  qu'ils  ne  le 
sont  pas  siir  un  plan  perprndiculaire  a  I'liorizon.  Enfin  la  com- 
binaison  de  ccs  differentcs  positions  prodult  des  cts  tres-curienx  ; 
ainsi,  par  example,  les  prismrs  dedcux  masses  basaltlques  peu- 
\ent  etre  places  de  maniere  a  former  entre  elles  un  coude, 
comme  a  I'Amonebnrg,  ou  I'angie  aiiisl  formd  a  de  1 15  a  laS". 
L'auteur  donne  ensuite  des  exemples,  parmi  lesquels  nous  ferons 
remarqiicr  les  prismes  de  I'Amoncburg,  paralleles  et  obliques; 
h^s  prismes  de  Stempel,  convergeaiit  par  en  haul;  les  prismes  de 
Druidenslein  (pres  Kirthen  ,  dans  le  Westenvald  ),  diveri^eaiit 
par  en  hauf;  le  faisceau  de  prismes  radios  qui  se  voil  au  Rnc- 
kei'iberg,  pres  Ober-Cassel.  Dans  un  courant  de  I'Amoneburg, 
les  prismes  deviennent  d'autaiit  plus  obliques  qu'on  moute  vers 
la  cime  do  la  montagne.  Le  refroidissement  expliqiie,  suivatit 
l'auteur,  ces  differentes  divisions  des  basaltcs.  Les  prismes  ver- 
ticaux,  paralleles  et  divergeant  par  en  haul  ou  par  en  bas,  je 
sont  produits  la  ou  la  lave  a  ete  epaisse  et  ou  elle  n'a  pas  coule. 
Les  prismes  verticaux  ont  etc  formes  dans  les  coulees  qui  ont 
convert  lentementdes  plans  borizontaux.  Les  prismes  divergens 
indiquent  un  enfoncement  en  entonnoir  dont  ils  scraient  sorti^. 
Les  prismes  convergcns  par  en  liaut  fontsoupconn^■r  une  ouver- 
lure  retrecie,  d'ou  ils  se  seraient  epanches.  Les  prismes  obliques 
appartiendraient  surtout  aux  coulees.  Les  spberoidcs  basaltifjups 
font  soupeonner  une  contraction,  qui  avalt  produit  d'abord  la 
forme  sulierique;  et  le  refroidissement  se  faisant  de  tous  les  co- 
tes avait  donne  lieu  soit  u  la  division  globulaire  concenfrique, 
soil  a  la  division  prismalique  concentrlque.  A.  B. 

I  18.      CORBESPONDANCE     MINER  ALOCIQUE     dc     MM.     ScHMITZ     et 

TSxv.  {Miner.  Tasclwnbucli,    i8'23,  ae.  sect.,  p.  /169.) 

M.  Schmitz  adresse  quelques  observations  sur  les  basalles  et 
les  laves  de  I'Eiffel.  U  pretend  que  tons  les  cones,  tons  les  pla- 
teaux et  les  amas  basaUi([ues  n'y  sont  qu'adosses  on  snppr[)0ses 
au  terrain  interinedlairc;  ce  qui  est  surtout  apjjlicable,  dit-ll,  a 
la  vallce  de  Bertrich.  Les  cratcies,  selon  lui,  nc  sont  situcs  que 
dans  le  basalte;  ct  les  basaltes  ,  les  schistes  scorifies  et  les  sco- 
ries ,  ne  sont  que  des  roches  basalticpies  alterees  par  la  vole  Jgn<5e, 
par  suite  de  leur  composition  parliculierc,  qui  a  donne  lieu  a 
une  certainc  epoque  a  ces  effels  apriek's  voleaniquos.   Les  araas 


Geologic.  J  65 

stratifies  de  debris de  laves  qui  environnent  les  montagnes  basal- 
tiqucs  lui  indiquent  que  les  basaltes  de  I'Eitfel  ont  ete  produtts  a 
differentes  epoques  et  sous  diff'ereiites  nirrs. 

M.  Nau  communique  quelques  idees  sur  les  b;isaUes  de  Ber- 
trich  :  il  n'y  Irouve  ni  courans  de  laves,  ni  volcans  veritables; 
cepeudant  il  a  vu  des  masses  de  basalte  s'elever  d'entre  les  scliistes, 
et  le  vallon  de  Bertrich  n'est  pour  lui  que  raffaissement  de  la 
partie  des  schistes  intermediaires  qui  a  ete  la  plus  chauffee.  La 
partie  ]\.-0.  de  Bertrich  a  beaucoup  souffeit  du  feu,  et  la  partie 
E.  fort  peu.  Le  cratere  du  mont  Kenlfiisser-Berg  n'est  qu'un  en- 
droit  tres-chauffe  qui  s'est  affaisse. 

II  dit  ensuite  quelques  mots  des  roches  volcaniques  qui  s'eten- 
dent  de  la  vers  rEifftl,  et  sur  lagrauwacke  coquilliere.  Les  mon- 
tagnes  appelees  Mooskijpfe,  pres  Bettenfeld ,  sont  des  masses  in- 
candescentes  et  sonlevees;  et,  comme  les  elevations  devaient 
produire  des  affaisseracns,  des  mares  accompugnent  ces  tas  de 
laves.  L'Eiffelne  lulapresenlenicrateresni courans  de  laves.  A.  B. 

lit).  Sur  les  phenomenes  gf.ognostiques  du  temple  de  Sera- 
pis  ,  avec  une  giav.  {Journ.  Phil.  d'Ediinb. ,  juil.  1824,  p.  91.] 

Get  article  est  tire  de  la  Rlorphologie  de  Goethe.  Ce  temple 
est  a  200  toises  de  Pouzzol,  et  a  i5  pieds  au-dessusde  la  mer. 
L'auteur  le  decrit  et  dit  qu'il  date  plutot  du  V .  que  du  2^.  siecle  ; 
mais  on  ne  pent  pas  fixer  ^i  preciscment  I'epoque  ou  il  a  etc  ense- 
veli  par  des  depots  volcanicpies.  II  est  a  une  demi-iieue  de  filonte 
Nuovo,  qui  s'est  eleve  en  1538  a  1000  pieds  de  hauteur,  et  a  une 
demi-lieue  de  la  solfatare.  II  suppose  que  des  cendres  ont  ense- 
veli  une  partie  de  I'edifice,  de  maniere  a  bourlicr  le  conduit  d'un 
fdet  (i'eau  employe  dans  le  temple  jjour  la  jiurification.  Get  acci- 
dent produisit  un  Inc  oil  vecurcnt  les  pholades  qui  ont  rouge  les 
colonnes.  On  (it  t'conler  ce  lac  lorsqu'on  cut  decouvert  rodifice, 
et  on  commenra  a  enq)loyer  les  marbres  en  1752,  ce  qui  fait 
qu'il  n'en  reste  que  tres-peu  de  debris.  Ces  pholades  ont  pu 
vivrc  dans  ce  lac  accidentellcment  forme,  parce  que  I'eau  en  «5tait 
un  peu  salee,  a  cause  du  voisinage  des  cendres  et  des  raatieres 
ignees. 

Si  lamer  IMediterranee  s'ctaitverilablement  abaissee, comme lo 
sui>posent  quelques  geologues,  (piels  changeniesis  ne  se  seraient 
jiasoperes  sur  les  cotes?  Gepeiida  fit  on  n'apercoil  rnillc  jiartde  tra- 
ces li'un  pareil  plicuimiene,  el  aucune  rlironiquen'ei:  (ait  mention. 


1 G4  Geologic. 

La  gravure  repri'sciite  le  ttinjjle  a\ant,  apres  et  pendant  I'exis- 
tence  de  cet  effet  suppose.  A.  B. 

i20.Phenomene  n'uN  lac  d'Italie. [Jntologia , aout  1824, p.  i  V^') 

Le  ig  juLllet  1824  au  matin,  apres  une  averse  violente,  mais 
de  courte  duree ,  et  apres  plusieurs  coups  de  tonnerre  assez  forts, 
on  vit  Ics  eaux  du  lac  de  Massaciuccoli ,  dans  le  territoire  de  Luc- 
ques,  et  pres  de  la  commune  de  Veccliiano,  se  troubler  a  I'extre- 
mite  occidentale  du  bassin ,  et  se  colorer  comme  si  Ton  y  avail 
dissous  du  savon  ou  eleint  de  la  cliaux.  L'eau  rcsta  dans  cet  etat 
pendant  la  journee  du  20,  et  ce  ne  fut  que  le  21  qu'elle  reprit 
sa  linipldite.  On  vit  alors  une  quantito  nombreuse  de  poissons , 
grands  et  pellts ,  moits  sur  l'eau.  II  y  en  avail  une  telle  abondance 
que  les  pecheurs  lucquois,  ayant  fail  leurs  provisions,  el  ayant 
permis  aux  pecheurs  de  Toscane  d'en  faire  autant,  il  resla  encore 
tant  de  poissons ,  que  le  gouvernement  lucquois  ful  oblige ,  pour 
prevenir  I'infection  de  I'air,  d'envoyer  des  gens  afin  de  faire  en- 
fouir  les  poissons  morts.  La  meme  disposition  fut  prise  dans  la 
commune  de  Veccliiano,  pour  la  partle  du  lac  qui  louche  a  la 
Toscane.  L'agitation  el  le  trouble  des  eaux  .ivaicnt  ete  accompa- 
gnes  d'une  forte odeur  sill fureuse,meiee  a  celle  qu'exhalent  des  ve- 
getaux  en  putrefaction. 

121.  Rome.' —  2fi  aout. — Dans  la  null  du  10  de  ce  niois,  il  s'esl 
oper6  aux  environs  de  Tivoli  un  affaisscment  subil  de  terrain 
assez  considerable  jd'ou  Ton  a  vu  jaillir  en  abondance  des  eaux 
tres-limpides  qui,  dans  Tespace  de  quehjues  jours,  ont  forme  un 
veritable  lac.  On  evalue  sa  circonfercnce  a  cent  Irente  palmes ,  et 
sa  plus  grande  profondeur  a  environ  vingl-huit.  On  ignore  jus- 
qu'a  present  la  veritable  cause  de  ce  phenoraene.  i^Constitudonncl, 
II  sept.  1824. ) 

122.  Le  2  de  ce  niois,  a  six  heures  du  soir,  il  s'csl  fait  une 
ouverlure  dans  les  marais  deStaubury,comte  de  York.  Le  terrain 
s'est  cnfonce  de  18  picds,  el  pi-esenlait  deux  cavites  principalcs, 
donl  I'une  avail  environ  Coo  pieds  de  circonference ,  cl  I'autre 
1,800.  De  ces  cavites  jaillirent  deux  iuimcnses  colonnes  d'eau 
bourbeuse  qui ,  se  reunissanl  a  3oo  picds  de  leurs  sources  ,  for- 
merent  en  deux  lieures  un  torrent  d'cnviion  \  5o  pieds  de  largeur 
sur  12  dc  profondeur.  Le  torrent  suivit  le  cours  d'un  ruisseau 
qu'il  debordaila  60 ou  80  pieds  decliaque  cote;  sur  loule  sa  route, 

qui  fut  dc  738  milles,  il  dcposa  une  substance  noire,  qui  avail 


Geologic.  i65 

depuis  8  jusqu'a  36  pouces  de  prolondeur.  On  y  reconnaissait  dii 
sable,  des  fragmens  rocailleux  et  cles  morceaux  de  bols  ou  d'arbres 
deracines  qu'il  avait  entraines.  II  renvcrsa  dans  son  coiirs  un  pout 
de  pierre ,  devasta  plnsieurs  champs  de  ble ,  tletruisit  des  haies  et 
des  murs,  et  entra  dans  differentes  maisons  dont  il  souleva  les 
ineubles.  Au  moment  del'iiTuplIon,  les  nuages  avaicnt  une  cou- 
leur  cuivrce;ratmospIiere  etait  ties  clectrisee;  11  faisait  une  cha- 
leur  ctouffante ;  on  entendait  de  violens  et  de  frequcns  coups  de 
tonnerre,  et  les  eclairs  etaient  extiemement  brillans.  Une  heure 
avant,  on  ressentait  a  peine  un  leger  courant  d'air ;  mais  bientot 
il  s'c'leva  un  ouragan  qui  dura  deux  heures,  et  qui  fut  suivi  d'un 
grand  calme.  Une  pluie  abondante ,  qui  avait  dure  pendant  tout 
ce  temps,  cessa,  et  I'atmospbere  redevint  tres-pure.  On  attribue 
ce  phenomene  a  une  commotion  souterraine,  la  plus  conside- 
rable qui  ait  eu  lieu  en  Angieterre  depuis  plusieurs  siecles. 

La  riviere  de  I'Aire  presentait  encore  vendredi,les  effets  re- 
sultans  de  ce  phenomene  ;  I'eau  ctait  tellement  corrompue  qu'elle 
a  fait  perir  une  grande  quantitc  de  poissons,  et  les  habitans  de 
Leeds  nc  pourront  phis  s'en  servir,  au  moins  pendant  quelque 
temps.  (  FeidlL  de  Londres  et  Constitutionnel ,  12  sept.|i824. ) 

123.  IIisTOiRE  d'un  bloc  roulk  ,  appele  la  Pierre  quia  voyage  , 
prcs  de  Castle-Sluart,  dansle  comte  d'Inverness;  par  T.  Lan- 
der Dick.  (  Gentlemen  Magaz. ,  octobre  i8a3,  p.  3i  i.) 

Ce  l)Ioc  est  une  masse  de  poudingue,  compose  de  granite,  4e 
gneis,  de  quartz  et  d'autres  roches  primitives,  et  cette  roche 
n'existe  en  place  qua  7  milles  de  la.  II  gii  sur  les  sables  de  la 
baie  pres  Caslle-Stuart,  dans  le  go!fe  de  Murray.  II  a  /,  a  5  pieds 
de  ha'it,  4  a  5  pieds  de  largeur  et  6  a  7  de  longueur,  et  II  pent 
prser  80  tonneaux.  Sa  parlie  inferieure  ressemblea  la  quille  d'un 
vaissoau  et  a  probablement  aide  a  son  transport  natur  1.  Le  fait 
est  que  ce  bloc  etait  avant  le  19  fcvrier  1799,  ^  -''^  ve;;,cs  de 
I'endroit  ou  il  se  trouve  actuollement,  et  celtc  especc  de  voyage  , 
d'ou  la  pierre  a  recu  le  nom  de  Travelled  Stone ,  s'cst  opere,  a  ce 
qu'il  parait,  au  moyen  d'une  croutc  de  glacc.  Elle  avait  onloure 
sa  base ,  et  une  marue  monUmte  tres-forte  et  acconipagncc  d'une 
terrible  tempetc  a  pu  ainsl  transporter  Ic  bloc,  qui  s'est  trouve 
quelqnes  momciis  supporle  sur  I'cau.  L'aulcur  cherche  a  appli- 
quer  cet  accident  particulier  a  I'explication  de  I'origine  des  blocs 
roules,  obbcrvi's  dans  beaucoup  de  pays,  A.  Bi 


1 66  Geologic. 

llff.  NoTICR    SVR   Lr.    OISKMENT  DKS  OSSEMKNS  POSSII.XS   DES   ENVI- 

BOMs  d'Argenton  (Indre);  par  M.  Basteuot.  (^Mihn.  tie  la  Soc. 

d'Hist.  nnt.  ile  Paris,  t.  i,  1 1*'.  partio,  p.  233.  ( Voy.  le  Build. 

de  18^3,  t.  1  ,  n  .  364.  ) 

On  sait  qu'il  existe  dans  une  marniere,  aupres  d'Argenton  , 
de  nombreux  debris  de  corps  organises,  tels  que  des  ossemens 
de  lophiodons,  da  crocodile  et  de  tortue.  L'aatear  de  cette  no- 
tice se  propose  d'en  faire  connaitre  I'histoire  g6ologique,  c'est- 
a-dire  d'indlqaer  leur  position  dans  le  sein  de  la  terre  ,  la  nature 
des  coHclics  qniles  renlerment ,  et  la  place  qu'eUes  occupent  dans 
la  serie  goiierale  des  formations.  II  decrlt  d'abord  d'une  maniere 
succincte  le  sol  des  environs  d'Argenton,  dont  Ics  plateaux  sont 
composes  de  calcaires  caverneux  et  oolitiques.  An  soinrnetderun 
de  ces  plateaux  et  a  trois  quarts  de  lieue  a  TO.  de  la  ville,  on 
observe  une  marne  assez  tendre ,  dont  la  masse  un  pen  inclinee 
vers  Je  N.  repose  iraniediatement  sur  le  calcaire  oolilique.  C'est 
dans  cette  marne  que  se  Irou  vent  Ics  ossemens,  en  tresgrande 
abondance  ,  souvent  ecrasesettellement  I'ragiles  qu'il  est  difficile 
de  s'cn  procurer  d'entiers.  Les  coquilles  sont  fort  rares  dans  ce 
depot :  un  n'y  voit  que  des  planorbes  el  des  eroprcintcs  d'une 
coquillo  analogue  aux  cyclostomes.  L'etenilue  de  la  couche  est 
tres-bornee;  elle  n'a  pas  plus  de  600  pieds  de  longueur,  sur  une 
largeur  de  5o  a  60.  D'apres  les  caracleres  zoologiques  des  debris 
enfouis  dans  cette  marne,  on  ne  peut  douter  qu'elle  n'ait  ete  do- 
posce  dans  I'eau  douce;  mais  a  laquellc  des  formations  d'eau 
douce  doit-on  la  rapporter  ?  L'aufeur  penclie  a  crolre  qu'cUe  est 
dela  meme  ^poque  que  le  depot  de  calcaire  marneux  qu'on  ob- 
serve a  Montabusand  pres  dOrieans.  G.  Del. 

125.  Decodverte  n'ossEMFNs  d'Elkpiiant  prcs  dc  Lyon.  (Lcttrc 
a  M.  le  Redacteur  du  Journal  des  Debats.  Lyon,  8  sept.) 

Sur  la  colline  qui  separe  le  Rlione  de  la  Saone  a  Test  de 
la  ville  de  Lyon ,  dans  un  jardin  polager  qui  depend  de  Caluire  . 
et  qui  est  place  sur  la  limitc  de  la  (Iroix-Roussc ,  M.  Aiiic, 
entrepreneur  de  batisscs,  fait  construire  une  maison  a  I'eutrce 
du  chemin  de  la  Grille.  Pour  se  procurer  de  la  terre  a  pise ,  i!  a 
fail  pratiquer  dcrriere  la  maison  un  grand  creux  dans  une  marne 
argilcuse;  ses  ouvriers  ,  parvenus  a  la  profondeur  de  7  p.  ^ ,  ont 
Irouvc  des  debris  d'os  blancs  et  assez  friables.  On  a  etc  surpris 
de  voir  des  parties  animalcs  dans   une  terre  que  les  jardiniers 


Gotloi^ie.  167 

rfgardaient  comme  uiic  terre  y'vr'^v  ,  que  jnmais  main  d'lionimc 
n'avait  encore  louchee,  et  que  jamais  ni  pelle  ni  pioche  n'avaient 
reniuee. 

L'etonnement  a  redouble,  qunml  dcs  osseniens  enonnes  se  sont 
offerts  aux  regards  des  speclateurs  emei'velUes.  M.  Aine  a  pris 
soln  de  ces  o.isemens,  et  m'a  fall  proposer,  niardi  dernier, 
3l  aout,  d'a'ler  les  voir. 

Je  m'y  suls  transporle,  et  il  ne  m'a  pas  <5te  difficile  de  re- 
connailre  des  os  d'cliipliantdans  un  humerus  long  de  2  p.  -^  (pied 
de  ville ) ,  et  large  de  9  pouces,  a  son  extremltc  supcrleurc  ,  dans 
un  tibia  aplati,long  de  2  p.  ^,  dans  deux  fragmens  de  scapu- 
lum  longs  ensemble  de  2  pieds.  D'ailleurs  une  tete  de  femur,  !es 
condyles  de  ces  os,  beaucoup  de  portions  de  cotes,  de  vertebres 
et  diverses  pieces  du  sqiielelte,  m'indiquaient  assez,  par  leurs  for- 
mes et  leurs  proportions,  a  quel  animal  elles  avaient  appartenu. 

Les  deux  branches  de  la  mSchoire  inferieure  armees  chacune  de 
deux  dents  molaircs  ,  dont  la  table  seule  est  longue  de  6  pouces, 
auraient  suffl  pour  dissiper  nies  doutes  si  j'avais  pu  en  avoir. 

Quelques  pcrsonnes  peu  eclairees  prelendaient  que  c  etaient 
des  OS  de  geant;  <l'autres  ,  un  peu  moins  ignorautes ,  disaient 
que  c'etait  le  sqnelette  d'un  Mammouth  (Mastodonte  de  Cuvler). 

Les  personnes  a  qui  j'ai  pu  prouver  que  ces  os  d'une  si 
grande  dimension  avaient  appartenu  a  un  elephant  ,les  out  ron- 
sideres  avee  une  sorte  de  respect,  comme  les  rest es d'un  de  ceux 
de  I'armce  d'Annibal.  (.Suivent  des  obsei"vations  de  I'autear  de 
la  lettre  au  sujct  de  cette  opinion  ,  qui  ne  lui  pai-ait  pas  plau- 
sible. Voy.  la  7*^.  section  du  Bulletin  ou  nous  rcudons  compte 
des  lettres  que  cette  opinion  a  provoquees.  Nous  ferons  rtmar- 
quer  a  ce  sujet  qu'il  est  elonnant  aujourd'hui  que  des  ques- 
tions si  diffcrentes  se  trouvent  confondues  ,  ct  qu'on  veuille 
encore  recourir  a  des  cvenemens  historiques  pour  expliquer 
un  phenomene  de  cetle  espcce  purement  goologique ,  et  qui  en 
tout  clat  de  cause  nc  saurait  avoir  rien  de  commim  avec  le 
passage  d'Annibal,  vu  la  profondeur  ct  la  nature  des  couches 
dans  lesquelles  etaient  ces  ossemcns.) 

Jelespcse  etles  incsurc;mais  ces  details  depasscraierit  les  borncs 
dans  lesquelles  je  dois  me  renfermer  :  seulcmciit ,  pour  donner 
une  idee  de  la  masse  de  ces  os ,  je  dirai  que  Tunc  des  branches  de 
la  niachoire  inferieure  avec  ses  deux  dents  molaires,  pese  20 
llvrcs  |,  et  riiunierus  44  hvres. 


1 68  Geologie. 

L'lndividu  auquel  oat  appartenu  oes  os  etait  dt5ja  avance  en 
Age,  le  norabre  des  lames  des  dents  I'lndique. 

J'oublials  de  dire  que,  parml  les  os  d'elephant ,  on  en  trouve 
quelques-uDs  de  bceuf.  Je  ne  sais  si  les  fouilles  subsequentes  en 
feront  decouvrlr  de  quelques  autres  animaux ,  tels  que  I'hlppo- 
potame ,  le  rhinoceros ,  etc. ,  ce  qui  n'est  pas  rare. 

J'ai  I'espoir  que  ces  os  etant  disposes  dans       lo  csbined'ana- 
tomie  de  I'ficole  royale  veterinaire ,  la  ville  de  Lyon  n'en  sera 
pas  privee. 
C.  J.  Bredin,  directeur  de  I'^cole  royale  veterinaire  de  Lyon. 
^Journal  des  Dchats ,  12  septembre  iSaA-) 

126.  Notice  ceologique  sur  le  pbetendd  fossile  humain 
trouv6  pres  de  Moret ,  au  lieu  dit  le  Long-Rocher  (Seine-et- 
Marne);  par  M.J.  J.  N.  Huot.  In-8.  de  19  p.  Paris,  avril  1824. 
(Extrait  du  Corsaire,  juill.  et  aout  1824.) 

L'auteur  commence  par  faire  remarquer  que  les  os  fossiles 
presentcnt  a  I'ordinaire,  dans  leur  tissu,  la  plus  parfaite  ana- 
logic avec  des  ossemens  simplement  dessecbes,  et  la  gelatine  est 
la  seule  partie  constituante  que  I'analyse  chimique  n'y  dccouvre 
plus.  Las  petrifications  different  des  fossiles  en  ce  que  les  par- 
ties solides  des  corps  organises  y  sont  remplacces  par  du  cal- 
caire,  de  la  silice  ou  du  grcs;  neanmoins  toules  les  formes  de  ces 
corps  ont  et^  conservees.  Enfin,  les  rcstcs  des  ^tres  organises 
peuvent  ^tre  incrnstes  de  parties  calcaires,  comrae  cela  ari"ive 
journellement  a  la  fontaine  de  Saint-Allyre ,  pres  de  Clermont 
en  Auvergne.  Le  fossile  huraain  en  question  ne  merite  pas  ce 
nom ,  puisqu'il  n'y  a  que  les  parties  solides  qui  puissent  deve- 
nir  fossiles.  On  ne  pent  pas  non  plus  le  considerer  commc  une 
petrification  ou  le  squelelte  d'un  homme  et  d'un  cheval  petrific ; 
en  effct,  I'operation  de  ]a  ])etrification  n'aurait  pu  avoir  lieu 
que  sur  les  parties  solides,  parce  que  les  muscles  ontdii  disj)a- 
railre  avant  que  le  tissu  ne  sc  solt  trouve  en  contact  avec  le 
tissu  osseux ,  et  les  mollusqucs  petrifies  n'ont  jamais  offert  de 
parlies  cliarnues  petriiiees.  Nous  nous  permettrons  de  remar- 
quer que  rauleiir  va  ])eul-etre  unpen  trop  loin,  tomoin  I'al- 
biim  gra;cum  petrific,  de  la  caverne  de  Kirkdalc.  Dans  la  sup- 
jiosition  meme  de  I'existcnce  verit;iblc  de  ce  fossile  bumain  , 
il  aurait  fallu  d'abord  s'assurer  s'il  n'itait  pas  enfoui  dans  un 
ai;;;Ic)mcrat  rercnt  d«  sable  reagrr^gc't ,  commc  rhonimc  fossile  de 


Geologie.  i  G9 

la  Guadeloupe.  On  pourrait  encore  supposer  qu'une  operation 
lente  avait  desagr^ge  des  gres ,  et  en  a\alt  forme  un  endult 
solide  autour  d'un  homme  et  d'un  cheval,  comme  cela  est  arrive 
pour  certaines  momies  de  la  Libye  ;  mais  le  terrain  des  environs 
de  Fontainebleau  n'est  nullement  favorable  a  une  semblable  in- 
crustation. Les  parties  de  cet  homme  fossile  ne  sont  pas  en  pro- 
portion I'une  de  I'autre;  la  tete  est  trop  grosse,  le  sternum  ne 
se  voit  pas  ;  on  ne  peut  s'assurer  de  I'existence  des  bras  et  des 
jambes,  etc.  La  tete  du  cheval  est  trop  petite,  etc.  L'auteur  con- 
clut  que  ce  ne  sont  que  des  masses  de  gres  de  formes  bizarres 
et  accidentelles.  La  petite  quantite  de  phosphate  de  chaux  que 
M.  Barruel  a  trouve  dans  les  fragmens  de  I'homme  du  Long- 
Rocher  ne  prouve  rien;  il  aurait  fallu  specifier  la  quantite  re- 
lative des  autres  parties  constituantes,  puLsque  le  carbonate  de 
chaux  ,  I'oxide  de  fer,  et  meme  le  phosphate  de  chaux  existent 
dans  ces  gres,  et  il  aurait  fallu  s'assurer  si  aucune  substance 
animale  n'avait  ete  apporteeaccideiitellement  dans  les  cavites  de 
la  pierre.  Enfin  les  naturalistes  sont  accouturaes  a  rencontrer 
de  pareils  jeux  de  la  nature;  ainsi  les  envii-ons  du  vallon  de 
Franchard  presentent  a  I'ocil  des  serpens 

127.  Lettrf,  sur  le  pretendu  fossile  humain  des  environs 
DE  Moret,  aM***,  membre  do  la  Commission  poui-  la  re- 
cherche des  antiqultes  dans  le  dtparlement  de  la  Cote-d'Or. 
In-8.  de  12  p.  Paris  ;  iS-i/J- 

L'auteur  trouve  qu'on  aurait  pu  disposer  ces  morccanx  de 
gT-e*  ^^'Mrt^  plus  artistement;  il  fait  ensuite  ressortir  le  manque 
des  proportions  des  differentes  parties  de  Thomme  fossile  ,  et  il 
trouve  que  la  tete  du  cheval  n'est  qu'un  jeu  de  la  nature  ou  un 
ouvrage  de  la  main ,  ou  une  tete  moulcc  sur  la  nature  meme. 
Ensuite,  admcttant  que  le  fossile  est  le  resultat  d'un  homme  et 
d'un  cheval  ccrase,  il  sc  fait  differentes  objections  :  Pourquoi  la 
tete  humaine  n'est  pas  formce  comme  celle  du  cheval  ?  Si  les  lu- 
bulosites  de  I'avant-bras  indiqucnt  bien  la  place  des  os,  pour- 
quoi y  a-t-il  encore  cinq  a  six  autres  trous  qui  n'appartiennent 
pas  aux  OS  du  corps?  Comment  se  fait-il  qu'a  cote  d'un  homme 
fossile  il  se  trouve  un  cheval?  Si  on  trouve,  a  Fontainebleau, 
des  gres  qui  ont'la  forme  d'un  bras  ou  d'unc  jambe,  n'y  a-t-il 
])as  bien  i)eii  do  probabilites  (|u'unc  cause  fortnile  ait  produit 
i  apparency  d'un  homme  couchc,  avcc  les  jambes  sur  son  cheval  ? 


1 7*^  Geologic. 

D'aprcs  ccla,  Timleur  suppose  qu'uri  hoinnic,  concjie  ave<:  son 
cheval  dans  une  grotle,  y  a  ele  eiiseveli  par  un  aflaisscnicut  d^-s 
rochers ,  ct  que  ces  os  ont  disparu  apres  que  du  sable  se  sei-a 
moule  sur  cux.  II  emel  ensuite  I'idee  que  les  statues  pierreuscs 
humaines  de  la  Libye  pourraient  bien  n'etre  que  des  uioules 
des  cadavres.  A.,  jj, 

128.  Rapport  scr  le  fossile  trouve  au  Long-Roclier  dans  la 
foret  de  Fontainebleau;  par  MM.  Descourtils,  Gillet  de 
Lausiomt  fils  et  Thiebaud  de  Berneaud.  ( Annalcs  dc  la  Soc. 
Linn,  de  Paris,  liv.  IV,  p.  3/, 3.) 

Les  auteuis  citent  d'abord  le  rapport  de  M.  Barruel  a  i'Aca- 
demie  de  medecine,  dans  lequcl  il  declare  qu'il  n'avait  trouve  du 
phosphate  de  chaux  que  dans  le  fossile  Lumain  et  non  dans  le 
gres.  lis  ont  analyse  aussi  le  fossile,  et  10  grammes  leur  onl 
donne  sur  100  parties  97  de  sable  siliceux  el  3  de  matiere  so- 
luble dans  I'acide  hydrocLlorique.  Ces  3  parties  ont  prodult  afj 
p  .  s  de  cliarbon  ,  il  n'ont  pas  apereu  de  pbospliale  de  cLaux  ou 
du  moins  il  ne  se  trouve  dans  los  morceaux  analyses,  que  dans  des 
proportions  trop  menues  pour  ctre  pris  en  cDnsideration ;  en- 
fin  ils  ont  trouve  que  la  calcination  di-gngeait  du  fossile ,  des  gaz 
a  odeur  empyreumatiquc  et  ammoniacale.  Les  auteurs  ont  ete 
examiner  le  giscment  de  ce  fossile.  Les  gres  de  Fontainebleau 
leur  ont  offert,  surtout  sur  la  ligne  du  Long-Rocber,  des  ero- 
sions des  caux,  M.  Gillet  de  Launicnt  a  trouve  en  1819  des  cy- 
therecs  dans  ce  gres  pres  de  Neuilly.  lis  ont  observe  au  Long- 
Rocber  beaucoup  de  trous,  des  croulcssiliceuses  de  7  millimetres 
d'cpaisseur,  ct  une  variation  dans  le  son  des  differenles  masses. 
L'enlevement  des  croiitcs  dc  rochcs  leur  ont  offert  des  formes 
bizarres  et  des  teintes  variant  du  noir-brun  au  rouge.  Ils  ont 
trouve  que  cette  coloration  n'est  due  souvent  qu'a  du  cliarbon. 
Les  auteurs  citent  des  cas  ou  des  cadavres  ont  etc  ensevelis  dans 
le  sable,  et  y  sont  devenus  des  momies.  En  179/1,  on  a  trouve 
ainsi  pres  de  Noisy  -  sur  -  Ecole  le  corj)s  d'une  jeune  fdle,  el  en 
1797  on  a  ddcouvert  un  corps  scmblable  depose  par  le  Rhin 
pres  de  Coblentz.  II  faudrail  scier  le  fossile  pour  s'assurer  si 
c'est  un  moule.  Les  auteurs  cxpliqucnt  la  difference  dii  son  des 
masses  par  une  difference  de  densile,  el  ils  concluenl  que ;  i°.  la 
portion  du  rocher  a  laquelle  ranthropomorplie  etait  lixe  n'a 
|)as  toujours  ete  dans  sa  position  actucUc,  puisqu'il  a  des  trous 


Min^.raJni^ie.  r  7  i 

hiiriz'intiinx ,  taiidis  cpie  ooiix  (l<'s  gri.-s  lU;  la  Ibre!  soiit  loujours 
VHrfi<;\iix  ;  2".  Ij  ])arlie  coioire  ilu  fossilc  et  des  gres  est  due  a 
line  stibsiance  venue  de  I'interleur;  3°.  cette  partie  est  tou- 
joiirs  mise  a  I'abii  du  contact  de  Fair  par  uiie  couclie  sillceuse; 
4".  cette  partie  coloree  est  due  a  la  decomposition  de  inatieres 
animales  et  vegetales.  A.  B. 

129.  HiSTor.iA.  RiEVALLENsis...  contcnant  uHc  dissertation  sur  les 
restes  d'aniniaux  de  la  caverne  de  Kirkdale,  avec  une  histoire 
et  les  antiqiiltes  de  Kirby  Moorstde  et  son  voisinage  jusqu'a 
nne  distance  de  i5  milles,  avec  des  bibliographies  d'liommes 
eininens,  etc.;  par  le  Rev.  AVilliam  Eastmead;  in-8.,  avec 
des  planches.  Prix:   i3  schell.  Loiidi-es;  1824. 

i3o.  Decouverte  d'animaux  fossiles  en  Angleterre.    [Lite- 
rary Gazette,  inai  1824  ,  p.  3i3. ) 
On  a  deconvert  des  os  d'elcphans,  de  rhinoceros  ,  de  bceufs 
pies  Ilford  dansl'Essex,  en  crensant  delaterre  a  briques.  Ccs  os 
sont  a  17  pieds  de  profondeur.  A.  B. 

i3i.  Notice  sur  une  baeeine  fossile  decouverte  dans  le  port 
de  DuniDore.  [Journ.  Philos.  d'Edimb. ,  juillet  1824  ,  p-  220.) 
Ce  port  est  dans  le  Stirlingshire;  la  baleine  gisait  a  -^  ou  ^ 
mille  du  lit  de  la  riviere,  et  ctait  couverte  par  3  a  4  P'cJs  dii 
sol  d'alluvion  ,  et  est  a  20  pieds  aii-dcssus  des  hautes  inarecs 
du  prinleraps,  ce  qui  ctait  aussi  le  cas  pour  celle  d'Airthrie.  La 
longueur  de  ce  fossile  est  de  70  a  75  pieds.  A.  B. 


.  MINER  ALOGIE. 
i32.  Elementi  di  minekalocia  ,  etc.  El(5niens  de  mineralogie; 
par  le  D*^.  S.  A.  Renif.r  ,  prof,  d'liistoire  naturelle  a  I'uni- 
versite  de  Padoue.  Iu-8.  ;  to.  1.  Padoue;  1823  ;  Crescini(i). 

Nous  ne  connaissons  de  cet  ouvrage  que  les  tois  promierei 
livraisons,  vcnferniant  I'liistoirc  de  la  mineralogie  en  general,  et 
I'expose  des  caracteres;  mais  la  maniere  donl  I'auteur  a  Iraile 
cette  partie  imjiortante  de  son  sujet  nous  fait  desirer  viveiuent  la 
continuation  de  son  travail,  qui  ne  pciil  manquer  de  rcpandre 
en  Italic  le  gout  de  la  science  ct  de  contribuer  a  son  avancement, 

(i)  Voy.  le  Uull.  de  mai  ,  n".  36,  pour  rinUMjuctiou  dc  eel  ouvraj;!', 
annoncii  par  crrour  sous  le  noin  Ju  D'.  Keiuer. 


'  7  2  Mineralogie. 

Dans  une   introduction   d'line  centaine   de  pages,  M.   Renier 

passe  en  revue  tous  les  ecrivains  qui,  depuis  les  temps  les  plus 

recules,  ont  traite  des  mincraux  ,  et  donne  des  details  fort  in- 

teressans  sur  les  travaux  des  savans  italiens  avant  le  18".  siecle, 

et  sur  la  part  qu'ils  ont  eiie  a  la  decouverte  des   principaux  fails 

mmeralogiques,  geognostiqucs  et  merae  cristallographiques.  II 

enumere  avec  soin  toutcs  les  collections  de  nnincraux  que  pos- 

sede  aujourd'lml  lltalie ,  et  les  etablissemens   dans   lesquels  la 

science  est  publiquement  enseignee.  II  expose   ensuite  quelques 

vues  generales  sur  la  constitution  physique  du  globe,  qui  doi- 

vent  servir  comme  de  preambule  a  I'histolre  complete  du  regne 

mineral ;  et  termine  son  introduction  par  une  division  des  corps 

terrestres   en  general,   et  de  la  science  mineraloglque.  II  pose 

ensuite  les  bases  de  cette  science  dans   trois  chapitres  ,  dont  le 

premier  traite  des  caracteres ,  le  second  de  la  classification ,  et 

le  troisieme   de  la   nomenclature.    Nous   n'avons   connaissance 

que  de  I'expose  des  caracteres,  pour  lequel  I'auteur  a  suivi  la 

marchetracce  par  Haiiydans  son  grand  ouvrage.  II  les  divise  en 

caracteres  geometriques,  caracteres  physiques ,  caracteres  chi- 

miques  et  caracteres  distinctifs.  L'article  concernant  la  tbeorie 

de  la  cristallisation  pent  etre  considere  comme  le  resume  com- 

plet  de  tout  ce  que  le  savant  francais  a  public  sur  ce   sujet. 

Nous  continuerons  de  rendre  compte  de  cet  important  ouvrage 

a  mesure  que  les  livraisons  sulvantes  nous  parviendront.  G.  Del. 

1 33.  Charakteristik.  der  Felsartew.  Caracterislique  des  ro- 
ches;  par  C.  C.  dk  Leonhard.  In-8.  de  5y8  p.,  t.  2.  Heidel- 
berg; 1824.  (Foyez  le  Bullet,  de  i823,  t.  IV,  n".  356.) 
Ce  volume  comprend  les  roches  a  base  simple  (Gleichartige 
Gesteine),  qui  se  divisent  en  veritables  especes  mincrales  et  en 
roches  dont  la  base  parait  simple  a  la  vue.  La  premiere  division 
comprend  i".  les  roches  grenues  jsavoir,  legranulitou.wrisstcin  , 
le  quartz  grcnu  et  la  meuliere,  les  amphlbolitcs,  le  pyroxene  en 
roche ,  le  calcairc  grcnu,  legj'pse  sacchnroide  avec  le  t;ypse"argi- 
leux  ou  secondaire,  la  dolomie,  le  sel  gemmc ;  a",  les  roches 
schisteuses,  savoir  le  talc  schiste  ,  i'ampliibolite  schisteuse,  la 
clilonte  schisteuse;  3o.  les  roches  compactes,  savoir  le  calcaire 
intcrmediaire,  le  calcairc  alpin,  Ic  calcaire  jurassiquc,  le  calcaire  .^n 
lithogiaphique  ,  le  muscheikalk,  le  calcaire  grossier  ,  la  craie,  le  'WJ^ 
calciire  d'eau  donee  (compacle,   siliccux  ,    trnvoiliii  on  lufcal-      "" 


i 


Mineralogie.  lyS 

cairc),  la  marne,  le  calcaire  fetide  avec  le  raulistcin  ,  le  roggens- 
tein  ou  I'oolite  ,  le  phonollte,  le  schiste  siliceux.  La  seconde  di- 
vision comprend  1°.  les  roches  grenucs,  savoii-  les  laves;  2".  les 
roches  schisteuses,  savoir  le  scListe  argileux,  le  scListe  alumi- 
neux,  le  schiste  mamo-cuivreux,  I'argile  schisleuse,  le  schiste 
bitumineux,  le  schiste  tripolien  ou  polirschieier;  3°.  les  porphy- 
res,  savoir  le  trachyte,  raphauite,  la  serpentine ,  le  basalte,la 
wackc,  I'aluminite ,  I'argile  commune ,  I'argile  salifere,  la  letinite, 
I'obsidienne  ,  le  perlite,  la  ponce,  la  porcellanite,  les  scorles  des 
laves ,  celles  des  basaltes ,  et  les  scories  terreuses. 

Cha.cune  des  sous-divisions  forme  un  article  ou  chapitre  dans 
lequel  le  savant  auteur  donne  d'abord  la  synonymic  et  la  des- 
scription  de  la  roche,  puis  il  detaille  les  mineraux  ou  les  fossiles 
qu'on  y  rencontre,  ses  passages  dans  d'autres  roches,  sa  decom- 
position, sa  stratification,  ses  fentes  remplies,  ses  couches  subor- 
donnees  ou  ses  associations  ,  sa  position  geologique,  la  configu- 
ration exterieure  de  ses  masses,  et  enfin  sa  distribution  geogra- 
j)hique.  Les  citations  de  localites  sent  tres-nombreuses,  fruit  ue 
la  vaste  erudition  de  iiotre  auteur;  mais  il  aurait  ete  a  desirer 
que  le  nom  des  ouvragcs  et  des  autcurs  accompagnat  la  plupart 
des  citations  de  localites  et  que  la  synonymic  eut  toujours  ete  eta- 
blie  entre  les  petrifications  cifees  par  les  auteurs  allemands , 
francais  et  anglais,  car  sans  cela  le  uieme  fossile  peut  se  trouver 
2  ou  3  fois  sous  differens  noms  dans  une  seule  liste.  A.  B. 

i34.Recuerches  mineralogiques  dans  le  departemont  du  Puy- 
de-D6me. 

L'influence  des  travaux  de  la  Socicte  academique  dc  geologic, 
mineralogie  et  botanique  d'Auvergne  dont  nous  avons  signal^ 
la  formation  (/'.  le  Bulletin  de  1823,  to.  i,  n°.  262),  se  fait  dcja 
sentir  d'une  maniere  remarquable.  On  sail  que  cette  socitite  s'est 
reunie  par  les  soins  etle  zcle  soutenu  de  M.  le  colonel  C''.  de  Lai- 
zer.  Puissentses  efforts  et  ceux  de  ses  habiles  collcgues  pcrseverer 
dans  I'utile  direction  qu'ilsdonnent  a  leur  travaux,  I'autorite  tou- 
jours les  appuyer  de  sa  protection  et  de  ses  secours,et  bientotle 
pays  en  ressentira  les  heureux  elfels!  Un  premier  resultat  des 
sollicitationsde cette  societc  a  ete  le  vole  de  i5oo  francs,  alloues 
par  le  conseil  general  pour  la  rcchcrclie  des  mines.  Cettesommea 
^te  confiee  a  M.  Burdin,  ingcnieur  du  departemenl.  La  circulaire 
suivante  de  M.  le  comte  d'Allonville ,  prcfet  du  Puy-de-D6me  , 


174  Mineralogie. 

une  des  proTnii'res  qui  Hit  eii  lieu  en  France,  dans  ce  genre,  me- 
rite  d'etre  signalee.  C'est  un  bel  excrnple  que  donne  a  ses  colle- 
gues  un  administrateiir  eclaire,  qni  salt  qu'en  favorisant  e!  pro- 
togeantla  science  on  travaille  utilcment  a  la  probpeiite  publique. 
M.  le  comte  d'AIIonville  a  beauconp  a  I'aire  sous  le  rapport  dcs 
mines,  dans  son  departcraent,  ce  genie  d'induslrie  y  elaut  encore 
dans  I'enfance. 

CiRCULAiRE  sur  Ics  rechcrchcs  mineralogiques  a  faire  dans  le 
departement. 

CUT!:ioiul-Fpiiaiid  ,   le  ^  juivier    iSa^. 

A  M3I.  les  .sous-presets  et  mnircs. 

Messieurs,  Le  conseil  general  du  dc])arteinent,  lors  do  sa  der- 
niere  session,  a  vote,  surle  budget  de  1824,  unesomine  destinee 
a  des  reclierches  miueraloglques,  sur  les  divers  points  qui  se- 
raientdesignes  comrae  pouvant  donner  des  esperances  de  surces. 

M.  Burdin ,  ingeiiieur  des  mines  de  la  il^".  station  ,  en  resi- 
dei:ce  a  Clermont,  doit  incessamment  faire  une  tournee  dans  le 
ilcpartement ,  pour  recueillir  de  nouvelles  notions  propres  a  Ic 
mettre  a  meme  de  rerapjir  entiereineut  l«s  vues  tie  radniiiiistra- 
lion  et  du  conseil  general;  mais  comme  il  lul  iinporte  de  multi- 
plier et  de  completer,  autant  qne  possible,  les  renseignemens 
qu'il  a  deja  en  son  pouvoir,  avant  de  me  proposer  un  plan  de 
tournees  et  de  rechei'chts,  il  desirerait  que  MM.  les  mairescon- 
courussent  par  uneprompte  transmission  des  indic.ilions  qui  se- 
raieiit  en  lenr  pouvoir,  a  rendre  ccs  voyages  f'rustueux. 

Ces  indications  consisteralenla  faire  connaitrc  s'il  existe,  dan"; 
vos  comnniiK'S  respectivos  ,  des  substances  mincrales  qni  aieiit 
ete,  qui  soitnt  ,  ou  (pai  puissent  devenir ,  d'apres  Topinion  pu- 
blique  ,  I'objet  d'une  utile  exploitation. 

Outre  les  extractions  acluellemcnt  enactivite,  la  tradition  ou 
I'opinion  indiquerit -elles  d'autres  substances  d'aspect  metal- 
lique ,  telles  que  mines  de  fer ,  de  plomb,  de  cuivrc ,  d'antirooine, 
d'argent ,  de  zinc ,  etc.  ? 

S'il  existe  de  ccs  mines,  quelles  furent  a  pen  pres  les  cir- 
constances  et  I'epoquc  dc  lour  dccouverte  et  de  Iciir  abandon  ? 

Peut-ou  cspcrer  dc  Iroiiver  sur  quelipics  points  des  carrieres 
de  marbre  ,  de  kaolin ,  d'ardoise  ,  de  pierre  oUnirc ,  etc.  ? 

A-t-on  rcclicrclie  des  pierres  precieuses?  dc  quelle  nature 
etaienl-elles  ? 


Minent  lou^  ic.  173 

Quels  sont  Ics  points  ou  il  peut  etre  permis  d'espcrer  qu'll 

existe  de  nouvelles  sources  niincrales  ,  dcs  gisemcrs  de  honille  , 

de  lignite,  de  bltume  ,  d'alun  ,  de  sonfre,  de  sel  gemme ,  ou 

autrcs  substances  inincrales  dignes  d'eveiUer  I'attention  ? 

Quelques-unes  dc  ces  substances  peuvent  se  retrouver  dans 
les  plalnes  et  les  vallees  ^  ou  il  peut  encore  esister,  suivant  la 
nature  du  sol  ct  les  besoins  locaux,  des  engrais  mincraux,  des  ar- 
i;iles,  des  terres  a  poller,  des  picrres  a  cliaux  ,  a  platre,  des 
toiubieres,  des  silex  ,  des  pierres  meulieres,  etc. 

Tons  ces  objets  caches,  pour  la  plupart ,  a  rcell  du  proprie- 
laire  ,  et  qui  sont  tons  les  jours  employes  dans  les  arts  ,  ne  peu- 
vent  elre  decouverts  qu'au  moycn  de  reclierclies  faltes  a,ver  zele 
et  perseverance.  Leur  decouverlc  ,  en  augmentant  les  ricbesses 
nalionales,  peut  procurer  de  grands  avanfages  aux  localitcs  qui 
les  possedent,  en  creant  dans  leur  sein  de  nouvelles  branches 
d'industrie ,  et  en  occupant  plus  actlvement  la  classe  haborieuse. 
C'est  a  ces  differentes  considerations  que  le  conseil  general  s'est 
arrete,  en  volant  des  fonds  pour  f:iclliter  rexecution  d'un  projet 
que  I'adniinislration  a  concu  ,  dans  la  vue  d'augmenter  la  prn- 
speritede  cedepartement ,  deja  si  recommandable  par  sa  popula- 
tion, ses  productions  agrlcoles  et  raccroissement  successlf  des 
divers  genres  d'industrie  qu'on  y  exerce. 

Vous  vous  empressercz  done,  messieurs  ,  de  concourir  a  I'exe- 
cution  de  ce  projet,  en  me  fouruissnnt ,  le  plus  tot  possible,  tons 
les  renseignemcns  qui  font  I'ohjet  des  questions  qui  precedent, 
et  en  facilitant  M.  ringenienrdes  mines  dans  ses  operations ,  par 
tons  les  moyens  qui  dependront  de  vous.  II  me  sera  infiniment 
agrcable  dc  designer  au  conseil  general,  et  mrme  an  gouverne- 
nient ,  les  personnes  qui  auront  mis  du  ze!e  a  seconder  I'admi- 
nistration  dans  cctte  circonstance. 

Agreez,  etc.,  C''\  L.  d'Allonviii.t. 
Nous  citerons  ici  quelques  parties  d'un  rapport  fait  par  M.  le 
C**.  de  Laizer,  president  de  la  Societe,  a  M.  le  prefet,  en  date 
du  7  mars. 

Monsieur  le  comte , 

Pour  me  conforraer  it  voire  circulairc  du  7  janvicr ,  j'ai  I'lion- 

neur  de  vous  comniuniquer  les  premiers  resultats  de  qiielques 

reconnaissances  faitcs  taut  en  i8'i9.  que  duraut  I'automnc  dernier. 

jo.  J'ai  decouvcrt  dans  voire  (iepartcment  1  bancs  dc  pierres 

Ulhographiquos,  Tun  dans  le  canton  de  Chumpeix,  I'.iutre  dans 


\rjG  Mineralogie. 

celui  deVertaizon;  le  grain  en  est  uni  et  tres-fin;  elle  est  unpen 
dure,  mais  elle  prend  cependantun  poli  tres-convenable.  Quel- 
ques  dessins  que  j'ai  faits  sur  ces  deux  diverses  pierres,  me  les 
font  considerer  comme  tout  aussi  bonnes  que  celles  de  Belley. 

2°.  J'ai  observe  aussi  deux  gisemens  differens  de  talc,  dans 
lesquels  on  rencontre  la  pierre  oUairc,  substance  recherchee  et 
qui  n'a  jamais  ete  s'gi.alee  en  Auvergne....  Je  I'ai  trouv^e  pres 
de  Saint- Germain-rilerme  et  pres  de  Lubillac  (Haute-Loire).  Un 
morceau  de  cette  derniere,  taille,  tourne  et  poli,s'est  trouve 
d'un  joli  vert  pale ,  sans  aucun  de  ces  grains  qui  souvent  rcndent 
difficile  Temploi  de  cette  substance;  elle  est  fort  tendre  au  pre- 
mier moment,  et  prend  cependant  sous  le  couteau  une  surface 
extremement  unie ;  cette  pierre  est  si  abondante  en  talc  pur,  que 
la  sciurc  et  ce  qui  tombe  pendant  le  travail  peuvent  encore  etre 
employes  tres-utilement  a  remplaccr  la  graisse  pour  dimlnuer  le 
frottement  des  rouages  et  engrenages  des  mtcaniques.  Je  ta- 
cberai  de  me  procurer  des  blocs  assez  forts  pour  faire  ,  sur  les 
differens  usages  auxquels  cette  pierre  peut  servir,  des  experiences 
positives  et  concluantes;  et  si,  comme  je  I'espere,  je  reussis  a  en 
trouver  des  bancs  considerables,  cela  offrira  au  pays  une  indus- 
trie  nouvelle  et  tres-i;roductive  pour  la  confection  des  poeles, 
ainsi  que  pour  les  marmites ,  vases  et  ustensiles  divers. 

3°.  A  Yezczoux  ,  pies  Jumeaux,  Ton  rencontre  nombre  d'in- 
dices  de  fcr  carbure ,  vulgairement  appele  plombagine.  A  leur  af- 
fleurement  ces  filons  sont  tres-minces  et  sans  importance,  mais 
s'enfonrant,  on  les  rencontrcrait  peut-etre  rcunis  et  plus  riches. 

4°.  A  pen  de  distance  d'Arlanc  ,  on  retrouve  un  filon  puis- 
sant de  la  meme  substance  qui  n'a  point  encore  ete  signale,  et 
qui  me  parait  tres-propre  a  ttre  exploitc.  Pres  de  Tauve,  il  en 
existe  aussi  plusieurs  filons  assez  beaux  et  qui  n'ont ,  a  ce  que 
je  crois ,  point  encore  etc  observes.  Ce  mineral  serait,  ce  me  seni- 
ble,  d'un  fort  bon  usage,  soit  pour  crayon,  soil  en  le  melant  a 
un  corps  gras  pour  adoucir  le  frottement  des  pieces  de  metal  qui 
entrenl  dans  la  construclion  des  machines  a  rouages ;  et,  mieux 
que  tout  ccla,  pour  la  composition  des  creuscts  refra ct aires , 
chose  qui  manque  absolument  a  la  France  ct  que  notre  com- 
merce tire  encore  des  bords  de  I'lser  en  Baviere. 

5".  Pres  de  Boutarcsse,  ct  aux  environs  de  Rochefort,  on 
rencontre  quehjues  legers  filons  d'oxide  de  manganese  gris,  tel 
qu'on  I'emploie  dans  les  verrerics. 


Min^ralogie .  1 7  y 

6".  Prds  lie  Coude  Ton  trouve  une  chaus  carbonatee  strati- 
forme  on  stalaginito,  iiiigalremcnt dite  albaiic,  susceptible  d'etre 
travalllcc  et  employee  dans  iesarts. 

7".  En  plusicurs  endrolts,  mais  surtout  pres  du  Fayet  (canton 
de  Salnt-Gcrmain-rilerrae  ),  et  a  la  Roche-Charles,  pres  ie  Val- 
Leleix,  j'ai  trouve  dcs  roches  talqueuses  contenant  des  serpen- 
tines asscz  belles  et  tres-propres,  ce  me  seroble ,  a  etre  ouvrees. 
Cette  pierre  manque  absolumeut  dans  le  coraraerce  francais ;  tons 
les,  vases  et  pilons  de  cette  matiere  qui  s'emploient  chez  nous, 
•viennent  encore  des  montagnes  de  Saxe  ou  de  Boheme;  il  serait 
agreabie  pour  la  France,  et  surt<>ut  utile  a  I'industrie  d'Auver- 
gnc ,  que  nous  pussions  reraplacer  et  faire  tomber  cette  Impor- 
tation. L'on  pourrait  d'allleurs ,  comme  Ie  faisaient  les  anciens ,  et 
comnie  celase  pratique  encore  en  Saxe,  fairc  servir  cette  pierre 
a  quantite  d'objets  de  luxe,  comme  pendules,  candelabres ,  vases 
et  oruemens  dl-vers,  etc. 

S'.  Dans  plusieurs  de  nos  montagnes  j'ai  aperca,  solt  dcs 
indices,  soit  raeme  des  filons  de  plomb  sulfure  phis  ou  moins  ar- 
gentifere.  Sur  la  route  cntre  Issoire  et  Jumeaux  (sur  la  com- 
mune d'Auzat ),  j'en  ai  mis  un  a  decouvert ;  plus  loin,  enlre 
AuUicre  et  PelUicre,  Ton  en  observe  plusieurs  autrcs,  mais  tous 
dans  des  Tilons  de  baryte  sulfate.  J'ai  cependant  trouve  le  ploinb 
en  filons  d'asscz  belie  apparence  dans  le  gnels,  pres  dc  Ste.-Ca- 
iherine  (canton  dc  St-Germain-rHerme ).  Je  n'ai  pas  eu  le  temps 
d'y  faire  executer  dcs  recherches,  mais  je  m'en  occuperai  inces- 
'samment. 

9°.  Pros  de  Colhcnge  (canton  de  Besse),  et  aussi  pres  de  Su- 
Pardoux  (canton  de  Riom),  il  existe  plusieurs  ouvertures  d'ex- 
ploitations  antiques  d'un  abord  difficile  et  nieme  dangereux-  le 
temps  nc  m'a  pas  encore  permis  d'y  pcnctrcr  a  cause  des  pre- 
cautions necessaircs  ;  mais  aux  premiers  jours  du  printcmps ,  je 
I'eutreprendrai. 

10".  Au-dessus  de  Nechers  (  canton  dc  Cliampeix),  Ton  re- 
roarque  des  indices  de  mine  dc  fer  en  grains,  mais  il  en  existe 
surtout  de  puissans  araas  dans  la  formation  calcaire  adossee  au 
Puy  d'Usson  ;  ils  sont  visiblcs  a  la  base  Est  de  cette  montagne. 
Pres  d'Auliac  on  les  retrouvc  encore,  et  le  sol  entre  les  viHagts 
d'Usson  et  d'Auliac  en  est  pax'seme. 

1 1".  Dans  les  montagnes  Est  dc  I'arrondissonicnt  d'Issoirc,  dans 
la  chaine  qui  st-paro  TAuvcrgue  du  I'orc/  ,  je  connais  plusieurs 
15.  Tome  III.  la 


tyji  Mineralogie. 

filons  de  mines  de  Ter.  I.'iin  coupe  le  chfmin  d'Issojre  a  Brissac; 

dc  ce  nombro,  ccuk  qui  se  trouvent  dans  Ics  environs  de  Ju- 

raeaux,  ont  surtont  fixe  nioa  attention  par  leur  etendue  et  leur 

puissance. 

Le  temps  ne  m'a  pas  encore  permis  de  faire  sur  cliacun  de  ccs 
divers  filons  des  iruvaux  et  des  experiences  snffisantcs  pour  pou- 
voir  de  suite  apprecier  et  leurs  qualltes  et  leurs  richcsscs,  coni- 
parativement  aux  /Vais  necessaircs  a  leur  exploitation  ;  mals  je 
m'en  occuperai;  et,  appreciant  touto  riinportance  cpio  pourraicnt 
acquerir  des  exploitations  de  plomb  et  surtout  de  fer,  dans  la 
proximite  de  notrc  principale  formation  liouillere,  je  ne  ncgli- 
gerai  ricn  pour  donner  suite  a  mes  decouvertes  a  cet  egard.  J'au- 
rai  I'honneur,  M.  le  prefet ,  de  vous  rendre  compte  des  rcsultats 
oblenns,  et ,  si  voiis  le  pcrmettez  ,  j'anrai  celui  de  vous  proposer 
successivement  m^s  vucs  sur  la  maniere  de  mettre  en  valeur  les 
divers  gisemens  qui  font  le  sujet  de  ce  rapport. 

J'ai  I'honneur  d'etre  avcc  une  haute  consideration  ,  etc,  etc. 

Signc  le  C".  de  Laizer. 
Nous  citerons  encore  la  decouvertc   de  M.  de  Laizer  d'unc 
mine  ancicnnement  exploltee ,  et  I'extrait  de  son  rapport  a  M.  Ic 
prefot.  (  Vny.  le  Ballelin  d'aout,  p.  3^5  ,  n°.  275.) 

Depuis  lors  ,  M.  dc  Laizer  a  successivement  rendu  compte  de 

la  decouverte  faite  par  lul  de  7  mines  de  for  diflerontes ;  fer  en 

grain,  fer  oxide  rouge,  oxide  brun  quartzeux  ,  oxide  brun  mcle 

de  granite  carbonate  ,  etc. ,  etc.,  toulcs  exploitables,  et  rcndant 

de  3o  a  5o  p.  |  de  bonne  fonte,  loutes  7  a  proximite  de  la  Cus- 

tine,  au-dessous  des  riches  houilleres  de  Drassac,   et  dans  un 

rayon  d'un  quart  a  2  lieues  des  rives  de  I'AUier.  F. 

l35.  Fragment  d'une  lettre  de  M.  Rosiha  de  Milan,   sur 

les  produits  mineralogiques  de  la  Valseriana  et  de  la  Valca- 

monica.  {.Biblioth.  Ilal. ,  mai   iSa/j ,  p.  268.) 

On  a  trouve  dans  le  lignite  dc  Valgandino  un  morceau  de 

machoirc  et  3  dents  enticrcs  d'un  de.ni-pouce  de  hauteur.  Ces 

dciils  appartiennent  a  drs  rurainans.  La  Valseriana  et  la  Valca- 

jnonica  oilrent  du   fer  sulfure,  du  fer  sulfure  blanc  radie,    dn 

fer  arsenical ,  du  fer  oligistc ,  de  la  steatiic  ,  de  la  tourmaline  ,  de 

la  grauwacke,  du  gres  rouge  ,  du  granite  sioiiitique,  du  calcairo 

marncux  ,  du  gypse  ct  de  I'anhydrite.  II  y  a  drs  mines  de  fer  dans 

la  valiee  dc  Hondione,  dc  Scalve  et  de  Valcamonica.  11  y  a  des 


Min^ralogie.  i  yg 

fonderies  et  une  fabrique  d'acier.  L'anteur  donne  quelqiics  de- 
tails sur  ces  usines.  A.  B. 

i36.  Notice  sur  l'alumine  hydratee  silicifere  ou  i.enzi- 
NiTE,  des  environs  de  Saint-Sever;  par  M.  Leok-Dufour  , 
D''.-M.  [Jnn.  des  Scnat.,  mai  i8a4 ,  p.  21.) 

La  lenzinite  est  en  rognons  de  la  grosseur  du  poing  jusqu'a 
celle  de  la  t6te  ;  elle  pese  moins  que  le  calcaire ,  et  presents 
des  enduits  ferrugineux ;  elle  est  blanclie  et  douce  au  toucher  ; 
sa  cassure  est  terne  et  rarement  conchoiJe;  elle  se  laisse  couper 
flu  couleau,  et  se  delaie  avec  la  saliva.  Tritureeavec  I'eau,  elle 
forme  une  boue  molle;  si  on  I'cxpose  ainsi  au  feu,  elle  de- 
\ient  tres-lcgere  et  rude  comme  la  ponce.  Lorsqu'elle  est  seche 
el  qu'on  la  plonge  dans  I'eau,  il  s'cn  degage  de  tres-petites 
bulles  d'air  ;  mais  ce  mineral  ne  se  brise  jamais  corarae  la  lenzi- 
nite argileuse  de  John  que  M.  Lenian  qualifie  d'alumine 
hydratee  silicifere.  Pulverisee  et  melee  avec  de  I'acide  sulfuri- 
que,  elle  forme,  sans  aucune effervescence,  un  magma  gelatineux 
qui  se  durcit  avec  le  *emps.  Ce  caractcre  la  distingue  de  la 
magnesie  carbonatee.  M.Pelletler  y  a  trouv(5  5o  parties  de  silice, 
11  d'alumine  ,  26  d'eau  ,  et  2  de  perte. 

L'auteur  en  distingue  trois  vnrictes,  I'une  est  demi-transpa- 
rente  jaunatre,  ou  bleuatre;  elle  a  une  cassure  conchoide  et  un 
aspect  luisant  et  gras;  elle  ne  happe  pas  a  la  langue,  et  plongue 
dans  I'eau  elle  ne  laisse  pas  echapper  de  gaz.  Malgre  ces  carac- 
teres  on  ne  peut  pas  separer  cclte  variete  des  autres,  et  corame 
M.  Grateloup  a  trouve  ralumine  hydratee  silicifere  ayant  pour 
noyau  du  silex,  il  serait  possible  que  la  lenzinite  ne  fut  qu'une 
transformation  du  sIlex  pyromaque. 

La  scconde  variete  est  opaque,  grisatrc ,  jaunatre  ou  noiritre , 
et  en  general  ferrugineuse.  La  troisieme  est  d'un  blanc  mat 
azure,  faiblemcnt  transparentc,  se  brisant  subileraent  dans 
I'eau  ,  se  fendillant  par  la  privation  de  riiumidlte,  ct  se  conver- 
tissant  enfin  en  une  efflorescence  farineuse.  Cette  derniere  se 
trouve  dans  une  niarniere  a  une  lieue  du  gisement  des  autres 
varietes.  M.  Boue  ajoutc  en  note  que  la  lenzinite  se  trouve  dans 
les  communes  de  Boulin  et  Bahus,  a  Lhoutes,  et  entre  ce  lieu'et 
Coudurc. 

Kile  git  dans  un  sable  jaunatre  mele  d'argilc,  ou  une  raarne 
sablonneuse  qui  se  rapporle  a   la   scconde   formation  arcnacce 


1 80  Mindralogie. 

tertlaire,  ou  aux  autres  sables  stip^ricurs  de  Montmartrc.  (les 
marnes  coalJenTjent  quelquefois  des  cailloux  de  quartz,  de 
silice,  etc. ,  etelles  reposent  tantot  sur  la  craie,  tantut  sur  le 
calcaire  grossier.  M.  Boue  lappelle  a  celle  occasion  la  slructure 
generale  du  bassin  du  sud-oucst  de  la  France, et  compare  I'argUc 
4e  Jaujac  a  la  lenzinite.  A.  B. 

137.    Memoire   sur    les  Diabases    globulecses    magnetiqdes 
des  environs  de  Domfront,  dep.  de  TOrne;  par  M.  Joseph 
■  Odolant-Desnos,  d'Alencon.  {^Journ.  cT Agr. ,  Sciences  ct  Arts 
d'£freu3:,  a-vri\  1824  >  P-  i65,) 

Les  environs  de  Domfront  ne  presentent  que  des  granites,  des 
gres  quarlzeux  ct  des  mines  de  fcr  d'alluvion.  Le  banc  de  diabase 
globuleuse  roagnetique  s'otend  de  la  commune  de  Barenlon  jus- 
qu'a  Ambriere  (a  8  lieues  dela);il  traverselaforet  deMortaln  pros 
de  St-Cyr,  les  communes  de  Mantilly,  Pussais  ,  Vaucc,  Coucsmc 
et  le  Pas.  Un  autre  filon  s'embranclie  avec  celui  de  St.-Cyr,  ct 
prend  sa  direction  par  les  communes  de  Mantilly ,  d'Epinay  et 
de  St.-Simeon.  Le  plan  de  Barenton  court  du  N.  E.  au  S.  O. ;  11  a 
ijo  a  120  pleds  de  largeur,  il  s'arrete  au  bord  de  la  Mayenne 
Tis-a-vis  la  IXobliniere.  La  on  ne  voit  que  des  gres  blancs  quart- 
zeux,  tandis  que  la  diabase  est  enclavee  dans  un  granite  suppor- 
tant  une  couche  de  quartz  roulcs.  Cette  roche,  qui  a  son  analo- 
gue en  AUemagne,  etc.,  lait  devicr  I'aiguille  de  40"  a  60°.  Elle 
est  coupee  par  des  couches  veriicales  de  quartz  blanc,  ct  de  gra- 
nite terrcux  et  fculllelc,  d'environ  (>  pouces  d'epaibscur.  Ellc 
donnc  une  marne  proprc  a  la  culture  du  sarrasin,  et  dans  cc  cas, 
elle  n'agit  peut-etre  que  comme  amendement.  M.  le  Francois 
ajoute  un  rapport  favorable  a  I'auteur  de  ce  memoire.       A.  B. 

i38.  Sen  LE  Beryl  Aiodemarise  d'Alencon,  par  M.   de  la 
Foye.  {Mem.  de  laSoc.  Linn,  du  Calvados,  1824,  p.  216.) 

Ce  biiryl  se  trouve  dans  un  granite  du  bois  des  vallces  prcs 
d'Alencon.  Ccllc  rothe  est  divisce  en  grandcs  dalles  inclinccs  a 
Test  de  3o".  La  place  cxaclc  de  ce  beryl  est  dans  une  carrierc  a 
la  drolte  do  la  route  de  Bretague,  a  400  pasdubamcau  dePonl- 
Perce.  11  y  tapisse  une  fenle  et  les  crlstaux  lermines  y  sont  tres- 
rarcs.  11  y  a  rartmcnt  des  crislaux  de  la  grosscur  d'un  pouce  dans 
les  tarriercs  de  Herlrt-.  ^-  ^- 


Mineralogie. 


i5i 


139.  ANAifSE   DE  l'Essomitb  de  Ckylan  ,  par  M.  G.  Gmelin. 

(  Edinburgh  Philosophical  Journal,  n°.  XXI ,  p.  117. ) 

La  pesanteur  specifique  de  I'essonite  de  Ceylan  est  de  3,783. 
En  I'analysant  par  le  moyen  du  carbonate  de  baryte,  M.  Gmelin 
a  obtenu  pour  sa  composition  :  silice ,  40,006  ;  alumine ,  22,996 ; 
chauT,  3o,573;  oxide  de  fer,  3,666;  potasse,  0,589;  manga- 
nese, une  trace;  matiere  volatile,  0,326.  D. 

140.  Analyse  de  la  Finite  de  St.-Pardoox  en  Auvergne  ,  par 
M.  G.  GvLEhis. [Edinburgh  Philosophical  Journal,  n".  xxi,  p.  8  7 . ) 

L'analyse  de  la  pinite  a  ete  falte  au  moyen  du  carbonate  de 
Jbaryte;  clle  a  donne  pour  sa  composition  :  sllice,  55,954;  alu- 
mine, 25,480;  chaux,  des  traces;  potasse,  7,894;  sonde,  o,386; 
oxide  de  fer,  5,5i2;  magnesie  et  oxide  de  manganese,  8,760;  eau 
avec  matiere  animale,  1,410;  total,  100,406. 

D'apres  cetle  analyse ,  on  voit  que  la  piuite  de  St.-Pardoux 
contient  une  matiere  animale.  L'essai  au  chalumeau  confirme 
egalement  ce  phenomene  singuller;  car,  si  on  chauffe  dans  un 
petit  matras  de  verre  de  la  pinite  pulvcrisee,  on  obtient  une  eau 
qui  degage  une  odeur  cmpyreumatique,  ct  qui  contient  de  I'am- 
moniaque.  D. 

141 .  NoDVEAU  MiNEEAi  DE  PLOMB.  (  Annals  of  PhUos.,  aout  1824, 

p.  i54.) 

M.  Berzolius  a  analyse  une  nouvcUe  combinaison  minerale 
du  plomb,provenant  de  Mendip,  prcs  Church-hill,  dans  le  Som- 
mersetsliire. 

Le  nouveau  mineral  est  d'unjaune  paille;  il  se  bi-tse  facllement;  . 
ilpresentedeuxclivages  tres-nets,  sous  Tangle  de  102  a  io3. 

Au  chalumeau  il  ddcrepite  legcremcnt,  etse  fond  ensuite  avec 
une  grande  facilite.  Refroidi,  le  bouton  est  d'un  jaune  plus  fonce 
que  le  mineral.  Sur  le  charbon  il  se  reduit ,  donne  un  bouton  de 
plorab  mctalliquc ,  et  une  odeur  d'acide  muriatique. 

Son  analyse  a  prcsentoa  M.Berzelius  :  oxide  de  plomb,  90,1  3 ; 
chlore,  6,84;  acide  carbonique,  i,o3  ;  eau,  o,54;  silice,  1,46; 
total,  100,00. 

Le  carbonate  de  plomb  est  tres-probablement  un  melange  ac- 
cidentel,  ses  proportions  variant  dans  chaque  analyse;  et  I'cchan- 
tiilon  que  possede  I'Acadcmie  royalc  de  Stockholm,  sur  laquel 
M.  Berzolius  a  fait  ses  experiences  ct^ait  compose  en  parlie  de 


1 8a  Mineralogie. 

carbonate  de  plomb,  ses  principes  seraient  iin  atome  de  muriate 

de  plomb  et  deux  d'oxide. 

Ce  mineral  dif'fere  du  plomb  come ,  analyst  par  Rlaproth  et 
Chenevix,  conlenant  un  atome  de  clilorure  depl.,et  un  d'oxide, 
et  du  chlorure  artificiel  qui  est  une  combinaison  d'un  atome  de 
muriate  de  plomb ,  et  trois  atomes  d'oxide.  D. 

142.  Decouterte  db  l'Antimoine  dans  i-'archipel  des  Indes. 

(  Asiat.  Journ. ,  aout  1824  >  P-  ^43. ) 

L'antimoine  lamellaire  gris  a  et6  trouve  a  Borneo,  dans  une 
chaine  de  montagnes  situee  dans  la  partie  nord  de  la  principautc 
de  Sombas.  Ce  mineral  existe  aussi  a  Bulang,  vis-a-vis  Singa- 
pore, et  a  Kamamang,  dans  le  terrltoire  de  Tringano,  dans  la 
Peninsule.  Les  Chinois  ne  connaissent  pas  ce  metal.  L'Angleterre 
I'achete  en  AUemagne  et  en  Espagne,  le  quintal  i5o  schellings, 
et  l'antimoine  pur  7  liv.  sterl.  (Singapore  Chronicle,  ^anw.  1824.) 

143.  Sdr  le  Baryto-Calcite.  Par  H.  J.  Brooke.  [Annals  of 

P/iilos.,  aoiit  1824,  P-  ii4-) 

Des  cchantillons  venant  du  Cumberland,  remis  a  M.  H.  J. 
Broote  comme  etant  du  carbonate  de  baryte,lui  parurent,  d'a- 
pres  leurs  formes,  differentes  de  ecUes  de  cette  substance,  ap- 
partenir  a  un  mineral  nouveau. 

La  surface  exterieure  de  ces  cchantillons  ^tait  reconverte  de 
sulfate  de  baryte.  Interieurement  lis  presentaicnt  un  assez  grand 
nombre  de  cavitcs  remplies  de  pet  its  cristaux  dont  la  forme  pri- 
mitive est  un  prisme  oblique  rhomboidal.  L'angle  de  la  base  du 
prisme  sur  les  faces  latcralcs  est  de  io2,54°,  et  celui  des  faces 
laterales  cntre  ellcs  est  de  loG, 54- Les  cristaux  pr^sentent  ua 
grand  nombre  de  modifications. 

Ce  mineral  est  translucidc,  jaunatre;  sa  pesanteur  specifiquc 
est  de  3,66.  Sa  durete  est  moyenne  cntre  cclle  de  la  chaux  fluatce 
et  de  la  cbaux  carbonatee;  son  eclat  est  analogue  a  celui  du  car- 
bonate de  baryte. 

Sa  composition ,  qui  est  d'apres  I'analyse  de  M.  Children  : 
carbonate  de  baryte,  6j,yo;  carbonate  de  chaux,  33,6o;  total , 
g9,5o,  lui  a  fait  donner  le  nom  de  Bar/to -calcite.  D. 


Mineralogie.  i85 

144.  Notice  sur  ouelques  nouyeacx  gisemens  de  Sahlite,  fcE 
CoccoLiTHE  ET  d'Augitb  ;  par  G.N.  Bkn  edict.  (77ie  y^wt?/'. 
Journ.  of  Science,  mai  i8a4  ,  p.  88.) 

En  novembre  iSaS  MM.  JyLiisoii,  baron  Picederer  et  Bene  • 
diet ,  fiient  une  excursion  geologique  a  Greenwood-Furnace,  si- 
tiie  a  ao  niilles  de  Monroe.  Pres  d'un  courant  d'enu  qui  met  en 
jcu  les  machines  de  cetle  usine,  il  existe  des  rochers  composes 
cnllerement  de  coccolitbe  etdesalible.  Cicsvoyngcurs  ont  remar- 
qiie  que  les  grains  de  la  coccolitbe  variaient  depuis  la  grosseur  d'un 
grain  de  plomb  a  giboyer  jusqu'a  celle  d'uiie  aveline,  et  que  ces 
deux  substances  f]ui  presentaient  toules  deux  uiie  structure  la- 
melleuse  passaient  de  Tune  dans  I'autre. 

Les  parois  de  quelques  excavations  ouverles  dans  le  but  d'ex- 
iraire  du  minerai  de  fer  leur  presenterent  des  cristaux  d'augite: 
la  jflupart  en  prismcs  a  six  faces.  M.  Benedict  remarque  que  ces 
cristaux  sont  tres-fragiles  en  sortant  de  la  lerre,  et  qii'ils  ac- 
quierent  une  grande  duiete  par  leur  exposition  a  I'air.  Ce  savant 
donne  ensuite ,  dans  son  memoirc,  la  description  des  formes  des 
Irois  cristaux.  Nous  ne  croyons  pas  devoir  les  rapporter  parce 
qu'elles  sont  indiquees  dans  tous  les  traites  de  mineralogie.   D. 

145.  NoXJVELLE    LOCALITE    DU    QUARTZ    AMETHISTE  ,     dcCOUVCrte 

par  le  Prof.  Adam.  ^American  Journal  of  Science ,  raal  1824, 

pag-  199-) 

M.  le  prof.  Adam  a  reconnu  dernicreinent  un  nouveau  gise- 
raent  du  quartz  amethiste  dans  la  baie  appelee  Mount  Hope  bay^ 
situee  a  deux  milles  du  petit  village  de  Bristol,  Rhode-Island, 
[Massachussets).  11  a  trouve  d'abord  ce  mineral  en  fragmens  an- 
guleux  et  en  calUoux  roules  sur  le  rivage.  Mais  des  recherclies 
post(5rieures  lul  ont  appris  que  ces  echantillons  avaient  ete  ar- 
racbes  par  la  mer  aux  roches  de  transition  qui  forniont  ces  cotes, 
depuis  la  baie  de  31assachussets  jusqu'a  celle  de  Narragausett. 
La  roche  principaleest  un  schisle  argileux  gris  fonce,  passant  au 
schisle  lalqueux.  Outre  le  quartz  anietliiste  qui  est  disscmine  en 
araas  ,  en  veiuules  ,  dans  ce  schiste,  on  y  trouve  aussi  des  cristaux 
de  fer  sulfure  et  de  fer  oligiste.  D. 

146- Observations  sur  quelques-uns  des  mineraCx  decouverls 

a  Franklin,  comte  de  Sussex ,  New -Jersey;  par  Lardner- 

Vanuxem  etW.  II.  Keating.  [Journ.  de  I'Acad.  des  Sc.  nut,  de 

P////rtf/.,  juill.i8'2/(  ,  p.  r.) 


f  84  Mineralogie. 

Le  Jcffersonitc  n'est  rien  autre  cliose  qu'an  Pyroxdne  ,  car  les 
aateurs  en  ont  en  des  crisfaux  depuis  Icur  description  de  ce  mi- 
neral. II  cstremarquablc,  par  Ja  propric-te  qu'il  a  d'offrir  le  cit- 
vage  le  plus  net  et  le  plus  also  parallelement  aux  faces  dc  la  forme 
ptimitive.  M.  Seybert  n'y  a  trouve  que  4  p.  too  de  magnesie. 
Le  Frankliuite  forme  de  grandes  masses  drusiqucs :  la  quantlte 
du  manganese  y  -vane ,  el  les  cavites  sont  tapissecs  d'oclaedres , 
comme  cela  se  yolt  bien  a  Stirling.  La  pesanteur  sp«iclfiqiie  des 
cristaux  est  dc  /JjgS  a  5,o8.  Le  zinc  rouge  abonde  dans  le  memo 
lieu,  et  y  est  associe  avec  le  franklinite.  Scs  particules  offrent, 
par  un  effet  de  lumiere,  Ics  unes  la  couleur  orange  foncce  ,  et  les 
aulres  celle  du  rouge  de  rubis.  A  I'air  il  se  couvre  de  carbonate 
dc  zinc,  et  quelquefois  d'un  peu  de  manganese  oxide,  ce  qui  in- 
diqae  bien  sa  composition.  Le  carbonate  de  zinc  forme  aussi  des 
petits  lilons  dans  le  franklinite.  Le  zinc  oxide  siliceux  existe  dans 
la  meme  localite  en  concretions  et  en  cristaux.  Ce  sont  des  pris- 
mes  bexagonaux  avec  les  terminaisons  diedres;  ces  faces,  re- 
posant  sur  les  bords  lateraux  des  prismes ,  les  angles  des  faces 
des  prismes  out  !?.o°,  et  ceux  de  la  face  de  la  pyramide  ii8"; 
ce  qui  conduit  a  un  rhomboedre  pour  la  forme  primitive.  Sa 
pesanteur  spccifique  est  3, 89  a  !^.  II  est  jaiuie-verdalre  ou  rou- 
gealre,  et  est  associe,  a  Stirling,  avec  le  franklinite ,  le  zinc 
rouge,  le  dysluite,  la  chaux  carbonatee  et  le  mica  ,  et  a  Fran- 
klin avec  le  grcnat,  le  pyroxene,  etc.  L'analyse  a  donne  aS  dc 
sllice;  7i,33  d'oxide  de  zinc;  2,66  d'oxide  de  manganese;  0,67 
d'oxide  de  fer ,  et  34  de  perte.  Une  autre  analyse  n'ayant  pas 
donne  tout-a-falt  ce  resultat,  I'autcur  tro;ave  probable  qu'Il  y 
en  a  de  deux  espcces,  dout  i'une  serait  anbydre.  A.  B. 

147.  NOUVEI.LE  LOCALITE    T>V    TkLI.VKE.  (  A/in.   of  PllilOS.,   SCpt. 
1824  ,  p.   iJI.) 

Ce  tellure  se  trouve  a  Riddarhytlan  en  Suede;  il  contient  un 
peu  plus  de  soufre  que  le  tellure  de  de  Born. 
ii'iB.  Dkscription  oRYCTOGNosTiQtiE  de  quclqucs  fragmens  dc 

granit  et  de  lave  lanciis  par  I'L^na;  par  Ic  D'^.  Carl.  Gemel- 

LABO.  (  Giorii.  dl  Fisicn  ,  Chlin.  ,  etc.,  mars  et  avril  1824  , 

p.  109.) 

L'autcur  dccrit  plusicurs  roches  granitoidcs  stannlfcrcs  icjc- 
tees  par  I'Etna.  La  premiere  est  composiic  de  feldspath  rouge, 
lamdleux,  dc  petits  grains  dc  (|uarlz  blanc,  et  dc  grains  d'ctain 


Miueralogie.  1 85 

oxide;  la  seconde  est  h  feldspath  b!ano  et  a  rristaux  detain;  la 
troisieme  a  de  plus  des  lames  d'aniphibole  noirSlre;  la  qualrleme 
est  grisatre ,  et  est  composce  d'anipliibole  et  d'elain  oxide  dans 
une  pate  dc  feldspath  gris;  la  cinquiemc  ne  pre'sente  que  du  feld- 
spalh  blanc  et  de  I'ctain,  et  elle  est  attacliee  a  une  scorle;  la 
sixieme  est  une  lave  noire  rcnfermant  une  roche  semblable  a 
ampliiboleet  mica,  et  offrant  d'autres  portions  granitoldes  qui 
se  fondent  avcc  ellc;  la  septieme  est  un  porphyre  a  pate  de  feld- 
spath compacte  et  a  pyroxene  noir ;  la  liuitieme  csl  une  lave  grise, 
compacte,  a  ci'istaux  de  I'eldspatli  et  de  pyroxene;  enfin,la  ncu- 
vieme  est  une  lave  brune  ,  rougeatce  et  porphyrique.  L'auteur 
donne  la  grandeur  et  la  pesanteur  specifique  de  ces  differens 
morceaux.  A.  B . 

i/)g.  Desciiiption  nn  Goniometrf.  perfegtiokke  de  M.  Adel- 
MANw,  gardien  aldc-mlneralogiste  de  la  collection  mintralogi- 
que  paiticullere  du  roi;  par  M.  le  Gomte  de  Bourkon.  In-8. 
Paris;  1824. 

Apres  avoir  rappele  en  pen  de  mots  les  avantages  et  les  incon- 
venicns  des  instrumcns  employes  jusqu'ici  a  la  mesure  des  an- 
gles des  cristaux ,  M.  le  comte  de  I'ournon  fait  connaitre  un  go- 
nioraetre  d'une  invention  nouvelle,  qui  perrnet  de  compter  sur 
une  exactitude  assez  grande ,  presque  comparable  a  celle  du  go- 
niometre  a  reflexion,  et  qui  a,  sur  ce  dernier,  I'avantage  de 
pouvoir  etre  applique  a  des  cristaux  qui  n'ont  ni  pctites  dimen- 
sions, ni  surfaces  rcflecLissantes.  11  nous  serait  difficile  de  donner 
ici  une  description  suffisante  de  cat  instrument  sans  le  secours 
d'une  figure  :  il  se  compose ,  comme  la  plupart  des  instrumcns  de 
ce  genre  ,  d'un  demi-cercle  et  de  regies  mobiles ;  mais  ce  qui  le 
distingue  des  anciens  goniometres ,  c'est  qu'il  est  fixe,  et  qu'il  ne 
depend  pas,  pour  la  rectitude  des  observations,  de  la  dexttVito 
de  I'observateur  qui  peut  suspcndre  I'operalion  aussi  long-temps 
qu'il  le  veut,  pour  la  reprendre  dans  un  autre  moment  on  la  faire 
verifier  par  d'autres  personnes.  G.  Dei.. 

I  JO.    Sun    LA    MIME    n'oR    DE    t'lLE    d'ARTJEA. 

Voici  quelqucs  details  sur  la  mine  d'or  decouverte  dans  Tile 
d'Aruba,  dependance  de  la  colonic  hollandaise  de  Curacao,  el 
situee  a  8  lieues  sous  le  vent  de  <  ette  dcrnieic ;  ils  sent  exlraits 
d'une  lettre  d'Aruba ,  du  G  juillet  ; 

a  Tout  le  raondc,  daus  celle  ile,  s'occupe  i  dctcrrcr  dc  I'ar. 


1 86  Mine  I  'a  logie . 

Oil  a  Irouve  uue  piece  de  ce  metal  pur  du  poids  de  3c»  livres  8 
orices,  et  plusieurs  pieces  de  i4  a  i6  livres.  Un  bailment  qui 
vient  de  parlir  en  a  eraporte  plus  de  loo  livres.  A.  Curacao,  on 
en  avail  dcja  recu  pour  la  valeur  de  plus  de  i5o,ooo  dollars.  Le 
p;ouvernement  colonial  a  rendu  une  proclamation  pour  regler 
1  exploitation  de  cette  precieuse  decouverle.  L'air  est  parfaite- 
ment  pur.  » 

D'apres  une  autre  lettre  de  Curacao,  d'une  date  encore  plus 
recente  (  arj  juillet ) ,  on  a  decouvert  un  bloc  d'or  lellemcnt  volu- 
mineux,  que  la  partie  qui  est  dcbarrassee  de  terre,  mesure  plus 
de  trois  aunes  en  tons  sens  :  on  croyail  qu'une  grande  partie  de 
cette  masse  etait  encore  sous  terre.  (  Constitutionncl ,  i6  sep- 
tembre  1824.] 

Ce  furent  des  Indiens  auxquels  le  hasard  fit  faire  cette  decou- 
verle entre  les  montagues ,  au  mois  de  mars  dernier :  ils  vendi- 
rent  a  des  juifs  les  morccaux  d'or  qu'ils  trouverent.  Cet  evene- 
ment  fut  tenu  quclque  temps  secret ,  parce  que  peu  de  pcrsoiines 
encore  connalssaient  les  endroits  oiiTon  pouvait  trouver  del'or; 
mais  la  nouvelle  s'en  etant  peu  a  peu  repandue  ,  on  vit  accourir 
de  toutes  parts  vers  les  montagnes  pour  y  recueillir  ce  mutal.  he, 
commandant  de  I'ile,  en  ayant  eu  avis,  en  informa  sur-!e-clinmp 
le  gouverneur  de  Curacao,  qui  cnvoya  a  Aruba  le  capilaine  Van 
Raders,  avec  ordre  de  defendre  toute  recherche  ulterieure.  L'or 
trouve  dcpuis  le  mois  de  mars  est  de  la  plus  grande  purete  ;  les 
morceaux  ont  diverses  grandeurs.  L'or  recueillipar  les  habitans 
se  trouvait  au  bas  d'une  montagne  dans  laquelle  on  croit  qu'il 
existe  une  mine.  Les  morceaux  paraissent  avoir  ete  formes  par 
une  fusion  que  Ton  attribue  a  quelque  agent  volcanique.  (  Con- 
stilutionncl,  28  seplembre  1824.) 

i5i.  M.  LE  D*^.  EX  Prof.  Schopfeu  ,  a  Inspruck  en  Tyrol', 
offre  aux  amateurs  la  plupart  des  beaux  niineraux  de  Fas.,a,  aux 
])rix  sui-vans  :  Idocrase,  de  24  kreulzers  a  5  florins;  Apojiliyl- 
lile,  de  18  a  24  kr. ;  Prehnite,  a  'Mj  kr.;  Zeylanite,  a  i  fl.  3o  kr. ; 
Analcime,  a  48  kr.;  Analcime  Iripointee,  a  i  fl.  12  kr.;  Gelile- 
nite  etFassaite,  a  3o  kr.;  Gabron.te,  a  36  kr. ;  Andalousite  do 
Baviere,  de  5  fl.  a  36  kr.;  Stronlianc  sulfatce  de  Monleviale, 
a  36  kr. 

M.  le  prof.  Craf ,  a  Amberg,  s'cst  occupe  depuis  long-temps  a 
rassembler  les  fossiles  dts  environs  ;   savoir,   les   petrifications 


Botaniqtie.  1 87 

du  quadersandstein ,  du  lias  et  du  calcaire  jurassique  inferieur. 
Cetle  contree  etant  fort  abondante  en  fossiles,  sa  collection  est 
fort  nombreuse.  Desireux  simplement  d'avancer  la  science,  il  ot- 
fre  aux  amateurs  des  series  de  ces  fossiles,  en  ecliange  d'aiifres, 
ou  a  des  prix  extreinement  moderes ;  ainsi  cbaque  echantillon 
eoutera  de  3  ou  5  a  12  kreutzers,  et  les  objels  les  plus  rares,  3 
a  5  florins.  Noussomines  surs  que  les  amateurs  des  fossiles  seront 
contens  des  envois  de  M.  Graf.  Ce  qui  rehausse  beaucoup  le  prix 
d'une  pareille collection,  c'estque  tous  les  fossiles  d'Amberg,  ci- 
tes par  M.  de  SchlotLcim,  venant  de  M.  Graf,  ce  dernier  est  a 
meme  d'ajouter  a  chaque  echantillon  le  nom  que  leur  a  donne 
M.  de  Scblotlieim. 


BOTANIQUE. 

i52.  Lettre  de  fed  le  D''.  C.-J.  Van  IIasselt  a  M.  W.  de 
Haan.  Jnjer^iixya),  le  i"^"".  avril  i8i2. 

C'est  sur  les  bords  des  rivieres,  ct  a  une  elevation  de  1000  a 
4  ou  5ooo  pleds  au-dessus  duniveau  de  la  mer  que  les  Ortliidees 
deploient  leur  plus  grand  luxe.  Des  arbres  eleves  ombraqent 
les  deux  coles  de  ces  eiroits  torrens  et  y  laissent  a  peine  pene- 
trer  les  rayons  du  solcil.  C'est  dans  ces  ravines,  de  toutcs  parts 
couronnees  et  dominees  par  le  sommet  des  montagnes ,  on  meme 
le  vent  n'a  presque  ])oint  d'acces,  oii  tout  est  couvert  d'une 
brume  sombre,  et  ou  ,  par  consequent,  regne  une  constante  hu- 
midite  que  Ton  croirait  occasionee  par  les  plules;  c'est  la  que 
vegetent  ces  plantes,  qui  sont  I'oinement  de  la  Flore  de  la  Sonde. 
On  y  voit  les  rameaux  etendus  au-dessus  des  rivieres  se  cou- 
vrir  d'Orchidees  ,  et  cel!es-ci  presenter  I'aspect  de  la  vegetation 
la  plus  animec.  Parfois  un  seul  arbre  suffit  pour  offrir  au  natu- 
raliste  ime  dizaine  d'especes  differentes. 

Le  nombre  des  Orchidees  parasites  surpasse  de  beaucoup  ce- 
lui  des  Orcliidees  terrestres ;  mais  cette  difference  diminue  a 
mesure  que  Ton  monte.  Je  ne  veux  pas  dire  par-la  que  celles-ci 
se  trouvcnt  en  plusgrande  quantite  a  une  hauteur  de  8,000  pieds 
par  excmple  qu'a  celle  de  1  a  3,ooo  pieds;  j'entends  seule- 
inent  que  les  parasites  sont  en  moins  grande  quantite  a  8,000 
pieds,  parce  qu'ellcs  diminuent  considcrablement  sous  le  rap- 
port du  nombre  des  espcces. 

Ce  ne  sont  point  seulement  les  Orchidees  que  jc  me  suispru- 


loo  '  Botanique. 

pose  de  defailler  autant  que  possible.  Quant  a  la  grande  varia- 
iion  ct  a  la  complication  non  molns  grande  de  leurs  feuilles  et 
de  leurs  especes,  je  pensc  que  pariri  les  planles  volubiles  (  Con- 
tor/c^),  les  Asclepiadees  meritent  aussi  cette  distinction.  J'en  ai 
fait  dessiner  14  espccesavecleplus  grand  soin;  j'en  ai  decrit,  en 
outre,  12  autres  auxquelles,  pour  plus  do  clarte,  se  trou- 
vent  jointes  des  esquisses  de  quelqucs  parties  de  flcurs.  Parmi 
toutes  ces  especes  il  en  est  peu  de  celles  decntes  par  RumpJi,  qui 
ne  soient  pas  comprises  dans  les  Systema;  la  plupart  sc  rappro- 
chent  des  genres  Hoya  et  Marsdenia  de  Brown  ;  cependant 
plusicurs  d'entre  elles  doivent  former  des  genres  particuliers. 

Je  posscdc  differcntes  especes  nouvelles  de  Scitaminces ;  la 
plupart  sont  decrltcs  dans  le  Synopsis  de  Persoon.  II  ny  a 
qu'une  espece  de  Phrymum  ;  Roxburgh  en  porte  le  nombre  a  5  ; 
je  n'en  ai  rencontre  t'galenient  que  5,  dont  2  sont  sans  doute 
nouvelles;  une  3^.  est  peut-etre  le  P.  spicatmn  de  Roxburgh. 

Ce dernier  auleur  cinimere  aussi  5  especes  A' HedycJiiuin,  tandis 
que  Persoon  n'a  mcntlonne  quele  curonarium.  Je  crois  pouvoir  y 
joindre  2  nouvelles  especes  qui,  I'une  et  I'autre  toutefois ,  different 
a  certains  egards  des  llcdychium  par  leurs  antheres  en  quelque 
sorte  pourvues  d'une  couronne  simple,  et  qui  ne  sauraient  ttrc 
considt  rces  comme  completcment  nues.  Du  rcste ,  dans  toutes 
leurs  autres  parties ,  elles  sontparfaitement  semblables  aux  Hedy- 
chium.  Ces  deux  especes  ne  se  trouvent  que  dans  les  montagncs, 
et  sont  parasites  sur  les  arbres. 

J'ai  quelques  especes  de  Curcuma;  aucune  n'est  nonvclle; 
mais  j'ai  trouve  sur  la  cote  sud  de  Java  une  Scitaminec,  qui,  a 
tout-a-fait  Ic  port  des  Curcuma  ,et  possede  un  cpi  central.  jS'ean- 
moins  ses  antheres,  totalcment  dcpourvues  du  double  nectaire , 
otent  a  cette  espece  le  caractere  du  Cuicuma  et  la  rapprocLcntde 
YJmomum.  La  division  interieure,  a  compartimens  ,  a  au  surplus 
une  parfaite  similitude  avec  celle  du  Curcuma,  et  differe  entiere- 
ment,  a  cet  t'gard,  de  Y^imomum.Ce  genre  tient  done  le  mi- 
lieu cntre  le  Curcuma  et  XAmojnum,  etmcritepar  consequent 
d'etre  distingue  de  tous  deux. 

Roxburgh  a  trouve  8  especes  (JL'Jmomum  ;  cc  nombre  sera 
augmcntc  dc  quelqucs  nouvelles  especes. 

Indi'penduniment  des  Am.  Cardamomum,  maximum,  el  aculcu- 
tum,  de  Uoxbuigfi,  je  possedc  encore  f»  especes,  dont  une  est 
peut-etre  \ A-  subulatum  du  aiemc  auteur,  et  uiic  .secondc,  pro- 


Botanique.  i  Sg 

l}ablemei)it  le  Glohba  Oaspay  de  Rumpli.  ,  t.  6,  tab.  Gi ;  les  au- 
tres  sont  des  especes  nouvelles. 

Je  crois  connaitre,  en  outre,  a  Java,  /,  especes  de  Zingiber  , 
savoir :  le  Zing,  officinalis,  le  Zerumbet  et  le  truncatuin,  de  RcId- 
■waidt,  ainsi  qu'une  espece  tres-voisine,  on  qui  en  diffcre  assez 
par  sa  fleur  pour  etre  considerce  du  moins  comme  une  variete. 

Roxburgh  ne  cite  parini  les  plantes  indiennes  qu'un  seui  Cas- 
tas y  le  C.  speciosus.  Le  professeur  Reinwardt  n'en  a  point,  que 
je  saclie,  trouve  d'autres  a  Java.  Dans  mon  present  voyage  a  la 
residence  de  Bantam,  j'ai  decouvert  deux  superbes  especes  de  ce 
genre :  elles  different  Icgercment  par  leurs  fleurs  portecs  sur  deS 
epis  radicaux.  Persoon,  a  la  verite,  indique  une  seconde  espece 
indienne  qui  offre  les  memes  caractcres,  mais  qu'il  tire  d'une 
plancbe  de  Rumph,  laquelle  n'annonce  aucun  epi  radical;  c'est 
la  Glohba  unifortnis.  II  est  encore  fort  douteux  que  celte  plante 
appartienne  au  genre  Costus. 

La  tige  de  celte  nouvelle  espece  peut  atteindre  la  hauteur  de 
Sag  pieds;  elle  pousse  alors  seulenient  des  branches  qui  ont  la 
forme  spirale.  Ses  feuiiles  sont  nues  des  deux  totes ,  celui  de  dcs- 
sus  est  lustre  ,  et  elles  sont  oblongues,  lanccolees  et  mucronecs; 
on  la  trouve  rarement  dans  les  montagnes  boisecs,  dans  les  par- 
ties sud  et  ouest  de  Eantam.  Je  donnerais  volontiers  a  celte  es- 
pece le  nora  de  C.  Roxhurghi ,  en  I'bonneur  de  Roxburgh  qui  a 
decouvert  tant  de  Scitaminecs  dans  les  Indcs. 

Rumph  donne  deux  descriptions  du  Costus  speciosus.  Tune 
sous  le  nom  de  fVenteltopskruid [\^(:\.q  en  forme  de  vis);  altendu 
que  ce  Costus  presente  ce  caractcre :  foliis  supra glahris ,  nitidis, 
subtiis  srriccis,  et  en  memc  temps  celul-ci  •.foliis  svprii  ct  intra 
hirsutis.  La  difference  est  telle ,  que  j'ai  doulc  qu'cllcs  fussenl  de 
la  mtme  espece;  toutefois  les  fleurs  ne  presentent  absolumentau- 
cune  diiferenco,  ce  qui  me  porlc  a  croire  que  ce  sont  de  simples 
varietes  dont  I'existence  est  due  au  dcgre  de  fertiiile  du  sol. 

Le  juofesseur  Reinvrardt  a  trouve  a  Java  2  Alpinia  :  YA.  Ga- 
langa  et  VA.  Malacccnsis.  J'ai  trouve  une  3**.  esptce  sur  la  mon- 
tagne  Kcndang  situee  dans  la  partie  cenlrale  de  Bantam.  Cctle 
plante  y  est  rare;  elle  ap])roche,  pour  la  bcaute,  de  1'.-/.  Malac- 
ccnsis; Ics  Sundanescs  la  nomment  Ladjh  Coil.  Elle  est  bcaucoup 
j)lus  voislne  de  Vyl.  nutans  que  des  auUcs  especes  connucs  1 1 
decritcs.  Roxburgh  semble  ncanmoins  admetlre  une  ccrlainc  dif- 
ference fondec  sur  l.i  fonnc  du  la  belle ,  lequci  nc  peut  pas  elre 


I  (JO  Botanique. 

iiomine  absolument  trifolic  ,  luais  auquel  on  peut  sculement 
donncr  par  Citiacttre  un  bord  fraiigu. 

La  principale  difference  caractcrisllquc  qui  cxisle  enlre  Ics 
genres  Alj/inin  ct  Amomuin,  consiste  en  ce  que  le  i*^'.  posbcde 
des  antlieres  nues,  et  unc  infloiescence  terminale,  et  VAino- 
mum  des  anlLcres  couronnces,  ainsi  qu'une  inflorescence  radi- 
cale.  J'ai  cependant  trouvc  une  plante  inlermediaire  enlre  ccs 
genres:  son  inflorescence  estcelle  del' A/pinia,  etles  antlieres  res- 
semblent  a  celles  de  VAinoinum. 

Le  pi-of'esseur  Rcinwardt  a  exclu  des  A/jnnid  celles  qui  pos- 
sedenl  une  inflorescence  radicale  ;  II  les  rapporle  a  un  genre  par- 
ticulier  qu'il  nomine  Ceanlltus.  II  en  comptait ,  a  Java ,  G  especes 
que  j'ai  trouvees  presque  loutes ,  et  auxquelles  je  puis  encore 
ajouter  deux  autres  especes. 

Je  vais  donner  ici  un  apercu  aussi  succiuct  que  possible  du 
noinbre  des  differentes  especes  de  champignons  appartenaut  k 
des  genres  ou  sous-genres  distincts.  Je  suivrai  a  cet  egard  la  mti- 
thode  de  Necs  (!iEi>enbech. 

Stemonitis   1.  TRyBLioN  nav.  gen.  i.  Ltcoperdoh  a.  Spae- 

HOBOLUS  I.  POLYANGICM  2.  MytREMYCES  ?  I.CyaTHUS  I.  Me- 
RISMA  I.  ClaVARIA  iG.TuEMELLA  3.  Gyraria  I.  IIygromitra  I. 
Spatularia  I.  Geoglosum  5. 

Agarici. 
Amanita  i  ,    Gymnopus  7  ,  Omphalia  5  ,   Pleujopus  /»  ,  Crc- 
pidopus  1  o  ,  Apus  4 ,  Mycaena  x  ,   LactiJIuus  4  ,   Micrompha- 
U'S  I ,  Pralclla  8. 

BOLETI. 

Gymnopus  0.  ,  Mycaena  3  ,  Crepidopus  1 1  ,  Apus  10  ,  Rcsupi- 
natus  1. 

Daedalea  3.  Systotrema  Apus  ■>.. 
Merulii. 
Oniphaiia  3  ,  Pleuropus  i.  Cyrloplcuropus. 

Hyuna. 
Crepidopus  i  ,  Apus  3. 

Telei'hora. 
Omphalia  i  Pieuropus  i,  Crepidopus  1,  Apus  6,  Resupinatus  i. 
DicTYOPEPLOS,  woe.   gcu.    PlialloruTti   s.  Ci.athrus  I.  Pe7,I7.A 
10.  SiMiAKRiA  II.  Total  i;")S. 

Telle  esllindication  des  cliampignousde  Java,  qui  out  ele  «les- 


Botmiique.  191 

sines  jusqu'a  present.  Nous  n'en  avons  trouve  aucune  espece  que 
nous  puissions  considerei'  comma  analogue  a  celles  deja  connues. 

Nous  avons  en  outre  decrit  un  grand  nombre  de  la  section 
des  Boletus  Apiis ,  ainsi  que  des  Sphncria,  des  Lycoperdon  ,  etc. 

Vous  voyez  d'apres  cette  notice  que  nous  avons  forme 
quel(|ues  nouveaux  genres  ,  tels  que  Ic  Dictyopeplos  et  le 
Tryblion. 

Le  Tryhlion  est  un  genre  qui  nous  a  paru  approcher  le  plusde 
r^.y(j/YO«  (Ordo  Trichoci.storum  ,  S>ec\..  Canallcetoruin  Nees  1, 
dont  il  diilere  toutefois  par  le  conceptacle  sessile  et  les  filets  un 
peu  dresses. 

Lcs  Dictyopeplos^  ijr/rjov  (rcseau),  r.zTilrti  (voile),  est  un  genre 
qui  approclie  beaucoup  de  Y Hymenoph alius  duplicatus ,  peut- 
elre  mcme  n'en  est-il  pas  different.  Ge  vtigetal  est  sans  doute  le 
plus  beau  de  tousles  champignons.  Rumph  en  a  deja  donne  un 
dcssin  tres-ressemblant ;  mais  je  ne  me  rappelle  pas  le  numero 
de  la  planche. 

Void  la  phrase  caractoristique  du  McruUus  Cyclopleuropus  : 
Merulius  plciiropus ,  annulo  crassiusculo  munitus,  ad  mnrginem 
injeriorem  libero  ,  supra  cum  lameJlls  hymend  conjlucnte.  iAlgeni. 
Konst  en  Letter-Bode ,  avril  1824?  p-  ^^/O 

i53.  Recherches  ANATOMiQtjF.s  ET  PHYSioi.OGiQUES  sur  la  Struc- 
ture interne  des  animaux  ct  des  vegetaux  ,  par  M.  Dutrochet. 

I  vol.  in- 12  de  233  pages,  avec  un  tableau  et  deux  planches. 
Paris;  cliez  Bailliere  ;  1824. 

II  en  est  de  Fanatomle  vegetale  a  pen  pres  cornme  de  la  meta- 
physique.  Les  auteurs  qui  ont  ecrit  .sur  ces  deux  sciences  ont 
toujours  ou  de  grands  avantages  sur  ceux  qui  les  avaicnt  pre- 
cedes ,  et  cliaque  systcrae  a  fait  place  a  un  autre  qui  a  ete  renver- 
se  a  son  tour.  Cependant  I'expcrience  confirine  quelques  obser- 
vations ;  quelqurs  raisonnemens  rcsislent  a  toutes  les  altaques, 
et  c'est  ainsi  que  s'eleve  peu  a  peu  redificc  des  connaissances 
humaincs. 

Nous  n'oserions  assurer  que  le  llvre  dont  nous  donnons  ici 
I'analyse  ne  trouvera  pas  egalementun  jour  quelques  contradic- 
teurs;  il  n'a  point  encore  etc  soumis  dans  toutes  ses  parties  a  un 
examen  attentif;  toutes''les  experiences  de  I'auteur  n'ont  point 
encore  ete  repetecs.  (iependant,  plusieurs  qui  I'ont  tie  deja  se 
sont  Irouvees  parfaifrment  cxactes;  des  aujourd'hui  cllcs  font 


192  Botanifjuc. 

partie  liu  domaiiic  de  la  science  ,  et  dies  etablisscnt  en  favcur  <lei 
autres  la  prevention  la  j>lus  favoralile.  Ce  qui  u'eu  ctablit  pas 
raoins,  c'est  la  sagacite  profondc  qui  paralt  avoir  dirigc  I'auteui- 
dans  toutes  scs  rechcrches ,  la  uiarche  assuree  de  scs  raisonne- 
mens  et  I'liabilete  avec  laquclle  il  sait  encliaincr  les  faits.  Ea  un 
mot,  nous  ne  craignons  pas  de  ie  dire,  depuis  long-temps  il  n'a 
paru  sur  la  physiologic  et  Tanatomle  vegetales  aucun  outrage  qui 
renferine  aulant  de  clioses  nouvelles  ,  qui  presente  autant  de 
details  interessans  et  qui  merite  mieux  d'etre  lu  et  mcditc. 

L'auteur  traile  dans  sa  premiere  section  de  Tanatomie  des  vc- 
getaux,  et  en  partlculier  de  celle  de  la  Sensitive.  I'our  mieux 
etudier  la  structure  des  plantes  ,  il  a  imagine  d'en  isolcr  les  orga- 
nes,  en  placant  des  fragmens  de  vcgetaux  dans  une  petite  dole 
d'acide  nitrique  et  en  plongeant  cette  fiolc  dans  de  I'eau  bouil- 
lante ;  les  parties  qui  composent  le  tissu  vegetal  perdent  alors 
leur  agregation  ,  elles  deviennent  Iransparentes  et  les  vaisseaux  se 
remplissent  d'un  fluide  acriforme  qui  en  rend  I'observation  mi- 
croscopique  plus  facile.  Par  ce  moycn  M.  Dutrochet  dit  avoir 
reconnu  que  les  cellules  de  la  moelle  n'avaient  point  une  parol 
commune ,  mais  que  chacune  d'elles  pouvait  etre  separtie  des  au- 
tres  et  presenter  alors  une  sorte  de  vesicule.  M.  Dutrochet  cite 
aussi  les  experiences  ingcnieuses  qui  I'ont  araenc  a  penscr  que 
les  pores  hordes  d'un  bourrelet  que  Ton  avail  cru  voir  dans  le 
tissu  cellulaire  sont  de  petites  vessies  globuleuscs  reroplies  d'un 
fluide  concrescible,  et  il  soupconne  que  ces  vcsicules  seniles 
eleuiens  epars  d'un  systeme  nerveux.  Suivant  lui ,  Ics  trach^es 
n'ont  point  de  fentes  transversales ;  elles  nc  so  metamorphosent 
point  a  leur  extremile  en  tissu  cellulaire,  uiais  elles  finissent  par 
dts  cones  trcs-aigusjil  n'existe  point  de  JauiSi'x  traclic'es  ni  de 
tubes poreux  ;  enfin  un  merae  tube  n'offrejaniais  une  organisation 
dilTerentc  dans  les  diverses  portions  de  son  etcndue,  et  parcon- 
sequcnt  il  n'y  a  point  de  vaisscaux  mijctcs.  L'auteur  dit  avoir 
reconnu  que  les  trachees  conticnnent  un  liquidc  diaphane,  et  il 
les  considcre  couime  desorganes  respiratoires  dcsliues  a  cliarrier 
un  liquide  vivifiant.  La  fibre  ligneuse  est,  selon  M.  Dutrochet, 
en  grande  partie  composee  de  cellules  allongees,  ou  clostres  qui 
s'entrelacent  et  sont  quclquefois  divisecs  par  des  clolsons.  Ccs 
clostres  sont  natureilenient  d'un  blanc  nacre;  mais  ellesprcnnent 
en  apparcnce  la  couleur  des  sues  dont  dies  sont  rcinplics ,  ot 
l'auteur  prnse  que  ceJics  de  I'aubiiT  ccccoimtnt  foruie  sont  les 


Bo/anique.  igS 

reservoirs  ilc  la  sow'^.  Ouatit  aiix  vaisseanx  propres,  M.  Dufro- 
thet  soupconne  qu'ils  sont  purement  st'creteurs;  il  considere 
comme  excrementiels  les  sues  laiteux  ou  resineux ,  et  il  ajoute 
que  les  derniers  ne  sont  point  contenus  dans  des  lacuncs,  mais 
dans  des  vaisseaux  renfles  et  tortueux.  Les  laisceaux  des  clostres 
sont  Dielus  cLez  la  Sensitive  avcc  un  tihsu  cellulaire  qui  se  divise 
mecaniquenient  en  filets  longitudinaux,  compost-s  de  sei'ies  de 
cellules,  et  ce  tissu  arlicule  parait  e'rre  I'Drgane  gcnerateur  des 
rayons  medulalres.  L'auteur  trouve  de  nouvelles  raisons  pour 
assurer  que  la  moelie  et  le  parenchyme  cortical  sont  identiques. 
La  base  des  petioles  de  la  sensitive  offre  un  ren  flcment  sensible, 
le  parencliyine  de  ce  renflement  est  compose  d'unegrandequan- 
tite  de  cellules  globuleuses  et  diaphanes  dontles  parois  sont  coti- 
vertes  de  ops  corpuscules  que  l'auteur  appelle  nen'eux,  et  les  fo- 
lioles  des  feuilles  contiennent  une  innombrable  quantite  de  ces 
meines  corps.  Les  divers  organes  creux  du  tissu  vegetal  n'out 
entre  eux  que  des  rapports  de  contiguite  ,  les  fluides  qu'ils  con- 
tiennent ne  peuven*etre  iransiuis  que  par  les  pores  de  leurs  pa- 
rois ;  mais  ces  ])ores  ne  sont  autre  chose  que  les  espaces  Intermo- 
leculaircs  qui  doivent  necessairement  se  trouver  entre  les  mole- 
cules integrantes  des  tissus  organiques,  molecules  dont  la  forme 
est  globuleuse.  Enfin  l'auteur  termine  la  section  que  nous  venous 
d'analyser,  en  faisant  soupconner  quele  tissu  organique  est  for- 
me par  la  reunion  d'une  immense  quantite  de  vcsicules  celluleu- 
ses  ou  tubuleuses  dont  les  parois  sont  en  contact,  et  qui  tiennent 
par  une  simple  force  d'adhesion  ou  d'agglutination. 

La  1^.  section  de  Touvragc  de  M.  Dutrocliet  traite  des  mou- 
vemens  de  la  Sensitive.  Quoique  plusieurs  botanistes  aicnt  fait 
sur  cette  plante,  des  observations  curieuses,  on  pourra  lire  en-' 
core  celles  de  M.  Dutrocliet  avec  beaucoup  dc  fruit.  Non-seule- 
meut  sesdiverses  experiences  sont  ingenieuses  ,  mais  il  a  su  leur 
donner  une  direction  systematiquc  que  n'avaient  pas  celles  des 
Dufayetdes  Duliamel.  II  prouve  qu'en  reduisant  le  parenclivme 
du  bourrelet  petiolalre  dc  la  Sensitive  au  faisceau  central,  Ic  pe- 
tiole cesse  de  se  mouvoir;  il  montre  que  le  mouvement  de  flexion 
est  du  a  la  partie  supt5rieurc  du  bourrelet,  et  celui  de  rcdrcsse- 
ment  a  la  partie  inferieure;  enfm,  que  non-seulement  I'irrita- 
bilile  de  la  Sensitive,  mais  celle  des  autres  plantes,  a  pour  cause 
une  incurvation  vilale  du  tissu  organique.  Par  les  experiences 
les  plus  delicntes,  l'auteur  fait  voir  cusuite  que  cliez  la  Sensitive 
B.  Tome  III.  i ;[ 


1 94  Boiiinique. 

les  corj'.usculos  qn'il  appellc  nervcu.c ,  la  luoelle,  I'ecorce,  et  Ic 
tissu  cellulairesonl  egalement  incnp;ibles  dc  transmcttre  le  mou- 
vemetit;  qu'il  est  communique'!  par  la  portion  ligneuse  du  sys- 
teme  central,  et  tiansmis  en  parliculior  par  le  liquide  seveux. 
D'autres  experiences  lui  ont  prouvc  que  le  mouvement  ou 
plutot ,  pour  parler  commc  lui-memc ,  la  nervimotlon  dtalt  plus 
rapidc  dans  les  petioles  et  Ics  pinnules  que  dans  les  articles  de 
la  tige.  Enfin  une  suite  d'observations,  faites  avec  toutes  les 
precautions  imnginables,  le  conduisent  a  conclure  que  la  mo- 
tilite  dc  la  Sensitive  depend  :  1°.  de  rexistence  d'une  tempera- 
ture plus  elevee  que  le  7*^.  degre  a»i-dessus  dc  oj  a",  de  I'in- 
fliicnce  de  la  lumiere ;  3".  de  la  presence  d'une  seve  suftisam- 
luenl  abondaute. 

Les  3^.  et  4'-  sections  sont  plus  intcressantes ,  s'il  est  possi- 
ble ,  que  les  precedentes.  L'une  traite  des  directions  speciales 
qu'affectent  les  diverses  parties  des  vegetaux;  I'autre,  de  I'in- 
flucnce  du  mouvement  de  rotation  sur  les  directions  speciales 
que  preunent  ces  memes  paities.  L'auteur  y  cite  une  multitude 
de  laits  nouveaux,  propres  a  jeter  du  jour  sur  la  pliysiologie; 
et  II  y  donnc  les  details  d'un  grand  uombre  d'experionces  cou- 
duitcs  avec  une  extreme  sagacite.  Enfin,  dans  la  derniere  sec- 
tion, il  s'occupe  de  la  structure  iutime  des  systeines  nerveux  et 
rausculaires ;  et  il  examine  ce  qu'est,  chez  lesanimaux,  le  me- 
canisme  de  la  contraction. 

Nous  regrettons  que  les  limites  etroites  de  ce  Bulletin  uc 
nous  permetrent  pas  d'analyser  ces  trois  sections  avec  autant  dc 
di'lails  que  les  premieres;  petit-elre  meme  aura-t-on  trouve  que 
nous  avions  diipasse  ces  limites;  mais  nous  n'avons  pu  resister 
au  dosir  de  donner  une  legere  Idee  d'un  livre  aussi  curleux.  Les 
physiologisles  et  ceux  qui  cultivent  I'liistoire  nalurelle  ne  doi- 
vent  point  se  contenter  de  cettc  analyse  supcrficielle;  c'est  le 
livre  lui  -  meme  qu'ils  doivent  mediter.  Sans  meme  s'etre  livro 
d'une  maniere  spcciale  a  I'etude  de  la  nature  ,  il  est  dans  cet 
ouvrage  phisieurs  chapltres  qu'on  peut  lire  avec  plaisir;  et  il 
doit  trouver  place  dans  toutes  les  bibliolh^ques ,  a  cote  de  ceux 
des  Hales,  des  Duliamel,  des  Mirbel  et  des  Treviranus. 

AUGUSTE   DC    SaINT-HiLAIRE. 


Botani<iue.  loS 

1S4.  Note  sur  le  degagement  u'un  gaz  ammoniacal  pendant 
J  a  vegetation  du  Chenopodlum  Fulvaria  L.  {Aim.  dcs  Sc.  nat., 
to.  I,  p./,/,/,.) 

M.  Chevallier,  ayant  anooncc^,  conjointcnientavec  M.  Lassai- 
gne  ,  qu'il  existait  du  sous-carbonate  d'ammoniaque  tout  forme 
dans  les  feuilles  du  Chenopodiieni  J'^ulvaria  L.,  et  quelques  objec- 
tions ayant  ete  elevees  contra  ce  fait  pourtant  tres-naturel,  a  re- 
pete  ses  experiences,  mais  sans  employer  Taction  du  feu.  Il'a 
place  sur  un  vase  renfermant  deux  pieds  de  Chenopodlum  Vulva- 
ria  un  entonnoir  de  verre,  pour  recueillir  la  vapour  qui  se  de- 
gage  contlnuellemcnt  de  cettc  plante.  Get  appareil,  mis  en  com- 
munication avec  un  vase  contenant  de  I'acide  hydrochlorique 
etendu  d'eau ,  le  gaz  degage  de  la  plante  a  produit  instan- 
tanement  des  vapeurs  blanches,  qui  se  repandaient  a  la  sur- 
face de  I'eau  ou  elles  disparaissalent.  M.  Chevallier  reconnut,  par 
I'analyse,  que  c'etait  de  I'hydrochlorate  d'ammoniaque,  et  ii  en 
lira  cette  consequence,  que  la  plante  en  question  laisse  de^afer 
spontanement  de  I'ammoniaque  libre  pendant  I'acte  de  la  vege- 
tation. Cette  observation  est  additionnelle  a  celle  que  MM.  Che- 
vallier et  Boullay  avaient  faite,  il  y  a  quelques annecs,  sur  I'ema- 
nation  du  meme  genre  ammoniacal  par  plusieurs  fleurs,  raeme 
par  celles  dont  I'odeur  est  tres-agreable.  G...,n. 

i55.  Botanical   register.   N°'.    CXIII   ct   CXIV.    Juillet  et 
aout  1824.  (Voy.  le  Bulletin,  t.  3,  p.  46.) 

809.  Amaryllis  ignea.  Nouvelle  espece  envoyee  du  Chili  par 
lord  Cochrane  avec  d'autres  plantes  bulbeuses.  Ses  fleurs  dont 
les  segmens  pctaloides  sont  connivens  et  forment  un  tube  lui 
donnent  un  aspect  different  de  celui  des  autres  Amaryllis  telle- 
ment  qu'on  serait  port6  a  en  faire  un  genre  nouveau  ;  mais  I'au- 
leur  prefere,  pour  Ic  moment ,  la  laisser  parmi  les  Amaryllis  a  ' 
I'exemple  du  D*^.  Sims  qui  a  nomme  Jmarjllis  cjrta/uhoides , 
une  espece  evidemment  congencre  de  celle-ci.  Voici  la  plirase 
specifique  de  V Jmarjllis  ignea:  umbelld  6-Jlord ;  periantkii 
laciniis  intubo  cylindracco  comolutis  ;  pedunculis  periantkii  nti- 
tantis  longititdinc ;  stylo  exserto ,  stigmate  simplicissinio. 

810.  Oxalis  Plumieri.  Willd. 

811.  Azalea  indica.  Var.  aUni.  A  la  suite  de  la  description  dc 
cette  varicte,  on  trouve  la  liste  dc  2  5  varietes  dH Azalea  indica 


j\}6  B'taniqiie. 

doni  Ja  i-liiparf  wi\t  tulliv^es  jiar  les  Cliinoi>  et  les  Japonais,  er 
qui  ont  etc  inentionnecs  par  KiiinptVr. 

812.  Cineraria  spcciosa.  S<hradtT  el  I  i-tik.  Espece  tout-a-fait 
(Hstincte  du  C.  sibirica  dont  elle  a  cte  cxjiisideree  conime  une 
variete  par  M.  Fischer  et  u'autres  botaniblcs.  C'est  une  plante 
lierbacee  origlnaiie  de  Siberie. 

8 1 3.  Chloroplivtum  orchidaslrum.  Lindl.  Cetteseconde  espece 
du  genre  Chlorophylum  etabli  par  M.  Ker  dans  le  Botanical 
Magazine,  est  indigene  de  Sierra-Leone  comme  telle  qui  a  servi 

d  type  au  genre-  On  indique  en  outre  conime  faisant  i)artie  du 
n)i:ine  genre  VJnthericurn  elatum  Ait. ,  du  cap  de  Bonne-Espc- 
laiice,  et  le  Chi.  laxum  Brown,  de  la  Nouvelle-HoUande. 
M.  Lindky  a  donne  a  sa  nouvelle  espece  les  caracteres  suivans  : 
C:.  orcliidastrum  ;  2  petalis  ;  foliis  lanceolatis ,  acuminatiSjU  hasi 
strictd  patcnlibus  }  paniculd  ramosd  strictd  rnultijiord;  rami.s 
glabris. 

8i4-  Ornithogalum  virens.  Nouvelle  espece  voisine  de  YO. 
caudatum  et  de  I'O.  odoratum  Jacq.,  trouvee  dans  la  baic 
de  Lagoa  (Afrique  mcridionale),  par  feu  M.  J.  Forbes,  et  ainsi 
caraelcrisec  par  M.  Lindl oy  :  O.  virens;  raceino  spicato,  mul- 
tiJloro\  foliis  lineari-lanccolatis ,  debilibus  y  ad  apicern  breviter 
tcrctibus  ,  acuininatis  ;  sepalis  patcntibus  ;  stainini'ms  alter nis^ 
bidentatls  ;  bracteis  Jloribus  longioribus. 

81 5.  Eedysarum  ascendens  Swartz  et  Willd.  Cette  espece, 
indigene  du  Br6sil,  n'avait  pas  encore  etc  flguree.  La  peinture 
en  a  ete  faite  d'apres  des  iudividus  cultives  dans  la  pepiniere  de 
M.  Colvili. 

8i6.  Narcissus  gracilis  Sabine  Mss.  :  11-iH-uncialis ;  foliis 
lineari-subulatis  ,  canaliculatis ;  scapo  terete  ,  i-%-floro;  ovario 
inflato ;  florc  sulphureo.  Cette  espece,  cultivce  dans  le  jardin 
de  la  Socicte  horticultui-ale  ,  a  des  fleurs  qui  resseniblent  a 
celles  du  N . poi-tlrus ,  mais  cllcs  sont  d'un  beau  jaune.  M.  Lindlev 
exprimeici  son  opinion  qui  est  conforine  a  celledeM.  Sabine,  sur 
le  genre  Naixissus.  II  pcnse  que  le  nombre  des  veritables  cspeces 
est  pen  consideiable,  qu'il  existe  un  grand  nombre  de  varietes 
jjarmi  celles-ci ,  et  que  les  genres  proposes  par  M.  HaAvortli 
aux  depens  du  Narcissus  ne  doivent  ^tre  consideres  par  la 
plupart  que  comme  de  simples  especes. 

817.  Aerantlies  grandiflora.  Nouveau  genre  d'Orchidees,  pro- 
pose par  M.  Lindley  pour  une  plante  de  Saintc-Marie  dc  Ma- 


Botaniqite.  197 

dagascar,  a  laqujlle  il  adjoisit  les  Ijf/idrobiu/n  arachnitis  ct 
JngTfvcuin  scbquipcdale  de  M.  Du  Petit-Thouars.  ( Hist.  Orclt. 
Afr.,  tab.  88  et  tab.  66  et  67.)  Ses  caracleres  generiques  sont 
aiusi  expiimes. 

Aeranthes  :  Lnhcllurncalcaratiim^rnembranaceum^  integrum , 
cinn  processu  imguifonni  coluninoe  €ui  lacinice  anticce  adnas- 
cuntitr,  articulatum.  Perianthium  ringeiis.  Masscepollinicce  diicVy 
caviG  y  hinc  perforates  ,  filo  nullo ;  glandidd  duplice.  Herbce 
parasiticce .,  perennes ,  rqdicibus  filiformibus ,  foliis  distic.his. 
Flores  maxitni ,  solitarii,  pallidi.  Sepala  cornuta  ,  cequnlia.  Voici 
la  phrase  caracteristique  de  X  Aeranthes  grandiflora  Lindl  •.folds 
apice  hilohis ,  yalde  incequalihus ,  scapo  radicali  \>aginato  debili 
hrevioribus ;  calcare emarginato.  Ce  genre  est  voisin  <\q\' Aerides 
cree  par  Swartz  dans  le  journal  de  vSchrader ,  1799,  p^ig-  233, 
tab.  2.  M.  Lindley  ajoutc  ici  une  liste  des  genres  qui  composent 
la  section  des  Epidendrees ,  et  dans  laquelle  les  genres  Aerides 
et  Aeranthes  se  trouvent  compris. 

818.  Iris  Nepalensis'SNAMvli  inLitt.  Cristata;  scapo  bifloro  , 
foliis  falr.utis  hreviore ;  sptithtl  diphylld  perianthio  vio/aceo  ad- 
pressrl  unguium  sepaloruni  longitudine.  A  en  juger  pai- la  seule 

inspection  de  la  figure,  M.  Lindley  suppose  celte  espcce  voisine 
de  X Iris  subhiflora. 

819.  Pfeonia  cretica  Sabine  Mss.  ou  Pasonia  arictina,  Var. 
Carnea  De  C.  Prodr.  i,  p.  66.  M.  Lindley  donne  ici  la  lisle  des  i  v. 
especes  legitimes  de  Pivoines;  il  n'admet  pas,  par  consequent, 
plusieurs  especes  que  M.  De  Candolle  a  fait  connaitre  dans  sou 
Prodrome,  et  dont  le  nombre  est  de  16.  II  reunit  le  Pceonia  lo- 
hata  Desf.  comma  variete  au  P.  tnterjiata  Pall,  ou  P.  daurica 
Anderson;  et  il  ne  fait  egalcment  des  P. cretica  Sab.,  P.  decora 
And. ,  P.  pcregrina  Mill,  ct  P.  paradoxa  And. ,  que  des  varietcs 
du   Pa;onia  arictina. 

820.  Coronilla  Juncea  L. 

Nota.  II  y  a  ici  erreur  do  cbiffre  et  transposition  de  figure. 
l.e  n°.  820  represente  un  Daphne  dont  nous  allons  parler,  et 
la   Coronilla  juncea  sc  trouve  a  la  plancbe  n".  822. 

821 .  Zephjrranthes  rosea.  Lc  nom  de  ce  genre ,  de  la  familledes 
Aniaryliidees  et  de  I'Hexandrie  Monogynie,  a  etc  propose  par  M. 
liebcrt  (Appendix,  p.  36).  Voici  ses  caractcres  :  peranthiurn 
verticalc  ,  infundibulare ,  a'quale  ;  stamina  rcgularia  ,  una  scc- 

piits  [sejunclo)  basi petalorum  inserta  ;  anther(eadnata\  Stylus  dC' 


198  Eotanique. 

rlinatus;  sem  inn  pinna  ,  meinbranaccii  ;  tcstdatrd.  L'osjiece  nou- 
volle  qui  a  ele  envoyee  de  la  Havane  par  M.  Georges  Don  , 
est  ainsi  caraclerisee.  Z.rosra  ;  foliis  humifusis,  linenribus,  scapo 
uni/Ioro  breiuoribiis ;  perianthio  expanso;  sepalis  ovalibus,  opi- 
culatis  ;  spathd  bifida  apice  carnosd. 

822.  Daphne  collina.  Var.  (3  neapolilana.  Willd.  et  Loddlg. 
Bot.  Cab.  719.  Voy.  la  pi.  n°.  820. 

823.  Spiranthes  cernua  ;  Ophry-s  cernua.  L.  M.  Lindley  admet 
le  nom  Ac  Spiranthes  applique  a  ce  genre  par  feu  M.  Richard, 
ij^servant  celui  de  Neottia  au  genre  dont  Yophrys  nidus-  avis  L. 
est  le  type,  comme  cet  illustrebotaniste  I'avait  propose.  M.  Lin- 
dley donne  renumeration  dcs  especes  dont  le  genre  Spiranthes 
se  compose.  Elles  sont  au  nombre  de  16;  M.  Richard  n'en 
avail  mentionne  que  6.  Les  10  que  M.  Lindley  propose  d'ajouter 
sontles  suivantes  :  i".  Spiranthes australis, on  N.  austra/isJlcowa; 
20.  S.  pudica,  nouvelle  espece  de  Duourie  ;  "i^.  S. /iexuosa,  ou 
N.  JlexuosaSm.  in  ReesEncycl.;  4".  S.parnflora,  on  N.  par- 
vijlora  Smith,  loc.  cit.;  5°.  S.africana,  on  Satyriu  ni  spirale , 
Du  Petit  Th.  (Orch.  afr.  tab.  9.);  6"^.  6".  co/?ge^«rt,  nouvelle  es- 
pece de  Siberie  ;  70.  S.  picca ,  ou  N.  picta  ,  Bot.  Mag.  i562j 
8".  .9.  bicolor,  Bot.  Reg.  79/4 ;  9".  S.  quadridentata  ou  N.  qua- 
dridentata  "Willd.;  io>.  S.  strateumatica,  ou  Orchis  strateuma- 
tica  Willd. 

82}.  Rosa  Kamschatica  p.  nitens  Llndl.  Monog.,  p.  3. 

J.  A.  G...1N. 

1 56.  Exotic  Flora,  etc. ;  par  W.  Jackson  Hooker.  Juillet  et 
aout  1824.  (V.  le  Bull.  ,  to.  3,  p.  47-) 

110.  Paullinia  Melicefolia  Jnss.  {Ann.  du  Museum,  Vol. IV, 
p.  347  ).  Dans  cette  pl.mte  les  feuilles  pinnees  sont  comj)osccs 
de  4  paires  de  folioles ,  el  non  de  3,  comme  I'indique  la  descrip- 
tion de  M.  deJussieu. 

111.  Ficus  nitida  Thunberg.  La  figure  de  cette  espece,  don- 
nee  par  M.  Hooker ,  a  cte  faile  sur  nn  individu  recu  du  jardin 
botanique  de  Liverpool,  comme  origlnaire  des  Indes  occidenta- 
Ics;  tandis  que  le  F.  nitida  de  Thu7iberg,  Willdcnow  et  Smith  , 
est  indigene  dos  Indes  orientales.  11  y  a  aussi  des  differences  dans 
1.1  description,  car  les  feuilles  de  cette  derniere  espece  sont,  sc- 
ion lesanteurs  ci-dcssusmentionnes  ,  courtes  el  obtusenient  acu- 


BolOJiuiue.  igg' 

mineps  ;  tlansla  flLjiire  de  ['Exotic  Flora,  elles  sout,  au  contraire, 
assez  ^randes  et  obovales. 

1  lu.  Epidcndruin  ?  polybulbon  Swartz.  Orchidee  qui  a  fleuri 
en  decembre  1822  dans  les  serres  du  jardin  botanique  de  Liver- 
])ool.  Elle  est  originaire  des  hautes  montagnes  de  la  Jaraaique, 
ou  elle  croit  en  abondance  sur  les  troncs  des  aibres. 

1 1 3.  lantha pallidiflora.  Genre  nouveau  de  la  famille  desOr- 
cliiilees,  apparlenant  a  la  /j".  section  de  cette  famille  ,  formee 
parM.  R.  Brown.,  dans  I'/Toz/kj  ifetve/Mw.  Voici  ses  caracteres  : 
Pctnlu  rninula  ,  conniventia ,  subcequalia,  libera  ,  infcrne  una 
cunt  labello  mai^no  dilatato  iri'irticulato ,  breviter  obtuse  calca- 
rnto.  Anthcra  opcrculiformis ,  libera.  Massce pollinis  duo,  dorso 
lobulato,  pcdicelln  glanduloso  nffixcc.  Ses  flcars,  qui  rcssemblent 
a  celles  dequelqties  especesde  violeltes,  liii  on!,  fait  donner,  par 
M.  Hooker,  !e  nom  de  lantha. 

114.  Poljpodium  plantagineum  Jacq.  Cette  belle  fougere,  ii- 
guree  aii'rofois  par  Plumier  [Filic,  tab.  128),  est  indigene  des 
lies  de  la  Martinique  et  de  St. -Vincent.  Elle  est  reraarquable  ])ar 
sa  froiide,  dont  I'extremitL'  de  la  nervure  mediane  s'iniplante  en 
terre  et  donne  naissance  a  d'aiitres  frondes. 

1 15.  Prescotia  plnntoglnifolia.  Ce  nouveau  genre  d'Orcliidees 
a  et(5  constitue  par  M.  Lindley  sur  une  plante  de  Rio-Janeiro 
qui  resseinble  beaucoup ,  dans  ses  organes  floraux  ,  au  Ma- 
hixis p:dudos(i,  et  que, par  cette  raison,  M.  Hooker  aurait  rap- 
porte  au  genre  Malaxis  de  Swartz,  si  I'opinion  contraire  de 
M.  Lindley,  qui  prepare  une  bistoire  des  OrcLidces,  nc  I'eut 
enlr.iine.  Voici  les  caracteres  gcneiiques  du  Prescotia,  tires  des 
manuscrits  de  M.  Lindley  :  Perianthiwn  rectum  ( resupinatum 
auct.  I  ;  lacinice  revolutee,  duce  superiores  bast  connatce  ;  label- 
lum  crectuin ,  carnosum ,  cucullatum  ,  integerriinurn ,  colurnnani 
minutissimam  aniplecteiis ;  anthera  bilocularis,  persistens ,  stig- 
ma ti  parallela;  massce pollinica.'  2,  didymoi,  gr.rij.insa^apice 
glaiididd  gyni7,o  re.tuso  afjixa;. 

La  fimire  du  V rescolin plantagiiiea  est  accoinpagnce  de  details 
inU'ressans.  Ainsi  que  celle  d(;  la  plante  qui  suit ,  cllc  est  gravee 
sur  dc  grandcs  dimensions. 

iiG.  Cymbidiuni?  bitubcrculaliun.  Cette  belle  Orchidee  est 
peut-^tre  un  genre  nouveau  j  cependant  M.  Hooker  a  preftTc  le 
laisser  provisoircment  dans  Tamien  genre  Cjrmbidium,  plulot 
que  de  c;)inp!i'[uer  citore  une  laniilie  oil  les  genres  soni  peu  as- 


apo  Bota?ii<fue. 

surc's.  Voici  les  caracleres  de  respece,  qui  est  originaire  An  Ne- 
paul :  C. ?  hitubcnulatum  :  subhulbosuin ^Jollis  qitnternis,  ovatis, 
jil'cato-striatis,  undiilatLi;  labello  rcflcxo  ,  hasl  lubcrculato;  co- 
rolhc  laciniis  duohus  intcrioribus  angustioribus. 

117.  Axpidium  nodosum  Willd.;  ydsp.  articulatum  Schkiihr 
(/?o«  Swartz).  Cette  curieuse  Fougere  avait  ete  d('ja  figuree  par 
Plumier  [FiUc.y  tab.  i'>6  ) ,  et  elle  est  reraarquable  par  le  petiole 
de  sa  fronde,  qui  est  articule.  Elle  croit  aux  Antilles. 

1 18.  rrimuln  Palimai  Jacq.  Celteespece,  indigene  des  rocliers 
du  c.!])  rlePalinure,  dans  Je  royaume  dc  Naples,  a  de  si  giandcs 
ressemblanees  avec  le  Primula  Juriculah.,  qu'on  la  prendrait 
pour  uiie  de  ses  variettis.  Ses  feuilles  sont  tres-grasses ,  et  ont  ete 
comparees  par  Lehmann  a  celles  dnSempcrvUnirn  arboreurn.  On 
la  cultive  dans  les  jardins  d'Angleterre  et  d'Ecosse.    J.  A.  G....N. 

157.   CORTIS'S   BOTANICAL  MAGAZINE.  N".    4^0  Ct  /(Si.    ( VoyCZ    IC 

Bulletin ,  t.  3  ,  p.  4 6.} 

2/(95.  Sida  aurita  Walllch.  Cette  espece,  adoptee  par  M.  De 
Caudolle  dans  son  Prodromus,  est  originaire  de  I'ile  de  Java.  Elle 
a  fleuri  pour  la  jireniiere  fois  dans  le  jardin  botanique  de  Cal- 
cutta,en  i8i(),  d'oii  M.  Wallirli  I'a  envoyee  en  Angletcrre.  Elle 
appartient  a  la  3'^.  section  du  grand  genre  Sida ,  que  M.  Kunth 
a  ^leve  au  rang  de  genre  sous  le  nom  ^ Abutilon. 

2496.  Conanthcra  bifolia  Ruiz  et  Pav.  Deja  figuree  dans  la 
Flore  du  Perou,  t.  3 ,  tabl.  3oi  ;  mais  les  segmens  du  perianthe 
V  sont  plus  refli'cliis  que  dans  la  plante  ici  representee.  Les 
autres  caractercs  sont  d'ailleurs  ties-conformes. 

2497.  Laurus  wj^grcgata.  Espece  nouvelle  originaire  de  la 
Cbine  ctdontvoici  le  caractireesspntiel  :  'L.foHix perennanlibus, 
os'atis ,  acuminatis,  triplinerviis,  suhtiis  glaucis ;  pedunculis  sim- 
plicivus,  axillaribns,  ctggregc.tis,  brarteis  srariosis,  ovatis,  cuncavix. 
IN'ayant  pas  analyse  les  fleurs  de  cette  plante,  M.  Sims  n'<st  pas 
certain  quelle  n'appartienne  point  au  genre  Tctranthcra  de  .Tac- 
quin  ou  Litsca  dc  Jussieu.  Elle  off're  beaucoup  de  ressemblance 
avec  le  Laurus  myrrha  de  Louieiro  que  .Tussieu  et  Brown  ont 
rapport<5  au  Litscea;  et ,  d'apres  la  coniparaison  des  caracleres, 
nous  inclinons  pour  leur  identile. 

24ij8.  Canna  cdulis.  Celte  espece,  conlondtn;  avec  la  C.annn 
indica  par  Riilz  ct  Pa  von  ,  a  elu  tHablie  dans  le  Bolanical  Regis- 
ter, n".  775.  (Toy.  le  Jiutlelin,  t.  i  ,  p.  244.) 


Botanique.  201 

a/(<jq.  Aspidistra  luiida.  Genre  fonde  par  M.  Ker ,  dans  le 
Botanical  Register,  n*'.  628. 

a5oo.  fVuIfenia  Carinthiaca  Jacq.,  ou  Poideruta  nudicaidis 
Lamarck. 

2S01.  Psidiuni  Cattleianum  Lindl. ,  Collect.  Bot.  iG.  Ce  bel 
ai'bre  fruitier,  originaire  de  Chine,  a  fait  I'objet  special  d'un 
memoire  de  M.  Sabine  ,  inserc  dans  les  Transactions  de  la  Societo 
liorticulturale,  vol.  4)P-  3i5. 

1S01.  Sarcophyllum  carnosum  Tliunb.  et  Willd.  Lcgumineuse 
du  cap  de  Bonne-Esperance. 

25o3.  Astrapcea  ff^ai lichii  Lind\.  Collect.  Ce  genre  a  ete  doja 
decrit  dans  le  Botanical  Register.  (Voy.  le  Bulletin  de  18^3  ,  t. 
2  ,  p.  78.)  M.  De  Candolle  I'a  place  dans  la  5*^.  tribu  des  Dom- 
beyacees.  [Prodromus  Syst.  nat. ,  i ,  p.  5oo. ) 

2304.  Erirms  Ljchnidea  Lindl.,  qu'il  ne  faut  pas  confondre 
avec  la  planle  d^crite  sous  ce  nom  par  M.  Je  Lamarck  dans  I'En- 
cyclopedie,  et  qui  est  VE.fragi-ans  de  VHort.  Keivensis.  Celle  qui 
est  ici  figuree  I'a  deja  et^  dans  le  Botanical  Register,  n".  748. 

2505.  Ixora  harbata  Roxb. , /^/or.  ind.,  i,  p.  Sg/). 
aSoG.  Pedicularis  (Canadensis  Pursh. 

2506.  Fuchsia  decussata  Ruiz  et  Pav.  Espcce  qui  a  des  rap- 
ports avec  la  F.  magcllanica  et  qui  a  ete  deja  figuree  dans  la 
Flore  du  Perou,  t.  3  ,  tab.  i23,  f.  B. 

2507.  Arittn  bulbiferum.  Cette  cspece ,  d'une  beaute  remar- 
quable,  est  originaire  du  Bengale.  Son  nom  lui  a  ete  impose 
par  Roxburf^li  dans  sa  Flore  (ineditc)  de  I'lnde.  Voici  sa  phrase 
specili(]ue  :  A.  acaul's ;  radice  tuberosd-  folds  decornpositis,  bid- 
bifcris  ;  spathd  cuculUitd-  spadice  cjlindraceo parum  longiore. 

G...N. 

i58.  Botanical  cabinet  ,  etc.  N<>3.  85,  86,  87  et  88  ;  niai,  juin, 
juillet  etaoiit  1824.  (Voyez  le  Bulletin,  t.  2,  p.  263.) 

84  1 .  Adianthum  reniforrne. 

842.  Erica  Bowieana.  Elegante  espcce  du  cap  de  Bonne-Es- 
perance, envoyee  depuis  pcu  de  temps  par  M.  Bowie,  (jiii  fait 
des  collections  pour  le  jardin  de  Kew ;  elle  est  voisinc  de  \'E. 
mnrnniosa.     , 

843.  Erica  tirbusciiia.  Inlroduite  depuis  1810  daus  Ics  jardini 


202  Bolnnique. 

d'Eiiropc,  oil  elle  fleurit  pendant  prcsque  toute  I'annee  et  par- 
ticuiierenient  en  hiver  et  en  autonjne. 

8/i4.  Thina  articulata.  On  pretend  que  cet  arbrisseau,  oric;!- 
naire  des  monta^'nes  de  Barbarie,  selon  M.  Desfontaines,  produit 
la  gomme-resine  connu    sous  le  nom  de  Sandarac. 

845.  Garcinia  Mangistann.  La  figure  de  ce  vegetal ,  qui  four- 
nit  le  plus  delicieux  et  le  i)Iiis  salubre  de  tous  les  fruits  ( le  man- 
goustan),  est  ici  plus  complete  que  ne  le  sont  communement 
celles  du  Botanical  Cabinet.  Elle  reprcsente  une  branche  en  fleur 
et  en  fruit,  et  elle  a  ete  faite  d'apres  une  peinture  malaise  exc- 
cutee  avec  beaucoup  de  soin.  Le  Garcinia  Mangostana  n'est 
point  cultive  en  Europe. 

84G.  Epidendrum  diffusum.  De  la  Jama'ique. 

848  et  849.  Phylica  buxifolia^  et  P.  rosmarinifolia. 

85o.  Knowltonia  rigida.  Cette  Rcnonculacee,  originaire  du 
cap  de  Bonne-Espcrance,  a  deja  ete  tres-bien  liguree  par  Ven- 
tenat,  dans  le  Jardin  de  Malmaison,  tabl.  22,  sous  le  nom  d'^- 
namenia  coriacea. 

^'ji.Erjthriiia  herbacea.  Cette  belle  legumineuse,  de  la  Caro- 
line du  sud ,  eta  it  connue  des  le  temps  de  Dillen  qui  I'a  6guree  en 
1782  ,  dans  YHortus  EUharnensis. 

85a.  Staavia  glutinosa  Thunb.  De  la  montagne  de  la  Table, 
au  cap  de  Bonne -Esperance. 

853.  Melastoina  villosa.  Espece  de  I'Amerique  meridionale. 

854.  Aspleniuin  zamiwfoUum.  De  Caracas.  Elle  est  figureo 
sans  fructification. 

855.  Erica  rupestris.  Petite  espece  qui  ornc  les  rocliers  des 
environs  du  cap  de  Bonne-Esperance  ,  sa  patrie. 

856.  Hedychium  datum.  Espece  native  du  Nepaul ,  culllvee 
dans  I'origine  au  jardin  de  Calcutta,  d'ou  elle  a  ete  envoyee 
en  1818. 

857  et  858.  Grevillea  cincrea,  ct  G.  linearis,  var.  Jlha. 
Decouvertes  par  M.  R.  Brown ,  sur  la  cote  ouest  de  la  Kouvcllc- 
Hollande. 

85g.  Viburnum  ntgosum.  Desiles  Canaries.  Inlrodiiile  en  1778 
dans  le  jardin  dc  Kew ,  de  li  rcpanduc  sur  le  continent,  d'oii  elle 
est  revenue  en  Angleterre. 

8G0.  Diosina  capilata. 

861.  Piper  maculosum.  Une  des  plus  belles  cs[n'(e.s  de  <i 
genre  nouibreux.  Originaire  de  I'Amerique  du  sud. 


Bntanique.  2o5 

862.  Andromeda  calyculata ,  var.  nana. 

863.  Epacjis  rosea.  De  la  Nouvelle-Hollande. 

864.  Amaryllis  caljptrata.  Du  Bresil. 

865.  Rkipsalis  cassutha.  De  la  Jama'ique. 

866.  Atragene  capensis.  Cette  plante  est  remarquable  par  !a 
grandeur  et  la  beaute  de  ses  fleurs ,  ineme  entre  ses  congeueres 
dont  {'inflorescence  est  en  general  fort  belle. 

?)6'].  Erica  melanthera. 

868.  Asplenium  palmatum.  Espece  d'Espagne,  du  Portugal  et 
de  Barbaric ,  etc. ,  figuree  sans  fructification. 

879.  Saxifraga  oppositifoUa.  Des  hautes  montagnes  de  I'Eu- 
rope. 

870.  Croton  pictitm.  De  I'Archipel  indien. 

87 1.  Soldanella  montana.  De  la  Boheme.  Ce  n'est  tout  au  plus 
qu'une  varlete  de  la  Soldanella  alpina. 

872.  Soldanella  Clusii.  Originaire  egalement  de  la  Boheme. 
Cette  petite  plante,  qui  croit  egalement  au  Saint-Gothard,  en 
Suisse,  nous  senible  une  espece  tres-distincte  de  la  S.  alpina, 
quoique  plusieurs  personnes  soient  d'un  avis  contraire. 

Sj'i.  jllarica  northiana.  Da  Bresil. 

S'jlt.Erira  alopecur()ides.T)u  cap  de  Bonne-Esperancc. 

875.  TriUiuin  sessile.  De  I'Amerique  septentrionale. 

876.  Epacris  purpurascens  ,  var.  rubra.  De  la  Nouvelle-Gal- 
les  du  snd. 

877.  Brjophyllum  calycinum.  Des  Moluques  et  de  I'llc-de- 
France. 

878.  Zieria  lanceolata.  De  la  Nouvelle-Galles  du  Sud. 

879.  Hibhertia  grossulariivjolia.  De  la  Nouvelle-Hollaniie. 
8S0.  Grevillea  sericea.  De  la  INouvelle-Gallcs  du  Sud.    G...N. 

iSg.  Memoire  sur  la  famiixe  des  violacees  ,  par  F.  de  Gin- 
ciNS  DE  Lassaraz.  (Mc'/rt.  de  la  societe  dc  physique  et  d'his- 
toire  naturclle  de    Geneve;  182^,  t.  V^.,  i^..  part.) 

L'auteur  de  ce  memoire  ne  s'cst  point  propose  pour  but  de 
donner  au  public  Tine  monographic  complete  des  Violacces.  II  a 
voulu  seulement  faire  connaitre  les  diverses  modifications  dont 
les  organes  des  ])lautes  de  cetle  famiJie  peuvent  etre  susceptibles; 
mais  un  travail  de  cc  genre ,  quand  il  est  fait  avec  soin ,  n'a  guere 
luoins  d'ulilitc  (jue  les  monographies  propremcnt  dites. 

Aprvs  avoir  indiquc  lenombre  de  I'iolacecs  qui  a  etc  connu 


2o4  Botaniijue. 

des  bot.inistes  a  differcntes  epoqims  ,  M.  de  Gingins  examine  en 
quelle  proportion  ces  pinnies  soul  rt'piirties  dans  les  differcnies 
p;irtie.s  du  globe. 

Nous  ne  dirons  rieri  des  divisions  qu'il  propose  (  Violacces  , 
Jlsodinees ,  Saui>agee< ),  (larce  que  des  observations  plus  re- 
ccntes  ont  prouve  qu  'Hcs  ne  pouvaicnt  etre  admises,  et  M.  deG. 
n'eut  certainement  pa.  indique  ces  divisions,  s'il  avait  connu  les 
plantes  qui  s'opposent  :i  leur  adoption. 

Passant  aux  organes  dela  vegetation  dans  les  viohttes,  I'aii- 
teur  prouve  que  celles  que  I'on  a  appelees  acaules  ont  une  tigc 
vcritiiblc,  et  il  assure,  avec  raison,  que  leurspretentlues  raeioes 
portent  an  sommet  les  vestiges  des  feuilles  de  I'annee  precedcnte. 
(C'est  par  inadvertance  que  dans  le  memoire  on  a  iinprimc  /«- 
dimens  au  lieu  de  vestiges. ) 

M.  de  G.  lie  nous  aj)prend  rien  de  nouvcau  sur  la  forme  des 
feuilles  et  les  stipules  des  Violeltes;  inals  il  fait  obsei  vei  que  les 
premieres  prennent  de  la  croissancc  pendant  la  m.ituralion  des 
fruits,  pendant  que  le  pcdoncule  reste  presque  toujours  le 
meme;  fait  d'une  haute  importance  pour  ceux  qui  diu  liront  des 
especes  du  genre  J^iola,  et  qui  voudraient  tirer  lies  caracteros 
de  la  longueur  relative  des  feuilles  ct  des  pedoncules. 

L'autenr  donne  sur  les  parties  de  la  fleur  des  details  plus  oten- 
dus  que  sur  les  orgaues  de  la  vegetation.  II  raontre  quelle  est  la 
symetrie  des  verticilles  qui  composent  la  fleur  des  Violeltes;  il 
cntrevoit  dans  la  Pensce  une  insertion  pcrigyiie  que  nous  avons 
retrouvee  plus  evidemment  dans  une  foule  de  Fiolactcs  oxoti- 
ques,  enfin  il  ])asse  au  calice.  Selon  lui ,  les  prolongemens  pus- 
terieurs  de  celui  des  Viola  devraient  leur  naissanee  au  renverse- 
ment  de  la  fleur;  cette  idee  parait  ingenleuse  sans  doute;  mais, 
s'il  en  est  ainsi,  comment  so  fait-il  que  des  Violaci-cs  exotiques 
n'ont,  avec  des  fleurs  reaversees,  aucun  prolongement  a  leur 
calice  ? 

Laissant  cet  organe,  M.  de  G.  fait  observer  une  difference  <u- 
riouse  enire  la  j)r<'floraison  des  Violcttcx  ,  et  ceilc  des  loiiidiui/i. 

On  aura  peut-ctre  quelque  peine  a  bien  saisir  ce  que  rauteur 
dit  sur  les  etaniines  ;  mais  nous  peusons  qu'il  est  inutile  que  noiis 
nous  nppesanlissions  ^urcet  article  du  memoire,  parce  que  tout 
le  monde  sait  que  I'etaminc  des  Violacees  est  formee  d'un  flkt 
le  plus  souvenf  fort  court,  et  parfaileraent  continu  avec  le  con- 


Botanlque.  20  5 

nectif  d'une  aiitbere  biloculaire  qui  se  terfnine  par  une  mem- 
brane. 

L'auteur  avait  cru  pouvoir  adopter  le  mot  de  Ncctaroteca 
pour  designer  le  pctale  inferieur  des  fioleltcs ;  inais  depuis  il  a 
reconnu  qu'il  ^tait  plus  pliilosophique  de  ne  consacrcr  qu'un 
seul  nom  a  chaque  organe  quellesque  fussent  ses  modifications,  et 
il  a  designe  le  petale  dont  il  s'agit  de  la  nieme  maniere  que  tous 
les  autres  botanistes.  (V.  Prodromus  sjitematis ,  p.  287  etsuiv.> 

D'apres  I'inspection  des  fibres  du  pedoncule,  M.  de  G.  avait 
soupconne  un  instrnt  qu'il  pcurrait  y  avoir  dans  les  Violettes 
avortement  d'une  etamine  et  d'une  division  calicinale,  et  que  le 
grand  petale  est  compose  de  deux  petales  soudes;  mais  bientot 
li  rejette  ces  idees  hypotbetiques,  sentant  parfaitement  que  This 
toire  nalurelle  n'est  point  un  exercice  d'imagination ,  mais  une 
science  de  fails,  et  qu'on  I'aneantirait  bientot,  si  a  I'obsei-- 
vation  on  substituait  des  conjectures  sur  ce  quiaurait  du  etre  ou 
ce  qui  pourrait  etre  dans  telle  ou  telle  circonstance. 

Apres  avoir  parle  de  la  corolle  et  des  etamines,  l'auteur  passe 
au  style,  aux  fruits  et  aux  graines,  et  donne  de  tros-bonnes  figures 
de  stigmate.  II  y  a  sans  doute  quelques  exceptions  aux  caracteres 
qu'i!  attribue  a  la  semence;  mais  il  n'en  est  pas  moins  vrai  que 
jusqu'a  lui  personnc  ne  Tavait  decrite  d'une  maniere  aussi  exacle. 

Nous  passerons  sous  silence  ce  que  l'auteur  dit  des  rapports 
des  Violacees ,  parce  qu'ils  ont  etc  discutes  recemment  d'une 
maniere  beaucoup  plus  etendue;  mais  nous  ne  pouvons  nous 
empecher  d'appeler  I'attention  des  botanistes  sur  les  pheno- 
menes  que  M.  de  G.  a  observes  dans  la  dissemination  des  graines 
des  Viola.  Trop  souvent  on  a  reduit  la  science  a  une  nomencla- 
ture aride  et  barbare;  c'est  lui  rendre  cette  vie  dont  on  n'aurait 
jamais  du  la  priver,  que  de  faire  connaitre  les  merveillcs  qui  s'o- 
perent  dans  les  plantcs  aux  differentes  cpoques  de  leur  existence 
et  de  pelndre,  commc  le  fait  ici  M.  de  G.,  leurs  mreurs  et  leurs 
habitudes, 

A  sou  memoirc  ,  M.  de  G.  a  joint  deux  planches,  dont  la  ire. 
qui  lui  apparticnt,  est  beaucoup  meilleure  que  la  -i''. ,  en  partie 
empruntce  a  divers  auteurs. 

Le  tableau  general  de  la  famille  des  Violacees  qui  termine  le 
memoirc  coniprend  dix-sept  genres.  Si  l'auteur  avait  eu  connais- 
sance  des  travaux  qui  ont  etc  publics  plus  recemment,  il  aurait 
cerlainement  modifie  ce  tableau,  il  y  aurait  fait  entrer  les  genre.'t 


2o6  Botanique. 

ScJuveiggeria  ,  JnlhieU'.a^  Spathulariu  ;  il  aurait  reuni  le  Ca- 
lyjjtrion,  et  le  Noisettia;  le  Pomhalla  V Hjbanthiis  et  Vlonidiujii; 
le  Conohorio,  le  Rinorea,  le  Ceranthera  ttY Alsoidea  ;  il  aurait 
exclus  de  son  tableau  les  genres  Sauvagesia  ,  Piparea  et  Lnvra- 
dia,  etil  n'eut  point  atlribue  a  ce  dernier  une  dehiscence  locu- 
laire.  Atjg.  de  S.-Hil. 

i6o.  Plantes  usuei.lvs  des  Brasiliens;  par  M.  Aug.  de  Saint- 
Hilaire;  5*^.  liv.  (  Voyez  le  Bulletin  d'aout,  p.  346.) 

Un  rapport  que  M.  Humboldt  a  lu  a  I'Academie  des  sciences, 
et  qui  a  ete  insere  dans  ce  Bulletin ,  a  deja  fait  connaitre  le 
plan  ct  I'utilite  de  I'ouvrage  public  par  M.  Auguste  de  Saint- 
Hilaire,  sous  le  titre  de  Plantes  usuelles  des  Brasiliens ;  ainsi 
nous  croyons  pouvoir  nous  contenter  de  passer  en  i-evue  les  di- 
vers articles  dont  se  compose  cette  nouvelle  livraison. 

Dans  le  premier,  I'auteur  traite  de  Ylonidliun  Ipecacuanha 
{Viola  Ipecacuanha  L.) ,  plante  fort  variable,  dont  la  synonymic 
avait  ete  jusqu'a  present  tres-incertaine.  M.  Auguste  de  Saint- 
Hilaire  fait  voir  que  V Ipecacuaidia  Branca  de  Pison ,  et  Vllou- 
bou  d'Aublet  doivent  se  rapporter  a  son  espece.  II  donue 
de  sa  plante  une  description  detaillee ,  il  indique  I'usage  que 
les  Brasiliens  en  font  dans  la  dysenteric  et  la  goutte ;  et , 
passant  ensuite  a  des  observations  sur  le  genre  lonidium ,  il 
prouve ,  par  I'analyse  d'un  grand  nombre  d'especes ,  que  Ton 
doit  reunir  a  ce  genre  V Hjbanthus  de  Jacquin,  et  le  Pombalia 
de  Vandelli  et  de  Gingins. 

La  seconde  plante  de  cette  livraison  est  un  Spcrmacoce  eii- 
tierement  nouveau,  dont  les  Brasiliens  se  servent  pour  rempla- 
cer  le  veritable  Ipecacuanha.  L'auteur  appellc  cette  plants 
S.  Poaya  et  \?L  compare  avec  une  autre  espece  nouvelle,  son 
Spermacoce  gentianoides,  Dans  la  livraison  precedente  il  avail 
fait  connaitre  les  veritables  caracteres  de  la  senience  des  Ru- 
biacees  a  feuillcs  opposees  et  a  ovaire  biloculairc.  Son  S.  Poaya 
le  conduit  aujourd'hui  a  decrirc  les  singularites  fort  remarqua- 
bles  de  I'ovaire  et  du  fruit  des  Rubiacees  a  feuilles  vcrticillees. 

C'est  encore  une  Rubiacce  nouvelle  et  employee  ,  par  les  Bra- 
siliens ,  comme  emetique,  qui  forme  le  troisieme  article  de  la 
livraison  dont  nous  rcndons  compte  aujourd'hui.  Cette  plante  , 
que  l'auteur  appelle  Spcr/nacoce  ferruginca ,  lui  donue  lieu  d'cxa- 
inincr  les  variations  que  Ton    observe  dans   le  fruit   du  genre 


Bottinique.  207 

Spennacoce  ;  et  il  les  ramene  a  un  inrme  type  ,  le  fruit  copsu- 
laire  s'ouvrant  par  le  milieu  des  cloisons. 

Le  Calyptranthes  aromatica,  qui  vient  apres  le  S,  fcniiginea , 
est  une  Mjrthee  que  M.  Auguste  de  Saint-Hilaire  a  decouverte 
dans  la  province  de  Rio-de- Janeiro  ,  et  qui  pent  devenir  tres- 
importante  pour  les  Brasiliens  ,  puisque  ses  fleurs  et  ses  boutons 
ont  le  goiit  et  Todeur  du  clou  de  gerofle.  L'examen  de  cette 
plante  conduit  I'auteur  a  reformer  les  caracteres  du  genre  Ca- 
lyptranthes;  il  fait  voir  qu'il  y  existe  des  petales,  outre  I'oper- 
cule  ;  il  en  conclut  que  celui-ci  n'est  pas  formee  par  une  corolle 
soudee,  et  il  discute  les  diverses  opinions  emises  sur  cette  par- 
tie  singuliere  de  la  fleur  des  Calyptranthes. 

Li  derniere  plante  de  cette  livraison  est  encore  nouvelle,  et 
porte  le  nom  de  Drosera  communis.  A  I'occasion  de  cette  espece , 
M.  de  Saint-Hilaire  fait  connaitre  la  maniere  defectueuse  dont 
les  Brasiliens  elevent  leurs  b^tes  a  laine.  II  rectifie  ensuite  les 
caracteres  du  genre  Drosera ,  dont  il  a  trouvc  plusieurs  especes 
perigynes.  II  renvoie,  pour  details  plus  etendus ,  a  la  6^.  livraison 
de  ses  Plantes  les  plus  remarquables  du  Bresil  et  du  Paraguay., 
dont  deux  cahiers  ont  deja  ete  distribues;  enfia  il  compare 
son  D.  communis  avec  diverses  especes  deja  connues.  Pelletier. 

161.  Observations  sur  la  nomenclature  et  le  classement 
DES  ROSES,  suivies  du  catalogue  de  celles  cultivees;  par  J.  P. 
ViBERT,  a  Cheneviere-sur-Marne.  Broch.  in-8.  de  5  f.  Paris; 
1824  ;  M^e.  Huzard. 

Plusieurs  causes  ont  concouru  a  embrouiller  la  nomenclature 
des  nombreuses  varietes  de  roses.  L'auteur  croit  les  reconnaitre 
dans  le  peu  desens  et  d'exactitude  des  denominations,  aussi-bien 
que  dans  I'ignorance  de  la  valeur  des  caracteres.  Les  Ilollandais, 
amateurs  zeles,  mais  plus  occupes  a  faire  une  branche  d'indus- 
trie  qu'a  procurer  une  connaissance  pai-faite  des  fleurs  agreables, 
onl  donnc  I'exemple  de  cette  multiplicitc  de  mots  qui  expriraent 
le  plus  souvcnt  tres-mal  des  choses  a  peine  differentes. 

M.  Vibert  a  cru  pouvoir  obvier  a  ces  inconvcniens  en  imposant 
des  noms  qui,  selon  lui,  mettcnt  en  rapport  la  fleur  et  Ic  personnage 
auquel  il  I'a  dediiie,  cten  sc  servant  avec  discernement,  j)our  for- 
mer ces  noms,  des  couleurs,  des  formes  ,  et  d'autres  caracteres. 
La  cultuie  d'une  immense  quantite  de  roses  a  convaincu 
M.  Vibert  que  dans  leur  classement  on  ne  pouvait  pas  donnir 


2o8  Botanique. 

une  grandc  importance  a  la  forme  du  fruit.  Mais  il  a  eu  egard, 
en  <ilablissanl  ses  classes,  a  la  pluralite  des  caracteres,  quoiqu'il 
avoue  que  ces  caracteres  se  trouvenl  tellement  ambigus  dans 
certaines  varietes  hybrides ,  qu'il  aurait  pu  ranget  indifferem- 
ment  celles-ci  dans  a  classes  differentes. 

M.  Vibert  fait  suivre  ses  observations  d'avis  importans  relatifs 
a  I'expedition  des  rnsiers  qu'on  voudralt  se  procurer  pres  de 
lul,  et  aux  soins  qu'il  faut  leur  donner  pendant  le  transport,  et 
.npres  les  avoir  replantes. 

Le  catalogue  donne  les  noms  et  les  prix  de  865  varietes  ,  dis- 
tribuees  en  29  classes  ,  dont  la  27*^.,  c'est-a-dire  les  roses  de  Pro- 
vins,  renferme  presque  la  moitie.  G....N. 

162.    Oratio   nE   Florae    mundi   primigenii  reliquiis  in  11- 

thantracum  fodinis  praesertim  conservatis ;  par  J.  G.'  S.  Van 

BreGa.  In-4.  Gand;  i823. 

M.  de  Breda,  professeur  d'histoire  natnrelle  et  de  botanique  a 
I'Acad.  de  Gand,  a  fait  par  ce  discours  I'ouverture  de  ses  lecons. 
Les  empreintes  de  plantes  des  climats  cliauds  qu'il  a  observers 
dans  les  houilleres  de  plusieurs  contrees  sont  pour  I'auteur  urn- 
preuve  que  les  regions  que  nous  liabitons  ont  joui  autrefois  d'uiie 
temperature  bien  plus  chaude.  Pour  soutenir  cette  hypotliese, 
I'auteur  s'imagine  de  la  maniere  suivantc  I'liistoire  de  la  tcrre. 
Ce  corps  etait  d'abord  une  masse  liquide  qui ,  par  Teffet  de  la 
cbaleur,  s'est  epalssie  et  carbonisee  a  la  surface,  en  conservant 
long-temps  sa  clialeur  interieurement.  C'est  alors  que  se  sont  for- 
mees  les  roches  primordiales;  les  vegetaux  et  les  animaux  sont 
venus  ensuite.  Les  restes  des  premieres  plantes,  ayant  for- 
me des  depots  au  fond  des  eaux  ou  ils  ont  ete  carbonises,  se 
sont  changes  en  houilles.  Une  preuve  que  la  temperature  s'est 
refroldie,  c'est  que  les  empreintes  qu'on  trouve  au-dessotis  des 
plus  anciennes  houilleres  viennent  de  plantes  des  climats  tcwi- 
peres ,  et  non  pas  des  climats  tropiques  comme  les  empreintes 
inferieures. 
i63.   Observations  sur  le   oenrb   Couratari    d'Aublct,  par 

M.  Achllle  Richard.  (^Annal.  des  Sciences  naturelL,  torn,  i  , 

pag.  321.) 

Tous  ceux  qui  ont  visite  quelques  collections  carpologiques 
.iss(>z  etenducs,  ont  etc  surprisde  la  forme  singuliero  d'un  fruit  do 
la  GuYane,auqiicl;\.ub!et  a  donne  le  noni  de  Couratcri,  C'est  une 


Botimlqnc.  209 

sorte  de  capsule  ligneuse,  ovaire,  qui  se  ferme  par  le  moyea 
d  un  opercule  a  la  face  iaferieure  diiquel  adhere  xxn  receptacle 
central, et  qu'il  enlraineavec  lui  en  se  detachant  du  fruit.  Aublct 
n'ayantpas  donne  la  description  de  la  fleur,  il  etait  difficile  de 
determiner  Ics  affinites  naturelles  de  I'arbre  qui  prodult  ce  fruit 
remarquable.  Cepcndant  M.  de  Jussieu,  avec  celte  sagacite  ad- 
mirable que  Ton  reconnait  a  cbaque  page  de  son  Genera  planta- 
rurn,  avail  indiqiie  le  rapprochement  du  genre  avccle  Lecythis 
rapprochement  dont  nousallons  voir  la  confirmation.  Mais  en  se 
demandant  si  le  roM/«to/i  d'Aublet  ne  serait  pas  lememe  que  le 
Penarwalli  de  Piheede,  ou  Zanonia  de  Linne,  et  paraissant 
donner  plus  d'importance  a  cette  opinion  ,  ii  avail  conduit  M. 
Aug,  de  St-.  Hilaire  a  considerer  le  Couratari  comme  un  genre 
appartenant  a  un  groupe  distinct  desMyrthacees,  groupe  que  ce 
dernier  avait  nomme  Nandhirobees. 

M.  Achille  Richard,  ayant  eu  a  sa  disposition  plusieursechan- 
tillons  de  Couratari  en  flenrs  ,  a  ete  a  mume  de  completer  I'hls- 
toire  de  ce  genre  ,  et  den  fixer  les  affinites.  Par  la  descrip- 
tion tres-detaillee  qu'il  donne  du  Couratari  guianensis,  il  fait 
voir  que  cette  plante  est  fort  rapprochee  des  Lecythis,  dont  elle 
offre  le  calice,  la  corolle  et  les  etamines  ;  mais  elle  s'en  eloigne 
par  son  style  assez  long,  et  qui  n'existe  pas  dans  trois  especes 
de  Lecythis,  examinees  par  I'auteur.  II  y  a  encore  d'aulres  diffe- 
rences  dans  le  nombre  des  loges  de  I'ovalre,  et  dans  la  position 
des  ovules.  Quoique  ces  caracteres  paralssent  fort  legers  a  M. 
A.  Richard  ,  et  qu'il  pense  qu'en  modifiant  un  peu  le  caractere 
generique  du  Lecythis,  on  pourrait  y  faire  enlrer  le  Couratari, 
il  se  decide  a  conserverleur  separation.  II  fait  observer  que  sile 
fruit  pn'sente  dans  sa  structure  une  grande  difference  avec  I'o- 
valre, c'est  qti'il  n'a  que  trois  loges,  par  suite  de  Tavorteraent 
d'une  des  loges  de  cclui-ci. 

Un  groupe  tres-naturcl  forme  des  genres  Couroiipita ,  Lecy- 
this et  Gusta\'ia  ,  avait  recu  de  feu  M.  Richard  pere  le  nom  de 
I-ccylhldees.  M.  Poiteau  y  rcunit  ensuite  le  Bcrtliolletia  de  M.  de 
Humboldt,  dont  il  fit  connaiire  les  flours.  En  y  faisant  entrer  le 
Couratari ,  M.  A.  Richard  (5tablil  la  distinction  de  cette  petite  fa- 
mille  d'avec  ccllc  des  Myrthacees,  et  il  fait  voir  que  son  adop- 
tion cntraine  celle  du  genre  en  question,  parce  qu'alors  les  diffe- 
rences qui  separcnt  les  genres  Couratari,  Lecythis ,  Couroupita,. 
Bertholetia  et  Gustavia  ont  des  valeurs  sensiblemenl<'gales.  Alasi 
B.  Tomb  111.  14 


aio  Botaniqiie. 

le  Lecythis  et  le  Couratari  ont  un  fniit  dehiscent ,  tandis  qu'il  ne 
s'ouvre  pas  dans  les  genres  Berthollctia,  Couroupita  et  Gustavia; 
mais  le  Lecythis  et  le  Bcrtholletia  ,  le  Couratari  et  le  Couroupita 
ont  dans  leurs  graines  des  points  d'an;ilogie  qui  lient  ces  genres 
les  uns  par  les  autres.  Blen  plus,  I'einbryon,  dont  la  structure 
fournit  ordinairement  des  caracteres  do  premier  ordre  ,  ii'a  dans 
le  groupe  des  Lccytliidees  qu'une  importauce  ties-secondaire , 
puisqu'on  y  voit  3  types  differens  d'organisation.  Voici  les  ca- 
racteres du  Couratari ^  ainsique  M.  lliciiard  les  a  traces  : 

Calyx  rnonosepalus ,  hasi  turhinatus;  limbo  6-piirtito;  laciuiis 
lanceolatis,  erectis.  Corolla  6-j)etala,  has icoalita. Stamina  numero- 
sissima  in  urceolo  rnagno,  concavo,  unilaterally  apice  truncato,  inti/s 
antherlfero ,  disposita.  Ovarium  semiinfcrum  3-4  locularc  ;  locu- 
lis  l\-ovulatis,  ovulis  erectis.  Stylus  subulatus,  simplex.  Pyxidium 
oblonguni ,  obsolete  trigonum,  subuniloculare ;  axis  centralis  tri~ 
gona  ,  apice  cum  operculo  com'exo  cohccrens  et  cum  illo  decidua. 
Semina  ohlonga  ,  cowpressa,  planO-meinbranacea,  marginibus 
alceformibus.  Embryo  hippocrepicus  ;  radicula  Ivnga,  cylitidrica  ; 
cotyledones foliacea;  ,plicat<c ,  incumbentes. 

Lesespeces  de  ce  genre  sont  au  nombre  de  deux  seulement; 
savoir :  1°.  Couratari  gulancnsis  Aublet ,  dont  M.  A.  Richard 
expose  une  description  latine  trcs-detaillee ;  20.  et  Couratari  Es- 
trellcnsis  de  Raddi ;  espece  du  Bresil. 

M.  A.  Richard  a  accompagne  ses  observations  d'une  plan  die 
lithographiee  qui  repriJsente  un  ramcau  du  Couratari  en  fleurs , 
etles  details  do  Torganisatiou  florale.  J.  A.  G....N. 

164.  Note  sur   l'Agaricus    tub^formis  de    Schcffer  ;   par 
Alphonse  Decandoli.e.  (^Ann.  des  Sc.  nat.,  t.  I,  p.  347.) 

En  debutant  dans  la  carriere  des  sciences ,  M.  Alphonse  De- 
candolle  complete  et  rectifie  la  description  d'un  vegetal  dotit  sou 
illustre  pere  nous  avait,  dans  la  Flore  francaise,  annonce  I'exi- 
stence.  C'est  un  champignon  trouve  dans  les  bains  d'eau  thermalc 
de  St.-Didier  en  Picaiont ,  et  qui  avait  ^te  nomine  Clavaria  ther- 
malis  par  IM.  Decandolle. 

On  n'en  avait  I'ait  aucune  mention  depuis  celte  indication,  et 
M.  Fries  [System,  inycolog.,  1 821},  regardait  cette  planlc  conimc 
ctrangereau genre  Clavairc.  Dans  le  cours  de  I'aulomne  i823  M. 
Alphonse  Decandolle,  visitant  les  bains  de  St.-Didier,  relrouva  le 
Clavaria  ihcrmalis ,  attache  aux  planches  des  bains  contiuuelle- 


Botaniqne.  211 

ment  imbibecs  par  les  vapeurs  de  I'eau  chaude.  II  rencontra  eQ 
meme  temps  3  agarics  dont  la  consistance,  Ics  dimensions,  la  dis- 
tribution dcs  couleurs  el  I'odeur  etaient  les  memes  que  celles  des 
Clavaires.  iJes  rapports  aussi  marques  entre  ces  clinnipi^mons  fai- 
salent  supposer  avee  assez  de  fondement  que  la  Clavaire  n'etait 
qu'une  dt'generescence  de  formes  dans  I'Agarir,  degenerescence 
occasionce  par  la  \apcur  d'cau  ct  les  autres  circonstances.  Cette 
hypolliesc  se  convertit  en  certitude  lorsque  M.  Alpli.  Decandolle 
eut  trouve,  dans  les  planches  de  I'ouvrage  de  Sclia?fier  sur  les 
champignons  de  Ba\iere,  un  Agaric  tout-a-faitsemblable,  sous 
le  nom  d'-Jgarici's  tubcvforinis,  Sowerby  [English  fungi,  pi.  382), 
admet  cette  denomination,  et  dit  aussi  que  ce  champignon  est 
tres-changcant ;  il  indique  comme  des  avortemens  de  ce  vegetal 
le  Clavarin  lignosa  de  Dickson  ( Fasc.  4  5  t.  12,  f.  9  )  ,  et  le  Ra- 
maiia  ceratoides  de  Holmskiold. 

En  consequence  M.  Alpli.  Decandolle  propose  de  rayer  de  la 
Flore  francaise  I'art.  Clavarla  tJiermalis ,  et  de  le  remplacer  par 
I'art.  suivant,  place  dans  la  division  des  Agaricus  gymnopus. 

A.  TDBJjFORMis  Schspff.  Stipitc  clongato  tercti ,  medio  sub- 
gibbo,  basinifo,  cceteiiim  cu?n  pileo  et  latninis  fluvo  pallescente y 
pileo  juniore  convexo  deiniun  superne  concovo,  laininis  valde 
decurrentibus  ^  demiiin  transverse  scissis.  [5.  Ciavariaeformis  :  P/- 
leo  abortivo,  stipite  cjlindraceo,  apice  attcnuato.  Clew,  thermalis 
Dec-Fl.  fr.;  C.  lignosa  Dicks.,  et  Ramaria  ceratoides  Holmsk,  Get 
agaric  croit  sur  les  planches  des  eaux  thermales  de  Salnt-Didier 
en  Piemont. 

A  cette  notice  est  jolnte  une  lithographic  qui  fait  voir  I'Agaric 
dans  ses  divers  etats ,  et  sa  coupe  transvcrsale.         J.  A.  G....N. 

1 65.  Descriptions  de  ouelques  plantes  nocvelles  on  rarks, 
trouvees  en  Kcosse  par  feu  M.  G.  Don  de  Forhir;  par  David 
Don.  [Mem.  cj  the  IVern.  nat.  hist.  Soc.iet.,  v.  3,  p.  294.) 

Dans  un  avant-propos  M.  David  Don  expose  quelqucs  re- 
flexions sur  la  geoginphie  des  plantes  de  I'Ecosse.  II  combat 
principalement  I'opinion  des  person ncs  qui  ont  prctendu  que 
les  especesalpines  ne  sont  que  dcs  varictcs  dc  celles  dcs  plaines, 
varielcs  dont  ralteration  depcndrait  de  la  hauteur  du  sol;  il  cite 
a  cct  egard  plusieurs  examples  qui  prouvent  que  ces  plantes  sont 
des  especes  tres-distinctes.  Nous  allons  enumerer  les  plantes  de- 


2 1 2  J3oiani(^tie. 

erites  dans  le  in^moire  tie  M.  Don  ,  en  ayant  soln  d'exposcr  les 
caracteres  essentiels  des  uouvellcs  especes. 

1.  Veronica  setigera  Don  :  Caule  rcpente;  racemis  lateralis 
bustenuijloris;  pedicellis  rcctis,  brevibtts  ;  capsuld  apice  integer- 
rimd;  stylo  persistente.  Cette  espece  est  tres-voisine  de  la  J'ero- 
nica  officinalis,  de  laquelle  elle  ne  diffeie  reellement  que  par  le 
fruit  entler  au  sommet  et  surmonte  du  style  persistant.  Mais  ce 
caractere  est  constant,  et  se  conserve malgre  la  culture.  Cette  es- 
pece a  ete  trouvee  sur  les  paturages  eleves  de  I'Angusshire,  et 
M.  Hopkirk  I'a  dccrite  el  figuree  dans  la  Flora  Glottiana  sous  le 
nom  de  ^'.  hirsute. 

a>  PoA  sTRicTA  D.Don  :  Paniculd  ramosd ;  spiculis  %-Jloris  ova- 
tis;glumis  lanceolatis,  trinen'ibus, subcequalibuSy  mucronatis,  cari- 
natis ; paleisquinquenerviis,  apice  truncatis ;  Jlosculis  basi  villosis. 
Espece  trouvee  depuis  quclques  annees  dans  la  meme  localite 
que  la  plante  precedente. 

S.PoALEPTOSTACHYAD.Don  :  Paniculd  conlractd,subraccmosd; 
pedicellis  brevissirnis,  glaberriinis;flosculis  bifioris;glumis  lanceo- 
latis,  rnucronatis, (equal ibus,  "i-nervibus, apice incurvis ,palets  lan- 
ceolatis, apice  acutiusculis.  Ce  Poa  n'ol'fre  de  rcssemblance  avec 
aucune  des  especes  de  la  Grande-Bretagne.  II  croit  sur  les  rives 
du  Tay  a  I'ouest  de  Dundee. 

4.  CHjEROPfiyLLUM  AROMATicuM  Jacq.  Sc  trouve  pres  du  vil- 
lage de  Guthrie,  sur  les  bords  du  cbeuiin  de  Forfar  dans  I'An- 

D 

gusshire. 

5.  Orobus  TENUiFOLius  Rolh.  Ccttc  plautc ,  tres-voisine  de 
YOrobus  tubcrosus,  puisque  "Willdenow  ne  la  regarde  que  comma 
nne  variete  de  celle-ci,  possede  des  caracteres  que  la  culture  n'.i 
point  changes.  Elle  croit  pres  de  Kinnaird  dans  I'Angusshire. 

6.  Lychnis  alpina  L.  Trouvee  sur  les  hautes  montagnes  de 
Clova  dans  I'Angusshire.  JVI.  Don  observe  que  le  norabre  des 
styles  est  toujours  uniformeinent  de  5  dans  les  individus  ^cos- 
sais  ,  contradictoirement  a  la  phrase  et  a  la  figure  de  la  Flora 
Lanica,  oil  ils  sont  seulement  au  nombre  de  quatre. 

7.  PoTENTiLLA  oPACA  Linn,  et  Nestler  Monogr.  Dccouverte 
sur  les  collines  du  Perthshire  ,  oii  elle  est  ires-abondante. 

G...K. 


Botantque.  3i5 

166.  Note  sur  tK  feuillagi:  des  CliffortXks  ;  pnr  M.   Dk- 
CAKDOLLE.  {^Ann.  des  Sc.  nat.,  t.  I,  p.  /)47.) 

On  a  jusqu'a  present  considere  les  feullles  des  jolis  arbustes 
du  cap  de  Bonne-Esperance,  .nuxquels  Linne  a  donne  le  nom  de 
Clifjortia,  coinme  alternes  fascicnlces,  ou  bien  comme  oppos^es. 
M.  DecandoUe,  observant  que  dans  ce  dernier  cas  les  feuillcs  sont 
inserees  sur  le  nieme  point  de  la  tige,  ce  qui  n'a  jamais  lieu  dans 
les  feuilles  veritablement  opposees,  et  que  dans  leurs  analogues 
( la  fribu  des  Sanguisoibees  de  la  tamiile  des  Rosacees  )  elles  sont 
alternes,  a  petiole  court,  munies  a  leur  base  de  2  stipules  et 
formecs  de  3  I'olioles,  tantot  libres  et  tantot  soud^es  ensemble  , 
en  conclut  que  dans  les  Clijfortia  a  feuilles  dites  opposees  le 
feuillage  se  compose  de  1  foliolcs  laterales  Ires-grandes,  arron- 
dies  et  appliquees  I'une  contre  I'autre  ,  landis  que  la  foliole  im- 
paire  ou  lerminale  manque  tout-a-fait.  Cette  organisation  a  ete 
observee  sur  la  C.  pulchella,  et  M.  DecandoUe  prejuge  qu'elle 
existe  dans  les  C.  crenata  ct  cinerea. 

L'examen  du  feuillage  des  autres  esp6ces  de  Clifforties  a 
fourni  des  caracteres  pour  diviscr  le  genre  en  5  sections  natu- 
relles ,  savoir  : 

1".  Les  Clijforties  [multinaves).  Feuilles  simples  en  appa- 
rence,  portant  a  leius  cotes  2  stipules  munies  a  leur  base  de  plu- 
sieurs  nervuies  saillantes  et  divisees  vers  le  sommet  en  3  lubes 
inegaux.  M.  DecandoUe  considere  chacune  de  ces  feuilles  corame 
composee  de  3  folioles  soudiies  jusque  pres  du  sommet.  Exera- 
pies  :  Cliff ortia  ilici folia  lu.jcordifolia  Lam.,  ruscifolia  L. 

2°.  Cliff,  {^dichoptercs).  Feuilles  simples  en  apparence,  a  un« 
seule  nervure  et  a  stipules  bilides.  L'auteur  ne  volt  dans  la  feuille 
qii'unc  foliole  du  milieu  bien  developpce,  et  les  stipules  bifides 
proviennent  do  la  soudure  incomplete  des  stipules  proprement 
ditcs  avec  les  folioles  laterales.  Ex.  Cliff,  cuneata  Ait.,  et  Cl. 
odorata,  serrata,ferritgirica  et  grauiinca  L.  ? 

3*.  Cliff.  ( tenuifoliee.'i),  ou  Cl.  fasciculees  des  anteurs.  Feuilles 
a  3  foliolcs  grilles  et  linca ires,  les  2  laterales  plus  court es;  sti- 
pules simples,  soudeos  dans  line  cs])ece;  souvent  les  feuilles  de  la 
tige  avortent ,  et  il  ne  reste  que  les  stipules  aux  aisselles  desquel- 
les  naissent  des  patpiets  depelites feuilles,  comme  dansrepinc-vi- 
nette.  Ex. :  Cl.  .<.trobilifrra,  juniperina ,  sarm^ntosa  cifalcata  L. 

4°   Cliff,  {latfolices).  Etat  normal  du  feuillage  des  Cliffortia  : 


2i4  Botanxque. 

3  foiioles  OTales  en  cceui-  renverse,  distinctes  et  disseniblablcs, 
les  2  laterales  plus  pelites  et  stipuliformes.  Ex.  Cliff,  ternata, 
bicordata ,  etc. 

5o.  Cliff,  {bifoliolees).  Especes  a  feullles  dites  opposees  dont 
nous  avons  expose  plus  haul  I'org.inisation. 

A  I'aide  de  ces  exemples  curicux  du  jeu  des  adlierences  et  des 
avortemens,  I'autcur  poursuit  le  cours  de  scs  opinions  incfinieu- 
ses  sur  les  deux  grandes  causes  d'erreur  dans  la  clnssificalioii  na- 
turelle  des  etres.  «  On  y  trouvcra,  dit-il,  un  indice  que  ce  que 
»  nous  nppeldns  feuilles  simj)les  pourrail  bien  eire  reeilement 
»  des  feuilles  dont  toutes  les  parties  sout  intimemcnl  soudees 
»  ensemble,  tandis  que  ce  que  ncu.  nommons  feuilles  compo- 
»  sees  sont  celles  dont  les  foiioles  restent  distinctes  les  unes  des 
»>  autres.  «  G,..,>i. 

167.  Observations  stjr  les  especes  d'Utricdlaires  du  nord 
de  I'Amerique;  par  le  Cap,  J.  Leconte.  (^Ann.  of  the  Lyceum 
ofthenat.  hist,  of  New-Yor/;,  mai  1824,  p.  72.) 

Le  but  principal  de  I'auteur  a  etc  de  faire  connalrre  les  dif- 
ferences reelles  qui  existent  entre  les  especes  du  genre  Utricula- 
ria.  II  les  a  tirccs  principalement  de  la  coroile,  dont  les  modi- 
fications de  formes  sont  fres-apparentes,  et  il  les  a  fait  graver 
(pi.  VI,  fig.  I  a  1 1  );  niais  il  faut  avoucr  qu'elles  ne  donnent  au- 
cune  idee  de  respccc,  parce  qu'elles  sont  tiop  incompletes. 

Les  Ulriculaires  sont  des  jjlantes  aquallqucs  par  excellence, 
c'e^t-a-dire  qu'elles  croissent  toutes  dans  I'cau  ou  dans  des  lieux 
inondes.  A  I'exception  de  'x  ou  i,  leurs  racines  (feuilles  selon 
plusieurs  auleurs)  sont  brancliucs,  capillaires,  flottantes,  et  ac- 
compagnees  d'utricules,  d'ou  le  nom  generique. 

M.  Leconte  no  donnc  aucunc  phrase  caracterislique  latine  des 
1 1  especes  qii'il  deerit  en  anglais  sous  les  noms  suivans : 

1.  Utricularin  ccratopfiylln  Rlicli.  Se  trouvc  dcpuis  Ne"\T-York 
jusqu'a  Mexico.  Le  nom  sptcifiquc  a  etc  change  sans  raison  par 
quelques  auleurs  en  celui  d'i/i//ata. 

2.  Ulricularia  macrorhiza.  Ilabite  depuis  le  Canada  jusqu'en 
Caroline.  Espece  confondue  avec  XU.  vulgaris  d'Europe.  L'aii- 
teiir  pense  ()u'on  pourra  pcul-etre  la  croire  identique  avec  V U. 

foliosa  de  rAmeriquc  niiirldionale,  liguree  par  Plumler  {^Spcc. 

fasc.  6,  Icon.  iG5,  fig.  2);  mais  il  observe  qu'on  ne  pourra  pas 


Botanique.  2i5 

en  tirer  de  conclusions  positives,  pnisqae  les  details  floranx  sont 
Irop  mal  exprimes  dans  cette  gravnre. 

3.  Utricularia  striata.  H:ibite  dcpuis  New- York  jusqn'en  Flo- 
ride.  C'est  cette  espece  que  Piirsli  a  mal  a  propos  consideree 
conime  YU.  cornuta  Michx.  Elle  se  rapporterait  plutot  a  I'f/.  fi- 
brosa d'Elliott,  et  a  W.  bijlora  de  Vahl. 

4.  Utricularia  gibba  Gronov.  De  la  Nouvelle-Jerscy. 

5.  Utricularia  fornicata.  Depuis  New-York  jusqn'en  Georgie. 
C'est  YU.  minor  des  botanistes  amerieains,  qui  n'a  d'autre  res- 
semblance  avec  la  plante  europeenne  de  ce  nom  que  dans  la 
petitesse  des  fleurs. 

6.  Utricularia  lougirostris.  Dc  la  Georgie. 

7.  Utricularia  Integra.  De  la  mcine  contree,  mais  principale- 
ment  des  environs  de  la  riviere  d'Ogeecliee.  Elle  a  pour  synonyme 
\'U.  bipartita  Elliott. 

8.  Utricularia  purpurea.  Depuis  la  Nouvelle- Jersey  jusqu'en 
Floride.  Elle  a  aussi  recu  de  quelques  auleurs  le  nom  d'C/. 
saccata. 

g.  Utricularia  personata.  Cette  espece ,  qui  a  bcaucoup  de 
ressemblance  avec  les  Anthirrinmn.  ou  Linaria,  liablte  depuis 
la  Nouvelle-Angieterre  jusqu'en  Floride. 

10.  Utricularia  setacea  Mich.  Croit  (bns  les  lieux  humldes  de- 
puis New-York  jusqu'en  Floride.  VU.  subulata  de  Gronovius 
peut  ctre  rapportee  a  cette  espece,  mais  non  \'U.  pu-nila  de 
Walter,  qui  est  une  tout  autre  plante. 

11.  Utricularia  cornuta  Michx.  M.  Leconte  presume  qu'on 
aura  confondu  souvcnt  avec  cetve  espece,  YU.  personat.i ,  qui 
offre  cependant  des  differences  bien  tranchees.  G....N. 

168.  Analytical  table  of  Carices  ;  par  L.  de  Scnv/riNiTz. 
{Annal.  of  the  Lyceum  of  Na^'-York ,  dec.  x8'23,  p.  82,  et 
mars  182/4,  p.  65.  ) 

On  salt  combien  les  tables  analyliques  sont  utiles  pour  arrlver 
a  la  connaissancedes  especcs  dans  les  grands  genres.  Cette  voie 
dichotomique  a  elo  employee  avec  beaucoup  de  succes  par 
M.  dc  Lamarck  dans  la  Flore  franraise;  M.  de  Candollc  I'a  pcr- 
fectionnce,  et  I'a  appliquec  recemmcnt  a  la  determination  de.<»- 
Cruciferes.  {System.  Regn.  Feget.  riatur.,  to.  2.)  Mais  il  n'est  au- 
cun  genre  pour  Icquel  cette  metliodc  fut  plus  indispensable  que 
les  Carex;  les  c^peccs  en  sont  si  nombrcuscs,  et  leurs  caractties 


21 6  Botaniijiie. 

sont  tellcmcut  diTersifies  qu'il  u'a  pas  ete  tres-Jifiicile  d'et.iblir 
entre  eux  des  coupes  bifurquccs ,  et  qui  contrastent  parfaitement 
entre  elles.  C'cst  ce  que  M.  de  Schweinifz  vient  d'executer  pour 
les  especes  de  I'Amerique  septentrlonale.  Cetle  table  est  faite 
avec  beaucoup  de  soin  et  de  clarte;  elle  comprend  a  peu  pres 
il5  especes,  pour  la  plupart  parllculiercs  au  Nouveau-Mondi". 
On  y  trouve  cepondant  un  certain  nombre  de  plantes  alpincs 
communes  au  nord  des  deux  continens.  Les  divisions  finales  qui 
indiquentlesspccifiquessontquclquel'ois  triclioloniesjmaiscelane 
cause  aucune  anibiguite,  vu  la  brit-vete  et  le  contraste  des  carac- 
teres.  L'indication  des  aufeurs  qui  ont  constltue  les  especes,  el 
celle  de  leur  habitation ,  meritent  une  entiere  confiance.     G....N. 

169.  Designation  de  quelques  empreintes  de  vecetacx  trou- 
vees  dans  les  houilleres  de  Haganees,  par  C.  A.  Agardh. 
(Kongl.  T'etcnsk.  Acadein . HanJlin<^ar,  I'ocr  aar  i823. 1"'  part., 
p.  107.) 

Parmi  les  empreintes  remises  a  M.  Agardh  par  M.  NiilsoD,  au- 
teur  d'un  mcmoire  sur  les  f'ossiles  dps  houilleres  de  Scanie,  il  v  en 
avalt  de  si  distincles,  que  M.  Agardh  en  a'  reconnu,  non  seule- 
ment  la  famille,  mais  aussl  le  genie  ;  d'aulres,  au  contraire,  n'e- 
taient  pas  assez  marquees.  II  a  reconnu  dans  celles  qui  I'etaient 
le  mieux  ,  un  Saiga ssum ,  qu'il  dtfinlt  ainsi :  Saigassurn  septen- 
trionale  vesicuUs  petiolatis  folia  lanceolnto-elliptica  integra 
fvquantihus.  Ce  Sargassum  approclie  bcaucouj)  du  Sargassiiin  Icn- 
digerum  ou  Fuciis  lendigeriis  L.  M.  Agardh  compte  actuellement 
plus  de  70  esjieces  dans  le  genre  Sargassum,  qu'il  regarde  a  ])eu 
pres  comnie  tropique.  II  est  vrai  que  le  Sarg.  barciferum  croit  sur 
les  cotes  d'Angleterre;  mais  il  se  trouve  aussi  beaucoup  plus  au 
sud.  Trois  especes  croissent  dans  la  Mediterranee  et  sur  les  cotes 
d'Espagne;  cependant,  3  especes  sur  70  ne  font  pas  regie,  et  ii 
en  est  des  Sargassum  comme  des  palmiers,  qui  se  montrcnl 
aussi  en  etrangers  sur  les  cotes  d'Espagne. 

Une  autre  empreinte  est  un  zooi)liyte,  et  a  pu  appartenir  aux 
Serlularia  E.,  ou  Cundlina  Elms. Une  troisiome  empreinte  a  paru 
h.  M,  Agardh  cire  une  alguc  du  genie  Caulerpa.  On  trouve  ce  ve- 
g6la  en  grande  quantite  entre  les  tropiqurs,  specialement  au- 
tour  de  la  ISouvclle-Hollande.  L'auteur  dcfinit  la  Caulerj)a  em- 
preinte dans   le  schiste  d'Uoiganees  :  Caulerpa  scplcntrionalh , 


Zoohgie.  2  r  7 

ramulis  vesiculosis,  ovatis,  undique  dense  umbricatis;  il  le  tiotive 
semblable  aux  Caulerpa  clavifera  et  sedoides. 

Une  quatrieme  empreinte  represente  une  plante  qui  approche 
a  lafoisdeszoopliyles,  des  algues  et  dcs  nionocotyledones.  II  la 
definit  ainsi :  Ainphibolis  septentrionalis  stipUe...,foliis  linearibus 
a  cutis. 

170.  On  voit  en  ce  moment  en  pleine  floraison ,  dans  le 
jardin  de  Mme.  Gordon,  a  Hereford  (  Grande-Bretagne ) ,  un 
superbe  indlvidu  d.' Yucca  glonosa,oxx  aiguille  d'Adam  ,  dont  la 
tige,  de  pres  de  10  pieds  de  hauteur,  porte  une  touffe  de  grandes 
feuilles  gantelees,  au  nombre  de  plus  de  700  ,  chacune  d'eiles  de 
la  grosseur  dune  tulipe  moyenne.  Celte  plante  est  indigene  de 
TAmerique  septentrlonale.  Son  aspect,  quand  elle  est  en  fleurs, 
est  des  plus  magnifiques.  (  The  JVeeldy  Register,  1 5  aoiit  1824. ) 

ZOOLOGIE. 
171.  Supplement  a  l'appenhice  nu  voyage  du  capit.  Parry, 
pour  la  decouverle  du  passage  du  nord-ouest,  en  1819-20  ; 
contenant  uiie  notice  sur  les  objets  d'liistoire  naturelle.  Vol. 
in-  .  I.ondres;  1824. 

Les  articles  sur  les  mammiferes  ,  Ics  oiseaux  ,  les  poissons  et 
animauxmarins  invertebres,  sont  du  capit.  Sabine  ;  ceux  sur  les 
animaux  terrestres  invertebres,  du  rev.  W.  Kirby ;  ct  les  articles 
sur  les  coquillages  ,  de  M.  J.  E.  Gray. 

Des  12  mammiferes  designcs  comme  natifs  des  regions  arcti- 
ques  un  seul  se  trouve  decrit  corame  formant  une  nouvelle  es- 
pece,  savolr,  le  Lepus  glacialis  ou  Lievre  polaire.  Get  animal  a 
le  poll  blanc,  les  oreilles  plus  longues  que  la  t(^te,  les  levres  noi- 
res,  la  queue  ecourtec,et  les  ongles  larges ,  enfonces  et  forls: 
il  est  plus  petit  que  le  Lievre  ordinaire  et  que  le  Lepus  variabi- 
lis. On  en  a  tue  un  grand  nombre  dans  McU<ille~Island. 

32  especes  d'oiseaux  sont  citees  comme  ayant ete  vues  en  deca  da 
ccrcle  arctique.  On  indique  principalement  les  caracteres  qui  dis- 
tmguent  le  Rock  Grous,  ou  Tetrao  rupcstris  du  Vtannigan,  ou  Te- 
trao  iagopus ;mah  ce  sui)plemcnt  ne  contient  ia  description  d'au- 
cuneespece  nouvelle.  Dcs  9  poissons  dont  il  y  est  fait  mention  deux 
sont  dcsigncs  comme  nouveaux,  et  deux  aulres  comme  doutenx, 
Les  deux esiKcesnouvellessont,  i".lc  Blenniusjyidaris :  imberbis, 
pinnis  anali,    cnudali,  dorsaliquc ,  unitis  ;  dont  on  trouva  ua 


21 8  Zoologie. 

individusnrles  rivages  de  la  Georgie  septcntrionale.  2°.  le  Cof~ 
tus  polaris  :  imberbis ,  capitc  spinis  duobus ,  opcrculis  spinis  qua- 
tiior  armatis.  II  parait  que  Ton  n'a  recueilll  dans  les  liautes  la- 
titudes, dopuis  le  commencement  de  septembre  jusqu'aux  i*'". 
jours  d'aout ,  que  6  especcs  d'insectes,  que  M.  Kirby  decrit  comme 
etant  la  plupart  nouvellcs  :  ce  sont,  i".  le  Boinbyx  Sabini ,  dont 
lesailes  sont  en  toit,  de  coiileur  cendree;  les  antennes  du  male 
st-tacees,  bipectinecs  a  la  base.  «  Suivant  le  systerae  moderne  ,  dit 
M.  Kirby ,  cette  espece  pourrait  ctre  probablement  regardee 
comme  appartenant  a  un  nouveau  genre  j  mais  les  ccbantillons 
sont  trop  endoraraagcs  pour  queje  puisse  me  former  une  idee 
riaire  de  ses  palpes  ,  qui  consistent  eu  deux  articulations.  Si  on 
1  admeltait  comme  fel,  11  pourrait  etre  appele  Psjc/iophorn.  A  en 
jijger  par  la  longueur  de  la  langue ,  11  scmble  prendre  rang  entre 
Ifs  Boinbycides  et  les  Noctuclites,  bien  que,  sous  le  rapport  du 
fades  etde  la  stature,  11  se  rapprocbe  des  Phalccnltes.  II  fut  de- 
couvert  dans  un  terrain  mnrccageux  de  Metville-Islaiul. « — 2°.  Le 
Bombus  arcticui :  noir,  avcc  la  base  et  le  sommet  du  thorax  et  la 
inoitie  anterieure  de  I'abdomen  d'un  ja  une  pale.  Longueur  du 
corps:  celle  du  male,  7  Ijgncs;  celle  de  la  femclle,  11  lignes. 
C'est  \'y4pis  alplna  O.  Fabr.  Faun.  Groenl.  i55,  distlncte  de  V^/pis 
a7pina  dehinne. —  ?>".'LeQi'nophoraParra  :  noir,  avec  les  ailcs 
bruncs,  ayant  une  taci.e  blanche  marglnale,  surmontee  d'une 
noire  Tcrs  le  bout;  IVxIremlte  du  bord  du  segment  abdominal 
piilc.  Longueur,  5  lignes  -.  4"-  —  Le  C/iironomiis  polaris  :  noir, 
U".^bdolnen  velu,  les  aile,^  d'un  blanc  de  lalt.  Longueur,  4  lignes. 

Une  petite  chenille  et  une  tres-rnlnce  aralgnce,  ajoutees  aux 
cspcces  decrites  cl-dcssus  ,  completeut  la  liste  des  insectes 
polaires. 

Le  capit.  Sabine  fait  mention  de  33  animaux  marins  inverte- 
bros,  qu'il  a  classes  suivant  le  sysfeme  de  M.  de  Lamarck.  Les 
rspeccs  inconnucs  qu'il  a  decrl;o5  sont,  i».  le  Dlonrca  glacialis  : 
campanulala ,  pisllllo  ore  qttarhangulare  ,  costis  qualuor  cirri- 
produrtis  :  trouve  dans  la  b.iie  de  Daliin  ctmers  adjaccntesj  mais 
rare.  —  2°.  Aster. as  polaris  :  pontagona  ,  pagi/id  sitpercore  tesse- 
into-granui'atd ,  vKirgin'  aftirn'nlo  splnoso  ;  on  n  en  prit  qu'un 
sciil  cclianlillon,  au  moyen  d'un  traiuail,  sur  les  cotes  de  Mcl- 
vlile- Island.  — 3".  Phoxichulus  proboscideus  :  proboscidc  cor- 
porc  duplb  longiore  ,  mandibuUs  nuUis  ,  palpis  iftungulatis : 
f  rouv<^  au  reflux  sur  les  cotes  des  iles  de  la  Georgie  scptentrio- 


Zoologie.  2 1 9 

nale.  —  4°-  I-^'Idotea  Baffini :  linearis,  antennis  exlernis  corpore 
longioribus ,  do/so  spinoso  ,  caudce  segmcnto  ultimo  elongato  , 
apice  subulato  :  peche  en  grnnde  qii.intile,  a  la  profondeiir  de  20 
brasses,  sur  Ja  cote  O.  de  la  bale  de  Baffin.  —  5°.  G.immarus 
loricalus:  rostro  corniformi  deflexo  ,  dorso  carinato ,  segrncntis 
postice  I't  acute productis  :  trouve  dans  des  elangs  d'eau  laissee  par 
le  reflux  sur  les  cotes  de  lamer  Polaire.  —  6°.LeT3!itrusEdvard- 
siae  :  rostro  corniformi ,  antennis  subccqualibus ,  corpore  orato  de- 
presso ,  Cauda  compressd ,  tricarinatd ,  spinosd :  pechc  sur  la  cote 
occidentale  du  detroit  de  Davis. — 7".  Le  Talitrus  CyancK  :  capite 
obtusissimo  y  antennis  sabtequalibus y  corpore  laliore  ,  pcdibus 
quatuor  anticis  inunguiculatis  :  parasite  sur  la  Cyanee  arctique. 
—  8".  Crangon  septemcarinatus  :  thoracc  septemcarinato  ;  cari- 
nis  serratis ;  pedibus  secimdi  paris  brevissimis  inunguiculatis : 
pris  sur  les  cotesoccldentales  du  detroit  de  Davis.  —  rf.  Alpheus 
poIaris  :  thorace  dimidio  posteriore  Icevi  ,  anleriore  carinato  , 
scrrato  I  cliclis  et  unguibiis  apice  nigris  :  peclio  a  la  prol'ondeur 
de  5o  brasses  sur  les  cotes  de  M ehillc-Islamh  II  se  trouve,  dans 
I'ouvrage  dont  nous  donnons  I'analyso,  dos  dessins  ,  qui  parais- 
sent  exacts  ,  de  la  plu[)art  des  aniinaux  marins  invcrtebres  etau- 
tres  mcntionn('s  ci-dcssus. 

M.  Gray  decrit  dans  cc  volume  pluslours  nouvelles  especes  de 
coquillagcs.  La  i^**. ,  BiiccinTlm  Sabini ,  n'est  probablcment 
qu'une  varietc  du  Buccin,  corneuin.—  1°.  Nucula  arctica  :  testa 
ovalielliptira,  Icevis,  tenuis ,  fragilis.,  flavescens ;  latere  antico 
lato,  rotundato,  postice  brevi,  oblique  truncato.  —  3".  Nicania 
cienata  :  testa  ovali-elliptica,  virescens,  conccntiicc  sulcata  ;  lu- 
nuld oblongo-lanc.colatd impressa  ;  mar ginc  crcnulato. — 4°.  Cras- 
sina  arctica  :  testa  subrotundo-ovata,  convcxa, nigra,  concentrice 
slriolata  ;  umbones  subsulcati ;  lunula  imjiressa  oblongn-ovata  ; 
marginc  integerrimo.  —  5".  Area  glacialls  :  testd  ovali-elliplicd, 
tcnui,  villosd ,  alba  ,  concentrice  et  transvershn  striata;  postice 
rotund  a  td;   umbonibus    approximatis ;    dentibus   subobsoletis  ; 

margine  integerrimo 6°.  Modiola  lajvigata  :  testa  ovali-eUio- 

tica  ,  convexa,  virescens,  antice  obsolete  costostriata,  postice  ro^ 
tundata,  Icevigata. —  7°.  Pocten  vitreus  :  testa  orbicularis,  tenuis, 
/y  alina ,  planulata ,  Ifevissimn  ,  lucida ,  subfvquivalvis  ;  auriculis 
subaqualibus ,  Itvvibus.  —  8°.  Balanus  glacialis  :  testd  subcjUn- 
dricd,  obliqud,  albidd ,  obsolete  transvcrsim  stria td ;  operculo 
ant  Ire ,  profunJe ,  transvers'tm  stdcato,  postice  irregulariter  stria- 
ta ;  apice  acuto ,  inflexo. 


•220  Zoologle. 

Dans  le  Memoirc  sur  dcs  ediantilions  de  roclies  fournis  par 
M.  Konig,  on  trouve  la  description  d'une  Douvelle  espece  de 
Zoophyte  fossile,  qu'il  appelle  Catenipora  Parrii;  en  voici  les  ca- 
racleres  :  C.  tubulis  crassiusculis ,  compressis,  collectis  in  lavii- 
nas  sinuatas  varic  inter  sese  coalitas ;  tubuloruin  orificiis  ovatis 
sxpe  con/luentibus;  dissepimentis  conferiissimis :  trouve  par  le 
capit.  Parry  dans  Prince  Regent's  Inlet,  au  pied  d'une  haute  col- 
line  ;  transformation  en  pierre  calcaire  ? 

172.  Voyage  autour  du  monde,  fait  par  ordre  du  rol  sur  les 
corvettes  VUranie  et  la  P/iysicienne ,  sous  le  commaudement 
dn  Capitaine  Fre\cinet. — Parlie  Zoologique,  par  MM.  Quoy 
et  Gaimard.  lIlMivraison.  {Foy.  le  n°.  precedent.) 

Le  texte  de  cette  IIP",  llvr.  apparlient  au  5".  chap.,  celui  qui  a 
pour  objet  la  description  dcs  oiseaux  recueillis  pendant  I'expe- 
ditlon. 

Apres  avoir  fait  observer  quelles  dlfficultes  existent  dans  la 
distinction  des  Oiseaux  de  proie,  meme  pour  ceux  de  nos  pays  , 
MM.  Quoy  et  Gaimard  laissent  entrevolr  que  celle  des  oiseaux 
dont  i!s  vonl  parler  ne  sera  peut-etre  pas  excrapte  d'erreur. 

Les  especes  qu'ils  decrlventsont  les  suivantes: 

Autour  cu-bianc,  Falco  leucorrhous  (Fig.  pi.  i3.)  F.  corpora 
fusco  mgricanle;  cerd  pedU)usq:w  flavis  ;  uropygio  albo  ;  caudd 
subtiis  tribusfasciis  albis  or/uitd.  Du  Bresil. 

Buse  polyosome ,  F.  poljosoina  (jA  l^.)  F.  corpora  cinereo ^^ 
cerd  pcdibusque  Jlavis ;  caudd  albidd,  fusco  transverse  lineatd  ^ 
nigra  ad  apiccrn  marginatd ;  alls  longis.  Des  iles  Malouines. 

Busard  b.iriole.  F.  histrionicus.  (PI.  i5  et  16.)  F.  corpore  su- 
priigriseo;  subtiti  albo  fasciis  transversisfuscis  cincto  ;  cerd  pcdi- 
busque flavis.  Des  iles  Malouines. 

Pie-grieche  a  ventre  roux.  Laiiius  fcrrugineus^  Lath.  (PI.  17.) 
De  I'ile  de  France. 

Vanga  rayc,  Vanga  striata.  (PI.  18  et  19.)  Vanga  gris.  Vieill. 
Diet.  hist.  nut. ,  male  et  fcniclle.  Du  Brcsil. 

Toutcs  ces  especes  sont  figurees  dans  cette  livraison.  Les  sui- 
vantes ne  le  seront  que  dans  la  prochalne,  savoir: 

Cassican  fluteur,  Darita  Tibicen.  Corncius  Tibicen,  Lath.  De 
la  ?Jouvelle-Ilollan(lc. 

Choucari  vert.  Gra  cuius  viridis.  Sphecotera  viridis.  "Vieill. 
^nn.  d'Ornitho'. 


ZooJngie.  221 

Grive  dcs  Malouities.  'Junius  Falchlandii.  T.  pectore  ventre- 
que  rufescentiba  s ;  gula  purtctis  nigris  nolata. 

Loriot  prince  regent.  Oriolus  Regens.  O.capite,  collo  supm, 
alarum  dimtdid parte ,  luteis ;  pectore  ,  ventre,  cauddque ,  ni- 
gris; rostroflavo.  De  la  Nouv.-Holl. 

BIcrion  natte.  Malurus  text  His.  M.  corporc  toto  rufulo,  Ion- 
gitrorsum  hruneo  punctata  ;  rostro  nigra,  robusto ;  caudd  longd. 
De  la  bale  des  CLiens-Marins  a  la  Nouvelle  Hollande. 

Bruant  a  gorge  uolre.  Emberiza  melanodcra.  E.  corpore 
luteo-virescente ;  capite  et  collo  supra  fuscis  ;  guld  nigrd.  Des  ilea 
Malouines. 

CaroiJge  Gasqiiet  Xanthorus  Gasquet.  {Foj.  le  Bull.,  1 8a3 ,  t.  3 
p.  52.  ) 

Marlin-thasseur  Gaudichaud.  Dacelo  Gaudichaud.{Vqy.  id.  ib.) 

Coucou  guiracantara.  Cuculus  Cuira.  Lalh.  Du  Bresil. 

feTriicUecrylhrop\cve.Pstttacuse7jthroptcrus.Lalh.DeTimor. 

Colombe  Pinon.  C.  rinon.{Foy.  le  Bull.,  1823,  to.  3,  p.  52.) 

Colombe  muscadivore.  C.  aznea.  Lath.  De  la  Terre  des  Papous. 

Colombe  pampusan.  C. painpusan.  (  Foj.  le  Bull.,  1823  ,  to.  3 
p.  52.) 

Colombe  M.Acquavie.  C.  3Iacquarie.  C.  longicaudata ;  capite ^ 
pectore,  uropygioque  cinereo-ccerulcis ;  oculis  nudis,  sub/lavis ; 
alts  lunuUs  albidis,notnlis.  De  la  Nouvelle-Galles  du  sud. 

Megapode    Jtreycinet.  Meg.  Frejcinet.  De  I'ile  de   VaigJon. 

Megapode  de  Lapeyrouse.  Meg.  Lape^rouse.  Des  iles  Ma^ 
"annes.  Desm..st. 

173.  Abbildungen  zurNaturgeschichte  Brasiliens.  Recueildc 
planches  coloriees  d'animaux  du  Bresil;  par  le  Prince  Maxi- 
milien  deWiEo  Neuwied.  livr.YII.  (/^.  IcBull.  de  juin  1824, 
p.  191  ,n°.  i33.) 

(/ette  nouvelle  livraison,  quine  le  cede  point  aux  preccdentes 
par  la  beaute  de  I'exocution  et  I'intcret  des  cspeces  qui  y  sent 
decrites,  renferme :  1".  le  Dufo  Jgua,  male  et  feraelle,  de  Daudin, 
mentionne  dans  le  voyage  du  prince  .Alaximilien  ,  t.  i  ,  p.  52  , 
et  t.  a  ,  p.  241.  C'est  le  Bufo  marinus  de  Merrem.  — •  a".  Coluber 
vemistissimus ,  Var.;  espece  dcja  liguree  dans  les  livraisons  pre- 
••cdentcs.  —  3".  Cophias  Jararaca.  r,e  prince  Maximilien  avait 
d'aborJ  pris  ce  rrptilo  pour  le  Cophias  atrn.c  et  I'a  indique  sous 


212  Zoologie. 

ce  nom  dans  son  A'oyage,  ulnsi  qu'au  bas  de  la  planche  qui  en 
rcpresente  un  jeuue  individu  dans  cede  livraison.  La  livraison 
procliaine  donncra  une  figure  de  rindividu  plus  age  de  ce  serpent 
dangereux.  —  4".  Hjia  I'abcr,  Voyage  au  Bresil,  t.  i,  p.  173  , 
t.  2  ,  p.  2/(1  ct  249;  Schinz  ,  Regn.  aniin.,  II,  1G8  ,  et  Hyla punc- 
tata sont  figurecs  sur  la  nicine  planclie.  (D'apres  une  lettre  de 
S.  A.  le  piince  IMaximilien  a  M.  de  Ferussac,  le  nom  de  cette 
derniere  espece  aynnt  deja  etc  applique  par  Shaw  a  une  espece 
differente,  M.  le  prince  de  Ps^euwied  la  nommc  actuellcment 
Hyla  infuhttn.)  ■ —  5".  Hyla  elegans,  luteola  et  aurea  sont 
representees  dans  la  planclie  suivante.  La  denxieine  et  la  troi- 
sieme  sont  mentionnees  dans  le  Voyage  au  Bresil,  I'une  vol.  i , 
p.  202,  I'autre  p.  249.  Cette  derniere  est  indiquce  dans  Schinz, 
Regn.  aniin.,  pag.  1G8.  —  6".  Scytale  coronala  Merrcm.  Ce  su- 
perbe  serpent  a  ele  appele  P.vcm Joioa  coionatn  par  Schneider.  F. 

174.  SCR    LKS    FAMILLES    DES    MaMMIFERES   ET    DES   OlSEADX  J  par 

M.  J.  B."\ViLBRANn.  [Schriften  der  Gescll.  zur  BcfiJnlcrung  der 
gcsamt.  Natur.  zu Marburg,  \" .  vol.,  i'^''.  part.,  p.  188,  1823.) 

Dans  le  memoire  dont  nous  donnons  ici  un  extrait ,  I'auteur 
propose  une  nouvellc  division  des  mammiferes  et  dcs  oiseaux , 
et  qui  difl'ere  notablemcnt  de  tous  les  sy.stcines  de  classificalion 
qu'on  a  ctablis  jusqu'a  present. II  pensc  que  les  oiseaux  ne  doivent 
])oint  etrc  considcres  comnic  faisant  suite  aux  mammiferes, mais 
plutot  coinnie  formantune  division  placee  a  cote  d'eux  au  meme 
degre  de  rechelle  animale,  Olant  lout  atissi  parfaits  que  les  mam- 
niiferes  quant  aux  diverses  facultcs  qu'ils  possedent.  En  these  ge- 
nerale  les  mammiferes  et  les  oiseaux,  consideres  dans  leur  ensem- 
ble, ne  forment,  d'apres  lui  ,  qu'une  seule  et  ni^me  grande 
famille,  ou  bien,  un  meme  animal,  dont  les  oiseaux  representeut 
la  vie  dans  scs  dependances  avec  le  monde  exterieur,  et  les  mam- 
miferes la  vie  interieurc.  Cette  unite  de  tous  ces  animaux  ne  se 
manifeste  pas  pr<5cisement  dans  leur  conformation  exlerne,  et  seu- 
lement  en  parlie  dans  leur  structure  interne;  mais  elle  se  montre 
d'unc  maniere  evidente  dans  tout  ce  qui  est  j>liy!>ioIogique. 

La  nature  des  oiseaux  depend  enlieremeut  du  monde  exte- 
rieur ,  et  spccialement  dcs  rapjiorls  variables  qui  existent  entre  le 
soleil  et  la  terre,  tandis  que  tout  I'etre  des  mammiferes  se  rap- 
porle  entierement  a  la  vie  interieurc. 

Les  facultcs  des  mammiferes  se  developpcnt  en  partant  des  es- 
pcccs  marines,  et  arrivcnt  surccssivcn;eiit  aux  tcnestres,  puis  a 


Zoologre.  2  2^ 

ceux  munis  de  mains,  et  enfin  a  I'homme,  chez  lequel  les  facullei 
intellectuelles  sont  au  plus  haut  degre  possible. 

L'homme  se  trouvant  par-la ,  et  par  suite  a  cause  de  son  indc- 
pendancc,  a  la  tete  de  tous  les  etrcs  de  la  nature,  il  est  evident  que 
Jes  mammifcres,  approchant  plus  de  lul  que  ne  le  foht  les  oi>eaux, 
ils  occupent  un  rang  superieur  a  ceux-ci  dans  I'ecLelle  des  ani- 
maux.  Mais  si  Ton  considere  exclusivement  les  rapports  dans  les- 
<ju£ls  les  mammiferes  et  les  oiseaux  se  trouvent  a  I'egard  de  la 
nature  entiere,  on  ne  saurait  admettre  aucune  subordiaation 
entre  eux. 

En  considerant  la  classe  des  mammiferes  en  particulier,  on 
trouve  riiomme  a  I'une  de  ses  extremites,  et  les  baleines  a  ['au- 
tre :  celui-la  presente  le  maximum  des  facultes  intellectuelles,  ct 
celles-cl  le  maximum  de  la  masse  du  corps. 

D'apres  les  rapports  que  I'auteur  trouve  entre  les  diverscs  fa- 
milies de  mammiferes ,  il  les  classe  de  la  maniere  suivante. 

i*^*^.  ORDRE.  Mamm.  a  mains  (^Mammalia  manibus  o/-/z«^a),  qui 
comprend  V Homme ,  les  Singes  et  les  ALt'us. 

7.".  ORDRE.  Mamm.  quadrupedes  [Mamm.  quadrupeda) ,  quM 
diviseen:  i''*'.  famille,  les  Volans  et  les  Marsupiaux(/^e^/7e/-///M>, 
Galeopithecus  et  Didelphis) ;  2*.  famille ,  les  Rongeurs  et  les  Car- 
nassiers  [Glires  et  Ferce^&s&c  exception  des  Phoques);  3'.  famille, 
les  Paresseux  et  les  Pachydermes  [Brachypoda  et  Pachydermata 
avec  exception  des  Sorqjcdes  ) ;  /|*^.  famille,  les  Ruminans  et  les 
Solipedes  [Bisulca  et  Solidungnla). 

y.  ORDRE.  Mamm.  marins  [Mamm.  marina),  qui  comprend  i.i 
famille  des  Phoques  (P/ioca) ,  la  famille  des  Morses  {Trlchechus) , 
et  les  Cetaces  {^Cetacca). 

L'auteur  enUe  dans  de  grandes  explications  sur  les  raisons  qui 
I'ont  engage  a  admettre  ces  divers  rapprochemcns  dans  ce  qu'il 
appelle  la  meme  famille. 

Les  oiseaux  surpassent  de  beaucoup  les  mammiferes  en  ce  qui 
concerne  tout  ce  qui  a  rapport  au  monde  exterieur;  Icur  syslcrue 
uprvcux,  cl  surlout  leur  cerveau,  et  les  organes  des  sens,  sont 
aussi  devcloppes  ((ue  chez  les  mammiferes,  et  si  leur  oreille  est 
anatoniiqucmcnt  plus  slmjjle,  Icurs  yeux  sout  par  coutre  plus 
parfalts;  kur  sang  est  plus  cLaud,  leur  circulation  plus  rapide, 
la  respiration  plus  forte;  ils  mangent  davantage,  eten  general  ils 
out  plus  d'activite  et  plus  d'indnstrlc,  clc,  te  qui  les  met  au- 
dessus  dfs  mammiferes.  Mais  si  on  ne  les  considere  j)oint  sous  le 
rapport  de  tout  IVnsemlile  de  lem-  nature,  et  si  on  les  compare 


224  Zoologie. 

seuleinent  a  I'liomme,  ils  doivcnt  etre  n(5cessairement  places  k  la 
suite  dcs  niamiuiferes. 

L'auteur  divise  Ics  oiseaux  de  meme  que  les  mammifercs 
en  trois  ordres  :  les  tcrreslres,  les  oiscaiuc  de  rivage  et  les 
aquatiques  o\i  palmipedes.  II  classe  les  oiseaux  terrestres  sui- 
vnnt  la  hauteur  a  laquelle  ils  s'olevent  dans  le  vol,  et  les  arrange 
ainsi  :  i°.  Acclpllres  [Vultur,  Falco,  Strix)  :  i°.  Sylvatlcae,  qu'il 
divise  en  trois  families;  les  Coraces  ( les  Lanius ,  Buphaga,  To- 
tlus,  Caprbnulgus ,  Trogon,  Crotophaga,  Jiucco  ,  Corvus ,  Co- 
racias  ,  Oriolus ,  Gracula  ,  Rainphastos ,  Buceros ,  Psittacus  , 
Scythrops,  Mttwphaga,  Paradisea);  les  V\c\  [Cuculus  ,  JJpupa^ 
Certhta  ,  Trochilus ,  Merops  ,  Yunx,  Jlcedo  ,  Picus  ,  Sitta) ;  les 
Passeres  (  Sturnus  ,  Hirundo  ,  Muscicapa  ,  Motacilla ,  Parus  , 
Alauda,  Fringilla,  Ernberiza  ,  Ampelis  ,  Tardus  ,  Colius,  Pi- 
pra?  Loxia) :  3°.  Gallinse  [Columhn,  Tetrao  ,  Numida,  Meleagris^ 
Crax,Phasianus,  Menura,  Pm'O  ,  Olis ,  Psophia  ,  Struthio.) 

II  divise  egalement  les  oiseaux  de  rivage  suivant  la  hauteur  de 
leur  vol,  et  en  fait  de  meme  trois  families  :  i".  ceux  qui  appro- 
chcntdes  Herons com^vitiincal  les  Phcvnlcopterus,  Jrdea,  Mycte- 
ria  ,  Scopus  ,  Platalea  ,  Cancioma  ;  2".  ceux  qui  approchent  des 
Becasses,  et  qui  sont  les  Tantalus,  Scolopax ,  Tringa ,  Recuni- 
rosira ,  C/iaradrius ,  Hcematopus ;  et  3".  ceux  qui  approchent 
des  Gallinacces ,  c'est-a-dire  les  Rallus  ,  Fulica  ,  Parra ,  Pala- 
medea,  Ql areola,  Faginalis. 

Enfin  il  divise  le  trolsleme  ordre,  ou  celui  des  Palmipedes, 
encore  suivant  I'etendue  de  leur  vol ,  en  3  families :  la  1'^*'. ,  qu'il 
appelle  Longipennes,  coniprend  les  Pclecanus  ,  Plotus,  Phaeton, 
Sterna  ,  Rhynchops  ,  Larus  ,  Procellaria  ,  Diomedea.  La  2.'^.  fa- 
mille,  ou  celle  des  Canards,  est  composee  des  genres  yinas  et 
Mergus;  cl  U  3''.fumillc,  qu'il  nonime  Brevipenncs ,  se  compose 
des  Colyinbus ,  des  Aha  et  des  Aptenodytes. 

A  regard  dcs  Grimpeurs  il  ne  tient  aucun  coropte  dela  forme 
des  pieds,  et  place  les  Perroquets  dans  la  familic  des  Pies.  S.  s. 
175.  Habitudes  de  la  Balei:«e.  [Journ.  Phil.  d'Fdimh.,  julll. 
182/1 ,  p.  221 .) 
On  a  prls,  en  octobre  189,3,  une  baleine  a  Boucherville,  pres 
de  Montreal,  dans  le  Canada.  Le  banc  dc  Terre-Neuve  est  le 
lieu  d'liabitation  de  ces  animaux  le  plus  voisin  ;  cette  baleine  a 
done  fait  d'abord  1000  miles  jusqu'a  I'embouchure  du  Saint- 
Laurent,  et  a  remonte  ensuite  unc  clendue  de  3;')o  a  /(Oo  nules 
d'eau  noa  sal(5e.  ^-  B- 


Zoologie.  jiaS 

176.  ExTRAiT  d'une  lettuf.  du  D"".  J.  C.  Vail  Hasselt,  ecrite 
lie  la  prov.  de  Bantam  ( ile  de  Java) ,  le  I  4  mars  iSaJ.  (  Allg, 
Konst-cn  Letlcrhode  1823  ,  n*'.  k^. ) 

Un  mammlfeie  <jiil  vit  sur  le  moiit  Karang  et  qui  est  d'lme 
grandeur  assfz  consi{ii';rable  ,  est  tres-rare  et.  ignore  ineine  dc  la 
plupart  des  insulaires.  II  appai'tient  aiix  Carnh'ores plantigradex 
et  particulierement  a  la  f'amilie  dcs  Ours  et  R.atons ,  et  je  crois 
qu'il  est  absolument  inconnii  en  Europe  (l).  Trois  nouvelles  es- 
peces  de  cliauves-souris  ajjparliennent  a  un  geurc  que  je  n'avais 
pas  trouve  jusqu'alors  dans  celte  ile  (Java). 

177.  Bella  paktic^lare  affezione  che  la  speeie  dei  Cani 
verso  deir  uomo  conserva.  De  I'affectlon  particuliere  du 
chicn  pour  riiomine;  par  Gio  Koselli.  In-8'.  Venfsej  iSaS. 

I7S.    FaTTI    per    service    ALLA    STORIA    PSICOLOGICA    DEL   CaN'K  , 

etc.    Fails   pour  scrvir  a  I'hisloiie   psycliologique  du  clilen  ; 

a  Foccasion  d'un  cliien  trt's-bien  instruit  que  Ton  a  vti  der- 

nierement  a  Bologne.  In-8".  Cologne;  iSaB. 
179.   Observations  concernakt  u?je  espece  de  Rhinoceros, 

rr'ccmuient  decouverte;  par  M.  Everard  Horne  (  iisez  Home). 

(^Letter/, unci.  Jllagaz.,  ann.  1824,  n**.  9.) 

L'on  rapporle  dans  cet  article  unc  note  que  M.  Campbell 
adressa  a  sir  Evei-ard  Home ,  au  sujet  d'un  Piliinoceros  qu'il  avait 
observe  en  Afrique  et  donl  il  fait  mention  dans  la  relation  de  son 
a<^.  voyage  dans  cette  contrce  (  Travels  in  South  Africa,  vol.  i , 
p.  2t)4)'  O'l  y  eraprunte  la  description  du  crane  de  ce  rhinoceros 
faite  par  sir  Everard,  dans  les  Transactions  philosophiques  de 
1^22,  i*^  .  part.,  p.  38,  description  accompagnee  de  la  figure  de 
ce  crane  et  de  ccUe  d'un  autre  crane  fossile  de  Siberie,  regarde 
comrae  I'analogue  du  premier  par  cet  habile  anatomiste.  M.  Cu- 
vier  a  montre  qu'ils  etaient  differens,  dans  le  4".  vol.  dcs  Osseinens 
fossiles ,  2".  edit.,  addit. ,  p.  49^  »  et  que  I'espece  vivantc  observee 
par  M.  Campbell  ne  difl'erait  vraisemblablenicnt  pas  du  ihino- 
ceros  bicorne  d' Afrique  (2). 

(i)  II  se  pourrait  cejxindant  que  ce  oianinu(V;re  ne  fiit  pas  tliliorent 
du  Viverra  liinlurong  AV;///.(  Arctictis  ptiniailaia  Tein.  )  ,  retini  par 
M.  Fred.  Cuvicr  :"i  son  genre  Parailuuiurus  ;  car  cet  animal  ,  decou- 
vert  dans  la  pi  csqu  ile  de  lilalacca  ,  a  etc'  rapportc  aussi  dc  Java  par 
M.  Kcinwardt. 

(2)  Serait-cc  la  memo  espere  que  celle  dJcritc  par  Kuic.'icll.  (  /  ',*)•. 

B.  TojJE  III,  ir, 


2a6  Zoologie. 

180.  DissF.nTATioN  SLR  DEs  DENTS  trouvccs  cn  Sibcfie ,  conside- 
rees  comnie  ;ivant  ;ippartenu  a  iin  grand  Rumin.mt  antt'dilu- 
vien,  jionime  Merycotherium  sibiricuin,  par  L.  H.  Bojanus  : 
avec  2  planches.  (  Nov.  acta  Acad.  Qes.  Leop.  Carol.  Nat. 
Cur. ,  t.  XII ,  part.  I  ,  p.        .) 

Dans  ce  memoire,  compose  a  Wiliia,  en  jan-vier  1823,  M.  le 
D"^.  Boiftnns  decrit  et  figure  avec  detail  Irois  dents  niolairesd'un 
raminant  de  ties-grande  dimension,  qui  ont  ete  troiivees  avec 
des  osscmens  de  Mainmouth,  dans  un  lieu  inconnu  de  I.1  Sibe- 
rie    niais  vraisemblableiuent  dans  la  region  dt-s  nionts  Altals. 

Apres  avoir  comi)ulse  tous  les  ouvrages  nui  iraitent  des  restes 
fossiles  des  rmninans ,  et  n'avoir  trouve  aucun  rapprocliement 
exact  a  faire  entre  ces  moialres  et  celies  quiy  sont  decriles,  I'au- 
teur  s'occupe  d'etablir  leur  comparaison  avec  celles  des  especes 
vivanles  de  cet  ordre  (i). 

Sur  ces  trois  dents  ,  deux  paralssent  avoir  appartenu  au  cote 
gauche  de  la  machoire  superleure  du  ruminant  fossile  ,  et  etre  , 
dans  la  seric  de  ces  dents,  la  penultieme  et  l'aiit(>penultieme. 
M.  Bojanus  les  fiijure  vues  sur  leur  face  interne,  leur  face  ex- 
lerne  leur  couronne  et  un  de  leurs  cotes.  La  troisieme  est  plus 
grande  que  celles-ci,  seroblable  pour  la  forme,  niais  appartient 
a  la  machoire  d'un  individu  different. 

M.  Bojanus  determine  que  les  ruminans  connus  peuvent  elre 
divises  en  quatre  families,  savoir  :  les  especes  camebnes,  les  ccr- 
vines  les  ovines  et  les  bovines.  II  represente  aussi  sous  dilfe- 
renles  faces,  les  molaires  antepcnultieme  et  penultieme  de  la 
machoire  superieure  d'animaux  appartenant  a  chacune  de  ces 
divisions ,  et  notamment  celles  de  Targali ,  du  mouton,  du  cha- 
meau ,  de  la  chevre ,  de  I'elan  et  du  boiuf. 

De  la  coniparaisoH  des  deux  dents  fossiles  avec  ces  dernieres 
il  resulte  qu'elles  different  beaucoup  plus  de  celles  de  I'elan  et 
du  bceuf  ou ,  en  generalisant,  des  especes  bovines  et  cervincs, 
que  de  celles  des  chameaux  ,  des  moutons ,  de  I'argall  et  des 
chevres  ,  ou  des  especes  camclines  et  ovines. 

D'ai)res  cette  nicine  comparaison,  M.  Bojanus  croil  done  que 
I'animul  fossile  pouvait  ressenibler  plutot  a  ces  derniers  qu'aux 

le  Jonrn  tic  Pin;,.,  aoiU  1817)  H  nous  parait  pour  le  moins  r<  itain 
tiiie  celle  tele  ct  la  niL-rae  ilont  il  est  fait  mention  dans  le  Btillelin  ilii 
mois  dc  mars  i8a4,  n".  333.  (  Note  du  /l<:Jactcur.  ) 

(i)  M.  Cu>i€r  presume  qu€  ce  sont  des  dents  de  chameaux. 


premiers;  mais  il  nc  pn'jugo  ricri  cii  f;ivciir  rl'unc  resscmblancc 
plus  graridc,  avec  les  clianicaux  qu'avoc  Ifs  moulons. 

II  regarde  cct  animal  commc  dcvant  avoir  cu  una  laille  consi- 
<li'rablc ,  et  peut-^lre  <5gale  a  telle  dc  la  girafe.  Voici  commfnt 
il  etiiblif.  sa  ronjccture  a  cet  ('^gard, 

iJ'.'ibord  les  deux  dents  ci-dessii«  menlionnees  devaient  ocf-ii- 
])er,  dans  le  bord  alveolaire,  au  moins  urie  lonf;ueijr  de  /|  i  ligncs 
(■I  demie  ,  piiisque  ranlep'riultienic  avail  ly  lignes  ef.  dernie,  el 
la  jieniiltiemc  '/■'/.  lignes  d'av.-iiit  en  aitiere;  tandis  que  (Jeux  dents 
analogues  en  oeeupcnt  cnaciuhlr.  seulement  "io  lignes  dans  le  elia- 
ineau  ,  i5  dans  I'argali,  i /,  dans  la  clicvre,el  i''}  <l.')ns  le  nioulon. 
J)'unc  autre  pari ,  le  eorps  du  cbameau ,  mcsure  au  garrot ,  a  six 
pieds  de  hauteur,  eelui  du  inouton  environ  2  pieds,  celui  dc  la 
chcvre  un  peu  plus  de  deux  pieds,  el  celui  de  I'argali  ?>  pieds  et 
demi.  Or,  si  Ton  etablil  la  proportion  suivanlc  :  I'espaee  oCf-Tjjie 
par  Ics  deux  inolaires  du  cbameau  (  3o  lignes )  csl  a  la  liaufeni- 
du  Cf)rps  du  clianieau  au  garrot  '  d  pieds  j ,  comme  I'esfiace 
•  iccupe  par  ies  v,  molaires  du  ruminant  fossile  (4i  '•  '  ).  est  a  la 
liauteur  de  cet  animal,  on  oblieni,  en  lui  hiijjposant  des  formes 
a  peu  pres  scndjiables  a  cellcs  du  cbameau,  8  jiieds  pour  la  me- 
sure  de  cetle  baulcur . 

Si  Ton  fait  le  meme  raisonnemcnt  en  donnarit  au  ruminant 
fossile  successivemcnt  lesformeg  des  autres  cspcces  vivantesaux- 
quelles  on  le  compare,  on  trouve  cfuc  s'il  rcssernblail  a  I'argali , 
sa  bauteur  n'elait  pas  moindre  dc  f)  pieds,  et  que  si  c'etait  a 
1.1  cbevre  ou  au  mouton  ,  clle  devaii  ^-tre  d'environ  d  pieds. 

M.  JjDJanus  ,  ne  rapporlant  son  ruminant  fossile  a  aucun  des 
genres  qui  comprenncnt  les  especes  vivanlcs  que  nous  venons 
de  nommer ,  en  forme  un  jjrovisoire  en  <juelque  sorte ,  sous  le 
nom  dc  Mfrjcol/icrium ,  genre  qui  devra  ctrc  supprinie  si  par 
la  suite  les  restes  du  squclette  de  cct  animal  sonl  connus ,  et 
s'iis  doivent  elre  raj)porte8  a  une  espece  de  cbameau  ,  dc  cbevre 
ou  de  mouton.  Dans  ce  cas  ,  M.  liojanus  pense  que  le  nom  sjic- 
cKique  dc  gf'ante  conviendra  toujours  a  celte  cspccc. 

La  girafe,  que  ce  naluraliite  n'a  pu  comparer  a  sod  fossile, 
est  d'une  taillc  qui  ne  le  cede  pas  a  la  plus  grande  dc  cellesqn'il 
lui  suppose,  el  il  y  a  louleprobabilite  (|uc  les  dents  de  cct  ani;n;il 
onl  un  raj)port  Ires-marque  avce  celles  que  decril  !M.  IJojanus,  rln 
iiioinsquant  a  leurs  dimensions.  ^Vousjicnsons  qu'il  convicndraii 
iiijinlenantil'en  examiner  de  nouveau  Ici  formes,  en  les  confron 


228  Zooh^gie. 

tant  avec  celle*  dea  ilents  fnssUes,  ct  il  ne  nousp:ir.iit  p;ts  iiiiposbihle 

qu'on  reconnaisse  i'idenlile  yciu-rique  de  ccs  debris.  Desji...st. 

r3i.  IVoL'VF.AU  BTCUEU.  DP.  PLATScHES  coLORiEES  pour  scrvir  de 
suite  et  de  complement  aux  planrhes  enluminces  dc  BnFFON, 
T)ni-  MM.  TrMMiNCK  et  Meifiren  I.al'gif.h.  (V.  Ic  BaL'<^!i/i 
ptt'ci'-ilint.  ) 

XLIF.  llv.  —  PI.  ik^>.  Colonibe  a  lunettes,  Colmnha  pcr- 
SjHcHhUa  i^Temminck.)  Ucs  IMolnques.  —  I'l.  5A7.  Colou,be  Inc- 
tnose,  Calum'Hi  luciuosa.'^viww^^,  Meiiie  lieu.  —  PI.  a.|H.  Co- 
Jombe  Reiiiwardt,  Coluniha  Reinwanltii.  (Temin.)  He  Celebe.  — 
PI.  aiiy  et  a5o.  Eebenilleur  frangii,  male  et  femelle  ;  Ctblcphrris 
fmhiiatus.  [Tcmm.)  Ilede  la  Sonde.  — P!.  25 1.  Bee- fin  galaelole 
oil  rubiglneux,  Silvia  galaclotes.  (Temm.)  Espagne.  Bee-fin  subal- 
pin.iuale  et  femelle  ,  >S>A'/a  subalpina.  (Temm.) 

XI.III''.  liv.  — •  PI-  2  52.  Colombe  liypogastre  ,  I'oliiinhn 
hjpogastra.  (Reinvv."!  He  Celebe. — PI.  253.  Colombe  Moine,  Co- 
luinha  Mouaclia.  (Rehm.)  Idem.  — PI.  25^.  Colombe  Kiirukurii 
femelle  (i),  Coluinha pnrparata.  (Lath.)  Oceanic.— PI.  255.  t'o- 
racine  cepbaloplere,  Coracina  cepknloptera.  (Vleill.)  —  PI.  aSG. 
Pie-griecliebridee,  Lanius  virgatus'.  (Temm.)  De  J.iva.  —  Pie- 
grleche  masqnie, /M/iiuf  perso/iatus.  (Temm.)  D'.Vrabie. — Pi.  25;. 
Traquct  Oreillard  male,  ^rt.r/ro/fl  flM/-//<7.  (Temm.)  Europe  et 
Afritiue.  Tr.  a  cjuciie  noire  ,  So.xicoln  vielanura.  (remm.)  D'Ara- 
bie.Tr.  leucoine'.e,  male;  Saxicola  leucornehi.  (Temm.)  D'Enropr. 
XLIV«.  liv.  —  PI.  25S.  Colombe  ferreslre  ,  male,  Colunt- 
ba  huuiilis.  (Temm.)  He  de  Lucon.  —  PI.  25().  Colombe  terresfre 

femelle.  •  PI.  aGo.  Colombe   vSouris  femelle  ,  Columbn  cinerea 

(Temm.)  du  Bn'sil.  —  PI.  2G1.  Euryl.ume  a  capuchon  ,  Euijlai- 
tnus  cucu'ldtti.f  {Temm.)  de  Sumatra.  — Pi.  262.  IMartin  cliasseur 
Oreillon-bloii,  ailulte;  Dacclo  cjanotis  (Temm.)  de  Sumatra.  — 
PI.  2^3.  (lobp-inouclie  /7rtw//j<'«,  male  ct  femelle;  Mascicapajlarn- 
nit'ti.  Eorst.  Ilei  de  la  Sonde.  Q-v. 


(1)  .le  crois  que  .M.  Tomminck  a  i-lc  mal  iiifoiiiie  siir  le  sexe  dc  cefic 
Colombe  ,  qii'il  donne  commu  e'tapl  la  i'cmellc  Kurukuru.  J'ai  vii  .-i 
Guam,  line  dcs  itis  MarianriLs,  des  ccntalms  ilu  ces  oiseaiix,  ct  jc  penx 
.assurer  <{ue  la  femelle  ne  dillrrc  en  ricn  du  ni^lle  ,  pas  numc  dc  sros- 
sfiir.  Tous  dens  ont  !.■»  calollc  piirpiiiine  qui  lei  Ji  liiigne  el  (|iii 
manqne  a  cell.-ci.  Cc  seiait  .ilors  iiiio  esp.'cc  noiivellc.  O  \. 


Zoolo^ic.  Z2C) 

162.  Galj.rie  IMS  ojsKAWx  Ju  Caliliict  d  liistoJre  nalureUe  du 
Jardiii  du  Roi;  par  M.  L.  P.  Vifm-ot,  liv.  xxsiv  a  xlix  , 
in-/j.  ,  cliaciiiio  d'une  fcuiUe  ,  plus  /,  ou  5  planclics.  Piix  ,  5  fi. 
Paris  ,  tliez  Ai^lsud. 

i83-  IMfK-iof. RAPiriA  Sekpkntuji  HiNOARir.  j  aur|ni;e  Einciico 
l''r>ivAi,!i.->z!v\.  I11-8.  de  Gi  j).  Pfsih;    i823;    Trattner. 

Crtle  inoiiograpliic  dcs  scipoiis  de  Iloiigrie  est  comp^irabl* 
a  celle  dcs  ophidicrjs  dts  clats  romaiiis,  par  M.  Metaxa,  que 
nous  avons  aniioiiccc  dcriiierompnt  (f  oy.  le  Bulletin  du  Tnois 
dc  fevrier  i8if\);  neaninoiiis  clio  iiVi;t  pas,  comnie  cetic  derniere, 
accompagnee  do  plautlics  deslinces  a  represenlir  Ics  espcccs 
:)ouvelles. 

L'aulcur  avant  d'arrivci'  a.  la  description  ^c^  serpens  de  la 
II.inj;rie,  ])asse  en  revue,  comnic  M.  Melaxa  ,  les  principaux 
points  de  I'organisatioii  genorale  des  animaux  dont  il  va  traiter. 

Dans  une  priniierc  section,  il  donne  la  definition  des  ser- 
ijcns;  il  examine  Ics  rapports  de  ces  reptiles  avrc  Ics  animaux 
des  classes  ct  dcs  orJrcs  voiiins,  et  il  dil  (pielrjues  niols  de  leiir 
port  exlerieur. 

U.ins  nne  sccondc ,  intilulcc  Esqid.ssc  anatoinico  -  physiolo-r 
giquf  ■,  il  Jiasse  en  revue  trcs-rapideinent  les  notions  qu'on  a 
acqui&es  sur  Ics  serj)ens  considcres  sous  les  differens  points  <le 
\ue  du  sYslcnie  osseux  ,  du  syslenic  vasculairc,  de  la  circuLition, 
d€S  ori^aucs  de  la  rojjiralion ,  cl  du  mccaiusme  dc  cctlc  fonc- 
lion  ;  dcs  orj,'anes  de  la  digestion  et  de  rassimilalion  dcs  aliincni, 
<lu  systeme  ncrveux,  du  syslcnie  niuseulairc,  du  inouvcmcut , 
de  ki  generation  et  dc  scs  organcs,  dis  sens  internes  et  cx- 
ternes,  de  la  grandeur  ct  dc  la  force,  dc  rengoiirdisscincnl  hi- 
bcriia!,  dc  la  durcc  de  la  vie  et  dc  la  dcmcurc  Labinu'li.-. 

I, a  troisienic  section  a  pour  objcl  les  caraclejf-  (I  l.i  cl.i:..>di- 
calioii   des  serpens. 

Dans  la  quatrlcinc ,  l'aulcur  donne  la  dcscnption  iis^c/. 
complete  dc  onze  espcccs,  toules  conniics  dcja  et  parlagces 
en  qualie  genres  ,  d'apres  la  nictliode  de  Mcriciii.  Ces  rs- 
])eccs  sont  : 

1".  C.eure  A^ciiis.  A.  frtigt/is. 

2".    \  U'LRA.    V.    .lii7ino(fjU\s. 

^". pKi.iAb.   P.   JU'ius,  ou  la   ^il'CIC,   donl  il  di-.l;iiguc 


25  o  Zoologie. 

trois  vaiielcs;  i'une  feitugineuse  avcc  une  baiide  doisale  noire, 
siiiufuse  et  dfiilee;  uiic  scconde  noire  avec  ie  venire  couleur 
d'acier ;  et  une  Iroisieme  noire  avec  le  ventre  blanc. 

4°.  CoLUHER.  C.  Ifvvis.  Morr.  —  C.  Jlavescens.  Scopoli.  — 
C.  caspius.  Lepecliin.  —  C.  ,'Esculapu.  Merr.  —  C.  ntro  virens. 
Merr.  —  C.  Elaphis.  Merr. —  C.  Natrix.  Merr.  —  C.  tessella- 
tus.  Merr. 

La  cinqnieme  section  est  destinee  a  indiquer  les  usages  que 
riiomme  tire  des  serpens  et  de  la  signification  svmboiique  de  ces 
animaux  cliez  les  anciens. 

Enfin  la  sixienie  renferme  un  extrait  de  ce  qui  a  etc  public- 
par  Fontana  ,  Configliachi,  et  autres  auteurs  sur  les  serpens  ve- 
nimeux,  sur  la  nature  et  les  effets  de  leur  poison,  et  sur  les  re- 
inedes  qu'il  convient  de  lui  opposer.  Desm...st. 

184.  Sur  tNii  ESPECE  eteinte  de  Crocodile  non  decrite,  et 
quelques  observations  sur  la  geologie  du  Jersey  occidental ; 
par  R.  Hari.an.  Avec  une  figure.  ( Journ.  de  I'Jcad.  des  Sc. 
nat.  de  Pliilad.  ,  juili.  1824  >  !>•  ^^■) 

M.  Say  a  envoye  a  I'auteur  des  fossiles  des  marnicres  du  Jer- 
sey occidental ,  qui  sont  comprises  entre  Frenlon ,  la  baie  Dela- 
ware ,  rOcean  et  la  riviere  Delaware.  Le  sol  du  pays  est  com- 
pose de  gravier,  et  rarement  d'argile.  On  y  donne  le  nom  de 
marne  a  une  argile  ferrugineusc  et  a  pyrite;  ce  depot  renferme 
quelqiicfois  des  fossiles,  et  a  une  couleur  noiratre  ou  verdatre. 
M.  H.  Seybert  a  analyse  I'argile  de  Rancocks  creek ,  el  y  a  Irouvc 
49,83  de  silice  ,  6,00  d'alumine,  i,83  de  magnesie,  10,12  de  po- 
tasse,  g,8o  d'eau,  21, 53  de  protoxide  de  fer.  Cette  argile  verte 
contient  des  cailloux  de  qiiarlz,  des  Terebratules  et  des  Huitres 
fossiles  qui  font  quelquefois  des  lits  distincts  coinme  aux  raonts 
Mulica  et  a  RIackwoodtown.  11  y  a  aussi  des  Belenmltes ,  des  Favosi- 
tes,  des  Fislulaires,  des  Ammonites,  des  Rostellaires,  des  Turbizio- 
lies, des  Arches, des  Pyrules,  des  Pcigncs,  desDonaccs,des  osse- 
mens  de  Reqtiins,  de  Crocodiles,  de  Torlues  ,  d'un  Iclitliyosaure 
inconnu  ,  et  des  vertebres  de  Celaces.  On  y  trouvc  du  lignite,  de 
I'ambre,  des  phytolithes  et  des  racines  d'arbres  ])yritisees.  Cetlc 
formation  ,  qui  nous  parait  repondre  au  gres  vert ,  borde  la  cote 
pendant  plusieurs  centaln^s  de  niilles  depuis  rexlreniile  nord  de 
Long-Island  jusqu'au  golfo  de  Mexiquc.  Elle  repose  sur  des  ro- 


Zoolngie.  25  r 

dies  primitives.  Les  memes  (lep6tscoquiIliers  se  Irouvent  dans  le 
Maryland.  L'auteur  decrit  ensuite  une  parlie  de  !a  machoire 
d'un  nouveau  Crocodile  trouvee  dansce  depot  pies  dc  Wliiteliill. 
Cette  partie  droite  de  la  machoire  contieiit  i  i  alveoles  snr  un  es- 
pace  de  12  pouces  ;  I'animal  avail  probablement  dc  chaque  cote 
12  a  i3  dents.  Cette  portion  de  machoire  se  distingue  surtout  de 
celies  des  autres  crocodiles  par  sa  grande  epaisseur  en  proportion 
de  sa  longueur  et  par  ses  dents  obtuses.  L'auteur  compare  en- 
suite    ce  fossilc    aux    Crocodilus  acutits ,   Lucius  et  gangcticus. 

A.  B. 

i85.  CRAPAnn  TROUVE  dans  une  pierre.  Un  mineur  anglais  ou- 
vrant ,  en  mai  dernier,  un  nouveau  puits  a  lioiiille,  aupres  de 
Hanghlon-le-Spring,  trouva  un  crapaud  vivant  au  milieu  d'un 
bloc  solide  de  pierre  ,  a  une  j)rofyndeur  de  25  a  26  fathoms 
(brasses)  au-dessous  de  la  surface  de  la  terre.  Le  reptile  fut  poric 
au  grand  jour,  tiie  quatre  jours  apres  et  examine.  On  trouva 
qn'il  avail  un  nombril  mais  point  de  bouche,  au  reste  11  ressem- 
blait  aux  crapauds  ordinaires.  (^  Sheffield  mercury ,  &\.  Literary 
Gazette  de  Londres  du  22  mai  1824  ,  p.  333.  ) 

186.  Os  DE  SERPENT  A  soNNETTES   trouves  dans  unc  cavcrne. 

(  Geist.  der  Zcit.,  fev.  1823,  p.  256. ) 

On  a  trouveen  i7/i8ces  os  dans  une  caverne  forraee  dans  Tar- 
gile  scbisleuse  de  Princetown ,  aux  Elats-Unis.  Les  serpens  a 
-sonnettes  s'engourdissent,  ajoute-t-on  dans  eel  article,  lorsque 
les  feuilles  du  Fraxinus  discolor  tombent. 

187.  IIlSTOIRE    NATURELLE    PES    IcnXYOUONTES ,  OU    DcntS    fos- 

slics  qui  ont  appartenu  a  la  famille  <les  ])oissons,  sous  les 
rapports  zooiogiques  ot  gcologiques  ;  par  M.  Kourdet  de 
LA   NiEVRE.  Un  vol.  gr.  in-/i.,  orne  de   11  pi.,  donnant  42 

esj)eces.  {Prospectus.') 

Les  naluralislcs  ap|)rcndront  avec  intercut  la  prochaine  publi- 
cation de  eel  ouvrage  qui  manquait  a  la  science,  surtout  ,si 
comnic  on  a  lieu  de  ratlendre  de  son  auteur,  il  est  com])lel ,  el 
s'il  odrc  le  dejjouilieincnl  et  la  synonymic  de  tuul  ce  cpiia  eti-  ilil 
el  figure  par  les  ancicns  el  les  modcrnes  sur  les  Iclityodoiites. 

Le  prosj)Cclus  (jue  nous  amioncons  dil  (jue  les  cspeees  d'leli- 


2^2  Z(;olni>['c. 

O 

tyodontes  out  t-to  derrifes  avec  )e  plus  f^niiul  toln;  il  ajoute  : 
Ifs  dessins  et  Ics  plaiidies  qui  a(  coiiiji.iyneront  ce  volume  out 
etc  cxtjcutes  par  les  meilleurs  liili()yrai)li('s  avec  niie  exaclilude 


uunuticuse. 


\j  Ht.stoin-  lies  Tc/itroilo/ites  I'onuera  i  vol.  gr.  in-/).,  de  -2  p. 
d'impressJon  environ,  orne  de  11  pi.  I.e  prix  de  I'ouvrage  sera 
de  9  fr.  sur  papier  ordinaire  ;  il  n'en  sera  tire  que  5o  exeinpl.  sur 
papier  vclin  satlni5,  dont  le  prIx  sera  dc  i3  fr.  La  lisle  des  sou- 
scripteurs  sera  imprimee  en  tele  du  vol.  On  soimcrit,  pour 
toute  la  Snisie,  I'ltalie  et  le  riemont,  a  Geneve  et  a  Paris  cliez 
J.-J.  Paidioud,  iinpr.-lii). 

j88.  Essai  d't's  nouveau  systkmk  des  nAiiiTATiojJs  DKs  Vers 
testaces,  avec  XXII  pi.;  par  Chr.  Fred.  Scqumacher,  D. 
M.  hon.  de  I'universite  de  Copenhague,  Prof.  ,  chev.  de 
I'ordre  de  ])unel)r.,  etc.  Uu  vol.  in-',,  de  aSG  p.  et  de  22  pi. 
grav.  en  noJr.  CopciiLaj.Tic;  i8i7;de  I'irsiprim.  du  directeiir 
Sdiultz. 

Ua  nouveau  systeine  de  chisMnealiou  pou.-  Ie>  (0(|uiHcs,  uu 
ouvrage  d'ensend^le  assez  consick'r.djle,  acconipagno  de  gravures 
et  iinpriiue  en  francMis  a  Copenhague  ,  seinblait  etre  une  produc- 
tion assez  importante,  pour  que  la  connaissance  en  fut  repanduc 
en  peu  de  temps  parnii  les  naturalistes,  et  pour  que  ce  livre  fut 
aichete  et  etudie  par  les  homines  de  tous  les  pays  qui  s'occupent 
de  I'bisfoire  naturclle  des  coquilles.  II  n'en  a  point  etc  ainsi, 
«'t  cet  ouvrage,  quoique  imprime  en  1817,  est  prcsque  aussi 
nouveau  pour  cux  que  s'il  sortait  en  ce  moment  des  presses  de 
M.  le  directeur  Schullz.  Cel  exen)ple  ,  que  Ton  pourrait  appuyer 
d'une  foule  d'uulres  fails  analogues ,  prouve  I'isolement  ou  se 
trouvaient  le-  savaus  de  IT-urope  avant  que  I'otablissement  du 
15ulietin  ne  vint  lour  oHVir  un  lien  comniun  de  torrespondance, 
un  moyen  de  ( onnaiire  leurs  travaux  rcciproques.  L'ouvrage  dc 
M.  le  1)'.  Schumacher  n'a  ete  cite  jusqu'a  present  par  aucun  des 
naturalistes  allemands,  anglais,  italicns  ou  francais;  le  lia.sard 
seul  nous  en  a  fait  connaiire  I'exisfence;  et  malgre  les  soins  et 
I'obligeance  de  quelques  snvans  de  Coj)enhague,  p;irticuliere- 
iiient  de  M.  (iiove,  <e  n'cst  qu'iui  bout  d'un  an  d'attenle  que 
nous  avons  pn  le  recevoir.  Kxpedlo  d'abord  a  Leipzig  pai' 
M.  Ueichiriiinn  ,  librairc  de   Copenhague,   celui    auquel    il   fut 


Zoolo^ie.  251 

adrcsselui  lepondlt  que,  nVnvoyant  rien  en  Fr;iiice,  jl  leii.iit  cet 
ouvnige  a  sa  disposition.  M.  Deiclirnnnn  fut  alors  oblige  de  le 
faiie  revenira  Copenhague  et  de  nous  Texpedicr  jiar  Ilambonrg. 

Nous  avons  era  devoir  rapporter  ces  circonstantes  pour  mon- 
trer  combiea  ,  dans  I'etat  de  culture  oil  sont  les  sciences,  il  est 
necessaire  que  les  savans  du  nord  de  I'Europe  s'entendent  et 
s'unissent  avec  ceux  du  midi  pour  vaincre  les  obstacles  qui  s'op- 
posent  encore  a  I'etablissement  de  relations  plus  actives  entr'eux, 
relations  auxquelles  lous  ont  un  egal  iiilcret,  les  uiis  pour  faire 
connailre  leurs  travaiix,  les  autres  pour  profiler  d;'  ce  que  ces 
Iravaux  offrent  de  nouveaii,  et  eviter  de  publier  coinmc  des 
decouvertes  des  faits  observers  depuis  long-temps  a  Copcnhague, 
a  Gottembourg,  a  Stockholm,  a  Upsal,  a  Lund,  a  Saint-Peters - 
bourg  ou  a  Moscou.  L'ouvrage  de  M.  Siliumachcr  est  aussi  une 
preuvc  de  cette  derniere  assertion,  car  un  assez  grand  nombrc 
des  genres  qui  y  sont  etablis  ont  ele  faits  en  nienie  temps  ou  de- 
puis en  Angletcrre  et  en  France.  A  I'epoque  ou  se  publiait  cct 
ouvrage  ,  M.  Cuvier  faisait  paraitre  son  Rcgne  animal,  les  trois 
derniers  vol,  des  Animaux  sans  vcrlcbres  ont  ete  iinpriines  de 
1817  a  1822,  et  enfin  les  travaux  de  MBI.  Leach,  Swainson, 
Sowerby,  Gray,  sotiI  tons  posterieurs  a  1817. 

Apres  une  dedicace  a  Frederic  VI ,  on  trouve  un  discours  pre- 
liminaire  ou  I'auteur  expose  les  diverses  modifications  apporlees 
au  systeme  de  Linne,  la  difdculte  de  fonder  une  classificalioii 
bas6e  sur  la  connaissance  des  animaux  des  coquilles,  et  cepen- 
dant  le  peu  de  progres  qu'ont  fait  faire  a  la  science  les  natura- 
listes  qui,  suivant  la  methode  linneenne,  sont  restes  attaches  aux 
corabinaisons  artiiicielles.  M.  SchumacJier  n'etait  point  alors  au 
courant  des  travaux  des  Anglais  et  des  Francais  sur  les  animaux 
des  mollusques ,  travaux  qui ,  joints  a  ceux  qui  ont  etc  ejitre- 
pris  depuis,  ont  donne  tons  les  moyeiis  d'asseoir  des  families 
naturelles  dans  les  mollusques  coinme  dans  les  autres  classes.  Cc 
naturaliste  etait  encore  a  I'epoque  oil  il  publiait  son  ouvrage  en 
doute  sur  I'organisalion  de  I'animal  de  I'liyale,  et  sur  ses  r;'.p- 
ports  avec  le  Char  dc  Gioeui,  chose  deja  bicn  eclaircie  alors  par 
Draparnaud,  Ihuguicre,  et  les  observations  de  M.  Cuvier. 

M.  Schumacher  ayant  remarquo,  dans  les  travaux  metliodi- 
ques  des  conchyliologistes  qui  ont  reforau;  I.inne,  bcaucouj)  dc 
divergence,  dc  contradictions  et  une  absence  de  regies  fixes,  i\ 
t'oulu  presenter  un  Essai  dans  Icqucl   tout' s   les  coquilici  qn'd 


234  Zoologie. 

conniiissuit  seraient  classees  d'apres  dcs  bases  uniformes  ct  bien 
detenuinees.  Son  ouvrage  se  fait  remarquer  par  la  precision  des 
caracteres  generiques  qu'il  a  traces;  et,  sous  ce  point  de  vue  ,  ce 
savant  inerite  certainement  d'etre  compare  a  M.  de  Lamarck  , 
dont  en  general  les  travaux  soiit  des  modeles  sous  ce  rapport, 
Mais  I'un  et  I'autre  fondant  leurs  genres  sur  les  formes  ou  les 
accidens  des  coqulllcs,  ces  genres  se  sont ,  en  grande  partie, 
trouves  sans  appuis  reels ;  et  I'etude  de  I'organisation  de  leurs 
animaux  est  venue,  et  vient  cliaque  jour,  prouver  que  la  ra^- 
thode  artificielle  rompt  tons  les  rapports  naturels  des  moUus- 
ques.  L'ouvrage  que  nous  annoncons  montre  surtout  le  \ice  de 
cette  methode;  car,  pour  ^tre  consequent,  il  fallait  comma 
M.  Schumacher,  suivre  dans  loute  la  serie  descoquilles  les  memes 
principes  pour  I'etablisseraent  des  coupes  generiques,  sans  quoi 
la  mutliode  devenait  toute  arbitraire;  et,  comme  le  but  de  M.  Schu- 
macher etait  precisement  de  remedier  a  cet  arbitraire  qu'il  re- 
marquait  cliez  les  partisans  de  cette  methode,  il  a  du  Irancher 
dans  le  vif ;  et ,  puisqu'on  prenait  les  formes  et  les  accidens  pour 
distinctions  generiques,  partout  ou  il  a  Irouve  dcs  anomalies 
remarquables,  il  a  du  creer  des  genres. 

Si  sa  collection  eut  ete  plus  considerable  ,  on  sent  qu'ii  en  eut 
fait  davantage  encore ;  car  les  combinaisons  accidentelles  de  for- 
mes (itant  infinies  dans  les  coquilles ,  il  serait  arrive  a  etablir  une 
immense  serie  de  differences  generiques.  Veut-on  coiinaiire  oii 
nienela  consequence  des  principes  admis  pour  les  nielliodes  artifi- 
cielles,  il  faul  comparer  les  ouvrages  de  Montfort  pour  les  unival- 
ves, dcMegerle  pour  les  bivalves,  etcelui  de  M.  Schumacher  pour 
les  unes  et  les  autres ,  a  l'ouvrage  de  M.  de  Lamarck ,  oil  deja  les 
subdivisions  ont  etc  poussees  si  loin ;  et  Ton  trouvera  des  genres  de 
ce  dern  er  auteur  dont  la  phipart  des  especes  sont  devenucs  des 
genres  particuliers  che/-  ces  premiers  auteurs,  et  cela  a  tout  aussi 
bon  droit  que  pour  une  partie  des  genres  de  Brugniere  ou  de 
M.  de  Lamarck.  Dans  le  genre  Bulla,  par  exemplc,  de  ce  der- 
nier savant,  la  Bulla ,lignaria  est  devenue,  pour  M.  Schuma- 
cher, le  type  de  son  genre  ylssula;  la  Bulla  Ampulla  de  son 
genre  Bulla;  la  Bulla  naucuiit  du  genre  Naucuin  •  la  Bulla 
I'hjsis  du  geiuc  Uydatina;  la  Bulla  aplustre  du  genre  Aplus 
</•«///;  ainsi  voila  5  genres  pour  1 1  cspdccs.  Les  3i  especes  dii 
genre  Triton,  de  M.  de  Lamarck,  .sont  partagees  en  7  genres 
di.Nlini'ls  :  Laiiij)as ,  Bufontirin ,  l.aiupuaia  .  Colubrai ui ,  li  ipana, 


Zoologid.  235 

Distorla ,  et  Romdmin;  le  genre  Doriiix ,  adopte  par  M.  Schu- 
macher, lui  fournit  en  outre  les  genres  Hrcuba,  Latonn ,  Me- 
toe ,  etc.,  etc.  Je  pourrais  citer  une  foule  d'autres  exemples; 
niais  on  doit  reconnaitre  que  M.  Schumacher  n'a  eu  qu'a  glaner 
apres  les  travaux  de  Montfort  et  de  M.  Megerle  de  Muhlfeld. 
Du  reste,  quelque  peu  fondes  que  soient  hi  plupart  des  genres 
de  ces  savans,  quand  on  les  rapproche  des  divisions  nalurelles, 
comine  les  differences  qu'iis  caracterisent  ont  etc  signajees  sou- 
vent  avec  beaucoup  de  talent  et  de  sagacite  ,  leurs  travaux 
seronl  fort  utiles  pour  former ,  dans  les  genres  naturels  ,  des 
coupes  d'un  ordre  inferieur,  lesquelles  serviront  de  lil  pour 
arriver  a  la  determinaison  des  especes. 

II  ne  faut  done  chercher  dans  rouvrage  de  M.  Schumacher 
aucun  ordre  naturel.  Frappe  de  I'analogie  des  Oursins  et  desBa- 
lanes  ,  il  comprend  les  Echinus  dans  son  travail;  et  comme  par 
les  P  ers  Testaces  ,  ce  savant  entend  tons  les  animaux  pourvus 
d'une  enveloppe  calcaire ,  il  les  divise  en  deux  sections ,  les  Mo- 
noi/ialaines  (ceux  dont  chaque  coquille  univalve  ou  bivalve 
n'cst  habitee  que  par  un  seul  animal),  et  les  Polythulames  \ 
ccux-ci  sont  les  Polypiers,  les  Coraux,  dont  il  ne  s'occupe  ce- 
l)endant  pas,  et  qu'il  ne  menlionne  que  pour  memoirc.  Certains 
genres  que  Ton  est  accoutume  a  voir  places  les  uns  pres  des  autrcs, 
ou  bien  les  demembremens  d'un  meme  genre  sont  dissemines 
dans  la  serie  de  raaniere  a  changer  toufes  les  idees  d'analogie 
dont  on  avait  I'habitude.  Par  exemple,  le  G.  Hydatina  {Bulla 
Sp.),  est  place  entre  le  Sigaret  et  les  Ncrites,  lesquelles  sont 
suivies  des  Scalaires  et  du  Bulimus  Columna  de  Bruguiere ;  le 
G.  Aplustrnm  ( Bulla),  se  trouve  entre  les  Harpes  et  les  Tonnes ; 
les  autres  genres  demembres  du  G.  Bulla  sont  places  entre  les 
Nautlles  et  les  Argonautes  ,  etc. ,  etc.  Ajoutez  a  cela  une  prodi- 
gieuse  quantite  de  noms  nouveaux  ,  ct  Ton  pourra  alors  se  faire 
une  idee  du  travail  auqnel  nous  avons  du  no\iS  livrer  pour  bien 
saisir  res|)rit  de  cet  ouvrage. 

Un  premier  tableau  analylique  qui  suit  le  discours  prclimi- 
nairc  fait  connaitre  la  nomenclature,  les  divisions  et  subdivi- 
sions adoptees  par  M.  Schumacher  pour  les  monothalames.  Un 
second  tableau  offre  I'cnsemble  des  genres  caracterises  par  une 
phrase  latine,  ensuitc  vient  la  description  plus  detaillee  de  cos 
genres  ;  cette  descrij)fio:i  offre  eu  outre  I'indication  de  leur  sub- 
division, la  citation  d'une  ou  de  piusicurs  (•■^pcccs,  pour  chacuu 


256  Zoolo^ie. 

d'eux,  tnlilion  accompngnec  de  colle  d'une  fiyuic  au  nioins, 
afiii  de  fixer  l»'s  idees;  puis  cnfin  ,  tres-souvenl ,  des  icmai-qurs 
precleuses  sur  la  synonymic  de  ces  especes,  ou  sur  les  fircuis 
oil  soiit  tonibes  a  leur  sitjet  les  naturalisles  qui  ont  devance 
M.  Schumaclier.  Cet  auteur  a  profite  dcs  travaux  de  Rcl- 
zius  et  de  Spengler  pcu  connus  en  France ,  de  ceux  dc  Rru- 
guiere,  Bnso  ,  Megerle,  etc.,  el  des  ])rcniiers  ouvrages  de  M.  de 
Lamarck.  11  ne  parail  pas  avoir  coiinu  cclui  de  Monlfort  ,  en 
sorte  qne  bcaucoup  de  genres  ctablis  par  celni-ci  et  par  M.  de 
Lamarck  dans  sa  deuxieme  edition  des  Aniinaux  sans  icrtrbres  , 
ou  par  d'aulres  naturallstes  ,  ont  cle  egalement  proposes  par  lui. 

Nous  n'avons  trouve  du  reste  dans  cet  ouvrage  qu'un  seul 
£:;enre  forme  ])our  nne  cof[iillIe  qui  nous  sembie  inconnue.  Cette 
cspece  fort  reniar<inablc  nous  parait  appartenir  a  la  familfc  des 
IVayades  de  BL  dc  Lmiarck,  et  se  rapprocher  de  ITIyric  el  de 
YUnio  nlatus  de  1\L  Say.  Peut-e'ire  ne  differe-t-il  ])as  du  (i. 
Dipsds  du  l)"^.  Lead)  ?  Voici  la  phrase  caracteristiqiie  de  ce 
nouveau  genre  que  M.  Sclmmaclier  a  nonnne  C'RisTAivr^. 

Testa  subinflata,  sequivalvis  :  valvis  in  utraquc  exlrcniilate 
hiantibus. 

Cardo  :  in  utraque  valva  srrobiculus  cardinalis  reclilineus  , 
linearis  ;  ligamenlum  robiistum  ,  externum  ;  callus  parallclus  ,  bi- 
fidus,  ramo  inferiori  acutiori  atque  longiori. 

La  cliarnierc  scule  eu  est  dessinee ,  ainsi  que  celle  de  la  pln|)art 
des  genres  de  coquilles  bivalves;  quant  aux  genres  d'univalves, 
M.  Schumacher  a  pense  qu'il  etait  inutile  deles  f.iire  figurer.  Les 
figures  en  noir  comprises  dans  22  pi.  gravces  sonl  tres-purc- 
inent  dessinces,  on  voit  qu'elles  ont  etc  failes  avec  soin.  Les 
details  dis  cbarnieres  sonl  surfoat  rcnJus  avec  beaucouj)  d'in- 
tclligence. 

L'eludc  (lu  travail  de  SI.  Sclmmaclier  renilra  fr^qjpanlu  celle 
veritc;  cv^X  fjii'ilfaut  oplcr ,  dtms  hi fondallon  cVunt-  intlhndr 
de  clussificalion  pour  les  coqudics  ,  cnlre  lu  tonsidrintion  du 
test  ou  cclle  dc  son  animal.  Les  systenies  francais  ou  Ton  a  voulu 
concilier  ces  deux  b.ises  en  fondant  les  grantles  coiiih--.  sur  h:.s 
animaux  ,  ct  ks  genres  sur  les  cocpjilles  seules ,  out  donut;  nw 
resullat  balard  tout  arbitraire,  ct  bien  nu)ins  certain,  i)0ur  ar- 
river  a  reconnaitre  les  genres,  <pic  celui  de  M.  Schumatlier,  qm, 
plus  consequent ,  a  base  Ic  bicu  uniqucment  sur  les  accidfin  dx 


test  ,  et  qui  par  consequent  n'a  pas  ilu  se  plier  aiix  coniljinaisons 
mixtes  des  prcniicis,  et  dctruiie  ainsi  la  chaine  ties  rapports  qui 
peiiverit  exister  entre  ties  corps  qiiand  on  les  examine  com- 
parafivemcnt.  !■• 

189.  Les  genres  de  coquiiles  de  Lamarck.  [Journ.of  Scietic, 

Lit.  and  Arts,  Janvier  1824  ,  p.  2/,  i  ,  avec  fi;^.  ) 
Cet  article  est  la  continuation  et  la  fin  de  la  dcs(rii)tion  tics 
fienres  de  M.  de  Lamarck ,  ilont  nous  avons  annonce  ie  commen- 
cement dans  le  Bulletin  de  ft-vrier  dernier,  n".  aSg ;  il  comprend 
les  Cephalopodes  et  les  Heteropodes,  La  planche  qui  accompagne 
cclle  piirtie  de  ce  travail  olfre  le  meme  iuteret  que  les  prece* 
tlentes.  t- 

190.  ExTRAIT     u'lINE     LETTRE     DU     D' .    J.    C.    VAN    HaSSELT    AU 

Prof,  van  Swinderen,  sur  les  MoUusques  de  Java.  ( traduit 
de  XAlgem.  Konst  en  lettcihodc,  182 'i ,  n"^  2,3,4.)  Tjuringe 
( lie  Java),  le  25  mai  1823  (i). 

Je  dois  nies  noirbrcusrs  di'couvcrtcs  dans  celte  classe  a  un 
sejour  de  quelques  scmaincs  fail  a  yijijrr-haie ,  assez  connuede 
tous  les  marins  qui  Iraversent  le  delroit  de  la  Sonde,  ctant  le 
premier  ou  dernier  lieu  qui  leur  procure  quelques  rafraicliisse- 
nicns.  Toute  la  bale,  quoique  offraut  a  cpielque  distance  de  la 
terre  una  profondeur  suifisante,  meme  pour  les  plus  grands  vais- 
seaux  ,  est  comme  ccinte  de  rtJcifs  de  coraux  ;  c'est  sur  ccs  rticifs 
quejeme  rendais  journelleraent  pendant  la  maree  basse,  attendu 
que  c'est  le  seul  temps  ou  Ton  puissc  atteindre  ces  anlmaux  ,  en 
allant  seulement  a  deini-corps  dans  I'eau.  C'est  la  oil  j'ai  rccueilli 
un  grand  norabre  d'objets  inleressans,  (jui,  s'ils  arrivcnt  lieureu- 
sement,  mettrout,  je  I'cspere,  le  Musce  general  des  Pays-Bas  i» 
meme  de  se  mesurer  en  richesse,  du  moins  quant  a  la  classe  des 
mollusques,  avcc  Ics  premiers  ctablissemcns  de  I'Europe. 

Voici  ce  tjue  j'ai  pu  examiner ,  decrire  el  faire  dcssincr. 

NUDIBRANCIIES.  Cuv. 

Genre  Doris  Lin.  J'en  317  especes,  dont  3  appartiennent  a 
la  i"^".  division  de  Cuvier ,  «  especes  a  mantcau  ovale ;  «  et  4  a  1« 
a'',  tlivision , «  especes  a  manteau presque  aussi  ctioit que  le  pied." 
Quant  a  la  1'*.  division,  quelques  especes  y  atimiscs  me  sont  iti- 
connucs,  telles  que  toutcscelles  de  Miiller,  le  D.  Ar(;o  Bohadsch, 

(1)  Noin  ilevons  cette  Iradiulioii  rrrtifit-c  .'i  M.  Boio. 


S58  Zoologie. 

le  D.  stellata  de  Bomnie  ,  etc.  II  faiuira  done  comparer  a  ccllcs- 
la  mcs  especes,  et  les  noms  que  j'al  ctablis  no  devront  ilre  con- 
sidcres  cpie  corarac  provisoircs. 

Section    Ire. 

i)  D.  JAVANICA  Mihi  (^salt's  vulgarisy 

Corpore  ovali,  margine  simplici ,  undidato ,  siiprh  f unco  ^  nigra 
cinereoquc  mannorato  et  maculnto  ;  subtits  vern  alhcsccnte  ,  hnui- 
neo  maculalo ,  piresertim  infra  et  circiim  pcdem.  Limho  flavo- 
marginoto  ;  dorsopustulis  rotundis  miniitis  rugoso  ;  truncis  hrcm- 
chialibus  6,  romosis. — Long,  post  mortem  ,  o,  i  ,  4  —  o,3,  /(. 
Latit.,  o,  1 ,  2  — o,  2  ,  6. 

a)  D.  RADiATA  M.  Tab.  nost.  (species  ram. ) 

Corpore  suhorbiculato  ,  sujmi  com'exiusculo,  suhrugosn  ,fus- 
rcscente  nigra,  alhoquc  mnctdato, punctata  et  radiato;  nmculis  '\ 
magrtis  albis ,  serie  longitudinali  inter  tentaculn  et  branchias  dis- 
positis.  Punctis  albis  et  nigris niixtis  per  totwn  corpus  dis'persis  ; 
albis  punctulo  nigra  centrali  notatis  ;  margine  albo  radiato ,  radiis 
ramosis  ;  branchiarum  truncis  6  ,  truncis  et  ramis  albis,  rainus- 
<;ulis  nigris ,  medio  dorso  nigra,  rete  angusto  ,  albo picto  ; pallia 
margine postice  inciso,- — 'Long.,  o,  2,  6.  Latit.,  o,   i,   7. 

3)  D.  CESPiTOSA  M.  Tab.  nostr.  (  satis  vulgaris.) 

Corpore  magna ,  pallia  crasso  ,  ubique  plagis  aut  cespitibas 
obtecto ,  ad  marginem  in  circulis  parvis  seriatis  distributis ,  me- 
dio corpore  latis  ,  magnis  ,  ad  lineam  dorsi  mediam  ,  secundam 
lineatn  angustam  constituentibus.  Colore  olivaceo ;  tentaculix 
brevibus  {exsertis  vix  foraminum  marginem  altitudini  supe.ranti- 
bus)  apice  incras satis  ad  oris  latera  1.  Truncis  branc/ualibux  G- 
ramosis.  —  Long.,   o,  3  ,    10.  I.at. ,  0,2,6. 

Section  IP.  Toutes  ces  especes  me  paraissent  nouvcllcs. 

/j)  D.  LiNEOLATA  M.  Tab.  nost.  (satis  vulgaris. ) 

Corpore  elongato  angusto  ,  pede  longiore ,  pastier  acuta,  c<i- 
jute  ratundato  ,  colore  tiigro  Jlavoque  angustissime  lineolata  ; 
margine  tarn  pallii  qunm  pedis  aurantiaco.  Branchiarum  truncis 
pluribus  simpliciter  pinnatis.  —  Long,  usque  ad  pedis  partem 
l)Ost. ,  o,  1,0.  —  pallii,  o,  o,  10.  Lat.  pallii,  o,  o,  5. 

5)  D.  ALr.A  M.  Tab.  nost.  (  sp.  rara. ) 

Parva,  te.xtura  tencra ,  colore  albo  puriisinia ,  pallio  et  capile 
aitidntidco  marginatis;  pede  jutllia  longiore  ,  pa\tire  acuta  ;  bran- 


Zoologie.  aSg 

chiis  10,  lamellosis ,  simpUcibus  ^  atirantiacoad  unum  latus  mar- 
ginato ,  tentaculis-i  brevibus  ,  aurantiacis,  exsertis  pallii  inargi- 
nern  longitudine  superantibus.  —  Long,  pallii ,  0,0,  7.  —  tota 
usque  ad  pedis  part,  posteriorem,  o,  o,  g.  Lat.  pallii, o,  0,1^. 

6)  D.  PUNCTULATA  M.  Tab.  nostr.  [species  rara.) 

Parva,  textura  tenera  ,  colore  albo  ,  pustuUs  nigiis  elevatisy 
minutissimis,  raris  ;  tentaculoruin  apicibus  et  branchiarum  nigris, 
pede  pallia  vix  longiore.  Branchiis  6  ,  lamellosis ,  apice  bifidis , 
margirubus  dentatis.  Long,  pallii,  o,  o,  7  -^.  • —  usq.  ad  pedis 
partem  posteriorem  ,  0,0,8^.  Lat.  pallii,  0,0,  2. 

7)  D.  siNDATA  M.  Tab.  nostr.  [rarissiina  species.) 

Pallii  margine  sinuato,  sinihus  6  aut  7,  dorso  medio  cari- 
nato  ;  carina  tricuspidatd  ,  cuspidibus  obtusis ,  posteriore  bran- 
chias  antice  obtegente,  majore ;  pede  pallio  longiore,  obtusius- 
culo;  antennis  2  satis  longis ,  pallium  ad  sinuum  secundum  perfo- 
rantibus  ;  colore  iiridi  coeruleoque  punctulato  ;  ocellis  coeruleis , 
ocelk)  sinus  cuique  opposito  ;  infra  albo.  —  Long,  usque  ad  pedis 
apicem,  o,  0,87. 

Selon  Peron,  les  Doris  feraient  sortir  de  I'ouvertiire  voisinc 
de  I'anus  une  matiere  filamenteuse,  secretee  par  I'organc  glandu- 
leux  dont  M.  Cuvier  a  donne  la  description.  Je  n'ai  trouve  confir- 
mee cette  observation  de  Peron  dans  aucune  des  especes  obser- 
vees.  Elles  ne  conimuniquaient  aucune  teinte  a  I'eau  dans  Inquelle 
jeles  conservais  vivantes.  Enfin  je  n'ai  pas  vu  desoi-disant  yeux 
ou  de  points  noirs  dans  ces  mollusques. 

J'ai  trouv6  le  Boris  ccspitosa  pre'cisement  dansle  moment  de 
frayer  :  les  oeufs  etalent  couleur  d'orange  et  enveloppes  d'un  mu- 
cus jaune,  qui  unissait  les  oeufs  deja  frayes  a  ceux  qui  ne  I'etaient 
pas  encore. 

Genre  Eolidia.  J'ai  trouve  encore  2  especes,  indepcndam- 
ment  du  leuconotus  dont  je  vous  ai  parle  dans  ma  precedentc. 

i)  E.  ALBA  M.  Tab.  nostr.  (  Species  rara.) 

Colore  albo  subincarnato ;  branchiis  lamelliformibus ,  planis^ 
subaspcris,confertissimis,perplurimis;  lateralibus  minoribus,  tne- 
dianis  longioribus;  antennis  4  subwqualibus ,  posterioribus  2 
utrinque  branchiis  circumdalis;processibus  ad  oris  ungulos  nullis; 
punctis  nigris  nullis. —  Long.  0,0,7  t* 

Celte  espcce  avait  besoin  d't'tre  compan'e  a  d'autrcs  dtja  dt- 


a4o  Zoologie. 

crites  ;  mais  la  iuivantc  est  crrlMincmont  n^tivelle,  clle  appartiertt 
au  genre  Carolina  Brug. 

a)   E.  MACRORRANCHiA.  Tab.  i)OsU;e.  ^  I'ulj^aris.) 

Corpore  tenia,  a  n  gusto  ,  tencro ,  olho  nut  subincarnato  albo  • 
hranchiis  lorigis ,  tercliuscuUs  ,  per  series  transi.'crsas  4  clispo- 
sitis;  postcrioribus  confertis  ;  omnibus  inccqualibus;  cxterioribus 
viinoribus;  interioribus  longioribus;  antennis  \,postcrioribus  bre- 
i'ioribus,  punctis  nigris  nullis;  jnnrgine  oris  hiterali  crassiusculo; 
appendicibus  ad  oris  angulos  nuUis.  —  l.ong.  0,0,7. 

Les  brancliies  de  YE.  alba  sent  ])Ourvucs  interieuromcnl  d'un 
reseau  vasculaire,  dont  les  petits  vaisseaux  se  reunissent  a  la  base 
de  chaque  braiichle  en  formant  ua  tronc  commun,  et  Ics  troncs 
de  toutes  les  lirancliies  s'ouvrent  dans  un  vaisseau  plus  consi- 
derable silue  longiludinalemenl  sur  le  milieu  du  dos.  Ces  faits  ne 
iiaraissent  jias  laisser  le  inoindre  doutc  sur  la  fonction  des  pclits 
aj)pendices  du  dos,  que  je  regardc  avec  M.  Cuvier  comoie  de 
veritables  brancliies ,  quoi  qu'cn  puisse  croire  M.  Bojanus.  Get 
auteur  (  /.v/y,  1820,  call.  7  ,  p.  418  ),  parait  revoqucr  en  doute 
que,  en  general,  Ton  puisse  bicn  prouver  la  I'onction  supposec  aux 
organcs,  que,  d'aprts  les  recherclies  excellcntes  de  I\I.  Cuvier, 
on  est  convenu  de  regarder  couime  des  brancliies  dans  les 
raoUu^qnes;  mais  tout  au  moins  pour  les  EoUdics  ce  doute  no 
peut  plus  subsistcr. 

Le  sang  conlenu  dans  les  vaisseaux  est  un  flnldc  screux  ou  sent 
suspendus  de  pelils  globules  libres  d'une  couleur  plus  foncee; 
des  globules  blancs  beaucoup  phis  gros  claient  renfermes  dans 
I'ovaire.  Voila  loutes  les  observations  anatomiques  que  I'ctat  de 
ranimal  me  permcttalt  de  faire. 

Outre  les  Nudibranclies  enjimeres  ,  j'ai  decouvert  encore 
d'autres  mollusques  appartenant  a  cet  ordre,  sans  pouvoir  etre 
ranges  dans  aucun  des  genres  connus  jusqu'alors ,  ce  qui  m'a 
oblige  d'cn  faire  de  nouveaux. 

CrNRE  Placobhanc.hus  (77).>.;,  lamelle).  Mihi. 

Pallium  li  pcde  non  scjunctum ,  adnnluin,  cumpedc  simphcein 
lominum  constitucns.  Latera  corporis  in  mollusco  non  irritnto  , 
errcta  ,  dorsum  tegentia,  in  irrilato  conlrii,  capitc  siniul  retracto 
deprcssn  ;  latus  supcrius  seu  dorsum,  tunc  dcnudnlum,  Inmellis 


Zoologie.  24 1 

tenerrimls,  confertis,  longitudmalibus,  simpUcibus,  antice  ex  cen- 
tra communi  provenicntibus  superficiem  respiratoriam  consti- 
tuens;  cor  cum  inlestinis  quibusdam  sub  centra  tmnido  dorsire- 
conditum  et  ad  ejusdem  latusdcxtrum  duo  aperta  foramina,  an- 
terius  ovarii, posterius  ani;  caput  a  later ibus  sejimrtum  antic^ 
rotundatwn  ad  latera  bicomutum ,  cornubus  subtus  late  sulcatif 
seu  cancans;  oculiin  medio  capite  minutissimi  1  approximati,  re- 
tractiles; os  inferum ad  latera  lametlatum',  lamellis  2  acutiusculis 
tentaculiformibus;  animal  hermaphroditum ,  ostium  masculinum 
cum  pcne  in  basi  carnu  dextri  reconditum. 

1)  P.  ocwLlatus  M.  Tab.  n.  {Vulgaris.) 

Superficie  inferiore  laterum{excitorum)  capiteque  olivaceis, 
serie  ocellorum  marginatis,  ocellis  nigroannulatis ;  reliqud  late- 
rum  parte  albo  ocellatd;  ocellorum  centra  nigra;  superficiei  res- 
piratorice  lamellis  seu  branchiis  viridibus.  —  Long.  0,10. 

L'anatomie  de  I'unlque  espece  de  ce  genre  m'a  fait  connaitre 
une  ouverfure  de  Louche  sans  trompe,  et  un  canal  intestinal  tu- 
biforme,  large,  et  si  court,  qu'II  ne  s'efend  pas  plus  loin  que  de 
la  bouche  au  cote  droit  du  bourrelet  central  du  dos,  s  y  terminant 
en  anus  superieur.  L'ovaire ,  que  je  vis  dilate  par  un  grand  nom- 
bre  d'oeufs  de  diverses  grandeurs,  et  dont  les  plus  gros  etaient 
les  anterieurs,  est  situe  immediatement  au-dessous  de  la  surface 
respiratoire.  Les  tubes  reservoirs  des  ceufs  sc  reunissent  au  bour- 
relet dorsal  pour  former  un  canal  comrnun,  situe  au-dessus  de 
toutes  les  entrailles,excepte  rintestin,et  s'ouvre  au  coto  droit  et 
en  devant  du  dernier. 

La  verge,  prolongement  termlne  en  unbouton  bicuatre,  cstca- 
chee  dans  un  canal  qui  n'est  que  la  continuation  du  sillon  creuse 
sous  les  cornes  laterales;  un  vaisseau  deferent,  tres-fm,  s'y  rend 
des  testicules,  organe  glanduleux  et  de  forme  allongee,  situe  au 
cote  droit  du  bourrelet  central. 

Le  coeur,  place  au  cote  gauche  du  bourrelet,  est  prcsque  rond 
et  d'une  couleur  roussatre. 

Les  branchies  sont  continuellement  exposees  a  I'influence  de 
I'eau  ambiante,  nieme  lorsque  les  cotes  du  corps  sont  releves  jus- 
qu'a  se  toucher  par  leurs  bords  supcrieurs ;  car  ces  parois  for- 
ment  alors  au-dessus  des  branchies  un  canal  ouvcrt  aux  deux 
cot^s,  et  oil  I'eau  pent  librement  enlrcr.  Ellcs  rcsscmblent  a  dfr^ 
B.  ToMK  lU  ,6 


2^2  Zoologie. 

I.inielles  Uis-rinci.  qui,  sur  le  (levant  du  dos,  partcnt  d'un  point 
central,  et  sc  perdcnt  sur  le  hord  cxtcricur.  Des  qu'on  expose  la 
surface  respiratoire  a  I'air ,  elle  se  couvre  d'une  liumeur  blaiiclie 
ct  sans  iicrete. 

Genre  Abranchls  Mihi  (i). 

Corpus  ovale,  lamelliforme, planum,  simplex^  dorso  convexius- 
culo;  disjunctio pallium  inter  et  pedern  nulla  ^  nee  corpus  inter  et 
caput;  OS  inferuin  ; puncta  nigra  ad  corporis  partem  anticam  ex 
plurimis  punctulis  nigris  minutissimis  constituta  duo  ;  tentacula 
nulla,  at pAicce  duce  marginis  corporis  anterioris  se^apitis^  ad 
instar  tentaculorum  extensilcs,  breves.  Branchice  nulla.',  nee  ullus 
cutis  processus. 

i)  A.  GLAUCOLEUCUS  M.  Tab.  noslrae.  [Species  rara.) 

Corpore  glabra  alba,  margine  ct  stria  dorsali  simplici  cceruleis. 
Long.  0,0,8  ^. 

Le  seul  indlvidu  de  cette  espece  que  j'al  vu  se  trouva  sur  un 
recif  de  coraux  au  Peperbaai  (  bale  au  poivre)  j  mais  comme  il 
ctait  trop  petit,  je  n'ai  pu  en  faire  ranalomie. 

Une  lanielle  simple,  plate  et  ovale,  qui  se  i.nciJt  sur  le  plan  in- 
ferleur,  et  dent  lu  longueur  ne  surpassc  pas  S  lignes,  voila  lout 
I'extcrieur  de  cc  raollusque.  Deux  plis  de  la  peau  relevOe  lui 
tiennent  lieu  d'antennes ,  et  c'cst  par  nn  mouvement  ondulant 
du  plan  interieur  que  s'opere  la  locomotion  de  I'animal.  II  habite 
dans  I'eau,  mais  a  I'aide  de  son  pied  il  pent  aussi  s'elever  a  sa  sur- 
face, et,  le  corps  renverse,  y  changer  de  place.  Mince,  jus- 
qu'a  etre  transparent,  il  ne  parait  pas  avoir  eu  bcsoin  de  bran- 
cbies,  parce  que,  sans  cet  appareU  de  respiration,  son  sang  est 
deja  expose  partout  a  I'influeuce  de  I'oxigene. 

Genre  DERMATObRANCHUs  Mihi. 

Caput  planum,  semicirculare ;  os  subinferum  ;  tentacula  ca- 
put inter  et  pallium  perpendiculariter  extensilia ,  retractilia 
[nee  tauten  inversihilia),  brevia,  approximata,  punctis  nigris  nul- 
lis.  Pes  latiusculus  a  pallio  dislinctissimus ;  pallium  tenerum , 


(i)  Cct  auimal  ne  serait-il  pas  voisin  iles  Planaires  ?  Dans  lous  les 
cas  il  ne  saurait  restcr  dans  la  section  dcs  mollusques  Nudtbranches  a 
laquelle  son  auteur  le  rapporie.  {.I\'ole  du  Pu'daclcur. ) 


Zoologie.  243 

fitxiblle,  antke  latens,  rotundatum,  postice  angusto-acutum ,  la- 
terum  marginibus  rejle.ru,  scepe  coarctatum  ;  superficies  superior 
nut  slriis  aut  pustulis  elongatis  rugosa  ,  respiratoria  ;  latus  dex~ 
trum  inter pedem  et pallium  ostiis  trihus  ,piriino  pone  caput  ee- 
nitali  'an  ulriusque  sexus  ?],  secundo  aniet  tertio  organi secretorii- 
generalio  hermaphrodita. 

i)  D.  STRiATUs.  Tab,  nost.  !'  Vulgaris.^ 

Corpore  nigro,  flavo  fuscoque  variegatissimo ;  dorso  mucosa 
sulcata,  sulcis  simplicibu.9,  longiludinalibus ,  rectus ,  parallelis  • 
capitis  ct  pedis  m.argineJIaio\  tentaculis  apice  nigris;  pallio  an- 
tice  Imarginato.  — 'Long,  pallii,  o,on  Lat.,  o,o3.  —  Corporis 
totnis,  0,1. 

2}  D.  PusTULosus.  Tab  nostr.  [Rarior.) 

Dorso  e  flavo ,  violaceo  nigroque  vario,  marmorato ,  pustulis 
subserialibus  tecto ,  tentaculis  subcapitatis  rugrescentibus,  centra 
aJbo  unipunctato.  —  Long,  pallii,  o,i5.  Lat.,  0,04.  Long.  corp. 
totius,  0,12. 

3)  D.  coWATOPHOEus.  Tab.  nostr.  (Kara.) 

Dorso  cjusdem  fere  coloris  ac  impustuloso,  pustulis  tamen 
nullis,  sulcus  obliquis,  transversis^  parallelis  ab  utroque  latere  in 
lineam  dorsalem  medianam  antrorsum  recto  angulo  confluenti- 

bus,  margine  undulata. — Long,  pallii,  0,1 3.  —  corporis,  o,oi^. • 

Lat.  pallii,  0,0/1. 

Le  ccEur  est  place  immediatement  au-dessous  du  raanteau  un 
peu  en  avant  du  milieu  du  dos.  L'oreillette  v  est  situee  derriere 
le  ventricule.  L'aorte,  en  partant  du  dernier,  se  divise  d'abord 
en  1  troncs  au-dcssous  desquels  est  place  I'oTaire.  Un  organe 
qui  en  prend  le  dessous,  ct  dont  il  est  presque  entierement  en- 
toure,  reinplit  en  meme  temps  la  majeure  partie  du  corps  en 
arriere,  et  comme  sen  parenchyme  est  compose  de  cellules  vq- 
luroineuses,  je  le  pris  d'abord  pour  le  poumon,  organisation 
qui  aurait  valu  a  ce  moUusquc  unc  place  aupres  des  Ouchidies. 
L)es  observations  repetees  me  firent  cependant  remarqiier  que 
ranimal  vivant  ne  tachalt  jamais  de  respirer  Fair,  et  je  ne 
vis  pas  non  plus  que  rouvcrture  appartenant  a  cet  or^ane 
s'ouvrit.  Jetant  ensuite  i'aniraa!  dans  I'esprit-de-vin  ,  celui-ci  en 
fut  colore,  ct  je  fus  convaincu  que  c'elait  plutot  un  organe  de 
secretion  dont  I'ouverture  sc  trouve  a  sa  partie  antericure 
ctant   la    dernicre   des   ouverturcs   pcrpces   sur    le  cote    droit 


2  44  Zoologie. 

du  mojlusquc ,  cntrc  le  mantcan  et  Ic  pied.  Le  testiculc  se  troupe 
dans  la  partie  anterieure  du  corps  a  droitc  ,  tout  pros  dc  la  par- 
tie  anterleurc  de  rovaire;  Ic  vaisseau  dofercnt  qui  en  sort  aboutit 
a  la  premiere  ouverture  du  cote  droit,  apres  s'etre  insensible- 
ment  elargi.  Deux  appendices  reunis  et  places  a  la  fin  de  ce  ca- 
nal sont  probablement  de  quelque  usage  dans  I'acte  de  la  copu- 
lation. Je  n'ai  pu  voir  rouvcrture  de  Tovaire;  serait-ce  qu'ellc 
flit  placee  si  pres  de  celle  de  I'organe  male,  comma  dans  les 
Doris,  que  la  petiresse  et  la  delicatesse  memo  du  corps  nc  m'en 
perraissent  pas  la  decouverte? 

L'anus  est  perce  entre  Touverture  dc  generation  male  et  celle 
de  I'organe  dc  secretion,  mais  cependant  plus  rapproche  du  der- 
nier. L'intestin  ne  parait  faire  qu'nn  seul  tour;  il  part  a  la  fin 
de  I'estomac,  de  la  face  interieure  d'un  sac  pylorique  triangulairc, 
qui  est  mnni  d'une  etroite  plaque  de  corne.  Une  glando  intime- 
raent  attachee  k  la  premiere  partie  de  l'intestin  parait  avoir  la 
fonction  da  foie. 

INFEROBRANCHES.  —  Genre  phyllidia,  Cuvler. 

i)  Ph.  verrucosa  Tab.  nostr.  {Species  rara.  ) 

Corpore  ovali  sulcis  viridibus  nigrisque  irregulariter  erarato, 
supra plagis  viridibus  tuberculosa,  sulcis  circumscriptis ; punctis 
nigris  nullis.  s^—  Long.,  o,i  li.  Lat.,  0,09. 

2)  Ph.  nigra  M.  Tab.  nostr.  ( Species  rara.) 

Corpore  longiore ,  ovali ,  e  nigro  olivaceo ,  pedc  et  latere  infc- 
riorc  e  coerulco  nigricantibus ;  pedc  rugoso,  margine  ad  rostrum 
fisso  ;  tentaculis  infcriortbus  extra  pallium  nan  cxtensilibus  ;  ore 
absque  proboscide  ; punctis  nigris  nullis.  —  Long.  ,0,111.  Lat., 
0,09. 

TECTIBRATNCHES.  Je  me  suls  procure  encore  2  cspeecs,  sans 
compter  la  Bulla  dont  je  vous  ai  parle  dans  ma  precedente. 

i)  DoLABF.Li.A  RnuMPHii  Cuv.  Tab.  nostr.  {Species  rara.') 

C'cst  encore  au  Pepcrbaai  que  je  I'ai  trouve  sur  un  r«'cif  dc 
coraux.  Au  reste,  la  figure  que  Ruwphius  a  donnec  de  son  cspecc 
etant  a  peine  reconnaissable,  c'cst  plutot  par  conjecture  que  par 
preuve  que  je  regarde  la  mienne  commc  identique  avec  ccllc-la. 

Les  appendices  dc  la  peau,  qui,  dans  la  figure  dc  Rumpliius, 
rcsscmblcnt  ades  vcrrues,  sont  veritablcment  dcs  prolongations 
considerables,  pointucs,  etgarniesde branches;  dies  s'allongcnt, 


Zoologie.  .  245 

se  retreclssent,  sout  tres-sensibles,  et  servent  comiiie  iiutaiit 
d'antennes.  La  fenle  du  dos  renferme  iateiieuremcnt  une  piece 
calcaire  ,  est  anterleuiement  et  posterieurement  pourvue  d'une 
ouverture  tubiforme,  et  c'est  par  la  que  I'eau  peut  etre  recue  et 
rejelee  avec  force.  L'ouverture  posterieure  verse  encore  une  liu- 
meur  de  couleur  violette,  propriety  que  Pero/i  ne  parait  pas 
avoir  remarqnee  sur  ses  Dolabelles.  Les  yeux  et  les  points  uoirs 
sont  assez  visibles  de  chaque  cote,  entre  les  a  antennes. 

La  forme  generale  de  ce  mollusque  represente  un  cone  h  base 
un  peu  oblique,  et  dont  la  pointe  est  formee  par  la  tete. 

La  seconde  iiouvelle  espece  de  cet  ordre  est  du  genre  Bul- 
hva  Lam. 

2)  BuLL/EA  ALBA.  Tab.  Dostr.  ( Rarisairna  species.) 

Corpore  toto  albo  ;  capite  lalissimo ,  piano  ,  subflavescentc  , 
reliquo  aniinali  subcequali;  tentacidis  nullis  hiisi  lata  ilia  ca- 
pitis superficies  pro  tentaculo  hubenda );  punctis  nigris  nullis ; 
testa  calcared  maculis  rujis pictd.  — ^LoDg.,  o,23.  Lat.,  0,11. 

PULMONES.  J'ai  ^  vous  rendre  compte  encore  de  deux  ob- 
servations. 

i)  Dans  I'ilot  dudetroitde  la  Sonde,  appele  par  les  IIoILmdais 
Di^'urs  in  den  weg ,  j'ai  trouvc  un  nouvel  Helix  que  jo  u'avais 
jamais  vu  a  Java. 

2)  Trois  nouvelles  especes  du  genre  Registojia  ont  ete  re- 
cueillies  au  pied  du  mont  Harang. 

3)  Enfiu  i'aidecouvert  un  Suc<;ine\  qui  habile  los  plaiitos  aqua- 
ti([ucs  du  lac  situe  au  pied  dudit  Harang,  vers  ie  N.  O.  C'est  ini 
gcnie  de  plus  que  Java  a  de  coiumun  avec  I'Europe. 

Mes  remarques  sur  les  Mollusques  observes  ayant  dtja  rendu 
voluniineuse  la  presente,  c'est  pour  la  prochaine  que  je  laisse 
nion  rapport  sur  les  Actinics  ct  sur  differens  autu s  gciues  de 
Polypiers  et  Radiaires. 

lyi.Dr.scRiPTioN  des  cohuilles  fossilesues  environs  dePakis; 
parG.F.  Desuaves.  a*',  et  3".  livr.  (V.  lo  -Bull,  d'nout,  n".  3oy.) 

Nousavons,  dans  le  n".  precedent ,  indique  somniaircmcnt  le 
contcnu  de  la  i""".  livr.  de  cet  ouvrage  :  avant  de  passer  aux  sui- 
vanles  nous  t'crons  counaiire  quelques  heureux  changeniciis  ap- 
jiorliis  par  M.  Deshayes  auK  genres  de  M.  de  Lamarck. 

Le  genre  Ghana  dc  Rcl^^ius,  ou  Gastroc/uirai  dc  Spongier,, 


^46  Zoologie. 

«''tabli  et  parfaitemcnt  limiie  il  y  a  plus  de  3o  ans  par  ccs  sa« 
vans,  avail  etc  nommc  Fistulane  par  Bruguiere,  qui  ccrtaine- 
ment  I'avait  empruntc  dc  ces  deux  naturalisles,  puisqu'il  a  fait 
copier  les  figures  de  Spengler  dans  rEncyclopcdie  mttliodique. 
Par  une  inadvertance  echappee  dans  un  si  vaste  travail,  M.  de 
Lamarck,  qui  avail  d'abord  adople  ce  genre  sous  le  nom  impose 
^  tori  par  Bruguiere  ,  au  lieu  de  lui  rendre  celui  de  Retzius  on 
celui  de  Spengler ,  a  cru  devoir  reproduirc  en  double ,  dans  la 
a*^.  edit,  des  Anirn.  sans.  vert.^\e  genre  Gastrochene,tout  en  con- 
servant  le  genre  Fistulane.  M.  Sowerby,  qui  a  parfaitement  repre- 
sente  deux  especes  de  Gastrochenes  avcc  leur  tube,  n'a  pas  rcleve 
cette  erreur,  dans  laquelle  n'est  point  tombe  M.  Scliumacber^ 
M.  Deshaycs,  en  reunissant  le  Gastrochene  au  genre  I'istulane,  a 
remis  les  choses  dans  Icurs  rapports  naturels  ;  mais  il  eut  encore 
mieux  fait  en  reunissant  les  Fistulanes  au  genre  Gastrochene. 
IVous  avons  cu  tort  dans  nos  tableaux  de  ne  point  consulter  les 
sources  au  sujet  de  ce  genre,  et  d'adopter  I'erreur  de  M.  de  La- 
marck. DI.  Deshayes  a  aussi  indique  trcs-justement,avec  M.  Schu- 
macher, la  Fistulana  gregata,  commedevant  sortir  de  ce  genre 
pour  rentrer  dans  les  Tarets  ou  Schrotter  I'avait  ires-naturelle- 
ment  placee  ,  el  ou  Bruguiere  lui-meme  scmble  I'avoir  conscrvce. 
Le  Gastrochene  avail  etc  nommc  Ryxellaire  par  M.  Flcuriau  de 
Bellevue. 

La  a",  livr.  commence  le  i*^.  vol.  dc  I'ouvrage,  mode  de  publica- 
tion pcuusite,  et  desagreable  pour  les  souscriptcurs  qui  ^cu!cnt 
uommer  les  especes  de  leur  collection.  Elle  offre  d'abord  le  tableau 
de  la  classification  desMollusqucs  par  M.  de  Lamarck; puis  des ge- 
neralitcs  sur  les  Ptcropodes ,  sur  les  Gasteropodes,  el  sur  les  pre- 
mieres families  dc  ce  second  ordre,  savoir  celles  des  Tritoniens,  des 
Phyllidiens,  semi-PJyllidiens  et  Calyptiaciens.  Au  sujet  des  Ptc- 
ropodes M.  Deshayes  nous  semble  eire  dans  I'erreur  en  avan- 
cant  que  les  six  genres  qui  composent  ret  ordre  tie  jwurent  ja- 
mais se  trouver  ii  I'ctat  fossilc.  Pourquoi  ne  tronverait-on  pas 
des  Hyales,  des  Clcodorcs,  des  Limacincs  fossilcs?  Ii  y  a  jilus  : 
c'cst  f|ue  ,  selon  toufes  les  apparences,  ia  VagineHa  depressa  de 
Daudin  et  de  M.  Bosc  est  une  veritable  Cleodore  ,  ce  qui  nous  a 
engage  a  reunir  ces  deux  genres  dans  nos  tableaux  des  Mollus- 
qnes,  ainsi  que  M.  Deshayes  a  pu  le  voir.  Celle  petite  coquille 
fossile  si  commune  a  Bordeaux  ,  a  Dax,  se  trouvo  aussi  aux  en- 
virons de  Paris ,  ct  Ton  est  surpris  qu'clle  ait  cchappii  aux  in- 


Zoologie.  247 

vestigalions  de  M.  Deshayes ,  qui  (Vailleurs  ,  quaiul  il  ne  la 
connaitrait  pas  aux  environs  de  Paris,  n'ignoie  sans  doutc  pas 
I'exlstence  de  la  Vaginelle  de  Daudin,  dont  nos  tableaux  ont  du 
d'ailleurs  Tavertir.  Dans  le  Dictioiin.  class.,  au  mot  Cloodore, 
M.  Deshayes  decrit  cependMnt  comme  une  espece  nouvellc  une 
coquille  qui  ressemble  singulierement  a  la  Vaginelle. 

Le  genre  Oscabrion  ne  rcnfcrme  toujours  ,  a  ce  qu'll  parait , 
qu'une  seule  espece  fossile  aux  environs  de  Paris;  le  pcinlie  I'a 
si  malheureuseinent  rendue ,  que  la  fig,  2  ressemble  a  une  dent. 
Quatre  nouvelles  especes  de  Patelles  sortt  signalces  par  M.  Des- 
hayes, les  P.  DuclosU,  costaria,  striatula  et  glabra;  les  Parma- 
pliorus  angustus;  Emarginula  clalhrata  ;  Fissurella  costaria,  squa- 
mosa, patclloulcs ,  clcgans  ,  opercidaris ;  Calyptraea  Icevignta  , 
sont  les  autres  especes  nouvelles,  toutes  bien  distinctes,  que  Ton 
doit  dans  cette  livraison  a  M.  Deshayes.  No»;s  einetlons  de  nou- 
veau  le  vceu  que  ce  zele  naturaliste  etudie  la  methode  descriptive 
des  bons  ecrivains  :  nous  avons  aussi  a  lui  proposer  pour  modele 
Adanson  et  Bruguiere;  c'est  comme  ce  dernier  surtout  qu'il 
laut  decrire  les  coquilles  pour  produire  tin  ouvrage  vralment 
utile,  et  Ton  regrette  que  M.  Deshayes  n'ait  point  pris  sa  ma- 
niere  des  le  principc.  Cette  absence  de  description  complete  et 
comparative  se  fait  d'aulant  plus  sentir  que  les  figures  de  qiiel- 
ques  genres  sont  vraiiner.t  intolerables.  Je  citerai  entre  autres 
les  Calyptrees,  surtout  la  C.  crepidularis  qui  ressemble  plutot 
a  une  Werite,  et  les  Erycines  et  plusieurs  Corbules  qu'il  est 
impossible  de  reconnaitre. 

La  3«.  livraison  comprend  la  fin  du  genre  Crassatelie.  Trois 
nouvelles  especes  y  sont  signalees  ,  les  Cr.  sinuosa ,  tenui-striaUt. 
et  Scutellaria;  celle-ci,  rapprochee  de  la  Cr.  injlata  ,  est  fort 
belle  et  tres-distincte.  Le  genre  Erycine,  qui  suit,  offre  plusieurs 
observations  justes  et  bien  entendues,  M.  Deshayes  I'a  debarrassu 
d'especes  hcterogenes,  et  il  en  decrit  3  nouvelli^s ,  les  ^/jr/wa 
Wnui-strid,  elcgaiis  et  tellinoides . 

Le  genre  nombreux  des  Corbules  presente  conijnc  especes  nou- 
velles les  Corb.  exaratu  ,  longirostr,i ,  ui/d)(>ih'lla  ,  slriarclla  , 
ampulacea,  mirtuta,  Faha.  Dans  ce  genx'e  les  especes  ne  nous  ont 
pas  ])aru  aussi  nettemcnt  determinues.  Du  reste  M.  Deshayes 
presente  pour  chaquc  genre  im  historique  soTivcnt  Ires-incom- 
plet ,  mais  utile,  des  rectifications  bien  niotlvees  dans  c|uclques 
caractercs    gcneriqucs ,    ct    j)Iusieurs   obscrvjitions  utiles ,    qui 


24  8  Zoologie. 

montrent  qu'il  est  doue  d'un  esprit  observateur,et  qu'avec  I'etude 
de  la  philosophic  de  la  science  et  celle  de  tous  les  fails  constatds , 
il  pourra  se  livrer,  avcc  avantage  pour  la  science,  a  des  trayaux 
imporlaQs.  F. 

192.  Sua  LE  Balea,  par  M.  John  Edward  Gray,  (Zool.  Joum. 
N".  I,  mars  1824,  p.  61;  et  pour  les  fig.,  N°.  H,  pi.  VI.} 

II  para  it ,  d'apres  la  citation  donnee  dans  cette  note,  que  le 
genre  Bulea  a  ete  etabli  par  M.  Prideaux  ,  et  qu'il  est  indique 
sous  ce  nom  dans  les  manuscrits  qu'il  a  laisses.  Le  D^  Leach 
avail  deja  adopte  ce  nom  generique  depuis  plusieurs  annees; 
M.  Gray  ne  reconnait  point  ce  genre,  et  avec  raison  il  ne  le 
considere  que  comrae  un  sous-genre;  el  en  rappelant  qu'il  cor- 
respond a  noire  groupe  des  Anomalfs  du  sous-genre  Cochlo- 
dine,  ii  pense  qu'on  doit  en  retirer  I'espece  que  nous  avons 
nofiimce  cheiniiitziana,  attendu  quelle  a  le  peristome  continu 
des  vrais  Clausilies.  Dans  un  groupe  ou  il  n'y  avail  que  deux  es- 
peces,  il  ne  nous  avail  pas  paru  necessaire  d'admeltre  denouvelles 
coupures;  mais  acluellemenl  que  M.  Gray  nous  fait  coiinaitre 
2  nouvelles  coquilles  qui  serapprochenl  dn  perversa  de  Lin.,  type 
de  ce  groupe,  on  pourra  indiquer  cette  nouvelle  couj)e,  (jui  fa- 
cililera  davantage  encore  la  determination  des  especes.  Mais  dans 
tous  les  cas ,  le  ^rt/«i  ne  nous  scuible  point  devoir  coiistiiuer 
raeme  un  sous-genre,  il  ue  pcut  jamais  faire,  rationnelleiiient 
du  nioins,  qu'un  groupe  du  sous-genre  Cochlodine,  a  inoiiis 
qu'on  ne  veuille  considerer  ce  sous-genre  comme  un  genre;  mais 
alors  la  question  change  de  nature ,  ct  nous  ne  recommencerons 
pas  Ici  le  proces  de  la  melhode  artificielle,  qui  est  heureusement 
abandonnee  par  tous  les  naluralisles  au  niveau  de  la  science. 

Les  deux  nouvelles  coquilles  que  M.  Gray  ajoute  avec  M.  Leach 
au  sous-genre  Bulea  nous  avaienl  ele  indl(]uees  par  ce  i'^'.  sa- 
vant dans  riiiteressante  et  malheureusement  trop  courle  corres- 
jxmdance  que  nous  avons  eiie  avec  lui.  EUes  soul  nommces 
dans  ses  manuscrits,  I'une  Balea  tristensis ,  I'autre  B.  veiitri- 
cosa:  toules  deux  vienneut  de  I'ile  Tristan  d'A'Cunha,  el  toutes 
deux  sont  au  Museum  britannique.  Les  figures  qu'en  donno 
M.  Gray  soot  desslnees  sur  la  pi.  VI,  qui  fait  partie  du  n".  a  du 
Zool.  Joum.  La  i'^''.  de  ccs  opecos,  que  nous  ne  connaissons  ni 
I'uiie  ni  I'autre,  morilre  qu'ellc  est  bieii  raj)procbco  dajuivcrsa.  V. 


Zoologie.  24"^ 

193.    CaRACTERES  UE  PLDSIECas   NOUVELLES  COQUILLES  DU    GENRE 

Volute  be  Linne,  avec  des  obs^rvatious  sur  I'^lat  actael  de 
la  Conchologie;  par  "W.  Swainson,  Esq.  (^Quarter.  Journ.  of 
Scienc.  and  y/r^j,  avril  1824,  p.  aiJ-) 

La  description  des  nouveaux  coquillages  est  preccdee  d'ua 
preambule  dans  lequel  M.  Swainson  insinue  que  les  Conchyliolo- 
gistes  francais  ont  le  tort  de  vouloir  faire  sans  cesse  de  nouvellcs 
classifications ,  et  d'etablir  de  nouveaux  genres  qui  leur  font  per- 
dre  de  vue  les  especes  inhombrables  qui  se  trouveut  dans  les 
collections  publiques  et  particulieres,  dont  on  ignore  les  noms  , 
et  qui  demeurent  en  grande  partie  inedites.  UHisloire  natiircUe 
des  (inimaux  sans  vertebrcSy&<iM.  Lamarck,  continue  I'auleur, 
a  fait  beaucoup,  il  est  vrai,  pour  remedier  a  ce  mal;  elle  con- 
tient  una  serie  considerable  de  nouvelles  coquillcs  ,  et  eclaircit 
un  grand  riombre  d'espcces  anciennes;  luals  d'un  autre  cotu 
on  peut  remarquer  dans  la  classification  des  especes  le  menie 
abus  de  raffinement  [over- refinement) ,  qui  se  tiouve  dans  la 
classification  des  genres;  c'est  ce  qu'on  observe  particulierement 
dans  scs  descriptions  des  genres  Conns,  OLiva  et  Helix.  Je  ne 
veux  point  deprecier  le  merite  de  ce  grand  homme,  dit  I'auteur; 
sa  reputation  ne  peut  gagner  ni  perdre  a  nos  eloges  ou  a  nos 
critiques;  cependant  comnie  il  a  cle  oblige  de  recourir  a  la  vue 
d'autrul  pour  finir  ses  deriiieis  volumes,  il  eut  peut-eUe  niieux 
valu  pour  ses  propres  inlerets  et  pour  ceux  de  la  science,  a  la- 
quelle  il  a  vouc  sa  lougue  vie  ct  ses  grands  lalens,  que  ces  vo- 
lumes n'eussent  jamais  cte  publics  (i).  Apres  ces  observations. 


(i)  Sans  doute  robseivation  de  iJ.  Swainson  est  viaie;  il  faut  dcciire 
les  esi)eces  ,  niais  il  taut  le  faire  dans  uu  es[)rit  de  de  critique  ,  et  avec 
la  conuaissance  uoa-seuleinent  de  ce  qui  a  cite  public  ,  mais  aussi  a  vue 
des  esjiLCes  connues  ,  apres  s'ctie  assure,  par  uu  exameu  coniparalif, 
si  I'espece  qu'on  veut  faire  coiinaitre  est  re'cllement  uouvelle  ,  et  si 
elle  u'cst  point  une  simple  varitite.  Or,  lorsque  le  systcine  ()ui  classe 
les  especes  ea  groupes  de  divers  orilres  ,  ct  qui  peut  seul  I'ournir  les 
moyeu.s  de  se  reconuaitre  et  de  s'entendre,  n'cst  poiut  eucorc  assis  j 
iors()u'il  y  a  auarchie  et  de'soidie  daus  la  science  ,  paice  cpie  riiabitude 
enipeche  le  plus  i;rjud  uonibre  des  concbyliologistes  d'adoiiter  la  ijie- 
thode  naturelle  (pa  seule  ol'I're  des  regies  fixes  pour  le  cLisseinent;  il 
vaut  mieux  s'occuper  u  consolider  lo  sysliine  qu'a  etudier  laborieuse- 
meut  les  dil'iereuces  subliles  au  niuyeu  des([uelles  le  mot  ^cnic  rem- 
pl.icera  le   mot  o/;ccf,  celui-ci  Ic  mot  iW.i/i/k.  Noua  sommes  encore 


aSo  Zoologie. 

I'auteur  passe  a  la  description  des  especes  qu'il  croit  avoir  ecliappti 
a  rattention  des  naturalistes  raodernes.  Les  3  premiers  appar- 
tieniientau  genre  i'oluta,  et  le  resle  au  genre  Mitra,  genre  au- 
quel  il  assure  avoir  donne  une  grande  attention,  dans  I'espoir 
de  Teclaircir  un  jour  par  une  uionographle  speciale. 

Les  nouvelles  especes  dont  il  s'agit  dans  ce  travail  de  M.  Swain- 
50n,  et  dont  il  donne  des  descriptions  detaillees,  sont :  Valuta 
chiysostoma,  qui  doit  etre  Cguree  dans  la  S*".  livraison  de  V Exotic 
Conchology,  et  qui  est  rapportee  aves.  doute  a  la  T'^oluta  lutco- 
stoma  de  Chemnitz,  PI.  177,  fig.  1707  et  1708. —  F.  gracilis  et 
V.  costata.  —  3Iitra  tessellata,  guttata  ,fusca,  acuminata,  ca- 
rinata ,  strigata  et  bicolor.  F. 

194.  Descriptions  accompagnees  de  figures  ,  de  quelques  nou- 
velles especes  de  coquiUes  ;  par  G.  B.  Sowerby  ,  F.L.  S.{Zool. 
Journ.yuo.  I ,  mars  1 824  ,  p.  58.) 

Les  coquilles  dont  M.  Soyrerby  donne  ici  la  phrase  descriptive 
en  latin  et  en  anglais,  sont :  i".  Bulimus  iostomus,  belle  etgrande 
espece  de  cochlogene,  dont  la  localite  est  inconnue ;  on  peut 
soupconner  qu'eliehabite  I'Amcrique  merldionale;  2".  Dul.  go- 
niostoma  Fcrussac,  Prodr.  n^.  441;  V.  Bui.  odontostoma  ^ 
tres-belle  etcurlcuse  espece  de  cochlogene  a  ouverture  dcntcc, 
du  Bresil,  et  qui  a  de  I'analogie  avec  notre  Cochlodina  Gargan- 
tua;  4°.  Natica  patula ,  cetle  belle  et  rare  coqullle  a  etc  nom- 
inee N.  Bomitlandi  par  M.  Valenciennes ,  charge  de  decrire  les 
coquilles  rapporteesde  I'Amerique  par  M.  le  baron  de  Humboldt; 
elle  fait  partie  dcla  planche  54  du  dcuxieme  vol.  des  Observa- 
tions zoologiques  du  grand  ouvrage  de  cet  illustre  savant.  Ce  qui 


d'accord  sous  cc  point  de  vue,  avec  M.  Swainson  ,  et  comme  il  le  laisse 
entrevoir,  c'cst  peut-utrea  line  certaine  ecolc  francaise  moderne  qn'oii 
pout  reproclier  d'avoir  donne  cettc  fausse  direction  a  la  science.  Mais 
les  Allcmands  ct  meme  les  Anglais  nous  ont  bien  dcvance's  depuis. 

Du  reste,  quelles  que  soicnt  les  errcurs  qn'on  puissc  renconfrer  d.ins 
le  dernier  volume  du  Syslimc  des  animau.r  sans  uertebres  ,  les  natura- 
listes de  tous  les  pays  ne  scront  point  de  I'avis  de  M.  Swainson  ,  ct  il 
n'en  est  point  qui  ne  fiit  tres-fJclie  pour  la  science  que  ce  ilernier  vo- 
lume n'eOit  pas  paru  ;  il  n'en  est  aucun  qui  ne  doive  a  son  ilhistre  au- 
teur  plus  de  reconnaissance  encore  pour  les  dernicrs  travaux  d'unc  vie 
consacrue  avec  tant  de  Constance  ;'i  la  science  qu'il  avait  cree'c  ,  et  sans 
aucuDc  distraction  d'amhilion. 


Zoologie.  25 1 

lui  donneuninter<it  particulier,  c'est  que  MM.  de  Humboldt  et 
Eompland  la  rcgardent  comme  etant  fluviatile.  lis  I'ont  trouvee 
dans  la  Nouvelle-Espagne;  5".  Melania  la^vlssimay  nouvelle  es- 
pece  de  la  Guaira  ,  ville  de  la  province  de  Caracas.  F. 

195.  Entomolooie  ameeicaine.  —  M.  Say,  de  Philadelphie, 
dont  nous  avons  si  souvent  signale  les  importans  travaux  sur  les 
diverses  brandies  de  la  zoologie  de  I'Amerique  septcntrionale  , 
va  pubiier  cet  automne  la  premiere  partie  de  son  Entomologie 
qmericaine.  On  sait  que  cet  habile  naturaliste  nous  a  le  premier 
fait  connaitre  les  moUusques  des  £tats-Unis,  qu'il  a  fait  partie 
des  diverses  excursions  dans  plusieurs  regions  peu  connues  qui 
ont  eu  lieu  depuis  quelques  ann6es  aux  Etats-Unis,  et  qui  ont 
tant  contribue  a  faire  connaitre  la  geographic  et  I'histoire  na- 
tui'elle  de  cette  vaste  contree.  F. 

196.  The  butterfly  collector's  vadf-mecum.  Table  synoptique 
des  papillons  anglais,  avec  des  instructions  pour  les  recueillir 
et  les  conserver  ;  I'indication  du  caractere  particulier  des  ccufs , 
des  chenilles  et  des  chrysalides  de  chaque  espece,  et  une  des- 
cription detaillee  de  chaque  papillon.  In-12.  avec  pi.  color. 
Prix,  5s.  Londres;  1824  ;  W.  B.  Whitraker. 

197.  Observations  sur  quelqtjes  articles  du  Bulletin  d'aout. 

Un  de  nos  correspondans ,  M.  le  docteur  Vallot,  dc  Dijon  , 
nous  adresse  les  observations  suivantes,  que  nous  nous  erapres- 
sons  de  laire  connaitre  a  nos  locteurs.  Nous  serons  toujours 
egalement  empresses  d'accueillir  toutes  les  notes  qu'on  voudra 
bien  nous  faire  parvenir  sur  le  Bulletin  ,  et  qui ,  comme  celle-ci, 
tendent  a  eclairer  la  science  ct  leclifier  quelques  erreurs. 

Art.  3oo.  — Sur  la  statistique  des  Bouchcs-du-Rhone.  — • 
On  y  cite  la  Clochenille  de  I'olivier  et  du  caprier  comme  n'ayant 
pas  etc  decrite.  J'ouvre  mon  Insectorum  incunabula ,  et  je  trouvc 
que  la  Cochenillc  de  I'olivier  est  connue  dcpuis  long-temps. Ber- 
nard en  a  doniie  I'lilstoire  et  la  figure  sous  le  nom  de  /.crmes , 
jjou  vulgairc,  dans  ses  Menioires,  t.  2,  p.  275,  tab.  2,  fig.  25. 

C'est  le  Coccus  olca.'.  Encycl.  Entom.  VI,  g.  95.  s.  g.  6. 

Latreille I'a  decril  dans  Z'^zs/. //«;.,  t.  i2,g.  385,s.  g.  /i.,lc 
Nouv.  diet,  d'hist.  nat. ,  edit.  2,  t.  7  ,  p.  1'^[^^,  sous  Ic  nom  dc 
Cochenillc  de  I'olivier. 


253  Zoologie. 

II  eaest  fait  mention  dans  les  Annales  de  Vagr.  franc. ^  1824 
torn.  21 ,  p.  376  ;  dans  la    Bibliotheque  physico-econom.,   i82'3  , 
torn.  XIII,  p.  190-19/,. 

Plusieurs  entomologlstes  pensent  que  ce  Coccus  olecu  est  la 
Cocheuille  des  serres   Geoflr.  Coccus  adonidum  Fabr. 

On  n'avait  effectiveineut  pas  encore  signale  la  Cochenille  du 
caprier;  mais  elle  est  pioljablemeut  la  lueine  que  celle  de  I'oli- 
■vier ,  puisque  nous  voyons  dans  nos  series  des  plantes  de  diverses 
families  etre  ravagees  parlameme  espece  de  cochenille. 

Memepage  :  «  Acarus  albus  et  Acarus  riifus,  deux  especes 
»  presumees  pour  les  vers  qui  composent  presque  entierenient 
»  una  sorte  de  pate  qu'onappelle  ^>roM«/«  et  froiuagedeSignes.  » 
Je  ne  comprends  pas  ce  passage  :  i".  parce  qu'on  ne  peut  pren- 
dre des  larves  pour  des  cirons  ;  2".  parce  que  broussin  signifie 
aussi  une  maladie  des  arbres;  3°.  parce  qu'on  ne  dit  pas  la  na- 
ture de  la  pate,  etc.  (i). 

Bull,  des  sciences  geogniph.,  t.  2,  p.  i32,  i3.  «  On  exporte 
»  pour  la  Chine  une  quantite  de  bichos  de  mar;  c'est  uiie  tres- 
»  grande  espece  de  ver ,  voisine  du  genre  Omhydium.  »  Ce 
iLcho  demar  (ver  de  mer)  me  parait  etre  V Ascidia  pedunculatu 
Gmel.,  §  1,  p.  3x27,  n".  a/,,  d'autaut  plus  que  plusieurs  Ascidies 
sont  edules,etc. 

198.  Anatomie  des  Vers  intestinaux,  Ascaride  lomisiii- 
coiDE  ET  EcHiNORHYNQUE  GEANT ;  Mcmoirc  cooionnc  par 
I'Academie  royale  des  Sciences,  qui  en  avail  mis  Ic  sujct  au 
concours  pour  I'annce  1818.  Par  M.  Jules  Ci,oyuET;  iri-4". , 
avec8  graudes  planches  gravees  en  taille-douce  :  prix,  7  fr. 
Paris  ;  Crevot. 

I  .  Extrait.  — L'organisatlon  intime  des  vers  intestinaux  etant 
peu  connue,  TAcadcmic  des  sciences  proposa  pour  sujet  du  prix 
de  I'annee  1818  V  Anatomic  complete  dedeux  especes  de  cesani- 
manx  ,  savoir  :  I'Ascaride  lombricoide  et  Echinorbynque  geaut , 

(i)  Le  Broussin  ,  d'aprcs  la  statistiqua  cq  (juestion  ,  est  uii  fioni.igo 
blanc  qu'on  laisse  aigrir  ,  et  ((ui  hicnlot  ac  coiivcrlU  en  une  pdte  blan- 
che ,  qui  n''est  rpi  une  masse  de  petits  uers.  Le  fromage  de  Signes  est  une 
soitc  tie  p.1tc  analogue.  L'aiilciii- dela  statislitiuudes  Uouchcs-du  I'llionc, 
qui  traite  du  cettu  parlio  dci  scicucus  uaturelles,  rapportant  par  prci- 
somption  ccs  vers  a  deux  espoccs  dc  miles,  en  a  fait  les  Acarui  alUus  et 
ruj'us. 


Zoologie.  a55 

nppartenant  a  des  families  differentes,  ct  pouvant  tous  deux 
t'tre  plus  facllement  observes  que  d'autres  vers ,  a  cause  de  leur 
grande  taille  et  de  leur  abondance  dans  les  intestins  des  animaux 
domesliques. 

M.  J.  Cloquet  se  placa  au  noinbre  des  concurrens  et  remit 
a  rinstitut  le  travail  qu'Il  publie  aujourd'hui  accomp.igne  de 
nombreux  dessins  et  de  pieces  prepar^es  a  I'appui  de  ses  descrip- 
tions. Ce  travail  obtint  le  prix  propose. 

L'anatomie  de  I'Ascaride  lombricoide,  beauconp  plus  facile  a 
faire  que  celle  de  I'Echinorhynque ,  avait  deja  ete  entreprise ;  et 
les  organes  de  plusieurs  fonctions  de  cet  entozoaire  avaient  et^ 
decrlts  par  plusieurs  naturalistes,  au  nombre  desquels  se  trou- 
vent  au  premier  rang  MM.  Rudolplii  et  de  Blainville.  M.  Jules 
Cloquet  a  revu  el  comments  tout  ce  que  ces  auleurs  en  ont  dit, 
et  y  a  joint  une  foule  de  details  deseriptifs  nouveaux,  qui  sont 
le  fruit  de  ses  laborieuses  recherches. 

Celle  de  I'Echinorhynque  geant  appartient  plus  specialemenl 
a  M.  J.  Cloquet;  car  nos  ouvr.iges  d'helmintologie  ne  contien- 
nent  absolument  rien  de  satisfaisant  sur  la  nature  et  la  structure 
interne  de  cet  animal. 

L'ouvrage  que  nous  annoncons  est  divise  en  deux  parties,  qui 
traitcnt  cliacune  de  Tun  des  vers  que  nous  venons  de  nommer. 
La  division  de  ces  parties  est  la  meme;  c'est-a-dire ,  que  dans 
Tune  et  dans  I'autre  I'auteur,  suivant  I'ordre  physiologiquc ,  s'oc- 
cupe  d'abord  des  caracteres  exterieurs  de  I'animal ,  et  ensuite  de 
son  organisation,  c'est-a-dire,  dcsa  peau,des  organes  du  mouve- 
ment,  de  ceux  de  la  sensibilite  ,  de  ceux  de  la  digestion ,  de  ceux 
qui  sont  speciaux  a  la  nutrition  ,  de  ceux  de  la  circulation  et  de 
ceux  de  la  generation. 

II  serait  impossible  d'entrcr  dans  le  detail  de  tous  les  faits  re- 
connus  et  observes  par  M.  Cloquet ,  faits  qu'il  a  verifies  nom- 
bre de  fois  a  I'aide  des  moyens  les  plus  delicats,  tels  que  les 
injections,  I'emploi  de  divers  reactlfs ,  etc.;  mais  nous  nc  pou- 
vons  nous  dispenser  d'indiqucr  les  principaux. 

L'ascaride  est  pourvu  de  muscles  bicn  distincts  ,  de  differens 
ordres;  les  uns  circuiaires  les  autres  longitudinanx,  dorsaux  ou 
abdominaux;  deux  lignes  tres-fines,  blanches,  longitudinale  et 
mediane,  Tunc  surledos,  I'autre  sous  le  ventre,  sont,  pour 
M.  Cloquet  comme  pour  M.  de  Blainville,  des  troncs  nerveux 
principaux ,  analogues  a  la  moelle  nllongce  des  aufrcs  animaux; 


:254  Zoologie. 

I'estomac  est  entoure  d'unc  multitude  de  vaisseaux  absorbans  ct 
d'appendicesnourriclers,  ent'omie  de  petits  cot'cums  renfh's  dans 
leur  fond;  ces  vaisseaux  en  quantlte  innombrable  et  de  sembla- 
bles  ccecunis  qui  s'abouclient  avec  cux  dans  leur  Irajet ,  sont 
repandus  dans  tous  les  points  du  coi-ps  et  paraissent  contcnir 
un  fluide  nutritif  en  depot,  a  peu  pres  comme  la  graisse  des 
animaux  superieurs  se  trouve  en  depot  dans  des  vesicules  adi- 
peuses.  Deux  lignes  blanches  longltudinales  qtii  regnent  de 
chaque  cole  du  corps  de  I'ascaride ,  considerees  par  M.  Ru- 
dolphi  comme  musculeuses  ,  et  par  M.  Cuvier  comme  nerveuses , 
sont  regardees  par  M.  Cloquet  (  ainsi  que  par  MM.  Werner,  de 
Blalnville  et  Laennec  ) ,  comme  des  organes  de  circulation,  car 
11  y  a  vu  distinctement  un  vaisseau ,  lequel  s'anastoraose  avec 
celui  du  cote  oppose,  pres  de  la  bouche  en  avant,  et  au  dela  de 
I'anus  en  arriere  ;  ces  vaisseaux  n'ont  point  de  communication 
avec  les  canaux  absorbans  et  leurs  appendices  en  forme  de  coe- 
cums.  Les  organes  des  sexes  etalent  generalement  connus,aussi 
M.  Cloquet  n'a-t-il  eu  rien  de  tres-important  a  aj outer  a  ce  que 
I'on  savait  deja  a  leur  egard;  mais  il  les  a  decrits  avec  beau- 
coup  plus  de  details  qu'on  ne  I'avait  fait  avant  lui, 

Ayant  examine  comparativement  I'ascaride  du  clicval  avec 
celui  de  I'liomme  et  du  coclion,  M.  Cloquet  se  croit  fonde  a 
conclure  qu'il  appartient  a  une  espece  differente,  qu'il  nomme 
megaloccplmla  y  a  raison  du  volume  considerable  des  trois  tuber- 
cules  qui  bordent  I'ouvcrture  dela  boucbe.  II  remarque  que  ces 
tubercules  sont  fortcment  cchancres  sur  leur  parlie  latt'rale,  au 
lieu  d'etre  siniplement  dcprimcs  comme  ceux  du  lombric  de 
I'homme  et  du  coclion ;  que  Ic  corps  du  ver  du  cheval  est  plus  long 
sans  etre  plus  gros  que  ce  dernier ;  que  la  difference  de  longueur 
et  d'epaisseur,  entre  le  male  etla  femclle,  est  moins  marquee  dans 
I'ascaride  de  I'liommc  et  du  coclion  que  dans  celui  du  cheval ; 
que  ,  dans  la  femelle  de  celui-ci,  la  vulve  de  la  femelle  est  placee 
au  premier  quart  du  corps,  au  lieu  d'etre  au  premier  tiers,  ct 
que  son  vagin  est  beaucoup  plus  long,  clc. 

Les  planches  qui  accompagncnt  cette  partic  du  travail  de 
M.  J.  Cloquet  sont  fort  bien  gravecs ,  d'aprcs  des  dessins  qu'il 
a  faits  lui-niemc  et  sur  lesquels  oa  reconnait  parfaitcment  toutcs 
les  parties  dont  il  parle. 

Dans  un  nouvel  extrait,  nous  rendrons  compte  de  la  sccondc 


MelaT7ges.  :255 

partle,  qui  a  pour  objct  I'anatomie  dc  rEchinorhynque  goant. 

Desmarest. 

1 99.    MeMOIRE    SOR  TJN    NOnVEAU  GENRE    PE    POLYPIER    FOSSILE  , 

par  M.  Le  Sauvace.  (^Mem.  de  la  Soc.  d'histolre  naturellc  de 
Paris  ,  t.  i*^'. ,  part.  2  ,  p.  241 . ) 

Un  polypier  fossile  des  couches  secondaires  du  departement 
du  Calvados,  deja  range  par  M.  Lamouroux  darts  le  genre  As- 
trea  sous  le  nom  specifique  de  c/("rtc//o^V/t'«  ,  en  declarant  toute- 
fois  qu'il  avait  pcu  d'analogie  avec  les  autres  especes  de  ce  genre, 
vient  d'etre  etudle  dc  nouveau  par  M.  Le  Sauvage. 

Ce  naturaliste  a  reconnu  sur  un  individu  d'une  grande  taillc 
fet  bien  conserve ,  des  caracteres  suffisamment  tranches  suivant 
lui,  pour  en  former  le  type  d'un  genre  nouveau  dc  I'ordre  des 
inadreporees,  pour  lequel  il  propose  le  nom  de  Thamnasteria 
(buisson  etoile),  et  dont  il  etablit  ainsi  les  caracteres: 

Thamnasteria.  — •  Polypier  pierreux  ,  raineux  ;  surface  des 
rauicaux  couverte  d'etoiles  lamelleuses  ,  sessiles  ,  a  lames  lineai- 
res  arrondies. 

La  seule  espece  jusqu'a  present  rcconnue  dans  ce  genre  por- 
tera  le  nom  de  Thamnasteria  de  Lamouroux  ,  a  qui  M.  Le  Sau- 
vage a  cru  devoir  la  dedier  comme  premier  observatcur.  Elle  se 
rencontre  parmi  les  nombreux  fossiles  du  terrain  a  Polypiersdes 
environs  deCaen,  et  le  fragment  considerable  observe  par  M.  Le 
Sauvage  a  ete  trouve  par  lui  dans  la  falaise  de  BenerviUe  oul 
faisait  partie  d'une  masse  du  meme  polypier  ayant  plusieurs  pieds 
de  hauteur. 

Une  belie  planche  lithographiee,  representantl'ensemblede  ce 
nouveau  polypier,  reduit  a  raoitie,  ainsi  qu'une  portion  d'un  de  ses 
ranieaux,de  grandeur  naturelle,  accorapagne  ce  memoire. F.  de  R« 

MELAKGKS. 

200.  Une  lettre  recentc  ccrite  a  M.  Auguste  de  Saint-Hllaire 
parson  ami,  I'infatigable  voyageur  Scllow ,  et  datee  de  Pt'/otos 
pres  Rio-grande  do  sal,  peut  donncr  des  inquietudes  sur  le 
sort  de  M.  Eompland.  Cependant  la  distance  ou  Rio-Grande 
est  du  Haut-Paraguay  doit  encore  inspirer  des  doutcs  et  pcr- 
met  dc  conscrver  des  espcranccs. 


2  50  Melanges. 

20 1.    RkSUME    nES  TRAVAUX   I)E   LA   SociETE    PES    SCIENCES  d'Or- 

LEANs;  par  M.  le  docteur  Pelletieii,  In  dans  la  s6ance  pu- 
blique  de  1723.  {Bulletin  d'Orleam; ,  vol.   V,  p.  si25-3o6.) 

On  se  plaint  avee  raison  de  ce  que  les  speculations  pollliqtics 
absorbant  tous  les  esprits,  detournent  de  I'etude  des  sciences 
des  hoinmcs  qui,  pcnl-itre,  les  eussent  cultivees  avec  succes. 
Cependant  il  ne  faut  p;.s  croire  que  toute  emulation  soit  cteinte 
parmi  nous.  De  nombreux  jeunes  gens  suivent  a  Paris  les  lecons 
des  maitres  les  plus  iliustres,  et  il  en  est  parmi  eux  qui  donnent 
deja  de  bautes  esperances.  Dans  les  departemens  piusieurs  So- 
cietes  sa-vantes  propagent  les  decouvertes  nouvelles,  entretien- 
nent  le  gout  des  connaissances  utiles,  et  enseignent  a  en  faire 
une  beureuse  application.  II  serait  troj)  long  dc  citer  toutes  ces 
Societes;  nous  nous  contcnterons  de  pnrler  aujourd'hui  de  celle 
d'Orleans  qui ,  depuis  piusieurs  annees ,  a  poursuivi  ses  travaux 
avec  une  activite  qui  merite  les  plus  justes  eloges.  Le  rapport 
que  nous  annoncons  la  fait  connaitre  avec  detail ,  et  nous  ne 
ciaignons  point  de  dire  qu'il  est  redige  avec  une  cl;ute,  une 
elegance  et  une  impartialite  qui  peuvent  scrvir  de  modele.  M.  le 
Dr.  Pelletier ,  auteur  dc  ce  rapport ,  rend  a  chacun  ce  qui  lui 
appartient;  ses  extraits  sont  concis,  et  cependant  rien  d'intc- 
ressant  n'a  ete  neglige.  C'est  aux  sciences  naturelles  que  sc  sont 
livres  principalement  les  membres  de  la  Socict6  d'Orleans,  et 
parmi  ceux  qui  les  ont  cultivees  avec  le  plus  de  succes,  on 
coraptc  des  hommes  tout  a  la  fois  recommandables  par  leur  po- 
sition sociale,  et  par  les  ecrits  dont  iis  ont  enrichi  diffcrens  re- 
cueils,  tcls  que  M.  Dugaigneau,  auteur  d'un  bon  memoire  siir 
le  Sircx  Pymeux;  M.  de  Tristan,  auquels  on  doit  d'excellens 
mcmoires  imprimes  parmi  ceux  du  Museum  de  Paris;  M.  dc 
Morogues,  qui  s'est  occupe  avec  bcaiicoup  de  succes  de  mincra- 
logie  et  d'agriculturc  ,  etc.  A.  F.  C. 


PARIS. —iMPr.niFr.iK  de  [-ain,  rue  RACINE,  No.  4, 


BULLETIN 

BES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


■^X**)*!^  V  \  \  \\r\%,  ^ 


GEOLOGIE. 


^.Oa.    C0N.ECT.HES    SUK    .A    r.KUMON    DE    La    LuXE    a    La    TpkrK 

et  des  satelhtes  en  general  a  lenr  pinnete  principale,  a  I'aide 
desquelles  o„  essaye  d'expliquer  la  cause  et  les  effe.s  da  delude 
Ja  d.spant.on  to.ale  d'anciennes  espeees  vivantes  et  or«am 
qnes ,  et  la  fonnation  sondalne  ou  I'appantion  d'autre  e  ^  :  ; 
"ouvelles,  et  de  ll.on.me  hu-„.^.„e  sur  le  globe  .e.restre  pa" 
nn  ancied  officieu  de  marine.  Opuscule  in-8.  de  32  n  '  L 
I  pi.  Paris;  Egron.  «  -^2  p.,  av. 

L'auteur  suppose  que  jadis  les  satellites  etaient  de  pe.ites  ph 
netes  tournant  comme  les  autres  autour  du  soleil-  ZTT.      T 
no.breinlinideleu..sr.volutions,cen,ouveJe       ;^^^^^^^^^^ 
qnelconcue.  ,neonnues,  a  subi  de  fortes  perturbrtionsou    or 
rapproche  ces  corps  de  quelque  autre  planete  be.ucoup  plus  con 
■derable,  dont  I'artrao.ion  est  devenue  preponderante- ce  nli  ,' 
iorce  ces  per.ts  corps  a  quitter  leur  orbile  p'ri.nltive  po'u    oi'rcu 
ler  autour  du  plus  massif.  C'est  surtouta  Tacion  des  comete 
eet  elfet  est  attribu..  Appli.uant  cette  hypotbese  fla    r^^r 
eur  pense  que  ce  co,,sa  pu,  par  un  ev^-ne^ent  du  ^enr  I" 
oeux  dont  nous  venons  de  parler,  beurter  notre  glob:    ou  d, 
|"o,ns  sen  rapprocber  brusquen.nt,  au  point  d>  caus^rde 
-uleversonens  epouvan.ables;  tels  que  raffaissemlnt  des  Ln- 
.ngnes ,  la  rupture  des  is.lunes,  le  depiacement  des  .ners    eTc    Jl 
se  pourra.t  nu-me  que  les  eaux  de  la  lune  et  son  at.nospbe,'.  a L 
ete  e.„porteos  par  la  terre.  dont  diverses  r.:.gions  auraient  et.^ 

'''t  W  ni'"^  '"  notes,lesapp.ications  geologi^ues  de 

»7 


358  Geologie. 

son  splenie»  Nous  cxtrairwis  cle  la  iiole  3  les  phrases  suivantcs 
'  qui  feront  connailre  les  consoquencos  on  il  aiHve.  «  Peut-on  pen- 
serque,  par  le  cas  forluit  et  exliaordinairc  du  choc  ou  de  la  ren- 
contre tics-Yoislue  dedeux  planeteSjl'homnve,  ainsi  fiu'une  foiile 
d'animauxet  deplantes,  enlraiuepar  ses  inersou  son  atmosphere, 
n'eut  fail  que  dianger  de  <lenieure,  et  eiit  tolalcment  disparu  de 
I'ancienne,  qui  ne  lui  auralt  plus  offert  sans  doute  les  conditions 
necessaires  a  la  vie;  ni  aux  plantes,  celles  de  la  vegetation  ?  Cct 
evenement  cut  ete  bien  plus  funeste  a  la  lune  qu'a  nous.  i".  La 
pertede  ses  mers  et  de  son  atmosphere;  i°.  le  mouvement  diurne 
autour  d'uu  de  ses  axes,  arrete  et  remplace  par  un  simple  mou- 
vement de  translation  autour  de  La  terre ,  de  maniere  a  ne  lui 
presenter  jamais  que  la  meme  face;  ce  qui  lui  donne,  au  lieu  de 
jours  tres-courts,  des  alternatives  d'absence  et  de  presence  du 
soleil,  qui  eciuivalent  a  i3  ou  14  des  nulres,  et  dolvent  par  con- 
sequent y  eieveret  y  abaisserla  temperature  a  un  point  incompa- 
tible avec  notre  organisation ,  avec  celle  des  animaux  et  de  ])resque 
tous  nos  vegetaux  :  car,  en  lui  suj)posant  un  rcste  d'atmosphere, 
la  lune  ne  pourralt  tout  au  plus  entretenir  que  quelques  grossiers 
champignons  [fiuigi'),  ou  quelques-unsde  ces  reptiles  a  qui  la  plus 
legei-e  portion  d'air  peut  conserver  la  vie,  et  suffit  pour  perpetuer 
leur  espece.  En  definitive,  si,  comme  il  parait  difficile  d'en  douter, 
I'existence  de  I'liomme  est  poslerieure  a  ces  grands  evenemens 
dont  nous  avons  parle ,  il  faut  ou  qu'il  ait  trouve  spontanement  lu 
vie  dans  un  nouvel  ordre  de  choses,  ou  qu'il  y  ait  ete  apporte  ou 
jete  comme  un  naufrage.  Cetle  derniere  conjecture  ,  sans  doule, 
est  entachee  de  toute  la  defaveur  du  mot ,  toinba  de  la  lu/ie ,  qui 
nous  deviendrait  commune  avec  tant  d'autrcs  especes ;  mais  on 
peut  opter  entre  les  deux  membrcs  du  dilemme.  » 

Ce  qui  precede  suffit  pour  faire  conuaitre  la  brocliure  que 
nous  aunoncons  ,  dans  laquelle  un  esprit  de  bonne  foi  et  un  :ielc 
ardent  pour  les  sciences  se  font  remarquer  et  desarinent  meme 
ceux  qui  ne  partageraient  point  les  opinions  de  I'auteur.       F. 

2o3.  Observations  sur  le  Systkme  pblczdent  et  sur  lesCala- 
clysmes  de  toute  nature ;  par  M.  de  Ferussac. 

Ce  nouvcau  systenie  est  ne,  comme  unc  foulc  d'autrcs,  du 
desir  bien  nalurcl  d'expliqucr  les  revolutions  que  parait  avoir 
eprouvces  la  croute  du  globe  que  nous  habitons.  C'cst,  en  pcu  dx) 
mots,  Ihisloire  de  tous  les  systemcsgcologiqucs,  dont laplupart 


Geologic.  209 

sont  edifies  sur  la  snpposition  dc  plienonienes  astronomKquos  quo 
les  auteurs  dc  ces  syst^mcs  clierclient  ajustifier,  commc  n'olant 
pas  impossibles.  Ne  trouvant  point,  faute  d'un  examen  suffisant 
ou  impartial,  dans  I'ordre  des  phenomenes  terrestres,  do  causes 
assez  energiques  pour  se  rendre  raison  des  revolutions  dont  il 
s'agit ,  ces  auteurs  ont  cherche  dans  les  corps  planetaires  des  per- 
turbations qui,  troublant  I'etat  naturel  des  cliosessur  nofrepla- 
nete,  ont  pu  y  causer  des  deluges,  des  bouleversemens,  le  depla- 
cemelit  desmers,  etc.  Ileiiteteplusrationnel  d'examiner  d'abord 
les  effets  de  ces  revolutions  supposees,  de  determiner  les  limites 
qu'on  peut  assigner  a  I'influence  quelconque  dont  ils  ont  etc  les 
rcsultats,  et,par  I'examcn  de  tous  les  fails  constates  ,  de  prouver 
qu'il  est  absolument  necessaire  de  recourir  a  des  causes  exterieu- 
res  violentes,  pour  se  rendre  raison  de  ces  faits.  Lorsqu'un  ordre 
si  constant  parait  etre  la  fin  premiere  du  Crcateur,  lorsque  tout 
dans  I'univers  semble  n'exister  que  par  suite  de  cet  ordre  admira- 
ble ,  les  perturbations  ,  les  cataclysnies  peuvent  etre  commodes 
pour  se  lendre  raison  de  ce  qu'on  ne  peut  comprendre  ;  niais  ils 
repugnent  a  la  saine  philosophie  dos  sciences,  et  lieiu'euseraent 
I'esprit  d'obscrvation  a  fait  assez  de  progres  pour  qu'ou  saclie  au- 
jourd'hui  que  la  nature  entiere  les  repousse  et  temoigne  de  leur 
non-existence. 

Nous  ne  voulons  pas  dire  poTir  cela  que  la  liiiie  nc  se  soil  pas 
rcunie  a  la  terre  ;  cet  evenemcnt  n'est  pas  de  notre  ressort,  il 
regarde  MM.  les  astronomes,  qui  en  decideront;  mais  nous 
croyons  qu'il  n'cst  nullement  besoin  de  recourir  a  un  si  rude 
choc  pour  expllquer  cc  qui  s'est  passe  ici-bas.  Quant  an  deluge  , 
ies  faits  constates  prouvent  qu'il  y  en  a  eu  partout,  et  souvent 
plusieurs  dans  les  niemes  licux  ,  avant  I'existence  de  Tespecc  Im- 
raaine  dans  les  controes  encore  en  combat  avec  rclcment  aqucux , 
deluges  causes  par  la  tendance  des  eaux  a  se  metlre  en  equilibre 
a  mcsure  que  la  surface  des  mers  s'abaissait.  Mais  les  faits  prou- 
vent aussi  qu'il  n'y  en  a  pas  eu  de  generaux  avant  cette  epoque , 
puisqu'aucune  cause  gcnerale  n'a  preside  aux  divers  depots  qui 
se  sont  formes  depuis  le  premier  sol  decouvert  :  ainsi,  pour 
cette  longue  periode,  les  cataclysmes  sont  superflus.  Le  deluge  , 
qui  a  du  delruirc  la  pres([ue  totalitc  de  rcspece  Iiuniaine,  a  du 
etre  postorleur  au  depot  des  terrains  tcrtiaires,  puistjuo  riiomiuc 
n'existait  pas  inrs  de  la  formation  de  ces  terrains,  qui  n'en  rece- 
lent  aucAin  debris.  Mais  personnc  encore  n'a  senti  le  hcsoin  dc 


2  Go  Geologic. 

^•ccoiii'ir  aux  cataclysmcs  pniir  o\])li(HU'r  Ics  clianf^omnns  qui  se 
sont  op(?res  apres  Ic  depot  de  cos  terrains  :  d'aillenrs  en  sait  qu'a- 
pres  la  dcrnlore  formation  dcposee  sotis  I'eau  douce,  on  nc 
trouve  point  de  tiace  d'uno  irrni)tion  marine;  ainsi  les  cataclys- 
mes,  le  cliangcment  du  lit  des  mers,  sont  encore  iniitiles  pour 
cetle  seconde  periode.  (Test  jjnrce  qu'on  confondait  tous  les 
temps,  toutes  les  cjioqucs,  et  qu'on  regardait  tous  les  dcsoidres 
arrives  a  la  surface  du  globe  conime  les  produits  d'une  cause  uni- 
que, qu'on  a  imagine  celte  pretcndue  revolution.  M.  Buc- 
kland  et  quelques  auti'cs  savans  anglais  ont  senii  Ic  vice  dc 
celte  maniere  de  prdtcder;  aussi  ils  n'ont  pas  imagine  des  ca- 
taclysmcs pour  cxpliqucr  le  desordre  des  formations  de  la  croute 
lerrestre  ,  rcais  ils  ont  clierclie  les  preuves  du  deluge  de  Noe  au- 
dessus  de  toutes  lesautros  formations,  et  ont  cru  les  trouver  dans 
ce  qu'iis  appellent  \eT>/luviitrn.  Notre  but  n'etant  point  d'exaini- 
ner  ici  si  Ton  trouve  des  traces  du  deluge  de  IVoe,  mais  de  mon- 
trer  qu'avant  I'etablissement  de  I'liomme  sur  la  terre,  il  n'y  a 
point  eu  de  cataclysmcs,  nous  n'irons  pas  plus  loin  a  cet  egard. 
Nous  vovons  par  ce  qui  precede  que  les  races  de  moins  en  moins 
differcntcs  des  notres ,  dans  I'ordre  des  temps,  dont  on  trouve 
des  debris  dans  les  terrains  tcrtiaires  ,  ont  ete  aneanties  par  d'au- 
tres  causes  que  j)ar  le  deluge  qui  a  dt5truit  les  liommes.  Les  delu- 
ges partiels  ont  contribuea  Tancantissement  de  quelques-uncs  de 
ces  races;  mais  c'est  surtout  le  cliangement  de  la  vegetation  qui 
etait  en  raj)port  avec  les  animaux,  par  suite  de  I'abaissement  de 
la  temperature  du  globe,  qui  est  la  vraie  cause  des  cliangcinens 
que  la  vie  a  cprouves  dans  les  memes  contrees;  de  meme  que  tous 
les  boulevcrsemensde  la  strrface  sont  dusaux  suites  de  I'abaisse- 
fnent  du  niveau  des  eaux  et  a  celles  du  vulcanismc  primitif  et 
general.  Voila  ce  que  Its  faits  prouvent  Sans  qu'on  ait  besolrl  d6 
faire  venir  nos  bncufs  et  noA  ivioutons ,  et  I'bomme  lui-meme,  de 
la  lune  ;  d'autant  qu*fl  n'cst  pas  exact  dc  dire  qu'il  y  a  eu  dispa- 
rition  totale  des  anciennes  especos  vivantes  ,  puisquc  bcaucoup 
de  celles  dont  les  debris  rcmplissent  les  terrains  tertiaires  se  sont 
consei'vecs ,  surtout  parini  les  molius([ues  et  memo  parmi  les  co- 
nuillages  terrestrcs  ct  fluviatiles.  Ainsi,  au  lieu  des  cataclysmcs  , 
des  deludes  universels  (relui  dc  Noe  exeeptc,  dont  il  ne  saurait 
fctre  ici  ([ucstion),  du  cbangement  de  lit  des  mers,  on  ne  trouve, 
par  I'obscrvation,  qn'unc  succession  non  interrompue  de  plieno- 
mencs  analogues,  diminuant   d'importancc  avcc  Tencrgic    des 


Geologic.  3.')  t 

c;iuses  agissantes;  savoir,  le  vulc.inisme  primitif,  I'abaijisement 
des  eaux  et  de  la  temperature,  phenoinencs  qui  out  successive- 
ment  produit  I'etat  actual  des  clioses  ici-lvis. 

204.  Classification  des  teurains  ou  des  materiaux  de  la 
CAViTE  minerale  de  LA  TERUE  suivatit  I'ordre  d'antiquite  ; 
exposee  par  M.  Cordier  dans  son  cours  de  1822,  et  publiee 
par  M.  Maraschini.  {BibUoth.  ital. ,]ax\y.  iSaS.) 

Ce  professeur  ttablit  les  deux  classes  de  terrains,  savoir  les 
terrains  prlinordlauv  et  les  terrains  de  sediment  ou  de  rcmhlais. 
La  1'  .  classe  iie  comprend  qu'ua  ordre,  savoir  le  sol  primordial, 
qui  n'offre  que  des  roches  agrcgecs  sans  ciment.  Le  sol  primor- 
dial presente  neuf genres  de  formations.  x°.l.Viformatiun<le gra- 
nite independant,  dans  laqnclle  il  range  en  4  sections,  d'abord  la 
roche  principale,  puis  les  rocbes  accessoires  ,  les  bancs  de  cai- 
cure  a  graphite,  de  porpiiyre,  de  gneis  ,  et  les  couches  de  gneis, 
de  pegmatite,    diorite  ,  ici)tinite  ,  d'amphibole   schistoide  et  de 
quartz  grenu  ;  apres  cela  vicnnent  les  amas  stratifies  de  pegmatite, 
de  jalomicte,  de  diorite  ,  de  quartz  grenu  ,  de  fer  oligiste  et  car- 
bonate; eteiifin  les  filons  d'agregats  regullers,de  granite  porphy- 
roide  et  debasalte,    et  d'agregats  irrcgulicrs  qui  comprctinent 
les  filons  de  quartz  grenu  et  les  filons  mctalliferes.  %'\  l.a  forma- 
tion de  gneis  indcpendant ,  011  il  y  a  aussi  4  sections  :  la  premiere 
pour  le  gneis  independant;  la  seconde  pour  les  roches  acces- 
soires, savoir ,  les  bancs  de  granite,  leptinite  ,  amphibole  hdiis- 
toide  ,  diorite  a  epidote,  calcaire,  porpiiyre  et  serpentine,  et  les 
couches  subordonnees  de  granite,  micaschiste  ,  diorite,  ainphi- 
bole  schistoide,  calcaire,  porpiiyre  petroslliceux,  pegmatite,  talc 
schistoide  et  fer  oxidule;  la  troisieme  pour  les  amas  stratifies  de 
ciiivre  sulfure  et  de  fer  oxidule;  et  la  quatrieme  pour  les  filons, 
savoir,  d'un  cole  ceux  de  granite,  de  basalte  ou  de  wacke  ,  et  de 
I'autre  ceux  de  quartz  a  epidote,  de  feldspath  ou  d'asbcste,et  les 
lilons  mctalliferes,  oil  la  gangue  est  souvent  quartzeuse,  et  ou  il 
y  a  quelquefois  de  la  chaux  carboiiatce  et  de  I'asbestc.  3".  La/or- 
mation  de  la  sienite  independante ,  qui  a  aussi  4  sections,  dans 
lesquelles  il  enumcre  en  bancs  ou  couches  le  feldspath  grenu  ,  le 
petrosilex  verdatre,  la  prologinc,  la  pClagite,  I'amphibole  com- 
pacte;  en  amas  le  pegmatite  rouge,  et  en  filons  le  feldspath  rouge 
a  epidote,  ci  le  petroiilex  vert,  le  feldspath,  et  les  filons  mctalli- 
feres a  pyrite ,  a  ctaiii,  dans  uno  gaiiguc  de  feldspath  el  de  quarlz. 


262  Geologic. 

4".  \j^  formation  de  la protoginc  Indrpcndnntc  (protogine  scliis- 
toi  Je,  glitndulaire  ou  granitokle) :  bancs  de  talc  chlorite  schistoi'dc, 
de  pl^trosilex  avec  t;ilc ,  de  diorite  granitoide.  Amas  de  for  arse- 
nical et  dc  pyrite ,  filons  de   roches  granitoides  a  tourmaline  > 
filons  de  quartz  (aasbeste,  feldspnlh ,  clilorite  ,  epldote),  etc., 
de  petrosilex   a  epidote.  Filons  metalliferes  (zinc,  antimoine, 
plomb )  a  gangue  de  quartz  et  de  baryte.  5°,  La  formation   du 
talc    schistoide  independant.  Bancs  de  serpentine  et  de  talc  gre- 
nu;  amas  de  serpentine,  d'amphibole,  d'aclinote  schistoide,  de 
quartz  grenu  ou  compacte,  de  feldspath  grenu,  de  petrosilex, 
de  Icptinite,  d'eclogite,  de  calcaire  saccharoide  mele  de  quartz  et 
de  fer  oxidule  massif,  et  souvent  titanifere.  Amas  stratifies  dc 
terpentine  ,  de  fer  oxidule  massif,  de  plomb  sulfure,  de  cnivre 
jjyritCTix  et  de  manganese  oxide.  Filons  de  basalte ,  de  mimosite ; 
lilons  de  chaux  carbonafee,  d'asbeste  ,  de  talc  ;  filons  metalliferes 
f  plomb  argentifere  ,  pyrite  aurifere) ,  avec  une  gangue  calcaire  et 
de  fer  carbonate.  6°.  I-A  formation  de  la  serpentine  independante. 
Bancs  d'euphotide,  amas  d'euphotide,  de  talc  chlorite  schistoide, 
de  calcaire  saccharoitle,  de  gypsepriraitif ,  defer  oxidule  cliroroi- 
fcre  et  dc  petrosilex  jadien.  Amas  stratifies  de  fer  oxidule  chro- 
uiiferc.  Amas  accidentels  d'asbeste,  de  calcali^e,  de  rochc  d'hy- 
perstene,   dc  grenat,  de  pyroxene  blanc,  de  pyrite.  Filons  cal- 
caire a  asbeste,    de  grenat,  de  pyroxene    blanc   ou  vert,  on 
d'epidote  gi'ise.  7".  La  formation  du  calcaire  primitif  indepen- 
dant,  souvent  magnesifere.  Roches  acccssoircs ,  bancs  de  py- 
roxene ,   couches  subordonnees   d'amphibole  schistoide    et  de 
mica  schistoide.  Amas  stratifies  de  gneis  ,  de  serpentine,  de  fer 
oxidule  et  de  fer  sulfure.  Filons  dc  chaux  carbonatee  ,  melee  de 
<{uartz  et  de  fer  carbonate.  8".  "Lvi formation  du  mica  schistoide 
independant.  Roches  accessoires;  bancs  ou   couches  de  quartz 
grenu,  quelqucfois  atopazc,  de  calcaire  primitif  micacc,  d'amphi- 
bole schistoide,  de  leptinite  a  amphibole,  grenat  et  staurotide,  de 
gneis ,  de  i)ctro.silex  ,  de  gypse  et  dc  fer  oxidule.  Amas  stratifies 
dc  pyrite,  de  cuivre  pyritcux  ,  dc  plomb  ct  zinc  sulfure  et  d'e- 
tain  oxide.  Filons  de  granite  grossicr  a  tourmaline,  de  quartz,  de 
chaux  carbonatee  ferrifcrc  oumt^luede  quartz.  Filons  mclallileres 
d'or,  d'argent,  de  plomb,  de  cobalt,  a  gangue  de  quartz,  ou 
bicn  de  chaux  carbonatee.  y".  "Ln  formation  du  schiste pnmitij 
independant.  Cctte  roche  renfermc  des  cristaux  conteraporains. 
Rmhcs  accessoires;  bancs  dc  quartz  grenu,  et  couches  subor- 


•loimoes  ik  granko,  de  gne:s,  de  inicaschiste,  de  caicaire,  de 
quartz,  d'aniphibole  schi-stoide,  de  jietrosilex  ,  de  schiste  chlori- 
teiix  et  de  sorpenline.  Ainas  stratifies  dc  ftldspath  grenu,  dc 
cuivre  pyriteux,  de  pyrite,  de  plomb  sulfure  argentifere ,  et  de 
mercure  sulfui  u.  Filons  de  quartz  ou  de  cbaux  carbonatee  ferri- 
fere.  Filons  motalliferes  de  plomb,  d'argent,  de  cuivre  oxide  et 
naiif,  etc. ,  a  gangue  de  quartz. 

Les  terrains  de  sediment  se  divisent  en  qnatre  ordres,  savoir 
Je  sol  intermediaire ,  le  sol  secondaire ,  le  sol  tertiairc  et  le  sol 
inoderne.  Le  sol  intermediaire  offre  i°.  \a  formation  d'ophite  et 
de petrosilex  fragmentaire,  quia  un  systeme pyroxenique  et  un 
sjsteme  feldspothique.  Dans  le  premier,  la  roche  principale  est 
Vophite,  avec  des  couches  subordonnees  de  granite  ojililtlque 
de  breche  opliifique  et  de  petrosilex  globulaire  ,  et  des  filons  d'e- 
pidote  a  veincs  de  pyrite.  Dans  le  second  la  roche  princi])ale  est 
\&porpliyrepi'trosiliceux,  fragmentaire  ,  globulaire  ou  celjulaire, 
avec  des  bancs  de  pyromt^ride  et  de  breche  petrosiliceuse.  2".  La 
formation  du  psammite  indcpendant ,  ou  du  gres  quartzeus  mi- 
cace.  Bancs  et  couches  d  anagenite  et  de  schiste,  et  de  mimosite 
(ktigelfels).  Amas  stratifies  d'anthraclte.  Filons  de  wa  le  et  de 
mimosite,  ou  de  quartz  ,  de  glaise,  de  chaux  carbonatee  ferri- 
fere.  Filons  mctallileres  de  fer,  de  cuivre,  a  gangue  de  quarlz. 
Fossiles  vegetaux  et  coquiUages.  3°.  l.a.  formation  du  schiste  in- 
termediaire independant.  Bancs  de  petrosilex  fragmentaire ,  de 
wacke  amygdalairc,  et  de  caicaire  coquiUier.  Couches  subor- 
donnees d'anagenilea  cimentde  schiste  et  dc  psammite,  de  "res 
quartzeux  a  ciment  quartzocaleaire,  trampclite  ,  d'anthracite,  de 
phtanite,  de  jaspe,  de  caicaire,  defer  globulaire  ou  oolitique,  de 
petrosilex  fragmentaire  et  d'ophite.  Amas  stratifies  dc  plomb  sul- 
fure, de  cuivre  pyriteux  et  de  fer  oiigiste.  Filons  de  porphyre 
pctrosiliccux  ccllulaire,  ou  de  quartz  et  de  caicaire.  Filons  me- 
t  illiferes  de  cuivre  pyriteux,  de  fer  carbonate,  de  plomb  sulfure 
argentifere.  Fossiles  vegetaux  ,  trilobites,    tortues  ct  poissons. 
4".  l.a  formation  du  caicaire  intermediaire  independant.  Bancs  et 
couches  subordonnees  de  caicaire  terreux,  caicaire  globulaire, 
de  schiste  subluisant  et  tprreux,de  psammite  schistoidc,  de  gypsj 
anhydrc  ct  hydrate,    d'anthracite,  d'ophite  et  de  wacke.  Amas 
stratifies  de  gypsc,  de  sel ,  de  i)htanitc,  de  jaspe  et  d'anthracile. 
Filons  de  wacke  ct  dc  porphyre  cellnlaire,  filons  de  quarlz  et  (h; 
caicaire.  Filons  metallifcrcs  dc  plomb,  dc  cuivre  et  dc  fer.  Fos- 


264  Geologic. 

silesjflustres,  encrines  ,  etc.)  5".  l.3i  /urination  volcaniquc  stipe- 
rieure  indcpcndante ,  qui  a  un  systcmc  fcldspathique  et  uu  sjs- 
teme  pyroxcniquc.  Dans  la  premiere  division  I'auteur  distingue  : 
1°.  la  serie  du  Mexiqne  et  de  la  llongrie,  qui  ofl're  pour  roclie 
principale  le  porplivre  sieiiitique,  avec  des  bancs  ou  couches  de 
porphyre  sienitique  aniygdaiaire,  de  petrosilex  argillformc,  de 
petrosilex  porphyroiide ,  d'obsidienne  resiniformc  porpliyroide, 
de  wacke  amygdalaire  et  d'agglomerat  feldspatliique.  -i".  La  st-rie 
de  Cliristiania,  oil  la  roche  principale  est  le  porphyre  petrosili- 
ceux  I'ragnientaire,  avec  des  bancs  de  porphyre  putrosiliceux 
cellulaire,  de  pseudoslenite  zirconiferc  ,  de  granite  caverneux , 
de'porphyre  a  base  de  petrosilex argilifornie,  d'ophile  a  pyroxene 
crislalJise,  deAvacke,  de  basalte  et  d'agglomerat  feldspatliique.  Le 
syslenie-pyroxenique  (Oberstein)  presente  comme  roche  princi- 
pale la  wacke,  avec  des  bancs  d'opliile  granitoide,  ou  granite 
porphyroide;  de  mirnosite,  de  xeraslte,  d'obsidienne  resinifor- 
me,  de  petrosilex  argiliforiue,  de  porphyre  tephrenique,  et  d'ag- 
glomerat a  fragmens  de  pyroxene.  II  y  a  quciques  filons  de  cui- 
vre  natif  oxide  carbonate  dans  une  gangue  de  chaux  carbonatce. 
Les  terrains  granitiqucs  de  transition  nieritent  un  nouvel  exanien. 
Le  second  ordre  on  In  sol  sccondaire  ,  comprend  :  1°.  la  yo;'- 
mation  du  vleux  gres  rouge  indcpcndant ,  dont  la  roche  princi- 
pale est  le  i^rcs  quartzeux  feldspatliique  avec  des  bancs  de  pou- 
dingucsa  fragmens  de  rocbes  primitives,  intermediaires  et  por- 
pLyriqucs,  d'argile  tendre  ou  calcarifere,  de  schiste,  de  calcaire, 
de  liouille  maigre,  de  porphyre  petrosiliceux  cellulaiie,  de  wacko 
amygdalaire,  de  dolerile  et  deporphyre  tephrenique  ouargileux. 
Amas  stratiiies  de  calcaire  rouge.  Filons  de  Avacke  amygdalaire  , 
de  porphyre  petrosiliceux,  argileux  ou  tephrenique,  el  de  dolerile. 
Filons  de  quartz  et  filons  metallifercs  (mcrcure).  2°.  hi  for- 
mation du  premier  calcaire  gris  ou  iudcpendant.  Kancs  couches 
de  calcaire  argillfere  ,  de  houille  maigre  ,  de  calcaire  arenifere  , 
de  calcaire  globulaii-e,  de  calcaire  marbre,  de  basalte  amygda- 
laire et  de  v?acke  amygdalaire.  Araas  stratifies  de  plomb,  de  cuivie 
pyrileux  et  de  calamine.  Filons  de  -vvacke  amygdalaire  et  de  chaux 
carbonatee.  Filons  metallifcres  (plomb  et  zinc  ,  cuivre  pyriteux), 
■Jl.  gangue  de  chaux  carbonatee  et  tluatee.  Fossilcs  assez  abon- 
dans,  belemnilcs,  nautlles  ,  etc.,  etc.  V.  \a  formation  dc  la 
houille  indrpendantc.  Roches  principales  ,  grcs  (piartzeux  ,  leid- 
spalhique,  niicace  ou  uietaxitc,  pouclingue  ct  schiste  grossiii. 


Geologie.  sGS 

Bancs  et  couches  s:ibordonn6es  de  cliistes  biluiiiineux  ,  ])yriteux 
et  a  cinabrc,  lioiiille  grasse  et  maigre,  fcr  carbonate,  calcaire 
gris  ou  iioir  ,  niimosite  ,  dolerite,  basalte  ,  wacke  (ces  quatre 
dcrnieres  roches  sont  amygdalaires),  tuf  enduici  et  pcperino-py- 
roxenique  enduici.  Anias  stratifies  de  houdle  et  de  fer  carbonate 
massif.  Filons  d'arglle  gr.isse  et  de  sable,  de  niimosite  ,  de  dole- 
rite,  de  basalte,  de  -wacke  et  de  tuf.  Bcaucoup  de  fossiles  vege- 
taux,  des  bivalves  d'eau  douce  et  des  polssons.  4*^'  \^^  formation 
volcanique  secondairc  infviicure  indejKiidante  (  Ecosse  ).  La  do- 
lerite est  la  roclie  principale,  il  y  a  des  bancs  ou  des  couches  dn 
j)orj)hyre  cellulaire  a  pyroxene  et  linibilite,  de  porphyre  a  base 
depetrosilex  arglleux,  de  wacke  aniygdalaire,  d'agglomcrat ,  de 
roches  jjyroxeniques  et  de  tuf  etidurci.  5*^.  La  Jonnation  du  se- 
cond grcs  rouge  indepcndant.  Roche  principale,  gres  rouge  ar- 
gilifere  (rothe  todliegendes  et  bunter  sandstein).  Bancs  et  cou- 
ches subordonneesdepoudingues,  d'arglle  ( tendre  et  endurcie  ), 
de  calcaire  magnesien  (compacle,  globuleux,  cellulaire,  terreux, 
arenifere ) ,  de  schisle  bitumineux ,  de  gypse  hydrate  et  aiihydre , 
de  sel  gemnie,  de  soufre  et  d'argile  salifere.  Ainas  stratifies  de 
soufre  et  de  sel  gemnie.  Filons  <le  ploinb,  de  fer  hydrate,  du 
cuivre  sulfure  et  carbonate.  Sources  d'eau  salde.  Vegetaux  fos- 
siles ,  zooj)hytcs,  flustres ,  etc.,  insectes,  reptiles  et  poissons. 
L'equivalent  est  en  Angleterre,  i''.  le  second  gres  rouge  avec 
le  calcaire  magnesien  ,  le  gypse  avec  I'argile  ,  le  gypse  et  le  sel; 
2".  en  Thuringe  le  second  gres  rouge,  le  zechstein,  le  schisle 
mariio-bituniineux  ,  le  gypse ,  le  sel  gemme  et  le  gres  bigarre ; 
3".  dans  les  Vosges ,  le  second  gi'es  rouge  a  fragmens  volcaniques 
avec  le  sel  gemme  ,  le  gres  rouge  ,  le  sel  avec  I'argile  endurcie , 
I'argile  tendre  et  endurcie  ,  le  gres  bigarre  et  le  calcaire  magne- 
sien globulaire  et  cellulaire.  6".  Y^a  formation  du  second  calcaire 
gris  indejx-ndant  qui  a  3  elages,  le  calcaire  gris  de  fumee  ou 
muscliellialk ,  le  gres  argilifore  et  quartzeux  ou  quadersandstein , 
et  le  calcaire  il  gryp/iiles.  Bancs  et  couches  subordonnees,  le 
calcaire  oolitiqne  jaune  ,  I'argile  calcarilere  terreux  ou  entlurci, 
le  fcr  carbonate  et  hydrate,  le  inarbre  rougealre,  la  liouIUe 
pyriteuse,  I'argile  alumincuse  bitumineuse,  et  le  calcaire  litho- 
graphique.  Amas  stratifies,  le  silex  pyromaque,  le  lignite  et  le 
manganese  hydrate  barylifere.  Filons  de  basalte,  de  dolerite, 
de  chaux  caibonalee  et  (lualee,  et  de  baryle.  Filons  nietal- 
lifcres  de  plomb,  du  zinc,  et  a  gaiigue  de  chaux  carbonatee  et 


266  Geologie. 

fluatce,  ou  bien  debarytc  ou  de  qu.irta.  Fosslles  vc'gclaux  (Exo- 
genites,  Lycojiodites).  Aniiniiux  iiivertcbrds  ct  vertebras  (reptiles 
et  poissons ). 

7".  La  forination  du  calcairc  oolitiquc  indc pendant.  Biincs  et 
couches  subordonnees  d'argile  endurcie,  tendre  et  mobile,  de 
calcaire  argilifere,  d'agglomerat  coqnillier,  de  gres  a  ciment  cal- 
caire,  d'argile  pyriteuse  infl:iminable,  de  fer  liydratc  oolifiqiie,  de 
houille  maigre  a  coquilles  d'eau  douce  et  de  calcaire  crclacee 
(Caen).  Amas  stratifies  de  calcaire  argilifere.  Filons  d'origine 
volcanique.  Fossiles.  Endogenites  et  aniinaux  invertebres  et  vcr- 
tebres.  8".  Ya  formation  volcanique  stipcricurc  seco/idairc  inde- 
pendante.  La  roclie  principale  est  le  trachyte,  dont  les  bancs 
et  les  couches  sont  le  basalte,  la  wacke  amygdalaire,  le  prperino- 
pyroxenique  et  le  tuf. 

JLc  sol  tertia  ire  conUent  :  1".  ha /or  mat  ion  de  snhle  argilo- 
ferrugineux.  L'Angleterre  ct  la  France  nousoffrent  une  premiere 
serie  de  ce  terrain  coinpo^fi :  1°.  de  sable  ferrugineux  a  cailloux 
de  quartz,  d'oolite ,  de  silex  ,  etc.,  et  a  couches  d'argile  mclce  de 
sable  vert,  deterre  a  foulonetde  fer  hydrate  argilcux  ct  globulaire 
ou  geodiqiie;  a",  d'argile  ordinaire,  bleuatrc,  a  couches  de 
calcaire  argilifere  et  de  lignite,  et  a  coquilles  d'eau  douce; 
3°.  de  sable  vert  ou  chlorite  a  couches  de  terre  a  foulon,  avec 
des  rognons  de  baryte  et  de  marne,  de  calcaire  coqulllier,  de 
sable  ferrugineux  et  de  gres.  Fossiles  invertebres.  A  Valencien- 
nes, il  y  a  une  serie  equivalente  composee  de  poudingue,  de 
glaise,  de  calcaire  mcle  d'argile,  de  marne  argileuse,  de  craie 
a  silex  et  de  sable  vert  endurci.  En  Allemagne ,  le  second  qua- 
dersandsteln  est  I'equivalent  de  ce  depot.  2".  "La.  formation  de  la 
craie.  On  y  distingue,  en  Angletcrrc,  le  sable  micace  argileux, 
la  craie  a  taches  fcrrugineuses  rougeatres,  ct  la  craie  blauche 
a  silex  ;  a  Paris,  la  craie  verte,  sablonncuse  et  blanche  a  silex  ;  a 
Maestricht ,  la  craie  friable ,  jaunatre  et  a  silex  ;  en  Allemagne,  le 
calcaire  esquilleux  ou  planerkaik,  le  calcaire  tendre  et  la  marne ;  ct 
dans  le  Vicentin,  le  calcaire  esquilleux  rouge  ou  blanc.  On  cite 
aussi  les  principaux  fossiles  des  craies  de  diff<5rens  lieux.  3  .  La 
formation  sitrcomposee  ou  sablonncuse.  La  premiere  serie  est  la 
formation  de  molasse  composee  d'argile  sablonncuse  calcarilcrc 
endurcie,  de  sable,  de  gres  endurci,  d'agglomcrat  calcaiie  co- 
qulllier, de  sable  vcit  ,  des  cailloux  roulcs  quartzcux  ct  calcaircs, 
de  gres  ccwpiiilicr  ,  de  poudiyguc  t;t  de  lignite.  La  scconde  serie 


Geologic.  267 

equivaknlc  se  Uouvc  en  Angleterre  ou  elle  offie  tie  I'arglle  plas- 
ti(;nc  avL-c  de  la  Icrie  verte  et  du  sable,  dc  i'aigilc  commune 
coqnilliere,  de  la  niarnc,  del'argile  et  dela  marne  coqullliere,  ct 
do  calcaire  argUeux  a  coquilles  d'eau  douce.  A  Paris ,  on  a  :  1°.  de 
I'argile  sablonneuse,  (argile  plastique,  lignite);  2°.  des  sables, 
(sable  vert);  3°.  des  agglomerats  calcaires  (calcaire  grossier  et 
des  marnes  a  quartz  pseudoinorphique  );  A"-  desgres  quartzeux  ; 
5".  du  calcaire  d'eau  douce  ( siliceux  ou  pur ) ;  6".  du  gypse , 
(deux  bancs  separes  par  les  marnes  a  strontiane);  7°.  I'argile 
calcaril'ere;  8".  des  sables ;  <f.  le  silex  meuUere ,  en  partie  co- 
quillier.  En  Auvergne  la  serie  equivalente  presente  I'argile  sa- 
blonneuae  a  couches  de  gres  feldspatliique  a  pisasplialte ,  le  cal- 
caire d'eau  douce,  le  calcaire  niarno-bilumineux  a  coqnillages 
lerrestres  et  a  oiseaux ,  I'argile  a  gypse  et  figullne,  le  luf  et  le 
peperino  a  ciment  calcaire,  et  la  wacke  amygdalaire.  En  Suisse  on 
a  dans  le  terrain  de  raolasse ,  la  molasse,  lenagelfluh  et  les  cad- 
loux.  Dans  le  terrain  argilo-sablonneux  subapennin  on  trouvele 
gres  et  le  sable  vert,  le  poudingue  serpentinaire  a  fragmens  de  cal- 
caire intermcdiaire  ct  de  bolsfossile,  I'argile  sablonneuse  ou  biea 
le  gypse  et  le  calcaire  caverneux  sans  coquilles ,  Tars^ile  coqullliere 
et  le  calcaire  d'eau  douce.  Le  Vicentin  presente  la  strie  suivante; 
argile  bleue  a  gypse,  pyrile,  etc.;  le  calcaire  grossier,  le  peperino 
coquillier,  la  wacke,  le  basalte  et  le  tuf ,  le  lignite,  le  calcaire  de 
Bolca,  le  basalte,  et  le  peperino.  4°.  I.a  formation  volcaniquc. 
Son  systeme  pjroxenique  comprcnd  le  basalte ,  le  tuf  et  le  pepe- 
rino avec  infiltrations  rares  ;  le  systeme  feldspathique  et  pjroxe- 
nique, la  lave  basaltine  ,  le  trachyte,  le  peperino  basaltique,  le 
tufa  et  le  trass  avec  des  filons  de  basalte ,  de  trachyte  et  d'alu- 
nite  ;  et  le  syslcnie  feldspathique ,  le  trachyte  et  la  domite,  le 
phonolite  ,  robsidicnne  ,  le  peperino  feldspathique  ct  le  trass. 

Le  sol  moderne  contienl  \:i  fori  nation  du  grand  atterrissement 
diluvien,  savoir  ,  des  sables  et  des  cailloux  ineles  d'argile.  II  y  a 
des  resles  d'aniniaux  eleints.  a".  La  formation  post-diluvienne , 
danslaquellc  M.  Cordicr  distingue  le  terrain  d'eboulement,  (frag- 
mens de  roches  );  le  terrain  d' alluvion  au  pied  des  montagnes  et 
dans  lesplaines,  ( tourbe  filamenteuse,  sables  et  restes  de  vege- 
taux  et  d'aniniaux  en  partie  perdus ) ;  terrain  d'alluvion  des  val- 
/et'i,  (sable,  limon,  tourbcs,  etc.);  les  concretions  des  sources, 
(broches  ossouscs);  enfin  les  <^j!//«i70«.f /«(^''v'«<'.f,  (  sables  et  cail- 
loux de«  rlvicrcrt,  bancs  de  moUusques  ct  de  madrqioies,  etc.). 


268  Geologic. 

3".  Les  volcans  eteints  ou  bnilans  ,  dans  Ipsqncls  il  (listliipfue  en- 
core un  systcincf  eldipathiqiif ,  (lave,  obsidieiine  ,  scorie,  pon- 
ce, matieres  dcconipos<'es  ct  sublimations);  un  sjsteme prroxe- 
nique  ,  (lave  basaltoide,  xerasite  ,  gallinacc,  scorie,  decomposi- 
tions et  sublimations) ;  et  un  systeinc  mixte ,  ( laves  pyroxeniques 
ct  feldspathiques  ,  phonolite  ,  obsidienne  ,  l.ipilli  ,  cendres  , 
dt'compositions  et  sublimations).  Nous  apprenons  que  M.  Cor- 
dier  a  modilio  considerablement  celte  classification  geolo- 
gique.  A.  B. 

2o5.  MeMOIRE  GEOLOGIQUE    SUR  les  terrains  ANCIEJVS  ET  SKCON- 

DAiREs  du  S.-O.  (le  rAllemagnc  au  N.  du  Danube ,  par  M.  Ami 
BouE.  (  Annul,  des  Scienc.  naturcllcs ,  juin  1824  ,  p.  173.) 

Les  terrains  secondaires  de  cette  partie  de  I'AIIemagne  gisent 
dans  une  cavite  bordee  d'un  cote  par  la  foret  boliemienne  ,  et 
tie  I'autre  par  I'Odenwald  et  la  Foret  Noire.  La  cliaine  bolie- 
mienne est  coniposee  de  gnels  a  grands  amas  de  weisstein  ,  de 
granite,  de  roclics  ampliiboliques,  de  serpentine  et  de  porpliyre. 
Les  gneis  renfcrment  souvent  des  petits  filons  grauitoides.  Le 
kaolin  s'exjjloite  d.ins  des  amas  granltiques  des  gneis  au  sud  de 
Haffnerzell ,  a  Wuller.idorf ,  Lemmersdorf,  Dicndorf,  etc.  Le 
gneis  en  couches  liorizontales  ou  inclinees  p;irait  envelopper  ou 
rccouvrir  ces  amas.  Leur  kaolin  et  leurs  petits  filoris  ou  nids  de 
silex  resinite  paraissent  deriver  en  partie  de  la  decomposition  de 
la  scapolithe,  qui  se  trouve  reunie  a  un  peu  de  quartz  ,  de  mica 
et  de  titane.  Le  graphite  se  trouve  dans  le  meme  pays  dissemine 
ouen  nids  dans  les  gneis  tres-tendres.  II  y  a  aussl  des  gneis  a  fer 
oligiste  micace.  Les  amas  granitiques  sont  surtout  considerables 
entre  Passau  et  Kff'eriling;  le  granite  est  prismatique  a  Donaus- 
t;.uf.  L'auteur  cite  plusieurs  filons  de  granite  dans  le  gneis  ,  \nes 
de  Bodenmais  et  Ilerzogau.  C'est  eux  (jui  renierment  Tandalou- 
site,  le  beryl,  etc.  Les  serpentines  abondent  entre  Ra'tz  et  !e 
I'ichtelgebirge.  Les  montagnes  ile  la  Foret  Noire  sont  un  massif 
de  gneis  plus  ou  inoins  granitoide  ou  aniphibolique  et  de  gra- 
nite. II  y  a  des  filons  melalliferes.  Des  granites,  des  slenites  etdcs 
porphyres  forraent  I'Odenwald,  et  les  porphyres  s'elevent  en 
buttes  sur  les  pentes  de  la  Foret  Noire.  Dans  cette  chaine,  les 
poudiiigues  rougeatres  a  cailioux  de  quartz  ct  de  roches  primi- 
tives appartiennent  au  todlligciule  ou  grcs  rouge  nouveau.  Les 
filons  miilaliiicres  des  roches  grauitoides  s'y  prolongent.  Ce  Icr- 


Geologic.  269 

tain  siipporte  !e  j^res  blgarre  sur  Ics  deux  versans,  et  m^me  la 
vallee  dii  Rhin  a  Ah  utrc  une  fois  comblee  en  partie  par  ce  de- 
pot. L'auteiir  enumere  des  localites  de  ce  gres,  et  pense  que  la 
vallee  du  Rhin  a  ete  long-temps  un  lac,  qui  ne  s'est  vide  par  le 
cote  nord  qu'a[>res  la  fm  lies  teirains  tertiaires.  Dans  le  AVurtem- 
berg ,  ou  plulot  le  long  du  Neeker ,  le  gres  bignrre  renferme 
beautoup  d'anias  gypscux  et  saliferes.  Pres  de  Tubingue,  on  re- 
marque  dans  les  assises  superieures  des  marnes  brechifonnes  et 
des  impressions  de  lycopodiacees.  L'aufeur  combat  I'idee  de 
M.  Oeynliausen,  de  vouloir  qn'il  y  ait  des  marnes  bigarrees  sali- 
feres aa-dessus  dn  muschelkalk;  il  pense  qu'il  a  ete  induit  en 
erreur  par  quelqncs  marnes  du  lias  ou  par  1,t  maniere  dont  il  a 
Vu  se  succeder  sur  sa  route  les  masses  de  terrains.  Cette  contro- 
verse  route  si;rtout  sur  Suiz  et  sur  la  AVestphalie  orientale.  Le 
mnsclielkalk  s'elend  de  Wurtzbourg  justjue  vers  Seckingen,  en 
se  relrecissant  peu  a  peu  a  mesure  qu'il  approche  du  Rhin.  Le 
zeclistein  ,  manqunnt  dans  le  sud-onest  de  I'Allemagne,  et  les 
geologues  wurtcnibergeois  ne  connaissant  pas  bien  le  muschel- 
kalk ,  on  a  confondu  long-temps  ce  dernier  depot  avec  le  zeclis- 
tein ,  et  on  a  cru  alors  que  le  lias  allemand  etait  le  muscbelkalli. 
L'auteur  monire  ensuite  que  les  marnes  saliferes  se  trouvent  sur- 
tout  immedialemcnt  sous  le  niuschflkaik  ,  ou  meme  entre  des  al- 
teinats  du  calcaire  avec  les  marnes  ,  ct  il  cite  a  cet  etfet  les 
sondages  de  SuIz,  de  Hcilbronn  ,  de  Wimpfen ,  etc.  Plus  le  point 
de  sondage  est  rapprochc  des  Alpes  ,  pins  les  marnes  sont  sou- 
vent  endui'cies  en  calcaires,  et  ces  calcaires  gris  ou  noiralres,  sont 
quelquefois  felides,  non  coqnilliers  et  rarcment  a  petits  filons  de 
cuivre  carbonate  bleu.  Plus  Ics  formations  sont  recentes  ,  plus  les 
gres  sont  lies  a  leur  calcaire,  cfcVce  vcrsd.  C'est  une  proposition  qui 
devlent  bien  6vidcnte  dans  la  liaison  dn  quadersandstcin  et  du  lias. 
L'auteur  donne  les  limites  du  terrain  de  quadersandstcin  depuis 
Ratisbonne  a  Cdbouig ,  et  de  la  a  Nuremberg,  Aalen  et  Reutlin- 
gen;  il  horde  les  deux  cotes  de  la  chaine  jurassique,  et  se  trouve 
le  plus  souvent  iminediatcment  superpose  au  gres  bigarrc  du 
pays  delJayreulh  ou  dn  pays  entre  Tianiberg  ct  IV'urembcrg.  C'est 
la  ralsonpour  lavjuelle  on  I'a  si  long-temps  annexe  au  gres  bigarre. 
L'auteur  decrit  ce  depot;  et  il  fait  rcniarquer  pres  d'Aniberg 
et  de  Bodenwehr  des  couches  de  gres  marncux  a  lycopodiacees  et 
graminees  ,  ct  une  espece  de  roclic  marneuse  silicifiee  a  graincs 
fossiles ,  a  ra'iiiacitcs  annuhitus  Schl.,  et  a  coquillages.  II  classe 


270  Geologic. 

aussi  dans  cc  terrain  la  Htliomarge  et  los  amas  dc  plamb  phos- 
phate dc  Vilseck.  II  decrit  les  couches  ((Oi  licnt  Ic  qiiadcrsands- 
tein  au  lias,  et  prend  pour  exemple  Rogering  pres  d'Amberg. 
Desgres  fcrrugineux  y  supportent  des  grcs  marncux  giLsaties  a 
guyphites  et  belemnltes  ,  des  marnes  schisteuses  aluniferes  a  luy- 
litoides  et  ammonites,  et  un  calcaire  compacte  tres-cor[ulilIer 
(peignes  et  cardium).  Le  lias  renferme  des  couches  d'argilc  grise 
et  rouge  qui  contiennent ,  pres  d'Amberg,  des  debris  de  lignite  , 
des  rognons  de  baryte  sulfatec  radiee  et  de  phosphorite  siliceuse. 
II  y  a  aussi  des  ainas  de  fer  linioneux  et  hydrate  exploite  a 
I'Erzberg  pres  d'Amberg ;  on  y  trouve  la  -wavellitc  en  petits  filons , 
le  manganese  oxide  et  du  fer  phosphate  quelquefois  cristallise. 
Le  lias  proprement  dit  abonde  surtout  pres  d'Amberg  dans  le 
pays  deBayreuth  etle  Wiirtemberg ,  ou  il  renferme  comme  ail- 
leurs  des  rcstes  de  reptiles,  des  gryphees  arquees,  des  plagio- 
storaes,  des  ammonites,  etc.  MM.  Haussmann,  Oeynhausen  et 
Keferstein  jjlacent  mal  ii  propos  le  lias  sous  le  quadersandstein  , 
car  ils  n'appliquent  ce  dernier  nom  qu'a  une  des  assises  arenacees 
si  frequentes  dans  le  lias. 

La  formation  jnrassique  forme  dans  le  sud-ouest  de  I'Alle- 
magne  un  vaste  promontoire  qui  s'eleve  environ  a  3, 000  pieds 
au-dessus  de  la  mer.  Sa  pente  sud  est  la  scule  qui  ne  soil  pas  es- 
carpee,  ce  qui  s'explique  par  des  courans  venus  du  sud-ouest 
et  dusud,  landis  que  les  terrains  tertiaircs  dela  plaine  bavarolsc, 
ont  adouci  la  pente  mt'ridionale. 

Ce  dej)6t  parait  etre  rehausse  au  sud  par  unc  chaine  primitive 
cachee;  opinion  que  I'auleur  elaye  de  falls.  II  se  divise  en  calcaire 
magnesien ,  en  calcaire  compacted  oolitiquc,  en  calcaire  schls- 
leux  a  poissons  et  ecrevissesjet  enmarnc  argileuse  a  fer  hydrate. 
Le  premier  calcaire  est  la  cause  des  promontoircs  bizarrcs  et  es- 
carpes  de  la  chaine  jurassique.  Pres  de  Rchlheiui  il  renferme  des 
amas  d'un  calcaire  compacte  ou  poreux  blanchatre  qui  nest 
qu'un  agregat  iin  de  fossiles.  Les  environs  d'Amberg  abondent 
en  pctriGcations  dc  la  partie  inferieure  du  terrain  qui  nous  occupe. 
Les  alveoles  dc  belemnitcs  y  sont  frequentes,  les  fossiles  du  lias 
sonl  spathiques  et  ceux  de  la  dolomie  sont  ie  plus  souvcnt  sili- 
ceux,  A  Uracil  les  montagnes  coupees  a  pic  perraettcnl  dc  bien 
etudier  la  succession  des  assises.  Les  marnes  fcrrugineuses  gisent 
dans  des  cavites  irregulicf  es  au  haul  du  plnte-au  calcaire  ,  dies  sc 


Geologie.  271 

licnt  pre&quc  a  la  craie,  et  on  les  exploite.  Le  d^pot  crayeux  nc  pa- 
raItaunor(ii!ii  Danube qu'entie  RatisbonncctGreisb.ich  ,el  entrc 
Laber  et  Bcretsliausen.  II  coinj)rend  des  gres  verts  ou  cliloritos  , 
des  craies  cliloritces ,  des  craies  grossieres  et  des  calcaires  com- 
pactes  briinatres.  Des  masses  d'une  bonne  argilefiguline  separent 
quelquefois  Ics  gres  verts  de  la  craie  cliloritee,  et  des  agglomerats 
calcaires  a  cailloux  de  quartz  f'orment  la  parlie  inferieure  du 
gres  vert  au-dessus  de  la  dolomie.  La  craie  cliloritee  presente  des 
rognons  de  silex  corne,  des  plagiostomes,  des  gryp/icea  spiraia 
Sclil  (Columba  Bg.),  des  squelettes  de  poissons  (Abacli)  et  des 
ossemens  de  cetaccs  ou  de  reptiles  (Ivnelting).  Ce  terrain  s'elu- 
die  bien  a  Abach.  Le  calcairebrun  renferme  des  peigncs,  des 
terebraiules,  des  madrepores  ,  etc.  Onle  trouve  sur  la  monfagne 
Dreifaltigkeitsbcrg  au-dessus  d'Unter  Winzer  et  aux  environs 
d'EckmuhJ.  I'. 

206.  Sur  les  principales  roches  qui  composent  le  sol  inter- 
mediaire  dans  le  departement  du  Calvados ;  par  M.  Herault. 
(  Mem.  de  la  Soc.  linn,  du  Calvados,  1824,  p.  249.) 

On  doit  au  savant  auteur  de  ce  meraoire  un  premier  tra- 
vail sur  les  terrains  de  ce  departement,  imprime  par  ordre  de 
I'academie  royale  de  Caen  ( voyez  le  Bulletin  de  1823,  t.  IV,  art. 
n°.  53i).  Aujourd'hui  M.  Herault  s'occupe  particulierement 
des  terrains  intermediaires. 

Le  pliyllade  ordinaire  offre  dans  plusieurs  endroits  du  Cal- 
vados une  variete  gris  jaunalre  ou  verdatre,  qui  donne  de  tres- 
bons  crayons  pour  ecrire  sur  I'ardoise.  II  y  a  aussl  de  bonnes 
pierres  a  lepasser  les  rasoirs.  Certains  schistes  renfennent  des 
feuillets  siliceux  et  brunatres,  comme  pres  de  Conde-sur-Noi- 
reau,  et  la  roche  passe  souvent  au  pliyllade  arenifere.  Ce  de- 
partement offre  des  trilobites  (peut-etre  du  genre  Calimene), 
nu  pied  du  chateau  de  Falaise ,  pres  de  Litry.  Le  pliyllade  sublui- 
sant  calcarifere  est  gris  verdatre  ou  jaunatre;  il  alterne  avec  le 
pliyllade  arenifere,  et  le  gres  quarlzeux  phylladifere ,  comme 
sur  la  rive  droite  de  la  Laize,  etc.  Le  pliyllade  paillete  ou  rai- 
cace  se  rencontre  surtout  au  milieu  des  couches  de  gres  quartzeux 
fcldspathique  ( entre  Harcourt  et  Conde-sur-Noireau).  Le  phyl- 
lade  arenifere  est  compose  de  quartz,  de  feldspath,  et  de  phyl- 
!ade.  II  est  travcrst^  de  petits  fllons  de  quartz;  il  est  gfis  verda- 


272  Geologic. 

tre  oil  gris  rougeAtre,  et  il  dome  unc  bonne  picrre  pour  ia 
construction  des  miirs.  Le  gres  qnartzcux  pliylladifirc  est  la  nie- 
me  roche  moins  abondante  en  pliyllade ;  il  alterne  avec  le  phyl- 
lade  et  du  raarbre  entre  Bretteville  et  la  route  d'Harcourt ,  etc. 
II  fournit  de  bonnes  dalles.  Le  gres  quartzeux  feldspathique  n'est 
guere  forme  que  de  quartz  et  de  feldspath;  il  est  rongeatre  ou 
jaunafre,  et  n'est  qu'une  \ariete  du  gres  rouge  ancien  des  An- 
glais. II  alterne  sur  la  rive  gauclie  de  la  Guine  avec  le  pliyllade 
et  le  gres  quartzeux  phylladifere.  II  occupe  les  sommites  an  niidi 
d'Aulnav,  jusqu'a  I'Orne,  et  forme  les  points  les  plus  eleves  du 
departement.  Le  gres  feldspathique  ou  agglomerat  porpliyrique 
offre,  dans  une  pate  petro-siliceuse  rouge,  violette  ou  brune^ 
des  grains  de  feldspath  blanc  ou  rose  et  de  quartz  liyalln  et  des 
fragmens  de  schiste.  Cetle  roche  tres-dure  couvre  les  cimes  des 
hauteurs  moyennes ,  ou  le  penchant  des  plus  hautes  montagnes. 
Le  cote  nord  de  la  montagne,  au  sud  d'Auhiay,  presente  de 
ces  gres,  tandis  que  son  sommet  est  forme  de  gres  quartzeux 
feldspathique  et  de  gres  ordinaire  ,  et  son  pied  de  phyllade  et 
de  gres  quartzeux  phylladifere.  La  meinc  roche  s'etend  dans  les 
montagnes,  entre  Saint-Marlindon  et  Proucy,  et  forme  Icsbut- 
tes  de  Clecy. 

Le  quariz  grenu  est  quelquefois  en  plaques  minces  et  con- 
venes de  mica ;  la  bruyere  de  Jurques,  et  celle  au  sud  de  Falaisc 
en  sont  formees.  II  forme ,  avec  le  phyllade,  le  rocher  du  cha- 
teau de  Falaisc.  Ccs  deux  dernieres  roches  sont  employees  pour 
charger  les  routes.  Le  gres  cjuartzeux  coquillier  est  ires-dur,  le- 
gercment  lustre,  et  blanc  grisAtre  ou  rouge  violatre.  II  y  a  des 
dendrites,  des  veines  d'un  argile  blanchatre  oujaunatrc,  lachcte 
de  rouge,  et  des  cerclcs  conccntriques  d'une  matiere  calcedo- 
nique.  On  y  rencontre  des  terebratules  striees  ,  des  cypricardes 
niodiolaires ,  des  entroques,  et  peut-^tre  des  trilobiles.  On  I'ex- 
ploite  comme  pave  a  May,  a  Soumtont,  a  Jurques,  a  Feuguerol- 
les,  etc.  Le  gres  quartzeux  micace  est  unc  variete  de  la  roche 
precedcnte.  Le  poudinguc  quartzeux  a  un  ciment  quartzeux  qui 
enveloppe  des  noyaux  do  quariz  hyalin  et  de  feldspath.  II  est  gns 
ou  jaunatre,  ou  rougeatre;  il  forme  des  bancs  au  milieu  des 
gres  fcldspathiques,  des  gres  quartzeux  phylladiferes,dc  phyllade 
ct  de  ma'rbre.  II  dominc  surtout  au-dcssus  du  rocher  de  f.nm- 
paux,  pres  ,'<aint-Martindon.  Lc  poudingne  feUlsi)atliiquo  n'est 
que  lc  gres  feldspathique  avec  des  noyaux  de  gres  quartzeux  5  on 


Geologic.  275 

le  voit  prcs  Fresnay-le-Puceus.  Le  calcairc  marbrc  est  blanclia- 
tre,  rosatre,  bleuiire;  ou  rouge  tacheto  de  gtis,  de  noir,  de 
jauiie,  etc.  A  Bully,  la  varietc  bleuatre  est  melangee  de  gres 
quartzeux  phylladifcres ;  peul-etre  y  a-t-il  des  encrines  ?  L'c- 
paisseui-  tres-variable  de  ces  couches  ne  depasse  jamais  quelques 
decimetres;  mais  a  Vienx,  et  N.-D.  de  Laize ,  cette   roche  oc- 
cupe  uiie  grande  etendue.  On  en  volt  a  Bretteville  sur  Laize, 
Clinchamps,  a   Fourneaux   et  a  Pierrefitte.  On  I'emploie  avec 
avantage  corame  marbre.  L'ampelite  grapliique  a  ete  trouvee  a 
vSaint-PIerre  du   But,  pres  de  Falaise;  elle  y  forme  une  couche 
de  4'n.,2o  d'epaisseur,  et   renferme  des  pyrites  et  de  la  chaux 
sulfatee  trapezienne.   L'ampelite  alunlfere  s'est  trouvee  dans  la 
bruvere  du  Plessis-Grimoult;  elle  contient  des  rognous  de  cal- 
caire  noiratre  et  des  veines  de  pyrite.  A  Urville,  pres  de  Brette- 
ville sur  Laize,  il  y  a  une  couche  de  mineral  de  fer,  en  partie 
oolitique  et  brun  rougeatre  ou  jauuulre.  Ce  banc  s'appuie  sur  un 
rocher  de  quartz  grenu,  reconvert  de  phyllade  et  de  grcs  quart- 
zeux phylladifere.  II  y  a  aussi  la  ua  poudingue  a  pate  ferrugi- 
neuse,  enveloppant  des  grains  de  quartz  hyalin  et  de  feldspath. 
Les  environs  de  Roncarap  donnent  aussi  du  mineral  de  fer.  Le 
coteau  de  Montmirel,  pres  Litry,  et  la  Pourrie,  dans  la  foret  de 
Cerisy ,  offrent  du  petrosilcx  basaltoide.  Cette  roche  est  verdalre 
et  renferme  des  cristaux  de  feldspath ,  et  d'autres  de  pyroxene 
ou  d'amphibole.  On   trouve  encore  dans  le  Calvados  une  roche 
dure,  verdatre,  dont  la  pate  est  formee  de  cristaux,  de  feldspath  , 
et  d'une  partie  verte,  qui  est  en  partie  de  I'amphibole?  et  en 
partie  du  talc  chlorite.  Elle  est  porphyrique  et  contient  de  la 
])yrite  et  du  quartz  hyalin.  On  ne  I'a  trouvee  qu'a  Vieux  et  k 
Pierrefitte,  et  on  en  fait  des  paves  et  des  bornes.  D'apres  cela, 
le  terrain  intermediaire  du  Calvados  est  done  fortcomplet,  et 
tres-interessant  a  etudicr.  A.  B. 

207.  Observations  sur  des  terrains  d'eau  douce  recemment 
decouverts  dans  les  environs  de  Sete ,  a  tres-peu  de  distance  de 
la  Mediterranee,  et  inferieurs  au  niveau  de  cette  mer,  par 
M.  Marcel  de  Serres.  Memoirc  prcsente  a  VAcadeinie  des 
Sciences  de  I'lnstilut ,  le  lundi  1 1  oct.  dernier. 

Ce  memoire  intercssant  offre  la  description  de  terrains  calcaires 
rl'eau   douce  de  formation    la    plus  rccente,    et  qui ,  quoique 
disposes  en  couches  horizontales  et  nuUemcnt  inclinees,  ont  ce- 
B.  TomkIH.  18 


2  74  Geologie. 

jiendiint  cerlaines  de  leurs  couches  inferieurcs  au  niveau  de  la 
Mtditerranee.  Ces  terrains  calcaires  offrcnt  encore  cela  de  par- 
ticnlier,  de  n'etre  eloigni's  du  bassin  acluel  de  cetle  mer  quo 
d'environ  iioo  foises.  Nous  nllons  laisscr  parler  I\I.  de  Serres 
lui-meme  dans  Ja  note  qu'il  a  lu  a  I'Acadrniic. 

Sous  le  rapport  de  ieur  rapprocliemcnt  de  la  IMeditcrranec, 
comme  sous  celui  d'avoir  leurs  couches  inferieurcs  au  niveau  de 
celte  mer,  ces  terrains  m^ritalentd'elre  signales  et  decritsavec  soin. 
Aussi  avons-nous  joint  a  ce  memoire  des  coupes  tres-detaillees 
de  ces  terrains  d'cau  douce  qui  se  trouvent  comrae  eacadriis 
entre  des  formations  marines  qui  allerncnt  avec  elles. 

Les  terrains  d'eau  douce  de  Sete,  uniquement  composes  de 
couches  calcaires  ,  sont  caracti'rises  par  des  fossiles  solt  tcrrestres 
soit  lacustres ,  dont  les  especes  paraissent  differer  de  celies  de- 
crites  jusqu'a  present,  quoiqu'elies  soiont  assez  rapprochees  de 
plusieurs  de  celies  que  Draparnaud  a  reconnues  comme  elant 
propres  a  la  France  mcridionale. 

Les  formations  ou  nous  avons  trouve  des  Testacelles  fossiles, 
genre  de  coquillage  qu'on  ne  connaissait  qu'a  I'etat  vivant ,  ont 
encore  cela  de  particulier,dc presenter  un  plus  grandnorabrc  dc 
fossiles  tcrrestres  que  de  fossiles  lacustres,  tandis  qu'il  en  est  tout 
le  contraire  dans  la  plupart  des  formations  d'eau  douce  di'criles 
jusqu'a  present.  En  elfet  les  fossiles  lacustres  sont  trcs-])cu  nom- 
breux  en  especes  et  en  individusdans  les  formations  de  Sete,  et  11 
en  est  dilferemment  des  tcrrestres,  qui  y  abondent ,  surlout  les 
especes  du  genre  Helix.  A  cet  egard  nous  ferons  remarqucr  qu'il 
exlste  dans  chaque  formation ,  et  quelquefois  dans  un  certain 
nombre  de  couches  d'une  meme  formation ,  des  fossiles  qui ,  do- 
minant sur  les  autres  par  le  nombre  et  I'iraportance  des  indlvi- 
dus  ,   doivent  etre  considercs  comme  les  airacteristiqucx  d'une 
formation  ou  comme  les   cdracteristiqitcs  d'une    couche  ou  de 
plusieurs,  selon  qu'llsse  raontrcnt  dans  toutes  les  couches  d'une 
mtme  formation,  ou  uniquement  dans  cerlaines  de  ces  couciies; 
observations  (julne  diniinucnten  ricn  I'lmportance  des  caracteres 
zoologiques,  soit  par  rapport  aux  terrains  secondaires,  soitrcla- 
tivement  aux  terrains  tertiaires,  oil  ils  paraissent  avoir  une  plus 
grande  valcur,  puisque  cette  observation  tend   uniquement  ii 
falre  admettre  que  souvent  les  differentes  couches  d'une  m^me 
formation  n'ont  pas  ete  dt'-posees  d'une  maniere  instanlanee,  ma  is 
a  des  opoques  plus  ou  moins  (Sloignees. 


Geologie.  2j5 

La  presence  de  certains  corps  organises  qui  caract^rlsent  telle 
on  telle  formation,  on  tel  ou  tel  systeme  de  couche,  tiendrait- 
elle  a  des  causes  de  m^mc  nature  que  celles  qui  agissent  main- 
tenant?  c'est  ce  que  des  observations  encore  plus  precises  que 
les  notres  permettront  certainement  de  decider.  Ce  qu'Il  v  a 
seulement  de  certain ,  c'est  que  les  coquilles  comme  les  zoophy- 
tes et  les  plantes  marines  rejetes  sur  le  rivage  par  les  iners  ne 
sont  point  les  memes  aux  diverses  epoques  de  I'annee.  Ainsi  a  une 
cerlaine  epoque  les  Corlthes,  les  CanUiim,  les  Mactres  domineat 
le  long  des  cotes  et  s'y  trouvent  presque  exclusivement,  tandis 
qu'a  une  autre  epoque  ces  genres  y  sont  remplaces  par  les  So- 
lens,  les  Venus  et  les  Donaces,  dont  les  especes  non-seulement  sont 
les  plusabondantes,  maisparaissent  presque  les  scales  que  la  mer 
ait  rejetees. 

Si  done  les  sables  qui  entourent  ces  coquilles  les  empataient 
ou  se  solidifialent  et  formaient  des  sables  coquilliers ,  commccela 
arrive  encore  de  nos  jours,  il  en  resulterait  que  selon  I'epoque 
de  i'annee  de  leur  solidification,  ils  reuniraient  ou  des  Cerithes 
ou  des  Solens,  ou  enfin  les  genres  dont  les  especes  paralssent  a 
des  epoques  diverses  et  determinees.  Ces  exemples  semblent 
propres  a  nous  faire  concevoir  comment  cliaque  formation  et 
quelquefois  cliaque  ou  plusieurs  couches  d'une  meine  formation 
offrent  des  fossiles  caracteristiques  ou  des  especes  dominantes 
par  le  nombre  et  I'importance  des  individus. 

Si  les  epoques  ou  paraissent  tels  ou  tels  genres  .dtaient  bien 
determinees ,  on  pourrait  dire  par  suite  a  quelle  epoque  telle 
ou  telle  formation  aurait  ete  deposee.  On  jugeaisement  que  nous 
n'arriverons  jamais  a  une  pareille  precision  a  I'egarddes  fossiles; 
mais  cette  observation  n'est  pas  moins  curieuse  a  faire,  puisque 
d'une  part  elle  tend  a  prouver  que  dans  chaque  formation  ou 
dans  une  partie  des  couches  d'une  meme  formation  il  y  a  une  ou 
plusieurs  especes  qui  la  caracterisent,  comme  dans  une  regioa 
determin^e  les  etres  organises  marins  rejetes  sur  le  rivage  ne 
sont  pas  les  memes,  sulvant  les  diverses  epoques  de  I'annee  ou 
on  les  observe.  Ainsi  dans  tons  les  temps  les  lols  dela  nature  ont 
<5te  aussi  simples  qu'universelles ,  et  les  lois  admirables  d'harmo- 
nie  etablies  entre  les  el  res  crccs  ont  aussi-bien  cxiste  dans  les 
temps  d'autrefois  que  dans  les  temps  plus  particuliercment  soumis 
a  nos  observations. 


2^6  Geologie. 

208.  Sub  la  structure  physique  uc  district  de  LizAan  , 
dans  le  comte  de  Cornouailles;  par  le  ll^v.  A.  Segdwick. 
(  Trans.de  la  Soc.  philos.  de  Cambridge ,  vol.  9.,  1821.) 
L'auteui'  a  examine  le  pays  depuis  rembouchure  de  la  riviere 
d'Helford  jusqu'a  Loe  Bar.  Aunord  d'une  ligne  tiree  d'undeccs 
points  a  I'autre  le  pays  est  compose  de  scliistes.  Le  district  dc 
Lizard  est  un  plateau  elevii  de  quelques  centaines  de  pleds  au- 
dessus  de  la  mcr  et  convert  d'emincnces.  Des  serpentines  et  des 
roches  i^orphyriques  y  domlnent;  I'etendue  des  premieres  roclies 
est  marquee  par  le  peu  de  vegetation.  Des  grunsteins,  ou  plutot 
des  eupliotides,  sont  associes  a  la  serpentine.  Vers  Mawnan,  les 
scListes  prennent  un  aspect  plus  lustre  et  ont  un  toucher  niai- 
"re  :  il  y  a  despetits  filons  de  quartz  et  d'aragonitc.  Alapoinle 
du  Dord,  il  V  a  des  agglomerats  schisteux.  Entre  Helston,  St.- 
Kevern  et  Menucclion,il  y  a  des  masses  de  gres  ferrugineux  in- 
terraediaire;  letitane  est  assez  frequent  a  Menacchan,  et  M.  Ma- 
gendie  le  fail  dcriver  des  eupliotides.  A  Portlialla,  on  observe 
beaucoup  de  roclies  decomposees  au  contact  des  schistes  et  des 
roches  cristallines.  Les  premieres  roches  y  portent  des  blocs  dc 
serpentine  etd'euphotide,  quldevient  porphyrique.  Dans  le  val- 
lon  de  Porthowstock ,  et  vis-a-vis  de  Manacles,  sur  le  cote  sud 
de  ce  rivngc,  la  serpentine  est  separee  de  I'euphotide  par  une  ro- 
che  porphyrique  a  base  de  feldspath  tenace ,  ct  par  une  euphotide 
a  amphibole.  La  serpentine  abonde  entre  Coverack  et  la  poinle 
de  Sednboar,  et  elle  y  contient  du  cuivre.  Une  masse  cuneiforme 
d'euphotide  se  trouve  pres  de  la ,  entre  deux  raurs  de  serpentine. 
Pres  Kennich  Cove,  la  serpentine  est  coupee  par  trois  filons  de 
feldspath  grcnu  ou  porphyrique  ayant  quelques  pieds  d'epais- 
seiir.  Plus  loin,  vers  Callcan  Cove,  il  y  a  des  couches  de  grun- 
stein  ou  d'euphotide  a  grains  fins  ct  a  asbeste  et  steatite.  On  croit 
voir  lantot  des  filons nombreux  de  porphyredanscetterochc,  et 
tanlot  des  filons  d'euphotide  dans  un  porpliyre  :  danscesendroits 
il  yaquelques  grenats.  En  approchantde  Callean  Cove,la  serpen- 
tine reprend  le  dcssus  et  est  traversee  de  filons  d'euphotide.  L'au- 
tcur  en  conclut  que  tout  le  pays  au  sud  de  I'llolford  est  compose 
de  grandes  masses  non  stralifiecs,  cuneiformes  ct  melees  sans  or- 
dre.  Entre  Kennich  Cove  et  Callcan  Cove,  la  serpentine  ren- 
lerme  beaucoup  de  filons  d'euphotide.  Un  beau  grunstein  schis- 
teux s'ctend  depuis  Balk  jusqu'au  dela  de  Hot  Point;  on  y 
remarquc  des  masses  decomposees  ayant  I'air  de  filons.   On  nc 


Geologic.  ^q", 

pcut  pas  voir  leur  coatact  avcc  les  schisles  de  la  pointe  de  Lizard. 
Old  Lizard  Head  est  compose  de  couches  contournees  de  scliiste 
cLloriteux ;  mais  au  dela  la  serpentine  reparait ,  et  les  schistes 
se  trouvent  coupes  par  la  serpentine,  ou  inclinent  en  sens  op- 
pose. A  3o  ou  40  pieds  de  la  jonction,  une  masse  de  grunsteia 
schisteux  a  I'air  de  s'enfoncer  sous  les  deux  especes  de  roches 
precedentes. 

Le  cote  ouest  du district  de  Lizard  offre  encore,  dans  ses  escar- 
pemens  demanteles,  des  serpentines  a  filons  d'eupliotide.  Dans 
le  lieu  appele  Kynans  Cove  les  rochers  soiit  perces  et  ronges 
d'une  manierc  bizarre,  et  il  y  a  des  filons  d'une  roclie  grani- 
toide  tres-feldspatbique ,  ainsi  que  des  masses  de  steatite.  L'eu- 
photide  succede  a  la  serpentine  vers  Mullyan  Cove ,  oil  11  y  a  du 
cuivre  natif,  et  les  schistes  reparaissent  au  nord  de  ce  dernier 
ondroit.  Ces  dernieres  roches  forment  la  cote  entrc  Bollerium  et 
Loe  Bar;  ce  sont  des  schistes  argileux,  en  partie  soyeux,  alter- 
nant avec  des  masses  areuacees  ouquartzeuses. 

L'auteur  pense  qu'une  coupe  faite  depuis  les  hauteurs  de  Con- 
sTantine ,  a  I'embouchure  de  I'Helford ,  et  de  la  a  la  pointe  d'Old 
Lizard  Head,  donnerait  laserie  suivante  de  formations  :  un  gra- 
nite tres-micacc  en  contact  avec  les  schistes,  des  schistes  argi- 
leux, des  schistes  avec  des  grauwackes,  des  poudingues  et  des 
gres,  des  serpentines  surmontees  d'eupliotide,  une  formation 
porphyrlque  d'euphotlde  amphibolique,  des  masses  seniblables 
tres-conipactes  associecs  avec  une  belle  eupliotide  et  alternant 
avec  la  serpentine,  une  serpentine  associee  avec  les  memes  ro- 
ches en  partie  porpliyrlques  et  avec  du  feldspath  grenu  ct  des 
grunsteins  schisteux,  un  grunstein  schisteux, enfin  une  formation 
de  schistes  chloriteux,  talqueux,  entrelaces  en  apparcnce  avec  du 
grunstein  schisteux  et  de  la  serpentine.  L'auteur  terniine  ce  nni- 
moii'e  en  rapportant  tons  ces  depots  aux  formations  interme- 
diaires.  A.  R. 

•20«).  A  Geological  and  acuiculturai.  Survky  of  the  district 
adjoining  the  Eric  canal  in  the  state  of  New-York.  Description 
geologique  et  agrlcole  de  la  partie  de  I'ttat  de  New-York 
que  traverse  le  canal  allant  dc  la  riviere  Hudson  au  lac  Erie , 
composec  sous  la  direction  dc  M,  van  Rensselaeu.  —  Partie 
geologique  par  M.  Amos  Eton,  acconipagnee  de  deux  cou- 
pes du  terrain  compris  entre  I'Occan  atlanliquc  ct  le  lac  Erie  , 


278  Geologic. 

oil  se  trouTe  anssi  unepartic  de  I'etat  dc  Massachusetts.  164  p. 
m-8.  Albany;  1824. 

ATant  d'entrepren«1re  do  faire  connaitre  cet  ouvrage  ,  il  con- 
•vient  de  donner  une  Idee  du  Canal  auquel  il  se  rapporle.  Nous 
ferons  usage  a  cet  effet  de  la  Description  gcographique  des  Etats- 
Vnis ,  -psiT  John  Alelish  ,  dont  il  a  paru,  en  1822,  a  Philadelphie, 
une  nouvelle  edition  fort  augmentee ,  in-8 ,  5oo  pp.,  et  du  Ma- 
nuel topogr.  et  statist,  de  I'elat  de  New-York  ,  par  S.  Goodenow, 
1822 ,  72  pp.  in-8.  Le  canal  de  Touesl  (  Western  canal )  de  I'etat 
de  New-York,  a  40  pieds  anj^lais  de  large  dans  le  haut,  28  dans 
le  fond,  et  4  pieds  de  profondeur.  II  a  ete  commence  en  1817 
et  parait  avoir  ele  aclieve  en  1823.  II  debouclie  d'un  cote  dans 
la  grande  riviere  Hudson,  pres  d'Albany;  il  suit  d'abord  le  cours 
de  la  riviere  Moliawk ,  passe  a  Sbenectady,  a  Utica ,  a  Rome; 
tournant  ensuite  a  rouest  par  les  salines  d'Oneida  et  de  Roches- 
ter ,  il  trouve  la  riviere  Genesee ;  le  cours  d'eau  nonnmc  To- 
nawanta-Creek ,  a  peu  de  distance  de  la  riviere  de  Niagara,  et 
aboutit  a  Blackrock  dans  le  lac  Erie ,  pres  de  I'exti'emlte  orlen- 
tale  de  ce  nieme  lac.  La  longueur  de  ce  canal  est  d'environ  j6o 
milles.  Le  niveau  du  lac  Erie  efant  cleve  de  564  pieds  au-dossns 
du  niveau  de  la  riviere  Hudson,  cette  pente,  et  91  pieds  de 
mouvementde  terrain  dans  la  partie  interinediuire,  ont  du  etrc 
rachetcs  par  77  ecluses  longues  de  90  pieds  et  larges  de  i!\.  On 
evalue  la  depense  totale  de  ce  grand  ouvrage  a  cinq  millions 
de  dollars  (plus  de  aS  millions  de  notre  monnaie).  EUe  a  etc  sup- 
portee  en  entler  par  I'etat. 

Tel  est  le  canal  dont  la  section  gcologique  est  donnee  par 
M.  Amos  sur  une  planche  longue  de  1  metre  40  cent. ,  qui  com- 
prend  aussi  une  partie  de  I'etut  de  Massachusetts,-  figurec  plus 
en  detail  sur  une  seconde  planche  par  le  rever.  E.  Hitchcock. 

Dans  I'etat  de  Massachuscts,  la  section  prcsente  des  terrains 
primitifs.  Elle  n'olfre  que  des  terrains  de  transition  depuis  Al- 
bany jusqu'a  un  village  nomme  Rome ,  a  la  reserve  des  pctits 
espaces  ou  il  coupe  le  gneiss  des  montagnes  blanches  et  celui  des 
montagnes  vertcs.  Le  surplus  du  canal  est  creuse  entierement 
dans  des  terrains  secondaircs  ou  bien  dans  les  terrains  d'alluvion 
qui  les  recouvrent.  Dans  aucunc  partie  du  canal  on  n'a  rcncontrt^ 
de  roches  trappeennes  ou  sitjn'rincutnbcntcs ,  comnie  RI.  Eton 
appcUe  celles  de  cette  classe. 

Une  rcmarque  importante  que  I'auteur  a  eu  occasion  de  faire, 
c'est  que  ,  dans  le  pays  qu'il  decrit ,  Ics  basslns  des  lacs,  les  lils 


Geologie.  279 

(les  rivieres ,  toules  les  v;illut'S  tie  queUjue  importance  en  gene- 
ral, sonl  en  meme  temps  des  iimltes  de  terr;iins  sous  le  point  cle 
vue  geologique.  II  n'y  a  d'exception  que  pour  des  fissures  etroi- 
fes  qui  merilent  a  peine  le  nom  de  vailees.  L'ordre  geograpliique 
n'est  pas  celui  que  M.  Eton  a  suivi  dans  cet  ouvrage.  II  y  decrit 
les  differentes  roclies  suivant  l'ordre  de  leur  superposition  ,  qu'on 
peut  regarder  comrae  indiqiiaiit  celui  de  leur  anciennete  respec- 
tive ;  il  a  soin  en  meme  temps  d'iridiqiicr  le  dcgre  plus  ou  moins 
grand  de  ferlilitc  qui  resultc  pour  la  surface  du  sol  ,  de  la  nature 
des  roches  sur  lesquelles  il  repose  et  dont  la  dt5composition  a 
contribue  a  former  la  terre  cultivable.  II  note  egalemcnt  les 
metaux  ct  les  autres  substances  minernles  appropriees  au  be- 
soin  des  liommes  qui  se  trouvent  dans  chnque  sorte  de  terrain. 
£nfin  il  cite  les  points  ou  les  rocbes  dont  il  paile  se  montrent 
le  plus  evidemmcnt  a  decouvert. 

Nous  ne  le  suivrons  pas  dans  I'enumeralion  et  la  description 
qu'il  fait  des  formations  (ju'il  a  eu  occasion  d'observcr  Ye  long 
du  canal;  mais  nous  croyons  devoir  fixer  plus  particulierement 
rattention  des  geologistes  sur  la  disposition  des  roches  secon- 
daircs  qui  occiipcnt  la  partie  occidentale  de  I'espace  dont  il  s'a- 
git,parce  que  M.  Eton  ne  croit  pas  qu'on  puisse les rapporler 
exactement  aux  terrains  du  meme  ordie  observes  en  Europe. 
En  consequence  de  cette  opinion,  il  a  cree  pour  les  designer  les 
denominations  suivantes ,  dont  l'ordre  indique  celui  de  leur  su- 
perposition de  bas  en  haut,  a  partir  du  gres  rouge,  ou  se  ter- 
mine  suivant  lui  la  formation  de  transition  :  JMillstonc  grit,  saU~ 
feroiis  rock,  greyband ,  ferrifcruus  slate  ,  ferriferous  sandstone 
calciferous  slate ,  gcodiferoiis  liinerock,  cornitiferous  lirnerocA 
pyriliferous  rock,  line  section  jiarticuliere  de  la  celebre  cliule 
de  Niagara,  baule  de  iSopicds  anglais,  y  montre  la  disposition 
successive  des  rocbes  que  nous  venons  dVnumercr,  depuis  la 
roche  salifere  qui  en  occupc  le  bas,jusqu'a  la  rocbc  pyritifere 
que  Ton  peut  observer  un  peu  au-dessus  du  commencement  de 
la  cataracte. 

M.  Eton  pense  qu'on  ne  trouve  dans  les  Etals-Unis  ni  trapp 
de  transition,  ni  scliisle  siliceux  primitif,  ni  gypse  ])rimitif  ui 
bassin  de  craie;  et  il  ne  croit  pas  d'un  autre  cote  qu'on  trouve 
en  Europe,  si  ce  n'est  sur  quclf[ucs  points  de  peu  d'etenduc,  la 
formation  fcrrlfcre  qui  tiont  une  si  grande  place  dans  les  terrains 
de  rAuieritpjc.  Au  rcsle  nous  ai>prenons  par  lui-mume  ,  p.  107 
que  M.  Hitchcock  ne  p.utage  pas  son  opinion  sur  la  m'-cessite  de 


280  Geologic. 

creer  de  nouvelles  denominations  pour  les  roches  de  la  Nouvelle- 
Anglcterre  ,  et  que,  sulvant  lui,au  contraire,  Ics  noiBs  admis  en 
Europe  peuvent  s'appliquer  <'galenienl  aux  roches  americaines. 
Cette  question  ne  pent  nianquer  d'interesser  les  geologistes  de 
tous  les  pays  ,  et  I'ouvrage  dont  nous  offrons  ici  une  courle  ana- 
lyse fournit  d'excellens  matcriaux  pour  ceux  qui  voudront  la 
discutcr  ,  au  moyen  du  soin  avec  lequel  I'auteur  a  dccrit  les  ro- 
ches dont  il  parle.  CM. 

210.  Uber  dolomix,  als  GEBiRCSART.Sur  la  I>olo!iiieconsIderee 
comme  roclic ,  par  M.  de  Buch.  Deux  mcmoires  lus  a  I'aca- 
demie  royale  des  sciences  de  Prussc,  les  3i  Janvier  1822  et 
6  fevrier  i823.In-4.  Berlin;  1823. 

Dans  le  premier  de  ces  memoires,  apres  avoir  rappcle  brieve- 
ment  les  observations  anterieures  faites  par  divers  auteurs  sur  les 
calcaires  magnesiens,  M.  de  Buch  expose  d'abord  ses  propres  ob- 
servations sur  les  dolomifs  des  terrains  secondaires,  c'est-a-dire, 
sur  un  assez  grand  nombre  de  roches  calcaircs  dont  il  a  reconnu 
la  nature  raagnesienne,  et  qui  toutes  lui  ontprescntc  une  cont'or- 
initcremarquable  dans  Icurs  caracteres  ,  etant  sensiblement  plus 
dures  que  le  calcaire  pur,  ayant  constarament  une  couleur  jau- 
natre  oubrunatre,  une  cassure  toujours  grenue  ou  finement  la- 
TOcHaire,  dont  les  lamelles  ne  sont  pas  juxtaposees  I'une  a  I'autre 
jiar  leurs  bords,  mais  se  touclient  en  pen  de  points  de  nianiere  a 
laisser  entre  elles  des  intervalles  visibles,  Icsquels,  lorsqu'ils  de- 
viennent  plus  grands,  sont  tapisscs  de  pctits  cristaux  prescntant 
toujours  le  rlioiuboedre  primitif.  Le  tout  sedcsagregc  lacilcinont 
en  une  sorte  de  sable  qu'on  prendrait  qnelquefoispour  un  sable 
siliceux.  Presque  jamais  on  n'y  voit  d'indiccs  de  corps  organises 
ni  d'lndices  de  stratification; on  n'y  reconnait  ordinairenicnt  que 
des  masses  escarpces  qui  sont  traversees  de  nombreuses  lentes 
■verticales  ,  taplssces  de  cristaux  ,  et  qui  renferment  frcquemnient 
des  cavernes.  Partout  dans  les  terrains  secondaires  I'aiileur  a  vu 
la  doloniie  sc  presenter  conime  quelque  cho;.e  d'etranger  a  ces 
terrains,  cu  masses  qui ,  en  general ,  se  distingucnt  mcnie  de  loin 
par  leurs  formes  hardies.  C'est  ainsi  qu'il  I'a  reconnu  pres  dc 
Cobourg,  au  pied  du  Thiiringerwald,  superposte  aux  cou- 
ches d'argile  rouge  et  de  gypse,  designees  sous  le  nom  dc  hcupw 
ct  paraissanl  appartenir  au  terrain  dc  ^res  bigarrr.  C'cst  de  la 
incuAO  man  iTc  que  cette  roche  sc  moiilro  sur  les  soiomites  des 


Geologic.  28 1 

montagnes  jnrassiquos  dc  Franconic,  oil  elle  reiifernic  les  cfivcr 
nrs  tie  Muggendorf  et  dc  Gaylenreulli,  C'est  encore  avec  Ics 
memes  caraclercs  que  la  dolomie  se  trouve  aux  environs  d'Aicli- 
stiidt,  recouvrant  le  calcaire  jurassique  ct  recouvertc  elle-nieme 
par  les  niarnes  schistoides  de  SoIenUof'en  et  de  Pappenlieini,  ce'.e- 
Lres  par  les  nonibreuses  empreintes  de  poissons,  crustaces  el 
insectes  qu'elles  renfernient.  La  dolomie  scule  separe  ces  scliiste> 
inarnenx  des  calcaircs  a  ammonites  du  Jura  ,  et  malgre  i'exlreme 
difference  que  presententles  debris  organiquesde  ces  deux  calcai- 
rcs ,  la  regularite  des  gisemens  des  trois  terrains  porte  a  les  coiisi- 
rer  comme  appartenant  a  une  seule  formation. 

Dans  les  terrains  anciens  du  Tyrol  meridional ,  les  formes  sin- 
gulieres  de  la  dolomie  deviennent  de  plus  en  plus  hardies  et  es- 
carpees,  et  enfin  aux  environs  de  la  vallee  de  Fassa  el  les  surpas- 
sent ,  dit  l'au!eur  ,  tout  ce  que  I'imagination  la  plus  vive  peut  se 
rcpresenter.  Mais  dans  cc  pays  Fapparition  de  semblables 
masses  parait  essentiellement  liee  a  Tapparltion  du  porpliyre 
pyroxeiiique  auquel  ellessont  constaminent  superposees,  etl'ob- 
servation  repetee  des  relations  de  gisement  que  presente  toute 
la  contree  ,  conduit  M.  Buck  a  penser  que  c'est  le  poipliyrc  py- 
roxeniquequi,  en  agissant  sur  le  calcaire  compact,  I'a  decolore, 
a  detruit  les  indices  de  stratification  et  les  vestiges  des  corps  or- 
ganises, a  penetre  de  magnesie  la  masse  calcaire,  I'a  cliangee 
en  dolomie  grenuc,  enfin  I'a  soulevee  et  deposee  en  colosses 
escarpes  a  des  hauteurs  considerables. 

Dans  le  second  memoire,  appuye  sur  de  nouvelles  observa- 
tions, I'autcur  regard e  comme /y/OHi'c' ce  qu'il  n'osait  presenter 
dans  le  premier  que  comme  une  hypolliesc  probable  ,  relalive- 
inent  a  la  transformation  du  calcaire  compacte  en  dolomie,  j)ar 
Taction  du  porpliyre pyroxenique.  Ala  montagne  Smita- A gutlia , 
pres  deTrcnte,  M.  deEuch  annoncequela  transformation  a  lieu 
pour  alnsi  dire  sous  les  yeux  de  I'observateur,  dans  les  innombra- 
bles  fissures  qui  travcrsentla  sommite  calcaire.  C'est  dans  un  ter- 
rain de  meme  nature  et  situe  dans  I,i  meme  j)osition  gi';oloi;iquc  , 
que  se  trouvent  les  mines  de  plomb  et  de  calamine  de  BIcyhcrg  en 
Cariutliie,  de  Sclnvatz  en  Tyrol,  de  Feigenstcin ,  de  Raibel ,  etc. ; 
el  M.  de  Cu(  li  altribue  la  production  des  nombrciiscs  veinnles 
de  mineiai  qui  eourent  dans  le  calcaire  magnesien  ,  ii  la  meme 
cause  (]ui  a  bouleve  la  masse  du  Iciiain  et  y  a  fail  arrivcr  la 
jiiagncsie. 


aSa  Geologie. 

C'est  encore  en  invoquant  dcs  obscrviitions  nombrenses,  que 
M.  de  Bucli  t'nict  Topinion  que  presque  toutes  les  cavernes  qu'on 
connait  dans  les  terrains  de  calcaire  secondaire,  se  presenlent 
non  dans  le  calcaire  ,  mais  dans  la  dolomie  ,  et  que  leur  exislence 
est  souvent  liee  auvoisinage  duporphyre  pyroxenique,  ainsi  que 
cela  est  blen  remarquablc  dans  le  Derbyshire. 

Enfiii  M.  de  Biich  voit  dans  le  soulevement  du  porphyre  py- 
roxenique ,  qui  lui  parait  avoir  eu  lieu  sur  toute  la  longueur  de 
la  chaine  des  Alpcs,  le  motif  de  la  situation  actuelle,  a  dcs  hau- 
teurs souvent  trcs-considerables ,  de  teri'ains  secondaires  analo- 
gues a  ceux  qui  ailleurs  ne  se  presentent  que  dans  les  plaines  ;  il 
admet  d'autant  plus  volontiers  cette  hypothcse,  qu'elle  lui  parait 
pouvoirfaire  concevoir  facilenicntcomment  des  debris  d'aniniaux 
inarins  se  trouvent  aujourd'hui  sur  les  sommitcs  de  hautes  mon- 
lagnes,  sans  qu'il  soit  besoin  de  chercher  a  se  figurer  comment 
la  mer  aurait  ete  elevee  jadis  a  huit  ou  dix  mille  pieds  au-dessus 
de  son  niveau  actuel. 

En  generalisant  les  consequences  de  ses  observations,  M.  de 
Buch  est  porte  a  regarder  toutes  les  chaines  de  montagnes  de  la 
surface  du  globe  comme  le  resultat  d'un  soulevement  qui  s'est 
opere  dans  des  fentes  considerables,  que  le  commencement  de 
ce  soulevement  meme  a  produites ,  a  travers  les  terrains  secon- 
daires deposes  auparavant  d'une  maniere  a  peu  pres  uniforme 
sur  la  surface  du  sol  primordial.  II  voit  dans  le  porphyre  })yroxe- 
rique,  qu'il  regarde  comme  place  au-dessous  do  tousles  autres 
terrains,  la  masse  qui  s'est  ainsi  soulevee  pour  produire  presque 
toutes  les  inegalites  que  presenle  la  surface  acluclic  de  la  terre  , 
et  quis'etant  epanchee  souvent  cntre  les  terrains  qu'elle  avaitele- 
ves,  etles  plaines  restees  dans  leur  position  premiere,  se  retrouve 
aujourd'hui,  avec  une  nature  uniforme,  au  pied  d'uu  grand  nom- 
bre  de  chaines  des  differentes  parlies  du  globe.  B — d. 

211.  Descriptions  des  couches  de  tourbe  des  environs  du 
Klostersee  (  Holstein);  par  N.  A.  Binge.  [Schriften  dcr  Gcsell. 
iler gesamrnt.  Nuturwiss.  zii  MarOiirg,  i*^'.  vol.,  182''),  p.  1G7.) 

Cette  tourbe  se  trouve  sur  la  cote  orientale  du  Hoislcin,  Ic 
long  de  la  mer,  eutre  Gromilz  ct  Kcllcnhuscn.  La  cote  est  sa- 
blonncuse  sur  un  espace  de  quclqucs  niilliers  de  pas;  mais  au 
sud  de  Gromilz  et  au  iiord  de  KellenliusiNi ,  le  rivage  est  com- 
pose d'une  argile  marneusc.  Des  cailloux  de  roches  granitoic^es  j 


Ge'ologie.  285 

porpliyriqucs  et  scliistcuses  convrent  le  sable.  A  tine  hcure  de 
Gromitz  il  y  a  une  tourbieie  de  i,4oo  pas  de  long;  ie  sable  la 
cache  plus  loiii  au  dela  du  debouche  du  lac  de  Kloslersee.  L'au- 
teur  croit  que  les  callloux  proviennent  de  la  destruction  des  de- 
pots argileux  ou  marneux ,  et  que  le  sable  du  rivage  tire  son 
origlne  des  gres  du  fond  de  la  nier,  et  que  la  mer  n'a  pas  trans- 
porte  de  blocs  depuis  la  formation  des  dernlers  terrains.  La  tour- 
blere  contlent  des  roseaux  et  des  troncs  de  chcne  couches  hori- 
zontalement,  et  pres  de  la  mer  elle  est  recoiiverte  d'herbes  ma- 
rines en  putrefaction.  Comme  il  ne  croit  plus  dans  ces  lieux  que 
des  saules,  il  faut,  lors  de  la  formation  de  la  tourbe,  que  la  mer 
alt  ete  a  un  niveau  de  5  a  6  pieds  plus  bas,  ou  bien  que  la  touibe  se 
soit  trouvce  a  5  ou  6  pieds  plus  haut,  ou  qu'elle  ait  etc  situee  plus 
loin  dans  I'interieur  du  pays.  L'auteur  examine  la  probabilite  de 
ces  differentcs  suppositions  ;  11  trouve  que  le  niveau  de  la  mer 
s'eleve  ou  s'abaisse  trop  lentement  pour  rendre  comptc  de  ce 
fait,  et  il  pense  qu'un  glissement  de  la  tourbierc  I'expllque 
mieux,  STJrtout  si  Ton  suppose  une  petite  inondation.  L'auteur  a 
trouve  sur  cette  cole  des  echinites,  des  belemnites,  du  bois  pe- 
Irifie.  II  annonce  une  description  geologique  de  I'ile  d'HcIgo- 
land,  et  il  rappelle  son  ouvrage  intitule,  Materiaux  pour  ser- 
vir  a  I'hlstoire  naturelle,  et  a  I'economie,  iniprlme  en  1817  a 
Altona ,  chez  Hammerich.  A.  B. 

212.  Recherches  SDR  QUELQUEs  FossiLEs  trouvLS  dans  les  for- 
mations de  houille  sucdolses;  par  S.  Nilsson.  {_Ko/igl.  Ve- 
tensh.  ncadem.  handliiigarfcer  aar  iSaS.  Stockholm;  i8?.4; 
i'"*.  part.,  p.  96.) 

C'est  particullerement  des  houilleres  de  Scanle  que  s'occupe 
l'auteur.  II  croit  pouvoir  prouver  que  la  houille  de  cclte  pro- 
vince s'est  forme e  dans  d'auli'cs  temps,  et  sous  d'aulres  circon- 
stances  ,  que  les  houilleres  qu'on  irouve  hors  de  la  Suede.  Les 
bancs  de  houille  les  mieux  examines  en  Scanie  sont  ceux  de  Hoe- 
ganaes.  La  liouille  y  succede  a  du  gres  et  du  schiste ,  ct  repose 
sur  un  lit  de  schiste  noir.  Le  banc  le  plus  epais  a  4  pieds  d'e- 
paisseur;  au-dessus  dece  banc  on  en  trouve  d'autres  bleu  molns 
epais  entre  les  couches  de  schiste.  Kntre  les  deux  bancs  de  houille 
les  plus  epais  il  y  a  aussi  une  couche  d'argile  ferruaineusc  brunc 
qui  se  retrouve  uon-seuiement  dans  tons  les  lieux  de  Scanie  on 
il  y  a  de   la  liou'lic,  uiais  encore  dans    I'ile   dc  Bornholm.  La 


284  Geologic. 

houille  ainsi  que  le  schiste  varient  tie  qiialito.  II  y  a  un  scliihle 
iioir  dans  lequel  on  Irouve  des  fossiles  et  des  empreintes  de  ve- 
g(5taux  appartenant  a  la  iiier.  Les  empreinlcs  d'algues  que 
M.  Nilsson  en  a  retirees  ont  ele  examinees  par  M.  Agardli :  on 
y  a  trouve  une  dent  de  poisson.  Dans  les  formations  de  craie  en 
vScanie  on  a  trouve  aussi  des  dents  qui  paraissent  appartenir  au 
genre  des  requins.La  dent  trouvee  a  Hoeganaes  a  du  appartenir  a 
un  genre  tout  different.  On  y  a  trouve  encore  un  fragment  de 
cruslace.  En  general  tous  les  vcgetaux  et  animaux  fossiles  de- 
couverts  jusqua  present  dans  le  schiste  noir,  entre  les  bancs  de 
Louillea  Hoegana-s,  appartiennent  a  la  mer.  D'ou  I'auteur  cou- 
clut  que  les  bancs  de  houille  et  le  schiste  qu'iis  renferment  se 
sont  deposes  au  fond  de  la  mer.  Dans  les  bancs  de  gres  qui  re- 
couvrent  les  houillcres,  et  qui  sont  evidemment  plus  modernes 
que  cette  houille,  mais  plus  anciens  que  le  monde  organise 
qm  les  entoure,  on  decouvre  des  fossiles  d'ophioglosses  etd'au- 
tres  productions  des  marecages  et  de  I'eau  douce,  et  dans  ce  gres 
on  n'a  pomt  trouve  jusqu'a  present  une  trace  de  production  ma- 
rine. Dans  I'argile  ferrugineuse  il  a  ete  observe  queiques  restes  de 
coquillages  ;  mais  ils  n'etaient  pas  assez  bicn  conserves  pour  qu'oii 
put  decider  s'ils  avaient  appartenu  a  la  mer  ou  a  I'eau  douce. 

21 3.  SociETE  GEOLOGiQCE  de  Loudrcs.  (Voyez  le  Bulletin  de  mai, 
pag-  19-) 

Seance  du  2  acril  1 824.  —  On  tcrmine  la  lecture  du  meinoire 
intitule  :  Esquisse  de  la  geologic  de  la  Nouvelle-Eollande  et  de 
la  Terre  de  Diemen ,  par  le  rev.  J.  H.  Scott. 

D'apres  I'examende  BI,  Scott,  la  cote  dela  Nouvelle-Hollande, 
depuis  le  cap  Hovse  jusqu'au  port  Stephens,  en  y  comprenant 
I5otany-Bay,  le  port  Jackson,  etc.,  consistc  en  une  seiie continue 
de  terrains  houillers.  A  Naswarro  ,  ou  les  cinq  iles ,  une  veine  de 
diarbon  se  Irouve  a  la  surface  du  sol ;  entre  Broken-Bay  et  le  port 
Hutiier  une  veine  horizontale  de  houille  est  mise  a  docouvert  par 
Taction  de  la  mer  sur  la  cote.  On  exploite  d'excellent  charbon  a 
Newcastle,  sur  la  riviere  Hunter ,  a  1 1 1  pi.  de  la  surface;  la  veine 
a  une  epaisseurdc  Irois  pieds.  Cette  houille  est  traversee  en  quel- 
fjucb  endroits  par  de  grands  (iions  de  trapp  ,  et  Insdi-bris  vege- 
taux  d'une  fougere  a  longues  fcuilles  se  Irouvent  a  la  base.  La 
pierre  cakajre  alterne  avec  le  gies ,  et  Ton  y  Irouve  des  minerals 
de  fer.  A  Sydney  I'eau  des  puits,  qui  n'out  pas  plus  de  3o  pieds 


Ge'ologie.  285 

de  profondeur,  n'cst  pas  bonne ;  inais  un  puils  de  8^  pieds  de 
profondeur,  crmse  dans  le  gies  ,  donne  de  I'eau  excellente.  Les 
terrains  houiilcrs  continuant  dcpuis  Paramatta  jusqu'a  Emuford, 
et  sent  interrompus  par  de  grands  filons  de  trap  a  Nepeau.  Emu- 
ford  est  situe  au  pied  des  Montagnes  Bleues.  Pres  du  sommet  de 
ces  montagnes,  le  terrain  houiller  repose  sur  le  gres  ancien.  L'es- 
carpement  de  cette  roche,  a  I'E.,  presente  I'aspect  d'un  murper- 
pendiculaire,  au  pied  duquel  le  gres  ancien  est  en  contact  avec 
des  roches  primitives,  Ces  dernieres  se  trouvent  dans  la  chaine  do 
montagnes  de  la  vallee  de  Clenyd  et  de  Clarence,  oil  le  Macqua- 
rie  prend  sa  source ,  et  apres  un  corns  dc  3oo  milles  au  N.-E.,  se 
terniine  dans  un  marais  immense,  vers  I'O.  Des  roclies  porphy- 
ritiques  et  I'argile  schisteuse  accompagnent  les  roches  primitives 
pres  de  Balhurst  et  de  Sydmouth,  jusqu'au  lac  George  et  la  ri- 
viere Cookbundoon,  qui  continue  jusqu'aux  prairies  oiile  terrain 
houiller  parait  denouveau. 

La  geologie  de  la  Terre  de  Diemen  est  conforme  a  celle  du  con- 
tinent de  la  Nouvelle-HoUande.  Hobarl-Towa  et  George-Town 
sont  toutes  les  deux  sur  le  terrain  houiller.  Entre  cette  derniere  et 
Elisabeth-Town  ,  on  trouve  un  calcaire  rempli  de  coquilles,  pro- 
bablement  un  calcaire  oolitique.  La  meme  roche  exisle  pres  de 
George-Town,  dans  une  lie  duTamar.  A  Bagdad,  au  milieu  de  Tile 
on  trouve  une  roche  qui  repond  a  la  description  du  millstone  grit. 

On  trouve  aussi  du  sel  sur  le  Macquarrie.  A  I'E.  et  a  I'O.  de  la 
partie  habilee ,  entre  les  deux  villes,  on  ne  decouvre  que  des 
roches  primitives  tres-elevces;  de  sorte  qu'il  est  probable  que 
nie  nc  conticnt  guere  d'autrcs  terrains  fertiles  qui  puissent  aui- 
rcr  une  emigration  future,  ce  qui  n'est  pas  le  cas  avec  la  Nou- 
vellc-IIollande. 

On  lit  une  leltre  de  M.  J.-S.  Yeats,  sur  le  fait  suivant. 

Un  puits  de  285  pieds  de  profondeur  ayant  ete  creuse  a  Strea- 
tham,  on  pbserva  les  superpositions  suivantes.  Depuis  2  pieds 
jusqu'a  2y  pieds  dc  profoudeur ,  une  argile  tenace,  d'un  brun 
fougeatrei  de  la,  a  35  p.  de  profondeur,  de  I'argile  contenant 
des  septaria ;  de  la  a  une  profondeur  de  180  pieds,  une  argile 
bleuc,  dans  laquelle  ,ahi  profondeur  de  70  a  100  pieds,  on  trouve 
differcntps  coquilles  et  fiagmons  debois  bitumincux  el  firsulmrc. 
De  2ooa  2^0  p.,  de  I'argile  blcue,quelqucfois  sablonncuse,  et  dans 
laquelle  selrouvcnt  beaucoup  de  coquilles  et  de  bois  bitumineux. 
A   a3o  p.  on  tiouvc  des  cailloux  de  quartz  noir  conmic  ceux  de 


286  Gcologie. 

Blackbeath,  cettc  profondeur  paraissant  etre  Ic  point  de  jonction 
de  I'argile  de  Londres  et  dc  I'argile  plaslique;  ensulte  une  couclie 
de  sable  ,  et  apres  des  argiles  de  differentes  couleurs.  A  la  pro- 
fondeur de  270  p.  jusqu'a  285  on  trouve  des  sables  et  des  ar- 
giles sablonneuses,  dont  la  plus  grande  partle  est  pleine  de  tcrre 
verte,  ressemblant  exactement  a  celle  du  banc  d'lmitres  ,  a  Rea- 
ding. Le  memoire  etait  accompagne  d'ecliantillons  de  ces  diffe- 
rentes couches. 

On  lit  une  lettre  de  M.  Alexandre  Gordon  a  M.  D.  Gordon 
d'Abergeldie  ,  donnant  une  description  de  trois  forets  desapin  , 
ensevelies  dans  une  tourbiere,  et  accompagnee  d'echantillons. 

La  tourbiere  d'Auldguissack  dans  I'Aberdeenshire,  en  Ecosse , 
presente  un  plan  incline ,  ou  plutot  une  surface  inegale ,  ct  variee 
en  profondeur  de  18  a  10  p.,  depuis  la  par  tie  la  plus  basse  de  la 
montagne  jusqu'a  la  riviere. 

Encreusantla  tourbiere  en  deux  endroits  differens,  on  trouva 
de  grosses  racines  de  sapins  ecossais  ,  a  un  pied  environ  au-des- 
sous  du  niveau  ordinaire  de  la  tourbiere.  Au-dessous  de  ces  ra- 
cines il  y  a  une  couche  d'environ  un  pied  et  demi  de  tourbe,  au- 
dessous  de  laquelle  on  trouve  encore  des  troncs  et  des  racines  de 
sapin;  et  en6n,  en  creusant  encore  plus  loin  a  une  profondeur  dc 
6  a  7  p.  au-dessous  du  niveau  ordinaire  de  la  tourbe ,  on  trouva 
encore  des  troncs  et  des  racines. 

II  parut  impossible  a  M.  Gordon  que  ces  racines  pussent 
avoir  support^  des  arbres  differens  croissant  a  la  meme  epoque, 
car  les  ramifications  horizontales  dislinctes  de  ces  arbres  sont 
ensevelies  dans  des  couches  de  tourbes  situees  Tune  au-dessus  de 
I'autre. 

Seance  du  23  avril,  ■ —  On  lit  un  memoire  intitule  :  Quelques 
observations  sur  les  lacs  tlu  Canada,  lours  hords  ct  leurs  com- 
munications, par  le  lieutenant  Portlock,  R.  £.• — Dans  ce  memoire 
I'auteur  decrit  la  nature  diverse  des  bords  des  lacs  Huron  ,  Mi- 
chigan ,  Erie,  et  les  autres  Incs  du  Canada,  et  y  joint  un  plan 
dans  Icquel  il  presente  les  differences  de  niveau  de  ces  lacs,  et 
leurs  communications  I'un  avcc  I'autre.  II  observe  que  la  couche 
superieure  a  la  cataracte  de  Niagara  est  un  calcaire  corapacte, 
reposant  sur  une  couche  d'une  nature  tres-schisteuse.  Ce  n'est 
pas  par  I'crosion  de  la  surface  que  la  cataracte  parait  reculer; 
mais  I'cau  en  tonibant  d'unc  hauteur  de  i5o  pieds,  frappe  le 
fond  et  se  reduil  en  ecume  qui  est  renvoyee  dans  I'air,  bien  au- 


Geologie.  287 

dessus  du  rochcr  dont  elle  est  tomb^e;  cette  eciime  penetre  les 
couches  argileuses  les  plus  basses,  jusqu'i  ce  que  Ic  rocher  su- 
perieur  soit  min6  et  tombd. 

Le  lieutenant  Porllock  remarque  qu'il  y  a  eu  un  abalssement 
gradual  dans  Ic  niveau  des  lacs  du  Canada;  11  presente  aussi 
quelques  considerations  sur  le  voisinage  des  sources  de  plusieurs 
fleuves  qui  coulcnt  dans  des  directions  opposees. 

Seance  du  7  mai.  ■ —  On  commence  la  lecture  A'un  inemoire 
sur  la  geologie  des  iles  Ponces,  par  G.  P.  Scrope. 

On  lit  une  lettre  de  M.  Thomas  Botfield ,  membre  de  la  So- 
ciete,  etaccompagnce  d'os  et  de  cornes  de  daim,  et  d'os  d'liomme 
et  d'autres  animaux,  trouves  dans  une  fente  de  rocher,  dans 
une  carriere  a  Kimksbay  (pres  des  anclennes  mines  de  fer), 
dans  la  paroisse  de  Dawley,  comte  de  Shropshire.  Leur  adhesion 
a  la  languc  montre  que  la  gelatine  est  entierement  detrulte,  ce 
qui  n'arrive  que  bien  long-temps  apres  I'enterrement. 

Seance  du  21  mai.- — 'Oa  terminc  la  lecture  du  Mcmoire  sur 
la  geologie  des  lies  Ponces.  —  Les  iles  Ponces  sont  situees  sur  la 
cote  d'ltalie,  en  face  deTerracine  etde  Gaete.  Elles  comprennent 
Ponce  (anciennement  Pandataria  )  Palmarola,  et  quelques  petits 
ilots  ;  Ventotene  et  San  Stefano  les  unissent  avec  Ischia.  Le  port 
de  Ponce  est  excellent.  Le  memoire  de  Dolomieu,  sur  les  iles  Pon- 
ces ,  excita  la  curiosite,  mais  il  est  trop  general  pour  la  satisfaire. 
Ces  lies  sont  composees  de  roches  trachytiques,  et  presentent  de 
belles  sections  sur  les  coles,  qui  ont  mis  I'auteur  en  etat  d'eclair- 
cir  plusieurs  doutes  et  de  corriger  plusieurs  erreurs  que  les  sim- 
ples recheiches  dans  I'interieur  des  terres  avaient  fait  commettre 
rehitivcmcnt  a  cette  formation. 

L'ile  Ponce  est  longue  et  tres-etroite,  les  cotes  sont  comme 
rongces  par  la  mer.  Des  masses  plus  dures  laljsces  le  long  des 
bords  prouvent  que  l'ile  a  ete  plus  large  qu'elle  ne  Test  a  present, 
et  de  petits  promontoires  font  voir  aussi  qu'elle  se  joignait  autre- 
fois avec  Quanuone  et  la  Gabbia.  Des  trachytes  prismatiques  de 
differentes  conleurs  et  places  dans  diverses  positions  formcnt  la 
charpente  de  Tile.  Ces  trachytes  sont  accompagnes  ct  alternent 
avec  un  trachyte  demi-vitreux  forme  d'unc  maticre  pulvcrulonte 
dans  laquelle  sont  engage's  de  petits  fragmens  de  trachyte.  Le 
'  trachyte  prismatique  paiait  avoir  etc  injccte  a  Iravers  la  matiere 
pulverulente,  et  partout  on  il  la  louche  sa  base  terrcuse  est  conver- 
tie  en  un  trachyte  vilreux  et  quelquefois  en  tm  trachyte  ^raaille , 


^88  Mineralogic. 

et  renferme  aussi  de  veritable  obsidiennc.  Ccs  roclics  se  joignent 
a  uii  Iracbyte  sibceux  qui  rcssemble  en  apparence  au  buhrstoiie 
siHceux  de  Paris.  Snr  le  trachyte  demi-vitreux  qui  forme  la  base 
de  la  rnontagne  della  Guardia  repose  une  roche  de  3oo  pieds  d'e- 
paisseur,  que  I'auteur  distingue  niineralogiquement  du  trachyte 
commun ,  et  a  haquelle  il  propose  de  donner  le  nom  de  picrre 
grisc.  A  Jammone,  le  trachyte  repose  sur  le  calcaire,  que  Broc- 
chi  diicrit  comme  calcaire  de  transition  ;  au  contact  ce  dernier 
devient  dolomie.  Apres  avoir  ainsi  decrit  ce  groupe,  I'auleur 
termine  son  raemoire  en  montrant  les  rapports  entre  la  structure 
geologique  de  ces  iles  et  celle  du  continent  voisin  de  I'ltalie. 

On  lit  un  mcmoire  intitule  :  Notes  accompagnant  les  echan- 
tillons  rccueillis  dans  un  voyage  a  trovers  une  parlie  de  la  Perse 
et  de  la  Tartarie  russe  ;  par  M.  James  Fraser. 


MINERALOGIE. 


2i/,.  Natcrgeschichte  des  Mineralreichs.  Histoire  naturellc 
du  regne  mineral ;  livre  elementaire  pour  les  gymnases  et  les 
ecoles;par  G.  C.  de  Leonhard.  Heidelberg;  J.  Engelmann. 
(Prospectus^ 

Get  ouvrage  aura  14  a  i5  feuilles  in-8,  d'impression  ;  tous  les 
caracteres  et  lesproprietesdesraineraux  y  serontdevcloppcs,mais 
I'auteur  n'y  decrira  que  les  minoraux  les  plus  interessans  ou  les 
plus  utiles.  II  sera  divise  en  deux  parties  :  la  premiere  Iraitera 
de  I'oryclognosie,  qui  comprendra  les  caracteres  des  mineraux, 
la  classification  ,  la  denomination,  la  description  et  les  series  des 
mineraux.  La  scconde  partie  Iraitera  de  la  geognosie  et  de  la 
geologic:  I'auteur  parlera ,  dans  dif'iercns  articles,  du  globe  ter- 
restre  ,  de  sa  croule,  des  changemens  auxqucls  cette  croutc  est 
sujclte  ,  des  masses  qui  la  constituent,  des  formations  ,  des  series 
dc  formations  et  des  hypotheses  gcogeniques.  II  y  aura  un  petit 
atlas  geologique.  Pour  faciliter  I'etude,  le  comptoir  de  mineraux 
de  Heidelberg  a  toujours  des  collections  mineralogiqucs  pretes. 
Unepareille  collection,  dc  3oo  a  400  morceaux,coutc,  avec  les 
etiquettes,  /|/|  a  GQ  florins,  ou  de  1 10 a  iCo  fr.  Cent  inodclcs  de 
cristaux  coutent  i6  11.  3o  k.,  ou  environ  /,2  iv. 


Mindraloi^ie.  289 

2 1 5.  Sua   DivEnsES  locahtfs   df,    mineradx    dk   l'Am£iiique 
SEPTENTRiONALE.  [Aincr.  Journ.  ofScicncc,  fiv.  i8a4,p.  aSi.) 

Charles  U.Shephard^crit  qu'ila  trouve  iTower-IIill,  en  Cum- 
berland, la  llevrite  massive  et  cristallisee  en  prisme  a  4  pans, 
avcc  dcs  angles  de  112"  et  68°,  et  avec  un  sonnnet  pyramidal  a 
4  faces.  Ce  mineral  est  einpatedans  un  melange  de  quartz,  d'cpi- 
dote  et  de  fer  oxidule  magnetlque.  Le  dislhene  de  Chesterfield 
est  accompagne  de  feldspath  vert  et  de  manganese  oxide  siliccux. 
Le  feldspath  vert  assocle  a  la  chaux  fluatee,  s'est   aussi  rencon- 
tre a  Beverly-Mass.  M.  Jacob  Porter  annonce  difftrentes  localites 
de  mineraux,  parmi  lesquelles  nous  signalerons  des  tourmalines 
dans  du  quartz  a  Cummington  et  Washington,  de  la  scapolite 
dans  du  quartz  a  Chesterfield,  et  du  graphite  a  Lonesborough. 
M.  Steuben  Taylor  communique  une  liste  semblable;  il  y  a  des 
disthenes  a  Chatham,  du  granite  graphique.avec  de  la  plerre  ol- 
laire  el  de  I'actinotea  Barkampstead,  et  de  la  galene  exploitee  a 
White-Creek  (N.-Y).Le  talc  vert  de  Smithfield  R.  I.  a  donne  des 
masses  pesant  i5o  liv.  Le  D"^.  Eben  Emmons  annonce  a  Ches- 
ter de  la  sienite  avec  du  sphene,  de  I'argile  et  de  I'actinote,  de  la 
chaux  phosphatee  dans  un  agrcgat  d'epidote  grise,  d'araphi- 
bole  et  de  quartz  ,  du  disthene,de  la  staurotide,  et  du  pyroxene 
amorphe  dans  du  micaschiste;  enfin  un  bloc  d'agate  pesant  iSo 
liv.  A  Bennington  on  trouve  dumauganese  oxide  noir.  Le  mica- 
schiste    de  Chester   prcsenlc  dcs  petits  filons  tapisses  de  chaux 
carbonatee  a  prismes  a  six  pans  tronques   sur   les  angles  ,  de 
chabasie  cubique,  et  de  stilbite  dodecaedre.  II  existe  des  beryls  a 
Norwich.  A.  B. 

ai6.  Sur  les  mines  de  terre  ou  nE  lignite  vitriolioue 
des  environs  de  Oppelsdorff ,  par  Joh.  Aug.  Blume.  {Schrift. 
unci  J'erharuU.  der  okonoin.  Gcsflls.,  1'^.  livr.,  Dresde,  1818  , 
p.  93. ) 

La  terre  vitriolique  est  asscz  rare  dans  la  Lusace,  car  I'auteur 
y  a  \u  3o  localilcs  d'aulres  especes  de  lignite,  et  seulement  nnQ 
de  celte  terre.  L'auteur  suppose  que  cette  dernicre  est  de  forma- 
tion plus  ancicnne  que  le  lignite  ordinaire.  II  a  employe  celte 
terre  a  ramcndement  des  terres,  et  a  exploito  aussi  pour  Ic 
meme  usage  unc  couche  puissautc  de  lignite  a  Olbcrsdorf,  prcs 
de  Zittau.  Prcs  Tiirchau  il  y  a  une  couche  de  lignite  de  80  pieds 
B.  Tome  IH.  19 


ago  Muieralogie. 

de  puissance  qui  se  trouve  sous  une  couche  de  terrc  do  i4  a  i8 
pieds.  Ce  lignite  repand  en  brulant  I'odeur  d'ambre. 

217.  NouvELLEs  1.0CALITJS  MiN^RALES  dans  I'Am^rlque  sepfen- 
trionale ;  par  BT.  J.  W.  Webster, D.  M.  [Boston  Journ,  of  Phil, 
and  the  Arts,  n".  6 ,  mai  i8a/|.) 

Le  feldspath  \ert  de  Beverly  se  trouve  en  petits  filons  dans 
line  sienite,  et  y  est  associe  avec  du  zircon  prisme.  Le  plus  grand 
de  ces  cristaux  pese  3o,5  grains;  leur  pesanteur  sjxJcifique  est 
de  4,06.  L'amphibole  et  le  feldspath  de  la  sienite  ressemblent  a  ccs 
mineraux  de  la  sienite  zirconienne  de  Norwege.  Rarement  le 
feldspath  vert  est  cristallisu.  Pres  de  Stow  (Mass. )  11  existe  de 
I'apatite  prisme,  du  beryl,  et  dc  la  tourmaline,  dans  des  blocs  de 
granite.  L'andalousite  en  prisme  a  4  pans  se  trouve  dans  du 
quartz  pres  de  Lancaster.  Le  triphane  est  abondant  dans  une 
roche  de  Sterling  composee  de  quartz,  de  mica,  de  triphane; 
I'auteur  assure  que  ce  compose  forme  un  rocher  pesant  environ 
3o  tonneaux.  La  cleavelandite  se  trouve  en  petite  quantite  dans 
la  merae  localite.  A.  B. 

218.  SUR     niTERSES     tOCALITES    DE    MINERAUX     DE     l'AmERIQUE 

sEPTENTRioNALE.  (  The  Arncr.  Journal  of  Science  ,  novembre 

1823,  p.  54.) 

M.  T.  Webb  presentc  d'abord  une  noticesur  lespath  fluor,  qu'on 
trouve  pres  du  mont  DIamond-Hill ,  sur  la  route  de  "Wrenlham, 
dans  le  Cumberland.  II  y  est  dans  un  petit  filon  de  quartz  traver- 
sant  une  roche  granitoide.M.  Webb  a  decouvert  des  tournalincs 
en  partie  cristallisees  dans  du  quartz,  et  des  roches  granitiqucs 
de  Perton  (Mass.)  Un  talc  jaunaire ,  blanchatre  ou  noiratre  forme 
une  masse  pres  de  Worcester  ^Mass.)  L'auteur  lui  doiine  le  nom 
de  Vcrmiculitc,parce  qu'il  prcnd  au  chalumeau  des  formes  sem- 
blaulcs  a  des  vers.  M.  If.  N.  Tenn  a  decouvert  un  banc  de 
bonne  houillc  bitumineusc,  a  8  millcs  du  Genesee.  Ce  lit,  dc  6 
pouces  5  d't'pai'iseur,  se  trouve  dans  un  escarpement  calcaire 
schisleux,  au-dcssus  du  vallon  de  Quiscguagh.  II  y  a  de  la  sclc- 
nite  rose  dans  des  coquillagcs  bivalves  ,  au-dcssous  des  chutes  a 
Rochester,  et  pres  de  la  il  y  a  aussi  de  la  baryte  sulfatee  dans  un 
gres  rouge.  M.  Robert  Mair  a  Irouve  surle  mont  Brinstone-Ilill, 
pres  Stamford  (  Connect. ),  un  bloc  de  granite  qui  rcnfcrme  du 
SQufrc  provcnu  de  la  decomposition  des  pyrites.  Le  D"^.  Culbush 


Mineralo'^ie.  an  i 

flniionce,  prrs  de  Westpoint,  les  localites  nouvciles  stiivantcs  de 
iiiineraux  :  le  molybdcne  siilfure  dans  le  granite  ct  le  gneis ;  le 
caolin,  la  grammatite  dans  la  sienite;  le  scliorl  et  I'adulaire  dans 
le  granite;  les  grenats  dans  le  gneis  et  le  micascliite;  I'epidote  , 
la  coccolite,le  diallage,  la  serpentine,  dans  le  comte  de  Putnam  ; 
du  sable  f'errugineux ,  ressemblant  a  de  la  grauwackc  decorapo- 
see,  et  contenant  des  cliainas ,  des  gryphees,  des  Imitres,  des 
peignes,  des  terebratules  ,  etc.  A  4  milles  de  Westpoint,  vers 
Newburgh,  la  grauwacke  renferme  des  orthoceratites.  Le  D*^.  J. 
Porter  annonce  du  raolybdine  sulfure  a  Chesterfield,  etdu  rutile 
a  Cunimington.  Le  prof.  T.  Hall  ecrit  que  le  calcaire  sccondaire  de 
Cvownpoint  (N.  Y.),  offre  des  ammonites.il  y  a  des  carrieres  con- 
siderables de  gres  ronge  entre  les  villages  de  St. -Albans  et  le  lac 
Champlain.  A  Chester,  il  y  a  de  I'epidote  et  des  grenals  nielcs  de 
I'er  oxidule  octaedre.  A  Swanton  ,  il  y  a  deux  especes  de  mar- 
bre;  I'un  noir,  et  provenant  de  la  baie  Mlssisque  en  Canada,  ct 
I'aulre  brunatre  d'Inde  -S.  de  Swanton.  II  y  a  du  fluor  a  Belle- 
rosl'alls,  et  des  favosites  sur  le  lac  Champlain.  A.  D. 

9.i().  Sdr  le  sel;  par  leD''.  Van  Rensselaer.  [The  /liner.  Jonrn. 
of  Science ,  fcvr.  182/1,  p.  3()o.) 

Ce  savant  a  public  recemment  un  Essaisur  le  sel,  0:1  i!  traite  ce 
sujet  sous  le  point  de  vue  geologique  et  cconomique.  Lc  redact  cur 
du  journal  aniericain  releve  un  article  de  cet  ouvrage,  dans  Iccjuel 
I'auteur  avait  cru  devoir  anncxcr  an  depot  salifcre  lc  grcs  rouge 
du  pied  des  montagnes  rochcuses.  II  montre  qu'en  cet  cndroit  se 
trouve  le  gres  rouge  ,  puis  des  masses  de  gres  gris,  d'argile  schis- 
teuse  et  de  trapp ,  et  enfin  le  gres  rouge  friable  saliferc.  Le  nicnic 
arrangement  a  lieu  dans  I'lnde.  La  jiartie  occidentale  de  New- York 
parait  offrir  la  nieme  succession  de  depots  que  certaincs  parties 
dd'AnglcterrcLe  terrain  superieur  est  un  calcaire  horizontal  a  si- 
Icx  cornc, madrepores,  coraux,  univalves  et  bivalves.  L'niitenr  v 
trouve  I'equivalent  da  grand  dej)6t  o(jiitique  anglais,  en  y  com- 
prenant  lc  coralrag,  etc.  Leliasscrait  reprcsente  au-dcssous  par 
des  couches  d'argile  et  de  uiarnes  de  diffcrentcs  teintes,  rouges  , 
bleues,  etc.  Plus  bas  est  lc  gres  rouge  avec  le  sel,  le  gypsc  el  la 
baryle  suifalec  nodulalre.  De  belles  couj)es  semblables  sc  voient 
a  Rochester  et  a  Lewiston.  En  traversaut  le  pays  depuis  le  lac 
Seneca,  aux  monts  Cat^kill ,  on  trouve,  apres  avoir  quitte  le 
calcaire,  des  scliisles  argileux  horizontaTix  a  bivalves,  qui  for- 


392  Alineralogie. 

ment  les  rives  dcs  lac  Cnyaxa  et  Sonera.  En  alhint  a  I'esI  nilx 
brandies  superioiiics  dii  Siisquchannafi ,  on  ohserve  un  sdiistc 
brun  et  janne  semblable  an  premier ,  mais  il  devicnt  ronge  a  IVsf, 
et  enfin  Ton  arrive  au  gres  des  Catskill.  A  Test  de  cette  chaine  le 
pays  est  intermediairc  et  presente  snrtout  du  calcaire  a  encrine 
anglais,  avec  des  silcx  cornes  et  beaucoup  de  coqnillages.  Le 
terrain  houiller  est  represente  par  les  roches  schisteuses  entre 
les  deux  lacs  et  les  Cafskill.  A.  R. 

220.  NOTICR    SUR    T.F.S    BAINS    SITUES    PRKS    DE    HIcSKAU  ,  HANS   LA 

Lusacesiiperif.ure;  par  D.  Ki.EEMANN.(iV^eMej  Lau.iitz.Mag.y 

3*^.  vol.,  i<\  call.,  1824  >  p-  237. J 

Le  sol  des  environs  de  Muskau  (Det.  Liegnitz)  est  compose 
d'argilc,  de  sable,  de  marnes,  de  minerals  de  fpr,  de  couches  de 
lignite  et  de  terre  vitrioliqne.  Le  bain  se  trouvc  au  pied  de  !a  ma- 
nufacture d'alun,  sur  la  Neiss.  En  1822  on  construlsit  le  bain,  ct 
on  I'agrandit  en  1823,  La  source  contient,  dans  10000  parlies  , 
0,0022  de  carbonate  de  fer,  o,oo23  de  sulfate  de  magnesie , 
rt,ooo.'i  de  sulfate  de  cliaux,  o,ooo3  de  silice,  et  une  quaulitti 
nondeterminee  d'acide  carboniquc. 

221.  NOUVELLE    I.OCALITE    DE    I'LUSIEURS  FOSSILES  REMARQUABLES 

dans  les  pays  du  Rhin;  parlSoGCERATH.  {Das  Gcbirgein  lihein. 

fVcstph.,  3".  vol.,  p.  284.) 

Des  hyacintlies  se  rencontrent  dansle  busalte  decompose  ef  le 
basalte  a  fragmens  deschiste  altere  de  'VVintermuhlendorf ,  dans 
les  sept  montagnes.  Le  peridot  cristalHs^  se  trouve  dans  les  bou- 
les  d'ollvine  de  Dreiser  Weihers,  pres  Dorkweiler  (Eifel).  L'an- 
thopliyllite  ou  bronzite  existe  dans  I'olivinedu  basalte  d'Unkel, 
pres  Oberwinter ;  il  resseinble  a  celui  de  Kujiferberg,  dans  le 
Bayreutli.  Le  para  deMendcbcrg,  pres  Linz,  renformc  des  druses 
de  mesotype  ft  d'harmotome  dodccacdrc.  Le  conlierite  primiiif 
se  trouve  nicle  avec  du  fcldspalh  vitreux  et  du  mica  ou  des  gre- 
nats  au  lac  de  Laach.  On  y  voit  aussi  des  druses  d'apatitc.  La 
haiiyne  est  disseminee  dans  les  Louies  composees  de  feldsj)atli  et 
de  mica  de  Rockeskyll,  dans  I'Eifel.  Le  bois  opaliseasbestiforme 
d'Oberkassel  a  ete  relrouve  dans  une  couclic  dc  lignite  de  Lci- 
mersdorf,  non  loin  d'Abriverler  sur  I'Alir.  Le  quartz  offre  du 
minium,  en  dehors  des  mines,  a  Bleialf,  d«ns  le  ccrcle  de  Prtim  , 
district  de  Treves. 


Miner,  ilo^ie.  aqS 

aaa.    Note    sue  les    mineraitx    pes    environs    du   lac  Supe- 
KiEuu  ;  par  Joseph  Delafield.  (^Annals  of  the  Lye.  of  Nat. 
History  of  New-YorA  ,  mars  1824  >  P>  79-) 
M.  Delafield  a  examine  avec  attention  les  promontoircs  situes 
la  long  (le  la  cote  nord  du  lac  Superieur,  et  la  chaine  de  nion- 
lagnes  qui  s'y  rattachent;  il  y  a  trouve  le  granite  sienitlque,  le 
gneiss,  et  le  griinstein  alternant  ensemble.  Celui-ci  est  frequem- 
ment  amygdaloide  ;  ilrenferme  des  cristaux  d'epidote  aciculaire, 
des  veines  d'epidote  compacte,    du  calcaire  spathlque  brun  et 
blanc,  du  spath  satine,  de  la  hornblende  fibreuse  ,  de  la  chlorite 
lerreuse,  de  la  zeolithe  radif^e  et  de  la  jjrehnite.  Le  meme  sa- 
vant a  observe  du  sulfure  de  fer  en  cristaux  cubiqnes  dans  le 
granite  si^nilique  des  Petits  Merits,  et  des  staurotides  dans  le  ml- 
cuschiste  du  lac  de  la  Croix  ,  sur  le  territoire  Indien.      G.  Del. 

aaS.  Description  d'uke  nouvelle  forme  de  CHRTsoBEiiyL  • 
par  le  D".  Troost.  { Journ.  of  the  Acad,  ofnat.  Sc.  of  Phila- 
delphia, mars  i8a4,  p.  293.) 

La  cymophane  n'existe  pas  seuleinent  aux  £tafs-Unis  dans  le 
voisinage  de  Haddam  ,  le  D''.  Steel  I'a  receniment  dccouverte  U 
Saratoga,  dans  I'etal  de  New-York,  M.  Troost,  en  examinant 
ses  cristaux,  a  reconnu  qu'ils  presentaientune  nouvelle  forme, 
compobc-e  des  faces  primitives,  et  des  plans  /,  s  determines  par 
I'abbe  Haiiy.  Ces  cristaux  sont  engages  dans  une  pegmatite  subor- 
donnee  au  gneiss,  qui  rcnfernie  aussi  des  tourmalines  isogones, 
<Us  beryls  peridodecaedres,  des  grenats  trapezoidaux  ,  et  de  la 
miemite  lamellaire.  G.  Del. 

a'i/j.    Description  pk    la    Colombite  de  Haddam    (en    Con- 
necticut )  avec  des  remarques  sur  quelqucs  autres  mineraux 
de  I'Amerique  du  Nord;  par  John  Torrey.  {Annals  0/ Lye. 
of  Nat.  Hist,  of  New'York  ,  mars  1824  ,  p.  89.) 
En  examinant  quclnues  echantilions  de  la  roche  dc  Haddam  , 
le  D"".  Torrcy  a  remarquu  des  petites  masses   d'une  substance 
noiratre  qui  s'y   Irouvaicnt  dissemitiees,  et  qui  avaient  I'appa- 
renie  d'un  mineral  de  manganese.  II  decouvrlt  en  mtJmc  temps 
un   nombre  considerable  de   pclils  cristaux    qui  appartenaient 
(ividemment  a  la  m^me  espece.    II  lui  vint  dans  I'esprit  que  ce 
j)ouvait  etre  la  Tantalite  dc  Rtrzclius,  ct  I'cssai  chimique  qu'il 
en  iit,  lui  laissa  j)cu  de  doutcs  sur  cc  rapprochement.  La  coloni- 


^94  Mindralogie.  , 

bite  se  presciite  en  pelitcs  masses  amorphes ,  et  en  petits  cristaux 
clans  une  roclic  granitoide  coniposee  do  quartz ,  d'albite  ,  de  talc, 
dc  grenat  magnesien  friable,  de  beryl,  de  cymophane,  etc. ;  ia 
couleur  est  dun  noir  grisatre  :  elle  est  opaque.  Sa  structure 
est  imparfaitement  lamellaire;  sa  cassure  un  peu  conchoidale. 
Elle  ne  donne  point  de  signes  de  magnelisrac.  Sa  duretc  est  suf- 
fisante  pour  qu 'die  puisse  rayer  le  verre  ,  maiselle  ne  fait  point 
feu  sous  le  briquet.  Sa  poussiere  est  d'un  brun  tres-sorabre,elle 
pese  spccifiqucinciit  ^,90.  Au  clialumeau  elle  est  prcsque  infu- 
sible, les  petits  fragmens  n'etant  que  legeremcnt  arrondis  sur 
les  bords.  Le  borax  la  dissout  tres-lentenient,  et  forme  avcc  elle 
un  verre  d'un  jaune  pale.  Quelques-uns  dcs  cristaux  observes 
par  M.  Torrey  etaient  d'une  grande  perfection.  Leur  forme  est 
celle  d'un  prisma  rectangulaire  comprime,  ordinairement  tron- 
que  sur  les  aretes  laterales,  et  tcrmine  par  une  pyramide  a  qua- 
Ire  faces,  dont  deux  prennent  souvciit  une  etendue  conside- 
rable. 

M.  Torrey  ajoute  a  sa  notice  quelques  observations  sur  trois 
substances  decouvertes  dans  I'Amerique  du  Nord  ,  savoir  :  le 
phosphate  de  manganese ,  qui  se  trouve  engage  en  petites  masses 
imparfaitement  laminaires  dans  un  granite,  a  New-Water-Works, 
aux  environs  de  Philadelphie;  le  sulfure  d'antimoine  ,  observe 
dans  les  cavites  d'un  quartz,  ou  il  s'associe  au  sulfate  de  fer;  et 
le  carbonate  de  fer,  trouve  comme  le  precedent  en  petits  cris- 
taux drusiqucs  dans  un  quartz  caverneux  avcc  le  Icr  micace. 

G.  Del. 

225.  Notice  sur  une  vauiete  ue  Lazulite  qui  se  trouve  en 
Styrie,  par  le  prof.  Avkhh.  {Steyerm.  Zeitschr.y  Gratz,  1824 » 
tail.  V,  p.  164.) 

Lc  lazulite  se  trouve  uniquement  dans  la  montagne  alpine  de 
Fischbach,  sur  la  limite  scptcntrionale  du  cercle  de  Gratz,  au  lieu 
appele  Giessibler  Holzschlag.  II  s'y  trouve  dissemine  dans  des  lits 
puissans  de  quartz  subordonne  au  micaschiste.  On  trouve  dc 
ces  blocs  de  quartz  sur  la  pente  S.-E.  de  ccttc  montagne.  Pres 
AValdbach,  non  loin  de  Vorau,  le  micaschiste  ne  contient  que 
du  cuivrc  carbon.'itu  bleu  et  dn  cuivre  pyritcnx.  Lc  blauspath  de 
Werner  se  trouve  en  cailloiix  au  mont  Stickelberg  ;  niais  il  n'est 
pas  si  beau  <pie  cciiii  de  Krieslach. 

Le  savant  autcur  a  trouve  le  lazulite  cristallisu  cu  uu  prisme 


Mmeralogic.  2r)5 

oblique  a  4  cotes ,  dont  le  somiuet  est  formii  par  qualre  faces 
placees  sur  les  aretes  laterales.  II  decrit  ensulte  cetle  substance 
qui  presente  uii  clivage  difficile,  parallele  aux  pans  du  prisme, 
et  quelques  traces  d'un  clivage  jarallelement  aux  faces  des  som- 
mets.  II  a  la  durele  de  I'apatite,  et  une  pesanteur  sjxjcifique  de 
3,042 ,  a  la  temperature  de  I'eau  de  j6  |"  R. 

'J.26.   Notice    adbitionnelle  sur  l'Argentine,    par   le  Prof. 
Dewey.  [Ainer.  Journal  of  Sciences,  V.  7  ;  fev.  1824,  p.  248.) 

Ce  mineral  estgris;  il  est  phosphorescent  sur  les  charbons, 
se  divise  devant  le  chalumeau  en  fi-agmens  rhoinboidaux ,  et 
renferme  presque  la  meme  quantite  de  sllice  que  le  quartz ; 
la  chaleur  rouge  en  degage  3  p  ^  d'eau.  II  se  trouve  en  masses 
laniinaii-es  a  Williamsburg  et  a  Southampton. 

'22y.    MoLYBDENE    ET  SiLLiMANiTE  ,    ctc.    (  AiHcric  Journ,    of 
Sciences ,  V.  8  ,  p.  194  et  198. ) 

Le  molybdene  se  trouve  pres  de  I'eglise  de  Pettipang,  noii 
loiu  de  Saybrook ,  et  la  sillimanlte  existc  dans  des  filons  de 
quartz  d'un  micascliistc  de  la  paroisse  de  Chester.  Le  cobalt  ar- 
senical octaedre  a  etc  decovivert  a  Franconia  ,  et  I'aniethyste  a 
Bristol  (Rhode-Island)  ou  plutot  sur  le  bord  de  la  baie  de 
Morent-Hope.  Ce  mineral  est  dans  une  roche  granltoide  surtout 
i'eldspathique.  II  y  a  aussi,  en  ce  lieu,  du  fer  micace  et  de  la  pyrite 
cubique  dans  un  schiste  argileux.  Dcpuis  Narraganselt  a  la  baie 
de  Massachusetts  le  pays  est  inbermediaire  ,  et  le  primitif  ne  res- 
sort  que  ca  et  la  comme  a  Morent-IIopc. 

228.    Sur   IE  NouTEAU  Marteau  mineralogique   du   Rev.  L. 
Hitchcock..  (  Amer.  Journ.  of  Scienc. ,  nov.  1823,  p.  175.  I 

Ce  marteau  a  un  cote  en  forme  de  tranchant  aigu  vertical,  et 
I'autre  est  a  surface  faiblcment  arrondlc.  Le  manche  contient 
une  cavite  pour  un  ciscau  qui  y  est  retenu  par  un  ressort. 

228  bis.  JoH.  ScHUSTERiTzscn ,  marchand  de  mineraux,  a 
Tciplitz  en  Boheme,  a  rapporte  beaucoup  de  beaux  mineraux 
d'un  voyage  qu'il  vient  de  faire  dans  les  ctals  allemands  meri- 
dionaux  de  Tempirc  aulrichien. 


2g6  Bo/anique. 

BOTANJQUE. 

■I'ig.  Observatbons  MicnoscopiQVEs  sur  diverses  especes  de 
plantes  ;  par  M.  J.-B.  Amici  ,  professcur  de  mathcmatiques 
a  Modene.  [Jnn.  des  Scieric.  natur.,  mai  182/1  ,  p.  4i-) 

L'invenleur  d'un  excellent  microscope,  a  I'alde  duquel  on 
pcut  obsprver  la  surface  des  objets  opaques  en  lour  donnant  ua 
grossissemcnt  considerable,  a  porle  son  attention  sur  I'anatomie 
veyetale;  ctil  a  obtenu  des  resultats  qui  doivent  rcpandre  beau- 
<oup  de  luiniere  sur  la  science  si  obscure  jusqu'a  ce  jour  de  la 
pliysiologie  vegetale.  I\I.  Amici  avait  dcja  fait  connaitre,  dans  le 
Tolume  XVllI  des  Actes  de  la  societe  italienne,  les  circonstanccs 
qui  accompagnent  la  circulation  du  sue  <ians  le  Chara  vulgaris; 
il  a  voulu  savoir  si  les  autres  vegetaux  possedaient  une  sembia- 
ble  circulation  ,  et  pour  cela  il  lui  a  fallu  i'e])eter  les  experiences 
de  Corti  sur  les  m^mes  plantes  que  ce  savant  nvait  employees 
poiir  etablir  I'existence  de  la  circulation  cans  Irs  vegciaux.  S'e- 
tant  assure  cpie  la  planle  de  Corti  clait  le  Cnul.'nuifragilis'SWWd., 
il  en  a  decrit  dansce  memoire  la  structure  intcrieure  et  ia  circu- 
lation du  sue. 

La  coupe  transversale  du  tronc,  vuc  avec  un  grossisseinent 
tres-fort,  presente,  vers  la  partie  centrale,  un  tissu  tres-(in  qii'au 
premier  aspect.  Ton  prendraitpour  le  tissu  raedullaire.  Ilentoure 
un  tuyau  large  ,  cylindrique  ,  qui  occupe  precisement  le  centre. 
On  y  voit  aussi  des  lacunes  considerables ,  variables  en  nombre  , 
et  dont  on  compte  sept  dans  qiielqiies  troncs ,  liuit  dans  d'autres, 
et  rarement  neuf.  Si  on  execute  ia  section  longltudinalcmcnt ,  le 
tissu  dont  nous  venons  de  parler  est  compose  d'une  reunion  de 
tubes  paralleles  trcs-etrolts  traverse's  par  des  diaphragmes  pla- 
ces a  distance,  et  Ires-difficiles  a  apercevoir. 

Le9  lacunes  ne  contiennent  aucun  fluide  ,  si  ce  n'est  de  I'air 
atmosphOrique  qui  s'ecliappe  sous  forme  de  bulles  cbaque  fois 
que  la  ^section  est  executeesous  I'eau.Toutesles  autres ouvcrtures 
que  Ton  apercoit  dans  la  coupe  transversale  sont  les  orilices  des 
vaisseaux  du  sue.  Ceux-ci  sont  ctrangles  par  dos  nocuds  ou  dia- 
phragmes situcs  a  des  distances  plus  ou  moins  ccart^es.  l.es 
racines  ainsi  que  les  nervurcs  des  feuillcs  oflVent  la  meme  struc- 
ture analouiique  que  Ic  tronc;  mais,  dans  ces  dcrniercs,  le 
nombri-  des  lacunes  est  rcd'iit  a  deux  sculement.  Afin  que  I'on 


Botanique.  397 

put  mieuxconnaitre  la  composition  anatomiqueci-dcssusexposee, 
M.  Ainici  a  accompagne  son  meinoiie  de  figures  qui  representent 
plusieurs  coupes  tant  longitudinales  que  transversales,  I'aspect 
des  cellules,  des  tubes  ,  etc.,  vus  avec  divers  grosslssemens. 

Malgre  la  inultiplicite  de  scs  experiences ,  I'auleur  n'a  pu  dc- 
couvrir  dans  le  Caulinia  fragilis  aucune  trachee  ou  tube  poreux. 
11  se  trouve  a  cet  egard  en  contradiction   avec  M.  le  professeur 
Pollini ,  qui  pense  avoir  vu  dans  cette  plante  des  tubes  compo- 
ses d'une  membrane  entiere ,  autour  de  laquelle  une  spire    de 
trachee  serait  enroulee.  Selon  M.  Amici,  I'illusion  de  ce  savant 
atira  ete  occasionee  par  les  plis  qui  se    forment  dans  la  mem- 
brane delicate  des  tubes  qui  separent  une  lacune  de  I'autre  ,  et 
qui ,  lorsqu'ils  sont  dclaires  au  moyen  d'un  faisceau  de  lumiere 
etroit  ,  peuvent  resscnibler  assez  bien  aux  spires  d'une  trachee. 
I-a  structure  anatomique  du    CauVmia  fragilis  ayant  ete  bleu 
determin<5e,  I'auteur  a  examine  le  plienomene  de  la  circulation 
du  sue.  II  a  remarquc  que  ce  phenoiuene  a  lieu  dans  chaque  cavite 
dontla  superposition  bout  a  bout  constltue  Ics  tubes,  sur  laquelle 
on  ne  decouvre  aucun  vestige  de  pore  ou  de  fente  qui  la  mette  en 
communication  avec  ses  voisines;  cette  cavite  est  par  consequent 
un  organe  absolument  distinct.  Quoique  la  transparence  des  vais- 
seaux  et  leur  union  intime  fassent  eprouver  plus  de  dif'ficulte  dans 
I'observation  de  la  circulation,   elle  est  parfaitement  analogue 
a  celle  qui  existe  dansle  Chara  vulgaris.  Mais  heureusement  que 
tons  les  vaisseaux  du  Caulinia  fiagilis  sont  rem})lis  de  concre- 
tions visibles,  qui  tracent  le  cours  du  sue  qui  les  transporte,   et 
donnent  un  moyen  de  mesurer  les  degres  de  sa  rapidite.  Les  cor- 
puscules  dont  la  forme  est  gener.alement  ronde,  et  qui  ne  diffe- 
rent pas  de  grandeur,  se  meuvent  en  tournant  le  long  des  pa- 
rois  de  chaque  cavite.  Quelques-uns  ne  rasent  pas   ces  parois  ; 
ils  marchent  en  s'en  ecarlant  plus  ou  moins,  et  I'auteur  a  ob- 
serve que  Icur  vclocite  pent  elre  raUntie  d'autant  plus  qu'ils  sc 
trouvent  plus  rapproches  d'un  ])lan  ideal  qui  serait  place  longi- 
tudinaleuicnt  dans  le  tube,  sur  le  point  de  contact  eiilre  le  cou- 
rant  ascendant  ct  le  couranl  descendant.  I^a  direction  du  mouve- 
ment   dans  chaque   vaisseau    n'a  aucun  rapport  avec   cclle   du 
mouvenient  qui  s'execute  dans  les  cavites  circonvoisines.    Dans 
les  unes ,  les  corpuscules  circulent  de  droitc  a  gauche;   dans  les 
aulres,c'est  prccisement   en  sens  contiaire.  I^eur    v;';locite  est 
aussi  trcs-variablo;    niais  elle  depend  de  la  longueur  et  dit  dia- 


2g8  Botanique. 

jnotre  des  tuyaux.  M.  Amici  a  cxprimc  par  des  figures  les  di- 
■verses  circonslances  de  celle  circulation,  et  il  a  cvalue  la  duree 
de  la  marchc  des  globules  ;  cclte  duree  dans  le  Caulinia  fragilis , 
est  a  peu  pres  un  tiers  de  ce  (ju'elle  est  dans  le  Cham  vulgaris. 

Le  tissu  cellulaire  offre  les  iiieines  plienoraenes.  On  pent  les 
observer  dans  les  cellules  des  feuilles  ,  oil  cepcndant  elles  pre- 
.sentent  quelquefois  des  anomalies.  Ainsi ,  par  exemple ,  il  se 
forme  au  centre  de  certaines  cellules  des  amas  de  globules  qui 
tournent  corame  autour  d'un  pivot ,  ct  il  arrive  que  les  globules 
ne  rasent  plus  les  parois. 

La  membrane  qui  compose  les  diaphragmes  est  absolumenl  la 
meme  que  celle  qui  circonscrit  les  tubes  dansleur  longueur  ,  ct 
ne  presente  cgalement  aucun  pore  ni  aucune  fissure. 

Les  pelits  tubes  qui  occupeut  le  centre  du  Caulinia  fragilis 
ressemblent  aux  filets  ligneux  des  feuilles ;  ils  sont  si  pelits  et  si 
appliques  les  uiis  centre  les  autres  qu'il  a  ete  impossible  de  s'as- 
surer  du  mode  de  leur  circulation.  Le  seul  fait  que  M.  Amici  ail 
bicn  constate,  c'est  que  la  circulation  est  beaucoup  plus  rapidc 
ct  plus  durable  dans  ces  petits  tubes  que  dans  les  grands. 

L'auleur ,  s'etant  assure  de  I'existence  des  chapelels  qui  tapis- 
sent  les  parois  internes  des  grands  vaisseaux  ,  quoiqu'il  cut  d'a- 
bord  doute  de  leur  presence,  allribuea  leur  action  le  mouvement 
du  sue.  La  force  motrice,  dit-il,  emane  de  la  parol  du  tube  et 
preciseraent  de  la  partie  ou  sont  fixes  les  chapelels.  C'est  la  qu'on 
observe  la  plus  grande  vitesse  du  courant,  eton  la  voit  diminuer 
graduellcmcnt  jusqu'a  ce  qu'cllc  devienne  stationnaire  en  sc 
rai)procliant  du  plan  dans  lequel  les  actions  des  deux  parois  op- 
posees  se  contrarient  et  deviennent  I'galcs.  Mais  ca  dehors  dc 
chaque  cavite,  Taction  de  la  parol  membraneuse  est  lout-a-fait 
nulle,  puisque  la  direction  des  globules  de  chaque  tube  n'a  jioint 
de  rapiiort  avec  celle  des  globules  qui  circulenl  dans  les  tubes 
tirconvoisins.  Cclte  theorie  est  contraire  a  celle  qui  admet  que 
I'acension  du  sue  dans  les  vegetaux  depend  de  I'irrilabilite  de  la 
fibre.  II  est  vrai  que  chaque  tube  est  circonscrit  par  une  mem- 
brane parlicuiiere ,  mais  les  membranes  adjacentes  sont  tellement 
rcunies  que  la  moindre  vibration  dc  Tune  imprimerait  neccssai- 
rement  un  mouvement  a  I'autre  et  devrait  influer  sur  les  globules 
qui  circulcnt  pres  de  son  autre  surface. 

Malgre  toule  I'altention  que  M.  Amici  a  ap|)ortce  dans  scs  ob- 
servations ,   il  n'a  jamai'<  pu  voir   aucun   globule  mobile  passer 


Boianiqiic.  299 

(I'une  cavlto  dans  unc  autre;  cepend:int  il  ne  pretend  point  que 
]c  sue  renfcrrae  dans  un  -vaisseau  ne  ])enelrc  pas  dans  ses  voisins, 
mais  celte  transfusion  n'est  ni  continue  ni  abondante,  et  elle  doit 
avoir  lieu  par  des  trous  invisibles  a  I'oeil  meme  arme  dn  meilleur 
microscope. 

Independamment  du  sue  blanc  contenu  dans  les  tubes,  on  en 
decouvre  un  autre ,  rouge  de  corail ,  et  qui  est  contenu  dans 
des  valsseaux  dont  la  forme  et  la  disposition  n'ont  rien  de  par- 
ticulier. 

La  couleur  verte  de  la  totalite  de  la  planteest  entlerement  due 
aux  globules  que  le  sue  transporte  en  tournoyant,  lesquels  ne 
changent  point  de  volume  par  Taction  de  I'eau  bouillante,  de 
I'huile  et  de  I'alcolioi  qui  cependant  leur  enlevent  la  partie  co- 
lorante.  II  y  a  cette  difference  entre  le  sue  du  Caulinia  j'ragilis 
et  celni  du  Chara  vulgaris,  que  d;insle  premier  les  globules  sont 
verts  ctles  grains  des  cbapelets  jaunatres  ot  Iransparens  ,  tandis 
que  dans  I'autre  les  globules  sont  blancs,  ctlcs  grains  des  chape- 
lets  qui  donnenl  a  la  plante  s.i  teinte  gclnerale,  sont  d'une  couleur 
verte. 

L'auteur  a  ensuite  observe  la  structure  anatomique  du  Chara 
flexilis.  Dans  cette  plante  la  transparence  de  tous  les  vaisseaux 
sur  lesquels  onapercolt  seulement  plusicurs  series  de  grains  verts, 
la  simplicite  de  leur  organisation  et  I'ubsence  de  eet  encroiileraenl 
decarbonate  dechaux  qui  couvre  les  rameauxdu  Chara  vulgaris , 
sont  des  conditions  favorablcs  pour  observer  la  circulation  du 
sue  sans  operation  prcparatoire.  Cette  circulation  est  assujettie 
aux  memes  lois  qui  regissent  le  mouvement  dusuc  du  Chara  vul- 
garis ,  et  qui  ont  cte  publiees  dans  les  memoires  cites  plus  haut. 

Au  moyen  de  plusieurs  figures,  M.  Amicl  devoile  la  structure 
des  bourgeons,  des  feuilles  et  des  diverses  parties  des  fleurs  de  la 
plante.  Passant  i  I'examen  du  phenoinene  de  la  circulation,  il 
fait  voir  que,  dans  les  bourgeons,  c'cst  un  mouvement  rotatoire; 
dans  les  feuilles  coniques  c'est  un  mouvement  conlinucl  d'ascen- 
sion  et  de  descentc;  dans  les  cinq  tubes  qui,  courbt's  en  spirales 
constituent  la  base  du  pistil  ou  I'ovaire,  la  circulation  se  fait 
comme  dans  les  tubes  de  la  branclie;  dans  les  cinq  stigmates  le 
mouvement  est  le  meme  que  dans  les  folioles  conhjucs ;  cnfin  ces 
circulations  dans  les  differens  vaisseaux  sont  independantes  les 
(iues  dus  autrcs,de  manierc  que  la  lesion  d'un  vaisseau  n'cmi>e- 


3oo  Botanuiue. 

eke  pas  les  auties  de  conserver  plus  ouiuuins  long-temps  lu  vie. 

M.  Aniici  termine  ses  recherclies  sur  le  Churajlexilis  par  uno 
observationbotaiiique  assez  impoi  tante  ,  c'est  que  le  friiil  renfei- 
me  une  seule  graine  adiiorcnte  au  pericarpe;  oti  croyail  au  con- 
traire  que  le  fruit  offrait  une  capacitc  coutenant  plusieurs 
graines. 

Dans  un  trolsieme  article  I'auteur  a  fail  des  recherclies  sur  la 
jnaniere  dont  le  pollen  des  fleurs  se  comporte  avec  le  stigniate 
pour  introduire  Yaura  scminalis  qu'il  conlieut. 

En  observant  la  circulation  du  sue  dans  les  polls  du  stigmate 
du  Portulaca  oleracea ,  il  vit  un  poll  au  sommct  duquel  se  trou- 
vait  attache  un  grain  de  pollen  qui  cclata  en  lancant  au  dehors 
une  espece  de  boyau  transparent;  et  celui-cl  s'etendant  le  long 
du  poil  vint  s'y  unir  lali'ralement.  Dans  rintcrieiir  dc  cctte  mcm- 
branedclicate  il  rcinarqua  unequantite  innonibruble  dc  globules 
(jui  se  niouvaient  conf'usemenl  et  de  la  uieme  nianiere  que  les 
globules  renferraes  dans  le  poil.  Ce  phenomene  dura  penihuit 
pres  de  trois  heures  et  se  terinlna  par  ia  disparition  des  globules 
sans  que  I'auteur  put  s'assurer  s'ils  etaient  rentres  dans  le  grain 
de  pollen  ou  s'ils  avaient  trouve  acces  dans  les  cellules  du  stig- 
mate, ou  bien  enfin  si,  apres  s'^lre  dissous  ,  ils  avaient  penetro 
au  travers  de  la  incmbiane  et  s'etaient  melanges  au  iiquide  contenu 
dans  le  poil. 

Apres  I'Luraectalion  du  pollen  de  In  courge  [Cuciirbita pepo) , 
M.  Ainici  a  observe  qu'en  divers  points  de  la  superficie  on  voit 
fiauter  dehors  de  petitcs  vessies  ayautla  forme  de  cloches  et  sur  le 
sonimot  desquelles  est  (ixee  une  espece  de  couvercle  opaque  avec 
une  epinc  dans  le  centre.  Le  pollen  dela  chicoreesauvage  [Cic/io- 
riiim  intybus]  est  dodecaedrique.Mis  dans  reau,une  de  ses  faces  se 
rompt  et  il  s'en  echappeun  sue  qui  se  dirige  en  droite  ligne  ;  quel- 
ques-unes  des  nutres  faces  se  gonflent  et  laissent  sortir  de  petites 
vessies  semblablcs  a  celles  du  pollen  de  la  courge  niais  privees  dc 
couvercle. 

L'intrlligence  de  ces  curleuses  experiences  est  facilitec  j)ar  des 
figures  qui  laissent  cependant  quclquecboseadesircr  surloiit  pour 
les  vessies  et  le  pollen  dc  la  courge.        J.  B.  A.  Guillemin. 


Jjofn/u'<j7ie.  5oi 

2*^0,  Coup  i/okil  sue  la  vkg*!.tatiok  de  i/Ailkmacke,  rap- 
porttje  .-mx  families  naturelles;  par  Wii.bp.and.  i'"'^.  .supplem. 
de  la  Flora  oder  botan.  Zvit.,  t.  I,  i82/(. 

Linne  avail  fait  sentir  rpie  la  decouverte  des  rapports  natiirels 
dcvait  elre  Ic  but  dcs  reclierchcs  des  hotanistes.  CVstce  butque 
sc  sont  propose  Bernard  et  Laurent  dc  Jussieu,  Adanson,  Ri- 
chard et  leurs  principaux  disciples.  L'Anglais  Robert  Brown  a 
marclie  sur  les  traces  de  ces  hoinmes  illustres,  etplusieurs  de  ses 
compatriotes  ont  suivi  son  cxemple.  Les  AUemands  sont  eiitres 
pins  tard  dans  la  meme  carriere;  ne  nous  etonnons  done  point 
s'ils  y  avancent  d'un  pas  moins  assure,  et  applaudissons  a  leurs 
e  fforts. 

Jusqu'ici  les  plantcs  dc  TAIlemagne  n'avaicnt  point  etc  rap- 
portees,  du  inoins  a  notre  conn;iissancc,  a  rcnsenible  dcs  families 
naturelles.  Ce  travail  M.  AVilbrand  I'cntreprend  aujourd'hui,  et  il 
fait  precedcr  cliaque  article  de  son  opuscule,  de  quelques  consi- 
derations generalcs  un  peu  metapliysiques  sur  les  oiodiCcations 
de  forme  rpie  les  plantes  eprouvent  dans  les  diffcrens  groupes. 
Ccux  qui  ont  etudic?  les  ouvrages  dcs  Jussieu,  des  Richard  et  dcs 
Brown,  seront  peut-etre  un  peu  etonncs  de  voir  YHippuris  ,  le 
Callilriche  ,  le  Myrioph.yllum  rcportes  parmi  les  Arotjlcdones ; 
de  voir  les  CMf,w/-6'/<actV'.y  placces  entre  les  Campanulacrcs  ct  \cs 
Arixio'ochcs ;  les  Onagraires  et  les  Groseill/crs  entre  les  Elea. 
gm'PS  et  les  Polygonc'es  ;  les  Conifrrcs  a  cote  des  Amaranlhacees  • 
les  Thymclees  entreles  Plumhciginees  etles  Porlulncrcs ;\es  Gen- 
tianrcs  pres  dcs  C(ir)'ophylLces  ;  les  Euphorhiacri's  entre  les  Cras- 
suLecs  et  les  Rhodnracees  ;  les  Salicariccs  entre  les  tiricacces  et 
les  Ilfperuecx ,  etc.,  etc.  Mais,  commc  I'auteur  ne  raj)porle  a 
I'appui  de  ces  rapprochemens  aucune  observation  veritablement 
botanique;  qu'il  ne  passe  point  en  revue  les  divers  organcs  dcs 
])lantes  dans  les  diffcirentcs  families;  qu'il  ne  parle  jamais  de  la 
position  dc  I'ovulc  dans  le  fruif ,  ni  dc  I'embryon  dans  la  graine 
il  c^t  bien  clair  que  lui-mume  n'a  attache  aiiruno  importance 
aux  rapj)rof.hemens  qu'il  indique.  Son  vt'rilablc  but  elait  comme 
nousl'avons  dit,  de  nous  faire  coniiaiire  dans  quelle  proportion 
les  planles  dcs  dlvcrses  families  ont  etc  repartics  sur  le  sol  de 
I'Allemagne,  et  ce  but  il  a  su  Ic  rcmplir.  II  nous  apprcnd  done, 
par  exemple,  qu'il  existe  en  Allcmagne  /,9  Orchidecs,  dent  7 
appartienncnt  aux  regions  alpines,  2o3  G ra'ninccs  T^vo^remtnl 


3o2  Butanique. 

ditcs,  l\  yiro'idces  ,  i8  Coprijoliaci'es ,  id  Poljgonccs ,  87  Clu'-no- 
podi'i'S ,  6  Urlicecs,  5  Ainaranthac.rcs ,  \\  Planla^iiicex ,  etc. 

A  la  suite  de  I'opuscule  de  M.  AVilbrand  se  trouve,  dans  le 
cahler  que  nous  annonrons ,  uiie  rcplique  a  la  reponse  de  M.  C. 
Trattinnick  sur  le  synode  bolaniquc.  II  n'est  question  dans  cette 
replique  que  d'une  discussion  etrangere  a  la  science,  et  qui  ne 
saurait  avoir  d'interet  que  pour  I'auteur  et  M.  Trattinnick.  Les 
disputes  qui  s'elevent  entre  ceux  qui  cultivent  les  sciences  font 
gemir  ceux  qui  les  aiment  sincerement ;  trop  souvent  elles  soiit 
pour  les  gens  du  monde  un  objet  d'amusement :  elles  font  perdre 
un  temps  prccleux  a  ceux  qui  s'y  livrent,  et  nous  croyons  que 
nos  lecteurs  nous  sauront  gre  de  menager  le  leur,  en  ne  les  eii- 
tretcnant  pas  davantage  de  celle  a  laquelle  a  donne  lieu  la  propo- 
sition du  Synode  botaniquc.  P.  S. 

23 1.  FroRE  DU  MONT  Lantsch  en  Styrie;  par  le  D'^.  Vest. 
(  Sleyerm'drh.  Zeitschr.  Gratz  ,  1824  >  call.  5  ,  p.  i58.) 
Le  mont  Lantscb,  qui  u'est  pas  tres-cloigne  de  Gratz,  est  couvert 
de  vegetaux,  excepte  du  cote  deBahreneck,ou  les  rochersformenl 
des  precipices affreux,berisses  d'aiguilleset  de  cretes.  On  y  trouve 
beaucoup  de  plantes  interessantes.  Dans  les  foss(5s  et  sur  les  pen- 
tes  croit  la  Peltaria  nlUacca,  qu'ou  n'a  trouvee  encore  a  I'etat  sau- 
vage,  que  sur  cette  montagne;  car  les  individus  qu'on  apercoit 
quelquefois  sur  le  bord  de  la  mer  sont  accidentcls  et  no  ])rovien- 
ncnt  que  dessemences  entrainecs  par  les  torrens.  Dans  les  boison 
trouve  le  Dclphinaun  intcnnediuin  ,  superbe  plante  qui  atteiiit  la 
bauteur  derbomme,  avec  des  fleurs  bleues.  Le  bolaniste  et  nicdccin 
de  I'empereur  d'Autricbe,  M.  de  Hostjl'avait  cueillie  sur  la  mon- 
tagne de  Seetbal,  au  dela  de  Judenbourg;  mais  on  ne  la  voit  plus 
dans  ce  lieu;  en  sorte  que  le  Lanlsch  est  actuellement  le  seullieu 
connu  ou  elle  croit.  Voici  les  autres  plantes  recueillics  par  le  doc- 
teur  Vest  :  Aconitum  neoinonlanum  et  caininaruin  ;  Urc/iis  mris- 
cula  Jacq.,  probablenient  difl'erenledcia  plante appelee  ainsipar 
Linnee.  BI.  Vest  la  designe  sous  le  noiu  de  O.  signifcra.  EuphoiHa 
rablensis  Wulf.  ;  Arabis  coryinbij/ora  V.  (  rupestris  Hoi'I'k  ) , 
Cardaminc  trifoUa  ;  Corlusa  MalhiolisMt  les  bauteurs;  Andro- 
snce  lactea  et  A.  villosa  ;  Arabis  alpi/ia ;  Arenaiia  vcrna  ,  A. 
austriaca  Gt.R\RD. ;  Ata/nanthaYiLsr  ;  Campanula  pulla  ;  Cistu\ 
celandLcu.i ;  Draba  stellata  ;  PolenlUla  clusiana;  Mespilus  coto- 
rieastcr;  Salix  Jaquiniana  ;  Suxifroga  Aizoon  ;  Veronica  apli)  lla 


BotaTiique.  5o5 

etsdxatilis;  Rhododendron  ferrugineum  ct hirsutum;  Hippocrepis 
comosd;  Mellttis  brachyanthn  espece  encore  douteuse  ;  Roan 
cretica  Trattin. 

On  recorinait  sur  le  Lantsch  la  flore  des  regions  inferieures 
des  montagnes  calcaires  septentrionales  de  I'Autriche  meridionale. 
Cependant  le  Lantsch  a  ses  particularites  comma  la  plupart  des 
montagnes  de  cette  chaine.  D'apres  les  observations  barometri- 
ques  faites  par  M.  Vest,  ce  inont  a  780  toises  viennoises  de 
haul. 

282.  Journal  d'un  voyage  sur  la  cote  de  la  mer  Adriatique  et 
aux  montagnes  de  Carniole,  Carintliie ,  Tyrol,  Salzbourg  el 
Boheme,  entrepris  pour  connaitre  la  Botanique  et  I'Entorao- 
logic  de  ces  contrees;  par  H.  Hoppe  et  D.  F.  Hornschuch. 
{Edin.  Phil.  Journ.,  avril  1824  ,  p.  sSg. 

C'est  un  voyage  botanique  qui  offre  peu  d'interet ,  puisque 
ces  messieurs  se  contentent  de  citer  quelques  plantes  qu'ils  ont 
recueillies  ca  et  la  ,  et  de  donner  quelques  niaigres  details  sur  les 
montagnes  arides  de  la  Carniole,  sur  la  belle  villede  Trieste  etc. 
Nous  signalerons  leur  description  du  bois  de  Lippiza  ,  qui  est 
forme  de  groupes  d'arbrisseaux,  et  qui  renferme  beaucoup  de  jo- 
lies  plantes.  Ilscitent  comme  plantes  rares  la  Veronica  austriacaeX. 
la  Campanula spicata.  Le  Silcne nutans lepand une  odeur  arrreable 
pendant  la  nuit.  Le  Rhamnus pumilus  se  trouve  a  Aschou,  ainsi 
que  le  Pistacia  terebinthus.  Dans  ce  pays  il  y  a  beaucoup  de 
legumineuses,  d'orchidees,  de  cytises  ,  de  genets,  de  lotus,  de 
trifolium,  de  latliyrus,  de  medicago,  d'cuphorbia  ,  delablces,  de 
crucil'eres  et  de  composees. 

Les  auteurs  donnent  une  liste  de  plantes  dont  les  genres  se  re- 
Irouvent  dans  ce  pays  et  dans  TAlIemagne  centrale,  mais  dont 
les  especes  sont  differentes.  Ainsi,  par  exemple,  YJrum  maculntum 
est  remplace  ici  parl'y/.  italicum.  Voicicc  tableau  comparatif : 

Carniole.  Allemagne  centralc. 

Arum  italicum.  A.  maculatum. 

Ecliium  italicum.  E,  vulf^are. 

Cynoglossum  cheirifolium  C.  officinale. 

Aristolochia  longa.  A.  CIcmatitis, 

Mercurialis  ovata.  M.  perennis. 

Fraxinus  ornus.  F.  excelsior. 


5o4  Botanique. 

Quercus  pubescens.  Q.  robur 

Carpinus  Ostrya. 

Adianthum  capillns  Veneris. 

Ceterach  officinale. 

Rhaninus  rupcstris. 

Cratcegus  monogyna. 

Lonicera  Capritolium. 

Prunus  Mahaleb. 

Spartiuin  jiinceum. 

Evonynius  latifolius. 

Sorbus  domestica. 

Clematis  viticella. 

Pulsatilla  intermedia. 

Leucoium  aestivum. 

Primula  ocaulis. 

Hellcborus  viridis. 

Carex  Schaenoides. 

—  extensa. 

—  alpcstris. 
Lolium  tcnue. 
Trltlcum  junceum. 
Bromus  squarrosus. 
Scorzouera  austriaca. 
Valeriana  tuberosa. 
Plantago  capltata. 


C.  Betulus. 

Asplenium  tricbomancs. 

Aspidium  fragile. 

R.Frangula. 

C.  osyacantha. 

L.  xylosteium. 

P.  spinosa. 

S.  scoparium. 

E.  Enropseus. 

S.  aucuparin. 

C.  vitalba. 

P.  vulgaris. 

L.  vernum. 

P.  elatior. 

H.  niger. 

C.  Sclireberi. 

—  flava. 

•— <  roontana. 

L.  perenne. 

T.  repens. 

R.  mollis. 

.S.  Immilis. 

V.  dioica. 

P.  Janceolala. 


lis  onl  aussi  visite  une  partie  de  I'ltalte  oil  ils  ont  recueilll 
beaucoup  de  plaiites.  Ce  mcmoire  se  tcrmine  par  la  liste  des 
plantes  dessecbees  cpii  forment  la  premiere  centurie  que  ces  bota- 
nistes  ont  publiee. 

233.  Descriptiott  de  la  cote  de  YarmoTilh  ct  de  ses  planles. 
(^Mont/i.  Magaz.,  avril  1824  >P-  ^'9-) 
La  c6te  de  Yarmoutb  a  environ  1  milles  en  long  el  en  large  ; 
c'est  uneplaine  de  sable  de  2  a  3  verges  au-dessus  dc  la  liaute  ma- 
rcc.  Les  jilus  hautcs  marees  n'y  ont  que  6  pieds.  L'auteur  cite 
ensuite  9  plantes  niaritinics  de  cette  plaine,  el  donnc  le  catalogue 
de  quclqiics  ]>lantcs  rarcs  du  Norlolk. 


Botanique.  3o5 

a34.  Descriptions  de  plusif.urs  Plantes  nouvelles  du  Ne- 

PAUL,  faites  d'apres  des  ochantillons  conserves  dans  I'lierbier 

(Ic   Ijouhke  Lambert  ,    coinnmniqiiees   par   M.   David  Don. 

(  Mem.  of  ff-^erner.  Soc.of  Eclinbuigh,  v.  3,  p.  407.) 

Les  plantes  du  Nepaul ,  decrites  avec  beaucoup  de  soin  dans 

ce  memoire,  sont  au  nombre  de  neuf.  Nous  nous  contenterons 

de  donner  icl  les  phrases  specifiques  de  chacune  d'elles ,  et  d'ex- 

primer  les  caracteres  de  quelques  especes  deja  connues,  et  qui 

ont  avec  elles  de  la  ressemblance. 

1.  Rhododendron  setosum :  lamidis  undique  setosis ;  Jbliis 
ovalihits,  obtusissimis ,  subtiis  marginibusque  setosis  ;  pedicellis 
glamlidosn-sctaceis ;  caljcinls  brevissimis,  nudis.  II  croit,  ainsi  que 
les  Ericinees  suivantes,  sur  les  Alpes  du  Nepaul  couverties  de  neige, 
et  nominees  Gossaignstan.  Le  Rhododendron  hirsutum  en  differe 
parses  rameauxun  peu  velus  dans  leur  jeunesse,  par  ses  feuilles 
ovees,  mucronulees,  cilices  et  glabres  en  dessus ;  par  ses  pedoncules 
phis  allonges;  par  ses  divisions  calicinales,  linealres,  aristees  et 
ciliecb  ;  par  ses  petales  oves  et  aigus;  enfin  par  son  style  velu  et 
son  stiginate  creux. 

2.  Rhododendron  anthopogon:  ramulis  dense pubigeris ;  foliis 
OK'alibus,  subtiis  dense  tomentosis ;  floribus  capitatis  ;  corolla  subhy- 
pocrateriformi  ,  fauce  barbato;  genitalibus  inclusis.  Le  R.  dauri- 
cum  s'en  eloigne  parses  feuilles  pins  moUes,  caduques,  nues  et 
tachetees  de  toutes  parts  de  points  resineux;  par  ses  fleurs  peu 
nonibreuses,  laterales;  par  ses  corolles,  presqu'en  roue,  a  tube  a 
peine  visible  ,  et  dont  I'entree  est  nue ;  par  ses  organes  sexuels 
saillans,  et  par  son  stigmate  capite. 

3.  Rhododendron  campanulatum  :  ramulis  glabris  ;  foliis  ellip- 
ticis,  mucronulatis,  suprci  glabris,  subtiis  tornentosis  ;  petiolis pe~ 
dunculisque  glabris  ;  corolla  campanulatd ;  laciniis  planis ,  intc- 
gcrrimis  ;  ger/ninibus  glabris.  Le  R.  arboreum  en  differe  par  ses 
feuilles  lanceolees,  blanches  en  dessous  et  aigues;  par  ses  fleurs 
agglonierees ,  ses  pedoncules  et  calices  tres-cotonncux;  par  ses 
corolles  plus  grandes ,  i  divisions  echancrees  et  crenelles  sur  les 
bords,  et  par  ses  ovaires  cotonneux. 

l\.  Andromeda  cufiessUorm'is : procumbens; foliis  quadrifario- 
imbricatis,  ocatis,  trigonis,  margine  scarioso-mcmbranaceo.apice 
diaphano  -  aristatis ;  pedunculis  fillosis  ,  scgmentis  calycinis 
oblongis ,  aristatis.  Lesramcauxde  V Andromeda  tetragonn  sont 
plus  courts  et  obtus ;  ses  feuilles  sont  obluscs  et  nues  sur  les 
B.  Tome  IH.  20 


5o6  Botanique. 

"•  bords;  ses  pedoncules  plus  longs  et  glabres;  ses  divisions  calicl- 
nales  ovees,  aiguos,  niuliques ,  deux  fois  plus  courtes  que  la  corolle. 

5.  Lilium  Nepalense :  cattle  siinplicissimo,  urti/Ioro,  scabriuscido ; 
folds  lanceolatis ,  sparsis, acuminatis ,/loralibus  i'erticillatis;Jlore 

campanulato ,cernuo;pctalis sulmnguiculatis .  Cetteplante  est  tit-s- 
voisine  du  Lilium  J aponicum  ,  qui  en  differe  par  sa  tige  glabra, 
toutes  ses  feuilles  eparses,  lineaires,  ai^ues  et  plus  longues  ,  et 
par  ses  fleurs  dressees  et  ses  petales  sessiles. 

6.  Delpliiniuin  scabriflonini : /'t'//o//.v  lotigissimis,  hasi  non  di- 
latalis  \foliis  hasi  cordatis,  ^-lobo-palinatis ;  segmentis  cuneatis, 
inciso-lobatisyhirsutis ;bracteolis,  pedicellis,  calycibusque  scabro- 
pilosis;  calcaribus  cun>atis,  obtusis ,  pedicellis  longioribus  ;  cap- 
sulis glabris.Cettees-pecen'esl  pasmentionnee  dans  le  Prodromus 
de  M.  Decandolle. 

7.Leontodoneriopodum:_/b//«  linearibus,  ruricinatis,  glabris, 
intra  folia  dense  lanigeris;  scnpo  fnliis  breviore,  undique  Uinigc- 
ro  ; pappo  tenuissimo,  serrulato ,  hrcvissune  stipitato. 

8.  Tragopogon  gracile:  caule  erecto,  fle.Tuoso,  unijloro  ;  foliis 
superne  angustc  linearibus^  carinatis ,  basi  dilatalis ;  anthodiis 
sexphyllis ;  pappo  incequali,  breve,  stipitato. 

9.  Saussurea  gossypiphora  [Cnicus  gossypinus  Wallich):  caule 
simplici; lanigero;  foliis  lineari-lanccolatis, acutis, dentatis,  land 
occultis  \floribus  aggregato-capitatis,  sessilibus,  involucratis,  land 
longissimd  velatis.  G....N. 

235.  Description  d'une  nouvelle  espece  de  Fucus  tronee  a 
Torbay  dans  le  Devonshire,  par  R.  R.  Greville.  (  Mem.  of 
the  IVerner.  Soc.  of  Edinburgh,  \o\.  3,  p.  396.} 

Ce  Fucus  a  bcaucoup  d'affinite  avee  le  F.  Norvegicus :  M.  Gre- 
ville I'a  nommc  F.  Devoniensis.  Voici  la  phrase  sp^cifique  qu'il  a 
placee  en  lete  de  la  description  : 

F.  Devoniensis :  fronde  cartilagined,  encrvi,  dichotomy;  ramis 
linearibus  ^  integerrimis  ,  apice  rotundatis ;  tuberculis  sphivricis , 
ad  apices  immcrsis.  G....N. 

a3G.  SuR  les  feuilles,  la  capsdle  et  les  racines  du  Bux- 
EACMiA  aphylla;  par  R.  Raye  Greville.  [Mem.  of  ff'crncr. 
Soc,  vol.  3  ,  p.  ltf^2.) 

En  18 18  M.  Stewart  avait  observe,  snr  quclques  efhaiilillous 
de  cette  singtdicrc  mousse,  des  feuilles  petites,  reticulecs,  ct  si- 


Boiamque.  Soy 

tuecs  sur  le  coie  et  sur  Ic  sommet  du  bulbe.  En  repliant  cetle 
observation  M.  Gieville  a  leconnu  deux sortes  de feuilles.  Les  unes 
sont  forraees  de  filets  articules  comine  ceus  d'une  conferve ,  et 
reunis  inferieurement.  Les  autres  feuilles,  que  Ton  trouve  plus 
frequemment  que  les  premieres ,  composent  a  leur  base  une  mem- 
brane irregulierenient  reticulee,  et  se  divisant  superieurement 
en  filets ,  dont  quelqucs-uns  sont  articules.  La  couleur  de  ces 
feuilles  est  grise  diaphane;  mais  elles  deviennent  brunes  en  vieil- 
lissant.  Ces  formes  singulieres  de  feuilles  sont  figurees  dans  une 
}ilanche  qui  accompagne  la  notice  de  M.  Greville.  II  a  en  outre 
dccrit  et  represenle  I'interienr  de  la  capsule,  ainsi  que  la  racine 
et  le  mode  d'exertion  de  la  jeune  plante.  G....N. 

237.  Description  d'une  nouvelle  espece  de  Potentille  de 
la  cote  ouest  du  Groenland,  avec  une  notice  sur  la  Flore  des 
regions  arctiques ;  par  A.  Kaye  Greville.  (  Mem.  of  Soc. 
Werner,  of  Ediiib.,  v.  3,  p.  4iG.) 

Une  gravure  sur  cuivre  accompagne  la  description  de  cette 
espece  nouvelle,  a  laquelle  I'auteur  donne  le  nom  de  Potentilla 
Jamesoninna,  et  dont  voici  la  phrase  specifique  :  P.foliis  terna~ 
tis ,  apice  incisis ,  utrinque  sericeis;  caule  siwplici,  ercctiusculo , 
subbifloro ;  calycis  segmciitis  incequalibus . 

M.  Greville,  voulant  eclaircir  I'bistoire  des plantes  des  regions 
arctiques ,  donne  plusieurs  catalogues  de  celles  qui  ont  etc  recol- 
tees  par  le  capitaine  Scoresby  dans  son  voyage  au  Spitzberg ,  par 
M.  Jameson  ,  sur  la  cote  ouest  du  Groeuland  ,  et  par  les  officiers 
de  I'expedition  du  capitaine  Ross.  C'est  a  M.  R.  Brown  qu'on  doit 
la  nomination  et  I'arrangemcnt  des  plantes  rccueillies  dans  les 
voyages  de  Scoresby  et  de  Ross.  Celles  de  M.  Jameson  sont  cnu- 
merees  suivant  le  systcme  sexuel ,  et  I'auteur  y  a  joint  les  details 
de  Icur  synonymic,  ainsi  que  les  indications  des  divers  pays  du 
globe  oil  ces  plantes  croissent  naturcllemenl.  On  remarque  dans 
I'avant-propos  une  notice  de  M.  Jameson  qui  interesse  la  geo- 
grapliie  botanique.  II  y  indique  les  principales  especes  qui  se 
trouvent  sur  la  cote  du  Groiinland ,  et  sur  les  plateaux  de  plus 
en  plHsclev6s,a  mesure  qu'on  s'avance  dans  Tin  tcrieur  des  terras. 

G....N. 


r»oS  Botanique. 

■j?)?>.  Notice  sur  quelques  Pi.ANtES  Cryptogames  du  De- 
vonshire, par  M.  R.  K.  Greville.  [Memoir,  of  the  fVer- 
ner.  Societ..,  vol.  3  ,  p.  35 1.) 

Dans  le  conil»5  de  Devon,  tout  concourt  a  faiie  vaiier  la  ve- 
getation :  I'elevation  des  montagnes,  la  chaleiir  qui  regno  pen- 
dant I'ete  dans  le  fond  des  vallees ,  sa  situation  geographique 
pres  des  cotes  de  I'Occan,  les  varietes  de  son  sol  granitique,  cal- 
cairc,  siliceux ,  etc.,  sont  des  causes  qui  influent  considerable- 
ment  sur  la  nature  et  la  physionomie  des  plantes. 

Apres  avoir  cite  quelques  pbanerogamcs  particulieres  a  cette 
contree,  M.  Greville  donne  une  liste  de  212  cryptogames  recol- 
tees  par  lui-meme ,  savoir  :  117  mousses,  11  jungermannes  ,  9 
fougeres,  66  fucus,  et  9  ulves.  Voici  un  extrait  succinct  des  ob- 
sei-vations  qui  suivent  cette  liste,  et  qui  eclaircissent  I'liistoire 
de  quelques  mousses  et  fucus  remarquables. 

I.  Gymnostomum  truncalulum .  Ordinairement  cette  petite 
mousse  a  une  tige  simple ;  M.  Greville  en  a  trouve  une  variete  a 
plusieurs  ramifications,  chacune  portant  une  capsule,  et  il  pro- 
pose de  la  nommer  G.  truncatulum,  var.  ramosum. 

1.  Schistostega  pennata.  I.a  fructification  de  cette  plante 
microscopique ,  est  encore  peu  connuc;  on  I'a  decrite  comme 
avant  un  opercule  lacinie.  Elle  doit  ^tre  placce  a  la  suite  du  genre 
Gymnostomum ,   dont  elle  a   ete  separee  par  Molir. 

3.  Polytrichum.  nanum.  D'apres  un  examen  bien  refleclii, 
M.  Greville  adopte  I'opiiiion  des  auteurs  de  la  Miiscologic  bri- 
tannique,  qui  regardent  les  Polytrichum  alokles  et  iinnum  com- 
me la  meme  espece.  Celui-ci  ne  serait  qu'une  variete  remarqua- 
ble  par  sa  capsule  sub-globuleuse ,  son  peristome  plus  grand, 
et  sa  coiffe  plus  petite. 

4.  Ptcrogonium  Smithii.  Cette  belle  espece  est  abondante  dans 
le  comt6  de  Devon,  mais  elle  y  est  limitt5e  dans  certalnes  lo- 
calitcs. 

5.  Orlhotrichum  Lyellii.  Celle-ci  est,  au  contrairc,  tres-rarc 
dans  le  Devonshire ,  tandis  quelle  se  rencontre  asscz  commund- 
ment  en  plusieurs  autres  contrees. 

6.  Fontuialis  squammosa.  On  a  long-temps  mis  en  doute  si  cette 
plante  apparlenait  rcellement  au  genre  Fontinalis.  Mais  coininc 
elle  n'est  pas  aussi  rare  qu'on  I'avait  d'abord  imagine,  cette  ques- 
tion deviendra  facile  a  resoudre.  Elle  abonde  dans  le  Devonshi- 
re ;  cependant  on  ne  I'y  a  pas  encore  trouvee  en  fructification. 


Bolanique.  3  09 

7.  Barthramla  (ucuata.  Cotte  belle  ospece,  particulieic  a  la  con- 
tiee,  fructifie  en  abondance  sm-  le  cott';  g.iuche  de  la  route  cjui 
conduit  du  village  de  Lidford  a  la  Ciscaile. 

8.  Fucus  hypoglossutn.  M.  Turner  aviiit  indicjur,  eiitre  autres 
caracleres  qui  distinguent  ce  I'ucus  du  ruscifolius ,  qu'il  ne  pa- 
raissait  seulement  que  depuis  le  niois  de  juin  jusqu'en  septerabre. 
C'est  une  erreur,  selon  M.  Greville,  qui  I'a  recueilli  en  decem- 
bre,  Janvier  et  fevrier,  a  Exinouth  et  a  Torquay. 

9.  Fucus  mcmbranaceus .  Co  fucus  a  une  racine  si)ongieuse 
comnie  celle  dcs  F.  tomentosus  et  Bursa  ,  mais  il  s'en  oloigne  par 
la  nature  de  sa  fronde.  Le  rapport  qui  exlste  cntre  la  racine  de 
ces  deux  algues  avait  engage  Olivi  a  en  constitucr  un  genre  par- 
ticulier  sous  le  noni  de  Lainarcfiia. 

10.  Fucux  laciniatus.  L'auteur  donne  ici  une  tres-eleganle  fi- 
gure de  cet  hydrophyte,  ou  M.  Griffiths  a  observe  deux  modes  de 
fructification.  Dans  le  mode  ordinaire  les  semiuales  sont  conte- 
nues  dans  des  tubercules  situes  sur  des  processus  luarginaux; 
mais  quelquefois  elles  sont  immergees  dans  la  substance  ineine 
de  la  fronde  ,  et  alors  elles  y  sont  a  peine  visibles. 

1 1 .  Fucus  ruhens.  Ce  fucus  est  fort  I'emarquable  par  les  petils 
corps  pedoncules  qui  sc  trouvent  sur  la  fronde ,  ct  qui  ressem- 
blent  a  des  champignons  microscopiques. 

M.  Greville  a  accorapagne  la  description  de  cette  plante  d'une 
figure  ou  sont  reprcsentcs,  la  plante,  une  portion  de  la  fronde 
amplifiee,  et  les  petits  corps  pedoncules  dont  nous  venons  de 
parler.  G....N. 

239.  Sur  une  Truffe  trouvek.  dans  les  environs  de  Caen  ; 
par  M.  Eudes-Deslongchamps.  (  Mem.  de  la  Soc.  Linn,  du 
Cahados,  182/,,  p.  42.) 

L'auteur  expose  les  caractcres  des  5  especcs  de  truffes  con- 
nues ,  pour  arriver  a  la  distinction  d'une  nouvelle  especc  d'au- 
tant  plus  rcmarquable  que  jusqu'a  present  on  n'avait  jamais 
mentionnede  ces  cryptogames  dans  le  departement  du  Calvados. 
(Nomine  elle  pourrait  etre  confondue  avec  le  Tuber  ei/xtnum , 
M.  Eudes-Dcslongchamps  examine  scs  rapports  avec  Ics  4  va- 
rietes  de  ce  comestible,  indiquees  par  BuUiard,  et  il  en  conclut 
que  les  botanistes  ont  probablement  confondu  en  une  seule  es- 
pecc loutes  les  truffes  comestibles ,  a  cause  de  leurs  peaux  ru- 
gueuscs.  CcUe  qui  fait   le  sujet   dc  cette  note   est  decritc  ici 


5io  Botanique. 

comme  nouvellc  espece,  et  elle  est  iiguree  avec  quelques  details 
d'organisation. 

L'auteur  I'a  nominee  Tuber  Blotii,  et  lui  a  donnc  pourcarac- 
leres  essentials  :  T.  verrucosurn  ,  verrucis  maximis,  pofygonatis, 
suhregularibus  transverse  striatis  ;  intiis  fuscum ,  vcriis  Jlavis  va- 
riegatum.  G....N. 

240.  Observations  sur  l'origine,  la  culture,  kt  l'usack  pe 
QUELQUES  PLANTES  DU  Bessin  ( Nomiandie ) ;  par  M.  F.  Plu- 
quet.  i^Mein.  de  la  Soc.  Linn,  du  Calvados,  182/1,  p.  27'2.) 

C'est  une  liste  alphabctique  des  mots  patois  qui  de?.igncnt  en 
Normandie  un  certain  nombre  de  plantes  uies,  et  oil  Ton 
trouve  plusieurs  renseigneinens  sur  les  usages  de  celles-ci  dans 
le  moyen  age.  Ces  observations  n'ayant  qu'un  inleret  purement 
local ,  nous  croyons  inutile  d'en  entretenir  nos  lecteurs.  Cepen- 
liant  nous  donnerons  ici  cette  synonymie  patoisc,  seulement 
pour  quelques  plantes  les  plus  connues.  Bouis  [Buxus  semper- 
i'crcns  L.);  Canivicre  (^Cannabis  sativa  L. );  Clielets  (varietc  du 
Brassica  oleracea  L.  j;  Chinelles  ( fruit  acerbe  du  Primus  spi- 
nosa);  Feugiere  i^Polfpodiiitn  /ilex  mas  L. );  Gadellicr  (/{/- 
bes  rubrum  h.) ;  Herbe  Saint- Jean  (-^^/<?ff^w^'a  vulgaris  L.);Po- 
rion  (Narcissus pseudo-narcissus  L.);  Tieloque  {^Brassica  eru- 
castrum  L. ) ;  Vert  de  pommier  Yi  ou  Gui  ( Viscuin  album  L. ) ; 
Vauboire  (les  especes  communes  Ac  fucus)\  ct  Vignot  (  TJlex 
EuropcEUS  L. ).  G....N. 

241.  Sur  le  Bromus  arenarics,  nouvelle  espece  de  Graminee 
trouv«5e  dans  les  dunes  deSallenelles( Calvados),  en  juin  1817; 
par  M.  Ch.  Thomine-Desmasures.  [Mem.  de  la  Soc.  Linn,  du 
Calvados ,  annce  18245  P-  4o-) 

Cette  plante  nouvelle  a  un  aspect  qui  la  place  enlrc  le  Bro- 
mus mollis  et  le  Bromus  secalinus ,  et  pcut-^lre  n'est-elle  qu'une 
"variete  du  premier.  Voici  sa  phrase  specifique  :  B.  repens ,  pa- 
niculd  erectd  ,  strictd  j  spiels  ovatis ,  glabris ;  arislis  Jlexuosis  ;  ra- 
dicibus  foliisquc  mollissiine  villosis.  La  description  est  accom- 
pagnce  d'une  litLograpliie  reprcsentant  la  plante  entiere.  G....N. 

242.  Ad  catalocum  plantarum  horti  regii  Neapolitan 
Append,  prima  et  scconda.  Editio  altera.  ■ —  Synopsis  nova- 
rum  PLANTARUM  quae  in  Vrodromo  Florae  iieapoli(anae  descri- 
buntur.  Auctore  Mich.  Tenore.  Broch.  in-8.  Naples;  18 ly. 


Boinnique.  5 1 1 

Cettc  seconde  edition  du  catalogue  dcs  ])lantes  du  Jardia  de 
Naples  a  ete  augmentue  de  plus  de  1,200  especes,  que  M.  Tenore 
a  dues  a  la  libcralite  des  plus  dislingues  botanistes  de  I'Europe. 
II  y  a  joint  un  catalogue  de  cellos  qui  croissent  naturellement 
dans  le  royanme  de  Naples  et  qui  cependant  ne  sont  pas  encore 
cultivees  dans  le  Jardin  royal.  Enfin  cet  ouvrage  est  termine  par 
le  Synopsis  des  plantes  nouvelles  decrites  dans  le  prodiome  de  la 
Flore  napolitaine.  Outre  la  phrase  caracteristique  et  la  localite, 
on  trouve  pour  un  grand  nombre  d'especes,  des  notes  critiques 
qui  en  etablissent  clairement  la  distinction.  Les  plantes  qui  y 
sont  contenues  rentrent  toutes  dans  les  anciens  genres  connus  , 
et  leur  nombre  s'eleve  a  182.  G....N. 

243.  Cincui.AiEE  DE  C.  S.  Rafinesque,  a  ses  amis  et  coiTes- 
pondans  en  Amerique  et  en  Europe.  In-8.  de24p.,  en  an- 
glais et  en  francais.  Lexington;   1824. 

M.  Rafincstjue,  professeur  a  I'universite  Transylvanicnne  (Ame- 
rique scptentrionale)  annonce  I'etablissemcnt  d'un  jardin  de  bo- 
tanique  a  Lexington  ,  dans  I'ctat  de  Kentucky.  II  deniande  pria- 
tipaleracnt  pour  cette  annee  des  semences  et  racines  vivaces  de 
plantes  utiles,  medicales,  tinctorialcs,  econoraiques,  odorantes 
ou  remarquables  par  leur  beaute;  et  il  prie  d'adresser  les  en- 
vois soit  a  la  Nouvelle-Orleans ,  aux  soins  de  MJI.  Gordon  et 
Grant  ;  soit  a  Philadelpliie  ,  anx  soins  de  MM.  Vezin  et  Letj- 
GE.'^KE.  II  offre  en  retour  les  vegetaux  du  Kentucky  dont  il  a 
dresse  un  catalogue. 

Ayant  I'intention  d'etablir  un  Bluseum  d'histoire  naturelle  dans 
la  uieme  ville,  ]M.  Rafinesque  rccevra  avcc  reconnaissance  tous 
les  ecliantilions  d'aniraaux  ,  de  plantes  et  de  mincraux  qu'on 
^oudra  bien  lui  envoyer.  En  retour  il  enverra  uu  nombre  egal 
d'objets  de  sa  collection  qui  sc  couij)ose  principalement  de  co- 
quillesfluviatiles  terrestres  et  fossil es  du  Kentucky,  despolypiers 
fossiles,   d'un  lierbler  contenant  plus  de  10,000  especes,  etc. 

Le  rests  de  la  circulaire  est  relatif  aux  decouvertes  creologi- 
ques ,  botaniques  et  zoologiques  de  M.  Rafinesque ,  mais  il  se 
borne  sculement  a  une  annonce  generalc  qui  ne  fait  pas  connai- 
tre  precisenient  les  objets  de  ces  decouvertes. 

Lc  catalogue  des  especes  nouvelles  ou  races  d'arbres,  arbris- 
seaux  et  plantes  du  Kentucky  ,  sous  le  titrc  de  Florida  Kcntuc- 
kemis  y  est  divise  en  deux  parties.   La   premiere  comprend  les 


3 1 2  Zoologie. 

arbres  et  les  arbrisseaux  au  nombre  de  45  especes;  il  y  a  deux 
nouveaux  genres  sous  les  noms  de  Cardiolepis  et  de  CUidrastis-. 
Nous  ne  pouvons  en  dire  davantage  sur  ces  genres  ainsi  que  sur 
les  especes  nouvelles,  atlendu  qu'il  n'y  a  seulemcnt  que  les  noms. 
La  seconde  partie  ,  ou  celle  des  plantes  herb;icees,  renfenne  un 
grand  nombre  de  genres  nouveaux  rt  une  foule  d'especes  aussi 
nouvelles,  pour  lesquelles  il  se  borne  egalcment  a  la  simple  indi- 
cation. M.  Rafinesque  donne  une  liste  des  plantes  utiles,  des  ar- 
bres et  arbustes  employes  en  medecine,  dans  les  arts  et  I'agri- 
culture,  dcmandes  pour  le  jardin  de  botanique  de  Lexington. 
Enfin  une  ar.  liste  donne  les  noms  des  plantes,  arbustes  et  arbres 
d'ornement,  odorans  ou  remarquables  par  leur  beaute,  que 
M.  Rafinesque  prie  d'envoyer  en  quantite.  G....N. 

244-  Un  journal  americain  fait  mention  d'un  Sycoraore  qui 
surpasse  peut-etre  en  grandeur  et  en  grosseur  tous  les  arbres  des 
Etats-Unis.  II  a  72  pleds  de  circonference,  mais  il  estcreux  ,  et 
I'interieur,  qui  a  18  pieds  dediametre,  a  contenu  dans  cet  es- 
pace  7  hommes  a  clieval.  Cet  enorme  vegetal  se  trouve  pres  du 
lac  d'Howell,  dans  la  Caroline  du  sud,  sur  les  bords  du  Broad- 
River,  du  cote  d'York.  La  tradition  porte  que  cet  arbre  a  offert 
un  asile  a  plusieurs  families  pendant  la  revolution  americaine. 
[New-Times Gt  Monitcur  du  5  octobre  1824.) 


ZOOLOGIF. 


245.  OEdvres  completes  de  Buffon,  avec  les  descriptions  ana- 
tomiques  de  Daubenton.  Nouv.  edit,  dirigee  par  M.  Lamou- 
Boux.  Tom.  Ill  et  IV  de  I'llistoire  naturelle  des  niammiferes; 
ou  18".  et  19''.  de  la  collection,  avec  les  4*^.  et  5*^.  cahiers  de 
planches.  (Voyez  Ic  n".  de  juin  1824  ,  p.  192.) 

La  publication  de  cette  belle  edition  se  continue  avec  la  plus 
ponctuelle  rcgularite ,  et  son  execution  typographique  presentc 
toujours  la  perfection  que  nous  avons  remarquec  dans  les  pre- 
miers volumes. 

Le  troisieme  de  I'histoire  des  mammifercs  comprend  les  arti- 
cles suivans  :  chat,  cerf,  daim,  chevreuil,  licvrc,  lapin,  loup, 
loup  noir  et  loup  du  Mexique,  ainsi  que  les  deux  discerns  ge- 
ncraux  sur  les  animaux  sauvages  et  les  animaiix  carnassiers. 


Vw»,.,  Zoologie.  3i5 

Le  quatrieme  contient  les  descriplions  du  renard  ,  de  I'alco, 
du  blaireau,  du  kinkajou ,  de  la  loutre,  de  la  Ibuine,  de  la 
marte,  duputois,  du  furet,  do  la  beletle,  de  I'hermine,  du  pe- 
rouasca  ,  de  I'ecureuil,  du  petit-gris,  de  recureuil  de  Madagascar, 
du  rat ,  de  la  souris ,  du  niulot,  du  rat  d'eau,  du  rat  perchal ,  du 
schermaus,  du  campagnol,  du  coclion  d'Inde ,  de  I'aperea,  du 
lierisson  et  de  diverses  especes  de  musaraignes  et  de  taupes. 

Les  planclies  lithographlees  des  caJiiers  qui  sont  joints  a  ces 
deux  volumes  nous  ont  paru  d'une  execution  plus  egale  et  plus 
franche  que  les  premieres,  et  atteindre,  autant  qu'il  est  possible, 
le  degre  de  perfection  qu'on  pcut  desirer  pour  ce  genre  de  gra- 
vure  appliquee  a  I'histoire  naturelle.  La  figure  du  chat  sauvage 
seulcmcnt  nous  a  semble  trop  pale  et  ne  pas  rendre  d'une  nia- 
niere  assez  tranchee,  les  bandes  obscures  transversales  quiornent 
le  pelage  de  cet  animal.  Desmarest. 

246.  HiSTOiRE  NATURELtE  DE  BuFFON.  Edition  publiec  d'apres 
celles  de  I'imprimerie  royale;  mise  en  ordre  et  continuce  par 
M.  le  C**^.  de  Lacepede,  et  precedce  de  I'eloge  de  Buffon  par 
Condorcet.  7G  vol.  in-i8,  ernes  de  900  figures  gravees  par 
Pauquet.  Cette  edition  se  compose  de  :  Matieres  gencrales, 
24  vol.;  Quadrupedes,  i4  vol.;  Oiseaux,  18  vol. ;  par  Buffon. 
Ovipares  et  serpens,  4  vol.;Poissons,  i4  vol.;Cetacees,  2  vol.; 
par  M.  de  Lacepede.  Total,  76  vol.  Paris;  Tournachon- 
Molin. 

L'edition  que  Ton  offre  aujourd'hui  par  souscription  n'cst  pas 
une  entreprise  nouvelle,  elle  est  achevee  depuis  long-temps  et 
il  n'en  reste  au  libraire  qu'un  petit  nombre  d'exemplaires.  Ea 
la  faisant  reparaitre  de  cette  maniere,  il  a,  dit-il ,  pour  but  d'en 
faciliter  Tacquisition  a  beaucoup  de  personnes  et  surtout  aux 
jeunes  gens. 

Les  76  vol.  dont  se  compose  cet  ouvrage  seront  publies  en  12 
llvraisons  de  6  vol.  cliacune  (  a  I'exception  de  la  derniere  qui 
aura  10  vol.,  et  qui  cepcndant  ne  se  paicra  pas  plus  chore 
que  les  autrcs.)  Chaque  volume  sera  orne  d'une  couverture  ele- 
gante imprimee  sur  papier  velin  dc  couleur.  Le  prix  de  chaque 
livr.  est  fixe  a  14  fr.  5o  c.  et  3  fr.  5o  c.  de  plus  pour  \e  port  franc. 
La  premiere  elait  annoncee  pour  le  \^^.  septembre  ,  et  les  autres 
pourparaitrc  dc  mois  en  mois.  Les  personnes  quiprendront  I'ou- 


5i4  Zoologie. 

vrage  complet  en  une  seule  livraison  obtiendront  une  remise  de  6 
pour  cent. — Quelques  exempl.  avec  fig.  color.  Prix,  a6  fr.  la  livr. 

247.  Systems  dentaire  des  mammiferes  et  des  oiseaux,  sous 
le  point  de  vue  de  la  composition  et  de  la  determination  de 
chaque  sorte  de  ses  parlies,  embrassant  sous  de  nouveauxiap- 
ports,  Ics  principaux  faits  de  I'organlsation  dentaire  chez 
riiomrae;  par  E.  Geoffroy-St.-Hilaire.  Broch.  in-8.  Pa- 
ris; 182/,. 

M.  Geoffroy-S'.-Hilaire,  poursuivant  ses  travaux  sur  Torga- 
nisation  animale,  donne  au  public  les  recherches  qu'il  a  faites 
et  lues  a  I'academie  des  sciences  en  juin  1821  sur  le  systeme 
dentaire  des  oiseaux.  Les  anatomistes  qui  ne  sont  point  accou- 
tumcs  a  entendre  dire  que  les  oiseaux  ont  des  dents  trouveront 
peut-etre  paradoxal  le  titre  de  cet  opuscule;  mais  ceux  qui  sont 
au  couranl  des  belles  decouvertes  du  professeur  du  Jardin-du- 
Roi,  toucliant  I'analogie  de  I'organisation  dans  les  animaux  ver- 
tebres,  s'cmprcsseront  de  verifier  ces  nouvelles  recherches,  pour 
les  confirmer,  si  la  theorie  est  vraie,  ou  pour  les  rejeter  si  elle 
est  fautive. 

D'apressa  doctrine  des  analogues,  1\T.  Geoffrey  devaitetre  con- 
duit a  rechercher  si;  rcellement  et  anatomiqucmcnt  parlant,  les 
oiseaux  ctaient  depourvus  de  dents;  pour  cela  il  a  d'abord  exa- 
mine des  foetus  de  perroqucts,  et  il  a  vu  que  tout  le  pourtour 
des  machoircsdschacun  des  demi-becsetait  garni  decorpsbIanc<, 
rouds  et  si  reguliercment  places,  qu'en  jetant  un  coup  d'cuil  sur 
la  gravure  qui  accompagne  I'ouvrage  que  nous  analysons,il  sem- 
ble  voir  le  systeme  dentaire  d'un  mammifere.  A  chaque  maclio'rc 
une  de  ces  dents  occupe  la  ligne  mediane,  de  sorle  qu'elles  sont 
impaires.  On  en  compte  17  en  haut  et  i3  en  bas.  Les  anlerieures 
plus  pressees  entre  elles  ressemblent  a  des  incisives,  tandls  que 
les  postcrieures  plus  espacees  et  raoins  gcuces  dans  leur  deve- 
]()p[)iinent,  sont  arrondies  en  tubercule.  Celte  disposition  est  sui"- 
tout  reraarquablc  a  la  maiidibiile  supcricure. 

Voila  leresultat  d'un  premier  cxanieii  qui  fut  de  suite  reprc- 
senle  par  un  dessin.  II  s'agissait  dc  savoir  si  ce  n'elait  i)oint  une 
fausse  apparence.  M.  Geoffroy  ayant  enlevc  ces  corps  ronds 
trouva  au-dessousd'eux  les  veritablcs  germes  dentaires  munis  clia- 
cun  d'un  cordon  forme  de  vaisseaux  et  de  nerfs,  qui  permetlait 
de  les  raouvoir  sans  les  faire  sorlir  dc  Icur  place  respective.  Ainsi 


Zoologie.  5i5 

done,  les  perroquets  a  I'etat  de  foetus  ont  des  dents,  dont  la 
forme  disparait  a  mesure  que  I'aniraal  prend  plus  d'accroisse- 
ment  pour  neplus  offiir  qu'une  masse  cornee,  mais  dont  on  re- 
trouve  encore  des  traces  sur  le  perroquet  adulte,  lorsqu'on  pro- 
cede  avec  attention.  Pour  cela  il  faut  amincir  la  portion  cornee 
du  bee  alin  de  decouvrir  la  rangee  de  tubes  pleins  d'une  nialiere 
brunatre,  qui,  selon  M,  Geoffroi,  sont  les  restes  d'un  nouibre 
semblable  de  noyaux  pulpeux. 

Si  le  perroquet  a  I'cfat  foetal  reunlt  les  conditions  propres  au 
developpement  des  dents,  c'est-a-dire  des  germes  aliracntes  par 
des  vaisseaux  et  des  nerfs  ,  on  peut  dire  aussi  qu'il  les  perd  a  me- 
t>ure  qu'avancant  en  age  la  matiere  cornee  prend  davantage  d'ac- 
croissemeut  pour  un  but  special,  celui.  de  la  manducation  et  la 
formation  des  bees  qui  enveloppent  les  maxillaires.  Cliaque  demi- 
bec  n'est  plus  alors  qu'une  seule  dent  produite  par  tous  les  ger- 
mes dont  nousvenons  de  parler,  de  meme  que  les  dents  com- 
posees  des  mammiferes  ont  pour  origine  plusieurs  germes.  C'est 
dans  I'elephant  surtout  qu'il  est  facile  d'etudier  ce  dernier  me- 
canisme  ,  et  de  voir  tous  ces  elemens  dentaires  reunis,  presses, 
aplalispour  ne  former  qu'une  seule  masse.  Les  kanguroos ,  quel- 
ques  rongeurs,  etc. ,  offrent  egaleraent  ce  phenomene,  quoique 
plus  en  petit.  II  n'est  pas  sans  exemple  qu'on  I'ait  rencontre 
dans  riiomme.  On  dit  m^me  avoir  vu  des  indlvidus  cliez  lesquels 
I'arcade  dentaire  ne  presentait  qii'uu  seul  os  par  la  reunion  de 
toutes  les  couronnes. 

En  anatomic  generale  comparee  ,  la  disposition  et  la  forme 
doivent  etre  assez  souvent  negligees,  lorsqu'on  cherchc  a  dcmon- 
trer  I'analogie  qu'ont  ontrc  eux  certains  organes  dans  la  serie 
animate;  il  en  est  de  meme  de  leur  nature  qui  varie  scion  tel  ou 
tel  but.  C'est  ainsi  que  ]VL  Geoffroy  ayant  successivemcnt  etudie 
<l'autres  oiseaux  comme  I'autruclie,  le  casoar,  I'oie,  le  canard,  la 
j)Oule,  le  toucan,  le  harle,  etc.,  a  retrouve  chez  tous  un  syslemc 
dentaire  qui  fournira  probablcment  un  jour  des  caracti'ics  pro- 
pres a  faeiiilcr  la  classification  des  oiseaux.  Q — v. 


3 1 6  Zoologie. 

248.  Des  geans  de  Visos;  liar  M.  VM.\f>sov.  (Noiw.  AJemoircs 
pour  sen'ir  a  I'Hist.  nat.  dcs  Pyrenees.  Pan  ,  1823  ,  p.   1 13.) 

M.  Piilassou  insere  Ja  lettic  de  (laiitoiinet,  cure  de  Luz,  qui 
ecrivit  en  1777  qae,  sur  la  demande  de  M.  d'Herouville,  coiii- 
niandant  de  Guienne,  qui  travaillaita  V Encjclopedie ,  ii  fit  creu- 
ser  dans  une  rue  du  village  de  Visos,  d'apres  I'indication  des 
anciens  du  pays  ,  et  qu'il  y  trouva  des  os  (\\}\, par  Icur  longueur, 
nc  ltd  la  is  St' rent  pas  de  doute  quils  nc  f assent  dc  personncs 
dune  taille gigantesque.W  croit  se  rappeler  que  la  clavicule  avail 
pres  de  12  pouces  (Pasumot  dlt,  environ  10),  et  le  tibia  20  a  2/, 
pouces;  ce  qui  est  un  peu  vague.  On  ne  dit  pas  si,  outre  le  gar- 
con  chirurgien  qui  assista  aux  f'ouilles,  quelque  liominc  de  I'artlcs 
a  examines.  Pasumot  assure  (?'oj.  Phjs.  dans  les  Pjren.,  p.  'iil\.\ 
que  la  famille  des  Prousous  on  Esprousous,  a  Visos,  avait  une  taille 
d'environ  8  pieds ,  et  que  le  dernier  de  cette  race ,  le  vieux  Barri- 
quc,  mort  a  I'agede  108a  1 10  ans,  avait  dans  sa  jeunesse  6  pieds. 
249.  Sur  l'ane  sauvage.  (^Isis  ,  7*^.  livr. ,  1823,  p.  764.) 

Dans  les  deserts  qui  s'etendent  entre  Cattuvar  et  Cut/i  en  Asie, 
el  que  les  habilans  appellenl  Nun^  on  rencontre  souvent  des  trou- 
peaux  tres-considerables  d'une  espece  d'ane  sauvage ,  connu  dans 
le  pays  sous  le  nora  de  KJiur  ( nom  pei'san  de  ces  animaux).  Sa  con- 
leur  est  d'un  gris  cendre,  qui  se  perd  en  dessous  dans  le  gris 
sale.  Les  oreilles  et  I'avant-main  paraissent  rcsscmblcr  beaucoup 
a  ceux  de  I'espece  ordinaire;  la  tete  est  ccpendant  un  peu  plus 
longue  et  les  mcnibres  sont  plus  forts.  lis  liabitent  pendant  rcte 
les  collines  salines  de  la  Nun,  et  dans  le  mois  de  novcmbre  ils 
descendcnt  dans  les  plaines  :  leur  cri  ne  parait  etre  qu'un  simple 
gi'ognemcnt.  Les  habilans  pretendent  que  les  vieux  males  cha- 
lrent,avec  leurs  dents,  les  anons  males  aussitot  apres  leur  nais- 
sance :  aussi  est-il  tres-rare  de  tuer  un  male  entier.  S.  s. 

25o.  Parmi  les  phenomenes  d'histoire  naturelle  remarquables, 
nous  croyons  devoir  citcr  celui  d'une  femelle  de  perroquet  gris 
{ Psiitacus  erjt/iacus  'iAnne]  qui,  apres  avoir  ete  transportoe,  en 
i8i8,  de  St.-George  d'Elraina  (coted'Afriquc)  dans  les  Pays-Bas, 
el  apres  y  etre  demeuree  isolce  dcpuis  tout  ce  temps,  a  pondu, 
le  18  aout  dernier,  un  ceuf,  et  le  21  du  meme  mois  un  autre.  Ces 
renfs  sont  blancs  et  de  la  gro.sscur  d'un  (cuf  de  pigeon.  (Jig. 
i\ oust  en  Letlerbode,  i824,u".  37.) 


Zoologie.  3 1 7 

•25l.    SUR    QUELQUES    PHENOJliNES    VITAUX    ItES    AsciDIES ;  p.ir    le 

D"".  Eysenhardt:  ;iv.  ■?,  pi.  (iVoc.  Jet.  Acad.  Cccs.  Leap.  Carol., 
To.  XI,  p.  2  ,  p.  1.) 

C'est  un  long  raemoire  sur  I'organisation  d'une  Ascidie  de  la 
division  des  phallusies  de  M.  Savigny. 

L'individu  qui  fait  le  sujet  de  ce  travail  etait  compose  dc  deux 
masses  separees  par  nne  pedicule,  et  dont  I'une  ,  que  I'auteur 
nomine  ia  souclie,  n'etait  autre  chose  qu'une  vicille  ascidie  qui 
commencait  deja  a  se  deformer  en  se  racornissant;  et  la  seconde, 
une  ascidie  dans  son  etat  parfait,  et  la  jeune  de  la  precedente. 
Elleavait  la  forme  d'une  poire,  dont  la  partie  retrecie  forraait  le 
pedicule;  I'autre  extremite  du  corps  presentait  deux  ouvcrtures, 
dont  I'uiie  conduisait  dans  le  sac  respiratoire  ,  et  dont  la  seconde 
c'tait  I'anus:  il  n'a  pas  pu  apercevoir  la  bouche.  Le  ganglion  prin- 
cipal du  systeme  nerveux  se  trouvait  dans  la  peau  entre  rorifice 
branchial  et  I'anus. 

L'auteur  entre  encore  dans  beauconp  d'autres  details  sur  I'or- 
ganisation  de  ces  animaux ;  mais  il  les  decrit  d'une  maniere  assez 
vague;  l'individu  dont  il  donne  la  description  avait  d'ailleurs  se- 
journeplusd'unandans  I'esprit-de-vin  avanlqu'ii  n'aitessaye  de 
le  decrire,  et  il  est  plus  que  probable  qu'il  etait  fortemcnt  de- 
forme,  et  que  sa  description  ne  peut  gucrc  etrc  exacte.       S.  s. 

252.  Sur  l'Helix  nemorahs,  animal  carnivore.  (Zoo/.  7o«/7?., 

n".  2  ,  juin  1824 ,  p.  284.) 

Get  article,  quiparait  etre  I'extrait  d'une  lettre,  a  pour  but  de 
faire  connaitre  qu'un  individu  de  YHelix  ncinoralis  qui  se  trou- 
vait en  hiver  dans  un  appartemenl,  et  auquel  on  avait  presente 
plusieurs  plantes  auxquelles  il  refusait  de  touclier,  mangea  avec 
avidite  d'un  morceau  de  moulon  cuit;  en  sorte  qu'on  peut  le 
croire  carnivore.  Nous  avons  cite  dans  notre  Hlstoirc  tiatitrclte  de 
la  famillc  des  Lintaces  plusieurs  faits  analogues ;  nous  avons 
meme  fait  mention  de  Limaccs  mangeant  le  corps  encore  vivant 
d'autres  individusde  leur  espece  places  pres  d'elles:  mais,  en  ge- 
neral, les  Limaces  ct  les  Helices  sontspecialement  herbivores.  F. 

253.  Description  de  deux  coquilles  fluviatiles  nouvclies  ct 
remarquables,  Melania  sctosn  et  Vnio  Gigas ,  par  W.  Swain- 
son.  [Quart.  Journ.  ofScienc.  ,  avril  1824,  p.  i3.) 


5i8  Zoologie. 

254.  StJR  LA  STRUCTURE  DE  LA  Melania  sExqsA ,  par  M.  J.  E. 
Grat.  [Zoolog.  Joum.,  n°.  2  ,  1824  >  P-  ^53  ,  pi.  8  ,  f.  6  a  8.) 

M.  Swainson  donne  la  description  d<5taillee  non  d'une  espece 
nouvelle,  comme  il  le  pense,  car  la  coquilledont  il  traile,  etqu'il 
a  appelee  Melania  setosa ,  est  connue  depuis  fort  long-temps , 
mais  de  la  variat.  A  du  Bulimus  amarula  de  Bruguiere,  dont  il 
auralt  pu  se  borner  a  proposer  la  separation  d'avee  Yamarula.  II 
signale  et  decrit  la  conformation  des  tubercules  epineux  de  cette 
espece,  comme  une  chose  des  plus  singulieies  et  sans  exemple 
dans  les  coquilles,  conformation  qui  I'a  porte  a  lui  donner  le 
nom  de  setosa. 

L'individu  observe  par  M.  Swainson  vient  de  I'ile  de  F" ranee, 
ou  il  a  ete  recueilli  par  M.  Warwich  qui  n'a  pu  en  trouver 
d'autres. 

M.  Gray,  auteur  du  2*^.  article  cite,  donne  deux  bonnes  fi- 
gures de  cette  Melanie  dont  il  exlste  deux  autres  exemplaires  au 
Museum  britannlque.  II  represente  un  des  tubercules  epineux 
grossi pour montrersa  conformation,  et  observe  avec  raisonquela 
singularite  qu'il  presente  est  semblable  a  ce  qu'on  voit  dans  les 
epines  tubuleuses  de  la  Nerita  Corona,  des  Murcx tublfer,  triplex 
etc.  M.  Gray  aurait  pu  ajouter  de  la  Melania  amarula  elle- 
raeme ,  car  les  tubercules  de  celle-ci  offrent  les  memes  circon- 
slances.  Ce  naturaliste  propose  une  explication  fort  simple  deces 
tubulures  ;  explication  qui,  du  reste  ,  a  deja  etc  donnce  a  I'egard 
de  la  Nerita  Corona  ,  par  plusieurs  auteurs.  Nous  possedons 
aussi  deux  individus  de  la  M.  setosa.  L'un  de  ccux  du  museum 
britannique  faisait  partie  de  la  collection  de  M.  Craclierodc,  et 
a  ete  nomme  par  Humphrey  Spirilla  spinosa;  il  vcnait  de  I'ile 
de  I'Amiraute  sur  la  cote  de  la  Nouvelle-Guinee,  M.  Gray  I'a 
nomme  Melania  spinosa. 

C'est  avec  raison  que  M.  Gray  croit  pouvoir  y  rapporter  la 
^g.  8  dcla  pi.  io55  des  mantissa  de  Lister,  copiee  par  Favanne. 
Favart  d'llerbigny  I'a  signalec  dans  son  dictionnaire;  enfin  Bru- 
guiere en  a  fait  la  var.  A  de  son  Bui.  amarula,  en  y  rapportant 
la^^'.  ^  dela  tab.6  deGualtieri,  ellesy?g.  1220  et  1221  deClicm- 
nitz  ;  celles-ci  appartiennent  sans  doute  a  une  variele  de  I'especc 
qui  nous  occupe. 

La  2".  coquilledecritcparM.Svrainson,  sous  le  nom  iVUnio  Gi- 
gas,  parail  fort  rare.  Elle  fait  partie  de  la  collection  de  M.  Mawe, 


Zoologie.  5ig 

ft  vient  de  celle  de  Humphrey ,  qui  parait  avoir  su  qu'elle  vit 
dansl'Orenoque.  Cette  espece  est  tres-remarquable  par  sa  taille, 
ayant  8  ^  po.  de  long,  sur  5  p.  -^  dans  son  diametre  transversal 
du  sommet  an  bord  oppose.  II  serait  a  dcsirer  que  M.  Swainson 
donnat  une  bonne  flgure  de  cette  belle  coquille. 

Nous  possedons  une  espece  d'Unio,  que  nous  aurions  regardee 
comme  idenlique  a  celle-ci,  et  qui  presente  a  peu  pres  les  memes 
dimensions,  si  M.  Swainson  ne  disait  point  dente  laterali[utrius- 
que  \'ah>ce\  solitario.  Dans  notre  espece  la  dent  laterale  d'une 
des  valves  est  recue  entre  deux  lames  laterales  elevies  de  la  valve 
opposee.  F. 

255.  NuNciUM  PRO  CoNCHYLioLOGis  ET  Entomologisj  par  Ad. 
Fr.  Lang.  [Isis,  i823,  cah.  IX,  p.  43o.) 

D'apres  cette  annonee  on  peut  s'adrcsser  a  M.  Adolplie-Fran- 
cois  Lang,  maitre  en  pbarmacie,  place  Vacziensi,  n°.  38,  a  Pesth 
en  Hongrie,  pour  avoir  des  coquilles  terrestres  et  fluviatiles  de 
son  pays.  Parmi  les  cspcces  ([u'il  indique  on  remarque  Helix  co-- 
noidea  Lang  (qui  n'est  done  pas  celie  de  Draparnaud);  Mytilus 
iVolgCE ;  Paludina  neritoidca  Lang  ;  Melanopsis  pyramidalis 
Lang;  Ncritina  radiata,  Lang,  especes  dont  les  noras,  a  I'ex- 
ception  du  Mytilus  J  Pol  gee,  sonX.  inconnus  aux  naturalistes.  F. 

a56.  Introduction  to  Entomology,  etc.  Introduction  a  I'En- 
tomologie,  on  Elemens  de  Thistoire  naturelle  desinsectes;  par 
W.  KiRBY  et  W.  Spence.  In-8.  Vol.  3  et  4-  Londres;  1824  J 
Longman.  —  Ces  2  vol.  complelent  I'ouvrage. 

257.  Du  PAPiLLON  DE  l'Asclepiade  ;  description  de  M.  Gaetano 
Maria  Gagliardi  ,  secretaire  perpetuel  de  I'lnstitut  royal 
d'encouragcment  de  Naples  pour  les  sciences  natureiles.  ( Atti 
del  real  Islituto  di  NnpoU,  etc. ,  i8n  ,  to.  I,  p.  55). 

M.  Gagliardi  rend  compte  dans  ce  memoire  de  I'apparition 
d'un  papillon  nouveau  pour  ces  contrees  ,  ace  qu'il  pense,  qu'il 
Irouva  pendant  les  annees  180G  et  1807  ,  dans  sa  maison  de  cam- 
pagnc, apres  un  sejour  qu'y  fircnt  des  troupes  anglalses  en  i8o5. 
Quelque  ressemblancc  que  M.  Gagliardi  trouve  entre  ce  papillon 
et  le  Papimo  Chrysippus  ]"ab.  Danaide  Chrysippe,  Encycl.  me- 
thod., il  ne  parait  point  dispose  a  lesconsidcrcr  comme  une  seule 
espece ,  et  lui  donne  le  nom  de  Papillon  de  l'Asclepiade.  Nous  ne 
pouvons  partagcr  en  cela  I'opinlon  de  I'auleur,  et  nous  pensons 


320  Zoologie. 

avcc  le  savant  qui  a  dccrit  cette  cspocc  dans  Touvnige  francals 
que  nous  vcnons  de  citor ,  que  la  Uanaide  Chrysippe  se  Irouve 
aux  Indcs  orientalcs,  en  Kpypte,  ct  queiqucfois  peut-etre  mtme 
accidentcllcmcnt  dans  le  royaunie  de  Naples.  Du  rcste  nous  ne 
pouvons  nous  dispenser  de  louer  ici  I'exactitude  avec  laquelle 
M.Gagliardi  a  decrit  la  clieniile,  la  chrysalide  et  I'insecte  parfait, 
puisque  c'est  a  cette  exactitude  que  nous  devons  de  n'avoir  aucun 
doute  sur  I'identite  d'cspeces  des  individus  qu'd  a  cu  avec  ceux 
qui  nous  viennent  des  Indes  orientales.  Du  reste  ce  papilion  varie 
beaucoup,  meme  dans  une  seule  des  localites  qu'il  liabite  ,  et 
I'autcur  le  dit  lui-meme  de  ceux  qu'il  trouva  dans  sa  maison  de 
campagne ,  et  il  ajoute  qui!  a  disparu les annces  suivantcs. 

A.  D.  S.  F. 

258.  Sur  la  Sauterelle  appelee  vulgairement  Bruchi;  par 
Gaetano  de  Lucretiis.  [Atti  del  real  Istituto  di  NapoU,  1 8 1 1 , 
io.  I,  p.  a33). 

Dans  ce  meraoire  I'auteur  s'alfaclie  principalement  a  decrirc 
les  ravages  occasiom's  par  le  Giyllus  migratorius  Linn.  Fab. 
'^Acridium  rnigrdturium  Oliv.  Lntr.),  ct  il  engage  le  gouvernenient 
napolitain  a  prendre  des  mesurcs  generales  de  precaution  pour 
en  empeclicr  le  retour ,  et  en  borner  Tetendue.  Peut-etre  est-il 
a  regretter  qu'il  n'ait  point  decrit  I'espece  qui  causa  la  destruc- 
tion des  recoltes  dont  il  se  plaint.  En  effet  il  n'est  pas  Ires-ccrtain 
que  ces  funestes  cvenemens  soient  dus  a  la  meme  espece  dans  des 
pays  difterens,  ni  meme  que  diversrs  espcces  ne  ravagent  pas  le 
meme  pays ,  soit  ensemble ,  soit  successivenient.        A.  D.  S.  F. 

aGg.  Note  sur  les  Physalides  ,  et  particulierement  sur  la 
Physalide  pelagique  {  Phjsalia  pelagica) ,  Lam.;  par  M.  de 
Freminville.  [Bull,  de  la  Soc.  Philoin.,  mars  18245  P-  4*.  ) 

TVous  avons  donne  dans  notre  dernier  numero  I'int^ressante 
lettre  de  TJ.  Yan-Hasselt  sur  les  Physalides.  On  ])eut  en  rap- 
j)rocher  les  observations  de  M.  de  Freminville  dont  voici  I'aper- 
cu,  copiant  litteraleraent  et  presque  en  enticr  la  note  iuserec 
dans  le  Bullelin  de  la  Societc  philomathique  par  ce  naturaliste. 

Beaucoup  de  voyageurs  et  de  naturalistcs  ont  parlc  des  Pliy- 
salides  et  les  ont  figurces,  mais  on  Irouve  autant  de  confusion 
dans  leurs  descriptions  que  d'inexactitude  dans  leurs  figures. 

La  partie  la  plus  apparcnlc  des  Physalides  pelagiques  esbun 
bac  vcsiculcux,  poinlu  aux  deux  bouts  et  allonge,  ayant  presque 


Zoolosie.  32 1 


'G 


la  figure  d'une  cornemuse;  cet  organc,  long  de  7  a  8  pouccs, 
est  transparent,  bleuatre,  surmonto  d'une  crete  pareillement 
transparcnte,  legerement  festonnee  et  bordee  d'un  rose  vif.  L'a- 
niraal  la  contracte  et  la  dilate  a  volonto ,  et  s'en  sort  absolu- 
ment  comme  d'une  petite  voile  pour  voguer  a  la  surface  des 
iners.  La  partie  anterieure  du  sac  est  en  forme  de  trompe  courte 
et  de  couleur  bleue,  et  de  sa  face  inferieure  pendent  plusieurs 
cirrlies  ou  tentacules  violets,  au  moyen  desquels  il  est  probable 
que  la  Physalide  absorbe  les  substances  dont  elle  se  nourrit. 

De  dcssous  le  tiers  anterieur  du  sac ,  pendent  une  multitude 
de  frangcs  tentaculaires  et  des  especes  de  vesicules  allongees, 
auxquelles  adherent  les  organes  que  M.  de  Freminville  rcgarde 
comme  les  brancliies  et  qui  consistent  en  filamens  tres-longs, 
tres-entortilles  et  linement  stries  transversalement.La  couleur  de 
tous  ces  appendices  est  d'un  bleu  souvent  nuance  de  verdatre 
et  quelquefois  de  violet.  La  partie  superieure  du  grand  sac,  au 
moyen  duquel  I'animal  flotte  sur  I'eau,  est  terminee  en  une 
pointe  d'un  bleu  violet  au-dessus  de  laquelle  est  un  point  blanc, 
transparent  et  un  peu  foncc.  Au  premier  aspect  cc  point  remar- 
quable  semblerait  etre  I'orifice  de  quelque  organc  interieur,  raais 
il  ne  presente  pas  d'ouverture. 

M,  de  Freminville  a  constale  que  ces  animaux  perdent  leurs 
belles  couleurs  apres  un  scjour  d'une  heure  dans  I'eau  de  mer. 
lis  sont  enduits  d'une  mucosite  extreraement  acre,  surtout  les 
appendices  bleus,  laquelle  cause,  par  le  contact,  une  douleup 
assez  vive. 

II  y  a  eu  jusqu'ici  une  grande  confusion  dans  les  descriptions 
que  les  naturalistes  ont  donnees  de  cet  animal ,  et  surtout  dans 
la  synonymic  des  auteurs  qui  en  ont  parle.  Elle  est  fort  bien 
decrite  par  M-  Bosc,  mais  tre«-mal  figuree  dans  le  supplement  a 
Buffon ,  in-18,  edition  de  Detervillc.  C'est  encore  la  mcme  Pliy- 
salidc  qui  sc  trouve  decrite  et  figuree  dans  le  voyage  de  la  Pc- 
rouse ;  mais  M.Bosc  la  lApportc a  Vllulot/iuna  VliysaUa  de  Linne 
ce  qui  parait  etre  douteux,  selon  ce  qu'il  en  dit.  La  description 
que  I'illustre  naturall^tc  suedois  fait  de  sa  Medusa  Caravclla 
convient  bien  davantage  a  la  Pliysalide. 

Au  surplus,  la  Physalide  pelagi((ue  de  M.  do  Lamarck,  la  Medusa 
Utrieulus  dc   la    Marlinicrc  [Journal  de    Physique,  nov.  1-8'^ 
p.  365,  fig.  i3  et  14  ;  et  atlas  du   Voyui^e  de  la  Pemuse\  ,    I'Hn- 
tothuria  Thalia  ct  la  Medusa  Caravcllu  dcLiunc,  sembleat  efre  le 
B.  Tome  III.  ai 


S  22  Zoologie. 

iDC'ine  animal  observe  a  divers  ages;  leurscouieurs  scales  en  foni 
la  difference  :  or  ellc  est  tres-sujelte  a  varier.  M.  de  Freniinville 
n  pris  de  petites  Physalides  qui  ii'avaient  guere  qu'un  pouce  de 
long,  et  quietaiententierementbleuatres,  sans  avoir  la  jolic  crete 
a  frange  rose  qui  decore  si  bien  lesgrandes.  Surdes  individusde 
nioyenne  dimension,  il  a  vu  le  bord  de  la  crete  se  colorer  lege- 
rement  en  rose,  et  cctte  teinte  avail  toujours  un  degre  d'inten- 
site  de  plus  dans  les  individus  graduellement  plus  grands. 

L'espece  de  Physalide  figuree  par  M.  Lesueur  dans  les  plan- 
ches du  Voyage  de  Eaudin  a  la  Nouvelle-Hollande,  espece  que 
M.  Peron  a  nonimee  Megalista  ,  parait  bien  distincte  de  layj^*- 
lagica ;  vs\?i\i  cette  figure,  dont  les  coulcurs  sont  d'ailieurs  fcr- 
cees,  est-elle  bien  exacte  ?  Le  dessinateur  lui  a  d'abord  donne 
une  attitude  que  ne  pent  jamais  prendre  I'animal,  en  lui  faisant 
relever  verticalement  la  partie  superieure. 

Outre  la  Pliysalide  Tlialle,  qui  est  la  plus  commune  ,  et  qui , 
comme  il  vient  d'etre  dit,  se  rencontre  dans  les  parties  cliaudes 
de  rOcean  atlanllque,  M.  de  FreminviUe  a  encore  observe  tiois 
cspeces  du  meme  genre  ,  qui  lui  paraissent  nouvelles,  et  dont  il 
donne  les  descriptions  suivantes  : 

1 ".  La  Physalide  Thalie  [Physalia  Thalia)  est  constaniment  plus 
i^etite  qucla  pelagiquc;ellea  un  sac  vesiculeux  legerement  nuance 
d'un  bleu  verdatre;  sa  crete,  au  lieu  d'une  bordurerose ,  en  a  une 
u'un  b'.eu  fonce,  et  ses  appendices  inferieurs  sont  d'un  gros  vert; 
il  nVa  qu'un  seul  de  ces  appendices  qui  soit  fort  long,  tandis 
qu'il  y  en  a  toujours  deux  dans  la  Physalide  pelagique.  Cette 
espece  a  cte  Irouvee  dans  le  grand  Ocean  equatorial  a  la  haii- 
teur  de  Sierra-Leone,  et  a  pres  de  loo  lieues  au  large  de  ce point 
de  la  cote  d'Afrique.  Peut-Cire  est-ce  celic-ci  que  Linne  a  de- 
critc  sous  le  nom  d'Holotliuria  Thalia  :  sa  description  s'y  rap- 
porte  assez;  c'est  pourquoi  le  nom  de  thalie  lui  a  ete  applique. 

2".  La  Physalide  cristallinc  [Physalia  cristallina).  C'est  la  plus 
petite  de  ce  genre :  elle  n'est  pas  plus  grosse  qu'une  noisette.  Le 
sac  vesiculeux  et  la  crete  quile  surraontc  sont  transparcns  coranic 
du  cristal,  ct  sans  nuance  d'aucunc  couleur,  a  I'cxception  de  la 
pointc  posterieure  du  sac,  qui  est  blcue.  Les  filamens  inferieurs 
sont  aiissi  d'un  bleu  fonce ;  il  y  en  a  un  beaucoiq>  phis  long  que 
les  autres. 

Elle  a  ele  trouvee  sur  le  rivage  de  la  Grande-Ansc,  aux  ilcs 


Zoologie.  0  2^ 

des  Saintes,  pros  de  la  Guadeloupe:  c'otait  apres   un  roup  dc 
vent,  et  elle  avait  ele  jetee  en  gninde  qaantite  sur  la  plage. 

^°.  La  Physalide  vitree  iPhjsalia  hyalina).  Si  la  precedente 
est  la  plus  petite  espece  du  genre,  celle-ci  est  assuremeut  la  plus 
grande ;  son  sac  a  pres  d'un  pied  de  longueur ;  toutes  ses  parties 
«ont  blanches ,  transparentes  et  vitrees.  Beaucoup  plus  rare  que 
toutes  les  autres,  elle  n'habite  pas  non  plus  les  memes  parages  : 
on  ne  la  trouve  pas  dans  la  zone  torrlde  ;  elle  evite  les  mers  bni- 
lantes,  et  prefere  des  climats  temperes.  M,  de  Freminville  I'a  rcn- 
contree,niais  en  petit  nombre,  a  environ  t5o  lieues  dans  Test 
des  lies  Acores,  et  il  I'a  vue  meme  jusque  vers  le  quarantieine  pa- 
rallele. 

260.  PoLYPiERs  FossiLEs  trouvcs  3  Rosicrs,  prcs  Grandpre 
(  Ardennes. ) —  Une  production  fossile  de  la  classe  des  polypiers 
Tient  d'etre  trouvee  en  abondance  a  la  surface  d'une  terre 
dite  des  Rosiers ,  appartenant  a  M.  Becliet.  Cette  production 
semble  de  nature  pierreuse ;  elle  a  pour  dimensions  de  4  a  8pou- 
ces  de  longueur  sur  6  a  9  de  circonl'crence ;  sa  forme  est  tanfot 
ovale  allongee ,  tantoL  turbinee  avec  un  rebord  circulaire  sail- 
lant ;  des  pores  tres-petits  et  nombreux  en  couvrent  la  surface 
exterieure  ;  rextreniite  superieure  est  comme  tronquee  ,  I'iufe- 
rieurc  se  termine  en  une  sorte  de  pedicule.  La  decouverte  de  cette 
production, que  nouscroyons  itrel'Jlcjonum  mutabile  de  M.De- 
france  ,  est  due  a  M.  le  chevalier  TrauUe,  lieutenant  du  roi  en  re- 
traite  a  Sedan  ,  ancien  commandant  de  cette  ville ,  et  frere  de 
M.  Traulle ,  correspondant  de  I'Academie  des  inscriptions  et 
belles-lettres,  a  Abbeville.  Ccs  deux  freres,  zules  pour  les  scien- 
ces naturelles  ,  nous  ont  donnc  sur  le  gisenieat  de  ces  polypiers 
des  details  que  nous  livrons  a  I'exameu  des  naturalistcs.  La 
terre  des  Piosicrs  oii  git  la  masse  des  polypiers  trouvee ,  est 
voisine  de  la  terre  des  Froids  -  Fosses,  situee  dans  un  bas- 
fond,  oil  etalt  autrefois  un  lac.  Dans  celte  terre  se  trouve 
aussi  le  meme  polypier ;  sur  la  croupe  opposec  il  s'y  retrouve 
encore  ,ct  M.  le  chev.  Traulle  pense  qu'il  exisfe  dans  le  fond  de 
cet  ancien  lac, sur  une circonference  deplusde 3  lieues. M.  Traulle, 
d' Abbeville  ,  regardc  cette  production  comme  descendue  du 
massif  des  falaises  qui  entourent  le  bassin  de  cet  ancien  lac.  Les 
terres  calcaires  qui  composent  ces  falaises,  sonl  friables  ,  moins 
dures  que  les  craics  de  Picardie.  Le  bassin  qu'elles  torment  etait 


524  Melanges. 

autrefois  un  lac  augmenlo  p;ir  VAisni' ,  ftraiit  que  cctte  riviere 
wit  pris  son  cours  par  Soissons  ,  et  ii  est  probable  que  les  craics 
flissoutes  par  cet  agent  ont  laisse  a  nu  les  alcyons  fossUes  qu'elles 
tontenaicnl ,  lesqticls  par  leur  durete  ont  du  et  dolvent  survivrc. 
La  tcrre  dcs  Rosiers  oil  sc  trouve  la  masse  aboudantedeces  po- 
lypiers  rcmarques  par  M.  le  chev.TraulIe  fortifie  I'opinion  de 
son  frcre,  pulsqu'elle  offre  une  premiere  conche  de  terra  grl- 
satrc,  el  quelqucfoi*  noire  commc  celles  des  tourbes,  ensuite  une 
terrc  bl'ancue  marneuse,  semblable  a  celle  du  fond  des  rivieres 
(ies  Ardennes,  laquclle  M.  Traulle  regarde  comme  le  rcsidu 
des  terres  dissoutes  qui ,  en  disparaissant ,  ont  fait  place  an 
bassin.  {Rev.  Encjc,  fev.  1824  ,  p.  l\%%.)  B-  <"»• 


MELANGES. 


26 1  .Parmi  les  curiositc'S  qu'offrait  cette  annee  la  foire  de  Salnt- 
Lazare,  a  Marseille,  il  faut  distinguer  le  geant  Martin  Ruboga. 
Sa  taille  est  de  -7  pieds  a  pouces ;  sa  poitrine,  ses  mains ,  ses  cuis- 
ses  sont  proporlionnees  a  sa  baute  stature,  et  tout  contribue  a 
en  faire  un  liomrae  e:«traordinaire.  En  le  voyant,  on  reconnait 
qu'il  doit  etre  doue  d'une  force  prodigicuse;  ce  qu'il  execute 
sous  les  veux  des  spectateursne  saurait  plus  trouver  d'incrcdules 
q'le  ceux  quin'en  ont  pas  tite  temoins.  Les  choscs  les  plus  sur- 
prenantes  semblent  olre  pour  lui  simples  et  faciles  :  alnsi,  d'un 
seul  coup  de  poing  et  a  main  nue,  il  met  en  morccaux  un  pave 
de  raarbre  ,  et  deux  doigts  lui  suffisent  pour  relever  et  tenir  en 
cquilibre  une  cannc  dont  la  pomme  peso  plusieurs  llvres.  Martin 
Ruboga,  ne  en  Italic  ,  est  un  descendant  du  fameux  Gigli ,  a  qui 
Buffon  a  daigne  consacrer  un  article  aussi  interessant  que  cu- 
rieux  dans  son  Histoire  naturelle.  ( Constitutionncl  du  7  scp- 
tembre  182/1.  ) 

262.    EXTRAIT  d'une    I.ETTRK    PK    M.    DE   FrEMIN VILLK,  licut.   de 

\alsseau.  (  Voyez  pour  la  partie  geologique  de  cctte  lettre  le 

Bulletin  d'avril ,  n".  398.  ) 

M.  de  Freminvllle  s'est  livre,  h.  la  Martinique,  a  I'etude  dcs 
Cruslaces,  qu'il  regarde  comme  pcu  connus,  et  pouvant  pre- 
senter ,  par  consequent,  un  grand  nombrc  d'esptccs  et  miime  de 
"enres  nouveaux.  Parmi  ceux-ci  il  en  a  dccrit  un  sous  le  nora  de 
Loscea  ;  il  a  trouve  res  cruslaces  d  plu-s  de  six  licucs  au  large  , 


Melanges.  535 

vlyans  et  flottuns  sur  reau;ils  n'approchent  jamais  tks  cotes  ,  c-r 
offrent  des  particularltes  remarquables;  M.  de  Frerninville  dit  que 
ce  genre  devra  etre  place  entre  les  Cymotlioees  et  Jcs  Idotues. 

3VT.  de  Fremlnville  s'est  aussi  be.iucoup  occupd  des  reptiles  si 
communs  a  la  Martinique;  il  a  rencontre  des  vlperes  fer-de- 
lance  de  sept  a  huit  pieds  de  long  ,  et  dont  les  crocliels  avaient 
pres  d'un  pouce.  II  en  a  depose  un  individu  de  la  plus  grande 
taille  au  musce  de  Brest ;  cet  officier  naturaliste  dIt  avoir  verifie 
sur  ces  viperes  Fer-de-lancc  ,  le  fait  important  annonce  par 
MM.  Palisot  deBeauvois,  concernant  la  femelle  du  Crotale 
boiquite.  II  assure  que,  corame  cefte  derniere,  celle  du  ler-de- 
lance  recoit  dans  sa  gueule  ses  petits ,  qui  vont  s'y  refugier  a 
rapprocbe  de  quelques  dangers,  et  quelle  les  y  tient  caches  jus- 
qu'a  ce  que  le  danger  soit  passe.  [Ann.  des  Sc.  natur.,  janv. 
1814,  pag.  y2.  ) 

263.    LetTUE    BT    fragment    de    LETTRE     de    M.     BrOCCHI  ,    SUR 

l'Arabik  et  la  S\rie.  (  Giorn.  di  Fis.,  Chim.,  etc.,  mars  et 
avril  1824,  p.  i36  et  i37.) 

Ces  lettres  sont  datees  de  Baalbeck  en  Syrie,  le  i5  novem- 
bre  1823.  M.  Brocchi  y  annonce  qu'il  a  passe  une  grande  partie 
de  I'annee  dans  les  montagnes  de  la  Thebaide  et  sur  les  cotes  de 
la  mer  Rouge,  jusqu'aux  fionticres  de  la  Nubie.  II  y  a  la  des  de- 
serts immenses  oil  il  n'a  pas  plu  depuls  4  ans,  et  ou  Ton  ne 
voit  que  quelques  Arabes  Bedouins.  La  clialeur  y  est  de  3o  a 
31°,  et  elle  va  a  35"  par  Ic  vent  kamsin. 

Notre  voyngeur  a  toujours  joui  des  memes  oommodites  qu'eii 
Europe,  au  nioyen  d'une  caravane  de  120  cbameaux. 

II  est  alle  ensuiteen  Syrie  pour  examiner  certains  bancs  liouil- 
leJs  du  mont  Liban, et  a  visile  aussi,  dans  les  montagnes  de  I'An- 
ti-Liban,  les  restesd'Heliopolis.Il  ira  peutetre  aux  mines  de  cuivre 
du  mont  Sinai,  et  ne  sera  de  retour  dans  sa  patrie  qua  la  lin  de 
J  825.  M.  Brocchi  a  rccoltii  beaucoup  de  plantcs  rares  el  nouvelles 
en  Egypte,  mais  la  florc  du  Liban  lui  a  paru  prcsquc  la  memo 
que  ccllc  de  la  Sicile  et  de  la  Calabre  meridionale.  A.  B. 

264.  Notice  sur  M.  Sace. 

M.  Sage,  doyen  de  reception  de  la  scoonde  classe  de  riii-,titur, 
a  Paris,  est  niort  le  10  seplembre,  a  I'age  de  84  ans.  11  a  fonde 
en  France  la  premiere  ecole  d»s  mines,  et  public  plusienrs  ou- 


326  Melanges. 

vniges  de  mineraiogie.  Aitssi  son  busfe  a  cle  place  aux  frais  de 
ses  (ileves  au  cabinet  mineralogique  de  I'hotel  des  Monnales. 
Void  quclques  passages  du  discours  jn-ononce  sur  sa  tombe  par 
M.  Cordier,  son  confrere  a  I'academie.  «  A  son  debut,  M.  Sage 
avait  pressenti  la  puissante  influence  que  les  arts  chimiques 
exerceraient  un  jour  sur  toutes  les  industries;  il  a  cle  infatigable 
pour  prepager  ces  connaissances ;  il  n'a  rien  neglige  pour  en 
faire  lui-meme  des  applications  multipli«5es  aux  arts  et  aux  be- 
soins  de  la  societe.  C'est  ainsi  qu'il  a  notablement  contribue  aux 
progres  d'un  art  qui  etait  bien  peu  avunce,  il  y  a  un  demi-sie- 
cle,  celui  d'extraireet  d'essayer  les  substances  metalliques;  c'est 
aiusi  qu'anime  d'un  -vif  sentiraent  de  philantbropie,  il  a  ete  plus 
d'une  fois  ingenieux  et  heureux  dans  les  recbercbes  qu'il  n'a 
cesse  de  tenter  dans  la  vue  d'augmenter  les  ressources  de  I'art 
de  guerir.  Tant  de  Iravaux  utiles  suffiraient  pour  recoinmander 
Ml  memoire;  il  s'y  joint  un  titre  plus  lionorable  encore,  c'est 
d'avoir  reussi,  a  I'aidc  d'une  perseverance  admirable,  a  fonder, 
t.ii  J 783,  I'ecole  royale  des  mines  ,  institution  importante  qui 
manquaita  la  France,  et  dont  on  n'a  pas  tardo  d'apprecier  les 
rosultats.  tine  vie  si  bien  employee  aurait  du  s'ecouler  sans  trou- 
ble et  sans  infortunes;  mais  la  revolution  ne  I'a  point  permis. 
INotre  venerable  confrere  a  ete  eprouve  par  des  persecutions  qui 
ont  pense  lui  etre  fatales.  Justeraent  exaspiire,  prive  de  la  vue 
a  la  suite  de  sa  detention  dans  les  cacbots ,  il  a  eu  besoin  de  quel- 
que  courage  pour  supporter  les  inconveniens  qui  naissalent  de 
la  diminution  de  sa  fortune.  II  est  vrai  de  dire  que,  s'il  a  regrette 
ks  avaiitagcs  dont  il  avait  joui,  c'est  parce  qu'il  ne  j)ouvait  plus, 
comme  auparavant ,  satisfaircla  lonj^ue  habitude  qu'il  avait  con- 
tzv.ctee  de  faire  du  bien  autour  de  lui.  u 

On  peut  voir  la  liste  de  tons  ses  ouvragcs  ,  au  nonibre  de  73  , 
dans  les  n"*.  (\[\  et  45  du  Journal  dc  la  librairie  ,  1824. 

265.  La  Societe  linneenne  du  Calvados  a  tenu  sa  seance 
solennelle  etpublique,  le  24  mai  i83'.4. 

M.  Robcrge,  president,  a  ouvert  la  seance  par  un  discours 
dans  lequel  il  a  rappele  le  but  dc  la  Societe  et  les  engagemens 
que  lesmembresavaieut  contractes,  enacceptant  d'cn  faire  j)arlie. 

M.  de  Clauniont,  secretaire,  a  fait  ensuite  I'analyse  des  travaux 
de  la  Societe  dcpuis  rorigine;celte  analyse  etait  precedce  du  rocil 
dc  la  mnnierc  dont  elle  s'est  formcc.  On  a  reniarque  avec  clon- 


Mciiuii^es.  5-^7  ^ 

nement  la  quantite  de  memoires  intt":essaiis  que  celte  CGmpagnie, 
,  qui  ne  compte  pas  encore  un  an  d'existence,  a  recu  de  ses  cor- 
respondans  ou  de  ses  membres.  Quclques-uns  seront  imprimt-s 
et  formeront  un  volume  erne  de  planclies  qui  paraitra  dans  lo 
mois  d'aout  ou  de  septembre(/^'oj.  ci-apres) ;  les  autres  iravaux 
sont  analyses  dans  le  rapport  du  secretaire. 

On  a  enlendu  un  memoire  de  M.  Pluquet,  correspondant  a 
,  Bayeux ,  sur  quelques  plantes  interessantes  du  Bessin ,  et  sur 
leiir  synonymie  en  patois  du  pays. 

M.  Eudes  Deslongchamps,  D.  C,  a  lu,  au  nom  de  M.  I'abbe  de 
la  Rue,  correspondant  de  I'lnstitut  royal  de  France,  diretteur 
de  la  Societe  des  antiquaires  de  Normandie,  un  memoire  tres- 
interessant  sur  I'etude  de  la  botanique  a  Caen,  depuis  Ics  temps 
les  plus  rccules  jusqu'a  nos  jours. 

M.  Hardouin,  D.  M.,  a  succede  a  M.  Deslongchamps  et  a  lu 
une  notice  de  M.  Defrance,  correspondant  a  Sceaux,  pres  P.iris, 
sur  les  Reptiles  que  Ton  dit  avoir  ete  trouves  dans  les  pierres  et 
dans  les  substances  ligueuses  de  certains  arbres.  D.  C. 

266,  Memoires  de  la.  Societe  linneenne  du  Calvados  ,  annee 
1824.  3oo  p.  in-8,  avecpl.  lithogr.  Caen;  1824;  Cliapolin. 

Nous  avons  tenu  nos  lecteurs  au  courant  des  progres  de  cette 
Societe,  fondee  par  M.  Lamouroux,  prof,  d'liistoire  naturelle  a 
Caen  et  correspondant  de  I'lnstitut.  Nous  en  avons  annonce  la 
formation  avec  tout  I'inter^t  qu'inspire  le  but  de  ces  travaux 
qui  est  de  falre  connaitre  la  geologic  et  I'histoire  nalurelle  du 
departcmcnt  ou  ellc  reside,  (/oj.  le  Bulletin,  iSaS,  to.  3,  n". 
75o,  el  celui  de  juillet  1824  ,  n°.  2G6.)  Le  i""".  vol.  de  ses  me- 
moires vienl  de  paraitre,  et  justiBe  I'espoir  qu'avait  fait  conce- 
voir  une  reunion  de  savans  voucs  a  I'etudc  de  leur  sol,  et  dont 
plusieurs  ctaient  deja  connus  par  de  bons  memoires.  Les  natu- 
ralistes  et  les  geologues  residans  sur  les  lieux  auront  toujours 
I'avantagesur  ceux  qui  viennent  les  visiter  souvent  en  courant  : 
aussi  I'exemple  de  la  Societe  deCaen  se  propagera  certainement 
et  les  Societes  des  divers  departemens  de  France  scntiront  que 
si  elles  vculent  prendre  un  rang  honorable  parnii  leurs  sfx;urs  et 
etrc  reellenieat  utiles,  c'est  en  sc  bornant  a  I'etudc  de  leur  ter- 
ritoire  ct  a  Ic  fairc  connaiire  par  une  seric  de  bons  memoires. 
Deja  plusieurs  des  memoires  que  contient  ce  vohuue  out  t-te  an;;- 
Jyscs  dans  le  Bulletin,  grace  a  lobligeancc  et  au  zele  de  leur 


52»S  Melanges. 

anteurs  qui  onl  Lien  vouln  nous  Ics  communiquer  i  mesuic 
qu'ils  etaient  imprimes.  Voici  I'indicalion  de  ceux  qui  ont  ete 
ex  traits  : 

Premiere  course  geologique  dans  le  depariemcnt  de  la  Man~ 
rhe,  par  M.  de  Caumont.  —  Extrait  d'un  memoire  sur  la  geolo- 
gic de  I'arrondisscrnent  de  Bayeux ,  par  le  mcme.  ( Voycz  le 
Bulletin  de  mai  1824  ,  no'.  4  et  5.)  Ce  dernier  memoire  est  ac- 
compagne  de  deux  planches,  rcpresentant  les  coupes  des  terrains 
de  diverses  localites  de  cet  arrondisscment.  —  Mrrnoire  sur  les 
Coquillcs  du  genre  Gervillcc  ,  par  M.  Eudes  Dcslongcliamp.s.  (V. 
le  Bulletin  de  juin  ,  n".  169.)  5  pi.  tres-bien  dessinces  et  litliogr., 
represenlant  les  5  especcs  de  Gervillies  decrites  pour  la  premiere 
fois  par  M.  Deslongchamps,  excepte  celle  qui  a  servi  a  I'clablis- 
sement  du  genre  par  M.  Defrance.  —  Obser\fations  sur  la  cause 
de  la  coloration  dcs  Huitrcs,  par  M.  Benjamin  G\illon.  {for.  le 
i'ulletin  de  juillet ,  n".  260.) — ■  Rechcrches  sur  I'ctude  de  la  bota- 
nique  a  Cacn,^aT  M.  I'abbe  de  Lakue.  {^yoj.  le  Bulletin  dc  sept., 
If.  5i.)  Nous  rendrons  successivement  compte  des  autres  me- 
moires  dont  nous  n'avons  point  encore  parle.  F. 

267.     La    SociIiTE    ACADEMlyUK      HE     GEOLOGIE   ,      MINER ALOGIE 

ET  BOTANiQUE  d'Auvergne  a  tcnu  sa  prcmicrc  seance  guncrale 
ammelle  le  mercrcdi  1''''.  scpicmbre. 

Elle  a  ct^  ouvcrte  par  un  discours  de  M.  I'abbc  Croizet ,  se- 
cretaire de  la  Societe,  dans  lequel,  apres  avoir  analyse  les 
principaux  syst^mes  des  geologues  sur  la  cause  des  volcans,et 
avoir  preseftte  les  objections  qui ,  selon  lui,  les  rendent  inadmis- 
bibles,  il  a  expose  unc  theorie  nouvelle  qu'il  considere  comme 
une  explication  simple  et  nalurelle  dcs  phi'-nomencs  volcaniques. 

M.  le  comte  de  Laizer,  colonel  en  disponibillle  ,  president 
de  la  Societe  ,  a  cnsuite  rendu  compte  des  travaux  de  ce  corps  , 
dnrant  cette  premiere  annee  de  son  existence.  Un  commence- 
ment d'herbicr,  une  petite  blbliotheque,  des  mineraux  du  pays  , 
et  surtout  5  a  600  echantillons  de  mineraux  etrangers,  ranges 
dans  des  armoires  et  soigneusement  etlquetes,  prouvent  le  zele 
qui  anime  MM.  les  membres  de  cette  honorable  et  utile  Societe. 

M.  de  Lalzer  a  enlretenu  I'assemblce  des  rccherches  entrepri- 
ses  par  lui  sur  la  pcnte  Est  dcs  Monts-d'Or ,  dans  les  valleos  de  la 
Veyre,  de  la  Monc,  dcs  trois  Couzes,  el  sur  les  rives  de  I'Allier, 
dc  Brassac  jusqu'aux  Martres-dc-Vcyre. 


Melanges.  529 

S'occupant  d'abord  de  la  parlie  utile  et  industrielle,  il  a  decrit 
iionibre  de  filons  ct  de  gisemens  iiietalliqucs,  et  a  presentc  les 
echantillons  de  sept  differentes  mines  de  fcr,  decouvertcs  par 
lui  sur  les  bojds  de  TAUier  et  de  I'Allagnon  ( fer  oxide  brun  et  fer 
oxldii  rouge  quartzlfere,  fer  carbonate,  fer  oxide  brun  hydrate, 
ler  en  grain,  et  fer  oxide  rouge  granitique).  Ccs  minerals  cs- 
sayes  par  lui  et  par  M.  Eurdin,  ingenieur  des  mines,  ont  ete  re- 
connus  plus  riches  que  nombre  de  ceux  qui  sont  en  ce  moment 
cxploites  dans  les  departemens  environnans.  Les  plus  eloignes  ne 
sont  qu'a  i  ^  lieue  des  riches  houillcres  de  Brassac ,  et  a  2  lieues 
du  couis  de  I'Allier. 

Les  Clons  de  basaltes  d'Auvergne  n'ayant  encore  cte  decrits  ni 
probablement  observes  par  per^onne,  M.  de  Laizer  en  a  signale 
plusieurs,dont  quelques-uns  sont  tres-eloignesde  touteslcsautres 
substances  volcaniques.  Dans  sa  description,  il  a  expreschoisipour 
excmplcs ,  des  filons  silues  dans  le  granit  et  le  gneiss,  dans  le  ter- 
rain houiller  et  dans  le  calcairc;  il  a  termine  cet  article  de  son 
I'apport  par  des  details  sur  un  petit  systeme  de  filons  de  laves  ba- 
saltiques,  divergens  enlre  eux,  et  paraissant  se  rattacher  a  un 
centre  commun,  qui  est  un  culot  isole  de  basalte,  lequel  s'eleve 
a  travers  et  au-dessus  d'unc  psamile  calcaire,  et  que  M.  de  Laizer 
a  consideree  comme  un  petit  volcan  partiel. 

11  a  presente  a  I'assemblee  une  carte  geognostique  du  terrain 
liouiller  des  environs  de  Brassac,  levee  et  desslnce  avccbeaucoup 
de  soin  ,  s.x\v  laquclie  il  a  figure  plusieurs  de  ces  filons. 

II  a  expose  nombre  de  faits  ou  de  circonstances  gcognostiques, 
observes  tant  par  lui  que  par  M.  A.  Bravard  et  quelques  autres 
personnes ;  il  a  presente  une  quantite  d'echanlillons  divers  _ 
enlre  lesquels  on  a  remarque,  i".  la  mcsotype  cristallisee  dans 
le  calcaire  coquiller;  2°.  du  bois  et  de  la  racine  de  palmier  aga- 
tisiis,  trouvt's  avcc  d'autrcs  bois  petrifies,  par  M.  dc  Chazelles, 
dans  sa  propriclc  dc  la  Canicrc,  canton  d'Aigueperse,  oii  M.  de 
Laizer  suppose  que  cet  arbre  a  autrefois  vegete. 

II  a  cnsuiie  In  un  rapport  succinct  sur  une  excursion  qu'il  a 
faitc  a  la  mine  antique  de  Saurier,  dans  laquclie  il  a  trouve  le  cui- 
vre^'arsenie  argentifeie,  le  cuivre  pyritcux,  le  plorab  argentifcrc , 
ranlimoine  ct  le  zinc.  Cctle  mine  a  etc  reconnuc  pour  la  pre- 
miere fois  cette  annce,  ct  il  n'existe  dans  le  pays  aucune  iradi- 
lion  sur  Tcpocjiie  de  son  exploitation. 

11  a  presente  une  coupe  dc  la  monlagne   dc  Boularcssc  ,  oil 


35o  Melanges. 

siir  le  sol  primordial  est  une  couche  de  lave  poreuse,  a  gros  frag- 
mens  remanies  par  les  eaux ,  entremeles  de  bois  conservant  sa 
contexture  et  sa  couleur  :  au-dessus  est  une  couche  de  veritable 
lignite,  autrefois  exploitee  comme  combustible,  et  recouvertepar 

un  immense  plateau  de  basaltesprismatiques ;  fait  int^res- 

sant  et  qui  n'avait  point  encore  ete  signale. 

Nous  ne  suivi'ons  point  I'orateur  dans  ses  recherclies  et  ses 
opinions  sur  les  divers  tufs  volcaniques;  nous  avohs  seulement 
remarque  qu'il  en  a  extrait,  i".  du  calcaire  coquillier ;  a",  des  bois 
simplement  conserves,  d'autres  carbonises,  et  d'autres  enfin 
completement  passes  a  I'ctat  de  quartz  resinite. 

L' opinion  emise  i)ar  M.  de  Laizer,  que  jamais  la  mcr  n'a  se- 
journe  sur  le  sol  actuel  de  I'Auvergne,  a  trouve  une  forte  oppo- 
sition de  la  part  de  MM.  Lacoste  et  Croizet ,  sans  que  cependant 
ces  messieurs  aient  cite  dans  la  vallee  de  rAllicr  aucune  formation 
sous-marine. 

M.  le  comic  de  Laizer  est  enfin  arrive  a  la  partie  la  plus 
importante  de  son  rapport;  il  a  produit  un  plan  et  trois  cou- 
pes en  profil  du  grand  plateau  ou  coulee  de  basalte  et  de  tuf 
qui  rcgne  entre  les  deux  rivieres  de  Couze  ,  depuis  Ciiampeix 
jusque  vers  Issoire;  il  les  a  accorapagnes  de  nombreux  ecliantil- 
lons.  De  ce  tuf  enliereinent  compose  de  morceaux  de  pierres 
])onoes  et  de  tracbiles  diverses,  il  a  extrait,  i".  des  os  de  trcs- 
gros  animaux,  completeraent  petrifies  et  transfonnes  en  cliaux 
carbonatee,  sans  avoir  perdu  ni  leur  forme  ni  leur  contexture  ; 
2°.  un  morceau  de  corne,  ou  d'ardillon  d'une  corne  de  cert, 
transforme  en  agate  ;  enfin ,  il  a  trouve  et  ii  a  retire  d'une  cou- 
che de  sable ponccux  qui  est  sous  le  tuf,  des  dents ,  une  machoire, 
et  deux  cornes  appartenant  a  deux  especes  de  cerfs  ,  actuelle- 
mentperdues,  etdoplus,un  ci'ane  avcc  ses  deux  corwes, appar- 
tenant a  nne  grandc  cspece  de  cerf  ou  d'elan,  variete  qui  de  nieme 
n'exisle  plus. .  . . — ■  Avec  ces  objcts  et  une  grande  ([uantite  d'au- 
tres OS  fossilcs,  M.  de  Laizer  a  aussi  produit  une  dent  molaire  de 
niastodonte  ou  mammout ,  trouvee  un  pcu  plus  bas  dans  le  cal- 
caire coquillier  lacustre,  qui  rcgne  cnlre  le  tuf  volcanique  et  le 
terrain  primordial. 

Nous  croyons  que  c'est  la  premiere  fois  qu'il  a  etc  rencontre 
des  corps  organiques  tcrrestres  sous  les  tufs  et  les  basaltes  an- 
cicns.  Cctte  imporlante  decouvertc,  due  au  zele  actif  et  eclaire 
tie  M.  le  C^''".  de  Laizer,  porlcra  une  giaude  lumierc  sur  Tage 


Melanges,  ^)5i 

relatif  de  nos  volcans  ancLens lis  sont  done  postciieurs  aux 

dernieres  formations,  pulsqu'ils  les  recouvrenl;  et  cependant  i!s 
sontcontemporainsdesanimauxqu'ilsontentrainesouensevelis?... 

II  y  avail  encore  sur  le  bureau  un  memoire  sur  les  terrains 
primordiaux  d'Auvergne,  par  M.  A.  Bravardj  mals  le  tempi 
na  pas  perrais  d'en  donner  la  lecture. 

La  Societe  s'est  ensuite  formee  en  comite  pour  nommer,  con- 
formement  a  son  rcglement ,  aux  places  vacantes  dans  son  sein. 
M.  Guillon,  recteur  de  I'Academie  universitaire ,  a  cte  nomtnu 
membre  Iionoraire;  M.  Deveze  de  Chabriol,  membre  residant ; 
et  M.  A.  Bravard,  correspondant.  (Extrait  du  Joitrn.  du  Ptiy- 
de-D6me ,  7  septembre  1824.) 

268.    MemORIE    dell  I.  R.    ISTITDTO    DEL   REGNO  LoMRARUO-Ve- 

NETO.  Memoires  de  I'institut  Imp.  et  R.  Lonibardo-Venitien. 

Vol.  i,annees  iSiaet  i8i3  ;  vol.  2  ,  an.  1814  et  181 5:  Milan; 

1819  et  1821  ;  a  Timprimerie  I.  et  R. 

Nous  donnerons  ici  la  liste  des  memoires  sur  les  sciences  na- 
turelles  qui  se  trouvent  dans  les  2  vol.  annonces  ;  i.  un  me- 
moire du  prof.  Renieri  de  Padoue ,  sur  ^Attinia  costolata  ma- 
dreporigena,  nouvelle  espece  que  I'auteur  a  decouverte  dans  la 
Mediterranee ;  —  2.un  autre  du  D' .  Marzari,  presente  par  M.  Pa- 

letta,  membre  de  I'institut  lombardo-vcnitien,  sur  la  Pallngra. 

3.  La  description  geologique  de  la  collinc  d'Arona  ,  par  Scipion 
Breislak.  4.  Quelques  nouvelles  reclierches  sur  le  jaspe  et  autrcs 
pierres  pr(5cieuses  ,  par  Louis  Bossi ,  ecrites  aprcs  la  publication 
de  louvrage  de  M.  Hager ,  sur  une  pierre  precieuse  de  la  robe 
pontificale  d'Aaron. 5.Surl'originede  laterrcetsur  lesideesavan- 
cees  sur  ce  sujet ,  par  M.  Smillison  Tennant,  d'apres  les  theories 
de  sir  Hum.  Davy,  par  le  prof.  Breislak.  G.  Observations  sur  I'e- 
migration  des  oiseaux,  par  C.  Anioretti.  7.  Memoire  sur  Ic  refroi- 
dissement  et  la  consolidation  dc  notrc  globe  ,  par  ic  prof.  Brcis- 
lalv.  8.  Sur  diverses  espcces  de  vipures,  par  Pierre  Configliiicl.i. 
0-  Observations  sur  la  formation  des  rocbcs  siliceuses,  par  Breis- 
lak. 10.  Observations  sur  diverses  plantcs  qu'on  sui)posc  nou- 
velles, maisquietaient  connucs  au..  ancieus ,  par  Jean  Brignoli. 
2G9.  Riii]NioN    DES  NATURALisTES  et  dcs  medccins  allemands  a 

Leipzig,  le  18  septembre  1822.  (/«>,  1823,  6'-.  tali.,  p.  554.  ) 

L'autcur  fait  remarqucr  que  les  savans  allemands  so  trl- 
liquent  amcrement  les  uns  les  autrcs,  et  nc  prodnls-nt  nns  an 


332  Melanges. 

jour  d'ouvrages  encyclopediques.  II  oppose  au  ton  ,  quelqiiefois 
grossier  ,  des  censeurs  allemands,  ruibanite  francaise,  et  11  pre- 
tend que  cela  cliangerait ,  si  les  savars  allemands  avaient  aussi  les 
inoyens  de  so  connaitreet  de  so  mettre  en  contact  lesuns  avec  les 
autres.  lis  n'apportent  pas,  des  universites,  ramenitc  des  mceurs 
qui  sied  aux  savans;  ils  vlvent  isolement  et  travaillent  de  ineine, 
au  lieu  de  se  reunir  et  cooperer  a  de  grandes  entreprises  litteraires 
comme  on  fait  en  France  et  en  Angleterre.  La  reunion  annuelle 
des  naturalistes  et  des  raedecins  allemands  a  done  ete  instituee 
surtout  pour  que  ces  savans  ])uissent  se  connaitre  les  uns  les  au- 
tres. En  1823,  la  Societe  s'est  tenue  a  Leipzig.  M.  Formey  a 
propose  qu'on  se  reunit  pour  faire  un  Dictionnaire  des  sciences 
naturelles  et  medicates.  M.  Froriep  propose  dcpuis  long- temps 
un  vocabulaire  d'liisloire  naturelle.  La  Societe  voudrait  se  char- 
ger de  la  publication  de  tous  les  ouvrages  pcriodiqucs  des  diffc- 
rentes  societes  savantes  d'AUcmagne,  et  s'entendre  pour  cela 
avec  les  editeurs  des  mernoires  de  I'academie  leopoldine.  M.  Rei- 
chenbach  a  lu  un  memoire  sur  un  Systeme  naturel  des  plantes. 
La  societe  d'histoire  naturelle  d'Altenburga  presentedcs  monies 
de  gypse  de  Schottin  ,  et  una  petite  dissertation  sur  le  bras  de  la 
nommee  Rosenheicrich,  ou  le  sang  passe  immediatcment  d'une 
artere  dans  une  velne.  M.  Cams  a  montro  plusieurs  St'j>i(i; 
M.  Thledemann,  des  figures  de  cbiensmarins  dessinees  par  lui  en 
Islande,  et  M.  Froriep,  des  desslns  colorles  de  parties  humalnes. 

En  1824  ,  la  Societe  a  du  se  reunir  a  llalle. 
270.  Sur  le  museum  Bresilies  de  Vien?!E.  (/i^i>,  1823,  cah.  G. 
Suppl/tnent.  ) 

Cette  supcrbe  collection  est  arrangce  dans  12  salles;  il  est 
inutile  de  repetcr  les  noms  des  savans  qui  I'ont  formec.  M.  Mi- 
kan  a  cte  au  Bresil  1  an.  M.  Pohl,  botaniste  et  mineralogistc, 
y  est  reste  4  ans  et  demi;  le  D"^.  Natterer,  zoologiste,  y  est  en- 
core au  moins  pour  1  an.  M.  Scholt  a  cullive  les  plantes  a  Rlo- 
de-Janelro  et  M.  Kuder  a  fait  2,000  dessins.  La  premiere  salle 
contlent  35o  ccbantilions  de  80  especes  de  maminifLres;  il  y  a 
dans  d'autres  chambres  4,200  eclianliilons  d'olseaux  de  570  es- 
j)eces,  dont  100  sont  nouvcllcs.  11  y  a  44  especes  d'oiseaux 
de  prole  et  780  echantillons  d'amplilbies  appartenant  a  100 
especes;  36o  poissons  de  100  especes;  5o,ooo  inscctes,  dont 
12,000  sont  des  papiilons  appartenant  a  2,000  especes;  quel- 


Melanges.  555 

quescentaines  de  crabes,  d'ecrevisses,  dccoquilles;  600  bocaux 
de  vers  intestinaux,  et  100  squelelles.  Une  salle  contient  toutes 
les  ariues  et  ustensiles  employes  par  les  habitans  civilises  et  sau- 
vages  du  Bresll.  La  collection  mineralogique  occupe  4  chambres, 
elle  comprend  plus  de  1,000  especes,  L'berbier  de  M.  Pohl  con- 
tient 4:.ooo  especes  avec  beaucoup  de  doubles.  M.  Mikan  a  re- 
cueilli  2,400  echanlillons  de  goo  especes  de  plantes ,  et  M.  Scholt 
environ  3, 000  especes.  II  y  a  une  collection  de  graines  de  fruits 
et  de  parties  de  fleurs  conservees  dans  de  I'esprit-de-Tin;  et  en- 
fin  une  cdllection  de  differcns  bois  avec  le  nom  qu'ils  ont  dans 
les  pays  ou  ils  croissent.  Nous  ajouterons  qu'il  est  bien  a  re- 
grelter  que  ces  bols  ne  portent  pas  aussi  le  nom  botanique  des 
arbres  dont  ils  proviennent.  A.  B. 

271.  Le  capitaine  Franklin,  dans  son  Voyage  autour  du 

monde,  assure  que  pendant  le  rude  hiver  qu'il  passa  pres  de 

Coppermine  River,  le  poisson  gelait  a  fur  et  a  mesure  qu'on  le 

retirait  des  filets  ;  en  un  instant  il  se  convertissait  maJeriellement 

en  glacon,  et,  d'un  ou  de  deux  coups  de  liache,  on  le  fcndait 

facilcment.  Si,  dans  I'etat  de   congelation  complet,  onlefaisait 

degeler  au  feu,  le  poisson  se  ranimait.  Ce  fait  prouve  jusqu'a 

quel  point  le  inouvement  de  la  vie  pent  se  trouver  suspendu 

dans  les  animaux  qui  ont  le  sang  froid.  Le  capitaine  Franklin 

ajoute  qu'une  carpe,  gelee  depuls  9,4  heures,  se  ranima  par  le 

meme  moyen,  et  reprit  ses  forces  au  point  de  bondir  avec  au- 

tant  devigueur  qu'auparavant(i).(^ef//yiJeg^jjfe/-,  8aouti824.) 

272.  Conrad  Gessner,  ein  Beitrag  zur  Geschichte  des  wissens- 

chaftlichcn  Strcbens.  Conrad  Gessner,  notice  biograplilque  pou- 

vantservir  a  I'hisloire  des  eludes  scientifiques  et  de  la  reforme 

religieuse  au  16*^.  siecle;  par  Jean  Hanhart.  355  p.  in- 8., 

Winterthur;  1824  ;  Sleiner. 

Conrad  Gessner,  liomme  vraimcnt  ctonnant  pour  son  siecle, 
a  ete  un  des  fondateurs  de  la  science  de  I'hlstoire  naturelle.  Son 
application  a  bien  connaitre  et  a  distinguer  les  plantes  etait  ex- 
treme; il  inettait  le  plus  grand  soin  a  les  fairc  dcssiner  exacte- 
nient.  II  adniettait  conune  marques  caracteristiqucs  des  vegetaux 
les  pctak'S  et  les  calices  des  fleurs;  on  cntrcvoit  lucme  dans  ses 
ouvrages,  un  gcrme  dc  division  en  families  ,  genres  et  classes.  II 

(1)  Comcnius  rapportc  avoir  vii  rappelcr  a  la  vie  un  homme  gele 
tlcpiiis  fjiiiitrc  joins  dans  nnc  for(?t  de  Moravie.  (  Disquisitio  de  ca/oris 
ct  frissons  natiivii.  p.  5'!.  )  CM.    P. 


554  Melanges. 

Jaissa  a  sa  mort  des  dessins  de  1 5oo  plantes  qui  ne  furent  publiees 
que  1 5o  ans  apres.  Dans  son  ouvrage  snr  los  jardins  d'Allemagne, 
Gcssner  decrit  les  jardins  de  botanique  de  son  temps.  On  n'ad- 
inire  pas  molns  son  erudition  et  son  application  infatigable  dans 
son  grand  ouvrage  sur  I'liistoire  naturelle  des  animaux  ,  et  dans 
fees  editions  des  autenrs  anciens  qui  traitent  de  cette  science. 
Son  nouveau  biographe,  M.  Hanhart,  a  surtout  profite  des 
lettres  isnpriinees  et  inedites,  pour  faire  connaitre  nne  foule  de 
particuiarites  deIaTiedeGessner.il  a  fait  reimprimer  a  la  fin  de 
sa  biographie  le  quatrieme  llvre  des  leltres  de  Gessne?,  dont  la 
premiere  edition  a  presque  entierement  disparu  ;  il  y  a  joint 
quelques  leltres  inedites,  ainsi  quun  fac  simile  d'un  billet  auto- 
graphe  du  grand  naturaliste  et  medecin  de  Zuricli.  Dans  la  prc- 
liice  ,  M.  Hanhart  annonce  le  projet  de  publier  un  jour  toute  la 
correspondance  de  Gessner ,  dans  le  cas  ou  il  serait  soutenu  dans 
cette  entreprise.  D-g. 

273.  Lettres  du  D'.  Oudney,  de  M.  BowDicn  et  du  capi- 
TAiNE  Parry  a  M.Jameson.  {^Edinb.  P/iiios. /ourn.  ,n°.i2, 
aout  1824  ,p.  38o. ) 

M.  Oiidney  marque  que  dans  le  Fezzan  la  chaleur  ne  va  pas 
au  mols  de  juin  au  dela  de  90°.  F. ,  et  ne  descend  pas  au  dela 
de  8o'\  a  78".  L'air  est  sec;  I'hygromelre  de  Kater  est  a  38<^.  ou 
3S ,  5.  Le  barometre  varie  dans  la  journee  a  11  h.,  et  de  8  a 
9  h.  du  soir;  la  depression  du  mercure  est  de  la  lo*^.  ou  20". 
partie  d'un  pouce.  Les  vents  sud  depriment  la  colonne  de  mer- 
cure. Elle  s'eleve  environ  a  28,5oo  pouces  a  une  temperature  de 
80".  F.  L'eaubout  a  207  F.  Toulle  pays  recele,  a  quelques  j)ieds 
dc  profondeur  ,  des  sources  tres-abondantes  qui  viennent  pro- 
bablcment  desmontagnesau  sud.  II  se  forme  sans  ccsse  du  selsur 
lesable.  A.  Ghraalilya  une  populationbravcet  liospltaliere.  Lelac 
Frona  est  au  milieu  de  liautes  colllnes  de  sables  qui  s'etendent  a 
i'ouest  i-cndant  plusleurs  cenlaines  de  milles,  et  sont  entre  Wa- 
dies  Shiati  et  Ghrurbi.  Ce  lac  est  dans  une  valli'e  elroite  courant 
d'p;.  S.  E.  a  O.  N.  O.  Les  collines  ont  400  pieds  de  haut.  Le  lac 
a  un  {-  niille  dc  long,  200  verges  de  largeur,  et  est  tres-peu 
pro  fond.  Le  natron  se  depose  au  fond  du  lac ,  et  sur  ses  bords  il 
y  a  des  cristaux  cubiques  de  muriate  de  sonde.  Le  sol  du  lac  est 
un  sable  brun  fonce,  et  olfrc  du  bitume.  Le  natron  est  meilleur 
au  commencement  de  I'liiver.  I>c  Ln;  a  beaucoup  diminue  ,  mais 
on  cxporte  cependant  annnel!cinciit  environ  1600  a  '/ooo  quin- 


Melanges.  355 

aux  de  natron.  II  y  a  beaucoup  de  sources  dans  le  Wadey 
Shiati  et  les  AVadies  autour  du  Ghraat.  La  plus  grande  clialeur 
de  Murzouk  est  i5o°.  F.  La  plus  grande  variation  diurne  de 
temperature  est  de  iS".  L'liygrometre  ne  varie  que  de  36o°. 
a  l^lo'>. 

M.  Bowdich  ocrlt  de  Madere  qu'il  a  visite  la  parlieEst  de  File, 
oil  il  a  trouve  du  tuf ,  du  basalte  et  du  sable  fixe  par  beaucoup  de 
branches  d'arbres  fossiles  dont  quelques-unes  etaient  changees 
en  tubes  et  etaient  devenues  siliceuses.  II  a  trouve  a  Madere  la 
Delphimda  sulcata  de  Lamk.  II  decrit  plusieurs  Helices  du 
sous-genre  Helicostjla  qui  sont  tres-distinctes  de  YHelixfossilis 
de  Madere.  Le  sable  est  calcaire,  et  derive  ou  du  calcaire  de 
transition  sous  le  basalte  de  Saint  -  Vincent ,  ou  de  debris  de 
coquillages.  Le  tuf  rouge  produit  du  sable  ferrugineux.  II  y  a 
des  boules  de  basaltes.  L'auteur  conclut  que  le  melange  de  co- 
quilles  terrestres  et  marines ,  et  la  position  verticale  des  arbres 
fossiles  indiquent  une  irruption  de  la  mer.  De  plus,  cet  eve- 
nement  a  du  arriver  apres  que  I'Atlantique  avait  perdu  le  ni- 
veau eleve  qu'elle  avait  lors  du  depot  des  huitres  ,  etc. ,  trouve 
dans  les  montagnes  Bleues  d'Amerique  a  3oo  milles  du  rivage. 
Les  sables  de  Madere  sont  domines  par  des  monts  de  tuf 
eleves  de  aSo  picds,  ou  plus. 

Quelques  portions  du  tuf  se  seraient-elles  abaissees  ?  L'irrup- 
lion  a  du  a^  oir  lieu  du  N.  au  .S.  Les  escarpemens  du  tuf  de  la 
partie  nord  de  I'ile  presentent  des  inclinaisons  au  sud  comme 
s'jl  y  avait  eu  la  une  rupture.  La  Icttre  du  capit.  Parry  est  datee 
de  Davises  Straits,  lat.  69,  le  1*"^.  juill.  1824. 

274.  Quelques  observations  sur  la  distribution  naturelle  de  la 

Nature  animee,  par  nn  membre  de  la  Societii  Linneenne.  (Phil. 

Magaz.,  sept.  182!,  p.  200,  et  octobrei824) 

L'auteur  admct  deux  principes,  I'esprit  et  la  matiere:  la  place 

de  leur  existence  est  I'espacc  ,  la  pcriode  en  est  le  temps,  et  lci:r 

eontinuite  constitue  reternitc. 

L'auteur  croit  que  priniitivemcnt  les  objets  naturels  ont  etc 
distribues  deux  a  deux.  En  remontant  rechellc  des  etres,  le  nom- 
bre  5  parait  aussi  une  des  combinaisons  frequentes.  L'esprit  est 
un  ct  indivisible,  la  matiere  est  inorganir|ue,  cristallisee  ou  or- 
ganisee.  Cette  derniere  coraprend  les  animaux  et  les  vegetaux. 
II  donneensuite  son  plan  de  division  binaire  de  la  matiere.  Aiusi 
par  excmple  il  oppose  les  cryptoga.tics  aux  agamcs,  les  mono- 


556  Melanges. 

potales  aux  polypt-tales  ,  les  animaux  vertcbres  anx  invcrtt'- 
bres,  etc.  Dans  le  second  memoire  il  expose  sa  distribution  des 
animaux:  il  oppose  les  vers  aux  insectes,  les  olseaux  aux  mam- 
miferes,  les  carnivores  aux  herbivores,  les  crabes  aux  arai- 
gnees,  etc.,  etc. 

ayS.  Travaux  de  la  societe  cantonmale  de  Berne  ,  du  i  7  aoiic 
i8i2  au  i5  Janvier  i823.  {Uebersicht  der  T'crhondl.  der  AUg. 
Schweizer  Gesellschaft,  Aarau  1823.) 

M.  Brunner  lit  une  relation  de  sc^  voyage  aux  Alpes  meri- 
dionales.  (Elle  a  ete  depuis  inseree  dans  VJlpenrose.)  — 
M.  Studer  a  fait  des  recherches  sur  le  terrain  de  la  nouvelle 
route  de  Simraentbal.  Ce  sont  des  terras  d'alluvion  venant  en 
partie  de  la  foret  Noire,  et  en  partie  des  Alpes,  surtout  celles 
qui  sont  de  formation  modcrnc.  Un  banc  de  coquillages  au  pied 
de  la  collinedc  Strettling  parait  etre  aussi  de  nouvelle  formation. 

Le  professeur  Meisner  annonce  qu'on  a  trouve  a  Kocpfnarli , 

sur  le  lac  de  Zurich,  un  tete  de  mastodonte  tres-bicn  conservee. 
—  Le  merae  presente  une  lettre  du  directeur  Schreiber,  a  Vienne, 
annoncant  qu'un  lizard  vert  [Laccrta  juargcritata),  que  M.  Meis- 
ner lul  avait  envoye  en  1812,  n'estmort  de  vieillesse  qu'cn  1822. 
II  s'etait  toujours  bien  porte  sans  dormir  pendant  I'hiver,  et  de- 
puis 9  ans  et  demi  il  n'avait  plus  cru ;  la  queue,  qui  avail  tte 
ccourtoe,  ne  s't5lait  pas  non  plus  reproduite.  —  Le  niembre  du 
conseil.  Ilaller  communique  une  lettre  de  M.  Deluc,  de  Geneve, 
sur  les  glacicres  naturellcs  de  plusicursraonlagncs. —  Le  profes- 
seur Brunner  expose  la  theorlc  dc  M.  Ampere  sur  I't-lectro-magne- 

tisme. Le  meme  fait  connaitre  ses  essais  sur  la  preparation 

des  mctaux  alcalins.  Son  apparell  est ,  pour  le  fond ,  celui  de 
Bucholz  et  Trommsdorf ,  mais  avec  quelques  modifications,  etant 
plus  durable,  et  fournissant  neanraoins  autant  de  metal.  —  Le 
professeur  Studer  s'occupc  de  I'instlnct  de  la  Libellula,  de  VAsi- 
lus ,  du  Philutithui,  dc  la  guepe  et  de  la  Xylocapa  \iolacea.  — 
M.  Bourdcl  lit  un  memoire  sur  les  tortues  fossilcs. 
EI'.UATA. 
K".  d'Octobre,  p.  aSi ,  1.  16,  au  lieu  de  nombiil,  lisw  narines. 


PAI'.IS.  — IMPKlMEr.ir^  DE  FAIN,  liL'E  RACINI-  ,    ^o-  4, 

PLACE    DB    I'ontON. 


BULLETIN 

DES  SCIENCES  NATURELLES 
ET  DE  GEOLOGIE. 


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IjLOLOGIE. 


276.  Sua  LA  CONTREE  OU  LA  ViLLE  PETRIFIEE  DE  LA  Cyrewaique. 

{Nouv.Jnn.  de.i  Foj.,  1824,  to.  19,  p.  406.)  —Sua  la  Ville 
PETRIFIEE.  {Isis,  iSaS,  IV^  cah.,  pag.  382.)  —  Sur  la  Yille 
PEi-viFiEE  DE  LA  Cyrenaique  ,  cn  Afiiquc.  {Petites  Affiches  de 
iarroml.de  Dijon,  16  mai  1824.) 

Dans  son  Precis  de  la  Geographic  universelle ,  M.  Malte-Bnm 
a  wionce  la  conjecture  que  les  rapports  des  Arabes  sur  une  ville 
petrifiee  dans  I'interleur  de  ]a  Cyrenaique,  n'efaient  pas  flibu- 
leux  ,  ma.s  qu'.Is  vollaient  un  fait  reel  ,  defignre  ou  exagere 
Dans  les  Annales  des  Voyages  que  nous  citons,  M.  Malte- 
Brunessale  de  jusfHier  sa  conjecture,  et  de  dcmonlrer  que 
les  ouragans  de  sable  ont  pu  couvrir  une  ville  entiere  avec 
ses  hablfans,  et  que  les  arbres  ,  les  hommes  et  les  animanx  ont 
pu  ^-tre  conserves  par  dessiccalion  ,  ou  petrifies  par  inflltralion 
II  cite  d'abord  les  auteurs  qui  ont  parle  de  caravanes  enlieres 
englouties  sous  des  montagnes  roulantes  de  sables;  il  rappeJle 
la  catastrophe  de  la  tribu  de  Psilles  et  celle  de  I'annee  de  Cam- 
byse;  il  renvoie  aussi  a  la  description  de  rcnsevelissement  sous 
les  sables  d'nne  ville  de  la  Tartaric,  description  inseree  par 
M.  Abel  Remusat  dans  son  Histoire  de  la  ville  de  Kljolan  et 
qui  semble  etre  la  nii-rae  que  celle  dont  parle  Hel.nont  comrae 
etant  situee  pres  du  lac  Kitaja  en  Tartaric. 

M.  Malte-Brun  cite,  dapres  Jielzoni,  MM.  Co.staz  ,  IJemne- 
rich  et  Ehremberg  ,  la  maniere  dont  les  arbres  sont  red.  its ,  .ans 
perdre  leur  forme  ,a  un  etat  cendreux  par  la  dialeur  <'ei  sables 
ou  petrifies  par  Taction  des  caux  pluviales  sous  Icurs  torabeauV 
B.  Tome  III. 

•XI. 


5j8  (icoio^ic. 

t.abloiinou\  ;  oiifin  il  cite  textiullenient  Ic  recit  de  P.  Sicdiil  sur 
la  iietrification  de  la  \allre  drs  lacs  de  Natron,  el  une  leltre  dc 
M.  Le  Maire,  consul  Crancais  a  Tripoli,  inserce  dans  \e  Merc  it  re 
de  France  dc  Janvier  1729.  Celte  lettre  forme  le  seul  document 
important  sur  la  ville  ou  la  contree  petrifiee  de  la  Cyienaique? 
et  elleappuie  fortement  les  conjectures  de  M.  Malte-Brun. 

L'article  de  VIsis  rappelle  quelques-uns  des  faits  rapporles 
par  M.  Malte-Brun.  Outre  la  ville  de  la  Tartaric,  cet  article 
nientionne,  d'ajirts  Rirchcr  ct  ?"rancisci,  i.n  lieu  nowme  Bidob/o, 
pres  dc  Tripoli,  cgalenieni  enseveji  el  petrifie,  et  enfin  une  ville 
dans  le  menie  ])ays  ,  dont  parle  Ritchie.  Suivanl  I'auteur  de  cet 
article,  ce  seraient  des  mines  d'ancienries  villes,  ornees  de  sculp- 
tures, ou  des  rochers  bizarres  semblables  a  ccux  du  quadersand- 
stein  du  nord  de  la  Boheme. 

La  note  inseree  dans  fes  Petiles  Jffiches  de  Dijon  pose  d'a- 
bord  los  priiicipes  qui  doivenl  guider  la  raison  avant  I'adoptiou 
de  tel  outdfnit;  elle  rapporte  les  passages  des  divers  auteurs  iii- 
diques  duns  les  Annales  et  Xlsis  ,  uials  I'auteur  pense  q.r'on  a 
pris  des  statues  pour  des  individus  petrifies ,  des  pointes  d'oui'- 
sins  pour  des  olives  pctrifiees,  etc. ,  ct  ronsidere  tous  les  recits 
faits  au  sujet  des  villes  ou  contrecs  pelrifiees  comme  de  pures 
fables.  D. 

277.  SOCIETE  CEOLOCIQUE  DE  LoNDRES.  ■ — Seaficc  du  l\  juitt. 
• —  On  lit  un  niemoire  intitule  :  Description  d'unc  collection  d!e- 
chantillons^faitc  pendant  un  voyage  dans  la  province  de  Khorasan 
en  Perse,  par  M.  Fraser. 

En  quittant  Telieian  la  route  passe  au  pied  dc  la  cliaine  d(  i 
montMgnes  d'Ebidiz  ,  a  travers  Gurdunce,  Sirdara  ,  Scninouit 
et  .Shahroud,  siir  des  niontagiies  sablonneuses,  ayant  au  niidi  uii 
desert,  et  offiant  du  sel  de  tous  les  cotes;  de  la,  elle  se  dirige  p.ir 
Mey-Omoud ,  Abbassabad,  Muheenoun  et  Subliawar,  surNisha- 
pour.  C'est  a  40  niilles  et  a  I'ouest  de  cette  derniere  ville  que  se 
trouvent  les  fameuses  mines  de  turquoises  ,  que  Ton  exploite  le 
long  des  bords  d'une  vallee  etroite;  la  mine  principalese  nomme 
Abdoul-Rasakec.  I>a  calaite  se  Irouve  di-'seminee  dans  une  picrrc 
iaune  lendre,et  dans  une  rocherougcatrepulverulentc,ainsi  que 
dans  une  roche  d'une  texture  beaucoup  plus  compacte  ,  et  res- 
scmblant  a  une  rocLe  quartzeuse  grise  tachce  de  rouge,  et  qui 
conlient  du  fer  oligiste.  Une  roche  congloraerce  semontre  dans 


Geologie.  55g 

Ic  voisinage.  Cette  substance  minerale  se  Iroiive  quelquefois  en 
veines,  d'autres  fois  en  petits  mamelons  dans  les  fissures  ,  etaussi 
disseminee  irregullerentent  dans  la  roche.  L'auleur  decrit  toutes 
les  mines  actuellement  exploitees  :  elles  apparliennent  a  la  cou- 
ronne;  et  quand  M.  Fraser  les  visita,  leur  produit  etait  lvalue  a 
2000  tomans  de  Khorasan,  ou  environ  35oo  I.  sterl.  Elles  sent  , 
affermees  auplus  offrant.  A  Derroad ,  a  25  miiles  de  Nisliapour, 
les  roches  primitives  d'Elbron  parurent  semblables  a  celles  de  la 
chaine  elevee  qui  existe  entre  Ispahan  et  Cachan. 

On  lit  un  memoire  intitule  :  Observations  geologiqucs  sur  les 
rochers  qui  bordent  la  mer  a  Hastings,  avec  quelques  re- 
marques  sur  les  couches  imm^diatement  au  -  dessous  de  la 
craie,  par  J.  Webster  ,  secret,  de  la  Society.  Ce  memoiic com- 
mence parune  description  geographique  des  cotes  de  la  vllle  de 
Hastings,  depuis  le  rocher  Blanc  a  I'ouest,  jusqu'a  la  fin  de 
Fairlec,  ce  qui  forme  une  section  naturelle  tres-instructive  du 
terrain  de  Sussex ,  entoure  et  sortant  de  I'argile  des  wealds. 
Ces  rOches  consistent  en  couches  allernes  de  gres,  d'argile , 
plus  ou  moins  charg^es  d'oxide  de  fer,  et  de  maliere  vegetale 
carbonisee.  C'est  dans  la  parlie  la  plus  basse  que  le  fer  est  plus 
abondant,  ct  Ton  y  voit  des  couches  de  deux  a  trois  pouces  d'e- 
paisseur  d'un  minerai  de  fer  argileux  tres-riche,  et  qui  efait 
exploite  avant  que  le  charbon  de  terre  devint  cher  dans  le  pays. 
Les  couches  du  milieu  contiennent  beaucoup  moins  de  fer  : 
la  plus  grande  partie  consiste  en  un  gres  bhmc  tres-friable.  Dans 
la  partie  suptirieure,  il  y  a  plusieurs  masses  d'un  gres  calcifcre 
gris,  dont  la  surface  est  mamelonnee.  Cette  roche  peut  etre  con- 
sid^ree  comme  une  variete  de  la  chaux  carbonatee  qtiarfzifere  de 
Haiiy,  ayant  beaucoup  d'analogie  avcc  le  gres  de  Fontaiuebleau. 
L'apparence  mamelonnee  se  voit  tres-bien  au  rocher  Blanc  et 
a  ete  attribuee  a  Taction  de  la  uier;  mais  c'est  une  erreur. 

Les  fossiles  que  Ton  trouve  a  Hastings  ne  sont  pas  nombreux  • 
on  ny  rencontre  que  deux  ou  trois  cspeces  de  petites  coquilles 
bivalves,  etune  univalve  qui  ressemble  a  cclle  qui  a  ete  IrouTee 
dansle  inarbre  dePenlworth.On  y  voit  quelques  petites  couches 
de  lignite,  et  des  fragmens  d'un  bois  siiicifie  tres-singulier  du 
genre  des  monocotyledons,  dont  les  cavites  sontremplies  de  petits 
cristaux  transparens  de  quartz.  On  y  voit  aussi  des  09  d'ani- 
maux  d'un  genre  de  sauricn ,  ct  plus  rarement  quelques  os 
d'oiseau  avec  des  <5cailles  de  poisson. 


54()  Geologic. 

1,'aiitfur  a  observe  qiu-  la  rotlie  ralcaire  grise  n'a  pasete  bien 
decrite  dans  aucune  pai  tie  de  la  formation  enlre  la  craie  et  Pur- 
bek  exceple  dans  ce  district.  Et  comme  elle  a  peu  d'etendue 
avec  le  resle  de  la  serie  des  gres  ferrugineux,  el  qu'il  y  a  peu  de 
continuite  et  de  correspondance  dans  la  pluparl  des  couches,  il 
remarquc  que  freqiiemment  il  peut  etre  plus  correct  de  consi- 
derer  Ics  sous-divisions  de  quelques  formations  comme  des 
masses  Icnticulairesirregulicres  que  comme  des  masses  tabulaires. 

l8  juin.  —  On  lit  un  niemoire  intitule,  Aotrs  sur  une  partie 
de  la  cote  cpposec  de  la  Manche  ,  depuis  Denljusquh  Bti^hton, 
el  depuis  Calais  a  Treport,  par  ^Y.  Henry  Fltlon. 

Ce  memoirc  etait  accompagne  d'une  serie  de  vues  ou  eleva- 
tions des  cotes,  dessinees  par  M.  Webster,  depuis  I'endroitoula 
craie  se  montrc  pres  de  Calais  jusqu'a  celui  ou,  apres  avoir  ele 
inlerrompue  pres  de  Blanc-Nez,  la  craie  reparait  de  nouveau 
sur  le  bord  pres  de  Treport ,  et  sur  la  cote  d'Angleterre  depuis 
Deal  jusqw'a  Bri^liton. 

L'auteurex])rime  sa  reconnaissance  envers  M.le  baron  Cuvier, 
par  le  moycn  duquel  ilobtint  la  permission  des  autorites  francai- 
ses  de  passer  le  long  de  la  cote  par  mer  ;  11  fut  parlout  I'oljjet 
des  plus  grandes  attentions  de  la  part  des  offuiers  des  douancs.  Le 
memoirc  decrit  brlevement  les  principaux  trails  geologiques  de  la 
cote  rcsumanl  les  descriptions  particlles  qui  ont  deja  ete  publiees, 
et  se  referant,  pour  la  cote  pres  d'llastings,  au  memoirc  de  M.AYeb- 
ster  lu  dans  la  precedente  seance;  et  pour  un  detail  des  cnuclies 
qui  formen  t  la  cote  depuis  Gris-Nez  jusqu'a  Equihen,  a  un  memoirc 
sur  leBoulonais  qu'on  doit  lire  dans  une  des  seances  procliaines. 

Depuis  Equihen  jusqu'a  rembouchure  de  la  Somme,  la  cote 
est  enllcrement  formce  de  dunes  de  sable,  les  montagnes  de 
ercs  etunt  dans  quelques  cndroits,  et  principalenient  dans  le 
voisinaoe  d'Etaplcs,  de  plus  de  loo  pieds  de  haul;  ccs  montagnes 
ont  en  general  a  peu  pres  la  forme  d'un  croissant,  tourne  vers  le 
vent  dominant  (qu'on  ne  desiguepas  },  et  lapenle  duc6teoj)pose 
etant  beaucoup  plus  rapide. 

La  base  inimedialedes  dunes  parait  «5tre  une  espece  de  fourbe 
nui  se  trouve  de  I'autre  cote  de  la  cote,  au  niveau  de  la  mer,  et 
en  (luclques  endroits  au-dessous  du  niveau  de  la  marec.  Jusqu'Ici 
on  n'a  pas  encore  decouvert  de  roches  au-dessous  des  dunes. 

line  liste  de  hauteurs  obtenues  par  le  barometre  est  jointe  a 
ce  memoire,  et  aussi  quelques  vucs  geologiques  infcrcssanfes 
■nrises  4"r  les  c6tc3  dc  Fiance. 


Mindralogie.  34 1 


MINERALOGIE. 

278.  Introduction  a  la.  mineralogie,  ou  Expose  des  principes 
de  cette  science  et  de  certaines  propftetes  des  mineraux,  cori- 
siderees  principalement  dans  la  valeur  qu'on  peut  leur  atlii- 
buer  coinine  caracteres  ;  par  Al.  Buongniart,  meinbre  de 
I'Acad.  des  sciences,  ln-8.  de  i58  p.  av.  i  pi.  Paris;  1824  ;  Le- 
vraiilt.  (  Extr.  du  T.  XXXI  dii  Diction,  des  Sciences  natu- 
relies,  au  mol  Mineralogie.) 

Ce  n'esl  pas  uii  simple  article  de  dictionnaire  que  nous  annon- 
rons  ici ,  mais  un   ouvrage    philosophique    d'un    haut    interet , 
dans  lequel  sont  exposes  les  principes  et  Ics  generalites  qu'on  doit 
irgarder  cornme  les  fondemens  de  la  mineralogie.  Le  savant  pro- 
Icsseur  y  discute,avec  beaucoup  de  francliise,riniportance  relative 
des  ditterens  caracteres  des  mineraux,  et  la  valeur  qu'il  convient 
de  leur  attribuer  pour  la  distinction  des  especes  et  des  varietes. 
Apres  avoir  fait  connaitre  I'objet  et  le  but  de  la  mineralogie,  il 
annonce  qu'il  considerera  les  mineraux  sous  deux  points  de  vue 
principaux  ;  celui  de  leur  bistoire  naturelle,  qui  se  compose  de 
la  mineralogie  scientifique,  et  de  la  mineralogie  geognostique  ; 
et  celui  de  leur  histoire  proprement  dite,  qui  se  compose  de  la 
mineralogie  historique  et  de  la  mineralogie  technologique.  II  de- 
fiait  le  mineral  et  etablit  les  differences  qui  le  distiiiguent   de 
I'etre  organi(jue;  il  recherche  en  quoi  consiste  I'individu  miuera- 
logique,  quelles  sont  les  proprietes  qui  lui  sont  esseniielles ,  et 
celles  qui  appartieuiient  aux  masses,  ou  qui  ne  sont  qu'acces- 
soires.  II  examine  successivement  ces  differentes  proprietes,  et 
fixe  la  valeur  comparative  des  caracteres  ((ui  s'en  deduisent.  Au 
premier  rang  se  montrent  le  caraetei-e  tire  de  la  ooinoos'tion 
chimique,  et  les  differens  essais  au  chalumeau  par  lesquels  le  na- 
turaliste  supplee  a  I'op^ration  si  longue  et  si  difficile  de  I'analyse. 
I/.iuteur  est  enlre  dans  beaucoup  dc  details  sur  rein,jloi  de  cet 
instrument,  devenu  si  precieux  depuis  les  recherches  de  Gahn  et 
(le  Berzelius.  L'autcur  examine  ensuite  les  proprietes  physiques 
qui  peuvent  apparlenir  a  I'individii  miner.ilogique  ,  telles  que. la 
forme  ,  la  durete,  la  densite  ,  Taction  sur  la  lumiere ,  etc.;  puis 
il  paase  a  celles  qui  ne  peuvent  appartenir  qu'anx  masses,  coinme 
la  structure,  la  texture,  la  cassure,  etc.   L'article  suivunl  reu- 
fenne  des  notions  fort  claires  et  fort  importantes  sur  respece  mi- 


542  Mineralogie. 

nerale  et  sur  la  classification  que  M.  Brongniart  adopte  dans  j'e- 
tat  actuel  de  la  science.  Ces  principes  sunt  en  parfaitc  harinonie 
avec  ceux  dont  M.  Berzelius  a  fait  la  base  de  son  systeme  :  aussi 
le  tableau  methodique  des  especes ,  donne  par  le  savant  francais, 
n'est  autre  que  ce  systeme,  modifie  dans  plusieurs  de  ses  parties ; 
les  cliangemens  qu'i!  a  cru  devoir  y  apporter  sont  d'autant  plus 
heureux,  qu'ils  se  confirment  de  jour  en  jour  par  les  Iravaux 
memes  du  chimlste  suedois.  On  trouve  dans  ce  tableau  ,  a  cote 
du  noin  equivoque  de  chaque  espece  ,  sa  denomination  chimi- 
qne,  sa  formule  mineralogique,  et  I'indication  de  ses  principaux 
caracteres.  —  Vient  ensuite  un  dernier  ordre  de  considerations 
qui  se  rapportcnt  au  giseraent  des  mineraux ,  a  leur  mode  de 
formation,  a  leur  raaniere  d'etre  dans  le  sein  de  la  terre,  et  enfin 
aux  diverses  connaissances  liisloriques  et  technologiques  qui  for- 
ment  comme  le  complement  de  leur  etude.  G.  Del. 

279.  Sue  la  formation  he  la  Calcedoine;  par  sir  G.  S. 
Mackenzie.  (  Transact,  of  the  roy.  Soc.  of  Edinburgh  ,  1824^ 
vol.  X,  p.  82.) 

La  calc6doine  se  presente  sous  4  formes,  que  I'auteur  appelle 
massive,  parallcle  ou  en  bandes  paralleles  ,  botryoide,  et  pen- 
dante  ou  en  stalactite ;  et  il  expose  a  la  Societe  royale  des  echan- 
tillons  comme  exemples.  II  fait  remarquer  la  difficulte  de  donner 
une  explication  des  calcedoines  composees  de  plusieurs  enveloppes 
botryoideset  des  calcedoines  stalactiformes. 

A  I'hypothese  de  la  formation  aqueuse  des  couches  concen- 
triques  ,  I'auteur  oppose  ceile  de  la  production  par  la  fusion ;  ce 
qui  montre  que  c'est  un  proccde  de  cristallisalion.  I)  trouve  que 
la  fusion  seule  peut  espliquer  les  calcedoines  zonees.  Dans  plu- 
sieurs calcedoines  la  partiezoneea  etc  formeedansla  cavite  de  bas 
en  haul,  et  a  envelopp6  des  stalactites  deja  existantes.L'auteur  a 
unecliantillou  oil  les  stalactites  neparaissaienta  I'oeil  que  toucher 
les  couches  horizontales ;  neanmoins,  en  plongeant  le  morceau 
dans  I'huile,  et  en  le  chauffant ,  il  a  decouvert  que  chaque  cou- 
che  siliceusc  des  stalactites  est  intimement  lice  a  une  des  couches 
hori/.ontales.  II  en  deduit  que  la  calcedoine  a  etefluide,  et  qu'cllc 
s'est  consolidce  comme  la  cire  et  le  suif.  II  a  des  echantillons 
semblablfs  au  precedent ,  mais  oii  une  matierc  blanche  elran- 
gere  scparc  chaque  couche  de  calcedoine.  Les  stalactites  calccdo- 
niques  ont  quelquefois  pour  noyau  des  substances  clr.-vngeres.  II 


Botaniiine.  ^45 

y  a  (les  calcedoines  zonefs  doiit  la  couclie  inteiiuuic  n'esi  pas 
parallele  a  la  superieure,  et  ou  rinteiinediaire  a  la  I'orine  d'lm 
cone.  Des  calcedoines  stalactifoniics  indiquent  un  fluidc  vis- 
queux ,  en  offrant  dos  parties  pendanles  avec  une  extremile 
Ires-gi'osse.  L'aufeur  a  plusieurs  echantillons  ou  il  est  clair  que 
les  cavites  ont  eteen  niouvement  avant  la  consolidation  de  la  ma- 
tiere  siliceuse :  dans  Tun,  ies  stalactites  sont  dans  trois  positions; 
dans  un  autre  elies  divergent  d'un  centre ;  dans  un  troisieme  elles 
sont  tordues  oucourbees,  et  meme  courbees  jusqu'a  toucher  la 
cavite  vers  leur  extremite.  Ue  pareilles  positions  prouvent  que  la 
fluidite  de  ces  nialieres  doit  avoir  ele  une  fluiditeignee,  etnon  pas 
tnie  fluidite  partaite  ou  aqueuse,et  que  les  stalactites  siliceuses  out 
ele  tonnees  d'un  coup,  et  non  pas  par  des  d<Sp6ts  successifs.L'eau 
(|ui  decoule  le  long  des  plantes  pendant  le  froid  prend  ,  par  la 
congelation,  la  meme  forme  que  les  calcedoines.  La  cire  coulee 
dans  un  moule  affecte  aussi  les  merues  formes.  L'auteur  suppose 
que  la  calcedoine  a  pu  retourner  tres-vile  a  I'etat  fluide  par  des 
circonslances  inconnues  jusqu'ici.  On  n'a  pas  trouve  d'eau  dans 
les  calcedoines;  Klaproth  n'ea  a  trouve  2,5  que  dans  I'heliotrope. 
Le  degre  de  chaleur  pour  la  fusion  de  la  calcedoine  ne  doit  pas 
etre  grand  ,  puisque  la  calcedoine  recouvre  quelquefois  des  cris- 
taux  calcaires.  Neanmoins  les  depots  suocessifs  de  la  matiere  si- 
liceuse et  caicaire  sont  bien  embarrassans  pour  la  theorie  proposee. 
L'auteur  a  recours  a  la  sup[)Osition  d'une  formation  contempo- 
raine  de  ces  depots.  La  formation  de  matieres  stalactifornies  par 
sublimation,  a  du  rapport  avec  celle  de  la  calcedoine.  L'auteur 
oroit  que  I'eau  et  la  chaleur  ont  ete  en  jeu  dans  la  formation  de 
ce  dernier  mineral.  A.  B. 

DOTANIQUE. 

280.    SUK     LE    MOUVEMENT     yUE     l'oN     APERCOIT    AU     MICROSCOPE 

dans  les  feuiiles  de  la  grande  Cheiidoine  (^ChcUdo/iUan  tncijus]; 
par  M.  DuTRocHi-,T,  corresp.  de  I'lnst.  de  France,  etc.  (  Joitrii. 
complern.  du  did.  di's  Scienc.  tm'dkales,  X.  19,  p.  290.  ) 

Dans  le  tome  socond  ,  page  3o  de  ce  Bulletin,  nous  avons 
donnc  un  expose  sommaire  des  decouvertes  du  docteur  Schultz 
sur  les  mouveniens  qui  se  nianifesteut  dans  la  circulation 
du  sue  jaunc  de  la  cliolidoine.  liCs  resultals  annonces  par  le 
savant  de  Berlin  ne  pouvaicnt  rester  indifft^rens  aux  persounes 


544  Boianique. 

qui  s'inlcifbsctit  a  U  physiolojiie  vegetale;  aussi  avons-nous 
vu  M.  Dutrodiet  s'eiiipresier  de  les  verifier,  et  presenter 
aussiiot  son  opinion  sur  Ic  nouveau  phenomena  observe.  Dans 
)e  menie  temps ,  c'est-a-dire  dans  le  cours  de  I'ete  de  1824 ,  nous 
avons  aussi  voulu  voir  cette  circulation  ,  avec  toutes  les  circon- 
slanccs  qu'indiquait  M.  Schullz.  C'erait  de  notre  part  unc  affaire 
de  pure  curiosite;  mais  nous  en  profitons  aujourd'liui  j)our 
certifier  ce  qui  est  contenu  dans  le  memoire  de  2.1.  Dutrochet ,  en 
ce  qui  concerne  la  realite  des  observations.  Pour  ce  qui  est  de 
I'explication  du  phenoniene,  nous  n'.ivons  pas  cherchca  nous  en 
former  nne  idee  semblable  a  celle  que  presente  ce  celebre  obser- 
vateur.  M.  Dutroclict  a  reconnu  rexislence  d'un  tremblotement 
tr«s-rapide  dans  les  nervures  transuarentes  des  feuilles  de  la  che- 
lidoine  ,  lorsqu'on  les  esawine  par  transparence,  au  raoyen  de  la 
lumiere  solaire  reflechiepar  le  miroir.  Mais  il  n'a  vu  aucnne  pro- 
gression d'un  fluide  et  a  plus  forte  raison  aucuns  courans  ascen- 
dans  et  dcscendans.  Le  Ircnibloteiuent  ne  ccsse  que  par  I'en- 
tieredessiccationdela  feuilleot  reparaitsion  la  plonge  dansl'eau. 
La  lumiere  diffuse,  quelque  intensite  qu'on  lui  donne,  ne  peut 
aucunement  faire  distinguer  ce  mouvcment,  et  M.  Dutrochet  a 
varie  beaucoup  srs  experiences  pour  se  convaincre  de  ce  rcsulfat. 
II  avoue  que,  rlans  le  ae.Tiblotemcnt,  on  apcrcoit  des  corps  qui 
paraissLUt  etre  des  globules,  mais  ils  ne  peuvent  etre  les  memes 
queceux  dusucjaune  de  la  plante,  puisque  ceux-ci  ont  uneVx- 
cessive  petitesse  et  sont  tout-a-fait  inapercevables  avec  un  gros- 
sissement  mediocre,  lequel  suffit  cependaat  pour  voir  les  pre- 
tendus  globules  trcmblotans.  S'il  nous  est  permis  d'exprimer  no- 
tre opinion  personnelle,  nous  ajouterons  aux  remarques  de 
M.  Dutrochet  que  dans  le  tremblotement  on  ne  distingue  meme 
pas  de  globules  distinctb.  Pour  donner  une  idee  facile  a  saiiir  de 
ce  mouvemei.t  apparent,  nous  le  comparerons  a  Tagitation  d'une 
eau  courante,  a  celle  d'un  fleuve  tumultueux  que  Ton  regarderait 
sous  un  treillage.  Le  tissu  reticule  du  parenchymc  qui  unit  les 
vaisseaux  des  nervures  est  pour  nous  le  treillage  sous  lequel  le 
mouvement  p..rait  s'exccutcr.  Nous  croyonspouvoir  ajouter  que 
cen'est  point  le  sue  jaune  dont  on  observe  le  mouvement,  mais 
bicn  celui  d'une  seve  limpide  et  diaphane;  car  Ic  tremblotement 
est  visible  dans  ([uelques  plantes  depourvues  de  sues  propres. 

M.  Dutrochet  conclutdc  ces  observations  cl  deplusieursautres 
fondees  sur  raniitomic  niinuticuse  des  nervures  des  feuilles  de  la 


Botnnique.  545 

chelidoinc,  ainsi  que  de  pliisieurs  experiences  faites  a  I'aide  du  mi- 
croscope solaire  ,  qu'il  n'y  a  point  de  niouvcment  I'eel  dans  le  sue 
de  la  clu'lidoine,  et  il  rappelle  a  cette  occasion  les  remarques  faiies 
par  M.  Savi  sur  I'infidelite  des  observations  faites  avec  la  luniiere 
des  rayons  solaires,  remarques  dont  il  a  etedonneun  extrait  dans 
le  Bulletin ,  section  des  sciences  matheniatiques  et  physiques ,  avril 
1824,  p.  232.  Voici  en  abrege  comment  M.  Dutrocliet  expli- 
que  le  tremblolement  apparent  du  sue  de  la  plante.  Les  rayons 
lumineux,  en  traversant  les  pclits  intervalles  qui  se  irouvent  en- 
tre  les  parties  opaques  formees  par  les  parois  des  vaisseaux  on 
des  cellules,  eprouvent  une  refraction  ,  de  laquelle  resultent  des 
franges  luniineuses  qui  se  coupent  entre  elles ,  attendu  la  proxi. 
mite  des  mailles  ou  parties  opaques  du  reseau.  D'un  autre  cote, 
I'oeil  de  I'observateur  est  dans  un  etal  de  ti'emblotenient  conti- 
iiuel,  parce  que  la  contraction  de  ses  muscles  antagonistes  ne  peut 
lui  procurer  une  parfaiteimmobilite.  On  concoit  que  le  fremisse- 
nient  oscillatoire  des  muscles  de  I'oeil  fait  varier  a  chaque  instant 
I'angled'incidencesous  lequel  lui  parviennentlcs  rayonslumineux, 
et  change  egalement  la  position  des  interferences  des  franges  lu- 
niineuses dont  il  vient  d'etre  question.  Enfin  M.  Dutrochet  com- 
j)are  le  pht'nomene  d'optique  quia  cause  la  meprlsedeM.  Schultz 
au  jeu  de  luniiere  d'un  diamant ,  et  il  pretend  qu'il  y  a  enlre  eux 
une  parfaite  identlte. 

De  ce  que  le  tremblolement  s'observe  seulement  dans  les 
parlies  qui  conservent  un  certain  etat  de  fraicheur ,  on  ne 
pourra  pas  conclure  qu'il  se  passe  ici  un  phenomene  vital, 
mais  que  certaines  conditions  de  structure  organique  ou  de  reple- 
tion dts  vaisseaux  sont  necessaires ,  conditions  qui  disparaissent 
par  le  dessechement  et  qui  manciuent  dans  les  vegctaux  oil  ron 
n'aperroit  pas  le  mouvement  apparent.  Bl.  Dutrochet  releve  a  la 
la  suite  de  ses  observations,  une  erreur  de  31.  Schultz  sur  I'exis- 
tence  des  trachecs  dans  les  racines  de  la  chelidoinc.  Ces  tubes  ne 
sont  en  effet  que  des  fausses  Iracluvs  (Mirbel),  c'esl-a-dire  des 
tubes  couverts  de  lignes  opaques  transversales  qui  leur  donneut 
I'apparence  de  trachees. 

Enfin  il  termine  par  une  note  que  nous  transcrirons  en  cn- 
lier,  vu  sa  brieveto  et  la  gravite  du  sujet  dont  die  traite  :  «  De- 
u  puis  la  publication  de  son  memoire  sur  la  circulation  du  sue 
«  propre  observiic  dans  la  chclidoine,  le  docteur  ScLultz  en  a 
>-  public  un  autre  sur  les p/iciioincues  clc  la  \'ic  dans  le  sang  ,  de- 


S/f  >  Botmiiijnc. 

»  inonlri'n  par  Ics  obsetvations  microscopiqius.  J'ai  repi'le  ces 
"  nouvelles  observations  du  docteur  ScliuUz,  et  j'ai  vu  qu'eiie» 
>'  n'avaieiU,  coiiime  Ics  precedenles,  de  fondemens  que  sur  des  il- 
V  lusions  d'optique,  resultant  de  remploi  des  rayons  solaires 
«  pour  I'observation  snicroscopique.  »       J.  A.  Guillemin. 

281.    HiSTOIRE    DES    PLANTKS    LES    PLUS   REMAHQUABLES   du    Bresil 

et   du   Paraguay;    par  M.   A.    de    Saint- Hilaire.    i""®.    et 
•1^.  liv.  in-4.  de  Lxvii  et  79  p.,  av.  8  pi.  Paris;  1824. 

Dans  un  ouvrage  special  dont  M.  Auguste  de  St.-Hilaire  a 
di'ja  public  plusieurs  cahiers  sous  le  titre  de  Planles  usuelles 
des  Brasdiens ,  il  a  fait  connaitre  les  vegetaux  que  les  hahilans  du 
liresil  cmpioient ,  s:iit  comme  alimens ,  soit  comine  rcmedes.  Non- 
seulement  ce  livre  doit  inleresser  le  medecin  et  le  geograj)lic, 
niais  encore  I'auteur  a  su  le  rendre  important  pour  la  scietice,  en 
y  rattachant  une  foule  d'observations  nouvelles  sur  I'organisation 
des  fruits  et  des  seiuences ,  sur  les  caracteres  des  genres  et  des 
families  ,  et  leurs  affinites. 

Cependant,  il  faut  en  convenir,  Ic  cadre  qu'a  clioisi  M.  de 
St.-IIilaire  pour  son  livre  des  Plantes  usuelles  lui  a  ete  en  quel- 
que  sorte  trace  d'avance;  pour  le  rempllr  il  est  oblige  de  se 
borner  aux  plantes  dont  les  Brasiliens  font  usage,  ct ,  dans  les 
pays  qu'il  a  visites  avec  tant  de  fruit,  il  est  une  foule  d'especes 
qui,  sans  etre  precisement  usuelles,  ])resentent.  cependant  un 
tres-haut  interet,  soit  par  la  siugularite  de  leurs  formes,  soit 
par  leur  histoire ,  soit  paries  luraieres  qu'elles  repandent  sur  I'or- 
.'^anisation  vegetale,  soit  enfin  par  les  nouvelles  idees  qu'elles 
peuvent  faire  naiire  sur  les  rapports  naturcls, 

Ce  sont  ces  vegetaux  que  I'auteur  sc  propose  de  faire  connaitre 
successivement  dans  le  nouvel  ouvrage  dont  nous  annoncotis  los 
deux  premieres  iivraisons.  Ici  il  est  entierement  maitre  (h-  son 
clioix;  et  dans  cc  nombre  prodigieux  de  plantes  qu'il  a  rappor- 
tees  du  Bresil,  conibien  n'en  est-il  pas  qui  out  du  fournir  des  ob- 
servations imporiantes  a  un  liomme  qui,  disciple  des  Jussieu  et 
des  Richard,  s'etait  accoutume,  long-temps  avant  ses  voyages  , 
a  scrutcr  ce  que  I'organisation  vegetale  prcsente  de  plus  delicat 
oi  de  plus  curieux  ! 

Les  deux  livraii^ons  qui  font  I'objet  de  eel  article  repondeni 
entierement  a  I'idec  qucl'onavait  deja  de  la  inanierede  Iravailler, 
silogiquc,  si  scriq)ulcusement  cxaclr ,  dc  M.  de  Sl.-liilairc  ,  ef 


Botaniqiie.  547 

peuvent  faire  espercr  .mx  amis  fie  I'liistoire  iKilurelle  un  excel- 
lent livre  qui  leur  manquait  encore. 

Avant  de  frailer  des  plantes  les  plus  remarquablcs  du  BresiL 
et  du  Paraguay ,  il  etait  nature!  que  I'auteur  donnat  une  idee 
genernle  de  la  vegetation  de  ces  contrees  consideree  dans  son 
ensemble ;  et  e'est  ce  qu'il  a  fait  dans  une  introduction  ou  les 
charmes  du  style  ajoulent  un  nierite  de  plus  a  la  justesse  des  ob- 
servations. L'auteur  decrit  les  forni'^s  vegctales  des  bords  de  la 
raer,  et  celles  du  sommet  des  montagnes;  il  peint  rapidcineiit 
ces  forets  gigantesques  qui  offrent  tant  de  pompe  et  de  variele, 
ces  prairies  naturelles  tantot  decouvertes  et  tantot  parsemecs 
d'arbres  tortueux,  ces  bois  qui  perdent  leur  feuillage  pendant  la 
secheresse  ,  ces  forcis  naines  qui  se  composent  d'elegans  arbris- 
seaux;  il  indique  les  changemens  extraordinaires  qu'eprouve  la 
vegetation  a  la  suite  des  defricheniens;  enfin  il  montre  les  degra- 
dations successives  qu'eprouve  la  flore  des  contrees  equinoxiales 
pour  se  rapprocher  de  celles  de  I'Europe.  Dans  cette  introduc- 
tion I'auteur  ne  s'adrcsse  pas  seulement  aux  botanistes  ;  plusieurs 
de  ses  tableaux  auront  de  I'interct  mtnne  pour  les  gens  du  raonde, 
et  nous  citerons  cntre  autres  le  raorceau  ou  il  dtcrit  les  mceurs 
des  sauvages  du  Rio  Bonito  ,  celui  ou  il  parle  de  son  sejour  cbez 
lesBotocudos,  le  passage  enfin  ou  il  represente  la  triste  situation 
des  missions  du  Paraguay,  pays  sur  lequel  on  n'avait  ricn  ecrit 
depuis  Azzara. 

A  la  suite  de  cette  introduction  on  trouve  une  monographie 
des  Sauvagesia  et  des  Lavradia ,  genres  fort  curieux  par  la  struc- 
ture de  leurs  fleurs,  et  qui  jusqu'a  present  etaient  a  peine  con- 
nus.  Les  monographes  qui  ont  traite  des  plantes  exotlques  ont 
presque  toujours  ee  obliges  de  faire  leurs  descriptions  d'apres 
des  echantillons  sees;  aussi  ont-iis  ordinaireinent  neglige  ce  qu'il 
y  a  de  plus  important  dans  les  vegetaux  ,  la  structure  de  I'ovaire 
et  celle  du  fruit.  M.  de  St.-Hilaire  s'cst  trouve  dans  une  position 
plus  favorable;  il  a  observe  les  plantes  qu'il  decrit  dans  les  lieux  - 
raemes  oil  clles  croissent,  et  c'est  sur  des  individus  vivans  qu'il 
a  trace  leurs  caracteres. 

II  commence  par  j)asser  en  revue  tous  les  organes  des  Sauvage- 
sia  et  des  Lavradia.  II  compare  la  structure  de  I'ovaire  et  du 
fruit  dans  les  difCerenlos  cspeces;  il  moiilrela  singulicre  organi- 
sation de  ces  parties,  et  nc  laisse  echapper  aucunc  occasion  dap- 
pliqucr  scs  observations  a  rcnsemblc  de  la  science. 


548  Botanique. 

Apres  ce  tableau  general  dcs  organes,  11  trace  avec  elegance 
niistoire  des  deux  genres  qui  font  lObjet  de  sa  inonogjaphic.il 
Iraite  ensuite  des  usages  du  Sfiuvagesia  e/vcta,  et  cherclie  a  de- 
couvrir  ce  qu'iis  ont  de  reel.  Un  article  sur  la  geographic  des 
deux  genres  vient  ensuite  :  I'auteiir  y  monlre  que  le  Sauvagesia 
crecta,  contre  I'opinion  generale  du  plus  illustre  des  savans  ,  est 
comraun  aux  deux  niondes;  qu'il  s'etend  dans  le  sens  des  raerl- 
diens,  depuis  le  nord  du  Mexique  jiisqu'a  la  province  de  Sainte- 
Catherine;  qu'entre  les  Iropiqucs  il  fait  le  tour  du  globe,  ct  qu'cn 
meme  temps,  par  un  contrasle  fort  singulier,  plusleurs  especes 
du  merae  genre  sont  limilees  a  qtielques  montagnes  de  la  pro- 
vince des  Mines. 

Le  dernier  chapitre  de  cette  monographic  a  plus  d'importance 
encore,  c'est  celuL  ou  sont  discutcs  les  rapports  des  Sam-agesia 
et  des  Lavradia.  Ce  n'est  pas  seulement  a  I'examen  de  ces  gen- 
res que  se  borne  I'auleur,  il  passe  en  revue  les  groupes  qui  ont 
avec  eux  le  plus  d'affinite  ,  savoir ,  les  Droseracees ,  les  ViolaceeSy 
les  Cislees  et  les  Franhtniecs.  II  compare  les  caracteres  de  ces  fa- 
milies; il  fait  voir  dans  quel  ordre  elles  doivent  etre  rangees;  il 
trace  leur  diagnostic  ,  et  partout  il  raontre  cette  sagacite  doiit  il 
avait  deja  donne  autrefois  tant  de  preuves  dans  son  menioire  sur 
les  CaryophjUeex.  Le  paragraphe  dont  nous  parlons  ici  contient 
des  observations  tellenienl  iioinbreuses  que  Ton  aurait  j)u  facile- 
ment  y  trouver  la  matiere  de  plusieurs  racmoires;  mais  I'auteur 
a  si  convenablement  dispose  les  parties  de  son  travail ,  il  les  a  si 
bien  enchainees  par  ses  raisonnemens,  que  lelecteur  ne  se  {)lain- 
dra  pas  d'une  surabondance  de  richesse  ,  qui  montre  ce  qu'il  doit 
esperer  pour  les  autres  livraisons. 

31.  A.  de  St.  Hilaire  proiiiet  dans  son  avant-propos  la  rela- 
tion d'un  enipoisonnement  par  le  nilel  de  ia  guepe  Lechcguana , 
un  niemoire  sur  le  Gjnobasc ,  \\n  autre  sur  VHerbe  du  Paraguay, 
des  niorceaux  sur  I'origine  du  Mais  et  de  la  Poinine-de-terre , 
une  dissertation  sur  le  fruit  dcs  Lablces,  etc.  On  voit  que  les  li- 
vraisons qui  suivront  celles  que  nous  venous  d'analyser  doivent 
presenter  une  plus  grande  variete ,  et  qu'elles  pourront  interes- 
5er  plusieurs  classes  delectcurs.  Puisse  I'auteur  ne  pas  tarder  a  en 
f.iire  jouir  le  public,  qui  ne  saurait  raauquer  d'accueillJr  un  re- 
cucil  aussi  precieux ! 

Nouo  ne  terminerons  pas  cet  article  sans  dire  que  I'ouvragc 
est  impriiue  avec  beaucoup  dc  soin  et  sur  de  beau  papier;  que 


'  Zoologic.  549 

les  planches sont  gravees  au  burin,  coloriees  avec  goiit ,  et  que  , 
sous  le  rapport  tie  rexecution  ,  I'ouvragc  peut  elrc  place  dans  les 
hibliotheques  des  amateurs  les  plus  difficiles.  D.  le  Salv. 


ZOOLOGIE. 

1S1.     HiSTOIRE    NATCRELLE    DES    MaMMIFERES  ,     aVCC    dcS   flgUrCS 

originales,  coloriees,  dessinees  d'apres  des  animaux  vivans, 
publiiie  sous  I'autorile  de  I'administration  du  Museum  d'liis- 
toire  naturelle  ;  par  MM.  GeoffroySt.-Hilaire  ct  Frederic 
CuviER.  liv.  /(i".  el  !iof.  in-f'ol. ,  chez  Belin,  rue  des  Malliurins 
St.-Jacques,  11".  x4- 

Le  grand  nonibre  de  faits  nouveaux  et  iinportans  pour  I'his- 
tolre  nalurelle  des  manimiferes,  que  renferme  la  i'^*'.  partie  de 
crt  ouvrage,  nous  faisaitdcsircr  \ivcment  qu'il  fut  continue.  Au- 
jourd'hui  nous  voyons  avec  satisfaction  nos  esperances  remplies, 
et  nous  recorinaissons  que  les  auteurs  ont  mis  a  profit  le  temps 
pendant  leqnel  ils  ontsuspendu  leur  publication,  pour  recueillir 
une  grande  masse  de  documens  precieiix  dont  ils  vont  enrichir  la 
science. 

La  41*'.  livraison  contient  la  description  et  la  figure  de  six  qua- 
drupedes,  savoir  :  1°,  le  Mandrill,  male,  vieux;  2".  le  Rcnard 
rouge  d'Atnerique  de  Palisot  de  Bcauvois,  notre  Pienard  fauve  C. 
fulvus,  (voy.  la  liliiinrnologic) ;  j".  le  I'lioque  commun,  aupres  du- 
quel  M.  Fr.  Cuvier  reconnait  trois  espects  nouvelles  jusqu'alors 
confondues  avec  la  sienne;  4"-  I'Ours  du  Tliibet,  espece  nouvelle 
intertncdiaire  pour  la  faille  a  deux  autres  espcces  des  memes  con- 
trees  ;  ccllcs  de  I'Ourj  jongleur,  Fr.  Cuvier,  et  de  I'Ours  de  Malacca 
deM.  Piafflrs.  Elle  est  particulierement  remarquable  par  la  '^ros- 
seur  de  son  cou  etla  direction  de  son  chanfrein  ,  qui  est  telle  que 
le  front  et  le  museau  formcntpresqucunelignedroite;  son  T)ela£je 
est  lisse  exceptc  autour  du  cou  et  de  la  tute,  et  il  est  entie- 
rement  noir,  sice  n'est  sur  la  Icvre  infcricure  qui  a  du  blanc, 
et  sur  la  poitrine,  ou  il  cxiste  une  tache  en  forme  d'Y  egale- 
ment  blanche;  5°.  le  Boutjuclin  des  montagncs  du  Ncpaul ,  ani- 
mal qui  parait  se  rapporler  au  genie  des  Anlilopes  et  qui  est  ca- 
racterise  par  des  corncs  assez  courtcs  unifonnement  courbees  en 
arriere,  marquees  d'anneaux  Iransvcrsaux  a  leur  tiers  inferieur;  v.n 
mufle;  le  chanfrein  creux ,  de  pellts  larmiers,  le  poll  long  et 
rude,  generalemcnt  d'un  brun  marron  niele  dc  noir  sur  le  clian- 


'">K)  Zoolagie. 

frein  ,  les  opaules  ,  ki  ligne  doi'sale,  tout  blanc  sons  Ic  nienlon  et 
la  gorge,  fauve  sur  le  ventre  et  a  la  face  inierne  des  incinbrcs, 
noir  sur  la  queue ,  qui  est  assez  longue  pour  un  animal  du  genre 
des  Antilopes.  Cc  ruminant  a  6t6  decouvert  par  M.  Wallich. 
G".  l;i  figure  seuleraent  de  la  femelle  du  Bceuf  sauvage  do  I'lnde, 
appelo  Jungii  gau. 

La  l\-i.^.  liv.  56  compose  des  animaux  suiv.-ms  :   i".  L'Orang-ou- 
tang  feraelle,  decrit  d'apres  un  indivldu  qui  a  vccu  a  Paris  en 
1 808,  et  que  M.  Frederic  Cuvier  a  pu  ctudler  a  loisir ;  2°.  I'Ounko 
male,  espece  d'orang  qui  parait  avoir  de  grands  rapports  avec 
ie  grand  gibbon  de  Buffon  et  que  M.  Duvaucel ,  qui  I'a  decou- 
vert a  Sumatra,  distingue  du  siamang  et  du  wouwou ;  savoir  du 
premier,  en  ce  que  le  male  de  cette  nouvelle  espece  n'a  pas  le 
medius  ft  I'index  du  pied  de  derriere  reunis  ,  et  du  second  par 
sa  taille  plus  petite  et  son  pelage  d'un  noir  fonce ,  et  enfin  de 
tons  deux  par  la  presence  d'une  paire  de  cotes  de  plus.  M.  Du- 
vaucel a  reconnu  que  I'unlon  des  deux  doigts  que  nous  venons 
d'indiquer  etait  un  caraclere  coraraun  aux  femelles  de  ces  trois 
especes,  et  queseulement  le  male  du  siamang  le  presente  egale- 
ment ;  3°.  la  Guenon  Diane  femelle,  assez  differente  du  Cercopl- 
thecits  Diana  de  Llnne  et  du  Roloway  d'AUamand ,  pour  que 
M.  Frederic  Cuvier  hesile  a  les  considerer  comme  d'espece  ideu' 
tique;  [\°.  I'Ours  de  Slberie,  Ursus  coUaris ,  espece  nouvelle  as- 
sez voisine  de  noire  Ours  brun  par  la  nature  de  son  pelage  etses 
cou:eurs  generales ,  mais  ayant  un  large  collier  blanc ,  qui  passe 
sur  le  haut  du  dos,  sur  les  epaules  et  se  termine  a  la  poitrme; 
5».  la  figure  seulementduCerfCochon,  Ccnus  porcinus ,  male; 
6".  le  Jungly  gau,  espece  de  Boeuf  a  cornes  moyennes,  rondes, 
ensuite  un  peu  comprimees  a  la  base,  relevees  en  arc,  sans  cn- 
niere,  a  poil  ras;  en  un  mot,  assez  rapproclie  par  I'ensemble  de 
ses  caracleres  de  notre  Boeuf  ordinaire,  mais  en  differant  par  la 
presence  d'une  loupe  graisseusse  peu  saillante,  qui  s'etend  jus- 
qu'au  milieu  du  dos,  et  qui  est  recouvcrte,  ainsi  que  la  tete,  d'un 
poil   grlsatre   et   laineux  ,  tandis  que   tout  le    reste  du   corps 
est  rcvetu  de  polls  noirs  ;  les  jambes  sont  blanches  et  la  queue 
termince  par  un  grand  flocon  de  polls  noirs.  La  femelle  a  les  cor- 
nes beaucoup  plus  petites  que  celles  du  male,  et  ses  couleurs  sont 
moins  foncees.  Cette  espece  est  sauvage  vers  le  pied  des  monta- 
gnes  du  Sylhet ;  on  I'apprivoise  facilement  et  son  lalt  passe  pour 
itre    plus    abondant    et  plus  substanticl    que  celui    des  boeufs 


Zooiogle.  55 1 

iiomesluiues   tie  I'lnclc.    M.  Frederic  Cuvier  lui  tlonne  Ifi    noni 
sysleniatique  de  Bos  sjlhftanus.^  Dksui. 

283.  iNTaonucTioN  to  Entomology.  Introduction  a  I'Entomo- 
loyie,  on  Elenieus  de  I'histoire  naturelle  des  insectes  ;  par 
William  IviRBV.  In-8.  orne  de  planches  coloriees  et  du  por- 
trait de  I'auteur.  Vol.  Ill  et  IV. 

•i84.  IcoNEs  Hklminthum,  Syslema  Rudolpliii  Entozoologicuna 
illustrantes;  curA  .1.  G.  Bremser.  In-fol. ,  fasciculus  11,  conti- 
nens  tab.  2,5,  8  ,  9 ;  cum  explicalione  tabularum  a  lab.  i  ad 
X.  Prix,  12  thalers  color.,  et  9  th.  en  noir.  Vienne;  i8'i/|  ; 
Schaumburg.  (  Voy.  le  Bulletin  de  i823,  to.  4>  n".  342.  1 

On  a  deja  rendu  compte  dans  le  Bulletin  de  la  1^'^.  livraison 
de  ce  bel  ouvrage,  qui  est  destine,  comme  I'indique  son  litre, 
a  representer,  dans  des  planches  exactes,  les  genres  de  vers  in- 
testinaux  qu'a  si  bien  decrits  le  professeur  Rudolplii ,  de  Berlin. 
La  2°.  livraison  ne  contient  que  4  planches  avec  2  feuilles  de  texte. 
Ces  planches sont  gravees  sur  un  fond  d'un  ti'es-beau  noir,  ce  qui 
fait  ressortir  d'une  maniere  admirable  toutes  les  parties  blanches 
et  transparentes  qu'on  y  a  menagees.  On  a  oblenu  par  ceprocede 
une  nettete  inconcevable  et  le  moyen  d'ajouter  au  pinceau  des 
couleurs  transparentes  telles  qu'on  croit  avoir  les  meilleurs  des- 
sins  sous  les  yeux.  Nous  n'hesitons  pas  a  declarer  que  ce  travail 
est  un  des  plus  beaux  qui  puisse  orner  les  riches  bibliotheques  , 
quoique  le  prix  auquel  les  librairea  le  livrent  ae  s'elevc  en  tota- 
liteponr  les  3  livraisons,  qui  comprendront  18  planches,  qu'a  la 
modique  somme  de  4^  fr.  La  2".  pi.  est  destinee  a  representer 
quelques-uns  des  vers  inlestinaux  qui  ont  la  forme  d'un  fil  (  Ne- 
inatoidea  ),  tels  que  les  Oxyures ,  les  Cuculans  et  les  Spiropleres. 
Les  especes  sont  representees  de  grandeur  naturelle ,  le  plus  sou- 
vent  le  male  et  la  femeile,  et  toujours  avec  les  parties  grossics. 
La  5'.  pi.  donne  les  figures  de  trois  especes  d' Ascaridcs ,  d'mi 
Ophiostome  trouve  dans  \e&  inlcstins  de  I'estuigeon ,  et  d'un  Lio- 
r/iinque  proyennnl  de  I'estomac  d'une  anguille.  Dans  la  8*^.  pi.  on 
a  les  figures  coloriees  de  5  especes  de  treinntode  du  genre  Mo- 
noslome,  et  de  6  du  genre  Amphistoine.  Cette  planche  est  su- 
perieurement  executee  pour  son  fini  et  ses  details.  La  fig.  9,  et 
eu  particulier  le  Monostoine  lineairc  du  vanneau,  sont  d'une 
transparence  et  d'un  precis  de  details  si  regulier,  que  rillusion 


552  Zuologie. 

est  complete  pour  toute  personne  qui  s'est  occupee  de  I'ana- 
toinie  des  vers.  II  en  est  de  meme  de  la  fig.  29  ,  qui  represente 
YJmpkistome  a  ckapeau  ,  trouve  par  Rudolphi  dans  les  intes- 
tins  de  I'liirondelle  de  rner.  D'ailleurs  toutes  les  figures  de  celte 
planche  sont  superieurement  rendues.  La  10''.  planche  est  aussi 
tres-belle  et  parfaitement  coloriee.  EUe  represente  8  especes  des 
genres  Distoine ,  T/istoine , Pentastorne et  Pofysto/fte.  Nous  avons 
surlout  remarque  les  fig.  20  et  26,  qui,  par  la  diffisulte  vaincue 
de  rendre  a  travers  une  teinte  rouge  ou  verdatre  des  organes 
interieurs  tres-delicats  et  d'une  tenuite  extreme,  parait  avoir 
alteint  le  plus  haut  degre  de  perfection,  pour  exprimer  les  plus 
petits  details  de  I'anatomie.  La  science  doit  savoir  gre  an 
J)"".  Bremser  des  soins  qu'il  a  du  donner  a  I'execution  d'un  pareil 
ouvrage,  qui  lui  fait  beaucoup  d'honneur.       C.  Dumeril. 

ERRATA. 

En  donnant  Textrail  du  me'moire  de  M-  de  Chamisso  sur  des  images 
de  cetace's  exe'cutees  par  des  insulaires  ale'outes,  nous  avoiisdit  (  sept, 
tome  111,  p.  71,  lig.  27  )  que  le  Kaliomoch  avail  six  bosselures  sur  le 
dos.  C'est  une  erreur  involontaire  ou  nous  avons  ete'  conduits  par  une 
faute  du  tcxte  original ,  dans  lequel  les  mots  sen pinnattim  sont  rem- 
placcs  par  sex-pinnatum.  M.  de  Chamisso,  en  nous  envoyant  les  figures 
que  nous  n'avions  pas  lorsque  nous  avons  redige  notre  article,  nous  a 
avertis  lui-meme  de  Tesistence  de  cet  e  faute  dans  son  trxte.  11  faut 
comprendre  maiiitcnant  ce  passage  de  cette  maniere  :  dos  presentant 
une  gibhosite'  et  assez  semblable  a  une  nag<;oire. 

U  s'est  de  plus  glisse  urte  faute  grave  dans  le  nume'rotage  des  figures 
du  me'moire  original  :  Tordre  des  trois  premieres  a  e'te  intervcrti. 
M.  de  Chamisso  nous  prie  de  signaler  cette  erreur. 

La  figure  III  de  la  planche  17  doit  ctre  numerotee  I,  c'c«t  le  Bala-na 
KuliomocJi. 

La  fig.  I  de  la  pi.  16  doit  etre  numerotee  II,  c'est  le  Balcena  ylbn- 
gulich. 

Enfin  la  fig.  II  de  la  meme  pi.  16  doit  ctre  cote'e  111,  c'est  le  Bala;na 
Mangiduch. 

.    ''-'  ■  FIN    Dtr'  TRlbJsT^I^IE    VOLUME. 


PARIS.  —  IMPRIMERIE  f)E  FAIN ,  RUE  RA.C1NE,   N°.  4 

PLACE  HE  l'oDEON.